Archive | Médias, culture

23 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Le métèque nous a quittés

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Avec sa gueule de métèque, Georges Moustaki nous a quitté en toute liberté.

Artiste engagé dés 68, il avait apporté son soutien à la candidature d’Alain Krivine en 1974 jusqu’à celui, spontané, à Philippe Poutou. Georges Moustaki encourageait la création de jeunes artistes auto-produits et indépendants, donnant une fois de plus au mot « liberté » ses plus belles lettres.

Nous continuerons à chanter « sans la nommer » une rare chanson française à la gloire de la révolution permanente, « ma liberté » « le temps de vivre » et toutes ses chansons évoquant les valeurs que nous défendons au quotidien.

Salut Georges, nous ne t’oublierons pas !

Montreuil, le 23 mai 2013

Réécoutez « Sans la nommer » : http://npa2009.org/npa-tv/all/all/37294

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16 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Le PS va voter « l’enterrement » de l’amnistie sociale (JDD)

Le PS va voter Les syndicalistes aux galères !

La proposition de loi sur l’amnistie sociale, à l’initiative des parlementaires du Front de gauche, sera examinée jeudi en séance à l’Assemblée nationale. Mais les socialistes – qui ont la majorité – devraient voter un renvoi en commission.

La proposition de loi sera débattue jeudi dans l’hémicycle. Mais déjà son sort semble scellé. Le porte-parole des députés socialistes qui disposent de la majorité à l’Assemblée nationale, Thierry Mandon, a indiqué mardi que son groupe souhaitait voir renvoyer le texte en commission. Afin qu’il soit « retravaillé sérieusement ». Lors des questions au gouvernement, le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, a réaffirmé mardi que le gouvernement n’était « pas favorable au principe de la loi car il considère que dans la situation que la France vit aujourd’hui, il doit y avoir une seule réponse », à savoir « le respect de la loi républicaine ». Alors que la proposition avait été votée, y compris par les socialistes, de justesse au Sénat en février, la Commission des lois du Palais Bourbon l’avait rejetée fin avril provoquant la colère du Front de gauche et des écologistes. Ce texte est un « marqueur très fort pour l’ensemble de la gauche (…) Le Parlement et la majorité sont maltraités avec ce genre de comportement », a une nouvelle fois répété l’écologiste Sergio Coronado mercredi lors d’une conférence de presse, regrettant la « volte-face » du gouvernement sur le sujet. « La séance de jeudi risque d’être animée », a-t-il d’ores et déjà prévenu, rappelant que la proposition de loi en question est « davantage symbolique » puisque son contenu a été amoindri lors de son passage au Sénat. « Cette proposition vise à rendre justice à des hommes et des femmes courageux », et « pas dangereux », a pour sa part fait valoir Marie-George Buffet. « Demain, nous allons nous battre », a-t-elle renchéri mercredi. « Un renvoi en commission signifierait qu’il n’y a pas de débat général (…) empêchant les différents groupes de s’exprimer », a regretté l’élue de Seine-Saint-Denis. Et de conclure : « Ce sera une journée assez noire pour les espoirs qui existait sur une majorité de gauche. »

« La douche a quand même été sévère »

« Le gouvernement donne le signal qu’il capitule devant les exigences du Medef », a dénoncé mardi André Chassaigne, le chef de file des députés Front de gauche – à l’origine de cette proposition, qui est examinée dans le cadre de leur « niche » parlementaire. « Quand on veut renvoyer le texte en commission, c’est que l’on veut éviter le vote solennel. C’est un manque de courage pour occulter des avis différents de députés écologistes et socialistes qui souhaitaient voter le texte », a poursuivi le député du Puy-de-Dôme. « On soutient ce texte et on est prêt à le voter », avaient en effet confirmé mardi les deux co-présidents du groupe EELV, François de Rugy et Barbara Pompili. « Le texte était restreint dans sa visée, il avait une dimension symbolique assez forte qui pour nous avait du sens politiquement », ont-ils assuré. Initialement très remonté par le comportement du gouvernement sur l’amnistie sociale, le socialiste Patrick Menucci s’est finalement « réjoui » du renvoi de la proposition de loi en Commissions des lois. « Nous pourrons ainsi le retravailler pour qu’il puisse réunir toute la gauche », explique-t-il dans un communiqué. Reste qu’un tel renvoi est synonyme « d’enterrement » pour Sergio Coronado, qui y voit également un « signe très inquiétant » quant à la reconnaissance des initiatives parlementaires par le gouvernement. « Je ne crois pas que les communistes reviendront à la charge » sur cette question, car « la douche a quand même été sévère », affirme le député écologiste. Concrètement, si le renvoi en commission est adopté jeudi en séance, il faudra ensuite trouver un nouveau créneau pour l’examiner. Sergio Coronado a toutefois indiqué mercredi que son groupe pourrait déposer une proposition de loi sur la question du fichage ADN.

Anne-Charlotte Dusseaulx – leJDD.f

http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Le-PS-va-voter-l-enterrement-de-l-amnistie-sociale-607511

Commentaire:  On doit remarquer que le « Parti des riches et de l’argent » a chargé ses plus dévoués serviteurs de matraquer sur toutes les ondes que les « syndicalistes sont des casseurs qui méritent au moins la prison »! Non mais!   On se souviendra de Pascale Clark exigeant un « acte de contrition » du leader des Contis !

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16 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Soutien à Acrimed : Bercy doit revenir sur sa position !

Acrimed | Action Critique Médias

L’administration fiscale vient de démontrer où sont ses priorités, en refusant à l’association Acrimed (Action-critique-médias) de bénéficier d’une défiscalisation (de l’ordre de 60%) des dons qui lui sont consentis, octroyé « au profit d’œuvres et d’organismes d’intérêt général ».

Arguant qu’Acrimed «ne contribue pas à la production et à la diffusion d’œuvres de l’esprit», Bercy prive ainsi cet observatoire critique des médias d’un moyen non négligeable d’autofinancement. A lire le récit des aller-retour entre Acrimed et l’administration fiscale, on voit mieux à qui doit profiter le « choc de simplification » mis en avant par François Hollande : aux patrons prompts à s’affranchir du Code du travail ou de tout contrôle de leurs comptes par l’inspection fiscale, aux riches souhaitant placer leurs capitaux dans telle ou telle niche fiscale ; pas à une association comme Acrimed qui, depuis 1996, analyse inlassablement la dépendance des médias à l’égard des pouvoirs économiques et politiques, et la faiblesse du pluralisme politique, idéologique et culturel qui règne en leur sein.

Quand on sait par ailleurs que l’Etat, sans sourciller, gave de subventions des médias possédés par des capitalistes comme Dassault, Lagardère, Rothschild, Niel, etc., l’affaire paraît d’autant plus scandaleuse. Le NPA exige donc que l’administration revienne sur sa position, qui constitue une forme très insidieuse de censure, et qu’Acrimed puisse bénéficier comme il se doit de cette aide modeste (modeste au regard des subventions à la presse, mais pas forcément pour une association).

http://npa2009.org/node/37175

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10 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Antifascisme Barcelone

Antifascisme Barcelone dans Antifascisme feixisme

feixsiem1 dans Médias, culture

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10 mai 2013 ~ 0 Commentaire

5 caméras brisées de Emad Burnat et Guy Davidi, (le 15 mai à Penmarc’h)

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Ce documentaire est une chronique intime de la vie du village et de la propre famille du cinéaste au long des cinq premières années de vie de son quatrième fils, Jibril.

Réalisé sur une période de cinq ans, ce documentaire relate la lutte des habitants du village palestinien de Bil’in en Cisjordanie, la plupart paysans, spoliés de la moitié de leurs terres par la décision d’implanter et « protéger » la colonie juive de Modi’in illit construite pour 150 000 habitants.  Cette lutte non violente, constante, tenace en vue de conserver les terres, seul moyen de subsistance des paysans, est l’objet d’une répression brutale. Les moyens utilisés comportent des armes à feu avec utilisation de balles réelles (il y a plusieurs morts). Les cinq caméras utilisées pour fixer ces événements furent détruites dans l’action, plusieurs par balles.  Cette lutte a rencontré la solidarité de militantEs israélienNEs. Le peuple palestinien montre ici une haute conscience de ses droits bafoués par Israël et la « communauté internationale »,  sa lutte non violente n’en est que plus remarquable.
Jean-Paul Petit

Cinéma : 5 caméras brisées de Emad Burnat et Guy Davidi

Film programmé jusqu’au mois de juin :
La semaine du 8 mai : Paris, Saint-Denis, Saint-Honoré-les-Bains, Briançon, Valence, Bruz
La semaine du 15 mai : Paris, Questembert, Penmarch, Villeneuve d’Ascq, La Mure
La semaine du 22 mai : Paris, Lisieux, Saint-Malo
La semaine du 29 mai : Ferney-Voltaire, Blois, Montauban, Crécy-en-Ponthieu, La Bruguière, Clermont-Ferrand

Vendredi 10 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13)

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07 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Sommes-nous capables de démanteler nos centrales nucléaires ? (Arte)

  Sommes-nous capables de démanteler nos centrales nucléaires ? (Arte) dans Luttes écolos en Bretagne centrale-nucleaire-brennilis1-296x300
De la France aux États-unis en passant par l’Allemagne, les pays qui ont misé sur l’énergie nucléaire se trouvent aujourd’hui confrontés à un nouveau défi : « le démantèlement de leurs centrales vieillissantes ou définitivement mises à l’arrêt.« 

Voici quarante ans, leurs concepteurs n’avaient pas prévu que, devenus trop vieux et donc dangereux, ces réacteurs devraient être un jour démontés, et qu’il faudrait stocker leurs déchets hautement radioactifs. Si les opérateurs et les autorités de la sûreté nucléaire assurent pouvoir maîtriser ce processus de démantèlement, la réalité est tout autre. Après les documentaires « Médiator, histoire d’une dérive » et « France Télécom Orange, malade à en mourir« , déjà diffusés par arte, Bernard Nicolas s’attaque cette fois à l’industrie nucléaire.

« Dans sa nouvelle enquête, ce spécialiste de l’investigation dévoile l’aventurisme des politiques de démantèlement en cours, reposant sur des techniques complexes que nul ne maîtrise à ce jour, en dépit des déclarations rassurantes des autorités et des gestionnaires du nucléaire. » « Entre problèmes techniques à répétition, risques permanents de contamination pour l’homme et l’environnement, et surtout impossibilité de stocker en toute sécurité des déchets nucléaires (dont certains resteront dangereux pendant des centaines de milliers d’années), le réalisateur revient sur le passage leur coût exorbitant. Celui-ci a été totalement sous-évalué – ce qui, en période de restrictions budgétaires, rend le problème encore plus insurmontable. »

« Bernard nicolas dénonce également le lobbying, parfois outrancier, d’opérateurs nucléaires qui pratiquent le chantage à l’emploi ou subventionnent à tour de bras, pour faire accepter aux populations la proximité de centres de stockage de déchets. » « Au fil des témoignages – physiciens, militants d’associations antinucléaires, mais aussi salariés du nucléaire –, on découvre l’imprévoyance totale d’une industrie qui se targue pourtant d’une expertise scientifique sans faille. Une enquête sans concessions qui dresse un bilan préoccupant de l’état du parc nucléaire dans les pays développés. »

ARTE

CENTRALES NUCLEAIRES, DEMANTELEMENT IMPOSSIBLE ?
Mardi 21 mai à 20.50 sur ARTE
Documentaire de Bernard Nicolas (France, 2013, 1h07mn)
Coproduction : ArteFrance, Eclectic presse

Soirée présentée par émilie Aubry. Le documentaire sera suivi d’un débat avec la participation de corinne lepage.

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06 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Cinéma : avalanche de films de propagande impérialiste

Cinéma : avalanche de films de propagande impérialiste dans Antimilitarisme flamby-300x272

Ces derniers temps, le cinéma, tant étatsunien que français, n’est pas avare de films reprenant les canons de la propagande des grandes puissances. Petit tour d’horizon.
Dans les années soixante-dix, nous avions été habitués à des films dénonçant les magouilles et crimes de la CIA, dont le plus emblématique fut Les trois jours du condor. Nombre de films hostiles à la guerre du Vietnam suivirent, comme Apocalypse now, Full metal jacket ou Good morning Vietnam. Mémorable navet, les Bérets verts, où John Wayne cassait du Viet comme il avait toute sa vie cassé de l’Indien, faisait figure d’exception. Notons aussi quelques films plus récents contre la guerre d’Irak, comme Route irish de Ken Loach ou les Rois du désert de David Russell. Pourtant, depuis une bonne décennie, on assiste à une sorte de réarmement idéologique du cinéma de propagande impérialiste, non seulement hollywoodien, mais aussi britannique et français.
Parmi les fleurons les plus caricaturaux de cette propagande figure Taken et sa suite Taken 2, blockbuster qui a connu, hélas, un assez gros succès. Grossièrement racistes, ces films font l’apologie de la torture et de la peine de mort : le héros, ancien de la CIA, fait « griller » un horrible méchant sur une chaise électrique improvisée après l’avoir torturé. Le thème est limpide : d’affreux Albanais enlèvent des jeunes filles occidentales pour les livrer aux appétits de potentats arabes. Dans Taken 2, on notera une vision fantasmatique de la Turquie : toutes les femmes d’Istanbul sont voilées. On peut aussi citer le Royaume dans lequel une équipe du FBI est chargée d’enquêter à Riyad, Arabie saoudite, sur un attentat terroriste. Puant de racisme paternaliste, d’islamophobie et d’arrogance impérialiste. Avec l’aide d’un « bon musulman », équivalent des bons Indiens des westerns des années cinquante, nos héros vont éliminer la cellule terroriste en quelques jours, alors que les flics et militaires locaux ont été incapables de trouver le moindre indice.
Oscar de la propagande…
L’un des plus récents est Argo qui s’est vu décerner l’Oscar du meilleur film 2013. Plus subtil que les précédents, ce film a l’habileté de montrer en ouverture le rôle des États-Unis qui, en soutenant la dictature du Shah d’Iran, ont soulevé la colère populaire. Mais c’est pour mieux sombrer ensuite dans la pure propagande au profit de la CIA. Sur le plan historique, personne ne peut savoir ce qu’il y a de vrai dans cette histoire de sauvetage de diplomates américains réfugiés à l’ambassade canadienne, vu que cette opération a toujours été classée top secret. Mais les propagandistes cherchent sans doute à faire oublier la catastrophe de l’opération Eagle Claw, dont l’objectif était de délivrer les otages de l’ambassade américaine. Plusieurs hélicoptères et un gros porteur C 130 se crashèrent dans le désert, huit soldats furent tués et des documents abandonnés. Le cinéma hollywoodien est toujours aussi doué pour réécrire l’histoire.
On pourrait ainsi énumérer une dizaine de films du même genre. Le cinéma français n’est pas en reste. L’Infiltré, probablement subventionné par la DGSE, vante les talents d’un sympathique agent français qui parvient à retourner un jeune djihadiste. Notons aussi Forces spéciales, où un commando tricolore va délivrer une journaliste détenue par les Talibans. Antimilitariste et pacifiste au début, celle-ci va tomber amoureuse de son sauveteur et comprendre qu’elle a tout faux. On peut supposer que le scénario a été supervisé par le service de propagande des armées… À quand un film où on verra un commando iranien exfiltrer des otages de Guantanamo ou un commando africain parachuté au Texas ou en Alabama sauver un black menacé de lynchage par les sbires du Ku Klux Klan ?
Gérard Delteil

Dimanche 5 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 193 (01/05/13)

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27 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Même la justice française condamne BHL… (Diplo)

Même la justice française condamne BHL… (Diplo) dans Médias, culture bhl-300x203

vendredi 26 avril 2013

Depuis quarante ans, les élucubrations de Bernard-Henri Lévy lui ont valu les réprimandes et les sarcasmes d’intellectuels aussi divers que Raymond Aron, Pierre Vidal-Naquet, Gilles Deleuze, Pierre Bourdieu… Cela n’a nullement empêché le philosophe préféré des médias d’empiler les signes de reconnaissance de la bonne société et de multiplier les propos diffamatoires. Avec un argumentaire plutôt subtil : tous ses ennemis politiques seraient assimilables à des nazis… La liste des bourdes et des calomnies de notre intellectuel de parodie est longue et ancienne. Il a pour distinction de s’être à peu près trompé sur tout. Soucieux d’accomplir un travail de mémoire sur les impostures intellectuelles de BHL, Le Monde diplomatique a, il y a quelques années, regroupé et classé toutes ses calembredaines dans un dossier très détaillé.

Mais rien n’y faisait. Les présidents français passaient (François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande), et chacun recevait Bernard-Henri Lévy à l’Elysée, comme si une telle charge relevait de son office au même titre que la désignation du premier ministre et la possession des codes nucléaires. Parfois, des présidents lui confiaient même une mission officielle ou semi officielle (en Bosnie dans le cas de Mitterrand, en Afghanistan avec Chirac, en Libye avec Sarkozy). Au risque pour la France d’embarrasser ses diplomates et de devenir (un peu) la risée des chancelleries monde entier. Le 23 avril 2013, la 17e chambre correctionnelle de Paris a cessé de rire. Dans un arrêt juridiquement remarquable, elle a reconnu Bernard-Henri Lévy « complice du délit de diffamation publique envers un particulier ». Et elle a estimé que Franz-Olivier Giesbert, qui avait publié le texte diffamatoire, s’était rendu, en qualité de directeur de la publication, « coupable » du même délit de diffamation publique.

De quoi s’agissait-il ? D’un « bloc-notes de Bernard Henri-Lévy » publié par Le Point. Cet exercice hebdomadaire de BHL est devenu la lecture presque obligée de tous ceux — sociologues, anthropologues, historiens, humoristes — qui travaillent sur les réseaux de connivence en France. Notre philosophe y dispense en effet, sans la moindre distance ni la moindre ironie, les compliments à ses obligés — ou à ceux dont il attend quelque faveur. Symétriquement, il se montre tout aussi généreux de ses remontrances, voire de l’expression violente de son animosité, lorsqu’il parle de ses adversaires. En particulier de ceux qui ont démasqué ses diverses impostures. Au nombre desquels … Le Monde diplomatique, un mensuel qui ferait partie « des chagrins de [l’] existence [de BHL] » depuis qu’il se serait mis « au service du pouvoir pétrolier ». Faute de temps sans doute, et de moyens aussi (ceux de Bernard-Henri Lévy sont considérables), Le Monde diplomatique n’a jamais répliqué sur le terrain judiciaire. Lorsque, le 23 décembre 2010, Bernard Cassen, ancien journaliste et directeur général du Monde diplomatique, a lu le « bloc-notes » de BHL dans Le Point, il a cette fois décidé de porter l’affaire devant les tribunaux.

Pourquoi ? Parce que Bernard-Henri Lévy avait écrit ceci : « Viennent de se produire deux événements [...] considérables. [...] Le second fut ces Assises internationales sur l’islamisation de l’Europe organisées, quelques jours plus tard, à Paris, par le groupuscule néonazi qui s’était rendu célèbre, le 14 juillet 2002, en tentant d’assassiner Jacques Chirac et qui s’est allié, pour l’occasion, à un quarteron d’anciens trotskistes rassemblés sous la bannière du site Internet Riposte laïque. Il faut le dire et le redire : [...] présenter comme un “arc républicain”, ou comme une alliance entre “républicains des deux rives”, ce nouveau rapprochement rouge-brun qui voit les crânes rasés du Bloc identitaire fricoter, sur le dos des musulmans de France, avec tel ancien du Monde diplo, Bernard Cassen, est un crachat au visage [de la] République. »

Impatient, peut-être même frénétique à l’idée de fustiger une nouvelle fois Le Monde diplomatique, Bernard-Henri Lévy avait tiré trop vite. Et commis une erreur grossière d’identification. Tel ce singe de la fable de La Fontaine qui avait pris le port du Pirée pour un homme (1), notre intellectuel avait en effet confondu Bernard Cassen avec… Pierre Cassen, fondateur du site Riposte laïque, effectivement proche de l’extrême droite. Mais il ne s’agissait que d’une « coquille », gémit BHL. Le tribunal lui répond de manière cinglante en lui reprochant un manque total de « sérieux » : « Il convient de considérer que l’évocation de Bernard Cassen, ancien journaliste et directeur général du mensuel Le Monde diplomatique [...] au lieu et place de Pierre Cassen relève davantage d’une insuffisance de rigueur et d’une carence de fond, que de la simple “coquille” invoquée en défense. »

Et la 17e chambre correctionnelle précise : « Pour l’ensemble de ces motifs, le bénéfice de la bonne foi ne saurait être accordé [à BHL] et, par voie de conséquence, Franz-Olivier Giesbert ne saurait en bénéficier. » La sévérité de la justice — qui aligne dans ses attendus les appréciations peu flatteuses pour le directeur et pour le chroniqueur du Point : absence de sérieux, insuffisance de rigueur, carence de fond, manque de bonne foi… — s’explique assurément par la gravité de la faute commise par Franz-Olivier Giesbert et par BHL, son « complice ». Comme le note le tribunal : « L’alliance explicitement imputée à Bernard Cassen avec un groupe politique présenté comme véhiculant une idéologie gravement attentatoire aux valeurs républicaines et comme ayant tenté d’assassiner le chef de l’Etat le jour de la fête nationale de 2002, constitue un fait précis, dont la vérité est susceptible d’être prouvée, et qui porte atteinte à son honneur et à sa considération. »

Les deux prévenus, reconnus « auteur et complice du délit de diffamation publique envers un particulier », sont condamnés chacun à une amende de 1 000 euros « qui, pour Bernard-Henri Lévy — dont le casier judiciaire ne porte trace d’aucune condamnation, à la différence de Franz-Olivier Giesbert — sera assortie du sursis ». Et la publication de cette décision devra paraître dans un prochain numéro du Point, « au pied du “bloc-notes” de Bernard-Henri Lévy [...] dans un encadré, et sous le titre écrit en caractères majuscules et gras de 0,4 cm de hauteur CONDAMNATION JUDICIAIRE . Les deux complices devront par ailleurs payer les frais d’insertion de la publication de la décision qui pourfend leur diffamation dans deux organes de presse choisies par le plaignant.

D’ores et déjà, Le Monde diplomatique se porte candidat à la publication dans ses colonnes de cette réjouissante décision de la justice française.

(1) Le singe et le dauphin. La Fontaine écrit :
«  De telles gens il est beaucoup
Qui prendraient Vaugirard pour Rome,
Et qui, caquetant au plus dru,
Parlent de tout et n’ont rien vu.  »

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-04-26-BHL

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