Archive | Médias, culture

14 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot sur i-télé

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14 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

france 2 prend le parti des opprimés… du medef (basta)

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La France est au bord de la guerre civile.

« Crise ouverte entre le gouvernement et le Medef », « des attaques chaque jour plus virulentes », « démonstration de force et d’unité contre la politique économique du gouvernement »…

Soir après soir, le 20 heures de France 2 fait état d’un nouveau seuil franchi dans l’escalade de la violence. Aux provocations de l’exécutif répond la déter- mination de simples patrons qui, choqués par l’impunité dont jouissent les respon- sables de la répression, se convertissent à l’action militante pour transformer leurs entreprises en autant de ZAD (zones à défendre).

« Le mot est fort : “échec”, constate David Pujadas mardi. Emmanuel Macron parle d’échec de la mise en œuvre du fameux pacte de responsabilité, un échec qu’il attribue à l’organisation patronale. »

En échange des 41 milliards d’euros d’allègements de charges, rappelle le sujet de France 2, « le Medef promettait de créer de nombreux emplois ». Ils avaient même fait fabriquer un pin’s arborant leur engagement : « Un million d’emplois ».

Mais c’était dans le cas d’une baisse des charges de 100 milliards d’euros – avec 41 milliards, on est loin du compte – accompagnée de la suppression des seuils sociaux, de l’abolition des 35 heures, de l’indexation du Smic sur l’évolution du coût de la vie à Ho-Chi-Minh-Ville, de l’autodafé du Code du Travail et du rétablissement du servage. 8 décembre 2014

http://www.bastamag.net/France-2-prend-le-parti-des

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09 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

le taux d’emploi (al’e.ch)

le taux d’emploi (al'e.ch) dans Economie bla-bla-bla1

Cet article fait partie de la rubrique intitulée «Dictionnaire du prêt-à-penser» de la revue Politique (Belgique).

Le premier objectif de cette revue est: «d’être un lieu de réflexion critique et de confrontation collective pour tous ceux qui ne s’accommodent pas du désordre établi par la règle absolue du profit.» «L’augmentation du taux d’emploi» suite au vote du 9 février 2014, en Suisse, est un thème sans cesse repris par les milieux patronaux et les partis institiutionnels. (Rédaction A l’Encontre)

L’augmentation du taux d’emploi est l’objectif principal des politiques de l’emploi. Lors du sommet de Lisbonne en 2000, l’ambition de faire de l’Europe «l’économie de la connaissance la plus compétitive au monde» était conditionnée à l’exigence selon laquelle la proportion des personnes de 15 à 64 ans occupant un emploi devait s’élever à 70%.

La Belgique dont le taux d’emploi est en 2013 de 61,8% est en conséquence sommée de l’augmenter. L’emploi n’est-il pas un objectif prioritaire? Compte tenu du vieillissement de la population, l’augmentation du taux d’emploi est présentée comme seul impératif pour préserver le système des retraites. Dès lors, l’aug- mentation de la durée d’activité des groupes âgés pour améliorer le taux d’emploi sera érigée en priorité des priorités.

L’augmentation du taux d’emploi traduit-elle pour autant une amélioration de l’emploi? Les 6 pays de l’UE dont le taux d’emploi est le plus haut, à savoir dans l’ordre la Suède, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Danemark, l’Autriche et le Royaume-Uni, sont aussi ceux qui ont le pourcentage de travail à temps partiel le plus élevé. Par exemple, les Pays-Bas, cités en modèle en raison de leur taux d’emploi élevé (74,3%), ont un taux d’emploi en équivalent temps plein de 55,2%, inférieur à celui de la Belgique (55,4%) pointée pourtant parmi les mauvais élèves de l’Europe [1]. Le taux d’emploi mesure donc plus le poids du travail à temps partiel plutôt que l’emploi.

L’augmentation de l’âge de la retraite, dénoncé comme scandaleusement bas en Belgique, est présentée comme le remède miracle pour augmenter le taux d’emploi des groupes âgés et sauver ainsi le système des retraites. Jusqu’ici, les mesures restrictives concernant les pré-retraites et les retraites anticipées ne se sont pourtant pas répercutées sur le taux d’emploi mais ont entraîné une aug- mentation des chômeurs âgés et des personnes invalides en incapacité de travail. L’augmentation des taux d’emploi des groupes âgés a résulté principalement de l’augmentation du travail des femmes, entrées dans les décennies précédentes dans la population recensée comme active et qui, à présent, bien que plus âgées, occupent un emploi [2].

Le taux d’emploi ne mesure donc pas l’emploi mais le travail à temps partiel. L’objectif d’augmenter le taux d’emploi n’a donc rien à voir avec la diminution du chômage, mais se confond avec la dérégulation du marché du travail.

La statistique devient ainsi le véhicule privilégié du prêt-à-penser. Il s’agit d’abord de réduire la réalité aux dimensions d’un indicateur. De choisir ensuite l’indicateur adéquat. D’interpréter enfin toute correspondance statistique en terme de causalité. L’absurde, à savoir « pour augmenter le taux d’emploi des jeunes il faut augmenter celui des vieux », se trouve alors érigé en évidence. Ainsi fera-t-on oublier que c’est lorsque le taux d’emploi est élevé que celui des jeunes comme celui des vieux le sera également et surtout, que pour travailler tous, il faut travailler moins.

[1] Données Eurostat pour 2013. Signalons que la Suède qui présente un taux d’emploi (74,4%) et un pourcentage de travail à temps partiel élevés (24,7%) connaît également un taux d’emploi élevé en équivalent temps plein (67%).

[2] Philippe Defeyt, Retarder (encore) l’âge de départ à la retraite? ou racontez, racontez de (belles) histoires, il en restera toujours quelque chose, Institut pour un développement durable, août 2014.

Publié par Alencontre1 le 7 – décembre – 2014 Par Mateo Alaluf

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29 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

la drôle de culture de fleur pellerin (essf)

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Un «secrétariat d’Etat au commerce culturel»?
Que Fleur Pellerin n’ait pas baigné dans la culture avant de s’asseoir, le 26 août, dans le fauteuil d’André Malraux et de Jack Lang, c’est un peu étrange, mais c’est arrivé à d’autres. Et puis sa tête est bien faite, comme on dit : Sciences Po, Essec, ENA, Cour des comptes, férue de numérique. Pourquoi pas, à condition de s’entourer d’un conseiller rompu aux arcanes de la création.

Et qui vient-elle de choisir pour diriger son cabinet ? Son clone. Fabrice Bakhouche est passé par Sciences Po, l’ENA, la Cour des comptes, il est spécialiste du numérique. Il semble mieux connaître Google ou Orange que la danse ou le théâtre.

Ce n’est pas une erreur de casting. C’est même cohérent avec le tournant radical que Fleur Pellerin donne au ministère en direction des industries culturelles et du numérique. Une ministre qui assimile la création à un levier de croissance. Nous avions envisagé cette mue dans une chronique, le 30 août, mais sans imaginer qu’elle serait aussi rapide.

Il y en a un qui a dégainé vite, c’est le cinéaste Christophe Honoré. Invité sur France Inter, le 3 septembre, pour la sortie de son film Métamorphoses, il avait écouté Mme Pellerin, qui passait sur la même antenne : « J’ai l’impression que l’on considère ce ministère, non comme celui des artistes, mais celui de l’industrie culturelle… et c’est assez accablant. » Nous étions quinze jours avant l’arrivée en France de l’américain Netflix, société de VOD basée au Luxembourg. La ministre en a parlé… en fiscaliste : «C’est une situation qui ne doit pas se régler en vilipendant les sociétés qui font un choix de rationalité économique », mais en «faisant en sorte qu’on harmonise les conditions fiscales au niveau européen».

 Capter les cerveaux Depuis sa nomination, Fleur Pellerin a davantage été amenée à travailler sur les dossiers numériques que sur la «vieille culture». C’est l’évolution du poste qui veut ça. C’est aussi une question d’appétence. Entre plusieurs chemins, elle emprunte le plus familier. Et quand elle s’aventure dans le champ de la création, elle est surtout à l’aise dans les lieux où art et argent font bon ménage, comme la FIAC, Paris Photo, la Fondation Louis-Vuitton, l’exposition Jeff Koons, le chantier du Louvre à Abou Dhabi.

Pour enfoncer le clou, elle a exposé sa vision de la culture aux Rencontres professionnelles du cinéma, à Dijon, le 17 octobre, sur le thème: «Quelle régu- lation peut encore enrayer la dépréciation du cinéma et de la culture?» Au pas- sage, on a pu vérifier qu’entre deux Prix Nobel français, celui qu’elle connaissait sur le bout des doigts n’est pas Patrick Modiano mais l’économiste Jean Tirole, dont elle a rappelé qu’elle était proche.

Dans son discours, donc, Fleur Pellerin s’est demandé comment amener le public à découvrir des œuvres françaises noyées dans l’abondance d’offre. Bonne question. Réponse surprenante, qui s’appuie sur un concept des années 1960, « l’économie de l’attention », revenu en force avec Internet : « L’attention est la ressource rare, et pas les contenus », dit la ministre. On n’est pas loin de la formule de Patrick Le Lay, patron de TF1, dans un livre de 2004 : « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau disponible. »

 Le « contenu » remplace le film Pour capter les cerveaux, la ministre vante les «algorithmes de recommandation de contenus» vous aimez tel livre, vous aimerez tel autre. Elle veut aussi «aider le public à se frayer un chemin dans la multitude des offres pour accéder aux contenus qui vont être pertinents pour lui». Jamais un ministre de la culture n’avait adopté un vocabulaire aussi «économiste»: pour Mme Pellerin, le «contenu» remplace le film, le «consommateur» se substitue aux personnes. En 2007, le président Nicolas Sarkozy s’était fait allumer pour avoir envisagé de fixer des «obligations de résultat» aux théâtres subventionnés. S’il avait pronconcé le discours de Mme Pellerin, il aurait été crucifié.

La ministre a raison de s’interroger sur les enjeux numériques ou de ferrailler avec Google. Mais comme l’explique le critique Jean-Michel Frodon, le 27 octobre sur Slate.fr, une politique culturelle ne consiste pas à se calquer sur les méthodes d’Amazon en donnant aux gens ce qu’ils aiment, mais à inciter ces derniers à découvrir des œuvres qu’ils ne connaissent pas. On appelle cela l’éducation artistique. Au lieu de cela, conclut Frodon, en voulant « glisser parmi les produits culturels dominants le plus possible d’objets made in France », la ministre mènerait « une politique commerciale, pas une politique culturelle ».

Guy Konopnicki, dans une chronique publiée dans Marianne, le 7 novembre, va dans le même sens : si la culture est réduite à « une marchandise à vendre dans le temps disponible », autant transformer le ministère en « secrétariat d’Etat au commerce culturel ». Fleur Pellerin n’est en place que depuis trois mois. Mais l’exemple de ses prédécesseurs prouve qu’il faut afficher d’emblée un cap et une politique, surtout face à un monde culturel replié sur lui-même, déboussolé par les coupes budgétaires, l’abandon des grands travaux et le mariage intensif entre privé et public.

Elle doit dire ses priorités à l’échelle du territoire, les innovations à mettre en place, les sacrifices à faire. Qu’elle abandonne aussi son langage techno pour parler avec ses tripes, y compris sur la défense des auteurs sur Internet, où on la sent curieusement en retrait. Elle s’est lâchée une fois, sur Twitter, bien sûr. Quand le sex toy géant de l’artiste Paul McCarthy a été vandalisé, place Vendôme: «On dirait que certains soutiendraient volontiers le retour d’une définition officielle de l’art dégénéré.» Plutôt déplacé. Il est temps que Fleur Pellerin trouve le ton juste et hiérarchise les enjeux.

Michel Guerrin  Journaliste au Monde

* « La drôle de culture de Fleur Pellerin ». LE MONDE | 28.11.2014 à 20h00.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article33667

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23 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

et le gagnant de la coupe davis est… l’évasion fiscale! (basta)

et le gagnant de la coupe davis est... l’évasion fiscale! (basta) dans Médias, culture tennis-on-the-wing

Une première : la finale de la Coupe Davis oppose actuellement des tennismen qui habitent tous dans le même pays, la Suisse.

Car tous les titulaires de l’équipe de France ont choisi de vivre dans ce paradis fiscal. Gilles Simon et Richard Gasquet résident à Neuchâtel, Julien Benneteau à Genève, Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils, près de Nyon, dans le canton de Vaud. Le capitaine, Arnaud Clément, est revenu en France, après avoir longtemps habité en Suisse. Les tennismen ont suivi l’exemple de l’ancien joueur et ancien capitaine Guy Forget, qui défendait en 2012 l’exil fiscal.

« Il y a des Français en finale de la Coupe Davis ? Ah bon  ? », ironisent certains habitants de la Confédération helvétique. Une vidéo du groupe d’inter- vention pacifique « Action discrète » montre les joueurs assez gênés par les questions répétées sur leur exil. « Au départ, venir ici, c’était une décision fiscale », admettent à demi-mot certains joueurs. Qui affirment y rester avant tout pour le cadre de vie, la montagne, la pêche, la nature et les gens « hyper chaleureux »

Cette compétition sportive, dont la finale a lieu les 21, 21 et 23 novembre à Villeneuve-d’Ascq (Nord), est placé sous le signe de « l’optimisation fiscale ». Le principal sponsor de la compétition n’est autre que BNP Paribas, très présente dans les paradis fiscaux. « D’après ses propres chiffres, (…) la plus grande banque européenne réalise pas moins de 21 % de son activité dans des paradis fiscaux grâce à 170 filiales », pointe l’association Attac [1]. BNP Paribas veut « servir ses clients partout dans le monde » et dispose « d’un vaste dispositif de lutte contre la fraude et le blanchiment des capitaux », répond la banque.

Quelle que soit l’issue des matchs de cette finale, la grande gagnante de cette Coupe Davis est donc la Suisse. Ou l’évasion fiscale. Par Agnès Rousseaux 22 novembre 2014

- Voir la vidéo d’Action discrète (2010).
- Lire nos articles sur les paradis fiscaux.

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19 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

pub: « pôle emploi, ne quittez pas! »

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12 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

zlatan ibrahimovic voit « de l’ignorance » derrière la montée de l’extrême droite (le huff’)

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Une fois n’est pas coutume, Zlatan Ibrahimovic livre son opinion sur la politique en Suède.

L’attaquant du PSG a dit voir « de l’ignorance » derrière la montée de l’extrême droite dans son pays, dans un entretien publié par le quotidien Aftonbladet mardi 11 novembre.

Ibrahimovic esquive d’habitude les questions sur la politique, même s’il a été critiqué par le passé par des élus du parti anti-immigration des Démocrates de Suède, qui ne le trouvaient pas assez suédois dans son attitude. Interrogé sur la xénophobie et sur les 12,8% d’électeurs qui ont voté pour ce parti aux législatives en septembre, le buteur du Paris SG a répondu: « Je pense que c’est de l’ignorance ».

« Des gens qui votent dans l’instant » « Ce sont des gens qui votent dans l’instant et qui, je pense, sont complètement ignorants. Parce que si on se penche un peu plus sur les choses et qu’on regarde le tableau dans son ensemble, alors on com- prend mieux pour quoi on vote », a-t-il ajouté. Ibrahimovic, né à Malmö de parents yougoslaves (père bosniaque, mère croate) qui avaient immigré en Suède dans les années 1970, a grandi dans un quartier pauvre et à majorité immigrée, Rosengård.

Il a incité les jeunes issus comme lui de l’immigration et de milieux défavorisés à croire en leurs chances. « Avec mes origines, je montre qu’on peut aller là où on veut aller, d’où qu’on vienne », a-t-il dit. « Cela signifie beaucoup. Mais je ne le vois pas de manière politique », a-t-il ajouté, à propos de son rôle de capitaine de l’équipe nationale. Ibrahimovic a remporté lundi à 33 ans le neuvième Ballon d’or suédois de sa carrière, restant sans rival parmi les footballeurs de son pays.

Le HuffPost avec AFP  | Par
Publication: 11/11/2014 10h51 CET Mis à jour: 11/11/2014 10h51

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09 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

portugal: des graffitis trop politiques (ci)

portugal: des graffitis trop politiques (ci) dans Europe mural11579ec8f_400x225

Le dernier numéro de la revue Análise Social a été retiré des kiosques à cause d’un article polémique sur le retour du politique dans le graffiti. Voici le texte en question et ses illustrations qui ont été jugées « offensantes » pour les institutions portugaises.

« Tes sacrifices vont dans leurs poches : Américo Amorim, Ricarso Salgado, Berlmiro Azevedo, Soares Dos Santos [grands patrons]. Sacrifices, mon cul ! »

Les inscriptions illicites sur les murs, les graffitis de la plèbe, constituent une pratique millénaire. Les premiers exemples connus remontent à l’Antiquité, dans la Rome impériale ou à Pompéi. Ces formes d’expression vernaculaire ont en com- mun une veine souvent satirique et contestataire. La volonté de défier le pouvoir et les bonnes mœurs a trouvé sur les murs et dans ces moyens de communication anonymes une niche de très grande créativité.

Les plus remarquables sont les graffitis exécutés dans l’espace public, accessibles à une audience innombrable. Or l’absence de destinataire identifié rend cette forme de communication plus curieuse encore, car elle la rapproche des stratégies propres à la propagande et à la politique. Mais, contrairement à ces dernières, le graffiti est l’œuvre du citoyen lambda, et généralement incognito.

Culture de masse et imagerie pop Dans notre histoire plus récente, il faut s’attarder sur quelques exemples historiques qui ont su marquer notre imaginaire. Ce que nous voyons aujourd’hui écrit dans nos villes ne peut être détaché de cette grande lignée historique. Joan Gari, chercheur catalan et auteur d’un excellent ouvrage sur la sémiologie du graffiti contemporain, distingue pour l’essentiel deux traditions, l’européenne et la nord-américaine.

La tradition européenne aurait pour caractéristique principale d’être écrite, prenant la forme de la maxime de nature poétique, philosophique ou politique. Le parangon de cette tradition serait représenté par les graffitis qui fleurirent pendant Mai 68 en France. A la différence de son homologue européenne, la tradition nord-américaine entretient des liens étroits avec la culture de masse et son imagerie pop, d’où une prédilection pour l’expression figurative et iconographique.

Le mur comme support de l’expression politique Les villes portugaises, surtout les grands centres urbains, sont envahies depuis plusieurs décennies par le graffiti de type nord-américain. Qu’il s’agisse de tags, de throw ups, lettrages « dodus » généralement bicolores ou de fresques de grandes dimensions, ces manifestations visuelles font aujourd’hui partie de notre paysage. Ce que révèle cette mondialisation du graffiti, c’est qu’à travers le monde nous avons trouvé une langue commune, aux mécanismes de production et de validation esthétique identiques.

Mais l’hégémonie de ce format ne doit pas nous faire oublier l’expression murale la plus marquante de notre histoire récente, la fresque postrévolutionnaire. Au lendemain du 25 avril 1974, la « révolution des œillets ont fleuri les expressions politiques utilisant le mur comme principal support. L’iconographie de l’époque, qui mettait en avant Marx, Lénine ou Mao accompagnés de représentations collectives du peuple, de la classe ouvrière ou du monde paysan, a progressivement cédé la place aux tags, dépourvus de portée politique.

Un renouveau du graffiti au Portugal Ces toutes dernières années cependant, un regain de messages politiques semble s’épanouir sur les murs. La grave crise économique et sociale qui a éclaté dans le sillage des mesures d’austérité impo- sées par la coalition gouvernementale PSD-CDS a visiblement mobilisé les Por- tugais, les poussant à une action politique hors du cadre des mécanismes conven- ntionnels d’expression politique. Les grandes manifestations qu’a connues le pays ces dernières années à l’initiative d’associations et de collectifs non partisans l’illustrent bien.

De la même façon, les murs attirent de plus en plus ceux qui veulent non seulement exprimer une révolte diffuse, mais aussi aiguillonner le pouvoir politique, moquer les partis et ébranler le statu quo. Mots isolés, slogans, fresques réalisées à la bombe ou au pochoir, j’ai pu en recueillir de nombreux témoignages dans les rues de Lisbonne. Ces photographies entendent précisément retracer la dynamique de cette manifestation populaire. Ricardo Campos

http://www.courrierinternational.com/article/2014/11/07/des-graffitis-trop-politiques

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06 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

des téléphones mobiles faits de sueur et de sang (lo + basta)

des téléphones mobiles faits de sueur et de sang (lo + basta) dans Altermondialisme

Les profits des géants de la téléphonie mobile, Nokia, Alcatel, Samsung, Apple sont bâtis sur le sang des travailleurs.

C’est ce que montraient les reportages de l’émission «Cash Investigation» de France 2, mardi 4 novembre, à travers les conditions de production de trois éléments des portables.

Dans une usine du centre de la Chine où sont fabriqués des écrans de smartphone, la moitié des effectifs est constituée d’enfants dont les plus jeunes ont 12 ans. Ils sont soumis à des journées et à des nuits de dix heures de travail, pour des salaires dérisoires. Les patrons de l’usine ont recours à cette main- d’œuvre parce qu’elle est moins coûteuse, mais aussi plus docile que les hommes et les femmes employés auparavant.

Pour fabriquer les condensateurs des téléphones, le tantale est extrait des mines du Kivu en République démocratique du Congo (RDC). Dans une de ces mines, ou plutôt de ces trous, à Rubaya, 3 000 personnes travaillent jour et nuit. Au fond des puits la chaleur est étouffante, 43 degrés, et on y manque d’oxygène. Les mineurs meurent en nombre sous les éboulements. L’un d’entre eux, rescapé, expliquait que dans ce cas le tunnel contourne seulement le lieu où a eu lieu l’éboulement. «La mine est leur tombeau» disait-il.

Les aimants des vibreurs ou les micro-caméras sont faits de néodyme, l’élé- ment chimique le plus magnétique. Dans la principale mine du monde pour ce minerai, à Baotou en Chine, un lac d’acide s’est formé. La radioactivité est insup- portable et les composés dangereux comme l’arsenic sont partout présents. Les cancers se sont multipliés et la ville voisine a été rayée de la carte.

Tout cela arrive chez les grands fabricants à travers le filtre d’une multitude de sociétés-écrans, ce qui leur permet de s’en laver les mains. Cette exploitation meurtrière n’est en rien réservée à la téléphonie mobile mais dans la nature même d’un système assoiffé de profits. Daniel Mescla

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2414&id=17

http://www.bastamag.net/Travail-des-enfants-Samsung-pris

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05 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

quand les médias filment la police (acrimed)

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« Immersions » et compromissions

L’immersion, ou journalisme embarqué (embedded), est devenue une technique idéale pour couvrir les faits divers et le récit quotidien de la délinquance, avec une touche de réalité que représente la proximité avec les forces de l’ordre.

C’est la chaîne américaine Fox, propriété du néoconservateur Rupert Murdoch, qui a inauguré la formule en 1989 avec «COPS», show hybride entre téléréalité et reportages d’immersion, qui suit le travail quotidien des policiers, jusqu’aux inter- pellations musclées [1]. Les émissions de reportages se sont lentement rappro- chées de cette forme de couverture spectaculaire, d’abord en accompagnant les troupes d’intervention dans leurs entraînements pour ensuite les suivre sur le terrain, «en action».

Publi-reportages Comme leurs confrères de l’armée, les groupes d’élite de la police et de la gendarmerie (RAID, GIPN, GIGN…) ont droit à des publi-reporta- ges à leur gloire, dont les images et les thèmes ont été déclinés sous d’autres formats sur à peu près toutes les chaînes.

La première à ouvrir le feu fut M6, avec «Zone interdite»: «Gendarmes de choc», un reportage de janvier 1998 sur les pandores d’élite du GIGN, a attiré 5.6 millions de curieux [2]. Les fins limiers d’«Envoyé spécial» ont choisi un angle glamour, en 2002, avec le sujet «Femmes d’élite», en prenant position dans le centre de formation d’un escadron parachutiste du GIGN. TF1 se rattrapera en consacrant une dizaine de sujets aux mêmes troupes d’élite entre 2005 et 2012, formule reprise ensuite sur M6 et France 3 [3]…

Ce phénomène a contaminé l’intégralité du paysage audiovisuel français – pas seulement les chaînes low-cost de la TNT. Ce mode opératoire journalistique est désormais privilégié pour traiter les faits divers, appelés «faits de société» pour mieux les légitimer, la petite délinquance et ses déclinaisons sur les trafics en tous genres (contrefaçons, drogue ou prostitution), tous traités avec la caméra placée du bon côté du képi. Les équipes de télévision osent appeler cela des «reportages d’investigation», prétextant que si elles acceptent ces compromissions, c’est pour être «au plus près des délinquants», «au cœur des quartiers sensibles». Tout cela, bien sûr, ne faisant qu’accréditer l’idée que si la police y est en nombre, c’est que la plèbe, ici-bas, est dangereuse…

À peu près tous les services de police ont été «invités» à ouvrir leurs portes aux caméras, pas seulement les troupes d’élites: brigades des stups, des mœurs, des mineurs, la criminelle, la BRI (l’anti-gang), y compris les flics antiterroristes. Les brigades anticriminalité (BAC), patrouilles de flics en civil «modernisées» sous Charles Pasqua en 1994 pour «pacifier» les centres urbains, sont toujours de très bons «clients» [4].

Dans le cadre de ses incursions en plein Far West urbain, «Zone interdite» a participé à la réputation d’un certain Michel Neyret, le chef de la PJ de Lyon, qui y apparaissait, visage non «flouté», en shérif incorruptible, en septembre 2011. C’était un an avant qu’il n’assure lui-même sa promotion en se faisant interpeller par ses collègues pour corruption, trafic d’influence, association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants [5].(…)

La délinquance en col blanc aux abonnés absents Inutile de préciser non plus que ces techniques d’immersion journalistique sont rarement, sinon jamais, mises en pratique pour traquer la délinquance financière de type fraude fiscale des gros groupes industriels. Dans la masse de ces grands «rendez-vous de l’information», nous n’avons trouvé aucune trace d’infiltration au sein de Tracfin ou de la direction des enquêtes fiscales, qui enquêtent sur le blanchiment de capitaux.

Et seulement deux cas où la brigade financière a accepté d’ouvrir ses bu- reaux: sur M6 en septembre 2007 et sur France 2 en octobre 2011. La «crimi- nalité en col blanc», comme le disait Bernard de La Villardière à propos d’un re- portage tourné au sein du pôle financier de la Police judiciaire parisienne, n’est intéressante que lorsqu’elle vise un «patron voyou» anonyme; il ne faut pas, évi- demment, que les grands groupes industriels, qui pourraient, sait-on jamais, être liés aux actionnaires de son diffuseur, soient éclaboussés par d’éventuels scandales.

«Envoyé spécial» s’est montrée un peu plus audacieuse, «s’immergeant» avec les agents de la douane judiciaire qui enquêtent non pas sur l’évasion fiscale, mais sur une arnaque à la TVA dans «un incroyable feuilleton impliquant des sociétés cotées en Bourse, et des dirigeants au-dessus de tout soupçon» [11]. Sujet d’immersion ou pas, la grande évasion fiscale se fait encore bien rare à la télévision, à quelques exceptions près [12] – le sujet est pourtant énormément documenté dans les rapports d’organismes internationaux et les livres d’investigation.(…)

Vous avez dit violences sociales et policières? Il ne suffit d’ailleurs pas d’é- valuer l’appétence télévisuelle pour les images sécuritaires au travers de la seule analyse quantitative. Les angles choisis pour traiter de la violence contemporaine sont autrement plus instructifs. Ses causes socio-économiques ne sont jamais réellement abordées; en revanche l’accent est mis sur la «charge» qu’elle repré- sente pour la collectivité, renvoyant les régimes de protection sociale à du simple «assistanat». Chômage, précarité, paupérisation, inégalités croissantes, état souvent déplorable des logements, équipements ou transports publics: ces violences-là n’ont pas vraiment droit de cité.

Et lorsqu’il s’agit de traiter de délinquance de type économique, on en revient à cibler les populations dominées, puisqu’on parle alors de «fraudes sociales». De quoi légitimer, au passage, la vaste entreprise de fichage interconnecté qui se met en place entre le Pôle emploi, la CAF, le RSA, l’Assurance maladie et d’autres organismes de prestation sociale. Et conditionner «ceux qui se lèvent tôt» à l’idée que les allocataires ne sont que des «assistés» qui mènent le pays à la ruine… Le thème de «la France qui triche», celle d’en bas… est ainsi devenu un grand classique de chaque émission de reportages. (…)

Quant aux violences provenant des forces de l’ordre et du «climat» policier qui règne en permanence dans certaines zones de relégation sociale, provoca- tions contrôles d’identité récurrents, elles sont totalement ignorées. Dans les som- maires des deux machines de guerre de M6 ou ceux de TF1, nous n’avons pas trouvé un seul sujet – pas même une allusion – sur les violences policières, pour- tant à l’origine de la plupart des émeutes urbaines de ces dernières années. (…)

Jérôme Thorel le 4 novembre 2014

NB : Cet article est un extrait mis à jour de l’ouvrage de Jérome Thorel : Attentifs ensemble. L’injonction au bonheur sécuritaire, Paris, La Découverte, 2013.

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