Archive | NPA

11 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot sur soir 3

NPA

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10 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

front de gauche: en temps de crise

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La crise que connaît le Front de gauche vient de connaître un nouveau rebon- dissement avec le 4e congrès du Parti de la gauche européenne qui s’est tenu mi-décembre à Madrid en présence de 300 déléguéEs.  Ce parti regroupe une vingtaine d’organisations euro- péennes dont, pour la France, le PCF et le Parti de gauche. Seuls les PC restés les plus staliniens d’Europe en sont absents, comme les PC de Grèce ou du Portugal.

Dés-union européenne. Avec l’accord du PG, le congrès a voté trois initiatives qui ne mangent pas de pain : une campagne contre le grand marché transatlantique (TAFTA), l’organisation d’un sommet pour la restructuration de la dette en mars à Bruxelles et un « forum européen des alter- natives » pour l’automne. Toujours avec l’accord du PG, 86 % du congrès a proposé Alexis Tsipras, le leader de Syriza, comme candidat à la présidence de la Commission européenne. Enfin un bureau a été élu avec des représentants de Syriza (Grèce), du Bloc de gauche (Portugal), du PCE (État espagnol), de la Gauche bulgare et de Die Linke (Allemagne).

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En revanche, le PG s’est opposé à la réélection de Pierre Laurent à la présidence du PGE, et a décidé en conséquence de suspendre sa participation au PGE jusqu’aux municipales, déclarant notamment : « la clarté de notre campagne aux européennes ne doit pas être mise en danger par la stratégie portée par Pierre Laurent de rejoindre la liste du PS aux municipales à Paris ». Pour ce dernier, « cette décision est incompréhensible pour nos camarades européens ». Même réaction chez Clémentine Autain de la FASE qui, tout en rejetant l’accord PS-PCF sur Paris, explique que pour le Front de gauche, « il n’y a pas de plan B pour les européennes ».

L’état de l’union… Pour bien comprendre cette crise, il faut rappeler que le Front de gauche est une coordination d’organisations, avec seulement quelques « indépendants » dans sa direction, et non un parti unifié comme le demandent certainEs en son sein.

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Il est composé du PCF (avec ses 8 000 éluEs), du PG avec l’orateur Mélenchon, quelque milliers d’adhérentEs et quelques dizaines d’éluEs, le PCOF, une moitié de Gauche unitaire dirigée par ­Christian Piquet (ex-LCR), et depuis peu Ensemble, regroupement qui réuni l’autre moitié de la GU dirigé par Francis Sitel (ex-LCR), la Gauche anticapitaliste (ex-LCR et NPA), Convergence et alternative (ex-LCR et NPA), la FASE (dont les Communistes unitaires), et un peu plus de la moitié des Alternatifs (l’autre moitié ayant refusé d’adhérer au Front de gauche).

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De fait, c’est bien le PCF et Mélenchon qui dominent le Front de gauche, un Front qui va se présenter aux prochaines municipales selon les villes sur des listes avec le PS ou contre lui, donc quelquefois divisé entre PCF d’un côté et reste du Front de gauche de l’autre. Mais à chaque fois, avec le même sigle !

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Le débat d’abord Aujourd’hui, le débat est assez violent et s’est envenimé suite à la prise de position du PG dans le cadre du Parti de la gauche européenne, un PG par ailleurs favorable à l’in- tervention militaire en Centrafrique à partir du moment où elle a été sanctifiée par l’ONU…

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Pour les directions, il ne s’agit pas d’une question de fond malgré les apparences. Mé- lenchon se moque des municipales et ne compte que sur les européennes où il espère remplacer Pierre Laurent comme tête de liste et « dépasser » le PS dans les urnes. Et pour le deuxième tour des municipales, c’est le silence radio, ce qui laisse entendre un accord avec le PS sous l’argument de « battre la droite ». Et déjà dans certaines villes, des sections du PG ont annoncé la couleur pour justifier de ne pas faire d’accords avec d’autres courants comme le NPA.

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Mais sentant une grande opposition des militants PCF, mais pas des éluEs, à toute alliance avec le PS, Mélenchon s’efforce de canaliser cette opposition de gauche, sans se rendre compte que même chez ces militantEs, son « style » ne passe pas…

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Mêmes compliqués, tous ces débats nous concernent car ils touchent des militantEs avec qui nous nous retrouvons souvent dans les mobilisations et qui pour la plupart sont à la recherche d’une véritable alternative anticapitaliste. Et dans ce domaine, personne n’a fait ses preuves et n’a de solution toute faite. En toute modestie, et en toute indépendance, nous apportons notre contribution politique, avec ces camarades comme avec celles et ceux qui ne veulent plus être mêlés à ces « jeux politiciens ». Alain Krivine

Hebdo L’Anticapitaliste – 224 (09/01/2014)

http://npa2009.org/content/front-de-gauche-en-temps-de-crise

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10 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

besancenot: « valls est devenu le plus grand publicitaire de dieudonné » (jdd)

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La colère

L’interdiction du spectacle de Dieudonné à Nantes par le Conseil d’Etat est « lamentable », a jugé Olivier Besancenot sur France 2. Pour le responsable du Nouveau parti anticapitaliste, cette décision est « fausse sur le fond » et  »lourde de conséquences pour la liberté d’expression ». Elle est « inefficace » car « consciemment ou inconsciemment, (Manuel) Valls est devenu le plus grand publicitaire » du polémiste, a ajouté celui qui fut deux fois candidat à l’Elysée.

http://www.lejdd.fr/Politique/Besancenot-Valls-est-devenu-le-plus-grand-publicitaire-de-Dieudonne-647687

Besancenot, NPA AFP 10/01/14

PARIS, 10 jan 2014 (AFP) – Olivier Besancenot (Nouveau Parti Anticapitaliste) a jugé vendredi « lamentable » l’interdiction du spectacle de Dieudonné, estimant que le gouvernement ferait mieux de s’en prendre aux licenciements.

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Sur France 2, celui qui fut deux fois candidat à l’Elysée a assuré que la décision du Conseil d’Etat était « lamentable » d’abord parce qu’elle est « fausse sur le fond. Visiblement, il y a des problèmes de droit ».

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Ensuite, pour celui qui se dit militant « contre tous les racismes », elle est « lourde de conséquences pour la liberté d’expression ». Elle est « inefficace » car « consciemment ou inconsciemment, Valls est devenu le plus grand publicitaire » du comédien et polémiste accusé d’antisémitisme. « Ca devient un peu gonflant: on a un gouvernement qui nous tient en haleine du matin et soir sur sa grande campagne de rentrée: faut-il interdire ou non chaque spectacle de Dieudonné ?  « S’il veut interdire quelque chose, qu’il interdise le licenciement des salariés de la Redoute ou Goodyear », a lancé M. Besancenot, dénonçant « une forme de diversion ».

http://npa2009.org/content/dieudonn%C3%A9-interdire-plut%C3%B4t-les-licenciements-besancenot-npa-afp-100114

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09 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

hollande responsable… devant le medef

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Au-delà de paroles creuses sur la « France forte », c’est la création d’un pacte de responsabilité avec les patrons qui a constitué la principale annonce du président lors de ses vœux du 31 décembre.

«Je propose un pacte de responsabilité aux entreprises. Il est fondé sur un principe simple : moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en contrepartie, plus d’embauches et plus de dialogue social. » Le président a parlé.

Reculs en cascade Jusqu’à présent, Hollande tenait à sauvegarder un discours un peu à gauche… tout en multipliant les cadeaux aux patrons et aux revenus élevés. On peut en citer quelques-uns particulièrement significatifs.

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D’abord, son recul sans combat devant les « pigeons » (c’est-à-dire des patrons qui veulent avoir le droit de céder leur entreprise sans payer des impôts en fonction de leur enrichissement) a porté un coup au principe affirmé durant la campagne présidentielle d’imposition égale du travail et du capital.

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Ensuite, ce fut la décision de ne pas réglementer les retraites chapeaux et autres avantages financiers que s’octroient les dirigeants des grandes entreprises, pour s’en remettre à un code de conduite dont l’application est contrôlée par un comité du patronat : le cas de Varin (patron de PSA) a montré que ce comité n’a bougé que quand les syndicats et la presse ont sorti l’information.

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Le lobby bancaire a eu la peau de l’engagement de Hollande de séparation des activités spéculatives des activités de crédit : la loi bancaire concernera moins de 1 % des activités des banques.  Le patronat a eu la satisfaction de voir le gouvernement édulcorer, puis faire repousser la proposition de loi sur l’amnistie des syndicalistes condamnés pour des actions liées à des conflits sociaux. Cela permet la poursuite de l’acharnement politico-judiciaire contre les cinq militants CGT de Roanne, poursuivis pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN.

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La réforme des retraites se fait sans que cela coûte quoi que ce soit aux entreprises. 
Enfin, le « pacte de compétitivité » se solde par la mise en place d’un crédit d’impôt pour les entreprises qui va atteindre 20 milliards d’euros et qui est en partie financé par la hausse au 1er janvier de l’impôt le plus injuste : la TVA.

À plat ventre devant les patrons

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Le 10 septembre 2013, Libération faisait sa une sur « Hollande, président des patrons ». Aujourd’hui, c’est Hollande à plat ventre devant le patronat. Dans une interview au Monde du 4 janvier dernier, Pierre Gattaz, président du Medef, affirme qu’il accueille favorablement le pacte de responsabilité de Hollande.

 

Il en raconte aussi la genèse. En novembre dernier, le Medef a transmis au président un projet de « pacte de confiance ». Gattaz note que le contenu des deux pactes est « très proche ».  Loin des hypocrisies de la campagne présidentielle, le discours de Hollande reprend celui, traditionnel, des organisations patronales basé sur la réduction des « charges » et des « contraintes ». En contrepartie, sans s’engager à rien en termes d’embauches, Gattaz annonce un million d’emplois. D’ailleurs, il ne précise même pas s’il s’agit d’emplois supplémentaires.

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On remarquera que les annonces faramineuses sur l’emploi sont une spécialité de la famille Gattaz. Le père de Pierre, Yvon, président du CNPF (l’ancêtre du Medef) entre 1981 et 1986, avait lui promis la création de 471 000 ENCA, « emplois nouveaux à contraintes allégées », si l’autorisation administrative de licenciement était supprimée. Elle l’a été en 1986 par Chirac et aucun emploi supplémentaire n’a été créé, comme l’a avoué dans un débat parlementaire en 2012 le député UMP Étienne Pinte, rapporteur du texte à l’époque.

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Nous voilà donc prévenus. C’est le patronat qui va directement dicter les réformes de la deuxième partie du quinquennat. Quels que soient les résultats des futures municipales et européennes, malgré quelques grognements, la grande masse des députés et sénateurs socialistes suivra, tandis que le Front national essaiera de capitaliser le mécontentement populaire. Seule une mobilisation massive de « ceux d’en bas », de ceux que les « socialistes » trahissent jour après jour, peut mettre en échec ce scénario. Henri Wilno

Hebdo L’Anticapitaliste – 224 (09/01/2014)

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08 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

goodyear: le vandale, c’est taylor

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 Taylor, c’est le patron de Titan, l’éventuel repreneur de Goodyear, qui avait traité les militants CGT de « timbrés » et affirmé qu’à Amiens les « soi-disant ouvriers» ont « une heure pour leur pause et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures».

Il récidive aujourd’hui en traitant de « mabouls » et de « pirates » les salariés qui se battent jusqu’au bout contre la liquidation de leur travail, leur seul moyen de vivre. Alors même qu’ils détruisent des milliers de vies de salariés, ces patrons assoiffés de profits, accusent les salariés d’être des vandales.

Pendant ce temps le gouvernement parle de pacte de responsabilité avec le patronat. Son boulot devrait être plutôt d’interdire les licenciements, de réquisitionner les entreprises liquidées par des patrons sans foi ni loi autre que celle du profit. Mais d’Amiens à Marseille où se battent les salariés de la SNCM, le gouvernement est au mieux aux abonnés absents au pire reconnaît la nécessité de ces restructurations destructrices d’emplois.

Le NPA est totalement au côté des salariés qui refusent les diktats du patronat. Leur lutte est légitime. C’est leur avenir qui est séquestré par la politique des patrons. La solidarité doit s’organiser, la mobilisation se construire contre tous les licenciements, contre toutes les suppressions de poste de travail. Montreuil, le 7 janvier 2014

http://npa2009.org/node/39900

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08 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

valls-dieudonné: un jeu de dupes

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La  bataille que Valls a décidé d’engager contre Dieudonné en demandant aux préfets d’interdire ses spectacles est un jeu de dupes.

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Ce dernier vient de découvrir Dieudonné, les haines rances et l’antisémitisme qu’il véhicule, ses amitiés d’extrême droite, ses liens avec le Front national, les milieux antisémites négationnistes et autres courants fascistes.

Le ministre de l’Intérieur se présente comme le champion de la lutte contre l’extrême droite, alors qu’il fait tout pour battre le record des expulsions d’étrangers du gouvernement précédent, tient des propos racistes contre les Roms ou regrette qu’il n’y ait pas assez de « white » et trop de noirs dans sa bonne ville d’Evry…

Il y a arnaque, la campagne de Valls arrive à point nommé pour le gouvernement alors que les chiffres du chômage sont catastrophiques, que l’économie est au plus bas, que la TVA augmente, ou que Hollande vient d’annoncer vouloir faire 30 milliards de cadeaux sur les cotisations patronales aux dépends des salariés.

C’est bien leur politique qui crée un terrain favorable à tous les démagogues réactionnaires qu’ils cherchent à faire leur sale business en politique ou dans le spectacle.

Les sinistres pitreries de Dieudonné sont insupportables mais l’interdiction de ses spectacles n’aura comme effet que de le poser en victimes du système, de ce gouvernement de plus en plus rejeté.

La lutte contre le racisme quel qu’il soit, contre la démagogie d’extrême-droite et fascisante doit être prise en main sur tous les terrains qu’il soit juridiques ou politiques par les organisations du mouvement social, par les travailleurs et les jeunes.

Elle est indissociable de la lutte pour l’égalité des droits et contre les discriminations, pour le droit de vote, le droit au séjour, contre la politique de ce gouvernement hypocrite. Montreuil, le 7 janvier 2014

http://npa2009.org/node/39901

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07 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

hollande exauce les vœux du patronat

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Pacte de responsabilité:

Lors de ses vœux, Hollande propose aux patrons  un  « pacte de responsabilité ». Pierre Gattaz, le président du MEDEF applaudit et note qu’il est « très proche » de leur propre « pacte de confiance »  Il a raison, Hollande reprend mot pour mot le discours habituel des patrons : « moins de charges sur le travail, moins de contraintes »  en contrepartie de  « plus d’embauches et de dialogue social ».

Un hold-up en bande très organisée.

Le pacte  a plusieurs volets. Le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE), cadeau fiscal aux entreprises, va être multiplié par deux, de 10 à 20 milliards.  La remise à plat fiscale promet de « voir comment la fiscalité des entreprises peut être mise au service de l’emploi ».  En clair il s’agit de réduire l’impôt des sociétés au moment où la TVA, l’impôt qui pèse le plus  sur les plus pauvres, augmente !

Mais le point central concerne la protection sociale.

En mai,  le Haut Conseil du financement de la protection sociale rassemblant les « partenaires sociaux » rendra son rapport au gouvernement. La commande est simple  « réduire le poids des cotisations pesant sur le travail, afin de favoriser l’emploi et la compétitivité des entreprises ». Le financement des allocations familiales est principalement visé, les patrons voulant récupérer les 35 milliards de la branche famille.

Un énorme mensonge…

Depuis 30 ans, toujours avec l’argument de l’emploi, les exonérations de cotisations sociales des entreprises se multiplient. En 2012 elles ont atteint 27,6 milliards d’euros. Pendant ce temps le nombre de chômeurs n’a cessé d’augmenter. Non !  La baisse des cotisations n’amène pas les patrons à embaucher.

… Et un choix : La part de la richesse revenant aux  salariéEs – salaire et protection sociale- ne cesse de diminuer pour augmenter les  profits et l’enrichissement des actionnaires.

Toute baisse des cotisations est une baisse de salaire.  Notre salaire est composé du net, touché directement chaque mois, et des cotisations. Les patrons le savent bien, eux qui parlent du coût du travail englobant salaire net et cotisations.

La cotisation sociale est une part du salaire mutualisée et  redistribuée   aux chômeurs/euses, aux familles, aux malades, aux retraitéEs. Le patronat  voudrait ne payer (mal) les  salariéEs que quand ils et elles sont au travail. Il veut se désengager de la Sécu., il réclame sans cesse un financement par l’Etat, il préconise  assurances ou mutuelles pour la santé et fonds de pension pour la retraite.

Un combat à engager sans attendre.

Le gouvernement annonce une concertation et des décisions prises à l’automne pour entrer en vigueur en 2015. Le coup du dialogue social, nous ne le connaissons que trop. Il a donné  la contre-réforme des retraites et la loi sur la compétitivité des entreprises, machine de guerre contre le droit du travail. En plus il risque de se conclure autoritairement par ordonnances gouvernementales, inventées par De Gaulle (déjà contre la Sécu en 1967 !) et largement utilisées par Mitterrand et Sarkozy.

Il n’y a rien à discuter. Le plus urgent est de convaincre, de construire la mobilisation, le rapport de force contre le gouvernement et le patronat.

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07 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

tva: c’est la classe !

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L’augmentation de la TVA depuis le 1er janvier montre une fois de plus que ce gouvernement mène une politique d’injustice économique et sociale, un choix de classe.

Car cette augmentation de la TVA pèsera deux fois plus sur les plus pauvres que sur les plus riches !

La TVA (taxe sur la valeur ajoutée) est un impôt sur la consommation créé par la France en avril 1954.

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Il a même fait des petits, puisqu’il s’est imposé dans 118 pays, dont tous les pays d’Europe. Personne n’échappe à cet impôt prétendument « indolore », y compris le SDF qui achète un bout de pain. Contrairement à l’impôt sur le revenu (même si cela est de moins en moins vrai), la TVA n’est pas un impôt progressif (plus on est riche, plus on paie) puisque cette taxe est  basée sur le prix du bien, par application d’un taux qui ne varie pas.

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De très longue date, la gauche et en particulier le Parti socialiste ont toujours dénoncé cet impôt dégressif.

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Hollande lui-même a été l’un de ses plus grand détracteur, critiquant lors de sa campagne pré- sidentielle le « choc de compétitivité » de Sarkozy qui consistait à faire un cadeau sans contrepartie aux entreprises, en le faisant financer par l’impôt le plus injuste socialement… Allant même jusqu’à dire : « il n’y a aucun courage à demander aux Français de payer davantage d’impôts. »

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Mais ça c’était avant ! Avant les 20 milliards d’euros aux entreprises sous la forme de crédit d’impôt… financés par la hausse de la TVA au 1er janvier 2014.

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Faire les poches des plus pauvres  L’augmentation de la TVA va baisser drastiquement notre pouvoir d’achat déjà en chute libre. Toutes les études économiques, en particulier le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires de 2011, montrent que toutes les hausses de TVA ont été répercutées par des augmentations des prix par les entreprises.

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La SNCF a déjà annoncé que l’augmentation de la TVA de 7 à 10 % applicable aux billets de train conduirait à leur hausse de 3 %. Idem du côté des magasins Leclerc qui annoncent aussi une hausse des prix, et ce n’est que le début… Ajoutons à cela les augmentations « annuelles », comme le tabac, les timbres ou les tarifs bancaires, sans aucun coup de pouce pour le Smic ou la majorité des sa- laires… Le choix du gouvernement Hollande-Ayrault consiste donc bel et bien à abaisser encore plus le niveau de vie de la majorité de la population.

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Ce choix est doublement injuste puisqu’il fait payer plus les pauvres que les riches : les ménages les plus modestes consacrent environ de 13 % de leurs revenus à la TVA, pour les ménages les plus aisés c’est seulement 8 %. C’est donc bel et bien un choix politique de classe, celui d’augmenter la fiscalité des ménages avec la TVA pour faire baisser celle des entreprises. Dix milliards d’euros en 2014, dix de plus en 2015, ponctionnés sur la consommation, dans l’unique objectif de provoquer une baisse du coût du travail.

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Une fiscalité plus juste ne peut donc se concevoir sans la suppression des impôts frappant la consommation. Rappelons que la Révolution française a supprimé les impôts indirects (gabelle…). Nous revendiquons donc la suppression de la TVA, en commençant dans un premier temps par la création d’un taux zéro sur les produits de première nécessité.

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La suppression de la TVA n’implique toutefois pas que l’on se prive de prix administrés, par l’intermédiaire d’une taxe sur la consommation. Ainsi un taux majoré, très élevé, pourrait être appliqué sur les produits de luxe et ceux dont on ne souhaite pas encourager la consommation pour des raisons sociales ou écologiques. Tout le contraire de ce que fait ce gouvernement.

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Sandra Demarcq

http://npa2009.org/content/tva-c%E2%80%99est-la-classe%E2%80%89

Hebdo L’Anticapitaliste – 223 (02/01/2014)

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07 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

l’école révélée par la réforme Peillon

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Les contre-réformes de Peillon poursuivent et approfondissent celles des gouvernements précédents, de gauche comme de droite, en renforçant la caractère de ségrégation sociale de l’école…

Le système LMD (licence, master, doctorat) construit en 2002 par le gouvernement PS de Jospin avait cassé le cadre national des diplômes et complètement réorganisé les enseignements dans le supérieur. C’était le versant pédagogique. La LRU (Loi relative aux libertés et responsabilités des universités) mise en place par la droite étant son pendant structurel : elle permet l’autonomie des universités, notamment financière, dont la conséquence actuelle est la faillite de certaines d’entre elles. Aujourd’hui, la réforme des rythmes scolaires et la loi Peillon sont aux réformes Darcos, tant décriées en 2008, ce que la LRU était au LMD.

Les réformes Darcos avaient posé des jalons fondamentaux. L’arsenal idéologique mis en œuvre avec elles, issu des secteurs les plus réactionnaires de la bourgeoisie, a combattu frontalement les courants pédagogiques progressistes et  l’idée de « la réussite de tous ».

Elle a transformé les « compétences », qui ont été pendant une période des (…) pour en faire des outils de segmentation des savoirs et connaissances. Cela permet à un livret de CM2 d’afficher comme compétences à évaluer « tracer une hauteur d’un triangle » ou « écrire correctement les mots commençant par ac, af, ef, of ».

Ce type de compétence est le contraire d’un savoir : c’est un savoir-faire, une technique. L’enseignement de l’histoire, en primaire comme au collège et au lycée, est symptomatique de cette tendance : on demande aux élèves d’associer un personnage, un événement et une période. Il n’est pas question de comprendre ce qui précède, ce qui suit, les interactions, la complexité, sans même parler des conflits politiques. Toute cette logique est intrinsèquement liée au principe du « socle commun » introduit par la loi Fillon : il s’agit de donner le minimum à tous les élèves, le reste étant réservé à l’élite.

Les enquêtes PISA récemment parues ont d’ailleurs une nouvelle fois montré que le système français ne développe pas l’autonomie des élèves et leur capacité à réfléchir. Au contraire, de multiples pressions sont exercées pour que les enseignants deviennent des machines à évaluer des savoir-faire et des actions précises. Peu importe que les élèves comprennent ce qu’ils font, qu’ils soient capables de réfléchir.

L’important est l’apparence de la réussite, la capacité des élèves à montrer leur aptitude à répondre à des questions, c’est-à-dire en dernière instance à se vendre à ceux qui les observent. Les aides personnalisées, introduites depuis la suppression de la classe le samedi matin et qui consistaient en un travail des enseignants avec de petits groupes d’élèves en difficulté, introduisaient d’ailleurs l’idée qu’un élève qui ne réussit pas est un élément inadapté à un système qui se plierait en quatre pour lui. (…)

Renforcement de la séparation entre « socle commun » et culture

Le retour du travail le mercredi matin encourage à enseigner les mathématiques et le français le matin, laissant les matières culturelles (géographie, histoire, langues, sport, arts…) à l’après-midi. Cela renforce l’échec dans les classes populaires car, pour leurs enfants, les apprentissages formalisés de la grammaire et des mathématiques sont plus faciles à construire à partir de situations culturelles concrètes. Pour donner un exemple, il est plus facile d’apprendre la grammaire lorsqu’on rédige le compte-rendu d’une visite de musée ou qu’on présente une expérience scientifique qu’avec une séquence « classique » où l’apprentissage d’une leçon est suivi d’exercices techniques du manuel scolaire et d’une évaluation (un « contrôle »).

La réforme pousse même à ce que les enseignants ne prennent en charge que les apprentissages les plus classiques, tandis que la culture est municipalisée (professeurs de la Ville de Paris dans la capitale, animateurs ou intervenants extérieurs ailleurs). Tout cela renforcera inévitablement ce que révèlent déjà les enquêtes PISA : pour les classes populaires, la culture sera toujours plus inaccessible et les compétences vendables (maths et français) plus difficile à acquérir.

Mise en concurrence et éclatement du cadre national

Il ne fait plus de doute que les ateliers périscolaires sont très différents d’une commune à l’autre et même d’une école à l’autre. Dans certaines communes, ils sont payants et se résument à une garderie. A Paris, les ateliers sont très différents dans un quartier populaire ou un quartier bourgeois. Comme 90 % des élèves restent aux ateliers, force est de constater que leur qualité met les écoles en concurrence. Ce n’est pas pour rien que certains directeurs d’école et inspecteurs courent après les associations pour garantir à leur(s) école(s) des ateliers de qualité.

Ce n’est pas tout. Une nouvelle mise en concurrence se met aussi en place entre les ateliers et les enseignants, avec des conséquences diverses. Par exemple, pourquoi continuer à enseigner l’anglais ou le chant sur le temps scolaire, s’il existe des ateliers correspondant sur le temps périscolaire ? Pourquoi continuer à payer des enseignants, si on peut obtenir le même travail dans certains domaines spécifiques de la part d’animateurs payés trois fois moins cher et licenciables du jour au lendemain ?

Les « projets éducatifs territoriaux » sont le cadre formel organisant cette déréglementation. Certains enseignants ont l’illusion qu’ils leur permettront d’exercer un contrôle sur le désordre que constituent les ateliers périscolaires. Le plus probable est l’inverse : que les mairies exercent une pression sur les enseignants et sur les projets d’école pour intégrer les ateliers mis en place par les villes… c’est-à-dire l’équivalent du projet de loi déposé à l’assemblée par l’UMP le 5 décembre dernier.

La casse des statuts

Peillon l’a dit : la réforme des rythmes impose d’annualiser le temps de travail des enseignants. Evidemment ! A partir du moment où chaque école peut avoir son temps de travail propre, les enseignants doivent être flexibles et s’y adapter… Le ministre commence donc par annualiser le temps de travail des remplaçants et continue avec les enseignants du second degré sous prétexte de prendre en compte les différentes activités qu’ils assument (rendez-vous avec les parents, fiches diverses à remplir, projets, etc.). Mais à terme, c’est la possibilité d’utiliser les enseignants de manière beaucoup plus flexible (interventions croisées entre écoles et collège, « volontariats » qui se transforment en contraintes…).

L’ouverture du « chantier métier » par le ministère (bien accompagné par les directions des syndicats majoritaires, qui relaient ses problématiques dans la profession) est une nouvelle étape, dont on ne connaît pas encore toutes les conséquences. Mais nous savons déjà que se joue, dans les écoles primaires, quelque chose autour du statut des directeurs. Ceux-ci sont en effet tour à tour menacés (à Paris, par exemple, les REV1 leur prennent actuellement une partie de leurs missions municipales) et choyés (le ministère vient de leur accorder une nouvelle prime de plusieurs centaines d’euros, il leur promet des décharges de service supplémentaires).

Tout prend corps : puisque l’Education fonctionnerait maintenant école par école, autant avoir des chefs d’établissement qui gèrent les personnels de la mairie comme de l’Education nationale. C’est le vieux projet d’EPEP2 qui revient par la fenêtre.

Concernant la mise en place de la réforme des rythmes scolaires, on a donc eu bien raison de parler de « territorialisation » de l’éducation, de « municipalisation ». Ceux qui dénoncent régulièrement une privatisation de l’éducation ont tort sur le plan technique – l’école n’est pas encore vendue à la découpe – mais ce terme recoupe une dynamique bien réelle : l’importation à grande échelle des méthodes du privé. La réforme Peillon en est aujourd’hui la pierre angulaire. Les ravages n’ont pas fini de se faire sentir. (…) Antoine Pelletier

http://npa2009.org/content/l%E2%80%99%C3%A9cole-r%C3%A9v%C3%A9l%C3%A9e-par-la-r%C3%A9forme-peillon

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06 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

syndicalisme: où en est la cgt?

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La non signature de l’accord national interprofessionnel sur la formation pro- fessionnelle a mis une nouvelle fois en lumière les difficultés de la direction confédérale, et singulièrement celles du secrétaire général Thierry Lepaon, à se positionner nationalement dans les dédales du dialogue social.

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Traînant comme un boulet l’échec de la stratégie du syndicalisme mise en œuvre dans la mobilisation contre la réforme des retraites de Sarkozy-Fillon, la direction confédérale s’est trouvée longuement déstabilisée par la guerre de succession déclenchée par le départ de Bernard Thibault. Thierry Lepaon a été élu secrétaire général sans vraiment de soutien et d’appui dans l’appareil CGT. Soupçonné de mollesse par les fédérations et unions départementales combatives, de manque de conviction sur la nécessité de rénover le fonctionnement, son élection à l’issue du 50e congrès confédéral a davantage mis en évidence les fractures dans la confédération que sa capacité de rassemblement.

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Défaites sans bataille Affaiblie en interne, la direction confédérale a refusé d’emblée de s’opposer à un gouvernement de gauche dont elle se contente d’exiger un « changement de cap ». Se satisfaisant de l’ouverture du dialogue social, la direction de la CGT s’est placée dans l’incapacité d’organiser la mobilisation contre l’ANI sur la compétitivité des entreprises. Des rassemblements maigrelets n’ont pas permis d’empêcher la signature de la CFDT, de la CGE-CGC et de la CFTC au côté du Medef.

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La même stratégie aboutit au même résultat dans la bataille contre la réforme des retraites. Refusant de mettre en avant le retrait du projet de réforme, la CGT (alliée à FO, la FSU et Solidaires) attend le mois de septembre pour la première manifestation de rue. À l’issue d’une journée de mobilisation plutôt réussie, aucune initiative n’est prise, et le gouvernement fera passer sa contre-réforme quasiment sans riposte.

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À l’issue de ces deux défaites sans vraie bataille, la contestation se développe dans la CGT. Le nouveau rapprochement avec la CFDT, notamment dans les mobilisations bretonnes est loin de faire l’unanimité, même si le positionnement « anti-bonnets rouges » est assez largement partagé, hors Bretagne.

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Lepaon désavoué La commission exécutive confédérale et davantage encore le comité national confédéral sont agités, et la direction confédérale contrainte à des ajustements de lignes. C’est ainsi qu’est décidée et organisée la journée d’action du 6 février : appels à la grève et mobilisations dans les entreprises le matin, manifestations régionales l’après-midi, engagement de donner une suite rapide à cette journée, le tout quel que soit le retour des autres confédérations.
Dans le même temps, dans le cadre de la négociation de l’ANI sur la formation professionnelle, c’est finalement la ligne d’opposition qui l’emporte, après l’avis négatif de la délégation et contre la position initiale de Lepaon. Un refus facilité par le fait que les retombées du financement de la formation professionnelle vers les syndicats sont remises en cause.

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Au cœur des contradictions du syndicalisme français Faible syndicalisation, large dépendance des institutions étatiques ou paritaires, la voie est étroite entre la franche collaboration à la mode CFDT et l’adossement aux luttes et aux équipes syndicales combatives dans une stratégie de pression. L’audience, le poids de la CGT ont faibli depuis les années 80 et certains de ses appuis fondamentaux se sont affaissés : reculs à EDF-GDF, France Telecom, La Poste, SNCF, Renault et dans tous les secteurs composant le secteur nationalisé. Financement et renouvellement d’équipes militantes sont remis en cause.

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Pour autant, au travers de secteurs combatifs, la CGT reste un élément important de la défense des intérêts des salariéEs. Les campagnes de formation, de convictions sur les thèmes tels que l’antifascisme, les questions féministes et LGBT, la répression anti-syndicale, ne doivent pas être considérées uniquement comme des alibis ou des échappatoires aux questions politiques et stratégiques. Elles sont bien des outils pour l’action quotidienne.

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Le problème pour les militantEs radicaux vient autant des difficultés à prendre en charge les tâches du syndicalisme quotidien que de rendre visible une alternative « lutte de classes » aux positionnements confédéraux dans un contexte de dégradation du rapport de forces en défaveur des salariéEs. Ce sera un des enjeux des mobilisations qu’il sera indispensable de construire dans l’année qui vient contre les attaques sur la protection sociale, contre les licenciements ou pour les salaires.

Robert Pelletier http://npa2009.org/content/syndicalisme-o%C3%B9-en-est-la-cgt%E2%80%89

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