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15 août 2018 ~ 0 Commentaire

catalogne (le peuple breton)

cata cata 23jpg

Répression, résistance, négociations, agressions et commémorations en Catalogne

Rien ne change et les mêmes attitudes et actions espagnoles hostiles à la Catalogne, avant avec le gouvernement du PP, maintenant avec le PSOE, continuent malgré la canicule de l’été.

Les médias sont monopolisés par la commémoration des attaques l’an dernier sur la Rambla de Barcelone, le 17 août : le roi d’Espagne, persona non grata en Catalogne, s’y est quand même invité, alors que le ministre catalan de l’Intérieur Joaquim Forn, et l’ancien chef de la police catalane, Josep Lluís Trapero, qui ont démantelé la cellule terroriste et géré la crise sont respectivement en prison et accusés d’« appartenance à une organisation criminelle » pour le référendum sur l’indépendance.

Les associations civiques catalanes ont annoncé un hommage aux « héros » catalans et attendent des manifestations contre la présence des autorités espagnoles. Ceci sur fond de révélations de plus en plus surprenantes sur la relation de la police espagnole avec le cerveau des djihadistes auteurs du massacre. Il était l’imam de Ripoll et confident (indic NDBlog) de la police espagnole, qui lui avait rendu visite plusieurs fois avant l’attaque. Sa disparition n’avait pas été signalée à la police catalane. Et pendant ce temps, le gouvernement socialiste main-tient toujours le veto de l’Espagne à l’intégration de la police de Catalogne au réseau Europol.

Répression

Au chapitre de la répression, on a appris il y a quelques jours que des dizaines de policiers catalans sont poursuivis devant les tribunaux pour ne pas être intervenus lors du référendum. Dimanche 12 août a été le 300è jour de détention provisoire des présidents d’Òmnium Cultural, Jordi Cuixart et de l’ANC, Assemblée nationale catalane, Jordi Sanchez, comme de dangereux terroristes, en attendant leur procès prévu pour la fin de l’année.

Un site web détaille tous les jours pour chaque prisonnier politique et exilé le compte des jours de détention et d’exil et permet d’envoyer des lettres.

Les périodes d’emprisonnement et d’exil vont de 286 à 182 jours pour les ministres du gouver-nement de Puigdemont et la présidente du Parlement. La présidente du Parlement gallois a déclaré cette semaine qu’elle était « consternée » par l’emprisonnement de Carme Forcadell, l’ancienne présidente du Parlement catalan. Les prisonniers ont réclamé pour la énième fois leur libération dénonçant en même temps l’illégalité des maintiens en détention et la violation des droits et libertés les plus élémentaires. La presse a également révélé les liens des juges chargés des procès des indépendantistes avec le PP. Le magistrat qui examine les demandes de récusations était sénateur du PP…

Résistance

Parallèlement aux poursuites, des actes et des manifestations de résistance de la société catalane sont continuellement organisés. De plus en plus de gens se concentrent tous les dimanches devant la prison des Lledoners (à 50 km de Barcelone) pour organiser un concert et demander la libération des prisonniers: cette semaine ils étaient plus de 5 000 à chanter le Cant dels Ocells.

Le gouvernement catalan pour sa part continue à réparer les dommages causés par la suspension de l’autonomie ; il a lancé le concours pour nommer les délégués de la Generalitat en France et aux États-Unis et est en train de remettre en service l’agence fiscale catalane supprimée par Rajoy.

Le ministre de l’Intérieur catalan, Miquel Buch, a demandé officiellement dans une lettre à son homologue espagnol d’autoriser l’envoi par la Generalitat d’une escorte à l’ex-président Puig-demont en Belgique (demande refusée à ce jour). Le ministre catalan a rappelé que c’était un droit de tous les anciens présidents, et que Puigdemont n’était en aucun cas un fugitif (il a quitté l’Espagne avant que Madrid ne le poursuive et s’est toujours présenté devant la justice belge) ; jusqu’à présent, il a fait l’objet de plus de 300 menaces. Le président Torra a dit cette semaine que les Catalans n’admettront pas de verdicts humiliants pour les prisonniers catalans et a demandé le classement des affaires. Il a ajouté que les élections espagnoles dépendent maintenant de la résolution des procès (la majorité de Sànchez dépend du vote des indépen-dantistes).

Négociations

En ce qui concerne les négociations, plusieurs voix ont été entendues ces derniers jours. Le président catalan, Quim Torra, a exprimé sa volonté de ne pas tenir compte de la proclamation de la République catalane le 27 octobre 2017 si le gouvernement espagnol autorisait un réfé-rendum d’autodétermination. Il ajoute, cependant, qu’il ne renonce à aucun moyen, y compris des décisions unilatérales, pour que l’indépendance soit effective en cas de rejet du dialogue de Madrid.

Et en termes de politique intérieure catalane, face à la perspective que la CUP, Candidature d’Unité Populaire (Indépendantiste anticapitaliste NDBlog) de ne pas voter le budget 2019, le président propose de dissoudre le Parlement et d’avancer les élections. Son partenaire ERC, par la bouche du vice-président et ministre de l’Économie, Pere Aragonès, prévoit que les négociations aboutissent à un accord sur le budget, même s’il s’avère nécessaire d’étendre les discussions aux Comuns (Proche de « Podemos » NDBlog) et aux socialistes.

Les agressions

Au quotidien, Ciudadanos et ses alliés d’extrême droite, les militants de Vox et du PP,  continuent de faire monter la pression dans la rue en multipliant les agressions contre les personnes et les institutions indépendantistes. Lundi 13 août, ils ont déposé plainte contre le président Roger Torrent et le bureau du Parlement pour avoir accepté une motion de la CUP qui revendique la ratification de la déclaration de rupture du 9 novembre 2015 pour atteindre la République, un « plan illégal » pour Ciudadanos.

La veille, des grafittis sont apparus sur le mur de l’église de Pals contre une banderole en faveur de la liberté des prisonniers politiques et un moine de Montserrat a rendu public les menaces de mort dont il a été l’objet après qu’il eut prononcé une homélie favorable au référendum.

Ciudadanos encore a attaqué le balcon de l’hôtel de ville de Reus en pleine journée pour arracher une banderole en faveur des prisonniers. Et des policiers espagnols se sont félicités de l’agression d’un photographe par un agent des forces de sécurité. Ce qui a valu une demande officielle du président catalan au ministre espagnol de l’Intérieur de sanctionner ces attitudes. À Majorque, où les manifestations en faveur de la liberté des prisonniers se multi-plient, un groupe de militants espagnolistes et d’extrême-droite ont molesté les journalistes de la télé des îles Baléares qui couvraient une manifestation ainsi que les manifestants qui protestaient contre la présence du roi.

La tension et l’incertitude se poursuivent donc et la crise catalano-espagnole devrait s’accentuer à mesure que l’on se rapproche de la rentrée.

Chaque parti maintient ses positions et ses points de vue : le ministre espagnol des Affaires étrangères, le très espagnoliste Josep Borrell par exemple, a nommé toute l’équipe des Affai-res étrangères de l’ancien gouvernement du PP à des postes de diplomates. De son côté, l’ex président Carles Puigdemont confiait dans une interview à Der Spiegel, qu’il pensait que les exilés retourneraient bientôt en Catalogne.

Alà Baylac Ferrer 14 août 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

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11 août 2018 ~ 0 Commentaire

pétain (libération + le télégramme)

reunification

Est-il vrai que c’est Pétain qui a séparé la Loire-Inférieure de la région Bretagne?

La Loire-Atlantique a été séparée administrativement de la région Bretagne par un décret signé le 30 juin 1941 par le Maréchal Pétain… lequel aurait pourtant préféré une Bretagne historique à cinq départements.

Alors que plusieurs associations et collectifs bretons ont lancé un appel à manifester le 29 septembre prochain à Nantes pour la réunification de la Bretagne (réintégration de la Loire-Atlantique dans la région), vous nous posez une question sur l’origine de sa séparation avec la Loire-Atlantique. Aujourd’hui encore, le sujet fait parler de lui sur les réseaux sociaux.

En bref : la décision de séparer le département de la Loire Inférieure (qui deviendra plus tard la Loire-Atlantique) de la région Bretagne a bien été prise par le gouvernement de Vichy. Mais les spécialistes expliquent que le Maréchal Pétain, nostalgique des provinces de l’Ancien Régime, était en fait pour le maintien d’une Bretagne historique à cinq départements.

Dans le détail : Les premiers débats sur la régionalisation du territoire français datent de la période de l’entre-deux-guerres. À l’époque, il n’y a pas de régions en France. Pendant la Révolution, l’assemblée constituante découpe le territoire en 83 départements, supprimant de facto les provinces issues de l’Ancien Régime. La province de Bretagne est alors morcelée en cinq départements: le Finistère, le Morbihan, les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor), l’Ille-et-Vilaine et la Loire Inférieure (Loire-Atlantique).

Dans son ouvrage Nantes en Bretagne ?

Nantes et la Bretagne du Moyen-Âge à nos jours (Skol Vreizh, 2014), l’historien Dominique Le Page explique qu’après la 1re Guerre Mondiale, «les débats engagés intègrent de plus en plus d’éléments économiques du fait de la révolution des transports, du développement de vastes régions industrielles […]». En 1919, Étienne Clémentel, ministre du Commerce et de l’Énergie, créé 17 «groupements économiques d’intérêts régionaux» basés sur les chambres de commer-ce dispersées en France. La Bretagne se trouve alors divisée en deux régions économiques. D’un côté, une région à trois départements (Ille-et-Vilaine, Finistère, Côtes-du-Nord), ayant Rennes pour capitale. D’un autre, une région autour de Nantes avec la Loire Inférieure, la Sarthe, la Mayenne, le Maine-et-Loire, et une extension jusqu’au Morbihan.

Toute la période de l’entre-deux-guerres va voir plusieurs propositions de découpages des régions selon des critères strictement économiques, sans avoir pour autant d’existence admi-nistrative. Selon Yves Coativy, maître de conférences en Histoire Médiévale à l’Université de Bretagne-Occidentale, «la première vraie rupture politique a lieu au moment de la Seconde Guerre mondiale».

Pendant l’Occupation, le Maréchal Pétain annonce vouloir créer des «provinces» en France, de grands territoires «regroupant cinq ou six départements» et qui seraient «gérés par des gouverneurs de province». Dans le cadre du premier projet de création de provinces en France, un Conseil national comprenant plusieurs commissions est créé. L’une d’entre elles est chargée, entre mai et août 1941, du découpage des provinces. Plusieurs propositions sont faites, et chaque unité provinciale est examinée et délimitée par les membres de cette «commission des provinces», dirigée par le ministre d’Etat Lucien Romier.

Une partie des élites nantaises, dont l’avocat et ancien élu municipal Abel Durand, lutte en faveur d’une grande région à l’ouest, dont Nantes serait la capitale incontestée. Mais en août 1941, la décision finale est prise: la carte adoptée définitivement comporte 20 régions en France. La Bretagne comprendra cinq départements (Finistère, Morbihan, Côtes-du-Nord, Ille-et-Vilaine, Loire Inférieure) et Rennes en sera la capitale. Dans Nantes en Bretagne ? Dominique Le Page explique que cette décision vient du Maréchal, «sous la pression de Rennes et de son maire François Chateau»

Mais ce projet ne verra jamais le jour.

Dans un article sur la «pratique du régionalisme dans le régime de Vichy», l’historien Pierre Barral explique qu’en décembre 1941, «sont mis au point un projet de loi créant les provinces et un décret les délimitant». Mais aucun des deux projets ne sera acté. En 1942, le nouveau chef du gouvernement, Pierre Laval, «se désintéresse des provinces comme de toute la Révolution Nationale», raconte l’historien.

Un découpage va pourtant se faire, à la même époque, via un second chantier qui avait été lancé en parallèle de la réflexion sur les provinces. Il s’agissait de mettre en place des préfec-tures de régions pour faciliter, entre autres, la gestion du ravitaillement des territoires pendant la guerre. Vichy décide de déconcentrer le pouvoir de Paris en instaurant des préfets régio-naux sur tout le territoire. C’est chose faite, avec la loi du 19 avril 1941. Les préfets régionaux sont «chargés de coordonner l’action du gouvernement à l’échelle de plusieurs départements dans deux domaines essentiels, la police et les affaires économiques.»

Ce découpage, pensé alors pour n’être que temporaire, ne se superposait pas à celui imaginé pour les provinces.

Dans un décret du 30 juin 1941 signé par le Maréchal et le vice-président du Conseil François Darlan, Rennes devient le chef-lieu d’une préfecture à quatre départements (Ille-et-Vilaine, Finistère, Morbihan, Côtes-du-Nord), alors que Nantes et la Loire Inférieure sont rattachés à la préfecture d’Angers. À l’origine de ce choix, l’occupant allemand, qui avait fait d’Angers le siège d’un commandement militaire. Comme l’explique Dominique Le Page, «ce découpage ne satis-fait personne, et surtout pas les Nantais». Contacté par Checknews, ce dernier précise que Nantes a toujours eu des «prétentions métropolitaines». Yves Coativy ajoute qu’«historique-ment  Rennes et Nantes ont toujours été rivales», prétendant chacune le rôle de capitale de Bretagne.

À la question de savoir si c’est vraiment Pétain qui a pris la décision, la répon-se de Dominique Le Page, contacté par Checknews, n’est pas tranchée:

«On a tendance à dire que c’est Pétain qui est à l’origine de ce partage. Certes, la décision a été prise sous Vichy. Pétain, lui, qui était traditionaliste et pour un retour aux provinces de l’Ancien Régime, n’était pas défavorable à une Bretagne à cinq départements. Le contexte de la collaboration, de la pression allemande, des pressions de Rennes et Nantes a donné ce résultat», explique l’historien. Un résultat qui ne satisfait personne encore aujourd’hui, visiblement.

La loi du 19 avril 1941 instaurant les préfectures de régions ne devait en effet être que provisoire.

Dans un discours donné à Pau le 20 avril 1941, Pétain annonçait qu’il ne s’agissait que de «groupements provisoires… répondant à une nécessité immédiate, n’engageant nullement l’avenir de la constitution des provinces». Dans l’Ouest Éclair (ancêtre du Ouest France) du 3 septembre 1943, Charles Donati, préfet d’Angers, tentait également d’expliquer les choix de Vichy: «Ce que je tiens à vous dire, c’est que le choix d’Angers comme chef-lieu de région a été imposé par les circonstances. À la paix, Nantes reviendra à la Bretagne si les provinces sont reconstituées à ce moment-là. […] Le gouvernement a voulu ardemment faire renaître les provinces françaises. Il a dû, sous l’empire des circonstances, procéder au découpage des régions suivant les nécessités de l’heure. Il n’en a pas pour autant abandonné son projet, mais il en subordonne l’exécution au retour de la paix et l’établissement d’une constitution».

À la Libération, les préfectures régionales sont supprimées via une ordonnance du 3 juin 1944.

Le décret du 30 juin 1941 a-t-il donc une valeur juridique aujourd’hui ? «Non, explique Bernez Rouz, journaliste et président du Conseil culturel de Bretagne. À la Libération, les décisions prises sous Vichy sont devenues caduques. Mais ce découpage à quatre départements est resté dans les tuyaux de l’administration française. Et quand, plus tard, on a refait les régions, les cartes issues de 41 sont ressorties.»

Après la guerre, les gouvernements successifs travaillent de nouveau à une régionalisation du territoire. Les travaux de la DATAR (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale), puis les lois de décentralisation vont entériner le découpage de la Bretagne issu de 1941… et qui ne devait être que provisoire.

Cordialement

Marie-Perrine Tanguy 10 août 2018

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rennes
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Commentaire: Personne ne nie que la Bretagne soit formée de 5 départements. Le débat « Nantes en Bretagne? » est donc tranché!

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10 août 2018 ~ 0 Commentaire

ouessant canot (ouest france)

cinema-breizh-ilien

Ouessant. « La commune ne peut pas sauver » le canot historique Patron-François-Morin

Le Patron-François-Morin, ancien canot tous temps de la SNSM, est un monument historique trop lourd à porter pour Ouessant, au large de Brest. La mairie cherche un repreneur pour le faire naviguer de nouveau.

« Une commune de 800 habitants n’a pas les moyens de gérer un tel bateau ». Le maire d’Ouessant, Denis Palluel, est catégorique : le canot Patron-François-Morin doit trouver un repreneur pour continuer de naviguer.

Ce navire de la SNSM a servi de 1960 à 1995.

Plus de trente années de travail, pendant lesquelles il est sorti pour près de 200 sauvetages, parfois périlleux. En 1978, il a navigué jusqu’à Portsall pour intervenir sur le naufrage de l’Amoco Cadiz. « C’est un bateau classé monument historique, sa valeur patrimoniale est indéniable », affirme le maire. Seulement, après une rénovation à 250 000 € réalisée par le chantier du Guip à Brest entre 2013 et 2016, le bateau reste à Ouessant « en représentation ».

Un bateau sans équipage

L’association Patron-François-Morin qui en est la gestionnaire est en difficulté. Elle compte de moins en moins de membres et fait face à une dette auprès du chantier de Guip. « Le canot est désormais en très bon état, mais il manque les bénévoles pour le faire naviguer », soulève Denis Palluel.

Une réunion publique a été organisée la semaine dernière sur l’île.

Très peu de gens étaient présents selon le maire. Il raconte tout de même « l’attachement très fort de certains Ouessantins à ce bateau ». Une autre rencontre sera organisée à la rentrée pour clarifier l’avenir du Patron-François-Morin et déterminer un éventuel repreneur. S’il ne transporte plus de touristes depuis plusieurs années, il pourrait tout de même reprendre du service ce mois-ci à l’occasion du festival insulaire sur l’île de Groix.

Adélie FLOCH 10/08/2018

https://www.ouest-france.fr/

Commentaire: Il serait temps de réclamer un service « pro », public, de sauvetage en mer,  européen, du type « Coast Guards américain!

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10 août 2018 ~ 0 Commentaire

tilde (el periodico.cat)

bzh

Vu de catalogne. La guerre française contre le tilde

Utilisé en breton et en basque, le tilde est un signe diacritique interdit par l’administration française. Une situation qui se traduit par des batailles juridiques en France et qui étonne en Espagne.

Fañch, Iñaki, Begoña, Íñigo ou encore Peña : “Aucun de ces prénoms ne peut être inscrit dans les registres de l’état civil français”, souligne El Periódico de Catalunya. Depuis Barcelone, le quotidien espagnol raconte comment “la France décapite le ñ” en menant la guerre au tilde, ce signe orthographique présent notamment dans les langues basque et bretonne.

“Cette information est si surréaliste que l’on croirait à une fake news”, estime le journal.

Et pourtant, le tilde, considéré comme un signe diacritique étranger, est bien interdit dans l’administration française, comme le décrète une circulaire du 23 juillet 2014. Un règlement qui étonne de l’autre côté des Pyrénées, où les langues régionales sont reconnues et enseignées, y compris dans les établissements publics, et où le tilde est utilisé couramment. “Avec l’objectif de promouvoir une identité nationale uniforme, le français est la seule langue reconnue officiellement par la Constitution”, rappelle El Periódico de Catalunya.

Pas de minorités dans la République

“À long terme, cette contrainte linguistique pourrait se traduire par une disparition des langues régionales”, avance le quotidien barcelonais. Mais si la publication évoque ce sujet, c’est qu’“à court terme, il se manifeste par de petites batailles juridiques qui incarnent les conséquences du rejet des traditions”. Ainsi, en septembre 2017, le petit Fañch a vu son prénom rejeté par le tribunal de Quimper en raison du tilde. Ses parents ont interjeté appel, et le procès aura lieu à Rennes le 8 octobre.

“En dépit des apparences, il ne s’agit pas d’un cas isolé ou d’un petit détail sans importance”, écrit le quotidien espagnol. “L’entêtement pour imposer le français comme langue unique est tel que la France a émis une réserve en ratifiant la Convention sur les droits de l’enfance en 1990”, indiquant que l’article 30 de la Convention, relatif aux droits culturels, religieux et linguis-tiques des minorités, n’avait pas lieu de s’appliquer dans l’Hexagone : “La France considère que, sur le territoire de la République, il n’existe pas de minorités, qu’elles soient culturelles ou linguistiques”, indique El Periódico de Catalunya.

10/08/2018

https://www.courrierinternational.com/

Commentaire:

Le « ñ » ou n tilde, n’est pas le même qu’en espagnol où il se prononce comme « gn » et l’équivalent portugais s’écrit « nh »: Bretaña/ Bretanha . Le « ñ » breton s’utilise pour un « an » où on n’entend pas le « n » et souvent on entend juste « a »: bremañ / brema (maintenant ) amañ / ama (ici) face à  amann (beurre) où il faut entendre le « n ». Oublier le tilde ne change rien.

Il en va tout autrement de l’interdiction du « c’h » qui signale un son absent du français, le « h très aspiré » comme la « jota » : Jamon (jambon) ou Jean Sébastien Bach. La tendance est alors de prononcer « ch » : Pen ar Créache pour Penn ar C’hreac’h, Marcharid pour Mac’harid (Marguerite) ou « r » comme Pinmar pour « Penmarc’h ». On dit plus souvent Mr Marchadour que Mr Marc’hadour! (marchand). Il vaudrait mieux dire: « Maradour »! Quand à Le Floch (le floc) c’est un ancien Ar Floc’h, où il vaudrait mieux dire « Flor »!

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07 août 2018 ~ 0 Commentaire

référendum (lnc-nc)

kanak

Non-participation au référendum : Les précisions du Parti travailliste

Estimant que l’échéance est une « farce électorale » ou encore un rendez-vous « bidon », le Parti travailliste avait décidé, le 15 juillet dernier, lors d’un congrès extraordinaire à Nouméa, d’appeler à « la non-participation massive » au référendum du 4 novembre. Avant de préciser qu’il s’agit bien d’une non-participation, et pas d’un boycott.

Deux semaines après cette annonce du Parti travailliste, le groupe UC-FLNKS et Nationalistes (UCFN) au Congrès a déposé une nouvelle constitution de groupe auprès de l’institution : le nom est identique mais l’équipe n’est plus la même. Celle-ci est désormais composée de treize membres et non plus quinze. Les absents ? Louis-Kotra Uregei et Marie-Pierre Goyetche. Qui ont rejoint Basile Citré et Gaël Yanno, deux élus également sans étiquette.

Dans un communiqué diffusé ce jeudi 2 août, le Parti travailliste « tient à préciser que ses élus ont été des partenaires loyaux et assidus du groupe UCFN [et que] le représentant du Parti travailliste a été le seul à défendre les positions du groupe alors même que les élus de l’Union calédonienne ont renié ces positions initiales pour s’aligner derrière celles de Paul Néaoutyine et de l’état colonial […] afin de permettre et de faciliter toujours davantage les inscriptions de non-Kanak.

Le communiqué, signé du bureau politique du Parti travailliste, qualifie ensuite la charte des valeurs communes de « fruit d’une nouvelle couillonnade issue d’un G10 illégitime devenu le G7 encore plus illégitime puisque les représentants indépendantistes n’ont jamais été mandatés par le peuple kanak ».

« C’est dans la dignité, poursuit le bureau politique du Parti travailliste, que nous assumons avec détermination et confiance notre choix de ne pas participer, le 4 novembre, au parachè-vement de l’œuvre commencée avec l’Accord de Nouméa, de négation du peuple kanak au profit du pseudo-peuple calédonien bricolé, cher à Philippe Gomès [qui] n’est pas victime de l’histoire au sens de Nainville-Les-Roches, ainsi qu’à l’Etat colonial et à leur complices indépendantistes ».

02.08.2018

https://www.lnc.nc/

Commetaire: Le Parti travailliste refuse les conditions de ce référendum: beaucoup trop d’expats ou métropolitains ont le droit de vote tandis que des canaques ne sont pas inscrits sur les listes. Il a rompu avec l’Union Calédonienne principal force du FNLKS plus accommodants.

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05 août 2018 ~ 0 Commentaire

carnoët (libération)

grandes-croniques-de-bre

Les sept saints d’est en ouest: Samson-Dol (nom biblique), Saint Malo (ou Maclou), Brieuc-Saint Brieuc,  Paternus-Vannes (gallo-romain), Corentin-Quimper (gallo romain), Tudual-Tréguier et Paul-Saint Pol. Il manque Rennes et Nantes.

Bretagne : ces saints que l’on ne saurait voir

Dans les Côtes-d’Armor, le village de Carnoët accueille des statues géantes représentant les saints bretons qui devrait en compter un millier à terme. Si la région soutient le projet, le critique d’art Jean-Marc Huitorel, y voit une subtile escroquerie qui confond art et idéologie, tourisme et culture.

Au printemps 2018, en Bretagne, on annonce le débarquement à Paimpol de la statue de Saint Piran, patron de la Cornouaille britannique. Pour cette raison sculptée outre manche, et après quelques haltes dignes des saintes reliques, elle achèvera son périple parmi ses semblables sur le site dit de la Vallée des saints, à Carnoët, petite commune des Côtes-d’Armor, en lisière du Finistère.

Ce sera la centième sculpture réalisée à ce jour. Conçu il y a une dizaine d’années par Philippe Abjean, ancien prof de philosophie, le projet consiste à réunir sur la colline Saint-Gildas (drôle de vallée…), à une échéance non précisée (l’éternité étant le plus fréquemment évoquée…), le millier de saints que compterait le panthéon breton, diversement reconnu par l’église de Rome. Philippe Abjean est un fervent catholique, proche des missions africaines, à qui l’on doit la restauration du Tro Breiz (comme à Pierre de Coubertin celle des Jeux olympiques), antique pèlerinage qui reliait les sept évêchés de Bretagne.

Des chiffres récents placent la Vallée des saints sur le podium des destina-tions touristiques les plus fréquentées des Côtes-d’Armor.

Objectif visé : 500 000 voire un million de visiteurs par an. L’esprit d’entreprise de Philippe Abjean ne s’arrête pas là puisqu’il projette d’installer une Cité de la paix, reconstitution d’habi-tats traditionnels des cinq continents, en lien avec les milieux missionnaires, dans le nord du Morbihan. La presse régionale, comme hypnotisée, se pâme d’admiration devant la Vallée des saints que l’on n’hésite pas à qualifier d’«île de Pâques bretonne». Le monde économique, comme la classe politique, n’est pas en reste.

Bref, une impressionnante unanimité réflexe face à quoi les rares voix discor-dantes semblent de peu de poids.

Nul doute que ce projet, si sa montée en puissance se confirme, va bouleverser, mais dans quel sens ? le paysage physique, social et économique d’un Centre Bretagne en déclin et qui, de ce fait, accueille avec reconnaissance toute idée susceptible d’y créer activité et donc emploi. Quoi de plus légitime ?

Sur la page d’accueil du site internet de l’association on lit: «Un projet fou pour l’éternité», dont l’objet est «la sauvegarde, la découverte et la promotion de la culture populaire bretonne liée aux saints bretons sous la forme de création artistique». L’accès au lieu est libre et gratuit, sa rentabilité s’évaluera à l’aune des activités et des produits dérivés. S’agissant de la production (aménagements de l’accueil et des abords, financement des statues, etc.), un maître mot : mécénat. Une fondation est également créée et les pouvoirs publics, le Conseil régional par exemple, soutiennent financièrement l’entreprise.

Chaque sculpture s’estime à environ 15 000 €.

Mais si on utilise les dispositions de la loi mécénat, c’est deux fois moins cher, ce qui fait que, par ricochet, ce sont tous les contribuables qui payent. On peut participer aux commandes, modestement ou très largement, selon sa volonté et ses moyens. Plus de deux mille personnes privées se sont engagées et le fleuron de l’industrie, du commerce et de la banque en Breta-gne ainsi que le lobby du granit, soutiennent matériellement une idée aux prémisses et aux implications qu’il convient de décrire. On sait le commentaire par lequel Althusser approfondit l’articulation que Marx posa entre «base économique» et «superstructure idéologique».

La Vallée des saints illustre parfaitement le stade suivant, marqué par l’intime imbrication de l’idéologie et de l’économie sous la bannière, si l’on peut dire, d’un néolibéralisme à la sauce bretonne qui cache habilement sa véritable nature (c’est bien la caractéristique de l’idéologie même, et du néolibéralisme en l’occurrence, que de se dissimuler sous les habits du pragma-tisme, de l’expertise et de l’évidence).

Le substrat conceptuel et stratégique de la Vallée des saints émane peu ou prou d’un think tank connu sous le nom d’«Institut de Locarn», une localité voisine de Carnoët, et dont l’idée fondatrice est que le développement économique revêt intrinsèquement la forme de la guerre, et que dans cet agôn, il est bon et efficace de s’armer de symboles culturels. Fi donc des distinctions byzantines entre hardware et software. Appliquée à la Bretagne, riche de traditions fort prisées (sa musique, ses danses et ses costumes, ses produits locaux), cette stratégie de fusion de l’économique et du culturel pourrait bien être payante et faire d’une région périphéri-que l’un des nouveaux «tigres celtiques», comme on parlait il n’y a pas si longtemps des «tigres asiatiques», et dont l’Irlande est le symbole.

Il n’est point besoin par ailleurs d’une grande perspicacité pour se convaincre de la teneur éminemment catholique et plus largement chrétienne d’une entreprise qui s’inscrit dans ce vaste mouvement d’affirmation des racines chrétiennes de l’Europe dont on sait et les porteurs et les objectifs : culte des héros, des morts et… des saints, reconstruction d’un passé mythifié, renouveau spirituel, revendication identitaire face aux dangers du multiculturalisme amplifiés par les récents phénomènes migratoires. Vieille antienne. Articulé à l’antique irrédentisme breton, tout cela se plaît à flatter le sentiment d’appartenance, sinon le nationalisme.

Et quid de la proposition «artistique» ?

Une centaine de statues, mesurant entre trois et six mètres de hauteur, est pour l’heure érigée sur la colline, autour d’un tumulus certes fouillé par les services archéologiques, mais fort menacé par l’invasion massive de ces mastodontes et dont le voisinage pourrait receler de nouvelles et intéressantes données. Ces mêmes services archéologiques tirent la sonnette d’alarme quant à la préservation de la zone et se réservent la possibilité d’investigations futures. Mais à la Vallée des saints, on préfère la plasticité des mythes et des légendes à la rigueur de l’histoire, les approximations de l’imaginaire aux recherches scientifiques, hélas moins complaisantes.

Les statues, on l’a dit, sont en granit, en granit breton, ce point est fondamental.

Confiées à une quinzaine de tailleurs de pierre répondant à un strict cahier des charges, elles arborent des styles divers mais que réunit une inclination prononcée pour le «pseudo» (plutôt que pour la copie) : pseudo-médiévales, pseudo-exotiques, pseudo-modernes. Pseudo-médié-vales en priorité. Comme au temps des cathédrales et de l’art chrétien, comme avant, parce qu’avant, c’était mieux. Évidemment aucun lien avec une quelconque histoire de l’art récent, avec la moindre contemporanéité. L’art moderne, ici, n’a jamais existé ou bien par flash de kitsch surgis de l’inconscient des burins ; alors vous pensez bien, l’art contemporain… Non, juste un espoir de photogénie publicitaire (l’île de Pâques, toujours).

Et les voilà fichées en terre (pas si solidement si l’on raisonne en termes de sécurité, comme il commence à se dire ici et là), disposées à la va-comme-je-te-pousse, faisant manifestement davantage confiance à un futur effet de masse qu’à la qualité du rapport d’échelle, qu’à l’archi-tecture paysagère, qu’à l’agencement au sol. Sur ce chapitre, force nous est de constater qu’avant c’était mieux, vraiment mieux… Et quand on apprend que parmi les nombreux projets à sortir des cartons se trouve celui d’une école de sculpture monumentale («la première en Europe»), on en frémit.

Mais ce n’est pas de l’art qu’on vient chercher ici, comme le montre clairement la teneur des visites guidées, ce sont des histoires à entendre, des légendes comme les enfants les aiment. Et par-dessus tout du spectacle, de l’effet spécial, un décor où le granit, paradoxalement, devient carton-pâte. On assiste alors à l’élaboration d’un kitsch qu’on pourrait appeler de seconde génération. Le premier kitsch, celui que décrit Clement Greenberg, avait été produit par la société industrielle et consistait en objets de série massivement répandus et consom-més, souvenirs de vacances, produits dérivés… On le trouvait vulgaire et on s’en délectait. On est comme ça. Il fait toujours florès.

Le second, en revanche, avance masqué et son cheval de Troie se nomme «authenticité», «artisanat», «fait main».

Il puise ses formes et ses modèles dans la banque occulte d’un passé merveilleux : si c’est en granit, c’est forcément authentique. C’est de ce kitsch-là que relèvent les statues de la Vallée des saints. Umberto Eco, dès 1985, dans la Guerre du faux, avait remarquablement analysé cette propension contemporaine, américaine le plus souvent à son époque, chinoise plus récemment, mondiale désormais, à se fabriquer une histoire par l’élaboration d’objets symboliques reconstitués.

Ici, en Bretagne, on atteint des sommets d’illusionnisme ripoliné 

On parvient à produire des faux sur place avec les matériaux locaux ! Jeff Koons apprécierait ! Et si ce ne sont pas des copies, on dirait bien pourtant qu’il s’agit là de répliques en granit dont les originaux seraient en cire ou en plastique. Il en faut pour tous les goûts, nous répète-t-on à l’envi. Certes, n’était ce sentiment diffus d’une subtile escroquerie qui consiste, sous couvert d’un soi-disant art soi-disant populaire, à nous faire prendre les vessies pour des lanternes, l’idéologie pour l’art, l’économie touristique pour la culture, le tout avec la bénédiction admira-tive des diverses représentations économiques et politiques régionales dont on peut légitime-ment se demander ce qu’elles soutiennent et défendent vraiment dans ce type d’initiative.

Jean-Marc Huitorel, critique d’art  4 août 2018

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Lire aussi:
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Commentaire:  Ces saints non reconnus étaient soit des militaires romains, des chefs civils, des guerriers bretons, des religieux fondateurs de paroisses et des ambassadeurs auprès des rois francs, d’origine insulaire ou locale. Hommes (et femmes) politiques, ils méritent d’être mieux connus, mais pas comme des charlatants « faiseurs de miracles »!

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05 août 2018 ~ 0 Commentaire

catalogne (le peuple breton)

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Catalogne. Le gouvernement socialiste reste sourd au dialogue

Mercredi après-midi 1er août, la première rencontre bilatérale entre les gouver-nements catalan et espagnol (que le PP n’avait plus réunie depuis sept ans) a suscité quelque espoir, en particulier de voir se produire une ouverture mini-male pour résoudre la crise politique entre l’Espagne et la Catalogne. Espoir déçu.

Les porte-paroles des deux délégations, mercredi soir, Meritxell Batet, ministre de la Politique territoriale et de la fonction publique, et Ernest Maragall, ministre catalan des Affaires étrangè-res et des relations institutionnelles, ont tout de suite illustré que le dialogue de sourds conti-nuait, les prisonniers politiques catalans restant en détention préventive accusés de rébellion avec des peines prévues de 30 ans de prison et « le droit à l’autodétermination n’existant pas » pour le gouvernement de Sànchez.

La partie espagnole a même refusé de mettre en place un groupe de travail pour réfléchir à la question.

Même les questions plus techniques, et sur lesquelles le gouvernement peut intervenir, telles que les blocages des recours catalans au Tribunal constitutionnel n’ont enregistré aucune avancée. Ernest Maragall a immédiatement nié que la « normalité » ait été retrouvée entre les institutions, normalité que la ministre espagnole avait tenté de décrire après la rencontre, une rencontre vécue comme « dure et difficile » pour la partie catalane. La porte-parole catalane et ministre de la présidence Elsa Artadi, qualifiait de « décevante et frustrante la une réunion qui n’avait pas été préparée par les représentants du gouvernement espagnol, qui s’est contenté d’écouter et de prendre note sans apporter aucune réponse aux demandes catalanes. »

Les agressions fascistes se multiplient dans la rue

L’autre nouvelle qui a occupé les médias sud-catalans est la prolifération d’agressions violen-tes de la part de militants d’extrême-droite dans les rues de Catalogne contre des personnes qui portent des rubans jaunes et des signes de défense des prisonniers politiques. Les actes d’agression se sont multipliés en particulier depuis que le parti populiste Ciudadanos a appelé à « nettoyer » les rues de Catalogne des rubans jaunes et des drapeaux indépendantistes.

Jusqu’à présent, la police n’a arrêté personne (elle ne se déplace que pour faire le constat des actes commis) et le parquet est plus compréhensif pour les agresseurs que pour les victimes (demande de classement pour des accusés d’intimider des personnes portant un ruban jaune). Lundi 30 Juillet un groupe de fascistes espagnols cagoulés et armés d’un couteau a molesté et menacé sept personnes d’un CDR (Comité pour la défense de la république) qui posaient un drapeau indépendantiste à Manresa. Le ministère de l’Intérieur catalan a enregistré près de 200 agressions entre mai et juillet.

Sur le front judiciaire

Au chapitre de la justice, les tribunaux espagnols poursuivent leurs procès et les verdicts contre les indépendantistes (emprisonnés et exilés), sans que l’exécutif de Sanchez ne prenne aucune mesure pour changer les lignes de conduite du parquet.

Le lundi 30 juillet, le Tribunal suprême a rejeté l’appel contre la suspension des députés emprisonnés et exilés.

Pendant ce temps, à Waterloo, samedi 28 Juillet, lors de la manifestation organisée par les présidents Puigdemont et Torra pour son retour d’Allemagne, ce dernier a qualifié de « farce » les procès contre les indépendantistes et le représentant de Puigdemont aux Nations Unies, l’avocat Ben Emmerson a dit qu’il n’avait « aucun doute sur l’indépendance future de la Catalo-gne » et que « personne ne peut espérer que les indépendantistes s’assoient à la table des négociation tant que les prisonniers sont toujours derrière les barreaux.

Pour commencer à discuter, il faut qu’ils soient libérés immédiatement.

Je suis un observateur, je ne parle pas au nom de qui que ce soit, seulement quelqu’un qui travaille aux Nations Unies et qui observe cette situation en tant qu’avocat international. Mais je dois dire que je n’ai aucun doute sur le fait que je suis en train d’assister à la naissance d’une nation », a-t-il ajouté.

D’autre part, l’avocat Gonzalo Boye a rapporté qu’il y a des documents montrant que la justice espagnole avait déjà ouvert une procédure pour « rébellion » avant le 20 septembre alors qu’il ne s’était pas encore produit de manifestation de rue contre l’intervention policière de Madrid. Il a également demandé la récusation du juge Pablo Llarena après que le dimanche 29 juillet celui-ci a été filmé dans un restaurant de Palafrugell en train de dîner ostensiblement accom-pagné par des dirigeants du PP (le frère de l’ancien ministre de l’Intérieur Jorge Fernandez Diaz), le même jour qu’une manifestation du CDR local était prévue en la défense des prison-niers politiques. Le lendemain la police espagnole arrêtait une personne qui avait manifesté à la sortie du restaurant.

Quelques semaines pour changer de position

Devant l’immobilisme de Madrid, les indépendantistes ont donné au gouvernement espagnol quelques semaines de délai pour traduire en paroles le changement. Puigdemont depuis la Belgique a annoncé qu’en automne « l’état de grâce » sera terminé et que le gouvernement socialiste devra passer des discours aux actes.

L’ANC, Assemblée nationale catalane et Òmnium Cultural de leur côté préparent la grande manifestation pour la fête nationale (le 11 septembre) avec le slogan « Fem República/ Faisons la Republique ». Les évènements de l’automne seront déterminants : manifestations, rentrée politique, ouverture des procès. Le tout sur fonds d’élections (municipales et autono-miques en Espagne) en préparation pour 2019 et avec la majorité relative du gouvernement de Sanchez qui ne tient qu’à un fil, celui des partis indépendantistes au Congrès espagnol qui peuvent à tout moment lui retirer leur soutien.

Alà Baylac Ferrer 4 août 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

Commentaire: A part sa différence catalane, Puigdemont est quand même un ultra libéral qui n’a comme projet républicain que de poursuivre les politiques d’austérité, tout comme les natio-nalistes de gauche, le PSOE et la droite espagnole. Seuls la CUP ( anticapitalistes indépen-dantistes et nos camarades d’Anticapitalistas ( depuis Podemos) s’y opposent radicalement.

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26 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

plougonver (l’écho)

fest

Samedi 28 et dimanche 29 juillet : festival des luttes à Plougonver

Douar Didoull (non aux projets miniers) organise un Festival des Luttes, ce week-end à Plougonver.

Le festival des luttes organisé par Douar Didoull débutera le samedi 28 juillet avec dès 11 h une conférence avec la participation de différents collectifs miniers.

À 14 h, conférence par l’association Négawatt, pour une transition énergétique réaliste et soutenable avec Thomas Laporte. Il y aura aussi Claude Le Gouil qui interviendra sur les conflits au sein du monde rural.

A 15 h 30, Lylian Le Goff, médecin environnementaliste, témoigne sur les luttes de 1980, Floreal Romero présentera ses thèses en faveur d’une écologie sociale libertaire, anticapita-liste et antiréactionnaire et Julien Dupoux fera une conférence gesticulée, le bon filon du terrorisme vert.

Les films et documentaires aussi seront captivants. A 11 h, l’or nègre, de Camille de Vitry et à 14 h Open the border, de Mikael Baudu.

Au programme musical, à partir de 18 h : La Plume (rappeur issu du collectif brestois Dernier Rempart) ; The Decline (groupe formé en 2009 à Rennes) ; Brassen’s not dead (groupe de punk rock français, originaire de Toulouse) ; Dirty Old Mat (entre Renaud et The Pogues, Mat trimbale sa gueule et ses histoires) et Melmor (formé en 1994, punk-core celtique).

Dimanche 29 juillet, à 11 h conférence de Yannick Ogor, éleveur et maraîcher, et Jean-Do Robin coordinateur de l’AFPS. A 14 h, méthanisation industrielle animée par le collectif de Plusquellec et la Confédération paysanne et Renaud Garcia auteur de nombreux ouvrages.

Les films et documentaires prévus dimdanche : 14h Pas res nos arresta, présenté par l’Amassada, le méga-transfo, ses 1000 éoliennes et le monde qui l’accompagne et, à 15 h 30 la dette, une spirale infernale de Laure Delesalle.

Programme musical du dimanche : à 14 h Kaouenn (spectacle tout public bilingue) ; Bertolino – Le Gac (musique spontanée, buissonnière, comme une invitation au voyage entre la Méditer-ranée et les Carpates Plougonverroises) ; Gô Hen De (folk-rock celtique de Basse Bretagne) ; Kazut de Tyr (Gaby Kerdoncuff, trompette ; Jean Le Floc’h, accordéon, Yves-Marie Berthou, percussions et Maelle Vallet).

A 19 h Fest-noz avec Le Tallec-Brigand ; Le Bour-Bodros ; Larivain-Péron & Co ; Erwan Moal ; Fred Guichen : Davay-Priol et Beat Bouet trio.

Pratique. Camping et restauration sur place. Tarif : 8 € par jour.

26 Juil 2018

https://actu.fr/bretagne/plougonver

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24 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

sardine (lavanguardia.cat)

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L’enterrement (réel) de la sardine, une autre espèce qui disparaît de nos côtes

Les stocks de sardines des côtes ibériques sont à des niveaux historiquement bas et sont dans une situation critique qui exige des mesures immédiates pour en assurer la conservation. La  surpêche et le changement climatique menacent les populations de sardines dans les eaux au large de la côte ibérique

Son succès médiatique n’est pas celui du lynx, de l’ours ou de l’aigle impérial, mais le fait est que la populaire sardine ibérique, l’un des poissons les plus communs et omniprésent de nos côtes, pourrait être vite cataloguée parmi les espèces en voie de disparition en raison de la surpêche et du changement climatique.

Les organisations environnementales péninsulaires ont publié une déclaration commune dans laquelle elles avertissent de la situation délicate que vit ce poisson sur la base des résultats du dernier rapport du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM ).

L’étude, publiée le 13 Juillet, fournit une analyse complète des stocks de sardines des côtes ibériques au cours de la dernière décennie, basée à la fois sur le volume des prises et des calculs scientifiques de la biomasse. Et la conclusion ne peut être plus catégorique: la sardine ibérique est à des niveaux historiquement bas et est dans une situation critique qui exige des mesures immédiates pour assurer sa conservation.

Parmi ces actions figure la recommandation de suspendre strictement la pêche à la sardine (capture zéro) sur nos côtes et celles du Portugal à partir de l’année prochaine. L’obligation de cesser immédiatement cette pêche a le soutien des grandes organisations de conservation dans les deux pays (Espagne et Portugal blog) : Oceana, Greenpeace, le WWF et Écologistes en action.

Pour ces organisations environnementales, le rapport du CIEM, institution scientifique majeure qui conseille l’UE sur la pêche, mérite notre confiance, de sorte que la recommandation de capture zéro devrait être contraignante. Seulement ainsi pourra-t-on assurer la viabilité de l’espèce du point de vue biologique et se diriger vers une exploitation durable des ressources halieutiques.

Les ONG se plaignent que la pêche à la sardine ne dispose pas d’un plan de gestion approuvé par le CIEM en Espagne ou au Portugal. Un accord entre les gouvernements des deux pays pour promouvoir leur rétablissement a été largement critiqué pour son manque d’ambition, car il ne conduit pas un suivi rigoureux des captures et n’assure la protection des juvéniles.

Par conséquent, ils exigent à la fois des autorités espagnoles et portugaises et de la Commis-sion européenne qu’elle lance le plus tôt possible un plan de redressement fondé sur les critères scientifiques établis par le CIEM. Autrement nous pourrions assister dans quelques années aux funérailles, réelles, en rien un carnaval, de la sardine.

Rapport  (en anglais et en PDF).

José Luis Gallego 23/07/2018

https://www.lavanguardia.com/

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24 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

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Comment peut-on parler breton ?

Déjà, au milieu du 19è siècle, alors que la bourgeoisie urbaine bretonne abandonnait la langue, certains observateurs en mal d’exotisme pensaient côtoyer les derniers locuteurs bretons. Après un siècle d’inexorable déclin de la langue, le « breton » est têtu et n’a pas prononcé son dernier souffle. Nom d’un kouign amann !

Ce lundi du mois d’avril, l’état de la soirée est déjà bien avancé au zinc du bar-tabac du bourg de Guerlesquin (Finistère). Quand on leur demande s’ils connaissent le breton, les piliers de comptoirs présents se confient volontiers. Tous le parlent et l’ont appris dans leur famille. « Mon grand frère s’est même enfui de l’école le premier jour, parce qu’il ne comprenait rien à ce qu’on lui disait. C’est ma sœur qui a dû le ramener par les oreilles », s’amuse un sexagé-naire qui a travaillé toute sa vie chez Tilly, baron de l’industrie locale du poulet. « Moi, j’ai été élevé par des curés qui nous interdisaient le breton ! Faut voir comment, les vaches ! », explo-se Hervé, un quinquagénaire de la commune voisine de Loguivy-Plougras, fan de Francis Cabrel. Pour Olivier, un couvreur qui a grandi dans les années 1970 à Gourin, plus au sud, puis a exercé mille métiers dans la région parisienne, c’est moins le stigmate de la langue que le mépris social qu’il a eu à subir : « Arrivés au collège, on nous faisait sentir qu’on était des bouseux et que ça s’arrêtait là pour nous. Même quand j’étais gardien d’immeuble en banlieue, les jeunes m’appelaient “le plouc” ! », dit-il en souriant, sans ressentiment apparent.

« On parle breton à son cheval et français à son tracteur »

Malgré la prophétie de la disparition du dernier bretonnant à l’orée des années 2000, force est de constater qu’on trouve encore facilement des locuteurs de breton. Le bilan n’en reste pas moins brutal. Du début du XXe siècle à 1950, on estime qu’un million de personnes ont maintenu la langue dans la région Bretagne. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’environ 200 000 brezoneger, dont 70 % âgés de plus de 60 ans, soit une diminution de 85 % en soixante ans. Avec l’éclipse de toute une génération, le passage en dessous des 100 000 locuteurs est pronostiqué vers 2040.

Francis Favereau a commencé à collecter les mots du breton de Poullaouen lors de son premier poste de prof d’anglais dans la région de Carhaix, dans les années 1970, à l’époque où la vie sociale baignait encore dans l’idiome local. Il est aujourd’hui auteur du dictionnaire qui porte son nom : « Il y a quarante ans, Pierre-Jakez Helias écrivait déjà “le breton va mourir au 21è siècle”, en fait il y a une rémanence énorme parce que les gens vivent plus vieux et, qu’à la retraite, ils reviennent à leurs racines et reparlent. Donc le bain continue. Dans la réalité, c’est un peu ce qui se passe partout, au pays de Galles comme au Pays basque, il y a beaucoup de symbolique dans le renouveau breton et ce n’est pas que militant. J’ai parlé breton à mes enfants qui sont adultes maintenant, ils ont été dans les écoles Diwan, mais, aujourd’hui ils en ont des usages très différents. On jongle en permanence entre les langues, c’est compliqué… »

Quel parcours cette langue a-t-elle emprunté pour connaître un tel déclin ? L’explication tient, d’une part, à une volonté politique de l’État jacobin de brider l’apprentissage de la langue, et d’autre part, aux profondes modifications sociales et démographiques du terroir bretonnant. On évoque la « coupure » du milieu des années 1950, moment où les familles ont massivement cessé de transmettre à leurs enfants une langue vécue comme rurale, archaïque, voire obscurantiste. « On parlait breton à son cheval et français à son tracteur », cette phrase de paysan marque à la fois la disparition de la société paysanne traditionnelle et l’inadaptation du breton au monde moderne. En 1752 déjà, on pouvait lire dans la préface du Dictionnaire de langue bretonne [1] de Le Pelletier : « La langue bretonne, telle qu’on la parle aujourd’hui, n’est pas fort abondante. Les termes d’Art, de Science, de Commerce, de Politique et de la plupart des métiers lui sont inconnus. Renfermée dans la campagne, elle ne met en œuvre que des termes de la maison rustique. » À l’inverse d’une utilité économique du breton à peu près nulle, le français, lui, permet « d’aller partout », comme le notait l’écrivain Pierre-Jakez Helias.

Mais cet abandon de la langue ne s’est pas fait sans un sacré coup de main de l’État central. À partir de la Révolution française, le combat contre les langues régionales devient un enjeu politique pour la bourgeoisie parisienne. Si le français a été substitué au latin pour les textes juridiques avec l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539, il devient avec la première République la langue nationale unique. L’abbé Grégoire et le jacobin Barrère partent en croisade contre ces «  patois  » qui sont autant d’entraves à la diffusion des idéaux du nouvel état. Pour Barrère, «  le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton  ».

Dès lors, pour la prétraille et les nobliaux, la langue bretonne peut servir de sanctuaire aux idéaux de l’Ancien Régime. Mais, tous les bretonnants n’adhèrent pas à cette base contre-révolutionnaire. Dans ses Mémoires d’un paysan bas-breton, ouvrage rédigé en 1904 mais publié en 2001 [2], Jean-Marie Déguignet, paysan anarchisant, note  : « Ces régionalistes travaillent à parquer les exploités en s’efforçant, en recommandant à leurs sous-ordres, petits curés et petits maîtres d’école, de maintenir parmi les enfants, petits et grands, la langue et les vieilles mœurs bretonnes. Car ces coquins savent bien que tant qu’on tiendra les Bretons dans ces mœurs sauvages, et tant qu’ils ne pourront lire que des livres bretons qui ne sont tous que des livres religieux, ceux-ci resteront dans l’abrutissement, dans l’avachissement et dans l’imbécillité, c’est-à-dire dans les meilleures conditions possibles pour être exploités sous toutes les coutures. » On est alors en pleine bataille pour la laïcité. En 1913, le socialiste libertaire Émile Masson enrage de voir l’enjeu du breton confisqué par les réactionnaires : « Si ce pays est le refuge de la réaction, c’est la faute des révolutionnaires qui n’ont pas su le gagner à eux, et qui même font tout ce qu’ils peuvent pour anéantir en tant que peuple, un peuple essentiellement révolutionnaire, par le seul fait qu’ils lui refusent le droit de parler sa langue. »

L’école républicaine choisit d’interdire les « patois » de façon coercitive. Jusqu’au milieu du siècle passé, un enfant surpris en train de parler sa langue maternelle, même pendant la récréation, pouvait se voir affubler d’un objet symbolique humiliant en guise de punition : « le symbole » ou « sabot de bois » en Basse-Bretagne, « le témoin » en pays d’Oc, la «buchette» (büxeta) dans le Pays basque. Jean-Pierre Le Guyader « paysan-animateur » à Radio Kreiz Breizh, qui anime l’émission en breton « Tud deus ar vro » (« Les gens du pays »), peut aussi témoigner de cette brutalité de l’interdiction du breton à l’école de son village, dans le Trégor :

« Il n’y avait pas de révolte face à l’autorité à l’époque, si tu te prenais une trempe à l’école, tu en prenais une deuxième à la maison. Mais j’ai connu un instituteur, lui-même bretonnant, qui avait franchi les limites. Il avait voulu revenir à sa retraite s’installer dans le village, mais ses anciens élèves, devenus de solides gaillards lui ont fait comprendre qu’il n’avait pas laissé un bon souvenir. D’autres instituteurs étaient plus souples. »

À cette interdiction s’ajoute le mépris distillé par le parisianisme vis-à-vis de la « province [3] ». Le succès rencontré par la bande dessinée Bécassine entre 1905 et 1950 symbolise les contours de ce mépris : Annaïck Labornez, dite Bécassine, est une bonniche bretonne montée à Paris et engagée par une grande famille bourgeoise parisienne. Bien brave mais totalement ignorante et gourde, elle ne parle jamais, le dessinateur n’ayant même pas jugé bon de lui dessiner de bouche.

La coupure

Conscientes ou non du complexe de Bécassine, les femmes bretonnes ont vu dans l’abandon du breton une aubaine pour s’émanciper du patriarcat traditionnel et de l’influence des prêtres. La sociologue Anne Guillou souligne le rôle des femmes dans la désertion de la langue après-guerre : « Les épouses, les mères, étaient plus sensibles à l’inconfort et la misère du monde rural et elles ont vu dans le changement de langue un moyen d’extraire leurs enfants d’une vie dont elles ne voulaient plus. [4] » Yuna, élève au lycée Diwan de Carhaix, se souvient de la réaction de sa grand-mère : « Mes grands-parents communiquaient en breton entre eux, mais ils ne l’ont pas appris à mon père. J’ai pu parler en breton avec ma grand-mère, qui était léonarde [de la région du Léon, Finistère nord], mais elle n’aimait pas trop ça, car elle avait vécu l’interdiction de parler breton à l’école et pour elle, c’était une langue arriérée. Elle ne comprenait pas le choix de mes parents de me mettre dans une école bretonne. »

Louis Le Bail fait partie de la génération de cette fameuse « coupure » qui s’est faite dans les années 1950, où les bretonnants ont été à la fois victimes de l’ostracisation de leur langue et acteurs de sa non-transmission. Né en 1932, il est revenu, après une carrière à la RATP, prendre sa retraite dans son village natal de Langonnet dans le Morbihan. Le fleuve L’Ellé qui passe non loin marque la frontière linguistique entre le dialecte vannetais et le cornouaillais.

À toutes fins utiles, à Langonnet, « pluie » se dit « glao » alors qu’à une dizaine de kilomètres à l’ouest, on ne prononce pas le « o » et l’on dit « gla ». « Je suis parti à Paris en 1950, j’avais 18 ans, nous raconte-t-il. J’ai appris le français vers 6-7 ans en allant à l’école catholique, mais le catéchisme se faisait encore en breton. Par ici, c’était une communauté de cultivateurs qui s’en-traidaient beaucoup. Toutes les activités  les corvées, le broyage des pommes, les battages, les blagues, les veillées, etc. se faisaient en breton. C’était notre langue de tous les jours. Avec le travail, je me suis francisé. Comme je travaillais dans les transports, j’ai vu toute la transfor-mation de la banlieue parisienne, j’étais pris dans un autre bain. Puis arrivé à la retraite, avec la fréquentation des cercles celtiques et le théâtre, je me suis remis dans l’ambiance de la Breta-gne. Grâce à cela, j’ai pu rencontrer des bretonnants de partout, y compris des jeunes, qui parlent mieux le breton que moi. Je regrette que les autorités de l’époque nous aient interdit de parler le breton. On aurait eu la possibilité d’apprendre les deux langues, ça aurait été enrichissant, on n’était pas plus idiots que les autres. Maintenant, on ne rattrapera plus le retard ! Les jeunes qui l’apprennent, je ne sais pas s’ils auront l’occasion de beaucoup le parler. »

Plus au nord, Cavan est un patelin des Côtes d’Armor réputé pour sa politique de préservation de la langue.

Dans les allées à côté de Ti ar Vro (Maison du peuple), où s’est constitué un important centre d’archives en langue bretonne, nous croisons une douzaine d’anciens qui jouent à la boule bretonne, en équipe mixte, avec l’espièglerie de vrais gamins. « Graet eo ! »  « le point est fait ». Ici les commentaires de jeu se font en breton.

« Nous, on ne parle pas le “vrai breton”, c’est pas le breton littéraire. On n’a pas le même breton que le breton “appris” », semble s’excuser Odile en avalant les « r » une prononciation de consonne rétroflexe que certains Trégorois partagent avec les Anglo-Saxons et les Chinois. « On n’a pas appris à nos enfants, ni aux petits-enfants. D’ailleurs quand je ne veux pas que les petits sachent [ce que je dis] alors je parle en breton », s’amuse-t-elle.

http://cqfd-journal.org/Reportage-Comment-peut-on-parler

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