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30 avril 2019 ~ 0 Commentaire

presse (npa)

flic

Droit d’informer et liberté de la presse

Dans le viseur de la Macronie

Nous avions évoqué, la semaine passée, l’arrestation du journaliste indépendant Gaspard Glanz, le 20 avril à Paris. Depuis, d’autres événements sont venus confirmer que nous assistons à un phénomène global de remise en question du droit d’informer et de la liberté de la presse, un phénomène qui n’est pas nouveau mais qui a connu une accélération considérable depuis l’élection d’Emmanuel Macron.

« Depuis le début du mouvement, 79 journalistes ont été victimes de violences policières, selon le décompte du journaliste David Dufresne, et la nouvelle loi « anticasseurs » renforce encore l’arbitraire et met un peu plus en danger la liberté de la presse.

Les SDJ [sociétés de journalistes] et SDR [sociétés de rédacteurs] déplorent également le silence assourdissant du ministre de la Culture et de la Communication, pourtant censé soutenir la liberté et l’indépendance de la presse. »

L’événement est suffisamment rare pour être souligné 

Ce sont en effet pas moins de 25 sociétés de journalistes et de rédacteurs qui, le 23 avril, ont publié ensemble un communiqué de soutien au journaliste Gaspard Glanz suite à son interpellation lors de l’acte 23 des Gilets jaunes à Paris.

Un communiqué au vitriol, duquel est extrait le passage ci-dessus, signé par les SDJ et SDR de BFM-TV, les Échos, l’Express, le Figaro, France 2, France 24, France 3 national, Franceinfo.fr, France Inter, l’Humanité, le JDD, Libération, le Média, Mediapart, le Monde, l’Obs, Télérama, Paris-Match, le Parisien-Aujourd’hui en France, Sud-Ouest, Premières Lignes, RFI, RMC, TV5 Monde, 20 Minutes, ainsi que par les rédactions d’Alternatives économiques, du Bondy Blog, des Jours et de Reporterre.

« Compromission du secret de la défense nationale »

Il faut dire que la situation est propice à une telle mobilisation dans les rédactions : au-delà des violences commises par la police contre des journalistes, c’est en effet à une remise en cause de plus en plus forte de la liberté de la presse et du droit d’informer que nous assistons.

Dernier épisode en date, la convocation par la Direction générale de la sécurité intérieure [DGSI], le 24 avril, de trois journalistes du nouveau média Disclose, suite à leurs révélations concernant l’utilisation d’armes françaises au Yémen.

Une enquête a en effet été ouverte par le parquet de Paris pour « compromission du secret de la défense nationale », et la convocation des journalistes n’avait pas d’autre objectif que d’essayer de les mettre sous pression pour qu’ils et elles livrent leurs sources. Là encore, la réaction a été quasi unanime, avec une quarantaine de rédactions publiant un communiqué commun de soutien à leurs confrères et consœurs.

Fuite en avant liberticide

Il est malheureusement logique que les politiques ultra-répressives du gouvernement s’accom-pagnent d’intimidations, de pressions, d’atteintes à la liberté d’informer. La Macronie ne tolère aucune critique et tente d’étouffer toute contestation, n’hésitant pas pour ce faire à s’en prendre à tous les contre-pouvoirs réels ou potentiels, au premier rang desquels la presse.

À cet égard, le contraste n’en est que plus frappant entre, d’une part, ces journalistes et ces rédactions qui tentent, tant bien que mal, de faire leur travail et de défendre leurs droits et, d’autre part les éditorialistes et commentateurs macronisés jusqu’à l’os qui ne défendent hypocritement leurs confrères et consœurs que lorsque ce sont des manifestantEs qui s’en prennent à elles et eux.

Ainsi, lors de la conférence de presse de Macron le 25 avril, aucune question n’a été posée sur les atteintes à la liberté d’informer par les heureux élus qui ont eu l’honneur d’être autorisés à s’adresser à Jupiter…

Contrairement à ces adeptes de l’indignation à géométrie variable, notre position est claire : résolument critiques des médias dominants, mais au côté de toutes les victimes de la fuite en avant liberticide de la Macronie.

Julien Salingue Mardi 30 avril 2019

À lire sur le site de l’Observatoire des Médias Acrimed : 

« La liberté d’informer selon LREM : chronique d’un pouvoir autoritaire (mars-avril 2019) ».

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30 avril 2019 ~ 0 Commentaire

révolution (contretemps)

Petite-Histoire-de-la-révolution-française_couv

La révolution, la subversion et la violence

« La révolution, dans son mouvement même, produit des rêves et des idées. Elle porte en elle des volontés de solidarité, d’association et de coopération : l’aspiration à une vie bonne, plus juste et plus humaine – sans négliger sa beauté et le plaisir qu’elle inspire. Elle change les critères de référence : non plus le marché, mais le partage, non plus la concurrence mais la solidarité, non plus la publicité mais l’art par et pour chacun, non plus la compétition, mais le commun. En cela, elle redonne du sens à ce qui n’en avait plus et du désir quand il s’était perdu. »

Sans révérence ni allégeance : la révolution, la subversion et la violence

Si la révolution est d’abord une manière hardie de s’en prendre aux pouvoirs établis, au pouvoir tout court, dans son centre et son cœur, elle est une subversion du quotidien ; mais on n’y invente pas tout, tout à coup et soudain.

On y reprend parfois des gestes anciens pour les revêtir de nouveaux sens. Qu’on se rappelle les femmes de la Halle avant 1789, « harengères », « détailleresses de poissons de mer », fripières, marchandes de toutes sortes, vendeuses au marché de denrées alimentaires variées.

Elles allaient parfois à Versailles, selon un cérémonial fixé, dans une sorte de don contre-don à la gloire de la monarchie : il s’agissait de saluer le monarque au nom du peuple et, en échange, d’en recevoir la protection voire la bénédiction. D’autres pouvaient s’y rendre aussi, à la naissan-ce d’un enfant royal : charbonniers, porteurs d’eau, portefaix ou ramoneurs de cheminées. Ces hommes et ces femmes connaissaient la route de Versailles ; son chemin était éprouvé.

Mais quand elles l’empruntèrent les 5 et 6 octobre 1789, le sens qu’elles lui prêtèrent avait changé du tout au tout. Elles ne venaient plus faire la révérence, elles ne venaient plus faire allégeance. Elles réclamaient ce à quoi elles avaient droit, des moyens élémentaires de subsistance et, par-delà, une dignité, avec le sentiment profond d’une légitimité.

Cette prise de conscience était immense.

Clubs, sociétés populaires, assemblées, retrouvailles autour des arbres de la liberté, discussions et fraternisations, rédaction de cahiers en assemblées d’habitants, exercice du droit de pétition… La chose politique se découvrait là et, avec elle, le souhait d’y prendre sa part. Elle s’y inventait aussi et trouvait ses lieux, transformés pour se retrouver autrement : halles de marchés, chapelles et églises, places des villages et palais confisqués.

On ne saurait évacuer ici l’enjeu de la violence sans autre forme de procès.

On suivra encore, pour quelques lignes et quelques instants, Daniel Bensaïd et son évocation de la Révolution à la première personne : « La Terreur, j’en ai ma part. Il y a longtemps qu’elle me fait un gros nœud, impossible à démêler, dans la gorge et sur l’estomac. Je m’efforce de distinguer un avant et un après.

Une Terreur d’en bas qui serait mienne, et une Terreur d’en haut, qui serait de l’État ou de la république, une petite et une grande Terreur, une Terreur d’avant et une Terreur d’après. Il y a des différences, et des discontinuités. Mais, rien à faire : au milieu, ça se chevauche, ça s’interpénètre. On ne peut plus départager le mien du tien. Je suis déjà victime et encore un peu bourreau. C’est mon fardeau et mon destin ».

Il y a de la souffrance à se souvenir de cette violence. On ne peut l’oublier. Et ce ne sera sans doute pas suffisant de rappeler combien la société d’Ancien Régime était elle-même violente, combien la royauté l’était.

En 1766, le chevalier de La Barre, accusé d’avoir mutilé un Christ en bois et de lire des œuvres philosophiques, eut la langue arrachée, la tête tranchée, son corps jeté sur un bûcher ardent. On soumettait à la question, « genoux et mains broyés, estomac rempli d’eau, corps étirés par 90 kilogrammes de pierres, jambes brûlées par des “chaussettes soufrées’’ ».

La prison était un dépotoir où l’on mourait de maladies. Les galères et les bagnes tuaient 10 % des arrivants et n’en laissaient sortir que la moitié. Les peines étaient « afflictives, destinées à punir le corps même par des actes meurtrissant », avec la torture, les chaînes et le fouet.

Il fallait « terroriser » le crime comme le délit – selon un principe de sacro-sainte propriété, les juges punissaient d’ailleurs plus impitoyablement le vol que le meurtre. Le supplice devait démontrer la puissance de la monarchie. Qu’un valet n’ait pas respecté son maître, il était envoyé aux galères. Qu’un autre domestique commette un maigre chapardage, le voilà condamné au gibet.

Cela suscitait aussi la révolte populaire. Mais la violence la plus extrême, cette autre forme de barbarie, se commettait contre les esclaves, aux colonies. Tel est l’état des lieux que, plus tard, Babeuf décrira dans un mélange de lucidité et d’effroi : « Les supplices de tout genre, l’écartèle-ment, la torture, la roue, les bûchers, les gibets, les bourreaux multipliés partout, nous ont fait de si mauvaises mœurs ! Les maîtres, au lieu de nous policer, nous ont rendus barbares parce qu’ils le sont eux-mêmes ».

« En matière de violence d’Etat, 1793 n’a rien inventé.

Pratiquée dans toute l’Europe par les monarchies de l’ère moderne, la terreur d’Etat se carac-térise par un usage d’une violence extrême et ciblée, destinée à réduire les populations civiles à l’obéissance, en temps de guerre et de paix. »

Les hommes du Comité de Salut public furent gens de leur temps : avec l’échafaud, ils pen-saient non pas déchaîner mais maîtriser la violence et la soumettre à une rationalité politique. Les débâcles militaires et l’invasion étrangère ne sauraient suffire à expliquer les politiques répressives. Mais celles-ci ne touchent en réalité que les territoires où la guerre civile fait rage ainsi que les régions frontalières : la majeure partie du pays les ignore et connaît même une vitalité démocratique inédite.

Les années 1793-1794 sont riches de projets et de pratiques aspirant au progrès social et à l’égalité : protection sociale, allocations pour les accidentés du travail, aides pour les personnes âgées, caisses d’épargne populaire, première loi d’obligation scolaire.

De surcroît, sans rien effacer de la violence qui s’abat durant cette période-là, on remarquera avec l’historien Jean-Clément Martin que, dans les discours médiatiques et politiques prompts à disqualifier tout mouvement révolutionnaire, la « Violence n’est pas aussi intimement associée à la religion, aux colonies, à l’empire ou à la République, qu’elle ne l’est à la Révolution ». Pour-tant, combien de massacres commis en leurs noms ? Combien de gouvernants et de généraux érigés en héros pour avoir envoyé à la mort des millions de jeunes gens ?

Car la diffamation brutale n’est jamais loin, du côté des puissants, quand ils craignent les révolu-tions. Pour les disqualifier, ils inventent des mots. Ainsi, « casseurs », qu’on croirait agrippé à notre seul présent. Et cependant…

Nous sommes en 1832. Les 5 et 6 juin se déroulent les journées insurrectionnelles qui inspire-ront Victor Hugo dans Les Misérables. Les obsèques du général républicain Lamarque se transforment en manifestations et en protestation contre un régime qui a déçu. La Monarchie de Juillet n’a pas tenu ses promesses ; deux ans à peine après l’épisode révolutionnaire, l’insurrection est réprimée dans le sang.

Mais le régime de Louis-Philippe est aux abois. Il se sent menacé de toutes parts, et notamment dans la presse satirique qui le harcèle de sa critique. Le Figaro est de ces journaux-là, de ceux qui pratiquent l’insolence à l’égard du gouvernement et revendiquent allègrement la liberté de pensée sans laquelle, on le sait, « il n’est point d’éloge flatteur ».

Pour contrer la fronde, le pouvoir n’y va pas par quatre chemins. Son moyen de faire taire l’impertinent est en effet bien évident : il rachète Le Figaro, purement et simplement. Ses confrères d’hier l’accablent de sarcasmes : voilà un « Figaro préfet ». Rien n’y fait. Le journal trempe désormais sa plume à l’éloge des gens établis. Ses cibles sont toutes trouvées : ce sont ces républicains qui viennent de mettre le régime en danger, ces révolutionnaires.

C’est ici que l’image du « casseur » intervient.

On en voit très précisément surgir l’occurrence à l’automne 1832. Elle se fait vite obsédante : il n’est pas une semaine sans qu’apparaisse la figure, harcelante. Le journal stigmatise le « gamin », « celui dont la seule croyance politique, morale, religieuse et littéraire, est le tapage, l’émeutier, le casseur de vitres ». Puis vient cette « litanie » prêtée aux dangereux républicains : « Saint-père des émeutes, des insurrections, des révolutions, fais-nous dévorer un garde municipal […] Destructeur de réverbères, casseur de vitres, éteignoir des lampions, éclaire-nous ».

Le révolutionnaire est même assimilé à une « muse du charivari et du tohu-bohu », un « Paganini du chaudron ». Ces jeunes gens, disqualifiés comme de faux étudiants, ne sont rien d’autre au fond que des « criards et des casseurs de vitres pour les émeutes ». Le « premier Paris », à entendre au sens de primitif, « les pieds dans le ruisseau », a toutefois du souci à se faire, selon le quotidien défenseur des doctrinaires : à leurs yeux, l’émeute n’existera plus ; elle est désormais « au rebut ».

« Son temps est fait », « tant pis pour les vitriers ». Des casseurs et des carreaux brisés on n’entendra plus parler. Bel exemple d’un discours performatif, de ceux qui agissent pour qu’advienne ce qu’ils disent : de crainte que la révolution ne revienne, il faut vite sceller son sort et proclamer sa mort haut et fort.

Mais Le Figaro lui-même s’étiole et finalement s’éteint, faute d’avoir pu se renouveler en se vendant au pouvoir. Il réapparaîtra bien des années plus tard, relancé sous d’autres auspices, en 1854. Aujourd’hui, comme bien d’autres, il reparle de « casseurs », tout en en ayant proba-blement oublié l’histoire – et son histoire. Mais, dans une manifestation des « gilets jaunes » le 1er décembre 2018, une banderole surgit où on ne l’y attendait pas : « les vrais casseurs sont chefs d’État ».

Alors que le mot « révolution » sert à vendre à peu près n’importe quoi et n’importe qui, ce livre fort et joyeux montre comment il a été domestiqué par tous les pouvoirs depuis le 19è siècle et comment, en le prenant de nouveau au sérieux là où il veut dire quelque chose, il est possible de renouer avec ce que la révolution révèle justement, avec la puissance et la promesse imaginatives de ses processus.

Extrait de : Ludivine Bantigny, Révolution, Paris, Éditions Anamosa, 2019.

Ludivine Bantigny 29 avril 2019

http://www.contretemps.eu/

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30 avril 2019 ~ 0 Commentaire

répresssion (bastamag)

https://www.bastamag.net/

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29 avril 2019 ~ 0 Commentaire

espagne (the-conversation rp)

14-de-abril-república

Élections en Espagne : des gagnants, des perdants et une surprise attendue

Le nouveau paysage politique espagnol

Les résultats du dimanche 28 avril marquent une nouvelle forme de normalité à laquelle il va falloir s’habituer rapidement.

  • Le PSOE atteint son objectif. Le Parti socialiste sort vainqueur de ce scrutin. Une victoire qu’il pourra exploiter en se fondant sur son expérience passée à la tête du pays, tout en proposant un nouveau projet politique sur le court terme. Ce futur gouvernement, à géométrie variable et disposant d’un soutien parlementaire instable, pourrait prendre davantage de mesures sociales. Toutefois, il aura du mal à aller jusqu’au bout de la législature. Une chose est sûre : le leadership de Pedro Sanchez est indiscutable. Après les municipales et les élections des communautés autonomes prévues le mois prochain, nous verrons ce qu’il adviendra des critiques qui subsistent à l’intérieur du parti à son encontre. Pour l’heure, Pedro Sanchez est bien l’un des principaux gagnants de ce scrutin.
  • Le PP (Parti populaire) a un sérieux problème. Le parti conservateur doit définir un projet rapidement, avant les élections municipales et autonomes de la fin mai, s’il veut sortir de la spirale du déclin et conjurer les effets bien connus des politologues : si l’idée que le PP est en train de s’effondrer s’impose, les électeurs risquent de le fuir en masse. Quoi qu’il en soit, le PP sort clairement perdant de ce scrutin. Un perdant indiscutable.
  • Ciudadanos est en pleine crise de la quarantaine. Avec plus de 55 sièges, le parti n’arrive pas à fédérer le centre-droit. Dans le contexte actuel, soit il parvient à renforcer sa crédibilité pour diriger l’opposition ou entrer au gouvernement, soit il risque d’apparaître comme une simple force d’appoint. Ciudadanos, gagnant, mais aussi perdant.
  • Unidas Podemos se rattrape après le scrutin. Le parti a perdu des voix et des sièges du fait de son positionnement politique. Mais il pourrait se consoler rapidement dans la mesure où son soutien sera décisif dans le processus d’élection du chef du gouvernement. Perdant, donc, mais aussi gagnant.
  • Vox est la surprise… à laquelle nous nous attendions. Pour une raison très simple : désormais le parti est bien installé dans la sphère médiatique. Mais, désormais, il lui faudra aussi assumer ses responsabilités : le parti va devoir s’investir dans la politique concrète, et non plus se contenter de simples slogans. Vox, gagnant.
  • Les partis nationalistes maintiennent le cap. Et ce n’est pas rien dans un scénario aussi mouvant et agité. Tous progressent, mais c’est surtout le résultat de la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC) qui frappe les esprits : ce parti a réussi à s’imposer sur la scène catalane. (Résumé)
29 avril 2019 Juan Luis Manfredi Cet article a été traduit de l’espagnol par Eleonora Farade.
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28 avril 2019 ~ 0 Commentaire

espagne législatives (el-periodico el-pais)

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Une estimation « de gauche »

PSOE et Unidos-Podemos auraient « presque » la majorité.

https://www.elperiodico.com/

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https://elpais.com/

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27 avril 2019 ~ 0 Commentaire

plogoff (le télégramme)

40 ans de Plogoff. Le documentaire des Le Garrec projeté à Cannes !

Consacré au mouvement de résistance populaire au projet d’implantation d’une centrale nucléaire à Plogoff (29), le documentaire « Plogoff, des pierres contre des fusils », en version restaurée, sera projeté sur la Croisette, dans le cadre de « Cannes Classics ».

Depuis 2004, la section « Cannes Classics » du Festival de Cannes, qui aura lieu du 14 au 25 mai, promeut les chefs-d’œuvre du cinéma passé.Parmi les films sélectionnés cette année, figure « Plogoff, des pierres contre des fusils », de Nicole et Félix Le Garrec. Un film datant de 1980 qui est actuellement en restauration à Paris. La réalisatrice représentera son œuvre sur la Croisette.

Heurts violents

Ce documentaire est consacré au mouvement de résistance populaire au projet d’implantation d’une centrale nucléaire à Plogoff (29), près de la pointe du Raz. Déterminés à ne pas laisser se dérouler une enquête préliminaire dont les résultats leur semblaient joués d’avance, les 2 300 habitants de Plogoff, rapidement rejoints par une large partie de l’opinion bretonne, entamèrent un long bras de fer, marqué par la présence dans la commune de gardes mobiles. Les forces de l’ordre firent face à des défilés considérables qui comptèrent jusqu’à 60 000 manifestants. Les heurts furent parfois violents, des femmes molestées…

27 avril 2019

https://www.letelegramme.fr/

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27 avril 2019 ~ 0 Commentaire

populisme (le monde diplo)

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Un mot qui signifie « panique »

Il est d’usage qu’un texte consacré au populisme débute par l’aveu d’un léger malaise : à quoi rime une notion qui rassemble les paysans américains et les étudiants russes de la fin du 19è siècle, MM. Bernie Sanders et Donald Trump, Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen, Nicolás Maduro et Jair Bolsonaro ?

Mais, sitôt ce doute exposé, il convient de n’en tenir aucun compte et d’enchaîner sur un constat tout aussi rituel : le danger populiste est de retour, il menace le pluralisme et la démocratie. Ce disque rayé tourne depuis plus d’un demi-siècle.

Déjà, les 20 et 21 mai… 1967, la London School of Economics and Political Science (LSE) invitait une brochette de chercheurs à « définir le populisme ». À défaut d’y parvenir, les congressistes, alors préoccupés par Mao Zedong et le nationalisme économique des pays non alignés, avaient prévenu : « Un spectre hante le monde : le populisme. »

La définition contemporaine du phénomène — une politique qui combine l’appel à un peuple conçu comme monolithique et le rejet des élites — ne nous avance guère puisqu’elle enrôlerait le président français Emmanuel Macron, lequel tira volontiers sur ce genre de ficelle au cours de sa campagne de 2017.

Ces formalités accomplies, il faut se rendre à l’évidence. Le mot en dit moins sur ceux qu’il qualifie que sur ceux qui l’emploient à un rythme de plus en plus frénétique. Dans la presse quotidienne française, le nombre d’articles comportant le nom fatidique est passé de 486 en 2015 à 1 254 en 2018. Pareille inflation traduit une inquiétude des classes dominantes, qui détiennent le quasi-monopole de son usage. C’est précisément au cours de cette période qu’a éclaté la contradiction habituelle de la démocratie représentative : celle qui oppose la souverai-neté populaire gravée dans les textes au gouvernement permanent de la bourgeoisie cultivée.

Frappées de plein fouet par la crise de 2008, les classes populaires et moyennes ont exprimé leur colère dans les urnes — avec le Brexit, l’élection de M. Trump en 2016, l’affaiblissement des partis traditionnels, l’affermissement des conservateurs en Europe centrale —, bien plus que dans la rue comme en France avec le mouvement des « gilets jaunes ».

Et plus volontiers à droite qu’à gauche. Pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin, le social-libéralisme se voit opposer, au sein même de l’univers capitaliste, un contre-modèle : libéral sur le plan économique mais conservateur sur les questions de société, plus autoritaire, il se prétend aussi plus proche du peuple. Mais lequel ?

Des hommes forts qui détournent la colère populaire de la contestation du libéralisme économique vers celle des valeurs de liberté

Ce libéralisme autoritaire s’appuie sur une constellation sociale improbable d’ouvriers victimes des délocalisations, d’employés « ubérisés », de classes moyennes pressurées par l’austérité. Le coup de force des dirigeants dits populistes aura consisté à détourner la colère populaire de la contestation du libéralisme économique vers celle des valeurs de liberté.

Cibler l’élite urbaine et diplômée permet à MM. Donald Trump et Viktor Orbán (qui tous deux en font partie…) d’unifier le groupe disparate de leurs supporteurs contre ces intellectuels arrogants qui, depuis des décennies, pilotent la planète.

Le tiroir est à double fond : pour que ces « populistes » puissent instrumentaliser la détestation qu’inspirent les couches cultivées au reste de la population, il fallait que cette aversion soit profondément ancrée.

Journalistes et experts n’ont-ils pas des décennies durant célébré les transformations qui ravageaient un monde ouvrier présenté comme dépassé et déphasé — « Il n’y a pas de déficit de prise de parole dans notre société, expliqua un jour le sociologue Pierre Rosanvallon. Par contre, il y a un déficit de compréhension » (France Culture, 10 mai 2003) ?

Comprendre — à leur tour ! — le rejet qu’elles inspirent exigerait des professions lettrées une modestie qu’elles n’ont pas. Dès lors, combattre le populisme tient lieu pour elles de marqueur social.

« Pour les bien-nés et les diplômés, le mot est parfait. Il rassemble tout ce qu’ils ne sont pas : les racistes et les ruraux, les incultes et les traînards », note ironiquement le critique social Thomas Frank. Ce grand Autre fait peur. D’autant que les médias et le pouvoir présentent les classes populaires comme le jouet d’une internationale dirigée en sous-main par le tandem Donald Trump-Vladimir Poutine.

Le trait d’union tiré entre le thème du populisme et celui des « infox » n’a rien d’anodin. Du point de vue des élites instruites, les fake news représentent le populisme transposé aux médias : des fanatiques qui désinforment des ignorants sur les réseaux sociaux. « La montée du populisme a démultiplié cette fausse monnaie informative qui a tendu, comme toujours, à chasser la bonne », a sermonné le directeur d’un quotidien français dont les ventes enfoncent chaque année des records à la baisse…

Certains défenseurs des démocraties libérales ont perçu le danger. Directrice de la LSE, Mme Minouche Shafik alerte dans le Financial Times (18 février 2019) : « Les populistes ont raison : le système doit changer. » Pas le capitalisme, bien sûr ; mais il serait prudent de con-céder aux travailleurs une plus grande sécurité de revenus afin qu’ils cessent de mal voter.

Yascha Mounk, directeur jusqu’en 2018 du programme « Rénover le centre » de l’Institut Tony Blair pour le changement global (cela ne s’invente pas…) ne dit pas autre chose. À force de négliger le suffrage populaire, admet-il, les dirigeants modérés ont permis qu’« un système de liberté sans démocratie prenne le dessus ». Pour éviter « le basculement dramatique du libéra-lisme antidémocratique dans la démocratie antilibérale », il importe de reformuler le discours dominant dans un langage intelligible par les masses : on parlera à nouveau de patriotisme, mais « inclusif », on dénoncera avec indignation les excès les plus criants du système…

Après l’assaut populiste, le script de la prochaine saison idéologique paraît déjà écrit. Son titre ? « La démocratie contre-attaque ».

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27 avril 2019 ~ 0 Commentaire

philippe poutou

 

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27 avril 2019 ~ 0 Commentaire

sourd (france info)

« Il est resté très sourd à l’urgence climatique »

Quatre associations écologiques se disent « déçues » des annonces d’Emmanuel Macron

Franceinfo a interrogé Greenpeace, WWF, Alternatiba et le Réseau action climat au lendemain de la conférence de presse du président.

https://www.francetvinfo.fr/

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26 avril 2019 ~ 0 Commentaire

européennes (jdd)

europeennes

L’assembée européenne actuelle

Européennes 

Sondages à un mois de l’élection

La dernière ligne droite de la campagne des européennes approche : dans un mois tout juste, le 26 mai, les Français sont appelés à élire leurs eurodéputés qui siégeront ces cinq prochaines années à Strasbourg.

Fait insolite, on ne sait pas encore combien ils seront : 74 si les Britanniques prennent part au vote, ou 79 si le Brexit a lieu d’ici là – ce qui reste possible. Le calendrier, lui, s’accélère : à partir du 3 mai, l’ensemble des listes candidates seront connues ; le 13, la campagne officielle démar-rera, avec pages dédiées dans les médias audiovisuels et panneaux d’affichage installés dans chaque commune. Les derniers débats télévisés ponctueront cette période

Les courbes de LREM et du RN se confondent

  • Intentions de vote de la liste LREM-MoDem sur les trois derniers sondages (dans l’hypo-thèse d’une liste Gilets jaunes) : 22 à 23%. Nombre de sièges à partir de la moyenne actuelle : 23 avec 79 sièges, 21 à 74.
  • Intentions de vote de la liste RN sur les trois derniers sondages : 20,5 à 22%. Nombre de sièges à partir de la moyenne actuelle : 21 avec 79 sièges, 20 à 74.

Après deux mois de domination de LREM dans les sondages, les instituts donnent désormais des résultats différents, preuve que le match s’est considérablement resserré. Si la liste de la majorité reste en tête dans la plupart des sondages, le dernier Opinion Way accorde jeudi au parti de Marine Le Pen trois points d’avance. Le rolling Ifop, lui, a constaté un bref croisement de courbe il y a une semaine en faveur de Jordan Bardella, mais LREM a finalement repris le dessus.

Tout cela se situe de toute façon dans les marges d’erreur de ces enquêtes. La nomination de Nathalie Loiseau, en tout cas, n’a pas eu d’effet concret. A voir si la polémique sur ses engagements étudiants passés lui coûte quelques points ces prochains jours…

LR seul dans son couloir
  • Intentions de vote de la liste LR sur les trois derniers sondages : 13 à 15%. Nombre de sièges à partir de la moyenne actuelle : 14 avec 79 sièges, 13 à 74.

C’est l’un des rares mouvements observés dans les sondages ces dernières semaines : la liste LR de François-Xavier Bellamy a regagné un peu du terrain qu’elle avait perdue initialement, elle se situe aujourd’hui à 14-15% d’intentions de vote. Pas vraiment de quoi parler d’une forte dynamique, puisque la droite était déjà remontée à 12% il y a deux mois.

Le parti de Laurent Wauquiez n’est pour l’heure pas « challengé » à cette 3e place, puisqu’il reste loin du duo de tête et ne voit pas revenir les listes de gauche. Plutôt qu’une « remontada », c’est plutôt une course en solitaire que mène actuellement LR.

A gauche, trois listes en trois points

  • Intentions de vote de la liste France insoumise sur les trois derniers sondages : 7 à 9%. Nombre de sièges à partir de la moyenne actuelle : 7.
  • Intentions de vote de la liste EELV sur les trois derniers sondages : 8 à 8,5%. Nombre de sièges à partir de la moyenne actuelle : 8.
  • Intentions de vote de la liste PS-Place publique sur les trois derniers sondages : 6 à 6,5%. Nombre de sièges à partir de la moyenne actuelle : 6 avec 79 sièges, 5 à 74.

Le match pour devenir la première force de gauche à l’issue de ces européennes est serré.

Les listes de la France insoumise et d’EELV ne se démarquent plus depuis plusieurs semaines. Si les écologistes de Yannick Jadot sont globalement crédités d’une courte avance sur les Insoumis portés par Manon Aubry, les dernières enquêtes des instituts Ifop, Harris Interactive et Opinion Way mettent au contraire les partisans de Jean-Luc Mélenchon juste au-dessus.

Là encore, les marges d’erreur empêchent toute certitude. Même la liste de Raphaël Glucksmann, unissant son mouvement Place publique au PS, se confondrait presque avec les deux autres. Elle collectionne en tout cas les 6% dans les sondages. Un niveau suffisant pour avoir quelques élus à Strasbourg, mais qui resterait historiquement faible pour les socialistes.

Brossat, Hamon, Lagarde, Dupont-Aignan… Ceux qui ont encore tout à faire
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Pour eux, la campagne n’a pas encore porté ses fruits et le dernier mois devra leur servir à prendre les quelques points manquants pour obtenir des élus. Le premier d’entre eux est Nicolas Dupont-Aignan, le leader de Debout la France, qui connaissait des sondages prometteurs fin 2018 – à 7% voire 8% – avant de perdre ce capital.
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Quelques enquêtes le donnent encore à 5%, le seuil fatidique, mais le député reste la plupart du temps juste en-dessous.
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Viennent ensuite deux autres listes de gauche, celles de Génération.s pour Benoît Hamon et du PCF conduite par Ian Brossat. Elles restent entre 2 et 4% des intentions de vote, avec la plupart du temps un avantage pour l’ancien candidat PS à la présidentielle.
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Cela ne leur garantit pas non plus d’atteindre la barre des 3%, autre enjeu de ces élections européennes : en-dessous de ce niveau, les frais de campagne ne seront pas remboursés par l’Etat.Se pose encore la question d’une liste estampillée Gilets jaunes, entre 2 à 3% des intentions de vote quand cette hypothèse est testée.
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Plusieurs personnes s’en réclament, sans garantie pour l’heure qu’elles se qualifient effecti-vement pour cette élection.Elles aussi testées, les listes UDI de Jean-Christophe Lagarde, des Patriotes de Florian Philip-pot, de l’UPR de François Asselineau ou de LO de Nathalie Arthaud sont créditées de 1 à 2% des voix, rarement plus. Mais pour connaître précisément le nombre de listes qui seront soumises au vote des Français, il faudra encore attendre une semaine.26 avril 2019  Arnaud Focraud
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Commentaire:
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Le NPA appelle majoritairement à voter pour Lutte Ouvrière. Les élus européens les plus à gauche (comme LO et LCR) se retrouvent dans GUE-NGL: anciens PC, PCP, Sinn Fein, LFI , Podemos, die Linke… etc

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