Archive | NPA

16 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Le npa le 12 avril à paris

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15 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Olivier besancenot sur france 3 dimanche 13 avril

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14 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Olivier besancenot dans les 4 vérités sur france 2

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13 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Contre l’austérité et pour «une alternative de gauche» (al’e.ch)

une

 

Entre 25’000 et 100’000 personnes ont défilé samedi 12 avril contre l’austérité et pour une alternative à gauche, à l’appel du Front de gauche, du NPA, de syndicats et de collectifs. Un cortège à la tonalité anti-Hollande très prononcée.

Pendant de longues minutes, le trio pose pour les photos et les caméras. Le coprésident du parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, chemise blanche et écharpe rouge, lève les bras et salue les manifestants sur le bord qui crient Résistance». Le communiste Pierre Laurent fait des coucous plus timides. Au milieu, le Grec Alexis Tsipras, candidat de la gauche radicale européenne pour diriger la commission européenne après les élections du 25 mai, est la star du jour.

A l’appel du Front de gauche, du NPA (Nouveau parti anti-capitaliste) des milliers de personnes (25’000 manifestants selon la police, 100’000 selon les organisateurs) ont manifesté samedi 12 avril à Paris «contre l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses». Il s’agit de la première mobilisation après la déroute socialiste des municipales, qui a vu les électeurs de gauche déserter les urnes. Une réponse, aussi, de la gauche radicale à la déclaration de politique générale du nouveau Premier ministre Manuel Valls, qui a confirmé l’objectif de 50 milliards d’euros d’économie en trois ans et la mise en œuvre du très décrié pacte de responsabilité, une baisse massive du coût du travail sans contreparties tangibles. [voir sur ce site l’article publié en date du 26 mars 2014, onglet France]

«Il faut lutter, s’organiser, ce n’est pas à l’Élysée, à Matignon, dans les salons qu’on obtiendra satisfaction », chantent des musiciens, juchés sur un char. Raquel Garrido, porte-parole internationale du PG (Parti de gauche) et candidate du Front de gauche en Île-de-France aux européennes, et Danielle Simonnet, élue PG au Conseil de Paris, entonnent une Carmagnole aux paroles détournées: «François Hollande n’a rien compris (…) Son plan pour les patrons, pour nous c’est toujours non!» «La gauche au pouvoir» entend-on dans le carré de tête.

Dans le cortège, les socialistes en prennent pour leur grade: «PS-Medef, même combat»; «Pseudo-socialistes, par respect pour Jaurès ou Allende, abandonnez le bô (sic) vocable socialisme, merci !» «Les socialistes ne sont plus socialistes», a simplement écrit sur sa pancarte Sabrina, orthophoniste venue du Pas-de-Calais. «Valls et Hollande sont dans la lignée de Sarkozy. Les petites gens ne sont plus défendues, déplore-t-elle. Elles sont taxées, alors qu’on devrait taxer l’exil fiscal. Moi je m’occupe d’enfants, j’ai peur que les moyens pour l’école ne suivent pas.»

La tonalité anti-Hollande et anti-Valls est très prononcée. «Hollande, ça suffit!» proclame une grande banderole rouge hissée sur la statue de la place de la République. «Hollande = trahison», dit une autre, près du carré des personnalités. On remarque même un «Hollande dégage», slogan qui rappelle les manifestations des dernières années du quinquennat Sarkozy. «Envoyons vallser l’austérité», lit-on sur la traditionnelle pancarte du manifestant au masque d’Anonymous, figure des rassemblements de la gauche radicale.

«Hollandréou, pas de régime grec. Femmes compris!» a écrit sur sa pancarte Josée Pépin, militante du collectif Tenon, qui s’est battue pour le maintien d’un centre IVG dans le XXe arrondissement de Paris. «La nomination de Valls aggrave la situation car c’est un homme de pouvoir, autoritariste. Le PS n’est pas la gauche : il n’en a plus les valeurs.» C’est un front du peuple qui se constitue» assure Jean-Luc Mélenchon. Derrière la banderole, les nombreuses personnalités du Front de gauche côtoient les anciens candidats du NPA à la présidentielle, Olivier Besancenot et Philippe Poutou; des syndicalistes (Annick Coupé, porte-parole de Solidaires); mais aussi des élus socialistes ou écologistes.

Parmi eux, Liêm Hoang Ngoc, eurodéputé socialiste sortant et membre du bureau national du PS, qui a récemment invité François Hollande à rompre avec Tina [voir sa tribune dans L’Humanité : http://www.liemhoangngoc.eu/?p=2640] «La France s’apprête à appliquer des politiques d’austérité qui ont échoué partout ailleurs», avertit le parlementaire, écarté des listes PS pour les européennes. Il un «congrès extraordinaire pour clarifier la ligne politique» du PS. «Hollande s’est trompé de premier ministre et nous impose un virage qui n’a pas été discuté, il y a un grand trouble dans l’aile gauche du PS», assure-t-il.

«Cette manifestation n’est pas une lame de fond, mais une démonstration de force, analyse le syndicaliste Pierre Khalfa, coprésident de la Fondation Copernic et membre du conseil scientifique d’Attac. L’important, c’était déjà de la faire, pour ne pas laisser la rue à la droite et montrer qu’il y a une opposition de gauche à la politique menée. La claque des municipales est en train de faire bouger les lignes dans la majorité. Et cela va s’amplifier après les européennes, qui vont voir les listes de la gauche de transformation sociale progresser.»

De fait, plusieurs organisations présentes samedi se sont divisées sur l’opportunité de mani- fester. Des fédérations et des unions départementales de la CGT défilent avec camions et drapeaux. L’ancien secrétaire général, Bernard Thibault, a appelé à manifester (mais ne s’est pas montré dans le cortège samedi). Mais pas l’actuel dirigeant, Thierry Le Paon, ce qui lui a valu un houleux débat interne [http://social.blog.lemonde.fr/2014/04/03/confusion-a-la-cgt-autour-de-la-marche-contre-lausterite-du-12-avril/]. Des syndicalistes de la FSU sont venus, mais la direction du syndicat enseignant est restée chez elle.

On trouve également quelques drapeaux verts. EELV [Europe Ecologie Les Verts], qui ne participe plus au gouvernement mais reste dans la majorité, n’a pas appelé à défiler, mais plusieurs élus ou responsables écologistes sont là. Par exemple Caroline Mecary, conseillère régionale EELV en Île-de-France, le maire du IIe arrondissement de Paris Jacques Boutault (juste réélu), l’ancienne porte-parole du parti, Élise Lowy. Annie Lahmer, cosecrétaire régionale d’EELV Île-de-France, déplore que les écologistes «ne soient pas beaucoup plus nombreux à être venus manifester». Elle assure que, malgré la fin de non-recevoir d’EELV au Parti de gauche, «des passerelles sont en train de se créer» sur le terrain entre les deux formations.

Parmi les manifestants, la volonté de rassemblement. «Nous connaissons les solutions pour en finir avec l’austérité, mais jusqu’ici nous avons échoué à les rendre visibles, explique Khalfa. Nous devons mettre désormais ces alternatives dans le débat public. Cela va de pair avec un regroupement politique de la gauche antilibérale.» «L’austérité conduit à l’échec et au chômage de masse, assure la députée communiste Marie-George Buffet. Est-ce qu’on reste sans rien faire, dans le désespoir et l’abstention, ou est-ce qu’on recrée de l’alternative à gauche? Tous ceux qui veulent faire la campagne des européennes avec nous sont bienvenus. Nous pouvons par exemple travailler avec les écologistes qui n’ont pas voté la confiance. »

«Quel bonheur de manifester avec le NPA ou avec le maire écologiste du IIe arron- dissement de Paris », se réjouit Raquel Garrido. La responsable du PG ne ferme pas la porte à quelques candidatures NPA sur les listes Front de gauche aux européennes, officiellement bouclées. Elle explique aussi que des représentants de l’aile gauche d’EELV devraient ren- contrer bientôt les responsables du PG. «Ce genre d’entretien bilatéral ne s’était pas produit depuis des années.» Le PG aimerait discuter avec EELV d’alliances éventuelles l’an prochain aux régionales. Une option que les dirigeants écologistes n’envisagent pas, même si certains militants plaident en ce sens. (12 avril 2014, article publié sur le site de Mediapart)

Publié par Alencontre le 13 – avril – 2014 Par Mathieu Magnaudeix

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13 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Le npa le 12 à paris

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Le Npa « jeunes »

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13 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Besancenot: « françois hollande a les mains dans la merde et il nous met tous dedans » (canal+)

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11 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Besancenot: «avec valls, c’est la même politique que ayrault, l’autoritarisme et la répression en prime» (mediapart)

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10 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Contre l’union européenne

udf europe béni oui oui

Quelle stratégie, quelle alternative ?

Une abstention et un vote FN battant tous les records sont deux phénomènes attendus – redoutés – à l’occasion des prochaines élections européennes, les plus propices au vote sanction comme aux réactions nationalistes. D’autant que traditionnellement, les salariés et en particulier les jeunes, plus généralement les électeurs de gauche et des milieux populaires, se mobilisent peu dans ce type de scrutin, destiné à élire un parlement dépourvu de pouvoir réel et qui leur paraît, non sans raison, hors de tout contrôle même symbolique.

La contradiction est que, plus ou moins confusément, tous ressentent à quel point cette « Europe » étrangère et hostile pèse au quotidien sur leurs vies. Car l’essentiel des législations applicables en France, comme dans les autres pays de l’UE, se décide désor- mais dans les réunions (« conseils ») des chefs de gouvernement et des ministres européens, dans les services de la commission de Bruxelles, à la Cour de justice européenne et – de façon beaucoup plus marginale – au parlement de Strasbourg. Mais l’éloignement, l’opacité et le caractère foncièrement antidémocratique des institutions de l’UE découragent l’intervention populaire en même temps qu’ils favorisent les réactions binaires « pour ou contre l’Europe ».

Il est pourtant indispensable d’intervenir sur ce terrain, justement pour dénoncer et combattre toute cette machinerie, ainsi que ceux qui l’ont mise en place – les mêmes qui « alternent » aux gouvernements des Etats en imposant aux classes populaires toujours plus d’austérité et de reculs.

Mais en le faisant d’un point de vue radicalement opposé aux replis nationalistes et à ceux qui les portent, basé sur la solidarité internationale des travailleurs et des peuples, et ouvrant par conséquent la perspective d’une autre Europe, délivrée de la dictature des banques et des actionnaires.

C’est dans ce cadre, au service de cette bataille politique, que les contributions présentées dans ce dossier, avec leur évidente logique commune (et parfois quelques nuances), aspirent à offrir des éléments de compréhension et de réponse.

Voir ci dessous:  1 2 3 & 4

http://npa2009.org/content/union-europeenne-et-mondialisation-capitaliste

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10 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Pour une Europe au service des peuples (1)

euro

1) Nos positions sur l’Europe s’inscrivent dans une continuité historique, celle des courants qui allient les « positions luttes de classes » et la solidarité internationaliste, contre les politiques bourgeoises européennes comme contre les replis nationalistes.

L’opposition  à la guerre, aux   régimes réactionnaires, au libre-échange capitaliste, aux diverses unions douanières ou institutions du marché unique, s’est prolongée par  la solidarité et la coopération des peuples, la lutte pour un programme au service des travailleurs et une perspective politique qui s’inscrit dans la proposition d’ Etats unis socialistes d’Europe. Il s’agit, dans notre vision, de considérer l’Europe comme une réalité historique politique, économique, culturelle- une réalité ouverte au sud et à l’est- et de donner au combat européen un contenu anticapitaliste et socialiste.

2) Dans les années 1960,  se met en place  un projet de construction européenne des classes dominantes,  tournée contre l’URSS et le bloc de l’Est mais, aussi, en concurrence avec les USA. Près de soixante années après le traité de Rome, il y a eu, pour les bourgeoises européennes, des avancées incontestables dans la mise en œuvre d’institutions politiques, économiques, juridiques, d’un marché et d’une monnaie unique, avec  l’Euro. Les forces productives étant à l’étroit dans un cadre national, cela a conduit les classes dominantes à construire des espaces plus larges indispensables aux processus de développement et de concentration du capital.

3) C’est ce processus qui s’est cristallisé avec l’Acte unique en 1986, le traité de Maastricht après la réunification allemande et les autres traités. Mais ce processus de construction se fait avec une  série de spécificités :

* Il y a un marché européen mais sans la constitution d’un capitalisme européen propre : il y a des capitalismes européens mais pas de grande industrie ou entités économiques euro- péennes fortes. L’intégration européenne s’est faite au travers de la globalisation capitaliste et de la financiarisation du capital, avec capitaux croisés et fonds de pension nord américain ou asiatiques. Dans ce cadre, chaque capitalisme et bourgeoisie joue sa partition.

*Il y a un Euro et une banque centrale mais avec la concurrence inter-capitaliste, le corset néolibéral, et l’absence de souveraineté démocratique pour les peuples, une même monnaie pour des économies de niveau de développement différent, n’a fait qu’aggraver les inégalités entre les économies européennes.

* Il y a une construction para étatique mais c’est toute une architecture institutionnelle qui échappe, là encore, non seulement à la souveraineté populaire mais même aux formes de la démocratie de type parlementaire. C’est ce qui explique, la politique autoritaire de la « troika »- UE, BCE et FMI- dans le sud de l’Europe et de plus en plus de restrictions démocratiques dans toute l’Europe. Les citoyens ont été écartés de ce projet. Il s’agit d’institutions pour le grand marché. Du coup, il n’ y a pas de politique économique, sociale, fiscale, mais aussi une faiblesse structurelle sur le plan politique, diplomatique et militaire. L’UE n’a pas la capacité de décision des USA ou de la Chine.

L’Europe est, donc, dés son origine, consubstantiellement, néolibérale et antidémocratique. Ce choix est celui des gouvernements et classes dominantes de chaque pays. Aussi, nous ne sommes pas d’accord pour dire, face aux politiques d’austérité, de renvoyer, chaque fois aux responsabilités de l’Europe ! Non, l’UE c’est le dispositif choisi par chaque bourgeoisie pour valoriser son économie et ses positions dans l’économie mondiale, en augmentant la pression pour maintenir et accroitre ses taux de profits.

4)  Et ce sont toutes ces contradictions, que la crise va faire exploser. Il n’y a pas de capitalisme européen propre, mais, l’UE est le vecteur d’intégration des économies euro- péennes dans la globalisation capitaliste. Cela a deux conséquences :

*La première, pour suivre la marche effrénée de la concurrence internationale avec un marché mondial de la force de travail, il faut casser le « modèle social européen », bref liquider ce qui reste de conquêtes sociales et, dans certains cas démocratiques en Europe, pour maintenir et conquérir de nouvelles positions dans l’économie mondiale. D’où une baisse du pouvoir d’achat et des salaires- de 20 à 30 % dans le sud de l’Europe, une  précarisation de la force de travail en Allemagne ou dans les Pays de l’Est. C’est le sens de  la fameuse « concurrence libre et non faussée », qui, privatise les services publics, déréglemente les marchés du travail,  et conduit au démantèlement progressif de la sécurité sociale.

*La deuxième, c’est une concurrence interne à l’ UE, avec ce que les spécialistes ap- pellent des trajectoire dissymétriques des économies de l’ UE, avec de nouveaux rapports de forces exprimés par les 160 milliards d’excédents commerciaux de l’Allemagne et les 70 mil- liards de déficits en France, puis par des différences entre l’Allemagne ,les pays du Nord et  ceux du sud et de l’est avec en position intermédiaires de la France et de l’Italie. Avec la crise, il y a une nouvelle configuration de l’Union Européenne, une marche forcée dans les politiques d’austérité :tout cela, au nom de la « règle d’or » de la lutte contre les déficits budgétaires et des impératifs du remboursement de la dette .Résultat :une longue période de croissance « molle » entre 0 et 1 %..Ces politiques sont entrainées dans une spirale infernale : la contraction de l’activité engendre la diminution des recettes fiscales, qui approfondit les déficits et la dette, ce qui place les états sous la menace permanente des marchés financiers qui poussent à de nouvelles politiques d’austérité.

Ce ne sont pas les nièmes politiques d’austérité : C’est l’austérité structurelle perma- nente. Ce qui écarte toute relance « keynésienne » en Europe. La crise a été contenue, mais le chômage continue à augmenter ou ne baisse pas substantiellement. L’Union Bancaire vise, dans les années qui viennent à contrôler une partie du secteur bancaire, mais de nouvelles crises peuvent surgir.

5) C’est cette situation de longue période récessive qui  aujourd’hui provoque un sentiment de rejet, à juste titre de l’Europe, comme vecteur des politiques d’austérité. Un sondage donne 44%  de personnes qui considèrent l’Europe comme source de crainte et 28 % comme source d’espoir. Nous ne sommes pas dans la situation de la fin des années 70 pour les pays de l’Europe du Sud ou des années 90 avec les pays de l’est, où les fonds structurels et les aides européennes étaient synonymes de développement et d’amélioration des con- ditions de vie des gens. Aujourd’hui, l’Europe est plutôt associée aux politiques d’austérité.

Ces tendances ne peuvent que nourrir des crises sociales et politiques, des crises, qui à cette étape, nourrissent la droite et l’extrême droite et peuvent  déboucher sur des régimes autoritaires.

Cela a une conclusion : combattre les politiques d’austérité permanente, les gou- vernements de droite comme de gauche sociale libérale au niveau national comme européen,  passe par la rupture avec le type de construction européenne et tous les traités européens: Maastricht Amsterdam, Lisbonne et les institutions européennes, car l’UE n’est pas réformable. Il n’y a pas de politique possible de réorientation de l’Europe qui est dès l’origine néo-libérale et antidémocratique. Il faut rompre avec le type de construction européenne mais pas avec l’Europe.

6) Le retour au cadre national, aux monnaies, aux douanes et aux lois nationales, constituerait un retour en arrière, et surtout le déchainement de  nouvelles tensions, confron- tations voire chocs en Europe. Il faut une autre Europe, au service des besoins des peuples.

 Prenons l’exemple de la sortie de l’Euro. Faire de cette question, dans la prochaine campagne électorale, en France, une question centrale serait une double erreur. Dans les rapports capitalistes actuels, ce serait d’abord  l’équivalent  d’une dévaluation massive, de 25 à 30 % en moins, ensuite, un déchainement protectionniste, de nouvelles guerres commerciales qui imposeraient de nouvelles politiques d’austérité contre les travailleurs. C’est, aussi,  poli- tiquement dangereux car c’est créer les conditions d’une union sacrée nationaliste pour le retour à la monnaie nationale. C’est surtout confondre le fond : quelles politique économique- et les instruments comme la monnaie.

Faire, en France, par exemple, de la « sortie de l’ Euro » une question centrale, c’est tomber dans le piège du Front national, qui fait de ce découpage politique, une discriminant politique majeur. Il peut y avoir des situations, comme en Grèce où face au chantage de l’UE qui dit, « Il faut choisir, soit l’euro et l’austérité », soit « vous refusez l’austérité, mais, alors là, vous n’aurez plus l’euro », les camarades grecs ont raison de dire : « Nous refusons ce chan- tage, nous ne ferons pas de sacrifices pour l’euro et  nous n’accepterons pas les plans d’aus- térité, quitte à ce que vous nous expulsiez de l’Union européenne ». Mais c’est une réponse de crise. La réponse de « programme » face aux développements mondiaux, la crise et les be- soins des peuples, c’est de répondre à l’échelle d’espaces plus larges, d’échelles qui permet- tent une meilleure répartition des richesses et de nouvelles divisions du travail correspondant  aux besoins.

7) Nous opposons à l’Europe actuelle, une autre Europe, une Europe au service des peuples et des travailleurs. Cela suppose de reprendre, de projeter certains points de pro- gramme nationaux et formuler un programme international européen. Nous pouvons reprendre l’idée d’un bouclier social en Europe, d’une harmonisation sociale et fiscale par le haut :

  • d’un smic européen- on nous dit comment concilier le smic français de 1500 et le smic portugais de 450 Euros ou le projet de smic allemand de 850 euros- cela suppose de faire converger par le haut des salaires minimum en parité de pouvoir d’achat. C’est la seule solution de longue durée aux problèmes des travailleurs détachés. On doit imposer, bien sûr, aux patrons de payer les mêmes cotisations sociales pour tous les salariés, mais à moyen et long terme il faut des niveaux de salaires comparables.
  •  la défense et l’extension de services publics européens ; aller vers des sécurités sociales et des systèmes de santé équivalents ;
  • l’interdiction des licenciements et la mise en œuvre de plans de création d’emplois massifs et une politique d’échelle mobile des heures de travail et réduction de temps de travail vers une semaine de 30H
  • La fin de la banque centrale et la constitution dune service public bancaire européen sous contrôle des citoyens et des travailleurs.
  • La mise en œuvre d’une politique de planification écologique et de transition énergétique, avec de grands projets de systèmes de transports non polluants, et de protection de l’environnement.
  • Une politique agricole commune qui défende l’agriculture paysanne contre les multinationales de l’agro alimentaire.

On voit qu’une telle politique européenne implique des incursions dans le système de propriété privée des grands secteurs de l’économie.

8) La mise en œuvre de ce programme implique la mobilisation populaire et le débat démocratique ;

*La mobilisation populaire- c’est vrai que sur ce point, nous rencontrons des difficultés. Il y a des mobilisations sociales, voire des explosions sociales, en particulier dans le sud de l’Europe. Ces mobilisations n’ont pu bloquer les politiques d’austérité. Mais il ya tout un travail de échange, de coordination, de réunions à faire par secteurs, par branches. La CES qui est intégrée aux plans de l’UE n’est pas d’une grande aide.  Nous devons renforcer les coopérations et les solidarités entre les luttes de chaque pays. Nous devons organiser des réunions par secteurs, santé, automobile, mais il ya des limites dans ces activités. Dans tous les cas il faut afficher la solidarité internationale, tant sur le plan des luttes que dans nos activités politiques, en particulier dans les relations anticapitalistes européennes.

*Le débat démocratique est aussi très important. Il faut d’abord la défense de tous les droits démocratiques, en particulier le droit des immigrés, des sans papiers, contre une Europe forteresse. Nous voulons une Europe des droits des femmes, notamment le droit à l’avortement qui n’est toujours obtenu  ou remis en cause dans une série de pays Nous défendons aussi une Europe de la paix, ce qui est, une exigence centrale au moment où se font entendre une nouvelle les bruits de bottes, en Europe de l’ Est. La paix exige le respect de l’autodétermination et la condamnation de toutes les interventions des puissances impérialistes contre les peuples. Cela passe aussi par l’opposition aux interventions militaires en particulier en Afrique.

9) Mais plus généralement, si nous proposons la rupture avec les traités, il faut une autre Europe, une Europe démocratique et au service des peuples et des travailleurs. Démo- cratique : nous devons avancer un processus constituant où les peuples décident au travers une large discussion et l’élection de délégués qui établissent une nouvelle organisation démocratique de l’Europe.

Socialiste, car dans ce débat démocratique, nous avons une proposition, autour de réponses anticapitalistes, socialistes : une Europe au service des peuples dans le cadre des Etats-Unis socialistes d’Europe. Une forme d’union qui respectent les souverainetés nationales et populaires..

10) Pour conclure, nous voyons, qu’à la différence de courants ou d’intellectuels qui tendent à évacuer l’Europe de notre horizon stratégique, nous pensons que nous ne pouvons pas avoir de politique anticapitaliste sans visée internationaliste et  européenne. Comme l’indi- quait Trotski « la révolution commence sur le terrain national, se développe sur l’arène internationale et s’achève sur le plan mondial ». Il y a une articulation entre le terrain national et international. Il est possible qu’il y ait une synchronisation dans le développement de révolutions, mais en général il y a désynchronisation des étapes, des moments de la lutte de classes. Chaque nation ne doit pas attendre l’autre. S’il y a des expériences progressistes dans un pays, il faut défendre les conquêtes arrachées, protéger ce qui a été gagné .Mais il faut en même temps avoir une politique d’extension, de projection internationale et surtout d’appel à la mobilisation populaire pour étendre ces processus progressistes.

François Sabado  Revue L’Anticapitaliste n°53 (avril 2014)

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10 avril 2014 ~ 0 Commentaire

« Rompre » ou « refonder »? (2)

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A propos d’un débat sur l’Union européenne

Est-il possible de « refonder » l’Union européenne dans l’intérêt des classes populaires et du progrès des sociétés ? Si tel n’est pas le cas, l’alternative est-elle de « rompre », un pays puis un autre, avec l’UE ?

Ou bien les choses se présentent-elles de façon différente ? La revue Regards (proche de la FASE, organisation membre du Front de gauche et de sa composante Ensemble) a pu- blié sur son site, début janvier 2014, un échange entre d’un côté Cédric Durand et Razmig Keucheyan, principaux auteurs du livre récent En finir avec l’Europe(1), et de l’autre Pierre Khalfa, coprésident de la fondation Copernic et ancien responsable de l’Union syndicale Solidaires(2). Quoique les intervenants se situent tous dans le cadre du Front de gauche, les questions qu’ils posent concernent directement les anticapitalistes.

Pas d’Europe en dehors de l’UE ? Dans son texte, Khalfa développe la position qui est traditionnelle au sein de la gauche antilibérale en Europe (elle a encore été reprise lors du congrès du PGE, Parti de la gauche européenne, de décembre 2013 à Madrid) comme en France (nul doute qu’elle servira de base à la prochaine campagne européenne du Front de gauche). Il part d’un principe que l’on peut partager, au niveau de généralité où il est énoncé : « nous avons besoin d’Europe. Pas de celle-là, certes, mais d’une Europe refondée ». Sauf que pour l’auteur, une telle refondation devrait (ou ne pourrait que – mais cela revient au même) s’opérer dans le cadre des institutions actuelles.

Car Pierre Khalfa met un signe d’égalité entre « Europe » et « Union européenne ». Il faudrait bien selon lui créer une autre Europe, mais ce ne serait possible que dans le cadre de celle qui est aujourd’hui réellement existante, à savoir l’UE. La disparition de cette dernière serait même gravement contre-productive, car elle ne pourrait laisser la place qu’à des suren- chères nationalistes : « l’éclatement de l’Europe serait un facteur d’aggravation. Le dumping règne en maître, ce qui favorise la montée de la xénophobie. L’éclatement de l’Union euro- péenne, loin de mettre fin à cette situation, risquerait même au contraire de l’aggraver, chaque pays cherchant à accroître encore plus ses avantages concurrentiels aux dépens des autres pour gagner en compétitivité (…) Au pire, cette rupture avec l’Union européenne sera le fourrier d’un repli nationaliste dont pourrait tout à fait s’accommoder un patronat obsédé par la compétitivité et les gains de parts de marché. »

Il en va de même avec l’euro, auquel l’auteur ne fait qu’une référence incidente, mais sans laisser de doute quant au fait que pour lui il faudrait le conserver : « contrairement aux dévaluations compétitives prônées par les partisans de la sortie de l’euro »

Cédric Durand et Razmig Keucheyan, ne partagent pas de telles illusions. Signalant cette évidence que les mesures préconisées par le PGE et le FdG (notamment « un budget européen substantiel et une banque centrale soutenant les finances publiques, des inves- tissements dans les infrastructures écologiques et une assurance chômage continentale ») sont « contraires au code génétique des traités européens en vigueur », ils ne croient pas non plus que l’on puisse réformer des institutions « dont les fondements démocratiques sont dans le meilleur des cas très faibles, mais le plus souvent inexistants ».

L’Union européenne n’est pas un Etat mais un accord interétatique. Ce n’est pas un pays, supra ou plurinational, même en devenir, mais un ensemble de traités (néolibéraux) et d’institutions (non démocratiques). Imaginer la possibilité d’une transformation politique et so- ciale progressiste sans rupture avec les institutions nationales en vigueur (ici la Ve République, ailleurs des monarchies…) est déjà outrancier. Mais transposer une telle perspective au niveau de l’UE, cela va au-delà du réformisme.

Un scénario pour une bonne part commun Avant d’aboutir à ce désaccord, certes subs- tantiel, Durand-Keucheyan et Khalfa partagent cependant une grande partie du raisonnement. Avant que leurs chemins ne divergent, les uns et les autres insistent en effet sur le fait qu’un ou des gouvernements authentiquement de gauche surgissant dans un ou des pays de l’UE devraient « désobéir aux traités ».

Pour les premiers, cela impliquerait une rupture avec l’Union européenne : «  au cas où elle connaîtrait des succès électoraux dans un ou plusieurs pays, ce qui est tout à fait pos- sible, une gauche en rupture avec le néolibéralisme sera donc placée devant une alternative implacable : ravaler ses ambitions de transformation écologique et sociale afin de devenir euro- compatible, ou désobéir et in fine rompre avec l’UE. Il n’y a pas de troisième possibilité. »

Pour le second, comme on l’a vu, cela ouvrirait la voie à un processus de refondation de cette même Union : « un gouvernement de gauche désobéissant aux traités au nom d’une autre conception de l’Europe mettrait les gouvernements européens au pied du mur, et les confronterait à leur opinion publique (…) En montrant concrètement qu’il est possible de rompre avec le néolibéralisme, un gouvernement de gauche rendrait cette perspective crédible au niveau européen. » Mais, les passages cités le montrent, les différents interlocuteurs ont encore entre eux un autre accord de fond : celui de considérer qu’avant le moment de la « désobéissance », le fait générateur serait l’installation en Europe d’un, éventuellement de plusieurs, gouvernements « de gauche » par la voie électorale, institutionnelle.

Une autre perspective Or, c’est un schéma peu crédible. Chacun a évidemment en tête la situation grecque et la possibilité que surgisse des prochaines élections un gouvernement de gauche dirigé par Syriza3. Mais justement, plus la possibilité d’une future victoire électorale de Syriza paraît se rapprocher, plus l’évolution du parti et de son appareil dirigeant rend un tel scénario improbable : les aspects progressistes de son programme officiel (par exemple sur la dette) sont gommés, des alliances sont recherchées sur sa droite (avec des secteurs du PASOK et même avec les Grecs Indépendants, liés en France à Dupond-Aignan), sans comp- ter les réaffirmations répétées que le cadre de l’UE et celui de l’euro seraient respectés.

Imaginons cependant, en tout cas n’écartons pas totalement, l’hypothèse que dans son Programme de transition de 1938 Trotsky jugeait déjà « pour le moins peu vraisemblable » : « il est, cependant, impossible de nier catégoriquement par avance la possibilité théorique de ce que, sous l’influence d’une combinaison tout à fait exceptionnelle de circonstances (guerre, défaite, krach financier, offensive révolutionnaire des masses, etc.), des partis » (tels que Syriza) « puissent aller plus loin qu’ils ne le veulent eux-mêmes dans la voie de la rupture avec la bourgeoisie ».

L’expérience des partis et Etats bureaucratiques-staliniens a montré que ceux qui, dans de telles circonstances, ont pu à un moment donné « aller plus loin dans la voie de la rupture avec la bourgeoisie » se sont simultanément retournés contre la classe ouvrière – dans leurs frontières et internationalement. Mais c’était une autre époque et de tels phénomènes ont aujourd’hui perdu leur actualité. Ce qu’il importe ici de souligner, c’est que le type de situation objective qui pourrait éventuellement rendre possible une radicalisation (très hypothétique, mais considérons l’hypothèse) de formations réformistes antilibérales aurait, dans le même temps, des répercussions très rapides dans toute l’Europe – voire même s’inscrirait elle-même d’emblée dans une vague européenne. Sans parler du fait que des mesures progressistes un peu conséquentes qui seraient prises par tout éventuel gouvernement européen (par exemple une annulation de dette) auraient des effets boule de neige immédiats au niveau du continent, à commencer par la situation de ses principales banques.

L’interpénétration très avancée des économies européennes, tout comme la commu- nauté de destin de leurs peuples face à l’austérité capitaliste et à la tutelle néolibérale des institutions de l’UE, rendent un tel processus beaucoup plus plausible que dans le passé. L’in- ternationalisation des révoltes populaires et des processus révolutionnaires, typique de ces dernières années (du Caire à Madrid et Barcelone, New York et Sao Paulo, maintenant Kiev et Tuzla), en renforce la crédibilité.

En d’autres termes, un processus de « rupture » serait d’emblée – ou en tout cas deviendrait très vite – non pas national mais européen. Durand et Keucheyan affirment par ailleurs que «ce n’est qu’une fois la rupture avec l’UE consommée que la vraie politique pourra commencer: politique de plein emploi, réorientation de l’économie en fonction des besoins sociaux, intégration internationale solidaire, planification de la transition écologique… » Il n’y aura pourtant aucune «vraie politique» de ce type qui pourrait se mettre en place tran- quillement et « démocratiquement » ; mais bien plutôt une déstabilisation générale et un pro- cessus d’éclatement de l’UE – dans un cadre de révolutions et (comme c’est toujours le cas) de contre-révolutions voire de guerres.

Préconiser une ou des ruptures nationales avec l’Union européenne signifie ainsi s’inscrire dans un scénario fort peu vraisemblable. Mais c’est aussi préconiser une orientation politique qui, nonobstant les confusions possibles avec le discours de courants souverainistes ou nationalistes, ne prépare pas aux affrontements à venir.

L’alternative est d’indiquer que les institutions de l’UE, foncièrement, consubstantiellement anti-ouvrières et antisociales sont à renverser, mais qu’elles ne pourront l’être que par l’action conjointe des travailleurs et des opprimés d’Europe. Nous sommes toutes et tous dans la mê- me galère, confrontés à des forces qui nous sont aujourd’hui infiniment supérieures. Nous ne pourrons nous en sortir qu’en nous unissant et en joignant nos forces. Et en préparant ainsi, dans le même temps, l’avènement d’une autre Europe, démocratique, des travailleurs et des peuples.

Jean-Philippe Divès Revue L’Anticapitaliste n°53 (avril 2014)

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