Archive | NPA

24 août 2019 ~ 0 Commentaire

bolsonaro (le monde)

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21 août 2019 ~ 0 Commentaire

gilets jaunes 1 (npa)

revolution

DE L’EXPLOSION À LA REVENDICATION SOCIALE 

La mobilisation a démarré contre l’augmentation du prix du gazole, en continuité avec la réduction de la vitesse maximale sur les routes, des éléments qui briment celles et ceux qui prennent leur voiture notamment pour travailler (2/3 des actifs, 17 millions de personnes tout de même…).

Certains porte-paroles, mais surtout la droite et l’extrême droite, ont tenté d’orienter le mouve-ment vers un rejet des taxes, de l’écologie supposée être un problème de bobos, et même contre l’immigration.

Sur ce dernier point, elles ont tenté de s’appuyer sur le sentiment national, les préjugés racistes ou homophobes qui ont existé dans ce mouvement comme dans le reste de la société, particu-lièrement hors des sphères d’influence du mouvement ouvrier organisé.

Mais le discours contre l’immigration ne s’est pas solidifié, l’argument gagnant étant l’idée qu’il faut touTEs être unis contre Macron. Retenons même l’anecdote d’un manifestant, se présentant comme militant d’extrême droite, venu voir Olivier Besancenot pour le remercier de sa présence car il est favorable à l’unité de tous contre Macron…

Dans une des enquêtes déjà citées, les Gilets jaunes placent le refus de l’immigration en dixiè-me position, à 1,2% des motivations pour manifester5… Si la division, le racisme et l’homo-phobie ont été présents, leur importance a été très exagérée pour des raisons politiques du côté du pouvoir et des médias dominants.

Concernant les revendications, les premières étaient l’augmentation du pouvoir d’achat, la réduction des impôts et des taxes, une meilleure redistribution de la richesse, l’opposition au gouvernement et au président, un mécontentement global… et une écoute des citoyenEs.

Le fait que médias, gouvernement, droite et extrême droite aient, en l’absence, répétons-le, de direction représentative du mouvement, résumé les revendications au refus des taxes et au rejet de l’immigration, a une fonction politique simple : freiner toute tentative de convergence avec les autres secteurs du monde du travail : les entreprises, les travailleurEs syndiqués, les banlieues.

Mais la composition sociale dominante et donc les intérêts objectifs des Gilets jaunes ont fait pencher la balance dans le sens de revendications pour le pouvoir d’achat et la souveraineté populaire.

Le gouvernement ne s’y est d’ailleurs pas trompé puisque Macron a décidé l’augmentation de la prime pour l’emploi, de demander aux patrons de verser une prime de fin d’année de 1 000 euros et le « renforcement » du référendum d’initiative partagé comme réponse au mouvement. Le mouvement, malgré ses limites numériques à partir de janvier, a continué dans la voie des revendications concernant le pouvoir d’achat.

Le grand drame de cette mobilisation a été l’incapacité du mouvement ouvrier de se faire le relais de cette lutte et de l’organiser, en grande partie en raison du rejet des Gilets jaunes par le mouvement syndical dans un premier temps.

Mais aussi par le refus d’assumer, depuis des années, des campagnes de mobilisation pour les salaires, alors que la rémunération est la première préoccupation des salariéEs6 et qu’il s’agit d’un profond unifiant pour le monde du travail. D’ailleurs, dans la foulée des annonces de Macron sur la prime de 1 000 euros, des mobilisations ont eu lieu dans un certain nombre d’entreprises pour obtenir cette prime.

Globalement, la désynchronisation des mobilisations des classes populaires révèle à la fois les stratégies de la bourgeoise et l’ampleur de la déstructuration de la classe ouvrière. C’est un élément clé de la situation.

LE REFUS DU MÉPRIS DES PUISSANTS CONSTRUIT UN MOUVEMENT IMMÉDIATEMENT POLITIQUE 

Pour Pierre Rosanvallon, peu suspect de sympathies gauchistes, « c’est d’abord l’explosion d’une colère dans laquelle se mêlent l’urgence et le flou. Elle fait remonter à la surface ce qui a été longtemps subi en silence : le sentiment de ne compter pour rien, de mener une existence rétrécie, de vivre dans un monde profondément injuste7 ».

Démission!

Une injustice profonde dont Macron est identifié comme la cause principale, la mobilisation revendiquant immédiatement et unanimement sa démission.

En général de telles revendications sont combattues par les forces qui ne veulent pas la déstabilisation du pouvoir (syndicats, partis de la gauche de gouvernement), comme par celles qui y voient au contraire une issue institutionnelle à la lutte.

Elles n’apparaissent en général qu’au cours de la lutte, quand la satisfaction d’une revendication apparait incompatible avec le maintien au pouvoir de ceux qui la refuse, posant ainsi la question de la légitimité du pouvoir.

Ce n’est pas par hasard que ce mouvement a démarré avec ce mot d’ordre : en Argentine déjà en 2001, les manifestantEs réclamaient « Qu’ils s’en aillent tous », dans l’État espagnol les IndignéEs voulaient une « démocratie réelle », les AlgérienEs ont initié leur mouvement pour obtenir le départ de Bouteflika. Les enseignantEs même personnalisent leur mobilisation contre Blanquer. Ce qui est commun à toutes ces luttes est le mépris du pouvoir pour des populations qui se sentent dans l’impasse…

Macron incarne le mépris des classes populaires, à la fois par son discours, comme lors de ses voeux du 31 décembre 2018 où il a qualifié les Gilets jaunes de « porte-voix d’une foule haineu-se, [qui] s’en prennent aux élus, aux forces de l’ordre, aux journalistes, aux juifs, aux étrangers, aux homosexuels, c’est tout simplement la négation de la France », et parce qu’il symbolise crûment le fait que l’appareil d’État est entièrement aux mains de la bourgeoisie, que les classes populaires ne peuvent pas y trouver de représentants.

Pour Gérard Noiriel, « Davantage que les facteurs proprement économiques, c’est donc la capa-cité collective d’exprimer publiquement sa révolte qui semble la cause principale du mouvement des Gilets Jaunes. Or, cette compétence a été complètement niée par les élites.

Sur 577 députés, il n’y a aucun ouvrier alors que ceux-ci représentent plus de 20% des actifs et que beaucoup d’entre eux ont le baccalauréat » alors qu’en « 1936, la très grande majorité des ouvriers n’avaient que le certificat d’étude (ou un CAP), mais une cinquantaine d’entre eux furent élus députés sous la bannière du Front populaire » (en particulier au PCF).

C’est ce rejet du mépris des puissants et la compréhension du fait que, dans un monde en crise, les classes populaires sont complètement écartées des mécanismes de pouvoir, qui mine la légitimité de ce dernier et donne confiance à celles et ceux qui luttent pour le remettre en cause.

L’affaire Benalla a été, à n’en point douter, un élément important pour montrer la réalité du pouvoir de Macron. Sans oublier le faible score de Macron à la présidentielle (16% des inscrits) qui l’a fait démarrer son mandat avec une base sociale extrêmement réduite. Les médias et la police ont joué un rôle important dans cette trajectoire.

Alors que dans les premières manifestation le mouvement a été plutôt naïf, certains slogans réclamant « La police avec nous », la déformation médiatique et la répression policière ont rapidement montré le rôle réel de ces institutions, qui sont chacune à leur façon des rouages fondamentaux du capitalisme, face aux mobilisations.

Les Gilets jaunes ont été présentés comme des classes dangereuses, à l’image des émeutiers de 2005. C’est la maturation de ces divers éléments, dans la lutte, qui ont fait passer le mouve-ment d’une révolte populaire à une mobilisation s’inscrivant dans le combat de la classe ouvrière.  (Extrait voir lien)

Antoine Larrache Mardi 20 août 2019

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Gilets Jaunes 2 (NPA)

Gilets Jaunes 3 (NPA)

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21 août 2019 ~ 0 Commentaire

gilets jaunes 2 (npa)

femmes gj

La nature de classe des Gilets jaunes

Indications pour les prochaines batailles

Tout aura été dit sur la nature de classe du mouvement des Gilets jaunes : mouvement d’extrême droite, mouvement prolétarien, jacquerie, mouvement du peuple enfin unifié, foule sans voix… L’erreur commune à ces analyses est sans doute de tenter de réaliser une photographie d’un phénomène qui s’inscrit dans de fortes évolutions sociales.

Comme toute réalité, la nature du mouvement des Gilets jaunes ne se révèle que de façon dynamique, dans ses interactions avec ce qui l’entoure. Les délimitations, les contours des classes sociales n’ont jamais été figées, de la Commune de Paris où la lutte mêlait ouvrierEs, artisanEs et petitEs commerçantEs aux luttes d’aujourd’hui dans lesquelles les profondes modifications du marché du travail percutent les contours et les repères de classe.

UN MOUVEMENT POPULAIRE 

Pour commencer par quelques chiffres, une étude de la Fondation Jean Jaurès publiée fin novembre 2018 révélait que le mouvement des Gilets jaunes a acquis un soutien massif dans les classes laborieuses.

Avec 62% de soutien chez les ouvrierEs, 56% chez les chômeurEs et chez les employéEs, 54% chez les travailleurs indépendants… contre 29% de soutien de la part des cadres et professions intellectuelles supérieures, et 35% des professions intermédiaires1.

Les franges les plus militantes se sont retrouvées dans les périphéries urbaines, là où on travaille mais où les loyers sont bons marchés, dans les familles monoparentales, dans les professions précaires.

En particulier chez les femmes, très présentes sur les ronds-points et dans les manifestations. L’importance de leur participation, alors qu’elles sont moins intégrées à la sphère publique, est un signe qui ne trompe pas sur l’ampleur de la crise sociale.

Dans les grandes crises nationales, ce sont souvent les femmes qui sont à l’avant-garde car, entre la double journée de travail, l’oppression spécifique et la gestion de la sphère privée, elles sont percutées de plein fouet.

gilets jaunes 2 (npa) dans Altermondialisme revue_106_-_v4-16

Mais le mouvement a été faible chez les « excluEs » du monde du travail. En effet, pour lutter, il faut percevoir la possibilité d’une alternative, ne pas être préoccupé essentiellement de sa survie.

Et également dans les banlieues les plus populaires, qui ont observé à distance et avec méfian-ce ce mouvement très blanc et présenté comme réactionnaire. Elles ont observé la réponse du mouvement face aux violences policières qu’elles ne connaissent que trop bien.

Une autre enquête2, menée sur un échantillon plus faible, suggère une participation au mouve-ment composé de 10 à 15 % d’artisanEs, commerçantEs, chefs d’entreprises (contre 6,5 % dans la population), 35 à 45 % d’employéEs (27 % dans la population), 15 à 20 % d’ouvrierEs (21 %), 10 à 13 % de professions intermédiaires (26 %), 7 % de cadres et professions intellectuelles supérieures (18 %) et 26 % d’inactifEs.

Donc globalement, il s’agit d’un mouvement très populaire, même si diverses classes sociales y ont participé. Rappelons au passage que la moitié des créations d’entreprises sont aujourd’hui le fait d’auto-entrepreneurs qui, s’ils et elles ont un statut juridique de travailleurE indépendantE, sont en réalité bien souvent des employéEs déguisés.

LE SOUTIEN AUX « GILETS JAUNES » FAIT APPARAÎTRE UN TRÈS NET CLIVAGE DE CLASSE3

À ce profil général, il faut ajouter certaines franges du petit patronat, notamment dans le transport, percutées par la hausse du prix de l’essence, ainsi que des commerçants, des secteurs qui font indéniablement partie de la petite bourgeoisie et qui ont été en bonne partie à l’initiative du début du mouvement.

Une question est donc de savoir pourquoi ce mouvement, qui est globalement dominé numéri-quement par les secteurs prolétariens, a été perçu au départ comme un mouvement ayant des penchants réactionnaires, puis s’est situé de plus en plus à gauche, et ce qu’il nous dit sur les prochains mouvements de notre temps.

Que ce soient les salariéEs qui ont bloqué les ronds-points ou celles et ceux qui ont simplement mis un gilet jaune sur leur pare-brise, comme une sorte de mouvement par procuration, touTEs se sont identifiés à ce gilet, à ses préoccupations.

A ses mots d’ordre unifiants contre la cherté de la vie et contre Macron, formulés comme des problèmes nationaux communs à la grande majorité de la population. Cette perception fait nécessairement écho à d’autres mouvements hétéroclites, aussi divers soient-ils, comme celui des Bonnets rouges, la mobilisation algérienne ou les Indignés espagnols. (Extrait voir lien)

Mardi 20 août 2019 Antoine Larrache

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Gilets Jaunes 1 (NPA)

Gilets Jaunes 3 (NPA)

 

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21 août 2019 ~ 0 Commentaire

gilets jaunes 3 (npa)

isf

Les Gilets Jaunes

Une mobilisation qui va marquer durablement la situation politique et sociale

L’irruption du mouvement des Gilets jaunes au mois de novembre a marqué, et continuera de marquer, la situation sociale et politique. Semaine après semaine, mois après mois, et ce malgré les pronostics d’« essoufflement », la répression policière et les manoeuvres de Macron, le mouvement des Gilets jaunes s’est en effet installé et imposé comme un fait social et politique majeur, qui a déstabilisé le bel édifice macronien… et le mouvement ouvrier.

Le mouvement des Gilets jaunes a joué, à bien des égards, un rôle de révélateur, au sens photographique du terme, de bien des tendances sociales et politiques.

Révélateur, tout d’abord, par la soudaine irruption, sur la scène de la contestation des politiques gouvernementales, de fractions des catégories populaires peu habituées à se mobiliser et à revendiquer collectivement dans l’espace public.

C’est l’expression d’une colère massive contre une politique globalement perçue comme injuste, doublée d’un sentiment (légitime) de relégation territoriale, lié notamment à l’augmentation continue des distances à parcourir pour aller ou boulot, accéder aux services publics ou tout simplement faire ses courses.

Révélateur, ensuite, du caractère contradictoire de la situation politique et sociale, avec d’une part un rapport de forces global dégradé, en défaveur de notre camp, un recul et une paralysie des organisations traditionnelles, et un affaiblissement de l’identité de classe (entendue comme une condition et une force collectives.

Mais, d’autre part, la possibilité d’explosions sociales, dans un contexte de crise continue du système capitaliste et de gestion néolibérale de cette crise, génératrice de toujours plus de pauvreté, d’inégalités, de précarité et de peur du déclassement.

Révélateur, enfin, de la nature profonde du pouvoir macronien, dont la violence des politiques néolibérales n’a d’égal que le mépris contre les catégories populaires, et qui n’a pas hésité, face à l’extension de la contestation, à recourir à des méthodes répressives inédites depuis des décennies.

Une escalade autoritaire qui n’est pas un accident de parcours mais un élément structurant du macronisme, qui intègre nécessairement une dimension ultra-répressive dans la mesure où la faiblesse de sa base sociale et son aversion pour les « corps intermédiaires » ne peuvent lui permettre d’établir une quelconque hégémonie.

L’AUTORITARISME DÉVOILÉ 

Les chiffres donnent le tournis : un décès (Zineb Redouane, le 1er décembre à Marseille, atteinte par une grenade lacrymogène tirée par la police alors qu’elle se trouvait à sa fenêtre), plus de 2 500 blesséEs parmi les manifestantEs, dont 284 blessures à la tête, 24 personnes éborgnées, 5 mains arrachées, 12 000 interpellations, près de 11 000 gardes à vue, plus de 2000 condamnations, dont 40 % de peines de prison ferme, et des centaines de procédures toujours en cours. Pour le dire sans détour : une répression d’une ampleur inédite.

En quelques mois, ce sont – entre autres – le Défenseur des droits, le Parlement européen, le Conseil de l’Europe et l’ONU qui se sont inquiétés des violences policières et des restrictions des libertés publiques.

Des condamnations unanimes, également venues d’ONG et d’associations des défense des droits humains, de syndicats de magistrats, et même de syndicats de policiers. Des condamna-tions que le pouvoir a choisi de traiter d’un souverain mépris, niant l’existence des violences policières et faisant porter la responsabilité des blessures et mutilations aux Gilets jaunes eux-mêmes.

Mépris pour les critiques, mépris pour les victimes : Macron, Castaner et compagnie jouent les durs, s’élevant contre la « démocratie de l’émeute » (Macron), « une infime minorité violente » (Griveaux), des « assassins » (Castaner), apportant un soutien inconditionnel aux forces de répression et adoptant chaque semaine un ton toujours plus martial.

Des discours qui se sont traduits en actes, avec une politique globale de répression tous azi-muts, mais aussi l’adoption de la loi dite « anticasseurs », la multiplication des commandes de nouvelles armes de guerre pour la police et la gendarmerie (entre autres les LBD « multicoups »), les interdictions hebdomadaires de manifester aux quatre coins de la France, etc.

Une escalade répressive destinée à pallier l’absence de réponse politique à la mobilisation, mais qui a eu pour principal effet de renforcer et d’élargir la contestation de la légitimité des violences policières.

RETOUR DE LA QUESTION SOCIALE 

Huit mois après le 17 novembre, premier Acte d’une mobilisation qui a pris de court l’ensemble du mouvement ouvrier y compris le NPA, suscitant méfiance, voire défiance au sein de ce dernier, le mouvement des Gilets Jaunes peut se targuer, même s’il est loin d’avoir obtenu une réelle victoire sur ses revendications, d’avoir contraint Macron à des reculs, notamment sur l’augmentation de la taxe sur les carburants et sur la CSG des retraitéEs.

Mais la principale victoire du mouvement est d’avoir su imposer, dans le paysage politique, un   « retour de la question sociale », qu’il s’agisse des salaires et des revenus, des services publics ou de la nécessaire transition écologique.

Un retour de la question sociale qui a pu jouer le rôle d’encouragement aux luttes, comme dans ces nombreuses entreprises où des grèves ont été organisées pour obtenir la « prime Gilets Jaunes » concédée par Macron en décembre.

À cet égard, les mobilisations aux urgences et dans l’Éducation nationale, si elles présentent leurs spécificités, sont à inscrire dans ce contexte de contestation du pouvoir et de ses politiques, et sont en outre l’expression de phénomènes mis en lumière par le mouvement des Gilets jaunes.

La distance, voire hostilité, à l’égard des syndicats, incapables de formuler une stratégie pour réellement gagner, la remise en cause directe de la légitimité du personnel politique, avec notamment le cas de Blanquer qui, présenté il y a encore quelques semaines comme le « premier de la classe » du gouvernement Macron, est aujourd’hui conspué par les personnels éducatifs, radicalité dans les modalités d’action et levée de certains « tabous » (arrêts maladie pour les personnels des urgences, grèves des examens, y compris du bac, dans l’Éducation nationale), etc.

Les questions démocratiques continuent d’être elles aussi sur le devant de la scène, qu’il s’agisse du contrôle sur les élus, de la nécessité de structures permettant à la population de s’emparer des discussions la concernant, ou plus généralement des institutions antidémocra-tiques de la 5e République, même si le mouvement, dans son ensemble, ne s’est pas distingué par sa structuration démocratique et que la revendication du RIC est posée, par certaines franges des Gilets jaunes, comme une solution miracle alors qu’elle est loin d’être autosuffisante face au fonctionnement antidémocratique de l’ensemble des lieux de pouvoir.

DES DÉBATS À MENER, DES PERSPECTIVES À TRACER 

Ce retour des questions sociales et démocratiques n’a cependant pas, à l’heure actuelle, débouché sur des victoires majeures, et le gouvernement entend bien poursuivre ses projets destructeurs.

Qui plus est, les résultats des élections européennes du 26 mai ont montré qu’il existait une forte « discordance des temps » politique et social, avec une absence de cristallisation politique progressiste du mouvement des Gilets jaunes.

Une énième démonstration du fait qu’il n’existe pas de transcription mécanique des mobilisations sociales sur le champ politique, et qu’il ne suffit pas qu’un climat de contestation s’instaure pour que les organisations de la gauche radicale apparaissent comme étant des outils pertinents et efficaces pour celles et ceux qui veulent en finir avec une société injuste.

Cette discordance des temps ne doit toutefois pas conduire à opérer une dichotomie entre social et politique, et à penser qu’il serait possible de penser les conditions de la construction d’une alternative politique sans l’articuler à la construction de victoires sociales et donc de mobilisations radicales et massives.

Toute discussion sur les perspectives sociales et politiques pour le camp des exploitéEs et des oppriméEs ne peut en effet faire l’impasse sur cette coordonnée essentielle de la situation : si les mobilisations sont là, cela fait désormais de longues années que nous n’avons pas remporté de victoires sociales.

Ces défaites marquent les esprits, tant au niveau de la confiance dans la capacité de résister que dans la méfiance, pour ne pas dire l’hostilité, vis-à-vis de la gauche sociale et politique, en premier lieu des organisations syndicales et de leurs stratégies perdantes.

Il est dès lors illusoire de penser qu’un rapport de forces global moins défavorable pourrait être reconstruit si l’on ne pose pas, en premier lieu, la question des nécessaires victoires sociales. Ceux qui s’engagent, aujourd’hui, dans des discussions polarisées par les prochaines échéan-ces électorales oublient que ce sont les mobilisations sociales massives qui produisent des décantations/recompositions à gauche, et pas l’inverse.

Force est toutefois de constater, 8 mois après le 17 novembre, que le pouvoir n’a pas réellement repris la main, et que l’instabilité et la confusion demeurent au sommet de l’État.

Avec des crises et des départs à répétition et une légitimité considérablement et durablement, voire définitivement, érodée, un phénomène dont les récentes « affaires » impliquant François de Rugy sont le dernier avatar.

On peut affirmer sans exagération que le mouvement des Gilets Jaunes a participé d’un change-ment de climat, qu’il va marquer durablement la situation politique et sociale, et que la plupart de ses effets, et de ses répliques, sont devant nous.

Autant de leçons à tirer, de débats à mener, de perspectives à tracer et d’initiatives à prendre et à soutenir pour envisager la nécessaire construction d’une mobilisation de masse qui aille jusqu’au bout.

Julien Salingue Mardi 20 août 2019

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Gilets Jaunes 1 (NPA)

Gilets Jaunes 2 (NPA

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21 août 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

ToutEs ensemble contre le G7 et son monde !

Du 24 au 26 août, Macron va accueillir en grande pompe les dirigeantEs des sept pays les plus riches du monde. Tout comme le G20, l’OMC ou le FMI, le G7 symbolise la domination d’une poignée de puissants qui décide sur le dos des peuples du sort de la planète entière.

Le G7, une vitrine du capitalisme

C’est avec un cynisme à tout épreuve que le thème central du sommet n’est autre que la « lutte contre les inégalités ». Un sommet présenté comme éco-responsable, attaché à l’égalité femmes-hommes … La politique menée par Macron est pourtant le contraire de la lutte contre les inégalités, car il dégrade toujours plus nos conditions de vies, détruit les services publics, la protection sociale, le droit du travail…

Les prochaines attaques contre les retraites et l’assurance chômage ne laissent aucun doute sur la vaste opération de communication de ce G7. Ces réunions servent en priorité à perpétuer un système au service des plus riches, des multinationales, renforcer l’exploitation et mettre la planète à sac. Et malgré les désaccords affichés, ils seront d’accord sur l’essentiel : accentuer la guerre de classe !

Chronique d’une répression annoncée

Et c’est précisément parce que les politiques d’austérité sont de moins en moins légitimes, de plus en plus contestée que les capitalistes optent pour une gouvernance de plus en plus autoritaire et brutale.

La répression leur est nécessaire pour imposer un monde toujours plus injuste. Ces sommets sont particulièrement symboliques de cette fuite en avant sécuritaire. Des villes en état de siège, des lieux de réunions bunkerisés pour des huis clos toujours plus à distance des populations.

Pour ce G7, pas moins de 10 000 policiers  et gendarmes sont mobilisés à Biarritz. Des dispo-sitifs terrestres, maritimes et aériens qualifiés d’« inédits » et « extrêmement lourd » par les autorités elles-mêmes.

La récente lutte des Gilets Jaunes a montré un saut qualitatif dans la violence d’État, y compris dans la façon d’assumer les exactions commises. Ce G7 s’annonce dans la continuité de ce scénario, avec une répression policière et judiciaire annoncée.

Le Centre de rétention administrative d’Hendaye, qui sera en fait transformé en centre de déten-tion, indique la logique à l’œuvre. Interdiction de paraître, renfort au tribunal de Bayonne, tout est fait pour créer un climat de tension et de peur et criminaliser les résistances.

L’acharnement judiciaire contre le militant Vencezo Vecchi, condamné à 13 ans de prison pour sa participation à une manifestation contre le sommet du G8 à Gênes en 2001 illustre bien le niveau de répression inhérent à ces sommets.

G7 dégage !

Il y a près de 20 ans à Seattle, des milliers de personnes réussissaient à bloquer le sommet de l’OMC, un acte fondateur du mouvement altermondialiste. Depuis le 19 août, militantEs associatif-e-s, politiques, syndicalistes sont réuniEs à Hendaye et Irun contre le G7 et son monde.

Le capitalisme n’a pas besoin du G7 pour fonctionner. Mais cependant, la contestation des sommets capitalistes est essentielle car elle montre qu’ils ne sont pas légitimes, que nous n’acceptons pas leur domination.

C’est tout l’enjeu du contre-sommet, contester la légitimité d’une minorité à décider et opposer l’urgence sociale, démocratique, écologique et féministe pour le plus grand nombre. C’est également une échéance importante pour la construction des résistances et des convergences.

Le NPA participe à ce combat contre les saigneurs du monde, pour en finir avec le capitalisme !

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Mardi 20 août 2019

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15 août 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

L’extradition politique de Vincenzo pour avoir participé à la manifestation contre le G8 de 2001

Vincenzo Vechhi, militant politique italien arrêté et emprisonné à Rennes depuis une semaine, comparaissait ce matin devant la cour d’appel de Rennes. L’Italie et l’avocat général réclament toujours son extradition pour être jugé de sa participation aux manifestations contre le G8 de Gênes en 2011 et une manifestation antifasciste à Milan en 2006.

La peine encourue est hallucinante : 12 ans de prison, 18 ans après, pour des faits mineurs et matériels.

Les avocates de Vincenzo ont obtenu le report du délibéré pour le 23 août, la remise en liberté a, elle, été refusée.

Car le dossier s’avère en réalité plus complexes que prévu pour les autorités italiennes : mandat d’arrêt européen incomplet, vices de formes dans les comparutions…

Son avocate compte bien aussi rappeler le contexte de ces manifestations de 2001 

« Des rapports récents sur le comité d’exécution des peines en Italie, parlant notamment de torture en détention et d’isolement total pour certains détenus », la mort d’un manifestant, Carlo Guliani, Amnesty International parlant, à l’époque, de « la plus grave atteinte aux droits démocratiques dans un pays occidental depuis la fin de la seconde guerre mondiale. »

Aucun policier, aucun ministre, aucun commissaire ne sera d’ailleurs inquiété. L’Italie sera condamnée, quinze ans plus tard, par la Cour européenne des Droits de l’Homme pour n’avoir jamais poursuivi en justice ni identifié les auteurs de violences.

Car c’est bien une affaire politique qui se déroule dans les murs du Parlement de Rennes.

L’arrestation de Vincenzo a lieu alors que dans l’Italie de 2019, c’est l’extrême droite de Salvini et de la Ligue du Nord qui est au pouvoir. Ce dernier, qui ces derniers jours tente de renverser le gouvernement, veut montrer sa force, qu’après Cesare Batisti, il a enfin la tête d’un militant anticapitaliste et antifasciste.

Le gouvernement français, Macron, Castaner, Le Drian et Belloubet seront directement complices de l’extrême droite italienne en acceptant une extradition.

Ce mercredi 14 août, nous étions plus de 200 devant le Parlement pour soutenir Vincenzo : comité de soutien de Rochefort-en-Terre, militantEs politiques, syndicaux, associatifs, antifas… de Rennes et de Bretagne pour exprimer notre colère.

Alors qu’Antonin Bernanos vient lui aussi de se voir prolonger sa détention, il est primordial aujourd’hui de réclamer la liberté pour touTEs les camarades antifascistes, touTEs les camarades du mouvement social et politique, touTEs les manifestantEs qui se retrouvent derrière les verrous d’une justice de classe, d’une justice aux ordres des gouvernements les plus réactionnaires et autoritaires.

LIBERTÉ POUR VINCENZO, NON À L’EXTRADITION

Kevin Elté  Mercredi 14 août 2019

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

cachemire (npa cetri)

Le Jammu et Cachemire mis en coupe réglée du gouvernement nationaliste hindou de New Delhi

Le gouvernement nationaliste hindou du Bharatiya Janata Party (BJP) a procédé le 6 août à un véritable coup d’état constitutionnel en révoquant l’article 370 de la Constitution qui assurait l’autonomie de l’état du Jammu et Cachemire et en présentant un projet de loi qui envisage de couper en deux la région.

Détaché de sa partie orientale, le Ladakh, à majorité bouddhiste, le Jammu et Cachemire restant, dont la vallée de Srinagar à majorité musulmane dans le nord, perdrait son statut d’état confédéré pour devenir un « territoire de l’Union », entièrement dépendant de l’administration centrale de New Delhi.

Cette annonce a été précédée d’un déploiement massif de troupes dans une région qui est déjà une des plus militarisées du monde, alors que les leaders politiques locaux étaient placés en résidence surveillée, les écoles fermées et toutes les communications, y compris internet et les lignes téléphoniques fixes, bloquées.

Même si dans les faits depuis les années 1990 l’intervention du gouvernement central dans cette région s’était accentuée, l’article 370 garantissait l’autonomie de la région, condition qui avait présidée au ralliement de cette zone frontalière avec le Pakistan à l’état indien au moment de l’Indépendance des deux pays. Le territoire reste cependant depuis lors disputé, avec la présence de mouvements séparatistes actifs.

La révocation de l’article 370 fait depuis longtemps partie des objectifs du BJP. Elle intervient au lendemain de la victoire sans appel de ce dernier lors des élections fédérales d’avril-mai dernier, qui a donné un second mandat au premier ministre Narendra Modi. Depuis son arrivée au pouvoir en 2014, l’accroissement et la violence de la répression au Jammu et Cachemire ont entrainé une détérioration très sensible de la situation dans la province, donnant un nouveau souffle au mouvement de rébellion.

En cherchant à la mettre au pas de manière autoritaire, le BJP poursuit son projet de construction d’une nation hindoue, où les musulmans sont relégués au rang de citoyens de seconde zone.

Jusqu’alors les législations empêchaient notamment les personnes non-originaires de la région d’y posséder des terres. Ces dispositions vont pouvoir être modifiées, ouvrant la voie à change-ment de la composition démographique et une hindouisation de la zone.

Le gouvernement promeut ainsi sa vision d’une Inde forte, affirmée au travers d’une belligérance marquée à l’égard du Pakistan, attitude qui lui a permis de faire oublier le très mauvais bilan économique de son précédent mandat et a fortement aidé sa réélection.

Correspondante Mardi 6 août 2019

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Lire aussi:

Self-determination for Kashmir! (Socialist Action)

Au Cachemire, une jeunesse brisée en quête d’avenir (The Conversation)

Narendra Modi’s high-handed action over the disputed territory is likely to revive conflict with Pakistan (Cetri)

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

écosocialisme 2 (4è internationale)

npa agricol

LA DESTRUCTION CAPITALISTE DE L’ENVIRONNEMENT ET L’ALTERNATIVE ÉCOSOCIALISTE

Question agraire et écosocialisme

Dans le monde entier, les paysans, les paysans sans terre et les ouvriers agricoles constituent le secteur social le plus massivement engagé dans la lutte environnementale en général, climatique en particulier.

Ce rôle d’avant-garde est la riposte à l’agression brutale du capital qui veut transformer les paysan-e-s indépendant-e-s en chômeur-euse-s (afin de peser sur les salaires) ou en salarié-e-s ou quasi- salarié-e-s agricoles (afin de produire des marchandises médiocres à bon marché pour le marché mondial plutôt que des produits vivriers de qualité pour les populations locales).

Elle est le résultat aussi du travail d’organisation et de conscientisation mené par des syndicats paysans tels que Via Campesina, en particulier des occupations de terre par les paysan-ne-s sans terre

A la différence des salarié-e-s, les petits paysans ne sont pas incorporé-e-s au capital.

Quoique la production pour le marché tende à leur imposer des objectifs et des méthodes productivistes, ils/elles gardent aussi la mentalité de l’artisan soucieux de faire « de la belle ouvrage ». En dépit de la puissance de leur ennemi capitaliste, ils/elles se mobilisent pour garder ou reconquérir la propriété de leurs moyens de production.

Le rapport de force très inégal face à l’agrobusiness et à la grande distribution les pousse à chercher des alliances avec d’autres mouvements sociaux, notamment avec les salariés et avec le mouvement pour l’environnement.

Quant aux ouvriers agricoles, surtout les saisonniers sans papiers surexploités, ils/elles surtout n’ont aucune perspective de sortir des marges ultra-précaires du salariat. Malgré les intimida-tions et la répression fréquente par les employeurs, certains ont pu créer des syndicats et amé-liorer leurs salaires ainsi que leurs conditions de travail. Leur lutte est objectivement anticapitaliste.

L’importance de la question agraire ne doit pas être jugée uniquement à l’aune de la proportion d’agriculteurs/trices dans la population active, mais à partir de cinq faits objectifs :

Les modes de production agraires et la pêche sont au centre d’enjeux décisifs de santé humaine (obésité, maladies cardiaques, allergies, etc.) et de protection de l’environnement qui révèlent la force destructive du capital.

Les changements de comportements des consommateurs ne peuvent pas piloter la transition écologique, mais les choix en matière d’alimentation peuvent soutenir au niveau des filières des réorientations qui ont un impact écologique significatif.

La revendication de « souveraineté alimentaire » met en question la capacité des multinationales d’employer l’arme alimentaire contre les luttes des peuples. Elle permet d’unifier consommateurs et producteurs autour d’un combat et de pratiques générateurs de conscience anticapitaliste.

Le rôle important des femmes dans la production agricole.

Les femmes constituent 43% de la main-d’oeuvre agricole dans les pays dits « en développe-ment ». La discrimination patriarcale se traduit dans la taille plus petite de leurs exploitations et de leur cheptel, le niveau plus faible de mécanisation, une charge de travail plus lourde pour un rendement plus faible (par suite du poids des corvées non productives – notamment l’eau et le bois), et un accès moindre à la formation ainsi qu’au crédit (mais une part plus importante que les hommes dans le micro-crédit).

Les ouvrières agricoles ont de plus des statuts plus précaires que ceux des hommes. L’émanci-pation des agricultrices en tant que femmes est une des conditions déterminantes pour relever à la fois le défi de la souveraineté alimentaire et celui d’une agriculture écologique. C’est donc un enjeu écosocialiste en soi.

La filière agricole-forestière dans son est responsable de plus de 40% des émissions de gaz à effet de serre. L’agrobusiness est en outre un agent clé de l’empoisonnement chimique de la biosphère, tandis que la pêche industrielle et la pollution des eaux par l’agrobusiness sont des facteurs déterminants du déclin de la biodiversité dans les milieux aquatiques. En même temps, le réchauffement menace la productivité des terres et l’acidification due au réchauffement menace celle des écosystèmes aquatiques.

Le déclin de la biodiversité ne sera pas stoppé principalement par la création de réserves naturelles mais par le développement d’une agriculture écologique. Par ailleurs, réduire les émissions de gaz à effet de serre à zéro n’est plus suffisant pour enrayer le changement climatique.

Il faut dans les décennies qui viennent retirer du carbone de l’atmosphère. Dans sa logique de profit, le capital ne peut réagir que par les technologies d’apprenti-sorcier de la géo-ingénirie et une appropriation généralisée des « services écosystémiques ».

L’agriculture paysanne et une forestation rationnelle sont les seuls moyens de diminuer la concentration atmosphérique en carbone efficacement, sans dangers et dans la justice sociale. Ainsi, la protection de la biodiversité et celle du climat renforcent la nécessité de l’alternative écosocialiste et fondent matériellement la place décisive de l’alternative agroécologique dans cette alternative d’ensemble.

Le passage à une agriculture (et à une pêcherie, et à une sylviculture) écologiques constitue une condition majeure de construction d’une société écosocialiste, du même niveau d’importance que la démocratie des producteurs et l’utilisation d’une énergie 100 % renouvelable.

Or, cette agriculture est plus intensive en main-d’œuvre que l’agriculture industrielle. Le passage à une sylviculture soutenable et la restauration/protection des écosystèmes impliquent eux aussi une augmentation de la part de la population investie dans ces activités.

Relever ce défi requiert une politique de longue haleine de revalorisation des métiers agricoles, de formation des travailleurs et d’équipement des zones rurales en infrastructures et en services aux personnes, ainsi que le développement du maraîchage urbain. (Extrait voir lien)

mardi 11 juin 2019 Quatrième Internationale Inprecor, mars 2019

https://www.pressegauche.org/

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10 août 2019 ~ 0 Commentaire

mitterrand (npa)

hollane ps

A  sa troisième tentative, en 1981, Mitterrand fut élu.

Après quelques mesures limitées, comme le relèvement du Smic, le passage aux 39 heures et la retraite à 60 ans, le gouvernement d’union de la gauche prit le « tournant de la rigueur » : blocage des salaires, vague de licenciements avec la bénédiction gouvernementale.

C’est que les temps avaient changé : la bourgeoisie renonçait à concéder aux travailleurs ne serait-ce que quelques miettes et en était plutôt à leur reprendre les acquis de la période précédente.

La social-démocratie, n’ayant plus de « grain à moudre » selon l’expression célèbre du dirigeant FO de l’époque, André Bergeron, s’embarqua sans états d’âme dans le train néolibéral : c’est le Parti Socialiste qui, en France, prendra en charge la politique anti-ouvrière menée ailleurs par Thatcher ou Reagan.

Car la crise menaçait les profits de la bourgeoisie dans le monde.

Pour aider les capitalistes à reconstituer leurs bénéfices, les socialistes entamèrent une politique de baisse des cotisations sociales des entreprises. Dès juin 1981, Mauroy décida d’un abatte-ment de 50 % sur les très bas salaires, une politique qui connaîtra un grand succès dans les années qui suivirent.

Loin de subir la loi des marchés financiers, selon une fiction véhiculée par elle-même, la gauche mitterrandienne a contribué à les doper. Endettant massivement l’Etat pour soutenir les groupes capitalistes, le gouvernement emprunta sur les marchés financiers et, pour cela, démantela un certain nombre de réglementations qui limitaient les activités financières et les mouvements de capitaux.

Ces contraintes, en partie héritées de la crise économique de 1929, avaient pour objectif d’éviter les effets destructeurs de faillites financières en cascade. Lorsqu’on entend certains socialistes se plaindre de l’instabilité des marchés financiers ou des placements spéculatifs, il faut se souvenir que le PS a tout fait pour cela !

Ensuite, à partir de 1997, Jospin continua sur la lancée en privatisant plus que tous les gouvernements de droite qui avaient précédé. La sanction en fut, en 2002, une énorme perte de voix populaires (à travers l’abstention et un report sur d’autres candidats – avec l’extrême gauche, LO et LCR, à 10 %).

Et la qualification de Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Est-ce que c’en était fini avec le PS ? Pas encore. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy a été tellement caricatural que bon nombre d’électeurs s’en sont détournés en 2007 et ont voulu le dégager, en votant sans trop d’illusions pour Hollande. Lequel a mis en œuvre une politique que Sarkozy n’avait même pas osé mener.

Régine Vinon Lundi 19 juin 2017

https://npa2009.org/

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09 août 2019 ~ 0 Commentaire

ps (npa)

socialistes

Parti socialiste : L’impossible renaissance

Après la débâcle du PS à la présidentielle et aux législatives, les projets de refondation pour une « nouvelle gauche » fleurissent.

C’est ainsi que Benoît Hamon, le candidat du PS à la présidentielle, battu à plates coutures dès le premier tour avec 6,3 % des suffrages exprimés, a lancé samedi son mouvement « du 1er  uillet » dont il entend faire « un initiateur, une des poutres, des états-généraux de la gauche ». Devant 11 000 personnes venues le soutenir sur la pelouse de Reuilly, à Paris, il a annoncé son départ du PS. « Je quitte un parti, a-t-il déclaré, mais je n’abdique pas l’idéal socialiste ».

Trois jours auparavant, le 27 juin, c’était Manuel Valls qui annonçait son départ, avec grandilo-quence : « Je quitte le PS, ou le PS me quitte ». Depuis son élection acquise d’extrême justesse, et contestée, dans la circonscription d’Évry, il cherchait un point de chute dans le groupe des élus macronistes, après avoir exploré la possibilité de créer le sien propre. Il aura finalement été accepté par LREM mais à condition de démissionner du PS et seulement en tant qu’apparenté.

Floraison de projets

« La déroute du Parti socialiste est sans appel. La gauche doit tout changer. La forme comme le fond. Ses idées comme ses organisations. Elle doit ouvrir un nouveau cycle », disait Cambadé-lis, le secrétaire général du PS, en démissionnant de son poste dès le lendemain des législati-ves.

Le Conseil national du 24 juin a voté très majoritairement une motion affirmant que le PS serait dans l’opposition par rapport à Macron : « Nous nous situons clairement dans l’opposition au gouvernement d’Edouard Philippe. Nous ne voterons pas la confiance à ce gouvernement. » Résolution démentie presque aussitôt par Olivier Faure, patron des 31 députés PS qui ont choisi de s’appeler la «Nouvelle gauche » : il faudra être « vigilant » mais aussi « constructif » par rapport au gouvernement.

Tandis que le Conseil national a décidé de la mise en place d’une direction collégiale qui devrait être désignée lors d’un prochain Conseil national, le 8 juillet, celles et ceux qui n’ont pas quitté le navire ont lancé plusieurs amorces de courants .

Arnaud Montebourg, avec « Inventons la gauche nouvelle », Najat Vallaud-Belkacem, avec « Réinventer la gauche de demain », enfin, Anne Hidalgo, Martine Aubry et Christiane Taubira ont lancé « Dès Demain », un « grand mouvement d’innovation pour une démocratie européenne, écologique et sociale ». Toutes et tous tournéEs vers l’avenir sans dire un seul mot et tirer les bilans du passé.

Le mirage du congrès d’Epinay

« Le parti socialiste a peut-être fait son temps. Il a eu des heures glorieuses. Ma conviction est qu’aujourd’hui il est temps de tourner une page pour nous inscrire dans un processus compa-rable à celui d’Épinay », déclarait Benoît Hamon samedi dernier.

En 1971, lors de ce congrès, Mitterrand réussissait son OPA sur un Parti Socialiste moribond, parce que responsable des sales guerres coloniales de l’État français, et se refaisait lui-même une virginité grâce à l’appui du Parti Communiste au sein de l’Union de la gauche. Dix ans plus tard, il était élu président de la République.

Le PS a pu renaître de ses cendres grâce à l’existence et l’appui du PCF, un parti fortement implanté dans la classe ouvrière, qui a mis ses militantEs et son crédit au service des ambitions de Mitterrand.

Celui-ci s’était juré de réduire son influence. Le PCF faisait 21 % des voix lors de la présiden-tielle de 1969 alors que Gaston Defferre, candidat socialiste, n’obtenait que 5 % des voix. Le PCF ressortira laminé de ses participations au premier gouvernement de l’Union de la gauche de 1981 à 1984, puis au gouvernement Jospin en 1997, perdant la plupart de ses militantEs, démoraliséEs par ses reniements, et son crédit dans la classe ouvrière.

Inutile de dire que La France insoumise d’un Jean-Luc Mélenchon, qui prétend vouloir remplacer le PS pour installer, comme il l’avait dit avant les législatives, une cohabitation avec le président Macron, serait bien incapable de s’écarter d’un iota de la politique que lui dicteraient alors les grands groupes financiers et industriels.

Pour toutes celles et ceux qui placent leurs espoirs de changement dans la renaissance d’une gauche, il n’y a d’avenir que dans la construction d’un parti des travailleurs, anti­capitaliste et révolutionnaire.

Galia Trépère Jeudi 6 juillet 2017

https://npa2009.org/

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