Archive | Médias, culture

01 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

voeux de la présidente (mediapart)

http://www.anti-k.org/2015/12/31/les-voeux-de-paix-doceanerosemarie/

Commentaire: Sur la légalisation du cannabis, on est pour. Par contre sur le travail sexuel et la laïcité… faudrait qu’on se mette d’accord entre nous!

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11 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

le festival leur répond (le huff’)

Le Front national et la droite s’en prennent au Hellfest

Des arguments électoraux qui passent mal. Jeudi 10 décembre, les organisateurs du Hell- fest, plus grand festival de metal en France et l’un des plus importants d’Europe, se sont fait l’écho des propos de Pascal Gannat, tête de liste du FN en Pays de la Loire. Ce dernier a écrit dans un texte relayé sur le blog des opposants au Hellfest, tout le mal qu’il pensait de la manifestation.

Qualifiant le festival de « Fête de l’Enfer » (alors qu’il faudrait plutôt le traduire par « fête d’enfer ») et estimant qu’il faudrait changer son nom, il ne mâche pas ses mots. Pascal Gannat dénonce notamment la présence au Hellfest de « groupes de rock faisant clairement l’apologie de la christianophobie ».

« Nous, notre métier, c’est de vous distraire » Une raison, pour le candidat frontiste, qui évoque la question des subventions accordées au Hellfest, de ne plus « reproduire « les erre- ments des années passées », sous-entendu de ne plus accorder de financement public à ce festival qui n’a pourtant reçu que 20.000 euros de la région dirigée par les socialistes, pour une édition 2015 dont le budget est estimé à 16 millions d’euros. Face à ces déclarations, le Hellfest a décidé de contre-attaquer.

Sur la page Facebook du festival, les organisateurs relaient donc les arguments de Pascal Gannat et lui répondent. « Nous pensons qu’en ces périodes troublées, il existe des sujets plus essentiels à traiter que l’existence d’un festival comme le Hellfest », qui « ne fait pas de politique », écrivent-t-ils. « Nous, notre métier, c’est de vous distraire », ajoutent les organisateurs, qui reprennent aussi les propos de Laurence Garnier, tête de liste départe- mentale des Républicains en Loire-Atlantique.

Sans être aussi virulente que Pascal Gannat, cette dernière a dit « ne pas aimer » le Hell- fest, sans y être jamais allée. « A titre personnel, je suis choquée par les propos de certains groupes, a-t-elle dit, évoquant encore sur France 3 Pays de la Loire des « paroles choquan- tes, violentes, d’incitation à la violence ». Evidemment, ces prises de position coïncident avec le contexte électoral. Mais elles ne sont pas nouvelles et en rappellent d’autres, nombreuses, de responsables de droite et associations catholiques.

Parmi les principales figures de cette opposition de longue date, on retrouve en particu- lier Christine Boutin. L’ancienne ministre et ancienne présidente du Parti chrétien-démocrate s’était par exemple fait remarquer en écrivant à Kronenbourg pour demander à la marque de ne plus être partenaire du Hellfest, dont elle dénonçait l’affiche « d’une violence morbide rare » susceptible de « choquer les enfants ».

A l’approche des élections régionales 2010, les prises de position anti-Hellfest s’étaient déjà multipliées. Le festival avait notamment publié un communiqué pour s’indigner d’un meeting de la droite, réunissant le premier ministre François Fillon et Philippe de Villiers. Venu soutenir le candidat UMP Christophe Béchu, celui qui était encore président du conseil général de la Vendée avait dénoncé le « financement d’un festival sataniste ».

D’autre part, des groupuscules catholiques traditionalistes comme l’institut Civitas, Tradition Famille Propriété ou encore Catholiques en campagne ont multiplié les pétitions et initiatives hostiles au festival chaque année. Des actions coup de poing ont également été menées, avec pour paroxysme les actes de vandalisme perpétrés sur le site du festival début mai 2015. Plusieurs inscriptions à connotation religieuses avaient été retrouvées.

L’édition 2016 du Hellfest, qui se tient chaque année à Clisson (Loire-Atlantique) depuis 2006, se déroulera du 17 au 19 juin prochains. Les principales têtes d’affiche de cette 11e édition seront Rammstein, Black Sabbath, Korn, Slayer, Gojira, Megadeth ou encore Napalm Death.

http://www.huffingtonpost.fr/hellfest-front-national-droite-elections-regionales-2015

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09 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

la vie d’adèle (télérama + ccr)

I-Grande-7735-la-vie-de-sainte-therese-d-avila-broche.net

Pour remplacer, une qui n’était pas lesbienne. On remonte le temps, comme les salafistes…

Le visa d’exploitation du film d’Abdellatif Kechiche annulé par la justice

Suite à la plainte de l’association Promouvoir, la Cour administrative d’appel de Paris demande à la ministre de la Culture de réexaminer le visa du film d’Abdellatif Kechiche.

L’association Promouvoir a encore fait des siennes cette année. Après avoir fait annuler le visa d’exploitation du film d’horreur Saw 3D (qui était sorti… cinq ans auparavant), après avoir fait passer le visa de Love, de film de Gaspar Noé, d’une interdiction aux moins de 16 ans à une interdiction aux moins de 18 ans (après recours auprès du Conseil d’Etat), voilà cette association proche de l’extrême-droite obtient l’annulation du visa de La Vie d’Adèle : Chapi- tres 1 et 2. Le film d’Abdellatif Kechiche était jusque-là interdit aux moins de douze ans avec avertissement.

Pour la Cour administrative d’appel de Paris, dont la décision a été rendue publique, ce mercredi, les «scènes de sexe réalistes» du film sont bien «de nature à heurter la sensibilité du jeune public». La ministre de la Culture devra donc «procéder au réexamen de la demande de visa» du film dans un «délai de deux mois».

Par le passé, Promouvoir, menée par le mystérieux avocat André Bonnet, s’était déjà attaquée avec succès à Baise-moi de Virginie Despentes et de Coralie Trinh Thi, à Ken Park, de Larry Clark, à Nymphomaniac, de Lars von Trier. Au magazine Premiere, André Bonnet expliquait l’objet de son association : « défendre la dignité de la personne humaine et protéger les mineurs, à travers la “promotion des valeurs judéo-chrétiennes” ». 09/12/2015

http://www.telerama.fr/la-vie-d-adele-le-visa-d-exploitation-du-film-d-abdellatif-kechiche

http://www.revolutionpermanente/Extreme-droite-et-gouvernement-main-dans-la-main

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03 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

notre drapeau est rouge (lo)

1900, film de Bernardo Bertolucci avec Gérard Depardieu!

Cherchant à tirer un maximum de profit de l’émotion suscitée par les attentats, Hollande voulait que des drapeaux bleu-blanc-rouge soient mis aux fenêtres vendredi 27 novembre, jour de l’hommage rendu aux victimes.

Son opération, qui soit dit en passant ravissait le Front national, a fait long feu. Vraiment très peu de gens ont suivi les consignes du gouvernement. Et c’est tant mieux.

Le drapeau bleu-blanc-rouge est le symbole de la bourgeoisie française. Depuis la Révolution française, à l’exception de la période de la Restauration, de 1815 à 1830, tous les régimes politiques qui se sont succédé en France ont utilisé ce drapeau. Le mouvement ouvrier, dès qu’il a eu une certaine conscience du combat qui l’opposait à la bourgeoisie, a tenu à avoir son propre drapeau à opposer à celui de la bourgeoisie.

En France et partout ailleurs dans le monde, le drapeau rouge est devenu cet éten- dard, justement parce que la classe ouvrière est une classe internationale. La première fois que la classe ouvrière postula à la direction de la société, au moment de la révolution de 1848 à Paris, un de ses représentants les plus dévoués, Auguste Blanqui, défendit le drapeau rouge symbole de la «république sociale», de la république ouvrière, contre le drapeau de la république bourgeoise.

Alors que le gouvernement républicain bourgeois, vantant le drapeau bleu-blanc-rouge, tentait d’endormir la classe ouvrière avant de la réprimer, Blanqui déclarait: «Le peuple a arboré les couleurs rouges sur les barricades de 48, comme il les avait arborées sur celles de juin 1832, d’avril 1834, de mai 1839. Elles ont reçu la double consécration de la défaite et de la victoire. Ce sont désormais les siennes. (…)

On dit que c’est un drapeau de sang. Il n’est rouge que du sang des martyrs.» Quel- ques mois après ce discours, la république bourgeoise faisait massacrer des milliers d’ou- vriers parisiens en juin 1848. Les partis du mouvement ouvrier international, tant qu’ils repré-sentaient les intérêts des exploités contre les exploiteurs, ont toujours opposé le drapeau rouge aux drapeaux nationaux. Quand ils ont renoncé à le faire, en août 1914 pour le Parti socialiste et en 1935 pour le Parti communiste, cela a été pour rallier le camp de la bour- geoisie et se mettre à son service.

Aujourd’hui, certains brandissent le drapeau de la bourgeoisie au nom d’idées patrio- tiques, nationalistes, racistes ou xénophobes. Mais beaucoup le font par ignorance de leurs intérêts d’exploités. En sont responsables les partis qui se revendiquaient de la classe ouvrière et qui, en trahissant ses intérêts, ont introduit la confusion dans les rangs des militants ouvriers, au point de leur faire oublier ses symboles.

Pierre Royan 2 Décembre 2015

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/notre-drapeau-est-rouge

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02 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

que s’est-il passé place de la république? (acrimed)

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Informations désinformées des journaux télévisés

Que s’est-il exactement passé le dimanche 29 novembre 2015 sur la place de la République à Paris ? Pour que l’on puisse se fier aux médias, encore faudrait-il qu’ils disposent des moyens d’observer, d’enquêter de recouper des témoignages, au lieu de s’en remettre à une vision étrangement conforme à la version de la Police.

Nous publions ici un bref article traitant des JT de 20h de TF1 et de France 2 le soir du 29 novembre, avant de revenir, dans les prochains jours, sur le traitement médiatique plus global des manifestations, notamment à République. Dans le cadre de l’état d’urgence, la Préfecture de police avait interdit la manifestation prévue dimanche 29 novembre à Paris, à l’occasion de la journée mondiale de mobilisation pour le climat. Des mobilisations se sont tenues malgré tout ce dimanche, veille de l’ouverture du sommet de l’ONU sur le change- ment climatique (COP21), dans plusieurs villes de France. À Paris, une chaîne humaine était prévue sur le parcours de la manifestation interdite, ainsi qu’une action symbolique et un rassemblement à République.

Ce dernier, sous haute surveillance, s’est conclu par des heurts entre les manifestants et la police qui ont, sans surprise, focalisé l’attention des médias. Et force est de constater que le traitement de ces violences, par la plupart des grands médias, s’est avéré largement biaisé ou incomplet. Les journaux télévisés de 20h du dimanche soir de TF1 et France 2 en donnent une illustration exemplaire.

«Les violences»: vedettes des JT C’est un théorème bien connu du traitement média- tique des mobilisations sociales: si violences il y a, il convient qu’elles occupent l’essentiel de l’attention des médias, au détriment de l’explication des enjeux ou des revendications des mobilisations…

Ce théorème s’applique tout à fait au journal de 20h de France 2 du 29 novembre : trente secondes seulement y sont dédiées à la journée de mobilisation mondiale à la veille de la COP21 et aux initiatives dans toute la France. À comparer avec le temps dévolu aux «violences» (1 min 42). Le journal de TF1 y consacre un temps équivalent, à la suite d’un sujet néanmoins plus complet sur les mobilisations de la journée.

Les affrontements de la place de la République, bien réels mais très minoritaires au regard du nombre de manifestants et du déroulé des événements de la journée, ont occupé une place importante dans les deux journaux télévisés, et figurent parmi les premiers titres. Le récit qui en a été fait est relativement similaire, et on y apprend notamment que :

- Se tenait un rassemblement composé «d’une centaine de manifestants, souvent cagou- lés, avec des pancartes anticapitalistes et libertaires» et qui était interdit «conformément à l’état d’urgence», d’après France 2. Le journaliste de TF1 présente quant à lui un rassem- blement «anti COP21 et anticapitaliste […] infiltré par des individus radicalisés».

- Les CRS ont fait l’objet de tirs de projectiles et qu’ils ont «riposté» par des tirs de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes ;

- Des «casseurs» ont «en partie détruit le mémorial dédié aux victimes des attentats en jetant des bougies, des pots de fleur» sur les CRS d’après France 2. Pour TF1, «le mauso- lée en hommage aux victimes des attentats est saccagé ; pots de fleur et bougies servent de projectiles».

C’est tout ? Presque

La version policière, seulement la version policière Les deux JT se contentent en réa- lité de relater une version des «événements» de l’après-midi conforme à celle de la Police. France 2: «les CRS […] ont essuyé de très nombreux tirs de projectiles et […] ont riposté aux quatre coins de cette place de la République par de très nombreux tirs de gaz lacrymo- gène». TF1: «les militants les plus radicaux ont provoqué les premières échauffourées avec les policiers».

Des commentaires qui concordent avec les déclarations du Préfet (reprises sur la plupart des sites d’information) : les manifestants «ont attaqué la police avec des gaz lacry- mogènes, des boules de pétanques, des chaussures…» Les policiers et les CRS ont-ils fait preuve de «violence»? Nous ne le saurons pas. Ont-ils «provoqué» les manifestants? Nous ne le saurons pas. Parce que le Préfet n’en a pas parlé ?

Mais ce que nous aurons, en revanche, c’est ceci : TF1: «Ce soir plus de deux cents personnes ont été interpellées, 174 placés en garde à vue» ; France 2 : «Au total, il y a eu 208 interpellations parmi les manifestants, et 174 personnes sont encore ce soir en garde à vue. »

Soit, une fois de plus, les informations communiquées par la Préfecture. Sans aucun commentaire de la part des journalistes, alors même que le nombre important d’interpel- lations correspond, voire est supérieur au nombre de manifestants annoncé par les JT… Dans quelles conditions les manifestants ont-ils été interpellés ? Nous ne le saurons pas. Qui sont les interpellés ? Nous ne le saurons pas. Pour quel motif ? Nous ne le saurons pas. Parce que la Préfecture n’en a pas parlé ?

Absence de pluralisme dans les réactions politiques et les commentaires Au-delà de la reprise (sans vérification ni commentaire) de la version policière des incidents, on ne peut en outre s’empêcher de relever l’infinie variété des réactions que nous ont offertes les deux principaux JT de France. Les deux chaînes ont ainsi relayé les déclarations du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et de François Hollande. France 2 : «Il y a une heure le prési- dent de la République a souhaité s’exprimer sur ces incidents qu’il a qualifiés de scanda- leux» ; TF1 : «des actions qualifiées de scandaleuses par François Hollande» ; TF1 toujours (images de Bernard Cazeneuve qui s’exprime) : «Ces actes doivent être qualifiés avec la plus grande fermeté par respect pour les victimes de ces attentats».

Du côté des responsables politiques, c’est tout. Elles se sont en outre fait l’écho de réactions de passants constatant les dégâts après la manifestation, notamment autour du mémorial de République : «révoltant», «indécent», «inadmissible». Des dégâts injustifiables, mais uniquement attribués à certains manifestants, conformément à la version de la Préfec- ture… laquelle était en contradiction avec de nombreux témoignages déjà disponibles.

La parole a-t-elle été donnée à des manifestants ? Non. À des témoins ayant une autre version que la version policière, ou d’autres commentaires à faire que ceux, à l’unisson, de la présidence de la République, du ministère de l’Intérieur et de la Préfecture ? Non. Il y avait pourtant encore, en début de soirée, des centaines de personnes à République, qui avaient peut-être autre chose à dire, comme le démontraient déjà les multiples photos, vidéos et commentaires qui circulaient sur les réseaux sociaux. Mais de toute évidence, ces «autres voix» n’intéressaient pas les JT, trop occupés à assurer, aux côtés du gouvernement et des forces de police, le maintien de l’ordre.

Que s’est-il exactement passé le dimanche 29 novembre 2015 sur la place de la République à Paris? Ce n’est pas grâce aux JT de TF1 et de France 2 qu’on le saura. À moins de considérer que la vérité sorte tout droit de la bouche du gouvernement et de la Préfecture, ce qui ne manque pas d’interroger sur l’utilité des journalistes… Pourquoi, en effet, se compliquer la tâche à fabriquer des reportages alors qu’il suffirait de copier-coller les images fournies par les autorités et les commentaires qui les accompagnent ?

Voilà qui serait plus commode et plus honnête vis-à-vis des téléspectateurs. Et voilà qui permettrait en outre de se dédouaner des éventuels impairs, informations partielles ou partiales, voire contre-vérités relayées à l’antenne. Il n’aura en effet pas fallu attendre plus de quelques heures pour se rendre compte que la version policière reprise sans aucune distan- ce par les «grands médias» était loin de faire l’unanimité parmi les témoins des scènes de violence, y compris certains journalistes. Des contestations de la version policière des évé- nements qui concernent notamment les destructions occasionnées sur le mémorial de la place de la République, sur lesquelles nous reviendrons dans un prochain article.

Un prochain article ? Oui. Car contrairement à certains «grands médias», nous pensons que l’information nécessite vérifications, recoupements, et esprit critique vis-à-vis de la parole officielle. À moins de considérer que, état d’urgence oblige, les journalistes se doivent d’être de simples auxiliaires de police.

Frédéric Lemaire, Julien Salingue, mercredi 2 décembre 2015

http://www.acrimed.org/Que-s-est-il-passe-place-de-la-Republique-

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24 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

45 bougies (ccr)

holl charb

Que reste-t-il de ‘Charlie Hebdo’ ?

C’était un 23 novembre. En 1970. Le premier numéro du magazine satirique, alors mensuel, Charlie, faisait son apparition dans les kiosques, succédant à Hara-Kiri. D’entrée de jeu, le magazine s’inscrit dans la droite ligne, irrévérencieuse, provocatrice et radicalement anti- système de son illustre prédécesseur qui avait titré, au lendemain du décès du général De Gaulle «Bal tragique à Colombey un mort». Mais, depuis, les attentats du 7 janvier 2015 sont passés par là, et pas seulement. En amont un débat était apparu, dès le début des années 2000, à gauche, sur la ligne éditoriale de l’hebdomadaire. Que reste-t-il, quarante-cinq ans après sa première sortie, de cet esprit «Charlie», non celui de l’union sacrée, mais celui de ses débuts ? C’est ce sur quoi nous nous interrogions déjà, deux jours après l’attentat, dans cet article publié le 9 janvier 2015, et que nous republions à l’occasion.

Le débat se situe en amont du « Front républicain » et de l’instrumentalisation cynique par le gouvernement, comme par Sarkozy et consorts, de l’assassinat de dix journalistes, dessi-nateurs et salariés d’une rédaction. Une sorte de ligne de fracture sépare deux générations de militants, ces derniers jours, à la suite de l’attentat de la rue Nicolas-Appert. Charlie Heb- do, une revue satirique post-soixante-huitarde, radicalement irrévérencieuse, référence de gauche pour tout un milieu, avec tous les travers et toutes les limites de la gauche «réelle- ment existante»? Ou, à l’inverse, un journal ayant dérivé, au fil des années, dans les eaux troubles de la «gauche» républicano-laïcarde et islamophobe ?

Dans les rassemblement, dès le soir du massacre, il y avait ceux pour qui Charlie était avant tout le successeur de Hara Kiri, le canard satirique violemment anti-gaulliste, y compris lors- que Mon-Général passe l’arme à gauche ; un hebdomadaire qui, après son retour en kios- que, en 1992, brocarde tout autant Mitterrand et la fausse gauche, que la Chiraquie et ses amis, Pasqua et ses CRS en tête ; un Charlie sans pitié pour le PCF lorsqu’il s’embarque dans l’aventure (désastreuse) de la Gauche Plurielle avec Jospin en 1997; un Charlie qui dénonce les aventures militaires française à l’étranger, tirant à boulets rouges sur l’extrême droite et ses créatures, les culs-bénits et les réacs de tout poil ; un Charlie dont une partie de la rédaction soutient, sans jamais ranger ses critiques, la campagne LO-LCR aux europé- ennes de 1998.

Post-11/09 Charlie c’était aussi une rédaction plurielle, soudée par une sorte de passé gau- chiste. Mais les faits d’armes ne sont jamais un passeport à validité permanente permettant de conserver éternellement une ligne éditoriale constamment acérée, subversive et liber-taire. Et Charlie a évolué au contact des conjonctures politiques, à l’instar des organisations de gauche et d’extrême gauche auxquels ses journalistes étaient liés, une gauche violem- ment percutée par les mutations géopolitiques internationales post-11 septembre, lorsque Jospin-Buffet-Voynet, le gouvernement PS-PC-Verts s’en-va-t-en-guerre derrière George Bush en Afghanistan. Et les répercussions hexagonales n’ont pas non plus épargné Charlie.

Chez les plus jeunes des militants donc, ou chez ceux qui ont cessé d’acheter l’hebdo-madaire à cette époque, nous sommes nombreux à avoir en tête les tribunes de 2002, celle de juin, par exemple, signée Philippe Val, à l’époque rédacteur en chef. Il s’y prenait violem- ment à Chomsky car étant «l’un de ces Américains qui détestent le plus l’Amérique, et l’un de ces Juifs qui exercent contre Israël une critique d’autant plus violente qu’en tant que Juif il pense pouvoir échapper à l’accusation d’antisémitisme». Ou encore celle de novembre 2002, de Robert Misrahi, rendant hommage à Orianna Fallaci, non à la journaliste auteure de la biographie du grand poète grec Alekos Panagoulis, mais lorsqu’elle écrit «La Rage et l’Orgueil», choisissant le camp US dans la guerre contre le terrorisme.

Le soutien à Israël et les caricatures Val continue par la suite et rempile en 2006, pendant l’offensive israélienne contre le Liban: « Si l’on regarde une carte du monde, en allant vers l’est : au-delà des frontières de l’Europe, c’est-à-dire de la Grèce, le monde démocratique s’arrête. On en trouve juste un petit confetti avancé au Moyen-Orient : c’est l’État d’Israël. Après, plus rien, jusqu’au Japon. (…) Entre Tel-Aviv et Tokyo règnent des pouvoirs arbitraires dont la seule manière de se maintenir est d’entretenir, chez des populations illettrées à 80%, une haine farouche de l’Occident, en tant qu’il est constitué de démocraties ».

Quelques mois plus tôt, juste après avoir repris dans Charlie les caricatures de Maho- met, dessinées à l’origine pour le quotidien conservateur danois Jyllands-Posten, Val est l’un des artisans du «Manifeste des 12», qu’il signe aux côtés, entre autres, de Bernard-Henri Lévy et de Ayaan Irsi Ali, scénariste de Submission, court-métrage anti-Islam de Theo van Gogh. On lit ainsi dans le «Manifeste», publié dans Charlie, qu’après «avoir vaincu le fascis- me, le nazisme et le stalinisme, le monde fait face à une nouvelle menace globale de type totalitaire : l’islamisme». A bon compte, les signataires se parent des attributs du pacifisme. «Cette lutte, écrivent-ils, ne se gagnera pas par les armes, mais sur le terrain des idées. Il ne s’agit pas d’un choc des civilisations ou d’un antagonisme Occident-Orient, mais d’une lutte globale qui oppose les démocrates aux théocrates». Alors que se poursuit, à l’époque, l’occupation impérialiste de l’Afghanistan et de l’Irak, le texte ne trompe personne.

Complaisance et complicité Ce n’est pas la publication des caricatures de Mahomet en 2006 qui font de Charlie Hebdo un hebdomadaire peu fréquentable pour les antiracistes, ni même leur publication dans le contexte particulier de «croisade impérialiste» post-11 sep- tembre. Le problème n’est pas la dérision systématique des islamistes, dessinés comme des barbus, ni des femmes en niqab, que l’on retrouve de numéro en numéro, tout autant que les juifs et les juives orthodoxes, ou les cathos trads. Un journal satirique de gauche, qui n’a jamais fait mystère de son anticléricalisme chevillé au corps et de son combat pour l’athéisme, n’a pas à se censurer. Et c’est encore moins le rôle de l’extrême gauche politique d’appeler à l’auto-censure.

Le problème se situe dans le fait qu’à l’instar d’une fraction de la gauche radicale et de l’extrême gauche française, consciemment ou non, Charlie avait fait de la défense de la laïcité une nouvelle religion, y compris en renonçant à toute délimitation politique. Le problè- me existe à partir du moment où la satire, qui se voulait dérision sur toute la ligne, s’est transformée, précisément, en une ligne politique poreuse au sionisme, au nom de la lutte contre «l’obscurantisme musulman» et toujours plus compatible, au fil du temps, avec l’idée d’un front «de la civilisation» contre la barbarie.

La boucle est bouclée Aujourd’hui, dans les circonstances les plus tragiques et abomi- nables, la boucle est bouclée. Les journalistes ne sont plus là pour défendre leur journal, dont on ne peut réduire toute la trajectoire au tournant post-2001 ni lire son histoire à la lumière du passage avec armes et bagages de son rédacteur, Philippe Val, à la Sarkozye. Ce serait, pour le coup, caricaturer non seulement ce qu’a été l’hebdomadaire pendant de longues années, mais aussi ses lecteurs. Mais l’histoire de la presse satirique de gauche hexagonale est émaillée d’exemples de journaux n’ayant pas su résister à la pression d’une situation. C’est le cas de La Guerre Sociale, de Gustave Hervé, brûlot antimilitariste devenu social-patriote en 1914 et en réaction duquel vit le jour Le Canard enchaîné.

La France, aujourd’hui, est en guerre, selon Valls ; en guerre «contre le terrorisme» et «pour nos valeurs». Pour la bourgeoisie, les premières batailles ont été remportées, avec de belles prises. 88.000 flics, avec toutes les télés et tous les médias hexagonaux derrière eux, pour pourchasser trois assassins et les abattre. C’est autant de gagné pour faire oublier le meurtre de Rémi Fraisse. L’autre prise de guerre, c’est Charlie Hebdo. Aujourd’hui, en effet, tout le monde «est Charlie»: du Nasdaq à New York, en passant par Google, qui a fait don de 250.000 euros pour le relancer, jusqu’au gouvernement, promettant de le financer à hauteur de un million d’euros. Disposer d’un journal post-soixante-huitard pour relayer la politique gouvernementale, c’est quand même mieux que le Bulletin Officiel.

23 novembre 2015 Jean Patrick Clech

http://www.revolutionpermanente.fr/45-bougies-Que-reste-t-il-de-Charlie-Hebdo

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18 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

à bas l’union sacrée avec la bourgeoisie (tc)

c est les damnes

Qui truste les plateaux télé !

L’espace médiatique est saturé par les bourgeois (politiciens, artistes, experts, etc.) qui viennent pleurer, déverser leurs bons sentiments, et parler au nom du peuple.

L’émission spéciale de France 2 «On n’est pas couché» du samedi 14 novembre a vu défiler toute une palette de ces bourgeois, pour la plupart de «gauche». Ils sont très contents d’eux-mêmes. Ils se croient les porte-parole de la fraternité, de l’universalisme, du «vivre-ensemble», de la société festive, ouverte, et joyeuse. Et ils se croient formidables en affir- mant qu’il ne faut rien céder aux terroristes, qu’il faut rester ouverts et tolérants. En se démarquant de l’extrême-droite la plus islamophobe, ils se croient vertueux.

Le système médiatique érige ces bourgeois en porte-parole de l’émotion populaire. Car l’émotion, bien réelle et compréhensible, doit être cadrée politiquement pour servir les inté- rêts de leur système. C’est tout l’enjeu de ces émissions «spéciales» où les bouffons de service prennent une mine grave et mettent leur notoriété au service de «la France» qui doit faire bloc.

Mais ces bourgeois ne font qu’exprimer leur ressenti de parvenus inconscients. Derrière les beaux discours, il y a une réalité hideuse, ici et au loin, que ceux-ci dissimulent ou tout simplement ne voient même plus. Dans leurs beaux quartiers de bobos, il y a la misère, mais elle ne les dérange guère. Des centaines de SDF dans les rues autour de leurs restaurants et de leurs salles de spectacles ne les perturbent guère dans leur bonne conscience et dans leur consommation festive.

Les morts quotidiens sous les bombes de l’armée française ne représentent rien pour eux. Ils sont pour eux le prix à payer pour la défense de leur société qu’ils pensent ouverte et harmonieuse. L’indignation commence chez eux quand des islamistes débarquent et com- mencent à flinguer des gens auxquels ils peuvent s’identifier. Là, ils prennent conscience qu’ils sont eux aussi menacés. Mais ils ne comprennent rien. Ils ne comprennent pas la haine que leur société et leurs beaux discours produisent.

On ne combattra pas la barbarie islamiste de Daesh et consorts avec des bombes et des atteintes aux libertés fondamentales. Mais on ne les combattra pas non plus avec des discours creux de parvenus qui légitiment une société capitaliste de plus en plus barbare, qui exclut et broie de plus en plus d’individus. Nous ne ferons jamais alliance avec ces bourgeois contre les intégristes.

Contre la barbarie capitaliste et la barbarie intégriste qui s’entretiennent mutuellement (mais la responsabilité première est bien celle des capitalistes), il y a la nécessité de recons- truire un mouvement ouvrier qui unisse l’ensemble des exploités dans le combat contre les capitalistes, dans la perspective d’une société communiste.

Un mouvement ouvrier qui ne serait pas domestiqué et intégré à la société capitaliste. Pas comme ces bureaucrates syndicaux et politiques du mouvement ouvrier qui ont leur petite place au soleil et comptent bien le garder. Pas comme ce Mélenchon qui a participé à la bouffonnerie d’union sacrée autour de Ruquier samedi 14 novembre sur France 2.

Gaston Lefranc 15 novembre 2015

http://tendanceclaire.npa.free.fr/article.php?id=838

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16 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

ouest france diffame le npa

npa 4

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Comme en 1914, le nationalisme nous mène à la guerre!
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Les mêmes qui insultaient Jaurès avant de l’assassiner, veulent nous mettre au pas!
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Nous répondrons toujours: Résistance!
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Les militant-e-s des comités bretons du NPA tiennent à s’élever avec la plus grande vigueur contre la présentation caricaturale des positions de notre parti, faite dans l’édition de Ouest-France du 15/11/2015, cahier n°1, p 25, consacré aux attentats du 13 novembre.
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Ainsi le rédacteur Michel Urvoy écrit que «l’extrême-gauche, en toute impunité, légitime le bain de sang en plaçant au même niveau la violence faite aux terroristes et la violence que les terroristes nous infligent».
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Ainsi, le même rédacteur n’hésite pas à reproduire quelques lignes du communiqué national de notre parti, de même que celui de Lutte Ouvrière, sous l’infâme sous-titre « Ils excusent les tueurs». Cette présentation constitue une odieuse déformation de nos positions et une diffamation inqualifiable.
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Nous avons en effet très fermement condamné la barbarie des attentats du vendredi comme nous le faisons à chaque massacre. Le fait que nous resituions ces événements dans le contexte géopolitique du Proche-Orient en pointant les responsabilités évidentes des puissances régionales et occidentales, dont la France, dans le chaos actuel, ne peut excu- ser les tueurs et faire de nous leurs complices. Nous récusons donc les propos malveillants de M. Urvoy et en demandons compte à la rédaction de Ouest-France.
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Ci-dessous la position des comités bretons du NPA:
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Leurs guerres, nos mort-e-s: la barbarie impérialiste engendre celle du terrorisme

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Les attentats horribles qui ont eu lieu à Paris vendredi soir, faisant plus de 120 morts, des centaines de blessés, cette violence aveugle, suscitent la révolte et l’indignation. Le NPA les partage et exprime sa solidarité aux victimes, à leurs proches, les nôtres. Ce drame est d’autant plus révoltant qu’il frappe des victimes innocentes, que les attaques meurtrières visaient la population.
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Cette barbarie abjecte en plein Paris répond à la violence tout aussi aveugle et meurtrière des bombardements perpétrés par l’aviation française en Syrie suite aux décisions de F. Hollande et de son gouvernement. Ces bombardements sont censés combattre l’État islamique, les terroristes djihadistes, mais en fait, à l’instar de l’intervention et des bombardements russes, ils concourent au maintien du régime du principal responsable du martyr du peuple syrien, le dictateur Assad. Et ce sont là aussi les populations civiles qui en sont les premières victimes condamnées à survivre sous la terreur ou à fuir au risque de leur vie.
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La barbarie impérialiste et la barbarie islamiste se nourrissent mutuellement. Et cela pour le contrôle des sources d’approvisionnement en pétrole. Hollande qui porte une incontestable responsabilité dans ce nouveau drame, réclame aujourd’hui la «confiance». Il a décrété l’état d’urgence sur tout le territoire, estimant que la réponse à apporter était de piétiner les libertés fondamentales. Il a été immédiatement soutenu par Sarkozy. Les autorités politiques peuvent ainsi désormais interdire les manifestations, les réunions publiques et contrôler la presse.
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Une nouvelle fois, ceux qui ont une responsabilité dans ce déferlement de violence barbare appellent à l’union nationale. Ils tentent de retourner la situation dramatique à leur avantage pour étouffer l’indignation et la révolte. Nous refusons toute union nationale avec les responsables des guerres, la bourgeoisie, Hollande, Sarkozy et Le Pen. Nous dénonçons le racisme que distille l’État au nom de prétendues «valeurs de la République» au moment même où, sous couvert de lutte contre le terrorisme, ce sont les droits démocratiques qui sont menacés. Nous demandons la levée de l’État d’urgence.
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La seule réponse aux guerres et au terrorisme est l’unité des travailleurs et des peuples, par delà leurs origines, leur couleur de peau, leurs religions, par delà les frontières pour se battre ensemble contre ceux qui veulent les faire taire, les soumettre, pour en finir avec ce système capitaliste qui engendre la barbarie.
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Pour mettre fin au terrorisme, il faut mettre fin aux guerres impérialistes qui visent à perpétuer le pillage des richesses des peuples dominés par les multinationales, imposer le retrait des troupes françaises de tous les pays où elles sont présentes, en particulier en Syrie, en Irak, en Afrique. En Bretagne, le 15/11/2015
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13 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

savboent an npa e breizh

npa bz

KARTA EUROPAT EVIT AR YEZHOÙ RANNVRO PE BIHANNIVER

Emañ an dilennadegoù-rannvro o tostaat, setu en deus divizet an NPA reiñ e soñj diwar-benn nac’hadenn Bro-Frañs da gaougantañ Karta europat ar yezhoù rannvro pe bihanniver.
Degasomp un nebeud fedoù da soñj deoc’h da gentañ: e 1992 eo bet gourbonnet an emglev europat anvet ETS 148; sellet a ra ra ouzh holl vroioù Europa, ha n’eo ket hepken ouzh re ar Gumuniezh Europat. Pal an emglev-se (ar Garta) eo difenn ha kas war-raok ar yezhoù rannvro ha bihanniver, da lavaret eo ur pal sevenadurel-rik.

Sinet eo bet ar Garta gant Bro-Frañs, kaougantet avat n’eo ket bet, kement-se war ali ar C’huzul-Bonreizh hag ar C’huzul-Stad, war zigarez e vefe a-enep da vellad 2 Bonreizh 1958 hag a zifer eo « ar galleg yezh nemeti ar Republik ». (Degasomp da soñj d’ar re na ouifent ket ez eo ar Vonreizh c’haolour-se disoc’h taol-stad De Gaule en hevelep bloavezh.)

E 2008 en deus Kuzul Armerzhel ha Sokial an ABU (Aozadur ar Broadoù Unanet) aliet da Vro-Frañs kaougantañ ar Garta, ha gant-se e c’heller soñjal na vefe na diskiant na direzon e ober memestra! Ar 24 stad europat o deus graet n’int ket bet diframmet evit kelo-se, dimp da c’houzout!

Nevez zo e oa bet kinniget dougen ul lezenn a-benn adlañsañ ar raktres kaougantañ. Savet e oa ar Vodadenn Vroadel a-du ganti, met kaset eo bet ar stal d’an dour gant ar sened ar sizhun dremenet.

Gouzout mat a ra ar gouarnamant gall n’en devo ket muianiver an 2/3 evit ma asantfe ar Parlamant daskemmañ ar Vonreizh. War an amboaz-se eo en devoa prientet ur mellad 53-3 nevez a-benn treiñ diwar harz ar mellad 2.
Ha kannaded an tu kleiz ha re an tu dehoù o teurel ar bec’h an eil re war ar re all abaoe, sko a-raok an dilennadegoù rannvro… hag an Emsav oc’h ober goap.

Evit keloù an NPA, ec’h anavez div yezh vihanniver e Breizh: ar brezhoneg (yezh keltiek) hag ar gallaoueg (yezh romanek).

Goulenna ra da zigentañ e vefe kaougantet diouzhtu Karta ar yezhoù rannvro ha bihanniver. Da eil e c’houlenn ur statud a genofisielded evit ar brezhoneg hag gallaoueg asambles gant ar galleg war dachenn Breizh istorel ar pemp departamant.

N’hell ket an NPA asantiñ ez afe an trec’h gant « diskennidi A. de Monzie, ministr an Deskadurezh-Stad, hag en devoa disklêriet d’an 19 a viz Gouere 1925, da-geñver digoradur Pavilhon Breizh en Diskouezadeg Hollvedel: « evit seveniñ unded yezhel Bro-Frañs e rank ar brezhoneg mont da get ». NPA BREIZH

Version française

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11 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

andré glucksmann (ccr)

col mao

Trajectoire funeste d’un intellectuel médiatique

Enfant juif sous l’occupation, élève de Normale sup, agrégé de philosophie en 1961 puis militant maoïste dans les années 1968, Glucksmann rompt avec le marxisme en 1975 pour suivre une trajectoire classique dans le paysage intellectuel français. Cela le conduira jusqu’au soutien sans faille aux guerres impérialistes, au nom de la liberté et de la lutte con- tre le totalitarisme. Que retenir de ce parcours, qui témoigne du tournant néoconservateur de l’intelligentsia hexagonale à partir de la fin des années 1970?

Il n’est pas aisé d’écrire sur André Glucksmann au lendemain de sa mort. Face à l’arro- gance outrancière d’un BHL, l’homme semblait au moins avoir des convictions. La Répu- blique des cuistres à l’unisson, de Sarko à Hollande en passant par Valls, NVB, BHL ou Cohn Bendit pour ne citer qu’eux, rend un hommage contrit à Glucksmann et à ses multiples engagements.

Comme tant d’intellectuels de sa génération, Glucksmann a un côté Dr Jekyll et Mister Hyde. Il naît en 1937 à Boulogne Billancourt, de parents juifs venus de la Palestine manda- taire et membres de l’Internationale communiste. Son père meurt au début de la guerre tandis que sa mère s’engage dans la résistance.

À treize ans, il adhère au PCF, qu’il quittera en 1956, après l’insurrection de Budapest. Il devient assistant du politologue de droite Raymond Aron. En 1968, il participe à la rédaction du journal Action, né le 7 mai et qui se fait le relais du mouvement du 22 mars, de l’Unef et des comités d’actions lycéens. Fraîchement mao, il cofonde la revue «Révolution culturelle», et écrit régulièrement dans les « Temps Modernes », où il est du genre «plus stal que moi tu meurs». Guy Hocquengem, militant du FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire) qui l’a côtoyé à l’époque, l’épinglera avec truculence en 1986 dans sa «Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au col Rotary».

En 1975, il publie La Cuisinière et le mangeur d’hommes, réflexions sur l’Etat, le marxis- me et les camps de concentration, ouvrage dans lequel il établit un parallèle entre le nazis- me et le communisme. La rupture avec le marxisme est consommée. Sous couvert d’une critique anarchisante de l’Etat, et sentant le vent tourner sous les années Giscard, il se convertit au libéralisme.

Il se lie au mouvement des «Nouveaux philosophes», initié par BHL, avec qui il partage une admiration pour la figure de Soljenitsyne, et fait de la lutte contre le «totalitarisme» son cheval de bataille. Régulièrement invité par Bernard Pivot sur le plateau d’Apostrophe, il devient «un intellectuel médiatique» et un éditorialiste boulimique. Constant dans ses renie- ments, il poursuit une longue dérive qui le conduit à soutenir la politique de «dissuasion nucléaire» et la course aux armements.

Il est un farouche détracteur des pacifistes et antimilitaristes, qu’il décrit comme des «godiches illuminés» et se fait l’apologiste patenté de toutes les interventions militaires impérialistes, persuadé que la «liberté» se conquiert à coup de bombes.

Il soutient l’intervention de l’OTAN au Kosovo en 1999 et après le 11 septembre 2001, il s’attaque à ce qu’il définit comme un nouveau totalitarisme, «l’islamisme». Il soutient vaille que vaille la politique colonialiste d’Israël, les guerres d’Afghanistan, d’Irak, de Lybie et militera jusqu’au bout pour une intervention militaire occidentale en Syrie. En 2007, il soutient Sarko avant de s’en éloigner parce qu’il juge l’omni-président pas assez «anti-Poutine». Certes, il s’exprimera en 2013 contre la stigmatisation des Rroms, mais ces quelques mots comme ses engagements des débuts ne suffisent pas à atténuer le souvenir qu’il laissera, celui d’un personnage fondamentalement réactionnaire, qui s’est voulu maître es-progressisme.

Hocquenghem voit en Glucksmann un «stalinien renversé» : qui n’a eu de cesse de louvoyer sans craindre les contradictions, tout en restant très dogmatique. Dans son douce- reux hommage, Raphaël Enthoven le décrit comme un «amoureux de la liberté», qui a «effectivement changé de camp, mais qui n’a jamais changé d’avis», ajoutant qu’il faisait preuve d’«une constance magnifique». Le chroniqueur-philosophe d’Europe 1 semble oublier que c’est au nom de la «défense de la liberté» que l’impérialisme occidental n’a eu de cesse de justifier sa politique, des guerres coloniales aux interventions impérialistes des années 2000, en passant par la guerre froide. Cette constance n’est pas à louer.

Face aux oripeaux de la cohorte des soixante-huitard défroqués, «progressisme», défense de la «liberté» à l’occidentale, des «lumières», contre les «totalitarismes» et aux flambeaux des nouveaux maurassiens (travail, famille, patrie) à la Zemmour, Marx est tou- jours fort à propos: «Le domaine de la liberté commence là où s’arrête le travail déterminé par la nécessité». Les renouveaux et les reflux intellectuels accompagnent les vagues et les ressacs des mouvements ouvriers et populaires. Le drapeau de la liberté peut encore changer de main. 10 novembre 2015 Pierre Reip

http://www.revolutionpermanente.fr/Trajectoire-funeste-d-un-intellectuel-mediatique

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