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13 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot (france inter)

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10 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

macron (new york times-bfm-l’obs)

mzcron couronne

« Président raté », « ego démesuré »: une tribune dans le New York Times assassine Macron

Dans une tribune publiée dans le prestigieux quotidien américain, un professeur d’université attribue la chute de popularité du président français au « macronisme »: cette manie du chef de l’Etat de concentrer sa politique autour de sa personne.

Le 9 mai, au lendemain de la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle, la presse internationale poussait un soupir de soulagement. Marine Le Pen avait été battue, et pour beaucoup, l’élection d’Emmanuel Macron était de bonne augure. Aux Etats-Unis, le New York Times y voyait notamment « un nouvel espoir pour l’Europe ». Quatre mois plus tard, presque jour pour jour, le ton a bien changé.

De ce côté de l’Atlantique, la popularité du chef de l’Etat s’effrite, forçant nos voisins à s’inter- roger sur les raisons de ce désamour. C’est ce qui est fait dans le New York Times. Dans une tribune publiée ce jeudi, Chris Bickerton, qui enseigne la politique européenne à l’université de Cambridge, s’attaque au président français. Et l’auteur, considéré comme pro-Brexit, n’y va pas de main morte contre l’actuel chef de l’Etat.

« Son projet politique est trop centré sur sa personnalité »

« Emmanuel Macron will be yet another failed french president », titre-t-il sa tribune, estimant qu’après tout, Emmanuel Macron sera lui aussi un « président français qui a échoué ». Dans le Times, le chercheur rappelle tout d’abord qu’il bénéficie toujours d’une certaine aura à l’étranger, notamment parce qu’il a redonné un coup de jeune à la diplomatie française « en tenant tête à Donald Trump et à Vladimir Poutine ». « En France, c’est une toute autre histoire », relève-t-il, citant les mauvais chiffres du Président dans les derniers sondages. Il attribue sa chute de popularité au « macronisme ».

« Son projet politique entier est bien trop concentré sur sa personnalité. Son attrait vient essentiellement de sa jeunesse, de son dynamisme, de son allure et de ses qualités oratoires », estime-t-il dans le New York Times. « Cette approche hyper-personnalisée comporte toujours le risque qu’une fois le charme rompu, il ne reste rien à ses soutiens pour l’apprécier, ce qui est exactement en train de se passer », poursuit le texte, qui évoque notamment l’épisode du Congrès de Versailles et son impact sur les Français, « irrités par ses accents monar- chiques ». « Son attitude arrogante à l’égard du pouvoir a détruit l’image anti-establishment qu’Emmanuel Macron a cultivé durant sa campagne », estime aussi l’auteur.

Ego démesuré et vide politique

Avant la présidentielle, Emmanuel Macron et son projet avaient parfois été qualifiés de « bulle ». L’auteur de cette tribune ne fait pas un constat moins sévère quatre mois après l’élection et estime que le « vide de son projet politique » est en train de se découvrir. Chris Bickerton se montre en particulier sceptique sur la réforme du code du travail menée par l’exécutif et, de manière plus générale, par la politique économique du Président.

« Toute baisse continue du chômage en France serait la bienvenue, mais l’expérience d’autres pays suggère que cela impliquerait de nouvelles formes d’inégalité. En Allemagne, la réforme du marché du travail a mené à la prolifération de « mini-jobs », un travail à temps partiel peu régulé et qui a pris la place du travail à temps plein dans certains secteurs », analyse le chercheur, qui cite aussi l’exemple britannique.

Pour Chris Bickerton, « la politique économique d’Emmanuel Macron favorise les employeurs par rapport aux salariés et ébrèche ce qui reste de l’Etat-providence français ». Reprochant au président français son « ego démesuré », il lui reconnaît cependant le mérite d’avoir profon- dément et pour longtemps renversé un paysage politique moribond. Mais sa conclusion est tout aussi sévère que son analyse: « Emmanuel Macron est toujours l’enfant chéri de l’élite libérale mondiale, mais son impopularité grandissante nous donne une meilleure image de ce qu’il a à offrir. »

Charlie Vandekerkhove
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moi presidnet
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« Une attitude arrogante », « un président raté » : une tribune dans le New York Times accable Macron

Dans une tribune publiée dans le « New York Times », un chercheur  juge sévèrement les premiers mois de la présidence Macron. Une tribune publiée vendredi 8 septembre, dans le prestigieux « New York Times », étrille les premiers mois de la présidence Macron. Sous une plume acide, Chris Bickerton, professeur qui enseigne la politique européenne à l’université anglaise de Cambridge, attribue la chute de popularité du président au « macronisme » : cette manie du chef de l’Etat de concentrer sa politique autour de sa petite personne.

Une critique qui contraste sévèrement avec l’enthousiasme dont faisait preuve la presse internationale, le 9 mai dernier, lors de la victoire de l’ancien banquier au second tour de la présidentielle, face à Marine Le Pen. Au lendemain de son élection, ce même  »New York Times » y voyait notamment « un nouvel espoir pour l’Europe ».

Quatre mois plus tard, force est de constater que l’optimisme n’est plus au rendez-vous. Emmanuel Macron a bien œuvré « pour une meilleure image de la France dans le monde »,  reconnaît toutefois Chris Bickerton. Selon lui, le président bénéficie toujours d’une certaine aura à l’étranger, notamment parce qu’il a redonné un coup de jeune à la diplomatie française  »en tenant tête à Donald Trump et à Vladimir Poutine ».

« Une politique centrée sur sa personne »

Pour autant, « en France, c’est une autre histoire », souligne-t-il dans sa tribune au titre volon- ntiers provocateur (« Emmanuel Macron sera encore un autre président français raté »). Tentant d’analyser la chute de popularité inédite du chef de l’État, l’universitaire explique d’abord qu’ »il a remporté le scrutin parce qu’il était le candidat le moins mauvais ». Mais surtout, « la popularité de M. Macron souffre de quelque chose de plus fondamental : le macronisme ».

« Tout le projet politique du président français s’est concentré sur sa propre personne, regrette-t-il. Une grande partie de son attrait provient de sa jeunesse, de son dynamisme, de son allure et de ses qualités oratoires »

Et de poursuivre, toujours plus acerbe :

« Cette approche hyper-personnalisée a toujours présenté le risque qu’une fois le charme rompu, il ne reste plus rien, ce qui est exactement en train de se produire »

Le chercheur évoque au passage l’épisode du Congrès de Versailles et son impact sur les Français, « irrités par ses accents monarchiques ».

« Une attitude arrogante »

« Son attitude arrogante à l’égard du pouvoir a détruit l’image anti-establishment qu’Emmanuel Macron a cultivée durant sa campagne », estime-t-il également. Outre son image et son style, Chris Bickerton s’attaque également au projet politique de l’ancien banquier dont il estime que « le vide » est en train de se révéler au grand jour.

S’appuyant notamment sur la réforme du Code du Travail, le chercheur dénonce « la politique économique de M.Macron qui favorise les employeurs par rapport aux salariés et ébrèche ce qui reste de l’État-providence français ». L’universitaire rappelle enfin qu »en matière de lutte contre le chômage, les expériences d’autres pays montrent que des résultats peuvent s’obtenir au prix de nouvelles inégalités », avant de citer l’exemple des « mini-emplois » répandus en Allemagne.

Chris Bickerton mentionne également l’exemple de la Grande-Bretagne, où on observe « un niveau record d’embauches parallèlement à la faible productivité, à la stagnation des salaires et à la prolifération de contrats à court terme. Est-ce ce futur que la France veut ? », s’alarme finalement le professeur.

La défense de la « Team Macron »

Au lendemain de la publication de cette tribune, l’équipe de soutien du président a accusé sur Twitter, Chris Bickerton, d’être « un pro-Le Pen ». La « Team Macron » s’appuie sur un article co-écrit par le chercheur et publié dans la revue américaine « Foreign Affairs » en 2016, qui… analyse tout au plus la politique et la stratégie menées par le Front National. Face à cette attaque, l’universitaire a lui-même répondu sur Twitter, accusant la « Team Macron » de « diffamation ». Et d’ajouter : « Le vide du Macronisme vous oblige a traiter vos critiques de fascistes. Pathétique ».

L’ObsPublié  09 septembre 2017

http://tempsreel.nouvelobs.com

Lire aussi:

Emmanuel Macron Will Be Yet Another Failed French President (NewYork Times)

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10 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

edwy plenel et la catalogne (pùblico)

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Nous l’avons rencontré à Barcelone, où il a été invité par Mediapro, pour discuter de l’avenir du journalisme, avec le directeur du journal argentin Página 12. (…)

Un nouvel internationalisme

« Il existe un international anonyme de l’argent, de la finance, de pouvoirs financier », qui fonctionne sans frontière, utilise des paradis fiscaux et fait respecter sa loi, déclare le directeur de Mediapart, lorsqu’on lui pose des questions sur les européens qui semblent souvent nostalgiques des modèles politiques et économiques du passé.

Il se prononce pour souligner l’opportunité d’une réponse supranationale: « Nous sommes confrontés au défi de construire un nouvel internationalisme, car la réponse ne peut être donnée qu’à ce niveau, elle ne peut être qu’au niveau  » inter-national ». Ce n’est pas le déni des nations, ni des identités, ni des souverainetés. C’est l’idée que cette souveraineté est celle du progrès, de l’émancipation, de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, que ce qui est construit doit se faire dans l’interdépendance et la solidarité … « .

Nous sommes à Barcelone et le défi que pose la Catalogne se pose dans le concert des nations européennes, c’était inévitable dès le début de la conversation:

« Mon point de vue, même si je suis loin, c’est de savoir si nous vous aurez la capacité de faire de la Catalogne le laboratoire pour inventer un archipel européen et plus un continent Euro- péen. Un écrivain que j’aime beaucoup, Edouard Glissant, s’est opposé à la logique unifor- misante et dominante des continents, qui souvent nient la diversité, la pluralité, qui sont dans une logique de puissance, à la logique de l’archipel qui lie les ensembles les plus fragiles « .

« Le désir de souveraineté qui se manifeste en Catalogne est une bonne nouvelle si elle s’accompagne d’une invention démocratique »

Il y a en Catalogne, selon lui, «en raison de la volonté d’une grande partie de la population d’avoir une souveraineté politique,  une question qui remet en question le modèle des États-nations sur lesquels nous avons construit l’Europe». « Ce modèle a une forme historique qui, comme toutes les formes historiques, n’est pas nécessairement éternelle ».

« Peut-être, que pour sauver l’Europe, nous devons défendre les régions qui prendront la place de l’Etat-nation ».

« De mon point de vue, en ce qui concerne le débat espagnol, le désir de souveraineté qui se manifeste ici en Catalogne n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour elle-même. C’est une bonne nouvelle si elle est accompagnée d’une invention démocratique, d’une invention politique, qui montre une manière différente des États-nations ou économiques d’Europe, c’est une façon d’ouvrir, de solidarité et de nouvelle invention en termes de droits, de justice, d’accueil, de liens et de relations humaines.

Nous sommes aujourd’hui dans un monde totalement interdépendant et cette interdépendance est un fait, c’est une réalité, concrète, vivante, qui crée également des angoisses et des agitations exploitées par les forces de la fermeture. Nous devons inventer les nouvelles formes d’interdépendance qui renforceront les liens comme le dit Glissant:  « Pensez au monde et agissez à votre place ».

La France en face du «clash» entre la Catalogne et l’Espagne

« En France, à la fois à droite et à gauche, il y a une culture encore très uniformisante … une logique d’états-nation, uniforme, centralisé, vertical, peu préoccupé par la diversité des peuples, des cultures, des religions, des régions. La France, en ce moment politique, il y a un problème avec ce qui est le plus pluriel « , explique le journaliste français.

« S’il y a un « clash » entre la Catalogne et Madrid, je crains que la France ne se mette pas dans une logique intelligente, de comprendre la complexité de cette question et que sa réponse soit: « Uniformité ». Je le répète, il y a quelque chose à inventer « , insiste-t-il.

« Le nationalisme des grandes nations a un problème avec le nationalisme des petites personnes », pense Plenel. (…)

Plenel voit dans les aspirations souveraines une opportunité: « La question est de savoir si le fait de s’affirmer est un effet de levier et ce se fait  avec ce levier. La question est de savoir si ce levier est utilisé uniquement pour dire ‘ »Nous sommes catalans et nous sommes fiers de l’être », ou « Si vous le faites, pour parler au monde et sans oublier le monde. Faites-le, par exemple, en montrant une Catalogne souveraine qui soulèverait la question des réfugiés pour la France, l’Espagne, l’Italie, l’Union européenne, la question de notre mer commune, la Méditerranée, la solidarité avec le monde « .

http://www.publico.es/

Commentaire: Ceci est un résumé limité à la Catalogne

Lire aussi:

Etat espagnol-Catalogne. Le référendum du 1er octobre: l’épreuve de force a débuté (Al’Encontre.ch)

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09 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

tas de fainéants! (libération + révolution permanente)

macron

Phrase sur les «fainéants» : pour les insoumis, «décidément Macron n’aime pas les Français»

Les mots du chef de l’Etat lors d’un discours en Grèce a fait couler beaucoup d’encre et salive. La France insoumise, qui défilera mardi avec les syndicats contre la réforme du travail, monte au créneau et appelle à ceux qui se sentent visés à défiler avec eux.

D’apparence, un vendredi calme. Puis le président de la République s’est exprimé devant les représentants de la communauté française, dans les jardins de l’école française d’Athènes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a marqué les esprits. «Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes», a-t-il déclaré sous les applaudissements et le soleil d’Athènes.

En France, les mots du chef de l’Etat ont atterri à grande vitesse sur les réseaux sociaux. Les réactions se sont enchaînées. De la colère, de l’incompréhension, de l’étonnement. Notamment à gauche.

Le chef du PCF, Pierre Laurent, a écrit : 

De son côté, le jeune député de La France insoumise Adrien Quatennens a fait un parallèle avec une sortie récente du chef de l’Etat, qui, lors d’un voyage en Roumanie en août, avait déclaré : «La France n’est pas un pays réformable. Beaucoup ont essayé et n’y ont pas réussi, car les Français détestent les réformes. Dès qu’on peut éviter les réformes, on le fait.» Ce qui fait dire à Adrien Quatennens :«Une nouvelle fois depuis l’étranger Macron insulte les Français. S’il y a un extrémisme cynique dans ce pays, il l’incarne parfaitement.»

Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, donne rendez-vous au gouvernement dans la rue : les syndicats et l’opposition ont prévu de défiler mardi pour s’opposer aux ordonnances qui réforment le code du travail.

Pour beaucoup, Macron vise une partie de la gauche et les syndicats lorsqu’il évoque les «fainéants, cyniques et extrêmes».

«Je le remercie pour sa contribution à l’appel à manifester contre lui», souffle Clémentine Autain, députée de Seine-Saint-Denis. Qui conclut : «Après sa phrase sur ceux qui ne sont rien, je dirais que son mépris de classe est à la mesure de sa chute de popularité.»

Rachid Laïreche  8 septembre 201

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09 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

émile masson (le peuple breton)

Émile MASSON : Antée, Les Bretons et le socialisme

Né à la fin du 19è siècle, Émile Masson est un précurseur de la pensée bretonne de gauche.

Seul contre tous, il veut croire en l’émancipation du peuple breton. Malgré un style très lyrique, ce long « poème » qu’est Antée (paru en 1912) a réussi à traverser le temps. À défaut d’être actuel, il donne quelques leçons historiques à tous ces « socialistes » qui ont échoué à faire partager leur idéal, par mépris ou défiance du peuple.

Au-delà du seul cas de la langue bretonne, Émile Masson faisait corps avec le peuple breton, ce que nombre de nos politiques ont tendance à oublier, en se retranchant derrière leur mandat pour parler en son nom, en le consultant assez rarement. Relire Masson est une façon de comprendre (et donc de combler) le fossé grandissant entre la « base » et le « sommet ».

Les Presses populaires de Bretagne, se plaçant parmi les derniers héritiers des fédéralistes, rééditent cet ouvrage, car c’est celui qui fait le lien entre l’identité et la gauche, ce qui n’est pas anodin à l’heure où la droite s’empare de la question identitaire, où le brouillage politique sème la confusion idéologique.

L’avant-propos est écrit par le rédacteur en chef du mensuel Le Peuple breton, Gael Briand, et c’est Alan Le Cloarec, auteur de l’ouvrage Aux origines des mouvements bretons (Coop Breizh, 2016), qui signe la préface.

Émile MASSON : Antée – Les Bretons et le socialisme

Presse populaires de Bretagne

85 pages, 10€

Lire aussi:

Emile Masson (Wikipedia)

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08 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot publie (la brèche)

olivier-besancenot_0

Dans cet essai vigoureux, argumenté et limpide, Olivier Besancenot plaide pour une relecture de la révolution russe : non, Lénine et Staline ne sont pas la conséquence immédiate de cet immense soulèvement populaire.

Octobre 1917 : les bolcheviks prennent le pouvoir en Russie. Révolution ou coup d’Etat ? Soulèvement démocratique ou manoeuvre politique ? La filiation avec le stalinisme des années 1930 est une évidence pour nombre d’historiens.

Besancenot démontre qu’il n’en est rien : stalinisme et communisme ne sont pas seulement distincts, ils sont irréductiblement antagoniques. Le stalinisme n’est pas une variante du communisme, mais le nom d’une contre-révolution bureaucratique, qui s’est érigé à l’encontre du projet d’émancipation communiste.

Scandé par des immersions dans les temps forts de 1917, comme autant de séquences cinématographiques, cet essai offre un regard neuf sur un des événements les plus passionnément étudiés et discutés de l’Histoire contemporaine.

http://www.la-breche.com/

Lire aussi:

Histoire de la révolution russe (Léon Trotsky)

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07 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

projets miracles (le canard)

meeting

Trente ans de projets miracles et un emploi toujours en plan

Enfin une lueur de lucidité! Edouard Philippe et Muriel Pénicaud ont répété durant tout le week-end que leurs ordonnances ne constituaient surtout pas «un remède miracle» contre le chômage. C’était bien la peine d’avoir entretenu, pendant l’été, un haletant suspense sur le contenu de la nouvelle potion magique.

Il est vrai que, depuis plusieurs décennies, les plans providentiels se sont empilés sans produire de résultats mirobolants, sinon des coups de rabot dans des droits sociaux, ce qui n’a pas désespéré employeurs et actionnaires. Petit voyage dans le temps.

• 1986: un Gattaz déjà flexible. Inventeur du terme «flexibilité», le président du CNPF (père du Medef), Yvon Gattaz (père de Pierre), lance en 1984 la revendication des Enca (emplois nouveaux à contraintes allégées). En échange de la suppression de l’accord obligatoire de l’Inspection du travail à tout licenciement économique et de quelques autres broutilles, comme la révision des seuils sociaux. Il s’engage à embaucher «471’000 chômeurs, dont 400’000 la première année». Le Canard dévoile la supercherie, mais, deux ans plus tard, Philippe Séguin, ministre des Affaires sociales de Chirac, s’exécute en partie en mettant l’Inspection du travail au placard. Ce dispositif se double du recrutement massif de jeunes (800’000), mais pour des petits boulots.

Taux de chômage au sens du BIT au moment de la réforme: 8,6% de la population active ; un an plus tard: 8,8%.
Les indigestes Enca n’ont guère nourri l’emploi.

• 2004: Fillon s’accroche aux branches. Après une longue pause keynésienne sous Balladur et Juppé (l’un et l’autre soucieux de ne pas en découdre avec les syndicats), puis Jospin, le chômage, sans «plan miracle», tombe au plus bas (moins de 8%) puis remonte après 2001. Trois ans plus tard, François Fillon, ministre des Affaires sociales du gouvernement Raffarin II, accorde un joli présent au Medef: les accords conclus dans les entreprises ou les branches professionnelles pourront être moins favorables aux salariés que les conventions interprofessionnelles. Cette fois, c’est sûr, l’emploi va repartir

Taux de chômage: 8,4% ; un an plus tard: 8,7%.
Les boulots promis par Fillon étaient-ils fictifs?

• 2005: un Borloo de consolation. Jean-Louis Borloo hérite du bébé au sein du gouvernement Raffarin III. Son «nouveau pacte pour l’emploi», adopté en juillet, prévoit notamment de limiter des «délais de contentieux», douze ans avant les ordonnances Macron, et annonce l’«assouplissement des 35 heures». Il promet aussi de «clarifier les règles régissant le travail le dimanche. Un précurseur.

Taux de chômage: 8,4% ; un an plus tard: 8,5%.
Mais les dégâts statistiques sont limités par un vaste dispositif d’emplois aidés. Dommage que Borloo n’ait pas appelé son copain Tapie à l’aide.

• 2007: Sarko entre Fouquet’s et Medef. Sitôt installé à l’Elysée, Sarko renvoie l’ascenseur à la présidente du Medef, Laurence Parisot, qui avait appelé à voter pour lui: une baisse du seuil de déclenchement du bouclier fiscal et quelques exonérations de l’ISF (soit 650 millions). Les entreprises, elles, bénéficient d’une défiscalisation des heures supplémentaires et un allègement des cotisations sociales sur ces heures sup. Mais cette première cure d’amincissement n’a strictement aucune influence sur les créations d’emplois.

Taux de chômage: 7,1% ; un an plus tard: 7,4%.
Pas vraiment un coup de karcher.

• 2008: le banco de Sarko. Après les zakouski qui ont suivi son arrivée, Sarko entre dans le dur avec sa loi «portant modernisation du marché du travail». Celle-ci rappelle furieusement les revendications du Medef: doublement de la période d’essai, invention de la rupture conventionnelle, permettant – entre autres – de dégraisser sans licenciement, création d’un CDD «à objet défini», qui annonce le CDI de chantier prévu dans les actuels projets d’ordonnance, impossibilité de contester le reçu pour solde de tout compte devant les prud’hommes au-delà d’un délai de six mois.

Taux de chômage: 7% ; un an plus tard: 8,8%.
La crise financière a bien nourri la hausse. Mais le «modèle social français», honni des libéraux, a aussi limité la flambée.

2015: Rebsamen pour l’apéro. C’est le temps de l’amour. En août 2014, Manuel Valls lance un vibrant «j’aime l’entreprise» à la tribune de l’université d’été du Medef. François Rebsamen, son ministre du Travail, est chargé de donner un contenu à cet élan du cœur. Certains des mesures ont de l’avenir: réduction des instances représentatives du personnel, allègement de la loi sur la pénibilité, assouplissement des obligations patronales en cas d’inaptitude au travail, doublement de la durée maximale des CDD, etc. Bref, le Dijonnais s’inspire des proportions de la recette du Kir: deux tiers de Gattaz et un tiers de Berger.

Taux de chômage: 10,1% ; un an plus tard: 9,7%.
Une baisse due surtout aux milliards claqués pour «inverser la courbe du chômage».

• 2016: El Khomri presque en marche. Avant même que la loi Rebsamen s’applique, un nouveau projet de loi est publié, en janvier, pour éradiquer une fois pour toutes le chômage. Toujours plus social: négociation du temps de travail dans les entreprises (et non plus dans les branches professionnelles) et menace de licenciement pour tout salarié qui refuserait l’accord, définition des causes économiques d’un dégraissage à la discrétion de l’employeur, etc.

Malgré manifs et grèves à répétition, le gouvernement fait passer le texte en usant de l’article 49.3 de la Constitution. La légère accalmie statistique sur le front du chômage est, comme pour la loi Rebsamen, imputable au recours massif à la formation, ainsi qu’à un début de reprise.

Taux de chômage: 9,7% ; un an plus tard: 9,2%.
La prochaine loi permettra-t-elle enfin aux chefs d’entreprise de faire leur métier sans être gênés par leurs salariés?

(Par A.G. dans Le Canard enchaîné du 6 septembre 2017)

Alencontre  7 septembre  2017

http://alencontre.org/

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05 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

ps (jdd)

hollane ps

Édito politique: La « verdisation » du PS ou comment l’art de la synthèse a bloqué le parti

Le Parti socialiste a tenu lundi soir son bureau national de rentrée. L’occasion pour les socialistes, toujours très divisés, de tenter un état des lieux.

Les socialistes n’arrivent pas à trancher. Le communiqué final du bureau national est un modèle du genre : « le PS soutient les manifestations syndicales contre la loi Travail, mais n’appelle pas explicitement à manifester ». La beauté d’une motion de synthèse en une seule phrase !

Le « soutien sans participation », ça vous rappelle quelque chose ? On est là au cœur des errances actuelles des socialistes : pas d’accord entre eux sur le mot d’ordre, les uns ayant déjà appelé à se joindre aux cortèges de la CGT le 12 septembre, d’autres n’excluant pas de défiler derrière Jean-Luc Mélenchon le 23 septembre, les derniers refusant catégo- riquement de s’afficher à la remorque des uns ou des autres tant que l’unité n’a pas été trouvée, mais n’excluant pas de lancer leur propre journée de mobilisation.

De nombreuses interrogations, et aucune réponse claire. Certes, Les socialistes sont unanimes à vouloir exprimer leur opposition viscérale à cette loi Travail. Ils en réclament aujourd’hui le retrait, mais comment faire oublier qu’ils défendaient, il y a 6 mois encore, la loi El Khomri portée par un gouvernement auquel, cette fois, ils participaient sans que tous d’ailleurs le soutiennent.

Une posture politique délicate qui n’est pas la seule à faire l’objet de contentieux entre eux. Faut-il vendre le siège pour tourner la page, et accessoirement retrouver du cash-flow ? Faut-il changer le nom du parti pour signifier son renouvellement ?  Stéphane le Foll s’est empressé de lancer le débat en proposant tout de go « Socialistes ». Avec un s. Une proposition ébouriffante qui lui a valu des moqueries. « Pourquoi mettre un s ? On n’est plus si nombreux », a immédiatement ironisé un responsable.

Une page difficile à tourner, un positionnement impossible à trouver. En réalité, c’est leur identité que les socialistes doivent réinventer. Socialistes ? Socio-démocrates ? Socio-libéraux ? Socio-réformistes ? C’est la page du congrès d’Epinay de 1971 qu’il faut tourner. Aujourd’hui, c’est un chas d’aiguille dans lequel ils doivent se glisser entre un Macron qui a inventé l’a-socialisme, et un Mélenchon qui incarne à lui seule tout le champ de la contestation politique.

Trop de démocratie tue la démocratie. Les socialistes ont décidé de s’attaquer aux statuts du parti. À les écouter, c’est à se demander s’ils ne sont pas train de se « verdiser » à vitesse grand V. Ce syndrome du parti écolo qui longtemps a fonctionné ou dysfonctionné sur une démocratie interne tatillonne où ils passaient leur temps à voter pour savoir s’ils s’autorisaient à voter. Aujourd’hui, le PS s’en remet à ses militants, consultés le 28 septembre pour savoir s’ils doivent ou non faire évoluer leur fonctionnement interne. « Ne vous y trompez pas, c’est très politique », confie un membre du parti. Il a raison, les règles internes, faites de contribu- tions, résolutions, motions qui se terminent en synthèse bancale depuis plus de vingt ans, ont empêché une clarification de la ligne du PS et tout leadership incontesté de se dégager. Ce fut entre autre ce compromis boiteux qui a nourri les fractures du quinquennat précédent.

Mais ergoter sur le crochet et la petite ficelle qui permettent de tenir un cadre vide en dit long sur le désarroi d’un parti désormais sans leader naturel, sans référence historique évidente, sans héritage à assumer, sans alternative à proposer. La défaite électorale des socialistes n’est rien face au travail de reconquête doctrinale qui les attend.

5 septembre 2017

http://www.europe1.fr/

frondeurs

Olivier Faure contredit François Kalfon et Luc Carvounas : « Le PS n’appellera pas à manifester les 12 et le 23 septembre »

Le président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale Olivier Faure a annoncé, vendredi 1er septembre, que le Parti socialiste « ne sera pas présent le 12 et le 23 septembre » lors des manifestations contre les ordonnances réformant le code du travail. Voici ce qu’il a déclaré lors d’une conférence de presse à Solférino :

Le Parti socialiste n’appellera pas à manifester le 12 et le 23 septembre prochain car ce sont des organisations syndicales et un mouvement politique qui sont à l’initiative. C’est donc la position officielle du Parti socialiste. Enfin presque, car la direction collégiale à 28 membres n’est pas un long fleuve tranquille. Lundi, le conseiller régional François Kalfon, membre de la direction collégiale provisoire du parti, avait affirmé que le PS serait « aux côtés des salariés » le 12 septembre. « Le 12 septembre nous participerons à la manifestation », avait aussi dit le même jour le député socialiste Luc Carvounas.

Auprès de L’Obs, François Kalfon, ex-directeur de campagne d’Arnaud Montebourg, dit sa « surprise » face à l’annonce d’Olivier Faure :

« Chaque adhérent prendra sa décision à titre personnel », a poursuivi Rachid Temal, le numéro deux du parti. À croire que François Kalfon n’est qu’un simple adhérent… « Je préfère le cadre collectif » et souhaite mener des « discussions informelles » avec les syndicats et les autres partis de gauche, a-t-il ajouté. Sur le fond, a-t-il précisé, le PS « refuse cette loi travail » car « c’est un recul du dialogue social qui crée de l’insécurité sociale ». « C’est un texte inutile et une mesure uniquement de droite », a quant à elle déclaré Rita Maalouf, chargée du pôle Production et répartition des richesses.

Le syndicat Force ouvrière, qui avait été un des fers de lance de l’opposition à la loi travail en 2016, a annoncé mercredi qu’il ne manifesterait pas le 12 septembre avec la CGT et Solidaires. La CFDT s’abstiendra également de défiler, son secrétaire général Laurent Berger estimant que « le combat syndical ne se résume pas à la rue, il est tous les jours dans les entreprises ». Pour sa part La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon appelle à manifester le 23 septembre contre « le coup d’état social » que constituent selon lui les ordonnances.

Amandine Réaux 1er septembre

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tract ps

Pour protester contre la loi Travail, le PS va « éditer un tract » et puis c’est tout

Ce mois de septembre, plusieurs manifestations se tiendront contre la loi Travail, portée par la ministre Muriel Pénicaud. Au Parti socialiste, il y a ceux qui n’appellent pas à manifester (Olivier Faure en tête) et d’autres (comme Benoît Hamon) qui aimeraient bien se joindre aux syndicalistes le 12 septembre prochain.

Heureusement, le PS a décidé de clarifier la situation. Enfin, presque. Ce lundi 4 septembre, lors d’une conférence de presse, Karim Bouamrane, porte-parole du parti a exposé la position du Bureau national. Le PS appelle ainsi ses fédérations « à mener des actions de mobilisation » et va  »éditer un tract national contre la loi Pénicaud », tract qui devrait être publié d’ici quelques jours. Et sachez-le, « tout le monde a été unanime pour stigmatiser les ordonnances ».

Mais pas d’emballement. Car si le PS « respecte l’indépendance syndicale et pousse, sou- tient toutes les démarches syndicales », le parti ne compte pas appeler à manifester le 12 septembre avec les syndicats, et encore moins y participer. Alors, pour ce qui est de la manifestation du 23, à l’appel de La France insoumise, c’est compliqué. Au PS, pour parler de l’incompatibilité qui existe entre socialistes et Insoumis, on parle de « clarification idéologique ».

Il y aura bien quelques représentants du PS le 12 septembre : le député Luc Carvounas, le conseiller régional François Kalfon, membre de la direction collégiale provisoire du parti, le député européen socialiste Guillaume Balas et Benoît Hamon (lequel pourrait même se joindre aux Insoumis). Mais la grande majorité du PS reste sur la position du « oui mais non ». Une ligne exposée par Olivier Faure vendredi dernier. Le patron des députés socialistes était assez clair :

Le Parti socialiste n’appellera pas à manifester le 12 et le 23 septembre prochain car ce sont des organisations syndicales et un mouvement politique qui sont à l’initiative.

04 septembre 2017 Loïc Le Clerc

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02 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

texas (ouest france)

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01 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

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L’université d’été du NPA annonce une rentrée politique musclée

L’Universités d’été du Nouveau Parti Anticapitaliste a commencé hier à Port-Leucate, dans l’Aude et s’achèvera mercredi. Un rendez-vous qui marque la rentrée politique et qui s’annonce musclée avec un premier appel à la mobilisation sociale.

650 militants étaient présents ce lundi aux universités d’été du Nouveau Parti Anticapitaliste. Et ces militants espèrent une forte mobilisation contre la loi travail. Mais pas seulement, contre le mode de gouvernance d’Emmanuel Macron aussi, notamment par l’usage des ordonnances, qui irrite les militants du NPA. Une date est déjà dans toutes les têtes : le 12 septembre, et l’appel à la mobilisation des syndicats.
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Christine Poupin, porte-parole du NPA : La première fois où l’on tape il faut être le plus nombreux possible avec le plus de grève possible, donc tout ce qui concourt à la préparation de ces grèves et de cette journée de manifestation est absolument essentielLa gauche s’avance divisée, une nouvelle fois. En plus de l’appel à la mobilisation des syndicats, le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a confirmé ce week-end sa propre date de manifestation : le 23 septembre prochain.
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Un comportement irresponsable selon Philippe Poutou, porte-parole du NPA : Nous on pense que ce serait irresponsable, que chacun  trouve sa date, je crois qu’il faut qu’on arrive à raisonner collectivement, il faut que l’on construise ensemble Une chose est sûre : l’union ou non de la gauche va peser très lourd dans le rapport de force qui s’engage avec le gouvernement.
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JM avec AH  29/08/2017 Anthony Halpern et Frédéric Guibal
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