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12 mars 2016 ~ 0 Commentaire

la loi travail décortiquée 1 (npa)

Super-Hollandef
La 1ère régression majeure: le retour au droit d’avant 1910

  • Avant 1910 : le contrat de travail était un contrat de droit commercial Un contrat de gré à gré, négocié individuellement par un salarié face à un employeur : le pot de fer contre le pot de terre.
  • 1906 : la catastrophe de Courrières 1 099 mineurs sont tués, victimes d’un « coup de grisou ». La révélation des circonstances du drame soulève une énorme indignation, suscite une grève générale des mineurs du Pas-de-Calais et oblige les gouvernements en place à mettre en place un ministère du Travail puis à instaurer un Code du travail.

Les mesures de sécurité étaient rudimentaires : les intérêts des actionnaires des Houillères avaient primé sur la protection des mineurs. Les mesures de sauvetage ont privilégié le sauvetage du matériel aux dépens du sauvetage des êtres humain. Les recherches de mineurs ensevelis ont été abandonnées pour que le travail puisse reprendre rapidement, dans l’intérêt des actionnaires.

  • 1906 : Mise en place pour la 1ère fois (sous le gouvernement de Georges Clémenceau) d’un ministère du travail. Le gouvernement oscille entre répression et tentative de « pacification » des relations sociales
  • 1910 : Naissance du code du travail Ce droit dissocie les droits des salariés des intérêts de l’entreprise. Le droit du travail n’a qu’une seule fonction : protéger les salariés.
    . Ce droit reconnaît l’existence d’un lien de subordination  entre le salarié et son employeur. La contrepartie de ce lien de subordination est la création d’un droit protecteur, le droit du travail.
    . Désormais, le contrat de travail permet à tout salarié de bénéficier de droits collectifs qu’il n’aurait jamais pu acquérir seul, dans le cadre d’un contrat commercial.
  • 2016 : Le Projet de Loi El Khomri (PDL) remet en cause les bases mêmes  du droit du travail

. Le PDL met fin à l’autonomie des droits des salariés face aux intérêts des employeurs
. L’intitulé du PDL exprime très explicitement la fin de cette autonomie : « nouvelles libertés et nouvelles protection pour les entreprises et les actifs ». Le mot « salariés » n’est même plus employé et l’ordre des mots est important, la protection des entreprises passe avant celles des humains (les « actifs »).
. L’article 1 (Page 1) du PDL affirme que les droits fondamentaux des personnes sont limités « par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise »
. Le PDL remet en cause le lien de subordination qui justifie l’existence d’un Code du travail protecteur des droits des salariés
Le Medef qui nie l’existence du lien de subordination et considère qu’il s’agit d’une « soumission librement consentie », ne justifiant aucune contrepartie en terme de code du travail, voit ses exigences reprises par le PDL.
Le PDL reprend, ainsi,  à plusieurs reprises (convention individuelle de forfait, travail de nuit…) la notion de volontariat d’un salarié dans l’entreprise. Il faut vraiment n’avoir jamais travaillé dans une entreprise privée pour ne pas savoir que cette notion de volontariat n’a, en un tel lieu, strictement aucun sens.
Manuel Valls parle d’un droit du travail du 21ème siècle, alors le PDL organise un retour au droit du 19ème siècle.
C’est la 1ère raison pour laquelle le PDL ne peut pas être amendé. Il doit être retiré.
La 2ème régression majeure : la fin de la hiérarchie des normes
La fin du « principe de faveur »
Progressivement, au cours de plusieurs décennies, le droit du travail à mis en place un principe de faveur signifiant :
. Qu’un accord de branches ne peut différer de la loi que s’il est plus favorable aux salariés concernés
. Qu’un accord d’entreprise ne peut différer d’un accord de branche que s’il est plus favorable aux salariés concernés
. Qu’un contrat individuel de travail ne peut différer d’un accord d’entreprise que s’il est plus favorable au salarié concerné.
. Avec le PDL, l’accord d’entreprise devient le centre du droit du travail
Ce n’est pas un hasard. L’entreprise est le lieu où le rapport de forces est le moins favorable aux salariés, d’autant plus que la taille de l’entreprise ou de l’établissement (une subdivision de l’entreprise) est moins importante.

C’est là où se créent, à la demande de l’employeur, des « syndicats maison ». Ces « syndicats maisons » appartiennent le plus souvent à des centrales syndicales « représentatives » mais peu regardantes sur les moyens. Leur but principal est, en effet, d’obtenir assez de voix aux élections professionnelles pour pouvoir toujours être considérées comme « représentatives ». C’est là où le chantage à l’emploi est le plus efficace et, où, un révolver sur la tempe (la menace de licenciements immédiats ou futurs), les syndicats ont le plus de difficultés à refuser la signature d’un accord.
Le PDL instaure une « nouvelle architecture des règles » du droit du travail
Cette « nouvelle architecture » structure tout le PDL :
. L’ordre public (imposable à toutes les entreprises) est réduit à des généralités.
. La négociation collective, dont le champ est très vaste, soumet l’accord de branche à l’accord d’entreprise selon la formule reprise presqu’à chaque page : « Un accord d’entreprise, ou, à défaut, un accord de branche… »
. Le contrat de travail n’apporte plus aucune garantie. Un salarié ne pourra plus refuser la modification de son contrat de travail (durée et organisation du temps de travail, montant du salaire) si un accord d’entreprise augmente la durée du temps de travail et diminue son salaire horaire. S’il refuse, il pourra être licencié pour faute !
C’est la 2ème raison pour laquelle le PDL ne peut être amendé et doit faire l’objet d’un retrait.

D’autant que l’article 2 du PDL (Page 7) prévoit que l’ensemble du code du travail sera, si le projet de loi devient une loi, modifié en donnant « une place centrale à la négociation collective » c’est-à-dire à l’accord de branche. Il restera donc, en volume, environ 75 à 80 % du code du travail à réécrire pour la soumettre à cette nouvelle architecture.
La 3ème régression majeure : les multiples reculs apportés au code du travail par le PDL
Voilà plusieurs exemples significatifs, mais loin d’être exhaustifs car presque chaque article du PDL entraîne une régression, plus ou moins importante.

  • La durée du travail hebdomadaire

–  La durée légale est toujours de 35 heures Mais cette durée légale n’a toujours été que le seuil de déclenchement des heures supplémentaires rétribuées à 25 % de plus pour les 8 premières et à 50 % de plus pour celles qui suivent.
– Le PDL remet gravement en cause l’utilité de ce seuil. D’abord, l’article 3 (page 13) permet, par accord d’entreprise, de ramener le coût des heures supplémentaires à seulement 10 % de plus que celui des heures normales. Ensuite, l’article 3 (page 15) permet, par accord d’entreprise, de porter la durée de « modulation » de ces heures à 3 ans, au lieu d’un an aujourd’hui.

Cela signifie que les heures supplémentaires, avec un tel accord, ne seront déclenchées qu’à partir de la 3 821ème heure et ne seront payées qu’au bout de 3 ans. Il était déjà difficile de comptabiliser ces heures sur une année, prétendre le faire sur une période de 3 ans relève de l’impossible. Enfin, l’article 3 (page 12), permet, par accord d’entreprise, de faire travailler les salariés 46 heures par semaine pendant 16 semaines consécutives, au lieu de 14 semaines, aujourd’hui. Les heures supplémentaires devien- nent moins cher que l’embauche et le chômage ne pourra qu’augmenter: sur-travail pour les uns ; sous-travail et non-travail pour les autres.

  • Les autres durées du travail

– La durée quotidienne maximale
La durée légale maximale est de 10 heures mais un accord d’entreprise peut, grâce à l’article 3(page 12) la porter à 12 heures.
– Le travail de nuit
. Pour tous les salariés, le travail de nuit (mieux rétribué) finissait à 6 heures du matin, l’article 3 (page 22) décide qu’il finira à 5 heures.
. Le travail de nuit du personnel naviguant commençait à 22 heures, l’article 8 (page 79) décide qu’il commencera à 23 heures.
– La durée de travail des apprentis de moins de 18 ans : article 6(page 78)
. La durée maximale était de 8 heures par jour, le PDL la porte à 10 heures.
. La durée maximale était de 35 heures par semaine, le PDL la porte à 40 heures.

  • Faciliter les licenciements

Les deux articles qui suivent (30 et 30 bis) trouvent leur place dans un Titre intitulé « Favoriser l’emploi » et dans un chapitre dont le titre est « Faciliter la vie des TPE et des PME » ! Le plafonnement des indemnités de licenciements abusifs.L’article 30 (page 105) du PDL plafonne les indemnités de licenciement ABUSIFS, c’est-à-dire illégaux, « sans cause réelle ni sérieuse » :

  • 3 mois de salaire pour un salarié dont l’ancienneté dans l’entreprise est de moins de deux ans.
  • 6 mois de salaire si son ancienneté est de plus de deux et moins de 5 ans
  • 9 mois de salaire si son ancienneté est de plus de 5 ans et de moins de 10 ans
  • 12 mois de salaire si son ancienneté est de plus de 10 ans et de moins de 20 ans
  • 15 mois de salaire si son ancienneté est de plus de 20 ans

Le juge perd la faculté d’estimer le préjudice subi par le salarié. Les employeurs pourront programmer les licenciements qu’ils souhaitent réaliser en toute illégalité, sans que cela leur coûte trop cher. Pour- tant, la facilitation des licenciements n’a jamais facilité les embauches, elle ne fait que faciliter les licenciements.
Un salarié demande à son employeur « Mais pourquoi me licenciez-vous ? » ; l’employeur lui répond « Pour créer de l’emploi ! » : cela résume assez bien la philosophie du PDL.

Lire aussi:

Luttes de la jeunesse scolarisée : Il y a 10 ans, le retrait du Contrat première embauche (CPE)

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05 mars 2016 ~ 0 Commentaire

la pétition contre la loi el khomri (jdd)

million

Le PS, grand parti des travailleur(se)s, mobilisera-t-il 2 millions de personnes?

Dépasse le million de signatures

Deux semaines après son lancement, la pétition en ligne contre le projet de loi El Khomri sur la réforme du droit du travail a dépassé le cap d’un million de signatures. Une mobilisation contre ce texte qui s’amplifie, alors qu’une semaine compliquée s’annonce pour le gouvernement. 

C’est un record en France : jamais une pétition en ligne n’avait suscité une telle mobilisation. Celle contre le projet de loi El Khomri a dépassé le cap d’un million de signatures, vendredi soir, deux semaines après son lancement. Samedi matin, elle affichait 1.021.528 soutiens sur le site Change.org, devançant ainsi la pétition contre la directive européenne sur le secret des affaires (plus de 512.000 signatures) et celle demandant la grâce présidentielle pour Jacque- line Sauvage, condamnée pour le meurtre de son mari violent (près de 436.000 signatures).

Intitulée « loi Travail : non merci! » et lancée par des militants associatifs et syndicalistes, notamment la féministe Caroline de Haas, cette pétition demande à la ministre du Travail Myriam El Khomri de renoncer à ce projet de loi réformant le droit du travail. Des interrogations face au succès rapide de la pétition se sont faites entendre ces derniers jours. Le directeur de Change.org en France, Benjamin des Gachons, a assuré que « la question de la vérification des signatures est au coeur de [leur] modèle ».  »Nous garantissons que les fausses signatures sont nettoyées dans les 24/48 heures suivant leur apparition », a-t-il dit. (…)

Arnaud Focraud (avec AFP) – leJDD.fr

http://www.lejdd.fr/La-petition-contre-la-loi-El-Khomri-depasse-le-million-de-signatures

Signez ici:

 

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05 mars 2016 ~ 0 Commentaire

rennes2 (1)

rennes

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29 février 2016 ~ 0 Commentaire

irlande (irish times)

elec tions

Résultats presque définitifs, « grâce » au système compliqué des « votes préfenciels » reportés sur un 2è choix en cas d’élection du candidat préféré. (Majorité 79 sièges)

Les anciens chiffres était respectivement:

FF 33, FG 67,  LAB 21, SF 14, AAA-PBP 4, Verts 1

On voit l’écroulement de la coalition libérale FG – Labour

Sinn Fein (proche de notre FDG) progresse mais moins que prévu.

Nos camarades AAA-PBP avec presque 4% obtiennent 5 sièges

Et les Verts doublent : 2 sièges

Commentaire: Le parti le plus à droite FG, reste le plus fort et ses alliés du Labour s’écrou- lent. Le Parti Fianna Fail, parti pivot en l’Irlande, comme le RPR ici autrefois, restaure ses positions, mais uniquement parce qu’il s’est adressé à la classe ouvrière dont il est le parti traditionnel. Les deux ont la majorité mais pour des questions des classes qui les soutiennent n’ont jamais pu s’entendre. Le labour s’adresse finalement aux « gens éduqués ». La solution serait Fianna Fail avec Sinn Fein, tous deux « républicains ». Sinn Fein y perdrait son profil « anti-austérité ».

Ce que craint le plus la bourgeoisie, c’est une coalition des 2 partis de droite conduisant une politique impopulaire, un tel mécontentement qui ouvrirait à Sinn Fein le « leadership » de l’opposition, en alliance avec l’extrême gauche et les indépendants.

Voir nos précédents articles:

irlande élections

irlande élections générales

http://www.irishtimes.com/election-2016-seismic-shift-sends-irish-politics-into-new-phase

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28 février 2016 ~ 0 Commentaire

joxe (jdd)

joxe

« Ce gouvernement veut réécrire à l’envers les conquêtes sociales de la gauche »

Figure historique du mitterrandisme, l’ancien ministre socialiste Pierre Joxe rejoint la fronde contre la politique gouvernementale. L’ancien ministre socialiste Pierre Joxe reste la vigie tutélaire d’une gauche encore bien vivante. Elle est contre la loi Macron, contre la déchéance de nationalité, contre la réécriture actuelle du Code du travail. Il pourrait aussi dire : trop, c’est trop, c’est même beaucoup trop. (…)

Sur la loi El Khomri, un « avant projet provocateur »

L’avocat s’intéresse aussi au droit du travail et fustige la loi El Khomri.  »Cet ‘avant-projet’ pro- vocateur n’a sans doute pas beaucoup d’avenir devant lui, mais il est significatif d’une volonté politique qui s’est déjà manifestée dans le domaine social avec la loi Macron. Durée du travail, rôle des syndicats, représentation du personnel, on dirait que ce gouvernement veut réécrire à l’envers les conquêtes sociales historiques de la gauche. Contrairement à ce que raconte Valls, la gauche ne peut pas mourir, mais elle peut tomber très malade… »

Marie-Laure Delorme – leJDD.fr

http://www.lejdd.fr/Joxe-Ce-gouvernement-veut-reecrire-a-l-envers-les-conquetes-sociales

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28 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Manifestation des chômeurs et précaires le 7 décembre

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Samedi 07 décembre 2013, pour la 11ème année consécutive, les organisations de chômeurs, AC, APEIS, CGT Chômeurs et MNCP, appellent à une manifestation contre le chômage et la précarité.

Le chômage ne se réduit pas à un chiffre ni la précarité à une courbe ni encore à des pourcentages et des statistiques : c’est la situation que vivent au quotidien de plus en plus de femmes et d’hommes, de familles. Isolement, frustration, colère face à la forte dégradation de nos conditions de vie : nous sommes de plus en plus nombreux/ses à  être exclu-e-s des droits élémentaires : emploi, revenu, logement, accès aux soins, éducation, culture …

Absence de réforme fiscale, pacte de « compétitivité », ANI (Accord National Interprofessionnel), réforme des retraites, dysfonctionnements de Pôle Emploi, revalorisation dérisoire du RSA, prochain gel des APL…autant de mesures qui ne font qu’aggraver notre situation de chômeurs et précaires !

Nous exigeons des décisions concrètes en réponse à nos revendications légitimes. Les profits et les dividendes explosent alors même que la précarité se généralise pour des millions d’entre nous. Nous affirmons qu’une véritable politique de l’emploi et du revenu est possible grâce à une autre répartition des richesses !

Cette nouvelle politique passe  par quelques changements radicaux :

Un emploi stable pour tous, librement choisi et permettant de vivre dignement

Un système d’indemnisation du chômage juste et équitable qui ne condamne pas à la pauvreté

L’augmentation de toutes les allocations versées aux personnes sans emploi

Une répartition du travail et des richesses, notamment par une nouvelle réduction drastique du temps de travail

Davantage de moyens pour de vraies formations librement choisies.

Une retraite décente pour tous à 60 ans y compris pour les chômeurs non indemnisés et les allocataires du RSA

Une réforme de Pôle emploi : plus de moyens pour accompagner les chômeurs vers l’emploi, une séparation claire des deux fonctions principales : « indemnisation » et « accompagnement vers l’emploi » et le retour de la mission de contrôle des chômeurs aux directions du travail.

Larrêt immédiat des radiations-sanctions !

Rendez-vous à 14h place de Stalingrad à Paris.
Le cortège se rendra jusqu’à la place Clichy.
aura lieu au niveau du métro Barbès vers 16h.

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19 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

 Payez 0 euro d’impôt ? (2)

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*

LecteurEs de l’Anticapitaliste, vous n’êtes sans doute pas concernés…

Car si vous payez 0 euros d’impôt, c’est que vos revenus sont au plus bas. Et si vous en payez, vous pouvez faire baisser la somme en participant à la campagne financière du NPA, mais pas en investissant dans l’immobilier ! Mais malheureusement, vous êtes concernés, et pas seulement parce que cet impôt non perçu, ce sont des équipements publics en moins.

*
Cela fait des années que des dispositifs de défiscalisation font construire là où c’est moins cher, plus rentable donc, mais où la demande de logements est la moins forte, voir ci-dessous. Au risque d’ailleurs pour le petit investisseur d’y perdre ses économies, puisque l’avantage fiscal est lié à la location du bien. Mais les promoteurs eux s’y retrouveront toujours.

*
Les chiffres de la construction augmentent, mais le nombre de demandes insatisfaites aussi. Le dispositif Duflot n’a pas encore beaucoup de succès parce qu’il pose plus de conditions que les précédents systèmes. Ce que regrette par exemple le président de Bouygues Immobilier qui considère que « c’est pourtant le moteur de la production de logements en France ». C’est bien là le problème : continuer à soumettre la construction à la loi du marché. I.G.

http://npa2009.org/node/39611

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19 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Construire maintenant l’affrontement contre le gouvernement et le patronat

Loi Florange, loi baudruche dans Hollandie 4125pooi

Mardi 10 septembre, plus de 300 000 salariéEs, retraitéEs, jeunes et privéEs d’emploi sont descendus dans la rue. Certains ont fait grève la journée, d’autres ont débrayé quelques heures pour manifester.
Beaucoup d’autres s’étaient simplement débrouillés pour être du nombre et montrer leur refus de cette nouvelle « réforme » des retraites… menée par un gouvernement soi-disant de gauche, et tellement dans la continuité de celles menées par les gouvernements de droite depuis 1993.

Dimanche dernier sur TF1, Hollande affichant son contentement… et sa politique au service du Medef et des riches, n’a pas eu un mot pour les travailleurs et les classes populaires, si ce n’est son bluff sur la croissance et la courbe du chômage. Une nouvelle fois, il donne raison à toutes celles et ceux qui n’attendent rien de lui. Le 10 septembre, qui a vu les plus grosses manifestations ouvrières depuis son élection, pourrait être une étape vers de nouvelles batailles pour stopper le rouleau compresseur des politiques d’austérité.

Hollande, « président des patrons » !
Le festival pro-patronal du tandem Hollande-Ayrault bat effectivement son plein. La réforme des retraites sera indolore pour les patrons puisque la hausse de leurs cotisations retraites sera compensée par une baisse à venir des cotisations famille. À l’inverse, les salariés débour- seront 2, 2 milliards d’euros par an en 2020, et les retraités, 2, 7 milliards.
Le projet de budget pour 2014, présenté mercredi 11 septembre, est une nouvelle preuve d’amour du gouvernement vis-à-vis des capitalistes. Sur les 15 milliards d’économies annoncés, 6 milliards le seront sur le dos des dépenses de l’assurance maladie et des régimes de retraite. Quant aux 9 autres milliards, ils seront pris sur les dépenses de l’État. Les suppressions de postes dans les services publics et les baisses des dotations des collectivités locales seront autant d’attaques supplémentaires contre les conditions de vie des classes populaires.
Quant aux hausses d’impôts, le gouvernement se livre à une grande opération d’enfumage pour masquer l’essentiel : les entreprises seront épargnées. La fin du gel du barème de l’impôt sur le revenu profitera d’abord aux hauts revenus et ne compensera pas la hausse de la TVA déjà programmée pour payer les 20 milliards de cadeau au patronat du crédit d’impôt compétitivité. Et d’autres prélè-vements pèseront sur les salariéEs. À défaut d’éradiquer les vraies niches fiscales, le gouvernement va, par exemple, supprimer les réductions d’impôt bénéficiant aux familles ayant des enfants dans le secondaire et le supérieur ! C’est la justice fiscale à la sauce hollandaise : moins 2 milliards pour les patrons, plus 5 milliards pour le reste de la population.
Ne pas laisser l’extrême droite récupérer la colère Hausses d’impôts, blocage des salaires, précarité, licenciements, chômage de masse, casse du code du travail, expulsions de logement… La liste des attaques contre le monde du travail ne cesse de s’allonger. Si nous ne faisons rien, non seulement nos conditions de vie et de travail vont continuer de se dégrader mais c’est l’extrême droite qui va en profiter pour mieux nous mettre au pas.
À l’occasion de l’université d’été du Front national à Marseille, Marine Le Pen a occupé l’espace médiatique tout le week- end. Un sondage l’a présentée comme la meilleure opposante à François Hollande, d’autres lui prédisent de gros succès lors des prochaines élections municipales de 2014. Du coup, du côté de l’UMP et du ramassis réactionnaire de la « Manif pour tous », on rivalise de déclarations d’amour vis-à-vis du FN. Toutes ces cliques de droite et d’extrême droite rêvent du pouvoir. Il y a danger !
Croire en nos propres forces Il est possible de prendre appui sur la journée du 10 septembre pour reprendre l’offensive sur le terrain des intérêts du monde du travail. La bataille qui commence pour imposer le retrait du projet de loi sur les retraites pose la question de l’af- frontement avec le gouvernement et avec le patronat. Sur la question des retraites peut se cristalliser, s’agglomérer le rejet de toute la politique antisociale subie par la population.
Dès maintenant, nous devons mettre en débat sur nos lieux de travail, dans nos organisations syndicales, dans les collectifs unitaires la perspective d’une grève prolongée, d’un mouvement d’ensemble, déterminé et capable de bloquer l’économie du pays pour faire reculer le gouvernement. Personne ne dit que ce sera facile. Mais ce qui est certain, c’est que c’est de la responsabilité de toutes celles et tous ceux qui sont résolument du côté des exploités de travailler à cela.

Marie-Hélène Duverger Mercredi 18 septembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 209 (19/09/2013)

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14 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Santé : un appel dans quel but ?

Santé : un appel dans quel but ? signature

Initié par le professeur Grimaldi, un appel « pour un débat public sur la santé » vient d’être lancé. Le NPA ne peut en être partie prenante. Pourquoi ? Outre de nombreux médecins, cet appel est signé par des personnalités de la gauche syndicale (FSU, Solidaires) et anti-libérale… mais aussi par un éventail très large de personnalités politiques, allant du député souverainiste Dupont-Aignan aux éluEs communistes, en passant par le député UMP Bernard Debré, les anciens ministres Hervé Gaymard (UMP) et Michel Rocard (PS), et le député vert Noël Mamère… On y trouve même le nom d’Édouard Couty : inspirateur du « pacte pour l’hôpital » de l’actuel gouvernement.
Cet appel a un mérite. Il rend plus visible dans le champ politique une question essentielle : la place prise dans les soins courants par les assurances complémentaires (assurances ou mutuelles), cela au détriment de la Sécurité sociale, et la transformation graduelle et dramatique que cela entraîne. Une part croissante de la population (salariéEs, chômeurEs, étudiantEs, retraitéEs…) ne peut plus accéder aux soins.
Faut-il pour autant signer ce texte, c’est-à-dire nous engager, avec ses signataires, sur les objectifs qu’il s’assigne ? Nous ne le pensons pas.
Cohérence ou confusion ? Il n’y a en effet aucune cohérence entre l’ampleur du mal dénoncé dans le texte et la proposition faite pour « arrêter cette dérive » : l’ouverture d’un « large débat citoyen, suivi d’un vote solennel de la représentation nationale ». La montagne accouche d’une souris ! Il n’est en effet pas question d’imposer un changement (même limité) de la politique santé, mais seulement un débat et un vote de « la représentation nationale ». L’issue de ce vote dans les conditions actuelles ne faisant, par ailleurs, aucun doute… Quant aux modalités du débat proposé, elles ne sont nullement précisées.
Le décalage entre l’enjeu politique, et l’objectif proposé, explique que, à peu de frais, un certain nombre des signataires puissent être aussi les initiateurs et les principaux responsables de la dérive dénoncée dans l’appel, tel Michel Rocard. Signer en leur compagnie cette demande de débat revient à demander d’éteindre l’incendie en compagnie des incendiaires, incendiaires qui n’ont pas renoncé à leurs projets. Cela ne peut que semer la confusion.
J.C. Delavigne Vendredi 13 septembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 208 (12/09/2013)

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14 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce : défaite du pouvoir et des nazis

Grèce : défaite du pouvoir et des nazis  dans Antifascisme traction_11_legere_1939

Le procès qui a eu lieu les 4 et 5 septembre à Athènes relève de l’odieux : « Est-il possible que des nazis, qui se félicitent d’Auschwitz, puissent déposer une plainte contre les antifascistes et que l’affaire puisse arriver jusqu’au tribunal ? » (parole d’un témoin de la défense)…
Qui sont les deux accusés ciblés par ce procès ? Il s’agit de Konstantinos Moutzouris et de Savvas Michail. Au premier, ancien président de l’université polytechnique d’Athènes et ancien candidat de droite à la députation, on reproche de ne pas avoir fait interdire les émissions d’Indymedia depuis la fac… Le second, dirigeant du petit groupe trotskyste EEK, philosophe antifasciste connu, est mis en accusation pour un tract qui se conclut par « le peuple n’oublie pas, les fascistes, il les pend », mot d’ordre de masse de toute la gauche dans la période qui avait suivi la dictature.
Utiles au pouvoir Plus que le procès, la vraie question est de comprendre pourquoi l’Europe libérale et son rouage grec accorde ses faveurs à un groupe ouvertement nazi, raciste, antisémite, qui non seulement serait certainement interdit depuis longtemps en France mais dont bien des membres devraient être en prison.

La réponse coule de source : si le ministre grec de « l’Ordre public » parle bien de Chryssi Avgi (Aube dorée) comme d’un groupuscule extrémiste aux idées totalitaires, il laisse dans le même temps ces petites frappes agir et tenter de tuer en toute impunité (sans parler des scènes où l’on voit flics et nazillons côte à côte contre les antifascistes)… Dans la Grèce du mémorandum, l’existence de cette bande paraétatique est considérée comme utile, voire indispensable, à une partie de la bourgeoisie européenne.
Ainsi, les provocations meurtrières des nazis contre les immigréEs aident le gouvernement à intensifier sa politique raciste, invoquant « l’exaspération de groupes de citoyens ». Conséquence : de véritables camps de concentration existent désormais en Grèce, enfermant dans des conditions terribles des centaines d’immigréEs.
Voilà donc ce qui explique que la justice grecque ait accepté les plaintes déposées en 2009 par des membres de ce groupe nazi, dont un député marchand d’armes et d’insignes nazis, et une inculpée de violences à coups de couteau (dont le procès a curieusement été repoussé huit fois) !
Ils reculent sous la mobilisation Les deux accusés ont finalement été innocentés à 100 %, le pouvoir risquant trop gros des conséquences d’une condamnation. Mais ce résultat doit surtout être apprécié dans le cadre d’une mobilisation antinazie qui s’intensifie. Ce procès a donné lieu à une campagne de solidarité en Grèce et à l’étranger. Le NPA a par exemple apporté son soutien aux deux accusés par un communiqué. De plus, la mobilisation au tribunal était imposante, et pas l’ombre d’un de ces nazillons n’y a été vue.
Il s’agit donc d’une grosse défaite des nazis, une défaite venant après une première humiliation fin juillet. Sous la pression de la mobilisation antifasciste, le gouvernement avait dû interdire au dernier moment leur rassemblement international à Kalamata (dans le sud du pays). Et le lendemain, plus de 3 000 antinazis de tout âge avaient encerclé le siège local de Aube dorée, d’où n’osaient plus sortir la dizaine de nazillons enfermés. Et ces derniers temps, des interventions de la population ont mis en fuite ces criminels, lors d’attaques contre des immigréEs ou contre des militantEs de gauche.
Les nazis sont une menace d’autant plus forte qu’ils sont un élément du pouvoir pour faire passer la politique de la troïka. Mais à partir du moment où une mobilisation unitaire et résolue s’engage, le rapport de forces sur le terrain peut être largement en faveur du mouvement social ! D’Athènes, A. Sartzekis Jeudi 12 septembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 208 (12/09/2013)

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