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19 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

ordonnances (npa)

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Non aux ORDONNANCES mortelles du docteur Macron

Après un débat express conclu le 13 juillet, l’Assemblée nationale a autorisé le gouvernement à réformer le Code du travail par ordonnances. Mais c’est dans les coulisses que se joue le contenu précis de ces dernières.

L’adoption de la loi d’habilitation n’a pas fait un pli, les députés LREM et LR joignant leurs voix au bout de quatre jours de séance publique seulement.

La commission des lois n’avait laissé filtrer que très peu d’amendements, sa présidente allant jusqu’à se vanter d’un taux d’acceptation de 0 % sur ceux déposés par les députés France insoumise, réduisant l’opposition à une fonction tribunitienne sans influence sur le texte. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a eu le champ libre pour multiplier les provocations, expliquant par exemple que le Code du travail était « inadapté à l’économie de notre temps » ou qu’il était fait « pour embêter 95 % des entreprises ».

Nouveaux reculs sociaux programmés

De fait, les précisions apportées par les rares amendements adoptés confortent la logique du texte ou l’approfondissent. La primauté de l’accord d’entreprise reste de mise, même si les ordonnances devront énumérer, quoique de façon limitative, les domaines pour lesquels la loi et les accords de branche pourront interdire les dérogations et ceux pour lesquels les petites entreprises pourront être dispensées d’appliquer les accords de branche sous réserve d’éventuelles contreparties.

Ce qui revient à organiser un peu plus finement la répartition des domaines du droit relevant de la loi, de la branche et de l’entreprise, comme El Khomri l’avait fait sur la durée du travail, au détriment du principe de faveur. Un autre amendement avance dans la liquidation de la justice prud’homale en autorisant le gouvernement à faciliter la gestion privée des litiges sans avoir à recourir au juge du contrat de travail. Tout au plus, on notera la possibilité de prendre en compte un seuil d’effectifs pour la mise en place de l’instance unique de représentation du personnel, mais sans guère de précision.

« Dialogue social » ? 

Passage obligé, l’étape parlementaire n’est toutefois pas la préoccupation principale pour le gouvernement, qui sait la majorité à l’Assemblée nationale toute acquise. La feuille de route validée, l’exécutif a les mains encore plus libres pour peaufiner ses ordonnances. L’enjeu pour lui est de vérifier, pendant l’été, jusqu’où il peut pousser les attaques. Pour cela, il poursuit les réunions bilatérales avec les centrales syndicales et teste leurs réactions sur les options envisagées sans se fixer trop de limites.

Ainsi, sur l’instance unique de représentation du personnel fusionnant comité d’entreprise, délégués du personnel et CHSCT, il serait désormais question d’y intégrer les délégués syndicaux par accord de branche ou d’entreprise ; et si, toujours par accord, les prérogatives de chaque instance pourraient être conservées, ce serait sans capacité d’agir en justice.

En parallèle, le gouvernement tente de donner de maigres gages, en annonçant l’augmentation des indemnités de licenciement pour contrebalancer le plafonnement des indemnités prud’homales… mais sans oublier de servir le patronat avec la réforme du compte pénibilité, cyniquement renommé compte de prévention, qui ouvrira des droits à la retraite anticipée pour les salariéEs exposéEs seulement en cas de maladie déclarée !

L’urgence : organiser la mobilisation 

Le problème, c’est que cette tactique paie. Selon les options présentées, chaque syndicat fait les yeux ronds en évoquant une ligne rouge qu’il faudrait voir à ne pas franchir mais qui, comme la ligne d’horizon, s’avère bien fictive.

Dans l’exercice, la palme revient sans conteste à Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, qui, bien que finissant par trouver que « cela commence à coincer », explique qu’« on ne fait pas l’autopsie avant d’avoir vu le cadavre » et dit ne rien exclure… une fois les ordonnances publiées. D’ici à la grève du 12 septembre appelée par la CGT, il y a au contraire urgence à multiplier les initiatives d’information et de mobilisation si l’on ne veut pas que la dépouille soit celle du Code du travail.

Mardi 18 juillet 2017 Comité inspection du travail Île-de-France

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19 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

europe (npa)

NPA

prost

Le cocktail libéralisme-autoritarisme

Des milliers de Polonais ont manifesté ce dimanche 16 juillet contre des lois plaçant la justice sous la coupe du pouvoir. Mais le pouvoir polonais national-conservateur n’est pas en péril, et l’Union européenne se contente d’observations modérées. Elle sait pourtant être intran- sigeante sur ses règles en matière d’économie et de dépenses publiques, quitte à imposer de brutales réformes aux pays comme la Grèce qui ne s’y conformeraient pas.

« Ce que je reproche à l’UE, c’est le deux poids, deux mesures entre les questions économiques et celle des valeurs.

Quand il y a une infraction à la législation économique, la Commission instruit les dossiers. Alors que sur les questions des valeurs démocratiques et des droits humains, elle ne veut surtout pas froisser les gouvernements », souligne la députée européenne Marie-Christine Vergiat (élue Front de Gauche). En fait, il n’y a pas de mystère derrière cette dissymétrie : le gouvernement polonais brutalise la justice et les droits des femmes, il ne veut aucun réfugiéE, mais, en revanche il sait se conformer aux règles austéritaires et libérales.

Le pouvoir hongrois suit une politique analogue à celle de la Pologne (avec encore plus de méthode) : réforme de la justice, prise de contrôle d’une partie des médias, clôture des frontières, criminalisation des demandeurs d’asile arrivant sur son sol, dérapages anti- sémites. De vagues procédures ont été lancées contre lui, mais pas de grosses difficultés en perspective : lui aussi ne commet pas de gros écarts en matière économique.

Les dérapages nationalistes ne sont pas la tasse de thé des technocrates de Bruxelles. Cependant, ce qui se passe en Hongrie et Pologne ne doit pas être considéré comme un pur phénomène exotique. Au-delà des traditions historiques, le cocktail libéralisme-autoritarisme est, avec des formes diverses, en train de se répandre un peu partout en Europe.

La référence, selon les États, aux «racines chrétiennes», à la «mission» du pays, à la «défense des libertés», au «péril des migrants»… est utile pour essayer de créer un semblant de consensus autour de politiques conduites en fait au profit de minorités privilégiées.

Mardi 18 juillet 2017

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17 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

fiscalité (npa)

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L’impôt selon le président des riches

Promesses de campagne de Macron, l’exonération de la taxe d’habitation et la réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) vont finalement entrer en œuvre dès 2018. Macron en a décidé ainsi…

Lors du discours de politique générale d’Édouard Philippe  à l’Assemblée nationale, l’axe du gouvernement était clair : réduire les dépenses publiques, les cadeaux fiscaux se feraient plus tard. Mais c’était sans compter sur les milieux d’affaires qui, devant une telle politique, ont fustigé dans différents médias la ligne du gouvernement, comparant même Macron à Chirac…

Il n’en a pas fallu plus pour que Macron change de cap et que le démantèlement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et l’allègement de la taxe d’habitation  redeviennent des sujets d’actualité.

Le jour même où l’Assemblée nationale débutait l’examen du projet de loi d’habilitation des ordonnances qui démantèlera le code du travail et augmentera la flexibilité et la précarité du plus grand nombre, le gouvernement annonçait dans le même temps le démantèlement de l’ISF qui ne concerne que les plus grosses fortunes et patrimoines.

L’une des promesses phares du candidat Macron va devenir réalité : transformer en profon- deur l’ISF. Le but est clair : sortir toutes les valeurs mobilières (actions, obligations, assurance vie…) d’un ISF aujourd’hui rebaptisé « impôt sur la fortune immobilière » (IFI).

Des milliards… pour les milliardaires !

Sur les 340 000 foyers fiscaux assujettis actuellement à l’ISF, 70 % ont un patrimoine imposable compris entre 1,3 et 2,4 millions d’euros, composé à au moins 80 % d’actifs immobiliers. Mais chez les 30 % de contribuables les plus riches, la tendance s’inverse : les actifs immobiliers ne représentent plus que 20 % de leur patrimoine.

Ce sont donc les plus riches des riches qui sont concernés par cette réforme. Un beau cadeau de 3 milliards d’euros que ni Sarkozy ni Hollande n’avaient osé leur offrir. Sans compter que cette réforme va entraîner le développement du contournement de l’impôt par les sociétés civiles immobilières, en transformant des valeurs immobilières en valeurs mobilières.

Parallèlement, le gouvernement a donc aussi décidé d’engager la première phase de la suppression partielle de la taxe d’habitation, qui devrait également coûter 6 milliards d’euros et qui bénéficiera avant tout aux plus aisés. Sans oublier non plus que l’une des promesses de Macron était de réformer la fiscalité du capital en instaurant un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % mettant ainsi fin à la progressivité de l’impôt sur le capital, ce qui profiterait une fois de plus aux foyers les plus aisés qui détiennent majoritairement les revenus du capital.

Une vraie politique anticapitaliste en matière fiscale serait une politique qui privilégierait les impôts directs et la progressivité de l’impôt, taxerait réellement le capital mais aussi le patrimoine, et rendrait la fiscalité compréhensible par touTEs.

À l’exact opposé, sans grande surprise, Macron opte donc pour une fiscalité avantageant les plus riches, voire les milliardaires… Autant dire ses principaux soutiens. Les politiques fiscales des dernières décennies ont renforcé le côté obscur du système fiscal actuel, et ont également accentué la dégressivité de l’impôt, l’injustice fiscale. La politique de Macron va accentuer cette tendance…

Vendredi 14 juillet 2017 Joséphine Simplon

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Lire aussi:

Les 10% de Français les plus riches capteront 46% des baisses d’impôts (Capital)

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17 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

juillet 1917 (npa)

octobre

Ces décisives journées de juillet

Lorsque le 2 juillet 1917, la population de Petrograd apprit l’échec de l’offensive russe, la situation se tendit très rapidement.

Stationnés dans le quartier industriel de Vyborg, les 10 000 soldats du 1er régiment de mitrailleurs, l’unité militaire la plus importante de Petrograd, mais aussi la plus infiltrée par les bolcheviques, se mutinèrent, craignant d’être envoyés au front.

Le gouvernement débordé

Les mutins mirent en place un comité révolutionnaire et envoyèrent des émissaires dans les usines, dans les autres unités militaires de la capitale ainsi qu’à la base navale de Petrograd, pour leur proposer de se joindre à la manifestation qu’ils envisageaient d’organiser le lende- main, afin de demander la destitution du gouvernement provisoire et le transfert du pouvoir au Soviet.

Le lendemain, 3 juillet, renforcés par les marins de Cronstadt et les autres unités mili- taires stationnées dans la capitale, mais aussi par des dizaines de milliers d’ouvriers, les soldats du 1er régiment de mitrailleurs déferlèrent dans le centre de Petrograd pour arriver devant le palais de Tauride, siège du Soviet, afin de lui remettre le pouvoir. Totalement débor- dé, le gouvernement avait perdu le contrôle de la capitale, les rares points de résistance ayant été balayés par les manifestants armés. Pour la bourgeoisie, ces manifestations ne constitu- aient qu’une tentative de coup d’État des bolcheviques, dont les mots d’ordres « À bas les ministres capitalistes » et « Tout le pouvoir aux soviets » étaient ceux que les manifestants mettaient en avant.

La poussée bolchevique

L’insurrection de Petrograd mettait de fait en évidence l’extra-ordinaire montée en puissance des bolcheviques qui étaient en quelques semaines devenus la principale force politique de Petrograd, passant de 2 000 à 32 000 adhérents entre février et juin 1917. Appuyés sur de nombreux journaux quotidiens, ainsi que sur des cercles organisant des dizaines de milliers de sympathisants, ils avaient acquis une très large influence tant dans les usines de Petrograd qu’au sein des unités militaires.

Depuis des mois, les bolcheviques menaient une campagne de masse, aussi simple qu’efficace, autour de deux grands mots d’ordre : « la paix » et « du pain », en expli- quant que la condition pour les réaliser était de déposer les ministres capitalistes et de trans- férer le pouvoir au Soviet. C’est cette ligne que les mutins de Petrograd voulaient mettre en pratique et c’est pour cela qu’ils vinrent, le 4 juillet, devant la villa Kschessinska, siège des bolcheviques, leur offrir le pouvoir.

Qui pour exercer le pouvoir ?

La direction des bolcheviques se trouvait toutefois dans une situation peu enviable. Les manifestations des 3 et 4 juillet s’étaient en effet faites sur leurs mots d’ordre et avaient été animés par leurs propres militants. Toutefois, la situation concrète pointait une faiblesse majeu- re de leur politique : le mot d’ordre « Tout le pouvoir aux soviets » avait en effet un caractère abstrait, dans la mesure où le soviet de Petrograd, comme d’ailleurs la quasi-totalité des soviets de province, ne voulait pas de ce pouvoir et soutenait le gouvernement provisoire.

Lors de la manifestation du 4 juillet, les manifestants avaient pu s’en rendre compte, lorsque Tchernov, qui en tant que leader des socialistes-révolutionnaires était l’un des princi- paux dirigeant du Soviet mais aussi ministre du gouvernement provisoire, leur avait annoncé que le Soviet ne voulait pas du pouvoir que la rue lui proposait. Si Tchernov avait été fort imprudent, puisqu’il n’avait eu la vie sauve que grâce à l’intervention de Trotski l’arrachant aux mains des manifestants qui avaient commencé à le lyncher, sa position posait toutefois un sérieux problème : comment envisager de transférer le pouvoir aux soviets… si ceux-ci ne voulaient pas l’exercer ?

Les bolcheviques se trouvaient ainsi devant une difficulté majeure, car ne pouvant s’appuyer sur le Soviet, les manifestations de juillet ne pouvaient trouver d’autre débouché qu’une dictature de leur propre parti. Or, si les bolcheviques avaient à Petrograd une puissan- ce indéniable, ils restaient une force très minoritaire à l’échelle du pays. Tirant toutes les leçons de la Commune de Paris, les bolcheviques ne voulaient en aucun cas instaurer une commune de Petrograd qui succomberait en quelques semaines. Dans ces conditions, non sans hésitations et divisions, la direction du parti apporta son soutien aux manifestants… tout en se refusant à prendre le pouvoir que ceux-ci leur proposaient.

Retour à l’ordre

De fait, le vent était en train de tourner. Le 5 juillet, tandis que les manifestants, privés de tout objectif politique concret, n’avaient d’autre solution que de retourner dans leurs casernes et leurs usines, la presse bourgeoise publiait de pseudo-révélations qui accusaient Lénine d’être un agent allemand. S’imposant comme l’homme fort du gouvernement, Kerenski en profita pour rassembler quelques troupes et prendre d’assaut la villa Kschessinska.

Le gouvernement fit saisir la presse bolcheviques et arrêter ses principaux diri- geants, accusés de trahison et de sédition, à l’exception de Lénine qui parvint à s’enfuir en Finlande. Devenu chef du gouvernement, Kerenski se posa en garant du retour à l’ordre, ordonnant en particulier le rétablissement de la discipline militaire, en faisant restaurer le 12 juin la peine de mort au front.

Les journées de juillet 1917 s’achevaient ainsi dans la confusion par une apparente victoire de la réaction. Si les bolcheviques semblaient être les grands vaincus de cette confrontation, le succès du gouvernement provisoire n’était toutefois qu’apparent. À la tête d’un pays en voie de désintégration, bien décidé à poursuivre une guerre que son armée n’avait plus la capacité de poursuivre, Kerenski n’avait en réalité pas les moyens de sa politique. Ses jours étaient désormais comptés…

Mercredi 12 juillet 2017 Laurent Ripart

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Lire aussi:

La révolution de 1917 face à la « question paysanne » (NPA)

La guerre et l’échec du gouvernement provisoire (NPA)

Les paysans entrent en révolution (NPA)

Révolution russe : Crise de juin, « journées de juillet » (NPA)

«Thèses d’avril» : Lénine (ré)arme le Parti bolchevique (NPA)

Alexandra Kollontaï, l’émancipation des femmes expliquée à Lénine (Médiapart)

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14 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

turquie (npa)

erdogan

Le CHP et la longue marche pour la justice

« La justice est le pain du peuple… / Aussi indispensable que le pain quotidien / Et comme le pain de tous les jours / le pain de la justice c’est le peuple qui doit le cuire. » (Bertold Brecht dans « Le Pain du peuple ») Le 15 juin dernier, le premier parti d’opposition turc, le CHP (nationaliste et social-démocrate), a entamé une marche de 450 km d’Ankara à Istanbul après l’incarcération de l’un de ses députés, Enis Berberoglu.

L’immunité levée

Ce député du CHP a été condamné à 25 ans de prison pour « divulgation de secrets d’État » et « espionnage » : il aurait fourni à la presse des photos datant de 2014 montrant des camions d’armes affrétés par les services secrets turcs à destination de la Syrie. On ne sait toujours pas à quel groupe ces livraisons étaient destinées (l’État islamique ou d’autres groupes djihadistes, les avis divergent). Le siège du journal qui a publié l’article et les photos a été perquisitionné par la police. Son rédacteur en chef a d’abord été arrêté puis a été visé par des tirs, il est aujourd’hui réfugié en Allemagne.

Berberoglu, qui était également journaliste avant d’être élu député, serait celui qui aurait envoyé ces photos au journal. Normalement, les parlementaires bénéficient d’une immunité en Turquie mais, ironie de l’histoire, le CHP a approuvé en avril 2016 la proposition de loi de l’AKP – le parti d’Erdogan – de lever l’immunité parlementaire des députés dans le but de poursuivre les députés pro-kurdes du HDP. Et à l’époque, le président du CHP, Kemal Kiliçdaroglu, déclarait : « Cela va à l’encontre de la Constitution, mais nous voterons oui quand même. » Kiliçdaroglu pensait sans doute que seuls les députés du HDP seraient ciblés… mais, peu après, c’était au tour de ses propres députés de l’être !

Un nouvel espoir

Cette longue marche appelée « la Marche pour la justice » a duré 25 jours et l’intérêt et l’enthousiasme populaires qu’elle a suscités ont dépassé les attentes de Kemal Kiliçdaroglu lui-même.

À gauche, cette initiative a d’abord été accueillie avec scepticisme, un scepticisme justifié en raison de l’attitude passée de ce parti, de son soutien à la levée de l’immunité des députés du HDP ou de son retrait des manifestations après le référendum du 16 avril. Mais quelques jours seulement après le début de la marche, la majorité des groupes de gauche ont surmonté leurs réticences et rejoint le mouvement et la manifestation finale qui a eu lieu ce dimanche 9 juillet. De plus, les députés du HDP ont rejoint la longue marche et manifesté aux côtés de Kiliçdaroglu, le HDP décidant en tant que parti de se joindre à la manifestation finale.

Certains médias affirment qu’il y avait 1,5 million de manifestantEs, tandis que d’autres évoquent seulement 180 000 personnes (principalement des médias proches de l’AKP au pouvoir). Quoi qu’il en soit, il est clair que cette longue marche et cette manifestation, dont les trois principaux slogans étaient « Droits, Loi et Justice », ont redonné de l’espoir et de l’enthousiasme à des millions de personnes minées depuis longtemps par un sentiment de défaite.

Le pouvoir inquiet

La marche s’est déroulée dans un climat assez tendu. De nuit, une benne de fumier a été déversée sur un des points d’étape de la marche. Les responsables de l’AKP, et le président Erdogan lui-même, ont qualifié la marche de provocation et ses partisanEs de terroristes… Entre-temps, l’AKP a annoncé qu’il entendait organiser des meetings et des rassemblements de masse avec la participation d’Erdogan lui-même, entre les 11 et 15 juillet, la date anniver- saire de la tentative de coup d’État.

L’AKP, inquiet de cette marche et de ses résultats possibles, a décidé de mobiliser ses partisans au cas où la situation deviendrait « hors de contrôle ». Erdogan et le Premier ministre actuel, Binali Yildirim, ont réitéré leur souhait de voir cette marche se terminer au plus vite.

Le CHP, l’un des principaux piliers du « système politique établi », est le parti qui a fondé la république et qui a des liens très étroits avec une partie du capital en Turquie.

Ce qu’il tente de faire aujourd’hui, c’est de restaurer le système politique turc et de tourner la page des années AKP qu’il considère comme une anomalie. Son objectif principal est donc de « normaliser » la politique en Turquie et de rétablir l’ordre. C’est pourquoi il ne faut pas attendre trop de cette initiative du CHP, d’autant plus qu’il n’y a pas de réelles alternatives à gauche susceptible de l’inquiéter ou de l’obliger à aller plus loin. D’un autre côté, il va être plus difficile pour Kiliçdaroglu de contrôler ces millions de personnes qui ont repris confiance en eux-mêmes et renoué avec la rue. C’est aussi ce qui inquiète l’AKP.

L’un des devoirs les plus importants de la gauche en Turquie est de proposer à tous ceux qui ont participé à ces manifestations une véritable alternative politique transformatrice.

D’Istanbul, Eyup Ozer jeudi 13 juillet 2017

Hebdo L’Anticapitaliste – 392 (13/07/2017) :
https://npa2009.org/

http://www.europe-solidaire.org/

Les 4 principaux partis turcs Wikipédia:

Parti d’action nationaliste

Parti de la justice et du développement

Parti républicain du peuple

Parti démocratique des peuples

Nos camarades de Yeni Yol

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14 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

migrant(e)s – npa

c 'est degueu

Macron c’est dégueulasse !

Alors que des milliers de migrantEs meurent en mer, on aurait pu penser que l’urgence était d’améliorer les moyens de sauvetage assurés de plus en plus par des bateaux affrétés par des ONG… Ce lundi 3 juillet, à l’initiative du gouvernement français, les ministres de l’Intérieur français, italien et allemand ont proposé leurs « solutions ».

Il s’agit de « travailler à un code de conduite pour les ONG » et à « renforcer le soutien aux gardes-côtes libyens ». Enfin il faut « renforcer la stratégie de l’Union européenne pour le retour des migrants » dans leur pays. Ces propositions seront discutées le 6 juillet dans une rencontre des ministres de l’Intérieur européens.

Décidément tout est dégueulasse dans le Macron. C’est lui qui a inauguré sa présidence en se moquant des milliers de Comoriens qui meurent en mer en tentant de rejoindre Mayotte. Son ministre de l’Intérieur a confirmé que ce cynisme n’était en rien une plaisanterie de mauvais goût en déclarant quelques jours plus tard que « l’essentiel c’est de tarir les flux d’entrée ». Traduisez bien : au mieux, les morts sont un dommage collatéral, le « prix à payer » pour une politique qui vise à « tarir les entrées ». Au pire, ces morts sont nécessaires pour diminuer les flux en rendant le risque le plus dissuasif possible.

Il y a trois ans, le sauvetage en Méditerranée était assuré par le gouvernement italien avec l’opération « Mare Nostrum ». En 2014, celui-ci a mis fin à cette opération en l’absen- ce de soutien financier des autres gouvernements. Ceux-ci argumentent déjà que l’opération crée un « appel d’air ». En résumé, il vaut mieux laisser des migrantEs mourir en mer pour dissuader d’autres de tenter l’aventure. L’opération qui prend sa place temporairement, l’opé- ration Triton, pour un coût du tiers, change aussi d’objectif. Il s’agit désormais plus d’assurer le contrôle des frontières que le sauvetage en mer. Le résultat sera, dès 2015, selon le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies « une hécatombe jamais vue en Méditerranée ».

La politique du « laissez-mourir »…

En mars 2016, l’accord UE-Turquie ferme, de fait, la route des Balkans. Cet accord déplace les voies de traversée de l’est vers le centre de la Méditerranée, de la Grèce vers l’Italie. Le nombre de victimes atteint un record dépassant les 5 000 morts en un an.

La semaine dernière, l’OCDE a publié un rapport montrant que le flux des arrivées en Europe a considérablement baissé ces derniers mois. L’Europe est en train de devenir réellement une « forteresse ». Mais le taux de mortalité a fortement augmenté du fait de la politique du « laissez-mourir » menée par les gouvernements européens. Et aujourd’hui, la cible, ce sont les ONG qui sauvent des migrantEs en mer.

L’OCDE conclut son rapport par la nécessité de mettre en place des politiques d’intégration pour les réfugiéEs arrivés sur le territoire européen.

Mais même cela, qui passe sous silence les milliers de morts, c’est de l’enfumage, car la politique de chasse aux migrantEs à l’intérieur des pays est le contre-point de la politique qui tue aux frontières. Et là encore, le gouvernement Macron est à l’avant-garde : mise en place d’un laissez-passer européen qui permet de contourner les gouvernements des pays d’origine dans les expulsions, multiplication des assignations à résidence pour les dublinéEs, refus de construire un centre d’accueil à Calais…

Il s’agit de rendre en France la vie impossible pour les migrantEs. Une politique légitimée par une déshumanisation qui exacerbe toutes les formes de racisme. Les fascistes de Génération identitaire l’ont bien compris, eux qui saluent la « nouvelle position politique au plus haut sommet de l’État »… Plus que jamais, la lutte est indivisible, celle qui se bat pour la liberté de circulation ET d’installation. Celle qui sauve les vies. Et notre humanité.

Denis Godard

http://www.anti-k.org/

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13 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

vidéo (npa kemper)

camra
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Vidéo-surveillance: La belle affaire… mais pour qui?
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En partant d’un  » sentiment d’insécurité » qui comme tout sentiment est d’abord émotionnel et non mesurable la municipalité veut persuader les Quimpérois qu’ils vivent en insécurité…
Mais laquelle? Celle de la précarité, du chômage, de l’insécurité sociale pour les plus défavorisés et les classes populaires!!!
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Pour y palier le maire, sans consultation démocratique, veut imposer la vidéo surveillance histoire de tranquilliser le centre-ville envahi, comme chacun sait, par les  » brigands et les voyous » qui seront repérés et pistés dés le moindre geste et comportement  » hors norme », vidéo renforcée par la suspicion que développera le réseau faussement appelé  » voisins solidaires », un nouveau concept pour parler d’incitation à la discrimination et à la délation. En outre des agents de sécurité privés viendront renforcer le tout sécuritaire  » estival »…
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La solution ( outre son coût) n’est pas dans la vidéo surveillance et les agences de « sécurité », qui n’ont jamais empéché les actes délictueux, mais dans le vivre ensemble, l’ animation de la vie citoyenne, les rencontres, l’échange et non le développement de la peur de l’autre. »
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 NPA Kemper

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06 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

ps (npa)

ps cons

L’impossible renaissance

Après la débâcle du PS à la présidentielle et aux législatives, les projets de refondation pour une « nouvelle gauche » fleurissent.

C’est ainsi que Benoît Hamon, le candidat du PS à la présidentielle, battu à plates coutures dès le premier tour avec 6,3 % des suffrages exprimés, a lancé samedi son mouvement « du 1er juillet » dont il entend faire « un initiateur, une des poutres, des états-généraux de la gauche ». Devant 11 000 personnes venues le soutenir sur la pelouse de Reuilly, à Paris, il a annoncé son départ du PS. « Je quitte un parti, a-t-il déclaré, mais je n’abdique pas l’idéal socialiste ».

Trois jours auparavant, le 27 juin, c’était Manuel Valls qui annonçait son départ, avec grandilo- quence : « Je quitte le PS, ou le PS me quitte ». Depuis son élection acquise d’extrême justes- se, et contestée, dans la circonscription d’Évry, il cherchait un point de chute dans le groupe des élus macronistes, après avoir exploré la possibilité de créer le sien propre. Il aura finale- ment été accepté par LREM mais à condition de démissionner du PS et seulement en tant qu’apparenté.

Floraison de projets

« La déroute du Parti socialiste est sans appel [...] La gauche doit tout changer. La forme comme le fond. Ses idées comme ses organisations. Elle doit ouvrir un nouveau cycle », disait Cambadélis, le secrétaire général du PS, en démissionnant de son poste dès le lendemain des législatives. Le Conseil national du 24 juin a voté très majoritairement une motion affirmant que le PS serait dans l’opposition par rapport à Macron : « Nous nous situons clairement dans l’opposition au gouvernement d’Edouard Philippe.

Nous ne voterons pas la confiance à ce gouvernement. »  Résolution démentie presque aussitôt par Olivier Faure, patron des 31 députés PS qui ont choisi de s’appeler la «Nouvelle gauche » : il faudra être « vigilant » mais aussi « constructif » par rapport au gouvernement.  Tandis que le Conseil national a décidé de la mise en place d’une direction collégiale qui devrait être désignée lors d’un prochain Conseil national, le 8 juillet, celles et ceux qui n’ont pas quitté le navire ont lancé plusieurs amorces de courants : Arnaud Montebourg, avec «Inventons la gauche nouvelle », Najat Vallaud-Belkacem, avec « Réinventer la gauche de demain », enfin, Anne Hidalgo, Martine Aubry et Christiane Taubira ont lancé « Dès Demain », un « grand mouvement d’innovation pour une démocratie européenne, écologique et sociale ». Toutes et tous tournéEs vers l’avenir sans dire un seul mot et tirer les bilans du passé.

Le mirage du congrès d’Epinay

« Le parti socialiste a peut-être fait son temps. Il a eu des heures glorieuses. Ma conviction est qu’aujourd’hui il est temps de tourner une page pour nous inscrire dans un processus compa- rable à celui d’Épinay », déclarait Benoît Hamon samedi dernier. En 1971, lors de ce congrès, Mitterrand réussissait son OPA sur un Parti socialiste moribond, parce que responsable des sales guerres coloniales de l’État français, et se refaisait lui-même une virginité grâce à l’appui du Parti Communiste au sein de l’Union de la gauche. Dix ans plus tard, il était élu président de la République.

Le PS a pu renaître de ses cendres grâce à l’existence et l’appui du PCF, un parti fortement implanté dans la classe ouvrière, qui a mis ses militantEs et son crédit au service des ambitions de Mitterrand – lequel s’était juré de réduire son influence – et de ses propres dirigeants. Le PCF faisait 21 % des voix lors de la présidentielle de 1969 alors que Gaston Defferre, candidat socialiste, n’obtenait que 5 % des voix. Le PCF ressortira laminé de ses participations au premier gouvernement de l’Union de la gauche de 1981 à 1984, puis au gouvernement Jospin en 1997, perdant la plupart de ses militantEs, démoraliséEs par ses reniements, et son crédit dans la classe ouvrière.

Inutile de dire que La France insoumise d’un Jean-Luc Mélenchon, qui prétend vouloir remplacer le PS pour installer, comme il l’avait dit avant les législatives, une coha- bitation avec le président Macron, serait bien incapable de s’écarter d’un iota de la politique que lui dicteraient alors les grands groupes financiers et industriels.  Pour toutes celles et ceux qui placent leurs espoirs de changement dans la renaissance d’une gauche, il n’y a d’avenir que dans la construction d’un parti des travailleurs, anti­capitaliste et révolutionnaire.

Jeudi 6 juillet 2017 Galia Trépère

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06 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

ivg (npa)

Contraception

Avortement : « La loi de 1975 est une loi de compromis »

Peux-tu revenir sur le contexte – on l’imagine rétrograde – du début des années 1970, au moment même de la lutte qui a abouti ensuite à la loi de 1975 dite loi Veil ?

Au niveau de l’avortement, c’était la loi de 1920 votée par une chambre « bleue horizon » qui était encore en vigueur : interdiction de tout avortement et de toute propagande en sa faveur, afin de repeupler la nation. Toute la droite restait donc très rétive à l’avortement. Les repré- sentations de « la femme » étaient tout à fait traditionnelles : elles devaient rester à la maison pour s’occuper des enfants, la pression de l’église réactionnaire était très importante…

Ce qui était révélateur de la période, c’est que par exemple la loi Neuwirth sur la contraception va être votée en 1967… mais les décrets d’application ne sortiront qu’en 1972. Il y avait évidemment une grande masse d’avortements clandestins. Les femmes qui avaient de l’argent avortaient en Suisse dans de bonnes conditions. Les autres le faisaient dans de bien piètres conditions, avec des conséquences médicales qui pouvaient être graves pour la santé. Mais de toute façon, une femme qui voulait avorter le faisait.

Ces derniers jours, on a à juste titre rendu hommage au courage personnel de Simone Veil qui s’est en particulier affronté à son propre camp, mais on a très peu abordé la mobilisation – pourtant essentielle – en faveur de l’avortement, avec en particulier le rôle joué par le MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception)…

On était quelques années après Mai 1968 où il n’y avait pas eu de mouvement féministe à proprement parler. Symboliquement, le point de départ du Mouvement de libération des fem- mes (MLF) est le dépôt d’une gerbe à la femme du soldat inconnu à l’Arc de triomphe en août 1970. En avril 1971 est publié dans le Nouvel observateur le Manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté, un premier geste de désobéissance civile : aucune signataire n’est poursuivie.

Il y a ensuite en octobre et novembre 1972 le procès de Bobigny, où une jeune fille de milieu ouvrier, Marie-Claire, est poursuivie pour avoir avorté après un viol, ainsi que sa mère, la « faiseuse d’ange » et deux femmes qui les ont aidées. L’avocate est Gisèle Halimi, et le procès devient un procès politique où est revendiqué l’avortement. Le verdict en demi-teinte est quasiment considéré comme une victoire : Marie-Claire et les deux femmes qui l’ont aidée sont relaxées et personne ne subit de prison ferme. Enfin, en février 1973, sort le Manifeste des 331 médecins qui déclarent avoir pratiqué des avortements, nouveau geste de désobéissance civile.

Dans la foulée, en avril 1973, est constitué le MLAC, en particulier pour assurer une protection au cas où il y aurait des inculpations de médecins. C’est lui qui sera le principal acteur de la mobilisation, une force très unitaire composée de féministes, d’avocates, du Planning familial, d’une bonne partie des organisations d’extrême gauche, de la MNEF, de la CFDT… Il y avait entre 300 et 400 comités, autonomes entre eux, sur tout le pays : on revendiquait le droit à l’avortement, on en pratiquait par la méthode Karman (par aspiration), on organisait des départs collectifs à l’étranger, notamment en Angleterre, pour avorter… Il y a aussi eu un film, interdit mais qui a circulé dans toute la France, Histoire d’A, pour montrer un avortement par la méthode Karman.  Et bien évidemment, il y a eu aussi de grandes manifestations. C’était un grand mouvement social de fond.

Du coup, le pouvoir est obligé de répondre, et donc de changer la loi.

Le 26 novembre 1974, quand Simone Veil prononce son premier discours à l’Assemblée nationale, avant de mettre en avant la question des femmes en détresse, les avortements clandestins, elle dit d’abord que la loi de 1920 est bafouée et qu’il faut rétablir l’ordre. En tant que femme de droite, elle était prise en étau entre un grand mouvement social et la droite réactionnaire. Le pouvoir a donc été obligé de légiférer. C’est dans ce contexte qu’elle a pu affronter, à l’Assemblée et en dehors, les fachos.

La loi de 1975 est une loi de compromis, très restrictive. Elle est votée cinq ans à l’essai et en 1979, il a fallu redescendre dans la rue. L’avortement n’est pas remboursé. Le délai très court est à dix semaines, neuf si on enlève la semaine de réflexion incompressible après les entre- tiens préalables obligatoires. Il y a des restrictions pour les étrangères qui doivent être rési- dentes depuis au moins trois mois pour pouvoir avorter. Pour les mineurEs, il faut l’autorisation des parents, et il y a une clause de conscience spéciale pour les médecins.

Il a donc fallu améliorer cette loi par la suite. On s’est donc remobilisé dans la rue en 1979 pour confirmer la loi, avec deux manifestations (une mixte et une non-mixte), avec un réel risque de retour en arrière. En 1982, il a fallu arracher au gouvernement de gauche le remboursement de l’avortement, Bérégovoy, alors ministre des Affaires sociales, était contre l’avortement. Et plus tard, on a obtenu de nouvelles améliorations en 2001 et 2014.

L’IVG est donc un droit qui existe aujourd’hui en France, mais quelles menaces planent sur celui-ci ?

La menace la plus importante est liée à la restructuration hospitalière, avec la loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoires). Elle a restructuré l’hôpital public, en fermant notamment des maternités de proximité dans lesquelles se trouvent souvent les CIVG (Centre d’interrup- tion volontaire de grossesse). De fait, cela pose des problèmes pour avorter. On réclame donc l’ouverture de centre IVG, la levée de la clause de conscience des médecins, et un accroissement des délais, même si on est passé à douze semaines.

Il reste aussi évidemment l’épée de Damoclès : les militants anti-­avortement qui n’ont jamais lâché, rentrant dans les CIVG, s’enchainant, détruisant les dossiers… La Cadac (Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception) a bien obtenu un délit d’entrave à l’IVG, mais dernièrement il y a encore « les Survivants », Xavier Dor et SOS Tout petit, ou Sens Commun. Soutiens de Fillon, ceux-ci sont une émanation de la Manif pour tous et ont choisi dans le cadre de la mobilisation contre le mariage de ne pas affirmer leur opposition à l’avortement… Mais ils sont bien entendu contre. Ceci dit, c’est complexe : Marine Le Pen, pour obtenir des suffrages féminins indispensables, a enlevé dans son programme présidentiel de 2017, toute référence à l’avortement… Tout en disant qu’elle enlèverait le délit d’entrave numérique à l’avortement si elle devenait présidente !

Au-delà de nos frontières, on voit que la mobilisation pour le droit à l’avortement reste aussi une nécessité. Quelles perspectives ?

En 2014, il y a eu une sérieuse menace sur le droit à l’avortement en ­Espagne, avec une riposte d’abord dans le pays puis dans toute l’Europe. À Paris, il y a eu 30 000 manifestantEs le 1er février 2014. Dernièrement, on s’est aussi mobilisé en Pologne où le gouvernement veut réduire une loi pourtant déjà très restrictive. Il y a des pays comme l’Irlande ou Malte où cela reste interdit, et beaucoup de pays où il y a tout types de menaces liées à l’austérité, comme en France. L’avortement n’est pas du ressort de l’Union européenne mais des législations nationales. C’est une question qui n’est pas dans la charte des droits fondamentaux.

De ces manifestations de soutien est né un appel, une pétition internationale, avec, autour du 28 septembre, des mobilisations dans toute l’Europe. En particulier, il y aura une grande manifestation à Bruxelles le 28 septembre, journée internationale de lutte pour l’avorte- ment, avec des délégations venues de toute l’Europe. Au-delà, la question des perspectives, notamment pour 2018, année d’élections européennes, reste posée.

Entretien. Après la disparition de Simone Veil, nous avons rencontré Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, pour parler de la lutte pour le droit à l’avortement et de son actualité.

Propos recueillis par Manu Bichindaritz

Mercredi 5 juillet 2017

https://npa2009.org/idees/

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05 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot (libération)

NPA

olivier-besancen

Code du Travail: Besancenot appelle à une réaction «unitaire»

Le porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) Olivier Besancenot a appelé dimanche à une «réaction unitaire, sociale et politique», contre la réforme du Code du travail, souhaitant que La France insoumise, le PCF, Lutte ouvrière, notamment, se joignent à la contestation de ce projet.

«Du côté du NPA, à la lumière de ce qu’on représente, on a proposé à toutes les organisations de la gauche de la gauche de se rencontrer au plus vite, on a écrit à La France insoumise, au parti communiste, à Lutte ouvrière, à l’Alternative libertaire, on propose à tous ceux qui en gros à gauche se sont déclarés contre cette loi travail 2» d’agir ensemble, a déclaré M. Besancenot sur BFMTV.

«Si on est tous opposés à la loi travail XXL, il faut construire ensemble une opposition sociale et politique XXL, et qu’on la fasse ensemble sans sectarisme. Le parti communiste a répondu présent, je pense qu’on va rencontrer Lutte ouvrière, j’espère que du côté de la direction de La France insoumise on va nous entendre aussi», a-t-il ajouté, ne cachant pas sa crainte que le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon cherche à dominer le mouvement.

«Personne à lui seul, quels que soient les succès du moment, ne peut prétendre incarner l’opposition sociale et politique au gouvernement», a ajouté M. Besancenot, qui a souligné que le NPA se joignait à la journée d’action et de grèves organisée le 12 septembre par la CGT contre la réforme en préparation.

2 juillet 2017

http://www.liberation.fr/

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