Archive | Luttes sociales en Bretagne

09 juin 2024 ~ 0 Commentaire

Vélo (Ploermel)

Vélo (Ploermel) dans Altermondialisme IMG-20210607-WA0006-1210x765-2-1024x647

13 juin 2024 à 18h30 :« Électrifier son vélo pour une mobilité durable »

Le prochain “Jeudi du Galais” aura lieu le 13 juin 2024 à 18h30 à la Fourmilière à Ploërmel, autour du thème “Électrifier son vélo pour une mobilité durable”, avec Thierry, Arthur et Jean-Luc Dumas.

Dans un territoire rural comme le nôtre, la mobilité est un enjeu citoyen, économique et écologique. Chacun.e l’aborde selon ses contraintes personnelles, ses moyens financiers et ses convictions.

De leur côté, les collectivités locales mettent en œuvre différentes solutions qui répondent plus ou moins aux besoins des habitants. La communauté de communes a mis en place un Réseau intercommunal de voyage (RIV) qui regroupe des services de bus, de transport à la demande et de location de vélos électriques.

Toutes ces initiatives n’empêchent pas qu’un nombre important d’habitants du Pays de Ploërmel subissent une “non mobilité” contrainte, pour des raisons financières, d’isolement ou de handicap.

Pour Thierry, Arthur et Jean-Luc Dumas, habitants du Pays de Ploërmel, la question de la mobilité en campagne est aussi une affaire d’écologie, d’énergie collective et de solidarité.
Ingénieurs de formation, ils ne cessent de concevoir de nouvelles façons d’électrifier un vélo et/ou une remorque à vélo. Dans le cadre d’ateliers collectifs, ils accompagnent depuis plu-sieurs années des habitants dans l’électrification de leur vélo pour un budget inférieur à 100 €.

Jeudi 13 juin 2024 à 18h30 à La Fourmilière à Ploërmel, ils présenteront différents modèles de vélos électrifiés par leurs soins et proposeront d’animer de nouveaux ateliers, et de former des personnes volontaires à l’animation de tels ateliers.

Nous échangerons également sur les complémentarités possibles et perfectibles entre ces différents modes de mobilité existant dans le Pays de Ploërmel : vélo, RIV, covoiturage, transport à la demande…

Et pourquoi ne pas imaginer un projet plus ambitieux d’électrification de vélos qui seraient récupérés dans les déchetteries de la communauté de communes ?

L’accès à cette rencontre est libre et gratuit. Une soupe à prix libre sera proposée.
Cette soirée clôturera le cycle 2023-2024 des “Jeudis du Galais”. Rendez-vous à la rentrée !

Contact : galais@monnaie-locale-ploermel.org ou 0613287674

https://www.monnaie-locale-ploermel.org/

Lire la suite

08 juin 2024 ~ 0 Commentaire

Et l’Océan? (Bloom)

bloom

Programmes électoraux européens : quid de l’océan ?

À quelques jours du scrutin européen du 9 juin, BLOOM publie son analyse des programmes électoraux des principaux partis français afin d’identifier ceux qui inscrivent la protection de l’océan et la défense des petits pêcheurs artisans dans leurs priorités pour le prochain mandat.

Les listes de la gauche sociale et écologique se distinguent par leur ambition, Renaissance par son greenwashing, la droite conservatrice et l’extrême-droite par leurs mesures antiécologiques et leur mépris total de l’urgence environnementale.

Nous avons utilisé comme baromètre d’analyse les “15 points pour sauver l’océan, le climat et les emplois” portés par les 130 ONG, 120 personnalités et 45 000 citoyens réunis au sein de la “coalition citoyenne pour la protection de l’océan”. Ces quinze points, fondés sur les recommandations scientifiques internationales, devront absolument être mis en œuvre pour que l’Union européenne se dote d’un cadre juridique réellement efficace en faveur de l’océan, du climat et de la justice sociale.

Qui fait des promesses vagues et intentionnelles ? Qui définit clairement ses objectifs pour les années à venir ? Et qui, finalement, veut faire reculer l’Union européenne et nous rapprocher du gouffre climatique et environnemental ?

BLOOM a examiné en détail les professions de foi des listes aux élections européennes qui dépassent le seuil des 5% d’intentions de vote dans les derniers sondages1. Voici notre analyse, présentée selon le classement de la performance écologique des délégations françaises au Parlement européen présenté publié sur notre outil iPolitics.

  • Greens / Les Écologistes : 19,9/20
  • The Left / La France insoumise : 19,7/20
  • S&D/Place Publique – PS : 19,0/20
  • Renew Europe / Renaissance : 14,6/20
  • EPP/Les Républicains : 5,5/20
  • ID/Rassemblement national : 3,8/20

Les Écologistes

Le parti dirigé par Marie Toussaint fait de la convergence des questions sociales et environnementales le pivot de son programme électoral. Une attention particulière est portée au monde de la pêche et à la protection des océans et de leur biodiversité. Suite à la publication des 15 points défendus par BLOOM, Marie Toussaint a été la première tête de liste à s’engager, sans délai, à les porter au cours des cinq prochaines années avec l’ensemble des futurs députés de son parti.

C’est ainsi que l’on retrouve dans le programme des Écologistes toutes les mesures phares que nous défendons : l’attribution prioritaire des quotas de pêche aux pêcheurs artisans qui créent de l’emploi et ont un impact moindre sur l’environnement, le soutien à la protection stricte de 10% des aires marines européennes, l’interdiction des méga-chalutiers dans la bande côtière, la fin des plastiques d’ici 2050, l’adoption d’un traité de non-prolifération des énergies fossiles et des objectifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre..

Les Écologistes veulent ainsi consolider les objectifs du “Pacte vert” européen avec un ensemble de mesures extrêmement ambitieuses, détaillées et quantifiées. C’est donc un programme de très grande qualité, à la hauteur de l’urgence environnementale, que porte Marie Toussaint en matière de protection de l’océan, du climat, et de justice sociale.

Un point de vigilance : pour défendre ce programme au sein du Parlement européen, la liste des Écologistes doit absolument dépasser le seuil fatidique des 5% de votes ce dimanche 9 juin. En dessous de ce seuil, les Écologistes seraient exclus du Parlement européen pour la prochaine législature, et les cinq sièges pouvant être obtenus en dépassant ce seuil seraient automatiquement redistribués entre les autres partis en fonction des voix obtenues, bénéficiant largement aux partis d’extrême droite et de la droite conservatrice et libérale. Si les Écologistes ne franchissent pas ce seuil des 5%, ce serait une catastrophe pour la construction du droit environnemental et la justice sociale au sein de l’Union européenne, tant leur expertise sur les dossiers est précieuse, et tant certains votes sont serrés au Parlement européen.

La France Insoumise

La liste conduite par Manon Aubry aux élections européennes montre qu’elle entend continuer à faire de la défense de l’environnement l’un des piliers de la prochaine mandature, dans la continuité du travail accompli lors de la dernière législature.

Son programme électoral est extrêmement fourni et détaillé, et met particulièrement l’accent sur la convergence entre justice sociale et justice environnementale, y compris sur les questions liées à la pêche et à la protection de l’océan.

Manon Aubry et tous les candidats de La France Insoumise se sont engagés à porter les 15 points défendus par BLOOM, engagement qui se retrouve d’ailleurs dans leur programme. Qu’il s’agisse des accords de pêche que l’Union européenne conclut avec des pays tiers (notamment avec les pays d’Afrique de l’Ouest et de l’océan Indien) et qui conduisent au pillage des ressources halieutiques des pays du Sud, de la réorientation des subventions publiques, de la réallocation des quotas de pêche en faveur de la pêche artisanale, de la lutte contre les lobbies industriels ou de l’aquaculture durable : tous ces points sont présents dans leur programme.

Le programme de La France Insoumise ne se limite pas à l’océan, mais couvre toutes les questions écologiques. On y trouve ainsi un large chapitre consacré à la planification écologique européenne, où sont évoqués entre autres l’arrêt des subventions aux énergies fossiles, l’interdiction de développer de nouveaux projets fossiles, la défense de la Loi sur la Restauration de la Nature.

En bref, un très bon programme pour les cinq prochaines années de travail parlementaire.

Place Publique – Parti Socialiste

Le programme de la coalition Place Publique et Parti Socialiste mené par Raphaël Glucksmann présente lui aussi un éventail très complet sur les enjeux écologiques. Sur les 338 mesures proposées pour les cinq prochaines années, 91 concernent l’écologie, en allant de la lutte contre le changement climatique au bien-être animal, en passant par la mobilité, l’eau et la protection des écosystèmes.

Entre autres, le texte fait clairement référence à la fin des subventions néfastes pour la planète, en premier lieu les énergies fossiles. Il s’agit de l’un des 15 points défendus par BLOOM, et un enjeu crucial dans la transition énergétique.

La liste socialiste propose également un « Pacte bleu pour l’Europe » qui reprend en grande partie les 15 points défendus par BLOOM.  Y sont abordés la protection de 30% des espaces marins d’ici 2030, conformément aux recommandations des scientifiques et de la Commission européenne, l’interdiction des méga-chalutiers dans la bande côtière, un moratoire sur l’exploitation minière en eaux profondes et la transition socio-écologique du secteur de la pêche. Le programme évoque également la promotion d’accords de pêche internationaux respectueux des écosystèmes et ne favorisant pas le pillage des ressources africaines, contrairement à la plupart des accords de pêche établis aujourd’hui par l’UE avec des pays tiers.

Enfin, Raphaël Glucksmann, tête de liste Place publique – PS, s’est publiquement engagé, à titre personnel, sur les 15 points portés par la coalition citoyenne pour la protection de l’océan. À l’heure où nous publions cette analyse, aucun autre candidat de la liste a confirmé son soutien à ces 15 points. Charge à Raphaël Glucksmann de s’assurer que ses colistiers s’engagent également de manière résolue en faveur de l’océan, du climat, et de la justice sociale.

07 juin 2024

https://bloomassociation.org/

Lire la suite

25 mai 2024 ~ 0 Commentaire

« Choc des savoirs » (FR3 Le Télégramme)

Plusieurs centaines de manifestants contre la réforme sur le choc des savoir à Lorient, le 25 mai 2024

Plusieurs centaines de manifestants contre la réforme sur le choc des savoir à Lorient, le 25 mai 2024 • © L Bodin Adriaco – FTV

En Bretagne, plus d’un millier de manifestants contre les groupes de niveaux au collège, ce samedi

 25 mai 2024

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté, ce samedi, en Bretagne, pour s’opposer à la réforme du « choc des savoirs » qui prévoit notamment la mise en place de groupes de niveaux au collège.

Avec son « choc des savoirs », le Premier ministre, Gabriel Attal, a pour ambition de lancer « une mobilisation générale pour élever le niveau de notre École » face au constat que « le collège ne fait plus assez progresser les élèves ».

La mobilisation s’observe pour l’instant, davantage dans les rues. En réponse à l’appel à manifester contre cette réforme qui comprend, en particulier, la création de groupes de niveaux, en maths et français, à la rentrée de septembre 2024 pour les élèves de 6e et 5e, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés en Bretagne, ce samedi matin.

À l’origine de ces rassemblements : l’intersyndicale enseignante, des fédérations de parents d’élèves et des associations d’éducation populaire.

« On n’en veut pas » : des enseignants et des parents d’élèves manifestent contre la réforme dite du « choc des savoirs »

Vannes et Lorient ouvrent cette journée de mobilisation contre une réforme voulue par le gouvernement qui pourrait instaurer des groupes de niveaux dans les collèges à partir de la rentrée prochaine. Environ trois cents manifestants déambulent dans le centre de Lorient pour obtenir le retrait de cette nouvelle disposition dans l’éducation.

« Nous ne trierons pas nos élèves », « pour un choc des moyens », les pancartes du cortège affichent la détermination des enseignants à refuser d’instaurer des groupes de niveaux en mathématiques et en français pour les élèves de 6ᵉ et de 5ᵉ.

La réforme annoncée le 5 décembre 2023 par Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, baptisée « choc des savoirs », assure vouloir  « élever le niveau des élèves ». Aux yeux de la présidente de la Fédération des parents d’élèves du Morbihan, cette mesure « constitue à coup sûr un tri des enfants et un éclatement de la classe dès la 6ᵉ ».

Dès 10 ans ou 11 ans, les élèves auront un tiers de leur emploi du temps en dehors de leur classe habituelle, c’est une perte de repère. Et cela risque de stigmatiser les élèves. Maud Le Roscouët  Présidente de la Fédération des parents d’élèves du Morbihan

Contre ce projet et pour réclamer des postes d’enseignants, trois journées de grèves nationales ont été organisées dans les collèges depuis janvier 2024.  Une trentaine de manifestations est annoncée en France ce samedi 25 mai 2024. Vannes et Lorient ont donné rendez-vous à 10h30, Brest, Quimper et Saint-Brieuc à 11h, tandis que Rennes prend le relais à 14h. À Paris, le cortège s’élancera à 13h depuis la place de la Sorbonne.

« Contre le choc des savoirs et pour l’école publique »

L’instauration de « groupes de niveaux », désormais remplacés par des « groupes de besoins » dans le texte de la réforme, constitue la mesure phare du plan de Gabriel Attal et représente souvent pour ses opposants la goutte d’eau qui vient faire déborder un vase déjà bien plein, entre les dotations en baisse, justifiées par les académies par la diminution du nombre d’élèves pour des raisons démographiques, et la pénurie d’enseignants, qui obère le fonctionnement quotidien des établissements, notamment en matière de remplacement.

Au moment de l’annonce de cette mesure, en décembre 2023 et prévue pour s’appliquer dès septembre prochain, Gabriel Attal avait assuré que « des créations de postes permettront de limiter le groupe des élèves les plus en difficulté à une quinzaine d’élèves ». La même organisation en groupes de niveaux est promise aux classes de 4ᵉ et de 3ᵉ à partir de la rentrée de septembre 2025.

Au ministère de l’Éducation nationale, l’entourage de Nicole Belloubet reconnaît qu’il y a encore des « incompréhensions à dissiper ». Depuis plusieurs mois, la contestation se maintient localement, en se concentrant dans certains collèges où les parents d’élèves et les enseignants sont particulièrement mobilisés.

Myriam Thiébaut  25/05/2024

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire la suite

21 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Bassines (Reporterre)

[/youtube]

Lire la suite

20 mai 2024 ~ 0 Commentaire

EHPAD (FR3)

Nathalie Ugen est le principal soutien de Faith Otasowie, Nigériane menacée d'expulsion.
Nathalie Ugen est le principal soutien de Faith Otasowie, Nigériane menacée d’expulsion. • © France 3 Bretagne

« J’ai peur, je ne dors plus. Pourquoi la France veut que je parte ? » Une immigrée, soignante dans un Ehpad, menacée d’expulsion

Faith Otasowie est agent de soin à l’Ehpad de Dol-de-Bretagne. En France depuis 2011, elle est visée par une OQTF, une obligation de quitter le territoire français. Ses amis et collègues se mobilisent contre cette décision qu’ils jugent inacceptable et injuste.

« Elle ne mérite pas ça. Elle ne mérite pas qu’on l’expulse ». Valérie, comme Sylvie et Line présentesce mardi 21 mai à Dol-de-Bretagne, ne décolèrent pas. Pour celles qui sont collègues de travail dans l’Ehpad La Parentèle, l’obligation de quitter le territoire français qui vise Faith Otasowie est incompréhensible.

« Malgré le fait qu’elle n’a pas ses papiers, Faith a tous les autres droits pour rester avec nous », argumente Valérie. « C’est un bon élément. Tout ce qu’elle a fait avant, c’est pour s’en sortir, pour quitter son passé. Elle est dans un métier dans lequel tout se passe bien. Elle s’entend à merveille avec les résidents. Il n’y a jamais de souci avec eux. »

Pour Sylvie, cette menace d’expulsion n’est, en plus, pas en accord avec le manque crucial de personnel dans les établissements recevant des personnes âgées : « Les Ehpad cherchent tous les jours des salariés. Or Faith est là depuis plus de 4 ans et à partir du 7 juin, elle pourrait être expulsée de France. Ce n’est pas logique alors qu’elle apporte son sourire et toute sa bonne humeur au quotidien, malgré ses problèmes. Elle est volontaire et ne rechigne pas à venir travailler s’il manque un personnel et même le week-end. »

Visée par la loi Darmanin

C’est mi-avril que Faith Otasowie a reçu cette OQTF,  « Un torchon de 8 pages qui décrit toutes les raisons pour lesquelles elle est, soi-disant, expulsable et doit retourner dans son pays où elle sera en danger » explique Nathalie Ugen, une amie et principal soutien de la Nigériane.

Cette OQTF, émise par la préfecture, celle-là même qui lui délivre tous les trois mois un récépissé (de demande de carte de séjour) lui permettant de travailler à la Parentèle, Faith la reçue suite à l’application de la loi Darmanin. Cette dernière réclame depuis janvier dernier l’expulsion de tout étranger sans papiers ayant été condamné par la justice.

Victime et coupable d’un réseau de prostitution

Or, Faith a purgé un an de prison il y a quelques années, reconnue coupable et victime d’un réseau de prostitution.

L’histoire de Faith en France commence en 2011, lorsqu’elle fait appel à une passeuse pour quitter le Nigéria, où en danger, elle doit laisser deux enfants. À l’époque, on lui dit qu’en France, elle pourra garder des enfants. La réalité est tout autre puisqu’elle se retrouve prise dans un réseau de prostitution avec une somme de 60 000 euros à rembourser, celle que lui a pris la passeuse pour rejoindre la France.

Elle arrive au bout de nombreux mois à sortir du réseau de prostitution mais doit revenir chez une amie qui en fait encore partie. Ensuite, elle se retrouve à répondre au téléphone aux jeunes femmes qui voulaient venir en France et qui tombent par la suite, malgré elles, dans le réseau. C’est pour cela que Faith sera jugée coupable et victime et qu’elle fera de la prison.

Pour autant, « ce passé qui la poursuit alors qu’elle n’est pas coupable de ce qui lui est arrivé, ne justifie pas cette OQTF qui est une injustice pour une femme qui se bat » estime son amie Nathalie.

« Pourquoi la France veut que je parte ? »

Une injustice que ressent de plein fouet Faith depuis la mi-avril. Elle se dit bien insérée dans la vie, a un fils de 7 ans, né en France, « qui n’est jamais allé en Afrique, qui ne parle que français et qui a toute sa vie et ses amis ici ». Elle ne comprend pas ce qui lui arrive alors qu’elle avait un avis favorable de la commission départementale d’attribution de titre de séjour en 2022. Mais un avis soumis cependant à la signature du préfet d’Ille-et-Vilaine.

J’ai peur, je ne dors plus. À partir du 7 juin, je ne pourrais plus vivre, je n’aurais plus le droit d’aller travailler. Alors que j’attendais ma carte de séjour, je reçois cette OQTV. Toute ma vie est désorganisée. Faith Otasowie, Immigrée nigériane menacée d’expulsion

Une pétition de soutien

En soutien à Faith et à son fils Gabriel, une pétition a été lancée par ses amis et collègues afin que l’OQTF soit abrogée et que Faith soit régularisée. Les soutiens espèrent également recueillir suffisamment de témoignages en sa faveur, afin de les transmettre à la préfecture.

Un rassemblement de soutien est prévu le 30 mai devant l’école de son fils à Dol-de-Bretagne ainsi que le 12 juin devant l’Ehpad La Parentèle.

  Thierry Peigné 20/05/2024

Lire la suite

17 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Surpêche (FR3)

pêche

Mobilisation de la Compagnie des Pêches: : le projet d’un navire géant toujours sans accord de l’état, « les salariés sont vent debout »

Le navire géant de la Compagnie des Pêches de Saint-Malo, l’Annelies Ilena tarde à être en service. Salariés et direction organisent une manifestation, ce vendredi 17 mai. Objectif : dénoncer la lenteur de l’Etat, qui n’a toujours pas donné son accord. Hasard du calendrier, la tête de liste LR aux élections européennes, vient justement rendre visite aux employés.

Ras-le-bol général à la Compagnie des Pêches de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Ouvriers et direction manifestent, ce vendredi 17 mai, devant leur usine. Une mobilisation est prévue dès 16 heures par une cinquantaine d’employés. Tous profitent de la venue de François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections européennes, dès 15 heures, pour faire part de leur inquiétude concernant l’Annelies Ilena.

15 millions d’euros ont été investis pour aménager une usine de surimi à bord de ce chalutier géant, véritable mastodonte des mers. Problème : l’Etat n’a toujours pas validé le projet de la compagnie, empêchant la reprise d’activités. Le nouveau bateau de 145 mètres de long est destiné à remplacer le navire historique, le Joseph Roty II et son usine embarquée de production, pour juin 2024.

Environnement. « Un navire de l’enfer ! « . Des associations dénoncent l’investissement de la Compagnie des pêches de Saint-Malo dans le « plus gros chalutier du monde »

« Les salariés sont vent debout. L’Etat fait la sourde oreille, les employés n’en peuvent plus, nous n’avons aucune nouvelle. Que ce soit la direction ou les salariés, on est tous dans la même galère, dans l’attente d’une réponse », précise un responsable de l’entreprise. « François-Xavier Bellamy vient nous apporter son soutien, ça donne de l’écho à notre combat, mais il n’a aucun pouvoir décisionnaire, c’est sûr ».

Une activité au ralenti

L’autorisation de transfert des activités reste bloquée, alors que l’investissement a été réalisé. « La situation est critique. Il faut savoir que nous sommes les seuls quasiment dans ce domaine à avoir la maîtrise de la pêche du merlan bleu, jusqu’à la transformation en surimi », ajoute Florian Soisson, directeur général du groupe.

Nous prévoyons une perte de chiffre d’affaires de six millions d’euros cette année avec 30 marins en activité partielle et 160 emplois menacés.

Florian Soisson, directeur général de la Compagnie des Pêches Saint-Malo

Le groupe compte 350 collaborateurs. « Sans décision de l’état, les conséquences sont là. Nous prévoyons une perte de chiffre d’affaires de six millions d’euros cette année avec 30 marins en activité partielle et 160 emplois menacés », précise Florian Soisson.

Sans accord, mais avec des opposants

Le nouveau navire pourra traiter jusqu’à 400 000 kilos de poisson toutes les 24 heures, avec une capacité de stockage de 7 millions de kilos.

Un bénéfice pour l’entreprise, mais contesté par de nombreuses associations écologistes. Qualifié de « pilleur des mers » par les militants, le navire propriété d’une société néerlandaise, attend l’aval des autorités. Une réunion publique est prévue avec François-Xavier Bellamy dans la soirée.

Vincent Le Goff  17/05/2024

https://france3-regions.francetvinfo.fr

Lire la suite

16 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Fils de Paysans ( Bon Pote )

Nicolas Legendre vignette credit Fred Beveziers
©Crédit Photographie : Nicolas Legendre, par Fred Beveziers

« Le ministère de l’Agriculture a très clairement choisi son camp : celui de l’élite agricole »

Fils de paysans bretons, Nicolas Legendre est journaliste et auteur de Silence dans les champs, prix Albert Londres 2023 aux éditions Arthaud. Son livre est le fruit de sept ans de travail durant lesquels l’auteur a recueilli près de trois cents témoignages aux quatre coins de la Bretagne.

Votre livre commence de manière poignante avec plusieurs témoignages de paysans au bord du suicide. D’après plusieurs études, on retrouve une surmortalité dans le monde agricole dans bien d’autres pays. Pourriez-vous revenir sur les raisons principales de ces suicides ?

La surmortalité par suicide au sein de la profession agricole n’est effectivement pas une spécificité française. L’aspect transnational de cette problématique est fondamental, car il bat en brèche un certain nombre de discours diffusés par les partisans du modèle agricole dominant, qui consistent à dire, en substance : si l’agriculture française a des problèmes, c’est parce qu’elle est trop encadrée, trop normée, pas assez « compétitive » vis-à-vis de celle de nos « concurrents » que sont l’Allemagne, la Pologne, le Brésil ou les Etats-Unis. Sous-entendu : dopons davantage notre agriculture et tout ira mieux ; et les paysans (ceux qui restent) vivront correctement.

Or, on constate que dans un certain nombre de ces pays « concurrents », parfois présentés comme des exemples à suivre en matière d’« efficacité » et de « compétitivité »… le mal-être agricole constitue un problème tout aussi majeur que chez nous. De même que la surmortalité par suicide.

Je pourrais évoquer l’Australie ou l’Inde, mais prenons le cas des USA. Là-bas, selon une étude publiée en 2017, la population agricole était la plus concernée par le suicide. Entre 1992 et 2010, selon cette même étude, le taux de mortalité par suicide aux USA était 3,5 fois plus important dans le monde agricole que dans le reste de la population.

Concernant les causes : parmi les pays où des études ont été menées, les phénomènes récurrents sont la transformation brutale du monde rural, la faiblesse des revenus, les turbulences liées aux politiques de libre-échange, le poids de l’endettement, le regard porté par la « société » et l’utilisation de certains pesticides de synthèse qui « favoriserait l’apparition de symptômes dépressifs, de troubles de reproduction et de problèmes génotoxiques » (je reprends les termes d’un rapport sénatorial français).

Des milliers d’agriculteurs croulent sous les dettes, et n’ont tout simplement pas le choix : soit ils continuent à être le plus productif possible, soit ils tombent en faillite. Un modèle encouragé par les banques, l’Etat, les coopératives… Comment agir sur ce problème de façon systémique ?

Ce système est, d’une part, le fruit d’un processus de long terme engagé avec l’avènement de la société industrielle à partir du XIXe siècle (on pourrait remonter plus loin, mais cela nécessiterait trop de digressions !). C’est la quintessence d’une conception très individualiste et « compétitive » de l’agriculture (et de la société dans son ensemble), largement inspirée par des agronomes et économistes anglo-saxons. Il est également né d’un alignement de planètes exceptionnel apparu durant la seconde moitié du XXe siècle, après la Seconde Guerre mondiale. On rêve alors en grand. On dessine des horizons. Les Trente Glorieuses, la modernisation des campagnes, le consumérisme, l’exode rural et l’évolution des mœurs changent tout, ou presque. Dans un élan commun, l’Etat, les institutions européennes, les collectivités locales, la formation agricole, la recherche agronomique, la FNSEA, des chefs d’entreprise, des paysans, des banques (une en particulier, le Crédit agricole), mais aussi, dans une certaine mesure, l’Eglise (via la Jeunesse agricole catholique) vont tirer dans le même sens : celui du big-bang agro-industriel.

Soixante ans plus tard, ce système est dans une impasse humaine, économique, sociale et environnementale. L’ampleur des problèmes et des défis à relever (eu égard notamment aux enjeux climatiques, alimentaires, de justice sociale et de biodiversité) implique non pas des transitions, mais des transformations. Or je ne vois pas comment transformer ce système sans recourir, à nouveau, à un alignement de planètes… Il serait injuste et probablement inefficace de faire peser le poids du changement sur les épaules des seuls paysans. Ou sur celles des seuls citoyens-consommateurs. Cela reviendrait à changer certains joueurs, mais pas les règles du jeu, et encore moins le jeu…

Quelle blague ! Qu’est-ce qui, aujourd’hui, définit la nature du jeu et ses règles ? Ce sont les traités et accords internationaux, ainsi que les orientations politiques et économiques nationales – globalement alignées sur le modèle dominant, à savoir le productivisme agro-industriel, l’hyperconcurrence mondialisée faussée et administrée (à grand renfort de subventions et de normes), la mécanisation et la robotisation pensées comme des fins en soi, l’agrandissement des fermes, l’endettement, la financiarisation, la spécialisation des exploitations et la standardisation des productions et des habitudes alimentaires.

Ces règles et ce jeu sont hyperfavorables aux acteurs privés les plus puissants, qui contribuent largement à la définition des règles en question… et qui déploient une énergie prodigieuse pour que rien ne change. Problème : le contexte, en ce début de siècle, nous impose de changer ! D’où le nécessaire alignement de planètes, qui pourrait, par exemple, impliquer des Etats, des institutions supranationales, certains grands acteurs privés, mais aussi (et cela est plutôt nouveau par rapport à l’après-guerre), la société civile, via des mouvements citoyens et des ONG. Bien entendu, à l’heure actuelle, le compte n’y est pas. Absolument pas. Et je suis bien incapable de dire s’il y sera demain, ou dans trente ans. Ce que je sais, en revanche, c’est que l’Histoire nous surprend, parfois.

Vous dites que des ténors du parti socialiste avaient déjà alerté sur tous les problèmes rencontrés actuellement avec l’agriculture intensive en Bretagne dès 1981…. A-t-on perdu 40 ans ?

Oui. Et ces ténors l’ont écrit noir sur blanc, dans une publication du parti. Impasses économiques, sociales, environnementales…. Tout ou presque était sur la table. Nous avons effectivement, d’une certaine façon, perdu 40 ans. On a même, via certaines orientations nationales ou européennes, accentué les problèmes… tout en tâchant de faire évoluer le modèle, notamment pour atténuer ses impacts environnementaux. En résumé : on a créé une usine à gaz de règlements, de normes, d’exceptions, de compromissions, de duplicité aussi.

Bien entendu, il aurait été extrêmement difficile de changer la donne dans les années 1980. Etait-ce même possible ? Je ne sais pas. Les personnalités politiques qui ont caressé cette idée se sont cassé les dents. D’autres ont passé leur chemin. Il faut dire que certains acteurs, notamment des lobbies agro-industriels, ont tout fait pour rendre le changement impossible, ou pour donner l’impression qu’il était impossible.

Pour une personne qui découvre le sujet, pourriez-vous expliquer ce qu’est la FNSEA, son rôle et son pouvoir en France ?

La FNSEA est issue des vieilles structures agrariennes et corporatistes qui « encadraient » le monde rural avant la Seconde Guerre mondiale (et qui ont largement soutenu Pétain, soit dit en passant). Elle s’est imposée durant les Trente Glorieuses comme l’interlocuteur unique de l’Etat en matière d’agriculture. Aucun autre syndicat agricole n’est reconnu par l’Etat, en France, avant les années 1980. Elle a contribué au façonnement d’un système unique en Europe, et plutôt baroque : la cogestion.

La cogestion désigne le fait que le gouvernement définit les orientations agricoles de la Nation en collaboration étroite avec le syndicat majoritaire. Cela a probablement permis une certaine « efficacité » (quoique). Mais cela pose un problème majeur : que se passe-t-il si ledit syndicat est dominé par une « élite » économique qui s’évertue à défendre en priorité ses intérêts tout en prétendant défendre ceux de la « base » et en instrumentalisant les colères de cette dernière ? Suivez mon regard.

Voilà donc ce qui se passe : la politique agricole d’un pays entier (en l‘occurrence la première puissance agricole d’Europe) est très largement orientée non pas en fonction de l’intérêt général, mais en fonction d’intérêts particuliers. Ceux de l’élite agricole, en l’occurrence. Notons qu’une partie de cette élite, via certaines coopératives, mais aussi via des lobbies ou groupes d’intérêts européens, est étroitement liée, par ailleurs, aux mastodontes de l’agrobusiness : semenciers, fabricants de pesticides et d’engrais de synthèse…

Au fil des ans, la FNSEA a consolidé son pouvoir et son hégémonie. On peut dire (et les résultats des votes aux élections professionnelles tendent à le montrer), que sa puissance s’effrite depuis quelques années, mais elle demeure néanmoins colossale. C’est lié aux postes et mandats en tous genres occupés par certains de ses membres dans des coopératives, des banques, des institutions locales… C’est lié enfin au fait qu’elle constitue un extraordinaire « outil » du quotidien pour beaucoup de paysans, ainsi qu’un important réseau de solidarité. Du fait de ses moyens et de son influence, elle est en mesure d’accompagner ses adhérents dans une multitude de démarches administratives, financières, foncières… C’est tout sauf anodin.

Le Centre National des Jeunes Agriculteurs CNJA, devenu les Jeunes Agriculteurs (JA), semble avoir évolué pour aujourd’hui suivre les décisions de la FNSEA. Même question que pour la FNSEA : quel est le pouvoir des JA ?

Les Jeunes agriculteurs sont, de nos jours, l’antichambre de la FNSEA. A quelques nuances près (notamment en ce qui concerne la question de l’accès au foncier), ses positions sont identiques à celles des dirigeants de la FNSEA. Ils siègent d’ailleurs conjointement dans les chambres d’agriculture.

Omerta, pressions, mafia… des mots très forts sont employés dans votre livre. Considérez-vous que l’agro industrie en Bretagne soit un système mafieux ?

Non. Bien que beaucoup de mes interlocuteurs n’hésitent pas, eux, à utiliser le mot « mafia » ! Mais je considère que ce terme est imprécis et inexact. Et je renvoie toujours, à ce sujet, au travail du sociologue Ali Romdhani, qui parle d’« ordre social breton ». Cela désigne une alliance parfaitement informelle de personnes et d’entités qui n’ont pas toujours les mêmes intérêts (et qui peuvent aussi se livrer à des luttes de pouvoir), mais qui ont toutes globalement intérêt à ce que le modèle agricole et alimentaire dominant perdure. Elles vont, pour ce faire, utiliser divers leviers : influence, lobbying, participation aux instances décisionnelles, chantage à l’emploi… Voilà pour l’aspect « légal ».

Mon enquête tend à montrer que d’aucuns utilisent aussi, dans certaines circonstances, des méthodes beaucoup moins licites : pressions, menaces, intimidations, entraves pour l’accès aux financements ou aux terres, voire sabotage. Pour reprendre les mots d’Ali Romdhani, la force de cette organisation informelle s’exerce par « l’impunité, l’exclusion, le déni, la pression sociale et la censure ». L’enjeu n’est « pas nécessairement de faire taire les voix discordantes, mais de produire l’autocensure chez la majorité ». Il me semble que ce « dispositif » destiné à produire l’autocensure fonctionne diablement bien ! Ou, du moins, qu’il a diablement bien fonctionné. Car les choses changent – un peu.

Dans les médias, le gouvernement et la FNSEA prônent la “souveraineté alimentaire”, mais il n’est jamais rappelé qu’elle défend un modèle d’agriculture en profonde opposition avec ce concept…

La façon dont certains acteurs, dont la FNSEA, ont instrumentalisé depuis quelques années la notion de souveraineté alimentaire constitue, pour moi, un coup de maître. Je ne saurais dire s’il s’agit d’une manipulation complètement volontaire, mais peu importe : c’est du grand art, de la haute voltige communicationnelle !

Le concept de souveraineté alimentaire a été théorisé dans les années 1990 par l’ONG altermondialiste Via Campesina. D’un point de vue idéologique, Via Campesina se situe bien entendu à l’opposé de la FNSEA. La souveraineté alimentaire désigne la possibilité et le droit, pour un peuple, de choisir les modalités de sa production agricole et de les mettre en œuvre de façon durable et souveraine, sans intenter à la souveraineté alimentaire du peuple d’à-côté. Cela implique une justice sociale forte et un certain équilibre dans les échanges commerciaux. La souveraineté alimentaire ne signifie donc pas la même chose que la sécurité alimentaire, ni que l’autosuffisance alimentaire, encore moins que la « puissance agricole ». Ce sont des concepts très différents, bien que liés.

Or, en 2020, à la faveur du Covid, la FNSEA, les Jeunes agriculteurs, la Confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du crédit agricoles, la Coopération agricole, la Fédération nationale du Crédit agricole, l’assureur Groupama, la Mutualité sociale agricole et l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (en clair, les principaux acteurs de la cogestion agricole à la française) ont publié une tribune dans L’Opinion pour appeler à « reconquérir notre capacité productive » et à « rebâtir une souveraineté alimentaire ».

Cela faisait suite à des prises de position de parlementaires de droite qui déploraient un « déclin » de la capacité productive de la « ferme France ». En cause : une érosion de la production dans certaines filières, ainsi que l’augmentation des importations. La FNSEA et ses « alliés », de façon très opportuniste, ont sauté sur l’occasion pour réclamer un sursaut. Une sorte de réarmement, pour utiliser un terme à la mode. La FNSEA n’a fait que réactualiser une de ses vieilles rengaines : il faut « libérer les énergies », donc assouplir les règles qui encadrent l’agriculture, pour « retrouver de la compétitivité ». Sans quoi nous perdrions notre « souveraineté alimentaire ». Le spectre de la dépendance et/ou de la famine n’est jamais loin…

Mais voilà : FNSEA et consorts ont (sciemment ou pas) oublié de dire plusieurs choses importantes. D’abord, s’il y a bien une érosion de la production dans certaines filières, celle-ci est relative, et la France demeure l’une des plus importantes puissances agricoles au monde, avec des filières très compétitives sur certains marchés. S’il y a effectivement une augmentation de certaines importations, nous exportons également beaucoup : du vin, des céréales, des animaux vivants… On ne peut pas à la fois vanter les mérites du libre marché et, en même temps, déplorer que ceux-là même qui achètent certaines de nos denrées… parviennent à nous en vendre.

Pourquoi, enfin, y a-t-il une érosion de la production dans certaines filières, en France ? Du fait entre autres d’une stagnation des rendements depuis la fin des années 1990 – mais il faut dire que les rendements avaient été multipliés par deux depuis les années 1960, à grand renfort de chimie de synthèse ! Or, les arbres ne montent pas au ciel… et certains de nos sols sont désormais épuisés, fatigués, du fait, précisément, des modes de culture qui ont permis ces augmentations de rendement.

Dans le même temps, nos nouveaux concurrents, comme le Brésil, se sont mis à faire, à retardement, ce nous avons fait ici. Leurs rendements augmentent de façon spectaculaire. Ce qui n’est pas sans conséquence et ne durera peut-être pas éternellement, mais c’est un autre sujet. Ces pays deviennent donc « compétitifs », eux aussi ! Et pas qu’un peu. Il n’y a qu’à voir la surface agricole du Brésil… On pourrait évoquer également la diminution du nombre d’agriculteurs. Mais qui a voulu et organisé ce « plan social » ? La FNSEA, notamment. On pourrait évoquer le poids indéniable des normes et l’importance des cotisations sociales, bien moindre chez certains « concurrents ». Faut-il pour autant, afin de prendre à part à une « compétition » mondiale délétère, sacrifier nos acquis sociaux et environnementaux ? Chacun jugera.

Enfin, je n’ai pas beaucoup entendu les nouveaux chantres de la « souveraineté alimentaire » s’interroger sur la « souveraineté » réelle du modèle agricole qu’ils prônent. Car les clés de voûte du modèle en question sont les engrais et pesticides de synthèse, les machines, ainsi que l’alimentation animale importée. Or, sans énergies fossiles (notamment le gaz russe…), pas d’engrais azotés de synthèse. Sans pétrole (saoudien ou autre), pas de pesticides de synthèse. Sans soja brésilien, pas d’élevage hors-sol dans la configuration actuelle. Sans équipementiers américains ou allemands (John Deere, Case IH, Claas, Fendt…), pas de machines toujours plus grosses et perfectionnées, susceptibles de remplacer l’humain dans des fermes toujours plus grandes. C’est ça, la souveraineté ? Bien sûr que non. C’est le capitalisme mondialisé, ni plus ni moins.

Malgré cela, beaucoup de gens, parmi lesquels des journalistes et des décideurs, sont tombés dans le panneau. Ils ont gobé la mouche et répété à l’envi qu’il nous fallait « reconquérir notre souveraineté alimentaire »… sans même savoir ce que ce concept signifie. Notons que le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a été rebaptisé, en 2022, ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire…

ll est précisé dans votre livre que l’Etat aurait fait preuve de « légèretés » vis-à-vis des acteurs de l’agro industrie depuis les années 1960. Comment espérer que cela change après 60 ans de statu quo ?

Force est de constater que, depuis environ la moitié du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, la cogestion est repartie de plus belle. Et que le ministère de l’agriculture, aujourd’hui, a très clairement choisi son camp (sans le dire) : celui de l’élite agricole, celui des winners libéraux-compétitifs, celui de la guerre économique mondiale, celui de la sainte trinité marché-croissance-technologie. Je ne saurais dire s’il s’agit d’une stratégie réfléchie ou d’une sorte de court-termisme « pragmatique » dans un contexte chaotique. Ou bien un peu des deux.

Comment cela pourrait-il évoluer ? A ce stade, il me semble que seules des évolutions géopolitiques majeures, à l’échelle mondiale, et/ou des chocs environnementaux plus violents encore que ceux que nous vivons actuellement et/ou une mobilisation citoyenne d’une ampleur jamais vue, à l’échelle européenne, pourraient changer la donne.

Vous évoquez Demeter (une cellule nationale pour lutter contre l’agribashing et les intrusions dans les exploitations agricoles, selon le gouvernement), qui aurait permis d’intimider des militants environnementalistes… Pour dire les choses autrement : l’Etat ne recule devant rien pour protéger l’agro industrie ?

Disons qu’à ma connaissance, rarement un gouvernement n’avait aussi ostensiblement mobilisé les moyens à sa disposition pour décourager, surveiller, pointer du doigt, voire criminaliser, des citoyens opposés au modèle agricole dominant. Il faut dire que l’heure est grave pour l’agro-industrie : avec les dérèglements climatiques, l’effondrement du vivant, les scandales sanitaires et la multiplication des enquêtes de journalistes et d’ONG sur ses « méthodes », jamais elle n’avait été autant fragilisée.

Ceci dit, il est important de préciser que cette « ambiance générale » a des conséquences très fâcheuses, sur le terrain, pour des paysans qui font simplement leur boulot comme ils ont le droit de le faire. Certains se font insulter par un voisin alors qu’ils épandent des pesticides ou du lisier… Mais quoi, il faudrait laisser le lisier dans la fosse et attendre que ça déborde ? La création de la cellule Demeter s’inscrit aussi dans ce contexte.

Cela témoigne d’une chose importante, selon moi : la séparation des mondes urbains et ruraux, l’industrialisation de l’agriculture et des paysages ruraux, les pollutions récurrentes liées aux pratiques agricoles, ont nourri des crispations majeures. Certains, dans la campagne, sont à bout de nerfs. Qu’ils soient paysans ou non-paysans. D’un côté, on a le gars qui a grandi au village, qui connaît chaque chemin, chaque vieil arbre, et qui vit comme un déchirement, au plus profond de ses tripes, la disparition des insectes et l’arrachage des haies. De l’autre, on a le paysan qui fait tout « au mieux », dans les cadres établis, qui travaille dur et se fait traiter de pollueur à la télé. C’est extrêmement toxique. Ce système produit ça, aussi : de la frustration, de la colère, de la rancœur, de la haine.

Après un mois de janvier et février plutôt agités, les mobilisations des agriculteurs ne semblent plus d’actualité. Comment analysez-vous ce qu’il s’est passé ?

Rien de nouveau sous le soleil… ou presque. Ce type de mobilisation, partie de la base et partiellement récupérée par l’« élite » agricole, surgit à intervalles irréguliers depuis les années 1960. Je note quelques particularités cependant. D’abord le caractère européen de la chose. Etonnamment, ceux-là mêmes que l’on présente parfois comme des « concurrents » à « rattraper »… ont également exprimé leur colère dans la rue ! Je pense aux Allemands ou aux Polonais. Bon sang, pourquoi seraient-ils en colère alors qu’ils sont hyper compétitifs ? A cause des écolos, des bobos, des urbains, des journalistes, des fonctionnaires qui les harcèlent ? Ou à cause du fait que le « jeu » et les « règles » actuellement en vigueur, hérités notamment de la dérégulation accrue actée par la réforme de la politique agricole commune de 1992 et par les accords de Marrakech deux ans plus tard, les ont placés dans une situation économique intenable ? Ou encore à cause du fait que l’agrandissement perpétuel des fermes, allant de pair avec un endettement toujours plus lourd, les oblige à évoluer en permanence au bord du gouffre de la faillite et de l’usure physique et mentale ?

Autre particularité : la montée en puissance de la Coordination rurale, syndicat minoritaire classé à droite, assez peu porté sur l’écologie mais très engagé sur les questions de souveraineté et de protection des producteurs. Cela témoigne de mouvements tectoniques plus globaux. Ça fait écho à la montée du Rassemblement national et, surtout, à l’avènement récent, aux Pays-Bas, du Mouvement agriculteur-citoyen, un parti d’obédience agrarienne, populiste, conservateur et eurosceptique, qui a grandement bénéficié de la colère d’une partie des agriculteurs suite au projet du gouvernement de réduire les cheptels afin de limiter les émissions de CO2 et les excédents d’azote. L’empressement du gouvernement français à éteindre le feu, cet hiver, doit aussi être lu à l’aune de ces paramètres, selon moi.

Il est frappant de voir à quel point, notamment sur les réseaux sociaux, les agriculteurs ou certains agriculteurs détestent les « écolos ». Voyez-vous des pistes de ‘réconciliation’ possible ?

La fâcherie est effectivement profonde. Chez certains, c’est viscéral. Mais comment aimer ceux qui, à vos yeux, veulent la fin de ce que vous faites, donc, puisqu’il est question d’agriculture, de ce que vous êtes ? Comment aimer ceux que certains de vos pairs désignent comme étant les responsables de vos maux ? A court terme, la réconciliation me semble impossible. Trop d’inimitiés, trop d’incompréhensions, trop de manipulations, trop de détestations…

A vrai dire, je ne vois qu’un « scénario » de réconciliation possible – et il paraît parfaitement utopique à ce stade : une montée en puissance, au sein de la FNSEA, d’un courant « alternatif » en faveur d’une transformation agroécologique profonde, défendu par des hommes et femmes « de la maison » mais en rupture avec la politique de l’« élite », porteurs d’une approche technique renouvelée et validée par les instituts de recherche, qui parviendraient à prendre le pouvoir à la faveur d’un contexte favorable, et qui diffuserait de nouvelles représentations ainsi que de nouveaux récits, en phase avec l’arrivée aux manettes d’une nouvelle génération – les boomers finiront bien par lâcher le guidon. C’est inimaginable en 2024. Cela le sera peut-être moins en 2034 ou en 2044, quand le niveau de la mer aura monté…

Dernière question plus personnelle : comment on se sent après avoir travaillé un tel sujet pendant 7 ans ?

Rincé !

16/05/2024

https://bonpote.com

Lire la suite

16 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Etonnant! (NPA 35)

Crédit Photo CorrespondantEs NPA 35
Hebdo L’Anticapitaliste – 708 (16/05/2024)

Étonnant Voyage 2024 : de Rennes à Saint-Malo à pied !

Après les succès de 2019 et 2022, l’association « Étonnant Voyage » se lance dans une nouvelle édition de la marche solidaire de Rennes à Saint-Malo du 11 au 19 mai 2024.

Marche citoyenne, artistique et solidaire

La marche de Rennes à Saint-Malo rassemble des personnes en situation de précarité qu’elles soient françaises ou étrangères, appuyées par un large réseau d’associations, d’organisations, mais aussi d’acteurs sociaux. À la base, des rencontres entre personnes exilées impliquées dans la lutte pour un logement et pour des papiers et des habitantEs de quartiers populaires. Le cadre de l’échange, ce sont des activités à caractère artistique, autour de l’écriture, autour de la photo, mises en place au sein d’un centre social, dans lequel interviennent plusieurs camarades, elleux aussi impliquéEs dans les luttes contre la précarité et pour les droits des personnes exilées.

L’objectif affiché par l’appel à la marche 2024 : « montrer la créativité et une communauté d’intérêts entre toutes les personnes qui sont traitées de manière indigne, qu’elles soient françaises ou étrangères. » Toutes et tous partagent « l’exaspération, le sentiment d’injustice sociale » et refusent d’être cloisonnées, catégorisées et, surtout, opposées les unes aux autres dans une situation de montée des idées d’extrême droite et d’un racisme d’État toujours plus violent ! Toutes et tous partagent donc la volonté de marcher ensemble pour une égale dignité !

Un projet artistique

L’origine du projet réside dans l’implication commune dans des activités artistiques partagées, autour de l’écriture, de la photo, de la volonté et de la capacité alors assumées de publier, de se rendre visible, malgré tout. De là à l’idée de se confronter à des auteurEs, à des artistes, invitées du festival littéraire mondialement connu Étonnants Voyageurs, il y a un peu plus d’un pas… mais nous allons les franchir ensemble ! Cela s’est fait lors de la première édition et va se reproduire cette année : des rencontres avec des auteurEs, un accueil officiel par le festival Étonnants Voyageurs…

Nous le disons souvent, marcher ne suffit pas ! C’est pourquoi les étapes, le soir, sont prises en charge par des collectifs militants locaux qui se sont mis en place pour l’occasion, qui regroupent des militantEs syndicalistes, politiques, culturels, des acteurEs de la vie locale. De nombreuses activités artistiques sont prévues (concerts, théâtre, lectures de textes, débats, projections de films, expos…) ainsi que de multiples événements conviviaux et de moments plus institutionnels, comme des réceptions par des éluEs. Point d’orgue, manifestation à Saint-Malo, le 18 mai à 15 heures, digue des Bas-Sablons.

CorrespondantEs NPA35 Vendredi 17 mai 2024

https://lanticapitaliste.org

Lire la suite

01 mai 2024 ~ 0 Commentaire

1er Mai en Bretagne (Le Télégramme)

bzh

Hennebont (Le Télégramme)

Ce mercredi, pour la traditionnelle mobilisation du 1er-Mai en Bretagne, 24 rassemblements étaient annoncés, avec des revendications diverses, entre droits des travailleurs, services publics, pouvoir d’achat ou Ukraine et Gaza.

1 100 personnes à Hennebont, 2 000 à Brest

À Morlaix, 320 personnes ont défilé ce mercredi matin, « contre le gouvernement ». Dans le même temps, 150 personnes ont défilé à Pont-l’Abbé avec, parmi les revendications, l’augmentation des salaires ou encore le respect de l’action syndicale.

Ils étaient moins nombreux à Pontivy, où une centaine de manifestants se sont rassemblés, défilant dans le centre-ville. Bien moins qu’à Hennebont, où 1 100 personnes ont été présentes « pour les travailleurs et travailleuses sous la menace d’un nouveau plan d’austérité » alors qu’à Vannes, 300 personnes ont manifesté « pour une vraie République ».

À Saint-Brieuc, ils étaient 400 environ à avoir répondu présent au rendez-vous, une centaine de personnes se sont également réunis à Lamballe, un peu moins qu’à Saint-Malo où 150 personnes sont descendues dans la rue alors que 200 personnes ont répondu à l’appel à Paimpol.

À Brest, 2 000 personnes se sont réunies place de la Liberté où, après sa prise de parole, l’intersyndicale a ensuite laissé le micro à l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), qui a alerté sur la situation dans la bande de Gaza. 2 000 manifestants, c’est aussi le bilan de la mobilisation de ce mercredi matin à Rennes, soit « la configuration d’avant 2023 » selon Force Ouvrière. À noter qu’une seconde manifestation est prévue dans la cité rennaise, à 14 h.

Plus de 200 personnes ont défilé à Carhaix, avec, ici, une revendication plus locale : plusieurs manifestants ont en effet affiché leur soutien aux défenseurs de l’hôpital convoqués en justice.

Même cas de figure à Guingamp, où les 250 manifestants présents ont rappelé le combat en cours pour la défense de l’hôpital guingampais.

À Lannion, ils étaient 500 dans les rues, à prendre pour cible l’extrême droite et le Rassemblement national. Ils étaient également 500 environ, ce mercredi, dans les rues de Quimper avec une crainte commune, celle de voir le bien-être des travailleurs sacrifié sur l’autel des profits.

Les comparaisons entre la mobilisation de l’année dernière et celle de cette année seront à mener avec des pincettes : le 1er-Mai 2023 était en effet intervenu après le combat syndical contre la réforme des retraites du gouvernement. Près de 130 000 manifestants avaient alors défilé en Bretagne.

https://www.letelegramme.fr/

Lire la suite

14 avril 2024 ~ 0 Commentaire

2 000 à Gwengamp (FR3)

Entre 1500 et 2000 personnes pour défendre l'hôpital public et un service de santé de qualité dans les Côtes-d'Armor.
Entre 1500 et 2000 personnes pour défendre l’hôpital public et un service de santé de qualité dans les Côtes-d’Armor. • © Régis Massini – France Télévisions
.

Pour la défense de l’hôpital, plus de 1 500 personnes à Guingamp « L’impression d’être oublié du pouvoir central »

Entre 1 500 et 2 000 personnes se sont retrouvées à Guingamp, dans les Côtes-d’Armor, ce dimanche 14 avril 2024, pour défendre l’hôpital. Un département, où l’accès aux soins est de plus en plus compliqué, avec des fermetures de services.

« On veut du fric pour l’hôpital public, du blé pour le système de santé ! » C’est le slogan qui rythme la marche des manifestants.

Les comités de défense des hôpitaux et les unions départementales des syndicats appelaient ce dimanche 14 avril 2024 à un grand rassemblement sur le stade du Roudourou à Guingamp, avant un défilé dans la ville, pour l’égalité d’accès aux soins.

Ils étaient entre 1 500 et 2 000 à avoir répondu à l’appel. « L’hôpital, on l’a gagné, on va se battre pour le garder ! » les formules s’enchaînent au fur et à mesure de la progression du cortège. Des manifestants qui opèrent un arrêt devant le tribunal, pour un dépôt de plainte fictif : « par la présente, la population dépose plainte contre l’ARS et l’État pour les motifs de vol de notre Sécurité sociale et de mise en danger d’autrui ».

Manque de personnel et fermeture de services hospitaliers

Une manifestation pour dénoncer une situation sanitaire très critique sur l’ensemble du territoire des Côtes-d’Armor, avec de nombreux services hospitaliers en tension, liés au manque de personnel. « C’est compliqué, explique une infirmière, présente avec beaucoup d’autres soignants dans le défilé, on sent bien que les directions sont tenues par les restrictions budgétaires, et nous, on en subit les conséquences au quotidien. »

À l’hôpital de Guingamp dans les Côtes-d’Armor, les accouchements sont suspendus depuis plus d’un an, une suspension à nouveau prolongée pour une durée de six mois. À Dinan, la maternité a définitivement fermé en 2020 et le service des suites de couches doit lui aussi fermer très prochainement. Après plusieurs fermetures, à Lannion, le service des urgences de nuit est régulé depuis le début du mois de mars, ce qui signifie que les patients doivent contacter le 15 avant de pouvoir s’y rendre.

« Il faut que le gouvernement nous écoute au nom du droit à l’égalité d’accès aux soins »

« On n’a plus de toubib, c’est un vrai problème, on n’a plus rien », témoigne une dame dans le cortège, quand une autre confirme : « On ne peut avoir ni généraliste, ni spécialiste. Les urgences rouvrent et ferment, c’est catastrophique ! »

« Moi, je pense qu’on a été complètement négligé, c’est un sentiment partagé par de nombreuses personnes ici, notamment dans les zones les plus rurales, constate Gaël Roblin, conseiller municipal à Guingamp. On a l’impression d’être oublié du pouvoir central et de Paris, Les métropoles passent tout le temps avant nous, parce qu’on est un territoire marqué par la ruralité, par une certaine moyenne d’âge, parce qu’il n’y a pas de métropole dans les Côtes-d’Armor et il n’y en aura jamais, pour des raisons démographiques évidentes.

« Au nom du droit à la dignité, à l’égalité d’accès aux soins, poursuit l’élu, il faut que le gouvernement fasse preuve de volonté politique et nous écoute. Et nous ne parlons plus à l’ARS, on parle au gouvernement. Il faut qu’il vienne discuter avec nous, pour se rendre compte de la situation. » 

Des médecins cubains en renfort : rien de vraiment concret

Un drapeau cubain flotte au-dessus du cortège. Au début de l’année, était en effet évoquée la venue de médecins cubains à Guingamp, pour renforcer les équipes de l’hôpital public. Un pari lancé par des défenseurs de l’hôpital de Guingamp, qui le 16 février avaient rencontré l’ambassadeur de la plus grande des îles antillaises.

Chaque année, en effet, des dizaines de milliers de médecins cubains sont formés pour venir exercer à l’étranger et sont prêts à venir en France. Les élus locaux sont en discussion avec les autorités de l’île, qui se disent prêtes à envoyer des médecins dans les Côtes-d’Armor. Mais la communauté médicale est partagée sur la question, l’ordre des médecins reste très prudent, beaucoup d’obstacles demeurent et rien n’est encore concrétisé.

Krystel Veillard 14/04/2024

Plus de 1 500 personnes à Guingamp « L’impression d’être oublié du pouvoir central »(Avec Bleuenn Le Borgne)

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin