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07 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Front de Gauche : mauvais coups et manœuvres électorales

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Le temps des universités d’été des différentes composantes du Front de gauche, les médias ont fait leurs choux gras du psychodrame qui a suivi la polémique entre Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent. En jeu, leurs relations avec le PS, avec en toile de fond les tractations autour des municipales… Des rivalités et polémiques qui évitent les vraies questions.

Mélenchon a déclenché la polémique par ses propos contre le gouvernement et en particulier contre Valls, accusé de «   reprendre les mots les plus infâmes de l’adversaire pour dire que le problème, c’est l’immigré, alors que l’immigré, ce n’est pas le problème, le problème, c’est le financier  » et qui «  insulte les citoyens de confession musulmane  ». Pour Mélenchon, «  le premier pourvoyeur de voix pour le Front national, il est installé à l’Élysée  » et «  sans l’ombre d’un doute, la politique qui est menée est une politique de droite  ». Il est difficile de le contester mais ces accusations entrent cependant en contradiction avec la politique du Front de gauche qui refuse de se situer dans l’opposition au gouvernement.

C’est ce que n’a pas manqué de relever Pierre Laurent dans un entretien à Libération, reprochant à Mélenchon de «  confondre la colère et la radicalité nécessaire avec la provocation et l’invective  », se faisant ainsi l’écho de la réprobation venant du PS. La réplique est venue le lendemain à l’occasion du meeting de clôture des universités d’été du Parti de gauche  : «  On ne gagne rien au rôle de tireur dans le dos  » a lancé Mélenchon à l’adresse de son camarade…

Être ou ne pas être dans l’opposition L’échange ne touche pas au débat de fond, se définir ou pas comme un parti d’opposition. Il exprime les rivalités et intérêts divergents du Parti de gauche et du PC pour les municipales. Mélenchon défend une politique indépendante au premier tour pour tenter de renforcer ses positions, alors que Pierre Laurent veut favoriser des listes d’union, soucieux de sauvegarder ses élus, quasiment tous acquis grâce au PS. Le désaccord aboutit à des ruptures lorsque le PG envisage de se présenter contre une liste d’alliance PCF-PS. Mais au final, le PC comme le PG convergent. «  L’objectif doit rester de faire élire des majorités de gauche en rassemblant communistes, Front de gauche, écologistes, socialistes et forces citoyennes  » affirme Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon le rejoint en demandant «  des listes distinctes au premier tour et des discussions de fond au deuxième  » avant de rassurer  : «  nous ferons des choix de gauche au premier et au deuxième tour  ».

Et dans cette logique Jean-Luc Mélenchon fait du pied aux Verts en déclarant sur France 2  : «  Je pense que nous pouvons dès le premier tour faire des listes avec des écologistes dans de très nombreuses villes  ». Il prétend ainsi «  commencer à construire cette majorité alternative que j’appelle de mes vœux  »… une alternative qui participe aujourd’hui à la majorité présidentielle  !

La navire n’a pas fini de tanguer sous l’effet de ses contradictions, mais la même volonté d’accéder au pouvoir dans le cadre d’une majorité de la gauche parlementaire continuera de souder l’équipage. Une politique qui tourne le dos à la seule perspective répondant aux besoins des travailleurs et de la population, des militantes et militants du Front de Gauche  : construire une opposition de gauche à ce gouvernement. LEMAITRE Yvan 5 septembre 2013 * Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 207 (05/09/2013). http://www.npa2009.org/

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07 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

“C’est à Mélenchon de dire s’il est dans l’opposition ou dans la majorité”

image Il nous faut 1 million! Merci!

Olivier Besancenot présente la stratégie du NPA pour faire apparaître une opposition unitaire à la gauche du gouvernement. Après un été chargé en lectures militantes et en polars, Olivier Besancenot repart au combat. Conférence de presse unitaire de la gauche de la gauche sur la réforme des retraites, souscription du NPA, candidature aux européennes, il répond aux questions des Inrocks sur la stratégie du NPA pour la rentrée sociale et bien sûr sur la Syrie, sur le gouvernement et sur la réforme du droit de vote des étrangers. Il réfléchit aussi à la place de l’engagement militant aujourd’hui dans la société.

Quatre ans après sa création, le NPA est-il encore viable, encore une signature qui compte ?

Olivier Besancenot – L’enjeu d’une signature se décline en fonction de l’actualité, du moment et de la période. Je pense que le NPA compte toujours. Après des moments difficiles, nous connaissons une nouvelle situation notamment depuis que Hollande est arrivé. Il y a, de nouveau, un petit courant de sympathie qui se tourne vers nous, un milieu social qui, sans partager toutes nos solutions, pense qu’on est utile pour les combats du quotidien, peut-être parce qu’on est les plus indépendants du gouvernement.

Mais, en même temps, il y a le Poutouthon… Ce n’est pas nous qui l’avons appelé comme ça, mais peu importe. Cette souscription n’est pas faite pour combler les caisses du NPA, mais pour nous permettre de nous présenter sur l’ensemble des circonscriptions aux élections européennes. Il y a sept circonscriptions et le coût est de 1 million d’euros. Chaque année, nous organisons des souscriptions. On récolte de 200 000 à 300 000 euros. Cette fois, il en faut trois fois plus. Même si c’est trop tôt pour faire un état des lieux, nous partons confiants. De la réussite de la souscription dépendra l’envergure de notre présence au moment des élections européennes.

Dans quelle mesure allez-vous continuer à vous impliquer au NPA ? Serez-vous candidat aux européennes ? Il ne faut pas aller plus vite que la musique et on n’a pas encore discuté de cela. Il faut d’abord régler les moyens de se financer. Et à ce moment-là on verra qui se présente. C’est encore assez loin, mine de rien. C’est la rentrée. Nous verrons fin décembre. On prend les choses au fur et à mesure. On est d’abord sur la bataille des retraites, avec un fil rouge qui consiste à essayer de rassembler, de façon unitaire, une opposition radicale à la gauche du gouvernement en donnant un contre-poids efficace et concret à la politique du pouvoir et du patronat. Avant les manifestations du 10 septembre, nous cherchons à remettre en place le dispositif unitaire qui existait au moment de la réforme de 2010.

Dès ce mercredi 4 septembre, se tiendra une conférence de presse unitaire puis il y aura des meetings communs dans les tuyaux, auxquels le NPA prendra part. C’est toujours compliqué à organiser car, derrière ce combat, se niche le dilemme de la gauche radicale et de la gauche non gouvernementale : une certaine forme de culpabilité sur laquelle le PS compte beaucoup. C’est l’idée qu’on ne pourrait quand même pas leur faire la même chose qu’à la droite. Pourtant, eux ne se gênent pas pour mener une politique de droite. Nous ne sommes pas là pour nous contenter de faire le constat perpétuel de l’inaction ou des trahisons du gouvernement ; on n’en attendait de toute façon rien. Nous voyons les choses en mouvement et l’enjeu est bien de faire qu’ici et maintenant on impose un maximum de victoires par le rapport de force et à grands coups de pied dans le derrière. C’est le meilleur moyen de faire apparaître une alternative anticapitaliste crédible à la gauche du gouvernement. Tant qu’elle n’existera pas, c’est vers la droite et l’extrême droite que les désabusés se dirigeront.

Vous parlez d’une conférence de presse unitaire. Le Front de gauche sera-t-il présent ? Oui. On sait que les militants notamment ont envie de ça. C’est aux dirigeants du Parti communiste, du Parti de gauche de se prononcer. Faut remouiller la chemise comme en 2010. Pour l’instant, cela paraît plus compliqué. Plutôt que de continuer à lorgner sur la gauche du gouvernement, le Front de gauche aurait tout à gagner à participer à la construction d’une opposition à la gauche du gouvernement qui soit décomplexée et assumée.

Vous les sentez plus hésitants ? Il y a plus que des hésitations ! Il y a une stratégie aux municipales qui comporte des accords à géométrie variable incompréhensibles. C’est un manque de cohérence que de tenir des propos aussi forts parfois contre le gouvernement Ayrault et de se présenter tout de même avec la majorité présidentielle aux municipales dans certaines villes, et non des moindres. Il faut s’assumer. La balle est dans le camp de Mélenchon. C’est à lui de dire s’il est dans l’opposition ou dans la majorité.

Pour en revenir aux européennes, même si ce n’est pas tranché, est-ce que vous avez envie d’y aller ? Cela ne se passe pas comme ça chez nous : nous ne sommes pas des candidats professionnels et on décide collectivement, en temps et en heure, de ce qu’on fait. Et puis là, ce n’est vraiment pas l’heure. Je n’entretiens aucun vrai-faux suspense sur quoi que ce soit, mais ça ne se discute vraiment pas en ces termes-là dans nos rangs.

Votre exemple ne montre-t-il pas que l’engagement militant passe aujourd’hui plus par un engagement citoyen que politique ? C’est un engagement militant. J’adore cette citation de Paul Valéry : “La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.” On est dans une société qui pousse une écrasante part de la population à se sentir illégitime face à des politiciens qui vivent en vase clos et partagent les mêmes codes. Nous, on doit se faire violence pour y aller. Peut-être qu’on bégayera, qu’on se plantera mais au moins on aura tenté. Nous cherchons à démontrer qu’on peut faire de la politique sans courir après les postes et sans avoir une vision seulement électorale. C’est vraiment notre marque de fabrique. Car, le temps du suffrage électoral est un temps de citoyenneté extrêmement bref en réalité, le temps de glisser une enveloppe dans une urne. La démocratie réelle, c’est l’espérance qu’on a ou non d’une autre société. La gauche radicale crève de son manque d’imagination, de son inaptitude à sortir le nez du guidon, à quitter l’urgence des temps électoraux pour cogiter et imaginer ce que pourrait être une nouvelle société où la démocratie serait un mélange de suffrage universel et de démocratie directe. D’où l’idée qu’on a un engagement militant constant qui ne surgisse pas uniquement au moment des élections.

Est-ce que l’affaire Snowden justement traduit pour vous ce nouvel engagement militant ? Qu’est-ce que vous pensez de cette affaire ? C’est complètement lié. L’affaire Snowden, comme d’autres affaires, est une illustration supplémentaire du pendant antidémocratique de la mondialisation capitaliste en crise. C’est kafkaïen. C’est 1984. L’autre revers de la médaille capitaliste avec celui des politiques antisociales impopulaires. C’est l’étouffement de la voix politique, de l’expression.

Internet a-t-il bousculé l’engagement militant ? Internet n’est qu’un support. Il n’y a pas de valeur intrinsèque à un moyen de communication. Cela peut être un extraordinaire moyen de communication et de partage, ou un extraordinaire moyen d’aliénation. Le problème c’est l’utilisation individuelle et collective qu’on décide d’en faire. Nous, on l’utilise à plein tube pour mobiliser. Pour la confrontation politique, j’ai tendance à croire qu’il vaut quand même mieux avoir la personne en face.

La France doit-elle s’engager en Syrie ? Nous sommes opposés aux interventions militaires occidentales. D’abord, c’est inefficace : face à des frappes présentées comme punitives, le régime syrien pourra parfaitement augmenter son degré de violence contre les révolutionnaires syriens et il pourra même souder une partie de la population sur le thème “il s’agit d’une intervention étrangère”. Et puis c’est dangereux parce que toute forme de substitutisme à un processus révolutionnaire en cours ne règle rien et aggrave la situation. L’Occident est particulièrement hypocrite dans cette affaire. Depuis des mois, la dictature d’Assad est armée, les djihadistes aussi, seuls les révolutionnaires syriens ne le sont pas.

Que pensez-vous des ministres Verts au gouvernement ? Doivent-ils partir, rester après leurs critiques cet été ? Qu’auriez- vous fait ? Je ne suis plus là pour distribuer les bons ou les mauvais points. D’autant plus que le gouvernement, lui, sait distribuer les rôles en son sein, entre “flics gentils” et “flics méchants”. Le problème, c’est de prendre le gouvernement dans son ensemble et dans sa cohérence. Face à l’aspect le plus polémique de la rentrée, c’est-à-dire Valls, qui est une cible politique tentante quand on a le cœur à gauche, tout ce qu’il fait – le démantèlement d’un camp de Roms, l’expulsion d’un sans-papier – se fait toujours avec l’aval et l’autorisation d’Ayrault et de Hollande, et donc avec la complicité de l’ensemble des ministres. Au bout d’un moment, il faut se demander à qui profitent les petites musiques particulières qu’on entend dans le gouvernement, même si je ne doute pas de la sincérité d’un certain nombre de déclarations, je pense à Christiane Taubira. Mais quand il y a une décision de Valls – je ne parle même pas de ses propos – qui est prise, elle se réalise, de facto, avec la complicité de tous ceux qui sont à l’intérieur du gouvernement. Cela renvoie à la déclaration de Chevènement : “Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne.” Tous ceux qui croient changer le système de l’intérieur se trompent, cela ne marche pas. Tout au plus, cela engendre de la résignation politique, sur le thème “ tous les mêmes !”

François Hollande pourrait retourner à Florange, est-ce que vous en attendez quelque chose ? Florange, c’est acté : c’est une trahison politique. Au-delà de la gesticulation médiatique, les grands actes sur la question de l’emploi et du maintien de l’emploi industriel, pour Florange, ou pour PSA, c’est du bluff. L’attente de bon nombre de salariés c’était de dégager Mittal pour que la production continue.

Croyez-vous toujours au droit de vote pour les étrangers aux élections locales ? C’est toujours l’objet de batailles et on ne renonce pas, par le biais du rapport de force, à se dire qu’on peut être en capacité de l’imposer. Mais tout semble stoppé depuis que lors de sa conférence de presse, Hollande a expliqué qu’il n’avait pas les trois cinquièmes au Parlement et que bien entendu il ne ferait pas un référendum. Après tout, même dans le climat nauséabond actuel, il semble qu’il y ait toujours une majorité favorable au droit de vote. Il n’y a pas la volonté de mettre le poids politique du gouvernement dans la balance pour dire : “On a été élu sur cette proposition, on va le faire.”

Regardez-vous des séries ? Oui, je suis assez séries. Je suis en plein dans Game of Thrones.

Qu’avez-vous lu, cet été ? J’ai fait mes “devoirs de vacances”. Pour ma propre réflexion et pour des sujets sur lesquels je travaille, j’ai lu des livres militants. J’ai relu Marx l’intempestif, de Daniel Bensaïd. Et Crack Capitalism de John Holloway. J’ai relu les Pinçon-Charlot, aussi, beaucoup. Et puis, des polars. A la fin d’un jour ennuyeux de Massimo Carlotto. C’est délirant, ça part en vrille complet avec de grandes scènes de dinguerie. C’est une perle. Ensuite, Le Dernier Lapon, d’Olivier Truc, qui est génial ! C’est un autre rythme, plutôt diesel au début mais c’est vraiment très bien.

* Les Inrocks, 4/09/2013.  BESANCENOT Olivier 4 septembre 2013 http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29677

 

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05 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Les enseignants face au gouvernement : de la sourde colère à la révolte ? (1)

Les enseignants face au gouvernement : de la sourde colère à la révolte ? (1) dans Educ'action fride-presse-2011

Alors que François Hollande avait fait de l’école un enjeu politique et symbolique de premier plan durant sa campagne électorale, sa première année de mandat a sonné pour de nombreux enseignants comme une cruelle désillusion.

La brutalisation du système éducatif par la droite, de 2002 à 2012, donnait pourtant au Parti socialiste une occasion rêvée de s’attacher pour longtemps les faveurs d’une profession qui lui est traditionnellement favorable. C’est pourtant un camouflet qu’a essuyé la réforme des rythmes scolaires menée tambour battant par le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon, et parmi les enseignants domine, sinon l’opposition franche au gouvernement, du moins un profond scepticisme et une colère qui pourrait bien s’exprimer plus ouvertement à mesure que s’éloigne le spectre du sarkozysme, sur lequel le candidat Hollande a construit son succès électoral.

L’héritage de la droite Suppressions massives de postes d’enseignants (environ 80 000 en 5 ans), consolidation d’un enseignement à plu- sieurs vitesses par la logique du « socle commun », accroissement de la ségrégation entre établissements par le démantèlement de la carte scolaire, mise en concurrence des universités et soumission accrue aux intérêts privés, substitution d’une logique élitiste de sélection des « méritants » aux politiques de lutte contre l’échec scolaire, suppression à marche forcée du BEP et affaiblissement du lycée professionnel au profit de l’apprentissage, contre-réforme pédagogique à travers les nouveaux programmes de 2008, destruction de la formation des maîtres : on n’en finirait pas d’énumérer tous les éléments qui composent l’héritage d’une droite ayant entrepris de faire reculer l’idéal d’une école pour tous pour mieux adapter l’Ecole française au cours néolibéral du monde.

Cette droite revancharde avait en effet pris la mesure de l’enjeu de civilisation que constitue la question scolaire. A peine élu, Nicolas Sarkozy annonçait ainsi dans la lettre de mission adressée en juillet 2007 à son ministre de l’Education nationale d’alors, Xavier Darcos : « L’école est un maillon déterminant de la civilisation que nous voulons construire et dans laquelle nous voulons vivre ». On ne saurait mieux dire la volonté de conquête et d’hégémonie qui animait une droite désireuse d’opérer les transformations de l’ordre scolaire susceptibles d’assurer une reproduction plus complète de l’ordre social. Cela impliquait de ne plus se satisfaire du système d’enseignement hérité des politiques d’unification scolaire menées de la fin des années 1950 aux années 1970, système pourtant guère favorable aux enfants des classes populaires et dont les mécanismes inégalitaires avaient été mis en lumière par la sociologie critique dès les années 19601.

Mais force est de constater que ces transformations avaient été accompagnées voire amorcées par la gauche néolibérale, au gouvernement ou dans les collectivités territoriales : des premiers « assouplissements » de la carte scolaire, réalisés par le gouvernement socialiste dès 1984-1985, à la priorité donnée par de nombreuses régions dominées par le PS à l’apprentissage, en passant par l’impulsion – par le ministre de l’Education nationale du gouvernement Jospin (Claude Allègre) – de la politique qui, prenant racine dans la déclaration de la Sorbonne en 1998, devait mener à la LRU2. Il faudrait ajouter à cela l’adoption en 2001 de la LOLF, qui signait l’imposition au secteur public – conjointement par le PS et la droite – des recettes managériales issues du secteur privé et ayant fait leur preuve quant à leur capacité, au nom de la « culture du résultat », à pressurer toujours davantage les salariés.

Reste que la droite au pouvoir a fortement accéléré la mise en œuvre de l’agenda néolibéral, sa déclinaison dans le domaine scolaire passant par la mise en marché du système éducatif, à travers l’introduction de logiques de concurrence incitant les familles à se muer en consommateurs d’école et menaçant de faire des établissements autant de petites entreprises, mais également par sa soumission de plus en plus étroite aux intérêts privés, selon la logique d’une « économie de la connaissance » consistant « précisément à faire l’économie de la connaissance, c’est-à-dire à se passer de la “connaissance” quand elle n’a pas de valeur économique sur le marché »3. Ainsi, à mesure que le système éducatif se massifie et que s’accroît le nombre d’années passées par chaque enfant en son sein, l’autonomie relative que les élites lui concédaient traditionnellement se voit limitée par l’injonction à la professionnalisation des études et à la rentabilisation des « investissements » éducatifs.

Il ne s’agit donc plus simplement de légitimer par le « mérite » scolaire le partage inégal des richesses et du pouvoir, mais de faire advenir une subjectivité nouvelle, supposant que chaque individu se fasse l’entrepreneur de lui-même et intériorise la contrainte que fait peser la concurrence capitaliste sur l’ensemble des échanges humains, en devenant responsable de l’accroissement de son « capital humain » et donc de la conquête (ou du maintien) de son « employabilité ».

D’un vote antisarkozyste à la défiance envers le nouveau gouvernement Etant donné l’ampleur des attaques menées contre l’Ecole publique par les gouvernements de droite successifs, il n’y a pas lieu de s’étonner qu’interrogés sur leurs intentions de vote quelques semaines avant l’élection présidentielle de 2012, plus de 80% des enseignants du public envisageaient de voter pour François Hollande au 2nd tour4.

La même étude notait le scepticisme du corps enseignant à l’égard du candidat socialiste, puisque la moitié des individus interrogés ne croyait pas que le candidat du PS, s’il était élu, tiendrait sa promesse de créer 60 000 postes durant son mandat. Il est vrai que la campagne de la précédente candidate socialiste à l’élection présidentielle, Ségolène Royal, avait suscité une vive opposition parmi les enseignants.

Ce soutien sans illusions au candidat socialiste s’inscrit dans le processus de rupture du lien organique qui unissait le monde enseignant au PS et qui n’a pas résisté à l’épreuve du pouvoir, en particulier au tournant de la rigueur en 1983 et au recul sur le projet de loi Savary en 1984. Autrefois hégémonique parmi les enseignants et dominée par le PS, la FEN5 assurait l’intégration des jeunes enseignants au corps, par l’inscription de ses derniers dans des réseaux syndicaux et associatifs qui accomplissaient au passage une fonction de politisation autour des idéaux de laïcité, de méritocratie scolaire et d’émancipation par le savoir6. Avec l’affaiblissement du SNI7 dans les années 1980, qui aboutit à l’éclatement de la FEN en 1992, c’est ce modèle de socialisation à la fois professionnelle et politique qui s’est brisé. Dès lors, si les enseignants continuent de voter, bien davantage que d’autres professions, pour le PS, ce vote ne s’inscrit plus dans une adhésion profonde et collective au modèle de société défendu par ce parti (dont on peine d’ailleurs à entrevoir les contours).

On ne comprendrait rien à la défiance qu’a suscitée le projet de réforme des rythmes scolaires auprès des professeurs des écoles si on n’avait en tête l’altération des liens entre le PS et le monde enseignant, dont il n’est pas sûr que le nouveau ministre ait pris la mesure. Lancé par V. Peillon sans concertation préalable et dans la plus grande précipitation, puisque l’annonce en a été faite à peine une dizaine de jours seulement après le 2ème tour de l’élection présidentielle, ce projet a été perçu à juste titre par de nombreux enseignants comme une attaque de plus (et de trop) contre leurs conditions de travail.  De plus, l’opposition manifestée par les professeurs des écoles, notamment parisiens8, a été le prétexte aux plus vives attaques de la part des médias dominants, notamment ceux associés au centre-gauche : Le Monde dénonçant un « corporatisme étriqué » et« lamentable » (22 janvier 2013), le Nouvel observateur vitupérant contre ces« chouchoutés » que seraient les enseignants parisiens (19 mars 2013), Libération faisant du monde enseignant « l’archétype le plus achevé du conservatisme »9.

Difficile à l’heure actuelle de dire quels effets produira cette réforme, largement improvisée, sur les élèves et leurs appren- tissages ; le seul résultat que l’on peut prédire avec quelque assurance, c’est une détérioration des relations entre les enseignants et leur ministre de tutelle, semble-t-il sur la sellette il y a quelques mois.

Cela s’ajoutant à une politique d’austérité orientée vers la baisse des dépenses publiques, qui implique l’absence de moyens permettant d’embaucher des personnels qualifiés pour accueillir les enfants durant le temps « libéré » et de revaloriser les salaires d’ensei- gnants particulièrement mal payés10.

Nombre d’entre eux ont ainsi le sentiment que la rupture avec le sarkozysme n’a pour l’heure été amorcée qu’en paroles. D’autant que les sujets ne manquent pas où la rhétorique de la rupture masque à peine une franche continuité avec les politiques menées antérieurement par la droite, qu’il s’agisse du « socle commun de connaissances et de compétences », imposé en 2005 par F. Fillon et défendu par V. Peillon, de la décentralisation dont le « troisième acte » a été annoncé par le gouvernement11, ou de la LRU, dont les logiques sont pour l’essentiel entérinées et approfondies par le projet de loi déposé par la ministre de l’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso.

http://npa2009.org/node/38523

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05 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Les enseignants face au gouvernement : de la sourde colère à la révolte ? (2)

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La continuité néolibérale

Cette continuité apparaît d’autant plus fortement que l’on se penche sur le projet global qui donne sens à la politique scolaire du gouvernement, en prenant au sérieux ce qu’écrit Vincent Peillon lui-même dans un livre où il prétend livrer sa vision de l’Ecole.

Après avoir affirmé que la « refondation scolaire » est impérative pour permettre à la France de « conserver son rang et sa puissance », ambition patriotique qui fait une belle jambe aux enseignants et aux élèves, il affirme :« Comment ne pas voir que, aujourd’hui encore plus qu’hier, à l’heure d’un monde globalisé, l’éducation, la formation et la qualification sont au cœur des défis du redressement et de la croissance ? C’est une évidence et il ne faut pas se lasser de la répéter »12. Le chapitre dont ces propos sont tirés s’intitule d’ailleurs « Investir dans l’avenir ».

Au-delà de la triste banalité de telles déclarations d’intention, qui pourraient être énoncées par n’importe quel homme politique de droite, ces propos signalent une incapacité à penser l’Ecole autrement qu’à travers un prisme économiciste.  Peillon pense que la croissance de la production est  l’alpha et l’oméga des politiques publiques (ce qui paraît d’emblée problématique, étant donnée l’ampleur de la crise écologique), et indexe les idéaux scolaires sur des objectifs économiques et de puissance nationale. On ne comprendrait pas, en effet, l’insistance du ministre de l’Education nationale sur les rapports entre Ecole et entreprises si on n’avait en tête l’absence de toute rupture sur ce terrain avec le sarkozysme. La conversion du Parti socialiste au néolibéralisme éducatif est faite, tel qu’il est porté par l’OCDE et la Commission européenne13, mais aussi par des lobbys patronaux tels que l’ERT (European Roundtable of industrialists), qui écrivait dans un rapport publié dès 1995 : « L’éducation doit être considérée comme un service rendu au monde économique ».

S’inscrivant dans cette doxa néolibérale, François Hollande peut ainsi affirmer, dans un discours prononcé le 29 avril 2013 et longuement applaudi par un parterre de 300 patrons : « Notre premier devoir, c’est de stimuler l’esprit d’entreprise dans notre pays. C’est d’abord le rôle de l’école ». Quelques mois auparavant, dans un long entretien accordé le 2 octobre 2012 aux Echos, V. Peillon allait jusqu’à parler de « coéducation », mettant ainsi sur le même plan le travail réalisé par les enseignants et le rôle nouveau qu’il souhaite attribuer aux entreprises : « Je veux que l’on puisse ajuster les préoccupations des entreprises et les nôtres pour donner la meilleure formation possible et la plus utile aux jeunes. L’éducation nationale est capable de changer le contenu de ses diplômes et de ses formations pour répondre rapidement aux besoins de l’économie et des entreprises ; elle est mobile. La co-éducation, c’est aussi cela ».

Là encore, de tels appels du pied au patronat viennent de loin, puisque, dès 1998, le ministre socialiste de l’Education nationale qui promettait par ailleurs de « dégraisser le mammouth » – C. Allègre – assénait : « Je veux instiller l’esprit d’entreprise dans le système éducatif »14. Mais là où la mobilisation sociale des enseignants avait permis de faire reculer le ministre en le contraignant à la démission, les vœux patronaux ont cette fois des chances réelles d’être exaucés puisque F. Hollande a d’ores et déjà fait savoir – au cours du discours mentionné plus haut – que des cours de « sensibilisation à l’entrepreneuriat » verraient le jour à l’école, de la 6ème à la terminale. Gageons qu’un tel enseignement, prôné de longue date par le MEDEF afin de « réhabiliter l’image de l’entreprise chez les jeunes », permettra de faire face non seulement à la crise scolaire mais aussi à la crise sociale, en faisant de chaque élève un petit patron en puissance.

Des oublis lourds de sens Ces annonces ont été accueillies froidement par les syndicats de l’enseignement secondaire, aussi bien par le SNES-FSU – largement majoritaire – que par le SE-UNSA, ce dernier étant pourtant proche du PS. Non consultés avant ces annonces, leurs représentants ont notamment contesté la thèse sous-jacente à ces discours, à savoir que le niveau atteint par le chômage serait lié à une méconnaissance, de la part de ceux et celles qui en sont victimes, du « monde de l’entreprise ». Mais cette focalisation sur l’esprit d’entreprise, et plus largement l’injonction à renforcer « le service rendu [par l’école] au monde économique », a également pour effet de faire oublier les questions qui travaillent le système d’enseignement dans son ensemble, en particulier : la croissance des inégalités sociales, l’exacerbation de la ségrégation scolaire et la généralisation de la précarité parmi les enseignants15.

Ces « oublis » dérivent de la déconnexion entre la question scolaire et la question sociale. Hautement et régulièrement affichée, la priorité mise sur l’Ecole apparaît en effet comme une solution illusoire à cette crise économique qui prend de plus en plus l’allure d’une crise de civilisation. Non seulement l’école ne peut pas tout16, particulièrement dans un contexte d’accroissement des inégalités sociales et de précarisation généralisée auquel le gouvernement actuel est loin d’apporter des réponses (quand il n’en renforce pas les causes, comme c’est le cas avec la « loi de sécurisation de l’emploi », écrite sous la dictée du Medef). Mais à attribuer au système éducatif des fonctions – réduire le chômage, susciter de la « cohésion sociale », diminuer les inégalités, etc. – qui excèdent à l’évidence ce qu’elle peut réaliser, ne compromet-on pas l’accomplissement de ce qui devrait être sa fonction centrale : l’émancipation par les apprentissages17 ?

Source: http://npa2009.org/node/38523

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05 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Les enseignants face au gouvernement : de la sourde colère à la révolte ? (3)

Les enseignants face au gouvernement : de la sourde colère à la révolte ? (3) dans Educ'action education-nationale-echec

La tendance à l’inflation des objectifs assignés à l’institution scolaire tend par ailleurs à dissimuler l’absence de réponses politiques à la crise du capitalisme.

Celui-ci, en accroissant la menace du chômage et de la précarité, renforce indirectement la pression utilitariste sur l’Ecole (élèves et parents devenant de plus en plus soucieux de la rentabilité professionnelle immédiate des études).

Ainsi la question scolaire peut-elle être instrumentalisée en tant que substitut commode à la question sociale, les élites politiques et administratives étant plus promptes à appeler à une « refondation scolaire » qu’à engager une confrontation avec le patronat et la finance pour la défense des intérêts des salariés. Mais l’ambition pompeusement exprimée de « refonder la République par l’école », comme l’écrit Vincent Peillon dans son livre, masque également la faiblesse des solutions apportées à la montée des inégalités sociales devant l’Ecole et aux difficultés contemporaines du métier d’enseignant.

Ainsi de la ségrégation scolaire, dont plusieurs rapports et études – réalisés par l’IGEN18, le Sénat ou des chercheurs indépendants19 – ont montré qu’elle ne se contente pas de refléter la ségrégation spatiale et qu’elle s’est notablement renforcée depuis une dizaine d’années, en lien direct avec les politiques d’ « assouplissement » de la carte scolaire. Or la loi dite de « refondation scolaire », votée à l’Assemblée nationale le 19 mars 2013, reste très floue quant aux moyens de lutter contre la différenciation croissante des publics scolaires qui, en concentrant dans un petit nombre d’établissements les publics qui rencontrent le plus de difficultés scolaires, accroît les inégalités d’apprentissage et rend de plus en plus difficile la tâche des enseignants qui y travaillent.

Sans même parler de l’enseignement privé, qui permet de contourner la carte scolaire et d’éviter ainsi la mixité, la circulaire de rentrée 2013 publiée récemment ne revient même pas sur les « assouplissements » opérés sous la présidence de N. Sarkozy, dont les effets ségrégatifs ont pourtant été largement démontrés.

C’est également à des logiques ségrégatives – et notamment à la sous-dotation de certains territoires – que s’opposent, actuellement en Seine-Saint-Denis (93), des enseignants et des parents d’élèves. Ainsi, près de quinze ans après le mouvement qui avait réussi à obtenir la création de 3000 postes sur trois ans pour le département20, un collectif de parents a vu le jour à l’automne 2012 afin – comme l’affirme l’un des membres – de « faire respecter l’égalité républicaine » en contestant notamment le déficit d’enseignants, qui ne permet pas d’assurer les remplacements21.

S’ils ont été reçus par le ministre et sont parvenus, par leur mobilisation obstinée, à obtenir l’embauche d’une centaine d’enseignants supplémentaires, cette concession leur semble loin du « plan d’urgence » qu’ils revendiquent, tant l’accroissement des effectifs scolarisés – du fait de la structure démographique du département – risque d’absorber très rapidement les embauches promises. Les enseignants ne sont pas en reste puisque les syndicats d’enseignants – notamment la CGT Educ’Action – luttent contre la discrimination territoriale subi par le département, sous la forme d’une sous-dotation structurelle qui supposerait, pour être résorbée, l’embauche immédiate d’une centaine d’enseignants à temps plein dans les seuls lycées professionnels de la Seine-Saint-Denis.

Sans rompre avec le carcan de l’austérité budgétaire et avec l’inféodation des apprentissages scolaires aux logiques de concurrence et de rentabilité, qui engendrent immanquablement inégalités, ségrégation et précarité, il est extrêmement douteux que le gouvernement actuel soit en mesure – ou ait même la volonté réelle – de changer l’Ecole dans un sens favorable aux élèves, à l’égalité et à l’émancipation.

Or il ne fait guère de doute que l’échec en cours contribuera, encore un peu plus, à briser le lien privilégié que les enseignants entretenaient depuis longtemps avec le PS. Si un basculement vers la droite paraît improbable, tant celle-ci a brutalisé la profession de 2002 à 2012 en détériorant les conditions d’exercice du métier et en accroissant les inégalités, un tel échec pourrait aussi bien engendrer une dépolitisation accrue du monde enseignant que susciter un mouvement social capable, de la maternelle à l’Université, de proposer et d’imposer une politique alternative d’émancipation scolaire22.

Pour les notes: http://npa2009.org/node/38523

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05 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Un toit c’est un droit ! (Npa)

NPA

Un toit c’est un droit ! (Npa) dans NPA droit-au-logement-un-toit-pour-tous-cnt-lille-avec-site-web-cnt-nord-pas-de-calais1

L’Etat doit garantir les hébergements et le relogement de tous les mal-logés.

Près de 350 personnes, dont 150 enfants se sont retrouvées à la rue le 2 septembre à Clermont-Ferrand. Il s’agit de demandeurs d’asile, de sans-abri dont l’hébergement était géré par l’ANEF. Le directeur de cette institution, constatant une carence de moyens financiers, a mis fin au paiement des hébergements en hôtel de ces familles.

Ces personnes et leurs soutiens ont décidé de se réfugier dans un église pour pouvoir dormir sous un toit. Un incendie criminel a eu lieu dans cette église et les enfants se sont retrouvés à dormir dehors en pleine nuit.

Le NPA apporte son soutien total et participera à toutes les initiatives prise par le collectif. Il appelle à la manifestation de soutien, un toit c’est un droit, qui aura lieu jeudi 5 septembre 2013 à 18h00 devant l’église des minimes, place de Jaude, à Clermont Ferrand.

Le NPA dénonce la politique de Manuel Valls qui n’a rien à envier à celle de Besson, Guéant et Sarkozy. Il dénonce le silence assourdissant des élus PS qui étaient aux côtés des sans papiers lorsque la droite était au pouvoir. Le Conseil Général a osé proposer, pour ne pas assurer sa prérogative à savoir s’occuper des enfants de moins de 3 ans, de ne prendre en charge que les familles monoparentales qui n’ont qu’un seul enfant de moins de 3 ans !

Cette rupture des hébergements, à cause de la fin des financements, est le résultat des politiques successives de baisse des budgets sociaux, de la politique d’austérité mise en œuvre par le gouvernement. Elle a lieu aussi, entre autres, en Isère, en Seine Saint Denis. Elle s’accompagne d’une politique répressive accrue contre les sans-papiers, pour vider de force les lieux d’hébergement. C’est un choix national, indigne, fait par le gouvernement.

Le NPA demande la réquisition des logements vides pour répondre à l’urgence. Il dénonce le fait de loger des gens en hôtel pour assurer le logement d’urgence : ceci ne fait qu’enrichir les marchands de sommeil, et précarise encore plus des personnes déjà en difficulté. Il exige la régularisation de tous les sans papiers.  Montreuil, le 4 septembre 2013

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04 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Retraites : Une réforme de classe !

Retraites : Une réforme de classe ! dans NPA affiche-retraites.preview

Toutes et tous en grève et dans la rue le 10 septembre ! La première contre-réforme des retraites menée par un gouvernement soi-disant de gauche depuis 20 ans s’inscrit dans la droite ligne de toutes les régressions menées par la droite. Il n’est évidemment pas question d’abroger aucun des reculs imposés par les gouvernements précédents. Ce sont de nouveaux cadeaux au patronat !

Hollande fait les poches aux salariéEs et aux retraitéEs ! Le gouvernement Hollande-Ayrault ne cesse de répéter que cette réforme est une réforme de « justice sociale ». Mais dans les faits, elle est le prolongement d’une politique en faveur des entreprises, au détriment du monde du travail.

En allongeant la durée de cotisations et en augmentant les cotisations, ce sont les salariéEs et les retraitéEs qui, seulEs, payeront. Sur les 16 milliards d’euros que le gouvernement prétend nécessaires de trouver d’ici à 2040, les salariéEs vont d’abord payer 5,6 milliards d’euros avec l’allongement de 41,5 ans actuellement à 43 ans de la durée d’activité. Les retraitéEs contribueront à hauteur de 2,7 milliards et leur pouvoir d’achat va continuer à baisser. Quant aux hausses de cotisations sociales, le gouvernement prétend que les salariéEs comme les entreprises sont impactés. Mais tout cela n’est que foutaises. Ayrault s’est précipité pour  promettre  aux entreprises de prolonger le cadeau de 20 milliards d’euros du « choc de compétitivité » engagé l’an passé et de baisser le coût du travail.

A la botte du Medef !

Après ce cadeau, ces mêmes entreprises vont profiter d’une nouvelle mesure d’allègement de leurs cotisations sociales, cette fois sur la branche famille de la Sécu, visant à compenser les 3,2 milliards d’euros découlant de leurs hausses de cotisation retraite.  Qui va donc payer ces 3,2 milliards ? Le gouvernement envisage une hausse supplémentaire de la TVA (en plus de celle qui portera la TVA de 19, 6% à 20% le 1er janvier prochain) ou de la CSG. Au-delà des retraites, c’est donc bien l’ensemble de notre protection sociale qui est dans le viseur du gouvernement. Mais ce ne sera sans doute pas tout au vu de la déclaration d’amour de Moscovici lors de l’université d’été du Medef où il a promis une baisse d’impôts, du coût du travail et une simplification administrative. Bref, Sarkozy n’aurait pas mieux dit et fait !

Se battre jusqu’au retrait du projet : Aucune des mesures présentées comme favorables aux salariéEs ayant subi des travaux pénibles, aux jeunes ou aux femmes ne compensent les reculs découlant de l’allongement de durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein.

La CGT, FO, FSU et Solidaires  appellent à une journée de grèves et de manifestation, mardi 10 septembre. Cette journée doit être la plus massive possible afin de constituer une  première étape à une mobilisation unitaire d’ampleur pour faire reculer ce gouvernement. Pour le NPA, ce projet n’est ni amendable ni discutable, il doit être tout simplement retiré. L’argent existe pour financer les retraites sans amputer le pouvoir d’achat des salariéEs et des retraitéEs, en s’attaquant à la fraude fiscale, en mettant fin aux cadeaux fiscaux pour les plus riches et surtout en garantissant le plein emploi : 5 millions de chômeurs en moins c’est 5 millions de cotisants en plus. La rentrée sociale doit se faire contre cette réforme des retraites et celle sur la protection sociale qui vient après. Faisons battre en retraite ce gouvernement !

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03 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Antoine Godon, jeune rouge à la conquête de Rivarennes (LNR)

NPA

image Vas-y Antoine!

Antoine Godon est passionné de politique : « Même sans le NPA, je me serais présenté. »
Le jeune homme de 21 ans, tout nouveau membre du NPA, briguera en mars 2014, la mairie de ce village de six cents habitants. Pourquoi pas ? La candidature d’Antoine Godon est singulière. L’intéressé s’en amuse : « J’ai 21 ans, suis un «  jeune trou du c…  » et, en plus, j’ai l’étiquette Nouveau parti anticapitaliste. » Gagner la mairie de Rivarennes, 600 habitants, ne sera pas tâche aisée. Lors des législatives de 2012, le NPA y a glané une voix : la sienne. « Mais dans les petits villages, tout est possible. »

Le jeune homme ne pas ment sur ce qu’il est. Il n’a « pas eu le temps de se raser » pour son premier rendez-vous avec un média ? Peu importe, les valeurs priment. « Les sans-étiquette sont un traquenard monumental », pense-t-il d’ailleurs. Attablé devant un café, à la terrasse du bistrot de son village, il clame : « Je ne veux pas que les gens votent pour moi parce que je suis Antoine Godon, mais pour ce que défend le NPA. » En passant, des automobilistes klaxonnent pour le saluer.

La peur de l’extrême droite Après huit ans passés à Saint-Gaultier, à quatre kilomètres d’ici, Antoine Godon vit à Rivarennes depuis treize ans. « J’ai grandi dans un milieu ouvrier ; je n’ai manqué de rien, prévient-il. Mais j’ai un grand cœur et je suis sensible. Je ne comprends pas qu’on puisse mettre des gens à la rue pour de l’argent. »
Antoine Godon s’est naturellement dirigé vers le NPA quand, il y a un an, il a décidé de s’engager. « Avec la présidentielle, en 2012, on a tellement parlé de politique que ça m’a donné des ailes. » Si quelques « camarades » se glissent dans son discours, il n’est pas encore prisonnier d’un langage formaté. « Je ne suis qu’un militant qui a des valeurs », note-t-il. Des valeurs qui ont motivé sa démarche :  « Pour le moment, le Front national ne s’est pas approprié notre village. C’est un peu pour ça que je me présente. »
Le candidat ne renie pas pour autant l’idéologie fondatrice du parti anticapitaliste. « Il faudrait des mesures comme l’interdiction des licenciements, pour qu’il n’y ait plus de drames sociaux. En campagne, c’est compliqué. » Apprenti préparateur en pharmacie, à Mézières- en-Brenne, il constate : « J’ai dû faire 30 km pour trouver un apprentissage. » Antoine Godon prépare la profession de foi qu’il distribuera, dans quelques jours, dans les boîtes aux lettres de Rivarennes. S’il est élu, la première chose qu’il fera sera « un abri pour les écoliers qui attendent le bus. Quand il pleut, ils sont trempés ». Poussé par des valeurs, il n’en garde pas moins la tête sur les épaules. Bertrand Slézak 02/09/2013 05:46

http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre/Actualite/Politique/n/Contenus/Articles/2013/09/02/Antoine-Godon-jeune-rouge-a-la-conquete-de-Rivarennes-1596842

Contact : mail.jahbaba@hotmail.fr

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29 août 2013 ~ 0 Commentaire

Besancenot : « Les retraites, une réforme typiquement de droite » (Le Monde)

NPA

Besancenot :

La rentrée s’annonce compliquée pour le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), qui termine mercredi 28 août ses Journées d’été à Port-Leucate (Aude).

Quinze jours après avoir lancé une souscription nationale, le parti n’a récolté que 4 000 euros. Mais son candidat à la présidentielle de 2002 et 2007, Olivier Besancenot, reste confiant. « On a commencé une nouvelle vie après une période difficile », affirme-t-il.

Que pensez-vous de la réforme des retraites que vient d’annoncer Jean-Marc Ayrault ?

Dès mardi matin on pouvait craindre le pire. On a vu Gattaz [président du Medef] sortir de chez le premier ministre, ravi ! Et ça n’a pas raté. Une fois de plus, c’est le pouvoir d’achat des salariés qui est touché avec la hausse des cotisations et l’allongement de la durée à 43 ans à partir de 2035. Mais le pire c’est la promesse du gouvernement au Medef d’une réforme à venir dès 2014 du financement de la protection sociale, ce qui pourrait représenter pour le patronat un allègement jusqu’à 34 milliards d’euros d’allocations familiales. Une attaque sans précédent qui mérite une riposte sans précédent.

Comment mobiliser sur une réforme a minima alors même que les syndicats ne semblent pas très offensifs ?

Il y a de la colère, même si l’exécutif la sous-estime complètement. Ce gouvernement dit « de gauche »,  s’apprête à faire une réforme typi- quement de droite. C’est une première. L’enjeu est que toute la gauche non gouvernementale sociale et politique participe à une mobilisation d’ampleur. A la différence de 2010, on aura un front syndical divisé. La conséquence est de savoir si on sombre ou non dans la résignation. Tout est possible sur la question des retraites. En 1995, qui avait vu la première grande révolte contre le plan Juppé sur la sécurité sociale remporter une victoire, le front syndical aussi était divisé.

Quel bilan tirez-vous de la première de la gauche au pouvoir ?

Il est absolument dramatique. C’est la grande continuité de la politique précédente. Même sur les questions de société, la différence se fait de moins en moins entre la gauche et la droite. Je pense à toute la politique de l’insécurité et de l’immigration. Pour nous, Manuel Valls n’est absolument pas un électron libre. Il a été mandaté pour organiser la diversion. Le gouvernement prend donc la responsabilité de jouer sur le terrain dangereux de l’équation terrible entre insécurité et immigration, ouvrant toute une série de faux-débats, alors qu’il s’apprête à participer à la régression sociale.

Le NPA est-il favorable à une intervention en Syrie ?

Nous sommes hostiles à toute intervention militaire occidentale en Syrie comme ailleurs. Les processus des révolutions en cours peuvent être l’objet de récupérations de la contre-révolution. La solidarité va d’abord au peuple syrien face à la boucherie en cours. Cela fait des mois qu’on manifeste avec d’autres pour réclamer une solidarité politique, économique concrète. Et aussi, pourquoi pas, si les puissances occidentales arrêtent leur hypocrisie, armer les révolutionnaires syriens.

Le NPA vient de lancer une souscription pour trouver un million d’euros. Votre parti est-il menacé ?

Nous ne sommes pas dans le rouge, nous avons de l’argent pour continuer notre activité militante. La seule question qui se pose est celle de pouvoir se présenter ou non dans l’ensemble des circonscriptions aux européennes pour faire entendre notre projet politique contre l’Europe actuelle, qui est une Europe de l’austérité organisant la régression sociale, et en faveur d’une politique clairement internationaliste qui ne tombe pas dans le chauvinisme.

 Jean-Luc Mélenchon vous a renouvelé, dimanche 25 août, son invitation à rejoindre le Front de gauche. Que lui répondez-vous ?

La question ne se pose pas en terme de ralliement. Ce que l’on espère, c’est que la direction du Front de gauche lorgne un peu moins du côté de la gauche du gouvernement et cherche plutôt à répondre à l’appel unitaire qu’on lance depuis des mois pour constituer une opposition décomplexée avec une cohérence. Cela implique d’assumer un bras de fer avec le gouvernement sur la question des retraites et de rejeter, au moment des municipales, toute alliance à géométrie variable.

Pour les municipales, quelle est votre stratégie ?

Sur la base d’un projet municipal anticapitaliste, nous voulons regrouper des listes qui fassent entendre une voix politique opposée à la gauche du gouvernement. Cela passe par des listes du NPA dans un maximum d’endroits, par des listes unitaires avec certains autres groupes locaux, parfois avec le Front de gauche. Pour l’instant, Lutte ouvrière dit plutôt vouloir se présenter seule. La balle est dans leur camp.

L’ancien candidat à la présidentielle du NPA Philippe Poutou affirme que vous serez tous les deux candidats aux européennes. Qu’en est-il ?

On prend les choses les unes après les autres. On ne va pas se payer le ridicule de discuter de ça, alors que nos objectifs de souscription ne sont pas remplis. Si c’est pour en parler alors qu’on ne se présente pas partout, cela n’aura pas grand sens.

Raphaëlle Besse Desmoulieres   Journaliste au Monde Le Monde.fr | 28.08.2013 à 12h07 • Mis à jour le 28.08.2013 à 15h12 | Propos recueillis par Raphaëlle Besse Desmoulieres

http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/08/28/besancenot-les-retraites-une-reforme-typiquement-de-droite_3467492_823448.html

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29 août 2013 ~ 0 Commentaire

Contre toute intervention militaire. Soutien total à la révolution syrienne (Npa)

Contre toute intervention militaire. Soutien total à la révolution syrienne (Npa) dans Antiimpérialisme lcrdec-300x224

Le régime de Bachar Al Assad ne cesse d’élever le niveau des massacres qu’il organise contre son propre peuple.

Ainsi les bombardements récents dans des zones civiles autour de Damas, utilisant des armes chimiques, emplissent une nouvelle fois d’horreur et de rage contre l’hypocrisie des grandes puissances qui aboutit à ces crimes contre l’humanité. Le NPA tient une nouvelle fois à assurer le peuple syrien insurgé de toute sa solidarité, et de son admiration devant sa détermination à renverser un pouvoir indéfendable de tout point de vue. Nous dénonçons la complicité directe des gouvernements de la Russie et de l’Iran qui encourage les crimes d’Al-Assad.

Mais nous réaffirmons que les grandes puissances occidentales, en refusant de livrer les armes que réclament depuis tant de mois les structures collectives de lutte dont s’est doté ce peuple, portent aussi une lourde responsabilité dans la perpétuation du régime assassin, tout en contribuant au développement de courants obscurantistes religieux qui constituent un second ennemi mortel pour le peuple syrien. Main- tenant, les USA, la France et la Grande Bretagne annoncent leur volonté d’intervenir directement dans le conflit par des bombardements ciblés.

Nous refusons absolument une telle politique dans laquelle le président Hollande se met à l’avant-garde sans aucune consultation démocratique.

En effet, elle ne peut qu’avoir des effets contre-productifs, face à un régime criminel et aventuriste, qui pourrait au contraire renforcer sa propagande internationale et finalement augmenter les souffrances en Syrie.

C’est au peuple syrien de se libérer en toute autodétermination, avec toute l’aide internationale indispensable mais sans les manœuvres et interventions directes d’Etats qui défendent d’abord leurs propres intérêts.

Face à un pouvoir qui a coupé tous le ponts des compromis, le peuple syrien et ses représentants qui se battent pour la démocratie, la justice sociale, et la dignité nationale dans le respect de toutes ses composantes ne pourra transiger sur la chute du clan de Bachar Al-Assad, et le refus de toute tutelle étrangère !

Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Leucate, le 28 août 2013

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29590

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