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26 février 2014 ~ 0 Commentaire

Week-end de révolte de gauche: ça prend forme!

NPA
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Beaucoup enragent de voir la droite extrême prendre la rue et tenter d’imposer son idéologie réactionnaire.

Depuis un an, les manifestations ultras ont été «  encouragées  » par la politique d’un gouvernement social-libéral qui multiplie les attaques contre le monde du travail, alors que Ayrault et Hollande organisent des dîners mondains avec les patrons français et internationaux…

Le besoin d’une riposte à la hauteur se fait donc sentir. Dans cette perspective, le NPA, par la voix d’Olivier Besancenot, a fait la proposition d’organiser un «  week-end de révolte de gauche  ». Pour contrebalancer la tendance actuelle, il est impératif de réunir dans une même mobilisation un arc de forces bien supérieur à celui que peuvent mettre en mouvement les seuls partis de la gauche non gouvernementale  : construire un rassemblement puissant, impliquant salariéEs, jeunes, militantEs, animateurs et animatrices des mobilisations sociales et ouvrières, des luttes pour le logement, contre le racisme, contre les discriminations, pour l’égalité des droits, contre les remises en cause du droit à l’IVG, etc. Le mouvement de toutes et tous contre l’austérité, le pacte de responsabilité et la casse de la Sécu, contre les politiques discriminatoires…

Pour un appel politico-social le plus large possible

C’est pour discuter de ces impératifs que le NPA a sollicité des rencontres avec les partis membres du Front de gauche, avec Lutte ouvrière et Alternative libertaire. Des délégations du Parti de gauche et du NPA se sont rencontrés lundi 17 février. Elles ont conclu à un large accord sur la «  nécessité de ne pas laisser la rue à la droite, à l’extrême droite, aux racistes, antisémites, sexistes et homophobes de tout poil en rassemblant tous ceux qui à gauche refusent la politique du gouvernement. Car « trop c’est trop  ! » Il est temps que puisse s’exprimer le ras-le-bol de gauche face à la politique pro Medef d’un gouvernement qui crée les conditions de la montée de la désorientation et de la réaction à qui il donne des gages en reculant  !  »

Constatant que d’autres organisations envisagent des initiatives allant dans le même sens – un appel d’Ensemble, une proposition de Pierre Laurent d’une manifestation contre l’austérité en avril – le NPA et le PG proposent l’organisation d’une marche nationale. Le week-end du 12-13 avril semble la meilleure date, compte tenu du calendrier électoral et des dates de mobilisations syndicales ou associatives prévues. Comme l’indique le communiqué commun publié à l’issue de la rencontre  : «  Les deux partis ont insisté sur le fait que cette date est juste une proposition. Le succès de toute initiative dépendra en effet d’un appel le plus large possible réunissant responsables politiques, associatifs et syndicaux, collectifs de salariés en lutte (entreprises qui licencient ou menacées de fermeture) et équipes militantes… C’est au collectif qui les réunira que reviendra donc la charge de concrétiser cette volonté commune.  »

Une rencontre avec une délégation d’Ensemble, mouvement composé de plusieurs organisations du Front de gauche, a exprimé des préoccupations similaires qui devraient permettre que tous se retrouvent dans l’organisation de cette marche. Par la voix de Pierre Laurent, le PCF estime que cette marche «  est à notre portée  ».

Il est regrettable qu’à cette étape, Lutte ouvrière ait décliné notre proposition de rencontre au motif qu’un désaccord existerait sur nos conceptions réciproques de la construction d’une opposition de gauche. Pourtant, pour que «  tous ceux qui refuse à la droite et à l’extrême droite le monopole de la contestation de la politique du gouvernement  » puissent aider «  le monde du travail à relever la tête  », il est plus que nécessaire d’agir ensemble. Nous ne renonçons pas à les convaincre de participer à une telle action commune, comme ce fut le cas le 1er décembre.

Gageons que dans les jours qui viennent, les militantEs attachéEs à cette perspective se rencon- treront dans les localités, dans les entreprises et lieux d’étude pour, ensemble, préparer la riposte au pacte gouvernement-Medef qui renforce la droite et l’extrême droite.

Côme Pierron 20 février 2014 http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31198

 

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25 février 2014 ~ 0 Commentaire

Paris 18è: liste des sans voix (télé bocal+le monde)

Pour les municipales à Paris, le  NPA  soutient  les listes du NPA dans les arrondissements où il est présent (20 arrondissements, note du blog ). Dans le 18ème, il soutient et participe à la « liste des sans-voix ». Cette initiative rassemble des militants et habitants, travailleur-se-s avec ou sans papiers, français-es et étranger-es, y compris en-dehors de l’Union Européenne, au risque de voir notre liste invalidée.

A Paris, les « sans-voix » revendiquent le droit de vote des étrangers aux municipales (le monde)

Chaque dimanche depuis deux semaines, la place Jules-Joffrin à Paris (18e) prend des allures de permanence en plein air. La Liste des sans-voix, ces habitants du 18e arrondissement venus défendre le droit de vote des étrangers extracommunautaires aux élections municipales, plante sa tente devant la mairie d’arrondissement. Ils ont décidé, symboliquement, de se réunir et de prendre la parole, celle qu’ils ne peuvent exprimer dans les urnes.

En cette fin de matinée, ils sont une petite dizaine à s’affairer sous un modeste chapiteau de couleur rouge où les effluves d’un thiep, plat national sénégalais, finiront bientôt par attirer le chaland. Distribution de tracts, interventions au micro et invitation à signer une pétition en ligne : le but du collectif est de créer une cohésion entre tous les habitants du quartier, au-delà de leur nationalité. « Ensemble, nous vivons ici, nous envoyons nos enfants à l’école ici, nous nous soignons ici, nous payons nos impôts ici, nous prenons les transports ici. Paris, c’est nous ! » peut-on lire sur le site officiel des « sans-voix ». « On vit ici, on vote ici ! » scandent-ils à l’adresse des curieux approchant leur stand.

« POUR UNE CITOYENNETÉ DE RÉSIDENCE »

Lancée par le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui ne présente pas de candidat officiel dans cet arrondissement, la liste se compose également de membres du Front de gauche et d’indépendants. « Cette liste est destinée à souligner la promesse trahie depuis 1981 par les socialistes », explique Ugo Palheta, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’université de Lille-III et militant NPA, gérant l’image numérique des sans-voix. « Nous sommes pour une citoyenneté de résidence. Plus largement, nous posons ici la question de l’exclusion sociale et politique », ajoute-t-il. Les sans-voix dénoncent le mode de scrutin qui ne donne le droit de vote qu’aux Français et aux citoyens de l’Union européenne résidant sur le territoire.

Un sentiment partagé par Sissoko Anzoumane, Malien âgé de 49 ans, présent en France depuis vingt et un ans. Ancien sans-papier, il a été régularisé en 2006. Entre-temps, il est devenu le porte-parole de la Coordination parisienne des sans-papiers (CSP 75). Grande figure du quartier et tête de liste, il est le maire officieux des sans-voix. « Si je veux participer à la vie politique en France, je n’en ai pas le droit. Impossible aussi de le faire au Mali puisqu’il faut résider sur le territoire au moins six mois dans l’année », souligne-t-il, en rappelant l’engagement numéro 50, non tenu par François Hollande, deux ans après son élection. Le futur président avait alors promis d’accorder « le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans ». Le silence de l’Elysée et du gouvernement sur la question est vécue ici comme une grande déception.

L’EXEMPLE DU CANADA

Lorsque les sans-voix s’expriment au micro, ils assènent des chiffres lourds de sens dans un arrondissement depuis longtemps favorable au droit de vote des étrangers : à la votation citoyenne de 2011, sur la question du droit de vote et de l’éligibilité des étrangers aux élections locales, le « oui » l’avait emporté à près de 94 % des 4 800 votants. « Dans le 18e, plus de la moitié des mineurs ont des parents qui n’ont pas le droit de vote », rappelle l’un des membres du collectif. Sans oublier l’abstention, qui risque d’aggraver ce déficit de représentativité.

La petite équipe aimerait changer la donne et susciter l’appétit citoyen. Pour Nancy Hamilton, Canadienne installée depuis vingt ans en France, la classe politique devrait prendre exemple sur son pays d’origine : « Cela fait vingt ans que je suis en France et je n’ai toujours pas le droit de vote, ce n’est pas normal. Au Canada, c’est différent. Là-bas, il suffit d’habiter sur le territoire pendant un certain nombre d’années prédéfinies pour pouvoir participer à des élections locales », lance cette professionnelle de la santé, en continuant de tendre des tracts imprimés sur feuilles A4. « On entend certaines personnes tenir un discours contre le droit de vote, d’autres totalement racistes. Nous tentons de discuter avec eux pour leur prouver que leurs arguments ne tiennent pas », conclut-elle.

« REPOLITISER LES CITOYENS AU-DELÀ DES ÉLECTIONS »

La récente reconnaissance du vote blanc, effective à partir des prochaines élections européennes, laisse les sans-voix indifférents. Tout comme les personnes qu’ils rencontrent. « Lorsque nous faisons le tour des marchés pour parler de notre initiative, on nous dit souvent que le fait de voter ne change pas grand-chose », raconte Viktoria, une Hongroise habitant en France depuis dix ans qui distribue les mêmes tracts que Nancy, de l’autre côté de la place. Les municipales ne représentent en réalité qu’un point de départ pour une bonne partie des sans-voix comme Viktoria, qui se verrait bien « repolitiser les citoyens au-delà des élections ».

Pour l’heure, les sans-voix travaillent à la constitution d’une liste, qu’ils savent invalide. Martine Tessard, retraitée de l’éducation nationale et membre du comité du 18e arrondissement du NPA, est chargée de rassembler les 45 candidats prêts à siéger au conseil d’arrondissement. L’objectif est déjà pratiquement atteint. « Nous avons trouvé 38 candidats pour l’instant, huit à dix nationalités différentes sont représentées, précise-t-elle. La question que l’on se pose maintenant est de savoir si nous présentons des candidats sans papiers sur cette liste. Au-delà des risques d’expulsion, certains veulent en être car ils se disent déjà fichés partout, avec leur passe Navigo, par exemple. » Les sans-voix comptent tenir leur stand de campagne au moins jusqu’au premier tour, dimanche 23 mars.

Maxime Vatteblé Le Monde.fr | 23.02.2014 à 10h28 • Mis à jour le 23.02.2014 à 13h16.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31187

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25 février 2014 ~ 0 Commentaire

Carhaix, la «vraie gauche» entre en lice (lt)

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On connaît désormais 25 des 29 noms de la liste « Une vraie gauche pour Carhaix »

Et voici une deuxième liste pour les municipales. Après Christian Troadec, c’est Matthieu Guillemot qui a dévoilé son équipe nommée « Une vraie gauche pour Carhaix ». Enfin partiellement, car des discussions sont en cours pour peut-être intégrer l’ancien maire Jean-Pierre Jeudy.

On attendait 29 noms, on en a eu 25. Ce week-end, à tout juste un mois du premier tour des municipales, la liste nommée « Une vraie gauche pour Carhaix » s’est partiellement dévoilée. « Nous ne donnons que 25 noms parce que des discussions sont en cours avec Jean-Pierre Jeudy. Il est possible que lui et trois autres personnes intègrent l’équipe », explique Matthieu Guillemot, tête de liste.

Quatre places en réserve pour Jean-Pierre Jeudy

Annoncé dans nos colonnes vendredi, le possible retour sur la scène politique de Jean-Pierre Jeudy a fait du bruit. L’ancien maire de Carhaix (de 1978 à 1995), qui a été également président de la communauté de communes, a conservé une certaine aura qui pourrait peser dans un scrutin. « Il peut amener le poids de son expérience », résume Matthieu Guillemot. Alors, avec ou sans Jean- Pierre Jeudy ? Et si oui, en haut ou en bas de la liste ? Ce sera décidé assez rapidement. Une réunion est déjà programmée mercredi. « On n’exclut aucune option et on n’est pas pressé », assure Matthieu Guillemot, satisfait de n’avoir « aucun souci » à boucler la liste. « C’est une bonne chose quand on voit la panade dans laquelle se trouvent l’UMP et le PS », glisse-t-il.

Avec des salariés de Marine Harvest

Sur les 25 noms annoncés, Matthieu Guillemot met en avant la présence de demandeurs d’emploi, d’ouvriers et de salariés d’entreprises symboliques dans le secteur. Marine Harvest évidemment, mais aussi Entremont, ou encore Otor. Un nom a aussi de l’importance aux yeux de la tête de liste, celui d’Alil Henri Karaca. Menacé d’expulsion il y a plusieurs années et finalement autorisé à rester en France avec sa famille grâce à la solidarité carhaisienne, le quinquagénaire d’origine turque, devenu français juste avant la dernière élection présidentielle, a décidé de s’investir.

La droite et le PS dans le viseur

« On veut fonctionner de manière collective. On aura 29 porte-parole », explique Matthieu Guillemot qui insiste sur le fait qu’il ne mène pas une liste NPA. « On est la vraie gauche. Notre adversaire numéro 1, c’est la droite, puis vient le PS parce que, quand un gouvernement de gauche mène une politique de droite, on doit le combattre avec autant de force. »

Christian Troadec, au côté duquel Matthieu Guillemot a mené les luttes de l’hôpital ou de Marine Harvest, est, lui, épargné. Mais le cuisinier carhaisien veut tout de même se démarquer du maire. « L’expression « vraie gauche » prend tout son sens quand on regarde les forces en présence. Nous, on n’a pas une liste de gauche très, très large avec le soutien du MoDem. »

Concernant les socialistes, Matthieu Guillemot dit avoir « beaucoup de questions à leur poser » sur le dossier Marine Harvest. « Quand une entreprise fait autant de bénéfices et licencie des gens, on est en plein dans l’injustice sociale. Le PS l’accepte. Pas nous. »

La liste « Une vraie gauche pour Carhaix » veut défendre ce type de convictions durant la campagne. Pour le faire pendant six ans au sein du conseil municipal (*), son seul espoir est certainement qu’il n’y ait que trois listes en lice et un seul tour. * En 2008, la liste de Matthieu Guillemot avait obtenu 5,82 % des suffrages.

En complément

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24 février 2014 ~ 0 Commentaire

Kenavo, jean marc

NPA

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23 février 2014 ~ 0 Commentaire

Bonnets rouges ou blancs bonnets ? (cqfd)

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Catalogués dans les cases « antifiscalistes » et « relais du capitalisme breton », les Bonnets rouges sont sans doute un phénomène plus complexe à sa base. Matthieu Guillemot, un des animateurs du « pôle ouvrier » du collectif, défend ici la vision d’un « mouvement de ras-le-bol populaire », riche de ses contradictions. Entretien contradictoire, donc.

CQFD : Tu t’es investi depuis le début dans la mobilisation des Bonnets rouges ?

Matthieu Guillemot : Carrément, depuis la première minute ! On peut même en faire remonter l’origine à la lutte victorieuse pour le maintien de l’hôpital public de Carhaix en 2008. Il faut bien comprendre la mentalité des habitants des terres du Centre-Bretagne, qui ont le sentiment d’être laissés pour compte par les décideurs. Ce qui s’est passé pour l’hôpital de Carhaix, c’est ce qui s’est passé à Plogoff ou dans les années 1960 avec les luttes paysannes. À chaque fois que la Bretagne s’est soulevée, c’était sur ce mode populaire, en dehors du contrôle des partis ou des syndicats.

Dans le cas des Bonnets rouges, il y a eu à la fois une bataille pour le maintien de l’emploi et la lutte contre l’écotaxe. Comment s’est faite la jonction ?

Les premiers à partir dans la bataille ont été les Doux, grâce à une déléguée syndicale FO très active, Nadine Normand. Ils furent suivis par Gad, avec Olivier Le Bras de FO également, puis Marine Harvest, le numéro 1 du saumon en Europe qui, malgré ses 511 millions d’euros de bénéfices cette année, a décidé de délocaliser en Pologne où ils pourront payer les gens entre 4 et 5 euros de l’heure.

Malheureusement, il n’y avait pas de stratégie syndicale chez Marine Harvest, donc ils ont couru deux lièvres à la fois : les primes de départ d’un côté, et le maintien de l’activité de l’autre, ce qui était un levier pour faire monter les primes, lesquelles profitaient en premier lieu aux délégués du personnel – ce sont des gens qui vont partir à trois ans de la retraite avec plus de 100 000 euros en poche. Mais cela laisse pas mal de gens sur le bord de la route. Donc, les salariés les plus précaires sont venus sonner à la porte de Christian Troadec, le maire de Carhaix [divers gauche – ndlr], et à la mienne, car nous avions été les deux fers de lance de la lutte pour l’hôpital. Le 18 octobre, on a décidé de faire une réunion publique dans la salle Glen-Mor de Carhaix où 600 personnes ont afflué – ce qui est énorme pour une ville de 8 000 habitants. Le soir même, on a réfléchi à donner suite à ce premier rendez-vous : ce sera l’objet de la grande manifestation pour l’emploi de Quimper, le 2 novembre. Le samedi 26 octobre avait lieu la destruction du portique écotaxe de Pont-de-Buis où sont apparus les fameux bonnets rouges sur la tête des agriculteurs.

L’écotaxe a été l’arbre qui cache la forêt du désespoir social, une façon de gueuler et de lâcher la pression pour beaucoup de gens : l’artisan qui n’arrive plus à joindre les deux bouts, le chômeur qui galère, le salarié précaire, mais aussi le petit entrepreneur local. Pour qui connaît un peu le Centre-Bretagne, il y a une proximité entre tous ces gens, on joue ensemble au foot le samedi, et finalement les disparités sociales sont moins importantes qu’ailleurs. On peut y voir un malaise qui n’appartient pas qu’à la Bretagne, cela correspond aussi à ce qui s’est passé en Guadeloupe avec le LKP d’Élie Domota.

Mais comment s’est fait le choix symbolique du bonnet rouge, on n’a pas l’impression que ce soit ni fortuit ni spontané ? On sait aussi qu’Armor-Lux, qui est une boîte d’envergure, a fourni 900 bonnets lors de l’action de Pont-de-Buis, il y a bien eu une connexion quelque part ?

Le symbole des bonnets rouges est fort dans les mémoires paysannes bretonnes [1]. Moi-même, je tiens un petit restaurant depuis deux ans et demi qui s’appelle Les Bonnets rouges. Il se trouve que le choix de ce symbole-là n’a pas été réfléchi, tout s’est passé très vite. Évidemment, il y a aussi des requins là-dedans qui y voient leurs propres intérêts. Armor-Lux, pour qui je n’ai aucune estime a priori, a des motivations antifiscales qui ne sont pas les mêmes que celles du petit boulanger ou du petit paysan.

Comment les bonnets d’Armor-Lux sont arrivés à Pont-de-Buis alors ?

C’est Armor-Lux qui a téléphoné à Thierry Merret, le meneur de l’action, pour lui proposer d’offrir ces bonnets, et ils ont accepté.

Soit, mais on sait aussi qu’il existe en Bretagne un marketing territorial très puissant, on peut penser que ça fait partie d’une stratégie de com’ [2].

Peut-être, mais l’important c’est que tout le monde se soit reconnu dans l’action de Pont-de-Buis, même des gens qui s’en foutent ou qui pourraient être pour un principe d’écotaxe appliquée autrement, comme je le suis. La casse du portique et le fait de jeter des choux-fleurs sur les gendarmes, c’est ce dont avaient besoin les gens à ce moment-là pour signifier leur ras-le-bol contre l’État, pour des raisons à la fois différentes et convergentes.

Justement, cette « convergence d’intérêts divergents » est un élément qui a été très durement dénoncé par une partie de la gauche.

Il faut remettre tout ça à sa juste mesure. En dehors de la Bretagne, il y a une désinformation au sujet des Bonnets rouges, présentés comme un mouvement organisé et manipulé par la droite, le Medef, l’institut de Locarn [3], ou pourquoi pas Al-Qaeda, alors que la manif de Quimper, au-delà des symboles forts du Gwen ha du et des bonnets rouges, c’était du grand amateurisme ! C’est un mouvement qui s’est fait comme ça ! Bien sûr qu’il y avait aussi quelques intrus du Front national ou des identitaires, c’est pour ça que Troadec a publié une tribune dans Libé pour dire que l’extrême droite et tout ce qui y ressemblait étaient du poison pour la Bretagne comme ailleurs et que les bonnets rouges étaient leur antidote. Au fur et à mesure qu’on avance, on met les choses au clair.

J’imagine que ça doit te faire grincer les dents de voir des gens avec des bonnets rouges en photo sur Internet porter des t-shirts « Manif pour tous » en faisant le geste de la quenelle.

C’est sûr, mais contrairement à ce que les médias disent, c’est ultra minoritaire et généralement on les fait sortir des manifs.

À Quimper, il y avait aussi Daniel Sauvaget, le patron de Tilly-Sabco – dont on peut se demander si l’annonce du plan social n’était pas opportuniste pour gratter des aides de l’État et de l’Europe – qui manifestait avec ses ouvriers menacés de licenciement.

C’est là où je ne suis pas d’accord avec l’impression qui en a été donnée dans CQFD et dans laquelle les salariés de Tilly-Sabco m’ont dit ne pas s’être reconnus non plus. Dans un premier temps, j’ai eu la même réaction que toi, mais en creusant un peu, cette histoire de manif de patrons ne tient pas. Après la manifestation de Quimper, on a décidé de faire un pôle ouvrier pour justement tirer au clair les situations des boîtes en crise : Gad, Marine Harvest et Tilly-Sabco. Ainsi, Corinne Nicole, la déléguée CGT de Tilly Sabco, militante au Front de gauche qui fait aussi partie des bonnets rouges, ne place pas Sauvaget dans la catégorie des patrons-voyous. Au moment de la reprise de la boîte, il y a sept ans, ce dernier avait validé toutes les demandes du personnel – sauf les augmentations de salaires –, il avait lui-même revu son salaire à la baisse, transformé les CDD en CDI et réinvesti les subventions européennes dans l’entreprise au lieu de les capitaliser. Il se trouve qu’aujourd’hui Daniel Sauvaget est considéré par les salariés comme celui qui a permis de sauver leur boulot, ce qui explique la relation de confiance qui existe. Corinne Nicole m’a dit que tant que la lutte se situe sur la question du maintien de l’emploi, elle est prête à se battre à ses côtés, mais si demain cela passait par un plan social, elle le considérerait comme un ennemi.

Je conseille de réécouter les paroles de la chanson Les Prolétaires de Gilles Servat, qu’on passe dans toutes nos manifs : « Mais de tous ces prolétaires, qu’est-ce qu’on va en faire ?  » On peut parler de malbouffe, de subventions européennes, etc., mais l’objectif que je refuse de perdre de vue, c’est : qu’est-ce qu’on va faire de tous ces gens ? Quand on leur dit qu’ils produisent de la merde, eux ont le sentiment de défendre un savoir-faire, et ils se sentent méprisés quand on agite la « qualité » sous leur nez. Ça peut paraître dur à comprendre, vu de Paris, de parler de l’amour du métier quand on fait du poulet à la chaîne. Je te donne comme exemple ce gars de chez Gad qui bossait à la triperie depuis 25 ans et qui s’est pendu juste après la venue d’Ayrault à Lampaul-Guimiliau, quand on a confirmé la fermeture du site. C’était pourtant un de ceux à qui on avait assuré un reclassement.

Il y a aussi un autre discours que celui de la défense de l’emploi : quand Thierry Merret de la FDSEA, et coorganisateur de la manif de Quimper, dit : « Nous avons trop de contraintes administratives, fiscales, environnementales et sociales », on a l’impression qu’il propose un modèle ultralibéral qui tire vers le bas, à la fois productiviste comme au Brésil et avec les conditions sociales de la Roumanie.

J’étais à côté de lui sur la tribune quand il a prononcé cette formule et ça m’arrache l’oreille aussi d’entendre ça. Juste derrière lui, il y avait Nadine Normand qui demandait la réquisition ouvrière et la nationalisation des entreprises qui font des bénéfices et qui licencient. Maintenant, Merret, c’est quelqu’un qui te sort un tas de conneries. C’est là où il faut démystifier le phénomène. Les Bonnets rouges, c’est une société bretonne qui est en colère, avec toutes ses contradictions. On est tellement habitués à des mouvements en rang d’oignons à la mélenchonade, où on se balade, on écoute le discours du chef et on rentre à la maison. Justement ce qui se passe en Bretagne, c’est pas chloroformé, c’est vif, on n’est pas d’accord entre nous, mais c’est là où il y a du débat ! Personnellement, je suis au NPA, mais tout le monde n’est pas anticapitaliste. En revanche, on sait que si on se met tous ensemble, on aura plus de poids que si on reste entre anticapitalistes.

Justement, qu’est-ce que tu réponds aux critiques qui voient dans les Bonnets rouges le cheval de Troie pour défendre une gouvernance régionale dans l’intérêt d’un patronat breton ?

Je réponds : ne fuyez pas le terrain et rejoignez-nous, parce que la bagarre existe au sein des bonnets rouges. Le combat régionaliste existe, on ne s’en cache pas, chacun l’accommode d’ailleurs à sa sauce, mais pour qui connaît la Bretagne, on sait ce que représente ce sentiment d’appartenance. C’est sûr que les bonnets rouges font aussi fantasmer le lobbying breton façon Opus dei de l’institut Locarn, mais ils ne sont pas dans le mouvement pour autant. Donc, le rôle de ceux qui défendent les luttes ouvrières, c’est d’être au maximum dans le mouvement, pour que ce soient ces revendications qui pèsent. Partout, on voit les grandes formations politiques et syndicales jacobines exploser, on peut comprendre qu’en retour, ils souhaitent disqualifier un authentique mouvement populaire sur lequel ils n’ont pas le contrôle.

Où en est-on des comités qui se sont créés ?

Aujourd’hui [fin décembre 2013], il en existe 45. Ces comités se sont constitués pour répondre concrètement au Pacte d’avenir que veut nous imposer le gouvernement, sans réelle concertation populaire. Ces comités agissent sur le modèle des cahiers de doléance. On aura encore des contradictions là-dedans, mais c’est pas grave. Quand on nous accuse de rouler pour des patrons, nous devrions être pliés de rire car quand on lit le Pacte d’avenir, il n’y a pas une ligne sur les ouvriers ou sur les licenciements !

En revanche, ce Pacte d’avenir donne des garanties au modèle agricole breton cher à la FNSEA.

Complètement ! Mais on met aussi le doigt sur ces contresens. La FNSEA doit assumer la situation dans laquelle on est aujourd’hui. En tant que restaurateur, je paye mon entrecôte trois euros le kilo plus cher parce que je souhaite avoir une viande élevée et abattue en Bretagne. J’ai bien conscience que c’est aussi à cause des choix agricoles européens qui ont été validés par la FNSEA, notamment, comme celui d’aller faire découper la viande en Allemagne pour réduire les coûts.

Dans les rendez-vous à venir, il y a la manifestation en soutien à Notre-Dame-Des-Landes (NDDL), à Nantes, le 22 février. Troadec appelle à manifester contre l’aéroport. On sait que la lutte de NDDL est aussi une lutte contre le productivisme, tout le monde n’est visiblement pas sur cette position dans le collectif Vivre, décider et travailler en Bretagne.

En tout cas, on se doit de répondre à toutes les problématiques qui concernent notre région. L’aéroport de NDDL est un scandale à plus d’un titre : il se fait sur une zone humide au détriment de toute protection de l’environnement, et en plus, d’un point de vue économique, il n’est pas justifié compte tenu de l’existence de trois aéroports sur le sol breton qui ne sont pas du tout saturés, et au final c’est le fruit du caprice de l’ancien maire de Nantes, notre actuel Premier ministre. J’espère qu’il y aura le maximum de bonnets rouges à Nantes pour la manif. Maintenant, il ne faut pas voir les bonnets rouges comme une secte, alors que c’est juste un moyen de conjuguer les luttes. À la limite, peu importe le bonnet ou sa couleur.

Notes

[1] Invités à chanter au rassemblement de Carhaix du 30 novembre, un des frères Morvan, ces figures de la culture paysanne bretonne, déclarait : « ça fait pas tellement longtemps que j’ai entendu parler des bonnets rouges, je ne connaissais pas la légende, mais je me suis rendu compte que c’est quand même quelque chose qui a une très grande valeur par rapport à notre Bretagne. » [ndlr].

[2] Ronan Le Flécher, le communiquant du collectif, est un professionnel du marketing territorial. Il est l’organisateur de la « Breizh touch » et des Dîners celtiques, où se cotoie tout le gratin des Bretons qui comptent… à Paris : Le Lay, Pinault, Bolloré, etc. (ndlr.)

[3] L’institut de Locarn est un think thank patronal fondée en 1991 afin « d’accélérer la prise de conscience de la nécessité d’agir dans une dynamique pour aiguillonner les acteurs du développement économique vers l’offensive, plutôt que vers une stratégie de survie ». Son président actuel est Alain Glon, ex-pédégé du groupe mondial d’agro-alimentaire Glon-Sanders, 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2011. Alain Glon, aux visées séparatistes revendiquées, a lancé cette année « l’appel breton du 18 juin » pour une « gouvernance économique régionale » avec pour credo « Décider, travailler et vivre au pays », soit textuellement le mot d’ordre des bonnets rouges. [ndlr]. paru dans CQFD n°118 (janvier 2014), par Mathieu Léonard
mis en ligne le 21/02/2014

 

Le 22 février à 19h43, par C.G

Contre les Bonnets Rouges on aura tout entendu, de la Décroissance, à Silence en passant par toutes les revues anars et syndicales. Même CQFD avait mal commencé… On aura tout reproché à Christian Troadec même d’avoir résisté à la fermeture de la maternité de Carhaix. On aura vu La bas si j’y suis nous promener chez les fascistes bretons en donc aussi conforter la propagande des médias et du gouvernement dans cette formidable réponse à un mouvement populaire. La Bretagne est la terre de la pollution, les porcheries sont immondes, les abattoirs à fermer… Il reste une Bretagne et un monde en prise avec une liquidation sociale sans précédent où les repères sont difficiles à établir. Fermez un abattoir et vous faites quoi de la viande ? Vous allez la tuer où ? Cessez de produire de mauvaise qualité oui, mais que vendez vous aux pauvres chômeurs endettés ? Le productivisme breton existe, les grands patrons gouvernent mais la rage des bonnets rouges va laisser des traces au fond parce qu’elle s’est appuyé sur un peuple liquidé qui ne trouvait plus dans les lignes habituelles de quoi résister. SUD , la CGT etc… pouvait appeler à Carhaix, les exploités voulaient être ensemble à Quimper. Le Monde Diplo avec CQFD ont ouvert une brèche dans le concert de diableries déversées sur les bretons, comme si la chouannerie reprenait ses droits avec la noblesse aux commandes de l’insurrection. Il serait bon de se rappeler que le Chouans se sont révoltés pour d’excellentes raisons aussi. L’histoire républicaine nous donne à voir sa face contre révolutionnaire. Seul, peut être, à s’être rendu compte de l’outrage fait à ce mouvement, le NPA a essuyé les plâtres. Merci à cet article de remettre de la nuance dans un mouvement qui faisait peur.

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23 février 2014 ~ 0 Commentaire

Quimper, liste soutenue par le npa

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20 février 2014 ~ 0 Commentaire

Carhaix, municipales, matthieu guillemot tête de liste (of)

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Les membres de l’équipe « Une vraie gauche pour Carhaix » ont désigné hier soir leur tête de liste.

Matthieu Guillemot, 38 ans, sera bien la tête de la liste baptisée: « Une vraie gauche pour Carhaix ». C’est ce qui a été décidé hier soir lors d’une réunion des colistiers de cette équipe qui se veut « A gauche de la gauche. » Elle sera présentée samedi 22 février à 14 heures dans le parc du Château rouge. Peut-être pas dans sa totalité puisque, précise Matthieu Guillemot, « la porte n’est pas encore fermée », des discussions se tenant actuellement avec Jean-Pierre Jeudy, maire de Carhaix de 1977 à 1995 et président de la communauté de communes de 2001 à 2008. Carhaix-Plouguer – 10h19

http://www.ouest-france.fr/elections-municipales-matthieu-guillemot-sera-bien-tete-de-liste-1945603

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18 février 2014 ~ 0 Commentaire

Mélenchon et besancenot exprimeront leur ras le bol dans la rue mi-avril (jdd)

White riot (révolte blanche) des Clash

Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, et Olivier Besancenot, figure du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), ont annoncé lundi vouloir organiser une « marche nationale » le week-end du 12-13 avril en réponse aux « manifestations de droite et d’extrême droite des derniers mois ».

Depuis quelques jours, le Parti de gauche et le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) évoquent l’or- ganisation d’un « week-end de la révolte ». Clémentine Autain, une figure du Front de gauche, avait par exemple proposé le 7 février dernier une « initiative de rue » contre l’austérité et les « forces réac- tionnaires ». Si ces dénominations n’ont pas été retenues, l’initiative aura bien lieu : Jean-Luc Mélen- chon, coprésident du Parti de gauche, et Olivier Besancenot, du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), ont annoncé lundi vouloir organiser une « marche nationale » le week-end du 12-13 avril en réponse aux « manifestations de droite et d’extrême droite des derniers mois ».

« On est sur la même longueur d’ondes »

A l’issue d’une rencontre bilatérale entre des délégations de leurs partis, les deux hommes ont pro- posé d’ »exprimer ce ras-le-bol de gauche » dans la rue. « La préparation de cette marche s’appuie sur des collectifs. Nos organisations ne prétendent ni diriger, ni prendre la tête du processus », a précisé Jean-Luc Mélenchon lors d’un point presse lundi. « On est sur la même longueur d’ondes pour cons- truire avec d’autres une initiative de rue la plus importante qui soit et répondre à l’air du temps, (…) au climat nauséabond qu’on connait, de ceux qui ont pris le pavé depuis des mois et des mois, c’est-à-dire la droite et l’extrême droite », a déclaré à ses côtés Olivier Besancenot.

G.V. – leJDD.fr lundi 17 février

http://www.lejdd.fr/Politique/Melenchon-et-Besancenot-exprimeront-leur-ras-le-bol-dans-la-rue-mi-avril-653556

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16 février 2014 ~ 0 Commentaire

Des cadeaux successifs aux patrons

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Les politiques de l’emploi :

Les politiques de l’emploi se sont développées depuis les années soixante-dix, c’est-à-dire depuis l’entrée dans une phase de croissance ralentie et le développement du chômage de masse.

L’instrument essentiel de ces politiques est constitué de subventions aux employeurs.

Dans une première étape, face à la montée du chômage, prédomine l’analyse selon laquelle les situations de chômage et les difficultés d’intégration dans l’emploi peuvent être rattachées aux caractéristiques des individus : insuffisance de la formation, passage par le chômage de longue durée, âge, etc.

Il conviendrait de remédier à cette situation par des actions de formation et des aides à l’embauche ciblées sur les personnes en difficulté. Ces aides à l’embauche (primes ou allègements des cotisations sociales patronales) concerneront d’abord les jeunes et les entreprises. Au cours des années quatre-vingt, elles seront étendues au secteur non marchand (associations, établissements publics, collectivités territoriales) et aux chômeurs de longue durée. Ces aides prendront la forme d’une série de dispositifs dont les noms varieront au gré des changements de gouvernements mais l’inspiration restera la même.

Les principales sont  aujourd’hui: l’apprentissage et les contrats en alternance pour les jeunes, les contrats d’insertion pour les chômeurs de longue durée et les jeunes non qualifiés (parmi lesquels les contrats d’avenir créés par Hollande). Au total, ces mesures concernaient 1,2 million de per- sonnes au 3e trimestre 2013 (dont la moitié de jeunes en apprentissage ou alternance).

Et voilà le coût du travail À partir du début des années quatre-vingt-dix, une nouvelle idée patronale s’impose : le niveau du coût du travail serait, pour une part, responsable de l’insuffisance des créations d’emplois.

Des allégements de cotisations sociales employeurs sont donc mis en place à partir de 1993 et sont appelés à prospérer sous les gouvernements successifs. Ils concernent tous les emplois (y compris les personnes déjà employées) au-dessous d’un certain salaire et sont conçus comme des mesures permanentes. Le gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002) liera pour partie les allé- gements à la réduction du temps de travail. La loi Fillon en 2003 remettra en cause ce lien.

Aujourd’hui ces allègements concernent tous les emplois en entreprise jusqu’à un salaire égal à 1,6 SMIC et ils coûtent annuellement 22 milliards d’euros. Hollande et Ayrault y ajoutent en 2012 un « crédit d’impôt compétitivité » qui va monter en charge jusqu’à 20 milliards d’euros. Franchissant un pas supplémentaire, Hollande a annoncé la suppression  de la contribution des entreprises aux allocations familiales (de l’ordre de 30 milliards) : elle devrait se combiner avec le crédit d’impôt.

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À ces subventions aux employeurs, va s’ajouter le thème de la flexibilité : si les patrons n’embauchent pas, c’est parce que le droit du travail est trop contraignant. Au fil des années, vont être prises des mesures concernant les horaires de travail (contournement des 35 heures, travail le dimanche), le recours aux CDD, facilitant les renvois individuels (avec la rupture conventionnelle), la possibilité de remettre en cause par accord d’entreprise le contenu du contrat de travail (avec les accords compétitivité-emploi) et restreignant les possibilités des syndicats de retarder les licenciements collectifs.

Au départ, c’est surtout le droite qui agitait le thème du droit du travail. Avec Hollande, la gauche rattrape son « retard », ainsi l’Accord national interprofessionnel (négocié à la demande du gouvernement) et transposé dans loi en 2013 reprend des idées d’abord avancées par Sarkozy.

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Voici sommairement résumés les grands axes de la politique suivie depuis 40 ans. Il faudrait y ajouter les crédits d’impôts et de cotisations sociales dont bénéficient les particuliers employeurs, les allègements de cotisations employeurs ou d’impôts existant dans les zones franches urbaines et les départements d’outre mer.

Ainsi que l’épisode des 35 heures à la sauce Jospin, une bonne idée celle-là, totalement gâchée par les concessions au patronat. « Contre le chômage, on a tout essayé » avait déclaré François Mitterrand. Ce que l’on a surtout fait, c’est céder aux revendications des patrons du privé et créer des emplois au rabais dans le secteur associatif et les fonctions publiques !  Henri Wilno

http://npa2009.org/content/le-chomage-au-coeur-de-linsecurite-sociale

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15 février 2014 ~ 0 Commentaire

Nddl: l’opposition de gauche dans le bocage ?

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En essayant d’imposer par la force la construction de l’aéroport, le gouvernement a réussi à fédérer sur le terrain et au niveau national les opposants au projet et les courants de gauche hostiles à sa politique, donnant à cette lutte le caractère d’une épreuve de force.

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est rapidement devenu un enjeu majeur de la vie politique locale, puis nationale. Au cours des années 2000, plusieurs forces politiques ont convergé vers la défense du projet, au nom du développement économique et dans le cadre de la mise en concurrence des territoires. C’est le cas, à gauche, du PS, qui est majoritaire dans les différentes collectivités locales : à la communauté urbaine de Nantes, au conseil général du département de Loire-Atlantique et au conseil régional des Pays-de-la-Loire. Le PCF soutient également le projet, notamment parce qu’il dépend du PS pour conserver les places d’élus que ce dernier lui abandonne, mais aussi par adhésion au productivisme. La droite, longtemps représentée par François Fillon, président de la région Pays-de-la-Loire jusqu’en 2004, est également favorable à l’aéroport.

Du côté des « partenaires sociaux », la mobilisation est inégale. Le patronat local s’est déclaré en faveur de la nouvelle infrastructure, en particulier par le biais de la chambre de com- merce et d’industrie. Un engagement qui contraste avec la prudence des syndicats de salariés, lesquels se sont gardés de prendre clairement position sur le sujet, afin de ne pas heurter les partis institutionnels ou le patronat. Seule l’union syndicale Solidaires s’est prononcée contre.

« Paysans travailleurs »

Quant à l’opposition à l’aéroport, celle-ci fédère des forces tout aussi hétérogènes. Il y a tout d’abord, des mouvements paysans, souvent héritiers de la mouvance des « paysans travailleurs » des années 1970, ainsi que des associations d’habitants, dont la plus connue reste l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport (Acipa). Ces derniers ont organisé les premières résistances des populations du site et des communes alentour. Diverses organisations politiques de gauche ont rejoint la mobilisation, notamment les Verts, le NPA, Alternative libertaire et diverses composantes du Front de gauche : Parti de gauche, Gauche unitaire, Gauche anticapitaliste…

Les opposants ont également le soutien d’un nombre croissant d’élus locaux « qui doutent » de la pertinence du projet. Enfin, le mouvement de solidarité a reçu, à partir de l’été 2009, le renfort décisif de plusieurs centaines de jeunes autonomes et autres qui se sont installés sur la zone d’aménagement différé (Zad) – devenue depuis « zone à défendre » –, en réaménageant les maisons laissées à l’abandon ou en construisant des cabanes.

Le mouvement d’opposition est monté en puissance après les rassemblements massifs des étés 2011 et 2012, et la manifestation de mars 2012, qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers d’individus. L’affaire a commencé à avoir une résonnance nationale, suite aux violences policières qui se sont aggravées sur le terrain. Ces violences traduisent par ailleurs le raidissement des autorités, à l’instar du président PS de la région Pays-de-la-Loire, qui a appelé à « karcheriser les opposants ». Des comités de soutien se sont multipliés dans l’Ouest et au-delà.

En 2012, la lutte de Notre-Dame-des-Landes s’est également invitée dans l’élection présidentielle, lorsque deux agriculteurs ont entamé une grève de la faim. Au point d’embarrasser le candidat Hollande : comment ménager son lieutenant Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes et principal promoteur du projet, sans s’aliéner un mouvement d’opposition populaire au sein de son électorat ? Sans remettre en cause le projet d’aéroport, François Hollande a dû promettre qu’il ne serait procédé à aucune expulsion d’habitants sur la Zad, tant que les recours juridiques n’auraient pas été épuisés.

La victoire du PS aux élections n’a fait qu’aiguiser les contradictions. Jean-Marc Ayrault devient premier ministre d’un gouvernement qui décide de mener une sévère politique d’austérité, afin de préserver les intérêts de la bourgeoisie dans un contexte de crise du capitalisme. La construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes devient un test pour sa crédibilité à gouverner et sa capacité à imposer des politiques impopulaires. Le gouvernement prend donc en main le dossier pour en faire une démonstration de fermeté à l’égard des mouvements sociaux. Par conséquent, le président Hollande passe outre les promesses du candidat François, en autorisant l’opération « César » à partir du 16 octobre 2012. Plus de 1200 gendarmes et policiers interviennent, appuyés par deux hélicoptères, afin de déloger ceux qui se nomment désormais « Zadistes ». Mais la résistance est telle que l’opération n’a qu’une portée limitée. Loin de parvenir à séparer les supposés « squatteurs violents » des « agriculteurs pacifiques », la lutte soude plus étroitement que jamais tous les habitants – légaux ou illégaux – de Notre-Dame-des-Landes, unis pour protéger leur lieu de vie et de travail. La population, dans l’Ouest et ailleurs, s’indigne d’un tel déploiement de force, dans un contexte de crise économique.

Un mouvement d’ampleur nationale

La manifestation de réoccupation de la Zad à Notre-Dame-Des-Landes, le 17 novembre 2012, rassemble ainsi 40 000 personnes. Un tel succès révèle combien le mouvement change de nature. En effet, une partie de l’opinion publique bascule en faveur des opposants. L’opposition à l’« Ayrault-port » cristallise le mécontentement de larges couches de la population, qui souffrent de la crise économique. Le mouvement anti-aéroport prend une ampleur nationale, avec une centaine de collectifs de soutien créés dans toute la France. Des actions de solidarité sont organisées les semaines suivantes, à Paris, en Bretagne, en Aveyron…

L’ampleur des résistances aiguise les contradictions politiques. Si les militants Verts sont présents dans le mouvement de solidarité, la direction d’Europe écologie-les Verts (EELV) est de plus en plus discréditée par son maintien au gouvernement avec le PS. Le Front de gauche est gravement écartelé, entre un PG en pointe dans l’opposition à l’« Ayrault-port », et un PCF qui le soutient. Le PCF se trouve lui-même de plus en plus divisé, avec une fédération de Loire-Atlantique qui défend le projet, celle de Vendée qui s’y oppose et celle du Morbihan qui appelle à un moratoire ! L’ampleur de l’opposition à l’aéroport pousse même Lutte ouvrière à prendre position contre l’aéroport à la fin novembre. Ces contradictions et ces atermoiements expliquent sans doute la persistance d’un fort sentiment anti-organisation au sein du mouvement de solidarité.

Du côté du pouvoir, les positions se radicalisent aussi. Le projet d’aéroport, jusque-là simple lubie de notables mégalomanes, est désormais revendiqué par l’ensemble du gouvernement. Un recul sur ce dossier risquerait d’encourager les mobilisations contre sa politique antisociale. Il n’est pas non plus question de se faire déborder par la gauche, où se trouvent les forces politiques qui soutiennent le mouvement et qui pourraient représenter une alternative. Un tel raidissement provoque quelques inquiétudes au sein du PS, mais l’omerta est totale sur ce sujet. Quand à la droite, qui continue de soutenir le projet d’aéroport, elle se contente d’observer le conflit.

Dans un premier temps, le gouvernement continue de recourir massivement à la violence. Le 23 novembre, des centaines de CRS et de gendarmes mobiles sont à nouveau lâchés sur la Zad pour détruire les maisons des occupants, reconstruites au cours de la manifestation de réoccupation. Mais la résistance des occupants et des paysans, avec le renfort de milliers d’opposants venus de toute la région, et la formation de dizaines de comités de soutien dans toute la France, rend cette stratégie de plus en plus périlleuse pour le gouvernement. Les manifestations de soutien se succèdent à Nantes et ailleurs, des slogans comme « Libérez la Zad », « Ayrault salaud, Valls facho », « Ayrault démission » sont massivement repris. Notre-Dame des Landes est en train de devenir une lutte emblématique de l’opposition à la politique du gouvernement, dans un contexte où la crise sociale met en cause la politique du gouvernement, notamment à Florange, où le plan social annoncé aura des effets dramatiques sur l’usine Mittal de Basse-Indre, à quelques kilomètres de Notre-Dame-des-Landes.

Le gouvernement change de tactique

Conscient que la répression est un échec politique et que la lutte est de plus en plus populaire, le gouvernement Hollande-Ayrault décide de changer de tactique en décembre 2012. Il s’agit de gagner du temps en annonçant un report des « opérations de défrichement » et la mise en place d’une vague « commission de dialogue ». Mais les opposants refusent de discuter tant que tou-te-s les militant-e-s et occupant-e-s gardé-e-s à vue ne seront pas libéré-e-s et que les policiers resteront sur la Zad.

Pour le mouvement anti-aéroport, l’enjeu des premières semaines de l’année 2013 sera de déjouer la nouvelle opération de communication du gouvernement, qui n’a pas abandonné son projet mais espère retourner l’opinion publique, afin d’isoler le mouvement de résistance des Zadistes. Les anticapitalistes doivent participer à cette lutte, qui a engagé le premier bras de fer et mouvement d’opposition de masse à la politique du gouvernement Hollande-Ayrault. Par Bruno Hervé

Revue Tout est à nous ! 40 (février 2013)

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