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08 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

petit fasciste (anti-k)

fascism-is-antifa

En chaque grand bourgeois qui flippe

Sommeille un petit fasciste assoiffé de répression

“On ne donne pas les moyens aux policiers de mettre fin à ces violences. C’est insupportable. Écoutez, franchement. Quand on voit des types qui tabassent à coups de pieds un malheureux policier qui est par terre, mais enfin ! Voilà, qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois voilà, ça suffit ! A un moment, ces nervis, ces salopards d’extrême droite ou d’extrême gauche ou des quartiers qui viennent taper du policier, ça suffit ! (…) on a, je crois, la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ses saloperies, faut dire les choses comme elles sont“

C’est le très respectable Luc Ferry, sur la très respectable Radio Classique, qui a lancé cet appel au meurtre, sans susciter de réactions effarouchées de notre très respectable “élite”. C’était hier, entre des concertos et des opéras, et depuis personne ne l’a appelé à s’excuser, ne lui a demandé s’il “cautionnait la violence”, et personne ne lui dira qu’il est “hors du champ républicain”.

Luc Ferry, pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas, est un bon bourgeois, agrégé de philosophie, ex-ministre, passionné de belles voitures. Avec ses cheveux de riches, il donne son opinion dans le Figaro, et montre ces derniers temps des grands signes de nervosité, comme tous ses semblables.

Le 26 décembre, il publiait une tribune virulente, sobrement intitulée “contre le Référendum d’Initiative Citoyenne, pour l’élitisme”. Très en colère, il y déclarait : “le dénigrement actuel des experts et la critique de l’élitisme sont la pire calamité du temps présent”. La pire calamité, vous entendez ? Pas le réchauffement climatique, pas la faim dans le monde, pas le Sida mais bien “le dénigrement des experts”.

Ce monsieur et les gens comme lui ont eu un empire sur nos vies, à peine contesté en trente ans. Ferry fait partie de ces idéologues qui ont contribué, dans les années 80, à dénigrer et ringardiser toute la pensée critique liée au mouvement ouvrier, et à nous faire croire que nous entrions dans un monde nouveau, radieux, où tout le monde avait sa chance et où les révolutions seraient inutiles puisque le monde entier basculait dans une sage et prospère “démocratie libérale”.

Forcément, les événements lui donnent complètement tort, comme à tous les “penseurs” et autres éditocrates de sa génération. Il y a certes de quoi être vexé. Mais ce n’est pas tout : il est inquiet. Son monde s’effondre. Les bagnoles de luxe brûlées début décembre dans les beaux quartiers de Paris, ça aurait pu être les siennes ! Pour la première fois sans doute de leur vie d’oligarque, les gens comme Luc Ferry ont peur pour leur train de vie, leurs biens, leurs actions et leur petit prestige.

Nos riches sont blessés par notre mouvement populaire de colère et de remise en cause de leurs privilèges. Traqués, ils deviennent très dangereux. Les précédents historiques peuvent nous les faire craindre et éclairer les propos que ce cher homme a tenu hier : en Europe, la dernière fois que l’oligarchie a eu très peur du peuple en colère, elle s’est tournée vers les partis fascistes pour lui sauver la mise, puis elle a massivement collaborée. “Plutôt Hitler que le Front Populaire”, et plutôt Bolsonaro que Haddad au Brésil récemment : 71% des citoyens aisés ont voté pour le premier,  59% des pauvres pour le second.

Luc Ferry, “philosophe”, n’est doux, modéré et républicain que par temps calme, quand les masses populaires se taisent et se crèvent au travail en espérant qu’il paiera un jour, et écoutent sagement les sermons des télévangélistes du libéralisme heureux.

Mais quand les journalistes sont chassés, les experts et les philosophes bourgeois haïs et que les foules continuent de s’agiter, Luc Ferry montre les dents. Ses beaux principes “humanistes” sont, comme ceux de tous les grands bourgeois, subordonnés à l’état de son portefeuille et de son pouvoir. Ces belles âmes ne reculeront devant aucun pacte avec le diable pour nous garder sous leurs bottes. Faisons-les vite trébucher, car le temps nous est compté.

Frustration (critique sociale pour le grand public)

8 janvier 2019

https://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Morale (Léon Trosky)

 

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06 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

inégalités (le monde)

climat

Climat : L’environnement

Est la nouvelle frontière des inégalités 

La révolte des « gilets jaunes » est la première crise sociale-écologique de la France contem-poraine. Elle pose la question majeure, trop longtemps éludée, du basculement dans la pauvreté des individus piégés par les énergies fos­siles. De nombreuses crises suivront, certaines fulgu-rantes, d’autres lancinantes. Pourquoi ? Parce que tous les défis écolo­giques sont des questions sociales. L’environnement est la nouvelle frontière des inégalités : soit celles-ci seront désamor-cées, soit elles exploseront au visage des responsables politiques comme autant de bombes sociales à retardement. Mais elles ne disparaîtront pas par enchantement.

Face à ces crises sociales-écologiques, sommes-nous prêts ?

Une crise sociale-écologique fulgurante ? L’injustice de destin face aux canicules qui frappe les personnes âgées isolées. L’expérience dramatique de la canicule de 2003 (15 000 morts en France) est hélas amenée à se répéter.

Les victimes étaient à 90 % des personnes âgées de plus de 65 ans, dont l’isolement social a constitué un facteur de risque aggravant de décès. Le croisement des deux cartes de l’isolement social des personnes âgées et du risque de canicule nous fournit un précieux indicateur social-écologique de vulnérabilité climatique des territoires français. Les régions Bretagne, Ile-de-France et Hauts-de-France sont à cet égard en danger.

Une crise sociale-écologique lancinante ?

L’injustice sanitaire frappant les enfants des zones urbaines françaises polluées aux particules fines. Un garçon né dans un quartier de Marseille à proximité d’un axe de transport est victime d’une inégalité environnementale qui peut l’affecter pour des décennies ; de même pour une jeune Parisienne habitant près du périphérique lors d’un pic de pollution aux particules fines. L’écologie, c’est la santé. Et la liste des inégalités face aux « cancers environnementaux » est longue.

Face à ces crises sociales-écologiques, sommes-nous prêts ?

A l’évidence, non. Nous avons de surcroît de bien mauvais réflexes politiques. Ainsi le gouver-nement Macron-Philippe s’empresse de supprimer la taxe carbone devant la révolte sociale, amputant encore la famélique fiscalité environnementale française. Il ne faut pas jouer le social contre l’écologie à courte vue, mais travailler à intégrer les deux dans la durée. Comment ? En construisant la transition sociale-écologique. (Le reste payant)

L’économiste Eloi Laurent assure, dans sa tribune au « Monde », que les inégalités environnementales risquent d’exploser au visage des responsables politiques.

Eloi Laurent 04 janvier 2019

https://www.lemonde.fr/

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03 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

cgt (ouest france)

super cgt

Pouvoir d’achat.

La CGT appelle à « une grande journée d’actions » vendredi 14 décembre

La CGT appelle à manifester le vendredi 14 décembre prochain, en faveur du pouvoir d’achat. Le syndicat promet une « grande journée d’actions ». De son côté la fédération CGT des services publics a déposé un préavis de grève pour la période du 8 au 31 décembre.

Dans un communiqué publié ce lundi matin, la Confédération Générale du Travail appelle à manifester le vendredi 14 décembre prochain, en faveur du pouvoir d’achat.

« L’écart se creuse de plus en plus entre la majorité de la population et les plus riches pour lesquels le gouvernement a des égards sans limites : suppression de l’ISF, baisse des cotisa-tions sociales et crédits d’impôts (CICE, etc.) », relève la centrale, dans un communiqué.

La CGT dénonce en outre le « contexte politique qui « tire » toujours sur les plus précaires et les plus fragilisés au profit des plus riches ». Une situation qui « amène une colère grandis-sante », écrit le syndicat, en référence au mouvement des Gilets jaunes dont il assure « partager » la « colère ».

La date du 14 décembre coïncide peu ou prou à la date à laquelle doit être prise officiellement la décision sur le Smic, même si le Premier ministre Édouard Philippe a écarté la semaine dernière l’idée d’un éventuel « coup de pouce », se contentant de la revalorisation automatique pour la septième année consécutive.

Une manifestation dans le calme samedi

Samedi, plusieurs milliers de manifestants – 15 000 selon les organisateurs, 2 100 selon la police – ont défilé dans le calme à Paris à l’appel de la CGT, pour réclamer un infléchissement de la politique du gouvernement et soutenir les chômeurs. Ils ont défilé sans incident et entou-rés d’un imposant service d’ordre de la CGT. Parmi eux, beaucoup de gilets rouges de la CGT mais aussi quelques Gilets jaunes, dont la manifestation avait lieu en même temps sur les Champs-Élysées, sur fond de violences et d’affrontements avec les forces de l’ordre.

La CGT avait lancé son appel le 20 novembre, trois jours après la première journée de mobilisation des Gilets jaunes avec laquelle elle a marqué au début ses distances, avant d’esquisser un appel à la convergence des luttes.

Un préavis de grève déposé par la fédération CGT des services publics

« L’heure est à l’action », souligne lundi de son côté la fédération CGT des services publics (agents territoriaux notamment) qui, « dans le cadre du processus confédéral d’impulsion d’un mois de décembre de lutte », annonce le « dépôt d’un préavis de grève » pour la période du 8 au 31 décembre.

« Gilets jaunes, gilets rouges, sans gilets », la fédération « soutient toutes celles et ceux qui luttent pour une répartition des richesses au bénéfice du plus grand nombre », dit la fédération dans un communiqué, en condamnant « toutes les violences et en premier lieu la violence sociale, celle des riches et de leur gouvernement ».

03/12/2018

https://www.ouest-france.fr/

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02 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

epr (odn)

godzilla

Réacteur EPR : la farce du siècle
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L’atome hexagonal n’en fini plus de se ridiculiser, multipliant les démonstrations de la plus totale incompétence, comme par exemple avec l’affaire des milliers de pièces défectueuses produites pendant des décennies dans les usines Areva du Creusot.
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Mais bien sûr, la vaisseau amiral de la nullité du nucléaire français n’est autre que le fameux réacteur EPR, véritable dinosaure conçu au siècle dernier, et quasiment impossible à construire même par ses concepteurs !
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Alors qu’il devait entrer en service en 2009, l’EPR en chantier en Finlande voir désormais sa date de lancement repoussée à 2020 (en attendant de nouveaux reports) : 11 ans de retard, 15 ans de chantier, près de 20 ans depuis la décision de le construire. Entre temps, tout a changé sur la marché de l’énergie, et même les industriels de l’atome promeuvent des réacteurs plus petits que ce pauvre EPR.
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En France, à Flamanville, EDF poursuit son chemin de croix avec son propre EPR : déjà 7 ans de retard, de gravissimes malfaçons dont bien sûr la cuve défectueuse mais aussi une flopée de soudures mal réalisées.
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Et pourtant, des zozos n’hésitent pas à se ridiculiser en préconisant la construction en France de 6 EPR, alors qu’EDF est incapable d’en faire un seul (sans parler de l’impossibilité de financer de tels dinosaures) !
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Lire aussi:
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L’EPR, le cauchemar d’EDF
Le Monde, 16 septembre 2018 : https://lemde.fr/2KLNzVE
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Nucléaire : un rapport préconise la construction de six nouveaux EPR
Le Monde, 1er septembre 2018 : https://lemde.fr/2onpA4A
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Cuve de l’EPR : une consultation publique !
ASN, 3 septembre 2018 : https://bit.ly/2R9EMPC
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Nucléaire : A Flamanville, les soudures de la discorde
Le Monde, 16 septembre 2018 : https://lemde.fr/2zAq0KQ
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La production de l’EPR finlandais encore retardée
Reuters, 29 novembre 2018 : https://bit.ly/2rfOhRX
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27 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot (france2)

 

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20 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

brest penn ar c’hleuz (tendance claire)

gilet

Témoignage 

Un bout de 17 novembre au Far West

Alors que ce mouvement me semblait digne d’intérêt du fait de discussions avec un bon nombre de connaissances sur la vie chère, je ne m’étais pas décidée à me lever aux aurores car je ne connaissais personne de mon entourage m’ayant déclaré son intention de participer au mouvement des gilets jaunes à Brest.

La découverte au réveil d’un SMS d’une camarade de toutes les luttes qui prospectait elle aussi pour aller y faire un tour m’a décidée. Elle aussi n’y était pas allée dès l’aube car elle ne connaissait personne ! Je me suis dit que nous étions peut être dans la peau de personnes à qui nous nous adressions par tracts ou communiqués de presse depuis des années mais qui ne faisant pas partie de groupes pour nous rejoindre, hésitaient à venir ou se faisaient happer par leur quotidien.

Note numéro 1 : Si malgré nos efforts de tractage et communication sur les mouvements précédents (chômeurs précaires, Bonnets rouges, lois travail etc.), nous n’agrégions que peu de monde aux réunions et actions, ce n’est pas forcément parce que les gens se désintéressaient de ces questions mais peut-être aussi car ils et elles étaient isolé.e.s, sans groupe social proche pour venir avec eux et elles.

D’ailleurs, lorsque nous sommes arrivées à 10h sur le rond point de Pen Ar Chleuz qui termine la RN12, les participant.e.s, environ 300, étaient surtout en groupe, en famille, entre ami·e·s etc. Pour la sociologie, c’était relativement paritaire entre hommes et femmes, je n’ai pas vu de groupes venant des quartiers populaires voisins.

Pour l’ambiance, c’était plutôt cool avec une ou deux bandes de motards faisant gueuler les moteurs. Je n’ai pas fait d’étude sociologique mais parmi ceux et celles que je connais, il y a de tout : du gauchiste au type se revendiquant FN en passant par « l’anarchiste de droite ». Les motards faisaient des tours entre les différents points de blocage mais nous avons échangé avec un d’entre eux, isolé, et qui m’a semblé être le seul à essayer de faire de la coordination entre les trois points de blocage que j’ai pu voir.

L’organisation était tellement bordélique que je peux quasiment assurer qu’aucun groupe n’a cherché à noyauter le truc. Le dernier dont je viens de parler nous a dit de retourner à Pen Ar Chleuz après que nous ayions décidé de rejoindre le rond point d’Ikéa (rond point au bout de la RN165) car nous avions entendu que les flics mettaient la pression aux agriculteurs en les menaçant de confisquer leurs tracteurs un an s’ils ne les immobilisaient pas sur le bas côté.

Les pancartes demandant à rétablir l’ISF nous ont rassurées quant à nos craintes de voir des revendications anti-fiscalité pouvant appartenir au patronat même si une banderole sur un pont plus loin craignait : « Trop de taxes tue la France ». Globalement, pendant notre visite, l’ambian-ce n’était pas franchouillarde comme l’aimeraient les groupes d’extrême droite ou le fantasment certains groupes « de gauche » : un seul drapeau français sur le premier rond point. Deux ou trois aux fenêtres de voitures faisant des tours dans la ville. Un groupe d’une dizaine d’anciens avaient mis des bonnets rouges. Les gens avec qui nous avons échangé étaient étudiant.e.s, fonctionnaires de catégorie C…

Note numéro 2 : Nous avons participé au mouvement des Bonnets Rouges où nous avons participé à la constitutions du Pôle Ouvrier avec l’intention de contester la direction politique du mouvement au patronat local qui tentait de s’approprier le mouvement. Cette fois encore, nous avons pu constater que l’indépendance de classe n’est pas quelque chose qui se décrète mais qui se gagne en échangeant sur le terrain avec notre classe.

Par rapport aux tensions, elles sont apparues ponctuellement dans la journée. Un peu avec la Police au départ puisqu’un groupe aurait été gazé et qu’une femme présentée comme « décisive » en aurait fait un malaise et aurait été conduite à l’hôpital, quelques autres fois avec des automobilistes. Deux femmes ont été renversées plus tard dans la matinée.

Note numéro 3 : Ne pas intérioriser que les gens qui forcent le barrage sont consciemment hostiles à nos mouvements. Nous avons constaté ou entendu parler de davantage de passages en forces samedi matin que dans nos mouvements précédents alors que le mot d’ordre contre la taxe du gasoil est plus consensuel que les mots d’ordres que nous avons pu mettre en avant. Faut-il prendre en compte que l’intolérance à l’entrave à la circulation est plus grande lorsqu’on profite de son week end que lorsqu’on va au travail ?

Sur la répression, il nous a été rapporté que des domiciles de personnes ayant tenté d’ouvrir des pages facebook dédiées au mouvement ont été perquisitionnés. D’autres sur des vidéos facebook saluaient la présence des policiers en disant qu’ils étaient là pour les protéger. Personnellement, j’ai trouvé que la sécurisation des sites n’était pas bien assurée avec des voitures de police garées sur les trottoirs alors qu’elles auraient pu aider à réduire les voies de circulation. Ils n’auraient par contre pas hésité à embarquer un des chauffards ayant tenté de forcer le passage. Bref, si ce mouvement n’est pas encore de nature à montrer le rôle de contrôle (anti) social des forces de l’ordre, certaines expériences auront au moins éveillées sur le caractère contradictoire des missions de Police…

Une minute de silence a été proposée par une femme avec un mini-mégaphone en hommage à la policière qui s’est suicidée lundi puis à la femme tuée le matin à Pont-de-Beauvoisin.

Note numéro 4 : l’épreuve de la réalité est parfois bien plus convaincante que les argumentaires sur les contradictions et le rôle de la Police.

Vers onze heures, comme je l’ai déjà dit, nous avons décidé d’aller sur le « rond point d’Ikéa », dans la prolongation de la RN165 et permettant d’accéder à une zone commerciale. Une femme nous avait informées que des agriculteurs y étaient et que la police avait menacé de confisquer leurs tracteurs pendant un an s’ils ne les immobilisaient pas sur le bas côté.

Les tracteurs étaient en fait sur un rond point plus haut (la transmission d’info était vraisem-blablement encore trop approximative pour être coordonnée) mais nous sommes restées sur le rond point d’Ikéa suffisamment de temps pour échanger avec des personnes encore une fois avec un profil « travailleurs-travailleuses » et des revendications sur le niveau de vie.

Nous avons fini par rejoindre le rond point avec les agriculteurs. Nous craignions un peu de voir la FDSEA qui n’avait pas joué un rôle progressiste pendant le mouvement des Bonnets Rouges… Il y en avait en fait 4 ou 5 tracteurs sur le bas côté du rond point qui donne sur une grosse plateforme logistique de fruits et légumes.

Vraisemblablement, si la FDSEA était dans le coup, il y aurait eu beaucoup plus de tracteurs. Malgré tout, nous n’avons pas échangé avec les groupes présents car l’ambiance était type « groupe de potes avec bière à la main et pack de 26 aux pieds ». Il faut dire que nous sommes arrivées à l’heure de l’apéro… Nous ne saurons pas s’ils projetaient au départ de bloquer la plateforme logistique.

Nous sommes retournées au Rond Point d’Ikéa où une femme a appelé à renforcer le rond point de Pen Ar Chleuz. Deux femmes y ont été renversées depuis notre départ (et le conduc-teur embarqué par la Police à la suite). Et une autre personne nous a dit que ça chauffait avec les flics. Nous avons décidé d’y retourner et là, moment d’anthologie…

Sur le chemin, un groupe avait entrepris de bloquer un autre accès d’une des zones commer-ciales. Il y avait une espèce d’abruti qui s’était improvisé chef et qui refusait de nous laisser passer en bagnole pour rejoindre l’autre rond point en nous disant « c’est ici que ça se passe ». Nous lui avons demandé s’il était en contact avec quelqu’un sur cet autre rond point parce que nous avions entendu qu’il y avait besoin de renfort et qu’on ne savait pas à qui se fier, qu’il commençait à y avoir trop de chefs et que c’était le bazar !

Il a assumé ne pas savoir ce qui s’y passait et de fait ne pas se préoccuper des problèmes que pouvaient rencontrer d’autres gilets jaunes. Son groupe, visiblement plutôt familial ou affinitaire ne l’a pas raisonné… Il nous a demandé de garer la bagnole au milieu de la route et nous a assuré que nous n’aurions pas d’amende : sa voiture était pourtant ailleurs… Bref, un exemple de ce que la spontanéité peut donner de crasseux avec des personnalité qui se mettent à créer des îlots de pouvoir au mépris du mouvement…

Note numéro 5 : l’autoorganisation démocratique, ça se travaille…et les orga-nisation pré-existantes ayant acquis une expérience dans les luttes ont une responsabilité pour proposer au mouvement des « anticorps » contre ce genre de plaies.

Nous avons quitté les blocages à 14h et en tout sur les points que nous avons visités, j’ai compté environ 1 500 personnes mais avec le roulement, il y en a certainement eu plus.

Françoise Paugam 20 novembre

https://tendanceclaire.org/

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20 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

tribunaux (saf)

Pour_Juustice_acc_Tous

Journée morte » contre la suppression de tribunaux d’instance

Le 22 novembre, le syndicat des avocats de France (SAF) appelle à une « journée morte » dans les tribunaux pour dénoncer le projet de loi de programmation de la Justice, examiné par l’Assemblée nationale depuis le 19 novembre.

Le Saf proteste contre la suppression de nombreux tribunaux d’instance et de grande instance avec un risque de perte de proximité territoriale entre les justiciables et les lieux de justice.

Le syndicat des avocats regrette par ailleurs que l’encadrement des plateformes privées de résolution amiable des litiges soit abandonné.

Il proteste également contre la diminution des droits de la défense, et des mineurs étrangers non accompagnés.« Il faut que le gouvernement comprenne que nous n’accepterons jamais un projet qui institue une justice illisible, livrée à des intérêts privés, éloignée du justiciable et qui consacre un nouveau recul des droits de la défense et des droits fondamentaux », écrit le SAF.

Le SAF

https://www.bastamag.net/

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09 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

bonedou ruz (le monde)

bonnets ruz

Que reste-t-il des « bonnets rouges » ( 2015) ?

Deux ans après le soulèvement des ouvriers (en 2013) , agriculteurs et patrons bretons contre l’écotaxe, les anciennes alliances ont vécu mais beaucoup croient en la résurrection du mouvement.

« En sommeil », « au placard », « un volcan au repos »… Dans le Finistère, chacun a sa métaphore pour décrire la situation des « bonnets rouges ». Le soulèvement breton, qui a fédéré ouvriers dont l’emploi était menacé, agriculteurs, petits et grands patrons contre l’écotaxe en Bretagne fête ce mois-ci ses deux ans.

Le 26 octobre 2013 exactement, les couvre-chefs fournis par la société Armor-Lux apparais-saient pour la première fois sur les têtes présentes au pied du portique écotaxe de Pont-de-Buis-lès-Quimerch dans le Finistère, pour en réclamer le démontage. Les arches blanches et leurs caméras de surveillances étaient alors devenues l’épouvantail d’une Bretagne agricole et agroalimentaire en crise, pour qui la nouvelle taxe avait été « la goutte d’eau » faisant  déborder leur colère.

Pour la famille Cueff de Lampaul-Guimiliau (Finistère), cela fera aussi deux ans, le 26 octobre, que « le malheur » est arrivé. Ce jour-là, le benjamin de la famille, Mickaël, 35 ans, perd sa main droite en ramassant une grenade lacrymogène lancée par les CRS pour disperser les manifestants. Le drame secoue un village déjà dévasté par la fermeture de l’abattoir Gad, annoncée le 11 octobre, privant de leur emploi près de 900 personnes.

« Si demain le mouvement repart, j’y vais », assure aujourd’hui, sans hésiter, dans le hangar de sa petite entreprise de vente de matériel agricole, Sébastien, le cadet des Cueff. Dans son camion, il transporte toujours son bonnet rouge d’époque, « prêt à le remettre quand il faudra ». En 2013 c’est « l’injustice » de voir la filière agroalimentaire pénalisée par l’arrivée de la nouvelle taxe sur le transport, qui le pousse à rejoindre les rangs des manifestants.

« La guerre n’est pas finie, car la France ne va pas bien », observe-t-il mesurant au quotidien, au contact des éleveurs porcins, les conséquences de la crise agricole. De la cour de son entreprise, Sébastien Cueff voit les bâtiments vides de Gad. « Combien ont retrouvé du travail parmi les salariés ? », lâche-t-il.

La question est évidemment rhétorique. A Lampaul on parle de moins de 200 reclassements. Les chiffres définitifs seront bientôt publiés, au moment où, pour les anciens salariés de Gad, l’anniversaire des deux ans du conflit signifiera aussi la fin de leurs droits au chômage.

« Les ouvriers se sont sentis trahis »

Comme beaucoup, Olivier Le Bras a tout récemment terminé une formation en vue de sa reconversion. Ancien découpeur de carcasses à l’abattoir, il aspire aujourd’hui à devenir agent de sûreté dans les aéroports. Mais le marché de l’emploi n’est pas florissant et l’ancien délé-gué syndical FO s’interroge sur ce qu’il doit, dans ses difficultés à être recruté, à la conjoncture ou à son passé de leader du conflit et de figure des « bonnets rouges ».

L’ex-Gad a aujourd’hui pris ses distances avec le mouvement. 

« Au bout d’un moment, je ne me reconnaissais plus dans les discussions. On se mettait à parler de Bretagne à cinq départements, de langue bretonne… On ne parlait plus d’emploi », raconte-t-il dans sa commune de Saint-Thégonnec (Finistère) où il est devenu, en 2014, adjoint au conseil municipal. Il est aujourd’hui candidat aux élections régionales, sur la liste socialiste emmenée par Jean-Yves Le Drian.

A la lutte contre l’écotaxe se sont en effet greffés aux Bonnets rouges des régionalistes, y voyant l’occasion de plaider pour une plus grande autonomie de la Bretagne. « Je voyais bien que ça n’allait rien changer pour nous ; l’abattoir n’allait pas rouvrir », raconte-t-il, le  sourire  amer.

De fait, aujourd’hui, les comités locaux de « bonnet rouges », à l’activité disparate, regroupent surtout un réseau d’individus qui tendent à mettre sur pied des projets bretons (un syndicat, une mutuelle territoriale, une monnaie complémentaire) ou cherchent à peser sur des débats comme la réunification de la Bretagne avec la Loire-Atlantique.

Au sein des acteurs historiques du mouvement, l’union ouvriers-agriculeurs a vécu.

« Les ouvriers se sont sentis trahis par les agriculteurs », poursuit M. Le Bras, qui fut, dans son combat, accompagné de délégués syndicaux de Doux, Marine Harvest et Tilly-Sabco, qui voyaient aussi leurs emplois menacés. « Nous, on a été avec eux contre l’écotaxe, mais on ne les a jamais vus à la sortie des usines », poursuit-il. L’ex-leader syndical continue toutefois à croire en la sincérité de certains leaders agricoles dans le mouvement, « pas suivis par leurs adhérents ».

« Rattrapés par la patrouille »

« Certains ont été rattrapés par la patrouille », plaisante Thierry Merret, président de la Fédé-ration départementales des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) du Finistère, qui fédéra agriculteurs et ouvriers et fût l’un des tout premiers à porter le « bonnet rouge ». Dans sa bou-che, « la patrouille » ce sont les corporatismes syndicaux ou politiques mis de côté au plus fort du mouvement.

Dans ses propres troupes, l’alliance des patrons, que sont les agriculteurs, avec les ouvriers n’a pas toujours convaincu. « Des gens du monde paysan ont commencé à trouver que le mouvement devenait trop politisé », explique-t-il encore.

En ligne de mire ? La personnalité clivante de Christian Troadec, maire de Carhaix (Finistère) qui s’est imposé comme l’un des figures centrales du mouvement, et a été régulièrement taxé de récupération politique. Il est aujourd’hui candidat (sous l’étiquette « centre gauche » avance-t-il) aux régionales en reprenant le mot d’ordre des « bonnets rouges », « Vivre, décider et travailler en Bretagne ».

Thierry Merret le confie sans fard, c’est ce risque de récupération politique qui l’a conduit à ne pas tenter de rappeler les « bonnets rouges » à la mobilisation au moment où les Jeunes agri-culteurs du Finistère montaient sur leurs tracteurs en direction de Paris en pleine crise agri-cole. « Pour moi le mouvement va renaître », assure-t-il malgré tout. Il en tient pour preuve le « grand moment » qu’a été la manifestation du 2 novembre 2013 à Quimper. « C’était quelque chose », abonde, dans son hangar à Lampaul-Guimiliau, Sébastien Cueff.« Cette solidarité entre les patrons et les ouvriers, ça a marqué les gens. »

Jean-Pierre Le Mat, actuel porte-parole du collectif des « bonnets rouges », y croit aussi. « Le mouvement a montré que l’idée d’insurrection est possible en Bretagne. » Débarrassée des unions de circonstance qui l’ont embrasée, difficile de prédire si elle pourra fédérer à nouveau le ras-le-bol qui couve.

Le Monde.fr  26.10.2015 Manon Rescan (Lampaul-Guimiliau)

https://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Le dernier combat des salariés finistériens de Gad

Régionales : des bonnets rouges incontournables en Bretagne

Commentaire:

« Vivre, décider et travailler en Bretagne ». » Beva, divizoud ha labourad e Breiz » était un slogan très à gauche: LCR, PSU etc des années 70-80.

Malgré la présence de Thierry Meret de la FDSEA, nous avons décidé, (NPA) de participer. Ou plutôt, dès le début en créant le « pôle ouvrier »  nous avons senti que c’était notre classe sociale et ses potentiels alliés : petits commerçants, artisans, agriculteurs et petits patrons qui se mettait en marche. La situation politique était explosive pour François Hollande. Allions nous nous discréditer à participer à sa défense?

Le reste c’est de la philosophie! Matérialistes marxistes contre idéalistes (anarchistes par exemple). Doit-on demander à ceux qui entrent en lutte pour une cause juste d’être d’accord avec nous? Ce qui démontre un manque de confiance dans notre idéologie! Ou au contraire, pouvons nous nous lancer avec notre classe, même si elle n’est pas dirigée par nous, tellement nous somme sûrs qu’à la fin, en luttant ensemble, ce sont nos idées qui triompheront?

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21 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

camaret snsm (ouest france)

ref-mer

Camaret-sur-Mer. Le pilote de la SNSM sauve aussi des migrants

Malo Castillon, pilote camarétois de la SNSM, s’est engagé sur le « Sea Watch 3″, pour des missions de sauvetage de migrants, en mer Méditerranée.

Ce pilote et sauveteur à Camaret-sur-Mer (Finistère) est désormais chef-mécanicien sur le « Sea Watch 3″, un bateau qui porte secours aux migrants, en mer Méditerranée. « Il m’est insupportable de savoir que des gens périssent en mer. » Malo Castillon profite, aujourd’hui, d’une période de repos bien méritée.

« Les missions durent trois semaines, plus une de formation, et j’en enchaîne deux à chaque fois », précise-t-il. Chef de base du club de plongée Léo-Lagrange, à Camaret-sur-Mer (Finistère), pendant cinq ans, et désormais pilote sur un canot de la Société nationale de sauvetage en mer, il a éprouvé le besoin de voir autre chose, en fin d’année 2017. « Ma meilleure amie, Claire, travaille sur le Sea Watch 3 tous les étés, elle m’avait raconté comment cela se passait », se rappelle Malo. Ce bateau de 50 mètres appartient à l’ONG allemande Sea Watch, qui effectue des sauvetages en mer Méditerranée.

Avoir le cœur bien accroché

« J’ai été pris en novembre dernier comme mécanicien, car j’avais déjà des bases, du fait de ma formation de scaphandrier, pour une mission de trois semaines », raconte le Camarétois. Après quatre jours, pour l’approvisionnement, les 22 membres de l’équipage participent à une forma-tion.

Ce qui a frappé Malo, c’est l’organisation.

« Tout est professionnel, les missions sont très cadrées », explique-t-il. Et de tiquer : « Nous ne sommes pas une bande de hippies qui voguent en rêvant à un monde meilleur. » Parmi les compétences acquises pendant la formation, la capacité à naviguer et contrôler le bateau depuis la salle des machines « en cas d’attaque de passeurs ou de garde-côtes libyens ». Les journées sont rythmées par les patrouilles et l’entretien des moteurs. Mais quand un bateau de fortune pointe à l’horizon, tout le monde est sur le pont.

« Ce sont parfois des embarcations avec 700 personnes à bord »…

…explique Malo, les yeux grand ouverts. Peu de Libyens, beaucoup de Soudanais ou de Maliens et une fois un Tibétain. Pendant le sauvetage, le rythme s’accélère et chacun fait son possible pour aider. Les francophones traduisent pour les médecins. On distribue de la nourri-ture, de l’eau et des couvertures. Il faut soutenir physiquement ces femmes, ces hommes, ces enfants, car ils sont souvent trop faibles pour tenir debout, et « incroyablement légers ».

Humainement, le Sea Watch 3 est le théâtre de scènes difficiles, souvent, mais belles, aussi. Quand l’équipage a du mal à se déplacer, à cause du trop grand nombre de personnes, ce sont les aidés qui viennent au secours des aidants. Malo raconte, visiblement ému : « Plusieurs fois ce sont eux qui nous tiennent pour ne pas qu’on écrase une main, une jambe, pour que nous ne tombions pas, en fait. « Mais le marin est catégorique, il faut savoir rester fort et être prêt à encaisser pour travailler sur une mission. « Ces gens n’ont pas vu de gestes amicaux depuis des mois, tous ont été torturés, les femmes ont été violées… »

Le Sea Watch 3 bloqué à Malte

« Les grands moments de victoire, ce sont quand nous arrivons à faire monter tout le monde sur le bateau avant que les garde-côtes libyens n’arrivent », sourit Malo. Les rapports entre officiels et ONG ne sont pas toujours bons en mer. Pendant longtemps, l’Italie a permis que le Sea Watch 3, comme l’Aquarius, fasse débarquer les migrants sur son sol. Mais depuis les dernières élections, les règles ont changé.

« Dans le droit international la loi veut pourtant que le pays le plus proche accueille les réfugiés », renseigne le marin.

Malte avait déjà refusé l’accueil avant l’Italie. Et la France ne semble pas proposer grand-chose de plus. La situation est d’autant plus compliquée que le gouvernement maltais, port d’attache du Sea Watch 3 depuis le 9 juillet, a interdit tout départ du bateau « sans aucune raison ». Il n’y a plus aucun bateau de sauvetage sur la zone depuis fin juin. Et « 600 personnes sont mortes noyées depuis le début du mois de juillet », déplore Malo. Il ne sait pas quand, ni si, le Sea Watch 3 pourra repartir en mer. Malo se demande pourquoi une règle simple et connue n’est pas respectée là-bas : un marin ne laisse jamais quelqu’un à l’eau.

Ludovic SÉRÉ 18/07/2018

https://www.ouest-france.fr/

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06 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

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jeunes

Précarité : montée en puissance des CDD et de l’intérim

Une note de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques DARES confirme la montée en puissance de la précarité. Certes, la très grande majorité des salariéEs (84,6 %) est en CDI. Mais la part des salariéEs en contrats précaires ne cesse d’augmenter depuis le début des années 1980.

Désormais, une majorité des salariéEs de 15-24 ans (55 %) est sous contrat précaire.

10,8 % des salariéEs sont en CDD (5 % au début des années 1980), 3 % en intérim (1 % au début des années 1980), et 1,6 % en apprentissage.  En théorie, les CDD n’ont « ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise » (code du travail).

Dans la pratique, ce n’est pas le cas.

En 2017, la DARES avait déjà établi que « plus de la moitié des établissements optent pour le CDD plutôt que pour le CDI afin de limiter les risques en cas de ralentissement de leur activité».  Autrement dit, les patrons embauchent en CDD pour faire porter le risque sur les salariéEs plutôt que sur eux. Et les gouvernements n’ont cessé de modifier la législation pour leur faciliter la tâche.

Précarité généralisée… et légalisée

Ainsi, depuis 2015, les CDD peuvent être renouvelés deux fois (au lieu d’une). Depuis les ordonnances de l’été 2017, les accords de branche peuvent en outre déterminer, sans aucun plafond, le nombre maximal de renouvellement de CDD, leur durée maximale et les durées de carence !

Dans certains secteurs (comme la restauration), les patrons peuvent déjà avoir recours aux « CDD d’usage », qui leur permettent de faire à peu près ce qu’ils veulent.

Dans le nettoyage par exemple, des salariéEs enchaînent les CDD, en passant par la case chômage le temps du délai de carence. Autrement dit, une partie des salariéEs (surtout des ouvrierEs et des employéEs) est enfermée dans la précarité de façon durable. De façon cyni-que, la classe dominante s’appuie sur cette « dualisation » du marché du travail pour stigma-tiser les « privilégiés ».

Il faudrait en finir avec les protections liées au CDI, au nom de « l’égalité ».

Cela permettrait aux exclus du marché de travail de pouvoir y trouver leur place. C’est le sens des ordonnances Macron de l’été dernier, avec à terme l’horizon d’un contrat unique pour tous, où la force de travail sera sans protection.

La durée des CDD est en outre de plus en plus courte.

La part des contrats de moins d’un mois est passé de 57 % des CDD en 1998 à 83 % en 2017 ; la part des contrats d’une seule journée s’est accrue, passant de 8 % en 2001 à 30 % des CDD en 2017. Les secteurs qui contribuent le plus à l’augmentation de la part des CDD très courts sont l’hébergement médico-social et la santé.

Si les services sont gourmands en CDD, l’industrie et la construction raffolent de l’intérim, avec un taux de recours de 12 %. Le nombre d’intérimaires a progressé de 11,5 % entre avril 2017 et avril 2018. Près de 80 % des -intérimaires sont des ouvrierEs.

L’essor des ruptures conventionnelles : une aubaine pour le patronat

Le patronat est friand du dispositif des « ruptures conventionnelles » mis en place en 2008. En 2017, les démissions sont le motif le plus fréquent de rupture anticipée de contrat (40 %), suivies des fins de période d’essai et des licenciements pour motif personnel (environ 20 % chacun). Mais les ruptures conventionnelles sont en plein essor et représentent désormais 10 % des ruptures de contrat (420 900 en 2017, en hausse de 7,8 % par rapport à 2016). Elles se substituent en partie aux démissions, mais aussi (pour 25 % d’entre elles selon la DARES) aux licenciements économiques.

Le patronat a tout intérêt à avoir recours aux ruptures conventionnelles quand il veut se débarrasser de salariéEs 

Simplicité, rapidité, pas de possibilité de recours pour le ou la salariéE, pas de contraintes liées aux PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi)… Hormis les cadres, les salariéEs sont très rare-ment en position de négocier des indemnités supérieures au minimum légal. Sous la pression de leur patron et par peur de la stigmatisation liée au licenciement, beaucoup acceptent les ruptures conventionnelles.

Grâce à Macron, les patrons peuvent désormais avoir recours aux « ruptures conventionnelles collectives » s’ils trouvent des syndicats collabos pour donner leur accord. Ils n’ont même plus besoin de justifier de difficultés économiques, et ils peuvent dégraisser massivement sans craindre le contrôle d’un juge. C’est la porte ouverte à tous les abus.

En finir avec la précarité !

La logique capitaliste nous enferme dans une alternative abjecte : accepter plus de précarité ou accepter plus de chômage. Refuser cette alternative implique de sortir du capitalisme : le droit au salaire à vie implique un contrôle des travailleurEs sur les moyens de production, condition nécessaire pour permettre à chacun de vivre de son travail.

Gaston Lefranc Vendredi 6 juillet 2018

https://npa2009.org/

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