Archive | Médias, culture

18 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

où est steve? (le huff’)

[/youtube]

Lire la suite

17 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

urgences brest (fr3)

.

CHRU de Brest : un clip vidéo pour dénoncer les conditions de travail aux urgences

Le personnel des urgences du CHRU de la Cavale-Blanche de Brest (Finistère) a détourné, dans un clip vidéo, une chanson de Matmatah. Objectif : dénoncer les conditions de travail dans leur service.

« Urg’ an Dro », c’est le titre de la chanson qu’ils ont écrite, et cela vous évoque sans doute quelque chose. Le personnel soignant des urgences de la Cavale-Blanche de Brest-Carhaix (Finistère) a, en effet, détourné la célèbre « Lambé an Dro » de Matmatah, avec l’accord du groupe.

Dans la vidéo, 50 personnels soignants (infirmiers, aides-soignants, secrétaires, etc.) affichent clairement leur ras-le-bol. « Si t’as plus envie de poireauter, viens aux urgences manifester« , « Viens aux urgences, tu vas pleurer« , « Ce qu’il nous faut, c’est embaucher, ne pas nous culpabiliser« .

« On voulait vraiment que tout le monde puisse comprendre nos problématiques et ne pas forcer le trait plus qu’il ne l’est déjà« , affirme Morgan Barbi, aide-soignant aux urgences.

Un conflit qui dure

Cette chorégraphie mise en texte et en clip est une manière, pour le personnel, de mettre en lumière les revendications qu’ils clament depuis le 13 mai dernier. Ils dénoncent notamment le sous-effectif chronique qui a pu mener à des scènes de violence : le 10 juin, une patiente s’en était prise physiquement à des membres du personnel soignant.

« On nous parle de chiffres. Nous, on voudrait de l’humain. On veut pouvoir parler avec les gens. Pas juste arriver et dire : ‘Bonjour, prise de sang, échographie, bilan urinaire et au suivant !’ » regrette Erwan Troadec, infirmier aux urgences. Pour pallier ce problème, ils demandent « plus de lits d’hospitalisation, plus de personnel médical et paramédical. »

De son côté, la direction indique avoir mis en place des mesures, parmi lesquelles « l’ouverture de lits supplémentaires pour cet été« , selon Laurence Jullien-Flageul, coordinatrice des soins CHRU Brest.

Le reportage de Julien le Bot et Florence Malésieux

Baptiste Galmiche 17/07/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire la suite

09 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (lci)

Lire la suite

08 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

programmes (émancipation)

femme ecrivain

Portait trouvé dans l’oasis du Fayoum en Egypte

Place des femmes dans les programmes de Première : encore raté !

Le 4 avril, vient d’être publié au Bulletin Officiel , le programme national pour l’enseignement du français au lycée. Les œuvres au programme en classe de Première sont réparties en quatre thèmes : poésie, littérature des idées, roman, théâtre. Pour chaque thème, trois œuvres sont proposées, l’enseignant·e devant en choisir une par thème. Sur la liste des 12 œuvres, seules deux ont été écrites par des femmes. On est extrêmement loin de la parité.

De plus, pour aggraver la situation, les deux autrices, Madame de Lafayette et Marguerite Yourcenar, pour la voie générale et Madame de Lafayette et Nathalie Sarraute pour la voie technologique, sont “en compétition” parce qu’elles sont toutes les deux dans le même sujet d’étude, le roman.

Donc parmi les quatre œuvres que devront lire et étudier les élèves de Première, une seule au maximum aura été écrite par une femme et dans nombre de classes, il pourra n’y en avoir aucune.

Que veut-on nous faire croire ?

Qu’il est impossible de trouver des autrices de poésie, de théâtre ? Que la littérature d’idées est l’apanage des hommes ? De qui se moque-t-on ? C’est à croire que celles et ceux qui sont à l’origine de cette sélection d’œuvres, ont des préoccupations bien éloignées de l’égalité filles/garçons pourtant mise en avant par leur Ministère…

Marie de France, Olympes de Gouges, Virginia Woolf, Colette… du Moyen-Âge à nos jours, les femmes de lettres, en France et au-delà, sont très nombreuses ; le site Le deuxième texte (http://george2etexte.free.fr), plateforme web qui met à disposition des professeur·e·s une base de textes écrits tant par des femmes que par des hommes de la manière la plus exhaustive et paritaire possible, nous le confirme.

Il est plus que temps d’agir pour augmenter la visibilité des femmes et de leurs travaux dans tous les domaines, aussi bien littéraires, artistiques que scientifiques.

C’est dès l’âge de l’école et jusqu’à la fin du lycée qu’il faut battre en brèche les stéréotypes et les idées reçues. Les propos tenus par le ministère au sujet de l’égalité homme/femme, fille/garçon, ne feront pas bouger les lignes s’ils ne sont pas suivis d’actes concrets.

On en a malheureusement l’habitude et la montée au créneau pour affirmer nos exigences en matière d’égalité et de droits est d’autant plus nécessaire.

Joëlle dimanche 7 juillet 2019

http://www.emancipation.fr/

Commentaire:

Lire la suite

07 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

jean ziegler (thinkerview)

 

Lire la suite

07 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

john lennon (the red mole)

 john

Le journal de l’IMG (The Red Mole: la Taupe Rouge)

L’Interview perdue de John Lennon (1971)

Par Tariq Ali et Robin Blackburn

« On ne peut pas prendre le pouvoir sans lutter »

Tariq Ali : Ton dernier enregistrement, ainsi que tes déclarations publiques récentes — surtout l’interview que tu as donnée au magazine Rolling Stone — laissent penser que tes opinions politiques se radicalisent de plus en plus. Quand cela a-t-il commencé ?

John Lennon : Tu sais, je me suis toujours soucié de politique et j’ai toujours été contre le statut quo. C’est assez élémentaire lorsque tu as été élevé, comme moi, à haïr et à avoir peur de la police comme un ennemi naturel et de mépriser l’armée comme une chose qui emporte chaque personne et la laisse morte quelque part. Ce que je veux dire, c’est qu’il s’agit d’une chose naturelle dans la classe ouvrière, même si cela s’estompe lorsque tu vieillis, que tu fondes une famille et que tu es avalé par le système.

Mais, dans un sens, j’ai toujours été politisé. Dans les deux livres que j’ai écrits (même s’ils ont été écrits dans un charabia à la Joyce), je cogne pas mal sur la religion. Il y a aussi une scène entre un ouvrier et un capitaliste. Je fais la satire du système depuis mon enfance. J’avais l’habitude de rédiger des papiers à l’école et de les passer autour de moi.

J’étais très conscient de ma classe — certains diraient que j’étais amer — parce que je savais ce qui m’était arrivé et j’étais au courant de la répression de classe qui nous tombait dessus, c’était une putain de réalité, mais, avec l’ouragan que représentait le monde des Beatles, j’ai été épargné. Je me suis vraiment éloigné de la réalité pendant un bout de temps.

Tariq Ali : Selon toi, quelle fut la raison du succès de votre style musical ?

John Lennon : Et bien, à cette époque, on avait l’impression que les travailleurs avaient réussi à percer, mais rétrospectivement, je réalise que c’est le même contrat de dupe que celui qu’ils ont passé avec les Noirs : c’était juste comme s’ils avaient autorisé les Noirs à courir, à boxer ou à faire du spectacle. C’est le choix qu’ils vous permettent, à présent, le débouché est de devenir une pop-star et c’est ce que je dis dans mon album ‘Working Class Hero’. Ainsi que je l’ai déclaré à Rolling Stone, ce sont les mêmes qui sont au pouvoir et le système de classe n’a pas changé d’un iota.

Bien sûr, on voit plein de gens marcher dans la rue avec des cheveux longs et des gosses branchés de la classe moyenne dans de jolis vêtements. Mais rien n’a changé, à l’exception du fait que nous nous habillons tous un peu mieux, laissant les mêmes salopards tout diriger.

Robin Blackburn : Evidemment, la condition de classe est quelque chose à laquelle les groupes de rock américains ne se sont pas encore attaqués.

John Lennon : Parce que ce sont tous des bourgeois ou des membres de la classe moyenne et qu’ils ne veulent pas le montrer. Ils ont vraiment peur des ouvriers, parce qu’en Amérique, ces derniers se cramponnent à leurs biens et semblent vraiment très à droite. Mais si ces groupes de la classe moyenne réalisaient ce qui se passe (et ce que le système de classes a produit), il ne tiendrait qu’à eux de faire rapatrier les soldats et de sortir de toute cette merde bourgeoise.

Tariq Ali : Quand as-tu commencé à sortir du rôle que t’imposait le fait d’être l’un des Beatles ?

John Lennon : Même pendant l’âge d’or des Beatles, j’ai essayé, tout comme George, de m’y opposer. Nous sommes allés en Amérique plusieurs fois et Epstein essayait toujours de nous baratiner pour que nous ne parlions pas du Vietnam. Alors, arriva un moment où George et moi avons dit : ‘Ecoute, la prochaine fois qu’ils nous le demanderont, nous dirons que nous n’aimons pas cette guerre et que nous pensons qu’ils doivent se retirer’. Et c’est ce que nous avons fait. À ce moment-là, c’était une chose plutôt radicale à faire, surtout pour les ‘Fab Four’.

Mais tu dois garder en mémoire que je m’étais toujours senti refoulé. Nous avions tous une telle pression sur nous qu’il n’y avait pratiquement aucune chance pour que nous puissions nous exprimer. Surtout que nous travaillions à une telle cadence! Continuellement en tournée et toujours protégés dans un cocon fait de mythes et rêves.

C’est assez difficile lorsque tu es César et que tout le monde te dit que tu es merveilleux et qu’on te fait des tas de cadeaux et que tu peux avoir toutes les filles. Il est très difficile de s’en déta-cher, de dire : ‘Bon, je ne veux pas être le roi, je veux être réel’. Donc, d’une certaine façon, la deuxième chose politique que j’ai faite fut de dire ‘Les Beatles sont plus grands que Jésus’. Cela a vraiment fait scandale ; en Amérique, j’aurais pu me faire descendre pour ça. Ce fut un grand traumatisme pour tous les gosses qui nous suivaient. Jusqu’à cette époque, il y avait ce contrat tacite consistant à ne pas répondre aux questions embarrassantes. Pourtant, je lisais toujours les journaux. Tu sais, les articles politiques…

Etant conscient en permanence de ce qui se passait, je me sentais honteux de me taire. Je me suis emporté parce que je ne pouvais plus jouer à ce jeu. C’était trop pour moi. Bien sûr, aller en Amérique a fait monter la pression qui s’exerçait sur moi — surtout que ce pays était en guerre. Nous sommes devenus une sorte de cheval de Troie. Les ‘Fab Four’ se sont dirigés tout droit vers les sommets et puis ils ont chanté des chansons sur la drogue et le sexe et ensuite je me suis dirigé vers des trucs de plus en plus chargés et c’est à ce moment-là qu’on a commencé à nous laisser tomber.

Robin Blackburn : N’y avait-il pas là une double accusation sur ce que tu faisais depuis le tout début ?

John Lennon : Oui. En fait, la première chose que nous avons faite fut de proclamer au monde entier notre appartenance à Liverpool, et nous avons dit : ‘C’est très bien de venir de Liverpool et de parler de cette façon.’ Auparavant, tous ceux qui venaient de Liverpool et qui avaient réussi devaient perdre leur accent pour passer à la BBC. Ils n’étaient que des comédiens, mais c’est ce qui est sorti de Liverpool avant nous. Nous refusions de jouer à ce jeu-là. Après que les Beatles sont sortis au grand jour, tout le monde a commencé à prendre l’accent de Liverpool.

Tariq Ali : Dans un sens, pensais-tu même à la politique lorsque tu paraissais dénigrer la révolution ?

John Lennon : Ah! Oui ! ‘Revolution’ . Il y avait deux versions de cette chanson mais la gauche  ne garda que celle qui disait ‘ne comptez pas sur moi’ [‘count me out’]. La version originale qui clôturait le LP disait aussi ‘comptez sur moi’. J’y avais mis les deux parce que je n’étais pas sûr. Je pensais que je peignais en musique une image de la révolution, mais tu sais, je me suis trompé. Mon erreur : cela était anti-révolutionnaire !

Dans la version sortie en 45t, je disais ‘si vous parlez de destruction, ne comptez pas sur moi’. Je ne voulais pas me faire tuer. Je ne connaissais pas vraiment grand chose au sujet des maoïstes, mais je savais juste qu’ils semblaient être si peu nombreux. Tu sais, je pensais simplement que je n’étais pas subtil. Je pensais que les Communistes révolutionnaires originaux se coordonnaient un peu mieux et ne passaient pas leur temps à le clamer haut et fort à la ronde. Voilà ce que je ressentais, en réalité, je posais une question. En tant que personne issue de la classe ouvrière, la Russie et la Chine m’ont toujours intéressées, ainsi que tout ce qui rapportait à la classe ouvrière. Même si je jouais au jeu capitaliste.

À un moment j’étais tellement impliqué dans ces conneries religieuses que j’avais pris l’habitude de me promener en disant que j’étais un Communiste chrétien. Mais la religion est la légalisation de la folie. C’est la thérapie qui balaya tout cela et me fit ressentir ma propre souffrance.

Tariq Ali : Quel lien tout cela a-t-il avec ta musique ?

John Lennon : L’art n’est qu’un moyen d’exprimer la souffrance. Je veux dire que la raison qui pousse Yoko à faire des morceaux aussi barrés est que la souffrance qu’elle a endurée est d’une sorte aussi barrée.

Robin Blackburn : Beaucoup de chansons des Beatles parlaient de l’enfance…

John Lennon : Ouais ! Cela devait surtout être moi…

Robin Blackburn : Tu sais, même dans le passé, des gens prenaient des chansons des Beatles et changeaient leurs paroles. Par exemple, ‘Yellow Submarine’ avait un grand nombre de versions. Il y en avait une que les grévistes chantaient et qui commençait par : ‘We all live on bread and margarine’ [On n'a que du pain et de la margarine] ; à la LSE [London School of Economics], nous avions une version qui commençait pas ‘Nous vivons tous dans une LSE rouge’].

John Lennon : J’aime ça. Et j’aimais, au début, lorsque les foules dans les stades de foot chantaient ‘All together now’, en voilà une autre. Cela me fit aussi plaisir lorsque le mouvement américain reprit ‘Give peace a chance’ parce que je l’avais écrite avec vraiment cela dans la tête. J’espérais qu’au lieu de chanter ‘We shall overcome’, qui date de 1800 et des poussières, ils disposent d’une chanson contemporaine. Je ressentais comme une obligation, même alors, d’écrire une chanson que les gens chanteraient dans les pubs ou dans les manifs. Voilà pourquoi j’aimerais à présent composer des chansons pour la révolution …

Robin Blackburn : Nous n’avons que quelques chansons révolutionnaires et elles ont été composées au 19è siècle. Penses-tu qu’il y a quelque chose dans nos traditions musicales qui pourrait servir de support à des chansons révolutionnaires ?

John Lennon : Lorsque j’ai débuté, le rock’n'roll lui-même était une révolution essentielle pour les gens de ma génération et de ma condition. Nous avions besoin de quelque chose de bruyant et de clair pour échapper à toute l’insensibilité et à l’oppression qui nous étaient tombées dessus quand nous étions gosses.

Nous avions un peu conscience de commencer à être des américains artificiels. Mais nous avons étudié cette musique d’un peu plus près et nous avons découvert qu’elle était à moitié de la country blanche et à moitié du rhythm ‘n blues noir. La plupart des chansons venaient d’Europe et d’Afrique et à présent elles revenaient vers nous. Parmi les meilleures chansons de Bob Dylan, beaucoup d’entre elles venaient d’Ecosse, d’Irlande ou d’Angleterre. C’était une sorte d’échange culturel.

Pourtant, je dois admettre que pour moi les chansons les plus intéressantes étaient les chansons noires. Parce qu’elles étaient plus simples. Elles disaient en quelques sortes de vous bouger le cul, ou la bite, ce qui était vraiment une innovation. Et puis, il y a eu les chansons des paysans qui exprimaient surtout la souffrance dans laquelle ils se trouvaient. Comme ils ne pouvaient pas s’exprimer intellectuellement, ils devaient dire ce qui leur arrivait en très peu de mots. Et ensuite, il y a eu le blues de la ville qui parlait beaucoup de sexe et de bagarres.

Une grande partie de tout cela parlait d’eux-mêmes, mais c’est seulement ces dernières années qu’ils se sont exprimés totalement avec une ‘Puissance Black’ [Black Power], comme Edwin Starr qui faisait des disques guerriers. Avant cela, de nombreux chanteurs noirs continuaient d’être les victimes de ce problème de Dieu ; on entendait souvent ‘Dieu nous sauvera’. Mais les Noirs ont toujours chanté franchement et sur-le-champ leur souffrance et ils ont chanté aussi le sexe, ce qui fait que j’aime le rhythm ‘n blues.

Robin Blackburn : Tu dis que les musiques country et de la côte ouest sont dérivées de chansons populaires européennes. Mais ces chansons ne sont-elles pas plutôt épouvantables, parlant toutes de perdre et d’être vaincu ?

John Lennon : Lorsque nous étions gosses, nous étions tous contre ces chansons populaires parce qu’elles avaient tellement la teinte de la classe-moyenne. Ce n’étaient que les étudiants d’université avec leurs grandes écharpes et une pinte de bière à la main qui chantaient ces chansons populaires avec des voix prétentieuses: ‘J’ai travaillé dans une mine à Newcastle’ et toute cette merde.

Il y avait très peu de chanteurs folk, tu sais. Pourtant, j’aimais un peu Dominic Behan et il y avait quelques bons morceaux que l’on pouvait entendre à Liverpool. Vraiment à l’occasion, tu entendais à la radio ou la télé de très vieux enregistrements de véritables ouvriers d’Irlande ou d’ailleurs qui chantent ces chansons, et leur puissance est fantastique.

Mais la majeure partie de la musique folk, ce sont des gens avec des voix suaves qui essayent de maintenir en vie quelque chose de désuet et de mort. Tout cela est un peu gonflant, comme le ballet : un truc minoritaire qui est maintenu par un groupe minoritaire. La chanson populaire d’aujourd’hui est le rock’n'roll. Bien qu’il se trouve qu’il émane de l’Amérique, cela n’est pas très important en fin de compte parce que nous avons écrit notre propre musique et cela change tout. (…)

John Lennon : Il semble que toutes les révolutions se terminent dans le culte de la personnalité, même les Chinois semblent avoir besoin d’une figure paternelle. Je m’attends à ce que cela produise à Cuba, avec le Che et Fidel Castro.

Dans un communisme à l’occidentale, il nous faudrait créer une image quasi imaginaire des travailleurs eux-mêmes en tant que figure parentale. Mais ici, il y a un problème à ce sujet, tu sais. Toutes les révolutions se sont produites lorsqu’un Fidel ou un Marx ou un Lénine ou un autre, tous des intellectuels, ont été capables de convaincre les ouvriers.

Ils avaient réuni pas mal de monde et les ouvriers semblaient comprendre qu’ils vivaient dans un Etat répressif. Ici, ils ne se sont pas encore réveillés, ils croient toujours que la solution se trouve dans les voitures et les télés. On devrait essayer d’amener ces étudiants de gauche à parler avec les ouvriers, on devrait faire en sorte que les écoliers s’impliquent dans The Red Mole.

Tariq Ali : Le Parti Travailliste a introduit une politique d’immigration raciste, il a soutenu la guerre du Vietnam et il espérait introduire une nouvelle législation contre les syndicats.

John Lennon : Oui, j’ai pensé aussi à cela. Le fait de nous mettre au coin nous oblige à découvrir ce qui tombe sur la tête des autres personnes. Je n’arrête pas de lire le Morning Star [quotidien du PCGB] pour voir s’il y a de l’espoir, mais il semble qu’ils sont restés au 19è siècle. Ce journal semble être écrit pour des gauchistes marginaux d’âge mûr. Nous devrions essayer d’entrer en contact avec les jeunes travailleurs parce que c’est à cet âge-là que l’on est le plus idéaliste et que l’on a le moins peur.

D’une façon ou d’une autre les révolutionnaires doivent approcher les ouvriers car les ouvriers ne les approcheront pas. Mais il est difficile de savoir par où commencer ; nous essayons tous de fixer une rustine. Le problème, en ce qui me concerne, est que je suis devenu plus réel. Je me suis fortement éloigné de la classe-ouvrière — sais-tu qu’ils aiment Engelbert Humperdinck? À présent, ce sont les étudiants qui nous achètent, et c’est le problème. Aujourd’hui les Beatles sont quatre personnes séparées, nous n’avons pas l’impact que nous avions lorsque nous étions ensemble…

Robin Blackburn : À présent tu essaies de nager à contre-courant de la société bourgeoise, ce qui est beaucoup plus difficile.

John Lennon : Oui. Ils possèdent tous les journaux et ils contrôlent toute la distribution et la promotion. Lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait que Decca, Philips et EMI qui pouvaient vraiment vous produire un disque. Tu devais te farcir tout l’administratif pour entrer dans le studio d’enregistrement. Tu étais dans une telle position d’humilité que tu ne disposais pas de plus de 12 heures pour enregistrer tout un album, et c’est ce que nous avons fait à nos débuts.

Même encore aujourd’hui, c’est la même chose. Si tu es un artiste inconnu, tu seras content d’obtenir une heure en studio, nous sommes dans une hiérarchie et si tu n’as pas de tubes, on ne t’enregistre plus. Et ils contrôlent la distribution. Nous avons essayé de changer cela avec Apple mais au final nous avons été vaincus. Ils contrôlent toujours tout. EMI a tué notre album ‘Two Virgins’ parce qu’ils ne l’aimaient pas. Avec le dernier album, ils ont censuré les paroles de nos chansons imprimées sur la pochette. Putain ! C’est ridicule et hypocrite, ils doivent me laisser chanter mais ils n’osent pas vous laisser lire les paroles. Pure folie !

La seule chose est donc de leur parler directement, surtout aux jeunes travailleurs. Nous devons commencer par eux parce qu’ils savent qu’ils y sont confrontés. C’est pourquoi je parle d’école sur mon album. J’aimerais inciter les gens à casser la structure, à être désobéissants à l’école, à tirer la langue, à insulter l’autorité en permanence.

John Lennon : Je pense qu’ici, cela ne serait pas trop difficile de faire en sorte que la jeunesse se mette en marche. Il faudrait leur donner carte blanche pour attaquer les conseils municipaux ou pour détruire l’autorité scolaire, comme les étudiants qui brisent la répression dans les universités. Cela se passe déjà, mais il faut que les gens soient un peu plus unis.

Et les femmes sont aussi très importantes. Nous ne pouvons pas faire une révolution qui n’implique pas les femmes et les libère. La manière dont on vous enseigne la supériorité masculine est si subtile !

Cela m’a pris pas mal de temps pour réaliser que ma masculinité réduisait une partie de l’espace pour Yoko. Elle est une ardente libertaire et elle m’a très vite montré où je me trompais, même s’il me semblait que j’agissais naturellement. Voilà pourquoi cela m’intéresse toujours de savoir comment ceux qui se prétendent radicaux traitent les femmes.

Robin Blackburn : Je travaillais à Cuba lorsque Sgt Pepper est sorti et c’est à ce moment-là qu’ils ont passé du rock à la radio.

John Lennon : Et bien, j’espère qu’ils se rendent compte que le rock’n'roll n’est pas la même chose que le Coca-Cola. Au fur et à mesure que nous dépassons ce rêve, cela devrait être plus facile : voilà pourquoi j’y mets maintenant plus de déclarations sérieuses et que j’essaye de me débarrasser de cette image de petit-minet. Je veux m’adresser aux bonnes personnes et je veux dire ce que j’ai à dire d’une manière simple et directe.

Tariq Ali : Comment penses-tu que nous pouvons détruire le capitalisme ici, en Grande-Bretagne, John ?

John Lennon : Je pense que ce n’est qu’en rendant les travailleurs conscients de la situation vraiment malheureuse dans laquelle ils se trouvent, en brisant le rêve qui les entoure. Ils croient vivre dans un pays merveilleux qui respecte la liberté d’expression. Ils ont des voitures et des télés et ils ne veulent pas penser qu’il y a autre chose dans la vie. Ils sont prêts à laisser leurs patrons les diriger, à voir leurs enfants foutus en l’air à l’école. Ils poursuivent le rêve de quelqu’un d’autre. Ce n’est même pas le leur. Ils devraient réaliser que les Noirs et les Irlandais sont harcelés et opprimés et que leur tour arrive.

Dès qu’ils commenceront à être conscients de tout cela, nous pourrons vraiment commencer quelque chose. Les travailleurs peuvent commencer à prendre le pouvoir. Comme Marx le dit : ‘À chacun selon ses besoins’. Je pense que cela marcherait bien ici. Mais il nous faudrait aussi infiltrer l’armée, parce qu’ils sont très bien entraînés à nous tuer tous. (Extraits voir lien)

Note de l’éditeur : Cela fait exactement 25 ans aujourd’hui que John Lennon a été assassiné devant le Dakota Building à Central Park (New York). La plupart des lecteurs de CounterPunch n’ont probablement pas lu l’interview de John Lennon qui suit et qui fut menée en 1971 par Tariq Ali et Robin Blackburn, tous deux collaborateurs de CounterPunch. Lennon raconte comment George Harrison et lui-même se sont opposés à leurs agents et se sont mis à enregistrer contre la guerre du Vietnam. Enfin, il rappelle qu’il a suggéré que les meilleures chansons de Dylan proviennent de ballades révolutionnaires irlandaises et écossaises et qu’il a disséqué ses trois versions de « Revolution ». Cette interview a paru dans The Red Mole, journal de la section britannique de la Quatrième Internationale. (IMG International Marxist Group dont Ali était membre )

CounterPunch 8 décembre 2005

Traduit de l’anglais par Jean-François Goulon

http://questionscritiques.free.fr/

https://www.counterpunch.org/

Wikipedia CounterPunch

Red Mole

Commentaire:

Illustration: A l’époque, (1972) la scission entre les 2 IRA venait d’arriver, peu de gens en pigeaient la raison et le journal ne choisit pas. L’IRA restait une référence « romantique » et les protecteurs des quartiers nationalistes contre les fanatiques unionistes et leur police. Lennon est plus « contre l’armée britannique » que « pour une des IRA ». Après les bombes sur le sol anglais, cette « Une » deviendra impossible…

Lire la suite

06 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

enseignante gréviste (politis)

blanquer 1

Une enseignante gréviste répond à Jean-Michel Blanquer

Alors que les résultats seront proclamés aujourd’hui, je souhaiterais m’exprimer pour expliquer à vos lecteurs les raisons de mon engagement dans une action qui peut sembler difficilement compréhensible à beaucoup.

Faisant partie des enseignants grévistes traités d’irresponsables, je souhaiterais répondre à monsieur Blanquer qui a refusé de recevoir les membres des collectifs d’enseignants opposés à la réforme.

Pourquoi avons-nous décidé de conserver encore les copies alors que le Blanquer multiplie les mensonges et les illégalités ?

Les raisons de la rétention des notes sont connues : une école de la confiance qui propage la défiance en empêchant les enseignants de s’exprimer librement. Une réforme du bac qui n’est pas faite pour permettre à chacun de s’épanouir, car les élèves devront pas exemple supprimer une de leurs trois de leurs options en terminale par rapport à la première, sauf dans certains établissements privés, qui ont déjà annoncé qu’ils permettraient à leurs élèves de poursuivre les trois matières choisies, pour mieux être préparés à leurs études supérieures.

Dans ces conditions, il n’est pas difficile d’imaginer que bon nombre de parents qui en ont les moyens enverront leurs enfants dans les établissements qui offrent cette possibilité. Des économies de budget sont faites en dépit du bon sens : moins d’enseignants mais plus de tablettes, ce qui est mauvais pour le commerce extérieur, le climat, la santé des enfants et a un apport pédagogique peu évaluable.

Le service national universel va faire dépenser un argent fou alors que les classes seront surchargées par choix de faire des classes de 35/36 enfants au lycée, mais aussi en maternelle si rien ne change dans certaines écoles.

Et alors que la priorité devrait aller à l’encadrement humain de tous les élèves, le gouvernement fait le choix d’acheter encore des balles d’armes interdites en Europe pour la police, sans doute pour des classes qui se tiennent bien sages, comme à Mantes-la-Jolie en décembre dernier.

Ce n’est pas notre conception de l’Éducation nationale dans une République.

Si les syndicats lycéens ont soutenu une décision lourde à prendre, si les parents ont soutenus aussi cette rétention des notes qui va jusqu’à demander la démission du ministre, j’ai peur que l’on se retrouve dans la même situation que pour la privatisation de la SNCF, d’EDF, de la Poste, de la santé et même des prisons.

En serrant les budgets par idéologie néolibérale, et en le détournant vers d’autres fins :

Plus d’ISF, un CICE qui permet à de grands groupes pharmaceutiques de gagner plus d’argent tout en renvoyant des chercheurs, des aides à l’intelligence numérique qui détruisent plus d’emplois qu’elles n’en créent, ceux qui nous gouvernent étranglent les services publics pour pouvoir dire EN MÊME TEMPS qu’ils ne fonctionnent pas. Mais tout le monde a bien vu que depuis la privatisation de l’énergie les prix de l’électricité ont augmenté.

Pourquoi avoir rendu l’école obligatoire à trois ans, alors que cela va occasionner de grosses dépenses des mairies pour les écoles privées

Sans augmenter le nombre d’élèves scolarisés! L’Éducation nationale doit rester au service des enfants et des parents, non pas au service de l’idéologie de la révolution néolibérale (titre du livre du candidat Macron). Si le statut des fonctionnaires est traité de privilège par la droite classique et par les néolibéraux, c’est pour mieux « diviser pour régner ».

Alors que le service public est au service de la nation, le mouvement « en marche » fait croire qu’il la ruine, alors que l’on voit bien que depuis deux ans, les ordonnances sur le travail et toutes les décisions prises ne vont que dans le sens d’un enrichissement des plus riches au détriment de tous.

Nous ne devrions pas rendre les copies avant les feux d’artifice du 13 juillet si nous étions des citoyens responsables, mais nous ne sommes que des profs, et nous connaissons le stress de nos élèves. Les chiffres auxquels j’ai eu accès par les courriels échangés après les assemblées générales qui se sont tenues un peu partout en France donnaient 27% de notes non rentrées sur le logiciel à l’heure butoir mardi dernier.

Pourtant, bon nombre de collègues ont fini par céder sous la pression et le chantage exercé par le ministre d’une retenue de 15 jours de salaire. Nous nous battons pour nos élèves et nos enfants : ce que nos grands-parents avaient obtenu après la guerre 39-45 grâce au Conseil national de la Résistance disparaît peu à peu, comme si les prétendues Trente Glorieuses et l’économie qui gouverne le monde depuis quelques années étaient plus prédatrices que cette deuxième guerre mondiale.

Alors que beaucoup de Français sont dans des situations économiques précaires, cumulent de petits boulots sans s’en sortir, il est de notre devoir d’enseignants de préserver l’égalité d’instruction, de veiller à entretenir la justice et la fraternité entre des élèves qui viennent de tous les milieux.

Le fait que le président et notre ministre aient fait leurs études dans des établissements privés explique peut-être le peu de cas qu’ils se font du service public. Il s’agit bien d’une attaque dangereuse pour la cohésion nationale et l’égalité des élèves.

 Vendredi 5 juillet, jour des résultats du baccalauréat, une professeure des Yvelines explique le choix de retenir les copies pour s’opposer à la réforme « pour l’école de la confiance » et celle du baccalauréat.

Une professeure gréviste 5 juillet 2019

 

https://www.politis.fr/

Lire la suite

05 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

numérique (cadtm)

 cadtm

Intégrer la critique du numérique dans l’écologie

Depuis l’été 2018, les manifestations en réaction à la catastrophe écologique en cours montrent l’élévation du niveau d’inquiétude.

Des milliers de personnes sortent régulièrement dans les rues pour exprimer leur colère face aux dégâts. L’écologie, globalement réduite au climat, obtient plus de place dans les médias et les débats publics.

En Belgique, lors des élections communales de novembre 2018, le parti Écolo connaît un grand succès.

Le Premier ministre y voyait même un complot : la médiatisation sur le réchauffement du climat aurait servi le parti Écolo (« Quand la RTBF ouvre son JT de 19h30 samedi sur le dérèglement climatique, on sait que tout est mis en place pour qu’Écolo gagne »).

Cependant, alors que les constats partagés font écho à une situation de plus en plus grave, les propositions sont, elles, curieusement toujours très légères.

Les « alternatives » avancées pour répondre aux problèmes socio-économiques et environne-mentaux ne semblent pas liées à la gravité de la situation et à la prise de conscience de nombreux phénomènes causés par le système économique dominant, capitaliste, productiviste et technologique.

Le secteur des TIC (technologies de l’information et de la communication) devient progressive-ment le cœur de cette catastrophe écologique en cours, avec toutes ses implications sociales, sanitaires et politiques. Il est cependant totalement absent des débats, voire a contrario vu comme le remède défendu dans pratiquement tout l’horizon politique.

Un exemple illustre ce propos. Le 20 novembre 2018, le journal Métro, financé par la publicité, interviewe Philippe Bihouix, auteur de livres d’utilité publiques tels que L’âge des low-tech : Vers une civilisation techniquement soutenable et Le désastre de l’école numérique : plaidoyer pour une école sans écrans, avec Karine Mauvilly.

Auparavant, il publiait en 2010 un ouvrage universitaire, Quel futur pour les métaux ? Raréfaction des métaux : un nouveau défi pour la société, dans lequel il montrait que le développement durable et le capitalisme vert sont impossibles car basés sur des technologies nécessitant des métaux dont certains arrivent à leurs pics de production.

Dans l’interview au journal Métro, Philippe Bihouix dénonce l’extraction de minerais et de pétrole à un prix environnemental toujours plus élevé, non pris en compte et répète, une fois de plus, que « les high tech nous éloignent d’un monde durable ».

5 juillet 2019 Robin Delobel

Lire la suite sur CADTM

Lire la suite

01 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

« socialiste » (france culture)

Le socialisme sauvage

« Socialiste » : comment ce mot vénéneux pendant un siècle est devenu porteur aux Etats-Unis

Bernie Sanders n’est plus cet ovni bizarre, ce papy nostalgique de Staline ou Pol Pot parce qu’il se réclame du socialisme. Longtemps marginale ou déviante aux Etats-Unis, l’étiquette « socialiste » est aujourd’hui revendiquée par de nombreux militants de gauche, et des élus plus visibles que jamais.

Chicago compte aujourd’hui six conseillers et conseillères municipales qui ont en commun de se dire “socialiste”.

Vu de France, ça paraît (encore) assez banal, même s’il faut bien reconnaître que, depuis la récente bérézina du Parti socialiste, on en vient aussi à compter les élus socialistes. Aux Etats-Unis en revanche, le fait de revendiquer cette étiquette n’a rien de banal et la présence de six élus ouvertement “socialistes” dans la même instance municipale est tout à fait singulière.

C’est même une exception suffisamment notable à l’échelle du pays pour être à l’origine d’un article le 3 avril 2019, dans le magazine de la politique et des idées Jacobin, que le trimestriel marxiste titrait : “A socialist wave in Chicago”. Pour décrire ce qu’il appelle un “raz-de-marée de changement dans la ville”, Will Bloom, qui signe l’article (traduit en français sur un site québécois de gauche  (Celuide nos camarades, le blog), écrit par exemple ceci:

C’est une rare occasion pour que des syndicats progressistes, des mouvements sociaux radicaux et des socialistes réénergisé.e.s exigent que la classe ouvrière ait son mot à dire dans cette ville.

Ainsi, à Chicago plus qu’ailleurs mais à Chicago comme ailleurs (quoique pas partout), le mot “socialiste” se déleste de la charge vénéneuse qu’il charriait de très longue date. Saugrenu, vu de France ? Depuis le congrès d’Epinay (1971) et la prise du parti par François Mitterrand, “socialiste” signifiait surtout social-démocrate de ce côté-ci de l’océan atlantique, et le tout s’entendait depuis cinquante ans dans une veine progressiste qui ne classait pas les socialistes français sur la crête la plus radicale de l’éventail de gauche.

Mais aux Etats-Unis en revanche, “socialist” fut longtemps un mot sulfureux, quasiment une étiquette subversive. Si bien que de même qu’il y a le “F word”… comme “fuck”), les Etats-Unis eurent longtemps leur “S word”… comme “socialist”.

L’import mal digéré d’un fils de Français 

La ponctuation en trois petits points (les « … ») surligne l’ambition d’une démonstration contre-intuitive, à rebours de pas mal d’idées reçues qui, depuis un siècle, soutiennent qu’américain n’est pas socialiste. Car l’étiquette fut longtemps honnie, stigmatisée comme un travers vaguement vénéneux, mais plus encore comme un import mal digéré et profondément contre-culturel.

A l’époque, la bataille pour l’investiture démocrate oppose Hillary Clinton, démocrate aux positions plutôt centristes, à Bernie Sanders, premier sénateur américain à se présenter comme “démocrate socialiste”. Une étiquette soudain largement médiatisée, à un moment où, locale-ment, le terme semble plus visible que jamais : dans le sillage de l’adhésion à la campagne de Sanders, les “Démocrates socialistes d’Amérique”, première organisation socialiste du pays, avait vu son nombre d’adhérents exploser, passant de 6 000 à 30 000 en 2016 (avec une moyenne âge qui fond de moitié, pour passer de 60 à 35 ans).

Des chiffres franchement marginaux au regard de la démographie américaine (327 millions d’habitants tout de même), mais du jamais vu depuis cent ans, c’était alors le « Parti socialiste américain ».

A l’époque, la tête de pont du socialisme américain s’appelle Eugene V. Debs . C’est lui, le syndicaliste, qui co-fonde le Parti socialiste américain (PSA) ; lui aussi qui obtiendra 90 000 voix (6% des voix) à l’élection présidentielle de 1912, « un record jamais égalé par lui-même ni par aucun autre candidat de gauche », rappellent des sites anti-capitalistes français comme anti-k.org (Site du NPA blog) qui se réfèrent encore à Debs aujourd’hui.

Après Debs, la fin des années 1920 et les décennies suivantes, celles du krach de 1929 et de la Grande dépression, verront décliner le PSA. En 1952, son candidat n’engrange guère plus de 20 000 voix, et il ne présentera aucun candidat aux présidentielles de 1956 et 1960.

Le succès, atypique et relatif, de Debs, avait-il à voir avec ses origines européennes puisqu’il est le fils de deux Alsaciens de Colmar qui ont émigré aux Etats-Unis? Sa popularité, réelle au début du 20è siècle, reste-t-elle en somme marquée du sceau de l’importation qui conforterait ceux qui affirment que socialiste n’est pas américain ?

Bernie Sanders

En 1979, c’est à Eugène Debs qu’un certain Bernie Sanders consacre un documentaire. Premier candidat depuis des lustres à exhumer explicitement le label « socialiste » à la primaire démocrate, le sénateur du Vermont battra campagne pour démentir la vieille idée qu’au fond le socialisme ne prendrait jamais.

Plus d’un siècle plus tard, il semblerait bien que ce pronostic n’ait jamais été si proche de la réalité – même s’il faut nuancer l’ampleur du phénomène.

  • C’est le site de la NPR, la radio publique, qui titre un article du 24 avril 2019 : ”Le socialisme n’est plus l’épouvantail qu’il fut jadis”
  • C’est, aussi le camp républicain qui parle de son “effroi” devant “une normalisation” des idées socialistes sur un air qui rappelle comment on parle ici, en France, de la “dédiabolisation” des discours lepénistes (père et fille).

De fait, une nouvelle génération de militants politiques se dit aujourd’hui explicitement “socialiste”. Certains appartiennent au Parti démocrate (auquel Bernie Sanders n’adhérera qu’en 2015 et 2016), d’autres se revendiquent d’autres formations.

Car se dire “socialiste” est longtemps resté stigmatisant sur la scène politique, en particulier au sein du Parti démocrate. Moins de donateurs, moins de soutien de l’establishment et des médias…

Les temps changent

Aujourd’hui, ce que le retour en grâce de l’étiquette “socialiste” raconte, c’est d’abord une évolution de la manière avec laquelle les nouveaux entrants ont bousculé de vieilles méthodes : Alexandria Ocasio Cortez, qui s’est réclamée du socialisme aussi rapidement que vigoureuse-ment, avait financé sa campagne par de petits donateurs – comme, avant elle, Bernie Sanders, pour la campagne duquel « AOC » avait justement travaillé.

Les sondages montrent plutôt que chez les moins de trente ans, 51% ont aujourd’hui une vision plus positive du socialisme que du capitalisme. Du jamais vu aux aux Etats-Unis. (Résumé)

Chloé Leprince 1er Juillet 2019

https://www.franceculture.fr/

Lire la suite

30 juin 2019 ~ 0 Commentaire

edf (stop nuke 56)

edf

La cuve! On vous le dit depuis 1980!

Faut-il mettre EDF en faillite ?

Depuis début juin, les français ont découvert qu’EDF allait mal

Avec deux nouvelles : une augmentation brutale de 6% du prix de l’électricité pour les clients d’EDF, et l’annonce de la séparation des activités nucléaires d’EDF de celles des énergies renouvelables…

Le lobby militaro-industriel du nucléaire est puissant en France.

Dirigé par des polytechniciens et des ingénieurs du Corps de Mines, il a placé ses pions partout : dans les élites politiques, économiques, culturelles, le Parlement, les entreprises, dans les syndicats et notamment leur branche énergie, dans les université, l’éducation, les médias…

Le lobby militaro-industriel du nucléaire a aussi développé la foi aveugle en la capacité de la Science à régler tous les problèmes : celui des déchets nucléaires, on trouvera bien un jour une solution (les envoyer dans l’espace, la transmutation…) ; le risque de catastrophe nucléaire : la Science montre que c’est toujours chez les autres ; le problème du coût de l’Energie : les Sciences Physique et Economiques montrent que le nucléaire est la moins chère et qu’elle est inépuisable… D’ailleurs, on va faire durer les réacteurs 20 ans au-delà de leur limite de conception!

Oui mais, tout à coup, on se rend compte qu’EDF est en faillite

Avec une dette de près de 100 milliards d’Euros, et des engagements (démantèlement, gestion des déchets nucléaires…) qui dépassent aussi les 100 milliards d’Euros, et ce ne sont que les chiffres de la Cour des Comptes ! Cela représente en moyenne environ 7 000 Euros par client…

Que faire ? Augmenter (un peu) la facture de ceux qui sont resté chez EDF ?

Oui, mais les Gilets Jaunes sont toujours là et il ne faudrait pas les réveiller… Alors la solution classique : on se sépare de la branche pourrie que l’on refile à 100% à l’Etat, on crée une nouvelle société de droit privé et on lui transfère les activités rentables : ce seront les contribuables qui paieront, et c’est moins douloureux pour les clients.

Il y a pourtant une autre solution, déclarer EDF en faillite comme on le ferait pour n’importe quelle entreprise.

Cela permettrait de ne pas rembourser les débiteurs que sont Bouygues, Eiffage, Vinci, Bolloré, Alstom… qui ont tant gagné lors de la construction des centrales, de ne pas rembourser les banques… de ne pas payer un EPR plein de malfaçons, de se retirer d’Hinckley Point (16 Milliards d’Euros), d’abroger la loi Nome… et comme ils sont dangereux, on arrête immédiate-ment les 40 réacteurs obsolètes et on lance un grand programme d’énergies renouvelables avec la création de 500 000 emplois…

L’électricité n’a pas de frontières, elle est intermittente et difficile à stocker, partageons là !

La seule solution, créer un service public européen, ou au moins national, de l’énergie chargé d’acheter, de transporter, de distribuer l’électricité à un prix unique, avec un minimum inclus dans l’abonnement et avec ensuite un coût exponentiel en fonction des consommations…

Alain Rivat  21/06/2019

http://www.stop-nucleaire56.org/

Lire aussi:

L’augmentation des tarifs réglementés, une double arnaque de Macron et d’EDF ! (SN 56)

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin