Archive | Luttes sociales en Finistère

05 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

landivisiau (le télégramme)

landi

Landivisiau. Manifestation et concert contre la centrale le 14 septembre

Le collectif « Landivisiau Doit Dire Non à la Centrale » organise une manifestation, le samedi 14 septembre, pour protester contre le projet de centrale au gaz à Landivisiau.

Il demande l’arrêt des travaux de construction de la centrale, du gazoduc et de la ligne THT (ligne très haute tension).

Le rendez-vous est fixé à 14 h, sur la place du Champ-de-foire de Landivisiau.

Sur site, un « hommage sera rendu à la biodiversité assassinée par ce projet », indique le collectif.

Ce même jour, un concert de soutien est organisé à Saint-Rivoal

à l’auberge du Menez, à partir de 19 h, avec Émilie et Yann Tiersen, Les blousons, The slow sliders et Soukouss all star.

05 septembre 2019

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https://www.letelegramme.fr/

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14 août 2019 ~ 0 Commentaire

bonnets rouges (la brèche numérique)

bonnets-ruz2

Manif des bonnets rouges à Quimper (2013)

Philippe Poutou nous écrit

Le porte-parole du NPA nous demande d’exercer son droit de réponse suite à l’article de Politis.fr : « Poutou (NPA) manifestera à Quimper avec le patronat, le FN et les identitaires. »

Vous avez le droit d’écrire ce que vous voulez

C’est la liberté de la presse et on est archi pour. Vous avez aussi le droit visiblement d’écrire n’importe quoi, de traiter un sujet sans scrupule et du coup d’insulter des manifestants, des militants, des organisations politiques et syndicales. Pourquoi pas. Dans ce cas, je demande logiquement à utiliser mon droit de réponse.

En aucun cas le NPA et les autres participants à la manifestation de Quimper n’ont manifesté « avec le patronat, le FN et les identitaires ».

Dans cette manifestation, contrairement à ce que vous affirmiez, il n’y avait pas de dirigeants du FN, il n’y avait aucun drapeau, ni banderole, ni slogan ni rien du tout pouvant identifier le FN. Les identitaires comme les réacs de la « Manif pour tous » n’étaient qu’une poignée. L’UMP n’était représentée que par une brochette d’élus (mais cela n’arrive-t-il jamais dans les manif de salariés ?) Le Medef en tant que tel n’était pas représenté, même pas à la tribune où des organisations patronales ont pourtant pris la parole.

Alors oui cette manifestation ne ressemblait pas aux manifestations habituelles.

C’était une manifestation dominée par un sentiment régionaliste qui laisse la place à une partici-pation très diverse socialement et politiquement. Mais cette manifestation était avant tout très majoritairement populaire, elle était l’expression d’une colère populaire contre la crise, contre les difficultés de vivre, contre la souffrance quotidienne.

Ce sont des salariés (Gad, Doux, Tilly, Marine Harvest …), des chômeurs, des retraités, des jeunes, des militants CGT, du Front de Gauche, d’Attac, de l’UDB, de Breizhistance, des Alternatifs, des Zadistes de NDDL, du NPA … qui ont manifesté.

Parmi les 30 000 personnes, il y avait bien sûr des paysans, des petits exploitants, des commerçants victimes de la crise ou solidaires.

Non cette manifestation n’était pas à l’initiative du Medef ou de la droite.

Même si, c’est évident, il y a des tentatives de récupérer ou de dévoyer la colère des gens d’en bas. Il y a eu une volonté d’intoxication par le traitement médiatique de l’événement.

Pour rappel, à l’origine, c’est le Comité pour l’Emploi de Carhaix qui a décidé d’organiser cette manifestation lors d’un meeting le 18 octobre. Un meeting de solidarité envers les salariés de Marine Harvest. C’est après l’action du 26 octobre que les « anti-écotaxes » ont appelé à poursuivre le mouvement le 2 à Quimper. Là effectivement, le message commençait sérieusement à se brouiller.

Il n’y avait pas de raison de déserter cette manifestation.

C’était au contraire aux syndicats, aux associations, à la gauche radicale de tout faire pour que cette manifestation garde clairement un caractère anti-licenciements, anticapitaliste. Avec nos petits moyens, nous avons d’ailleurs constitué un pôle « gauche » dans le cortège avec les autres organisations présentes et nous étions les seuls à avoir des banderoles, des drapeaux en dehors des très nombreux drapeaux bretons. Et nous n’avons pas été vus comme des extra-terrestres, au contraire même.

Nous étions à notre place à Quimper : avec le bas peuple révolté

Mais aussi pour défendre une perspective progressiste et des solutions de gauche à la crise, pour faire entendre une voix anticapitaliste. Il s’agit tout simplement de construire concrètement une opposition de gauche au gouvernement pour ne pas laisser la droite, l’extrême droite ou le patronat prendre le contrôle du mouvement, ce qu’ils n’ont pas encore réussi à faire. Oui il y avait une bataille politique à mener. Dans cette manifestation et non pas à 70 kilomètres.

Pour finir : le NPA, avec ses militants de Carhaix, de Quimper, de Brest ou de Lorient en sait autant que vous sur la situation bretonne. Ce n’est pas la peine de se la jouer condescendant ou méprisant. Nous souhaitons évidemment que les désaccords politiques, les discussions autour de la nécessaire rupture avec le PS et son gouvernement libéral puissent se mener sans passer par le dénigrement ou l’insulte.

Philippe Poutou, le 6 novembre 2013.

Samedi 25 juin 2016 POUTOU Philippe

https://www.preavis.org/

 

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

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Finistère: les pompiers rejoignent le mouvement de grève national

Les pompiers du Finistère ont déposé un préavis de grève. Ils rejoignent ainsi le mouvement de protestation national. Les sapeurs-pompiers du Finistère sont en grève depuis ce lundi 11 août 2019. Ils ont décidé de se joindre au mouvement national. Le préavis porte sur le projet de réforme de la fonction publique, la réévaluation de la prime de feu ainsi que sur les effectifs.

Les revendications s’adressent au gouvernement et non au service départemental de secours.

Pas d’incidence sur les services de secours

Le préavis de grève concerne les 450 sapeurs-pompiers professionnels du département et court jusqu’au 31 août. Il n’aura pas d’incidence sur les interventions des pompiers car ceux-ci ont l’obligation d’assurer la continuité du service public et sont donc réquisitionnés. Dans les faits seuls quelques pompiers seront effectivement en grève chaque jour.

Maylen Villaverde 12/08/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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07 août 2019 ~ 0 Commentaire

bonnets rouges (la brèche numérique)

bonnets-ruz2

Bonnets rouges ou blancs bonnets ?

CQFD : Tu t’es investi depuis le début dans la mobilisation des Bonnets rouges ?

Matthieu Guillemot : Carrément, depuis la première minute ! On peut même en faire remonter l’origine à la lutte victorieuse pour le maintien de l’hôpital public de Carhaix en 2008. Il faut bien comprendre la mentalité des habitants des terres du Centre-Bretagne, qui ont le sentiment d’être laissés pour compte par les décideurs. Ce qui s’est passé pour l’hôpital de Carhaix, c’est ce qui s’est passé à Plogoff ou dans les années 1960 avec les luttes paysannes. À chaque fois que la Bretagne s’est soulevée, c’était sur ce mode populaire, en dehors du contrôle des partis ou des syndicats.

Dans le cas des Bonnets rouges, il y a eu à la fois une bataille pour le maintien de l’emploi et la lutte contre l’écotaxe. Comment s’est faite la jonction ?

Les premiers à partir dans la bataille ont été les Doux, grâce à une déléguée syndicale FO très active, Nadine Hourmand. Ils furent suivis par les Gad, avec Olivier Le Bras de FO également, puis les Marine Harvest, le numéro 1 du saumon en Europe qui, malgré ses 511 millions d’euros de bénéfices cette année, a décidé de délocaliser en Pologne où ils pourront payer les gens entre 4 et 5 euros de l’heure.

Malheureusement, il n’y avait pas de stratégie syndicale chez Marine Harvest, donc ils ont couru deux lièvres à la fois : les primes de départ d’un côté, et le maintien de l’activité de l’autre, ce qui était un levier pour faire monter les primes, lesquelles profitaient en premier lieu aux délégués du personnel, ce sont des gens qui vont partir à trois ans de la retraite avec plus de 100 000 euros en poche.

Mais cela laisse pas mal de gens sur le bord de la route. Donc, les salariés les plus précaires sont venus sonner à la porte de Christian Troadec, le maire de Carhaix [divers gauche], et à la mienne, car nous avions été les deux fers de lance de la lutte pour l’hôpital. Le 18 octobre, on a décidé de faire une réunion publique dans la salle Glenmor de Carhaix où 600 personnes ont afflué – ce qui est énorme pour une ville de 8 000 habitants. Le soir même, on a réfléchi à donner suite à ce premier rendez-vous : ce sera l’objet de la grande manifestation pour l’emploi de Quimper, le 2 novembre. Le samedi 26 octobre avait lieu la destruction du portique écotaxe de Pont-de-Buis où sont apparus les fameux bonnets rouges sur la tête des agriculteurs.

L’écotaxe a été l’arbre qui cache la forêt du désespoir social, une façon de gueuler et de lâcher la pression pour beaucoup de gens : l’artisan qui n’arrive plus à joindre les deux bouts, le chômeur qui galère, le salarié précaire, mais aussi le petit entrepreneur local.

Pour qui connaît un peu le Centre-Bretagne, il y a une proximité entre tous ces gens, on joue ensemble au foot le samedi, et finalement les disparités sociales sont moins importantes qu’ailleurs. On peut y voir un malaise qui n’appartient pas qu’à la Bretagne, cela correspond aussi à ce qui s’est passé en Guadeloupe avec le LKP d’Élie Domota.

Mais comment s’est fait le choix symbolique du bonnet rouge, on n’a pas l’impression que ce soit ni fortuit ni spontané ? On sait aussi qu’Armor-Lux, qui est une boîte d’envergure, a fourni 900 bonnets lors de l’action de Pont-de-Buis, il y a bien eu une connexion quelque part ?

Le symbole des bonnets rouges est fort dans les mémoires paysannes bretonnes [1]. Moi-même, je tiens un petit restaurant depuis deux ans et demi qui s’appelle Les Bonnets Rouges. Il se trouve que le choix de ce symbole-là n’a pas été réfléchi, tout s’est passé très vite. Évidemment, il y a aussi des requins là-dedans qui y voient leurs propres intérêts. Armor-Lux, pour qui je n’ai aucune estime a priori, a des motivations antifiscales qui ne sont pas les mêmes que celles du petit boulanger ou du petit paysan.

Comment les bonnets d’Armor-Lux sont arrivés à Pont-de-Buis alors ?

C’est Armor-Lux qui a téléphoné à Thierry Merret, le meneur de l’action, pour lui proposer d’offrir ces bonnets, et ils ont accepté.

Soit, mais on sait aussi qu’il existe en Bretagne un marketing territorial très puissant, on peut penser que ça fait partie d’une stratégie de com’ [2].

Peut-être, mais l’important c’est que tout le monde se soit reconnu dans l’action de Pont-de-Buis, même des gens qui s’en foutent ou qui pourraient être pour un principe d’écotaxe appli-quée autrement, comme je le suis. La casse du portique et le fait de jeter des choux-fleurs sur les gendarmes, c’est ce dont avaient besoin les gens à ce moment-là pour signifier leur ras-le-bol contre l’État, pour des raisons à la fois différentes et convergentes.

Justement, cette « convergence d’intérêts divergents » est un élément qui a été très durement dénoncé par une partie de la gauche.

Il faut remettre tout ça à sa juste mesure. En dehors de la Bretagne, il y a une désinformation au sujet des Bonnets rouges, présentés comme un mouvement organisé et manipulé par la droite, le Medef, l’institut de Locarn [3], ou pourquoi pas Al-Qaeda, alors que la manif de Quimper, au-delà des symboles forts du Gwen ha du et des bonnets rouges, c’était du grand amateurisme !

C’est un mouvement qui s’est fait comme ça ! Bien sûr qu’il y avait aussi quelques intrus du Front National ou des identitaires, c’est pour ça que Troadec a publié une tribune dans Libé pour dire que l’extrême droite et tout ce qui y ressemblait étaient du poison pour la Bretagne comme ailleurs et que les bonnets rouges étaient leur antidote. Au fur et à mesure qu’on avance, on met les choses au clair.

J’imagine que ça doit te faire grincer les dents de voir des gens avec des bonnets rouges en photo sur Internet porter des t-shirts « Manif pour tous » en faisant le geste de la quenelle.

C’est sûr, mais contrairement à ce que les médias disent, c’est ultra minoritaire et généralement on les fait sortir des manifs.

À Quimper, il y avait aussi Daniel Sauvaget, le patron de Tilly-Sabco, dont on peut se demander si l’annonce du plan social n’était pas opportuniste pour gratter des aides de l’État et de l’Europe, qui manifestait avec ses ouvriers menacés de licenciement.

C’est là où je ne suis pas d’accord avec l’impression qui en a été donnée dans CQFD et dans laquelle les salariés de Tilly-Sabco m’ont dit ne pas s’être reconnus non plus. Dans un premier temps, j’ai eu la même réaction que toi, mais en creusant un peu, cette histoire de manif de patrons ne tient pas.

Après la manifestation de Quimper, on a décidé de faire un pôle ouvrier pour justement tirer au clair les situations des boîtes en crise : Gad, Marine Harvest et Tilly-Sabco. Ainsi, Corinne Nicole, la déléguée CGT de Tilly Sabco, militante au Front de Gauche, qui fait aussi partie des bonnets rouges, ne place pas Sauvaget dans la catégorie des patrons-voyous.

Au moment de la reprise de la boîte, il y a sept ans, ce dernier avait validé toutes les demandes du personnel, sauf les augmentations de salaires, il avait lui-même revu son salaire à la baisse, transformé les CDD en CDI et réinvesti les subventions européennes dans l’entreprise au lieu de les capitaliser.

Il se trouve qu’aujourd’hui Daniel Sauvaget est considéré par les salariés comme celui qui a permis de sauver leur boulot, ce qui explique la relation de confiance qui existe. Corinne Nicole m’a dit que tant que la lutte se situe sur la question du maintien de l’emploi, elle est prête à se battre à ses côtés, mais si demain cela passait par un plan social, elle le considérerait comme un ennemi.

Je conseille de réécouter les paroles de la chanson Les Prolétaires de Gilles Servat, qu’on passe dans toutes nos manifs : « Mais de tous ces prolétaires, qu’est-ce qu’on va en faire ? » On peut parler de malbouffe, de subventions européennes, etc., mais l’objectif que je refuse de perdre de vue, c’est : qu’est-ce qu’on va faire de tous ces gens ?

Quand on leur dit qu’ils produisent de la merde, eux ont le sentiment de défendre un savoir-faire, et ils se sentent méprisés quand on agite la « qualité » sous leur nez. Ça peut paraître dur à comprendre, vu de Paris, de parler de l’amour du métier quand on fait du poulet à la chaîne. Je te donne comme exemple ce gars de chez Gad qui bossait à la triperie depuis 25 ans et qui s’est pendu juste après la venue d’Ayrault à Lampaul-Guimiliau, quand on a confirmé la fermeture du site. C’était pourtant un de ceux à qui on avait assuré un reclassement.

Il y a aussi un autre discours que celui de la défense de l’emploi : quand Thierry Merret de la FDSEA, et coorganisateur de la manif de Quimper, dit : « Nous avons trop de contraintes administratives, fiscales, environnementales et sociales », on a l’impression qu’il propose un modèle ultralibéral qui tire vers le bas, à la fois productiviste comme au Brésil et avec les conditions sociales de la Roumanie.

J’étais à côté de lui sur la tribune quand il a prononcé cette formule et ça m’arrache l’oreille aussi d’entendre ça. Juste derrière lui, il y avait Nadine Hourmand qui demandait la réquisition ouvrière et la nationalisation des entreprises qui font des bénéfices et qui licencient. Maintenant, Merret, c’est quelqu’un qui te sort un tas de conneries.

C’est là où il faut démystifier le phénomène. Les Bonnets rouges, c’est une société bretonne qui est en colère, avec toutes ses contradictions. On est tellement habitués à des mouvements en rang d’oignons à la mélenchonade, où on se balade, on écoute le discours du chef et on rentre à la maison. Justement ce qui se passe en Bretagne, c’est pas chloroformé, c’est vif, on n’est pas d’accord entre nous, mais c’est là où il y a du débat ! Personnellement, je suis au NPA, mais tout le monde n’est pas anticapitaliste. En revanche, on sait que si on se met tous ensemble, on aura plus de poids que si on reste entre anticapitalistes.

Justement, qu’est-ce que tu réponds aux critiques qui voient dans les Bonnets Rouges le cheval de Troie pour défendre une gouvernance régionale dans l’intérêt d’un patronat breton ?

Je réponds : ne fuyez pas le terrain et rejoignez-nous, parce que la bagarre existe au sein des bonnets rouges. Le combat régionaliste existe, on ne s’en cache pas, chacun l’accommode d’ailleurs à sa sauce, mais pour qui connaît la Bretagne, on sait ce que représente ce sentiment d’appartenance.

C’est sûr que les Bonnets Rouges font aussi fantasmer le lobbying breton façon Opus Dei de l’institut Locarn, mais ils ne sont pas dans le mouvement pour autant. Donc, le rôle de ceux qui défendent les luttes ouvrières, c’est d’être au maximum dans le mouvement, pour que ce soient ces revendications qui pèsent. Partout, on voit les grandes formations politiques et syndicales jacobines exploser, on peut comprendre qu’en retour, ils souhaitent disqualifier un authentique mouvement populaire sur lequel ils n’ont pas le contrôle.

Où en est-on des comités qui se sont créés ?

Aujourd’hui [fin décembre 2013], il en existe 45. Ces comités se sont constitués pour répondre concrètement au Pacte d’avenir que veut nous imposer le gouvernement, sans réelle concerta-tion populaire. Ces comités agissent sur le modèle des cahiers de doléance. On aura encore des contradictions là-dedans, mais c’est pas grave. Quand on nous accuse de rouler pour des patrons, nous devrions être pliés de rire car quand on lit le Pacte d’avenir, il n’y a pas une ligne sur les ouvriers ou sur les licenciements !

En revanche, ce Pacte d’avenir donne des garanties au modèle agricole breton cher à la FNSEA.

Complètement ! Mais on met aussi le doigt sur ces contresens. La FNSEA doit assumer la situation dans laquelle on est aujourd’hui. En tant que restaurateur, je paye mon entrecôte trois euros le kilo plus cher parce que je souhaite avoir une viande élevée et abattue en Bretagne. J’ai bien conscience que c’est aussi à cause des choix agricoles européens qui ont été validés par la FNSEA, notamment, comme celui d’aller faire découper la viande en Allemagne pour réduire les coûts.

Dans les rendez-vous à venir, il y a la manifestation en soutien à Notre-Dame-Des-Landes (NDDL), à Nantes, le 22 février. Troadec appelle à manifester contre l’aéroport. On sait que la lutte de NDDL est aussi une lutte contre le productivisme, tout le monde n’est visiblement pas sur cette position dans le collectif Vivre, décider et travailler en Bretagne.

En tout cas, on se doit de répondre à toutes les problématiques qui concernent notre région. L’aéroport de NDDL est un scandale à plus d’un titre : il se fait sur une zone humide au détriment de toute protection de l’environnement, et en plus, d’un point de vue économique, il n’est pas justifié compte tenu de l’existence de trois aéroports sur le sol breton qui ne sont pas du tout saturés, et au final c’est le fruit du caprice de l’ancien maire de Nantes, notre actuel Premier ministre.

J’espère qu’il y aura le maximum de bonnets rouges à Nantes pour la manif. Maintenant, il ne faut pas voir les bonnets rouges comme une secte, alors que c’est juste un moyen de conjuguer les luttes. À la limite, peu importe le bonnet ou sa couleur.

Catalogués dans les cases « antifiscalistes » et « relais du capitalisme breton », les Bonnets rouges sont sans doute un phénomène plus complexe à sa base. Matthieu Guillemot (NPA), un des animateurs du « pôle ouvrier » du collectif, défend ici la vision d’un « mouvement de ras-le-bol populaire », riche de ses contradictions. Entretien contradictoire, donc.

Mathieu Léonard. dimanche 14 août 2016 GUILLEMOT Mathieu

https://www.preavis.org/breche-numerique/

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02 août 2019 ~ 0 Commentaire

gilets jaunes 1 (npa)

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Gilets jaunes

Un mouvement qui marquera durablement la situation sociale et politique

Le 18 mai sera le jour de l’Acte 27 des Gilets jaunes, qui correspondra au franchissement, par le mouvement, du cap des 6 mois de mobilisation. 6 mois durant lesquels, semaine après semaine, et ce malgré les pronostics d’« essoufflement », la répression policière et les manœuvres de Macron, le mouvement s’est installé et imposé comme un fait social et politique majeur, qui a profondément déstabilisé le bel édifice macronien… et le mouvement ouvrier.

Triple révélateur

Le mouvement des Gilets jaunes a joué, à bien des égards, un rôle de révélateur, au sens photographique du terme. Révélateur, tout d’abord, par la soudaine irruption, sur la scène de la contestation des politiques gouvernementales, des fractions des catégories populaires peu habituées à se mobiliser et à revendiquer dans l’espace public.

Une colère massive contre une politique globalement perçue comme injuste, doublée d’un sentiment (légitime) de relégation territoriale, lié notamment à l’augmentation continue des distances à parcourir pour aller ou boulot, accéder aux services publics ou tout simplement faire ses courses.

Révélateur, ensuite, du caractère contradictoire de la situation politique et sociale

Avec d’une part un rapport de forces global dégradé, en défaveur de notre camp, un recul et une paralysie des organisations traditionnelles, et un affaiblissement de l’identité de classe: entendue comme une condition et une force collectives.

Mais, d’autre part, il y a la possibilité d’explosions sociales, dans un contexte de crise continue du système capitaliste et de gestion néolibérale de cette crise, génératrice de toujours plus de pauvreté, d’inégalités, de précarité et de peur du déclassement.

Révélateur, enfin, de la nature profonde du pouvoir macronien

La violence des politiques néolibérales n’a d’égal que le mépris contre les catégories populaires, et li n’a pas hésité, face à l’extension de la contestation, à recourir à des méthodes répressives inédites depuis des décennies. Une escalade autoritaire qui n’est pas un accident de parcours mais un élément structurant du macronisme, qui intègre nécessairement une dimension ultra-répressive dans la mesure où la faiblesse de sa base sociale et son aversion pour les « corps intermédiaires » ne peuvent lui permettre d’établir une quelconque hégémonie.

Retour de la question sociale

Six mois après le 17 novembre, premier Acte d’une mobilisation qui a pris de court l’ensemble du mouvement ouvrier – y compris le NPA –, suscitant méfiance, voire défiance au sein de ce dernier.

Le mouvement des Gilets jaunes peut se targuer, même s’il est loin d’avoir obtenu une réelle victoire sur ses revendications, d’avoir contraint Macron à des reculs, notamment sur l’augmen-tation de la taxe sur les carburants et sur la CSG des retraitéEs.

Mais la principale victoire du mouvement est d’avoir su imposer, dans le paysage politique, un «retour de la question sociale», qu’il s’agisse des salaires et des revenus, des services publics ou de la nécessaire transition écologique.

Un retour de la question sociale qui a pu jouer le rôle d’encouragement aux luttes, comme dans ces nombreuses entreprises où des grèves ont été organisées pour obtenir la « prime Gilets jaunes » concédée par Macron en décembre.

Les questions démocratiques continuent d’être elles aussi sur le devant de la scène

Qu’il s’agisse du contrôle sur les élus, de la nécessité de structures permettant à la population de s’emparer des discussions la concernant, ou plus généralement des institutions antidémocra- tiques de la 5è République, même si le mouvement, dans son ensemble, ne se distingue pas par sa structuration démocratique et que la revendication du RIC est posée, par certaines franges des Gilets jaunes, comme une solution miracle alors qu’elle est loin d’être autosuffisante.

Ce retour des questions sociales et démocratiques n’a cependant pas, à l’heure actuelle, débouché sur des victoires majeures, et le gouvernement entend bien poursuivre ses projets destructeurs.

Mais force est de constater que le pouvoir n’a pas réellement repris la main, et que l’instabilité et la confusion demeurent au sommet de l’État, avec des crises et des départs à répétition et une légitimité considérablement et durablement, voire définitivement, érodée.

On peut affirmer sans exagération que le mouvement des Gilets jaunes a provoqué un changement de climat majeur, qu’il va marquer durablement la situation politique et sociale, et que la plupart de ses effets, et de ses répliques, sont devant nous.

Autant de leçons à tirer, de débats à mener, de perspectives à tracer et d’initiatives à prendre et à soutenir pour envisager la nécessaire construction d’une mobilisation de masse qui aille jusqu’au bout.

Julien Salingue  Samedi 25 mai 2019

https://npa2009.org/

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25 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

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Un paysan bio se bat contre les exploitations « mangeuses de terres » qui ont racheté sa ferme

L’histoire de Bastien résonne comme un symbole : agriculteur depuis quinze ans dans le Finistère, il y a patiemment développé une agriculture bio, diversifiée, ancrée localement. Mais à cause d’un problème foncier, ses terres ont été rachetées par de grosses exploitations agricoles, dont l’une possède déjà plus de 1000 hectares ! Sur place, un mouvement de soutien s’organise. Un nouveau combat de David contre Goliath.

« Cela met en péril tout ce que j’ai réalisé depuis quinze ans. »

Bastien Moysan est « pêcheur-paysan » à Daoulas, une commune de 1800 habitants dans le Finistère. Il a repris, il y a quinze ans, la ferme familiale du Guerniec, qui donne sur la baie de Daoulas, dans la rade de Brest. Il commence par ramasser huîtres et palourdes : « Je n’avais pas beaucoup de moyens et je me suis d’abord installé comme pêcheur à pieds. »

Puis il défriche peu à peu ses terres et développe une ferme en polyculture-élevage. Préoccupé par le maintien de la biodiversité, Bastien élève des races locales de vaches, comme la canadienne et la bretonne Pie-noir, ainsi que des porcs blancs de l’ouest, une race rustique de cochon qui a bien failli disparaitre parce qu’inadaptée à l’élevage industriel [1]. Pour les céréales, il fait de même, avec des variétés anciennes de seigle, d’avoine et de blé (voir la vidéo).

C’était sans compter des spéculateurs fonciers, en embuscade pour récupérer des terres.

En conflit avec sa famille, Bastien est resté sans bail durant toutes ces années. Il y a quelques mois, le pêcheur paysan décide d’acheter les terres qu’il occupe pour clarifier sa situation. Une procédure judiciaire est lancée. Bastien Moysan a de multiples preuves de son activité de paysan : il est affilié à la Mutualité sociale agricole (MSA), a une inscription administrative à la PAC (Politique agricole commune), a la preuve de sa conversion en bio et une demande d’autorisation d’exploiter.

Mais le notaire considère les terres comme « libres » et procède, en mai 2019, à la mise en vente de 30 hectares pour 40 000 euros aux enchères publiques. « Je me suis rendu à la vente aux enchères sans trop me faire de souci », raconte-t-il. « Mes voisins qui sont agriculteurs et que je connais, m’avaient dit qu’ils ne se positionneraient pas pour acheter mes terrains. » Cependant, les représentants d’autres exploitations agricoles des alentours se rendent à la vente et enchérissent trois fois le prix de base. Deux d’entre elles remportent la mise, récupérant chacune un lot de terres.

« Bastien fait face à un groupement agricole mangeur de terres »

L’affaire suscite localement un grand émoi. Car les deux exploitations agricoles en question possèdent déjà plusieurs centaines d’hectares chacune, l’une d’elle exploitant même plus de      1 000 hectares ! « Cette histoire, c’est celle de David contre Goliath », souligne Jules Hermelin, chercheur en sciences sociales et soutien local.

« Bastien fait face à un groupement agricole mangeur de terres. Tout cela est rendu possible par un système qui offre des facilités aux grandes fermes pour s’agrandir [2]. » En France, l’accaparement de terres relève d’abord de grandes exploitations qui monopolisent le marché foncier en s’engouffrant dans des failles juridiques (notre enquête). Elles s’agrandissent progressivement en rachetant des parts dans des fermes en difficulté ou dont l’exploitant est proche de la retraite, ce qui leur évite le contrôle des structures.

« Pour eux c’est un investissement minime, alors que pour nous c’est la vie d’un paysan et de sa famille qui est en jeu », dénonce le comité de soutien qui s’est constitué autour de Bastien et a lancé une pétition ayant déjà recueilli plus de 75 000 signatures. « Ces spéculateurs fonciers interdisent à des personnes comme Bastien, plus soucieuses de bien faire leur travail que de faire du profit, d’exercer leur métier », appuient plusieurs organisations dans une lettre commune [3]. Sur les 22 hectares de surface agricole utile cultivés par Bastien Moysan, 15 hectares lui échapperaient, dont les terres les plus proches de sa ferme.

« Ils tuent la terre et ont régulièrement besoin de terres neuves »

Dans ce territoire soumis à une forte pression foncière, la ferme du pêcheur-paysan fait un peu figure d’exception. Les grosses exploitations cultivent des pommes de terre à grande échelle, à coups de traitements phytosanitaires. « Ils tuent la terre et ont régulièrement besoin de terres neuves. Ils proposent à d’autres voisins en conventionnel d’échanger leurs terres. Ces voisins acceptent une fois, mais ne le refont pas l’année suivante, car ils retrouvent leur terre complètement détruite, relate Bastien.

Ces exploitations ont aussi besoin de « surface d’intérêt écologique » pour compenser [4]. » Entre terre et mer, Bastien a vu le milieu marin se dégrader à vue d’œil. « Il y avait six emplois directs dans la rivière du village, liés à un gisement de palourdes, illustre t-il. Aujourd’hui, je ne peux plus bosser dans la rivière car elle est polluée. Et maintenant, ils prennent mes terres. Il faut que ça s’arrête ! »

Cette affaire « est un très mauvais signe donné au monde maritime », commente Thierry Larnicol, vice-président de la commission mer et littoral du Pays de Brest [5]. Il pointe l’impact des « mauvaises pratiques agricoles » dans la dégradation de la qualité de l’eau de mer de la rade de Brest. À ses yeux, l’exploitation de Bastien Moysan « joue un rôle important dans la protection du fond de rade en créant un barrage de pâtures herbagées en aval des cultures polluantes, plus en amont ». C’est par ce type de pratiques agricoles que la qualité de l’eau pourrait être reconquise.

« C’est fou qu’on nous empêche de développer une autre agriculture ! »

Pour bloquer la vente, Bastien s’est tourné vers la Safer (société pour l’aménagement foncier et rural) qui, le 18 juin, a fini par préempter les 30 hectares de terres. « Sans le succès de la réunion publique et de la pétition, il n’est pas sûr que la Safer serait intervenue sur l’ensemble des terres concernées, ça prouve la place importante que peut avoir la société civile dans l’évolution de l’agriculture », souligne Stéphane Brélivet de la Confédération paysanne du Finistère. « On espère maintenant que la Safer va me réattribuer mes terres et me permettre ainsi de récupérer mon outil de travail, mais rien n’est joué », précise Bastien.

La décision devrait intervenir mi-octobre.

D’ici là, comme la Safer n’a pas le pouvoir de revoir le prix de ces terres à la baisse, les soutiens s’organisent autour de Bastien pour collecter les 130 000 euros nécessaires au rachat [6]. Une cagnotte a été constituée, et un « groupement foncier agricole » (GFA) est en cours de création, avec l’association Terre de liens pour la gestion des fonds. Concrètement, plutôt que de s’endetter à vie, Bastien sera locataire du GFA, avec la certitude que la terre restera en lien avec les paysans et le village de Daoulas.

Cet immense élan de générosité démontre à Bastien que « les gens en ont marre ». « Ils ont envie de bonne bouffe et de bon air. C’est fou qu’on nous empêche de développer une autre agriculture ! »

Selon Stéphane Brélivet, « c’est l’une des toutes premières fois que le courant libéral produc-tiviste basé sur l’export du Finistère subit un échec aussi important ». Chercheuse à l’Institut national de recherche agronomique, Véronique Chable insiste sur « le caractère novateur et inspirant de l’agriculture que pratique Bastien Moysan pour les nouvelles générations d’agriculteurs, pour ceux qui comprennent que l’agriculture de demain sera bio et basée sur le soin des sols et la diversité cultivée ».

Alors que le congrès mondial de l’agriculture biologique doit se tenir à Rennes en 2020, elle espère « qu’il sera encore sur ses terres pour montrer son travail aux agriculteurs de toute la planète ».

Sophie Chapelle 25 juillet 2019

https://www.bastamag.net/

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18 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

brest gilets jaunes (émancipation ee f-copernic)

femmes gj

Portrait d’une brestoise en gilet jaune

Emmanuelle est AESH (Accompagnante des Élèves en Situation de Handicap) dans le Finistère, métier qui ne lui autorise aucune heure supplémentaire, aucune évolution de carrière et qu’elle a débuté après une carrière d’aide-soignante qu’elle a quittée parce que le caractère humain du métier était devenu inexistant : un travail pénible dans lequel il s’agit d’enchaîner les patient·e·s sans pouvoir générer ce qui est cœur du métier – le lien social, humain. Elle est aussi mère célibataire de quatre enfants.

Débats et assemblées citoyennes : les ingrédients d’une avancée vers la démocratie

Elle a revêtu son gilet jaune à Brest depuis le début du mouvement, dans lequel elle a d’abord commencé par essayer de rassembler des personnes en vue de la journée du 17 novembre, puis a occupé des ronds-points, participé à toutes les assemblées citoyennes qui se déroulent les dimanches soirs. Elle participe activement à l’organisation du mouvement à Brest et mesure aussi tout ce qu’il lui a apporté.

La première fois, on s’est levé à 5h30, à 6h30 on se retrouvait sur un parking et on a commencé à occuper des ronds-points. Ça nous a permis de beaucoup discuter. Échanger est important. Sur les ronds-points, on a évacué nos questions, discuté de ce qui nous posait problème. C’est pour ça qu’il faut continuer à discuter. Les inquiétudes touchent tout le monde, gilets jaunes ou non. Quand on parle aux gens qui ne sont pas gilets jaunes de leurs inquiétudes, ça leur fait du bien, et ils nous le disent.

Ce que je constate, c’est que les gens ont envie de s’investir dans la vie politique.

Ils se sentent concernés, alors il faut leur parler, discuter des problèmes, des solutions, des idées. Le pouvoir fait peur aux gens, il est perçu comme un Dieu, inattaquable, ce qui conduit les gens à être fatalistes, comme si rien n’était possible. Mais si on veut un monde meilleur, il faut faire quelque chose”.

L’importance de la discussion, Emmanuelle l’a mesurée pour elle-même au début du mouvement ce qui l’a “rassurée”. Le mouvement lui a permis de sortir d’un isolement dans lequel il est facile de tomber si les espaces d’échanges n’existent pas. D’ailleurs à Brest, les AG représentent le cœur du mouvement, même si d’autres actions sont évidemment organisées.

De fait, force est de constater que les espaces démocratiques de discussion sont absents et que c’est entre autres ce que le mouvement dénonce depuis le départ. Selon elle, ce qui ressort de la discussion politique, c’est un sentiment accru de trahison, qui s’est amplifié de gouvernement en gouvernement.  Une part de la population qui gouverne pour tous les autres : une oligarchie qui tire le pouvoir à son avantage, pour ses propres privilèges. Pas étonnant que la colère monte.

C’est pourquoi la première des avancées serait selon elle que les citoyen·ne·s puissent être actrices et acteurs de la vie politique – autrement que par l’illusion d’un vote de temps en temps. Et décider par soi-même, sortir de la passivité, c’est multiplier les assemblées citoyennes, qui s’opposent en tout point à l’idée même d’un “grand débat” dirigé de part en part.

Déconstruire les idées reçues sur le mouvement et porter une égalité pour tous·tes !

Investir l’espace public pour permettre les échanges entre citoyen·ne·s permet aussi au mouvement de dire ses intentions, désamorcer les préjugés dont il est victime, clarifier ses positions. À ce propos, Emmanuelle revient sur le prétendu caractère non écologique du mouvement qui s’est fondé entre autres sur la colère face à l’augmentation des tarifs du carburant :

“Évidemment qu’on défend la planète.

C’est même sans doute la première chose qu’il faudrait prendre en compte et dont le reste peut découler”, mais il ne faut pas tout confondre, mener une véritable politique écologique, ce n’est pas augmenter les tarifs du carburant, et notamment les taxes, surtout si les taxes perçues par le gouvernement ne servent pas au financement de l’écologie. Les véritables responsables de l’absence de politique écologique, ce sont les gouvernements, pas les citoyen·ne·s.

De même, si le mouvement porte, selon Emmanuelle, sur l’égalité de tous les individus, il doit montrer aussi que les femmes sont les premières touchées par ces inégalités. Les gilets jaunes, hommes ou femmes, ne se revendiquent pas “féministes” à proprement parler, mais les questions des retraites, des inégalités salariales, d’accès aux postes, sont très présentes dans les discussions et revendications du mouvement.

C’est notamment ce qui a permis de faire émerger, le 16 février, une journée d’actions pour dénoncer les inégalités que rencontrent les femmes, mais aussi les violences sexuelles, les mutilations sexuelles ou encore les violences conjugales.

Cette journée était portée par un groupe de soignantes, d’assistantes maternelles (en gilet rose) et de gilets jaunes. Il s’agissait pour les femmes de défiler, de manière pacifique, en tête de cortège et pour certaines portions du parcours en cortège indépendant. Et dans la suite directe de cette journée, pourquoi ne pas “rejoindre les actions prévues le 8 mars”, s’il y en a.

Une détermination accrue face à un gouvernement qui vacille

À Brest, les cortèges sont plutôt pacifiques et il y a peu de répression dans les manifs mêmes. Pourtant, la répression est bien présente et montre que le gouvernement panique et vacille. Gardes à vue pour participation à des manifestations non déclarées, entrave à la circulation ou acte de rébellion en bande organisée, accusation de diffamation pour des actes dénoncés avec vidéo à l’appui suite à des violences lors du blocage d’un pont, “gazages” à bout portant…

Couplée à ces mesures de répression, la loi anti-casseurs est le signe que le gouvernement cherche à faire tomber ceux et celles qui parlent, agissent. Mais “nous priver de nos libertés ne nous empêchera pas d’agir”, d’autant que nombre des personnes actives dans le mouvement ont finalement très peu à perdre.

Si le mouvement s’est transformé, à Brest comme ailleurs, au fil des “actes”, il n’a pas perdu de sa détermination, donc. Il reste encore deux ronds-points occupés autour de Brest, où des personnes retraitées sont encore actives. Mais la diminution du nombre de personnes sur les ronds-points, loin d’être le signe d’un essoufflement du mouvement, est en fait le corrélat du nombre de tâches croissantes dues à son extension : préparer des affiches, tenir des assemblées régionales… tout cela prend du temps et mobilise les personnes.

“Faire venir les étudiants à nous”

Aller à la rencontre des gens, maintenir le mouvement malgré l’épuisement qu’il génère… voilà le programme pour les semaines à venir. À l’heure où les femmes, en Argentine, en Espagne, en Irlande, en Italie, au Brésil… se mobilisent pour leurs droits, celles qui luttent en gilet jaune montrent les voies possibles.

Depuis le début du mouvement social des gilets jaunes, qui dénonce les inégalités sociales et les privilèges qui n’avantagent qu’une infime partie de la population, les femmes se sont rassem-blées en gilet jaune pour exprimer leur engagement dans la lutte, mais aussi rappeler qu’elles sont les plus touchées par ces inégalités. Récit de l’une d’entre elles, active dans le mouvement à Brest.

Propos recueillis par Karine mardi 19 mars 2019

http://www.emancipation.fr/

Lire aussi:

Femmes chez les Gilets jaunes (EE)

Femmes et gilets jaunes : pour une transition sociale, féministe et écologique (F Copernic)

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17 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

urgences brest (fr3)

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CHRU de Brest : un clip vidéo pour dénoncer les conditions de travail aux urgences

Le personnel des urgences du CHRU de la Cavale-Blanche de Brest (Finistère) a détourné, dans un clip vidéo, une chanson de Matmatah. Objectif : dénoncer les conditions de travail dans leur service.

« Urg’ an Dro », c’est le titre de la chanson qu’ils ont écrite, et cela vous évoque sans doute quelque chose. Le personnel soignant des urgences de la Cavale-Blanche de Brest-Carhaix (Finistère) a, en effet, détourné la célèbre « Lambé an Dro » de Matmatah, avec l’accord du groupe.

Dans la vidéo, 50 personnels soignants (infirmiers, aides-soignants, secrétaires, etc.) affichent clairement leur ras-le-bol. « Si t’as plus envie de poireauter, viens aux urgences manifester« , « Viens aux urgences, tu vas pleurer« , « Ce qu’il nous faut, c’est embaucher, ne pas nous culpabiliser« .

« On voulait vraiment que tout le monde puisse comprendre nos problématiques et ne pas forcer le trait plus qu’il ne l’est déjà« , affirme Morgan Barbi, aide-soignant aux urgences.

Un conflit qui dure

Cette chorégraphie mise en texte et en clip est une manière, pour le personnel, de mettre en lumière les revendications qu’ils clament depuis le 13 mai dernier. Ils dénoncent notamment le sous-effectif chronique qui a pu mener à des scènes de violence : le 10 juin, une patiente s’en était prise physiquement à des membres du personnel soignant.

« On nous parle de chiffres. Nous, on voudrait de l’humain. On veut pouvoir parler avec les gens. Pas juste arriver et dire : ‘Bonjour, prise de sang, échographie, bilan urinaire et au suivant !’ » regrette Erwan Troadec, infirmier aux urgences. Pour pallier ce problème, ils demandent « plus de lits d’hospitalisation, plus de personnel médical et paramédical. »

De son côté, la direction indique avoir mis en place des mesures, parmi lesquelles « l’ouverture de lits supplémentaires pour cet été« , selon Laurence Jullien-Flageul, coordinatrice des soins CHRU Brest.

Le reportage de Julien le Bot et Florence Malésieux

Baptiste Galmiche 17/07/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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16 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

quimper conforama ( le télégramme)

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16 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

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