Archive | Luttes sociales en Bretagne

25 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

guingamp (cgt)

gweng

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22 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

guingamp (le tél)

Maternité-01-854x908

« La promesse d’un nouvel hôpital n’est qu’un leurre », dénonce la Coordination Santé du Pays de Guingamp

La Coordination Santé du Pays de Guingamp « appelle la population à participer massivement à la manifestation organisée le 11 février à Guingamp ».

Dans un communiqué, la Coordination Santé du Pays de Guingamp explique pourquoi la population doit se mobiliser le 11 février pour défendre l’hôpital de plein exercice.

« L’année a à peine commencé, et déjà notre maternité fait l’objet d’une nouvelle menace de fermeture. Cette menace prouve, s’il en est besoin, que nous avons raison depuis le début.

L’objectif de nos technocrates est le même depuis des années : la fermeture d’un plateau technique sur le GHT (groupement hospitalier de territoire) annoncée dès 2016. Comme prévu, ils ont joué la montre et misé sur le pourrissement de la situation.

Et comme nous le rappelions récemment, la promesse d’un « nouvel hôpital » n’est qu’un leurre destiné à masquer la fermeture des services. Il suffit pour s’en convaincre de regarder du côté de Dinan… », dénonce, dans un communiqué, la Coordination Santé du Pays de Guingamp.

Rassemblement le 11 février

Un collectif qui « appelle la population à participer massivement à la manifestation organisée le 11 février à Guingamp. Nous l’annonçons sans hésiter : cette journée ne sera pas un baroud d’honneur. Cette mobilisation devra donner un mandat clair aux élus, aux syndicats et aux citoyens engagés au sein du comité de défense, pour entreprendre les démarches nécessaires au maintien d’un hôpital de plein exercice à Guingamp. Elle devra montrer la détermination et l’unité de notre territoire pour la défense du droit de naître, vivre, travailler et décider au pays ! ».

21 janvier 2023

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19 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

100 000 en bzh (le télégramme)

De nombreux rassemblements ont été organisés, ce jeudi 19 janvier, à travers toute la Bretagne contre la réforme des retraites voulue par le gouvernement. Selon les derniers comptages, ils ont été plus de 100 000 à avoir battu le pavé.

Le bras de fer entre les syndicats et le gouvernement sur la réforme des retraites a commencé ce jeudi, avec une première journée de mobilisation. Des manifestations ont été organisées dans une vingtaine de villes bretonnes. D’après les derniers chiffres, ils ont été plus de 100 000 à être sortis dans la rue. Nos journalistes ont, eux aussi, battu le pavé pour vous faire vivre l’événement en direct.

LANNION

À Lannion, le rassemblement contre le projet de réforme des retraites a débuté peu après 11 h 30, ce jeudi 19 janvier. La mobilisation, autour de 7 000 manifestants, est bien plus importante qu’espéré.

La mobilisation contre le projet de réforme des retraites a réuni plus de 7 000 personnes ce jeudi, à Lannion. C’est bien plus qu’attendu. Les manifestants se sont regroupés le long de l’allée du palais de Justice, très vite noire de monde. Pendant une heure, ils ont écouté le discours concocté par les représentants de l’intersyndicale (CFE-CGC, CGT, Sud, Solidaires, CFDT, FSU et Unsa). Le cortège a ensuite déambulé autour du Léguer. La mobilisation de ce premier mouvement contre le projet de loi est une réussite pour les organisateurs qui prévoient déjà d’autres rassemblements.

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Carhaix

Le rassemblement contre la réforme des retraites a fédéré dans le Poher. Plus de 2 000 personnes ont défilé, jeudi 19 janvier 2023, à Carhaix, dans la bonne humeur, du jamais vu depuis la fermeture de la maternité.

« Sans la pluie on se croirait aux Charrues ». À Carhaix, la manifestation contre le projet de réforme des retraites a réuni 2 000 personnes dans les rues, du jamais vu depuis la lutte contre la fermeture de la maternité de l’hôpital. Parti à 11 h, de la Maison des syndicats, après une prise de parole de la CGT et de la CFDT, organisateurs de la manifestation carhaisienne, le long cortège a fait le tour de la place du Champ-de-Foire avant de se diriger vers la gare et remonter vers la place de la Tour d’Auvergne. Plusieurs élus locaux étaient également rassemblés. Une forte mobilisation qui réjouit Bernard Bloyet, secrétaire de l’union locale de la CGT. « C’est une réussite mais on aurait préféré ne pas avoir à se mobiliser. On pourra célébrer ça quand le projet de réforme sera retiré ».

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sud

3 200 fois « non » à la réforme des retraites dans les rues de Quimperlé 

La dernière prise de parole devant l’entreprise Bigard a permis d’associer une partie des 3 200 manifestants au cas de ce salarié, licencié cette semaine, après avoir, selon les syndicats, « répondu à son supérieur ». (Le Télégramme/Gwen Rastoll)

La mobilisation a atteint des sommets sans doute jamais égalés auparavant, ce jeudi 19 janvier 2023, à Quimperlé, avec 3 200 manifestants. Une première journée de mobilisation qui en appelle d’autres… avec quelques réglages.

« Franchement, non… De mémoire de Quimperlois, je ne crois pas avoir vu autant de monde dans les rues de Quimperlé pour une manifestation ». Alain Pennec, ancien maire de Quimperlé (2008-2014), a pourtant vu défiler des cohortes de manifestants. Il s’est même parfois associé aux marches, comme c’est d’ailleurs le cas, ce jeudi 19 janvier 2023. Dans les rues de Quimperlé, l’appel à la mobilisation a été entendu. D’autres anciens et actuels élus, dont de nombreux membres de la municipalité ou de l’Agglo, – le président de Quimperlé communauté Sébastien Miossec et le maire de Quimperlé, Michaël Quernez, en sont – s’associent à la protestation. À l’appel de l’intersyndicale, tous les gros secteurs d’activité sont représentés : Bigard, Les Papeteries de Mauduit, l’hôpital, Nestlé-Purina, le secteur « banques et assurances », les agents territoriaux, les enseignants, l’agroalimentaire…

Pauline Le Diouris et Gwen Rastoll  19 janvier 2023

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Lire aussi:

Réforme des retraites : grève du 19 janvier, plus de 37 000 personnes ont manifesté en Finistère

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18 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

manifs (cgt)

cgt

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14 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

guingamp (le tél)

Maternité-01-854x908 

Maternité de Guingamp : une fermeture définitive en avril 2023 ?

Lors d’une commission médicale d’établissement, le manque de sages-femmes à la maternité de Guingamp a une fois de plus été mis en avant ce jeudi 12 janvier. En ligne de mire, une potentielle fermeture administrative en avril 2023.

La menace d’une fermeture définitive de la maternité de Guingamp n’a jamais été aussi forte. Comme l’informent nos confrères d’Ouest-France, une commission médicale d’établissement (CME) s’est déroulée ce jeudi 12 janvier, dans l’après-midi. Commission à laquelle était, notamment, présente Ariane Bénard, directrice du Groupement hospitalier de territoire. Ce que nous ont confirmé les syndicats Sud Santé et CGT de l’hôpital guingampais, un représentant de cette dernière organisation syndicale ayant assisté à la CME.

« Amener les parturientes ailleurs »

Selon ce syndicat, le chef du service maternité aurait pris la parole lors de cette CME, évoquant le manque de personnels, notamment de sages-femmes, et pointant une « insécurité » qui pourrait en découler. Une carence qui avait, pour rappel, déjà été pointée du doigt début décembre.

Et si la direction de l’hôpital avait tenu à rassurer, annonçant mi-décembre « un fonctionnement de la maternité sans discontinuité en janvier, et pour les mois à venir », les syndicats avaient alors dénoncé « un manque d’anticipation » face à cette situation.

Durant cette même CME, et toujours selon le syndicat présent, Ariane Bénard aurait alors déclaré qu’il fallait « une position claire de la communauté médicale de Guingamp, pour appuyer l’Agence régionale de santé et un message à rendre plus audible au sein de la population et des politiques ». Elle aurait demandé « une date rapide au 1er avril 2023 pour amener les parturientes ailleurs », évoquant les établissements de Saint-Brieuc et Lannion. Suite à quoi, selon la CGT, « la CME a acté la fermeture de la maternité au 1er avril 2023 ».

Le directeur a rencontré les équipes

Pour rappel, c’est bien l’ARS qui a le pouvoir de fermer le service, cette dernière s’étant donné un an de délai après la remise du rapport de Bruno Rossetti, mi-2022, qui prônait déjà la fermeture de la maternité. Cet avis de la CME, la CGT le considère comme « surprenant. On a du mal à croire que des médecins s’expriment pour une fermeture ». « On ne peut pas regarder les choses uniquement du point de vue médical », argue-t-on du côté de Sud Santé.

Si la situation restait en l’état, on arriverait à une fermeture administrative pour défaut de personnel

Les deux organisations syndicales se font aussi l’écho d’une rencontre, ce vendredi 13 janvier, entre le personnel de la maternité et Samuel Froger, le directeur de l’hôpital. Sud Santé rapportant qu’il était accompagné du directeur des ressources humaines et de la directrice des soins. Et qu’il aurait été annoncé aux équipes qu’à partir de début avril, « il manquerait toujours quatre temps pleins de sages-femmes ». Et que « si la situation restait en l’état, on arriverait à une fermeture administrative pour défaut de personnel ».

« Préparation psychologique »

Pour Sud Santé, on n’a jamais été aussi proche d’une issue défavorable pour la maternité guingampaise : « C’est l’excuse parfaite. Le combat est obligé de s’arrêter, faute de combattants ». Avant de pointer : « Si ça n’avait été qu’une hypothèse vague et lointaine, s’il y avait une volonté réelle de maintenir la maternité, on ne viendrait pas annoncer une fermeture administrative au personnel ».

Pour le syndicat, maintenant, « soit l’ARS décide de trouver des moyens pour maintenir la permanence des soins et la maternité, soit elle prend la décision la plus facile : on ferme et on redispatche le personnel, par économies ». Et de glisser : « Nous, on est ni plus ni moins dans une préparation psychologique des équipes et de la population ».

En début d’après-midi ce vendredi, Samuel Froger nous a précisé qu’« une communication sera faite lundi sur la situation à la maternité ». De son côté, le GHT n’avait pas encore répondu à nos sollicitations.

Valentin Boudet  13 janvier 2023

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12 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

retraites (jdd)

sondages

Retraites : les syndicats somment les partis de gauche de les laisser en première ligne

Partis politiques et syndicats de gauche préparent la bataille contre le gouvernement et son projet de réforme des retraites. Redoutant la volonté de la gauche de prendre la main sur le mouvement social, les syndicats de gauche affirment leur leadership pour la contestation.

Chacun dans son couloir. Ce mardi, la Première ministre Elisabeth Borne a annoncé le contenu de la déjà très contestée réforme des retraites . Du côté de l’opposition politique et syndicale, la fronde monte avec une question : qui sera le mieux placé pour mener la bataille ?

Un premier meeting de mobilisation a eu lieu à Paris mardi soir, juste après la présentation de la réforme avec des responsables politiques de gauche à l’instar de François Ruffin (LFI), Boris Vallaud (PS), Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Marine Tondelier, la nouvelle secrétaire nationale d’Europe Ecologie – Les Verts ou encore Fabien Roussel du PCF. De leur côté, les dirigeants des huit organisations syndicales ont lancé officiellement la contestation au projet ce mardi également lors d’une réunion à la Bourse du travail.

L’intersyndicale veut donner le la voix

Au cœur du débat entre la gauche et les syndicats, la question de la date de la mobilisation a fait débat. L’intersyndicale appelle à la grève pour la journée du 19 janvier. Les Insoumis , sans leurs alliés socialiste, écologistes et communistes de la Nupes, se sont greffés à une journée de mobilisation politique contre la réforme des retraites le 21 janvier, officiellement initiée par des organisations de jeunesse.

Si la rancune n’est pas de mise, les syndicats entendent bien garder la main sur l’organisation de l’opposition dans la rue : « Je crois que les partis de gauche seraient inspirés de nous laisser gérer la mobilisation sociale. C’est aux organisations sociales de donner le la et le coup d’envoi de la mobilisation », a déclaré dimanche dernier dans Le Parisien Laurent Berger, le patron de la CFDT.

D’autres syndicats abondent dans ce sens à l’instar de Solidaires. « Nous avons prévenu la LFI et les autres partis politiques de gauche qui voulaient construire très rapidement une date commune qu’il revenait aux organisations syndicales de construire les mobilisations de manière unitaire », explique au JDD Murielle Guilbert, co-déléguée générale du syndicat. « Il n’y pas de fâcheries, insiste-elle, nous exigeons juste que le rythme syndical prime. Mais nous souhaitons beaucoup de succès à la mobilisation du 21 janvier. L’objectif n’est pas de rentrer en concurrence mais de gagner. »

Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, reconnaît, lui, « la volonté de certains, chez LFI et d’autres partis, de tenter de prendre le dessus sur le mouvement social ». Néanmoins, sans appeler à rejoindre la mobilisation du 21 janvier, le leader de FSU espère auprès du JDD la réussite de la marche pour le succès du mouvement social.

« Nous restons bienveillants vis-à-vis de cette manifestation, elle participe à un climat d’opposition dont nous avons besoin » poursuit-il. Même son de cloche chez Dominique Corona, le secrétaire général adjoint de l’Unsa également sollicité par le JDD : « Il est normal que l’intersyndicale donne le la sur le mouvement social et que nous soyons pointe sur ces combats. »

Soutenir « toutes les mobilisations »

Comme pour tenter de contrer toute accusation de récupération, les différents responsables politiques de gauche ont d’ailleurs fait publiquement profil bas : « J’attends avec impatience, tout en me félicitant de l’unité syndicale, la date qui sera posée par les syndicats. Leur date sera la nôtre », a déclaré Clémentine Autain, députée LFI, sur BFMTV mardi.

Lors d’une conférence de presse tenue par les Insoumis et les organisations de jeunesse organisatrice de la marche du 21 janvier, les références de soutien à « toutes les mobilisations » sont nombreuses : « nous serons en soutien à toutes les mobilisations de la rue, celle du 19 janvier par l’intersyndicale et celle du 21 par les organisations de jeunesse », a affirmé le député LFI Louis Boyard.

« On appuiera de toutes nos forces les mobilisations syndicales avec un top départ le 19 janvier. Le 21 janvier vient en complémentarité pour un maximum de mobilisation y compris en week-end. Nous soutiendrons toutes les mobilisations », insiste également l’Insoumise Aurélie Trouvé. Comme pour ne pas jeter de l’huile sur le feu.

Wassila Belhacine 12/01/2023

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09 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

écoterrorisme (basta)

écoterrorisme (basta) dans Altermondialisme

« Écoterrorisme » : Les luttes écologiques dans le viseur du ministère de l’Intérieur ?

Rapport des renseignements territoriaux, menaces de dissolution, filatures, surveillance téléphonique, procès… Dans cette tribune, des centaines de personnalités et 90 organisations dénoncent la répression des militants et se portent solidaires.

Mardi 20 décembre dernier, au début des vacances de Noël les plus chaudes jamais enregistrées, le journal Le Parisien publiait les bonnes feuilles d’un mystérieux rapport des Renseignements Territoriaux, « fuité » à dessein, sous le titre tapageur : « l’inquiétant virage radical des activistes écologistes ».

Cette étrange habitude des « services de sécurité » français de communiquer, sans en avoir l’air, sur leurs intentions, sonne une fois encore comme un test en vue d’une nouvelle salve répressive. Un test qui s’adresse en réalité à chacun.e d’entre nous, qui avons participé, d’une manière ou d’une autre, aux luttes écologistes des dernières années.

Ce « virage radical » des écolos serait donc le fait des manœuvres cachées d’un regroupement d’« ultra-gauche » récemment converti à la cause écologiste, sournoisement dissimulé sous l’enseigne « Les Soulèvements de la Terre » [1], et non le signe de la radicalité de la situation dans laquelle nous sommes toutes et tous prises jusqu’au cou.

La multiplication des actions de résistance écologique ou paysanne ces dernières années s’expliquerait par l’agitation de quelques « vieux routiers  » de Notre-Dame-des-Landes, tout à leur appétit insatiable d’actions « violentes », plus que par un sursaut de dignité, venant d’un peu partout, devant l’écrasante évidence de la catastrophe. Rien à voir non plus, si on en croit ce rapport, avec la complaisance manifeste des gouvernements successifs vis-à-vis des respon-sables identifiés de cette catastrophe, ni avec la macabre fuite en avant de l’industrie du béton ou du lobby agro-industriel.

« L’embarras des stratèges du maintien de l’ordre »

Qu’importe les appels à actions signés et relayés par des centaines d’organisations écologistes, de la société civile, de fermes, d’associations citoyennes, de collectifs locaux en lutte, de personnalités de tous horizons, qui ont accompagné les récentes mobilisations populaires contre l’accaparement des terres, de la ressource en eau, ou contre l’artificialisation des sols. Ce foisonnement tonitruant qui ne cesse pourtant de grandir, ne serait que l’écran de fumée venant protéger une poignée d’activistes radicalisés, bien décidée à entraîner tout le « légitime mouvement pour la préservation de la planète » dans sa chute.

La ficelle est usée mais pourrait encore servir : identifier une fraction du mouvement en cours, l’isoler et la désigner comme l’agent infectieux, dont il faut à tout prix s’écarter au risque d’être à son tour écrasés.

L’éternel retour de la triste figure de la Sous-Direction Anti-Terroriste (Sdat) dans les enquêtes qui touchent aux luttes sociales, paysannes et écologiques – à l’occasion d’une nouvelle action collective contre le cimentier Lafarge condamné aux États-Unis pour sa collaboration avec Daesh [2] – fait figure de renversement ubuesque. Préparé par les sorties du ministre de l’Intérieur sur l’« éco-terrorisme », ce glissement cache mal l’embarras des stratèges du maintien de l’ordre, qui, ne sachant plus ou donner de la tête, en cherchent une à couper.

« L’attentisme criminel de ceux et celles qui ont le pouvoir d’arrêter la machine »

« L’arme du gouvernement, la dissolution », annonce fort de ses sources le journaliste du Parisien. Mais que s’agirait-il donc de dissoudre ?

On comprend bien au vu des récents tours de force réalisés, entre autre en son nom, pour la défense concrète des terres et de l’eau, que « les Soulèvements de la Terre » est un coupable tout indiqué. Ce mouvement de convergence inédit entre paysan.nes, jeunes urbains, écologistes et syndicalistes a en effet le mérite d’avoir un nom, un site, un compte Twitter, des rendez-vous publics réguliers et même, selon la note des RT, un compte en banque… Un bon gros nez au milieu de la figure qui, on dirait, n’attend que d’être dissout.

Seulement voilà, nous qui signons cette tribune, ne croyons pas en cette fable, et nous savons de quoi nous parlons. Pour avoir participé à certaines manifestations, pour en avoir organisé d’autres, pour avoir signé des appels, des tribunes, accueilli des réunions, participé à la logistique de tel ou tel campement, ou à des manifestations interdites, pour nous être aussi parfois joyeusement munis de cutters, de marteaux ou de sécateurs pour autre chose que pour bricoler, pour avoir parfois simplement souri à l’idée de leur usage possible… nous savons qu’il n’est nul besoin de comité central, ou de cercle de stratèges aguerri.e.s, pour reconnaître autant l’urgence absolue de la situation, que l’attentisme criminel de ceux et celles qui ont le pouvoir d’arrêter la machine.

Nous savons aussi que nous n’avons pas peur de ces gens vêtus de blancs de protection ou de bleus de chauffe qu’on nous montre désormais à la télé, après des années de surdité du gouvernement face aux luttes écologistes.

Nous ne pouvons d’ailleurs leur donner tort quand nous les entendons affirmer que leurs actions de « désarmement » sont un élément essentiel de toute stratégie conséquente pour freiner, enrayer, stopper les projets qui bétonnent les sols, s’accaparent les terres ou empoisonnent les rivières.

Mieux que ça, nous aimerions parfois en être, si nous en avions l’occasion ou si nos fonctions, notre santé ou nos situations de famille ne nous requéraient pas ailleurs. Car leurs gestes, leur précision, leur détermination joyeuse, nous parlent infiniment plus que les grimaces du ministre de l’Intérieur quand il verse des larmes de crocodile sur les barrières cassées d’un chantier, sur la mise à l’arrêt temporaire d’un site industriel hautement polluant, ou sur les dommages économiques subis par telle ou telle entreprise multinationale écocidaire.

« Celles et ceux qui voient l’ombre de la répression obscurcir leur part du ciel ne seront pas seul.e.s »

Nous voyons déjà pleuvoir les convocations, les mises en accusation, les passages à tabac, les procès, sur les militants de Bassines Non Merci, de la Confédération Paysanne ou des Soulèvements de la Terre, sur des manifestants qu’on est parfois venu chercher jusque sur leur lit d’hôpital, pour les mettre en garde à vue. Les premiers procès de la lutte contre les bassines, celui qui a eu lieu le 28 novembre, et ceux qui se tiennent les 5 et 6 janvier 2023 à la Rochelle et à Niort, sont à ce titre exemplaires.

Les dossiers d’instruction pouvant aller jusqu’à 1 500 pages témoignent de la surveillance, notamment téléphonique, de centaines de personnes. A cela s’ajoute des filatures, des dispositifs de vidéo surveillance cachés devant les maisons de militant.es, des dizaines de gardes à vue et une cinquantaine d’auditions libres.

Et nous voyons venir, puisqu’on nous le dit jusque dans les pages du journal, que la simple participation à ces manifestations, à ces réunions, à ces regroupements, sera bientôt non seulement illégale mais répréhensible. Ces gestes et ce qu’ils appellent de transformations, sont pourtant de ces moments qui dessinent un avenir possible.

Alors depuis tous les endroits où nous nous trouvons, nous nous apprêtons à nous porter solidaires, à dire que, nous aussi, nous en sommes, quand bien même ce ne serait qu’en pensée. Et que celles et ceux qui voient l’ombre de la répression obscurcir leur part du ciel ne seront pas seul.e.s, car nous sommes déjà là….

Tribune 9 janvier 2023

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31 décembre 2022 ~ 0 Commentaire

algues vertes (radio france)

Algues vertes à la Carène

En route vers Landunvez, contre l’extension de la mégaporcherie Avel Vor  Escale à Brest et algues vertes

L’enquête d’Inès Léraud a mis en lumière le danger des algues vertes en Côte-d’Armor. Dans le Finistère, le modèle agro-industriel breton est également source de diverses pollutions et la mobilisa-tion contre la régularisation de l’extension d’une porcherie à Landunvez en Pays d’Iroise s’intensifie

Installée pour quelques mois dans un hameau en centre-Bretagne, Inès Léraud découvre d’histoires en histoires une Bretagne bien énigmatique. Un médecin urgentiste, Pierre Philippe, persuadé que les algues vertes ont tué à plusieurs reprises sur les plages, raconte les difficultés auxquelles il a dû faire face dans les Côtes-d’Armor pour rompre le silence qui entoure ce phénomène écologique.

L’enquête d’Inès Léraud, « Un journal breton » a été diffusée dans les Pieds sur terre en 2016 sur France Culture. Puis en 2019, les deux épisodes du journal consacrés aux algues vertes sont déclinés en une bande dessinée « Algues vertes, l’histoire interdite »  qui connait un grand succès. Le groupe Brestois, Mnémotechnic, s’est emparé de la BD de l’enquête d’Inès Léraud pour proposer une version musicale et scénique de l’histoire interdite des algues vertes et dénoncer le modèle agro-industriel breton écocidaire.

Les problèmes dramatiques causés par la surabondance de nitrates rejetés dans les cours d’eau par les élevages industrielles, sont malheureusement toujours d’actualité en Bretagne. A Landunvez, dans le Finistère, quand le président du comité régional porcin en personne, Philippe Bizien, décide d’agrandir sa porcherie pour en faire l’une des plus grandes de France – plus de cochons, de lisier, d’épandages, de nitrates, d’ammoniaque, de bactéries et de plages interdites à la baignade – plusieurs collectifs locaux, de défense de l’environnement se mobilisent.

Le préfet du Finistère, malgré des avis défavorables et des jugements contraires, donne sa bénédiction en délivrant une autorisation temporaire à l’extension de la porcherie en attendant la régularisation de la situation (que le nouveau préfet, Philippe Mahé, finira par valider en novembre). Inès Léraud reprend la plume avec son camarade Kristen Falc’hon du media local d’investigation Splann ! pour mener une enquête journalistique

À Landunvez, la porcherie géante s’approche d’une régularisation douteuse: « La porcherie de Philippe Bizien trône au cœur d’une véritable ceinture du cochon. Landunvez et les trois communes limitrophes comptent à elles seules 22 élevages pour plus de 56.000 animaux équivalents, au sein d’un territoire, le Finistère, dont la concentration d’élevages porcins est l’une des plus importantes d’Europe ».

Pour les 19 communes du pays d’Iroise, il y aurait entre 400 000 et 600 000 animaux d’élevage pour 48 000 habitants, selon le collectif « Stoppons l’extension » qui regroupe trois associations, Avenir et Environnement en Pays d’Iroise (AEPI), Association pour la Protection et la Promotion de la côte des Légendes (APPCL) et Eaux et rivières de Bretagne (ERB).

Un premier rassemblement contre l’autorisation de l’extension de la porcherie Avel Vor a été organisé le 27 août dernier par le collectif (cf. Radio Pikez – Du pain et des parpaings #et FR3 – Méga-porcherie Avel Vor : double manifestation).

Fabrice Hamon, riverain de la plage de Penfoul et président de l’association Beautifoul, s’inquiète de la qualité des eaux et a réalisé des analyses du ruisseau le Foul qui traverse son jardin et longe en amont la porcherie Avel Vor et ses champs d’épandage ( cf. Le Télégramme – Pollution à Landunvez : un riverain fait analyser le ruisseau à ses frais).

Une « kermesse à la plage » est organisée mercredi 28 décembre par le collectif « non à l’extension d’Avel Vor » et l’Association pour la Protection et la Promotion de la côte des Légendes à partir de 14h sur la plage du Château à Landunvez, plage si polluée qu’elle est interdite à la baignade depuis 2019 ! ! !

La suite dimanche prochain sur la plage de Penfoul à Landunvez, avec Armelle Jaouen, Laurent Le Berre et Christophe Le Visage.  En Iroise, contrairement aux côtes d’Armor, les algues vertes ne posent pas de problème majeur parce que la physionomie des plages permet une oxygénation suffisante. Par contre on observe toutes les autres pollutions et nuisances liées à l’agro-industrie et à l’élevage intensifs, pesticides, nitrates, ammoniaque, bactéries E.coli qui entrainent notamment la fermeture de plages à la baignade. La concentration des cheptels se poursuit avec la complaisance des pouvoirs public , comme l’illustre la régularisation préfectorale de l’extension de la porcherie industrielle Avel Vor de Landunvez.

A lire dans Splann ! ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne:  À Landunvez, la  porcherie géante s’approche d’une régularisation douteuse

Médiapart : Dans le Finistère, l’État valide l’extension de la ferme aux 12000 cochons

Merci à Kristen Falc’hon, Inès Léraud, Arnaud Kermarrec-Tortorici, Loïc Le Cadre, Mathilde Vigouroux, Zoé Perrin, Sylvain Ernault, Armelle Jaouen, Fabrice Hamon, Christophe Le Visage et Laurent Le Berre.

Prochaines dates du concert-BD Algues vertes, l’histoire interdite par Mnémotechnic et Poing pour 2023 :
02 février > BESANÇON Théâtre de la Bouloie – 05 février > CHÂTEAULIN Run ar Puñs – 03 mars > NANTES Stéréolux – 31 mars > CONCHES EN OUCHE Salle J.Pierre Bacri – 02 avril > TOULOUSE Médiathèque José Cabanis – 05 avril > ROUEN Théâtre l’étincelle – 07 avril > ANGERS Le Chabada – 02 juin > ALENÇON  La Luciole

Réalisation : Antoine Larcher

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31 décembre 2022 ~ 0 Commentaire

mouvement anti-nucléaire

nucleairefrance

Mais où s’est donc planqué le mouvement antinucléaire ?

Je sais être, à ma manière, un vieux con. Pas la peine de se bercer d’illusions. J’étais présent – non physiquement, mais en esprit – à la première manif antinucléaire de l’histoire, en juillet 1971. Je n’avais pas 16 ans. Charlie, Charlie-Hebdo, qui devait longtemps après être décimé, soutenait – et organisait – de toutes ses forces le rassemblement. Grâce à Fournier, qui y travaillait, et qui fut l’un des tout premiers.

J’ai ensuite été, je crois, de tous les combats importants. À Malville – 1977 -, à Plogoff – 1980 -. J’ai toujours su pourquoi je refusais cette sinistre aventure. Pour des raisons complexes, dont l’action discrète mais certaine de services policiers et militaires d’État, le mouvement antinucléaire s’est étiolé. Pas de malentendu : ses faiblesses intrinsèques l’auraient empêché, de toute façon, de l’emporter.

D’ailleurs, le mal était fait, après la funeste décision, en 1974, de lancer le programme électronucléaire. Lisons ensemble cette bluette de propagande : « Le 6 mars 1974, à vingt heures, Jean-Marie Cavada, journaliste et, par la suite, homme politique français, s’entretient avec Pierre Messmer. Le Premier ministre présente son plan énergétique qui vise à limiter la dépendance au pétrole à travers la construction d’un parc nucléaire d’une part, et une série de mesures de sobriété énergétique d’autre part, une véritable politique écologique avant l’heure ».

Il n’empêche que je m’interroge sur la tragique incapacité du mouvement actuel à tirer, devant la société française, le bilan de cinquante années de mensonges et de faillites en chaîne. N’oubliez jamais que tant de crétins, parfaits polytechniciens pourtant, ou supposées Grandes Intelligen-ces – par exemple l’ancien président Giscard d’Estaing – juraient que l’électricité nucléaire finirait par être gratuite, ou presque. Surtout avec l’apparition du monstre Superphénix, projet abandonné en 1997.

Le chiffrage total, soigneusement dissimulé, est impossible à faire.

Mais il suffira ici de quelques indications. En janvier 2012, la cour des comptes estime que le nucléaire a coûté 228 milliards d’euros depuis les années 50, auxquels il faut ajouter 55 milliards d’euros de recherches. Pas mal. Mais on n’inclut pas le prix du démantèlement des vieilles centrales, qui se chiffrera lui aussi en dizaines de milliards d’euros. La faillite est si somptueuse que l’État français, ultralibéral pourtant, renationalise aujourd’hui EDF, dilapidant ainsi 10 milliards d’euros de plus.

EDF est une ruine infernale, qui a perdu 5,3 milliards d’euros au premier semestre 2022. Et sa dette approcherait les 50 milliards d’euros, alors que les essais d’EPR – les réacteurs de nouvelle génération – sont un puits sans fond, tant à Flamanville (Normandie) qu’en Finlande. Ne parlons pas du coût de l’enfouissement, des huit milliards – au moins – de subventions accordées à Areva-Orano, des 100 milliards de travaux de sécurité sur les vieux réacteurs.

L’argent n’existe pas pour toutes ces factures-là. Mais que s’en fout le Macron ?

Il veut lancer, dans une sinistre fuite en avant, la construction de six EPR en France, pour un coût compris au départ – selon lui – entre 52 et 56 milliards d’euros. Voilà en quelques mots l’état des lieux. Et voici venue l’heure de me faire des amis supplémentaires. Que fait donc le réseau Sortir du Nucléaire, qui annonce regrouper 893 associations et 62661 personnes signataires de sa Charte ?

Que fait Stéphane Lhomme, dont je connais la vaillance ? N’y a-t-il pas lieu de réunir tout ce qui peut l’être pour acculer enfin ceux qui nous ont plongés dans cette folie ? Et ces vieux briscards, comme Pierre Péguin, des Cévennes ? N’en-ont ils pas un peu marre de radoter sans jamais marquer des points ? Je ne suis pas en train de juger, malgré les apparences.

Ce que je souhaite de toutes mes forces, c’est le rassemblement et le renouveau. Il y a là un alignement de planètes. Il y a là, avec la crise énergétique, une occasion historique de mettre en cause sur le fond les décisions prises contre nous et contre l’avenir commun. Alors oublions ce qui doit l’être, ¡ y adelante !

14 septembre 2022

http://npa29.unblog.fr/

ankou brennilis

La grandiose histoire du démantèlement (nucléaire)

Brennilis ! En 1962, les amis si chers du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) bâtissent en pionniers une centrale nucléaire 100 % française, au cœur des monts d’Arrée, en Bretagne. En 1985, on en commence le démantèlement. Coût prévu : 19,4 millions d’euros. Hi, hi ! Dans un rapport de 2005, la Cour des comptes relève le montant final à 480 millions d’euros, soit 25 fois plus.

Mais ce n’était rien. Le 15 juillet 2021, le département du Finistère crache une nouvelle estimation : ce sera 850 millions d’euros. Pourquoi pas le milliard ? Allons, ce sera pour la Noël. Et la fin des travaux est annoncée pour 2040, soit cinquante-cinq ans après leur début. On se moque, certes, mais le moyen de faire autrement ? À l’autre bout de la France, l’ancien réacteur Superphénix, qui promettait la lune, le soleil et cinq tonnes de caviar par habitant. Arrêté en 1997 sur ordre de Jospin, dans le cadre d’un accord Verts-PS, il est lui aussi en plein démantèlement.

Au moment de l’euphorie – 1976 –, nos grands experts parlaient d’un coût de 4 milliards de francs de l’époque. À l’arrivée, on s’approchait à petits pas de 30 milliards. À l’arrivée ? En 1998, le Sénat écrivait dans un rapport injustement oublié : « Le coût de construction et de fonctionnement de Superphénix a dépassé les estimations initiales. Dans son rapport de janvier 1997, la Cour des comptes l’a évalué à 60 milliards de francs. » Sans la déconstruction, cela va de soi.

14 tonnes de plutonium et 38 000 blocs de béton au sodium

Ah vacherie ! On parle au début, pour cette dernière, de 2,5 milliards d’euros (16,5 milliards de francs) et d’une fin de chantier en 2023. Mais en 2007, ce sera 2027. Faut les comprendre, les hommes de l’art : il reste alors dans l’engin 14 tonnes de plutonium et 38 000 blocs de béton au sodium.

Des centaines de prolos et de techniciens démontent, dévissent, déconnectent, déchargent du combustible irradié dans une saine ambiance : des inspections officielles montrent que le personnel, sur place, n’est pas formé aux situations d’urgence, et que l’organisation du chantier ne permet pas une intervention efficace des secours. EDF sifflote et promet.

En 2019, et c’est formidable, on s’intéresse à la cuve, qu’il s’agit de découper. Le couteau à beurre n’étant pas disponible, on envoie au front des robots, dont un certain Rodin. Damien Bilbault, directeur du site : « La cuve de Superphénix est la plus grande du monde. Les 20 cuves des réacteurs de 1 300 MW du parc français pourraient y entrer en volume. »

Et il ne faut quand même pas oublier, concernant la grande cuve, qu’il y avait deux bouchons à faire sauter. Croix de bois, croix de fer, tout sera achevé en 2030, mais pour plus de sûreté, on fait valoir qu’il existe une autorisation d’exploiter un site nucléaire qui court jusqu’en 2035. En juin 2021 – hourra la France ! –, on a réussi à retirer l’un des deux bouchons. Encore une poignée d’années, et la cuve sera entièrement débouchée. ­Champagne.

Combien faudra-t-il provisionner encore pour démanteler à peu près le site de Superphénix ?

Secret d’État, mais Charlie révèle ici que cela coûtera bonbon. Or, et bien que la presse docile ne le dise presque jamais, le nucléaire est en faillite parce qu’il est une faillite. EDF a une dette estimée à 42 milliards d’euros – plus ? – et s’est trouvée obligée de réclamer une durée de vie de quarante ans pour ses vieilles centrales, au lieu de trente. Puis cinquante.

Il n’est qu’un avenir possible : les nouveaux réacteurs EPR.

Mais les prototypes sont des gouffres sans fond, de la Finlande jusqu’à la Normandie, et ceux installés dans le paradis totalitaire chinois ont de sérieux soucis, bien planqués par la police d’État.

Il va de soi que si le nucléaire était privé, il aurait déposé son bilan depuis de longues années. Mais comme le nucléaire est, depuis les origines, une entreprise publique, financée par la société, il va falloir songer à se cotiser. Roubles d’avant 1917, s’abstenir. ●

4 août 2021

http://fabrice-nicolino.com/

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29 décembre 2022 ~ 0 Commentaire

hôpital (bzh)

manif hopital

Manque de lits, manque de bras, manque de tout : les services d’urgence de Bretagne saturent

Les épidémies – Covid, grippe, bronchiolite – font que le recours aux urgences a retrouvé un haut niveau partout en France. Dans le Finistère ou en Ille-et-Vilaine, certains services doivent fermer la nuit faute d’effectifs.

Il a suffi d’un week-end pour tout chambouler. Depuis plusieurs semaines, les urgences du centre hospitalier de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) voyaient déborder leur étroite salle d’attente. Les 9 et 10 décembre, la fréquentation a atteint les 245 patients en une journée. Le personnel a tiré la sonnette d’alarme. « On savait qu’on serait dans le rouge », soupire le docteur Christian Brice, médecin urgentiste.

Afin de récupérer des lits rapidement, le représentant breton de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) a demandé à sa direction de déprogrammer des opérations courtes de chirurgie ambulatoire. Celles-ci ne requièrent pas d’hébergement et sont réalisées en grande partie par des praticiens libéraux au sein des hôpitaux. Le quadragénaire désabusé déplore : « Sur 39 opérations, deux seulement ont été reportées… Résultat : nous avions pendant ce temps 25 patients malades sur des brancards dans les couloirs, sans aucune intimité. »

Une situation loin d’être unique en France. Et la Bretagne n’est pas une exception.

Depuis début décembre, les annonces alarmistes ­s’enchaînent. A Lorient (Morbihan) et Quimperlé (Finistère), le Groupe hospitalier Bretagne Sud a demandé à la population de se rendre aux urgences « avec une parcimonie extrême », quand l’hôpital de Paimpol (Côtes-d’Armor) a averti sur la saturation du service et a conseillé de privilégier d’autres choix – médecin traitant, maison médicale – avant de venir.

Du côté de Landerneau (Finistère), a été décidée la fermeture toutes les nuits du 23 décembre au 2 janvier, « du fait de l’absence de médecin urgentiste », affirme la direction par voie de communiqué. Scénario identique à Redon (Ille-et-Vilaine), depuis la mi-octobre, pour les mêmes raisons d’effectif resserré. L’agence régionale de santé bretonne n’a pas souhaité commenter toutes ces difficultés.

Manque de tout

Manque de lits, manque de bras, manque de tout. Voilà le portrait brossé par des professionnels du service d’urgences de Saint-Brieuc, qui a interdit les visites des familles et restreint son accès à ceux qui appellent le 15 en amont de leur venue.

« Nous sommes dans un système malveillant et, à force, on devient malveillant sans le vouloir, nous aussi », regrette un jeune médecin depuis la salle de pause. Dans les couloirs, les brancards s’entassent, peu importe les pathologies. Le temps d’attente pour décrocher un lit d’hospitalisation en ce moment ? Plus de vingt-quatre heures, sous les néons et dans le brouhaha permanent.

Sans compter la tension qui règne maintenant entre les praticiens libéraux et leurs homologues du public. Selon Maxence Forestier, aide-soignant et représentant CFDT, « l’hôpital applique une politique budgétaire et, pour rester attractif, il favorise l’activité libérale qui lui rapporte davantage, alors que l’on devrait jouer collectif dans ce genre de moment ».

Le sociologue Pierre-André Juven, chargé de recherche au CNRS et coauteur de La Casse du siècle. A propos des réformes de l’hôpital public (Editions Raisons d’agir), qui est aussi adjoint à la santé à la mairie de Grenoble, rappelle que le Collectif inter-urgences de 2019 avait déjà alerté sur la dégradation des conditions de travail et ­d’accueil, « mais la période Covid a mis en suspens la colère des ­soignants ». Hiver 2022, retour donc à la « normale ».

Les épidémies – Covid, grippe, bronchiolite – abondent et le recours aux urgences a retrouvé un haut niveau. En Bretagne, il a explosé, passant de 552 638 passages en 2000 à 863 727 en 2021, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Le taux d’absentéisme des personnels hospitaliers, au niveau national, atteint 9,9 % au printemps 2022, d’après une enquête de la Fédération hospitalière de France, contre 7,4 % en 2012, et 99 % des établissements connaissent des difficultés à recruter.

Mort d’un septuagénaire dans le couloir de l’hôpital

Alors, au quotidien, il faut trimer, même si le cœur n’y est plus. Christophe (le prénom a été modifié), infirmier au CHU de Rennes et membre du Collectif inter-urgences rennais, raconte une matinée à 28 patients pour sept boxes, et trente-six heures d’attente pour être hospitalisé. Jeanne (qui a souhaité garder l’anonymat), infirmière aux urgences de l’hôpital de Saint-Malo, sort d’une journée éreintante : « J’ai encore récupéré des collègues en larmes. On est obligé de trier les patients et de les entasser dans des coins. »

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Par Manon Boquen

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