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29 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

pêche (el diario)

dessin-surpeche

Les navires de pêche laissent suffisamment de lignes « tueuses » en mer pour faire 400 fois le tour du monde

La quantité de « filets fantômes » abandonnés chaque année, qui continuent de tuer des espèces dans les océans, équivaut à 2 % des engins de la flotte mondiale. Le rythme de la pêche mondiale pousse les océans à la limite de leurs capacités

Quatre millions de bateaux de pêche dans le monde laissent une traînée massive de déchets dans la mer. Chaque année, il reste suffisamment de fil de pêche dans l’eau pour faire 400 fois le tour de la Terre : plus de 16 millions de kilomètres de fil, selon une estimation de l’agence australienne de recherche scientifique (CSIRO).

L’équation est la suivante : les flottes de tous les pays capturent, en moyenne, un peu plus de 80 millions de tonnes d’animaux marins par an. Il faut beaucoup de bateaux, beaucoup de filets, beaucoup de lignes, d’hameçons et de pièges pour en attraper autant. Et une partie est laissée à la dérive dans les océans.

« Les équipements de pêche abandonnés, perdus ou jetés sont l’une des principales sources de pollution marine », indique l’article publié dans Science.

Les « filets fantômes », une menace pour les océans

78 000 km2, de senneurs à senne coulissante

16 millions de km de palangres

4,1 millions de navires dans le monde.

13 milliards d’ammeçons

85 % sont des poissons à nageoires.

25 millions de casiers et de pièges

Les espèces les plus précieuses sur le plan économique sont le thon, les céphalopodes (tels que le poulpe et le calmar), les crevettes et les homards.

La moyenne des captures de ces dernières années est de 82 millions de tonnes par an.

2 900 km2 de filets trémails

218 km2 de chaluts

Dans la pêche en haute mer, l’utilisation de trémails et de chaluts a également contribué à l’augmentation des déchets en mer.

Parmi les débris, « nous avons découvert que près de 14 milliards d’hameçons et 25 millions de pièges finissent chaque année dans nos océans à cause des activités de pêche commerciale », résume l’un des auteurs, Britta Hardesty.

« Nous essayons depuis des années de connaître l’ampleur mondiale des pertes d’engins de pêche et les chiffres sont effrayants, mais ils correspondent à ce que nous constatons lorsque nous allons en mer », déclare Ricardo Aguilar, directeur des expéditions pour Oceana.

Le CSIRO conclut que ce qui est perdu chaque année dans les océans équivaut à 2% du matériel. Cela semble un faible pourcentage, mais appliqué au volume total, cela signifie qu’il s’agit de la totalité des déchets abandonnés dans les océans.

Les matières qui dérivent ou coulent ont « des impacts négatifs disproportionnés sur la faune, les habitats marins et côtiers et la sécurité alimentaire », décrit le document. Les scientifiques ont contacté les représentants des principaux engins de pêche commerciale dans des pays particulièrement représentatifs de leur zone : l’Indonésie (deuxième puissance mondiale) pour l’Asie, l’Islande (19e du classement) pour l’Europe, les États-Unis pour l’Amérique du Nord, le Pérou (sixième puissance de pêche) pour l’Amérique du Sud, le Maroc pour l’Afrique, la Nouvelle-Zélande pour l’Océanie et le Belize pour les Caraïbes.

« C’est un sujet de préoccupation en raison des dommages socio-économiques et environnementaux, en plus d’autres pressions telles que la surexploitation des stocks de poissons, l’effondrement des stocks et le changement climatique.

Ces déchets sont appelés filets fantômes car, au début, ils sont presque invisibles à la lumière du jour et continuent à dériver en pêchant des espèces. « Ils continuent à pêcher, continuent à attraper des spécimens qui ne sont jamais collectés et qui meurent piégés là », explique Ricardo Aguilar.

« De plus, lorsqu’ils meurent dans ces pièges, hameçons ou filets, ils commencent à se décomposer et servent d’appât. Ils attirent d’autres espèces qui se retrouvent là », ajoute-t-il. « Rien que cette année, nous avons été dans la mer d’Alboran pour collecter des casiers abandonnés qui capturaient encore des poissons et des filets contenant des poissons.

Près de 700 espèces marines interagissent avec ces déchets de pêche. Selon une étude réalisée par une équipe de l’université de Plymouth, au Royaume-Uni, au moins 17 % d’entre elles sont classées dans la catégorie des espèces menacées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ils constituent « la plus grande menace d’enchevêtrement pour la faune marine telle que les tortues, les mammifères, les oiseaux et les baleines », indique le rapport. Leur « quantité, leur durabilité et leur persistance » dans les eaux les rendent « particulièrement préoccupants ».

C’est précisément parce qu’ils durent si longtemps qu’ils ont un deuxième type d’impact, en plus de piéger les animaux. « Avec le temps, ils sont recouverts de matière et ne sont plus aussi invisibles, mais ils restent des déchets plastiques qui s’accrochent, par exemple, aux coraux et aux éponges », explique Ricardo Aguilar.

L’Espagne, première nation de pêcheurs en Europe, n’est pas à l’abri de ce problème. « Dans les endroits où la densité de la pêche est plus élevée, il y a une plus grande densité de pertes », décrit le représentant d’Oceana. Les engins de pêche se sont déplacés vers des zones où il est plus facile de s’accrocher. « Le chalutage a envahi davantage de zones de plage et les autres engins sont concentrés dans les zones rocheuses ou les récifs.

Les scientifiques australiens eux-mêmes mettent en garde contre le fait que leurs calculs sont effectués pour l’industrie de la pêche, sans tenir compte de la pêche artisanale, récréative et des braconniers. « Il est également nécessaire de quantifier et de comprendre la quantité – et l’impact – des équipements aquacoles abandonnés à mesure que l’aquaculture se développe.

« Nous parlons de la flotte mondiale et il est compliqué de s’y attaquer », déclare Ricardo Aguilar. « Il existe des directives volontaires de la FAO visant à marquer les filets avec leurs propriétaires et à déployer des points de collecte pour les engins endommagés qui étaient auparavant abandonnés directement en mer », explique-t-il.

En 2019, le directeur adjoint de l’US Wildlife Service, Stephen Guertin, a résumé la situation lors d’une demande de financement public : « Les débris marins peuvent blesser et tuer la vie marine et côtière. Elle endommage et dégrade les habitats. Elle entrave la sécurité de la navigation et entraîne des pertes économiques pour les industries de la pêche et de la mer. Ils peuvent menacer la santé humaine.

« La vérité est que l’on n’a pas conscience de l’immense ampleur des choses qui se passent en mer. Ils ne sont pas visibles. Il est très difficile d’en démontrer l’ampleur », explique M. Aguilar. « Ces données du CSIRO donnent une image légèrement meilleure, mais la majeure partie du problème se situe sous l’eau, et non sur le rivage.

Raúl Rejón 28 octobre 2022

https://www.eldiario.es/

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29 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

landunvez (fr3)

cochons

Méga porcherie des 12 000 cochons. Vers une régularisation par la préfecture du Finistère ?

La ferme aux 12 000 cochons de Landunvez dans le Finistère sera-t-elle régularisée par le préfet ? Retoquée deux fois en justice, l’extension d’une « mégaporcherie » dans le Finistère suscite une forte opposition des riverains qui dénoncent odeurs de lisier, pollution de l’air et des plages.

« Pour une agriculture à taille humaine », proclame une grande pancarte, posée au bout de la route touristique de Landunvez, petite commune du Nord Finistère connue pour sa magnifique côte sauvage. Agglutinés autour des deux tables de camping, les promeneurs se penchent pour signer une plainte collective tandis qu’un verre de « soupe paysanne » leur est servi par un militant.

A cause des odeurs, on doit rentrer nos draps qui sèchent. Sinon, on dort dans le caca !Christine Douillard Riveraine

« Cet été, on n’a pas pu se baigner avec mes petits enfants car la plage était fermée. C’est quand même désagréable », se désole Christine Douillard, retraitée de 70 ans, qui habite un lotissement au milieu des champs de maïs, où le lisier des porcs est épandu. « A cause des odeurs, on doit rentrer nos draps qui sèchent. Sinon, on dort dans le caca ! », lâche-t-elle. « On n’est pas contre le cochon, précise son mari Roland Douillard, 71 ans, barbe blanche et bonnet noir. Mais le problème, c’est l’excès de cochons ! »

Dans leur viseur : la « mégaporcherie » Avel Vor (« vent de la mer » en breton), dont les grands silos bleus sont visibles du bourg de Landunvez, à moins de 300 mètres de là.

L’affaire divise la commune bretonne depuis qu’en 2015, le gérant Philippe Bizien a demandé à agrandir son exploitation pour passer à 12 000 porcs (une exploitation moyenne en compte 1 400 environ). Une enquête publique est donc lancée mais le commissaire-enquêteur émet un avis défavorable à cette extension en évoquant les « nombreuses nuisances » ressenties par les riverains.

Une première autorisation attaquée

Faisant fi de cet avis, le préfet du Finistère autorise cependant l’éleveur à agrandir ses installations en avril 2016, ce que ce dernier fait dans la foulée.

C’est alors que l’affaire est portée en justice par plusieurs associations, dont Eau et Rivières de Bretagne, qui attaquent l’arrêté pour s’opposer à cette « mégaporcherie ». Plages fermées, eau dégradée, pollution de l’air : les émanations du lisier de porc risquent, selon ces opposants, de s’ajouter à celles des élevages voisins, dégradant encore un peu plus l’environnement de la commune d’à peine 1 500 habitants.

3 000 porcs au km²

Car dans ce pays du Léon, le cochon est roi : la production dépasse par endroit 3 000 porcs au km² dans une région, la Bretagne, qui se place en sixième position européenne pour la taille de son cheptel porcin.

Avec 7,3 millions de cochons en 2021, la péninsule bretonne compte plus de la moitié du cheptel français sur seulement 5% du territoire de l’Hexagone. On compte ainsi plus de deux cochons par Breton.

« A Landunvez, on est plutôt à 10 cochons par habitant », rectifie Laurent Le Berre, président de l’Association pour la protection de la côte des légendes (APPCL).

Les opposants obtiennent gain de cause trop tard

En mai 2019 et novembre 2021, les opposants obtiennent gain de cause devant la justice administrative. Mais la porcherie est déjà agrandie et produit 27 000 porcs charcutiers par an, en vertu d’une autorisation préfectorale provisoire.

Pour régulariser la situation, une nouvelle enquête publique, menée au printemps 2022, a cette fois conclu à un avis favorable, malgré les mises en garde de l’Autorité environnementale sur les « émissions d’ammoniac globalement très élevées » des différents élevages du territoire qui contribuent à « la dégradation de la qualité de l’air par la formation de particules fines ».

Débat idéologique selon la FDSEA

Le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) doit désormais se pencher sur le dossier avant que la décision finale ne revienne au préfet. « Le dossier d’extension coche toutes les cases des réglementations en vigueur », estime Jean-Alain Divanac’h, éleveur de porcs et président de la FDSEA du Finistère, en dénonçant un « débat idéologique. « Les opposants ne peuvent pas démontrer que les pollutions viennent de l’élevage Avel Vor », pointe-t-il.

Laurent Le Berre, lui,  promet de nouveaux recours en cas de régularisation de l’exploitation. « Ça peut encore durer 10 ans ! », lance-t-il. Contactés par l’AFP, la préfecture et M. Bizien n’ont pas souhaité s’exprimer dans l’immédiat.

29/10/2022 Catherine Deunf

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

 

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28 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

nord de l’irlande (pùblico of)

ireland

.
Le gouvernement britannique convoque des élections anticipées en Irlande du Nord

La date éventuelle des élections sera connue la semaine prochaine, mais elles pourraient se tenir le 15 décembre.

Le ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord, Chris Heaton-Harris, a annoncé vendredi qu’il allait convoquer des élections régionales anticipées dans la région. Les divergences sur le protocole de Brexit ont empêché jusqu’à présent les partis régionaux de parvenir à un accord pour rétablir le gouvernement de partage du pouvoir. La date éventuelle des élections sera connue la semaine prochaine, mais elles pourraient se tenir le 15 décembre.

La tentative de jeudi de rétablir l’exécutif d’Irlande du Nord était la dernière en date. Les nationalistes et les unionistes ne sont pas parvenus à un accord permettant de combler les différences sur le protocole du Brexit, et la province devra donc retourner aux urnes.

L’Assemblée de Belfast s’est réunie sans succès pour la quatrième fois afin d’élire d’abord le président et ensuite l’exécutif décentralisé, qui est suspendu depuis février dernier. Le veto du parti unioniste démocratique (DUP très à droite blog) pro-britannique a empêché l’élection du président du Parlement et a automatiquement suspendu la nomination des candidats aux postes de ministre en chef et de ministre en chef adjoint, qui reviennent respectivement au Sinn Féin républicain et au DUP, selon les résultats des élections de mai.

Le chef du DUP, Jeffrey Donaldson, a insisté jeudi sur le fait que son parti ne changera pas de position tant que le protocole de Brexit ne sera pas « mis au rebut ». Cet instrument, a-t-il dit, a porté atteinte à « notre économie » et a modifié le « statut constitutionnel » de l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni « sans notre consentement ».

La vice-présidente du Sinn Féin, Michelle O’Neill, a accusé Donaldson et le DUP de « vivre en confrontation constante avec le public », avec « une majorité qu’ils ne représentent pas ». « C’est un désastre et un manque de leadership de sa part et de celle de son parti », a déclaré M. O’Neill jeudi.

madrid 28/10/2022

https://www.publico.es/

Socialist Democracy Ireland

Nouvelles élections en Irlande du Nord pour sortir de l’impasse politique sur fond de Brexit (of)

Incapables de se mettre d’accord depuis des mois avec les pro-Irlande du Sinn Fein pour gouverner, les unionistes du DUP ont bloqué jeudi soir la formation d’un gouvernement dans la province britannique. Conséquence : les Nord-Irlandais vont devoir revoter à la mi-décembre.

L’Irlande du Nord va connaître des élections anticipées à la mi-décembre, après l’échec jeudi d’une réunion de la dernière chance des élus nord-irlandais qui n’a pas permis de sortir de l’impasse politique.

Alors que la paix règne dans cette province britannique depuis les accords du Vendredi saint en 1998, le blocage politique est en partie liée au statut post-Brexit de la province. On vous aide à comprendre pourquoi en quatre questions.

Qu’est-ce qui bloque pour la formation d’un gouvernement nord-irlandais ?

Le parti unioniste DUP, pro-Londres et opposé aux dispositions post-Brexit concernant l’Irlande du Nord, refuse de participer à l’assemblée locale, malgré les pressions de Londres qui vient de connaître trois Premiers ministres en quelques mois et aimerait retirer ce caillou de sa chaussure.

Le boycott du DUP (d’extrême droite) empêche la formation d’un exécutif qui doit être partagé, selon les accords de paix, avec les républicains du Sinn Fein pro-rattachement à l’Irlande. C’était ce parti qui avait gagné les précédentes élections locales en mai. Faute de gouvernement, c’est Londres qui gère les affaires courantes.

En quoi la frontière douanière en mer d’Irlande inquiète le DUP ?

Les unionistes veulent maintenir l’Irlande du Nord dans le Royaume-Uni et sont furieux de l’accord post-Brexit trouvé par l’ancien Premier ministre Boris Johnson et l’Union européenne. Pour éviter le retour d’une frontière physique entre Irlande et Irlande du Nord, qui provoquerait un retour des tensions armées, ( c’est à dire d’attaques des protestants contre les catholiques blog) la province britannique a un statut douanier particulier.

Les contrôles douaniers ont lieu en mer d’Irlande, avant leur arrivée sur l’île, à la grande fureur des unionistes qui s’estiment détachés de la mère patrie britannique. Mais le DUP ne propose pas non plus d’alternative pour permettre la circulation des marchandises sur les routes qui franchissent en de multiples points la frontière avec l’Irlande.

Quelle est la position de Rishi Sunak sur le protocole irlandais ?

Londres veut revenir sur sa signature de l’accord avec l’Union européenne et a prolongé la phase de transition unilatéralement. La Commission a déjà fait savoir qu’elle n’accepterait que des aménagements mineurs. Hors de question de créer une faille irlandaise dans le marché intérieur européen avec des produits non conformes aux règles européennes qui passeraient par la frontière britannique.

Boris Johnson et ses successeurs à Downing Street soutiennent un projet de loi modifiant unilatéralement le protocole, un casus belli pour les Européens. Confronté à cette crise dès sa première semaine au pouvoir, le nouveau Premier ministre britannique Rishi Sunak a assuré préférer une solution négociée​, mais n’a pas pour autant retiré le projet de loi et reste flou sur ses propositions pratiques.

Qui sont les favoris des prochaines élections ?

La défaite du DUP face au Sinn Fein aux dernières élections a été un séisme politique dans la province britannique, créée au départ pour les protestants votant massivement pour les unionistes. D’autant plus que les catholiques, plus favorables au Sinn Fein, sont désormais plus nombreux selon un récent recensement.

Ce n’était pour autant pas sur la question du Brexit ou du rattachement à l’Irlande que s’était jouée l’élection en faveur du Sinn Fein. Mais sur l’envolée du coût de la vie, les questions sociales et sociétales. Le parti libéral de l’Alliance, qui refuse de se positionner sur les questions constitutionnelles, avait ainsi doublé en mai avec 17 élus son score grâce au vote de ceux qui en ont assez des crises politiques sans fin.

Fabien CAZENAVE. 28/10/2022

https://www.ouest-france.fr/

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23 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

callac (npa)

Bretagnen Antifasciste

CALLAC, Côtes d’Armor.

Un projet d’accueil de réfugiés porté par la municipalité divers
gauche de Callac affole les fachos français et bretons.

Plutôt que de grandes tirades générales, notre comité se propose de présenter à travers
notre journal « l’Anticapitaliste » une rétrospective de deux mois d’agitation orchestrée par
l’extrême droite principalement le parti de Zemmour : Reconquête.

Callac est le chef lieu du canton éponyme situé à mi distance de Guingamp et
Carhaix au centre ouest Bretagne.Zone essentiellement agricole, dont les quelques
industries ont été laminés par la concentration capitaliste.Tout le monde à en mémoire le
conflit des BONNETS ROUGES avec la fermeture de deux sites industriels à proximité
dans le Finistère voisin : l’abattoir Tilly de Guerlesquin et l’usine de saumon Marine
Harvest de Poullaouen.

De nombreux salariés venaient du secteur de Callac. Toutes ces suppressions
d’emploi ont accentué l’exode rural et dévitalisé un peu plus la région. La nouvelle municipalité de gauche qui avait réussi à reprendre la mairie à la droite, après sa perte par le PCF, a sans doute voulu à travers un projet d’accueil de familles de réfugiés, en situation régulière, résoudre deux équations : faire une opération urbanistisque en restructurant une ancienne école à l’abandon, potentiellement dangereuse, et attirer des résidents plus jeunes pour doper la démographie, sauver des classes.

Une fondation privée, dont le rôle n’est pas très net vu de l’extérieur, apportait à ce
projet « humanitaire» une caution financière de 2 millions d’euros, essentiellement pour le
bâti et le suivi social sur le long terme des réfugiés.

Très vite, dès le projet sur la table « des habitants » se sont montés en collectif refusant l’accueil de personnes d’origine étrangère. Mais en mettant le ver dans le fruit, ils ont ouvert, sans y avoir sans doute penser, un espace aux xénophobes . De l’autre côté aussi y a t’il eu une erreur de communication ou une mauvaise prise en compte des enjeux par les élus ? C’est le sentiment de Jacques un syndicaliste du cru, bon connaisseur de la vie politique locale ( à tel point qu’il avait prédit au NPA aux dernières cantonales un score à deux chiffres !…).

Cornaqué par Catherine Blein, une facho exclue du Rassemblement National (sic)
pour antisémitisme, et plus récemment par Edwige Vinceleux, ex gilet jaune, ex identitaire
et candidate aux législatives pour Zemmour, l’agitation gagne la campagne centre
bretonne.

Le 17 septembre dernier, Reconquête mais aussi les « habitants de Callac » précités
organisaient une manifestation contre le projet et demandaient à grand cri un référendum
local. Ils réunissaient une nébuleuse identitaire à la fois bretonne et française, parsemée de
droite locale volontiers xénophobe. Au total, 200 à 300 personnes.

La riposte antifa ne devait pas tarder, un collectif d’habitants favorable au projet
aussitôt rejoint par le CVA 22 et le NPA 22 lançaient une invitation à contre manifester. Le
17 septembre à une encablure du meeting facho, nous nous sommes retrouvés à 500,
nettement renforcé par un appoint du Finistère voisin dont le NPA 29 en nombre. Mais
aussi VISA 29, la CGT, la FSU 29 etc….

Si le ressenti d’un bon nombre d’entre nous, sur la quasi absence d’organisation du
rassemblement, qui du coup fit la part belle aux prises de parole des « élus »
institutionnels, sénateurs, députés, il n’en demeure pas moins que la mobilisation était
d’un bon niveau.

On notera dans les prises de parole la position très intéressante du maire de
Rostrenen sur le fond du sujet, celle de l’adjointe de Callac qui moucha dans un discours
bilingue breton français le nez des nationalistes d’en face.

Du côté du NPA Côtes d’Armor, nous avons affiché un discours de combat radicalement révolutionnaire et anticapitaliste totalement indépendant du jeu institutionnel.

Depuis le 17 septembre, la presse nationale écrite, numérique et télévisée voire
internationale ( Le New York Time a contacté le NPA…) se rue sur Callac. Les fachos  taggent, menacent de mort le maire, tractent sur les marchés, pétitionnent et font monter l’exaspération d’une population inquiète, peu habituée à de tels clivages alors que sa tradition politique est fortement ancrée à gauche.

Le témoignage suivant de Flo nous en dit un peu plus :
« C’est terrible ce déchaînement sur Callac depuis plusieurs semaines qui dépasse les enjeux d’une petite ville. Le projet Horizon qui s’englobe dans un projet beaucoup plus large des petites villes de demain est récupéré par l’extrême-droite … qui ne savait même pas où se situait Callac sur une carte,

Les médias ne font pas un travail journalistique de fond et de neutralité, le curseur s’est déplacé au niveau national (reportages TV à gogo) et international (journaux danois, québécois, New York Times).

Certains habitants ont été utilisés(souvent des personnes peu ou pas du tout engagées pour la
vie associative, politique),ne maîtrisant pas les enjeux politiques … certains commencent à sentir le vent tourner … et font profil bas. Ce déchaînement est usant au quotidien … les derniers tags sont terribles quand on traverse le village. Derrière tout ça, l’extrême-droite récupère … mais ne propose RIEN. »

Depuis la situation c’est encore envenimée avec la visite du bras droit de Reconquête Guillaume Peltier qui est venu expliquer aux bretons, faut en tenir une couche, quand même, comment il fallait faire pour rester breton. Rassurez vous il n’a évidemment pas été capable de nous le dire dans la plus ancienne des langues celtes encore usitée sur la terre armoricaine.Le seul mot de breton qu’il connaît doit être PENN le nom de famille de la Marine…

C’est donc en catimini que ce mercredi 19 octobre, les meneurs de Reconquête ont
réservé une salle dans une petite commune voisine de Callac, La Chapelle Neuve. Réservation faite par un notable bien de droite pour un dîner débat.Le maire de la Chapelle Neuve soit a été abusé mais pas que… soit il a manifesté une certaine distance par rapport à ses voisins callacois. Toujours est il qu’il a , bien que sollicité pour ne pas le faire, y compris par le NPA, maintenu la location pour la venue de Peltier.

Celui ci a du d’ailleurs se demander dans quelle campagne perdue, 200 habitants, il avait
dû venir car il affichait à l’horloge un sacré retard. Par contre de notre côté, il lui a été prouvé que la campagne, nous on la connaît. Etdonc le mercredi à 19h00, à l’appel du CVA 22 une bonne centaine de manifestants se regroupait dans le bourg pour faire entendre le refus de sa présence et défendre le principed’une Bretagne ouverte et solidaire.

Témoignage de Jacques, habitant de la Chapelle Neuve :
« On se doit d’être présent contre le battage fait par l’extrême droite.Nous étions deux
habitants de la commune dans le rassemblement, il y avait aussi un maire PCF . Quand j’ai vu la manif partir vers Callac je n’ai pas compris la manœuvre? Nous tournions le dos à la salle des fétes! Puis on a pris à travers les champs par un ancien chemin creux pour tourner le dispositif
policier. C’était une belle idée… »

Témoignage d’Uriell, ancienne candidate du NPA aux cantonales à Callac :
« A 19h une centaine de militants étaient présents sur le parking du café restaurant Kerhuel à la Chapelle Neuve pour s’opposer à la venue de Guillaume Peltier, porte parole du parti Reconquête, le parti créé par Eric Zemmour. Reconquête avait organisé un dîner-débat pour montrer son opposition au projet « Horizon »; projet d’installation de migrants dans des logements de la ville de Callac.

Un barrage de gendarmes était posté à l’entrée du village, il procédait au recensement des plaques d’immatriculations, de l’identité des personnes se rendant à la manifestation, ainsi qu’à une fouille du coffre des véhicules. Les militants se sont rendus à pied, à travers champs jusqu’au lieu ou se tenait le dîner organisé par Reconquête. Arrivés à une dizaine de mètres de la salle une vingtaine de gendarmes munis de boucliers, de casques et de matraques nous
attendaient pour nous empêcher d’approcher.

Les manifestants ont alors tenté de traverser la barrière, la gendarmerie a vite répliquée sans sommation avec des coups de matraque et du gaz lacrymogène pour faire reculer le cortège, quelques personnes ont été arrêtées.

Les manifestants sont restés à l’arrière de la salle et ont continué à scander des
slogans anti-fasciste en musique, une prise de paroles à également eu lieu à
l’orée bois à l’aide de lampe frontales et les yeux irrités par les gaz lacrymogènes. »

Témoignage de Kenny du NPA:
Suite à l’appel du CVA le NPA 22 comité Nathalie Le Mel, Breizhistance ,la CGT LFI ,
nous étions environ 120 personnes déterminées pour perturber le dîner débat organisé
par le parti Reconquête de Zemmour, polémiste financé par Bolloré et la venue du
numéro deux du parti Guillaume Peltier.

Dans ce cortège, il avait aussi des personnes de Callac qui soutiennent le projet horizon d’accueil de migrants ainsi le vétérinaire retraité de Callac. Vers 20h le cortège s’est mis en route aux sons de la fanfare à travers bois et champs pour rejoindre l’arrière de la salle.Arrivés à destination un important cordon de gendarmes mobiles nous attendait. Stop on ne passe pas, sur ces sommations nous avons continuer à avancer, l’ambiance était très électrique.

Devant notre détermination après une prise de parole, nous avons insisté pour passer, ils ont
commencés à être violent, une personne à même été empoignée et exfiltrée manu
militari .Nous les avons copieusement engueulés. « La police protège les fachos » .Sur
ce ils ont utilisé des gazeuses, nous avons donc du reculer.

Bref un dispositif impressionnant pour protéger environ 180 membres et sympathisants de Reconquête, nous avons préféré en rester là pour qu’il n’y ait pas de blessés. » Mais l’histoire est loin de voir son épilogue, puisque à nouveau Reconquête annonce un nouveau rassemblement le samedi 5 Novembre à Callac. Avec dans la foulée, la réplique à nouveau autour du CVA 22, d’une nouvelle contre manifestation.

Le NPA répond présent en ayant la volonté de poser sur la table la nécessité
de développer une stratégie prenant en compte les réalités locales et s’appuyant
sur une mobilisation déconnectée du calendrier posé par les racistes et les
xénophobes.

Le comité Nathalie Le Mél  du NPA 22.

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20 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

ukraine (essf)

Udege-Legend-peoples

Comment les Oudihés, les Veps, les Sami, peuples autochtones de la Russie, sont mobilisés pour tuer des Ukrainiens

Pour tout le monde en Russie, la mobilisation est un malheur, mais pour les petits peuples, c’est un double malheur : ils sont déjà très peu nombreux. Il y a 47 petits peuples en Russie – environ 300 000 personnes. La plupart d’entre eux sont bercés par la propagande et prêts à défendre le « monde russe » contre les « banderistes ». déclare Pavel Sulyandziga, militant des droits de l’homme et autochtone (Udege)

Connaissez-vous de nombreux cas de mobilisation des populations autochtones ?

Oui, il y en a déjà beaucoup, et dans de nombreuses régions de Russie, pour de nombreux petits peuples. Il s’agit de Primorye, Khabarovsk Krai, Yakutie, Sakhaline, l’oblast de Murmansk. Malheureusement, je ne reçois pas d’informations sur toutes les régions. Certains experts écrivent que cela ressemble beaucoup à un génocide. À mon avis, ce n’est pas le cas.

Il n’y a pas de tâche délibérée visant à mobiliser précisément les représentants des minorités autochtones. Les autorités ne peuvent tout simplement pas attraper les gens et aller les faire se battre. Il est particulièrement difficile de trouver des personnes dans les villes – soit elles s’y cachent, soit elles envoient se promener les gens qui viennent les chercher. Et dans les villages, où vivent principalement des populations indigènes, les gens sont différents, ils ont une mentalité différente. Non seulement ils ne renvoient personne, et malheureusement, ils ne veulent même pas se cacher. Et c’est pourquoi ils sont attrapés et envoyés au loin.

Quels peuples ont été spécifiquement ciblés pour la mobilisation ?

Par exemple, mon peuple – le peuple Oudihés. Je sais de source sûre que cinq personnes du village de Krasny Yar (Primorye-Extrême-Orient russe) ont été envoyées dès le début de la guerre, sept autres ont été envoyées à l’annonce de la mobilisation. Environ 600 personnes vivent dans le village. Je connais personnellement les familles. Nous sommes très peu nombreux en tout – il reste 1600-1800 personnes en Russie.

Beaucoup de gens de Nanai (Extrême-Orient) ont été renvoyés. Il y en a un peu plus de 10 000 en Russie. Par exemple, dans le village de Dada, où vit principalement le peuple Nanai, ils ont pris 40 des 400 personnes, presque tous les jeunes. Dans le village de Lovozero, dans l’Oblast de Mourmansk, les Lapons ont été emmenés. Ils ont aussi emmené les Nivkhs de Sakhaline, à Nogliki.

Dans le village de Krasnoye, dans le district autonome de Nenets, 37 personnes ont été emmenées, dont 18 autochtones. Et l’un d’entre eux a sept enfants. Dans le même village, un locuteur natif de la langue Evenki a également été mobilisé, qui enseignait activement la langue aux enfants. Il est âgé de 48 ans. Au point de recrutement, il a été déclaré inapte. Ils ont envoyé un bus avec les inaptes à l’aéroport pour les ramener chez eux, mais en chemin ils ont fait demi-tour – et les ont envoyés à la guerre.

Comment le bureau d’enrôlement militaire peut-il savoir qu’une personne appartient à un groupe minoritaire ?

En ville, ils ne peuvent pas. Mais dans les districts auxquels les villages sont affectés, ils peuvent le faire. Les militaires ne vivent pas sur la lune, ils vivent ensemble dans le même quartier. Mais les militaires sont très cyniques : on leur a donné un plan et ils doivent le réaliser. Il est impossible de les attraper dans les villes – ils vont dans les villages où ils ne résisteront pas. Dans mon village natal de Krasnoye Yar, deux mères ont refusé d’ouvrir la porte du bureau d’enrôlement militaire. En conséquence, la porte a été enfoncée et les jeunes gens ont été emmenés.

Les hommes ont été enlevés dans la zone arctique – dans le village de Yukaghir d’Andryushkino, près de l’océan Arctique en Yakoutie. Ils ont pris trois jeunes hommes – les Yukaghirs, il ne reste plus beaucoup de personnes de ce peuple – environ 1000 en Russie. Les employés du bureau d’enregistrement et d’enrôlement des militaires ont dû s’y rendre en avion.

Les gens essaient-ils d’éviter la mobilisation ?

De mon village, certaines personnes sont allées dans la taïga, pour chasser. En Carélie, dans deux villages, aucun homme indigène n’a été retrouvé parce qu’il était parti cueillir des baies. Dans le kraï de Khabarovsk, des hommes indigènes sont allés pêcher.
Dans mon village, ils vont généralement à la chasse de la fin octobre à la fin décembre, puis ils rentrent à la maison pour le Nouvel An et à partir de la fin février, ils repartent dans les bois. Ils y vivent dans leurs huttes.

Les lois de la Fédération de Russie stipulent que les représentants des peuples autochtones ont le droit de bénéficier d’un service alternatif. Mais les mères des personnes mobilisées m’ont dit que lorsqu’elles se sont rendues au bureau d’enrôlement pour poser des questions à ce sujet, on leur a répondu : « Non ». Tout est à la merci des comités militaires, et bien sûr, ils ne le permettront pas.

Y a-t-il beaucoup de poutinistes parmi les peuples indigènes ?

Malheureusement, oui. Une femme m’a appelé récemment pour parler à son fils. « Nous sommes allés aider les Ukrainiens, les gens de Bandera les tuent là-bas », me dit-il. La plupart des autochtones croient sincèrement que la Russie sauve l’Ukraine des banderistes.

Les propagandistes disent que la Russie protège le « monde russe ». Les poutinistes autochtones ne sont-ils pas déroutés par cette formulation ?

Malheureusement, cela ne les perturbe pas. En fait, il s’agit d’un problème plus profond. J’ai parlé à des universitaires, à des militants des droits de l’homme. Nombre d’entre eux font remarquer qu’à chaque fois qu’il y a une réunion à l’ONU, les représentants des peuples autochtones du monde entier critiquent leur gouvernement. Et seuls les représentants des peuples autochtones de Russie – les officiels – racontent des histoires d’une vie paradisiaque en Russie. Ils disent : « Nous savons que la situation est mauvaise en Russie. Mais pourquoi devons-nous laver notre linge sale en public ? En même temps, ils ne comprennent pas la signification de ces sites de l’ONU et ce pour quoi ils ont été créés.

Ces universitaires affirment que pratiquement tous les peuples indigènes du monde entier sont impliqués dans le mouvement pour leurs droits. Ils s’identifient tous comme des représentants des peuples autochtones en premier lieu. En Russie, la grande majorité des autochtones auxquels nous parlons s’identifient d’abord comme des Russes, puis comme des autochtones. C’est très étrange. Les populations autochtones de Russie, qui devraient se battre pour les droits de leurs peuples, se battent pour les droits de l’État russe.

Nous avons été élevés avec des histoires de héros russes. Il s’avère que le peuple Oudihés n’a pas de héros. Et s’ils ne le font pas, alors les gens sont en quelque sorte inférieurs. J’ai commencé à m’intéresser à l’histoire de mon peuple lorsque je suis passé de mon village natal Oudihés à un village russe. Là, ils ont commencé à me traiter d’étroit d’esprit et de nègre. Quand je suis allé là-bas, je me suis identifié comme un Russe parce que quand j’étais enfant, les garçons et moi jouions tout le temps à la guerre. Il y avait des Allemands et des Russes dans le jeu. Ceux qui étaient les plus forts étaient les Russes, ceux qui étaient les plus faibles étaient les Allemands. Puis j’ai réalisé que je n’étais pas russe et j’ai commencé à m’intéresser à ma propre culture, histoire et langue.

vendredi 14 octobre 2022 SULYANDZIGA Pavel

https://www.europe-solidaire.org/

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19 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

martinique (grs)

GRS guad

grs

revsoc.grs@gmail.com

 

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17 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

élevage (solidarités ch)

Vache

L’élevage, c’est l’exploitation

Si l’élevage intensif est la forme paradigmatique du «système-viande» capitaliste, les enjeux sociaux et environnementaux concernent toute forme d’exploitation animale.

Quelques aspects historiques

Avant de devenir agriculteurice durant la période néolithique, nous étions chasseureuses-cueilleureuses durant 2,5 millions d’années. L’évolution vers l’agriculture qui a débuté vers 8 500 avant notre ère a permis à l’Homo Sapiens d’avoir une alimentation carnée plus fréquente, puisqu’il n’était plus nécessaire de chasser les animaux non-humains.

L’élevage, initialement prévu pour la consommation collective, s’est développé en monnaie d’échange et ensuite en activité lucrative. Depuis le commencement de l’élevage, l’humain utilisait la sélection génétique pour augmenter la production et assurer une disponibilité de nourriture régulière.

Au fil de temps, ce processus de sélection a été progressivement peaufiné et s’est drastique-ment accélérée à partir de la 2e Guerre mondiale. Depuis, la sélection génétique a pour but de maximiser les profits en contrôlant l’agressivité, la sexualité, l’apparence et les liens sociaux des animaux non-humains. Par exemple, les vaches que l’on peut voir dans les champs aujourd’hui sont radicalement différentes de celles d’il y a 8 000 ans. Les mutations apportées sont telles qu’elles engendrent des souffrances aux animaux – mais augmentent la production de viande.

Swissgenetics, l’entreprise leader de la semence de taureau en Suisse pour le commerce national et international, a un chiffre d’affaires annuel de 62,77 millions de francs.

La pratique de l’élevage que nos ancêtres ont initié afin de simplifier leur accès aux protéines contenues dans la chair et le lait des animaux est devenu une industrie pesant des milliards, avec pour but absolu la maximisation du profit.

Élevage et prolétarisation

Au fil du temps, les conglomérats et multinationales se sont substituées aux seigneur·e·s et les serf·es sont devenu·e·s… des prolétaires. Si la position sociale des éleveureuses est loin d’être uniforme, la plupart se rêvant petit·e-bourgeois·es, leur marge de manœuvre face aux distributeurs est nulle.

Pour les plus petites exploitations, la soumission de l’agriculture aux lois du marché pousse les éleveureuses à l’endettement, à de conditions de travail très difficiles, à l’isolement et même au suicide. Le taux de suicide chez les agriculteurices ne cesse d’augmenter depuis 2003, et le risque de suicide est 37% supérieur chez les paysan·ne·s en comparaison avec le reste de la population. Dans le canton de Vaud, pas moins de huit paysan·ne·s se sont donné·e·s la mort en 2016.

La position sociale des employé·e·x·s d’abattoirs, souvent migrant·e·s, est bien plus claire. Les troubles physiques et psychologiques dont iels souffrent est un archétype de l’aliénation. Les mouvements répétitifs pour démembrer le corps des animaux entraînent des douleurs chroniques, l’environnement insalubre provoques des maladies et les horaires de travail sont inacceptables. Une dissociation cognitive constante, l’exposition à la souffrance, la douleur et la mort d’autres animaux provoquent de graves traumas et troubles de comportement chez les travaileureuses de la filière.

Du côté des animaux humains réduit·e·s au rôle de consommateurices, l’impact de la consommation de produits animaliers sur leur santé est non négligeable – cancers, maladies cardio-vasculaires, obésité ou diabète, qu’on nomme pudiquement «maladies de civilisation».

De ce point de vue, l’élevage intensif n’est donc utile qu’aux propriétaires, conglomérats et multinationales de la viande, au détriment de l’ensemble de la population et des animaux non-humains.

Élevage et écologie 

Nous l’avons compris, et c’est d’autant plus vrai des pays industrialisés comme la Suisse, l’élevage n’est finalement qu’une carte de plus dans la main (bien visible) du capitalisme. Mais qu’en est-il des effets de cette pratique sur la planète ? N’avons-nous pas besoin d’élever des vaches pour pâturer nos champs ? Dans un pays montagneux comme la Suisse, avons-nous la surface agraire pour faire pousser tout ce que nous mangerions ?

L’élevage industriel présente un bilan carbone catastrophique. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont massives. Elles sont produites par la rumination des bovins, le transport international des animaux et de leur nourriture et les engrais. Il provoque aussi une déforestation et une dégradation des terres à large échelle. La concentration d’animaux favorise les crises sanitaires mondiales : covid, grippes porcines et aviaires, antibiorésistance – pour n’en citer que quelques exemples.

De plus, la production de l’alimentation destinée au bétail et à l’humain se trouvent actuellement en concurrence puisque l’on cultive du fourrage là où nous pourrions cultiver des denrées alimentaires.

Dans une étude suisse (PNR 69) issue du projet européen FoodBALL, deux scénarios alternatifs pour 2050 sont élaborés, et chacun aboutit à la même conclusion : si la population suisse mangeait plus de légumineuses et drastiquement moins de viande et que la concurrence de ces deux productions cessait d’exister, on aboutirait à une « augmentation de l’autosuffisance nette du secteur alimentaire suisse » et une baisse des dépenses alimentaires des consomma-teurices. Dans un contexte d’haute instabilité géopolitique, que la crise climatique va aggraver, assurer la souvraineté alimentaire doit constituer une priorité.

L’abolition de l’élevage permettrait également un rewilding (réensauvagement) du paysage alpestre suisse. Déjà réalisé dans d’autres pays, il est extrêmement bénéfique pour restaurer les écosystèmes, augmenter la biodiversité, lutter contre l’extinction des espèces, régénérer les sols et prévenir les inondations, entre autres.

Bio et local ?

Si l’abolition de l’élevage industriel ne fait pas débat au sein de la gauche, l’élimination totale de la consommation de produits d’origine animale divise les militant·e·s écosocialistes, qui peinent à y déceler une contradiction fondamentale. Pourtant, les arguments sont multiples. Précisons toutefois qu’ils s’appliquent principalement aux pays industrialisés et aux régions qui ont un potentiel agricole élevé.

En termes sociaux, le risque de contamination et de crise sanitaire persiste et les troubles psychologiques provoqués par le fait de devoir tuer des animaux avec qui les éleveureuses ont créé des liens n’est pas anodin.

Le bilan écologique de l’élevage bio de petites exploitations est déplorable. Une étude de 2020 démontre que la production de viande bio est tout aussi coûteuse pour l’environnement que la production de la viande non-bio en termes d’émissions de GES, d’utilisation d’eau et de surface agricole et de déforestation.

L’écosocialisme prône la sobriété énergétique. Pourquoi cet objectif ne concernerait pas les calories alimentaires ? Il est bien plus efficace de se nourrir directement des plantes, sans passer par l’intermédiaire des animaux.

En effet, pour obtenir 1kg de bœuf, il faut 42kg de nourriture ! Autrement dit, coloniser d’énormes surfaces pour une production inutile !  L’élevage, même bio et à petit échelle, est une passoire calorique. Quel militant·e «internationaliste» peut défendre une telle inefficacité alors que les famines dans le monde vont fortement s’aggraver avec le dérèglement climatique ?

Nous militons également pour abolir la violence, qu’elle se nomme féminicide ou guerre. Que dire alors de la violence inhérente à l’élevage ? Mettre à mort un être vivant qui a des émotions et peut ressentir de la douleur, reste non-éthique, que l’étiquette soit « bio et local » ou non. Peut-on sérieusement considérer que cette pratique à la base de notre système alimentaire n’a aucune influence sur les rapports sociaux ?

Pour la philosophe et militante féministe et antiraciste Angela Davis, « le véganisme fait partie d’une perspective révolutionnaire » justement car il donne la possibilité de construire une praxis cohérente, véritablement solidaire et respectueuse du vivant.

Réorientons-nous ensemble vers une alimentation végétale, respectueuse de tous les animaux (humains et non-humains) et de notre planète !

Lausanne, 27 août 2022 Julia Huguenin

https://solidarites.ch/journal/

Commentaire:

Salut

l’aspect historique ok mais l’émancipation paysanne existe et la lutte progresse
faire l’amalgame entre l’agriculture paysanne et industrielle c’est dégueulasse 
la misère sociale et physique dans les abattoirs c’est vrai un accompagnement est nécessaire
le bilan carbone est totalement différent entre l’industriel et le paysan
manger plus de légumineuses et moins de viande mais qui est contre?
un réensauvagement et c’est les seigneurs qui reviennent 
la mort d’un animal reste un acte pénible pour l »éleveur je ne cherche pas a fuir cette responsabilité
l’écosocialisme prone la sobriété dix petites fermes valent mieux qu’une grande
michel

 

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06 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

fest noz (cgt 22)

gwenngamp

Nos vies et notre santé valent bien un fest noz…

Depuis des décennies en Bretagne, les combats et les luttes du mouvement ouvrier et social trouvent une expression atypique dans les festou noz.

Jeter un coup d’œil dans notre rétroviseur permet de voir le chemin parcouru ensemble. C’est un peu l’exercice de ce petit mot.

Du Joint Français en 1972, à la grève du lait la même année, de Doux Pédernec à l’AOIP de Guingamp, de la grande fête de l’amnistie à Guingamp en 1981, aux immenses rassemblements à Plogoff, la musique bretonne a accompagné les révoltes et les protestations populaires.
Et le fest noz est entré dans l’imaginaire collectif comme un moment de partage de nos luttes, de nos espoirs.
Utopie vivante du mouvement ressemblant comme un frère à la manif, épaule contre épaule, « skoazh ouzh skoazh ».

Ce moment nous pouvons le revivre vendredi 9 septembre lors du fest noz organisé à Grâces par la coordination santé du pays de Guingamp pour récolter des fonds qui permettront d’organiser la résistance pour que vive l’hôpital public.

Et comme le dit avec humour le comité de défense de l’hôpital public: « pour naître, vivre et danser au pays »

L’union locale CGT partie prenante de l’événement vous invite vendredi soir à éteindre la télé du capital, à délaisser vos écrans et à venir en famille avec vos voisins, vos collègues de boulot.
Et de prendre le temps d’écouter nos camarades musiciens et chanteurs dont le talent dépasse un certain nombre d’insipides « stars » télévisuelles. Et évidemment de danser.

PLIJADUR A VO…

UL CGT GWENGAMP

***

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16 août 2022 ~ 0 Commentaire

gwenn ha du (fr3)

Retour sur la création et l’évolution du drapeau breton

Le drapeau moderne de la Bretagne est appelé le “Gwenn ha du”, ce qui signifie “le blanc et noir”. Composé de 9 bandes et d’une moucheture d’hermines, il représente la Haute-Bretagne par ses 5 bandes noires et les pays de Basse-Bretagne avec ses 4 bandes blanches.

C’est vraiment devenu pleinement un drapeau populaire, loin de toutes les étapes qu’il a pu avoir, de toutes les connotations politiques”. Quelle est l’histoire qui se cache derrière le drapeau breton ? Pour Brut, Nicolas Graignic, créateur de la chaîne Youtube Istoerioù Breizh, revient sur les origines du drapeau noir et blanc.

Aujourd’hui, le drapeau breton, il est vraiment omniprésent

Il est quasiment sur toutes les mairies, on le retrouve partout. Il représente la Bretagne et les Bretons dans son

ensemble, et les Bretons ont l’air de s’y retrouver vu que tout le monde l’affiche partout.” Entre 1923 et 1925, Morvan Marchal, un jeune architecte breton, a voulu offrir à la Bretagne un drapeau plus moderne. Faisant partie d’un groupe fédéraliste et socialiste, il ne se retrouvait pas dans le drapeau d’hermine plain, faisant écho à la monarchie, ni dans le drapeau de La croix noire, liée à la religion.

“Il a voulu créer un nouveau drapeau, en se basant sur des modèles modernes, donc le drapeau américain et probablement grec”, confie Nicolas, créateur de la chaîne Youtube Istoerioù Breizh. Aujourd’hui, de nombreux bretons demandent l’apparition d’un emoji drapeau breton lors de campagnes lancées sur Internet, même si ce dernier n’est pas encore officiellement reconnu.

16/08/2022

https://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Morvan Marchal

Le Gwenn Ha Du : un emblème et des contradictions

 

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24 juillet 2022 ~ 0 Commentaire

euskadi (l’étincelle)

bzh euskadi

Pays Basque : un premier avertissement sur la question des prisonniers

Environ 1 700 personnes ont participé samedi à un blocage pacifique et non violent des principales voies de communication du territoire pour demander la libération immédiate des prisonniers politiques basques dont certains sont détenus depuis plus de 30 ans.

Tous les rassemblements avaient été interdits par le préfet qui avait, pour l’occasion, mobilisé CRS, police de l’air et des frontières et gendarmes.

Il avait même demandé l’appui des garde-frontières espagnols.

Treize points de blocage ont malgré tout été organisés notamment sur la voie ferrée à la sortie de Bayonne, sur l’aéroport de Biarritz et sur l’autoroute A64. 26 personnes ont été interpellées et relâchées en fin de journée.

En fin d’après-midi plus d’un millier de manifestants se sont rassemblées devant la sous-préfecture de Bayonne. Les associations organisatrices – le Chemin de la Paix et les Artisans de la Paix – ont fait savoir que si aucun progrès n’était réalisé dans les semaines qui viennent sur la question des prisonniers d’autres mobilisations suivraient.

24 juillet 2022

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/

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