Archive | Luttes sociales en Bretagne

20 mars 2019 ~ 0 Commentaire

guingamp (la déviation)

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19 mars 2019 ~ 0 Commentaire

19 mars en bretagne

bretagne

Lannion, 300  pour défendre l’emploi et les salaires (Le Trégor)

Morlaix: 400 à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, SUD, FSU (PCF)

Lorient. Plus d’un millier de personnes défilent contre la précartité (OF)

Salaires, emploi, services publics : plus de 4 000 manifestants à Rennes (OF)

Saint-Brieuc. Un millier de manifestants face à « l’urgence sociale » (OF)

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18 mars 2019 ~ 0 Commentaire

lannion 15 mars

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14 mars 2019 ~ 0 Commentaire

16 mars

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12 mars 2019 ~ 0 Commentaire

stylos rouges rennes (ouest-france rennes-infos)

charb

École « du socle » 

Les profs stylos rouges manifesteront dimanche 17 mars à Rennes

Pas convaincus par la rectrice d’académie sur le dispositif « d’école du socle » qui sera expérimentée en septembre 2019 dans l’académie, les professeurs appellent à manifester dimanche 17 mars, à Rennes.

Les professeurs Stylos Rouges de l’académie de Rennes se félicitent que Madame la Rectrice d’Académie « prenne enfin la peine de communiquer au sujet de son projet académique d’écoles du socle » (Ouest-France du samedi 9 mars).

Mais son explication de la mise en place de l’école du socle à la rentrée 2019, fusion des écoles maternelles et élémentaires avec leur collège de secteur, administrée par un principal qui aura également les compétences des directeurs d’école, ne les convainc pas.

Disparition des directeurs d’école ?

« Le principal sera secondé par un ou plusieurs adjoints en charge de la gestion des écoles. Dans ce dispositif, la suppression des directeurs d’école sous leur forme actuelle et la fermeture de nombreuses petites écoles fait peu de doute. »

« Alors que partout en France, les collègues et parents d’élèves s’inquiètent d’une disparition plus que certaine des directeurs d’écoles, que l’association des maires ruraux interpelle le ministre sur le sujet, comment ne pas voir que la création des 210 écoles du socle dans l’Académie n’est qu’une étape pour aboutir à 210 établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF) ? »

Les Stylos Rouges de l’académie de Rennes « renouvellent leur opposition ferme à ce projet. Nous appelons tous les personnels de l’Éducation nationale, les maires, les parents d’élèves à nous rejoindre pour lutter contre cette réforme destructrice pour les élèves, les personnels, les communes. »

Virginie ENÉE. 12/03/2019

https://www.ouest-france.fr/

ecole.jpg1

Manifestation « Enterrement Festif » de l’Education nationale, Dimanche 17 Mars Esplanade Charles-de-Gaulle Rennes. 

Stylos rouges

Lire aussi:

Loi Blanquer : le gouvernement s’attaque au lycée (Révolution)

De la maternelle à l’université bloquons Blanquer! Éducation en danger! (Rennes Infos)

Site

 

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07 mars 2019 ~ 0 Commentaire

psa rennes (lutte ouvrière)

rennes

PSA Rennes La Janais

La tension monte

L’usine PSA de Rennes tourne quasiment 24 heures sur 24, y compris le week-end. La direction exige une production de voitures toujours plus importante sans y mettre les moyens néces-saires. Les effectifs sont largement insuffisants et les installations sont fréquemment en panne.

Dans l’atelier du Montage, où il y a la plus forte concentration de travailleurs, plus de 60 % des postes sont tenus par des intérimaires, sans arrêt renouvelés au gré des fins de contrat ou des démissions.

Dans ce contexte d’effectifs insuffisants, certains chefs, poussés par une direction qui en demande toujours plus, se comportent comme de petits tyrans.

Vendredi 1er mars, mal en a pris à un responsable de groupe (RG) du Montage.

Il a cru pouvoir reprocher vertement aux ouvriers de la ligne d’habillage des portes tous les défauts et arrêts de ligne du secteur. Dix d’entre eux, soit la moitié de l’effectif, ont décidé d’arrêter le travail pour exiger des excuses.

Le RG, d’habitude si hâbleur et sûr de lui, a dû venir s’expliquer et s’excuser. Pour que la ligne puisse repartir au bout de 40 minutes, le responsable du personnel de l’atelier a même dû s’engager à renforcer l’effectif dès le lendemain.

Ce coup de colère, rarissime dans l’usine, a vite été connu et discuté partout. Il pourrait bien donner des idées à d’autres travailleurs, car partout il manque du personnel.

Correspondant LO 06 Mars 2019
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03 mars 2019 ~ 0 Commentaire

8 mars (lorient)

loreint

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03 mars 2019 ~ 0 Commentaire

priscillia (reporterre le-huffington)

afrik

Priscillia Ludosky:

Avec les Gilets jaunes, « la fraternité s’est réveillée »

Reporterre Le mouvement des Gilets jaunes s’essouffle-t-il ?
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Priscillia Ludosky Je parlerais d’une évolution plutôt que d’un essoufflement. En fin d’année dernière, on était dans de la forme, pure et dure, à travers des manifestations et des blocages. Aujourd’hui, j’observe une vraie montée en puissance au niveau du fond : des groupes organi-sent des réunions d’information, des débats, des initiatives, tandis qu’émergent des collectifs et des associations.Le mouvement a permis d’éveiller des consciences et des vocations, de tisser des liens de solidarité entre des personnes qui ne se connaissaient pas, qui n’ont pas le même profil, pas le même niveau de revenus. La fraternité, qui était peut-être en sommeil, s’est réveillée. Même pour des personnes vraiment marginalisées, comme les sans-abris. Ils sont sur les ronds-points, ils sont hébergés et sont moins isolés.
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Quel est le dénominateur commun des Gilets jaunes ?
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Un ras-le-bol général face aux inégalités, à la baisse du pouvoir d’achat et aux dysfonctionne-ments évidents que l’on vît dans ce système. Même en ayant des revenus considérés comme « corrects », on n’arrive plus à s’en sortir. Un pouvoir d’achat faible, ça touche à l’estomac, ça touche aux finances, ça touche à la famille, ça touche au patrimoine : ça nous met dans une fragilité et une détresse.
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Une colère s’installe et c’est dangereux. Et on est tous d’accord pour dire qu’il y a de profondes inégalités en matière de fiscalité. Ce n’est plus à démontrer et c’est injuste, donc ça ne peut que rassembler. On voit très bien comment les très petites entreprises sont taxées, à comparer aux Gafam [Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft]. On se rend compte que même des personnes qui ne se sentent pas Gilets jaunes, notamment à cause des images médiatiques, dénoncent ces choses-là.
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Quand vous évoquez des « images médiatiques », vous pensez notamment aux attaques antisémites vécues par Alain Finkielkraut ?
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Pas seulement. Chaque semaine, quelque chose se passe ! On nous dit souvent « vous, Gilets jaunes ». Mais on devrait dire « vous, les citoyens ». Parce qu’en fait, c’est tout un panel, un bel échantillon de la population française qui dénonce des choses et sort dans la rue avec un gilet jaune. Et dans la masse, vous aurez toujours des personnes qui iront « tout péter » ou diront des choses incorrectes et extrêmes. Il faut regarder la réalité en face : ces personnes font partie de notre société. Au sein du mouvement ou plus généralement, il faut dénoncer ces agissements et les punir. Mais je trouve dommage qu’on les utilise pour décrédibiliser le mouvement dans son ensemble.
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Le mouvement des Gilets jaunes est-il apolitique ?
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Je ne suis pas d’accord avec ça. On est en plein dans de la politique, il faut l’assumer, au sens où l’on parle de ce qui touche le peuple, les citoyens. De ce mouvement émane un genre de recensement de tout ce qui ne va pas dans l’organisation de notre société. C’est une main tendue vers le gouvernement, pour s’en saisir et avancer. On leur propose juste de faire leur travail : défendre les intérêts des Français, faire en sorte que les citoyens vivent bien et dans un milieu sain. C’est leur mission. Ils n’avaient pas besoin de nous pour savoir tout cela mais ils n’ont rien fait, alors on leur rappelle.
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Comment vous situez-vous par rapport aux partis ? Vous avez été sollicitée par la France insoumise.
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J’ai toujours refusé de les rencontrer. Ça fait des années qu’on leur demande de porter certaines choses et aucun parti n’en a été capable. Je n’ai donc rien à leur dire de spécial. Je ne suis pas contre les gens qui font de la politique, mais contre leur tendance à la manipulation, à mettre toujours en avant leurs étiquettes. Aux élections européennes, je ne suis pas sûre d’aller voter. J’ai souvent voté blanc, parce que je ne crois pas en ce qui est proposé par les partis en général. Mais si demain un parti vient porter ce que l’on dit aujourd’hui, prendre vraiment la mesure de la situation et propose quelque chose qui tient la route, peut-être que j’y croirais.
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Vous sentez-vous « figure » ou représentante du mouvement ?
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Non. Je me considère simplement comme une citoyenne qui lance des alertes. Je dénonce des choses que je trouve anormales. Et j’ai l’impression que c’est le cas de tous les Gilets jaunes : des lanceurs d’alerte citoyens qui disent « Stop, on en a ras-le-bol »

Vous avez pris vos distances avec Éric Drouet…

Je ne reviendrais pas là-dessus. Mais, quand quelque chose me gonfle, je le dis. On peut être d’accord sur le fond, mais quand on se rend compte qu’on ne pourra pas avancer avec telle ou telle personne, c’est fatigant parce qu’on piétine. C’est presque du moonwalk. Les guerres d’égo, ça n’aide pas. Il n’y a pas besoin des Gilets jaunes pour voir ça : regardez simplement les collègues en entreprise, les familles ou les associations.

Aujourd’hui, vous dédiez le plus clair de votre temps au mouvement. Que faisiez-vous avant ?

Après un BTS en commerce international, j’ai travaillé pendant onze ans au sein d’une banque. Ce n’est pas un métier que j’ai choisi par passion et j’ai eu envie de passer à autre chose. Alors, en décembre 2017, j’ai lancé une boutique en ligne de produits cosmétiques bio. N’ayant pas d’enfant, je pouvais me permettre de me consacrer à une reconversion professionnelle.

En mai 2018, vous avez lancé une pétition « pour une baisse des prix du carburant à la pompe ». Qu’est-ce qui vous avait poussé à le faire ?

En 2017, l’année où j’ai enchaîné les formations pour ma reconversion professionnelle, j’avais grandement besoin de mon véhicule. Il y avait énormément de problèmes avec le RER D et j’avais des sessions un peu partout, y compris en province. Un moment donné, je me suis demandé pourquoi le prix des carburants augmentait autant. Et je voulais savoir si j’étais seule à me poser la question. Je précise que je ne suis pas pour ou contre la voiture, mais on ne peut pas taxer les véhicules sans développer des alternatives, sans aider les citoyens à se déplacer autrement.

1,2 million de personnes ont signé votre pétition. Emmanuel Macron vous a même répondu, sept mois plus tard.

Je trouve ça un peu choquant, c’est arrivé très tard. Le président n’est pas stupide, il est capable de répondre à des questions posées dans une pétition. Mais il n’en avait pas envie. Et quand il a répondu à la pétition, sans répondre à nos questions, c’était encore plus méprisant.

Comment est-on passé d’une pétition en ligne à un mouvement social d’envergure ?

Dès le départ, j’ai reçu énormément de messages de gens qui ont trouvé dans cette pétition un espace pour faire des tas de propositions. Ça faisait écho à ce qu’ils vivaient et ça voulait surtout dire qu’il y avait un certain climat, que les gens étaient prêts à bouger. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce que l’on vive ensuite un tel mouvement, si rapide, si important, regroupant autant de sujets. Je m’imaginais plutôt organiser un rassemblement statique place de la République, à Paris, et porter l’idée d’une transition écologique plus juste.

Les Gilets jaunes sont-ils anti-écolos ?

Dès le départ du mouvement et mes premiers plateaux télé, on m’a dit : « Vous êtes anti-écologie ». Les députés auxquels j’ai été confrontée ont essayé me faire passer pour une personne qui ne veut pas vivre dans un environnement sain. C’est très hypocrite. Les taxes sur le carburant n’ont pas servi à financer la transition écologique. Moi, je leur ai répondu que la fiscalité verte n’était pas un problème… tant qu’elle finançait réellement la transition écologique. C’est ça, la nuance.

Les personnes que vous rencontrez, au sein du mouvement, ont-elles conscience de l’urgence environnementale et climatique ?

En partie, mais c’est vrai que l’écologie peut paraître abstraite aux gens qui ne peuvent pas remplir leurs frigos. Ils sont asphyxiés. C’est peut-être plus difficile pour les militants écolos de faire entendre leur message quand toute une partie de la population n’a pas conscience de l’urgence de la situation.

Mais c’est aussi la faute du gouvernement, qui cloisonne les questions sociales, économiques, climatiques, environnementales, comme si c’étaient des sujets à part. Tout est directement lié : si on faisait en sorte que les navires circulent moins en Méditerranée, qu’ils aient des fiouls plus propres, les Méditerranéens seraient moins malades et le budget santé serait moins affecté. C’est ce qu’on essaie de mettre en avant.

L’article 35 de la Déclaration des droits de l’Homme de 1793 dit que : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispen-sable des devoirs ». Vous faites partie d’un collectif nommé « Article 35 », en référence à ce texte. Vous vous opposez, notamment, aux violences policières…

Nous réunissons des vidéos, des photos ou tout autre témoignage à propos des violences subies par les manifestants. Nous allons saisir la Cour pénale internationale (CPI). Ce qu’il se passe n’est pas normal. Je n’ai jamais vu, de mes yeux, quelqu’un se prendre un projectile de LBD, et j’espère ne jamais assister à ça.

J’imagine que ce ne sont pas des images qu’on oublie facilement. Christophe Castaner [le ministre de l’Intérieur] a quand même une liberté incroyable. Je ne sais pas comment il peut être encore en poste. J’en veux aux personnes qui donnent des ordres, et quand même un peu aux personnes qui les exécutent. Je suis choquée que les forces de l’ordre ne mettent pas, elles-mêmes, fin à ces choses.

Elles pourraient au moins décider de ne pas utiliser le LBD. On a quand même un peu de libre arbitre, à un moment donné ! On peut dire « merde », y compris au travail. Quand un policier tire, ce n’est pas le ministre qui en pâtit psychologiquement. C’est celui qui tire, et celui qui reçoit la balle.

Alors que se déroule ce samedi l’Acte XVI des Gilets jaunes, Reporterre s’est entretenu avec Priscillia Ludosky, l’une des figures du mouvement, au sujet de l’évolution de la mobilisation. Priscillia Ludosky est l’une des figures des Gilets jaunes. Sa pétition « pour une baisse des prix du carburant à la pompe », publiée en mai 2018, est l’une des sources du mouvement. Au mois de mars, elle appelle les citoyens à multiplier les blocages symboliques et a imaginé un sit-in géant, au cœur de Paris, à partir du vendredi 8 mars.

2 mars 2019 / Entretien avec Priscillia Ludosky

https://reporterre.net/

Lire aussi:

La gilet jaune Priscillia Ludosky veut saisir la Cour pénale internationale (Le Huff’)

Gilets jaunes : Contestation et goût du RIC (AL)

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28 février 2019 ~ 0 Commentaire

assmat (lutte ouvrière)

gilet-rose

Assistantes maternelles en colère

Début février, à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO, une vingtaine d’assistantes maternelles des Côtes-d’Armor se sont retrouvées devant la préfecture de Saint-Brieuc pour protester contre le projet de réforme de l’assurance chômage du gouvernement Macron.

Ce projet risque de nous mettre encore plus dans la précarité.

En effet, nous travaillons généralement pour plusieurs employeurs en CDI, à raison d’un contrat par enfant. Quand un de ces contrats se termine, soit par départ à l’école soit par déména-gement de la famille, nous pouvons nous inscrire à Pôle emploi afin de percevoir un complément de revenu, plus ou moins équivalent à la perte de salaire due au contrat terminé, et cela, jusqu’à ce que nous retrouvions un nouveau contrat.

C’est ce dispositif qui est dans le collimateur du gouvernement car il estime que nous ne sommes pas au chômage puisque nous continuons de travailler avec nos autres contrats.

Mais il faut savoir que, dans la zone rurale de Guingamp, un contrat c’est en moyenne une trentaine d’heures par semaine, ce qui représente environ 300 euros par mois puisque le salaire horaire dans la région avoisine les 2,90 euros net. Alors, enlever un contrat à une assistante maternelle gardant trois enfants, c’est faire que son salaire passe d’un peu plus de 1 000 euros à environ 700 à 800 euros par mois.

Le risque est donc de voir un certain nombre d’assistantes maternelles cesser leur activité faute d’un revenu suffisant – c’est déjà le cas – de voir une recrudescence du travail au noir et surtout de voir bon nombre de parents-employeurs, et ils sont deux millions en France, sans solution de garde pour leur enfant étant donné le manque de places en crèche ou l’absence de crèches.

Cette mobilisation nous a permis de nous connaître, de rompre notre isolement et de décider de rester vigilantes pour ne pas subir une nouvelle dégradation de nos conditions de travail.

Gwenaëlle 27 Février 2019
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25 février 2019 ~ 0 Commentaire

pesticides (la déviation)

Ils y ont laissé leur santé, deux ouvriers en guerre contre l’agro-industrie

Pascal Brigant a rendez-vous aux prud’hommes de Guingamp le 28 février 

Claude Le Guyader s’apprête à lancer une procédure pour « faute inexcusable » contre Nutréa-Triskalia. La suite d’un marathon judiciaire pour ces deux anciens salariés du site de stockage des céréales de Plouisy (Côtes-d’Armor), atteints d’hypersensibilité aux produits chimiques multiples et licenciés pour inaptitude à leur poste.

En 2009, l’un travaille dans un bureau accolé au poste de fabrication d’aliments du bétail, l’autre charge les céréales puis les transporte en camion dans les fermes. Leur santé se dégrade rapidement, comme celles de Laurent Guillou et Stéphane Rouxel, deux collègues chargés de réceptionner les céréales amenées depuis les silos.

Quelques mois plus tôt, la direction a décidé de couper la ventilation pour faire des économies. Très vite, la température grimpe et permet aux charançons et aux vers de farine de proliférer, au point de dégager une odeur pestilentielle.

Pour sauver les 20.000 tonnes de céréales, Triskalia décide au printemps 2009 d’asperger du Nuvan Total, un insecticide interdit depuis déjà deux ans. Malgré les premières alertes, le même scénario se reproduit l’année suivante. Les céréales sont cette fois traitées avec du Nuvagrain, avant d’être acheminées dans des exploitations où, ingurgitées par les bêtes, elles intègrent la chaîne alimentaire.

Le combat de leur vie

Mécontents vis-à-vis de la CFDT, qu’ils accusent d’être un « syndicat-maison », les ouvriers trouvent du soutien auprès de Serge Le Quéau, de l’Union syndicale Solidaires, à Saint-Brieuc. Laurent Guillou et Stéphane Rouxel réussissent à déposer plainte à la gendarmerie en mai 2010, ouvrant la procédure pénale.

Pascal Brigant, Claude Le Guyader, Laurent Guillou et Stéphane Rouxel empilent les dossiers de procédure depuis dix pour faire condamner la coopérative Nutréa-Triskalia, responsable de leur empoisonnement aux pesticides. Crédit Serge Le Quéau

Défendus par Me François Lafforgue, avocat spécialisé dans la défense des victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles, Laurent Guillou et Stéphane Rouxel obtiennent en 2014 la condamnation de Nutréa pour faute inexcusable devant le tribunal des affaires de sécurité sociale de Saint-Brieuc. Entre-temps Pascal Brigant et Claude Le Guyader rejoignent le combat.

En septembre 2015, c’est la veuve de Gwénaël Le Goffic qui obtient la reconnaissance du suicide de son mari comme accident du travail, contre l’avis de la Mutuelle sociale agricole (MSA). Ce chauffeur s’est pendu dans un hangar du site de Plouisy avec une pièce de son camion. Lui-même avait été victime d’un accident lors du déchargement de sacs d’aliments médicamenteux destinés aux porcelets. Sa lettre d’adieu est écrite sur l’étiquette des produits qu’il suspectait de lui avoir brûlé les yeux.

Les victoires s’enchaînent et en septembre 2016, Laurent Guillou et Stéphane Rouxel obtiennent 100.000 € de dédommagements pour le préjudice subi. Une première pour une affaire d’hyper-sensibilité dans l’agroalimentaire. Leur licenciement est ensuite jugé « sans cause réelle et sérieuse pour manquement à l’obligation de sécurité et insuffisance de recherche de reclassement ». La coopérative leur doit près de 21.000 € chacun.

Claude Le Guyader obtient à son tour une reconnaissance de son hypersensibilité comme maladie professionnelle en mars 2018. Ce n’est pas le cas de Pascal Brigant, auquel une commission reproche l’absence d’une prise de sang.

Interrogés par Le Monde en 2016, les DRH de Nutréa et Triskalia, Frédéric Soudon et Nicolas Douillard, estiment que ce dossier les dépasse. « Certains veulent faire interdire les pesticides le plus vite possible et Triskalia sert de bouc émissaire. […] Nous menons aujourd’hui une politique de protection, de formation des salariés. Il y a vingt ans, les précautions à l’encontre des produits phytosanitaires n’existaient pas, témoigne Frédéric Soudon. Ce sont des produits dangereux, on ne va pas affirmer le contraire. »

Des victimes devenues sentinelles

Si ces affaires n’ont pas encore motivé les industriels à se passer des pesticides de synthèse, elles ont commencé à briser l’omerta dans le milieu agricole. Jusqu’ici dispersés, les opposants à l’agriculture intensive comme la Confédération paysanne, Attac, Solidaires et Eaux et Rivières de Bretagne se sont regroupés pour mener des actions.

Un colloque lors duquel s’est exprimé Laurent Guillou a poussé la sénatrice PS de la Charente, Nicole Bonnefoy, à organiser une mission sénatoriale. Son rapport intitulé « Les pesticides et leur impact sur la santé » rendu en 2012 conclut que « les protections contre les pesticides n’étaient pas à la hauteur des dangers et des risques ». Il débouche sur la loi Labbé, du nom du sénateur EELV du Morbihan, qui réduit l’usage des pesticides par les collectivités et les particuliers.

En 2018, des experts européens ainsi que le commissaire à la santé à Bruxelles, Vytenis Andriukaitis, ont rencontré des victimes des pesticides lors d’une enquête en Bretagne. La commission européenne avait accepté le dépôt d’une pétition portant sur le non respect des directives en matière de pesticides et sur les carences de l’Etat français en matière de contrôle.

L’institution, bien que lointaine, semble montrer plus d’égard envers les victimes des pesticides que la région Bretagne. Le président de cette dernière, le socialiste Loïg Chesnais-Girard, a confirmé en début d’année l’entrée de la collectivité au capital du groupe D’Aucy, dont la fusion annoncée avec Triskalia promet de créer un géant de l’industrie agricole.

 Sylvain Ernault ,Journaliste diplômé de l’IUT de Lannion. 

https://ladeviation.com/

pazscal

Jeudi 28 février 2019, à 14h, devant le tribunal de prud’hommes de GUINGAMP, Pascal BRIGANT sera défendu par Me LAFFORGUE ; celui-ci contestera les causes réelles et sérieuses de son licenciement.

Juste pour rappel, Pascal était salarié de la coopérative agricole TRISKALIA à Plouisy (22) ; en 2010, avec plusieurs collègues, il a été intoxiqué par des pesticides interdits, déclaré inapte à son poste et licencié en septembre 2013. Aujourd’hui il est sans ressources et souffre d’hypersensibilité aux produits chimiques multiples. En 2018, la reconnaissance en maladie professionnelle lui a été refusée.

Obtenir gain de cause devant le tribunal des prud’hommes est fondamental pour Pascal, psychologiquement et financièrement. Justice doit lui être rendue. Aussi, avec le syndicat SOLIDAIRES, nous vous invitons à venir nombreux le soutenir.

13h30 devant le tribunal des prud’hommes

38 place du Centre  GUINGAMP.

Un départ est prévu Place de la Mairie à Betton à 12h.

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