Archive | Luttes sociales en Bretagne

24 mai 2018 ~ 0 Commentaire

lannion ltc (lutte ouvrière)

Lannuna

LTC Lannion : quatre jours de grève

Lannion Trégor communauté regroupe 60 communes des Côtes-d’Armor et comporte un peu plus de 600 salariés. Elle est dirigée par un ancien socialiste atteint de macronite.

Au début de l’année 2018, la direction a décidé de remettre en cause le régime indemnitaire des agents, ainsi qu’un passage à 1 607 heures par an au lieu des 1 554 heures actuelles. Le tout est accompagné de mesures ayant pour conséquence, si elles étaient mises en place, de diviser le personnel. Pendant plusieurs semaines, les discussions sont allées bon train dans les services, et petit à petit l’idée de ne pas se laisser plumer a fait son chemin. Lors d’une réunion intersyndicale le 18 avril, regroupant 90 salariés venus de tous les secteurs, l’assem- blée a voté le dépôt d’un préavis de grève pour le mardi 15 mai, en se donnant rendez-vous en assemblée générale la veille.

En réponse, la direction de LTC a envoyé par courrier à chaque salarié un document, sur papier glacé, bavardant longuement sur les nécessaires harmonisation et amélioration du régime prétendument plus favorable que l’ancien, tout en se réfugiant derrière « la Chambre régionale des comptes qui nous le demande»! Cela n’a pas du tout eu l’heur de plaire aux salariés qui, à la quasi-unanimité, ont voté en assemblée générale la grève pour le lendemain.

Celle-ci a débuté comme prévu à 6 heures mardi 15 mai aux services techniques, avec mise en place de piquets, les éboueurs et chauffeurs de bus étant entrés massivement en grève. Ils étaient 150 à 9 heures devant le siège de LTC aux cris de « Non à la prime au mérite ! » et « Les attaques aux conditions de travail, on n’en veut pas ! » La réunion de la délégation syndicale, élargie à 25 grévistes, avec des membres de la direction n’a évidemment rien donné. Mais, lors de l’assemblée qui a suivi, de nombreux travailleurs étaient fiers d’avoir, pour la première fois, relevé la tête, et entendaient bien poursuivre le mouvement.

Le lendemain, c’est en cortège, banderole en tête, que les grévistes des services techniques se sont dirigés vers les bâtiments administratifs pour rejoindre les autres grévistes et accom- pagner la délégation élargie. Elle a été reçue une nouvelle fois par le vice-président et le directeur des ressources humaines, sans que rien n’en sorte.

Le président de LTC est venu jeudi matin 17 mai au piquet de grève pour dénoncer des « agitateurs professionnel » et tenter d’intimider les présents. Sans succès. Ce jour-là, les grévistes ont pu vérifier que leur mobilisation était bien vue par la population, en distribuant des tracts d’abord à quelques ronds-points, et surtout au marché de Lannion où les 200 manifestants ont recueilli soutiens et encouragements.

Les grévistes se sentaient dans leur bon droit, d’autant que, comme l’a déclaré l’une d’entre eux à la presse locale, « contrairement à ce qui nous est dit, la circulaire du 31 mars 2017 n’oblige pas les collectivités à passer à 1 607 heures. Elle laisse la possibilité à chaque collectivité de rester dans son mode actuel. » Ils ont poursuivi leur grève jusqu’au vendredi soir, et ont décidé de reprendre après avoir fait reculer la direction de LTC, en particulier sur les congés et la prime au mérite qu’elle voulait leur imposer.

Tout n’est bien sûr pas réglé, mais ces quatre jours de grève, la première depuis l’existence de LTC, ont montré que les travailleurs étaient capables de relever la tête, d’agir et de prendre des décisions collectivement. Cela comptera pour l’avenir et rien ne sera plus comme avant.

Correspondant LO 23 Mai 2018

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22 mai 2018 ~ 0 Commentaire

mater guingamp (le télégramme)

guing

Guingamp. Fermeture programmée de la maternité : les élus montent au créneau

L’Agence régionale de santé (ARS) s’apprêterait à annoncer la fermeture de la maternité de Guingamp. C’est ce qu’affirment cinq élus du pays guingampais qui appellent, d’ores et déjà, la population à entrer en résistance contre cette décision.

Dans un communiqué transmis à notre rédaction ce lundi soir, Yannick Botrel, Annie Le Houé- rou, Philippe Le Goff, Philippe Le Goux et Vincent Le Meaux, «représentant les élus du terri- toire et la population», s’opposent à la fermeture programmée de la maternité de Guingamp. Une fermeture que « la direction de l’Agence régionale de santé s’apprête à nous signifier».

Depuis quelques mois, l’inquiétude était vive pour les élus, la population et le personnel. Début mai, le docteur Guichaoui, gynécologue et chef de service nous confiait ressentir une menace : « Dire que la maternité de Guingamp va fermer, je l’entends depuis plus de 20 ans que j’y travaille. Mais cette fois, ça paraît plus inquiétant, sans qu’il n’y ait pour autant de raison concrète de s’alarmer : les équipes médicales et le niveau d’activité sont stables ». Cette annonce résonne ainsi comme un véritable coup de tonnerre pour la région guingampaise.

« Futurs parents, débrouillez-vous ! »

Or, appuient les élus, « une maternité comme celle de Guingamp, c’est cette année plus de 500 accouchements qui se font dans un cadre sécurisé répondant à des besoins de proximité. Depuis des années, au sein de cette structure, médecins, sage-femme, infirmière, administratif, élus, n’ont eu de cesse de défendre ce service de qualité pour les mamans et leurs bébés.

Le modèle qui veut nous être imposé est dorénavant d’aller faire accoucher les femmes du bassin de l’agglomération Guingamp Paimpol à Saint-Brieuc avec tous les risques que cela comporte en termes de délais, de surcoût pour les futures mamans. Aurons-nous dans les prochains mois des mamans qui accoucheront sur la route ? ».

« Guingamp fait partie d’un groupement hospitalier de territoire qui a pour objet de mutualiser les moyens entre les différents établissements. Aujourd’hui, unilatéralement, l’hôpital de Saint-Brieuc a affirmé sa volonté de ne plus mettre à disposition des pédiatres. L’hôpital de Saint-Brieuc ne sera pas lui-même en capacité d’accueillir les 500 naissances ! Futurs parents, débrouillez-vous ! ».

Manifestation samedi

Les élus signataires refusent cette décision de l’ARS et ont décidé « d’entrer dorénavant en résistance ». Le 5 mai, le rassemblement « Touche pas à ma maternité » avait déjà réuni 800 personnes au centre-ville de Guingamp. Les élus appellent l’ensemble des personnes du territoire à se rassembler une nouvelle fois samedi 26, à 11 h, devant la mairie. « Défendons notre hôpital, notre maternité et refusons cette régression historique », conclut le communiqué.

guing
ma-mater
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20 mai 2018 ~ 0 Commentaire

rennes la poste (fr3)

Rennes : fin du conflit à La Poste

Après plus de 4 mois de grève le collectif des postiers du bureau de Rennes-Crimée a signé ce jeudi à 20 heures un protocole de reprise du travail pour mercredi prochain.

C’est la CGT qui a signé ce protocole au nom du Collectif des grèvistes.

Un accord qui met fin à une grève commencée le 9 janvier dernier. Selon Arnaud Bordier, secrétaire départemental adjoint de Sud-PTT, la direction de la poste n’a admis que la CGT comme interloccuteur parce que cette organisation avait posé un préavis de grève uniquement sur ce bureau de Rennes-Crimée alors que Sud-PTT avait déposé des avis départementaux. Le Collectif des grèvistes a donc mandaté la CGT pour ne pas rompre le dialogue.

Les points forts du protocole de sortie de grève

En janvier 2018 le bureau de Rennes Crimée devait subir la restructuration suivante :

  • Changement du régime de travail avec une tournée le matin et une autre l’après-midi avec une « pause méridienne »
  • Suppression de 6 tournées sur les 28 du bureau de Crimée

Rappelons que cette pause méridienne oblige les facteurs à faire une pause repas (à leur frais) de 45 minutes non payée pour reprendre une nouvelle tournée l’après-midi alors que jusque-là ils trient eux-mêmes leur tournée tôt le matin, font leur tournée souvent à vélo et rentrent manger chez eux en début d’après midi.

La direction commence aussi à introduire un système de « tournées sacoches » :

La tournée n’est alors plus triée par le facteur qui fait la distribution. A la place il a deux tournées à faire: matin et après-midi, vécue comme une double journée de travail. Cette « tournée-sacoche change aussi complètement l’équilibre vie professionnelle/vie privée.

Le protocole qui vient d’être signé acte que la restructuration n’aura lieu qu’en janvier 2019 : 

  • Seulement 4 tournées passeront au nouveau régime de travail avec « pause méridienne »
  • Les autres pourront continuer de faire une journée continue (tôt le matin jusqu’à la mi-journée)
  • Suppression de 4 tournées au lieu de 6 (suppressions d’emplois)
  • Déprécarisation 5 CDD passeront en CDI sur la « plaque rennaise »

Une expertise du TGI sur quatre mois

En parralèle de ce protocole le Tribunal de Grande Instance a mandaté une expertise sur le régime de travail du bureau de Rennes-Crimée. Cette expertise étudiera la situation actuelle et évaluera le nouveau projet d’organisation de la Poste sur le plan des conditions de travail (fatigue et pénibilité, déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée).

Cette expertise étudiera aussi les conséquences pour les usagers qui recevront leurs courriers l’après midi au lieu du matin et conséquence sur l’activité et les performances économiques de La Poste. Suite à cette expertise, il y aura peut-etre d’autres aménagements des organisations et conditions de travail avant l’exécution du nouveau protocole de travail au 1er janvier 2019.

« Tous les problèmes ne sont pas réglés » ajoute Arnaud Bordier.

« Dans le département environs les 2/3 des agents ont participé à la lutte en soutien des postiers du bureau de Crimée. Or, l’agenda de La Poste prévoie aussi des restructurations concernant d’autres bureaux de facteurs. » Le Syndicaliste dénonce un dialogue social quasi inexistant qui oblige les salariés à une longue lutte pour obtenir des négociations.

La solidarité

Après 4 mois de lutte les postiers de Rennes-Crimée ont donc enfin trouvé une issue au conflit.
« Ca a été eprouvant avec des fiches de paie à zéro ! Mais on a eu le soutien, la solidarité, et des chèques non seulement d’autres postiers de France mais aussi de nombreux usagers Rennais« . Grâce à eux la caisse de soutien a pu compenser environ la moitié de leurs salaires.

Les conséquences pour les usagers

Beaucoup de problèmes ne sont pas règlés : plus de 400.000 plis sont en souffrance. Les grèvistes accusent leur direction d’avoir minimisé tout au long du conflit les conséquences pour les usagers. « Avec les avocats qui assignent La Poste en Justice pour des retards de courrier, on se rend compte qu’il y a encore beaucoup d’activités tributaires du courrier papier. Il y a eu un vrai mépris des usagers de La Poste pendant ce conflit »

Suppressions d’emplois

Sur ce bureau de Rennes se sont au final 4 suppressions d’emplois qui sont prévues pour 2019 (au lieu de 6 au début du conflit). Arnaud Bordier observe qu’à son arrivée à Rennes en 2002, il y avait 43 tournées (donc 43 emplois). Aujourd’hui il en reste 28 et ce sera 24 en 2019 selon les termes du protocole. En 10 ans au plan national La Poste a perdu autour de 100.000 emplois.

Les suites de ce conflit

Le conflit de Rennes-Crimée cache selon Sud-PTT d’autres conflits à venir pour des raisons similaires dans le reste du département.

Marc-André Mouchère 18/05/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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18 mai 2018 ~ 0 Commentaire

22 mai (ouest france)

brest

22

Des syndicats appellent à manifester le 22 mai à Brest et Quimper pour le service public

Un préavis de grève concernant les secteurs privé et public a été déposé par les syndicats à la Préfecture du Finistère pour vous permettre le débrayage.

Les militants de l’Union Départementale Cgt-FO du Finistère appellent à une nouvelle journée de grève et de manifestation le mardi 22 mai dans les rues de Brest et de Quimper, à partir de 11 h. Une mobilisation pour la sauvegarde du service public qui se veut « interprofessionnelle et intergénérationnelle ».

Deux jours après le 24e Congrès Confédéral de Force Ouvrière, les militants de l’Union Départementale Cgt-FO du Finistère appellent « tous les salariés, du public comme du privé, les chômeurs et les retraités », à manifester le mardi 22 mai à Brest et Quimper.

Derrière ce nouveau mouvement de grève, un objectif : « cette date du 22 mai doit être le début d’une mobilisation générale, interprofessionnelle et intergénérationnelle. Nous ne pouvons pas nous contenter d’une grève mensuelle. »

Les syndicats réclament entre autres : l’augmentation des salaires et des pensions ; la reconquête d’un service public de proximité ; l’abrogation des ordonnances Macron et des Lois Travail, Rebsamen, NOTRe…

16/05/2018

https://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

Pourquoi les fonctionnaires seront en grève le 22 mai ? (Sud éduc 29)

22 mai 2018 : Mobilisation générale ! (CGT-EP)

Tract Unitaire

CGT Culture

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17 mai 2018 ~ 0 Commentaire

arkéa (le télégramme)

arkea

Arkéa. Ces salariés qui n’iront pas manifester

Ils n’iront pas, « malgré les pressions », manifester à Paris pour l’indépendance de leur banque. Des salariés du Crédit mutuel Arkéa font part de leurs inquié- tudes, et de leur opposition à toute scission. Ils estiment qu’ils sont « une majorité ».

«C’est un Brexit bancaire, avec la même intoxication, la même désinformation en amont, et qui aura le même résultat au final: une super gueule de bois». Trois salariés du Crédit mutuel Arkéa (Bretagne, Sud-Ouest et Massif central), syndiqués CFDT et CGT, ont accepté de témoigner, anonymement, pour affirmer que l’unanimité affichée par leur direction en faveur de l’indépendance n’est «qu’une illusion». «Nous pensons qu’une majorité des salariés est inquiète des conséquences d’une proclamation d’indépendance», assure Sophie, âgée de 41 ans (les prénoms et âges ont été modifiés, à la demande des intéressés), syndiquée CFDT dans une agence du réseau.

« Chez les partisans, il y a une vraie euphorie en faveur de l’indépendance, sincère et de bonne foi, reconnaît Christine, âgée de 53 ans, syndiquée CGT au siège du CMB- Arkéa. Mais on leur a vendu du rêve. Il faut voir comment, en interne, les esprits ont été conditionnés : vidéos, via une campagne de com’ extérieure, messagerie interne, fil Twitter sur nos écrans de travail… »

«Famille et amis sont invités. Tout est payé !»

« La direction générale exhorte les salariés à venir manifester ! Tout est payé : transport, restauration, salaire maintenu, heures supplémentaires récupérées… On peut même faire venir famille et amis : tout est pris en charge!», témoigne Ronan, 50 ans, syndiqué CFDT au siège finistérien.

Les trois salariés dénoncent aussi « des pressions ».

« La direction générale, en CCE, a tenu ces propos : « Cela ne peut pas être gris, c’est noir ou blanc. Je veux connaître personnellement l’avis de chacun. Vous êtes avec moi ou contre moi » », rapporte Christine. Que faut-il comprendre sinon que vous êtes grillés si vous ne venez pas à la manif’ ? Comment demander ensuite une augmentation de salaire, une promotion ? Qui peut dire non à ça? » « Dans le réseau, on a droit à des discours du type : « Tu ne vas pas à Paris le 17 mai? Tu ne crois pas en la boîte? Démissionne tout de suite!», renchérit Sophie.

La marque bancaire Crédit mutuel est la préférée des Français. Qui connaît Arkéa ? Pratiquement personne !

« Impact sur la clientèle » Les trois salariés pointent aussi le fait que la direction sera en mesure de savoir qui est venu à la manif’, ou pas. « Il faut s’enregistrer en ligne, via le collectif qui est censé être indépendant, soi-disant pour l’organisation logistique. Pourquoi cela n’a pas été fait par service, anonymement ? Là, nous n’avons aucune garantie de confidentialité ! »

Sur le fond, Christine, Sophie et Ronan estiment que la proclamation d’indé- pendance d’Arkéa serait un « hold-up » qui va mettre en péril l’entreprise.

« La marque bancaire Crédit mutuel est la préférée des Français. Qui connaît Arkéa ? Prati- quement personne !, s’insurgent-ils. À côté de cela, notre direction propage de fausses infor- mations : si l’on n’est pas indépendant, il y aura centralisation et donc pertes d’emplois. C’est faux ! En revanche, si l’indépendance est proclamée, il y aura des agences Crédit mutuel face à nous. Même si nous sommes en bonne santé, nos taux seront moins intéressants. Et la concurrence sera débridée. Qui gagnera ? Qui perdra, au final, des emplois ? Nous risquons aussi la perte d’agrément bancaire et le projet de la direction n’est même pas bouclé ! » Les trois salariés déplorent « ce conflit, qui dure depuis quatre ans, » et qui « a déjà un impact sur la clientèle ». « C’est source d’instabilité et aucun client ne veut ça ».

17 mai 2018 Hervé Chambonnière

http://www.letelegramme.fr/

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17 mai 2018 ~ 0 Commentaire

rennes la poste (médiapart)

À Rennes, facteurs contre «méridienne» et «tournée sacoche» = 4 mois de grève

À Rennes, les cheminots, les étudiants, l’assemblée générale interprofessionnelle soutiennent activement les postiers en grève depuis quatre mois, la Plateforme Industrielle du Courrier, alimentant la Bretagne et la Mayenne, soit chaque jour 2,5 millions de plis en transit, a été bloquée lundi dernier. C’est 250 préposés de tout le département d’Ille et Vilaine qui, l’après- midi même, avaient tenu un meeting en ville ; le mouvement de refus est né dans certains bureaux de Rennes en janvier dernier, il rassemble aujourd’hui des salariés de plusieurs dizaines de bureaux de la région, car cette réorganisation que cherche à imposer la direction ne vise pas moins qu’à briser une profession déjà mal en point.

La méridienne serait la pause obligatoire que cherche à instituer la direction, qui induit une deuxième séquence de travail en après-midi, soit un rallongement important du temps passé sous la bannière de la Poste. Rappelons que le mot méridienne ne désigne, en pays chaud, rien moins qu’une sieste. Quel message est censé apporter l’usage d’un tel mot à cet endroit ? Les facteurs sont-ils désignés comme des paresseux, à qui l’on offrirait une sieste en prime ? Emmanuel Macron est spécialiste des messages subliminaux, méprisants, il semble qu’il ait trouvé à la direction de la Poste des épigones de premier ordre. Matinal et mal payé, sept heures journaliers six jours sur sept, le métier de facteur a toujours présenté comme intérêt de libérer relativement tôt dans la journée ceux qui l’ont choisi. Or il est question ici d’en faire un métier de type industriel, à horaires « souples », comme il en existe déjà trop.

Ordinairement, le facteur commence sa journée dans un local où il prépare lui-même sa tournée en présence de ses collègues. La tournée sacoche, c’est au contraire une tournée organisée à l’avance par d’autres et dans laquelle le facteur, à qui l’on remet à un point donné la sacoche, est réduit à l’état de manutentionnaire porteur de plis. Une découpe des tâches propre à l’industrie qui déshumanise la tâche, isole le travailleur, et lui demande toujours plus de rendement en toujours moins de temps (15 % des tournées ayant été supprimées).

Tandis que l’évolution des centres de tri, qui a nié aussi bien tout souci de logique dans la distribution du courrier que d’ergonomie dans la disposition des tâches, sans parler de l’obses- sionnelle obsession du rendement, voit le nombre d’accidents du travail atteindre des som- mets, la direction multiplie les postes de cadres et régale les chefs à coups de salaires confortables (en 15 ans la différence entre les plus bas salaires, ceux des facteurs, et les plus hauts salaires a été multipliée par 5).

Outre le refus de cette réorganisation, le syndicat SUD, qui mène le combat, dénonce « le recours abusif aux contrats précaires et à des prestataires est de plus en plus systématique à La Poste. Les CDD font de nombreuses heures supplémentaires non rémunérées et sont lâchés en tournée sans être correctement formés. Il n’y a qu’à voir le nombre ahurissant de démissions en période d’essai pour avoir une idée des conditions de travail. Tous les précaires qui le veulent devraient être CDIsés. »

Plutôt que d’entendre et négocier, la direction de la Poste a organisé un cassage de la grève en faisant effectuer à des cadres et à des volontaires les tâches des grévistes. Cependant, aujourd’hui une certaine convergence des luttes veut prendre corps, les cheminots sont avec les postiers et les étudiants (Les occupants de Rennes 2 ont été expulsés par la police lundi matin, pour autant le mouvement ne faiblit pas, Sciences Po est aussi sur le front, et les examens seront au moins boycottés), sans compter ceux de l’AGI (assemblée générale interprofessionnelle) et les inorganisés de tout poil. On a pu s’amuser aussi que des employés de la direction des finances publiques, également en lutte, voulant mardi matin bloquer le camion de livraison qui apportait les chèques à encaisser, ne l’ont pas vu arriver. « Ce dernier était… déjà bloqué par les facteurs grévistes à la plateforme industrielle du courrier Armorique… » [in Ouest-France, voir ici]

Hier, ce même mardi, soit moins de 24h après le début du blocage, les forces dites de l’ordre venaient mettre fin à l’action. Comme le dit SUD PTT dans un communiqué : « Très prompte à employer la force, la direction de La Poste est très lente pour prendre langue avec les facteurs en grève depuis 126 jours. » [voir ici]

La semaine passée, alors que la Poste a fermé et continue à en fermer un grand nombre partout sur le territoire, des postiers rennais installaient un bureau à la ZAD (en danger !) de Notre-Dame-des-Landes. Les luttes se rencontrent volontiers, leurs forces s’additionnent, on le vérifie. Pour peu que les gens s’organisent entre eux, le grand et paresseux pouvoir prend peur, il est nu. Il ne tient – ne l’aviez-vous pas remarqué ? – que par sa propagande (élections comprises) et sa police.

16 Mai 2018 Jean-Claude Leroy

Collectif des facteurs en grève

https://www.lepotcommun.fr/pot/arfm3vfn

https://blogs.mediapart.fr/

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17 mai 2018 ~ 0 Commentaire

rennes la poste (lutte ourière)

rennes la poste (lutte ourière) dans A gauche du PS

La Poste Rennes : mobilisation réussie

Après quelque trois mois sans réelle avancée sur leurs revendications, les facteurs d’Ille-et-Vilaine en grève avient décidé de relancer les contacts pour faire du lundi 14 mai une journée départementale contre les réformes que la direction veut leur imposer.

Le collectif des facteurs a donc relancé la tournée des popotes. Ils sont allés par petites équipes visiter tous les bureaux de distribution du département, pour faire connaître leurs objectifs et encourager leurs collègues à arrêter le travail le 14 mai. Le travail a payé et ils étaient plus de 200 à se retrouver devant la direction départementale, pour montrer aux responsables de La Poste que la mobilisation continue. En cortège, ils sont allés manifester dans les rues de Rennes, avant de tenir une assemblée générale pour discuter et décider des actions à venir.

Dans une salle comble, de très nombreuses interventions ont porté sur les conditions de travail et leur dégradation là où la réorganisation est effective. Ce meeting fraternel s’est conclu sur la décision de manifester devant la PIC (plateforme industrielle de courrier), le principal centre de tri de la région.

Le soir même, près de 130 personnes, une majorité de postiers ainsi que des cheminots et des étudiants venus en renfort, se sont retrouvés à 21 heures devant les entrées de la PIC. L’action a duré toute la nuit et le trafic du courrier a été très perturbé. À l’intérieur de l’entre- prise, une assemblée générale s’est réunie à 21 h 30 et 25 postiers de nuit de la PIC se sont mis en grève, soit 38 % de l’effectif. Ils ont rejoint les manifestants déjà sur la route.

Quant aux salariés de l’équipe du mardi matin 15 mai, ils ont arrêté les machines pendant un quart d’heure et contraint la direction à venir s’expliquer sur la dégradation des conditions de travail et sur le retard de deux mois pour le versement d’une prime.

De son côté, la direction, qui cherche une issue, avait rencontré les grévistes vendredi 11 mai. Rien n’en étant sorti, elle a proposé une nouvelle rencontre.Et ce n’est pas parce qu’elle a demandé à la police d’expulser les manifestants devant la PIC, mardi en fin d’après-midi, qu’elle en a fini avec la lutte des facteurs.

Correspondant LO 16 Mai 2018

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17 mai 2018 ~ 0 Commentaire

lidl bretagne (lutte ouvrière)

lidl j

Lidl : même patron, même combat !

Mercredi 9 mai, en Bretagne, de nombreux salariés de Lidl, caissières ou préparateurs de commandes mais aussi agents de maîtrise, ont suivi l’appel à la grève lancé par l’intersyndicale CGT, FO, CFDT, Unsa, CFE-CGC. Plus de la moitié des 62 magasins Lidl bretons ont fermé, pour quelques heures ou pour la journée. L’entrepôt de Ploumagoar, près de Guingamp, était également en grève.

Dans des tracts distribués aux clients ou dans la presse, les grévistes ont dénoncé le sous-effectif, l’augmentation des cadences, le chronométrage.

Ils ont également dénoncé les licenciements pour inaptitude, sans reclassement, subis par les salariés qui n’arrivent plus à tenir le rythme de travail. Dans certains magasins, les salariés ont raconté l’épuisement psychologique causé par l’affichage permanent d’un classement du meilleur au moins bon d’entre eux… À l’entrepôt de Ploumagoar, les grévistes ont redit le stress et les troubles du sommeil dus à la machine à commande vocale dénoncée par l’émission Cash investigation sur France 2, en septembre dernier.

L’intersyndicale réclamait « un plan d’urgence pour améliorer les conditions de travail de tous, dans les magasins et dans l’entrepôt de Ploumagoar ».

Cette journée de grève a eu lieu une semaine après la fin d’une mobilisation massive des salariés de Lidl en Belgique, du 23 avril au 1er mai. Partie de Liège, en Wallonie, la grève a fait tache d’huile et touché les 302 magasins Lidl belges, dont une centaine ont fermé. Les cinq dépôts Lidl, deux en Wallonie et trois en Flandre, ont été bloqués jour et nuit.

Soutenus par la population, les grévistes ont dénoncé les bas salaires, le chantage à l’emploi, l’extrême flexibilité des horaires, la surcharge de travail due au sous-effectif. Des voix se sont élevées pour dénoncer l’enrichissement de Dieter Schwarz, principal actionnaire de Lidl, et faire le lien entre l’augmentation de sa fortune personnelle, passée de 10,5 milliards d’euros en 2010 à 15 milliards en 2018, et l’exploitation accrue des 315 000 salariés de Lidl, dont la productivité a augmenté de 15 % depuis 2013.

Dans les deux cas, la mobilisation a payé. En Belgique, le 1er mai la direction s’est engagée à recruter du personnel supplémentaire et à faire ralentir le rythme dans les maga- sins. En France, la direction régionale de Bretagne a pris le même engagement le 9 mai. Les salariés de Lidl n’ont pas fini de faire parler d’eux !

Julie LEMÉE 16 Mai 2018

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16 mai 2018 ~ 0 Commentaire

lorient dockers (le télégramme + ouest france + fr3)

les-dockers

Lorient. 200 dockers français en soutien

Marseille, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, etc. 200 dockers venus de tous les ports de France sont à Lorient ce mercredi matin.

Ils sont venus manifester leur soutien aux onze dockers à la pêche lorientais licenciés après que leur entreprise a été liquidée. Vers 11 h, ils ont quitté le port de commerce où se situe leur local pour prendre la direction du port de pêche. Ils y sont arrivés vers 11 h 40. Après une prise de parole d’Eddie Le Goulven, représentant CGT, ils ont rejoint leur local, au port de commerce. Ils devraient retourner au port de pêche vers 14 h.

Le conflit avec la Sem Keroman, gestionnaire du port de pêche, qui faisait appel à cette entreprise pour le tri et l’allotissement du poisson, dure depuis de longs mois. Dans tous les ports de France, les dockers devaient débrayer deux heures ce mercredi matin. Une soixantaine de CRS ont été positionnés afin d’éviter tout débordement.

16 mai 2018

 http://www.letelegramme.fr/

Lire aussi:

Lorient. Les dockers des ports Français soutiennent Lorient (Ouest France)

Lorient : 250 dockers en soutien dans les rues (FR3)

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16 mai 2018 ~ 0 Commentaire

rennes finances publiques (fr3)

Manara-marre

Rennes : le blues des salariés des Finances Publiques

Un piquet de grève aux Finances Publiques, un autre à la Poste. Ce n’est pas un hasard, les fonctionnaires sont tous visés par l’Action Publique 2022.

Ils n’étaient qu’une poignée à 6h30 ce matin. L’heure du facteur. La Direction Régionale des Finances Publique attend ce matin un gros camion de La Poste. Il doit apporter tous les chè- ques et autres TIP SEPA des contribuables qui ne payent pas l’impôt par Internet (il s’agit du deuxième tiers des impôts). Et ils sont encore très nombreux même si les règles se sont resserrées en 2016.
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Une réforme en marche
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Avec la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) qui dès juillet 2007 entendait déjà moderniser les Services publiques – c’est-à-dire pousser leur efficacité et diminuer leur coût – on avait constaté une baisse des effectifs à la faveur des départs en retraite. Avec l’arrivée d’Emmanuel Macron à la présidence, la réforme des services publics veut maintenant se tour- ner vers une plus grande rationalisation par des regroupements d’activités et surtout la déma- térialisation des services publics en jouant la carte des progrès numériques. Tout par Internet et le moins possible d’aide et de renseignement par téléphone.  À son arrivée au gouverne- ment, le Premier ministre, Édouard Philippe, a lancé le programme « Action Publique 2022″ pour repenser le modèle de l’action publique avec un Comité Action Publique 2022 dit CAP 22.
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Une politique contestée par la CGT Finances Publiques
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Les Finances Publiques font partie des services visés et un syndicat comme la CGT voit cette réforme comme une manœuvre pour réduire les coûts quitte à sabrer les missions. Rien qu’en Ille-et-Vilaine les effectifs sont passés de 2000 à 1600 en 8 années. Au Centre d’Encaissement des Finances publiques ils sont une quarantaine. C’est le plus gros des trois centres de Fran- ce. Ici on traite avec des machines industrielles les paiement par chèques ou TIP. Mais ce que craignent les salariés c’est un projet de regroupement avec la Trésorerie du Contrôle Auto- matisé, le service du paiement des amendes (et des relances des impayés) qui emploie sur un autre site 150 personnes.
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Après la suppression toujours plus fréquente de Trésoreries rurales, ce sont aussi d’autres services comme le Cadastre qui vont être réformés. 
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« Le gouvernement fait une grande réforme surtout pour supprimer des emplois. Dans Cinq à dix ans toutes les trésoreries rurales auront disparu » ajoute Hervé Couvert (co-secrétaire CGT Finances publiques 35) « Et pourtant les gens ont besoin de se renseigner par exemple pour le prélèvement à la source, personne ne leur donne de réponses. Et puis il y a la fracture numérique pour les anciens, mais aussi pour tous ceux qui n’en ont pas les moyens ». L’heure passe, le camion de La Poste n’arrive pas : un mouvement de grève des postiers l’a bloqué au départ de la Plateforme Industrielle du Courrier.
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Marc-André Mouchère 15/05/2018
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