Archive | Luttes sociales en Bretagne

20 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

saint brieuc (reporterre)

bici

Quand les gilets jaunes manifestent…

à vélo !

À Saint-Brieuc, en Bretagne, ce sont des gilets jaunes originaux qui ont manifesté samedi 17 novembre : à vélo, et pour demander la promotion de ce moyen de transport plutôt que la baisse des prix de l’essence !

« Essence trop chère ? Changez de pompe ! »

Le slogan, en noir sur jaune et accompagné d’un logo invitant à passer de la pompe à essence à la pompe à vélo, occupe tout un côté de la caisse du vélo cargo de Clément Janot, membre de l’association Vélo utile, à Saint-Brieuc. Il est 14 h 30 ce samedi 17 novembre. À l’heure où la voie express autour de la petite ville bretonne est bloquée par le mouvement des « gilets jaunes », plus de 200 cyclistes se sont rejoints sur le parvis sud de la gare, en réponse à l’appel de l’association.

Ils ne sont pas là pour réclamer plus de pouvoir d’achat, mais pour exiger le développement des alternatives.

« Nous manifestons aujourd’hui pour faire entendre une autre voix, annonce Clément. Nous souhaitons que les citoyens repensent leur façon de se déplacer, en privilégiant autant que possible l’usage du vélo, mais aussi que les élus prennent leur responsabilité en mettant en place les moyens nécessaires afin que ces changements opèrent. » Avec Priscilla, son épou-se, ils se font cet après-midi les porte-paroles de l’association.

« Dès qu’on a pris connaissance du mouvement des “gilets jaunes”, on s’est dit qu’il fallait bouger, faire quelque chose, dit la jeune femme. Le gilet jaune, c’est un accessoire principale-ment utile aux cyclistes, pour être visibles et se protéger des voitures ! »

Malgré le froid, intensifié par l’humidité de l’épais brouillard, les bénévoles de Vélo utile sont à l’œuvre. Casque sur la tête et gilet jaune sur le dos, ils distribuent leurs tracts aux cyclistes, ainsi qu’aux quelques rares passants.

Sur le papier, le message est clair :

« Le modèle actuel du tout automobile est une absurdité. En milieu urbain et péri-urbain, le vélo se présente comme une alternative crédible avec de très nombreux avantages : rapide sur de courtes distances, fiable, bon pour la santé, le moral et le cadre de vie, non polluant, écono-mique pour les individus et la collectivité. » L’association rappelle aussi que « 50 % des dépla-cements automobiles font moins de 5 kilomètres ». Mais il ne s’agit pas pour autant d’une contre-manifestation : « Nous ne sommes pas ici en opposition au mouvement des “gilets jaunes”, argumente Priscilla. Il s’agit d’inviter à penser différemment la question de la taxe. »

Sur son VTT gris, Régis arrive de la rocade, où il a fait part aux « gilets jaunes » de la manifes-tation cycliste. « Dans l’ensemble, les gens comprennent le message, mais ils sont pris dans leurs problèmes de court terme », rapporte ce membre de l’association Agir pour le climat 22, qui est partenaire de Vélo utile pour l’événement d’aujourd’hui.

« Nous demandons aux collectivités de mettre en place des aménagements pour les vélos mais également d’instaurer une prise en compte du bilan carbone pour tous les achats publics », réclame-t-il. Pour réduire ses déplacements, il a opté pour le télétravail. « Je suis ingénieur dans le domaine de l’énergie, j’habite en zone rurale et j’ai eu cette possibilité. Je pense que, pour ceux qui le peuvent, cela peut faire partie des solutions ».

De l’individu ou du collectif, à qui la responsabilité ?

À demi-assis chacun sur son vélo, au milieu de la foule, Thierry et Marc, deux quinquas, débattent. « C’est dommage qu’il faille en venir à taxer pour faire réagir », se désole Marc. « Après, il faut aussi pouvoir donner la possibilité aux gens de se déplacer plus proprement. Que ce soit des pistes cyclables mais aussi des transports en commun », avance Thierry. « Oui, concède son camarade, mais il faut avant tout un profond changement des comporte-ments. On n’est pas obligé de passer ses week-ends dans la voiture pour aller faire du shopping ! » L’un comme l’autre se rendent à vélo au travail. Un choix de vie : « Nous avons fait le choix d’habiter à proximité de notre lieu de travail pour cette raison. »

Après un discours de Clément vivement applaudi, le cortège démarre pour un petit circuit de 2,5 kilomètres, mené par Noël, trésorier de l’association, retraité féru de cyclotourisme : son compteur affiche 9.000 km à l’année.

Tous vêtus de leur gilet de sécurité, les cyclistes paraissent, de loin, ne plus former qu’une immense masse jaune unie, s’étirant plus ou moins en serpentant dans les rues. Pas de chant ni de slogan durant la traversée du centre-ville : c’est par le tintement des sonnettes que les cyclistes se font entendre. Si les jeunes parents et leurs enfants sont plus fortement représen-tés, des cyclistes de tous âges remplissent les rangs.

Clémence, élève de 5e, est venue soutenir la cause : « Je vais tous les jours à l’école à vélo depuis que je suis en CE2, dit-elle. Pour moi, c’est quelque chose de normal ». Pour cela, la jeune fille doit par endroits passer sur la route. La circulation y est parfois dangereuse, selon les manifestants. Delphine, usagère quotidienne de la petite-reine, dénonce : « On a besoin de meilleures infrastructures dédiées aux vélos. On doit jongler entre la piste cyclable, la route et les trottoirs. Pour les jeunes enfants c’est très dangereux. »

Pauline, une amie de Delphine, vit à la campagne, dans un petit village près de Vannes. Elle connaît bien la problématique du déplacement en milieu rural. « Taxer ne va pas résoudre le problème, pense-t-elle. Il faut vraiment une prise de conscience. Pour nous, à la campagne, avoir une voiture est nécessaire mais, dans beaucoup de cas, le vélo est suffisant. Il s’agit aussi de faire le choix de prendre le temps de vivre. »

Une philosophie partagée par Alexis, possesseur d’un vélo cargo : « Je suis venu pour montrer qu’il existe des alternatives. J’ai acheté ce vélo cargo en 2014, pour mes déplacements urbains, pour transporter les enfants et les courses, entre autres. Grâce à l’assistance électrique, les nombreuses côtes de Saint-Brieuc ne sont pas un problème. » Chez le couple Janot, le vélo cargo a remplacé la seconde voiture. « Cela fait faire beaucoup d’économies, note Clément. Pas d’assurance, pas d’essence et des frais d’entretien dérisoires ».

L’après-midi se termine vers 17 heures, sur une grande place du centre-ville, après une longue pause devant la mairie, ponctuée de quelques prises de paroles. L’ambiance est détendue, les manifestants bavardent entre eux mais le manque de passants a limité les échanges extérieurs.

« Des échanges, on en a beaucoup eu sur les réseaux sociaux en cette fin de semaine, souligne Clément. Après nous être pris un déluge d’insultes jeudi, au lendemain de notre appel, nous avons beaucoup dialogué, expliqué notre vision des choses . » Face aux accusations de « bobos ne comprenant rien aux problèmes des gens », Priscilla tient à rappeler que « Saint-Brieuc est la ville la plus pauvre de Bretagne ».

L’immense masse jaune embellit quelques minutes encore la place centrale. Puis, les cyclistes s’éparpillent et disparaissent dans le brouillard, réduisant peu à peu ce qui fut comme l’unique soleil de la journée. Les bénévoles de Vélo utile restent un peu échanger et se réjouir du succès de la manifestation. « Ça change des rassemblements habituels où nous ne sommes qu’une quinzaine, apprécie le jeune militant. Nous espérons maintenant que nos élus locaux ont entendu le message et qu’une vrai politique de transition sera mise en place. »

Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) reportage 19 novembre 2018 Benoît Vandestick (Reporterre)

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15 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

hôpital guingamp (ouest france)

manifestants-hopital-sud

Travail de nuit. Dialogue de sourd à l’hôpital

 Une cinquantaine d’agents se sont réunis mardi soir pour décider quelle suite donner au mouvement de protestation initié en juin. Le conflit devrait se durcir

Un mouvement de grève commencé en juin, des assignations envoyées chaque semaine aux agents, une direction inflexible et la CGT qui annonce 80 % de soutien au sein des équipes et prévoit un durcissement du conflit : le projet de nouvelle organisation du travail de nuit à l’hôpital attise, plus que jamais, les tensions.

Un score écrasant : 98,8 % des personnes défavorables au changement d’organisation voulue par la direction, avec une participation de 80 % (84 votants sur 105). Ce mardi après-midi, les responsables de la CGT du centre hospitalier ont rendu public les résultats du vote, organisé par le syndicat, quatre soirées durant (entre le 30 octobre et 7 novembre), auprès des personnels de nuit titulaires, contractuels et en arrêt maladie.

Au moment de l’annonce, environ 50 soignants étaient présents, souvent très remontés contre leur direction. « C’est scandaleux. Ils veulent que nous soyons corvéables à merci. Nous n’aurons plus de vie sociale », dénonce Thierry, aide-soignant. Des propos qui trouvent écho auprès de Rémy et Géraldine, tous deux infirmiers : « On va se retrouver à leur disposition tout le temps, alors qu’on s’organise nous-même depuis longtemps et que ça fonctionne très bien ».

« Ils ont l’habitude de fonctionner en totale autonomie »

L’origine du conflit, c’est la nouvelle organisation du travail de nuit à l’hôpital voulue par la direction. Un texte qui prévoit, entre autres, de fusionner les deux équipes de nuit, de confier à deux cadres l’organisation des plannings, mais aussi un changement de rythme pour les week-ends et une augmentation des effectifs (+ 2,8 postes).

Selon la direction, le point de blocage, c’est « la perte d’indépendance des agents. Depuis des années, ils ont l’habitude de fonctionner en totale autonomie et de faire ce qu’ils veulent pour poser leurs récupérations », énonce le directeur des ressources humaines Gaël Cornec. « Nous, nous voulons que, comme partout, des cadres valident les congés et l’organisation du travail. Et ça les embête beaucoup ».

Du côté du personnel mobilisé, la lecture du projet est tout autre. Les uns craignent de travailler cinq week-ends sur six (vendredis soir et dimanches soir inclus), tandis que les autres redoutent de devoir intervenir dans d’autres services que le leur, sur demande de la direction. Et ce que tous appréhendent, ce sont les conséquences sur leur vie sociale et familiale. « Le nombre de congés sera le même. Le temps de travail sera identique. Ce qui pose question, c’est la gestion de la prise de récupération », insiste Gaël Cornec qui poursuit : « C’est de notre responsabilité de se soucier de ce qui se passe la nuit à l’hôpital ».

« Nous n’allons pas en rester là »

Un discours qui ne passe pas auprès d’une majorité du personnel de nuit. Sept mois après le début du conflit, les deux parties campent sur leurs positions. La direction réaffirme réguliè-rement que la réforme entrera en vigueur. « Faire demi-tour n’est plus possible », exposait ainsi, dans Le Télégramme, le directeur Richard Rouxel le 16 octobre.

En grève depuis le mois de juin, les agents hospitaliers viennent malgré tout travailler. Chaque semaine, ils reçoivent en effet un courrier de leur administration pour les assigner à venir à l’hôpital (une mesure réglementaire ayant pour but d’assurer la permanence des soins). Seule-ment, fort des résultats du vote, la CGT a posé, ce mardi, la question de la suite du mouve-ment aux soignants. La réponse des agents : « Nous n’allons pas en rester là ». Le bras de fer va donc se poursuivre avec, très certainement, un durcissement du conflit.

  13 novembre 2018 Julien Vaillant

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08 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

psa rennes (lutte ouvrière)

 comme-des-lions

PSA Rennes : la méthode Tavares à l’œuvre

À l’usine PSA de La Janais près de Rennes, le « nouveau » Montage est régulièrement à l’arrêt à cause de pannes à répétition.

Elles permettent de souffler un peu, mais elles permettent aussi à la direction de justifier des heures et des journées de travail supplémentaires, sous prétexte de rattraper la production.

Les responsables de l’usine voudraient bien limiter les arrêts pour cause de panne, mais ils manquent d’ouvriers de maintenance pour y remédier. Alors, ils ont eu l’idée de supprimer les services techniques généraux, pour disposer d’une quinzaine d’ouvriers professionnels qui s’occupent jusqu’à présent de l’entretien des bâtiments. L’objectif est de les muter à la produc-tion ! Cela veut dire que leur vie devrait être complètement chamboulée, car ils passeraient d’un travail en normale aux horaires décalés, au travail de nuit ou en VSD.

Comme ce ne sont plus de jeunes ouvriers, ils redoutent non seulement les horaires qu’on pourrait leur proposer mais aussi d’avoir à supporter le stress lié à des dépannages de machi-nes qu’ils ne connaissent pas. Pour dire leur désaccord, ils ont écrit une lettre collective à la direction, par laquelle ils expriment leur écœurement et leur dégoût vis-à-vis de ce qu’on ose vouloir leur imposer.

À l’occasion d’une réunion du CSE de l’entreprise, tous les syndicats ont voté contre ce projet mais ce vote est seulement consultatif. Fin octobre, la direction avait mis en scène ses préten-tions à assurer le respect de la santé et sécurité au travail. En programmant la mutation qu’elle veut imposer à ces ouvriers, elle montre le mépris qu’elle a pour la vie des travailleurs.

Correspondant LO 07 Novembre 2018
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07 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

ehpad (côté quimper)

cfdt

Unité syndicale!

Finistère. Conditions de travail dans les Ehpad 

La CFDT interpelle Richard Ferrand

Mardi 6 novembre 2018, la CFDT du centre hospitalier de Quimper-Concarneau a dénoncé les conditions de travail dans les Ehpad. Elle demande un entretien avec Richard Ferrand.

La section CFDT du centre hospitalier intercommunal (Chic) de Quimper-Concarneau réclame des moyens supplémentaires pour le personnel en poste dans les établissements d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Conditions de travail difficiles et frustration

Mardi 6 novembre 2018, ses membres ont mené une courte action à l’Ehpad Ty Créac’h à Quimper. Elles ont rappelé et dénoncé des conditions de travail difficile. Une aide soignante en poste depuis 17 ans confie : Aujourd’hui, nous sommes obligées d’aller à 200 à l’heure et une fois, rentrées à la maison, nous pouvons nous sentir frustrées de ne pas avoir bien fait notre travail.

Dans cet établissement, selon la CFDT, environ 70 agents sont employés pour 120 résidents accueillis. « Le temps que nous passons à les apaiser, à les écouter n’est jamais compté. Et à côté ça, on nous demande de plus en plus de tâches à accomplir. »

« Vivez ce que vous décidez »

Tout cela, le personnel l’a exprimé en inscrivant des messages sur une blouse. Leurs collègues des cinq autres Ehpad qui dépendant du Chic de Quimper-Concarneau en ont fait de même. Laurence Journal, la secrétaire de la section CFDT du Chic, explique : Dans chacun d’entre eux, nos collègues ont inscrit des messages sur une blouse. Nous en avons donc six que nous comptons remettre à Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale.

Elle espère un rendez-vous d’ici à la fin du mois de novembre 2018, à Châteaulin dans les bureaux de la permanence du député La République en Marche. « L’idée est de lui remettre nos blouses et de l’inviter à passer une journée avec nous. Cela rejoint le nom de notre opération baptisée Vivez ce que vous décidez », poursuit Laurence Journal.

Mouvement à l’échelle de la Bretagne

La CFDT a lancé ce mouvement à l’échelle de la Bretagne. « Il a été repris dans l’ensemble des Ehpad, publics, privés ou associatifs (où la CFDT est implantée, NDLR). Le but est de nous faire entendre avant l’examen du plan gouvernemental Grand âge à l’Assemblée nationale. » Le rendez-vous avec Richard Ferrand a été demandé. La balle est dans son camp.

Matthieu Gain mardi 6 Nov 2018

https://actu.fr/bretagne/

Lire aussi:

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Commentaire: Nous avions déjà noté la présence de sections de la CFDT EHPAD lors de manifs CGT FO  SUD FSU etc auxquelles la CFDT n’appelait pas. Preuve que la situation est très tendue. Espérons que ce n’est pas juste pour la proximité des élections syndicales du 6 décembre…

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07 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

bio (bastamag)

ennemo bio

Le versement des aides aux producteurs bio a pris deux ans de retard

Les agriculteurs bio n’en peuvent plus d’attendre le versement des aides qui leur sont dues, depuis souvent deux ans.

Le 25 octobre, la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) a décidé de saisir le défenseur des droits pour qu’il mette fin à cette situation. « Le gouvernement annonçait dès juin 2018 avoir réglé 97% des aides 2015, mais le traitement des dossiers 2016 patine, confronté à des difficultés inattendues : en moyenne, à ce jour, un tiers seulement des dossiers ont été gérés », souligne la Fnab.

D’après les données recueillies par la fédération, seule la moitié des aides 2016 ont été payées en Centre-Val de Loire, un quart en Lorraine et en Champagne-Ardenne, 32 % en Alsace et 40 % en Bourgogne-Franche-Comté. Les régions Auvergne Rhône-Alpes, Bretagne et Provence-Alpes Côte d’Azur seraient confrontées à « des problèmes techniques inatten-dus » qui ralentissent fortement les versements 2016. Selon les régions, le plafond des aides à la conversion varie de 12 000 à 20 000 euros par an, et celui des aides au maintien de 5 000 à 12 000 euros.

« Nos possibilités d’investir, d’innover et de nous développer sont freinées »

Les conséquences sont dramatiques pour les producteurs et productrices bio qui se voient contraints de contracter des prêts à court terme pour payer leurs fournisseurs ou leurs impôts. « En tant que chefs d’entreprise, les paysans et paysannes bio ont construit leur modèle économique sur la base des montants de soutien annoncés en 2014. Depuis lors, non seule-ment les montants ont baissé, l’aide au maintien a été supprimée, mais qui plus est le soutien restant n’est pas versé.

Non seulement la trésorerie de nos fermes est gravement fragilisée mais nos possibilités d’investir, d’innover et de nous développer sont freinées. Qui peut sérieusement gérer une entreprise dans ces conditions ? » s’alarme Guillaume Riou, président de la Fnab.

Pour pallier ces retards, un système d’avances de trésorerie remboursables (ATR) et plafonnées a été mis en place dès 2016. Selon la Fnab, « ces avances, qui devront être remboursées par les producteurs après le versement de la totalité des sommes dues, ont permis de soulager la pression économique générée par cette situation ». La Fnab demande donc la création d’une telle avance de trésorerie pour 2018, au cas où le gouvernement se révélait incapable de tenir le calendrier prévu.

Le problème de cette « solution temporaire » selon la CGT Agri (le syndicat du ministère de l’Agriculture), est qu’elle ajoute des démarches administratives et de la paperasserie supplémentaires pour les agriculteurs comme pour les fonctionnaires chargés de traiter ces demandes.

L’Agence de services et paiements (ASP), organisme public payeur des aides européennes, est déjà confrontée à une forte précarisation en interne du fait de la multiplication des contrats à durée déterminée (lire à ce sujet :

« Les agents se noient dans le magma bureaucratique »

Dès septembre, la CGT Agri alertait sur « les délais illusoires » annoncés par le ministère de l’Agriculture en termes de traitement des dossiers. « Les agents reçoivent des injonctions contradictoires et se noient dans le magma bureaucratique, explique le syndicat. Aux modes opératoires d’instruction d’une grande complexité, s’ajoute l’inadaptation de l’outil de gestion dont les dysfonctionnements alourdissent la charge de traitement des dossiers. (…) De nombreux agents ont dû renoncer à leurs congés cet été, mais aucune mesure de recrutement et de stabilisation des effectifs n’a encore été prise. Aucune disposition pour la sécurisation des outils de traitements, quasi totalement externalisés au privé, n’est au programme. »

« Moins de moyens pour la fonction publique, c’est moins de service public »

insiste la CGT Agri qui réclame depuis plusieurs mois un audit de la gestion des ressources humaines au sein de l’Agence des services et paiements. Le ministère de l’Agriculture, qui a la tutelle de cette agence et décide des moyens qui lui sont dotés, n’a pour l’instant pas donné suite à cette demande d’audit, ni aux questions de Basta . Dans un contexte où l’Etat se désengage aussi des aides au maintien de l’agriculture bio, difficile de voir comment l’objectif affiché par le gouvernement de 20 % de bio dans les cantines d’ici 2022 sera tenu.

Sophie Chapelle 7 novembre 2018
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Lire aussi :
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07 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

lannion (médiapart)

laanion

Rencontre à Lannion : Mobilisations citoyennes, quand le public enquête

Pour ses 10 ans, Mediapart vous invite à venir débattre autour de ses valeurs et ses engagements.
Le 8 novembre à Lannion, en partenariat avec l’IUT de Lannion, le Master en journalisme de Science Po Rennes et le Carré magique, venez assister à une rencontre sur le thème «Mobilisations citoyennes, quand le public enquête».

Au croisement du journalisme et de la société civile, les mobilisations citoyennes sont des terrains d’enquête centraux de la couverture éditoriale de Mediapart depuis ses débuts. Depuis une décennie, le journal collabore avec des associations, des lanceurs d’alertes et d’autres médias qui peuvent être tour à tour sources, enquêteurs ou passeurs de connaissances. Au service du droit de savoir, ces interactions permettent une information en résonance avec la société civile. Le choix de la Bretagne pour aborder ce sujet nous semblait évident : terre de luttes, la région, son actualité et son histoire, offrent de nombreux exemples de mobilisations citoyennes environnementales, politiques ou encore sociales.Ainsi, nous vous donnons rendez-vous à 20h, le jeudi 8 novembre 2018 au Carré Magique pour une soirée spéciale, en présence d’Edwy Plenel, de journalistes de la rédaction de Mediapart et de nombreux autres intervenants.

Programme de la soirée :

20h - Introduction d’Edwy Plenel

20h15 – L’étincelle
Qui et pourquoi on déclenche une lutte sociale, une mobilisation environnementale ou politique, sur le territoire breton en particulier ? Quel rôle y jouent les lanceurs d’alerte ? Pourquoi un mouvement décolle quand d’autres restent dans l’ombre ?

Avec :

  • Yvon Rochard, journaliste, auteur du livre « L’affaire Amoco »
  • Janig Salomon, membre du collectif Douar Di Doull
  • Nadine Hourmant, F.O Doux

21h - L’archipel militant. 
Comment un mouvement se structure et s’organise, de Plogoff aux Bonnets rouges, en passant par les mobilisations pour l’accueil des migrants ou contre l’extraction de sable sur les côtes bretonnes ? Quels sont les éléments reproduits d’un mouvement à l’autre, les stratégies d’agit-prop, les offensives juridiques ou judiciaires, y a t’il une méthodologie militante et la spécificité régionale joue t’elle un rôle dans les échecs ou les succès ?

Avec :

  • Alain Bidal, président du collectif Le Peuple des dunes
  • Laurent Guillou, de la coopérative bretonne Nutréa-Triskalia, et Serge Le Quéau, syndicaliste.
  • Stéphanie Stoll, membre du collectif Les gens heureux.
  • Jeanne Toutous, chercheuse en sciences politiques

21h45 - Les passeurs.
Quel est le rôle des journalistes locaux, dessinateurs, élus… et comment créer des caisses de résonances régionales, nationales ou internationales ainsi que des relais politiques ?

Avec :

  • Delphine Le Lay, scénariste de bande dessinée (« L’affaire Plogoff »)
  • Ines Leraud, journaliste et documentariste
  • Rachida El Azzouzi, journaliste à Mediapart

Mais aussi :

Dans le hall du Carré magique le 8 novembre, à l’occasion des 10 ans de Mediapart, sera également présentée une exposition réalisée par les étudiants de DUT journalisme de Lannion retraçant par des vidéos et des archives l’affaire Amoco, le combat contre l’extraction de sable ainsi que la lutte pour conserver la maternité à Guingamp.

Claire Denis

https://blogs.mediapart.fr/

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01 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

saint nazaire (lutte ouvrière)

peynard

Chantiers de l’Atlantique : débrayage pour les salaires

Jeudi 25 octobre, plus de 500 salariés des Chantiers de l’Atlantique (ex-STX) à Saint-Nazaire se sont réunis face à la direction pour revendiquer des augmentations de salaire et des embauches. Plusieurs centaines de travailleurs en 2×8 ou en 3×8 ont aussi débrayé en fin de poste, de soir ou de nuit.

En effet, la direction avait annoncé jeudi 18 octobre son intention d’instaurer une prime de présentéisme, une mesure à destination des seuls ouvriers de l’entreprise, conçue pour les « mobiliser » face à une situation industrielle particulièrement tendue dans les prochains mois.

Les premiers résultats ne se sont pas fait attendre :

la rogne, l’écœurement et la contestation contre l’insuffisance criante des embauches et le bas niveau des salaires, déjà palpables parmi les ouvriers, se sont étendus dans tous les secteurs et parmi toutes les catégories, jusqu’aux cadres et ingénieurs.

Dans les principaux ateliers de tôlerie, des assemblées générales des équipes en 2×8 et en 3×8 ont réuni la quasi-totalité des ouvriers de ces secteurs, à l’appel de la CGT, pour discuter point par point les fondements et conditions du versement de cette prime.

En effet, pour la toucher, et à condition que les objectifs généraux de coûts et de délais fixés par la direction soient atteints, il faudrait encore qu’individuellement, sur une période de sept mois, les ouvriers n’aient aucune absence pour maladie, accident du travail, congés spéciaux pour événements familiaux, congés pris sur le compte épargne-temps ou jours de grève !

Moyennant l’ensemble de ces conditions, l’ouvrier pourrait toucher une prime de 700 euros brut, que la non-tenue des délais et des coûts annulerait. Chaque jour d’absence amputerait cette prime de 20 %, soit 140 euros et après cinq jours d’absence il n’y aurait donc plus de prime ! Les intérimaires ne pourraient en bénéficier qu’à condition que leur fin de contrat ne tombe pas avant l’échéance du 31 mai 2019. Enfin cette mesure pourrait être renouvelée dans les mêmes conditions pour une nouvelle période de sept mois, jusqu’à décembre 2019…

Les réactions à cette annonce qui suinte le mépris patronal n’ont pas tardé :

aucune de ces conditions n’est justifiable et encore moins acceptable. La forte charge de travail nécessite depuis des années une embauche massive, à commencer par celle des intérimaires, alors que la direction n’embauche qu’au compte-gouttes. Les taux horaires proches du smic font fuir une partie des candidats à l’embauche. Les salaires de tous s’érodent année après année. Les conditions et les cadences de travail fatiguent, usent et blessent à tour de bras et il faudrait encore renoncer à s’arrêter en accident du travail ou en maladie et se priver de congés !

Face au mécontentement général, l’ensemble des syndicats (CGT, CGC, CFDT et FO) a dénoncé ce cadeau empoisonné et appelé à débrayer pour revendiquer des augmentations de salaire.

Cet appel unanime des syndicats, rarissime et sans doute aussi motivé par la proximité des élections professionnelles, a encouragé les plus hésitants. Cette semaine d’agitation et ce débrayage interviennent juste avant l’ouverture des négociations annuelles sur les salaires et l’emploi. Si cela a touché principalement les salariés directs et intérimaires de la maison-mère Chantiers de l’Atlantique, cela a aussi suscité bien des discussions parmi les 5 000 à 6 000 travailleurs sous-traitants du site, qui connaissent les mêmes conditions de travail, quand elles ne sont pas pires.

Correspondant LO 31 Octobre 2018
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01 novembre 2018 ~ 1 Commentaire

psa (lutte ouvrière)

CGT-Bretagne

PSA Rennes : jour férié travaillé, c’est non !

Le mardi 30 octobre, à l’occasion de la venue de leur patron dans l’établissement PSA de Rennes, les salariés de Faurecia, sous-traitant intégré dans l’usine, ont débrayé à 30 % à l’appel de la CGT. Ils voulaient exprimer leur mécontentement d’avoir à venir travailler le 1er novembre.

À Rennes comme dans les autres usines de PSA, les conditions de travail se sont beaucoup dégradées sous la houlette de Tavares, le PDG qui affirme qu’à PSA nous sommes des « psychopathes de la performance » ! La précarité des contrats de travail devient la règle, avec une majorité d’intérimaires ; les horaires de travail laissent peu de place à la vie privée, avec des samedis travaillés à répétition… Tout cela dans une « usine du futur » faite de bric et de broc, où les pannes de machines se succèdent. Les salaires sont bloqués depuis plusieurs années.

Alors le mécontentement est palpable dans tous les secteurs et il explique pour partie que, lors des dernières élections professionnelles, le SIA, syndicat propatronal, et ses amis ont été mis en minorité, du jamais vu depuis des décennies.

En organisant une journée de travail le 1er novembre, la direction a réussi à fâcher beaucoup de travailleurs. Bien sûr, ce jour de travail sera mieux payé et, vu les salaires pratiqués, ce ne sera pas un luxe. Mais tout le monde n’est pas prêt à se plier aux exigences de la direction.

La CGT a donc déposé un préavis de grève pour ce jeudi férié afin de permettre à tous ceux qui ont autre chose à faire de ne pas venir s’épuiser au travail ce jour-là.

Correspondant LO 31 Octobre 2018
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17 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

salarié(e)s breton(ne)s (ouest france)

breizxit

Les salariés bretons non cadres sont moins payés

La Bretagne est la région où les salaires des non cadres ont le moins progressé au premier semestre 2018 par rapport au premier semestre 2017.

C’est le résultat du nouveau baromètre publié par Randstad, le groupe de travail intérimaire. Une progression des salaires de 3 % au premier semestre 2018 en Auvergne-Rhône-Alpes. C’est la plus élevée parmi les régions françaises. Mais à l’autre bout, c’est donc en Bretagne que les rémunérations des non cadres ont le moins progressé au premier semestre, juste 0,5 %. Pour obtenir ce baromètre, Randstad a comparé l’ensemble des fiches de paie qu’elle délivre. Pour l’ensemble de la région Bretagne, il y en a eu un peu plus de 90 000 pour établir cette comparaison d’un semestre à l’autre. Une base de données étoffée.

Les salaires les plus faibles

Pour les salariés qui n’appartiennent pas aux professions intermédiaires (agents de maîtrise, techniciens, commerciaux), c’est en Bretagne que les salaires sont les plus faibles.

Le baromètre de Randstad a ainsi calculé une rémunération brute mensuelle de 1 570 €, contre une moyenne nationale de 1 607 €. Un résultat un peu faussé parce que les chiffres de Randstad ne concernent par définition que des salariés intérimaires qui ne bénéficient pas d’ancienneté. Pour éviter l’écueil, l’étude s’appuie sur les salaires d’embauche. Et puis, rappelle l’entreprise, « l’égalité de traitement impose qu’un salarié intérimaire soit rémunéré au même niveau qu’un salarié titulaire. Cela garantit une bonne représentativité des salaires. »

Un petit mieux pour le bâtiment

D’un secteur d’activité à l’autre, les salaires n’augmentent pas tous à la même vitesse. En Bretagne, c’est dans le bâtiment et les travaux publics que la progression a été le plus visible, 1,3 %. Le baromètre Randstad a calculé pour ce secteur une rémunération brute de 1 690 €.

Dans l’industrie bretonne, les salaires des non cadres n’ont gagné qu’un petit 0,4 %. « Cette hausse modérée maintient le salaire du secteur très en deçà de la moyenne nationale », note encore l’étude. Ce qui donne un salaire moyen breton de 1 559 € contre 1 612 € au niveau national.

Quant aux services (commerces, restauration), « c’est le secteur, en Bretagne comme dans le reste du pays, le moins rémunérateur », souligne le baromètre Randstad. Petite consolation : c’est cependant là que les salaires ont quand même progressé un peu plus qu’ailleurs (1,4 %).

Moins qu’en Pays de la Loire ou en Normandie

Puisqu’elle est à la traîne des augmentations de salaires pour les non cadres, la Bretagne est donc derrière toutes les autres régions. Et par rapport aux régions voisines ? Dans les Pays de la Loire, cette catégorie de salaires a quand même augmenté de 1,8 % pendant la même période, et de 1,5 % en Normandie. Contre seulement ces 0,5 % en Bretagne.

Didier GOURIN 17/10/2018

https://www.ouest-france.fr/

Commentaire: Traverser la rue pour trouver des bas salaires! Merci Manu!

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15 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

les illettrés gad (grand bleu)

Sortie du film LES ILLETTRÉES à Carhaix
SÉANCE LE 17Octobre à 20h30 en présence du réalisateur Philippe Guilloux

Ce documentaire revient sur le parcours des ex-salarié.es de l’usine GAD à Lampaul-Guimiliau, son titre se réfèrant à la déclaration d’Emmanuel Macron qui avait fait polémique en 2014.

Lampaul-Guimiliau, octobre 2013 

Après 8 mois de lutte, les abattoirs GAD ferment. 889 employés sont licenciés. 5 ans plus tard, quelques uns acceptent de nous raconter « l’après » : les petits boulots, les formations, les réussites, les échecs, la confiance en soi. Aux détours de ce parcours malheureusement classique du demandeur d’emploi, ces femmes et ces hommes nous dévoilent les blessures engendrées par la perte de ce travail souvent dévalorisé et dont ils étaient pourtant si fiers.

illlet

Un film de Philippe Guilloux
Production et distribution : Carrément à l’Ouest

Cinéma Le Grand Bleu

Rue Jean Monnet, 29270 Carhaix-Plouguer
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Et aussi:
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Brest (Les Studios)
Le 18 octobre à 20h
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Etel (La Rivière)
Le 19 octobre à 20h30
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Redon (le Ciné Manivel)
Le 22 octobre à 20h30
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Morlaix (La Salamandre)
Le 23/10 en attente de confirmation
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Gourin (Le Ciné Jeanne d’Arc)
Le 24/10 à 20h30
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Plougastel (L’Image)
Le 25 octobre à 20h30
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Callac (L’Argoat)
Le 28 octobre à 17h30
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Guingamp (Les Korrigans)
Le 8 novembre à 20h30
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Châteaulin (L’Agora)
Le 12 novembre à 17h
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Huelgoat (L’Arthus Ciné)
Le 25 novembre à 17h

Facebook

Lire aussi:

Macron et les « illettrées » de Gad : hypocrite, le politiquement correct ? Plutôt humaniste (L’Obs)

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