Archive | Luttes sociales en Bretagne

14 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

bretagne hôpitaux (le télégramme)

hoptiam

Une journée de grève nationale, pour alerter sur la crise des hôpitaux, a eu lieu, ce jeudi, avec plusieurs rassemblements en Bretagne.

« Soignants épuisés, patients en danger » : des milliers de médecins, aides-soignants, infirmiers, doyens et étudiants manifestaient jeudi un peu partout en France, pour réclamer davantage de moyens et d’effectifs, pendant que le gouvernement peaufine un « plan de soutien » très attendu.

Augmentation des salaires, hausse des effectifs, réouverture des lits supprimés… les revendications n’ont pas changé, visibles jeudi sur les pancartes comme « Sauvons notre hôpital, donnez-nous les moyens », « Soignant épuisé, patient en danger », « SOS hôpital public en danger », « Je fais pas d’argent je soigne les gens »,…

Ils étaient plusieurs milliers à Paris, plusieurs centaines à Lyon, 300 à Toulouse ou Bordeaux, 220 à Lille, une centaine à Marseille…, selon les journalistes de l’AFP. Du côté de la Bretagne, plusieurs rassemblements ont eu lieu, notamment à Brest, Quimper, Saint-Brieuc et Rennes. Voici un point sur la mobilisation bretonne.

Brest : 400 personnes place de la Liberté

Sous la pluie battante, 400 personnes étaient rassemblées place de la Liberté, à Brest, dont des médecins hospitaliers. « Ce n’est pas dans nos habitudes mais nous sommes là parce que la coupe est pleine », ont indiqué certains d’entre eux en marge de la mobilisation brestoise.

Quimper : plus de 500 personnes défilent

Plus de 500 personnes ont défilé à Quimper entre l’hôpital et l’Agence régionale de santé (ARS), où ils devaient déposer une motion avant de rencontrer la députée Annaïg Le Meur dans sa permanence. Une nouvelle journée d’action est prévue jeudi prochain.

Paimpol : mobilisation des personnels de l’aide à domicile

À l’appel syndical départemental, une trentaine de personnels de l’aide à domicile, salariés de l’Asad Goëlo Trieux, ont fait grève devant les locaux de leur structure, basée au centre Dunant de Paimpol à l’heure de midi.

Saint-Brieuc : deux actions devant l’hôpital et l’ARS

À l’appel de la CFDT et de la CGT, deux actions ont eu lieu à Saint-Brieuc. Devant l’hôpital, une centaine de grévistes ont répondu à l’appel national relayé par la CGT, alors que la CFDT avait donné rendez-vous devant l’ARS.

Rennes : 200 médecins et interne mobilisés à Pontchaillou

« Sauvons l’hôpital public » : ils étaient environ 200 médecins et internes, toutes banderoles dehors, à se mobiliser devant le CHU de Rennes, à Pontchaillou.

Dinan : le vibrant appel d’un médecin

Le Dr Rémi Thirion, chef du service gériatrie de l’hôpital de Dinan, a lancé un vibrant appel à la mobilisation : « A Morlaix, à Guingamp, à Paimpol, à Vannes… Tous ces établissements sont en train de crever à petit feu ». Comme lui, une quinzaine de médecins ont participé au rassemblement d’environ 150 personnels de l’hôpital, à Dinan, en réponse à l’appel national du collectif inter-hôpitaux.

Lannion : les aides à domicile et l’hôpital en colère 

Deux actions ont eu lieu à Lannion. Les professionnels de l’aide et du soin à domicile, inquiets pour l’avenir de leurs métiers, ont débrayé pour dénoncer leurs conditions de travail. Même chose du côté de l’hôpital où le personnel et le comité de défense du centre hospitalier se sont à nouveau rassemblés afin de pointer du doigt la politique d’austérité.

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14 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

gilets jaunes lamballe (fr 3)

femmes gj

“Les revendications restent les mêmes” : Dany, Gilet jaune de Lamballe, revient sur une année de contestation

Pour Dany, la mobilisation des Gilets jaunes est légitime et inédite. Elle est fière d’y participer.

Elle a 46 ans, est ambulancière à Saint-Brieuc et Gilet jaune depuis l’acte I. Dany nous accorde un entretien dans lequel elle revient sur les raisons qui l’ont poussé à manifester, elle qui n’a jamais fait partie d’aucun mouvement politique. Elle dresse le bilan du mouvement inédit, un an après.

Elle avait répondu tout de suite présente à l’appel des réseaux sociaux, se disant que « cette fois elle comprend la lutte« . Depuis, Dany était devenue la porte-parole des Gilets jaunes de Lambal-le jusqu’en février 2019. Elle accepte totalement ce qualificatif, elle qui pourtant n’avait jamais donné sa voix à quelque revendication, se désintéressant alors de plus en plus des échéances électorales.

Un an après, le bilan

Chez elle, Dany nous a accordé un long entretien pour expliquer les raisons de son engagement, pour ensuite détailler le ressenti qu’elle perçoit après un année en « jaune ».
Au départ, la Lamballaise était très motivée par les idées revendicatrices et fédératrices du mouvement naissant. Lors du premier rendez-vous, elle a été subjuguée par l’ampleur du nombre de participants. Elle, comme les autres Gilets jaunes se sont sentis portés par une dynamique nouvelle et inédite.

Mais peu de temps après l’acte I, le manque de réponses du gouvernement a provoqué chez elle un sentiment de mépris des politiques. Pour Dany, ce mépris s’apparente à une manipulation, à laquelle certains médias auraient pris part. La seule réponse qu’elle a réellement vécu, c’est celle des forces de l’ordre. Elle estime que le climat des manifestations est devenu très vite violent. Et à la violence répond la violence. Une violence qui la choquait mais qui ne l’étonne plus désormais. Mais cette violence a fait peur à la majorité des participants, ce qui explique la baisse de mobilisation avec le temps selon elle.

Les revendications restent les mêmes

Aujourd’hui, malgré la disparition de la majorité des Gilets jaunes les samedis, Dany observe que de nombreux secteurs de la société sont mobilisés pour défendre leurs droits : hôpitaux, pompiers, etc. Mais elle signale que les revendications des Gilets jaunes restent les mêmes. Un an après, trop peu d’avancées ont été obtenues selon elle.

Alors que le mouvement était apolitique et sans chefs, Dany estime que le mouvement nécessite finalement une structure, avec des gens dont les aptitudes pourraient au mieux défendre leurs revendications. Elle estime que sans une structure, le combat se fait dans le vide. Pourtant, Dany a perçu une réelle prise de conscience parmi les Gilet jaunes et que leurs revendications ne se sont pas exprimées en vain.

Un an plus tard, Dany se sent fière de faire partie de ce mouvement. De se battre pour les autres. La contestation des Gilets jaunes lui semble légitime, car trop souvent elle ressent de l’injustice dans ce qu’elle observe de la société. Désormais, Dany espère que le gouvernement actionnera son acte II en prenant en compte la parole de cette France trop souvent oubliée des gouvernants.

Propos recueillis par Jean-Marc Seigner Corentin Bélard  12/11/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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13 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

nantes livreurs (ouest france)

 cgt livreur

Nantes. Livreurs à vélo exploités : ça continue et pas qu’un peu

La police a mené une opération de contrôle des livreurs à vélo, ce mardi 12 novembre, à Nantes. Huit ont été contrôlés, six étaient des sous-traitants ! Un livreur nous le glissait ces jours-ci : l’exploitation des livreurs à vélo, sur laquelle nous avions enquêté, à Nantes, ça continue.

Le système ? Des indélicats ouvrent en quelques clics un compte pour livrer des commandes, des repas pour l’essentiel. Puis après, ils les sous-louent à des gens en situation de grande précarité et qui n’ont pas la possibilité d’ouvrir eux-mêmes un compte. On pense, par exemple, aux migrants en situation irrégulière qui ne peuvent pas prétendre au statut d’autoentrepreneur. Mais ils ne sont pas les seuls.

Alors ceux-ci se retrouvent à pédaler pour le compte d’autres : « La location peut leur coûter jusqu’à 50 % de leurs revenus », nous expliquait, l’an dernier, un représentant syndical des livreurs à vélo. Quand on sait que les courses sont déjà très peu payées… Après ce prélèvement confiscatoire, il reste trois fois rien à celui qui transpire.

Exploitation de la misère

Autrement dit, c’est de l’exploitation de la misère. Le sujet embarrassait les militants qui soutien-nent les migrants. Le principe est évidemment révoltant, mais il permet à quelques exilés de trouver de quoi manger. « C’est dégueulasse, soupirait un livreur nantais. Mais un homme qui n’a pas le droit de travailler et pas de quoi manger, 100, 200 ou 300 € par mois, il ne les refuse pas. Et certains vous diront que c’est mieux que rien. » Compliqué.

Face à ce sujet montant, les plates-formes numériques qui mettent en relation les restaurateurs et leurs clients annonçaient travailler à des parades numériques pour rendre impossibles ce genre de sous-location de compte. Il semble bien qu’un an plus tard rien n’a changé.

La police nationale a mené une opération de contrôle conjointe avec la Direccte et la Dréal dans le centre-ville de Nantes, mardi midi 12 novembre. Huit livreurs ont ainsi été contrôlés : six d’entre eux travaillaient en sous-traitance ! Un était un étranger en situation irrégulière.

« Ça pourrait être considéré comme du travail dissimulé »

Olivier Assailly, responsable de l’unité régionale d’appui et de contrôle du travail illégal pour la Direccte, explique les raisons de cette nouvelle opération. « Deux problématiques font l’objet de contrôles. Celle de ceux qui sont titulaires d’un compte et qui pourraient ne pas déclarer ce qu’ils perçoivent. Et celle de savoir si les personnes contrôlées sont bien les titulaires du compte. »

Dans six cas sur huit, donc, ce mardi, ce n’était pas le cas. « À ce stade de l’analyse, explique Olivier Assailly, ça pourrait être considéré comme du travail dissimulé. » Autrement dit, l’idée n’est pas de chercher des poux dans la tête à ceux qui travaillent, des victimes, mais à ceux qui pourraient les exploiter, les titulaires des licences.

« L’objectif, c’est de rétablir ceux qui travaillent dans leurs droits ! Quand on est salarié, on a des droits : durée de travail, temps de repos, congés. Nous sommes là pour préserver les droits des personnes et l’ordre public et social. »

Le contrôle avait enfin un autre objectif : contrôler une catégorie bien spéciale de livreurs à deux roues… Ceux qui ont délaissé les pédales du vélo préférant le confort bruyant des moteurs des scooters. « C’est ce qui explique la présence de la Dréal sur ce contrôle, précise Olivier Assailly. Livrer sur un deux-roues motorisé, cela suppose des formalités particulières, une inscription au registre du transport. »

Thomas HENG. 13/11/2019

https://www.ouest-france.fr

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13 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

triskalia

pesticides

Pesticides

Le Parlement européen maintien  sa pression sur la France et la coopérative agroalimentaire  bretonne Triskalia

Ce lundi 11 novembre 2019, les victimes des pesticides de la coopérative agroalimentaire bretonne Triskalia, soutenus par l’Union Régionale Solidaires de Bretagne et le collectif de soutien aux  victimes des pesticides de l’Ouest ont été une nouvelle fois auditionnés par la Commission des pétitions du Parlement européen.

Madame Dolores Montserrat, Présidente de la Commission des pétitions, suivie par l’ensemble de ses collègues députés ont décidé de maintenir ouverte la pétition déposée par les victimes des pesticides de Trikalia et leurs soutiens en 2016.

«Nous pensons qu’il faut poursuivre la procédure, jusqu’à ce que la situation soit clarifiée. Nous attendons des informations de la part des autorités françaises». A déclaré Madame Montserrat après avoir écouté les déclarations des représentants de la Direction Générale de la Santé et de la sécurité alimentaires et de la Directions Générale de l’emploi et des affaires sociales de la Commission européenne, ainsi que les pétitionnaires.

Cette audition couronnée de succès est une nouvelle étape extrêmement importante pour les victimes des pesticides de Triskalia «C’est une nouvelle grande victoire». La France va devoir, répondre clairement aux questions qui lui ont été posées par les instances européennes et proposer des mesures pour protéger les salariés. Et surtout les appliquer.

Si cette prise de position sans ambigüité du Parlement européen démontre une prise de conscience de la gravité des scandales sanitaires, sociaux et environnementaux que représente l’utilisation irresponsable des pesticides, elle légitimisme pleinement le combat exemplaires que mènent depuis près de dix ans les ex-salariés victimes des pesticides de Triskalia.

Leurs récentes victoires judiciaires devant les juridictions françaises, Tribunaux des Affaires de sécurité sociale, Conseils des Prud’hommes condamnant la coopérative Triskalia pour faute inexcusable de l’employeur et licenciement sans cause réelle et sérieuse démontrent également la justesse de leur combat.

COMMUNIQUE DE PRESSE Bruxelles le 11 novembre 2019

Contacts :

Laurent Guillou :  06 80 16 19 11

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13 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

gilets jaunes (le télégramme)

femmes gj

Gilets jaunes. Un an après, des Breton-ne-s toujours déterminé-e-s

Un an après leur irruption dans le paysage français, les gilets jaunes ne parviennent plus à mobiliser les foules, mais certains espèrent un sursaut dans la rue, ce week-end, notamment à Paris, pour l’anniversaire de ce mouvement social inédit.

Cette colère couve toujours. En témoigne le discours de Bretons, qui se disent déçus et prêts à reprendre le combat.

Lionel, de Brest : «  Rien n’a changé »

Lionel, père de deux enfants, travaille dans l’informatique. Selon lui, rien n’a changé pour lui, ces derniers mois. « Je suis salarié, je touche 1 700 euros par mois et je n’ai pas droit à la prime d’activité. Ma femme, elle, gagne le Smic. On est le 5 du mois et on est à moins 230 euros sur notre compte. Et ce, à un mois et demi de Noël. On en est réduits à utiliser les bons de réduction publicitaires pour s’en sortir. Jamais, ça ne nous est arrivé auparavant ».

Pierrick Paul, de Lorient : « Les mesures Macron ont été insuffisantes »

« Dès la deuxième semaine des revendications, l’an dernier, j’ai rejoint les gilets jaunes. J’en ai même été un des porte-parole, raconte Pierrick Paul, technicien de laboratoire hospitalier (1 350 euros par mois) à Lorient. Pas contre la taxe carbone, car je suis écolo. Mais parce que c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase et que la plupart d’entre eux avaient besoin de leur voiture pour aller travailler. »

Pierrick dresse un bilan de l’année écoulée : « Les mesures Macron ont été insuffisantes. Il donne des choses, d‘un côté, et les reprend, de l’autre, pour financer la Sécu, par exemple. Nous n’avons obtenu aucune réponse sur la justice sociale et le travail de casse continue sur les retraites, les hôpitaux, etc. ».

En revanche, le quadragénaire estime que les gilets jaunes ont eu une influence sur la popula-tion « en lui redonnant l’envie de s’intéresser à la politique ». Lui-même se dit prêt à faire partie d’une liste pour les municipales sous l’étiquette de La France Insoumise pour défendre les idées portées par les gilets jaunes, alors qu’il préférerait la « démocratie directe ». Le 5 décembre, il participera à la manifestation avec les syndicats. Mais pas avec les gilets jaunes qu’il a quittés au mois d’août. « Je ne veux pas qu’ils aient l’impression que je cherche à récupérer le mouvement. »

Jean-Bernard, de Trégueux : « Ça va repartir »

« J’ai le sentiment que ça va repartir car rien n’a changé en un an, explique Jean-Bernard, habitant Trégueux (22). J’ai été sur les ronds-points jusqu’au 12 janvier. Après, le mouvement a changé de nature. Et j’y ai vu de la misère, beaucoup de misère, de la souffrance, physique et intellectuelle.

Essentiellement des gens qui ne peuvent plus vivre de leur travail : des jeunes couples qui ont du mal à joindre les deux bouts, des femmes seules avec des enfants, des retraités qui ont du mal à subsister… C’est honteux dans un pays riche. J’ai un fils qui a un bac + 5 et qui est payé 1 300 euros. Est-ce que c’est normal ? Et ce n’est pas le seul.

Il y a ainsi énormément de jeunes que l’on méprise, que l’on utilise comme main-d’œuvre à bon marché, de stages en contrats temporaires. En tout cas, j’irai à nouveau manifester, le 16  novembre, car le gouvernement prend les Français pour des imbéciles. On paye toujours plus d’impôts, de taxes. La CSG ne baisse pas… Il n’y a pas besoin de débat national, qui était une fumisterie. Ce que veulent les gens, c’est simple : de la justice sociale et économique, et des hommes politiques qui luttent contre un système ultralibéral qui mène la planète à la catastrophe… »

Amandine, de Brest : « Je suis toujours ce qui se passe »

Nous l’avions rencontrée, le 26 novembre 2018, sur le rond-point de Penn-ar-C’hleuz, à Brest. Amandine, 25 ans, agent d’entretien, a cessé de manifester « en janvier ou février ». « Ce n’était plus possible pour moi. J’ai trois enfants et des horaires décalés pour mon travail. Mais je suis toujours ce qui se passe », explique-t-elle.

Car, sur le fond, pour elle, « rien n’a changé ». « Les fins de mois sont toujours difficiles, même si mon compagnon a signé un bon contrat de travail et si nous sommes tous les deux en CDI. Actuellement, on paie 40 euros de plus par mois pour le gaz et l’électricité… » Amandine est « toujours mécontente, comme une majorité de gens ». « Beaucoup sont dans l’attente et d’autres sont prêts à repartir », estime-t-elle.

Hervé, de Perros-Guirec : « Toujours mobilisés »

« Nous ne sommes ni découragés ni désabusés. Nous sommes, au contraire, en train de mobiliser pour le 16 novembre et la manifestation du 5 décembre. Et ce, tout simplement parce qu’il n’y a pas de réponses aux attentes et aux revendications.

Ça va même de mal en pis ; les tarifs de l’électricité ont encore augmenté de 11 %, par exemple. Où cela va-t-il s’arrêter ? En fait, le gouvernement est en train de faire remonter la pression, la colère, et d’inciter des gens qui n’ont pas bougé, la dernière fois, à se mobiliser.

De plus en plus de gens qui bossent n’arrivent plus à gagner leur vie. Le constat est malheureu-sement évident. Mais le gouvernement est aveugle, ou, plus exactement, composé de marion-nettes au service de la finance. Il n’y a plus de politique proprement dite. Ce n’est pas le Président qui est en cause. Ses trois prédécesseurs ont mis en œuvre la même politique au service d’un système destructeur et fondé sur l’injustice. Mais ça ne peut plus durer. Les Français en ont marre. Ils veulent pouvoir vivre, décemment. »

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09 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

municipales (france info)

cretins

Municipales : l’inédite cote de popularité d’EELV peut-elle se concrétiser dans les urnes ?

Depuis plusieurs semaines, les sondages flatteurs se succèdent pour les écologistes, qui surfent sur un contexte politique ultra-favorable.

Ils se sentent pousser des ailes. Après le bon score de Yannick Jadot aux élections européen-nes (13,47%), les écologistes nourrissent de grandes ambitions pour les élections municipa-les qui se dérouleront les 15 et 22 mars, confortés par les premiers sondages publiés ces dernières semaines. Prise de conscience écologique, effacement du clivage droite-gauche, aspiration des citoyens à un renouvellement des têtes et des pratiques… Europe Ecologie-Les Verts profite d’un contexte politique favorable inédit. Reste à savoir si la marée verte déferlera bien dans les urnes.

Des sondages flatteurs dans plusieurs grandes villes

A un peu plus de quatre mois du scrutin, les enquêtes d’opinion ne sont encore distillées qu’au compte-gouttes. Mais toutes placent EELV à des niveaux historiquement élevés. Depuis le mois de mai, la douzaine de sondages réalisés dans les grandes villes de province font apparaître des scores à la hausse par rapport à celui des élections européennes, déjà considéré comme un succès.

Depuis le début de l’automne, trois sondages ont marqué les esprits, dans des communes où les Verts ne sont pas spécialement attendus. A Montpellier, fin septembre, un sondage BVA-La Tribune-Public Sénat créditait la liste EELV de 21 à 23% des intentions de vote selon les cas de figure, au coude-à-coude avec celle du maire sortant, Philippe Saurel (divers gauche).

A Bordeaux, l’avocat Pierre Hurmic recueillerait 24,5% des voix à la tête d’une liste rassemblant EELV mais aussi d’autres formations écolo comme Cap 21 ou Génération écologie, selon un sondage Elabe pour La Tribune publié début octobre. Alliée avec le PS, elle pourrait même atteindre 30,5%, à deux petits points de celle menée par Nicolas Florian (LR), le maire qui a succédé à Alain Juppé.

Encore plus surprenant 

à Lyon, le candidat EELV Grégory Doucet, avec 22%, ferait jeu égal avec LREM, selon un sondage Opinion Way pour Lyon Mag. Mais toutes ces enquêtes doivent être prises avec grande précaution. Dans beaucoup de villes, le casting n’est pas encore fixé. Au moment où le sondage de Montpellier a été effectué, EELV n’avait, par exemple, pas encore désigné sa tête de liste. Et depuis que celui de Lyon est sorti, Anne Brugnera, candidate à l’investiture LREM, a décidé de se retirer de la course…

Un contexte favorable pour les écolos

« Nous n’avons jamais été aussi légitimes et crédibles pour gouverner. On ne va quand même pas laisser le volant à ceux qui nous conduisent dans le mur ! » C’est ce qu’avait lancé Yannick Jadot en août lors de l’université d’été du parti. De fait, les questions environnementales portées depuis des décennies par les écologistes trouvent un écho retentissant dans l’actualité.

Comme le note Brice Teinturier, de l’institut Ipsos, dans une tribune au Monde, l’écologie est devenue en 2019 la première préoccupation des Français. « Les plus inquiets sont les 18-24 ans, les cadres et les professions intermédiaires, les diplômés, les habitants des grandes aggloméra-ions et les électeurs de gauche.

Chez eux, elle est non seulement la première préoccupation, mais à des niveaux particulière-ment importants, 60% et plus », constate le sondeur. Depuis le début de l’année, EELV peut d’ailleurs se targuer d’être le parti politique dont les Français ont la meilleure opinion (53% d’avis favorables selon le baromètre BVA-RTL), très loin devant les autres.

Ce climat porteur peut-il se transformer en plébiscite écolo dans les urnes en mars ? « L’échelon local est ressenti comme pertinent pour agir sur l’écologie du quotidien. Certains citoyens font du compost, d’autres du zéro déchet, d’autres consomment bio. Mais ils ne sentent pas de volonté politique d’accompagner les choses, nous sommes les seuls à qui ils font confiance pour ça », veut croire Bruno Bernard, membre du bureau exécutif d’EELV chargé des élections et tête de liste pour la course à la métropole de Lyon.

Une enquête réalisée par Harris Interactive début septembre semble lui donner raison : 75% des personnes interrogées considèrent EELV comme un acteur « sincère » pour agir pour l’environne-ment et 64% lui font « confiance pour agir ». Des taux qui tombent à 41% et 28% pour les « responsables politiques en général ».

Combien de villes vraiment gagnables ?

Le scrutin municipal n’a jamais vraiment souri aux écologistes, si ce n’est dans l’ombre de leurs alliés socialistes. En 2008 à Montreuil, Dominique Voynet était devenue la première maire écolo-giste d’une commune de plus de 100 000 habitants. Mais l’histoire s’était mal terminée dans cette  ville de la petite couronne parisienne. Aujourd’hui, une seule métropole régionale est menée par un maire EELV : Grenoble, dirigée par Eric Piolle depuis 2014.

Mais cette année, l’ambition est tout autre. « On veut gagner de nombreuses municipalités, notamment des grandes villes. Le deuxième tour se construira sur la base du programme écolo. On veut gagner Paris, Nantes, Rennes, Toulouse et ailleurs, confirmer Grenoble et de nombreu-ses villes petites et moyennes où on a fait de très bons scores », lançait Yannick Jadot au lendemain des élections européennes.

« On veut gagner partout, mais ce n’est pas ce qui va arriver », corrige un cadre du parti. « Les villes où le maire sortant se représente ne sont pas les plus faciles à gagner ». Ce qui est le cas d’Anne Hidalgo à Paris, des socialistes Johanna Rolland à Nantes et Nathalie Appéré à Rennes, et du maire LR de Toulouse, Jean-Luc Moudenc… Dans ces villes, comme dans d’autres, les candidats EELV sont en outre largement inconnus du grand public.

Les réelles chances de triompher pour EELV se situent donc ailleurs. Outre Grenoble, où Eric Piolle part favori pour une réélection, les écologistes misent sur Besançon, Rouen, Villeurbanne ou encore Orléans, jugées plus à leur portée en raison de configurations particulières : un maire sortant qui raccroche, des adversaires divisés, des candidats EELV bien implantés localement…

Au-delà du nombre de villes conquises par les écologistes, ces élections municipales pourraient prolonger la recomposition politique à l’œuvre depuis 2017. Même si Yannick Jadot a depuis plusieurs mois théorisé l’idée d’une écologie « ni de gauche ni de droite », la question du leader-ship à gauche se posera nécessairement à l’issue du scrutin, en fonction des résultats. En cas de nouvelle poussée verte en mars, EELV pourrait marginaliser encore un peu plus un Parti socialiste défait à chaque élection depuis… les précedentes municipales, en 2014.

Ilan Caro 09/11/2019

https://www.francetvinfo.fr/

Commentaire:

L’écologie, oui! Contre le dérèglement climatique? Oui! Pour le parti EELV , la disparition du clivage droite-gauche et le capitalisme vert? Pas sûr!

L’ensemble donne une idée de tractations sans principes avec des notables « verdis », le jeu politique habituel. Et surtout la valorisation des petits gestes locaux (culpabilisants) alors que le problème réside dans la fermeture d’une centaine d’entreprises multinationales! Nos efforts touchant au plus 3% du total!

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08 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

santé (cgt 22)

22

TIJIKOUR (Plouaret-Prat) : Rassemblement devant le siège à Plouaret de 12h30 à 14h30, 5 hent Bechenneg 22420 Vieux Marché

ASAD ARGOAT : Guingamp 10h-11h30 devant le siège, 44 rue maréchal Foch

Bourbriac 12h30-14h devant les bureau, rue de Tournemine

Belle isle en terre 15h-16h30 devant les locaux GP3A, Crec’h Ugen

FUTUR LTS (Plestin, Lannion, Tréguier, Lézardrieux) : 13h30 devant les locaux de Lannion à Kermaria, 11 boulevard Louis Guilloux

ASAD GOELO-TRIEUX Pontrieux devant les locaux, heure à déterminer, 10 place de la liberté 22260

Pontrieux Paimpol, 12h30-14h, centre Dinan

Plouha 13h30-15h, devant le siège, 2 rue Jeanne d’Arc

SAD CORONG(Maël-Carhaix, Callac) : 14h devant le siège à Maël Carhaix, rue de la poste

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07 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

dinan (petit-bleu fr3)

hop1

Quimper

Dinan : 120 personnes marchent en soutien aux urgentistes

Une marche citoyenne en soutien aux urgentistes de l’Hôpital de Dinan a rassemblé 120 personnes, ce jeudi 7 novembre 2019. Une délégation a été reçue à la sous-préfecture. Vers 10 h, une marche citoyenne est partie de l‘Hôpital René-Pleven pour rallier la sous-préfecture de Dinan, ce jeudi 7 novembre 2019. Environ 120 personnes ont participé à cette manifestation de soutien aux urgentistes, organisée par les Blouses Blanches de Dinan.

Ces derniers sont en grève depuis août pour réclamer davantage de moyens : Pour que les urgences puissent fonctionner à plein toute l’année, il faudrait 12 médecins à plein temps, or ils ne sont que 8 dont certains en temps partiel », assure Gwénaëlle Martin, infirmière membre du collectif.

Revendications

De plus, le collectif estime qu’il manque de médecins anesthésistes et réanimateurs. Isabelle Tranchevent, aide-soignante et blouse blanche, liste les revendications : « L’arrêt de la fermeture des lits sur l’hôpital, le renouvellement du matériel vieillissant utilisé aux urgences, la reconnais-sance de la spécificité du service, l’embauche de médecins spécialisés pour combler les manques des autres services de l’hôpital notamment en gériatrie et en gynécologie. »

Autre demande majeure, liée au mouvement national : la revalorisation du point pour les professions paramédicales d’indice gelé depuis 10 ans par l’État.

Des membres du personnel de l’hôpital de Saint-Malo, des élus, six pompiers professionnels et de nombreux Dinannais ont constitué le cortège qui a rejoint la sous-préfecture en passant par la rue Chateaubriand, puis la place Saint-Louis, le château et le marché, avant de redescendre par la cité médiévale.

Les habitants mobilisés

Parmi eux, Jérôme, la trentaine, habitant de Dinan : Je suis là parce que je dois la vie aux urgences de Dinan. Il y a quelques années, j’ai été victime d’un grave accident de la route à cinq minutes de l’hôpital. S’il n’y avait pas eu le personnel pour me prendre en charge, je me serai retrouvé à Saint-Malo ou à Rennes. L’intervention aurait été retardée par le temps du transport… C’est pour ça que je les soutiens. Il faut un service de soins de proximité. »

Stella et Ana sont du même avis. « Il faut que les gens qui ont des difficultés à se déplacer puissent être soignés près de chez eux », insiste Ana. Stella poursuit : « Je suis née à Dinan, mes enfants aussi. Nous sommes attachés à notre hôpital. Il faut mettre les moyens pour le garder. »

Christophe Ollivier, maire d’Aucaleuc, lui aussi souhaite se « mobiliser pour notre hôpital » : « Je ne dis pas hôpital de proximité parce que je n’ai pas la même définition que celle de notre ministre », regrette-t-il. L’élu rappelle que « l’hôpital de Dinan est le principal employeur de la région ».

Délégation reçue à la sous-préfecture

Une délégation du collectif a été reçue par la sous-préfète accompagnée par François Cuesta, directeur du Groupement hospitalier de territoire Rance Émeraude.  Au sortir de cette réunion durant laquelle le collectif a fait remonter ses ressentis, Gwenaëlle Martin s’est fait l’écho des propos du directeur : Il nous a annoncés travailler au recrutement de médecins urgentistes et de spécialistes. Mais il ne peut pas tout nous annoncer. »

« On est entendus, apprécie-t-elle. On nous dit que cela avance, après, on ne croit que ce que l’on voit. On espère que ça aboutira. »

7 Nov 19

https://actu.fr/bretagne/dinan

Lire aussi:

Le collectif Blouses blanches des urgences de l’hôpital de Dinan dans la rue pour une marche citoyenne (FR3)

Pourquoi les infirmier-e-s des blocs opératoires vont manifester à Paris ? (FR3)

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05 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

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Mettons la grève du 5 décembre et ses suites sur les rails

À un mois de la journée de mobilisation interprofessionnelle du jeudi 5 décembre, le gouvernement essaie de tenir deux objectifs apparemment inconciliables : maintenir le cap de ses contre-réformes et empêcher la convergence des colères.

Avec « en même temps » un Macron qui étale sa politique anti-migrantEs dans Valeurs actuelles, hebdomadaire d’extrême droite, misogyne, climato-sceptique, et déjà condamné pour incitation à la haine raciale…

Toujours une politique pour les plus riches

En ce début novembre se met en place la réforme de l’assurance-chômage. Le très officiel Unedic estime qu’elle frappera plus de 850 000 personnes, avec une baisse moyenne du montant mensuel de leur indemnisation de 22 %, de 905 euros à 708 euros, les baisses pouvant aller jusqu’à − 50 %, voire davantage !

Dans le même temps, à grands renforts de médias, le pouvoir annonce un plan « hors-normes » pour le 93, département « le plus pauvre » (avec un taux de pauvreté de 28,6 % contre 14,7 % dans l’ensemble du pays), « le plus jeune » (avec 35,4 % d’habitantEs ayant moins de 24 ans), et un des principaux déserts médicaux.

Ce plan consiste à donner quelques miettes (166 euros par mois) aux fonctionnaires qui tentent d’y assurer le minimum de service public, ainsi que des mesures ridicules pour les écoles, les hôpitaux ou le logement…

Et à partir de ce lundi 4 novembre, les femmes, dont le salaire horaire brut moyen est en moyenne inférieur de 15,4 % à celui des hommes, travailleront donc « gratuitement » jusqu’au 31 décembre…

Des colères qui montent

L’appel à la journée du 5 décembre, initié par l’intersyndicale de la RATP, est aujourd’hui largement relayé par la CGT, Solidaires, FO, la FSU et des organisations de jeunesse.

Plusieurs fédérations, Unions départementales CGT, Solidaires, de nombreux syndicats à la RATP, la SNCF, chez les transporteurs routiers, s’engagent sur une grève reconductible. A Montpellier, « l’Assemblée des assemblées » des Gilets jaunes a aussi décidé de rejoindre cette lutte.

Les fortes mobilisations à la RATP, chez celles et ceux concernés par des régimes spécifiques, les coups de colère à la SNCF, la mobilisation des salariéEs et riverains de Lubrizol, le refus des person-nels hospitaliers de la poursuite d’une politique d’austérité destructrice, la contestation dans la jeunesse de l’inaction gouvernementale en matière écologique… Tout montre que la marmite sociale bouillonne.

S’unir et préparer l’affrontement

Face à ce front social, le pouvoir continue de menacer, de réprimer celles et ceux qui s’opposent à sa politique. Mais il veut aussi éviter un affrontement global en faisant mine de prendre en compte des revendications, en jouant la division.

Ainsi, pour les retraites, il laisse ouverte la possibilité d’une « clause du grand-père » un mécanisme qui impliquerait que seuls les nouveaux et nouvelles embauchéEs soient concernés par la réforme. Une façon de proposer une porte de sortie, d’évitement de la mobilisation, aux confédérations syndicales plus ou moins en accord avec le rapport Delevoye…

À l’occasion des journées de mobilisations existantes - le 14 novembre pour l’Hôpital public et dans les Finances publiques, les 16 et 17 avec les Gilets jaunes, le 30 contre le chômage et la précarité, au quotidien dans les entreprises et les services, avec les sans-papiers - il faut préparer la journée du 5 décembre… et surtout les lendemains, avec la mise en place de cadres unitaires et démocratiques, pour discuter et décider touTEs ensemble.

Le gouvernement et le patronat ne connaissent que le rapport de forces ? C’est à nous de le construire !

5 novembre 2019

https://npa2009.org/

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03 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

jac (le télégramme)

paysans
1929. La révolution silencieuse de la JAC

Il y a 90 ans, en novembre 1929, était créée la Jeunesse Agricole Catholique (JAC).

À la fois, mouvement de jeunesse et groupe d’action catholique, la structure a fortement contribué à la modernisation de l’agriculture bretonne, bouleversé les usages sociaux dans le monde rural et formé de nombreux responsables politiques et syndicaux.

« Voir, juger, agir », tel est le leitmotiv des jeunes militants de la Jeunesse Agricole Catholique. Né en 1929, dans le nord-est de la France, ce mouvement s’implante rapidement en Bretagne dès la fin des années 1930. Le terreau est favorable : la région est une terre catholique et rurale, abondamment pourvue en patronages.

La JAC se développe sous l’impulsion de quelques jeunes prêtres dynamiques, qui parcourent leur diocèse à bicyclette, comme Francis Brassier en Ille-et-Vilaine ou Visant Favé dans le  Finistère. L’engouement est fort : en mai 1950, à Paris, au congrès national qui a lieu au Parc des Princes, un dixième des 70 000 participants débarque de Bretagne, affirme Robert Fort ancien Jaciste qui a consacré un ouvrage à l’histoire de la JAC.

Une place donnée aux femmes

Après-guerre, les objectifs de la JAC se déplacent du spirituel vers la technique et l’économie. Le désir de modernité est puissant : à cette époque, l’agriculture bretonne est à la traîne. Les  structures d’exploitations traditionnelles, basées sur la polyculture et l’élevage, exercées dans le cadre familial, restent prédominantes.

Elles dégagent peu de ressources, assurant un faible niveau de vie aux familles d’agriculteurs. La région est enclavée, sous-industrialisée et l’exode rural est massif. Cheville ouvrière de ce virage moderniste, la JAC « va être une courroie de transmission de la modernisation. Au nom du progrès, ces jeunes vont bousculer l’encadrement rural traditionnel et faciliter l’évolution socio-économique », écrit l’historienne Martine Cocaud (2).

Au sein de ce mouvement, une place nouvelle est donnée aux femmes, en créant la JACF, la branche féminine de la Jeunesse Agricole Catholique. Il s’agit de proposer une formation aux jeunes filles du milieu rural, similaire à celle que le mouvement offrait aux jeunes hommes.

Dès le milieu des années 1950, de nombreuses jeunes femmes participent à des retraites ou des stages pour réfléchir aux questions de leur temps. En 1950, dans un livre rédigé par des Jacistes et intitulé « Semblable à lui », elles revendiquent l’importance de leur rôle social et expriment le désir d’avoir des responsabilités, à la fois dans le domaine professionnel mais aussi au sein du foyer. Des enquêtes sont menées, témoignant de leurs conditions de vie et de travail.

« Pour la première fois, le travail des femmes dans les exploitations agricoles acquiert une réelle visibilité. La pénibilité des tâches est dénoncée et cette époque est marquée par un souci de rupture avec le mode de vie passé qui correspond à celui des mères », souligne la sociologue Martyne Perrot.

Les jeunes Bretonnes sont enthousiastes. Pendant l’hiver 1962, 2 000 à 2 500 d’entre elles participent en Ille-et-Vilaine aux « Coupes de la joie » animées par le mouvement. Ces jeunes femmes précipitent la modernisation de l’habitat rural et la transformation des usages sociaux.

Une agriculture modernisée

Pour les garçons également, la JAC est un formidable outil de formation. Alexis Gourvennec, Alphonse Arzel, Georges Dauphin, futurs leaders syndicaux ou élus régionaux, sont tous issus de ce mouvement . Ces jeunes militants remettent en cause une économie paysanne basée sur le culte du travail et le patriarcat. Ils revendiquent désormais une agriculture ancrée dans le progrès technique. L’influence de l’Église est toujours forte : clé de voûte de la société rurale en Bretagne, elle forme cette nouvelle génération de paysans et valorise le changement économique.

Parallèlement, ces idées nouvelles sont aussi valorisées par le CELIB (Comité d’étude et de liaison des intérêts bretons) qui, en soutenant le premier Programme d’action régionale (PAR) en Bretagne en 1956, souhaite sortir la région de son sous-développement agricole.

Ce courant moderniste de la JAC donne naissance au CNJA (Cercle national des Jeunes Agriculteurs), dirigé par Michel Debatisse, puis au mouvement des Paysans travailleurs, créé par Bernard Lambert.

Plusieurs lois agricoles sont promulguées lors de l’avènement de la République : portées par le gouvernement de Michel Debré en 1960, puis par Edgard Pisani en 1962, elles contribuent à moderniser l’agriculture. C’est la fin de cette « révolution silencieuse » qui a modifié en profondeur les campagnes bretonnes.

Dans les années 1960, le mouvement est à bout de souffle et les paysans confrontés à de nouvelles problématiques comme la surproduction ou la désertification du monde rural. La JAC se fond dans un nouveau Mouvement rural de jeunesse chrétienne, le MRJC. Issu de la Jeunesse Agricole Catholique , le MRJC (Mouvement rural de Jeunesse Chrétienne) regroupait 700 à 800 jeunes en Bretagne en 2001.

(1) Robert Fort, « Ils ont révolutionné le monde rural », éditions Le Télégramme, 2001.
(2) Martine Cocaud, Jacqueline Sainclivier, « Femmes et engagement dans le monde rural (19è-20è siècles) : jalons pour une histoire », Ruralia, 2007. François Prigent, « Les paysans socialistes bretons au 20èe siècle », Parlement [s], 2014.Yvon Tranvouez, « Catholiques en Bretagne au 20è siècle », PUR, 2006.

les paysans dans la lutte des classes

Des leaders paysans issus de la JAC

La Jeunesse Agricole Catholique a constitué un véritable creuset, d’où a émergé une nouvelle génération de cadres syndicaux et politiques. Des syndicalistes en premier lieu, comme Joseph Guénanten, Jean Le Floc’h ou Maurice Thareau, sont issus de la JAC.

Le plus célèbre est Bernard Lambert Bernard Lambert a pris rapidement des responsabilités régionales et nationales au sein du mouvement. Paysan en Loire-Atlantique, il prend rapidement des responsabilités régionales et nationales au sein de la JAC. Après un passage par le CDJA, il entre à la FDSEA. Mais rapidement, il critique les orientations du syndicat, accusé de négliger les petits éleveurs et de favoriser les grands exploitants céréaliers. Il crée le syndicat des Paysans Travailleurs, que l’on qualifie parfois d’ancêtre de la Confédération paysanne.

D’autres anciens jacistes croisent sa route, comme Georges Dauphin, conseiller général et maire d’Arzano. Celui-ci a un parcours emblématique : « Il incarna cette fraction progressiste du monde paysan, venue dans les années 1950-1970 de la droite par les réseaux chrétiens et syndicaux par touches successives, qui contribua grandement à la conversion de la Bretagne au socialisme entre 1981 et 2004 », explique l’historien François Prigent.

D’autres figures formées à la JAC ont marqué le paysage politique breton comme Alphonse Arzel, maire de Ploudalmézeau, qui s’est illustré par la suite dans le combat mené pour obtenir réparation après le naufrage de l’Amoco Cadiz.

Autre exemple, Pierre Abéguilé, maire de La Martyre, dans le Finistère, conseiller général apparenté MRP (Mouvement Républicain Populaire) puis CDS (Centre des Démocrates Sociaux), fut profondément marqué par son passage à la JAC. Syndicaliste à la FDSEA, il fut président de la section des fermiers et métayers, dans le Finistère, puis au niveau national.

Commentaire:
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Cette reconversion de l’agriculture bretonne peut être qualifiée de « capitaliste »! Elle a favorisé une concentration des exploitations et des élevages, la destruction de milliers de talus avec les conséquences écologiques actuelles. Cette révolution a aussi jeté le bébé (la culture et la langue) avec l’eau du bain: (le progrès). Nous ne partageons pas la ligne générale « bisounours ». Il y a de fieffées canailles dans ce panorama. Et il ne faut pas oublier Tanguy Prigent !
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