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11 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

La télévision véhicule encore largement des stéréoptypes sexistes (20 mn)

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Particulièrement dans les téléréalités…

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel est formel. La télévision continue à être largement porteuse de stéréotypes sexistes, particulièrement dans les divertissements de type téléréalité, mais aussi à travers les séries TV, selon des études du CSA publiées jeudi.

Les hommes, machos, les femmes, bimbos Dans une première étude portant sur les émissions de divertissement, il souligne que celles-ci «sont particulièrement vecteurs de stéréotypes, que ce soit par les profils mis en scène dans ces programmes que par les rapports hommes-femmes qui y sont présentés».

«Ainsi, les hommes y sont aussi stéréotypés que les femmes: l’homme est « macho », la femme est « bimbo »», poursuit le CSA, qui a étudié dix programmes diffusés entre janvier et mai « portant sur des jeux de séduction, sur l’apparence physique ou qui suivent au quotidien des personnes dans leurs faits et gestes». Parmi eux, «L’amour est dans le pré» (M6), «Les anges de la téléréalité 6» (NRJ 12), «Bachelor le gentleman célibataire» (NT1), «Qui veut épouser mon fils» (TF1) ou «Les Marseillais à Rio» (W9).

Apparence physique de la gente féminine Dans ces émissions, les femmes sont très largement valorisées au travers de leurs apparences physiques, 85% étant perçues comme séduisantes. Elles sont aussi essentiellement représentées dans la catégorie socioprofes- sionnelle des employés (23%) ou des personnes sans activité (15%), détaille le CSA.

«Les femmes sont majoritaires à regarder la télévision, je ne suis pas sûre qu’elles soient enchantées de se voir bimbo en miroir. Si on pouvait éviter certaines images comme celles de la femme qui ne travaille pas, un peu bête, qui ne se préoccupe que de sa beau- té…», avait déjà déclaré à 20 Minutes en mars Sylvie-Pierre Brossolette, présidente du groupe de travail «Droits des femmes» du Conseil supérieur de l’audiovisuel.

Infériorité de la femme dans le domaine professionnel Dans une deuxième étude sur les séries TV réalisée sur la même période, le CSA montre que les femmes y répondent aussi souvent, quoique de façon moins caricaturale, à des «stéréotypes traditionnels». L’infériorité de la femme dans le domaine professionnel notamment «perdure globalement dans les fictions», relève le Conseil, qui a étudié 40 séries comme  «Braquo» (Canal+),  «Plus belle la vie» (France 3), «Un village français» (France 5), «Scènes de ménages»  (M6), «Alice Nevers le juge est une femme» (TF1), ou encore «Game of Thrones» (Canal+) ou «Grey’s Anatomy» (TF1).

Tâches ménagères et caractère «doux»  Seules 39% des femmes y occupent des pos- tes à responsabilité (contre 46% des hommes), et à peine 3% gagnent plus que leur con- joint, détaille-t-il. Elles y exercent aussi plus souvent des professions perçues comme fémi- nines (métiers de la santé, du secteur social, du secrétariat…), sont plus souvent fidèles que les hommes, se consacrent plus aux tâches ménagères, ou présentent plus fréquemment des caractères «doux».

Point positif: les dessins animés se révèlent «moins marqués» par le sexisme, selon une troisième étude menée parallèlement par le CSA. Quelques stéréotypes y subsistent cepen- dant, note-t-il. Ainsi notamment 36% des filles y apparaissent séduisantes contre seulement 7% des garçons, et 74% ont un caractère «doux» contre 48% des personnages masculins. A.G. avec AFP Créé le 11/07/2014 à 08h34 — Mis à jour le 11/07/2014 à 10h31

http://www.20minutes.fr/television/1417319-la-television-vehicule-encore-largement-des-stereoptypes-sexistes

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08 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Artistes, intermittents, précaires en lutte…(essf)

TRAGEDIE COMIQUE
« Les intermittents forment un groupe très hétérogène et une des forces du mouvement est d’avoir réussi à en tirer profit »

Que met-on sous le terme «d’annulation du festival d’Avignon 2003» ? Comment cela s’est-il passé  ?

Jérémy Sinigaglia À l’été 2003, Avignon est l’enjeu central du conflit. Le festival a déjà été perturbé mais jamais annulé, pas même en 1968. Les intermittents votent la grève à la pre- mière assemblée générale au Palais des Papes. Des personnalités de la culture s’y oppo- sent : Bartabas dénonce la manipulation syndicale, Patrice Chéreau reproche aux grévistes de se «tirer une balle dans le pied», Ariane Mnouchkine compare la grève à un bûcher… Parmi les intermittents mobilisés aussi, le recours à la grève est discuté. L’attachement au festival, la perte de salaire, la crainte des répercussions sur les compagnies sont souvent évoqués. Certains estiment qu’il faudrait trouver une manière plus créative de lutter. Mais les grévistes sont majoritaires. Le directeur du festival annonce alors sa décision de l’annuler. Du côté des intermittents, le sentiment est confus. L’annulation est la preuve de la force de la mobilisation mais elle les prive de leur grève et de sa couverture médiatique.

Quels sont, à ton avis, les acquis de ce mouvement et de cette grève  ?

Je crois que la force de ce mouvement, c’est d’abord d’avoir su maintenir une sorte d’état de veille. La signature de l’accord du 22 mars 2014 ouvre un nouvel épisode du conflit, mais il s’inscrit dans la continuité de 2003. La mobilisation actuelle hérite de réseaux qui se sont réactivés et qui donnent un cadre aux intermittents qui veulent s’engager. En marge des syndicats, notamment de la CGT-Spectacle qui joue un rôle important, la Coordination des intermittents et précaires propose un mode très souple d’engagement, qui correspond bien aux artistes. Chacun peut prendre part à la lutte à sa façon. Certains ont plutôt le goût de l’action directe et participent aux occupations. D’autres préfèrent le travail institutionnel, le lien avec les parlementaires ou avec la presse. D’autres font un peu tout à la fois. Les inter- mittents forment un groupe très hétérogène et une des forces du mouvement est d’avoir réussi à en tirer profit.

À la veille des festivals d’été, comment vois-tu par comparaison le mouvement actuel  ?

Difficile de prédire l’issue d’une mobilisation! La précédente a été très forte et s’est pourtant soldée par un échec sur le plan des revendications. Cette fois, la conjoncture est un peu différente. La crise économique et sociale s’est étendue et le mécontentement se géné- ralise. Si cela ne se traduit pas toujours pas des mobilisations, le thème de la convergence des luttes revient, et on a même assisté à un rapprochement avec les cheminots. Mais cela reste difficile car cela pose la question de la définition du mouvement: est-ce une mobili- sation d’artistes, de précaires, de salariés? On peut toujours répondre que c’est les trois, ce qui n’est pas complètement faux, mais en réalité chaque réponse peut donner lieu à un élargissement des mots d’ordre, qui pourra servir la convergence, mais aussi à la dilution des revendications. Le fait que l’enjeu de la lutte soit encore une fois les festivals de l’été donne peut-être un début de réponse. Propos recueillis par O Neveux

Nous avons rencontré Jérémy Sinigaglia, chercheur et auteur de Artistes, intermittents, précaires en lutte. Retour sur une mobilisation paradoxale , un livre qui revient sur la grande lutte de 2003 Presses Universitaires de Nancy, 2012, 16 euros

* Paru dans l’Hebdo L’Anticapitaliste – 249 (03/07/2014). http://npa2009.org/

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04 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Ken loach (1)

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Un militant

Il est connu et reconnu pour ses films et leur contenu social, mais pas seulement : Ken Loach fait des films militants et milite, ignorant totalement le qu’en-dira-t-on des milieux médiatiques.

À 78 ans, il est encore un des éléments dominants de la gauche anti­capitaliste en Grande-­Bretagne. Récemment, il n’a pas hésité, à travers plusieurs interviews, à lancer un appel pour la création d’une nouvelle formation rassemblant la gauche anticapitaliste. Le 25 mars 2013, il signe une tribune dans le Guardian avec Kate Hudson, dirigeante de la Campagne antinucléaire, et Gilbert Achcar, universitaire, reprenant cet appel. La Left Unity est née, avec rapidement 7 000 signatures, dont celles d’organisations comme Socialist Resistance (membre de la IVe Internationale) ou de deux organisations venant de rompre avec le SWP.

Ken avait déjà participé à une première initiative de ce genre en 2004, en se retrou- vant à la direction de la coalition Respect, avec le député exclu du parti travailliste George Galloway. Une coalition qui allait rapidement disparaître suite à de nombreuses divisions en son sein.

Engagements internationaux Sur le plan international, Ken s’est entouré d’un groupe d’amiEs qui le conseille pour soutenir telle ou telle cause, telle ou telle pétition… Ce fut le cas pour la campagne Boycott – Désinvestissement – Sanctions (BDS) en faveur des droits du peuple palestinien.

En France, après avoir soutenu Arlette Laguiller à la présidentielle de 1995, Ken a soutenu les candidatures d’Olivier Besancenot, puis celle de Philippe Poutou. On se sou- vient aussi du clip où il appelait au soutien financier du NPA, puis il y a quelques semaines du clip de campagne officielle des européennes dans lequel il est apparu.

Ken Loach n’a jamais caché sa sympathie pour le NPA, mais la réciproque n’est pas toujours facile. Il sort très peu de son pays, et quand il vient en France, c’est toujours entouré par une masse de journalistes et de photographes…. Mais, comme il reste un militant, il arrive toujours à imposer un peu de temps libre dans son planning chargé pour discuter avec nous, non pas de son dernier film, mais de la situation des anticapitalistes en France et dans son pays.
Décidément, Ken n’est pas comme les autres ! Alain Krivine

http://npa2009.org/idees/ken-loach

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04 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Ken loach (2)

Ken loach (2) dans Médias, culture dans Médias, culture

*
Du docu social à l’épopée révolutionnaire

Avec une trentaine de longs métrages et une vingtaine de films pour la télévision (où il a débuté à 24 ans !), on peut dire que Ken Loach n’a pas chômé… Une constante dans cette œuvre prolifique qui va du mélo social à la fresque historique : un engagement militant jamais démenti.

Le film qui le fit connaître et apprécier par un assez large public en 1991 fut Riff Raff, où il met en scène avec tendresse et humour des prolétaires et des marginaux britanniques sortis de prison. Faire vivre les classes populaires, les laissés-pour-compte, c’est probablement ce qu’il fait le mieux.

On retrouvera cet intérêt pour les éternels oubliés du cinéma commercial dans My name is Joe (1998) où il aborde à nouveau le thème de la réinsertion comme dans Ladybird (1994), une mère à qui l’on retire la garde de son enfant, ou la Part des anges (2012). C’est parallèlement à ce cinéma intimiste qu’il tourne des films plus directement politiques, en empruntant parfois la forme du thriller comme dans Hidden agenda (1990), qui dénonce les assassinats de militants irlandais par les services secrets britanniques ou plus récemment Route irish (2010) qui démonte les mécanismes de privatisation de la guerre d’Irak par l’emploi généralisé de mercenaires.

Il se penche sur la classe ouvrière, et en particulier sur ses fractions les plus exploitées dans Bread and roses (2000), où il met en scène la lutte des femmes de ménage latino américaines qui triment dans les hôtels américains, et dans It’s a free world (2007) qui met en lumière l’exploitation des immigrés clandestins en Angleterre. Ce dernier film constitue une charge implacable contre un système social qui va transformer en négrière une jeune femme sympathique qui cherche seulement à s’en sortir.

Deux films militants, The Navigators (2001), sur la catastrophe de la privatisation du rail, et le documentaire L’esprit de 45 (2013), où il idéalise sans doute un peu la politique sociale qui suivit la seconde guerre mondiale, soulignent les attaques dont les travailleurs sont l’objet depuis l’époque Thatcher et la dégradation de leurs conditions de vie.

De la guerre d’Espagne à la révolution irlandaise On pourra reprocher à certains de ses films, comme Land and freedom (1995) consacré à la guerre d’Espagne, d’être un peu trop didactiques. Mais il faut lui reconnaître le courage d’avoir dénoncé le rôle des staliniens dans la répression des anarchistes et du POUM, ce qui est assez rare, car la plupart des films sur la guerre civile se contentent de faire l’apologie du camp républicain et des Brigades interna- tionales. Le moins réussi est peut-être Carla’s song (1995), qui parle du ralliement d’un mer- cenaire à la révolution nicaraguayenne, et dont certaines séquences ont un petit côté touristique.

De fait, Ken Loach est plus à l’aise pour parler des prolétaires britanniques que pour évoquer les révolutionnaires espagnols ou latino-américains, d’autant que le manque de moyens rend difficile la réalisation d’une fresque épique. Ces moyens, il les aura pour tour- ner Le vent se lève (2006), magnifique et cruelle épopée dédiée à la lutte du peuple irlandais, sans doute un peu académique, et pour Jimmy’s Hall, sur ce même sujet. La dénonciation des crimes de l’impérialisme britannique lui tient visiblement à cœur. Gérard Delteil

http://npa2009.org/idees/ken-loach

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04 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Ken loach (3)

Pour s’y retrouver quelques repères historiques ne sont pas superflus : 1913, lock- out de Dublin, centenaire l’année dernière, (note du blog)  1916, soulèvement dit des «pâ- ques sanglantes» contre la domination anglaise, écrasé dans le sang. Les principaux diri- geants sont fusillés, dont Patrick Pearse et James Connoly. Le mouvement national comme le syndicalisme connaissent alors un fort développement.

Des Soviets en Irlande  En décembre 1918, Sinn Féin remporte les élections et proclame l’indépendance, ce qui provoque immédiatement l’intervention anglaise et une guerre qui va durer 3 ans. Dans le même temps, des mobilisations de masse se multiplient, pour la se- maine de 44 heures, pour de meilleures conditions de travail, mais aussi des occupations des terres, de mines, de moulins, de laiteries.

Elles s’autoproclament Soviet, s’inspirant de la révolution russe : Soviet de Limerick, des mines d’Arigna, de Munster, de Gowel pour n’en citer que quelques-uns. Il y a alors plus d’une centaine de Soviets en Irlande.

Face à cette situation, les Anglais proposent en 1921 un traité qui entérine la partition entre le nord et le sud, tout en maintenant l’État libre d’Irlande comme dominion anglais. Ce traité va diviser le mouvement indépendantiste, et déboucher sur une guerre civile, du prin- temps 1922 à mai 1923.

La bourgeoisie irlandaise veut à tout prix ce traité pour bloquer le processus révolu- tionnaire en cours. L’aile droite indépendantiste irlandaise – soutenue par les grands patrons, les propriétaires terriens et l’Église catholique – va défaire les anti-traités. Churchill lui-même est intervenu pour pousser à la répression. Pourtant opposée au traité, l’IRA ménage les capitalistes irlandais et l’église catholique. C’est à ce moment que se déroule le précédent film de Ken Loach « Le vent se lève », primé à Cannes en 2006.

Un cinéma à part Cette fois, Jimmy’s hall suit l’histoire vraie de James Gralton, jeune mili- tant membre de l’IRA du comté de Leitrim. Il a participé aux occupations des terres, il s’est opposé au traité et a dû s’exiler aux États-Unis en 1922. Il revient en Irlande en 1932 pour s’occuper de la ferme familiale, alors que la crise de 1929 frappe les États-Unis et prive de ressources les familles des immigrés.

Il retrouve le Jimmy’s hall, « le Pearse Connoly Hall », une salle dont il est le propriétaire et qui a servi 10 ans auparavant de siège au «soviet» de Gowel. Des tribunaux y ont orga- nisé la distribution des terres. Plus largement, elle a servi de lieu pour toute la vie sociale, échappant ainsi au contrôle de l’Église : alphabétisation, musique, littérature, mais surtout fêtes et danses.

À son retour, il est pressé par la jeunesse de rouvrir la salle qui devient l’enjeu de la confrontation avec tous les réactionnaires qui imposent depuis 10 ans un régime ultra con- servateur en Irlande. Le film fonctionne parfaitement. Il n’est pas «daté», tant les thèmes abordés nous parlent aujourd’hui. C’est un film très «politique», au meilleur sens du terme, qui confirme Ken Loach comme un cinéaste à part, un cinéaste de la révolution.

Jimmy’s hall
Avec Barry Ward, Simone Kirby et Jim Norton.
Sortie le mercredi 2 juillet

Jean-Marc Bourquin Hebdo L’Anticapitaliste – 249 (03/07/2014)

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04 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

La culture rapporte gros mais les artistes coûteraient trop cher (basta)

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Intermittents du spectacle :

58 milliards d’euros et 670 000 emplois, c’est le « PIB culturel » de la France.

Ce qui n’empêche pas Medef et gouvernement de remettre en cause le statut qui permet aux artistes et techniciens du spectacle les plus précaires de vivre de leur métier et de faire dé- couvrir leurs créations. Et pas seulement sur de grandes scènes urbaines ou lors de presti- gieux festivals, mais sur tout le territoire. (…)

L’exception culturelle française repose sur la précarité

L’intermittence n’est pas un métier, c’est plutôt l’opposé: un statut de chômage. Il concerne les ouvriers, techniciens ou artistes dont le travail est, par nature, discontinu et précaire. Un dispositif «unique au monde» fondé lors du Front populaire qui a permis un «foisonnement créatif inouï», rappelle la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, dans une tribune publiée dans Le Monde du 30 juin. Issus du monde du spectacle, du cinéma, de la production ou de l’audiovisuel, tous doivent travailler un minimum de 507 heures, sur une période de dix mois pour les techniciens (annexe 8 de l’Unedic) et de dix mois et demi pour les artistes (annexe 10). Cette durée travaillée ouvre un droit à 243 jours indemnisés, indemnités qui seront perçues les jours «chômés» ou non payés, entre deux contrats.

Chaque fin de mois, l’intermittent déclare donc ses jours travaillés, Pôle Emploi com- plète pour assurer un salaire complet. En moyenne, un intermittent perçoit 2322 € par mois, un revenu composé pour moitié de son activité et pour moitié de ses indemnités. S’il existe des disparités entre techniciens, mieux rémunérés, et artistes, l’exception culturelle fran- çaise repose sur la précarité: 87% des contrats sont des CDD, et un tiers des intermittents perçoivent des revenus inférieur au salaire médian français (1675 euros bruts mensuels) [1]

Travailler 30 heures, payées 10 Pendant la durée d’indemnisation, pas question de se tourner les pouces. De nouveaux cachets et contrats permettront de renouveler le statut en travaillant le nombre d’heures demandé. Pour un salarié à temps plein, 507 heures de travail s’effectuent en un peu plus de trois mois. Et pourtant, pour obtenir leur statut, ces hommes et femmes scrutent tout au long de l’année l’avancée de leurs prestations, réalisent de vrais comptes d’apothicaire, tout en travaillant sans compter leurs heures. C’est la nature contra- dictoire de leur métier. «Si l’emploi est intermittent, le travail, lui, est permanent! Avant de jouer, il faut s’être formé, avoir répété, avoir cherché inlassablement le moyen de donner au public le meilleur de soi-même», décrit la ministre de la Culture.

Amélie, une jeune technicienne-son, ne la démentira pas. «Lors de l’une de mes der- nières dates, j’ai été payé pour dix heures: préparer la scène, gérer le son lors du concert et ranger. Mais je considère que j’en ai travaillé trente: la préparation du matériel, le chargement du camion, le transport et au retour le déchargement du matériel et le rangement… Tout ce temps là, je bosse, mais je ne suis pas payée par mon employeur.» Impossible de savoir le nombre d’heures réellement accomplies par un intermittent sur cette période de dix mois. En France, en 2011, près de 254 400 personnes ont, un moment ou un autre, cotisé au régime des intermittents. Seul 108 600, moins de la moitié, ont obtenu leur statut, 46% de tech- niciens et 54% d’artistes.  Par Morgane Thimel 3 juillet 2014

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04 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Vive la lutte des intermittentEs et précaires!

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Un été de contestation politique

Le gouvernement a bel et bien agréé l’accord Unedic du 22 mars dernier. Cet agré- ment est donc officiel depuis le 26 juin, onze ans jour pour jour après l’agrément par la droite du protocole Unedic sur l’assurance chômage des intermittents.

La date est un symbole… Cette date dit parfaitement la continuité entre les gouvernements. À l’époque, en 2003, le PS contestait l’accord, et promettait de revenir sur ses dispositions scandaleuses qui ont précarisé, les années suivantes, des milliers d’intermittentEs. La nou- velle convention signée le 22 mars, entre le Medef, la CFDT, FO et la CFTC, entérine pour- tant la casse de 2003 et l’aggrave. Elle s’applique à partir du 1er juillet.

L’unité de la mobilisation contre la division La tactique de Valls est grossière. Il feint de croire que ce mouvement a pour seul objet la question du régime d’indemnisation chômage des intermittentEs. Pourtant, la mobilisation est sans ambiguïté. Elle défend des «droits sociaux» et porte sur l’ensemble de l’accord Unedic, c’est-à-dire les dispositions spécifiques aux intermittentEs mais aussi les atteintes portées aux autres précaires (l’annexe 4 qui con- cerne les intérimaires, par exemple) jusqu’à l’introduction des «Droits rechargeables». Le mouvement n’est donc pas celui des seuls intermittentEs, mais aussi des chômeurEs et des précaires.

Face à cela, le gouvernement a opté pour la division. C’est que la perspective de l’an- nulation des festivals d’été par la grève a semé la panique. Les maires des villes concer- nées, entre autres, se sont inquiétés des très fortes pertes économiques que cela engen- drerait. Dans la précipitation, après avoir nommé un médiateur, jeudi 19 juin, Valls a tenté de circonscrire l’incendie avec quelques annonces concernant exclusivement les intermit- tentEs: l’ouverture d’une grande concertation à laquelle l’État participerait et la prise en char- ge par l’État, jusqu’à la fin des négociations, d’une disposition scandaleuse de l’accord (re- connaissant par là son injustice et portant un coup inadmissible à la solidarité interpro- fessionnelle).

La lutte s’amplifie et se radicalise La parade tentée par Valls n’a pas fonctionné. Quelques voix d’artistes proches de la majorité comme Jean-Michel Ribes ou Ariane Mnouchkine ont certes joué leur rôle: ils se sont félicités des avancées de cette gauche si sensible aux pré- occupations du monde de la culture et ont appelé à suspendre la lutte à laquelle ils ne partici- paient que très modérément!

Mais le leurre n’a pas pris. Le mouvement n’a pas faibli. La tendance à l’amplification et à la radicalisation s’est poursuivie. Chaque jour, des AG se réunissent, des actions (sensi- bilisations, occupations, blocages) ont lieu, ciblant des lieux symboliques: sièges du PS ou du Medef, par exemple. Des équipes et des festivals ont fait le choix de la grève, suivant en cela le mouvement initié par le festival «Le Printemps des comédiens» à Montpellier en grè- ve du 3 au 29 juin… Les configurations sont chaque fois différentes, la décision de faire grève confrontée aux difficultés propres aux secteurs précaires. Et si elles ont été parfois source de tensions, jusqu’à présent le souci de l’unité du mouvement a prévalu.

Un été de contestation politique Cette mobilisation dure depuis plusieurs mois désor- mais. Caricaturée -les intermittentEs seraient des «privilégiéEs», présentée partiellement, elle ne cesse de mettre en échec tous les pronostics qui l’annoncent bientôt morte ou à bout de souffle. C’est qu’elle est puissamment politique: le travail expert des militantEs a mis en lumière le projet idéologique qui anime le patronat, secondé par le PS. Cette conscience des enjeux: «ce que nous défendons, nous le défendons pour tous» disent les intermittentEs et les précaires, a pour conséquence une vraie radicalité: face au pouvoir, c’est bel et bien une épreuve de force qu’il faut engager et c’est cela qui se discute dans les AG.

Une coordination nationale s’est réuni, à Avignon, les 2 et 3 juillet. Le vendredi 4 juillet, la CGT a déposé un préavis de grève. Le souvenir de l’annulation de festivals en 2003 est encore vif. La perspective d’une grève cet été est réellement discutée et envisagée. L’agré- ment de l’accord Unedic, les tentatives de diversion de Valls, loin d’abattre ou de diviser, ont aiguisé la certitude que seule une lutte d’ampleur et acharnée peut mettre en échec le projet de guerre sociale du gouvernement PS/Medef contre les plus pauvres. Le débat est en cours sur la manière la plus juste d’articuler efficacité, unité et radicalité.

L’été promet d’être socialement agité.Olivier Neveux

* Paru dans l’Hebdo L’Anticapitaliste – 249 (03/07/2014). http://www.npa2009.org

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32391

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03 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Intermittents: les vrais profiteurs de l’intermittence (lo)

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Les dirigeants du Medef, suivis par d’autres, mentent en accusant sans cesse les intermittents, qui luttent contre les reculs qu’on voudrait leur imposer, de creuser le déficit de l’Assurance chômage et donc, d’une certaine façon, d’être responsables des mesures d’économies imposées à eux et à bien d’autres.

Les caisses de chômage sont uniquement alimentées par des prélèvements sur les salaires de l’ensemble des travailleurs en activité, même de ceux qui ne bénéficient pas de l’assu- rance chômage. Toutes les cotisations viennent de leur poche. Celles prélevées directement sur leur salaire, bien sûr, tout comme celles nommées à tort «cotisations patronales» et qui ne sont en fait que du salaire différé.

C’est d’ailleurs le premier scandale: voir les salariés obligés de financer le chômage déci- dé par leur patron. La première des justices voudrait que les caisses de chômage, à l’image de celle des accidents du travail et maladies professionnelles, soient uniquement financées par les patrons, seuls responsables de l’augmentation du nombre de chômeurs.

Et puis les vrais profiteurs du système des intermittents, dont on ne parle que très peu, sont justement cette partie des amis des dirigeants du Medef qui sont les employeurs de ces intermittents et qui en usent et en abusent. D’un peu plus de 9 000 en 1984, le nombre d’in- termittents a explosé, pour atteindre et même dépasser aujourd’hui les 110 000 intermittents indemnisés, auxquels il faut rajouter ceux qui n’ont pu atteindre les conditions pour pouvoir l’être. Et cela est le résultat de la volonté des employeurs de précariser l’emploi de toute une série de salariés, au lieu de les embaucher en CDI.

Ce sont eux qui ont généralisé le système… à leur plus grand bénéfice : plus de temps de travail à respecter, embauche et débauche pouvant se faire à la journée, sans avoir de comptes à rendre ni d’indemnisation à payer. Le premier employeur ayant recours à l’intermittence de masse serait Radio-France, avec plus de 6 000 contrats d’intermittents en cours.

Ensuite il y a également toutes les chaînes de télévision qui, de façon continue, font passer toute une partie de leur personnel à travers l’intermittence au lieu d’embaucher en fixe. Dans le passé, des conflits sur l’utilisation des contrats temporaires, véritables CDD à répétition, avaient secoué France 2 et France 3 et abouti à la régularisation forcée en CDI de bien des salariés. Aujourd’hui, avec l’intermittence, c’est la même chose en mieux pour les patrons, sans avoir de comptes à rendre, sans avoir à s’engager sur aucune durée, avec à la clé des économies substantielles sur les salaires.

Mais, parmi ces profiteurs, il y a aussi de belles entreprises privées qui utiliseraient massivement les contrats d’intermittents pour faire plus de profit. Au premier plan de celles- ci Disney, avec semble-t-il plus de 1 500 salariés sous ces contrats. Et bien sûr toute une série de grandes, et plus petites, entreprises de production qui accroissent leurs bénéfices à travers ce système de précarisation généralisée. Voilà quels sont les profiteurs du système, et non pas les salariés qui en subissent les effets. Et ce sont ces profiteurs-là qu’il faudrait faire payer. Paul SOREL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2396&id=15

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01 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Olivier besancenot sur i-télé

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01 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Vivre et tenir la rue (cqfd)

Vivre et tenir la rue (cqfd) dans Brest et région IMGP0967

Grâce à la ténacité de Mireille Cann et de l’association Vivre la rue, une impasse historique de Brest survit depuis 25 ans à sa démolition programmée par la mairie et a vu s’ouvrir un champ de possibles.

Ici c’est Brest. Ou plutôt un quartier oublié du port de Brest. Non loin de Recouvrance, coincée en contre-bas de l’arsenal et de l’ancienne prison de Pontaniou, la rue de St-Malo, aurait pu disparaître il y a vingt-cinq ans. Qui s’intéressait alors à ces maisons, habitées au XVIIIe siècle par des charpentiers de marine malouins, enfoncées dans un cul-de-sac en cuvette, à ces vieilles pierres qui, pourtant, demeuraient les seuls vestiges du Brest histo-rique, antérieur au bombardement anglo-ricain de 1944 ?

En 1989, peu après la désaffection de la taule de Pontaniou, le bas de la rue St-Malo avait été exproprié de ses vieux habitants dans le but de la démolir. Mireille, dite Mimi, décou- vre alors ce coin paumé de la rive gauche pour lequel elle connaît un «vrai coup de cœur» : «À un mois près la rue aurait été détruite. J’ai décidé d’occuper une maison, la seule où il restait un robinet et une toiture. C’était pourri de chez pourri, mais quel charme!»

La rue pâtit alors d’une réputation de coupe-gorge. Avec ses grands murs borgnes, c’est le lieu interlope de divers trafics réels ou fantasmés et aussi le lieu où des jeunes néo- nazis trouvaient l’espace pour exprimer leurs haineuses convictions. «Depuis on a trans- formé les croix gammées en fleurs, explique avec poésie Mimi. Mais c’était surtout un énor- me dépotoir qu’on a mis deux ans à déblayer.» Malgré le vertige des travaux, Mimi réussit à projeter une vision sur cette rue qui ne ressemble à aucune autre dans Brest, cette ville à la fois dévastée par la guerre et par l’architecture froide et planifiée de l’urbaniste Jean-Baptiste Mathon. Sans droit ni titre, Mimi décide de tenir la rue et de la faire vivre, en fondant l’asso- ciation Vivre la rue: «L’impasse, où les voitures ne pouvaient pas circuler, avait la configu-ration idéale pour des spectacles de rue.»

À l’époque, l’incompréhension de certains riverains face à cette détermination à vouloir habiter un coin paumé que tout le monde avait déserté nourrissait tous les fantasmes: «Pour les esprits dotés d’une pauvre imagination, drivés par un adjoint au maire qui nous vouait une haine sans nom, on était forcément des dealers, on recevait des containers de drogues sur le port. C’était dur car ça prenait des proportions délirantes. Mais on est finalement arrivés à un accord tacite pour rester sur les lieux avec le maire de l’époque, Pierre Maille. »

Pendant quinze années, malgré plusieurs avis d’expulsion, deux convocations au tribu- nal, des menaces et intimidations diverses de l’élu de quartier, communiste, et enfin la décla-ration d’un péril par les urbanistes municipaux, Mimi et Vivre la rue tiennent bon grâce à l’or- ganisation de nombreuses «manifêtes» en soutien et autres animations de quartier. En 2005, la mairie veut, à nouveau, sous prétexte d’assainissement et de sécurisation expulser les habitants de la rue. L’association propose un contre-projet de rénovation avec l’appui d’un architecte-conseil membre du conseil d’administration de l’asso, pour mettre les maçon- neries des maisons hors d’eau et stopper le risque de dégradation par infiltration d’eau ou à cause des plantes invasives. Là se joue le dernier rapport de force avec la ville, qui finit par reconnaître les mérites de l’association. Mimi admet qu’ils travaillent depuis «en bonne intel-ligence»: «On sent que désormais, tout le monde admet que cette rue fait partie du patri-moine. L’Office du tourisme la mentionne. Les écoles me demandent de faire la visite, les Brestois y amènent leurs amis visiteurs en balade et, lorsqu’il y a une fête, les gens viennent en nombre.»

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  CQFD n°122 (mai 2014), rubrique Ma cabane pas au Canada, par Mathieu Léonard, illustré par Rémy Cattelain  mis en ligne le 30/06/2014

Contact : Vivre la rue Espace alternatif solidaire/Au coin d’la rue 12, rue Saint-Malo 29200 Brest Recouvrance 02 98 45 10 12.

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