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08 avril 2020 ~ 0 Commentaire

cuba (npa)

cuba

Levée de l’embargo contre Cuba 

Il ne s’agit pas de ici faire l’éloge du régime cubain qui, au fil du temps, s’est bien éloigné des espoirs suscités par la chute du dictateur Batista et l’entrée triomphale des guérilleros à La Havane en janvier 1959. Mais, force est de constater que de plus en plus de pays, face à la pandémie du coronavirus, demandent à bénéficier de l’assistance des médecins cubainEs.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a sur l’île 82 médecins pour 10 000 habitantEs, contre 32 en France et 26 aux États-Unis… Cuba a, au fil des années, pour suppléer à des services de santé défaillants ou lutter contre des épidémies, envoyé 25 000 médecins en Amérique latine (les médecins cubains ont dû quitter la Bolivie et le Brésil sur pression des nouveaux régimes réactionnaires), mais aussi en Afrique, au Pakistan ou à Haïti.

Face au Covid-19, Cuba a déjà dépêché en Italie une équipe de 52 médecins et infirmierEs. Aux Antilles et en Guyane « françaises », les médecins cubains sont réclamés par les autorités locales.

Le « socialisme » de Cuba n’est pas le nôtre, d’autant qu’il est, de plus en plus, pénétré par les mécanismes de marché, les inégalités, tandis que sévit la répression des dissidentEs politiques. Il y a certes une « diplomatie médicale » cubaine et les médecins sont une source de devises pour le régime.

Mais, même déformée et pervertie, Cuba montre la supériorité d’une économie planifiée sur l’anarchie du marché capitaliste. Et qu’on ne vienne pas dire que c’est parce que Cuba est une « dictature » : il y a des dizaines de pays dictatoriaux à travers le monde où les populations ne peuvent satisfaire leurs besoins élémentaires tandis que leurs dirigeants vont se faire soigner à l’étranger (à titre d’illustration, le général major Abdelhamid Ghriss, secrétaire général du ministère de la Défense nationale algérien, vient de se faire opérer en Suisse).

Alors, oui, il faut lever de toute urgence tout embargo contre Cuba comme le réclament divers organismes internationaux et, chez nous, en finir avec la dictature du marché sur la santé !

Mercredi 8 avril 2020 Henri Wilno

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Cuba (Combat Ouvrier)

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07 avril 2020 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot (l’anti-k)

olivier b

Pour Olivier Besancenot, « une réappropriation collective et publique est à inventer »

En quoi la crise que nous traversons démontre la nécessité de rompre avec le système actuel ?

Olivier Besancenot. C’est désormais une question de survie. On pressentait déjà à quel point la phase de mondialisation libérale des 30 dernières années – promesse de stabilité pour les marchés financiers – avait atteint ses limites.

Mondialisé, le capitalisme a fini par faire le tour de la planète. Ce n’est pas un puits sans fond. On l’a vu avec la crise financière de 2008, avec la crise climatique et maintenant avec la crise sanitaire. Le système est confronté de manière dramatique à ses propres contradictions. Mais, pour reprendre la formule de Walter Benjamin, le capitalisme ne mourra jamais de mort natu-relle. Tout l’enjeu est de l’y aider. Car le jour d’après peut, si on les laisse faire, être pire que le jour d’avant.

Comment éviter que la facture de la crise économique qui s’annonce ne soit présentée aux citoyens ?

O B. La question, c’est qui aura la main sur le modèle de production dans le monde d’après ? Une réappropriation collective et publique est à inventer, notamment pour que l’industrie réponde aux besoins sociaux.

Il ne s’agit pas simplement de revenir sur les privatisations de services publics, mais d’exproprier des intérêts privés de certains secteurs trop importants pour les laisser à la logique folle de l’éco-nomie de marché. Cette logique consiste aujourd’hui à obliger des salariés d’Airbus à fabriquer des hélicoptères de guerre, tout en étant incapable de réquisitionner une entreprise, Luxfer, seule à même de fabriquer des bouteilles d’oxygène.

À défaut, les travailleurs, les opprimés, les exploités paieront à coup sûr une facture socialement dramatique. C’est ce qui s’amorce déjà avec les congés payés, la durée hebdomadaire du temps de travail.

Les conséquences écologiques seront elles aussi catastrophiques car la course à la croissance reprendra de plus belle. Au niveau politique, les gouvernements libéraux envisagent déjà la stratégie du choc pour imposer des recettes impopulaires. L’autoritarisme n’est que le revers de la médaille capitaliste. Il faut y opposer un choc de solidarité.

Ce choc de solidarité, par quelles mesures passe-t-il concrètement ?

O B. L’après commence dès maintenant. La priorité, financière notamment, doit être donnée à la solidarité. À commencer par les services de santé. Il faut obtenir sans délai les ouvertures de lits, les milliers d’embauches nécessaires, le matériel de protection. Le décalage entre les effets d’annonce et la nécessité vitale est intolérable.

Ne serait-ce que pour les Ehpad, il faudrait 2 millions de masques par jour. Sans compter, outre les soignants, tous ceux dont le travail demeure indispensable. L’enjeu immédiat est de faire en sorte que les milliards d’euros publics – l’argent des contribuables, donc le nôtre – reviennent à l’urgence sanitaire. Si on les laisse filer vers les grandes entreprises et les banques, ils seront définitivement perdus pour le monde d’après.

Le gouvernement ne prend pas la mesure de la colère sourde et grave qui monte. Imaginer une seule seconde qu’on puisse fonctionner comme avant avec le démantèlement des services publics de la santé, du transport, de l’éducation, la couverture sociale, etc., est inconcevable.

Le pouvoir reconnaît lui-même que le système économique sera confronté à une crise systémique. C’est avouer ses failles pour un gouvernement qui, il y a quelques semaines encore, invitait avec sa réforme des retraites le monde des assureurs à prendre la place de notre système de solidarité.

Cette crise donne à voir la concentration du pouvoir. Quelles ruptures démocratiques sont nécessaires ?

O B. Cela commence par lever ici et maintenant la loi d’urgence qui permet à l’exécutif de gouverner par ordonnances et décrets et de concentrer un peu plus encore le pouvoir. Au plan politique, nous arrivons à la croisée des chemins : soit la tentation de la main de fer de la part des classes dominantes, soit, au contraire, l’invention d’une société qui fonctionne du bas vers le haut.

Cela implique d’en finir entre autres avec la 5è République et de remettre à plat, dans un proces-sus constituant, toutes les règles démocratiques. Mais aussi d’ouvrir ce chantier dans le milieu de l’entreprise. Les salariés du public comme du privé ne disposent de pratiquement aucun droit de regard. Or la crise sanitaire montre, par exemple, comment ils sont les mieux placés pour savoir de quelles protections ils ont besoin.

Après le mouvement social historique de cet hiver, comment construire le rapport de forces nécessaire à un « jour d’après » qui aille dans le sens du progrès ?

O B. Si on espère des politiques qui imposent un choc de solidarité, des politiques émancipa-trices, égalitaires, écologiques, il faut au préalable être capable de stopper le rouleau compres-seur des politiques libérales et autoritaires. Donc, que toutes les forces sociales, politiques et syndicales soient unies pour de bon.

Publié par l’Humanité, propos recueillis par Julia Hamlaoui. Toute la semaine, l’Humanité interroge les responsables de gauche sur leur vision du « Jour d’après ». Entretien avec le porte-parole du NPA, qui plaide pour un « choc de solidarité ».

Lundi 6 avril 2020 L’Humanité

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07 avril 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Réagir maintenant à la catastrophe qui vient

Il est de plus en plus clair que ce gouvernement, comme ceux qui l’ont précédé, porte une lourde responsabilité dans la gestion calamiteuse de la crise sanitaire. Obnubilé par le maintien des profits et la remise en cause de nos acquis sociaux, c’est avec presqu’un mois de retard qu’il commence à prendre de timides mesures pour faire face au virus.

Le revirement du pouvoir ces derniers jours concernant le port de masques - dont la production et l’approvisionnement ont été catastrophiques - illustre cet «amateurisme» aux effets dramatiques.

Confinez-vous, travaillez, consommez…

Voilà le message contradictoire envoyé par le gouvernement depuis le début. Le confinement, réponse d’un pouvoir qui n’a pas anticipé l’ampleur et la dangerosité du virus, est une nécessité pour éviter des centaines de milliers de morts.

Un dépistage précoce et massif et des moyens suffisants pour l’hôpital auraient certainement pu éviter d’enfermer des dizaines de millions de personnes, aggravant de façon dramatique les inégalités sociales.

Ils ont «mis à l’abri» enfants, personnes âgées, encadrement, professions intellectuelles… Mais pour des millions de travailleurs/ses, activités essentielles ou non, il faut aller bosser, les profits n’attendent pas !

Beaucoup de salariéEs se protège, individuellement et parfois collectivement, en restant à la maison, en se battant pour imposer un droit de retrait combattu par les employeurs et le gouvernement. Oui, «nos vies valent plus que leurs profits !» Toutes les activités non-essentielles doivent être stoppées et des protections doivent être fournies pour celles et ceux dont le métier est indispensable durant le confinement.

Ils veulent nous faire payer la crise

Le coronavirus a été le détonateur de la crise économique qui venait. Celle-ci s’annonce extrêmement brutale. Une fois de plus, les capitalistes veulent nous faire payer la facture : temps de travail maximum par semaine à 60 h, remise en cause des congés payés, régression de fait du droit à l’avortement…

Ils vont continuer en infligeant privatisations et austérité pour l’hôpital comme le laisse entrevoir les recommandations de la caisse des dépôts ou les déclarations du directeur de l’Agence régionale de santé de Nancy. Pour les arrêter, nous devons nous préparer dès maintenant, avec notamment l’organisation dès la fin du confinement d’une grande manifestation pour la défense du service public de la santé.

L’État policier se renforce

Ils le savent, leur politique rencontre des résistances. La répression, le contrôle, vont être des éléments centraux pour arriver à leurs fins. Dès aujourd’hui, nous devons nous opposer aux évolutions sécuritaires de la société qui, sous prétexte de santé publique, nous préparent une société totalitaire : couvre-feux, drones pour surveiller les rues, armée pour contrôler la population, géolocalisation, matraque et prison pour les récalcitrantEs, mesures répressives contre les migrantEs…

Toutes ces mesures n’ont pas pour but de faire respecter le confinement, mais préparent l’après, un monde où l’État contrôlera tous les faits et gestes de chacun pour maintenir le pouvoir des capitalistes.

Pas de sortie de crise sans planification démocratique et anticapitaliste

Une autre voie est possible. Tester massivement la population, produire du matériel médical, des médicaments et des protections à la hauteur des besoins est possible en reprenant le contrôle sur les secteurs clés de l’économie, en socialisant les grandes entreprises.

Cela permettrait d’assurer une reconversion de productions inutiles ou aberrantes pour satisfaire les besoins sociaux, sanitaires, écologiques.

Ces mesures anticapitalistes doivent être mises en place sous le contrôle démocratique de celles et ceux qui travaillent et de la population afin de définir collectivement les besoins et comment les satisfaire.

Nous devons les imposer, par nos solidarités et nos luttes, dès maintenant et dans les semaines qui viennent.

lundi 6 avril 2020

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02 avril 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Macron n’a rien appris :

Pour la santé, le « jour d’après » sera le jour d’avant… en pire

Certains y avaient vu une lueur d’espoir.

Dans son allocution du 12 mars, Macron déclarait : « Ce que révèle déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe […]. Il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ».

Macron aurait-il donc « appris » des conséquences terribles des politiques d’austérité et de privatisation de la protection sociale menée par lui et tous ses prédécesseurs ?

Le « jour d’après » marquerait-il un tournant radical vers un système de santé placé « hors des lois du marché » ?

Il n’a pas fallu longtemps pour avoir la réponse. Un projet de note, rédigée à la demande de l’Élysée par la Caisse des dépôts et consignations et révélée par Mediapart, préconise un « jour d’après » qui ne serait rien d’autre que le « jour d’avant »… en pire.

L’État providence selon Macron, après comme avant la crise, reste un état « stratège » qui ouvre les vannes d’un financement public massif… aux entreprises privées (start up, réseaux de soins concurrentiels des assurances et mutuelles, établissements de santé « non lucratifs »).

La note de la CDC prévoit en outre la relance des « partenariats public-privé », qui transforment les hôpitaux publics en vache à lait pour le privé, et qui avaient du être arrêtés ces dernières années suite à plusieurs scandales.

Et l’on ne parle même pas de la préconisation de la transformation, avec de l’argent public, en navires-hôpitaux, de bateaux de croisières devenus invendables : une aubaine pour les armateurs !

Pas un mot, en revanche, sur ce qu’attendent les personnels hospitaliers en lutte depuis plus d’un an et les patientEs qui constatent même hors épidémie la dégradation du service public, la pénurie de personnel, de matériel, les fermetures de services.

Pour demain, comme pour aujourd’hui, les personnels de santé ne demandent pas des discours, mais des actes. Ils et elles ne demandent pas à être des « héros » épuisés et sacrifiés, mais des professionnelEs capable de donner les soins nécessaires, en toute sécurité pour eux et pour les patients.

Or, dans la note de la Caisse des dépôts, rien sur l’augmentation des budgets hospitaliers, rien sur la réouverture des lits et des services nécessaires, rien sur le recrutement massif de person-nel, pour les urgences et tous les services hospitaliers, rien sur le maintien et la réouverture des urgences de la chirurgie, des maternités des hôpitaux de proximité sur tout le territoire, ni sur l’extension hors de l’hôpital d’un service public assurant partout un accueil proche.

En un mot : rien sur la remise à niveau d’un service public de santé assurant gratuitement l’accès aux soins de touTEs et capable de faire face aux crises sanitaires.

Non, Macron n’apprendra rien, et il n’y a aucune « unité nationale » possible derrière un pouvoir qui, incapable de faire face à l’épidémie actuelle, entend poursuivre « le jour d’après », la politique qui a mené à la catastrophe.

Personnels hospitaliers, usagerEs de la santé, la solution ne viendra que de notre action solidaire pour imposer les réponses d’urgence à la crise :

Pour aujourd’hui, des masques, des protections, du matériel des médicaments, la réquisition des entreprises pour les fournir, le recrutement du personnel nécessaire ;

Et pour demain, un service public de santé gratuit et proches garantissant à toutes et tous l’accès aux soins.

Jeudi 2 avril 2020

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01 avril 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

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Leur confinement et le nôtre

La stratégie de riposte choisie par le gouvernement français contre le Covid-19 révulse de plus en plus les personnels médicaux, et aussi la population.

Mais où sont les tests, où sont les masques ?

Où est le confinement pour les secteurs non essentiels, quand on voit les encouragements à faire repartir ce lundi les usines PSA, heureusement bloqués par les syndicats ? On peut résumer la stratégie officielle du gouvernement par : le confinement pour étaler le pic et permettre aux services de réanimation de tenir, de sauver le maximum de monde.

Un choix par défaut, par austérité dirait-on, tant des années de politique de fermetures de lits ont fragilisé l’hôpital, tant la volonté d’économiser 50 millions d’euros prive la population et son système de santé de la réserve de 1,3 milliard de masques, tant la France est en retard sur l’utilisation massive des tests, tant manquent les respirateurs et demain, dès aujourd’hui parfois, les médicaments essentiels (Hypnovel pour sédater les patientEs en réanimation, Augmentin contre les surinfections…).

Aucune décision de tester largement

Quand les mesures d’austérité rejoignent l’hospitalo-centrisme des spécialistes de la santé publique, et la tradition d’État fort et de centralisation des décideurs, on en arrive à cette situation qui fait uniquement reposer sur l’hôpital le choc Covid-19, qui ne vise pas d’abord à limiter la diffusion du virus, mais à l’étaler simplement dans le temps.

Aucune décision de tester largement, dès le début de l’épidémie, les cas suspects, pour isoler les patientEs de manière solidaire, de tester et retester les personnels des Ehpad, les proches de gens fragiles, les personnels en relation avec le public. Des tests au compte-gouttes, hospitaliers, pour les cas les plus graves.

Une décision scandaleuse, qui va à l’opposé des recommandations de l’OMS, de l’expérience des pays, pourtant proches de la Chine, qui ont réussi à tenir face à la première vague de Covid-19. Dépistage précoce au plus près de la population, en lui donnant les moyens financiers, matériels et le soutien psychologique pour rester confiné.

Avec fermeture des centres de rétention, réquisition des logements vides, ouvertures massive de lieux d’hébergement, prisons vidées au maximum, comme l’exigent les associations. Le tout en fournissant information adaptée et masques en grande quantité.

Tests élargis aux cas contacts pour éviter la diffusion. Information, démocratie, transfert de richesse pour permettre un confinement solidaire. Une stratégie d’autant plus efficace qu’elle est commencée plus tôt. Et qui devra de toute les façons être celle pour une sortie de la crise du Covid-19.

Une telle stratégie de dépistage de masse communautaire (médecins et laboratoires de ville, drive-in sur les parkings, tests répétés sur les personnels dont le travail est utile à la santé, à la solidarité, à l’effort contre le Covid-19, sur les lieux de travail, voire auto-tests… ) n’aurait probablement pas suffi à éviter le passage vers une forme plus ou moins lourde de confinement.

Notamment parce qu’il faut savoir que beaucoup de tests sont faussement négatifs, comme l’exemple de cette jeune adolescente de 16 ans, décédée après deux tests négatifs, puis testée positive en rentrant en réanimation, le confirme.

Mais elle aurait permis non seulement de mieux étaler, mais aussi de réduire le nombre de malades, et donc le nombre de décès dans les services d’urgence saturés. Mais leur horizon c’est l’austérité et l’État fort. Le nôtre, la solidarité et l’auto-organisation. La différence se compte en milliers de morts.

Mercredi 1 avril 2020 Frank Cantaloup

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01 avril 2020 ~ 0 Commentaire

pandémies 2 (npa)

virus

Pandémies ou écosocialisme, il va falloir choisir !

Suite à l’article de Sonia Shah (1) dans le Monde diplomatique de mars, un début de débat dans la Commission écologie du NPA a posé la question de la pertinence ou pas du lien entre les questions d’environnement et les pandémies.

La question me paraît légitimement posée. En effet, on peut se demander si le lien entre la déforestation qui induirait une augmentation des contacts entre Homo sapiens et d’autres espèces (en particulier les chauves-souris) est réel à l’heure où on indique bien que les humains ont « perdu » le contact avec la nature. Il paraît en effet intuitif de penser que les populations d’avant le capitalisme et plus encore d’avant le néolithique devaient être plus en contact avec la faune sauvage, donc du coup plus exposées auxdites pandémies.

Les virus

Avant d’entrer dans le débat, il me semble indispensable de faire le point sur les pathogènes (en particulier les virus) et leur place dans les écosystèmes.

Il y a en fait deux types d’écosystèmes sur la planète : ceux que tout le monde connaît bien, constitués en résumant d’unités paysagères associant un environnement physico-chimique dénommé biotope et une communauté vivante, caractéristique de ce dernier, la biocénose (2) et ceux que l’on a tendance à oublier qui ne sont pas des unités paysagères, mais les individus de chaque espèce.

En effet, chaque individu humain par exemple abrite en lui une biocénose propre à l’espèce et en même temps individuelle. Nous hébergeons en nous plus de bactéries ou de virus que de nos propres cellules constitutives.

Ainsi, le génome humain rassemble 100 000 fragments d’ADN rétroviral, soit 8% du total (3). Les virus ont évolué pour se disperser, les génomes de l’hôte pour en freiner l’expansion. C’est la coévolution, constitutive du vivant. Si ces micro-organismes existent au sein de chaque individu de chaque espèce, c’est que la sélection naturelle ne les a pas éliminés et donc qu’ils ont trouvé leur place. Cela concerne aussi les pathogènes.

Si un pathogène est trop pathogène (il élimine trop de ses hôtes ou trop vite), il va vite disparaître car pour exister il a non seulement besoin d’exister dans l’individu mais aussi de « sauter » dans d’autres individus, faute de quoi la mort du premier individu infecté constitue-rait… la fin du pathogène lui-même !

En arrivant dans le premier individu (par mutation par exemple), le virus s’insère dans le génome de l’hôte dont il va être dépendant pour assurer sa reproduction (il utilise la machinerie cellulaire de l’hôte pour assurer sa réplication et sa synthèse). Au passage, les virus ne seraient pas des « organismes vivants » puisqu’ils ne sont pas autonomes. Mais c’est un autre débat ! (4)

Le virus créée un bouleversement (son caractère pathogène), la « victime » va se défendre et au bout d’un moment (quelques centaines de milliers ou millions d’années) les deux ont « intérêt » à un armistice ! Une espèce d’équilibre (instable certes) garantissant la survie des deux.

Le virus (ou autre pathogène) a intérêt à se faire quelque peu oublier et donc à payer un « loyer ». Il apporte trois avantages majeurs à l’hôte :

- Une variabilité génétique (il modifie le génome !) lui assurant des capacités hors normes de survie face à des changements brutaux dans les écosystèmes.

- Une participation à la défense immunitaire de l’hôte. C’est toujours dans le système immunitaire que l’on trouve le maximum de variabilité génétique chez un être vivant.

- Une participation aux codages génétiques des protéines, indispensables à la vie de l’hôte.

Dans certains cas, on peut même parler de « parasites domestiqués » : non seulement ils ne sont plus pathogènes mais défendent activement leur hôte ! Cela a été bien montré par exemple dans des relations entre certains virus et des poissons (5).

De longues coévolutions conduisent à ce que certaines espèces soient des « réservoirs » à virus. Ceux-ci ne sont plus (ou à la marge) pathogènes pour l’hôte mais vivent avec lui en permanence. On suppose que lors de la 5e grande crise d’extinction (il y a 66 millions d’années) des virus ont littéralement « trouvé refuge » chez de nouveaux arrivants, les chauves-souris6. Il en serait de même pour les oiseaux qui sont en fait des dinosaures aviens, les seuls survivants dinosauriens de la grande crise.

C’est certainement pour cette raison que chauves-souris et oiseaux sont souvent impliqués dans les dernières maladies virales émergentes (SRAS, Ebola, Nipah, etc.). Je vais y revenir.

Cette place importante des pathogènes dans le vivant est bien mise en évidence dans un texte qui circule sur le net appelé : « Appel du covid-19 aux terrestres bipèdes » (7). C’est ce qui justifie aussi le positionnement de la philosophe Claire Marin8 qui remet en cause l’expression présidentielle (discours d’Emmanuel Macron) de situation de guerre et écrit fort justement :

« A mon sens, il ne s’agit pas d’une guerre, parce qu’il n’y a pas d’ennemi. Il n’y a pas d’ennemi quand il n’y a ni intelligence humaine, ni intention de nuire. Il s’agit d’un phénomène biologique qui nous menace et nous met à l’épreuve, mais ce n’est pas une guerre. Penser les maladies sur le modèle de la guerre, c’est se méprendre sur l’essence du vivant. Je ne suis pas sûre que cela aide ni à se représenter la maladie, ni à en comprendre le fonctionnement ». Et je rajouterai, ni surtout à s’y affronter !

Tout ceci pour dire que les pathogènes sont normalement parmi nous et en nous, que nous devons nous y adapter et agir pour éviter de leur offrir les meilleures conditions pour être dangereux, donc, comme le dit fort bien le philosophe Baptiste Morizot :

« Il faut transformer en profondeur notre compréhension philosophique du vecteur évolutif, grâce à l’écologie scientifique pour passer de l’idée du plus apte pensée en termes de performance, à l’idée de survie du mieux relaté.

Qui a la meilleure “fitness” ? C’est celui qui a le rapport le plus harmonieux à la pérennité de ses proies, la meilleure entente avec ses rivaux, le rapport le plus généreux avec ses mutualistes, le moins toxique avec ses parasites, le moins destructeur pour ses hôtes, le plus respectueux envers ses facilitateurs. Voilà qui survit, c’est-à-dire dispose à terme de la meilleure reproduction différentielle » (9).

Les pandémies

Alors justement parlons des conditions qui ont permis ces maladies dîtes « émergentes » et plus globalement des pandémies.

Elles ne datent pas d’aujourd’hui. Tout le monde a en tête celle qui a marqué notre imaginaire, la « grande peste noire » du 14è siècle. On estime qu’elle a tué de 30 à 50% des EuropéenEs en cinq ans faisant environ 25 millions de victimes, puis s’est prolongée de manière plus sporadique jusqu’au début du 19è siècle.

La maladie résulte d’un pathogène, une bactérie. On trouve alors deux paramètres ayant permis le déclenchement de la pandémie : la circulation accélérée des populations humaines (en l’occurrence invasions et guerre) et un vecteur intermédiaire (le rat noir) entre le porteur sain du pathogène (des puces) et Homo sapiens.

Ce qui est nouveau est que l’on a cru éliminer les pandémies grâce aux avancées scientifiques et sanitaires et que ce n’est pas le cas. On a cru que la « grippe espagnole » de 1918-1919 allait être la dernière des pandémies.

Non seulement elles font leur retour mais sous la forme de maladies « émergentes » car on ne connaissait pas précédemment les pathogènes en cause qui semblent (et sont très probable-ment) issus de spéciations récentes, mais aussi sous la forme de « zoonoses » (transmissions de l’animal à l’humain).

Globalement les maladies infectieuses, dont celles propres à Homo sapiens (et qui ne sont donc pas des zoonoses) font 18,3 millions de morts par an (10).

Pour y voir plus clair, une petite revue de certaines des zoonoses récentes ou plus anciennes :

- Le VIH donnant la maladie appelée SIDA. Ce virus identifié en 1983 fait 3 millions de morts par an. Il existait chez les chimpanzés. Le passage à l’humain s’est fait en Afrique via la chasse massive (viande de brousse) et l’impact de la déforestation qui a permis cette chasse massive dans le contexte de populations concentrées et urbanisées. La mondialisation a fait le reste via les échanges exponentiels11.

- Le virus du SRAS identifié en 2003. C’est un coronavirus (comme le covid-19) et comme le banal rhume. Le berceau de l’épidémie est en Chine. L’origine vient d’un passage des chauves-souris forestières à l’humain via un petit mammifère, la civette, victime d’une chasse intensive. La population importante, les mauvaises conditions d’hygiène sur les marchés12.

- Le paludisme est une maladie causée par un plasmodium (eucaryote unicellulaire) transmis à l’humain par un moustique, découvert en 1880. Même si l’on suppose qu’il infecte Homo sapiens depuis 50 000 ans, il s’est surtout développé et donc devenu une importante cause de mortalité depuis les défrichements du néolithique (il y a 6000 ans) qui ont conduit à la formation d’eaux stagnantes sans les prédateurs des moustiques, au contact de populations humaines plus importantes et concentrées.

Dans l’écosystème naturel, le moustique ne peut pas facilement prospérer et les infections sont insuffisantes pour faire passer le parasite chez l’humain. C’est une maladie du néolithique, qui est présente surtout en Afrique et est encore la première cause de mortalité infectieuse au monde (200 millions de malades, 400 000 décès par an) (13).

- Le virus Nipah en 1998. Il est apparu en Malaisie et la déforestation pour des élevages de porcs est en cause. Les chauves-souris forestières ont été privées d’habitats et se sont tournées vers un milieu de substitution, les plantations d’huile de palme, puis leurs déjections ont infecté les élevages intensifs de porcs et le virus est passé de ce vecteur aux humains14.

- Le virus Ebola identifié en 1976 en Afrique. On retrouve ici la déforestation, conduisant au contact de populations fragiles (déplacées de guerre) avec des chauves-souris forestières (15).

- La grippe aviaire, issu d’un virus dit H5N1 en 2004, d’origine du sud-est asiatique. Sont en cause le réservoir oiseaux, les élevages intensifs de volailles, la mondialisation du commerce de volailles. Il est remarquable de constater que le virus a circulé d’est en ouest en suivant les routes commerciales de l’élevage et non du sud au nord en suivant les routes des migrations des oiseaux porteurs naturels du virus…

- Le covid-19 est lui aussi un coronavirus. C’est celui en cours (et certainement pas le dernier). Ici on retrouve les mêmes « ingrédients » : chauves-souris, viande de brousse et trafic pour la « médecine » traditionnelle (pangolins), concentration de populations, manque d’hygiène sur les marchés (16).

A noter que l’on retrouve très souvent l’Asie du sud-est et la Chine comme lieux de « naissan-ce » de ces pandémies : c’est sans aucun doute dans cette zone que se concentrent les éléments favorisant les pathogènes : forte croissance urbaine rapide empiétant sur les espaces naturels, élevages intensifs dans de mauvaises conditions d’hygiène, zones tropicales où sont concentrées des espèces réservoirs de virus, fonctionnement du commerce international (17).

On peut noter aussi que ces pandémies ne touchent évidemment pas que les humains. Pour donner un exemple, celui du champignon Bd (Batrachochytrium dendrobatides) introduit en Amérique du Sud via des batraciens exogènes (Xénope lisse africain ou grenouille taureau d’Amérique du Nord). Le champignon auquel les espèces d’origine se sont adaptées depuis longtemps a conduit à un effondrement spectaculaire des batraciens locaux d’Amérique centrale et du Sud18.

Le bilan

L’analyse de ces différentes pandémies fait apparaître un cocktail de causes, toujours les mêmes :

- Le réchauffement climatique, qui joue probablement un rôle mineur, mais participe au proces-sus dans la mesure où il peut favoriser l’installation de nouvelles espèces (et donc aussi de ses parasites) de manière très rapide dans un écosystème (les autres espèces ne connaissent pas ces parasites et donc leur caractère pathogène peut devenir majeur) et dans la mesure où il déstabilise de manière brutale les écosystèmes, participant ainsi à la baisse de la biodiversité ;

- La baisse de biodiversité qui altère les écosystèmes et les coévolutions ancestrales (via entre autres la diminution ou disparition des régulateurs de pathogènes, mais aussi l’uniformisation paysagère et les modifications brutales d’habitats induisant l’altération de l’équitabilité (certaines espèces deviennent dominantes tandis que d’autres sont réduites aux marges), et de la richesse spécifique (10 espèces au lieu de 100 dans un écosystème), ce qui favorise la circulation des pathogènes ;

- La destruction brutale d’écosystèmes (par exemple déforestation) conduisant des espèces réservoirs de virus à se retrouver en contact direct et nouveau avec des populations humaines concentrées.

A ce sujet, il faut bien sûr noter que les populations anciennes (d’avant le néolithique) et les populations dites « autochtones » vivant au contact et par la faune sauvage ne sont pas ou n’étaient pas sensibles à ces pathogènes car elles-mêmes fortement soumises à la sélection naturelle, peu ou pas concentrées, ayant longuement coévolué avec leurs espèces proies et donc leurs pathogènes, donc très protégées.

Les pandémies sont un produit du néolithique et de son impact majeur sur les écosystèmes naturels via l’agriculture et la naissance de l’élevage19, démultiplié de manière majeure par le capitalisme ;

- L’agriculture mondialisée est aussi en cause. Le commerce international (c’est-à-dire en fait le transfert des richesses du « Sud » vers le « Nord ») conduit non seulement à des cultures intensives et uniformes mais aussi hors de leur aire écologique grâce à des procédés artificiels (amendements, produits chimiques) qui non seulement détruisent les écosystèmes locaux, mais bouleversent les coévolutions ancestrales, ce qui favorise les pathogènes.

Dans le secteur de l’élevage, la disparition des espèces domestiques locales au bénéfice d’un tout petit nombre d’espèces conduit à une standardisation génétique favorisant les pathogènes ;

- L’utilisation de la « viande de brousse » et son commerce dans des conditions favorisant les pathogènes des espèces impactées ;

- L’élevage intensif dans de mauvaises conditions d’hygiène, créant des « ponts » génétiques vers Homo sapiens ;

- La concentration de populations humaines, dans de mauvaises conditions de vie dans ces zones de « ponts » ;

- La mondialisation des échanges humains et commerciaux, dans un contexte d’augmentation exponentielle et une rapidité de plus en plus grande ;

- Le cadre global de l’augmentation de la population humaine (on est passé de quelques centaines de milliers d’individus à 7 milliards).

Comme on le voit, c’est bien la façon dont l’espèce humaine habite son environnement qui est en cause et cela nous donne du coup aussi les clés pour agir. Non pour supprimer les maladies et les pathogènes, mais pour en réduire de manière importante les impacts.

Quoi faire ?

D’abord, il serait contre-productif et erroné (en plus d’être immoral) d’incriminer la démographie humaine et d’en déduire des logiques néo-malthusiennes consistant à penser que les pandémies « font le ménage ».

Il n’est pas étonnant que ce soit dans les pays où est né le libéralisme économique que l’on développe l’idée de l’immunité collective, qui permettrait d’arrêter une pandémie… au prix de la perte des « faibles ».

Contre-productif car c’est justement le développement des instincts sociaux et la capacité d’aide et de soutien aux plus « faibles » qui sont à l’origine du succès évolutif d’Homo sapiens. Erroné car il n’y a pas d’augmentation exponentielle de la population humaine. Tous les démographes sont formels, nous sommes en haut de la courbe, et les prévisions sont plutôt une augmentation vers 9 milliards d’individus, puis une décroissance. Je ne m’attarde pas là-dessus car ce n’est pas le sujet du texte, mais il convient de le rappeler.

Donc, il faut agir sur les autres causes, ce qui permet de ne pas se retrouver encore la prochaine fois à sauver les meubles en catastrophe en mettant en place des mesures de « confinement » des populations, destructrices des liens sociaux et favorisant la misère de populations entières, qui en retour est un élément favorisant… les pandémies !

Et ces causes sont justement celles sur lesquelles on peut agir !

- Limiter au maximum les risques par un système économique non destructeur pour les écosystèmes, en laissant de la place à des milieux naturels moins ou non anthropisés (en particulier en protégeant les forêts tropicales et équatoriales) ;

- Mettre fin aux élevages et à l’agriculture intensifs. L’alternative est un système agricole plus diversifié et complexe constitué d’une mosaïque de polycultures et élevages locaux ;

- Diminuer de manière drastique les « échanges » inutiles en termes d’intérêt collectif (la mondialisation) ;

- Décarboner l’économie pour stopper le réchauffement climatique.

Si l’on ajoute à cela l’investissement massif dans les systèmes de santé (matériels, personnels, capacités locales de production, capacités de recherche scientifique) conçus comme un service public et non comme le terrain de jeu d’intérêts privés qui se nourrissent sur la misère et les souffrances des populations, on a la réponse nous permettant de vivre le mieux possible avec nos pathogènes.

En conclusion

Pour appliquer ce plan, le système capitaliste n’est pas adapté. Il est le pire de tous. Les causes des pandémies sont au cœur de ce mode de rapport avec notre environnement. Il faut en changer. Nous avons besoin d’une société écosocialiste.

Frédéric Malvaud Mercredi 1 avril 2020

https://npa2009.org/

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01 avril 2020 ~ 0 Commentaire

anticapitalistes (npa33)

NPA

33

33 f

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31 mars 2020 ~ 0 Commentaire

communiqué unitaire (29)

unitaire

Capitalisme et santé publique ne font pas bon ménage

La situation catastrophique que nous subissons est le résultat de choix politiques
mis en œuvre par le gouvernement actuel et les gouvernements précédents,
dictés par les intérêts privés.

Casse des services publics, du Code du Travail, de l’équilibre écologique de notre
planète, misère et souffrance pour une grande partie de la population sont les
terribles conséquences de la crise du système capitaliste.

C’est dans ce monde à la dérive que survient le coronavirus

Derrière les paroles « éloquentes » d’un président qui semble découvrir
l’irresponsabilité des choix antérieurs (il était aux finances sous Hollande !), on
s’aperçoit qu’en fin de compte, il va faire payer la note aux plus faibles pour
préserver les profits des ses amis les milliardaires.

La crise sanitaire est aggravée par les suppressions de lits et de postes dans les
hôpitaux, les délocalisations de productions de médicaments et de matériel
sanitaire. Elle appelle des mesures à la hauteur :

Dans l’urgence

- Dans les hôpitaux, la priorité doit être donnée à la satisfaction des
revendications des personnels.

- Décider la réquisition des établissements privés de santé, annuler
la dette des hôpitaux et débloquer immédiatement les moyens financiers
nécessaires.

- Protéger efficacement les personnels exposés au virus

En premier lieu les personnels de santé, mais aussi toutes celles et tous ceux qui doivent rester à un poste de travail, en lançant la production de millions de masques, de respirateurs, de bouteilles d’oxygène et de matériel de test du virus.

Si nécessaire passer par la réquisition de ces moyens de production.

- Il faut réquisitionner des logements et locaux vacants pour tous les sans-logis, fermer les centres de rétention administrative, régulariser tous les travailleurs sans papiers et, d’une façon plus générale, tous les sans-papiers, libérer les prisonniers à courte peine et donner à chacun un minimum de ressources pour vivre pendant et après la crise.

- Il faut étendre le chômage partiel rémunéré à 100% aux salariés de tous les secteurs de production, définir les secteurs essentiels qui seuls doivent être actifs, (nos vies doivent passer avant leurs profits), protéger les salariés se mettant en retrait, assurer la liberté de circulation des militants syndicaux dans les entreprises et écouter leur parole pour faire respecter le droit du travail.

La crise que notre pays traverse aujourd’hui ne doit pas se traduire par de nouvelles remises en cause des acquis sociaux et des libertés fondamentales !

Pour éviter de nouveaux drames, il faut en particulier:

- Donner aux services publics les moyens de garantir les droits humains essentiels

- Nationaliser, socialiser sous contrôle citoyen et sans indemnités les laboratoires
pharmaceutiques, les banques et toute grande entreprise essentielle à la vie du
pays.

- Mettre en place une commission d’enquête pour comprendre comment notre
pays a pu se retrouver si démuni face à une catastrophe prévisible.

– Réaliser un audit citoyen et annuler les dettes publiques illégitimes…

- Arrêter les activités et le travail dans toutes les entreprises non indispensables et essentielles dans le contexte actuel

- Abrogation de la loi du 19 mars 2020 afin de restituer les 300 milliards d’euros attribués aux banques pour les besoins de la population.

Communiqué signé par:

Ensemble! Finistère
NPA Finistère
POID Finistère
Gauche indépendantiste bretonne – Breizhistance

31 Mars 2020

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30 mars 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Un gouvernement incompétent, des mesures anticapitalistes d’urgence

Édouard Philippe a osé déclarer samedi soir qu’« il ne laissera personne dire qu’il y a eu du retard dans les décisions ». Une illustration de plus de la pitoyable et mortifère politique du gouvernement. Mais, à force de mensonges, de déclarations contradictoires, la population est devenue de moins en moins encline à croire les messages gouvernementaux.

Pouvoir incompétent

Après avoir nié la gravité voire l’existence de la pandémie, le gouvernement a retardé la mise en place de mesures qui devenaient de plus en plus urgentes. Sous la pression d’une partie d’un patronat voulant préserver le plus longtemps possible l’activité économique, le gouvernement a fait perdre de précieuses semaines à la lutte contre la pandémie. Et, pendant ce temps, le président allait au théâtre…

Le 12 mars au soir, Macron annonçait la fermeture les établissements scolaires, critiquée le midi même par le ministre de l’Éducation nationale. Il présentait surtout des mesures pour soutenir l’activité économique, mais rien d’autre qu’une « héroïsation » des personnels de l’hôpital public, tout en maintenant le premier tour des élections municipales.

Quelques jours plus tard, reconnaissant la gravité de la situation, il réprimait les comportements jugés « irresponsables ». Le samedi suivant, alors qu’un conseil des ministres était convoqué pour prendre des mesures contre la pandémie… il s’en sert pour accélérer la procédure de vote de la contre-réforme des retraites, sans avancer de mesures concrètes pour fournir les moyens humains et matériels indispensables pour affronter la pandémie !

Des mesures contre les travailleurs, peu pour la santé

Après des semaines à mentir, à nier l’évidence, Macron et Véran se présentent aujourd’hui en sauveurs suprêmes, commandant masques, gel hydroalcoolique, respirateurs, etc. après en avoir organisé la pénurie et retardé les commandes et fabrications. Tout cela en se gargarisant de l’ouverture de lits dans les hôpitaux qu’eux et leurs prédécesseurs ont fermés par dizaines de milliers !

Ils se gardent de prendre des mesures radicales comme l’arrêt de toute activité non liée aux soins des malades et aux besoins essentiels de la population.

Pas question non plus d’imposer une protection efficace des salariéEs exerçant dans le cadre d’activités indispensables.

La ministre du Travail préfère empêcher les travailleurEs de faire usage de leur droit de retrait et faire pression sur les inspecteurs du travail pour qu’ils se contentent de conseiller les employeurs.

Plutôt que d’imposer des embauches, ils préfèrent allonger le temps de travail, réduire les temps de repos, imposer des prises de congés pendant le temps du confinement…

Imposer les réponses aux besoins essentiels

Les mesures radicales indispensables sont connue et restent à prendre : dépister massivement, arrêter les activités non indispensables, fournir du matériel, soigner.

Pour cela, il faut restructurer la production afin de fournir le plus rapidement possible masques, produits et matériels pour tester la population, appareils respiratoires.

Réquisitionner tous les secteurs privatisés dans la santé : hôpitaux, cliniques, centres médicaux, Ehpad, industrie pharmaceutique…

Embaucher massivement sous statut dans la santé, y réduire le temps de travail et y revaloriser les salaires. Interdire les licenciements, y compris des précaires. Réduire au maximum le nombre des prisonnierEs. Ouvrir les centres de rétention.

Arrêter les procédures d’expulsion et réquisitionner les logements nécessaires pour faire cesser la précarité dans l’habitat.

Nous n’avons aucune d’illusion. Ce n’est pas ce gouvernement, responsable après tant d’autres de l’affaiblissement de notre système de santé, qui prendra ces mesures.

Nous devrons les imposer par nos mobilisations, avec l’objectif d’un indispensable changement radical de société pour répondre à la satisfaction des besoins essentiels.

Lundi 30 mars 2020

https://npa2009.org/

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30 mars 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

macron philippe

Le confinement se prolonge…

La violence du gouvernement aussi !

Edouard Philippe a annoncé ce vendredi le prolongement du confinement jusqu’au 15 avril, félicitant au passage «  l’unité et la solidarité des français  » et promettant que le non-respect des règles serait sévèrement puni.

Cette annonce n’est pas vraiment une surprise puisque le conseil scientifique a préconisé un confinement jusque fin avril. La crise sanitaire a pris une ampleur inconnue depuis très longtemps.

Cependant, le confinement tel qu’il est envisagé par le pouvoir ne peut en aucune façon assurer la protection efficace de la population.

Alors, que pour imposer des mesures drastiques dans les rues, au lieu de donner à la population les moyens d’assurer une distanciation sociale, il continue de refuser d’imposer la fermeture les secteurs non-essentiels de la production, pire il impose des mesures remettant en cause le droit du travail en protégeant les entreprises.

Quant aux secteurs qui doivent continuer de tourner pendant cette épidémie, là aussi aucune protection pour les salariés que ce soit pour les soignants ou pour les caissières comme à Saint-Denis où une caissière vient de décéder des suites du COVID-19.

Sans réorganisation de la production afin de produire selon nos besoins (masques, gels, dépistage, appareils respiratoires…), sans moyens pour la santé, le gouvernement ne fait que nous envoyer droit dans le mur.

Pendant ce temps-là, les mesures coercitives continuent de nous installer dans un état autoritaire.

Les amendes sont données massivement puisque la semaine dernière, elles s’élevaient déjà à 1,4 million d’euros, pire en Seine-Saint-Denis, il y a aussi des mises en place de garde à vue pour «  mise en danger d’autrui  ».

Ce sont comme d’habitude dans les quartiers populaires qu’est mise en place la plus forte répression, alors que l’on connaît la forte inégalité que provoquent plus que jamais le confinement  : logement surpeuplé, insalubre, bruyant…

Mais au-delà de la crise sanitaire, celle-ci va bientôt se conjuguer avec la crise économique, et ce seront à nouveau des millions de travailleurs à travers le monde qui vont devoir la payer si nous ne changeons pas de type de société  : une chose est certaine les gouvernements capitalistes feront tout pour nous la faire payer.

Une seule solution  : un plan d’urgence sanitaire et sociale maintenant et s’organiser pour changer la société dès demain  !

Lundi 30 mars 2020

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