Archive | Médias, culture

30 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (bfm)

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27 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

nucléaire (cqfd)

futur nukl
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Le nucléaire à l’agonie… mais à l’offensive
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La moitié des réacteurs français ont passé l’été à l’arrêt mais le gouvernement voit toujours l’atome comme une filière d’avenir. Vanté comme une solution miracle au dérèglement climatique, le nucléaire y est surtout très vulnérable.

Sale temps pour le nucléaire civil français. Plombée par d’indispensables opérations de maintenance et un problème de corrosion sur plusieurs de ses centrales les plus récentes, EDF a dû mettre plus de la moitié de ses 56 réacteurs en pause forcée.

Le 25 août, 32 étaient toujours à l’arrêt. La baisse de production a été telle que l’Hexagone, habituellement exportateur, a dû acheter de l’électricité à ses voisins pour subvenir à ses besoins. Sur fond de pénurie de gaz russe, l’hiver s’annonce incertain pour le réseau électrique européen.

Y aura-t-il de l’électricité à Noël ?

Figure de proue du secteur, EDF traîne une dette qui dépassera bientôt les 50 milliards d’euros. Et, symbole des errances de la filière, le tout nouveau réacteur pressurisé européen (EPR) de Flamanville (Manche) ne rentrera en production que fin 2023 au mieux – avec onze ans de retard et un surcoût de près 16 milliards d’euros selon la Cour des comptes (19,1 milliards contre 3,3 prévus initialement).

C’est pourtant sur cette filière à l’agonie que le gouvernement parie pour assurer, aux côtés des énergies renouvelables, l’essentiel de la production électrique du siècle à venir. Le 10 février dernier, Emmanuel Macron a annoncé la mise en chantier prochaine de six nouveaux EPR et le lancement des études préparatoires pour huit autres.

Un milliard d’euros vont par ailleurs être investis dans le développement d’un nouveau type de réacteurs, moins puissants mais en principe plus aisés à construire et gérer : les petits réacteurs modulaires (SMR).

L’argument du bilan carbone

Pour justifier ce retour en arrière (aucune centrale n’a été mise en service depuis 2002), le président a eu recours à un classique du storytelling atomique français : l’« indépendance énergétique » du pays – alors même que l’uranium qui fait tourner les centrales est intégralement importé. Mais il a surtout vanté le faible bilan carbone du nucléaire.

Depuis que le dérèglement climatique fait la une des journaux, tout ce que le secteur atomique compte de communicants et de lobbyistes reprend cet argument ad nauseam. Ça a fini par payer : au sein même des familles de pensée écologistes et décroissantes, la doctrine pronucléaire se répand peu à peu, sous l’influence notamment de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici.

Mêlant un discours convaincant sur l’urgence climatique et les limites de la croissance à un solutionnisme nucléaire aveugle, cette « star du climat » a l’oreille des puissants comme du grand public.

Avec ses vidéos qui font un tabac sur internet et sa bande dessinée Le Monde sans fin (Dargaud, 2021) qui s’est déjà vendue à plus de 300 000 exemplaires, Jean-Marc Jancovici a sensibilisé des foules entières au risque d’effondrement qui guette nos sociétés.

Or, « prendre conscience de l’urgence climatique, c’est très déstabilisant émotionnellement. Pour amortir le choc, on a besoin d’une solution. Avec le nucléaire, Jancovici en apporte une sur un plateau », analyse Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire.

Au sein même des familles de pensée écologistes et décroissantes, la doctrine pronucléaire se répand peu à peu, sous l’influence notamment de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici.

Aux yeux de cette militante, l’atome est surtout « une fausse solution qui empêche de voir les problèmes en face ». Une option « ni efficace pour les décennies à venir, ni résiliente dans un monde marqué par le réchauffement climatique », mais qui va capter des centaines de milliards d’euros, au détriment des énergies renouvelables et des efforts de sobriété énergétique.

Des centrales déjà touchées par la sécheresse

Parlons efficacité à moyen terme : quand les centrales actuelles auront fini par fermer, les nouvelles seront-elles prêtes ? Au vu du fiasco de Flamanville, il est permis d’en douter. Alors que les deux premiers des six nouveaux EPR annoncés par Emmanuel Macron sont censés être mis en service « à l’horizon 2035 », cette échéance est jugée illusoire… par l’État lui-même.

Dans une version de travail d’un rapport gouvernemental dénichée par le média Contexte 1, on apprend que l’administration vise plutôt une mise en service en 2040. En cas de « scénario fortement dégradé », le démarrage serait même repoussé au-delà de 2045…

Le comble, c’est qu’alors que le nucléaire se pose en solution miracle au dérèglement climatique, il y est lui-même extrêmement vulnérable. Ces dernières années, les réacteurs français commencent déjà à souffrir de la sécheresse.

En août 2018, les centrales du Bugey (Ain) et de Saint-Alban (Isère) ont dû être partiellement arrêtées afin de préserver la faune et la flore du Rhône : recrachée dans la nature, l’eau réchauffée par le refroidissement des centrales aurait dangereusement augmenté la température du fleuve, déjà impactée par une vague de chaleur.

Cette année, c’est dès le mois de mai que le problème s’est posé à la centrale du Blayais (Gironde). Pire : durant l’été, cinq centrales ont été autorisées à rejeter leurs eaux chaudes dans les rivières pour cause de risque de pénurie électrique, en dépit des potentiels dégâts sur la biodiversité aquatique.

« Le comble, c’est qu’alors que le nucléaire se pose en solution miracle au dérèglement climatique, il y est lui-même extrêmement vulnérable. »

À long terme, ce sont surtout des enjeux de sûreté qui vont se poser. Conséquence du réchauffement global, les paysages vont se modifier durablement (montée des eaux marines, par exemple) et les catastrophes climatiques (séismes, tsunamis, inondations, sécheresses, tempêtes, etc.) risquent de se multiplier au cours des prochaines décennies.

Les centrales ont donc des chances de se retrouver confrontées à des situations extrêmes non anticipées au moment de leur conception 2. « Le nucléaire est une industrie dangereuse et complexe, qui nécessite une prévisibilité très forte », pointe Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du nucléaire. Or, le réchauffement climatique, c’est l’inconnu…

Et les déchets ?

Reste la sempiternelle question des déchets, que Jean-Marc Jancovici balaye d’un revers de la main, arguant sur le site d’Orano (ex-Areva) qu’ils « n’ont jamais fait un seul mort ». Les plus dangereux de ces déchets resteront tout de même radioactifs pendant près d’un million d’années…

Sur ce front-là aussi, l’État avance. Début juillet, la future poubelle nucléaire de Bure (Meuse) a été déclarée d’utilité publique. Une étape importante : si le recours que les opposants au projet s’apprêtent à déposer n’aboutit pas, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) pourra recourir à l’expropriation pour récupérer le foncier qui lui manque encore.

« Rien ne doit arrêter la relance du nucléaire en France », grimace Charlotte Mijeon, qui dénonce entre autres un projet « pas mûr » technologiquement. Sur place, la résistance continue de s’organiser.

Clair Rivière 16.09.2022

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27 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

16 octobre

marche

marche 2

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26 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

italie (the guardian)

italie

Turnout: Participation

Dossier : Italie, comment a-t-on pu en arriver là ?

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26 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

dauphin (jdd)

fi

« Il est cassé » : à La France insoumise, la chute du dauphin Quatennens

La fulgurante ascension du député Adrien Quatennens, auteur de violences conjugales, connaît un brutal coup d’arrêt. Protégé de Jean-Luc Mélenchon, il figurait parmi ses possibles successeurs.

Bien sûr qu’ils n’ont pas tourné la page. Mais ils aimeraient tellement… Posez une question à un Insoumis sur l’avenir d’Adrien Quatennens, et la réponse oscillera entre un épais silence, un refus poli, ou encore un doigt pointé vers la marche du 16 octobre contre la vie chère organisée par le mouvement, qui, espèrent-ils, devrait leur permettre d’enfin reprendre une bouffée d’oxygène. Mais tous les membres de La France insoumise (LFI) en sont conscients : si l’ascension du député de 32 ans a été fulgurante, la chute qui se dessine l’est plus encore. « Il est cassé », confirme un de ses interlocuteurs récents.

L’absent que l’on remarque

Mardi dernier, lors de la conférence de presse de rentrée du groupe LFI à l’Assemblée nationale, le grand roux à la coiffure en brosse a été l’absent que l’on remarque. Jeudi et vendredi, le député du Nord se faisait à nouveau porter pâle lors des journées parlementaires du mouvement. Le voilà désormais « en retrait » de son poste de coordinateur du parti, et de son mandat de député, après avoir reconnu, entre autres, avoir giflé sa femme.

Mélenchon ne comprend pas que c’est une question de société

« Adrien décide de tout prendre sur lui, avait alors tweeté Jean-Luc Mélenchon. Je salue sa dignité et son courage. Je lui dis ma confiance et mon affection. » De quoi s’attirer les foudres des féministes et, chose rare, d’une partie de son camp. « Mélenchon ne comprend pas que c’est une question de société, regrette la députée ­écologiste ­Sandrine Rousseau. Il est comme un animal acculé, il devient agressif. »

Comme une petite poignée d’autres, Quatennens figurait en bonne place sur la liste des successeurs possibles au tribun Insoumis. « Jean-Luc Mélenchon a permis de former une très bonne deuxième ligne, souligne le député Manuel Bompard. Adrien Quatennens en faisait partie, c’est une évidence. » Même si un autre député LFI relativise : « Il est interprète, il répète la ligne, mais on ne voit pas ­l’originalité de sa parole. »

La définition de son « retrait » reste floue

Il y a dix jours, au moment des révélations du Canard enchaîné sur le dépôt d’une main courante par la compagne de Quatennens, un député de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), interdit, relayait le sentiment général : « Nous sommes tous tombés de notre chaise, même si nous avions vu à nos journées d’été qu’il n’était pas bien. Ça va le mettre à plat moralement. » Et de déceler, sur ces questions, une forme de dualité chez les Insoumis : « Nous avons une culture un peu viriliste, avec un vieux fond lambertiste [un courant trotskiste dont est issu Mélenchon], et une vraie culture féministe. »

Mercredi, lors de la réunion de l’intergroupe de la Nupes, les partenaires des Insoumis ont bien sûr abordé le sujet. Interrogeant leurs alliés sur la signification exacte du terme « retrait », ils n’en ont obtenu qu’une définition floue, et une durée indéfinie. « À ce stade, nous n’avons pas d’éléments précis sur Adrien Quatennens ni sur la suite », relève un participant.

Aujourd’hui, de nombreuses féministes, comme l’élue écologiste de Paris Raphaëlle Rémy-Leleu, demandent plus : sa démission. Ses camarades Insoumis, eux, ne l’exigent pas.« Il n’est pas interdit d’hémicycle », relève la députée LFI Danièle Obono. « En tant que femme politique, féministe, de gauche, j’ai toujours souhaité des sanctions politiques à la mesure des actes commis, pointe l’eurodéputée Manon Aubry.

Son retrait était nécessaire. Maintenant, nul ne sait ce qui va advenir de l’information judiciaire » ouverte par le parquet de Lille. Rousseau, qui a eu Quatennens au téléphone, aimerait « que son suppléant le remplace le temps de l’instruction », mais il faudrait pour cela changer la loi.

Pour l’heure, nul ne sait s’il sera présent à la reprise des travaux au Palais-Bourbon, le 3 octobre.​ Mélenchon, lui, a déclaré samedi soir sur France 2 dans l’émission Quelle époque ! souhaiter que son protégé revienne dans le combat politique une fois cette affaire apurée.

Ascension éclair

Jusqu’ici, son parcours politique avait ressemblé à un sans-faute. En juin 2018, dans une interview à Libération consacrée à son jeune poulain, Jean-Luc Mélenchon multipliait les éloges : « Il représente beaucoup pour moi […] Il m’inspire une confiance totale. À 28 ans, il est plus fort que tous ces poulets d’élevage. »

Un an plus tard, Quatennens était bombardé « coordinateur » de LFI, prenant de vitesse toute une génération arrimée à Mélenchon depuis des années, et qui guignait sa ­succession. « À un moment où tout le monde voyait arriver l’affrontement entre Clémentine Autain, Éric Coquerel et Alexis Corbière, Jean-Luc leur a coupé l’herbe sous le pied : nommer Quatennens, c’était le moyen d’éviter ça », note François Cocq, qui fut longtemps, lui aussi, un compagnon de route.

Rien ne promettait au Lillois une telle trajectoire. « Je ne me souviens pas avoir assisté à la moindre discussion politique à la maison », confessait-il en 2021 dans son livre Génération Mélenchon (Seuil), évoquant des parents électeurs de droite.

Jeune, il étanche sa soif de politique en passant des heures à lire des argumentaires sur le site Internet de la Ligue communiste révolutionnaire, avant de rejoindre l’association altermondialiste Attac. Il décroche à la fac, s’inscrit en BTS commercial, en alternance chez EDF. Au printemps 2012, il se rend à un meeting de Mélenchon, qui semble le transporter, et adhère peu après au Parti de gauche, l’ancêtre de LFI. « ­Militant bénévole, j’y consacrais autant d’heures que si j’avais été permanent du parti », écrit dans son livre l’ancien conseiller clientèle chez EDF. C’est le début de l’ascension de celui que les siens décrivent comme « humble » et « gros ­bosseur ».

De la course à la succession à la quête de la rédemption

En 2017, à moins de 30 ans, il conquiert son premier mandat à l’Assemblée nationale. L’arène aurait pu se révéler intimidante : il n’en est rien. Il aime le spectacle, la mise en scène et le public. Petit, n’avait-il pas passé, « pour le plaisir, le casting de Graines de star sur la plage de [s]on lieu de vacances avec une reprise a cappella de Vivre pour le meilleur, de Johnny Hallyday », comme il le raconte dans son livre.

Tout juste élu, le député se porte volontaire pour croiser le fer avec la ministre du Travail d’alors, Muriel Pénicaud, qui veut réformer le droit du travail par ordonnances. Il peaufine son intervention tout un week-end, transformant la table à repasser en pupitre pour mieux répéter la scène dans son salon.

À la tribune, Quatennens dénonce un « meurtre avec préméditation du Code du travail » et lance aux macronistes : « Voulez-vous que l’Histoire retienne que votre marche est d’abord un piétinement d’un siècle de lutte sociale ? » Son aisance et ses formules, sa capacité à débattre lui assurent un décollage fulgurant.

Aujourd’hui écarté des lumières, il passe de la course à la succession à la quête de la rédemption. Non sans dommages collatéraux : pour avoir déclaré qu’« une gifle n’est jamais acceptable, mais elle n’est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours », semblant ainsi minimiser le geste de son camarade, c’est au tour de Manuel ­Bompard, autre dauphin potentiel de Mélenchon, de subir les répliques du séisme Quatennens.

26 septembre 2022

  • Anne-Charlotte Dusseaulx Arthur Nazaret

https://www.lejdd.fr/

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Violences sexistes : Julien Bayou démissionne de son poste de secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts

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25 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

réunification (fr3)

reunification

A Saint-Nazaire, manifestation pour une Bretagne réunifiée

La manifestation pour la réunification de la Bretagne a regroupé 500 personnes à Sain-Nazaire

Sur le port de Saint-Nazaire, les militants de l’association « Bretagne Réunie » et du Parti Breton ont rassemblé plus de 500 manifestants pour la réunification de la Bretagne. Ils espèrent la tenue prochaine d’une consultation sur les 5 départements

Après Redon l’année passée, les partisans de la Bretagne réunifiée se sont donnés rendez-vous à Saint-Nazaire pour marcher sous un même mot d’ordre : « la Loire-Atlantique dans la Bretagne ».

Rassemblement festif et politique

Le quartier du petit-Maroc, au bord de l’estuaire de la Loire, a pris des accents bretons cet après-midi. Stands bretons, bière bretonne et galettes saucisses au programme, de quoi occuper les manifestants en attendant les soutiens partis des Côtes d’Armor, du Finistère, du Morbihan et d’Ille-et-Vilaine. Les militants de « Bretagne Réunie » résidants en Loire-Atlantique étaient également présents avec des bretons de Nantes, de Pornic, du Pays de Retz, du Pays de la Mée (nord 44).

Le cortège de plus de 500 personnes s’est mis en marche aux couleurs du Gwen ha du et des sonneurs. Pancartes, banderoles, couvre chefs et autres badges, tout allait dans un seul sens : « le 44 en Bretagne »..

105 000 signatures pour le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne

L’association a déjà réuni 105 000 signatures en faveur du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne et les responsables de « Bretagne Réunie » soutenus par le Parti Breton réclament une consultation à réaliser dans un cadre législatif avec un groupe de parlementaires trans-partisans. Selon l’association qui ne veut pas voir ce débat se banaliser : « on ne touche pas à l’identité d’une population sur un territoire donné ».

Le député des Côtes d’Armor Marc Le Fur, pourtant annoncé, n’était pas présent. Seule la vice-présidente de Nantes Métropole Aziliz Gouez a pris part à cette journée d’action. Elle appuie : « Le Pays nantais est un territoire breton depuis plus de 1 000 ans. Il correspond à l’actuel département de la Loire-Atlantique. » 

L’association se dit « contre la disparition programmée de la Bretagne dans un Grand Ouest totalement artificiel et inefficace ».

Pour le Parti Breton, également partie prenante de la manifestation il faut « obliger les partis politiques et les élus à se positionner et à s’engager sur la question. »

24/09/2022
Sarra Ben Chérifa, Elodie Soulard et Christophe François

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25 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

ukraine (le huff’)

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Guerre en Ukraine : des Tatars de Crimée aux opposants politiques, la mobilisation russe ne frappe pas au hasard

Des manifestants, parfois encore étudiants, ont reçu une convocation après leur interpellation pour manifestation contre la mobilisation des réservistes.

La guerre ou la prison pour se débarrasser des contestataires et des membres de minorités. Vladimir Poutine a annoncé cette semaine la mobilisation partielle des réservistes pour aller combattre en Ukraine et, face à la fuite à l’étranger de nombreux Russes, signé ce samedi 24 septembre des amendements prévoyant jusqu’à 10 ans de prison pour les militaires qui désertent ou refusent de combattre.

L’ordre de mobilisation concerne 300 000 personnes, le Kremlin comme le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, ayant assuré qu’aucun étudiant ne serait appelé et que les forces russes privilégieraient les réservistes ayant des compétences précises ou une expérience militaire. Mais dans les faits, les personnes appelées sont parfois loin de correspondre à ce profil.

« Demain tu pars à la guerre »

Selon l’ONG russe OVD-Info, plusieurs participants à des actions de protestation contre la mobilisation, notamment à Moscou, auraient reçu des « convocations au bureau d’enregis-trement et d’enrôlement militaire » à l’issue de leur détention. C’est ce qui est notamment arrivé à Mikhaïl, un musicien de 29 ans. Quelques heures après que Vladimir Poutine a annoncé mercredi la mobilisation de 300 000 hommes et femmes, il est allé protester sur l’avenue Arbat. Comme quelque 1 300 autres personnes à travers le pays, ce jour-là, il a été arrêté.

« Je m’attendais aux [procédures] habituelles : l’arrestation, le poste de police, le tribunal », raconte le jeune homme, joint jeudi au téléphone par l’AFP. « Mais s’entendre dire : ’Demain tu pars à la guerre’, (…) ça, c’était une surprise. » Il est loin d’être le seul à avoir vécu cette expérience. Après avoir été interpellé à ce sujet par un journaliste, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a jugé qu’il n’y avait là rien d’« illégal ».

Mikhaïl Souetine raconte qu’après son arrestation, les policiers l’ont conduit dans une pièce à part où ils ont voulu lui faire signer une convocation à se rendre dans un centre de mobilisation de l’armée. « « Soit tu signes ça, soit tu passeras dix ans prison » », l’ont-ils menacé, assure cet opposant à l’offensive.

Mikhaïl Souetine a refusé de signer la convocation, sur les conseils de son avocat. Et comme les amendements relatifs à la mobilisation n’étaient pas encore entrés en vigueur, il a été remis en liberté jeudi à 5h du matin. Cependant, les policiers l’ont prévenu que le puissant Comité d’enquête de Russie, chargé des investigations criminelles les plus importantes, serait informé de son refus et qu’il allait au-devant de « gros problèmes ».

18 ans, étudiant et mobilisé pour la guerre

Parmi les manifestants se trouvaient aussi des étudiants, dont certains ont aussi été convoqués, contrairement aux affirmations du régime de Poutine. Andreï, qui a fêté ses 18 ans la semaine dernière, était lui aussi allé manifester mercredi à Moscou. Il a été arrêté et s’est vu lui aussi présenter une convocation pour être mobilisé. Mais contrairement à Mikhaïl Souetine, l’adolescent a signé sous la « menace » le document, dont l’AFP a pu examiner une copie.

« C’était clair que je ne pouvais pas m’enfuir (…) J’ai regardé autour de moi et j’ai décidé de ne pas résister », dit-il. « Malheureusement, j’ai signé. » Pourtant, Andreï vient de commencer ses études à l’université. « Comme on dit ici, la Russie est un pays où l’ordre du possible est infini », remarque amèrement l’intéressé. Andreï, qui cherche encore un avocat, a finalement décidé de ne pas se rendre au bureau de mobilisation à l’heure dite, 10h jeudi. Et il ne sait pas quelles seront les conséquences.

Le peuple tatar ciblé par Poutine

Autre preuve que Vladimir Poutine se sert de la mobilisation pour se débarrasser de ceux qu’il estime gênant : le taux de Tatars de Crimée ayant reçu une convocation. Selon l’ONG SOS Crimée, citée par Franceinfo, la mobilisation générale vise très largement des membres cette minorité dans la région annexée par la Russie depuis 2014.

Selon eux, 90 % des ordres de mobilisation en Crimée ont été reçus par des Tatars, alors qu’ils ne représentent pas plus de 15 % de la population. « Une telle ampleur de la mobilisation peut conduire à un génocide caché du peuple tatar de Crimée », a dénoncé leur représentant, Yevgeny Yaroshenko.

Vendredi soir, dans son allocution quotidienne, Volodymyr Zelensky a lui aussi affirmé qu’en Crimée, « il y a des tentatives pour trouver et mobiliser autant d’hommes que possible », notamment parmi la minorité tatare. Il s’est ainsi adressé « à tous nos habitants dans le territoire temporairement occupé » pour les appeler à « faire l’essentiel » : « Sauvez vos vies et aidez-nous à affaiblir et à détruire les occupants. Cachez-vous de la mobilisation russe par tous les moyens. Évitez les lettres de conscription. Essayez de vous rendre sur le territoire libre de l’Ukraine », leur a-t-il dit.

Si échapper à l’enrôlement est impossible, « sabotez toute activité de l’ennemi, entravez toute opération russe, fournissez-nous toute information importante sur les occupants ».

Des preuves difficiles à recueillir

Mais les Tatars de Crimée ne sont pas la seule minorité concernée, même si les preuves sont difficiles à recueillir. « L’appel tombe le plus durement sur les communautés déjà les plus durement touchées par la guerre, en particulier les minorités ethniques », pointe le chercheur britannique Sam Green sur Twitter.

Le spécialiste souligne en particulier le cas des habitants du Daghestan, dans le Caucase, ou encore de la minorité iakoute en Sibérie. Le média d’opposition en langue russe et anglaise Meduza relate pour sa part la mobilisation accrue des réservistes en Bouriatie, région très pauvre à l’extrémité orientale de la Sibérie.

« Le racisme et le classisme font partie du processus. Les guerres sont presque toujours menées par les exclus, les marginalisés et les pauvres au nom des puissants — et la Russie ne fait pas exception à cet égard », souligne Sam Green.

OLGA MALTSEVA

https://www.huffingtonpost.fr/

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25 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

italie (médiapart)

Migrants Ital

Italie : derrière le triomphe annoncé de l’extrême droite, des élections aux multiples enjeux

Dimanche, les Italiens votent pour renouveler leur Parlement. Une élection décisive qui conclut une campagne morne mais pourrait porter l’extrême droite au pouvoir. Tour d’horizon des programmes et des enjeux.

Le dimanche 25 septembre 2022, les Italiens sont appelés à voter. Une élection importante pour la péninsule et pour l’Europe avec l’arrivée annoncée à la présidence du Conseil de la cheffe de file du parti néofasciste Fratelli d’Italia, Giorgia Meloni. Mais le processus des élections est complexe et les conditions de cette campagne ont été très particulières. Voici un tour d’horizon du fonctionnement et des enjeux du scrutin.

Pourquoi vote-t-on encore en Italie ?

La dernière élection générale en Italie a eu lieu en mars 2018 et la prochaine était prévue pour le printemps 2023. À l’issue des dernières élections, aucune majorité claire n’a émergé. Le Mouvement Cinq Étoiles (M5S) est le premier parti du pays mais ne peut gouverner seul. Une alliance se met alors en place avec la Ligue (Lega) de Matteo Salvini sous la direction de Giuseppe Conte, un avocat qui va devenir chef du M5S.

Cette coalition tombe en août 2019 et un deuxième gouvernement Conte est mis en place autour d’une alliance entre le M5S et la gauche. Mais en février 2021, le parti de l’ancien chef du gouvernement Matteo Renzi fait tomber Conte, qui est remplacé par Mario Draghi.

L’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), qui bénéficie d’une grande popularité, dirige alors une coalition formée de l’ensemble des partis du Parlement, à l’exception de Fratelli d’Italia à l’extrême droite et du parti de gauche. Mais le 14 juillet 2022, le M5S, qui cherche à redéfinir son positionnement politique, quitte la coalition en refusant de voter pour le nouveau plan d’aide contre l’inflation, provoquant la démission de Mario Draghi. Le président de la République lui demande de solliciter la confiance des assemblées.

Le 21 juillet, au Sénat, le gouvernement Draghi obtient la majorité relative, sans les voix du M5S et de la Ligue. En conséquence, il décide de confirmer sa démission, provoquant la dissolution du Parlement et de nouvelles élections.

Quatre élections en une

Entre 8 et 23 heures, ce dimanche, 51 442 983 électeurs italiens, y compris 4 987 898 résidents à l’étranger, sont appelés à renouveler le Parlement composé de la Chambre des députés et du Sénat. Après la décision de réduire le nombre d’élus, 400 députés et 200 sénateurs sont à élire.

Le système électoral est complexe et mêle des élections uninominales à un tour pour un tiers des élus et des élections de liste à la proportionnelle pour les deux tiers restants.

L’électeur aura à sa disposition deux bulletins, un pour la Chambre et l’autre pour le Sénat. Ces deux bulletins se divisent chacun en deux colonnes : une pour l’élection uninominale, l’autre pour le scrutin de liste.

Il peut cocher seulement le nom du candidat à l’uninominal et son vote est alors transmis à l’ensemble des listes constituant la coalition soutenant ce candidat. Il peut cocher une liste seulement, et son vote va automatiquement au candidat soutenu par cette liste. Enfin, il peut cocher le nom et choisir un parti précis au scrutin de liste dans la coalition qui le soutient.

Le vote est bloqué. Tout bulletin où l’électeur aura coché le nom d’un candidat à l’uninominal et, parallèlement, un parti d’une liste qui ne soutient pas ce candidat sera considéré comme nul. En revanche, on peut distinguer les votes entre Chambre et Sénat.

En Italie, le gouvernement doit obtenir la confiance des deux chambres (article 94 de la Constitution). Les circonscriptions sont différentes dans les deux chambres, tant pour le scrutin uninominal que pour le scrutin de liste. Mais la principale différence réside dans le niveau de répartition à la proportionnelle des listes : national pour la Chambre, régional pour le Sénat.

Une campagne courte, difficile et jouée d’avance ?

La campagne n’a pas passionné les foules en Italie. Elle a été extrêmement courte dans la mesure où elle a été impossible en août, mois par excellence des vacances. La réduction du nombre de parlementaires et les changements de circonscription ont rendu plus difficiles les actions de terrain. La campagne s’est donc jouée principalement dans les grands médias et sur les réseaux sociaux.

Le grand thème de la campagne a été la vie chère et l’inflation. Les Italiens sont profondément inquiets de la hausse des prix et de la récession à venir. Les partis ont multiplié les intentions, sans toutefois convaincre. La tentative d’une partie de la gauche de mettre en place une alerte sur le retour du fascisme n’a pas réellement pris dans l’opinion et a même été jugée par certains, notamment au Mouvement Cinq Étoiles, comme contre-productive. De son côté, la droite a dénoncé ces accusations comme « absurdes ». Globalement, l’intérêt pour la campagne a été très réduit.

La campagne a aussi été marquée par une forme de certitude. Le système électoral semble en effet devoir donner sans difficulté la majorité absolue à la droite, dans la mesure où la très grande majorité des circonscriptions uninominales lui semble acquise, compte tenu de la division des oppositions.

Pour toutes ces raisons, un des points qu’il faudra surveiller lors du scrutin sera l’abstention. Elle s’annonce très forte, parfois donnée à 40 %. C’est un chiffre qui serait historiquement élevé dans un pays où l’on vote traditionnellement beaucoup. En 2018, l’abstention était de 27 %, ce qui était le niveau le plus élevé de l’après-guerre.

Un « centre-droit » très à droite

Le paysage politique italien s’organise autour de quatre grandes forces politiques. La première est le « centre-droit », un terme trompeur forgé par Silvio Berlusconi et ses alliés dans les années 1990 pour dissimuler l’intégration dans la coalition de droite des néofascistes – à l’époque l’Alliance nationale (AN) de Gianfranco Fini – et de la Ligue – à l’époque Ligue du Nord.

Cette coalition regroupe aujourd’hui les mêmes composantes, avec un glissement à droite certain. L’alliance présente partout des candidats communs aux scrutins uninominaux et s’est mise d’accord sur un candidat commun à la présidence du Conseil, celui du parti arrivé en tête au scrutin de liste national. Mais les programmes sont parfois différents.

Si Forza Italia (FI) est toujours présent, il est très affaibli et devrait obtenir moins de 10 % des voix. C’est un parti désormais focalisé sur les milieux d’affaires et une partie des artisans et des petits patrons. Son programme est celui d’une droite européenne et néolibérale classique, mais il est surtout centré sur la personnalité de Silvio Berlusconi.

À 85 ans, l’ancien président du Conseil, de 1994 à 1995, de 2001 à 2006 et de 2008 à 2011, a mené une campagne très personnelle, notamment sur le réseau social TikTok, où il a multiplié les sorties burlesques, tuant là une mouche en direct, invitant ici les femmes « dont il a toujours recherché l’amour » à voter pour lui.

Le deuxième larron de la coalition, c’est la Ligue de Matteo Salvini. Ce dernier a transformé l’ancien parti autonomiste d’Umberto Bossi en un parti d’extrême droite national. Son programme reste obsédé par les arrêts des « débarquements de migrants » et par la lutte contre l’insécurité. Sur le plan fiscal, sa grande idée, agitée depuis longtemps, est la flat tax, un taux unique de 15 % pour l’impôt sur le revenu. Depuis le début de la crise énergétique, la Ligue est devenue favorable au nucléaire, position partagée par ses alliés de droite.

Depuis 2017, le parti a abandonné sa volonté de sortir de l’euro et l’a remplacée par l’idée vague d’une plus grande autonomie des États dans l’Union européenne (UE). La Ligue est soupçonnée depuis des années de liens financiers avec la Russie, qu’elle a toujours niés, mais elle s’est retrouvée à nouveau dans la tourmente lors de la parution aux États-Unis d’un document sur le financement russe des partis politiques européens. En revanche, durant la campagne, Matteo Salvini a critiqué l’efficacité des sanctions contre la Russie et leur impact sur l’inflation en Italie.

Aujourd’hui, la Ligue, qui est un des plus anciens partis politiques d’Italie, est en perte de vitesse, y compris dans ses bastions du Nord. Sa participation au gouvernement Conte en 2018 puis son soutien au gouvernement Draghi lui ont coûté son image d’alternative et de force d’opposition.

Cette image est aujourd’hui reprise par Fratelli d’Italia (FdI), dirigé par Giorgia Meloni, 45 ans. Initialement issu de ceux qui, parmi les néofascistes, refusaient le caractère modéré de l’Alliance nationale, ce parti bénéficie de son refus de soutenir le gouvernement Draghi en 2021, ce qui lui permet de se présenter comme une force d’opposition. FdI s’est beaucoup efforcé de polir son image en simple parti conservateur, mais il reste très fortement ancré dans la tradition néofasciste.

Fratelli d’Italia a ainsi conservé sur son logo la flamme tricolore du parti néofasciste MSI (qui a aussi inspiré la flamme du Front national) et ses prises de position en font un parti clairement situé à l’extrême droite. On y trouve ainsi une obsession de la défense et de la glorification de l’identité nationale italienne et de la politique familiale.

Outre des soutiens fiscaux aux familles, FdI entend ainsi réformer le droit à l’avortement pour le durcir (officiellement pour « donner plus de choix aux femmes »), dans un pays où ce droit est déjà minimal. Le programme de ce parti entend aussi lutter contre les « déviances » qui frappent la jeunesse, et qui vont de l’alcoolisme à l’obésité, en passant par les jeux de hasard. Cette lutte passera par « le sport et la culture », dans une tradition qui n’est pas sans rappeler la vision fasciste de la jeunesse.

Sur le plan économique, FdI défend le « made in Italy » par la baisse des impôts de production. Une politique néolibérale classique (qui participe d’ailleurs de sa banalisation) à laquelle s’ajoute l’habituelle amnistie fiscale. Un des points d’interrogation souvent avancés est l’engagement européen de Fratelli d’Italia.

Giorgia Meloni prétend certes vouloir réviser le plan national de relance et de résilience (PNRR) européen, mais elle se prétend désormais attachée à l’UE et a affiché un soutien sans faille à l’Ukraine et à l’Otan. Son modèle semble se situer entre la Pologne et la Hongrie.

Fratelli d’Italia est actuellement donné en tête de la coalition dans les intentions de vote, ce qui amènerait Giorgia Meloni au Palais Chigi, le Matignon italien. Mais la fin de campagne a vu se multiplier les tensions avec Silvio Berlusconi et Matteo Salvini, l’enjeu étant le rapport de force interne à la coalition.

Le centre-droit est aussi constitué de plus petites formations centristes regroupées sous l’expression de « Noi, moderati » (« Nous, les modérés ») et dans l’Union démocratique du centre (UDC), une des anciennes structures issues de la Démocratie chrétienne.

Le centre-gauche peu convaincant

Le principal opposant à la coalition de droite est la coalition menée par le Parti démocrate (PD). Le PD est le lointain héritier du Parti communiste italien (PCI), dont il conserve certaines places fortes en Toscane ou en Émilie-Romagne, mais son positionnement est désormais beaucoup plus au centre. Il est dirigé par Enrico Letta, qui a été président du Conseil en 2013 avant d’être renversé par un coup d’État interne mené par Matteo Renzi.

Comme beaucoup de partis sociaux-démocrates en Europe, le PD a mené de nombreuses réformes néolibérales en Italie et a soutenu les gouvernements « techniques » du pays chargés, comme le gouvernement Monti, de mettre en place les réformes structurelles. La dernière réforme du marché du travail, le Jobs Act, a ainsi été appliquée sous sa direction en 2014. Ce positionnement lui a aliéné une partie de l’électorat populaire qui a cédé aux sirènes de la droite, notamment dans le Nord, ou du M5S, plutôt dans le Sud.

Dans cette campagne, Enrico Letta a tenté de renouer avec un discours un peu plus à gauche, notamment en défendant un blocage des prix de l’énergie ou en voulant « dépasser » le Jobs Act. Mais tout cela est resté assez modéré et flou. Sur le salaire minimum, qui n’existe pas en Italie, le programme du PD est par exemple celui d’accords collectifs.

En fait, le PD est resté coincé dans une alliance très large, plutôt fourre-tout, où l’on retrouve les centristes de +Europa d’Emma Bonnino, ancien soutien de Mario Monti, et la scission centriste du M5S d’Impegno Civico (« Engagement citoyen ») du ministre des affaires étrangères Luigi Di Maio.

En parallèle, la coalition intègre l’alliance entre la Gauche italienne (Sinistra Italiana, SI) et les Verts, qui n’ont pas soutenu le gouvernement Draghi et défendent un programme beaucoup plus à gauche (notamment un salaire minimum national et l’indexation des salaires).

Globalement, Enrico Letta ne semble pas avoir convaincu dans cette campagne et s’il pouvait mener la coalition principale de l’opposition, cela sera insuffisant pour poser problème à la coalition de droite.

Le Mouvement Cinq Étoiles va decrescendo

La grande erreur d’Enrico Letta a été de ne pas pouvoir élargir cette coalition de façon suffisante. Il a d’emblée refusé toute alliance avec le Mouvement Cinq Étoiles de Giuseppe Conte, sous prétexte que ce dernier avait provoqué la chute du gouvernement Draghi.

Le M5S est donc parti seul dans cette campagne. Sa participation au gouvernement, ses divisions internes, ses incertitudes sur son positionnement ont beaucoup affaibli le parti, qui ne pourra plus renouveler l’exploit de 2018, où il avait obtenu 32 % des voix.

Pour autant, le M5S ne s’effondre pas et pourrait obtenir près de 15 % des voix, ôtant à la coalition de gauche les moyens de venir s’opposer directement à la droite. Giuseppe Conte est assez populaire et a fait une bonne campagne, notamment dans le sud du pays, où le M5S avait fait ses meilleurs scores en 2018. Il semblait, en fin de campagne, que le parti remontait.

Jadis « ni de droite, ni de gauche », le parti fondé par le comique Beppe Grillo revendique désormais un positionnement à gauche et dans le domaine de l’écologie. Le M5S défend ainsi un salaire minimum national, la lutte contre le précariat, la baisse du temps de travail et des investissements publics.

Un de ces points principaux dans la campagne a été la défense du « revenu citoyen », une forme de RSA dont il est à l’origine. Ce revenu est dans la ligne de mire de la droite, qui veut le supprimer ou le limiter, et du centre, qui veut le rendre conditionnel à une formation ou à un emploi.

Les centristes dans la lignée de Draghi

L’autre allié potentiel du PD était ce que les Italiens appellent le Terzo Polo (TP, « Troisième Pôle »), constitué de deux principaux partis : Italia Viva, de Mateo Renzi, et Azione, de Carlo Calenda. Le premier est l’ancien président du Conseil et leader du PD de 2014 à 2016. Il a depuis créé son propre parti sur une ligne néolibérale.

Carlo Calenda, ancien cadre de Ferrari, puis proche de Mario Monti, a de son côté été ministre du développement économique d’Enrico Letta et Matteo Renzi de 2013 à 2016. Il a aussi fondé son propre parti et défend régulièrement ses idées dans des livres à succès.

L’alliance de ces formations avec le PD a été un temps signée, avant que, finalement, le pacte ne soit rompu sous prétexte de l’intégration de Sinistra Italiana dans la coalition. Mais, en réalité, pour les centristes, l’alliance de centre-gauche n’ayant aucune chance de gagner, il semblait plus intéressant en termes électoraux de faire campagne seuls.

La campagne du Terzo Polo s’est centrée sur la poursuite de l’expérience Draghi. Les deux partis ne cachent pas leur volonté de rétablir Mario Draghi à la présidence du Conseil, même si ce dernier, à la différence de Mario Monti, refuse de faire campagne. L’essentiel du programme est proche de ce qu’est celui d’Emmanuel Macron en France : baisse des impôts, conditionnalité du revenu de citoyenneté, soutien au nucléaire, renforcement du pouvoir des experts, soutien à « l’innovation ».

Sur le salaire minimum, son introduction devra être négociée par les partenaires sociaux, tandis que le Terzo Polo défend l’idée d’une personnalisation accrue du président du Conseil, qui serait directement élu.

Ces positions, qui se présentent comme « modernistes », séduisent un électorat urbain et bourgeois mais peinent à s’implanter. Le score qui leur est promis est proche de ce qu’avait obtenu Mario Monti en 2013 (8,6 % des voix).

Pour les petits partis, une place au Parlement pas garantie

Pour obtenir une représentation au Parlement, il faut obtenir au moins 3 % des voix au niveau national. La marche sera haute pour les 13 petits partis qui se présentent aux voix des Italiens. Parmi eux, on peut citer Italia Sovrana e Popolare (ISP, « Italie souveraine et populaire »), parti anti-européen, prorusse et antivax, mais aussi Italexit, sorte d’UPR locale, qui demande la sortie de l’Italie de la zone euro et de l’UE.

À gauche, on trouve l’Union Popolare (UP, « Union populaire »), une alliance de l’ancien Potere al Popolo ! (PaP, « Le Pouvoir au peuple ! »), qui avait obtenu en 2018 1,13 % des voix, avec le Partito della Rifondazione Comunista (PRC, « Parti de la refondation communiste »), parti historique de la gauche issu de la scission du PCI refusant le tournant du parti.

Dirigée par l’ancien maire de Naples Luigi de Magistris, cette coalition porte la voix d’une gauche plus radicale que celle de la coalition dirigée par le PD, avec des positions qui ne sont pas sans ressembler à celles de La France insoumise (l’UP a d’ailleurs reçu le soutien de Jean-Luc Mélenchon).

Dans son programme, l’Union populaire, qui a mené une campagne de terrain très active, défend le gel du prix de l’énergie, des nationalisations, un salaire minimum de 1 600 euros par mois, l’indexation des salaires et des pensions sur l’inflation, l’abolition du Jobs Act, la défense des services publics et des droits civiques, une politique écologique ambitieuse sans le nucléaire et la lutte contre la mafia.

L’UP a une force, la présence de Luigi de Magistris, qui est assez populaire et connu, et qui n’avait pas participé à la campagne de 2018, mais elle a un problème tant la gauche italienne est peu présente dans le débat public, où dominent les idées néolibérales. Par ailleurs, l’Union populaire subit la concurrence du M5S sur certains sujets.

Et après ?

Après les élections, le président de la République Sergio Matarella aura pour tâche de nommer un nouveau président du Conseil qui devra obtenir la confiance de la Chambre et du Sénat. Même s’il s’est défendu de tout « automatisme », il semble impossible pour lui de refuser de nommer le ou la leader du parti de la coalition majoritaire, sous peine de déclencher une crise politique dont il sortirait affaibli.

Il y a donc fort à parier que Giorgia Meloni deviendra la première présidente du Conseil de l’histoire italienne. Reste ensuite à savoir quels seront les rapports de force internes à la coalition. Matteo Salvini, qui s’est longtemps vu premier ministre, acceptera-t-il de rester dans l’ombre ? Si la défaite de la Ligue est lourde, notamment dans le Nord, sa stratégie, menée depuis 2011, sera-t-elle remise en cause en interne ? Et, compte tenu des divergences entre FdI, FI et la Ligue, la coalition tiendra-t-elle pendant cinq ans ?

Une autre incertitude réside dans les relations de cette coalition avec l’Union européenne. Mais, comme on l’a vu, sur les sujets économiques et géopolitiques, les néofascistes se sont efforcés d’être très compatibles avec la ligne dominante. Dans Le Monde du 22 septembre, la secrétaire d’État française à l’Europe, Laurence Boone, a ainsi indiqué que « sur l’essentiel des sujets, nous sommes plus ou moins alignés avec Giorgia Meloni ».

Il n’en reste pas moins que si la campagne n’a guère porté sur la question du retour du fascisme au pouvoir mais plutôt sur la vie chère, la prise du pouvoir par Fratelli d’Italia pourrait marquer une rupture dans la société italienne avec des mesures autoritaires et réactionnaires.

Romaric Godin 24 septembre 2022

https://www.mediapart.fr/

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21 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

bayou (jdd le-temps)

feminisme

Violences sexistes : Julien Bayou se retire de la co-présidence du groupe écologiste à l’Assemblée

Le secrétaire national d’EELV, Julien Bayou, s’est mis en retrait de co-présidence du groupe écologiste à l’Assemblée nationale après que la députée Sandrine Rousseau l’a accusé de « comportements de nature à briser la santé morale des femmes ».

Julien Bayou est dans la tourmente depuis qu’il est accusé de violences commises sur son ex-compagne en juillet dernier. Et l’affaire est revenue, depuis lundi, en pleine figure du secrétaire national du parti Europe Écologie-les Verts (EELV). À l’issue d’une réunion à l’Assemblée à laquelle participaient notamment 23 députés écologistes, il a été convenu que Julien Bayou se mette en retrait de la co-présidence du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, rapporte franceinfo  ce mardi. Et ce, le temps que l’enquête de la Cellule d’enquête et de sanction sur le harcèlement et les violences sexuelles et sexistes du parti écologiste soit menée.

Les accusations de Sandrine Rousseau 

La veille, la députée écologiste Sandrine Rousseau était invitée dans l’émission C à vous sur France 5 . Celle qui se décrit comme éco-féministe a confié avoir reçu une ex-compagne de Julien Bayou, accusant ainsi son collègue sur le plateau de « comportements de nature à briser la santé morale des femmes ». Mais selon Sandrine Rousseau, « elles sont manifestement plusieurs », même si elle n’a « entendu qu’un seul témoignage ».

Julien Bayou a donc préféré renoncer à sa fonction de co-président du groupe EELV à l’Assemblée, laissant la charge à sa collègue, Cyrielle Châtelain, qui assurera seule la direction des députés à l’hémicycle. La figure écologiste restera toutefois secrétaire national du parti jusqu’au congrès, informe franceinfo.

La cellule pourrait « décider de mesures conservatoires »

Après les accusations contre Julien Bayou, EELV s’est dit « pleinement mobilisé dans la lutte contre les violences faites aux femmes », rappelant s’être équipé « d’une cellule d’écoute dès 2016 puis d’une cellule d’enquête et de sanction sur le harcèlement et les violences sexuelles et sexistes début 2017 », relate franceinfo.

Le parti a encore indiqué que sa cellule « travaille à son rythme et avec pour seul souci la recherche de la vérité ». Avant de prévenir : « Selon l’urgence et la gravité des faits reprochés, elle peut décider de mesures conservatoires. » Enfin, EELV a informé qu’un audit sur son fonctionnement sera effectué « au mois de février 2023 ».

20 septembre 2022 Marianne Lecach

https://www.lejdd.fr/

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20 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

pcf (jdd)

anarchie

Pourquoi les camarades de Fabien Roussel voient rouge

Le monde du travail a trouvé son défenseur : Fabien Roussel. Une semaine après le début de ses déclarations qui n’ont pas fait l’unanimité à gauche, les proches du communiste reconnaissent qu’il a un peu « mordu le trait ». Pour autant, ils continuent de rêver d’un monde « où chacun a un emploi ».

C’est peu dire que la sortie était soigneusement préparée. ­Vendredi 9 septembre, au premier jour de la Fête de l’Humanité, Fabien Roussel passe de table en table sous le barnum où sont conviés les journalistes. Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF) répète que la gauche « doit défendre le travail et le salaire et ne pas être la gauche des allocations et des minima sociaux . « Je ne suis pas pour une France du RSA et du ­chômage », insiste le député du Nord. De quoi faire un carton plein… contre lui chez ses alliés de la ­Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes).

Mais Roussel persiste et signe. Si l’un de ses proches reconnaît que le communiste « a un peu mordu le trait », l’intéressé, lui, se réjouit. « Je ne regrette surtout pas d’avoir ouvert ce débat », a-t-il assumé jeudi lors des journées parlementaires du PCF à Moulins (Allier). Certains élus de la Nupes l’accusent de « reprendre des mots de droite » ? Le porte-parole du PCF, Ian Brossat, monte au créneau : « Je conteste radicalement l’idée que la défense du travail serait de droite, c’est historiquement un combat de gauche ! » Dans son livre Ma France, paru il y a un an (Le Cherche Midi), Roussel voulait déjà que le PCF « redevienne le parti du monde du travail ». Le revenu universel, pas question : place à « l’ambition plus grande d’une société où chacun a un emploi », résume Ian Brossat.

Une position qui agace parfois jusqu’au sein du PCF

Au parti, quelques voix dissonantes se font entendre. « Je ne suis pas certain que l’enjeu soit de se distinguer pour exister à tout prix, mais plutôt de répondre à la crise majeure qu’on vit », lâche le député PCF Sébastien Jumel, proche de La France insoumise.

« Au contraire, il faudra combattre ensemble, salariés, précaires et chômeurs, la réforme de l’assurance chômage qui vise à baisser les allocations pour faire accepter n’importe quel boulot à n’importe quel prix », tweete son collègue Stéphane Peu. « Il ne parle que de steak et de slip », se lamente un ex-dirigeant communiste. Un député Nupes appuie : « Roussel, c’est un croisement de Georges Marchais et de Jean-Marie Bigard. »

Certes, les couteaux ne sont pas encore aiguisés : le congrès du PCF, prévu pour le premier week-end d’avril, est encore loin. Mais, entend-on ici et là, la ligne Roussel « n’est pas celle qui imprime » au sein du groupe à l’Assemblée nationale. Les prémisses d’une bataille interne ? « En 2018, il y a eu un putsch de ­Roussel contre Pierre Laurent, là il pourrait y avoir un autre putsch », espère une députée LFI. « Je n’ai aucune inquiétude sur le fait que Roussel soit majoritaire au congrès », tranche un dirigeant.

Chez les partenaires de la Nupes, tous sont montés au créneau pour contester l’idée que la gauche ne parlerait pas aux classes populaires rurales.

Le député socialiste Arthur Delaporte regrette que Roussel tienne « un discours qui maintient une forme de conservatisme, ce qui est un danger ».

Souvent associé au communiste sur la question des territoires ruraux, l’Insoumis François Ruffin a pris ses distances : « Opposer “la France qui bosse” à “la France des allocs”, ce n’est pas le combat de la gauche, ce ne sont pas mes mots. »

Mais Roussel a bien l’intention de les employer encore : il entamera le 3 octobre dans le Pas-de-Calais un tour de France pour répondre aux questions des Français, avec environ deux déplacements par mois. Jusqu’au congrès.

  19 septembre 2022  Anne-Charlotte Dusseaulx Arthur Nazaret

https://www.lejdd.fr

 

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