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10 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Edito (NPA)

 

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Panique à Dubaï

Nous devons l’avouer, au milieu de cette escalade guerrière, alors que nous tentons de tenir le cap face à la vague d’extrême droite et les annonces de Macron sur l’augmentation du nombre d’ogives nucléaires, il y a quelque chose de honteusement délectable dans le spectacle offert par la panique des exiléEs fiscaux de Dubaï.

Dubaï a notamment attiré de nombreux influenceurs et influenceuses mode, achats et beauté, grâce à une fiscalité attractive et un niveau de vie élevé, sur fond de surexploitation d’une main-d’œuvre importée. Beaucoup ont ainsi quitté la France, aussi bien par effet de mode que par volonté d’échapper aux impôts, taxes et cotisations.

Après les bombardements iraniens en réponse à l’attaque israélo-étasunienne, les voici maintenant influenceurEs de confinement et de guerre. Et on les entend : « La France doit nous protéger ! »

La situation est autant iconique qu’ironique : après avoir quitté l’hexagone en grandes pompes, on les voit aujourd’hui en appeler à l’État et au système de protection sociale que leur exil volontaire a participé à appauvrir et à détruire, matériellement et symboliquement.

On aurait presque envie d’aller les attendre à l’aéroport avec, dans la main droite, une carte « Bon retour ! » et dans la gauche leur feuille de déclaration d’impôts, un tract pour la prochaine manif en défense de la Sécurité sociale et l’appel au G7 contre la militarisation du monde… Le tableau serait complet.

Toujours, le réel se rappelle à celles et ceux qui étaient hier « apolitiques » et qui ne se sentaient « pas concernéEs », en se promenant dans leur maison de luxe, dans des vêtements fournis par des marques promues, en enchaînant les vidéos de placement de produits.

C’est cynique, car, au fond, on préfère des années d’influenceurEs prêtEs à vendre n’importe quoi depuis Dubaï plutôt qu’une seule seconde de guerre. Mais l’un ne va pas sans l’autre : c’est le même système capitaliste qui produit à la fois l’influence et la fuite en avant impérialiste.

Aurélie-Anne Thos

https://lanticapitaliste.org/

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06 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Fascisme (Marxists)

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Ernest Mandel

La théorie du fascisme de Trotsky se présente comme un tout de six éléments qui ne peuvent être compris qu’en tant que totalité et seule leur interdépendance peut expliquer la montée, la victoire et le déclin de la dictature fasciste.

a) La montée du fascisme est l’expression de la grave crise sociale du capitalisme de l’âge mûr, . Il s’agit fondamentalement d’une crise de reproduction du capital, c’est-à-dire de l’impossibilité de poursuivre une accumulation  » naturelle  » du capital, étant donnée la concurrence au niveau du marché mondial (niveau existant des salaires réels et de la productivité du travail, accès aux matières premières et aux débouchés). La fonction historique de la prise du pouvoir par les fascistes consiste à modifier par la force et la violence les conditions de reproduction du capital en faveur des groupes décisifs du capitalisme monopoliste.

b) Dans les conditions de l’impérialisme et du mouvement ouvrier contemporain, historiquement développé, la domination politique de la bourgeoisie s’exerce le plus avantageusement – c’est-à-dire avec les coûts les plus réduits – au moyen de la démocratie parlementaire bourgeoise qui offre, entre autres, le double avantage de désamorcer périodiquement les contradictions explosives de la société par certaines réformes sociales, et de faire participer, directement ou indirectement, à l’exercice du pouvoir politique, un secteur important de la classe bourgeoise (au travers des partis bourgeois, des journaux, des universités, des organisations patronales, des administrations communales et régionales, des sommets de l’appareil d’Etat, du système de la Banque centrale).

c) Dans les conditions du capitalisme industriel monopoliste contemporain, une aussi forte centralisation du pouvoir d’Etat, implique la destruction de la plus grande partie des conquêtes du mouvement ouvrier contemporain (en particulier, de tous les « germes de démocratie prolétarienne dans le cadre de la démocratie bourgeoise « , comme Trotsky désigne à juste titre les organisations du mouvement ouvrier) est pratiquement irréalisable par des moyens purement techniques, étant donné l’énorme disproportion numérique entre les salariés et les détenteurs du grand capital.

Une dictature militaire ou un Etat purement policier.

Pour cela, il faut un mouvement de masse qui mobilise un grand nombre d’individus. Seul un tel mouvement peut décimer et démoraliser la frange la plus consciente du prolétariat par une terreur de masse systématique, par une guerre de harcèlement et des combats de rue, et, après la prise du pouvoir, laisser le prolétariat non seulement atomisé à la suite de la destruction totale de ses organisations de masse, mais aussi découragé et résigné.

d) Un tel mouvement de masse ne peut surgir qu’au sein de la troisième classe de la société, la petite bourgeoisie, qui, dans la société capitaliste, existe à côté du prolétariat et de la bourgeoisie. Quand la petite bourgeoisie est touchée si durement par la crise structurelle du capitalisme de l’âge mûr, qu’elle sombre dans le désespoir (inflation, faillite des petits entrepreneurs, chômage massif des diplômés, des techniciens et des employés supérieurs.

Dès que ce mouvement, qui se recrute essentiellement parmi les éléments déclassés de la petite bourgeoisie, a recours à des violences physiques ouvertes contre les salariés, leurs actions et leurs organisations, un mouvement fasciste est né.

e) La décimation et l’écrasement préalables du mouvement ouvrier, sont indispensables, possibles si, dans la période précédant la prise du pouvoir, le plateau de la balance penche de façon décisive en faveur des bandes fascistes et en défaveur des ouvriers.

La montée d’un mouvement fasciste de masse est en quelque sorte une institutionnalisation de la guerre civile, où, toutefois, les deux parties ont objectivement une chance de l’emporter (c’est la raison pour laquelle la grande bourgeoisie ne soutient et ne finance de telles expériences que dans des conditions tout à fait particulières,  » anormales « , car cette politique de quitte ou double présente indéniablement un risque au départ).

Si les fascistes réussissent à balayer l’ennemi, c’est-à-dire la classe ouvrière organisée, à le paralyser, à le décourager et à le démoraliser, la victoire leur est assurée. Si, par contre, le mouvement ouvrier réussit à repousser l’assaut et à prendre lui-même l’initiative, il infligera une défaite décisive non seulement au fascisme mais aussi au capitalisme qui l’a engendré. Au départ, les bandes fascistes n’organisent que la fraction la plus décidée et la plus désespérée de la petite bourgeoisie (sa fraction  » enragée « ).

C’est ce qui permet de dire que victoire du fascisme traduit l’incapacité du mouvement ouvrier à résoudre la crise du capitalisme de la maturité conformément à ses propres intérêts et objectifs. En fait, une telle crise ne fait, en général, que donner au mouvement ouvrier une chance de s’imposer. Ce n’est que lorsqu’il a laissé échapper cette chance et que la classe ouvrière est séduite, divisée et démoralisée, que le conflit peut conduire au triomphe du fascisme.

f) Si le fascisme n’a pas réussi à  » écraser le mouvement ouvrier sous ses coups de boutoir « , il a rempli sa mission aux yeux des représentants du capitalisme monopoliste. Son mouvement de masse se bureaucratise et se fond dans l’appareil d’Etat bourgeois.

C’est ici que se révèle le caractère de classe de la dictature fasciste, qui ne correspond pas au mouvement fasciste de masse. Elle défend non pas les intérêts historiques de la petite bourgeoisie, mais ceux du capital monopoliste.

Tels sont les éléments constitutifs de la théorie du fascisme de Trotsky.

Ernest Mandel.

Ceci est un résumé, voir le lien

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06 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Riposte (NPA)

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Construire la riposte antifasciste

La fascisation en cours menace l’ensemble des forces engagées pour l’égalité et l’émancipation et crée les conditions d’une intensification des violences visant les personnes racisées, les LGBTQIA+, les femmes… Il n’y a pas de combat plus urgent que la lutte antifasciste.

Il faut donc faire feu de tout bois pour résister à l’impression de fatalité qui risque de tout emporter. Cela passe par le renforcement de toutes les initiatives qui permettent de ne pas laisser l’agenda réactionnaire dominer le débat public.

Renforcer toutes les résistances et les unifier

Des initiatives antifascistes existent, en solidarité avec les organisations attaquées, contre les projets de Stérin et Bolloré, les groupuscules fascistes et leur version ripolinée du RN. Avec des mobilisations contre l’internationale fasciste, contre les guerres impérialistes et les oppresseurs des peuples en Palestine, en Iran, en Ukraine, au Vénézuela…

Mais aussi par les luttes féministes, qui refusent leur détournement fémonationaliste : le 8 mars sera un moment majeur de la riposte. Et dans les combats antiracistes : les marches du 14 mars contre le racisme, les fascistes et les violences d’État sont la prochaine échéance centrale de mobilisation. Il faut renforcer ces ­mobilisations.

Mais, ces mobilisations éparses ne suffiront pas à affronter le fascisme qui vient. C’est pourquoi le NPA-l’Anticapitaliste s’est adressé le 27 février à l’ensemble de la gauche par voie de lettre ouverte : « Il est urgent que l’ensemble des organisations politiques, syndicales et associatives, au-delà des nuances et des calculs d’appareil, se réunissent pour préparer une riposte à la fois institutionnelle et militante partout dans les villes, les quartiers, les lieux d’études et les entreprises, à l’image de ce qu’a pu être la mobilisation pour le Nouveau Front populaire en 2024. Plus que jamais nous avons besoin d’un nouveau front résolument antifasciste et militant, car l’autodéfense unitaire sera vitale dans la prochaine période. »

Dépasser les obstacles à l’unité

Il y a bien entendu de profondes divergences politiques à gauche. Mais face aux dangers mortels que nous devons affronter, elles ne devraient pas être opposées à la nécessité de faire front. Malheureusement, les concurrences électorales mènent les principales forces de gauche à creuser les divisions, avec les municipales et surtout la présidentielle en ligne de mire. Des sorties récentes de Jean-Luc Mélenchon en ­fournissent la dernière occasion.

Autant le dire sans détour, le fait de plaisanter sur la prononciation de noms juifs n’est pas anodin ; répéter l’opération au lendemain d’une première polémique encore moins ; et enfin nier la dimension volontaire, pourtant manifeste, de cette répétition ne calme pas le jeu. Bien entendu, l’extrême droite, la droite et les courants pro-­israéliens n’ont besoin d’aucun motif sérieux pour accuser d’antisémitisme à tort et à travers LFI, l’extrême gauche et le mouvement de solidarité avec la Palestine.

On peut également souligner que tout le champ politique, du centre gauche à l’extrême droite, qui fait de Mélenchon un nouveau Doriot est en réalité beaucoup plus enfoncé que LFI dans le racisme, par les politiques promues et par tant de discours dont les extraits font opportunément surface via les réseaux sociaux.

Mais quelle perche tendue à la gauche molle, qui en fait un nouveau prétexte pour essayer de cornériser LFI ! Et qui plus est dans une séquence déjà marquée par les attaques contre la gauche de combat suite à la mort d’un militant néonazi. Comment comprendre cette séquence, autrement que par la volonté de cliver, de polariser autour d’un « avec moi ou contre moi » quoi qu’il advienne ? Quitte à renforcer la conviction que, finalement, de tous côtés, personne ne se soucie réellement de l’antisémitisme, dont la thématique occupe une place dans le débat public inversement proportionnelle à sa prise en compte réelle.

Disons-le donc avec une certaine gravité : chaque jour où les divisions s’accentuent nous éloigne davantage des conditions pour qu’une réponse politique et sociale unitaire voit le jour. C’est pourtant la seule manière d’arrêter la dynamique de fascisation qui nous écrasera toutes et tous. Il est peut-être déjà trop tard. Mais le pire n’est jamais certain.

Olivier Lek Lafferrière Mercredi 4 mars 2026

https://lanticapitaliste.org/

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05 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Renversement (NPA)

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Violences de l’extrême droite, le grand renversement

Ces derniers jours, toute la sphère médiatique et politique attaque LFI pour la mort d’un jeune militant fasciste, survenue à Lyon le 14 février dernier. LFI et la Jeune Garde se voient accusées d’entretenir un climat de violence en France. Et pour la première fois depuis 1945, l’Assemblée nationale a observé une minute de silence en mémoire d’un militant d’extrême droite.

La violence vient des fascistes !

Les groupes d’autodéfense antifascistes comme la Jeune Garde existent car, depuis de nombreuses années, et en particulier à Lyon, l’extrême droite agresse, blesse et tue. Comme lorsque des militants identitaires armés de couteaux s’en prennent au cortège de la Marche des fiertés en 2021, ou lorsqu’ils agressent des supporters marocains en marge d’un match de football en 2022.

Pourtant, sur les chaînes d’information continue, tout est renversé : les vrais fascistes, les nostalgiques du 3e Reich, deviennent des militants pacifiques, les responsables d’agressions racistes sont des victimes et les fémo-nationalistes anti-IVG passent pour des féministes… Stérin, Bolloré, Retailleau, Nuñez, tous sont main dans la main pour faire front contre la gauche, pour eux c’est:

« Plutôt Hitler que le Front populaire ! ».

Ce renversement total de la culpabilité est aussi un renversement de la vérité. Parce qu’il faut mentir en permanence pour maintenir un système capitaliste à bout de souffle, le temps d’installer l’extrême droite au pouvoir. Il faut faire passer LFI pour une organisation d’extrême gauche violente. Il faut faire passer des néo-nazis pour de pauvres innocents, et les gens qui les combattent pour des enragéEs assoifféEs de sang.

Toustes uniEs contre les attaques fascistes

Il est urgent que l’ensemble de la gauche sociale et politique se réunisse pour préparer une riposte militante partout dans les villes, les quartiers, les lieux d’études et les entreprises, à l’image de ce qu’a pu être la mobilisation pour le Nouveau Front populaire en 2024.

Plus que jamais, nous avons besoin d’un nouveau front résolument antifasciste et militant, car l’autodéfense unitaire sera vitale dans la prochaine période.

Dans ce contexte, la mobilisation du 8 mars sera une première échéance de mobilisation sociale, féministe, antiraciste. La réussite de cette journée aura une importance capitale pour construire une réponse à l’extrême droite. Mais ce n’est qu’un début.

Antifascistes, tant qu’il le faudra !

Montreuil, le 3 mars 2026

https://npa-lanticapitaliste.org/

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05 mars 2026 ~ 0 Commentaire

8 Mars (NPA)

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8 mars, un féminisme de lutte de classe, inclusif, internationaliste et antifasciste

Le 8 mars est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et d’appel à la grève productive et reproductive.

Elle a lieu dans un contexte d’attaques contre les droits des femmes et des minorisées de genre, en lien avec le développement des idéologies masculinistes et des mouvements d’extrême droite, racistes, sexistes et nationalistes.

Le 8 mars, sortons massivement dans la rue pour défendre un féminisme de lutte de classe, radical, inclusif, internationaliste et profondément antifasciste !

Dossier réalisé par la Commission nationale d’intervention féministe

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04 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Edito (Contretemps)

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En solidarité avec LFI et l’antifascisme.

Construire un front social antifasciste et antiraciste

Le 12 février dernier, le militant néofasciste Quentin Deranque est mort à Lyon suite à une confrontation physique entre néofascistes et antifascistes. Dans les jours qui ont suivi, un nouveau cap a été franchi dans la fascisation des médias dominants et d’un large pan des élites politiques.

En effet, une offensive médiatique et politique d’une intensité fulgurante a alors ciblé à la fois l’antifascisme et La France insoumise. Sans aucune forme de distance, les forces politiques dominantes et les « grands » médias ont repris la lecture des événements proposée par l’extrême droite : un jeune catholique, étudiant en mathématiques, aimant le tennis et la philosophie, aurait été lynché sans raison ni contexte par des antifascistes.

Un récit dominant a ainsi été imposé : les antifascistes lyonnais issus de la Jeune Garde antifasciste seraient responsables sur le plan judiciaire (y compris le député Raphaël Arnault, l’un de ses fondateurs) ; l’antifascisme dans son ensemble et LFI étaient présentés comme responsables politiquement de sa mort. Une mort dépolitisée car, dans le même temps, l’appartenance de ce dernier à des organisations néofascistes et les violences répétées de son camp, au cours notamment des quinze dernières années et en particulier à Lyon, étaient largement passées sous silence.

Pourtant des images, des vidéos, des témoignages sont rapidement venus contredire le narratif médiatique imposé dans les premiers jours. Le 12 février, l’extrême droite était armée et prête à la violence la plus brutale comme elle en a l’habitude, à Lyon comme ailleurs. En outre, grâce à un article de L’Humanité, on a appris quelques jours plus tard que les militants de cette mouvance particulièrement violente et raciste de l’extrême droite avaient l’habitude de préparer des traquenards en utilisant les militantes du collectif féminin raciste Nemesis comme « appât ».

Le 21 février, à Lyon, c’est bien une manifestation fasciste qui a été autorisée par le ministère de l’Intérieur ; la Préfecture du Rhône a dû signaler à la justice les saluts nazis, les symboles fascistes et les propos racistes qui l’ont émaillée.

Comme trop souvent, nous assistons à une construction discursive qui renverse le sens et déforme la réalité.

Un topos maintenant commun est récité à l’unisson : la violence serait du côté de la gauche (« extrême » ou « ultra ») et l’antifascisme serait une menace, voire un danger de type « terroriste » (reprenant ici la rhétorique que Trump mais aussi Orban ont diffusé depuis plusieurs années contre l’antifascisme). La France insoumise « brutalise[rait] » le débat, nous dit-on, sa « stratégie » serait « de tout conflictualiser », et, quoiqu’il en soit, elle serait responsable, d’une manière ou d’une autre, de la « violence ».

En réalité, ce qui est reproché à LFI c’est d’avoir remis en cause avec force le consensus néolibéral, sécuritaire, raciste et impérialiste en France.

C’est son opposition résolue à l’islamophobie et aux violences policières ; c’est sa dénonciation constante du génocide à Gaza ; et c’est bien sûr son poids politique, ses plus de 20% à la dernière élection présidentielle et ses 70 député·es à l’Assemblée nationale, faisant d’elle une alternative sérieuse dans le paysage politique. À l’opposé du Parti socialiste qui a dominé le champ politique des décennies durant, LFI s’affirme comme une gauche de rupture qui n’entend pas accompagner le néolibéralisme, ni endosser le racisme structurel, ni encore soutenir le régime colonial israélien. Voilà ce que l’ordre dominant ne lui pardonne pas.

Quant à l’antifascisme, l’inversion est telle qu’on en oublie sa raison d’être élémentaire : l’autodéfense contre le fascisme.

Quand les fascistes attaquent des militant·es de gauche pour leurs idées, des Arabes, des Noir·es, des Musulman·es ou des LGBT parce que Arabes, Noir·es, Musulman·es ou LGBT, les antifascistes luttent contre cette violence première.

À Lyon, la Jeune Garde a ainsi permis la fermeture de cinq locaux de militants fascistes (dont des salles de boxe). Pourtant, l’inversion des rôles entre fascistes et antifascistes s’est opérée à grande vitesse. Dans un contexte marqué par l’asphyxie budgétaire, l’atonie des mobilisations et de sidération diffuse, la normalisation de l’extrême droite se poursuit, par un tour de passe-passe redoutable : les marqueurs historiquement nauséabonds du fascisme sont transférés vers notre camp.

Les digues étaient devenues extrêmement fragiles ; elles semblent à présent rompues. En quelques jours, on a pu constater la multiplication des dégradations de locaux, les menaces de mort quotidiennes contre des élu·es de la France insoumise, une alerte à la bombe au siège national de LFI ou au local de la CGT de Lyon.

Au regard du traitement politique et médiatique de la mort de Quentin Deranque, et notamment de la minute de silence observée à l’Assemblée nationale, l’extrême droite se sent autorisée à se venger et distille un climat de peur. Le gouvernement restreint les libertés publiques, à l’image de l’interdiction de réunions politiques dans les universités lorsqu’elles seraient susceptibles de « troubler l’ordre public », un critère totalement subjectif pouvant s’appliquer à nombre de colloques que l’extrême droite souhaiterait perturber.

Nous sommes à la croisée des chemins. L’histoire récente a montré ailleurs que la désignation d’un ennemi intérieur — les « antifa » sous l’administration de Trump — peut servir à disqualifier l’ensemble de la gauche et des résistances populaires, féministes et antiracistes, et à renforcer une extrême droite victimaire et conquérante. La logique est claire : délégitimer et isoler LFI en vue des prochaines échéances municipales et présidentielles, déplacer durablement le centre de gravité politique, et préparer l’accession au pouvoir de l’extrême droite – probablement dans une configuration d’union des droites à l’image de l’Italie, qu’appelle manifestement de ses vœux une partie croissante du patronat.

C’est dans ce sens que défilent dans les médias les représentant·es des droites, dont de nombreuses figures du PS, et notamment la macronie qui, dans les mots d’Aurore Bergé, a invité le RN à faire barrage à LFI, un parti qu’elle a qualifié « d’anti-France ». L’opportunisme de certaines personnalités de gauche qui ajoutent leurs voix à celles de la droite et de l’extrême droite dans cette campagne anti-LFI est un jeu plus que dangereux qui ne peut que contribuer un peu plus à normaliser l’extrême droite et à isoler l’antifascisme.

Dans ce moment historique de bascule néofasciste, seul un front antifasciste et antiraciste large est en mesure de faire reculer le fascisme, en luttant contre sa dédiabolisation et contre le racisme structurel hérité de l’histoire coloniale avec laquelle l’État français n’a pas rompu. Ce front large devra s’opposer clairement à la fois aux extrêmes droites, à la complaisance du gouvernement avec ses idées et pratiques, mais aussi aux attaques contre la gauche radicale, l’antifascisme et l’antiracisme politique, et plus largement toutes les formes de contestation populaire (solidarité avec la Palestine, syndicalistes combatifs, écologistes radicaux, etc.).

Face à cela, nos pratiques militantes doivent être interrogées.

L’antifascisme ne peut se réduire à une posture morale ; il suppose organisation, formation, stratégie. La question de l’autoprotection ne peut être laissée à quelques « spécialistes » ni pensée comme une dimension séparée du politique, mais être prise en charge par l’ensemble des organisations de la gauche sociale et politique.

Une autodéfense antifasciste implique notamment un contrôle politique permanent des objectifs et des moyens. L’efficacité ne réside pas d’abord dans des « recettes » techniques, mais dans l’articulation entre protection collective, organisations solidement structurées, capables d’assumer politiquement leurs choix, mais aussi manifestations de masse comme on le voit par exemple à Minneapolis, ou ce qui se prépare pour le 28 mars prochain dans les rues de Londres.

En outre, il importe de faire bloc avec les militant·es antifascistes et La France insoumise, particulièrement attaqué·es aujourd’hui, et avec toutes les forces sociales et politiques antifascistes et antiracistes.

Il faut faire front commun contre le fascisme au-delà de nos différentes traditions et/ou de nos cadres militants :

reconstruire du collectif sur la base de nos fondamentaux contre toutes les formes d’oppression, pour l’égalité et l’émancipation des peuples. Pour un tel front, la mobilisation des travailleur·ses et de leurs organisations syndicales est primordiale, car c’est aussi sur le terrain de la mobilisation du monde du travail, contre une extrême droite qui affiche de façon de plus en plus décomplexée ses projets d’alliances avec le patronat, que se joue la bataille antifasciste.

Rien n’est perdu. Depuis le milieu des années 2010, le pays a connu une multiplication de luttes de masse ; une dynamique militante porteuse d’espoir a posé les jalons d’un horizon émancipateur capable de l’emporter. Si la lutte pour l’émancipation s’inscrit dans le temps long, les temporalités plus rapprochées sont aussi décisives. Il s’agit de participer et renforcer les prochaines mobilisations, comme la journée internationale du 8 mars pour les droits des femmes (en s’opposant aux tentatives du collectif raciste Nemesis de s’insérer dans cette mobilisation), la manifestation du 14 mars « Contre le racisme, les fascistes et les violences d’État », ou encore les marches anticoloniales pour la Palestine qui se tiennent régulièrement.

Les 15 et 22 mars 2026, la mobilisation populaire devra aussi se déployer sur le terrain des élections municipales.

Il faut œuvrer au renforcement de l’ancrage local des gauches de rupture – et, ce faisant, accroître notre capacité d’organisation et de mobilisation contre le fascisme, le racisme et le néolibéralisme. Ainsi, il apparaît nécessaire de soutenir au premier tour les listes présentées par les gauches de rupture (dans lesquelles LFI joue bien souvent un rôle central et moteur), et de trouver les moyens de vaincre l’extrême droite au second tour lorsqu’elle est en capacité de l’emporter.

L’heure n’est certainement pas au désespoir, ni au désenchantement, mais à l’action la plus résolue pour un front antiraciste et antifasciste.

https://www.contretemps.eu/

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03 mars 2026 ~ 0 Commentaire

Brighton (AR)

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École anticapitaliste à Brighton
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SAMEDI 14 MARS
Résistance Anticapitaliste se réunit à Brighton pour s’organiser et lutter contre le capitalisme et la montée en puissance de l’extrême droite.
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Le fascisme rampant est là. Le dérèglement climatique galopant met notre planète au bord du gouffre. Les droits des personnes transgenres, chèrement acquis, sont constamment menacés. Les droits reproductifs sont progressivement remis en question.
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Le parti Réforme UK est en place pour remporter les élections de 2029, tandis qu’un gouvernement travailliste de droite continue de soutenir le génocide en Palestine, les politiques d’austérité et de bafouer notre droit de manifester par une répression policière agressive et une législation réactionnaire.
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Une chose est claire : le système capitaliste fondé sur l’exploitation et le profit doit disparaître.
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Il est temps de nous organiser. Nous luttons pour un avenir alternatif, celui de l’écosocialisme. Un avenir fondé sur les besoins humains, non sur la cupidité. Un avenir qui protège notre planète et lui permet de s’épanouir. Un avenir sans frontières ni stéréotypes de genre oppressifs. Un avenir où la propriété partagée et la démocratie participative sont au cœur de notre société. Un avenir où l’exploitation des travailleurs salariés appartient au passé.
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Rejoignez-nous le samedi 14 mars pour une journée d’apprentissage et de partage. Découvrez les principes fondamentaux de l’écosocialisme, les raisons de notre opposition au capitalisme et comment nous pouvons nous organiser ensemble pour un avenir meilleur.
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Rencontrez d’autres militant·e·s qui souhaitent faire bouger les chose. La droite veut nous diviser, nous rendre apathiques et désespéré·e·s, mais ensemble, nous sommes forts.
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The QueeryBrighton, England

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26 février 2026 ~ 0 Commentaire

Edito (NPA)

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Une inquiétante complaisance avec le fascisme

La séquence marque une nette accélération de la fascisation du débat public. Minute de silence à l’Assemblée, diabolisation de l’antifascisme, complaisance envers l’extrême droite… Face à cette offensive politico-médiatique, la gauche sociale et politique doit se hisser à la hauteur de la situation et construire un véritable front antifasciste.

L’air politico-médiatique est irrespirable. La minute de silence à l’Assemblée en hommage à un militant d’extrême droite passé par plusieurs groupuscules néofascistes résume l’accélération brutale de la ­fascisation en cours.

Le monde à l’envers

Les plateaux sont saturés d’éditorialistes dénonçant « l’ultra­gauche » et l’antifascisme. La candidate de la « droite républicaine » à Marseille assume reprendre le slogan de Pétain, la ministre chargée de la lutte contre les discriminations reprend le vocabulaire de l’anti-­France venu de l’extrême droite antidreyfusarde, toute une partie du spectre politique et médiatique veut un cordon sanitaire… contre la principale force de gauche du pays ! L’antifascisme, l’extrême gauche et LFI sont construits comme le danger absolu. Souligner le danger de l’extrême droite devient ­saugrenu.

Il n’y a eu aucune séquence nationale comparable après le meurtre du militant antifasciste Clément Méric en 2013 puis celui du rugbyman Federico Martín Aramburú en 2022, tous les deux assassinés par des militants d’extrême droite. L’immense majorité des meurtres à caractère idéologique est pourtant imputable à l’extrême droite. Et encore, c’est sans compter l’immense majorité de la violence politique, qui est celle de l’État, par sa politique meurtrière aux frontières et par son traitement policier des ­personnes racisées.

Le message est clair. Il y a des vies qui comptent et des vies qui ne comptent pas, en fonction de la place dans l’ordre politique et social de qui est tué et de qui est accusé. La hiérarchie des indignations révèle une hiérarchie des vies.

Tapis rouge pour l’extrême droite

La complaisance actuelle avec le fascisme s’inscrit dans un contexte lyonnais marqué de longue date par l’activisme de groupuscules violents. Attaques de conférences, expéditions racistes, agressions de militantEs, violences contre des librairies ou des collectifs antiracistes : cette réalité ­constitue l’arrière-plan dans lequel se sont développées des stratégies en réponse. L’autodéfense antifasciste ne surgit pas spontanément : les pratiques de protection collective naissent d’agressions répétées, tolérées ou pire par les pouvoirs publics.

Depuis quelques jours, cette violence s’est accrue. Permanences politiques vandalisées, locaux syndicaux et politiques ciblés, menaces de mort, campagnes de harcèlement en ligne : les attaques se sont multipliées. À Lyon, plus de 3 000 personnes ont marché derrière des banderoles faisant du fasciste décédé un « martyr », aux côtés de figures connues de la mouvance nationaliste-­révolutionnaire. Des saluts nazis, insultes racistes et symboles néofascistes ont été signalés à la justice, pendant que nombre de commentaires soulignent que la marche s’est bien passée car il n’y a pas eu de vitrine ou de poubelle ­endommagée…

Ce basculement ne relève pas d’un emballement ponctuel mais d’une stratégie de normalisation, qui se sert de chaque occasion pour faire sauter de nouvelles digues. Il s’agit d’un véritable tapis rouge déroulé à l’extrême droite.

Face au danger existentiel, un front antifasciste !

La séquence est porteuse d’immenses dangers, aussi bien par l’encouragement aux violences fascistes contre les militantEs, les personnes racisées et les LGBTQIA+, que par les menaces de répression, d’interdictions, de dissolutions, d’empêchement des organisations de notre camp social. C’est tout le mouvement ouvrier, toute la gauche, tout le mouvement pour l’égalité et l’émancipation dont les conditions d’existence même sont mises en cause par la fascisation actuelle.

L’enjeu dépasse donc de loin les concurrences électorales, et les règlements de comptes politiques à gauche ne sont pas à la hauteur. Ni l’alignement sur les positions les plus droitières ni le sectarisme ne permettront de créer les conditions pour sortir de la nasse politico-médiatique.

La seule réponse est de faire front : organisations politiques, syndicales, associatives doivent prendre des initiatives communes, qui permettront aussi aux équipes militantes et aux classes populaires de sortir de la sidération provoquée par l’offensive en cours et de se mettre en mouvement, tant qu’il en est encore temps.

Le NPA-l’Anticapitaliste va prendre des initiatives en ce sens, pour que se construise un front antifasciste, contre le racisme, pour la démocratie et le progrès social.

Martin Hache et Olivier Lek Lafferrière

https://lanticapitaliste.org/

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23 février 2026 ~ 0 Commentaire

Municipales (NPA)

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Des listes pour une gauche de rupture

Les municipales des 15 et 22 mars arrivent dans un contexte inquiétant. L’extrême droite veut en faire une étape vers son ascension au pouvoir. La droite « classique » s’aligne en étant toujours plus raciste et réactionnaire. Et la gauche sociale-libérale met en œuvre des politiques contraires aux intérêts des classes populaires.

Construire un front antifasciste

Le NPA-l’Anticapitaliste s’engage dans cette campagne pour en faire un point d’appui dans la construction d’un front antifasciste et d’une gauche de rupture, ancrée dans les mobilisations et les besoins populaires.

Nous participons à des listes dans des dizaines de villes, selon des configurations différentes.

À Bordeaux, nous menons la liste avec Philippe Poutou. À Gérardmer ou Alençon, ce seront des listes unitaires, sans le PS, avec une tête de liste NPA-A.

À Kemper, ce sera un binôme LFI/NPA-A.

À Toulouse, Colomiers, Saint-Ouen, Rennes ou Metz, nous participons à des listes avec LFI. Ailleurs, nous soutiendrons ou participerons à des listes issues de cadres unitaires larges ou à des listes citoyennes…

Combattre la résignation

Il faut combattre le fatalisme face à la montée du RN et des idées réactionnaires. C’est une question de survie pour les exploitéEs et les oppriméEs. L’arrivée au pouvoir du RN peut échouer si elle trouve en face un front de résistance, rassemblant des militantEs politiques, syndicaux, féministes, antiracistes, écologistes.

Il s’agit aussi de porter notre projet écosocialiste, qui rompt avec le néolibéralisme et le capitalisme qui détruisent la planète, portés par les partis de droite ou de la gauche social-libérale.

Pour la démocratie directe

Nous devons développer l’auto-organisation et la démocratie directe, pour que les politiques municipales répondent aux besoins de la population. Face à la crise climatique, économique et sociale, nous défendons le droit au logement pour toustes, la gratuité des transports, la lutte contre les discriminations, le renforcement des services publics, des moyens pour les quartiers populaires, des politiques féministes, la défense des luttes LGBT+, le désarmement de la police, le refus des projets inutiles et des affaires des promoteurs…

Plus que jamais, nous avons besoin de construire un front unitaire de masse capable de faire reculer les fascistes, dans les urnes, mais surtout dans la rue, dans les quartiers, dans les entreprises. Les élections municipales en seront une étape incontournable.

Montreuil, le 18 février 2026• NPA.
https://npa-lanticapitaliste.org/

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23 février 2026 ~ 0 Commentaire

Municipales 2026 (NPA)

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Des listes pour une gauche de rupture

Les municipales des 15 et 22 mars arrivent dans un contexte inquiétant. L’extrême droite veut en faire une étape vers son ascension au pouvoir. La droite « classique » s’aligne en étant toujours plus raciste et réactionnaire. Et la gauche sociale-libérale met en œuvre des politiques contraires aux intérêts des classes populaires.

Construire un front antifasciste

Le NPA-l’Anticapitaliste s’engage dans cette campagne pour en faire un point d’appui dans la construction d’un front antifasciste et d’une gauche de rupture, ancrée dans les mobilisations et les besoins populaires.

Nous participons à des listes dans des dizaines de villes, selon des configurations différentes.

À Bordeaux, nous menons la liste avec Philippe Poutou. À Gérardmer ou Alençon, ce seront des listes unitaires, sans le PS, avec une tête de liste NPA-A.

À Kemper, ce sera un binôme LFI/NPA-A.

À Toulouse, Colomiers, Saint-Ouen, Rennes ou Metz, nous participons à des listes avec LFI. Ailleurs, nous soutiendrons ou participerons à des listes issues de cadres unitaires larges ou à des listes citoyennes…

Combattre la résignation

Il faut combattre le fatalisme face à la montée du RN et des idées réactionnaires. C’est une question de survie pour les exploitéEs et les oppriméEs. L’arrivée au pouvoir du RN peut échouer si elle trouve en face un front de résistance, rassemblant des militantEs politiques, syndicaux, féministes, antiracistes, écologistes.

Il s’agit aussi de porter notre projet écosocialiste, qui rompt avec le néolibéralisme et le capitalisme qui détruisent la planète, portés par les partis de droite ou de la gauche social-libérale.

Pour la démocratie directe

Nous devons développer l’auto-organisation et la démocratie directe, pour que les politiques municipales répondent aux besoins de la population. Face à la crise climatique, économique et sociale, nous défendons le droit au logement pour toustes, la gratuité des transports, la lutte contre les discriminations, le renforcement des services publics, des moyens pour les quartiers populaires, des politiques féministes, la défense des luttes LGBT+, le désarmement de la police, le refus des projets inutiles et des affaires des promoteurs…

Plus que jamais, nous avons besoin de construire un front unitaire de masse capable de faire reculer les fascistes, dans les urnes, mais surtout dans la rue, dans les quartiers, dans les entreprises. Les élections municipales en seront une étape incontournable.

Montreuil, le 18 février 2026• NPA.
https://npa-lanticapitaliste.org/

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