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19 juin 2019 ~ 0 Commentaire

coquillages (cnrs)

coquilles

Coquillages, les sentinelles des océans

La quête d’indices sur le réchauffement climatique conduit les chercheurs jusqu’aux eaux froides du Groenland. Pollution, température de l’eau, concentration en oxygène… Coquilles Saint-Jacques et autres bivalves constituent de précieuses archives sur l’environnement et le climat. Des chercheurs bretons, à l’origine de cette découverte, parcourent les mers pour les étudier. À partir du 22 juin, rendez-vous à Brest pour découvrir leurs travaux aux pôles présentés lors de l’exposition Arctic Blues.

Brest, à la pointe ouest de la Bretagne. Tout commence dans le Finistère.

Depuis ce bout du monde avancé dans l’océan Atlantique, les chercheurs du Laboratoire international associé Benthic Biodiversity Ecology, Sciences and Technologies (LIA BeBest)1 partent régulièrement explorer les mers du globe, de l’île ­d’Ouessant au Maroc, de la Nouvelle-Calédonie à ­l’Antarctique en passant par la Mauritanie. Leur quête est surprenante : ils sont à la recherche de mollusques bivalves de la famille des pectinidés. Notamment, les célèbres coquilles Saint-Jacques (Pecten maximus) et leurs cousins, les pétoncles.

Non par gourmandise, mais par soif de connaissances. Car depuis plus de vingt ans, ils ont découvert et démontré qu’il était possible d’utiliser ces animaux comme des archives environne-mentales. Température et salinité de l’eau, concentrations en oxygène ou en contaminants, état du phytoplancton dans leur environnement naturel…

« Leur squelette externe, c’est-à-dire leur coquille, enregistre toutes sortes d’informations écolo-giques très utiles à la compréhension des éco­systèmes côtiers », explique Laurent Chauvaud, directeur de recherche au Laboratoire des sciences de l’environnement marin2 et coordinateur de BeBest qui est issu de ce Laboratoire. À la clé, des quantités de données très utiles pour reconstituer les climats du passé, suivre le réchauffement actuel mais aussi les épisodes de pollution. Avec un sens du détail inédit : aujourd’hui, les bivalves nous renseignent sur l’environnement marin avec plus de précision temporelle que les cernes annuels de croissance d’un arbre sur terre, ou que les strates d’une carotte de glace pour les pôles !

Chaque jour, par exemple, Pecten maximus enregistre la température de l’eau de mer, à 0,5 °C près, à l’instar d’un thermomètre médical. Mieux encore : les chercheurs, dont le jeune docteur Pierre Poitevin de l’Université de Bretagne occidentale, ont réussi à faire parler le pétoncle géant de l’archipel Saint-Pierre-et-Miquelon, dans l’Atlantique. L’analyse de sa coquille livre des informations détaillées et précises, au quart d’heure près, sur son environnement !

Pour en arriver là, Laurent Chauvaud et son équipe ont appris année après année à décoder les informations archivées par les coquillages. Ils ont observé et mesuré les distances entre les microstries présentes à la surface des coquilles. Et sous la loupe binoculaire, ils ont enchaîné les découvertes : chaque distance séparant ces micro­stries est le résultat de la croissance journalière de la coquille observée et la diminution de ces distances est liée aux facteurs d’altération de cette croissance. Par exemple, un refroidissement de l’eau de mer.

Eau mitigée et nourriture équilibrée

La mise en évidence de cet impact de la température de l’eau remonte à l’an 2000, lors d’une plongée à Bergen, en Norvège. Plus pauvre en nitrates et autres sels nutritifs que les baies bretonnes, ce littoral nordique leur a permis d’établir une corrélation entre les ralentissements de croissance et les jours précis d’upwelling (­remontées brutales d’eau froide), le temps d’une journée d’été, sous l’effet de forts vents de nord-est, ­parallèles à la côte3.

« Les coquilles norvégiennes présentaient, ces jours-là, des accidents de croissance, se souvient le chercheur. Comme tétanisées par l’eau froide, elles n’avaient grandi que de l’équivalent d’une strie d’hiver en plein mois de juillet ! » Une nouvelle approche était née : l’étude des stries des Saint-Jacques.

Nos Champollion des océans ont découvert un autre facteur jouant sur la distance entre les stries : une dégradation brutale de la nourriture des mollusques. En effet, quand survient une efflorescence (un bloom) d’algues toxiques ou, comme souvent en Bretagne, un excès de phytoplancton (dû aux nitrates des effluents agricoles), pourtant le plat préféré des Saint-Jacques, leur coquille croît moins vite, voire plus du tout.

Étude de la composition chimique

Ce sont les travaux du biogéochimiste et écologue Julien Thébault, en Nouvelle-Calédonie, qui ont permis cette avancée. Sur place, les chercheurs voulaient savoir si l’exploitation de la réserve de nickel avait contaminé l’un des plus beaux lagons du monde, abritant 25 espèces de pectinidés.

Rapidement, les chercheurs prennent conscience des précieuses archives qui leur tendent les bras. Car ces coquillages sont présents, à foison, du Maroc à la Norvège, jusqu’à 500 mètres de profondeur, et depuis 25 millions ­d’années ! De quoi les aider dans leurs « enquêtes » sur le réchauffement climatique ou l’histoire des éco­systèmes de la planète.

L’indic qui venait du froid

Mais les précieuses informations que fournit la coquille Saint-Jacques ne suffisent plus à satis-faire l’appétit de connaissances des chercheurs du LIA BeBest. En cause ? Sa courte durée de vie : de quatre à cinq ans.

À la recherche d’archives contenant des périodes de temps longues, qui permettront de statuer sur l’impact de changements globaux, comme l’actuel réchauffement climatique, les scientifiques convoitent des bivalves longévives : la Laternula d’Antarctique, quadragénaire ; l’amande de mer Glycimeris glycimeris de la rade de Brest, dont la durée de vie est comprise entre 70 et 80 ans ; la mye Mya truncata de l’Arctique, l’Astarte ou le pitot Cyrtodaria siliqua, de fringants cente-naires ; et, surtout, la palourde noire de Saint-Pierre-et-Miquelon, Arctica islandica : 500 ans de durée de vie !

« Arctica islandica est un véritable parchemin !, s’enthousiasme Laurent Chauvaud. Depuis plusieurs siècles, cet animal endogé (qui vit dans le sédiment, NDLR), filtreur et immobile, enregistre, dans le carbonate de calcium de sa coquille, et au rythme d’une strie annuelle, des informations qui vont permettre de décrire l’environnement des eaux de la façade ouest de l’Atlantique nord. »

Révélateurs de pollution

Si les mollusques recèlent de précieuses données climatiques, ils peuvent aussi être diserts sur les pollutions qui touchent leur environnement. C’est d’ailleurs le point de départ des travaux de nos scientifiques.

Au début des années 1980, confrontés à la raréfaction des populations de Saint-Jacques, les pêcheurs de la rade de Brest alertent les enseignants-chercheurs de ­l’Université de Bretagne occidentale et les chercheurs du Centre national d’exploitation des océans (Cnexo, futur Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, ou Ifremer), afin de comprendre pourquoi cette espèce a disparu d’un écosystème pourtant si ­favorable à l’origine. Les chercheurs identifient les causes : rejets en excès de nitrates et efflorescences d’algues toxiques.

Depuis ces premiers pas, les cas d’étude se sont multipliés, souvent à la demande des professionnels et des élus locaux. Les scientifiques ont par exemple étudié les coquillages de Belle-Île-en-Mer, dans le Morbihan, ayant vécu au début du XXIe siècle, pour en apprendre davantage sur la pollution sous-marine consécutive au naufrage du pétrolier Erika, en décembre 1999.

Pour Laurent Chauvaud, cela ne fait aucun doute : mollusques et coquilles constituent un trésor scientifique dont il faut prendre soin. En témoigne la « pectothèque » comme l’appelle le chercheur, bien à l’abri dans les caves de l’Université. « Trente années de coquilles ­Saint-Jacques y sont aujourd’hui archivées. Autant d’indicateurs fiables, et ­journaliers, de leur croissance, de la ­température de l’eau, de la variation du phytoplancton ! » Leur archivage pourrait aussi ouvrir de nouvelles voies.

À la croisée des regards

Mais pour Laurent Chauvaud, le travail du scientifique ne doit pas s’arrêter là. Sa mission est bien sûr de transmettre mais aussi d’alerter les citoyens des changements et des risques en cours. Le déclic se fait durant une plongée polaire où il est saisi d’effroi. « L’effroi devant la certitude de la catastrophe », précise-t-il. Comment, pour un scientifique qui n’en a pas l’habitude, trouver les mots, dépasser son inconfort émotionnel, raconter sa stupeur devant l’énormité d’un changement climatique ?

 À Brest, à partir de juin, une exposition permettra au grand public de découvrir ces recherches grâce aux images, aux installations et aux créations sonores de ces artistes. Et de changer notre regard sur ces précieux témoins qui peuplent les littoraux et les fonds marins du monde entier. ♦

Arctic Blues : les pôles s’exposent à Brest

À partir du 22 juin, les Ateliers des Capucins à Brest accueillent l’exposition Arctic Blues, construite autour des missions aux pôles de l’équipe du LIA BeBest. Ce projet est réalisé en collaboration avec La Carène, scène des musiques actuelles de Brest. Le CNRS, aux côtés des Ateliers des Capucins, de Brest Métropole et d’autres institutions, est partenaire de cet événe-ment, dont le commissariat est assuré par Emmanuelle Hascoët. L’exposition Arctic Blues s’inscrit dans un ensemble de manifestations organisées cet été dans les espaces culturels brestois et rassemblées par la métropole sous le label : Bleu comme Brest. Une odyssée entre science et culture. (Résumé voir lien)

14.06.2019 Gaël Hautemulle

https://lejournal.cnrs.fr/

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19 juin 2019 ~ 0 Commentaire

commana (fr3)

vacharan

Un projet de ferme-usine à Commana inquiète les écologistes

Le projet d’extension d’un élevage laitier du Finistère, qui passerait de 140 à 400 vaches, constitue « une menace sans précédent » pour un lac et une rivière alimentant en eau potable le tiers de la population du département, selon l’association Eau et Rivières de Bretagne.

Le Gaec Tourmel à Commana, au coeur du site naturel des Monts d’Arrée, souhaite augmenter son cheptel de 140 à 400 bovins, dont 320 vaches laitières. « Ce projet constitue une menace sans précédent pour le lac du Drennec et l’Elorn », assure l’association de protection de l’environnement dans un communiqué, rappelant que ce lac et ce fleuve qui se jette dans la rade de Brest, contribuent à l’alimentation en eau potable de plus de 300 000 consommateurs.

Au coeur du parc naturel régional d’Armorique, en zone Natura 2000, ce projet fait l’objet d’une consultation publique. Close le 14 juin, ses résultats ne sont pas encore connus.

Les écologistes d’EELV de Bretagne regrettent également ce projet, qualifié de « déraisonnable » dans un communiqué. « EELV s’oppose depuis toujours aux FERMES USINES au coeur du site naturel des Monts d’Arrée, château d’eau du Finistère », notent-ils.

Ils considèrent ce projet d’extension « en totale contradiction avec les exigences du climat et du simple principe de précaution qui voudrait que cette zone sensible reste le lieu d’une agriculture diversifiée et respectueuse des hommes et des milieux ».

19/06/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr

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17 juin 2019 ~ 0 Commentaire

quimper (gilets jeunes)

gilets

« LA SANTE PUBLIQUE EST EN DANGER DE MORT »

Depuis des années les suppressions de lits,les fermetures de maternités,de services d’hôpitaux,la diminution des personnels, mettent à mal l’accueil et le soin des patientEs en milieu hospitalier.

Des déserts sanitaires s’installent !

Depuis des années, les franchises (consultations,médicaments), les dépassements d’hono-raires,la multiplication des frais annexes font que la santé coûte de plus en plus cher pour toutes et tous.

La survie de nos anciens et la qualité des prises en charge sont menacées dans des EHPAD qui manquent cruellement de moyens !

Les services d’urgence dans les hôpitaux sont arrivés à un point de rupture et les professionnels sont en grande souffrance.

En réduisant les recettes de la sécurité sociale par la baisse des cotisations sociales sans contrepartie,le gouvernement Macron poursuit l’étranglement financier de l’hôpital public et dégrade l’accés aux soins pour mieux rentabiliser et privatiser ce secteur essentiel à la vie de toutes et tous.

A ces dégradations, à cette souffrance, à ce chaos qui vient Macron et Agnès Buzin répondent une fois de plus par le mépris,voire des mesures de réquisition !

Aujourd’hui défendre la santé et l’accès à des soins de qualité doit être l’affaire de toutes et tous, personnels, usagers, patients ou futurs patients…

Parce que la SANTE EST UN DROIT, PAS UNE MARCHANDISE,

SOUTIEN AUX PERSONNELS EN LUTTE DE LA SANTE ET DU SOCIAL.

Venez nous rencontrer au rond-point de Troyalac’h

Les mercredis soirs à 20h en A.G à l’ancien tribunal desprud’hommes

87 avenue Léon Blum 29000 Quimper

Les samedis à partir de 14h Place de la Résistance au café des Gilets Jaunes

Communiqué n° 9 de l’assemblée Gilet Jaune de Quimper

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17 juin 2019 ~ 0 Commentaire

ferme usine (eaux et rivières)

vacharan

Pas de ferme usine dans les Monts d’Arrée !

C’est à Commana, en plein cœur des Monts d’Arrée, à 3 kms du lac du Drennec, qu’un agriculteur, malheureusement bien connu des militants associatifs locaux et de l’administration, projette d’agrandir son exploitation pour alimenter son méthaniseur. Il passerait de 140 vaches laitières à 400 bovins… en plus des 37.000 dindes qu’il possède déjà !

Ce projet est présenté sur le papier comme n’ayant pas d’impact négatif notable sur l’environnement. Or, avec près de 7km de talus supprimés, aucun plan de surveillance des déversements accidentels d’élevage, aucune précision sur la nature d’éventuels travaux de rétention, aucune donnée relative à l’impact des prélèvements d’eau sur la ressource… on est en droit d’en douter !

Pour alimenter ce méthaniseur par l’intégralité des déjections animales, vaches et génisses n’auraient plus accès à l’herbe et seraient enfermées en stabulation sur caillebotis ou aire paillée. Les (in)digestats seraient en partie épandus sur des ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique), en amont du Lac du Drennec, une ressource stratégique qui contribue à l’alimentation en eau potable de 350.000 habitants !

Les expériences pourtant bien connues de Munich ou Vittel montrent que protection de la ressource en eau et agriculture peuvent cohabiter et doivent servir de modèle pour préserver le château des finistériens.

Autoriser un projet de cette envergure au cœur d’un environnement sensible et vital pour l’ensemble du nord Finistère serait de nature à remettre en cause l’ensemble des travaux menées par les acteurs locaux. Eau & Rivières de Bretagne a d’ailleurs exprimé son opposition dans le cadre de la consultation publique qui s’est terminée ce vendredi 14 juin.

Lire la déposition d’Eau & Rivières de Bretagne

Signer la pétition contre ce projet aberrant !

https://www.eau-et-rivieres.org/

ennemo bio

Pendant ce temps-là, à quelques centaines de mètres de la mer…

Bastien Moysan, pêcheur-paysan de Daoulas, cultive ses terres en agriculture biologique depuis 15 ans. Suite à la récente vente de 30 ha de ces terres aux enchères, il risque de se voir confisquer son outil de travail…

Aujourd’hui, personne ne peut garantir que les terres lui reviendront, ni qu’elles resteront en bio ! Plusieurs agriculteurs conventionnels convoitent en effet ces terres jusque-là préservées… Située en rade de Brest, cette petite ferme constitue pourtant une bouffée d’oxygène pour la biodiversité et participe à la préservation de la vie aquatique. Vous voyez bien que c’est possible !

Signer la pétition pour soutenir la démarche de Bastien

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13 juin 2019 ~ 0 Commentaire

mer (bretagne vivante)

macron

Document stratégique de façade, c’est Non !

Stratégie de l’État en mer : où est l’ambition environnementale

Les associations de protection de la nature (*) émettent un avis négatif sur le Document Stratégique de Façade, qui sera proposé au vote du Conseil Maritime de la Façade bretonne et ligérienne le 5 juin 2019 à Brest. Les objectifs économiques prennent le pas sur les enjeux écologiques : c’est aujourd’hui inacceptable. Il faut une stratégie économique, sociale ET écologique pour que la mer se développe durablement dans le respect des écosystèmes marins.

C’est l’avenir de la mer qui se joue

Nos associations constatent positivement que l’État a su mobiliser le monde scientifique et ses services pour élaborer un état des lieux de bonne facture. Mais au-delà de cet état des lieux,  l’enjeu stratégique pour l’État est double : en même temps mettre en place les conditions d’un développement de l’économie bleue et garantir un bon état écologique du milieu marin dans le cadre de la transition écologique pour la mer et le littoral. Pour Gérard Prodhomme de Bretagne Vivante « C’est l’avenir de la mer et du littoral bretons et ligériens qui se joue-là ».

Et le compte n’y est pas

Nos associations constatent des insuffisances dans l’approche suivie par l’État pour la réalisa-tion du Document Stratégique de Façade, première étape de la planification marine et littorale.
L’impact des activités humaines sur les écosystèmes, les espèces et les habitats présents sur le littoral ligérien et breton n’a pas été évalué.

Cette analyse doit impliquer tous les acteurs de la mer. Pour Denez L’Hostis de FBNE, « elle est indispensable si on veut le maintien ou le développement d’activités existantes et surtout un développement durable de l’économie bleue s’appuyant sur les trois piliers : économique, social et environnemental ».

Par ailleurs, le document ne prend pas suffisamment en compte le lien terre-mer et les enjeux des territoires littoraux dont la qualité des eaux et les pressions de l’urbanisme. 90% des pollu-tions marines côtières proviennent du domaine terrestre, la stratégie maritime a vocation à investir le domaine terrestre pour résoudre les problèmes de pollution en mer.

Comme le précise Jean-Yves Piriou d’Eau et Rivières de Bretagne, « il manque une gouvernan-ce et une ambition partagées entre les objectifs du Document stratégique de la façade NAMO et les objectifs du Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux Loire-Bretagne vis-à-vis des masses d’eau côtières qui, selon les directives européennes sur l’eau et le milieu marin, doivent atteindre le bon état écologique en 2027 ».

De plus, la carte présentant les objectifs stratégiques dite « carte des vocations » est essentiel-lement centrée sur des priorités économiques au détriment des priorités écologiques. Cela crée un biais dans la définition des objectifs stratégiques. Dans les zones côtières, les vocations prioritaires retenues sont l’aquaculture, la pêche, les industries portuaires, le transport, les activités nautiques. Les objectifs environnementaux et les objectifs socio-économiques n’ont pas été traités sur un pied d’égalité.

Enfin, la spécificité et le rôle des zones protégées ou réglementées – sites Natura 2000 en mer, réserves naturelles marines, réserves de biosphère, schémas de mise en valeur de la mer – ne sont pas pris en compte dans l’analyse des contraintes d’usages et des pressions anthropiques.

Pour Elodie Martinie-Cousty pilote du réseau Océans, Mers et littoraux de FNE, « la mer n’a pas de frontières et ce  Document Stratégique de Façade  ne comporte pas d’évaluation des interactions avec les mers territoriales adjacentes : Manche Est et Sud Aquitaine. Cette vision en silo au regard des enjeux climatiques et de la remontée des espèces halieutiques vers le Nord doit pourtant être regardée avec une vision stratégique, tout comme la distribution des pollutions et les effets cumulés des pressions inter sous-régions marines ».

L’avis des associations de protection de la nature est défavorable

Les associations de protection de la nature ont participé à la concertation et ont fait des propo-sitions dont certaines ont été retenues. Armelle Jung de l’association des Requins et des Hommes souligne « Nous sommes tous concernés : c’est l’ensemble de la société civile qui connaîtra dans sa vie quotidienne les conséquences des choix stratégiques qui vont être faits : qualité des eaux côtières, emplois, lutte contre l’érosion du littoral, préservation des ressources marines ».

Les associations s’inquiètent fortement que le Document Stratégique de Façade NAMO ne garantisse pas l’atteinte du bon état écologique de la mer. Elles jugent l’ambition stratégique trop timide et constatent que la stratégie de la façade ne permettra pas de respecter la Directive européenne sur le Milieu Marin.

En l’état actuel, les associations membres de FNE expriment donc un avis défavorable sur le document stratégique de façade NAMO mais restent ouvertes au dialogue pour tenter d’atteindre les objectifs fixés par la stratégie nationale mer et littoral.

(*) : Bretagne-Vivante, Eau et Rivières de Bretagne, Fédération Bretagne Nature Environnement, FNE Pays de Loire, Des Requins et Des Hommes, toutes membres de France Nature Environnement

lundi 3 juin 2019

https://www.bretagne-vivante.org/

Lire aussi:

La Comisión Europea sigue avalando la sobrepesca (Ecologistas)

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13 juin 2019 ~ 0 Commentaire

contre g7 (attac)

attac

Contre-G7, pour un autre monde

Du 19 au 26 août à Hendaye, mobilisons-nous et organisons-nous face au grand incendie du capitalisme!

Du 24 au 26 août, 7 des chefs des États parmi les plus riches de la planète se retrouvent à Biarritz sous la présidence de la France. De plus en plus autoritaires et bellicistes, ces 7 grands pyromanes se rencontrent pour perpétuer un système au service des plus riches et des multinationales. Il est temps de stopper ces incendiaires de la planète. Face à leurs faux discours, il est nécessaire de nous mobiliser au Pays Basque pour nous y opposer par nos idées, nos alternatives et nos luttes et imposer l’urgence écologique et sociale.

  • Du 19 au 24 août, village des alternatives (Urrugne, Hendaye, Irun) ;
  • Les 21,22 et 23 août, contre-sommet du G7
  • Samedi 24 août manifestation à Irun-Hendaye
  • Dimanche 25 août à midi : constitution d’une zone arc-en ciel par des rassemblements pacifiques dans 7 places du Pays basque pour la liberté de manifester.

Durant le contre-sommet des conférences, débats, constructions de résistances se dérouleront à l’initiative de nombreux mouvements, associations, syndicats (etc) du Pays Basque et d’ailleurs. Ce sera un point de convergence important des combats qui ont marqué l’année et de construction de nos futures mobilisations. Les débats seront structurés autour de 7 espaces représentant 7 brasiers du capitalisme :

  • Pour un autre monde, sortons du capitalisme et de la dictature des multinationales
  • Contre la destruction de notre planète, protégeons la terre, défendons le vivant
  • Pour un monde radicalement féministe, à bas le patriarcat
  • Respectons la diversité et la liberté des peuples, pour un monde décolonial et sans discriminations
  • Pour une démocratie sociale et les mêmes droits pour toutes et tous, à bas l’autoritarisme
  • Pour un monde juste et basé sur la solidarité entre les peuples, à bas les guerres et l’impérialisme
  • Personne n’est illégal sur cette planète, abolition des frontières pour les êtres humains

Ce contre-sommet sera l’occasion de partager des solutions concrètes pour une politique mondiale qui lutte efficacement contre les inégalités, la pauvreté, et les désastres écologiques et climatiques. Rejoignez la plateforme Alternatives G7 pour envisager ensemble un monde social et juste, respectueux des différences et de l’environnement.

mercredi 12 juin 2019

Pour participer à la mobilisation avec Attac: mobilisationg7@attac.org.

https://alternativesg7.org

https://france.attac.org/

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09 juin 2019 ~ 0 Commentaire

québec (gauche socialiste)

quebec

STRATEGIE REVOLUTIONNAIRE DANS L’ETAT CANADIEN

Là ou la décentralisation relative de l’Etat canadien et la fragmentation régionale de son économie a créé une situation potentiellement explosive, potentiellement dangereuse pour l’impérialisme canadien, c’est au Québec. Dans ce cas-ci, la fragmentation économique et régionale de l’Etat canadien ainsi que l’existence d’un appareil d’Etat provincial se sont conjuguées avec la question nationale pour déterminer un type d’insertion très spécifique du Québec dans la Confédération canadienne.

L’appareil d’Etat québécois est un phénomène contradictoire. D’une part, il est partie intégrante de l’appareil d’Etat canadien, au même titre que les autres appareils d’Etat provinciaux. En ce sens, il est le relai de la domination impérialiste canadienne sur le Québec. D’autre part, précisé-ment à cause des pouvoirs qui lui ont été concédés par la bourgeoisie canadienne, précisément parce que c’est le seul corps gouvernemental au sein de l’Etat canadien qui peut être « contrôlé » par la nation québécoise, il est perçu par les masses québécoise comme une institution nationale.

L’Etat provincial est donc à la fois un relai de la politique impérialiste et un canal d’expression des aspirations nationales des masses québécoises. C’est ce qui détermine la forme de ces aspirations nationales comme nationalistes québécoises plutôt que nationalistes canadiennes françaises et qui définit ces aspirations par rapport au territoire du Québec. C’est là le fondement du caractère indépendantiste que tend à prend la volonté d’autodétermination.

A un autre niveau, chaque pas dans la construction de l’Etat canadien a été précédé par l’annexion et la conquête des territoire des habitants déjà établis sur différents portions de ce qui constitue actuellement son territoire. La conquête et l’oppression des divers peuples étaient la précondition politique à la fondation d’un Etat bourgeois unifié au Canada. La poursuite et le maintien de cette oppression demeure une nécessité absolue à la survie de cet Etat. Malgré la brutalité du processus, le capitalisme canadien n’a réalisé ni l’assimilation de ces peuples, ni le peuplement d’une partie des terres qu’il a annexées. C’est le cas pour les Acadiens, les nations amérindiennes, les Inuits et les Québécois-e-s.

Les limitations de cette conquête sont les plus visibles au Québec où les effets de la Conquête furent de stimuler et d’accélérer le développement d’une nation distincte qui possède non seule-ment un territoire et une langue distinctes, mais aussi une une structure sociale et économique qui lui est particulière.

La nation québécoise constitue la plus importante des nations opprimées dans l’Etat canadien. Cette oppression nationale s’articule d’abord aux niveaux politique et culturel. Le Québec n’a jamais décidé librement de son entrée dans la confédération canadienne. La constitution actuelle ne reconnait pas le droit du Québec à l’auto-détermination ni même son existence comme nation distincte. Au niveau linguistique et culturel, les Québécois-e-s sont victimes de discrimination. L’anglais reste au Québec même la langue de la promotion sociale. Les velléités de défendre les lois linguistiques, l’adoption de la loi 101, a fait l’objet d’attaques constantes pas les tribunaux fédéraux.

La bourgeoisie canadienne a composé encore moins avec les autres minorités nationales. Elles s’est contentée de les parquer, de nier tous leurs droits et de viser à leur assimilation. Mainte-nues sous un règne colonial, les nations amérindiennes et Inuit vivent dans des conditions de misère : les conditions de logement et de santé sont déplorables.

Non seulement on nie leur droit à l’autodétermination mais les administrations tant fédérale que provinciales ont toujours cherché à obtenir l’extinction de leurs droits territoriaux. La volonté de la bourgeoisie impérialiste de se réserver le contrôle absolu des ressources énergétiques et minières du grand nord canadien exerce une pression sur les gouvernement canadien et provinciaux pour qu’ils refusent de reconnaître les droits nationaux des autochtones.

La classe ouvrière québécoise et la question nationale.

La classe ouvrière québécoise a des origines complètement différentes de la classe ouvrière canadienne anglaise. Tandis que cette dernière est le produit d’une immigration relativement récente venant de la Grande-Bretagne et de l’Europe, la classe ouvrière québécoise se constitue par la prolétarisation d’une paysannerie catholique devenue conservatrice après la défaite de 1837.

C’est également à cette époque que le clergé catholique devait finalement prendre le dessus. Ce procesus de prolétarisation devait prendre son envol à la fin du 19è siècle. Les caractéristiques propres de ce prolétariat national découlent de ses origines, de la forme du développement du capitalisme (marquée par le renforcement de la domination impérialiste) et par l’existence d’une main-d’oeuvre nationale séparée (étant donné à la fois les facteurs linguistiques et économi-ques).

Les grosses concentrations ouvrières se retrouvent dans l’aluminium, les pâtes et papier, les équipements électriques, les textiles, les mines et la construction. Cependant comparativement aux classes ouvrières des pays capitalistes avancés, ces concentrations restes limitées. La majorité de la classe ouvrière est dispersé dans plusieurs milliers de petites et moyennes entreprises.

Le prolétariat recouvre également les travailleuses et les travailleurs du secteur public qui comptent près de 435 000 personnes. Il ne faut pas oublier les travailleuses et les travailleurs des services privés : restauration, communication, transports, finance, services… dont le personnel d’exécution doit être considérée comme faisant partie de la classe ouvrière. Il faut aussi ajouter les chômeuses, chomeurs et assisté-e-s sociales et sociaux qui comptent près de 1 million de personnes. Socialement très diversifiée, l’unité de la classe ouvrière québécoise est actuellement l’unité dans la soumission aux forces nationalistes populistes sur le plan politique. Sur le plan syndical, la division règne.

L’oppression nationale du Québec ne se réduit pas à une addition de manifestations spécifiques de l’oppression dans le domaine économique, social, linguistique et culturel. Elle se manifeste d’abord par le fait que le Québec est emprisonné dans un carcan qui l’empêche de choisir libre-ment son destin et qui l’empêche de contrer les différentes facette de l’oppression nationale. Des couches importantes des masses québécoises ont pris conscience de cette réalité et ne cher-chent plus une solution dans le sens de la récupération de pouvoirs pour le gouvernement du Québec, mais par la volonté de rupture avec l’Etat fédéral. C’est pourquoi, on peut dire que l’oppression nationale déterminent chez les larges masses un mode de radicalisation nationaliste et populiste.

Mais la forme que prend la politisation de la classe ouvrière n’est pas d’abord déterminée par l’oppression nationale. La forme que prend le nationalisme populiste est d’abord déterminée par la structuration du champ politique. Un vague instinct anti-impérialiste toujours présent dans la nation dominée se trouve accentué par l’ensemble des facteurs qui donnent lieu à la montée des luttes ouvrières.

C’est là la base de l’utilisation du discours nationaliste par les forces bourgeoises et petites bourgeoises visant à développer leur hégémonie sur la classe ouvrière et les couches populaires au Québec. Ce discours tire sa force de conviction parce qu’il propose une solution « québécoise » à l’oppression nationale et aux revendications des masses.

Le poids de l’idéologie nationale et populiste, conséquente de l’oppression nationale a constitué un obstacle décisif au développement de l’autonomie de la classe ouvrière au Québec. Histori-quement, la fraction social-démocrate du mouvement syndicale, à cause de son incompréhen-sion de la question syndicale n’a jamais pu lancer avec un succès un parti ouvrier réformiste.

D’autre part, pour le prolétariat et les masses populaires au Québec, l’indépendantisme contem-porain a constitué l’enveloppe de leur indignation sociale, de leur refus de la situation qui lui était fait. La montée de l’indépendantisme dans la classe ouvrière a été l’expression de la radicalisa-tion sociale profonde produite par les effets de la domination impérialiste.

Le sens et la nécessité de la lutte pour l’indépendance du Québec

La lutte des classes au Québec et le rôle particulier que joue la question nationale dans l’Etat canadien font de l’indépendance un des éléments clés pour la destruction de l’Etat impérialiste canadien et pour commencer à jeter les bases du socialisme à l’échelle de tout le territoire de cet Etat.

Le Québec est un maillon faible de l’impérialisme canadien. Economiquement, l’impérialisme canadien a besoin de conserver le Québec comme une liaison territoriale avec les provinces maritimes et son débouché sur l’Atlantique de même que sur la voie maritime du St-Laurent.

Le Québec représente presque 30% du marché intérieur canadien. Il constitue un des principaux centre d’extraction des richesses naturelles pour l’économie canadienne. La création d’un Etat indépendant créerait des contradictions économiques considérables pour l’impérialisme cana-dien. Politiquement en affaiblissant l’Etat canadien central, l’indépendance du Québec exacer-berait la fragmentation économique et régionale du pays.

L’Etat canadien tel qu’historiquement constitué serait atteint au coeur même de ses fondements. Socialement, l’affaiblissement économique et politique de la bourgeoisie canadienne créerait des conditions plus favorables à la lutte des classes au Canada même. Un des principaux ciments à la collaboration de classe au Canada-anglais, le mythe de l’ »unité nationale », le front interclassiste pour la subjugation nationale du Québec serait détruit.

Dans une société où toute la vie politique a été dominée depuis des siècles par la question nationale, il est inévitable que la classe ouvrière atteindra son indépendance de classe autour de l’axe de sa propre solution prolétarienne à la question nationale. La mobilisation révolutionnaire de la classe ouvrière québécoise suppose nécessairement sa mobilisation sur un axe de libéra-tion nationale, car l’oppression nationale et la lutte contre elle sont des réalités qui se posent nécessairement à la classe ouvrière québécoise et qu’on ne peut pas mettre de côté en attendant le renversement de l’Etat canadien dans son son ensemble.

La perpective indépendantiste constitue pour les masses québécoises la concrétisation la plus claire de la rupture avec la confédération impérialiste ; elle dresse directement la classe ouvrière directement contre les intérêts de la bourgeoisie canadienne et contre l’instrument central de sa domination politique sur le Québec et les classes ouvrières des deux nations, l’Etat fédéral.

L’indépendantisme remet en question la survie même de la structure étatique canadienne telle qu’on la connait. Plus immédiatement, un mouvement indépendantiste prolétarien de masse détruirait le mythe de l’unité nationale canadienne, révèlerait le caractère de « prison des peuples » de la confédération canadienne et exacerberaient l’ensemble des contradictions qui traversent déjà la structure étatique de l’Etat impérialiste canadien.

Lutte pour l’indépendance de classe passe par le fait que la classe ouvrière arrache la direction du mouvement national au forces bourgeoises et petites bourgeoises. En effet, la bourgeoisie québécoise est incapable de mener la lutte indépendantiste qui impliquerait une rupture frontale avec l’impérialisme canadien. L’histoire du PQ dans la dernière décennie est la démonstration de cette thèse.

Seule la classe ouvrière peut mener cette lutte jusqu’au bout. La reprise de la lutte pour l’indépendance par le mouvement ouvrier et les masses populaires permettrait d’arracher les masses à l’influence des forces nationalistes bourgeoises et petites-bourgeoises qui se cantonnent dans l’autonomisme. (Extraits)

G.S.1989

dimanche 8 septembre 2002 Gauche socialiste

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04 juin 2019 ~ 0 Commentaire

langues régionales (l’express)

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Langues régionales, quand Blanquer s’égare
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Le ministre de l’Education a très sérieusement affirmé que les élèves des écoles « immersives » – dans lesquelles tous les cours ont lieu en langue régionale – risquaient « d’ignorer la langue française . » Aberrant.
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Il est étonnant de voir à quel point des hommes intelligents et cultivés peuvent prononcer des énormités quand ils abordent le sujet des langues minoritaires. Prenez Jean-Michel Blanquer. On peut penser ce que l’on veut du ministre de l’Education nationale, mais nul ne peut nier que cet homme titulaire des plus beaux diplômes (Sciences po, agrégation de droit public, maîtrise de philosophie, DEA en sciences politiques…) dispose d’un esprit à peu près structuré.
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Eh bien, voyez ce qu’il a déclaré au Sénat le 21 mai à propos des écoles dites « immersives » comme celles du réseau Diwan – dans lesquels tous les enseignements ont lieu en breton : « D’un point de vue pédagogique, il y aurait beaucoup à discuter autour de ça. On pourrait arriver à dire que cognitivement, ce n’est pas si bon que ça, précisément si l’enfant est mis dans la situation d’ignorer la langue française. »
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« Si l’enfant est mis dans la situation d’ignorer la langue française »… Vous avez bien lu. Voici un ministre de premier plan qui affirme péremptoirement qu’il existe en France des enfants qui pourraient ne s’exprimer qu’en breton.
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Des jeunes qui vivraient dans des villes et des villages où nul ne parlerait français ; qui n’utiliseraient jamais internet ou alors uniquement pour surfer sur des sites en brezoneg; qui écouteraient uniquement de vieilles complaintes de marins de Douarnenez ou de Landerneau ; dont la famille comme les amis recourraient exclusivement à la langue historique de leur région.
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Bref, de pauvres hères « mis dans la situation d’ignorer la langue française ». On en rirait si le même homme n’était aux manettes de l’Education nationale et ne s’employait avec constance à mettre des bâtons dans les roues des langues minoritaires, en particulier avec sa réforme du lycée.
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Aussi n’est-il peut-être pas inutile de rappeler à notre bon ministre quelques vérités triviales :
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1) Dans la France de ce début du XXIe siècle, tous les enfants baignent dans un bain francophone, en tout cas en métropole. Mais si Jean-Michel Blanquer connaît ne serait-ce qu’un hameau isolé où un enfant userait exclusivement du breton, qu’il me l’indique. Je serais ravi d’y effectuer un reportage original qui me rapportera sans nul doute le prix Albert Londres.
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2) Deux ou trois heures dispensées ici ou là ne suffisent pas pour maîtriser un idiome. La seule méthode efficace est en effet celle de l’immersion, qui consiste à ce que tous les cours, mais aussi les activités annexes (cantine, récréation, etc) aient lieu en langue régionale.
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3) Ces écoles immersives ne seraient pas indispensables si l’Etat n’avait pas tout fait depuis des décennies pour mettre fin à la transmission familiale des langues minoritaires et s’il ne leur réservait une place aussi étique dans l’enseignement public.
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4) Un enfant surpris à parler français dans une école Diwan n’est jamais puni. On aurait aimé pouvoir en dire autant des enfants utilisant le breton dans les écoles de la République.
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5) Toutes les études le montrent : cette pédagogie ne menace aucunement la réussite scolaire des élèves, bien au contraire. Selon les écoles Diwan, les résultats de leurs élèves mesurés lors des évaluations nationales (CE2 et 6e) sont globalement supérieurs aux moyennes nationales. Il en va de même pour leurs résultats au bac.
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6) Devant les réactions indignées suscitées par ses déclarations maladroites, le ministre a publié un communiqué de rattrapage estimant qu’une évaluation « en cours » devrait démontrer que l’apprentissage « d’une autre langue ne nuit nullement à l’acquisition du français, bien au contraire. » Suis-je de mauvaise foi si j’écris qu’il aurait été mieux inspiré d’attendre les conclusions de ladite étude avant de se prononcer sur un sujet que, visiblement, il connaît mal ?
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7) L’on sait désormais beaucoup de choses sur le bilinguisme, et notamment ceci. Passer d’une langue à l’autre dès son plus jeune âge est un fabuleux atout, non seulement pour en acquérir une troisième, voire une quatrième, mais aussi pour tous les exercices à caractère littéraire : grammaire, conjugaison, etc.
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Mieux : parce qu’il active différemment certaines aires cérébrales, le bilinguisme améliore la flexibilité mentale, la pensée abstraite, la mémoire de travail, la concentration… donc la réussite dans toutes les matières, y compris les maths ou la biologie.C’est d’ailleurs l’une des leçons des neurosciences, dont Jean-Michel Blanquer est théoriquement féru.
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Michel Feltin-Palas
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Lire aussi:
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01 juin 2019 ~ 0 Commentaire

expo (fr3)

plogoff

« Une » du journal « Rouge » de la LCR

De mai 68 à Notre-Dame-des-Landes, une exposition des luttes populaires de l’Ouest

Usines occupées, manifestations, affaire Plogoff, zone à défendre: des premiers soubresauts de mai 68 à Notre-Dames-des-Landes, l’exposition « Contre-vents », présentée à Saint-Nazaire jusqu’au 29 septembre, dresse une généalogie des luttes dans l’Ouest français, aux échos actuels.

A travers des archives de presse, des affiches, des reproductions de photos et des extraits cinématographiques sur lesquels plane une bande-sonore de chants militants, l’exposition « Contre-vents. Solidarités ouvrières, étudiantes et paysannes dans l’Ouest de la France: une généalogie » replace la Bretagne et la Loire-Atlantique au cœur de contestations sociales dont le retentissement a dépassé les frontières régionales.Car le vent de la colère s’est bel et bien levé à l’Ouest, où déjà en octobre 1967 à Quimper, quelque 20 000 manifestants défilaient contre la baisse des prix du lait et de la viande, et se confrontaient aux forces de l’ordre. »L’image de l’étudiant qui jette des pierres à Paris dans le Quartier latin est tout à fait réductrice, très minoritaire, or elle est ultra majoritaire dans la représentation qu’on a de mai 68, dans l’ima-ginaire collectif« , explique Guillaume Désanges, commissaire aux côtés de François Piron, de cette exposition visible au Grand Café, en accès libre.

Avant que la fronde ne gagne Paris, les préoccupations sociales se sont répandues dans la classe ouvrière et dans l’agriculture, en pleine industrialisation. « C’est en Loire-Atlantique qu’a eu lieu une connexion particulière dès les années 60, qui a amené à la création des paysans travailleurs et qui a mené à l’origine de la Confédération paysanne« , rappelle-t-il.

La ruralité se politise, commence aussi à réfléchir aux questions environnementales, le tout, note M. Désanges, « sur fond de catholicisme de l’Ouest, avec une forte identité bretonne » revendiquée.

De Plogoff à « NDDL » 
Des révoltes soixante-huitardes naîtront, quelques années plus tard, d’autres indignations: sur un petit écran, les images de la marée noire de l’Amoco Cadiz en 1978 captent le dépit des habitants qui s’emploient à nettoyer les plages. Des archives s’arrêtent également sur l’affaire Plogoff, du nom de ce village du Finistère qui fit de la résistance face au projet d’installation d’une centrale nucléaire, et obtint gain de cause.L’exposition, qui témoigne de victoires populaires et de solidarités, accorde une place particu-lière à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, fruit de ce terreau militant et preuve concrète d’une mobilisation qui conduisit l’État à abandonner, en janvier 2018, le projet d’aéroport.Cet espace, réalisé par des habitants de la ZAD à partir de palettes, de photos et d’innombrables coupures de presse, met en scène la réflexion, toujours actuelle, sur les modèles d’agriculture ou d’habitats alternatifs.

Accroché en hauteur, un gilet jaune siglé « Assemblée des assemblées » – qui a réuni en avril des centaines de « gilets jaunes » de toute la France à Saint-Nazaire – trône discrètement dans un coin… comme une occurrence furtive aux nouvelles luttes, hybrides, qui irriguent l’Ouest français et au-delà.

J.A  01/06/2019
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Mai 68 : cinq Bretons se souviennent 

Saint-Nazaire : les Gilets Jaunes réunis en Assemblée des assemblées 

Festival de Cannes : Plogoff sur la Croisette ! 

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01 juin 2019 ~ 0 Commentaire

trémargat (france info)

tremargat

L’Alter Tour à Trémargat

« On ne vit pas comme des ‘bobos »

Bienvenue à Trémargat, le village breton où l’on a toujours été écologiste

Depuis plus de quarante ans, la commune située dans les Côtes-d’Armor se distingue par son vote à contre-courant de la moyenne nationale. Aux européennes, les habitants ont voté à 38,79% pour EELV.

On ne vient pas à Trémargat par hasard. La commune bretonne se trouve dans un coin reculé des Côtes-d’Armor. Les habitants appellent ce territoire isolé le Kreiz Breiz ( Centre Bretagne) ou l’Argoat, « le pays des bois » et des rochers, où la terre pauvre et le climat rude n’attirent que les plus téméraires.

Le 26 mai, lors des européennes, les habitants de « Trem » ont voté à 38,71% pour EELV, le Rassemblement national n’a obtenu que 3 des 98 voix exprimées et LREM est arrivée dernière, avec une seule voix. Des résultats à contre-courant de la tendance nationale, mais habituels dans ce patelin de 200 habitants.

« L’écologie, c’est la base de tout », explique dans un sourire Marie-Jo, Trémargatoise depuis trente ans. Affairée dans le petit enclos communal où poussent menthe verte et persil,  l’agricultrice aux cheveux flamboyants attend une livraison de bois. « J’ai toujours réfléchi à notre façon de consommer. J’habite dans un chalet autonome, je me chauffe avec des panneaux solaires. Je n’ai aucun appareil électrique, pas de portable ou internet, explique celle qui se définit volontiers comme collapsologue.

Pour moi, l’effondrement a déjà commencé. Les catastrophes dites ‘naturelles’ ne le sont pas, elles sont liées à la surexploitation de notre Terre. Marie-Jo, habitante de Trémargat

Le 26 mai, Marie-Jo a donc voté pour les écologistes d’EELV, « valeur sûre » à ses yeux, mais sans engouement particulier pour le parti non plus. « Ils sont au plus près de mes idées, mais est-ce qu’ils veulent vraiment remettre en question notre système basé sur le pétrole ?, interroge-t-elle. Je suis convaincue que les années à venir vont être difficiles, et les premiers touchés seront sans doute les pays du Sud. Je vote parce que c’est encore la seule solution pour changer les choses. »

Un modèle de décroissance depuis quarante ans

Marie-Jo est loin d’être une exception à Trémargat. Depuis les années 1970, la commune désertée après la Seconde Guerre mondiale, a été réinvestie par une majorité de paysans originaires de Rennes ou Paris. Tous étaient guidés par la même pensée : la décroissance. Maire depuis 2014, Yvette Clément fait partie des familles « pionnières » à avoir repris une des bergeries délaissées par les précédents propriétaires,  pour qui les rendements n’ont jamais été suffisants.

« La terre est très pauvre, pendant longtemps même les paysans bretons ne voulaient pas que leurs enfants reprennent leurs fermes. Ils sont partis travailler dans l’industrie », explique l’édile, assise dans le bureau de la petite mairie aux fenêtres vertes.

Ces années sont donc celles de l’arrivée des « bleo-hir » (cheveux longs). Des « néo-ruraux »  nourris des luttes du Larzac, du désenchantement des Trente Glorieuses et de la société de consommation. Yvette Clément et ses collègues paysans adhèrent à La Conf’, le syndicat pour une agriculture non productiviste. « On partait du principe qu’on avait une terre, qu’il fallait la mettre en valeur, la respecter et qu’elle devait nous permettre de vivre, mais pas pour faire de l’argent. »

Notre prise de conscience s’est faite de bonne heure. Nous savions que nous vivions dans un coin préservé et magnifique et nous voulions qu’il le reste.Yvette Clément, maire de Trémargat à franceinfo

L’installation ne se fait pas sans douleur. Les familles se battent pour préserver leur modèle, plusieurs fois menacé par des industriels, mais sauvé du remembrement – regroupement de plusieurs parcelles en une surface plus grande et plus rentable – par son relief impropre aux grandes exploitations. Aujourd’hui, sur 16 000 hectares de terre, 700 sont alloués à l’agriculture, le reste est une réserve environnementale. 

Nous ne sommes pas hors système pour autant, nous refusons juste le productivisme. Et ça marche, nous avons élevé nos enfants ici et nous y sommes bien. Cela montre que notre monde est possible.Yvette Clément, maire de Trémargat.

Petit à petit, ce mode de vie décroissant a attiré de nouveaux habitants et s’est élargi à la vie locale. Le maire est élu pour un seul mandat. Une seule liste se présente aux élections et le conseil municipal met en œuvre un projet émanant des idées des habitants.

Pour favoriser l’installation de nouveaux paysans, une société civile immobilière (SCI) a été constituée et loue des parcelles à ses éleveurs. Des associations dédiées aux migrants, à l’organisation de concerts, à la gestion de l’épicerie ont été créées. Elles sont gérées à tour de rôle par des habitants bénévoles.

A l’heure où les « néo-ruraux » partent à la retraite, le modèle se transmet en douceur. Leurs enfants et d’autres jeunes agriculteurs ont déjà pris la relève. Ils produisent du fromage de brebis ou se lancent dans le maraîchage bio. A Trémargat, l’écologie sonne comme une évidence, avant d’être le nom d’un parti.

« La lutte des classes est toujours d’actualité »

Cette conviction, Christophe Sourice la défend depuis des années. Cantonnier, il s’occupe à mi-temps des petits travaux du village, parfois sous le regard impassible d’un âne gris, immobile dans un champ voisin. « La commune est toujours dépeinte comme très écolo. Mais attention, c’est de l’écologie de gauche », lance le Breton de 57 ans, en combinaison jaune. A la prési-dentielle, la gauche est toujours arrivée en tête au premier tour : Jean-Luc Mélenchon (LFI) en 2017, Eva Joly (EELV) en 2012 et Ségolène Royal (PS) suivie de José Bové (indépendant) en 2007.

« Pour moi, la lutte des classes est toujours d’actualité et je trouve que les ‘Insoumis’ ont porté un projet social plus important que les Verts », développe celui qui précise toutefois ne pas « être fanatique de Jean-Luc Mélenchon, qu’il qualifie plutôt de  »boulet » pour le mouvement. Je me sens très proche politiquement de François Ruffin, je lis son journal Fakir. »

L’écologie est reprise par tous les partis. Mais on peut être écolo et voter pour le ‘localisme’ proposé par Marine Le Pen. Ici, on est dans l’écologie politique de gauche issue des années 1970. Christophe Sourice, employé de la mairie.

En effet, dans les années 1940, l’écologie a longtemps été un thème porté par la droite. « C’était réactionnaire, un retour à la terre, contre le progrès, poursuit Christophe d’une voix claire. Elle n’était pas forcément porteuse de valeurs humanistes, alors que, pour nous, les relations humaines comptent autant », poursuit-il en faisant référence aux figures écologistes des années 1970, à René Dumont ou à Dominique Voynet.

Pour l’historien et géographe de la Bretagne Jean-Jacques Monnier, ce vote à gauche et cette  marginalisation de l’extrême droite s’expliquent par des décennies de luttes. « Je l’appelle le 6è département. Une quarantaine de cantons qui ont toujours voté à gauche depuis l’entre-deux-guerres. Une zone où la Résistance a été forte, où on a toujours voté communiste, puis pour les différents partis de gauche, explique-t-il au téléphone. Et bien avant, on luttait aussi contre le clergé ou les propriétaires fonciers qui détenaient la terre. »

« A chaque élection, il y a un petit vote de droite »

Trémargat serait-il finalement le pays de cocagne tant rêvé ? Christophe nous arrête tout de suite. « On ne vit pas comme des ‘bobos’. Les paysans qui sont venus ici ne vivaient pas dans des tipis. Ils ont dû travailler dur pour vivre convenablement.

On n’est pas idéalistes, on veut juste montrer qu’il y a des alternatives. Il ne faut pas non plus croire à l’unanimité parfaite. Ici, c’est comme partout. » Les rares voix dissonnantes se perçoivent à travers les scrutins. Le 26 mai, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) a recueilli 5 voix, et quelques voix sont allées à l’UDI de Jean-Christophe Lagarde (1 vote) et à Jordan Bardella, du RN (2 votes).

Rencontré dans les hauteurs du village, Jacques* se décrit sans précision comme un  « habitant du coin » et vient souvent à Trémargat pour voir sa famille : »Si vous ne pensez pas comme eux, vous n’avez pas le droit d’exister, affirme le retraité en bottes marron. Ce n’est pas tout le monde est beau, tout le monde est content. Je les appelle les ayatollahs », rétorque-t-il d’un ton mystérieux.

« A chaque élection, il y a un petit vote de droite, deux familles natives d’ici qui se sentent dépossédées de ce qui a changé, illustre Gaëtan*, ancien maire du village, attablé dans la cuisine de sa maison en pierres. Il ne faut pas croire qu’il n’y a jamais de désaccords. Il y a des gens qui ne s’entendent pas, mais ce n’est pas assez important pour qu’on n’aille pas tous de l’avant », reprend-il d’une voix douce.

On a le sentiment qu’on vit sur le même territoire et qu’on se doit des choses. Quand on a peu, on a forcément besoin des autres. Gaëtan, habitant de Trémargat.

Selon l’historien Jean-Jacques Monnier, l’attitude protestataire ne s’est jamais traduite à Trémargat par un vote contestataire « pessimiste », qui serait propre au vote RN. « Même si Trémargat est une des communes les plus pauvres de France, les gens n’y viennent pas pour être riches, mais pour vivre autrement. »

Si la disparition des services publics les concerne autant que leurs voisins, « ils n’ont pas réagi par un repli sur eux-mêmes, mais par une vision collective et une administration locale qu’on ne voit pas ailleurs. » Aux européennes, les communes voisines Plounévez-Quintin ou Maël-Pestivien ont, elles, porté le RN en tête à plus de 20%.

La société civile plutôt que le vote

Malgré ce large consensus, quelques voix sont toutefois lasses de l’écologie « institutionnelle » portée par les partis. Assis dans une cabane en bois à l’entrée du village, Mathieu et Denis Pagès portent un regard plus singulier sur la situation. Tous les deux « gilets jaunes », ils rejettent le système politique français et n’ont pas davantage confiance dans l’européen.

« Je ne vote plus depuis 2005 car j’ai voté non [référendum sur le traité établissant une Constitu-tion européenne] et ensuite, on a quand même eu le traité de Lisbonne, explique-t-il, amer, en caressant son chien noir. « Moi, j’ai voté pour une petite liste qui n’enverrait aucun député, répond Mathieu, électeur du Parti Animaliste.

On ne croit plus au système politique. La représentation n’a aucune valeur quand on voit le niveau d’abstention.Mathieu Pagès, habitant de Trémargat.

Autrefois électeurs des écologistes ou de l’extrême gauche, ils ont tous les deux été déçus par les partis une fois élus, ils les jugent trop corruptibles et pas assez redevables à leurs élec-teurs. « On a pas mal écouté Etienne Chouard, on est pour plus de démocratie directe, l’instau-ration du référendum d’initiative citoyenne (RIC), étaye Denis, venu manifester à Paris, drapeau breton en main. On serait plutôt Frexit au niveau européen, mais on est contre l’institution [les partis], donc si on l’utilise pour changer les choses, ça serait un non-sens », reprend Mathieu après une gorgée de café.

« Je crois davantage en la société civile que dans le vote, affirme Denis, ancien bénévole à Calais (Pas-de-Calais). Les niveaux national et régional déconnent. Donc, il faut repartir à la base ». Il se murmure que Trémargat pourrait peut-être tester le RIC, une première en France. En attendant, le village fait des petits : une autre ville a pris rendez-vous pour s’inspirer de son fonctionnement. « Il y a bien un éveil des consciences, mais il ne passera pas par les urnes. »

* Les prénoms ont été modifiés

1er juin 2019 ELISE LAMBERT

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