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21 août 2019 ~ 0 Commentaire

algérie langues (le télégramme)

algerie

L’Algérie, une tour de Babel linguistique

L’Algérie, un millefeuille linguistique ? Mourad Yelles, professeur en littératures maghrébines à l’Inalco (Paris) le confirme.

Comment cohabitent l’arabe et le berbère dans l’espace linguistique algérien ?

Le berbère (compris par environ 40 % de la population algérienne), qui est le fondement linguis-tique du Maghreb, cohabite en effet avec l’arabe algérien majoritairement parlé dans la vie quotidienne.

L’arabe algérien ne doit pas être confondu avec l’arabe littéral (littéraire) ou classique qui est la langue de l’administration, des médias, et qui est enseigné à l’école l’arabe standard moderne. D’où cet énorme paradoxe : l’arabe littéral, officiel, n’est pas pratiqué au quotidien !

Comment situer le français, introduit plus tardivement dans le pays ?

Le français, qu’on le veuille ou non, est très présent en Algérie, y compris dans le primaire. Certes, les jeunes générations ont été arabisées après l’indépendance mais entre 35 % et 40 % de la population du pays est capable de comprendre et converser dans la langue de Molière.

Récemment, le ministère de l’enseignement supérieur a proposé de substituer l’anglais au français dans le cursus universitaire, une initiative jugée farfelue et qui a suscité une vive polémique dans l’opinion publique comme dans les médias. Kateb Yacine, écrivain algérien, disait que le français est un butin de guerre. En outre, la littérature algérienne d’expression française est très dynamique.

Peut-on, de fait, considérer l’Algérie comme un espace polyphonique ?

Oui, d’ailleurs pendant le mouvement de contestation auquel nous assistons depuis plusieurs mois, les slogans figurant sur les banderoles étaient inscrits en arabe classique, arabe algérien, berbère, français. Les jeunes générations s’ouvrent aussi à l’anglais. D’autres, pour des raisons professionnelles, se tournent même vers le chinois…

Quelles autres langues peut-on dénombrer ?

Le judéo-maghrébin, une variété qui dérive de l’arabe algérien par la prononciation et quelques mots empruntés à l’hébreu : il ne subsiste difficilement en réalité que parmi les rapatriés, en banlieue parisienne. Évoquons, en outre, la place du tagnawit, un mélange d’arabe, de berbère et de bambara  (le bambara est une langue courante au Mali) qui est encore parlée par certains descendants des esclaves noirs.

L’usage d’une langue n’est pas neutre et relève consciemment ou non d’un acte politique, n’est-ce pas ?

Ce qui se passe en Algérie ne relève pas de l’exception. La question de la langue est centrale dans l’imaginaire collectif et politique du pays. Par exemple, si tous les berbérophones ou presque maîtrisent l’arabe, l’inverse n’est pas vrai.

Mourad Yelles, professeur des universités en littératures maghrébines et comparées à l’Inalco (Paris), comparatiste et anthropologue, invité du festival de cinéma de Douarnenez.

19 août 2019 Gilles Carrière

https://www.letelegramme.fr/

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18 août 2019 ~ 0 Commentaire

aberdeen (socialist worker)

scotland

12 000 marchent à Aberdeen pour l’indépendance

Une ambiance confiante en marche

Les manifestants indépendantistes ont défilé à Aberdeen samedi. Selon les organisateurs, plus de 12 000 personnes ont rejoint la marche All Under One Banner (AUOB) appelant à l’indépen-dance de l’Écosse. Un porte-parole de AUOB a déclaré: «Ce fut une journée fantastique, avec une participation massive des habitants du nord-est de l’Écosse et de l’étranger.

«Les gens disent que c’est la plus grande manifestation d’indépendance jamais vue par Aberdeen.» Les transports étaient organisés depuis Edimbourg, Glasgow, Perth et l’Ecosse.

Keir Mckechnie, délégué syndical en marche, a déclaré: «De nombreux manifestants n’avaient jamais assisté à une manifestation pour l’indépendance.

« Beaucoup ont dit qu’ils avaient voté Non lors du référendum sur l’indépendance de 2014, mais Boris Johnson en tant que Premier ministre et ce qu’il entend pour l’avenir de la Grande-Bretagne les avaient transformés en partisans de l’indépendance. »

La marche a été dominée par les drapeaux écossais. Il y avait aussi des drapeaux catalans et des partisans de l’indépendance portant des pancartes sur lesquelles il était écrit: «Brisez l’Etat britannique», «Non à Trident, financez les emplois liés au climat, maintenant» et «Kick the Tories out». Les slogans les plus populaires étaient: « Hé, dis, ho, Boris Johnson doit partir » et « Nous voulons l’indépendance maintenant ».

Extinction Rebellion (XR), qui a encouragé les partisans de l’indépendance à participer à la campagne, a pris la parole lors du dernier rassemblement. XR organise un festival Rebel à Aberdeen le 1er septembre et les militants du changement climatique militent pour une action sur les lieux de travail le 20 septembre.

Tester

Hector Sierra a déclaré lors du rassemblement: « Le principal test de la nouvelle campagne pour l’indépendance consistera à déterminer si une Écosse indépendante va se débarrasser des missiles des Trident et des armes nucléaires, cesser d’investir dans les combustibles fossiles, créer des emplois pour le climat et devenir un lieu qui accueille les migrants et les réfugiés. ‘

Les anti-racistes ont été encouragés par l’annonce de la suppression d’un rassemblement du parti du Brexit prévu à Dundee en septembre. Cela faisait partie d’une grande tournée mettant en vedette Nigel Farage, mais a maintenant été annulé.

La marche d’Aberdeen faisait partie d’une série de manifestations prévues au cours des prochains mois. Il y en aura un à Perth le 7 septembre et la série se terminera à Édimbourg le 5 octobre. Le mouvement indépendantiste reprend son élan. Plus tôt ce mois-ci, un sondage d’opinion a révélé qu’une majorité d’Écossais était désormais favorable à l’indépendance.

Lorsque ceux qui ont dit qu’ils ne savaient pas ou ne voulaient pas voter, ont été supprimés, le soutien à l’indépendance était de 52% et 48% étaient contre.

Le Premier ministre Nicola Sturgeon a qualifié le scrutin de « phénoménal » pour le mouvement indépendantiste. Mais le SNP n’a montré aucun signe des mesures radicales qui seraient nécessaires pour obtenir l’indépendance.

https://socialistworker.co.uk/

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18 août 2019 ~ 0 Commentaire

catalogne (a et r)

republica-catalana
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Défendre le droit à l’autodétermination
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Mener une politique d’indépendance de classe  pour que notre camp dispute la direction du processus
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À moins de ne pas avoir vu l’ampleur du soutien au référendum du 1er octobre en Catalogne, personne ne peut nier l’existence du peuple catalan et sa volonté d’indépendance. Nous ne pouvons détourner la tête, lorsqu’on matraque des hommes et des femmes qui veulent pouvoir décider. Nous défendons bien sûr de manière inconditionnelle ce droit démocratique : « Liberté de séparation ».
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Mais défendre inconditionnellement ce droit implique tout autant de défendre inconditionnellement une politique d’indépendance de classe.
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C’est d’autant plus important qu’en Catalogne le processus est dirigé par une frange de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie. Pour autant, il serait erroné de nier son caractère populaire et de classe : 80 % de la population de Catalogne est pour le droit de décider.
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Lorsqu’on atteint ces proportions, il est difficile de dire que la classe ouvrière est en dehors du processus. Quoi qu’il en soit, il y a des manifestations de soutien très claires du mouvement ouvrier : les dockers de Barcelone se sont opposés à l’arrivée de la Guardia Civil dans le port de Barcelone.
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Des centaines d’enseignants ont occupé leurs établissements afin d’accueillir les bureaux de vote pour la consultation sur l’indépendance. Les travailleurs de la chaîne catalane TV3 ont battu en brèche, par leurs mobilisations, l’application de l’article 155 qui impliquait la mise sous tutelle de leurs conseils de rédaction à Madrid. Sans oublier les tentatives de grève générale des 3 octobre et 8 novembre.
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Une politique d’indépendance de classe : voilà notre boussole.
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Nous pourrions donner un contenu de classe à la revendication de république catalane, dans le sens d’un gouvernement des travailleurs. Par exemple, une mesure comme la réquisition des banques sous contrôle du monde du travail pourrait être reprise, et cela d’autant plus que les sièges sociaux des principales banques catalanes sont partis pour Madrid.
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Proposer l’application de ces mesures pour l’ensemble de l’État espagnol, favoriser toutes les formes d’auto-activité et défendre les moyens d’imposer ces mesures par la grève générale : voilà une politique qui s’émanciperait de la bourgeoisie catalane et de Madrid et qui pourrait unifier notre classe. (Extrait voir lien)
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17 août 2019 ~ 0 Commentaire

douarnenez festival (fr3)

Festival de cinéma de Douarnenez

Une édition au coeur de l’Algérie d’hier et d’aujourd’hui

Algériennes et Algériens sont à l’honneur à Douarnenez jusqu’au 24 août pour la 42e édition de ce festival de cinéma consacré aux peuples du monde, une occasion de débattre et découvrir les talents présents et passés de ce pays en pleine mutation.

« Quand nous avons choisi le thème de l’Algérie au printemps 2018, la situation du pays n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui. Mais cela nous paraissait pertinent car si les liens entre nos deux pays sont très forts, peu de Français connaissent l’Algérie contemporaine », explique à l’AFP Gabrielle Cadaze, chargée de communication du festival qui s’est ouvert samedi.

La démission forcée en avril du président Abdelaziz Bouteflika, resté 20 ans au pouvoir, n’a pas suffi à satisfaire la volonté de changement des Algériens qui continuent de manifester depuis six mois.

Plus de quatre-vingts films, des concerts, des expositions et des écoutes sonores sur le coeur du Maghreb sont proposés à Douarnenez pour tenter d’appréhender cette société « en lutte contre un mythe national mortifère », selon les organisateurs.

Un « mythe » et un « trauma colonial » qui seront au coeur des débats rythmant le festival. Animés entre autres par l’historien algérien Daho Djerbal et la philosophe franco-algérienne Seloua Luste Boulbina, ces échanges sont, avec le choix des films et des invités, une des clés du succès de ce festival.

Côté cinéma, le regard sans concession porté sur la société algérienne des réalisateurs Malek Bensmaïl et Hassen Ferhani parsème une programmation résolument politique. Des toits aux abattoirs d’Alger, la vie de ce peuple en mouvement, exposée par leurs compatriotes, devrait aider les festivaliers à mieux saisir ce pays voisin.

Également très attendues, les projections de « La bataille d’Alger » et de « Fragments de rêves ». Si le premier, tourné seulement trois ans après la fin de la guerre d’Algérie, est censuré car jugé propagandiste par les autorités françaises jusqu’en 2004, le second l’est par le ministère de la Culture algérien qui a refusé de lui délivrer un visa d’exploitation.

Réalisé en 2017 par la jeune Bahïa Bencheikh-El-Fegoun, ce documentaire retrace les mouvements de contestation qui ont secoué le pays entre 2011 et 2014.

Cette riche 42e édition a pourtant failli ne pas avoir lieu, après la fermeture d’un des deux cinémas de la ville et en raison de difficultés financières. Les organisateurs ont mené cet hiver une campagne de financement participatif qui a largement dépassé ses objectifs.

17/08/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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17 août 2019 ~ 0 Commentaire

écosse 2 (ballast)

scot

Les deux meilleurs ennemis

Si la récente victoire de David Cameron est incontestable, elle n’est pas confortable pour autant. Après avoir mené campagne contre le référendum écossais, le Britannique a fait de la question écossaise le centre de son argumentation pour les élections nationales : voter conservateur, c’était l’assurance de bloquer la route aux velléités indépendantistes du SNP.

L’ancien leader travailliste Gordon Brown accusa d’ailleurs les conservateurs d’avoir « monté les Écossais contre les Anglais ». Les élections terminées, les deux partis vont pourtant devoir travailler ensemble au Parlement.

L’arrivée du SNP à la Chambre des communes change cependant le jeu parlementaire : si l’Écosse possède son propre parlement (à même de légiférer sur un certain nombre de compé-tences décentralisées, du transport à l’éducation), l’Angleterre dépend de Westminster. En votant pour des lois à Westminster, les membres indépendantistes pourront donc peser sur l’Angleterre tout entière. Situation pour le moins paradoxale.

Cette situation conduit le Premier ministre à envisager un remaniement de l’ordre politique de l’union. Il s’agirait de renforcer le pouvoir des parlementaires anglais face aux écossais ; une loi devra être votée par la majorité de la Chambre des communes et par la majorité des députés anglais.

Cette idée sonne comme un aveu de la part de David Cameron : les élections n’ont rien réglé à la question écossaise, devenue, à présent, une question institutionnelle. Si les tensions s’avè-rent profondes, on serait pourtant tenté d’y voir un jeu du chat et de la souris : le chat conser-vateur gagne en s’attaquant à la souris écossaise, qui, de son côté, jouit de son image de victime de la machine conservatrice.

C’est contre l’autre, mais par l’autre, que chacun de ces deux mouvements parvient à dessiner son identité politique et à construire sa propre image. Lorsque David Cameron promet la tenue d’un référendum sur le maintien dans l’Union européenne pour 2017, Nicola Sturgeon réplique aussitôt : « Nous ne voulons pas être mis en dehors de l’UE, donc nous étudierons ça, c’est au public de décider », sous-entendant la tenue d’un nouveau référendum sur l’indépendance en cas de sortie de l’UE. Meilleurs ennemis, les affaires de l’un font les affaires de l’autre et le jeu politique bat son plein.

Un séparatisme au secours de la gauche britannique ?

La gauche est morte, vive le SNP ? C’est ce que semble dire la presse internationale au vu des résultats électoraux. À l’extraordinaire percée du SNP (qui n’obtenait que six sièges en 2010, pour les 56 actuels) répond l’impressionnante défaite du Labour : 100 sièges, derrière les 331 conservateurs élus.

Tandis que la revue américaine Jacobin conclut sans détour à « la fin du Labour », l’économiste Tony Travers élargit la crise au reste de l’Europe, avec son article « L’échec des gauches en Europe à répondre à la crise » (Médiapart).

Quand les uns perdent pied, le SNP assume un programme de défense des services publiques et de rejet de l’austérité. La victoire de ce dernier signifierait-elle la naissance d’une nouvelle gauche ou, du moins, d’un renouveau de la gauche britannique ?

Au niveau parlementaire, force est de constater que le SNP se trouve en position d’impulser des réformes et des lois de gauche, il pourrait même, ironie du sort, devenir un rempart britannique contre les politiques d’austérité qui frappent le Royaume-Uni. « Le rôle du SNP à Westminster doit être de causer autant de problèmes que possible aux Tories [conservateurs]. La principale opposition reste le Labour, mais l’aide du SNP les rendra plus fort et leur maintiendra la pression de gauche », nous dit à ce sujet Donnie Macleod.

Le discours social, autrefois porté par le Labour, s’est déplacé vers le SNP. Bilan implacable pour les travaillistes : lancement de la campagne du « non » au référendum écossais, alliance avec les conservateurs et les libéraux-démocrates et maintien du discours néolibéral d’austérité au niveau national, des réductions budgétaires dans la santé et l’éducation au maintien de la très impopulaire « Bedrom Tax » (impôt sur le nombre de chambre par foyer) : travaillistes et conservateurs cheminent d’un même pas.

Le Labour, comme le Parti Socialiste en France, s’est lui-même coupé de ses électeurs et de son ancrage populaire en s’intégrant, sans ciller, au système d’alternance unique. Si les coupes travaillistes s’annoncent moins drastiques que celles promises par les conservateurs, l’original, électoralement, séduit toujours plus que la copie. L’absence d’une alternative politique à l’austé-rité a généré un vide politique que le SNP n’a pas eu grande difficulté à combler.  Traditionnelle-ment travaillistes de génération en génération, des zones entières ont rapidement viré aux couleurs du SNP.

Le SNP s’est mis à la tête d’un puissant mouvement de la société civile. Par ses occupations des places (comme à Glasgow) et la mise en avant de la participation citoyenne, le parti rappelle parfois, par ses méthodes inclusives, les grands mouvements citoyens d’Espagne ou de Grèce.

Les campagnes se font à présent par les citoyens, via les tournées d’affichages, et en leur nom, via les réunions de quartier où chacun est appelé à s’exprimer. La jeunesse écossaise joue ici un rôle majeur : autorisés à voter dès l’âge de seize ans, les Écossais perçoivent dans l’indépen-dance un projet plus ambitieux et stimulant que l’accablante rengaine austéritaire.

Pourtant, en dépit de l’image progressiste et émancipatrice que le parti est parvenu à se forger, ses dirigeants veillent à ne pas diviser les Écossais ; deux idées doivent à leurs yeux  prédomi-ner : la nation écossaise a vocation à se doter de son propre État et l’unité nationale supplante la division sociale.

Discours non sans ambiguïtés, on l’imagine bien. La nation et non la lutte des classes : le SNP serait « de gauche » du bout des lèvres, « de gauche » tant la gauche institutionnelle aime désormais à penser à droite (une gauche écossaise sans vision marxiste ni perspective nette de remise en cause de la répartition des richesses).

De ce point de vue, le SNP se différencie radicalement des mouvements sociaux comme Podemos et, plus encore, Syriza. Le problème se situe à l’extérieur de la nation — Westminster — et non en son sein, comme la caste vivement dénoncée par l’organisation espagnole.

Mais l’indépendantisme écossais demeure un mouvement ample et hétérogène, qui, quoique  rassemblé sous la bannière du SNP, peut se distinguer de la ligne de ses leaders. Dans le cadre du référendum comme des dernières élections, le mouvement de gauche radicale Radical Independence fut un élément incontournable de la campagne.

Animant les actions de proximité et les réunions de quartier, il tend à tirer le SNP sur sa gauche. Un rapport de force entre le mouvement radical et le parti (ou, plutôt, sa direction) s’est engagé, les élections parlementaires écossaises de 2016 maintiennent plus encore la pression.

Une chose est sûre, la victoire du mouvement indépendantiste a enclenché un nouveau temps politique en Grande-Bretagne. L’Écosse a ôté ses chaînes : bientôt son entière libération ? Les prochains scrutins écossais et le référendum sur la présence britannique dans l’UE viendront certainement y répondre.

« Difficile à arrêter, le SNP sera impossible à ignorer », s’est enthousiasmé Alex Salmond, l’ex-dirigeant du SNP (Scottish National Party : le parti national écossais) dans une interview au Guardian. De fait : 56 députés indépendantistes écossais ont fait leur entrée à la Chambre des communes. À la victoire écossaise répond la victoire des très britanniques Tories (le Parti conservateur), dont les 36,9 % de voix maintiennent David Cameron au poste de Premier ministre. Le Labour Party (Parti travailliste) a lui aussi surpris… mais par son faible nombre de voix — avec 30,5 %, il connaît ses pires résultats depuis 1987. Neuf mois ont passé depuis le référendum sur l’indépendance de l’Écosse (auquel les Écossais dirent « non » à 55 %) et la question écossaise reste pourtant au cœur du débat politique. Grand vainqueur sur le Parti travailliste en Écosse et cible politique directe de Cameron au niveau national, le SNP surgit en outre-Manche, bouleversant l’équilibre politique du pays et intriguant, à l’international, par sa ligne politique : nationaliste ou de gauche ? L’un de nous s’est rendu sur place.
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Arthur Brault Moreau 01 juillet 2015
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Lire aussi:
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Commentaire:
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Ecrit avant le « tournant à gauche  » du Labour de Corbyn

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16 août 2019 ~ 0 Commentaire

canada québec (essf)

iquebec

Entre le déni, l’hypocrisie et la couardise, des propositions politiques qui ratent la cible !

Élections fédérales et la lutte aux changements climatiques

Les élections fédérales se tiendront le 21 octobre prochain. La société canadienne est polarisée. Les différents sondages ne permettent pas d’attribuer à ce moment le parti gagnant. Mais ces sondages montrent que les élections fédérales seront une lutte entre le Parti Libéral et le Parti Conservateur, que le NPD (social libéral) risque de s’effondrer et que le Parti Vert peut espérer une petite avancée.

La couardise électoraliste du NPD et du Parti Vert ou comment rester à mi-chemin des nécessités actuelles de la lutte aux changements climatiques

Avec le NPD et le Parti vert, nous quittons le camp des partisans ouverts des pétrolières et des gazières. La reconnaissance de la réalité de la crise climatique et de l’urgence d’agir définit un camp des opposants à la politique du laisser-faire et de la confiance aux seuls mécanismes du marché pour faire face à la lutte aux changements climatiques. Mais l’électoralisme de ces partis les empêche de proposer une alternative véritable aux politiques défendues par les partis du grand capital.

Aux dernières élections, en 2015, le NPD avait choqué les militant-e-s environnementalistes, par son refus d’un rejet clair et ferme du projet Energie Est. Le NPD promet aujourd’hui d’encoura-ger le développement d’énergies propres, de cesser de subventionner les énergies fossiles, de rendre écoénergétique l’ensemble du parc immobilier, de favoriser l’électrification des transports publics et leur gratuité.

Mais, le NPD garde encore un silence gêné sur la nécessité de garder le pétrole dans le sol, d’arrêter d’exploiter les sables bitumineux et d’organiser une véritable sortie du pétrole. Ses propositions restent inscrites dans la défense de la croissance de l’économie et du capitalisme vert.

Si des secteurs du NPD, comme les militant-e-s du Manifeste un bond vers l’avant (Leap Manifesto) veulent aller plus loin, il reste que les secteurs dominants du NPD, ne sont pas prêts à faire les ruptures nécessaires, avec la logique capitaliste de la croissance sans fin. Tant qu’il n’y aura pas une rupture claire à cet égard, le NPD ne pourra apparaître comme une alternative véritable sur le terrain de la lutte aux changements climatiques.

Le Parti vert du Canada reconnaît lui aussi la profondeur de la crise climatique et la nécessaire urgence d’intervenir pour y faire face. Il reprend les cibles du GIEC pour ce qui est des cibles de réduction des gaz à effet de serre.

Mais ce parti refuse de se situer clairement à gauche du spectre politique. Poussé par ses petits succès électoraux, il vient d’opérer un tournant qui a laissé nombre d’environnementalistes proches de ce parti désarçonné-e-s.

C’est ainsi qu’Elizabeth May dit favoriser l’utilisation des propres énergies fossiles du pays. La cheffe du Parti vert du Canada promeut ainsi l’utilisation du pétrole canadien. Dans son manifeste Mission possible, le parti veut autoriser des investissements dans les usines de traitement pour transformer le bitume solide en essence, diesel, propane et d’autres produits pour le marché canadien.

Le Parti Vert a beau proposer toute une série de mesures vertes, il refuse de faire les ruptures nécessaires avec l’exploitation des hydrocarbures. Cela n’augure rien de bon pour le parti qui connaît déjà des tiraillements sur cette question. Ce n’est pas avec des politiques aussi incon-séquentes qu’il pourra offrir une alternative crédible aux personnes de plus en plus nombreuses qui reconnaissent que la lutte aux changements climatiques est urgente.

Le Bloc québécois et l’incapacité de comprendre la nécessité d’une politique d’alliance avec les environnementalistes du reste du Canada

D’emblée le Bloc québécois a affirmé sa volonté de s’opposer à la construction de pipeline transportant le pétrole albertain au Québec. Jean-François Blanchet dit vouloir faire de la lutte aux changements climatiques une priorité du parti qu’il dirige. En cela, il répond clairement à des aspirations de secteurs importants de la population du Québec . Cela lui permet de stigmatiser les politiques réactionnaires des Conservateurs et l’hypocrisie des Libéraux. Il peut aussi dénoncer les atermoiements inacceptables du NPD sur ce terrain.

Pourtant, ce ralliement est pour le moins douteux et risque d’être fort circonstanciel. Restera-t-il silencieux sur le soutien du gouvernement Legault au projet GNL Québec et sur le gazoduc qui traversera le Québec ?

Demeurera-t-il aussi muet sur les affirmations de François Legault qui prétend que le gaz naturel est une énergie de transition dont il s’apprête à élargir l’utilisation dans toutes les régions du Québec ? Jean-François Blanchet, comme ministre de l’Environnement Marois, avait soutenu l’exploration pétrolière et gazière sur l’île Anticosti. Comme dirigeant écologiste, on a vu mieux.

La pire faille dans l’orientation du Bloc québécois sur cette question est un point de vue étroite-ment nationaliste. La défense des pouvoirs du Québec et de son droit à l’autodétermination sur la question de l’environnement comme sur d’autres est importante, mais la lutte contre les changements climatiques est une question internationale.

Dans le cadre de l’État canadien, il est essentiel d’établir des alliances avec l’ensemble des forces qui ont compris l’urgence de la situation et qui se battent contre les politiques des pétro-lières et des gazières et des partis politiques à leur service.

À ce niveau, le nationalisme étroit de Blanchet, est pour le moins dangereux et constitue un obstacle aux perspectives d’alliance au niveau pancanadien qui sera nécessaire pour les combats qui viennent. En somme, comme d’autres, les orientations du Bloc québécois apparaissent platement électoralistes et pas à la hauteur des défis auxquels nous devrons faire face. (Extrait voir lien)

Bernard Rioux mercredi 14 août 2019

http://www.europe-solidaire.org

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15 août 2019 ~ 0 Commentaire

romains (le peuple breton)

Vercingetorix

De la romanomanie en histoire

On a déjà évoqué la forte tendance chez beaucoup d’historiens à majorer l’influence de Rome et de la romanisation dans l’histoire de la France et surtout de l’État français.

Les exemples sont nombreux et s’inscrivent dans l’histoire réécrite dans l’objectif d’un « roman national » dont la justification politique est de renforcer le caractère centraliste et uniforme de l’État, en en faisant une caractéristique permanente.

Le sujet mériterait un livre. On se limitera ici à quatre exemples pris dans des périodes différentes.

Le premier nous est fourni par le paléo-anthropologue Yves Coppens. Le savant nous rappelle qu’il a engagé sa première controverse scientifique à l’âge de 14 ans. Il avait mis au jour, lors de fouilles réalisées dans son Morbihan natal, de petits fours à augets – c’est-à-dire de petits godets de pierre cuite – servant à faire évaporer l’eau de mer de manière à en extraire le sel.

Coppens précise : « Pour moi, cette industrie était gauloise alors que pour mes aînés, elle était un apport romain, une telle technique n’ayant pu être maîtrisée par les malheureux indigènes ». « J’ai tenu bon avec arrogance devant leur condescendance ! », précise le chercheur.

Son père, physicien du même nom et bien connu des stagiaires des années 1950 de l’université d’été du mouvement bretonnant Ar Falz, les a départagés à partir d’une datation au carbone 14 : 377 avant Jésus-Christ, soit longtemps avant que César ne batte les Vénètes, en 56 avant Jésus-Christ. « J’ai jubilé », ajoute le célèbre chercheur.

Le second exemple est presque contemporain

Le site du Yaudet, en Bretagne nord, est un des rares éperons rocheux barrés de l’époque celtique et atteste une présence humaine encore beaucoup plus ancienne. Des fouilles de longue durée y ont mis au jour de nombreux vestiges, dont un mur en maçonnerie romaine près de la porte sud.

Hormis la chapelle, les guides n’évoquent que cette installation bienfaitrice des Romains. Interro-gé sur la période la plus prospère connue par la cité du Yaudet, l’archéologue britannique Barry Cunliffe qui a co-dirigé l’essentiel des fouilles répond pourtant sans hésiter que c’était « le second âge de fer, juste avant la conquête romaine ».

Et de pointer l’énorme fortification de terre et de pierre, de 6 à 8 mètres de hauteur, édifiée pour se protéger des menaces de conquête romaine. La prospérité était alors fondée sur un commer-ce maritime transmanche intense, que la présence romaine va faire péricliter, provoquant le dépeuplement des côtes.

Les Romains s’accordent alors le monopole du trafic avec l’île de Bretagne, l’interdisant de fait aux Coriosolites, aux Osismes et aux Vénète. Les zones côtières vont se trouver désertées par ces peuples celtiques locaux qui vont s’enfoncer vers l’intérieur et vers l’est.

Les Saxons, les Frisons, les Scots vont alors multiplier les incursions, voire les installations, dans ces zones de prospérité maintenant désertées. Cela va obliger les Romains à y concentrer des troupes. Parmi elles des « fédérés » bretons et chrétiens, réputés pour leur efficacité militaire, venus avec leur famille de l’île de Bretagne dès avant le 3è siècle de notre ère. Mais ce n’est plus la prospérité économique.

La pax romana et ses bienfaits ne correspondent pas à une réalité pour l’Armorique.

Un quatrième exemple de romanomanie est de parler d’une romanisation rapide de la population dans son ensemble en Gaule et singulièrement en Armorique. Sans s’attarder ici sur les travaux montrant la persistance du gaulois en Gaule, le cas de Germain d’Auxerre, devenu saint après sa mort, illustre les liens religieux et politiques demeurant entre la Gaule et l’île de Bretagne peu avant la fin théorique de l’empire romain d’Occident.

Germain se rend en Bretagne pour combattre l’hérésie pélagienne. Il s’adresse aux foules en langue du pays, c’est à dire en breton, sans doute en gaulois mais les deux langues brittoniques doivent être suffisamment proches pour qu’il y ait intercompréhension. Ce qui n’empêche pas Germain de s’exprimer aussi en latin et d’appartenir à la romanité. Le monolinguisme jacobin français du 20è siècle n’avait pas cours chez leurs ancêtres gaulois !

Les rapports entre Francs d’une part et Armoricains et Bretons de l’autre ne sont pas non plus empreints d’une amitié débordante.

Mais lorsqu’en 911, les Francs cèdent la Normandie au chef viking Rollon, ils l’encouragent à envahir la Bretagne à commencer par l’Avranchin, le Mont Saint-Michel et ces îles qu’on appelle-ra plus tard « anglo-normandes », avant de piller et détruire en 913 l’abbaye de Landévennec.

Si ce recours constant à la romanité comme référence du progrès humain ne cesse jamais depuis le ralliement réciproque de Clovis au christianisme et du christianisme aux Francs, il s’amplifie à la Renaissance et encore plus lors de la Révolution française.

« Le monde est vide depuis les Romains » soupirait le Robespierriste Louis Saint-Just alors qu’il demandait la mise en accusation d’une partie des révolutionnaires jugés « indulgents » et qu’avec ses amis politiques, il s’activait, tel un taliban moderne, à faire détruire toutes traces du Moyen Age religieux dont la célèbre abbaye de Cluny. Et gare à ceux qui n’approuvaient pas cette orientation d’exclusion !

Il ne s’agit pas pour l’historien de faire des Romains des monstres, ni des génies du bien, mais de voir comment leur impérialisme a pu se traduire par des avancées pour les autochtones, mais aussi par beaucoup de reculs.

Jean-Jacques Monnier 13 août 2019

http://lepeuplebreton.bzh/

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15 août 2019 ~ 0 Commentaire

extinction rebellion ( fr3)

“C’est notre futur et notre vie qui sont en jeu”

Malo et Sybille, membres d’Extinction Rebellion

Le mouvement Extinction Rebellion, qui lutte contre le déréglement climatique et la disparition du vivant, prend de l’ampleur en Bretagne. Le 9 septembre prochain, ses membres prévoient de bloquer l’un des principaux axes routiers de la ville de Rennes. Rencontre avec deux jeunes militants.

« J’ai vu la déclaration de rébellion du 31 octobre des Londoniens, puis leur blocage de la ville, avec une efficacité désarmante, 10 jours après », raconte Sybille, 19 ans. Préoccupée par l’avenir de la planète depuis quelques années, la jeune femme a vécu cette action d’Extinction Rebellion comme un déclic. « J’avais cet instinct que les choses n’allaient pas bien. On est dans un système qui consomme des ressources qui sont finies et qui parle de croissance infinie ».

En décembre, Sybille a donc rejoint la branche rennaise de ce mouvement né au Royaume Uni et qui se développe un peu partout en Europe. Le groupe prône des actions radicales de déso-béissance civile, non violentes pour alerter sur le dérèglement climatique et la disparition du vivant. Sybille est séduite par « l’ambiance colorée des actions, les blocages festifs avec de la musique, de la danse, et du chant ».

J’avais besoin d’action, de plus de radicalité

Malo, 20 ans, a lui rejoint Extinction Rebellion à Rennes en janvier 2019. « Je considérais que les marches pour le climat n’avaient aucun impact. J’avais besoin d’actions plus directes ». Pour le jeune homme, les rapports des scientifiques sur l’état de la planète sont sans appel et il y a urgence : « C’est maintenant ou jamais, on n’a plus le choix d’agir « .

Comme Malo et Sybille, de nombreux jeunes ont intégré Extinction Rebellion ces derniers mois. Selon le militant, c’est probablement parce que cette génération est directement concernée par le dérèglement climatique. « On parle d’échéances à 2050, c’est nous qui les vivrons. Pas nos enfants, ni nos petits-enfants. C’est nous. C’est notre futur, c’est notre avenir, notre vie qui sont en jeu », explique-t-il.

Une lutte globale

« On pense le maintenant et on pense surtout l’après », poursuit Sybille. « Comment replacer le vivant au cœur de nos préoccupations, comment repenser des choses très simples comme l’agriculture, la gestion de l’eau et notre rapport aux autres êtres humains sur terre et qui peuvent être exploités par nos modes de consommation ». 

Les deux jeunes militants rennais se sont facilement approprié ce mouvement nouveau qui, selon eux, ne prend pas seulement en compte le réchauffement climatique mais « l’extinction du vivant dans sa globalité »« On est aussi sur des revendications sociales », relate le jeune homme. « Il ne peut y avoir de lutte contre l’extinction de la biodiversité sans lutte sociale et sans réparti-tion des richesses. Car moins il y a de ressources, plus il faut les partager »

Des actions en Bretagne

La plupart des actions d’Extinction Rebellion en France ont eu lieu à Paris pour l’instant. Celle du 28 juin sur le Pont de Sully, réprimée violemment par la police, avait été largement médiatisée. Cependant, le mouvement se veut décentralisé et les actions locales prennent de plus en plus d’ampleur partout en France.

En Ille-Et-Vilaine, les militants d’XR, se mobilisent depuis quelques mois contre un projet de construction d’un grand centre commercial à Pacé, à côté de Rennes. Un projet « qui sacrifie la ceinture maraichère de Rennes », nous dit Sybille.

D’autres actions sont prévues dans la région, dans les mois à venir, dont une très importante à Rennes le 9 septembre. « Nous allons organiser un blocage dans Rennes d’un axe routier majeur pour se réapproprier l’espace urbain », détaille Malo. Ce blocage sera aussi l’occasion pour les militants de s’entrainer pour la RIO « Rébellion Internationale d’Octobre », qui sera organisée dans de nombreuses capitales d’Europe et du monde cet automne.

Bleuenn Le Borgne 14/08/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

écosocialisme 2 (4è internationale)

npa agricol

LA DESTRUCTION CAPITALISTE DE L’ENVIRONNEMENT ET L’ALTERNATIVE ÉCOSOCIALISTE

Question agraire et écosocialisme

Dans le monde entier, les paysans, les paysans sans terre et les ouvriers agricoles constituent le secteur social le plus massivement engagé dans la lutte environnementale en général, climatique en particulier.

Ce rôle d’avant-garde est la riposte à l’agression brutale du capital qui veut transformer les paysan-e-s indépendant-e-s en chômeur-euse-s (afin de peser sur les salaires) ou en salarié-e-s ou quasi- salarié-e-s agricoles (afin de produire des marchandises médiocres à bon marché pour le marché mondial plutôt que des produits vivriers de qualité pour les populations locales).

Elle est le résultat aussi du travail d’organisation et de conscientisation mené par des syndicats paysans tels que Via Campesina, en particulier des occupations de terre par les paysan-ne-s sans terre

A la différence des salarié-e-s, les petits paysans ne sont pas incorporé-e-s au capital.

Quoique la production pour le marché tende à leur imposer des objectifs et des méthodes productivistes, ils/elles gardent aussi la mentalité de l’artisan soucieux de faire « de la belle ouvrage ». En dépit de la puissance de leur ennemi capitaliste, ils/elles se mobilisent pour garder ou reconquérir la propriété de leurs moyens de production.

Le rapport de force très inégal face à l’agrobusiness et à la grande distribution les pousse à chercher des alliances avec d’autres mouvements sociaux, notamment avec les salariés et avec le mouvement pour l’environnement.

Quant aux ouvriers agricoles, surtout les saisonniers sans papiers surexploités, ils/elles surtout n’ont aucune perspective de sortir des marges ultra-précaires du salariat. Malgré les intimida-tions et la répression fréquente par les employeurs, certains ont pu créer des syndicats et amé-liorer leurs salaires ainsi que leurs conditions de travail. Leur lutte est objectivement anticapitaliste.

L’importance de la question agraire ne doit pas être jugée uniquement à l’aune de la proportion d’agriculteurs/trices dans la population active, mais à partir de cinq faits objectifs :

Les modes de production agraires et la pêche sont au centre d’enjeux décisifs de santé humaine (obésité, maladies cardiaques, allergies, etc.) et de protection de l’environnement qui révèlent la force destructive du capital.

Les changements de comportements des consommateurs ne peuvent pas piloter la transition écologique, mais les choix en matière d’alimentation peuvent soutenir au niveau des filières des réorientations qui ont un impact écologique significatif.

La revendication de « souveraineté alimentaire » met en question la capacité des multinationales d’employer l’arme alimentaire contre les luttes des peuples. Elle permet d’unifier consommateurs et producteurs autour d’un combat et de pratiques générateurs de conscience anticapitaliste.

Le rôle important des femmes dans la production agricole.

Les femmes constituent 43% de la main-d’oeuvre agricole dans les pays dits « en développe-ment ». La discrimination patriarcale se traduit dans la taille plus petite de leurs exploitations et de leur cheptel, le niveau plus faible de mécanisation, une charge de travail plus lourde pour un rendement plus faible (par suite du poids des corvées non productives – notamment l’eau et le bois), et un accès moindre à la formation ainsi qu’au crédit (mais une part plus importante que les hommes dans le micro-crédit).

Les ouvrières agricoles ont de plus des statuts plus précaires que ceux des hommes. L’émanci-pation des agricultrices en tant que femmes est une des conditions déterminantes pour relever à la fois le défi de la souveraineté alimentaire et celui d’une agriculture écologique. C’est donc un enjeu écosocialiste en soi.

La filière agricole-forestière dans son est responsable de plus de 40% des émissions de gaz à effet de serre. L’agrobusiness est en outre un agent clé de l’empoisonnement chimique de la biosphère, tandis que la pêche industrielle et la pollution des eaux par l’agrobusiness sont des facteurs déterminants du déclin de la biodiversité dans les milieux aquatiques. En même temps, le réchauffement menace la productivité des terres et l’acidification due au réchauffement menace celle des écosystèmes aquatiques.

Le déclin de la biodiversité ne sera pas stoppé principalement par la création de réserves naturelles mais par le développement d’une agriculture écologique. Par ailleurs, réduire les émissions de gaz à effet de serre à zéro n’est plus suffisant pour enrayer le changement climatique.

Il faut dans les décennies qui viennent retirer du carbone de l’atmosphère. Dans sa logique de profit, le capital ne peut réagir que par les technologies d’apprenti-sorcier de la géo-ingénirie et une appropriation généralisée des « services écosystémiques ».

L’agriculture paysanne et une forestation rationnelle sont les seuls moyens de diminuer la concentration atmosphérique en carbone efficacement, sans dangers et dans la justice sociale. Ainsi, la protection de la biodiversité et celle du climat renforcent la nécessité de l’alternative écosocialiste et fondent matériellement la place décisive de l’alternative agroécologique dans cette alternative d’ensemble.

Le passage à une agriculture (et à une pêcherie, et à une sylviculture) écologiques constitue une condition majeure de construction d’une société écosocialiste, du même niveau d’importance que la démocratie des producteurs et l’utilisation d’une énergie 100 % renouvelable.

Or, cette agriculture est plus intensive en main-d’œuvre que l’agriculture industrielle. Le passage à une sylviculture soutenable et la restauration/protection des écosystèmes impliquent eux aussi une augmentation de la part de la population investie dans ces activités.

Relever ce défi requiert une politique de longue haleine de revalorisation des métiers agricoles, de formation des travailleurs et d’équipement des zones rurales en infrastructures et en services aux personnes, ainsi que le développement du maraîchage urbain. (Extrait voir lien)

mardi 11 juin 2019 Quatrième Internationale Inprecor, mars 2019

https://www.pressegauche.org/

Lire aussi:

Ecosocialisme 1 (4è internationale)

Ecosocialisme 3 (4è internationale)

Ecosocialisme 4 (4è internationale)

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11 août 2019 ~ 0 Commentaire

accumulation 1 (marx)

 paysans

L’expropriation de la population campagnarde

En Angleterre le servage avait disparu de fait vers la fin du 14è siècle.

L’immense majorité de la population se composait alors, et plus entièrement encore au 15è siècle, de paysans libres cultivant leurs propres terres, quels que fussent les titres féodaux dont on affubla leur droit de possession.

Dans les grands domaines seigneuriaux l’ancien bailli (bailiff), serf lui-même, avait fait place au fermier indépendant. Les salariés ruraux étaient en partie des paysans qui, pendant le temps de loisir laissé par la culture de leurs champs, se louaient et étaient aussi dans une certaine mesure cultivateurs, car en sus du salaire on leur faisait concession de champs d’au moins quatre acres, avec des cottages. De plus, ils participaient, concurremment avec les paysans proprement dits, à l’usufruit des biens communaux, où ils faisaient paître leur bétail et se pourvoyaient de bois, de tourbe, etc., pour le chauffage.

Nous remarquerons en passant que le serf même était non seulement possesseur, tributaire, il est vrai, des parcelles attenant à sa maison, mais aussi co-possesseur des biens communaux. Par exemple, quand Mirabeau publia son livre : De la monarchie prussienne, le servage existait encore dans la plupart des provinces prussiennes, entre autres en Silésie. Néanmoins les serfs y possédaient des biens communaux.

En guerre ouverte avec la royauté et le Parlement, les grands seigneurs créèrent un prolétariat bien autrement considérable en usurpant les biens communaux des paysans et en les chassant du sol qu’ils possédaient au même titre féodal que leurs maîtres. Ce qui en Angleterre donna surtout lieu à ces actes de violence, ce fut l’épanouissement des manufactures de laine en Flandre et la hausse des prix de la laine qui en résulta. La longue guerre des Deux-Roses, ayant dévoré l’ancienne noblesse, la nouvelle, fille de son époque, regardait l’argent comme la puissance des puissances. Transformation des terres arables en pâturages, tel fut son cri de guerre.

Dans sa « Description of England », Harrison raconte comment l’expropriation des paysans a désolé le pays. « Mais qu’importe à nos grands usurpateurs ! » Les maisons des paysans et les cottages des travailleurs ont été violemment rasés ou condamnés à tomber en ruines.

Si l’on veut comparer les anciens inventaires de chaque manoir seigneurial, on trouvera que d’innombrables maisons ont disparu avec les petits cultivateurs qui les habitaient, que le pays nourrit beaucoup moins de gens, que beaucoup de villes sont déchues, bien que quelques-unes de nouvelle fondation prospèrent…

« A propos des villes et des villages détruits pour faire des parcs à moutons et où l’on ne voit plus rien debout, sauf les châteaux seigneuriaux, j’en aurais long à dire ». Les plaintes de ces vieux chroniqueurs, toujours exagérées, dépeignent pourtant d’une manière exacte l’impression produite sur les contemporains par la révolution survenue dans l’ordre économique de la société. En Angleterre la classe travailleuse, dit fort justement Thornton, fut précipitée sans transition de son âge d’or dans son âge de fer.

Vers cette époque [1489], dit Bacon dans son histoire d’Henri 7, les plaintes à propos de la conversion des terres arables en pacages qui n’exigent que la surveillance de quelques bergers devinrent de plus en plus nombreuses.

Il en résulta un déclin de la population, suivi de la décadence de beaucoup de villes, d’églises, d’une diminution des dimes, etc…  Les plaintes du peuple, de même que les lois promulguées depuis Henri 7, pendant cent cinquante ans, contre l’expropriation des paysans et des petits fermiers restèrent également sans effet.

Ce qu’il fallait à l’ordre de production capitaliste, c’était au contraire la condition servile des masses, leur transformation en mercenaires et la conversion de leurs moyens de travail en capital. Quelques acres ajoutés à son cottage rendaient le travailleur trop indépendant. Dans les dernières années du 18è siècle, la yeomanry, classe de paysans indépendants, la proud peasantry de Shakespeare, dépassait encore en nombre l’état des fermiers.Vers 1750 la yeomanry avait disparu.

La glorieuse révolution (glorious revolution) amena au pouvoir avec Guillaume III, prince d’Orange, faiseurs d’argent, nobles terriens et capitalistes roturiers. Ils inaugurèrent l’ère nouvelle par un gaspillage vraiment colossal du trésor public.

Les domaines de l’État que l’on n’avait pillés jusque-là qu’avec modestie, dans des limites conformes aux bienséances, furent alors extorqués de vive force au roi parvenu comme pots-de-vin dus à ses anciens complices, ou vendus à des prix dérisoires, ou enfin, sans formalité aucune, simplement annexés à des propriétés privées.

Tout cela bruyamment, effrontément, au mépris même des semblants de légalité. Cette appro-priation frauduleuse du domaine public et le pillage des biens ecclésiastiques, voilà la base sur laquelle repose la puissance domaniale de l’oligarchie anglaise actuelle.

Les bourgeois capitalistes favorisèrent l’opération dans le but de faire de la terre un article de commerce, d’augmenter leur approvisionnement de prolétaires campagnards, d’étendre le champ de la grande agriculture, etc. Du reste, la nouvelle aristocratie foncière était l’alliée natu-relle de la nouvelle bancocratie, de la haute finance fraiche éclose et des gros manufacturiers.

La propriété communale, tout à fait distincte de la propriété publique dont nous venons de parler, était une vieille institution germanique restée en vigueur au milieu de la société féodale. On a vu que les empiètements violents sur les communes, presque toujours suivis de la conversion des terres arables en pâturages, commencèrent au dernier tiers du 15è siècle et se prolongèrent au delà du 16è.

Mais ces actes de rapine ne constituaient alors que des attentats individuels combattus, vainement, il est vrai, pendant cent cinquante ans par la législature. Mais au 18è siècle – voyez le progrès ! – la loi même devint l’instrument de spoliation, ce qui d’ailleurs n’empêcha pas les grands fermiers d’avoir aussi recours à de petites pratiques particulières et, pour ainsi dire extra-légales.

https://www.marxists.org/

Lire aussi:

Accumulation primitive du capital (Wikirouge)

Accumulation 2 (Marx)

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