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16 juin 2015 ~ 0 Commentaire

brest, mercredi 17 juin, studios…

monde

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15 juin 2015 ~ 0 Commentaire

hommage : vassili grossman, la liberté dans la guerre (npa)

vassili g

L’auteur anti-stalinien de Vie et destin a été le premier journaliste à participer à la libération de Treblinka et à la chute de Berlin.

Huit mai à Paris et 9 mai 2015 à Moscou : 70e anniversaire de la victoire des peuples contre le monstre nazi. Les récentes rétrospectives européennes nous disent rarement quelle était l’ambiance à Moscou.

Un écrivain russe, Vassili Grossman, permet de se replonger dans la plus grande bataille de la Deuxième Guerre mondiale gagnée par le peuple russe (Stalingrad) et de mieux com- prendre les années tragiques qui précédèrent et suivirent cet épisode sanglant où le peuple crut pouvoir vaincre Hitler et espérer la liberté. La déportation directe des prisonniers de guerre russes de retour d’Allemagne signera la fin de la trêve et le retour du glacis.

Né en 1903 de famille juive, Grossman a tout connu, la fin de la période révolutionnaire puis la contre-­révolution stalinienne. Il a gagné son statut d’écrivain en passant à travers les purges. Mais en 1938, il est rattrapé par celles-ci. Sa femme est arrêtée en pleine «Ejovchtchina» au motif que son précédent mari, Boris Gouber, a été condamné et exécuté en 1937. Grossman intervient alors en prenant le risque énorme d’écrire personnellement à Nikolaï Iejov et parvient à faire libérer sa femme.

Il adopte également les deux fils de Gouber pour qu’ils ne soient pas envoyés dans un camp d’orphelins d’« ennemis du peuple ». Cette même année, son oncle David Cherentsis est arrêté et fusillé à Berditchev. Durant cette période, impuissant, Grossman est contraint de signer une pétition de soutien aux procès intentés contre les vieux bolcheviks accusés de trahison.

Un auteur lucide Terrifié par l’avancée des troupes nazies, Staline, qui avait liquidé l’enca- drement de l’Armée rouge, fut contraint d’ouvrir en grand les rangs de l’armée et d’accepter la constitution de brigades de volontaires armés souvent constituées de prisonniers politi- ques. Un vent de liberté souffla alors sur l’URSS, et des discussions plus libres se menaient à Stalingrad sur les positions en contact avec l’ennemi où les «commissaires politiques» n’osaient guère s’aventurer.

Jusqu’en 1946, un régime de relative liberté régna donc à Moscou et Vassili Grossman pu concevoir sa grande œuvre (Vie et destin) tirée de son expérience de reporter de guerre en Russie et en Allemagne, tout en publiant des livres «officiels» acceptés par la censure.
La grande lucidité de l’auteur lui permet de comprendre les similitudes entre le fonction-nement de la société stalinienne et celui de la société nazie.

Il peut ainsi passer du camp de concentration allemand au goulag soviétique, de l’État fasciste à l’État stalinien où «Le national devient un nouveau fondement de la compré-hension du monde» et le «juif», le «Tatar» ou le «Kalmouke» «l’ennemi éternel». Il peut aussi mettre en scène la confrontation entre un vieux bolchevik et un gradé nazi à Treblinka, ima- giner Staline, le piètre stratège, convoquant Trotski pour lui faire admirer « sa » victoire militaire, imaginer la réunion des chefs nazis pour concevoir l’extermination scientifique des juifs après le génocide par balles des « Einsatzgruppen » qui liquidèrent sa mère et les 35 000 juifs de sa ville natale…

Sylvain Chardon Dimanche 14 Juin 2015

Vie et destin, Le livre de Poche, 2005, 12 euros.
Carnets de guerre : de Moscou à Berlin, 1941-1945, Le livre de Poche, 8 euros.

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07 juin 2015 ~ 0 Commentaire

re-lire jack london: « le talon de fer » (ccr)

jack l

Qui a dit que la littérature n’était pas un outil de compréhension du monde et une arme pour agir ?

Le Talon de fer de Jack London est un de ces livres qui marquent définitivement, une de ces lectures dont on ne sort pas indemne. Ce roman de 1908, à travers la mise à nue du pouvoir du grand Capital et de la machine de l’État bourgeois, continue de nous éclairer, porté par son souffle et sa poésie, sur les tendances réactionnaires des sociétés modernes, de nous aider à décrypter leurs dynamiques, par quoi il reste une ressource pour réfléchir aux conditions stratégiques de son renversement.

Entre roman d’anticipation et fiction politique, Le Talon de fer de Jack London nous étonne d’abord par la clairvoyance de ses analyses. Avis Cunningham, fille de bonne famille, nous raconte comment sa rencontre avec le jeune Ernest Everhard, ouvrier révolutionnaire, l’amena à « voir la vie, telle qu’elle est ». L’histoire d’amour sert de fil conducteur au récit de la découverte des théories marxistes et de l’engagement politique de la jeune Avis pour la révolution. Le récit est un support à la compréhension des dynamiques de classes où, pour reprendre les mots de Trotsky dans l’une de ses préfaces les plus connues, « la forme du roman ne fait ici que servir de cadre à l’analyse et à la prévision sociales ». Mais qu’on ne s’y trompe pas. Le Talon de fer est bien un roman, dont le souffle épique remue, secoue, bouscule.

Le roman, publié en 1908, fait débuter l’histoire en 1912 et offre un tableau de la classe ouvrière américaine, depuis les prémices discrètes d’un soulèvement jusqu’au lendemain sanglant de sa défaite. Lors de sa publication, le roman de Jack London attira les foudres de la pensée officielle de la social-démocratie d’alors, dont l’adaptation croissante au capita- lisme et les illusions d’un progrès social graduel l’amèneraient à jouer le rôle que l’on sait à la veille de la Première Guerre Mondiale [http://www.ccr4.org/1914-2014-un-siecle-de-guerres-imperialistes] et pendant le conflit, en défendant des positions bellicistes.

Poussant jusqu’à l’extrême les tendances internes du capitalisme, London surprend par sa capacité à «secouer ceux qui se laissent bercer par la routine»: Voilà dans quel abîme la bourgeoisie va nous précipiter si vous ne la mettez pas à la raison ! nous avertit l’auteur à travers le personnage d’Ernest. Et ce faisant les illusions réformistes sont mises à mal tout au long du récit : d’abord par la rhétorique d’Ernest, puis par les événements terri- bles qui précipitent l’échec de la révolution.(…)

Mais London ne se contente pas d’arbitrer la possible défaite d’un prolétariat encore trop ingénu face à un État qui n’hésite pas à employer tous les moyens dont il dispose pour mettre fin au réveil révolutionnaire. Son récit sert également à l’analyse des processus histo- riques qui sont en jeu dans le devenir de la société et de l’humanité. Il nous montre avec une transparence déroutante à quel point les structures de l’État moderne sont au service des classes dominantes, de l’«oligarchie» propriétaire du grand capital, à l’époque, déjà, du 1% dénoncé par les manifestants de Occupy Wall Street. Les aventures individuelles, tout au long de l’histoire, mettent en lumière ce semblant de démocratie [http://www.ccr4.org/Ordre-bourgeois-pouvoir-et-neo] auquel on voudrait nous faire croire et adhérer.

On retiendra notamment l’histoire de Jackson, ouvrier dans les filatures, ayant perdu son bras dans un accident de travail alors qu’il essayait de retirer de la machine un petit caillou qu’il avait aperçu et dont il craignait qu’il n’abîme les rouages de l’outil de travail. Son zèle est récompensé par la perte de son bras et de son travail, et le procès est perdu par l’ouvrier qui attendait une compensation financière. Lorsque la jeune Avis, encore incrédule quant aux conditions de la classe ouvrière, entreprend d’enquêter sur le sort de Jackson, c’est avec une naïveté révoltée qu’elle comprend alors que la justice n’a rien à faire dans «ce monde» (le leur), où seule la loi du profit guide les hommes.

Toutes les structures du système capitaliste sont ainsi analysées, et London montre avec justesse combien la presse, la justice, le système éducatif mais aussi et d’abord les institu- tions politiques sont, derrière des apparences démocratiques, aux mains des capitalistes, garantes de l’ordre établi.

Loin d’être un simple dénonciateur, Ernest Everhard est sans cesse tourné vers l’action. L’analyse, la compréhension des phénomènes sociaux et politiques doivent permettre avant tout aux révolutionnaires et au mouvement ouvrier de trouver les voies du renversement de l’État capitaliste. À ce titre, et en matière politique, il est nécessaire d’être lucide quant aux limites de l’appareil « constitutionnel » du pouvoir. A plusieurs reprises dans le récit, des acteurs du monde ouvrier restent figés sur des tactiques électoralistes, pensant naïvement qu’une place au Parlement, qu’une loi, seraient suffisants pour renverser le diktat du Capital.(…)

À ce titre le roman de London est toujours d’une actualité prégnante et poignante. On comprend mieux ce qui se cache derrière les rouages de la répression, croissante ces derniers temps [http://www.ccr4.org/Une-vaste-campagne-pour-reaffirmer]. Pour faire face à une perte de légitimité et pour accélérer ses contre réformes structurelles au service du patronat, le gouvernement Hollande entend bien faire taire toutes les voix dissidentes par la force. Dans la rue, avec des interdictions de manifestations répétées et un arsenal policier toujours plus disproportionné, mais aussi dans les lieux de travail, avec la révocation de fonctionnaires pour faits de grève et la répression contre les syndicalistes et les militants. Pour nous, comme pour Ernest et ses camarades, il est nécessaire de comprendre quelles logiques se cachent derrière les beaux discours des politiciens au service des patrons et du grand capital, pour œuvrer efficacement et collectivement au renversement du « Talon de Fer » du XXI° siècle qui nous fait face. 05/06/15 Avis Cunningham

http://www.ccr4.org/Re-lire-Jack-London-Le-Talon-de

Voir aussi: http://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_London

http://blogs.mediapart.fr/blog/frederic-jasseny/161114/jack-london-et-le-peuple-d-en-bas-chronique

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06 juin 2015 ~ 0 Commentaire

qui est charlie? sociologie d’une crise religieuse (npa)

de g aulle Au départ « Charlie » c’était de Gaulle!

L’essai d’Emmanuel Todd sur les manifestations du 11 janvier a provoqué un tollé général dans le monde politique et médiatique.

Chose suffisamment rare pour être notée, ce livre a suscité une réponse de Manuel Valls qui s’est fendu le 7 mai d’une tribune dans le Monde pour dénoncer les thèses de Todd…

Une chose est certaine: Todd aura donné le bâton pour se faire battre, tant est cari- caturale la méthode qu’il a utilisée dans son essai. Particulièrement délirante est par exem- ple l’opposition qu’il établit au sein de l’espace français entre des zones de culture égalitaire et inégalitaire qu’il délimite en fonction des coutumes successorales qui avaient cours dans la France de l’Ancien Régime.

Une telle conclusion laisse pantois : peut-on sérieusement prétendre que les populations de la Côte d’Azur, massivement brassées par de très puissants courants migratoires durant les deux derniers siècles, seraient mues par un substrat égalitaire au seul motif que le droit coutumier de l’Ancien Régime n’y était pas fondé sur le droit d’aînesse ?

Toutefois, la volée de bois vert qu’a suscitée la parution de ce livre ne relève pas d’un débat épistémologique. Valls ne s’y est d’ailleurs pas trompé: ce qui l’a indigné n’est pas la méthode de Todd, mais les conclusions auxquelles il aboutit, lorsqu’il affirme que le moteur des manifestations du 11 janvier doit être cherché dans l’islamophobie rampante des classes moyennes françaises, sur lesquelles pèse toujours le poids de la culture catholique.

Vous avez dit «valeurs républicaines»? Situant le cœur des manifestations du 11 janvier dans les classes moyennes, dont il souligne le rôle charnière entre « le 1 % » et les classes populaires, Todd met en évidence les ambiguïtés d’une mobilisation qui s’est polarisée sur l’attentat de Charlie et la question de la liberté d’expression, bien davantage que sur l’attentat de l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, dont le caractère antisémite pouvait pourtant sembler encore plus inacceptable d’autant qu’il s’inscrivait dans la continuité des attentats de Toulouse en 2012 et de Bruxelles en 2014.

Si l’interprétation des manifestations du 11 janvier mérite sans doute une analyse plus nuancée que celle que propose Todd, l’intérêt de cet essai est de souligner que l’islamo- phobie de la société française n’est pas le fruit d’une prétendue xénophobie des classes populaires, mais s’enracine sans doute bien davantage au sein des classes dominantes dont « les valeurs républicaines » ne sont souvent que les vieilles valeurs relookées de l’ancienne France catholique et conservatrice.

En dénonçant dans sa tribune « les intellectuels qui ne croient plus en la France », Valls lui a sans doute donné raison, en montrant à quel point son discours républicain a des accents bien maurassiens.

Laurent Ripart Samedi 6 Juin 2015

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05 juin 2015 ~ 0 Commentaire

une femme iranienne et une transphobie française (ccr)

Récompensé par le Grand Prix du festival Chéries-Chéris en 2012, sous le titre « Facing Mirrors », le film de Negar Azarbayjani, réalisé en 2011, n’est sorti en France que le 13 mai 2015. Une diffusion qui serait une bonne nouvelle dans un paysage cinématographique français marqué par les histoires d’amour patriarcales et hétéronormées, si les distributeurs n’avaient pas fait le choix d’amputer le film de sa véritable intention.

Le système patriarcal au plus près de ses spécificités iraniennes Le film raconte la rencontre entre Rana, qui est chauffeuse de taxi de nuit, en plus de son emploi qui lui sert pour rembourser la dette de son mari emprisonné, et Eddie, homme trans, qui cherche à fuir en Allemagne pour éviter un mariage forcé. Rana accepte de transporter Eddie dans une ville au Nord de Téhéran pour une forte somme d’argent, en attendant qu’il reçoive son passeport.

Mais lorsque celui-ci lui révèle son identité, elle est d’abord méfiante et scandalisée. Suite à une série de péripéties durant lesquelles les deux protagonistes retournent à Téhéran, Eddie manque de peu d’être marié de force et réussit finalement à s’enfuir en Allemagne avec l’aide de son frère et de Rana.

Si le film est parfois dur, voire violent, c’est parce que la réalisatrice et la productrice ont cherché à faire en sorte que les personnages soient les plus réalistes possibles, avec leurs préjugés et leurs défauts. On voit aussi ici décrite une société où les rôles de genre sont imposés avec violence et où les hommes cisgenre se comportent en ennemis dangereux pouvant difficilement être des alliés. Une interprétation trop rapide ferait penser à une spécificité iranienne, or aujourd’hui des hommes trans se rendent en Iran depuis tout le Moyen-Orient pour bénéficier d’une opération de réassignation sexuelle et obtenir des papiers d’identité. En dernière instance, ce n’est pas un film sur l’Iran, mais sur le système patriarcal et ses spécificités en Iran, vues par le prisme de l’amitié qui se construit progressivement entre Rana et Eddie.

Le distributeur et la presse, de concert pour mettre le film au placard La distribution du film avait fait débat à cause du titre français retenu et des sous-titres approximatifs. Le choix de Outplay, distributeur indépendant de films LGBTI, de traduire Facing mirrors par « Une femme iranienne » invisibilise le personnage d’Eddie. Effectivement, alors que le film est centré sur leur relation, on a voulu présenter un film sur Rana, «femme iranienne». Outplay a justifié ce choix, comme l’indique Yagg, par sa volonté de trouver un titre «plus parlant» pour attirer une audience plus large. Plus encore, le directeur de Outplay, ne voulait pas «connoter le film trop transsexuel». Même choix en Allemagne, où le titre a été changé pour atteindre un public plus vaste.

La distribution française par Outplay décrit le film comme l’histoire d’une «femme traditionnelle» (on se demande en quoi), qui rencontre «la triste et rebelle Adineh», ce qui semble étonnant, alors que le personnage d’Eddie est d’abord présenté avec un prénom masculin. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’on l’appelle Adineh, avant tout comme une violence au sein du cadre familial. De la même manière, on affirme qu’Eddie voudrait fuir en Allemagne principalement pour échapper à un mariage forcé, alors que dans le film il veut s’enfuir pour finir sa transition, ce n’est qu’ensuite que sa famille veut le marier de force avec son cousin. Enfin, on dit de lui qu’il cache un «lourd secret», alors qu’on sait dès le début du film qu’il est trans. On se demande où est le «lourd secret»…

Fidèles à leur rôle de scribes des dominants, les journalistes passent à côté de la plaque, que ce soit en répétant des lieux communs sur un Iran «tiraillé entre rigueur et ouverture» (Le Monde), ou en faisant du film un «portrait captivant de l’Iran» (Le Parisien), c’est-à-dire une sorte de documentaire ethnologique. On manque d’être surpris par la critique du Figaro, qui découvre «un film magnifique, qui défie et déjoue tous les conformismes sociaux», avant de s’emporter contre le «militantisme primaire des droits à tout» (sic).

Enfin, alors qu’il est évident pour le spectateur qu’Eddie est trans, et que la productrice et la réalisatrice l’affirment également sans ambiguïté, les sous-titres disent «je suis intersexe». Par ce biais, Eddie est genré alternativement au féminin et au masculin sans que le spectateur ne puisse savoir si ce sont les personnages qui le font, ou seulement le sous-titrage de Outplay.

Si l’on peut saluer que ce film soit distribué en France, on peut déplorer que l’état des connaissances dans le milieu du cinéma sur la condition des personnes trans ait rendu possible que la traduction ampute le film de sa véritable intention. Mais l’on peut également se demander si ce qui a aussi fait problème n’était pas de présenter un film iranien comme LGBTI et progressiste. 04/06/15 Seb Scorza

http://www.ccr4.org/Une-femme-iranienne-et-une

Une critique différente:

Photo film

Alors qu’il conduit, en compagnie d’une de ses amies, Eddie, excédé par un chauffard, est arrêté pour excès de vitesse. Mais les policiers ne croient pas à l’authenticité de son permis de conduire, sa photo le montrant avec de la barbe, alors qu’il n’a aucun duvet sur le visage…

Un sujet sensible, délicatement abordé Il n’est déjà pas aisé d’aborder la problématique des personnes transgenre et de leur acceptation par la société ou par leur entourage. Negar Azarbayjani ajoute ici le contexte propre à l’Iran, des mariages arrangés aux questions de réputations et de surveillance sociale, pour mieux aborder la peur de la différence qui est à la base de la plupart des discriminations, raciales, religieuses ou sexuelles.

Sur la base d’une histoire de fille désireuse de changer de sexe, et persécutée par son père qui cherche à la séquestrer et la marier de force, le scénario crée la possibilité d’une compréhension en organisant la rencontre fortuite avec une femme faisant le taxi pour rembourser les dettes de son mari, maintenu en prison. De ces deux destins contrariés la metteur en scène Negar Azarbayjani livre d’abord l’incompréhension mutuelle, avant de nous offrir une magnifique scène où chacune livrera ses blessures à l’autre, les visages s’effaçant alors pour faire place uniquement aux voix, la caméra se concentrant sur la route et le parcours sinueux du véhicule.

Porté par deux interprètes investies et justes, le film n’évite pas quelques scènes un rien maladroites, mais qui ont le mérite de poser la souffrance du personnage principal (notamment lorsque la mère engueule son fils pour s’être vêtu en fille…). Reste que les relations avec les voisins et l’entourage sonnent justes et que même les personnages du frère tiraillé et du père, apparaissent au final comme de crédibles êtres humains.

Olivier Bachelard

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02 juin 2015 ~ 0 Commentaire

droitisation, mode d’emploi (lmd)

droitisation, mode d’emploi (lmd) dans A gauche du PS

Cortèges protestataires, participation aux élections, exercice du pouvoir.

Ces trois types d’action politique comportent une caractéristique commune: les catégories populaires s’en éloignent ou en sont écartées.

Lorsque, le 11 janvier dernier, des millions de Français ont manifesté leur soli- darité avec les victimes des attentats de Paris, la mobilisation des classes moyen- nes a contrasté une fois de plus avec celle, relativement plus modeste, du monde ouvrier et de la jeunesse des quartiers défavorisés.

Depuis des années, la «rue» s’embourgeoise. Les urnes aussi. A chaque élec- tion ou presque, le taux de participation régresse conjointement avec le niveau de revenu. Et la «représentation nationale» n’est guère mieux lotie, puisque son visage se confond avec celui des classes supérieures.

La politique, un sport d’élite ? On l’observe déjà dans le cas de la gauche euro- péenne. Créé au début du 20è siècle par les syndicats, le Parti travailliste britan- nique avait pour vocation de représenter l’électorat ouvrier. En 1966, 69% des travailleurs manuels lui accordaient leur vote; cette part est passée à 45% en 1987, puis à 37% lors du scrutin du 7 mai dernier.

Le blairisme estima qu’il fallait donner la priorité aux classes moyennes. Mission accomplie: c’est avec l’électorat le plus bourgeois de leur histoire que les travaillistes viennent d’essuyer un revers électoral retentissant (lire « Au Royaume-Uni, la victoire des bourreaux »)…

«La désaffection grandissante des milieux populaires pour les partis de gau- che, observable dans toutes les démocraties occidentales électives, relève le politiste Patrick Lehingue, n’est sans doute pas sans rapport avec la raréfaction des élus qui, issus des milieux défavorisés, en avaient éprouvé les conditions d’existence. »

Jugeons-en plutôt: en 1945, un quart des députés français étaient ouvriers ou employés avant leur élection; il n’en reste que 2,1 % dans ce cas aujourd’hui. En 1983, soixante-dix-huit maires de communes de plus de trente mille habitants pro- venaient encore de ces deux catégories sociales, majoritaires dans la population; trente ans plus tard, ils n’étaient plus que six (1).

Représentatif, le système? Plus de la moitié des Américains jugent que l’Etat devrait redistribuer la richesse en imposant fortement les nantis. Lesquels, c’est humain, ne sont que 17 % à partager un tel souhait (2). Le fonctionnement des démocraties occidentales garantit cependant que leur avis l’emportera là encore, sans débat réel. Une classe consciente de ses intérêts (la bourgoisie, note du blog) se montre d’autant plus sereine que des sujets de diversion montés en épingle par les médias qu’elle détient continuent d’ensorceler le débat public. Et d’opposer les catégories populaires entre elles.

Quand ce système est bien rodé, il ne reste plus qu’à convoquer des experts très savants dont la mission est de nous rappeler que l’apathie des uns comme la colère des autres s’expliquent par la «droitisation» de nos sociétés…

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02 juin 2015 ~ 0 Commentaire

la loi du marché (npa + ccr)

Très étonnant cette succession de films qui prend la question sociale comme centre de gravité.

Deux films coup sur coup qui traitent quasiment d’un même sujet, celui du syndicaliste qui se retrouve au chômage après avoir mené une lutte pour défendre son emploi. En vain. Olivier Gourmet dans Jamais de la vie de Pierre Jolivet (l’Anticapitaliste n° 285) sorti en avril et cette fois Vincent Lindon dans la Loi du marché de Stéphane Brizé, qui vient d’être primé à Cannes avec le prix d’interprétation masculine.

Laurence Parisot, ancienne patronne du Medef, juge caricaturale la vision de l’entreprise qui ressort du film. Hélas pour elle, c’est la grande qualité de cette œuvre, cette succession de séquences qui mettent en scène l’humiliation subie par les salariéEs au quotidien, à Pôle emploi, dans les stages de mise en valeur personnelle, dans le travail, à la banque, etc.

La discussion entre les anciens syndicalistes, la confrontation avec Xavier Mathieu dans son rôle, sonne juste, comme la lassitude de celui qui en a marre de la lutte et « veut passer à autre chose ». C’est plus le personnage de Lindon qui peut poser question : il dit oui à tout (ou presque), en silence, sans rien partager avec son entourage et surtout pas avec sa femme. Un personnage étrangement mutique, ce syndicaliste dont on attend la révolte tout au long du film.

Elle vient enfin mais en silence, sans un mot, sans éclat, à l’opposé de celle de Jamais de la vie, parce que simplement normale, mais tout aussi individualisée et désespérée. Simplement pour dire non. Un film qui donne à voir sur l’air du temps. Jean-Marc Bourquin

http://npa2009.org/idees/cinema-la-loi-du-marche-de-stephane-brize

Lindon dans l’un de ses meilleurs rôles (CCR)

Dans La Loi du marché, film pour lequel Vincent Lindon a reçu le prix d’interprétation à Cannes, Stéphane Brizé retrace, au plus prêt, des scènes d´une humiliation quotidienne, bien connues de tous les salariés: les entretiens à Pôle-emploi, les entraînements au recrutement, les rendez-vous à la banque, les entretiens d´embauche, le travail précaire, les idées les plus sombres.

La «loi du marché» nous impose à tous une vie où le «chacun pour soi» ou plutôt le «chacun contre tous» s’impose comme la règle. C’est ainsi que le récit de Brizé donne comme une impression de déjà-vu, un peu comme si le spectateur était mis face à la fatalité de sa propre vie. Jusqu´où peut-on aller, dans une société qui préconise l´individualisme exacerbé comme mode d´emploi, pour continuer à survivre? Combien d´humiliations sommes-nous prêts à supporter avant de réagir? Et surtout, comment?

L´aspect tragique de la société capitaliste réside dans l´impossible réalisation des envies et des besoins les plus basiques pour l´énorme majorité des êtres humains. Dans La loi du marché, il ne s´agit pas d´une tragédie individuelle, mais sociale: en suivant la quête de Thierry, un ouvrier, la cinquantaine, qui essaye de sortir du chômage, c’est comme un miroir que le spectateur se tend à lui-même. Et ce n’est pas un hasard que le metteur en scène ait choisi de recruter des acteurs non-professionnels qui jouent, au fil du récit, leur propre rôle.

Pendant un rendez-vous avec ses anciens collègues de travail, toujours en lutte dans le procès contre leur licenciement, Thierry opte pour une voie de sortie individuelle: usé par les longues procédures judiciaires qui ne semblent aboutir à rien, il décide d´abandonner les poursuites. Ses collègues, dont l’un des personnages est joué par Xavier Mathieu, l’ancien dirigeant des Conti, lui-même licencié en 2009, essayent pourtant de le convaincre qu’il est encore possible de «faire condamner les bourreaux».

Le personnage principal, lui, décide de se soumettre à un parcours humiliant pour retrouver un travail. «Est-que cela fait de moi un lâche?». C’est la question qui le taraude. Marié et père d´un enfant handicapé, la vie de Thierry est une course contre la montre. Pris au piège, il encaisse les coups: à la banque on lui propose de vendre l´appartement et prendre une assurance de vie; lors d´un entretien d´embauche on lui dit qu´il n´est pas assez qualifié, on lui propose de toucher moins pour lui dire, au bout du compte, qu´il ne sera «probablement» pas pris ; pendant sa formation il est obligé de s’entendre dire qu´il n´arrive pas à convaincre quiconque de ses capacités car il ne sait pas sourire, il ne s’engage pas dans les conversation, il ne sait pas bien se tenir.

Le chômage, en somme, ce serait la faute de Thierry. Le personnage se rend compte, néanmoins, que l´humiliation à laquelle il doit se soumettre n´est pas individuelle: elle constitue les différents aspects de sa vie, de la vie de tous les siens, celles et ceux de sa classe. En retrouvant du travail comme vigile dans un supermarché, Thierry se retrouve obligé à surveiller les petits larcins de toute sorte, y compris quand il s’agit de retraités n’ayant pas assez d’argent pour manger.

Il en va de même pour ses propres collègues, à commencer par les caissières. L’un de ses supérieurs lui explique que pour augmenter les profits, la direction doit mettre en place une politique plus rigoureuse de surveillance de ses propres employés. Il ne faudrait pas que quelqu’un se hasarde au trafic de tickets de réduction…

Fidèles aux aspects subjectifs qui prédominent encore dans cette société, les choix des différents personnages ne peuvent qu´être, eux aussi, individuels: les petits vols, le suicide, la résignation ou encore la voie de fuite de Thierry qui doute néanmoins quant à la pertinence de continuer à se soumettre aux règles du jeu. Les personnages sont en tension entre la soumission et la contravention à une «loi du marché» à laquelle personne ne semble pouvoir échapper. Thierry, lui, tour-à-tour résigné et insoumis, montre les limites des chemins individuels quand il s´agit de faire face à cette prétendue fatalité qui a pour nom «loi du marché».

30/05/15 Roland Dalbant

http://www.ccr4.org/La-loi-du-marche-Lindon-dans-l-un

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31 mai 2015 ~ 0 Commentaire

une vie, une oeuvre, karl marx, l’horizon du monde (fc)

une vie, une oeuvre, karl marx, l'horizon du monde (fc) dans Histoire karl-marx

par Martin Quenehen Le site de l’émission

le samedi de 16h à 17h Durée moyenne : 58 minutes 30.05.2015

(puis sur le site)

Sur les traces de l’auteur du « Capital », juriste et philosophe, mais aussi économiste et critique de l’économie politique, sociologue du travail, militant révolutionnaire et père d’une famille bourgeoise qui échappa à la misère grâce à l’amitié d’Engels.

1841, Karl Heinrich Marx [1818-1883] devient docteur en philosophie après une thèse sur Démocrite et Epicure. Le 2 septembre, Moses Hess écrit à un ami écri- vain, Berthold Auerbach: «C’est un homme qui a fait sur moi une impression extraordinaire, bien que nous ayons le même champ d’études; tu peux t’attendre à faire la connaissance du plus grand et peut-être même du seul vrai philosophe actuellement vivant. Bientôt, lorsqu’il se manifestera publiquement par ses ouvrages et ses cours, tous les yeux d’Allemagne seront tournés vers lui […] Le Dr Marx, c’est ainsi que s’appelle mon idole, est un tout jeune homme, âgé tout au plus de 24 ans, qui donnera le coup de grâce à la religion et à la politique médiévales. Il joint à l’esprit philosophique le plus profond et le plus sérieux l’ironie la plus mordante ; représente-toi Rousseau, Voltaire, Holbach, Lessing, Heine et Hegel, je ne dis pas rassemblés, mais confondus en une seule personne ».

En réalité le docteur Marx sera conduit bien au-delà des frontières de l’Alle- magne, à Paris, Bruxelles, Londres où il passe la majeure partie de sa vie d’exilé, avant qu’un dernier voyage ne le conduise à Alger. Non seulement juriste et philo- sophe, mais économiste et critique de l’économie politique, sociologue du travail, militant révolutionnaire et père d’une famille bourgeoise qui échappa à la misère grâce à l’amitié d’Engels.

Quelques mois avant que ne se noue leur amitié, Engels écrit déjà, en 1842 dans Le triomphe de la foi: «Mais qui s’avance ainsi plein de fougueuse impé- tuosité? C’est un noir gaillard de Trèves, un monstre déchaîné. D’un pas bien assuré, il martèle le sol de ses talons et dresse plein de fureur les bras vers les cieux, comme s’il voulait saisir la voûte céleste pour l’abaisser vers la terre. Il frappe avec rage et sans arrêt de son poing redoutable, comme si mille démons l’empoignaient aux cheveux.».

Avec :

Isabelle Garo, philosophe, professeur au lycée Chaptal (Paris), présidente de la GEME (Grande édition des œuvres de Marx et d’Engels en français)

Jean-Pierre Lefebvre, germaniste et traducteur, professeur de littérature allemande à l’ENS Ulm, traducteur du livre 1 du Capital (PUF) et producteur avec Yves Duroux d’un Atelier de Création radiophonique en 1983 « Marx, dernier voyage, dernier retour » (France Culture)

Jacques Bidet, philosophe, professeur émérite à l’Université Paris-Ouest, directeur honoraire d’Actuel Marx, président du Congrès Marx International

Frédéric Monferrand, doctorant à l’Université Paris-Ouest, prépare une thèse sur Marx sous la direction de Stéphane Haber.

Pierre Dardot, philosophe, et Christian Laval, sociologue, auteurs de Marx, prénom : Karl (Gallimard, mars 2012)

Dossier Marx Réalisé par l’encyclopédie québécoise en ligne, Agora.

Biographie de Karl Marx, signée… Friedrich Engels Encyclopédie de l’Agora.

Par Thibault Henneton. Réalisation : Lionel Quantin. Rediffusion de l’émission du 19/05/2012. Avec la collaboration de Claire Poinsignon et d’Annelise Signoret, de la Bibliothèque centrale de Radio France.

http://www.franceculture.fr/emission-une-vie-une-oeuvre-karl-marx-l-horizon-du-monde-2015-05-30

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30 avril 2015 ~ 0 Commentaire

inégalités face aux tremblements de terre (npa)

inégalités face aux tremblements de terre (npa) dans Médias, culture
Au Népal, une catastrophe pas si naturelle!

Plusieurs milliers de tuéEs et de blesséEs, des centaines de milliers de personnes sans abri, ni eau ni électricité, des villes en ruine, des routes détruites, des com- munications coupées, des hôpitaux saturés, c’est le triste bilan provisoire du puis- sant séisme qui a ravagé le Népal, notamment la vallée de Katmandou, samedi 25 avril.

Les sismologues parlent d’un possible bilan final de 10 000 mortEs notam- ment en raison des nombreuses répliques attendues. Ces mêmes sismologues avaient d’ailleurs prévenu de l’inéluctabilité d’un grave tremblement de terre dans ce pays situé sur une des failles majeures de la planète, donc touchée de manière cyclique par des séismes meurtriers.

Et pourtant, aucune norme antisismique n’a été respectée pour les construc_ tions en ciment issue de l’urbanisation galopante des dernières décennies. Sans parler de la vétusté de l’habitat traditionnel datant souvent de plusieurs siècles… La plupart des habitations se sont écroulées comme des châteaux de cartes. Interro- gée par le Monde, une Française résidant sur place annonce sans détours: «c’est un tremblement de terre qui va faire beaucoup de morts, mais surtout chez les pauvres. Les constructions des nantis de la vallée ont résisté au choc ».

Le Népal est l’un des centres mondiaux du tourisme de masse, aux mains des grandes multinationales du secteur. Les adeptes du trek et de l’escalade à grand renfort de logistique ultra sophistiquée voient le Népal comme un eldorado alors que la misère la plus criante s’étale à chaque coin de rue. Plus d’un tiers des 28 millions d’habitantEs vit sous le seuil de pauvreté, et l’espérance de vie n’y dépasse pas 68 ans.

Déforestation et pollution accélérées par le tourisme, augmentation du coût de la vie pour les habitantEs confrontés à l’irruption des denrées alimentaires impor- tées, prolétarisation des paysans contraints à devenir porteurs au service des tour-opérateurs, surexploitation des ouvrières dans les usines textiles travaillant pour les grandes marques occidentales… les ravages de l’économie capitaliste mondialisée sont légions dans ce pays qui voit avec ce séisme une nouvelle plaie s’ouvrir. Et cela n’a rien à voir avec la fatalité.

Marie-Hélène Duverger

Paru dans l’Hebdo L’Anticapitaliste – 287 (30/04/2015).

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34844

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27 avril 2015 ~ 0 Commentaire

howard zinn, une histoire populaire américaine (médiapart)

«Tant que les lapins n’auront pas d’historiens, l’histoire sera racontée par les chasseurs.»

Au début du 20è siècle, les parents de Howard Zinn débarquent d’Europe de l’Est à Ellis Island, comme des millions de migrants qui rêvent de la terre promise, qui rêvent de fortune, qui rêvent simplement d’une vie meilleure… Ils découvrent l’Amérique.

Du pain et des roses, film de Olivier Azam & Daniel Mermet est le premier long métrage d’une trilogie qui va parcourir l’histoire populaire des États-Unis de Christophe Colomb à nos jours, à travers l’histoire personnelle extraordinaire de Howard Zinn, historien des lapins.

Avec la participation de Howard Zinn, Noam Chomsky, Chris Hedges, Tim Yeager, Matt Muchowski, Jim Beauchesne

TOUTE LA PROGRAMMATION EST SUR histoirepopulaireamericaine.fr

LE FACEBOOK DU FILM : https://www.facebook.com/HowardZinnFilm

SORTIE NATIONALE 29 AVRIL dans les villes suivantes:

PARIS (Espace Saint-Michel, 7 Parnassiens, Cinéma des Cinéastes), NANTES (Concorde), GRENOBLE (Le Club), CAEN (Café des Images), RENNES (Arvor), SAINT-ÉTIENNE (Le Méliès), LA ROCHE S/YON (Le Concorde), MONTPELLIER (Le Diagonal), NÎMES (Le Sémaphore), CLERMONT-FERRAND (Le Rio), DIJON (Eldorado), BORDEAUX (Utopia), AVIGNON (Utopia), TOULOUSE (Utopia), BAYONNE (L’Atalante), LAVELANET (Le Casino), BRESSUIRE (Le Fauteuil Rouge).  Et plus de 80 salles programment le film en mai et juin….

http://blogs.mediapart.fr/blog/laure-guillot/250415/howard-zinn-une-histoire-populaire-americaine-au-cinema-le-29-avril

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