Archive | Pays bigouden

08 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Pont ‘n Abbad (FR3)

sardines

Fermetures de classe.

Trois cents manifestants à Pont l’Abbé pour le maintien des classes de collège et de lycée

Près de trois cents personnes ont manifesté leur opposition à la fermeture de trois classes de collèges et lycée ce samedi 7 mars 2026 dans les rues de Pont l’Abbé. •

À Pont l’Abbé, élèves, parents d’élèves, professeurs mais aussi syndicats ont manifesté contre la fermeture de classes, annoncée par la direction académique pour la rentrée prochaine dans le pays bigouden.

Une large banderole avec, en noir et rouge et en capitales « NON AUX SUPPRESSIONS DE CLASSES« . Ou encore ce message écrit sur un carton et tenu à bout de bras « Nos enfants valent plus que vos économies« …

Trois classes sur la sellette pour la rentrée 2026

Ils sont élèves, parents d’élèves, professeurs mais aussi représentants de syndicats ou élus communaux. Environ trois cents personnes ont manifesté ce samedi après midi 7 mars 2026 dans le centre-ville de Pont l’Abbé pour s’opposer à la décision de la direction académique du Finistère de fermer trois classes de collège et lycée du Pays Bigouden à la rentrée de septembre 2026. Si les prévisions sont mises en œuvre, une classe de sixième et une classe de seconde du Collège Lycée Laennec de Pont l’Abbé et une classe de sixième du collège Paul Langevin du Guilvinec vont disparaître.

Si les fermetures se confirment, on pourrait avoir des classes de trente-cinq, trente-six voire trente-sept élèves. Frédéric Le Loc’h professeur d’Histoire-Géographie groupe scolaire Laennec Pont l’Abbé

Une décision inacceptable pour Frédéric Le Loc’h, professeur d’Histoire et Géographie qui prévient « si les fermetures se confirment, on pourrait avoir des classes de trente-cinq, trente-six voire trente-sept élèves. » Pour le professeur, ce choix de fermeture aurait des conséquences en termes d’apprentissages pour les élèves. Sans compter l’inadaptation des locaux, des classes à ce nombre d’élèves.

C’est une décision brutale et uniquement comptable. Frédéric Le Loc’h

professeur d’Histoire-Géographie groupe scolaire Laennec Pont l’Abbé

Il ajoute « C’est une décision brutale et uniquement comptable. La révision de la dotation horaire globale prévoit cent soixante-douze élèves alors que le seuil de fermeture est de cent soixante-quinze. Ce sont des prévisions théoriques qui ne tiennent pas compte des arrivées extérieures. »

Or, pour l’enseignant, il y aura forcément des arrivées de nouveaux élèves liées aux nouveaux logements dans le quartier de la gare. « Au moins cent vingt-cinq nouveaux logements avec des familles et des enfants » prédit le professeur qui fait partie d’un collectif d’enseignants pour « la défense du service public d’éducation. »

Un scénario qui se réplique. Déjà, à la rentrée dernière de 2025, deux classes de lycée et une classe de collège avaient été supprimées.

Je veux qu’il puisse travailler correctement. Sophie Frigola

Mère d’un collégien en classe de quatrième

Parmi les manifestants, Sophie Frigola. Cette mère de famille s’inquiète pour ses propres enfants. « Mon aînée est à la faculté et ce n’est pas beaucoup mieux. J’ai un fils qui est en quatrième et donc, dans pas longtemps, il sera en seconde. Je n’ai pas envie qu’il soit dans ces conditions-là. Je veux qu’il puisse travailler correctement. » Et elle ajoute « laissons les choses, les classes comme elles sont. Même s’il y avait un peu moins d’élèves, tant mieux pour les jeunes, tant mieux pour les professeurs, tant mieux pour eux. »

Cela veut dire des conditions de travail où on ne peut pas aller aider les élèves en difficulté, où les élèves, qui sont psychologiquement un peu plus fragiles, vont être laissés de côtés. Yann Joliff Professeur de mathématiques et membre de Sud Education 29

Dans les rangs des manifestants, Yann Joliff, professeur de mathématiques au groupe scolaire Laennec et membre du syndicat Sud Education 29. Il prévient « L’élève ce n’est pas un chiffre, ce n’est pas un nombre ! ». Un enseignant qui s’alarme pour les jeunes les plus fragiles. « Plus de trente-cinq élèves par classe, cela veut dire quoi ? Cela veut dire des conditions de travail où on ne peut pas aller aider les élèves en difficulté, où les élèves, qui sont psychologiquement un peu plus fragiles, vont être laissés de côtés. »

Même si, certains professeurs présents sur place affirment que les décisions ont déjà été transmises aux chefs d’établissement et semblent actées, d’après certains responsables des syndicats d’enseignants, une rencontre est prévue le vendredi 14 mars prochain à 9h30 avec la direction académique. Pour Frédéric le Loc’h, professeur d’histoire-Géographie, ce sera peut-être « le moment d’un échange contradictoire pour que la raison reprenne le dessus. »

Romuald Bonnant  07/03/2026

https://france3regions.franceinfo.fr

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12 février 2026 ~ 0 Commentaire

Manu BRUSQ (Maitron)

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manu

Né le 13 août 1923 à Audierne (Finistère), fusillé le 21 avril 1944 sur les dunes de Poulguen en Penmarc’h (Finistère) ; résistant des FTPF.

Fils de Joseph Alain, retraité des Postes, et de Jeanne, Madeleine Poyard, son épouse, Emmanuel Brusq, dit Manu, naquit à Audierne (Finistère) le 13 août 1923. Il était le quatrième enfant d’un premier mariage au Sénégal, dont les trois premiers décédèrent en bas âge des suites de maladie. Il avait quatre ou cinq ans quand son père divorça ; il fut alors placé chez une dame, « Tante » Jeanne Bonizec (ex-bonne et amie de la famille), domiciliée à Audierne, où il apprit le breton.

En 1930, son père se remaria, et son épouse éleva Emmanuel comme son propre fils. De cette union, naquit son demi-frère Alain. « Manu » effectua un séjour de trois ans à Porto-Vecchio (Corse) où il apprit la langue corse.

Il revint ensuite à Pont-Croix puis à Audierne en 1936. Après ses études à l’école primaire, il fut pensionnaire au cours complémentaire de Plozévet. En 1939, il s’engagea dans la Marine et, d’avril 1940 à octobre 1942, il suivit les cours de formation à l’école des mécaniciens de la Marine nationale située à Saint-Mandrier (Var). Il s’engagea alors pour cinq ans et embarqua sur le torpilleur « Lansquenet » à Toulon en qualité de matelot de 2e classe. Après le sabordage de la Flotte à Toulon en novembre 1942, Emmanuel Brusq revint en permission pour trois mois à Audierne.

Le 1er avril 1943, il obtint le brevet élémentaire de mécanicien et reçut un certificat de bonne conduite avec la mention « exemplaire ». Il se retira définitivement chez lui pour y exercer le métier de marin pêcheur.

Ne supportant pas l’occupation allemande, il participa à quelques coups de main avec des jeunes, et, en fin 1943, il partit avec quelques amis audiernais dont Constant Le Floch et Jo Le Gac pour tenter de rallier l’Angleterre en passant par l’Espagne. Il fut arrêté avec Constant Le Floch, dans les Pyrénées.

Les Allemands trouvant un « noir » accompagné d’un « blanc », les prirent pour des aviateurs américains et les interrogèrent en anglais. D’abord surpris, ils leur répondirent en breton. Les Allemands, interloqués, ne savaient que penser. Ils furent internés au fort du Hâ à Bordeaux le 29 juin. On plaça un « mouton » dans leur cellule, mais eux continuèrent à communiquer en breton. La supercherie dura quelques jours, mais, sous la torture, une expression française échappa à l’un d’eux, qui les trahit. Le 31 août, ils furent transférés au stalag 22 du camp de Compiègne.

Le 18 septembre ils furent enfermés dans un wagon de marchandise en direction de Dachau. Dans la nuit du 18 au 19, Manu réussit à forcer la porte du wagon, car, de grande taille, il était doté d’une force « herculéenne ». Profitant d’un ralentissement, il sauta du train avec quelques autres, et tous se dispersèrent. Les mitrailleuses crépitèrent ; Constant Le Floch ne les suivit pas, et rentra de Dachau en 1945.

Manu Brusq regagna Audierne en voyageant de nuit, souvent dans des wagons de marchandises, parfois caché par des cheminots. Trop facilement reconnaissable « au pays », du fait de la couleur de sa peau, il fut mis en contact avec Yves Le Meur, responsable des FTPF, par le cultivateur d’Audierne chez qui il s’était réfugié. Sa mise en sécurité jointe aux difficultés dues à l’afflux de réfractaires au STO fut à l’origine de la création par les FTP du maquis de la forêt de Cascader, près de Scaer. Malheureusement ce maquis fut dispersé par les Allemands le 23 octobre 1943.

Emmanuel Brusq rentra alors à Audierne où il dût vivre caché, parfois chez ses parents, parfois dans les fermes du pays, dont celle de M. Rogel dans le hameau de Kerhuon. Il fut repris le 19 février 1944, lors d’une opération des FTP, et incarcéré à la prison Saint-Charles à Quimper et condamné à mort par un tribunal allemand.

Dans la nuit du 20 au 21 avril 1944, il fut transporté avec une trentaine de ses camarades, dont Charles Le Port, pour être fusillé dans les dunes de Penmarc’h. Une dame, habitant dans une maison isolée proche de là, regarda à travers ses volets. Elle racontera plus tard : « j’ai vu un grand noir sauter du camion, accrocher l’officier du peloton par le cou, lui arracher sa baïonnette et le tuer ». Manu fut gravement brutalisé avant d’être fusillé.

La fosse fut ouverte le 31 août 1944 et livra trente-cinq cadavres.

Mort pour la France à l’âge de vingt ans, Emmanuel Brusq était sergent-chef des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

La voie (Boulevard Manu Brusq) qui longe la plage d’Audierne porte son nom.

https://fusilles-40-44.maitron.fr/

Guerre et Résistance en Pays Bigouden

Les fusillés de Poulguen

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09 février 2026 ~ 0 Commentaire

Palestine 36 (Cap Caval / Penmarc’h)

caval

Film “Palestine 36” : la révolte arabe

Palestine 36, un film que l’on peut voir actuellement dans les salles de cinéma, retrace fort à propos la grande révolte arabe des années 1936-1939 en Palestine, alors sous mandat britannique, et la violence de la répression qu’elle subit.

Dans ce Moyen-Orient que les impérialismes français et britannique s’étaient partagé à la fin de la Première Guerre mondiale, un soulèvement des masses arabes contre cette domination éclata en avril 1936. La révolte s’étendit à l’Irak sous mandat britannique, mais aussi à la Syrie et au Liban dominés par la France, et toucha même le Maghreb, lui aussi sous domination française.

Le film se concentre sur la Palestine et commence en montrant les premières grèves des ouvriers arabes, en particulier ceux des ports. Ils réclamaient la fin de la misère et l’égalité de traitement entre ouvriers juifs et arabes. La lutte de ces ouvriers trouva un écho profond dans les campagnes, où les paysans se voyaient eux aussi réduits à la misère parce que les grands propriétaires fonciers arabes, dont ils cultivaient auparavant les terres, les vendaient à des colons juifs. Ils se trouvaient donc expulsés.

En 1936, ils se révoltèrent non seulement contre cette colonisation impulsée par les organisations sionistes, mais aussi et surtout contre la domination anglaise, principale responsable de la situation. Si, en Palestine, la révolte arabe débuta par des affrontements meurtriers avec les Juifs, elle se dressa avant tout contre l’oppression coloniale. À travers le parcours de l’un des personnages principaux, le film montre l’extension de la révolte et la naissance de véritables groupes armés se lançant à l’assaut de l’occupant britannique.

La répression fut particulièrement violente. L’armée britannique, chargée de maintenir l’ordre colonial dans un vaste empire s’étendant de l’Irlande à l’Inde, avait dans ce domaine une très longue expérience. Il fallut 30 000 soldats pour venir à bout du soulèvement arabe. Des villages furent entièrement rasés, des milliers de maisons détruites, y compris dans des grandes villes comme Jaffa. Un des officiers responsables des opérations, un certain Orde Wingate, représenté dans le film, se spécialisa dans les raids nocturnes contre les villages et l’utilisation des enfants comme otages pour attraper les parents.

Une sorte de Bigeard anglais ! Plus de 50 000 Palestiniens furent emprisonnés dans des camps de concentration ou déportés aux Seychelles. On estime que le nombre des morts, blessés et exilés, s’éleva à 10 % de la population arabe de la région.

Le film n’oublie pas de montrer, même succinctement, l’hypocrisie des bourgeois palestiniens des villes, dont la principale préoccupation était de trouver une place dans l’ordre social existant. Si certains collaborèrent clairement avec les Britanniques et les institutions sionistes, ceux qui soutinrent le mouvement des masses ne le firent pas dans l’objectif de les libérer de l’oppression ; les dirigeants nationalistes arabes qui se retrouvèrent à la tête de la révolte firent au contraire tout leur possible pour la vider de ses contenus sociaux et la réduire à un affrontement entre communautés, visant en particulier les Juifs.

L’attitude des colons juifs les y aida, y compris d’une grande partie de ceux qui se réclamaient du socialisme, qui choisirent le camp des Britanniques et formèrent des milices pour aider à mettre fin à cette révolte.

Ce film a donc le mérite de rappeler l’origine des guerres et des conflits qui ravagent encore aujourd’hui le Moyen-Orient, et la responsabilité des puissances coloniales.

Marion Ajar  04/02/2026

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07 février 2026 ~ 0 Commentaire

Palestine 36 (Penmarc’h)

palestine

Palestine 36 à Penmarc’h

Avec Palestine 36, la réalisatrice palestinienne Annemarie Jacir signe une fresque historique où elle évoque la révolte arabe, de 1936 à 1939, méconnue mais fondatrice de l’histoire palestinienne. Il est diffusé au cinéma de Penmarc’h (Finistère), le lundi 9 février 2026 à 20 h 30.

En 1936, la Palestine est administrée par les Britanniques depuis que la France et le Royaume-Uni se sont partagé le Proche-Orient à l’issue de la Première Guerre mondiale. La puissance occupante, qui avait soutenu le nationalisme arabe contre l’Empire ottoman, gère le territoire, tout en laissant des Juifs, qui ont fui le fascisme en Europe, s’installer en terre sainte. Une révolte lancée par les paysans va peu à peu gagner les villes avant d’être réprimée dans le sang.

Cette fresque historique, signée par la cinéaste palestinienne Annemarie Jacir raconte cette histoire comme un moment de trahison d’une juste cause nationale. Palestine 36 permet de comprendre le sentiment de colère et de dépossession, la complexité des intérêts individuels et les mécanismes d’oppression dans la région et rappelle l’attachement viscéral des Palestiniens à leur terre.

« Acte de résistance »

Après le 7 octobre, la production du film se délocalise en Jordanie. Mais treize mois plus tard, l’équipe peut enfin revenir en Palestine pour achever le tournage. En novembre 2024, face à une situation géopolitique toujours instable, Palestine 36  boucle sa dernière phase de tournage. Annemarie Jacir a réalisé le premier long métrage tourné par une réalisatrice palestinienne, Le Sel de la Mer.

Après une vie d’exil, la cinéaste multi- récompensée, née à Bethléem, signe ici son quatrième film , le seul tourné en Palestine au cours des deux dernières années. Le récit a du rythme, un sens du romanesque et l’attachement à une forme d’authenticité car Annemarie Jacir a choisi de rester aux côtés des siens pour écrire leur histoire ».

Ciné-débat

Claude Leostic, présidente de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité) de Brest, animera un débat autour du film en évoquant la situation actuelle en Palestine au regard de l’Histoire racontée dans le film. Dès 19 h 45, l’association Solidaire’Etic présentera en dégustation-vente des produits palestiniens de petits producteurs de Cisjordanie. L’association Kemper-Balata (jumelage de la ville de Quimper avec le camp de réfugiés de Balata à Naplouse) présentera des actions à venir, notamment la venue de danseuses palestiniennes à Quimper (Finistère).

Palestine 36, Salle Cap Caval.

Ciné-débat, lundi 9 février à 20 h 30

mardi 10 février à 17 h 30.

https://www.ouest-france.fr/

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13 janvier 2026 ~ 0 Commentaire

Pêche (OF)

BLOOM

Un recours déposé pour fermer le golfe de Gascogne quatre mois

Les eaux françaises du golfe de Gascogne, vaste portion de l’Atlantique, sont fermées un mois en hiver à des centaines de navires de pêche depuis 2024. Le but : limiter les captures accidentelles de dauphins dans les filets. Une fermeture polémique actée jusqu’à l’hiver 2026. Deux associations de défense de l’environnement ont déposé un nouveau recours au conseil d’État pour demander une fermeture de quatre mois à partir de 2027.

Deux associations de défense de l’environnement ont déposé le 5 décembre 2025 un recours auprès du conseil d’État pour demander quatre mois de fermetures du golfe de Gascogne à tous les navires de pêche professionnels dès 2027.

La partie française du golfe de Gascogne est fermée quatre semaines par an en hiver depuis 2024 à des centaines de navires de plus de 8 mètres, pour diminuer les captures de cétacés dans les engins de pêche.

Cette fermeture fait l’objet d’un intense débat entre scientifiques, ONG, pouvoirs publics et pêcheurs pour trouver un compromis entre préservation des dauphins et des emplois.

Deux associations de défense de l’environnement, Défense des milieux aquatiques et Sea Shepherd France, ont déposé le 5 décembre dernier un recours au fond auprès du conseil d’État pour demander de nouvelles fermetures du golfe de Gascogne à la pêche. La date d’audience puis la décision ne sont pas attendues avant plusieurs mois.

La partie française du golfe de Gascogne — vaste portion de l’Atlantique située entre le sud de la Bretagne et la péninsule ibérique — est fermée quatre semaines par an en hiver depuis 2024 à certains navires de plus de 8 mètres pour diminuer les captures de cétacés (dauphins et marsouins) dans les engins de pêche.

Cette fermeture s’est reproduite en 2025 et demeure prévue du 22 janvier au 20 février 2026. Pour l’instant, une telle mesure n’est pas actée pour 2027 et au-delà. Ce qui contente, pour l’instant, de nombreux pêcheurs et leurs représentants.

Dans leur mémoire transmis au conseil d’État et que Ouest-France a pu consulter en exclusivité, les deux ONG demandent quatre mois de fermeture du golfe par an, soit  trois mois en hiver (janvier à mars) [et] un mois en été (mi-juillet à mi-août) . Elles… (La suite payante)

Jean-Marie CUNIN.

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19 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Konkerne (FR3)

Le Trévignon est l'un des 14 thoniers senneur de la Compagnie française du thon océanique (CFTO). Il pêche le thon dans l'Océan Indien.
Le Trévignon est l’un des 14 thoniers senneur de la Compagnie française du thon océanique (CFTO). Il pêche le thon dans l’Océan Indien. • © MARCEL MOCHET / AFP

À Concarneau, la filière de la pêche au thon tropical en voie de disparition ?

Activité historique à Concarneau, les armements de pêche au thon tropical sont dans la tourmente. Après la disparition de celui de Via Océan, ex-Saupiquet au début de l’année, la compagnie Française du Thon Océanique (CFTO), elle aussi basée à Concarneau, a annoncé cette semaine un plan d’économies drastiques avec notamment une baisse de 30 % des salaires des marins.

Réunion de crise à Concarneau ce vendredi 17 mai 2024 : une vingtaine de marins de la Compagnie française du thon océanique (CFTO) se sont retrouvés au cours d’une assemblée générale à l’appel de la CFDT.

Ils viennent d’apprendre que leur employeur envisage de réduire leur salaire brut de 30 % pour tenter de redresser les comptes de l’entreprise. Autres mesures sur la table des négociations : la diminution des vivres à bord des navires, l’arrêt des fournitures de tabac… Et pour économiser du gazole, la compagnie veut allonger la durée des campagnes de pêche.

15 millions d’euros de perte en 5 ans

Un plan d’économies annoncé cette semaine, en raison « de difficultés historiques » qui « ont durement et durablement impacté l’entreprise« . Forte de 15 thoniers (dont l’un sous pavillon italien), la CFTO a enregistré près de 30 millions d’euros de pertes nettes en 2020 et 2021, et n’a plus publié ses résultats depuis.

Si on diminue leur salaire de 30 %, [les marins] iront voir ailleurs.

Denis Jutteau Délégué CFDT à la CFTO

Les 260 marins de la CFTO seraient prêts à faire des concessions selon la CFDT, mais ils ne veulent pas être la seule variable d’ajustement.

« Pour l’instant, la seule chose qu’ils sont prêts à faire, c’est d’augmenter de huit à dix semaines le temps d’embarquement, rapport Denis Jutteau, délégué CFDT à la CFTO. Ils sont prêts à faire des efforts en termes de salaire, mais 30 % ça ne passera jamais. Si on diminue leur salaire de 30 % ils iront voir ailleurs. »

La pêche au thon a été très rentable pendant très longtemps. Les marins étaient extrêmement bien payés. Patrice Guillotreau Economiste des pêches à l’Institut de recherche pour le développement (IRD)

Les déboires de la CFTO sont d’autant plus scrutés que l’armateur breton, pionnier de la pêche au thon dans l’Océan Indien, compte la plus grande flottille française du secteur. Un secteur qui subit désormais une profonde crise.

« La pêche au thon a été très rentable pendant très longtemps. Les marins étaient extrêmement bien payés« , rappelle Patrice Guillotreau, économiste des pêches à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). « Les conditions ont changé : c’est une pêche peut-être un peu plus coûteuse, le poisson est de plus petite taille et moins bien valorisé par les conserveries« , ajoute l’économiste.

À Concarneau, la fin d’une filière ?

Résultat, d’importants armements français sont menacés ou ont déjà mis la clef sous la porte à commencer par l’ex-voisin concarnois de la CFTO, Via Océan, anciennement nommé Saupiquet.

En février 2024, il annonçait la « cessation définitive » de l’activité de ses thoniers senneurs (des thonnier munis d’un long filet rectangulaire de 1,5 km de longueur et 150 à 200 m de hauteur permettant d’encercler les thons) dans l’Atlantique. À l’arrêt à Abidjan, les navires ont été mis en vente tandis que 58 salariés vont être licenciés.

Un peu plus tôt, en novembre 2023, c’est l’armateur réunionnais Sapmer qui révélait la cession de trois thoniers senneurs, sous pavillon mauricien, pour cause de baisse de ses quotas.

100 000 tonnes de thons par an, pêchés par la France

Avec 100.000 tonnes de thons capturés par an, cette filière est pourtant un acteur majeur de la pêche française : ses navires débarquent un quart des volumes de poissons pêchés sous pavillon français, selon l’organisation professionnelle Orthongel.

La crise du Covid puis la guerre en Ukraine ont cependant déstabilisé les armements en provoquant des tensions sur la chaîne logistique et une flambée du prix du gazole, qui représente « 35 % du chiffre d’affaires annuel d’un thonier senneur« , selon Xavier Leduc, président d’Orthongel.
Ces énormes navires congélateurs, de 80 mètres, voire 100 mètres de long, avec 25 marins à bord, consomment entre 10.000 et 12.000 litres de carburant par jour. Et les prix du thon, fixés sur un marché mondial, « n’ont pas compensé la hausse des coûts« , souligne Xavier Leduc.

Une filière européenne dans le viseur des ONG

Dans ce contexte économique tendu, les navires français et espagnols sont pointés du doigt par un groupe d’États côtiers de l’Océan Indien qui critiquent leur technique de pêche, basée sur le recours à des milliers de dispositifs de concentration de poissons (DCP).
Ces radeaux dérivants, équipés de balises GPS et d’écho-sondeurs, facilitent les captures en attirant les thons en grande quantité. Mais ils sont critiqués pour la pollution, les prises accessoires et les importantes captures de juvéniles qu’ils engendrent.

À terme, la pêcherie va être difficile à exploiter pour les Européens, car leur place est contestée. Patrice Guillotreau Economiste des pêches à l’Institut de recherche pour le développement (IRD)

Des ONG, comme l’association Bloom, dénoncent ainsi la pêche « destructrice » et « industrielle » pratiquée par les senneurs européens, alors que la ressource se fait rare dans l’Océan Indien, où les stocks de thon albacore et patudo sont fortement surpêchés.

« À terme, la pêcherie va être difficile à exploiter pour les Européens, car leur place est contestée« , remarque M. Guillotreau. Vendredi, la Commission thonière de l’Océan Indien (CTOI), réunie à Bangkok (Thaïlande), a adopté une résolution réduisant progressivement de 300 à 225 le nombre de DCP autorisés par navire d’ici à 2028. Des « efforts supplémentaires » qui « menacent très sérieusement la durabilité des entreprises fortement malmenées par les crises récentes« , a regretté Orthongel dans un communiqué.

  Manon Le Charpentier

19/05/2024

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire :

« La pêche française a diminué depuis 30 ans ». D’où vient le poisson qu’il y a dans nos assiettes ?

« On s’est laissé faire par la ratatouille des Sea Shepherd et compagnie », à Lorient, une nouvelle coalition pour défendre la pêche bretonne

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17 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Surpêche (FR3)

pêche

Mobilisation de la Compagnie des Pêches: : le projet d’un navire géant toujours sans accord de l’état, « les salariés sont vent debout »

Le navire géant de la Compagnie des Pêches de Saint-Malo, l’Annelies Ilena tarde à être en service. Salariés et direction organisent une manifestation, ce vendredi 17 mai. Objectif : dénoncer la lenteur de l’Etat, qui n’a toujours pas donné son accord. Hasard du calendrier, la tête de liste LR aux élections européennes, vient justement rendre visite aux employés.

Ras-le-bol général à la Compagnie des Pêches de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Ouvriers et direction manifestent, ce vendredi 17 mai, devant leur usine. Une mobilisation est prévue dès 16 heures par une cinquantaine d’employés. Tous profitent de la venue de François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections européennes, dès 15 heures, pour faire part de leur inquiétude concernant l’Annelies Ilena.

15 millions d’euros ont été investis pour aménager une usine de surimi à bord de ce chalutier géant, véritable mastodonte des mers. Problème : l’Etat n’a toujours pas validé le projet de la compagnie, empêchant la reprise d’activités. Le nouveau bateau de 145 mètres de long est destiné à remplacer le navire historique, le Joseph Roty II et son usine embarquée de production, pour juin 2024.

Environnement. « Un navire de l’enfer ! « . Des associations dénoncent l’investissement de la Compagnie des pêches de Saint-Malo dans le « plus gros chalutier du monde »

« Les salariés sont vent debout. L’Etat fait la sourde oreille, les employés n’en peuvent plus, nous n’avons aucune nouvelle. Que ce soit la direction ou les salariés, on est tous dans la même galère, dans l’attente d’une réponse », précise un responsable de l’entreprise. « François-Xavier Bellamy vient nous apporter son soutien, ça donne de l’écho à notre combat, mais il n’a aucun pouvoir décisionnaire, c’est sûr ».

Une activité au ralenti

L’autorisation de transfert des activités reste bloquée, alors que l’investissement a été réalisé. « La situation est critique. Il faut savoir que nous sommes les seuls quasiment dans ce domaine à avoir la maîtrise de la pêche du merlan bleu, jusqu’à la transformation en surimi », ajoute Florian Soisson, directeur général du groupe.

Nous prévoyons une perte de chiffre d’affaires de six millions d’euros cette année avec 30 marins en activité partielle et 160 emplois menacés.

Florian Soisson, directeur général de la Compagnie des Pêches Saint-Malo

Le groupe compte 350 collaborateurs. « Sans décision de l’état, les conséquences sont là. Nous prévoyons une perte de chiffre d’affaires de six millions d’euros cette année avec 30 marins en activité partielle et 160 emplois menacés », précise Florian Soisson.

Sans accord, mais avec des opposants

Le nouveau navire pourra traiter jusqu’à 400 000 kilos de poisson toutes les 24 heures, avec une capacité de stockage de 7 millions de kilos.

Un bénéfice pour l’entreprise, mais contesté par de nombreuses associations écologistes. Qualifié de « pilleur des mers » par les militants, le navire propriété d’une société néerlandaise, attend l’aval des autorités. Une réunion publique est prévue avec François-Xavier Bellamy dans la soirée.

Vincent Le Goff  17/05/2024

https://france3-regions.francetvinfo.fr

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15 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Bloom (LRLP)

pêche

Caroline Roose : “La Commission pêche de l’UE est dictée par les lobbyistes”

« Tout au long de mon mandat, je suis allée à la rencontre des pêcheurs artisanaux, et ils me disent qu’ils ne sont absolument pas entendus ni écoutés par le Comité national des pêches. Ils sont en mer quand il y a les votes. Il n’y a que les gros industriels qui ont les moyens humains d’avoir à la fois des hommes en mer et des personnes administratives qui sont sur les réunions. Vu l’historique de ce qu’il s’est passé avec la senne démersale (type de chalutage de fond), on s’aperçoit que seule la pêche industrielle est reconnue par le Comité national des pêches. »

Le Parlement européen est un lieu de compromis, le nombre d’États membres l’exige. Quand on s’approche de trop près des problématiques écologiques ou industrielles, on comprend rapidement les rouages d’une institution autour de laquelle une multitude de gens gravitent et avec qui il faut discuter. Caroline Roose, eurodéputée écologiste, dénonce aujourd’hui l’influence de l’industrie de la pêche dans les tractations politiques au Parlement européen.

Élue au Parlement européen en juin 2019, elle s’est orientée rapidement vers la Commission pêche. Rien de plus logique pour elle, son père était mécanicien bateau, elle-même a son diplôme de professionnel de la mer et a navigué. Engagée dans un combat pour l’écologie et la défense de la pêche artisanale, qui représente 98% de la flotte française, elle a fait de la préservation des ressources halieutiques une priorité, sachant qu’environnement et pêche sont les deux faces d’une même pièce. Elle s’est retrouvée au cœur des jeux de pouvoir entre lobbyistes et eurodéputés.

LR&LP : Pouvez-vous nous raconter vos débuts au Parlement européen et vos rapports aux lobbys ?

Caroline Roose : Au début de mon mandat, on avait beaucoup d’audits avec les lobbys. Ils venaient se présenter dans nos bureaux. C’est ma première mandature, je ne savais pas trop qui était lobbyiste et qui ne l’était pas. J’ai vu beaucoup de monde défiler. J’ai commencé à recevoir, par mail, des propositions de listes de votes, des propositions d’amendement. Tous les eurodéputés en reçoivent.

Aujourd’hui, j’ai beaucoup moins de contact avec les lobbyistes. Ce sont les députés européens qui leur donnent ou non de l’importance, si vous n’acceptez pas leurs arguments, si vous restez sur vos positions, ils viendront moins toquer à la porte de votre bureau.

Ils auront toujours tendance à vous attaquer avec des mails incendiaires. Ils envoient des contres arguments à d’autres groupes politiques pour contrer vos propositions. Ils essayent de mettre des doutes à certains propos ou idées que vous pourriez exprimer.

Caroline Roose, eurodéputée

LR&LP : Quels sont les principaux lobbys du secteur ?

Caroline Roose : Le principal lobby est Europêche. Je les ai d’ailleurs reçus lors de mon rapport d’initiative (texte préalable à un dépôt de résolution devant le Parlement). Ils étaient très étonnés de ma proposition. Une écologiste qui reçoit un lobby ce n’est pas conventionnel. Mais je restais dans ma logique de dialogue et de construction.

Un autre lobby important avec qui j’ai été en contact est le lobby du chalutage de fond espagnol qui, lorsque l’on a proposé l’interdiction de cette technique de pêche dans les aires marines protégées, m’a interpellé en me disant que j’allais « détruire la pêche ». Alors même que nous proposions un accompagnement des pêcheurs et une interdiction progressive.

LR&LP : Quel est l’ampleur de leur influence ?

Caroline Roose : Pour vous donner un exemple, durant chaque mandature, les différentes Commissions conçoivent des Plans d’action, c’est à dire des listes d’engagements qu’elles sont obligées de respecter. Fin 2023, un Plan d’action qui a pour but de fixer un cap pour la protection des océans et la justice sociale dans le secteur a été déposé. À la suite de sa publication, le PPE (Parti populaire européen, droite libérale) a obtenu un rapport d’initiative, qui lui permet de proposer au Parlement des modifications du texte originel. Leur but était de contrecarrer les volontés de la Commission.

On a alors reçu un certain nombre de propositions d’amendements par les ONG et les lobbys, notamment Europêche. En parcourant le rapport d’initiative, je me suis rendue compte avoir déjà lu les amendements qui y étaient inscrits. J’ai repris le mail d’Europêche, le rapporteur avait fait un copier-coller, au mot prêt, des amendements du lobby. La ligne officielle du groupe majoritaire (Parti Populaire Européen) au Parlement est donc calquée sur Europêche.

Rassemblement National, ECR (Conservateurs et Réformistes européens) et PPE votent d’ailleurs tout le temps la même chose. Ils sont sur une ligne pro pêche industrielle.

(Le Parlement a fini par voter en faveur de ce rapport d’initiative, qui supprimait les engagements environnementaux du Plan d’action, le 18 janvier 2024, ndlr.)

LR&LP : Et à l’échelle française, qui tire les ficelles ?

Caroline Roose : Le Comité national des pêches, l’équivalent de la FNSEA. Lorsque l’Union européenne a dévoilé son Plan d’action de lutte contre les techniques de pêche destructrice début 2023, les pressions de ses représentants sont montées en puissance.

On parle de chalutage de fond, d’interdiction progressive de pêcher dans les aires marines protégées. Ce plan n’était ni contraignant, ni un texte de loi, mais uniquement des recommandations envers les États membres. Cela a provoqué leur gronde. Le message politique a été manipulé.

Le président de la Commission pêche, Pierre Karleskind (macroniste du groupe Renaissance), avec l’aide du président du Comité national des pêches Olivier le Nézet, ont fait escalader l’agressivité des pêcheurs, expliquant que l’on allait détruire le secteur. On s’est retrouvés avec l’Office Français de la Biodiversité qui a brûlé à Brest.

Bloom (LRLP) dans Altermondialisme la-releve-et-la-peste-edition-media-independant-incendie-brest-sdis29

LR&LP : Olivier le Nézet cumule au moins vingt-quatre mandats. Il est à la tête du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (ou Comité national des pêches) – l’équivalent de la FNSEA chez les agriculteurs – mais aussi de ses échelons locaux en Bretagne. Il est également président du port de Lorient, le premier port de pêche breton et le deuxième au niveau national. À ce titre, il est cogestionnaire d’un gigaport industriel en développement à Duqm dans le sultanat d’Oman. En a-t-il profité pour accentuer la pression ?

Caroline Roose : Après l’événement à Brest, il est monté à Bruxelles voir le Commissaire européen. Quand il est revenu de Belgique, il s’est posé en sauveur de la pêche et expliqué qu’il n’y aura pas de Plan d’action.

LR&LP : C’est à ce moment-là que des menaces spécifiques envers votre personne ont été émises ?

Caroline Roose : En Commission pêche, comme dans toutes celles du Parlement Européen, nous avons des missions officielles durant notre mandat. Cela consiste à aller sur le terrain pour analyser l’état actuel du secteur. Un député par groupe politique est présent. On a toujours un président de délégation.

Une mission officielle du Parlement européen en Bretagne était prévue en avril 2023. Durant celle-ci, le président de délégation était Pierre Karleskind (eurodéputé macroniste du groupe Renaissance), mais nous nous sommes aperçus qu’elle était gérée au niveau local et national par Olivier Le Nézet. Il était présent partout.

Au début de la mission, Monsieur Le Nézet me faisait part dans mon oreille de certaines phrases. Jusque-là, c’était tendu sans être très agressif. Je me suis retrouvée en sa compagnie sur un bateau de pêche sur lequel ma présence n’était pas prévue. Il m’a dit alors qu’il allait reprendre les votes des députés, les transmettre aux pêcheurs et « vous vous arrangerez avec eux ».

Pour finir, le soir de l’avant-dernier jour de la mission, alors que je suis sortie en mer plus tôt avec Sea Shepherd, Olivier le Nezet m’a dit « les députés qui travaillent avec des ONG extrémistes, on va leur cramer leurs maisons ».

la-releve-et-la-peste-edition-media-independant-olivier-le-nezet dans Luttes paysannes et alimentation

LR&LP : Comment avez-vous réagi ?

Caroline Roose : J’en ai parlé au président de la Commission pêche, Pierre Karleskind, qui m’a répondu : « oui c’est vrai, hier soir, Olivier était lourd ». Mais il n’était plus simplement lourd, il était menaçant. Dans le rapport de la mission parlementaire, j’ai notifié les menaces d’Olivier Le Nézet, ce à quoi Pierre Karleskind a réagi en disant : « je ne pensais pas que cela avait été jusque-là ». En l’absence de réaction, j’ai déposé une main-courante auprès de la gendarmerie.

La suite de l’histoire est connue, Pierre Karlesnkind, eurodéputé Renaissance, et Hervé Berville (secrétaire d’État à la mer et à la biodiversité) ont obtenu le recul de la Commission pêche, qui a assuré qu’elle n’imposera pas d’interdiction des engins de fond dans les aires marines protégées.

LR&LP : Pierre Karlesnkind et Hervé Berville ne réfléchissent qu’à travers les doléances de la pêche industrielle, ils n’ont jamais les échos des pêcheurs artisanaux ?

Caroline Roose : Jamais ! Tout au long de mon mandat, je suis allée à la rencontre des pêcheurs artisanaux, et ils me disent qu’ils ne sont absolument pas entendus ni écoutés par le Comité national des pêches. Ils sont en mer quand il y a les votes. Il n’y a que les gros industriels qui ont les moyens humains d’avoir à la fois des hommes en mer et des personnes administratives qui sont sur les réunions.

Vu l’historique de ce qu’il s’est passé avec la senne démersale (type de chalutage de fond), on s’aperçoit que seule la pêche industrielle est reconnue par le Comité national des pêches.

LR&LP : Pourtant, la régulation de la pêche industrielle est une question de justice sociale pour les pêcheurs artisanaux, majoritaires dans le pays ?  

Caroline Roose : Quand on montre à Pierre Karlesnkind ou Hervé Berville les chiffres dévastateurs des techniques de pêche industrielle, quand on leur explique les dégâts que vont provoquer leur non-régulation, leur seule réponse est « il ne faut pas penser qu’à l’environnement ». Mais la pêche et l’environnement vont de pair. Le premier ne peut exister sans l’autre. Si on continue à pêcher comme cela, un jour, il n’y aura plus du tout de pêcheur.

Les pêcheurs artisanaux subissent cette absence de politique protectrice. Après le passage des chalutiers industriels, les zones sont vidées de toute biodiversité. Les pêcheurs n’ont plus de ressources.

Florian Grenon Photographie: Bloom 14 mai 2024

https://lareleveetlapeste.fr/

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07 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Plastique (FR3)

Plastique (FR3) dans Altermondialisme 5edf77c6d2fb0_ftv0850-00_00_04_00-4153586

© C.François France Televisions

Nettoyer les déchets sur les plages, pour quoi faire ?

La Fondation Surf Rider organise ce week-end des campagnes citoyennes de collecte des déchets sur le littoral. Elle livre aussi les conclusions de son étude sur la « vague de plastiques » qui submerge l’environnement et menace notre santé. Dans son palmarès, les déchets les plus collectés sur nos plages sont : les mégots de cigarette, les fragments de plastique, les polystyrènes, et les morceaux de filet de pêche en plastique.

En Bretagne, des bénévoles de la fondation Surf Rider ont retroussé leurs manches à Saint-Malo samedi 6 avril, et ce dimanche, c’est Rennes qui prend relai pour ramasser les détritus au sol. En effet, Rennes s’avère presque une ville du littoral pour ce qui est des déchets : voyageant des trottoirs aux eaux pluviales, puis dans les cours d’eau, les canettes de soda et autres bouchons plastiques finissent rapidement, et inévitablement, dans la mer.

Un camion-poubelle de plastique par minute

Dans les océans, l’équivalent d’un camion-poubelle rempli de déchets plastiques se déverse chaque minute. À Saint-Malo comme ailleurs, difficile de trouver une parcelle de plage qui ne soit pas souillée pour un détritus.

La Fondation Surf Rider connaît bien l’ampleur de la tâche, ramasser et recommencer inlassablement. Mais elle souligne l’intérêt des données qu’elle collecte pendant les campagnes de ramassage, en classant les déchets, retrouvés sur le littoral français, selon leur nature, et en calculant les quantités pour chacun. « Ces données constituent des preuves précieuses capables d’influencer les décideurs publics « , estime-t-elle.

L’association fournit sur son site internet les fiches papier ou une application numérique pour renseigner et centraliser les données sur les déchets trouvés.

Chaque année, un palmarès des déchets est établi. En 2023, les mégots de cigarettes ont ainsi conservé leur titre de déchet numéro 1 sur le littoral. Plus de 1,5 million ont été ramassés l’an dernier en France, ce déchet est retrouvé dans 88 % des collectes de l’association Surf Rider.

Viennent ensuite les fragments de plastique, que Surf Rider classe dans cette catégorie lorsqu’ils mesurent entre 2,5 à 50 cm, sans inclure les sacs plastique et morceaux de sacs. Les glaneurs de déchets retrouvent,  en troisième position, les emballages en polystyrène qui servent, par exemple, au conditionnement du poisson et de la viande, mais aussi à l’emballage des objets divers commandés sur internet et livrés à domicile.  Enfin, la quatrième place de cet inventaire revient aux morceaux de filets de pêche en plastique, souvent d’un vert vif, facile à repérer mais difficile à extraire dans les algues sur les plages.

Les billes de plastiques échouées, spécialité régionale

Les pellets, ces billes en plastique de la taille d’une lentille, s’échouent régulièrement en Bretagne et en Espagne, dans les régions de la Galice et de Tarragone, selon la Fondation Surf Rider.  En 2022 et 2023, une « arrivée massive » de ces granulés plastiques a été constatée à Plouarzel dans le Nord-Finistère, et dans le pays Bigouden (à Tréffiagat, Plomeur, Le Guilvinec et Penmarc’h ).

Également appelés larmes de sirènes, ils servent à fabriquer les objets en plastique dans les usines. Leur diffusion dans l’environnement peut être occasionnée durant leur transformation, leur transport maritime ou terrestre, ou par des « fuites » pendant qu’ils sont stockés. Très légers, les granulés de plastique industriels (GPI) sont facilement dispersés par le vent et la pluie.

Ils entrent alors dans la chaîne alimentaire, après avoir été ingérés par les oiseaux et animaux marins. En 2018, un rapport de la Commission européenne estimait à 160 000 tonnes la masse de ces billes « perdues » chaque année dans la nature.

« Couper le robinet du plastique »

Face à ce que les scientifiques qualifient désormais de  « bombe à retardement », les stratégies envisagées pour endiguer la pollution au plastique divergent : concentrer les efforts sur la collecte et le recyclage des emballages, comme le préconise le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE)   ou stopper progressivement la production mondiale de plastique en ne la réservant qu’à certains secteurs (médecine, défense…), comme le réclament les ONG de protection de l’environnement.

Pour le spécialiste Baptiste Monsaingeon, maître de conférences à l’université Reims-Champagne-Ardenne et auteur d’Homo detritus, critique de la société du déchet (2017), « l’enjeu n’est pas tant de nettoyer la surface des océans que de couper le robinet de production des plastiques. Sinon, tout va recommencer inlassablement. »

Myriam Thiébaut  07/04/2024

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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Succès pour le défi plastique

L’association fournit sur son site internet les fiches papier ou une application numérique pour renseigner et centraliser les données sur les déchets trouvés.

En 2022 et 2023, une « arrivée massive » de ces granulés plastiques a été constatée à Plouarzel dans le Nord-Finistère, et dans le pays Bigouden (à Tréffiagat, Plomeur, Le Guilvinec et Penmarc’h ).

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25 mars 2024 ~ 0 Commentaire

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Pompage illégal à Plomeur : en pleine fête des fleurs, échanges musclés entre des horticulteurs et des manifestants

Deux semaines après le début de la fête des fleurs à Plomeur, une violente altercation a opposé une trentaine de manifestants écologistes et des horticulteurs ce dimanche 24 mars. En cause : le pompage illégal dans un étang près d’une zone humide protégée. Les horticulteurs avaient déjà été mis en demeure par la Préfecture du Finistère un an plus tôt.

Les champs n’étaient pas les seuls à être fleuris ce dimanche 24 mars à La Torche. Les mots échangés entre des manifestants et des horticulteurs l’étaient tout autant. À tel point que les deux camps ont fini par en venir aux mains.

« Dégagez de chez moi !« , répètent inlassablement les deux responsables de l’exploitation Kaandorp devant les yeux médusés des visiteurs déambulant sous les serres et les parterres de tulipes et de jacinthes à l’occasion de la fête des fleurs.

En face, une trentaine de manifestants écologistes, banderole à la main, enceinte sur l’épaule, jouent au chat et à la souris avec les propriétaires. Ils viennent dénoncer le mode de culture et le pompage excessif dans l’étang voisin de Saint-Vio situé à un kilomètre de l’exploitation.

Exaspérés par cette intrusion des manifestants sur leur exploitation, les bulbiculteurs interviennent pour les expulser non sans quelques échanges de coups.

Pour Ard Kaandorp, l’un des responsables, c’est l’incompréhension. « On ne nous laisse pas travailler, on ne nous laisse pas vivre. L’eau pompée à Saint-Vio, je la paye au Conservatoire [du littoral] et au Conseil de l’eau et c’est déclaré tous les ans. Toutes les pompes ont un volumètre. Donc c’est faux de dire qu’on vole de l’eau ! » 

Jusqu’à 56 piscines olympiques prélevées par an

Cette société familiale hollandaise cultive des fleurs printanières à bulbe, tulipes, iris, narcisses et jacinthes sur la commune de Plomeur depuis les années 80.

Pour les irriguer, elle pompe chaque année entre 70 000 et 140 000 m³ d’eau, l’équivalent de 28 à 56 piscines olympiques, dans l’étang de Saint-Vio. Un étang qui alimente le marais de Loc’h ar Stang, une zone humide protégée, classée Natura 2000.  

« S’il y a toujours de l’eau dans l’étang, on a constaté un assèchement du marais voisin, explique Bernard Trebern, conservateur pour l’association Bretagne Vivante. Arrivée, l’eau ne passe plus vers le marais, parce que l’étang a trop baissé.

Trop sec, le milieu devient « défavorable » pour certaines espèces. « On a perdu plusieurs oiseaux qui ne viennent plus nicher dans le marais comme le butor ou des échassiers. La plus emblématique, c’est la barge à queue noire qui avant, était vraiment l’espèce phare de la baie d’Audierne. Elle a disparu depuis les années 2000, 2004. »

Un constat établi dès 2013 dans une étude hydro-écologique commandée par le conservatoire du littoral. Ce rapport préconise alors de réduire le pompage dans un premier temps et d’y mettre fin à moyen terme.

Une autorisation de prélèvement jamais demandée

Pourtant, « ce pompage existe depuis les années 60« , assure l’horticulteur. « Quand l’étang a été racheté par le Conservatoire du littoral, il a assuré la continuité d’une vieille convention qui autorisait ce pompage-là à l’entreprise agricole Kaandorp, arrivée là dans les années 80, explique de son côté Virginie Hervieux, membre de l’association Eaux et rivières de Bretagne. Cette convention, c’est quelque chose qui est différent de l’autorisation légale de prélèvement dans le milieu naturel qui doit être fait auprès des services de l’État. » Une autorisation qui n’a jamais été demandée par l’entreprise Kaandorp.

Une mise en demeure… et aucune sanction

Au printemps dernier, la Préfecture met en demeure l’entreprise pour qu’elle régularise enfin sa situation. Depuis, rien n’a été fait : aucune démarche n’a été réalisée par les exploitants qui indiquent simplement que les bureaux d’étude sollicités n’ont pas voulu les accompagner. Aucune sanction non plus du côté de l’État.

Les associations Bretagne vivante et Eau et rivières de Bretagne ont donc déposé plainte à l’automne dernier auprès de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) pour « non-respect de l’arrêté préfectoral et dégradation de zone humide« .

« On sait que tous les ans, les pompages démarrent à peu près à cette saison, au mois de mars, rappelle Virginie Hervieux. Tout ce qu’on espère, c’est qu’avec cette démarche, les pompages ne démarrent pas et que surtout l’état fasse son travail et arrête définitivement le prélèvement. »

Sommé de trouver une solution alternative, le responsable de Kaandorp se dit impuissant :

« Aujourd’hui pour trouver 100 000 m³ d’eau, c’est une retenue d’eau qu’il faut, moi financièrement, je ne peux pas la construire et même si je le fais, il y a tous les zadistes du coin qui vont débarquer pour s’assoir dedans. »

Cultivateurs comme associations en appellent aujourd’hui à l’État pour trouver une solution à un problème qui a manifestement déjà trop duré.

Gwenaelle Bron et Stéphane Soviller
  Manon Le Charpentier

24/03/2024

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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