Archive | Luttes sociales en Bretagne

25 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

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Nouvelle manifestation à Liffré contre l’installation de l’usine Bridor

L’usine de viennoiseries surgelées utilisera 180 000 mètres cubes d’eau pour sa production et créera 500 emplois dans la zone

Associations écologistes, habitants de la commune et élus ont manifesté ce matin devant la mairie de Liffré contre l’installation d’une usine de production de viennoiseries surgelées. Ils dénoncent un pillage des ressources en eau et l’artificialisation des sols

A Liffré, les manifestations contre l’usine Bridor se suivent et se ressemblent. Début juin déjà, les opposants s’étaient rassemblés durant tout un week-end. Aujourd’hui ils marchent à nouveau contre l’implantation de l’usine de 21 hectares dans la zone de Sévaille 2.

Nouvel élément dans le dossier, la validation du projet par le préfet le 1er juillet dernier.

« Un projet d’un autre âge après la sécheresse de cet été »

« Incompréhensible », « aberrant », « déconnecté du réel », « d’un autre temps », les qualificatifs ne manquent pas dans la bouche des opposants (associations, élus, habitants) pour qualifier ce projet d’usine de viennoiseries surgelées destinées à l’export.

180 000 mètres cubes d’eau par an devraient être nécessaires pour la production et 21 hectares de terres seront artificialisées pour construire l’usine. Des chiffres qui ne passent pas pour les manifestants.

Ca me paraît de plus en plus aberrant de consacrer autant d’eau à une usine et à un modèle de développement vieux et arriéré par rapport à l’actualité et au modèle qu’on nous demande de suivre. Simoné, agriculteur bio sur une commune voisine

« C’est un projet d’un autre âge. Aujourd’hui la priorité écologique c’est l’accès à l’eau et à la nourriture de proximité, pas exporter à l’autre bout du monde des brioches surgelées pour enrichir toujours les mêmes » s’insurge Solène dans le cortège.

L’emploi local comme argument d’implantation

En face, le maire de Liffré Guillaume Bégué, défend le projet d’implantation. « 500 emplois dans la zone seront à pouvoir » explique t-il. « C’est 10% d’emplois complémentaires aux 5 000 déjà existants. Or on sait que ceux qui ont le plus de mal à trouver un emploi, c’est à cause de la mobilité. Donc là on ramène de l’emploi auprès des habitants. »

Pour le maire, la zone de Sevaille 2 est celle sur laquelle l’impact de l’installation de l’usine sera le moins important. Guillaume Bégué reconnaît que l’entreprise sera grosse consommatrice d’eau mais qu’elle a déjà réduit sa consommation sur l’usine de Servon, passant de 50 000 mètres cubes à 30 000.

Le Duff, un groupe breton d’envergure internationale

Le groupe Le Duff, maison mère de Bridor, est un des leaders mondiaux de la boulangerie et de la restauration. Il emploie plus de 35.000 personnes, pour un chiffre d’affaires 2019 de 2,05 milliards d’euros. Il a annoncé en 2019 un investissement de 250 millions d’euros pour construire à Liffré cette usine de produits de boulangerie traditionnelle et de viennoiserie pâtisserie, promettant « 500 emplois non délocalisables« .

Il avait alors reçu le soutien du président de la région Bretagne et ancien maire de Liffré de 2008 à 2017 qui s’était réjouit que le groupe Le Duff ait choisi la Bretagne pour son projet, plutôt que les sites de Lyon ou Düsseldorf, alors envisagés.

L’usine de Liffré viendra donc compléter celles de Servon (Ille-et-Vilaine) et de Louverné (Mayenne). Les habitants et les associations écologistes ne s’avouent pas vaincues. Un recours contre le permis de construire est en cours et un autre contre l’autorisation environnementale sera initié en novembre.

 24/09/2022  Sarra Ben Chérifa  Victoire Panouillet

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25 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

29 septembre (cgt)

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18 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

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17 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

méthane (basta! splann)

vache

Pollution des rivières, explosions… les méthaniseurs et leur biogaz posent de nombreux problèmes

Les méthaniseurs, qui fabriquent du gaz à partir de déchets, accumulent les incidents. Pollution des rivières, intoxication, voire même explosion.

Deux pollutions recensées, neuf inspections documentées, trois mises en demeure et une condamnation. Le méthaniseur d’Arzal, commune côtière du Morbihan, a déversé plusieurs fois le contenu d’une de ses cuves dans le cours d’eau de Kerollet, asphyxiant les poissons au passage. L’association Eau et rivières de Bretagne a donné l’alerte à plusieurs reprises.

Une inspection de la direction départementale de la protection des populations, la DDPP, constate en 2018 que le méthaniseur, autorisé à absorber 28 tonnes de déchets par jour, en consomme en réalité 43 tonnes, un changement de régime potentiellement illégal. Autre infraction : les contrôles sur la qualité des eaux rejetées dans le milieu naturel n’ont pas été effectués.

Méthaniseur agricole
Les méthaniseurs installés dans certaines exploitations agricoles permettent de produire du biogaz à partir des déchets végétaux et animaux. Une source de revenu complémentaire qui n’est pas sans risques… Patrick Bard / Basta!

Entre 2012 et 2020, l’exploitation passe de 150 à 290 vaches laitières auxquelles s’ajoutent 250 génisses et le méthaniseur d’une capacité de 28 à 76 tonnes. Soit un triplement de volume en moins de dix ans. Ce n’est que lorsque ses travaux sont terminés que l’exploitant demande une régularisation de la situation. Celle-ci est accordée en 2021, mais fait toujours l’objet d’un recours en justice d’Eau et rivières de Bretagne, qui dénonce une manœuvre consistant « à blanchir une situation délictuelle ». « Moralité, si vous êtes agriculteur, allez-y, nous les services de l’État, nous régulariserons et assurerons vos arrières », résume, amer, le juriste de l’association environnementale, Brieuc Le Roc’h. L’exploitation fait l’objet d’une nouvelle mise en demeure de la préfecture depuis juin 2022.

Bruno Calle, gérant de la SARL des Moulins de Kerollet, plaide des erreurs de jeunesse liées à son statut de pionnier de la méthanisation. « Certes, on a fait des erreurs, mais on les a corrigées. Depuis les deux épisodes de pollution, des sécurités ont été installées pour éviter tout nouvel accident. Et le site a été étanché au-delà des exigences de la réglementation actuelle », décrit le producteur laitier.

Des « mésaventures » qui auraient même eu du bon, d’après l’éleveur. Elles auraient évité à des collègues de connaître ces errements. Bruno Calle participe ainsi au tutorat de porteurs de projet avec l’association des méthaniseurs bretons, en association avec la chambre régionale d’agriculture et l’association AILE. « J’en ai accompagné près d’une trentaine depuis cinq ans », s’enorgueillit l’ancien président FDSEA [1] du Morbihan.

Pollutions, explosion et boule de feu…

Plus à l’ouest, les Sud-Finistériens se souviennent avoir été privés d’eau potable en août 2020 pendant près d’une semaine. Le méthaniseur industriel de Châteaulin (29) avait déversé 400 m³ de digestat, le déchet issu de cette production de gaz, dans l’Aulne, affectant l’eau distribué au robinet. Un incident qui s’est aussi produit dans le sud-ouest de la France, dans les Landes, six mois plus tard. Cette fois, 850 m³, deux fois plus, se sont déversés dans les cours d’eau.

En juin 2019, un méthaniseur qui n’est pas encore en fonctionnement explose à Plouvorn, dans le Finistère. Une boule de feu est aperçue au-dessus du site. Une quarantaine de pompiers sont mobilisés et on déplore un blessé léger, deux personnes choquées, un soldat du feu évanoui et une sacrée frayeur.

Le rapport d’incident précise : « Le dossier technique de sécurité, à réaliser avant la mise en service, n’avait pas été transmis à l’administration. […] L’accident révèle une sous-estimation des risques […]. Suite à l’accident, [l’exploitant] souhaite démarrer l’exploitation de l’unité de méthanisation [avec seulement une partie du matériel, NDLR], sans attendre la reconstruction du digesteur [détruit par l’accident] ». La rentabilité avant la sécurité. Ce méthaniseur est le plus important du pays de Morlaix avec 45 000 tonnes de déchets consommés par an. À sa tête, 32 entreprises, agricoles et non agricoles.

Sans contrôle, ni sanction, à quoi bon respecter la loi et envoyer les dossiers techniques exigés ? C’est ce que l’État et la Région reconnaissent noir sur blanc dans un courrier adressé à l’Autorité environnementale, en 2019 : « Les maîtres d’ouvrage, devant l’absence de moyens de contrôle et de suivi de certaines mesures d’évitement, ont choisi de ne pas retenir celles-ci. »

Sans filet de sécurité, les accidents sont légion

Pourtant, la méthanisation est une technologie récente, fragile, qui mérite d’être surveillée. Le service de suivi des risques industriels du ministère de la Transition écologique a publié, en septembre 2021, une synthèse des accidents dans la filière. Il en recense 130 en France, entre 1996 et 2020. Dans 77 % des cas, il y a un rejet de matières dangereuses ou polluantes. « C’est le phénomène majoritaire, suivi par l’incendie », précise l’autrice du rapport, Aurélie Baraër. La faute aux « lacunes dans la gestion du risque et dans la formation des opérateurs ». Elle estime qu’un défaut de matériel est la cause principale de ces incidents.

Un diagnostic déjà posé en 2018 par son service : « Les accidents survenus récemment montrent que l’on est en présence d’une filière en pleine structuration qui n’est pas encore arrivée à maturité. Les erreurs de conception sont le témoin de cette situation. »

Mais ce recensement n’est pas exhaustif, il suffit de lire la presse pour s’en rendre compte. Sur cinq pollutions du méthaniseur d’Arzal, une seule est comptabilisée dans le recensement ministériel. Le Conseil scientifique national sur la méthanisation, le CSNM, qui réunit des scientifiques réservés sur cette technologie telle qu’elle se pratique aujourd’hui, tient ses propres comptes. Il évalue à 315 le nombre d’incidents en France. Presque trois fois plus que les services de l’État, sur la même période.

Pas de mesure sanitaire préventive

Les conséquences de ces incidents sont essentiellement environnementales et touchent en premier lieu les cours d’eau. Cours d’eau par ailleurs pompés pour alimenter la population. À cela s’ajoutent des conséquences sanitaires car le digestat, produit issu de la méthanisation, est épandu comme engrais sur les sols et peut être vecteur de maladies.

Pour éviter ces risques, la réglementation pose des garde-fous. « Il faut la voir comme une aide pour penser son installation et pas comme une contrainte, estime Anne-Marie Pourcher, chercheuse à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), à Rennes, et spécialiste des pathogènes. « Dès que la provenance des différents déchets devient complexe, on ’’hygiénise’’, c’est ce que prévoit la réglementation. » Grâce à cela, on limite les risques sanitaires. Par exemple, les déchets animaux, graisses, intestins, font partie des meilleurs ingrédients pour produire du gaz. Mais ils peuvent aussi faire circuler des pathogènes et propager des maladies.

Pour éviter ce risque, la réglementation peut imposer de traiter ces déchets à 70°C pendant une heure pour éliminer les pathogènes. Mais ce n’est pas obligatoire si le volume global de déchets, animaux et végétaux, est inférieur à 30 000 tonnes par an. Cette dérogation concerne la quasi-totalité des méthaniseurs bretons. Ça tombe bien car ce passage à 70 °C coûte très cher, au point de compromettre la rentabilité d’une installation.

Des méthaniseurs qui doublent de volume

Toutes les unités de méthanisation relèvent du régime des ICPE, les installations classées pour l’environnement. Trois niveaux de réglementation existent. Le régime de « l’autorisation », le plus contraignant et contrôlé, comprend les installations qui consomment plus de 100 tonnes par jour de matières premières. Celui de « l’enregistrement » concerne un volume compris entre 100 et 30 tonnes par jour. Enfin, le plus léger, le régime de la « déclaration » couvre les sites inférieurs à 30 tonnes par jour.

Or, en Bretagne, l’écrasante majorité des projets se situent officiellement sous la barre des 30 tonnes par jour et donc sous le régime de la simple déclaration. Ainsi, pas besoin de passer par la case de la concertation ou de l’enquête publique, qui donnent parfois lieu à des débats houleux dans des salles municipales remplies de riverains inquiets, voire carrément furieux. Un caillou dans la chaussure plus difficile à éviter sous les régimes supérieurs, de l’enregistrement et surtout de l’autorisation, censés garantir l’expression citoyenne, en dépit de récents allègements.

Des contraintes dont certains porteurs de projet parviennent même, de fait, à s’exonérer. Il n’est pas rare de voir les volumes d’intrants augmenter en cours de route, au motif que des « apporteurs de matière » se manifestent ou qu’une banque débloque un crédit.

À Chavagne, en Ille-et-Vilaine, un méthaniseur d’une capacité de 29,8 tonnes par jour est entré en fonctionnement en octobre 2021, soit juste sous la limite du régime de l’enregistrement. Pourtant, la première salve de gaz vient à peine d’être injectée dans le réseau « que d’autres agriculteurs « apporteurs de matière » se sont manifestés pour participer au projet, raconte Romain Marqué, l’un des associés du méthaniseur. Ce n’était pas prévu. »

Une opportunité qui l’a conduit, avec ses associés, à demander à passer à 72 tonnes par jour, entrant dans le périmètre du régime de l’enregistrement. Le conseil municipal n’a pas franchement de marge de manœuvre. Le méthaniseur est déjà là, les investissements – 5 millions d’euros -, déjà réalisés.

Même scénario à Louvigné-de-Bais (Ille-et-Vilaine) avec un méthaniseur qui passe de 29,8 à 48,5 tonnes par jour en l’espace d’un an. Recalibrer un méthaniseur peu de temps après sa mise en service, « c’est peu recommandable et peu recommandé, résume Armelle Damiano, directrice de l’agence locale de l’énergie, AILE. Si on se lance avec une installation à 29,9 tonnes par jour et que six mois après on demande à passer à 40 tonnes, cela peut être difficilement acceptable pour les collectivités et témoigner d’un manque de transparence au stade projet. Une fois l’installation rodée, selon les opportunités, le captage de nouveaux gisements peut alors justifier une augmentation de puissance. »

Mettre la collectivité au pied du mur est une pratique courante. La DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) est le service de l’État chargé de recenser les installations de méthaniseurs en fonction de leur technologie. L’une convertit le méthane en chaleur et électricité, la cogénération ; l’autre l’injecte directement dans le réseau de gaz, l’injection.

En 2020, la DREAL sort la calculatrice : « 28 installations en cogénération [sur un total de 87] ont augmenté de puissance depuis leur mise en service. En moyenne les installations qui procèdent à une augmentation doublent de puissance. » Même chose pour la méthanisation en injection : « Neuf installations de méthanisation en injection [sur un total de 27] ont déjà procédé à une augmentation de [leur capacité maximale]. L’augmentation du débit d’injection intervient beaucoup plus rapidement qu’en cogénération. »

Un tiers des méthaniseurs augmente donc leur capacité en cours de route. Une décision qui ne peut s’improviser en raison des investissements nécessaires. Les augmentations de capacité interviennent ainsi rapidement après la mise en activité. Difficile d’imaginer que nombre d’entre elles ne soient pas étudiées dès le montage du projet.

Si le régime de la déclaration séduit autant, c’est aussi parce que « les ICPE [concernées] ne sont pas soumises à contrôles périodiques et n’ont lieu d’être contrôlées qu’en cas de plainte ou de signalement ou lors de campagnes ’’coup de poing’’ », observe la Cour des comptes dans son rapport de novembre 2021. Pas de signalement, pas de contrôle.

85 % des installations contrôlées ne sont pas dans les clous

Depuis près de dix ans, la réglementation qui encadre ces installations présentant des risques pour l’environnement ne cesse de s’assouplir. Avec son « choc de simplification », François Hollande avait commencé à la détricoter, en 2013. Depuis, d’autres garde-fous ont été supprimés, comme en 2018, sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Modifier des seuils qui font passer une installation du régime le plus contraignant à un régime intermédiaire, miser sur la confiance et l’autocontrôle des porteurs de projet, renvoyer les contrôles à des services de l’État de plus en plus dépeuplés… Gouvernement et législateurs, bien conseillés, savent quels curseurs bouger. D’autant qu’ils savent que sans contrôleur, pas de contrôlé.

Dans son rapport de 2021, la Cour des comptes démontre cette absence de contrôle, d’autocontrôle ou même de sérieux dans le suivi des sites de méthanisation. Les services d’inspection ne sont pas informés de la mise en service d’un nouveau méthaniseur. Difficile alors de contrôler quoi que ce soit. Des subventions publiques sont versées sans contrepartie, sans même celle d’une installation construite correctement. Le contrôle ponctuel des installations n’est quant à lui tout simplement pas fait.

À quoi bon se contraindre à respecter la loi si elle n’est pas appliquée, et que personne ne vient sanctionner ? Les directions départementales de la protection des populations (DDPP), rattachées aux préfets, confirment ce constat. Fin 2020, elles mènent une série de contrôles dans 14 établissements sur les plus de 150 installations existantes en Bretagne à l’époque. Dans 85 % des cas, les aménagements prévus dès le début du projet n’ont pas été réalisés. Il s’agit de cuves de rétention évitant des déversements accidentels dans le milieu naturel, de systèmes d’évacuation d’eaux pluviales, de clôture, d’alerte incendie. Autant de promesses d’aménagements non tenues.

L’État, laxiste

Les méthaniseurs ne sont pas tous très scrupuleux. Les services de contrôle de l’État, pas au rendez-vous. L’État lui-même ne montre pas beaucoup de zèle pour faire appliquer certaines directives européennes prises pour protéger l’environnement. L’une d’elles dispose qu’avant de valider l’implantation d’un méthaniseur, il soit nécessaire de prendre en compte « le cumul des incidences avec d’autres projets existants et/ou approuvés ». Car plus il y a de méthaniseurs, plus les risques augmentent. La France applique cette notion uniquement pour les installations de plus de 100 tonnes par jour, celles soumises au régime de l’autorisation pour les ICPE. Cela concerne seulement dix unités sur les 186 en fonctionnement en Bretagne au 1er janvier 2022.

À l’ouest de Rennes, la capitale de la méthanisation bretonne passe complètement sous ce radar. Sur le secteur d’Iffendic, on compte 14 méthaniseurs en fonctionnement. Quatorze autres le seront bientôt. Soit près de trente méthaniseurs sur une zone stratégique pour l’approvisionnement en eau potable des 450 000 habitants de Rennes métropole. Pourtant, tous ces méthaniseurs sont suffisamment petits pour esquiver la directive européenne et éviter les contrôles obligatoires, imposés aux plus grosses installations.

L’environnement breton pourrait faire les frais du développement de la méthanisation, structuré jusqu’en 2023 par le schéma régional de biomasse (SRB), élaboré en 2019. L’Autorité environnementale, entité indépendante chargée de l’évaluation environnementale, souligne la nécessité de revoir l’évaluation des incidences sur les sites Natura 2000. Dans leur mémoire en réponse, la Région et l’État disent avoir « adhéré à l’idée », mais l’appliquer dans « un SRB ultérieur ». Et quand l’Autorité environnementale leur demande de justifier pourquoi nombre de mesures d’évitement identifiées n’ont pas été appliquées, la Région et l’État sont limpides : c’est à cause de « l’absence de moyens de contrôle et de suivi permettant d’évaluer les incidences réelles de certaines mesures d’évitement ».

Dit sans élément de langage, on développe la filière, mais pour une partie des incidences environnementales, on verra plus tard.

Dans un autre avis, l’Autorité environnementale prévient : « Les pollutions qui découleraient de mauvaises pratiques en la matière pourraient pourtant inverser le bilan positif de la méthanisation. »

Et la question est brûlante : avec le projet de loi du gouvernement portant sur le développement des énergies dites « renouvelables », des associations écologistes s’élèvent déjà contre l’extension de dérogations et de dispenses d’études d’impact qui porteront préjudice à l’environnement. Le « biogaz » développé sans que ses moyens de contrôle ne se structurent, ajoute une menace sur la ressource en eau. Une de plus.

Splann ! est un média d’enquête à but non lucratif, fondé en septembre 2020 par des journalistes de Bretagne, sur le modèle de Disclose, son parrain. Il est reconnu comme service de presse en ligne depuis juin 2022. Son but est de délivrer des informations sensibles et à fort impact sur des sujets d’intérêt général, en français et en breton. Par souci d’indépendance, l’association ne fonctionne que grâce aux dons des citoyens et des associations. Pour les soutenir, c’est par ici.

Des informations à communiquer à Splann ? Écrivez-leur à splann [@] riseup.net et ils vous expliqueront comment leur joindre des documents de façon sécurisée.

13 septembre 2022 par Julie Lallouët-Geffroy

https://basta.media/

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Biogaz : quand Total et Engie investissent les campagnes, « ceux qui se font avoir sont les agriculteurs »

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17 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

callac (le point)

valls

Projet d’accueil de réfugiés : bataille rangée dans un village breton

Callac, dans les Côtes-d’Armor, deux manifestations sont organisées ce samedi. Face à face, opposants et partisans d’un centre d’accueil pour réfugiés.

Les 2 200 habitants de Callac n’avaient jamais vu cela. En quelques jours, des arrêtés municipaux ont fleuri sur les panneaux de signalisation pour interdire de stationner, et une affichette a été apposée sur la porte de la mairie pour annoncer une « fermeture exceptionnelle » ce samedi. Pas de fête en vue ici. Les forces de l’ordre vont être déployées en nombre.

Leur mission ? Empêcher quiconque de passer d’un point à l’autre et éviter l’affrontement. À une centaine de mètres de distance, des sympathisants de gauche et d’extrême gauche ; et des militants d’extrême droite rivaliseront de slogans au sujet d’un projet de centre d’accueil pour réfugiés que la municipalité (qui a refusé de nous répondre) a validé au mois d’avril dernier en lieu et place d’une ancienne école aujourd’hui en ruine.

Cette double manifestation est en réalité le point d’orgue de plusieurs mois de crispation entre partisans et opposants à ce projet porté par le fonds de dotation privé baptisé Merci, lequel planche depuis 2018 sur la meilleure façon possible d’accueillir, et surtout d’insérer, les réfugiés en France. Leur credo ? Fini les solutions temporaires dans les grandes villes, place à un programme durable, en zone rurale en lien avec les populations locales.

On veut démontrer que ce projet a un impact positif pour tous.

À cet effet, la structure, établie à Paris, s’est rapprochée de Callac selon des critères bien précis. « D’abord, il y a une vraie volonté politique avec le maire qui a construit sa campagne sur le thème de la revitalisation de Callac par l’accueil de l’autre, détaille la directrice de Merci, Chloé Fréoa. Ici, la population est vieillissante avec 60 % des habitants qui ont plus de 55 ans. Les enjeux démographiques sont importants. Et sur le plan économique, on a découvert qu’il y avait actuellement plus de 75 emplois non pourvus alors qu’on parle de 18 % de chômage sur ce territoire. En définitive, on veut démontrer que ce projet a un impact positif pour tous. »

Un constat que ne fait pas Bénédicte. Depuis l’intérêt médiatique croissant autour de ce centre, l’agente immobilière indépendante voit des clients potentiels se rétracter. « En quinze jours, j’ai plusieurs visites de biens qui ont été annulées, et trois projets sont tombés à l’eau. Les gens ne souhaitent plus venir ici et préfèrent changer d’endroit à cause du centre. »

Pour Michel Riou, pas question de déménager, même si l’arrivée prochaine de familles réfugiées lui donne de l’urticaire. Il n’est pas le seul : sa pétition a convaincu 400 signataires qu’ « il faudrait d’abord s’occuper du sort des Callacois plutôt que celui des réfugiés », clame ce retraité de 70 ans qui se définit comme « non raciste et apolitique ». La preuve, affirme-t-il, il a « un copain qui vient du Bénin ». Il a volontiers laissé différentes formations d’extrême droite, dont le parti d’Éric Zemmour Reconquête !, s’emparer de son combat pour organiser la manifestation d’opposition au projet…

Projet que d’autres, dans la commune, voient en revanche d’un bon œil. C’est le cas de Geneviève, dont la maison jouxte l’ancienne bâtisse qui sera transformée en logements pour les réfugiés.

« C’est une ruine, donc ça ne me dérange pas d’avoir quelque chose de neuf à la place, ça sera plus joli ! Et puis ce ne sont pas des sauvages, ce sont des êtres humains quand même, pourquoi n’auraient-ils pas le droit de venir, eux aussi ? Je ne suis pas du tout opposée. Ici, nous avons déjà des réfugiés syriens, dont des enfants qui vont à l’école, et ça se passe très bien. Ils sont très polis, alors que je vois des Français passer dans la rue, très fiers, qui ne disent même pas bonjour ! »

En définitive, combien seront-ils ? Quand vont-ils arriver ? Qui va payer ? Qu’ils soient pour ou contre, tous, dans la commune (qui a acquis le bâtiment délabré pour un peu plus de 50 000 euros), partagent les mêmes interrogations autour de ce projet, et c’est peut-être dans ce manque de clarté, que se nichent les raisons de ces divergences.

« C’est flou », s’indigne encore Michel Riou. Pourtant, une réunion d’information a bien eu lieu en avril devant une centaine de personnes, mais à cette époque, aucune récupération politique n’était encore venue brouiller le message.

Chloé Fréoa précise : « Dès 2023, si possible, les familles arriveront l’une après l’autre en fonction des capacités de logement, d’accueil scolaire, on fera au cas par cas. Ensuite, il faut savoir que ces personnes-là vivent déjà en France, parfois depuis 2 ans, car les délais sont très longs avant d’obtenir le statut juridique de réfugiés, donc elles ont noué des contacts ici, elles parlent français ! On va continuer de travailler avec la population pour qu’elle soit prête à les accueillir, on ne veut rien imposer. »

C’est pourtant le sentiment de nombreux habitants de Callac qui réclament un référendum sur la question. En avril, Marine Le Pen était arrivée deuxième au premier tour de la dernière présidentielle, avec 24,8 % des voix, contre 26 % pour Emmanuel Macron, en tête également au second tour (54,7 % contre 45,3 % pour la candidate du Rassemblement national). Le chef de l’État a présenté jeudi son projet de loi sur l’immigration avec la volonté de mieux répartir les étrangers sur le territoire, notamment en milieu rural. On y est.

Charles Guyard,  Callac le 17/09/2022

https://www.lepoint.fr/

Note:

Callac , un des centres des « Bonnets Rouges » (1675) est un ancien bastion du PCF:

Félix Leyzour
   Instituteur retraité, maire honoraire
Sénateur des Côtes-d’Armor (1989 → 1997)                                  Député de la 4e circonscription des Côtes-d’Armor (1997 → 2002)
Conseiller régional de Bretagne (1976 → 1989)
Conseiller général du canton de Callac (1970 → 2008)

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14 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

jeunes ! (gr)

Sans titre 1

Jeunes, nous aussi luttons pour notre avenir !

La rentrée 2022 n’a pas été différente de toutes celles du précédent quinquennat, avec toujours un immense décalage entre les me­sures du gouvernement Macron et celles qui seraient néces-saires pour permettre aux jeunes de vivre correctement et d’envisa­ger un véritable avenir. Dans les lycées, c’est de nou­veau catastrophique avec des classes bondées, voire pas de profs du tout dans certaines matières. C’est carrément le sacrifice de notre éducation et de notre futur !

Jeune = Précaire ?!

Le salaire des apprentis qui est compris entre 27 et 73% du SMIC a été revalorisé de 2% en août, suivant ainsi la hausse du salaire minimum, mais face à une infla­tion de 6,1% c’est insuffisant !

Même chose pour les bourses ! Même si les étudiants sont plus « chanceux » que les appren­tis avec la revalorisation des bourses de 4%, même un élève de primaire verrait bien que le compte n’y est pas. Sans consi­dérer le fait que trois quarts des étudiants n’ont pas de bourse qu’ils ne verront donc ni les prix baisser, ni leurs salaires aug­menter pour ceux qui travaillent.

Côté lycées pro, les temps de stages seront augmentés de 50% en 2023, diminuant encore les heures d’enseignements géné­raux et creusant ainsi l’écart de connaissances avec les autres lycéens.

Rejoignons les luttes des travailleurs !

Nous subissons aussi l’infla­tion, le manque de personnel enseignants et les mauvaises conditions d’études et de travail. C’est le résultat de la politique de Macron qui veut toujours priva­tiser les services publics et faire que les salariés soient payés le moins possible. Refusons cette société qui ne marche que pour le profit, cette société capitaliste ! Luttons aux côtés des travail­leurs, pour des conditions d’étude et de vie décentes et une société qui répond aux besoins de toutes et tous ! Le 29 septembre, nous aussi faisons grève et descendons dans la rue pour défendre nos droits ! Nous avons publié des tracts pour mobiliser, contacte-nous si tu veux participer !

Face à Macron et aux capitalistes, il faut une grève massive !

Coût de la vie, retraites ou as­surance chômage menacées, dégradation des conditions de travail à vitesse grand V, les raisons de la colère sont là. Sans parler des provocations de Macron sur la fin de « l’abondance »… : une lutte massive des travailleurs est nécessaire !

Des grèves ont eu lieu cet été sur les salaires et à la rentrée dans plusieurs secteurs (énergie, Santé…). Elles indiquent la voie aux travailleurs des autres secteurs.

Avant l’été, la date du 29 septembre a été annoncée par les syndicats comme une journée interprofessionnelle de grève et d’action pour exiger l’augmen­tation générale des salaires.

Sur nos lieux de travail, avec nos orga­nisations syndicales, nous devons prépa­rer de manière très sérieuse cette grève pendant tout le mois de septembre. Un bon niveau de grève c’est le message aux patrons, à Macron mais aussi à celles et ceux qui ne seront pas entrés en grève que maintenant on ne se laissera pas faire. C’est le moment de passer à l’ac­tion ! Utilisons massivement le 29 sep­tembre pour être toutes et tous en grève !

Engager un bras de fer pour battre Macron et les capitalistes!

Partout les bas salaires posent pro­blème. C’est enrageant de ne pas pou­voir vivre dignement de son travail. Puis chaque secteur a ses propres pré­occupations et revendications. Nous avons toutes et tous les mêmes inté­rêts : stopper la politique de Macron et des capitalistes qui nous envoient dans le mur. Mais ils ne vont pas céder facilement. Comme en Grande-Bre­tagne, il faut avancer vers une lutte de masse, déterminée, avec un ensemble de revendications unifiant pour toute la classe ouvrière. Les directions syn­dicales devraient toutes frapper sur le même clou et proposer un plan d’action de lutte pour monter en puissance, dès maintenant, le 29 septembre et après.

Pour une grève visible et active

Nous sommes toutes et tous concerné.es. Se préparer pour cette grève, sur nos lieux de travail, syndiqués et non syndi­qués, est une priorité. Les syndicats, et en particulier les syndicalistes comba­tifs, ont un rôle important : proposer la grève et sa préparation collective. Des heures d’info, des assemblées générales partout sont le moyen de discuter des revendications les plus efficaces face à Borne, Lemaire et Macron, des moyens de faire connaître la grève et d’y impli­quer les collègues.

Pendant les jours de grève, nous de­vons nous retrouver devant nos lieux de travail, en piquet de grève, pour montrer à nos collègues, aux passants, aux usagers ou clients, qu’il s’agit d’une grève sérieuse, faire des départs grou­pés avant les manifestations, en somme instaurer un climat de lutte car le 29 septembre doit être un début.

• Pour l’augmentation du salaire à 1600€ net minimum
• Pour des salaires qui augmentent au moins autant que les prix !
•Pour des embauches massives de personnel partout où il y en a besoin, en particulier les services publics (Éducation, Santé, transports…)
•Prenons les 73 milliards de profits du CAC40 pour faire baisser les prix
•Les transports, la Santé, l’Énergie, la grande distribution… doivent être mis en monopole de service public et contrôlés par les travailleurs et les usagers !
•Pour une lutte de masse offensive contre la politique de Macron et les capitalistes !

 

 

14/09/2022

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https://www.gaucherevolutionnaire.fr/

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13 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

grâces (of)

la-bretagne-rebelle

Le fest-noz en soutien à l’hôpital de Guingamp à Grâces 

Vendredi 9 septembre 2022, la Coordination santé du pays de Guingamp (Côtes-d’Armor) a organisé un fest-noz, dans la salle multiculturelle de Grâces, pour soutenir le centre hospitalier de Guingamp. Les danseurs étaient au rendez-vous : ils étaient 150 dès l’ouverture de la salle, à 21 h.

À l’ouverture des portes, à 21 h, ils étaient déjà 150 à vouloir danser. Et ils étaient encore nombreux à arriver ensuite. Pour un fest-noz du vendredi soir, c’est bien, sourit Yann-Fanch Durand, porte-parole de la Coordination Santé.

Après plusieurs manifestations, dans les rues de Guingamp (Côtes-d’Armor), la coordination Santé du pays de Guingamp a organisé un fest-noz, vendredi 9 septembre 2022, dans la salle multifonctionnelle de Grâces. Toujours dans le but de défendre et soutenir l’hôpital de Guingamp. La population de Guingamp a bien compris qu’il ne fallait rien lâcher, ajoute Léna Boissard, co-présidente du comité de défense.

Vendredi 09 septembre 2022

 

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08 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

cpam (fr3)

fonctionnaires

Ille-et-Vilaine. Des agents de l’Assurance maladie débrayent face aux appels d’assurés « désespérés »

Ils ont fait valoir leur droit de retrait mardi 6 septembre. Des agents de la plateforme téléphonique de Vern-sur-Seiche veulent alerter sur le désarroi des assurés, face à des indemnisations trop longues de l’Assurance maladie.

La situation était devenue « insoutenable« . Au bout du fil, des menaces de mort, des intentions de suicides, des familles en détresse financière.

Et un sentiment d’impuissance pour les 110 agents de la plateforme téléphonique de Vern-sur-Seiche près de Rennes. Mardi 6 septembre, ce service de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) d’Ille-et-Vilaine a débrayé et ne plus répond plus aux appels.

Des indemnisations qui traînent sur plusieurs mois

Avec les vagues successives de contaminations au Covid, les arrêts maladie se sont multipliés. Depuis le mois de janvier surtout, les délais de traitement s’allongent et le paiement des indemnités journalières a pris beaucoup de retard.

« Nous avons des assurés qui n’ont pas été indemnisés depuis le mois de mai« , s’exclame une salariée qui souhaite, comme l’ensemble du service, garder l’anonymat.

30% des assurés, qui sont souvent indépendants ou déjà en situation de précarité, attendent parfois trois à quatre mois. Une salariée de la plateforme

Le délai moyen de traitement des dossiers en Ille-et-Vilaine est de 40 jours. Mais s’il faut globalement moins de 10 jours pour traiter un dossier d’un salarié d’une grande entreprise, « 30% des assurés, qui sont souvent indépendants ou déjà en situation de précarité, attendent parfois trois à quatre mois« , ajoute-t-elle.

« Ce ne sont plus des gens qui nous hurlent dessus, ce sont des personnes en réelle détresse« , soutient une autre salariée. « Nous sommes humains, alors on craque. »

Les salariés réclament des embauches

Pas question pour autant de jeter la pierre au service indemnité qui « subit » lui aussi. Le mouve-ment entend défendre les assurés mais surtout alerter la direction et plus globalement la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM).

« On n’a plus assez d’agents pour traiter l’afflux d’arrêts de travail. Cette année encore, il y a 80 départs à la retraite tous services confondus dans le département, et seulement 5 sont remplacés« , déplorent les salariés.

Les agents continuent de répondre aux mails mais ne décrocheront pas le téléphone tant qu’ils n’obtiendront pas de promesse écrite sur de nouvelles embauches. Du moins, jusqu’à ce que les délais de traitement des dossiers redeviennent « acceptables« .

Une réunion s’est tenue mercredi avec le directeur de la CPAM d’Ille-et-Vilaine, mais « aucune réponse satisfaisante » n’a été apportée pour ces salariés…

08/09/2022   Julie Jeunemaître

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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06 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

fest noz (cgt 22)

gwenngamp

Nos vies et notre santé valent bien un fest noz…

Depuis des décennies en Bretagne, les combats et les luttes du mouvement ouvrier et social trouvent une expression atypique dans les festou noz.

Jeter un coup d’œil dans notre rétroviseur permet de voir le chemin parcouru ensemble. C’est un peu l’exercice de ce petit mot.

Du Joint Français en 1972, à la grève du lait la même année, de Doux Pédernec à l’AOIP de Guingamp, de la grande fête de l’amnistie à Guingamp en 1981, aux immenses rassemblements à Plogoff, la musique bretonne a accompagné les révoltes et les protestations populaires.
Et le fest noz est entré dans l’imaginaire collectif comme un moment de partage de nos luttes, de nos espoirs.
Utopie vivante du mouvement ressemblant comme un frère à la manif, épaule contre épaule, « skoazh ouzh skoazh ».

Ce moment nous pouvons le revivre vendredi 9 septembre lors du fest noz organisé à Grâces par la coordination santé du pays de Guingamp pour récolter des fonds qui permettront d’organiser la résistance pour que vive l’hôpital public.

Et comme le dit avec humour le comité de défense de l’hôpital public: « pour naître, vivre et danser au pays »

L’union locale CGT partie prenante de l’événement vous invite vendredi soir à éteindre la télé du capital, à délaisser vos écrans et à venir en famille avec vos voisins, vos collègues de boulot.
Et de prendre le temps d’écouter nos camarades musiciens et chanteurs dont le talent dépasse un certain nombre d’insipides « stars » télévisuelles. Et évidemment de danser.

PLIJADUR A VO…

UL CGT GWENGAMP

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25 août 2022 ~ 0 Commentaire

profs (fr3)

le-petit-ecolier

Pénurie de professeurs : « La Bretagne n’aura plus de réserve de remplaçants », selon le SNES-FSU

A une semaine de la rentrée scolaire 2022, et alors que partout en France on s’inquiète du manque d’enseignants dans le 1er et le 2nd degré, qu’en est-il en Bretagne ? Nous avons sollicité l’avis de Matthieu Mahéo, secrétaire académique du SNES-FSU.

A l’approche de cette rentrée scolaire, quelle est la situation dans l’Académie de Rennes ? 

Matthieu Mahéo : Nous avons eu un échange avec le rectorat ce mardi 23 août et on peut dire que la situation est un peu meilleure que dans d’autres académies, avec par exemple un manque criant d’enseignants dans les académies franciliennes. En Bretagne, on peut penser qu’il y aura bien un professeur dans chaque classe à la rentrée. Il faut dire que pas mal de contractuels ont été embauchés. Malgré tout, il demeure des tensions.

Où sont les points de tension ? 

Matthieu Mahéo : L’année dernière déjà, la pénurie se faisait sentir dans certaines disciplines comme l’Allemand ou les enseignements technologiques. Mais surtout, là où nous avons une véritable inquiétude, c’est sur la question des remplacements dans la mesure où tous les contractuels qui faisaient des remplacements vont être désormais en poste.

Sans compter qu’avec la réforme de la formation initiale, de nombreux enseignants stagiaires sont eux aussi affectés. Ce qui signifie que la Bretagne n’aura plus de réserve pour les remplacements. On est inquiets à ce sujet.

Selon vous, la raison de ce problème d’attractivité du métier d’enseignant, ce sont les salaires ? 

Matthieu Mahéo : Quand un enseignant démarre aujourd’hui, il gagne 1,3 fois le Smic. Dans les années 1980, il gagnait 2,2 fois le Smic. Tout est dit.
Si vous ajoutez à cela le fait qu’il est compliqué de se loger, l’inflation, la dégradation des conditions de travail, l’alourdissement des effectifs en classe, cela devient très problématique. Alors, les 10% de revalorisation salariale promis par le gouvernement, c’est déjà pas mal, mais ce sera loin d’être suffisant pour inverser la tendance.

25/08/2022 Laurence Postic

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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