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22 août 2019 ~ 0 Commentaire

retraites (cgt)

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10 août 2019 ~ 0 Commentaire

rébellion (à l’encontre)

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Quel genre de rébellion sauvera l’humanité de l’extinction?

Depuis au moins le milieu des années 1990, les gouvernements sont au courant des effets potentiellement dévastateurs des changements climatiques d’origine humaine. Mais dans la plupart des cas, soit ils l’ont contesté et nié, soit ils ont fait semblant d’agir.

En dépit de preuves accablantes que le monde a déjà dépassé certains points de basculement, déclenchant des changements climatiques importants et imprévisibles, pourquoi les gouvernements refusent-ils toujours d’agir à l’échelle et au rythme requis?

Pourquoi certains nient-ils encore qu’il y a une urgence climatique? Pourquoi, malgré les progrès technologiques qui nous permettent d’envoyer des gens sur la Lune et des robots sur Mars, y a-t-il tant de gouvernements qui refusent d’agir?

Pour répondre à ces questions, il faut comprendre comment l’ère des combustibles fossiles est liée au capitalisme et au pouvoir de classe. Avec le temps qui passe, les militant·e·s du climat doivent s’interroger sur la manière dont nous en sommes arrivés à ce stade et définir les prochaines étapes.

Nous devons également comprendre le pouvoir qu’un grand nombre de personnes organisées, ont pour forcer le changement. Défier le capitalisme des combustibles fossiles est devenu une lutte pour la survie.

La science établie

Le changement climatique a été établi par le premier Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en 1995. Il a mis en garde contre les conséquences possibles d’une augmentation sans cesse croissante du dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre plus puissants.

Les dernières données du GIEC nous indiquent qu’il nous reste 11 ans pour changer fondamen-talement la donne et nous pouvons déjà constater les effets dévastateurs du changement clima-tique. Les températures extrêmes détruisent des régions et des espèces entières. Certaines îles n’existent plus.

Pourtant, les gouvernements des pays dits riches s’en tiennent à leur modèle de statu quo déclarant effectivement la guerre aux éco-systèmes terrestres. La rationalité, la science et notre capacité collective à tracer une autre voie sont contrecarrées par une puissante minorité.

Il est utile de résumer ce que la science nous dit

Le Programme international géosphère-biosphère (PIGB, initié en 1987) a averti dans les années 1990 que l’activité humaine ne perturbait pas seulement la Terre, mais qu’elle le faisait d’une manière plus vaste et plus fondamentale que ce que l’on pouvait imaginer.

En 2000, l’un chimiste a inventé le terme «Anthropocène» du grec anthropos, signifiant humain, pour indiquer que la Terre était passée de l’Holocène à une nouvelle époque. (L’Holocène est le temps écoulé depuis la fin de la dernière grande époque glaciaire, ou «ère glaciaire».)

Selon l’éco-socialiste Ian Angus, le PIGB a été le premier groupe de scientifiques à présenter une compréhension complète du cycle mondial du carbone et de sa relation avec le changement climatique. Dans un entretien sur son livre il a dit:

«Nous savons maintenant que pendant 800 000 ans, le dioxyde de carbone atmosphérique a varié à l’intérieur d’une plage strictement limitée, jamais inférieure à 180 ppm [parties par million] en période froide et jamais supérieure à 300 ppm en période chaude. «Pendant de très longues périodes, le dioxyde de carbone a circulé entre l’atmosphère et les océans, maintenant les températures de la Terre dans des limites étonnamment bien définies.

«Aujourd’hui, conséquence directe des combustibles fossiles, la concentration est supérieure à 410 ppm et elle augmente rapidement. L’activité humaine a perturbé un cycle naturel complexe qui a mis des millions d’années à évoluer, et cette perturbation modifie rapidement l’état de la planète.»

En 2007, Will Steffen, Paul J. Crutzen et John R. McNeill ont prévenu que la Terre s’était récemment éloignée de la variabilité naturelle observée depuis au moins un demi-million d’années. Ils ont posé la question clé:

« Elaborer une stratégie universellement acceptée pour assurer la durabilité de la vie sur Terre contre les stress d’origine humaine est l’un des plus grands changements pour la recherche et les politiques auxquels l’humanité n’ait jamais été confrontée. L’humanité peut-elle relever ce défi?»

Ils ont également noté, avec un certain pessimisme:

«Dans la plupart des régions du monde, la demande de combustibles fossiles dépasse le désir de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre. Environ 60 % des écosys-tèmes sont déjà dégradés et continueront de l’être à moins de changements sociétaux importants, en termes de valeurs et de gestion.

Le GIEC a lancé un avertissement dans son rapport d’octobre 2018. Ils dit que les scientifiques ont sous-estimé l’impact du réchauffement et que le monde n’avait que 12 ans pour plafonner l’augmentation de température à 1,5 °C.

«Les émissions mondiales nettes de dioxyde de carbone devraient diminuer d’environ 45 % par rapport aux niveaux de 2010 d’ici 2030, pour atteindre un “zéro” autour de 2050», «chaque élément supplémentaire de réchauffement compte, surtout depuis le réchauffement de 1,5°C et augmente le risque de changements durables ou irréversibles».

Le rapport fait état de plusieurs tendances alarmantes: les émissions mondiales de gaz à effet de serre ne montrent aucun signe d’avoir atteint un pic; les émissions mondiales de dioxyde de carbone provenant de l’énergie et de l’industrie augmenteront en 2017; de nombreux pays ne sont pas en voie d’atteindre leurs objectifs pour 2030.

Gouvernements et combustibles fossiles

Ces données sont disponibles depuis des décennies, pourquoi davantage d’informations convaincraient-elles les gouvernements d’agir? Cette question est au cœur du débat sur la stratégie qui se déroule dans le monde entier. C’est un défi aux anticapitalistes pour qu’ils s’identifient à la fois au mouvement tout en cherchant aussi à gagner les gens à l’idée que les solutions anticapitalistes sont la seule chance que nous avons de sauver le climat.

La science est de notre côté. Mais la science ne suffit pas.

Nous sommes «dans une lutte, pas dans un discours» et «comme la plupart des luttes, il s’agit de pouvoir et d’argent. Un autre livre ou un un autre congrès sont peu susceptibles de déplacer l’aiguille.» L’urgence nous oblige à «aller au-delà de l’éducation pour aller vers la confrontation… Nous ne gagnerons peut-être pas, mais nous rendrons la vie plus difficile à l’industrie.»

En Australie l’industrie des combustibles fossiles a ses représentants au Parlement fédéral et dans les parlements des Etats. En 2017, le ministre des Finances de l’époque et actuel premier ministre Scott Morrison est allé jusqu’à apporter un morceau de charbon au Parlement pour montrer l’allégeance de son parti envers les sociétés de combustibles fossiles. C’était un moment qui donnait à réfléchir.

Partout dans le monde, le lobby des combustibles fossiles est l’un des plus puissants et des mieux organisés. Les médias estiment que les dons des entreprises de combustibles fossiles aux principaux partis australiens ont augmenté de 32 % par rapport à 2017-2018: 1,2 millions dollars (australiens) au Parti Travailliste et aussi au Parti libéral et au Parti national.

Woodside (pétrole et gaz), Santos (pétrole et gaz), Chevron et les autres ne sont pas des philan-thropes: ils s’attendent et obtiennent des politiques profitables pour leur argent. Ces sociétés d’énergie fossile ne sont pas seulement grandes et puissantes; elles sont profondément liées à des banques et des institutions financières géantes, à l’industrie de l’armement….

En Australie, cette alliance d’intérêts inclut une si grande partie de l’élite que les gouvernements  ont encouragé l’expansion des combustibles fossiles, malgré toutes les preuves que c’est totalement irresponsable.

Les gouvernements de coalition [Parti libéral et Parti national] et les gouvernements travaillistes ont encouragé les exportations de charbon et ont ouvert la voie à l’Australie, devançant le Qatar dans la production de gaz naturel liquéfié. Ils ont accordé aux compagnies d’essence des allégements fiscaux scandaleux dépassant les dépenses annuelles du gouvernement en matière d’éducation, ceci pour les aider à atteindre cet objectif sordide.

Tout gouvernement qui remettra en question cette orientation sera forcé de s’attaquer à cette puissante alliance – et avec elle, au système capitaliste lui-même.

Stratégie anticapitaliste

Par le passé, les militant·e·s du climat s’éloignaient de cette conclusion. Mais c’est en train de changer. Les militants du mouvement mondial de la Grève scolaire 4 Climat ont adopté le slogan «Changez le système, pas le climat». Beaucoup de membres du mouvement de la Extinction Rebellion (XR) sont d’accord, même si le mouvement n’inclut pas le changement de système dans sa plate-forme.

Il y a aussi des militant·e·s Verts qui pensent la même chose, même si le programme du parti ne le reflète pas encore. Mais ce sentiment s’est-il développé au-delà d’une prise de conscience croissante des intérêts puissants auxquels le mouvement climatique s’affronte et des slogans «changer le système» sur les pancartes?

Existe-t-il une stratégie émergente qui soit à la hauteur de ce défi et qui ait fait l’objet d’un consensus important dans le mouvement? Non. Mais le mouvement cherche des tactiques qui pourraient faire partie d’une stratégie anticapitaliste efficace. Le mouvement étudiant de grève pour le climat tend la main – avec de plus en plus de succès – aux travailleurs et aux syndicats pour se joindre à la prochaine grève mondiale pour le climat le 20 septembre.

Tout comme il existe une alliance toxique d’intérêts capitalistes bloquant une réponse adéquate du gouvernement à l’urgence climatique, au cœur de toute stratégie anticapitaliste doit se trouver la construction d’une contre-alliance efficace. Les capitalistes ont leur richesse et leur pouvoir, mais en fin de compte, ils ne peuvent rien faire si les salarié·e·s refusent de travailler pour eux.

Il y aura des défis politiques à relever pour obtenir l’adhésion des syndicats. Les directions de la plupart des syndicats ont la même perspective pro-capitaliste que les politiciens travaillistes. Beaucoup soutiennent la mine de charbon d’Adani [visant à exporter du charbon australien en Inde ; le conglomérat indien Adani a acheté le port australien d’Abbot Point], entre autres, parce qu’elle est censée créer des emplois. Ils soutiennent également l’expansion gazière de l’Australie pour la même raison.

Le mouvement doit faire valoir que la société ne doit pas être prise en otage par les intérêts des entreprises à but lucratif et que nos principales ressources doivent être remises sous propriété et contrôle collectifs. L’urgence de la crise climatique incitera de plus en plus d’activistes à une action «radicale» car «le temps presse».

La tactique de base de XR est la désobéissance civile de masse et l’espoir que de telles actions forceront les gouvernements à s’asseoir à la table des négociations. Or la classe dirigeante, même dans le pays capitaliste le plus démocratique, utilisera la force de sa police et de ses autres forces armées pour protéger ses intérêts.

Il apprendra que le véritable pouvoir de la désobéissance civile de masse n’est pas son pouvoir de choquer les puissants pour qu’ils écoutent le mouvement, mais plutôt son potentiel d’attirer dans l’action les masses de gens sur lesquels les puissants comptent pour faire tourner les entreprises.

Le professeur de sociologie américain John Bellamy Foster dit que le Green New Deal proposé par la représentante démocrate étatsunienne Alexandria Ocasio-Cortez a de la valeur, mais seulement si c’est «le point d’entrée vers un changement plus large et éco-révolutionnaire…».

Bellamy Foster a expliqué: «Nous devons aller à l’encontre de la logique du système, même lorsque nous y vivons. Il n’y a pas que des solutions technologiques au problème climatique, mais des innovations technologiques sont nécessaires.

«A long terme, nous devons avoir une révolution écologique et sociale complète, transcendant les relations de production capitalistes existantes. Nous devons atteindre l’objectif de zéro émission nette de carbone à l’échelle mondiale d’ici 2050, et tant que nous nous engageons à poursuivre la logique du profit avant les besoins des gens et de la planète, il est impossible d’y parvenir.»

Pour une planète habitable, nous devons réduire les émissions mondiales de carbone de 3% par an. Toute solution viable implique une incursion majeure dans les droits de propriété de la classe capitaliste. En d’autres termes, l’urgence même de l’analyse exclut les «solutions de marché» dans un système qui a créé cette crise.

Hebdomadaire australien, Green Left Weekly, le 2 août 2019; traduction A l’Encontre

Alencontre 10 août 2019 Pip Hinman
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31 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

soviets 3 ( a et r)

1917
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Octobre : « Tout le pouvoir aux soviets ! »

Un parti pour la révolution 
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Lénine rentra en avril 1917 à Petrograd et remit en cause l’orientation attentiste de la majorité des bolcheviks. Il publia ses « Thèses d’avril » dans lesquelles il exposait quelques idées : le nouveau pouvoir était un pouvoir bourgeois, la guerre qui se poursuivait était toujours une guerre impérialiste, il n’allait pas être possible d’y mettre fin sans mettre fin au capitalisme. La perspec-tive devait être la prise totale du pouvoir par les soviets. Ce qui nécessitait leur armement.
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La dictature du prolétariat signifiait la prise du pouvoir par la majorité de celui-ci, non par sa fraction la plus radicale. Elle ne venait donc pas d’un coup d’État. Et elle signifiait que celui-ci ne fût plus sous l’influence de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, comme l’étaient les mencheviks et les socialistes révolutionnaires, alors majoritaires.
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Il fallait donc s’atteler à convaincre dans les soviets, les usines, les casernes, qu’il était temps de prendre le pouvoir en toute indépendance de classe. C’était le rôle d’un parti révolutionnaire que de trouver les arguments, prendre les initiatives et trouver le moment où la majorité des masses allait être prête à le faire.
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Et de fait, les perspectives des bolcheviks prirent le pas petit à petit dans les soviets sur celles des conciliateurs. Les revendications essentielles et urgentes, la paix, la distribution des terres aux paysans, le pouvoir ouvrier dans les usines, apparurent comme uniquement possible avec un gouvernement soviétique.
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Le Parti bolchevik s’était déjà réarmé et avait formé sa garde rouge depuis le mois d’avril. Les mencheviks s’opposèrent à ce que les soviets fissent de même. En juin, cependant, le congrès panrusse accepta l’armement de 10 % des ouvriers. Si le comité exécutif ne mit pas en pratique cette résolution (au contraire, il envisagea de désarmer les bolcheviks), les milices ouvrières virent le jour.
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La progression des bolcheviks 
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En juin, environ 20 millions de prolétaires participèrent à l’élection du congrès panrusse des soviets. Les bolcheviks obtinrent moins de 20 % des votes. On dénotait même, comme nous l’avons vu, une certaine hostilité vis-à-vis de ses mots d’ordre anti-guerre. Mais dans le même temps, la progression fut très rapide dans les syndicats, les militants bolcheviks se montrant toujours à la pointe des grèves. Et dans les usines, les mots d’ordre révolutionnaires connurent un succès encore plus rapide, jusqu’à surprendre les bolcheviks eux-mêmes.
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En juillet, des manifestations quasi insurrectionnelles dépassèrent « sur la gauche » les comités d’usines, les syndicats et les soviets… Le Parti bolchevik constata cependant que les conditions n’étaient pas prêtes et, s’il accompagna les manifestations, il en organisa aussi le repli face à la répression.
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En août, le général Kornilov, commandant en chef de l’armée russe, menaça de faire un coup d’État, craignant que le gouvernement ne fût aux mains des bolcheviks. Ce furent alors les milices ouvrières et la Garde Rouge qui apparurent comme les seules forces en mesure de l’empêcher. Si la tentative n’alla pas jusqu’au bout, elle montra clairement qu’il ne fallait plus attendre qu’un gouvernement autoritaire mette fin par les armes à l’existence des soviets.
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En septembre, Lénine estima que le temps était venu de mettre l’insurrection à l’ordre du jour. Lorsque les bolcheviks prirent la majorité dans le soviet de Petrograd, ainsi que dans d’autres lieux clés, le rythme de la révolution s’accéléra.
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La Révolution d’Octobre
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Le 25 octobre 1917, à la veille du nouveau congrès panrusse, les forces armées du soviet de Petrograd occupèrent les édifices publics, prirent le contrôle des moyens de communication, puis arrêtèrent le gouvernement provisoire sans effusion de sang. Ce fut la fin de la dualité des pouvoirs. Pour la première fois de l’histoire, à l’échelle de tout un pays, la classe des exploités et des opprimés exerçait sa dictature.
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Cette prise du pouvoir ne fut pas le fait de la spontanéité des masses. La formation d’un parti, d’une direction révolutionnaire y avait été indispensable. Mais cette direction n’aurait pas eu l’audace de prendre l’initiative sans être poussée par des masses débordant leurs propres directions. Cette prise du pouvoir ne fut pas celle de l’unanimité des soviets et des prolétaires. Mais elle répondit aux revendications portées par leur large majorité.
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La fin de la dualité du pouvoir était inéluctable. Mais sans une direction prête à prendre l’initiative au bon moment, elle aurait pu se régler par l’écrasement des soviets.
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Comme l’écrivit Lénine: «Il ne fait aucun doute que cet “enchevêtrement” ne peut durer longtemps. Il ne saurait exister deux pouvoirs dans un État. L’un des deux doit disparaître, et d’ores et déjà toute la bourgeoisie russe s’attache de toutes ses forces, par tous les moyens et en tous lieux, à éliminer et à affaiblir, à réduire à néant les soviets des députés soldats et ouvriers, à assurer le pouvoir unique de la bourgeoisie » (avril-mai 1917).
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Nés de l’expérience, de l’innovation des luttes, les soviets devinrent bien plus que de simples assemblées ou comités de grèves. Ils furent l’outil qui permit la prise du contrôle de toute la société, de l’instrument de production aux moyens de communication, des réglementations locales aux lois nationales.
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Autant de bases à l’instauration d’une société communiste, démocratique et égalitaire, qu’un gouvernement dans le cadre de l’État bourgeois, ne s’appuyant donc pas sur l’auto-activité permanente des masses, ne pourra jamais mettre en place.
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La période de dualité entre le pouvoir capitaliste et le pouvoir ouvrier ne peut être que provisoire. Elle s’achève nécessairement par la victoire de l’un ou de l’autre. C’est la leçon que les militantes et militants révolutionnaires ne doivent jamais perdre de vue, même dans l’accumulation quotidienne de petites expériences militantes.
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Jean-Baptiste Pelé
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Commentaire:
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Anticapitalisme & Révolution est un courant du NPA.

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11 juin 2019 ~ 0 Commentaire

débarquement 2 (internationalisme)

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Les vérités que la bourgeoisie veut cacher

Les soldats qui ont débarqué le 6 juin 1944 et les jours suivants sont présentés comme les soldats de la “liberté” et de la “civilisation”.

C’est ce qu’on leur avait dit avant le Débarquement pour les convaincre de donner leur vie ; c’est ce qu’on a dit aux mères de tous ceux que la mort a frappés au sortir de l’enfance ; c’est ce qu’ont déclaré une nouvelle fois les politiciens qui, en nombre, ont fait le déplacement sur les plages normandes le 6 juin 2004, les Bush, Blair, Poutine, Schröder, Chirac…

Et les commentateurs de rajouter : “Où en serions-nous si ces soldats n’avaient pas fait ces terribles sacrifices ? Nous serions encore sous la botte du nazisme !” Tout est dit : cette boucherie, aussi effroyable qu’elle fut, était un “mal nécessaire” pour “sauver la civilisation et la démocratie”. Face à ces mensonges, qui sont partagés unanimement par tous les ennemis d’hier (le chancelier allemand avait été invité aux cérémonies) et que reprennent pratiquement toutes les forces politiques, de la droite la plus réactionnaire aux trotskistes, il est indispensable de réaffirmer quelques vérités élémentaires.

La première vérité à affirmer, c’est qu’il n’y avait pas dans la Seconde Guerre mondiale un “camp de la démocratie” contre un “camp du totalitarisme”, à moins de continuer à considérer que Staline était un grand champion de la démocratie.

Les véritables communistes, pour leur part, dénonçaient depuis des années le régime stalinien, fossoyeur de la révolution d’Octobre 1917 et fer de lance de la contre-révolution mondiale. En réalité, il y avait dans la Seconde Guerre mondiale, tout comme dans la Première, deux camps impérialistes qui se disputaient les marchés, les matières premières et les zones d’influence du monde.

Et si l’Allemagne, comme lors de la Première Guerre mondiale, apparaissait comme la puissance agressive, “celle par qui la guerre arrive”, c’est tout simplement parce qu’elle avait été la plus mal lotie dans le partage du gâteau impérialiste à la suite du traité de Versailles concluant la première boucherie impérialiste, un traité qui avait aggravé encore à son détriment le partage qui lui était déjà défavorable avant 1914 du fait du retard avec lequel elle était arrivée sur la scène impérialiste (des petits pays comme la Hollande ou la Belgique avaient un empire colonial plus vaste que celui de l’Allemagne).

La deuxième vérité est celle-ci : malgré tous les discours sur “la défense de la civilisation”, ce n’est pas cette dernière qui préoccupait les dirigeants Alliés qui ont pu faire preuve, à l’occasion, d’une barbarie tout à fait comparable à celle des pays de l’Axe. Et nous ne parlons pas seulement du Goulag stalinien qui valait bien les camps nazis. Les pays “démocratiques” se sont également illustrés dans ce domaine.

Nous n’allons pas ici passer en revue l’ensemble des crimes et actes de barbarie commis par les valeureux “défenseurs de la civilisation”. (2) Il nous suffit de rappeler qu’avant la Seconde Guerre mondiale, et même avant l’arrivée des nazis au pouvoir, ces pays avaient “exporté” leur “civilisation” vers les colonies non seulement par le goupillon mais aussi, et surtout par le sabre, les canonnières et les mitrailleuses, sans compter les gaz asphyxiants et la torture.

Quant aux preuves indiscutables de “civilisation” dont les Alliés ont fait preuve aux cours de la Seconde Guerre mondiale, rappelons quelques-uns de leurs hauts faits d’arme. Les premiers qui viennent à l’esprit, ce sont évidemment les bombardements de Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945 où fut employée pour la première et unique fois de l’histoire l’arme atomique tuant en une seconde près de cent-mille civils et plus de cent-mille autres au terme de mois et d’années de souffrance. Mais le terrible bilan de ces bombardements n’est sont pas seulement dû au fait qu’ils ont fait appel à une arme nouvelle, encore mal connue.

C’est avec des moyens totalement “classiques” que les fers de lance de la civilisation ont massacré des populations uniquement civiles :

– Bombardements de Hambourg en juillet 1943 : 50 000 morts ;

– Bombardement de Tokyo en mars 1945 : 80 000 morts ;

– Bombardement de Dresde les 13 et 14 février 1945 : 35 000 morts.

Ce dernier bombardement est particulièrement significatif. À Dresde il n’y avait ni concentration militaire, ni objectif économique ou industriel. Il y avait surtout des réfugiés venant des autres villes qui avaient déjà été rasées. En outre, la guerre était déjà gagnée par les Alliés.

Mais pour ces derniers il fallait provoquer la terreur dans la population allemande, et particulièrement parmi les ouvriers, afin qu’il ne leur prenne pas l’idée de recommencer ce qu’ils avaient fait à la fin de la Première Guerre mondiale : des combats révolutionnaires en vue de renverser le capitalisme.

En réalité, la victoire de la “démocratie” et de la “civilisation” lors de la Seconde Guerre mondiale n’a aucunement mis fin à la barbarie du monde capitaliste. Depuis 1945, il y a eu autant de victimes de la guerre qu’au cours des deux guerres mondiales réunies.

Sans compter que le système capitaliste, en se perpétuant, hypothèque de plus en plus l’avenir de l’espèce humaine en détruisant de façon irréversible l’environnement et en préparant de nouvelles catastrophes naturelles, notamment climatiques, aux conséquences effrayantes.

Et si le système capitaliste a pu survivre plus d’un demi-siècle après la Seconde Guerre mondiale, c’est que la “victoire de la Démocratie” a représenté une terrible défaite pour la classe ouvrière ; une défaite idéologique qui est venu parachever la contre-révolution des années 1917-1923.

C’est justement et principalement parce que la bourgeoisie, avec l’aide de tous les partis politiques qui se prétendent “ouvriers” (des “socialistes” jusqu’aux trotskistes, en passant par les “communistes”), a réussi à faire croire aux ouvriers des principaux pays capitalistes, notamment ceux des grandes concentrations industrielles d’Europe occidentale, que la victoire de la Démocratie était “leur victoire” que ces derniers n’ont pas engagé des combats révolutionnaires au cours et à la fin de la Seconde Guerre mondiale, comme ils l’avaient fait lors de la Première.

En d’autres termes, la “victoire” de la Démocratie, et notamment le Débarquement qu’on a tant encensé ces derniers jours, a donné un sursis au capitalisme décadent, lui permettant de poursuivre pendant plus d’un demi-siècle son cours catastrophique et barbare.

Voila une vérité dont aucun média ne s’est fait l’écho, évidemment. Au contraire, le zèle tout particulier avec lequel tous les puissants du monde et leurs larbins ont célébré ce “grand moment de la Liberté” est à la hauteur de l’inquiétude nouvelle que la classe dominante commence à ressentir face à la perspective d’une reprise des combats de la classe ouvrière à mesure que la crise du capitalisme fera chaque jour plus la preuve de la faillite historique de ce système et de la nécessité de le renverser. (Extrait)

Fabienne, 2004

https://fr.internationalism.org/

Commentaires:

Notre courant « trotskiste » n’a jamais marché dans le chauvinisme de la Résistance: « A chacun son boche » et l’alliance avec De Gaulle!  Au contraire, il luttait pour la grève générale insurrectionnelle.

Il y avait en réalité 3 guerres:

Une guerre  inter-impérialiste contre l’Allemagne nazie

Une guerre de défense de l’URSS. Malgré ses déformations, il fallait défendre l’URSS contre ses ennemis impérialistes.

Et des résistances populaires sous le contrôle de la bourgeoisie en France et en Italie, dirigée par le PC en Yougoslavie, trahie en Grèce…

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29 mars 2019 ~ 0 Commentaire

prisonniers ukrainiens (jdd)

goulag

Russie : derrière les barreaux, la longue peine des prisonniers politiques ukrainiens

Ils sont plus de 70 prisonniers politiques ukrainiens derrière les barreaux russes. Le JDD a rencontré la fille du journaliste Roman Souchtchenko, condamné à 12 ans de camp, et Hennadiy Afanasiev, qui a lui été échangé en juin 2016.

Le plus célèbre s’appelle Oleg Sentsov.

Il est cinéaste et purge une peine de prison de vingt ans. Mais au total, ils sont plus de 70 prisonniers politiques ukrainiens derrière les barreaux russes. Neuf d’entre eux seulement ont pu être échangés pour des raisons diverses et souvent opaques. Le JDD a rencontré Yulia Soushenko, la fille du journaliste Roman Souchtchenko, condamné à 12 ans de camp par les autorités de Vladimir Poutine, en juin 2018. Ainsi que Hennadiy Afanasiev, Tatar de Crimée faisant partie des neufs chanceux à avoir été libérés.

Deux ONG locales se battent pied à pied pour faire libérer ces prisonniers.

La campagne « Let My People Go », initiée par EuroMaidan, entre autres, veut attirer l’attention sur le fait que « seule la pression constante sur le Kremlin aura un impact sur la libération des prisonniers en Russie ». « Certains ont été pris complètement au hasard, explique Alya Shandra, qui a également participé au documentaire « Ukrainians Prisoners of the Kremlin ». Ils n’étaient pas tous des militants. Mais ils ont tous en commun d’être suffisamment coupables aux yeux des Russes pour permettre aux autorités de passer leurs arrestations et leurs profils en boucle à la télévision nationale. »

Poutine a besoin de mettre un visage sur l’ennemi pour que cela marche auprès du grand public

Oleksandra Matviychuk du Center for Civil Liberties à Kiev, confirme que ces hommes empri-sonnés sont bien des instruments du pouvoir. « Poutine a besoin de mettre un visage sur l’ennemi pour que cela marche auprès du grand public. » Quatre cas sont particulièrement inquiétants. Quatre hommes, accusés d’espionnage contre la Russie. « Celui notamment de Roman Souchtchenko est particulièrement problématique. Il fait partie des quatre dossiers classés confidentiels, souligne sombrement, Aly Shandra. Ce qui veut dire qu’on ne sait rien, même pas de quoi ils sont accusés ».

Il croupit dans la colonie pénitentiaire de Kirov, au fin fond de la Russie

Yuliia Souchtchenko, 27 ans, vous regarde avec un voile de tristesse dans les yeux. Elle parle peu et pas très fort. Elle semble comme suspendue dans le temps et l’espace. Elle quête dans le regard de l’autre une aide un peu folle qui adoucirait sa peine.

Son père est loin. L’ancien correspondant de l’agence de presse francophone UkrInform croupit dans la colonie de Kirov, au fin fond de la Russie. Il a été arrêté le 30 septembre 2016 et accusé d’espionnage. « Il était à Moscou afin de rendre visite à son cousin, quand il s’est fait prendre. On lui a mis un sac sur la tête, on l’a jeté dans une voiture et on est resté sans nouvelles de lui pendant trois jours. C’est complètement par hasard que l’on a su qu’il avait été arrêté. Une défenseuse des Droits de l’Homme l’a reconnu dans les couloirs. »

Roman Souchtchenko reste alors deux ans en préventive, dans la prison de Lefortovo utilisée par le FSB (services de renseignements russes) en attente de son procès. Toutes les audiences se déroulent à huis clos. Le FSB le décrit pourtant comme « un employé du service de renseignement du ministère de la défense ukrainien qui collectait délibérément des informations secrètes sur l’activité des forces armées et de la garde nationale de la fédération de Russie ». Yuliia et sa maman Angela feront cinq voyages? mais elles ne le verront jamais autrement que derrière une vitre, avec un téléphone pour communiquer. Le trio aura droit à une heure.

On a été très choqué par son allure, il est très amaigri

En janvier, elle et sa mère ont enfin pu le voir. Tandis que son petit frère de onze ans restait à Kiev, en Ukraine, elles sont allées passer trois jours dans cette colonie pénitentiaire, dans une pièce aménagée pour les visites des familles. C’était leur premier contact physique depuis son arrestation. « On a été très choqué par son allure, il est très amaigri. Pendant dix minutes, on est resté comme ça debout, sans se toucher. » Puis les mains se saisissent, se tordent, se pressent, les questions se bousculent.

« Comment te sens-tu, quelles sont tes conditions de vie? » Le père, l’époux, raconte les trois jours qu’ils ont mis à parcourir plus de mille kilomètres pour l’emmener de Moscou à la colonie pénitentiaire de Kirov. En changeant constamment de train, avec une seule autorisation par jour pour aller aux toilettes, pas de chauffage et un froid extrême. Lui-même songe qu’il ne parviendra jamais à sa destination finale. Roman n’est pas un guerrier.

Le prisonnier a pour interdiction de s’asseoir sur son lit

Yulia répond aux questions très sérieusement. Elle semble étonnée par la demande de détails comme s’il fallait que l’on se contente de son désespoir. Pourtant ce qu’elle a à dire est capital. Son père vit dans des conditions de détention atroces, digne d’un autre temps. Dans cette colonie, il existe une grande pièce que tous les détenus partagent.

Autrement, ils sont deux par cellule. Sauf pour son père. Les autorités estiment que pour sa propre sécurité, il doit rester seul, à l’écart. Il porte l’uniforme de la prison, une veste et un pantalon noir en coton grossier que les prisonniers eux-mêmes confectionnent. Une chapka de même couleur. Il n’y a pas de prise, donc pas de chauffage d’appoint, pas de bouilloire à faire chauffer, alors que la température descend largement en-dessous de zéro.

Il a le droit d’appeler une fois par mois, mais les matons s’amusent beaucoup avec lui et trouvent toujours des tas d’excuses pour manquer ce coup de fil autorisé. « Il n’est pas battu, mais il subit des pressions psychologiques régulièrement. Comme de le forcer à abandonner son avocat ou à limiter les contacts avec nous. »

Ils diffusent des chants de l’ancienne Union soviétique

Dans ce quotidien spectral, le réveil se fait le matin à cinq heures par la lumière au plafond qui est actionnée de l’extérieur et la radio. « Ils diffusent des chants de l’ancienne Union soviétique. » Sans surprise dans l’univers carcéral, l’extinction des feux a lieu à 21 heures.

Petit raffinement local : le prisonnier a pour interdiction de s’asseoir sur son lit, une fois les lumières éteintes. Il y a des caméras dans chaque cellule. Impossible de tricher. Le matin, le lit est replié et remonté vers le mur. La nourriture est composée de soupe sans viande et de pommes de terre, mais jamais de légume ou de fruit. Il existe une infime lueur dans la nuit : la lecture et surtout le dessin.

« Il a réussi à emporter un dictionnaire français/ukrainien avec lui, donc il apprend cette langue à son compagnon de cellule. Sinon, il dessine, il a toujours aimé cela. Il a le droit au stylo. La peinture, il la fabrique avec tout ce qu’il trouve, de la sauce, du sang, de la sueur, bref tout ce qu’il peut trouver et qui soit proche d’un liquide applicable sur une feuille de papier. Il en a même fait un pour votre Président Emmanuel Macron. »

La santé de son père est le souci numéro 1 pour Yuliia. « Pour le dentiste, on oublie, c’est un généraliste et il y a tellement de monde que comme il ne passe qu’une fois par mois, on a peu de chance d’en profiter. Et puis de toute façon, il règle tout problème, même mineur, en arrachant les dents. »

Seuls les cachets pour la tension sont scrupuleusement donnés à Roman Souchtchenko. Une autre chose lui est accordée : le courrier qu’il reçoit en grande quantité. « Quand il y a des perquisitions surprises, parfois deux fois par jour, les gardes emportent les lettres. Lui, les lit mais n’y répond quasiment jamais. Il a besoin de timbres, d’enveloppes, tout ça est trop compliqué à fournir. »

Une fois tous les trois mois, Yuliia et Angela envoient de l’argent au consul ukrainien à Moscou afin qu’il achète des vêtements, de la nourriture mais pas de livres. Interdit. Il a ainsi le droit de recevoir un colis de vingt kilos. Un colis scrupuleusement fouillée par les matons… « La confiture à la framboise a même été saisie une fois parce qu’ils ont estimé qu’il y avait de l’alcool. » La prochaine visite aura lieu en mai. Yuliia me fixe étrangement et demande d’une toute petite voix : « Alors, vous allez écrire quelque chose sur mon papa? »

Hennadiy Afanasiev a passé deux ans en prison

Dehors, un autre homme respire. Il s’appelle Hennadiy Afanasiev. Il n’a pas encore trente ans et une vie déjà bien abîmée. Hennadiy affiche de beaux tatouages colorés en rouge sur le bras droit. On peut apercevoir un tout petit symbole, « celui de la mère patrie ». Il en a d’autres sur le dos, « un soleil rouge, symbole japonais », qu’il ne montrera pas.

Sa fiancée arrive, une jolie rousse qui est professeur de danse. Le couple va bientôt se marier. Elle sait tout de ce qui lui est arrivé. Hennadiy Afanasiev a passé 767 jours en détention, chez les Russes après avoir participé à une journée de protestation le 9 mai 2014, alors qu’il vivait encore en Crimée. Direct dans les mains du FSB. Dès le premier jour, il est battu. Attaché à une chaise en fer, sans avocat, Afanasiev est cuisiné par les types des renseignements russes qui veulent absolument lui faire avouer des actes qu’il n’a pas commis pendant cinq jours. La torture est musclée, il finit par plaider coupable.

Ils m’ont déshabillé, ont placé des fils électriques autour de mes parties génitales

« Mais ils n’en avaient jamais assez. Leur objectif, c’était Oleksander Kolchenko et le cinéaste Oleg Sentsov. J’ai refusé. Ils m’ont déshabillé, ont placé des fils électriques autour de mes parties génitales, et m’ont jeté au sol. Ils ont fait glissé un clou en fer sur mon corps en mena-çant qu’il rejoigne les fils électriques. Ils n’arrêtaient pas de hurler et de dire qu’ils feraient la même chose à ma mère. Et ils ont gagné, j’ai témoigné contre deux autres activistes. »

Des aveux extorqués sous la torture

Mais le jour de son procès, Hennadiy Afanasiev se rétracte et affirme que ses aveux ont été extorqués sous la torture. Pour Alya Shandra et Oleksandra Matviychuk, il ne fait aucun doute que le jeune homme s’est montré courageux. « Personne ne sait comment il aurait supporté toutes ces violences, s’indigne Oleksandra. Les raisons de sa libération sont demeurées opa-ques, c’est vrai, mais cela ne change rien au fait qu’au procès, il a publiquement changé sa version. » Ce qui ne l’a pas forcément aidé puisque de la prison de Lefortovo à Moscou où il a séjourné un an et six mois, il est envoyé dans une sorte de goulag moderne, en République de Komi, près de Vorkuta où la température peut atteindre moins 45°.

Il restera trois mois au cachot. « J’ai été comme tous les Ukrainiens, j’ai rêvé sur la place Maïdan, jamais je n’ai pensé que les Russes envahiraient notre pays et que je finirai dans leurs geôles. » Il a été échangé en juin 2016.

Aujourd’hui, il ne peut plus rentrer en Crimée, il figure sur une liste de terroristes recherchés. Il a repris des études et intervient auprès des soldats, raconte son expérience. La Russie, il y pense? Il croit qu’il osera y retourner un jour? « Pas besoin, elle est en moi, dans ma chair, j’en porte les cicatrices à vie. »

29 mars 2019 Karen Lajon

https://www.lejdd.fr/

Commentaire:

Deux questions: La nature du régime ukrainien et le droit de l’Ukraine à l’autodétermination. Peu nous importe la nature du régime, c’est l’Ukraine et son peuple qui sont occupés par la Russie, qui copie l’ex-Urss responsable du rejet de tout projet socialiste sur la planète!

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11 mars 2019 ~ 0 Commentaire

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04 mars 2019 ~ 0 Commentaire

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28 février 2019 ~ 0 Commentaire

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22 février 2019 ~ 0 Commentaire

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08 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

petit fasciste (anti-k)

fascism-is-antifa

En chaque grand bourgeois qui flippe

Sommeille un petit fasciste assoiffé de répression

“On ne donne pas les moyens aux policiers de mettre fin à ces violences. C’est insupportable. Écoutez, franchement. Quand on voit des types qui tabassent à coups de pieds un malheureux policier qui est par terre, mais enfin ! Voilà, qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois voilà, ça suffit ! A un moment, ces nervis, ces salopards d’extrême droite ou d’extrême gauche ou des quartiers qui viennent taper du policier, ça suffit ! (…) on a, je crois, la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ses saloperies, faut dire les choses comme elles sont“

C’est le très respectable Luc Ferry, sur la très respectable Radio Classique, qui a lancé cet appel au meurtre, sans susciter de réactions effarouchées de notre très respectable “élite”. C’était hier, entre des concertos et des opéras, et depuis personne ne l’a appelé à s’excuser, ne lui a demandé s’il “cautionnait la violence”, et personne ne lui dira qu’il est “hors du champ républicain”.

Luc Ferry, pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas, est un bon bourgeois, agrégé de philosophie, ex-ministre, passionné de belles voitures. Avec ses cheveux de riches, il donne son opinion dans le Figaro, et montre ces derniers temps des grands signes de nervosité, comme tous ses semblables.

Le 26 décembre, il publiait une tribune virulente, sobrement intitulée “contre le Référendum d’Initiative Citoyenne, pour l’élitisme”. Très en colère, il y déclarait : “le dénigrement actuel des experts et la critique de l’élitisme sont la pire calamité du temps présent”. La pire calamité, vous entendez ? Pas le réchauffement climatique, pas la faim dans le monde, pas le Sida mais bien “le dénigrement des experts”.

Ce monsieur et les gens comme lui ont eu un empire sur nos vies, à peine contesté en trente ans. Ferry fait partie de ces idéologues qui ont contribué, dans les années 80, à dénigrer et ringardiser toute la pensée critique liée au mouvement ouvrier, et à nous faire croire que nous entrions dans un monde nouveau, radieux, où tout le monde avait sa chance et où les révolutions seraient inutiles puisque le monde entier basculait dans une sage et prospère “démocratie libérale”.

Forcément, les événements lui donnent complètement tort, comme à tous les “penseurs” et autres éditocrates de sa génération. Il y a certes de quoi être vexé. Mais ce n’est pas tout : il est inquiet. Son monde s’effondre. Les bagnoles de luxe brûlées début décembre dans les beaux quartiers de Paris, ça aurait pu être les siennes ! Pour la première fois sans doute de leur vie d’oligarque, les gens comme Luc Ferry ont peur pour leur train de vie, leurs biens, leurs actions et leur petit prestige.

Nos riches sont blessés par notre mouvement populaire de colère et de remise en cause de leurs privilèges. Traqués, ils deviennent très dangereux. Les précédents historiques peuvent nous les faire craindre et éclairer les propos que ce cher homme a tenu hier : en Europe, la dernière fois que l’oligarchie a eu très peur du peuple en colère, elle s’est tournée vers les partis fascistes pour lui sauver la mise, puis elle a massivement collaborée. “Plutôt Hitler que le Front Populaire”, et plutôt Bolsonaro que Haddad au Brésil récemment : 71% des citoyens aisés ont voté pour le premier,  59% des pauvres pour le second.

Luc Ferry, “philosophe”, n’est doux, modéré et républicain que par temps calme, quand les masses populaires se taisent et se crèvent au travail en espérant qu’il paiera un jour, et écoutent sagement les sermons des télévangélistes du libéralisme heureux.

Mais quand les journalistes sont chassés, les experts et les philosophes bourgeois haïs et que les foules continuent de s’agiter, Luc Ferry montre les dents. Ses beaux principes “humanistes” sont, comme ceux de tous les grands bourgeois, subordonnés à l’état de son portefeuille et de son pouvoir. Ces belles âmes ne reculeront devant aucun pacte avec le diable pour nous garder sous leurs bottes. Faisons-les vite trébucher, car le temps nous est compté.

Frustration (critique sociale pour le grand public)

8 janvier 2019

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