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18 avril 2018 ~ 0 Commentaire

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Québec : débat sur l’indépendance chez la gauche Solidaire

Un état des lieux révélant un retour en arrière socio-économique et linguistique…

« Si, (…) grosso modo, nous ne sommes plus les ‘‘nègres blancs des Amériques’’, [grâce aux] luttes sociales et nationales [qui] ont arraché des acquis », il n’en reste pas moins que la présente dynamique socio-économique et linguistique québécoise témoigne d’un retour en arrière.

Si on prend le PIB par ménage comme un indicateur synthétique socio-économique, celui-ci, après avoir été au milieu du peloton des provinces canadiennes encore en 2007, est doré- navant relégué à la queue [2]. Et ce malgré un recul marqué de la population québécoise par rapport à celle canadienne [3] dû à un solde migratoire inter-provincial constamment négatif (2.2), à une part relativement moindre pour l’immigration internationale (2.1) et, pour les trois dernières années disposant de statistiques, à un taux naissance plus bas que pour le reste du Canada (1.6).

Quant à la force relative du français au Québec, l’analyste Charles Castonguay a démontré que les manipulations de Statistique Canada en masquent l’affaiblissement [4] suite au charcutage de la loi 101 par la Cour suprême et à l’hégémonie néolibérale de l’anglais. Si on peut conclure à un relatif jovialiste état des lieux en comparant deux clichés historiques, la prise en compte des récentes tendances coupe court à toute célébration.

… et une impasse politique y compris à gauche

En diapason, dans un contexte de recul de la riposte, non sans spasmes altermondialiste en 2000-2001 puis étudiant entraînant les autres en 2012, l’ardeur indépendantiste de la nouvelle génération tiédit [9] au prorata de leur altermondialisme progressiste ou même de leur cosmo- politisme néolibéral. Elle se refroidit d’autant plus que du nationalisme de l’opprimé émane une odeur de roussi identitaire, larvé au PQ, évidente à la CAQ, honteuse au PLQ et pas toujours absente chez les Solidaires dont la position sur le voile reste alambiquée [10]. La jeunesse progressiste, comme Diogène cherchant l’homme, est à l’affût d’un concret indépendantisme internationaliste capable de damer le pion autant à celui identitaire qu’au fédéralisme.

La jeunesse décroche d’un indépendantisme se ratatinant sur l’identitaire

Il ne faut pas alors se surprendre que les plus jeunes (…) aient rejeté la stratégie indépen- dantiste. L’une, niant le noyau dur de l’histoire de l’État canadien [11], suggère l’inexistence de la nation québécoise la reléguant à une notion imaginaire à la Benedict Anderson [12] laquelle ne peut engendrer que le nationalisme ethnique. L’autre, dans un esprit typiquement post- moderne confondant nations et provinces, clame le cul-de-sac capitaliste de toute stratégie indépendantiste qui serait diviseuse d’un prolétariat multi-ethnique, honnie par la jeunesse rendue ailleurs et ne pouvant changer la réalité étant donné des frontières devenues très poreuses.

Ce rejet de l’indépendantisme par la jeunesse québécoise devient une impasse que si elle n’est pas surmontée, signalerait la fin d’une époque née dans le tumulte des années soixante sans qu’aucune autre alternative stratégique ne s’annonce à l’horizon. Ce qui plongerait le peuple québécois dans la noirceur pétrolière canadienne aux dépens des prolétariats non seulement québécois mais aussi canadien pour qui souvent les luttes sociales québécoises, comme le récent Printemps érable, sont exemplaires justement à cause de la symbiose entre libération nationale et émancipation sociale.

Les vieux refrains, tout en restant nécessaires, ne suffisent plus

On ne peut se contenter de rétorquer à la jeunesse progressiste les vieux refrains de la gauche indépendantiste (…), en particulier le responsable Solidaire des communications et co-dirigeant du site web Presse-toi-à-gauche. Il faut certes rappeler que l’État canadien s’est formé comme creuset inachevé d’une nouvelle nation anglophone aux dépens de peuples conquis: aborigènes, acadien et québécois [13], jusqu’au tournant du vingtième siècle. Qu’elle tente toujours de les assimiler territorialement comme linguistiquement par d’autres moyens n’excluant pas la répression par l’armée comme en octobre 1970 au Québec et à Oka-Ka-nehsatake en 1990. On doit aussi étudier les acquis et erreurs des grandes luttes nationales de la rébellion de 1837-38 jusqu’à la méconnue mobilisation de classe expliquant la remontée du ‘oui’ jusqu’à la presque victoire en 1995.

Est bien sûr à rappeler que la lutte contre l’oppression nationale est une compo- sante de l’unité prolétarienne démocratiquement construite laquelle implique la lutte consé-quente, sans réserve et sans tarder, contre toutes les oppressions. Que, à contrario, le natio-nalisme même indépendantiste tend à soumettre le prolétariat à l’hégémonie de la (petite-) bourgeoisie dont le nationalisme au Québec est mou et donc porté sur l’autonomisme à la Duplessis.

Ce à quoi répond, par effet de miroir, un chauvin bloc interclasse de la nation dominante ce qui est la source du Quebec bashing et surtout de la non-reconnaissance de la nation québécoise par la Constitution canadienne de 1982 qu’aucun gouvernement du Québec n’a entérinée depuis lors. On aura beau démontrer à coups de citations de Lénine qu’unité prolétarienne et auto-détermination se renforcent réciproquement et que l’option de l’indépendance dépend de l’intérêt fondamental du prolétariat, il n’en reste pas moins qu’il faut démontrer la pertinence d’un indépendantisme internationaliste, de préciser son projet de société, sa stratégie.

Un faux débat faussement résolu par un retour annoncé à l’alliance nationaliste

Québec solidaire répond par la Constituante qui ne pourrait faire autrement qu’être de facto indépendantiste si elle s’enracinait dans la lutte sociale dont l’ampleur devrait atteindre et dépasser le niveau pré révolutionnaire de 1972.

Comment alors expliquer le débat entre Constituante « ouverte » ou « fermée », c’est-à-dire restreinte à la seule option indépendantiste, qui a déchiré la militance Solidaire jusqu’à ce que l’option fermée. (…). Ce faux débat démontre à quel point la stratégie Solidaire est hors sol, confinée aux seules institutions [14], et devant être l’aboutissement d’un triple processus électoral (gouvernement Solidaire, Assemblée constituante, référendum) sans lien autre qu’accidentel ou manipulatoire avec les luttes sociales. (…)

Un concret indépendantisme internationaliste accueilli comme un chien dans un jeu de quille

Québec solidaire est très loin de l’articulation d’un projet de société à la hauteur d’un indépen- dantisme internationaliste et d’une stratégie concomitante. Et sa direction n’en veut pas même s’il en existe une sonnante et trébuchante dont l’orientation générale a été votée en bonne et due forme lors du congrès de révision du programme du printemps 2016 :

Préconiser, d’ici 2050, une économie décarbonisée, c’est-à-dire de réduire de 95 % les émis- sions de gaz à effet de serre (GES) en dessous du niveau de 1990, notamment en appliquant un plan de transition énergétique visant l’élimination des hydrocarbures dans la production et la consommation d’énergie et une réduction substantielle de l’utilisation de produits à base de dérivés du pétrole d’ici le milieu du siècle.

Afin de rattraper le retard accumulé par rapport à nos engagements internationaux et afin de contenir la hausse moyenne de la température mondiale à 1,5 degrés Celsius, il faut accélérer la transition énergétique pour la période entre 2018 et 2030 de façon à atteindre 67% de réduction en dessous du niveau de 1990. […]

S’opposer aux Bourses du carbone qui sont des outils d’enrichissement des multinationales, et qui risquent de devenir un nouvel instrument spéculatif. Rejeter les fausses solutions techni- ques qui n’engagent pas de réelles réductions d’émissions des gaz à effet de serre (les agro- carburants, la géo-ingénierie, le stockage du carbone, etc.). S’opposer aux taxes sur le carbone qui frappent surtout les plus pauvres. (Je souligne)

La direction du parti rejette les résultats de ce congrès en commençant par la Constituante « ouverte » que le congrès suivant de 2017 a renversé par le subterfuge du vote de fusion avec Option nationale. Ensuite, elle est mal à l’aise avec l’horizon de « la socialisation des activités économiques » et non pas seulement de « certaines » d’entre elles comme l’a laissé voir le nouveau candidat-vedette Solidaire de Rosemont au sujet de la nationalisation des sociétés minières telle que stipulée dans la plateforme [19]. Et surtout elle récuse la cible anti-GES pour 2030 et le rejet du marché ou taxe carbone considérés « irréalistes » d’où leur suppression de la plateforme 2018 de sorte que la politique des cibles Solidaire se situe à droite de celle des Libéraux.

Pourtant cette orientation radicale conforme aux cibles de température de l’Accord de Paris est faisable techniquement, financièrement et politiquement [20] en autant qu’on l’adosse à un plan d’action à l’avenant, de plein emploi écologique, reposant sur une mise au pas de l’éco- nomie de marché, ce que le patronat canadien n’a pas hésité à faire en 1939 pour des fins guerrières. On comprend alors qu’une clause de l’accord de fusion avec Option nationale stipule que le prochain congrès post-électoral, aussi tôt qu’en décembre 2018, portera sur « la révision de l’ensemble du programme notamment (mais non exclusivement) dans une optique d’arrimage avec le programme d’ON. »

Un réseau dit écosocialiste, chien de garde de la direction du parti, ignore l’enjeu écologique

C’est cette orientation plein emploi écologique qui n’a pas trouvé preneur à ce débat organisé par le Réseau écosocialiste. Le paradoxe est de taille : des panélistes dit écosocialistes n’arriment pas la thématique écologie à la thématique indépendance. Est-ce si malin de réaliser que le plein emploi écologique nécessite l’indépendance pour sortir du carcan du Canada pétrolier, pour détenir les pouvoirs constitutionnels afin de le mettre en œuvre et surtout pour se débarrasser de l’humiliant et paralysant fardeau du Quebec bashing : les pouvoirs pour contrôler la Finance et les changes grâce à une monnaie nationale, ceux pour que le Québec ne devienne pas une passoire pétrolière et gazière et pour qu’il se sorte d’accords de libre-échange masquant la dictature des transnationales acquis au bon marché des hydrocarbures.

Ce point aveugle témoigne qu’il y a un éléphant dans la pièce : occuper la position aile gauche Solidaire afin de protéger la direction du parti pour qu’elle découple sans être contestée la substantifique et radicale moelle écologique du programme de sa politique réellement existante d’adaptation au capitalisme vert [21].(…) Ceci est un résumé.

Marc Bonhomme, 13 avril 2018,

www.marcbonhomme.com ; bonmarc@videotron.ca

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Québec Solidaire (Wikipédia)

Option nationale (Wikipédia)

Parti Québéquois (Wikipédia)

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17 avril 2018 ~ 0 Commentaire

maria prat (ti ar vro 22)

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Les 23 et 24 Mars ont eu lieu à Lannion un hommage à Maria Prat

ENOR DA MARIA PRAT /HOMMAGE A MARIA PRAT

Beilhadegoù Treger pe beilhadegoù Maria Prad, evel vije lâret c’hoazh, o deus digaset plijadur adalek 1959 e maezioù Bro Dreger e-pad tost 30 vloaz.

Lañset oant bet da gentañ gant Roger Laouenan rak c’hoant oa gantañ kinnig abadennoù e brezhoneg d’an dud ha buan ha buan eo Maria Prad he deus kaset an traoù war ‘raok. Skrivagnerez ha barzhez, o chom e traon skalieroù Berlevenez en Lannuon, n’he deus ket paouezet da duiñ paper o sevel pezhioù-c’hoari, kontadennoù, sketchoù, barzhonegoù, kanaouennoù evit ur strollad aktourien tomm outi.

Aozet zo bet ouzhpenn 350 nozvezh gant strollad beilhadegoù Treger e-pad 30 vloaz amañ hag ahont e komunioù bihan Bro Dreger. A-drugarez dezhe sur a-walc’h eo chomet brezhoneg ken bev, ken pinvidik, ken ijinus, ken soutil, ken fentus ha ken brav da glevet er vro-mañ.

À partir de 1959, les Beilhadegoù Treger, les veillées du Trégor ou les veillées Maria Prat comme on les appelait encore, auront égayé les campagnes trégorroises pendant près de 30 ans.

Tout d’abord à l’initiative de Roger Laouénan qui souhaitait initier un divertissement populaire en langue bretonne, c’est très vite autour de la figure de Maria Prat que tout va se fédérer. Écrivaine et poétesse, habitant le bas des marches de Brélévenez à Lannion, elle n’aura de cesse d’écrire des pièces de théâtre, des monologues, des poèmes, des sketches, des chansons pour une troupe d’acteurs amateurs qui lui sera fidèle.

Le « strollad beilhadegoù Treger » enchaînera plus de 350 soirées pendant 30 ans à travers l’ensemble des petites communes du Trégor. Ils auront sans nul doute largement contribué à la survivance d’une langue bretonne riche, inventive, malicieuse, truculente et populaire dans ce petit coin de Bretagne.

Maria Prat (Wikipédia)

http://www.tiarvro22.com/

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11 avril 2018 ~ 0 Commentaire

irlande (npa)

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Le « républicanisme traditionnel » qui demande le départ des anglais, n’est plus représenté que par des petits groupes

Nord de l’Irlande: vingt ans après : où en est l’accord du Vendredi Saint ?

Il y a 20 ans, quand les négociations officielles entre unionistes et nationalistes se sont conclues en avril 1998 par la signature du « Good Friday agreement » symboliquement signé le jour du déclenchement de la révolte de Pâques 1916 contre la puissance occupante, l’accord a été salué comme un tournant dans le conflit qui dure depuis 29 ans au nord de l’Irlande.

Deux de ses signataires, David Trimble pour le UUP (Parti unioniste de l’Ulster) et John Hume pour le SDLP (Parti social-démocrate) vont d’ailleurs recevoir le prix Nobel de la paix. Gerry Adams, président du Sinn Fein, sans qui l’accord n’aurait jamais vu le jour, en étant écarté pour cause de liens avec l’IRA.

Une décennie de discussions 

Gerry Adams avait pourtant, dès la fin des années 1980, entamé des discussions (secrètes) avec John Hume, révélées en 1992 par une déclaration commune. Elle affirmait la volonté de sortir d’une guerre rampante qui avait causé des milliers de morts et d’emprisonnements depuis 1969, ainsi qu’une grève de la faim historique en 1981, dont Bobby Sands, pourtant élu au Parlement britannique pendant sa grève, fut le premier martyr.

Un premier cessez-le-feu de l’IRA, en 1994, ne débouchera sur aucun progrès dans les négociations avec Londres, le gouvernement du conservateur John Hume dépendant des unionistes d’Irlande du Nord pour conserver sa majorité à la chambre des Communes.

L’IRA va alors faire exploser un immeuble de bureaux de Canary Wharf, le nouveau quartier des affaires de Londres, en avril 1996. Un « rappel » qui sera entendu : les négociations reprennent très vite et aboutissent en avril 1998 à la signature du Good Friday agreement.

Situation bloquée

Cet accord prévoyait la libération de tous les prisonniers politiques, un gouvernement régional autonome, Stormont, la mise en place de structures transfrontalières et la disparition de fait de la frontière lourdement militarisée entre le Nord et la République d’Irlande. Il soulevait de grands espoirs parmi la population nationaliste : Gerry Adams avait promis, lors d’un discours à l’occasion de la commémoration de 1916, que « l’Irlande serait réunifiée en 2016 ».

Le retour au pouvoir des Conservateurs et le Brexit vont complètement changer la donne. La situation était déjà très tendue entre les deux partis majoritaires à Stormont, le DUP (Parti démocratique d’Ulster) formation unioniste d’extrême droite liée aux paramilitaires loyalistes qui a évincé l’UUP, et Sinn Fein, qui a marginalisé le SDLP. Stormont est suspendu depuis plusieurs mois et les six comtés du Nord sont pratiquement de nouveau sous le régime de la « direct rule » de Londres.

Brexit et frontière 

La question de la frontière est un sujet extrêmement sensible pour la population du Nord, toutes tendances confondues. Depuis les accords, une circulation intense des personnes et des biens est devenue la règle. De nombreuses entreprises de la République (Sud), sociétés de service et autres se sont installées au Nord, les routes de communication qui reliaient les villages de chaque côté de la frontière, coupées par de profonds fossés depuis 30 ans, ont été rétablies.

Le Brexit remet tout en cause : la Grande-Bretagne quittant l’Union européenne, la frontière devra être remise en place. Et pas une frontière « soft » comme le prétend Theresa May. La circulation des marchandises sera soumise aux droits de douane et les personnes contrôlées par l’immigration, ce qui implique le retour d’une véritable frontière.

Polarisation nationaliste

L’austérité et le chômage frappent durement l’Irlande du Nord depuis la fermeture des grandes structures industrielles comme les chantiers navals de Belfast, qui employaient des milliers de travailleurEs (protestants à 90 %), et la reconversion peine à se faire. La crise du logement, déjà aiguë, va sans doute s’aggraver avec les nouvelles coupes budgétaires annoncées par Theresa May. Quant au système de santé, il est au bord du naufrage. Une récente enquête montre que 60 % de la population en Irlande du Nord a moins de 100 British Pounds (115 euros) sur son livret d’épargne…

Malgré ce contexte économique très détérioré, le chômage et ­l’effondrement de l’État-­providence, les organisations d’extrême gauche comme People Before Profit (issue du Socialist Workers Party) peinent à se faire entendre. Avec 1,8 % des voix aux dernières élections en 2017, elle a perdu un de ses deux sièges, la polarisation autour de la question nationale restant le facteur dominant dans le choix des électeurEs.

Mercredi 11 avril 2018 Mireille Court

https://npa2009.org/

Commentaire:

Et qui a gagné? Du côté « Républicain » on parle d’une IRA « victorieuse ».

Du coté de l’extrême gauche, (qui n’aime guère les « armées secrètes » préférant les mouvements de masse genre « droits civiques ») on remarque que cette IRA « victorieuse » avait beaucoup perdu de cadres dans des embuscades, signe qu’elle était infiltrée, voire en voie de démantèlement. Que la constitution du Sud a été nettoyée de ses articles revendiquant toute l’île, ce qui fait de l’Unionisme la légalité. D’ailleurs Londres ne cesse de le proclamer.

 

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06 avril 2018 ~ 0 Commentaire

lannion bilingue (le télégramme)

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Filière bilingue. Div Yezh souffle ses 35 bougies

35 ans et toujours jeune ! Div Yezh, association regroupant les parents d’élèves du public bilingue, fêtera son anniversaire ce vendredi lors d’un grand fest-noz aux Ursulines. L’occasion pour le bureau de mettre en valeur la filière et attirer de nouveaux élèves.

Voilà 35 ans que Div Yezh existe à Lannion… Oui et ce n’est pas rien ! C’est pour cela qu’on a voulu en faire une fête avec un fest-noz et pour la filière bilingue publique parce qu’on a la chance à Lannion d’avoir l’ensemble de la filière : l’école Saint-Roch, le collège Le Goffic et le lycée Le Dantec.

Cela a commencé en 1983 avec 13 enfants de maternelle à l’école Jean-Savidan.

Où en est-on aujourd’hui ? Nous en sommes à 188 élèves. Et à Saint-Roch, il n’y a plus que du bilinguisme. Souvent, on voit une classe bilingue parmi les monolingues mais, ici, toutes les classes sont bilingues.

  06 avril 2018

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05 avril 2018 ~ 0 Commentaire

brezoneg (le peuple breton)

komzit

La langue bretonne est-elle une langue innommable ?

Langue bretonne, langue invisible ?

Langues de Bretagne, langues régionales, langues de France. Est-il si difficile de nommer les langues ? Ne pas le faire est-il une manière de les rendre invisibles ?

Malgré sa légitimité démocratique, la demande de co-officialité de la langue corse portée par la Collectivité territoriale de Corse s’est heurtée à une fin de non-recevoir de la part du gouver-nement. La demande de reconnaissance formelle par l’État des langues autochtones parlées sur son territoire continue à être perçue comme une attaque frontale au dogme de l’unicité linguistique de l’État. Les dernières déclarations du Président de la République souhaitant que le français soit la première langue parlée dans le monde montrent également à quel point la nostalgie d’empire, loin de régresser, imprègne toujours les plus hautes sphères du pouvoir en France.

Il existe néanmoins une différence de statut entre le corse et le breton.

La langue corse bénéficie d’un statut spécifique, d’une loi en faveur de la langue et de son enseignement. La langue bretonne, elle, n’existe pas spécifiquement en droit français. Elle est intégrée dans un vaste ensemble aux contours imprécis nommé soit « langues de France » soit « langues régionales ». L’appellation « langues de France » permet à l’État de s’approprier les langues autochtones parlées sur son territoire.

Avec cette définition, elles n’appartiennent donc plus aux peuples qui les parlent mais bien à l’État qui peut donc en disposer comme bon lui semble.

L’appellation « langues régionales » renvoie, elle, à une politique de hiérarchisation entre les langues, c’est une expression qui exprime une volonté de diglossie organisée entre, d’une part, une langue supérieure (le français) et, d’autre part, des langues inférieures dont le breton fait évidemment partie.

Enfin, le nombre particulièrement élevé de « langues de France » listées – au moins 75 selon le rapport de 1999 commandé à Bernard Cerquiglini, l’ancien Délégué général à la langue française et aux langues de France, organisme officiel rattaché au ministère de la culture et de la communication, permet de déplacer le débat du terrain politique (reconnaissance du breton, du corse, du catalan, du basque, de l’alsacien, de l’occitan et du créole) vers un terrain strictement patrimonial. En effet, le breton y apparaît au même plan que le bourguignon-morvandiau, le yiddish ou l’arménien occidental. Tout le monde conviendra ainsi qu’avec 75 langues la France ne peut en reconnaître qu’une : le français.

Qu’en est-il en Bretagne ?

En Bretagne, le mouvement linguistique breton s’est positionné depuis au moins 150 ans autour d’une demande de reconnaissance de la langue bretonne (dans l’enseignement, les médias, la vie publique, etc.) à côté du français. Ce mouvement, dans sa grande majorité, n’est pas un mouvement de rejet de la langue française. Il exprime plutôt une demande de prise en compte de la spécificité bretonne en revendiquant la construction progressive d’un bilinguisme sociétal équilibré.

Ce mouvement, d’abord dirigé contre la politique de l’État s’est, avec les lois de décentra- lisation, peu à peu réorienté vers les collectivités locales, d’abord vers les départements puis, de plus en plus, vers les communes et le Conseil régional de Bretagne.

Au-delà du financement des écoles Diwan, le Conseil régional de Bretagne s’est surtout intéressé à la langue bretonne à partir de l’élection de Jean-Yves Cozan en 1998 chargé de « l’identité régionale et de la culture ». Il n’est, à l’époque, pas encore question de politique linguistique. À partir de 2004 et de l’arrivée des socialistes au conseil régional, Jean-Pierre Thomin fait voter un premier plan de politique linguistique qui reconnaît l’existence du breton et du gallo. Une chargée de mission est recrutée, elle sera en charge de la « mission langues bretonnes », au pluriel (comprendre breton et gallo). En 2010, Lena Louarn succède à Jean- Pierre Thomin et en 2012 un nouveau plan de politique linguistique plus étoffé et plus précis est voté. La « mission langues bretonnes » évolue et devient un service à part entière : le SLAB (service langues de Bretagne). Notons que, bien que le texte voté en 2012 s’intitule « Une politique linguistique pour la Bretagne », la notion de politique linguistique continue à être absente du nom du service.

Les expressions « langues bretonnes », puis « langues de Bretagne » qui l’a remplacé, peuvent a priori paraître non connotées (souci de prise en compte croissante du gallo) mais dans les faits elles ont pour résultat d’escamoter la spécificité des revendications qui portent sur la langue bretonne, cœur du conflit linguistique breton. Derrière « langues de Bretagne », c’est bel et bien le breton qui disparaît. Et pourtant, la langue bretonne, c’est environ 96 % du taux d’intervention du Conseil régional dans le domaine linguistique, l’écrasante majorité du mouvement associatif, des acteurs et bénévoles, des manifestations culturelles et reven- dicatives, des médias, de l’éducation, de la formation, de l’animation, de l’édition, etc.

Ces dernières années, les mots « langue bretonne » ou « breton » paraissent moins présents dans les communiqués du Conseil régional de Bretagne traitant des questions linguistiques. Il semble que l’expression englobante « langues de Bretagne » soit de plus en plus privilégiée. Ceci n’est pas anodin car cette expression ne recouvre pas les langues histo- riquement parlées en Bretagne, elle ne concerne pas la langue française. L’expression « langues de Bretagne » concerne uniquement le breton et le gallo.

De plus, elle ne rend pas compte non plus de la distance entre la situation sociolin- guistique du breton et celle du gallo, on pourrait donc croire que le niveau de reven- dication et de conscience linguistique est équivalent, ce qu’il n’est pas. La politique linguistique actuelle n’apparaît donc pas véritablement dirigée contre la diglossie, cette disparité de statut entre le breton et le français. À

l’inverse de la Corse ou du Pays basque, les contours d’une future société bilingue en Bretagne n’apparaissent pas clairement. En fait, le conflit linguistique entre le breton et le français est le plus souvent évacué par les collectivités bretonnes, non exprimé, au profit d’un impensé qui peut s’incarner dans l’expression récente « langues de Bretagne », vues comme des langues traitées à part, en dehors de toute relation avec la langue dominante qu’est le français.

Ainsi l’on peut considérer que les expressions « Langues de France », « Langues régionales » et « Langues de Bretagne » participent toutes à leur manière d’une volonté de déni du conflit linguistique car elles séparent le statut de la langue française de celui du reste des langues parlées sur le territoire. En Bretagne, elles tendent aussi à masquer la demande sociale démocratique de co-officialité du breton vis-à-vis du français en évitant autant que faire se peut de mentionner le nom même de la langue concernée.

Tant et si bien que l’on peut se demander, la langue bretonne n’est-elle pas en train de devenir une langue innommable au sein même de la politique linguistique régionale, l’éléphant dans le magasin de porcelaine que personne ne veut vraiment voir ?

Jean Roudaut 3 avril 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

Lire aussi:

Non à l’Ecole libérale, non à l’Ecole du temps des colonies! (A Manca)

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04 avril 2018 ~ 0 Commentaire

travert (la conf’)

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Paiement redistributif : nouveau recul de Stéphane Travert

Lors de son intervention au Congrès de la FNSEA* cet après-midi à Tours, le Ministre de l’agriculture et de l’alimentation a déclaré qu’il n’était pas « question de toucher au paiement redistributif ». Cette annonce, qui n’a pu que réjouir son auditoire, est inadmissible.

La Confédération paysanne porte la proposition d’un paiement redistributif de 100 euros/ hectare pour les 52 premiers hectares afin de soutenir l’emploi dans les moyennes et petites fermes. Une revalorisation annuelle avait été actée par la France lors des négociations sur la PAC 2015-2020. Le paiement redistributif aurait ainsi dû atteindre les 100 euros/ha en 2018, il est aujourd’hui bloqué à 50 euros/ha. La promesse de François Hollande et de l’Etat est ainsi foulée aux pieds.

En 2017, la Confédération paysanne a interpellé Stéphane Travert dès son arrivée rue de Varenne pour lui rappeler cet engagement.

Le Ministre n’avait finalement pas relevé ce seuil. Au vu de la situation économique des paysannes et paysans, refuser aujourd’hui et de cette façon de tenir les engagements de la France est grave. C’est un très mauvais signal adressé aux 2/3 des fermes françaises pour qui cette revalorisation aurait été favorable voire neutre, notamment pour les paysannes et paysans impactés par la réforme du zonage ICHN*. C’est aussi contreproductif pour soutenir la relocalisation des productions sur des fermes à taille humaine.

Soutenir l’emploi paysan, favoriser la répartition des aides en direction des moyennes et des petites fermes auraient pu être un signe fort. Stéphane Travert fait le choix de l’immobilisme, porteur d’une politique dénuée d’ambition. Nous en appelons donc à l’arbitrage du Président de la République.

29.03.2018

http://www.confederationpaysanne.fr/

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31 mars 2018 ~ 0 Commentaire

lorient kurdes (le télégramme + rp)

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Lorient. 700 manifestants en soutien aux Kurdes de Syrie

700 personnes ont manifesté à Lorient samedi 31 mars pour soutenir les Kurdes d’Afrin, en Syrie.

La cause kurde mobilise en Bretagne. Environ 700 personnes (1.000 selon les organisateurs) ont manifesté samedi 31 mars à Lorient.

Une action régionale

Dans l’après-midi les manifestants ont arpenté les rues de la ville, de la place de l’Ysère jusqu’à la place Aristide-Briand, à l’appel d’un collectif d’une vingtaine d’associations, de syndicats et de partis politiques. Cette action régionale et unitaire était destinée à sensibiliser l’opinion publique et briser le « silence complice de la communauté internationale, de l’Union européenne et de la France concernant l’occupation de la ville d’Afrin par l’armée turque dans le nord-ouest de la Syrie ».

31 mars 2018 Katell Brélivet

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31 mars 2018 ~ 0 Commentaire

langues régionales diwan (fr3 + trégor)

komzit

Parlez breton (avec vos enfants) affiche « nationaliste » de René Yves Creston

Langues régionales : vif débat entre Paul Molac et la France Insoumise à l’Assemblée nationale

Les écoles privées hors contrats étaient au coeur des débats à l’Assemblée nationale ce jeudi et ont donné lieu à des échanges animés entre des députés de la France Insoumise et les députés bretons, qui ont défendu le réseau des écoles Diwan.

Les discussions sur les écoles en langues régionales et l’agrément de réseaux d’établisse- ments privés hors contrat ont donné lieu à de vifs débats, ce jeudi à l’Assemblée nationale, des débats relayés sur les réseaux sociaux. Les députés bretons, Marc Le Fur et Paul Molac en particulier, se sont élevés contre les propos d’Alexis Corbière, qui s’est prononcé contre le développement de ces écoles hors contrats, qui vont à l’encontre du service publique de l’enseignement. Le député de la France Insoumise a notamment mentionné les écoles régio- nales, qui pratiquent l’enseignement immersif, telle Diwan, qui pour lui, peuvent véhiculer des idéologies anti-républicaines.

« Idéologies identitaires anti-républicaines »

« Vous vous trompez si vous ne montrez que de la bienveillance envers ces écoles. En effet, elles véhiculent parfois des idéologies identitaires anti-républicaines » a ainsi déclaré Alexis Corbière, précisant quelques instants plus tard : « Monsieur Le Fur, lorsque vous dites que des familles souhaitent que leurs enfants parlent la langue de leurs parents, on peut entendre votre argument. Mais faisons attention : je suis élu en Seine-Saint-Denis où beaucoup de Français ont des parents dont la langue n’est pas une langue régionale. Comment accueillons-nous cette situation ? Quand des gens voudront apprendre le portugais ou l’arabe, langues de leurs parents ou de leurs grands-parents, que leur dirons-nous ? Notre réponse ne peut pas être à géométrie variable. » (Et alors, portugais et arabe sont en étude libre! note du blog)

Les députés bretons défendent Diwan

De nombreux députés ont réagi à ces propos, dont les Bretons Marc Le Fur, qui a également condamné les propos d’une députée LREM, Sylvie Charrière, qui a assimilé l’enseignement des langues régionales aux réseaux terroristes.

Paul Molac a quant à lui répondu à Alexis Corbière : « Je tiens juste à dire à M. Corbière que la solution se trouve dans le plurilinguisme, et que le plurilinguisme nous éloigne beaucoup du monolinguisme d’État que nous avons subi trop longtemps. (…) Vous avez stigmatisé les écoles Diwan : elles ont entre 97 % et 100 % de réussite au baccalauréat. (…) Ces écoles n’ont rien à voir avec la caricature que vous avez voulu en faire. » Il a tenu a rappeler notamment que ces établissements sont soutenus par des défenseurs de la langue bretonne, une langue qui a longtemps été interdite à l’école et que à cette époque-là, les enfants qui la parlaient étaient punis.

Krystell Veillard 30/03/2018

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Diwan : une première manifestation à Lannion le 14 avril (Le Trégor)

Commentaire:

Paul Molac est parfait pour le rôle! Député du Morbihan de l’UDB-EELV devenu macroniste.  Un vrai scud envoyé pour séduire les régionalistes de tout bord. Et çà marche! Par contre les camarades de la France Insoumise sont tombés dans le piège! Confondre le « mouvement breton au sens large » avec du communautarisme voire « identitaire », fallait oser! Et cela au nom d’un autre communautarisme, celui des « républicains de tout bord », un « jacobinisme » mal placé qui ne fait que pousser des régionalistes dans les bras de la droite, comme ici.

Qui organise la solidarité avec les réfugiés (contre Molac!)?, si ce ne sont pas pour beaucoup des « régionalistes »! Et les lycéens Diwan de tous les combats progressistes, des identitaires?

Précisons: Le NPA est pour que les parents puissent choisir pour leurs enfants  un enseignement en breton (et éventuellement gallo) bilingue voire immersif de la maternelle au Bac. Avec embauches de profs…

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28 mars 2018 ~ 0 Commentaire

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27 mars 2018 ~ 0 Commentaire

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Guerlesquin : le volailler Tilly-Sabco placé en redressement judiciaire

Après Doux, qui attend de savoir quel repreneur se profile à l’horizon, c’est au groupe Tilly Sabco de Guerlesquin de se trouver dans la tourmente. Ce mardi 27 mars, à la sortie de l’audience du tribunal de commerce de Brest, les salariés de Tilly Sabco étaient quelque peu soulagés. Ils redoutaient une liquidation judiciaire. L’entreprise obtient un sursis. Le tribunal de commerce de Brest la place en redressement judiciaire et fera le point à l’issue d’une période d’observation de deux mois. Une nouvelle audience est prévue le 22 mai.

Une reprise en 2016

« C’est une décision que nous avons demandée mais c’est une décision difficile parce que ce n’était pas du tout ce qui était projeté au départ. C’est un moment douloureux pour toute l’équipe de Tilly-Sabco tant pour les dirigeants que les salariés », a souligné Valérie Léger, avocate de la société, évoquant un marché « extrêmement difficile » et une « concurrence très rude ». Interrogée pour savoir si l’entreprise, qui produit des saucisses de poulet à Guerlesquin (Finistère), allait rechercher un repreneur, l’avocate a indiqué: « ça fait partie des options possibles ».

Le patron néerlandais de l’entreprise, Brian Wegdam, était également présent au tribunal ce matin. C’est lui qui avait repris l’ancien abattoir de poulets en décembre 2016, ne gardant que l’atelier saucisses. La société néerlandaise Wegdam Food Link avait repris en décembre 2016 l’usine, à l’époque Tilly-Sabco Bretagne, laissant 134 salariés sur le carreau sur les près de 200 qu’elle comptait à l’époque. Wegdam est spécialisé dans la production et la distribution de produits congelés alimentaires.

Trois plans sociaux en quatre ans

L’ancien abattoir de poulets avait déjà été sauvé de la faillite en décembre 2014 par trois investisseurs: la CCI de Morlaix, le Britannique MS Foods et un fonds d’investissement, le Breizh Algae Invest, lancé par le groupe Olmix spécialisé dans les biotechnologies. Ce rachat avait permis la sauvegarde de près de 200 emplois sur les plus de 320 que comptait l’entreprise.

« Nous en sommes à trois plans sociaux en quatre ans », a souligné Nadine Le Guen, déléguée CGT de l’usine de saucisses, au terme de l’audience. « Les salariés sont fatigués et en ont ras-le-bol », a-t-elle ajouté, précisant qu’une partie d’entre-eux était au chômage technique partiel depuis trois semaines.

27/03/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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