Archive | NPA

17 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Initiative : des rencontres dans la gauche non gouvernementale

Initiative : des rencontres dans la gauche non gouvernementale dans A gauche du PS gauche_tractation_europe_ecologie_ps_front_gauche_inside

La résolution politique de la réunion de direction nationale des 23 et 24 mars du NPA actait la décision « d’agir vers les forces politiques de gauche, qui ne participent pas au gouvernement, LO, l’AL, les différentes composantes du Front de gauche, le MOC, par des discussions, des débats stratégiques et des actions communes contre l’austérité et sur tous les thèmes qui font résistance afin de s’opposer à la majorité présidentielle ». Une démarche accueillie positivement lors des premières rencontres.
Il s’agissait de débattre de nos analyses, des propositions des uns et des autres et pour le NPA d’envisager la construction active d’une opposition de gauche à ce gouvernement. Nous avons donc rencontré ces dernières semaines les Alternatifs, Alternative libertaire, la Gauche anticapitaliste, Lutte ouvrière et le Mouvement des objecteurs de croissance.

Des analyses souvent proches
Le premier bilan fait apparaître, sans réelle surprise, des convergences d’analyse sur l’accélération de la crise vécue au quotidien par des millions de de salariéEs : fermeture de boîtes, ANI, puis loi de « sécurisation de l’emploi »… Le soutien aux luttes des salariéEs nous a souvent réuni sces derniers mois, même s’il nous semble, que sans la généralisation des luttes et leur convergence, des victoires décisives seront difficiles. Des points de vue partagés aussi contre la poursuite des grands travaux inutiles, coûteux et dangereux, au mépris des avis et des besoins réels des populations et du respect des équilibres écologiques. Et d’ailleurs nous nous retrouvons dans ce combat, avec plusieurs de ces mouvements politiques, contre « l’Ayraultport » qui pourrait bien être la première grande victoire contre ce gouvernement.  Enfin, chacun a pu observer la crise politique dans plusieurs pays européens dont la France, où l’affaire Cahuzac a fortement contribué à éloigner les citoyenNEs de la sphère des éluEs politiques. Pendant le débat sur la loi pour le mariage pour tous et toutes, la droite et l’extrême droite ont occupé la rue pendant plusieurs semaines. Entre scandales financiers, mensonges d’État, agressions racistes et homophobes, le gouvernement est en perte de vitesse. Mais force est de constater qu’il n’a pas, en face de lui, une réelle opposition de gauche. Le sens de la participation du NPA, sur ses propres revendications, à la manifestation du 5 mai a été diversement apprécié par nos interlocuteurEs : les composantes du Front de gauche déjà rencontrées (Alternatifs et GA) ont trouvé politiquement juste la participation du NPA à cette manifestation pour reprendre la rue à la droite et à l’extrême droite, et affirmer l’exigence d’une autre politique au service des ­travailleurEs.

En perspective…
Toutes les organisations politiques ont exprimé le désir de rencontres régulières entre les différentes directions pour continuer le débat politique et agir ensemble à chaque fois que cela sera jugé possible. Même si la direction de LO pense que ce n’est pas le moment de l’organiser, le principe d’une mani- festation nationale contre les licenciements, avec les boîtes en lutte et différentes organisations politiques, comme par exemple en 2001 avec les LU Danone, ne lui semble pas totalement exclu. Des rencontres spécifiques entre des militantEs des organisations politiques à vocation « écologiste » et de la commission nationale écologie du NPA vont se tenir. Certaines participent aussi à l’Alter Summit de juin en Grèce. La proposition est également de travailler ensemble dans les diverses initiatives lancées par les uns ou les autres. Le sujet des prochaines élections a été évoqué, même si les décisions, notamment pour le NPA, seront prises fin juin. Le positionnement politique est partagé : contre la droite et l’extrême droite, contre la politique conduite par le gouvernement actuel et dans les villes que la gauche gouvernementale dirige, pas de gestion des institutions, y compris des mairies. Sur la question de l’unité entre les différentes organisations se retrouvant sur ces bases, le débat est encore devant nous !

Roseline Vachetta Vendredi 17 mai 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 195 (15/05/13)

Lire la suite

17 mai 2013 ~ 0 Commentaire

3 jours pour changer le monde (Npa Jeunes)

NPA

3 jours pour changer le monde (Npa Jeunes) dans NPA jeunes-1juenes-2 dans NPA

La crise du capitalisme bouleverse le monde entier. C’est une crise aux dimensions multiples : sociales, économiques, écologiques, politiques…

Les classes dominantes sont déterminés à nous la faire payer. Cela se traduit par des politiques d’austérité très violentes qui plongent dans la misère les jeunes et les travailleurs. Mais les résistances se multiplient également. Des grèves générales contre les politiques de rigueur en Europe aux processus révolutionnaires qui se poursuivent au sud de la Méditerranée, partout les jeunes et les salariés refusent de se laisser faire. Dans cette situation, de nombreuses questions se posent à celles et ceux qui veulent en finir avec ce système pour construire une autre société. Comment résister ? Quels sont les moyens d’actions les plus efficaces ? Que retenir des luttes sociales passées et présentes ?

Pour répondre à ces questions, comme pour en explorer de nouvelles, les jeunes du NPA organisent le premier week-end de Juin 3 jours pour débattre ensemble et préparer les prochaines luttes sociales, 3 jours pour comprendre le monde… pour mieux pouvoir le changer !

plus d’info ? s’inscrire ?

contact-jeunes@npa2009.org

http://npa.jeunes.free.fr

Lire la suite

16 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Mai 1968 et la guerre du Viêt-nam

Mai 1968 et la guerre du Viêt-nam  dans Histoire vietnam-fsi

Quand on considère le tableau qu’offre le Viêt-nam en 1998 (règne de la bureaucratie, corruption effrénée et culte du dollar) on a du mal à imaginer que 30 ans plus tôt, tous les regards de la jeune génération et des révolutionnaires étaient tournés vers ce petit pays qui menait une lutte exemplaire contre le colosse américain. Comment l’intrépidité, l’esprit d’initiative et les proclamations de foi socialistes qui caractérisaient les combattants viêtnamiens ont-ils pu aboutir à un aussi pitoyable résultat ?

Certes, le Viêt-nam a gagné la guerre et son combat, incroyablement difficile, a joué un rôle essentiel dans la floraison d’explosions contestataires qui se sont produites dans le monde à la fin des années 1960. Contrairement aux prévisions marxistes (même trotskistes), le capitalisme ne se porte pas trop mal dans les années d’après-guerre et grâce, en particulier, à la course aux armements provoquée par la guerre froide, il parvient à bouleverser la technologie, à augmenter la productivité du travail, à améliorer nettement le niveau de vie moyen dans les pays développés alors que le chômage demeure très limité. Cependant le système de formation des jeunes ne suit pas et les valeurs régnantes demeurent celles de la société bourgeoise d’avant-guerre. La jeunesse étudiante devient contestataire. En l’absence de grandes luttes de classe dans les pays impérialistes, ce sont les vagues de la révolution coloniale qui vont la stimuler, la convaincre que la pensée marxiste n’est pas à mettre au rebut et que l’URSS n’a plus grand chose à voir avec le socialisme.

Après la victoire de la révolution cubaine à leur porte, les USA mirent tout en oeuvre pour enrayer la contagion et endiguer la poussée révolutionnaire partout dans le monde et en particulier autour de la Chine. Il y eut toute une série de coups d’État, plus ou moins fomentés par la CIA, au cours des années soixante (Indonésie, Congo, Brésil, Saint-Domingue), et après la défaite de la France en Indochine, les Américains s’empressèrent de prendre sa place laissée vacante au Sud Viêt-nam et de financer (donc de contrôler) le régime de Ngo Dinh Diem. Par ses méthodes terroristes et dictatoriales celui-ci provoqua la levée d’une résistance populaire que les communistes locaux encadrèrent au moyen d’un Front de Libération Nationale (FLN) créé en 1960. Malgré les milliards de dollars US qui lui furent généreusement octroyés, Diem fut tellement impuissant et discrédité que ses protecteurs américains organisèrent son assassinat le 1 novembre 1963. Ses remplaçants ne furent pas plus heureux dans leur guerre contre le FLN, maintenant largement soutenu par le Nord. Devant le risque d’un effondrement complet de leur allié et de la prise de contrôle du Sud par les communistes, le président Jonhson décida d’intervenir militairement.

A la suite d’une provocation en mer (“l’incident” du golfe du Tonkin), en août 1964, la 7e flotte US se mit à canonner et à bombarder la côte nord-viêtnamienne puis des nuées de B-52 ( les plus gros bombardiers de l’époque) quittèrent leurs bases au Sud Viêt-nam pour pilonner le Nord en se rapprochant de plus en plus de Hanoi. En même temps des fantassins US débarquaient par dizaines de milliers dans le Sud. Ils devaient atteindre le chiffre d’un demi million. La guerre américaine fut véritablement criminelle et prouve encore une fois qu’on peut disposer d’un régime relativement démocratique sur le plan intérieur et se comporter de façon inhumaine et terroriste vis-à-vis de peuples considérés comme “inférieurs” : massacres, napalm, bombes à billes antipersonnel, défoliants, furent très largement utilisés cependant que la plupart des bâtiments du Nord étaient rasés (à l’exception de ceux de Hanoi). A l’opposé, la façon dont le peuple vietnamien, étroitement encadré par le PC (appelé PTV, parti des travailleurs du Viêt-nam), sut résister à l’escalade et finalement la rendre inopérante, donna un exemple inouï qui inspira non seulement d’autres mouvements de libération nationale mais également des secteurs de la jeunesse et du mouvement ouvrier dans les pays développés.

Ici je souhaite livrer quelques souvenirs personnels. En novembre 1966 se tint la première réunion du « Tribunal international contre les crimes de guerre commis au Viêt-nam », encore appelé Tribunal Russell, du nom du célèbre philosophe anglais qui accepta de le parrainer. Son but était « d’établir sans crainte de quiconque ni à la faveur de qui que ce soit toute la vérité sur cette guerre ». Vingt six témoins de différents pays furent envoyés au Viêt-nam. En tant que chirurgien, j’ai eu la possibilité de séjourner du 17 février au 23 mars 1967 dans le Nord Viêt-nam, puis, avec mon collègue médecin Marcel-Francis Kahn et le cinéaste Roger Pic, du 16 au 30 septembre 1967 dans les zones libérées du Sud, non loin de Tay Ninh. Comme j’étais encore membre du PCF (bien que déjà trotskiste….) et comme le PCF était jugé très sévèrement par les communistes vietnamiens à cause de sa mollesse pour appuyer leur combat (et de son soutien du bout des lèvres au tribunal Russell), les responsables vietnamiens me donnèrent une chance inespérée : me faire descendre jusqu’au 17e parallèle (la ligne de démarcation entre le Nord et le Sud). De cette équipée passionnante je retirais deux impressions prédominantes.

En premier lieu, la sauvagerie des bombardements US n’avait aucune limite. Après avoir quitté la capitale, j’ai dû constater que jusqu’au 17e parallèle, pas un bâtiment en dur n’avait été épargné par l’aviation américaine. Je devais enquêter notamment sur l’usage des bombes à billes et du napalm ainsi que sur les bombardements d’établissements hospitaliers. On m’a conduit dans tous les hôpitaux de province et dans plusieurs hôpitaux de district. Ils étaient tous marqués de larges croix-rouges et situés le plus souvent hors de la ville. Tous avaient été bombardés à plusieurs reprises, rasés et j’ai rapporté du carrelage de bloc opératoire recouvert de flaques de napalm. Il en allait de même des écoles et des habitations. Au Sud nous avons interrogé beaucoup de témoins qui nous ont détaillé les ratissages, bombardements, défoliations, opérés par les Américains et leurs protégés.

Mais en même temps nous avons été les témoins du formidable élan de la population pour résister et chasser l’envahisseur. J’ai pu observer admirativement comment la vie s’organisait sous terre dans les zones les plus bombardées du Nord : les écoliers étudiaient dans des tranchées, la tête recouverte d’un chapeau de paille tressée pour les protéger des billes, les hôpitaux décentralisés fonctionnaient en sous-sol et les salles d’opération souterraines étaient éclairées avec des phares de vélo, les magasins et les salles de réunion étaient creusés dans le sol. Nous circulions de nuit en command car et, de même que tous les camions empruntant la “piste Hô Chi Minh” pour rejoindre le Sud, nous ne disposions comme éclairage que d’une petite ampoule fixée sous le moteur. De chaque côté de la route des bâtons blancs étaient échelonnés tous les dix mètres, et la lampe permettait de constater que nous demeurions entre les bâtons, donc sur la route. Des équipes veillaient à ce que celle-ci demeure praticable. Une mobilisation populaire était indispensable pour aboutir à un tel résultat. D’autant qu’il fallait surveiller à intervalle régulier des lanternes, placées elles aussi le long de la route. Lorsque la feuille de bananier qui la recouvrait était remplacée par une feuille rouge, cela signifiait qu’il y avait un passage d’avions (non entendu avec le bruit du moteur de la voiture) et qu’il fallait s’arrêter et éteindre la petite ampoule sous le moteur. C’étaient souvent des jeunes filles des villages qui s’occupaient de ces lanternes. Dans tous les domaines l’ensemble de la population était ainsi mobilisée et, malgré leur écrasante supériorité technique, les Américains s’y cassèrent les dents.

Un journaliste du Monde qui avait d’abord été sur un porte-avions américain me dit un jour à l’époque : « Quand on m’a envoyé ensuite au Nord Viêt-nam, j’y suis allé avec l’idée qu’ils étaient foutus. Vous ne pouvez imaginer la débauche de moyens et d’appareils sophistiqués à la disposition de l’armée américaine. Mais après quelque temps de séjour ici, j’ai changé d’avis. C’est toute la population qui se bat, qui est encadrée et motivée. Contre cela, les Américains seront impuissants ». Le Mai 68 français a été provoqué par la guerre du Viêt-nam. Le 18 mars 1968, une centaine de militants avaient attaqué le siège parisien de l’American Express dans le quartier de l’Opéra (vitres brisées, drapeau américain brûlé). Les flics arrêtent Xavier Langlade, le responsable du service d’ordre de la JCR, qui est étudiant à la faculté de Nanterre. Des arrestations de lycéens ont lieu les jours suivants. Nanterre s’embrase et les étudiants exigent leur libération et occupent la Tour qui domine le campus. Les étudiants seront relâchés mais l’agitation ne cessera plus et de Nanterre gagnera le Quartier latin. Signalons qu’auparavant s’étaient déjà produites de nombreuses manifestations anti-guerre en Belgique, en Allemagne, au Japon et surtout aux USA où les pertes de l’armée américaine ne donnaient aucune envie de se battre aux futurs appelés. En France plusieurs mouvements animés par ce qu’on appelait alors les “groupuscules” développeront des actions parfois spectaculaires avec le slogan « FLN vaincra ! » qui contrastait avec le timide « Paix au Viêt-nam ! » du PCF, égaré dans les méandres de la coexistence pacifique. Les trotskistes participent activement au Comité Viêt-nam national (CVN), au mouvement du Milliard pour le Viêt-nam, à l’Association médicale franco-viêtnamienne, les maoïstes animent les Comités Viêt-nam de base (CVB), tous contribuent à faire prendre conscience que la lutte généralisée et organisée de tout un peuple peut faire reculer un adversaire cent fois mieux armé. En 1975, ce sera la prise de Saïgon par l’armée populaire puis la réunification du Viêt-nam. La suite devait se révéler nettement moins enthousiasmante.

Dans les années de lutte contre la guerre, le slogan scandé : « Hô, Hô, Hô Chi Minh ! Che, Che, Che Guevara ! » était repris au cours de toutes les manifestations, au grand dam des trotskistes vietnamiens qui étaient, certes, de tous les comités de lutte mais, sachant comment le PCV avait systématiquement exterminé les trotskistes en 1945, souhaitaient un soutien plus critique. Et, de fait, on dut constater qu’après avoir terminé victorieusement sa lutte exemplaire, le PCV se mit à très rapidement édifier une société en tous points comparable à celles de ses homologues du “socialisme réel”, avec son parti unique, ses bureaucrates à tous les niveaux, ses magasins et hôpitaux “spéciaux”, ses centaines de milliers de prisonniers politiques “à rééduquer”, sa police politique omniprésente. Le FLN et l’Alliance des forces démocratiques, qui avaient clamé pendant des années leur volonté d’ouverture à la “troisième force”, leur désir d’établir un régime démocratique multi-partis, se virent mis sur la touche cependant que pratiquement tous les postes clés étaient occupés par des “nordistes” ou des gens qui ne devaient leur pouvoir qu’à la confiance qu’ils inspiraient aux “décideurs” du Nord et non pas à la population locale.

La déception se traduisit par l’exode des “boat people” mais elle atteignit également nombre d’“amis du Viêt-nam” qui avaient nourri bien des illusions pendant la guerre. Pour saisir toute leur amertume il suffit de se reporter aux Mémoires de Laurent Schwartz (1) qui fut un des principaux animateurs du CVN, du Tribunal Russell et qui eut l’occasion en 1968 de rencontrer Hô Chi Minh, Pham Van Dong et de donner une conférence aux cadres syndicaux et politiques de Hanoi : « Les officiels vietnamiens savaient pertinemment que j’avais été trotskiste, ils passaient là-dessus ; moi je n’ignorais pas qu’ils étaient staliniens et ne me faisais guère d’illusions sur le régime politique qui prévaudrait après la guerre; j’espérais quand même mieux que ce qui s’est produit ».

Comment interpréter un tel fiasco ?

L’explication n’est pas simple et donna lieu, à l’époque, à d’ardentes controverses dans la IVe Internationale. La majorité considérait que le PCV était, certes, de formation stalinienne et nourrissait donc de vives tendances à la bureaucratisation mais elle demeurait résolument optimiste en raison du combat exemplaire qu’il dirigeait. Il s’agissait pour elle d’une direction révolutionnaire partiellement empirique, susceptible d’évoluer sous l’influence de la mobilisation d’une population politisée, comme en témoignait la large démocratie à la base en contradiction avec le centralisme vertical (2). A ce point de vue s’était opposée, pendant toute une période, une minorité (essentiellement aux USA) pour qui le PCV n’était qu’un parti nationaliste à base paysanne, doté d’un programme stalinien petit-bourgeois de révolution par étapes (d’abord la révolution bourgeoise…). Seule la poussée des masses l’aurait obligé à dépasser les bornes qu’il avait prévues. Le groupe trotskiste vietnamien en France voyait les choses encore différemment et, a posteriori, son point de vue s’est révélé le plus lucide. Certes, le PCV avait été formé dans le moule stalinien de la IIIe Internationale, comme son homologue chinois, mais comme ce dernier, il a toujours su manœuvrer pour défendre ses intérêts nationaux sans trop indisposer son tuteur. Il était erroné de le représenter comme un parti petit-bourgeois poussé à l’action par les masses révoltées. Cette poussée n’existait ni en 1941 quand quelques dizaines de militants pourchassés prirent la décision audacieuse de commencer la lutte armée et créèrent le Viêt-Minh, ni dans les années soixante quand le Nord était ravagé par les bombes et le Sud étranglé par l’armée US, les flics et les mercenaires du régime fantoche. Le PCV a su être cette direction combattante, liée aux masses, farouchement décidée à vaincre et à conserver le pouvoir. Mais pour réaliser quoi ? Comme l’ont fait remarquer les zapatistes du Chiapas, les dirigeants d’une lutte armée victorieuse ne sont pas les plus aptes à construire une société civile démocratique en temps de paix. D’autant que la gangrène stalinienne corrodait déjà le Nord Viêt-nam au plus fort de son combat exemplaire.

Comment décrire l’amertume de l’auteur de ces lignes quand il apprit en 1991, à la lecture du livre de Georges Boudarel (3) qu’en pleine escalade, en 1967, alors qu’il se trouvait au milieu de cette population héroïque, la direction du PCV jetait en prison, sans aucun procès, cent à deux cents vieux militants lors de “l’affaire Hoang Minh Chinh”, accusés de “révisionnisme antiparti” krouchtchevien. Chinh connut 16 ans d’internements divers sans aucune décision de justice et n’est toujours pas réhabilité. On apprenait récemment que le propre secrétaire de Hô Chi Minh (de 1945 à 1954) avait fait partie de la même fournée sans que le brave Oncle ne lève le petit doigt pour le sauver (4). On avait donc affaire à un parti ouvrier bureaucratisé, certes de formation stalinienne, mais différant du parti stalinien standard (comme le PCF) en ce sens qu’il plaçait ses intérêts propres avant ceux de l’URSS. Il sut diriger avec brio une guerre de libération nationale (comme son homologue soviétique pendant la deuxième guerre mondiale) mais se révéla incapable de sortir du moule stalino-maoïste pour construire une société nouvelle en temps de paix. Actuellement le Viêt-nam suit globalement l’évolution de la Chine et le culte du billet vert a remplacé celui de Staline mais le pouvoir politique est encore solidement entre les mains des cadres du PCV. Il est heureux qu’en mai 1968 même les plus pessimistes n’eussent imaginé une telle trajectoire…

Notes

1. Laurent Schwartz, Un mathématicien aux prises avec le siècle,

Ed. Odile Jacob, Paris 1997.

2. Pierre Rousset, Le parti communiste vietnamien, François Maspéro, Paris1973 (2e ed. Paris1975).

3. Georges Boudarel, Cent fleurs écloses dans la nuit du Viêt-nam (communisme et dissidence – 1954-1956), éd. Jacques Bertoin, Paris1991.

4. Chroniques vietnamiennes, édité par le Groupe trotskiste vietnamien, (membre de la LCR) – n° spécial – automne 1997.

Mercredi 15 mai 2013 Jean-Michel Krivine

Lire la suite

16 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Notre camarade Jean-Michel Krivine (5/08/1932 – 14/05/2013)

 img035 jean michel krivine copie.jpg

Chirurgien, militant depuis l’âge de 14 ans, engagé dans la IVe Internationale depuis 1956, Jean-Michel a été membre de la LCR puis du NPA. Bien des militants se souviennent de ses séances de formation sur l’histoire de notre mouvement. Jean-Michel fut un des animateurs du Tribunal Russel sur la guerre du Vietnam. A ce titre il avait enquêté en 1967 sur les crimes de guerre au Vietnam du Nord et, clandestinement, au Sud Vietnam. En 1978 il a également effectué une mission d’aide médicale et de contacts politiques au sein du maquis communiste en Thaïlande. Il militait également au sein du Groupe trotskiste vietnamien en France, dont il était le seuil non-Vietnamien. Musicien, il avait animé la chorale de la LCR. Jusqu’à sa mort il participait à la rédaction de la revue Inprecor, dont il venait de corriger le n° 592/593. Outre de très nombreux articles, il a publié récemment “Carnets de missions dans le maquis thaïlandais (1978)” (Les Indes Savantes, Paris 2011) et “Carnets de missions au Vietnam (1967-1987)” (Les Indes Savantes, Paris 2005).

Dans la IV-ème Internationale, on l’appelait aussi “Arnold“, “Nikita“, “Bui Ten-Chi“ et “Louis Couturier“. Nous reviendrons très rapidement sur le parcours militant de notre camarade dans le journal et sur le site.

La cérémonie aura lieu mardi 21 mai à 10h30 au crématorium du cimetière parisien du Père Lachaise 75020.

Mardi 14 mai 2013

Lire la suite

14 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Contre nos retraites, le gouvernement nous fait le coup du dialogue social

Contre nos retraites, le gouvernement nous fait le coup du dialogue social dans Austérité dialogue

Pour donner un vernis de légitimité à la réforme des retraites qu’il veut faire adopter à l’automne, le gouvernement embringue les organisations syndicales dans une négociation avec le patronat, dans une conférence sociale qui se tiendra 20 et 21 juin.

Le Medef est ravi. La méthode des conférences lui convient à merveille. La première a débouché sur l’ANI devenu loi de flexibilisation du travail qui lui donne entière satisfaction. Laurence Parisot passe à l’offensive. Elle réclame une réforme « sans tabou », un allongement de la durée de cotisation à 43 ans d’ici 2020 et un recul de l’âge légal à « au moins 65 ans à l’horizon 2040 » ! En écho à ces revendications patronales le gouvernement envisage plusieurs pistes dont l’augmentation de la CSG pour les retraitéEs de 6, 6 à 7, 5%, la fin de l’indexation des pensions sur l’inflation et un nouvel allongement jusqu’à 44 annuités de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une pension complète.

Ces solutions ne sont pas nouvelles, depuis 20 ans la durée de cotisations n’a pas cessé d’augmenter (de 37, 5 à 41, 5 annuités en 2015) et le niveau des pensions recule. Loin de sauver les retraites elles les détruisent et font le lit des systèmes privés, liés à la finance. Gouvernement et patronat ont, ensemble, un plan de bataille pour imposer un nouveau recul. Face à eux il faut refuser le piège du dialogue social. Il faut discuter d’un plan pour une contre-offensive face à cette politique entièrement dévouée au Medef contre les salariés.

Montreuil, le 14 mai 2013

Lire la suite

14 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Ferroviaire : une réforme au service des patrons

Ferroviaire : une réforme au service des patrons dans Austérité dvd-la-bataille-du-rail

Le gouvernement vient de lancer officiellement une réforme ferroviaire.

Sur la base des rapports Bianco et Auxiette, elle vise à préparer l’ouverture à la concurrence dans le transport ferroviaire de voyageur, ainsi qu’à diminuer le coût du travail des cheminots. Elle s’articulerait autour de deux axes : l’éclatement de la SNCF en trois entreprises, ainsi que la remise en cause de la réglementation du travail SNCF.

Explosion de l’entreprise publique
Le gouvernement a communiqué sur la réintégration de Réseau Ferré de France (propriétaire du réseau, créé en 1997) à la SNCF. Ce serait une bonne nouvelle, vu que les dysfonctionnements entre RFF et la SNCF sont nombreux et génèrent une gabegie financière importante. Le problème, c’est que Bianco et Auxiette ne proposent pas la réunification du système ferroviaire… mais son explosion en trois ­entreprises ! La première entreprise serait un Gestion- naire d’infrastructure unifié (GIU), qui regrouperait RFF, les aiguilleurs et les cheminots de l’entretien des voies, soit un total de 50 000 cheminots. Elle serait propriétaire des 30 000 km de voies ferrées, mais aussi des 35 milliards d’euros de dette du ferroviaire. Son rôle serait la gestion et l’entretien des voies et l’attribution des horaires. Le GIU concentrerait ainsi les activités non rentables et lourdes en investissement, et serait censé s’autofinancer en imposant des péages aux entreprises qui utilisent le réseau.
La seconde entreprise serait constituée du reste des activités SNCF (faire rouler des trains et les commercialiser) plus rentables et donc plus facilement privatisables, surtout à l’heure où Ayrault envisage une baisse de la participation de l’État dans des entreprises publiques… La troisième entreprise (dite « établissement-mère ») serait une holding constituée par les directions Stratégie et RH, et qui serait le donneur d’ordres unique des deux autres entreprises.
Cet éclatement de la SNCF en trois entreprises aurait des conséquences dramatiques. Cela dégraderait encore le fonctionnement global du système ferroviaire et ferait encore augmenter le coût des péages. Cela diviserait encore un peu plus les travailleurs du rail et affaiblirait notre capacité à riposter ensemble.

Organisons la riposte
Aujourd’hui, la réglementation du travail est différente selon que l’on travaille pour la SNCF ou pour une entreprise privée (dans le fret ou les travaux). Pour le patronat et la direction SNCF, il s’agit de mettre en place une convention collective commune à tous. Le hic, c’est qu’ils veulent aligner (vers le bas) les conditions de travail des 155 000 cheminots du public sur celles des 3 000 du privé : moins de repos annuels, amplitudes horaires plus élevées, plannings de travail plus flexibles…  Avec cette réforme, on veut affaiblir le service public et diviser les cheminots. Pour résister, il faudra construire l’unité des travailleurs du rail (public et privé) sur les mêmes revendications : l’extension du statut et de la réglementation du travail SNCF à tous les cheminots, du privé comme du public ; la réintégration de RFF dans la SNCF, et le retour au monopole public du ferroviaire, avec expropriation de toutes les entre-prises ferroviaires privées dans une seule et unique SNCF sous contrôle des cheminots et des usagers. Cela passera sans doute par une grève massive, reconductible, active, et dans toutes les entreprises ferroviaires, qu’il faut commencer à préparer dès maintenant.

Secrétariat cheminot du NPA Mardi 14 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13)

Lire la suite

10 mai 2013 ~ 0 Commentaire

« Union nationale » : la duperie

« Union nationale » : la duperie dans Hollandie tardi-drapeau

La crise sociale et politique suscite de nouvelles vocations de rassembleur de la nation.

Bayrou, dans son rôle préféré, décrète « la patrie en danger » alors que Marine Le Pen se voit déjà en « chef » de la nation rassemblée… Ils espèrent trouver ainsi les faveurs de l’électorat populaire qui voit dans les jeux politiciens traditionnels une impasse et dans l’alternance droite gauche une tromperie. Selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche, 78 % des Français rêveraient d’un gouvernement d’union nationale ou technique, seul capable, paraît-il, de trouver des solutions à la crise en dépassant les a priori idéologiques. Du moins, c’est ce que prétendent les commentateurs… Et il ne manque pas de vocations politiciennes pour flatter cette illusion.

Offre de service aux classes dirigeantes…
Au sein même de l’UMP, Apparu, un proche de Juppé, envisage un gouvernement UMP-PS, Bayrou ou Borloo sont en gros sur le même thème, et Marine Le Pen semble maintenant habitée par son nouveau personnage avec plus de conviction que Bayrou. « Il est certain que quand la gravité de la situation est telle que celle-là, si j’étais amenée (…) à être portée au pouvoir par les Français, je ferais probablement un gouvernement d’union nationale », déclarait-elle sur Canal+. Elle ajoutait : « Est-ce qu’on continue dans la direction de l’austérité ? Dans ce cas-là, je comprends la proposition de M. Apparu. Effectivement ils peuvent faire un gouvernement UMP-PS puisqu’en réalité il n’y a aucune différence entre leurs politiques, ça fait des années que cette politique est mise en œuvre ». Marine Le Pen veut, elle, jouer du discrédit du PS et de l’UMP pour vanter l’union nationale… derrière elle et le FN !
Quel que soit le scénario dans lequel ces politiciens se mettent eux-mêmes en spectacle, loin de résoudre la crise ou d’apporter des réponses aux besoins de la population, un tel gouvernement n’aurait d’autre fonction que d’imposer à la population, de façon plus ou moins brutale, la continuité et l’aggravation d’une politique qui ne sert que l’oligarchie financière. C’est ce qui a eu lieu en Grèce, en Italie ou en Allemagne quelques années plus tôt, et cela n’a en rien apporté une solution du point de vue des classes populaires. En effet, il ne peut y en avoir sans l’intervention directe de ces dernières pour mettre les puissances de l’argent hors d’état de nuire.

Yvan Lemaitre

Vendredi 10 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13)

Lire la suite

10 mai 2013 ~ 0 Commentaire

5 mai : frapper ensemble, marcher séparément

5 mai : frapper ensemble, marcher séparément dans A gauche du PS 775844_france-politic-pcf-300x133

Plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblés ce dimanche 5 mai à l’appel du Front de gauche et d’autres organisations, dont le NPA qui manifestait sur ses propres mots d’ordres. C’est un succès.

Dans une situation marquée par le sale boulot gouvernemental, la brutalité des attaques patronales, des reculs du mouvement social, et l’offensive de la droite et de l’extrême droite contre le mariage pour tous, il fallait reprendre la rue. Après la manifestation du 30 septembre contre le traité européen, c’est une grande manifestation d’opposition de gauche à la politique gouvernementale. Au-delà des positions de la direction du Front de gauche, des dizaines de milliers de personnes ont exprimé leur rejet des politiques gouvernementales d’austérité.

Un premier pas

Il faut maintenant s’appuyer sur cette manifestation, la remobilisation militante qu’elle a montrée, pour construire la résistance sociale aux plans de licenciements, pour défendre l’emploi, augmenter les salaires, relancer les services publics. Elle doit se prolonger dans la manifestation nationale du 11 mai contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ou dans la mobilisation pour l’égalité des droits, en particulier la défense des droits des homosexuelLEs.

Il faut frapper ensemble pour changer les rapports de forces entre le mouvement social et le gouvernement, la droite et le Front national. Dans la course de vitesse engagée entre l’extrême droite et le peuple de gauche, il est décisif ­d’arracher des victoires partielles, d’enclencher une dynamique de mobilisation, de construire une opposition de gauche au gouvernement qui bloque les plans d’austérité et impose la satisfaction des besoins sociaux de la population.

L’unité d’action, avec le Front de gauche comme avec Lutte ouvrière, est décisive pour faire basculer le rapport de forces en faveur des classes populaires. Mais il faut aussi construire une alternative anticapitaliste face à la profondeur de la crise du système, une politique de rupture avec les exigences de l’Union européenne, l’annulation de la dette illégitime, la socialisation publique du service bancaire et des secteurs clés de l’économie.

Et dans ce domaine, il y a des différences avec les dirigeants du Front de gauche  : on ne peut combattre la politique du gouvernement Hollande et exiger de devenir Premier ministre du même Hollande, comme le fait Mélenchon. Les différences entre le social libéralisme et une gauche qui défend les intérêts des classes populaires ne sont pas, comme l’expliquent les responsables du FdG une question de curseur mal placé au sein d’une même majorité PS, Verts et Front de gauche.

Contre un gouvernement social libéral, il faut un gouvernement anti austérité qui s’appuie sur le mouvement social et amorce une rupture avec le système capitaliste. Cela suppose de marcher séparément pour déployer une politique anticapitaliste indépendante.

SABADO François 8 mai 2013

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13).

Lire la suite

07 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Répression des manifestants anti homophobie à Rennes !

Répression des manifestants anti homophobie à Rennes ! dans LGBT acab-1--300x201

Aujourd’hui dimanche 5 mai à Rennes une énième manifestation était organisée par le collectif « la manif pour tous » avec Christine Boutin en « guest star ». Face à cette mobilisation homophobe une contre manifestation a été organisée.

A l’heure actuelle (19H35) une partie de la contre manifestation, encerclée à République par les CRS depuis plus de 1H30, vient d’être libérée. Aucune solution de dégagement ne leur a été offerte. Cet encerclement fait suite à une première nasse plus tôt dans l’après midi d’où les manifestant avaient réussi à s’extraire rue Edith Cavell.

Comme sous Sarkozy l’appareil étatique choisit son camp : une fois de plus celui de la réaction.

Alors que les agression homophobes et fascisantes se multiplient, alors que durant la manifestation d’aujourd’hui à Rennes un journaliste a été agressé et son matériel détruit par les partisans de l’ordre moral et du triptyque, « travail, famille, patrie », les forces de l’ordre choisirent d’attaquer les militants progressistes. Sous le regard de divers militants d’extrême droite qui ont multiplié les provocations cette après midi.

Pour le NPA après le vote de la loi ouvrant le mariage au couple de même sexe la lutte pour l’égalité des droits doit se poursuivre.

Cette victoire est une première étape, imposons l’égalité des droits : PMA pour toutes les femmes, ouverture du don du sang pour les gays, changement d’état-civil sur simple demande pour les trans, augmentation des moyens pour les foyers d’accueil des jeunes, pour les associations, éducation à la question de genre et aux sexualités non hétéro, lutte contre l’homophobie dans la société et en milieu scolaire, accompagné de la formation adéquate des personnels de la fonction publique… Droit d’asile pour les LGBTI persécutés

Rennes le 5 mai 2013

http://www.anticapitaliste-35.org/

Lire la suite

07 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Un an pour Hollande : Zéro pour les salariéEs !

Un an pour Hollande :  Zéro pour les salariéEs ! dans Hollandie chute-libre-300x214

Un an après son élection, force est de constater que le changement tant promis par le candidat Hollande n’a pas eu lieu.

Rien d’étonnant à cela puisque depuis le 6 mai 2012, Hollande et son gouvernement n’ont eu de cesse d’apporter « des preuves d’amour » au Medef. Les 20 milliards d’euros de cadeaux fiscaux et la destruction du code du travail via la loi dite de « sécurisation de l’emploi » en sont des illustrations  édifiantes.

Un an de reniements

Des rares promesses du candidat Hollande qui auraient pu un tant soit peu froisser le patronat et les plus riches, rien n’est resté. La renégociation du TSCG, l’imposition à 75%, la loi de « dissuasion » des licenciements, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, le droit de vote des étrangers, le non-cumul des mandats, la révolution fiscale… tout est passé à la trappe, sauf la loi en faveur du mariage pour tous, seule promesse tenue, qui ne peut cacher la forêt des reniements.

Pire, en un an, aucune attaque majeure de Sarkozy n’a été remise en cause.

Sur certaines questions comme celle de la réduction des déficits ou de l’immigration, il y a même une véritable continuité avec le gouvernement précédent. 2012 a été l’année record des expulsions des immigréEs… triste record sous un gouvernement dit de gauche. Continuité aussi également de la politique de la françafrique avec l’intervention au Mali.

Ils gardent le cap !

La politique d’austérité menée par le gouvernement Hollande-Ayrault dégrade les conditions de vie  du plus grand nombre. Le taux de chômage bat des records historiques, la précarité et la pauvreté s’installent durablement et touchent de plus en plus de jeunes, de salariés, de chômeurs et de retraités. Face à cette situation, la colère se fait entendre. Celle des salariés qui luttent contre les licenciements et les fermetures d’usines ou les suppressions d’emploi dans le secteur public ; celle qui s’exprime contre l’Ayraultport à Notre-Dame- des-Landes ou encore celle des manifestants du 1er et du 5 mai. Malgré cela, Hollande et son premier ministre ont décidé de garder le cap. L’austérité sera poursuivie au nom de la croissance et de l’emploi. Nos retraites sont d’ores et déjà dans le collimateur du gouvernement et du Medef  et les privatisations vont s’accélérer.

Résister et s’opposer

Cette politique prépare le retour de la droite, si discrète sur les mesures économiques du gouvernement et  nourrit la montée du Front national qui se renforce grâce aux reculs sociaux et aux affaires qui touchent la gauche et la droite. Il y a urgence à développer et à faire converger les mobilisations afin de changer le rapport de force et construire une alternative politique contre la droite et l’extrême droite dans la perspective d’un gouvernement anti-austérité qui interdise les licenciements, augmente les salaires et les retraites pour imposer une autre répartition des richesses, développe les services publics,  annulent la dette et crée un monopole public bancaire. Il y a urgence à mettre les banques, le patronat et leurs serviteurs hors d’état de nuire.

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin