Archive | Médias, culture

10 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

bolloré met au pas i-télé (lo)

Franchement qui a envie de revoir çà? (Ndb)

La directrice d’I-Télé et la directrice de la rédaction de Canal Plus viennent d’être remerciées par Bolloré. Celui-ci, qui possède un empire de presse comprenant tout le groupe Canal, les chaînes D8 et D17, et accessoirement l’institut de sondage CSA, se débarrasse ainsi de ceux qu’il ne juge probablement pas assez dociles.

En juillet dernier déjà, Bolloré s’attaquait aux Guignols de l’Info, trop irrespectueux envers les puissances d’argent et aussi envers son ami Sarkozy. En août, il obtenait l’annulation définitive de la diffusion sur Canal du reportage sûrement trop intrusif à son goût : « Évasion fiscale, une affaire française ». Mais pour éviter de provoquer des réactions indignées à chaque nouvelle censure, autant placer directement ses amis au comité de rédaction.

I-Télé est donc maintenant confiée à un proche, Guillaume Zeller, l’ex-directeur de la rédaction de D8, qui a le profil de l’emploi. D’abord chargé d’enquêtes pour le service histo- rique de l’armée de terre, il s’est fait connaître comme spécialiste et défenseur du catho- licisme. Invité régulièrement sur Radio Courtoisie, la radio d’extrême droite, il a aussi parti- cipé au site Boulevard Voltaire de Robert Ménard, devenu élu du Front national. Il y a écrit des billets, dont un sur le général Aussaresses, tortionnaire en chef pendant la guerre d’Algérie, intitulé « Aussaresses aurait pu être un héros national… ».

Sûr que, pour les élections à venir, Bolloré et Sarkozy pourront compter sur un vrai homme de leur camp pour « informer » les téléspectateurs ! Antoine FERRER 9 Septembre 2015

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/2015/09/09/bollore-met-au-pas-i-tele

Lire la suite

09 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

bangladesh, finalement autorisé en salle (ci)

rana-plaza-2

Le film relatant le drame du “Rana Plaza”

Les autorités de Dacca avaient réclamé la censure de ce long-métrage, qui relate l’effon-drement d’un immeuble ayant tué 1 135 ouvriers du prêt-à-porter, en avril 2013.

C’est un soulagement pour tous ceux qui luttent contre l’oubli au Bangladesh. La censure qui frappait le film Rana Plaza a finalement été levée, dimanche 6 septembre, par la Cour suprême de Dacca. Ce long-métrage produit par Shamima Akhter et réalisé par Nazrul Islam Khan était accusé de vouloir “créer un effet négatif sur la population, au Bangladesh comme à l’étranger, et d’effrayer les ouvriers du secteur du prêt-à-porter”, indique The Independent.

Le film relate la terrible histoire de l’immeuble “Rana Plaza”, qui abritait des ateliers de confection et qui s’est effondré le 24 avril 2013, provoquant la mort d’au moins 1 135 person- nes qui venaient de démarrer leur journée de travail. La veille, des consignes d’évacuation avaient pourtant été données après l’apparition de fissures dans les murs. L’avertissement avait malheureusement été superbement ignoré.

Trop dérangeant Le scénario est une fiction inspirée des faits réels. Il raconte le parcours d’une ouvrière rescapée de cette tragédie, parcours que les autorités jugeait manifestement trop dérangeant, notamment parce que les victimes travaillaient pour la plupart illégalement pour le compte de grandes marques internationales de vêtements.

“Le 16 juillet dernier, le film avait pourtant obtenu l’autorisation d’être projeté en salles et sa sortie était programmée pour le 4 septembre, jusqu’à ce que la Haute Cour de Justice oppose son veto et interdise le 24 août toute projection pour une durée de six mois”, rappelle The Independent, qui se félicite que Rana Plaza voie enfin “le bout du tunnel” et puisse être vu par le public dans une centaine de cinémas.
Dans une interview exclusive au Daily Star, le scénariste et metteur en scène Nazrul Islam Khan explique avoir voulu braquer les projecteurs sur “les droits des travailleurs”, afin que “leurs conditions de travail soient à l’avenir plus sûres”. Il confie avoir pensé à ce projet cinématographique “immédiatement après le drame” et se déclare fier d’avoir tourné “le premier film qui aborde ce sujet dans le pays”. Publié le 08/09/2015 – 16:56

“Made in India” : des fringues qui tuent

http://www.courrierinternationalbangladesh-le-film-relatant-le-drame-du-rana-plaza-

Lire la suite

08 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

C dans l’air (acrimed)

 C dans l’air (acrimed) dans Macronie

On assume (enfin) son parti-pris ultra-libéral

Défoulement en totale roue libre, à « C dans l’air », le 4 septembre 2015. Intitulée «Hollande a-t-il changé?», l’émission de France 5 a péroré pendant une heure sur le «bilan catastro- phique» de Hollande, la mauvaise idée des «hausses d’impôts» et l’absolue nécessité de la «réforme du code du travail».

Rappelons-le, «C dans l’air» est une émission – de service public – soucieuse de donner « les clés pour comprendre dans sa globalité un événement » (telle qu’est décrite l’émission sur sa page). Le 4 septembre, « l’événement » dont il fallait d’urgence discuter, qu’il fallait disséquer sous tous les angles, était… le mea culpa de François Hollande au sujet de certaines «réformes», jugées trop à gauche.

Pour un tel «événement», «C dans l’air» a mis les petits plats dans les grands en offrant un plateau 100 % libéral : Nicolas Beytout (L’Opinion), Ghislaine Ottenheimer (Challenges), Christophe Barbier (L’Express) et Françoise Fressoz (Le Monde) étaient invités à « donner les clés pour comprendre ». Et, face à ce déferlement de pluralisme, le téléspectateur a compris.

Le code du travail? Un «mastodonte qu’il faut écrémer d’urgence»! Il a compris par exemple que la «réforme du code du travail» était absolument nécessaire: «Parmi les dossiers les plus brûlants, la refonte d’un mastodonte, devenu tabou à gauche : le code du travail et ses 3 600 pages, 11 000 articles… à écrémer d’urgence.» Si cette prise de parole était issue d’un des invités de «C dans l’air», nous n’aurions pas été surpris: libéraux, ils dérouleraient ainsi logiquement les habituels arguments canoniques, et ce serait leur droit le plus strict. Mais non ! Ce propos est tenu par… une journaliste de «C dans l’air», pendant le deuxième reportage. Un parti-pris grossier (pardon: une «clé pour comprendre») dont ne se cache même plus l’émission de France 5.

Le code du travail? Même les sympathisants de gauche veulent le réformer! Mais « C dans l’air» ne s’arrête pas là: le nombre de pages du code du travail n’étant pas une «clé » suffisante pour «comprendre». Deuxième «clé» avancée: un sondage. Lequel montre que «l’opinion semble prête pour la réforme [du code du travail], y compris à gauche : 74% des sympathisants l’attendent désormais.»

Un «argument» reposant exclusivement sur les résultats d’un sondage: pratique trop connue pour ne pas être questionnée, voire dénoncée, tant on sait que les sondages de ce type agrègent des opinions fort disparates (« réformer le code du travail » peut ainsi signifier plus ou moins de droits pour les salariés) et construisent des « opinions » mobilisables en fonction des objectifs des sondeurs et/ou des commentateurs. A fortiori si ce sondage a été réalisé dans les mêmes conditions que le récent sondage selon lequel « les Français » seraient massivement contre les 35 heures. Un sondage dont les biais étaient grossiers, ce qu’a très bien démontré Libération. Et compte tenu des résultats unanimes de « l’enquête d’opinion » que mobilise « C dans l’air », c’est fort probable.

La réforme du code du travail ? Plus qu’un consensus, un plébiscite! Troisième et dernière clé, enfin, pour comprendre la nécessité de la réforme du code du travail : la concorde nationale. Pendant le reportage, la voix off assure en effet que «Manuel Valls peut s’appuyer sur une série de travaux aux conclusions similaires : le livre de Robert Badinter [Le travail et la loi], et deux rapports, l’un plutôt libéral [Institut Montaigne], l’autre, venu de la boite à idées du Parti socialiste: Terra Nova. Deux orientations politiques différentes pour une même proposition choc : permettre aux entreprises, en cas d’accord patronat-syndicats, de déroger à la loi, quitte à sacrifier quelques symboles… »

On ne pourra s’empêcher de relever ici l’argutie consistant à opposer formellement l’Institut Montaigne « plutôt libéral » et Terra Nova « boîte à idées du Parti socialiste », comme si le Parti socialiste n’était pas «plutôt libéral». Le Figaro, quotidien «plutôt très libéral», avait pris moins de précautions en commentant le rapport de Terra Nova: «Une révolution qui, une fois déclinée en propositions concrètes, va bien au-delà des rêves les plus fous des patrons les plus libéraux».

Mais pour «C dans l’air», si Badinter, l’Institut Montaigne et Terra Nova sont d’accord, alors c’est que «droite» et «gauche» sont d’accord. Et si droite et gauche sont d’accord, c’est, évidemment, que le peuple français est d’accord. CQFD. Et pourtant, la «réforme» n’est toujours pas venue. Peut-être que les « clés » avancées n’étaient pas assez convaincantes ? Benjamin Lagues mardi 8 septembre 2015

http://www.acrimed.org/A-C-dans-l-air-on-assume-enfin-son-parti-pris-ultra-liberal

Lire la suite

24 août 2015 ~ 0 Commentaire

festival de douarnenez: on est vivant!

Le film de Carmen Castillo « On est vivant » dans lequel Daniel Bensaïd est à l’honneur
passe à Douarnenez:

Mercredi 26 août à 20h30 au Club

Samedi 29 août à 14h30 au Club

Lire la suite

21 août 2015 ~ 0 Commentaire

douarnenez, 38e festival de cinéma (of)

Affiche 40x60.qxp

Les Peuples des Andes

Après l’archipel indonésien et les Papouasies en 2014, au tour des peuples des Andes d’Amérique latine d’être mis en avant par le festival de cinéma de Douarnenez.

Si le cinéma andin est au cœur de l’événement, débats, palabres, ou encore littérature et expositions, seront aussi proposés à partir de vendredi soir et jusqu’au samedi 29 août.

Soirée inaugurale ce vendredi Programmés dans les deux cinémas de la ville, la MJC, l’auditorium et aussi en plein-air, plus de 70 films et 170 séances vont mettre en lumière les enjeux propres à cette région du monde, de la Colombie à la Patagonie. Combats politiques, environnementaux et féministes, seront ainsi largement évoqués.

Rencontres et discussions s’en feront l’écho : de nombreux invités, la plupart originaires des Andes, viendront échanger. D’autres débats, tous les soirs à 18 h, sous chapiteau, sont prometteurs: celui sur «les minorités sourde et intersexe» (lundi 24) ou bien encore «Notre-Dame-des-Landes, Plogoff, parcours de luttes» (jeudi 27).

La manifestation encourage aussi la création cinématographique et audiovisuelle bretonne. Notamment via son traditionnel «Grand cru», une trentaine de films produits ou réalisés en Bretagne dans l’année.

Un focus sur le cinéaste René Vautier, disparu cette année, va permettre de revoir trois de ses films, dont les documentaires Afrique 50, Techniquement si simple ou bien encore Marée noire, colère rouge, qui traite du naufrage du pétrolier Amoco Cadiz au large de Portsall, en 1978. En plus des expositions, concerts ou encore ateliers pour enfants, l’édition 2015 reste à l’écoute du « Monde des sourds ».

Jusqu’au samedi 29, à Douarnenez. 38e Festival de cinéma. Renseignements sur le site internet du festival.  Ce vendredi 21 août, soirée inaugurale. À 18 h 30, concert gratuit de musique williche, avec Neddiel Muñoz et le groupe Anklaje. À 21 h 30, Los viajes del viento (Les voyages du vent), au cinéma Le Club.

Douarnenez – 11h46

http://www.ouest-france.fr/douarnenez-le-38e-festival-de-cinema-invite-les-peuples-des-andes-3633089

 

Lire la suite

12 août 2015 ~ 0 Commentaire

arte: le cri de la liberté dimanche 16 août 20h50

Le film « Cry Freedom » appartient à un cinéma comme il n’en existe plus. Le cinéma qui mêle en permanence majesté des paysages, ampleur de la foule et gros plans sur les expressions des visages, le tout en prenant un temps très posé, là où le cinéma américain, sur des mêmes thèmes, sera dans un rythme frénétique, spectaculaire et zappeur.

Ce cocktail très anglais inventé par le cinéaste David Lean (Docteur Jivago), a inspiré Ri- chard Attenborough qui, avant « Cry Freedom », réalisa selon les mêmes principes, «Gandhi».

« Cry Freedom » est alors de ces films politiques passionnants dont le style est en tous points traité pour imprégner la rétine du spectateur. Car l’enjeu est de taille: faire compren- dre, en l’occurrence, comment et pourquoi l’égalité, et donc la paix entre les hommes, doit être un objectif inéluctable.

L’histoire vraie de « Cry Freedom » le démontre avec efficacité, une grande précision et un souffle romanesque. Il faut séduire pour faire passer des idées fortes et sérieuses. Atten- borough, qui fut par ailleurs un excellent comédien, utilise parfaitement bien la densité physi- que du regard par en dessous de Denzell Washington, qui prononce les mots convaincants et altruistes sans mièvrerie de l’activiste sud-africain Stephen Biko.

Face à lui Kevin Kline dans le rôle du journaliste Donald Woods, fait preuve avec son corps léger d’un sens du détail remarquable. D’abord sûr de son bon droit d’homme blanc dans une Afrique du Sud de l’Apartheid, puis tremblant comme une feuille quand il s’aperçoit que la violence inouïe de sa propre société se retourne contre lui, enfin, réagissant comme un dingue quand il comprend qu’il peut bouger les consciences.

La grande idée ingénieuse alors de ce film surprenant est de peu à peu faire glisser Woods, cet homme blanc éduqué et protégé, dans la peau d’un homme noir qui doit fuir parce que traqué pour ses paroles. Eminemment instructif. Virginie Apiou

http://cinema.arte.tv/fr/article/le-cri-de-la-liberte-de-richard-attenborough-dimanche-16-aout-20h50

Pour aller plus loin:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_Biko

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2007-09-11-Steve-Biko-la-conscience-noire

http://www.npa2009.org/content/steve-biko%C2%A0-la-conscience-noire

Lire la suite

26 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

l’islam imaginaire de michel houellebecq (orient 21)

croisade11

Le mythe de l’invasion de l’Europe

(…) À grand fracas, Michel Houellebecq a publié en janvier 2015 son nouveau roman d’antici- pation, Soumission. L’homme est connu pour savoir capter l’air du temps, celle d’une épo- que apathique et dépressive. Dans son dernier opus, on retrouve tous les ingrédients houel- lebecquiens traditionnels: un anti-héros d’une grande misère sexuelle, asocial et au bord du gouffre. Il évolue dans une société autant résignée que désenchantée. Soumission révèle l’épuisement métaphysique qui mène au désarroi de l’individu moderne. Face à la perte du lien social, l’écrivain français se demande si une ré-incorporation de la sacralité «sauverait » l’Occident du dépérissement. Dans cette morne Europe minée par ses mœurs mercantiles, le personnage principal décide (par compromission) de se convertir à l’islam.

Mais son dernier roman a quelque chose de conspirationniste : il adhère au mythe para- noïaque de « l’islamisation »1. Le roman avance sans réel suspense, dans le sens d’une conviction pré-établie qui se distille tout au long de l’intrigue, si intrigue il y a. Avec le présup- posé prédicatif d’une Europe décadente qui serait tombée aux mains des «barbares», entendez les musulmans, Michel Houellebecq « vend », comme dans toute théorie du complot, l’intentionnalité musulmane de conquête, la volonté opiniâtre d’imposer sa propre culture. Il martèle qu’il existe des «cinquièmes colonnes» islamistes au cœur de l’Occident  ; que les monarchies du Golfe colonisent discrètement la France à coup de pétrodollars.

Le mythe de l’invasion arabo-musulmane L’eschatologie guerrière hante les pages de Soumission : «Une guerre civile entre les immigrés musulmans et les populations autoch- tones d’Europe occidentale» (p. 55) ; «En cas de conflits ethniques je serai, mécanique- ment, rangé dans le camp des Blancs » (p. 73). L’esprit belliciste du roman fait écho aux publications contestées des néoconservateurs anglo-saxons tels que Bernard Lewis ou Bat’Yeor, dont Houellebecq ne cache pas l’influence. (…)

Soumission, comme d’autres ouvrages aux titres tapageurs, s’inscrit dans cette nouvelle campagne violente contre les musulmans. Ses idées font partie d’un « choc des civilisations » interminable, irréversible et implacable. Son roman impose une vision faussée de l’Autre. En témoigne la figure menaçante qu’incarne le personnage de Mohamed Ben Abbes, leader de la Fraternité musulmane, parti politique qui le portera à la présidence de la République. Le narrateur et ses multiples interlocuteurs insistent sur le charisme3 de l’an- cien polytechnicien aux allures « d’épicier tunisien »4. Ainsi le personnage fait-il écho à la figure controversée de Tariq Ramadan, intellectuel musulman, pleinement intégré et occi- dentalisé. (…)

Le spectre du Sarrazin L’angoisse démographique est omniprésente dans Soumission. Elle renvoie aux thèses nauséabondes développées par Renaud Camus, connu pour sa proximité avec l’extrême droite. Dans son essai Le grand remplacement (2011), l’auteur français exprime en termes alarmistes le déferlement de populations «  maghrébo-africaines  » s’apprêtant à remplacer les «  indigènes  » d’Europe, causant ainsi une «  déculturation  » du Vieux Monde. C’est aussi, pour les Français, le spectre médiéval du Sarrasin s’avançant jusqu’à Poitiers.

D’ailleurs, Michel Houellebecq voit dans les Croisades un précédent glorieux. Comme dans les écrits chrétiens du Moyen Âge, on est frappé par le répertoire de carica- tures hostiles à l’encontre des musulmans. Le roman est parsemé de généralisations grossières, comme l’indifférence présumée des musulmans pour les droits des femmes -– il exagère notamment, au service de sa démonstration, leur pratique de la polygamie. Les accusations d’arriération sont multiples, et sans nul autre argument à l’appui que l’abstraction de son mépris.

Soumission exprime toute l’ambivalence, l’attirance et la répulsion que le monde occi- dental éprouve parfois pour le monde islamique. Une fascination qui tire sa force de la perte d’authenticité que l’islam pourrait encore incarner, récusant le désenchantement d’un monde laïcisé. C’est un topos que l’on retrouve dans une longue tradition orientaliste. Ce présup- posé a pourtant été battu en brèche par la recherche : Olivier Carré, dans son livre L’islam laïque ou le retour à la Grande Tradition6 a en effet démontré que les grands textes de la philosophie politique islamique ont toujours pensé la distinction entre la religion (din) et l’État (dawla). La sécularisation s’est réalisée de fait, sans réelle tension entre les pouvoirs religieux et séculier car il n’a jamais existé d’idéal théocratique.

Assignations identitaires On ne saurait enfin dénombrer les multiples assignations identi- taires qui parsèment le roman. Pour Houellebecq, il n’y a que des « Arabes », des « noirs » et « des juifs » ; en aucun cas des Français. (…) L’islamophobie de Michel Houellebeq est une conviction si ancrée qu’elle falsifie le réel pour lui donner les contours de sa peur. Soumission est l’un des terreaux fertiles d’un «  délire idéologique  » qu’expose l’essai posthume d’Ilan Halevi, Islamophobie et judéophobie : l’effet miroir (2015), d’une rare acuité pour témoigner de la similitude étroite entre la judéophobie et l’islamophobie :

Les islamophobes ressemblent comme des frères jumeaux à des antisémites.Qu’ils raisonnent, ou plutôt qu’ils déraisonnent, comme des antisémites. Avec la même mauvaise foi et avec la même bonne conscience. Mieux, qu’il crève les yeux de tout observateur dépassionné, un cas de figure, il faut l’admettre, rarissime dès qu’il s’agit des uns (les juifs) comme des autres (les musulmans), que l’islamophobie joue dans la société actuelle un rôle comparable à celui que l’antisémitisme a joué en Europe avant la seconde guerre mondiale. Elle fournit le terreau idéologique, le ciment discursif interclassiste sur lequel peuvent croître les nouvelles formes de fascisme.

Au même titre que l’antisémitisme, l’islamophobie de Michel Houellebecq, loin de n’être qu’une opinion distillée dans une fiction, est une passion. (Résumé)

Chayma Drira Orient XXI 24 juillet 2015

Lire la suite

16 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

menaces sur les guignols (ccr)

Médias, politique et capitaux. Quelle place pour la critique?

Il y a une quinzaine de jours, un petit séisme a traversé le paysage médiatique français : Vincent Bolloré, devenu récemment actionnaire majoritaire du groupe Canal + via le groupe Vivendi, a annoncé vouloir mettre fin à la diffusion des «Guignols de l’info». La menace semble depuis avoir été levée. Reste à voir cependant ce que va devenir la célèbre émission: alors qu’un regain de vigueur critique et politique ne lui ferait pas de mal, il y a des chances que la reprise en main par Bolloré ne fasse qu’empirer la situation.

Remous internes dans le groupe Canal + En interne, l’histoire commence le 29 juin 2015. Alors que s’éteint ce jour-là Alain de Greef, créateur des Guignols en 1988, Vincent Bolloré, riche industriel et récent nouveau patron de Canal +, demande à Rodolphe Belmer, directeur général de la chaîne, de supprimer l’émission, qui emploie plus de 300 personnes. Ce n’est pas censé être une annonce officielle, mais une négociation entre les deux hommes. Mais Rodolphe Belmer refuse, et l’info paraît dans la presse le lendemain, suivie d’autres « fuites » : les Guignols disparaîtraient de la tranche en clair pour être diffusés en cryptés, peut-être à un rythme hebdomadaire seulement. Les réactions ne se font pas attendre : tandis qu’une pétition est mise en ligne par des téléspectateurs et que les politiques, Valls et PS en tête, rivalisent de déclarations républicaines en faveur des Guignols, Delphine Ernotte, future présidente de France Télévision qui prendra ses fonctions au mois d’août, leur offre l’asile. Nicolas de Tavernost, président de la chaîne M6, s’est également interrogé quant à la possibilité de reprendre l’émission.

Face à ces réactions, Bolloré change de tactique. Le 3 juillet, il déclare conserver les Guignols, mais sans se prononcer quant à leur format, leur fréquence et leur horaire de diffusion. Rodolphe Belmer est remercié, Le Grand Journal supprimé. Quant au PDG de Canal Plus, Bertrand Méheut, son sort n’est pas encore fixé. Pour finir, il sème le doute en déclarant à qui veut l’entendre qu’il n’a jamais été question de supprimer l’émission, qu’il qualifie d’« actif historique » de la chaîne. Que le riche industriel ne parle des Guignols que comme une source de profits potentiels n’est pas étonnant. Ses propos n’en constituent pas moins un mensonge éhonté, Bolloré ayant pris contact en amont avec au moins trois humoristes pour leur proposer la création d’un programme de remplacement des Guignols. Florence Foresti, qui a décliné l’offre « par solidarité avec les Guignols », déclare ainsi s’être vu proposer 5 millions d’euros en échange de ses services.

Retour sur une prise de pouvoir Si Vincent Bolloré peut ainsi faire la pluie et le beau temps sur Canal Plus, c’est bien grâce à son argent: devenu actionnaire majoritaire (à 14,5%) et président du conseil de surveillance de Vivendi en avril dernier, il se retrouve ainsi à la tête de Canal +, détenu à 100% par Vivendi. La collusion avec le pouvoir législatif n’y est pas pour rien non plus : la loi Florange, votée en avril dernier, attribue un droit de vote double aux actionnaires détenant leurs titres depuis plus de deux ans. Bolloré a justement fait augmenter sa part de capital de Vivendi au moment du vote de cette loi, soutenu dans cette prise de pouvoir par Emmanuel Macron. (…)

Or la tranche en clair, au sein de laquelle la diffusion des Guignols est assurée, coûte plus que ce qu’elle ne rapporte en recettes publicitaires (soit 150 millions d’euros par an). Dans la logique capitaliste, il est donc possible de la maintenir en l’état si et seulement si elle réussit à attirer de nouveaux abonnés, rôle pour lequel elle a été créée. La chute du nombre d’abonnements remet donc en question la composition de cette tranche.

Mais est-il seulement question de logique économique ? Les Guignols connaissent tous les soirs un franc succès et représenteraient 30% de l’audience de la tranche en clair : pas de quoi leur faire honte. On se souvient par contre du lendemain de l’élection de 2007 : Nicolas Sarkozy, tout frais président de la République Française, était allé fêter sa victoire… sur le yacht de son ami Bolloré. Les Guignols n’avaient pas manqué l’occasion de railler le président bling-bling ami affiché des industriels, inaugurant une ligne critique de la personnalité de Sarkozy qui fera date. A l’approche de 2017, la manœuvre de Bolloré a tout d’une mise au pas, la décision finale permettant de conserver l’émission pour mieux la contrôler. Ce dernier a d’ailleurs fait plusieurs déclarations dans ce sens, regrettant un esprit de dérision trop présent sur Canal, ou critiquant le manque de positivité des Guignols en temps de crise.

Médias, politiques et capitaux : un pluralisme médiatique de façade Il ne faudrait pas croire que le cas de Canal + est isolé. En France, seuls quelques grands groupes industriels se partagent le paysage médiatique privé. Vivendi, Lagardère, Bouygues, Dassault, Amaury, Rotschild et Pinault (par l’intermédiaire d’Artémis) comptent parmi les principaux. Chacun de ces groupes multiplie les titres de presse – journaux, magazines – et les chaînes de radio ou de télévision, ce qui lui permet de diffuser efficacement les informations qu’il souhaite, à la façon dont il le souhaite. Par ailleurs, les éditorialistes interviennent eux-mêmes dans de nombreux titres de presse différents, servant la même idéologie partout. On le voit : la pluralité médiatique affichée et défendue avec ardeur dans tous les discours, masque en fait la main-mise extrêmement serrée de quelques grandes fortunes, qui elles-mêmes ne manquent pas d’afficher leur soutien aux personnalités politiques qui les favorisent.

Cependant, la situation n’est pas beaucoup plus reluisante dans le service public. La dernière grève à Radio France, qui a duré un mois au printemps dernier, a révélé des conflits très durs, et un verrouillage total de la possibilité d’expression critique de la part des salariés. Olivier Poivre d’Arvor vient d’ailleurs d’être limogé de la direction de France Culture par Mathieu Gallet, directeur de Radio France, à la suite de propos jugés déloyaux par son directeur. Dans une interview, il dénonçait en effet la logique uniquement comptable et financière qui règne désormais à Radio France. (…)

Les Guignols, une émission politique… à politiser Revenons à nos marionnettes. Il est certain que les Guignols de l’info sont très appréciés des spectateurs et spectatrices français.es : en témoigne la pétition contre leur suppression, qui a recueilli plus de 107.000 signatures en 15 jours.

Cependant, les réactions unanimes d’un grand nombre de politiques contre leur suppression interrogent sur la nature de la critique portée par l’émission. Certes, Bolloré semble les voir d’un mauvais œil, et le silence de Sarkozy à propos de leur disparition éventuelle est assourdissant. Mais si le PS peut déclarer que les Guignols jouent un «rôle fédérateur» dans une société «soumise à de multiples tensions», et si Hollande peut déclarer, depuis l’Angola où il était en visite d’affaires, que la dérision et de la caricature font partie du patrimoine et doivent à ce titre être conservées, c’est bien que Les Guignols n’embêtent en fin de compte pas grand-monde, et sont plus de l’ordre du décor folklorique que de la réelle critique politique.

C’est leur procédé humoristique principal, la critique hyperpersonnalisée, qui est ici en cause. En effet, prenant pour cible les (menus) défauts individuels des gouvernants, ils passent la plupart du temps sous silence ce qui permettrait de politiser les questions. Ainsi, en dépeignant Hollande sous les traits d’un gros mou un peu benêt, pleutre et ne pensant qu’à manger, les Guignols contribuent à minimiser le poids des décisions politiques prises par le président, dont le mandat est pourtant marqué par un tournant répressif sans précédent, de nombreux reculs sur le plan du droit du travail, un triple recours à l’article 49.3, le vote de la loi sur le renseignement ou encore le renforcement de la lutte contre l’immigration « clandestine ». On pouvait dire la même chose lors du mandat présidentiel précédent : la caricature de Sarkozy en petit nerveux agressif et bling-bling, si elle se base sur des traits de personnalité effectifs, ne peut pas porter bien loin. (…)

L’humour peut être un vecteur redoutable pour dénoncer l’emprise de la bourgeoisie et de ses soutiens politiques sur la vie des travailleurs, des travailleuses et des classes populaires, renforçant ainsi la conscience de notre classe. Si l’humour peut être mis au service d’une véritable critique politique, ce n’est pas en se contentant d’être la mouche du coche tolérée par le pouvoir. Publié le 16 juillet 2015 Dom Thomas

http://www.revolutionpermanente.fr/Menaces-sur-Les-Guignols

Pour aller plus loin

Au sujet des collusions médias – capitaux – politique : documentaire de Pierre Carles, 2012, Les nouveaux chiens de garde

Au sujet de l’humour politique : Nelly Quemener, « Une bouffonnerie désengagée ? Du comique anti-système à la critique hyperpersonnalisée », dans Charaudeau P. (éd.), Humour et engagement politique, 2015, Limoges, Lambert-Lucas

Lire la suite

10 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

mondial folk de plozévet: pas de visa pour le groupe du togo! (of)

Amlima3_m

Le groupe Amlima du Togo n’a pas obtenu de visa pour la France. Sa tournée de deux mois est annulée. Les Tambours du Burundi les remplaceront au Mondial Folk de Plozévet.

Les seize artistes du groupe togolais Amlima qui devaient effectuer une tournée de deux mois en France et participer au Mondial Folk de Plozévet en août, n’ont pas obtenu de visa ! Le consul ne le leur a pas accordé à cause du risque de non retour. Les Togolais qui rêvaient de ce voyage depuis un an et demi sont effondrés. Comble d’ironie, les échasses et les tambours sont arrivés en France…

L’organisateur du Mondial Folk, Pierrot Bosser, malgré ses multiples démarches, n’a pas réussi à inverser la décision du consul et la respecte. Il a dû rebondir et trouver d’autres groupes pour les festivals. Les Tambours du Burundi viendront à Plozévet en août en remplacement des échassiers et percussionnistes togolais. Plozévet – 07h02

http://www.ouest-france.fr/mondial-folk-de-plozevet-pas-de-visa-pour-le-groupe-du-togo-3549142

Commentaire: Racisme d’état! Encore un état soutenu par la France qui donne envie de partir?

Lire la suite

08 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

brest: bibliothécaires (brest info)

bibli

Grève dans les bibliothèques : les raisons de la colère

Publié le 9 juillet 2015 |

http://brest.mediaslibres.org/spip.php?article90

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin