Archive | Questions bretonnes etc

01 décembre 2020 ~ 0 Commentaire

penn sardin

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22 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

bildu (pùblico)

euskal herria

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Il ne fait plus peur au Pays Basque 

EH Bildu brise les clichés

La décision de la coalition souverainiste basque  de soutenir le budget général de l’État (gouverné par le PSOE) consolide son rôle politique et lui confère un protagonisme sans précédent dans l’État, bien que déjà normalisé au Pays Basque et en Navarre.

Le 5 mai 2011 Bildu (« Reunir » en basque) commençait à faire parler de lui. Cette nuit-là, le Tribunal suprême a décidé qu’aucune interdiction ne serait plus appliquée  et que, par conséquent, le souverainisme basque pouvait être représenté à nouveau aux élections. Sur la scène de l’Arenal, il y avait non seulement des représentants de la gauche abertzale traditionnelle , mais aussi un jeune parlementaire basque de l’IU. Son nom : Oskar Matute. Ou encore Pello Urizar, leader de l’EA social-démocrate, une scission du PNV.

Neuf ans plus tard, Matute est l’un des cinq députés d’EH Bildu qui, « si tout va bien » – selon les termes du coordinateur général de cette formation, Arnaldo Otegi – soutiendra le budget général de l’État. L’annonce a eu un grand succès : la droite et les médias qui lui sont liés n’ont pas hésité à accuser le gouvernement de faire un pacte avec les « héritiers de l’ETA » ou avec les « batasunos », autre terme utilisé pour désigner de manière péjorative ceux qui font partie d’une coalition qui, tant sur le plan politique qu’organisationnel, dépasse les limites de la traditionnelle gauche abertzale.

« Ici, le débat est inexistant », déclare Asier Blas, directeur du département de sciences politiques et d’administration de l’Université du Pays basque (UPV). En ce sens, il souligne que l’alarme générée par la droite à Madrid avant la décision de EH Bildu de soutenir le budget n’a aucun effet au Pays Basque. « Rappelons-nous que lorsque Bildu gouvernait le Conseil provincial de Gipuzkoa, ils faisaient passer les budgets avec le soutien du PSE ».

Lors des élections basques du 12 juillet dernier, EH Bildu a renforcé sa position de principale force politique d’opposition et s’est une nouvelle fois placé derrière le PNV avec 21 sièges.

Il a également obtenu le pourcentage de voix le plus élevé de l’histoire politique de la gauche souverainiste (27,8 %) et a remporté 249 580 voix, soit un peu moins que les 277 923 ( 25 % des suffrages exprimés) qu’aux élections basques de 2012. Il gouverne 83 des 251 conseils municipaux du Pays Basque et 34 des 272 conseils de Navarre, tandis qu’il dispose actuellement de sept sièges au Parlement de la Communauté autonome de Navarre.

« EH Bildu est très présent dans la société basque. Aujourd’hui, il est logique qu’il participe et assume une fonction parlementaire standard, ce qui est un symptôme de normalité », déclare Xabier Aierdi, ancien directeur du département de sociologie de l’Université du Pays Basque (UPV).

En fait, il pense que la controverse construite par la droite autour du soutien de la coalition au budget est un « débat de Madrid » qui découle d’un « microclimat toxique ». « Parfois, les gens ne pensent pas, depuis Madrid, à quel point ces débats peuvent être ennuyeux et inintéressants ».

La normalisation d’EH Bildu dans la vie politique a été ressentie ces jours-ci également au Parle-ment de Navarre, où la formation indépendantiste a conclu un nouvel accord avec le gouverne-ment dirigé par le PSN pour faciliter l’approbation des budgets foraux (usages locaux blog). « Une chose est le scénario du Congrès et une autre est celui qui se configure au Pays Basque et en Navarre avec une dynamique particulière », souligne le sociologue et professeur à l’Université publique de Navarre Ricardo Feliú.

Selon lui, « Bildu a évidemment un programme politique qui est engagé pour l’indépendance,  républicain, mais acceptant le jeu des institutions », c’est pourquoi il comprend que « cette gauche abertzale des années 80 et 90 est très loin ».

Dans ce sens, Feliú considère qu’il y a eu une « réarticulation » des deux grands « axes discursifs » de la gauche abertzale : « Elle ne renonce pas à l’indépendance et à la construction nationale  mais elle se réarticule ». « Il est très intéressant de voir comment dans les mairies régies par Bildu, des hommages ont commencé à être rendus aux victimes de l’ETA »

Aujourd’hui, la feuille de route d’EH Bildu comporte des ingrédients clairement de gauche, non seulement au Pays Basque et en Navarre, mais aussi en Espagne : son engagement est également de former des majorités qui lui permettront de promouvoir des politiques progres-sistes, sans abandonner la question territoriale basque, et en même temps d’exiger des solutions pour les prisonniers de l’ETA.

« Ce n’est pas une chose simple que de refermer les blessures sociales et émotionnelles de 40 ans de terrorisme, c’est un processus très lent. En tout cas, il est très intéressant de voir comment dans les mairies régies par Bildu, on a commencé à rendre hommage aux victimes de l’ETA, ou que ce groupe participe à des actes de ce genre », souligne Feliú.

Ce qui est certain, c’est qu’au sein de l’EH Bildu, des forces aux trajectoires différentes coexistent, également en ce qui concerne la violence. Au sein de cette coalition, il y a Sortu, ( avec qui le NPA a des relations blog) l’actuel parti officiel de la gauche abertzale, avec Eusko Alkartasuna – aujourd’hui plongé dans une grave crise interne qui menace son avenir – et Alternatiba, l’organisation politique à laquelle appartient Matute. Aralar, un parti créé par le secteur critique de Batasuna, a décidé en 2017 de se dissoudre au sein de l’EH Bildu, où aujourd’hui plusieurs de ses principaux membres continuent à participer.

« La droite utilise le fantôme de l’EH Bildu, alors qu’il y a des secteurs qui ont toujours condamné la violence », dit Blas. Ainsi, parmi les membres de la coalition – tant ceux qui représentent les partis qui la composent que ceux qui y participent en tant qu’indépendants – il y a eu des lectures et des positions différentes sur le terrorisme. Dans ses statuts, l’EH Bildu a écrit son rejet de toute violence, y compris celle de l’ETA.

Cela a également été réaffirmé dans l’accord gouvernemental qu’il a signé en 2015 pour entrer dans l’Exécutif quadripartite de Navarre avec Géroa Bai, Podemos et Izquierda-Ezkerra. A la page six de ce document, EH Bildu a exprimé « le rejet et la condamnation de tout type d’expression de violence qui pourrait se produire, y compris celle de l’ETA ».

Ramón Zallo, professeur de communication audiovisuelle à l’UPV, s’accorde à mettre en garde contre l’artificialité du débat mis en place par la droite au Congrès au vu du soutien d’EH Bildu au budget. « À Madrid, il se heurte à certains courants, mais ici, en revanche, il est totalement intégré. Après tout, il est la deuxième force du Parlement basque », a-t-il déclaré.

Grandir à gauche

EH Bildu aspire également à élargir sa base politique, en se développant principalement à travers la gauche, sans oublier son conflit d’hégémonie avec le PNV lorsqu’il s’agit de conserver les électeurs nationalistes. « Il est également vrai que si vous vous développez beaucoup dans le domaine du nationalisme, vous commencez à perdre le soutien à gauche », reflète Zubero. En ce moment, je crois qu’ils ont la capacité de se développer en pénétrant dans le territoire que Podemos a semé ».

Pour sa part, Zallo estime que le parti basque a maintenant la possibilité de « renforcer ce discours de gauche, qui a été mis de côté pendant trop longtemps ». « Cela signifie qu’il faut rivaliser et aussi collaborer avec Podemos et même établir des alliances ».

BILBAO 21/11/2020 DANILO ALBIN

https://www.publico.es/

Commentaire:

Le PNV est le parti hégémonique, démocrate chrétien, pro patrons et souvent allié du PSOE.

EA en est sorti sur la gauche.

IU c’est l’ancien PCE-EPK allié à Podemos.

Aralar est une scission pacifiste de Batasuna

Navarre:

Izquierda-Ezquerra est formé de IU et de « Batzarre » vestige de la LCR

Geroa Bai: coalition Parti nationaliste basque, Aralar, Eusko Alkartasuna et Batzarre.

 

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17 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

prestige (ecologistas)

prestig

Le 13 novembre 2002, le Prestige, au large du cabo Finisterre et près des côtes de Galice au nord-ouest de l’Espagne, lance un appel de détresse.

Plus jamais le Prestige

« La douleur de la catastrophe a coexisté avec la joie de l’ampleur d’une réponse sociale à laquelle je ne m’attendais pas, après quelques années d’activisme environnemental. Aujourd’hui, je considère le Prestige comme une occasion perdue de remettre en question notre dépendance au pétrole ».

[Xosé Veiras García]

Le 13 novembre 2002, la plus grande catastrophe écologique de l’histoire de la Galice s’est produite. Par une terrible nuit de tempête, le pétrolier à simple coque Prestige a subi une fuite alors qu’il naviguait à 28 miles (52 km) du cap Fisterra.

Les autorités espagnoles ont commencé une course folle en remorquant le navire jusqu’à ce qu’il se casse en deux le 19 novembre. En conséquence, plusieurs dizaines de milliers de tonnes de fioul (chapapote) ont atteint nos côtes, qui se sont ensuite répandues sur toute la côte cantabrique et le sud de la France, produisant l’une des plus grandes marées noires de l’histoire.

« L’impuissance de savoir que cela aurait pu être évité et que, 18 ans plus tard, cela pourrait se reproduire. La grande erreur est de penser que les écosystèmes se régénèrent. Je suis dégoûté par l’ineptie dont beaucoup ont fait preuve lors de la catastrophe du Prestige et je regrette que nous sachions que nous sommes responsables du fait que l’écosystème de la Costa da Morte ne se remettra pas ».

[Montse Valencia León]

Face à l’incompétence et au manque de moyens de la Xunta et du gouvernement, des centaines de marins se lancent à la défense des estuaires, pêchant au filet et de leurs propres mains le « chapapote ». La société civile auto-organisée, les associations de pêcheurs, les associations de conchyliculteurs, sont celles qui ont répondu à la catastrophe face à l’incompétence des autorités.

Une vague de solidarité a également été générée dans tout l’État et dans de nombreux pays, avec l’arrivée de milliers de bénévoles, une marée blanche contre la marée noire, pour nettoyer la côte galicienne, travaillant pendant plusieurs mois. Ce sont des jours de larmes et de douleur, de mensonges et de rage qui ont réveillé une vague d’indignation dans le peuple galicien, qui a inondé six fois la place de l’Obradoiro lors de la manifestation historique du 1er décembre 2002.

« J’ai été impressionné par l’odeur du carburant à Aguiño, l’auto-organisation des gens quand je suis allé comme volontaire dans le bosquet, la Praza do Obradoiro remplie de 200 000 parapluies sous la pluie. La marée noire s’est transformée en un courant de dignité ».

[Xaquín Pastoriza Cerviño]

200 000 parapluies qui répétaient comme un écho la phrase magique « Plus jamais ça ». Fierté et dignité, vêtus de noir et de bleu, d’un peuple qui a assez crié à la noire moquerie des catastrophes écologiques qui s’abattaient périodiquement sur nos côtes.

Polycommandant, Urquiola, Andros Patria, Casón, la mer Égée, la liste des infamies, des noms cloués à notre mémoire collective comme la chapapote sur les rochers. 8 des 13 plus gros accidents de marée noire de ces 6 dernières décennies ont eu lieu sur les côtes de Galice.

La mobilisation de la société galicienne, articulée dans la vaste plate-forme Nunca Máis, a atteint la Puerta del Sol, avec une immense marche vers Madrid pour demander justice, respect et réparation. Nous étions fatigués de nous laisser entraîner par les « petits fils de pâte à modeler » et les « plages splendides ». Le gouvernement et la Xunta essayaient de minimiser l’ampleur de la tragédie pour cacher leur mauvaise gestion.

La réalité, qui les a frappés en plein visage, est le manque absolu de ressources et de moyens, leur incompétence totale pour entreprendre la protection et le nettoyage des zones contaminées. Cette vague mobilisatrice qui a dépassé de loin le mouvement environnemental, inondant les écoles, les lieux de travail, chaque port et chaque balcon, a produit un véritable tremblement de terre qui a réveillé notre conscience de peuple et nous a redonné notre dignité.

« Je me souviens d’être arrivé à Oia avec la marée blanche, sans aucun appel. Le froid du petit matin, l’odeur du carburant, le silence des gens qui s’organisent et travaillent sans commande-ment, sans paroles, qui occupent directement leur poste, comme ils en ont été préalablement affectés. Lever les yeux vers la mer et voir cet épais tapis de pétrole qui semblait irréel ou que vous auriez souhaité qu’il le soit. L’angoisse ».

Ana Prado

Dix-huit ans plus tard, les effets de la marée noire du Prestige sont toujours présents sur la Costa da Morte, et peuvent encore être observés à l’œil nu. Il y a encore une éclaboussure sous le sable. C’est une preuve supplémentaire de la manière dont, lorsqu’une catastrophe écologique majeure se produit, ses effets durent des années, voire des décennies. Il est donc nécessaire que les autorités prennent toutes les mesures nécessaires pour éviter que de tels accidents ne se reproduisent.

Il faut rappeler que 70% du transport maritime européen passe par la Galice, soit quelque 40 000 navires par an, et qu’environ un sur trois (38 par jour) transporte des marchandises dangereuses, ainsi que leur carburant. Rappelons-nous l’accident du chimiquier Blue Star dans la Ría de Ares l’année dernière.

« Je me souviens comme si c’était hier de voir les mouettes avec des éclaboussures dans le fleuve Miño à Ourense, un petit signe de la catastrophe à laquelle les oiseaux étaient confrontés sur la côte. Nous ne saurons jamais combien sont morts, je me souviens que certains ont fait remarquer que ce serait la fin des derniers couples de guillemot, et finalement, ce fut sûrement le cas. La douleur, à ce jour, est toujours présente, car les dommages causés à l’environnement sont toujours là ».

[Alberto Rivero Saeta]

Ecologistas en Acción appelle également à une action rapide et appropriée, à l’opposé de ce qui a été fait avec le Prestige, pour éviter que l’accident ne se transforme en catastrophe environnementale.

Il est nécessaire d’améliorer la coordination des ressources opérationnelles permanentes et des unités de surveillance maritime, ainsi que d’augmenter la quantité et la qualité des inspections des navires qui accostent au large des côtes de Galice.

Il y a de petits Prestige quotidiens. Nous devons également rompre avec ce modèle de dépendance au pétrole, dont les conséquences fâcheuses pour la planète sont bien connues. Gardons toujours ces images à l’esprit, souvenons-nous de cette tragédie, mais aussi de ce combat, afin qu’une telle catastrophe ne se reproduise plus jamais.

13/11/2020  Ecoloxistas en Acción Galiza

https://www.eulixe.com/

Lire aussi:

Acquittements prononcés pour le naufrage du «Prestige» 13 novembre 2013

Naufrage du pétrolier Prestige

Erika (pétrolier)

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13 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

stop amazon (briec)

briec b

Plusieurs organisations professionnelles et syndicales contre l’implantation d’Amazon à Briec:

MingaL’Alliance Slow Food des Cuisinier.e.s FSU 29 • Union Syndicale Solidaires (Solidaires Informatique, SUD PTT 29, Assurance,
Union Locale Cornouaille et Union Départementale 29) • UNSA Cornouaille • CGT des Agents du SDIS29 (Service Départemental d’Incendie
et de Secours)CNT29 la Fédération des Cafés-Librairies de Bretagne • Syndicat des Artisans Semenciers • Syndicat des Récoltants
Professionnels d’Algues de Rives de BretagneChambre des Métiers et de l’Artisanat 93Confédération des Commerçants de France

briec

Emission avec: Francis Palombi (Confédération des commerçants de France); Baptiste Larvol-Simon (Solidaires informatique) Emmanuel Antoine (Minga); Xavier Hamon (Alliance slow food des cuisiner.e.s) ; Youen Le Flao (Sud PTT); Stéphanie Saliot (Syndicat des artisans semenciers); Jean-Marc Cléry (FSU)

http://www.rkb.bzh/emissions/

 

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13 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

amazon briec (révolution permanente)

briec

A Briec, la lutte s’organise contre le géant Amazon

A Briec, la lutte contre Amazon et son monde s’organise au-delà du local et des petits commerçants, menacés par l’implantation d’un dépôt sur la commune. Retour sur la mobilisation, suite à la visio-conférence de presse du 6 novembre. 

Grand gagnant du « monde d’après » selon Macron, et profiteur acharné des crises en tous genre (comme Macron), sanitaire, sociale, économique, écologique, Amazon continue son avancée à grands coups de bulldozers et sa transformation des territoires, avec l’aval d’élus taiseux, adoptant pour se donner bonne conscience, des postures gênées.

C’est pourtant bien la victoire du capitalisme et de tous ses travers, que maintiennent les nouveaux élus de QBO (Quimper Bretagne Occidentale), la communauté d’agglo dont dépend Briec.

Petit retour sur le pillage généralisé du bien public, selon Jeff Bezos (et ne l’oublions pas, mode de fonctionnement qui colle parfaitement aux principes du gouvernement).

La technique est bien rôdée, chez Amazon France, pour poursuivre son objectif de doublement de sa surface de stockage et de distribution.

Des achats de terrains s’opèrent un peu partout en France, lieux de prédilection : des endroits reculés, mais stratégiques pour le groupe, comme à Briec (il n’y a pour le moment pas d’entrepôt dans la zone bretonne). Et comme toute opération bien ficelée par les GAFAM, celle-ci a d’abord eu lieu dans le plus grand secret.

Achat du terrain via la société Vectura immobilier, achat validé par un vote à l’unanimité par le conseil communautaire précédent de QBO… et entre les deux tours des municipales pour ajouter à l’honnêteté de la manœuvre.

La légende raconte que les élus locaux n’étaient pas au courant que cette vente d’une partie du territoire qu’ils représentent était pour le compte d’Amazon, c’est dire s’ils font grand cas des projets soumis à leur réflexion…

En juin, la vente a été définitivement validée par l’ancien président de QBO. Début août, un permis de construire a été déposé. La nouvelle mandature se cache derrière une posture d’impuissance face à un projet déjà bien avancé, la mine dépitée… Mais évidemment, à aucun moment, il n’y a eu de consultation, de concertation des premiers concernés :les habitants, les usagers, les travailleurs.

L’argument de la création d’emploi qui est toujours mis en avant lors de ce genre d’implantation, ne prend évidemment pas. « On estime que pour chaque emploi créé en France, Amazon en détruit deux » (selon Les Amis de la Terre).

Un large collectif s’est alors monté en septembre sur l’impulsion de plusieurs associations et syndicats (à l’initiative du collectif travail et métier contre Amazon crée lui avant l’été). Objectif, se rencontrer, discuter et coordonner la lutte et surtout l’amplifier au niveau national, car tous les territoires sont concernés par l’avidité du monstre de Jeff Bezos. Leur mot d’ordre : Amazon, ni chez nous, ni ailleurs.

Les membres signataires, qu’ils soient militants débutants ou aguerris, ont réussi à mobiliser au-delà du Finistère puisqu’environ 1/3 des signataires est à portée nationale ou hors local.

Au-delà de l’anéantissement du commerce local, qu’ils soient postiers, artisans, cuisiniers, commerçants, libraires, informaticiens, tous refusent le projet de société que représente Amazon.

Dans une région où l’industrie agro-alimentaire a déjà fait des dégâts sur les travailleurs, l’emploi, les paysages, l’environnement… voir arriver Amazon, pour qui la limite entre emploi et exploitation n’existe pas, nécessite de s’opposer avec force, afin de ne pas voir leur logique s’imposer à tous, partout, à tous les secteurs, aux informaticiens, aux postiers,…

Prenons juste l’exemple des postiers : à Quimper, à l’heure actuelle, Amazon a déjà un impact loin d’être négligeable, puisque 50% de la branche colis est occupée par des commandes Amazon.

Avec le projet d’entrepôt, les travailleurs de l’activité colis, déjà bien sollicitée, risquent de voir leurs conditions de travail se dégrader, et voir rapidement la multinationale prendre fonction de nouvelle ligne directrice et dirigeante sur leur façon d’envisager et de concevoir le propre travail. La direction de la Poste locale ne semble avoir réalisé que très récemment que l’arrivée de cet entrepôt allait fortement impacter son fonctionnement.

Les initiatives se multiplient au sein du collectif, afin de mettre en place une solidarité économi-que et sociale sur le territoire. Par exemple, les membres signataires de Sud Informatique proposent aux commerçants, aux artisans, une numérisation de leur commerce, de surcroît une aide précieuse avec la crise sanitaire en cours. Un annuaire est disponible sur le site du collectif.

La crainte du collectif est que les élus profitent justement de la crise sanitaire pour valider totalement et définitivement le projet. Pour le collectif, l’échéance prochaine imposée porte notamment sur la question juridique de recevabilité du compromis de vente, acté par l’ancienne mandature entre les deux tours des élections municipales. L’autre rendez-vous imposé, sera l’obtention ou non du permis de construire, dont l’issue devrait être connue fin novembre.

En attendant, le collectif STOP AMAZON tisse des liens avec d’autres territoires où des luttes similaires ont lieu, comme en Gironde avec le collectif « Touche pas à ma zone humide », en lutte contre un projet d’entrepôt Alibaba (autre géant de l’e-commerce) ou encore dans l’Est de la France avec le collectif « Le chaudron des alternatives », qui lui a réussi à faire abandonner un projet d’entrepôt Amazon en Alsace grâce au mouvement de résistance populaire initié par le collectif !

​A Briec comme ailleurs, seule la mobilisation collective et les liens tissés entre les travailleurs du secteur et les organisations et associations permettra de faire plier le géant de l’e-commerce.

Elora Bosco jeudi 12 novembre

https://www.revolutionpermanente.fr/

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12 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

inès léraud (là-bas)

Heureusement que tous les journalistes ne font pas comme Inès Léraud !

Depuis des années, Inès Léraud enquête sur les horreurs de l’agroalimentaire en Bretagne. Pas facile. Ce beau monde est très malin pour s’entourer de silences et de connivences. Il faut de l’entêtement et du temps.

Pour être têtue, elle est têtue, Inès. On la connaît, c’est une ancienne modeste et géniale de Là-bas. Et pour avoir le temps, elle s’est installée pendant quatre ans dans un village au cœur de la Bretagne.

Pas évident au début, mais la confiance est venue, et elle a commencé à diffuser des reportages qui ont dévoilé les méthodes de l’agroalimentaire et ses dégâts, autant sur la santé du petit personnel que sur la verdoyante nature bretonne. Verdoyante, c’est surtout les algues qui l’ont intéressée au point d’en faire un album de BD qui lui vaut un gros succès et aussi de gros ennuis [1].

La voilà qui subit des pressions, elle et son éditeur, la voilà poursuivie en justice par un gros patron ombrageux. Le procès aura lieu les 20 et 21 janvier au TGI à Paris. Mais du coup, c’est toute une élite locale de patrons, d’élus et de notables qui apparaît dans une lumière pas vraiment à leur avantage.

Et c’est aussi toute une mobilisation pour défendre la liberté d’informer sur le secteur agroalimentaire. Et c’est aussi des journalistes en Bretagne qui refusent la docilité à laquelle la précarité les contraint, et qui s’organisent au sein d’un collectif, Kelaouiñ, qui veut dire « informer » en breton. Tout ça à cause d’UNE journaliste.

Il y a 35 000 cartes de presse en France, vous imaginez, même 10 %, mettons 3 500 journalistes, aussi têtus dans le pays ? Les méchants ne dormiraient plus jamais. Mais heureusement que tous les journalistes ne font pas comme Inès Léraud.

Un entretien de Daniel Mermet avec Inès Léraud, journaliste, autrice de la bande dessinée Algues vertes, l’histoire interdite (Delcourt et La Revue dessinée, 2019) et Kristen Falc’hon, membre du collectif Kelaouiñ.

11 novembre 2020

https://la-bas.org/

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10 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

deserts médicaux (le télégramme)

dessin-medecine_3731503

Où subsistent des déserts médicaux en Bretagne ?

Une carte actualisée révèle qu’une douzaine de communes bretonnes connaissent un accès aux soins très difficile. La région est peu touchée (sans blague blog), mais des solutions restent à mettre en œuvre pour éviter que la situation ne se dégrade.

Trop éloignés d’un généraliste, d’une pharmacie et d’un service d’urgence : en Bretagne, les habitants d’une douzaine de communes sont concernés par cette situation. C’est la conclusion de la carte élaborée par le site d’information sur la santé publique Le Guide Santé, à partir d’indicateurs publics les plus récents.

Ces 4 620 Bretons résident ainsi dans un désert médical, d’après une définition sur laquelle les spécialistes s’accordent : un lieu dans lequel l’accès aux soins de premiers recours – nécessaires au quotidien – est difficile.

10 novembre 2020

https://www.letelegramme.fr/

medecins

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02 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

andalousie (inzar)

hOMENAJE bLAS INFANTE

Blas Infante, fusillé en 1936

Andalousie : les raisons d’une crise permanente

En 2019, le revenu par habitant de l’Andalousie était inférieur de 26 % à la moyenne nationale. Le chômage était de 21%, avec 7 provinces andalouses parmi celles aux taux de chômage les plus élevés de l’État), pendant la crise COVID19 l’Andalousie a concentré 46% du nombre total de nouveaux chômeurs, touchant les femmes en plus grand nombre ».

Avec le chômage, les niveaux d’emplois temporaires en Andalousie sont proches de 96% des contrats des mois d’été, avec une offre d’emplois très précaires tout au long de l’année liées à l’hôtellerie, la restauration ou aux mines. De même, le taux d’abandon scolaire en 2019 était d’environ 22 %, ce qui affecte plus les familles ayant moins de ressources. On peut donc dire que l’Andalousie est dans une crise permanente.

Est-ce parce que nous sommes paresseux en Andalousie ? Est-ce parce que c’est un territoire sans richesse ? À notre avis, une seule raison explique cette situation : le capitalisme et la façon dont il a été construit au sein de l’État espagnol, laissant à l’Andalousie et aux autres territoires un rôle subordonné, car ce système est basé sur une pièce à deux faces : le développement et le sous-développement.

L’origine d’un rôle subordonné : les raisons de classe

Avec l’avancée des royaumes chrétiens au Moyen-Âge, venant du nord, et  dans notre cas, de la Castille, le sud péninsulaire s’est transformée en distribuant de grands lots de terres conquises: aux grands nobles, à l’église et aux ordres militaires. Au cours des siècles suivants, il y aura un processus d’accumulation de terres qui conduira à la prolétarisation de la paysannerie.

Avec les révolutions libérales, le développement du capitalisme et son extension dans toute l’Europe au long du 19è siècle, les classes nobles, l’Ancien Régime, se sont adaptés à la nouvelle situation dans laquelle la bourgeoisie et un système politique libéral émergeaient. Ainsi, avec l’abolition des seigneuries, la noblesse s’est transformée en une classe de propriétaires fonciers et immobiliers, fusionnant ses intérêts avec la bourgeoisie naissante.

Conséquence d’une nouvelle configuration sociale, la construction du système politique libéral espagnol sera le théâtre de confrontations entre les différentes fractions de la bourgeoisie, avec leurs intérêts respectifs, comme le montre l’histoire constitutionnelle et de lutte des classes de ces deux derniers siècles.

Et dans ce jeu, la bourgeoisie andalouse propriétaire foncière a bénéficié d’une alliance avec les secteurs financiers et industriels du Nord, faisant partie de tous les moments régressifs de la scène politique de l’État, comme son opposition à la 1è République (1873-1874) ou son soutien au soulèvement fasciste du 18 juillet 1936.

Bien que nous ayons l’image d’une Andalousie rurale, sans industrie, les premiers pas de l’industrialisation ont eu lieu dans le sud de la péninsule, comme l’industrie de la région de Malaga, qui est devenue la deuxième ville industrielle après Barcelone, le développement du fer, de l’acier, du textile… , la mécanique à Séville ou le rôle que l’embouchure du Guadalquivir a joué par rapport à l’Amérique.

Dans l’alliance avec les bourgeoisies basque et catalane, la classe dirigeante andalouse, a bénéficié du rôle de l’Andalousie dans la division du travail: fourniture de produits agricoles et d’une main-d’œuvre bon marché, sans diversification et l’industrialisation se réduisait à l’intervention d’entreprises anglaises dans les zones minières comme s’il s’agissait de colonies.

Ainsi, au 19è siècle, la population minière se situait entre 60 et 70 %, tandis que l’agriculture contribuait à hauteur de 30 % au PIB de l’État, entretenant des rapports absolus de domination et d’exploitation dans les campagnes par le biais du caciquisme.

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L’appropriation culturelle, l’Andalousie et le nationalisme espagnol

Outre des raisons matérielles, une partie de ce rôle subalterne a été fondée sur un processus d’appropriation culturelle et de construction de l’identité espagnole basé sur la simplification des traits culturels andalous, ce qui a accentué les phobies envers l’Andalousie.

On peut le constater à travers des exemples comme le flamenco, l’utilisation de la copla par le régime franquiste (sous le nom de chanson espagnole), ou l’identification « espagnole » de certaines caractéristiques des fêtes du folklore andalous.

C’est une simplification, des traits essentialistes, dont certains proviennent de visions romantiques, qui élimine ou évite d’autres qui montrent une Andalousie ayant un rôle actif en termes culturels.

Mieux vaut une vision exotique qui parle de sieste, de fiesta, des taureaux et de la passion que la véritable lecture d’une terre déprimée, qui se caractérise par l’existence de caciques, de señoritos et de grands hôteliers que par la sieste et la fiesta.

Il s’agit donc d’un processus a priori contradictoire, même s’il ne l’est pas du tout : Alors que l’Andalousie (et souvent le comportement et les traditions du peuple gitan, que nous aborderons ailleurs) a été élevée au rang national, les travailleurs andalous sont encore vilipendés et méprisés comme des paresseux, comme des gens qui ne savent pas parler et donc avec une culture inférieure…

En d’autres termes, les travailleurs andalous ont été dépouillés de leur culture, celle-ci devenant « espagnole » , afin de maintenir  l’Andalousie dans un rôle subordonné.

Ces contradictions se maintiennent jusqu’à ce jour, sans que le capitalisme n’ait apporté quoi que ce soit au sud de la péninsule ibérique.

L’Andalousie continue à jouer un rôle subsidiaire, avec une économie fragile basée sur le travail temporaire et précaire, dans l’industrie hôtelière et dans les campagnes, où il y a encore du caciquisme et de l’exploitation sauvage, comme dans le cas des travailleurs immigrés.

Les expressions culturelles andalouses continuent d’être simplifiées et volées, avec un dédain pour l’Andalou (basé sur l’aporophobie) et une fascination pour les visions romantiques du flamenco, des fêtes populaires…

…qui ne font que maintenir la fausse idée d’une pleine intégration dans un État comme l’Espagnol, dont la classe dirigeante n’inclut jamais, mais exclut.

Tout cela ne profite qu’à une bourgeoisie seulement intéressée à maximiser ses profits au détriment des travailleurs et dont les intérêts ne sont pas différents de celles du reste de la bourgeoisie espagnole.

23/10/2020

http://izar-revolucion.org/

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30 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

dakota (france 29)

peltier_jan2019

Prisonnier de l’American Indian Movement

Dakota du Sud : « En tant qu’Amérindien, je ne me sens représenté par aucun candidat »

Le Dakota du Sud est l’un des États qui comptent la plus grande proportion d’Amérindiens aux États-Unis. Se sentant délaissée par le gouvernement et les partis, cette catégorie de la population vote moins que la moyenne, malgré les tentatives d’activistes pour inverser la tendance.

Rapid City, Dakota du Sud. La ville de 70 000 habitants se surnomme elle-même la « ville des présidents » en raison de sa proximité avec le célèbre mont Rushmore où sont sculptés à même la montagne les visages de quatre des présidents les plus marquants de l’histoire des États-Unis : George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln. Le président Donald Trump rêve d’y ajouter la sienne.

Rapid City capitalise beaucoup sur cette attraction touristique. Pourtant, le monument est bien plus ambivalent qu’il n’y paraît. Car le Dakota du Sud est aussi le lieu de vie de nombreux Amérindiens.

Selon le dernier recensement en date effectué en 2010, 8,3 % de sa population se définit comme amérindienne, ce qui en fait le troisième État du pays, après l’Alaska et le Nouveau-Mexique, pour sa proportion de « natifs ». Le sioux est une langue officielle du Dakota du Sud au même titre que l’anglais.

Or, pour les Amérindiens, le mont Rushmore constitue une profanation de leurs terres sacrées des Black Hills et une insulte à leur histoire. Selon eux, chacun des présidents représentés sur ces rochers a contribué à sa manière à la souffrance des premiers habitants des États-Unis.

À Rapid City, les Amérindiens représentent 11 % des habitants. Et, pour beaucoup, les plaies de la colonisation sont encore à vif. À l’image de Chase Iron Eyes, militant de la cause amérin-dienne, qui a manifesté contre la venue de Donald Trump le 4 juillet dernier.

« La colonisation n’est pas du passé »

« Nous sommes occupés illégalement par les États-Unis. La colonisation n’est pas du passé. On continue de nous considérer comme des sauvages. La mythologie créée par les Européens aujourd’hui à travers les films et les livres perpétuent cette image », explique l’avocat de 42 ans. « Aujourd’hui, les États-Unis maintiennent les Amérindiens dans une pauvreté organisée, dans des réserves qui ne sont rien d’autre que des camps de prisonniers. »

Chase Iron Eyes est considéré comme appartenant au peuple sioux. Un terme qu’il refuse, attribuant son origine aux colons. L’activiste travaille pour le Lakota People’s Law Project, qui se bat pour la défense des droits des populations amérindiennes du Dakota du Sud. Au cours des dernières années, l’ONG a notamment travaillé sur l’accès au vote des Amérindiens alors que l’État, profondément républicain, les en a longuement privés : le droit de vote leur a été refusé jusqu’aux années 1950.

« Voter a beau signifier participer au système qui nous colonise, il est important de le faire tout de même », estime Chase Iron Eyes. « À chaque nouvelle élection, les Amérindiens s’impliquent davantage. »

Pour autant, il juge sévèrement les deux candidats en lice pour la présidentielle. Pour l’activiste amérindien, l’actuel locataire de la Maison Blanche, Donald Trump, est un « fou qui mène au fascisme et à la tyrannie ». Il n’est pas moins critique de son rival démocrate : « Joe Biden est juste un autre visage de l’oligarchie. Au moins, lui se soucie des apparences : on ne se fera pas tirer dessus ouvertement et on aura quelqu’un en face avec qui négocier », ironise-t-il.

Sa préférence va à « ce bon vieux Bernie Sanders », le sénateur socialiste et rival malheureux de Joe Biden à la primaire démocrate. Quoi de plus logique ? L’engagement de ce dernier dans la lutte contre l’Oléoduc XL de Keystone, situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Rapid City, a marqué les esprits.

Pauvreté et précarité

Néanmoins, la politique américaine peine à passionner les populations natives. Elles ont des problèmes bien plus pressants. Dans les réserves, avec un taux de chômage avoisinant les 50 %, la pauvreté est omniprésente, tout comme la misère sociale et les problèmes d’addiction.

« C’est une des raisons pour lesquelles beaucoup d’entre nous ne votent pas. Ils doivent d’abord lutter contre la pauvreté et la précarité. Il est beaucoup plus simple de voter quand on vit dans des belles maisons sur les terres volées à nos ancêtres », juge Chase Iron Eyes.

Pour s’en sortir, ils sont de plus en plus nombreux à faire le choix de quitter les réserves et de chercher du travail en ville. Quand ils n’en trouvent pas, ils grossissent les cohortes de sans-abri, comme à Rapid City. Dans les rues du centre-ville, on les voit errer à la recherche de leur prochain repas et d’un peu de chaleur face à un hiver déjà rude en cette fin octobre.

Mélanie Timm est la directrice du Hope Center, le seul centre d’accueil de jour pour sans-abri de la ville. La petite bâtisse leur offre des repas chauds, des vêtements, la possibilité de faire une lessive ou d’être aidé dans des démarches pour sortir de la rue ou retrouver un travail. Le centre aide entre 200 et 300 personnes par jour. Mélanie Timm estime que 85 % de « ses invités » sont amérindiens.

« Rapid City se situe au carrefour de plusieurs réserves. Beaucoup d’Amérindiens viennent pour trouver du travail en dehors de leur réserve mais cela se passe rarement comme prévu », expli-que la directrice du Hope Center. « La rue peut être dangereuse pour les sans-abri, voire violente. Il y a de l’animosité entre les sans domicile fixe amérindiens et les autres. »

Le racisme « omniprésent »

« Le racisme est omniprésent ici. Le maire, la police, le KKK [organisation suprémaciste blanche]… Ils harcèlent les Amérindiens », explique Jon, un des « invités » du Hope Center. Blond aux yeux bleus, il n’a pas l’apparence typique des Amérindiens. Et pour cause, il est métis, à la fois descendant d’Irlandais et d’Amérindiens. Cette dernière identité est cependant la plus importante pour lui. Il se dit militant de « la cause ». La nuit, il patrouille pour protéger les siens qui n’ont pas d’abri.

Mélanie Timm encourage ses “invités” à voter, bien qu’elle estime qu’aucun des deux candidats ne s’engage vraiment sur le sujet des sans-abri : « C’est un sujet complexe et sensible. Or les politiciens préfèrent les problèmes simples avec des solutions simples », estime-t-elle, amère.

Jon, pourtant, n’est pas certain de voter : « Ma philosophie est la suivante : démocrates et républicains sont les deux ailes d’un même oiseau », juge-t-il, en réajustant le bandana qui ne quitte pas ses cheveux. « On nous demande de choisir le moindre mal. Je le refuse. Je veux quelqu’un qui nous représente et qui se batte pour nos droits. »

« Je vais voter démocrate comme j’ai toujours voté démocrate », explique quant à elle Maria Makes Him First, 34 ans, aux traits déjà fatigués. « Mais beaucoup d’entre nous ne le font pas. Ils ont l’impression que leur voix n’est pas importante. C’est triste. La jeune génération doit s’intéresser à la politique pour changer les choses. »

Jusqu’au mois de mars, elle travaillait au centre des droits civiques de Rapid City. Mais la pandémie de Covid-19 lui a fait perdre son travail, comme des millions d’autres Américains. Incapable de continuer à payer son loyer, elle vit désormais dans la rue.

La réserve de Pine Ridge confinée, pas le Dakota du Sud

La pandémie de Covid-19 affectant particulièrement les populations vulnérables, l’année 2020 n’a pas été tendre avec les Amérindiens. Face à l’inaction de l’État du Dakota du Sud, qui n’a jamais confiné la population, les autorités tribales prennent eux-mêmes les choses en main. Devant la recrudescence de cas en cette fin octobre, elles ont décrété un isolement d’une semaine de la réserve de Pine Ridge, où vit d’ordinaire Chase Iron Eyes.

Personne ne rentre, personne ne sort de la réserve. Une équipe de deux Amérindiens vêtus de gilets jaune fluo est chargée de contrôler tous les véhicules se présentant sur la longue route qui serpente au milieu des plaines enneigées et qui mène à l’entrée nord-ouest de Pine Ridge. Une tâche dont ils s’acquittent avec sérieux malgré le froid extrême. Sur le piquet, la politique est là encore loin des préoccupations.

« Je n’y ai jamais réfléchi mais en tant qu’Amérindien, je pense qu’aucun des deux candidats ne me représente ou est capable de changer les choses pour moi », explique Derek. « Je n’irai pas voter. Il est trop tard pour obtenir une carte d’identité afin de le faire. Surtout avec le Covid-19. »

Comment dans ces conditions imaginer un jour un président amérindien à la tête des États-Unis ? Aucune des personnes interrogées n’ose se l’imaginer, sauf Chase Iron Eyes, qui se veut optimiste : « Si un jour, un des deux partis choisit un Amérindien comme candidat, alors je pense qu’il sera élu. Ce sera le signe que les États-Unis ont changé. »

29/10/2020 Romain HOUEIX

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27 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

question nationale (pcf)

Itineraire ouvrier breton 1

Les communistes et la « question bretonne », 1932

« Contre la terreur en Bretagne – Le mouvement breton est à la fois national et social
 par Daniel Renoult [4]

C’était en janvier 1925, nous nous trouvions, Simonin [5] et moi, dans la petite pièce que Le Flanchec, maire communiste de Douarnenez, avait mise à la disposition du syndicat des sardinières. La grève venait d’être gagnée après des péripéties dramatiques. Une allégresse flottait sur la ville.

La porte fut poussée lentement et une vieille ouvrière, portant la coiffe blanche, entra.
Vous désirez, camarade ? Mais elle ne pouvait pas répondre. Elle sortit de la poche de son tablier trois francs. Simonin lui montra la carte rouge du syndicat. Ya ! Ya ! dit-elle.

Elle venait pour se syndiquer. Elle ne savait pas un mot de français. Cette scène me rappela une histoire tragique du 46e, à Vauquois, que j’entendis conter à Fontainebleau pendant la guerre. Une patrouille, composée de Bretons, circulait de nuit en avant de la première ligne. Les Bretons parlèrent à voix basse dans leur langue. L’un disait aussi : Ya ! Ya ! On tira, croyant faire feu sur des Allemands, et les Bretons tombèrent.

Il y a une langue bretonne, que parlent et aiment comme leur langue maternelle, non seulement des intellectuels, des artistes ou des archéologues de Bretagne, mais surtout les ouvriers, les pêcheurs, les paysans.

Les luttes du peuple breton

Il y a un peuple breton, au passé millénaire, et qui dans les parties de la Bretagne où l’usage du français s’est généralisé, comme dans les autres, garde ses traditions, ses mœurs, sa fierté nationale.

Ce peuple est malheureux. Il le fut toujours, malgré ses qualités admirables de courage et de travail. Mais il est faux de dire qu’il soit passif. Lors des grandes révoltes paysannes du 15è et du 16è siècles, les Jacques de l’Isle de France ne furent pas les seuls à se lever, armés de piques, de faulx et de fourches, contre les seigneurs. Les insurrections des serfs se multiplièrent en Bretagne avec le caractère révolutionnaire et social le plus marqué.

Albert Mathiez, un jacobins partisan plus que quiconque de « l’unité française », mais qui fut un grand et véridique historien, a montré les vrais caractères de la Chouannerie en Bretagne et en Vendée : si les paysans se soulevèrent, ce fut beaucoup moins pour défendre les prêtres et le roi, que pour lutter contre les bourgeois et les robins qui s’emparaient des biens nationaux.

Renaud Jean [6] a pu démontrer à la tribune de la Chambre qu’en immense majorité ceux qui travaillent la terre en France ne la possèdent pas : mais cette vérité s’étale surtout en Bretagne, où les territoires de communes entières appartiennent encore aux nobles ou aux grands propriétaires bourgeois.

Le peuple travailleur de Bretagne est malheureux. Les pêcheurs sont de plus en plus dépossé-dés de leur outil de travail séculaire, leur barque. La concurrence des grands ports de pêche, où le capitalisme a perfectionné ses installations modernes, les écrase.

Pour ceux de Penmarch, de Saint-Guénolé, pour les pauvres en lutte avec « la mer sauvage », on ne fit jamais rien. Ils pêchent comme pêchaient leurs aïeux, il y a des siècles. Il faut aller à Douarnenez pour constater ; grâce à l’action nécessairement limitée de la municipalité communiste, des initiatives utiles [7].

La misère paysanne

La guerre douanière entre la France et l’Angleterre a ruiné le paysan breton. Les exportations de légumes sont arrêtées. Nous avons dit l’effondrement des prix de la pomme de terre dans la presqu’île guérandaise, le désastre qui a frappé la région de Roscoff. Et le fisc est là ! Et le propriétaire n’abdique pas ! Il faut payer l’impôt ! Il faut acquitter le fermage ! Mais nous l’avons dit, le Breton, ce « Celte rêveur », comme aiment à dire les écrivains bourgeois, n’est pas passif.

Chassé de son pays par la misère, le Breton, dans nos grandes agglomérations industrielles, est à la tête du mouvement ouvrier : les patrons de Saint-Denis en savent quelque chose. Dans  l’histoire de cette période de crise, où les travailleurs luttent, pour le pain qu’on leur arrache, et contre la guerre qu’on leur prépare, s’inscrivent dès maintenant la grande grève de Fougères et le mouvement des pêcheurs, en même temps que les révoltes des paysans bretons de Squifniec et de Tregorn, qui reçurent les gens de loi en arborant le drapeau rouge [8]

Le mécontentement grandit en Bretagne contre la misère.

Alors les Bretons, qui ont donné 240.000 vies humaines pour la « guerre du droit » – 1 mort pour 14 habitants, contre 1 mort pour 28 dans l’ensemble de la France – en même temps qu’ils luttent contre leurs ennemis de classe, se disent que les grands chefs de ceux-ci sont à Paris, repré-sentés dans les villes de Bretagne par les préfets et sous-préfets corses ou auvergnats que le pouvoir central dépêche là-bas.

Ils se disent que s’ils pouvaient, eux, Bretons, s’occuper efficacement des affaires de la Bretagne, cela vaudrait mieux. Et les revendications nationales se mêlent naturellement à celles de la lutte de classe.

C’est ce mouvement que le gouvernement de gauche s’efforce d’écraser par la terreur et d’odieuses machinations policières. Contre cette terreur – sur laquelle nous allons donner des précisions – le prolétariat révolutionnaire de toute la France se dressera pour défendre les travailleurs bretons.

Daniel RENOULT

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Le 7 août 1932, une explosion avait détruit à Rennes le monument célébrant le rattachement de la Bretagne à la France. Dès le lendemain, par un article de l’Humanité, le Parti communiste liait lutte sociale (grève des pêcheurs) et lutte nationale bretonne.

« Geste stupide ! ». « L’autonomisme breton n’existe pas ». « L’agitation n’est menée en Bretagne que par quelques énergumènes dirigés par l’étranger… » Telles furent, après le 7 août, les formules lapidaires qu’on put lire dans les journaux « de grande information ».

Que reste-t-il aujourd’hui de ces absurdités ?

La destruction du monument du sculpteur Boucher à Rennes ne fut pas « un geste stupide » !
L’Humanité a dit que l’hypothèse de l’attentat policier ne manquait pas de vraisemblance. Les étrangetés de l’enquête, les aveux, les rétractations viennent la corroborer. Mais il est certain que le monument Boucher, scellé dans une niche de l’Hôtel de Ville de Rennes, était odieux à tous les Bretons. En représentant la Bretagne agenouillée devant la France, il outrageait toute la population bretonne.

On n’imagine pas, par exemple, qu’en Avignon les gens du Comtat eussent admis qu’on symbolisât de cette manière la réunion de leur pays à la France. Enquêtant sur les événements actuels, M. Charles Morice, rédacteur au Journal, a enregistré, en termes volontairement modérés, cette conclusion : « Le monument déplaisait à 99% des Bretons ». Sa destruction n’avait donc pas le moins du monde une caractère « stupide ».

Ajoutons que matériellement elle a été exécutée avec une singulière virtuosité. Le lourd monument de bronze a été extrait de sa niche, sans qu’une seule pierre de l’Hôtel de Ville eût à souffrir, et il est tombé en miettes sur le pavé. Là encore il n’y a pas ombre de « stupidité ».
Nous pouvons dire, en outre, que personne, ni à Rennes, ni dans toute la Bretagne, ne croit à la culpabilité des jeunes gens arrêtés à la suite de l’explosion.

« L’autonomisme breton n’existe pas », disait la presse officieuse. Il existe bel et bien et le gouvernement en sait quelque chose. Nous avons dit hier la grande base nationale et sociale du mouvement.

Les groupements du nationalisme breton

Sans doute, si l’on considère l’étendue même de cette base, si l’on envisage les possibilités d’action qui s’offrent aux masses bretonnes, on doit constater que l’importance des groupements nationaux bretons est très réduite. D’autre part, comme nous l’avons déjà dit, leur idéologie est confuse, souvent naïve, parfois nettement rétrograde.

Breiz Atao ! (Bretagne toujours !) représente la tendance centriste du mouvement. C’est le parti national breton, il groupe surtout des éléments catholiques, bourgeois et petits bourgeois.

Breiz Kévrédel est la ligue fédéraliste de Bretagne. Il a recruté parmi la bourgeoisie de gauche et les paysans. Son idéologie politique générale s’apparente à celle du parti radical d’Herriot.

War Zao ! (Debout !) représente la gauche du mouvement. Il se nomme en français, parti breton national-révolutionnaire. Il a des tendances, non communistes, mais communautaires. Ses troupes sont composées surtout de paysans, d’employés, d’ouvriers. Il compte peu d’intellectuels.

Breiz da Zont (Bretagne de demain), est une petite organisation à tendances catholiques et réactionnaires, vivant en mauvaise intelligence avec les autres groupements. Chose curieuse, les inculpés de Rennes et le pharmacien Berthou de Guipavas, dont nous aurons à reparler, appartiennent à Breiz da Zont.

« Une poignée d’énergumènes dirigés par l’étranger » ?

L’énumération même que nous venons de faire, l’extension de la répression à travers toute la Bretagne, l’échec complet des perquisitions répondent suffisamment à cette inepte accusation.

Le système Chiappe à Vannes.

Mais ce qui montre surtout la fausseté et le ridicule des appréciations portées sur la mouvement breton par la presse domestiquée de l’impérialisme français, c’est l’émoi du gouvernement lorsqu’il apprit que les autonomistes avaient décidé de manifester à Vannes le 7 août, devant Herriot, venant commémorer « l’Union de la Bretagne à la France ! » Pourtant il ne s’agissait là ni « d’attentat », ni d’action conspirative. Le 16 juillet, un « Intergroupe Breton » avait été fondé entre Breiz Atao, War Zao et la Bretagne fédérale. Publiquement, l’intergroupe avait annoncé son intention de manifester.

Le gouvernement fut certainement averti que la population était fort capable de faire bon accueil aux manifestants, il décida d’empêcher coûte que coûte la manifestation. On décida d’employer le système Chiappe de l’arrestation préventive. Les gauches ont triomphé aux dernières élections, n’est-ce pas ? [9].

De Rennes, de Quimper, de Paris, les « bourriques » arrivèrent en cohortes serrées. Le 6 au soir et le 7 au matin, tous les autonomistes connus furent arrêtés. Un camion de Breiz Atao, qui transportait des pancartes et des tracts fut saisi avec son chargement. Les Bretons arrêtés furent parqués à la caserne de la gendarmerie. Herriot [10] put ainsi, sans avoir de contradiction à redouter, parler à sa manière de la duchesse Anne et des Etats généraux de 1532.

Mais l’alerte avait été chaude. La répression la plus violente fut décidée. Depuis, à travers la Bretagne, les perquisitions, les arrestations se multiplient. L’échec complet, à Rennes, des sbires de la Sûreté et du juge Ricoud, n’ont fait qu’enrager davantage les policiers. Une dépêche menaçante, d’origine évidemment policière, annonçait hier de nouvelles opérations.

La Bretagne est sous la terreur !
Il faut lutter contre les violences dont sa population laborieuse est victime !

Daniel RENOULT.

samedi 14 mars 2020,  René Merle

https://renemerle.com/

Commentaire:

Le PCF avait bonne presse auprès de certains nationalistes bretons, corses, alsaciens en raison de la politique de l’Urss (des années 1920) envers les nationalités. Mais en 1935, avec le Pacte Staline Laval puis le Front Populaire, le PC (SFIC Section française de l’Internationale communiste) devenait PCF (français) , avec drapeau tricolore, Marseillaise, colonies. Ce fût la fin du « flirt » avec la « question nationale ». Une partie des mouvements se tourneront vers l’Allemagne et l’Italie.

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