Archive | Médias, culture

29 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Révoltes logiques: à quoi sert le chômage ?

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Le chômage ni la précarité ne peuvent se réduire à des chiffres statistiques ni à des courbes.

« Le fameux pacte de responsabilité rend le MEDEF tout puissant : les négociations se passent dans son siège parisien et les seules propositions discutées sont les siennes. L’accord impose encore une régression des droits des salariés fragiles, des chômeurs , des précaires. » dénonce Samuel Churin, comédien et porte parole de la coordination des intermittents et précaires.

Alors, nous, Piqueteros, au nom de ces chômeurs argentins bloquant des routes pour obtenir des droits, portons cette révolte par une interrogation :

A Quoi sert le chômage ? A qui profite t-il ?

Est-il un instrument de chantage sur les salariés ? Une nouvelle forme de domination? Sert-il à isoler le chômeur, le rendre invisible et malléable ?

Trois lectures viendront illustrer notre questionnement :
Le témoignage d’une femme en situation de recherche d’emploi .
Un extrait de « Le quai d’Oustreham « de Florence Aubenas , journaliste , investit pendant six mois dans le monde de la précarité  » pour vivre la vie des plus démunis  » .
Une intervention de Pierre Bourdieu à propos du mouvement des chômeurs en 1998.

  LCause Maison Pour Toutes,
4, rue Ernest Renan à Brest.

jeudi 3 avril à 19:00

Infos : Le théâtre du Grain – 02 98 43 16 70

https://www.facebook.com/events/655573614479323/

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28 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Municipales: les médias ont-ils favorisé le fn?

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Le 19 mars, la chaîne de flux d’infos BFM TV s’était faite rappeler à l’ordre par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Son traitement de l’actualité politique nationale posait problème à cause du « faible accès à l’an- tenne des représentants de l’UMP et du Parti socialiste » et de « la persistance de la surrepré- sentation du Front national ». Pendant le mois précédant la dernière semaine de campagne, BFM TV avait consacré 1h16 d’antenne aux élections municipales, dont près de la moitié (33 mn) au FN : deux fois plus que l’UMP, trois fois plus que le PS, huit fois plus que les écologistes. La chaîne s’était faite tancer par plusieurs médias de gauche, dont Regards.

BFM TV s’est, depuis, rattrapée. Son plateau a consacré 4h30 de plus aux élections municipales pendant la dernière semaine de campagne, selon le CSA, qui vient d’actualiser les chiffres de temps de parole fournis par les chaînes. Les apparitions des leaders frontistes ne monopolisent plus l’an- tenne : sur l’ensemble de la période, du 10 février au 21 mars, leur temps de parole est redescendu à 10%, (soit une bonne demi-heure, 26 minutes pour EELV et 17 minutes pour le Front de gauche) derrière le PS et l’UMP. Les proportions sont sensiblement les mêmes chez les chaînes concurrentes i-Télé et LCI. Précisons que les parts d’audience de ces trois chaînes ne dépassent pas 3% (en moyenne, sur l’année 2013), soit un flux d’environ 700 000 téléspectateurs, en moyenne, qui suivent leurs émissions plus de 5 mn – 450 000 pour BFM TV, 200 000 pour i-Télé, 45 000 pour LCI.

France Info favorise le PS, Europe 1 ne convie pas le Front de gauche. De leur côté, les chaînes « généralistes » ont consacré beaucoup moins de temps aux candidats en campagne dans leurs JT nationaux ou leurs magazines : 47 mn pour France 2, 29 mn pour France 3 (les émissions régionales ne sont pas comptabilisées). Chacune a accordé 17% de ce temps d’antenne au FN, soit 8 mn 27 secondes pour France 2, à comparer avec les 13 mn offertes au PS, les 10 mn à l’UMP, et les deux petites minutes laissées aux formations du Front de gauche (Parti communiste et Parti de gauche) et à EELV. Les chiffres de TF1 n’ont pas été communiqués.

Sur la fin de campagne, le problème vient, selon le CSA, des radios. « Des déséquilibres persistants sur plusieurs radios généralistes ont été constatés et le Conseil a formulé des mises en garde à Europe 1, France Info, Radio Classique et RTL », pointe le CSA. Les micros de France Info ont ainsi été largement monopolisés par le PS : 2h15 sur près de 5h d’antenne consacrées à la cam- pagne. Soit 45% du temps, contre 27% à l’UMP, 9% à EELV, 8% au Front de gauche et 4% au FN. Avec une audience cumulée de 8% fin 2013, France Info capte plus de 4 millions d’auditeurs occasionnels (nombre de personne qui ont écouté la radio au moins une fois en novembre et décembre).

A Europe 1, les candidats du Parti communiste et du Parti de gauche n’ont pas eu accès aux studios pendant le mois qui a précédé le 1er tour. Les socialistes ont ainsi pu s’y exprimer pen- dant 1h (42% du temps), contre une demi-heure environ pour la droite et l’extrême droite. Au contraire, RTL – près de 6 millions d’auditeurs occasionnels – a accordé autant de temps au Parti de gauche qu’à l’UMP, au PS et à EELV (5 mn). Mais c’est sur Radio Classique que les leaders du FN ont été le plus longuement invités, plus que tous leurs adversaires : près d’un tiers du temps de parole. Entrecoupé de symphonies de Wagner ? Par Ivan du Roy 28 mars 2014

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27 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Les chaines de télévision ont voté front national (reporterre)

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Une poussée de l’extrême-droite ?

Servie sur un plateau par les chaînes de télévision, qui ont accordé au Front national, dans les dernières semaines, un temps d’antenne bien supérieur à son poids réel, et largement supérieur à celui des écologistes et du Parti de gauche.

Parmi la myriade d’organismes qui composent l’Etat français, il y a en un qui s’appelle le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Parmi les tâches de ce conseil, l’écoute des chaînes de télévision afin de mesurer l’équité dans la distribution des temps de parole aux principaux partis politiques. En période électorale, le Conseil est particulièrement attentif.

Que s’est-il ainsi passé à la télévision dans les dernières semaines, entre le 10 février et le 14 mars ? Un fort déséquilibre de la parole : « Le Conseil a relevé que le traitement de l’actualité électorale au niveau national est caractérisé par le faible accès à l’antenne des représentants de l’UMP et du parti socialiste ainsi que par la persistance de la surreprésentation du Front national. » Pour mesurer précisément ce déséquilibre, on peut aller examiner plus en détail les différents relevés.

Si l’on regarde les chaînes généralistes, en comptant les journaux et les magazines, on observe un déséquilibre important :

le Front national bénéficie de 22 % du temps d’antenne consacré aux partis politiques sur France 2, de 29 % sur France 3, de 65 % sur France 5 et de 50 % sur Canal Plus. En comparaison, EELV a 1 % sur France 2, 5 % sur France 3 et rien sur les autres chaines. L’UMP est bien mieux traitée que le PS, et le Parti de gauche n’apparait simplement pas.

Du côté de Canal Plus, en revanche, on observe une surreprésentation importante de l’UMP, une surreprésentation d’EELV et du FN, tout ceci au détriment du PS. Quant aux chaines d’information en continu, elles se livrent à une véritable propagande en faveur du parti d’extrême-droite :

EELV : 5 % du temps sur BFM, 4 % sur i-Télé, 2 % sur LCI.

FN : 43 % sur BFM, 21 % sur i-Télé, 15 % sur LCI.

Parti de gauche : 8 % sur BFM, 2 % sur i-Télé, 7 % sur LCI.

PS : 15 % sur BFM, 29 % sur i-Télé, 40 % sur LCI.

UMP : 19 % sur BFM, 33 % sur i-Télé, 26 % sur LCI.

Au total, si l’on additionne les temps de parole accordés par les huit chaînes de télévision pour lesquelles le CSA a effectué un relevé, on obtient un temps d’antenne pour la période, tous partis confondus, de 5h45min51s.

. Le temps consacré au FN a été de 1 h 29min 59 s. Soit 26 % de 5 h 45 min 51 s.
. Le temps consacré à l’UMP a été de 1 h 37 min 18 s, soit 28,1%.
. Le temps consacré au PS a été de 1 h 28 min 35s, soit 25,6%.
. Le temps consacré à EELV a été de 13 mn 1s, soit 3,75 %.

Les chaines de télévision ont voté Front national. Et les médias, ensuite, claironnent sur « la poussée du Front national ». Cela s’appelle une prophétie auto-réalisatrice.

 Actualisation 27 mars

Dans la dernière semaine, entre le 14 et le 21 mars, les télévisions ont redressé la barre. Selon les relevés publiés par le CSA le 26 mars, on observe que sur la période 10 février-21 mars, le FN revient à 15,87 % du temps de parole sur les journaux et magazines des télévisions généralistes, et à 12,18 % sur les chaînes d’information en continu. Quant à EELV, elle se situe bien en-dessous, respectivement à 3,69 % et 5,41 %. Parti de gauche, PC et Modem apparaissent enfin.

Source : Hervé Kempf pour Reporterre. mercredi 26 mars 2014

http://www.reporterre.net/spip.php?article5617

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26 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Interluttants du spectacle

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Dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 mars, aux termes d’une parodie de négociations, le Medef, la CFDT et FO concluaient un accord.
L’annonce était attendue : qu’allait-il advenir du régime spécifique (annexes 8 et 10) d’assurance chômage des intermittents du spectacle et de l’audiovisuel que le Medef voulait supprimer ? Depuis quelques semaines, la mobilisation, riche des acquis de la grève de 2003, gagnait en nombre et en radicalité.
*
La propagande médiatique fit son travail : les annexes étaient supposément sauvées, le Medef avait renoncé ! La ministre de la Culture se félicitait, etc. Circulez, plus rien à voir, on y reviendrait certes plus tard, mais pour l’heure : victoire !
*
Et pourtant, l’accord signé est inacceptable. Il entérine et accroît les inégalités de celui, dévastateur, de 2003, s’attaquant aux plus fragiles et aux plus précaires. Ainsi, les intérimaires (annexe 4) en seront les plus immédiates victimes. Ainsi l’application de la franchise (ou carence) pour les petits et moyens salaires, l’augmentation des cotisation des intermittents témoignent sans fard de qui est visé et qui est épargné. À la marge, des mesures tentent de faire croire que l’accord est progressiste : on connaît la chanson qui, sous couvert de victoires sociales, entérine les pires régressions.
La riposte a été immédiate : convocations d’AG, occupation du Carreau du Temple à Paris évacué de façon brutale, etc. À la télévision, dimanche soir, devant les images de la violente ex- pulsion d’intermittents et de précaires du siège d’Anne Hidalgo, le sénateur PS Assouline les dénonçait comme des « provocateurs »…
Tout était dit en quelques mots, démasquant la prétendue solidarité du gouvernement avec les intermittents : ici encore et comme partout, le PS soutient en fait et quoi qu’il en dise la guerre sociale que mène le patronat.
Patrons et gouvernement, aidés par certains syndicats, pensaient éteindre l’incendie. Rien n’est moins sûr, cependant : leur cynisme et leur brutalité produisent colère et détermination. Les dernières semaines furent riches en convergences (chômeurs et précaires) et confiance retrouvées.
Une épreuve de force exemplaire s’engage : elle unit artistes et techniciens, chômeurs et précaires, créateurs et publics contre la logique destructrice des intérêts du Medef.

Olivier Neveux Hebdo L’Anticapitaliste – 235 (27/03/2014)

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24 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Intermittents

fin

« Pour le Medef et son allié la CGPME, l’objectif est de se désengager des annexes, de les sortir de la solidarité interprofessionnelle »

Entretien. Christophe Jaillet est comédien et marionnettiste. Il est membre du SFA-CGT (Syndicat français des artistes) et a participé à toutes les luttes des intermittentEs à Lyon depuis 1991. Avec lui, nous revenons sur les débats autour du régime des intermittentEs, et leur mobilisation en défense des acquis.

Quels sont les projets du Medef concernant le régime spécifique des intermittents du spectacle ? Celui-ci est-il réellement divisé comme pourrait le laisser entendre la prise de position de Laurence Parisot dans les Échos ?

Laurence Parisot n’a jamais eu à traiter la « patate chaude » du régime spécifique d’indemnisation chômage des intermittents du spectacle. Dès 2008, Sarkozy avait demandé la prorogation en l’état des annexes 8 et 10 jusqu’en 2013 : il ne voulait pas être emmerdé avec ça alors qu’il y avait des dossiers lourds à venir (réforme des retraites, de la Sécurité sociale, loi TEPA, TVA sociale etc.). Parisot n’a jamais vraiment digéré son éviction lors du vote du Conseil exécutif en mars 2013 alors qu’elle était candidate à sa succession à la tête du Medef. Donc, c’est plus « le coup de pied de l’âne » à Gattaz qu’un soutien vibrant à la politique culturelle ou un soudain amour pour les acteurs de la culture en France…

Pour le Medef et son allié la CGPME, l’objectif est de se désengager des annexes, de les sortir de la solidarité interprofessionnelle. Mais l’objectif est difficilement atteignable car les professionnels du secteur sont fortement mobilisés depuis plus de vingt ans. La difficulté pour le Medef est de séparer le bon grain de l’ivraie. Ils veulent continuer à faire du dumping grâce à la permittence, c’est-à-dire l’emploi d’intermittents de façon permanente ou quasi permanente par un même employeur (dans les boîtes audiovisuelles, par exemple, qui abusent du recours au CDD d’usage avec la bienveillance hypocrite du patronat) et refourguer à la charge de l’État les « improductifs et subversifs » du spectacle vivant. C’est ce qui a été en partie réalisé en 2003 avec la poursuite du phénomène de la permittence dans le secteur privé et la prise en charge de fonds spéciaux abondés par le ministère de la Culture (fonds de transition, fonds transitoire, fonds de professionnalisation, AFD etc.) pour ceux « qui n’arrivent plus à faire leurs heures ». Pour l’heure, le patronat n’a pas évoqué dans ses projets un traitement différencié des artistes et des techniciens.

Que penses-tu de l’argument, largement repris dans les milieux culturels, de l’apport économique que représente aujourd’hui le monde de la culture et qui justifierait de le protéger ?

C’est un terrible renoncement, une défaite idéologique ! Cela pourrait avoir des conséquences tragiques à l’avenir. En utilisant les arguments des capitalistes, à force de claironner que la culture, c’est un champion économique (on « pèse » plus que l’industrie automobile en terme d’emplois, etc.), cela ne justifiera-t-il pas de supprimer les subsides nécessaires à une création diverse, qui ne soit pas inféodée au pouvoir économique ? Si la culture est rentable et rapporte, pourraient affirmer les capitalistes, pourquoi alors ne pas l’intégrer dans les négociations de l’accord de libre échange panaméricain ?

Quelles sont les revendications principales du mouvement ? Et sur quoi, car il n’est pas unifié, se divise-t-il ?

Loin de la guerre souterraine de 2003 entre les partisans des thèses de Toni Negri et du revenu universel et les organisations syndicales du secteur (CIP/IDF contre Fédération du spectacle CGT), le mouvement est aujourd’hui unifié autour du Comité de suivi et de ses propositions pour la réforme des annexes spécifiques de l’assurance chômage des artistes et techniciens, avec la caution des deux ministres socialistes, Sapin et Filippetti. Sans entrer dans des détails trop techniques, le Comité de suivi préconise une annexe unique pour les artistes et les techniciens : 507 heures sur 12 mois, pour ouvrir 12 mois d’indemnisation avec une date anniversaire préfixe, l’assimilation des périodes de travail hors spectacle à raison d’un tiers des heures, le plafonnement mensuel du cumul salaires et allocations chômage et un nouveau mode de calcul plus mutualiste, maintien du principe de solidarité intra et interprofessionnel.

En quelques jours, la mobilisation a connu un fort accroissement. Quelles sont les prochaines échéances ?

La dernière séance de négociation de l’assurance chômage aura lieu le 20 mars. Il y a fort à parier que grâce à la forte mobilisation, l’ordre du jour portera intégralement sur le régime général et l’annexe 4 et que les annexes 8 et 10 seront prorogées, dans l’attente pour le Medef de trouver une nouvelle fenêtre de tir plus favorable (au mois d’août ?) afin de modifier à la baisse ces annexes. C’est pourquoi il faudra que les forces en lutte restent mobilisées…

La question de la grève est-elle abordée ? En particulier celle des festivals ?

La question de la grève est complexe. L’avis le plus répandu chez les artistes, c’est qu’il est plus efficace de rencontrer le public, lire des textes avant ou après les spectacles, faire signer des pétitions, créer des happenings spectaculaires (manifs de droite, enterrements scénarisés, etc.) plutôt que de descendre le rideau de fer. Pour beaucoup, le travail est rare et ils ont le sentiment de « se tirer une balle dans le pied » en ne jouant pas. Pour les techniciens, qui ont un rapport au travail plus proche des ouvriers, la grève reste le recours ultime. Ainsi, en juillet 2003, c’est la grève d’une demi-douzaine de techniciens qui a conduit à l’annulation du festival d’Avignon. Il y a aussi l’arme de « l’écran noir » à la télévision, chose qui n’est jamais arrivée, ce qui eut été possible dans les années 70 à l’époque de l’ORTF, mais qui semble quasi impossible techniquement à ­réaliser aujourd’hui.

Cette bataille intervient alors qu’une mobilisation était en cours contre la diminution du budget de la culture (ce que la droite n’avait jamais osé faire). Comment s’articulent ces deux luttes ?

Assez difficilement. La difficulté provient du téléscopage des « marches pour la culture » initiées conjointement en janvier par les employeurs du secteur et la CGT spectacle, et la lutte pour la sauvegarde des annexes 4, 8 et 10 qui se développe depuis l’annonce choc du patronat du 12 février de la suppression des trois annexes. La porosité entre les deux mouvements n’est pas pour plaire aux patrons du secteur qui défendent des positions assez corporatistes, mais légitimes tant la politique culturelle du gouvernement socialiste est en régression depuis 2012. En région, les militants de la CGT jouent les « entremetteurs » entre les privés d’emploi et précaires du PEP-CGT et les res- ponsables du Syndicat des entreprises artistiques et culturelles (Syndéac), de la Chambre pro- fessionnelle des directions d’opéra (CPDO) et du Syndicat national des scènes publiques (SNSP). Ils essayent de garder l’unité de la lutte sans laisser le leadership à l’une ou l’autre partie, chose pas toujours aisé tant les antagonismes sont forts…

Propos recueillis par Olivier Neveux Hebdo L’Anticapitaliste – 234 (20/03/2014)

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24 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Snowpiercer, un mariage efficace de science-fiction et de lutte des classes (psl.be)

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Juillet 2014. Face au réchauffement climatique, plusieurs dizaines de pays répandent dans l’atmosphère un gaz destiné à refroidir la température terrestre.

17 ans plus tard, alors que le monde est plongé depuis autant d’années dans une terrible ère glaciaire, les derniers survivants de l’Humanité sillonnent le paysage désolé à bord d’un train forcé à rouler continuellement et très strictement hiérarchisé. A sa tête l’élite et son dirigeant, Wilford, qui possède tout, du train au droit de vie et de mort sur ses occupants. En queue de train, la masse des ‘‘queutards’’ survit dans un espace surpeuplé, dans une misère sans nom.

Ils n’ont pour eux que l’espoir de la révolte, et Snowpiercer, le transperceneige raconte leur soulèvement. La science-fiction s’est régulièrement faite le vecteur de réflexions, d’espoirs mais aussi (et surtout) d’inquiétudes concernant notre société et son évolution. Ces dernières années, certains ont plus franchement abordé le cas de la révolte contre un système inégalitaire (notamment Elysium, de Neill Blomkamp, 2013). Ce n’est bien entendu pas un hasard dans l’actuel contexte de crise du capitalisme et de révolte de masse à travers le globe.

Mais ce qui frappe dans Snowpiercer, et ce qui le distingue singulièrement d’autres productions d’anticipation du style de Time Out (d’Andrew Niccol, 2011), c’est la clarté avec laquelle est exposée le système de classes sociales ou encore la notion que le pouvoir dépend de la propriété des moyens de production (la ‘‘machine sacrée’’ qui permet au train de rouler indéfiniment dans ce cas-ci).

L’élément collectif du processus révolutionnaire est aussi plus fortement souligné, da- vantage même que dans la bande-dessinée originale de 1982. Curtis (Chris Evans), le dirigeant du soulèvement, est loin de l’image du héros solitaire tentant à sauver le monde par sa seule force individuelle. Une question abordée et qui est fondamentale pour toute personne désireuse de lutter pour améliorer ses conditions d’existence est celle de la réforme ou de la révolution (se contenter de quelques wagons ou prendre possession de la machine?).

Enfin, la tentative de géo-ingénierie à la base de cet univers post-apocalyptique est également une sérieuse mise en garde face aux ‘‘solutions’’ que les élites capitalistes peuvent mettre en œuvre face au péril climatique plutôt que d’opérer un changement de système.

Mais si ce film aborde avec brio une thématique forte (même si la conclusion de l’intrigue peut ouvrir la voie à de nombreuses discussions), c’est loin d’être son seul attrait. Les acteurs sont brillants (notamment John Hurt et Tilda Swinton, cette dernière étant tout bonnement époustouflante en Ministre du Train) et le réalisateur sud-coréen Bong Joon-h confirme ce talent que la scène internationale avait pu déjà voir à l’œuvre avec le splendide thriller fantastique The Host (2007). Un film à voir, donc, et à faire voir.  23 mars 2014 Par Nicolas Croes

http://www.socialisme.be/fr/8970/snowpiercer-un-mariage-efficace-de-science-fiction-et-de-lutte-des-classes

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24 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Quand des penseurs «critiques» désarment l’internationalisme (corcuff)

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Todd, Lordon, Durand, Ruffin…

« Démondialisation », « sortie de l’euro », « protectionnisme », « en finir avec l’Europe »… : des intellectuels critiques souvent adulés à la gauche de la gauche tendent à fétichiser l’État-nation comme principal cadre pour résister à la logique néolibérale du capitalisme. Ce faisant, les Todd, Lordon, Durand ou Ruffin, contribuent à désarmer les potentialités internationalistes de la con- testation sociale, dans un contexte périlleux de montée de nationalismes xénophobes d’extrême droite en Europe.

Un mouvement qui va à l’encontre de la vague altermondialiste née dans les années 1990. Dans un climat où une tendance forte, caractérisée par le sociologue Jean-Claude Kaufmann comme « national-raciste » (1), s’exprime, il est tout particulièrement important de ne pas perdre ses repères afin de cultiver des résistances. Pour la Fédération Anarchiste, l’horizon tel que défini dans ses « Principes de base » inclut « l’abolition des frontières », « la question sociale ne pouvant être résolue définitivement et réellement qu’à l’échelle mondiale » (2). Cette boussole interna-tionaliste, et même mieux altermondialiste et cosmopolitique, car elle a le monde pour destinée dans le prolongement critique de la philosophie des Lumières d’Emmanuel Kant (3), peut aider les libertaires à se démarquer radicalement de discours critiques qui peuvent paraître par certains côtés proches, mais qui se fourvoient dans la sacralisation de la nation et dans la diabolisation du monde.

Du Made in chauvin montebourgeois au brave soldat Todd Le fringant Arnaud Montebourg est apparu lors de la primaire socialiste comme une « aile gauche », auquel nombre de sympathisants des gauches radicales ont apporté leur vote. Pourtant, dès son livre à succès Votez pour la démon- dialisation !, il a alimenté le café du commerce chauvin. Il y explique, par exemple, que, contrai- rement à « notre grand et beau pays, la France », « les Chinois » sont « voleurs » et « les Alle- mands » « égoïstes » (4). Aujourd’hui, notre Ministre du « Redressement productif », ambassadeur du « made in France » s’adonne encore un peu plus à l’inflation cocardière et productiviste.

Le démographe Emmanuel Todd, lui aussi partisan de « la démondialisation », a été le préfacier du livre de Montebourg. Bien qu’ayant aidé Jacques Chirac à inventer « la fracture sociale » pour la campagne présidentielle de 1995, il a souvent une image « gauche critique ». Dans un en- tretien du 13 décembre 2011 sur le site de l’hebdomadaire Marianne, il oppose, par exemple, à « la grandeur de la culture française », associée à la notion d’« homme universel », « la vision ethnique de l’économie » et « la culture autoritaire » à l’œuvre dans « le monde germanique » ; différences qui plongeraient leurs racines dans les « structures familiales originelles » (5). Un culturalisme essentialiste aux allures savantes, découpant des « cultures originelles », compactes, fermées et stables dans le temps, bref ce que l’on appelle des essences, domine son discours. Les sciences sociales ont depuis longtemps invalidé cette vision figée de cultures homogènes, mais les livres de Todd sont souvent des succès de par leur apparence « savante » et « critique ».

Il s’est ensuite allié à un économiste réputé plus radical, Frédéric Lordon, pour appeler à la sortie de l’euro, en s’ébrouant un peu plus dans la mare franchouillarde : « Nous, Français, avons besoin de nous retrouver entre nous, avec nos bonnes vieilles luttes des classes, avec notre fantastique diversité culturelle, avec notre État, et notre monnaie. » (6) Garde à vous, soldat Todd !

Lordon ou l’économiste atterri dans le cocoon national Co-équipier de Todd contre l’euro, Frédéric Lordon, vedette intellectuelle des gauches radicales, s’est aussi épanché en faveur d’une « solution nationale » lors d’un débat public organisé par ATTAC le 15 janvier 2012 (7), où il s’est opposé aux thèses (fort heureusement) altermondialistes des animateurs d’une association dont la résistance à l’air du temps doit, par contre, être soulignée. Pour Lordon, « en revenir à la confi- guration nationale » serait plus apte à permettre l’expression de « la souveraineté populaire », confondant ainsi allègrement souveraineté populaire et souveraineté nationale. Et puis il associe surtout le point de vue « cosmopolite » aux « privilégiés du capital économique et du capital culturel », à l’inverse des travaux de la sociologue Anne-Catherine Wagner mettant en évidence les ressources cosmopolites de classes populaires traversées par diverses vagues d’immigration (8).

Par ailleurs, Lordon n’a pas hésité à charger un peu plus la barque nationaliste, en stigmatisant de manière essentialiste « la croyance monétaire allemande », pas seulement celle des élites économiques et politiques, mais celle supposée de l’ensemble du « corps social allemand » ; « croyance monétaire allemande » qui serait dotée d’une forte « profondeur historique ». Or un représentant d’ATTAC Allemagne venait de critiquer son gouvernement à la même table, juste avant l’intervention de Lordon…Á force d’être « atterré », il est peut-être devenu sourd aux paroles internationalistes ?

Durand : de la IVe Internationale au cul de sac national Cédric Durand, autre « économiste atterré », vient de la LCR et du NPA, qu’il a quitté pour rejoindre le Front de gauche. Il a dirigé en 2013 le livre collectif En finir avec l’Europe (9). Le livre éclaire certes les aspects les plus con- testables des institutions européennes réellement existantes. Mais il le fait unilatéralement, dans une diabolisation de l’Europe qui construit alors implicitement la nation comme unique rempart. Les auteurs du livre sont ainsi conduits à mettre en cause la thématique, jusqu ’il y a peu encore majoritaire dans les gauches critiques, de « l’autre Europe » (p.8), à balayer d’un revers de la main « les variantes soi-disant « de gauche » de l’idéologie européiste » (p.57) et à développer une posture sceptique par rapport à la possibilité d’une « européanisation de la protestation » (p.103). Puis Durand défend dans son épilogue des mesures de protectionnisme national (p. 148), qu’il distingue de manière assez floue de ce qu’il critique comme étant « la réponse souverainiste et nationaliste » (pp.138-139). La grande irresponsabilité de ce livre, qui s’englue dans des mesures nationales que vient à peine compenser une phraséologie internationaliste vague, consiste à ne pas proposer de stratégie internationale alternative à l’Europe capitaliste. Bref on déconstruit l’imaginaire européen, en enterrant en pratique les autres « mondes possibles » altermondialistes, au profit pratique d’un « réalisme » finalement étriqué, car national.

Ruffin ou le rebelle sous protectionnisme Co-créateur du journal Fakir et ancien reporter à Là-bas si j’y suis, l’émission produite par Daniel Mermet sur France Inter, François Ruffin est aussi, comme Lordon, une icône intellectuelle des gauches radicales. Il est devenu un des principaux chantres du protectionnisme national. Dans Le Monde Libertaire, il s’est ainsi mis sous l’égide d’une phrase de l’économiste britannique John Maynard Keynes : « J’ai de la sympathie pour ceux qui veulent minimiser plutôt que maximiser l’imbrication économique entre les nations » (10). Il a aussi appelé, dans une rebellitude confondante, à ne pas laisser le « thème du « Produire en France » au Front national ». On voit mal, par contre, le FN nous disputer ainsi « l’Internationale sera le genre humain » ! Et croire qu’on pourrait sauver les seuls travailleurs français dans la mise en concurrence inter-nationale des salariés : c’est naïf économiquement et dangereux dans un contexte favorable au « national-racisme » dont parle Jean-Claude Kaufmann.

L’étatisme et la diabolisation des médias comme adjuvants du confusionnisme politico-intellectuel ambiant Les illusionnismes nationaux qui travaillent les gauches critiques à travers quelques figures intellectuelles de renom se nourrissent notamment de deux impensés : l’étatisme et la diabolisation des médias.

Étatisme ? Plutôt que d’orienter principalement leur attention sur la constitution de mouvements sociaux à l’échelle européenne et mondiale, ces auteurs tendent à donner une grande importance à la confection de mesures applicables à l’échelle de l’État-nation. Si l’on regarde l’histoire des gauches radicales depuis la seconde guerre mondiale, les intellectuels critiques ont pourtant plus de probabilités de peser sur la première que sur le second (en tout cas s’ils restent critiques !), largement hors de portée en-dehors de la seule rhétorique. Et pourtant ils sont tentés de surestimer la place du second, comme s’ils avaient en eux-mêmes une âme de gouvernant ou de conseiller du Prince, un Lénine qui sommeille ! Il n’est pas étonnant qu’il soit si difficile d’effectuer une critique radicale de l’État moderne et des rapports gouvernants/gouvernés qui en constituent un des axes, alors que la seule critique du capitalisme apparaît beaucoup plus aisée. Pour ce faire, il faudrait, selon les mots de Pierre Bourdieu, « échapper à la pensée d’État sur l’État » (11).

Diabolisation des médias ? Dans l’article cité, Ruffin nous met sur la voie des dégâts intellectuels de la focalisation de la critique sociale la plus courante sur une dénonciation simpliste des médias : le refus du protectionnisme ne peut être, selon lui, que le triomphe de « la propagande » promue par « les économistes de garde ». Attac ou les anarchistes seraient-ils ainsi vendus à TF1 ? Il suffit que l’on mette une idée du côté des « médias dominants » pour qu’elle soit suspecte, indépendamment de la boussole éthique et politique orientant la critique. La critique manichéenne des médias s’est largement transformée en paresse intellectuelle de notre temps, auréolée des parfums conspi- rationnistes qui attirent tant l’odorat critique contemporain (12). On observe clairement ses ravages aujourd’hui avec les succès de la rhétorique du « politiquement incorrect » des Dieudonné, Soral et autres Zemmour !

Fétichisation du national, étatisme et diabolisation des médias constituent trois des lieux communs installés ces dernières années à gauche de la gauche et participant à leur désintellec- tualisation aux côtés de la quasi-mort cérébrale de la gauche sociale-libérale (13). Les libertaires sauront-ils sauver l’honneur de la raison critique et de l’émancipation en sortant la radicalité de ces bourbiers ? 21 mars 2014 |  Par Philippe Corcuff

http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-corcuff/

Commentaire: Philippe Corcuff a un itinéraire copieux: PS, Verts, LCR, NPA et Fédération Anarchiste.

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21 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Edwy plenel sur sarkozy (i-télé)

 

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20 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Municipales: où sont passés les petits candidats? (acrimed)

Municipales: où sont passés les petits candidats? (acrimed) dans Médias, culture dede930_scalewidth_460

Un « petit candidat » durable, recyclable et entièrement gonflé à l’hélium: Dédé l’Abeillaud

Tout au long de la campagne pour les élections municipales qui touche maintenant à sa fin, les grands médias nationaux ont pris la liberté de faire comme si le scrutin ne comptait qu’un tour : le second [1] !

À quoi bon en effet s’embarrasser de parler du premier premier tour quand des sondages ont révélé depuis des semaines que les mairies se joueraient, dans l’immense majorité des cas, entre des can- didats UMP et PS – ou soutenus par ces partis ? Le FN venant heureusement pimenter la situation générale en perturbant ces duels annoncés, avec la perspective, plus ou moins fantasmée, de quel- ques triangulaires, voire de victoires… Dans ce jeu (médiatique) à trois, les « autres » candidats, les « petites » listes, n’ont évidemment pas leur place, et ils sont dans le meilleur des cas, tout juste mentionnés.

Cette conception hémiplégique du jeu démocratique, où la contribution au débat de forces politiques minoritaires est considérée comme un folklore inutile – et est (mal)traitée comme tel –, n’épargne pas la PQR. Au moins deux cas, signalés par des correspondants, nous semblent particulièrement symptomatiques. Ces exemples, qui concernent la gauche de gauche (rien d’étonnant à ce que nous soyons plutôt sollicités et alertés de ce côté-ci), valent cependant pour toutes les orientations de l’échiquier politique.

- À Chartres, d’abord, où la liste du Front de gauche « Chartres l’Humain d’abord » a fait parvenir une lettre ouverte aux directions de L’Écho Républicain, de France 3 Centre, et d’Ipsos, ainsi qu’au CSA, pour protester contre une enquête d’intentions de vote publiée le 14 mars. Le sondage en question, s’en tenant sans doute au classement établi par le Ministère de l’Intérieur, présente la liste estampillée « sans étiquette » (mais soutenue en réalité par le PS, EE-LV et le Modem) de Catherine Maunoury comme une liste d’union de la gauche – alors même que deux autres listes se revendiquent de la gauche et que l’intéressée elle-même affirme dans ses tracts : « J’ai choisi de conduire une liste de rassemblement avec des femmes et des hommes de toutes les origines politiques. » Avec une telle présentation de la scène politique chartraine, autant dire que le sondage est d’emblée entièrement faussé…

Ensuite, bien que les listes du Front de gauche et du FN soient données à égalité au premier tour, aux alentours de 7 % des intentions de vote, donc en-dessous du seuil des 10 % permettant de se maintenir au second tour, le sondeur choisit, contre toute probabilité et en toute partialité, de tester l’hypothèse d’une triangulaire au second tour… avec le seul FN.

Disqualifié a priori pour le second tour, le Front de gauche est aussi évincé des médias engagés dans l’opération – et pour cause ! Ainsi, L’Écho Républicain et France 3 Centre recueillent les réactions de plusieurs candidats, dont celle de Denis Barbe, tête de la liste « Chartres l’Humain d’abord » qui ne sera diffusée par aucun des deux mastodontes de l’information locale.

- À Sotteville-lès-Rouen, ville de 30 000 habitants de la banlieue de Rouen, c’est France 3 Haute-Normandie, cette fois, qui démontre une conception toute particulière du pluralisme po- litique. Mercredi 12 mars, la chaîne locale consacre un reportage de onze minutes aux municipales. Le maire sortant et candidat dissident du PS, sa concurrente officiellement investie, le candidat du FN, le candidat divers droite, et même un représentant du PCF – qui ne présente pourtant pas de liste, mais qui soutient le maire sortant – sont interviewés.

En revanche, nulle trace du candidat de la liste « Sotteville À Gauche Vraiment » soutenue par les Alternatifs, Ensemble, le NPA et le PG ! Ainsi, une liste qui avait obtenu 14,6 % des voix en 2008, et compte deux conseillers municipaux, est privée de parole par France 3 – dont on appréciera la conception de sa mission d’information de service public…

Contactée par les candidats de « Sotteville À Gauche Vraiment » par mail et téléphone dès le 13 mars, la chaîne régionale a prétendu qu’elle n’avait « pas le temps d’interroger tout le monde » et a bien entendu refusé de revenir réaliser une interview ou un reportage sur cette liste. « Pas le temps », là encore…

Les lecteurs et téléspectateurs, qui, frustrés de tant de partialité, auraient cherché à compenser sur les chaînes d’information en continu la pauvreté du traitement de cette campagne municipale dans les médias locaux, auraient été confrontés… au même « spectacle ». Avec des reportages n’ayant que le résultat final en ligne de mire, ne donnant la parole qu’aux seuls favoris des sondages, et s’acquittant de la corvée de traiter des autres candidats par un expédient commode : des listes de noms en incrustation défilant à l’arrière plan ! Blaise Magnin Le 20 mars 2014

http://www.acrimed.org/article4294.html

Commentaire: La Bretagne serait à côté un « el dorado » des petites listes?

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15 mars 2014 ~ 0 Commentaire

La conquête de paris par haussmann et ses ultimes séquelles (al’e)

paris

L’historien, ancien membre du Collège de France, Louis Chevalier, dans son ouvrage sur L’Assassinat de Paris, au milieu des années 1970 (Calmann-Lévy, 1977), avait parfaitement perçu le sort funeste que les différents dirigeants en charge de la capitale lui avaient réservé lors de leur passage aux affaires.

Il pointait déjà la disparition définitive du Paris historique sous les coups de boutoir des assauts répétés de la bétonisation accélérée des quartiers, la fabrication d’une fausse architecture de décor et d’un vrai urbanisme d’isolement où la rue tend à disparaître, du surgissement et du déploiement du nouveau maître invisible que constituait la circulation automobile envahissant sous-sol, sol et air, soit la mécanisation rapide gagnant sans cesse sur le pas des marcheurs, la disparition programmée de la présence ouvrière et des petits artisans en son cœur et leur exode vers des banlieues de plus en plus lointaines, voire inaccessibles et incertaines.

La parution de son ouvrage fut aussi concomitante: de la destruction du lieu de promenade des berges de la Seine au profit des voies rapides automobiles; de la destruction des Halles de Baltard qui auraient pu être reconverties, et ce au profit d’une immense fosse à marchandises et breloques baptisée «le Forum des Halles».

Là, le peuple s’y «exprime» par marchandises interposées. Il y est capturé et maintenu dans les rets de galeries semi-souterraines proposant mille et un brimborions et frusques diverses que le dernier projet de Canopée, une couverture translucide à la façon d’une raie manta, ne parviendra pas à parachever dans le sens d’un embellissement du centre de Paris. L’impossibilité, par un projet de l’esprit, de combler le trou des Halles, pourtant si souvent récuré et cureté, est d’ailleurs sympto- matique de cette impossibilité de fonder un nouveau centre d’une ville qui ne soit pas celui de l’étalage de marchandises plus ou moins frelatées, exhibées dans une débauche sans fin de magasins de fausses hardes qui tremblent de tous leurs murs sous le fracas des décibels crachés.

Un peu plus loin, dans ce qui s’appelait encore le Quartier Latin, quelques librairies, aussi peu de cinémas et encore moins de théâtres surnagent au milieu d’une myriade d’espaces lugubres de restaurations rapides et d’un étalement de magasins de fringues-kleenex et de faux cafés clinquants, sans parler du pullulement nauséabond des banques. Les années 1980-1990 n’avaient pas été très glorieuses et avaient, de fait, poursuivi un élan dévastateur originel: un opéra peu populaire et ressemblant à une vaste cocote minute; une Bibliothèque nationale de France, plate métaphore de quatre livres ouverts mais déjà obsolète et qui prend l’eau; une pyramide-ovni plantée au milieu du Louvre dont le sous-sol ressemble à un hall d’aéroport avec ses magasins duty-free; un Ministère de l’économie et des finances, enjambant en partie la Seine et faisant le rappel de la sinistre barre crypto-stalinienne d’antan.

Et pour l’avenir proche, rien de vraiment très rose: la sportivisation ou pire la stadification urbaine accélérée de l’ouest de Paris avec le Parc des Princes (bientôt rénové), le stade Jean-Bouin (construit), et surtout le catastrophique projet du Stade de Roland-Garros contre lequel agit une puissante mobilisation dans le cadre de la pétition «Sauvons les serres d’Auteuil». L’actuelle municipalité et en particulier Anne Hidalgo, adjointe au Maire pour les questions relatives à l’urbanisme sont en effet arc-boutées sur la défense absolue d’une compétition de quinze petits jours – revers liftés, ray-bans et bronzette mondaine – qui piétinera et mettra fin à un magnifique jardin.

Tous ces projets et réalisations ont poursuivi l’haussmannisation de la capitale par d’autres moyens certes plus soft qu’autrefois, mais tout aussi redoutables. Rappelons que le baron Haussmann se définissait comme «impérialiste de naissance et de conviction» et avait entrepris «l’éventrement du Vieux Paris, du quartier des émeutes, des barricades, par une large voie centrale, perçant, de part en part, ce dédale presque impraticable […] », permettant ainsi de contrôler le dangereux prolétariat parisien.

Karl Marx avait aussi compris et anticipé « […] le vandalisme d’Haussmann, rasant le Paris historique pour faire place au Paris du touriste». Le Corbusier, de son côté, se pâmait d’admiration dans son ouvrage intitulé Destin de Paris!, un livre paru en 1941 aux éditions colla- borationnistes Fernand Sorlot: « C’est vraiment admirable ce que sut faire Haussmann», « Mon respect et mon admiration pour Haussmann »…

Car Paris – et beaucoup s’en réjouissent – est devenue la capitale des touristes et du loisir loisireux. Un tourisme de masse est en effet en train d’asphyxier Paris, entre autres, avec ses cars monstrueux, moteur allumé et qui stationnent dans les rues du centre. Notre-Dame-de-Paris est prise d’assaut par les hordes de touristes bardés d’appareils en tout genre. Et ceux-là se répandent par groupes, façon troupeau ou petite meute, dans le Quartier latin qui est aujourd’hui réduit à une immense zone de restauration rapide et où les librairies ont été sommées de décamper chassées manu sportivi par des magasins de ventes de vêtements de loisir et de ballons et, où les universités ont été, elles aussi, constamment éloignées.

Walter Benjamin avait eu raison, en son temps, de souligner que «la ville de Paris est entrée dans ce siècle qui est le nôtre [le xxe siècle] sous la forme que Haussmann lui a donné». Or, elle l’est tout autant en ce début de XXIe siècle.

A quoi assiste-t-on? Tout d’abord à l’individualisation forcenée du transport (la voiture, le vélo) à défaut de transports en commun en nombre suffisant. Les lignes du métro parisien et du RER, sur lesquels sont charriés les banlieusards, sont vieilles et sursaturées et, chaque jour, des problèmes «techniques» exaspèrent davantage ceux qui les empruntent. Sans parler de la sauvagerie de ses passagers qui prennent d’assaut la rame avant de laisser descendre leurs semblables, le métro ne ressemblant en rien à ce «moment de grâce», ni à ce «lieu de charme», propos pour le moins risibles mais tenus par Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) avec une candeur de classe irréprochable.

En quelques dizaines d’années, le logement dans Paris est devenu une denrée rare à l’accès quasi impossible du fait d’une spéculation immobilière intense. Par contre, l’expulsion-éloignement est de rigueur pour les classes pauvres, sans parler des dix à quinze mille SDF, et ce au profit d’une nouvelle petite bourgeoisie fortunée arrivée sur le devant de la scène médiatique, publicitaire ou artistique (souvent les trois se combinent), de nouveaux riches issus de la finance spéculative et de nouveaux milliardaires s’implantant dans des quartiers entiers, formant les nouvelles bastilles de la richesse. La pauvreté sinon la misère est, de son côté, rejetée toujours plus loin, au-delà du périphérique, alors que l’opulence arrogante grignote l’ancien territoire des classes indigentes.

Des lieux et des événements, enfin, que d’aucuns définissent comme culturels mais aux lourds coûts financiers se développent comme champignons après la pluie. A titre d’exemple et parmi tant d’autres : le fameux «centquatre» (104), vaste hall souvent désert où virevoltent quel- ques rappeurs et artistes et où se côtoient des jeunes plutôt désœuvrés; «Paris-plages» avec son sable fin importé et l’impossibilité, bien sûr, de se baigner; «La Nuit blanche» [celle d’octobre 2014, sera la 13e édition] où Paris est livrée à d’autres artistes, sans parler des «24h du périphérique», sans doute pour nous faire tourner en rond. Bref, une culture du divertissement…

Publié par Alencontre le 14 – mars – 2014 Marc Perelman est professeur en esthétique à l’Université Paris X-Nanterre.

Quiconque subit un téléjournal français est au courant de «La Bataille de Paris» que se livre, selon la titraille des quotidiens, Anne Hidalgo (Parti socialiste et première adjointe de Bertrand Delanoé) et Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP). Libération a même publié un e-book à ce sujet. Sa présentation se résume à cette formule: «Quand s’est profilé le duel Hidalgo-NKM au printemps 2013, les médias du monde entier se sont rués sur cette pittoresque affiche: une brune et une blonde que tout oppose…» L’hyperbole n’est ici pas négligée. A une semaine du premier tour des élections municipales, le 23 mars, l’enfumage n’est pas que politique, il couvre aujourd’hui aussi Paris. Mais quelle capitale est au centre de cette «bataille»? (Rédaction A l’Encontre)

http://alencontre.org/europe/france/la-conquete-de-paris-par-haussmann-et-ses-ultimes-sequelles.html

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