Archive | NPA

22 juin 2017 ~ 0 Commentaire

ps 1 (npa)

Résultat de recherche d'images pour "foot in grave gif"

Plusieurs naissances et un enterrement

Depuis le premier tour de l’élection présidentielle, il semble évident que le Parti socialiste, dans la forme où il a été refondé en 1971 à Epinay par Mitterrand, se trouve désormais au bord de la tombe. Une boucle est bouclée au terme de 46 ans d’existence. Elle l’est sans aucune larme de la part de la population et a fortiori des anticapitalistes.

Laminé à sa droite par Emmanuel Macron et à sa gauche par Jean-Luc Mélenchon, le candidat officiel du PS, Benoit Hamon, a donné au PS un des plus mauvais scores de l’histoire du parti, à 6,3 %. Le quinquennat de Hollande aura fini l’œuvre de pourrissement de ce parti gouvernemental.

A quoi peut-il laisser la place ?

La question est d’importance pour les capitalistes, qui ont besoin d’alternances et de partis capables de berner les populations pour leur faire accepter des sacrifices, rôle joué de longue date par les partis réformistes. Elle l’est aussi pour les militants ouvriers, auxquels est posée la question d’une politique face à ce qui pourra sortir de cette situation en termes de parti. Pour l’instant le PS, après avoir laminé le Parti communiste à partir des années 1970, est en passe de laisser la place à l’inconnu.

Un parti socialiste à refonder ? 

Beaucoup dans le Parti socialiste réclament une refondation. Le thème est récurrent, notamment depuis l’échec de Ségolène Royal à l’élection présidentielle de 2007 face à Nicolas Sarkozy. Certains le sommaient de retrouver ce qu’ils considéraient comme une véritable politique de gauche, mais la plupart affirmaient qu’il était important d’adapter ce parti à notre époque, en inscrivant ses pas encore plus fermement dans l’économie de marché.

Depuis, il y a eu Hollande et son quinquennat catastrophique pour les classes populaires, avec une politique ouvertement pro-patronale, devançant les moindres désirs de Gattaz, le patron des patrons, avec le CICE, la loi Travail et, pour maintenir l’ordre, l’état d’urgence permanent et la liberté donnée aux forces de police de réprimer brutalement. Alors, what else ? Qu’est-ce qu’un parti se réclamant de la gauche pourrait faire de plus dans l’adaptation à la société capitaliste ? Il a d’ailleurs accepté d’en payer le prix, avec une fuite massive des électeurs devant cette politique pour laquelle ils n’avaient pas voté. Une espèce de suicide pour un parti tout dévoué aux intérêts de la bourgeoisie.

De la SFIO au Parti socialiste, de renoncements en cures d’opposition

Le Parti socialiste a connu bien des cycles depuis sa fondation en 1905 sous le nom de SFIO (section française de l’internationale ouvrière), par la fusion des différents courants se reven-diquant alors du socialisme dans le pays. Ce premier cycle s’est terminé en 1920, à la suite de la révolution russe de 1917 et du congrès de Tours où une minorité, refusant les conditions d’adhésion à la Troisième Internationale, maintint la SFIO contre le Parti communiste, auquel adhéra la majorité de l’ancien parti . Au passage, il faut noter l’effondrement de la social-démocratie en 1914, quand les dirigeants ouvriers entonnèrent les trompettes du nationalisme et refusèrent de s’opposer à la boucherie de la Première Guerre mondiale.

La SFIO connut encore quelques épisodes peu glorieux, comme le vote des pleins pouvoirs à Pétain en 1940, ou sa politique coloniale en Indochine et en Algérie. N’oublions pas qu’en 1956, Guy Mollet, le président du Front républicain fraîchement élu, fit campagne sur la fin de la guerre d’Algérie puis…. y envoya le contingent ! Ce n’est donc pas d’hier que ce parti réformiste mène la politique voulue par la bourgeoisie. De trahisons qui entament sa base électorale en cures d’opposition, la SFIO obtint 5,1 % avec Defferre à l’élection présidentielle de 1969, écrasé alors par le PCF de Duclos, à 21,27 %. Cette débâcle mit en évidence le fait que depuis la mise en place de la Ve République, le PS n’avait en fait d’autre possibilité de revenir au pouvoir que d’en passer par des alliances avec le PCF.

Et Mitterrand mit la main sur le PS : recomposition à gauche

La proposition formulée par Mitterrand était donc la seule solution pour que le Parti socialiste puisse renaître de ses cendres. C’est lors d’un congrès tenu en mai 1969 que l’appellation SFIO fut abandonnée au profit d’un nouveau Parti socialiste, lequel vit le jour au congrès d’Epinay en juin 1971, avec François Mitterrand élu comme premier secrétaire.

Celui-ci entama alors sa politique de recomposition de la gauche, c’est-à-dire le rééquilibrage des forces à gauche au profit du PS. Il utilisa un langage très radical, auprès duquel les dis- cours de Mélenchon font bien pâle figure aujourd’hui, pour s’attirer les faveurs des nouvelles forces sociales issues de mai 68 : « Réforme ou révolution ? J’ai envie de dire – qu’on ne m’accuse pas de démagogie, ce serait facile dans ce congrès – oui, révolution. Mais ce que je viens de dire pourrait être un alibi si je n’ajoutais pas une deuxième phrase : violente ou pacifi- que, la révolution c’est d’abord une rupture. Celui qui n’accepte pas la rupture – la méthode, cela passe ensuite –, celui qui ne consent pas à la rupture avec l’ordre établi, politique, cela va de soi, c’est secondaire (…) avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste ».

Un an plus tard, le Programme commun de la gauche était adopté par le PS, le PCF et la petite formation des Radicaux de gauche.

Le PCF avait cette fois la promesse d’obtenir des ministres dans un futur gouvernement Mitterrand. En 1974, il renonça à présenter un candidat pour soutenir dès le premier tour le candidat commun de la gauche. En choisissant de soutenir ce politicien ayant participé à de très nombreux gouvernements de droite, ministre de l’Intérieur pendant la guerre d’Algérie et homme des amitiés douteuses avec des personnalités d’extrême droite, le PCF savait qu’il risquait une érosion de son influence électorale, mais il se mit à la disposition du PS pour quelques postes ministériels. Et ce fut pour lui la lente descente aux enfers : nombre d’électeurs communistes qui avaient voté pour Mitterrand aux présidentielles de 1974 firent le même choix aux législatives suivantes. En 1978, pour la première fois depuis 1936, le Parti socialiste devançait le Parti communiste, en recueillant 24,95 % des voix contre 20,61 %.

A  sa troisième tentative, en 1981, Mitterrand fut élu. Après quelques mesures limitées, comme le relèvement du Smic, le passage aux 39 heures et la retraite à 60 ans, le gouverne- ment d’union de la gauche prit le « tournant de la rigueur » : blocage des salaires, vague de licenciements avec la bénédiction gouvernementale.

C’est que les temps avaient changé : la bourgeoisie renonçait à concéder aux travailleurs ne serait-ce que quelques miettes et en était plutôt à leur reprendre les acquis de la période précédente. La social-démocratie, n’ayant plus de « grain à moudre » selon l’expression célèbre du dirigeant FO de l’époque, André Bergeron,, s’embarqua sans états d’âme dans le train néolibéral : c’est le Parti socialiste qui, en France, prendra en charge la politique anti-ouvrière menée ailleurs par Thatcher ou Reagan.

Car la crise menaçait les profits de la bourgeoisie dans le monde.

Pour aider les capitalistes à reconstituer leurs bénéfices, les socialistes entamèrent une politique de baisse des cotisations sociales des entreprises. Dès juin 1981, Mauroy décida d’un abattement de 50 % sur les très bas salaires, une politique qui connaîtra un grand succès dans les années qui suivirent. Loin de subir la loi des marchés financiers, selon une fiction véhiculée par elle-même, la gauche mitterrandienne a contribué à les doper. Endettant massivement l’Etat pour soutenir les groupes capitalistes, le gouvernement emprunta sur les marchés financiers et, pour cela, démantela un certain nombre de réglementations qui limitaient les activités financières et les mouvements de capitaux. Ces contraintes, en partie héritées de la crise économique de 1929, avaient pour objectif d’éviter les effets destructeurs de faillites financières en cascade. Lorsqu’on entend certains socialistes se plaindre de l’instabilité des marchés financiers ou des placements spéculatifs, il faut se souvenir que le PS a tout fait pour cela !

Ensuite, à partir de 1997, Jospin continua sur la lancée en privatisant plus que tous les gouvernements de droite qui avaient précédé.

La sanction en fut, en 2002, une énorme perte de voix populaires (à travers l’abstention et un report sur d’autres candidats – avec l’extrême gauche, LO et LCR, à 10 %) et la qualification de Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Est-ce que c’en était fini avec le PS ? Pas encore. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy a été tellement caricatural que bon nombre d’électeurs s’en sont détournés en 2007 et ont voulu le dégager, en votant sans trop d’illusions pour Hollande. Lequel a mis en œuvre une politique que Sarkozy n’avait même pas osé mener.

Régine Vinon Lundi 19 juin 2017

https://npa2009.org/

Lire la suite

22 juin 2017 ~ 0 Commentaire

ps2 (npa)

socialistes

Dans quel état erre aujourd’hui le PS ?

En menant cette politique illustrée par la loi Travail, faite sur mesure pour le patronat pour casser le code du travail, le PS s’est coupé d’une grande partie de sa base électorale historique.

Hollande et Valls ont très vite fait le choix d’une politique dite de l’offre, c’est-à-dire très pro-patronale au risque clairement assumé d’y perdre beaucoup de plumes, ce qui s’est en effet passé.

En 2012, le PS avait en mains tous les pouvoirs : la direction de la quasi totalité des régions, plus de la moitié des départements, les deux tiers des villes et même le Sénat, pour la première fois de son histoire. Deux ans plus tard, la dégringolade commençait. Le PS commen- çait à perdre toutes les élections, et le couple exécutif devenait l’un des plus impopulaires de tous les temps. Aux attaques contre le code du travail s’ajoutaient des tentatives honteuses de rallier des électeurs du Front national, comme lors du débat dégradant sur la déchéance de nationalité.

Hollande, trop déconsidéré, décidait alors de ne pas se présenter, avant que Valls ne soit sèchement battu aux primaires du PS.

Les sympathisants socialistes ont ainsi voulu exprimer leur rejet de sa politique libérale et lui ont fait payer son abandon total de ce qui pouvait représenter des valeurs de gauche. Des valeurs tellement foulées aux pieds qu’il était devenu sarko-compatible (en 2007, Sarkozy lui avait proposé d’entrer dans le gouvernement Fillon au titre de « l’ouverture », une proposition que l’intéressé avait alors décliné).

Dans les mois précédant la primaire de gauche, son passage en force à travers le 49-3, sur des sujets aussi importants que la loi Travail, avaient achevé de le discréditer auprès des sympathisants socialistes. Monsieur 49-3 a utilisé cet article trois fois pour imposer la loi Macron et trois fois pour faire passer la loi Travail ; avant de proposer lors de la primaire, sans vergogne aucune, de supprimer cette disposition constitutionnelle ! Ses coups de menton, ses côtés autoritaires et opportunistes ont créé les conditions d’une véritable détestation.

C’est alors que, jugeant la situation mûre, le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, a quitté le gouvernement et fondé son propre mouvement, ce que Valls avait toujours rêvé de faire sans jamais l’avoir osé. En bons opportunistes, une série de respon- sables socialistes, auxquels l’avenir de leur parti inspirait peu de confiance, ont rapidement rejoint l’enfant chéri des sondages. Les Ferrand, Collomb, Le Drian et bien d’autres (y compris Valls) ont finalement quitté le PS.

Aux primaires du PS, ou plutôt de « la belle alliance populaire » (dont tous les termes sont mensongers), c’est donc Benoît Hamon qui est sorti vainqueur surprise, en adoptant une posture plus à gauche avec sa promesse d’abroger la loi Travail et sa mesure phare de revenu universel, qu’il n’a d’ailleurs cessé d’édulcorer au fil des semaines. Il est vrai qu’il n’en fallait pas beaucoup pour apparaître « de gauche » vis-à-vis de Valls et Hollande. Hamon n’a pourtant pas séduit un électorat plus large, tant son passé d’homme d’appareil et de gouvernement lui collait à la peau, face à un Mélenchon qui, lui, avait déserté les couloirs gouvernementaux depuis assez longtemps pour qu’on l’oublie.

Hamon a parfois été comparé à Jeremy Corbyn, l’actuel leader du parti travailliste britan- nique. Leurs programmes n’ont cependant pas grand chose à voir. Corbyn est plutôt un social-démocrate de la vieille école, qui veut mettre en place une « économie mixte », en prenant un peu aux patrons pour redistribuer aux travailleurs. Sans parler du fait que face à l’homme d’appareil qu’est Hamon, Corbyn n’est pas seulement un élu de longue date mais aussi un militant qui s’engagé dans de nombreuses luttes contre l’austérité ou pour l’écologie.

Les deux partis sont également différents. Le PS se retrouve aujourd’hui à l’os, composé essentiellement d’élus après avoir vu ses adhérents fondre comme neige au soleil. Les illusions électorales dans ce qu’on appelle la gauche de gouvernement se sont déplacées vers la France Insoumise de Mélenchon. Le Labour britannique, toujours lié organiquement aux syndicats, a bénéficié d’une forte vague d’adhésions après avoir largement ouvert ses portes pour l’élection de son dirigeant et reste l’alternative électorale aux conservateurs.

Malgré la modération du programme de Hamon, l’appareil du PS lui a sérieusement savonné la planche, une majorité de ses dirigeants se ralliant de fait à Macron dès avant le premier tour. Depuis, bien sûr, des comptes se règlent et des rats quittent le navire. Le parti est aujourd’hui divisé entre trois grandes orientations : soutenir Macron ; retrouver l’opposition pour y faire une cure qui dans le passé avait toujours profité au PS ; entre les deux, la ligne du ni soutien ni opposition défendue par ce qui reste de l’appareil central autour du premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis.

Il y a bien longtemps que le PS ne représente plus les intérêts des classes popu- laires. Depuis le déclenchement de la Première Guerre mondiale, à laquelle il s’est rallié sans combattre, il a toujours défendu les intérêts de la bourgeoisie française. Il était utile à cette dernière en conservant des liens avec les classes populaires et le mouvement ouvrier organisé, ce qui lui permettait aussi de disposer d’une base sociale afin de négocier son accession aux affaires. Mais après les cinq années de gouvernements Hollande, ces liens, qui étaient déjà très distendus, n’existent plus.

Les partis et les gouvernements passent, se déconsidèrent à grande vitesse dans une situation où l’offensive de la bourgeoisie devient de plus en plus violente contre les salariés et les pauvres.

C’est dans ce contexte très instable que le PS d’Epinay va laisser la place à d’autres expressions politiques. Beaucoup de questions restent ouvertes : que va faire Hamon ? Quel est l’avenir du mouvement qu’il s’apprête à lancer cet été, tout en restant dans le PS ? Et plus généralement, que va-t-il advenir de la gauche de gouvernement ?

Nous verrons bien ce qui pourra sortir de ces ruines mais dans tous les cas, ce qui importe pour les salariés est de reprendre l’offensive et de s’atteler à la construction d’un parti qui défende leurs intérêts, loin de tous les appareils électoralistes qui ne cherchent qu’à les enrôler derrière eux.

Régine Vinon Lundi 19 juin 2017

https://npa2009.org/

Lire la suite

22 juin 2017 ~ 0 Commentaire

fi pcf (npa)

chaine

France insoumise et PCF, la recomposition de la gauche radicale en marche ?

Les candidatEs du PCF et de La France insoumise s’en sortent, plutôt bien en réussissant à avoir 27 députéEs. Nous sommes loin de la majorité annoncée et espérée (?) il y a quelques semaines, mais les résultats de dimanche soir redonnent le sourire à La France Insoumise.

En effet, contre toute attente, 17 députéEs du mouvement vont entrer à l’Assemblée nationale. Et cerise sur le gâteau, La France insoumise n’a besoin de personne – et surtout pas des communistes – pour constituer un groupe parlementaire…. et les moyens qui vont avec. De quoi vraiment réjouir Mélenchon qui avait dû revoir à la baisse ses ambitions.

Certains de ces nouveaux députés, comme Alexis Corbière, Stéphane Peu, Bastien Lachaud ou Danièle Obono, s’emparent de sièges détenus alors par des « éléphants » du Parti Socialiste.

C’est sans aucun doute en Seine-Saint-Denis (93) que La France insoumise s’installe le plus solidement, avec cinq députéEs dont Éric Coquerel et Clémentine Autain. Au final, la FI parvient ainsi à concrétiser son implantation, cela sans oublier un succès symbolique, celui de François Ruffin qui l’emporte dans la première circonscription de la Somme, à Amiens, la propre ville de Macron, et celui de Mélenchon lui-même qui a réussi son parachutage à Marseille, en étant largement élu.

Le PCF pas encore mort

C’est sans doute l’une des grosses surprises de ce second tour, le PCF fait quasiment carton plein : il a 10 éluEs sur les 12 qui se présentaient officiellement sous son étiquette, améliorant ainsi son nombre d’éluEs par rapport à 2012.

Il sauve ainsi les meubles notamment dans plusieurs de ses bastions et a même réussi à reprendre des circonscriptions historiques, notamment dans le Nord et en Seine-Maritime. En région parisienne, le Parti Communiste remporte la 1re circonscription des Hauts-de-Seine, un bastion communiste historique perdu en 2012. De même, Stéphane Peu, membre du PCF mais présenté sous étiquette FI, s’est imposé dans la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis, bastion historique du Parti Communiste ravi en 2012 par Mathieu Hanotin (PS) qui a été éliminé au premier tour.

Malgré tout cela, le PCF, contrairement à La France Insoumise, n’est pas en capacité de constituer seul son propre groupe parlementaire, sauf à s’allier comme en 2012 avec des députés ultramarins… ou avec celles et ceux de La France insoumise.

Combien de divisions ?

Dès dimanche soir, Mélenchon a posé les bases d’une future recomposition à gauche, dont il espère bien devenir le nouveau centre de gravité. Le futur groupe parlementaire France insoumise sera « discipliné, offensif », a-t-il promis, tout en ouvrant la porte à « tous ceux qui veulent le rejoindre » : les communistes, les écologistes et mêmes certains socialistes que Mélenchon veut toujours dynamiter. Mais à la condition d’une discipline de vote et du respect du programme… Des exigences qui avaient bloqué l’unité du PCF et de FI avant les légis- latives. Et à cette heure, ni La France insoumise ni le PCF n’ont annoncé qu’ils siége raient ensemble.

Pierre Laurent s’est félicité des résultats de son parti, avant d’éluder quant à la perspective d’un groupe commun : « On va regarder l’ensemble des résultats, regarder tout ça calmement demain matin et puis on va décider ». Et concernant la discipline de groupe, une voix discor- dante vient déjà de se faire entendre, celle de François Ruffin qui a déclaré sur RTL : « La discipline de groupe, ce n’est pas pour moi, mais on n’a pas besoin de discipline quand on est d’accord sur l’essentiel… » C’est donc loin d’être gagné, même si Marie-George Buffet ou Clémentine Autain ont déjà exprimé leur souhait de constituer un seul groupe. Mais les rancœurs et les choix stratégiques divergents des derniers mois restent dans toutes les têtes, et les négociations promettent d’être difficiles ces prochains jours.

C’est dans la rue qu’ça se passe !

Même si nous voyons positivement l’élection de ces députés France Insoumise et PCF, ce second tour clarifie globalement les choses : ce n’est vraiment pas à l’Assemblée nationale que peut s’organiser l’opposition au macronisme. Les institutions, faites pour dégager une large assise majoritaire au pouvoir présidentiel, ont de ce point de vue bien fonctionné…

C’est bien en construisant les résistances et les mobilisations au plus près de la population, que nous allons pouvoir nous opposer aux offensives antisociales, à commencer par les reculs sociaux historiques programmés sur la question du droit du travail. Il s’agit en particulier d’articuler des initiatives « par en haut » (en s’appuyant par exemple sur des journées de mobilisation nationale) et « par en bas » (avec la constitution de collectifs locaux ?).

L’urgence est donc à l’expression d’une opposition à ce gouvernement. Le NPA appelle toute la gauche sociale et politique à discuter et à se coordonner pour engager la mobilisation.

Jeudi 22 juin 2017 Sandra Demarcq

https://npa2009.org/

Stalin_Marx_Portrait

Le PCF se fourvoie une fois de plus dans l’opportunisme (TC)

15 députés avaient signé la charte de la « France insoumise » :

- 12 membres du « parti de gauche » :  Ugo Bernalicis (59), Eric Coquerel (93), Alexis Corbière (93), Bastien Lachaud (93), Michel Larive (09), Jean-Luc Mélenchon (13), Dan Obono (75), Mathilde Panot (94), Loïc Prud’homme (33), Adrien Quatennens (59), Muriel Ressiguier (34), Sabine Rubin (93)

- 2 membres du PCF : Stéphane Peu (93), Bénédicte Taurine (09)

- 1 membre d’Ensemble : Caroline Fiat (54))

Par ailleurs, 9 autres députés avaient été élus sans candidat de France insoumise face à eux au premier tour :

- 6 membres du PCF : Alain Brunel (59), Marie-George Buffet (93), Jean-Paul Dufrègne (03), Sébastien Jumel (76), Fabien Roussel (59), Hubert Wilfranc (76)

- 1 membre d’Ensemble : Clémentine Autain (Ensemble) investie par la France insoumise

- François Ruffin (80) investi par la France insoumise

- Huguette Bello et Jean-Hugues Ratenon (La Réunion)

4 députés PCF ont été élus alors qu’ils avaient un candidat France insoumise face à eux au premier tour : André Chassaigne (63), Elsa Fauçillon (92), Jean-Paul Lecoq (76), Fabien Roussel (62)

Les 12 membres du parti de gauche, les 2 membres d’Ensemble, Bénédicte Taurine (PCF), Jean-Hugues Ratenon, et François Ruffin devraient constituer un groupe « France insoumise » de 17 membres.

En revanche, Stéphane Peu, signataire de la charte France insoumise (qui impliquait de siéger dans le groupe France insoumise), devrait siéger dans le nouveau groupe « PCF + ultra-marins », constitué par 11 députés PCF (Stéphane Peu + 6 députés PCF élus grâce au retrait de FI + 4 députés PCF élus face à FI) et 4 députés ultra-marins : Huguette Bello (Réunion), Bruno Nestor Azerot et Jean-Philippe Nilor (Martinique) et Gabriel Serville (Guyane).

Ces 4 députés ultra-marins siègent déjà actuellement dans le groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine) à l’assemblée. Ils avaient voté contre le mariage pour tous, et 2 (Azérot et Serville) ont même voté la confiance à Valls en 2014 ! 

Le PCF est donc prêt à s’allier à n’importe qui pour ses intérêts boutiquiers, au prix d’une incohérence politique pitoyable. Le PCF ne cesse d’en payer le prix mais il continue sur la même voie.

http://tendanceclaire.org/

Lire aussi:

Recomposition à gauche: la France Insoumise et le PCF auront des groupes parlementaires séparés à l’Assemblée (Révolution Permanente)

Lire la suite

21 juin 2017 ~ 0 Commentaire

démissions (npa)

modem

Gouvernement : déjà 4 démissions, en espérant son enterrement

Cela fait à peine un mois que le gouvernement est en place, et quatre ministres ont déjà démissionné dans des affaires de détournement de fonds. Décidément, avec Macron, la nouvelle politique ressemble à l’ancienne… En pire !

Richard Ferrand, ancien député PS, a été sorti de son ministère de la « Cohésion des territoires » (??) dans le cadre des enquêtes sur l’absence de déclaration d’assistants parlementaires et sur des conflits d’intérêts dans l’affaire des Mutuelle de Bretagne. Macron lui aurait prié de briguer la présidence du groupe La République en marche (LRM) à l’Assemblée : un poste clé pour un personnage qui manifestement n’hésite pas à magouiller !

Sylvie Goulard, ministre des Armées et ancienne députée européenne Modem a annoncé sa démission du gouvernement hier… « Dans l’hypothèse où l’enquête préliminaire visant le MoDem conduirait à vérifier les conditions d’emploi de mes assistants au Parlement européen, je souhaite être en mesure de démontrer librement ma bonne foi et tout le travail que j’y ai accompli. »

Ce mercredi matin, ce sont François Bayrou et Marielle de Sarnez qui ont annoncé leur démission du gouvernement… Cette dernière devrait prendre la tête du groupe Modem à l’Assemblée. Pour les deux, la décision est liée à l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen qui vise le MoDem.

Le résultat concret, ce sont quatre démission au gouvernement après un peu plus d’un mois. Macron a essayé de faire croire qu’il allait changer la politique, mais en réalité, ce gouvernement empire encore les choses par rapport aux pratiques des gouvernements précédents.

Macron a remplacé un personnel politique installé, corrompu par l’intégration dans les institutions, par un autre personnel, davantage lié aux milieux d’affaires privés.

Concrètement, il n’y a aucun ouvrier à l’Assemblée et moins de 9 % d’employés… alors que ces deux catégories représentent la moitié de la population active…

Profiter des brèches

Le problème, ce n’est pas de remplacer le PS ou LR par LRM, de remplacer les notables de ces vieux partis par de nouveaux. D’ailleurs, une bonne partie d’entre eux s’est recyclée dans le parti de Macron, en général les plus magouilleurs et les plus liés aux intérêts privés.

Le problème, ce serait d’en finir avec la 5e République, basée sur la monarchie prési- dentielle, et d’imposer la révocabilité des élus, que leur salaire soit limité à 2200 euros, la proportionnelle intégrale, la suppression du Sénat, l’interdiction du cumul des mandats et leur limitation dans le temps. Cela afin d’empêcher que l’État ne constitue une couche séparée de la société, sans contrôle des travailleurs, et donc en dernière instance liée à la classe qui possède les grands moyens de production.

Ces quatre démissions nous montrent un point important pour la prochaine période : malgré sa forte majorité à l’Assemblée nationale, le gouvernement n’est pas intouchable, il peut être mis en difficulté. Cela permet d’espérer le déstabiliser par les mobilisations contre les attaques contre le droit du travail et la Sécu, l’état d’urgence permanent et la sélection dans les universités.

Mercredi 21 juin 2017 Antoine Larrache

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Opérations de blanchiment en cours… (NPA)

Lire la suite

21 juin 2017 ~ 0 Commentaire

civils (npa)

Marx-mode-d-emploi

La fumisterie de la “société civile”

Les « macroniens » n’ont que l’expression « société civile »à la bouche : la France se diviserait désormais entre la « société civile » et… on ne sait trop qui. Les ouvriers (est-ce que ça existe encore d’ailleurs ?), les travailleurs sont supposés danser une joyeuse farandole avec patrons et traders…

L’Insee vient de publier des données sur l’année 2016 dans une nomenclature dont on peut contester les frontières mais qui n’empêche pas ces chiffres d’être fort intéressants.

Les ouvriers représentent 20,3 % des salariéEs et les employéEs 27,4 %. Au total, ces caté- gories professionnelles clairement à la fois exploitées et subordonnées dans leur travail regroupent donc 47,4 % des actifs. Mais ce n’est pas tout : ce que l’Insee qualifie de « profes- sions intermédiaires » représentent 25,8 % des actifs. L’Insee y classe des travailleurs exerçant des métiers comme les infirmières, les techniciens, les enseignants du premier degré, etc. On arrive ainsi à trois quarts des actifs qui n’ont clairement que la vente de leur force de travail pour vivre. Et il en est de même pour une partie des « cadres et professions intellectuelles supérieures » (17,8 % des actifs), même si les choses deviennent plus compliquées à ce niveau.

Il ne s’agit pas d’un simple exercice abstrait de classement fait par une bande de gauchistes camouflés en statisticiens.

Ces catégories socio-professionnelles (pour reprendre la terminologie Insee) se reflètent dans les inégalités de revenus (le salaire net moyen des ouvrierEs et employéEs à temps plein ne dépasse pas 1 700 euros par mois), d’espérance de vie (l’espérance vie en bonne santé d’un ouvrier homme est de 59 ans… contre 69 ans pour un cadre), de risques pour la santé au travail, d’accès des enfants à l’enseignement supérieur, etc.

Et derrière tous les baratins sur le « renouvellement », une chose demeure :

« Le prolétariat, la classe des ouvriers modernes qui ne vivent qu’à la condition de trouver du travail et qui n’en trouvent que si leur travail accroît le capital », comme l’a écrit Marx, reste écarté de la représentation politique : il y a zéro ouvrier à l’Assemblée nationale, et moins de 9 % qui se déclarent employéEs. Alors qu’il y a près de la moitié d’ouvrierEs et d’employéEs dans la société !

Mardi 20 juin 2017

https://npa2009.org/

Lire la suite

21 juin 2017 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (npa)

 Lire aussi:

Contre le gouvernement Macron, l’extrême droite et tous les réactionnaires, reprenons la rue ! (NPA)

Droit du travail : Construire la mobilisation (NPA)

Lire la suite

20 juin 2017 ~ 0 Commentaire

la gauche (npa)

la gauche

Un champ politique bouleversé et instable, des affrontements qui s’annoncent

cranes ps

Parti socialiste : « pasokisation » ou simple éclatement ?

D’abord souligner que le premier tour des législatives a confirmé la bérézina en cours. Alors que les projections pour le second tour ne créditent pas le PS de plus d’une trentaine de dépu- tés, l’élimination dès le premier tour de l’ancien candidat à la présidence, Benoit Hamon, et l’écrasement (9 % des voix !) du premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, dans la circonscription très à gauche de la capitale qu’il avait représentée à l’Assemblée nationale pendant 25 ans, sont hautement symboliques.

Du point de vue de l’appareil, les conséquences sont évidemment catastrophiques. Ce ne sont pas seulement près de 300 députés qui vont « perdre leur travail » mais, avec le plan de super-austérité qui va devoir être appliqué, des centaines voire milliers d’attachés parlementaires et de permanents. Le siège de Solférino serait d’ailleurs bientôt mis en vente. Or, s’il n’y a plus d’appareil, qu’est-ce qui pourrait pousser des socialistes aux positions sou- vent diamétralement opposées à demeurer ensemble ?

Et comment continuer avec un parti d’élus qui n’aurait plus d’élus ?

Dans cette situation, la question est de savoir si, comme dans le cas du PASOK en Grèce, il restera après l’effondrement un tronc commun plus ou moins large ou si le PS va simplement disparaître après avoir explosé en plusieurs morceaux. Les macronistes ou Macron-compa- tibles qui ne sont pas encore partis (il en reste un bon nombre) hésitent entre s’en aller rejoin- dre REM ou constituer une force d’appoint post-socialiste à la majorité présidentielle. « Les résultats des socialistes doivent être regardés avec lucidité et il faudra en tirer toutes les conclusions au lendemain du second tour, pour rebâtir la gauche de gouvernement sur des bases saines et rénovées », a déclaré l’un d’entre eux, l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve.

De leur côté, les hamonistes affirment vouloir maintenir et refonder un PS recentré sur ses « valeurs », donc débarrassé de ceux qui soutiennent ou soutiendront le gouvernement Macron-Philippe. Dans leur idée, une telle formation irait d’eux-mêmes jusqu’à Cambadélis en passant par Martine Aubry, Anne Hidalgo, Najat Vallaud-Belkacem… Resterait alors à entre- prendre une cure d’opposition, tout en espérant un essoufflement ou une crise du mouvement de Mélenchon, qui par définition, n’entend ni ne peut s’allier à quiconque au sein d’une même formation politique. La suite bientôt… avec dans tous les cas des jours agités.

jean_luc_melenchon3

Les problèmes de Mélenchon

Au delà du projet et à la « philosophie politique » de Mélenchon et de sa France Insoumise, ce que l’ on peut ajouter sur la base des premiers enseignements des législatives, c’est peut-être une réflexion sur les contradictions qui les travaillent.

Jean-Luc Mélenchon a eu un premier gros problème au soir du 23 avril. Il s’y voyait déjà, s’y voyait tellement (après avoir poussé à l’extrême l’idée de « la gagne », inaugurée par les antilibéraux de l’avant-présidentielle de 2007 et reprise par le Front de Gauche en 2012) que son élimination, pourtant logique dans les conditions de rapports de forces électoraux qui prévalaient, a semblé le tétaniser en le rendant plus amer et agressif que jamais, là aussi, en sapant des efforts sinon de « dédiabolisation », du moins destinés à le faire apparaître sous un jour plus avenant.

Mélenchon et son équipe se sont cependant repris avant les législatives, mais ils se sont alors trouvés confrontés à un deuxième problème : la campagne présidentielle avait été si personnalisée (et personnaliste) que les candidats FI aux législatives, dans leur grande majo- rité, s’avéraient incapables de se hisser à la hauteur électorale du Chef. Résultat, la FI a beau- coup perdu par rapport à la présidentielle, près de huit points, tout comme le Front National. La France Insoumise aura des élus (dont probablement Mélenchon), peut-être même un groupe parlementaire avec le renfort de quelques députés PCF, mais beaucoup moins que ce qu’elle espérait au départ.

C’est toutefois maintenant, à l’issue de la séquence électorale et de l’enthousiasme qu’elle a suscitée dans une formation fondamentalement électoraliste, que la principale difficulté va se présenter.

La France Insoumise a été mise en place d’en haut comme un « mouvement » non ou anti- parti, tout dévoué à la vocation présidentielle du Chef, sans aucune structure d’élaboration et de débat démocratiques. Mais si elle veut se pérenniser, elle sera obligée de mettre en place un type d’organisation collective laissant aux militants des possibilités de s’exprimer.

Aucune formation, pas même le FN, ne peut fonctionner en suivant la seule parole du Chef. Même les partis staliniens organisaient des congrès, certes absolument contrôlés, totalement antidémocratiques, mais qui dans leur cas permettaient de mesurer à un moment donné des rapports de forces intra-bureaucratiques. En Espagne, Podemos a comme la FI une base idéologique populiste et des conceptions organisationnelles verticalistes, mais des opinions différentes peuvent s’y exprimer et son deuxième congrès a même donné lieu à la formation de trois tendances.

Rien de tel dans la France Insoumise. Ni congrès, ni orientation discutée et votée collectivement, ni même direction élue, le Chef nommant de sa propre autorité son équipe rapprochée. Or une forme politique pérenne ne peut être qu’une structure collective autorisant des débats, ayant des congrès avec des délégués et des dirigeants élus. Ce qui implique nécessairement d’accepter que puissent s’exprimer des opinions différentes voire dissidentes (même si au Parti de Gauche, prédécesseur de la FI et qui, lui, tenait des congrès, la direction avait l’habitude de couper toutes les têtes qui dépassaient). Cette question de la pérennité et donc de la structuration, démocratique ou non, est la grande question posée aujourd’hui à Mélenchon et à son équipe. S’ils ne parviennent pas à lui trouver une réponse un peu cohérente, leur « mouvement » risquera assez vite de s’évaporer.

CVT_Le-couteau-entre-les-dents--70-ans-daffiches-com_8914

PCF, la descente aux enfers continue

Avant de conclure, quelques mots sur la situation du Parti Communiste Français. La tactique mélenchoniste du « casse-noix » a fonctionné avec le PS, qui s’est effectivement retrouvé broyé entre les deux mâchoires Mélenchon et Macron de la tenaille. Mais elle a également donné des résultats avec le PCF, incapable de définir une politique claire par rapport à la présidentielle, un vote serré de ses militants ayant décidé de soutenir le candidat de la FI, en désavouant la position majoritaire de la direction.

Les comparaisons avec 2012 sont difficiles (puisque les candidats PCF se présentaient alors sous l’étiquette Front de gauche), mais une certitude est que la dégringolade électorale de ce parti se poursuit. 6,91 % au premier tour de 2012 pour le Front de Gauche (avec une grande majorité de candidats communistes), et dix députés élus dont neuf membres du PCF, mais seulement 2,72 % pour les candidats du PCF en 2017 ; la future représentation parle- mentaire de ce parti, si importante à ses yeux, risquant d’être réduite de moitié, si ce n’est plus.

Contradictoirement, ce parti reste celui qui conserve le plus de militants dans les grandes entreprises ainsi que dans certains quartiers populaires, mais de plus en plus divisés et de moins en moins influents dans les organisations syndicales. Le déclin se poursuit irréversiblement et la question de la survie est, là aussi, posée.

Construire enfin un parti des travailleurs ?

L’extrême gauche (Lutte ouvrière au niveau national, ainsi que le POID dans 64 circons-criptions et le NPA dans 27) a fait nationalement aux législatives un score faible (0,77 %, contre 1,73 % à la présidentielle pour Philippe Poutou et Nathalie Artaud), mais qui traduit la persistance d’un courant de lutte de classe et révolutionnaire.

Alors que la vieille « gauche » est en train de s’étioler ou d’imploser, ou comme la France Insoumise de préparer les conditions d’une explosion future, alors que dans le même temps la mobilisation et la  radicalisation sociales s’accentuent et s’étendent, les révo- lutionnaires ont plus que jamais la responsabilité de proposer une alternative : un grand parti des exploités et des opprimés, indépendant et opposé à toutes les solutions de collaboration de classes, qui serve à la fois pour faire avancer nos luttes quotidiennes et pour développer une perspective de société alternative, fondée sur la socialisation, l’appropriation collective de l’économie et de la vie publique.

« Vaste programme », certes. Mais il n’y en a pas d’autre viable et c’est maintenant qu’il faut se mettre à la tâche.

Jean-Philippe Divès

Commentaire: Pour lire « La droite » également

Lire la suite

20 juin 2017 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

NPA

npa 29 vertic

Contre cette majorité macroniste mal élue, résister et construire une opposition de rue

Avec son calendrier qui transforme les législatives en troisième et quatrième tour de la pré
sidentielle, le système électoral à fait son œuvre. Boosté par l’élection de Macron, La Répu- blique en Marche (LREM) et ses 309 éluEs n’a même pas besoin des 42 du Modem pour avoir la majorité absolue à l’Assemblée nationale…

Le néolibéralisme a, au moins formellement et temporairement, trouvé son personnel politique, son « parti-entreprise », avec son chef tellement médiatique, sa communication et ses éléments de langage, son service RH et son casting du « renouvellement ».

Très majoritaire certes, mais plus encore illégitime

Mais ce n’est rien de dire que Macron, s’il a une nette majorité parlementaire, est loin d’avoir la légitimité pour mettre en œuvre sa contre-révolution libérale et autoritaire. Avec 56,6 %, l’abstention bat tous les records historiques. Près de six inscritEs sur dix qui ne sont pas allé voter. Le gouffre entre la représentation politique et la population n’a jamais été aussi profond.

La crise démocratique est loin d’avoir été réglée par cet épisode électoral. Celui-ci n’en constitue qu’un nouvel épisode, mais un épisode ravageur pour les deux partis piliers du système institutionnel qui se sont succédés au gouvernement pour mener des politiques antisociales, productivistes et antidémocratiques.

« La fin d’une époque » Avec 126 sièges, le groupe LR-UDI peut sembler sauver les meubles, mais ce serait oublier que la droite espérait, en toute logique d’alternance, sortir triomphante de la présidentielle, puis des législatives. Mais ça, c’était avant… Et la crise est loin d’être achevée : la droite pourrait se scinder en deux groupes, l’un d’opposition à la majorité macroniste, l’autre « constructif » et prêt à voter la confiance au gouvernement.

C’est Valérie Pécresse qui résume le mieux la situation de la droite : « Ce n’est pas une défaite, c’est la fin d’une époque. (…) Il faut tout refaire du sol au plafond »… Ce constat sans appel s’applique aussi, et plus encore, au Parti socialiste, qui n’aura plus que 29 députéEs, le pire résultat de son histoire. Il est purement et simplement rayé de la carte électorale dans d’an- ciens bastions comme le Nord, le Pas-de-Calais ou la Seine-Saint-Denis.

En plus d’être laminé, il est lui aussi fracturé entre les « Macron-compatibles », parfois ex-ministres comme Stéphane Le Foll ou George Pau-Langevin, toujours bénéficiaires de l’absence de candidatE LREM face à eux, d’une part. Et d’autre part, celles et ceux qui se réuniront le 1er juillet dans la perspective de créer un nouveau mouvement avec Benoît Hamon.

C’est précisément dans le Nord-Pas-de-Calais, que le Front National réalise sa plus specta- culaire percée avec cinq députés, dont sa cheffe. Globalement, l’entrée de huit députéEs FN à l’Assemblée, même si c’est insuffisant pour constituer un groupe, est un avertissement comme l’étaient les près de 11 millions de voix pour Marine Le Pen à la présidentielle. N’en doutons pas, l’extrême droite cherchera à mettre à profit cette tribune pour se présenter comme l’opposition au gouvernement.

Quelle opposition ? C’est bien cette question qui reste la plus brûlante. Pour ce second tour, nous avions appelé à voter pour les candidatEs de la France Insoumise ou du PCF, et nous saluons donc l’élection de 27 d’entre-eux et elles. Mais au-delà des problèmes politiques qui subsistent, de la division et des volontés d’hégémonie, il est évident que ce n’est pas à l’Assemblée nationale que ces prochains jours, ces prochaines semaines, ces prochains mois, va s’organiser l’opposition au macronisme.

C’est bien dans les luttes locales, dans les mobilisations nationales, dans la rue, que nous allons devoir résister à l’offensive programmée sur tous les terrains, contre la destruction du droit du travail et de la protection sociale, pour les libertés démocratiques contre l’état d’urgence à perpétuité, contre les projets productivistes destructeurs…

Ensemble, syndicalistes, militantEs politiques, défenseurEs des droits démocrati- ques, militantEs du climat, antiracistes et féministes... nous devons débattre des moyens de reprendre l’offensive, en construisant et coordonnant nos mobilisations, mais aussi en proposant, à partir de nos luttes le projet d’une société débarrassée du capitalisme, du produc- tivisme, de l’exploitation et de toutes les oppressions. C’est ce que nous proposons de débattre ensemble au plus vite, notamment par des rencontres et réunions unitaires.

Christine Poupin Mardi 20 juin 2017

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Pas d’état de grâce pour Macron (Npa)

Lire la suite

19 juin 2017 ~ 0 Commentaire

illusions 1 (npa)

jean-luc-melenchon

« Tu es la mort et le néant, fais passer »

Illusions électorales et colère sociale : les deux mamelles du succès de Mélenchon

« Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer. Nous allons tourner la page des gens qui nous ont trahis pendant cinq ans », a déclaré, jeudi 11 mai à Marseille, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, venu officialiser sa candidature aux législatives dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, où il affrontera notamment le député socialiste sortant, Patrick Mennucci.

Surfant sur la vague de son succès électoral du 23 avril, Mélenchon prétend que son mouve- ment peut obtenir la majorité à l’Assemblée et se voit déjà en premier ministre de cohabitation. Macron à l’Elysée, Mélenchon à Matignon, voilà comment du côté de l’état-major de « la France Insoumise » on envisage la suite des opérations. Rien de moins… même si l’absence d’accord national de répartition des circonscriptions avec le Parti communiste risque de rendre le pari très difficile.

Que Mélenchon n’entende jouer que sur le terrain du rapport de forces électoral et ne compter que sur ses déclinaisons institutionnelles n’est pas une nouveauté. Membre du Parti socialiste pendant plus de 30 ans, ministre, sénateur, député européen, « l’insoumis » en chef n’a jamais choisi le terrain de la rue et des grèves, mais uniquement celui des appareils, des cabinets et des hémicycles. Par contre, ce qui est nouveau, c’est l’ampleur du succès électoral et militant rencontré par son mouvement qui exprime incontestablement la rupture assumée d’une frange significative des classes populaires avec le capitalisme et ses serviteurs les plus zélés. C’est sans doute un des effets différés de la colère sociale exprimée lors des mobilisation contre la loi Travail l’an dernier, mais que Mélenchon cherche à enfermer dans une logique institutionnelle, réformiste et chauvine.

Un vote populaire et contestataire

En obtenant plus de 7 millions de voix au premier tour de l’élection présidentielle (3 millions de voix supplémentaires par rapport à 2012) et 19,5 % des suffrages exprimés, alors que le candidat du PS officiel Benoît Hamon n’en obtenait que 2,2 millions (6,3 % des exprimés), Mélenchon a effectivement contribué à l’effondrement électoral du Parti socialiste. Il avait fait le buzz en janvier dernier avec sa formule disant que Macron et lui formaient les deux branches d’un casse-noix qui allait faire « de l’huile » avec le PS. La formule s’est avérée à la fois prémonitoire et révélatrice de la nature du positionnement politique du candidat de la « France Insoumise » : ré-insuffler un espoir électoral et institutionnel à la gauche d’un Parti socialiste totalement discrédité après cinq années de gouvernement Hollande entièrement au service des riches et des puissants.

Le score de Mélenchon est le plus élevé obtenu par un candidat à la gauche du parti socialiste depuis 1969. Le candidat de la «France insoumise» s’est placé en tête dans trois départe- ments métropolitains (Seine-Saint-Denis, Ariège et Dordogne), ainsi qu’à La Réunion, en Guyane, en Martinique et à Saint-Pierre-et-Miquelon. La géographie électorale laisse appa- raître un transfert de voix significatif en sa faveur dans les territoires votant traditionnellement pour le PS, notamment dans le centre, l’ouest et le sud-ouest.

Mais surtout, ses scores ont été particulièrement élevés dans les villes ouvrières historiquement acquises au vote communiste, notamment en banlieue parisienne, mais où ce vote s’était effondré de manière continue depuis trois décennies. Les banlieues «rouges»  ont voté Mélenchon alors qu’elles ne votaient plus pour le PCF. Et si on affine encore : parmi ces villes ou départements, c’est là où les cadres et l’appareil du PC se sont ralliés le plus clairement à la « France insoumise » que les scores de Mélenchon sont encore plus élevés : c’est net quand on regarde les écarts entre le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis. Il a fait aussi de très bons scores dans certains fiefs des oppositionnels communistes, comme à Vénissieux.

Enfin, le vote Mélenchon a confirmé une tendance lancée en 2012 : celui de s’implanter aussi dans le cœur des grandes zones métropolitaines, qui n’avaient jamais été ralliées au vote communiste, avec un électorat jeune, plus diplômé que la moyenne (les deux tiers des élec- teurs Mélenchon ont un niveau égal ou supérieur au baccalauréat). Sur les 614 communes dont le nombre d’inscrits est supérieur à 10 000, Mélenchon est en tête dans 124 d’entre elles et y obtient 31,5 %.

Sur ces 124 communes, les villes PCF ou apparentées ne sont qu’au nombre de 38 (mais donnent à Mélenchon un pourcentage de 36,2 %). Selon une étude d’opinion de l’institut BVA réalisée  le soir du premier tour, Mélenchon est arrivé en tête chez les 18-24 ans (27 %), devant Marine Le Pen, et était au coude à coude avec elle chez les employés (26 %) et les bas revenus (28 %). D’après un sondage réalisé par Ipsos, il est arrivé deuxième chez les ouvriers (24 %), certes assez loin derrière Marine Le Pen (37 %), mais l’électorat de la France insoumise est numéro un parmi les chômeurs (31 %).

C’est un fait majeur des résultats de ces élections : la représentation électorale des catégories populaires n’est plus l’apanage du FN. Un quart au moins des catégories intermé- diaires, des ouvriers et des employés se sont retrouvées dans un vote réaffirmé à gauche, en rupture avec la politique ultralibérale et pro-patronale du Parti socialiste et de ses avatars.

Illusions électorales envers un « vrai gouvernement de gauche », procuration donnée à un « sauveur suprême », espoirs sincères de changement radical de société, flirt prononcé avec pas mal d’idées nationalistes et chauvines, volonté de mettre une claque bien méritée au Parti Socialiste, c’est l’ensemble de ces paramètres qui expliquent le score recueilli par Mélenchon.

Marie-Hélène Duverger Lundi 19 juin 2017

https://npa2009.org/

Lire la suite

19 juin 2017 ~ 0 Commentaire

illusions 2 (npa)

melenchon marque jaune

Hors des élections, point de salut ?

Et paradoxalement, alors que le Mélenchon de 2017 a encore plus rompu qu’en 2012 les amarres avec le mouvement ouvrier (l’interdiction des drapeaux rouges dans ses rassem- blements, la déferlante des drapeaux tricolores, les références à la « patrie chérie », son projet d’un service civique obligatoire pour « reconstruire une défense indépendante, nationale et populaire », ses propos xénophobes au sujet des travailleurs détachés…) et qu’il a fait une campagne bien moins radicale programmatiquement, il a incarné davantage la rupture avec le système pour toute une frange de celles et ceux qui détestent le Parti Socialiste, la loi Travail et son monde

Les « groupes d’appuis » de la France Insoumise, dont la création avait été annoncée le même jour que la déclaration de la candidature de Mélenchon, le 10 février 2016, ont fleuri sur l’ensemble du territoire en quelques mois, rassemblant en majorité des personnes non encar- tées politiquement jusque-là (même si les cadres sont souvent issus du Parti de Gauche) mais avec généralement une expérience syndicale ou associative (Attac, LDH, mouvements féministes…).

« J’ai des activités syndicales, mais je n’ai jamais été encartée dans un parti », témoigne par exemple Marie Duret-Pujol, maitre de conférences en études théâtrale à l’université Bordeaux-Montaigne et candidate aux législatives dans la 6e circonscription de Gironde. « Le déclencheur, ça a été la loi Travail, et le fait d’avoir autant manifesté pour se voir ensuite imposer ce texte par 49-3. J’ai aussitôt rejoint un groupe local de la France insoumise. Le fait de se présenter aux législatives ne correspond pas à un plan de carrière, mais à la volonté d’avoir une parité réelle, car le vivier de notre circonscription manquait de femmes. J’ai fait ce choix en sentant le mouvement s’amplifier dès l’automne. Il y avait une quarantaine de militants quand j’ai été cooptée, on doit être aujourd’hui une soixantaine. »

L’adhésion au mouvement, en ligne (non soumise à un versement obligatoire de cotisation) par le biais d’une plate-forme numérique (conçue par NationBuilder, une entreprise américaine spécialisée et dont Trump a lui aussi utilisé les services lors de sa campagne en 2016), la possibilité d’être alors mis rapidement en contact avec d’autres « Insoumis » proches de son lieu d’habitation pour effectuer des activités militantes ou se réunir, ont séduit des centaines de milliers de personnes.

La France Insoumise revendiquait au début du mois de mai plus de 500 000 partici- pants à ses groupes d’appuis. Si l’on prend en compte les abonnés à la chaîne Youtube de Mélenchon, qui dépassent les 230 000, ceux qui le suivent sur Facebook (600 000) et les 900 000 qui le suivent sur Twitter, on mesure l’ampleur de l’audience politique acquise depuis un an.

Mais entre une audience médiatique et électorale et la constitution d’une force politique structurée et centralisée, il y a de nombreux pas… que Mélenchon ne veut pas faire franchir à ses soutiens, car il est fondamentalement dans la recherche de l’hégémonie à gauche dans les élections. Sa déclaration le soir du premier tour, ponctuée d’aucune manifes- tation de satisfaction malgré un score inédit, et au contraire pleine de rancœur, allant jusqu’à remettre en cause la fiabilité des résultats électoraux, a désarçonné  un nombre significatif de ses électeurs, ceux qui considéraient le vote pour Mélenchon comme un encouragement  pour les luttes futures et, avant tout, utile à faire se matérialiser un camp totalement opposé et à Macron et à la droite et à l’extrême droite, et pas uniquement comme un marchepied vers le pouvoir pour le candidat.

De quoi est faite « l’insoumission » façon Mélenchon

Mais pour celui qui s’est effectivement attribué le nouveau leadership de la gauche institution-nelle, qui a martelé les semaines précédant le premier tour qu’il était tout à fait capable de gouverner la France (et qu’il « n’était pas d’extrême gauche » !), la non-qualification pour le second tour de la présidentielle est un échec, et il n’a pas pu le cacher.

Quand on prétend réformer le système ou améliorer les conditions de vie de la population par la voie électorale, encore faut-il pouvoir remporter les élections. I

nterrogé par Jean-Jacques Bourdin, le 10 mai, Jean-Luc Mélenchon a reconnu que son absence du second tour avait été pour lui une réelle désillusion : « je ne vais pas vous raconter d’histoires. Comme je suis un homme méthodique (…) j’avais donc commencé à réfléchir à la façon avec laquelle je procéderais. Par conséquent, j’ai dû descendre de deux marches (…) Ecoutez, à 600 000 voix, le destin vous passe au ras des doigts ! Vous ne pouvez autrement que d’avoir de la déception. »

Mélenchon n’a pas « de pudeur de gazelle » quand il parle de son « destin »… le même que celui envisagé par bien d’autres politiciens bourgeois. Les élections législatives lui donnent une seconde chance sur ce terrain et du coup, pas question de la moindre entente au niveau national avec le PCF : la lutte pour les places remplace la lutte des classes. Au passage, tant pis pour celles et ceux qui défendaient la nécessité de candidatures unitaires de l’ensemble des forces qui avaient rallié la candidature Mélenchon (Ensemble, PG et PCF pour les plus importantes d’entre elles).

Si Mélenchon veut remplacer le PS, c’est normal qu’il veuille continuer le boulot d’éradication du PCF entamé par Mitterrand !

Il faudra étudier avec attention les scores de la France Insoumise les 11 et 18 juin, dont les candidats seront quasi systématiquement en lice contre des candidats du PC, ce qui sera une première pour la mouvance de Mélenchon… Lui le conçoit comme la marche vers le pouvoir, c’est loin d’être certain et plus dure pourrait être la chute.

Marie-Hélène Duverger

https://npa2009.org/

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin