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08 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

ford (france inter)

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08 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

ford (france info)

philippe poutou

Blanquefort : « On est plutôt satisfaits de voir un gouvernement qui est en colère contre Ford », se félicite Philippe Poutou

Philippe Poutou, ancien candidat NPA à la présidentielle et délégué CGT de Ford à Blanquefort (Gironde) est revenu, lundi pour France Inter, sur la situation de l’usine dont le constructeur américain souhaite se séparer.

Les pouvoirs publics étaient restés jusqu’ici « passifs », selon Philippe Poutou, lundi 7 janvier sur France Inter, face à la menace de fermeture du site Ford située à Blanquefort en Gironde.  L’ancien candidat NPA à la présidentielle et délégué CGT de l’usine « est plutôt satisfait de voir un gouvernement qui semble déterminé et qui est en colère contre Ford ».

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a assuré, dimanche, que les discussions continuaient pour convaincre le groupe américain de ne pas fermer le site, mais aussi que l’État restait prêt à le racheter provisoirement pour le revendre au repreneur franco-belge Punch.

L’État a l’idée d’acheter cette usine de manière très momentanée, comme ça la responsabilité d’un éventuel échec de la reprise retomberait sur l’État et ça rassurerait Ford. Philippe Poutouà France Inter

Un rachat de l’usine Ford à Blanquefort par l’État « servirait à ça, finalement, donc ce n’est pas terrible moralement, parce que Ford devrait rester responsable de la suite de l’histoire, mais c’est comme ça. Nous, on en est là, on a un dispositif qui est en train d’être discuté, peaufiné » et « on continue d’y croire », a poursuivi Philippe Poutou.

Une réunion est d’ailleurs prévue, mercredi à Bercy, mais aucun représentant du groupe américain ne sera présent, selon Philippe Poutou. « Ford ne discute pas du tout, ni avec le repreneur ni avec l’État, ça se passe par avocats interposés cette histoire », a dénoncé le délégué syndical.

« Ford dit, comme l’ensemble des patrons quand ils ferment une usine, que c’est une chance pour nous de rebondir, qu’un plan de licenciements c’est bien parce que c’est beaucoup d’ar-gent. Mais nous on pense que tout ça c’est du pipeau. La seule façon de sauver notre avenir c’est de sauver notre emploi », a souligné l’ancien candidat à la présidentielle.

07/01/2019

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07 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

complémentaires (npa)

retraite

Complémentaires

Les retraitéEs victimes du gouvernement, du patronat et de complices syndicaux

L’accord sur les retraites complémentaires des salariéEs du secteur privé conclu le 30 octobre 2015 entre le MEDEF, la CFE-CGC, la CFTC et la CFDT est entré en vigueur ce 1er janvier.

Les effets sont immédiats : les actifEs cotisent plus, ils et elles devront travailler plus longtemps pour ne pas toucher une retraite trop misérable, et le montant des pensions diminue. Et d’autres conséquences se feront sentir si la mobilisation ne fait pas échec à la contre-réforme des retraites de base qui pourrait être votée cet été.

Anticipation

Le système des retraites de base (les retraites versées par les régimes de Sécurité sociale) est en annuités : le montant de la pension dépend principalement du montant des salaires soumis à cotisation et de la durée de la durée de la carrière. Les retraites complémentaires fonctionnent selon un système à point. Le montant de la pension dépend du nombre de points accumulés durant sa carrière et de la valeur du point attribuée chaque année par la caisse complémentaire après agrément par le gouvernement.

Le projet qui devrait être débattu au Parlement cet été a pour objectif de faire basculer le système d’annuités en un système à points, satisfaisant ainsi une vieille revendication du patronat.

La fusion entre l’AGIRC (couvrant l’ensemble des salariéEs) et l’ARRCO (spécifique aux cadres) prévue par l’accord de 2015 est effective aussi depuis le 1erjanvier. Cette disposition va égale-ment favoriser l’application du projet Macron-Medef qui prévoit un régime universel et la fusion de tous les régimes actuels.

Régressions sociales

Les signataires de l’accord affirmaient que « personne n’y perdra ». La cotisation « salariale » a augmenté de plus d’un demi-point (0,56%) au 1erjanvier, la cotisation patronale ne change pas.

La revalorisation de la valeur du point est, depuis l’accord de 2015, inférieure d’un point au taux de l’inflation et s’applique au 1ernovembre au lieu du 1eravril, tandis que les pensions des régi-mes de base augmenteront de 0,3% au 1er janvier, alors que l’inflation en 2018 serait de 1,8% selon une estimation de l’Insee.

Jusqu’en décembre 2018, les salariéEs qui bénéficiaient des droits à la retraite de base à taux plein percevaient également l’intégralité de la retraite complémentaire. Depuis cette année  il subissent une diminution de 10% de cette pension pendant trois, et au plus tard jusqu’à 67 ans. C’est un recul de fait de l’âge de départ à la retraite pour toutes celles et tous ceux qui perce-vaient des bas salaires, en majorité des femmes. Les personnes chômeuses au moment de partir en retraite sont très nombreuses, et elles n’auront pas d’autres choix que de subir ce malus.

La seule « avancée »du protocole de 2015 concerne la modification des règles concernant les pensions de réversion versées aux veufs et veuves. Cadres et non cadres pourront en bénéficier dès 55 ans sans minoration, alors qu’auparavant il n’était pas possible de percevoir avant 60 ans sans minoration cette pension versée uniquement par l’AGIRC.  Mais il est à craindre que cette disposition ait été prise dans le but de réduire ou de supprimer la pension de réversion du régi-me de base dans le cadre de sa réforme, le gouvernement restant très flou sur le sujet.

Jaunes, verts ou rouges… la défense des retraites est aussi une raison de se mobiliser !

S. Bernard  Lundi 7 janvier 2019

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05 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

macron

Le président des riches

Veut préserver l’essentiel!

Retour sur l’année 2018. « Nous ne reprendrons pas le cours normal de nos vies, comme trop souvent par le passé dans des crises semblables, sans que rien n’ait été vraiment compris et sans que rien n’ait changé » : ainsi Macron concluait-il son discours du 10 décembre. Il veut faire exactement le contraire : préserver l’essentiel de sa politique.
À nous de le faire céder.

Face aux Gilets jaunes, le pouvoir a dans un premier temps joué le mépris et l’ignorance, au point qu’Édouard Philippe a même balayé d’un revers de main les offres de service de la direction de la CFDT proposant de lancer une grande concertation. Pour le pouvoir, il n’était question ni de faire des concessions ni de réintroduire dans le jeu des « partenaires sociaux » qui font perdre du temps même quand on ne leur cède rien.

Organiser l’apparent recul

Mais ensuite, le mouvement s’amplifiant, outre une escalade de la répression, le gouvernement décide le 4 décembre de lâcher sur les carburants : suspension ? annulation de la hausse de la taxe ? Ils hésitent… Ce sera finalement l’annulation. Mais le mouvement est fort. Et il est clair qu’il a d’autres motifs : hausse de la CSG, suppression de l’ISF, non-augmentation du SMIC… tout est remis en cause.

Le patronat est le premier à comprendre qu’il faudra lâcher plus 

Même si la production n’est pas bloquée, si les grèves annoncées ne se concrétisent pas ou peu, la direction du MEDEF craint que la situation ne devienne plus sérieuse. Le 4 décembre, Geoffroy Roux de Bézieux, le « patron des patrons », propose une augmentation du SMIC, mais à condition de baisser les cotisations sur le salaire minimum…. Autrement, dit la sécurité sociale ou le contribuable paiera.

Donner quelque chose aux salariéEs… sans que ça coûte un centime aux ­patrons 

L’idée est bonne, commence-t-on sans doute à penser dans les cabinets ministériels, qui planchent sur l’intervention prévue de Macron. Mais pas question de toucher au SMIC lui-même, cela apparaîtrait comme une victoire directe des salariéEs grâce aux Gilets Jaunes.

Donc, la solution sera l’usine à gaz de la prime d’activité, faussement annoncée, le 10  décembre, comme une hausse du SMIC, en même temps que l’exemption de cotisations et d’impôts sur les heures supplémentaires et un recul en arrière partiel sur la hausse de la CSG des retraitéEs.

Des entourloupes

Ces mesures sont des entourloupes. La hausse de la prime d’activité ne concernera pas touTEs les salariéEs au SMIC, elle ne compte pas pour la retraite et rien ne garantit qu’elle sera revalorisée comme le SMIC fin 2019. La mesure sur les heures supplémentaires les rend encore moins coûteuses : c’est un encouragement à y recourir (d’autant que leur taux de majo-ration peut, par accord conventionnel, être abaissé à 10 %) au détriment des embauches.

Quant aux retraitéEs, la non-augmentation de la CSG ne compensera pas la baisse program-mée du pouvoir d’achat lié aux pensions, programmée tant pour les retraites du régime général que pour celles des régimes complémentaires.

Ces mesures ont un coût évalué par le gouvernement à 10 milliards ­d’euros.

On peut le comparer aux quelque 18 à 20 milliards pour 2019 liés à la transformation du CICE et aux quelque 4 milliards d’euros de pertes de recettes résultant de la réforme de l’ISF. Les Gilets jaunes ont raison de dire que ce ne sont que des miettes. Des miettes qui devront, de plus, être payées par la population elle-même, avec la TVA, la CSG et toute cette fiscalité de plus en plus injuste, ainsi que par des restrictions supplémentaires à venir dans les dépenses publiques utiles.

Mais pas dans celles concernant l’armée et la police.

Pour cette dernière, il y a de l’argent, avec non seulement une hausse des salaires de 120 à 150 euros nets par mois, mais aussi le renouvellement du matériel répressif : le ministère de l’Intérieur a passé commande le 23 décembre dernier de trois lots de LBD 40 : un lot de 180 lanceurs multi-coups à six coups, un lot de 270 lanceurs multi-coups à quatre coups, enfin, un lot de 1 280 lanceurs mono-coup.

Par contre, les fermetures de lits d’hôpitaux, de bureaux de poste, de petites lignes SNCF… continueront, obligeant les habitantEs des campagnes, petites villes et périphéries des agglomérations à utiliser encore plus leur voiture.

Quelques concessions pour sauver l’essentiel

Les 10 milliards, c’est « Je paie une tournée générale, sors ton porte-monnaie ». Quelques mesures peuvent, certes, coûter aux entreprises, comme la fameuse « prime exceptionnelle », mais sur la base du volontariat. C’est une forme de charité, encouragée là encore par des avantages fiscaux et, au surplus, certains patrons ne se gêneront pas, au moment des négociations annuelles obligatoires (NAO), pour dire qu’ils ont déjà fait un « effort ».

Macron fait quelques concessions pour sauver l’essentiel 

Les réformes néo-­libérales déjà intervenues, ou à venir. Un peu plus de déficit budgétaire ne le gêne pas si c’est pour sauver le noyau dur de sa politique, et la Commission européenne sera compréhensive. Car, comme le signale justement l’économiste Stefano Palombardini sur son blog Mediapart : « Il est essentiel de souligner que le cœur du néolibéralisme n’est pas l’austérité budgétaire, mais une relation salariale « flexible », la main libre au patronat dans les relations du travail, une protection sociale pliées aux règles marchandes.

L’austérité a été utilisée, en France comme ailleurs, pour montrer le caractère prétendument inéluctable des réformes néolibérales, qui sont à l’origine de la diffusion de la précarité, de la pauvreté et des inégalités grandissantes… »

D’ailleurs, comme le faisait remarquer Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, « il n’y a pas de changement de cap ».

Le gouvernement nous ressert déjà le discours sur le déficit public et la dette. Cette musique vise à justifier des mesures sévères de baisses des dépenses et de nouvelles privatisations, alors même que la dette s’accroît, en premier lieu en raison des subventions et exemptions accordées aux revenus élevés et aux entreprises.

Si la réforme des retraites sera peut-être un peu décalée, celle de l’assurance chômage est toujours d’actualité : alors que le gouvernement réclame 1,3 milliard d’économies par an, à charge aux « partenaires sociaux » de trouver comment satisfaire cette exigence, le patronat a présenté, à la veille de Noël, un ensemble de propositions aboutissant à 1,9 milliard d’euros par an sur le dos des chômeurEs…

En faisant mine de satisfaire les Gilets jaunes et de soutenir le pouvoir d’achat, Macron veut préserver l’essentiel de sa politique. Il faut le contraindre à céder, sur l’ISF, sur les salaires, les retraites… et que le mouvement ouvrier se dispose enfin et résolument dans cet objectif.

Henri Wilno Jeudi 3 janvier 2019

https://npa2009.org/

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05 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

syndicats (npa)

syndicats

Attention! Ni FO, CGT et Solidaires!

Syndicalisme

Sortir de l’alternative

Intégration / Marginalisation

Retour sur l’année 2018. Dure année pour le mouvement syndical. Avec la mise en application des ordonnances de destruction du droit du travail, et après l’échec de la mobilisation de la SNCF, l’année se termine avec l’improbable et durable mouvement des Gilets jaunes, non inscrit dans le logiciel syndical traditionnel. Après les défaites contre les lois Hollande-Macron, El Khomri et les Ordonnances, la SNCF, était une nouvelle échéance importante pour les organisations syndicales.

De la mobilisation des cheminotEs…

Secteur restant fortement organisé, bénéficiant d’une popularité historique, des protections de la fonction publique, et n’ayant connu jusque là que des défaites « indirectes », c’est-à-dire les multiples reculs des droits et des moyens de vivre des salariéEs, les cheminotEs paraissaient capables d’infliger un premier recul à Jupiter.

La tactique de lutte saute-mouton (le 2/5 : deux jours de grève, trois jours de travail) imposée par  les directions syndicales a empêché une construction démocratique et mobilisatrice du mouvement. Mais dans le même temps les tentatives de dépasser cette forme de lutte n’ont pas rencontré un écho majoritaire chez les cheminotEs.

Des difficultés qui s’expliquent d’abord parce que les cheminotEs de 2017 ne sont plus celles et ceux de 1995. Les multiples réorganisations/désorganisations de l’entreprise sont passées par là. La « culture » cheminote s’est repliée sur les conducteurEs, les plus mobiliséEs, les autres professions étant davantage soumises à l’externalisation, aux suppressions de postes, à la perte de qualité du travail. Les contre-réformes successives ont été imposées, malgré des mobilisations répétées, créant une ambiance d’échec des luttes depuis 1995 qui a justifié le refus, de la part des directions syndicales, de l’affrontement avec le gouvernement.

… aux élections dans la fonction publique

Depuis la grande mobilisation semi-­victorieuse de l’hiver 1995, les gouvernements successifs ont accéléré le démantèlement des services publics. Pas seulement pour répondre aux « exigences » de Bruxelles ou pour « dégraisser le mammouth », mais aussi pour déconstruire des secteurs qui avaient notamment permis « 95 ».

La Poste, EDF-GDF, Air France, la RATP… ont, à marche forcée, malgré les résistances mais aussi souvent avec la connivence des directions syndicales, subi réductions d’effectifs, déstructurations, mise en cause du service public, dégradation des conditions de travail.

En accompagnant cette démolition, les directions syndicales se sont tiré une balle dans le pied, dans la mesure où le secteur public était non seulement le plus organisé, le plus mobilisable, mais aussi une garantie de ressources financières et humaines. La baisse de participation aux dernières élections dans les fonctions publiques en est la principale leçon, plus significative que la place de « première organisation syndicale » revendiquée par la CFDT et largement répercutée par les médias.

Cette politique a montré toute sa nocivité lors des mobilisations contre les attaques contre le droit du travail depuis la loi Macron, la loi El Khomri, les ordonnances. Des difficultés de mobilisations servant aussi d’alibi, aggravées par des tactiques de lutte rendant encore plus compliquées convergence, coordination, généralisation, convergence public-privé. C’est ainsi qu’au printemps, pendant plusieurs semaines, la mobilisation des cheminotEs s’est déroulée en parallèle de multiples luttes dans le privé sans que les unes ne renforcent l’autre.

Comment sauver les meubles ?

Le congrès confédéral de FO, en avril, ne fut que la première phase d’une crise de grande ampleur. Critiqué pour son extrême prudence lors des dernières années de son mandat, Mailly était remplacé par un Pavageau sensé mettre en œuvre un orientation plus combative.

Son mandat fut rapidement écourté après la divulgation d’un fichier listant les préférences politiques ou la vie privée de 127 responsables de fédérations et unions départementales, assortis de qualificatifs injurieux, suivie d’autres révélations sur les dérives dans l’utilisation des fonds de la confédération.

Plus tranquille, le congrès de la CFDT, qui s’est tenu en juin, a permis à Berger de faire oublier les virulentes critiques portées en 2017 lors de la mobilisation contre les ordonnances, en se contentant d’élever le ton contre Macron, avec la caution de la relative détermination de la fédération cheminote.

Les crises traversées ces dernières années par les principales organisations syndicales résultent, pour une grande part, de leur incapacité à s’adapter aux réorganisations de l’appareil productif et aux transformations induites dans la « classe ouvrière ».

Elles se retrouvent coincées entre, d’une part, la volonté de certains gouvernements et d’une partie du patronat de développer le « dialogue social » et, d’autre part, celles d’autres franges de limiter leur place tant dans les entreprises que dans les systèmes de gestion paritaire (chômage, formation professionnelle, Sécurité sociale, etc.).

Dans de nombreuses structures, les réponses se partagent entre plus de « dialogue social », plus d’intégration, contre plus de combativité.

Si les choix sont très majoritairement faits, parfois depuis longtemps (CFE-CGC, CFTC, UNSA), ou plus récemment (FSU), pour toujours plus d’intégration, les débats, les résistances, restent possibles ailleurs (FO, CGT, Solidaires). Avec comme enjeu la survie de fractions des appa-reils. Mais aussi une mise en péril des équipes syndicales, proches du terrain, qui paient cash tous les errements tout en étant confrontées à la réduction drastique des moyens des instan-ces représentatives du personnel (IRP) qui risque de susciter une « professionnalisation » croissante, tout en favorisant toujours plus de répression.

Remises en cause

Le développement du mouvement des Gilets Jaunes a mis en évidence les carences du mouvement syndical : des tactiques de lutte en échec depuis au moins deux décennies, et l’incapacité à élargir son influence au-delà des secteurs traditionnels. Mais les luttes victo-rieuses dans le nettoyage ou l’hôtellerie, animées notamment par des structures CGT, ouvrent des pistes.

La situation demeure cependant celle d’un « partage » entre la volonté des directions syndicales d’être réintroduites, par le gouvernement, dans le « dialogue social » (à l’exception de Solidaires), et le soutien et l’engagement au côté des Gilets Jaunes. Une ligne de partage qui pourrait devenir une ligne de fracture dans la CGT lors du prochain congrès confédéral.

Le mouvement des Gilets jaunes renvoie le mouvement syndical à ses échecs, à l’exigence d’un fonctionnement démocratique, en interne et dans les mobilisations, à l’extension de leur base sociale. Les réponses apportées pèseront dans les capacités de mise en mouvement des travailleurEs face aux régressions sociales et démocratiques.

Robert Pelletier  Samedi 5 janvier 2019

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05 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

à gauche (npa)

gauche

À Gauche(s) : Annus Horribilis

Retour sur l’année 2018, qui a confirmé la décomposition, voire la disparition du Parti Socialis-te, mais aussi l’impossibilité à la gauche du PS d’occuper l’espace vacant. Et ce ne sont pas les élections européennes qui vont améliorer la situation.

Selon un sondage IFOP récemment publié dans le Journal du Dimanche, si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, Macron ferait mieux qu’en 2017, tout comme Marine Le Pen qui passerait en tête. En revanche, ce qui ne changerait pas, ce serait le score du candidat du Parti Socialiste quel qu’il soit. Quant à Mélenchon, il reculerait de cinq points. Ce sondage est sans aucun doute, malgré les limites de l’exercice, révélateur de la décompo-sition, qui n’en finit pas, du Parti Socialiste, mais aussi de l’état de la gauche radicale.

En voie d’extinction ? 

Le 12 octobre 2018 a marqué une nouvelle étape dans l’agonie du Parti Socialiste. C’est en effet à cette date que le PS a quitté définitivement son siège de la rue de Solférino, où le parti était installé depuis 1980. Symboliquement, ce départ marque son éloignement durable du pouvoir. C’est à la même date qu’Emmanuel Maurel, représentant de l’aile gauche du parti, a annoncé son départ ; il s’est, depuis, rapproché de La France insoumise. Tellement rapproché qu’il est en position éligible aux prochaines européennes.

Mais cette rupture ne fut pas la première

Avant lui, il y avait eu Valls, Hamon et des centaines d’autres éluEs. Sans oublier l’hémorragie militante. En effet, lors du dernier congrès d’Aubervilliers en avril 2018, ce sont 37 000 adhé-rentEs qui ont participé au vote, alors qu’ils et elles étaient plus de 71 000 au congrès de Poitiers en juin 2015 et 132 000 au congrès de Reims en 2008…

Olivier Faure n’a pas, contrairement à ce qu’il espérait lors de son élection comme premier secrétaire, réussit cette année à « relever la tête », bien au contraire. Depuis son arrivée à la tête du PS, il se bat en vain pour ressusciter la mortifère Union de la Gauche et demeure invisible, totalement inaudible sur le fond, laissant ainsi l’espace en interne à deux anciens éléphants : François Hollande et Ségolène Royal… Ce qui tend à prouver qu’aucune leçon n’a été tirée…

L’année 2018 n’aura pas non plus été des plus clémente pour le Parti Communiste

Elle marque la fin, en eau de boudin, du Front de Gauche, et la difficulté du parti à rebondir et à enrayer un déclin engagé depuis maintenant plusieurs décennies. Lors de leur 38e congrès, qui s’est tenu en novembre dernier, les communistes ont renoué ainsi avec leur stratégie d’alliances à géométrie variable en vue, entre autres, des prochaines municipales.  Mais en privilégiant le PS qui pourrait leur permettre ainsi de garder quelques communes.

La nouvelle orientation adoptée est loin d’être porteuse d’une véritable alternative stratégique et théorique. Pire, le rapprochement avec le PS d’Olivier Faure ne permettra pas d’en finir avec le processus de marginalisation du PCF. Bien au contraire, cela risque même de l’accélérer.

J’me voyais déjà

Depuis l’élection de Macron, Mélenchon se pense et se veut, à lui seul, l’opposition politique de gauche, le seul combattant politique contre Macron, dont le rôle serait d’appeler « les gens » à se rassembler autour de lui.

Mais l’année n’aura pas été un long fleuve tranquille pour Mélenchon et La France insoumise, loin s’en faut. C’est ainsi que l’appel aux « gens » à se rassembler autour de Jean-Luc Mélen-chon, et de lui seul, le 23 septembre 2017 contre le « coup d’État social » de Macron, se solda par un bilan fort mitigé, et que l’appel à des « casserolades » et à une manifestation  » d’ un million de personnes sur les Champs-Élysées » fut mis entre parenthèses.

Un an plus tard, l’épisode des perquisitions d’octobre 2018, où Mélenchon a choisi « le bruit et la fureur », l’a fait apparaître hors de contrôle, très loin du « candidat du peuple » qu’il affirme être. Une séquence au cours de laquelle il témoigna de son mépris pour l’accent d’une journa-liste toulousaine, contre les « abrutis de Radio France », avec en outre une campagne haineuse contre Mediapart

Une séquence politique désastreuse pour La France insoumise

En particulier pour son leader, qui a depuis bien du mal à retrouver une certaine crédibilité et adhésion au moment même où une crise sociale et politique de grande ampleur a lieu. Mais comme à son habitude, Mélenchon ramène tout à lui en indiquant que « les trois quarts » des revendications des Gilets Jaunes sont dans son programme. On ne se refait pas !

2019 : à l’épreuve des urnes 

L’année qui vient risque d’être celle de tous les dangers pour la gauche institutionnelle. En effet, c’est celle des élections européennes, premier scrutin à caractère national depuis l’arrivée de Macron au pouvoir. Et on peut le dire : ils sont tous sur les starting-blocks… et dans les tractations.

Une fois encore, l’unité de la gauche (sans contenu politique) est remise sur le devant de la scène, que ce soit par les éditorialistes bien-pensants ou par un certain nombre de leaders. Et comme toujours, les mêmes vieilles recettes sont avancées : l’union de la gauche permettrait d’être un rempart à Macron, mais aussi et avant tout au Rassemblement national.

C’est le discours, par exemple, d’Olivier Faure du PS, de Benoît Hamon mais aussi de Raphaël Glucksmann qui vient de créer un nouveau mouvement, « Place publique ». Tous rêvent de rassembler toute la gauche et les écologistes hormis La France insoumise… pour occuper de nouveau l’espace.

C’est dans cette optique que Ségolène Royal a proposé à Yannick Jadot une liste commune, sur laquelle elle aurait été placée en seconde position, mais ce dernier lui a émis une fin de non recevoir en affirmant que « ce n’est pas la nostalgie qui va nous sauver ».

Le PCF, quant a lui, même s’il a une tête de liste depuis un certain temps, s’essaye lui aussi à l’unité, avec les… Gilets jaunes. Seule La France Insoumise semble être prête à ces prochai-nes élections, malgré là aussi de nombreux couacs internes.

Mais cela sera-t-il suffisant pour être, comme ils l’espèrent, la seule opposition à Macron ? Et surtout, cela permettra-t-il d’avancer dans la construction d’une opposition radicale et unitaire à ­l’offensive capitaliste ? Rien n’est moins sûr.

Joséphine Simplon Samedi 5 janvier 2019

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04 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

nos voeux 2019 (npa )

une 2

2019 : étendre la contre-offensive du monde du travail

Comme à l’occasion de chaque nouvelle année, le NPA souhaite contribuer de toutes ses forces à la construction d’un mouvement de grève générale, seul moyen d’imposer les revendications vitales pour le monde du travail et la jeunesse, en posant dans la rue la question du pouvoir.
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Mais en 2019, pour la première fois depuis longtemps, ce n’est pas une déclaration de principe mais l’optimisme de la raison que nourrissent les évènements de ces dernières semaines.

La résistance tenace et inattendue des cheminotEs durant tout le printemps n’a pas réussi à bloquer les attaques gouvernementales du fait d’une stratégie syndicale vaincue d’avance, mais elle constitue une expérience en maturation. Elle a entrouvert la possibilité de défier Macron, et son mépris social qui ruisselait bien plus insolemment que la croissance continue des profits de ses amis.

Cette expérience d’un combat d’ampleur nationale comptera pour la construction des luttes à venir, comme elle a pesé dans le surgissement du mouvement des Gilets jaunes à l’automne. La force propulsive de la mobilisation de centaines de milliers de femmes et d’hommes qui s’engageaient, pour beaucoup, pour la première fois dans des blocages, des manifestations, des assemblées générales… a permis non seulement de tenir dans la durée, mais surtout de changer le fond de l’air.

Nouveau souffle 

Car d’une entrée en mobilisation contre une augmentation de taxe, les Gilets jaunes se sont enracinés et soudés autour de revendications offensives de « justice sociale ». Ils et elles ont remis au cœur de nombreuses discussions la redécouverte de la chaleur de la solidarité, et de l’épreuve de la force du collectif qui donne le courage de prendre la parole, de défendre pied à pied ses convictions, et aussi de s’affronter aux flics, ceux de la pensée comme ceux qui matraquent, mutilent et interpellent.

Et ils et elles ont imposé un premier recul au gouvernement, donnant à réfléchir sur les questions qui taraudent : augmentation des salaires, défense de services publics pour satisfaire les besoins de santé, logement, éducation.

Ce souffle de renouveau et d’espoir dans la possibilité de se battre, pas seulement pour ne pas perdre des droits acquis, mais pour gagner sur des revendications, a traversé d’autres secteurs.

La mobilisation contre les violences faites aux femmes ouvre l’espoir d’un renouveau du mouvement féministe qui encourage des dizaines de milliers de femmes, jeunes ou pas, à chercher à imposer l’application de l’égalité dans tous les aspects de la vie.

Les marches pour la justice climatique ont regroupé autour de l’idée que la transition écologique, à l’opposé de « l’écologie industrielle » de Macron, ne peut pas s’opposer à la justice sociale, au plan national comme international ; au contraire, elle en est une des conditions.

Graine d’espoir aussi à Ford Blanquefort où l’entêtement des équipes militantes a imposé au gouvernement de dénoncer la multinationale, et de légitimer la lutte pour la défense des emplois.

Enfin, et ce n’est pas la moindre des nouvelles, la jeunesse lycéenne est descendue dans la rue pour contester les diverses formes d’une école dédiée à la sélection des premiers de cordées et à l’apprentissage de la soumission et de l’autorité. Le pas suivant pour cette jeunesse, confrontée à une répression inédite de la part des autorités, sera de formuler en positif ses besoins et ses aspirations pour penser le monde dans lequel elle veut construire son avenir en lien avec les autres mobilisations.

Des débats politiques à mener

Mais parce que tout cela n’a rien d’automatique, que les menaces de repli, la tentation de se laisser mener par des peurs et sombrer dans la recherche de boucs émissaires sont loin d’avoir disparu, le NPA compte bien jouer un rôle actif.

Dans la construction des mobilisations sectorielles et leur convergence, mais aussi dans les débats politiques que les luttes nourriront. Et parmi ces débats, une question qui constitue une ligne rouge est celle de la solidarité internationaliste.

Solidarité avec les réfugiéEs politiques, climatiques, économiques, quel que soit le motif, liberté pour toutes et tous de circulation et d’installation. Solidarité avec les peuples en lutte contre des régimes qui leur dénient la liberté et la dignité, du Nicaragua au Yémen, en passant par la Syrie, les peuples kurde et palestinien.

Solidarité qui passe bien évidemment par le retrait des troupes françaises engagées sur tous les terrains d’opérations extérieures, qui ne défendent que les intérêts des groupes industriels français et le prestige de l’État qui les représente. Toutes ces questions seront au cœur de la campagne des élections européennes, au printemps prochain. C’est ce qui fait pour nous l’enjeu d’y faire entendre une voix révolutionnaire, c’est-à-dire anticapitaliste et internationaliste.

Cathy Billard  Jeudi 3 janvier 2019

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https://www.anti-k.org/

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04 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa tc basta)

npa 29 vertic

Contre les violences policières !

Contre la répression des manifestations et de la colère populaire !

Le NPA est révolté par le degré atteint par les violences policières et par la répression judiciaire inédite  que subit le mouvement des Gilets jaunes, comme l’a dénoncé par exemple Amnesty International.

La nouvelle interpellation d’Éric Drouet, fortement médiatisée, vise à faire témoigner de la détermination du pouvoir à se donner les moyens d’interdire les manifestations, même s’il y a peu de manifestantEs. Elle est à coup sûr en train de faire de ce personnage aux positions confusionnistes un symbole des victimes du pouvoir de Macron.

Un peu partout dans le pays, les violences policières ont fait au moins une morte et des dizaines de  blesséEs graves : des tirs de flash-balls ou de grenades de désencerclement arrachent des mains, crèvent des yeux, brisent des mâchoires…

Bref, ils blessent, souvent gravement, des personnes qui, en général, n’ont rien fait d’autre que de se trouver dans un rassemblement ou une manifestation de Gilets jaunes… Des matraqua-ges en règle ont lieu et les images de violences policières contre des manifestantEs isoléEs, et souvent à terre, se multiplient.

Si l’on ajoute à cela les nombreuses violences policières contre les lycéenEs et l’humiliation infligée aux élèves de Mantes-la-Jolie, on est amené à conclure que la répression policière constitue un outil majeur auquel ont recours Emmanuel Macron et son gouvernement contre la contestation sociale justifiée et salutaire dont ils font l’objet.

L’achat par le pouvoir d’un stock inédit de grenades lacrymogènes, et l’acquisition récente de 450 lanceurs de flash-balls multi-coups et de 1 280 nouveaux lanceurs mono-coups, montrent bien que la violence et la répression voulues par le gouvernement sont appelées à s’aggraver dans un proche avenir.

Le NPA dénonce l’utilisation de plus en plus systématique des arrestations préventives, héritage de Sarkozy, qui permet de placer en garde à vue sur simple présomption.

Les chiffres sont affolants 

Entre le 17 novembre et le 17 décembre 4750 personnes ont été placées en garde à vue (dont 3 003 en régions), sur ce nombre 3747 subissent des poursuites judiciaires, dont 697 en comparution immédiates, qui ont abouti à l’emprisonnement de 216 personnes (190 en régions).

Il y a urgence à lancer une vaste campagne unitaire pour dénoncer cette politique et imposer :

- Une amnistie générale et sans condition pour toutes les victimes de la répression policière et judiciaire exercée par le gouvernement Macron ;

- L’abandon et l’interdiction de toutes les armes dites non-létales mais dont l’utilisation conduit à des mutilations ou à des morts, telles que les flash-balls et les grenades de désencerclement ;

- Que la lumière soit totalement faite sur les chaînes de commandement responsables des violences policières ayant abouti à des blessures de manifestantEs.

Le NPA prend dès maintenant tous les contacts nécessaires avec les organisations démocratiques et du mouvement ouvrier pour réaliser une campagne unitaire de masse sur ces questions, en solidarité notamment avec les victimes de cette répression.

Montreuil, le 3 janvier 2019.

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02 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot (viento-sur tc révolution)

olivier

Le roi est nu

Une entrevue avec Olivier Besancenot

Comment évaluez-vous les propositions faites par Macron dans son message au pays?
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OB C’est la deuxième fois que le gouvernement recule depuis l’annonce de l’annulation de la taxe sur l’essence le 4 décembre. Maintenant, ils se retirent avec une augmentation proposée de 6,6% à 8,3% des taxes de sécurité sociale qui avaient été imposées en janvier 2018.

Ces replis ont augmenté la confiance de tous. Les gens ont commencé à prendre conscience du fait que la lutte était payante. Bien sûr, les mesures annoncées jusqu’à présent sont très modestes et très tardives. Surtout, il y a beaucoup de fumée.

Par exemple, l’augmentation de 100 euros du salaire minimum (SMIC) n’est pas ce qu’il semble être, car il ne s’agit pas d’une augmentation nette du SMIC, mais simplement d’une augmenta-tion d’une subvention publique limitée destinée aux travailleurs à faible revenu. Et ce sera payé par les contribuables, pas les employeurs. Il ne s’agit donc pas d’une augmentation du salaire minimum, mais seulement d’une subven-tion. En fait, cela fait vraiment chier encore plus de monde et ne fera donc que susciter de nouvelles mobilisations.

Un gilet jaune de la ville de Rennes définit le mouvement comme «la goutte d’essence qui déborde du réservoir». Comment décririez-vous les gilets jaunes?
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OB Je pense que c’est un vrai soulèvement. Ce n’est pas encore un soulèvement massif de la majorité, mais c’est un vrai soulèvement. Ce n’est pas une mobilisation sociale traditionnelle.  Dès le départ, c’est passé à l’offensive. Jusqu’à présent en France, nous n’avons pas vu un mouvement généralisé passer à l’offensive depuis 1968.

Ce mouvement a réclamé, d’une manière ou d’une autre, une augmentation des salaires et une réduction du coût de la vie, c’est-à-dire une redistribution de la richesse. Ce n’est pas un mouvement défensif contre telle ou telle contre-réforme du gouvernement, mais une lutte offensive.

D’autre part, il s’agit d’un mouvement totalement hétérogène – le produit d’un soulèvement qui vient du plus profond de la société. Il ne provient pas d’organisations traditionnelles. Loin de là, c’est un mouvement qui a cristallisé toute la rage et l’indignation accumulées dans la société – un mouvement dans lequel toutes les mobilisations précédentes se rejoignent et toute la colère qui jusqu’à présent ne se traduit pas en action trouve un exutoire. En effet, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Au cours de ces trois dernières semaines de mobilisation, la détermination du mouvement, son caractère radical, mais aussi son fonctionnement démocrati-que et horizontal et sa capacité à organiser quatre jours de mobilisation natio-nale ont été frappants. Il en va de même de la politisation apparente de ceux qui agissent en tant que porte-parole, sachant qu’il s’agit de personnes sans expérience politique préalable.
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OB Il convient de noter d’emblée la manière dont le conflit a été couvert par la presse et la réponse qu’il a reçue de la classe politique. Les mobilisations et les militants du mouvement ont produit une arrogance de classe de la part de l’élite, à l’instar du mépris observé en France lors du référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005.

Face à cela, nous assistons à une réelle politisation du peuple. En France, à l’heure actuelle, des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes sont en train de se politiser en un temps record.

Le défi pour nous, au nom des mouvements sociaux et politiques organisés en France, est de soutenir ce mouvement afin qu’il ait l’expression la plus anticapitaliste possible. Cependant, nous ne pouvons pas nier la réalité de notre époque, y compris les manœuvres et les tentatives de l’extrême droite pour la capturer.

C’est un problème réel, et il est inutile de nier que cela fait partie du scénario. Par conséquent, le rassemblement des vestes jaunes et des mouvements sociaux – qui s’organise par le bas, au niveau local – est un élément très important pour répondre aux tentatives de manipulation de l’extrême droite.

La détermination, le radicalisme, la combativité et la vigilance de centaines de personnes, les barricades des Champs-Élysées, tout cela rappelle la mémoire d’une histoire souterraine de la révolution et des grèves générales en France.

Cela nous rappelle également les défaites du mouvement ouvrier traditionnel des quinze ou vingt dernières années. Au cours de ces années, le niveau de confrontation n’a pas dépassé un certain seuil et beaucoup ont cru que notre histoire la plus radicale avait disparu de la conscience collective. Mais la réalité était différente. Même les personnes qui n’ont pas participé à ces mobilisations sont conscientes de l’impasse dans laquelle se trouvent les formes traditionnelles de lutte.

Nous pouvons également assister à une tentative de résolution des problèmes sous-jacents, de création d’un rapport de forces gagnant-gagnant, en recherchant un raccourci reposant sur des actions radicales. C’est-à-dire espérer que certaines formes d’action pourront résoudre à elles seules les problèmes plus profonds.

Mais il n’y a pas de raccourcis. Si nous voulons repousser Macron, nous devons organiser des nombres plus importants – nous devons dépasser la taille des mobilisations actuelles. Nous devrons briser le plafond de verre qui a jusqu’ici limité le champ de la participation, même pour les gilets jaunes. Nous sommes aujourd’hui confrontés à un problème que nous connaissons très bien en France ces dernières années. Nous avons vu des centaines de milliers de personnes participer à des mobilisations, mais elles n’allaient pas plus loin.

La nouveauté des gilets jaunes est que 70% de la population les soutient. Nous assistons à un scénario similaire à celui que nous avons connu en France en 1995, une dynamique que nous avons définie comme une «grève par délégation» signifiant que 10% des syndicats se sont mobilisés pour agir, tandis que 70% étaient prêts à les soutenir. Ce dont nous avons besoin, c’est de transformer la minorité active en action collective. C’est le seul moyen de vraiment repousser Macron.

Comment est-il possible que ce mouvement ait repoussé le gouvernement en trois semaines alors qu’en 2010, par exemple, des millions de personnes se sont mobilisées dans les rues contre la réforme des retraites, mais ont perdu la bataille?
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OB Parce que nous voyons une unité potentielle qui effraie le gouvernement. Les affronte-ments violents à Paris ont attiré beaucoup d’attention, mais le plus important est que de larges couches de la population agissent de concert partout, y compris les retraités, les travailleurs, les chômeurs et les étudiants, les mobilisations dans les lycées ont commencé il y a une semaine. Ce sont surtout les jeunes qui font peur au gouvernement. Nous devons souligner le caractère presque semi-insurrectionnel des slogans adoptés par le mouvement.

Je n’ai jamais connu de telles mobilisations: des milliers de personnes qui veulent se rendre au centre de Paris, sur les Champs-Élysées, tout comme j’imagine les paysans l’ont fait à leur époque pour se rebeller contre le seigneur, en se rendant dans son château pour demander des comptes. Tout cela pèse lourdement sur la situation.

À en juger par les premières réactions aux déclarations de Macron, tout indi-que que les mobilisations se poursuivent, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’une crise sociale et politique de grande ampleur. Mais il s’agit d’une crise sociale et politique qui survient à un moment où les alternatives de gauche à l’échelle nationale sont absentes. 
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OB  Le problème auquel nous sommes confrontés est qu’à partir de maintenant, nous devons tout reconstruire. Nous assistons à une crise politique de la 5è République et à la représenta-tion politique, et c’est Macron qui en paie le prix. Gardez à l’esprit que Macron, dans un sens, était la dernière option pour la classe dirigeante, même s’il n’était pas leur premier choix.

Macron s’est positionné en dehors des forces traditionnelles. Certaines couches de l’élite l’ont rejoint avant les élections et d’autres plus tard. Et dès le début, il a lancé une puissante offen-sive contre deux forces sociales emblématiques: les étudiants et les jeunes et les cheminots. Il a élevé les normes de sélection des universités pour les étudiants et les jeunes et a imposé le démantèlement du service ferroviaire public aux travailleurs des transports.

Le problème de Macron est que la crise politique actuelle ne lui permettra pas de continuer sur cette voie. Une partie de l’élite estime que Macron a été affaibli et pourrait ne plus être une bonne option pour eux. Après tout, tant que le macronisme fonctionne, il fonctionne, mais lorsqu’il échoue, il menace de créer un vide du pouvoir. Jusqu’au discours du 10 décembre, Macron a été porté disparu pendant dix jours, et son discours lui-même ne fait qu’alimenter le feu.

Par conséquent, les seules perspectives politiques crédibles possibles pour le mouvement social et la gauche sont que ce mouvement gagne, soit politisé et développe une forme de représentation politique pour lui-même. En tout état de cause, nous ne pensons pas qu’une réponse claire puisse être présentée pour les prochaines élections – en particulier les élections de l’Union européenne, où la gauche est totalement fragmentée. Nous devons penser au-delà de ceux-ci.

Ce mouvement doit créer une base politique pour une nouvelle constellation de forces sociales et politiques. En toute humilité, c’est ce que je pense que nous devons espérer en premier lieu. Et je pense que nous devons examiner à fond tout ce qui n’a pas fonctionné dans les différentes tentatives de reconstruction de la gauche.

OLIVIER BESANCENOT le 30/12/2018 ENTRETIEN PAR Josu Egireun

https://www.anti-k.org/

Version anglaise Socialist Worker
Version espagnole  Viento Sur
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01 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

voeux (npa)

ordure

Vœux de Macron : l’autruche qui pratique la méthode Coué

Le gros quart d’heure qu’aura duré le discours de vœux de Macron aura servi, on ne s’en étonnera pas, à pas grand-chose… Se vantant des « transformations » déjà réalisées comme dans le domaine de la SNCF, bref fier des reculs qu’il nous a imposés, Macron n’a livré ce soir aucune annonce, si ce n’est la promesse de continuer les attaques et remises en cause, en ce qui concerne notamment le secteur public ou les retraites explicitement cités.

Mais réussir l’exploit de ne citer ni l’explosive affaire Benalla qui mine le pouvoir depuis juillet, ni le profond mouvement des Gilets Jaunes, chapeau l’artiste !

Pour quelqu’un qui prétend « parler vrai » et formuler un « vœux de vérité », il faut saluer l’exploit. Soyons juste, s’il ne nomme jamais explicitement le mouvement des Gilets jaunes, le président ne peut éviter d’y faire allusion : « Une colère a éclaté qui venait de loin, contre les injustices », une colère bien vite ramenée à la seule violence, à une « foule haineuse »

Toutes celles et ceux qui se mobilisent depuis un mois et demi apprécieront.

Dès lors ne reste plus que la profession de foi préférée du Président, la vieille rengaine de « l’ordre républicain », et les formules usées sur « notre avenir commun » propre à tous les vœux présidentiels. Surréaliste, alors que ce pouvoir, miné par une crise politique que l’on a rarement connue, est remis en cause dans la rue depuis plusieurs semaines.

N’en déplaise à Macron qui pense que « le peuple est souverain : il s’exprime lors des élections… », c’est aussi et surtout en se battant ensemble dans la rue que celles et ceux d’en bas peuvent se faire entendre et faire reculer tous les Macron et Cie qui organisent la casse sociale.

C’est à eux - et avec eux - que nous formulons nos meilleurs vœux, de luttes et de victoires.

Pour 2019, des bonnes résolutions… et surtout de bonnes révolutions !

Montreuil le lundi 31 décembre

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