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10 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Contre l’union européenne

udf europe béni oui oui

Quelle stratégie, quelle alternative ?

Une abstention et un vote FN battant tous les records sont deux phénomènes attendus – redoutés – à l’occasion des prochaines élections européennes, les plus propices au vote sanction comme aux réactions nationalistes. D’autant que traditionnellement, les salariés et en particulier les jeunes, plus généralement les électeurs de gauche et des milieux populaires, se mobilisent peu dans ce type de scrutin, destiné à élire un parlement dépourvu de pouvoir réel et qui leur paraît, non sans raison, hors de tout contrôle même symbolique.

La contradiction est que, plus ou moins confusément, tous ressentent à quel point cette « Europe » étrangère et hostile pèse au quotidien sur leurs vies. Car l’essentiel des législations applicables en France, comme dans les autres pays de l’UE, se décide désor- mais dans les réunions (« conseils ») des chefs de gouvernement et des ministres européens, dans les services de la commission de Bruxelles, à la Cour de justice européenne et – de façon beaucoup plus marginale – au parlement de Strasbourg. Mais l’éloignement, l’opacité et le caractère foncièrement antidémocratique des institutions de l’UE découragent l’intervention populaire en même temps qu’ils favorisent les réactions binaires « pour ou contre l’Europe ».

Il est pourtant indispensable d’intervenir sur ce terrain, justement pour dénoncer et combattre toute cette machinerie, ainsi que ceux qui l’ont mise en place – les mêmes qui « alternent » aux gouvernements des Etats en imposant aux classes populaires toujours plus d’austérité et de reculs.

Mais en le faisant d’un point de vue radicalement opposé aux replis nationalistes et à ceux qui les portent, basé sur la solidarité internationale des travailleurs et des peuples, et ouvrant par conséquent la perspective d’une autre Europe, délivrée de la dictature des banques et des actionnaires.

C’est dans ce cadre, au service de cette bataille politique, que les contributions présentées dans ce dossier, avec leur évidente logique commune (et parfois quelques nuances), aspirent à offrir des éléments de compréhension et de réponse.

Voir ci dessous:  1 2 3 & 4

http://npa2009.org/content/union-europeenne-et-mondialisation-capitaliste

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10 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Pour une Europe au service des peuples (1)

euro

1) Nos positions sur l’Europe s’inscrivent dans une continuité historique, celle des courants qui allient les « positions luttes de classes » et la solidarité internationaliste, contre les politiques bourgeoises européennes comme contre les replis nationalistes.

L’opposition  à la guerre, aux   régimes réactionnaires, au libre-échange capitaliste, aux diverses unions douanières ou institutions du marché unique, s’est prolongée par  la solidarité et la coopération des peuples, la lutte pour un programme au service des travailleurs et une perspective politique qui s’inscrit dans la proposition d’ Etats unis socialistes d’Europe. Il s’agit, dans notre vision, de considérer l’Europe comme une réalité historique politique, économique, culturelle- une réalité ouverte au sud et à l’est- et de donner au combat européen un contenu anticapitaliste et socialiste.

2) Dans les années 1960,  se met en place  un projet de construction européenne des classes dominantes,  tournée contre l’URSS et le bloc de l’Est mais, aussi, en concurrence avec les USA. Près de soixante années après le traité de Rome, il y a eu, pour les bourgeoises européennes, des avancées incontestables dans la mise en œuvre d’institutions politiques, économiques, juridiques, d’un marché et d’une monnaie unique, avec  l’Euro. Les forces productives étant à l’étroit dans un cadre national, cela a conduit les classes dominantes à construire des espaces plus larges indispensables aux processus de développement et de concentration du capital.

3) C’est ce processus qui s’est cristallisé avec l’Acte unique en 1986, le traité de Maastricht après la réunification allemande et les autres traités. Mais ce processus de construction se fait avec une  série de spécificités :

* Il y a un marché européen mais sans la constitution d’un capitalisme européen propre : il y a des capitalismes européens mais pas de grande industrie ou entités économiques euro- péennes fortes. L’intégration européenne s’est faite au travers de la globalisation capitaliste et de la financiarisation du capital, avec capitaux croisés et fonds de pension nord américain ou asiatiques. Dans ce cadre, chaque capitalisme et bourgeoisie joue sa partition.

*Il y a un Euro et une banque centrale mais avec la concurrence inter-capitaliste, le corset néolibéral, et l’absence de souveraineté démocratique pour les peuples, une même monnaie pour des économies de niveau de développement différent, n’a fait qu’aggraver les inégalités entre les économies européennes.

* Il y a une construction para étatique mais c’est toute une architecture institutionnelle qui échappe, là encore, non seulement à la souveraineté populaire mais même aux formes de la démocratie de type parlementaire. C’est ce qui explique, la politique autoritaire de la « troika »- UE, BCE et FMI- dans le sud de l’Europe et de plus en plus de restrictions démocratiques dans toute l’Europe. Les citoyens ont été écartés de ce projet. Il s’agit d’institutions pour le grand marché. Du coup, il n’ y a pas de politique économique, sociale, fiscale, mais aussi une faiblesse structurelle sur le plan politique, diplomatique et militaire. L’UE n’a pas la capacité de décision des USA ou de la Chine.

L’Europe est, donc, dés son origine, consubstantiellement, néolibérale et antidémocratique. Ce choix est celui des gouvernements et classes dominantes de chaque pays. Aussi, nous ne sommes pas d’accord pour dire, face aux politiques d’austérité, de renvoyer, chaque fois aux responsabilités de l’Europe ! Non, l’UE c’est le dispositif choisi par chaque bourgeoisie pour valoriser son économie et ses positions dans l’économie mondiale, en augmentant la pression pour maintenir et accroitre ses taux de profits.

4)  Et ce sont toutes ces contradictions, que la crise va faire exploser. Il n’y a pas de capitalisme européen propre, mais, l’UE est le vecteur d’intégration des économies euro- péennes dans la globalisation capitaliste. Cela a deux conséquences :

*La première, pour suivre la marche effrénée de la concurrence internationale avec un marché mondial de la force de travail, il faut casser le « modèle social européen », bref liquider ce qui reste de conquêtes sociales et, dans certains cas démocratiques en Europe, pour maintenir et conquérir de nouvelles positions dans l’économie mondiale. D’où une baisse du pouvoir d’achat et des salaires- de 20 à 30 % dans le sud de l’Europe, une  précarisation de la force de travail en Allemagne ou dans les Pays de l’Est. C’est le sens de  la fameuse « concurrence libre et non faussée », qui, privatise les services publics, déréglemente les marchés du travail,  et conduit au démantèlement progressif de la sécurité sociale.

*La deuxième, c’est une concurrence interne à l’ UE, avec ce que les spécialistes ap- pellent des trajectoire dissymétriques des économies de l’ UE, avec de nouveaux rapports de forces exprimés par les 160 milliards d’excédents commerciaux de l’Allemagne et les 70 mil- liards de déficits en France, puis par des différences entre l’Allemagne ,les pays du Nord et  ceux du sud et de l’est avec en position intermédiaires de la France et de l’Italie. Avec la crise, il y a une nouvelle configuration de l’Union Européenne, une marche forcée dans les politiques d’austérité :tout cela, au nom de la « règle d’or » de la lutte contre les déficits budgétaires et des impératifs du remboursement de la dette .Résultat :une longue période de croissance « molle » entre 0 et 1 %..Ces politiques sont entrainées dans une spirale infernale : la contraction de l’activité engendre la diminution des recettes fiscales, qui approfondit les déficits et la dette, ce qui place les états sous la menace permanente des marchés financiers qui poussent à de nouvelles politiques d’austérité.

Ce ne sont pas les nièmes politiques d’austérité : C’est l’austérité structurelle perma- nente. Ce qui écarte toute relance « keynésienne » en Europe. La crise a été contenue, mais le chômage continue à augmenter ou ne baisse pas substantiellement. L’Union Bancaire vise, dans les années qui viennent à contrôler une partie du secteur bancaire, mais de nouvelles crises peuvent surgir.

5) C’est cette situation de longue période récessive qui  aujourd’hui provoque un sentiment de rejet, à juste titre de l’Europe, comme vecteur des politiques d’austérité. Un sondage donne 44%  de personnes qui considèrent l’Europe comme source de crainte et 28 % comme source d’espoir. Nous ne sommes pas dans la situation de la fin des années 70 pour les pays de l’Europe du Sud ou des années 90 avec les pays de l’est, où les fonds structurels et les aides européennes étaient synonymes de développement et d’amélioration des con- ditions de vie des gens. Aujourd’hui, l’Europe est plutôt associée aux politiques d’austérité.

Ces tendances ne peuvent que nourrir des crises sociales et politiques, des crises, qui à cette étape, nourrissent la droite et l’extrême droite et peuvent  déboucher sur des régimes autoritaires.

Cela a une conclusion : combattre les politiques d’austérité permanente, les gou- vernements de droite comme de gauche sociale libérale au niveau national comme européen,  passe par la rupture avec le type de construction européenne et tous les traités européens: Maastricht Amsterdam, Lisbonne et les institutions européennes, car l’UE n’est pas réformable. Il n’y a pas de politique possible de réorientation de l’Europe qui est dès l’origine néo-libérale et antidémocratique. Il faut rompre avec le type de construction européenne mais pas avec l’Europe.

6) Le retour au cadre national, aux monnaies, aux douanes et aux lois nationales, constituerait un retour en arrière, et surtout le déchainement de  nouvelles tensions, confron- tations voire chocs en Europe. Il faut une autre Europe, au service des besoins des peuples.

 Prenons l’exemple de la sortie de l’Euro. Faire de cette question, dans la prochaine campagne électorale, en France, une question centrale serait une double erreur. Dans les rapports capitalistes actuels, ce serait d’abord  l’équivalent  d’une dévaluation massive, de 25 à 30 % en moins, ensuite, un déchainement protectionniste, de nouvelles guerres commerciales qui imposeraient de nouvelles politiques d’austérité contre les travailleurs. C’est, aussi,  poli- tiquement dangereux car c’est créer les conditions d’une union sacrée nationaliste pour le retour à la monnaie nationale. C’est surtout confondre le fond : quelles politique économique- et les instruments comme la monnaie.

Faire, en France, par exemple, de la « sortie de l’ Euro » une question centrale, c’est tomber dans le piège du Front national, qui fait de ce découpage politique, une discriminant politique majeur. Il peut y avoir des situations, comme en Grèce où face au chantage de l’UE qui dit, « Il faut choisir, soit l’euro et l’austérité », soit « vous refusez l’austérité, mais, alors là, vous n’aurez plus l’euro », les camarades grecs ont raison de dire : « Nous refusons ce chan- tage, nous ne ferons pas de sacrifices pour l’euro et  nous n’accepterons pas les plans d’aus- térité, quitte à ce que vous nous expulsiez de l’Union européenne ». Mais c’est une réponse de crise. La réponse de « programme » face aux développements mondiaux, la crise et les be- soins des peuples, c’est de répondre à l’échelle d’espaces plus larges, d’échelles qui permet- tent une meilleure répartition des richesses et de nouvelles divisions du travail correspondant  aux besoins.

7) Nous opposons à l’Europe actuelle, une autre Europe, une Europe au service des peuples et des travailleurs. Cela suppose de reprendre, de projeter certains points de pro- gramme nationaux et formuler un programme international européen. Nous pouvons reprendre l’idée d’un bouclier social en Europe, d’une harmonisation sociale et fiscale par le haut :

  • d’un smic européen- on nous dit comment concilier le smic français de 1500 et le smic portugais de 450 Euros ou le projet de smic allemand de 850 euros- cela suppose de faire converger par le haut des salaires minimum en parité de pouvoir d’achat. C’est la seule solution de longue durée aux problèmes des travailleurs détachés. On doit imposer, bien sûr, aux patrons de payer les mêmes cotisations sociales pour tous les salariés, mais à moyen et long terme il faut des niveaux de salaires comparables.
  •  la défense et l’extension de services publics européens ; aller vers des sécurités sociales et des systèmes de santé équivalents ;
  • l’interdiction des licenciements et la mise en œuvre de plans de création d’emplois massifs et une politique d’échelle mobile des heures de travail et réduction de temps de travail vers une semaine de 30H
  • La fin de la banque centrale et la constitution dune service public bancaire européen sous contrôle des citoyens et des travailleurs.
  • La mise en œuvre d’une politique de planification écologique et de transition énergétique, avec de grands projets de systèmes de transports non polluants, et de protection de l’environnement.
  • Une politique agricole commune qui défende l’agriculture paysanne contre les multinationales de l’agro alimentaire.

On voit qu’une telle politique européenne implique des incursions dans le système de propriété privée des grands secteurs de l’économie.

8) La mise en œuvre de ce programme implique la mobilisation populaire et le débat démocratique ;

*La mobilisation populaire- c’est vrai que sur ce point, nous rencontrons des difficultés. Il y a des mobilisations sociales, voire des explosions sociales, en particulier dans le sud de l’Europe. Ces mobilisations n’ont pu bloquer les politiques d’austérité. Mais il ya tout un travail de échange, de coordination, de réunions à faire par secteurs, par branches. La CES qui est intégrée aux plans de l’UE n’est pas d’une grande aide.  Nous devons renforcer les coopérations et les solidarités entre les luttes de chaque pays. Nous devons organiser des réunions par secteurs, santé, automobile, mais il ya des limites dans ces activités. Dans tous les cas il faut afficher la solidarité internationale, tant sur le plan des luttes que dans nos activités politiques, en particulier dans les relations anticapitalistes européennes.

*Le débat démocratique est aussi très important. Il faut d’abord la défense de tous les droits démocratiques, en particulier le droit des immigrés, des sans papiers, contre une Europe forteresse. Nous voulons une Europe des droits des femmes, notamment le droit à l’avortement qui n’est toujours obtenu  ou remis en cause dans une série de pays Nous défendons aussi une Europe de la paix, ce qui est, une exigence centrale au moment où se font entendre une nouvelle les bruits de bottes, en Europe de l’ Est. La paix exige le respect de l’autodétermination et la condamnation de toutes les interventions des puissances impérialistes contre les peuples. Cela passe aussi par l’opposition aux interventions militaires en particulier en Afrique.

9) Mais plus généralement, si nous proposons la rupture avec les traités, il faut une autre Europe, une Europe démocratique et au service des peuples et des travailleurs. Démo- cratique : nous devons avancer un processus constituant où les peuples décident au travers une large discussion et l’élection de délégués qui établissent une nouvelle organisation démocratique de l’Europe.

Socialiste, car dans ce débat démocratique, nous avons une proposition, autour de réponses anticapitalistes, socialistes : une Europe au service des peuples dans le cadre des Etats-Unis socialistes d’Europe. Une forme d’union qui respectent les souverainetés nationales et populaires..

10) Pour conclure, nous voyons, qu’à la différence de courants ou d’intellectuels qui tendent à évacuer l’Europe de notre horizon stratégique, nous pensons que nous ne pouvons pas avoir de politique anticapitaliste sans visée internationaliste et  européenne. Comme l’indi- quait Trotski « la révolution commence sur le terrain national, se développe sur l’arène internationale et s’achève sur le plan mondial ». Il y a une articulation entre le terrain national et international. Il est possible qu’il y ait une synchronisation dans le développement de révolutions, mais en général il y a désynchronisation des étapes, des moments de la lutte de classes. Chaque nation ne doit pas attendre l’autre. S’il y a des expériences progressistes dans un pays, il faut défendre les conquêtes arrachées, protéger ce qui a été gagné .Mais il faut en même temps avoir une politique d’extension, de projection internationale et surtout d’appel à la mobilisation populaire pour étendre ces processus progressistes.

François Sabado  Revue L’Anticapitaliste n°53 (avril 2014)

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10 avril 2014 ~ 0 Commentaire

« Rompre » ou « refonder »? (2)

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A propos d’un débat sur l’Union européenne

Est-il possible de « refonder » l’Union européenne dans l’intérêt des classes populaires et du progrès des sociétés ? Si tel n’est pas le cas, l’alternative est-elle de « rompre », un pays puis un autre, avec l’UE ?

Ou bien les choses se présentent-elles de façon différente ? La revue Regards (proche de la FASE, organisation membre du Front de gauche et de sa composante Ensemble) a pu- blié sur son site, début janvier 2014, un échange entre d’un côté Cédric Durand et Razmig Keucheyan, principaux auteurs du livre récent En finir avec l’Europe(1), et de l’autre Pierre Khalfa, coprésident de la fondation Copernic et ancien responsable de l’Union syndicale Solidaires(2). Quoique les intervenants se situent tous dans le cadre du Front de gauche, les questions qu’ils posent concernent directement les anticapitalistes.

Pas d’Europe en dehors de l’UE ? Dans son texte, Khalfa développe la position qui est traditionnelle au sein de la gauche antilibérale en Europe (elle a encore été reprise lors du congrès du PGE, Parti de la gauche européenne, de décembre 2013 à Madrid) comme en France (nul doute qu’elle servira de base à la prochaine campagne européenne du Front de gauche). Il part d’un principe que l’on peut partager, au niveau de généralité où il est énoncé : « nous avons besoin d’Europe. Pas de celle-là, certes, mais d’une Europe refondée ». Sauf que pour l’auteur, une telle refondation devrait (ou ne pourrait que – mais cela revient au même) s’opérer dans le cadre des institutions actuelles.

Car Pierre Khalfa met un signe d’égalité entre « Europe » et « Union européenne ». Il faudrait bien selon lui créer une autre Europe, mais ce ne serait possible que dans le cadre de celle qui est aujourd’hui réellement existante, à savoir l’UE. La disparition de cette dernière serait même gravement contre-productive, car elle ne pourrait laisser la place qu’à des suren- chères nationalistes : « l’éclatement de l’Europe serait un facteur d’aggravation. Le dumping règne en maître, ce qui favorise la montée de la xénophobie. L’éclatement de l’Union euro- péenne, loin de mettre fin à cette situation, risquerait même au contraire de l’aggraver, chaque pays cherchant à accroître encore plus ses avantages concurrentiels aux dépens des autres pour gagner en compétitivité (…) Au pire, cette rupture avec l’Union européenne sera le fourrier d’un repli nationaliste dont pourrait tout à fait s’accommoder un patronat obsédé par la compétitivité et les gains de parts de marché. »

Il en va de même avec l’euro, auquel l’auteur ne fait qu’une référence incidente, mais sans laisser de doute quant au fait que pour lui il faudrait le conserver : « contrairement aux dévaluations compétitives prônées par les partisans de la sortie de l’euro »

Cédric Durand et Razmig Keucheyan, ne partagent pas de telles illusions. Signalant cette évidence que les mesures préconisées par le PGE et le FdG (notamment « un budget européen substantiel et une banque centrale soutenant les finances publiques, des inves- tissements dans les infrastructures écologiques et une assurance chômage continentale ») sont « contraires au code génétique des traités européens en vigueur », ils ne croient pas non plus que l’on puisse réformer des institutions « dont les fondements démocratiques sont dans le meilleur des cas très faibles, mais le plus souvent inexistants ».

L’Union européenne n’est pas un Etat mais un accord interétatique. Ce n’est pas un pays, supra ou plurinational, même en devenir, mais un ensemble de traités (néolibéraux) et d’institutions (non démocratiques). Imaginer la possibilité d’une transformation politique et so- ciale progressiste sans rupture avec les institutions nationales en vigueur (ici la Ve République, ailleurs des monarchies…) est déjà outrancier. Mais transposer une telle perspective au niveau de l’UE, cela va au-delà du réformisme.

Un scénario pour une bonne part commun Avant d’aboutir à ce désaccord, certes subs- tantiel, Durand-Keucheyan et Khalfa partagent cependant une grande partie du raisonnement. Avant que leurs chemins ne divergent, les uns et les autres insistent en effet sur le fait qu’un ou des gouvernements authentiquement de gauche surgissant dans un ou des pays de l’UE devraient « désobéir aux traités ».

Pour les premiers, cela impliquerait une rupture avec l’Union européenne : «  au cas où elle connaîtrait des succès électoraux dans un ou plusieurs pays, ce qui est tout à fait pos- sible, une gauche en rupture avec le néolibéralisme sera donc placée devant une alternative implacable : ravaler ses ambitions de transformation écologique et sociale afin de devenir euro- compatible, ou désobéir et in fine rompre avec l’UE. Il n’y a pas de troisième possibilité. »

Pour le second, comme on l’a vu, cela ouvrirait la voie à un processus de refondation de cette même Union : « un gouvernement de gauche désobéissant aux traités au nom d’une autre conception de l’Europe mettrait les gouvernements européens au pied du mur, et les confronterait à leur opinion publique (…) En montrant concrètement qu’il est possible de rompre avec le néolibéralisme, un gouvernement de gauche rendrait cette perspective crédible au niveau européen. » Mais, les passages cités le montrent, les différents interlocuteurs ont encore entre eux un autre accord de fond : celui de considérer qu’avant le moment de la « désobéissance », le fait générateur serait l’installation en Europe d’un, éventuellement de plusieurs, gouvernements « de gauche » par la voie électorale, institutionnelle.

Une autre perspective Or, c’est un schéma peu crédible. Chacun a évidemment en tête la situation grecque et la possibilité que surgisse des prochaines élections un gouvernement de gauche dirigé par Syriza3. Mais justement, plus la possibilité d’une future victoire électorale de Syriza paraît se rapprocher, plus l’évolution du parti et de son appareil dirigeant rend un tel scénario improbable : les aspects progressistes de son programme officiel (par exemple sur la dette) sont gommés, des alliances sont recherchées sur sa droite (avec des secteurs du PASOK et même avec les Grecs Indépendants, liés en France à Dupond-Aignan), sans comp- ter les réaffirmations répétées que le cadre de l’UE et celui de l’euro seraient respectés.

Imaginons cependant, en tout cas n’écartons pas totalement, l’hypothèse que dans son Programme de transition de 1938 Trotsky jugeait déjà « pour le moins peu vraisemblable » : « il est, cependant, impossible de nier catégoriquement par avance la possibilité théorique de ce que, sous l’influence d’une combinaison tout à fait exceptionnelle de circonstances (guerre, défaite, krach financier, offensive révolutionnaire des masses, etc.), des partis » (tels que Syriza) « puissent aller plus loin qu’ils ne le veulent eux-mêmes dans la voie de la rupture avec la bourgeoisie ».

L’expérience des partis et Etats bureaucratiques-staliniens a montré que ceux qui, dans de telles circonstances, ont pu à un moment donné « aller plus loin dans la voie de la rupture avec la bourgeoisie » se sont simultanément retournés contre la classe ouvrière – dans leurs frontières et internationalement. Mais c’était une autre époque et de tels phénomènes ont aujourd’hui perdu leur actualité. Ce qu’il importe ici de souligner, c’est que le type de situation objective qui pourrait éventuellement rendre possible une radicalisation (très hypothétique, mais considérons l’hypothèse) de formations réformistes antilibérales aurait, dans le même temps, des répercussions très rapides dans toute l’Europe – voire même s’inscrirait elle-même d’emblée dans une vague européenne. Sans parler du fait que des mesures progressistes un peu conséquentes qui seraient prises par tout éventuel gouvernement européen (par exemple une annulation de dette) auraient des effets boule de neige immédiats au niveau du continent, à commencer par la situation de ses principales banques.

L’interpénétration très avancée des économies européennes, tout comme la commu- nauté de destin de leurs peuples face à l’austérité capitaliste et à la tutelle néolibérale des institutions de l’UE, rendent un tel processus beaucoup plus plausible que dans le passé. L’in- ternationalisation des révoltes populaires et des processus révolutionnaires, typique de ces dernières années (du Caire à Madrid et Barcelone, New York et Sao Paulo, maintenant Kiev et Tuzla), en renforce la crédibilité.

En d’autres termes, un processus de « rupture » serait d’emblée – ou en tout cas deviendrait très vite – non pas national mais européen. Durand et Keucheyan affirment par ailleurs que «ce n’est qu’une fois la rupture avec l’UE consommée que la vraie politique pourra commencer: politique de plein emploi, réorientation de l’économie en fonction des besoins sociaux, intégration internationale solidaire, planification de la transition écologique… » Il n’y aura pourtant aucune «vraie politique» de ce type qui pourrait se mettre en place tran- quillement et « démocratiquement » ; mais bien plutôt une déstabilisation générale et un pro- cessus d’éclatement de l’UE – dans un cadre de révolutions et (comme c’est toujours le cas) de contre-révolutions voire de guerres.

Préconiser une ou des ruptures nationales avec l’Union européenne signifie ainsi s’inscrire dans un scénario fort peu vraisemblable. Mais c’est aussi préconiser une orientation politique qui, nonobstant les confusions possibles avec le discours de courants souverainistes ou nationalistes, ne prépare pas aux affrontements à venir.

L’alternative est d’indiquer que les institutions de l’UE, foncièrement, consubstantiellement anti-ouvrières et antisociales sont à renverser, mais qu’elles ne pourront l’être que par l’action conjointe des travailleurs et des opprimés d’Europe. Nous sommes toutes et tous dans la mê- me galère, confrontés à des forces qui nous sont aujourd’hui infiniment supérieures. Nous ne pourrons nous en sortir qu’en nous unissant et en joignant nos forces. Et en préparant ainsi, dans le même temps, l’avènement d’une autre Europe, démocratique, des travailleurs et des peuples.

Jean-Philippe Divès Revue L’Anticapitaliste n°53 (avril 2014)

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10 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Remaniement: la valse des pantins

NPA
pantin-

Le « gouvernement de combat » de Manuel Valls change peu.

Seulement l’arrivée de deux « nouveaux », Royal et Rebsamen, l’habituel jeu de chaise musi- cale, et le départ d’Europe écologie les Verts. Mais sur le fond, rien ne change bien sûr !

Après la raclée électorale historique aux municipales, Hollande a donc été obligé de réagir vraiment… en changeant de Premier ministre ! Et le signal est fort puisque Hollande a choisi celui qui dénonçait les 35 heures, celui qui estimait que le nom de son parti, « socialiste », était dépassé, celui qui comme ministre de l’Intérieur a expulsé plus que Guéant et a stigmatisé les Roms.

Bref, en nommant Valls, Hollande a donc donné un signal très fort… aux électeurs de droite. Valls était donc très attendu dans la composition du nouveau gouvernement, surtout que celui-ci avait été annoncé par le président des patrons comme « resserré » et « de combat ». Au final, pas grand-chose puisqu’il passe de 20 à 16 ministres, et que les principaux poids lourds du gouvernement Ayrault sont maintenus, avec quelques changements de minis- tères. Seul fait notable, c’est que la parité semble désormais acquise au sommet de l’État puisqu’il y a désormais 8 ministres femmes et 8 ministres hommes… Mais rassurons-nous, comme on le sait, le Président de la République et le Premier ministre restent bien des hommes !

On garde à peu près les mêmes… À y regarder de plus près, le gouvernement Hollande- Valls est un subtil équilibre entre les différentes tendances du Parti socialiste. Les « pro- Hollande » obtiennent des ministères et postes clés : Le Drian garde la Défense, Le Foll reste à l’Agriculture mais devient également porte-parole du gouvernement, Michel Sapin devient ministre des Finances et des comptes publics, et François Rebsamen fait son entrée en re- prenant le ministère de Sapin (Travail, emploi, dialogue social), ainsi que Ségolène Royal qui récupère le même ministère qu’il y a 22 ans, l’Écologie…

La « gauche » du PS est aussi promue. Hamon devient ministre de l’Éducation nationale à la place de Peillon qui quitte le gouvernement. Cette promotion est sans doute due à sa « dis- cipline » depuis mai 2012, mais aussi un moyen de continuer de museler les députés de la gauche du PS. Et ça a l’air de marcher ! Montebourg, le nouveau meilleur ami de Valls, a obtenu ce qu’il voulait en devenant ministre de l’Économie, du redressement productif et du numérique. En échange, il a farouchement soutenu la nomination de Valls à Matignon. À noter également, le maintien de Christiane Taubira comme Garde des sceaux. Il était difficile de se séparer de celle qui, avec la loi du mariage pour tous, est devenue une véritable « icône ». Mais c’est aussi pour Hollande et Valls la garantie d’avoir une caution de gauche… à une politique qui ne l’est pas !

Les « Strauss-kahniens » sont les grands perdants du remaniement : il ne reste plus que Touraine et Valls (quand même…). Avec le départ des représentants de EÉLV, seuls les radicaux de gauche, avec Sylvie Pinel au logement, représentent la prétendue ouverture de ce gouvernement au reste de « la gauche ». À cette équipe, devrait s’ajouter, après le vote de confiance au gouvernement quelques secrétaires d’État.

… pour la même politique ! Derrière ce changement de personnel, ce gouvernement garde le même cap et sans trop de surprises poursuivra la même politique pour le Medef, contre le monde du travail. Sans attendre son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, Valls a déjà donné le cap de son gouvernement : la sacro-sainte « réduction des déficits » et la mise en place du « Pacte de responsabilité ».

Certains à droite se réjouissent même de ce nouveau gouvernement, en particulier de la nomination de Valls, comme c’est le cas de Raffarin, de Devedjian ou même le héraut de la Sarkozie, Frédéric Lefebvre, qui a dit le lundi 7 avril « attendre le discours de politique géné- rale du Premier ministre et n’écarter aucune éventualité »… On piaffe d’impatience pour la suite ! Ne tirant évidemment aucune leçon des élections municipales, derrière l’écran de fumée d’un futur Pacte de solidarité, le gouvernement Hollande-Valls continue l’entreprise anti-sociale largement entamée par ceux qui les ont précédés.

Nous n’avons donc rien à attendre de cette nouvelle équipe. Raison de plus pour réussir le 12 avril, et lui donner des suites.

Sandra Demarcq Hebdo L’Anticapitaliste – 237 (10/04/2014)

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10 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Jeudi 10 avril, olivier besancenot sur canal +

NPA

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Jeudi 10 Avril 2014, 19:10

Olivier Besancenot est l’invité du Grand Journal

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10 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Rassembler contre le gouvernement ps-medef

gauche-droite

Communiqué du NPA

Les différentes composantes du Font de gauche viennent d’annoncer qu’elles étaient parvenues à un accord pour les élections européennes. Les tensions et négociations entre elles ne portaient pas sur le programme mais sur la répartition des régions et des têtes de listes.

Contrairement à ce que l’on peut lire dans des comptes rendus de presse ni le NPA ni Olivier Besancenot n’ont demandé au Front de gauche « d’intégrer ses listes ». Le Conseil politique national du NPA s’est adressé aux différentes composantes du Front de gauche ainsi qu’à Lutte ouvrière pour discuter des moyens de faire face, en particulier pour les élections européennes, à la situation politique à l’issue des élections municipales et de la déroute du gouvernement PS-Medef. Dans cette lettre, nous proposons de constituer des listes unitaires avec toutes les forces politiques qui entendent se situer en opposition au gouvernement, à la droite et à l’extrême droite, et rejettent toutes formes de nationalisme et de souverainisme.

Aujourd’hui, Pierre Laurent en présentant les listes du Front de gauche a également adressé une fin de non recevoir à cette proposition unitaire. Nous le regrettons. Nous pensons que les forces qui veulent réellement défendre les intérêts du monde du travail et des classes populaires doivent se rassembler pour préparer l’affrontement avec le gouvernement Valls-Hollande, ce gouvernement PS-Medef pour en finir avec les politiques d’austérité et le chômage. La manifestation du 12 avril doit être un pas dans ce sens.

C’est ce que le NPA défendra aussi dans les élections européennes. Nous voulions et nous voulons en discuter avec le Front de gauche ainsi qu’avec Lutte ouvrière pour les élections comme pour les luttes. NPA, Montreuil, le 8 avril 2014

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31600

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10 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Rwanda 1994-2014: génocide et honteuse raison d’État

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Le 7 avril 1994 débutait au Rwanda le génocide des Tutsi, organisé méthodiquement par des extrémistes hutus issus du cœur du régime, et qui allait faire plus d’un million de morts en trois mois.

L’armée française était sur place, soutien de ce régime jusqu’au bout. Et seule l’armée du FPR tutsi a pu mettre fin à un massacre dont les racines idéologiques avaient été semées depuis des dizaines d’années par les colonisateurs belges et français.

C’était il y a 20 ans. Après un tel crime contre l’humanité, le peuple rwandais cherche à se reconstruire un avenir, dans la justice et dans le travail de mémoire nécessaires. Et pour cela il mérite la pleine solidarité de tous les peuples du monde, pour imposer «  Plus jamais ça  !  ». Mais ici, nous devons beaucoup plus. Car c’est en notre nom que l’appareil d’État français a commis un crime impardonnable. Il a été complice des assassins, avant, pendant et après le génocide. Et il tente, encore maintenant, de le masquer avec la dernière énergie. Le refus des plus hautes autorités de l’État de participer cette année aux commémorations appelées par les victimes du génocide, au nom de la négation de la réalité, est une honte.

Le gouvernement de cohabitation droite-gauche de l’époque, le président Mitter- rand, le Premier ministre Balladur, l’état-major de l’armée, tous savaient. Mais pour eux, rien n’était plus important que la lutte contre le FPR dirigé par Paul Kagamé, ni que les rivalités impérialistes en Afrique avec les États-Unis et la Grande Bretagne  ! Et depuis, tous les dirigeants de l’État se couvrent, quelquefois même avec des relents racistes.

Les témoignages s’accumulent pourtant pour décrire une armée française formant, armant, payant les génocidaires, y compris pendant le massacre, les aidant à s’échapper ensuite, tout en prétendant face au monde conduire une intervention «  humanitaire  ». La justice française commence seulement à chercher ceux qui ont abattu l’avion du président rwandais Habyarimana, donnant le signal du massacre. C’est sous pression qu’elle commence à poursuivre les planificateurs du génocide, tranquillement réfugiés en France depuis 20 ans. Avec les victimes, nous devons obtenir beaucoup plus  : les archives françaises sur cette période doivent être déclassifiées, et les complices français du génocide, crime imprescriptible, doivent être jugés et condamnés  ! Jacques Babel 10 avril 2014

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31601

Lire aussi:

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31093

 

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10 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Envoyons valls’er le gouvernement ps-medef

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Le discours de politique générale de Valls devant l’Assemblée nationale, et une droite hystérique,  aura été sans surprise : un discours de combat contre les travailleurs et les classes populaires. Dans la continuité d’Ayrault, la baisse du coût du travail reste la seule boussole du gouvernement. Valls a  joué la compassion, « trop de souffrances et pas assez d’espérance »  mais il ne s’adressait ni aux travailleurs ni aux classes populaires mais bien à sa majorité, à la droite et au patronat.

« Plus vite et plus fort »…

Comme prévu, le pacte de responsabilité, ce sera 30 milliards pour les patrons avec en prime, une diminution de l’impôt sur les sociétés ramené à  28% d’ici 2020, et quelque 50 milliards minimum d’économies à réaliser au détriment des services publics, de la protection sociale et des collectivités locales. Pour les salariés, la solidarité sera beaucoup plus  symbolique ou plutôt franchement hypocrite et cynique. Ainsi, le Smic serait augmenté à partir du 1er janvier 2015 de 500 euros par an, miracle, sans que cela coûte un centime au patronat. Le tour de passe-passe est simple : on transfère les cotisations sociales salariées dans le salaire net. Un manque à gagner évident pour la protection sociale, dont personne ne sait s’il sera comblé ni comment !

Tout le discours de Valls est à l’image de ce tour de passe-passe : faire semblant de s’intéresser au sort de la population pour mieux justifier une politique favorable exclusivement au patronat.

La fronde des velléitaires

Pour le reste, Valls n’avait d’autre souci que de se mettre lui-même en scène et de s’imposer à sa majorité en l’obligeant à approuver le pacte de responsabilité en votant de confiance sans débat ni amendements. Le coup est réussi, il a obtenu une large majorité. Mais il est peu probable que cela suffise à calmer la  méfiance voire d’hostilité de son propre camp. Les députés d’EELV ou ladite gauche du PS ne croient pas aux capacités du gouvernement Valls de  surmonter le rejet populaire et ils n’ont nullement l’intention de sombrer avec lui. Mais ils viennent de démontrer qu’ils sont bien incapables d’offrir  la moindre réponse aux inquiétudes et au mécontentement.

Le vote de censure, c’est le 12 et dans la rue…

Le monde du travail n’a rien à attendre des petites manœuvres parlementaires qui agitent la gauche libérale. Seules ses mobilisations, ses luttes peuvent obliger le gouvernement et le patronat à reculer. C’est pourquoi le NPA participera à la manifestation du 12 avril avec les partis du Front de gauche, des associations et organisations syndicales contre le gouvernement pour, ensemble, dire non aux politiques d’austérité.

Nous souhaitons que les différentes forces qui se disent en opposition à la politique du gouvernement soient en mesure de se rassembler, en tournant le dos aux jeux politiciens, pour défendre les intérêts des travailleurs, en finir  avec les politiques d’austérité, le chômage, imposer une réelle politique anticapitaliste.

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08 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Des négociations secrètes pour créer un fait accompli (3)

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Le plus grand secret règne autour des séances de négociation sur le traité trans- atlantique : la diplomatie secrète fait partie des modes de fonctionnement habituels des États capitalistes.

En juin 2013, le Conseil européen a adopté le mandat de l’UE pour les négociations du grand marché transatlantique. Les gouvernements ont décidé de le garder secret, du moins pour la population. Officiellement, le gouvernement français aimerait beaucoup le rendre public, mais ce serait les « méchants » allemands, danois, et hollandais qui ne voudraient pas.

Du coup, silence dans les rangs ! L’UE est un bel instrument pour procéder dans le dos des peuples. Ni démocratique ni dictatoriale, mais « post-démocratique »… Depuis juillet dernier, la Commission européenne, au nom de l’UE, négocie avec le gouvernement étatsunien dans la plus grande opacité. Pour le vernis démocratique, elle a consulté les ONG et les syndicats. Pour les choses sérieuses, elle se concerte régulièrement avec les grands groupes capitalistes européens afin de défendre au mieux leurs intérêts.

La raison principale du secret est simple : il faut endormir la population, éviter qu’elle ne s’y oppose bruyamment et fasse capoter les discussions. Les bourgeoisies ont encore en tête l’échec de l’AMI (accord multilatéral sur l’investissement), négocié secrètement entre 1995 et 1997 par les 29 États membres de l’OCDE. Son exposition avait soulevé l’indignation et il avait été abandonné. Susan George d’Attac avait alors résumé : « l’AMI est comme Dracula : il meurt à être exposé en plein jour ».

C’est donc seulement une fois l’accord trouvé que le contenu du mandat devait être dévoilé, avant que les parlements (européens et nationaux) adoptent « démocratiquement » le traité. Heureusement, le mandat a pu être dévoilé et nous savons désormais que le pire se négocie dans les salons de Bruxelles et de Washington. Depuis 8 mois, quatre cycles de discussions ont eu lieu, le dernier à la mi-mars. Les discussions se déroulent à huis clos, et rien ne filtre mis à part des discours de communicants qui ne nous apprennent rien de concret. Les discussions reprendront à l’automne, nos chers dirigeants ayant décidé de ne pas « polluer » les élections européennes avec des débats qui ne sont pas censés intéresser le bas peuple.

Diplomatie secrète versus contrôle de la population  La Commission européenne théorise la nécessité du secret dans les négociations commerciales. Dans son « Guide pour la transparence » dans la politique commerciale, elle dit : « Pour que des négociations commer- ciales fonctionnent et réussissent, un certain niveau de confidentialité est nécessaire, sinon ce serait comme montrer ses  propres cartes à l’autre joueur dans un jeu ». Les textes discutés doivent être secrets « pour protéger les intérêts de l’UE » et pour garantir un « climat de confiance ». Les capitalistes doivent ainsi pouvoir s’arranger entre eux sans que les peuples aient leur mot à dire. Dans un courrier du 25 mars dernier, la vice-ministre polonaise de l’Économie va jusqu’à écrire : « En accord avec les pratiques de l’Union européenne, le texte du traité sera rendu public seulement au dernier stade de la négociation, après que le document ait été signée par les deux parties ».

WikiLeaks a percé le mur des secrets biens gardés de la bourgeoisie, s’attirant les foudres des gouvernements « démocratiques ». Bien avant cette association, après la révolution russe, le gouvernement révolutionnaire avait rompu immédiatement avec les méthodes de la bourgeoisie. Ainsi, le décret sur la paix de 1917 abolissait la diplomatie secrète, et Trotski (alors commissaire du peuple aux affaires étrangères) avait rendu public les traités secrets entre grandes puissances. L’opacité des discussions entre bourgeoisies est consubstantielle au capitalisme. Nous ne pourrons y mettre fin qu’en construisant une société fondée sur le contrôle de la majorité de la population (les travailleurs) sur son propre destin. 

Gaston Lefranc http://npa2009.org/content/mettre-en-echec-le-traite-transatlantique-de-commerce-et-dinvestissement

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08 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Hollande l’atlantiste (4)

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De Washington, le 11 février dernier, lors de sa conférence de presse commune avec Barack Obama, François Hollande a annoncé la couleur à propos du Traité commercial transatlantique : « aller vite n’est pas un problème, c’est une solution ».

Cette attitude s’inscrit dans un positionnement général du président « socialiste ».
Le 24 mars, à La Haye, Obama a réuni les dirigeants du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis,  France, Italie, Japon et Grande Bretagne) pour aligner leur position sur la situation en Ukraine par rapport à Moscou, après avoir suspendu les préparatifs du sommet du G8 (le G7 plus la Russie) prévu à Sotchi en juin. Dans une belle unanimité, ils ont condamné Moscou, annonçant des « sanctions sectorielles coordonnées qui auront des conséquences de plus en plus importantes sur l’économie russe, si la Russie poursuit cette escalade ».

« Partage du fardeau »
L’affaire ukrainienne était l’occasion pour les USA d’engager l’UE à leurs côtés et pour leurs alliés de réaffirmer leur engagement. Hollande, comme l’avait fait avant lui Sarkozy, s’est empressé de le faire. Il s’est complaisamment plié au cadre imposé dont Obama a rappelé  les principes. « Le monde est plus sûr et plus juste quand l’Europe et les États-Unis sont solidaires. [...]Les États-Unis et l’Europe sont unis » dans la crise ukrainienne et « la Russie est seule »

. Il argumentait ainsi pour réclamer un effort dans le« partage du fardeau » : alors que les budgets militaires des 28 de l’Union européenne sont partout à la baisse, les USA veulent imposer à leurs partenaires un meilleur partage des dépenses militaires dont ils assument 80 %. Et de vanter l’OTAN, qui « reste l’alliance la plus forte et la plus efficace de l’histoire de l’humanité », en rappelant l’article 5 du traité de l’Atlantique nord qui comporte « une obligation solennelle de se défendre l’un l’autre ». «  La relation avec nos alliés et partenaires européens est la pierre angulaire de notre engagement international, comme on le voit avec notre mission commune en Afghanistan et nos efforts diplomatiques avec l’Iran et la Syrie. »

La réciproque est tout aussi vraie et l’Otan reste le cadre diplomatico-militaire dans lequel la France inscrit sa politique internationale. La prétendue lutte pour la défense de la démocratie et de l’hypocrite droit international est devenue le nouveau masque que prend la défense des intérêts des puissances occidentales, après la chute de l’Union soviétique et du bloc de l’Europe de l’Est, et la dissolution de l’alliance militaire du Pacte de Varsovie en 1991.

Militarisme et libre échange La politique internationale de Hollande est indissociable de son empressement à mener les négociations pour le traité de libre-échange transatlantique (TTIP). À ce sujet, le président américain a souligné : « Je veux remercier François pour sa coo- pération », jugeant l’accord vital pour la croissance de l’économie mondiale. L’entente diplomatico-militaire va donc de pair avec les accords économiques et de libre-échange.
Ce que Hollande et Obama appelaient dans leur tribune cosignée publiée dans le Monde et le Washington Post en février un « partenariat toujours plus étroit », un « modèle de coopération internationale », une « alliance transformée »…

Yvan Lemaitre http://npa2009.org/content/mettre-en-echec-le-traite-transatlantique-de-commerce-et-dinvestissement

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