Archive | Questions bretonnes etc

07 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

canada francophones (essf)

 franco

Les francophones hors Québec

Canada. Les francophones indignés

Contre les coupes de l’Ontario dans les services en français

En imposant des coupes dans les services publics en français, les conservateurs au pouvoir dans la province la plus peuplée du Canada ont suscité des réactions très vives dans la presse et dans la rue.

Des milliers de Franco-Ontariens étaient dans les rues d’une quarantaine de villes de l’Ontario le 1er décembre pour dénoncer les compressions dans les services dans leur langue effectu-ées par le gouvernement conservateur de la province canadienne. Leur communauté est outrée, les médias du pays sont aux abois.“Nous vivons un moment historique”, a clamé la ministre canadienne de la Francophonie, Mélanie Joly, devant la foule de Canadiens francophones venus des quatre coins du pays pour manifester à Ottawa. La Presse rapporte que la ministre Joly a prévenu les pouvoirs provin-ciaux et municipaux qui voudraient “affaiblir” les minorités linguistiques que son gouvernement veillerait à “protéger le fief français au pays”.Au Québec, signale le Huffington Post, les députés ont adopté une motion pour réitérer l’impor-tance de la survie de la langue française et exprimer leur solidarité envers la communauté franco-ontarienne et la députée ontarienne, Amanda Simard. Celle-ci a claqué la porte du gouvernement conservateur de l’Ontario après avoir tenté en vain de le convaincre de revenir sur ses décisions d’abandonner le projet d’université francophone et d’abolir le commissariat aux services en français, pour lutter contre le déficit.

Une minorité qui “mérite mieux”

Les réactions sont vives dans le pays. Dans un éditorial, Le Devoir relève ce qu’il considère comme le cœur du problème, ce qu’a confirmé la députée Amanda Simard, désormais indé-pendante : le Premier ministre ontarien, Doug Ford, “considère les francophones comme n’importe quelle minorité ethnique” dans sa province.

En Ontario, le quotidien anglophone Ottawa Citizen y est allé d’un éditorial en français pour dire que “les Franco-Ontariens méritent mieux”. The Hamilton Spectator évoque une décision “irréfléchie”. Même le quotidien conservateur National Post parle de “mauvaises nouvelles” pour les Franco-Ontariens, sans toutefois y voir une “apocalypse”.

La controverse a eu des échos jusqu’en Alberta, dans l’Ouest, où le quotidien Red Deer Advocate évoque la “gaffe” de Doug Ford.

Situation linguistique et démographique inquiétante

La Presse rappelle en éditorial que pour les francophones en dehors du Québec, la survie de la langue française est en jeu, “parce que tout se déroule en anglais dans leur environne-ment” et qu’il ne suffit pas d’avoir des “boîtes de céréales bilingues” pour endiguer leur assimi-lation. Le journal rappelle que le taux de transmission du français aux enfants hors Québec n’est que de 49 %, contre 96 % dans la Belle Province.

“Grande offense pour peu d’économies”, tranche le Globe and Mail, qui souligne que les 622 000 Franco-Ontariens pourraient ne représenter plus que 4 % de la population de la province dans dix ans. Les francophones en dehors du Québec ne représentent que 4,5 % de la population canadienne, mais ils sont présents dans les dix provinces et dans le nord du pays.

Martin Gauthier mercredi 5 décembre 2018

https://www.courrierinternational.com/

http://www.europe-solidaire.org

Lire aussi:

Langue bretonne. Diwan réclame justice (Le Télégramme)

Commentaire: S’il faut mettre un « pognon de dingue », pourquoi seulement au Canada? En France aussi il y a des langues minoritaires en danger! (mais qui ne valent pas le français, bien sûr!)

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06 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

climat (eaux et rivières)

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Eau & Rivières marche

Pour le climat et avec les coquelicots !

Deux manifestations mais une seule urgence : sauver l’environnement. Vendredi soir, à 18h30, a lieu un nouvel appel des coquelicots, pour une interdiction de tous les pesticides de synthè-se. Des rassemblements sont organisés dans toute la France. Une pétition est également en ligne.  Certains événements sont susceptibles d’être annulés. Consultez la carte et les réseaux sociaux avant de vous déplacer.

Sonner l’alarme climatique

Faire un maximum de bruit, à 16h, samedi 8 décembre, pour sonner l’alarme climatique. C’est l’objectif de la Marche mondiale pour le climat. Le message à faire passer est clair : il est encore temps. Le but est de se faire entendre jusqu’en Pologne, où se tient actuellement la Cop 24. Parce que l’urgence climatique n’attend pas, joignez-vous aux rassemblements avec vos tambours, vuvuzela, trompettes, casseroles et biniou !

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Retrouvez la liste de toutes les manifestations sur cette carte, réalisée par Eau & Rivières de Bretagne (source : événements Facebook et réseau « Sortir du Nucléaire »)

Certains rassemblements sont susceptibles d’être annulés ou leur organisation modifiée. Eau & Rivières de Bretagne rappelle qu’ils sont pacifistes et que la sécurité des manifestants ne doit pas être engagée.

Changement climatique : limiter et s’adapter

Le 8 octobre dernier, les expert·e·s du GIEC ont rappelé la gravité de la situation climatique, tout en soulignant qu’il est encore temps de limiter le réchauffement à 1,5°C. Selon eux, cet objectif n’est pas impossible mais demande des changements sans précédent et des réductions d’émissions drastiques dans tous les secteurs.

Eau & Rivières de Bretagne prône depuis longtemps des mesures pour faire face au change-ment climatique : partage de la ressource, économies durables d’eau, recherche de ressour-ces souterraines, nouvelle manière de penser l’aménagement du territoire… Il devient mainte-nant urgent d’agir !

sbb

Pour aller plus loin, l’association recommande de :

  • Réduire les rejets polluants dans le milieu aquatique dès lors que la hausse des tempé-ratures favorise les phénomènes d’eutrophisation et que la baisse des débits réduit l’effet de dilution.
  • Préserver les débits minimum d’étiage des cours d’eau, sans dérogation, pour maintenir la biodiversité en eau douce et l’apport au littoral nécessaire aux écosystèmes marins.
  • Réserver et restaurer les infrastructures naturelles que constituent le bocage et les zones humides afin, en autres choses, de tamponner les événements climatiques extrêmes.
  • Réduire l’imperméabilisation et l’artificialisation des sols pour limiter l’ampleur des inondations et permettre l’infiltration de l’eau dans les sols et sous-sols.
  • Privilégier les approvisionnements locaux en eau potable en recherchant les ressources du territoire, en réouvrant des captages abandonnés, et en mettant en place des périmètres de protection efficaces.
  • Développer une culture de la pénurie et mettre en œuvre des politiques ambitieuses d’économies d’eau afin de réduire nos prélèvements dans les eaux superficielles et souterraines.
  • Faire évoluer les systèmes agricoles et les habitudes alimentaires des consommateurs pour réduire leurs effets directs ou indirects sur le changement climatique et pour s’adapter au déficit prévisible en eau.
  • Limiter l’urbanisation du littoral et engager dès à présent le repli stratégique dans la perspective de submersions marines potentielles et de recul du trait de côte.

Communiqué de presse coquelicot et marche climat.pdf

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04 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

lannilis (coquelicots)

lalalilis

Coquelicos des Abers

Comme tous les premiers vendredi de chaque mois les amis des coquelicots des abers

( Lannilis Plouguerneau et Landéda)  organisent soit un rassemblement devant chaque mairie soit une action pour interdire tous les pesticides de synthèse. Cette semaine nous nous retrouverons pour une action  sur le thème : PESTICIDES, PERTURBATEURS ENDOCRINIENS, ENVIRONNEMENT, SANTÉ.

Avec la participation, de Jean Marie LETORT médecin urgentiste, retraité, du CRHU de Brest. Les pesticide et les perturbateurs sont l’un de ses combats.

- Ils sont responsables de nombreuses maladies chroniques  sous-estimées : dans sa démonstration il se basera sur des études scientifiques rigoureusement validées.
- Comment les éviter ?

Vendredi 7 décembre 18h30

Salle Alain Le GALL 

Espace Lapoutroie Lannilis 

Organisation Kan an Dour et les amis des Coquelicots des Abers

https://www.facebook

http://www.kanandour.org/

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22 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

gilets jaunes (noiriel)

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Les gilets jaunes et les « leçons de l’histoire »

Dans une tribune publiée par le journal Le Monde (20/11/2018), le sociologue Pierre Merle

écrit que « le mouvement des « gilets jaunes » rappelle les jacqueries de l’Ancien Régime et des périodes révolutionnaires ». Et il s’interroge: « Les leçons de l’histoire peuvent-elles encore être comprises ? »

Je suis convaincu, moi aussi, qu’une mise en perspective historique de ce mouvement social peut nous aider à le comprendre.

C’est la raison pour laquelle le terme de « jacquerie » (utilisé par d’autres commentateurs et notamment par Eric Zemmour, l’historien du Figaro récemment adoubé par France Culture dans l’émission d’Alain Finkielkraut qui illustre parfaitement le titre de son livre sur « la défaite de la pensée ») ne me paraît pas pertinent.

Dans mon Histoire populaire de la France, j’ai montré que tous les mouvements sociaux depuis le Moyen Age avaient fait l’objet d’une lutte intense entre les dominants et les dominés à propos de la définition et de la représentation du peuple en lutte. Le mot « jacquerie » a servi à désigner les soulèvements de ces paysans que les élites surnommaient les « jacques », terme méprisant que l’on retrouve dans l’expression « faire le Jacques » (se comporter comme un paysan lourd et stupide).

Le premier grand mouvement social qualifié de « jacquerie » a eu lieu au milieu du 14è siècle

Lorsque les paysans d’Ile de France se sont révoltés contre leurs seigneurs. La source principale qui a alimenté pendant des siècles le regard péjoratif porté sur les soulèvements paysans de cette époque, c’est le récit de Jean Froissart, l’historien des puissants de son temps, rédigé au cours des années 1360 et publié dans ses fameuses Chroniques.

Voici comment Froissart présente la lutte de ces paysans

« Lors se assemblèrent et s’en allèrent, sans autre conseil et sans nulles armures, fors que de bâtons ferrés et de couteaux, en la maison d’un chevalier qui près de là demeurait. Si brisèrent la maison et tuèrent le chevalier, la dame et les enfants, petits et grands, et mirent le feu à la maison […]. Ces méchants gens assemblés sans chef et sans armures volaient et brûlaient tout, et tuaient sans pitié et sans merci, ainsi comme chiens enragés. Et avaient fait un roi entre eux qui était, si comme on disait adonc, de Clermont en Beauvoisis, et l’élurent le pire des mauvais ; et ce roi on l’appelait Jacques Bonhomme ».

Ce mépris de classe présentant le chef des Jacques comme « le pire des mauvais » est invalidé par les archives qui montrent que les paysans en lutte se donnèrent pour principal porte-parole Guillaume Carle « bien sachant et bien parlant ». A la même époque, la grande lutte des artisans de Flandre fut emmenée par un tisserand, Pierre de Coninck décrit ainsi dans les Annales de Gand : « Petit de corps et de povre lignage, il avoit tant de paroles et il savoit si bien parler que c’estoit une fine merveille. Et pour cela, les tisserands, les foulons et les tondeurs le croyoient et aimoient tant qu’il ne sût chose dire ou commander qu’ils ne fissent ».

On a là une constante dans l’histoire des mouvements populaires.

Pour échapper à la stigmatisation de leur lutte, les révoltés choisissent toujours des leaders «respectables» et capables de dire tout haut ce que le peuple pense tout bas. (Voir notre commentaire, en dessous Blog) D’autres exemples, plus tardifs, confirment l’importance du langage dans l’interprétation des luttes populaires. Par exemple, le soulèvement qui agita tout le Périgord au début du 17è siècle fut désigné par les élites comme le soulèvement des « croquants » ; terme que récusèrent les paysans et les artisans en se présentant eux mêmes comme les gens du « commun », Ce fut l’un des points de départ des usages populaires du terme « commune » qui fut repris en 1870-71, à Paris, par les « Communards ». (Et les Comuneros castillans du 16è! Blog)

Les commentateurs qui ont utilisé le mot « jacquerie » pour parler du mouvement des « gilets jaunes » ont voulu mettre l’accent sur un fait incontestable : le caractère spontané et inorganisé de ce conflit social. Même si ce mot est inapproprié, il est vrai qu’il existe malgré tout des points communs entre toutes les grandes révoltes populaires qui se sont succédé au cours du temps. En me fiant aux multiples reportages diffusés par les médias sur les gilets jaunes, j’ai noté plusieurs éléments qui illustrent cette permanence.

Le principal concerne l’objet initial des revendications

Le refus des nouvelles taxes sur le carburant. Les luttes antifiscales ont joué un rôle extrêmement important dans l’histoire populaire de la France. Je pense même que le peuple français s’est construit grâce à l’impôt et contre lui. Le fait que le mouvement des gilets jaunes ait été motivé par le refus de nouvelles taxes sur le carburant n’a donc rien de surprenant.

Ce type de luttes antifiscales a toujours atteint son paroxysme quand le peuple a eu le sentiment qu’il devait payer sans rien obtenir en échange. Sous l’Ancien Régime, le refus de la dîme fut fréquemment lié au discrédit touchant les curés qui ne remplissaient plus leur mission religieuse, et c’est souvent lorsque les seigneurs n’assuraient plus la protection des paysans que ceux-ci refusèrent de payer de nouvelles charges. Ce n’est donc pas un hasard si le mouvement des gilets jaunes a été particulièrement suivi dans les régions où le retrait des services publics est le plus manifeste. Le sentiment, largement partagé, que l’impôt sert à enrichir la petite caste des ultra-riches, alimente un profond sentiment d’injustice dans les classes populaires.

Ces facteurs économiques constituent donc bien l’une des causes essentielles du mouvement.

Néanmoins, il faut éviter de réduire les aspirations du peuple à des revendications uniquement matérielles. L’une des inégalités les plus massives qui pénalisent les classes populaires concerne leur rapport au langage public. Les élites passent leur temps à interpréter dans leur propre langue ce que disent les dominés, en faisant comme s’il s’agissait toujours d’une formulation directe et transparente de leur expérience vécue.

Mais la réalité est plus complexe. J’ai montré dans mon livre, en m’appuyant sur des analyses de Pierre Bourdieu, que la Réforme protestante avait fourni aux classes populaires un nouveau langage religieux pour nommer des souffrances qui étaient multiformes. Les paysans et les artisans du 16è siècle disaient : « J’ai mal à la foi au lieu de dire j’ai mal partout ». Aujourd’hui, les gilets jaunes crient « j’ai mal à la taxe au lieu de dire j’ai mal partout ». Il ne s’agit pas, évidemment, de nier le fait que les questions économiques sont absolument essentielles car elles jouent un rôle déterminant dans la vie quotidienne des classes dominées.

Néanmoins, il suffit d’écouter les témoignages des gilets jaunes pour constater la fréquence des propos exprimant un malaise général. Dans l’un des reportages diffusés par BFM-TV, le 17 novembre, le journaliste voulait absolument faire dire à la personne interrogée qu’elle se battait contre les taxes, mais cette militante répétait sans cesse : « On en a ras le cul », « Ras le bol généralisé ».

« Avoir mal partout » signifie aussi souffrir dans sa dignité.

C’est pourquoi la dénonciation du mépris des puissants revient presque toujours dans les grandes luttes populaires et celle des gilets jaunes n’a fait que confirmer la règle. On a entendu un grand nombre de propos exprimant un sentiment d’humiliation, lequel nourrit le fort ressentiment populaire à l’égard d’Emmanuel Macron. « Pour lui, on n’est que de la merde ». Le président de la République voit ainsi revenir en boomerang l’ethnocentrisme de classe que j’ai analysé dans mon livre.

Néanmoins, ces similitudes entre des luttes sociales de différentes époques masquent de profondes différences.

Je vais m’y arrêter un moment car elles permettent de comprendre ce qui fait la spécificité du mouvement des gilets jaunes. La première différence avec les « jacqueries » médiévales tient au fait que la grande majorité des individus qui ont participé aux blocages de samedi dernier ne font pas partie des milieux les plus défavorisés de la société. Ils sont issus des milieux modestes et de la petite classe moyenne qui possèdent au moins une voiture. Alors que « la grande jacquerie » de 1358 fut un sursaut désespéré des gueux sur le point de mourir de faim, dans un contexte marqué par la guerre de Cent Ans et la peste noire.

La deuxième différence, et c’est à mes yeux la plus importante, concerne la coordination de l’action.

Comment des individus parviennent-ils à se lier entre eux pour participer à une lutte collective ? Voilà une question triviale, sans doute trop banale pour que les commentateurs la prennent au sérieux. Et pourtant elle est fondamentale. A ma connaissance, personne n’a insisté sur ce qui fait réellement la nouveauté des gilets jaunes : à savoir la dimension d’emblée nationale d’un mouvement spontané. Il s’agit en effet d’une protestation qui s’est développée simultanément sur tout le territoire français (y compris les DOM-TOM), mais avec des effectifs localement très faibles. Au total, la journée d’action a réuni moins de 300 000 personnes, ce qui est un score modeste comparé aux grandes manifestations populaires. Mais ce total est la somme des milliers d’actions groupusculaires réparties sur tout le territoire.

Cette caractéristique du mouvement est étroitement liée aux moyens utilisés pour coordonner l’action des acteurs de la lutte.

Ce ne sont pas les organisations politiques et syndicales qui l’ont assurée par leurs moyens propres, mais les « réseaux sociaux ». Les nouvelles technologies permettent ainsi de renouer avec des formes anciennes « d’action directe », mais sur une échelle beaucoup plus vaste, car elles relient des individus qui ne se connaissent pas. Facebook, twitter et les smartphones diffusent des messages immédiats (SMS) en remplaçant ainsi la correspondance écrite, notamment les tracts et la presse militante qui étaient jusqu’ici les principaux moyens dont disposaient les organisations pour coordonner l’action collective ; l’instantanéité des échanges restituant en partie la spontanéité des interactions en face à face d’autrefois.

Toutefois les réseau sociaux, à eux seuls, n’auraient jamais pu donner une telle ampleur au mouvement des gilets jaunes.

Les journalistes mettent constamment en avant ces « réseaux sociaux » pour masquer le rôle qu’ils jouent eux-mêmes dans la construction de l’action publique. Plus précisément, c’est la complémentarité entre les réseaux sociaux et les chaînes d’information continue qui ont donné à ce mouvement sa dimension d’emblée nationale.

Sa popularisation résulte en grande partie de l’intense « propagande » orchestrée par les grands médias dans les jours précédents. Parti de la base, diffusé d’abord au sein de petits réseaux via facebook, l’événement a été immédiatement pris en charge par les grands médias qui ont annoncé son importance avant même qu’il ne se produise. La journée d’action du 17 novembre a été suivie par les chaînes d’information continue dès son commencement, minute par minute, « en direct » (terme qui est devenu désormais un équivalent de communication à distance d’événements en train de se produire).

Les journalistes qui incarnent aujourd’hui au plus haut point le populisme (au sens vrai du terme) comme Eric Brunet qui sévit à la fois sur BFM-TV et sur RMC, n’ont pas hésité à endosser publiquement un gilet jaune, se transformant ainsi en porte-parole auto-désigné du peuple en lutte. Voilà pourquoi la chaîne a présenté ce conflit social comme un « mouvement inédit de la majorité silencieuse ».

Une étude qui comparerait la façon dont les médias ont traité la lutte des cheminots au printemps dernier et celle des gilets jaunes serait très instructive.

Aucune des journées d’action des cheminots n’a été suivie de façon continue et les téléspectateurs ont été abreuvés de témoignages d’usagers en colère contre les grévistes, alors qu’on a très peu entendu les automobilistes en colère contre les bloqueurs.

Je suis convaincu que le traitement médiatique du mouvement des gilets jaunes illustre l’une des facettes de la nouvelle forme de démocratie dans laquelle nous sommes entrés et que Bernard Manin appelle la « démocratie du public » (cf son livre Principe du gouvernement représentatif, 1995). De même que les électeurs se prononcent en fonction de l’offre politique du moment, et de moins en moins par fidélité à un parti politique, de même les mouvements sociaux éclatent aujourd’hui en fonction d’une conjoncture et d’une actualité précises.

Avec le recul du temps, on s’apercevra peut-être que l’ère des partis et des syndicats a correspondu à une période limitée de notre histoire, l’époque où les liens à distance étaient matérialisés par la communication écrite. Avant la Révolution française, un nombre incroyable de révoltes populaires ont éclaté dans le royaume de France, mais elles étaient toujours localisées, car le mode de liaison qui permettait de coordonner l’action des individus en lutte reposait sur des liens directs : la parole, l’interconnaissance, etc.

L’Etat royal parvenait toujours à réprimer ces soulèvements parce qu’il contrôlait les moyens d’action à distance. La communication écrite, monopolisée par les « agents du roi », permettait de déplacer les troupes d’un endroit à l’autre pour massacrer les émeutiers.

Dans cette perspective, la Révolution française peut être vue comme un moment tout à fait particulier, car l’ancienne tradition des révoltes locales a pu alors se combiner avec la nouvelle pratique de contestation véhiculée et coordonnée par l’écriture (cf les cahiers de doléances).

L’intégration des classes populaires au sein de l’Etat républicain et la naissance du mouvement ouvrier industriel ont raréfié les révoltes locales et violentes, bien qu’elles n’aient jamais complètement disparu (cf le soulèvement du « Midi rouge » en 1907). La politisation des résistances populaires a permis un encadrement, une discipline, une éducation des militants, mais la contrepartie a été la délégation de pouvoir au profit des leaders des partis et des syndicats.

Les mouvements sociaux qui se sont succédé entre les années 1880 et les années 1980 ont abandonné l’espoir d’une prise du pouvoir par la force, mais ils sont souvent parvenus à faire céder les dominants grâce à des grèves avec occupations d’usine, et grâce à de grandes manifestations culminant lors des « marches sur Paris » (« de la Bastille à la Nation »).

L’une des questions que personne n’a encore posée à propos des gilets jaunes est celle-ci 

Pourquoi des chaînes privées dont le capital appartient à une poignée de milliardaires sont-elles amenées aujourd’hui à encourager ce genre de mouvement populaire ? La comparaison avec les siècles précédents aboutit à une conclusion évidente. Nous vivons dans un monde beaucoup plus pacifique qu’autrefois. Même si la journée des gilets jaunes a fait des victimes, celles-ci n’ont pas été fusillées par les forces de l’ordre. C’est le résultat des accidents causés par les conflits qui ont opposé le peuple bloqueur et le peuple bloqué.

Cette pacification des relations de pouvoir permet aux médias dominants d’utiliser sans risque le registre de la violence pour mobiliser les émotions de leur public car la raison principale de leur soutien au mouvement n’est pas politique mais économique : générer de l’audience en montrant un spectacle.

Dès le début de la matinée, BFM-TV a signalé des « incidents », puis a martelé en boucle le drame de cette femme écrasée par une automobiliste refusant d’être bloqué. Avantage subsidiaire pour ces chaînes auxquelles on reproche souvent leur obsession pour les faits divers, les crimes, les affaires de mœurs : en soutenant le mouvement des gilets jaunes, elles ont voulu montrer qu’elles ne négligeaient nullement les questions « sociales ».

Au-delà de ces enjeux économiques, la classe dominante a évidemment intérêt à privilégier un mouvement présenté comme hostile aux syndicats et aux partis.

Ce rejet existe en effet chez les gilets jaunes. Même si ce n’est sans doute pas voulu, le choix de la couleur jaune pour symboliser le mouvement (à la place du rouge) et de la Marseillaise (à la place de l’Internationale) rappelle malheureusement la tradition des « jaunes », terme qui a désigné pendant longtemps les syndicats à la solde du patronat.

Toutefois, on peut aussi inscrire ce refus de la « récupération » politique dans le prolongement des combats que les classes populaires ont menés, depuis la Révolution française, pour défendre une conception de la citoyenneté fondée sur l’action directe. Les gilets jaunes qui bloquent les routes en refusant toute forme de récupération des partis politiques assument aussi confusément la tradition des Sans-culottes en 1792-93, des citoyens-combattants de février 1848, des Communards de 1870-71 et des anarcho-syndicalistes de la Belle Epoque.

C’est toujours la mise en œuvre de cette citoyenneté populaire qui a permis l’irruption dans l’espace public de porte-parole qui était socialement destinés à rester dans l’ombre. Le mouvement des gilets jaunes a fait émerger un grand nombre de porte-parole de ce type. Ce qui frappe, c’est la diversité de leur profil et notamment le grand nombre de femmes, alors qu’auparavant la fonction de porte-parole était le plus souvent réservée aux hommes.

La facilité avec laquelle ces leaders populaires s’expriment aujourd’hui devant les caméras est une conséquence d’une double démocratisation

L’élévation du niveau scolaire et la pénétration des techniques de communication audio-visuelle dans toutes les couches de la société. Cette compétence est complètement niée par les élites aujourd’hui ; ce qui renforce le sentiment de « mépris » au sein du peuple. Alors que les ouvriers représentent encore 20% de la population active, aucun d’entre eux n’est présent aujourd’hui à la Chambre des députés. Il faut avoir en tête cette discrimination massive pour comprendre l’ampleur du rejet populaire de la politique politicienne.

Mais ce genre d’analyse n’effleure même pas « les professionnels de la parole publique » que sont les journalistes des chaînes d’information continue. En diffusant en boucle les propos des manifestants affirmant leur refus d’être « récupérés » par les syndicats et les partis, ils poursuivent leur propre combat pour écarter les corps intermédiaires et pour s’installer eux-mêmes comme les porte-parole légitimes des mouvements populaires. En ce sens, ils cautionnent la politique libérale d’Emmanuel Macron qui vise elle aussi à discréditer les structures collectives que se sont données les classes populaires au cours du temps.

Etant donné le rôle crucial que jouent désormais les grands médias dans la popularisation d’un conflit social, ceux qui les dirigent savent bien qu’ils pourront siffler la fin de la récréation dès qu’ils le jugeront nécessaire, c’est-à-dire dès que l’audimat exigera qu’ils changent de cheval pour rester à la pointe de « l’actualité ».

Un tel mouvement est en effet voué à l’échec car ceux qui l’animent sont privés de toute tradition de lutte autonome, de toute expérience militante. S’il monte en puissance, il se heurtera de plus en plus à l’opposition du peuple qui ne veut pas être bloqué et ces conflits seront présentés en boucle sur tous les écrans, ce qui permettra au gouvernement de réprimer les abus avec le soutien de « l’opinion ».

L’absence d’un encadrement politique capable de définir une stratégie collective et de nommer le mécontentement populaire dans le langage de la lutte des classes est un autre signe de faiblesse car cela laisse la porte ouverte à toutes les dérives. N’en déplaise aux historiens (ou aux sociologues) qui idéalisent la « culture populaire », le peuple est toujours traversé par des tendances contradictoires et des jeux internes de domination. Au cours de cette journée des gilets jaunes, on a entendu des propos xénophobes, racistes, sexistes et homophobes. Certes, ils étaient très minoritaires, mais il suffit que les médias s’en emparent (comme ils l’ont fait dès le lendemain) pour que tout le mouvement soit discrédité.

L’histoire montre pourtant qu’une lutte populaire n’est jamais complètement vaine, même quand elles est réprimée.

Le mouvement des gilets jaunes place les syndicats et les partis de gauche face à leurs responsabilités. Comment s’adapter à la réalité nouvelle que constitue la « démocratie du public » pour faire en sorte que ce type de conflit social, dont on peut prévoir qu’il se reproduira fréquemment, soit intégré dans un combat plus vaste contre les inégalités et l’exploitation ? Telle est l’une des grandes questions à laquelle il faudra qu’ils répondent.

21 novembre 2018

https://noiriel.wordpress.com/

Commentaire: Les Bonnets Rouges (Cornouaille 1675) avaient encore plus de mal avec la langue, ne parlant que breton. Ils ont donc eux aussi pris des chefs à l’aise avec le français: Sébastien Ar Balp et Goulven Salaün. Mais leur mot d’ordre était en breton: Torr e benn: Cassons lui la tête!

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20 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

veillées (le télégramme)

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Saint-Éloi. Les veillées bretonnes ont toujours la cote

L’association régionale Dastum Bro Dreger, qui existe depuis 50 ans, poursuit son cycle de veillées dans le Trégor. « L’objectif est d’animer les bourgs et aller à la rencontre de nos gloires locales, ceux qui ont le don, l’espace d’un instant, de nous faire rire, de nous émouvoir ou de nous émerveiller », précise Julien Cornic, le président.

Devenu un lieu unique de l’expression et de la création en langue bretonne, la veillée redevient le ciment d’une société, un des endroits qui permet à une communauté de se retrouver et d’apprécier ce sentiment de vivre ensemble. Elle propose à tous un espace de pratique de la langue bretonne populaire.

En partenariat avec le comité d’animation de Pédernec et l’association Mouezh Tossen Vré, la veillée, qui a fait l’unanimité auprès des spectateurs, était organisée à la salle Le Menhir à Saint-Éloi, vendredi soir. Elle était animée par plus de 18 intervenants (chanteurs, musiciens, conteurs, etc.). Tous les amateurs peuvent y jouer un morceau ou raconter une histoire.

Le cycle de veillée dans le Trégor se poursuit,

le 23 novembre, à Plougras ;

le 30 novembre, à Trézélan ;

le 14 décembre, à Tregrom.

D’autres dates sont d’ores et déjà prévues pour 2019.

16 novembre 2018

 https://www.letelegramme.fr/

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15 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

gilets/bonnets (fr3 rp)

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Gilets jaunes et Bonnets rouges même combat ?

Réactions et analyse

Cinq ans après le mouvement spontané des Bonnets rouges c’est au tour des Gilets jaunes de manifester. Pour autant ces deux mouvements sont-ils comparables ? Qu’en disent les anciens Bonnets rouges ?

A Carhaix, le fief d’un des leaders des Bonnets rouges, des gilets jaunes sont bel et bien visibles. Mais pas plus qu’ailleurs. Christian Troadec, le maire régionaliste de la ville ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet. D’autres anciens Bonnets rouges ont, quant à eux, fait leur choix. Ils nous l’expliquent.

« J’attends de voir comment le mouvement évolue »

En 2013 Matthieu Guillemot avait porté le bonnet rouge. A quelques jours du 17 novembre il reste partagé sur le mouvement des « Gilets jaunes ». La seule revendication du prix du carburant lui paraît trop réductrice :

 » Aujourd’hui les gens n’en peuvent plus. On a jamais vu autant d’écart de classe sociale dans ce pays. On voit que les riches sont deux fois plus riches que les pauvres deviennent encore plus pauvres et donc c’est une goutte d’eau qui fait déborder le vase. Maintenant j’attends de ce mouvement là qu’il s’élargisse. Je ne condamne pas les Gilets jaunes. Je leur donne toute ma sympathie mais j’attends de voir comment ils évoluent ».
Matthieu ne sera donc pas dans la rue samedi.  Pour lui la grande différence entre les Gilets jaunes et les Bonnets rouges c’est que « nous [les Bonnets rouges] on avait eu l’intelligence de condamner de suite la tentative de récupération de l’extrême droite ».. Matthieu attend donc, avec impatience, que ce mouvement citoyen mettent dehors « cette graine fasciste qui veut pénétrer dans le mouvement ».

Maylen Villaverde  14/11/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Commentaire: Matthieu Guillemot est conseiller municipal et communautaire NPA de Carhaix

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15 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

appel 44 (17 novembre)

444 1

Chaque mois sont plus nombreux les salarié.e.s, retraité.e.s et privé.e.s d’emploi qui n’arrivent plus à boucler leur budget.

La hausse régulière et conséquente du carburant inquiète et fragilise celles et ceux qui n’ont d’autres choix que la voiture individuelle pour les actes de la vie courante. Et, alors que l’hiver s’annonce, la hausse des prix du gaz, de l’électricité, du fuel et des chauffages collectifs aggrave encore le quotidien.

Alors que les profits financiers et patronaux explosent, le gouvernement Macron-Philippe accentue sa politique de classe, au service des riches, et, pour la grande masse de la popu-lation, la réduction des droits sociaux et une politique fiscale particulièrement injuste et iné-galitaire. S’y ajoutent la fermeture de nombreux établissements publics et la suppression de milliers de postes de fonctionnaires accentuant encore le sentiment d’abandon pour toutes celles et ceux qui vivent loin des métropoles.

Ce vent de colère est légitime et salutaire.

Il met justement en cause la politique suivie par le Président de la République et son gouver-nement, notamment en matière fiscale. Les groupes capitalistes, patronat et banques, avec leurs profits exponentiels, sont les vrais responsables de ce désespoir social et de la crise climatique.

Pour Macron, comme pour ses prédécesseurs, le libéralisme est un dogme. Pour nous c’est un drame.

Car il explose les inégalités sociales, accroît la paupérisation de larges franges de la population et accentue les atteintes à l’environnement et le réchauffement climatique.

Le gouvernement tente de justifier ses choix politiques, les augmentations des taxes sur les carburants, par l’urgence écologique. C’est un mensonge.

Non seulement le pays ne réduit pas la production de gaz à effet de serre, mais il l’augmente, non seulement il ne réduit pas l’utilisation des pesticides, mais il l’augmente, non seulement il ne diminue pas l’artificialisation des sols, mais il la poursuit. La fermeture des services publics de proximité, des gares et voies ferrées secondaires, la concentration des emplois dans les métropoles ne font que renforcer la tragédie climatique en cours et accroître les difficultés quotidiennes de milliers d’habitant.e.s.

Le gouvernement est responsable de la crise en cours

Car la politique qu’il mène dans les transports comme dans les autres domaines n’est ni cohérente avec l’urgence climatique ni juste socialement. Aucune mesure ambitieuse n’a été prise pour financer les alternatives à la voiture et aider ceux qui n’ont pas les moyens de se déplacer autrement. Cette prétendue fiscalité écologique épargne les secteurs les plus pollu-ants et émetteurs de gaz à effet de serre, comme le trafic aérien ou le transport routier de marchandises.

L’urgence sociale et l’urgence écologique sont aujourd’hui totalement imbriquées.

La politique gouvernementale aggrave l’une et l’autre et espère diviser celles et ceux qui en sont les victimes. Et il est illusoire de prétendre répondre à l’une en tournant le dos à l’autre.

Des mesures d’urgences sociales et écologiques comme priorité :

• L’augmentation des salaires, des pensions, des indemnités chômage, et des allocations sociales et leurs indexations sur les prix pour permettre à tous/toutes de vivre dignement.

• L’arrêt des suppressions de postes et des fermetures des services publics, et la réouverture de services publics et sociaux de proximité pour permettre une organisation équilibrée des territoires.

• Mettre un terme à une politique centrée sur la voiture. Mettre un terme à la défiscalisation du kérosène dans le transport aérien, au profit du fret ferroviaire pour les transports de marchandise et les transports collectifs. Par la mise en place d’un réseau de transports en commun gratuit sur le département.

• La lutte contre l’étalement urbain et la diversification des modes de transport dans tous les territoires

• Le soutien à une agriculture paysanne privilégiant les circuits courts et les productions bios pour permettre à toutes et tous l’accès à une alimentation de qualité.

Associations, syndicats et partis politiques engagés dans le département pour la justice sociale et climatique, nous appelons ensemble à la mobilisation sociale, écologique et citoyenne contre la politique de Macron-Philippe, tout en refusant les boucs émissaires habituels des discours racistes, antisémites ou xénophobes.

Nous appelons au partage des richesses et à l’urgente nécessité de placer la transition écolo-gique et solidaire au cœur de toutes les décisions pour notre avenir et celui de la planète. Ce sont les mobilisations multiples dans les entreprises comme dans la rue, par la grève et par l’action, qui permettront de peser sur les décideurs publics ou privés pour que ces changements s’enclenchent.

ATTAC 44, Alternatiba Nantes, Ensemble 44, Gauche Démocratique et Sociale 44, GIGNV, NPA 44, PCF 44, Union Solidaires 44, Union Démocratique Bretonne, UNEF Nantes, Sortir du Nucléaire pays Nantais, Génération.S 44, EELV 44, CGT 44, France Insoumise 44.

http://alencontre.org/

macron

France. «Le vent de colère souffle sur notre département, le 44, comme dans tout le pays»

Emmanuel Macron, le président jupitérien, a choisi un porte-avions nucléaire, alternative au diesel,pour affronter une vague de colère populaire. Le Figaro premium, en date du 14 novembre 2018, écrit: «J’entends la colère, a assuré le chef de l’Etat. C’est un droit fonda-mental dans notre société de pouvoir l’exprimer. Mais moi je veux comprendre. Il y a beaucoup de partis politiques qui veulent récupérer ce mouvement […] Certains sont en train de s’oppo-ser à ce qu’ils avaient eux-mêmes voté. Bonjour tristesse et salut la cohérence! […] Il y a beau-coup de gens qui sont dans l’addition des colères, ça ne fait pas un projet pour le pays […] On est en train de vous mentir et de vous manipuler»…«Après avoir vaincu les oppositions syndi-cales à ses réformes de début de mandat, le président de la République veut éviter que la crise du carburant n’entrave la suite du quinquennat. «Les gilets jaunes captent l’irritation du pays. On a cette espèce de tension qui s’est installée entre les réformes structurelles et le quotidien des Français. Il est possible que l’on ait porté une attention trop vive aux premières et pas assez au second», reconnaît-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron.»

Le Canard Enchaîné (14 novembre 2018) précise, outre «l’empressement de Wauquiez, Le Pen, Dupont-Aignan ou Mélenchon à se défendre de la moindre récupération tout en affirmant à toute pompe leur soutien au mouvement», qu’au «diesel ou au sans-plomb vient s’ajouter un fond d’exaspération diffus contre la politique du président toujours jugé comme celui «des riches» au détriment de ceux qui, en banlieue ou en région, vivent au quotidien les difficultés».

Dès lors, Emmanuel Macron, va porter «une attention accrue» (sic) sur «les questions de vie  quotidienne des Français» (Le Figaro, 14 novembre 2017). Mais d’ajouter de suite, selon la transcription d’un de ses proches: «Les réformes ne sont pas entravées. Ce que nous allons faire sur les retraites, le chômage et l’apprentissage… rien ne fait l’objet d’une contestation.» Lequel guette avec impatience les résultats de sa politique. Ils tardent à venir.

A tel point qu’Emmanuel Macron se dit même prêt à intensifier encore le rythme. «Le président veut que les réformes portent leurs fruits le plus rapidement possible. C’est sa priorité actuelle La machine doit accélérer. Il veut des effets concrets.» Quitte à subir encore la colère des Français. Seule concession à leur égard, Emmanuel Macron a reconnu qu’il n’avait pas réussi à «réconcilier les Français avec leurs dirigeants». L’éditorialiste des Echos.fr, Cécile Cornudet, conclut son billet de la sorte: «Quand on peine à désamorcer la grogne, on délégitime le mouvement. Règle éternelle, pour le coup.»

La volonté de délégitimer un mouvement réside, à coup  sûr, dans le fait que «ce vent de colère est légitime et salutaire…». Encore faut-il qu’il trouve une assise sur des «mesures d’urgence sociales et écologiques», comme l’explique et l’illustre ce texte unitaire de la gauche politique et syndicales adopté dans le département de la Loire Atlantique (le 44) que nous reproduisons ci-dessous. (Rédaction A l’Encontre)

http://alencontre.org/

macron-etat-de-grace-j

Lire aussi:

Mouvement du 17 novembre: des voix discordantes au NPA (Anti-K)

Mobilisations du 17 novembre : ce que proposent la gauche et les mouvements sociaux (Basta)

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12 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

barzonegou (le peuple breton)

tardi drapeau

14-18. Barzhonegoù war an talbenn 

Poèmes du front

En cette époque de commémoration du centenaire de la fin de la Grande Guerre 14- 18, un livre vient récemment d’être édité : « Barzhonegoù war ar talbenn / Poèmes du front » (Edition TIR). Ce livre est un recueil des poèmes écrits en breton pendant la Guerre 14-18, et publiés dans la revue « Kroaz ar Vretoned » entre 1917 et 1919.

L’auteur de ces poèmes est Yann Mari Normand, originaire de Guiclan où il est né en 1886.

Il est allé en classe jusqu’en seconde et parle français et breton (et même latin, grec et anglais). Dès son arrivée au front, en 1915, il commence à écrire un journal. En 1916, il est hospitalisé et, proche de la mort, son besoin d’écrire devint intense. A la fin 1916-début 1917, il commence à écrire des poèmes en breton qu’il envoie régulièrement à la revue Kroaz ar Vretoned jusqu’à début 1919.

« Il y a 25 ans, nous dit Joseph Martin, un des éditeurs du livre, la conservatrice de la biblio-thèque de Rennes donne à Jean Normand, alors conseiller municipal de cette ville, une photo-copie du manuscrit des poèmes de Yann Mari Normand. Intriguée par le nom « Normand », elle demande à Jean Normand s’il connaît un Yann Mari Normand, poète breton.

« Oui, répondit-il, ce Yann Mari est le frère de mon grand père ». C’est un document inestima-ble de 39 poèmes que l’auteur a recopié de sa main dans trois cahiers avec même une table des matières à la fin de ceux-ci. Comment ce manuscrit était-il arrivé là ? Nul ne le sait. Toujours est-il que ces poèmes avaient été rassemblés par la main de l’auteur. »

Ce n’est que récemment, en 2014, que Jean Normand, alors retraité, s’inscrit au diplôme d’études celtiques de Rennes 2.

Joseph Martin nous explique : « c’est dans ce cadre du diplôme d’Études Celtiques que mon épouse Yvonne et moi-même avons rencontré Jean Normand à l’université de Rennes 2. Jean nous annonce qu’il est en possession d’un manuscrit des poèmes de Yann Mari Normand écrits au front en Breton pendant la guerre de 14-18. »

C’est ainsi que naît l’idée d’éditer le livre des poèmes de Yann Mari Normand dans le but de rendre hommage à la mémoire de l’auteur, mais aussi à celle de leurs grand-pères et plus largement à la mémoire des soldats bretons ayant combattu pendant la Grande Guerre. Il faut dire que Jean Normand était à la fois le petit neveu de Yann-Mari, et le petit-cousin de Joseph. Jean Normand est hélas décédé en 2017 sans voir la sortie du livre.

« Les bretonnants vont y trouver le texte breton en deux écritures. Les non-bretonnants y trouveront la traduction en français » nous dit l’éditeur. « Pour chaque poème, une photocopie du manuscrit écrit de la main de l’auteur s’y trouve. Ce manuscrit a cent ans. Ceci contribue à l’aspect scientifique du livre, et à sa mise à disposition des chercheurs.

Ce texte initial est écrit dans l’écriture appelée KLT qui unifiait à cette époque l’écriture des dialectes du Léon, Trégor et Cornouaille. C’était aussi l’écriture promue par le directeur de la revue Kroaz ar Vretoned, Fransez Vallée, linguiste renommé et éminent de la langue bretonne. »

Alors qu’on commémore les 100 ans de la fin de la guerre, il est évident que ce ce livre est un témoignage inestimable sur la vie au front pendant ces années terribles. Le témoignage d’un soldat pris entre le patriotisme français exacerbé à l’époque et le patriotisme breton.

Dans ses écrits, pour Yann Mari, la patrie c’est de temps en temps la France, de temps en temps la Bretagne, de temps en temps la Basse-Bretagne. Mais dès son premier poème « Va zellen » (Ma harpe), son amour profond pour « sa » Bretagne est notable.

En 1919, la guerre est terminée. Paraît alors son poème « Mennozhioù ur Breizhad » (Opinions d’un Breton). C’est dans ce poème que transparaissent ses sentiments profonds dont on relèvera deux passages :

Un tamm librentez, e pep giz /Un peu de liberté de toute manière,

En arvorik a zo rekis / En Armorique sera nécessaire ;

Lezit hor Yezh kozh ha sante / Laissez notre langue ancienne et vénérable

Da displegañ frank hec’h askell/  Déployer librement ses ailes.

Et un peu plus loin :

Breizhiz Tramor ’rak ar Saozon / Les Bretons d’Outre-Manche devant les Anglais

Biskoazh n’o deus diskouezer aon / N’ont jamais manifesté de crainte,

Hag hiziv pelloc’h, levenez ! / Et aujourd’hui,ô Joie !

Bet o deus o « Emrenerezh ». Ils ont obtenu leur « Autonomie ».

Des réflexions qui devraient parler aux lecteurs du Peuple breton ! Le livre sera présenté officiellement à Guiclan au Triskell le 10 novembre, à St Thégonnec à bibliothèque municipale le 13 novembre, à Rennes au Tambour (Campus Villejean) le 22 novembre.

Christian Pierre 9 novembre 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

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10 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

écosse (france info)

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L’Ecosse va devenir « le premier pays au monde » à enseigner les droits des LGBT à l’école

La lutte contre l’homophobie et la transphobie, ainsi que l’histoire des droits des personnes LGBT+, ont été intégrées aux programmes scolaires.  Le ministre de l’Education écossais a annoncé une réforme des programmes.

« Il est vital que les programmes soient aussi divers que les jeunes gens dans nos écoles. »

Le ministre écossais de l’Education a annoncé que son pays allait « devenir le premier au monde à intégrer dans ses programmes une éducation inclusive LGBTI », indique The Guardian,  vendredi 9 novembre. La lutte contre l’homophobie et la transphobie, ainsi que l’histoire des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes seront désormais enseignées dans les écoles publiques.

Cette réforme des programmes fait suite à des recommandations émises par un groupe de travail pour les droits LGBT+, le Time for Inclusive Education (TIE). L’un des cofondateurs, Jordan Daly, s’est félicité de la fin de « l’héritage destructeur » de l’article 28. Cette loi, introduite en 1988, interdisait aux autorités locales britanniques de « promouvoir » l’homosexualité. Elle a été abrogée en Ecosse en 2001 et dans le reste du Royaume-Uni en 2003.

« C’est une victoire monumentale pour notre campagne et un moment historique pour notre pays, a réagi Jordan Daly. En cette période d’incertitude mondiale, cela envoie un message fort et clair aux jeunes LGBTI, selon lequel ils sont considérés ici en Ecosse. »

10/11/2018

https://www.francetvinfo.fr

Lire aussi:

« Il faut sensibiliser dès le plus jeune âge », explique Aline Cottineau SOS Homophobie (France Info)

 

 

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10 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

colloque (eaux et rivières)

colloque_eau_potable_28.11.2018

Colloque Régional Annuel Environnement & Santé :

« Quelle eau potable pour demain ? »

Le XXe colloque d’Eau & Rivières de Bretagne se tiendra mercredi 28 novembre 2018 à la Chambre des métiers et de l’artisanat à Rennes (2 cours des alliés).

Eau et Rivières de Bretagne organise depuis 20 ans un colloque régional. Il rassemble 150 personnes issues à la fois du mouvement associatif et militant, des techniciens de collectivités, des agents des services de l’État, des élus…

Le plateau des intervenants et les échanges informels issus de cette mixité des publics faisant de cet événement, un lieu ou la notion de dialogue environnemental prend tout son sens !

Programme de la journée:

9h45 : Introduction

  • A. BONNEC, Président d’Eau & Rivières de Bretagne

10h : La pression des prélèvements sur la ressource en Bretagne

  • O. NAULEAU, Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement

11h10 : Le meilleur traitement est celui qu’on n’a pas à faire

  • Y. NADESAN, Président de la Collectivité Eau du Bassin Rennais

11h40 : Eau souterraine : État de la connaissance, opportunités et limites

  • M. BARDEAU, Directrice du Bureau de Recherches Géologiques et Minière

14h00 : Eau potable : Réglementation, qualité des eaux potables en Bretagne

  • Agence Régionale de la Santé (sous réserve de modification)

14h40 : Nouveaux polluants : la santé des usagers et consommateurs en péril ?

  • M. DUCHEMIN, Ingénieur sanitaire membre de l’académie de l’eau

15h40 : Usages de l’eau et l’aménagement du territoire

  • Y. LE BAILLY, Association des Géographes de Bretagne

Consultez le programme détaillé

https://www.eau-et-rivieres.org/

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