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19 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Philippe Poutou chez Call Expert : “L’heure est à la colère sociale” (OG)

Philippe Poutou chez Call Expert : “L’heure est à la colère sociale” (OG) dans Luttes ouvrières affiche-officielle-poutou-2012_0.preview-212x300

Après l’échec de la table ronde de ce vendredi  et les commentaires du sous préfet Christophe Marx suite à cet échec, les salariés grévistes de l’entreprise Call Expert à St Christol les Alès, qui se sentent “seuls,  abandonnés, par leur direction et par tous depuis dix jours” selon Stephanie Mallia (CGT), avaient bien besoin de soutien. C’est le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) aux présidentielles, Philippe Poutou qui est venu leur apporter ce samedi. Pas vraiment pour calmer les choses d’ailleurs on s’y attendait: “Le seul dialogue social, quand les choses durent depuis aussi longtemps, c’est la lutte” déclare d’emblée Philippe Poutou qui poursuit “Dès que des salariés exigent quelque chose on les fait culpabiliser. Avec la crise on demande au gens de baisser la tête et de se résigner, c’est inacceptable. Au contraire il faut relever la tête et penser à une riposte large et unitaire. Nous avons perdu la rue aujourd’hui mobilisée par la droite et l’extrême-droite. Mais l’heure est bien à la colère sociale. Alors que nous demandons une économie qui réponde aux besoins de la population, nous ne parvenons pas à nous débarrasser de cette logique de rentabilité pour laquelle les patrons exercent depuis des années une propagande continue. La crise a commencé dans les années 70, il y a eu quelques acquis en 82-83 dont on reparle en ce moment avec le décès de Pierre Mauroy, et après ? Aujourd’hui ce sont près de 6, peut-être 7 millions de gens qui sont dans la précarité. On a perdu beaucoup trop de temps, l’heure est à la révolte.

“Je suis déjà venu chez Haribo, il y a trois mois” poursuit le leader NPA, “je n’étais pas encore venu à Alès. Ce qui se vit ici est la révélation d’une guerre sociale. Il faut relever la tête et ne plus avoir peur de parler de cette colère sociale. Ce sont les conditions de travail très difficiles et la crise qui la con- tienne. Pourtant l’enjeu est énorme il s’agit de stopper les licenciements au nom de la rentabilité.  Nous avons encore perdu du temps avec ce gouver-nement soi-disant du coté de la population. Vous ne devez pas rester isolés, ce problème concerne tout le pays. Il nous faut arriver à la convergence des luttes. “. En attendant, les salariés de Call Expert tiendront une assemblée générale lundi en vue de préparer la prochaine table ronde prévue le jeudi 20 juin prochain.15 juin 2013  |   Classé dans: A la une, Actualité générale  |   Publié par:

http://www.objectifgard.com/2013/06/15/politique-philippe-poutou-chez-call-expert-lheure-est-a-la-colere-sociale/

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17 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Rencontres internationales de jeunes : une campagne de solidarité financière

NPA

Rencontres internationales de jeunes : une campagne de solidarité financière dans NPA kids-money

Depuis plusieurs années, plus d’une centaine de jeunes militantEs et proches du NPA participent aux Rencontres internationales de jeunes (RIJ).

C’est une semaine de rencontre entre militantEs, sympathisantEs et curieux de toute l’Europe et au-delà (Palestine, Mali, Venezuela, Mexique, Etats-Unis, Philippines…). Des débats, des commissions, des meetings, des formations, des fêtes ont lieu tous les jours. Cette année, les discussions porteront sur les résistances aux politiques d’austérité, la construction d’un mouvement antifasciste large avec une journée spécifique sur cette question et la stratégie pour changer le monde, en finir avec le capitalisme.
Nos luttes n’ont pas de frontières Née à partir d’une idée de Daniel Bensaïd, les RIJ sont une expérience unique permettant de faire se rencontrer des centaines de jeunes révolutionnaires. C’est une initiative utile à tous ceux qui refusent cette société d’injustice et de misère, qui veulent lutter pour construire un autre monde débarrassé de l’exploitation et des oppressions. Les 30e Rencontres internationales de jeunes se tiendront cette année en Grèce. Laboratoire des politiques capitalistes pour faire payer la crise aux jeunes et aux travailleurs, c’est aussi l’endroit de celles et ceux qui depuis plusieurs années s’organisent et résistent contre l’austérité. La tenue des RIJ dans ce pays est donc aussi le moyen de montrer que la population grecque n’est pas isolée dans son combat, qu’au contraire nos luttes n’ont pas de frontières.
Une souscription internationale. Coût des transports en hausse, pouvoir d’achat en baisse… À l’heure de l’austérité généralisée, les obstacles financiers pour organiser ce type d’échéance sont de plus en plus nombreux. C’est pourquoi nous faisons appel à la solidarité financière internationale de toutes et tous pour pouvoir organiser ces rencontres. Lancée dans plusieurs pays d’Europe, une souscription lancée dans plusieurs pays d’Europe doit permettre l’organisation des RIJ. Une campagne internationaliste concrète, pour montrer que ce ne sont pas les difficultés liées aux politiques de rigueur qui nous empêcheront de nous réunir par-delà les frontières pour renverser ce système ! Avec cet argent, c’est donc un pas vers la solidarité internationale de ceux d’en bas qui se construira. Nous avons besoin de vous tous.
Danny Dhan


Pour souscrire, chèque à l’ordre de « NPA souscription » à envoyer à NPA-jeunes, 2 rue Richard Lenoir, 93100 Montreuil ou en ligne :www.npa2009.org/souscription Les dons ouvrent droit à une réduction d’impôt égale à 66 % de leur montant dans la limite de 20% du revenu imposable.
Dimanche 16 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)

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17 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Bure (55) : la mascarade doit cesser

Bure (55) : la mascarade doit cesser dans Ecologie & climat bure-stop

Le jeudi 23 mai à Bure devait se tenir la première des 14 réunions censées inaugurer un débat public relatif au projet d’enfouissement des déchets radioactifs en Meuse.

La salle était comble mais le débat n’a pas eu lieu…Nous étions présents dès 18 heures, aussi bien en dehors de la salle que dedans, bien déterminés, cha- cun à sa manière, à faire capoter cette mascarade de consultation. Le président de la Commission nationale du débat public (CNDP) n’a pas eu le temps de mentir plus de 5 minutes : des opposantEs virulentEs se sont levéEs pour manifester leur colère contre ces ­manipulateurs venus nous faire des leçons de démocratie en cherchant à nous faire oublier que 40 000 Meusiens et Haut-Marnais ont déjà dit non à ce « crime contre l’humanité ». La parole est libérée et les interventions révoltées se succèdent avant la reprise enthousiaste de slogans contre ce faux débat.

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Débat de dupes
En 2005, ils nous avaient déjà fait le coup du débat public : les opposantEs à l’enfouissement des déchets y avaient participé loyalement ; le débat avait conclu à la nécessité de leur maintien en surface. Pourtant, en 2006, le gouvernement a retenu l’enfouissement à Bure comme solution. Voilà pourquoi aujourd’hui plus de quarante associations et bien sûr le NPA – bien déterminéEs à ne pas se laisser duper à nouveau – appellent au boycott actif de l’en- semble des réunions publiques. La réunion a été d’abord suspendue puis définitivement annulée. Les hiérarques encravatés, qui ne s’attendaient mani- festement pas à ça, croyant sans doute que les 60 millions d’euros qu’ils versent chaque année pour acheter les consciences auraient anesthésié les gens, sont partis par une petite porte dérobée… Autant dire que nous avons fêté bruyamment leur départ, et gaiement nous avons pris le pouvoir sym- boliquement à la tribune en déclarant le vrai débat ouvert ! La CNDP a reporté les deux réunions suivantes, puis a tenté de désamorcer la mobilisation en invitant les associations à une table ronde. Ils annoncent même vouloir employer la force lors des prochaines réunions. Mais ils ne parviendront pas à éteindre une telle dynamique !

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Sylvie et Julia (NPA Meuse) Dimanche 16 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)

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16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

L’idéologie républicaine et le spectre de la révolution

L’idéologie républicaine et le spectre de la révolution dans Histoire cropped-cropped-an00338429_001_l1
Comme le rappelle François Sabado dans l’article qui ouvre ce dossier, la République ne se laisse pas définir aisément.

Un retour sur l’émergence de l’idéologie républicaine en France peut permettre d’y voir plus clair, notamment quant aux illusions qu’elle continue de semer. Le mot de « république » peut être compris en un sens faible ou fort, comme type de régime politique ou comme idéal associé à ce régime. Mais selon la situation historique dans laquelle on se trouve, cet idéal républicain a pu prendre une variété de significations politiques, allant d’aspirations progressistes à voir advenir une « république sociale », plus ou moins en rupture avec l’ordre capitaliste, jusqu’aux justifications du colonialisme par la référence à l’universalité prétendue des valeurs « républicaines », qu’il s’agirait donc d’exporter y compris contre les peuples, en passant par les appels apeurés – en période de soulèvement populaire – à rétablir la légalité « républicaine ». Et d’un pays à l’autre, cet idéal prend à l’évidence un sens encore plus diversifié. Mais s’il est un point commun entre ces différentes significations attribuées à l’idéal républicain, du moins tel qu’il s’est affirmé en France à partir de la séquence révolutionnaire de 1789-1794, c’est qu’elles ont pour fonction d’exorciser le spectre de la révolution, en ramenant sur le terrain institutionnel toute velléité manifestée par les dominé-e-s (classes populaires, peuples colonisés, etc.) de secouer le joug de l’exploitation et de l’oppression par leur activité politique autonome. Née de la Révolution, et plus précisément de l’insurrection antimonarchique de l’été 1792, la République en est rapidement devenue la « sœur ennemie » (pour reprendre une formule de Daniel Bensaïd1). C’est pourquoi, en France, on ne saurait saisir le sens politique de l’idéologie républicaine sans traiter des expériences révolutionnaires, au moins de 1789 à la Commune de Paris.

Révolution française et République

Il est bien connu que ce n’est pas l’idéal républicain qui fut au principe de ce formidable bouillonnement populaire qu’a été la Révolution française. Les facteurs politiques ont bien eu une importance décisive parmi les membres de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, exaspérés par la domination politique de l’aristocratie, mais ce sont les motifs économiques qui ont dominé parmi les masses populaires, urbaines et rurales. Or, si la Révolution française a bien été bourgeoise dans ses forces directrices et ses conséquences, elle a pris un tour nettement populaire à mesure qu’elle s’approfondissait.

Dès lors qu’il fallait balayer une aristocratie décidée à ne rien lâcher de ses privilèges et de son pouvoir, la bourgeoisie révolutionnaire a dû solliciter la participation active du petit peuple, qui a fini par prendre au mot les grandes déclarations de 1789 et à entrer en lutte pour défendre ses in- térêts propres. Or, comme y insiste Daniel Guérin2, c’est l’exigence du « pain quotidien » qui a amené les classes populaires à intervenir directement sur la scène politique et sociale en plusieurs moments décisifs. Portées bien au-delà de leurs aspirations initiales par la « force des choses » (comme disait Saint-Just), ce sont les classes populaires qui sont parvenues, au terme d’un processus particulièrement chaotique, à renverser la monarchie et à établir la Ré- publique. Ce qui excédait toute espérance raisonnable quelques années auparavant est alors devenu possible, précisément par l’action tumultueuse des plus larges mas-ses, au moment où la Révolution et ses fragiles réalisations se trouvaient menacées par une conspiration, ourdie par les nostalgiques de l’Ancien régime et les puissances monarchiques coalisées.

Les aristocraties européennes aspiraient en effet à mettre fin à ce soulèvement révolutionnaire qui, par l’écho qu’il avait trouvé bien au-delà du territoire français (jusqu’à Saint-Domingue, où eut lieu la première révolte moderne d’esclaves en 1791(3), brisait l’évidence de leur domination et annonçait un monde nouveau. A ce complot, et dans un contexte où venait d’être proclamée « la patrie en danger », les Fédérés(4) et les sans-culotte parisiens – organisés dans 48 sections et dans le cadre de la Commune insurrectionnelle de Paris – répondirent en organisant, le 10 août 1792, la prise du palais des Tuileries, où résidait le roi et sa famille, en mettant à bas les derniers vestiges institutionnels de l’Ancien régime, et en installant ce qui devait devenir la Première République. Mais à peine conquise contre les résistances de l’aristocratie et les bourgeois timorés qui s’accrochaient à l’espoir illusoire d’une monarchie « constitu- tionnelle », la République fut utilisée par une partie de la bourgeoisie, qui s’était ralliée à la Révolution en 1789, pour en appeler à une suspension du pro- cessus révolutionnaire. Se retrouvant notamment dans le « parti » girondin(5), cette fraction de la bourgeoisie percevait tout le péril que recelait, pour elle et son pouvoir naissant, cette phase ascendante de la Révolution. Avec l’approfondissement de la crise économique et la menace de la disette, le sentiment se diffusait au sein du peuple que les promesses de 1789 n’avaient pas été tenues, et que les seuls à avoir tiré partie de l’abolition prétendue des privilèges étaient les « agioteurs » et les « accapareurs » (c’est-à-dire les spéculateurs dans le langage de l’époque).

Ainsi se multiplièrent les mouvements populaires revendiquant des mesures énergiques pour assurer le droit à l’existence de tous, sans lequel les libertés conquises en 1789 n’étaient que mots d’esprit(6). Produit de la Révolution, l’idéal républicain changea donc rapidement de sens, à mesure que s’aiguisait la lutte entre des classes qui, auparavant unies pour faire front contre l’aristocratie, se trouvaient à présent aux prises pour définir la direction du processus révolutionnaire : fallait-il terminer la révolution, en sanctuarisant ses conquêtes (qui faisaient place nette pour le développement du capitalisme), ou la continuer en prenant au mot les idéaux révolutionnaires ? Suffisait-il de détrôner le roi pour faire advenir ce monde nouveau promis par les grandes proclamations révolutionnaires ? Le droit de propriété devait-il primer sur le droit à l’existence ?

Contre les tentatives encore maladroites des sans-culotte parisiens de poser en pratique ce qu’on appellerait plus tard la « question sociale », la République devint rapidement le nom du régime qui devait permettre à la bourgeoisie d’obtenir une forme de concorde nationale sous sa domination, et d’en finir ainsi avec l’action révolutionnaire des classes populaires. Et à mesure que la Révolution s’engageait dans une phase descendante, les « partis » qui posait la question du droit à l’existence furent éliminés : tout d’abord les Enragés (présents et souvent reconnus dans les sections parisiennes), les hébertistes (bien représentés dans la Com-mune de Paris), les robespierristes (qui avaient mené eux-mêmes la répression des premiers alors qu’ils dominaient le Comité de salut public), et enfin les babouvistes, de loin les plus conséquents dans leur remise cause de la propriété, arrêtés en mai 1796 alors qu’ils préparaient une insurrection et condamnés à mort en 1797.

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16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

1848 et la Commune : le double visage de l’idéal républicain

1848 et la Commune : le double visage de l’idéal républicain dans Histoire image002

Contrairement à cette volonté de concorde nationale, manifeste dans l’idéologie républicaine et encore partagée par tous ceux qui s’en réclament aujourd’hui, l’installation d’un régime républicain impliqua, en chaque cas (1792, 1848, 18707), une radicalisation de la lutte entre bourgeoisie et classes populaires, et l’élimination des groupes les plus résolus à contester l’emprise du capital sur l’ensemble de la société, emprise naissante au moment de la Révolution française mais croissante tout au long du 19e siècle.

Il est en effet frappant de constater que chacune de ces républiques n’a pu s’installer véritablement qu’au terme d’une lutte à mort engagée avec les classes populaires.

Après un moment d’effervescence politique, permettant de rompre en 1792 avec le règne des Bourbons, en 1848 avec la monarchie de juillet et en 1870 avec le 2nd Empire, la nouvelle classe dirigeante entreprit de briser la révolte populaire qui prétendait ne pas s’arrêter au simple remplacement d’un personnel dirigeant par un autre. A l’illusion d’unanimité nationale succéda, dans chacune de ces situations historiques, la marginalisation politique des aspirations populaires et l’élimination physique des partis qui les portaient. En 1870 comme en 1848 et en 1792, l’affirmation du régime républicain en France déplaça le conflit, qui ne portait plus que marginalement sur la forme politique de la domination de classe (république contre monarchie, république ou empire), mais sur la question sociale, c’est-à-dire sur le partage des richesses et du pouvoir.

On se souvient du mot de Thiers, selon lequel « la république est le gouvernement qui nous divise le moins », le « nous » désignant les différentes fractions de la classe dominante, qui se trouvaient dès lors contraintes de trouver entre elles des compromis, dans le cadre d’un même régime politique. Mais c’était oublier que l’unification partielle de ces fractions impliquait la rupture de l’alliance passée, aussi bien en 1792 qu’en février 1848 et septembre 1870, entre la bourgeoisie républicaine et les classes populaires. Aussi bien dans la répression violente des mouvements populaires sous la Révolution française, qu’en juin 1848 ou en mai 1871, ce n’est plus le conflit entre les différentes fractions de la classe dominante qui se joue, mais celui entre la classe dominante en tant que telle et les classes populaires, avec un degré d’intensité de plus en plus fort.

Car avec le développement de l’industrie moderne, l’accroissement de la concentration capitaliste et l’affaiblissement des petits propriétaires, se sont développé aussi bien la classe ouvrière au sens de Marx, une classe dépossédée des moyens de production, qu’un mouvement socialiste, revendiquant la socialisation des moyens de production.

La fondation en 1864 de l’Association internationale des travailleurs (la Première Internationale), est ainsi le produit non seulement du développement numérique de la classe ouvrière, mais aussi d’un foisonnement des doctrines socialistes à partir des années 1830 et de la multiplication des organisations populaires (sociétés de secours mutuel, syndicats, etc.). De sorte que, si les révoltes populaires de juin 1848 et mars 1871 mêlent encore de nombreux petits propriétaires (artisans, commerçants) à la masse des travailleurs salariés, elles posent la question sociale d’une manière de plus en plus conséquente, mettant au centre de leurs action et revendications la question de la propriété.

Si les sans-culottes de 1793 se contentaient d’affirmer le « droit à l’existence », sans poser la question de l’organisation de la production et généralement sans remettre en cause en elle-même la propriété privée (foncière ou mobilière)8, les insurgés de 1848 en viennent à revendiquer le « droit au travail » (ce qui pose la question du pouvoir patronal). Les communards iront plus loin puisque, nourris par la pensée de Proudhon (« la propriété c’est le vol ») et, pour une minorité d’entre eux, par celle de Marx (Le Capital restait largement méconnu en France en 1871), ils chercheront à mettre en place une société de producteurs associés, libérée de la propriété capitaliste et de l’Etat bourgeois.

On comprend donc que plus s’affinait et se diffusait la critique socialiste du capitalisme, plus devait être brutale la répression des mouvements populaires qui traduisaient dans l’action cette critique et l’aspiration à une autre société. Or la 3e République – qui se maintint jusqu’en 1940 – s’est érigée sur les cadavres des 30 000 communards massacrés durant la « Semaine sanglante » (sans même parler du système colonial instauré et maintenu par les républicains vénérés par les dirigeants contemporains : Jules Ferry, Georges Clémenceau, etc.). Ce péché originel n’a rien d’anodin ou d’accidentel, car il renvoie à des dimensions structurantes de l’idéologie républicaine, frontalement contredites par la Commune de Paris : la défense de la propriété privée, l’éloge de la démocratie représentative, le culte de la nation, et l’illusion d’un Etat indépendant des classes et de leurs luttes.

http://npa2009.org/node/37704

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16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Leur République et la nôtre

Leur République et la nôtre dans Histoire presseetpolitique1

L’idéal républicain, dont la signification va bien au-delà de la simple forme du régime politique et des institutions,

est historiquement un produit de la « victoire défaite » de la Révolution française (pour reprendre, là encore, les mots de D. Bensaïd). En effet, si la République est née, pour la première fois en France, de l’accélération révolutionnaire de l’été 1792, elle-même portée par l’auto-organisation des sans- culotte parisiens, l’idéologie républicaine exprime à l’inverse la nécessité – pour les classes dominantes – de dompter l’intervention politique des classes populaires en la fixant sur le terrain des arrangements et agencements institutionnels. C’est cette ambivalence fondatrice qui explique que, tout au long du 19e siècle, les républicains vont être amenés, selon les circonstances et parfois malgré eux, à combattre sur deux fronts : contre les nostalgiques de régimes dynastiques (qu’ils soient monarchistes ou bonapartistes), et contre le mouvement ouvrier socialiste. Si les premiers veulent faire tourner la roue de l’his- toire à l’envers, les seconds portent une critique radicale sur les quatre points notés plus haut.

Ainsi défendent-ils une tout autre République, supposant :

- l’abolition de la propriété privée des moyens de production ;

- l’appropriation de la chose publique (res publica) par toutes et tous, ce qui implique la déprofessionnalisation de la politique ;

- le dépassement du cadre étroit des nations et l’horizon d’une « République sociale universelle » ;

- le dépérissement de l’Etat bourgeois, au profit d’un pouvoir public qui soit l’émanation directe des producteurs associés.

C’est évidemment cet héritage qui est le nôtre, et qu’il importe de populariser en se réappropriant collectivement l’histoire des mouvements révolutionnaires passés, en France et ailleurs. par Ugo Palheta
Vendredi 14 juin 2013Publié dans : Revue Tout est à nous ! 44 (juin 2013)

Notes

1. D. Bensaïd, Moi, la révolution, Paris, Gallimard, 1989, pp. 93-150.

2. D. Guérin, La révolution française et nous, Paris, Maspéro, 1976, pp. 41-48.

3. Lire : C. L. R. James, Les jacobins noirs, Paris, Amsterdam, 2012.

4. Volontaires issus du peuple et venus de la France entière, qui se sont engagés dans l’armée pour faire face à l’offensive des puissances monarchiques coalisées.

5. Les guillemets s’imposent, tant les groupes organisés qui s’affirment et s’opposent durant la Révolution française ne sont pas encore des partis au sens moderne, même s’ils ne sont déjà plus des cénacles ou coteries d’Ancien régime.

6. C’est ainsi sous la pression des sans-culotte parisiens que furent instaurées – de septembre 1792 à septembre 1793 – plusieurs lois visant à fixer le tarif des denrées alimentaires (le « maximum »), puis que furent passés les décrets de ventôse (février-mars 1794), qui visaient à transférer les biens des ennemis de la révolution vers les indigents (mais qui ne furent guère appliqués).

7 Dates respectives de fondation des trois premières républiques en France.

8 Sur ce point, voir : A. Soboul, « Utopie et Révolution française », in J. Droz (dir.), Histoire générale du socialisme. 1. Des origines à 1875, Paris, PUF, 1972. Babeuf et la Conjuration des Egaux, prônant la « communauté des biens et des travaux », furent sans doute les seuls à saisir le rôle clé que serait amené à jouer la propriété bourgeoise dans la nouvelle société qui s’affirmait avec la Révolution française.

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16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Décentralisation : des principes inacceptables

NPA
Décentralisation : des principes inacceptables dans NPA dessein_decentralisation

Après les lois de 1982 et 2004, l’acte III de la décentralisation est un élément clé de la politique du gouvernement.

L’idée est d’assurer la prééminence à des « métropoles » (les principales grandes villes) en matière administrative, pour permettre une réduction signi-ficative des dépenses publiques. Le retour à l’équilibre budgétaire promis par Hollande (2017) nécessite 60 milliards d’économies, et « la fusion des petites communes (…) permettrait de supprimer des doublons, et avec eux 120 000 fonctionnaires territoriaux » (selon le journal l’Expansion).  Cet acte III accentuerait le développement des inégalités face à l’État. Pour la CGT, ce serait « le franchissement d’un nouveau cap dans la concentration des richesses et des lieux de décisions, au service des impératifs de la compétitivité et des intérêts du grand patronat ». Ainsi, la « territorialisation » prévue par les mesures Peillon (et combattues par les enseignants) sont étroitement liés à l’Acte III… Enfin, l’établissement de super-métropoles fragiliserait tous les statuts nationaux, dont celui de la fonction publique territoriale.
Pas si simple…
La mise en œuvre de cet acte III s’avère plus complexe que prévu. Le contexte de diminution des crédits alloués aux collectivités locales (– 3 milliards pour 2014/2015, – 1, 25 %) a abouti à d’innombrables contradictions et protestations d’élus locaux. En conséquence le projet initial de Lebranchu, la ministre de la Fonction publique, a été scindé en 3 parties en avril. Le premier projet, en cours d’adoption, concerne les métropoles. Il serait suivi par un projet de loi « rééquilibrant » les responsabilités entre départements et régions au profit de ces dernières. Enfin un projet de loi relatif à l’intercommunalité pourrait être aussi soumis au Parlement. Après l’Assemblée, le Sénat vient d’adopter le premier projet, non sans l’avoir vidé de l’essentiel de son contenu (les élus UMP choisissant d’affaiblir le gouvernement en mêlant leurs voix à celles du FdG). Le projet de « Grand Paris » a été retoqué. Pour l’essentiel, subsistent les projets de métropole régionales : Lyon, Lille, Marseille… Mais concernant les aspects les plus austéritaires et antidémocratiques du projet, le gouvernement ne renoncera pas. Fort de sa majorité à l’Assemblée, il imposerait son texte lors de son retour à l’Assemblée. Pour Paris, une concertation est d’ores et déjà prévue.  Lors des élections municipales, il conviendra de donner à cette affaire l’importance qu’elle mérite.
Pascal Morsu  Samedi 15 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)

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15 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Édito : Contre l’extrême droite, solidarité et lutte collective

Édito : Contre l'extrême droite, solidarité et lutte collective dans Antifascisme kkk1

Jean-Marc Ayrault a décidé d’engager une procédure en vue de la dissolution du groupuscule d’extrême droite Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) dont étaient issus les agresseurs de Clément Méric. Il prétend ainsi « tailler en pièces, de façon démocratique, sur la base du droit, ces mouvements d’inspiration fasciste et néonazie, qui font tort à la République et qui font tort à la France ». Comme s’il suffisait d’invoquer les valeurs républicaines pour éradiquer les menaces de l’extrême droite, et d’interdire un groupuscule fascisant pour lui barrer la route.

Le gouvernement voudrait ainsi se dédouaner de ses propres responsabilités. N’est-ce pas sa politique contre les classes populaires, au service du Medef, qui crée le terrain sur lequel prospère le populisme de droite et d’extrême droite ? Ne contribue-t-il pas lui-même à la propagation du nationalisme, du racisme et de la xénophobie par les expulsions des Roms, les rafles de sans-papiers, la dénonciation de l’immigration ? En menant la même politique que la droite, il nourrit lui-même la démagogie et les surenchères de l’UMP et du FN.

Soucieux eux aussi de se dédouaner de leurs propres responsabilités, Copé et Marine Le Pen ont aussitôt repris la même chanson de la dissolution… pour la retourner contre l’extrême gauche mise dans le même sac. Ils prétendent renvoyer dos-à-dos les « extrêmes » alors qu’ils ont tout fait, l’un et l’autre, pour créer un climat de haine et de violence tout au long de leur combat réactionnaire contre le mariage homo qui a propulsé les groupes fascisants. L’UMP compte dans ses rangs bon nombre d’anciens membres du GUD ou d’autres officines fascisantes. Le FN abrite les militants de ces mêmes officines dont il partage l’essentiel des références politiques. En bons démagogues réactionnaires, ils essayent de retourner la situation contre les victimes. Les combattre, barrer la route à l’extrême droite et à ses satellites, défendre la démocratie n’est pas une question de loi républicaine. C’est un combat quotidien, sur les lieux de travail et dans les quartiers, pour faire l’opinion, faire vivre la solidarité, agir collectivement, occuper à tous les niveaux le terrain politique. C’est l’affaire de toutes et tous.

Yvan Lemaitre Vendredi 14 juin 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)

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14 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Retraites : une déclaration de guerre

Retraites : une déclaration de guerre  dans Hollandie lolo-parisot

Les choses sont claires : avec le rapport Moreau le gouvernement prépare une réforme qui, quelles qu’en soient les modalités tech- niques, se soldera par une baisse des retraites versées par les régimes des salariéEs du privé et du public.

Donc, une baisse du pouvoir d’achat des retraités… à l’exception de ceux qui pourront se tourner vers les formes privées de placement (et qui bénéficient pour cela d’exonérations fiscales). Cette réforme, les marchés financiers, la Commission européenne et le Medef l’exigent… et le gouvernement exécute. Comme le dit Jean-Marc Ayrault, « il n’y a pas de surprise, la France va respecter ses engagements ». La façon dont cette nouvelle contre-réforme est engagée constitue une leçon de choses. Après un inventaire commun au Conseil d’orientation des retraites (qui regroupe experts, administrations et pré- tendus « partenaires sociaux »), un rapport a été commandé à un collège d’experts en orientant par avance leur réponse… Comme le dit le quotidien financier les Échos du 5 juin : « Le rapport Moreau sur les retraites tape fort. Le gouvernement en a besoin. Il dramatise, prépare les esprits à l’effort de tous et distille ce qu’il faut de craintes pour donner un air de relative douceur au projet qui sera finalement arrêté. » Il s’agit de donner quelque crédibilité à la pseudo-concertation qui va s’engager à la conférence sociale des 20 et 21 juin.

Fuites organisées
Pour tester les réactions des uns et des autres, des fuites ont été organisés dans la presse avant la remise officielle du rapport le 14 juin. Elles permettent donc de connaître par avance les propositions du rapport : allongement de la durée pour une retraite à taux plein (soit par la hausse de l’âge légal, soit par l’augmentation de la durée de cotisations) ; refonte du mode de calcul de la retraite des fonctionnaires (période prise en compte pour le calcul de la pen- sion) ; augmentation des retraites inférieure à celle des prix ; hausse des impôts sur les retraites ; et pour donner du « grain à moudre » aux syndicats, il y aurait quelques miettes liées à la pénibilité et l’intégration de primes pour les fonctionnaires… Les réactions syndicales sont bien en-deçà de ce qui serait nécessaire. La CGT a certes déclaré que le rapport est « ouvert aux idées du Medef ». C’est le moins qu’on puisse dire ! Jean-Marc Canon, des fonctionnaires CGT, a fait une déclaration plus dure : « Si jamais l’hypothèse qui est évoquée de changer le calcul sur les six derniers mois est retenue, (…) pour la CGT, c’est clairement un casus belli irrémédiable (…) Toucher à ce mode de calcul serait une déclaration de guerre avec le gouvernement sur le sujet des retraites ». Bien, mais c’est l’ensemble du rapport qui constitue une déclaration de guerre ! Le pouvoir va essayer de diviser privé et public, il ne faut pas tomber dans ce piège, et surtout, il importe de préparer dès maintenant des mobilisations à la hauteur de l’enjeu.

Imposer nos choix
Quelques points devraient faire l’accord de tous ceux qui veulent préparer la riposte. D’abord que la retraite est un droit : des cotisations sur les salaires ont été versées lors des périodes de travail. Ceux qui ont connu chômage ou maladie, qui ont eu des enfants ne doivent pas être pénalisés et la société doit assu- rer un niveau de vie satisfaisant à toutes les personnes âgées. Ensuite qu’augmenter le nombre des trimestres ou l’âge de la retraite à taux plein, c’est péna- liser d’abord ceux qui font des travaux pénibles et les femmes. C’est ce qui s’est passé avec les réformes antérieures, depuis Balladur en 1993. Globalement, allonger la durée des cotisations, va multiplier les retraites incomplètes et donc faire baisser les pensions. Enfin que gouvernement et patronat distillent un discours qui vise à répandre la peur. Le système de retraite souffre d’une insuffisance de financement, mais n’est pas au bord de l’effondrement, même si la crise capitaliste, le blocage des embauches en accroissent le déficit. Le déficit 2011 est de 14 milliards d’euros (à comparer aux 20 milliards que le gouver- nement vient d’accorder aux entreprises avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). D’après les prévisions officielles, il devrait passer à 20 milliards en 2020 et revenir à l’équilibre en 2040. Les rapports d’experts visent à faire croire que les choix sont techniques. En réalité, le choix de l’âge de la retraite à taux plein, du nombre de trimestres nécessaires pour avoir une retraite pleine et des modes de financement sont d’abord des choix politiques et sociaux. C’est une question de partage des richesses, et donc de rapport de forces. Il n’y a donc aucune raison de réviser en baisse les revendications de base : 37, 5 annuités, retraite à taux plein à 60 ans, hausse des cotisations patronales pour financer le déficit.

Henri Wilno Jeudi 13 juin 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)

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14 juin 2013 ~ 0 Commentaire

NON à la fermeture des usines de Poullaouen et de Chateaugiron du groupe Marine Harvest

NON à la fermeture des usines de Poullaouen et de Chateaugiron du groupe Marine Harvest dans Carhaix Kreiz Breiz y-en-a-marra-marine-harvest1-300x247

Communiqué du NPA Finistère.

La société Marine Harvest, leader mondial de la production et de la transformation du saumon, implantée dans un grand nombre de pays et cotée  à la bourse d’Oslo en Norvège vient de décider de la fermeture de ses usines de Poullaouen (29) et Chateaugiron (35), jetant à la rue plus de 400 salariéEs. Cette entreprise, spécialisée dans la production et la transformation du saumon d’élevage, est très loin d’être une petite PME en difficultés…

Pour développer sa compétitivité et augmenter les dividendes de ces actionnaires, elle vire les ouvrières et ouvriers qui n’ont cessé de « bosser » pour engraisser les actionnaires et les dirigeants de cette multinationale. Après Doux, GAD, le jeu de massacres continue en Bretagne dans l’agro-alimentaire où les salariéEs ne sont plus que des kleenex que l’on jette après exploitation.

Trop c’est Trop !

Il faut bloquer ces fermetures, interdire les licenciements, maintenir le salaire de tous les ouvriers de Marine Harvest Bretagne et exiger l’ouverture de tous ses livres de compte.

Il faudra exproprier, purement et simplement le Groupe Marine Harvest France si celui-ci ne veut pas revenir sur sa décision de fermeture. La mobilisation unitaire des salariéEs et de leurs syndicats soutenus par la population doit pouvoir imposer cette décision au groupe et exiger des élus locaux, départementaux, régionaux ainsi que du gouvernement qu’ils les soutiennent fermement dans cette voie, dans ce combat.

Il y en a assez des profiteurs. RESISTANCE !!!

Le NPA 29 appelle à la manifestation en solidarité et avec les salariéEs de Marine Harvest du Samedi 22 Juin à Carhaix 10h30 place du champ des foires.

NPA du Finistère, le 13 juin 2013

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