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21 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

lycéen(ne)s

silentium

Et « silentium » dans les rangs!

Les lycéen(ne)s au hachoir de la sélection

Là où le bac, diplôme national certes imparfait, sanctionnait anonymement un niveau scolaire, la réforme de l’entrée à l’université va introduire des inégalités entre les bacheliers en mettant en œuvre une sélection.

Derrière ce projet se cache un renforcement du tri social… peu étonnant de la part du « président des riches ». 

Après une rentrée universitaire catastrophique, avec des milliers de bachelierEs sans affec- tation ou affectés dans des filières par défaut, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédé- rique Vidal s’est empressée de présenter son projet de réforme de l’entrée à l’université. Arguant des défauts du système APB et de l’iniquité du tirage au sort dans les filières « sous tension », le gouvernement de Macron en a profité pour modifier le Code de l’éducation.

Désormais, ce ne seront plus les bachelierEs qui choisiront leur université mais les universités qui choisiront leurs étudiantEs.

Pour mener cette sélection, il est prévu d’associer étroitement les enseignantEs du secondaire qui ont pour mission d’effectuer un premier tri en validant les dix vœux des élèves de termina- les. Le dossier du/de la futurE bachelierE passera ensuite entre les mains des universités qui détermineront si le/la canditatE est pleinement acceptéE, acceptéE sous condition d’une remise à niveau en fonction de prérequis, ou rejetéE faute de places suffisantes dans la filière.

Ce nouveau système est donc bien loin de répondre aux problèmes des universités, avant tout dépourvues des moyens budgétaires et humains nécessaires pour faire face à l’afflux de bachelierEs issus du baby-boom des années 2000 ainsi qu’aux difficultés des étudiantEs. Par contre, il a pour évidente mission de renforcer le tri social entre les bachelierEs.

Un renforcement considérable des inégalités sociales

La sélection des candidatEs à l’université, dont les contours restent flous, pose plusieurs écueils.  Aucune mention de « quota » n’est faite pour l’instant pour définir le nombre de candidatEs acceptéEs sous condition de remise à niveau, pas plus qu’il n’est prévu de prendre en compte le critère des bourses.

De même, on se sait comment sera pris en compte l’établissement d’origine du futur étudiant alors que ce critère peut s’avérer être un facteur discriminant ou valorisant.

Par contre, les projets personnels des élèves, leur investissement extra-scolaire et leurs loisirs seront valorisés sans tenir compte du capital économique et social que de tels critères requièrent ! Cette réforme va donc considérablement renforcer les inégalités sociales dont sont victimes les jeunes des classes populaires et tout particulièrement les bachelierEs du professionnel et du technologique.

La sélection renforcée dès le lycée

D’autant plus, que la loi Vidal va renforcer la compétition scolaire dès le lycée. Le manque de formation des enseignantEs du secondaire, la mise à l’écart des professionnelLEs de l’orien- tation (PsyEN), le manque de moyens des établissements des quartiers populaires ne permettront pas de combler le fossé avec les lycées des beaux quartiers.

Dotés d’un capital social, d’une connaissance des filières (plus de 12 000) et pourquoi pas en ayant recours à des services privés d’orientation sur le mode cours particuliers, les enfants de la bourgeoisie, non contents d’occuper déjà les places dans les classes prépas, seront les mieux positionnés pour entrer dans l’université de leur choix.

On peut, d’ores et déjà, envisager que les lycées seront classés, non plus en fonction de leurs résultats au bac, mais en fonction du nombre d’élèves reçuEs à l’université en fonction de leurs vœux.

Les enseignantEs seront donc contraints d’exercer un contrôle social renforcé en incitant les élèves à choisir telle ou telle filière dans le cadre d’une mise en concurrence des établisse- ments s’éloignant ainsi de plus en plus d’une conception émancipatrice de l’enseignement.

Une aide… bien incertaine

On peut, certes, se féliciter que soient enfin prises en compte les difficultés des nouveaux étudiantEs à s’adapter au système universitaire, un système exigeant qui ne manifestait que trop peu d’intérêts pour les questions pédagogiques et l’accompagnement des étudiantEs.

Mais c’est sans tenir compte que les solutions proposées, année d’adaptation ou modules de remédiation, ont un coût difficile à assumer pour les universités dans un contexte de restriction budgétaire. Et surtout, ces mesures ont un coût pour les étudiantEs issuEs des classes popu- laires, qui doivent travailler en parallèle à leur cursus universitaire et peuvent difficilement assumer d’avoir des cours en plus ou de rallonger leurs études d’une année ; études déjà bien allongées avec la masterisation.

Renforcement de la compétition scolaire, contrôle et tri social renforcés, logique d’austérité, la réforme de l’entrée à l’université condense à elle seule le projet politique de Macron.

Les classes populaires en feront une fois de plus les frais. L’idée de démocratisation scolaire est bel et bien enterrée. Désormais, même la massification est remise en cause pour laisser la place à la compétition scolaire.

Face au renforcement de cette école de classe, lycéens, étudiants, enseignants du secondaire et du supérieur et parents d’élèves devons nous mobiliser massivement pour refuser cette réforme et réaffirmer le rôle émancipateur de l’éducation.

Camille Jouve Lundi 20 novembre 2017

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21 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

dossier syndicats (npa)

Dialogue social ou politique d’affrontement de classe ?

dossier syndicats (npa) dans Hollandie

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Fonction publique : changer de stratégie

 dans NPA

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Femmes, LGBTI : pas le genre des syndicats ?

 dans Syndicalisme

Poussée par la vague féministe des années 1970, la CFDT avait été à l’avant-garde dans le domaine des droits des femmes, les autres organisations syndicales restant très en retard. 

Les représentations du personnel après les ordonnances

Les institutions représentatives du personnel (IRP), c’est-à-dire les délégués du personnel (DP), les comités d’entreprise (CE) et le comité d’hygiène et sécurité et conditions de travail (CHSCT) sont des éléments essentiels de l’action des organisations syndicales dans les entrepr

Quelle(s) opposition(s) syndicale(s) ?

Après avoir éparpillé, suite à son accession au pouvoir, les formations politiques traditionnelles façon puzzle, il était logique que, via sa « réforme » emblématique du code du travail, Macron fasse de même avec les organisations syndicales, fort de son dessein de transformation d

Front social : s’unir pour ne plus subir

Le Front social c’est d’abord et avant tout le regroupement de militantEs syndicalistes, associatifs, politiques, de fronts et de collectifs de lutte ayant réussi à dépasser les sectarismes de boutique, convaincus par l’expérience de construire la grève générale et prêts à en décou

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21 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

cadeaux (npa)

riches

Les cadeaux de Macron ne sont pas pour les pauvres

Stéphane Richard, le PDG d’Orange, est franc : il a annoncé qu’« à titre personnel, [la trans- formation de l’ISF] va réduire à peu près de moitié [sa] facture » fiscale.

Il économisera 125 000 euros d’impôts, soit 9 années de Smic net à temps plein. 

Édouard Philippe expliquait récemment que « l’ISF provoque un appauvrissement » de la France. Une chose est sûre : sa suppression enrichira Richard et ses pairs de la « France d’en haut ».

Par contre, la situation ne s’améliore pas pour les pauvres, bien au contraire.

C’est le constat fait dans deux rapports récents, du Secours catholique et de l’Observatoire des inégalités. Selon le Secours catholique, qui a accueilli 1,5 million de personnes en 2016, la proportion des ménages sans aucune ressource en France est en augmentation, et les enfants sont désormais majoritaires chez les personnes prises en charge par l’association.

Le Secours catholique note aussi que bien des pauvres n’exercent pas leurs droits d’accès aux prestations sociales.

31 % des ménages éligibles aux allocations familiales n’en touchent pas, et 23 % des ménages y ayant droit ne bénéficient pas des aides au logement. Il y a également 40 % de non-recours au Revenu de solidarité active (RSA) en 2016. « On dit que les pauvres profitent du système mais ils sont nombreux à ne même pas connaître leurs droits », souligne Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours catholique. Il est vrai que les pauvres n’ont pas les moyens de s’entourer des armées de conseillers fiscaux…

Le rapport de l’Observatoire des inégalités montre que le nombre de pauvres a augmenté depuis 10 ans.

La pauvreté touche aussi bien les familles où un des membres travaille que des familles d’inac- tifs et de chômeurEs. Une partie des chômeurEs ou inactifs sont des personnes découragées par la recherche d’un travail face aux mauvaises conditions d’emploi (précarité, bas salaires, etc.).

Un grand nombre de chômeurEs, particulièrement les plus jeunes, ne disposent que de très faibles indemnités de chômage, inférieures au seuil de pauvreté. Près d’un quart des chômeurEs sont pauvres, soit trois fois plus que la moyenne de la population. Avec Macron, plus que jamais, comme le dit le proverbe, « il pleut toujours où c’est mouillé».

Mercredi 15 novembre 2017

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20 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (cnews)

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19 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

catalogne1 (élections du 21d)

catalunya-l

Des partis indépendantistes emportés dans la dynamique électorale du 21 décembre…

Nous nous appuierons sur les tendances dégagées des sondages en cours. Nous savons leur fiabilité discutable et nos lecteurs/-trices doivent s’en considérer averti(e)s.

Les républicains indépendantistes de gauche d’ERC ne reconduisent pas leur alliance de 2015 (portée par Junts pel Sí, JxSí, Ensemble pour le oui, qui dit le caractère plébiscitaire qui était donné à cette législative) avec la droite catalaniste du PDeCAT de Carles Puigdemont (alors appelé CDC, Convergencia Democrática de Cataluña).

Aujourd’hui, ERC apparaît devoir être, selon tous les sondages, la gagnante de cette consultation 

Avec 28 à 30% des voix, elle obtiendrait entre 41 et 45 sièges. Avec les 39,59% obtenus par JxSí, elle avait décroché, dans la précédente législature, 20 sièges. Cette poussée annon- cée explique, entre autres facteurs, les raisons du cavalier seul décidé, à cette  occasion, par ce parti.

Cette liste sera emmenée par celui qui était le vice-président de la Généralité, Oriol Junqueras, et est aujourd’hui emprisonné. La numéro 2 sera Marta Rivera, dont nous avons parlé hier , à propos du risque d’intervention militaire espagnole pendant les derniers événements. La numéro 4, Carme Forcadell, présidente du Parlament dissous, avait concouru à la précédente élection dans le cadre de JxSí en tant que membre de l’ANC.

La campagne d’ERC devrait être centrée sur la défense de l’idée de l’indépendance républicaine, bien que nuancée par les déclarations autocritiques récentes de certain-es de ses dirigeant-es sur les erreurs commises dans le processus. La cible sera évidemment le gouvernement pour son putsch politico-policier contre la Généralité et son Govern.

La liste de Catalunya en Comú de Ada Colau (Maire de Barcelone) , qui y figurera en dernière position, devrait être ménagée par ERC, malgré les dures critiques que la maire de Barcelone a récemment lancées contre « les irresponsables responsables indépendantistes ». Les Comunes pourraient en effet, selon les résultats obtenus, devenir incontournables pour constituer un gouvernement de gauche défendant le droit d’autodétermination et la nécessité de mettre en route un processus constituant, le rejet du 155 et la libération des prisonniers politiques.

Le hic devrait a priori être que, sur les deux premiers points, l’autodétermination et la constitu- ante, Catalunya en Comú ne devrait pas céder sur la nécessité qu’ils soient inscrits dans une négociation avec le gouvernement de Madrid, au vu de l’intransigeant refus de principe de Madrid sur le sujet, à  des calendes grecques.

Tout ceci pourrait en fait indiquer qu’ERC infléchit son orientation en reléguant son indépen- dantisme de toujours à une rhétorique identitaire assumant implicitement son inactualité. Et cela, par calcul électoraliste, au profit de la reconstitution d’une alliance de gauche rappelant sa participation passée dans le Tripartite de gauche*, cette alliance gestionnaire capitaliste de la Généralité entre 2003 et 2010. Avec la différence essentielle que le PSC en serait absent et que les Comunes, qui n’existaient pas alors, seraient appelés à faire l’appoint pour faire majorité.

Ciudadanos devrait obtenir un score en progression par rapport à 2015, le maintenant en seconde position, en capitalisant son intransigeance anti-catalaniste qui peut prétendre à la relève du PP à Madrid en le réduisant à son partenaire subalterne.

Pour l’aire catalane, son électorat cible est le secteur ouvertement opposé à l’indépendance et farouchement accroché à l’idée d’unité de l’Espagne, qui s’est cristallisé dans les récentes  manifestations unionistes. L’équation personnelle de sa tête de liste, Inés Arrimadas, qui a percé, pour sa combativité à la rhétorique efficace au Parlament, dans les récents événements, n’est pas une donnée à négliger.

Il devrait approcher les 20% (17,90% en 2015) et obtenir entre 24 et 28 député-es (25 en 2015) à partir desquels il espère parvenir à un gouvernement de « concentration constitution- naliste » avec le PP et le PSC, ses deux partenaires (et en proximité avec l’extrême droite dans les manifestations unionistes organisées pendant la crise actuelle).

Une pression particulière de sa part, devrait s’exercer sur les Comunes sur le thème ‘ »on est pour ou contre l’indépendance », il n’y a pas de troisième voie possible, qui plus est, s’il y a accord avec des indépendantistes comme ERC ! L’effet escompté de ce ciblage local vise en fait beaucoup plus large : mettre en difficulté, pour les législatives centrales à venir, un Unidos Podemos, qui, à travers un Podem épuré depuis Madrid, participe à Catalunya en Comú et qui, selon le calcul de Ciudadanos, aura plus de mal que celui-ci, à se dépêtrer, devant l’électorat de l’ensemble de l’Etat espagnol, de l’image d’allié plus ou moins honteux des  »sécessionnistes » catalans.

En voix 
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Les socialistes du PSC ne parviendront probablement pas à refaire le chemin perdu depuis le temps de leur splendeur où ils incarnaient une sensibilité catalane, claire- ment assumée sur un registre autonomiste fort, vis-à-vis du parti frère le PSOE.

L’extrême polarisation que connaît la Catalogne finit de le faire basculer dans un unionisme côtoyant de très près, avec sa défense inconditionnelle de la Constitution et son appui au 155, celui du PP et de Ciudadanos. Les tensions en son sein s’en trouvent aggravées, qui se sont traduites par de nombreuses défections de militant-es, de démissions de maires, de pertes de mairies qu’il dirigeait en coalition ou d’exclusion d’équipes municipales auxquelles il partici- pait sans diriger la mairie. L’accentuation du virage à droite de ce parti s’est concrétisée pour ces élections de décembre par l’inclusion dans ses candidatures d’un politicien issu de la scission anti-indépendantiste de feu CiU, aujourd’hui PDeCAT.

C’est avec une très faible crédibilité que le PSC tentera de brandir le thème d’un fédéralisme induisant de modifier la Constitution, plombé en fait par les avatars de la Commission pour la Réforme Constitutionnelle créée à Madrid par le PSOE et un PP affir- mant qu’elle est sans objet, hormis celui d’avoir servi de contrefeu opportuniste, le temps de le neutraliser, à l’indépendantisme catalan.

Sa tentative de renouer avec son électorat de la « ceinture rouge de Barcelone », peu porté sur l’indépendance (mais des choses ont bougé lors du référendum du 1er octobre), entre en concurrence avec les initiatives qu’y mèneront Ciudadanos et Catalunya en Comú.  Dernièrement exclus par ceux-ci de la majorité de gestion de la ville de Barcelone, les socia- listes catalans ne devraient pas se priver de faire de cette exclusion (motivée par leur appui du 155) la preuve que les ami-es de Ada Colau sont de mèche avec les indépendantistes. La deuxième preuve par les approches d’ERC en leur direction !

Ils obtiendraient 13% des voix et 15 à 20 député-es (12,72% et 16 sièges en 2015)

Le PDeCAT, qui souhaitait reconduire l’alliance de 2015, Junts pel Sí, aujourd’hui refusée par ERC, se rabat sur une liste ouverte aux personnalités, labellisée… Junts pel Catalunya. Il s’agit, pour ses dirigeant-es, d’éviter de trop apparaître lié-es à l’historique CiU dont l’image de corruption avérée continue à peser sur ses successeurs. Cette liste sera conduite, depuis l’exil, par l’ancien President et candidat à retrouver son mandat, Carles Puigdemont. Comme ERC, Junts pel Catalunya se placera sous l’égide d’une indépendance associée cependant à des formes d’autocritique sur la conduite du processus.

Portant une critique sans concession envers les listes espagnolistes du PP, de Ciudadanos et du PSC, Junts pel Catalunya cherchera à reconstituer une union postélectorale avec ERC,  appuyée, espère-t-il, à nouveau, par la CUP, tout en se gagnant aussi l’appui de Cataluña en Comú. Avec les mêmes réorientations que, comme pour ERC, cela devrait impliquer sur l’agenda et les modalités d’accès à l’indépendance. Comptant, parmi ses candidats, Jordi Sánchez, le dirigeant de l’ANC emprisonné, cette liste est créditée de 11% des voix et d’un total de député-es, en net recul, oscillant entre 14 et 18 (29 en 2015).

Catalunya en Comú, campera, sur le ni-ni : « Ni 155, ni indépendance ». N’ayant pas encore d’existence lors de l’élection de 2015, elle reconduit, à l’échelle de la Catalogne, l’alliance de Barcelona en Comú qui a permis de conquérir la mairie de la capitale. Podem, refusant de s’y intégrer, par volonté de se rapprocher des indépendantistes, a fini par y être contraint par Iglesias, via la destitution de sa direction. Ce qui pourrait affaiblir, mais jusqu’à quel point, cette alliance.

Elle donnera à son ninisme sur la question nationale, le volet social qu’elle juge, non sans raison, être passé sous la table dans le conflit actuel.

Mais le fera avec une forte limitation institutionnaliste qui, comme pour Unidos Podemos, à l’échelle de l’Etat espagnol, subordonne le social à une démarche politique cherchant à ruser avec ce que le système autorise et qu’elle ne remet pas radicalement en question. Nous au- rons l’occasion d’en reparler à propos de la façon dont l’autre ville, avec Barcelone, emblé- matique de la volonté de changement portée par ce courant, Madrid, cherche à répondre au blocage de ses dépenses publiques que vient de décider le gouvernement de Rajoy.

Menant campagne contre tout le monde, tout en dosant différemment cette opposition, pour laisser ouverte des possibilités de coalition post-électorale avec ERC, voire Junts pel Catalunya, Catalunya en Comú devrait pouvoir compter sur 10% des voix pour 10 à 15 député-es. En progression d’un point environ et de 1 à 4 députées par rapport à ce qu’avait obtenu en 2015 la liste soutenue par Podemos, Catalunya Sí Que es Pot .

En sièges
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Le PP n’a pas grand espoir de sortir de son historique faible représentation en Catalogne. Mené par son très extrême droitisé leader local, il vise surtout à faire profiter son parti, à l’échelle de tout l’Etat, de sa radicale opposition au nationalisme catalaniste et, dans la foulée, à affaiblir Unidos Podemos. Secondairement, car conformément à la marginalité que lui ajoute l’avancée de Ciudadanos en Catalogne, il cherche à obtenir que se constitue une majorité d’alternative unioniste à l’indépendantisme avec celui-ci et le PSC.

S’il obtenait, comme l’indiquent les sondages, environ 9% des voix, soit entre 9 et 14 député-es (8,49% et 11 député-es en 2015), cette convergence unioniste ne devrait pas parvenir à la majorité absolue. L’idée, caressée par le PP, de faire pression sur Catalunya en Comú pour qu’elle contribue à y parvenir est tout simplement incongrue !

Soucieuse de ne pas aggraver la situation des emprisonné-es et des exilé-es, la CUP devrait, lit-on, mettre en sourdine les critiques qu’elle fait à ses partenaires en indépendan- tisme. Sauf sur leur incapacité avérée à asseoir la proclamation de la République sur les structures étatiques prévues et avec un minimum de garanties que l’indépendance devienne effective.

La CUP ne devrait pas ménager Catalunya en Comú, un concurrent direct pour se ga- gner un vote de gauche divisé sur l’indépendance. Mais l’idée que face à l’Etat répressif, il y ait possibilité et nécessité de faire cause commune …avec les Communs serait dans les têtes.. Avec 6% des voix et 5 à 10 député-es, la CUP verrait s’éroder les positions acquises en 2015 (8,21% et 10 député-es). Ce qui, étant donné le rôle joué par cette organisation pour avancer dans le sens d’une indépendance d’alternative au régime, ajouterait à l’impression de défaite du procés, y compris dans le cas d’une majorité indépendantiste dont nous venons de voir qu’aiguillonnée par l’idée de devoir faire avec Catalunya en Comú, elle mettrait beaucoup d’eau dans son vin catalaniste…

19 novembre 2017

Les tableaux sont tirés de Así marchan las encuestas en Cataluña

http://npaherault.blogspot.fr

https://tendanceclaire.org/

Note*: Le tripartit:  Partit dels Socialistes de CatalunyaCiutadans pel Canvi, Esquerra Republicana de Catalunya e Iniciativa per Catalunya VerdsEsquerra Unida i Alternativa.

Les deux dernier issus de l’imposant « PSUC » le PC catalan

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17 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

pleins pouvoirs (npa)

pleins pouvoirs

État d’exception permanent: l’exécutif s’arroge les pleins pouvoirs

Les principales mesures administratives liberticides contenues dans l’état d’urgence, loi d’exception, sont aujourd’hui inscrites durablement dans la loi ordinaire, suite à la promulgation le 1er novembre de la « loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme ».

La quasi-totalité des associations de défense des droits dénoncent la législation la plus sécuritaire de la 5e République, et l’ONU estime que la France devient LE modèle du tout sécuritaire européen.

Atteintes à la libre circulation

Les « périmètres de protection » remplacent les zones de protection. Décidés par les préfets seuls, s’ils estiment qu’il y a risque d’actes terroristes, ils concernent des lieux, des événements ainsi que leurs abords et accès. Certaines personnes peuvent y être interdites d’entrée. Pour celles qui y sont autorisées, elles peuvent toutes subir fouilles et palpations. La nouveauté, c’est que ces périmètres de protection peuvent être décidés pour une durée d’un mois renouvelable. On imagine l’utilisation qui peut en être faite contre toute mobilisation sociale !

L’assignation à résidence devient « l’obligation de résider dans un périmètre déterminé non inférieur à la commune pour permettre à l’intéressé de poursuivre sa vie familiale et professionnelle », renouvelable tous les trois mois dans la limite d’un an.

L’obligation de pointer une fois par jour au commissariat ou à la gendarmerie est maintenue. Avec une alternative à cette contrainte : la pose du bracelet électronique. Cette option est souvent proposée car elle coûte peu cher et habitue pernicieusement les « suspects » à s’autocensurer. De plus, la surveillance des personnes sous bracelet électronique peut maintenant être déléguée à des entreprises privées.

La suspicion comme preuve

Les « visites domiciliaires et saisies » sont le nouveau nom des perquisitions de domicile, décidées de jour par les préfets seuls, de nuit avec l’accord d’un juge des libertés et de la détention (JLD). Pourront les subir toute personne, au titre de la prévention d’actes de terrorisme, sur laquelle pèse « un soupçon sérieux de commission d’acte terroriste ou de menace grave à l’ordre public ». La police pourra saisir au domicile tout ce qui lui semblera utile.

Enfin, « les lieux de culte pourront être fermés de la seule initiative des préfets sur la base de propos tenus, en raison d’idées, de théories ou d’activités provoquant à la violence, la haine, la discrimination, la commission d’actes terroristes ou qui en font l’apologie ». Sans aucune instruction judiciaire et donc sans aucun droit à la défense ni au recours…

Menaces sur le droit d’asile

Les douaniers gradés pourront, « pour la prévention et la recherche des infractions liées à la criminalité transfrontalière, vérifier le respect, par les personnes dont la nationalité étrangère peut être déduite d’éléments objectifs extérieurs à la personne même de l’intéressé, des obligations de détention, de port et de présentation des pièces ou documents prévue à l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ».

Une mesure évidemment discriminatoire et raciste : quels sont les éléments « objectifs » qui permettraient de déduire une nationalité ?

Sur le fond, cela revient à demander aux douaniers de vérifier que les personnes migrantes peuvent entrer sur le territoire français. Pour les refouler ? Cet article légalise à la fois ce qui se pratique déjà dans des gares près de la frontière italienne… et annonce la prochaine loi sur l’immigration.

Jeudi 16 novembre 2017 Roseline Vachetta

https://npa2009.org/

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17 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

cop23 (npa)

cop 21

Bonn COP23 : aussi loin des Fidji que de sauver le climat! « Changer le système, pas le climat ! »

La COP23 (23e « conférence des parties » sur le climat) se tient depuis le 6 et jusqu’au 17 novembre à Bonn. La conférence est délocalisée au siège de la Convention climat de l’ONU en Allemagne, et non dans les Iles Fidji qui en assurent officiellement et (symboliquement !) la présidence.

Selon l’explication officielle, ce pays n’a ni les moyens ni les capacités d’accueil suffisantes (alors qu’il reçoit 600 000 touristes par an !).

Les 20 000 participantEs seront donc bien loin des drames humains, sociaux, écologiques causés par changement climatique dans la région. À Fidji, la montée des eaux d’au moins 6 mm par an menace les villages côtiers, dont certains ont dû être reculés déjà plusieurs fois, des tempêtes et des marées exceptionnelles provoquent le passage ou la stagnation d’eau salée qui rend impossible l’agriculture de subsistance de milliers de familles.

L’autre péril est la force croissante des ouragans alimentés par une eau de plus en plus chaude 

Le 20 février 2016, Winston, de force 5, a détruit des milliers de maisons et causé la mort de 45 personnes, provoqué le déplacement de 55 000 habitantEs dont certainEs vivent encore sous des tentes. Mais dans le Pacifique, ce sont les atolls, constitués de bancs de sable, qui sont les plus menacés.

Selon Hélène Jacot Des Combes, professeur à l’Université du Pacifique Sud : « Tuvalu, Kiribati ou les Marshall sont des États qui culminent de trois à cinq mètres au-dessus de la mer. Leur disparition physique du fait de la montée des eaux n’interviendra pas avant la fin du siècle… Mais, avant, ces îles vont devenir inhabitables du fait de la rareté de l’eau douce, causée par l’érosion. La nappe phréatique est gagnée par la mer. »

Encore et toujours plus chaud

A l’ouverture de la conférence, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a publié ses données provisoires (janvier à septembre) pour l’année 2017. Cette période a été marquée par des événements extrêmes : ouragans d’une grande intensité dans les Caraïbes et dans l’Atlantique, pics de chaleur à plus de 50°C en Asie, sécheresse durable en Afrique de l’Est…

La température moyenne a été d’environ 1,1°C de plus qu’à l’ère préindustrielle.

Selon le secrétaire général de l’OMM, « les trois dernières années sont les plus chaudes qui aient jamais été enregistrées ». En 2016, la concentration en CO2 de l’atmosphère atteint des records, soit 403,3 parties par million (contre 400 en 2015). Toujours selon l’OMM : « La der- nière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a trois à cinq millions d’années: la température était de 2 à 3°C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel. »

Le niveau des océans continue de monter en moyenne d’environ 3,3 mm par an. Une hausse qui s’accélère (entre 2004 et 2015, le niveau des mers a crû de 25 à 30 % plus vite qu’entre 1993 et 2004), alimentée par la fonte des glaciers, comme au Groenland et en Antarctique, et par la dilatation thermique des océans. Le niveau marin a déjà monté de 20 cm depuis la période préindustrielle.

 Encore et toujours plus de déracinéEs climatiques

L’ONG Oxfam estime que 23,5 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur terre et leur foyer en 2016 à la suite de catastrophes naturelles extrêmes. Sur la période 2008-2016, ce sont en moyenne 21,8 millions de personnes qui ont dû, chaque année, quitter leur cadre de vie. L’ONG internationale estime que « la montée des eaux, l’évolution des précipitations et d’autres changements réduisent les moyens de subsistance et augmentent le risque de voir, à l’avenir, beaucoup plus de gens se déplacer ».

Entre ouragans, inondations, sécheresses et incendies, l’année 2017 s’illustre par une succes- sion alarmante de catastrophes naturelles. À titre d’exemple : en août, de violentes inondations de mousson ont touché plus de 43 millions de personnes au Bangladesh, au Népal et en Inde. Et selon la synthèse du Lancet Countdown on health and climate change (Compte à rebours sur la santé et le changement climatique), ce sont plus de 1 milliard de personnes qui pour- raient migrer, d’ici à la fin du siècle, en raison du réchauffement climatique. Pourtant, ni la protection, ni l’accueil, ni le statut des millions de déplacéEs et réfugiéEs climatiques ne sont au programme de la COP23.

 Les COP se suivent…

Il y a eu la COP21 à Paris fin 2015 et le triomphalisme du gouvernement français qui assurait avoir sauvé le climat. Il y a eu la défense de l’accord de Paris comme prétendu rempart face à l’élection de Trump et son climato-négationnisme décomplexé… Il y a eu la COP22 à Marra- kech et son « capitalisme vert » appliqué tout particulièrement à l’Afrique…

Personne ne peut dissimuler qu’entre l’objectif affiché en 2015 de limiter le réchauffement mondial « nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels (…) en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C » et les engagements annoncés par les différents pays, il y a un gouffre.

Le responsable de l’ONU environnement, Erik Solheim déclare que« les engage- ments actuels couvrent à peine un tiers des réductions d’émissions nécessaires ».

Le cumul de ces engagements, s’ils étaient tenus, conduirait à une hausse de plus de 3°C. Les tenants de l’accord de Paris doivent donc impérativement donner l’impression d’agir. La COP23 se présente comme une étape technique sur la route de la COP24 (à Cracovie en 2018) présentée comme clé pour la mise en œuvre de l’accord de Paris, avec l’exigence de « rehaus- ser l’ambition ». En 2017, il s’agit de préciser les règles d’application de l’accord de Paris (évaluation, transparence…) et d’affiner les conditions du « dialogue de facilitation », autant de jargon pour dire que pour amener les gouvernements à revoir à la hausse leurs engagements, ce n’est pas gagné !

 « Fossile du jour » pour la France

Macron a succédé à Hollande, mais le climat est toujours le terrain d’un affichage aussi média- tique que trompeur pour les gouvernants français. Macron se rend donc à Bonn le 15. Mais sa venue a été précédée le 8 novembre par la remise de l’ironique mais mérité prix « du fossile du jour » attribué chaque jour de la COP par le Climate Action Network à un pays membre qui se distingue par son incapacité à tenir ses engagements.

Ce prix vient récompenser les renoncements successifs du gouvernement d’Emma- nuel Macron.

Il pointe l’arnaque de Hulot qui prétend justifier son recul sur la fermeture de réacteurs nuclé- aires par la défense du climat et sa volonté de ne pas ouvrir la porte à un retour du charbon. Comme le dit fort justement Nicolas Haeringer : « Affirmer que l’on va sortir des fossiles, mais pas du nucléaire ou, à l’inverse, que l’on va sortir du nucléaire mais pas des fossiles, n’est qu’une manière sophistiquée de préparer un renoncement général à la transition énergétique vers un mix énergétique 100% renouvelables ».

Voilà qui remet à leur place les fanfaronnades de Hulot, qui déclarait sans sourciller le jour de l’ouverture de la COP 

« On entre dans une phase décisive. Soit on est déterminés, ambitieux et on peut encore reprendre la main ; soit on continue à faire des compromis vers le bas et on va perdre la main. » 

Les paroles et les actes

D’autant que dans le même temps, comble de cynisme, le gouvernement a tenté de supprimer dans la prochaine loi de finances une enveloppe de 22 millions d’euros destinée à financer des projets luttant contre les effets du changement climatique dans les îles du Pacifique (panneaux solaires pour les îles isolées du Pacifique Sud, abris anti-inondation dans des atolls menacés par la montée des eaux…) Il aura fallu un vote des députés pour rétablir cet « équivalent Fonds vert » malgré un avis défavorable du gouvernement comme de la cheffe de file de La République en marche à l’Assemblée !

Un « Sommet climat » en décembre à Paris.

Macron se pose en défenseur du climat et organise le 12 décembre un « sommet climat », qu’il veut « sommet de l’action » pour montrer que la dynamique se poursuit malgré le retrait des États-Unis autour des questions de finance et climat. La dette climatique, celle des pays les plus anciennement industrialisés, donc les plus responsables du changement climatique, à l’égard des pays du Sud, les plus touchés par ce changement, reste entière.

En 2009, lors de la COP de Copenhague, les pays « développés » ont promis 100 milliards de dollars par an pour aider les pays du Sud à faire face à l’impact du changement climatique (adaptation) et à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre tout en poursuivant leur dé- veloppement (atténuation). En 2016, Oxfam évalue entre 10 et 19 milliards d’euros le mon- tant des sommes effectivement mobilisées. Dérisoire ! Selon l’ONU, il faudrait entre 130 et 260 milliards d’euros par an pour permettre aux pays en développement de s’adapter à un réchauffement limité à 2°C alors qu’on s’oriente plutôt vers 3°C.

À Bonn il ne sera pas question de cet engagement non tenu. Ce ne sera pas non plus le sujet à Paris. Audrey Rojkoff, de l’Agence française de développement annonce la couleur : « Au-delà de la question des 100 milliards, tout l’enjeu est d’inscrire ces financements dans une trajectoire de long terme, bas carbone et résiliente. Soutenir des projets locaux est néces- saire, mais la bataille climatique ne sera remportée que si l’on parvient à mettre en place des instruments financiers publics capables d’avoir un effet de levier sur les fonds privés pour vraiment « verdir » le monde. »

Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites. Exit la dette écologique et climati- que, et vive la finance et le marché !

Il s’agit moins de verdir le monde que de tenter de verdir le capitalisme ou plutôt d’instrumen-taliser la question du climat pour continuer de fourguer le nucléaire et les autres technologies d’apprentis sorciers du climat pour le plus grand profit des capitalistes.

En marge du sommet Macron du 12 décembre se préparent des mobilisations sur le slogan « Pas un euro de plus pour les énergies du passé ».

Le NPA apporte son soutien à ces initiatives et, au-delà, veut poursuivre le travail entamé à l’occasion de la COP21 pour construire un large mouvement pour la justice climatique, pour « Changer le système, pas le climat ».

Christine Poupin Mercredi 15 novembre 2017

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15 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

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Face à un gouvernement de combat, en finir avec la mascarade du «dialogue social»

Les bonnes surprises sont toujours possibles, mais les perspectives actuelles de mobilisation sont très en deçà de ce qui serait nécessaire pour faire reculer le gouvernement, alors que les raisons de faire grève ne manquent pas…

Les organisations syndicales viennent coup sur coup d’annoncer des éléments de rupture avec le gouvernement.

CGT et CFDT vont attaquer devant le Conseil d’État certaines ordonnances, FO hésite. Elles s’opposent en particulier à la possibilité pour les patrons de négocier directement avec les salariéEs dans les entreprises de moins de 20 salariéEs, sans passer par les syndicats. CGT et FO devraient attaquer sur les référendums, les suppressions des CHSCT et la limitation des indemnités prud’homales. Il faut dire que cela atteint directement les syndicats, qui perdraient en implantation et en influence dans la défense des intérêts immédiats des salariéEs.

La CGT et FO ont quitté les groupes de travail sur les missions de service public et publié un communiqué avec Solidaires dénonçant ces négociations : « le comité est invité à proposer des transferts au secteur privé, voire des abandons de missions » ; ils dénoncent « une politique inacceptable de privatisation des services publics » et estiment que « le cadre et l’objectif étant ainsi arrêtés, aucune marge de discussion n’est possible ». Ainsi, après avoir discuté tout l’été, les syndicats s’aperçoivent, quand vient l’hiver, que Macron veut casser les services publics et ­supprimer 120 000 postes…

Une stratégie syndicale perdante

Formellement, la réaction de ces directions syndicales est nette : elles quittent les négocia- tions, elles ont appelé à la grève le 16, affirmant que le front syndical s’élargissait avec cette journée appelée par la CGT, FO, Solidaires, la FSU et les organisations de jeunesse. Mais, en pratique, on sait bien que cette journée n’a pas été préparée avec suffisamment d’énergie.

La valse des négociations et des manifestations est supposée rendre compréhen- sible la stratégie syndicale : les syndicats prétendent prouver qu’ils sont prêts à discuter mais que c’est le gouvernement qui n’écoute pas. Le problème est que cette tactique est contre-productive : les salariéEs qui veulent en découdre voient bien qu’il n’y a pas de plan d’action, et celles et ceux qui ne sont pas convaincus de lutter ne bougent pas davantage.

Et l’effet boule de neige est terrible : des sections syndicales n’appellent plus à la grève sous prétexte que ce n’est qu’une journée sans lendemain de plus, avec le risque de réduire fortement la mobilisation. Alors qu’il faudrait également articuler le refus des ordonnances avec le rejet des nouvelles attaques contre les salariéEs, pour construire une opposition unifiée contre la politique du gouvernement, les réponses se font au coup par coup.

Opposer, additionner ou combiner pour entraîner

Les difficultés sont importantes, il ne faut pas le nier. Beaucoup de travailleurEs pensent qu’il n’est pas possible d’arrêter le gouvernement. Beaucoup de jeunes pensent également que se mobiliser contre la sélection n’a que peu d’intérêt alors que celle-ci existe déjà en bonne partie, ne percevant pas que la réforme représente un recul historique.

Pour entraîner, il faut que les secteurs les plus combatifs continuent à agir, sans se couper ce ceux qui n’agissent pas.

La tentation est grande de réaliser chacun sa propre mobilisation : les syndicats en grève le 16, le Front social le 18, des secteurs radicaux dans la jeunesse le 22, tandis que Mélenchon ne propose rien quant à la mise en place de sa manifestation à « un million » à Paris.

Il n’y aura pas de stratégie gagnante sans articuler les différents niveaux de cons- cience : tant qu’il n’y aura pas d’appel unitaire et déterminé à une grève durable combinant les revendications sectorielles et le projet d’arrêter Macron, tant que ne se constituera pas une opposition associant organisations syndicales, partis et mouvements sociaux, il ne sera pas possible de gagner.

Il n’y a pas d’autre choix que de militer pour réussir les journées de grève, indispen- sables pour que les travailleurEs prennent conscience de leur force collective et prennent le temps de discuter de leurs propres luttes, tout en rassemblant les secteurs qui veulent aller plus loin, que ce soit le 18 à l’appel du Front Social ou dans la construction d’oppositions qui défendent une stratégie combative dans les syndicats.

Et l’on peut oser parier sur le fait que l’accumulation des attaques va provoquer une exaspération qui pourrait produire, à moyen terme, une révolte politique et sociale contre ce gouvernement, à laquelle il faut se préparer dès aujourd’hui. À défaut de fêter le centenaire de 1917 par une révolution, on pourrait ainsi au moins fêter les 50 ans de mai 1968 par un mouvement d’ensemble contre ce gouvernement et sa contre-­révolution libérale.

Mercredi 15 novembre 2017 Antoine Larrache

https://npa2009.org/

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Contre Macron et sa politique antisociale ! En finir avec le pouvoir des patrons ! Tous en grève le 16, et le 18 on marche vers l’Élysée !

Depuis son arrivée au pouvoir, Macron a engagé une bataille sans merci contre le monde du travail et la jeunesse. La loi travail XXL vise à détruire définitivement le Code du Travail et les protections qu’ont obtenues les travailleurs par leurs luttes successives.  Dans la Fonction Publique, le gouvernement impose le rétablissement de la journée de carence et le gel des salaires. Dans la jeunesse, le nouveau projet de loi Vidal vise à instaurer la sélection à l’entrée de l’université… Rendant quasiment impossible l’accès à l’université aux enfants d’ouvriers.

Face à ces attaques, les salariés ne sont pas restés sans réagir et cela malgré la stratégie perdante menée par les directions syndicales sans plan de mobilisation, accumulant les journées saute mouton sans lendemain. Pourtant la grève de la Fonction Publique le 10 octobre était un véritable point d’appui pour aller plus loin. Le 23 septembre, des milliers de gens sont descendus dans la rue, à l’appel de la France Insoumise… sans suite également.

Le 18 novembre, le Front Social lance un appel à marcher sur l’Élysée, dans l’unité. Le

NPA est convaincu que seul un mouvement d’ensemble, appuyé sur une grève générale des salariés, pourra faire reculer le gouvernement. C’est pourquoi il s’associe pleinement à cette initiative qui, 2 jours après le 16 novembre, et 4 jours avant l’appel des jeunes à manifester contre la loi de sélection à l’université, sera une nouvelle occasion de lutter contre le gouver- nement et sa politique au service des capitalistes.

Montreuil, le 14 novembre 2017

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14 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

18 novembre:

fleau

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13 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot (bfm)

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