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16 mars 2020 ~ 0 Commentaire

état espagnol (libération)

Affiche_CNT-FAI_guerre_civile_d'Espagne

En Espagne, le gouvernement dans le viseur des indépendantistes

Basques et Catalans reprochent à Madrid de faire preuve d’un centralisme autoritaire, tandis que la droite et l’extrême droite dénoncent le retard pris et le «laxisme» de la majorité de gauche.

Au beau milieu de la crise du coronavirus, alors même que le chef du gouvernement a annoncé vendredi des mesures drastiques pour tenter de juguler le fléau – l’Espagne est le deuxième pays le plus touché d’Europe, après l’Italie, avec 7 753 personnes infectées et 228 morts -, les disputes politiques s’invitent à grand fracas et donnent lieu à une bronca entre les socialistes au pouvoir, d’une part, et les nationalismes périphériques ou l’opposition de droite, d’autre part.

Fallait-il ou non prohiber les manifestations de la journée internationale pour les droits des femmes du 8 mars (contaminant la ministre de l’Egalité, Irene Montero) ? Convenait-il de déclarer l’«état d’urgence» bien avant, et non vendredi soir ? Qui commande réellement en matière sécuritaire ou sanitaire ? Des ministres contaminés peuvent-ils ignorer l’impératif de quarantaine ? Autant de questions qui font l’objet d’âpres discussions politiciennes.

Mise sous tutelle

La principale bataille oppose Madrid et les deux régions les plus nationalistes  du pays, la Catalogne et le Pays basque. La sévérité des mesures annoncées par le leader socialiste – en particulier la limitation des déplacements, sauf ceux d’extrême nécessité – a renforcé de fait le pouvoir de quatre ministères nationaux (Défense, Transports, Intérieur et Santé).

Et ce, dans un pays très décentralisé, où les 17 régions jouissent d’importantes prérogatives, comme l’Education, la Santé ou, un Parlement propre. Certaines mêmes, les plus nationalistes, disposent des pouvoirs de police, des compétences portuaires, voire pénitentiaires.

Or, aussi bien le Pays basque, gouverné par les nationalistes modérés du PNV, partisan d’une autonomie renforcée, que la Catalogne, dont les dirigeants veulent forcer un référendum d’autodétermination, supportent difficilement que Madrid exerce dans cette crise «un pouvoir recentralisateur».

Les pleins pouvoirs attribués par décret vendredi au ministère national de la Santé ont fait bondir Iñigo Urkullu, le dirigeant basque, et davantage encore Quim Torra, le président séparatiste de la Catalogne, estimant que «l’Etat espagnol marche sur nos plates-bandes».

Mêmes doléances exprimées jalousement par ces deux régions sur le plan sécuritaire. «Au Pays basque, nous souhaitons organiser nous-mêmes un confinement sanitaire.» Son de cloche identique en Catalogne, où les autorités régionales ont déjà mis «sous isolement» quatre communes où le virus s’est propagé à grande vitesse.

Centralisme autoritaire pour les uns, nécessité d’un commandement unique pour les autres. Selon les nationalistes basques et catalans, l’unification des forces de l’ordre – ce qui suppose que les polices basque (Ertzainza) et catalane (Mossos) obéissent en tout point au ministère de l’Intérieur – correspond à la mise en place dissimulée de l’article 155 de la Constitution.

Ce dernier suppose la mise sous tutelle d’une région, comme ce fut le cas en Catalogne à l’automne 2017 lorsque les indépendantistes avaient organisé de façon illégale un référendum d’autodétermination et avait déclaré – symboliquement – l’indépendance de leur région.

Du côté du pouvoir central, on estime que ces protestations nationalistes sont «absurdes» et «sans fondement». «Dans une pareille crise, la centralisation des décisions est une évidence nécessaire.» Quant au baron socialiste Emiliano García-Page, il a souligné que «le virus se moque des frontières et des compétences régionales».

«Incompétence»

La contamination politique ne s’arrête pas là. Le socialiste Pedro Sánchez affronte aussi la fronde de l’opposition de droite. Le leader du parti populaire, Pablo Casado, estime que l’«état d’urgence a été décrété trop tard», et que les socialistes ne se montrent pas assez fermes par «peur de mesures impopulaires».

Le chef de file des populistes de la droite dure Vox se montre encore plus virulent. Santiago Abascal – dont le secrétaire général est touché par le virus après un meeting de 9 000  personnes la semaine dernière à Madrid – estime que les socialistes «se rendent coupables d’incompétence et d’un laxisme criminels». Aux yeux d’Abascal, il faudrait «immédiatement» mettre sous les verrous les dirigeants basque et catalan et mettre leurs régions sous tutelle.

15 mars 2020  François Musseau correspondant à Madrid

https://www.liberation.fr/

Commentaire:
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Sortons des clichés!  Le dos à dos « fachos-nationalos »! Les nationalistes ne sont pas que des gens de droite égoïstes qui « ne veulent pas partager avec les régions pauvres »! Il y a des nationalistes qui mesurent leurs prérogatives territoriales certes, et des nationalistes et d’autres, qui veulent juste que le système fonctionne pour les gens pareil pour tous, quitte à « recentraliser »! Et d’où vient la crise?  Pas de différence: à Madrid l’austérité libérale avait le soutien du PSOE, et à Barcelone et Euskadi nationaliste… le PSOE soutenait aussi!

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08 mars 2020 ~ 0 Commentaire

isabelle attard (à-quoi-çà-serre dialogue)

attard

Comment je suis devenue anarchiste

 Isabelle Attard à Brest

C’est un mot interdit, un mot tabou, un mot qui fait peur même à ceux qui s’y reconnaissent : « anarchisme » ! Et pourtant, cette vision du monde, bien loin des images de violence que les dominants répandent pour la discréditer, promeut la coopération, l’émancipation, le respect des êtres et du vivant.

C’est ce que vous racontera ce livre, qui n’est pas un essai mais une histoire : celle d’une femme « normale », qui n’aurait jamais pensé qu’elle était anarchiste, mais qui, au fur à mesure de son parcours intellectuel et politique, a découvert cette doctrine libératrice.

Par son refus de l’autoritarisme et son souci de l’écologie, l’anarchisme se répand discrètement à travers la société et s’articule de plus en plus souvent, dans les idées et sur le terrain, avec l’écologie. Il était temps que l’on puisse de nouveau afficher sereinement ce mot. Et si, vous aussi, vous étiez anarchiste sans le savoir ?

Rencontre avec Isabelle Attard à Brest et Plougastel

Mardi 10 Mars 20H30 Espace Frézier Pougastel

Vendredi 27 Mars 18H, Café de la librairie Dialogues
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27 février 2020 ~ 0 Commentaire

partis (france inter)

partis 1

partis

Revenus des cotisations, des élus et des dons

Nous avons épluché les comptes des partis politiques français

Quel est le plus riche, le plus endetté, le plus dépensier ? La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques vient de publier son rapport complet de l’exercice 2018. France Inter a épluché les comptes des 443 partis recensés et cela réserve de nombreuses surprises.
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Le PCF, leader des cotisations
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Commençons par les adhésions : c’est bien connu, toutes les organisations politiques (ou presque) gonflent leurs chiffres. La République en marche comme la France insoumise évoquent plusieurs centaines de milliers d’adhérents, car ils ne demandent aucune cotisation, un clic suffit sur les sites internet des formations.Elles affichent ainsi un compteur à zéro, à la fois côté adhésions de militants comme côté élus.
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Néanmoins, les deux partis touchent des dons de personnes physiques et cela représente tout de même, pour LREM, 1 005 607 euros.D’autres partis communiquent des chiffres impossible à vérifier. Avec ceux de la CNCCFP personne ne peut tricher et chacun doit remplir la colonne « cotisations des adhérents ». À ce petit jeu, c’est le PCF qui l’emporte haut la main. Les communistes reçoivent encore six millions d’euros grâce à leurs fidèles, et autant grâce à leurs élus.Dans les urnes, depuis 2017, Les Républicains ont largement doublé le Parti Socialiste. Mais le PS garde davantage de militants, ou en tout cas des militants plus généreux. Autre surprise : Lutte ouvrière reçoit grâce à ses troupes autant d’argent que le Rassemblement National. Le RN a bien perdu près de la moitié de ses militants entre 2017 (1 857 394 euros) et 2018 (1 103 430 euros).

Et il n’y a pas que le coude-à-coude LO-RN et la pole position du PCF qui nous surprennent dans ce tableau, il y a aussi l’incroyable performance de l’UPR, l’Union populaire républicaine (Que nous classons à l’extrême droite blog). Le parti de François Asselineau revendique, aujourd’hui, près de 39 000 adhérents, et perçoit, en effet, davantage de cotisations qu’Europe Ecologie Les Verts, l’UDI, le Modem ou le NPA.

La stupéfiante masse salariale du Parti socialiste

Les socialistes ont dépensé plus de 10 millions d’euros de salaires et de traitements en 2018. C’est deux fois plus que son opposant historique, LR, et que le parti présidentiel, LREM. Un budget considérable pour un parti qui a tout perdu depuis 2017, et qui peine à se faire entendre. Une somme qui englobe de lourdes indemnités de licenciement. Après la débâcle de la présidentielle, le PS s’est séparé, dans la douleur, de la moitié de ses permanents.

On découvre aussi dans ce tableau l’impressionnante masse salariale du PCF, le tout petit budget d’Europe écologie-Les Verts, et que dire de la France insoumise ? Jean-Luc Mélenchon dépense moins d’argent dans les salaires que l’UDI de Jean-Christophe Lagarde, et termine l’année 2018 avec un fort excédent ( 2 129 850 euros).

Les Républicains plus endetté que le Rassemblement national

Sur le plan de l’endettement, Les Républicains arrivent en tête, avec 55 609 241 euros. Il faut toutefois prendre en compte la vente, qui comptera sur l’exercice 2019, de leur siège du 15è arrondissement de Paris. Le bâtiment est parti en février 2019 pour 46 millions d’euros, ce qui permet au parti de droite de renflouer les caisses.

C’est pour la même raison que le Parti socialiste n’a « que » 11 351 348 euros de dettes : face à la baisse drastique de sa dotation après la déroute de 2017, les socialistes n’ont eu d’autres choix que de licencier et de vendre leur siège mythique et historique, rue de Solférino à Paris. L’immense hôtel particulier de 3 400 m² a été vendu 45,5 millions d’euros fin 2017 et a donc permis d’éponger une partie de la dette socialiste.

Pour le Rassemblement national, la dette est aussi impressionnante. 24 399 043 euros à rembourser, comportant les emprunts contractés auprès de Cotelec, le micro-parti de Jean-Marie Le Pen ou bien de créanciers russes dont certains réclament remboursement, comme l’indiquait France Inter début février.

Le parti présidentiel, LREM, affiche lui une dette d’environ 3 millions d’euros mais termine l’année 2018 avec un excédent de 7,6 millions. LREM est bien le parti le plus riche, mais ils ne reçoit aucune cotisation d’élus ou d’adhérents. Il ne vit que sur la dotation publique annuelle (22 millions) qui découle de leur succès aux législatives de 2017 et qui ne les aide pas à faire de ce mouvement une force militante.

« Manif pour tous », les « Amis de » : les surprises du rapport  

Certains politiques ont aussi bien des amis et la CNCCFP recense plus d’une trentaine d’associations de soutien à des figures politiques ou micro-partis, courants de plus grandes formations politiques. Nous avons été amusés de voir une association de soutien au maire de la petite ville de Voiron en Isère, Julien Polat, terminer l’année 2018 avec un excédent de plus de 28 000 euros.

Nous avons aussi repéré les (nombreuses) associations d’amis de personnalités de droite : Nicolas Sarkozy, Eric Ciotti, Jean-François Lamour, Hervé Mariton, Guillaume Peltier ou Valérie Pécresse. Le maire de Nice bénéficie même du soutien de deux organisations : « Les amis du maire de Nice » et  »Le Rassemblement, amis de Christian Estrosi », qui totalisent à elles deux 73 000 euros de dettes.

Un dernier détail a retenu notre attention : la Manif’ pour tous, présente comme formation politique, affiche un compteur de dons (175 846 euros) plus élevé que celui de LREM.

Maxence Lambrecq, Xavier Demagny 25 février 2020

https://www.franceinter.fr/

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18 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

couëron (médiathèque)

coueron

Projection « Quand les femmes ont pris la colère »
Samedi 21 décembre à partir de 11h
Médiathèque Victor-Jara – 95 quai Jean-Pierre Fougerats – Couëron (44)

Pour marquer leur solidarité avec leurs maris en grève à l’usine Tréfimétaux à Couëron, des femmes de travailleurs envahissent le bureau du directeur et obtiennent en deux heures ce qu’on leur refusait depuis des mois. Mais la direction porte plainte.

Douze d’entre elles seront inculpées de séquestration. La mobilisation s’élargit alors. Pour élargir le soutien, les femmes font appel à l’Unité Production Cinéma Bretagne, pour faire un film sur leur lutte.

Un film qui reste d’un réel intérêt pour toutes celles qui luttent pour relier le combat féministe au combat d’ensemble pour une transformation de la société.

La lutte et le film se mêlent, et les femmes parlent d’elles-mêmes, et de leurs problème de couple, de leur vie de famille. Des vies qui vont basculer : engagement politique, ruptures…

Facebook

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10 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

le 10 en bretagne (actu lt of)

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Brest le 5 décembre

Grève du 10 décembre : forte mobilisation à Rennes et Brest (FR3)

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Dans le Finistère

À Morlaix, il y avait environ un millier de manifestants, ce mardi, en fin de matinée, contre 3 200 le 5 décembre. La mobilisation était divisée par deux à Quimperlé avec 600 personnes dans les rues. Il était divisé par quatre à Quimper avec 2 000 manifestants. À Carhaix, le niveau de mobilisation est resté stable, avec 300 personnes contre 400 la semaine dernière. À Brest, enfin, la manifestation était loin d’être anodine avec un cortège de 5 000 manifestants. Deux fois moins nombreux, toutefois, que la semaine passée.

Brest. 3 000 manifestants contre la réforme des retraites

Quimper. « Manifestation d’étape » contre la réforme des retraites

Retraites : plus de 2 000 personnes dans les rues à Quimper

Carhaix, près de 400 personnes ont dit non à la réforme des retraites

Retraites : environ 5 000 personnes ont manifesté à Brest

Un millier de personnes à Morlaix contre la réforme des retraites

600 pour dire « non » à la réforme des retraites à Quimperlé

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Dans les Côtes-d’Armor

Il n’y avait pas d’appel à manifester à Loudéac où à Dinan - où 1 200 personnes se sont mobilisées le 5 décembre – ce mardi. Entre 6 000 et 7 000 personnes avaient manifesté à Saint-Brieuc la semaine dernière : elles étaient environ 2 000 ce mardi. À Guingamp, à revanche, le niveau de mobilisation est resté à peu près le même avec près de 250 manifestants. À Paimpol également, avec une centaine de personnes. À Lannion, les rangs des manifestants sont passés de 3 000 à environ 800.

Retraites : environ 2 000 manifestants à Saint-Brieuc

Entre 700 et 800 manifestants, au centre-ville de Lannion

Grève du 10 décembre : à Guingamp, 200 manifestants entre Kerhollo et Bellevue

Grève du 10 décembre. 1 500 manifestants à Lannion

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Dans le Morbihan

Mobilisation en baisse également dans le Morbihan : il n’y avait par exemple pas d’appel à manifester à Pontivy (mais il y en a un pour le jeudi 12 décembre). Les opposants au projet de réforme des retraites étaient tout de même de sortie à Vannes avec un rassemblement d’environ 900 personnes (trois fois moins que le 5 décembre) et à Lorient, où 3 000 personnes se sont mobilisées (contre 8 000 la semaine dernière). À Lorient, de petits groupes ont prolongé la manifestation par des opérations de tractage.

Grève du 10 décembre : environ 1000 manifestants à nouveau dans les rues de Vannes

pontivy

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En Ille-et-Vilaine

À Saint-Malo, ils étaient 700 à battre le pavé, soit une mobilisation en baisse par rapport aux 2 000 du 5 décembre. À Rennes, mobilisation en baisse également, mais mobilisation consé-quente quand même : ils étaient environ 7000, selon la préfecture, alors qu’ils étaient au moins 13 000 le 5 décembre.

700 personnes à battre le pavé à Saint-Malo contre la réforme des retraites

Suivi live de la journée du 10 décembre à Rennes (Expansive)

Environ 7 000 manifestants à Rennes contre la réforme des retraites (LT)

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10 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

ken saro-wiwa (ecologistas en accion)

Ken SARO-WIWA

Ken Saro-Wiwa

Le 10 novembre 1995, le dictateur nigérian Sani Abacha a fait exécuter neuf opposants du Mouvement pour la survie du peuple Ogoni (MOSOP), dont l’écrivain et écologiste Ken Saro-Wiwa.

Saro-Wiwa, récipiendaire du Goldman Environmental Prize et du prix Nobel de la paix, mènait depuis des années la lutte des Ogoni du Nigéria contre la société pétrolière Shell, dont les opérations ont contaminé leurs terres et leurs ressources pendant plus de de trois décennies. En 1994, Saro-Wiwa a été emprisonné et Amnesty International l’a déclaré prisonnier d’opinion.

Le 10 novembre 1995, le dictateur nigérian Sani Abacha a exécuté neuf opposants du Mouvement de la survie du peuple Ogoni, dont Ken Saro-Wiwa. L’exécution a eu lieu malgré la vague de manifestations internationales et à l’issue d’un procès qualifié de « farce » par des observateurs indépendants.

Depuis 1958, Royal Dutch Shell a extrait 30 milliards de dollars de pétrole des terres des Ogoni, bien que ce peuple ait très peu profité de l’extraction du pétrole, mais beaucoup souffert des déversements de pétrole. Des pipe-line endommagés ont pollué leurs écosystèmes et leurs terres agricoles, les pluies acides ont pollué l’air et détruit les cultures.

Pour revendiquer l’arrêt de la pollution dans toute la région, les Ogoni ont entamé une campa-gne pacifique sévèrement réprimée par l’armée nigériane, au service des multinationales du pétrole, qui a entraîné la mort de plus d’un millier de membres du groupe ethnique.

L’exploitation des combustibles fossiles, et en particulier du pétrole, entraîne, outre les dégâts environnementaux considérables, un coût extraordinaire pour la vie, les biens et les ressources de nombreuses minorités ethniques et communautés autochtones.

Cela provoque également d’innombrables violations des droits de l’homme, contribuant ainsi au maintien de régimes haineux qui prononcent souvent des condamnations à mort et, malheureusement, conduisent à l’exécution de peines.

10 novembre 2019

https://www.ecologistasenaccion.org/

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16 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

retraites 1 (npa)

pension

Retraites : Grand enjeu de l’acte II du quinquennat

Les déclarations de Macron et l’entrée de Jean-Paul Delevoye, Haut commissaire à la Réforme des retraites, au gouvernement, ne laissent aucun doute : la contre-réforme des retraites est la « grande affaire » de l’acte II du quinquennat. Inauguré par le laminage du Code du travail, cet Acte II doit se terminer par un « big bang » du système de retraites issu des conquêtes sociales de 1945.

Pour parvenir à ses fins, le pouvoir avait mis en place une mécanique bien huilée. Pendant des mois, Delevoye a fait traîner en longueur un pseudo « dialogue social » avec les confédérations syndicales. Le seul but était l’aménagement, à la marge, de son projet de « retraites par points » dont le principe n’était pas à négocier. L’irruption du mouvement des Gilets jaunes, où la question des retraites a été très présente, a transformé le climat social et contraint le pouvoir à modifier son calendrier. D’abord reporté après les élections européennes de 2019, le vote du projet de loi sur les retraites n’est envisagé maintenant que pour 2020, probablement après les élections municipales.

Fébrilité du pouvoir

Si Macron n’a rien changé à ses objectifs, il prétend changer de méthode avec l’ouverture d’une nouvelle phase de « concertation » avec les syndicats et le retour du « grand débat » ouvrant une « consultation citoyenne » de plusieurs mois. L’instauration d’un « âge pivot » à 64 ans pour une retraite complète est remis en discussion. Tout cela témoigne de flottements et d’une certaine fébrilité du pouvoir qui garde en mémoire les grands mouvements sociaux de 1995, 2003 et 2010. Pour lui la partie est loin d’être gagnée.

L’immense colère sociale et la volonté d’en finir avec « Macron et son monde » subsistent et rendent possible une mobilisation pour le retrait du projet. La défense du droit à la retraite peut, comme par le passé, rassembler salariéEs, jeunes et retraitéEs. Elle peut être le point de convergence entre le mouvement ouvrier (syndicats, partis) et des formes nouvelles de mobilisations et d’organisation, en particulier le mouvement des Gilets jaunes.

Ne pas perdre de temps

Mais pour notre camp social, la partie aussi est loin d’être gagnée. Le mouvement syndical est divisé, CFDT, UNSA, CFTC se sont précipitées sur les « ouvertures » de Macron, alors que l’essentiel des syndicats opposés (CGT, FO, FSU) appellent à des mobilisations dispersées tout en poursuivant le dialogue social.

Le pire serait de tomber dans le piège tendu par l’exécutif : croire qu’il y a du temps. C’est maintenant qu’il faut agir, construire l’unité de toutes celles et ceux qui veulent le retrait du projet.

Dans ce but, engageons dès aujourd’hui, dans les villes, les quartiers, les entreprises, la construction de structures unitaires rassemblant celles et ceux prêts à se battre pour le retrait du projet Macron-Delevoye. Le but de ces collectifs sera de mener le débat et de convaincre face à la propagande de l’exécutif, de préparer dans l’unité, la mobilisation, tout en discutant des alternatives à opposer à la contre-réforme. Il n’est pas temps d’attendre !

Dossier coordonné par la commission nationale santé-sécu-social du NPA

https://npa2009.org/

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22 août 2019 ~ 0 Commentaire

retraites (cgt)

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10 août 2019 ~ 0 Commentaire

rébellion (à l’encontre)

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Quel genre de rébellion sauvera l’humanité de l’extinction?

Depuis au moins le milieu des années 1990, les gouvernements sont au courant des effets potentiellement dévastateurs des changements climatiques d’origine humaine. Mais dans la plupart des cas, soit ils l’ont contesté et nié, soit ils ont fait semblant d’agir.

En dépit de preuves accablantes que le monde a déjà dépassé certains points de basculement, déclenchant des changements climatiques importants et imprévisibles, pourquoi les gouvernements refusent-ils toujours d’agir à l’échelle et au rythme requis?

Pourquoi certains nient-ils encore qu’il y a une urgence climatique? Pourquoi, malgré les progrès technologiques qui nous permettent d’envoyer des gens sur la Lune et des robots sur Mars, y a-t-il tant de gouvernements qui refusent d’agir?

Pour répondre à ces questions, il faut comprendre comment l’ère des combustibles fossiles est liée au capitalisme et au pouvoir de classe. Avec le temps qui passe, les militant·e·s du climat doivent s’interroger sur la manière dont nous en sommes arrivés à ce stade et définir les prochaines étapes.

Nous devons également comprendre le pouvoir qu’un grand nombre de personnes organisées, ont pour forcer le changement. Défier le capitalisme des combustibles fossiles est devenu une lutte pour la survie.

La science établie

Le changement climatique a été établi par le premier Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en 1995. Il a mis en garde contre les conséquences possibles d’une augmentation sans cesse croissante du dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre plus puissants.

Les dernières données du GIEC nous indiquent qu’il nous reste 11 ans pour changer fondamen-talement la donne et nous pouvons déjà constater les effets dévastateurs du changement clima-tique. Les températures extrêmes détruisent des régions et des espèces entières. Certaines îles n’existent plus.

Pourtant, les gouvernements des pays dits riches s’en tiennent à leur modèle de statu quo déclarant effectivement la guerre aux éco-systèmes terrestres. La rationalité, la science et notre capacité collective à tracer une autre voie sont contrecarrées par une puissante minorité.

Il est utile de résumer ce que la science nous dit

Le Programme international géosphère-biosphère (PIGB, initié en 1987) a averti dans les années 1990 que l’activité humaine ne perturbait pas seulement la Terre, mais qu’elle le faisait d’une manière plus vaste et plus fondamentale que ce que l’on pouvait imaginer.

En 2000, l’un chimiste a inventé le terme «Anthropocène» du grec anthropos, signifiant humain, pour indiquer que la Terre était passée de l’Holocène à une nouvelle époque. (L’Holocène est le temps écoulé depuis la fin de la dernière grande époque glaciaire, ou «ère glaciaire».)

Selon l’éco-socialiste Ian Angus, le PIGB a été le premier groupe de scientifiques à présenter une compréhension complète du cycle mondial du carbone et de sa relation avec le changement climatique. Dans un entretien sur son livre il a dit:

«Nous savons maintenant que pendant 800 000 ans, le dioxyde de carbone atmosphérique a varié à l’intérieur d’une plage strictement limitée, jamais inférieure à 180 ppm [parties par million] en période froide et jamais supérieure à 300 ppm en période chaude. «Pendant de très longues périodes, le dioxyde de carbone a circulé entre l’atmosphère et les océans, maintenant les températures de la Terre dans des limites étonnamment bien définies.

«Aujourd’hui, conséquence directe des combustibles fossiles, la concentration est supérieure à 410 ppm et elle augmente rapidement. L’activité humaine a perturbé un cycle naturel complexe qui a mis des millions d’années à évoluer, et cette perturbation modifie rapidement l’état de la planète.»

En 2007, Will Steffen, Paul J. Crutzen et John R. McNeill ont prévenu que la Terre s’était récemment éloignée de la variabilité naturelle observée depuis au moins un demi-million d’années. Ils ont posé la question clé:

« Elaborer une stratégie universellement acceptée pour assurer la durabilité de la vie sur Terre contre les stress d’origine humaine est l’un des plus grands changements pour la recherche et les politiques auxquels l’humanité n’ait jamais été confrontée. L’humanité peut-elle relever ce défi?»

Ils ont également noté, avec un certain pessimisme:

«Dans la plupart des régions du monde, la demande de combustibles fossiles dépasse le désir de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre. Environ 60 % des écosys-tèmes sont déjà dégradés et continueront de l’être à moins de changements sociétaux importants, en termes de valeurs et de gestion.

Le GIEC a lancé un avertissement dans son rapport d’octobre 2018. Ils dit que les scientifiques ont sous-estimé l’impact du réchauffement et que le monde n’avait que 12 ans pour plafonner l’augmentation de température à 1,5 °C.

«Les émissions mondiales nettes de dioxyde de carbone devraient diminuer d’environ 45 % par rapport aux niveaux de 2010 d’ici 2030, pour atteindre un “zéro” autour de 2050», «chaque élément supplémentaire de réchauffement compte, surtout depuis le réchauffement de 1,5°C et augmente le risque de changements durables ou irréversibles».

Le rapport fait état de plusieurs tendances alarmantes: les émissions mondiales de gaz à effet de serre ne montrent aucun signe d’avoir atteint un pic; les émissions mondiales de dioxyde de carbone provenant de l’énergie et de l’industrie augmenteront en 2017; de nombreux pays ne sont pas en voie d’atteindre leurs objectifs pour 2030.

Gouvernements et combustibles fossiles

Ces données sont disponibles depuis des décennies, pourquoi davantage d’informations convaincraient-elles les gouvernements d’agir? Cette question est au cœur du débat sur la stratégie qui se déroule dans le monde entier. C’est un défi aux anticapitalistes pour qu’ils s’identifient à la fois au mouvement tout en cherchant aussi à gagner les gens à l’idée que les solutions anticapitalistes sont la seule chance que nous avons de sauver le climat.

La science est de notre côté. Mais la science ne suffit pas.

Nous sommes «dans une lutte, pas dans un discours» et «comme la plupart des luttes, il s’agit de pouvoir et d’argent. Un autre livre ou un un autre congrès sont peu susceptibles de déplacer l’aiguille.» L’urgence nous oblige à «aller au-delà de l’éducation pour aller vers la confrontation… Nous ne gagnerons peut-être pas, mais nous rendrons la vie plus difficile à l’industrie.»

En Australie l’industrie des combustibles fossiles a ses représentants au Parlement fédéral et dans les parlements des Etats. En 2017, le ministre des Finances de l’époque et actuel premier ministre Scott Morrison est allé jusqu’à apporter un morceau de charbon au Parlement pour montrer l’allégeance de son parti envers les sociétés de combustibles fossiles. C’était un moment qui donnait à réfléchir.

Partout dans le monde, le lobby des combustibles fossiles est l’un des plus puissants et des mieux organisés. Les médias estiment que les dons des entreprises de combustibles fossiles aux principaux partis australiens ont augmenté de 32 % par rapport à 2017-2018: 1,2 millions dollars (australiens) au Parti Travailliste et aussi au Parti libéral et au Parti national.

Woodside (pétrole et gaz), Santos (pétrole et gaz), Chevron et les autres ne sont pas des philan-thropes: ils s’attendent et obtiennent des politiques profitables pour leur argent. Ces sociétés d’énergie fossile ne sont pas seulement grandes et puissantes; elles sont profondément liées à des banques et des institutions financières géantes, à l’industrie de l’armement….

En Australie, cette alliance d’intérêts inclut une si grande partie de l’élite que les gouvernements  ont encouragé l’expansion des combustibles fossiles, malgré toutes les preuves que c’est totalement irresponsable.

Les gouvernements de coalition [Parti libéral et Parti national] et les gouvernements travaillistes ont encouragé les exportations de charbon et ont ouvert la voie à l’Australie, devançant le Qatar dans la production de gaz naturel liquéfié. Ils ont accordé aux compagnies d’essence des allégements fiscaux scandaleux dépassant les dépenses annuelles du gouvernement en matière d’éducation, ceci pour les aider à atteindre cet objectif sordide.

Tout gouvernement qui remettra en question cette orientation sera forcé de s’attaquer à cette puissante alliance – et avec elle, au système capitaliste lui-même.

Stratégie anticapitaliste

Par le passé, les militant·e·s du climat s’éloignaient de cette conclusion. Mais c’est en train de changer. Les militants du mouvement mondial de la Grève scolaire 4 Climat ont adopté le slogan «Changez le système, pas le climat». Beaucoup de membres du mouvement de la Extinction Rebellion (XR) sont d’accord, même si le mouvement n’inclut pas le changement de système dans sa plate-forme.

Il y a aussi des militant·e·s Verts qui pensent la même chose, même si le programme du parti ne le reflète pas encore. Mais ce sentiment s’est-il développé au-delà d’une prise de conscience croissante des intérêts puissants auxquels le mouvement climatique s’affronte et des slogans «changer le système» sur les pancartes?

Existe-t-il une stratégie émergente qui soit à la hauteur de ce défi et qui ait fait l’objet d’un consensus important dans le mouvement? Non. Mais le mouvement cherche des tactiques qui pourraient faire partie d’une stratégie anticapitaliste efficace. Le mouvement étudiant de grève pour le climat tend la main – avec de plus en plus de succès – aux travailleurs et aux syndicats pour se joindre à la prochaine grève mondiale pour le climat le 20 septembre.

Tout comme il existe une alliance toxique d’intérêts capitalistes bloquant une réponse adéquate du gouvernement à l’urgence climatique, au cœur de toute stratégie anticapitaliste doit se trouver la construction d’une contre-alliance efficace. Les capitalistes ont leur richesse et leur pouvoir, mais en fin de compte, ils ne peuvent rien faire si les salarié·e·s refusent de travailler pour eux.

Il y aura des défis politiques à relever pour obtenir l’adhésion des syndicats. Les directions de la plupart des syndicats ont la même perspective pro-capitaliste que les politiciens travaillistes. Beaucoup soutiennent la mine de charbon d’Adani [visant à exporter du charbon australien en Inde ; le conglomérat indien Adani a acheté le port australien d’Abbot Point], entre autres, parce qu’elle est censée créer des emplois. Ils soutiennent également l’expansion gazière de l’Australie pour la même raison.

Le mouvement doit faire valoir que la société ne doit pas être prise en otage par les intérêts des entreprises à but lucratif et que nos principales ressources doivent être remises sous propriété et contrôle collectifs. L’urgence de la crise climatique incitera de plus en plus d’activistes à une action «radicale» car «le temps presse».

La tactique de base de XR est la désobéissance civile de masse et l’espoir que de telles actions forceront les gouvernements à s’asseoir à la table des négociations. Or la classe dirigeante, même dans le pays capitaliste le plus démocratique, utilisera la force de sa police et de ses autres forces armées pour protéger ses intérêts.

Il apprendra que le véritable pouvoir de la désobéissance civile de masse n’est pas son pouvoir de choquer les puissants pour qu’ils écoutent le mouvement, mais plutôt son potentiel d’attirer dans l’action les masses de gens sur lesquels les puissants comptent pour faire tourner les entreprises.

Le professeur de sociologie américain John Bellamy Foster dit que le Green New Deal proposé par la représentante démocrate étatsunienne Alexandria Ocasio-Cortez a de la valeur, mais seulement si c’est «le point d’entrée vers un changement plus large et éco-révolutionnaire…».

Bellamy Foster a expliqué: «Nous devons aller à l’encontre de la logique du système, même lorsque nous y vivons. Il n’y a pas que des solutions technologiques au problème climatique, mais des innovations technologiques sont nécessaires.

«A long terme, nous devons avoir une révolution écologique et sociale complète, transcendant les relations de production capitalistes existantes. Nous devons atteindre l’objectif de zéro émission nette de carbone à l’échelle mondiale d’ici 2050, et tant que nous nous engageons à poursuivre la logique du profit avant les besoins des gens et de la planète, il est impossible d’y parvenir.»

Pour une planète habitable, nous devons réduire les émissions mondiales de carbone de 3% par an. Toute solution viable implique une incursion majeure dans les droits de propriété de la classe capitaliste. En d’autres termes, l’urgence même de l’analyse exclut les «solutions de marché» dans un système qui a créé cette crise.

Hebdomadaire australien, Green Left Weekly, le 2 août 2019; traduction A l’Encontre

Alencontre 10 août 2019 Pip Hinman
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31 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

soviets 3 ( a et r)

1917
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Octobre : « Tout le pouvoir aux soviets ! »

Un parti pour la révolution 
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Lénine rentra en avril 1917 à Petrograd et remit en cause l’orientation attentiste de la majorité des bolcheviks. Il publia ses « Thèses d’avril » dans lesquelles il exposait quelques idées : le nouveau pouvoir était un pouvoir bourgeois, la guerre qui se poursuivait était toujours une guerre impérialiste, il n’allait pas être possible d’y mettre fin sans mettre fin au capitalisme. La perspec-tive devait être la prise totale du pouvoir par les soviets. Ce qui nécessitait leur armement.
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La dictature du prolétariat signifiait la prise du pouvoir par la majorité de celui-ci, non par sa fraction la plus radicale. Elle ne venait donc pas d’un coup d’État. Et elle signifiait que celui-ci ne fût plus sous l’influence de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, comme l’étaient les mencheviks et les socialistes révolutionnaires, alors majoritaires.
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Il fallait donc s’atteler à convaincre dans les soviets, les usines, les casernes, qu’il était temps de prendre le pouvoir en toute indépendance de classe. C’était le rôle d’un parti révolutionnaire que de trouver les arguments, prendre les initiatives et trouver le moment où la majorité des masses allait être prête à le faire.
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Et de fait, les perspectives des bolcheviks prirent le pas petit à petit dans les soviets sur celles des conciliateurs. Les revendications essentielles et urgentes, la paix, la distribution des terres aux paysans, le pouvoir ouvrier dans les usines, apparurent comme uniquement possible avec un gouvernement soviétique.
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Le Parti bolchevik s’était déjà réarmé et avait formé sa garde rouge depuis le mois d’avril. Les mencheviks s’opposèrent à ce que les soviets fissent de même. En juin, cependant, le congrès panrusse accepta l’armement de 10 % des ouvriers. Si le comité exécutif ne mit pas en pratique cette résolution (au contraire, il envisagea de désarmer les bolcheviks), les milices ouvrières virent le jour.
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La progression des bolcheviks 
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En juin, environ 20 millions de prolétaires participèrent à l’élection du congrès panrusse des soviets. Les bolcheviks obtinrent moins de 20 % des votes. On dénotait même, comme nous l’avons vu, une certaine hostilité vis-à-vis de ses mots d’ordre anti-guerre. Mais dans le même temps, la progression fut très rapide dans les syndicats, les militants bolcheviks se montrant toujours à la pointe des grèves. Et dans les usines, les mots d’ordre révolutionnaires connurent un succès encore plus rapide, jusqu’à surprendre les bolcheviks eux-mêmes.
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En juillet, des manifestations quasi insurrectionnelles dépassèrent « sur la gauche » les comités d’usines, les syndicats et les soviets… Le Parti bolchevik constata cependant que les conditions n’étaient pas prêtes et, s’il accompagna les manifestations, il en organisa aussi le repli face à la répression.
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En août, le général Kornilov, commandant en chef de l’armée russe, menaça de faire un coup d’État, craignant que le gouvernement ne fût aux mains des bolcheviks. Ce furent alors les milices ouvrières et la Garde Rouge qui apparurent comme les seules forces en mesure de l’empêcher. Si la tentative n’alla pas jusqu’au bout, elle montra clairement qu’il ne fallait plus attendre qu’un gouvernement autoritaire mette fin par les armes à l’existence des soviets.
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En septembre, Lénine estima que le temps était venu de mettre l’insurrection à l’ordre du jour. Lorsque les bolcheviks prirent la majorité dans le soviet de Petrograd, ainsi que dans d’autres lieux clés, le rythme de la révolution s’accéléra.
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La Révolution d’Octobre
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Le 25 octobre 1917, à la veille du nouveau congrès panrusse, les forces armées du soviet de Petrograd occupèrent les édifices publics, prirent le contrôle des moyens de communication, puis arrêtèrent le gouvernement provisoire sans effusion de sang. Ce fut la fin de la dualité des pouvoirs. Pour la première fois de l’histoire, à l’échelle de tout un pays, la classe des exploités et des opprimés exerçait sa dictature.
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Cette prise du pouvoir ne fut pas le fait de la spontanéité des masses. La formation d’un parti, d’une direction révolutionnaire y avait été indispensable. Mais cette direction n’aurait pas eu l’audace de prendre l’initiative sans être poussée par des masses débordant leurs propres directions. Cette prise du pouvoir ne fut pas celle de l’unanimité des soviets et des prolétaires. Mais elle répondit aux revendications portées par leur large majorité.
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La fin de la dualité du pouvoir était inéluctable. Mais sans une direction prête à prendre l’initiative au bon moment, elle aurait pu se régler par l’écrasement des soviets.
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Comme l’écrivit Lénine: «Il ne fait aucun doute que cet “enchevêtrement” ne peut durer longtemps. Il ne saurait exister deux pouvoirs dans un État. L’un des deux doit disparaître, et d’ores et déjà toute la bourgeoisie russe s’attache de toutes ses forces, par tous les moyens et en tous lieux, à éliminer et à affaiblir, à réduire à néant les soviets des députés soldats et ouvriers, à assurer le pouvoir unique de la bourgeoisie » (avril-mai 1917).
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Nés de l’expérience, de l’innovation des luttes, les soviets devinrent bien plus que de simples assemblées ou comités de grèves. Ils furent l’outil qui permit la prise du contrôle de toute la société, de l’instrument de production aux moyens de communication, des réglementations locales aux lois nationales.
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Autant de bases à l’instauration d’une société communiste, démocratique et égalitaire, qu’un gouvernement dans le cadre de l’État bourgeois, ne s’appuyant donc pas sur l’auto-activité permanente des masses, ne pourra jamais mettre en place.
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La période de dualité entre le pouvoir capitaliste et le pouvoir ouvrier ne peut être que provisoire. Elle s’achève nécessairement par la victoire de l’un ou de l’autre. C’est la leçon que les militantes et militants révolutionnaires ne doivent jamais perdre de vue, même dans l’accumulation quotidienne de petites expériences militantes.
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Jean-Baptiste Pelé
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Commentaire:
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Anticapitalisme & Révolution est un courant du NPA.

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