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15 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Fête de l’Humanité 2013 : le NPA bien présent !

Fête de l’Humanité 2013 : le NPA bien présent ! dans A gauche du PS affiche-bieres-de-chartres

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Comme chaque année, la fête de l’Humanité, qui se tient du vendredi 13 au dimanche 15 septembre, représente un des rassemblements les plus populaires du pays. Depuis sa fondation, le NPA y tient chaque année un stand.

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Outre les militantEs et sympathisantEs du PCF, se côtoient à la fête de l’Humanité tous les courants de la gauche sociale, politique et syndicale, et une masse de jeunes attirés par des concerts de choix. Mais cette fête est aussi l’occasion de juger de l’état du PCF, de ses militantEs, de ses débats et aussi de ses relations internationales.
Ainsi, depuis quelques années, si la force du PCF apparaît encore à travers ses appareils municipaux (plus de 8 000 élus), la majorité des militantEs, souvent âgée, s’occupe essentiellement de la tenue des stands, une bonne partie du service d’ordre, notamment aux entrées, étant désormais assurée par une boîte privée. En revanche, les débats pluralistes sont de plus en plus nombreux avec toutes les tendances du mouvement ouvrier… à l’exception du NPA seulement invité au pot unitaire du samedi !

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Des hauts et débats… Cette année, Pierre Laurent prononcera l’allocution centrale du dimanche, en compagnie de militantEs PCF des boîtes en lutte les plus significatives. Mais les débats qui traversent le parti touchent essentiellement à la nature du Front de gauche, aux rapports avec le PS notamment à la veille des élections et donc en conséquence aux rapports conflictuels avec le Parti de gauche.

Comme on le sait, le PCF n’accepte le Front de gauche que comme un cartel avec parfois des réunions sans pouvoir réel, des « as- semblées citoyennes ». La direction du PCF ne voudrait pas rompre avec le PS pour être certaine d’assurer la réélection de ses éluEs et de ses municipalités, alors que Mélenchon, qui a lui peu d’élus municipaux, prépare les européennes et a besoin au premier tour des municipales d’apparaître à la gauche du PS et du PC…

D’où sa proposition de listes « autonomes » du PS dans toutes les grandes villes. Un débat tactique car les deux partis sont d’ac- cord pour se réclamer de la « révolution citoyenne », par les institutions, et rejoindront le PS au second tour. Mais pour beaucoup de communistes, le débat est plus profond.
Sur le plan international, le bilan des dernières fêtes de l’Humanité est, depuis la disparition de l’URSS et de ses satellites, beaucoup plus maigre, à l’exception des stands Cuba et Vietnam qui attirent toujours beaucoup de monde, plus pour leur restaurant que par nostalgie…
C’est dans ce cadre que le NPA sera présent animant sur son stand de nombreux débats sur les questions d’actualité, notamment sur la Syrie ou le combat contre la réforme des retraites.

Plusieurs camarades du NPA dédicaceront leurs livres : Olivier Besancenot et Philippe Poutou, mais aussi Franck Gaudichaud et Michael Löwy. Enfin, outre un bar assurant aussi la restauration, notre stand aura comme chaque année son espace librairie animé par la Brèche et cette année un espace supplémentaire pour notre campagne financière.Pour toutes ces raisons, vous serez donc nombreuses et nombreux à venir faire la fête ce week-end, car le public de la fête de l’Huma, c’est aussi bien entendu notre public. À très bientôt donc !

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Alain Krivine Jeudi 12 septembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 208 (12/09/2013)

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15 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le NPA à Marseille contre l’Université d’été du FN

Le NPA à Marseille contre l'Université d'été du FN dans Antifascisme manif-anti-fn-marseille_4040079

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13 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

En cas de face à face FN/UMP, Olivier Besancenot ne choisit pas

En cas de face à face FN/UMP, Olivier Besancenot ne choisit pas  dans Antifascisme filloninochet-300x225

 Olivier Besancenot, du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), a expliqué mardi qu’en cas de duel entre un candidat FN et un candidat UMP, il ne choisirait pas car « on a déjà donné », après des propos controversés de François Fillon sur le sujet.
Interrogé dans l’émission Mardi politique RFI/Libération/AFP pour savoir s’il choisissait entre un candidat FN et un candidat UMP lors des prochaines élections municipales, Olivier Besancenot a répondu « non, on a déjà donné ».
« J’ai fait ça en 2002, je m’en souviens », a-t-il précisé faisant référence au second tour de la présidentielle de 2002 qui avait opposé Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen, alors président du Front national.
Interrogé auparavant sur son choix entre un candidat PS et un candidat FN,  il a répondu: « Je suis un militant anti-fasciste donc en général on fait barrage à l’extrême droite »,  avant de reconnaître qu’il voterait PS.
L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012) François Fillon a expliqué dimanche qu’il n’écartait pas l’idée d’appeler à voter FN en cas de duel avec le PS lors des municipales, si le candidat frontiste était « moins sectaire », déclenchant de vives protestations socialistes. Mardi 10 septembre 2013  (AFP 10/09/2013)

http://npa2009.org/node/38632

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13 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Campagne financière : faites vivre l’anticapitalisme !

NPA

Campagne financière : faites vivre l'anticapitalisme ! dans NPA mimeograph

Contre l’austérité, 1 million d’euros pour le NPA !

À travers le monde, la logique destructrice de la politique des classes capitalistes est à l’œuvre.

Leur Europe est aujourd’hui l’épicentre de la crise mondialisée. Le chômage, les politiques d’austérité y font des ravages, les conditions de vie et de travail se dégradent constamment. Même les puissances dominantes que sont l’Allemagne et la France n’échappent pas à la régression sociale. Et la politique de Hollande, entièrement soumise aux intérêts du patronat, ne fait qu’accentuer la détérioration de la situation.
Car c’est cette politique qui nourrit la démoralisation du monde du travail, confronté à l’absence de perspectives crédibles de la gauche politique et syndicale. C’est elle qui fait le lit du FN et des idées réactionnaires, nationalistes, racistes, homophobes et islamophobes, qui ont pour fonction de perpétuer les divisions au sein de la classe ouvrière et de créer de fausses communautés (de nation ou de civilisation).
Il nous appartient, tous ensemble, de faire des mois à venir les premiers pas de la contre-offensive à travers la bataille pour les retraites, contre le chômage et pour les salaires, contre la montée des idées réactionnaires et de l’extrême droite. Les échéances électorales de 2014, municipales et européennes, en seront un moment important auquel les anticapitalistes doivent participer.
Nous y dénoncerons l’austérité, y défendrons un programme d’urgence anticapitaliste, féministe, antiraciste, social et écologiste, la nécessité du contrôle des travailleurs et de la population sur l’économie et l’État, donc posant la question du pouvoir dans la perspective d’une Europe des travailleurEs et des peuples. À l’heure des révolutions arabes, nous ferons entendre une voix internationaliste. Nous y défendrons la nécessité de construire une opposition qui préparera l’affrontement avec ce gouvernement. Contre le populisme de droite et d’extrême droite, contre toutes les formes de souverainisme, pour démasquer l’imposture du FN, combattre les idées réactionnaires, le racisme, la xénophobie, nous y porterons les idées de la solidarité au sein des classes populaires. Voter anticapitaliste sera le seul vote utile. Des élus anticapitalistes seront un appui matériel et politique dans la contre-offensive du monde du travail, pour aider à la convergence des luttes.
Pour déverser leur propagande libérale et réactionnaire, les classes dominantes ne comptent pas les millions et disposent de mille relais : l’État, des médias, des intellectuels… et des partis institutionnels. En revanche, les anticapitalistes ne peuvent compter que sur eux-mêmes et sur la solidarité, militante et financière, de toutes celles et ceux qui refusent de subir.
Autant de raisons de décider ensemble d’engager cette bataille, de nous donner les moyens financiers d’y participer et de la mener. Pour cela le NPA a besoin de vous. Dimanche 8 septembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 207 (05/09/2013)
Olivier Besancenot
Christine Poupin
Philippe Poutou

Pour plus d’informations, pour nous aider : http ://npa2009.org/souscription

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11 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Non aux interventions militaires!

Non aux interventions militaires! dans Antiimpérialisme syrie

… et manœuvres impérialistes ! Bachar El Assad dégage ! Solidarité avec le peuple Syrien !

Les va-t-en guerre Obama et Hollande semblent se résoudre à reculer devant le rejet par la majorité des populations de toute intervention militaire en Syrie. Tant mieux, une telle intervention n’aurait fait qu’accentuer les souffrances du peuple syrien et accentuer les tensions et conflits au Moyen Orient.

Mais cela ne met nullement fin aux manœuvres des grandes et moyennes puissances que sont les USA, la France, la Grande-Bretagne, l’Arabie Saoudite ou la Russie, la Chine et l’Iran, contre le peuple syrien. Il ne s’agit que d’une négociation dans leurs rivalités et luttes d’influence autour de la survie de la dictature contre le peuple. Ces rivalités et luttes ont déjà détruit l’Irak, plongé l’Afghanistan dans la guerre, et entretiennent des tensions armées et menaces de guerre dans le monde.

Dehors le dictateur sanglant Le 21 août dernier, la dictature syrienne a franchi un nouveau degré d’atrocité en déclenchant un bombar-dement chimique dans la région de la Ghouta près de Damas. La folie acharnée et aveugle d’Assad et de son clan pour garder le pouvoir aboutit à un bain de sang, plus de 120 000 morts, 2 millions de personnes contraintes à l’exil. Les gouvernements des USA, de la France, de la Grande-Bretagne, qui veulent continuer de s’imposer comme les « gendarmes du monde », ont cru pouvoir invoquer cette barbarie pour justifier une opération de police internationale, des frappes aériennes contre le régime de Bachar Al-Assad. Mais une intervention n’aurait qu’aggravé la situation ! Elle n’a pas d’autre but que de permettre aux grandes puissances occidentales de garder la main. Mais ces dernières ne font rien pour aider les populations sur le plan humanitaire ou armer les forces démocratiques dressées contre la dictature.

Pendant des années, ces mêmes grandes puissances ont accordé leur soutien au régime d’Assad. Elles cherchent une solution qui les arrange au mépris de la population qui, seule, peut le renverser et conquérir les droits démocratiques, contre aussi les forces intégristes.

Pour le droit des peuples En Syrie, comme en Afrique, en Algérie ou au Vietnam la France porte une lourde responsabilité dans l’oppres- sion des peuples, elle qui pendant des décennies a imposé par les armes son pouvoir colonial qu’elle essaie de perpétuer, aujourd’hui, à l’ombre des USA.

Les travailleurs et les classes populaires d’ici sont du côté des peuples opprimés contre leur propre bourgeoisie et son Etat. Ils doivent être solidaires du peuple syrien contre le dictateur et son clan ainsi que des peuples d’Egypte, de Tunisie et de l’ensemble du monde arabe.

L’avenir de la démocratie, de la justice sociale, de la dignité n’est pas entre les mains des armées des grandes puissances qui veulent maintenir l’ordre mondial des oligarchies financières. Il est du côté de la révolte des peuples, de leur lutte pour prendre leur destin en main.

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07 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Front de Gauche : mauvais coups et manœuvres électorales

Front de Gauche : mauvais coups et manœuvres électorales dans A gauche du PS tumblr_lzra53ZMSc1qzhnmco1_500

Le temps des universités d’été des différentes composantes du Front de gauche, les médias ont fait leurs choux gras du psychodrame qui a suivi la polémique entre Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent. En jeu, leurs relations avec le PS, avec en toile de fond les tractations autour des municipales… Des rivalités et polémiques qui évitent les vraies questions.

Mélenchon a déclenché la polémique par ses propos contre le gouvernement et en particulier contre Valls, accusé de «   reprendre les mots les plus infâmes de l’adversaire pour dire que le problème, c’est l’immigré, alors que l’immigré, ce n’est pas le problème, le problème, c’est le financier  » et qui «  insulte les citoyens de confession musulmane  ». Pour Mélenchon, «  le premier pourvoyeur de voix pour le Front national, il est installé à l’Élysée  » et «  sans l’ombre d’un doute, la politique qui est menée est une politique de droite  ». Il est difficile de le contester mais ces accusations entrent cependant en contradiction avec la politique du Front de gauche qui refuse de se situer dans l’opposition au gouvernement.

C’est ce que n’a pas manqué de relever Pierre Laurent dans un entretien à Libération, reprochant à Mélenchon de «  confondre la colère et la radicalité nécessaire avec la provocation et l’invective  », se faisant ainsi l’écho de la réprobation venant du PS. La réplique est venue le lendemain à l’occasion du meeting de clôture des universités d’été du Parti de gauche  : «  On ne gagne rien au rôle de tireur dans le dos  » a lancé Mélenchon à l’adresse de son camarade…

Être ou ne pas être dans l’opposition L’échange ne touche pas au débat de fond, se définir ou pas comme un parti d’opposition. Il exprime les rivalités et intérêts divergents du Parti de gauche et du PC pour les municipales. Mélenchon défend une politique indépendante au premier tour pour tenter de renforcer ses positions, alors que Pierre Laurent veut favoriser des listes d’union, soucieux de sauvegarder ses élus, quasiment tous acquis grâce au PS. Le désaccord aboutit à des ruptures lorsque le PG envisage de se présenter contre une liste d’alliance PCF-PS. Mais au final, le PC comme le PG convergent. «  L’objectif doit rester de faire élire des majorités de gauche en rassemblant communistes, Front de gauche, écologistes, socialistes et forces citoyennes  » affirme Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon le rejoint en demandant «  des listes distinctes au premier tour et des discussions de fond au deuxième  » avant de rassurer  : «  nous ferons des choix de gauche au premier et au deuxième tour  ».

Et dans cette logique Jean-Luc Mélenchon fait du pied aux Verts en déclarant sur France 2  : «  Je pense que nous pouvons dès le premier tour faire des listes avec des écologistes dans de très nombreuses villes  ». Il prétend ainsi «  commencer à construire cette majorité alternative que j’appelle de mes vœux  »… une alternative qui participe aujourd’hui à la majorité présidentielle  !

La navire n’a pas fini de tanguer sous l’effet de ses contradictions, mais la même volonté d’accéder au pouvoir dans le cadre d’une majorité de la gauche parlementaire continuera de souder l’équipage. Une politique qui tourne le dos à la seule perspective répondant aux besoins des travailleurs et de la population, des militantes et militants du Front de Gauche  : construire une opposition de gauche à ce gouvernement. LEMAITRE Yvan 5 septembre 2013 * Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 207 (05/09/2013). http://www.npa2009.org/

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07 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

“C’est à Mélenchon de dire s’il est dans l’opposition ou dans la majorité”

image Il nous faut 1 million! Merci!

Olivier Besancenot présente la stratégie du NPA pour faire apparaître une opposition unitaire à la gauche du gouvernement. Après un été chargé en lectures militantes et en polars, Olivier Besancenot repart au combat. Conférence de presse unitaire de la gauche de la gauche sur la réforme des retraites, souscription du NPA, candidature aux européennes, il répond aux questions des Inrocks sur la stratégie du NPA pour la rentrée sociale et bien sûr sur la Syrie, sur le gouvernement et sur la réforme du droit de vote des étrangers. Il réfléchit aussi à la place de l’engagement militant aujourd’hui dans la société.

Quatre ans après sa création, le NPA est-il encore viable, encore une signature qui compte ?

Olivier Besancenot – L’enjeu d’une signature se décline en fonction de l’actualité, du moment et de la période. Je pense que le NPA compte toujours. Après des moments difficiles, nous connaissons une nouvelle situation notamment depuis que Hollande est arrivé. Il y a, de nouveau, un petit courant de sympathie qui se tourne vers nous, un milieu social qui, sans partager toutes nos solutions, pense qu’on est utile pour les combats du quotidien, peut-être parce qu’on est les plus indépendants du gouvernement.

Mais, en même temps, il y a le Poutouthon… Ce n’est pas nous qui l’avons appelé comme ça, mais peu importe. Cette souscription n’est pas faite pour combler les caisses du NPA, mais pour nous permettre de nous présenter sur l’ensemble des circonscriptions aux élections européennes. Il y a sept circonscriptions et le coût est de 1 million d’euros. Chaque année, nous organisons des souscriptions. On récolte de 200 000 à 300 000 euros. Cette fois, il en faut trois fois plus. Même si c’est trop tôt pour faire un état des lieux, nous partons confiants. De la réussite de la souscription dépendra l’envergure de notre présence au moment des élections européennes.

Dans quelle mesure allez-vous continuer à vous impliquer au NPA ? Serez-vous candidat aux européennes ? Il ne faut pas aller plus vite que la musique et on n’a pas encore discuté de cela. Il faut d’abord régler les moyens de se financer. Et à ce moment-là on verra qui se présente. C’est encore assez loin, mine de rien. C’est la rentrée. Nous verrons fin décembre. On prend les choses au fur et à mesure. On est d’abord sur la bataille des retraites, avec un fil rouge qui consiste à essayer de rassembler, de façon unitaire, une opposition radicale à la gauche du gouvernement en donnant un contre-poids efficace et concret à la politique du pouvoir et du patronat. Avant les manifestations du 10 septembre, nous cherchons à remettre en place le dispositif unitaire qui existait au moment de la réforme de 2010.

Dès ce mercredi 4 septembre, se tiendra une conférence de presse unitaire puis il y aura des meetings communs dans les tuyaux, auxquels le NPA prendra part. C’est toujours compliqué à organiser car, derrière ce combat, se niche le dilemme de la gauche radicale et de la gauche non gouvernementale : une certaine forme de culpabilité sur laquelle le PS compte beaucoup. C’est l’idée qu’on ne pourrait quand même pas leur faire la même chose qu’à la droite. Pourtant, eux ne se gênent pas pour mener une politique de droite. Nous ne sommes pas là pour nous contenter de faire le constat perpétuel de l’inaction ou des trahisons du gouvernement ; on n’en attendait de toute façon rien. Nous voyons les choses en mouvement et l’enjeu est bien de faire qu’ici et maintenant on impose un maximum de victoires par le rapport de force et à grands coups de pied dans le derrière. C’est le meilleur moyen de faire apparaître une alternative anticapitaliste crédible à la gauche du gouvernement. Tant qu’elle n’existera pas, c’est vers la droite et l’extrême droite que les désabusés se dirigeront.

Vous parlez d’une conférence de presse unitaire. Le Front de gauche sera-t-il présent ? Oui. On sait que les militants notamment ont envie de ça. C’est aux dirigeants du Parti communiste, du Parti de gauche de se prononcer. Faut remouiller la chemise comme en 2010. Pour l’instant, cela paraît plus compliqué. Plutôt que de continuer à lorgner sur la gauche du gouvernement, le Front de gauche aurait tout à gagner à participer à la construction d’une opposition à la gauche du gouvernement qui soit décomplexée et assumée.

Vous les sentez plus hésitants ? Il y a plus que des hésitations ! Il y a une stratégie aux municipales qui comporte des accords à géométrie variable incompréhensibles. C’est un manque de cohérence que de tenir des propos aussi forts parfois contre le gouvernement Ayrault et de se présenter tout de même avec la majorité présidentielle aux municipales dans certaines villes, et non des moindres. Il faut s’assumer. La balle est dans le camp de Mélenchon. C’est à lui de dire s’il est dans l’opposition ou dans la majorité.

Pour en revenir aux européennes, même si ce n’est pas tranché, est-ce que vous avez envie d’y aller ? Cela ne se passe pas comme ça chez nous : nous ne sommes pas des candidats professionnels et on décide collectivement, en temps et en heure, de ce qu’on fait. Et puis là, ce n’est vraiment pas l’heure. Je n’entretiens aucun vrai-faux suspense sur quoi que ce soit, mais ça ne se discute vraiment pas en ces termes-là dans nos rangs.

Votre exemple ne montre-t-il pas que l’engagement militant passe aujourd’hui plus par un engagement citoyen que politique ? C’est un engagement militant. J’adore cette citation de Paul Valéry : “La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.” On est dans une société qui pousse une écrasante part de la population à se sentir illégitime face à des politiciens qui vivent en vase clos et partagent les mêmes codes. Nous, on doit se faire violence pour y aller. Peut-être qu’on bégayera, qu’on se plantera mais au moins on aura tenté. Nous cherchons à démontrer qu’on peut faire de la politique sans courir après les postes et sans avoir une vision seulement électorale. C’est vraiment notre marque de fabrique. Car, le temps du suffrage électoral est un temps de citoyenneté extrêmement bref en réalité, le temps de glisser une enveloppe dans une urne. La démocratie réelle, c’est l’espérance qu’on a ou non d’une autre société. La gauche radicale crève de son manque d’imagination, de son inaptitude à sortir le nez du guidon, à quitter l’urgence des temps électoraux pour cogiter et imaginer ce que pourrait être une nouvelle société où la démocratie serait un mélange de suffrage universel et de démocratie directe. D’où l’idée qu’on a un engagement militant constant qui ne surgisse pas uniquement au moment des élections.

Est-ce que l’affaire Snowden justement traduit pour vous ce nouvel engagement militant ? Qu’est-ce que vous pensez de cette affaire ? C’est complètement lié. L’affaire Snowden, comme d’autres affaires, est une illustration supplémentaire du pendant antidémocratique de la mondialisation capitaliste en crise. C’est kafkaïen. C’est 1984. L’autre revers de la médaille capitaliste avec celui des politiques antisociales impopulaires. C’est l’étouffement de la voix politique, de l’expression.

Internet a-t-il bousculé l’engagement militant ? Internet n’est qu’un support. Il n’y a pas de valeur intrinsèque à un moyen de communication. Cela peut être un extraordinaire moyen de communication et de partage, ou un extraordinaire moyen d’aliénation. Le problème c’est l’utilisation individuelle et collective qu’on décide d’en faire. Nous, on l’utilise à plein tube pour mobiliser. Pour la confrontation politique, j’ai tendance à croire qu’il vaut quand même mieux avoir la personne en face.

La France doit-elle s’engager en Syrie ? Nous sommes opposés aux interventions militaires occidentales. D’abord, c’est inefficace : face à des frappes présentées comme punitives, le régime syrien pourra parfaitement augmenter son degré de violence contre les révolutionnaires syriens et il pourra même souder une partie de la population sur le thème “il s’agit d’une intervention étrangère”. Et puis c’est dangereux parce que toute forme de substitutisme à un processus révolutionnaire en cours ne règle rien et aggrave la situation. L’Occident est particulièrement hypocrite dans cette affaire. Depuis des mois, la dictature d’Assad est armée, les djihadistes aussi, seuls les révolutionnaires syriens ne le sont pas.

Que pensez-vous des ministres Verts au gouvernement ? Doivent-ils partir, rester après leurs critiques cet été ? Qu’auriez- vous fait ? Je ne suis plus là pour distribuer les bons ou les mauvais points. D’autant plus que le gouvernement, lui, sait distribuer les rôles en son sein, entre “flics gentils” et “flics méchants”. Le problème, c’est de prendre le gouvernement dans son ensemble et dans sa cohérence. Face à l’aspect le plus polémique de la rentrée, c’est-à-dire Valls, qui est une cible politique tentante quand on a le cœur à gauche, tout ce qu’il fait – le démantèlement d’un camp de Roms, l’expulsion d’un sans-papier – se fait toujours avec l’aval et l’autorisation d’Ayrault et de Hollande, et donc avec la complicité de l’ensemble des ministres. Au bout d’un moment, il faut se demander à qui profitent les petites musiques particulières qu’on entend dans le gouvernement, même si je ne doute pas de la sincérité d’un certain nombre de déclarations, je pense à Christiane Taubira. Mais quand il y a une décision de Valls – je ne parle même pas de ses propos – qui est prise, elle se réalise, de facto, avec la complicité de tous ceux qui sont à l’intérieur du gouvernement. Cela renvoie à la déclaration de Chevènement : “Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne.” Tous ceux qui croient changer le système de l’intérieur se trompent, cela ne marche pas. Tout au plus, cela engendre de la résignation politique, sur le thème “ tous les mêmes !”

François Hollande pourrait retourner à Florange, est-ce que vous en attendez quelque chose ? Florange, c’est acté : c’est une trahison politique. Au-delà de la gesticulation médiatique, les grands actes sur la question de l’emploi et du maintien de l’emploi industriel, pour Florange, ou pour PSA, c’est du bluff. L’attente de bon nombre de salariés c’était de dégager Mittal pour que la production continue.

Croyez-vous toujours au droit de vote pour les étrangers aux élections locales ? C’est toujours l’objet de batailles et on ne renonce pas, par le biais du rapport de force, à se dire qu’on peut être en capacité de l’imposer. Mais tout semble stoppé depuis que lors de sa conférence de presse, Hollande a expliqué qu’il n’avait pas les trois cinquièmes au Parlement et que bien entendu il ne ferait pas un référendum. Après tout, même dans le climat nauséabond actuel, il semble qu’il y ait toujours une majorité favorable au droit de vote. Il n’y a pas la volonté de mettre le poids politique du gouvernement dans la balance pour dire : “On a été élu sur cette proposition, on va le faire.”

Regardez-vous des séries ? Oui, je suis assez séries. Je suis en plein dans Game of Thrones.

Qu’avez-vous lu, cet été ? J’ai fait mes “devoirs de vacances”. Pour ma propre réflexion et pour des sujets sur lesquels je travaille, j’ai lu des livres militants. J’ai relu Marx l’intempestif, de Daniel Bensaïd. Et Crack Capitalism de John Holloway. J’ai relu les Pinçon-Charlot, aussi, beaucoup. Et puis, des polars. A la fin d’un jour ennuyeux de Massimo Carlotto. C’est délirant, ça part en vrille complet avec de grandes scènes de dinguerie. C’est une perle. Ensuite, Le Dernier Lapon, d’Olivier Truc, qui est génial ! C’est un autre rythme, plutôt diesel au début mais c’est vraiment très bien.

* Les Inrocks, 4/09/2013.  BESANCENOT Olivier 4 septembre 2013 http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29677

 

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05 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Les enseignants face au gouvernement : de la sourde colère à la révolte ? (1)

Les enseignants face au gouvernement : de la sourde colère à la révolte ? (1) dans Educ'action fride-presse-2011

Alors que François Hollande avait fait de l’école un enjeu politique et symbolique de premier plan durant sa campagne électorale, sa première année de mandat a sonné pour de nombreux enseignants comme une cruelle désillusion.

La brutalisation du système éducatif par la droite, de 2002 à 2012, donnait pourtant au Parti socialiste une occasion rêvée de s’attacher pour longtemps les faveurs d’une profession qui lui est traditionnellement favorable. C’est pourtant un camouflet qu’a essuyé la réforme des rythmes scolaires menée tambour battant par le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon, et parmi les enseignants domine, sinon l’opposition franche au gouvernement, du moins un profond scepticisme et une colère qui pourrait bien s’exprimer plus ouvertement à mesure que s’éloigne le spectre du sarkozysme, sur lequel le candidat Hollande a construit son succès électoral.

L’héritage de la droite Suppressions massives de postes d’enseignants (environ 80 000 en 5 ans), consolidation d’un enseignement à plu- sieurs vitesses par la logique du « socle commun », accroissement de la ségrégation entre établissements par le démantèlement de la carte scolaire, mise en concurrence des universités et soumission accrue aux intérêts privés, substitution d’une logique élitiste de sélection des « méritants » aux politiques de lutte contre l’échec scolaire, suppression à marche forcée du BEP et affaiblissement du lycée professionnel au profit de l’apprentissage, contre-réforme pédagogique à travers les nouveaux programmes de 2008, destruction de la formation des maîtres : on n’en finirait pas d’énumérer tous les éléments qui composent l’héritage d’une droite ayant entrepris de faire reculer l’idéal d’une école pour tous pour mieux adapter l’Ecole française au cours néolibéral du monde.

Cette droite revancharde avait en effet pris la mesure de l’enjeu de civilisation que constitue la question scolaire. A peine élu, Nicolas Sarkozy annonçait ainsi dans la lettre de mission adressée en juillet 2007 à son ministre de l’Education nationale d’alors, Xavier Darcos : « L’école est un maillon déterminant de la civilisation que nous voulons construire et dans laquelle nous voulons vivre ». On ne saurait mieux dire la volonté de conquête et d’hégémonie qui animait une droite désireuse d’opérer les transformations de l’ordre scolaire susceptibles d’assurer une reproduction plus complète de l’ordre social. Cela impliquait de ne plus se satisfaire du système d’enseignement hérité des politiques d’unification scolaire menées de la fin des années 1950 aux années 1970, système pourtant guère favorable aux enfants des classes populaires et dont les mécanismes inégalitaires avaient été mis en lumière par la sociologie critique dès les années 19601.

Mais force est de constater que ces transformations avaient été accompagnées voire amorcées par la gauche néolibérale, au gouvernement ou dans les collectivités territoriales : des premiers « assouplissements » de la carte scolaire, réalisés par le gouvernement socialiste dès 1984-1985, à la priorité donnée par de nombreuses régions dominées par le PS à l’apprentissage, en passant par l’impulsion – par le ministre de l’Education nationale du gouvernement Jospin (Claude Allègre) – de la politique qui, prenant racine dans la déclaration de la Sorbonne en 1998, devait mener à la LRU2. Il faudrait ajouter à cela l’adoption en 2001 de la LOLF, qui signait l’imposition au secteur public – conjointement par le PS et la droite – des recettes managériales issues du secteur privé et ayant fait leur preuve quant à leur capacité, au nom de la « culture du résultat », à pressurer toujours davantage les salariés.

Reste que la droite au pouvoir a fortement accéléré la mise en œuvre de l’agenda néolibéral, sa déclinaison dans le domaine scolaire passant par la mise en marché du système éducatif, à travers l’introduction de logiques de concurrence incitant les familles à se muer en consommateurs d’école et menaçant de faire des établissements autant de petites entreprises, mais également par sa soumission de plus en plus étroite aux intérêts privés, selon la logique d’une « économie de la connaissance » consistant « précisément à faire l’économie de la connaissance, c’est-à-dire à se passer de la “connaissance” quand elle n’a pas de valeur économique sur le marché »3. Ainsi, à mesure que le système éducatif se massifie et que s’accroît le nombre d’années passées par chaque enfant en son sein, l’autonomie relative que les élites lui concédaient traditionnellement se voit limitée par l’injonction à la professionnalisation des études et à la rentabilisation des « investissements » éducatifs.

Il ne s’agit donc plus simplement de légitimer par le « mérite » scolaire le partage inégal des richesses et du pouvoir, mais de faire advenir une subjectivité nouvelle, supposant que chaque individu se fasse l’entrepreneur de lui-même et intériorise la contrainte que fait peser la concurrence capitaliste sur l’ensemble des échanges humains, en devenant responsable de l’accroissement de son « capital humain » et donc de la conquête (ou du maintien) de son « employabilité ».

D’un vote antisarkozyste à la défiance envers le nouveau gouvernement Etant donné l’ampleur des attaques menées contre l’Ecole publique par les gouvernements de droite successifs, il n’y a pas lieu de s’étonner qu’interrogés sur leurs intentions de vote quelques semaines avant l’élection présidentielle de 2012, plus de 80% des enseignants du public envisageaient de voter pour François Hollande au 2nd tour4.

La même étude notait le scepticisme du corps enseignant à l’égard du candidat socialiste, puisque la moitié des individus interrogés ne croyait pas que le candidat du PS, s’il était élu, tiendrait sa promesse de créer 60 000 postes durant son mandat. Il est vrai que la campagne de la précédente candidate socialiste à l’élection présidentielle, Ségolène Royal, avait suscité une vive opposition parmi les enseignants.

Ce soutien sans illusions au candidat socialiste s’inscrit dans le processus de rupture du lien organique qui unissait le monde enseignant au PS et qui n’a pas résisté à l’épreuve du pouvoir, en particulier au tournant de la rigueur en 1983 et au recul sur le projet de loi Savary en 1984. Autrefois hégémonique parmi les enseignants et dominée par le PS, la FEN5 assurait l’intégration des jeunes enseignants au corps, par l’inscription de ses derniers dans des réseaux syndicaux et associatifs qui accomplissaient au passage une fonction de politisation autour des idéaux de laïcité, de méritocratie scolaire et d’émancipation par le savoir6. Avec l’affaiblissement du SNI7 dans les années 1980, qui aboutit à l’éclatement de la FEN en 1992, c’est ce modèle de socialisation à la fois professionnelle et politique qui s’est brisé. Dès lors, si les enseignants continuent de voter, bien davantage que d’autres professions, pour le PS, ce vote ne s’inscrit plus dans une adhésion profonde et collective au modèle de société défendu par ce parti (dont on peine d’ailleurs à entrevoir les contours).

On ne comprendrait rien à la défiance qu’a suscitée le projet de réforme des rythmes scolaires auprès des professeurs des écoles si on n’avait en tête l’altération des liens entre le PS et le monde enseignant, dont il n’est pas sûr que le nouveau ministre ait pris la mesure. Lancé par V. Peillon sans concertation préalable et dans la plus grande précipitation, puisque l’annonce en a été faite à peine une dizaine de jours seulement après le 2ème tour de l’élection présidentielle, ce projet a été perçu à juste titre par de nombreux enseignants comme une attaque de plus (et de trop) contre leurs conditions de travail.  De plus, l’opposition manifestée par les professeurs des écoles, notamment parisiens8, a été le prétexte aux plus vives attaques de la part des médias dominants, notamment ceux associés au centre-gauche : Le Monde dénonçant un « corporatisme étriqué » et« lamentable » (22 janvier 2013), le Nouvel observateur vitupérant contre ces« chouchoutés » que seraient les enseignants parisiens (19 mars 2013), Libération faisant du monde enseignant « l’archétype le plus achevé du conservatisme »9.

Difficile à l’heure actuelle de dire quels effets produira cette réforme, largement improvisée, sur les élèves et leurs appren- tissages ; le seul résultat que l’on peut prédire avec quelque assurance, c’est une détérioration des relations entre les enseignants et leur ministre de tutelle, semble-t-il sur la sellette il y a quelques mois.

Cela s’ajoutant à une politique d’austérité orientée vers la baisse des dépenses publiques, qui implique l’absence de moyens permettant d’embaucher des personnels qualifiés pour accueillir les enfants durant le temps « libéré » et de revaloriser les salaires d’ensei- gnants particulièrement mal payés10.

Nombre d’entre eux ont ainsi le sentiment que la rupture avec le sarkozysme n’a pour l’heure été amorcée qu’en paroles. D’autant que les sujets ne manquent pas où la rhétorique de la rupture masque à peine une franche continuité avec les politiques menées antérieurement par la droite, qu’il s’agisse du « socle commun de connaissances et de compétences », imposé en 2005 par F. Fillon et défendu par V. Peillon, de la décentralisation dont le « troisième acte » a été annoncé par le gouvernement11, ou de la LRU, dont les logiques sont pour l’essentiel entérinées et approfondies par le projet de loi déposé par la ministre de l’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso.

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05 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Les enseignants face au gouvernement : de la sourde colère à la révolte ? (2)

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La continuité néolibérale

Cette continuité apparaît d’autant plus fortement que l’on se penche sur le projet global qui donne sens à la politique scolaire du gouvernement, en prenant au sérieux ce qu’écrit Vincent Peillon lui-même dans un livre où il prétend livrer sa vision de l’Ecole.

Après avoir affirmé que la « refondation scolaire » est impérative pour permettre à la France de « conserver son rang et sa puissance », ambition patriotique qui fait une belle jambe aux enseignants et aux élèves, il affirme :« Comment ne pas voir que, aujourd’hui encore plus qu’hier, à l’heure d’un monde globalisé, l’éducation, la formation et la qualification sont au cœur des défis du redressement et de la croissance ? C’est une évidence et il ne faut pas se lasser de la répéter »12. Le chapitre dont ces propos sont tirés s’intitule d’ailleurs « Investir dans l’avenir ».

Au-delà de la triste banalité de telles déclarations d’intention, qui pourraient être énoncées par n’importe quel homme politique de droite, ces propos signalent une incapacité à penser l’Ecole autrement qu’à travers un prisme économiciste.  Peillon pense que la croissance de la production est  l’alpha et l’oméga des politiques publiques (ce qui paraît d’emblée problématique, étant donnée l’ampleur de la crise écologique), et indexe les idéaux scolaires sur des objectifs économiques et de puissance nationale. On ne comprendrait pas, en effet, l’insistance du ministre de l’Education nationale sur les rapports entre Ecole et entreprises si on n’avait en tête l’absence de toute rupture sur ce terrain avec le sarkozysme. La conversion du Parti socialiste au néolibéralisme éducatif est faite, tel qu’il est porté par l’OCDE et la Commission européenne13, mais aussi par des lobbys patronaux tels que l’ERT (European Roundtable of industrialists), qui écrivait dans un rapport publié dès 1995 : « L’éducation doit être considérée comme un service rendu au monde économique ».

S’inscrivant dans cette doxa néolibérale, François Hollande peut ainsi affirmer, dans un discours prononcé le 29 avril 2013 et longuement applaudi par un parterre de 300 patrons : « Notre premier devoir, c’est de stimuler l’esprit d’entreprise dans notre pays. C’est d’abord le rôle de l’école ». Quelques mois auparavant, dans un long entretien accordé le 2 octobre 2012 aux Echos, V. Peillon allait jusqu’à parler de « coéducation », mettant ainsi sur le même plan le travail réalisé par les enseignants et le rôle nouveau qu’il souhaite attribuer aux entreprises : « Je veux que l’on puisse ajuster les préoccupations des entreprises et les nôtres pour donner la meilleure formation possible et la plus utile aux jeunes. L’éducation nationale est capable de changer le contenu de ses diplômes et de ses formations pour répondre rapidement aux besoins de l’économie et des entreprises ; elle est mobile. La co-éducation, c’est aussi cela ».

Là encore, de tels appels du pied au patronat viennent de loin, puisque, dès 1998, le ministre socialiste de l’Education nationale qui promettait par ailleurs de « dégraisser le mammouth » – C. Allègre – assénait : « Je veux instiller l’esprit d’entreprise dans le système éducatif »14. Mais là où la mobilisation sociale des enseignants avait permis de faire reculer le ministre en le contraignant à la démission, les vœux patronaux ont cette fois des chances réelles d’être exaucés puisque F. Hollande a d’ores et déjà fait savoir – au cours du discours mentionné plus haut – que des cours de « sensibilisation à l’entrepreneuriat » verraient le jour à l’école, de la 6ème à la terminale. Gageons qu’un tel enseignement, prôné de longue date par le MEDEF afin de « réhabiliter l’image de l’entreprise chez les jeunes », permettra de faire face non seulement à la crise scolaire mais aussi à la crise sociale, en faisant de chaque élève un petit patron en puissance.

Des oublis lourds de sens Ces annonces ont été accueillies froidement par les syndicats de l’enseignement secondaire, aussi bien par le SNES-FSU – largement majoritaire – que par le SE-UNSA, ce dernier étant pourtant proche du PS. Non consultés avant ces annonces, leurs représentants ont notamment contesté la thèse sous-jacente à ces discours, à savoir que le niveau atteint par le chômage serait lié à une méconnaissance, de la part de ceux et celles qui en sont victimes, du « monde de l’entreprise ». Mais cette focalisation sur l’esprit d’entreprise, et plus largement l’injonction à renforcer « le service rendu [par l’école] au monde économique », a également pour effet de faire oublier les questions qui travaillent le système d’enseignement dans son ensemble, en particulier : la croissance des inégalités sociales, l’exacerbation de la ségrégation scolaire et la généralisation de la précarité parmi les enseignants15.

Ces « oublis » dérivent de la déconnexion entre la question scolaire et la question sociale. Hautement et régulièrement affichée, la priorité mise sur l’Ecole apparaît en effet comme une solution illusoire à cette crise économique qui prend de plus en plus l’allure d’une crise de civilisation. Non seulement l’école ne peut pas tout16, particulièrement dans un contexte d’accroissement des inégalités sociales et de précarisation généralisée auquel le gouvernement actuel est loin d’apporter des réponses (quand il n’en renforce pas les causes, comme c’est le cas avec la « loi de sécurisation de l’emploi », écrite sous la dictée du Medef). Mais à attribuer au système éducatif des fonctions – réduire le chômage, susciter de la « cohésion sociale », diminuer les inégalités, etc. – qui excèdent à l’évidence ce qu’elle peut réaliser, ne compromet-on pas l’accomplissement de ce qui devrait être sa fonction centrale : l’émancipation par les apprentissages17 ?

Source: http://npa2009.org/node/38523

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05 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Les enseignants face au gouvernement : de la sourde colère à la révolte ? (3)

Les enseignants face au gouvernement : de la sourde colère à la révolte ? (3) dans Educ'action education-nationale-echec

La tendance à l’inflation des objectifs assignés à l’institution scolaire tend par ailleurs à dissimuler l’absence de réponses politiques à la crise du capitalisme.

Celui-ci, en accroissant la menace du chômage et de la précarité, renforce indirectement la pression utilitariste sur l’Ecole (élèves et parents devenant de plus en plus soucieux de la rentabilité professionnelle immédiate des études).

Ainsi la question scolaire peut-elle être instrumentalisée en tant que substitut commode à la question sociale, les élites politiques et administratives étant plus promptes à appeler à une « refondation scolaire » qu’à engager une confrontation avec le patronat et la finance pour la défense des intérêts des salariés. Mais l’ambition pompeusement exprimée de « refonder la République par l’école », comme l’écrit Vincent Peillon dans son livre, masque également la faiblesse des solutions apportées à la montée des inégalités sociales devant l’Ecole et aux difficultés contemporaines du métier d’enseignant.

Ainsi de la ségrégation scolaire, dont plusieurs rapports et études – réalisés par l’IGEN18, le Sénat ou des chercheurs indépendants19 – ont montré qu’elle ne se contente pas de refléter la ségrégation spatiale et qu’elle s’est notablement renforcée depuis une dizaine d’années, en lien direct avec les politiques d’ « assouplissement » de la carte scolaire. Or la loi dite de « refondation scolaire », votée à l’Assemblée nationale le 19 mars 2013, reste très floue quant aux moyens de lutter contre la différenciation croissante des publics scolaires qui, en concentrant dans un petit nombre d’établissements les publics qui rencontrent le plus de difficultés scolaires, accroît les inégalités d’apprentissage et rend de plus en plus difficile la tâche des enseignants qui y travaillent.

Sans même parler de l’enseignement privé, qui permet de contourner la carte scolaire et d’éviter ainsi la mixité, la circulaire de rentrée 2013 publiée récemment ne revient même pas sur les « assouplissements » opérés sous la présidence de N. Sarkozy, dont les effets ségrégatifs ont pourtant été largement démontrés.

C’est également à des logiques ségrégatives – et notamment à la sous-dotation de certains territoires – que s’opposent, actuellement en Seine-Saint-Denis (93), des enseignants et des parents d’élèves. Ainsi, près de quinze ans après le mouvement qui avait réussi à obtenir la création de 3000 postes sur trois ans pour le département20, un collectif de parents a vu le jour à l’automne 2012 afin – comme l’affirme l’un des membres – de « faire respecter l’égalité républicaine » en contestant notamment le déficit d’enseignants, qui ne permet pas d’assurer les remplacements21.

S’ils ont été reçus par le ministre et sont parvenus, par leur mobilisation obstinée, à obtenir l’embauche d’une centaine d’enseignants supplémentaires, cette concession leur semble loin du « plan d’urgence » qu’ils revendiquent, tant l’accroissement des effectifs scolarisés – du fait de la structure démographique du département – risque d’absorber très rapidement les embauches promises. Les enseignants ne sont pas en reste puisque les syndicats d’enseignants – notamment la CGT Educ’Action – luttent contre la discrimination territoriale subi par le département, sous la forme d’une sous-dotation structurelle qui supposerait, pour être résorbée, l’embauche immédiate d’une centaine d’enseignants à temps plein dans les seuls lycées professionnels de la Seine-Saint-Denis.

Sans rompre avec le carcan de l’austérité budgétaire et avec l’inféodation des apprentissages scolaires aux logiques de concurrence et de rentabilité, qui engendrent immanquablement inégalités, ségrégation et précarité, il est extrêmement douteux que le gouvernement actuel soit en mesure – ou ait même la volonté réelle – de changer l’Ecole dans un sens favorable aux élèves, à l’égalité et à l’émancipation.

Or il ne fait guère de doute que l’échec en cours contribuera, encore un peu plus, à briser le lien privilégié que les enseignants entretenaient depuis longtemps avec le PS. Si un basculement vers la droite paraît improbable, tant celle-ci a brutalisé la profession de 2002 à 2012 en détériorant les conditions d’exercice du métier et en accroissant les inégalités, un tel échec pourrait aussi bien engendrer une dépolitisation accrue du monde enseignant que susciter un mouvement social capable, de la maternelle à l’Université, de proposer et d’imposer une politique alternative d’émancipation scolaire22.

Pour les notes: http://npa2009.org/node/38523

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