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10 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

palestine (npa)

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Que se passe-t-il autour de l’annexion de la Palestine ?

Depuis des mois, le Premier ministre israélien se vantait du fait que la date du 1er juillet serait celle du début de l’annexion de larges parties de la Cisjordanie, en commençant par les centaines de colonies et la vallée du Jourdain.

Mais alors que la date s’approchait, Netanyahou s’est mis à parler d’une annexion sur une plus petite échelle, déclarant qu’il commencerait par annexer les trois plus grosses colonies de Cisjordanie : Ma’ale Adumim, Gush Etzion et Ariel.

Divergences en Israël

Quelques jours avant le 1er juillet, le partenaire de Netanyahou dans sa coalition, Benny Gantz, a commencé à adoucir ses discours sur l’annexion, fragilisant la position du Premier ministre. Gantz a non seulement exprimé son opposition à une annexion unilatérale, mais il a en outre ajouté que le 1er juillet n’était pas une « date sacrée » pour l’annexion, et a expliqué qu’il fallait prioriser la crise actuelle liée au Covid-19, et non l’annexion.

En plus des querelles au sein du gouvernement Netanyahou, et de l’absence de plan concret d’annexion proposé par le Premier ministre, Diana Buttu, analyste politique palestinienne, souligne que le report peut également être dû aux pressions internationales croissantes sur Israël :

« Les pressions internationales peuvent aider dans la mesure où c’est la première fois qu’il y a un focus sur les agissements israéliens ; il y a une condamnation mondiale, et c’est la première fois que l’on voit les gens s’intéresser à la vie des Palestiniens dans la vallée du Jourdain et d’autres zones concernées par l’annexion. »

L’absence de toute annonce officielle de Netanyahou le 1er juillet, ainsi que la montée des pressions internationales et les menaces de l’Autorité palestinienne de se soustraire à ses obligations, ont conduit beaucoup de gens à se demander si l’annexion allait se produire. Mais pour certaines voix critiques, la question n’est pas de savoir si l’annexion va avoir lieu, mais quand.

Une priorité pour Netanyahou

« L’annexion s’est imposée comme la principale priorité du gouvernement israélien, qui veut profiter du feu vert donné par Donald Trump avec son « Deal du siècle » », explique Noura Erakat, militante et universitaire américano-palestinienne. Avec l’hypothèse d’une fin de mandat pour Trump en novembre, certains analystes estiment que Netanyahou pourrait être pressé d’agir, avec au moins une annexion partielle avant les élections US de novembre.

Diana Buttu estime que, quand bien même Trump serait battu par Joe Biden, l’annexion ne passerait pas à la trappe. « Je pense que Netanyahou regarde l’ »alignement politique des planètes » avec deux éléments à l’esprit », explique-t-elle.

« Le premier est l’élection US qui arrive. Mais même si Trump était battu, je ne pense pas que Biden reviendrait sur l’annexion, tout particulièrement s’il s’agit d’une annexion « à petite échelle », par exemple l’annexion des colonies. Et en plus de cela, avec l’Allemagne désormais à la tête du Conseil de sécurité de l’ONU, la probabilité que l’Allemagne fasse pression pour que des condamnations ou des sanctions soient prononcées contre Israël est très faible, et Netanyahou le sait. »

Maintenir la porte ouverte

Dans le même temps, alors que l’annexion a produit un nouvel intérêt international pour la situation d’occupation de la Cisjordanie, beaucoup de Palestiniens font part de leur inquiétude : si Israël arrêtait temporairement le processus d’annexion, la communauté internationale pourrait céder à une fausse impression de réussite, et en revenir à la complicité habituelle avec l’occupation israélienne illégale.

« C’est exactement ce dont j’ai peur », explique Diana Buttu. « Nous n’avons pas encore vu la communauté internationale se féliciter, mais c’est aussi parce que nous n’avons pas encore entendu de déclaration officielle de Netanyahou affirmant qu’il renonçait à l’annexion.

Maintenant que la porte a été ouverte par l’attention portée sur l’annexion, nous devons en profiter pour aller de l’avant et montrer au monde comment Israël met en œuvre une annexion rampante, une annexion de facto. »

Pour l’heure, des militantEs et dirigeantEs palestiniens utilisent la situation pour non seulement avertir contre l’annexion, mais aussi pour mettre en avant des nouvelles idées et projets pour le paix, et de plus en plus de gens en viennent à reconnaître la réalité : la solution à deux États est morte.

Après des années de conflits politiques, les factions palestiniennes rivales Fatah et Hamas se sont retrouvées jeudi [2 juillet] et ont fait le vœu de travailler à lutter ensemble contre l’annexion. Et pendant ce temps, les discussions sur l’avenir de la solution à un État deviennent de plus en plus mainstream, mais chez les dignitaires du gouvernement palestinien.

Traduction Julien Salingue Yumna Patel Mercredi 8 juillet 2020

Version intégrale (en anglais)  https://mondoweiss.net/

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09 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

nokia (npa rp)

nok

Des milliers de salariés de Nokia manifestent à Paris contre le plan de licenciements

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08 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

vague verte (npa)

eco

« Vague verte » : forte, ambiguë mais propice au débat

Avec toute la prudence nécessaire compte tenu du phénomène d’abstention record, il semblerait malgré tout que se confirme et s’amplifie un glissement électoral significatif.

Les consciences, les idées, les représentations bougent : ces mouvements sont à analyser avec sérieux car des conclusions politiques doivent en être tirées. EÉLV avait réalisé un bon score aux européennes l’an passé, 13,5%. Transformer l’essai n’était pas gagné d’avance. Dans le contexte d’écœurement démocratique, de la crise du Covid-19 dont l’origine écologique est perçue très largement, les espoirs des militantEs d’EÉLV sont même dépassés.

Succès impressionnants

Marseille, Bordeaux, Lyon, Strasbourg auront unE maire EÉLV. Grenoble confirme son vote de 2014. Des villes moyennes comme Tours, Poitiers, Colombes, Besançon, Annecy sont gagnées par des listes conduites par EÉLV…

À Lille, ça c’est joué à peu de choses. Dans de nombreuses villes dirigées par le PS et recon-duites, et à Paris en premier lieu, EÉLV conforte ses positions. Certains commentaires affirment que ces succès sont limités aux villes, et les analysent comme vote de couches moyennes. Cette analyse est hâtive car en milieu rural où le score d’EÉLV aux européennes était comparable à celui dans les villes, les appartenances partisanes aux municipales ne s’affichent que rarement.

Alliances à gauche…

Clivage droite-gauche pas mort, n’en déplaise à Yannick Jadot ! C’est sur fond de discrédit massif et rapide du macronisme, suite principalement aux batailles des Gilets jaunes et sur les retraites mais tout autant de l’affaiblissement très important du PS lors des scrutins de la présidentielle et des européennes, de la marginalisation historique du PCF, que EÉLV a réussi bien souvent à s’ériger en « leader à gauche ».

Ce n’était pas le « plan Jadot 2019 » qui stigmatisait « les vieux clivages » mais c’est cela qui s’est réalisé pragmatiquement dans les villes. Avec souvent, il faut bien le noter, des ambiguïtés soigneusement maintenues. Les réalités locales sont diverses bien sûr, et on a pu voir des PS macronistes s’activer sur certaines de ces listes « d’union de la gauche » comme à Metz où la tête de liste EÉLV était macroniste en 2017 avec un passé à l’UDI. À l’opposé, le lien entre les fortes marches pour le climat et l’élection est assez évidente à Lyon.

… parfois contre le PS

Strasbourg gagnée sur une réelle dynamique et Lille sauvée in extrémis par Martine Aubry en sont les exemples les plus nets : la bataille a parfois été celle de « la jeunesse contre le vieux monde ». EÉLV, parti aux effectifs pourtant modestes et à l’orientation très institutionnelle, a réussi à être pôle de rassemblement dans cette campagne électorale.

Vote EÉLV, symptôme du changement d’époque

Les luttes émancipatrices se mènent très rarement dans la plus grande clarté, c’est un euphémisme ! Le capitalisme et son productivisme intrinsèque nous ont fait entrer dans une nouvelle ère, l’anthropocène. Il ne s’agit pas d’un nouveau paragraphe dans la description de la crise du système capitaliste, un paragraphe s’ajoutant aux dimensions sociales, politiques ou démocratiques.

L’écologie nous parle des conditions matérielles de toutes les luttes. Et même si c’est de manière bancale, non explicite, partielle, floue, le vote écolo lors de ces municipales a porté cette idée.

Vitupérer la « vague verte » ou préparer la vague écosocialiste ?

Léo Ferré moquait les fourreurs, petits-bourgeois boutiquiers, « vitupérant l’époque » : quel triste renversement ce serait de voir les révolutionnaires se contenter, en se limitant aux critiques (légitimes) d’EÉLV, de « vitupérer », la « vague verte », n’osant pas révolutionner leur pensée, distinguer le neuf, le radicalement neuf, rechignant à remettre l’ouvrage sur le métier, à travailler les questions écologiques si urgentes et à réorganiser leur pensée !

Mercredi 8 juillet 2020 Commission nationale écologie

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08 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

pcf (npa)

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Où va le Parti communiste français ?

« Le PCF va rester une force incontournable par le nombre de ses élus locaux sur tout le territoire » déclarait Fabien Roussel à l’heure des comptes de la séquence des municipales.

Cette tonalité réjouie qu’il promenait sur les plateaux de la soirée électorale, relève pour le moins de l’auto-persuasion. Elle est, en tout cas, bien loin de répondre aux interrogations de nombre de militantEs du PCF.

Le nombre de conseillerEs élus dans les municipalités ne suffit pas à masquer le recul politique global. De même, les dirigeants de LREM ne trompent personne en se félicitant de l’augmenta-tion du nombre de conseillers enregistrée par le parti gouvernemental, car le problème se résume principalement aux démonstrations politiques que l’on peut faire.

Or la force du PCF, qui lui a permis de résister, depuis 40 ans, au pari de Mitterrand d’en finir avec la particularité d’un Parti Communiste hégémonique sur la gauche, était de diriger des municipalités importantes dans les zones ouvrières.

C’est aussi ce qui lui a permis d’exister dans le bras de fer avec Mélenchon dans le Front de Gauche et la campagne 2012. Les reculs encaissés aux municipales 2014 ont pesé dans le rapport de forces, ainsi que l’enterrement du Front de Gauche face à l’émergence des Insoumis, alors même que ce sont les élus PCF qui avaient assuré la possibilité de la candidature Mélenchon 2017. D’où le sentiment d’enregistrer une défaite qui fragilise davantage le PCF et met en cause les formes d’existence militante.

La fin du « communisme municipal »

Un des bilans des élections 2020, c’est que le « communisme municipal » a subi le dégagisme dans les villes perdues (Saint-Denis, Aubervilliers, Ville­taneuse, Champigny, Choisy-le-Roi, Villeneuve Saint-Georges, Gardanne, Saint-Pierre-des-Corps…), alors que les villes gagnées, sans même parler des conseillerE élus sur des listes d’union dirigées par des écologistes ne l’ont pas été autour d’un programme de « communisme municipal ».

Dans les communes gérées, souvent sans discontinuité depuis 1944 (parfois avant) par le PCF, le filet de sauvetage social que constituent les centres municipaux de santé, le maillage associatif (sportif, culturel…), le soutien à un parc de logement social important, s’est amenuisé. Par-delà des évolutions sociologiques indéniables, la désindustrialisation, et la précarisation généralisée des salariéEs et du prolétariat ubérisé, les phénomènes de gentrification de certaines ex-banlieues ouvrières, il y a aussi la question politique de l’austérité budgétaire.

En effet, les maires PCF ont géré leurs municipalités incapables de résister autrement que symboliquement (« les Plumés de l’austérité » dans le 93) aux politiques de gouvernements auxquels le PCF a parfois participé ou qu’il a soutenus de manière critique.

Politiques qui ont abouti à restreindre de plus en plus l’autonomie politique des municipalités à travers deux leviers : suppression des ressources des taxes professionnelles, d’habitation… remplacées par des dotations gouvernementales, et transmission aux intercommunalités de nombreuses compétences municipales.

Prises dans l’étau, les municipalités communistes ont arbitré des choix de « sacrifices » à coups de délégations de services publics. Processus accompagné de concessions idéologiques sur le terrain de politiques sécuritaires (mise en place de polices municipales, vidéosurveillance…) et de renoncement aux politiques de solidarité avec les mal-logéEs, les réfugiéEs…

Dans le cadre du capitalisme en crise, il n’y aura pas de retour en arrière.

Pour les militantEs, l’enjeu des bilans à tirer est de savoir s’il s’agit d’accompagner la longue agonie du PCF ou de se tourner vers les jeunes et les travailleurEs qui se politisent à travers les expériences actuelles, vers les militantEs anti­capitalistes, pour construire dans les luttes un projet politique qui redonne son actualité révolutionnaire au mot « communisme ».

Mercredi 8 juillet 2020 Cathy Billard

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07 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Nouveau gouvernement pour une même politique

Nous refusons toujours de payer leurs crises !

La nomination de Jean Castex comme Premier ministre avait annoncé la couleur. Ce proche de Sarkozy est connu pour avoir mis en place la T2A, la tarification à l’activité dans les hôpitaux visant à faire fonctionner ceux-ci comme de véritables entreprises…

Anciens comme nouveaux, les ministres de ce gouvernement ne font que le confirmer : Macron veut creuser le sillon d’une politique toujours plus antisociale.

Associations de malfaiteurs

Ainsi le maintien d’un certain nombre de ministres – pourtant fort contestés – marque l’affirmation d’une continuité contre notre camp social. C’est le cas de Le Maire qui reste à l’Économie, le ministre des milliards distribués à fonds perdu à des entreprises qui suppriment des emplois, sans s’opposer aux fermetures d’usine.

C’est aussi Blanquer dans l’Éducation nationale : de la loi qui porte son nom à la prétendue « continuité pédagogique », avec son mépris des élèves et des personnels, l’autoritaire Blanquer aurait bien mérité de dégager pour l’ensemble de son œuvre…

Accusé de viol (avec une enquête en cours), l’arrivée du sarkozyste Darmanin au ministère de l’Intérieur est une provocation, mais c’est surtout un gage donné aux syndicats de police les plus réactionnaires.

L’arrivée surprise de Dupond-Moretti, avocat des prétendues causes perdues mais surtout de ceux qui se croient intouchables (Balkany, Cahuzac, Tron…), confirme la volonté de s’adresser à la droite populiste.

Enfin, la nomination de Barbara Pompili, chantre du capitalisme vert et de l’écologie de marché, n’est qu’une opération de com’ au lendemain de la Convention citoyenne sur le climat et de la poussée d’EÉLV dans les urnes. Cela sans parler des nominations d’Amélie de Montchalin, ex-cadre d’Axa, à la fonction publique ou de l’animatrice télé Roselyne Bachelot…

La régression sociale au programme

Pour tout ce petit monde, la feuille de route est claire. À lui seul, le retour au premier plan de la réforme des retraites annoncées par Macron lui-même (avec l’allongement possible de la durée de cotisation) est une profession de foi que l’on ne connaît que trop, après les semaines d’affrontement social et de grève reconductible dans les transports en décembre et janvier derniers.

Avec en plus la petite touche personnelle présidentielle, son mépris social toujours plus grand : il faudrait « mettre fin à cette maladie française qu’est la préférence au chômage »… Cela au moment même où les effets de la crise économique engendrent une succession de plans sociaux et d’annonces de licenciements ou de suppression de postes, en particulier dans l’industrie automobile ou aéronautique.

Nous ne nous laisserons pas faire !

Avec le choc économique qui vient, pour résister à une crise du capitalisme dont on a vu les multiples effets ces dernières années (crise sanitaire, environnementale, économique, démocratique…), celles et ceux d’en bas doivent prendre leurs affaires en main, d’abord en organisant les résistances.

Cela commence le mardi 14 juillet, où les salariéEs, en particulier les personnels hospitaliers, se retrouveront dans la rue pour porter leurs revendications et donner un premier avertissement à Macron et ses amis capitalistes.

Dans le contexte des mobilisations internationales de ces dernières semaines contre le racisme et les violences policières, la manifestation de Beaumont-sur-Oise (95) afin d’obtenir la vérité et la justice sur la mort d’Adama Traoré, est aussi un rendez-vous important.

Deux dates qui doivent être les premiers jalons d’un été que l’on espère chaud, et qui annoncent une rentrée où les luttes contre ce pouvoir et les capitalistes qu’il sert devront se conjuguer avec la construction d’une alternative à un système toujours plus mortifère.

Mardi 7 juillet 2020

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05 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

t2a castex (nap)

penibilite

Castex, « Monsieur T2A »

N’est pas un inconnu pour l’Hôpital

« Un inconnu à Matignon », c’est souvent en ces termes qu’a été accueillie la nomination de Jean Castex au poste de Premier ministre. Le monde de l’hôpital ne le connait certes pas, mais il connait par contre très bien les effets de son passage au ministère de la santé. Il y fut en effet le promoteur zélé d’une réforme de la tarification hospitalière dite « T2A », l’un des piliers de la transformation de l’Hôpital en entreprise.

La rentabilité ou la fermeture

La Tarification à l’activité, la « T2A », a fait de l’Hôpital une « entreprise de production de soins ». Avec elle, l’établissement ne reçoit plus un budget destiné à répondre à des besoins, mais est rémunéré d’après sa « production ». Et comme dans toute entreprise, celle-ci doit être suffisante et rentable.

La conséquence est inéluctable. Les Hôpitaux sont incités financièrement à sélectionner les pathologies les mieux rémunérées et les patients n’entrainant pas de « surcoûts », comme par exemple les personnes âgées ayant de multiples pathologies.

La « T2A » pousse à la fermeture des services de soins ou les maternités de proximité n’atteignant pas le « seuil de rentabilité ». Pour être rentable un séjour doit être court, mieux vaut donc renvoyer au plus vite (et parfois trop vite) le malade chez lui… quitte à le réadmettre quelques jours plus tard, en générant un nouvel acte à nouveau « rentable ».

Les missions de service public, la nécessité de disposer de lits disponibles pour faire face à des événements exceptionnel (épidémie) n’ont guère de place dans un tel système.

Monsieur T2A

Castex, en tant que Directeur de l’Hospitalisation et de l’Offre de Soins au ministère de la santé fut l’homme qui défendit et mit en place cette réforme. Il déclarait au Monde en 2006 : « ce système nécessite un gros travail de pédagogie. Il a le mérite, d’obliger tous les établissements à se regarder avec lucidité. »

L’abolition de la T2A, un financement fondé sur les besoins, est avec l’exigence de recrutements massifs pour l’hôpital l’une des revendications principales des personnels et médecins hospitaliers, qu’ils ont portée dans toutes leur lutte depuis un an.

Avec l’arrivée à Matignon de J. Castex, flanqué, comme directeur de cabinet de Nicolas Revel, ancien directeur de l’Assurance Maladie et défenseur de toutes les politiques d’austérité, les personnels hospitaliers savent à qui ils auront à faire. Au lendemain de la mascarade du Ségur de la santé. Le « monde d’après », est bien le retour au « monde d’avant », avec les pires acteurs de celui ci.

Pour Macron le « temps de héros » est bien passé. Pour les personnels hospitaliers et leurs soutiens, celui de la lutte déterminée et coordonnée pour la défense de l’Hôpital Public, pour l’accès aux soins de tous et toutes est à l’ordre du jour.

Samedi 4 juillet 2020 Jean-Claude Delavigne

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05 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Macron nomme un Premier ministre à sa main pour continuer les attaques antisociales

La nomination de Jean Castex illustre la politique d’Emmanuel Macron. En nommant un membre des Républicains, il montre que sa politique est clairement de droite. Il espère également, en nommant Jean Castex, réduire l’espace politique des Républicains, comme il l’avait fait en nommant Édouard Philippe, et d’écarter ce dernier qui commençait à lui faire de l’ombre dans le contexte de la prochaine présidentielle.

Il s’agit aussi de continuer les attaques contre les classes populaires, dans le cadre de la crise économique : il semble qu’il veuille remettre en route la réforme des retraites, de l’assurance chômage, comme a été relancée l’attaque sur la recherche et les universités.

Pendant ce temps, Macron espère se repositionner en président écolo, pour ne pas être trop associé aux attaques antisociales, et gagner ainsi la prochaine élection présidentielle. Mais sur ce terrain, il ne pourra qu’être dans la continuité de ce qu’il a mis en œuvre jusqu’ici sur ce plan, à peu près rien, puisqu’il a maintenu le glyphosate, le nucléaire, plafonné les énergies renouvelables à 17% (50% en Allemagne)1

Alexis Corbière (FI) a dénoncé dans un tweet l’autoritarisme de cette nomination « En Ve République, un homme inconnu par environ 95% du peuple, peut devenir chef de gouvernement pour mettre en œuvre une politique dont on ignore tout. Demain, la majorité des députés godillots le soutiendront à l’Assemblée… puisque le Président-monarque le veut. »

Et effectivement, les institutions de la République permettent à un président totalement illégitime, sanctionné par le résultat des municipales, de continuer à tenir les manettes du pouvoir et de placer qui il veut au plus hautes fonctions de l’État, sans que qui que ce soit puisse peser. Cela montre l’absence de démocratie réelle, de contrôle, dans ce système.

L’avantage de nommer un inconnu, qui n’a pas d’attache réelle dans un appareil politique, est aussi d’avoir un Premier ministre à sa main, qui ne sera pas soumis à des pressions d’en bas, y compris de droite.

Cela s’inscrit dans la logique des « gouvernements d’experts », de dirigeants non élus qui imposent des politiques libérales sur la base de pseudos expertises, de supposés impératifs. Un fonctionnement particulièrement utile, comme la répression policière, pour mener des politiques dans le cadre de la crise du système capitaliste, qui va se renforcer dans les prochains mois.

Antoine Larrache Vendredi 3 juillet 2020

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02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Crise démocratique et illégitimité du parti au pouvoir après les municipales

Le second tour des élections municipales a donc bien eu lieu le 28 juin. Ces élections témoignent d’une crise démocratique sans précédent et, plus que jamais, l’illégitimité du pouvoir.

Selon le ministère de l’Intérieur, l’abstention a atteint 58,4 % lors du second tour d’un des scrutins auxquels les électeurEs sont les plus fidèles, soit près de 4 points de plus qu’au premier tour, le 15 mars, et plus de 20 points de plus qu’au second tour des élections municipales de 2014.

Et dans certaines villes comme à Roubaix ou à Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne, l’abstention a même atteint plus de 77 %, fragilisant ainsi tous les nouveaux éluEs y compris celles et ceux qui clament leur victoire.

La faute du Covid ? Du délai entre les deux tours ? Sans doute un peu de ça, mais surtout aussi un système qui est à bout de souffle. En effet, la participation aux élections décline depuis désormais de nombreuses années et la défiance envers les « politiques » jugés hors-sol, envers un système organisé par et pour ceux d’en haut est très grande, en particulier chez les jeunes et les classes populaires.

Illégitimité du parti au pouvoir

La claque est forte pour LREM, et ses alliances avec Les Républicains n’auront pas permis de l’éviter. Le parti au pouvoir a enregistré sans surprise le désastre qui était annoncé avant le scrutin et que le premier tour avait esquissé.

À l’exception notable du Havre, LREM a perdu partout, ou presque, comme à Tours, Besançon, Bordeaux, Lyon et surtout à Paris qui fait figure de symbole. En effet, la tête de liste Buzyn a fait moins de 15 %, et ne siégera pas au Conseil de Paris.

La ministre Marlène Schiappa, candidate dans le 14e arrondissement, n’en sera pas non plus, pas davantage que Cédric Villani… Le désaveu du pouvoir actuel rejoint la colère contre tout un système et ceux qui le défendent.

Les dures semaines de la pandémie qui ont succédé à un mouvement social contre la réforme des retraites, la gestion désastreuse de l’épidémie par ce gouvernement, son mépris toujours vérifié envers les classes populaires… c’est tout ce qui a nourri la sanction contre Macron et ses amis, au premier comme au second tour.

De la poudre de perlimpinpin

Dans ce contexte de crise sociale, sanitaire, économique et démocratique, on assiste à une poussée de l’écologie libérale qui polarise aujourd’hui la gauche institutionnelle. C’est le cas à Lyon, Besançon, Strasbourg ou Tours…

Si, au vu notamment de l’ampleur de la crise climatique et des graves menaces qui pèsent sur l’avenir de la planète, les aspirations écologiques sont évidemment légitimes et salutaires, la solution ne viendra toutefois pas de ceux qui, comme EÉLV, ont fait depuis belle lurette une croix sur la transformation de la société, se contentant d’un saupoudrage vert capitalo-compatible.

Le PS réussit à gagner plusieurs villes et à en garder d’autres alors qu’il avait été laminé en 2014. Quant au PCF, même s’il a conquis et reconquis des villes précédemment perdues, comme Villejuif ou Bobigny, des « bastions » historiques disparaissent comme Saint-Denis, Aubervilliers, Champigny, Choisy-le-Roi ou encore Arles, Bezons et Gardanne, affaiblissant encore plus son implantation municipale.

L’arrivée du Rassemblement national à la tête de la mairie de Perpignan, une ville de plus de 100 000 habitantEs,  montre que la crise actuelle peut aussi accoucher du pire. Si le RN maintient une implantation certaine (la majorité de ses sortants ont été réélus dès le 1er tour), il a globalement échoué à élargir son implantation et a même enregistré plusieurs défaites et perdu de nombreux conseillers municipaux.

Après ce scrutin l’heure est plus que jamais à la mobilisation générale : pour en finir avec ce système, nous ne pouvons compter que sur nos propres forces.

La résignation n’est pas de mise contre Macron et ses amis capitalistes, dont l’illégitimité est confirmée, et plus globalement contre la violence de tout un système qui nous précipite chaque jour un peu plus vers la catastrophe sociale et écologique.

Mercredi 1 juillet 2020  Joséphine Simplon

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02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

état (npa)

macron ecolo

La crise marque-t-elle le retour de l’État ?

Souveraineté de l’État…

(…) Non seulement les États ont interrompu les circulations internationales, les interactions sociales et donc de larges pans de l’activité économique, mais ils ont presque immédiatement pris des mesures massives de soutien à l’économie.

En France, le chômage partiel concernait 8,6 millions de salariés en avril : un tiers des salariéEs du privé étaient payéEs par l’État ! Aux États-Unis, Trump et le Congrès sont rapidement parvenus à un accord de 2 200 milliards de dollars (12 % du PIB), comprenant l’envoi à la plupart des américains (les non citoyens étant exclus du dispositif) d’un chèque de 1 200 dollars, sur lesquels était inscrit le nom de Trump, tel un souverain battant monnaie.

L’action économique de l’État se poursuit d’ailleurs, et le fait que Merkel et Macron utilisent le niveau supranational comme relai de leurs politiques3 ne remet pas en cause la centralité des États dans la gestion de la crise.

ll serait pourtant erroné de penser la situation comme une reconquête par les États de leur souveraineté économique, que ce soit contre les institutions internationales, les banques centra-les ou les règles limitant les déficits. Les interventions massives des États, pour interrompre comme pour relancer l’activité, n’ont pas été décidées par un acte de souveraineté faisant « passer la santé devant l’économie » comme l’a dit Macron dans son discours du 14 juin, et ne marquent pas la fin du néolibéralisme4. Elles ont simplement été prises car la reproduction du capitalisme était défaillante.

…ou reproduction du capitalisme

Marx écrit dans le Manifeste du parti communiste (1847), que « le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière ». Et Engels dit dans l’Anti-Dühring (1878) qu’il est « l’organisation que la société bourgeoise se donne pour maintenir les conditions extérieures générales du mode de production capitaliste. […] Il est le capitaliste collectif en idée ».

Les États capitalistes se définissent par leur fonction, qui est de permettre la reproduction du système capitaliste et de favoriser l’accumulation du capital. Au cours de la crise, c’est cette fonction que les États capitalistes ont continué à remplir (avec plus ou moins d’efficacité selon les pays).

L’État peut remplir cette fonction en intervenant dans au moins trois domaines.

D’abord, il a un pouvoir coercitif, et peut réprimer ce qui menace la domination de classe en vigueur (un tel pouvoir est au cœur de l’État dans toute société de classe). Ce rôle correspond largement à ce que Pierre Bourdieu appelle la « main droite » de l’État (armée, police, justice, prisons, etc.).

En second lieu, l’État prend en charge une partie (plus ou moins importante selon les époques) de la reproduction de la force de travail : sa « main gauche » est ainsi constituée de tous les services publics qui forment les futurs travailleurs (éducation), maintiennent en vie la population (santé) ou assurent certains moyens de subsistance pour les périodes de non-emploi (sécurité sociale), etc.

Enfin, l’État joue un rôle directement économique de régulation et de stabilisation relative du système capitaliste, toujours menacé par le chaos du marché.

En temps normal, hors période de crise, l’État néolibéral cherche à intensifier l’accumulation du capital en limitant son « poids » économique, et en maximisant les sources possibles de profit (privatisations, partenariats public-privé, etc.).

Il affaiblit donc les services publics, ce qui implique que la reproduction de la force de travail sera assurée dans une plus grande proportion soit par le secteur marchand (cliniques privées ou EPHAD dans la santé, par exemple), soit par les femmes au sein des foyers5.

Tout cela sert l’accumulation du capital mais rend la société plus vulnérable à la crise sanitaire et accélère l’advenue de la crise économique. Mais cela ne signifie pas qu’un tel État soit faible. Il agit (« réforme ») au contraire frénétiquement, il diffuse l’idéologie néolibérale (qui, en faisant de l’entreprise et du marché les valeurs suprêmes, nie pourtant l’importance de l’État), et il conserve un rôle économique fondamental, bien que diffus et discret.

Lorsqu’une crise advient, l’État capitaliste (néolibéral ou non) intervient d’une manière plus directe et visible, précisément parce que le système dont il doit garantir la reproduction est grippé, voire menacé.

Lors d’une crise économique (en 2008, ou cette année) il pourra adopter des politiques de relance voire des nationalisations provisoires. Lors d’une crise socio-politique (comme en 1945 ou 1968), il pourra négocier, céder du terrain ou accorder de nouveaux droits politiques et sociaux, afin de retrouver une certaine stabilité et garantir la pérennité du capitalisme. Et, lors de la crise sanitaire inédite que nous vivons, il a été contraint d’interrompre les activités sociales et économiques en confinant la population.

Dans ce cas, cela a impliqué des coûts économiques pour les capitalistes (une minorité de secteurs, comme l’économie numérique, en tirant toutefois profit), malgré les efforts de l’État pour les limiter au maximum en faisant travailler la population autant que possible durant le confinement et en faisant reprendre l’activité à tous au plus tôt.

Mais si les dirigeants des États capitalistes ont accepté ces coûts économiques, c’est parce qu’à leurs yeux il n’y avait pas d’alternative à la fois pour maintenir leur propre position de pouvoir et pour éviter que le système capitaliste soit bouleversé.

Les risques d’un non-confinement (et donc de la mort de dizaines ou centaines de milliers de personnes en France) étaient vraisemblablement trop grands : scandale politique, surtout si les dirigeants des pays voisins avaient choisi de confiner ; instabilité et troubles sociaux d’une ampleur difficile à anticiper ; avec, de toutes façons, une crise économique importante.

Il est révélateur que les dirigeants qui ont pris le moins de mesures gênant l’activité économique (à court terme) soient ceux qui, comme Bolsonaro et Trump, craignent le moins le scandale et la polarisation de l’opinion, puisque ce sont leurs éléments naturels.

Au Brésil et aux États-Unis, du reste, de nombreuses mesures de type confinement ont été prises au niveau régional, et il en a découlé une crise politique au sein de l’appareil d’État, entre le niveau fédéral et le niveau régional (crise symbolisée par les insultes publiques de Bolsonaro aux gouverneurs des provinces de Rio de Janeiro et São Paulo) ; il s’agissait au fond d’un désaccord sur la meilleure manière pour l’État de remplir sa fonction de reproduction du capitalisme (désaccord qui recoupe des styles politiques différents).

Si l’aspect sanitaire de la crise est inédit, son aspect économique est plus simple à analyser, puisque l’on a encore en mémoire la crise de 2008. Le rôle de garantie en dernier ressort du système capitaliste par l’État est dans ce domaine parfaitement clair.

Il s’agit de remplir cette fonction en prenant des mesures d’exception (Romaric Godin a employé l’expression suggestive de « flash keynésien »), mais en s’efforçant de revenir dès que possible à la norme néolibérale et à un État plus discret (même si cela peut s’avérer de plus en plus difficile, comme le montre par exemple la nécessité pour la BCE de mener continûment depuis 2015 des opérations de Quantitative easing, c’est-à-dire de rachat de dettes à des acteurs financiers).

Le discours néolibéral essaiera donc bien vite de faire oublier le supposé retour de l’État, et les dirigeants invoqueront à nouveau de prétendues contraintes insurmontables (l’économie, la nécessité de réformer, les traités européens, etc.) entravant son action. (…)

Le gouvernement français a pris soin (par calcul délibéré ou par blocage idéologique, peu importe) de ne prendre aucune mesure qui créerait un précédent sur lesquels les classes populaires pourraient prendre appui.

Ainsi, l’interdiction des licenciements durant le confinement, un temps évoquée dans les médias (et que l’État espagnol a adoptée le 27 mars, évidemment à titre de « parenthèse »), a rapidement été écartée par E. Philippe.

De même, aucune nationalisation n’a eu lieu, même celles des entreprises pouvant produire des masques, des tests ou des appareils respiratoires, alors que cela aurait permis non seulement de sauver des vies mais aussi, vraisemblablement, de déconfiner plus tôt et donc de limiter les pertes des capitalistes.

Alors que le pouvoir macroniste avait mis les réformes de l’assurance chômage, des retraites et de l’enseignement supérieur et de la recherche (LPPR) en pause afin d’élargir sa base sociale (ou du moins de neutraliser partiellement les oppositions par une pseudo-union nationale) durant la phase la plus périlleuse de la crise, il repart à la charge à la première accalmie.

Enfin, si l’État néolibéral a injecté de l’argent dans l’économie, il ne l’a fait qu’au profit direct ou indirect des entreprises, même dans le cas des mesures qui étaient en apparence destinées aux salariés, comme le chômage partiel (les fraudes des entreprises ont été massives puisqu’il est estimé que 24 % des salariéEs payés au chômage partiel auraient en réalité travaillé6).

Si des mesures peuvent constituer un précédent, ce sont celles qui reviennent sur des conquêtes sociales. Le 25 mars, le gouvernement, habilité par la loi d’urgence sanitaire à légiférer par ordonnance (ce qui est en soi une procédure antidémocratique, renforçant le pouvoir accru de l’exécutif dans le sens d’un « étatisme autoritaire », pour reprendre une expression de Nikos Poulantzas) a ainsi donné aux entreprises de certains secteurs (là encore par décret) le droit d’augmenter les durées horaires maximales du travail, d’augmenter la durée maximale de travail quotidien des travailleurs de nuit, de faire travailler le dimanche sans autorisation administrative, etc7.

Cette ordonnance est, en l’état actuel, en vigueur jusqu’à la fin de l’année8. Macron a du reste annoncé à la population le 14 juin qu’il allait falloir travailler et produire plus pour entamer la « reconstruction » économique, c’est-à-dire pour payer la crise, sans donner plus de détails sinon qu’il n’y aurait pas d’augmentations d’impôts.

Si l’on se penche sur les autres domaines d’action de l’État, et que l’on reprend la métaphore des deux mains de Bourdieu, on peut dire que l’État capitaliste est intrinsèquement droitier. Il peut être contraint, par des mobilisations de masse et un rapport de force plus favorable aux subalternes, comme entre 1945 et les années 1970, de renforcer également sa main gauche.

À l’inverse, c’est à une atrophie volontaire de cette dernière que l’époque néolibérale correspond. Et il faut remarquer, sans que cela implique de contester l’utilité sanitaire du confinement, que c’est bien sa main droite que l’État a utilisée pour empêcher les personnes de circuler et de se réunir (notamment car les services publics de santé avaient été trop affaiblis pour pouvoir prendre en charge à eux seuls la crise sanitaire).

Et il l’a fait d’une manière particulièrement brutale, la police ayant provoqué la mort de 12 personnes pendant le confinement. L’État s’est du reste donné des moyens de muscler encore sa main droite à l’avenir, créant là aussi des précédents (en France et ailleurs) : drones de surveillance, traçage numérique des populations, capteurs de température, autorisation de sortie, etc9.

Le gouvernement a même tenté de prolonger l’interdiction des manifestations (interdiction finalement suspendue par le Conseil d’État, les luttes passées ayant permis de faire reconnaître dans le droit comme une « liberté fondamentale » le fait de manifester).

La crise actuelle intensifie donc les tendances autoritaires de l’État néolibéral.

La révolte internationale en réaction à l’assassinat de George Floyd, et en France à celui d’Adama Traoré, révolte dirigée contre le racisme et l’oppression policière (subie avec une intensité particulière pendant le confinement) est cependant en mesure de s’opposer à ces tendances.

La main gauche de l’État a évidemment joué un rôle décisif dans la crise sanitaire, grâce au courage et à l’abnégation des soignantEs. Malgré les proclamations du pouvoir (Ségur de la santé), il ne souhaite vraisemblablement rien faire pour la renforcer, à l’exception de quelques décisions peu coûteuses comme le renouvellement des stocks de masques (qui avait été abandonné depuis 2013), et d’une reconnaissance symbolique (applaudissements, médailles, etc.).

Notre camp peut cependant contraindre l’État à prendre de véritables mesures en établissant un puissant rapport de forces, à partir des grèves et manifestations des soignantEs dont la lutte, qui ne s’est pas interrompue depuis plus d’un an, a trouvé une intensité nouvelle après le confinement.

Plus encore que celle de 2008, la crise actuelle démontre que, malgré toutes ses défaillances, si l’État ne peut pas tout, il peut beaucoup, mais que sa puissance est au service du système capitaliste. Elle révèle donc ce qu’ont de faux les deux idéologies dominantes symétriques : le discours néolibéral qui veut faire oublier le rôle de l’État ; le discours étatiste-souverainiste qui veut laisser penser que l’État est parfaitement autonome.

Si dans la situation actuelle le pouvoir cherchera à renforcer encore les tendances néolibérale et autoritaire de l’État, les deux principaux mouvements post-confinement, le mouvement des soignantEs et le mouvement antiraciste (contre les violences policières et pour les sans-papiers) constituent déjà une résistance puissante et déterminée contre ces deux tendances. (Résumé)

Mardi 30 juin 2020 Yohann Emmanuel

https://npa2009.org/

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30 juin 2020 ~ 0 Commentaire

on est là! (npa)

NPA

tous ensembel

Élections municipales à Bordeaux : maintenant, « on est là » !

Avec son score de 9,39%, la liste Bordeaux en luttes envoie trois éluEs au conseil municipal de Bordeaux, au cours d’une élection également marquée par la défaite de la droite, en poste depuis 75 ans.

Le soir du deuxième tour, on a connu deux évènements « historiques » à Bordeaux. Le premier, assez surprenant et d’autant plus délicieux, ce fut la chute du clan juppéiste-chabaniste, allié de circonstance avec les macronistes, perdant ainsi un pouvoir qu’ils avaient depuis 75 ans.

On savait cette droite en difficulté, en mini crise de succession, mais la défaite paraissait peu probable. D’autant moins qu’en face, la solution de rechange proposée était une liste écolo-socialo (EELV-PS) si peu à gauche, si peu en rupture, menant d’ailleurs une campagne très centriste, essayant sans cesse de rassurer l’électorat de droite.

Mais le ras-le-bol contre ce Bordeaux bourgeois qui exclut les classes populaires, le contexte marqué par le mouvement de colère des Gilets jaunes et une violente répression, pendant plus d’un an, tout cela fait que le pouvoir en place a fini par se faire dégager.

Une envie de changement

Le deuxième évènement, c’est notre liste, celle de « Bordeaux En Luttes » qui, grâce à son score de 9,39% des suffrages (5 300 voix) nous permet d’avoir 3 éluEs au parlement bordelais et un à la Métropole. Pour nous c’est énorme, c’est un exploit, même si depuis les 11,77% du premier tour, le fait de rentrer au conseil municipal était devenu très possible.

Mais cela n’était pas aussi simple car pour une bonne partie de la population, l’enjeu principal de cette élection restait cette « chance » historique de Bordeaux de « basculer » à gauche. Il s’agissait bien d’une attente réelle même si, à côté de ça, l’important taux d’abstention (62%) montre aussi qu’une majorité n’attend plus rien des élections.

Il a donc fallu se confronter à cet envie de changement. La liste n’avait aucune hésitation, c’était d’ailleurs décidé depuis le lancement de la campagne, il fallait rester au second tour, aller au bout, pour continuer à défendre notre anticapitalisme, faire entendre la colère sociale et la faire rentrer dans la mairie. Mais est-ce qu’on allait nous suivre, est-ce que parmi nos proches, parmi celles et qui avaient voté pour nous au premier tour, notre présence au second tour serait perçue comme légitime et souhaitable ?

À part la liste EÉLV-PS dans son ensemble, qui a exprimé clairement son hostilité à notre égard (nous faisions « le jeu de la droite »), dans la population, au fil des distributions de tracts sur les marchés, des collages, des réseaux sociaux, nous avons rencontré essentiellement une grosse sympathie et un soutien permanent, même s’il y avait beaucoup d’hésitations sur quoi faire. Nous avons réussi à rendre légitime notre présence au deuxième tour, assumant notre refus d’alliance, affirmant notre indépendance totale vis-à-vis de la « gauche » institutionnelle.

Crédibilité politique

On savait qu’indépendamment du résultat final, nous avions de toute façon marqué la campagne électorale, en la politisant, en mettant en avant des réponses politiques comme la réquisition des logements, le blocage des loyers, les transports publics gratuits, l’interdiction des pesticides, une écologie anticapitaliste… et aussi sur la nécessité d’une démocratie directe, avec une population qui prenne ses affaires en mains et qui puisse décider directement de ce qui la concerne.

On a fini par bien résister à la pression du vote utile. Certes nous avons perdu 1100 voix et 2,4 points. Mais l’essentiel est là, nous entrons au conseil municipal, gagnant en même temps un crédibilité politique nouvelle. Car nous sommes allés jusqu’au bout, sans nous taire, nous nous effacer, sans plier face aux pressions, au chantage et à quelques insultes venant de la liste EELV-PS. Au final, notre influence, la sympathie qu’on suscite, comme les attentes vis-à-vis de notre arrivée, dépassent largement notre résultat.

Nous sommes évidemment fiers de ce que nous avons fait, collectivement, entre camarades d’associations, de collectifs, syndicalistes, Gilets jaunes, avec des FI et des NPA. Et nous savons qu’autour de nous, il y a une grosse satisfaction d’avoir osé faire, d’avoir porté la parole des luttes et des révoltes de notre camp social.

À l’image de notre « meeting » de fin de campagne, à plus de 200, en plein air, sur la place Saint-Michel, quartier toujours populaire et immigré, malgré des années de gentrification et d’exclusion des milieux pauvres et modestes.

À l’image aussi de la soirée électorale, toujours en plein air, quartier des Capucins, tout autant populaire, à chanter « On est là » ou encore lInternationale, comme pour crier notre dignité, comme pour dire qu’il faudra compter sur nous, que notre colère rentrera bien dans la mairie pour bousculer la routine, pour changer la donne, en appui sur toutes les mobilisations et résistances sociales.

Mardi 30 juin 2020 Philippe Poutou

https://npa2009.org/

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