Archive | Pays bigouden

26 juillet 2022 ~ 0 Commentaire

bigouden (of bcd)

Bigoudènes_en_grève_1926

Au Festival de Cornouaille, les Bigoudènes chantent « L’Internationale »

Pour la journée du terroir bigouden, au Festival de Cornouaille 2022, à Quimper (Finistère), « c’est la lutte finale ! »

Les groupes et cercles celtiques bigoudens déambulent, ce jeudi 21 juillet 2022, dans les rues du centre-ville de Quimper avec costumes, saynètes, musique… Et revendications !

En arrivant sur la place Saint-Corentin, le cortège clame L’Internationale en brandissant des drapeaux rouges.

Deuxième round à 17 h, au départ du Chapeau-Rouge, rue du Paradis

 AURORE TOULON

21/07/2022

https://www.ouest-france.fr/

Comité de grève de 1924 - Coll. Alain Le Doaré. Premier rang de gauche à droite : Etienne Jequel, Anna Julien, Le Cossec, maire durant la destitution de Daniel, Daniel Le Flanchec, Alexia Poquet, Charré (des jeunesses communistes). Deuxième rang : Charles Tillon, Simonin, Lucie Colliard, Boville, Mme Le Flanchec, Faure-Brac. Troisième rang : Bordennec, Renoult (de L’Humanité), Garchery, Mme Morvan, Gauthier, Jean Join, Mme Julien.

Comité de grève de 1924 – Coll. Alain Le Doaré. Premier rang de gauche à droite : Etienne Jequel, Anna Julien, Le Cossec, maire durant la destitution de Daniel, Daniel Le Flanchec, Alexia Poquet, Charré (des jeunesses communistes). Deuxième rang : Charles Tillon, Simonin, Lucie Colliard, Boville, Mme Le Flanchec, Faure-Brac. Troisième rang : Bordennec, Renoult (de L’Humanité), Garchery, Mme Morvan, Gauthier, Jean Join, Mme Julien.

Douarnenez 1924-1925 : les grandes grèves de la conserve

Ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler les « grandes grèves » de la conserve se déroulent en 1924 et 1925, avec, comme épicentre, Douarnenez, le premier port sardinier de France, qui compte alors 21 usines.

Quand la sardine rythme la vie…

La conserverie s’est développée au 19è siècle, grâce à l’invention géniale de Nicolas Appert. Tous les ports atlantiques proches de zones poissonneuses ont alors connu une véritable révolution. D’autres naissent de l’arrivée de ces usines, comme Le Guilvinec…

La sardine est un poisson fragile, essentiellement pêché l’été. Dès son arrivée sur les quais, les femmes s’affairent, tant la sardine doit être fraîche quand elle est travaillée. En saison, quand les pêches « donnent », ces ouvrières travaillent le jour, et la nuit après de courts moments de sommeil. Elles chantent alors, pour se tenir éveillées. Certaines font 80 heures de labeur en cinq jours pour gagner entre 64 et 72 francs. Les salaires les plus bas de France dit-on. Les heures de nuit valent celles du jour, pas davantage !

Pemp real a vo ! (On aura nos 5 sous)

Le 7 octobre 1924, le secrétaire départemental du parti communiste, Daniel Le Flanchec, est élu maire de la ville. À 43 ans, Le Flanchec est un communiste libertaire, gouailleur, orateur exceptionnel, chanteur à la voix de feu. Avant-guerre, il s’est fait remarquer pour son soutien affiché à la bande à Bonnot.

Borgne, tatoué, il arbore « mort aux vaches » sur la main droite et « entre quatre murs, j’emmerde la sûreté » sur la main gauche. Souvenirs de Chine, où il a traîné sa misère dans les bouges et les tripots, ou souvenirs des prisons qu’il a fréquentées ? Le Flanchec, connu dans tout le Finistère pour ses extraordinaires capacités de bretteur, outrancier, prend alors rendez-vous avec l’histoire de Douarnenez.

Le mois suivant, le 21 novembre 1924, dans les fritures, c’est la grève. Les femmes souhaitent une augmentation de salaire. Elles n’arrivent plus à nourrir les enfants, à payer les loyers, à vivre, tout simplement. Vivre ! Comment pourrait-on vivre avec ces salaires de misère ? « C’était le besoin. On n’arrivait pas. Douarnenez a eu beaucoup de misère. Douarnenez a été pauvre. La grève, c’était le besoin… », diront des ouvrières…

Ces femmes qui se mettent en mouvement réclament 1 F de l’heure pour les ouvrières et 1,50 F pour les manœuvres, au lieu de 0,80 F et 1,30 F. Arrive à Douarnenez un syndicaliste de 28 ans, qui a déjà connu une mutinerie en mer Noire et le bagne pour récompense dans le Sud marocain, Charles Tillon. « Tout ce que j’avais lu de Zola me remonte au cœur », dit-il en découvrant la misère du port sardinier…

Le comité de grève, la municipalité, les syndicats, tous se mobilisent et mettent en œuvre les moyens qui permettront aux grévistes de tenir.

La grève est terrible car elle est unanime. La ville s’emplit des chants, des martèlements de sabots, des rires et des cris de toute une jeunesse qui, pour la première fois, ose. Et d’un slogan, aussi : « Pemp real a vo ! », cinq sous nous aurons… Le soir, les halles résonnent des déclarations des responsables politiques et syndicaux. Une voix s’élève, au-dessus des autres, de toutes les autres : Le Flanchec, véritable tribun au discours émaillé de mille anecdotes, s’épanouit et trouve, enfin, le public qu’il cherchait depuis près de vingt ans.

Le soviet de Douarnenez

En décembre, la grève prend une tournure nouvelle, elle déborde Douarnenez, elle devient enjeu national. La presse s’empare de l’événement. De nombreux permanents du parti communiste et des représentants de l’Internationale, un Russe, un Tchèque, un Allemand, arrivent à Douarnenez… Pour le jeune parti en effet, Douarnenez est un symbole et le comité de grève un soviet en puissance. À Douarnenez, en ces semaines intenses, le pouvoir est aux ouvriers…

Justin Godard, ministre du Travail du cartel des gauches alors au pouvoir, convoque grévistes et conserveurs, pour des négociations nécessaires. Mais les patrons des usines refusent de discuter.

La colère est immense, sur les quais du Rosmeur, et la tension vive, très vive. Pour la CGT-U, Douarnenez devient un symbole national et tous se mobilisent encore davantage, communistes – avec Doriot, Vaillant-Couturier ou Marcel Cachin, le Paimpolais –, socialistes avec Blum et Auriol, radicaux…

Racamond, le secrétaire général de la CGT-U, arrive à Douarnenez le 20 décembre, tandis qu’une dissension apparaît chez les usiniers : Mme Quéro, propriétaire d’une seule usine, propose une augmentation que ses collègues refusent. Première faille. Le contrat Quéro, signé le 22, porte l’heure à 1 F pour les femmes et à 1,50 F pour les hommes, avec 50 % d’augmentation après minuit ou après la dixième heure de travail. L’usine Quéro ouvre à nouveau ses portes le 23 décembre.

L’assassinat du jour de l’An

Il pleut sur Douarnenez le jour de l’An. Il pleut même dru. Dans les cafés, on chante, on boit et puis, surtout, on discute. La rumeur affirme que des « jaunes » sont arrivés en ville, des « briseurs de grève ».

À 18 h, Le Flanchec est au bistrot, L’Aurore, qui est archi-comble. Il chante, à tue-tête. Soudain, on le demande. Les « jaunes » ! Quand le maire s’approche, des coups de feu claquent et l’abattent. C’est la panique générale, tant le maire perd de sang. Vite, il est transporté à Quimper.  La colère qui grondait depuis des semaines explose alors brutalement. C’en est trop. La foule est déchaînée et la nuit est terrible. Il faut des renforts de police ; il faut, surtout, le calme des dirigeants syndicaux, qui improvisent un grand meeting aux halles, pour détourner le peuple des maisons d’usiniers.

Le 4 janvier, alors que les nouvelles de Le Flanchec sont rassurantes, on apprend que Béziers et Jacq, deux conserveurs importants, avaient, en décembre, rencontré des « briseurs de grève » et demandé une intervention musclée. Sur six colonnes à la une, L’Humanité titre « À Douarnenez : première flaque de sang fasciste ! »

La victoire des sardinières

Suite à l’injustifiable, le préfet multiplie les interventions auprès des conserveurs, afin qu’ils cèdent. Le plus vite serait même le mieux. La tentative d’assassinat du maire fait mauvais genre, c’est le moins que l’on puisse dire. D’autant que la suspicion enfle. Les conserveurs n’ont-ils pas été jusqu’à financer les nervis ? La suspicion, puis les preuves. Oui, en décembre, MM. Béziers et Jacq leur ont remis 20 000 F ; il s’agissait bel et bien d’un contrat sur la tête d’un maire ! Le préfet menace alors de porter plainte contre le syndicat des usiniers, lequel pousse, le 7 janvier, les plus durs de ses membres à la démission. Le lendemain, le nouveau bureau du syndicat patronal accepte de signer le contrat, et le conflit prend fin. Le contrat est signé. Les ouvrières de Douarnenez ont gagné, au 46e jour de grève.

Dans ces événements de 1924-1925, qui auront des prolongements dans de nombreux ports jusqu’en 1927, tous les éléments fondateurs d’une légende coexistent : filles ou femmes d’usine, proches de la misère, face à des patrons intransigeants ; joie de la rue et du nombre, force de la jeunesse face à un syndicat patronal replié sur lui-même ; émotion, événements dramatiques, sang et larmes, sans lesquels il n’est pas de mythe possible.

De ces grandes grèves de la conserve, il faut retenir l’essentiel : ce conflit du bout du monde est mené par des femmes, des ouvrières, des Bretonnes, qui prennent la parole et osent enfin. Au-delà de toute considération sociale, cette prise de parole est avant tout la conquête d’une dignité.

AUTEUR : Jean-Michel Le Boulanger

Docteur ès lettres, il est maître de conférences de géographie à l’Université de Bretagne-Sud, à Lorient. Président des Fêtes maritimes de Douarnenez de 2000 à 2010, il est élu vice-président de la région Bretagne, chargé de la culture et des pratiques culturelles, en mars 2010. Il a participé à de nombreuses publications, ouvrages collectifs, actes de colloques, articles de revue sur l’histoire et la géographie de la Bretagne ou sur les politiques culturelles.

Notes:

Ce sont les femmes qui nomment le peuple bigouden. Les femmes sont « bigouden », pluriel bigoudened » et les hommes « bigouter » (pluriel bigouterien).

https://bcd.bzh/

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26 juin 2022 ~ 0 Commentaire

lithium (fr3, radio-france)

lithium-treguennec

Lithium en Bretagne, pour quelques batteries de plus…

Un gisement de lithium exploitable en Bretagne. Alors qu’on sait que la vente de voitures traditionnelles s’arrêtera en 2035, l’information aurait pu ressembler à une bonne nouvelle.

Alors qu’on sait que la vente de voitures traditionnelles s’arrêtera en 2035, l’information aurait pu ressembler à une bonne nouvelle. L’électrification du parc automobile est inéluctable. Qui dit voiture électrique dit batterie ; et qui dit batterie dit lithium, métal, pour le moment extrait principalement en Chine, en Amérique latine et en Australie.

Les récentes crises internationales ont conduit les responsables politiques à affirmer leur volonté de conquérir une certaine forme d’indépendance énergétique. Et donc d’exploiter des matières premières européennes. Voilà pourquoi l’annonce de l’existence du gisement de lithium de Treguennec, dans la baie d’Audierne, là où se finit la terre de France, pourrait être une bonne nouvelle. Elle suscite pourtant pas mal d’hostilité sur place.

Il y aurait là, dans cette région de vent et de landes, un filon de 66 000 tonnes de lithium. L’équivalent de 70% de l’actuelle consommation annuelle mondiale…

Belle aubaine donc, en apparence. Sauf que ce coin d’Armorique est une zone très largement protégée en raison de sa grande richesse environnementale. Et que ses habitants ont la réputation d’être d’irréductibles Bretons. Réputation acquise sur le terrain par leur résistance à l’implantation d’une centrale nucléaire à Plogoff à la fin des années 70. Une lutte longue mais victorieuse, que certains sont prêts à rééditer, pour protéger leur environnement. C’est le cas de Nicole et Félix Le Garrec, auteurs du film « Des pierres contre des fusils » restauré et présenté au Festival de Cannes. Un documentaire qui retrace la lutte des habitants contre l’implantation d’une centrale nucléaire.

La baie d’Audierne, déjà zone Natura 2000, vient d’obtenir le label Ramsar, du nom de la ville iranienne où a été signée la convention internationale de l’Unesco pour la protection des zones humides.

«Lithium en Bretagne, pour quelques batteries de plus…», c’était un reportage de Raphaël Krafft ; Réalisation, Jérôme Chelius assisté de Martine Meyssonnier. Mixage, Julien Doumenc. Documentation, Éléonore Lanoë.

Pour aller plus loin

Lithium : l’État veut ouvrir des mines en Bretagne Reporterre, 17/03/2022

Le lithium, ce très convoité « or blanc » qui inquiète les Bretons Le Monde, 26/02/2022

Barbara Pompili : « La France doit extraire du lithium sur son territoire » Les Echos, 17/02/2022

Intervention au Conseil régional de Bretagne sur l’éventuelle extraction de lithium à Tréguennec Conseil régional de Bretagne, 24/02/2022

Page Facebook du groupe Lithium à Tréguennec ? non , merci !!!

Page Facebook du Graal, Groupe de Resistance Alsace Anti Lithium

Relocaliser l’extraction des ressources minérales : en Europe, les défis du lithium The Conversation, 01/06/2020

Le lithium : Impacts de la production Ecoinfo, Cnrs, 01/06/2011

Le lithium, un métal au cœur des enjeux industriels, économiques et environnementaux du XXIe siècle Annales des Mines – Responsabilité et environnement 2016/2 (N° 82), 2016

Lithium : nécessité et urgence d’introduire de nouveaux processus de collecte et de recyclage Les Amis de la Terre, 09/2013

Des pierres contre des fusils bande annonce du film documentaire réalisé en 1980 par Nicole et Félix Le Garrec sur la mobilisation contre la centrale nucléaire de Plogoff.

https://www.radiofrance.fr/

Lire aussi:

600 personnes contre une exploitation de lithium à Tréguennec

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19 mai 2022 ~ 0 Commentaire

tremeoc (minga)

affichette-Coat-keroec-700x991

La ferme de Coat Keroec à Tréméoc dans le Finistère  : une ferme d’avenir à transmettre

http://minga.net/

 

 

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28 février 2022 ~ 0 Commentaire

treguennec (of)

 litio

Lithium à Tréguennec.
Les manifestants ne veulent pas qu’on touche au « plus bel endroit du monde »
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Une mobilisation, rassemblant plus de 600 personnes, s’est tenue à Tréguennec (Finistère), ce samedi 26 février 2022. Elles voulaient afficher leur opposition à l’idée d’une éventuelle exploitation du filon de lithium présent dans les sols de la commune, notamment classée Natura 2000 et zone humide d’intérêt international.
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Plus de 600 personnes ont convergé à Tréguennec (Finistère), ce samedi 26 février 2022, contre l’éventuelle exploitation d’un gisement de lithium existant dans le sol de la commune.
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Sous un ciel éclatant, un flot de plus de 600 personnes s’est massé devant l’ancienne école de Tréguennec, dans le Finistère, ce samedi 26 février 2022.
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Ce « rassemblement pour la biodiversité », comme l’a surnommé Stéphane Morel, maire de la commune, s’est organisé en seulement quelques jours grâce à un groupe Facebook nommé « Lithium à Tréguennec ? Non merci ! ».
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Le point de départ de cette mobilisation : la parution d’une étude indiquant que la commune dormirait sur un filon de 66 000 tonnes de lithium et les récents propos de la ministre de la Transition écologique sur les besoins de la France en « or blanc », qui rentre notamment dans la composition des batteries de téléphone ou de voiture.
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Un gisement sous une zone Natura 2 000
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Or, dans la petite commune du pays bigouden, le gisement se trouve sur un site classé Natura 2000, future réserve naturelle régionale, et labellisé à l’international pour ses zones humides, considéré comme « le plus bel endroit du monde » pour certains manifestants.
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Dans la foule, on lit sur des pancartes « Touche pas à mon palud », « Ni ici, ni ailleurs », « Respectez notre terre ». Mais les intervenants qui se succèdent au micro, sur une estrade improvisée, sont clairs : il ne s’agit pas d’un rassemblement contre le lithium (dont le maire, Stéphane Morel, par espièglerie n’a pas voulu citer le nom pendant son discours) mais bien pour le respect des zones naturelles protégées. Aux yeux des manifestants, le site doit rester intact.
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« Ce n’est pas pensable de faire de l’extraction »
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« S’il y avait de l’or dans le sous-sol, ç’aurait été la même chose. À partir du moment où on décrète que c’est une zone protégée, on n’y touche pas », estime Sylvie, manifestante venue de Plomeur. « C’est simple, ce n’est pas pensable de faire de l’extraction, même s’il y a beaucoup d’argent en jeu » , proteste Julie.
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Le matin même, le ministère de la Transition écologique a tenu à préciser qu’« aucun projet d’extraction sur ce site » n’était sur les rails. « On est surtout dans l’anticipation et la vigilance » , soutient Stéphane Le Garrec, à l’origine du groupe Facebook organisateur. Flore, arrivée de la commune voisine de Plonéour-Lanvern, abonde : « On nous dit qu’il n’y a pas rien pour le moment, mais on sera là pour manifester en nombre si un projet émerge. »
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26/02/2022.
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25 octobre 2021 ~ 0 Commentaire

pont l’abbé (afps)

pl abbe

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11 mars 2021 ~ 0 Commentaire

solidarité le guivinec (fr3)

sans papier

Les pêcheurs du Guilvinec mobilisés contre l’expulsion d’un marin sénégalais

La solidarité des gens de mer s’organise au Guilvinec autour d’un marin sénégalais menacé d’expulsion. Pap N’diaye est arrivé dans ce port de pêche du sud-Finistère en 2017 pour y exercer son métier de pêcheur, « le seul que je connais depuis 22 ans » dit-il.

Pas un jour ne s’écoule sans que Pap N’diaye ne doive pointer à la gendarmerie. Ce pêcheur du Guilvinec, originaire du Sénégal, est menacé d’expulsion et assigné à résidence. Il a reçu son obligation de quitter le territoire français (OQTF) le 16 février dernier.

Depuis, la mobilisation grandit, dans ce port de pêche du sud-Finistère, la solidarité des gens de mer s’organise. Et l’incompréhension domine. « Ce serait un coup dur pour moi s’il partait, explique Kevin Le Fourn, patron du « Manona », un palangrier sur lequel Pap travaille depuis trois ans. J’ai des projets avec lui, on a de l’avenir ensemble ».

Il n’y a déjà plus grand monde dans la pêche, alors si en plus, on nous enlève les marins compétents Kevin Le Fourn, patron de pêche

« J’ai ma vie ici »

Le patron du Manona a dû adapter sa marée pour que son matelot puisse se rendre à la gendarmerie entre 10 h et 12 h. « On ne peut plus sortir trop loin au cas où il y aurait un problème, souligne Kevin Le Fourn. Donc je calcule le coup pour que l’on finisse tôt ». « C’est une grave perte pour l’entreprise, se désole Pap N’diaye. On travaille avec les marées, la lune, les vents, il n’y a pas d’horaires en mer ».

Pap N’diaye est un marin aguerri qui affiche 22 ans d’expérience. « Je ne sais faire que ça, je n’ai pas d’autre métier. Et puis, j’ai ma vie ici ». Le pêcheur est arrivé en France il y a sept ans, « il est entré légalement sur le territoire, avec un visa de travail » précise son avocat Jean-Marc le Crane.

Un mariage avec une Française change la donne : il perd son titre de séjour salarié et bascule vers la case administrative « conjoint de Français ». Le couple se sépare et le pêcheur sénégalais se retrouve en situation irrégulière puisque la préfecture du Finistère s’appuie sur cette séparation pour refuser sa demande de carte de résident.

« Alors que le couple s’est reformé depuis, note l’avocat de Pap N’diaye. La préfecture ne retient que les éléments à charge, passe sous silence toute son activité salariée et le dossier n’est pas actualisé ».

Une cagnotte de soutien

La ligne de défense de Jean-Marc Le Crane s’appuie sur un accord franco-sénégalais qui prévoit la délivrance d’un titre de séjour salarié. « C’est ce titre que nous voulons qu’il récupère car c’est prévu par des textes internationaux que la France a signés ». L’association Pleine Mer a, de son côté, mis en place une cagnotte pour aider Pap N’diaye à payer ses frais d’avocat.

Charles Braine, le président de Pleine Mer, note l’ironie de l’histoire. « La France tente d’expulser les travailleurs étrangers dans le domaine de la pêche mais elle va exploiter les zones de pêche comme le Sénégal qui, historiquement, est riche en poissons. Résultat : moins de travail pour les pêcheurs locaux qui doivent aller chercher du travail ailleurs et notamment chez nous ».

Une pétition pour dire « non à l’expulsion de Pap N’diaye » circule également et sera adressée à la préfecture du Finistère. Celui que ses collègues qualifient « d’excellent marin » collecte des attestations pour prouver son insertion professionelle. « Pêcheur, c‘est une passion. De toute façon, tu ne peux pas être marin sans passion. Je suis bien au Guilvinec, j’y ai un avenir ».

11/03/2021

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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09 juin 2020 ~ 0 Commentaire

missile (fr3 fab)

missiles

Tir de missile prévu dans le ciel finistérien 

“Un gaspillage” pour les associations

Un tir de missile aura lieu dans le ciel breton, nécessitant plusieurs essais. Des zones de restriction sont mises en place et concernent notamment la navigation dans une zone dédiée. Associations et collectifs prévoient une journée d’actions ce mercredi 10 juin, dans plusieurs villes de la région.

Un tir de missile doit avoir lieu dans le ciel du Finistère, entraînant plusieurs essais prévus ce mois de juin, jusqu’à la mi-juillet explique le ministère de la Défense, sans pour autant donner plus de détails. « Ces activités opérationnelles et essais de système d’armes qui sont liés à la dissuasion nucléaire sont couverts par le secret Défense et ne feront pas l’objet d’une communication détaillée » explique-t-on.

Des actions contre ce tir

Plusieurs associations et collectifs s’insurgent. Des actions sont prévues le mercredi 10 juin, dans plusieurs villes bretonnes : Penmarc’h, Saint-Malo, Rennes, ou encore Lannion. « Dans le respect des règles sanitaires et par petits groupes » précise Roland Nivet, porte-parole du Mouvement pour la Paix.

Là, on nous offre en cadeau de déconfinement, la reprise de tirs de missile M51. Roland Nivet

Il voit dans ce tir un immense gaspillage. « Aujourd’hui, avec ce que l’on vient de vivre, l’épidémie, on était en droit de s’attendre plutôt à un plan d’urgence du côté hospitalier ou à des investisse-ments pour l’écologie et la protection de la planète. »

Il ajoute : « Un missile M51, cela coûte 120 millions d’euros. 120 millions d’euros c’est le salaire brut annuel de 7 500 infirmières ou 24 000 respirateurs médicaux…Chaque M51 porte six bombes atomiques dont chacune peut détruire une ville comme Paris en quelques secondes. »

La France est signataire du traité de non-prolifération nucléaire qui prévoit dan son article 6 le désengagement nucléaire complet et négocié. Dans la réalité, depuis deux ans, elle s’engage dans un programme de ‘modernisation’ avec un renouvellement de sa flotte de sous-marins, avec un coût de 7 milliards par an. Nous on dit, il y a autre chose à faire aujourd’hui, comme protéger la vie humaine. »

Dans un communiqué, la fédération Anti-Nucléaire Bretagne y voit « une obscénité, en ces temps de pandémie : sachant que chaque essai coûte plus de 120 millions d’Euros et que la Loi de programmation militaire augmente son budget de plusieurs milliards ces prochaines années alors que la Santé, la Culture et l’Education manquent cruellement de moyens. »

Elle réclame de son côté  »l’arrêt immédiat de l’exploitation de l’énergie nucléaire et l’arrêt des programmes de recherche et de développement pour cette technologie. »

Un périmètre de sécurité 

Des zones réglementées temporaires (ZRT) et zones dangereuses temporaires (ZDT) sont mises en place au large de la ville de Penmarc’h, interdisant tout survol aérien pendant les tirs. La navigation sera également régulée pendant cette période.

La région a déjà connu ce genre d’essais, en 2018, 2016 mais aussi en 2013.

Emilie Colin 09/06/2020

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

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09 juin 2020 ~ 0 Commentaire

mouvement de la paix

paix

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01 mai 2020 ~ 0 Commentaire

bonnets rouges (hérodote fr3)

bonnets-ruz2

18 avril 1675

La révolte des Bonnets rouges

Le 18 avril 1675, à Rennes, la foule met à sac les bureaux du fisc. Elle défile dans les rues au cri de : «Vive le Roi… sans gabelle et sans édits !»

Ainsi commence l’une des plus violentes révoltes antifiscales du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV. Elle va entraîner dans la sédition une grande partie de la Bretagne et en particulier la paysannerie de Basse Bretagne (le pays bigouden et la région de Quimper, dans le département actuel du Finistère).

Elle reste connue sous le nom de révolte des Bonnets rouges ou encore révolte du papier timbré, d’après l’impôt à l’origine de la révolte.

L’impôt de trop

Trois ans plus tôt, le Roi-Soleil s’est engagé dans la guerre de Hollande. En manque de ressources pour y faire face, il instaure de nouvelles taxes.

Il ordonne ainsi que tous les actes judiciaires et notariaux soient désormais rédigés sur papier timbré aux fleurs de lys, avec une taxe de l’ordre d’un sol (sou) la feuille. Par ailleurs, il prélève une taxe de vingt sous sur chaque livre de tabac et impose le marquage des pièces d’étain à raison d’un sol par pièce.

Ces nouveaux impôts émeuvent en premier lieu les Aquitains et suscitent dès le 26 mars 1675 le soulèvement de la population de Bordeaux. Le Parlement de Bordeaux prononce de son propre chef la suspension des nouvelles taxes.

Les habitants de Rennes puis de Saint-Malo se révoltent à leur tour. Mêmes manifestations à Nantes le 23 avril puis à nouveau à Rennes le 3 mai, où le gouverneur de la ville s’inquiète auprès du secrétaire d’État à la guerre Louvois de l’intensité de l’«émotion populaire».

Dans le même temps, en juin, la révolte éclate dans les campagnes bas-bretonnes, en pays de Carhaix et de Rohan. Faute d’atteindre les agents royaux du fisc, les paysans s’en prennent aux seigneurs. Sous la conduite de Sébastien Le Balp, un notaire de Kergloff (près de Carhaix), les Bonnets Rouges répandent bientôt la terreur dans les campagnes. À la fin du mois de juin, de nouveaux châteaux et manoirs sont brûlés et leurs propriétaires tués ou blessés.

Le 3 juillet, Madame de Sévigné écrit à sa fille : «On dit qu’il y a cinq cents ou six cents bonnets bleus en Basse-Bretagne qui auraient bien besoin d’être pendus pour leur apprendre à parler».

Le 3 septembre 1675, les Bonnets rouges s’emparent du château du marquis de Montgaillard, à Thymeur, près de Carhaix. Mais le châtelain trouve moyen de plonger son épée dans le corps du notaire Le Balp. La mort de celui-ci met fin au soulèvement. Le duc de Chaulnes, qui s’est entretemps réfugié dans la citadelle de Port-Louis, près de Lorient, va mener la répression comme il se doit avec les renforts envoyés par Louvois.

Reprise en main

En Basse-Bretagne, le duc de Chaulnes sévit contre tous les rebelles supposés. Il fait pendre ceux-ci aux arbres qui bordent le chemin, sans autre forme de procès. Il fait araser aussi les clochers des églises coupables d’avoir appelé à la révolte. Certains sont demeurés en l’état jusqu’à nos jours.

Chez madame de Sévigné, qui se rend à son château de Vitré, la compassion n’étouffe pas l’esprit. «Nos pauvres bas-Bretons, à ce que je viens d’apprendre, s’attroupent quarante, cinquante, par les champs, et dès qu’ils voient les soldats, ils se jettent à genoux et disent mea-culpa. C’est le seul mot de français qu’ils sachent…», écrit-elle, entre autres joyeusetés, le 24 septembre 1675.

Le 6 octobre, le duc de Chaulnes fait son entrée à Rennes à la tête de six mille hommes. Un tiers du quartier de la rue Haute est démoli et le Parlement, qui a soutenu les rebelles, exilé à Vannes pendant quinze ans.

La révolte des Bonnets rouges, circonscrite et brève, mais d’une extrême violence, va laisser des séquelles durables dans la province et en particulier dans la région de Carhaix, laquelle allait se distinguer lors de la Révolution par sa sympathie pour les républicains et son anticléricalisme. (Elle écrivit aussi le « Code Paysan » précurseur des « Cahiers de Doléances de 1789)

Bibliographie

On peut lire sur le sujet Histoire de la Bretagne et des Bretons (Joël Cornette, 2 tomes, Seuil, 2005), et également Les Français devant l’impôt sous l’ancien régime (François Hincker, questions d’histoire/flammarion, 1971).

https://www.herodote.net/

Lire aussi:

Révolte du papier timbré (Wikipedia)

Mouvement des Bonnets rouges (Wikipédia)

Code paysan (Wikipedia)

les-bonnets-rouges

L’étude de Boris Porchnev, auteur soviétique, a été éditée par « ESB » année 1975, puis récemment.

 

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19 février 2020 ~ 0 Commentaire

pisseurs bigouden (ouest france)

glyphosate

Glyphosate dans leurs urines : des « pisseurs involontaires » bigoudens portent plainte

29 « pisseurs involontaires de glyphosate » du pays Bigouden ont déposé plainte au palais de justice de Quimper (Finistère), mardi 18 février 2020. Des analyses de leurs urines révèlent des traces du pesticide.

Une douzaine de membres du collectif bigouden des « pisseurs involontaires » s’est rassemblée devant le palais de justice de Quimper (Finistère), ce mardi 18 février 2020.

« Les pesticides nous empoisonnent la vie », affiche la pancarte artisanale d’Anne Le Gall. L’analyse des urines de cette habitante de Pont-l’Abbé a révélé la présence de glyphosate, la molécule active de l’herbicide Roundup de Monsanto, dans ses urines à hauteur de 0,95 nanogramme par millilitre (ng/ml). Un taux supérieur à celui qui est admissible dans l’eau potable, à savoir 0,1 ng/ml.

Ce mardi 18 février 2020, Anne Le Gall et 28 autres membres du collectif bigouden des « pisseurs involontaires de glyphosate », dont quatre enfants, ont donc déposé plainte pour mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteintes à l’environnement au palais de justice de Quimper (Finistère).

Une action symbolique : ils souhaitent que l’implication dans la diffusion du glyphosate de personnes physiques aussi variées que « les présidents et les membres des conseils d’administration de tous les fabricants de pesticide contenant » la molécule ou « les présidents et les membres de la commission européenne » soit vérifiée.

En ce qui les concerne, les taux retrouvés par le laboratoire allemand BioCheck dans leurs urines « varient entre 0,38 et 2,59 ng/ml, pour une moyenne de 1,32 ng/ml », selon Mireille Cachereul, venue de Pont-l’Abbé.

« On fait bénévolement un travail que le service sanitaire devrait faire », regrette Michel Hervio, un autre membre du collectif.

Clémentine PIRIOU 18/02/2020

https://www.ouest-france.fr/

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