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05 août 2017 ~ 0 Commentaire

macronisme (npa)

NPA

macronator

Le macronisme est un autoritarisme

Trois mois après le premier tour de l’élection présidentielle, on y voit désormais plus clair quant aux modalités d’exercice du pouvoir à la sauce Macron, à propos desquelles il avait maintenu un certain flou durant sa campagne, à grands renforts de « et en même temps ».

Si les premières mesures de Macron et de son gouvernement ont donné le ton concernant les orientations générales du nouveau président et de sa majorité, d’autres décisions annoncent la couleur au sujet du type de pouvoir que Macron entend construire.

Concentration des pouvoirs  

Depuis son élection, Emmanuel Macron organise une concentration des pouvoirs qui, si elle est grandement facilitée par la nature même des institutions de la 5e République, n’en prend pas moins des formes inédites. L’épisode des investitures d’En marche pour les élections législatives a été l’un des premiers révélateurs de cette « méthode Macron ». Les futurs députéEs ont en effet été recrutés sur CV, après un appel à candidatures, par une « commission » composée de proches de Macron, soit une méthode à peu près similaire à celles employées dans les grandes entreprises privées. Un mimétisme qui ne surprend guère lorsque l’on connaît le pedigree de Macron et de son entourage, mais dont la portée politique est loin d’être anodine.

Ce n’est certes pas la première fois que des partis politiques importent des techniques du privé. Toutefois, cette présélection des députéEs ne peut être réduite à un simple phénomène d’importation de ces méthodes. En effet, du fait de ce processus de « recrutement », la légitimité des députéEs macronistes ne vient pas de leur éventuelle base locale ou d’un parti qui les aurait investis, mais de leur « sélection », d’en haut, par l’entourage de Macron. Des « sélectionneurs » qui sont majoritairement des technocrates sans implantation politique, appelés à être conseillers de l’Élysée, membres des cabinets des ministres, voire ministres. En d’autres termes, c’est le futur exécutif qui a sélectionné à l’avance le futur législatif.

Macron, un libéral-autoritaire 

Autre innovation avec la réduction considérable de la taille des cabinets ministériels (dix collaborateurs au maximum par ministre), que l’Élysée justifie par une volonté d’accorder une plus grande place aux administrations et donc aux hauts fonctionnaires qui, fait nouveau, participeront aux réunions avec les ministres et seront associés aux discussions budgétaires. Un pas de plus dans la technocratisation, qui se double de la volonté affichée de Macron d’« évaluer » près de 200 hauts fonctionnaires pour s’assurer de leur loyauté et, le cas échéant, de ne pas les renouveler. Il s’agit donc, dans un double mouvement, de renforcer le poids de la technocratie d’État tout en renforçant le contrôle de l’exécutif sur les technocrates.

À propos de l’élection de Macron, Alain Badiou évoquait récemment un « coup d’État démocratique ». Une formule paradoxale mais pertinente, confirmée par la posture « libérale-­autoritaire » du nouveau président qui, sous couvert de « modernisation » et de « rationalisation », vocable typique de la novlangue libérale, se donne les moyens institutionnels d’un exercice du pouvoir hyper concentré et ne tolérant aucune remise en question. Le récent épisode du « recadrage » du chef d’état-major Pierre de Villiers, qui a conduit à la démission de celui-ci, illustre cette tendance : le conflit n’avait pas pour racine les moyens attribués à l’armée (puisque Macron a fini par céder) mais la volonté de Macron d’affirmer publiquement son autorité.

Une main de fer dans un gant d’acier chromé

L’inscription de l’état d’urgence dans le droit commun et les postures martiales de Macron lors de ses premières rencontres internationales ne sont pas des accidents. L’autoritarisme est une composante du macronisme, dont les projets d’adaptation brutale des structures économiques et sociales françaises aux nouvelles configurations du capitalisme mondialisé passent par une caporalisation de la société, une marginalisation des corps intermédiaires et une mise sous tutelle des contre-pouvoirs. Macron, c’est une main de fer dans un gant d’acier chromé, et les artifices communicationnels du président ont déjà fait long feu, comme le montrent les critiques de plus en plus nombreuses venues d’éditorialistes rapidement revenus de leur Macron-béatitude.

À la tête d’un exécutif mal élu et disposant d’une base sociale particulièrement réduite, le manager Macron et ses chefs d’équipe, pour la plupart issus de la « nouvelle économie » et des grandes écoles de commerce, entendent exercer le pouvoir comme s’ils administraient une start-up ou un cabinet d’avocats de Wall Street : une vitrine décontractée et moderne, mais une gestion brutale et autoritaire des « ressources humaines ». Le macronisme n’est pas seulement une nouvelle étape de la contre-révolution libérale, mais bien un projet de société global auquel il est indispensable, au-delà des nécessaires résistances, d’opposer un contre-modèle social, économique, écologique et ­démocratique tout aussi global.

Mardi 1 août 2017 Julien Salingue

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01 août 2017 ~ 0 Commentaire

licence (npa)

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APB, « prérequis en licence », réduction des budgets : attaque généralisée dans l’enseignement supérieur

Alors que le gouvernement Macron-Philippe profite de l’été pour avancer sur sa loi travail 2, l’enseignement supérieur et la recherche ne sont pas exempts des attaques du ministère, entre la réduction des budgets, les 65 000 bacheliers sans facs, et la réforme sur la sélection en licence pour 2018.

65 000 étudiants sans inscription…

Ils n’étaient que 2 500 l’an dernier, les voilà 65 000, soit près d’un étudiant sur 13, à ne pas avoir été admis dans une formation post-bac par le logiciel APB. Évidemment, l’augmentation de celles et ceux qui commencent leur vie estudiantine par une année blanche n’est pas due à un problème informatique du portail APB, malgré des défaillances régulières. En réalité, il était attendu près de 40 000 demandes de plus, à raison de l’augmentation du nombre de bacheliers chaque année.

Mais les récentes attaques contre les universités, qui ont amené à des fermetures de filières ou à des réductions des places disponibles, ont rendu les universités françaises incapables d’accueillir tous les bacheliers. En effet, le quinquennat Hollande aura été celui des « fusions d’universités », qui ont largement abouti à des fermetures de filières (surtout dans les sciences sociales et les arts) et parfois d’établissements. La nouvelle ministre de l’ESR, Frédérique Vidal, a d’ailleurs annoncé que cette situation ne pouvait plus durer, pour instaurer dès 2018 ce qui existe déjà de fait : la sélection dès la licence.

La sélection en licence dès la rentrée 2018

C’est la prochaine attaque d’ampleur à laquelle devront faire face les étudiantEs : dès 2018, le gouvernement veut imposer la sélection en licence sous la forme de « prérequis ». Une façon de revenir sur le droit de tous les étudiantEs à pouvoir aller dans l’enseignement supérieur, en s’appuyant sur les déficits de places, qui exempte le gouvernement de toute responsabilité.

D’autant plus que la sélection existe déjà à l’université : outre la sélection en master 1, qui a été instaurée cette année par le gouvernement Hollande et acceptée par l’Unef, ce sont près de 380 cursus universitaires qui pratiquent déjà la sélection, notamment via la forme sélective des doubles licences. Le moyen de faire une université à deux vitesses, entre des cursus d’excellence sélectifs d’un côté, avec plus d’heures et des classes moins remplies, et des cursus « poubelles » de l’autre, avec moins d’heures de cours et des salles pleines à craquer…

Et on peut penser que cela va aller de mal en pis : le gouvernement a aussi annoncé une baisse de 331 millions d’euros du budget pour le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Des centaines de millions d’euros qui seront surtout retirées aux facultés les moins prestigieuses : en 2013, le budget moyen de l’État pour un étudiant de l’université était de 8 000 euros… et de 21 000 euros pour les grandes écoles publiques comme Polytechnique ou Centrale. Un fossé qui va encore s’élargir, et avec lui les inégalités sociales qui vont avec.

Mardi 1 août 2017 Arthur (secteur jeune du NPA)

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30 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

avec la fi? (npa)

Agecanonix

Avec la France Insoumise : polémiquer, lutter, rassembler ?

Comment faire de la politique à gauche aujourd’hui ? Comment construire les mobilisations sociales essentielles ? Comment exister face aux hégémonismes ?

Pas simple, aujourd’hui, d’être un militant anticapitaliste.

Les faibles scores de l’extrême gauche aux dernières élections n’ont pu créer un paysage politique pluriel à gauche. De fait, c’est la France Insoumise qui est hégémonique médiatiquement, et qui rythme la vie politique de notre camp social. Bien entendu, ce constat peut être contrebalancé. L’hégémonie de LFI est partielle, puisqu’il existe, des autres forces militantes et électorales à gauche. En effet, les candidatures de Philippe Poutou pour le NPA ou de Benoît Hamon (pour la social-démocratie) montrent que d’autres alternatives existent, et aucune recomposition ne pourra se faire en effaçant ces courants politiques – y compris en polémiquant avec eux. Il faut également ajouter le PCF à l’équation, lui qui est parvenu, à la surprise générale, à former un groupe parlemen- taire à l’Assemblée nationale. Mais concrètement, comme cela est précisé plus haut, LFI apparaît à une échelle de masse comme l’unique opposition de gauche au gouvernement.

Une stratégie perdante pour s’imposer

Il pourrait en être autrement. Toutefois, LFI joue de la situation pour construire cette image d’opposition unique à Macron. Dès les législatives, il n’y a pas eu de logique victorieuse réelle – si ce n’est des incantations délirantes à la victoire sous la seule bannière LFI, de la part de Mélenchon. La gauche radicale s’est présentée en ordre dispersé, avec des candidats FI d’un côté, PCF de l’autre, EELV par ci, frondeurs par là. C’est-à-dire le scénario permettant à LFI de gagner le leadership à gauche, mais empêchant d’envoyer le maximum de députés « de gauche » à l’assemblée. C’est un choix stratégique partiellement juste, on comprend largement la volonté de ne pas s’allier à ce qu’il reste du PS, et même parfois du PCF et de EELV, qui ont mené la gauche où elle est à force de trahisons.

Mais cette position pose question pour un groupe se disant « prêt à gouverner » et refusant toute logique révolutionnaire ; la FI est en effet idéologiquement totalement compatible avec le PCF, EELV et les hamonistes. C’est donc bien à une volonté hégémonique que se prête LFI. Il s’agit d’imposer le projet populiste dans le champ politique, afin de le rendre incontournable, pour ne donner aux autres composantes du mouvement ouvrier et écologiste qu’une possibilité : le ralliement à LFI.

Un mouvement non-démocratique

Aussi, on a pu lire qu’une partie de la Gauche Anticapitaliste, scission du NPA ayant contribué à la construction de Ensemble, autour notamment de Pierre-François Grond et de Myriam Martin (anciens dirigeants du NPA et de la LCR), a fait le choix du ralliement à LFI. Ces cama- rades partent du même constat : LFI est devenue politiquement incontournable pour notre camp social. Pour eux, c’est donc là qu’il faut être. Rappelons que ces camarades ont fait la même analyse en 2012, quittant le NPA pour rejoindre le Front de Gauche, avec le succès que l’on connaît. Prenons au sérieux, quand même, la position de ces camarades de la GA.

Bien sûr il y a un intérêt à se tourner vers LFI, à la lumière de la campagne de Mélen- chon qui a attiré des milliers de gens, et recueilli 7 millions de voix. Evidemment, LFI jouera un rôle central dans les prochains mois pour combattre Macron et construire un nouvel outil militant, bien qu’il serait utile de savoir comment. Cependant, le programme de LFI n’est pas anticapitaliste. Il ne se définit même pas comme étant de gauche. Aussi, comment des militants anticapitalistes peuvent-ils se dissoudre dans LFI alors qu’ils défendent des positions opposées à celles de Mélenchon sur de nombreux points (sur l’expropriation des grands groupes, le colonialisme, l’armée et la police, l’Etat en général, l’internationnalisme, les migrants, etc.) ?

Précisons cette remarque. Il pourrait en effet être discutable d’intégrer LFI malgré ces désaccords, dans un souci général de construire la plus grande opposition possible à Macron. Mais encore faut-il que ces désaccords puissent s’exprimer, démocratiquement, avec la possibilité de créer des tendances, autour de revues ou de journaux, ou d’un site, permettant l’expression de ces désaccords. Or, là, le fonctionnement de la FI nous impose des adhésions individuelles, où chacun pourra dire ce qu’il veut mais sans se coordonner. On pourrait égale- ment ajouter un problème propre à LFI. Comment intégrer un tel mouvement alors que Mélenchon y prend toute la place médiatiquement ? Il est évident que le rôle de chef, propre au projet populiste, n’est pas compatible avec un projet pluraliste et de surcroit émancipateur.

Parlementarisme, propagande et agitation politique

La France Insoumise a été créée pour la présidentielle et les législatives. Il s’agit d’un outil électoral, qui s’est transformé en outil parlementaire. Assez logiquement le mouvement est aujourd’hui secoué puisqu’il faut lui trouver une seconde vie sans élection. Comme je l’ai précisé plus haut, le fonctionnement actuel n’est pas démocratique. C’est la direction, rassemblée autour de Mélenchon, qui décide, les groupes d’appuis mettant en pratique ces décisions.

Cela commence à poser des problèmes pour bien des militants qui souhaitent que le mouvement se démocratise, avec des congrès, des votes, une direction élue, etc. mais Mélenchon en personne n’est pas sur cette position, et souhaite poursuivre dans le fonctionne- ment actuel. Pour ce faire, Mélenchon explique que le mouvement doit rester un mouvement et ne pas prendre la forme d’un parti, afin de ne pas tomber dans les déviances des partis traditionnels. C’est une lecture très solférinienne, voire lambertiste, des partis (c’est-à-dire autoritaire) que Mélenchon a là. C’est en fait sa vision et sa pratique du parti, tout simplement.

Mais posons la seule question qui a de l’intérêt : quel est le plus important, l’effica- cité ou la démocratie interne ? Mélenchon répond efficacité. L’opposition de gauche histo- rique au stalinisme rétorque démocratie. C’est ici un principe essentiel pour ne pas reproduire les erreurs du passé et ne pas revivre des révolutions, ou des réformes, trahies. Malheu- reusement pour celles et ceux qui, dans la FI, se battent pour imposer un mouvement démocratique, rien ne permet, statutairement, de faire entendre et gagner ce positionnement – autrement qu’en usant des mêmes méthodes bureaucratiques.

Le groupe parlementaire à l’Assemblée nationale est aujourd’hui la vitrine de la FI. Très clairement, la stratégie mise en place par Mélenchon fonctionne plutôt bien en matière de communication. Il s’agit d’user de tous les artifices légaux, et symboliques,  pour faire « vivre » la démocratie parlementaire. Aussi, les députés FI sont très actifs et déposent de nombreux amendements. Si ce travail est salutaire, il est malgré tout important d’en dire deux choses.

D’abord que Mélenchon et les députés insoumis ont une croyance en la démocratie républicaine, ils voient une légitimité à leur action légale (leur critique étant contre la 5è république pas contre la République bourgeoise). Ensuite que ce travail parlementaire semble – pour beaucoup – assez inutile et peut créer des illusions. En effet, seule la mobilisation sociale peut faire reculer Macron et son gouvernement, pas le jeu parlementaire légal fait par et pour les dominants. Le risque du parlementarisme est multiple. Il peut mener à ne faire que cela, à terme. Il peut renforcer le caractère légitime de l’outil parlementaire. Il peut couper les classes populaires des élus censés les représenter.

Entendons-nous bien. Je ne dis pas ici que les élus ne doivent pas exercer leur mandat correctement. Je dis simplement qu’il y a un risque à faire de cette action une propagande républicaniste, alors que le rôle des élus, d’autant plus d’opposition de gauche, est de faire de l’agitation. L’action des élus ne doit pas, dans le cadre bourgeois, être autre que de mobiliser les classes populaires, par la démonstration que l’institution ne permet rien, contre l’institution bourgeoise en question.

Rapports aux mouvements sociaux, unité et alternative militante

C’est sans grande surprise que LFI fait du parlementarisme. Nous savons tous l’attachement de Mélenchon à la République et à la loi. Cet attachement l’emmène y compris à creuser une frontière entre le mouvement social et le mouvement politique. Pour Mélenchon, les syndicats s’occupent du social, les hommes politiques s’occupent de la politique, au parlement. Or, cette séparation là est justement l’un des problèmes qui empêche la construction d’une alternative pluraliste, un front de résistances sociales et politiques. Cette séparation formelle, mêlée à la volonté d’hégémonie du moment, emmène la FI dans une stratégie sectaire grave au moment où il faut se battre contre les attaques du gouvernement Macron.

Aussi, alors que la gauche d’opposition et les syndicats sont en train de mobiliser pour une grève le 12 septembre, Mélenchon, qui appelle quand même au 12, appelle, sous l’unique bannière de la FI, à une marche sur le même sujet le 23 septembre.

Aucune volonté de rassembler les partis, syndicats, luttes unitaires (comme le Front social), usines en grève, mouvement de luttes pour les migrants ou pour l’écologie. Non, Mélenchon appelle « les gens ». Il y a pourtant, ici, la possibilité de marcher ensemble, à égalité, pour l’intérêt collectif, comme le propose le NPA. Et si nous ne pouvons pas trouver les moyens d’agir ensemble dans la rue, comment sera-t-il possible de débattre, de polémiquer, pour avancer et construire, ensemble ? Parce qu’aucun ralliement n’est possible en l’état, le cadre n’y est pas, et trop de choses ont été dîtes par Mélenchon qui ne peuvent rester sans confron- tations. Pourtant, un rassemblement est nécessaire et, sans lui, la FI s’enfermera dans le sectarisme et/ou la trahison et l’impuissance.

Il y a urgence à lutter ensemble. Et à débattre.

Débattre de la démocratie interne. Débattre de la Syrie. Débattre du colonialisme. Débattre de la libre circulation et installation. Débattre du nationalisme, du drapeau tricolore et de la Marseillaise. Débattre de la place de la police, de l’Armée et de l’Etat. Débattre de la France et de son histoire, du Vél D’hiv. Nous ne nous allierons pas politiquement tant que quelques comptes n’auront pas été réglés. C’est une question de principe. Débattons.

Alexandre Raguet

Poitiers, le 28 juillet 2017

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Encore à propos de la France Insoumise (NPA)

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28 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

les gens (npa)

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Hégémonie ou unité ? Jean-Luc Mélenchon : « Venez, les gens »

Le 17 juillet sur TF1, Mélenchon a annoncé que La France insoumise organisait une montée nationale à Paris le 23 septembre contre les ordonnances et « le coup d’État social » et a appelé « les gens » à la rejoindre.

À l’évidence, il va falloir dans les semaines et les mois qui viennent faire feu de tout bois et créer le rapport de forces maximal contre Macron et son gouvernement.

Non seulement contre les ordonnances, la loi travail et toute la casse sociale, mais aussi contre l’ensemble de la politique réactionnaire de ce gouvernement avec l’état d’urgence pérennisé, les violences policières, la chasse aux migrantEs et l’accentuation des interventions impé- rialistes. La question se posait dès l’élection de Macron dont chacun connaissait le programme dévastateur, et il faudra malheureusement attendre le 12 septembre pour qu’ait lieu la première mobilisation nationale avec appel à la grève par la CGT et Solidaires.

Un rapport de forces à construire

Heureusement, dès le 7 mai, et notamment le 19 juin dans de nombreuses villes, des manifes- tations locales ont eu lieu avec des appels unitaires autour de collectifs du Front Social, de Solidaires et de nombreux rassemblements syndicaux et politiques, tout comme la manifes- tation du 14 juillet à Paris. Le NPA y a pris sa part. De même, un large appel unitaire « Pour nos droits sociaux »  autour de Copernic a été largement signé et appelle à un rassemblement unitaire le 9 septembre à Paris.

La question est donc bien de construire ce rapport de forces, de créer un rassemble- ment de tout le mouvement ouvrier, syndicats, associations, partis contre la succession d’atta- ques programmées, contre un gouvernement réactionnaire qui promet d’en faire plus que Sarkozy et Hollande réunis, avec la morgue que lui donne la crise de la droite et de la social-démocratie. Il va falloir construire un affrontement social et politique qui dépasse en puissance ce que nous avons pu faire contre la loi El Khomri en 2016.

Un seul chef, une seule ligne ? 

À écouter et à lire Mélenchon, « les syndicats organisent les travailleurEs dans l’entreprise et appellent au 12 septembre », tandis qu’il représenterait, à lui tout seul, l’opposition politique de gauche, le seul combattant politique contre Macron, et son rôle serait d’appeler « les gens » à se rassembler autour de lui. Finalement, il utilise la même méthode vis-à-vis de l’ensemble du mouvement social, des militants  et des forces politiques que celle qu’il utilise au sein de La France insoumise : Mélenchon est le chef et les autres, « les volontaires » dans la FI ou « les gens » dans l’ensemble du pays, doivent se rassembler derrière lui quand il le décide, où il le décide.

Mélenchon et son groupe parlementaire jouent évidemment un rôle en s’opposant à l’Assemblée nationale aux députés d’En marche et aux représentants du gouvernement. En cela, ils reçoivent un écho médiatique important. Et il est certain que pour l’élection prési- dentielle comme pour les législatives, sur le plan électoral, lui et son mouvement ont rassemblé une bonne partie des électeurEs qui voulaient marquer leur opposition aux politiques d’aus- térité. Mais le rapport de forces contre ce gouvernement ne va pas se construire sur les bancs de l’Assemblée mais dans les lieux de travail, les quartiers et dans la rue.

Contre les tentations hégémoniques : l’unité 

Mélenchon et le groupe qui est autour de lui veulent-il réellement construire ce rapport de forces politique et social, aider à ce que se rassemblent toutes les forces militantes natio- nalement et localement pour s’opposer à Macron et à sa politique ou veulent-ils seulement occuper l’espace, faire une démonstration visant à préparer d’autres échéances électorales ?

Car la construction de ce rapport de forces ne se fera pas par un rassemblement autour d’un leader autoproclamé de l’opposition politique.

Cela passe et passera par la construction de cadres unitaires et démocratiques, localement et nationalement capables, y compris face à la soumission ou la passivité de beaucoup de direc- tions syndicales, de préparer l’affrontement nécessaire. Ces cadres se construisent et locale- ment, le NPA, avec d’autres, s’attelle à leur construction. D’ailleurs, des militantEs se réclamant de Mélenchon et de la FI y participent sans prétendre y imposer un rôle hégémonique. Il serait bon que leurs dirigeants nationaux en fassent de même.

Vendredi 28 juillet 2017 Léon Crémieux

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27 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

macron (npa)

macron

Renouvellement à la sauce Macron : en marche… arrière toute !

Le 3 juillet à Versailles, Macron 1er a délivré son message au bas peuple, la veille de l’allo- cution du Premier ministre à l’Assemblée. Une opération d’enfumage, avec répartition des rôles entre les deux têtes de l’exécutif.

Mais derrière l’écran de fumée, il y a des mesures constituant des attaques sans précédent contre les salariés, aggravant ainsi une politique entamée depuis des décennies par les différents gouvernements qui se sont succédé, gauche et droite confondus. Tout pour les patrons, ouvertement et cyniquement. Macron et les siens veulent faire vite pour mettre en pièces ce qui subsiste encore de protections pour les travailleurs. Pour ce faire, ils disposent d’une chambre tout à fait pro-patronale.

Des mesures de recul social

La casse totale du code du travail est ainsi en marche : primauté donnée aux accords d’entreprise, qui pourront être moins favorables que la loi et les accords de branche. Le contrat de travail à durée indéterminée, déjà bien amoché, est une nouvelle fois attaqué par le biais des CDI de chantier, permettant aux patrons de licencier sans indemnités à la fin d’un projet. Et quand indemnités il y a, elles seraient plafonnées. Un simple formulaire Cerfa (comme pour une déclaration de travaux) serait suffisant pour licencier, inattaquable puisque réputé a priori conforme à la loi !

Macron veut aussi réintroduire une mesure retirée de la loi El Khomri, permettant à un groupe florissant d’organiser le déficit d’une de ses filiales françaises pour pouvoir licencier sans risquer d’être attaqué en justice. Les tribunaux n’auraient par exemple pas pu condamner Continental à indemniser les salariés de son usine de Compiègne pour licenciement abusif. Cerise sur le gâteau pour rendre toute riposte judiciaire plus difficile, la loi accède aussi à un autre souhait des patrons : raccourcir les délais pendant lesquels un salarié peut saisir la justice.

Austérité pour les uns, superprofits pour les autres

Le gouvernement a également annoncé des mesures d’austérité draconiennes, notamment contre les fonctionnaires : gel des salaires, 120 000 suppressions de postes, et rétablissement du jour de carence pour les arrêts maladie. Les économies sont toutes sur le dos de la population : moins 10 milliards pour l’assurance chômage, moins 15 milliards pour l’assurance maladie, et moins 25 milliards sur la fonction publique ! Autant dire que la politique d’austérité va continuer de plus belle, avec, en toile de fond, toutes les mesures pour entraver les contestations, l’affaiblissement des droits et l’inflation de la politique de répression contre ceux qui luttent, comme en ce moment dans les usines automobiles PSA. Pendant ce temps, et c’est lié, le patrimoine des très riches a été multiplié par douze depuis 20 ans, voire par dix-sept pour Bernard Arnault, alors que le PIB a simplement doublé.

Renforcement de la répression et des guerres 

Macron s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs en défenseur du capitalisme français et de ses guerres à l’étranger, en renforçant notamment l’intervention française au Mali. La lutte contre le terrorisme lui permet d’inscrire dans la loi l’état d’urgence permanent, qui jusqu’ici a surtout servi à essayer de faire taire les contestations. Et pour donner un signal fort, le 14 juillet, c’est Trump, ce président raciste et mysogine, qui a été l’invité vedette. Tout un programme pour le jour de commémoration de la révolution française.

Le gouvernement craint nos réactions, ne lui donnons pas tort

Le nouveau gouvernement veut aller le plus vite possible en faisant le moins de vagues, attaquant les salariés lorsqu’ils sont en congés et que beaucoup d’entreprises sont fermées. Sous ses dehors arrogants, il est clair qu’il craint nos réactions.

Lorsqu’on voit le manque de réactivité des grandes organisations syndicales, on se dit qu’on ne pourra compter que sur nous-mêmes pour mener les luttes nécessaires. Des collectifs se mettent d’ores et déjà en place, comme le Front social, qui regroupe notamment plusieurs dizaines de sections syndicales et dont les manifestations, en mai et juin, ont été remarquées au niveau national. Il est important de se saisir de tous les appels à exprimer notre mécontentement. La CGT appelle ainsi à une journée nationale pour le 12 septembre, contre l’austérité et les mesures de destruction du droit du travail. Il serait utile qu’elle soit la plus massive possible.

Macron avait déclaré il y a peu : « une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. »

Lui et son gouvernement sont bien du côté des gens qui « réussissent ». Les gens qui ne sont rien ? Il s’agit de nous. Montrons-lui que nous pouvons être tout ! o

Jeudi 27 juillet 2017  Régine Vinon

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19 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

ordonnances (npa)

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Non aux ORDONNANCES mortelles du docteur Macron

Après un débat express conclu le 13 juillet, l’Assemblée nationale a autorisé le gouvernement à réformer le Code du travail par ordonnances. Mais c’est dans les coulisses que se joue le contenu précis de ces dernières.

L’adoption de la loi d’habilitation n’a pas fait un pli, les députés LREM et LR joignant leurs voix au bout de quatre jours de séance publique seulement.

La commission des lois n’avait laissé filtrer que très peu d’amendements, sa présidente allant jusqu’à se vanter d’un taux d’acceptation de 0 % sur ceux déposés par les députés France insoumise, réduisant l’opposition à une fonction tribunitienne sans influence sur le texte. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a eu le champ libre pour multiplier les provocations, expliquant par exemple que le Code du travail était « inadapté à l’économie de notre temps » ou qu’il était fait « pour embêter 95 % des entreprises ».

Nouveaux reculs sociaux programmés

De fait, les précisions apportées par les rares amendements adoptés confortent la logique du texte ou l’approfondissent. La primauté de l’accord d’entreprise reste de mise, même si les ordonnances devront énumérer, quoique de façon limitative, les domaines pour lesquels la loi et les accords de branche pourront interdire les dérogations et ceux pour lesquels les petites entreprises pourront être dispensées d’appliquer les accords de branche sous réserve d’éventuelles contreparties.

Ce qui revient à organiser un peu plus finement la répartition des domaines du droit relevant de la loi, de la branche et de l’entreprise, comme El Khomri l’avait fait sur la durée du travail, au détriment du principe de faveur. Un autre amendement avance dans la liquidation de la justice prud’homale en autorisant le gouvernement à faciliter la gestion privée des litiges sans avoir à recourir au juge du contrat de travail. Tout au plus, on notera la possibilité de prendre en compte un seuil d’effectifs pour la mise en place de l’instance unique de représentation du personnel, mais sans guère de précision.

« Dialogue social » ? 

Passage obligé, l’étape parlementaire n’est toutefois pas la préoccupation principale pour le gouvernement, qui sait la majorité à l’Assemblée nationale toute acquise. La feuille de route validée, l’exécutif a les mains encore plus libres pour peaufiner ses ordonnances. L’enjeu pour lui est de vérifier, pendant l’été, jusqu’où il peut pousser les attaques. Pour cela, il poursuit les réunions bilatérales avec les centrales syndicales et teste leurs réactions sur les options envisagées sans se fixer trop de limites.

Ainsi, sur l’instance unique de représentation du personnel fusionnant comité d’entreprise, délégués du personnel et CHSCT, il serait désormais question d’y intégrer les délégués syndicaux par accord de branche ou d’entreprise ; et si, toujours par accord, les prérogatives de chaque instance pourraient être conservées, ce serait sans capacité d’agir en justice.

En parallèle, le gouvernement tente de donner de maigres gages, en annonçant l’augmentation des indemnités de licenciement pour contrebalancer le plafonnement des indemnités prud’homales… mais sans oublier de servir le patronat avec la réforme du compte pénibilité, cyniquement renommé compte de prévention, qui ouvrira des droits à la retraite anticipée pour les salariéEs exposéEs seulement en cas de maladie déclarée !

L’urgence : organiser la mobilisation 

Le problème, c’est que cette tactique paie. Selon les options présentées, chaque syndicat fait les yeux ronds en évoquant une ligne rouge qu’il faudrait voir à ne pas franchir mais qui, comme la ligne d’horizon, s’avère bien fictive.

Dans l’exercice, la palme revient sans conteste à Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, qui, bien que finissant par trouver que « cela commence à coincer », explique qu’« on ne fait pas l’autopsie avant d’avoir vu le cadavre » et dit ne rien exclure… une fois les ordonnances publiées. D’ici à la grève du 12 septembre appelée par la CGT, il y a au contraire urgence à multiplier les initiatives d’information et de mobilisation si l’on ne veut pas que la dépouille soit celle du Code du travail.

Mardi 18 juillet 2017 Comité inspection du travail Île-de-France

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19 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

europe (npa)

NPA

prost

Le cocktail libéralisme-autoritarisme

Des milliers de Polonais ont manifesté ce dimanche 16 juillet contre des lois plaçant la justice sous la coupe du pouvoir. Mais le pouvoir polonais national-conservateur n’est pas en péril, et l’Union européenne se contente d’observations modérées. Elle sait pourtant être intran- sigeante sur ses règles en matière d’économie et de dépenses publiques, quitte à imposer de brutales réformes aux pays comme la Grèce qui ne s’y conformeraient pas.

« Ce que je reproche à l’UE, c’est le deux poids, deux mesures entre les questions économiques et celle des valeurs.

Quand il y a une infraction à la législation économique, la Commission instruit les dossiers. Alors que sur les questions des valeurs démocratiques et des droits humains, elle ne veut surtout pas froisser les gouvernements », souligne la députée européenne Marie-Christine Vergiat (élue Front de Gauche). En fait, il n’y a pas de mystère derrière cette dissymétrie : le gouvernement polonais brutalise la justice et les droits des femmes, il ne veut aucun réfugiéE, mais, en revanche il sait se conformer aux règles austéritaires et libérales.

Le pouvoir hongrois suit une politique analogue à celle de la Pologne (avec encore plus de méthode) : réforme de la justice, prise de contrôle d’une partie des médias, clôture des frontières, criminalisation des demandeurs d’asile arrivant sur son sol, dérapages anti- sémites. De vagues procédures ont été lancées contre lui, mais pas de grosses difficultés en perspective : lui aussi ne commet pas de gros écarts en matière économique.

Les dérapages nationalistes ne sont pas la tasse de thé des technocrates de Bruxelles. Cependant, ce qui se passe en Hongrie et Pologne ne doit pas être considéré comme un pur phénomène exotique. Au-delà des traditions historiques, le cocktail libéralisme-autoritarisme est, avec des formes diverses, en train de se répandre un peu partout en Europe.

La référence, selon les États, aux «racines chrétiennes», à la «mission» du pays, à la «défense des libertés», au «péril des migrants»… est utile pour essayer de créer un semblant de consensus autour de politiques conduites en fait au profit de minorités privilégiées.

Mardi 18 juillet 2017

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17 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

fiscalité (npa)

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L’impôt selon le président des riches

Promesses de campagne de Macron, l’exonération de la taxe d’habitation et la réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) vont finalement entrer en œuvre dès 2018. Macron en a décidé ainsi…

Lors du discours de politique générale d’Édouard Philippe  à l’Assemblée nationale, l’axe du gouvernement était clair : réduire les dépenses publiques, les cadeaux fiscaux se feraient plus tard. Mais c’était sans compter sur les milieux d’affaires qui, devant une telle politique, ont fustigé dans différents médias la ligne du gouvernement, comparant même Macron à Chirac…

Il n’en a pas fallu plus pour que Macron change de cap et que le démantèlement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et l’allègement de la taxe d’habitation  redeviennent des sujets d’actualité.

Le jour même où l’Assemblée nationale débutait l’examen du projet de loi d’habilitation des ordonnances qui démantèlera le code du travail et augmentera la flexibilité et la précarité du plus grand nombre, le gouvernement annonçait dans le même temps le démantèlement de l’ISF qui ne concerne que les plus grosses fortunes et patrimoines.

L’une des promesses phares du candidat Macron va devenir réalité : transformer en profon- deur l’ISF. Le but est clair : sortir toutes les valeurs mobilières (actions, obligations, assurance vie…) d’un ISF aujourd’hui rebaptisé « impôt sur la fortune immobilière » (IFI).

Des milliards… pour les milliardaires !

Sur les 340 000 foyers fiscaux assujettis actuellement à l’ISF, 70 % ont un patrimoine imposable compris entre 1,3 et 2,4 millions d’euros, composé à au moins 80 % d’actifs immobiliers. Mais chez les 30 % de contribuables les plus riches, la tendance s’inverse : les actifs immobiliers ne représentent plus que 20 % de leur patrimoine.

Ce sont donc les plus riches des riches qui sont concernés par cette réforme. Un beau cadeau de 3 milliards d’euros que ni Sarkozy ni Hollande n’avaient osé leur offrir. Sans compter que cette réforme va entraîner le développement du contournement de l’impôt par les sociétés civiles immobilières, en transformant des valeurs immobilières en valeurs mobilières.

Parallèlement, le gouvernement a donc aussi décidé d’engager la première phase de la suppression partielle de la taxe d’habitation, qui devrait également coûter 6 milliards d’euros et qui bénéficiera avant tout aux plus aisés. Sans oublier non plus que l’une des promesses de Macron était de réformer la fiscalité du capital en instaurant un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % mettant ainsi fin à la progressivité de l’impôt sur le capital, ce qui profiterait une fois de plus aux foyers les plus aisés qui détiennent majoritairement les revenus du capital.

Une vraie politique anticapitaliste en matière fiscale serait une politique qui privilégierait les impôts directs et la progressivité de l’impôt, taxerait réellement le capital mais aussi le patrimoine, et rendrait la fiscalité compréhensible par touTEs.

À l’exact opposé, sans grande surprise, Macron opte donc pour une fiscalité avantageant les plus riches, voire les milliardaires… Autant dire ses principaux soutiens. Les politiques fiscales des dernières décennies ont renforcé le côté obscur du système fiscal actuel, et ont également accentué la dégressivité de l’impôt, l’injustice fiscale. La politique de Macron va accentuer cette tendance…

Vendredi 14 juillet 2017 Joséphine Simplon

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Lire aussi:

Les 10% de Français les plus riches capteront 46% des baisses d’impôts (Capital)

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17 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

juillet 1917 (npa)

octobre

Ces décisives journées de juillet

Lorsque le 2 juillet 1917, la population de Petrograd apprit l’échec de l’offensive russe, la situation se tendit très rapidement.

Stationnés dans le quartier industriel de Vyborg, les 10 000 soldats du 1er régiment de mitrailleurs, l’unité militaire la plus importante de Petrograd, mais aussi la plus infiltrée par les bolcheviques, se mutinèrent, craignant d’être envoyés au front.

Le gouvernement débordé

Les mutins mirent en place un comité révolutionnaire et envoyèrent des émissaires dans les usines, dans les autres unités militaires de la capitale ainsi qu’à la base navale de Petrograd, pour leur proposer de se joindre à la manifestation qu’ils envisageaient d’organiser le lende- main, afin de demander la destitution du gouvernement provisoire et le transfert du pouvoir au Soviet.

Le lendemain, 3 juillet, renforcés par les marins de Cronstadt et les autres unités mili- taires stationnées dans la capitale, mais aussi par des dizaines de milliers d’ouvriers, les soldats du 1er régiment de mitrailleurs déferlèrent dans le centre de Petrograd pour arriver devant le palais de Tauride, siège du Soviet, afin de lui remettre le pouvoir. Totalement débor- dé, le gouvernement avait perdu le contrôle de la capitale, les rares points de résistance ayant été balayés par les manifestants armés. Pour la bourgeoisie, ces manifestations ne constitu- aient qu’une tentative de coup d’État des bolcheviques, dont les mots d’ordres « À bas les ministres capitalistes » et « Tout le pouvoir aux soviets » étaient ceux que les manifestants mettaient en avant.

La poussée bolchevique

L’insurrection de Petrograd mettait de fait en évidence l’extra-ordinaire montée en puissance des bolcheviques qui étaient en quelques semaines devenus la principale force politique de Petrograd, passant de 2 000 à 32 000 adhérents entre février et juin 1917. Appuyés sur de nombreux journaux quotidiens, ainsi que sur des cercles organisant des dizaines de milliers de sympathisants, ils avaient acquis une très large influence tant dans les usines de Petrograd qu’au sein des unités militaires.

Depuis des mois, les bolcheviques menaient une campagne de masse, aussi simple qu’efficace, autour de deux grands mots d’ordre : « la paix » et « du pain », en expli- quant que la condition pour les réaliser était de déposer les ministres capitalistes et de trans- férer le pouvoir au Soviet. C’est cette ligne que les mutins de Petrograd voulaient mettre en pratique et c’est pour cela qu’ils vinrent, le 4 juillet, devant la villa Kschessinska, siège des bolcheviques, leur offrir le pouvoir.

Qui pour exercer le pouvoir ?

La direction des bolcheviques se trouvait toutefois dans une situation peu enviable. Les manifestations des 3 et 4 juillet s’étaient en effet faites sur leurs mots d’ordre et avaient été animés par leurs propres militants. Toutefois, la situation concrète pointait une faiblesse majeu- re de leur politique : le mot d’ordre « Tout le pouvoir aux soviets » avait en effet un caractère abstrait, dans la mesure où le soviet de Petrograd, comme d’ailleurs la quasi-totalité des soviets de province, ne voulait pas de ce pouvoir et soutenait le gouvernement provisoire.

Lors de la manifestation du 4 juillet, les manifestants avaient pu s’en rendre compte, lorsque Tchernov, qui en tant que leader des socialistes-révolutionnaires était l’un des princi- paux dirigeant du Soviet mais aussi ministre du gouvernement provisoire, leur avait annoncé que le Soviet ne voulait pas du pouvoir que la rue lui proposait. Si Tchernov avait été fort imprudent, puisqu’il n’avait eu la vie sauve que grâce à l’intervention de Trotski l’arrachant aux mains des manifestants qui avaient commencé à le lyncher, sa position posait toutefois un sérieux problème : comment envisager de transférer le pouvoir aux soviets… si ceux-ci ne voulaient pas l’exercer ?

Les bolcheviques se trouvaient ainsi devant une difficulté majeure, car ne pouvant s’appuyer sur le Soviet, les manifestations de juillet ne pouvaient trouver d’autre débouché qu’une dictature de leur propre parti. Or, si les bolcheviques avaient à Petrograd une puissan- ce indéniable, ils restaient une force très minoritaire à l’échelle du pays. Tirant toutes les leçons de la Commune de Paris, les bolcheviques ne voulaient en aucun cas instaurer une commune de Petrograd qui succomberait en quelques semaines. Dans ces conditions, non sans hésitations et divisions, la direction du parti apporta son soutien aux manifestants… tout en se refusant à prendre le pouvoir que ceux-ci leur proposaient.

Retour à l’ordre

De fait, le vent était en train de tourner. Le 5 juillet, tandis que les manifestants, privés de tout objectif politique concret, n’avaient d’autre solution que de retourner dans leurs casernes et leurs usines, la presse bourgeoise publiait de pseudo-révélations qui accusaient Lénine d’être un agent allemand. S’imposant comme l’homme fort du gouvernement, Kerenski en profita pour rassembler quelques troupes et prendre d’assaut la villa Kschessinska.

Le gouvernement fit saisir la presse bolcheviques et arrêter ses principaux diri- geants, accusés de trahison et de sédition, à l’exception de Lénine qui parvint à s’enfuir en Finlande. Devenu chef du gouvernement, Kerenski se posa en garant du retour à l’ordre, ordonnant en particulier le rétablissement de la discipline militaire, en faisant restaurer le 12 juin la peine de mort au front.

Les journées de juillet 1917 s’achevaient ainsi dans la confusion par une apparente victoire de la réaction. Si les bolcheviques semblaient être les grands vaincus de cette confrontation, le succès du gouvernement provisoire n’était toutefois qu’apparent. À la tête d’un pays en voie de désintégration, bien décidé à poursuivre une guerre que son armée n’avait plus la capacité de poursuivre, Kerenski n’avait en réalité pas les moyens de sa politique. Ses jours étaient désormais comptés…

Mercredi 12 juillet 2017 Laurent Ripart

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Lire aussi:

La révolution de 1917 face à la « question paysanne » (NPA)

La guerre et l’échec du gouvernement provisoire (NPA)

Les paysans entrent en révolution (NPA)

Révolution russe : Crise de juin, « journées de juillet » (NPA)

«Thèses d’avril» : Lénine (ré)arme le Parti bolchevique (NPA)

Alexandra Kollontaï, l’émancipation des femmes expliquée à Lénine (Médiapart)

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14 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

turquie (npa)

erdogan

Le CHP et la longue marche pour la justice

« La justice est le pain du peuple… / Aussi indispensable que le pain quotidien / Et comme le pain de tous les jours / le pain de la justice c’est le peuple qui doit le cuire. » (Bertold Brecht dans « Le Pain du peuple ») Le 15 juin dernier, le premier parti d’opposition turc, le CHP (nationaliste et social-démocrate), a entamé une marche de 450 km d’Ankara à Istanbul après l’incarcération de l’un de ses députés, Enis Berberoglu.

L’immunité levée

Ce député du CHP a été condamné à 25 ans de prison pour « divulgation de secrets d’État » et « espionnage » : il aurait fourni à la presse des photos datant de 2014 montrant des camions d’armes affrétés par les services secrets turcs à destination de la Syrie. On ne sait toujours pas à quel groupe ces livraisons étaient destinées (l’État islamique ou d’autres groupes djihadistes, les avis divergent). Le siège du journal qui a publié l’article et les photos a été perquisitionné par la police. Son rédacteur en chef a d’abord été arrêté puis a été visé par des tirs, il est aujourd’hui réfugié en Allemagne.

Berberoglu, qui était également journaliste avant d’être élu député, serait celui qui aurait envoyé ces photos au journal. Normalement, les parlementaires bénéficient d’une immunité en Turquie mais, ironie de l’histoire, le CHP a approuvé en avril 2016 la proposition de loi de l’AKP – le parti d’Erdogan – de lever l’immunité parlementaire des députés dans le but de poursuivre les députés pro-kurdes du HDP. Et à l’époque, le président du CHP, Kemal Kiliçdaroglu, déclarait : « Cela va à l’encontre de la Constitution, mais nous voterons oui quand même. » Kiliçdaroglu pensait sans doute que seuls les députés du HDP seraient ciblés… mais, peu après, c’était au tour de ses propres députés de l’être !

Un nouvel espoir

Cette longue marche appelée « la Marche pour la justice » a duré 25 jours et l’intérêt et l’enthousiasme populaires qu’elle a suscités ont dépassé les attentes de Kemal Kiliçdaroglu lui-même.

À gauche, cette initiative a d’abord été accueillie avec scepticisme, un scepticisme justifié en raison de l’attitude passée de ce parti, de son soutien à la levée de l’immunité des députés du HDP ou de son retrait des manifestations après le référendum du 16 avril. Mais quelques jours seulement après le début de la marche, la majorité des groupes de gauche ont surmonté leurs réticences et rejoint le mouvement et la manifestation finale qui a eu lieu ce dimanche 9 juillet. De plus, les députés du HDP ont rejoint la longue marche et manifesté aux côtés de Kiliçdaroglu, le HDP décidant en tant que parti de se joindre à la manifestation finale.

Certains médias affirment qu’il y avait 1,5 million de manifestantEs, tandis que d’autres évoquent seulement 180 000 personnes (principalement des médias proches de l’AKP au pouvoir). Quoi qu’il en soit, il est clair que cette longue marche et cette manifestation, dont les trois principaux slogans étaient « Droits, Loi et Justice », ont redonné de l’espoir et de l’enthousiasme à des millions de personnes minées depuis longtemps par un sentiment de défaite.

Le pouvoir inquiet

La marche s’est déroulée dans un climat assez tendu. De nuit, une benne de fumier a été déversée sur un des points d’étape de la marche. Les responsables de l’AKP, et le président Erdogan lui-même, ont qualifié la marche de provocation et ses partisanEs de terroristes… Entre-temps, l’AKP a annoncé qu’il entendait organiser des meetings et des rassemblements de masse avec la participation d’Erdogan lui-même, entre les 11 et 15 juillet, la date anniver- saire de la tentative de coup d’État.

L’AKP, inquiet de cette marche et de ses résultats possibles, a décidé de mobiliser ses partisans au cas où la situation deviendrait « hors de contrôle ». Erdogan et le Premier ministre actuel, Binali Yildirim, ont réitéré leur souhait de voir cette marche se terminer au plus vite.

Le CHP, l’un des principaux piliers du « système politique établi », est le parti qui a fondé la république et qui a des liens très étroits avec une partie du capital en Turquie.

Ce qu’il tente de faire aujourd’hui, c’est de restaurer le système politique turc et de tourner la page des années AKP qu’il considère comme une anomalie. Son objectif principal est donc de « normaliser » la politique en Turquie et de rétablir l’ordre. C’est pourquoi il ne faut pas attendre trop de cette initiative du CHP, d’autant plus qu’il n’y a pas de réelles alternatives à gauche susceptible de l’inquiéter ou de l’obliger à aller plus loin. D’un autre côté, il va être plus difficile pour Kiliçdaroglu de contrôler ces millions de personnes qui ont repris confiance en eux-mêmes et renoué avec la rue. C’est aussi ce qui inquiète l’AKP.

L’un des devoirs les plus importants de la gauche en Turquie est de proposer à tous ceux qui ont participé à ces manifestations une véritable alternative politique transformatrice.

D’Istanbul, Eyup Ozer jeudi 13 juillet 2017

Hebdo L’Anticapitaliste – 392 (13/07/2017) :
https://npa2009.org/

http://www.europe-solidaire.org/

Les 4 principaux partis turcs Wikipédia:

Parti d’action nationaliste

Parti de la justice et du développement

Parti républicain du peuple

Parti démocratique des peuples

Nos camarades de Yeni Yol

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