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26 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (rue 89)

Manif 12 avril 2014 Paris

Philippe Poutou et Bordeaux en Luttes prêts à cogner tous azimuts

Alliance du NPA et du collectif Bordeaux Debout, soutenu par la France insoumise, la liste de gauche radicale veut donner un débouché politique local au mouvement social. Elle écarte d’office tout soutien à Bordeaux Respire, la liste de l’écologiste Pierre Hurmic.

Présenter la liste Bordeaux en luttes ce vendredi 24 janvier, « jour de grève nationale et de manifestation, ça nous correspond totalement », démarre Philippe Poutou à l’Utopia. « On est tous investis dans la contestation contre la réforme des retraites et avec les Gilets jaunes, poursuit le syndicaliste de la CGT Ford. C’était con qu’on n’arrive pas à concrétiser sur le terrain électoral les liens tissés sur le terrain. »

Car l’union de la gauche radicale a bien failli ne pas voir le jour – le NPA (nouveau parti anticapitaliste) de Poutou et Bordeaux Debout, un collectif animé notamment par les membres de la France insoumise, étaient à deux doigts de faire liste à part.

Anticapitalisme municipal

Finalement, ils ont conclu une « plateforme d’accord », où « Bordeaux en Luttes » s’affiche comme une liste « de militant(e)s ou sympathisant(e) d’organisations politiques, syndicales, associatives révolté(e)s par la société actuelle (…). Nous sommes anticapitalistes parce que nous luttons contre ce système qui exploite sans limite la majeure partie de l’humanité et la nature. »

Aux côtés de Philippe Poutou, candidat aux municipales à Bordeaux en 2014 (2,5%) entre ses deux tentatives aux présidentielles, cinq premiers candidats ont été présentés la presse.

Chapelle sans catho basque

Parmi eux, Antoine Boudinet, étudiant et militant du collectif des « Mutilés pour l’exemple » – il a perdu une main dans l’explosion d’une grenade, le 8 décembre 2018 à Bordeaux lors d’une manifestation des Gilets jaunes et Sylvie Nony, universitaire et membre d’Alerte Pesticides Haute Gironde et de Bordeaux Debout.

« On représente un espoir car les autres candidats n’étaient pas là pendant les manifs, dit cette dernière. Certains attendent beaucoup de nous et ont poussé pour qu’on sorte de nos chapelles. »

Mais pas trop quand même… Le texte d’accord acte ainsi que Bordeaux en Luttes « ne soutiendra pas, en aucun cas, ni ne fusionnera avec la liste Bordeaux Respire lors d’un second tour éventuel, que nous y soyons ou pas ». Philippe Poutou s’en justifie ainsi :

« On ne divise en rien car les candidats déjà en lice n’ont rien à voir avec nous. Ce sont des représentants des possédants, de la bourgeoisie bordelaise, ils sont tous libéraux. Ils représentent un autre camp social. »

Alors que la France insoumise n’écartait pas l‘option d’un rapprochement avec les écologistes, Bordeaux en Luttes ferme la porte à Pierre Hurmic et ses alliés socialistes. Le premier, surnom-mé le « catho basque », « n’a jamais été là ni dit un mot pour soutenir le combat des Ford, il est du mauvais côté de la barrière », selon Philippe Poutou. Les seconds ont « trahi » et leur passif (loi travail sous le quinquennat Hollande, cogestion avec la droite au niveau métropolitain) ne passe pas à l’extrême-gauche.

La dialectique peut-elle casser des briques ?

Celle-ci ne craint-elle pas de contribuer au maintien de la droite à la mairie de Bordeaux, même si elle « étouffe la ville » depuis 75 ans ? Le leader des Ford Blanquefort ne voit de différences entre ses rivaux, et ne se projette ni dans une victoire ni dans quelque accord incontournable pour gérer la ville, et a fortiori la métropole.

Car à quoi bon remporter des élections municipales qui « pas plus que les autres, ne modifient le système dominant »… Derrière cette dialectique toute trotskiste, l’accord de Bordeaux en Luttes ajoute néanmoins que ce scrutin permet « de montrer que des solutions concrètes aux problèmes des habitante(e)s d’une ville passent par d’autres choix ».

Lesquels ? Le programme, qui sera en construction tout au long de la campagne, revendique d’emblée une « démarche d’exigence démocratique », à travers le référendum d’initiative communale ou les conseils de quartier décisionnaire – notamment dans ces quartiers populaires dont Bordeaux en Luttes rêve de susciter la participation.

Pose ton gun

A l’instar de la gratuité des transports en commun, mantra de la FI pour les municipales, Philippe Poutou souhaite en outre que « tout l’argent de Bordeaux réponde aux besoins des plus pauvres », que plus personne n’y dorme à la rue, ou que les services publics (eau, transports, énergie, logements, déchets…) soient gérés en régie.

Enfin, l’équipe de Bordeaux en Luttes réclame « une enquête indépendante pour vérifier les agissements du préfet Lallement » pendant le mouvement des Gilets jaunes. « Si un préfet peut faire ce qu’il veut, envoyer les blindés, il y a un problème politique, estime l’ancien candidat à l’Elysée. C’est aussi pour cela que nous sommes contre l’armement de la police municipale. »

Créditée de 6% avant même d’entrer en campagne, la liste Bordeaux en Luttes a en revanche bien l’intention de défourailler.

Simon Barthélémy 25/01/2020

https://rue89bordeaux.com/

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26 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

macron (essf)

president_macron

En lutte pour les retraites

Le mouvement se poursuit, l’isolement de Macron aussi

Depuis le 20 janvier, le mouvement pour le retrait du projet Macron-Philippe de contre-réforme des retraites est entré dans un deuxième acte.

Malgré, ces derniers jours, l’arrêt de la grève reconductible à la SNCF et à la RATP, la mobili-sation est loin de s’éteindre et les centaines de milliers de manifestant-e-s du 24 janvier ont clairement affirmé dans les rues être déterminé-e-s à se battre encore pendant plusieurs semaines.

En effet, la journée du 24 janvier, appelée par l’intersyndicale a encore été le témoin de cette forte mobilisation avec, dans la plupart des villes, un net regain du nombre de manifestant-e-s une fois et demie supérieur, en moyenne, au 16 janvier.

Même si cette mobilisation a été inférieure aux deux grosses manifestations de décembre 2019, et malgré l’arrêt de la grève reconductible dans les transports, l’ambiance était quasi-ment partout combative, joyeuse et déterminée. Beaucoup de cheminot-e-s et d’enseignant-e-s dans les manifs, mais aussi du reste de la Fonction publique, de l’Energie, des Ports et Docks, de la culture… Et beaucoup d’avocats.

Le gouvernement et les médias dévoués à sa cause voudraient bien faire comme si l’épisode de la contestation de sa contre-réforme était clos. Le gouvernement et le patronat cultivent ces derniers jours la répression patronale et policière contre des animateurs et animatrices du mouvement, et s’insurgent contre les dérives radicales du mouvement.

Mais ni le climat politique ni les nouvelles informations sur le contenu réel de son projet ne lui apportent la moindre sérénité.

Aucun ministre, et encore moins Macron lui-même ne peuvent participer tranquillement à une inauguration ou une manifestation publique sans rencontrer l’hostilité populaire. Emmanuel Macron et sa femme, eux-mêmes, ont dû s’enfuir piteusement du théâtre parisien où ils assistaient à une représentation le 18 janvier : plusieurs dizaines d’opposants à sa réforme s’étaient rassemblés devant le théâtre.

De même, plusieurs permanences de députés En Marche ont été taguées ces dernières semaines, comme il y a un an, lors des importantes mobilisations des Gilets jaunes.

L’hostilité à la contre-réforme ne faiblit pas, bien au contraire, elle progresse dans l’opinion. Plusieurs sondages indiquent que près de 2/3 de la population veut le retrait pur et simple du projet de Macron et l’inquiétude gagne quant aux conséquences de la réforme.

Au fur et à mesure que sont révélés de nouveaux éléments de ce nouveau système, le rejet s’accroît. Purement et simplement, Macron et son gouvernement ont totalement perdu cette bataille politique : leur projet est désormais bien connu et totalement impopulaire.

Cette impopularité, concerne évidemment tous ceux et toutes celles qui, subissant une pénibilité non reconnue, devraient travailler deux ou trois ans de plus pour toucher une retraite dont ils ne connaîtraient pas le montant.

La ministre du Travail a clairement indiqué qu’elle refuserait de rétablir les critères de pénibilité supprimés par Macron en 2017, à la demande du patronat. Ces critères accordaient (de façon très sélective par ailleurs) des départs anticipés pour manutention de charges, postures péni-bles, exposition à des vibrations mécaniques, à des agents chimiques dangereux. Cela concerne des ouvriers et techniciens de l’industrie, des personnels de santé, des salarié-e-s du bâtiment, entre autres.

Ces derniers jours, le ministre de la Fonction publique a clairement annoncé que, tout en accordant des dérogations aux personnels des forces de répression, aux douaniers et aux pompiers, il supprimait purement et simplement les « catégories actives » présents dans les Fonctions publiques (permettant jusqu’à aujourd’hui un départ anticipé), à l’instar des égoutiers, qui ont un taux de mortalité précoce très élevé, et 7 ans d’espérance de vie inférieure à la moyenne des ouvriers (17 inférieures à celle des cadres).

Tout le monde a à perdre. La réprobation est massive chez les avocats, et se traduit par des dizaines de « jets de robe noire », manifestation symbolique dont la ministre de la Justice a fait elle-même les frais à Caen début janvier.

Ces manifestations de jets d’outils, de blouses, d’instruments de travail, se sont multipliées de la part des agents hospitaliers, des contrôleurs du travail, des enseignants. Dans de nombreu-ses manifestations, des groupes de femmes habillées en « Rosie the riveter » (image de l’ouvrière américaine de l’industrie de l’armement pendant la Deuxième Guerre mondiale) organisent des flash mobs et chantent une chanson détournée par l’association ATTAC pour dénoncer les diminutions programmées des retraites des femmes.

Dans un tout autre registre, une critique frontale du projet vient même d’un côté où on l’attendrait le moins, celui de l’armée.

Le Conseil supérieur de la fonction militaire, organisme très officiel de concertation avec le Ministère, vient de publier une lettre catégorique. Alors que les militaires et gendarmes semblaient épargnés par le régime « universel », ce Conseil déclare tout bonnement ne pas pouvoir donner un avis favorable au projet, « la mise en place d’une règle de calcul assise sur l’ensemble de la carrière et non plus sur les six derniers mois engendrera inexorablement une baisse des pensions », jusqu’à 20% selon leurs calculs.

Nouveau camouflet

Le Conseil d’État, la plus haute instance du droit administratif, devant donner un avis consultatif sur tout projet de loi, vient de rendre un avis très négatif sur le projet de loi des retraites.

Il critique frontalement un projet de loi « avec des projections financières douteuses », un recours ultérieur à des dizaines d’ordonnances non encore écrites. Mais, sur le fond, il indique que le nouveau système ne peut se prévaloir de « l’universalité » et de l’égalité de traitement, puisqu’il prévoit en son sein cinq régimes différents (fonctionnaires, magistrats, et militaires, marins, salariés agricoles et exploitants agricoles) et de nombreuses règles dérogatoires dans ces 5 régimes.

De plus, il lance deux bombes à retardement dans le jardin du gouvernement. Le Conseil rappelle que la loi ne peut pas prévoir des dispositions qui seraient adoptées ultérieurement, dans une autre loi, concernant la revalorisation des salaires des enseignants et il indique aussi que le projet ne peut pas prévoir de subventionner la Caisse de retraite complémentaire des navigants.

Sur ces deux derniers points, ce sont deux piliers de l’échafaudage branlant du gouvernement qui sont sapés : ceux visant à calmer les enseignants et les personnels navigants.

De plus, les gestionnaires de l’actuel système collectif de retraite complémentaire (ARRCO-AGIRC) viennent de calculer que le futur régime, avec l’arrêt des cotisations des hauts salaires ( supérieurs à 1,2 millions euros par an) va générer un déséquilibre de 3,7 milliards annuel pendant 15 ans. Il faudra en effet continuer à payer des pensions élevées pour des cadres retraités, alors que les cadres actifs auront supprimé toute une part de leurs cotisations.

Donc, politiquement, ce gouvernement n’a pas repris son souffle, tout en voulant liquider très vite un dossier qui devait être pour lui un triomphe social.

Un autre piège qu’il s’est lui-même tendu approche aussi à grands pas : celui de la Conférence sur le financement, manœuvre trouvée début janvier pour rompre son isolement et obtenir l’aval de la CFDT et de l’UNSA.

Nous sommes déjà devant un paradoxe : le gouvernement est confronté à un mouvement de grande ampleur et avance sa volonté de négocier… avec les deux seuls syndicats qui ne sont pas partie prenante de la mobilisation !

Mais le piège va se refermer rapidement puisque cette conférence ne pourra que remettre en selle « l’âge pivot à 64 ans » forçant partir en retraite deux ans plus tard, ou allonger le nombre d’années travaillées nécessaires pour partir à la retraite (43 ans aujourd’hui). Deux épées de Damoclès sur les salarié-e-s partant en retraite à partir 2022.

Au total, nous sommes donc bien loin de l’habillage de la propagande gouvernementale vantant un projet de justice sociale et limité à la suppression des « 42 régimes spéciaux ». Mais cet isolement politique, ce rejet majoritaire du projet de Macron, cette mobilisation de centaines de milliers de salarié-e-s et militant-e-s du mouvement social ne créent toujours pas le rapport de force suffisant pour faire céder Macron.

On paye aujourd’hui l’absence de préparation de cette bataille, dès septembre, dans beaucoup de secteurs professionnels, à l’inverse de ce qui a été le cas à la SNCF et à la RATP. Il n’y avait pas, jusqu’à peu une large conscience des conséquences désastreuses de cette réforme, y compris dans des secteurs de la Fonction publique ou de l’Energie, des grandes entreprises de l’automobile, de l’aéronautique ou de la Chimie qui pourraient peser dans le rapport de force.

De nombreux secteurs des ports et de l’énergie sont entrés en mouvement ces derniers jours, mais avec un réel décalage par rapport au ferroviaire. L’enjeu des semaines à venir est d’entretenir et approfondir l’isolement politique du gouvernement, par de nombreuses actions spectaculaires, des blocages, des manifestations, occupant le maximum d’espace politique.

Et propager de façon la plus unitaire possible les solutions indispensables pour en finir avec des vies de précarité et de bas salaires débouchant sur des retraites de misère. Ce travail est celui que mènent systématiquement des dizaines de milliers de militant-e-s, véritable avant-garde politique de ce mouvement, présent dans les interpros et intersyndicales de terrain.

Mais toutes et tous sont aussi conscients de développer des grèves dans des secteurs, du secteur public notamment, qui n’ont pas sur les épaules de nombreux jours de grève ces dernières semaines.

Concernant le renforcement de la mobilisation et du rapport de force, Olivier Besancenot a fait la proposition ces derniers jours que l’ensemble du mouvement ouvrier se mette d’accord pour organiser une montée nationale, une manifestation à Paris organisée à partir de toutes les villes du pays pour imposer la volonté populaire du retrait de cette contre-réforme. Cette proposition va peut-être faire son chemin.

Léon Crémieux dimanche 26 janvier 2020

https://www.europe-solidaire.org/

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25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (révolution permanente)

poutou1

Affiche de 2017

Bordeaux en Luttes.

Philippe Poutou à la tête d’une liste de lutte anticapitaliste

L’ancien candidat à la présidentielle vient d’annoncer lors d’une conférence de presse le lancement d’une liste intitulée Bordeaux en Luttes pour les élections municipales qui auront lieu en mars. 

La date n’avait pas été choisie au hasard. C’est ce vendredi 24 janvier, jour de mobilisation nationale contre la réforme des retraites que le collectif Bordeaux en Luttes a décidé de lancer officiellement sa campagne des municipales. La conférence de presse donnée à Bordeaux a permis de clarifier la confusion entretenue par les grands médias sur la nature et le contenu de la liste.

La plateforme d’accord de lancement de la campagne affiche dès les premières lignes la pers-pective de la campagne : une liste du mouvement social, associant des étiquettes politiques et syndicales variées qui participent « toutes et tous aux grèves, aux manifestations et aux bloca-ges contre la réforme des retraites ». Elle affirme sa perspective anticapitaliste « parce que nous luttons contre ce système qui exploite sans limite la majeure partie de l’humanité et la nature ».

Cette liste souhaite se délimiter de tous les autres « gros » candidats qui représentent le camp de la bourgeoisie. Elle aura pour vocation de défendre les intérêts du monde du travail et des classes populaires exclus de la vie politique dominante. La liste exclut d’emblée toute possibilité d’alliance de la liste d’union de la gauche menée par Hurmic (EELV, PS, PCF, Génération.s) qui ne représente en rien une alternative au néolibéralisme et au capitalisme vert.

Pour porter cette perspective, l’ancien candidat du NPA, seul ouvrier des présidentielles, a fait l’unanimité. Philippe Poutou portera l’idée que les « élections municipales, pas plus que les autres, ne modifient l’ordre social que nous nous entendons renverser ».

Ce qui reste déterminant, ce sont nos luttes collectives et c’est en ce sens qu’une large place sera donnée au mouvement social. Si plusieurs organisations ont déjà annoncé leur soutien à la liste (FI et NPA), elle sera présentée sans logo distinctif pour incarner cette diversité.

Les axes programmatiques de la campagne porteront la question de la lutte contre les inégalités, pour une écologie « populaire » et pour une vraie démocratie qui représente les intérêts des classes populaires.

Entre autres revendications, on trouve la réquisition des logements vides, une augmentation générale des salaires, la gratuité des transports en commun ou encore une enquête indépendante sur la répression policière à Bordeaux.

Une assemblée générale de la liste sera organisée mercredi prochain pour préciser les contours de la liste et développer les points programmatiques.

vendredi 24 janvier

https://www.revolutionpermanente.fr/

Commentaire:

Révolution Permanente est un courant du NPA

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25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

syndicats (npa)

tous ensembel

Les organisations syndicales face à une nouvelle étape

Si l’envahissement des locaux de la CFDT par des grévistes de la coordination SNCF-RATP sature l’espace médiatique en même temps que l’exfiltration de Macron du théâtre des Bouffes du Nord, ce n’est pas seulement parce qu’il fournit un prétexte pour dénoncer des « violences » des grévistes, c’est aussi parce qu’il se produit à l’entrée d’un tournant dans la mobilisation.

Un an après avoir semblé définitivement marginalisées par le mouvement des Gilets Jaunes, les principales organisations syndicales se sont retrouvées en première ligne dans une mobilisation d’ores et déjà qualifiée d’historique contre la «contre-réforme» des retraites.

Désaffiliations

La perte de visibilité et de crédibilité des organisations syndicales est la conséquence d’évolu-tions largement interpénétrées. D’abord, celle de l’organisation de l’appareil économique, productif : externalisations, délocalisations, diminution de la taille des établissements assortis du bouleversement des processus de production et de précarisation de l’emploi.

De l’autre, un vaste processus de privatisations dans des secteurs qui constituaient souvent des bases essentielles des organisations syndicales et où l’introduction des méthodes managériales calquées sur celles du privé a largement contribué à déstructurer des collectifs de travail et briser les résistances sociales, y compris au travers de la répression.

Un ensemble d’évolutions qui ont déstabilisé et affaibli les organisations syndicales dès la fin des années 1970 dans un contexte de montée du chômage et de « disparition » du « socialis-me réellement existant ». Un mouvement syndical que son fonctionnement bureaucratique, plombé par une institutionnalisation centrée sur le dialogue social, a rendu incapable de s’adapter aux changements des conditions d’exploitation du prolétariat.

Ensuite, se placent les positionnements de la bourgeoisie et des partis politiques au pouvoir face aux corps intermédiaires en général et aux organisations syndicales en particulier. Après l’accompagnement des reculs sociaux des gouvernements de « gauche », sous Sarkozy les reculs sociaux s’accompagneront des nouvelles modalités de calcul de la représentativité.

Amorcée sous Hollande avec le significatif refus d’accorder la traditionnelle amnistie pour les militantEs syndicaux, la cassure du dialogue social (hors CFDT et « amies »), avec notamment le boycott des conférences sociales, va s’amplifier avec Macron et sa volonté de faire l’impasse sur les corps intermédiaires et autres partenaires sociaux.

Une stratégie qui semblait payante au regard des échecs des mouvements, mais qui a brutalement été mise en question par les Gilets jaunes, bousculant les rites ­habituels des mobilisations.

Faire face à un affrontement délibéré 

C’est dans cette situation que le gouvernement Macron-Philippe a décidé d’engager la réforme du système de retraites, dans l’espoir que les organisations syndicales seraient incapables de s’y opposer. À tel point qu’il s’est permis de faire l’unanimité contre lui en matière de concertation et de dialogue social.

Son principal atout résidait dans l’acceptation par certaines organisations (CFDT, CFTC et UNSA) du cadre global de la réforme, à l’opposé de FO, la CGT, Solidaires, FSU et la CFE-CGC. Contrairement à 1995, la mobilisation n’a pas été préparée en profondeur par les structures confédérales ou fédérales.

Le départ de la grève le 5 décembre a été initié par l’intersyndicale de la RATP, suite à l’impressionnante grève du secteur en septembre. Dans la foulée, toute une série de structures syndicales, notamment CGT et Solidaires, se sont associées à cet appel.

Les directions de la CFDT et de l’UNSA ont joué les mouches du coche autour de la question de l’âge pivot même si le gouvernement n’a pas valorisé leur attitude en faisant une conces-sion qui paraît largement comme une entourloupe. Mais ceci semble avoir suffi à la plus grande partie des structures et adhérentEs, notamment dans une confédération CFDT où le centralis-me bureaucratique est particulièrement efficace. Seules des structures de la SNCF et de la RATP, sous la pression des grévistes, ont forcé les consignes confédérales.

FO, affaibli par les crises internes, n’a pas été en capacité de structurer en profondeur et dans le long terme sa participation au mouvement, et laisse son secrétaire général en porte-voix soutenu par peu de troupes.

La FSU tente de se reconstruire une légitimité après des années passées à avaler les couleu-vres des gouvernements successifs. De ce fait, alors que les personnels de l’éducation sont parmi les plus touchés par la réforme, c’est lentement que la mobilisation des enseignantEs s’est construite sous le double refus des pseudo compensations financières et le rejet des réformes, notamment celle du bac.

Du côté de la CGT, de Solidaires et de… la CFE-CGC

Si surprise il y a dans cette mobilisation, c’est bien le positionnement de la CFE-CGC. Une confédération généralement au côté de la CFDT, dans une modération respectueuse du dialogue social et d’un libéralisme éclairé.

Les bouleversements dans l’appareil productif et l’organisation de l’économie ont particuliè-rement impacté ceux qu’on désigne sous les vocables d’employéEs ingénieurEs, cadres et technicienEs.

Croissance des effectifs, écartèlement du fait des politiques des directions d’entreprise qui vont d’une taylorisation croissante à une volonté d’intégration aux politiques ultra-libérales, en passant par l’accroissement du rôle de garde-chiourmes.

Dans ce maelström, la CFE-CGC a conquis des positions électorales importantes, qui ne correspondent certes pas à une grande combativité mais à une exigence de représentation des intérêts de ces couches dont la retraite fait partie. Ce qui se traduit par un corporatisme radical.

En ce qui concerne la CGT, moins que toute autre confédération, difficile de se contenter des certitudes globales. Au niveau confédéral, l’existence d’une intersyndicale rend parfois difficile la lecture des positions de chaque syndicat.

Sur le strict déroulé de la mobilisation, on doit pointer la lenteur à rejoindre l’appel « RATP », l’acceptation du trou dans les propositions d’actions entre le 19 décembre et le 9 janvier. Mais, au total, ce qui reste visible, ce sont une dénonciation claire du projet Macron et l’exigence de l’extension à d’autres secteurs.

Quant au soutien à l’auto-organisation, cela est (très) loin de l’ADN cégétiste, y compris (surtout ?) dans certains secteurs parmi les plus radicaux (dockers, raffineries, mines-énergie, certaines UD…).

Mais ce qui domine c’est la grande difficulté à mobiliser largement dans toute une série de secteurs hors RATP et SNCF. En ce qui concerne le privé, globalement, les causes « objec-tives » sont identifiées. Mais, tout de même, l’absence ou la faible présence de secteurs comme le bâtiment, l’agro-alimentaire, la chimie, le commerce interroge car ces fédérations sont généralement perçues comme « radicales ».

Comme dans d’autres secteurs (territoriale, banques, finances publiques… ) pertes de repères, désaffection de militantEs semblent avoir limité les possibilité de mobilisation notamment par la grève.

Pour Solidaires, calée sur un rejet clair du projet Macron-Delevoye, la taille des structures dans beaucoup de secteurs, l’ostracisme du pouvoir, de certains syndicats et des médias, limite la visibilité. Cependant, tant dans les manifestations qu’au travers d’initiative de blocages et autres, les militantEs apportent souvent des savoir-faire et un dynamisme pas toujours partagés.

Comme le pointait Annick Coupé, « nous n’avons pas entretenu collectivement l’idée que la grève générale pouvait être un outil notamment pour bloquer l’économie et établir un rapport de forces pour faire avancer les choses. »(1)

La façon dont les directions syndicales accompagneront, assumeront le passage d’une guerre de position, la grève reconductible, à une guerre de mouvement avec notamment des actions « coup de poing », ciblant davantage les responsabilités politiques (ou syndicales !) et la visibi-lité médiatique, pourrait impacter les bilans qui ne manqueront pas d’être tirés à l’issue du mouvement.

Robert Pelletier  Samedi 25 janvier 2020

https://npa2009.org/

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23 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

oliver besancenot (npa)

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23 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

blanquer (npa)

blanquer

La mobilisation se poursuit contre Blanquer et son école

Dans l’éducation nationale, la réforme des retraites a constitué la goutte d’eau qui a fait déborder un vase plein des réformes structurelles en cours de l’école primaire à l’université. Dans les lycées, la mobilisation massive des enseignantEs a toujours mis en avant à la fois le refus d’une retraite à points et le refus du bac Blanquer.

Les nouvelles épreuves du bac n’ont plus lieu au seul mois de juin de l’année de terminale, mais en contrôle continu (les E3C), qui ont lieu en janvier et avril des années de première et terminale. Les épreuves sont choisies et corrigées localement, rompant avec le caractère national de l’examen. Ceci entérine l’importance de l’établissement d’origine dans la poursuite d’études supérieures : le calendrier de ces épreuves permet que les notes fassent partie du dossier ParcourSup.

Blanquer, ministre autoritaire : on ne veut pas bosser pour toi

Cette réforme majeure a été précipitée par le ministre pour qu’elle soit accomplie avant la fin du mandat de Macron, alors que le conseil supérieur de l’éducation (CSE) a massivement voté contre. Les enseignantEs, les parents et les élèves ont alerté des dangers de cette réforme. Mais il en faut plus pour faire infléchir notre ministre. « Nous sommes prêts » a-t-il affirmé le 15 novembre et, tel le Titanic, il a poursuivi sa route.

Il faut prendre la mesure des actions inédites des enseignantEs : dépôts et jets de manuels scolaires (rendus obsolètes par les nouveaux programmes) devant les rectorats (à Clermont-Ferrand, à Caen) ; inspections académiques murées dans la nuit (à Alès) ; envahissement des rectorats (à Paris, à Grenoble) ; perturbation du Salon PostBac (à Paris) forçant Valérie Pécresse et Frédérique Vidal à fuir.

Ces actions ne sont pas le fait d’une « minorité radicalisée », mais au contraire du sentiment d’abandon généralisé des enseignantEs et de l’absence totale d’écoute de notre ministre. Si les grèves des enseignantEs des lycées Henri-IV et Louis-le-Grand (à Paris) ont fait parler d’elles, c’est avant tout parce que ce qui apparait comme la partie la plus privilégiée est elle-même mise à mal par cette réforme inique.

Blanquer : démission !

Devant l’absence totale de réponse, les enseignantEs et les élèves ont décidé d’empêcher la tenue des E3C. Dès samedi 18 janvier dans un lycée de Clermont-Ferrand. Et en réponse à Blanquer, qui déclarait le lendemain qu’il « y aura des poursuites », les grévistes n’ont pas faibli. Le lundi 20, une vingtaine de lycées étaient bloqués contre la tenue de ces épreuves (à Lyon, Paris, en Seine-et-Marne, en Seine-Saint-Denis, dans le Tarn-et-Garonne et en Normandie). Et la liste continuait de s’allonger.

La force des mobilisations dans l’éducation nationale est de combiner manifestations massives et actions d’éclat. Il est essentiel de continuer à coordonner notre résistance. Nos mots d’ordre sont clairs : ni retraite à points ni bac en carton. Les personnels de l’éducation souhaitent que Blanquer et ses réformes dégagent immédiatement. Nous saurons nous faire entendre, par tous les moyens nécessaires.

Raphaël Greggan  Jeudi 23 janvier 2020

https://npa2009.org/

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23 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Après le 24 janvier, toujours mobilisé-e-s

Grèves, manifs, blocages, on est encore là !

La semaine qui vient de s’écouler est éclairante sur la réalité de ce pouvoir. Ainsi lundi, Macron et 19 membres du gouvernement ont reçu en grandes pompes le grand patronat international au Château de Versailles : Coca-Cola, Google, Toyota, Rolls Royce…

Une véritable provocation : Macron se prend vraiment pour un nouveau roi de France qui reçoit les grandes fortunes, alors que nous sommes mobiliséEs pour éviter que le montant de nos pensions de retraites ne baisse dramatiquement avec son projet de loi.

Mercredi, on apprenait, énième rebondissement, qu’un témoin met en cause directement des membres de l’Élysée dans la « disparition » fort opportune des deux coffre-forts de Benalla… Quand la raison d’État sert à couvrir les petites frappes à son service.

Cotiser plus et travailler plus longtemps, stop !

Comme le projet de loi le révèle, cette réforme est un cadeau aux grandes sociétés des assu-rances… qui nous fera perdre plusieurs centaines d’euros par mois sur nos pensions s’il est mis en place.

Et l’analyse de l’étude d’impact venue du gouvernement lui-même montre que la réforme pénaliserait les départs avant l’âge pivot et profiterait à ceux qui travailleraient plus tard… En d’autres termes, elle obligera les salariéEs à travailler jusqu’à au moins 66 ans pour avoir une vraie retraite.

Cela montre la nécessité de continuer à se mobiliser si nous ne voulons pas que le slogan « quand tout sera privé, on sera privé de tout » devienne une réalité.

Après le 24, on continue

Malgré l’affaiblissement de la grève à la RATP et à la SNCF, ce qui est normal après plus d’un mois et demi de grève, le mouvement pour le retrait du projet de loi n’a pas dit son dernier mot, y compris par un retour de la grève dans différents secteurs.

Le mouvement est ponctué d’actions de blocages de ports ou d’établissements scolaires, d’occupation de rectorat ou de bibliothèques, d’interventions de grévistes dans les réunions de vœux de tel ou tel représentants ou soutiens du gouvernement…

Cela doit continuer pour entretenir la flamme de la colère contre cette réforme. Ce vendredi 24 janvier, date du conseil des ministres qui examine le projet de loi, la journée de grève nationale s’annonce massive. D’abord dans le secteur des transports, mais aussi dans l’éducation, mobilisée de la maternelle à l’université, dans l’ensemble des services publics et dans des entreprises du privé…

ChacunE doit prendre ses responsabilités. Ces prochains jours, quel que soit notre statut, partout où c’est possible, nous pouvons être en grève, en maladie ou en RTT, pour aller aux manifestations, participer aux actions, exprimer notre colère contre ce gouvernement.

Construire la grève générale

Si ce vendredi 24 est massif, le pouvoir peut être déstabilisé et cela peut donner un nouveau souffle au mouvement, relancer la grève de masse, reconductible, dont nous avons besoin pour gagner.

La colère contre Macron pousse touTEs celles et ceux qui le rejettent à se mobiliser ensemble. Il s’agit de tout faire pour que touTEs les Gilets jaunes, les centaines de milliers de personnes qui ont manifesté l’an dernier, rejoignent les rangs des manifestations, ainsi que toutes les classes populaires qui ont intérêt à dégager Macron.

Les entreprises du CAC 40 ont distribué 60 milliards d’euros en 2019, un niveau qui dépasse celui juste avant la crise en 2007 et qui annonce la prochaine crise économique. L’argent est là, c’est bien à une politique globale et à ceux qui la portent et la mettent en place qu’il s’agit de s’opposer : face à Macron et son monde, tout reste encore possible, à condition de s’y mettre toutes et tous !

jeudi 23 janvier 2020

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22 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (le-monde bastamag so)

poutou

Philippe Poutou candidat à Bordeaux avec le soutien de La France insoumise

L’ancien candidat du NPA à la présidentielle se présente à la mairie, en tête d’une liste soutenue par La France insoumise.

A exactement deux mois des élections municipales, une nouvelle candidature vient d’être annoncée à Bordeaux : celle de Philippe Poutou.Lundi 20 janvier, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), puis le collectif citoyen Bordeaux debout, dont les membres fondateurs sont pour beaucoup ceux des groupes bordelais de La France insoumise (LFI), ont approuvé la liste conduite par le candidat à l’élection présidentielle de 2012 et 2017.La campagne pour les municipales n’est pas une première pour le militant NPA, qui avait déjà brigué l’hôtel de ville bordelais en 2014. Si, pour l’heure, le nom de la liste n’est pas totalement arrêté, elle pourrait s’appeler Bordeaux en lutte.

« La liste sera conduite par un binôme dont Philippe Poutou, qui sera présenté à la presse jeudi ou vendredi. Elle sera ouverte aux associatifs, aux militants politiques, écologistes…

Ce sera une liste du mouvement social, avec des figures représentantes de celui-ci sur Bordeaux et des actions de ces dernières années sur les questions écologiques », précise Clément Agostini, membre de coordination de Bordeaux debout.

« C’était une voie qui semblait manquer, on ne pouvait pas ne pas y aller ou simplement se fondre dans un accord d’appareil », explique le militant LFI, dans un contexte bordelais qui a vu s’unir début janvier Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et plusieurs forces de gauche – le Parti socialiste, le Parti communiste français, le Parti radical de gauche, ainsi que Génération.s, Nouvelle Donne et Place publique, derrière le candidat écologiste Pierre Hurmic.

« Rompre avec l’habituelle pratique de tractations entre partis »

Le collectif Bordeaux debout a vu le jour en octobre 2019 grâce à son « appel » à « ceux qui veulent construire pour Bordeaux un projet écologiste, social, solidaire et démocratique ». « Nous voulons rompre avec l’habituelle pratique de tractations entre partis. Face à la droite, divisée pour la première fois à Bordeaux, nous avons décidé de nous unir », avait annoncé le collectif à sa création.

Si les priorités du collectif sont pour beaucoup d’ordre écologique et social, les critiques envers Pierre Hurmic sont nombreuses. Dernier épisode en date, les propos du candidat EELV, qui a salué le bilan « globalement bon » d’Alain Juppé tout en appuyant le besoin inévitable d’une nouvelle ère pour Bordeaux.

Bordeaux debout n’avait pas manqué de répondre :

« Pour rappel, le bilan de Juppé à Bordeaux c’est 18 % de pauvres, une ville bétonnée et polluée, l’exclusion des classes populaires au profit d’Airbnb, des magouilles et des projets pharaoniques inutiles pour gaver les copains. »

Le programme de Philippe Poutou dans la course aux municipales devrait être dévoilé lui aussi en fin de semaine.

Claire Mayer (Bordeaux, correspondante) 22 janvier 2020https://www.lemonde.fr/Lire aussi:

Philippe Poutou candidat pour Bordeaux en Luttes

Bordeaux : Philippe Poutou sera candidat aux municipales

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20 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Le 24 janvier, tou.te.s mobilisé.e.s !

Grèves, manifs, blocages, la lutte continue

Emmanuel Macron et 19 membres du gouvernement ont reçu des patrons de tous les pays lundi au Château de Versailles : Coca-Cola, Google, Toyota, Rolls Royce…

Cette réception est une provocation : Macron se prend vraiment pour un nouveau roi de France, et reçoit les champions du privé, alors que nous sommes mobilisé.e.s pour éviter que nos retraites passent d’un régime solidaire à un régime privé.

Cela montre la nécessité de continuer à se mobiliser, pour gagner, si nous ne voulons pas que le slogan « quand tout sera privé, on sera privé de tout » devienne une réalité. Cette réforme est un cadeau aux grandes sociétés des assurances, comme le projet de loi le révèle, un cadeau qui nous fera perdre plusieurs centaines d’euros par mois sur nos pensions s’il est mis en place.

La grève va continuer

Comme c’était prévisible, la grève à la RATP et à la SNCF s’étiole, après 44 jours de grève, même si une partie continue, pour donner confiance à d’autres secteurs, à maintenir la pression et passer le relai. Pourtant, les grévistes des transports n’ont pas dit leur dernier mot, ils expriment clairement qu’ils et elles seront de retour dans la grève dès que celle-ci associera de nouveaux secteurs. C’est donc l’enjeu de cette semaine.

TouTEs dans la rue vendredi 24 !

L’appel intersyndical de cette semaine priorise la mobilisation de ce vendredi 24 janvier, date du conseil des ministres qui devrait examiner le projet de loi, mais aussi un appel à des actions de grève, notamment des « Retraites aux flambeaux » le jeudi 23 au soir.

ChacunE doit prendre ses responsabilités. Le 24, quel que soit notre statut, nous pouvons être en grève, en maladie ou en RTT, pour aller aux manifestations et exprimer notre colère contre ce gouvernement le plus massivement possible.

Et, dans les prochains jours, partout où c’est possible, être en grève pour donner de la visibilité au mouvement, faire des tournées pour mobiliser les collègues, des diffusions de tracts pour les travailleurs/ses des autres secteurs, des assemblées générales pour discuter de la construction de la lutte.

Construire la grève générale

Si ce vendredi 24 est massif, s’il y a des millions de personnes dans la rue, alors la confiance peut changer de camp : le pouvoir peut être déstabilisé et cette force d’entraînement peut permettre de relancer la grève de masse, reconductible, dont nous avons besoin pour gagner.

L’espoir que nous pouvons avoir est que la colère contre Macron pousse touTEs celles et ceux qui le rejettent à se mobiliser. Que touTEs les Gilets jaunes, les centaines de milliers de personnes qui ont manifesté l’an dernier, rejoignent les rangs des manifestations, ainsi que toutes les classes populaires qui ont intérêt à dégager Macron. Les entreprises du CAC40 ont distribué 60 milliards d’euros de dividendes en 2019, un niveau qui dépasse celui juste avant la crise en 2007, et qui annonce la prochaine crise économique.

Réussir la journée du 24, cela se prépare dès maintenant par les grèves les plus massives possibles, les actions de mobilisation, et par des tournées et des discussions pour convaincre tout le monde que c’est le moment.

Lundi 20 janvier 2020

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20 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

municipales (npa)

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Les enjeux des prochaines élections municipales

Les élections municipales peuvent paraître bien lointaines et déconnectées des enjeux actuels. Mais ce serait oublier un peu vite que le débat politique, y compris institutionnel, est un élément structurant de la lutte des classes.

Les élections municipales combinent toujours dimension locale et dimension nationale. Dans la période que nous vivons, l’enjeu qui apparait le plus visible est la nécessité de sanctionner Macron et son gouvernement, de faire le lien avec les mobilisations, donner corps à une opposition radicale à sa politique, pour la construction des luttes et pour une alternative au capitalisme. La participation des municipalités au mouvement est d’ailleurs posée par la grève des transports : plusieurs mairies ont affrété des autocars municipaux pour les manifestations, même si cela reste plutôt anecdotique si elles ne paient par les jours de grève aux agents municipaux ou ne font pas la promotion d’assemblées générales locales de mobilisation.

Structurer la conscience de classe

La vieille formule de Lénine « La conscience politique de classe ne peut être apportée à l’ouvrier que de l’extérieur, c’est-à-dire de l’extérieur de la lutte économique, de l’extérieur de la sphère des rapports entre ouvriers et patrons » ne doit pas être comprise comme le fait que la conscience de classe viendrait de l’extérieur de la classe, donc des intellectuels et du parti, ou, pire, des institutions.

Il faut l’entendre davantage comme la nécessité pour la classe laborieuse de se confronter à des problèmes plus larges que les luttes immédiates, pour acquérir une conscience politique, c’est-à-dire poser la question du pouvoir. La mobilisation sur les retraites franchit ce cap pour certains secteurs, les plus mobilisés (comme les Gilets jaunes) en se posant la question de dégager Macron, de tout changer. Mais l’immense majorité de la classe reste pour l’instant l’arme au pied, hésitant à engager la confrontation. Les problèmes politiques ne sont pas étrangers à cette hésitation : on calcule, est-ce que ça vaut bien la peine de perdre de l’argent à faire grève, est-ce qu’on peut changer les choses, est-il possible d’influer sur le pouvoir ?

L’issue de la lutte déterminera également la façon dont se structurera la pensée politique dans la période qui suivra. On a parlé par le passé de « l’effet différé » des luttes de 1968 et de 1995 sur les victoires de la gauche aux élections en 1981 et 1997, comme on pourrait interpré-ter le déplacement à droite des politiques gouvernementales — de Sarkozy, Hollande et Macron – et la montée de l’extrême droite comme des conséquences des défaites des luttes de la période, notamment de 2010 sur les retraites et 2016 sur La loi travail.

Les médiations que sont les élections, le parti et les confrontations politiques avec d’autres courants contribuent à structurer la pensée politique et la conscience de classe, en fixant des formules et des délimitations politiques, des références politiques qui structurent les débats et les solidarités militantes.

Tous ces éléments s’inscrivent dans le contexte de crise des représentations politiques, qui ont pour effet des évolutions bien plus rapide que dans la période précédente des structures organisées – syndicats, partis, associations… – qui voient fleurir puis se réduire, sur des plans totalement différents, Attac, Extinction Rebellion, Modem, NPA, Front de gauche, LREM… Être présents dans les échéances politiques, c’est comme tenter de guider des eaux. On ne peut pas agir sur tout, mais on peut en orienter certaines parties.

Il y a donc un enjeu réel à ce que, sans être électoraliste, sans abandonner les luttes pour les élections, les révolutionnaires s’investissent dans les élections municipales, formulent des réponses les liant aux luttes et à la contestation du capitalisme.

À portée de main

Les élections municipales se jouent en grande partie sur des enjeux locaux. Cela vient du fait que c’est sur la mairie que l’on pense pouvoir peser réellement, parce qu’on connait le maire, parce que les choix sont visibles dans les petites communes ou les quartiers, alors que le pouvoir central parait lointain, peu accessible et répondant à des logiques sur lesquelles on ne peut pas peser.

Dans le contexte politique de crise actuel, d’illégitimité des partis et du pouvoir politique, voire de la politique, cette distance semble renforcée. On voit fleurir les listes « citoyennes », « alternatives » ou soi-disant de Gilets jaunes comme réponse à cette déconnexion. Il y a quelque chose de profondément juste dans cette vision.

Le lieu du contrôle démocratique est en effet nécessairement à portée. À portée de pression, d’envahissement du conseil municipal, de débat en conseil de quartier, voire de révocation ou de mobilisation locale. Le spectre de la Commune de Paris est présent chez certainEs « municipalistes », mais aussi la nostalgie des communes gérées par le Parti Communiste avec les avantages sociaux, les multiples associations encadrant les enfants, animant culturellement ou socialement les villes.

De même, « le Rojava représente la première révolution du 21è siècle et entretient une filiation directe avec l’insurrection zapatiste au Chiapas dans les années 1990 et la Commune de Paris. La Commune de Paris était bien plus qu’un « laboratoire vivant d’invention politique » car elle exprimait la rupture avec la vision moderniste selon laquelle toutes les sociétés civilisées devaient forcément être organisées sur une base étatique. »1

On retrouve aussi dans cette vision des velléités écologistes – promouvoir les circuits courts, la sobriété énergétique – et antiracistes. Ada Colau, ancienne maire de Barcelone, a déclaré à propos des migrantEs : « Nous sommes enragés. La ville est prête d’un point de vue technique, tous les services sont au point, la citoyenneté les attend les bras ouverts. Mais ils n’arrivent pas »2. Dans la foulée, Éric Piolle, maire de Grenoble, a déclaré en 2018 : « Nous avons été élus en 2014, et toute la vague des villes espagnoles [élus en 2015] a donné du cœur, du corps à l’expérience grenobloise… donc nous échangeons [avec elles] sur la démocratie locale, les réfugiés, les traités transatlantiques, la transition écologique »3 avant de demander en avril 2019 l’expulsion de sans-logis occupant un bâtiment vide appartenant à la mairie4.

L’élément dominant de la contradiction

Les histoires municipales ne s’écrivent pas en dehors des contextes nationaux. Les décla-rations d’Ada Colau ont été d’autant plus radicales qu’elles n’avaient aucune chance d’être concrétisées. Après coup, on peut même analyser les victoires électorales de Podemos comme un prélude à l’institutionnalisation que nous observons aujourd’hui avec son entrée dans la coalition avec le Parti socialiste ; comme le budget participatif au Brésil, particulièrement à Porto Alegre a été autant une innovation démocratique que l’installation du PT dans le jeu bourgeois annonciatrice de la victoire de Lula.

Les batailles démocratiques locales, lorsqu’elles sont confrontées à un recul du rapport de force global, national, ont tendance à être intégrées et dénaturées par le capitalisme, à l’image de la « légalisation des conquêtes » dans l’Espagne révolutionnaire5.

On ne peut donc parler « communalisme », « alternatives » et « citoyenneté » sans déterminer quelques marqueurs de fond, par rapport à l’État et à la propriété, qui restent les questions clés du rapport du mouvement ouvrier au capitalisme. Pour mémoire, dans une situation très différente, le parti communiste allemand de 1921 définissait comme programme au « gouverne-ment ouvrier » : « armer le prolétariat, désarmer les organisations contre-révolutionnaires bourgeoises, instaurer le contrôle de la production, faire tomber sur les riches le gros du fardeau des impôts, briser la résistance de la bourgeoisie contre-révolutionnaire »6.

L’équivalent pour nous serait sans doute l’auto-organisation, le désarmement (voire la suppression) de la police, la réquisition des grandes entreprises, l’autogestion des entreprises étatiques ou municipales, la taxation des riches et des entreprises qui font des bénéfices.

Dans les articles de ce dossier, les camarades insistent sur leur rôle en tant qu’éluEs pour promouvoir les luttes, leur indépendance par rapport à la municipalité et l’État. Nous aborderons donc ici des dimensions différentes.

L’indépendance vis-à-vis du capitalisme

L’éducation et le logement sont deux thématiques importantes pour ces élections, et leur approche permet de se positionner par rapport à l’État et la propriété. Concernant le logement, la revendication de la réquisition des logements vides est communément admise, même si elle est peu appliquée. En 2018, l’Insee comptabilisait 3 millions de logements vides, sans compter d’autres types de locaux, pour un million de sans-logis (personnes privées de logement propre) et sans-abris. Les maires ont le droit de réquisitionner des locaux vacants lorsqu’il n’existe pas d’autre solution et qu’il y a urgence. Une mairie révolutionnaire traquerait tous les logements vides, organiserait les habitants et les sans-logis pour mettre en place ces réquisitions.

Concernant l’éducation, la réforme des rythmes scolaires a mis en lumière l’absurdité du système. Les mairies financent les locaux, les personnels hors Éducation nationale, le temps périscolaire. Une éducation à plusieurs vitesses est ainsi mise en place, avec les différences entre les communes riches et pauvres, et les temps gérés par les mairies s’apparentent globalement à une garderie améliorée pour les enfants sur les temps où les parents travaillent.

Les familles les plus pauvres retirent leurs enfants des temps payants, tandis que les plus fortunées les inscrivent aux conservatoires ou à d’autres activités culturelles extérieures. Des séparations sont donc sacralisée entre apprentissages scolaires répondant aux impératifs de la formation capitaliste, loisirs, sports et culture.

Ces séparations, qui accroissent les inégalités sociales et culturelles, devrait être remises en cause, pour offrir un accueil permanent aux enfants, mêlant à leur envie et leurs besoins les différentes activités, encadrées par des fonctionnaires se relayant et travaillant en équipe plutôt que des salariéEs précaires payéEs à l’heure et avec des horaires de travail hachés.

Des municipalités qui se fixeraient comme objectifs de répondre aux besoins de la population, des couches populaires en particulier, entreraient très rapidement en confrontation avec l’État, ses lois, ses décisions, et devraient promouvoir la mobilisation populaire pour désobéir. Dans le contexte de la crise actuelle et des conflits de classe aigus que nous vivons, il est peu probable qu’on puisse considérer les municipalités comme des bases arrière où se réfugier, où inventer une alternative au capitalisme.

L’objectif de Murray Bookchin, présenté comme l’inventeur du communalisme libertaire, « remplacer l’État, l’urbanisation, la hiérarchie et le capitalisme par des institutions de démocratie directe et de coopération »7 ne peut pas faire l’économie de l’affrontement avec l’appareil d’État central, ses lois, sa police, au risque de se retrouver à gérer et surtout à faire accepter la misère.

Les prochaines élections municipales seront un test, comme les élections précédentes, de la capacité des révolutionnaires à polariser, à regrouper autour d’elles et eux les franges du mouvement ouvrier qui sont prêtes à construire un outil politique pour affronter Macron et les capitalistes, à défendre des formules transitoires pour rompre avec le système et construire une société autogérée.

Commentaire:

Les articles de la rubrique Idées n’expriment pas nécessairement le point de vue de l’organisation mais de camarades qui interviennent dans les débats du mouvement ouvrier. Certains sont publiés par notre presse, d’autres sont issus de nos débats internes, d’autres encore sont des points de vue extérieurs à notre organisation, qui nous paraissent utiles.

Antoine Larrache Lundi 20 janvier 2020

https://npa2009.org/

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