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05 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

bébés bretons (le télégramme)

beur

Hexagone. La Bretagne championne… des naissances hors mariage

Si les naissances françaises en 2017 sont en baisse, celles hors mariage sont en forte hausse : près de six bébés sur dix. Dans l’Hexagone, c’est en Breta-gne, et notamment dans les Côtes-d’Armor, que ces cas sont les plus fréquents après les départements et régions d’Outre-mer.

2017, une année moins fertile en France. Selon une enquête publiée ce mardi par l’Institut national de la statistique et des études économiques, 769 553 bébés sont nés entre le 1er  janvier et 31 décembre, soit une baisse de 1,8 % par rapport à 2016 (783 640 naissances). « Depuis 2014, le nombre de naissances baisse chaque année », note l’Insee, se rapprochant ainsi du plus bas taux de natalité en France des 25 dernières années : 711 610 naissances en 1993. Sur cette même période, un pic avait été atteint en 2010 avec 832 799 naissances.

Au-delà de cette baisse de natalité, l’Institut remarque que de plus en plus de naissances ont lieu hors mariage. Si avant 1978, ces cas représentaient moins de 10 % des naissances, ce taux est désormais de 59,9 %, soit près de six bébés sur dix. « La diffusion du Pacs et des unions libres, au détriment du mariage, ainsi que le recul de l’âge au mariage ont rendu les naissances hors mariage majoritaires dès 2006 », explique l’Insee.

La France, championne européenne des bébés nés hors mariage

En 2016, ce taux était de 59,7 % en France, soit la plus grande proportion au sein de l’Union européenne (UE) dont la part moyenne de naissances hors mariage est de 42,6 %. L’Hexa-gone est talonné par la Slovénie, la Bulgarie, l’Estonie ou encore la Suède. À l’opposé de ce « classement », on retrouve l’Italie (28 %), la Pologne (25 %), la Croatie (18,9 %) et surtout la Grèce (9,4 %).

Mais en se penchant de plus près sur les chiffres français, on peut remarquer une fracture géographique: en fonction du domicile de la mère, des naissances hors mariage sur le territoire. Ces naissances sont surtout fréquentes dans les départements et régions d’outre-mer : neuf naissances sur dix en Guyane et à Mayotte, près de huit naissances sur dix en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion.

Près de sept bébés sur dix en Bretagne

En France métropolitaine, c’est à l’Ouest que les naissances hors mariage sont les plus fréquentes. À l’inverse, c’est en Île-de-France, dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne et à Paris que ces chiffres sont les plus faibles (moins de 47 %).

C’est donc en Bretagne qu’il y a le plus de naissances hors mariage sur le territoire métropo-litain. 69 % des bébés bretons ont des parents qui ne se sont pas dit oui. En regardant de plus près, ces cas sont les plus fréquents dans les Côtes-d’Armor (72,3 %) puis dans le Morbihan (70,7 %), dans le Finistère (68,6 %) et en Ille-et-Vilaine (66,9 %).

Benjamin Pontis

https://www.letelegramme.fr/

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04 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

brexit (belfast telegraph)

ireland

Sondage: les électeurs d’Irlande du Nord pour Irlande après le Brexit

La perpective d’une frontière renforcée avec la République influence l’opinion à l’égard du Brexit.

Les électeurs d’Irlande du Nord soutiendront la réunification de l’Irlande unie après le Brexit, selon un nouveau sondage. Le sondage indépendant réalisé auprès de 1 199 personnes a été commandé par le groupe de campagne « Our Future Our Choice Northern Ireland » Notre avenir, notre choix en Irlande du Nord » (OFOCNI), qui appelle à un vote populaire sur l’accord définitif du gouvernement sur le Brexit.

Le groupe affirme également que le sondage révèle un mécontentement généralisé quant à la manière dont le DUP gère le Brexit et demande que le Sinn Fein appuie un vote du conseil municipal de Belfast ce soir en faveur d’un vote populaire.

Plus de la moitié (52%) ont déclaré qu’ils voteraient pour une Irlande unifiée après le Brexit, 39% souhaitant rester au Royaume-Uni. En cas de frontière renforcée avec le Brexit, 56% préféreraient une Irlande unie, 40%  choisissant de rester au Royaume-Uni.

Si le Royaume-Uni devait rester dans l’UE, le sondage révéle que plus de la moitié (52%) souhaiteraient rester au Royaume-Uni, tandis que seulement 35% soutiendraient une Irlande unie. Seuls trois quarts (73%) des personnes d’origine nationaliste ont déclaré qu’elles appuieraient une Irlande unie si l’on évitait le Brexit, contre 94% qui souhaitaient quitter le Royaume-Uni après le Brexit.

Quelque 59% de ceux qui ne se considèrent ni Unionistes ni Nationalistes soutiendraient une Irlande unifiée après le Brexit, mais cette proportion tomberait à 23% si le Brexit était évité.

Le porte-parole de l’OFOCNI, Doire Finn (23 ans), a déclaré: « Ces résultats confirment ce que tout le monde sait déjà: si nous quittons l’UE, les gens voteront pour une Irlande unie.

« Arlene Foster et la position du DUP sur le Brexit ont fait progresser la cause nationaliste plus que 40 ans de violence de l’IRA. Mais ses partisans ont une chance de défendre l’Unionisme en appelant les dirigeants du DUP à soutenir un vote populaire sur le Brexit.  »

Le député du DUP, Simon Hamilton, a répliqué que les propos concernant la campagne de l’IRA étaient « une insulte aux victimes innocentes ». « Faire un tel commentaire sur Arlene Foster, qui a vu son père se faire tirer dessus et son autobus scolaire bombardé, est assez honteux et de mauvais goût », a-t-il déclaré. « Le Royaume-Uni a voté pour quitter l’UE. « Le DUP travaille pour que le vote démocratique soit respecté et honoré.

« Nous voulons le meilleur accord pour l’Irlande du Nord, qui fonctionne également pour l’UE et nos voisins en République d’Irlande. « Le fait que les résultats de ce sondage soient fondamen-talement différents des autres sondages récents, qui ont montré un soutien significatif à l’Irlande du Nord dans le Royaume-Uni, jette un doute sur la méthodologie. »

Au total, 68% des personnes interrogées ont estimé que le DUP représentait «très mal» les gens face au Brexit, 79% des moins de 24 ans. Aucun comté d’Irlande du Nord n’avait moins de 59% pour dire « très mal ». Même un quart des électeurs du DUP (24%) pensaient que le party se débrouillait « mal » sur le Brexit.

Le vote d’une motion ce soir au conseil municipal de Belfast sur le vote de l’accord définitif sur le Brexit fait suite à des initiatives similaires dans d’autres villes du Royaume-Uni. Tara Connolly (20 ans), de l’OFOCNI, a déclaré qu’elle risquait d’échouer sans le soutien des conseillers du Sinn Fein. « Le Sinn Fein dit qu’ils ne soutiennent pas les projets de Brexit de Theresa May, mais leur manque de soutien à cette motion serait un acte d’opportunisme politique impitoyable, au lieu de s’associer aux gens d’Irlande du Nord , » dit-elle.

Kate Nicholl, conseillère de l’Alliance, a qualifié le Brexit « d’immense acte d’auto-agression pour le Royaume-Uni, avec des dommages considérables pour l’Irlande du Nord ». Elle a ajouté: « Belfast a maintenant l’occasion de se joindre à de nombreux conseils à travers le Royaume-Uni en adoptant une résolution en faveur du vote populaire. »

Sinn Fein n’a pas répondu à une demande de commentaire hier.

Belfast Telegraph

Allan Preston 3 septembre 2018

https://www.belfasttelegraph.co.uk/

Lire aussi:

United Ireland would lead to public sector jobs being lost, says Sinn Fein (Belfast Telegraph)

Commentaire: Le Belfast Telegraph est le journal de la communauté unioniste (protestante) du Nord de l’Irlande qui veut rester dans le royaume Uni, tandis que les nationalistes (catholiques) lisent l’Irish News et ne veulent pas tous pour autant rejoindre l’Irlande du Sud!

Le DUP est un parti issu des milices protestantes (Loyalistes: unioniste armés) qui a pris la place du parti Unioniste allié des conservateurs britanniques l’UUP.

Le parti qui représente les catholiques est le Sinn Fein , groupe de gauche à l’Europe (lui aussi au détriment du SDLP « modéré » ou « pro Union » c’est selon, socialiste à l’Europe )

Le petit parti « Alliance » est « non confessionnel » mais en réalité « unioniste ».

Avec autant d’Unionisme et le Sinn Fein qui traîne la patte le sondage est étonnant!

 

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24 août 2018 ~ 0 Commentaire

anticapitalistas (pùblico + diario 16)

La CUP catalane établit des ponts avec les forces de gauche en Espagne

Eulàlia Reguant participe avec Txell Bonet et Jaime Pastor aux débats de l’Université d’été d’Anticapitalistas

La CUP organise une tournée de certains de ses représentants afin d’ouvrir des voies de dialogue et d’établir des liens avec d’autres forces de gauche en Espagne. Dans le contexte de la neuvième université d’été Anticapitalistas, Eulalia Reguant a participé à La Granja, à une conférence et un atelier de formation de cette organisation, ce qui s’explique par le désir de la CUP de privilégier des espaces de dialogue avec d’autres groupes.

Reguant, qui est actuellement l’une des leaders de la CUP, cédera sa place à d’autres militants lorsqu’elle aura terminé son mandat de conseiller de la mairie de Barcelone.  La conseillère municipale et ancienne membre du Parlement de Catalogne ainsi que la journaliste Txell Bonet, sont intervenus lors d’une réflexion et d’un débat avec le dirigeant et important professeur de sciences politiques anticapitalistes, Jaime Pastor, pour parler de « gauche espagnole et catalane: les mariages et les divorces. » Eulàlia Reguant a souligné l’exceptionnalité politique de la réunion et a regretté qu’à ce jour, son organisation, la CUP, n’ait «pas généré d’espaces de débat».

Jaime Pastor a expliqué dans son discours d’ouverture la résistance historique de la gauche espagnole à reconnaître le droit à l’autodétermination des catalans, la subordination des partis locaux à leurs homologues madrilènes, la priorité de la question sociale pour oublier la question nationale, la confusion provoquée par les dirigeants qui prétendent que la question nationale diviserait et qui ont identifié la revendication de « différences » nationales avec un prétendu désir de « privilèges » …

Reguant a reconnu qu’un parti comme le PSUC a contribué pendant les années à la résistance contre le régime franquiste, à la cohésion de la société catalane, mais a ajouté qu’elle  partageait l’opinion de l’avocat August Gi. Matamala, qui a conclu que ce parti était devenu « un outil de consolidation du système ».

Par rapport au moment politique actuel, la conseillère de la CUP a critiqué ceux qui condition-nent la possibilité de reconnaître la souveraineté de la Catalogne en tant que peuple pour obtenir un soutien. politicien plus large.  Selon elle, ce qui doit être mis en avant, c’est «l’amélioration des conditions de vie des personnes» comme moyen d’obtenir un plus grand soutien à l’indépendance.(…)

« Dans le processus de construction de la souveraineté », a-t-elle expliqué, il y a les CDR qui sont apparus pour garantir le référendum d’autodétermination le 1er octobre et qui ont ensuite été regroupés en comités de défense de la République. La représentante de la CUP plaide en leur faveur au contraire de la « verticalisation » qui caractérisait, selon elle, le mouvement indépendantiste. Le CDR, dit Reguant, représente le contraire de l’attitude consistant à « attendre qu’on nous dise ce que nous devons faire ».

Solidarité interterritoriale

Dans la discussion qui a suivi les interventions Reguant et Pastor quelques assis-tants ont montré les difficultés qui existent en dehors de la Catalogne, en particulier en Andalousie et Murcie, pour défendre la « multinationalité » de l’état. Le renfor-cement du nationalisme espagnol a été expliqué comme une réaction aux mobilisa-tions en faveur de l’indépendance de la Catalogne. Au-delà de l’exploitation du sentiment de rejet encouragé par les casernes et les commissariats de police, à l’automne, il y avait une ambiance conflictuelle. L’un des participants au débat, soulignait l’humeur des gens de gauche face à cette réalité, tout en rappelant les rassemblements de solidarité et de protestation contre la répression en Catalogne qui a eu lieu les 2 et 3 octobre dans différentes villes d’Andalousie. « Parler de la plurinationalité en Andalousie », comme le font les membres de Podemos, « est une étape très importante ». « Lutter pour les droits sociaux signifie lutter pour les droits des peuples », et inversement, a insisté un autre assistant .

« Des batailles qui peuvent être perdues »

Le représentant du parlement d’Andalousie, Jesús Rodríguez, a reconnu que le processus catalan avait fait croître le nationalisme espagnol parmi les différents secteurs de la population, mais que les Catalans  « ont fait ce qu’il devaient faire ». « Il est difficile de se solidariser avec un processus quand on pense qu’ils peut être perdu », a-t-il déclaré, mais il a expliqué que pour défendre la revendication catalane, nous « manquons de contenu ». « Nous devrions présenter une proposition de solidarité interterritoriale. Nous n’avons pas de proposition. Seul le thème de la souveraineté dans l’abstrait « , a-t-il reconnu.

Jaime Pastor a insisté sur cet aspect, mais du côté catalan. « La gauche indépendantiste n’a pas été suffisamment présente pour avoir besoin de plus de solidarité », a-t-il déclaré. « Nous avions besoin de plus de pédagogie », après s’être prononcé en faveur de « livrer des batailles, même s’il sait qu’elles peuvent être perdues ».

Un autre référendum?

Certains leaders indépendantistes catalans soulèvent maintenant la possibilité d’organiser un autre référendum et les « Communs »  (PC et Podemos NdBlog) se souviennent qu’ils ont toujours défendu une consultation sur cette question en suspens. Pour Pastor si ce référendum était convoqué, des garanties seraient nécessaires pour obtenir un niveau de participation plus élevé que le 1er octobre.

Eulàlia Reguant s’est demandé si cela devait avoir lieu après une sorte de dialogue avec le gouvernement espagnol. « La logique n’indique pas qu’on puisse aller à un autre référendum, » a-t-elle dit, rappelant que le PSOE nie fermement le droit à l’autodétermination.

« Je ne dis pas que je n’ai pas besoin de parler à l’Etat. Mais pas dans une une logique subordonnée  a-t-elle  affirmé, marquant la nécessité d’un dialogue entre égaux, et, d’autre part, elle ne croit pas « nécessaire de mettre sur la table un référendum comme moyen de résoudre la situation.  »

24/08/2018 Marià de Delàs

https://www.publico.es/

Lire aussi:

CUP: Candidature d’unité populaire (Wikipedia)

CDR: Comités de Defensa de la Repùblica

Anticapitalistas

Una izquierda cobarde y acomplejada (Diario 16)

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18 août 2018 ~ 0 Commentaire

aste nagusia (pùblico)

aste nagusia

1978: il y a 40 ans, la première « Aste Nagusia »

Les 40 ans d’Aste Nagusia, la fête populaire qui dérange les autorités

Bilbao vit de ce samedi une nouvelle « Semana Grande ». Son modèle festif, marqué par la participation de nombreux collectifs en dehors des institutions, continue à faire face à des obstacles de la part de la municipalité.

Soudain, le silence est rompu avec une question. Peut-être que tout le monde avait cette peur dans la tête, mais un seul a osé lâcher: « Et si demain personne ne vient? » Après plusieurs jours de préparations interminables, ces jeunes attendaient le lancement des premières festivités populaires à Bilbao. Depuis le balcon de l’hôtel de ville, certains ont contemplé la rue qu’ils avaient aménagé pour s’amuser après quatre décennies de dictature et d’ennui. Person-ne ne le savait, mais ils étaient sur le point d’écrire l’une des pages les plus incroyables de l’histoire de cette ville.

40 ans plus tard, à Bilbao personne ne se le demande

Ici il n’y a pas une âme qui ne connaît pas la Aste Nagusia (Semana Grande), une expression festive populaire née en Août 1978 et aujourd’hui, quarante ans après , elle est devenue indestructible. « C’est un modèle qui est dorénavant intégré à la vie de Bilbao. Vous ne pourrez plus faire une Aste Nagusia différente » , résume  Anton, membre du Bilboko Konpartsak, l’organisation formée par diverses associations et groupes organisent la fête de  Bilbao.

L’idée est née précisément d’une de ces comparsas.

Cet été 78, le groupe Barullo Txomin, composé de jeunes qui appartenaient à EMK* (Mouve-ment Communiste du Pays Basque), a remporté le premier prix du concours organisé par El Corte Inglés ( chaîne de grands magasins NDBlog) pour concevoir une nouvelle Semana Grande, réduite pendant la dictature aux courses de taureaux et quelques bals. Dans ce contexte, la proposition festive de Txomin Barullo a cherché à créer un espace de fête dans lequel différentes activités ont lieu. Le site choisi était celui de El Arenal, exactement le même endroit qui samedi redeviendra le centre d’Aste Nagusia.

« Ce fut un choc pour tout Bilbao » rappelle à quelques heures du lancement du « txupin » (fusée) cette année par le comparsero vétéran Fernando Toja. Pour lui, ce sont des journées mouvementées: sa konpartsa, libertaire: Hontzak, est l’une des 27 qui participent à l’organi-sation de la Grande Semaine 2018. Le stress n’est pas le même qu’en 1978, lorsque Toja a participé au sein d’une autre conpartsa, historique  » Pinpilinpauxa ». « Tout était organisé à partir de la base, sans participation des politiciens. Pour les anarchistes comme nous, nous faisons la démonstration qu’on n’ a pas besoin de chefs ou de dirigeants, que les gens savent s’organiser par eux mêmes », dit-il fièrement.

Les fêtes du maire

Dérangeante, libre et réussie. La première grande semaine de la nouvelle ère s’est parfaite-ment déroulée. Profitant des jours fériés, le conseil municipal qui était encore franquiste, (les premières élections municipales n’auront lieu qu’en avril 1979), a disparu ces jours-là et les fêtes étaient littéralement entre les mains du comité populaire responsable de l’organisation. « Vous auriez dû voir la police municipale rendre compte des évènements à notre bande de chevelus! C’était incroyable » dit Toja. ( La puissance des mobilisations! NDBlog)

En tout cas, la route d’Aste Nagusia a également connu un certain nombre d’obstacles. Dès 1980, lorsque le maire Jon Castañares (PNV) a décidé d’écarter le comité des fêtes et de prendre en main l’organisation. Cela n’alla pas loin: les comparsas choisirent de boycotter la grande semaine du maire et vidérent les rues. Même Marijaia, la poupée géante représentant l’esprit de la Grande Semaine, n’apparût pas. Il y avait des fêtes dans les journaux, mais dans la pratique, Bilbao ressemblait à un cimetière.

 » Señor Gobernador … »

Marijaia et Aste Nagusia, sont revenus l’année suivante. Cependant, les problèmes avec les autorités étaient toujours présentes. Dans la chronologie, il y a des moments historiques, comme Août 1983, cette année-là, après les graves inondations , le gouverneur civil (préfet NDBlog), (Julian Sancristóbal condamné plus tard pour l’affaire des GAL) a appelé « fils de putes » les comparseros qui étaient dans la rue, à ramasser la boue avec pelles et seaux. La réponse populaire est devenue un slogan: « Señor Gobernador, vous êtes un imbécile »,  scanda le peuple dans une mobilisation inoubliable.

Les bisbilles avec les autorités, principalement municipales, se sont poursuivies au fil des années. « Le modèle participatif de fête, populaire et gratuite qu’impulse Bilboko Konpartsak depuis 1978, va complètement à l’encontre des modèles qu’impulsent les institutionnels », explique Anton Galder lors d’une pause dans cette semaine très active: montages de txosnas (restaux populaires NDBlog), conférences de presse et autres événements avant le début officiel des festivités, prévu ce samedi midi.

Comme d’habitude

Précisément, cette année n’a pas manqué de problèmes lors de la mise en place de certaines activités. « Aujourd’hui, les retards et les obstacles de l’institution contre le modèle défendu par Bilboko Konpartsak se poursuivent », déclare Antón. Le coordinateur des comparsas dénonce les obstacles posés par le conseil municipal à la projection en plein air du documentaire « Amets Nagusia ». Le rêve était déguisé en fête « , lequel raconte les origines de la Semana Grande et les conflits avec ceux qui lui mettent des bâtons dans les roues!

Le film devait être projeté sur la Plaza del Gas, où Bilboko Konpartsak comptait à installer un cinéma de plein air. Le Conseil Municipal ne l’a pas autorisé, décision que les comparsas ont qualifiée de «politique».

Le conseil municipal a aussi mis sur la touche les collectifs populaires pour  l’exposition sur les quarante ans d’Aste Nagusia. « Dès le début, nous avons cherché à collaborer avec la commission des fêtes municipale et résultat, au contraire, nous avons eu le droit à des retards, à l’externalisation du projet et au manque de volonté de la part de la municipalité de travailler ensemble , ce qui a abouti à une mauvaise exposition limitée à de simples panneaux », fait remarquer le coordinateur. 40 ans plus tard, la fête de rue continue de gêner dans les bureaux.

Bilbao 18/08/2018 DANILO ALBIN

https://www.publico.es/

toros

On en profite pour dénoncer la tauromachie

Sigles:

Le EMK* a fusionné de façon éphémère avec la LCR-LKI (les deux issus de ETA) , les deux ont disparu dans les années 90. Leurs idées se retrouvent dans « EH-Bildu » (qui approche les 20% des électeurs) et « Antikapitalistak ».

PNV est le Parti Nationaliste d’Euskadi, anciennement hégémonique dans la société. Il a une tradition gouvernementale depuis 1936, puis en exil. Il dispose d’environ 40% des électeurs.

GAL: Une organisation terroriste (escadron de la mort) de l’état espagnol, agissant en France avec des complicités et mise en place par les socialistes espagnols.

Les partis basques: le Parti nationaliste basque, premier, Euskal Herria Bildu, deuxième, Podemos troisième avec 15 % environ et le Parti socialiste du Pays basque quatrième.

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15 août 2018 ~ 0 Commentaire

catalogne (le peuple breton)

cata cata 23jpg

Répression, résistance, négociations, agressions et commémorations en Catalogne

Rien ne change et les mêmes attitudes et actions espagnoles hostiles à la Catalogne, avant avec le gouvernement du PP, maintenant avec le PSOE, continuent malgré la canicule de l’été.

Les médias sont monopolisés par la commémoration des attaques l’an dernier sur la Rambla de Barcelone, le 17 août : le roi d’Espagne, persona non grata en Catalogne, s’y est quand même invité, alors que le ministre catalan de l’Intérieur Joaquim Forn, et l’ancien chef de la police catalane, Josep Lluís Trapero, qui ont démantelé la cellule terroriste et géré la crise sont respectivement en prison et accusés d’« appartenance à une organisation criminelle » pour le référendum sur l’indépendance.

Les associations civiques catalanes ont annoncé un hommage aux « héros » catalans et attendent des manifestations contre la présence des autorités espagnoles. Ceci sur fond de révélations de plus en plus surprenantes sur la relation de la police espagnole avec le cerveau des djihadistes auteurs du massacre. Il était l’imam de Ripoll et confident (indic NDBlog) de la police espagnole, qui lui avait rendu visite plusieurs fois avant l’attaque. Sa disparition n’avait pas été signalée à la police catalane. Et pendant ce temps, le gouvernement socialiste main-tient toujours le veto de l’Espagne à l’intégration de la police de Catalogne au réseau Europol.

Répression

Au chapitre de la répression, on a appris il y a quelques jours que des dizaines de policiers catalans sont poursuivis devant les tribunaux pour ne pas être intervenus lors du référendum. Dimanche 12 août a été le 300è jour de détention provisoire des présidents d’Òmnium Cultural, Jordi Cuixart et de l’ANC, Assemblée nationale catalane, Jordi Sanchez, comme de dangereux terroristes, en attendant leur procès prévu pour la fin de l’année.

Un site web détaille tous les jours pour chaque prisonnier politique et exilé le compte des jours de détention et d’exil et permet d’envoyer des lettres.

Les périodes d’emprisonnement et d’exil vont de 286 à 182 jours pour les ministres du gouver-nement de Puigdemont et la présidente du Parlement. La présidente du Parlement gallois a déclaré cette semaine qu’elle était « consternée » par l’emprisonnement de Carme Forcadell, l’ancienne présidente du Parlement catalan. Les prisonniers ont réclamé pour la énième fois leur libération dénonçant en même temps l’illégalité des maintiens en détention et la violation des droits et libertés les plus élémentaires. La presse a également révélé les liens des juges chargés des procès des indépendantistes avec le PP. Le magistrat qui examine les demandes de récusations était sénateur du PP…

Résistance

Parallèlement aux poursuites, des actes et des manifestations de résistance de la société catalane sont continuellement organisés. De plus en plus de gens se concentrent tous les dimanches devant la prison des Lledoners (à 50 km de Barcelone) pour organiser un concert et demander la libération des prisonniers: cette semaine ils étaient plus de 5 000 à chanter le Cant dels Ocells.

Le gouvernement catalan pour sa part continue à réparer les dommages causés par la suspension de l’autonomie ; il a lancé le concours pour nommer les délégués de la Generalitat en France et aux États-Unis et est en train de remettre en service l’agence fiscale catalane supprimée par Rajoy.

Le ministre de l’Intérieur catalan, Miquel Buch, a demandé officiellement dans une lettre à son homologue espagnol d’autoriser l’envoi par la Generalitat d’une escorte à l’ex-président Puig-demont en Belgique (demande refusée à ce jour). Le ministre catalan a rappelé que c’était un droit de tous les anciens présidents, et que Puigdemont n’était en aucun cas un fugitif (il a quitté l’Espagne avant que Madrid ne le poursuive et s’est toujours présenté devant la justice belge) ; jusqu’à présent, il a fait l’objet de plus de 300 menaces. Le président Torra a dit cette semaine que les Catalans n’admettront pas de verdicts humiliants pour les prisonniers catalans et a demandé le classement des affaires. Il a ajouté que les élections espagnoles dépendent maintenant de la résolution des procès (la majorité de Sànchez dépend du vote des indépen-dantistes).

Négociations

En ce qui concerne les négociations, plusieurs voix ont été entendues ces derniers jours. Le président catalan, Quim Torra, a exprimé sa volonté de ne pas tenir compte de la proclamation de la République catalane le 27 octobre 2017 si le gouvernement espagnol autorisait un réfé-rendum d’autodétermination. Il ajoute, cependant, qu’il ne renonce à aucun moyen, y compris des décisions unilatérales, pour que l’indépendance soit effective en cas de rejet du dialogue de Madrid.

Et en termes de politique intérieure catalane, face à la perspective que la CUP, Candidature d’Unité Populaire (Indépendantiste anticapitaliste NDBlog) de ne pas voter le budget 2019, le président propose de dissoudre le Parlement et d’avancer les élections. Son partenaire ERC, par la bouche du vice-président et ministre de l’Économie, Pere Aragonès, prévoit que les négociations aboutissent à un accord sur le budget, même s’il s’avère nécessaire d’étendre les discussions aux Comuns (Proche de « Podemos » NDBlog) et aux socialistes.

Les agressions

Au quotidien, Ciudadanos et ses alliés d’extrême droite, les militants de Vox et du PP,  continuent de faire monter la pression dans la rue en multipliant les agressions contre les personnes et les institutions indépendantistes. Lundi 13 août, ils ont déposé plainte contre le président Roger Torrent et le bureau du Parlement pour avoir accepté une motion de la CUP qui revendique la ratification de la déclaration de rupture du 9 novembre 2015 pour atteindre la République, un « plan illégal » pour Ciudadanos.

La veille, des grafittis sont apparus sur le mur de l’église de Pals contre une banderole en faveur de la liberté des prisonniers politiques et un moine de Montserrat a rendu public les menaces de mort dont il a été l’objet après qu’il eut prononcé une homélie favorable au référendum.

Ciudadanos encore a attaqué le balcon de l’hôtel de ville de Reus en pleine journée pour arracher une banderole en faveur des prisonniers. Et des policiers espagnols se sont félicités de l’agression d’un photographe par un agent des forces de sécurité. Ce qui a valu une demande officielle du président catalan au ministre espagnol de l’Intérieur de sanctionner ces attitudes. À Majorque, où les manifestations en faveur de la liberté des prisonniers se multi-plient, un groupe de militants espagnolistes et d’extrême-droite ont molesté les journalistes de la télé des îles Baléares qui couvraient une manifestation ainsi que les manifestants qui protestaient contre la présence du roi.

La tension et l’incertitude se poursuivent donc et la crise catalano-espagnole devrait s’accentuer à mesure que l’on se rapproche de la rentrée.

Chaque parti maintient ses positions et ses points de vue : le ministre espagnol des Affaires étrangères, le très espagnoliste Josep Borrell par exemple, a nommé toute l’équipe des Affai-res étrangères de l’ancien gouvernement du PP à des postes de diplomates. De son côté, l’ex président Carles Puigdemont confiait dans une interview à Der Spiegel, qu’il pensait que les exilés retourneraient bientôt en Catalogne.

Alà Baylac Ferrer 14 août 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

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11 août 2018 ~ 0 Commentaire

pétain (libération + le télégramme)

reunification

Est-il vrai que c’est Pétain qui a séparé la Loire-Inférieure de la région Bretagne?

La Loire-Atlantique a été séparée administrativement de la région Bretagne par un décret signé le 30 juin 1941 par le Maréchal Pétain… lequel aurait pourtant préféré une Bretagne historique à cinq départements.

Alors que plusieurs associations et collectifs bretons ont lancé un appel à manifester le 29 septembre prochain à Nantes pour la réunification de la Bretagne (réintégration de la Loire-Atlantique dans la région), vous nous posez une question sur l’origine de sa séparation avec la Loire-Atlantique. Aujourd’hui encore, le sujet fait parler de lui sur les réseaux sociaux.

En bref : la décision de séparer le département de la Loire Inférieure (qui deviendra plus tard la Loire-Atlantique) de la région Bretagne a bien été prise par le gouvernement de Vichy. Mais les spécialistes expliquent que le Maréchal Pétain, nostalgique des provinces de l’Ancien Régime, était en fait pour le maintien d’une Bretagne historique à cinq départements.

Dans le détail : Les premiers débats sur la régionalisation du territoire français datent de la période de l’entre-deux-guerres. À l’époque, il n’y a pas de régions en France. Pendant la Révolution, l’assemblée constituante découpe le territoire en 83 départements, supprimant de facto les provinces issues de l’Ancien Régime. La province de Bretagne est alors morcelée en cinq départements: le Finistère, le Morbihan, les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor), l’Ille-et-Vilaine et la Loire Inférieure (Loire-Atlantique).

Dans son ouvrage Nantes en Bretagne ?

Nantes et la Bretagne du Moyen-Âge à nos jours (Skol Vreizh, 2014), l’historien Dominique Le Page explique qu’après la 1re Guerre Mondiale, «les débats engagés intègrent de plus en plus d’éléments économiques du fait de la révolution des transports, du développement de vastes régions industrielles […]». En 1919, Étienne Clémentel, ministre du Commerce et de l’Énergie, créé 17 «groupements économiques d’intérêts régionaux» basés sur les chambres de commer-ce dispersées en France. La Bretagne se trouve alors divisée en deux régions économiques. D’un côté, une région à trois départements (Ille-et-Vilaine, Finistère, Côtes-du-Nord), ayant Rennes pour capitale. D’un autre, une région autour de Nantes avec la Loire Inférieure, la Sarthe, la Mayenne, le Maine-et-Loire, et une extension jusqu’au Morbihan.

Toute la période de l’entre-deux-guerres va voir plusieurs propositions de découpages des régions selon des critères strictement économiques, sans avoir pour autant d’existence admi-nistrative. Selon Yves Coativy, maître de conférences en Histoire Médiévale à l’Université de Bretagne-Occidentale, «la première vraie rupture politique a lieu au moment de la Seconde Guerre mondiale».

Pendant l’Occupation, le Maréchal Pétain annonce vouloir créer des «provinces» en France, de grands territoires «regroupant cinq ou six départements» et qui seraient «gérés par des gouverneurs de province». Dans le cadre du premier projet de création de provinces en France, un Conseil national comprenant plusieurs commissions est créé. L’une d’entre elles est chargée, entre mai et août 1941, du découpage des provinces. Plusieurs propositions sont faites, et chaque unité provinciale est examinée et délimitée par les membres de cette «commission des provinces», dirigée par le ministre d’Etat Lucien Romier.

Une partie des élites nantaises, dont l’avocat et ancien élu municipal Abel Durand, lutte en faveur d’une grande région à l’ouest, dont Nantes serait la capitale incontestée. Mais en août 1941, la décision finale est prise: la carte adoptée définitivement comporte 20 régions en France. La Bretagne comprendra cinq départements (Finistère, Morbihan, Côtes-du-Nord, Ille-et-Vilaine, Loire Inférieure) et Rennes en sera la capitale. Dans Nantes en Bretagne ? Dominique Le Page explique que cette décision vient du Maréchal, «sous la pression de Rennes et de son maire François Chateau»

Mais ce projet ne verra jamais le jour.

Dans un article sur la «pratique du régionalisme dans le régime de Vichy», l’historien Pierre Barral explique qu’en décembre 1941, «sont mis au point un projet de loi créant les provinces et un décret les délimitant». Mais aucun des deux projets ne sera acté. En 1942, le nouveau chef du gouvernement, Pierre Laval, «se désintéresse des provinces comme de toute la Révolution Nationale», raconte l’historien.

Un découpage va pourtant se faire, à la même époque, via un second chantier qui avait été lancé en parallèle de la réflexion sur les provinces. Il s’agissait de mettre en place des préfec-tures de régions pour faciliter, entre autres, la gestion du ravitaillement des territoires pendant la guerre. Vichy décide de déconcentrer le pouvoir de Paris en instaurant des préfets régio-naux sur tout le territoire. C’est chose faite, avec la loi du 19 avril 1941. Les préfets régionaux sont «chargés de coordonner l’action du gouvernement à l’échelle de plusieurs départements dans deux domaines essentiels, la police et les affaires économiques.»

Ce découpage, pensé alors pour n’être que temporaire, ne se superposait pas à celui imaginé pour les provinces.

Dans un décret du 30 juin 1941 signé par le Maréchal et le vice-président du Conseil François Darlan, Rennes devient le chef-lieu d’une préfecture à quatre départements (Ille-et-Vilaine, Finistère, Morbihan, Côtes-du-Nord), alors que Nantes et la Loire Inférieure sont rattachés à la préfecture d’Angers. À l’origine de ce choix, l’occupant allemand, qui avait fait d’Angers le siège d’un commandement militaire. Comme l’explique Dominique Le Page, «ce découpage ne satis-fait personne, et surtout pas les Nantais». Contacté par Checknews, ce dernier précise que Nantes a toujours eu des «prétentions métropolitaines». Yves Coativy ajoute qu’«historique-ment  Rennes et Nantes ont toujours été rivales», prétendant chacune le rôle de capitale de Bretagne.

À la question de savoir si c’est vraiment Pétain qui a pris la décision, la répon-se de Dominique Le Page, contacté par Checknews, n’est pas tranchée:

«On a tendance à dire que c’est Pétain qui est à l’origine de ce partage. Certes, la décision a été prise sous Vichy. Pétain, lui, qui était traditionaliste et pour un retour aux provinces de l’Ancien Régime, n’était pas défavorable à une Bretagne à cinq départements. Le contexte de la collaboration, de la pression allemande, des pressions de Rennes et Nantes a donné ce résultat», explique l’historien. Un résultat qui ne satisfait personne encore aujourd’hui, visiblement.

La loi du 19 avril 1941 instaurant les préfectures de régions ne devait en effet être que provisoire.

Dans un discours donné à Pau le 20 avril 1941, Pétain annonçait qu’il ne s’agissait que de «groupements provisoires… répondant à une nécessité immédiate, n’engageant nullement l’avenir de la constitution des provinces». Dans l’Ouest Éclair (ancêtre du Ouest France) du 3 septembre 1943, Charles Donati, préfet d’Angers, tentait également d’expliquer les choix de Vichy: «Ce que je tiens à vous dire, c’est que le choix d’Angers comme chef-lieu de région a été imposé par les circonstances. À la paix, Nantes reviendra à la Bretagne si les provinces sont reconstituées à ce moment-là. […] Le gouvernement a voulu ardemment faire renaître les provinces françaises. Il a dû, sous l’empire des circonstances, procéder au découpage des régions suivant les nécessités de l’heure. Il n’en a pas pour autant abandonné son projet, mais il en subordonne l’exécution au retour de la paix et l’établissement d’une constitution».

À la Libération, les préfectures régionales sont supprimées via une ordonnance du 3 juin 1944.

Le décret du 30 juin 1941 a-t-il donc une valeur juridique aujourd’hui ? «Non, explique Bernez Rouz, journaliste et président du Conseil culturel de Bretagne. À la Libération, les décisions prises sous Vichy sont devenues caduques. Mais ce découpage à quatre départements est resté dans les tuyaux de l’administration française. Et quand, plus tard, on a refait les régions, les cartes issues de 41 sont ressorties.»

Après la guerre, les gouvernements successifs travaillent de nouveau à une régionalisation du territoire. Les travaux de la DATAR (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale), puis les lois de décentralisation vont entériner le découpage de la Bretagne issu de 1941… et qui ne devait être que provisoire.

Cordialement

Marie-Perrine Tanguy 10 août 2018

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rennes
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Commentaire: Personne ne nie que la Bretagne soit formée de 5 départements. Le débat « Nantes en Bretagne? » est donc tranché!

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10 août 2018 ~ 0 Commentaire

ouessant canot (ouest france)

cinema-breizh-ilien

Ouessant. « La commune ne peut pas sauver » le canot historique Patron-François-Morin

Le Patron-François-Morin, ancien canot tous temps de la SNSM, est un monument historique trop lourd à porter pour Ouessant, au large de Brest. La mairie cherche un repreneur pour le faire naviguer de nouveau.

« Une commune de 800 habitants n’a pas les moyens de gérer un tel bateau ». Le maire d’Ouessant, Denis Palluel, est catégorique : le canot Patron-François-Morin doit trouver un repreneur pour continuer de naviguer.

Ce navire de la SNSM a servi de 1960 à 1995.

Plus de trente années de travail, pendant lesquelles il est sorti pour près de 200 sauvetages, parfois périlleux. En 1978, il a navigué jusqu’à Portsall pour intervenir sur le naufrage de l’Amoco Cadiz. « C’est un bateau classé monument historique, sa valeur patrimoniale est indéniable », affirme le maire. Seulement, après une rénovation à 250 000 € réalisée par le chantier du Guip à Brest entre 2013 et 2016, le bateau reste à Ouessant « en représentation ».

Un bateau sans équipage

L’association Patron-François-Morin qui en est la gestionnaire est en difficulté. Elle compte de moins en moins de membres et fait face à une dette auprès du chantier de Guip. « Le canot est désormais en très bon état, mais il manque les bénévoles pour le faire naviguer », soulève Denis Palluel.

Une réunion publique a été organisée la semaine dernière sur l’île.

Très peu de gens étaient présents selon le maire. Il raconte tout de même « l’attachement très fort de certains Ouessantins à ce bateau ». Une autre rencontre sera organisée à la rentrée pour clarifier l’avenir du Patron-François-Morin et déterminer un éventuel repreneur. S’il ne transporte plus de touristes depuis plusieurs années, il pourrait tout de même reprendre du service ce mois-ci à l’occasion du festival insulaire sur l’île de Groix.

Adélie FLOCH 10/08/2018

https://www.ouest-france.fr/

Commentaire: Il serait temps de réclamer un service « pro », public, de sauvetage en mer,  européen, du type « Coast Guards américain!

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10 août 2018 ~ 0 Commentaire

tilde (el periodico.cat)

bzh

Vu de catalogne. La guerre française contre le tilde

Utilisé en breton et en basque, le tilde est un signe diacritique interdit par l’administration française. Une situation qui se traduit par des batailles juridiques en France et qui étonne en Espagne.

Fañch, Iñaki, Begoña, Íñigo ou encore Peña : “Aucun de ces prénoms ne peut être inscrit dans les registres de l’état civil français”, souligne El Periódico de Catalunya. Depuis Barcelone, le quotidien espagnol raconte comment “la France décapite le ñ” en menant la guerre au tilde, ce signe orthographique présent notamment dans les langues basque et bretonne.

“Cette information est si surréaliste que l’on croirait à une fake news”, estime le journal.

Et pourtant, le tilde, considéré comme un signe diacritique étranger, est bien interdit dans l’administration française, comme le décrète une circulaire du 23 juillet 2014. Un règlement qui étonne de l’autre côté des Pyrénées, où les langues régionales sont reconnues et enseignées, y compris dans les établissements publics, et où le tilde est utilisé couramment. “Avec l’objectif de promouvoir une identité nationale uniforme, le français est la seule langue reconnue officiellement par la Constitution”, rappelle El Periódico de Catalunya.

Pas de minorités dans la République

“À long terme, cette contrainte linguistique pourrait se traduire par une disparition des langues régionales”, avance le quotidien barcelonais. Mais si la publication évoque ce sujet, c’est qu’“à court terme, il se manifeste par de petites batailles juridiques qui incarnent les conséquences du rejet des traditions”. Ainsi, en septembre 2017, le petit Fañch a vu son prénom rejeté par le tribunal de Quimper en raison du tilde. Ses parents ont interjeté appel, et le procès aura lieu à Rennes le 8 octobre.

“En dépit des apparences, il ne s’agit pas d’un cas isolé ou d’un petit détail sans importance”, écrit le quotidien espagnol. “L’entêtement pour imposer le français comme langue unique est tel que la France a émis une réserve en ratifiant la Convention sur les droits de l’enfance en 1990”, indiquant que l’article 30 de la Convention, relatif aux droits culturels, religieux et linguis-tiques des minorités, n’avait pas lieu de s’appliquer dans l’Hexagone : “La France considère que, sur le territoire de la République, il n’existe pas de minorités, qu’elles soient culturelles ou linguistiques”, indique El Periódico de Catalunya.

10/08/2018

https://www.courrierinternational.com/

Commentaire:

Le « ñ » ou n tilde, n’est pas le même qu’en espagnol où il se prononce comme « gn » et l’équivalent portugais s’écrit « nh »: Bretaña/ Bretanha . Le « ñ » breton s’utilise pour un « an » où on n’entend pas le « n » et souvent on entend juste « a »: bremañ / brema (maintenant ) amañ / ama (ici) face à  amann (beurre) où il faut entendre le « n ». Oublier le tilde ne change rien.

Il en va tout autrement de l’interdiction du « c’h » qui signale un son absent du français, le « h très aspiré » comme la « jota » : Jamon (jambon) ou Jean Sébastien Bach. La tendance est alors de prononcer « ch » : Pen ar Créache pour Penn ar C’hreac’h, Marcharid pour Mac’harid (Marguerite) ou « r » comme Pinmar pour « Penmarc’h ». On dit plus souvent Mr Marchadour que Mr Marc’hadour! (marchand). Il vaudrait mieux dire: « Maradour »! Quand à Le Floch (le floc) c’est un ancien Ar Floc’h, où il vaudrait mieux dire « Flor »!

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07 août 2018 ~ 0 Commentaire

référendum (lnc-nc)

kanak

Non-participation au référendum : Les précisions du Parti travailliste

Estimant que l’échéance est une « farce électorale » ou encore un rendez-vous « bidon », le Parti travailliste avait décidé, le 15 juillet dernier, lors d’un congrès extraordinaire à Nouméa, d’appeler à « la non-participation massive » au référendum du 4 novembre. Avant de préciser qu’il s’agit bien d’une non-participation, et pas d’un boycott.

Deux semaines après cette annonce du Parti travailliste, le groupe UC-FLNKS et Nationalistes (UCFN) au Congrès a déposé une nouvelle constitution de groupe auprès de l’institution : le nom est identique mais l’équipe n’est plus la même. Celle-ci est désormais composée de treize membres et non plus quinze. Les absents ? Louis-Kotra Uregei et Marie-Pierre Goyetche. Qui ont rejoint Basile Citré et Gaël Yanno, deux élus également sans étiquette.

Dans un communiqué diffusé ce jeudi 2 août, le Parti travailliste « tient à préciser que ses élus ont été des partenaires loyaux et assidus du groupe UCFN [et que] le représentant du Parti travailliste a été le seul à défendre les positions du groupe alors même que les élus de l’Union calédonienne ont renié ces positions initiales pour s’aligner derrière celles de Paul Néaoutyine et de l’état colonial […] afin de permettre et de faciliter toujours davantage les inscriptions de non-Kanak.

Le communiqué, signé du bureau politique du Parti travailliste, qualifie ensuite la charte des valeurs communes de « fruit d’une nouvelle couillonnade issue d’un G10 illégitime devenu le G7 encore plus illégitime puisque les représentants indépendantistes n’ont jamais été mandatés par le peuple kanak ».

« C’est dans la dignité, poursuit le bureau politique du Parti travailliste, que nous assumons avec détermination et confiance notre choix de ne pas participer, le 4 novembre, au parachè-vement de l’œuvre commencée avec l’Accord de Nouméa, de négation du peuple kanak au profit du pseudo-peuple calédonien bricolé, cher à Philippe Gomès [qui] n’est pas victime de l’histoire au sens de Nainville-Les-Roches, ainsi qu’à l’Etat colonial et à leur complices indépendantistes ».

02.08.2018

https://www.lnc.nc/

Commetaire: Le Parti travailliste refuse les conditions de ce référendum: beaucoup trop d’expats ou métropolitains ont le droit de vote tandis que des canaques ne sont pas inscrits sur les listes. Il a rompu avec l’Union Calédonienne principal force du FNLKS plus accommodants.

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05 août 2018 ~ 0 Commentaire

carnoët (libération)

grandes-croniques-de-bre

Les sept saints d’est en ouest: Samson-Dol (nom biblique), Saint Malo (ou Maclou), Brieuc-Saint Brieuc,  Paternus-Vannes (gallo-romain), Corentin-Quimper (gallo romain), Tudual-Tréguier et Paul-Saint Pol. Il manque Rennes et Nantes.

Bretagne : ces saints que l’on ne saurait voir

Dans les Côtes-d’Armor, le village de Carnoët accueille des statues géantes représentant les saints bretons qui devrait en compter un millier à terme. Si la région soutient le projet, le critique d’art Jean-Marc Huitorel, y voit une subtile escroquerie qui confond art et idéologie, tourisme et culture.

Au printemps 2018, en Bretagne, on annonce le débarquement à Paimpol de la statue de Saint Piran, patron de la Cornouaille britannique. Pour cette raison sculptée outre manche, et après quelques haltes dignes des saintes reliques, elle achèvera son périple parmi ses semblables sur le site dit de la Vallée des saints, à Carnoët, petite commune des Côtes-d’Armor, en lisière du Finistère.

Ce sera la centième sculpture réalisée à ce jour. Conçu il y a une dizaine d’années par Philippe Abjean, ancien prof de philosophie, le projet consiste à réunir sur la colline Saint-Gildas (drôle de vallée…), à une échéance non précisée (l’éternité étant le plus fréquemment évoquée…), le millier de saints que compterait le panthéon breton, diversement reconnu par l’église de Rome. Philippe Abjean est un fervent catholique, proche des missions africaines, à qui l’on doit la restauration du Tro Breiz (comme à Pierre de Coubertin celle des Jeux olympiques), antique pèlerinage qui reliait les sept évêchés de Bretagne.

Des chiffres récents placent la Vallée des saints sur le podium des destina-tions touristiques les plus fréquentées des Côtes-d’Armor.

Objectif visé : 500 000 voire un million de visiteurs par an. L’esprit d’entreprise de Philippe Abjean ne s’arrête pas là puisqu’il projette d’installer une Cité de la paix, reconstitution d’habi-tats traditionnels des cinq continents, en lien avec les milieux missionnaires, dans le nord du Morbihan. La presse régionale, comme hypnotisée, se pâme d’admiration devant la Vallée des saints que l’on n’hésite pas à qualifier d’«île de Pâques bretonne». Le monde économique, comme la classe politique, n’est pas en reste.

Bref, une impressionnante unanimité réflexe face à quoi les rares voix discor-dantes semblent de peu de poids.

Nul doute que ce projet, si sa montée en puissance se confirme, va bouleverser, mais dans quel sens ? le paysage physique, social et économique d’un Centre Bretagne en déclin et qui, de ce fait, accueille avec reconnaissance toute idée susceptible d’y créer activité et donc emploi. Quoi de plus légitime ?

Sur la page d’accueil du site internet de l’association on lit: «Un projet fou pour l’éternité», dont l’objet est «la sauvegarde, la découverte et la promotion de la culture populaire bretonne liée aux saints bretons sous la forme de création artistique». L’accès au lieu est libre et gratuit, sa rentabilité s’évaluera à l’aune des activités et des produits dérivés. S’agissant de la production (aménagements de l’accueil et des abords, financement des statues, etc.), un maître mot : mécénat. Une fondation est également créée et les pouvoirs publics, le Conseil régional par exemple, soutiennent financièrement l’entreprise.

Chaque sculpture s’estime à environ 15 000 €.

Mais si on utilise les dispositions de la loi mécénat, c’est deux fois moins cher, ce qui fait que, par ricochet, ce sont tous les contribuables qui payent. On peut participer aux commandes, modestement ou très largement, selon sa volonté et ses moyens. Plus de deux mille personnes privées se sont engagées et le fleuron de l’industrie, du commerce et de la banque en Breta-gne ainsi que le lobby du granit, soutiennent matériellement une idée aux prémisses et aux implications qu’il convient de décrire. On sait le commentaire par lequel Althusser approfondit l’articulation que Marx posa entre «base économique» et «superstructure idéologique».

La Vallée des saints illustre parfaitement le stade suivant, marqué par l’intime imbrication de l’idéologie et de l’économie sous la bannière, si l’on peut dire, d’un néolibéralisme à la sauce bretonne qui cache habilement sa véritable nature (c’est bien la caractéristique de l’idéologie même, et du néolibéralisme en l’occurrence, que de se dissimuler sous les habits du pragma-tisme, de l’expertise et de l’évidence).

Le substrat conceptuel et stratégique de la Vallée des saints émane peu ou prou d’un think tank connu sous le nom d’«Institut de Locarn», une localité voisine de Carnoët, et dont l’idée fondatrice est que le développement économique revêt intrinsèquement la forme de la guerre, et que dans cet agôn, il est bon et efficace de s’armer de symboles culturels. Fi donc des distinctions byzantines entre hardware et software. Appliquée à la Bretagne, riche de traditions fort prisées (sa musique, ses danses et ses costumes, ses produits locaux), cette stratégie de fusion de l’économique et du culturel pourrait bien être payante et faire d’une région périphéri-que l’un des nouveaux «tigres celtiques», comme on parlait il n’y a pas si longtemps des «tigres asiatiques», et dont l’Irlande est le symbole.

Il n’est point besoin par ailleurs d’une grande perspicacité pour se convaincre de la teneur éminemment catholique et plus largement chrétienne d’une entreprise qui s’inscrit dans ce vaste mouvement d’affirmation des racines chrétiennes de l’Europe dont on sait et les porteurs et les objectifs : culte des héros, des morts et… des saints, reconstruction d’un passé mythifié, renouveau spirituel, revendication identitaire face aux dangers du multiculturalisme amplifiés par les récents phénomènes migratoires. Vieille antienne. Articulé à l’antique irrédentisme breton, tout cela se plaît à flatter le sentiment d’appartenance, sinon le nationalisme.

Et quid de la proposition «artistique» ?

Une centaine de statues, mesurant entre trois et six mètres de hauteur, est pour l’heure érigée sur la colline, autour d’un tumulus certes fouillé par les services archéologiques, mais fort menacé par l’invasion massive de ces mastodontes et dont le voisinage pourrait receler de nouvelles et intéressantes données. Ces mêmes services archéologiques tirent la sonnette d’alarme quant à la préservation de la zone et se réservent la possibilité d’investigations futures. Mais à la Vallée des saints, on préfère la plasticité des mythes et des légendes à la rigueur de l’histoire, les approximations de l’imaginaire aux recherches scientifiques, hélas moins complaisantes.

Les statues, on l’a dit, sont en granit, en granit breton, ce point est fondamental.

Confiées à une quinzaine de tailleurs de pierre répondant à un strict cahier des charges, elles arborent des styles divers mais que réunit une inclination prononcée pour le «pseudo» (plutôt que pour la copie) : pseudo-médiévales, pseudo-exotiques, pseudo-modernes. Pseudo-médié-vales en priorité. Comme au temps des cathédrales et de l’art chrétien, comme avant, parce qu’avant, c’était mieux. Évidemment aucun lien avec une quelconque histoire de l’art récent, avec la moindre contemporanéité. L’art moderne, ici, n’a jamais existé ou bien par flash de kitsch surgis de l’inconscient des burins ; alors vous pensez bien, l’art contemporain… Non, juste un espoir de photogénie publicitaire (l’île de Pâques, toujours).

Et les voilà fichées en terre (pas si solidement si l’on raisonne en termes de sécurité, comme il commence à se dire ici et là), disposées à la va-comme-je-te-pousse, faisant manifestement davantage confiance à un futur effet de masse qu’à la qualité du rapport d’échelle, qu’à l’archi-tecture paysagère, qu’à l’agencement au sol. Sur ce chapitre, force nous est de constater qu’avant c’était mieux, vraiment mieux… Et quand on apprend que parmi les nombreux projets à sortir des cartons se trouve celui d’une école de sculpture monumentale («la première en Europe»), on en frémit.

Mais ce n’est pas de l’art qu’on vient chercher ici, comme le montre clairement la teneur des visites guidées, ce sont des histoires à entendre, des légendes comme les enfants les aiment. Et par-dessus tout du spectacle, de l’effet spécial, un décor où le granit, paradoxalement, devient carton-pâte. On assiste alors à l’élaboration d’un kitsch qu’on pourrait appeler de seconde génération. Le premier kitsch, celui que décrit Clement Greenberg, avait été produit par la société industrielle et consistait en objets de série massivement répandus et consom-més, souvenirs de vacances, produits dérivés… On le trouvait vulgaire et on s’en délectait. On est comme ça. Il fait toujours florès.

Le second, en revanche, avance masqué et son cheval de Troie se nomme «authenticité», «artisanat», «fait main».

Il puise ses formes et ses modèles dans la banque occulte d’un passé merveilleux : si c’est en granit, c’est forcément authentique. C’est de ce kitsch-là que relèvent les statues de la Vallée des saints. Umberto Eco, dès 1985, dans la Guerre du faux, avait remarquablement analysé cette propension contemporaine, américaine le plus souvent à son époque, chinoise plus récemment, mondiale désormais, à se fabriquer une histoire par l’élaboration d’objets symboliques reconstitués.

Ici, en Bretagne, on atteint des sommets d’illusionnisme ripoliné 

On parvient à produire des faux sur place avec les matériaux locaux ! Jeff Koons apprécierait ! Et si ce ne sont pas des copies, on dirait bien pourtant qu’il s’agit là de répliques en granit dont les originaux seraient en cire ou en plastique. Il en faut pour tous les goûts, nous répète-t-on à l’envi. Certes, n’était ce sentiment diffus d’une subtile escroquerie qui consiste, sous couvert d’un soi-disant art soi-disant populaire, à nous faire prendre les vessies pour des lanternes, l’idéologie pour l’art, l’économie touristique pour la culture, le tout avec la bénédiction admira-tive des diverses représentations économiques et politiques régionales dont on peut légitime-ment se demander ce qu’elles soutiennent et défendent vraiment dans ce type d’initiative.

Jean-Marc Huitorel, critique d’art  4 août 2018

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Lire aussi:
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Commentaire:  Ces saints non reconnus étaient soit des militaires romains, des chefs civils, des guerriers bretons, des religieux fondateurs de paroisses et des ambassadeurs auprès des rois francs, d’origine insulaire ou locale. Hommes (et femmes) politiques, ils méritent d’être mieux connus, mais pas comme des charlatants « faiseurs de miracles »!

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