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20 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Front de gauche: manifester, oui mais pour faire quoi ? (npa+lo)

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Plus que jamais, les chemins de la lutte de classes sont escarpés, imprévisibles et non balisés.

Aujourd’hui, après la défaite sans combat sur les retraites, les événements qui donnent espoir à tous ceux et celles qui ne se résignent pas ont pour noms : manif de Quimper, mobilisations des lycéens contre les expulsions de Leonarda et Khatchik, luttes contre la réforme des rythmes scolaires.
Ces mobilisations rassemblent de fait une partie des luttes vitales des salariéEs et des jeunes: contre les licenciements et pour le droit à un emploi pour toutes et tous, contre le racisme et pour la régularisation de tous les sans-papiers, pour un vrai service public de l’éducation…

Rassembler les victimes de l’austérité Le contexte est particulièrement complexe, notamment en Bretagne : à la manifestation de Quimper, les salariéEs en lutte ont disputé la rue à la droite, à la FDSEA, et à des militants d’extrême droite, sans le soutien de la plupart des syndicats qui préféraient avec le Front de gauche manifester à Carhaix ! Avec en prime, un Mélenchon plus arrogant que jamais, qui traitait les manifestants de Quimper de « nigauds » et d’« esclaves »…

Nous avions choisi d’être présents à Quimper, avec les salariéEs de Gad, de Doux, de Marine Harvest ou de Tilly-Sabco. Avec eux, nous avons défendu et continuons à défendre le rassemblement de toutes celles et ceux qui sont frappéEs par des plans d’austérité qui détruisent les emplois, contre le règne de l’injustice fiscale et l’augmentation des impôts des salariéEs au SMIC sans toucher à ceux des patrons du CAC 40, contre les augmentations de TVA dès janvier, ainsi que contre l’écotaxe.

Seul ce type de rassemblement est de nature à inverser le rapport de forces. Le NPA défend l’urgence et la nécessité de construire dans l’unité et la clarté une opposition globale à ce gouvernement « de gauche ». Cela signifie saisir chaque occasion de faire converger les luttes, de les unifier, d’occuper ensemble le terrain en toute indépendance. Cela exige de partir des situations réelles de mobilisations des salariés et en même temps défendre nos propositions. C’est aussi la raison de notre présence ce samedi 23 novembre aux manifestations départementales bretonnes.

Une manifestation des luttes pour construire une opposition politique L’annonce de Mélenchon d’appeler à Paris à « une marche pour la révolution fiscale, pour la taxation du capital et contre la hausse de la TVA au 1er janvier » s’inscrit dans cette situation. Cela pourrait être une manifestation politique clairement en opposition au gouvernement. Cependant, au lendemain des manifestations départementales bretonnes du 23 novembre à l’appel des syndicats et du 30 novembre à Carhaix à l’appel des Bonnets rouges, cette manifestation du 1er décembre suscite des questionnements légitimes.

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Cette proposition vise à capter le mécontentement populaire en faveur du FdG. Et si cette initiative est conçue comme un désaveu de celle des Bonnets rouges, elle est condamnée d’avance. Si elle ne vise pas à la convergence des luttes nécessaires contre les licenciements, contre la politique d’austérité du gouvernement, elle se résumera à un coup politique au service du FdG, voire un simple moyen pour eux de tenter de se réconcilier, après les tensions liées à la préparation des élections municipales.

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Au contraire, si elle devient une marche unitaire cherchant à rassembler dans le respect de toutes et tous, à prolonger les mobilisations en cours pour les étendre et les faire converger, elle pourrait devenir un moment important pour renforcer et amplifier les mobilisations, construire une mobilisation globale, sociale et politique : pour une fiscalité anticapitaliste, pour l’interdiction des licenciements, l’arrêt des politiques d’austérité, et la fin des expulsions d’enfants scolarisés.

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À un moment où les luttes contre l’ensemble des politiques mises en place par le gouvernement se développent, il nous semble indispensable que cette manifestation défende l’ensemble des luttes en cours et qu’elle soit unitaire. C’est le sens de la tribune publique de Christine Poupin, Philippe Poutou et Olivier Besancenot, « Marée rouge en décembre », publiée dans Libération mardi 19 novembre. (Voir ci-dessous)

C’est aussi le sens de la lettre que le NPA a envoyé aux organisations syndicales et politiques à la gauche des partis au gouvernement en vue de l’organisation d’une réunion unitaire ces prochains jours.

Roseline Vachetta Mercredi 20 novembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 218 (21/11/2013)

L’appel à manifester le 1er décembre contre le « matraquage fiscal » : Saisir les occasions de protester (LO)

Le Front de gauche – par la bouche de Mélenchon, le jeudi 7 novembre, d’abord, puis par celle de Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste français ensuite – a appelé à une marche « pour une révolution fiscale, la taxation du capital et l’annulation de la hausse de la TVA », le dimanche 1er décembre qui se dirigera vers Bercy.

Cette manifestation aura lieu au moment où les parlementaires examinent le budget 2014 ; « un budget d’austérité auquel nous nous opposons » déclare le Front de gauche dans son appel à la mobilisation. Celui-ci dénonce cette politique qui « aggrave l’injustice fiscale en augmentant les impôts pour la grande majorité de la population tout en multipliant les cadeaux au patronat et en continuant la destruction des services publics et de la protection sociale », constat que font nombre de travailleurs et qu’on ne peut que partager.

De la part du Front de gauche et de Mélenchon, cet appel n’est pas sans arrière-pensées. Quand Mélenchon déclare, comme il l’a fait dans une récente interview à Médiapart, que « la question qui se pose est celle d’un changement de gouvernement. (…) Nous, nous sommes capables de diriger un gouvernement de gauche ! », il ne fait que semer de nouveaux faux espoirs, comme si un éventuel gouvernement ayant à sa tête Mélenchon pouvait être la solution. C’est ce type d’illusions qui contribuent précisément à déboussoler les travailleurs et les militants ouvriers.

Quoi qu’il en soit, bien des travailleurs pourront se saisir de cette manifestation du 1er décembre pour protester contre le matraquage fiscal qui les frappe, en particulier contre la hausse de la TVA, et de leurs impôts en général. Tous ceux qui saisiront cette occasion ou d’autres de faire entendre leur colère auront raison de le faire. Aline RETESSE

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2364&id=3

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20 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Marée rouge en décembre (npa + lo)

NPA

Marée rouge en décembre (npa + lo) dans NPA

La lutte de classe est capricieuse, désertant le pavé au point de chambouler les repères et surgissant souvent lorsqu’on ne l’attend plus.

Elle n’est pas classable dans un bréviaire quelconque et peut prendre des formes qui semblent saugrenues à ceux ne raisonnant qu’en modèles préétablis. Le fait est qu’en cette rentrée, les résistances contre la brutalité des attaques du gouvernement, qui impose une cure d’austérité drastique à la majorité de la population pendant qu’il bichonne le CAC 40 et les banques, n’ont pas explosé là où on les attendait.

La bataille contre la nouvelle contre-réforme libérale des retraites n’a pas vraiment eu lieu, et ce sont des lycées et de la Bretagne qu’ont surgi les frondes antigouvernementales. Contre les expulsions de Léonarda et de Khatchik, pour le droit à l’éducation qu’on ait ou pas des papiers, la jeunesse a battu le pavé, et tenu tête à Manuel Valls, sa rhétorique et sa pratique sarkozyste contre l’immigration.

Et puis, le vent s’est mis à souffler en Bretagne. Reprenant l’étendard des «bonnets rouges» du mouvement contre le papier timbré de 1675, imposé par le pouvoir central et la féodalité, le peuple de Bretagne s’est dressé contre les licenciements et l’injustice de l’écotaxe. Deux raisons légitimes de lutter. L’écotaxe est une aberration tant du point de vue social qu’écologique.

Ecologiquement, cette mesure, qui prétend aider à relocaliser les productions, taxe exclusivement les routes non payantes, épargnant ainsi les grands axes autoroutiers et le transport aérien. D’un point de vue social, ce sont donc les petits qui seront ponctionnés. Sans parler du scandale de la privatisation de la collecte de l’impôt par Ecomouv, dont le coût est vingt fois plus élevé que celui du service public.

Quant à la question de l’emploi, elle est au centre de la lutte bretonne : GAD, Marine Harvest, Doux, Tilly-Sabco… Les tentatives de récupération patronale, de la droite, voire de l’extrême droite soulignent un peu plus l’enjeu de la course de vitesse qui est engagée entre cette «opposition» réactionnaire au gouvernement et la nôtre, qui reste à construire, à la gauche du gouvernement, celle du mouvement ouvrier, du mouvement social et de la gauche non gouvernementale.

Notre engagement antiraciste et antifasciste à contrer pied à pied la montée de l’extrême droite implique que nous ne désertions pas le terrain. Il serait renforcé si notre camp se donnait les moyens de construire ces luttes, les construire loyalement et les féconder d’une orientation progressiste et anticapitaliste.

En Bretagne, des manifestations pour l’emploi sont prévues samedi, à l’appel des organisations syndicales. Une mobilisation des bonnets rouges est programmée le 30. Jean-Luc Mélenchon, lui, propose de manifester à Paris le 1er décembre pour la «révolution fiscale» et contre la hausse de la TVA.

Si cette initiative est conçue comme un désaveu de celle des bonnets rouges, elle est condamnée d’avance. Si elle ne prend pas en compte la lutte contre les licenciements, les expulsions, le racisme ou la politique d’austérité, et si son caractère n’est pas nettement anti- gouvernemental, elle n’aura pas de poids et se réduira à un coup politique. Nous souhaitons que s’organise une marche unitaire qui prenne appui sur les mobilisations en cours, cherche à les prolonger et les faire converger. Nous en serons alors sans hésitation.

Nous pensons qu’il est grand temps de construire une mobilisation globale, com- plémentaire, tant dans sa dimension sociale que politique : pour une fiscalité anticapitaliste, contre l’écotaxe et la hausse de la TVA, pour l’interdiction des licenciements, l’arrêt des politiques d’austérité, et la fin des expulsions d’enfants scolarisés.

Le rouge revient à la mode. Qui chez les anticapitalistes pourrait en avoir peur ? Une marée rouge contre le gouvernement et sa politique au service du grand patronat, voilà ce qu’il nous faut préparer au mois de décembre. Mardi 19 novembre 2013

Olivier BESANCENOT, Christine POUPIN et Philippe POUTOU Membres de la direction du NPA

http://npa2009.org/node/39621

Malgré la démission des centrales syndicales : Il faut que les travailleurs prennent l’offensive (Lutte Ouvrière)

Alors que de nombreuses catégories n’hésitent pas à descendre dans la rue contre la politique du gouvernement, les travailleurs, pourtant les plus touchés par la crise et les attaques patronales, apparaissent comme les grands absents des mobilisations actuelles. Mais il faut dire que les organisations se réclamant de la classe ouvrière refusent de préparer une réelle mobilisation.

Lors du mouvement contre l’écotaxe qui, pour bien des travailleurs, a été l’occasion d’exprimer leur colère, les dirigeants de la CGT, Thierry Lepaon et Éric Aubin, ont dénoncé à juste titre le fait que la manifestation du 2 novembre à Quimper était en partie organisée par le Medef. Mais en refusant d’y être présents pour y défendre les revendications ouvrières, ils ont de fait laissé les travailleurs sans perspective. Ceux-ci n’avaient plus le choix qu’entre aller à cette manifestation pleine d’ambiguïtés ou à celle de Carhaix, organisée le même jour par la CGT, la CFDT, la FSU et le Front de gauche, mais qui apparaissait comme une diversion et était tout aussi pleine d’ambiguïtés, en particulier par son soutien de fait au gouvernement et à son écotaxe.

Les militants ouvriers, qui s’inquiètent de voir le patronat et la droite donner le ton, ont bien raison. Mais la seule façon d’éviter cela serait que les travailleurs prennent la tête de la contestation de la politique du gouvernement et la placent sur leur propre terrain, celui de la lutte contre le grand patronat responsable de la crise, du chômage et de la pauvreté qui monte. C’est en apparaissant comme le fer de lance de la lutte contre le grand capital que la classe ouvrière pourra entraîner derrière elle l’ensemble des catégories sociales touchées par la crise. Si la CGT en avait eu la volonté politique, elle aurait certainement eu la force de donner à une manifestation comme celle de Quimper un autre ton, axé sur les revendications ouvrières.

Mais les directions syndicales sont avant tout préoccupées de ne pas gêner ce gouvernement, ce qui laisse le terrain libre à d’autres forces, ennemies du monde du travail.

Aucune des centrales syndicales n’a comme politique de dénoncer le gouvernement Hollande pour ce qu’il est, un adversaire du monde du travail et de l’ensemble des catégories populaires, et surtout pas de prendre l’initiative des mobilisations qui en découlent. Et les critiques faites au gouvernement restent pour le moins mesurées que ce soit sur l’écotaxe, les retraites ou les licenciements. Éric Aubin, n°2 de la CGT, plus responsable vis-à-vis du gouvernement que des travailleurs, a même reproché à Hollande de céder sur l’écotaxe à des manifestations violentes, s’inquiétant du « risque de débordement ».

Depuis qu’Hollande a été élu, la seule manifestation sérieuse a été celle contre la réforme des retraites du 10 septembre dernier, restée pourtant sans suite. La CGT appelle le 26 novembre à une journée sur la question des retraites en se limitant à demander des amendements à la réforme Hollande. Au lieu de préparer une lutte sérieuse, la direction de la CGT recourt à des diversions. Dans le même temps, elle refuse d’appeler à la manifestation du 1er décembre contre la hausse de la TVA, sous prétexte de ne pas se rallier à des décisions politiques, tout en réclamant au gouvernement une « réforme fiscale juste », ce qui ne signifie rien.

Au lieu de pleurer sur le fait que le patronat se permet de prendre la tête de certaines manifestations, pourquoi les directions syndicales n’ont-elles pas appelé, ces derniers mois, les travailleurs à se mobiliser contre l’ensemble des plans de licenciements décidés par ce même patronat ? Dernièrement la CGT s’est montrée capable de mobiliser 10 000 personnes à Roanne pour protester, à juste titre, contre le fichage ADN de ses militants. Pourquoi n’est-il pas possible de le faire contre toutes les mesures gouvernementales qui frappent les travailleurs et à partir de là, de chercher à préparer une mobilisation croissante redonnant aux travailleurs la conscience de leur force ?

La CGT, pas plus que les autres centrales, n’offre à la classe ouvrière une politique à même de la mobiliser. Mais les militants fidèles à leur classe peuvent agir en commençant par se faire entendre des directions syndicales pleutres pour leur imposer, par en bas, la politique nécessaire afin de faire reculer le grand patronat. Ils doivent pour cela mettre en avant leurs revendications de classe : l’interdiction des licenciements, le partage du travail entre tous sans perte de salaire et le contrôle des travailleurs sur les comptes des entreprises. Marion AJAR

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2364&id=23

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16 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Agroalimentaire: fameux, le « modèle breton » ?

Agroalimentaire: fameux, le « modèle breton » ? dans Luttes paysannes et alimentation download-7

Les plans de licenciements se succèdent dans l’agroalimentaire breton où différentes filières sont touchées. Une véritable crise.

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L’agriculture, la pêche et les industries de transformation sont depuis longtemps des pourvoyeurs d’emplois. Les entreprises Gad, Doux, Marine Harvest, Boutet-Nicolas ou Tilly-Sabco, qui étaient hier inconnus du grand public, font aujourd’hui la une de la presse nationale.

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Crises multiples La Bretagne est la première région agricole française : elle réalise 12 % du chiffre d’affaire de la production agricole nationale sur 5 % du territoire. Les principales activités sont les productions d’élevage qui contribuent pour 70 % à la valeur de la production agricole bretonne. La région compte 69 887 actifs employés dans 34 450 fermes. En 1970, les fermes bretonnes étaient au nombre de 150 921…

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Les industries agroalimentaires bretonnes réalisent environ 18 milliards d’euros de chiffre d’affaire par an, dont 4 milliards à l’exportation, et emploient 60 000 salariés. Environ 1/3 des emplois industriels en Bretagne. Le modèle agricole et agroalimentaire breton actuel est issu de la révolution agricole des années 50 et 60 qui a organisé le passage d’une agriculture familiale de proximité à l’agro-industrie hyper-productiviste que nous connaissons aujourd’hui. Ce « modèle breton » traverse aujourd’hui de multiples crises : économique, sociale et environnementale.

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L’environnement pollué La crise environnementale est bien connue. Les productions animales intensives et hors sol associées à l’utilisation massive d’engrais chimiques génèrent des excédents de nitrates et de phosphates qui ruissellent, s’infiltrent et polluent toutes les ressources en eau et sont à l’origine des marées vertes sur les côtes.

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La FNSEA, les industriels de l’agroalimentaire, l’UMP, mais également le PS, minimisent largement le phénomène et mettent en place des « plans algues vertes » bien dérisoires. Le contri- buable, lui, paie l’addition : en 2012, le ramassage de 70 000 m3 d’algues vertes a coûté 500 000 euros. D’autres polluants plus dangereux comme les pesticides répandus sur les cultures et les anti- biotiques utilisés dans les élevages nous menacent, sans parler de l’ammoniaque ou des gaz à effet de serre. Ce modèle économique très gourmand en énergie suppose aussi des importations massives de soja transgénique depuis l’Amérique latine et contribue à la destruction des sols et des paysages.

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Les travailleurs licenciés La crise économique et sociale s’annonçait, aujourd’hui elle explose. Ainsi, les deux poids lourds de la filière avicole, Doux et Tilly-Sabco, invoquent la fin des restitutions européennes. Ces aides concernaient les exportations de poulets congelés. De 480 euros la tonne en 2007, elles ont chuté à 108, 50 euros la tonne en 2012.

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Les entreprises, qui savaient depuis longtemps que la communauté européenne allaient les supprimer, n’ont pris aucune mesure sérieuse pour diversifier leur production et ce sont maintenant les travailleurs qui doivent servir de variable d’ajustement. Ainsi, dans la filière porcine, les entreprises bretonnes sont jugées moins performantes que les abattoirs allemands qui emploient des travailleurs d’Europe de l’Est payés à coups de trique…

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Pour répondre à cette situation d’urgence, le NPA demande la suspension de tous les licenciements, et une loi cadre les interdisant. Nous exigeons l’ouverture des livres de comptes afin que les travailleurs prennent connaissance par eux-mêmes des résultats de leur entreprise. Si celle-ci est bénéficiaire, l’État doit interdire immédiatement les licenciements. Si l’entreprise connaît de réelles difficultés, il faut imposer la réquisition sans indemnité ni rachat.

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L’agriculture et l’agroalimentaire doivent se reconvertir: nous refusons cette société inhu- maine où les hommes et la nature sont sacrifiés pour satisfaire la rapacité de quelques-uns. Le capi- talisme agro-industriel détruit l’emploi paysan, l’environnement et mène la vie très dure aux salariés des usines. L’agriculture doit cesser cette course au gigantisme, baisser drastiquement sa consom- mation d’énergie et de produits chimiques, et s’orienter vers des fermes de taille raisonnable produisant une nourriture de qualité en diversifiant et en relocalisant les ateliers de transformation. Le capitalisme en est bien incapable.

Michel Kernaléguen Vendredi 15 novembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 217 (14/11/2013)

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16 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Campagne financière: bonnet rouge ou bonnet d’âne pour le NPA ?

NPA

Campagne financière: bonnet rouge ou bonnet d’âne pour le NPA ? dans NPA throwing-money

Depuis quelques semaines, le moral des anticapitalistes reprend des couleurs.

Après une rentrée dans la lignée d’une année où la droite a battu le pavé, où les réactionnaires de tous bords se font la course, l’heure est à la résistance et à l’opposition contre ce gouvernement au service des patrons. Des lycéens contre les expulsions de leurs camarades Khatchik et Leonarda qui défilent pour la démission de Valls et des papiers pour tous, à la résistance bretonne contre les licenciements et l’écotaxe, on peut dire que le réveil sonne enfin et il commence à sonner fort.

Amplifier la campagne financière Pas de doute, nous sommes bien dans la mobilisation avec les travailleurs bretons et la jeunesse, et ces mobilisations prouvent que les révoltes — et les anticapi- talistes — sont toujours d’actualité. La tête dans le guidon, la campagne financière a bel et bien com- mencé, avec près de 100 000 euros récoltés, mais ce n’est guère satisfaisant.

Comme sur le terrain social, il faut aller plus loin pour atteindre nos objectifs. Nous nous étions fixés l’objectif intermédiaire de 200 000 euros pour début novembre, et malheureusement nous ne sommes qu’à mi-parcours. Nous progressons légèrement de semaine en semaine, mais ce n’est pas avec ce que l’on a récolté que l’on va dégager tout de suite Hollande, Valls et consorts…
Pendant ce temps et sans planche à billet, affiches, tracts, autocollants, journaux, banderoles, déplacements, l’actualité sociale a ses exigences en biftons. Le NPA n’était pour autant jamais parvenu à recevoir une telle somme de dons à cette période de l’année, ce qui nous fait malgré tout dire que le verre est à moitié plein.

Donnez, donnez, donnez-nous… Plus que jamais, il ne faut pas attendre décembre pour faire, refaire, un don au NPA, maintenant que le vent forcit et que l’opposition au gouvernement se fait da- vantage sur notre terrain, social et politique, et que nos mots d’ordre se font entendre, comme                 « l’interdiction des licenciements » en Bretagne. La période n’est plus au doute et à la réflexion, MO-BI-LI-SA-TION générale et à tous les étages.
10  000 dons, 1 million d’euros, c’est possible ! De la sympathie à solliciter, à trouver, à récolter, mais aucun doute que cette sympathie existe, que notre utilité est prouvée.

Demander ou faire un don pour le NPA, c’est donner à un parti qui n’a jamais baissé son drapeau et qui veut continuer à l’agiter aussi longtemps que ce sera utile.

Plus que jamais passons à l’offensive : 1 million d’euros pour le NPA !

Vendredi 15 novembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 217 (14/11/2013)

Pour plus d’informations, pour nous aider : http ://npa2009.org/souscription


Surveillez le site du NPA et les réseaux sociaux, un clip à diffuser sans modération sera bientôt en ligne.

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15 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Ouvrir une perspective anticapitaliste

NPA
Ouvrir une perspective anticapitaliste dans NPA

Plus de mille plans de licenciements collectifs en un an, une augmentation de 16 % sur les neuf premiers mois de 2013 par rapport à la même période de 2012.

Des chiffres qui ne sont qu’un pâle reflet de la catastrophe humaine et sociale, individuelle et collective qui s’abat sur des milliers de salariéEs brutalement jetés à la rue, sans espoir réel de retrouver un emploi.

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Ces licenciements collectifs ne sont que la partie la plus visible des licenciements. Les invisibles, licenciements individuels ou soi-disant ruptures négociées, explosent eux aussi, mais en silence, tout comme augmente la précarité, ce travail en miettes qui ne permet ni de vivre correctement ni de faire des projets. Les nouveaux emplois créés sont en grande majorité des CDD, et représentent 82, 4 % des embauches, le niveau le plus élevé depuis 10 ans.

En plus, leur durée s’est raccourcie. La part des CDD de moins d’un mois est passée en 5 ans de 60 % à 71 % des embauches. La part de l’intérim a diminué parce que dans beaucoup d’entreprises, les intérimaires ont été jetés les premiers. Telle est la réalité qu’aucun tripatouillage des chiffres ne parviendra à masquer. Une réalité bien loin des annonces sur l’« inversion de la courbe du chômage »…

Affronter ce gouvernement La crise est loin d’être finie et les capitalistes en demandent toujours plus. L’un de leur porte-flingue, l’agence de notation Standard & Poor’s, vient de dégrader la note de la France. Le gouvernement répond positivement à cette nouvelle injonction à faire encore et toujours plus d’austérité. Moscovici affirme que « les investisseurs peuvent et vont continuer à faire confiance à la France ». Et Hollande de déclarer : « Je confirmerai la stratégie qui est la nôtre, le cap qui est le mien », car il estime que c’est la seule manière « d’assurer la cohésion nationale et sociale ». Le ton est donné : il n’y a rien de bon à attendre de ce gouvernement.
Refusant de l’affronter, les réactions syndicales n’ont été à la hauteur : ni contre la loi de « sécurisation de l’emploi », ni pour défendre les retraites, ni pour s’opposer aux licenciements. Mais si le mouvement ouvrier est quasiment inaudible, le terrain de l’opposition au gouvernement n’est pas désert pour autant.

L’extrême droite cherche à l’occuper. Les forces réactionnaires s’incrustent dans tous les espaces ouverts par la politique du gouvernement, du manque de fermeté sur la PMA à la politique sécuritaire qui n’a rien à envier à celle de Sarkozy, de l’injustice fiscale à la rengaine sur le « coût du travail », frein à la sacro-sainte compétitivité des entreprises. Dans cette situation complexe, celles et ceux qui sont directement confrontés à la perte de leur seul moyen de subsistance cherchent les moyens de résister.

Où vont les mobilisations ? Les débats qui entourent la manifestation de Quimper du 2 novembre se poseront à nouveau parce que la course de vitesse est engagée entre le mouvement social et les forces réactionnaires pour déterminer qui donnera le ton des mobilisations contre le gouvernement.

Une course de vitesse pour savoir qui prendra la direction des mobilisations sociales et politiques contre le gouvernement, mais aussi pour déterminer le contenu des réponses qui seront apportées.
Ce n’est jamais dans la passivité et la résignation que les réponses progressistes avancent. Il faut être avec celles et ceux qui se battent et au sein de cette mobilisation ne pas occulter les contra-dictions, mais au contraire les affronter en ne lâchant rien sur le fond.

Par exemple, ne lâcher ni sur le droit à l’emploi ni sur l’écologie, c’est défendre l’interdiction des licenciements, qui ne confond pas le maintien du salaire et du contrat de travail pour toutes et tous et la défense de productions inutiles voire nuisibles et/ou dangereuses.
Mais les propositions justes ne sont rien si elles ne postulent pas à être mises en œuvre, si le seul avenir imaginable est soit le libéralisme du PS, flanqué ou non d’EELV, soit une solution auto- ritaire avec la droite et l’extrême droite.

Celles et ceux qui s’opposent à gauche à la politique du gouvernement ont la responsabilité d’offrir une autre voie, une autre perspective politique, celle d’un gouvernement anti-austérité.

Christine Poupin Mercredi 13 novembre 2013Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 217 (14/11/2013)

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15 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Bretagne: polémiques et questions de fond

Bretagne: polémiques et questions de fond dans A gauche du PS greve

Fallait-il être le samedi 2 novembre à Quimper avec les 30 000 « nigauds » et « esclaves » soumis à leurs patrons, ou à Carhaix avec la gauche qui pense comme il faut ?

C’est de cette façon caricaturale que le problème a été posé par toute une partie de la gauche. La situation est évidemment beaucoup plus complexe.

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Nombreuses ont été les réactions contre la manifestation de Quimper, souvent agressives voire insultantes. On l’a vu, Jean-Luc Mélenchon n’aime pas les « Bonnets rouges », et il n’a pas fait dans la dentelle en affichant son mépris pour le peuple opprimé. Une position bien relayée par des respon- sables du PG, des élus PS, des dirigeants d’EELV, par la CGT qui a déclaré que cette manifestation ne défendait pas les salariés, et enfin par la presse militante de gauche, l’Humanité et Politis : « Poutou (NPA) manifestera à Quimper avec le patronat, le FN et les identitaires »… Quelle finesse d’analyse !

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Avec la colère sociale, contre les responsables de la crise Le NPA était bien à Quimper, et ses militants « bretons » ont manifesté avec leurs camarades de lutte, leur camp social… les salariés de Marine Harvest, de Gad ou de Tilly-Sabco. Le NPA était à sa place parmi les révoltés, dans un mouve- ment de profonde colère sociale contre l’écotaxe mais surtout contre l’austérité, les licenciements, et la souffrance au quotidien.

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Certes, il y a de la confusion dans la diversité des manifestants: des salariés, des paysans, des petits patrons, des artisans, des commerçants… La présence d’organisations patronales, d’élus UMP, de militants identitaires en a rajouté sur la complexité. De plus, la population en colère a trouvé sa force dans un sentiment régionaliste, « Vivre, travailler et décider en Bretagne », un terrain particulier qui laisse la place à des courants politiques hostiles au mouvement ouvrier.

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Mais cela ne justifie aucunement les accusations d’une partie de la gauche syndicale et politique. En organisant une contre-manifestation à Carhaix, la CGT comme le Front de gauche ont fait pire que de se désolidariser d’une mobilisation populaire. En divisant, elles désertent un lieu de bataille politique, contribuant à laisser la main à la droite patronale. Déjà incapables de prendre des initiatives locales ou centrales contre les licenciements qui rompraient avec un climat général de résignation, voilà que ces « dirigeants ouvriers » tournent le dos quand le ras-le-bol s’exprime.

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Cette colère populaire ne serait pas comme il faut, alors il faudrait s’en tenir éloigné. Et on le sait, pour ces partis politiques, la révolution se fera dans les urnes, pas dans la rue. Leur réponse à la mobilisation bretonne en est une nouvelle illustration.

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Pour une issue progressiste Face au danger réel de récupération et de dévoiement de la colère des opprimés, il y a une bataille politique à mener, qui consiste à défendre dans le mouvement une pers- pective politique « à gauche », progressiste, contre les politiques libérales, pour le partage des ri- chesses, pour que la population prenne ses luttes et ses affaires en main. Une politique qui a de façon spectaculaire été refusée par le Front de gauche et la CGT.

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Le NPA a milité dans le cortège pour faire entendre une voix anticapitaliste. Avec des organisations comme Attac, l’Union démocratique bretonne (gauche bretonne), les Alternatifs et Breizhistance, nous avons agi pour la constitution d’un « pôle de gauche » posant clairement des reven-dications sociales. Il ne fallait pas laisser le terrain aux droites, aux réacs de toute espèce, au patronat qui veulent contrôler ce mouvement et en détourner la colère afin d’éviter qu’elle ne vise les possédants, les vrais responsables de la crise.

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La lutte de classe se mène à partir des mobilisations existantes, avec les gens qui se révoltent, au jour le jour. La révolte bretonne montre concrètement la nécessaire et urgente construction d’une opposition de gauche à ce gouvernement et à ses alliés. Pour la suite, nous militons pour que les organisations syndicales, associatives, politiques de la gauche radicale pèsent ensemble de tout leur poids dans le mouvement social pour la perspective d’une riposte unitaire, d’une mobilisation générale du camp des exploités.

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Philippe Poutou Mercredi 13 novembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 217 (14/11/2013)

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15 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Bretagne:  les germes d’une convergence des luttes ouvrières existent (matthieu guillemot)

Bretagne:  les germes d’une convergence des luttes ouvrières existent (matthieu guillemot) dans Carhaix Kreiz Breiz car

Avec ou sans bonnets rouges !

Militant du NPA Kreiz Breizh, Matthieu Guillemot a été en 2008 un des animateurs de lutte victorieuse contre la fermeture des services de chirurgie et de maternité de Carhaix et un défenseur acharné des inculpés de cette lutte. Membre du comité de défense de l’emploi de Bretagne, il a pris la parole à la tribune lors de la manifestation de Quimper le 2 novembre. Il nous présente les enjeux et les perspectives de cette mobilisation.

Peux-tu revenir sur la préparation de la manifestation de Quimper ? Au départ une poignée d’ouvrières et d’ouvriers de Marine Harvest dont l’usine doit fermer. Ils ont donc interpellé le maire de Carhaix, Christian Troadec. Le choix de ces ouvriers n’était pas anodin. Les braises du conflit victorieux de l’hôpital de Carhaix brûlent encore. Le lendemain mon téléphone sonna deux fois : un appel de ce même groupe d’ouvriers pour me raconter la discussion qu’ils avaient eue avec Christian Troadec et un deuxième appel de Christian Troadec. Le but clair, affiché et partagé : remettre en action les acteurs et les moyens de la lutte de l’hôpital de Carhaix.

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Une première réunion est organisée le 18 octobre en soutien aux Marine Harvest. Cette réunion importante fut largement au-dessus de toutes les espérances : plus de 600 personnes se sont massées pour remplir la salle. Pour une ville qui compte 8 000 habitants, c’est plutôt pas mal… À la tribune étaient présents tous les groupes politiques, syndicats, élus, commerçants ayant appelé à ce rassemblement (NPA, PS, FdG, FO, CFDT, mairie de Carhaix, maire de Poullaouen, président du pays Centre Ouest Bretagne, présidente des commerçants carhaisiens) et dans l’assistance, les délégués CGT de Marine Harvest. Pour ma part, au nom du NPA Kreiz Breizh, j’ai insisté sur l’interdiction des licen-ciements, une revendication bien reçue dans le public tant le cas de Marine Harvest est plus que cho- quant. C’est à l’issue de cette soirée que sera décidée la grande manifestation contre les licenciements et pour l’emploi le samedi 2 novembre à Quimper.

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Selon toi, qu’est-ce que cette manifestation du 2 novembre a changé au climat social local et national ? Au lendemain de la manif de Quimper, la motivation est grande. Si l’effet « bonnets rou- ges » marche à plein régime, c’est qu’il est le symbole en Bretagne de la colère et du peuple. C’est une vieille histoire.

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Mais son dévoiement et sa récupération a brouillé le message (c’est le patron d’Armor Lux qui a offert les bonnets rouges sous le portique de Pont-de-Buis samedi 26 octobre), en particulier autour de la question de l’écotaxe, même si je pense personnellement que cette taxe est injuste et inefficace écologiquement. Au lendemain de la manif, à peine ai-je mis un pied hors du lit, mon téléphone sonnait. Nos camarades de Marine Harvest, présents en masse à Quimper, m’appelaient pour m’informer qu’ils entamaient une grève illimitée avec un blocus de l’entreprise. Avec Christian Troadec, nous nous sommes rendus sur place pour apporter tout le soutien du comité pour l’emploi.

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À la radio, on apprend ensuite que les salariés de Tilly-Sabco (1 000 emplois menacés) quit- tent leur entreprise de Guerlesquin pour aller à la sous-préfecture de Morlaix. Avec le syndicat CGT, les salariés ont enfoncé les portes de la sous-préfecture et occupé les lieux pendant près de 12 heures, exigeant de rencontrer le ministre Stéphane Le Foll. Le PDG de l’entreprise a tenté — une fois de plus — le coup de « l’union sacrée », comme s’il n’était en rien responsable des risques de fermeture de l’en- treprise… À cette heure, les Marine Harvest maintiennent la grève et le blocus, et des portiques écotaxe sont pris pour cible un peu partout en France. Il reste à espérer que, comme en Bretagne, le portique soit l’arbre qui cache la forêt de la révolte sociale et du refus de cette société capitaliste et productiviste qui met à mal le monde ouvrier et la petite paysannerie.

Justement, le mouvement en Bretagne semble se caractériser par deux axes revendicatifs : la lutte pour l’emploi, contre les licenciements, et l’opposition à l’écotaxe. Comment « cohabitent » les deux ? Le point de départ est assurément la lutte pour l’emploi, contre les licenciements. Les événements de Pont-de-Buis ont quelque peu brouillé la lisibilité de l’action. Pour autant, la manif de Quimper a été un vrai succès populaire.

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La participation du NPA, avec la présence de Philippe Poutou, a contribué à centrer les débats sur les thématiques de l’emploi. Les représentants de la FDSEA, du Medef et quelques représentants de l’UMP, se sont engouffrés dans la brèche ouverte par la lutte contre l’écotaxe, en développant un dis- cours réactionnaire et productiviste. Le NPA a fait le choix de ne pas laisser le terrain à ses ennemis de classe et donc de s’adresser aux salariés, au monde ouvrier, au moment où certains préféraient s’en éloigner.

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Je pense que toutes les forces de la gauche de la gauche doivent faire face à l’ennemi de classe, et cela toujours au côté des salariés, pour ne pas laisser le cri de colère se transformer en vote de haine. Par notre présence, nous pouvons dialoguer sur nos propositions et nos solutions, comme l’interdiction des licenciements mais également l’ouverture des livres de comptes des entreprises, les réquisitions ouvrières de l’outil de travail ou les nationalisations des entreprises.

Tu es plus particulièrement investi sur la lutte des « Marine Harvest ». Où en est-on ?
Marine Harvest est le n°1 du saumon en Europe, son siège est basé en Norvège. Ses bénéfices se cessent de s’accroître, et dépassent aujourd’hui les 300 millions d’euros. L’appétit des actionnaires suit la même dynamique… Le projet de la direction de Marine Harvest est de délocaliser en Pologne, selon une logique capitaliste bien connue : jamais assez, toujours plus.

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Cette lutte est différente des autres car, si la colère est grande dans la population et chez les sa- lariés, elle a du mal à se concrétiser dans des revendications portées par les représentants du personnel. Il y a en permanence une balance entre le maintien de l’emploi et le refus des licenciements, et la course à un meilleur plan social avec augmentation des indemnités et primes de départ. Tout cela apparaît quel- quefois comme contradictoire et source de tension entre les salariéEs en lutte mais aussi avec le comité de soutien. Toujours est-il que nous sommes toujours très nombreux à soutenir les Marine Harvest en grève, dans une ambiance combative et solidaire.

Comment la jonction pourrait-elle être possible avec les autres boîtes en lutte ? Si certains sont effrayés par le symbole du « bonnet rouge », il faut tout de même se rappeler qu’à la tribune de Quimper et ce, devant près de 30 000 personnes, se sont aussi succédés au micro les représentants de Gad, de Doux, de Marine Harvest, de la CGT des Marins et du NPA. Dans la bouche de ces représentants, les mêmes revendications : interdiction des licenciements, réquisition ouvrières des usines et natio- nalisation des usines qui licencient. La représentante de FO Doux s’est rendue à de multiples reprises sur le piquet de grève des Marine Harvest. Les germes d’une convergence des luttes ouvrières existent, avec ou sans bonnets rouges.

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Les rassemblements du 2 novembre, les blocus d’entreprise mais aussi de l’aéroport de Brest, de la ville de Morlaix ont été autant de moments de rencontre, de lien entre les salariés en lutte. Tout ceci doit se transformer avec les syndicats ouvriers en un front unique de la révolte sociale, mais aussi pour une opposition de gauche à la politique désastreuse de gouvernement Hollande-Ayrault.

Propos recueillis par Manu Bichindaritz  Jeudi 14 novembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 217 (14/11/2013)

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15 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Racisme: combattre le poison de la division

Racisme: combattre le poison de la division dans Antiracisme kkk-demotivational-irony-racism-funny-burning-cross

La récente interview de Christiane Taubira dans le journal Libération et la belle tribune dans le Monde de Harry Roselmack, l’ex-présentateur du JT de TF1, contre le retour de « la France raciste » sont plus que bienvenues, au moment où les discours et les actes racistes ne cessent d’augmenter.

Depuis son arrivée au gouvernement, Christiane Taubira a été violemment attaquée par la droite et l’extrême droite, mais ces dernières semaines, le racisme a franchi un nouveau seuil.

Comparée d’abord à un singe par une candidate du FN, puis insultée par des enfants et leurs parents dans un rassemblement des anti-mariage pour tous, aux cris de « Guenon, mange ta ba- nane ! », Taubira s’est étonnée du manque de réaction dans le pays. Cela a été la goutte d’eau de trop aussi pour Harry Roselmack qui s’est dit soudain « ramené à ma condition nègre ».
Christiane Taubira nous avait déjà régalés avec sa réponse au « discours mortifère et meurtrier » du Front national. Cette fois, c’est Roselmack, bien moins timide que la plupart des hommes politiques de gauche, qui affirme clairement que « la xénophobie, le racisme constituent le ciment essentiel » du FN.

Qui alimente les préjugés ? Dans son interview, Taubira a bien raison de pointer les responsabilités, non seulement de l’extrême droite mais aussi de la droite : les discours de Sarkozy à Grenoble et à Dakar, Hortefeux et ses « blagues » racistes, l’identité nationale, Copé, Fillon et le FN…

Cette course après les électeurs du FN a bien sûr largement contribué à donner confiance aux racistes qui se lâchent. Par contre, sur les responsabilités du gouvernement actuel, à part quelques critiques très diplomatiques de la politique d’immigration et envers les Roms, c’est silence radio.

Pourtant les dégâts sont immenses : l’abandon du droit de vote pour les étrangers, la poursuite de la politique sarkoziste de l’immigration, la stigmatisation des musulmans, les déclarations racistes de Valls sur les Roms et enfin, plus fondamentalement, la gestion loyale du capitalisme en crise.
Roselmack pointe la responsabilité de la crise « qui alimente la xénophobie ». Mais cette crise ne tombe pas du ciel, elle est une conséquence de la logique même du capitalisme. C’est pourquoi les appels de Taubira à la « cohésion sociale » et à la défense de « la République » sont au mieux une illusion, au pire une tromperie. La République réelle et concrète — et non pas les valeurs abstraites qu’elle invoque — est bien une république capitaliste qui jette des millions de personnes au chômage et enfonce des millions d’autres dans la précarité et la misère.

C’est bien ce système qu’il faudra abattre pour en finir définitivement avec le racisme. Avant d’y arriver, la lutte contre le racisme continue, non seulement parce qu’il est insupportable mais parce qu’il continue à miner la cohésion, non pas celle illusoire de la République, mais celle des exploités et des opprimés.

C’est un poison qui divise et affaiblit dans les batailles contre les patrons licencieurs et le gouvernement à leur botte. Dans les mois à venir, il faut trouver le chemin de l’unité de tous les tra- vailleurs : blancs, noirs, arabes…

Ne rien laisser passer : aucune réflexion raciste, aucune « blague ». S’opposer à la diffusion des idées haineuses, redonner confiance aux antiracistes (et nous sommes encore nombreux !), avec comme première grande échéance les célébrations le mois prochain du trentième anniversaire de la grande marche pour l’égalité.

Ross Harrold Jeudi 14 novembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 217 (14/11/2013)

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15 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Olivier Besancenot: « Etendre » la contestation, opposition unitaire à gauche » (fr2)

Olivier Besancenot:

Olivier Besancenot, du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), a prôné vendredi « d’étendre, de généraliser » la mobilisation née en Bretagne « sur la question de l’imposition et de l’emploi » et « d’assumer une opposition unitaire à la gauche du gouvernement ».

« Le mouvement ouvrier n’a rien à craindre de cette mobilisation et de dire qu’il faudrait l’étendre, la généraliser sur la question de l’imposition, de l’emploi et plus généralement sur la politique d’austérité menée par ce gouvernement », a déclaré M. Besancenot sur France 2.

Les mouvements en Bretagne sont « aussi une révolte contre l’injustice du système capitaliste. En Bretagne, la question des licenciements est au coeur des mobilisations: Gad, Doux, Marine Harvest », a-t-il estimé.

Interrogés sur la présence du NPA au sein de ces manifestations disparates, Olivier Besancenot a répondu: « On n’était ni avec la FNSEA, ni avec le Medef mais aux côtés de ce peuple breton en révolte. » « Histori- quement, le rouge ne nous fait pas peur », a-t-il ajouté en référence aux bonnets rouges.

« Sur la question des impôts, c’est une mobilisation contre l’injustice fiscale plutôt que contre le ras-le-bol fiscal en général. Ceux qui devraient en payer n’en paient pas assez, notamment les plus grandes entre- prises et les plus grandes fortunes, et la majorité de la population croule sous une multitude de taxes et on ne comprend pas que ça arrive sous un gouvernement soit-disant de gauche », a poursuivi l’ex-candidat aux élections présidentielles de 2002 et 2007.

Invité à comparer les politiques de Nicolas Sarkozy et François Hollande, le membre du NPA a répondu: « C’est la même et c’est le grand problème. Hollande, on n’en attendait rien, mais il a quand même réussi à nous décevoir. » Besancenot a cité l’exemple de Marseille et des moulins Maurel: « 60 emplois menacés, dans trois semaines, cette usine ferme. Il y a un commissaire du redressement productif dans la région, un mini Montebourg, je ne sais pas ce qu’il fait. »

A l’adresse de Jean-Luc Mélenchon, il a recommandé « d’assumer d’être dans l’opposition » et prôné une « opposition unitaire à la gauche du gouvernement. » « Depuis que Hollande est arrivé, la seule voix qu’on entend dans l’opposition à ce gouvernement, c’est la droite et l’extrême droite », a-t-il regretté.

 

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14 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Pas de liberté pour le racisme

Pas de liberté pour le racisme dans Antiracisme kkk

La Une de Minute contre Mme Taubira concentre toute l’abjection dont ce torchon est capable.

Il relaie les même propos tenus par la candidate du FN dans les Ardennes, repris par la bouche d’une enfant à Angers dont les parents manifestaient contre le mariage pour tous.

La droite se décomplexe et c’est l’extrême droite qui se lâche avec le racisme qui déborde.

Le FN peut tenter de rendre son image plus présentable rien n’y fait.

Le NPA exprime sa solidarité à Mme Taubira face à ces insultes indignes, il condamne ces propos racistes inacceptables sans pour autant oublier ceux tenus par Valls, après ceux d’Estrosi, contre les Roms.

Même si le gouvernement aujourd’hui proteste à juste titre, nous ne pouvons que regretter cette indignation sélective. Le racisme n’est pas une opinion mais un délit et un torchon comme Minute ne relève pas de la liberté de la presse. Il n’y a pas de degré dans le racisme. Il se combat en bloc.

Montreuil, le 13 novembre 2013

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