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24 avril 2018 ~ 0 Commentaire

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Rouen 1966-1968 : la JCR à la conquête de la jeunesse

En mai 1968, à Rouen, les militantEs de la « JCR » se trouvèrent portés à la tête de la révolte des étudiantEs et lycéenEs. Ce fut le résultat d’un travail militant entrepris dans les années qui précédèrent, dans une ville ou l’emprise du PCF et ses méthodes staliniennes pour contrôler le mouvement ouvrier étaient particulièrement fortes.

Provenant de l’Union des étudiants communistes pour les unEs, des Jeunesses socialistes unifiées (PSU) pour les autres, une quarantaine de militantEs participèrent en 1966 à la création de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), sous l’impulsion de la cellule du Parti communiste internationaliste (PCI, IVe Internationale). La JCR engagea toutes ses forces pour construire un véritable mouvement de masse contre l’intervention étatsunienne au Viêtnam, qui cristallisait à cette époque la confrontation mondiale entre la révolution et la contre–révolution.

Bien que Rouen ne fut à l’époque qu’une petite ville universitaire, le comité Viêtnam regroupa plus de 600 adhérentEs. Le couronnement de son action fut la réalisation de deux grands meetings (en 1967 et 1968) « 6 Heures pour le Viêtnam », auquel assistèrent à chaque fois plus de 1 000 personnes.

Cette influence grandissante fut combattue par l’extrême droite. Le 12 janvier 1967, un commando du groupe « Occident » venu de Paris, dont faisaient partie 3 futurs ministres de la République (Madelin, Longuet et Devedjian) attaqua à la barre de fer et dévasta le restaurant universitaire où le comité Viêtnam distribuait des tracts, faisant plusieurs blesséEs et suscitant une vive -émotion dans toute la ville.

Le PCF assistait impuissant et exaspéré à la montée en puissance de la JCR dans la jeunesse étudiante et lycéenne. Ainsi, lorsque la JCR décida, au lendemain de l’assassinat de Che Guevara, d’organiser, avec la participation d’Alain Krivine, un meeting en sa mémoire, les militants du PCF bloquèrent l’entrée de la petite salle avant le début du meeting ; empêchant la réunion de se tenir.

Quinze jours plus tard, le meeting se tenait dans l’une des plus grandes salles de la ville, bien remplie, avec le soutien d’associations et d’organisations de gauche et d’universitaires mobilisés pour défendre notre liberté d’expression.

La JCR développa son influence dans les facs ainsi que dans les lycées « classiques » et « techniques », où elle distribuait une feuille l’Étincelle, dans le but de gagner de futurs jeunes travailleurEs. Elle avait quelques militantEs dans la chimie, à la SNCF, chez Renault, ainsi qu’à l’hôpital psychiatrique.

L’activité internationaliste de la JCR à Rouen au cours des années 1966-1968 lui permit de se lier à la radicalisation de la jeunesse. Ainsi se forma l’équipe militante qui anima le comité de grève des étudiantEs en mai 1968.

Jean-Claude Laumonier

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24 avril 2018 ~ 0 Commentaire

« manifeste » (npa)

« Manifeste » du Parisien : le racisme n’a rien à faire dans la lutte contre l’antisémitisme

Une ignominie. Difficile de qualifier par un autre terme le « Manifeste contre le nouvel antisé- mitisme » publié dans le Parisien le dimanche 22 avril. Un texte qui réussit le sinistre exploit, au nom de la légitime lutte contre un racisme avéré, de mettre en concurrence les victimes du racisme, de stigmatiser les MusulmanEs et de recueillir, parmi les plus de 250 signatures annoncées, celles de racistes, xénophobes et/ou islamophobes patentés.

La lutte contre l’antisémitisme est une question trop importante pour être laissée aux racistes : telle pourrait être la morale, à première vue paradoxale, qu’inspire l’appel publié par le Parisien. Car si l’antisémitisme est un fléau qui, de l’attaque de l’école Ozar Hatorah à Toulouse à la prise d’otages sanglante de l’Hyper cacher de la porte de Vincennes, peut aller jusqu’à tuer, ou figurer parmi les causes de violences ou brimades commises contre des personnes identifiées comme juives, il est illusoire et même dangereux de penser qu’il pourrait être combattu par des initiatives telles que ce « manifeste ».

Hiérarchie des racismes

« La dénonciation de l’islamophobie, qui n’est pas le racisme anti-Arabe à combattre, dissimule les chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. » Par cette phrase, l’appel assume une posture de division et de mise en concurrence des racismes. Une posture à laquelle il est inutile de répondre en se lançant dans une bataille des chiffres, qui reviendrait à participer à cette mise en concurrence, et à nier cette vérité pourtant évidente : les racismes, qu’ils soient anti-rom, anti-juif, anti-noir, anti-arabe, anti-musulman, se nourrissent et se renforcent entre eux, tant ils sont partie prenante d’une même vision du monde faite de séparation, de classement, d’oppression, d’exclusion.

En hiérarchisant les racismes, au moyen de comparaisons chiffrées et de formules outrancières (« une épuration ethnique à bas bruit »), le « Manifeste » hiérarchise de facto les luttes antiracistes, en laissant entendre qu’il y aurait un racisme principal et des racismes secondaires, et que la lutte contre le premier justifierait de relativiser les seconds, voire de les nier, ou même de les justifier.

Ainsi que l’a souligné Dominique Vidal dans une réponse à l’appel, publiée sur Mediapart1, « hiérarchiser les racismes, c’est tomber dans le racisme. Et hiérarchiser le combat contre le racisme, c’est le saboter. » On comprend dès lors pourquoi on retrouve parmi les signataires, entre autres, Nicolas Sarkozy2, Manuel Valls3, Laurent Wauquiez4, Christian Estrosi5, Éric Ciotti6 ou Alain Finkielkraut7, qui auraient très probablement éprouvé les pires difficultés à signer une tribune dénonçant à égalité toutes les formes de racisme.

Stigmatisation des MusulmanEs

Et ce n’est pas tout. Le « Manifeste » a sa logique propre, qui ne se limite pas à contester le statut de victimes aux MusulmanEs, mais qui les rend en outre responsables du « nouvel antisémitisme ».

Dans la dernière partie du texte, on découvre ainsi une interpellation de « l’Islam de France », sans plus de précision, sommé d’ « ouvrir la voie » dans le combat contre l’antisémitisme. Com- me l’a relevé Claude Askolovitch dans une critique au vitriol de l’appel publiée sur Slate.fr8, « le manifeste rend [ainsi] responsable chaque musulman de la violence de quelques-uns ». Difficile en effet, devant une telle interpellation, de ne pas avoir la désagréable impression que, sous couvert de dénonciation du djihadisme, les signataires de l’appel considèrent que les MusulmanEs sont davantage comptables de l’antisémitisme que le reste de la population…

L’antisémitisme de l’extrême droite est d’ailleurs à peine évoqué, sans même parler des tentatives de réhabilitation de Maurras et Céline, ou du révisionnisme d’un Éric Zemmour défendant la thèse selon laquelle Vichy aurait protégé les Juifs français.

La gauche radicale est, en revanche, directement attaquée : elle aurait « trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des Juifs en victimes de la société ». Un amalgame lamentable, que nous avions récemment eu l’occasion de dénoncer après les déclarations du président du CRIF lors de la « marche blanche » en hommage à Mireille Knoll9. Une confirmation que ce « Manifeste », quelles que soient les intentions de certainEs de ses signataires, s’inscrit dans des logiques instrumentales, identitaires et exclusives, celles-là même qui forment la matrice de tous les racismes, y compris l’antisémitisme, et renforce les phénomènes qu’il prétend combattre.

L’antiracisme ne se divise pas 

L’antisémitisme est une gangrène, un poison mortel qu’il est indispensable de combattre au quotidien, en ne cédant jamais le moindre pouce de terrain aux tenants de la haine des Juifs, qu’ils appartiennent à l’extrême droite « classique » ou qu’ils se revendiquent des idéologies djihadistes. Et l’on ne réaffirmera jamais assez la nécessité de lutter contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme, d’où qu’elles viennent, a fortiori dans un contexte national et international où les courants ultra réactionnaires sont en pleine expansion, quand ils ne par- ticipent pas directement à l’exercice du pouvoir. L’exemple de Viktor Orban en Hongrie, qui vomit à la fois sa haine antisémite et sa haine islamophobe, est malheureusement éloquent, et inquiétant.

Ce nécessaire combat ne peut toutefois s’accommoder des tentatives de récupé- ration et d’instrumentalisation politiciennes, qui non seulement donnent souvent lieu à des amalgames scandaleux et à un racisme à rebours mais qui, par là même, dénaturent et desservent profondément la lutte contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme. Lorsque l’on sait que quelques heures après la publication du « Manifeste », l’un de ses signataires, André Bercoff, se félicitait sur Twitter10 de l’opération anti-migrantEs menée par Génération identitaire au col de l’Échelle, on mesure à quel point la tribune publiée dans le Parisien n’a rien à voir avec l’antiracisme qui, pour pouvoir réellement faire reculer les idéologies et les politiques oppressives et discriminatoires, sans évidemment nier les spécificités propres à chaque forme de racisme, ne peut se laisser diviser.

Julien Salingue Lundi 23 avril 2018

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24 avril 2018 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

1er, 3 et 5 mai : mobilisés contre Macron, le bon ami de Trump

Macron s’est félicité de son amitié avec Donald Trump. Le véritable cadeau offert par le président français à son homologue étatsunien n’est pas la bouture de chêne mais la centaine de missiles envoyés par la France sur la Syrie la semaine dernière. Cette intervention, qui n’a eu aucun effet positif pour la population syrienne, au contraire, était la marque d’un accord entre les grandes puissances militaires occidentales.

Deuxième point d’accord entre Macron et Trump, la violence contre les migrantEs. La loi passée à l’Assemblée nationale autorise la rétention des enfants: 275 enfants dont de nom- breux nourrissons ont été enfermés en 2017 d’après le défenseur des droits,  Jacques Toubon, et allonge le délai de rétention des étrangers en situation irrégulière de 45 à 90 jours. La barbarie de ce texte est telle que les députés FN ont voté une partie du texte.

Face au président des riches

Comme Trump, Macron semble voir la militarisation comme solution à tous les problèmes. Il va ainsi augmenter le budget de l’armée française de 34 à 50 milliards d’euros par an en quelques années.

Face aux étudiantEs mobiliséEs, la répression est son arme principale. Vendredi, l’université Paris 1 a été vidée manu militari, faisant plusieurs blesséEs. Les universités de Strasbourg, Grenoble et Montpellier ont également subi des attaques, ainsi que les manifestations du jeudi 19 avril où la police a fait des blesséEs et effrayé les jeunes qui manifestaient pour la première fois.

Arrêtons Macron

Compte tenu des vacances scolaires et du refus de FO et la CFDT d’appeler à la grève jeudi 19, les manifestations étaient assez réussies. La grève à la SNCF se maintient, malgré les limites du mode de grève pour construire un rapport de forces conséquent contre le gouvernement.

Mais la confrontation entre le monde du travail et le gouvernement arrive à un tournant : le 1er Mai, lors de la Journée internationale des travailleurs/ses, de nombreuses manifestations auront lieu. Le 3 mai, une partie de l’Éducation nationale sera en grève contre les suppressions de postes et les attaques contre le statut de fonctionnaire. Samedi 5 mai aura lieu la manifestation de convergence contre Macron.

À partir de cette semaine, les camps se constitueront plus clairement : celui du gouvernement qui frappe les jeunes, enferme les enfants immigrés et veut casser tous les statuts, les conventions collectives, face à la jeunesse et au monde du travail.

Gagner la confrontation, faire dérailler ce gouvernement

S’il fait passer ses réformes contre les jeunes et contre les cheminotEs, Macron embrayera immédiatement avec la réforme du statut des fonctionnaires, les suppressions de postes, la casse des retraites et de l’assurance chômage. Nous sommes donc toutes et tous concernéEs par cette bataille, il faut mettre un coup d’arrêt à la politique du gouvernement.

Pour cette raison, le NPA appelle à se mobiliser, dans tous les secteurs, et à construire partout des collectifs de défense des cheminotEs, des services publics et contre Macron. Ainsi nous construirons une opposition à ce gouvernement capable de le faire céder et de donner courage pour construire une contre-offensive pour en finir avec le capitalisme.

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23 avril 2018 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (bfm)

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23 avril 2018 ~ 0 Commentaire

quimper collectif (npa)

train chemin def

Des collectifs pour défendre les cheminotEs et les services publics

Depuis plus d’un mois maintenant, le NPA a entrepris une démarche unitaire vis-à-vis des organisations de gauche afin que, malgré nos désaccords, nous parlions d’une seule voix pour affirmer notre soutien aux luttes en cours, notamment à la SNCF, et que nous contribuions à la construction et au développement de la mobilisation.

Quimper : « On est tous le cheminot de quelqu’un » 

Jeudi 12 avril, à 17 h 30, le collectif « S’unir pour ne pas subir », composé d’une douzaine de syndicats, associations et partis politiques dont le NPA, tenait une conférence de presse devant la gare SNCF de Quimper, après avoir le lundi précédent rencontré les cheminotEs en assemblée générale.

Un tract a été distribué aux usagerEs, expliquant le mouvement des cheminotEs, la nécessité de la convergence des luttes et la réponse du gouvernement par la répression, dont celle que subit notre camarade Gaël Quirante. Cette initiative a été plutôt favorablement accueillie et bien relayée par la presse locale. Elle s’est prolongée pendant 1 h 30.

Le lendemain, une délégation du collectif a retrouvé les cheminotEs en grève, qui se sont rassemblés avec les autres dépôts du département à Châteaulin pour rencontrer le député et chef de LREM Richard Ferrand. Celui-ci avait décidé de partir à Brest, mais une délégation l’a rattrapé…

C’est une bonne centaine de cheminotEs qui ont défilé jusqu’à la gare déserte de Châteaulin en compagnie des divers soutiens du collectif, du NPA, d’Ensemble, de la FI.

Le tout dans une ambiance festive et très déterminée.

Correspondant

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21 avril 2018 ~ 0 Commentaire

mai 1968 videos (npa)

 

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21 avril 2018 ~ 0 Commentaire

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21 avril 2018 ~ 0 Commentaire

tous ensemble! (npa)

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 «L’indispensable «Tous ensemble» et les obstacles sur son chemin

Alors que les premières journées de grève des cheminots ont été des succès, paralysant largement le transport ferroviaire, la conflictualité touche d’une manière ou d’une autre de nombreux autres secteurs:

Du public comme du privé (fonction publique d’Etat, filière déchets, énergie, Air France, Carre- four, Ford Blanquefort, hôpitaux, Ehpad, postiers…), sans oublier les universités où la mobili- sation des étudiants et des personnels se développe, ni les retraités dont beaucoup, après leurs grandes manifestations du 15 mars, viennent renforcer les cortèges des salariés en lutte.

Pourtant le gouvernement, tout comme les patrons et directions d’entreprises, campent fermement sur leurs positions.

Au grand dam des directions syndicales, ils n’offrent que des simulacres de «négociation». Jamais il n’a été aussi clair que pour faire aboutir les revendications des mouvements en cours (rejet des contre-réformes, salaires, retraites, conditions de travail, statut, service public, accès à l’université…), la lutte secteur par secteur, entreprise par entreprise ne peut suffire. Les revendications sont diverses, mais l’ennemi est commun.

Divisés, éparpillés chacun dans son coin, aucun de nous ne sera en mesure de gagner.

Unis dans un grand «Tous ensemble», nous pouvons mettre un coup d’arrêt à l’offensive macronienne et commencer à imposer nos exigences. On le sait, ce ne sera ni simple ni facile. Plusieurs obstacles, qu’il est nécessaire d’identifier, se dressent sur la voie de la généralisation et de l’unification.

En premier lieu, même si le néolibéralisme que le gouvernement porte en étendard ne parvient pas à imposer son hégémonie idéologique dans la majorité de la population, les défaites et reculs du passé pèsent.

Les divisions sont ainsi évidentes au sein de la classe des salariés, entre ceux et celles qui conservent encore certains acquis et les autres, déjà précarisés et corvéables à merci, ceux et celles qui sont attaqués et d’autres qui espèrent passer entre les gouttes. L’affaiblissement des traditions collectives de lutte et d’organisation, au profit de la recherche de solutions indivi- duelles, est une réalité. Cette situation est illustrée par les sondages qui montrent, à la fois, le rejet croissant du macronisme au sein des classes populaires et la difficulté à réunir un soutien majoritaire à la grève des cheminots.

Le gouvernement et le patronat, puissamment aidés de leur appareil médiatique, en jouent à fond pour tenter d’isoler et discréditer les secteurs en pointe de la lutte.

A cela se combine une politique de répression que l’on a rarement vu se développer à un tel niveau: de l’offensive quasi militaire contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes jusqu’aux expul- sions violentes d’universités occupées, en passant par les persécutions de syndicalistes com- me celle dont notre camarade Gaël Quirante est victime, sans parler du traitement toujours plus inhumain réservé aux réfugiés.

La politique de la majorité des directions syndicales, qui ne se résignent pas à abandonner leurs illusions dans le «dialogue social» et à engager l’indispensable épreuve de force, continue de tirer en arrière.

C’est le cas avec la forme de grève «perlée» imposée à la SNCF pour suivre le calendrier des prétendues négociations avec le pouvoir. Et que penser des organisations de la fonction publi- que qui, après la grève assez réussie du 22 mars, repoussent l’appel à une nouvelle journée au… 22 mai?

Les choix des partis politiques qui se situent dans le camp du mouvement ont également des répercussions.

Comment à ce sujet ne pas être dubitatif devant l’appel de la France Insoumise à une mani- festation nationale le 5 mai, lancé sans concertation avec personne et sans lien avec le déve- loppement réel de la mobilisation sociale? Alors qu’à l’évidence le 1er Mai prendra cette année une signification toute particulière? D’autant que cet appel se double de l’intention de créer «partout en France» des «Comités du 5 Mai», au moment même où des collectifs unitaires de défense du service public commencent à se former dans une série de villes et quartiers.

Ces dernières initiatives, qui reprennent une expérience positive du mouvement de 2003, peuvent en revanche s’avérer très utiles

Avec toutes les organisations qui le souhaitent, que l’on appartienne ou non à un parti, un syndicat, une association, se regrouper pour soutenir concrètement les grèves et mobilisations en cours, les populariser, contrer la propagande gouvernementale et pourquoi pas, décider de manifestations.

Mais l’essentiel se joue bien sûr dans et à partir des mouvements déjà engagés

L’extension et la généralisation, l’auto-organisation, l’unification, comme on en voit les pre- mières expressions dans les facs occupées et les assemblées générales de cheminots, sont les tâches de l’heure. Macron et ses ministres répètent sur tous les tons qu’ils «ne croient pas à la convergence des luttes». Tout l’enjeu est maintenant de leur donner tort.

(Article publié le 18 avril 2018 sur le site du NPA)

 Alencontre.ch 20 avril  2018 Jean-Philippe Divès

 

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20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

oliver besancenot (les inrocks)

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Olivier Besancenot : “Ça pourrait partir en vrille très vite dans le camp Macron”

Emmanuel Macron a eu une semaine très médiatique. En sort-il renforcé selon vous ?

Olivier Besancenot - Je ne pense pas. Tous les signaux montrent que le mouvement conti- nue à prendre. Dans les facs, c’est parti. Ce 17 avril il y eu une AG de 1800 personnes à Nanterre. Je me rappelle de ce que j’ai connu en 1995 [il a obtenu sa licence en histoire à Nanterre, ndlr]. S’il y a des AG comme ça, c’est que quelque chose se passe. De plus en plus de facs sont occupées, comme Science Po dernièrement. Chez les cheminots, les taux de grévistes sont plus forts que dans les précédents mouvements. La RATP s’y met. Il n’y a pas de coup d’arrêt. La bataille de l’opinion ne se gagnera pas sur une émission, mais sur la séquence sociale qui est devant nous.

Lors de son interview sur BFM et Mediapart, Emmanuel Macron a reproché à Edwy Plenel de vouloir créer “une coagulation des mécontentements”, alors que pour lui, “il n’y en a pas tant que ça”. A-t-il raison ?

Non, il est dans l’auto-persuasion. De fait, c’est lui qui coagule les colères. Comme souvent dans les conflits, les puissants sont beaucoup plus efficaces que les militants pour ça. C’est lui et son entourage qui ont décidé en conscience d’allumer toutes les mèches en même temps : en persistant sur la réforme d’accès à l’université et sur la réforme du service public ferroviaire, en annonçant une série de réformes supplémentaires sur les retraites, alors que les retraités ont été largement ponctionnés avec la CSG, ou encore en évacuant violemment la ZAD de Notre-Dame-des-Landes… En réalité tout ce qu’il a réussi à faire, c’est à remobiliser : il n’y a jamais eu autant de zadistes qu’aujourd’hui. En détruisant la ferme des 100 Noms, qui était un point de convergence du mouvement, il a fédéré tous les secteurs contre lui. Il pense pouvoir réussir là où les gouvernements précédents ont échoué, dans tous les domaines et au même moment, mais attention à l’excès de confiance.

Au premier tour de la présidentielle seuls 18% des inscrits ont voté pour lui, et pourtant il réforme le pays sans faire de concessions. Pourquoi cela ne suscite-t-il pas plus de contestation dans la rue ?

Pour passer de la non-adhésion à la résistance, il y a une étape très importante, qui se construit en temps et en heure, dans des conditions toujours particulières. Je pense que la société française est en train de répondre présent à son attaque. Et qu’il est trop sûr de lui, à l’image de sa prestation face à Bourdin et Plenel. Cette arrogance de classe qu’il affiche d’habitude avec beaucoup de mépris va peut-être le faire trébucher. Il pense pouvoir faire ce que les autres n’ont pas réussi à faire avant lui, parce qu’ils étaient retenus par leur appar-tenance politique. Mais la société française reste très attachée à son modèle social, à ses acquis sociaux. Certes, ce n’est pas l’embrasement généralisé, mais l’histoire nous apprend que les embrasements ne se produisent pas spontanément : ils se construisent.

En Mai 68, contrairement à ce que prétendait l’édito du Monde, la France ne s’ennuyait pas. Il y a eu plein de signes avant-coureurs, des grèves, des mobilisations. Il serait trompeur de penser que le gros de la bataille se joue en ce moment. D’autres secteurs peuvent s’y mettre. Le rôle des militants dans ce contexte consiste à mettre de l’huile dans les rouages, pour qu’au moment où ça se passe, la convergence ait lieu efficacement. L’enjeu n’est pas simplement de saper la légitimité de Macron, c’est d’obtenir une victoire. On a besoin de gagner.

Dans la bataille culturelle qui est engagée entre le gouvernement qui pointe du doigt le statut “privilégié” des cheminots, et vous qui dites qu’“on est tous le cheminot de quelqu’un”, le rapport de force est-il en train de changer ?

Je pense que ce n’est pas une question d’argumentation, ou d’éducation. Certains pensent à la gauche de la gauche qu’il faut éduquer les masses. Ce n’est pas mon cas. Il y a, dans les nappes phréatiques de la mémoire collective – pour reprendre un expression qu’aimait bien Daniel Bensaïd -, un attachement profond à la protection sociale. La perspective de voir des lignes ferroviaires disparaître, les urgences dans les hôpitaux publics encore plus saturées qu’aujourd’hui, et une sélection assumée dans les universités heurte les gens, bien au-delà de ceux qui se mobilisent.

Entre son discours sur le lien “abîmé entre l’Eglise et l’Etat”, ses déclarations sur les “professionnels du désordre”, et la répression qui s’abat à Notre-Dame-des-Landes, trouvez-vous qu’Emmanuel Macron se droitise ?

Pour moi, il n’y a jamais eu photo : fondamentalement, ça a toujours été quelqu’un de droite. Mais sa stratégie consiste en effet à devenir le leader de la droite. Pour lui, l’espace politique à occuper durablement est celui-là. Il pense avoir fait définitivement le ménage à gauche, et que c’est dans ce camp qu’il faut maintenant le faire. Il fait donc le choix du parti de l’ordre, dans tous les domaines : moral et policier. Mais c’est à double-tranchant. Quand des CRS évacuent des étudiants pacifiques d’un amphi à Nanterre, ça renforce et démultiplie la mobilisation. Et en même temps, ça libère toute la meute qui pense que c’est le moment de cogner, y compris au-delà de son propre camp. C’est ce qui s’est passé à Montpellier. Tous les réactionnaires de service se sentent légitimes à attaquer.

Sur le fronton de Science po, désormais occupé par les étudiants, on peut lire ce message : “Les étudiants de Science po contre la dictature macronienne”. Il y a cin- quante ans, leurs aînés s’opposaient à “la dictature gaulliste”. Vous pensez qu’il y a des points communs ?

Les murs reprennent la parole. J’ai vu une affiche à Tolbiac qui disait : “Ne prenez plus l’ascenseur, prenez le pouvoir”. Cette ébullition est propre à l’air du temps où des milliers de personnes se préparent à l’action politique. Evidemment, on est tenté par les parallèles, mais il ne faut pas faire des copier-coller. La plus belle façon de commémorer Mai 68, ce serait justement de ne pas le commémorer, mais de le refaire dans des circonstances différentes. Mais il faut garder à l’esprit que 68 n’a pas été simplement une grande fête juvénile, c’était aussi 9 à 10 millions de grévistes. C’est ce qui a tout chamboulé.

Le gouvernement défend que la loi Vidal ne va pas entériner la sélection à l’uni-versité, que c’est une contre-vérité colportée en AG. C’est un élément de langage ?

S’ils choisissent de dire que c’est un problème de pédagogie, que les étudiants ont mal compris, ils vont tomber sur un os, car le milieu universitaire – étudiants et enseignants – est bien informé, et sait ce qu’est la sélection. C’était d’ailleurs un des ressorts de Mai 68. Un militant m’a raconté que quand il était étudiant en géographie au tout début de 68 à Censier, sa première image marquante a été celle d’un militant de l’Unef qui est entré dans l’amphi et a dit : “Voilà, à la fin de l’année, un cinquième de cet amphi aura son diplôme, le reste non”. Il n’était pas politisé, mais comme il avait déjà passé son bac deux fois, ça lui a tout de suite parlé. La sélection était déjà très forte du fait des inégalités sociales. Et aujourd’hui encore il y a une sélection non affichée, non avouée et effective dans l’université. Mais inscrire la sélection dans la loi – car c’est de cela dont on parle -, c’est une bombe à retardement.

Des groupuscules d’extrême droite se sont fait remarquer par leurs actions coup de poing dans des facs occupées. Comment expliquez-vous cette résurgence ?

C’est le signe qu’ils comprennent que quelque chose est en train de monter, et c’est leur manière de réagir, par la violence. Au-delà du fait qu’ils seront contrés, ça en dit long sur le risque politique du parti de l’ordre fait par Macron : non seulement il va exaspérer et révolter encore plus ceux qui se mobilisent contre la sélection, mais il va en plus prendre le risque de décevoir dans son propre camp. Il y a toujours plus royaliste que le roi. Il peut perdre sur les deux tableaux.

Depuis le deuxième tour de la présidentielle, le FN a quasiment disparu du paysage politique. Peut-on le mettre au crédit d’Emmanuel Macron ?

Il faut se méfier des effets d’optique. La séquence électorale a certes affaibli Marine Le Pen, mais le FN occupe un espace politique profond. N’oublions pas qu’elle a ramené un paquet de voix. Cet espace politique ne peut pas avoir disparu comme ça, il peut resurgir à n’importe quel instant. Il y a un décalage entre la représentation électorale du paysage politique, et les forces réellement en présence dans la société.

A gauche, il y a une exaspération politique qui dépasse le cadre parlementaire et institutionnel. Elle est certes en partie relayée par certains députés et courants politiques, comme la France insoumise, mais c’est plus profond que ça. Il y a une gauche radicale au sens générique du terme, qui est extraparlementaire. C’est une réalité importante.

Comment concevez-vous le rôle des organisations politiques, révolutionnaires ou simplement progressistes, dans le moment social actuel ?

Leur rôle est de raccorder au maximum le temps politique et le temps social. Quand la vie sociale s’accélère, la vie politique a souvent un train de retard. Il faut que nous soyons à l’unisson, et qu’il y ait une combinaison entre le vieux et le neuf. C’est-à-dire entre ce qui déborde largement le cadre des structures sociales, syndicales et politiques existantes, et les organisations traditionnelles, car on a besoin de leur expérience. Notre rôle, c’est de travailler à cette unité.

Ce cadre unitaire existe [de Génération.s au NPA, en passant par le groupe parlementaire de la France insoumise, Olivier Besancenot est à l'initiative d'un cadre unitaire qui rassemble douze organisations à la gauche du PS, ndlr]. On se voit régulièrement, on appelle à des initiatives communes, et un meeting est dans l’air pour la fin du mois. Notre contribution est cependant modeste, car les organisations politiques, même unies, ne peuvent pas se subs- tituer au rapport de force réel, qui va se cristalliser dans la lutte en tant que telle : les grèves, les occupations, les manifestations, les blocages, et des choses auxquelles on n’a pas encore pensé…

Macron a parlé de “la tyrannie de minorités qui se sont habituées à ce que l’on cède”. Mais sur quoi le pouvoir a-t-il cédé ces quinze dernières années ?

De mémoire, depuis le CPE il n’y a pas eu de victoire sociale forte. Pour gagner, il faut toujours que le mouvement social se renforce à la base, et que parallèlement le pouvoir se divise en haut. Or les ingrédients peuvent être réunis : il se passe quelque chose dans la société, et en haut, ça pourrait partir en vrille très vite dans le camp Macron. On le voit sur la loi asile et immigration [ce projet de loi divise la majorité parlementaire, ndlr]. Faire des conglomérats politiques, c’est bien, mais c’est aussi un nid de contradictions énorme, qui peut exploser à tout moment.

Dans les douze organisations qui font partie du cadre unitaire que vous avez construit, il y a un absent : Lutte Ouvrière. Pourquoi ?

Ils sont venus à la première réunion avant le 22 mars, à notre invitation, mais ont dit qu’ils n’en seraient pas. C’est leur responsabilité. Il s’agit pourtant de construire une unité d’action basique, tout en assumant nos désaccords. On sait ce qui nous sépare, mais on a besoin de se serrer les coudes pour frapper ensemble. On ne perd pas son âme à afficher une unité politique, tout en assumant clairement nos divergences. Dans ce cadre unitaire, on ne se raconte pas d’histoires : entre Hamon et nous c’est limpide. Mais on a la volonté commune d’agir malgré nos divergences, quand on est d’accord pour le faire. C’est pragmatique.

Philippe Martinez a dit qu’il n’irait pas à la manifestation du 5 mai, à laquelle vous avez répondu présent. Comment analysez-vous cette décision ?

Les rendez-vous manqués ont tous pour origine la bataille systématique pour le leadership. Au niveau des organisations politiques, tout le monde en est revenu. C’est pourquoi dans ce cadre unitaire, chacun peut s’impliquer dans les préparatifs, et on appelle à toutes les mobili-sations : le 1er mai, le 5 mai, et après le 5 mai. Non seulement ce cadre unitaire tient, mais il s’élargit, alors qu’on n’avait pas réussi à le faire sur la loi Travail XXL à la rentrée dernière. C’est une bonne chose.

Paradoxalement, c’est dans le temps social que vous apparaissez le plus souvent médiatiquement. Vous appréciez davantage d’intervenir en dehors du temps des échéances électorales ? 

Au NPA, c’est comme ça qu’on agit, on ne fait pas de la politique qu’au moment des élections. La séquence qui s’ouvre sera un moment de politisation qui vaut bien des campagnes électorales. Pour moi les deux temps – social et politique – sont éminemment liés. Je me sens plus libre depuis que j’ai fait le choix de mettre en adéquation ce que je pense, avec ce que je fais. Je me suis offert cette liberté de ne pas être l’éternel candidat de l’extrême gauche aux élections. J’ai cependant mené la campagne pour Philippe [Poutou, ndlr], j’ai battu les estrades, j’ai fait des émissions… Je me sentais tout à fait libre à ce moment là aussi. Mais l’histoire du “retour”, c’est tellement loin de moi que je ne sais pas quoi en dire.

Malgré vos divergences de fond, considérez-vous comme quelque chose de positif que Jean-Luc Mélenchon ai réussi à installer une force politique de gauche dans le paysage politique ?

Je projette toujours mon espoir dans une représentation politique alternative. On avait noté la dynamique de sa campagne. C’était positif, car ces grands rassemblements permettent à des militants et à des non-militants de reprendre confiance en eux. Mais je ne me sens toujours pas représenté par lui aujourd’hui. Cela n’empêche pas qu’on doit pouvoir faire des choses ensemble. Ce qui est notable, c’est que nous ne sommes plus dans la séquence d’avant : chacun a bien compris qu’il ne peut pas incarner à lui seul l’opposition politique de gauche à Macron.

Il y a des anciens du NPA ou de la LCR à l’Assemblée : Danièle Obono, Eric Coquerel… La tribune qu’ils ont acquise vous semble-t-elle utile ?

C’est probablement utile pour une série de conflits qu’ils relayent à l’Assemblée, mais je ne vais pas mentir : mes yeux ne sont vraiment pas braqués sur ça en ce moment. Cela ne relativise en rien ce qu’ils font, et l’énergie qu’ils dépensent. C’est difficile de répondre à cette question : je ne dirais peut-être pas la même chose si nous avions une représentation. Mais j’ai la préten- tion de penser que, quand bien même nous en aurions une, le point d’appui politique dont nous avons besoin pour construire quelque chose dans la séquence qui s’ouvre ne serait pas là. Ils ont une tribune, mais j’imagine qu’eux-mêmes sont conscients du fait que ce n’est qu’une tribune.

Vous pensez que ce point d’appui sera toujours dans le mouvement social ? Vous ne croyez pas à l’interaction entre un mouvement social fort et des députés de gauche, comme sous le Front populaire ?

Cela impliquerait une séquence électorale qui se produirait dans un contexte totalement diffé- rent. Dans celle qui a été soldée, on voit bien que l’Assemblée est un théâtre d’ombres. Je crois que la solution est extraparlementaire d’un point de vue politique, je le crois profon-dément. Ce n’est pas lié à la France insoumise ou à la dernière séquence électorale : je le crois depuis longtemps. Et ça ne fait que se renforcer.

Plusieurs militants du NPA ont fait l’objet de répression, syndicale ou policière ces derniers mois : Gaël Quirante a été licencié de La Poste, Aurélie-Anne Thos  du mouvement étudiant à Toulouse, a été interpellée lors d’une manifestation le 3 avril, Victor Mendès a également arrêté lors de l’évacuation d’un amphi par les CRS à Nanterre… Vous pensez qu’il y a un durcissement policier ?

Tout à fait. On connaît le coût du militantisme depuis plusieurs années, et on n’est pas les seuls. Il y a une volonté de faire peur de la part du gouvernement. Cette politique des conseils de discipline, des procédures, des convocations et des garde-à-vue s’est systématisée. Mais dans les quartiers populaires, c’est bien pire : il n’y a qu’à voir le harcèlement réservé à la famille Traoré. La systématisation de cette politique a libéré des forces que le pouvoir central ne contrôle pas forcément, mais auxquelles il a donné le feu vert. On ne pleure pas sur notre sort, mais c’est une réalité.

Ces persécutions suscitent-elles un élan de sympathie autour de vous ?

Dans les années 70, l’équation “action – répression” était très à la mode. On pensait que la répression générait forcément de la solidarité. Je n’en ferai pas un théorème. Et en plus, on perd beaucoup de temps à faire sortir les gens de prison, de garde-à-vue, à empêcher que les conseils de discipline tranchent par des licenciements… Le bon sens voudrait que tout mouvement ouvrier, syndical, social, associatif, politique, s’unisse pour mettre en place une structure de défense, qui dise : “Vous touchez à un de nos militants, vous touchez à tout le monde”. Ce serait un signal fort, et ce serait plus que nécessaire.

L’affaire de Tarnac, qui s’est soldée le 12 avril par la relaxe des prévenus après dix ans de poursuites, s’inscrit-elle dans le même registre répressif ?

Oui, c’est pour ça que nous nous sommes solidarisés d’eux dès le départ. Derrière le procès de l’ultragauche, un message était envoyé à toute la population : militer a un coût, si tu l’ou- vres, c’est ça qui t’attend. C’est aussi ce qui est arrivé à Gaël [Quirante, ndlr] : après trois avis de l’inspection du travail qui rejettent son licenciement en invoquant une discrimination syn- dicale, la validation de ces rapports par la direction générale du travail, et une décision politique prise par Xavier Bertrand de ne pas autoriser son licenciement, Muriel Pénicaud l’a finalement autorisé. C’est de l’acharnement.

Depuis le début des années 1990, nous vivons une éclipse des grandes utopies. Vous êtes un enfant de cela, un révolutionnaire sans révolution. Qu’est-ce qui vous fait encore courir ? Y a-t-il des expériences qui vous rendent optimiste ?

Je ne pense pas que la séquence se caractérise par la fermeture de l’horizon politique. J’ai effectivement grandi politiquement dans un monde où il n’y a pas de modèle clé en main, mais j’ai l’impression que depuis quelques années, d’autres possibilités s’ouvrent, que nous sommes moins enfermés dans un rôle de résistance. Par exemple, la mobilisation actuelle est l’occasion de parler de ce que pourrait être le service public de façon alternative. Dans les ZAD, on expérimente une autre façon de vivre, un autre type d’agriculture. Quand il y a des licen- ciements, d’Arcelor Mittal aux Fralib, l’idée de faire une Scop surgit. Voilà pourquoi je n’intériorise pas une régression à ce niveau là.

Vous serez à la Fête de l’Huma j’imagine, pour voir NTM ?

(Sourire) Sûrement oui.

Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ?

Juste d’être un peu plus nombreux ! (rires)

Alors qu’un meeting unitaire “est dans l’air pour la fin du mois” avec les partis de gauche hors PS (NPA, France insoumise, Génération.s notamment), Olivier Besancenot nous parle d’Emmanuel Macron, de la recomposition du champ politique, et de “l’embrasement” social qui vient. Propos recueillis par Mathieu Dejean

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17 avril 2018 ~ 0 Commentaire

macron en syrie (regards)

marcron

Guerre en Syrie : « Macron fait endosser à la France un rôle de supplétif de Trump »

Le président Macron a décidé seul d’intervenir en Syrie aux côtés des britanniques et des américains, sans débat au Parlement, prévu dans trois jours. Il fallait aller vite ?

La justification par l’urgence est évidemment un prétexte. Cela fait plus de 7 ans maintenant que les Syriens se sont soulevés contre le tyran Assad, et l’on ne compte plus, depuis lors, les attaques massives, qu’elles soient chimiques ou non, contre la population, qu’elles viennent du régime ou de ses soutiens iranien et russe.

On peut même souligner ici l’effet pervers des fameuses « lignes rouges » au sujet des armes chimiques : cela signifie en effet que si les massacres ne sont pas commis avec des armes chimiques, ils sont tolérables et ne nécessitent pas de réaction. En réalité, Macron se situe dans la grande tradition de la 5è République, où la guerre est l’affaire du seul chef de l’État et de ses conseillers non élus, et où le Parlement ne joue, sauf rare exception, qu’un rôle de chambre d’enregistrement des décisions de l’Élysée.

C’est bien évidemment un déni de démocratie, qui pose la question des institutions elles- mêmes : le fait qu’il n’y ait aucune forme de contrôle sur des décisions de cet ordre en dit long sur le caractère antidémocratique de ce régime.

La France n’avait-elle d’autre choix que de suivre les Etats-Unis ?

En se coalisant avec la Grande-Bretagne et les États-Unis, Macron fait endosser à la France un rôle de supplétif de Trump. Je ne suis pas de ceux qui se préoccupent de « l’image de la France », mais en faisant ce choix il est évident que Macron se lance dans une étrange aven- ture. Lorsque l’on a conscience des velléités guerrières de Trump et de sa capacité à agir sur des impulsions, indépendamment des conséquences que ses actions pourraient avoir, on se dit que Macron s’est embarqué dans un drôle de navire.

Le président Macron justifie son intervention après l’attaque chimique de civils. Les civils sont tués à Gaza, au Yémen, des Kurdes sont aussi victimes de la guerre, pourquoi la France n’intervient-elle pas dans ces territoires ?

Ce qui est en jeu n’est pas le sort de la population syrienne, dont le gouvernement français et ses complices Trump et May se soucient comme d’une guigne. Leur indifférence à l’égard du sort des Kurdes, des Palestiniens ou des Yéménites confirme que le critère n’est pas l’assis- tance à des peuples en danger.

On parle ici de jeux d’alliances et d’influence : Israël et l’Arabie saoudite peuvent massacrer tranquillement, puisque ce sont « nos » alliés, avec lesquels on coopère dans le domaine militaire, quand on ne leur vend pas directement des armes ; en Syrie en revanche, ceux qui ont la main sont l’Iran et la Russie, et il fallait leur signifier, ainsi qu’à Bachar al-Assad, que les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne refusaient d’être considérées comme hors-jeu.

Quelles pourraient être les prochaines étapes ?

Il est difficile à ce stade d’échafauder des scénarios pour la suite. Trump, May et Macron pré- tendent qu’il s’agissait d’une opération ponctuelle, et leurs déclarations légitimant leurs bom- bardements sont plutôt mesurées : Le Drian évoque un nécessaire « plan de sortie de crise […] avec une solution politique », May affirme « [qu’]il ne s’agissait pas d’interférer dans une guerre civile, [ni] de changer de régime », etc.

La Russie proteste, tout en précisant que ses positions et « zones de responsabilité » n’ont pas été visées. Cela confirme que nous n’en sommes pas au stade d’une escalade militaire de grande ampleur, même si des mesures de rétorsion, qu’elles soient diplomatiques ou écono-miques, sont à prévoir, qui viendraient s’ajouter à celles qui existent déjà : la crise couve en effet depuis un long moment entre, d’une part, la Russie et, d’autre part, les pays occidentaux. Une chose est toutefois certaine : les bombardements de la nuit dernière ajoutent de la guerre à la guerre, et il est plus qu’inquiétant de constater que certains prétendent encore, après les désastreuses expériences de l’Afghanistan, de l’Irak et de la Libye, que l’on peut apporter la paix et la démocratie à coups de bombes.

Une sortie de crise est-elle possible et avec quels interlocuteurs ?

Ce qui est certain, c’est qu’il ne peut y avoir de sortie de crise en Syrie sans une désescalade militaire, qui implique en premier lieu la fin de l’ensemble des interventions militaires étran- gères, y compris celles de la Russie et de l’Iran sans lesquelles Assad aurait depuis longtemps été renversé. Si le régime syrien est aujourd’hui en position de force, c’est grâce à ce soutien inconditionnel, et c’est précisément cela qui gêne Trump, May et Macron, qui se sentent hors- jeu quant à l’hypothétique « sortie de crise ». Pour revenir dans le jeu, ils ont même accepté la condition selon laquelle Assad serait un interlocuteur légitime pour la « sortie de crise ». Une condition inacceptable pour des centaines de milliers, voire des millions de Syriens ! Comment peut-on en effet imaginer une transition en Syrie en y associant le principal responsable de la boucherie ?

Les forces d’opposition démocratique syriennes doivent être davantage soutenues par la communauté internationale ?

Les forces d’opposition démocratique syriennes ont été laminées, mais cela ne signifie pas pour autant que les aspirations démocratiques ont disparu : durant les rares périodes de  « calme » au cours des dernières années, on a ainsi vu de nouvelles manifestations s’orga- niser. L’urgence est aujourd’hui d’imposer un véritable cessez-le-feu, y compris au moyen de sanctions contre les principaux belligérants, et non de chercher des arrangements qui se feront toujours sur le dos des populations. C’est une condition nécessaire pour envisager un meilleur avenir pour la Syrie qui, comme l’ont prouvé les nombreuses expériences auto- gestionnaires qui se sont développées depuis 2011, et comme le montre, malgré ses limites, le processus au Rojava, n’est pas condamnée à la fausse alternative entre régime dictatorial et intégrisme islamique.

Des frappes américaines, françaises et britanniques ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi pour détruire plusieurs sites stratégiques syriens dont un centre de recherche soup- çonnés d’héberger le programme chimique du régime de Bachar al-Assad. Pour y voir plus clair, Julien Salingue, (Membre du NPA) chercheur en science politique, a répondu aux questions de Regards.

Julien Salingue  16/04/2018

https://www.gaucheanticapitaliste.org/

 

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