Archive | Questions bretonnes etc

12 mai 2019 ~ 0 Commentaire

rosa luxembourg (essf lbn)

Luxemburg_blog_visual_800_533_90

Certaines idées de Rosa Luxembourg nous sont-elles utiles aujourd’hui?

Cent ans après l’assassinat de la révolutionnaire germano-polonaise Rosa Luxemburg, certaines de ses idées sont-elles pertinentes pour ceux qui souhaitent transformer la société pour parvenir à la justice sociale et écologique? Je crois que la réponse est oui. En dépit des nombreuses différences entre notre époque et la sienne, certaines des idées les plus importantes de Rosa Luxembourg restent des repères précieux.

Socialisme ou Barbarie

Le capitalisme provoquera inévitablement de terribles destructions et finira par mener à un effondrement social total (ce que R Luxembourg appelle « la barbarie »), avec la perte des meilleures réalisations que l’humanité a créées sous le capitalisme, à moins que les gens ne se lèvent et entament une transition vers une société différente . Bien avant  son effondrement  total, le capitalisme engendrera toutes sortes de régressions et de destructions.

Rosa Luxembourg a compris que dans un système dans lequel des entreprises concurrentes produisent des biens et des services, un système dans lequel le petit nombre de pays où ce système est le plus développé – l’impérialisme – dominerait le reste du monde, était intrinsèquement destructeur et conduisait à des guerres dévastatrices.

Comme elle l’écrivait: «Le triomphe de l’impérialisme conduit à la destruction de la culture, sporadiquement pendant une guerre moderne, et pour toujours, si la période des guerres mondiales qui vient de commencer [elle fait allusion à la Première Guerre mondiale] continue sa course jusqu’à la dernière conséquence ultime […] la destruction de toute culture […] le dépeuplement, la désolation, la dégénérescence, un vaste cimetière. »

C’était une prédiction précise des guerres mondiales et de l’Holocauste survenues entre 1914 et 1945. Son point de vue a également été confirmé par les guerres au Vietnam du début des années 1960 à 1975, en Afghanistan et en Irak de 1979 au début du 21è siècle, au Congo de 1998 à 2003 et d’autres.

La théorie luxembourgeoise du capitalisme comportait des faiblesses. Mais elle avait raison de comprendre qu’il s’agissait d’un système chaotique, intrinsèquement lié à la concurrence entre entreprises et États, avec des crises sociales, un système qui finira par une extermination généralisée de l’humanité, s’il n’est pas remplacé.

De nos jours, le capitalisme déchire les relations entre l’humanité et la nature, menaçant de bouleverser les éco-systèmes dans lesquels notre espèce existe depuis des millénaires (certains scientifiques estiment que ce  notre époque marque une nouvelle ère dans l’histoire de la Terre l’Anthropocène).

Les changements climatiques sont extrêmement dangereux, mais ce n’est qu’un aspect de ce qui se passe. Il y a aussi l’extinction des espèces, l’acidification des océans, l’épuisement de l’eau douce, la réduction de la diversité des cultures, etc. Cette crise écologique nous garantit un avenir de souffrances, de conflits et de crises sociales dans un monde où de nombreux États possèdent des armes chimiques et biologiques, et parfois des armes nucléaires.

La compréhension de Luxembourg nous aide à comprendre pourquoi il ne peut y avoir de solution capitaliste à la crise écologique, comme le prétend le soi-disant « capitalisme vert ».

Cela protège également contre le faux espoir que la pression des mouvements sociaux et des « bons » gouvernements engagés dans la lutte contre le changement climatique puisse aboutir à des réformes qui rendront le capitalisme écologiquement durable.

Il est possible – et urgent – de créer des mouvements de masse pour obliger les États à mettre en œuvre des mesures visant à réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre.

Cependant, le capitalisme même avec des réformes majeures visant à réduire les émissions de CO2 resterait un système destructeur sur le plan écologique.

Nous avons besoin d’internationalisme, pas de nationalisme.

Le Luxembourg critiquait les États-nations,  » Le nationalisme en tant qu’instrument de domination capitaliste ». Elle a expliqué l’absurdité que chaque membre d’une nation a des intérêts communs. Elle a rejeté les appels à l’unité pour que les citoyens s’unissent derrière « leurs » gouvernements qui gèrent des sociétés qui ne sont pas «les nôtres», car elles sont contrôlées par une petite classe dirigeante.

Contre le nationalisme, Rosa Luxembourg a appelé à la solidarité par-delà les frontières, énonçant deux règles « d’importance historique mondiale » pour l’auto-émancipation de la classe ouvrière. La lutte de classe contre la classe dirigeante dans chaque pays, et la «solidarité internationale des travailleurs de tous les pays.»

C’est une réponse aux États capitalistes qui divisent l’humanité par des frontières ouvertes aux fonds d’investissement et aux riches, mais fermées à la plupart des gens, même dans des conditions de vie ou de mort. Accorder des droits aux citoyens mais les refuser à tout le monde; déclarer certaines personnes «illégales» pouvant être détenues ou expulsées, déployer des forces de police contre les défenseurs autochtones afin de construire des pipelines «dans l’intérêt national».

Sa position est également une réponse appropriée aux mouvements politiques nationalistes qui cherchent à rassembler les gens autour d’un drapeau, proclamer «notre nation est la meilleure» ou dénigrer ceux qui , par accident de naissance, appartiennent à d’autres nations.

La meilleure façon d’honorer la mémoire de Luxembourg est de mettre ses meilleures idées au service de la constitution de nouvelles forces politiques engagées dans la libération.

David Camfield 10 avr. 2019

https://briarpatchmagazine.com/

Commentaire de l’auteur:

À mon avis, l’internationalisme est important partout, mais les nationalismes des peuples autochtones diffèrent du nationalisme canadien, de même que les nationalismes des pays opprimés par l’impérialisme. (Comme le nationalisme palestinien, le blog)

Commentaire du blog:

Rosa Luxembourg avait une relation particulière à la question nationale, étant juive polonaise de l’Empire russse et militante au PS en Allemagne. Elle se méfiait de la question nationale comme risque de division du mouvement ouvrier. Elle refusait de se battre pour l’indépendance de la Pologne de l’Empire russe.

https://www.marxists.org/

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Rosa Luxemburg et la question nationale (LBN)

« Le mot d’ordre de Rosa Luxemburg « socialisme ou barbarie » s’est révélé prophétique » (LBN)

 

Lire la suite

10 mai 2019 ~ 0 Commentaire

manger du poisson? (anti-k)

espece pro

La plus importante nouvelle que l’humanité ait jamais reçue

L’effondrement général de la vie sur Terre. La vaste évaluation internationale de l’état de la nature, révélée lundi , nous apprend que la planète vivante est en train de mourir. Pourtant, il n’est pas étonnant qu’elle ne figure pas dans les premières pages. Plus la question est importante, moins on en parle.

Il y a une raison à cela. Si nous devenions pleinement conscients de notre situation, nous exigerions un changement systémique.

Le changement systémique est trop menaçant pour les médias. Donc, ils nous distraient avec des babioles comme un bébé royal. On me dit souvent que nous obtenons les médias que nous méritons. Nous obtenons les médias que les milliardaires exigent.

Cela signifie que le premier devoir d’un journaliste est de couvrir les problèmes négligés. Je  vous dirige donc vers les 70% de la planète qui sont laissés de côté même dans le nouveau rapport: les mers.

Ici la vie s’écroule encore plus vite que sur terre. Le rapport de l’ONU sur la biodiversité indique clairement que la cause principale n’est pas le plastique . Ce n’est pas la pollution, pas la dégradation du climat, pas même l’acidification de l’océan. C’est la pêche. Comme la pêche commerciale est le facteur le plus important, c’est celui dont nous parlons le moins.

Quand vous entendez le mot pêcheur, quelle image vous vient à l’esprit?

Une barbe blanche, des yeux scintillants, assis sur un petit bateau rouge qui avance joyeu-sement sur une mer scintillante? Si tel est le cas, votre image du secteur nécessite une mise à jour. Une enquête menée par Greenpeace l’année dernière a révélé que cinq familles ont  29% du quota de pêche du Royaume-Uni . Elles figurent toutes sur la liste du Sunday Times Rich List.

Une seule multinationale néerlandaise exploitant une flotte de pêche détient 24% du quota anglais. Les plus petits bateaux – moins de 10 mètres de long – constituent 79% de la flotte, mais n’ont le droit de capturer que 2% du poisson.

« La pisciculture a des impacts encore plus importants, car les poissons et les crevettes sont souvent nourris d’écosystèmes marins entiers: des chalutiers aveugles draguent tout et en font  de la farine de poisson. »

La même chose s’applique dans le monde entier: d’énormes navires de pays riches avalent les poissons des pays pauvres, privant des centaines de millions de personnes de leur principale source de protéines, tout en éliminant les requins, le thon, les tortues, les albatros, les dauphins et une grande partie du reste de la vie. les mers.

La haute mer, autrement dit les océans situés au-delà des frontières nationales de 200 milles, est un pays sans lois. Ici, les navires de pêche installent des lignes d’hameçons de jusqu’à 10 km de long qui nettoient la mer de tous les animaux qu’ils rencontrent. Et même les pêcheries côtières sont gérées de manière désastreuse.

Pendant quelques années, les populations de morue et de maquereau du Royaume-Uni ont commencé à se reconstituer . On nous a dit que nous pourrions recommencer à les manger en toute sécurité. Les deux sont maintenant en chute libre. Les jeunes morues sont rejetées illégalement à une échelle industrielle, de sorte que les prises légales dans les mers britanni-ques sont probablement dépassées d’environ un tiers. Le maquereau en raison de la surpêche à peine réglementée, a perdu son label écologique il y a quelques semaines.

Le gouvernement affirme que 36% des eaux anglaises sont «protégées en tant que zones de protection marines» (MPA). Mais cette protection ne représente que des lignes sur la carte. La pêche commerciale est exclue de moins de 0,1% de ces fausses réserves. Un article récent de la revue Science a révélé que l’intensité du chalutage dans les zones protégées européennes est plus élevée que dans les zones non protégées. Ces AMP sont une farce totale: leur seul but est de convaincre le public de croire que quelque chose est en train d’être fait.

Au vu des échecs de l’Union européenne, vous espérez mieux du Brexit ?

Alors que l’UE propose un engagement juridique d’empêcher toute espèce de poisson d’être exploitée au-delà de son taux de remplacement l’an prochain, le projet de loi britannique sur la pêche ne contient pas un telle sauvegarde . Il n’est pas prévu de transformer nos «zones protégées» en zones protégées. Le pillage de nos mers devrait probablement s’intensifier.

Ce qui rend tout cela si frustrant, c’est que la réglementation du secteur de la pêche est à la fois pas cher et facile. Si la pêche commerciale était exclue de vastes zones marines, les captures totales augmenteraient probablement, paradoxe que les biologistes appellent l’effet de propagation.

Les poissons et les fruits de mer se reproduisent et grandissent dans les réserves, puis se répandent dans les eaux environnantes. Là où les mers ont été protégées dans d’autres parties du monde, les captures ont considérablement augmenté. Comme le montre un article de la revue PLOS Biology , même si la pêche était interdite dans toute la haute mer, comme il se doit , la capture de poissons dans le monde augmenterait.

Les règles ne sont pas difficiles à appliquer. Comme l’ a montré le Fonds mondial pour la nature, équiper tous les bateaux de plus de 10 mètres pêchant dans les eaux britanniques avec un équipement de surveillance ne coûterait que 5 millions de livres.

Des caméras et des capteurs enregistreraient ce que les bateaux capturent, rendant la pêche illégale impossible. Mais l’installation de cet équipement est volontaire. En d’autres termes, il est impératif de se conformer à la loi pour empêcher les rejets, la pêche hors quota et la pêche dans les zones de non-prélèvement, mais il est facultatif de prévoir l’équipement qui indique si vous vous conformez ou non à la loi.

Sans surprise, moins de 1% des navires ont accepté de transporter l’équipement.

Il n’y a presque plus de poissons ou de fruits de mer que nous pouvons manger en toute sécurité. Les scandales récents suggèrent que même le label du Marine Stewardship Council, qui est censé nous rassurer sur le poisson que nous achetons, n’est pas une garantie de bonne pratique.

Par exemple, le conseil a certifié les pêcheries de thon dans lesquelles des requins en danger ont été capturés et, dans les eaux britanniques, il a approuvé le dragage des pétoncles qui déchire les fonds marins.

Tant que la pêche n’est pas correctement réglementée et contrôlée, nous devons retirer notre consentement. Gardez vos sacs en plastique par tous les moyens, mais si vous voulez vraiment faire une différence, arrêtez de manger du poisson.

George Monbiot Jeudi 9 mai 2019

https://www.anti-k.org/

https://www.theguardian.com/

Commentaire:

La mer est la principale réserve de protéines de l’humanité, c’est une affaire globale.

La pisciculture est une activité agricole chinoise depuis de millénaires: les poissons sont végétariens et mangent les restes. Le saumon industriel lui est nourri d’autres poissons. Il faudrait accepter de manger des espèces végétariennes.

Bien entendu, nous nous opposons (comme l’auteur) à la surpêche industrielle et pas à la  petite pêche avec des « sanctuaires » pour que le poisson puisse se reproduire.

Enfin, comme l’agriculture industrielle qui nourrit les vaches, cochons, poulets et fait du diesel, la pêche n’a pas pour but de « nourrir les pauvres ». Ils se débrouillaient très bien avant que les navires usines à farine de poisson ne viennent les priver de nourriture.

Lire la suite

08 mai 2019 ~ 0 Commentaire

élections espagne (à l’encontre)

cata

Les élections d’avril et celles à venir, en mai

1 Les élections du 28 avril ont mobilisé une bonne partie de la population. La participation était plus élevée que lors des quatre échéances électorales antérieures: 75,8%. Ce chiffre reste éloigné du record de participation de près de 80%, atteint en 1982 [victoire des socialistes de Felipe González].

2 La loi d’Hondt [1] fausse encore certains résultats de manière significative. Le principe «une personne, un vote» n’est pas respecté. Cette caractéristique n’est pas neuve, mais il n’est pas inutile de la rappeler. Le nombre de voix nécessaires à l’obtention d’un siège n’est pas le même [dans chaque province]. Le ratio entre suffrages et sièges de député a été le plus coûteux pour la coalition du Pays Valencien Compromís: il lui a fallu 170 155 voix pour faire élire son unique député au Congrès; le Parti Régionaliste de Cantabrie est la formation qui a eu le moins besoin d’électeurs pour obtenir un siège: 51 922. Le rapport est de 3,3 pour 1. Le PSOE est le parti qui a, sans aucun doute, le plus bénéficié à cette occasion de la loi d’Hondt.

3 La droite a été défaite. Modérément, mais défaite. Les élections andalouses ont représenté une alerte quant à la possibilité que les trois partis de droite [PP, Ciudadanos et Vox] étendent leur accord à l’ensemble de l’État. Peu avant les élections, le PP a offert des postes de ministres à Vox. La possibilité de revenir à un gouvernement comprenant des sympathisants déclarés du franquisme était réelle le 28 avril dernier. La mobilisation électorale a été une réponse catégori-que. Les droites (y compris les formations Navarra Suma (2 députés) et le Parti Nationaliste Canarien (2 députés également) totalisent 11 414 116 voix (151 sièges).

L’ensemble des formations de gauche rassemble 12 867 448 suffrages (185 sièges),  les gauches présentes dans l’ensemble de l’État, les gauches nationales (en Catalogne, au Pays Basque et en Galice) ou les gauches présentes présentes seulement dans certaines Communautés Autonomes. Soit près d’un million et demi de suffrages en plus!

Les résultats globaux sont sans appel, même si nous ne pouvons négliger le fait que la droite l’emporte en Aragon, dans les deux Castilles, en Estrémadure, à Madrid, en Murcie et à La Rioja. En Andalousie et au Pays Valencien gauche et droite font jeu égal.

À la marge de ces deux blocs, les suffrages du Parti Nationaliste Basque (394 627 voix, 6 sièges) et de Junts Per Catalunya (497 638, 7 sièges).

Dans la conjoncture actuelle, il est difficile d’imaginer que ces formations pactisent avec la droite espagnole ultramontaine (*). Le Parti Animaliste contre la maltraitance animale (PACMA) a obtenu un résultat en rien négligeable: 326 045 voix. Disons-le ainsi: les gauches et le souverainisme ont gagné contre les droites ultraconservatrices et  réactionnaires du PP, de Ciudadanos et de Vox.

Ces élections ont mis en évidence une réalité incontournable: la réalité plurinationale du royaume d’Espagne.

La Catalogne et la Communauté Autonome Basque ont voté différemment (ou très différem-ment) du reste de l’État. La droite espagnoliste a obtenu 7 sièges en Catalogne (5 pour Ciuda-danos, 1 pour le PP et 1 pour Vox), les partis formellement souverainistes et partisans du droit à l’autodétermination ont obtenu 29 sièges (15 pour la Gauche Républicaine de Catalogne ERC, 7 pour En Comú Podem et 7 pour Junts per Catalunya).

Le Parti des Socialistes Catalans (PSC) section catalane du PSOE] 12. Si l’on ajoute ces sièges aux 7 de la droite et de l’extrême-droite, le bloc unioniste-constitutionnaliste contre la «rupture» de l’Espagne et «fondamentaliste» sur la Constitution de 1978, totalise donc 19 sièges. En d’autres termes, 29 souverainistes (dont 4 en prison: Oriol Junqueras, Josep Rull, Jordi Turull, Jordi Sànchez, auxquels il faut ajouter le siège au Sénat gagné par Raül Romeva, ce qui donne le chiffre de cinq prisonniers politiques en jugement depuis plusieurs mois élus) et 19 constitutionnalistes-unionistes.

Il s’agit là d’un résultat à souligner. Dans le cas de la Communauté Autonome Basque, ni le PP, ni Ciudadanos, ni Vox n’ont obtenu de siège. Les partis qui, plus ou moins clairement, sont en faveur du droit à l’autodétermination atteignent 14 sièges, le seul parti constitutionnaliste-unioniste, le Parti Socialiste Basque (PSE), 4.

Une autre donnée, déjà connue, mais qui vaut la peine d’être répétée: si l’on exclut la Catalogne et le Pays basque, le tripartite de droite aurait pu rééditer le modèle d’accord andalou au gouvernement espagnol. C’est là un point, nous nous permettons de le souligner, déterminant pour comprendre la situation politique dans le royaume d’Espagne.

La position du PSOE en cette matière lors des élections était très claire: pas un mot sur l’autodétermination. «Notre pays ne dispose pas de structure juridique pour que quiconque, avec aucun référendum sur son territoire, ne puisse rompre l’unité de l’État espagnol». «Il n’y aura pas d’indépendance, il n’y aura pas de référendum et il n’y aura pas d’autodétermination».

Mais, bien que la question catalane soit le principal facteur au cœur de la politique de la crise du régime de 1978, le gouvernement fera face à des défis supplémentaires. Abolir la loi  liber-ticide qui criminalise certaines formes de contestation, exiger des banques qu’elles remboursent 60 milliards d’euros, avancés lors du «sauvetage»; mettre un terme aux privilèges économiques et fiscaux de l’Église catholique et aboutir à la constitution d’un État laïc. Il s’agit d’aspects programmatiques que le parti qui gouvernera a assumés, à un moment ou l’autre. Et, selon comment ils traiteront de la question catalane, constitue ce que l’on définit comme une politique modérée, mais qui se prétend de gauche

Le programme social du PSOE est très fragile étant donné la situation économique et sociale qui prévaut en Espagne. Un taux de chômage très élevé, approche le 15%, dépassant 20% dans certaines Communautés Autonomes. Dans la zone euro, la moyenne dépasse légèrement 6%. Les salaires ont augmenté en moyenne de 0,3% entre 2010 et 2017. 34,4% des salarié·e·s percevaient en 2017 un salaire inférieur au Salaire minimuml, c’est-à-dire moins de 707,6 euros par mois (ce salaire est passé à 735,9 en 2018 et est de 900 en 2019).

Les inégalité se situent au quatrième rang de l’Union européenne. Au cours de la même période, le nombre de personne en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale a augmenté de près de 13%. L’augmentation des pauvres au sein de l’UE provient pour moitié de l’Espagne.

Devant une telle situation, quels sont les projets économiques et sociaux du PSOE? Le programme social de ce parti est, dans le meilleur des cas, extrêmement rachitique pour faire face à une situation économique et sociale telle qu’elle vient d’être sommairement brossée. Au pire, il l’aggravera.

Malgré le fait que la campagne électorale du 26 mai paralysera l’élection du président du gouvernement, il semble que Pedro Sánchez sera élu sans difficulté, au premier ou au second tour

La préférence de la CEOE [la confédération patronale], des banques, des investisseurs internationaux ainsi que du secteur «felipista» [du prénom de Felipe González] est publique: un gouvernement PSOE-Ciudadanos. Cela n’est pas impossible, mais cela semble difficile les militants du PSOE, rassemblés devant le siège, l’ont exprimé clairement le soir des élections: «con Rivera, no».

Probablement le PSOE va préférer gouverner seul afin d’avoir les mains libres et passer des accords avec la droite lorsque cela l’arrange. Le débat au sein de la base sur la proposition de Podemos d’entrer au gouvernement, de former un gouvernement de coalition, est intéressant.

Cet objectif est l’un des fils conducteurs de la campagne électorale, à tel point que Pablo Iglesias a déclaré que «nous sommes plus proches de gouverner que jamais». Il convient de réfléchir sur la proposition. La formation est passée, dans le sillage du mouvement des indignés du 15 mai 2011, d’une remise en question du régime de 1978 au désir de faire partie d’un gouvernement dont l’associé majoritaire [le PSOE] est un partisan fervent de l’actuel régime.

Le couplet sur la «caste» est bien lointain. L’argument utilisé est que c’est la seule manière d’assurer la mise en œuvre de politiques sociales.

10° Nous verrons bientôt ce que le futur gouvernement est disposé à faire autour de la question catalane. Le procès d’une bonne partie des dirigeants de la grande mobilisation pour l’autodéter-mination dure toujours. Certains n’hésitent pas à le qualifier de farce. Le PSOE lui-même est divisé sur la question.

Nous verrons bientôt également ce que ce gouvernement est prêt à faire dans les domaines de la laïcité, des répressions, de l’économie et du social. Nous renvoyons à des analyses futures la question de la politique extérieure; bornons-nous à mentionner les ventes d’armes aux monarchies sanguinaires amies de celle des Bourbons, comme l’Arabie Saoudite.

11° Dans un mois, le 26 mai, se tiendra une sorte de deuxième tour électoral. Les élections municipales, européennes et autonomiques [celles-ci dans 11 communautés sur 17] montreront si la tendance de ce mois d’avril est confirmée ou non. Le gouvernement de Communautés autonomes aux budgets importants est aussi en jeu, avec la questions comme des soins ou del’éducation.

Les élections d’avril et de mai ne résolvent toutefois pas le problème de fond, celui de la crise du régime.

«La crise de la première restauration borbonienne en 1874, après la Première République fut une longue agonie de plusieurs décennies, marquées par l’échec successif de toutes les formules tentées par les oligarchies d’alors.

Lors de la deuxième restauration, le régime de 1978, Franco a choisi pour successeur le roi Juan Carlos et on en est encore là. S’y opposer suppose une stratégie de changement démocratique et de mobilisation allant au-delà du régime actuel.

Ce n’est, pour le moment, pas le cas, aussi manifeste que soit la tâche première qui est de mettre en échec les droites». Ce dernier point a été atteint lors de cette première bataille électorale. Mais après les élections de mai, l’ouverture d’une réflexion politique, mais aussi stratégique, est nécessaire sur les perspectives des gauches pour aboutir à une alternative à ce régime. (Résumé)

(Article publié le 4 mai 2019 sur le site SinPermiso.info; traduction À L’Encontre)

Alencontre  8 mai 2019 Daniel Raventós Miguel Salas[

http://alencontre.org/

(1] Loi d’Hondt, du nom du mathématicien belge, et professeur de droit, Victor D’Hondt (1841- 1901) qui a élaboré un mode de calcul pour les scrutins à la proportionnelle plurinominale. Ce mode favorise les partis qui ont remporté le plus grand nombre de suffrages. Dans le cas de l’Espagne, un facteur joue un rôle plus important encore dans la «prime» accordée aux grands partis: les circonscriptions électorales sont basées sur les 50 provinces et deux villes autonomes de Ceuta et Mellila, découpage datant de 1833, sanctionné par la Constitution de 1978. Les provinces peu peuplées de «l’Espagne vide» de l’intérieur, disposant de 2 ou 3 sièges, privent systématiquement les 3e et 4e partis d’une représentation (réd. À L’Encontre)

Commentaire:

La méthode d’Hondt s’appelle aussi « à la plus forte moyenne » quand on fait le quotient électeurs/sièges. La méthode « au plus fort reste » est plus démocratique, elle permet aux petits partis d’être représentés.

(*): Ultramontanisme

Lire la suite

01 mai 2019 ~ 0 Commentaire

glomel 1958 (trésor du breton)

bzh

1958, l’expérience de bilinguisme scolaire à Glomel

En 1958, l’association laïque Ar Falz (La faucille) organise un concours  de rédaction en breton dans les écoles publiques.

34 écoles y participent sur le thème « Al loen kollet » (L’animal perdu). Une école se distingue particulièrement en envoyant 47 copies à ce concours, c’est celle de Glomel près de Rostrenen.
Les élèves de cette école profitent de l’expérience de pédagogie Freinet adaptée au bilinguisme menée par André le Mercier, récemment disparu.

Celui-ci place l’expression libre des enfants au centre de l’enseignement.

Le journal scolaire s’appelle d’abord Lapoused Groñvel(Les oiseaux de Glomel) puis à partir de 1959 Fiseled Groñvel (Fiseled désigne les habitants du pays Fisel).

Fañch Duro, 8 ans, raconte le pressage des pommes : Lavaret e oa din gant ma zad « klask plouz ha fenoz e vo malet an avaloù » … Ar merc’hed a garge ar boutegoù har ur paotr a droe ar valerez. Gant ur pezh koad e vrechen an avalou da lakad anezhe mont founnus er valerez. Ma zad a rae an dorchenn war ar presour.

Mon père m’a dit : « va chercher de la paille car ce soir nous presserons les pommes »…
Les femmes chargeaient les paniers et un gars tournait la broyeuse. Avec un bout de bois je poussais les pommes pour que ça aille plus vite. Mon père faisait la motte sur le pressoir).

Les trois heures de breton par semaine portent leurs fruits, ce qui réjouit l’instituteur 

Tremen a ra mat-tre an traoù, pezh a verk ez eo degemeret ar brezhoneg evel un danvez e-kichen ar re all gant kerent ma skolidi

(Les choses se passent bien, ce qui montre que le breton est accepté comme une matière comme les autres par les parents d’élèves).

Les 26 numéros de Fiseled Groñvel traitent aussi de pédagogie et de la vie culturelle breton-nante dans son ensemble. Aujourd’hui ils restent précieux pour la  place donnée au collectage de la tradition orale :

Nag a dud vras o deus lakaet ac’hanon da dañvañ mel saourus ar festoù-noz, gant o c’hanaouennoù hag o dañsoù ken buhezek

(Nombreux sont les adultes qui m’ont fait découvrir le miel des festoù-noz par leurs chants et leurs danses).

Cet excellent travail pédagogique enraciné dans un pays de forte tradition n’a duré que 6 ans, hélas. Contrairement au Pays de Galles, l’expérience de journal local a été peu suivie en Bretagne, c’est pourtant une des clés pour pratiquer la langue écrite.

27/01/2019

http://www.tresor-breton.bzh/

Commentaire:

Changement d’époque: avec des enfants bretonnants, 3 heures suffisaient. A l’heure actuelle, il s’agit de former des francophones… Cette expérience fût menée par des des militants du PCF, Ar Falz étant formée d’anciens résistants.

Lire la suite

01 mai 2019 ~ 0 Commentaire

émile masson (trésor du breton)

emile m

1913 BRUG (Bruyères)

Quand le socialisme libertaire s’exprimait en breton

Quelques mois avant la Grande guerre, le débat politique français se focalise sur la militari-sation. Les défenseurs d’un nationalisme guerrier se heurtent aux convictions pacifistes du leader socialiste Jean Jaurès.

Celui-ci trouve un allié inattendu dans les campagnes bretonnes. Un professeur de Pontivy, Èmile Masson, crée en janvier 1913 la revue bilingue Brug qui milite contre l’allongement du service militaire :

Labourerien, lavarit ganeomp ne fell ket deoc’h al lezenn 3 bloaz, rak na fell da zen ebet ar brezel, ne fell ket deomp en em gannañ evit netra

(Travailleurs, dites avec nous que vous refusez la loi des trois ans, car personne ne veut la guerre, on ne veut pas se battre pour rien).

Brug, journal libertaire, prend pourtant le contrepied des socialistes bretons sur la question de la langue 

Ar re ruz o deus en em gemeret fall : disprizet o deus yezh o bro ha n’int ket komprenet gant ar bobl. Degasomp hor bro d’ar gwir republik a vo sikourapl d’an holl dud ha pas hebken d’un nebeut aotrouned hag a ra o aferioù a-raok re ar vro.

(Les rouges s’y sont mal pris : ils ont méprisé la langue de leur pays, ils ne sont pas compris par le peuple. Retrouvons la vraie République, celle qui doit aider tout le monde et pas seulement quelques messieurs qui font passer leurs affaires avant celles du pays).

Défenseur des paysans, Brug les incitent à se défendre en créant des syndicats :

Ar vistri a ziskennfe priz o douar a-walc’h ma vefe sindikadoù peizanted kourajus. Dle eo dezhe kemer ar vro-mañ evel o hini, bevañ, en em blijañ enni, labourat, kañviñ, festiñ… prest da gombat evit o buhez o boued hag o liberte

(Les propriétaires baisseraient leurs prix s’il y avait des syndicats de paysans courageux. Il faudrait qu’ils prennent leur pays en main, pour y vivre, travailler, peiner, faire la fête… prêts à combattre pour leur vie, leur subsistance et leur liberté).

Parmi la vingtaine de collaborateurs, Anatole le Braz sut trouver les mots pour fédérer nos Bretons Libertaires :

Sav alese, deus war hon lerc’h, A dreuz an noz, a dreuz an erc’h, da gad an amzerioù da-zont, Du-hont, du-hont

( Lève-toi et suis-nous, A travers la nuit à travers la neige, pour trouver d’autres avenirs, là-bas, là-bas !).

Un dra bennak a zo da cheñch er bed

(Quelque chose est à changer dans ce monde)

rêvaient les compagnons d’Èmile Masson qui virent l’utopie de Brug se fracasser sur les affres de la guerre 14-18.

07/04/2019

http://www.tresor-breton.bzh/

Lire aussi:

« Brug » : une revue libertaire de langue bretonne au début du 20e siècle (Langue Bretonne)

Lire la suite

01 mai 2019 ~ 0 Commentaire

législatives espagnoles (npa viento-sur bastamag)

cong1

La délégation catalane à Madrid en 2016 et 2019

Législative espagnole.

« La Catalogne a voté autodétermination » !

Il est de bon ton, comment faire autrement, de relever les très bons résultats obtenus à cette élection centrale par les indépendantistes catalans mais en escamotant ce qui constitue l’épine dans le pied du régime : non tant la question, importante s’il en est, de l’indépendantisme que celle, tout aussi déterminante, de l’autodétermination.
Précision : pour ceux et celles qui s’échinent, allez savoir pourquoi, à inclure ECP (Les Comuns de la maire Ada Colau blog) dans le groupe des anti-indépendantistes, il faut rappeler que leur tête de liste, Jaume Assens, est parmi les plus proches, parmi les Communs, des indépendantistes.Ce qui a d’ailleurs provoqué des remous dans Podem au moment de la confection de la liste. Et cela même si ce rassemblement ne prend pas partie pour l’indépendance, en droite ligne avec la position dite « niniste », « ni DUI (Déclaration Unilatérale d’Indépendance) ni 155 (dissolution des institutions représentatives de l’Autonomie catalane) », « ni Puigdemont, ni Rajoy », position que ses composantes, tant les Communs que Podem, ont défendue pendant la séquence référendaire de septembre-octobre 2017.Au demeurant la principale dirigeante des Communs, Ada Colau, maire de Barcelone, a voté à ce référendum et pas précisément pour l’indépendance.
.
Le 28 avril, le programme de ECP sans ambiguïté (lire ici) 
.
Il se prononce pour le « droit de décider », pour un référendum  avec « des garanties » et négocié avec l’Etat espagnol. La majorité de ce courant semble défavorable à l’indépendance (son secteur ouvertement indépendantiste en est récemment sorti pour se rapprocher de l’ERC) mais maintient que l’important est que chacun-e obtienne le droit démocratique de s’exprimer pour, contre ou sans avis sur l’indépendance comme pour toute autre proposition incluse dans une telle consultation (option fédérale, confédérale).Pour lui, l’Espagne doit s’affirmer clairement comme un Etat plurinational mais maintenu uni en une sorte d’Etat fédéral… qui ne dirait pas son nom (lire ici). Toujours est-il qu’au vu de ces données, il n’est pas possible de comptabiliser les voix obtenues par ECP parmi celles des anti-indépendantistes comme, d’ailleurs, parmi celles des indépendantistes.A la réserve près que ECP ne se retrouve jamais sur aucune position des anti-indépendantistes alors qu’il partage avec les indépendantistes la revendication du droit d’autodétermination par référendum !

A ce propos, il est une lecture de ces résultats en Catalogne qui donne 54,27% des exprimés aux partis favorables à l’autodétermination, alias « le droit de décider », autrement dit les partis indépendantistes et ECP.

Il n’est assurément pas question, comme le titre, délibérément provocateur, de ce billet pourrait le laisser entendre malgré les guillemets, de considérer que les voix qui se sont portées sur ces partis ont exprimé une adhésion consciente et pleine à leur revendication d’autodétermination.

Celle-ci n’est qu’un élément, certes important, du programme soumis aux électeurs mais retenons qu’au moins la motivation à voter pour ces partis (en particulier pour faire barrage à l’extrême droite mais aussi au sentiment hystérique anti-Catalogne qui s’est propagé dans tout le pays) n’a pas été entravée par leur point de vue autodéterministe.

D’autant que la forte polarisation créée par la droite, l’extrême droite mais aussi le PSOE et le gouvernement central sur la dénonciation de l’indépendantisme catalan, diabolisé comme horrible « séparatisme », était une incitation forte à faire du droit d’autodétermination, amalgamé avec l’idée d’indépendantisme, un repoussoir.

Constatons qu’il n’en a rien été en Catalogne.

Ce qui me semble participer probablement d’un fort réflexe démocratique au constat évident, comme l’Ecosse l’a montré assez récemment, que l’autodétermination n’est pas un truc d’indé-pendantistes sournois pour piéger le béotien démocrate pour peu qu’une négociation, à laquelle les espagnolistes se refusent, entre l’Etat central et la « région » en pose le cadre adéquat.

Un récent sondage précisément centré sur l’autodétermination, hors de toute autre question, permet d’aller dans ce sens puisque  » 78,7% des sondé-es s’y affirment favorables à un référendum d’autodétermination avec la particularité que 59,9% des électeurs du PSC s’en disent partisans alors que ce parti y est opposé.

Plus surprenant et inquiétant pour les partis les plus unionistes, le PP et Ciudadanos : 44,5% des électeurs du premier et 40% de ceux du second souhaitent ce référendum que les indépen-dantistes ont dû imposer le 1er octobre 2017 et qui vaut à leurs dirigeants, emprisonnés depuis un an et plus, d’être traînés aujourd’hui devant le tribunal ! » (lire ici).

Voilà de quoi méditer sur ce que d’aucuns voient comme un extraordinaire succès électoral de Pedro Sánchez, alors qu’il ne parvient pas à obtenir à lui seul la majorité absolue, que l’appoint de Podemos ne suffirait pas à l’atteindre et qu’il faudrait, pour cela, obtenir des voix des député-es catalanistes.

A moins que, comme y poussent, sans aucune retenue, les principaux médias du pays et les organisations patronales, tiens donc, le PSOE, comme il en a manifesté l’idée à plusieurs reprises, passe un accord de gouvernement avec Ciudadanos, ce parti qui a fait des indépendantistes, à l’unisson du PP et de l’extrême droite, les boucs émissaires de tous les malheurs qui accablent le bon peuple espagnol !

Un tel accord, en apparence est, du moins momentanément, écarté, pourrait bien faire l’effet d’une bombe en Catalogne et s’assimiler à une politique du pire dont on peut prédire que l’issue, quelle qu’elle soit, aurait un coût politique des plus élevés. Le bon Sánchez n’est pas près de sortir du labyrinthe catalan. Sa victoire électorale du 28 avril le signifie pour qui veut bien en décoder certains signes.

30 avr. 2019 Antoine (Montpellier) Membre du NPA

https://blogs.mediapart.fr/

cong 2

Une première lecture brute des résultats en Catalogne donne ceci en voix et en pourcentages

Signification des sigles : ERC : Esquerra Republicana de Catalunya (social-démocratie); JxC : Junts per Catalunya (centre droit); FR : Front Republicá (extrême gauche mais avec seulement une partie de la CUP);

PSC : Partit dels Socialistes de Catalunya ; CS : Ciudadanos (centre droit, ulltralibéral, proche de l’extrême droite sur la Catalogne); PP : Partido Popular (droite conservatrice polarisée par l’extrême droite); Vox (extrême droite néofranquiste);

ECP : En Comú Podem (les Communs, issus des Indigné-es et de divers associatifs catalans, alliés à Podem, le Podemos catalan).

Pour les indépendantistes

ERC : 1 020 358 (24,59%)

JxCat : 500 012 (12,05%)

FR : 113 695 (2,74 %)

Pour les anti-indépendantistes

PSC : 963 095 (23,21%)

Cs : 479 265 (11,55%)

PP : 201 250 (4,85%)

Vox : 149 381 (3,60%)

Pour les non-indépendantistes

ECP : 617 858 (14,89%)

Lire aussi:

Spanish State: PSOE gains from useful vote against the reactionary right (Viento Sur)

En Espagne, les « deux gauches » font mieux que les « trois droites » aux législatives (Bastamag)

Lire la suite

29 avril 2019 ~ 0 Commentaire

élections euskadi (gara)

euska

Ce graphique inclut la Navarre où les nationalistes n’ont pas de représentation (Ni PNV, ni EH-Bildu).

Ici ce n’est pas le PS qui gagne!

Doite et extrême droite sont rejetées

Podemos qui était le premier parti en 2016 se retrouve troisième!

Couleur verte: le PNV parti de droite nationaliste non indépendantiste 6 (5)

Rouge: Le PSOE 6 (4)

Mauve: Podemos 5 (8)

Vert clair: EH-Bildu 4 (2)

https://www.naiz.eus/

Lire la suite

28 avril 2019 ~ 0 Commentaire

espagne législatives (la vanguardia)

elelc.jpg222

Provisoirement:

Le PS gagne + 30 pris à Unidos-Podemos. Le PP perd  70 sièges. Podemos qui avait 71 sièges n’en garde que 40. Les macronistes de Ciudadanos gagnent 10 sièges sur le PP et Vox (fascistes) une quarantaine.

Les catalans de gauche gagnent sur Puigdemont discrédité. Le PNV basque (droite) gagne un siège et Bildu (radicaux) stagne.

https://www.lavanguardia.com/

Lire la suite

28 avril 2019 ~ 0 Commentaire

stage de breton (ar falz)

ar falz

Logo 1935

41e stage de breton Ar Falz-Skol Vreizh à Carhaix

Pour apprendre ou réapprendre le breton : 41e stage de breton Ar Falz / Skol Vreizh (du 19 au 23 août 2019) à Carhaix (29) – 260€ la semaine (hébergement & repas compris)

Pour notre 41e édition, nous aurons le plaisir de retrouver Carhaix du lundi 19 au vendredi 23 août 2019 au Centre d’hébergement de Kerampuilh (Lycée Diwan)

Notre stage, le plus vieux de Bretagne (le 1er : Audierne – août 1946) s’adresse à tous, du tout débutant au bretonnant confirmé. Six niveaux sont proposés.

Le stage Ar Falz consiste en des cours, des ateliers de langue et de chant, des balades de découverte de la région, des veillées.

Ces multiples activités sont assurées par des intervenants qualifiés & bénévoles (Frank Bodenes, Yvonne Coz, Francis Favereau, Yann-Ber Kemener, Per Lavanant, Eliane Talabardon, Armand Tosse…)

https://www.skolvreizh.com/

komzit

Parlez breton (avec vos enfants)

Ar Falz

Ar Falz (« la faucille ») est une organisation bretonne progressiste et laïque, créée pour développer et favoriser l’enseignement du breton. C’est également le nom de la revue publiée par cette association.

Origines et revendications

L’association est créée en janvier 1933 par Yann Sohier (père de Mona Ozouf blog), séduit par l’exemple de l’URSS qui reconnaît à ses peuples le droit de pratiquer leur langue. La revue du même nom est le « bulletin mensuel des instituteurs laïques partisans de l’enseignement du breton ». La gérante en est Fant Rozec (Meavenn). Ar Falz est soutenu par Marcel Cachin. Yann Kerlann est l’un des principaux collaborateurs de la revue dès ses débuts, en particulier pour les articles d’histoire et de mathématiques en breton, et sera choisi comme successeur de Yann Sohier, à la mort de ce dernier en 1935.

Ar Falz milite pour l’enseignement du breton, considéré par l’administration française comme la « langue des ploucs et des poules ». Son programme est résumé dans son premier bulletin de liaison :

  1. Revendication de l’enseignement du breton comme « langue véhiculaire de l’enseignement ».
  2. Rejet de la méthode dite « du français par le breton » : méthode préconisée par les régionalistes et par le clergé, pédagogiquement impraticable à l’école primaire, vu les différences extrêmes entre le génie des deux langues.
  3. Rejet d’un système bilingue donnant la priorité au français, système qui n’aurait pour résultat que d’isoler le peuple breton dans une langue de culture réduite

La dormance puis le réveil

Le mouvement est mis en sommeil durant la Seconde Guerre mondiale. En 1945, Ar Falz propose aux laïques de Bretagne de reprendre la pétition interrompue par la guerre, en faveur de l’enseignement de la langue bretonne. En particulier, la campagne « Ar brezoneg er skol » (« le breton à l’école ») est soutenue par un très grand nombre de communes bretonnes.

L’association est relancée par les militants issus de la résistance, tels Armand Keravel et René-Yves Creston avec le soutien de Marcel Cachin du PCF. Pendant un temps, son président est Per-Jakez Helias. En 1950, Ar Falz participe à la création de Kendalc’h, une confédération de cercles celtiques, et est membre de l’association Emgleo Breiz.

Comme bien d’autres initiatives, la grande pétition populaire d’Emgleo Breiz qui rassemblera  plusieurs centaines de milliers de signatures en 1967, ne rencontre que le mépris et l’indifférence de la part des pouvoirs publics français.

Ar Falz et Skol Vreizh depuis 1950

Alors que les années 1950 voient la révolution agricole transformer la société basse-bretonne, qui passe d’une paysannerie bretonnante à une société d’agriculteurs francophones, les années 1960 et 1970 voient la culture bretonne perdre le discrédit accolé à l’image d’une culture paysanne grâce à l’action de Glenmor, Gilles Servat, Alan Stivell et bien d’autres.

Ar Falz crée alors Skol Vreizh (« l’école bretonne ») afin de créer et publier du matériel pédago-gique. De supplément d’Ar Falz, Skol Vreizh devient une revue trimestrielle autonome. Skol Vreizh se structure ensuite en maison d’édition associée à Ar Falz ; elle édite notamment une série de livres dans la collection Histoire de la Bretagne et des Pays Celtiques, mais aussi des ouvrages de référence en linguistique, tels que les dictionnaires et grammaire de Francis Favereau.

En 1967, Ar Falz participe à la création de War ‘l leur (« war al leur » : « sur l’aire » — initialement aire à battre, devenue aire à danser), l’une des deux confédérations de cercles celtiques avec Kendalc’h.

En 1969, Ar Falz crée avec l’Union démocratique bretonne (UDB) et la Jeunesse étudiante bretonne (JEB) le mouvement Galv, comité d’action progressiste pour la langue bretonne.

Sous la présidence de Paolig Combot, l’association Ar Falz et la maison d’édition Skol Vreizh s’installent en 2002 dans de nouveaux locaux au centre-ville de Morlaix, dans l’ancienne manufacture de tabac réhabilitée

Lire aussi:

Ar Falz (Wikipédia)

Commentaire:

Il y a deux situations:  quand la langue est majoritaire dans la population (comme kabyle et kurde) et quand s’il s’agit de la « réapprendre ». La notion de « sauver la langue bretonne » avait un sens immédiat dans les années 1960-70 car avec des mesures simples: radio et enseignement elle aurait pu effectivement être « sauvée » (momentanément?). On ne peut pas savoir si cela aurait poussé les familles à parler breton (seule transmission valable) ou si la tendance à la « modernité » l’aurait emporté…

Lire la suite

27 avril 2019 ~ 0 Commentaire

plogoff (le télégramme)

40 ans de Plogoff. Le documentaire des Le Garrec projeté à Cannes !

Consacré au mouvement de résistance populaire au projet d’implantation d’une centrale nucléaire à Plogoff (29), le documentaire « Plogoff, des pierres contre des fusils », en version restaurée, sera projeté sur la Croisette, dans le cadre de « Cannes Classics ».

Depuis 2004, la section « Cannes Classics » du Festival de Cannes, qui aura lieu du 14 au 25 mai, promeut les chefs-d’œuvre du cinéma passé.Parmi les films sélectionnés cette année, figure « Plogoff, des pierres contre des fusils », de Nicole et Félix Le Garrec. Un film datant de 1980 qui est actuellement en restauration à Paris. La réalisatrice représentera son œuvre sur la Croisette.

Heurts violents

Ce documentaire est consacré au mouvement de résistance populaire au projet d’implantation d’une centrale nucléaire à Plogoff (29), près de la pointe du Raz. Déterminés à ne pas laisser se dérouler une enquête préliminaire dont les résultats leur semblaient joués d’avance, les 2 300 habitants de Plogoff, rapidement rejoints par une large partie de l’opinion bretonne, entamèrent un long bras de fer, marqué par la présence dans la commune de gardes mobiles. Les forces de l’ordre firent face à des défilés considérables qui comptèrent jusqu’à 60 000 manifestants. Les heurts furent parfois violents, des femmes molestées…

27 avril 2019

https://www.letelegramme.fr/

.

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin