Archive | Médias, culture

13 avril 2015 ~ 0 Commentaire

françois maspero, l’éditeur et écrivain est mort (of + acrimed + npa + lo)

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Étendard de la culture contestataire dans les années 1960 et 1970, très engagé à gauche, l’éditeur et écrivain François Maspero est décédé samedi à l’âge de 83 ans.

François Maspero, également journaliste et traducteur de nombreux auteurs espa- gnols, avait créé sa propre maison d’édition en 1959, cédée pour devenir La Découverte. Selon l’un de ses proches, Marcel-Francis Kahn, s’exprimant sur le site de Mediapart, l’intellectuel est «mort chez lui» samedi et a été «découvert dimanche mort dans sa baignoire».

Petit-fils de l’égyptologue Gaston Maspero et fils du sinologue Henri Maspero, professeur au Collège de France, François Maspero naît à Paris le 19 janvier 1932. Sa jeunesse est marquée par la guerre: en 1944, son père décède à Buchenwald, dont on célébrait ce samedi le 70e anniversaire de la libération, et son frère aîné est tué en France par les Allemands.

Les éditions Maspero En 1955, sans diplôme, il devient libraire dans le Quartier latin. Quatre ans plus tard, il crée les éditions Maspero, publiant des textes sur la guerre d’Algérie, la contestation du stalinisme, le sous-développement ou le néoco- lonialisme. Des auteurs comme Frantz Fanon, Louis Althusser, John Berger, Jean- Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, Yves Lacoste, Yannis Ritsos, Tahar Ben Jelloun, Nazim Hikmet, ont écrit chez Maspero qui a publié le best-seller «Libres Enfants de Summerhill» (1970), d’Alexander Sutherland Neill.

Certaines publications sont interdites et valent à celui qui était alors une figure importante de la vie intellectuelle française de nombreux ennuis judiciaires : fortes amendes, prison et suppression de ses droits civiques. Il est contraint de vendre la librairie en 1974. En revanche, la maison d’édition est conservée grâce à la mobilisation (notamment financière) d’auteurs et de lecteurs.

Écrivain, journaliste, traducteur…  Mais, en 1982, épuisé, il cède ses parts à François Gèze et quitte sa maison qui prend le nom de La Découverte. À 50 ans, il se retrouve sans rien. Sa vie manque de basculer: accident de moto, tentative de suicide. François Maspero va se mettre à écrire. Au total, une quinzaine de livres (romans, récits de voyages surtout) à partir de 1984 «Le Sourire du chat», «Balkans-Transit», «Un voyage au long cours» (sur la ligne B du RER parisien), sur l’Algérie, Gaza etc. Parallèlement, il fait des reportages pour Radio France et Le Monde et traduit des auteurs comme John Reed, Francesco Biamonti, Alvaro Mutis, Arturo Perez Reverte, Carlos Ruiz Zafon et Joseph Conrad. 11h31

http://www.ouest-france.fr/francois-maspero-lediteur-et-ecrivain-francais-est-mort-83-ans-3331025

http://www.ouest-france.fr/francois-maspero-linternationaliste-212947

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Maspero

http://www.acrimed.org/article4636.html

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/2015/04/15/francois-maspero-editeur-contre-le-colonialisme_36862.html

200px-Ligue_communiste La « ligue » chez Maspéro

Commentaire: Il a aussi été l’éditeur de la Lcr, ancêtre du Npa.

http://npa2009.org/communique/disparition-de-francois-maspero-0

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34779

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08 avril 2015 ~ 0 Commentaire

quand « l’actu » promeut le fn auprès des ados (acrimed)

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Déja, Sinbad le marin!

Un an après une «Une» déjà controversée sur les cambriolages par des « voleurs des pays de l’Est », le quotidien destiné aux 13-17 ans frappe une nouvelle fois fort dans la promotion des idées d’extrême-droite.

Le doute a plané quelques heures… était-ce un poisson d’avril ? Mais une réponse du rédacteur en chef a levé toute ambiguïté: «Nous l’avons fait en Une car ce témoignage intéresse nos lecteurs ados abonnés au quotidien. (…) Sur l’ensemble de cette double-page, le témoignage est remis dans son contexte, 100% factuel». 100% factuel, donc. Comprendre: une belle leçon de journalisme. À commencer par le choix de la photo de «Une», tout en bienveillance à l’égard de Marine Le Pen.

Participant pleinement à l’entreprise de dédiabolisation du FN, la rédaction se livre à un exercice tout à fait maîtrisé en trois temps, articulé autour du témoi-, gnage d’un jeune militant du Front national.

1)C’est parce que je vote FN que tu m’agresses?

Comme souvent, la victimisation du FN et de ses militant-e-s s’appuie ici sur le mythe de la censure, voire de la violence, dont l’extrême-droite serait victime et, de façon plus pernicieuse, sur le détournement de beaux idéaux comme la liberté d’expression ou la lutte anti-raciste. D’autant que le titre qui s’étale en pleine largeur de page sous l’illustration est une citation hors contexte «J’aime la France, je ne trahis pas mes origines», qui sonne bien comme une injonction.

2) J’ai un très bon ami noir

Le choix du militant interviewé n’est pas anodin: Mohamed, 15 ans qui «vit dans une cité» (on ne saura pas laquelle), appartient au «Rassemblement Racine-Lycées». Pas très difficile à retrouver sur Twitter, Mohamed Boudia, décrit dans l’Actu comme simple «membre d’un collectif de lycéens» en a en réalité été le fondateur. Le collectif, par sa voix, mène ainsi actuellement une campagne active contre les syndicats lycéens FIDL et UNL.

Mohamed est également élu au Conseil Municipal des Jeunes de Gonesse, et vice-président du Mouvement Patriote. Les investigateurs de l’Actu ne sont donc pas allés chercher bien loin pour la caution anti-raciste du FN: Mohamed le dit d’ailleurs explicitement: «J’ai découvert que ce parti n’était pas raciste. Je suis d’origine étrangère, je ne peux donc pas être raciste!». CQFD. «100% factuel».

3) Imposer les sujets de discussion

Une demi-page est consacrée à l’analyse de l’électorat FN. La rédaction s’engage d’ailleurs pleinement dans l’invention médiatique du «populisme» du FN. On y apprend que les préoccupations centrales de ces électeurs sont «immigration, insécurité, refus de l’Europe, chômage», qu’ils sont «affolés par la mondiali- sation, séduits par la préférence nationale, assoiffés de protection», que ce sont des «laissés-pour-compte, des oubliés de l’ascenseur social.»

Quant aux mots-clés thématiques de l’article, les choix sont parlants: «Mondia- lisation», «Période de sûreté», «Préférence nationale», «Souveraineté natio- nale»… Avec par exemple, à titre de définition de la souveraineté nationale, ce qui suit: «Ici, capacité du peuple (la nation) à décider pour lui-même, sans être soumis à des contraintes extérieures ou à un pouvoir tyrannique».

Le FN en lutte contre la tyrannie, vraiment? Où sont les autres termes pour qualifier le FN? Xénophobie, racisme, négationnisme, antisémitisme, islamo- phobie, homophobie? [1] Et alors que les mesures sur l’immigration et la sécurité sont brièvement résumées dans le quotidien, où sont les détails sur les positions anti-IVG et pour le retour des femmes au foyer?

Il paraît utile de rappeler que l’éthique journalistique ne consiste pas uniquement à rester dans le «100% factuel» mais de donner l’intégralité des éléments permettant aux lecteurs de se forger une opinion propre. Et lorsqu’on s’adresse à des adoles-cent-e-s, ce type de règle devrait s’appliquer de façon encore plus stricte.

Chloé Jiro, le 8 avril 2015

Notes:

[1] Voir par exemple la « liste de la honte » des propos les plus outranciers de candidats FN lors des récentes élections.

http://www.acrimed.org/article4628.html

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07 avril 2015 ~ 0 Commentaire

quimper 9 avril: on a grévé

on a grèvé

Au cinéma Quai Dupleix,
Projection du film :« On a grévé » à 20h30
en présence du réalisateur Denis Gheerbrant
.

Elles s’appellent Oulimata, Mariam, Géraldine, Fatoumata… Elles sont une petite vingtaine de femmes de chambres et pendant un mois elles vont affronter le deuxième groupe hôtelier d’Europe. Pour la première fois, elles n’acceptent plus la manière dont elles sont traitées.
Et elles tiendront jusqu’au bout, avec force musique et danse.

http://www.cnt-f.org/staf/1393-jeudi-9-avril-on-va-greve

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04 avril 2015 ~ 0 Commentaire

printemps de la palestine, kreiz breiz (ujfp)

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http://www.ujfp.org/spip.php?article4055

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28 mars 2015 ~ 0 Commentaire

un journaliste à monsanto: « vous prendrez bien un petit verre d’herbicide ? » (levif.be)

un journaliste à monsanto:

Je ne crois pas que le glyphosate cause le cancer en Argentine.

Vous pouvez en boire un verre entier, ça ne vous fera aucun mal! », ose affirmer Patrick Moore, lobbyiste de Monsanto. « Vous voulez en boire? », propose alors le journaliste, « Nous en avons ici ».

« J’en serai ravi », affirme le lobbyiste de but en blanc, avant de réaliser ce qu’il vient de dire et de se raviser: « enfin pas vraiment, mais je sais que ça ne me ferait aucun mal ». Le journaliste, qui sent qu’il vient d’ouvrir une brèche, insiste et là Patrick Moore, visiblement décontenancé rétorque: « je ne suis pas stupide ». « Donc c’est dangereux? », demande le journaliste. « Non, des gens tentent de suicider et échouent régulièrement », argumente-t-il.

Le journaliste pose alors la question une nouvelle fois: « Vous voulez en boire un verre? » Excédé, le lobbyiste finira par déclarer que l’interview est terminée avant de quitter son siège. « C’est une bonne manière de résoudre le problème », conclut le journaliste, avant de se faire insulter par le lobbyiste.

Roundup, le produit phare de la firme Monsanto, vient d’être classé parmi les pesticides potentiellement cancérigènes par l’Organisation Mondiale de la Santé.

http://www.levif.be/actualite/sante/un-journaliste-a-monsanto-vous-prendrez-bien-un-petit-verre-d-herbicide-video/article-normal-373837.html

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24 mars 2015 ~ 0 Commentaire

radio france: les raisons de la coupure de son (regards)

(…) Serait-ce l’effet des 100.000 euros de rénovation somptuaire du bureau du PDG Mathieu Gallet ?

L’appel à la grève illimitée, la troisième à Radio France depuis un mois, a en tout cas été bien plus suivi ce jeudi que celui de la semaine dernière. Si la matinale de France Inter a été assurée normalement, les autres stations, parmi lesquelles France Info et France Culture, ont vu leurs programmes remplacés par des ban- des musicales continues. Lors de la conférence de presse précédant l’assemblée générale jeudi matin, la CFDT, la CGT, le SNFORT, SUD et l’UNSA, mais pas le syndicat principal des journalistes le SNJ, étaient tous présents pour interpeller le gouvernement et leur direction quant aux projets de restructuration et d’externali- sation qui menacent aussi bien les emplois que la qualité du service radio- phonique.

1 Pourquoi faire grève maintenant, alors que les syndicats n’ont pas encore tous les éléments ? L’État actionnaire et Radio France négocient actuellement en toute opacité un nouveau contrat d’objectifs et de moyens (COM) pour la période 2015-2019. Ces discussions prennent du retard, le ministère de la Culture atten- dant les conclusions d’un rapport de la Cour des comptes sur la gestion de la radio publique, prévu pour début avril. Mais la direction a déjà indiqué vouloir réaliser 50 millions d’économies afin de compenser le déficit de 21,3 millions d’euros prévu pour cette année et les syndicats estiment que s’ils attendent de connaître le contenu exact du COM, il sera trop tard pour empêcher la mise en œuvre des plans de restructuration.

2 Comment expliquer que, pour la première fois de son histoire, le budget de Radio France soit en déficit? Ce déficit est la conséquence d’un effet de ciseau : d’un côté, les recettes, qui proviennent à 90% de la redevance audiovisuelle, sont en légère baisse, l’État ayant réduit la part de la taxe reversée à la radio. Austérité oblige, le montant perçu devrait ainsi plafonner à 601 millions d’euros cette année au lieu de 610 millions en 2012. Par ailleurs, Radio France a perdu, après une collaboration de vingt ans, le contrat qui la liait avec la fréquence d’autoroute 107.7.

D’un autre côté, les dépenses augmentent fortement. La contribution audiovisuelle finance désormais à 100% RFI, France 24 et TV5 Monde, pour un coût de 325 millions d’euros qui était auparavant pris en charge par le Ministère des affaires étrangères. Alors que la taxe Copé servait jusqu’à présent à compenser la suppression de la publicité sur France Télévision, cette dotation publique a été revue à la baisse en juillet. Celle-ci passant de 292 millions en 2014 à 29 millions en 2017, il revient donc à la redevance de compenser le manque à gagner, ce qui laisse moins d’argent pour la radio. Quant à la masse salariale, elle augmente mécaniquement, de 4 millions par an. Mais les dépenses qui grèvent le plus le budget sont celles qui sont liées au chantier de réhabilitation du bâtiment, entamé en 2009. 66,1 millions sont alloués cette année à la poursuite des travaux, dont le coût final avoisinerait les 584 millions d’euros pour une fin prévue en 2018, contre 333 millions initialement prévus. La livraison d’une partie des travaux de réhabili-tation en 2014 fait par ailleurs grimper la taxe foncière. Ainsi, contrairement à ce que prétend Mathieu Gallet, le déficit ne révèle pas que le système est « arrivé en bout de course »

3 Comment la direction compte-elle revenir à l’équilibre? Surtout en réduisant les coûts. Matthieu Gallet entend faire 50 millions d’économies, sur un budget annuel de 664 millions. Plusieurs pistes sont évoquées dans une feuille de route distribuée aux cadres de la Maison lors d’un séminaire fin janvier. Une mesure consensuelle est d’arrêter la diffusion en ondes longues et moyennes. Mais les syndicats redoutent que le plus gros des économies passe par la réduction de la masse salariale, qui représente 60% du budget total. D’après le rapport de la députée Martine Martinel, elle a augmenté de 26% entre 2004 et 2012, pour une hausse du nombre de salariés de 3,7%. Les syndicats craignent la suppression de 300 à 400 postes sur 4.300 salariés. Certaines branches d’activité semblent particulièrement menacées: l’Orchestre national de France, l’un des deux de Radio France, pourrait fusionner avec le Philharmonique ou bien être transféré au théâtre des Champs-Élysées sous l’égide de la Caisse des dépôts et consigna- tions. Certaines stations à faible audience, comme Le Mouv’, Fip ou encore France Musique se sentent également vulnérables. Au-delà des suppressions de postes, c’est la qualité des émissions qui risque de pâtir d’une baisse générale des moyens pour les reportages et des restructurations visant à rendre les personnels plus “polyvalents”.

4 Radio France ne pourrait-elle pas accroître ses recettes propres ? C’est difficile puisque la publicité est actuellement limitée à une cinquantaine de millions d’euros par an venant d’annonceurs publics ou d’intérêt général. Et les radios privées se sont mobilisées contre l’assouplissement de cette règle. D’autres op- tions sont envisagées, comme la monétisation des podcasts. Mais la direction souhaite surtout continuer de développer la location des orchestres pour des événements corporate et des locaux pour des défilés de mode, des assemblées générales d’entreprises ou des tournages de film. Un dévoiement de l’espace et des moyens du service public que fustigent les syndicats.

5 Les syndicats proposent-ils d’autres moyens de faire des économies? Ils exigent en premier lieu de revoir dans le détail le projet de réha­bilitation, qui est le premier responsable de la dérive budgétaire, et éventuellement de limiter les tra- vaux aux seuls besoins de la mise en sécurité du bâtiment. Ils évoquent notamment la construction imminente d’une porte d’entrée monumentale et d’un nouveau hall qui impliquent de casser plusieurs étages et de faire déménager des centaines de salariés dans des bureaux à louer… Une rénovation au coût faramineux qui ne vise même pas à améliorer la qualité des programmes radiophoniques puisqu’elle est conçue pour améliorer l’offre événementielle à destination des entreprises privées… Comme le résume un musicien de l’orchestre: «On refait le flacon et on paie les frais avec le parfum qui est dedans.» Laura Raim | 20 mars 2015

http://www.regards.fr/web/article/radio-france-les-raisons-de-la

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17 mars 2015 ~ 0 Commentaire

kan ba’r bistro, ostaliri kenuhel ar chapel nevez

*

Gwener 20 a viz Meurzh 2015 / Vendredi 20 Mars 2015

Ar Chapel Nevez / La Chapelle Neuve

Ostaleri KENUHEL Bar le Kenhuel 7 eur 30 noz / 19h30

Né en 1976 à Maras (Turquie), Ulas Ozdemir a étudié l’ethnomusicologie et a obtenu sa maîtrise à l’université technique de Yildiz, Istanbul.

Il a également réalisé de nombreux concerts et conférences en Turquie et à l’étranger à partir des instruments traditionnels des communautés Alévie et BektasSazi dede, baglama en s’accompagnant à la voix.

Avec une tradition poétique et musicale forte, la culture Alevi est une réfé- rence dans la culture musicale actuelle d’Anatolie. Ulas Ozdemir a participé à différents projets et albums en compagnie  d’Ali Akbar Moradi, Kayhan Kalhor, Azam Ali, Niyaz et son dernier groupe Forabandit est composé de Sam Karpienia, Bijan Chemirani et lui même.Il a de plus enregistré plusieurs albums solo et a composé plusieurs musiques de films et réalisé des arrangements qui emploient un large éventail d’instruments, avec des références à diverses cultures musicales écrites de son pays. Il rédige actuellement sa thèse de doctorat sur la musique de la communauté Alevi.

Evit eil KBB ar bloavezh, ur c’haner o tont eus Bro Turkia. Ulas Ozdemir, ur vouez ne vo ket ankou’et ganeoc’h diouzhtu ! Ur prof d’an diskouarn a-berzh skipailh Jomezkeba’rgêr ! N’it ket da gaout kerse da ve’añ c’hwitet un abadenn a-seurt-se ! Na chomit ket ba’r gêr !

http://www.drom-kba.eu/Master-classe-avec-Ulas-Ozdemir.html

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11 mars 2015 ~ 0 Commentaire

la guerre d’espagne, burnett bolloten (lcr.be)

la guerre d’espagne, burnett bolloten (lcr.be) dans Histoire 1310903-Guerre_civile_dEspagne

Révolution et contre-révolution (1934-1939),

Somme sur la révolution espagnole, l’ouvrage de Burnett Bolloten ne raconte pas à proprement parler ce que fut la guerre, mais ce que furent les enjeux de la révolution dans cette guerre.

Comme dans les coulisses des forces qui misaient sur une révolution sociale sans commune mesure, tant elle sapait les fondements de la société bourgeoise, ce monument est fort bien organisé à partir de milliers de documents provenant de la presse. Son auteur oblige les documents, qui proviennent des multiples camps engagés, à parler : « deux cent titres différents » nous dit celui qui s’est trouvé plongé dans l’Espagne en guerre durant ses vacances de 1936…

Ce qu’il soulève avec force preuves est cette formidable duplicité des forces communistes inféodées au Kominterm. L’ouvrage y revient fréquemment, mon- trant les errements et le refus de prendre le pouvoir par une des forces les plus importantes du pays, les anarchistes.

Le conflit ibérique fut la seule expérience où pourtant l’on vit des ministres anarchistes à leur tour contestés par leur base. Le récit des événements de mai 1937 à Barcelone, qui précipitent le coup de main stalinien sur le conflit, com- porte des passages savoureux… Les journaux rouges sont à la manœuvre pour débusquer les traîtres : «  L’Humanité parle de “putsch hitlérien” et la Pravda toujours aussi éloignée de son propre nom présente le conflit “comme un putsch trotsko-fasciste”. » Ailleurs on évoqua une révolution anarchiste authentique, et la presse nationaliste décrit, elle, une révolte anarchiste contre le gouvernement…

Accumulation de preuves… Ces journées racontées par Georges Orwell1, qui fut alors compagnon du Poum (trotskiste), sont au centre de nombreuses interpré- tations. « La construction de ses barricades fut un spectacle étrange et admi- rable » écrit-il.

Même chez les anarchistes, on ne se rend compte du complot qui se trame contre le Poum. D’après Trotski, c’est à ce moment-là que tout se joue en Espa- gne. D’après le stratège poursuivi par Staline, « si le prolétariat s’était emparé du pouvoir en mai 1937, il aurait trouvé un soutien dans l’Espagne entière. »

Oui, mais voilà les anarchistes, millénaristes, n’ont jamais voulu prendre ce pouvoir qu’ils tenaient au bout de leur fusil… Sauf quand ils sont pris en otage dans le gouvernement de Largo Caballero et servent à la fuite du gouvernement de Madrid à Valence. D’après le leader de l’UGT, Largo Caballero, « le Lénine espa- gnol », les anarchistes espéraient qu’il devienne président d’un état anarcho-syndicaliste.

Bolloten lui-même raconte comment il avait adopté dès le début le point de vue communiste, en tant que correspondant de l’agence United Press. L’avantage qu’il prend contre ses détracteurs réside dans l’accumulation de preuves venues du camp communiste. Le temps a passé et les langues se sont déliées.

Longtemps il fut difficile pour « les camarades communistes » de participer activement et sincèrement à la guerre d’Espagne, tout en étant le jouet d’une puissance qui ne voulait que leur perte, l’URSS. Détruire les fermes collectives et abattre des compagnons de la CNT comme de l’UGT, désignés comme traîtres par le NKVD, fut l’œuvre de militants communistes.

Enrique Lister qui expliqua que « les anarchistes avaient institué une véritable dictature du prolétariat » fut l’un de ceux-là. Un comble pour un prosélyte du pou- voir stalinien. Ralph Bates pensait ingénument que la politique du PC était erronée. Un autre militant communiste avouait que dans la Province de Tolède, 83 % des paysans avaient choisi de cultiver collectivement les terres.

« La défaite n’est pas toujours un échec. L’avenir n’appartient pas toujours au vainqueur. Nous ne jouons jamais notre dernière carte », écrivait l’anarchiste Issac Puente. Christophe Goby Samedi 28 Février 2015

Agone, 2014, 45 euros. 

Achetez sur le site de la Librairie La Brèche.

http://www.lcr-lagauche.org/essai-la-guerre-despagne-revolution-et-contre-revolution-1934-1939-burnett-bolloten/

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28 février 2015 ~ 0 Commentaire

festival de brest, dans le cadre de dañsfabrik (quartz)

Badke©DannyWillems08
DANSE BADKE

Badke, anagramme de dabke, nom d’une danse populaire pratiquée du Liban à la Syrie, est une pièce à l’apparence joyeuse.

Badke : une inversion pour dire l’esprit de renouveau qui souffle au Proche-Orient. Un mot détourné pour renverser la vision que l’on porte sur cette région. Une sonorité qui claque pour dire l’espoir d’un futur différent que dix danseurs et comédiens palestiniens appellent, de Gaza à Ramallah.

Mais Badke, c’est avant tout un spectacle-ouragan de sourires, de corps bon-  dissants. Une heure d’un étonnant moment de danse qui commence dans le noir avec le son de voix, de corps qui se déplacent, de pieds qui frappent le sol. Pre- miers balbutiements d’une ronde qui, bientôt, va surgir en pleine lumière. Badke, ce sont aussi des séquences intimes, des moments inattendus de solitude. Parfois les danseurs s’échappent du groupe avant de revenir à leur présent encerclé. Alerte, couvre-feu, coupure accidentelle de l’approvisionnement électrique ? Un instant, la musique s’interrompt. Mais très vite la pièce indomptable reprend, emportée par l’irrésistible musique de Naser Al-Faris qui fait tanguer la salle.

SAM 28 (19h30) FÉVRIER 2015

http://www.lequartz.com/fr/content/saison-1415/badke

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23 février 2015 ~ 0 Commentaire

citizenfour: un oscar mérité pour le documentaire sur edward snowden (ci)

nsa-obama-humor

Le film de la réalisatrice américaine Laura Poitras sur l’ancien employé de la NSA et lanceur d’alerte Edward Snowden a remporté, le 22 février, l’Oscar du meilleur documentaire.
Le suspense aura duré jusqu’à la dernière minute, mais l’académie des Oscars ne s’est pas démontée, et c’est bien Citizenfour, le film sur le lanceur d’alerte Edward Snowden qui a remporté l’Oscar du meilleur documentaire cette année à Los Angeles.La réalisatrice américaine Laura Poitras, « exilée » à Berlin, accompagnée du jour- naliste américain Glenn Greenwald, qui travaille au Brésil, et de Lindsey Mills, la compagne d’Edward Snowden qui réside désormais à Moscou, sont venus récupérer le prix à Hollywood.

Ce documentaire, sorte de making of de la fuite orchestrée par l’ancien em- ployé de l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA), Edward Snowden, nous emmène de Hong Kong à Moscou en passant par le Brésil, l’Allemagne et les Etats-Unis et retrace les premières semaines de l’exil forcé du lanceur d’alerte après qu’il a décidé d’informer le grand public du vaste système de surveillance mis en place par la très puissante NSA. Dans un communiqué envoyé par le biais de l’Aclu [la principale organisation de défense des libertés civiles américaine] Edward Snowden s’est félicité de ce prix, rapporte le Huffington Post.

« Lorsque Laura Poitras m’a demandé si elle pouvait filmer nos rencontres [à Hong Kong], j’étais extrêmement réticent », déclare Edward Snowden dans ce message. « Je suis heureux qu’elle ait réussi à me persuader : le résultat est un documentaire courageux et brillant qui mérite l’Oscar et la reconnaissance qu’il rencontre aujourd’hui. J’espère que ce prix va encourager plus de gens à aller voir ce film et qu’ils seront inspirés par son message, à savoir que des citoyens ordinaires travaillant ensemble peuvent vraiment changer le monde. »

Pour The New Yorker, il s’agit d’un Oscar bien mérité. « Citizenfour est un film qui mérite d’être honoré et qui mérite d’être vu », souligne l’hebdomadaire new- yorkais sur son site Internet.

Parmi les messages importants que ce documentaire délivre figure notam- ment le fait que l’on ne doit pas renoncer à l’idée que nos communications peuvent être secrètes, en tout cas un peu plus secrètes que ne le veulent les entreprises du secteur des nouvelles technologies et les agences d’espionnage. « Avec un peu de discipline, on peut être plus libre », note le New Yorker.

Et le magazine américain de conclure : « Le pays doit encore déterminer si les documents fuités par Snowden sont simplement révélateurs ou de nature à trans- former durablement les choses. Cette question s’applique également au docu- mentaire de Laura Poitras. [Néanmoins], il ne faut pas sous-estimer la valeur de la révélation et celle de faire éclater la vérité. »

Citizenfour sortira sur les écrans français le 4 mars. En attendant, la bande-annonce du film est visible sur le site officiel Citizenfourfilm.com.

Courrier international Bérangère Cagnat et Catherine Guichard 23 février 2015

 

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