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22 juin 2017 ~ 0 Commentaire

conflit d’intérêt (odn)

hulot

Le conflit d’intérêt qui n’a pas encore été « soldé »: NICOLAS HULOT et EDF!

Alors que MM Ferrand et Bayrou et Mmes Goulard et De Sarnez ont été « exfiltrés » du gouvernement, ce dernier est toujours le lieu d’un conflit d’intérêt parfaitement injustifiable mais qui, curieusement, fait l’objet d’un silence et d’une indulgence incompréhensible tant de la part du personnel politique que de la plupart des médias.

Il s’agit bien entendu des relations plus que troublantes liant le ministre de l’écologie et de l’énergie Nicolas Hulot à l’entreprise EDF qui, depuis plus de 25 ans, est le principal « parrain » de la Fondation Nicolas Hulot (FNH).

Bien sûr, il nous est expliqué que, dès son entrée au gouvernement, l’ex-animateur de télévision a démissionné de la présidence de la fondation qui porte son nom. Mais la ficelle est grossière et ne saurait convaincre.

En effet, Nicolas Hulot avait déjà opéré la même manœuvre en 2011 pour participer à la primaire écologiste, avant de reprendre la présidence de sa fondation une fois son aventure politique terminée. Il est évident que ce sera encore le cas à la fin de son mandat de ministre d’autant que, contrairement à 2011, M. Hulot n’a cette fois même pas pris la peine modifier le titre de sa fondation pour en faire retirer son nom…

Il est par ailleurs notable que la Fondation Hulot et EDF ont fêté leurs 25 ans de « mariage » le 19 mai 2016 (*), en signant à cette occasion un nouveau bail de 3 ans, ce qui signifie que, début 2019, EDF pourra à nouveau prolonger son financement… ou bien y mettre un terme.

De fait, d’ores et déjà, Nicolas Hulot sait que la fondation qui porte son nom pourra être « punie » si, en tant que ministre, il pose quelques problèmes à EDF. Or, il se trouve que des dossiers explosifs sont déjà sur le feu, et en particulier :

- La validation de la cuve du réacteur EPR de Flamanville puis l’éventuelle mise en service de ce réacteur : elles nécessiteront certes l’aval de l’Autorité de sûreté nucléaire, mais aussi la signature du ministre Nicolas Hulot.

- Les compteurs communicants Linky sont imposés depuis plusieurs mois aux citoyens par Enedis, filiale à 100% d’EDF, avec des méthodes indignes (mensonges, intimidations, menaces) qui nécessitent l’intervention urgente du ministre avant qu’un drame ne se produise. Or, bien que régulièrement sollicité, le ministre Hulot reste muet sur le sujet.

Il faut hélas constater que la popularité de Nicolas Hulot, artificiellement construite par le biais des très polluantes émissions Ushuaia, diffusées par TF1 (propriété du trust Bouygues), semble tétaniser la plupart des dirigeants politiques de tous bords, la majorité des médias, et même la plupart des associations dites écologistes.

Le plus énorme conflit d’intérêt du gouvernement Macron-Philippe continuera-t-il à faire l’objet de cette incroyable indulgence ?

Observatoire du nucléaire  http://www.observatoire-du-nucleaire.org
22 juin 2017

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21 juin 2017 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (npa)

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Droit du travail : Construire la mobilisation (NPA)

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20 juin 2017 ~ 0 Commentaire

lorient festivals

lor ient

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20 juin 2017 ~ 0 Commentaire

pcf (essf)

laurent

Législatives : le PCF retrouve quelques sièges historiques

Le Parti communiste progresse en nombre d’élus, mais pourrait perdre son groupe.

« Manifestement, on n’est pas encore mort », se félicitait un élu du Parti Communiste français (PCF), dimanche 18 juin, à l’issue du second des élections législatives. Mais le para- doxe est le suivant : alors que dans la précédente législature, le PCF avait réussi à former un groupe à partir de dix députés Front de Gauche, grâce au renfort de cinq élus ultramarins, il pourrait avoir plus de difficulté à constituer un groupe dans la nouvelle Assemblée. Pourtant, le PCF se targue de compter onze députés et d’« être le seul groupe parlementaire qui progresse ».

Ce résultat est l’exact reflet du délicat mano a mano de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, et du leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, un « je t’aime, moi non plus » qui n’en finit pas de s’éterniser.

De fait, les deux députés communistes réélus représentent les deux tendances qui cohabitent place du Colonel-Fabien. L’ancienne ministre Marie-George Buffet, qui conserve la 4e circons- cription de Seine-Saint-Denis, constitue la tête de pont des élus communistes « mélenchon-compatibles », alors qu’André Chassaigne, qui l’emporte avec 63,5 % dans le Puy-de-Dôme se situe à l’autre bout du spectre.

Mais pour l’instant, le PCF est essentiellement dans la satisfaction d’avoir une fois de plus sauvé les meubles dans plusieurs bastions communistes, et mieux, d’avoir repris quelques circonscriptions historiques. C’est notamment le cas dans le Nord, où il conserve deux circonscriptions, celle d’Alain Bocquet (Saint-Amand-les-Eaux), où lui succède Fabien Roussel, et celle de Jean-Jacques Candelier (Marchiennes), où Alain Bruneel prend le relais. En Seine-Maritime, le maire de Dieppe Sébastien Jumel est élu, Hubert Wulfranc, maire de Saint-Etienne-du-Rouvray, est aussi élu dans l’ancienne circonscription de Roland Leroy, ainsi que Jean-Paul Lecoq, qui retrouve son siège de député perdu en 2012.

En région parisienne, le Parti Communiste retrouve aussi des couleurs avec Elsa Faucillon, 35 ans, qui remporte la 1re circonscription des Hauts-de-Seine, un bastion communiste historique que le PS avait arraché en 2012, mais que le sortant Alexis Bachelay a perdu dès le premier tour. De même Stéphane Peu, 55 ans, s’est imposé dimanche dans la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis, bastion historique du Parti Communiste, ravi en 2012 par Mathieu Hanotin (PS), lui aussi éliminé au premier tour.

Pierre Dharréville, 41 ans, patron du quotidien La Marseillaise, est l’unique député communiste de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il succède à Gaby Charroux, qui ne se représentait pas, dans la circonscription qui comprend les zones industrielles de l’étang de Berre. Enfin Jean-Paul Dufrègne, président du conseil général de l’Allier de 1998 à 2015, est élu de la 1re circonscription de l’Allier avec 51,85 % des voix.

Fort de ses onze élus, le PCF a appelé aussitôt à « une riposte immédiate » avant « l’été des mauvais coups » sur la législation du travail. La « majorité écrasante » dont va disposer Emmanuel Macron « ne correspond à aucune majorité dans le pays, ni chez les salariés ni chez les jeunes et les privés d’emplois », juge-t-il.

Alain Beuve-Méry* LE MONDE | 19.06.2017

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17 juin 2017 ~ 1 Commentaire

quimper (prévert)

prevert

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15 juin 2017 ~ 0 Commentaire

médiapart (révolution permanente)


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Nouvelle « ferranderie »: Révélations de Médiapart : Richard Ferrand dans une nouvelle affaire immobilière

Selon Mediapart, le ministre de la Cohésion des territoires se serait enrichi en revendant une partie de sa permanence parlementaire, qu’il aurait achetée avec des fonds publics.

Deux semaines après l’ouverture d’une enquête judiciaire par le parquet de Brest concernant ses magouilles avec les Mutuelles, Richard Ferrand se retrouve de nouveau mis au centre d’une affaire, toujours sur fond d’opération immobilière trouble. Celui-ci n’a pour l’instant pas répondu aux accusations.

Cette affaire remonte à septembre 2016, quand l’actuel Ministre de la cohésion des territoires était alors député du Finistère du PS.

Alors qu’il était en partance pour le mouvement En Marche, celui-ci aurait revendu une partie de sa permanence parlementaire à la section locale du PS. Ce qui lui aurait permis de se mettre 40 000€ dans la poche. Cette permanence, il l’avait acquise en 2012, au lendemain de son élection comme député. Plutôt que de louer une permanence parlementaire, Richard Ferrand aurait préféré acheter « un rez-de-chaussée de maison à Châteaulin, deuxième ville de sa circonscription, au prix de 115 000 euros pour 130 m2 environ. » Un emprunt lui avait alors été accordé.

Mais le site s’interroge : avec quel argent l’a-t-il remboursé ? « Pour régler ses mensualités, le député Ferrand a-t-il utilisé des fonds publics, en l’occurrence son IRFM (son indemnité parlementaire pour frais de mandat) ? » Si c’est le cas, le ministre « aurait ainsi réussi une sacrée culbute : acquérir un bien immobilier avec l’aide de fonds publics, en conserver une partie à la fin de son mandat, en revendre une autre à des concurrents politiques. »

Une pratique bien connue

Ces dernières années, plusieurs députés, comme Jean-Jacques Urvoas (PS) ou Muriel Marland-Militello (UMP),ont été épinglés pour avoir financé l’achat de leur permanence parle- mentaire avec leur indemnité représentative de frais de mandat (IRFM). Et ce ne sont pas les seuls. Cette combine a été légale pendant de nombreuses années, et permettait donc aux députés de devenir propriétaire avec de l’argent public !

Et donc de s’assurer des revenus supplémentaires après avoir quitté l’hémicycle. Au fil des années et des scandales, cette pratique est devenue de plus en plus difficile à défendre, jusqu’à ce que l’Assemblée Nationale interdise aux députés de se servir de l’IRFM pour « toute dépense afférente à une nouvelle acquisition de biens immobiliers, qu’ils soient destinés à héberger la permanence ou à tout autre usage ».

Quand ce système encourage le vol

Il aura fallu de nombreux scandales pour que l’Assemblée mette fin à cette pratique d’enri- chissement personnel avec l’argent du contribuable. L’acquisition d’un bien immobilier n’est pas la seule manière qu’ont les députés pour profiter personnellement de l’enveloppe parlemen- taire de plus de 5 000€ par mois que représente l’IRFM et qui est censée dédommager les députés pour leur frais liés à leur activité parlementaire (transports, restauration, etc).

En effet, de nombreux députés assument sans rougir utiliser cette enveloppe pour leur frais personnels, comme par exemple des vacances en famille à l’autre bout du monde !

En 2012, le député socialiste de l’Ardèche, Pascal Terrasse, s’est fait pincer après avoir utilisé son IRFM pour des voyages privés en Espagne, au Sénégal et en Egypte. L’élu avait alors déclaré « tout ce qui n’est pas interdit est autorisé ». Enfin, l’IRFM vient s’ajouter à leur salaire mensuel et à diverses enveloppes (pour ses assistants parlementaires, pour du matériel hifi, pour des frais de courrier postal etc) dont chaque député peut disposer sans qu’aucune transparence ne lui soit demandée.

Ces « affaires », à l’image de celles qui viennent entacher le gouvernement Macron, sont un fait indissociable de la vie politique dominante qui ne date pas d’hier.

Loin d’être des accidents ces pratiques sont légitimées et encouragées par les règles de leur « démocratie ». Et malgré l’hypocrisie du « renouvellement » du personnel politique et la « moralisation » de la vie politique dont Macron se fait le chantre, rien ne change…

Marina Garrisi mardi 13 juin

http://www.revolutionpermanente.fr/

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15 juin 2017 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (lci)

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14 juin 2017 ~ 0 Commentaire

presse (médiapart)

press-freedom-1

Gouvernement Macron : Le nouvel exécutif a-t-il un problème avec la liberté de la presse ?

Après la tentative de pression de François Bayrou sur Radio France et la plainte du ministère du Travail à la suite de la publication de documents dans Libération, une vingtaine de sociétés de journalistes, dont celle de Mediapart, s’alarment de « signaux extrêmement préoccupants » envoyés par le gouvernement.

Le nouvel exécutif a-t-il un problème avec la liberté de la presse ?

Le 18 mai, nous nous étions inquiétés de la façon dont l’Elysée organisait le voyage au Mali du président de la République, en sélectionnant les journalistes chargés de couvrir ce déplace- ment. Pas question d’« imposer » des choix aux rédactions, fut-il alors répondu. Or la semaine dernière, ce sont cette fois deux ministres qui ont envoyé des signaux extrêmement préoccu-pants, quant à la manière dont ils conçoivent l’indépendance des médias et la protection des sources, ou plutôt leurs limites.

Mercredi 7 juin, quelques heures avant la diffusion par France Inter de révélations sur des soupçons d’emplois fictifs d’assistants parlementaires européens au Modem, François Bayrou, président de ce parti et surtout garde des Sceaux, a appelé en personne le directeur de la cellule investigation de Radio France pour se plaindre de prétendues « méthodes inquisitri- ces », ajoutant qu’il étudiait, avec ses avocats, la possibilité d’une qualification de « harcèle- ment »… Interrogé à ce sujet par Mediapart, il a eu cette réponse qui laisse pantois : « Ce n’est pas le ministre de la Justice ni le président du Modem qui a appelé, c’est le citoyen. »

Vendredi 9 juin, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé que son administration avait porté plainte contre X pour « vol, violation du secret professionnel et recel » après la publica- tion, deux jours auparavant dans Libération, de documents listant les pistes étudiées par son ministère pour préparer la future réforme du code du travail. Une procédure qui permet d’attaquer aussi bien les sources de Libération que le quotidien lui-même.

Ces deux événements, particulièrement inquiétants, ne sont pas les seuls motifs de préoccupation.

Le 11 mai, En marche, le mouvement d’Emmanuel Macron, a porté plainte contre la lettre d’information spécialisée la Lettre A pour « recel d’atteinte à un système de traitement automa- tisé de données », après un article s’appuyant sur des éléments tirés des « MacronLeaks ». Et ce dimanche 11 juin au soir, Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires et candi- dat d’En marche aux élections législatives dans le Finistère, a relégué au rang d’« efforts méritoires » des journalistes contre sa personne les investigations sur l’attribution d’un marché de location à sa compagne par les Mutuelles de Bretagne, lorsqu’il en était le directeur général.

Face à la liberté d’informer, le nouvel exécutif fait le choix de la tentative de pression, de la répression judiciaire et du procès d’intention.

« Continuez à nous irriter, car elle est là, la liberté », lançait le même Richard Ferrand le 3 mai à la Maison des journalistes à Paris, lors de la Journée mondiale de la liberté de la presse. Nous continuerons, à n’en pas douter. Parce qu’informer le public est un devoir autant qu’un droit, et parce qu’une presse libre et indépendante est essentielle à la démocratie.

Les premiers signataires :

Les sociétés des journalistes de l’AFP, Alternatives économiques, BFM TV, les Echos, Europe 1, l’Express, France 2, Rédaction nationale de France 3, Libération, les JT de M6, Mediapart, le Monde, l’Obs, le Point, Premières Lignes Télévision, Radio France, RFI, RMC, RTL, Télérama, la Vie et les rédactions de Dream Way Production et LaTeleLibre.

LE BLOG DE LA SDJ DE MEDIAPART. 13 JUIN 2017 :

https://blogs.mediapart.fr/

Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Fuite de documents dans « Libération » : le ministère retire sa plainte pour « recel (JDD)

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12 juin 2017 ~ 0 Commentaire

solferino (ouest france)

DSK_Segolene_Royal_Martine_Aubry_francois_Hollande_sblesnip

On a bien rigolé, c’est l’essentiel, non?

Insolite. Le siège du Parti socialiste à vendre sur LeBonCoin

L’annonce a été publiée à 19h30 dimanche soir. Anticipant les mauvais scores du PS, un certain « Camba » a mis en vente le siège du parti sur le site Le Bon Coin avant 20 heures dimanche soir.

Avant même la publication des premiers résultats de ces élections législatives, un internaute a mis en vente le siège du Parti socialiste, situé rue de Solférino à Paris, sur le site de petites annonces Le Bon Coin.

« Vends monument historique – ancien siège du parti socialiste – au 10 rue de Solférino à Paris cause mauvais résultats électoraux », indique l’annonce publiée dimanche soir par un certain « Camba », un pseudonyme qui fait référence à Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, éliminé dès le premier tour dans la 16e circonscription de Paris.

Contacté par Le HuffPost, cet internaute qui souhaite rester anonyme a expliqué avoir agi «avec beaucoup de cynisme, pour me moquer gentiment de (son) ancienne formation politi- que». « Parce que le PS ne vaut plus rien », il n’a pas jugé utile de mentionner le prix de ce bien atypique.

Dimanche soir, le PS a essuyé une lourde défaite. Le parti, qui contrôlait la moitié de l’Assemblée sortante, s’effondrerait avec ses alliés autour de 15 à 40 sièges, soit encore moins que les 57 de la débâcle de 1993. C’est un « recul sans précédent de la gauche », a reconnu son premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, qui a mis en garde contre le risque de « l’unanimisme » au Parlement.

12/06/2017

http://www.ouest-france.fr/

Commentaire: Jean-Marie Le Guen veut liquider le PS et rejette la faute sur la « division » (comprendre les « frondeurs ») comme s’il n’y avait pas eu la politique d’un certain « Hollande »…

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10 juin 2017 ~ 0 Commentaire

élections au royaume-uni (npa)

swp

Des camarades du Socialist Worker’s Party

hope

Derrière la claque pour May et les conservateurs

La victoire il y a un an du Brexit a été présentée par beaucoup de gens comme une évolution inexorable du pays vers la droite. L’échec humiliant de Theresa May et la percée spectaculaire de Jeremy Corbyn nous montrent que les choses sont bien plus complexes.

Au lieu d’une majorité accrue, certains parlaient d’une marge de 100 (!) sièges, les conservateurs se retrouvent avec 12 sièges en moins. Sans majorité absolue, ils sont obligés de négocier une coalition fragile avec les loyalistes protestants et très réactionnaires de l’Irlande du Nord (le DUP) avec la perspective de nouvelles élections en cas d’échec d’ici quelques mois.

Avec 318 sièges et 42% des voix, les conservateurs restent le premier parti devant les travaillistes, 262 sièges (32 en plus). Par contre en pourcentage, les travaillistes, avec 40% des voix, non seulement talonnent les conservateurs mais augmentent leur score de 10% depuis 2015, le plus grand bond entre deux élections depuis 1945. Corbyn fait même un meilleur score que Gordon Brown (2010) et Tony Blair (2005), les grands défenseurs de la troisième voie social-libérale.

Cap à gauche

Il y a deux mois, les conditions semblaient plus que favorables à la réussite du pari de Theresa May. Les sondages lui donnaient une avance de 20%, la presse tabloïde était en ordre de bataille pour des unes virulentes contre Corbyn le  « fantaisiste » ou « Djihadi Jeremy » pour ses positions pro-palestiniennes et anti-guerre. La majorité des députés travaillistes (très droitiers) ne cessaient de critiquer Corbyn et certains de ses « amis » prétendaient que le programme de gauche était bon mais qu’il fallait un dirigeant plus charismatique pour gagner.

D’une part, sans Corbyn comme dirigeant il n’y aurait pas eu de manifeste de gauche et d’autre part, la réussite s’est faite non seulement grâce au contenu du manifeste le plus à gauche depuis 1983 (et malgré ses limites) mais grâce aussi au passé militant d’un homme simple, sincère, perçu comme susceptible de tenir ses promesses et dont les apparitions à la télévision contredisaient la caricature présentée par une grande partie des médias.

jeremy

Militant anti-guerre

Deux autres questions peuvent expliquer aussi le résultat : les jeunes et les attentats. Corbyn a clairement démontré sa capacité de faire rêver beaucoup de jeunes. « For the many not the few » (Pour le plus grand nombre pas pour la petite élite) était le slogan de la campagne et il se déclinait en une série de mesures très concrètes : pour l’éducation, la santé, le logement et l’emploi avec augmentation des impôts pour les riches. Enthousiasmés par les grands meetings et les débats à la télévision, plus d’un million de jeunes de 18-24 ans se sont inscrits sur les listes électorales après l’annonce de l’élection, dont la majorité pour voter travailliste. Et plus important, 74% d’entre eux ont voté quand seulement 43% ont voté en 2015.

Quant aux retombées des attentats, en général favorables au gouvernement en place et aux réflexes nationalistes et sécuritaires, c’est Corbyn, militant anti-guerre de longue date, qui s’en est sorti le mieux.

S’il a insisté sur le fait que Theresa May, en tant que ministre de l’intérieur, avait présidé à la réduction de 20.000 postes de policiers c’est aussi en insistant sur la responsabilité des guerres extérieures menées par les gouvernements précédents que Corbyn a marqué des points auprès du public. 53% de la population était d’accord avec lui. Seulement 24% pensaient le contraire.

Canaliser la colère

Tout cela n’empêche pas bien sûr les manifestations de haine raciste comme les attaques contre les musulmans qui se sont multipliées après les attentats. Par contre, le succès de la campagne de Corbyn montre, non pas l’absence de courants réactionnaires et xénophobes au Royaume Uni mais le fait qu’ils ne sont pas forcément dominants dans la société et qu’ils ne sont pas voués à un développement sans frein.

Nous vivons dans des sociétés de plus en plus polarisées où la colère de millions de personnes qui subissent les effets de la crise peut être canalisée dans des directions très différentes.

Par le dynamisme de sa campagne et l’espoir qu’elle a soulevé, Corbyn a su attirer des millions de personnes vers des solutions de gauche. Par exemple, le Parti pour l’indépendance du Royaume Uni (l’UKIP) s’est effondré, passant de 12% à 2%. Une partie s’est (re)tournée vers les conservateurs et un Brexit dur mais au moins un tiers a voté travailliste, attiré par un projet qui leur parlait après des années de gouvernements travaillistes qui leur avaient tourné le dos.

Retour de la question sociale ?

La période qui s’ouvre risque d’être de plus en plus instable. May est déjà contestée au sein de son parti et sera bientôt remplacée mais les centaines de milliers de personnes qui ont été dynamisées par la campagne de Corbyn pourraient se mettre à contester la légitimité de l’ensemble du Parti conservateur.

Ce sera en particulier le rôle des anticapitalistes et révolutionnaires de faire en sorte que la colère ne soit canalisée vers l’attente de nouvelles élections mais qu’elle s’exprime dans des campagnes concrètes sur le terrain, contre l’austérité, contre la guerre, pour la défense des services publics et tant d’autres choses. Après des années de recul, l’espoir pour la gauche britannique semble de nouveau permis.

Ross Harrold Samedi 10 juin 2017

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Royaume-Uni : Theresa May s’accroche au pouvoir en s’appuyant sur un parti extrémiste

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