Archive | Luttes sociales en Bretagne

15 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

santé guingamp (ouest france)

guing

Le comité de défense santé du pays de Guingamp rédige une lettre ouverte

Ce lundi 14 janvier 2019, le comité de défense santé du pays de Guingamp a publié une lettre ouverte. Celle-ci fait suite à l’arrêté pris par l’Agence régionale de santé accordant un sursis à la maternité de Guingamp (Côtes-d’Armor).

Le comité de défense santé du pays de Guingamp a rédigé une lettre ouverte « en retour à la décision de l’ARS pour le sursis de la maternité » . Pour le comité, « Le manque de moyens a abouti à une souffrance des personnels […] Le succès de l’idée du Conseil national de la résistance en octobre 1945 doit toujours résonner dans notre tête : chacun cotise selon ses moyens, chacun reçoit selon ses besoins » .

Il est écrit : « La mobilisation est nécessaire : « Qui ne se bat pas est sûr de perdre » , mais une mobilisation la plus large possible et faite pour durer car, partout la vigilance reste de mise ! »

Selon le comité, « Les différentes réformes vont aboutir à une concentration des activités autour des centres hospitaliers universitaires, avec un émiettement sur les sites périphériques : mater-nité, médecine, gériatrie… La psychiatrie est profondément remise en cause dans sa spécificité et elle ne sera plus en capacité de faire face aux besoins des patients. »

Aussi : « Dans cette organisation, le secteur privé va se tailler la part du lion en récupérant une partie des activités les plus rentables : chirurgie programmée, oncologie, etc. »

« Pas de réponses satisfaisantes »

Le comité estime que : « Les « solutions » avancées par la ministre dans sa feuille de route n’apporteront pas de réponses satisfaisantes aux besoins de soins. Par exemple, si l’ambu-latoire est intéressant dans certains cas, il ne peut aucunement être LA solution. »

L’enjeu de la télémédecine est abordé. « La télémédecine est un outil intéressant, notamment pour l’interprétation de radios ou d’examens de laboratoire ou pour la mise au point de proto-coles, mais la prise en charge d’un patient exige plus que la présence devant un écran. Quel médecin sera en capacité de répondre à distance vu la pénurie actuelle ? »

« Nous serons attentifs »

Dans cet écrit, il est noté : « Il nous faut donc continuer à nous battre pour défendre un maillage équilibré du territoire, des structures de proximité travaillant en coopération avec des établisse-ments plus spécialisés pour assurer la continuité de la prise en charge. Les groupements hos-pitaliers de territoire (GHT) ou les supra-GHT auront un rôle prépondérant pour restructurer et fusionner les structures hospitalières. »

Le comité interpelle : « C’est le financement de l’hôpital qu’il faut changer ! Car les tarifs des actes hospitaliers sont sous-évalués et ne peuvent « coller » à la réalité de chaque situation de travail. »

En conclusion : « Nous prenons note de la décision de l’ars de renouveler jusqu’au 31 juillet 2020, mais nous nous serons attentifs, a ce qui est pour l’instant un sursis deviennent une décision pérenne, pour toutes les familles du bassin de Guingamp. »

14/01/2019

https://www.ouest-france.fr/

Lire la suite

14 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

saint nazaire (npa)

isf

Saint Nazaire

Comme dans tout le pays, la révolte des Gillets Jaunes s’est renforcée sur la région de St Nazaire.

Occupation de ronds points au pont, à Donges, Pontchâteau … Les actions de blocages aux Chantiers, à la raffinerie ont associé GJ, syndicalistes….

Le 1er décembre un appel de l’UL CGT a été rejoint par le mouvement GJ. Nous avons été 600 sous la pluie incessante. Des débrayages aux Chantiers de l’Atlantique ont vu sortir y compris des salarié-es des boites sous-traitantes. Le 14, ils ont été rejoints par les lycéen-nes sur le quai, bloquant un chargement.

Les 9 actes du mouvement ont été conséquents et pacifiques, sauf le 5 janvier. Une 50 taine de femmes GJ ont fait leur manif festive le dimanche 11. Le 8 /12, GJ et manif Climat se sont rejoints.

Si différents groupes sont organisés autour de Saint-Nazaire (Donges, St Brévin, Pontchâteau..) avec des différents « idéologiques » forts, le mouvement est maintenant fortement auto-organisé grâce à la Maison du Peuple.

C’est un local ex assedic, ex sous préfecture qui est occupé depuis le 24 novembre (audience d’expulsion le 16/01). Son nom fait référence à la Maison Du Peuple qui regroupait syndicats, assoc et théatre, jusqu’à ce que le maire en face un centre commercial.

De là s’organisent la coordination des ronds points, les AG quotidiennes à 18h, les groupes de réflexion, de travail (thèmes revendicatifs, salaires, richesse, services publiques / hôpital, école, transition énergétique, égalité homme /femme, répression) et le goûter du dimanche à 16h. Et certains soir, des conférences gesticulées et théâtre. Les échanges avec toute la France vont se formaliser la semaine prochaine à Commercy.

Cette richesse autour de la Maison du Peuple est due aux militant-es de tout âge et de tout origine sociale et de pensée. Si les 3 élus du FN ont tentés de participer au début, les antifa les ont dénoncés. Ils ne sont pas rentrés à la MdP. Et dès le départ, dans un « appel de Saint-Nazaire » les revendications sociales de la MdP ont été clairement posées.

Quelques militant-es CGT, jeunes anars, antifa, NPA, ATTAC s’investissent et apprennent beaucoup avec tout-es les participant-es. Mais la convergence – qui est indispensable pour gagner – entre Gilets jaunes et mouvement syndical reste très très limitée pour l’instant. “Le pouvoir au peuple” est la devise de tous et toutes.

Lundi 14 janvier 2019

https://npa2009.org/

Nantes

Environ 3 500 personnes ont manifesté à Nantes ce samedi, soit un peu plus que la semaine dernière. Manifestation très calme, défilé un peu au hasard dans les petites rues de la ville, car l’approche de la préfecture était impossible.

Beaucoup de manifestantEs sont « équipés », y compris dans des milieux populaires et non militants. Un slogan très largement suivi est « Nantes, debout, soulève-toi ! », propulsé par les antirep et autonomes de Nantes Révoltée.

Les flics ont décidé le début des hostilités au bout de 2 h en organisant un » traquenard » devant la banque de France où ils ont arrosé de lacrymos. Un peu de casse à partir de ce moment là (vitrines de banques, feux de poubelle) . Bref les chosent ce sont tendues… les flics nous visaient au flash ball… Plusieurs dizaines d’interpellations a priori.

Quelques organisations présentes : Solidaires, NPA, FI, Ensemble, AL, GDS. Des orgas présentes mais non identifiées : PCF, LO, Nantes Révoltée (à la manœuvre sur la tête de manif).

Lire la suite

05 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

macron tremble (cqfd)

cqfd

Gilets jaunes

…et soudain, la macronie trembla

De quel peuple est ce gilet ?

Depuis plus d’un mois les qualificatifs se bousculent pour tenter de comprendre la vague jaune qui a foutu un sacré coup dans les gencives de la start-up nation : inédit, hétéroclite, factieux, nouveaux sans-culottes, jacquerie en réseaux, mouvement sans tête, populisme… Une certitude : cette révolte a chamboulé beaucoup de repères.

Après les reculs de ces dernières années, la bonne nouvelle est que la question sociale se retrouve à nouveau au cœur des débats, secouant bien des léthargies. Elle a pris la forme d’une revendication pour le pouvoir d’achat et contre les injustices fiscales, mais aussi contre le mépris social des classes dirigeantes, le système représentatif ainsi qu’une défiance grandissante vis-à-vis des médias mainstream.

Autre indicateur déboussolant, tout s’est fait à la barbe des états-majors d’une gauche décomposée et des agendas syndicaux. Déconsidérés comme corps intermédiaires valables, ils ne représentent plus des forces de changement crédibles. Certains ont vu dans cet apolitis-me apparent des Gilets Jaunes le faux-nez de l’extrême droite. Or, comme le notent les philoso-phes Christian Laval et Pierre Dardot : « Il faut le dire et le redire ici avec force : si l’extrême droite a tenté de récupérer cette colère populaire, et si elle y parvient éventuellement, ce ne sera que par la faillite de la gauche politique et des syndicats dans leur fonction de défense sociale des intérêts du plus grand nombre.»

Le sociologue Laurent Mucchielli observe deux écueils : d’une part, une « surpolitisation » qui réduirait cette contestation à des motivations idéologiques ; de l’autre, une « dépolitisation » à n’y voir qu’une révolte contre le prix de l’essence, ce qui participerait « du même mépris de classe (en tous cas de la même distance sociale)  ».

De quel peuple viennent donc ces Gilets jaunes ?

Le mouvement des Gilets jaunes s’est caractérisé par son inexpérience politique et sa détermination, l’une alimentant l’autre comme une force dynamique. Souvent primo-militants, ces gens des ronds-points n’ont demandé aucune autorisation pour bivouaquer et fraterniser. Sans souci de la légalité formelle, ils se sont saisis naturellement de pratiques d’action directe : occupation de l’espace public, « Zads » autoroutières, manifs sauvages, assemblées populaires, blocage des flux économiques.

On a d’abord glosé sur la composition « interclassiste » de ce peuple des Gilets jaunes, mais dans sa grande majorité, il s’est constitué d’un mélange de travailleurs précaires, de retraités modestes, de petits indépendants et de « classes moyennes fragiles ». Selon le sociologue Yann Le Lann : «  Ceux qui se mobilisent sont des salariés qui n’ont pas les moyens de se mettre en grève. Parce que leur budget est trop contraint ou parce qu’ils n’ont pas les ressour-ces politiques autour d’eux pour porter une revendication salariale auprès de leur patron.» Les travailleuses du secteur de l’aide à domicile ont été un ferment de la mobilisation ; notamment les mères célibataires, parce que, les plus précarisées, elles sont directement confrontées à la course permanente pour « joindre les deux bouts ».

Les Gilets jaunes ont ainsi offert l’occasion d’agréger bien des colères. Insuffisamment encore, car à part l’initiative du collectif Adama ou des Femmes en lutte du 93, ce mode de protestation a peu touché les quartiers populaires, et ce en dépit de conditions sociales partagées et d’une relégation encore plus violemment endurée par ces derniers.

On ne peut nier que la séquence a aussi favorisé le champ d’expression de délires confusion-nistes et complotistes. Les groupes fascistes ont multiplié les interventions exploitant la can-deur d’un mouvement ouvert aux quatre vents. Ainsi vit-on une banderole des identitaires contre le pacte de Marrakech à Lyon, une autre du Bastion social à Chambéry, une banderole antisémite sur un rond-point dans le Rhône et des « quenelles » à Montmartre le 22 décembre. Si n’importe quel barjot, seul ou en bande, peut revêtir un gilet pour mettre en scène ses provocations opportunistes, ces signaux et dérapages posent l’impérieuse nécessité d’instaurer un cordon sanitaire vis-à-vis de ces influences funestes.

De même, on se doit de rester vigilant sur la place des discours anti-immigrés, parfois affichés sur les réseaux sociaux et certains ronds-points, parfois totalement absents à d’autres endroits. Toutefois, notons que c’est Macron lui-même qui a tenté de remettre la « question de l’immigration » et de «  l’identité profonde  » de la Nation sur le tapis ! Entendu sur le Vieux-Port de Marseille : « Avec le sac et le ressac, l’écume des sales idées nationales-populistes devient très visible, mais au plus fort de la vague, c’est la question sociale qui emporte tout sur son passage.  »

Macron face au péril jaune

« Les masses sont toujours ce qu’il faut qu’elles soient en fonction des circonstances et elles sont toujours sur le point de devenir quelque chose de totalement différent de ce qu’elles semblent être », écrivait Rosa Luxemburg. Il n’existe pas de mouvement social chimiquement pur et celui des Gilets jaunes n’échappe pas à ses contradictions. Ainsi, une sympathisante, employée dans une école de commerce du Sud-Ouest, s’étonnait que la colère ne soit pas plus orientée contre le patronat : «  Que l’on cible Macron, c’est normal ! Mais je ne comprends pas qu’on oublie d’attaquer ses donneurs d’ordre, le Medef ! »

Pourtant la polarisation sur Macron est loin d’être gratuite.

Au-delà des fameuses petites phrases arrogantes incitant les gueux à bosser « pour se payer un costard » ou à « traverser la rue » pour trouver un job, Macron n’est pas seulement le symptôme d’un rapport monarchique au pouvoir, il incarne pleinement les intérêts de l’oligar-chie. L’Inspection des finances dont il est issu fait depuis des années figure de véritable  Politburo qui applique mécaniquement les mesures ultra-libérales sans frein ni contrôle. C’est ce que le journaliste Laurent Mauduit a désigné au terme d’une enquête comme la « caste » : une haute fonction publique « noblesse d’État », qui se confond avec les milieux d’affaires dans une totale consanguinité. La colère jaune aura au moins servi à secouer cette impunité.

Grosse entourloupe et grandes récups

Mais, malgré ses reculades, le pouvoir ne renonce jamais. En promettant une hausse du Smic par la prime d’activité, c’est-à-dire payée par les contribuables, quelques miettes accordées à certains retraités par la baisse de la CSG, ainsi qu’une exonération des cotisations sociales pour les heures supplémentaires [6], le président-manager n’a fait que recycler des promesses de campagne de 2017, saupoudrées de poudre de perlimpinpin.

Au chapitre des mots d’ordre, le référendum d’initiative citoyenne (RIC) sert désormais d’os à ronger qui supplante toutes les autres revendications sociales (hausse des salaires, des mini-mas sociaux ou le retour de l’ISF). Comme une revanche sur la trahison du Traité de Lisbonne, le RIC est aujourd’hui survendu comme la panacée démocratique par les faux amis de la démo-cratie directe : depuis la France insoumise jusqu’aux réseaux confusionnistes proches d’Étienne Chouard ou de François Asselineau.

Dans quel sens tourne le giratoire ?

Entre tentations politiciennes, dérives confusionnistes ou extension du domaine des luttes, quel avenir pour les Gilets jaunes ? «  Un mouvement né sur un rond-point ne peut que tourner en rond ou partir dans tous les sens », commentait un internaute. En tout cas, ce mouvement, en dépit de ses lacunes et ses ambiguïtés, mais grâce à sa pratique d’auto-organisation sauvage, n’a pas fini d’essaimer.

Car l’essentiel qui transpire de ce mouvement, c’est sans doute la communication directe qui a propagé une conscience de l’injustice et des inégalités que chacun-chacune ruminait aupara-vant dans la solitude des embouteillages, des zones commerciales, de la non-vie périurbaine et des boulots précarisés.

Mathieu Léonard CQFD n°172 ( 4 janvier 2019)
.
.
Lire aussi:
.

Lire la suite

03 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

plogoff le pellerin (le peuple breton)

fem mes de plog

Du Pellerin à Plogoff

L’unité bretonne dans la résistance au nucléaire

En avril dernier [2011], Édouard Hamon disparaissait à la veille de ses 91 ans. Ce fut l’une des grandes figures des luttes antinucléaires dans l’estuaire de la Loire. Ayant des terres au cœur du périmètre du projet de la centrale nucléaire du Carnet, ce paysan refusa jusqu’au bout de les vendre à EDF. Comme le rappelle ses amis, sa résistance opiniâtre lui valut beaucoup de pressions et de menaces.

Interrogé par le journaliste Marc Le Duc sa fille, Hélène Hamon, rapporte que « ce fut une lutte longue et dure » et que la victoire sur EDF en 1997 « était la fierté de mon père d’avoir gagné ». Dans l’estuaire, le combat antinucléaire dura plus de vingt ans, ponctué d’affron-tements, d’actions en justice, de manifestations et rassemblements festifs géants.

À l’occasion du 30e anniversaire de l’abandon du projet de centrale nucléaire à Plogoff, la plupart des médias font l’impasse sur la place dans le combat antinucléaire breton victorieux des luttes développées dans l’estuaire de la Loire.

On ne peut comprendre Plogoff sans connaître l’histoire des luttes développées dans le sud de la Bretagne

Erdeven en 1974-75 et dans son sillage à Corsept et au Pellerin, dans l’estuaire de la Loire. Comme pour Plogoff, deux ans plus tard, la lutte du Pellerin entre dans l’actualité au moment de l’enquête d’utilité publique.

En janvier 1977, les paysans du site créent un groupement foncier agricole pour retarder l’achat des terrains par EDF. Le 8 mai, 10 000 personnes participent à la première fête anti-nucléaire sur le site. Le préfet de Loire-Atlantique donne des consignes aux douze maires des communes situées autour du Pellerin pour la procédure de l’enquête d’utilité publique. Sept maires refusent de rentrer dans le jeu. L’affichage qui est fait par les autorités à la place des maires rebelles pour annoncer le début de l’enquête est déchiré et brûlé.

Au Pellerin, l’accès de la mairie est barré par des engins agricoles et le sous-préfet se fait copieusement arroser de lisier. Les manifestants vont obliger le préfet à trouver une parade au blocage des mairies où peuvent être consultés les registres d’enquête. Le pouvoir inaugure la pratique des camionnettes gardées par les forces de l’ordre et baptisées « mairies annexes ». Le 2 juin à Couëron, la mairie est envahie par des manifestants qui neutralisent deux gendarmes pour s’emparer des registres qui finissent en feu de joie.

Les autorités réagissent brutalement en arrêtant à leur domicile quatre agriculteurs et une agricultrice. Un conseil municipal extraordinaire apporte son soutien aux inculpés. La force de ce mouvement populaire est sa non violence. Craignant une contagion le procureur maintient le mandat de dépôts jusqu’au procès en arguant qu’on est devant un « acte de guérilla ». Le 9 juin, veille du procès, 1 500 personnes se réunissent à Nantes. Devant le tribunal, le leader paysan Bernard Lambert approuve le mode d’action non violent.

Le jugement est brutal 

8 mois de prison dont 6 avec sursis. Devant le palais de justice la stupeur du millier de mani-festants se mue en combativité du coté de Saint-Jean-de-Boiseau où une quarantaine de manifestants déchirent le dossier d’enquête.

La riposte brutale des gardes mobiles préfigure la politique répressive de l’État français à Plogoff.

La colère ne retombe pas avec 2000 manifestants à Nantes le 14 juin et des affrontements violents à Cheix-en-Retz. Le 11 juillet, l’enquête est close dans la confusion. Le 18 octobre 78, les conseils municipaux du Pellerin et de Cheix-en-Retz démissionnent suite à l’avis favorable du Conseil d’Etat à EDF.

La dernière délibération des deux conseils sera un jumelage avec Plogoff.

Plus rien ne sera comme avant dans les luttes antinucléaires bretonnes. La solidarité et la communauté d’action ira en se renforçant entre l’estuaire de la Loire et Cap Sizun. Le 20 avril 79, les autorités demandent des études complémentaires concernant le site du Pellerin en raison de la proximité de Nantes. Manière d’enterrer le projet sans montrer que le pouvoir a reculé devant ces irréductibles Bretons.

La leçon est retenue par les habitants de Plogoff qui prennent le relais en reprenant le mode de lutte inauguré au Pellerin.

Les gens du Cap vont l’adapter à leur terrain en apportant leur touche personnelle. Le pouvoir qui allait aussi reculer en 1981 à Plogoff ne va pas pardonner aux Bretons cette humiliation en voulant installer sa « centrale baladeuse » plus près de l’entrée de l’estuaire, au Carnet.

En 1983, la brutalité des forces de l’ordre lors des premiers mouvements de contestations sur le site du Carnet est particulièrement significative d’un pouvoir qui veut faire plier les Bretons. On entendra même de la bouche du ministre socialiste Edmond Hervé (maire de Renne blog) chargé de l’énergie nucléaire que l’intérêt de la France prime avant celui de la Bretagne.

14 ans plus tard, des femmes et des hommes comme Edouard Hamon ont à nouveau fait échouer l’État français dans sa tentatives d’implantation de centrales nucléaires en Bretagne.

Hubert Chémereau 1 janvier 2019

Article publié dans l’édition papier du Peuple breton de juin 2011

http://lepeuplebreton.bzh/

Lire la suite

03 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

bic vannes (fr3 le-huff’ fi lo)

charb

Vannes : licenciements annoncés

Les salariés de Bic Écriture en grève

Le groupe Bic est en train de recentrer ses activités sur les stylos, briquets et rasoirs. Conséquence, Bic Sport est vendu à l’Estonien Tahe Outdoors, Mais l’unité vannetaise de crayons située sur le même site, fermerait, pour être délocalisée en Tunisie. Les salariés sont en grève ce jeudi.

Finie la fabrication du stylo quatre couleurs à Vannes, dans le Morbihan. L’unité de production, qui en produit 100 millions par an, existe depuis le début des années 80, et emploie une quarantaine de salariés. Elle serait délocalisée à 80% sur le site de Bizerte en Tunisie, ou vers le siège de Bic Écriture 2000 à Marne-la-Vallée, pour 20% des effectifs. Un plan social, a été annoncé au mois de novembre dernier et prévoit 33 licenciements et 6 reclassements au siège. La direction, après trois réunions, espère pouvoir signer ce PSE le 26 février prochain.
.

Grève ce jeudi

Ce jeudi 3 janvier, l’entreprise est à l’arrêt, les salariés sont en grève. Une vingtaine d’entre eux s’est rassemblée devant le site, avec banderoles, braseros et feu de palettes. Ils comptent y rester toute la journée et prévoient d’ores et déjà, une action de distribution de tracts et de crayons sur des ronds-points, ce vendredi. Pour eux la direction de l’entreprise ne s’est pas donné les moyens de retrouver des locaux sur la région de Vannes.

Bic Sport racheté par l’Estonien Tahe Outdoors 

Cette petite unité Bic Écriture vannetaise, menacée de disparition, est installée sur le site du siège de Bic Sport, qui depuis 1979 fabrique des planches à voile, de surf, de paddle, ou de kayak. Le groupe Bic ayant décidé de se recentrer sur son cœur de métier, les briquets, rasoirs et stylos, elle vend sa filiale sportive à l’Estonien Tahe Outdoors, pour de 6 à 9 millions d’euros. Un groupe spécialisé dans les sports de pagaie et de kit surf et qui avec ce rachat deviendrait un des leaders mondiaux pour les sports nautiques. Mais une vente, qui impliquerait donc, pour utiliser l’ensemble du site, la disparition de l’unité voisine de crayons.

Krystell Veillard  03/01/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

L’usine Bic de Vannes ne produira plus de stylo 4 couleurs, les salariés en grève (Le Huff’)

Les quatre-couleurs de Bic quittent la Bretagne pour la région parisienne et la Tunisie (France Info)

Bic Vannes : contre les licenciements (LO)

Lire la suite

27 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

sncf nantes (lutte ouvrière)

sncf

SNCF : À Nantes, un vendredi de grève

Conscients des coups portés par la direction de la SNCF, les cheminots de la gare de Nantes ont décidé de faire grève vendredi 21 décembre, soutenus par la CGT, Sud Rail et FO.

En effet la direction, après avoir annoncé 19 suppressions de postes aux guichets, continue sa politique de saignée sur l’emploi en supprimant trois postes à l’accueil de la gare de Nantes, malgré les besoins des voyageurs, qui demandent la présence de cheminots dans les gares.

En trois ans, ce sont plus de 8 000 emplois que la direction de la SNCF a supprimés, au détriment des conditions de travail et de la qualité du transport pour les voyageurs.

Ceux-ci se plaignent de ne plus voir personne dans les gares TER de la région, où la direction a déjà supprimé le personnel et a fermé à tout-va les guichets. Les cheminots ont donc décidé de se faire entendre collectivement ce jour-là par la grève.

La SNCF aurait les moyens d’embaucher du personnel en nombre suffisant, à commencer par ceux qui travaillent souvent en contrat précaire aux côtés des cheminots. Les travailleurs de la société USP nettoyage ont d’ailleurs donné l’exemple ce même jour en faisant grève pour leurs salaires !

Correspondant LO 26 Décembre 2018
.

Lire la suite

26 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

mouvement (essf)

isf

« Le mouvement des “gilets jaunes”

Est avant tout une demande de revalorisation du travail »

Sylvia Zappi: Quel est le profil des gilets jaunes que vous avez interrogé ?

Yann Le Lann  Ce qui resort de nos questionnaires recoupe les informations déjà publiées sur ce mouvement : ce sont les classes populaires, employés et ouvriers, qui sont présentes sur les barrages. On y retrouve aussi beaucoup de femmes qui ont pris une place importante dans le mouvement, souvent en position pivot : c’est à elles qu’on fait confiance pour gérer des caisses de solidarité ou mener des actions. On trouve aussi une part importante de retraités. Tous nos questionnaires montrent qu’on a affaire à des personnes aux revenus inférieurs à 1 600 euros mensuels, voire très souvent juste au niveau du smic.

Ce mouvement est passé d’une revendication contre les taxes sur les carbu-rants à une demande de hausse des salaires. Vous expliquez que c’est une bascule très signifiante. Pourquoi ?

Parce que c’est important pour comprendre le décalage entre la première perception de cette mobilisation et sa réalité politique, ce qui a donné lieu à un malentendu sur ce mouvement. Les premiers temps, les chaînes d’information l’ont présenté comme l’expression d’un ras-le-bol des territoires périurbains braqués contre la taxe sur les carburants. Le mouvement a eu l’intelligence de subvertir cette audience pour déplacer la revendication vers des enjeux de salaire et de retraite qui sont devenus le cœur de leur plate-forme.

A nos yeux, c’est donc la question de la reconnaissance du travail qui est en jeu. Ceux qui se mobilisent sont des salariés qui n’ont pas les moyens de se mettre en grève. Parce que leur budget est trop contraint ou parce qu’ils n’ont pas les ressources politiques autour d’eux pour porter une revendication salariale auprès de leur patron. Ou parce qu’ils ont déjà fait l’expérience d’une négociation salariale qui a échoué.

Et pourtant, les « gilets jaunes » sont passés à une plate-forme revendicative beaucoup plus large…

Oui, parce que l’écho médiatique leur a permis de se faire entendre sur d’autres enjeux. Mais la question centrale demeure celle du travail. Comme, pour eux, le canal classique de la reven-dication collective, organisée sur les lieux de travail, est bouché, ça a débordé ailleurs : ils ont en quelque sorte contourné cette impossibilité en s’organisant en dehors des heures de travail, sur des barrages et des places, en occupant l’espace public. Du coup, ce n’est pas le patron qui est interpellé mais l’Etat, qui est jugé comme ayant une responsabilité en matière salariale et se retrouve à devoir gérer ces revendications. C’est tout à fait nouveau et c’est un défi pour lui.

N’est-ce pas une remise en cause des syndicats ?

C’est un coup de semonce. Les « gilets jaunes » sont très loin des organisations syndicales. Ceux que nous avons interrogés portent un regard très varié sur leur action ; nous avons tenté de les répartir en trois groupes. Le premier, très largement majoritaire, regroupe tous ceux qui n’ont aucun contact avec les syndicats. Cela concerne les nombreux salariés des petites et moyennes entreprises (PME) ou des très petites entreprises (TPE) dans lesquelles il n’y a pas de structuration de la négociation collective.

Ensuite, il y a ceux qui ont été en contact avec des syndicats, ont tenté de négocier des haus-ses de salaire et de meilleures conditions de travail, et n’ont pas obtenu gain de cause. Ils en ressentent une forme d’amertume. Le troisième profil, minoritaire, correspond à des personnes plus politisées qui veulent qu’il y ait convergence de luttes avec d’autres secteurs professionnels emmenés par les syndicats.

Quel est le positionnement politique des « gilets jaunes » de votre échantillon ?

On a trois blocs quasi égaux de 20 % entre les abstentionnistes et votes blancs, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et ceux de Marine Le Pen. On a vu se confirmer une polarité au sein du mouvement entre la gauche radicale et l’extrême droite, avec, au milieu, une zone grise difficile à cerner. Mais le sentiment que le gouvernement ne respecte plus la souveraineté populaire, qu’il est en rupture avec les intérêts du peuple, unifie ces trois pôles. D’une manière générale, nous avons perçu une défiance totale vis-à-vis de tous ceux qui ont été aux affaires depuis quarante ans.

Comment cela se traduit-il en matière de valeurs politiques ?

Il y a indéniablement, parmi les « gilets jaunes », une part importante qui ressent une vraie crainte à l’égard de la crise migratoire et qui, lorsqu’on l’interroge sur l’immigration, porte des idées xénophobes ou racistes. Ainsi, 48 % des personnes que nous avons interrogées esti-ment qu’en matière d’emploi, « on devrait donner la priorité à un Français sur un immigré en situation régulière ».

Malgré cela, le mouvement s’est politisé sur des slogans qui empruntent aux valeurs de la gauche. Car les porte-parole des ronds-points ont privilégié les mots d’ordre qui permettaient de fédérer. Ce sont les revendications sur les salaires, les retraites, le référendum d’initiative citoyenne (RIC), qui se sont avérées les plus consensuelles et ont permis au mouvement de durer. Les « gilets jaunes » ont eu cette intelligence collective d’orienter leur parole publique vers le social et d’éviter de faire caractériser leur mobilisation comme un mouvement de « petits blancs » récupérable par l’extrême droite.

Votre constat ne contredit-il pas les observations des chercheurs de Bordeaux dont « Le Monde » a publié les résultats ?

Non, ils sont complémentaires. Il y a deux niveaux de pensée : les valeurs que l’on n’assume pas dans le face-à-face avec un enquêteur, et celles que l’on affirme seul en répondant à un questionnaire en ligne. Ces deux types d’enquête donnent des résultats souvent très diffé-rents. Nous avons mesuré qu’une partie des « gilets jaunes » est très sensible aux thèses présentant l’immigration comme un danger mais qu’ils ne les défendent pas à l’intérieur du mouvement. Les slogans xénophobes sont demeurés minoritaires. Ce sont la critique du gouvernement et la dénonciation d’une politique économique du pays qui ont soudé tout le monde.

On a senti une lutte d’influence entre deux ailes du mouvement, les « mélenchonistes » et les sympathisants de Marine Le Pen. L’avez-vous perçue ?

Cette opposition existe à l’évidence mais elle demeure difficile à capter parce qu’il y a très peu de militants organisés. Cela reste sourd, latent, entre des petits noyaux qui veulent que le mouvement s’organise autour des enjeux de démocratie et de justice sociale, et des tentatives de récupération de l’extrême droite sur les questions identitaires. Cette dernière a cependant échoué à l’intérieur du mouvement : j’ai le sentiment que le pôle abstentionniste des « gilets jaunes » n’est pas en train de basculer dans les bras de Marine Le Pen.

Le fait que la revendication de hausse du smic ait été autant centrale en est le signe. Tout comme la réaction massive contre les violences policières vécues sur les barrages et dans les manifestations du 1er décembre. Ce qui ne dit pas pour autant que le Rassemblement National ne puisse pas gagner, auprès d’une partie des Français, la bataille sur le sens du mouvement, alors qu’il n’est pas arrivé à imposer ses thèses à l’intérieur.

Le sociologue Yann Le Lann a coordonné une enquête sur profil des manifestants : « Ce sont les classes populaires, employés et ouvriers, qui sont sur les barrages ». Yann Le Lann est maître de conférences en sociologie à l’université de Lille. Spécialiste du travail, il a coordonné l’enquête du collectif Quantité critique, composé de chercheurs et de doctorants de Lille et de Sciences Po Paris, qui a analysé le mouvement des « gilets jaunes » durant un mois. Le sociologue estime que l’identité du mouvement est centrée sur la reconnaissance du travail.

Propos recueillis par Sylvia Zappi, lundi 24 décembre 2018 LE LANN Yann

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Reportages auprès des gilets jaunes par temps de Noël (Essf)

Lire la suite

20 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

rennes la poste (lutte ouvrière)

greve-poste-privatisation

La Poste Rennes

Mobilisation pour le pouvoir d’achat

Mercredi 12 décembre, les équipes du matin de la plateforme industrielle de courrier (PIC) de Rennes Armorique avaient décidé de stopper toutes les machines à trier. Ils se sont rassem-blés pour exiger des augmentations de salaires et 1 500 euros net de prime immédiate pour tous. Un adjoint de la direction a dû descendre en catastrophe pour tenter de dialoguer.

Le même jour à 14 h 30, toutes les équipes d’après-midi avaient décidé de se regrouper à l’embauche.

Plusieurs collègues du matin les ont rejoints ainsi que les releveurs de courrier. Au total cela regroupait une bonne centaine de travailleurs, agréablement surpris de se retrouver aussi nombreux. Ils ont d’ailleurs pris la décision de renouveler la même action le lendemain à la même heure.

Plusieurs interventions spontanées se sont ajoutées à celles des syndicalistes présents. Aux revendications salariales se sont ajoutées aussi des revendications spécifiques concernant les fêtes de fin d’année, la direction refusant d’accorder ne serait-ce qu’une heure de départ anti-cipé ! Des débrayages ont aussi eu lieu en fin de service dans les équipes d’après-midi et de nuit.

Toutes ces actions faisaient écho aux manifestations des gilets jaunes de ces dernières semaines.

Progressivement, l’idée fait son chemin que notre force se trouve à l’intérieur des entreprises, et qu’il faudra l’utiliser pour prolonger la contestation des ronds-points. Il y a eu beaucoup de discussions entre postiers ces dernières semaines sur la perte de pouvoir d’achat. Certains faisaient précisément le calcul de ce qu’ils avaient perdu en totalisant l’augmentation des prix du transport, de l’énergie ou des mutuelles…

Si la direction locale s’est retranchée derrière des directives nationales, tout le monde prend ça comme de l’enfumage à la Macron. Ces derniers jours les postiers de la PIC de Rennes ont appris à discuter entre eux pour être toujours plus nombreux à réagir. La mine plutôt déconfite de la direction montre que c’est la voie à suivre et cela donne envie de recommencer.

Correspondant LO 19 Décembre 2018

Lire la suite

18 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

lycées bzh (fr3)

lycees

Lycées 

Toujours des blocages en Bretagne

Une demi-douzaine d’établissements est encore perturbée en Bretagne ce mardi, dont deux à Rennes, étaient totalement bloqués ce mardi. A quelques jours des vacances de Noël, les lycéens ne désarment pas, contre la réforme du baccalauréat et la plate-forme Parcoursup.

Le lycée Descartes, du sud de Rennes, était bloqué par quelque 200 élèves tôt ce mardi matin. Les forces de l’ordre sont intervenues rapidement pour le libérer. Au total deux établissements de la ville était fermés ce mardi et six perturbés par le mouvement des lycéens, sur l’ensemble de la Bretagne, à Morlaix et Etel, avec ceux de Rennes.

Les lycéens ne désarment pas

Même si le mouvement est moins massif, les lycéens à quelques jours des vacances de Noël ne désarment pas. Ils s’opposent toujours à la réforme du baccalauréat et du lycée, ainsi qu’à la plate-forme Parcoursup, qui a leur sens va accentuer les inégalités entre les établissements, ceux de la périphérie et les lycées de centre-ville en particulier, mieux dotés en options et filières.

Près de 300 lycéens se sont retrouvés en fin de matinée place de la République à Rennes, avant de rejoindre le lycée Bréquigny, où une assemblée générale est prévue.

Krystell Veillard  18/12/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire la suite

13 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

morbihan 14 décembre

56.png1

56.png2

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin