Archive | NPA

21 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

philippe poutou

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18 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

La lutte paie : la preuve par la victoire de Notre-Dame-des-Landes

C’est fait. Le gouvernement a annoncé le 17 janvier que l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne serait pas construit. Malgré les incertitudes quant à l’avenir de la Zad et les menaces d’intervention policière brandies par le gouvernement, qui imposent de rester vigilants et de poursuivre la mobilisation, l’abandon du projet d’aéroport est une victoire historique contre l’État et les multinationales : la preuve qu’une lutte déterminée peut l’emporter, y compris lorsque les puissants se coalisent pour tenter de la défaire.

Une lutte de longue haleine

Notre-Dame-des-Landes, c’est 50 ans de lutte, 10 ans d’occupation, des manifestions mémorables, des dizaines de milliers de personnes – paysanEs, urbainEs, occupantEs, jeunes et moins jeunes – mobilisées à de multiples reprises… Des rencontres, des jours et des nuits de discussions et de fête, des expériences et des cultures diverses qui nourrissent les luttes, des dizaines de comités locaux.

Notre-Dame-des-Landes, ce sont aussi des pressions, des menaces, des interventions policières, des violences, des blesséEs, des arrestations. Mais les opposantEs ont tenu bon, et la victoire n’en est que plus belle.

Et les déclarations pleines d’assurance, de Sarkozy (« Ils seront expulsés et l’aéroport se fera ») à Macron (« L’aéroport se fera ») en passant par Valls (« Ce projet, nous le soutenons, et il se fera ») et Hollande (« L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera construit ») n’y auront rien changé.

Le projet est désormais retiré, et la lutte va se poursuivre pour que ce territoire reste un espace d’expérimentation sociale, environnementale et agricole.

Le NPA appelle à répondre massivement à l’appel à converger le 10 février dans le bocage pour fêter l’abandon de l’aéroport et pour poursuivre la construction de l’avenir de la Zad. C’est le mouvement anti-aéroport qui doit déterminer l’usage des terres pour de nouvelles installations, agricoles ou non, officielles ou non, pour « un avenir sans aéroport dans la diversité et la cohésion ».

Un exemple à suivre

Le combat victorieux contre le projet d’aéroport est une lutte exemplaire, au sens où elle est admirable et mérite d’être saluée, mais aussi dans la mesure où elle montre l’exemple. À l’heure où les attaques pleuvent contre les droits sociaux et démocratiques, et où le sentiment d’impuissance domine, Notre-Dame-des-Landes est une bouffée d’oxygène pour celles et ceux qui entendent résister à Macron. La preuve que lorsqu’on se mobilise autour d’objectifs communs dans un cadre unitaire qui respecte les points de vue de chacunE, on peut renverser des montagnes.

À l’heure du macronisme triomphant, la victoire de Notre-Dame-des-Landes ouvre une brèche dans laquelle il s’agit de s’engouffrer.

C’est évidemment, en premier lieu, un signal pour celles et ceux qui luttent, ici comme ailleurs, contre tous les projets destructeurs de l’environnement, contre le nucléaire et ses déchets à Bure, contre des projets d’autoroutes ou de centres commerciaux et de lignes à grandes vitesses…

Mais c’est aussi, à une échelle plus large, un grain de sable de taille dans les roua-ges de la machine macronienne, un point d’appui pour les luttes en cours, et à venir.

En dépit de son recul sur Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement entend en effet poursuivre l’offensive anti-sociale, anti-démocratique, anti-migrantEs, qui ne s’arrêtera que si nous l’arrêtons.

Telle est la leçon de Notre-Dame-des-Landes : unis, déterminés, conscients de nos forces, nous pouvons gagner !

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18 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

trump (npa)

reisitance

En anglais: « bigot » à part « sectaire religieux » a le sens d’intolérant, de raciste

Trump ou la sinistre farce du pouvoir et de l’argent

Fire and Fury (le Feu et la fureur), le livre du journaliste Michael Wolff, sorti le 5 janvier, est devenu un événement politique, nouvel épisode du psychodrame dont la Maison Blanche est le théâtre et dont les grands médias internationaux se délectent.

Trump y est décrit comme un quasi-illettré, grossier, incompétent, borné qui ne lit jamais….

Rien de bien neuf semble-t-il et, au-delà des petites phrases et des faits, ce livre et l’agitation médiatique qu’il suscite donnent une image édifiante de la décomposition morale et politique que le pouvoir et l’argent engendrent. L’auteur, fasciné par les puissants, ne semble pas valoir mieux que son sujet.

D’après lui, Trump n’imaginait pas gagner les élections, quel scoop, personne ne l’imaginait, et ne voyait dans sa campagne qu’une opération publicitaire qui ferait de lui l’homme le plus célèbre du monde. L’auteur se fait l’instrument de la vengeance de Steve Bannon, leader d’extrême droite et ancien conseiller spécial de Trump, qu’il cite abondamment, et avec lequel Trump règle ses comptes en affichant une rupture bruyante.

Cette dernière ne répond en rien aux accusations concernant en particulier la question de ses relations avec Poutine durant la campagne.

Bannon ironise sur cette « bonne idée de rencontrer un gouvernement étranger au sein même de la Trump Tower, dans la salle de réunion du 25e étage, sans la présence d’avocats. » Qu’importe pour Trump qui affiche son autosatisfaction sur Twitter : « En fait, dans ma vie, les deux plus grands atouts ont été l’équilibre mental et le fait d’être, genre, vraiment intelligent », se qualifiant de « génie très équilibré ».

« Le feu et la fureur » du capital

Cette bulle médiatique déstabilise Trump, tout en lui permettant de faire son autopromotion à la manière d’un animateur de téléréalité. Il sait qu’il a un atout pour s’imposer à ses détracteurs. Il est en train de mener, pour leur compte et leurs intérêts, une guerre de classe cynique et sans complexe : 1,5 milliard de baisse d’impôts accordées au 1 % les plus riches, un argument qui vient à bout de bien des réticences.

Un cadeau indécent et sans précédent, qui a comme contrepartie des coupes budgétaires massives au détriment des services publics et de la protection sociale.

La « folie » de Trump relève plus de politique que de psychiatrie. Elle est le produit de l’exa- cerbation, sans fard et sans limite, de préjugés de classe contre les travailleurEs et les peu- ples. Comme quand il affiche son mépris des pays victimes du pillage colonial, puis impérialiste, les qualifiant de « pays de merde », en poursuivant sa sinistre offensive contre les immigréEs. Cette frénésie des classes dominantes fait des émules de par le monde parmi les forces réactionnaires d’extrême droite ou religieuse, xénophobes et racistes, ou sous des formes moins agressives mais tout aussi dangereuses.

Tels sont les symptômes de la fuite en avant de ceux qui osent prétendre servir la société alors qu’ils servent les intérêts d’une petite minorité parasite et qui croient que tout leur est dû et leur appartient. 

À l’occasion des Golden Globes, la productrice, présentatrice et actrice afro-américaine Oprah Winfrey a affirmé, durant son éloquente et puissante allocution parlant de la révolte des femmes : « un nouveau jour se lève ». Oui, en réponse à l’arrogance criminelle des classes dominantes, un nouveau jour se lève, il n’est pas celui du parti démocrate, mais bien celui de la révolte et de la lutte collective.

Yvan Lemaitre Mardi 16 janvier 2018

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18 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

nddl (npa + essf)

zad

Notre-Dame-des-Landes : une victoire qui en appelle d’autres

50 ans de lutte. 10 ans d’occupation. Des manifestions mémorables. Des dizaines de milliers de personnes – paysanEs, urbainEs, occupantEs, jeunes et moins jeunes, mobilisés à tant de reprises sur le site et ailleurs.

Des rencontres, des jours et des nuits de fête. Des cultures diverses qui nourrissent les luttes. Des dizaines de comités locaux. Des menaces, des soutiens… Et finalement : la victoire ! Le gouvernement abandonne officiellement le projet d’aéroport.

Pour la première fois depuis longtemps, trop longtemps, une mobilisation a mis en échec le gouvernement, Vinci et les lobbys, en particulier du BTP.

Ce n’est pas simplement le succès de Notre-Dame-des-Landes. C’est un signal pour celles et ceux qui luttent, ici comme ailleurs, et en particulier contre tous les projets destructeurs : il est possible de gagner ! Ce ne sont pas toujours les multinationales et leurs flics qui l’emportent à la fin. Et rien que pour ça, l’abandon est une victoire historique contre l’aéroport et son monde, un encouragement pour toutes celles et ceux qui veulent que nos vies, la biodiversité, la terre, l’eau… passent avant les profits.

Le NPA soutient « les bases communes pour l’avenir de la ZAD établies par l’ensemble des usager.e.s actuel.le.s de ce territoire », pour que celles et ceux qui sont visés par une procédure d’expulsion ou d’expropriation puissent rester sur la zone et retrouver leurs droits, pour que celles et ceux qui sont venus habiter dans le bocage pour le défendre puissent continuer de cultiver librement les terres, d’expérimenter des formes différentes de travail, d’habitat, de vie et de lutte.

C’est le mouvement anti-aéroport qui doit déterminer l’usage des terres pour de nouvelles installations, agricoles ou non, officielles ou non, pour « un avenir sans aéroport dans la diversité et la cohésion ».

La menace d’une expulsion partielle plane toujours sur la ZAD et on a assisté ces dernières heures à une incroyable surenchère policière. La lutte continue pour que ce territoire reste un espace d’expérimentation sociale, environnementale et agricole.

Le NPA appelle à répondre massivement à l’appel à converger le 10 février dans le bocage pour fêter l’abandon de l’aéroport et pour poursuivre la construction de l’avenir de la ZAD.

Montreuil, le 17 janvier 2018

https://npa2009.org/

Lire aussi:

L’aéroport de Notre Dame des Landes est mort ? Vive la ZAD !  Penser les alternatives (Essf)

Notre-Dame-des-Landes et projet de société : pourquoi les « zadistes » ne veulent pas partir (ESSF)

Notre-Dame-des-Landes : l’histoire de « la plus vieille lutte de France » en 6 actes (ESSF)

Notre-Dame-des-Landes, communiqué commun après l’abandon du projet d’aéroport : Nous nous engageons pour l’avenir de la ZAD (Essf)

Notre-Dame-des-Landes : pourquoi les zadistes ne quitteront pas les lieux (JDD)

Notre-Dame-des-Landes : une zone encore à défendre (Regards)

Elise Löwy : « Il faut soutenir le projet d’enracinement des zadistes. » (Regards)

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16 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

fake news (npa)

NPA

pandas

Pouvoir d’achat : stop aux « fake news » du gouvernement !

En une phrase glissée dans sa note de conjoncture de décembre, l’Insee a démoli la propa- gande gouvernementale : « Au total sur l’année 2018, la combinaison de ces hausses et de ces baisses [de fiscalité] augmenterait les prélèvements obligatoires sur les ménages d’environ 4,5 milliards d’euros, ce qui ôterait 0,3 point à l’évolution du pouvoir d’achat. » La hausse annoncée du pouvoir d’achat de 5 milliards était donc une « fake news ». Le gouvernement, ulcéré, a aussitôt démenti et sommé l’Insee de se dédire, mais celle-ci a maintenu ses calculs. 

Hypothèses farfelues

Les hausses d’impôts (+20,4 milliards pour la CSG, +3 milliards pour les taxes sur l’essence, +4,5 milliards pour les taxes sur le tabac) sont intervenues dès le 1er janvier… alors que les baisses d’impôts interviendront « bizarrement » plus tard dans l’année, comme la baisse de la taxe d’habitation qui ne sera effective qu’en novembre.

Autre explication de l’écart : le gouvernement avait minimisé l’impact des recettes fiscales sur le tabac et l’essence, en faisant des hypothèses farfelues sur la baisse de la consommation. L’Insee a répondu que les principes de la comptabilité nationale ne l’autorisaient pas à faire ce genre de manipulations. Pour les amateurs de fake news, le gouvernement a lancé dans la foulée un « simulateur de pouvoir d’achat » : avis aux amateurEs qui ont envie de gober les bobards du gouvernement !

Deux poids, deux mesures

Les mesures fiscales vont donc faire baisser le pouvoir d’achat moyen. Mais tout le monde ne sera pas logé à la même enseigne : le budget 2018 est un « choc fiscal » en faveur des ména- ges les plus riches et des patrons.

En effet, la taxation sur les revenus du capital est massivement baissée pour les grosses fortunes, avec la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (« flat tax » de 30%) et la sortie des actifs financiers de l’assiette de l’ISF. Ces deux mesures représentent un gain d’environ 5 milliards concentré sur le 1% le plus riche. En revanche, la hausse des impôts indirects (tabac et essence) est régressive et anti-redistributive : elle va frapper davantage les plus pauvres en proportion de leur revenu. 

Officiellement, il s’agit de défendre l’écologie et de préserver la santé, mais bizarrement le gouvernement n’a pas pensé à d’autres mesures comme la taxation des grands groupes industriels pollueurs.

Les patrons peuvent aussi se frotter les mains : le Conseil constitutionnel a ordonné à l’État de rembourser les grandes entreprises de la taxe sur les dividendes qu’elles avaient payée. Le gouvernement compensera par une surtaxe temporaire de l’impôt sur les sociétés (IS), mais le gain net sera de 5 milliards pour les grands groupes ! Le taux de l’IS diminuera en outre à 25% en 2022 (contre 33% aujourd’hui), et, dès cette année, il est ramené à 28% pour les bénéfices inférieurs à 500 000 euros. 

Macron, c’est Hollande en pire.

Après une loi Travail XXL, il a fait un budget en faveur des riches XXL. Seule une mobilisation déterminée de notre camp social pourra stopper cette surenchère de cynisme, d’arrogance, et de brutalité sociale inédites.

Vendredi 12 janvier 2018 Gaston Lefranc

https://npa2009.org/

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12 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

philippe poutou

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10 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

voeux de philippe poutou

Lire aussi:

Philippe Poutou appelle à la reconstruction d’un mouvement féministe pour aller plus loin que #MeToo et « affronter le patriarcat » (Europe1)

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09 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Rupture conventionnelle collective : le cadeau de Noël du gouvernement au patronat

L’encre des ordonnances et de leur décrets d’application est à peine sèche que les emplo- yeurs se précipitent pour en faire usage contre les salariéEs. La première attaque est la rupture conventionnelle collective (RCC). Cette nouvelle arme va permettre aux patrons de supprimer des milliers d’emplois sans avoir à justifier d’une raison économique, à élaborer un plan social, ni à proposer des reclassements.

Ce dispositif fait suite au « succès » de la rupture conventionnelle individuelle, qui a précipité dans le chômage, depuis sa création en 2008, près de trois millions de salariéEs.

Huit fois sur dix, c’est l’employeur qui en est à l’origine alternant arguments financiers et chan- tages divers. Le MEDEF en rêvait, le gouvernement Macron l’a fait. En confiant à l’administra- tion du travail le soin d’homologuer les futures ruptures collectives, celles-ci seront juridique- ment sans risque pour les patrons, contrairement aux plans de départs volontaires, et il ne sera en outre plus nécessaire d’attendre un an pour pouvoir réembaucher derrière.

Les plus grosses boîtes en profitent

C’est tout d’abord la chaîne de magasins d’habillement Pimkie qui a annoncé la mise en œuvre d’une procédure de rupture conventionnelle collective. Pimkie, c’est plus de 700 magasins dans le monde, une centaine France et qui fait partie du groupe Mulliez, une des plus grosses fortunes de France, autour de 40 milliards d’euros.

Dans la foulée c’est PSA qui annonce son intention de faire de même.

PSA qui a réalisé un nouveau record de bénéfice en 2016 de 2,15 milliards d’euros. Depuis des année les plans de départs « volontaires » ont déjà permis de supprimer en moyenne, 3000 postes par an. Son objectif est de diminuer au maximum le nombre de travailleurs en CDI et de les remplacer par des intérimaires, qui représentent sur certaines chaînes de production 90 % des effectifs.

Que Pimkie ou PSA ait été parmi les toutes premières entreprises à utiliser le nouveau dispositif en dit long sur le fait que les ordonnances travail ont été vendues par le gouvernement comme devant faciliter la vie des patrons de très petites entreprises, pour leur permettre d’embaucher, de créer des emplois. En fait ce sont d’abord les grandes entreprises du CAC qui vont en faire leurs choux gras.

Reconstruire une mobilisation contre ce gouvernement

Les résistances des salariéEs n’ont pas été effacées par l’échec des mobilisations contre la loi travail. Le rouleau compresseur des ordonnances et la passivité des confédérations syndicales n’ont pas eu raison de la colère sociale. Dans de nombreux secteurs, souvent moins organisés que les grands secteurs traditionnels, la combativité des salariéEs a permis de faire reculer les employeurs. C’est le cas dans le nettoyage, la restauration, l’hôtellerie, et même dans des activités uberisées comme Deliveroo.

C’est aussi le cas dans les hôpitaux comme à Bordeaux, Toulouse ou en région parsienne.

Les attaques engagées ou programmées contre les chômeurs/euses et les migrantEs, la baisse du pouvoir d’achat ne doivent pas rester sans riposte. C’est à nous, salariéEs, chômeurEs, de construire la résistance, et les organisations syndicales, politiques, associatives doivent se rencontrer pour organiser une mobilisation unitaire.

NPA

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08 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

féminisme (npa)

lapinRevu

#MeToo : une fin d’année féministe pour recréer des solidarités

Retour sur l’année 2017. L’affaire Weinstein aura marqué la fin de l’année 2017. Véritable tsunami dans la sphère hollywoodienne, où les agresseurs tombent à présent comme des mouches, même si l’on constate avec amertume que certains sont passés entre les mailles du filet et sont encore bien présents dans les sphères de pouvoir, elle a entraîné un mouvement de libération de la parole de celles qui subissent au quotidien les violences sexistes.

En France aussi, la parole des femmes s’est libérée. Derrière la déferlante #MeToo, ce qui est devenu visible c’est que la violence n’est en rien une relation d’individu à individu, mais une violence structurelle, systémique.

Les violences sexistes se retrouvent dans toutes les sphères de la société et dans l’ensemble des classes et groupes sociaux. Dans la rue, dans les transports en commun, dans le cadre de la famille, dans le cadre du couple hétérosexuel (35 % des violences sexuelles) et bien sûr dans le cadre du travail. Des violences qui sont intrinsèquement liées au système patriarcal, et renforcées par les rapports de pouvoir du capitalisme.

Car l’affaire Weinstein c’est aussi le harcèlement d’un patron sur ses employées, qui montre bien que capitalisme et patriarcat sont les deux faces d’une même pièce. 

Ces violences sont très rarement condamnées (seulement 2 % des viols en France), et peuvent être meurtrières : en 2016, 123 femmes sont mortes, en France, sous les coups de leur conjoint. Ces violences sont des violences de genre : 96 % des violeurs sont des hommes et 91 % des victimes sont des femmes.

MeToo dans la rue !

Des rassemblements ont été organisés dans plusieurs villes de France le 29 octobre. À Paris, nous étions près de 3 000 sur la place de la République. À la suite de ce rassemblement réussi, nous avons commencé à nous réunir en Assemblée MeToo afin de préparer le 25 novembre, journée internationale contre les violences faites aux femmes, mais aussi de construire un mouvement féministe contre les violences sexistes sur la durée. Ces assemblées ont été une réussite, puisque nous nous sommes retrouvées à trois reprises à plus de 100 personnes, en formant des groupes de travail, des ateliers thématiques, mais aussi en permettant d’avoir une dynamique militante autour de la contruction d’un rapport de forces dans la rue.

La manifestation du 25 novembre à Paris a réuni elle aussi entre 2 000 et 3 000 personnes, ce qui peut sembler peu, mais qui est largement supérieur aux années précédentes.

L’assemblée MeToo a proposé un cortège auto-organisé de plus de 300 personnes. C’est certes loin d’être suffisant, et nous pouvons dire en cette fin d’année que nous sommes très loin d’un mouvement féministe de masse. Mais il faut regarder d’où nous partons : si le mouvement féministe existe bel et bien en France, il est largement divisé. De nouveaux liens de solidarité entre les opprimées ont été construits, et commencent à émerger des groupes de parole, de réflexion, d’action : une nouvelle génération militante, étape dans la reconstruction du rapport de forces.

Des petits pas

On parle désormais de l’inversion de la charge de la preuve en matière de justice. La Suède est en train de changer la législation sur le viol : les nouveaux critères ne seront plus la surprise, la contrainte physique ou la menace, mais le caractère explicite du consentement. Évidemment un changement législatif ne réglera pas tout, mais ce sont des petits pas qui montrent à quel point la vague a eu un impact, même à l’intérieur des États bourgeois et d’une justice de classe.

En France, Emmanuel Macron avait choisi la date du 25 novembre pour lancer la « grande cause nationale » contre les violences faites aux femmes. Au programme : une prétendue augmentation du budget, des modules pour une éducation non sexiste, une extension du délai de prescription et de l’âge du consentement, un renforcement de l’appareil répressif, des unités hospitalières dédiées aux violences… Des annonces qui sont de l’affichage, quand elles ne sont pas des attaques lorsque Macron profite de l’occasion pour renforcer l’arsenal policier alors que les flics sont aussi des agresseurs, et que toutes les femmes qui ont été victimes de violences ont eu peur de porter plainte.

Vers un changement de société

Mais ces annonces montrent que l’impact du mouvement a été tel qu’il a fallu y répondre. Que se passerait-il si, au lieu d’être quelques milliers dans les rues, nous étions la prochaine fois des centaines de milliers ? Car il n’y aura pas de raccourci possible : c’est bien d’un mouvement de masse dont nous aurons besoin pour gagner.

La faiblesse du mouvement féministe en France n’est pas une fatalité 

En Argentine et en Italie ont ainsi émergé des mouvements féministes de masse, portés par de nouvelles générations. Mais dans le mouvement féministe comme ailleurs, il faut reconstruire patiemment, en prenant des initiatives pour faire émerger, entre autres, des états généraux qui remettraient tout à plat.

Les violences sexistes, l’oppression des femmes en général, ne sont pas une fatalité. Mais nous n’obtiendrons aucune égalité réelle sans changer de système, car le système capitaliste a tout intérêt à maintenir les femmes opprimées : tâches ménagères gratuites, division du travail, division de notre classe.

Construire une société émancipatrice, c’est construire une société débarrassée des rapports d’exploitation et d’oppression, qu’elle soit patriarcale ou raciste, et donc renverser le système capitaliste et patriarcal : le combat féministe doit être partie intégrante du combat des anticapitalistes.

Dimanche 7 janvier 2018 Mimosa Effe

https://npa2009.org

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08 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

comptes (anti-k)

 collec

Comptes de campagne : démission du rapporteur ayant contrôlé les dépenses de Mélenchon à la présidentielle

 Il y a des professionnels de la politique car le monde de la politique, c’est une forme de représentation et de reproduction de la domination.
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Mais c’est aussi, pour ces raisons essentiellement, un secteur économique, un marché.
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Toutes dépenses confondues, campagnes électorales, financements des éluEs , à tous les niveaux, des commissionnéEs et des attachéEs, aux mille structures d’échanges entre le monde politique et le monde économique, le système brasse de milliards qui font vivre des dizaines de milliers de bénéficiaires.
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La politique institutionnelle c’est donc aussi une énorme bureaucratie qui forme le cadre d’un nouveau clergé au service de l’ordre dominant.
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Concernant les compte de campagne de JLM2017 qui se sont élevés à 10,7 millions d’Euros, on pose aussitôt la question tout ça pour ça? On mesure à cette occasion les connivences cultivées au plus haut niveau de l’appareil d’Etat, pour que la chose se passe bien, c’est à dire la dépossession des classes populaires de l’expression de leurs besoins fondamentaux.
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La lutte sociale, les courants favorables à l’émancipation ont-ils tiré un profit quelconque de ces dépenses faramineuses quand on connaît le budget annuel d’un collectif de lutte ?
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Ce système a été capable, par contre, de construire un « Macron » en urgence, sur un coin de bureau avec des millions… Encore une fois un représentant de la domination gouverne au nom de la légitimité électorale à laquelle souscrivent et se soumettent toutes celles et tous ceux qui en vivent, toutes casaques confondues.
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Les bourgeois savent jouer d’instinct aux jeux des contradictions formelles pour fabriquer du consentement, ils ont su assimiler quelques notions marxistes : « Ce que sont les individus dépend donc des conditions matérielles de leur production. »
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Le carriérisme politique, produit de cette manne financière pollue toutes les structures, partis, associaitons, mouvements, ONG, etc. Les organisations révolutionnaires qui disposent d’un appareil, n’échappent pas toujours à certaines formes de contamination.
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