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12 février 2014 ~ 0 Commentaire

Retour sur la classe ouvrière et le mouvement ouvrier en france et aux usa 2(essf)

usa

En passant par l’Amérique de Jack London et du «  talon de fer  »

Un détour de l’autre côté de la rive atlantique l’illustre assez bien. Le mouvement ouvrier étatsunien est confronté à deux difficultés supplémentaires  : la dispersion d’un prolétariat qui s’est construit à l’échelle d’un véritable continent, et l’ampleur des affrontements dans un pays où la lutte de classe se marie volontiers avec certaines traditions du Far-West [3]. Il donne pourtant naissance à des organisations et à des méthodes d’intervention extrêmement originales dans leurs tentatives d’unifier un camp social d’autant plus divisé qu’il est constitué d’immigrants de fraiche date. Pensons en particulier aux Industrial Workers of the World (IWW).

Mais là encore, c’est la répression qui scande pour l’essentiel les grandes étapes de cette histoire, plus que la sociologie dont les évolutions sur le long terme n’ont de toute façon rien de mécanique. La première phase est à la fois la plus terrible et la plus méconnue, et cela d’autant plus qu’il n’y a aux Etats-Unis ni répression centralisée au niveau de l’Etat fédéral (sur le modèle d’une «  dictature classique  »), ni essor de mouvements politiques comme le fascisme, du moins à la même échelle qu’en Europe, mais des «  bandes d’hommes armés  » qui pullulent et qui sont d’une efficacité redoutable. A la veille de la Première Guerre mondiale, puis dans les années qui ont suivi face à la peur des «  rouges  », l’objectif n’est rien moins qu’une tentative de destruction physique des organisations du mouvement ouvrier. Il est atteint en grande partie.

Le mouvement qui réapparait durant la grande vague de grève de 1934-1937 a bien des difficultés à s’imposer, du moins si on lit certains récits, comme ceux des ouvriers de l’automobile à Flint ou des chauffeurs-livreurs à Minneapolis [4]. La répression durant le maccarthysme ne laisse debout après 1947 que les formes les plus intégrées et les plus compromises du mouvement ouvrier. Après une renaissance dans les années 1960, le licenciement de milliers de grévistes lors du conflit des aiguilleurs du ciel en 1981 marque une nouvelle étape de régression, où la répression – dans une moindre mesure il est vrai – a joué son rôle.

Vers une reprolétarisation du prolétariat  ?

Si l’on peut parler de «  parenthèse enchantée  » dans la France des «  Trente glorieuses  », c’est pour mieux souligner deux évolutions majeures au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale  : un rapport de forces favorable dans la durée – en s’appuyant notamment sur la place acquise par un mouvement ouvrier largement stalinisé – et la possibilité pour le prolétariat d’occuper une position qui se traduit y compris par une reconnaissance juridique et un véritable statut dans la société capitaliste. La place centrale occupée désormais par le CDI devient un cadre auquel on accole un ensemble de droits qui font du salariat un point de référence pour toute la société, et non le symbole de l’exploitation et de la marginalité sociale.

Ce compromis social est aujourd’hui remis en cause. C’est un drame pour des millions d’individus qui voient leurs conditions de vie parfois bouleversées. C’est aussi un puissant facteur de déstabilisation pour le mouvement ouvrier qui s’était plutôt bien adapté à ce système. Faut-il pour autant tout peindre en noir  ?

En fait, bien des arguments sont réversibles lorsqu’on essaye d’évaluer l’évolution des rapports de force à l’étape actuelle. Parce que chaque situation recèle un certain nombre d’aspects contra- dictoires. Si l’on prend aujourd’hui des milieux apparemment très différents, des informaticiens bac+5 chez Axa ou de jeunes salariés issus des cités à la Poste, ils ont malgré tout quelques points communs  : à trente ans, ils ne sont guère stabilisés sur le plan personnel et professionnel, qu’ils soient prestataires de services avec un assez bon salaire ou en CDD avec tout juste le Smic. Leur situation finit même par engendrer toutes sortes de comportements très cyniques à l’égard de l’entreprise (on l’utilise comme elle nous utilise), avec une très faible adhésion (au métier, à l’entreprise, à toutes ces règles, valeurs, comportements qui ont longtemps façonné les générations précédentes). Cela se fait pour l’essentiel sur un mode individualiste qui rend bien plus difficile leur adhésion aux organisations traditionnelles, voire à toute forme d’organisation collective.

Mais est-ce que c’était mieux avant  ? Quand les jeunes entraient avec un plan de carrière dans une entreprise où ils se voyaient finir leurs jours après avoir payé les traites de leurs maisons individuelles  ? Ou bien calculant leurs points avec comme unique ambition de retourner dans leur région d’origine après avoir passé le concours national de la Poste  ? En adhérant au syndicat comme on adhère à une police d’assurance, à l’image de tout le compromis social qui s’est forgé après 1945, tellement protecteur pour les salariés et… tellement rassurant pour les capitalistes  ?

A bien des égards, la nouvelle période du capitalisme est en train de reprolétariser les prolétaires, peut-être bien plus moralement encore que matériellement. Pas sûr dans ces conditions que les organisations révolutionnaires y perdent, et que cela devrait les détourner de la tâche opiniâtre de s’implanter sur les lieux de travail, comme de miser sur des grèves sans doute plus rares mais plus explosives, potentiellement bien moins contrôlables par des appareils bureaucratiques affaiblis, qui ont fonctionné jusqu’ici comme des carcans et pas seulement comme des points d’appui.

A l’image de juin 36  ?

C’est du moins ce que pourrait suggérer l’anecdote rapportée par Danos et Gibelin dans leur livre Juin 36 [5], au moment de la première rencontre entre patronat et syndicats à Matignon sous l’arbitrage de Léon Blum. Le patronat commence par faire un tableau apocalyptique d’une situation devenue incontrôlable. La CGT en profite pour lui faire la leçon, lui disant en substance  : si vous n’aviez pas passé votre temps à chasser nos militants de vos usines, peut-être que nous n’en serions pas là. Et les patrons, paraît-il, de baisser la tête…

Or la répression en question ne se réduisait pas aux seuls militants. En fait, c’est toute la classe ouvrière que le patronat avait commencé à refaçonner durablement. Face à la crise de 1929, Louis Renault a considérablement accéléré la mise en place du taylorisme dans ses usines. L’enjeu n’est pas simplement de gagner en productivité, il est plus fondamentalement de modifier en profondeur la sociologie ouvrière, et de gouverner autrement l’entreprise. C’est toute l’autonomie au travail qui est mise en cause, comme la fierté d’avoir créé de bout en bout une belle pièce qui justifiait au quotidien le droit de revendiquer une autre organisation de la société parce qu’on était convaincu de créer seul toutes les richesses. Désormais trône le «  bureau d’études  » et avec lui une nouvelle étape de la prise du pouvoir patronal sur un travail de plus en plus aliéné. Ce qui n’empêche pas les révoltes d’éclater.

En 1935 à Billancourt, dans une usine de plus de 30 000 personnes, le Parti communiste qui n’a jamais beaucoup recruté parmi les OS, en est réduit à sa plus simple expression : au mieux une cellule, avec moins d’une dizaine de militants. Une situation qui exprime en condensé – au niveau de la gravité de la crise et de ses différentes conséquences – ce que nous vivons d’une certaine manière aujourd’hui, de manière plus amortie et surtout bien plus étirée dans le temps. Mais cet aspect n’a certainement pas été non plus sans lien avec la suite  : une révolte qui démarre et s’étend sans l’aval des directions syndicales en 1936, puis une difficulté extrême pour Thorez à expliquer qu’«  il faut savoir terminer une grève  ».

Bien sûr, l’histoire ne se répète jamais à l’identique. Et les évolutions actuelles, si elles s’apparentent à certains égards à un retour au passé, créent en même temps une situation inédite. Mais le pire n’est jamais certain. Jean-François Cabral 1er janvier 2014

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31068

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11 février 2014 ~ 0 Commentaire

Poutou sur lcp

NPA

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09 février 2014 ~ 0 Commentaire

Assez de reculs, mobilisation!

Ce gouvernement s’engage toujours plus avant dans la gestion zélée d’un système capitaliste contraint à de nouvelles offensives contre le monde du travail pour sauvegarder profits et dividendes.

Du coup, un « débat de fond » parcoure les médias en ce début d’année : après son « tournant » (et/ou son accélération), Hollande est–il encore social-démocrate ?

Si on remonte le temps de tout juste un siècle, dès août 1914, la social-démocratie s’est mise au service du système capitaliste en accordant son soutien, à la quasi-unanimité, à la boucherie de la guerre de 14-18. La suite de l’histoire n’a pas démenti ce tournant ; en 1936, où la SFIO a largement contribué à empêcher une évolution plus radicale du mouvement gréviste en France, tout en abandonnant la révolution espagnole ; 1945, remise en route d’un État en grande difficulté… Tout en ayant entre-temps assuré une transition honteuse vers le régime pétainiste (36 parlementaires de la SFIO ont voté contre Pétain, mais 90 pour !).

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Et que dire du rôle décisif joué par la même SFIO dans les guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie, le soutien à De Gaulle et la mise en place de la Ve République ? Un système politique qui va permettre à un Parti socialiste relooké par Mitterrand de se refaire une vitrine de gauche. Mais, en 1981, le retour aux affaires (toutes les affaires !) fait rapidement tomber les masques, avec une scrupuleuse gestion d’un système revenu à son état de crise permanente. La finance échappe à tout contrôle, les salaires sont désindexés de l’inflation… Une vraie politique libérale !

Schröder l’a fait, Hollande en rêve… L’approfondissement, dans la durée, de la crise éco- nomique impose aux gouvernements de mettre en œuvre des politiques d’austérité. Les institutions de la Ve République ne permettent guère en France la constitution de gouvernements d’union nationale regroupant gauche, centre et droite. Ceci conduit les partis de « gauche » à assumer complètement cette politique.

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La recherche de solutions du côté de Peter Hartz, conseiller du « social-démocrate » et ex-chancellier Schröder dont Hollande vante la « courageuse » politique, n’en est que l’actualisation nécessaire. Cette politique a contraint les salariés allemands, à commencer par les femmes, à ac- cepter petits boulots et temps partiels imposés sous peine de perdre tout droit aux allocations chômage ou aux aides sociales. En prime, les entreprises sont exonérées de toute cotisation sociale pour les emplois inférieurs à 400 euros. Résultat : une baisse sans précédent des salaires, une explosion de la précarité et de la pauvreté. La vraie « contrepartie » pour que les patrons acceptent d’embaucher et que le nombre officiel de chômeurs baisse…

Le dialogue social au cœur de cette politique Cette accélération des attaques est au cœur d’une politique d’austérité qui vise à sauvegarder un système en crise depuis de longues années, mais son ampleur est telle que le gouvernement doit tenter de s’assurer la paix sociale indispensable à sa réussite.

Ceci s’inscrit dans le cadre du rapport Gallois sur la compétitivité, marchant dans les pas de Denis Kessler qui était vice-président du Medef : « Les circonstances de la Seconde Guerre mondiale et de la Libération avaient permis d’élaborer, en 1946, un Pacte qui a permis les « Trente glorieuses » ; chacun sent aujourd’hui que ce Pacte négocié il y a 60 ans est à bout de souffle, qu’il ne fonctionne plus et qu’il « fossilise » le dialogue social. Il faut en bâtir un nouveau ».  Ce mortifère dialogue social a déjà facilité la mise en place de la contre-réforme des retraites et l’adoption de la loi sur la compétitivité des entreprises. De son côté, le patronat affiche clairement son projet : aucun engagement sur l’emploi.

Construire la riposte sociale et politique Nous exigeons le retrait immédiat du projet de pacte de responsabilité. Il n’est ni négociable ni amendable. Aucune organisation syndicale ne doit s’y associer que ce soit pour partager un diagnostic ou négocier de prétendues « contreparties ».

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À l’appel de la CGT, accompagnée quelquefois d’autres syndicats, la journée de mobi- lisation du 6 février ne doit être qu’une première étape. Dès maintenant, il faut construire la mobilisation par des manifestations, des grèves, les regrouper, les centraliser, pour construire le rapport de forces nécessaire pour faire reculer le gouvernement.

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Il y a urgence à organiser la révolte sociale et politique contre ce gouvernement. C’est le sens de la proposition d’Olivier Besancenot de préparer un week-end de révolte à gauche avant la fin février.

Robert Pelletier Hebdo L’Anticapitaliste – 228 (06/02/2014)

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07 février 2014 ~ 0 Commentaire

Au secours, les socialistes m’ont volé mon programme !

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François Hollande jubile : il a réussi à « trianguler » !

La triangulation, c’est la géniale tactique inventée par Anthony Giddens, conseiller de Tony Blair (Premier ministre britannique de 1997 à 2007), consistant à reprendre de larges pans du programme de ses adversaires pour mieux les mettre dans l’embarras…

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En réalité, sur le fond, cela recouvre la transformation profonde de la vieille social-démocratie en un « social-libéralisme » menant une politique économique et sociale qui ne diffère plus en rien de celle de la droite. Exactement ce que fait le gouvernement Hollande-Ayrault.

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« Le chef de l’État a surtout réussi un certain coup de force : s’attirer à la fois les critiques des alliés de la majorité et des syndicats et le soutien d’une partie de l’opposition et du patronat », commentait l’Express au lendemain des déclarations présidentielles sur le «pacte de responsabilité». De son côté, le Huffington Post estimait que « le nouveau cap fixé par l’Élysée rompt définitivement avec la gauche de la gauche en vue d’une future alliance avec le centre, au détriment de l’UMP de Jean-François Copé et de Nicolas Sarkozy ».

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Cacophonie La droite, prise à contre-pied, a réagi dans la plus grande dispersion. À l’UMP, Raffarin, Le Maire, Baroin ou encore Pécresse ont répondu « chiche », tout en émettant des doutes, à dif- férents niveaux, quant à la capacité de Hollande à appliquer réellement son accord avec le Medef. Idem pour Bayrou du Modem et Borloo de l’UDI (« dans une opposition constructive »). Mais pas pour leur allié Morin, ni pour les principaux responsables de l’UMP.

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Copé: (« c’est une grande mystification (…) un plan pour sauver les meubles avant les municipales (…) les Français ne sont pas dupes »), Fillon (« ce pacte n’est qu’un slogan, or l’urgence exige des actes »), ou encore Hortefeux, le représentant officieux de Sarkozy, ont tous crié à la supercherie. Ces derniers se sont essayé dans le même temps à la surenchère, sur la base du projet économique adopté par l’UMP en décembre 2013, qui prévoit entre autres la fin de la loi des 35 heures et la retraite à 65 ans.

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C’est l’ancien ministre du Budget, Woerth, qui a le mieux résumé le dilemme de ses amis politiques avec la boutade : « comme il [Hollande] vient de prendre sa carte à l’UMP, c’est forcement un peu compliqué ! » Il faut bien constater que les dénégations et surenchères de la droite sont peu crédibles. Car si Hollande et son gouvernement parviennent à imposer le pacte de res- ponsabilité, après l’ANI, la réforme des retraites et le crédit d’impôt compétitivité, ils auraient fait plus pour le patronat et la contre-réforme néolibérale que Sarkozy durant tout le mandat précédent…

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Reste à la droite, plus que jamais en manque d’un projet alternatif, à surfer sur le rejet massif de la gestion Hollande-Ayrault, et à Sarkozy à préparer son retour d’homme supposément providentiel… Conforté dans sa dénonciation du « système UMPS », le FN se prépare à tirer les marrons du feu pour parvenir, enfin, à s’installer à l’intérieur des institutions.

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Force est de constater qu’une alternative basée sur les besoins, revendications et mobilisations des travailleurs apparaît dans cette situation bien lointaine, pour ne pas dire dépourvue de crédibilité. Ce qui n’est pas une raison pour ne pas s’y atteler dès à présent, pour commencer à changer la donne.

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Jean-Philippe Divès Hebdo L’Anticapitaliste – 228 (06/02/2014)

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07 février 2014 ~ 0 Commentaire

Assises de la fiscalité des entreprises: tous les jours noël !

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Le 29 janvier dernier ont débuté les Assises de la fiscalité des entreprises visant « à refondre les taxes qui pèsent sur les entreprises ».

Le Medef espère des baisses d’impôts « rapides ». Il peut être rassuré !

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Deuxième chantier du pacte de responsabilité annoncé début janvier par Hollande, Jean-Marc Ayrault a lancé le 29 janvier les Assises de la fiscalité des entreprises. Elles ont pour ambition affichée de refondre l’ensemble des mesures fiscales touchant les entreprises et doivent aboutir à des propositions dès septembre pour le futur budget 2015. L’impôt sur les sociétés (IS) est au cœur des débats, ainsi que tous les autres impôts et taxes des entreprises, avec un seul et même leitmotiv : « la simplification » !

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Boosté par les précédents cadeaux fiscaux du gouvernement mais toujours insuf- fisants selon lui, le Medef profite de ces assises pour être une nouvelle fois à l’offensive. Gattaz appelle donc à « des baisses rapides dès 2014 », et cela pour toutes les entreprises « sans gagnants ni perdants », et à la présentation d’un « calendrier lisible » pour permettre aux patrons d’« anticiper ». « Nous jugeons important d’enlever le maximum d’impôts sur les facteurs de production », a ajouté le patron des patrons, en précisant qu’il s’agissait de les éliminer, et non de les transférer ailleurs.

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Voilà qui a le mérite d’être clair ! L’enjeu pour le patronat est bien d’obtenir du gouvernement une baisse drastique de l’impôt sur les sociétés (IS), présentée par Gattaz comme la condition de « l’attractivité du pays », « de la compétitivité des entreprises ».

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Un gouvernement totalement à l’écoute Sans surprise, le gouvernement, Moscovici en tête, semble être sur la même longueur d’onde. Dès décembre, le ministre de l’Économie a déclaré vouloir s’attaquer, dans le cadre de la remise à plat fiscale, à l’IS. « Nous avons un paradoxe en France qui est que nous avons un impôt sur les sociétés qui est plus élevé que les autres, qui va jusqu’à 38 % et qui en plus a une assiette étroite et mitée, ce qui fait que le rendement est faible, donc on cumule à peu près la totalité des inconvénients », avait-il constaté.

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Oubliant de dire que dans la vraie vie, les entreprises du CAC 40 ne paient que 8 % d’IS, contre 13 % pour les entreprises de plus de 2 000 salariés, quand les PME en paient 30 %. Rapporté au produit intérieur brut (PIB), le poids de l’IS place la France au 12e rang européen, avec 2,5 % du PIB, selon une étude Eurostat d’avril 2013. Nous sommes donc loin d’être le pays où les entreprises paient le plus d’impôts, bien au contraire !

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Plutôt que de chercher à baisser les impôts pour les entreprises en diminuant les dépenses publiques, il est urgent de remettre à plat le système fiscal en supprimant les dispositifs d’« optimisation fiscale », en privilégiant les impôts directs, la progressivité de l’impôt, et en taxant réellement le capital et le patrimoine.

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L’impôt sur les sociétés a été sérieusement allégé depuis plus de 20 ans. Le minimum serait le retour à une imposition à 50 % qui était le taux appliqué jusqu’en 1985. Un simple retour à ce niveau d’imposition, même sur les bases de calcul actuelles, permettrait de faire progresser les recettes d’environ 50 %. De l’argent bien utile pour les services publics.

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Sandra Demarcq   Hebdo L’Anticapitaliste – 228 (06/02/2014)

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07 février 2014 ~ 0 Commentaire

Pour un week end de révolte de gauche!

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Lettre ouverte du NPA :

Lettre ouverte aux travailleuses et travailleurs, aux jeunes, aux organisations syndicales et politiques qui ne participent pas à la majorité gouvernementale, associations et militants associatifs qui combattent pour les droits sociaux et démocratiques.

ChèrEs amiEs, chèrEs camarades

Depuis les manifestations contre le mariage pour tous, la droite et l’extrême droite sont à l’offensive. Les manifestations réactionnaires se succèdent. Après le refus du mariage pour tous, c’est maintenant le rejet de la procréation médicale assistée (PMA) et la remise en cause du droit à l’avortement. Dans cette course réactionnaire, l’extrême droite fasciste est en pointe : les slogans des manifestations contre la gauche, les homosexuels, les juifs, les musulmans, rappellent de mauvais souvenirs.

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Si la droite et l’extrême droite sont à l’offensive, c’est parce que Hollande et la politique du gouvernement ne cessent de leur faire des concessions dans le même temps qu’ils multiplient les attaques contre les classes populaires. Une fois encore, la droite exige le retrait de la PMA et le gouvernement capitule en rase campagne, en repoussant le débat sur la loi sur la famille qui ne prévoyait même pas la PMA

 C’est ce qui arrive quand un gouvernement de gauche fait une politique de droite. Là est le fond du problème.

Depuis qu’Hollande est au pouvoir, toute sa politique est tournée vers les marchés financiers, le patronat et la droite. Il ne cesse de faire des cadeaux au patronat au prix d’une aggravation du chômage et des inégalités, d’une dégradation des conditions de travail et de vie de la majorité de la population. Le « pacte de responsabilité » proposé au Medef en est le dernier exemple. 30 milliards d’exonérations de cotisations sociales en plus et, pire encore, la liquidation de tout un secteur de la sécurité sociale : les allocations familiales ! En prime, pour financer ces cadeaux, ils préparent 65 milliards sur 4 ans  d’économies budgétaires au détriment des services publics qui vont trinquer et cela pour le plus grand profit d’un patronnat qui licencie et précarise.

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C’est un gouvernement PS-MEDEF qui va mettre en oeuvre ces nouvelles attaques contre les conditions de vie de millions de personnes, alors qu’il y a plus de 5 millions de chômeurs dans le pays ! Un gouvernement qui imite et parfois dépasse celui de Sarkozy dans l’expulsion des sans-papiers, le démantèlement des camps de Roms, l’alliance avec les bétonneurs comme à Notre-Dame-des-Landes.

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Pour stopper la droite et l’extrême droite il est nécessaire de mettre un coup d’arrêt à cette politique d’austérité d’Hollande – Ayrault qui renforce le patronat et la droite et crée le terrain de l’offensive des forces réactionnaires. Il faut interdire les  licenciements, augmenter les salaires, annuler la dette, défendre la sécurité sociale, le droit au logement et les services publics !

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Plus que jamais, contre les attaques réactionnaires, il faut défendre les droits sociaux et démocratiques, les droits des femmes, des homosexuels, des sans papiers. La manifestation pour la défense de l’IVG , en solidarité avec les femmes espagnoles montre la voie. Il y a urgence, il faut une révolte de gauche. Nous nous adressons à tous les travailleurs, les jeunes, les militants, les orga- nisations, à tous ceux et à toutes celles, qui, à gauche, rejettent la droite et l’extrême droite et s’opposent à la politique du patronnat et du gouvernement. Il nous appartient de réagir, de nous rassembler pour les faire reculer, reprendre l’offensive et ne pas laisser la rue à la droite et à l’extrême droite.

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Pourquoi pas un grand week-end de révolte de gauche ?
Dans cette perspective, nous proposons, à l’ensemble des organisations de la gauche politique et syndicale qui ne participent pas à la majorité gouvernementale,  aux associations qui militent pour la défense des droits sociaux et démocratiques de se rencontrer pour agir en commun.

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Partout, sur nos lieux de travail ou d’études, dans nos quartiers, dans nos communes, dans  nos quartiers, dans nos communes, dans nos villes, tous ensemble, préparons la riposte, contre la droite et l’extrême droite, et pour stopper la politique du gouvernement et du Medef.

Avec nos salutations anticapitalistes Le 06/02/2014

Olivier Besancenot, Christine Poupin, Philippe Poutou.

http://npa2009.org/content/lettre-ouverte-du-npa-pour-un-week-end-de-revolte-de-gauche

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06 février 2014 ~ 0 Commentaire

Procès du parti de gauche contre marine lepen

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Lors de la campagne électorale législative à Hénin-Beaumont en mai 2012, de faux tracts appelant à voter Jean-Luc Mélenchon ont été distribués par des militants d’extrême droite.

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Par leur contenu, ces faux tracts cherchaient à le déconsidérer. Marine Le Pen a assumé publiquement la manœuvre à la télévision. Jeudi 6 février aura lieu le procès fait à Mme Le Pen pour l’usage de ces faux tracts. Au travers de ce procès, il s’agit de faire condamner des pratiques frauduleuses pour disqualifier un adversaire politique, manœuvres dont l’extrême droite est coutumière et qui rendent impossible la sincérité des scrutins et conduisent à renforcer le discrédit du politique dont se nourrit l’extrême droite.

Contre de telles pratiques, le NPA est solidaire de la démarche engagée par le Parti de gauche. D’autant plus que, dans le contexte actuel, avec la « manif pour tous », le « jour de colère » et la « journée du retrait », le mouvement social doit être uni contre l’extrême droite.

Montreuil, 5 février 2014 http://npa2009.org/node/40206

 

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04 février 2014 ~ 0 Commentaire

Saint malo, un meeting franchement à gauche… franchement réussi !

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Dans une ville d’où les couches populaires et moyennes ont été peu à peu chassées par la spéculation immobilière et la régression des activités maritimes, réunir plus de 500 personnes autour du projet d’une liste municipale de la gauche radicale relevait d’un véritable défi.

Notre liste unitaire PG – NPA – PCF a relevé ce challenge et réussi ce pari. Malgré les embûches jetées par le maire sortant pour barrer cette initiative en refusant la mise à disposition d’une salle municipale, nous sommes parvenus avec le soutien de nombreux donateurs à assumer l’effort financier considérable que constitue la location très onéreuse du Palais du Grand Large.

À l’occasion de ce meeting jeudi 23 janvier réunissant notamment Jean-Luc Mélenchon et notre camarade Philippe Poutou, les MalouinEs ont découvert une alliance originale de trois courants politiques. Cette liste est dans la continuité de nos précédents combats (mobilisation contre le Traité constitutionnel de 2005, municipales de 2008…). Le succès de ce meeting confirme l’existence et la progression dans le pays malouin d’un pôle de résistance aux politiques libérales et d’austérité, une opposition de gauche au gouvernement actuel.

Saluons la qualité des prestations des orateurs nationaux qui avaient fait le voyage, en particulier Philippe Poutou qui a parlé de la nécessaire convergence des luttes ouvrières et populaire, ainsi que l’intervention rafraîchissante de notre jeune camarade Valentine, n°2 de la liste, sur les problé- matiques féministes et jeunes.

Une très belle soirée politique qui donne la « pêche » aux militantEs et sympathisantEs qui « osent franchement à gauche ! » Une soirée porteuse d’espoir pour ces dizaines de MalouinEs, rencontréEs au porte à porte et dans les quartiers, désillusionnéEs mais révoltéEs par les sales coups de ce gouvernement.

Hebdo L’Anticapitaliste – 227 (30/01/2014)

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03 février 2014 ~ 0 Commentaire

Tous et toutes le 22 février à notre dame des landes (npa)

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Que dégagent Ayrault, Vinci & co !

Il y a un an, l’État retirait piteusement ses 1200 policiers et gendarmes dépêchés pour vider la Zad. Les opposant-e-s avaient fait preuve d’une détermination et d’une cohésion exemplaires malgré leur hétérogénéité : agriculteurs, riverains, écologistes, forces de la gauche alternative…

Refusant de se laisser diviser entre « opposants responsables » et « casseurs violents », cette coa- lition mettait en échec les gesticulations sécuritaires de Valls et s’attirait une large sympathie dans l’opinion, obligeant le gouvernement et les bétonneurs à une pause.

Aujourd’hui, même si l’approche des municipales oblige le PS à une certaine prudence, la situation se tend. Les différents recours déposés devant les instances de l’Etat bourgeois ont évidemment donné raison à ce dernier, et le préfet de la Loire-Atlantique a signé en décembre les arrêtés préparatoires au lancement des premiers travaux. La police, quasiment invisible ces 12 derniers mois, se montre de plus en plus présente autour de la ZAD. Et le harcèlement procédurier de Vinci se poursuit contre les occupant-e-s.

C’est dans ce contexte qu’une manifestation est appelée à Nantes pour le 22 février.

Dans la lignée de la chaine humaine du 11 mai et du festival militant des 3 et 4 aout (évènements qui avaient chacun rassemblé près de 40 000 participant-e-s), il s’agit d’une échéance nationale rassemblant les acteurs locaux de la lutte et leurs soutiens. Une échéance politique d’autant plus importante qu’elle se déroule dans la ville du Premier Ministre Jean Marc Ayrault, premier pourvoyeur du projet. Plus que jamais, mettons en échec l’aéroport et son monde, celui du béton comme seul avenir et du profit comme unique moteur !

Pour une perspective anticapitaliste

Le NPA, membre de la Coordination des opposants à l’aéroport, ne peut que soutenir cette initiative, et cela d’autant plus que le climat politique actuel est particulièrement propice au détournement de la lutte vers les impasses institutionnelles, régionalistes, corporatistes. Les élections municipales aiguisent les appétits, notamment à EELV. Le leader des Bonnets rouges, Christian Troadec, nous refait le coup de l’union sacrée entre les classes sociales, appelant «  les paysans, les ouvriers […], les petits entrepreneurs, commerçants, artisans, l’ensemble des citoyens » bretons à la manifestation du 22.

D’où la nécessité d’afficher une perspective résolument anticapitaliste. Nous ne luttons pas pour que les patrons, grands ou petits, de Bretagne ou d’ailleurs, puissent continuer d’exploiter et de licencier tranquillement après avoir défilé. Nous n’accordons aucun crédit aux élus qui jurent être contre le projet mais refusent de s’opposer au gouvernement qui le porte, préférant les négociations feutrées au rapport de force direct.

Nous voulons une société débarrassée de l’oppression que le capital fait peser sur les humains et sur l’environnement, une société où les besoins de la majorité passent avant les intérêts de quelques- uns. Faire reculer le gouvernement et les capitalistes sur Notre-Dame-des-Landes constituerait un formidable encouragement aux luttes en cours et en germe.

Ni travaux, ni expulsions : l’aéroport c’est toujours non !

NPA Loire-Atlantique 2 février 2014

Informations pratiques pour la manifestation :

http://22fevrier2014.blogspot.com

http://www.annonces-ndl.org

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30982

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02 février 2014 ~ 0 Commentaire

L’urgence est d’organiser la révolte à gauche (libération)

affiche

Olivier Besancenot appelle tous les partis opposés à la ligne sociale-démocrate du gouvernement à s’unir et à préparer un week-end de mobilisation en février.

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 Longtemps facteur à Neuilly, Olivier Besancenot travaille désormais au guichet d’un bureau de poste du XVIIIe arrondissement de Paris. Manifestations de la droite ultra ou tradi, affirmation «sociale-libérale» de François Hollande, difficultés de la gauche radicale à s’unir pour mobiliser : le porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et ancien candidat à la présidentielle livre son analyse.
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Ce week-end encore la droite la plus réactionnaire bat le pavé. Comment analysez-vous cette mobilisation ?
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C’est une vraie manif d’extrême droite avec des ingrédients fascisants. Il faut savoir que l’extrême droite, en France, ce n’est pas que le FN. Derrière sa soi-disant «nouvelle vitrine», il y a ce danger potentiel de radicalisation. La politique, ce n’est pas figé. Quand la droite court derrière le FN et la gauche derrière la droite, une radicalisation à l’extrême droite apparaît. Ce que l’on espère, nous, c’est qu’un déclic se produise chez ceux qui ont le cœur à gauche et antifasciste.
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Dans les rangs des pro-Dieudonné ne trouve-t-on pas aussi des militants issus de l’extrême gauche séduits par son discours anti-système ?
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Ce que je sais, c’est que la politique a horreur du vide. La force de ces courants-là, c’est la forfaiture actuelle de la gauche gouvernementale, ainsi que la faiblesse de la gauche non gouvernementale comme du mouvement social et ouvrier. Si certains réussissent à agréger et à donner de la visibilité à la contestation, c’est parce qu’en face il n’y a rien, ou si peu. A partir du moment où il n’y a pas de contestation qui apparaît à la gauche du gouvernement de façon audible, crédible, visible et permanente pour donner de la confiance, ce sont les discours haineux qui prévalent.
*Comment expliquez-vous cette faiblesse de la gauche radicale ?

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Il y a une raison substantielle : dans la course de vitesse entre l’extrême droite et la gauche radicale, on ne part pas du même point. Le Pen, outre son racisme diviseur, est dans le discours du chan- gement de personnel sur le mode «vous avez tout tenté depuis vingt ans, ça ne marche pas : on vous propose de goûter à ceux dont on vous a toujours dit qu’il ne fallait pas le faire». Nous, on dit que le changement de personnel politique ne suffit pas, il faut un changement d’institutions, de repré-sentation et une rupture radicale. C’est ambitieux, mais cela paraît parfois hors de portée immédiate dans un contexte de crise économique avec plus de 5 millions de chômeurs… Un autre problème réside dans les rapports organiques et électoraux d’une partie de la gauche radicale avec le PS : est-ce qu’on assume ou pas de construire un front de la révolte de gauche opposé au gouvernement ? Si oui, cela signifie ne pas se présenter avec le PS aux municipales ou diriger des villes avec lui.

Hollande qui affiche sa ligne sociale-démocrate : les indignés de gauche sont-ils à ce point résignés ?

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Ce n’est pas de la résignation. Il y a des mobilisations, des gens qui s’opposent à la politique du gouvernement, que ce soit sur l’égalité des droits au logement ou les sans-papiers. Sur les licen- ciements, une série de boîtes résistent aussi à la non-action du gouvernement. Le problème est de rendre visible cette contestation qui existe à la base et va au-delà des rangs anticapitalistes. Mon espoir est que les dirigeants des formations non gouvernementales, comme Pierre Laurent (PCF), Jean-Luc Mélenchon (PG) ou Nathalie Artaud (LO), soient piqués au vif. Et se disent qu’au-delà des divergences, l’urgence est d’organiser un week-end de révolte à gauche avant la fin février à Paris. Quant à François Hollande, ce n’est pas un tournant, puisque pour tourner il faut changer de direction. On ne change pas de direction, par contre il y a un saut qualitatif.

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Qu’est-ce qui nuit à la cristallisation de la révolte à gauche ?

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La politique a horreur du vide, mais il n’y a pas de vases communicants. Des déceptions ne naissent que des désillusions et de la résignation. C’est pour cela qu’on n’a jamais joué la voiture-balai der- rière le PS ni même misé sur l’échec des socialistes. Aujourd’hui, l’enjeu pour nous, c’est d’assumer le degré de confrontation avec le gouvernement. On n’est pas en manque de professeurs ou de bons orateurs pour nous expliquer la gravité de la situation : le problème, c’est de se donner les moyens d’agir pour inverser le rapport de force et de montrer qu’il y a une révolte sociale et politique qui s’exprime. Un gouvernement de gauche qui mène une politique de droite, il faut lui réserver le même sort qu’un gouvernement de droite qui mène une politique de droite.

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Mais avec sa politique du compromis, François Hollande entraîne les centrales syndicales…

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Il faut se méfier des enveloppes chocolatées empoisonnées. La question qui se pose aux directions syndicales, c’est de savoir si elles veulent faire partie d’une troïka avec le gouvernement et le Medef, qui va imposer l’austérité en France. La politique de Hollande, c’est la récession assurée. Il prive la population de consommer ce que la société produit. Au rythme où il va, il va faire passer le président Barack Obama pour un type d’extrême gauche !

(Libération 01/02/14) Recueilli par Matthieu Écoiffier et Antoine Guiral

http://npa2009.org/content/lurgence-est-dorganiser-la-revolte-gauche-liberation-010214

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