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13 août 2017 ~ 0 Commentaire

nantes

n nantes

syndicnon@riseup.net

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07 juin 2017 ~ 0 Commentaire

grande bretagne (npa)

2556article

Instabilité et espoir

Au moment où cet article est écrit, les résultats de l’élection ne sont pas encore connus. Ils risquent néanmoins d’être très différents de la bérézina prévue pour Corbyn et le Parti Travailliste il y a deux mois.

En convoquant des élections législatives anticipées, la Première ministre Theresa May espérait les emporter avec une large majorité et résoudre ainsi une série de difficultés, notamment au sein d’un parti conservateur très divisé. Lors du lancement de la campagne, les sondages semblaient lui donner raison, plaçant les conservateurs jusqu’à 20 % devant les travaillistes. À la veille du scrutin, l’avance est tombée à 3 %, et personne ne peut prédire avec certitude le résultat des urnes.

Cette instabilité est en grande partie le reflet d’une situation internationale elle-même très instable, avec un approfondissement de la crise, l’incapacité des partis traditionnels à la résoudre, et l’émergence de mouvements populaires qui renouent avec la politique de la gauche social-démocrate (Syriza, Sanders, Mélenchon, SNP, Corbyn…).

Au Royaume-Uni, la droite conservatrice a eu beaucoup de mal à vendre ses recettes néolibérales. Le slogan de la campagne de May était « Une direction forte et stable ». Mais dès les premiers jours, une mesure qui prévoyait de prélever sur les successions les frais des soins pour les personnes âgées s’est révélée tellement impopulaire que May a été obligée de faire marche arrière et de la retirer.

La gauche Corbyn

Quant à Corbyn, il a présenté le manifeste du Parti Travailliste le plus à gauche depuis 1983. Ce n’est certes pas un programme anticapitaliste radical, encore moins révolutionnaire. Par exemple, y figurent le maintien du programme des missiles nucléaires, la participation à l’Otan, le contrôle de l’immigration et l’embauche de 10 000 policiers supplémentaires !

En même temps, il propose un SMIC à 10 £ (13 euros), des nationalisations dont les chemins de fer et la poste, et un investissement massif dans les services publics. Ce sont, entre autres, les propositions pour l’éducation qui ont attiré beaucoup de jeunes, avec l’aboli- tion des contrats à zéro heure et surtout le rétablissement de la gratuité des études supé- rieures, abolie scandaleusement par les travaillistes. En moyenne la dette à rembourser pour un étudiantE s’élève à 40 000 euros.

Le niveau de participation au scrutin des jeunes sera crucial. Dans les sondages, Corbyn est très majoritaire chez les 18-24 ans. Mais aux dernières élections, seuls 43 % d’entre eux ont voté, contre 78 % des plus de 65 ans.

Après les attentats

Enfin, il semble y avoir un effet boomerang de la tentative des conservateurs de faire de la campagne une bataille entre May et Corbyn, présentant ce dernier comme un homme sans expérience ministérielle et pas crédible. À l’arrivée, le côté homme du peuple, simple, sincère et fidèle à ses convictions, a été apprécié par l’électorat de gauche et par des jeunes dégoûtés par le comportement de politiciens corrompus et opportunistes.

La dernière surprise est venue après les attentats de Manchester. Au lieu de l’habitu- elle surenchère nationaliste, sécuritaire voire raciste, Corbyn a maintenu ses positions de militant de longue date contre la guerre. Sa dénonciation de la très forte implication britannique dans les guerres étrangères, notamment en Libye (pays d’origine du jeune terroriste de Manchester), a sonné juste dans un pays où la mémoire de l’immense mouvement contre la guerre en 2003 est encore présente.

Enfin, jusqu’à présent, en défendant un Brexit « dur » et anti-migrants, Theresa May a sans doute siphonné une partie des voix de l’UKIP. Mais avec son discours de gauche, Corbyn semble aussi avoir regagné une partie de l’électorat populaire qui avait abandonné les travaillistes pour ce parti (qui du coup avait chuté dans les sondages).

Difficile donc de prédire le résultat, d’autant plus avec un système de vote à un tour où un petit changement en pourcentage peut se traduire en un grand changement en nombre de sièges. En tout cas, le scénario d’une énorme défaite de Corbyn et l’obligation pour lui de démis-sionner semble s’éloigner. La situation sera sans doute encore plus instable qu’avant : une victoire de Corbyn et la mise en place même d’une partie de son programme soulèveraient une offensive implacable du patronat et des médias, alors qu’une courte victoire de May pourrait signifier une riposte de la rue par une partie de la gauche syndicale et politique regonflé par la campagne de Corbyn.

Étant donné le système électoral, la polarisation très nette entre droite et gauche et la forte volonté de porter Corbyn au gouvernement, toute la gauche anticapitaliste et révolutionnaire a décidé de ne pas présenter de candidats, mais de soutenir Corbyn… et de préparer la suite. Les mois qui viennent risquent d’être riches en débats au sein de toute la gauche et espérons-le en luttes unitaires contre les inévitables attaques du patronat.

Mercredi 7 juin 2017  Ross Harrold

https://npa2009.org/

sw2557

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18 avril 2017 ~ 0 Commentaire

linky lannion (le trégor)

stop linky

Soirée-débat sur le compteur Linky mercredi à Lannion

Sortir du nucléaire–Trégor organise une réunion publique sur les enjeux du compteur Linky, animée par Silvi Corlouer, du collectif Stop Linky,

Mercredi 19 Avril  20h30 Salle de conférences de l’espace Sainte-Anne à Lannion (entrée côté Quai Foch).

C’est en 2018 que ces compteurs devraient être installés sur le secteur de Lannion.

Renseignements:

06 86 22 58 88

sdn-tregor@laposte.net

 Lien : http://sdntregor.wordpress.com

14/04/2017  Erwann Hirel

http://www.letregor.fr/

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10 avril 2017 ~ 0 Commentaire

qui sont ces gens?

mais qui

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21 mars 2017 ~ 0 Commentaire

lannion (sortir du nucléaire)

lannion tregor

Déchets nucléaires : film et débat à Lannion

Depuis plusieurs années, à Bure (Meuse), les militants antinucléaires s’opposent au projet d’enfouissement souterrain des déchets nucléaires.Pour informer sur les enjeux de ce dossier, Sortir du Nucléaire-Trégor invite à la projection du film intitulé « Déchets nucléaires, 100 000 ans sous nos pieds » de Dominique Hennequin, suivie d’un débat animé par Irène Gunepin, militante de Bure.
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Jeudi 23 Mars 20h30 Salle de Conférence Espace Sainte-Anne.

En toile de fond du débat sur Bure, Sortir du Nucléaire-Trégor place la sécurisation d’une partie du site de l’ancienne mine d’uranium de Buhulien

lannion sdfn

Et aussi:
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Lundi 27 Mars à 18H30
Rassemblement pour l’Abolition des Armes Nucléaires Place du Marc’hallac’h  Lannion
sdn-tregor@laposte.net
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https://sdntregor.wordpress.com/
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17/03/2017  Erwann Hire
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http://www.letregor.fr

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16 mars 2017 ~ 0 Commentaire

fn (france info + npa)

hitler

Le Front national est-il vraiment devenu « gay friendly » ?

Avec la stratégie de normalisation initiée par Marine Le Pen, le Front national séduit de plus en plus d’électeurs homosexuels. Une évolution qui peut parfois provoquer des tensions au sein du parti d’extrême droite.

« L’élection de Marine Le Pen serait un signal fort contre les homophobes ! » s’enthousiasme Lucas. Cela ne fait que dix-huit mois que ce jeune homme a décidé de prendre sa carte au Front national, et il en est pourtant déjà convaincu : à ses yeux, le parti de Marine Le Pen serait le mieux placé pour défendre la cause des homosexuels. Une opinion qui peut sur- prendre, au regard du programme et de l’histoire du parti d’extrême droite, mais qui est représentative d’une évolution structurelle du Front national.

Parallèlement à la « dédiabolisation » du FN entreprise par Marine Le Pen, la communauté gay, historiquement réputée proche des partis de gauche, apparaît de plus en plus séduite par le bulletin Le Pen. Selon une étude du Cevipof publiée en février 2016, le FN a convaincu 32,45% des couples homosexuels mariés lors des élections régionales de 2015, soit un niveau comparable au vote en faveur des listes de gauche (34,66%).

« Les folles, on les envoie se faire voir ailleurs »

L’histoire du Front national n’a pourtant rien de « gay friendly ». « Les homosexuels ne sont pas une communauté à laquelle le FN avait l’habitude de s’adresser », rappelle l’historienne Valérie Igounet. « Les fondateurs du parti n’étaient pas très ‘réceptifs’ à la question de l’homosexualité », euphémise cette spécialiste du FN, qui tient sur franceinfo.fr le blog Derrière le Front.

En attestent de nombreux propos polémiques de Jean-Marie Le Pen. En 1984, le leader d’extrême droite qualifie l’homosexualité « d’anomalie biologique et sociale ». En 1995, lors d’un discours à l’université d’été du Front National, le chef historique du parti lance aux militants : « Je confesse qu’il doit y avoir des homosexuels au FN, mais il n’y a pas de folles. Les folles, on les envoie se faire voir ailleurs. » En privé, Jean-Marie Le Pen n’a pourtant rien d’un homo- phobe, assurent ses proches, mais il se délecte des provocations qui font parler de lui.

Et avec l’arrivée du jeune Florian Philippot à la vice-présidence du FN, les sorties de route du « Menhir » se multiplient. Comme en mai 2015, lorsque Jean-Marie Le Pen accuse, sur une radio, Florian Philippot de « placer ses hommes, ses mignons » à la direction du parti. Comme en mai 2016, quand il évoque sur Twitter, toujours à propos de Florian Philippot, « Don Quichotte de la Jacquetta ». Ou en décembre 2016, lorsqu’il lâche, sur Facebook : « Les homosexuels, c’est comme le sel dans la soupe, s’il n’y en a pas assez c’est un peu fade, s’il y en a trop, c’est imbuvable. »

De leur côté, les militants gays du FN ont la mémoire sélective. « Pour beaucoup de militants, le FN est un nouveau parti depuis 2011″, observe l’historienne Valérie Igounet. « Je ne me suis jamais intéressé à l’histoire du Front national. Je la connais, mais ce n’est pas ce qui m’intéresse », dit ainsi à franceinfo David Masson-Weyl, jeune élu homosexuel du FN au conseil régional du Grand Est. « Je suis engagé au côté de Marine Le Pen, et le reste ne m’intéresse pas », répond aussi Lucas, militant FN. Le passé, c’est le passé. Marine Le Pen a rompu avec cette histoire. Lucas, militant FN à franceinfo.

« Le FN était bien plus sectaire à l’origine »

Depuis son arrivée aux commandes du Paquebot en 2011, Marine Le Pen a effectivement changé le discours de son parti sur ces questions. « Qu’on soit homme ou femme, hétérosexuel ou homosexuel, chrétien, juif, musulman ou non croyant, on est d’abord français ! » lance le 1er mai 2011 celle qui a succédé quelques mois plus tôt à son père à la présidence du Front National, démontrant ainsi sa volonté d’élargissement de sa base électorale.

Pour le jeune frontiste David Masson-Weyl, ce changement de discours s’explique « grâce à la personnalité de Marine Le Pen ». Née en 1968, divorcée, vivant aujourd’hui en concubinage avec Louis Aliot, la dirigeante du FN a la réputation d’être une fêtarde, et cultive une image de femme moderne, assez éloignée du modèle familial traditionnel historiquement défendu par l’extrême droite.

La stratégie se révèle efficace : de nombreux militants gays n’hésitent plus à rejoindre le mouvement. La révélation de l’homosexualité de plusieurs cadres de la direction du FN, du vice-président, Florian Philippot, au maire d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois, rassurent ceux qui avaient encore des doutes. « Le fait que de nombreux membres, dont des cadres du parti, soient gays, a permis de lisser, de repositionner le FN, qui était bien plus sectaire à l’origine », estime John, un électeur frontiste qui revendique son homosexualité sur Twitter. « Le FN n’est absolument plus homophobe à mes yeux », acquiesce William, un autre militant frontiste interrogé par franceinfo.

Il pouvait y avoir une certaine tiédeur chez les homos par rapport au FN de Jean-Marie Le Pen, avec la crainte de ne pas être acceptés dans leur identité, mais je pense qu’on a vraiment levé cette ambiguïté-là.David Masson-Weyl, jeune élu FN dans la région Grand-Est à franceinfo

« Ceux qui étaient sur des positions dures sur la question d’un prétendu lobby gay ont majo- ritairement quitté le parti depuis longtemps », relève d’ailleurs dans L’Express le chercheur Nicolas Lebourg. Car les prises de position de Marine Le Pen, qu’elles soient sincères ou opportunistes, ont fortement déplu à la frange la plus radicale de l’extrême droite. « Elle a un côté ‘cage aux folles’. C’est une madone à pédés et l’esclave des sionistes. Elle incarne le Sentier et GayLib à la fois », fulmine ainsi dans Challenges Jérôme Bourbon, le directeur de la revue nationaliste Rivarol. « Le Front national est dirigé par une coterie d’homosexuels », raille dans le même article Henry de Lesquen, le patron de la très droitière Radio Courtoisie.

« Homonationalisme » et « transgression »

Ce « nettoyage de vitrine » suffit-il à expliquer à lui seul le fait que de plus en plus d’homosexuels se tournent vers le FN ? Plusieurs militants frontistes interrogés dans le cadre de notre enquê- te avancent un autre motif de ralliement : la peur suscitée par l’islam et son intolérance suppo- sée à l’égard des homosexuels. « Je veux que nous n’ayons pas peur de s’aimer librement, même dans des zones actuelles de non-droit », explique Lucas. « J’ai vécu dans un immeuble social du 9-3 à Saint-Ouen, où j’ai vécu l’enfer en raison du racisme anti-gay », ajoute John.

Des témoignages qui confortent l’analyse de certains chercheurs, qui n’hésitent pas à parler d’« homonationalisme ». Lorsque par exemple, en 2010, Marine Le Pen affirme « entendre que, dans certains quartiers, il ne fait pas bon être femme, ni homosexuel, ni juif, ni même français ou blanc », la présidente du FN « dit à l’électorat homosexuel : ‘Je sais que vous souffrez de discrimination. Et qui vous discrimine ? Des immigrés et des musulmans’ », relève dans Le Monde Yannick Barbe, ancien directeur de la rédaction du magazine gay Têtu. « Comme elle le fait avec les ‘souchiens’, Marine Le Pen ligue les gays contre les minorités raciales », abonde sur Slate.fr le journaliste et écrivain Didier Lestrade, fondateur d’Act Up. « Elle utilise les gays blancs de souche pour montrer que le problème, c’est toujours les immigrés, les Noirs, les Arabes », accuse-t-il.

Interrogé par franceinfo, Sébastien Chenu, un ancien de l’UMP où il a fondé le mouvement GayLib avant de rejoindre le FN, avance encore une autre hypothèse : « Tout comme le fait d’être gay, il y a un aspect transgressif dans le fait de rejoindre Marine Le Pen. » Marine Le Pen représente une liberté de ton qui fait écho à la quête de liberté vécue par les gays dans leur histoire personnelle. Sébastien Chenu, délégué national du Rassemblement bleu Marine à franceinfo

« On m’a déjà lancé du ‘Sale pédé, t’as pas ta place ici !’ »

Le Front national est-il pour autant devenu « gay friendly » ? A en croire le témoignage posté sur Facebook par Guillaume Laroze, un ancien militant qui a claqué la porte du FN en novembre 2016, il est permis d’en douter. « Parasite LGBT », « déchet pédérastique », « sodomite »… Dans ce post, le jeune homme dénonce les insultes homophobes qu’il a dû affronter, en provenance de comptes anonymes sur les réseaux sociaux. Interrogé par franceinfo, Guillaume Laroze témoi- gne aussi de l’homophobie qui s’est exprimée à visage découvert au sein du parti : « On m’a déjà lancé du ‘Sale pédé, t’as pas ta place ici, il y en a marre des pédés au FN !’. » Lors d’un discours de Marine Le Pen, je me souviens d’avoir entendu un homme crier dans la foule ‘Les pédés, ça reste les pédés !’, et qui a été applaudi par une vingtaine de personnes. Guillaume Laroze, ancien militant FN à franceinfo

Dans la foulée, Florian Philippot avait réagi à la polémique sur France 5 : « Je lui ai dit : ‘Si tu as des nom de gens au Front National qui t’ont insulté, tu me les donnes tout de suite’. J’attends toujours. » Les cadres frontistes assurent en choeur qu’il n’y a aucun problème sur ce sujet. « Il y a des homophobes partout », concède bien Sébastien Chenu, « mais il y en a sûre- ment moins au FN qu’à l’UMP », ajoute celui dont l’arrivée au FN en provenance de l’UMP avait pourtant « largement fait tousser les franges les plus conservatrices du Front », rappelle Libération.

Concernant les insultes, subies notamment par Guillaume Laroze, Sébastien Chenu rétorque : « Mais qu’il dépose plainte ! » Une réponse qui ne colle pas avec la version de l’ancien militant : « Devant les insultes homophobes, on me disait qu’il ne fallait pas faire de vagues, ne pas attirer les projecteurs. » Dans la vie, à un moment, quand t’es gay, tu peux rencontrer un connard qui te traite de pédé, ça arrive et c’est scandaleux, mais le combat contre la connerie n’a pas de fin. Sébastien Chenu, délégué national du Rassemblement bleu Marine à franceinfo

Un témoignage qui n’est pas isolé. « Les réunions et les repas sont le lieu de plaisanteries ou d’aveux décomplexés sur la détestation des homosexuels et des Arabes des uns, la nostal- gie du régime nazi des autres », racontait déjà en 2013 à La Dépêche du Midi un couple d’anciens militants du FN en Haute-Garonne. Dans le documentaire La tentation du FN, les nouveaux électeurs de Marine Le Pen, Matthieu Chartraire, le Mister Gay 2015 du magazine Têtu, explique pourquoi il a rendu sa carte : « Je rencontre un responsable du parti (…) qui me pose quelques questions et qui me donne son ressenti : ‘Oui, mais moi je trouve qu’il y a trop d’homosexuels au Front national’. »

« Des prises de position pas très ‘gay friendly’ »

Le malaise qui existe autour des homosexuels et du Front national peut aussi s’expliquer par les différences de fond qui perdurent au sein du parti. Pour faire tenir le tout, Marine Le Pen a choisi de reléguer les questions clivantes au second plan. « Je pense qu’elle a amené un changement idéologique avec une volonté de neutralité sur les questions de société, pour se concentrer sur l’économique et le social », explique David Masson-Weyl.

Lors du débat autour de la loi du mariage pour tous, Marine Le Pen laisse ainsi certains de ses lieutenants défiler dans les cortèges de la Manif pour tous, tandis qu’elle se tient en retrait et dénonce un « piège » tendu par François Hollande. La présidente du FN choisit d’es- quiver le débat, et prend le risque de laisser sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, prendre la lumière en incarnant l’opposition frontiste à cette réforme.

La députée du Vaucluse se fait alors applaudir à la Manif pour tous, et joue la carte de la défense des valeurs familiales traditionnelles, en phase avec une partie de la base histo- rique de son mouvement. La petite fille de Jean-Marie Le Pen n’hésite pas non plus à choquer en évoquant le risque de la légalisation de la polygamie pour critiquer le mariage entre homo- sexuels. Les cadres homosexuels de son parti ne sont pas toujours à l’aise avec ses propos, mais jouent l’apaisement. « Marion Maréchal Le Pen n’a pas tenu de propos homophobes, elle a juste des prises de position pas très ‘gay friendly’« , concède du bout des lèvres Sébastien Chenu.

Les deux jambes d’un même parti

Cette séquence de la Manif pour tous laisse quand même des traces, et donne le sentiment qu’il existe deux lignes au Front National : celle incarnée par Florian Philippot, plus ouverte sur les questions de société, et celle portée par Marion Maréchal-Le Pen, bien plus conservatrice. Sans que cela ne pose réellement de problèmes à Marine Le Pen, « la stratégie restant de s’adresser au plus grand nombre, à un électorat qui vient à la fois de la droite et de la gauche », analyse Valérie Igounet, auteure de plusieurs livres sur l’histoire du FN.

La présidente du FN tente ainsi de concilier les différences pour faire marcher son parti sur ses deux jambes. Une stratégie qui se retrouve dans son programme, avec l’opposition à la GPA (gestation pour autrui) et à la PMA (procréation médicalement assistée) pour les couples de femmes, et le remplacement de la loi Taubira, « sans effet rétroactif », par un Pacs amélioré. « En gros, il s’agit d’un contrat d’union civile avec exactement les mêmes droits, mais qui ne s’appelle pas ‘mariage’ », explique Sébastien Chenu. Un compromis qui a été trouvé pour satisfaire les différentes sensibilités du parti.

Les cadres frontistes nient ainsi farouchement l’existence de ces deux lignes et préfèrent parler de « sensibilités ». « Ils affichent une unité de façade en se réfugiant derrière leur programme, estime Valérie Igounet, mais on sent bien que c’est un bloc qui peut se fissurer, le fil est ténu et ils font tout pour qu’il tienne jusqu’à la présidentielle. »

Une cohabitation difficile

La cohabitation entre les deux courants n’est d’ailleurs pas toujours évidente. Au moment des débats sur le mariage pour tous, Florian Philippot souhaite éviter le sujet, et déclare que le débat est aussi intéressant que la « culture du bonsaï ». Une affirmation qui irrite plusieurs cadres du FN, qui tiennent à manifester leur opposition farouche à la loi. « [Il a le] droit de parler à la communauté gay, légitime aussi que FN défende la famille contre Taubira et GPA », s’énerve sur Twitter un secrétaire départemental FN de la Sarthe. De même, quand le compte Twitter de la section FN de Sciences Po adresse un message de soutien à la Gay Pride, la réaction est épidermique chez de nombreux cadres traditionalistes du parti, comme le détaille Libération.

A l’automne dernier, c’est l’existence de ces deux lignes qui a poussé Guillaume Laroze à claquer la porte : « Quand j’entendais Marion Maréchal dire certaines choses, parfois j’avais honte. Je ne supportais plus d’avoir ma carte dans le même parti. » Le jeune homme de 19 ans a désormais rejoint le camp de Jean-Luc Mélenchon. Il estime avoir été trompé par les partisans de Florian Philippot qui lui ont vendu l’illusion d’une scission avec la ligne conservatrice du FN : « Je regrette. En rejoignant le Front National, je me suis mis des amis et des gens de ma famille à dos, ça m’a fait beaucoup de tort. » J’ai l’impression d’avoir été un peu berné, d’avoir servi de totem pour une cause qui finalement n’était pas la mienne. Guillaume Laroze, ancien militant FN à franceinfo

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16 mars 2017 ~ 0 Commentaire

plouaret (bretagne info)

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La loi travail et la langue bretonne s’invitent dans la campagne.

Samedi 11 mars c’est une centaine de personnes qui ont répondu à l’appel de Plouaret pour soutenir quatre militants qui comparaitront le 12 mai prochain au tribunal de Guingamp pour avoir prétendument bloqués des trains dans cette commune lors du mouvement contre la loi travail.

Cent personnes pour une conférence de presse c’est pas mal du tout, un signe sans doute que beaucoup de trégorrois ont compris que les 4 de Plouaret seront jugés en raison de leur investissement militant global au sein de la Gauche Indépendantiste ou Nuit Debout Lannion et pas du tout pour l’ensemble des blocages qu’ont leur imputent sans beaucoup d’éléments de preuves, ni témoignage. Plus de 2000 personnes ont été poursuivis par la justice dans l’ensemble de l’État français pour leur participation au mouvement contre la loi travail.

#MoiAussiJaiBloqué !

Les organisateurs du rassemblement ont remercié avec un peu de  malice le parquet de Saint-Brieuc qui a eu la bonne idée d’audiencer ce procès politique entre le deuxième tour de la présidentielle et le premier tour des élections législatives. Les inculpés de Plouaret et leurs soutiens comptent bien en profiter pour marteler leur opposition à la loi travail et au capitalisme.

De nombreux participants à ce premier rassemblement ont arboré une affichette indiquant « Moi aussi j’ai bloqué » pour bien faire comprendre leur refus que seules quatre personnes soient poursuivis pour ces actions collectives. La défense s’organisera sans doute autour de cet axe, d’un point de vue politique et dans la perspective d’obtenir la relaxe. C’est une plainte de la SNCF qui suscite cette procédure.

De nombreux syndicats impliqués dans le mouvement contre la loi travail ont réaffirmer leur soutien samedi 11 mars au 4 de Plouaret :
L’UL CGT Guingamp, SUD Rail Bretagne, L’UL Solidaires Trégor, la FSU Guingamp, la CNT 22 ainsi que Nuit Debout Lannion et la Gauche Indépendantiste (Bretagne en Luttes).

La langue bretonne dans les luttes sociales et au tribunal…

« Nous soutenons la volonté des quatre convoqués d’utiliser leur langue privilégiée, la langue bretonne, au tribunal à Guingamp » ont indiqués les militants présents. En effet les quatre personnes poursuivies sont brittophones et comptent s’exprimer en langue bretonne devant le tribunal et ce en accord avec leur avocat. Il existe au moins un cas de jurisprudence dans cette même juridiction qui avait permis en 1985 à un militant de Stourm Ar Brezhoneg de s’exprimer avec l’aide d’un interprète à Guingamp lors d’un procès pour recel de panneau. Peu importe l’attitude du tribunal disent les inculpés, il est fort à parier que vu la date du procès leur attitude permettra de poser sur la place publique et dans les débats la revendication de l’usage de notre langue dans tous les aspects de la vie publique.

Mobilisations à venir

Outre différents concerts de soutien c’est deux dates qu’il faut noter sur votre agenda :

  • Samedi 6 mai pour une manifestation de soutien à Guingamp
  • Vendredi 12 mai dans cette même ville dès 8h devant le tribunal

Les chèques et virements de soutien sont à faire parvenir à Skoazell Vreizh, le secours breton qui prend en charge les frais d’avocat de Guillaume, Kaou, Gael et Yoann.

15/03/2017

http://www.bretagne-info.org/

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13 mars 2017 ~ 0 Commentaire

lidl (cgt)

lidl

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06 mars 2017 ~ 1 Commentaire

philippe poutou (anti-k)

darth

Un fin politique !

Ce titre, bien évidemment, va faire ricaner. Nombreux sont ceux qui reprochent à Philippe Poutou de n’être pas un professionnel de la politique, de parfois hésiter, de n’avoir pas réponse à tout, de ne pas avoir de charisme…
Poutou, l’anti-Mélenchon, est en butte à un véritable mépris de classe, y compris dans les rangs de la France Insoumise. Et pourtant, il ne s’en sort pas si mal…

Le début de cette émission est maintenant célèbre.

Philippe Poutou, durant plus de deux minutes, attend tranquillement que les mabouls qui l’entourent aient terminé leurs fous rires au sujet de l’interdiction des licenciements. Il paraît un peu surpris, mais ne dit rien.Cette attitude était-elle la bonne ? Aujourd’hui, avec un peu de recul, il semble que oui.

S’il était parti (« Mesdames et messieurs les crétins, bonsoir !  » ), il aurait renoncé à son temps de parole, déjà chichement compté, et il aurait été accusé de n’avoir aucun humour.

S’il s’était mis en colère, s’il avait vociféré, les présentateurs auraient pu se présenter en victimes, et dénoncer un sectaire intolérant, incapable de rigoler. Il a donc laissé les animateurs se ridiculiser durant quelques minutes. Sans agressivité. Sans leur apporter la contradiction.

Les laissant se noyer, sans même qu’ils s’en rendent compte, dans leur bêtise et leur vulgarité.

Après quoi, il a pu exposer ses idées, pendant une demi-heure. En répondant aux questions avec clarté.

Avec davantage de clarté, en tout cas, que celle dont faisait preuve l’équipe d’intellectuels qui lui faisait face, contraints de s’y mettre à plusieurs pour parvenir à formuler correctement une question sensée, et à la poser sur un ton adapté à son sujet.

Les images du début ayant fait de la publicité à l’émission, celle-ci a d’ores et déjà été vue plus de 300 000 fois sur youtube. Score inespéré pour un petit candidat.

De plus, elle a déclenché une saine polémique sur la manière dont était traité un ouvrier à la télévision.

Même dans Le Figaro, peu suspect de proximité idéologique avec le NPA, on s’en est ému !

http://www.lefigaro.fr/

Extrait de cet article d’Eloïse Lenesley :

capture-poutou-figaro

Excellente opération, par conséquent.

Voir plus:

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25 février 2017 ~ 0 Commentaire

ogm (sreet press)

ogm_logo

Autorisation des OGM en Europe : les cobayes c’est nous !

Un nouveau soja OGM a été autorisé en Europe, sans étude préalable. Christian Vélot dénonce ce processus d’autorisation de mise sur le marché en Europe qui repose sur une carence et une opacité de l’évaluation.

Malgré une forte opposition de la communauté scientifique et de la société civile, l’UE a autorisé, à la consommation animale et humaine, un soja OGM de Monsanto, à la fois tolérant au Roundup et produisant un insecticide. Trois ONG, Test Biotech, le réseau European Network of Scientists for Social and Environmental Responsibility (ENSSER) et l’association Sambucus, ont demandé à la Commission européenne de réexaminer le potentiel toxique de cet OGM. Car aucune étude scientifique n’a permis de démontrer que ce soja est sans risque pour l’homme et l’environnement.

Je vais vous expliquer pourquoi.

Combien d’OGM en Europe ?

Une seule plante transgénique est actuellement autorisée à la culture commerciale en Europe, c’est le maïs Monsanto 810 qui produit son propre insecticide pour lutter contre la pyrale. L’UE est seule à pouvoir délivrer les autorisations de commercialisation. Les États ne donnent les autorisations que pour des essais sur leurs sols. Cet OGM fait l’objet d’un moratoire en France. Il n’y a donc pas d’OGM transgénique cultivé en France aujourd’hui.

En revanche, il existe plus de 60 OGM autorisés à la consommation animale et humaine (link is external). Ce sont des plantes autorisées à la culture sur le continent américain qui ont obtenu une autorisation d’importation en Europe. Elles peuvent donc être commercialisées en France et doivent faire l‘objet d’un étiquetage spécifique. Ce qui n’est pas toujours le cas (link is external).

C’est Monsanto qui choisit les labos qui font les études

Je parle d’opacité dans le processus d’évaluation parce que les tests sur les OGM sont faits par des laboratoires choisis par les firmes semencières pétitionnaires (ici, Monsanto). Et pour des raisons de propriété industrielle, nous, chercheurs, comme tous les citoyens, n’avons pas accès aux données brutes de ces tests. Il n’est donc pas possible d’en vérifier les conclusions et de faire des contre-expertises.

L’Efsa se base donc sur ces seules études pour donner son avis à la Commission européenne qui transmet ensuite cet avis aux différents Etats membres. Pour que l’OGM soit autorisé, il faut une majorité qualifiée de 66 pourcent de votes pour. Cette majorité qualifiée n’est jamais obtenue.

C’est alors la Commission européenne qui a le dernier mot et qui tranche en s’appuyant sur l’avis de l’Efsa, laquelle donne systématiquement des avis positifs. Par conséquent, cette agence d’évaluation qui ne devrait être qu’un comité consultatif, fait office de comité décisionnel. La responsabilité de ses membres n’est pas engagée.

Et ces études sont partielles

Ces études réalisées par les industriels sont non seulement partiales, mais partielles : Les OGM ne sont pas évalués sur plus de trois mois. Et sur une seule et même espèce, les rats. Ces durées sont beaucoup trop courtes !

En trois mois, il est impossible d’évaluer les effets chroniques – sur le long terme – de ces substances. Pourquoi ne pas réaliser les tests sur deux ans (durée de vie moyenne d’un rat), comme c’est le cas pour l’évaluation des pesticides, puisque ces OGM sont justement conçus pour accumuler des pesticides (absorber un herbicide sans mourir et/ou produire un insec-ticide) qui vont donc se retrouver dans la chaîne alimentaire ? Attention, je ne suis pas en train de dire pour autant que l’évaluation des pesticides est irréprochable, loin de là ! Seul le principe actif est évalué sur deux ans et non pas les formulations commerciales.

« Les OGM ne sont pas évalués sur plus de trois mois. Et sur une seule et même espèce, les rats » Christian Vélot, Docteur en biologie et généticien

Par exemple, pour les herbicides Roundup, seul le glyphosate – leur principe actif déclaré – est évalué à deux ans alors que les formulations ne le sont qu’à quelques jours. Or, aucun agriculteur ou jardinier du dimanche ne pulvérise du glyphosate pur dans son champ ou dans son jardin. Le Roundup est un mélange de glyphosate et de plusieurs autres molécules considérées comme inertes sur le plan sanitaire. Or beaucoup d’études scientifiques – dont une que j’ai publiée (link is external) – prouvent que les formulations de Roundup sont 100 à 1 000 fois plus toxiques que le glyphosate seul ! C’est un scandale sanitaire et environnemental !

Pas de principe de précaution

En ce qui concerne ce soja OGM, il n’y a même pas eu d’étude à trois mois ; il n’y en a eu aucune ! Pourquoi ? Rappelons que toutes les plantes agricoles transgéniques autorisées sont des “plantes-pesticides” : soit elles tolèrent un herbicide, comme le Roundup de Monsanto, qui devrait normalement les faire mourir ; soit la plante produit elle-même un insecticide. Ce sont des OGM dits de 1ère génération. Or, ce soja transgénique, de 2ème génération, cumule ces deux propriétés : il tolère un herbicide et produit un insecticide.

L’Efsa considère qu’il est inutile de réaliser de nouveaux tests toxicologiques sur les OGM de 2ème génération car ils résultent d’un croisement entre deux OGM de 1ère génération qui, eux, ont déjà été évalués à trois mois ! Les éventuels effets cocktails passent donc totalement à la trappe, tant pour les OGM que pour les pesticides eux-mêmes. Or, la réglementation européenne sur les OGM ne définit pas de cadre d’évaluation : c’est à l’appréciation des comités d’évaluation (et donc notamment de l’Efsa).

Cocktail détonnant

Les éventuels effets cocktails passent donc totalement à la trappe, tant pour les OGM que pour les pesticides eux-mêmes. On est dans le déni scientifique tout simplement, car de nombreuses études universitaires indépendantes montrent les effets alarmants des pesticides sur la santé et l’environnement. Or l’impact des résidus de pesticides s’accumulant dans la plante, sur la chaîne alimentaire, sur la qualité nutritionnelle et pour la sécurité sanitaire est tout simplement ignoré.

C’est bien cette carence totale d’évaluation qui a motivé le recours déposé par une organisation internationale et deux organisations allemandes : on ne peut évidemment pas garantir que cet OGM est inoffensif sur le plan sanitaire !

Pas vu pas pris

En ce qui concerne les OGM de 1ère génération, les évaluations à trois mois sont faites selon les normes de l’OCDE. Tant que celles-ci n’évolueront pas, l’Efsa et autres agences d’évalua- tion n’auront aucune raison d’exiger une meilleure évaluation.

Et si les experts des agences d’évaluation se permettent de prendre le risque d’autoriser de telles plantes à la consommation, c’est que leur responsabilité n’est pas engagée. Or les décideurs pourront toujours se réfugier derrière l’avis des scientifiques qui eux-mêmes se contenteront d’affirmer sans sourciller que « dans l’état des connaissances du moment, ils ne pouvaient pas savoir », même si de nombreuses études universitaires montraient le contraire.

C’est un angle d’attaque important dans tout ce combat qu’il nous reste à mener : la respon- sabilité des experts doit être engagée. Les politiques ont parfois eu à répondre des derniers scandales sanitaires, mais jamais les experts auxquels ils ont fait confiance.

Toute la chaîne d’évaluation incriminée

Évidemment, on sait aussi – et ceci n’est plus un scoop – que de nombreux membres du panel OGM de l’Efsa sont liés à l’industrie semencière (link is external). Aujourd’hui les experts ont l’obligation de déclarer leurs conflits d’intérêt, mais ça ne les empêche pas de continuer à expertiser les produits des firmes avec lesquelles ils ont ou ont eu des liens. C’est “faute avouée, faute entièrement pardonnée” !« Ce panel OGM, supposé composé uniquement de scientifiques, est un milieu à pensée unique et consanguin : tout expert sortant suggère le nom de son remplaçant. »  L’Efsa a toujours donné un avis favorable à l’unanimité pour toutes les demandes d’autorisation OGM.

Dans la peau de Monsanto

Ce panel de l’Efsa ne représente donc pas la diversité de la communauté scientifique au sein de laquelle le sujet de l’évaluation des OGM fait énormément débat ! Ce panel OGM, supposé composé uniquement de scientifiques, est un milieu à pensée unique et consanguin : tout expert sortant suggère le nom de son remplaçant. L’autorisation de ce soja OGM de Monsanto s’inscrit dans la continuité de carence et d’opacité d’évaluation qui caractérisent les OGM agricoles et les pesticides depuis plus de 20 ans.

Au delà du simple aspect scientifique ou technologique, il s’agit d’un sujet éminemment politique qui soulève de nombreuses questions de choix de société, depuis les modes de production agricole jusqu’au processus d’évaluation et d’expertise, en passant par la place de la science dans la société, son financement, la privatisation du vivant, la sécurité sanitaire et environnementale ainsi que le principe de précaution.

NB : L’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments affirme que «le soja génétique- ment modifié est, dans le contexte de ses utilisations envisagées, aussi sûr que le soja conventionnel ».

Sarah Lefèvre 23 Février 2017
Christian Vélot docteur en biologie, généticien moléculaire à l’université Paris-Sud et président du conseil scientifique du Criigen, le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique.

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