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18 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

la droite nationale en corse (a manca)

statale-6-maggio-2008

Ou la naissance d’une organisation néo-fasciste

Ce week-end se déroule dans le Venacais la première réunion publique d’un des courants parti prenante de cette « facho-sphère » polymorphe qui tente de prospérer au sein de notre société. Le site «Corsica Patria Nostra» en fait l’annonce et en assume la promotion. L’objectif de ce rassemblement est la fondation officielle d’un mouvement politique positionné en tant que droite nationale corse. Ses concepteurs, encore réfugiés dans une forme  d’anonymat, vont y proposer une série de points en vue de la création de statuts.

L’objet de ce travail est bien entendu d’alerter le plus grand nombre sur l’émergence de cette organisation. Il est d’emblée nécessaire de se garantir d’au moins deux errements. Le premier qui consisterait à relativiser cet événement et le second, lui, qui consisterait à surdi- mensionner la surface actuelle de ce courant politique en cours de structuration d’ensemble.

Les derniers événements dits des « Jardins de l’Empereur » prouvent que le rôle d’une poignée d’individus, en lien direct avec une fraction de l’extrême droite, s’est avéré déter- minant. Antérieurement, de nombreux signaux d’alerte permettent de comprendre que l’agita- tion des fascistes précède tout à la fois les manifestations racistes de Noël, le rassemble- ment anti-réfugiés à l’automne 2015 devant les grilles de la préfecture de Bastia, l’affaire de l’école du Fium’Orbu, et plus antérieurement le retrait d’une œuvre dans le cadre d’une exposition sous la pression d’un groupuscule de catholiques intégristes.

Ces mêmes signaux rendent également possible la perception des thématiques autour desquelles les fascistes se structurent. Ces faits ont été clairement relativisés par la quasi-totalité de la classe politique et leur traitement par les médias (à l’exception de Via Stella dans une moindre mesure) a préféré l’événementiel à une enquête d’investigation qui aurait, si elle avait eu lieu, permis de faire le lien entre les activités de la «facho-sphère » et ces manifestations publiques.

Le second écueil à éviter concerne toutes celles et ceux qui s’engagent aujourd’hui dans le combat anti-raciste et anti-fasciste. Du point de vue de sa surface militante, l’ex- trême droite est en Corse ultra-minoritaire. Ce qui signifie que c’est d’abord au niveau des idées que notre mobilisation doit en interdire la prolifération, parce qu’il en est encore temps de la faire et qu’il serait contre-productif de laisser à penser à l’opinion publique que les fascistes constituent une force pratiquement invincible.

L’approche que l’on doit avoir du FN, qui n’est qu’une des composantes de la « facho-sphère », va être traitée ultérieurement de façon spécifique. Pour l’heure nous nous consa- crons à la vermine qui tente de se draper sous les couleurs (selon ses prétentions affi- chées), de la lutte d’émancipation du peuple corse. Combattre sans la moindre concession le péril fasciste nécessite d’en repérer les thématiques, d’en donner une traduction lisible et compréhensible et d’en démonter l’argumentation.

Vous trouverez donc dans la première partie de ces travaux, deux documents publics diffusés sur le site d’extrême droite connu sous l’appellation de «Corsica Patria Nostra». En miroir de cette prose nauséabonde, figurent des commentaires. Ce décryptage a plusieurs fonctions. En toile de fond des écrits quelque peu «ésotériques» des auteurs de ces docu- ments, se trouvent les références auxquelles font appel leurs auteurs.

Ainsi, leur lecture de la constitution de Pasquale Paoli, et plus précisemment l’interpré- tation qui en est faite, voisinent des thématiques présentées elles, de façon immédiatement moins explicites. A l’heure où le niveau de conscience politique a subi une considérable érosion, celles-ci peuvent ne pas apparaître pour ce qu’elles sont dans leur réalité crue: les contours et les fondements idéologiques d’un mouvement national-socialiste que tentent de réhabiliter les courants néo-fascistes qui sévissent en Corse, comme au niveau européen.

Une des tâches des anti-fasciste consiste donc à empêcher toute tentative de banali- sation de ce langage, puis de lui en interdire la possibilité de contaminer la sphère publique sous le couvert de la défense du bien commun. Plus globalement, il s’agit de montrer que ces néo- fascistes ne sont en rien porteurs d’idées politiques «comme les autres», qu’ils pourraient exprimer au nom d’une quelconque liberté individuelle, mais plutôt d’idées criminelles dont la singulière finalité est la destruction de toute altérité.  17 janvier 2016

Vous trouverez ici un décryptage précis des textes fondateurs du mouvement Corsica Christiana :

http://www.a-manca.net/wp-content/uploads/2016/01/droite-nationale.html

http://www.a-manca.net/la-naissance-dune-organisation-neo-fasciste/

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16 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

persona non grata (lpb)

langues

Les langues dites «régionales»

On commence à connaître la musique : après quelques débats, la nouvelle proposition de loi en faveur des langues régionales proposée par Paul Molac a été rejetée, à une voix près, la nuit dernière.

Ce texte proposait que l’enseignement immersif: calandreta, diwan…soit protégé, reconnu et financé ; que l’enseignement public bilingue puisse se développer ; que les lan- gues régionales soient visibles et présentes dans la signalétique, que ce soit sur les routes mais aussi dans les lieux publics comme les gares. Et enfin que l’on puisse voir davantage de programmes en langues régionales sur les médias.

Un vote défavorable donc alors que les défenseurs de ce texte avaient trouvé le moyen, à plusieurs reprises, dʼimposer leur avis contre celui du gouvernement. Hélas, le texte sur « lʼenseignement immersif des langues régionales et leur promotion dans lʼespace public et audiovisuel » a été repoussé par 14 voix contre 13. Vous avez bien lu ! 27 voix au total aux- quelles il faut ajouter une abstention soit 28 personnes en tout et pour tout dans lʼhémicycle. Et le détail du vote nous apprend que toutes les voix contre étaient issus des rangs du PS ! Et surtout que des députés absents ont pu voter en toute légalité…

Alors que le parti majoritaire dénonçait il y a quelques mois les manœuvres des Répu- blicains à ce sujet, le procédé a été exactement le même hier ce qu’a évidemment relevé le député des Républicains Marc Le Fur qui a lancé aux socialistes : « cette ultime manœuvre ne vous grandit pas ». Et malgré le fait que les voix favorables étaient majoritaires dans la salle, bizarrement, le vote est négatif !

Dans un tweet très sobre, Paul Molac a estimé que cet «usage dʼun artifice du règle- ment» nʼétait «pas à la hauteur de lʼenjeu». Ce dernier, fraîchement élu au Conseil régional de Bretagne, aura en effet fort à faire désormais pour maintenir une politique linguistique digne de ce nom maintenant que les rapports de force ont changé : le PRG a remplacé lʼUDB, les jacobins comme Sébastien Sémeril (par ailleurs conseiller municipal de Rennes) ou Marc Coatanéa ont fait leur entrée et Le Drian nʼa pas la disponibilité nécessaire pour imposer ses vues sur ce sujet au quotidien. (Un trait d’humour? Note du blog?)

Mais la grande question reste de savoir où étaient les députés du PS breton pour un enjeu aussi important. Quant il sʼagit de promettre à ce sujet, ceux-ci sont unanimes, mais quand il sʼagit de voter, cʼest une autre histoire. Courage, fuyons… 15 janvier 2016

http://lepeuplebreton.bzh/les-langues-dites-regionales-persona-non-grata/

En breton:

https://www.francebleu.fr/danvez-lezenn-paul-molac-kenavo-deoc-h-yezhou-bihan

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08 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

la bretagne avec lorentxa! (npa 35)

euskadi

Les organisations syndicales et politiques et élues rennaises et d’autres communes en Bretagne exigent , comme de nombreuses personnes et organisations au Pays Basque , la remise en liberté immediate de Lorentxa Guimon.

La campagne pour la libération de la prisonnière politique basque Lorentxa Guimon incarcérée à Rennes malgré son état de santé s’élargit. Au Pays Basque elle sera au cœur des manifestations de Bilbo et Baiona (Bayonne) qui auront lieu le 9 janvier pour les droits de l’ensemble des centaines de prisonniers politiques Basques. Jean-Jacques Lassere séna- teur et président ( Modem) du conseil départemental des Pyrénées Atlantiques s’est adressé à Manuel Valls pour exiger lui aussi sa remise en liberté.

Parallèlement en Bretagne de très nombreux élus , notamment de la ville de Rennes qui préside au conseil de surveillance du CHU auquel Lorentxa ne peut accéder se sont asso- ciés à une initiative soutenue par des forces politiques diverses, dont la Gauche Indépendan- tiste, pour réclamer sa remise en liberté. D’autres élus du conseil régional ou du départe- ment du Finistère ou de Loire-Atlantique aussi.

Le 14 janvier prochain un tribunal parisien statuera sur le sort de Lorentxa Guimon, peut-être mettra-t-il sa décision en délibéré. Dans ce cas tenez vous prêts, comme en cas de refus, à participer aux nouvelles initiatives de solidarité qui émergeront notamment en Bretagne. Le prochain rendez vous aura lieu

Samedi 9 à Rennes, Gare Sud, devant la prison des femmes,  11H

Pour rendre public le manifeste suivant :

Liberté pour LORENTXA GUIMON !

La prisonnière politique basque Lorentxa Guimon incarcérée à Rennes est gravement mala- de et libérable. Arrêtée en 2003, elle a été condamnée à 20 ans de prison et peut bénéficier de la liberté conditionnelle depuis 2014.

Le 24 novembre 2015, les juges lui ont accordé la liberté conditionnelle en faisant état notamment de son état de santé et elle aurait pu être libérée le 17 décembre suivant. Mais le parquet a immédiatement fait appel de cette décision comme il le fait systématiquement dans le cadre de procédures « antiterroristes ». Une nouvelle audience aura lieu à la cour d’appel de Paris, le 14 janvier prochain. La détenue basque est atteinte de la maladie de Crohn depuis 1991 et sa maladie a atteint un stade très avancé.

Cette maladie inflammatoire chronique du système digestif nécessite un suivi médical rigoureux incompatible avec sa situation de détenue. L’état de la jeune femme s’aggrave significativement depuis septembre 2014. Au vu de son état de santé « catastrophique », son avocate et sa famille ont demandé une expertise médicale.

Les conclusions sont sans appel : l’aggravation de son état et les difficultés quant à son suivi médical sont liés à sa détention. Le 24 novembre dernier, L. Guimon a été hospitalisée d’urgence, fait rare pour un détenu. A cette occasion, des rendez-vous médicaux ont été programmés. La plupart ont dû être annulés car « tout déplacement de la patiente implique l’intervention du GIGN ou du RAID, ce qui entraîne des annulations de dernière minute dans le cas où ces groupes policiers ne sont pas disponibles ».

Les retards et ce manque de suivi médical n’arrangent en rien son état déjà grave. Lorentxa Guimon et sans doute d’autres détenues voient donc leur santé mise en danger en raison de l’état d’urgence. Depuis, elle a réintégré sa cellule à Rennes dans les mêmes scandaleuses conditions.

Les organisations syndicales et politiques et élues rennaises et d’autres communes en Bretagne exigent , comme de nombreuses personnes et organisations au Pays Basque , la remise en liberté immediate de Lorentxa Guimon. Elles vous convient à une conference de presse samedi 09 janvier à 11h devant la prison des femmes à Rennes ( Gare Sud ) .

Premiers signataires :
Partis : NPA 35, Gauche Indépendantiste Bretonne (Breizhistance ), les Jeunes Ecologistes, Parti de Gauche 35, Alternative Libertaire
Elu(e)s et personalités : Valérie Faucheux ( Ensemble-FdG à la Ville de Rennes), Jean Paul TUAL, Conseiller Municipal de Rennes, PG 35, Yannick Le Gargasson, Conseiller Municipal et conseiller métropolitain de Rennes PG35, Anna Sohier (élue UDB à la Ville de Rennes), Jean-Marie Goater adjoint élu EELV à la Ville de Rennes ), Laurent Hamon (élu EELV Conseiller municipal et Conseiller métropolitain de Rennes), Matthieu Theurier et Gaëlle Rougier, co-présidents du groupe des élus écologistes à la Ville de Rennes (EELV), Lena Louarn ( Vice présidente au Conseil Régional de Bretagne en charge la politique linguisitique ), Matthieu Guillemot (conseiller municipal NPA de Carhaix et conseiller communautaire de Poher communauté ) , Christian Troadec ( maire de Carhaix et conseiller départemental du Finistère ), Primael Petit ( conseiller municipal anticapitaliste et indépen-dantiste ville de Saint Herblain ), Charlie Grall et Fabrice Cadou ( president et membres du conseil d’adminstration de Skoazell Vreizh/Secours Breton ), Gael Briand (rédacteur en chef du Peuple Breton), Nil Caouissin porte-parole de l’UDB, Gael Roblin ( ex détenu politique breton )….
Syndicats et collectifs : Sud Education Rennes, Sud Rail Rennes, Solidaires EtudiantEs, Gast ( Collectif feministe), Euskal Herriaren Lagunak Breizh.( Comité Breton de Solidarité avec le Pays Basque ), SLB…

http://www.anticapitaliste-35.org/La-Bretagne-avec-Lorentxa.html

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06 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

« une » ? vraiment ? (pnc ghjuventu)

savoie, catalogne, alsace, euskadi, corse, bretagne

Pourquoi la France n’est ni « une » ni « indivisible »

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Depuis la victoire des nationalistes en décembre dernier, il n’y a pas un jour qui se passe sans qu’un journaliste, un chroniqueur, un élu, voire un premier ministre nous rappellent en boucle le dogme prophétique des jacobins : la « République est une et indivisible ».
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Sauf que c’est faux, preuves historique et juridique à l’appui ! Il suffit de prendre l’exem-ple du Concordat d’Alsace-Moselle, du Statut spécifique du Fenua (Polynésie Française), de celui de la Kanakie (Nouvelle Calédonie), des écoles bilingues Diwan (breton-français), des Ikastolas (basques-français) ou des Calandreta (occitan-français), du Statut de la Collectivité Territoriale de Corse (bien qu’en « métropole »)  pour prouver que la France n’est pas « Une » mais multiple et diverse !
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Et d’ailleurs, on est en droit de se poser la question : « Comment un jacobin, comme Christophe Barbier, peut-il accepter, au nom de « l’unicité de la République », de financer, par ses impôts, le salaire d’un prêtre, malgré la loi sur la laïcité de 1905 ? Comment un jacobin, comme Jean Luc Mélenchon, peut-il accepter, au nom de « l’unicité de la République », de subventionner, par ses impôts, le financement d’écoles qui enseignent dans une autre lan- gue que celle expressément nommée dans l’article 2 de la Constitution française? Comment un jacobin, comme Florian Philippot, peut-il accepter, au nom de « l’unicité de la République », que le Reo ma’ohi (ensemble des langues parlées au Fenua) soit mis au même niveau juridique que le français (co-officialité) ?
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Comment un jacobin comme Jean Pierre Chevènement peut-il accepter, au nom de « l’unicité de la République », que le droit coutumier kanak (droit civil dérogatoire pour la Kanakie) s’applique, dérogeant au droit français ? Si tous ces particularismes existent, c’est bel et bien parce que la France n’est pas « Une » mais multiple et diverse.
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« Indivisible » ? Vraiment ? Comment peut-on parler d’indivisibilité quand l’Histoire de la France est marquée par l’annexion (de gré ou de force) ou la perte de territoires? Si on considère que la France existe depuis le 13è me siècle (naissance de l’expression « Roi de France »), sur les 800 dernières années, difficile de voir une quelconque immuabilité des frontières françaises. Au mieux, on peut définir un territoire central (un immense Bassin parisien) qui est de façon quasi permanente sous contrôle de la France, mais sinon les autres territoires ont eu une autre Histoire, tantôt française, tantôt non française.
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Selon le point de vue d’où on se place, la Corse, la Savoie, le Pays niçois, l’Alsace ou d’autres territoires ne partagent ou ne subissent l’Histoire de la France que depuis peu de temps, et encore cela fut, le plus souvent, du fait de conquêtes sanglantes, dirigées contre des peuples vivant pacifiquement sur ces territoires.
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Se pose là aussi la question ! Que dit Christophe Barbier du processus d’indépendance en Kanakie?  Accepter que puisse se tenir un référendum sur l’indépendance de la Kanakie, c’est accepter potentiellement que l’indépendance d’un territoire de la « République une et indivisible » soit possible! Il faut donc envoyer l’armée pour, non pas truquer le référendum, ça la France le fait déjà, mais pour interdire la démocratie, comme il souhaite le faire en Corse !
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(…) Mais revenons-en aux faits : l’indépendance des « départements » algériens et le pro- cessus d’indépendance en Kanakie sont la preuve que la France est divisible pour la simple et bonne raison que les valeurs démocratiques et les droits de l’Homme sont supérieurs à la « République » et non l’inverse comme le profère l’Ayatollah du jacobinisme français, Christo- phe Barbier !
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Les jacobins sont à la France ce que les intégristes sont à la religion, des dogmati- ques avec qui le dialogue est impossible: ils pensent détenir la « Vérité, sous entendu supé- rieure à tout choix démocratique. En cela, le jacobinisme est le cancer de la démocratie !
L’histoire et la géographie sont têtues, n’en déplaisent aux Mélenchon, Philippot, Chevè- nement ou autre Barbier, ou encore au Conseil constitutionnel,  il n’existe pas « un » peuple en France mais bel et bien des nations et des peuples qui vivent en France. Soit la France les reconnaît et les défend soit, légitimement,  ces peuples et nations, niés par le centralisme français, prendront, à terme, définitivement et démocratiquement le large.
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A bon jacobin, salut !
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Roccu GAROBY Mardi 5 Janvier 2016
Président de l’Alliance Libre Européenne Jeune, Membre du PNC Ghjuventù
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Commentaire: Sur « jacobins »: Lénine parlait du « chauvinisme grand-russe » pour la même chose. Pour notre part, bien que le mot « jacobin » ait pris le sens qu’il a dans cet article, nous n’oublions pas qu’il évoque aussi les radicaux du tiers état de la Révolution en 1789 (avec pour fondateurs les députés bretons!). Mettre Mélenchon et ses lubies (carrément à l’air xénophobe sur les « allemands ») dans le même sac que Philippot car ils seraient tout autant nationalistes français l’un que l’autre, n’est pas notre genre.
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05 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

corse, breton, basque… (obs)

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Et des langues immigrées!

Nous ne devons pas avoir peur des langues régionales

C’est en langue corse que Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, les nouveaux présidents du Conseil exécutif et de l’Assemblée de Corse, élus aux régionales, ont décidé de prononcer leur discours d’investiture. Un choix qui n’est pas passé.

Mais pourquoi a-t-on peur des langues régionales ? .Le 17 décembre dernier, à la suite de la victoire historique des nationalistes corses aux élections régionales, Jean-Guy Tala- moni a été sans surprise élu président de l’Assemblée locale. Gilles Simeoni a quant à lui pris ses fonctions de président du conseil exécutif. Mais fraîchement élus, les deux nou- veaux dirigeants insulaires ont immédiatement suscité la polémique en prononçant leur discours d’investiture en langue corse, provocation ultime dans une République qui ne reconnaît que le français comme langue officielle.

Acte de résistance courageux pour certains, coup de com’ irresponsable et commu- nautariste pour d’autres, il a immédiatement suscité une controverse dans la classe politique et les médias. « Dans les institutions de la République, il faut plus encore qu’ailleurs défendre et promouvoir la langue française, notre trésor », déplorait ainsi Florian Philippot. Pour Jean- Pierre Chevènement, « aujourd’hui, la co-officialité de la langue corse, que réclament les nationalistes, d’autres la réclament par ailleurs. Si on votait cette charte des langues régio- nales et minoritaires, il faudrait que les actes de mariage, de décès (…) puissent être rédigés non seulement en français mais dans une soixantaine d’idiomes. Ce serait l’éclatement de l’espace national ». Alain Juppé a lui rappelé sur Twitter l’article 2 de la Constitution.

Tout ceci est assez symptomatique des crispations, de la méfiance et même d’une peur irrationnelle typiquement française envers les langues régionales.

1. La France a un patrimoine linguistique unique en Europe Pourtant, notre patrimoine linguistique est sans doutes l’un des plus variés d’Europe puisque la plupart des familles linguistiques y sont représentées. Une telle richesse est d’ailleurs tout à fait exceptionnelle. Bien sûr, ce sont les langues romanes qui ont la part belle sur notre territoire : coexistent ainsi l’occitan (ou langue d’oc, un ensemble de parlers non homogènes qui se déclinent en un grand nombre de dialectes : languedocien, gascon, provençal, auvergnat, limousin…), le corse, le catalan, le franco-provençal et une multitude de parlers d’oïl (wallon, picard, nor- mand, gallo, poitevin-saintongeais…) plus ou moins proches du français mais qui sont, pour la plupart, considérés comme des langues à part entière.

L’une de ces langues, l’occitan, (langue de Dante NdB) a d’ailleurs joui d’un statut et d’un prestige administratif, littéraire et commercial considérable au Moyen Âge avant d’être pro- gressivement supplanté par le français. Elle a toutefois depuis offert un prix Nobel de litté- rature à la France en 1904, lorsque Frédéric Mistral fut récompensé pour « Mirèio ». Sont également présentes sur le territoire français des langues germaniques (essentiellement l’alsacien et le flamand), une langue celte (le breton) et une langue non indo-européenne qui ne ressemble à rien que l’on connaisse dans nos contrées : le basque.

À cet inventaire, il faut ajouter les langues parlées sur les territoires d’outre-mer : langues amérindiennes en Guyane, langues kanak en Nouvelle Calédonie, langues polyné- siennes et de nombreux créoles (des langues récentes car apparues lors de la traite des Noirs au 17è siècle). Bref, pas moins de 75 langues ont été répertoriées par le rapport « Les langues en France », commandé par le gouvernement en 1999 en vue de la signature de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

Combien ces langues comptent-elles encore de locuteurs ? Difficile de répondre à cette question tant les méthodes de calcul posent problème. Il est en effet difficile de distin- guer clairement les personnes parfaitement bilingues de celles qui comprennent ces lan- gues sans savoir les parler ou de celles qui parviennent uniquement à s’exprimer dans cer- taines situations de la vie quotidienne. Les chiffres avancés divergent considérablement d’une étude à l’autre mais toutes s’accordent pour dire que plusieurs millions de Français pratiquent une langue régionale à des degrés divers.

Malgré tout, ce patrimoine reste menacé. En 2009, l’Unesco a ainsi publié « l’Atlas des langues en danger » (disponible en ligne). Sur le territoire métropolitain, 26 langues seraient ainsi en péril (contre 13 en Allemagne, 11 au Royaume-Uni, 5 en Espagne) : seule l’Italie, dont l’unité linguistique a été relativement tardive (31) et l’immense Russie (131) dépassent ce nombre. Si l’on ajoute les langues des territoires d’outre-mer, ce chiffre atteint la cinquantaine.

2. Une éradication progressive Comment en est-on arrivé là ? À la fin de l’Ancien Régime, il est encore parfois nécessaire d’avoir un interprète pour être compris surtout dans le pays d’oc ou en Alsace. Certes, depuis François Ier et l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), le français a remplacé le latin comme langue administrative. La langue de la Cour résidant désormais à Versailles est dès le 17è siècle fixée et standardisée par l’Académie française. En province en revanche, même au 18è siècle, le français reste souvent une langue urbaine, parlée par une élite, alors que les Cours européennes en ont fait la langue intellectuelle et diplomatique du siècle.

Si l’Ancien Régime s’accommodait de cette mosaïque linguistique, la Révolution expri- mera clairement son intention « d’anéantir les patois ». Les parlers locaux ont un fossoyeur : il se nomme l’abbé Grégoire qui entreprend une grande enquête pour favoriser l’usage du français. La France, menacée par des nations étrangères à ses frontières, tente d’éradiquer ces langues qui seraient celles d’ennemis de la Révolution présents sur son propre territoire (en particulier les Vendéens). Le décret du 2 Thermidor (20 juillet 1794) condamne pénale- ment l’emploi par un fonctionnaire d’une autre langue que le français. La messe semble dite et le processus d’un « linguicide » de masse orchestré par l’État est enclenché : le débat sur l’identité nationale est désormais assimilé au débat linguistique. En France, la majorité de la population parle encore une langue autre que le français, mais cela ne va pas durer.

C’est la 3è République et son instruction publique obligatoire qui donneront le coup de grâce : les instituteurs trouveront ainsi des trésors d’ingéniosité en matière d’humiliations et de punitions pour interdire aux enfants de prononcer un mot en « patois ». La conscription, puis la guerre et enfin la télévision feront le reste. Dernier coup de massue en date : en juin 1992, au moment de la ratification du traité de Maastricht, un alinéa est ajouté à l’article 2 de la Constitution. Désormais, « la langue de la République est le français ». Deux ans plus tard, cette disposition sera renforcée par la loi Toubon.

3. Un débat qui crispe encore au 21è siècle De timides tentatives de réhabilitation des langues régionales verront malgré tout le jour au 20è siècle sous l’impulsion du renouveau des mouvements régionalistes. Ainsi, la loi Deixonne en 1951 autorise timidement l’ensei-gnement facultatif de certaines d’entre elles dans le secondaire. Les médias locaux ont pris le relais et proposent désormais des programmes dans ces langues. En 2008, la Consti-tution reconnaît enfin que « les langues régionales font partie du patrimoine national » mais ce qui est une évidence pour certains demeure un danger pour d’autres (l’Académie française s’opposera d’ailleurs fermement à cet ajout).

En mai 2013, l‘Assemblée de corse vote la coofficialité de la langue corse et du français dans l’île, vote nul et non avenu car contraire à la Constitution. Manuel Valls jugera ainsi « pas concevable qu’il y ait sur une autre partie du territoire, une deuxième langue officielle ». Reste cette patate chaude qu’est la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

Signe de l’embarras ambiant : le gouvernement traîne ce boulet depuis 1999. Concrè- tement, que propose cette charte ? Il s’agit de « faciliter et d’encourager l’usage oral et écrit dans la vie publique et dans la vie privée et de mettre à disposition de formes et de moyens adéquats d’enseignement à tous les stades appropriés ». Elle prévoit en outre « d’interdire toute forme de distinction, discrimination, exclusion (…) portant sur la pratique d’une langue régionale ou minoritaire ». En 1999, le président Chirac s’est engagé à la signer. Problème : cette charte est incompatible depuis 1992 avec notre Constitution qu’il faut modifier. En 2012, le président Hollande s’engage. En janvier 2014, une proposition de loi constitutionnelle est donc adoptée par l’Assemblée nationale. En octobre dernier, retour à la case départ : le Sénat enterre le projet.

4. Des craintes non fondées Durant l’Histoire de France, les langues régionales ont sou- vent été les victimes accidentelles et collatérales de la crainte d’une menace venue de l’ex- térieur. Ce fut le cas durant la Révolution comme nous l’avons vu. C’est une nouvelle fois vrai aujourd’hui. Deux langues venues d’ailleurs focalisent toutes ces inquiétudes : l’anglais, que la mondialisation et l’Europe imposerait peu à peu, et les langues d’immigration, en particulier l’arabe.

Bien entendu, aucune de ces deux menaces n’est réellement fondée. Pour l’anglais, il suffit de regarder le niveau de nos concitoyens dans cette langue pour être rassurés (la France est le pays le « plus faible parmi tous les pays évalués dans l’Union Européenne » d’après EF Education First). Quant à l’arabe, deuxième langue parlée sur notre territoire, il fait l’objet de toutes les méfiances. Son enseignement est d’ailleurs au point mort dans les collèges et lycées français.

Le vrai problème pour certains vient du fait qu’elle fait partie des 75 langues répertoriées par le rapport « Les langues en France » pour la ratification de la Charte Européenne : beau- coup d’opposants à ce texte (le FN en tête et une grande partie de la droite) justifient leur position en prétextant que la communauté arabophone aura tôt ou tard certaines reven-dications si cette Charte est signée. Ceci reste très incertain.

Ce qui se passe chez nos voisins européens inquiète dans les ministères. La mon- dialisation a depuis quelques années pour conséquence la montée des revendications indé- pendantistes comme, c’est le cas en Catalogne et en Écosse. C’est ce scénario d’écla- tement du territoire qui tétanise Paris. Mais là encore, il ne faut pas tout confondre : les revendications linguistiques ne sont qu’une conséquence du désir d’autonomie, voire sou- vent un prétexte mais en sont rarement à l’origine. Le débat linguistique fut ainsi pratique- ment absent dans la campagne en faveur de l’indépendance écossaise en 2014… et pour cause : moins de 2% de la population parle cette langue.

En France, les aires linguistiques sont souvent fractionnées et éclatées à l’intérieur et à l’extérieur de nos frontières: seulement la moitié de la Bretagne parle le breton, l’occitan déjà linguistiquement morcelé est parlé dans quatre des super régions et ne constitue pas une entité unique et cohérente, la France n’a qu’un petit morceau de la Catalogne, de Flan- dres et du Pays Basque (les vrais querelles sont de l’autre côté des Pyrénées). Le débat sur l’autonomie politique ou économique des régions françaises au sein de l’Europe, s’il a lieu, se fera indépendamment du débat linguistique. En France, les aspirations séparatistes restent minoritaires, y compris en Corse.

Lorsqu’il est question de francophonie, la France défend la diversité et le bilinguisme voire le multilinguisme. Et pour cause : dans la quasi totalité des pays francophones, le fran- çais doit coexister avec d’autres langues locales s’il veut survivre. Le discours n’est en revanche pas le même à l’intérieur de ses frontières.

Ce qui est très courant et normal chez la plupart de nos voisins est perçu comme une aberration politique et constitutionnelle chez nous. Ceci contribue sans doute aux difficultés qu’ont les Français dans l’apprentissage des langues : un pays qui entretien une telle défiance envers le multilinguisme peut-il décemment encourager ses citoyens à s’ouvrir aux langues étrangères ?

 04-01-2016  Sylvain Gatelais, maître de conférences en linguistique
Rozenn Le Carboulec

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24 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

cʼest une erreur (lpb)

preference-nationale

De confondre nationalité et citoyenneté

La proposition du Président de la République de déchoir de sa nationalité un individu pose un certain nombre de questions. Gael Briand, rédacteur en chef du Peuple breton, estime que cette mesure cache en réalité un projet de société très nationaliste que la gauche ne peut accepter.

En février sera débattu un texte à lʼAssemblée nationale afin de réviser la Constitution dans lequel figurera la déchéance de la nationalité aux binationaux condamnés pour acte de terrorisme. Ceux qui sont «nés Français» seraient aussi concernés. Cette mesure, pure- ment symbolique, est plus grave quʼil nʼy paraît et lʼensemble de la gauche sʼinterroge sur les raisons qui ont pu pousser François Hollande à proposer cette disposition que lʼextrême-droite applaudit. Pour lʼUDB Jeunes, en effet, «personne n’ose sincèrement croire que cela empêcherait un terroriste de passer à l’acte». Alors pourquoi adopter une telle mesure?

Déchoir de sa nationalité quelquʼun parce quʼil a attaqué la République, la Nation, cʼest dʼabord considérer impossible quʼun ressortissant dʼun pays puisse commettre un acte violent contre les siens. Dans un sens, cʼest donc toujours lʼAutre (ici, le non-français) qui attaque, toujours lʼAutre le fautif, toujours lʼAutre le responsable.

Pour ceux qui imaginent cette disposition, cela relève presque dʼun problème psy- chologique : la croyance que la République (française) est parfaite, quʼelle nʼexclut pas, quʼelle aime tous ses enfants ce qui, dans les faits, est faux, ce que chaque citoyen sait. Sans le moins du monde justifier les actes terroristes, il faudrait enfin prendre en considé- ration les raisons qui poussent de jeunes gens à commettre de tels actes plutôt que dʼen rester aux incantations et aux émois factices. Quel espoir offre ce monde aux peuples ? À cette question, la gauche et plus particulièrement le Parti socialiste, malheureusement, ne répond plus.

Une mise au ban de la Nation, non content de ne pas poser les bonnes questions, en soulève de nouvelles. Dʼabord, si la mesure sʼapplique uniquement aux binationaux, cela pose la question fondamentale de lʼinégalité de droits entre français que lʼextrême-droite appelle «de souche» et français dʼadoption.

En cela, on reproduirait les mêmes erreurs du colonialisme qui instaure une société à plusieurs vitesses et des citoyens de première et de seconde zone, voire une hiérarchie entre les peuples (effectivement dans les faits). Si la mesure sʼapplique effectivement à tous, cela pose la question du traitement des « apatrides », ces gens dépourvus de natio-nalité du fait dʼune exclusion de la communauté nationale.

Nʼest-ce pas en contradiction avec le mythe de la «Nation des Droits de lʼHomme» auto-proclamé par les partisans dʼune certaine France ? Nʼest-ce pas une mesure contra- dictoire avec la couverture maladie universelle (CMU) par exemple qui offre à tous, français ou non, un accès aux soins dès lors que lʼon réside sur le territoire ? Cette déchéance de nationalité sʼaccompagne-t-elle dʼun exil ou dʼune expulsion du territoire ? Ces questions-là mériteraient des éclaircissements de la part du gouvernement et en premier lieu du chef de lʼÉtat.

Mais il existe une autre question qui, elle, nʼest jamais posée par la presse. La dé- chéance de nationalité prononcée par un gouvernement (représentant un État) interroge justement sur la légitimité quʼa un État de définir la nationalité des gens. Priver un individu de sa nationalité nʼest tout simplement pas possible car la nationalité est un choix personnel. Cʼest une appartenance choisie, consciemment ou non puisquʼon ne peut nier les facteurs culturels et ce que Bourdieu appelle lʼ«habitus» qui intègre «naturellement» un individu dans une communauté.

Comment peut-on être français? Comment peut-on être breton? On reconnaîtra les parti- sans de gauche des partisans de droite aux réponses qui seront apportées à ces questions. Morvan Lebesque a livré les siennes en son temps et, contrairement à celles du gouver- nement, ces réponses étaient de gauche.

La nationalité ne regarde donc ni lʼÉtat, ni personne dʼautre que soi-même. Un État peut, en revanche, décider de priver un homme ou une femme de sa citoyenneté, cʼest-à-dire de le/la priver des droits qui en découlent. Cette distinction entre nationalité et citoyenneté est volontairement floue en France et pose un réel problème dʼintégration, aussi bien pour les réfugiés/immigrés que pour les minorités nationales (appelées «régionales» par le pouvoir). De même, lʼassimilation participe de cette négation dʼAutrui, de ce refus de la différence. Cʼest ce qui explique aussi les reniements sur le droit de vote des étrangers aux élections locales.

On comprend donc que cette loi, si elle venait à être adoptée, remuerait un certain nombre de questions fâcheuses qui interrogent chacun et chacune sur son identité, mais plus profondément remettent en cause une certaine conception de lʼÉtat-Nation. Car ce qui compte nʼest pas la nationalité, ce qui compte, ce nʼest pas lʼexistence ou non de «commu- nautés», ce qui compte, cʼest que ces communautés «fassent société» autrement dit «vivent ensemble». Cʼest cela qui devrait constituer la priorité numéro 1 du gouvernement. Pour en finir avec cette «préférence nationale» qui fleure bon le FN…

Gael BRIAND 24 décembre 2015

http://lepeuplebreton.bzh/c-est-une-erreur-de-confondre-nationalite-et-citoyennete

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22 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

le bras de fer (lpb)

corse

Les jeunes, c’est des mous, je vais me le faire ce Gaino!

Entre la Corse et l’État a déjà commencé !

La liste Pè a Corsica fusionnant les listes de Gilles Simeoni et de Jean-Guy Talamoni a remporté lʼélection très nettement (35,34 % des voix) le 13 décembre dernier. Face à cette nette victoire, on se souviendra que le gouvernement a eu un flottement et a mis beaucoup de temps avant de réagir, le Premier Ministre appelant tous les présidents nouvellement élus sauf Gilles Simeoni. Depuis, lʼappel a eu lieu et on assure quʼil fut serein, Manuel Valls reprenant lʼidée du nouveau président du conseil exécutif corse dʼouvrir un « dialogue serein et constructif » entre la Corse et lʼEtat.

Cette position du Premier Ministre tranche nettement avec celles dʼautres acteurs politiques en France. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État aux Relations avec le Parle- ment, a déclaré après cette victoire autonomiste que « la loi sera la même pour tous, y compris en Corse ». À ce propos, le porte-parole de lʼUDB, Nil Caoussin a rappelé que « les Corses ont voté en majorité, en conformité avec la loi électorale française, pour une liste faisant de l’autonomie une revendication centrale.

Rappelons ici que l’autonomie signifie notamment un pouvoir législatif. En refusant le droit pour le peuple corse de partager le pouvoir législatif avec l’État, Jean-Marie Le Guen s’oppose donc au verdict des urnes. Au nom d’un idéal confondant égalité avec l’uniformité, il fait passer une certaine idéologie jacobine avant la démocratie ».

Plus savoureux encore, la polémique qui a suivi le discours en langue corse de Jean-Guy Talamoni, président de lʼAssemblée corse. On passera rapidement sur les commentaires désobligeants sur twitter taclés par lʼintéressé qui conseille à « ceux qui nous reprochent de parler notre langue (…) dʼapprendre à écrire la leur ».

Il convient, en revanche, de souligner la réémergence dʼun front nationaliste fran- çais faisant fi des étiquettes. De Jean-Pierre Chevènement à Alain Juppé, les nationalis- tes (français) se sont réveillés et ont poussé des cris dʼorfraie face à cette entorse au texte Saint. En guise dʼexemple, Florian Philippot (FN) estime que lʼutilisation du corse à lʼAssem- blée corse constitue un « recul de la République, parce que LA langue de la République, cʼest le français. Cʼest même écrit dans notre Constitution ». Ainsi donc, M. Philippot justifie lʼinjustifiable (la domination dʼune langue sur les autres) par un texte constitutionnel… écrit par des nationalistes français !

De son côté, Henri Guaino (LR) estime que « la Corse, cʼest la France, il nʼy a pas de peuple corse, de peuple provençal, de peuple breton, de peuple auvergnat, il y a le peuple français. La France est Une et indivisible ». M. Guaino entend apprendre à aux gens leur identité, ni plus, ni moins. Au nom de quel droit (divin) ? Si combat (idéologique) il doit y avoir, cʼest bien sur la distinction entre « nationalité » et « citoyenneté » car de ce point de vue, lʼÉtat-nation a un vrai problème de sémantique.

Cʼest donc avec intérêt que Le Peuple breton suivra ce bras de fer entre la Corse et lʼÉtat. Lors de la réforme territoriale et malgré une « contribution au débat sur la décentralisation » intéressante initiée par le groupe UDB, le Conseil régional avait échoué à faire entendre la voix de la Bretagne. Gageons que, forts du vote populaire, les nationalistes corses sauront gagner des avancées pour leur île… et pour nous ! Gael Briand 21 décembre 2015

http://lepeuplebreton.bzh/le-bras-de-fer-entre-la-corse-et-letat-a-deja-commence/

Lire aussi:

http://www.huffingtonpost.fr/7-idees-recues-graves-sur-la-democratie-corse

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20 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

vent de panique à paris (siwel)

corse

Les corses « osent » parler corse chez eux …

La classe politique française, jacobine jusqu’au bout des ongles, est « ulcérée » d’entendre parler Corse chez les corses…

Ainsi, l’ancien Premier ministre et maire de Bordeaux, Alain Juppé, a réagi au discours en langue corse de Jean-Guy Talamoni en faisant un rappel à la constitution française: « Article 2 de la Constitution française », précise-t-il « La langue de la République est le français ».
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Même son de cloche chez Jean-Luc Mélenchon, député européen et co-fondateur du parti de Gauche qui se dit « un peu offensé quand le président d’une assemblée française ne parle pas dans la langue que je comprends ». Oui, mais par contre, les corses eux sont tenus de comprendre le français même si ce n’est pas leur langue, sans doute en vertu du principe « égalité » de la devise de la république française. Comme dirait Coluche : « Tous les hommes sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres. »
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Quant à François Fillon, ancien premier ministre de Sarkozy, il demande au président de la république française de « réagir » aux « insultes » des nouveaux élus à majorité nationaliste à qui il reproche « le prononcé d’un discours inaugural dans une langue qui, à ce jour, n’est pas celle de la République », ainsi que « la référence à des prisonniers politiques » et « les insultes faites à l’histoire de notre pays (NDLR: la France)… ».
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Du côté du PS, c’est Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS de Paris et ancien ministre qui monte au créneau et va jusqu’à demander que des « sanctions soient prises à l’encontre du président de l’assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni ». En tous cas, que la France jacobine le veuille ou non, Jean-Guy Talamoni, élu Président de l’Assemblée de Corse, a prononcé son discours inaugural entièrement en Corse où il a clairement exprimé la réalité des choses et en Corse.*

« En votant pour les nationalistes, le peuple corse a dit que la Corse n’était pas un mor- ceau d’un autre pays mais une nation, avec sa langue, sa culture, sa tradition politique, sa manière d’être au monde », tandis que Gilles Simeoni, élu président du conseil exécutif, qui lui a prononcé un discours en Corse et en français a prévenu Paris et son Gouvernement que le temps était venu de prendre « la mesure de la révolution démocratique que vit la Corse » et de  » faire eux aussi leur part de chemin !

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« La France jacobine est en inadéquation totale avec des principes et des valeurs qu’elle affiche pourtant mais qu’elle n’a jamais respecté, ni sur la question du respect de la démo- cratie, ni encore moins sur la question des droits des peuples. Quant aux droits de l’homme, son soutien affirmé et constant aux pires dictatures du monde en dit long sur sa conception de ce principe… à géométrie variable!

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Ses ancienne colonies ont d’ailleurs hérité des tares de son jacobinisme, tant et si bien que les Etats africains post-coloniaux ont tous développé une très forte propension à l’ethno- cide caractérisé. Il n’y a aucune ancienne colonie française qui soit en paix avec les peuples qui les composent, allant incessamment de massacre en génocide! (…)18/12/2015
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Commentaire: Siwel est un site Kabyle

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18 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

votit evid ar cgt diwan!

diwan2

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18 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

espagne: neuf formations (ec)

 andecha
Souverainistes et indépendantistes s’unissent pour le droit à décider et rompre avec la Constitution de 1978 dès après le 20-D (élections du 20 décembre)
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Après les élections catalanes, Junts per Si et la CUP ont lancé un défi à l’État par le vote d’une résolution en faveur de l’indépendance au Parlement pour « déconnecter » la Catalogne de l’Espagne. La réponse du gouvernement national et de l’opposition a poussé les souverai- nistes à unir leurs forces sur la question de la souveraineté. Selon nos informations, neuf formations nationalistes et indépendantistes de onze* Communautés Autonomes ont approuvé un manifeste commun intitulé: «Les peuples ont la parole ».
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Les formations qui soutiennent cette initiative sont:
Le BNG (Galice); EH Bildu (Pays Basque et Navarre), CUP et ERC (Catalogne); Gauche Castillane (Cantabrie, La Rioja, Madrid, Castille-La Manche et Castille-Léon); Puyalon de Cuchas (Aragon); Andecha Astur (Asturies), Mes Per Majorca (Baléares) et Unité du Peuple (Iles Canaries).
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Tous disent que la Constitution de 1978 nie la souveraineté des peuples de  ces mouvements souverainistes et leur réponse à la situation politique actuelle est  un engage- ment commun pour «la rupture démocratique ». Le document propose des processus constituants dans les différentes régions si leur population les soutient.
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En outre, ces forces politiques critiquent l’attitude du centre, l’accusant d’une « dérive autoritaire » en ne permettant pas le droit de décider. Dans le même temps elle font valoir que le centre a commencé une « offensive de recentralisation pour défendre l’unité de l’Espagne et  rejeter l’indépendance de la Catalogne ».
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Ces forces souverainistes et séparatistes soulignent que l’alternance après le 20 Décembre ne sera pas un vrai changement car les différents partis politiques ne garantissent pas le droit des peuples à décider.
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Par conséquent, leur but est de travailler dans chaque région à renforcer leurs propres processus constituants et d’établir une stratégie commune de toutes les forces souverainistes à l’échelle nationale.
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Commentaire: Si la Navarre est en Euskadi cela ferait 13 communautés autonomes concernées. D’autre part, si certains mouvements sont forts ou très forts (Basques, Catalans, Galiciens, Canariens, Mallorquins, d’autres sont très petits).

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