Archive | Luttes sociales en Bretagne

23 février 2017 ~ 0 Commentaire

la poste rennes (lutte ouvrière)

 boite postale

Un projet qui ne passe pas

Mercredi 15 février, à 22 h 30, les machines de tri de la plateforme du courrier Rennes-Armorique se sont arrêtées d’un coup. Le silence s’est imposé et la grande majorité de la première équipe de nuit a rejoint la deuxième à son embauche, pour une action commune.

Cela faisait plusieurs jours qu’un projet de la direction concernant les pauses et l’organisation des positions de travail faisait discuter les postiers. La veille, les patrons de la PIC (plateforme industrielle courrier) avaient commencé à les réunir à tour de rôle pour leur faire remplir un questionnaire.

Au vu des questions posées, beaucoup ont très vite compris l’objectif de la direction : pouvoir moduler les horaires de pause et obtenir plus de polyvalence sur les positions de travail. Cela ne passe pas, d’autant que les trois quarts des départs à la retraite ou mutations n’ont pas été remplacés depuis plus d’un an. Comme l’ont dit les postiers ce soir-là au chef de production de nuit : « Vous voudriez qu’il n’y ait plus du tout de temps mort, que toutes les machines tournent en permanence, y compris durant les pauses, vous trouvez que l’on n’en fait pas assez déjà comme ça ? »

Une pétition intersyndicale signée par la grande majorité a donc été remise à ce chef. Mais, avant de reprendre le travail, beaucoup se sont promis de remettre ça au cas où l’avertissement adressé à la direction n’aurait pas suffi.

Correspondant LO 22 Février 2017

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23 février 2017 ~ 0 Commentaire

ploërmel (le ploermelais)

CGT-Bretagne

La plateforme Serval d’EDF bloquée une journée

A l’appel de la CGT, une vingtaine de personnes bloquent actuellement la plateforme Serval, structure logistique alimentant en matériel les entreprises EDF du Grand-Ouest, située sur le parc d’activités de Camagnon.

Depuis le 7 février dernier, la CGT section mines-énergie initie, chaque mardi, un mouvement de grève destiné à dénoncer leurs conditions salariales et le démantèlement progressif du service public. Une mobilisation intitulée « Les Mardis de la colère » qui s’invite actuellement sur le parc d’activités de Camagnon à Ploërmel, et plus précisément à la plateforme Serval, propriété d’EDF.

Un lieu hautement stratégique

Si la CGT a choisi de bloquer la plateforme Serval, c’est tout simplement parce que c’est un lieu hautement stratégique. En effet, cette plateforme logistique alimente en matériel les entreprises GRDF et ERFD, récemment devenue Enedis, des régions Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charente, soit un total de 13 départements. Un mouvement enclenché par le syndicat au niveau national. « Car, aujourd’hui, sept plateformes de ce type, au nombre de 11 en France, sont bloquées », souligne Stéphane Le Roux, secrétaire général du syndicat des mines et de l’énergie du Morbihan.

Blocage total

Les syndicalistes présents n’ont pas empêché les salariés qui le souhaitaient à rejoindre leur poste de travail à l’intérieur de la plateforme. Toutefois, ils n’ont pas hésité à bloquer l’entrée et la sortie des livraisons. Résultat : aucun camion n’a pu venir chercher du matériel ou en déposer jusqu’à la fin de la journée. « L’objectif : faire pression sur nos patrons afin qu’ils revoient leur copie. » Un mouvement qu’ils reconduiront jusqu’au mardi 7 mars compris, sur de multiples sites, tenus secret, du groupe EDF.

Revendications

Quelles sont leurs revendications ? « Elles concernent pour l’essentiel les mesures salariales, explique Stéphane Roux. Nos salaires sont bloqués pour l’année 2017, avec 0 % d’augmen- tation. C’est du jamais vu depuis 70 ans ! » De plus, il dénonce la suppression de 7000 emplois annoncée par EDF, « dont 2000 concerne la seule filiale Enedis. Et pourtant, Enedis vient d’acter, pour 2020, une enveloppe de 742 millions à destination de ses actionnaires. »

Cette perte d’emploi, associée à la dégradation des conditions de travail, la CGT mines-énergie de la digère pas. « EDF nous asphyxie pour financer ses projets, tel celui du « grand carénage », qui consiste à sécuriser ses sites nucléaires afin de prolonger leur durée de vie. Coût : 55 milliards d’ici 2025. Tout cela, comme le financement des EPR anglais, Areva et la mise en place des compteurs Linky, n’est, selon nous, qu’une grosse fumisterie », analyse Christophe Guillet, secrétaire général de la section mines-énergie d’Ille-et-Vilaine.

« EDF est en train de tout casser »

Ce qu’il regrette également, avec son homologue morbihannais, c’est le démantèlement progressif du service public d’EDF. « On ferme des boutiques, on retire le minimum de contact et invite les usagers à se rendre sur Internet ! Pourtant, les usagers, eux, payent toujours plus cher. Comment comprendre que la facture s’alourdit alors que l’on se voit proposer de moins en moins de services ? », s’interrogent-ils. EDF malheureusement est en train de tout casser. »

Maëva Dano 21/02/2017 56800 Ploërmel

http://www.leploermelais.fr/

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21 février 2017 ~ 0 Commentaire

le joint français, st brieuc 1972

La Bretagne, Saint-Brieuc, mars 1972. Une grève avec occupation éclate aux usines du Joint français. Le 6 avril, l’affrontement avec les forces de l’ordre est imminent.
De cette lutte un moment unique va être immortalisé par un cliché photographique : un manifestant, un CRS face-à-face. L’ouvrier est en rage, semble hurler, le visage déformé par la colère. Il tient le CRS par la vareuse… Deux hommes prêts au corps à corps. Mais l’image ne dit pas tout…

 

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17 février 2017 ~ 0 Commentaire

7 mars (cgt 56)

7 mars

LA GRÈVE NATIONALE DU 7 MARS

Un appel à la grève nationale intersyndicale CGT-FO-SUD qui concerne la santé, l’action sociale et également les organismes sociaux le 7 Mars 2017 a été déposé.
Depuis, l’appel est étendu à toute la fonction publique.

Nous proposons à rendez-vous à 11h devant l’ancien hôpital D’Hennebont avec des prises de paroles, puis la distribution d’une soupe populaire à 12h30. (Pour rappel, lors de la création du Centre Hospitalier de Bretagne Sud (CHBS), le 1er janvier 1997, les hôpitaux de Lorient et d’Hennebont ont fusionné, provoquant ainsi la fermeture progressive en 2000 de l’hôpital d’Hennebont. En sera t-il de même lors de la fusion de 4 hôpitaux (CHBS de Lorient, CH Quimperlé, CH Le Faouët et le CH Port-Louis/Riantec ? …

Il faut affirmer un NON magistral !

A partir de 13h30, un défilé en blouse, panneaux, slogans drapeaux… dans Hennebont, avec la possibilité de s’arrêter pour des prises de paroles devant les différents services publics (Mairie, école…).

Il nous faut construire ensemble une action sur ce lieu « Symbole de la casse des hôpitaux de proximité et plus largement des services publics ».
Nous souhaitons que tous les syndicats CGT Santé, de l’Action sociale et des services publics s’associent dans cette démarche et que cette action en ce lieu puisse être l’occasion de l’expression collective de chacun et chacune.

La réunion intersyndicale CGT FO SUD Santé Action Sociale a eu lieu lundi dernier de 18h à 20h15. Nous sommes en accord sur l’action prévue sur Hennebont et souhaitons qu’une action ait lieu sur Vannes.  Sud Santé Action Sociale et Solidaires appellent sur Paris en premier lieu et sans pour autant se désolidariser des actions départementales.

LUDOVIC BENABES
Secrétaire USD CGT 56

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13 février 2017 ~ 0 Commentaire

robotisation (ouest france)

robot-

Etude de la CFDT. L’agroalimentaire digère mal la robotisation

Les usines automatisent les chaînes de fabrication. La formation des salariés ne suit pas. Les pannes se multiplient. Et le stress des opérateurs monte en flèche, alerte la CFDT.

Course à l’innovation, à la compétitivité… Les groupes agroalimentaires ligériens investissent dans des machines de plus en plus perfectionnées. La robotisation des chaînes de fabrication bouleverse la vie des salariés, pointe un rapport de la CFDT restitué vendredi à Angers.

Ce rapport se base sur les témoignages d’une cinquantaine d’élus syndicaux en poste dans les entreprises de la région. Il met en évidence que la formation des salariés ne suit pas la montée en puissance de la technologie.

« On a un vrai souci »

À Segré, l’usine La Toque angevine (700 salariés, groupe LDC), spécialiste des pizzas, burgers et sandwiches, a investi 25 millions d’euros dans des robots de manutention. « Dès le moindre dysfonctionnement, relate Loïc Nédellec, salarié de l’entreprise, on ne sait plus faire. Les techniciens maintenance et les salariés de production ne sont pas formés aux nouvelles machines. »

À Sablé-sur-Sarthe, les 650 salariés des fromageries Bel travaillent dans une usine « en perpétuelle mutation technologique. La maintenance n’a pas le temps de s’approprier les nouveaux process », décrit Xavier Darondeau, élu CFDT. « Dans beaucoup d’entreprises, complète Philippe Michaud, délégué syndical chez Fleury Michon, les techniciens maintenance ne sont pas consultés en amont sur le choix des machines. Les gars de la production se forment sur le tas. »

Philippe Grié, directeur des ressources humaines de la coopérative Terrena, ne conteste pas cette réalité: « La technique avance tellement vite qu’on sera toujours en retard. On a un vrai souci de formation des salariés. Il faut anticiper en amont cette automatisation. » Consé- quence: les pannes et soucis techniques se multiplient. « Une nouvelle machine ne fonctionne qu’à la moitié de son rendement », souligne Philippe Michaud. Sur les chaînes, les salariés « stressent », « sont en rupture », « pètent un câble », selon divers témoignages.

Dans ce contexte, les usines font la chasse aux pros de la maintenance. «Ce sont des moutons à cinq pattes, les entreprises n’arrivent pas à les trouver. C’est un métier en tension », observe Anne-Flore Marot, de la CFDT des Pays de la Loire. Très courtisés, les as des robots et des automates préfèrent intégrer d’autres branches industrielles.

Deux formations à la rentrée

Coincées entre la pression de la grande distribution et la volatilité du prix des matières premières agricoles, les entreprises agroalimentaires n’allongent pas des salaires suffisam- ment alléchants pour compenser leur mauvaise image en termes de conditions de travail.

« Nous ne baissons pas les bras, déclare André Martin, vice-président de la commission formation au conseil régional. La Région ouvrira à la rentrée 2017 deux formations pour conducteurs de ligne et un BTS maintenance. » Les salariés font aussi état d’une augmen- tation des cadences et de la suppression d’emplois. Xavier Darondeau livre une démonstration imparable: « En 2008, nous étions 200 pour fabriquer 17 000 tonnes de fromages Kiri. Aujourd’hui, nous sommes 108 personnes pour fabriquer 21 300 tonnes ! »

12/02/2017 Xavier BONNARDEL

http://www.ouest-france.fr/

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12 février 2017 ~ 0 Commentaire

iut (lannion)

lannion

La dépeçage de l’université publique se poursuit et l’IUT de Lannion est totalement concerné. Son conseil d’institut risque de voter jeudi une baisse de 5 % des cours donnés aux étudiants, à exécution immédiate. Trois des quatre départements ne respectent pourtant déjà pas les volumes imposés par les programmes nationaux !

C’est un aller sans retour, résultat d’énièmes coupes budgétaires imposées par Rennes 1, qui souffre elle-même des baisses de dotations de l’Etat.

Attaqué jusqu’à l’os, obligé de renier dans les dépenses d’investissement, de geler les embauches d’enseignants, d’employer des vacataires (les précaires du service public) et de surcharger ses titulaires, l’IUT de Lannion – au même titre que les autres établissements publics – s’en prend maintenant à la pédagogie et en cours d’année.

La loi LRU a rendu l’université dépendante du secteur privé. Or les partenariats avec les entreprises sont volatils, inégaux selon les filières et poussent aux conflits d’intérêts. Tout porte à croire que la prochaine étape sera la hausse des frais d’inscription. La politique libérale dégrade nos services publics, sous prétexte de « concurrence libre et non faussée ». L’hôpital de Lannion en fait aussi les frais, alors qu’une immense clinique a poussé près de Saint-Brieuc.

Or dans un société digne et juste, la santé comme le savoir ne se privatisent pas. Les étudiant.e.s se sont déjà réunis en assemblée générale mercredi. Aujourd’hui un mot d’ordre Mobilisation IUT !

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10 février 2017 ~ 0 Commentaire

squiffiec trégonneau (ouest france)

sardines e

Squiffiec-Trégonneau. Les parents d’élèves manifestent à Saint-Brieuc

Les parents d’élèves de l’école Squiffiec-Trégonneau, près de Guingamp, contestent la fermeture d’une classe. Ce midi, ils manifestaient à Saint-Brieuc, devant la préfecture.

La nouvelle est tombée il y a 15 jours. L’inspection académique annonçait vouloir fermer une classe sur le regroupement pédagogique intercommunal Squiffiec-Trégonneau à la rentrée 2017.

En cause, 16 élèves de CM2 qui s’en vont. « Nous passons ainsi en dessous des effectifs de leur moyenne. Sauf que sur nos communes nous connaissons des démographies positives. Des élèves en cours d’inscription vont arriver », explique Aurore Steunou, maman d’élève.

Des classes surchargées

« Une suppression de classe induirait des effectifs de 30 à 40 élèves. Certaines classes pourraient atteindre 60 élèves », s’inquiète la maman.

Depuis, les parents n’ont cessé de lutter pour maintenir leur classe. Pétitions, réseaux sociaux, réunions avec les élus, tous les moyens ont été réunis pour mettre du poids dans la balance.

Les parents d’élèves de l’école Squiffiec-Trégonneau, la conseillère départementale Cinderella Bernard (PCF), et Jean-Luc Picaud, maire de Trégonneau, ont été reçus à 13 h 30 par l’Inspection académique.

En parallèle, le préfet, le président du conseil départemental, des fédérations de parents d’élèves, des représentants des organisations syndicales, des délégués départementaux de l’Éducation nationale, des élus du conseil départemental se réunissent pour discuter des ouvertures et fermetures de classes à l’échelle départementale.

09/02/2017

http://www.ouest-france.fr/

Signez la pétition:

https://www.change.org/p/direction-académique-de-saint-brieuc-non-à-la-fermeture-d-une-classe-du-rpi-squiffiec-trégonneau

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08 février 2017 ~ 0 Commentaire

pêcheurs bretons ( france culture)

dessin-surpeche

Sur la route… des pêcheurs, en Bretagne

A très court terme, ils vont plutôt mieux. Tonnages en hausses, prix en hausse, un nombre de bateaux qui se stabilise, des rapports avec Bruxelles apaisés… Mais à plus long terme, la pêche française semble subir le même sort que son agriculture : les petits poissons se font manger par les gros…

A très court terme, ils vont plutôt mieux. Tonnages en hausses, prix en hausse, un nombre de bateaux qui se stabilise, des rapports avec Bruxelles apaisés… Mais à plus long terme, la pêche française semble subir le même sort que son agriculture: les petits poissons se font manger par les gros.

En reportage :

Portrait d’un pêcheur nouvellement installé : Vincent Cadren, ancien directeur des finances de la ville de Morlaix qui a renoué avec le métier de son père, la pêche, il y a deux ans ; ou d’un reconverti comme Gilles Kerdoncuff qui, en 2014 suite à une interdiction de pêcher décrétée dans sa zone pour cause de toxines amnésiantes, vend son bateau de pêche et se tourne vers les balades en mer, à bord d’Iroise Découvertes. Avec aussi Scarlette Le Corre, une des premières femmes marin-pêcheurs de France, elle travaille aussi elle-même à la transformation du produit de sa pêche et s’est spécialisée dans l’algue, au sein d’Alguerie.

Emission enregistrée le vendredi 3 février dans les studios de France bleu Breizh Izel à Quimper

Intervenants:

  • Olivier Le Nezet : Président du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Bretagne et président de BlueFish
  • 04.02.2017 Julie Gacon

Ecoutez l’émission sur France Culture

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04 février 2017 ~ 0 Commentaire

nddl (alternative libertaire)

http://alternativelibertaire.org/local/cache-vignettes/L200xH200/cgt_ago-5b6e5-9c011.jpg

« Vinci veut faire du service aéroportuaire un laboratoire de la loi Travail »

Un entretien avec Thierry Gerbaud de la CGT AGO qui souligne les convergences des luttes souhaitables et nécessaires contre des logiques d’entreprises qui marient d’elles mêmes des combats telles que la défense de la ZAD et la loi travail.

La CGT AGO syndique les salarié.es des différentes entreprises intervenant sur le site de l’actuel aéroport de Nantes Atlantique. Ce syndicat a acquis une notoriété dans le département de ­Loire-Atlantique à la fois parce que les syndicats interentreprise sont plutôt rares, mais aussi parce qu’il est à la pointe du combat syndical contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Nous avons interviewé Thierry Gerbaud, un des animateurs du syndicat.

Alternative libertaire : Peux-tu en quelques mots parler de l’organisation du travail dans un aéroport comme Nantes Atlantique ?

Thierry Gerbaud : La reprise de la concession de l’aéroport par le groupe Vinci en 2011 a changé beaucoup de choses. Aujourd’hui, il existe sur le site une vingtaine d’entreprises spécialisées avec des statuts différents pour les salarié.es. Les conventions collectives, les salaires, les horaires, tout change. Au total ces entreprises font travailler entre 800 et 1 000 salariés, avec beaucoup d’intérimaires et de CDD. Vinci le donneur d’ordre est sans lien avec les salarié.es qui exécutent le travail. C’est pour cela que notre syndicat mène une bataille pour obtenir un CHSCT de site. Ce qui nous permettrait d’être au plus près des réalités vécues par les salarié.es et d’obliger Vinci à assumer un rôle d’interlocuteur direct. Avec peu de résultats aujourd’hui, il faut bien l’admettre. La préfecture ne daigne même pas donner suite à nos courriers.

Peux-tu nous raconter comment d’un syndicat d’entreprise classique, la CGT AGO s’est muée en un syndicat de site ?

Le syndicalisme est une expérience assez récente pour moi. En 2009, j’étais intérimaire et loin de toutes ces questions syndicales. Avant que la CGT AGO ne devienne un syndicat inter- entreprise, il préexistait une section syndicale sur le site aéroportuaire, dépendant de l’union locale Sud-Loire. D’une part, un événement qui a interloqué les syndiqué.es et, d’autre part, la reprise en 2011 de la concession par Vinci nous ont obligés à réagir. L’événement en question était une grève sur le site. Un militant du syndicat a vu des salarié.es en grève devant les locaux de leur entreprise. Mais très peu de militants dans la CGT était au courant de leurs revendications ou de la grève. Combiné avec la reprise par Vinci, l’idée de créer un syndicat interentreprise sur le site s’est imposée.

Parle-nous du fonctionnement de ton syndicat.

Le syndicat organise tous ceux qui travaillent sur la plateforme aéroportuaire. Nous avons des syndiqué.es dans la majorité des entreprises du site, dont en particulier les plus grosses boîtes. À l’intérieur de chaque entreprise les syndiqués s’organisent en section syndicale. Au niveau du syndicat la commission exécutive rassemble des militants et militantes de chaque entreprise. Cela permet d’une part à toutes et tous d’être au courant de ce qui se passe dans chaque entreprise, de mettre en commun les moyens militants et d’organiser concrètement une solidarité entre les salarié.es de toutes les entreprises. De plus pour tous et toutes les salarié.es du site, nous organisons une permanence DLAJ [1] pour pouvoir répondre à leurs interrogations. Concernant nos moyens de fonctionnement il faut noter que nous disposons d’un local depuis le 31 mars 2016, financé par l’union locale et ­l’union départementale. Enfin je tiens à signaler que nous avons de bonnes relations avec les syndicats de chez Vinci.

Quels sont les autres syndicats sur le site de Nantes Atlantique ?

Il y a bien quelques militants de FO. Mais ils sont isolés. Il y a aussi quelques CFDT et CFTC isolés.

Autour de quels thèmes s’organise votre syndicalisme au quotidien ?

Même si l’aéroport de Nantes Atlantique est florissant et si Vinci en tire de gros bénéfices, les entreprises implantées sur le site et qui font tourner le service aéroportuaire vont mal. Il y a beaucoup de turn-over et des cadences infernales.

Depuis la reprise en 2011, Vinci bloque les investissements. Mais plus que cela encore, Vinci veut faire du service aéroportuaire un laboratoire de la loi travail. Dans la perspective du déménagement à Notre-Dame-des-Landes, il dénonce les accords d’entreprises. Par exemple, aujourd’hui les avitailleurs [2] dépendent de la convention collective du pétrole. Cela ne leur convient plus. Ils veulent faire baisser les salaires et diminuer les jours de vacances. Pour cela ils veulent changer de convention collective. Autre exemple : l’entreprise HubSafe [3] , résultat d’un rachat en 2015, a dénoncé les précédents accords d’entreprise et pousse maintenant ses salariés à la rupture conventionnelle pour embaucher des jeunes moins chers. Tout est mis en œuvre pour que le déménagement permette d’appliquer l’intégralité des dispositions de la loi travail.

L’ambiance sur le site est détestable. Nous subissons un chantage à l’emploi permanent. « Si vous n’acceptez pas les nouveaux accords, on ferme ». Depuis 2011, avec la dégradation des conditions de travail, les salariés sont en mode survie. Face à cela le syndicat résiste comme il peut. Le 23 novembre dernier, une grève d’un jour a été mené l’occasion des NAO [4] chez les avitailleurs pour peser sur les négociations de salaires et pour la sauvegarde de la convention collective. La grève a été suivie à 100 %. Des avions ont dû être annulés, d’autres retardés, avec une perte financière pour l’entreprise.

Toutefois, depuis que Valls a démissionné, Vinci a annoncé une reprise timide de quelques investissements : installer deux nouvelles cuves de 100 m3 de kérosène chacune et refaire les parkings avion. Il faut dire qu’en 2015 la vente de kérosène a augmenté en volume de 2,3 % à l’aéroport de Nantes Atlantique par rapport à 2014, ce qui est le signe d’une croissance de l’activité. Mais ceci est à comparer aux 7,2 % à l’aéroport de Rennes.

Puisque tu évoques la question de Notre-Dame-des-Landes, peux-tu nous raconter dans quelles conditions votre syndicat a été amené à se positionner clairement sur le sujet ?

Avant de me syndiquer, j’avais entendu dire que le syndicat était proaéroport. En fait le syndicat ne prenait pas position. Quand est survenu l’affaire de la chemise arrachée [5] en octobre 2015, le syndicat s’est déplacé à l’union locale CGT de Roissy. Lors du débat avec eux ils se sont étonnés de notre absence de position sur NDDL. Cela a été l’élément déclencheur et, début 2016, le syndicat a pris position contre le transfert à Notre-Dame-des-Landes. Cela a conduit à quelques divergences internes, en particulier avec des syndiqués de la DGAC [6]. Puis est survenu la loi travail. Le 31 mars nous avons pour la première fois rencontré des habitantes et habitants de la ZAD. En premier lieu, cela a donné lieu à des altercations avec certains et certaines qui reprochaient aux syndicalistes AGO d’être proaéroport.

Mais le 1er avril, à l’occasion d’une grève chez Avia Partner [7], certains d’entre eux sont venus participer au blocage devant l’aéroport. Depuis nous avons été invités sur la ZAD pour débattre de la convergence des luttes. Le 14 juin à l’occasion de la manifestation nationale contre la loi Travail, il y a eu un appel à converger devant Nantes Atlantique. Étaient présents l’ UL CGT sud-Loire, des militants et militantes de Solidaires, de la CNT, de « On bloque tout », des habitants et habitantes de la ZAD, des militantes et militants de Copain 44 et de l’Acipa [8] … et face à nous 240 CRS. Mais nous étions satisfaits, puisque ce sont les CRS qui ont eux-mêmes bloqué l’aéroport.

Depuis, le mouvement contre la loi travail s’est essoufflé. Mais nous continuons d’échanger avec la ZAD. Le 8 octobre la manifestation contre les expulsions de la ZAD et le démarrage des travaux a été l’occasion de prises de position de syndicats. Le prolongement de cette dynamique se construit au sein du collectif syndical contre l’aéroport.

Pour conclure en quelques mots ?

Aujourd’hui, le syndicat mène sur toutes les entreprises du site une enquête centrée sur l’aéroport à NDDL à partir des conséquences concrètes imposées par le projet de transfert. Nous comptons bien en tirer des enseignements pratiques pour construire notre action syndicale. La CGT AGO, c’est une bonne équipe avec une véritable camaraderie. Une équipe qui porte les revendications vers le haut et qui vise à entraîner les salarié.es vers plus d’exigences. Mais nous savons aussi que nous sommes surveillés. Il n’y a pas encore de répression suite aux blocages. Mais on fait gaffe et on sait qu’il ne faut pas leur faire le cadeau de commettre des fautes.

Propos recueillis par Jacques Dubart et Lulu (AL Nantes) 4 février 2017

http://alternativelibertaire.org/

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02 février 2017 ~ 0 Commentaire

psa rennes (lutte ouvrière)

Manara-marre

Flux tendu jusqu’à la casse

Les chaînes de l’usine de PSA de Rennes La Janais ont été mises à l’arrêt et, avec elles, de nombreuses entreprises sous-traitantes depuis vendredi 27 janvier. Les planches de bord et les panneaux de porte ne sont plus livrés, depuis que l’usine du groupe belge Recticel, qui en fabrique les revêtements en Tchéquie, a brûlé. L’usine de Sochaux est également touchée.

La gestion à flux tendu des entreprises mise en place par les patrons est tellement tendue que, parfois, ça casse. Les patrons le savent, mais prennent le risque d’autant plus facilement qu’ils en font supporter les conséquences aux travailleurs, à la population par ses impôts, en faisant payer des jours chômés par l’État, et aux fournisseurs par des pénalités financières.

Mardi 31 janvier, la direction de l’usine a annoncé qu’elle aurait trouvé un fournisseur de remplacement en Chine et que, grâce à des livraisons par avion, l’usine de La Janais devrait redémarrer à partir du lundi 6 février. Mardi 31 janvier, ce pont aérien aurait démarré pour l’usine de Sochaux, elle aussi impactée. Mais, pour l’usine de Rennes rien n’est sûr, car les ouvriers sont priés d’appeler un numéro vert en fin de semaine pour que le redémarrage soit confirmé. En attendant, les ouvriers de PSA subissent des pertes sur les salaires liées au chômage.

PSA utilise ce problème de fournisseur pour annoncer que la production journalière de l’usine va être divisée par deux jusqu’à mi-avril et que l’équipe de nuit, qui devait être mise en place à partir d’avril, est repoussée à cet été. Pour autant, PSA ne veut absolument pas profiter de la baisse de la production pour améliorer les conditions de travail, en répartissant le travail entre tous. Là encore, il veut faire payer l’État et les travailleurs en prévoyant de mettre ces derniers au chômage à tour de rôle.

Correspondant LO 01 Février 2017

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