Archive | Luttes paysannes et alimentation

12 septembre 2014 ~ 1 Commentaire

Stop au barrage d’irrigation de sivens!

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Dans le Tarn, à proximité de Sivens, un nouveau grand projet inutile de barrage dédié à l’irrigation du maïs et financé sur fond public à hauteur de 8,4 millions d’euros menace une zone humide classée «remarquable» située au Testet.

Stop à l’artificialisation des terres agricoles

Alors que l’artificialisation des terres agricoles ne cesse de s’accroître pour repré- senter 9,1% du territoire national, les promoteurs de ce projet de barrage s’apprê-, tent à déboiser une vaste zone de 40 hectares, dont 13 hectares de zones humides.

Stop à la destruction de cette zone humide

Une centaine d’espèces animales protégées ont été identifiées sur ce site. Comme de mauvaise coutume, les «déstructivistes» au pouvoir se proposent de créer de toute pièce de nouvelles zones humides au titre de mesures compensatoires. Dans le cerveau étriqué d’un bureaucrate, rien n’est aussi simple que de déplacer une zone humide et des espèces menacées. D’un clic de (chauve)souris, les sala- mandres, couleuvres et autres pipistrelles sont exfiltrées de la zone à bétonner et réimplantées artificiellement dans une nouvelle zone. Simple. Trop simple !!!

Stop au modèle agricole productiviste

Ce barrage est d’autant plus contestable qu’il va de pair avec un modèle agricole productiviste faisant la part belle au couple infernal «maïs / élevage industriel / nitrate /algues vertes». Cette plante, inadaptée à nos latitudes nécessite une très forte consommation d’eau et d’intrants chimiques. Ineptie agronomique, le maïs oblige les agriculteurs à puiser dans les nappes phréatiques et cours d’eau. Au- jourd’hui, l’agriculture absorbe plus de 70 % de l’eau consommée. Pour faire pousser un kilo de maïs, il faut entre 238 et 454 litres d’eau ! Pire, le maïs laisse la terre à nu pendant une très grande partie de l’année, créant les conditions du ruissellement, de l’érosion des terres arables et des inondations à venir.

Stop à la répression des militant-es opposé-es à ce barrage

Depuis plusieurs semaines, cet énième grand projet inutile cristallise l’opposition de militant-es mobilisé-es. Ces derniers sont confronté-es à un déploiement de force et de violence policière que les zadistes de Notre-Dame des Landes n’ont que trop bien connu.

Au Testet avec ce projet de barrage comme à Drucat avec le projet de ferme-usine des 1000 vaches, ce modèle agricole dépendant du maïs et du soja vacille. Pour que la transition agricole que nous appelons de nos voeux voie enfin le jour, ces grands projets inutiles doivent être abandonnés.

SIGNEZ pour défendre la zone humide du TESTET !

 

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11 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Nous pourrions nourrir deux fois la population mondiale, et pourtant… (le point)

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Olivier De Schutter, ex-rapporteur spécial de l’ONU, dénonce l’inertie du système agri- cole mondial. Pour lui, le droit à l’alimentation est encore une fiction. Taxer les produits à l’intérêt nutritif nul, redonner du pouvoir aux paysans, limiter le modèle de l’agri- culture exportatrice face aux cultures vivrières… Autant de pistes qui pourraient endiguer la faim et la malnutrition dans le monde.

Elle tue plus que le cancer, la guerre ou les catastrophes naturelles.
En 2014, la faim est toujours d’actualité. Plus d’un milliard de personnes souffrent de sous-alimentation. Deux milliards de plus sont mal nourries. En parallèle, on dénombre 1,3 milliard d’individus en surpoids ou obèses. Cherchez l’erreur! Sur- tout quand on sait que la planète pourrait produire largement assez pour nourrir tout le monde. (…)
Le Point: En 2000, un des Objectifs du millénaire était de diviser par deux la faim dans le monde d’ici 2015, on en est loin. Quels nouveaux objectifs et surtout, quels moyens, faut-il prendre pour les prochaines années ?

Olivier De Schutter : Il y a un consensus sur la nécessité de réinvestir dans l’agriculture, mais pas n’importe laquelle. Celle entre les mains des petits produc- teurs, qui souvent font appel à une main-d’oeuvre familiale, dans les pays où la productivité est la plus basse, notamment l’Afrique subsaharienne. Même si ce diagnostic est très partagé, les solutions proposées dans les Objectifs du dévelop- pement durable en train d’être adoptés à New York (en remplacement des Objectifs du millénaire, NDLR) vont dans le mauvais sens.

Je suis inquiet que l’on continue de prôner les vieilles recettes de la libéralisation des produits agricoles, qui ont prouvé qu’elles échouaient. Libéraliser, ça veut dire mettre en concurrence les agricultures du monde entier, sacrifier les moins com- pétitives et encourager une agriculture focalisée sur l’exportatrice plutôt que sur les cultures vivrières.

Il faut aller vers l’autosuffisance de chaque pays ?

Pas nécessairement, mais il faut aller vers un rééquilibrage entre les marchés in- ternationaux et locaux, qui ont été sous-développés. On n’a pas tiré tous les ensei- gnements des crises alimentaires. Il y a une vraie tension entre l’objectif affirmé d’aider les plus petits et miser, encore, sur le développement du commerce international.

Le droit à l’alimentation est donc, encore aujourd’hui, une fiction ?

Malheureusement, oui, dans bien des cas. Pourtant, nous vivons dans un monde qui, si l’on gérait adéquatement nos ressources, pourrait nourrir pratiquement deux fois la population de la planète. On produit l’équivalent de 4 500 kcal par per- sonne et par jour. C’est deux fois plus que les besoins journaliers de 7 milliards d’habitants…

Vous avez pris vos fonctions en pleine crise, en 2008. Dans quelle mesure l’agriculture mondiale est-elle devenue le terrain de jeu des spéculateurs ?

Cela a été très vrai entre 2008 et 2011, mais, depuis, les investisseurs sont moins intéressés aujourd’hui à l’idée d’accaparer les terres pour produire. Sur les mar- chés financiers, des mesures ont été prises pour limiter la trop grande volatilité des cours. Comme avec la mise en place du Agricultural Market Information Sys- tem, coordonné par la FAO (sur le prix du riz, du blé, du soja et du maïs, NDLR).

Mais le cartel des céréaliers reste une réalité aujourd’hui…

On sait que quatre entreprises* céréalières majeures monopolisent pratiquement le commerce international. Leur poids est encore plus excessif dans certaines ré- gions. Cela entraîne des rapports de force extrêmement inégaux dans les chaînes alimentaires, du producteur au consommateur. Renforcer les organisations pay- sannes face à leurs intermédiaires, c’est un tabou dont on ne parle jamais dans les sommets internationaux.

Comment faire en sorte que les paysans aient leur mot à dire ?

Il est frappant de voir que, quand les prix augmentent, les paysans n’en profitent guère et que, quand les prix baissent, ils sont payés moins. L’organisation en coo- pérative peut aider à renforcer leur pouvoir de négociation, à mieux choisir leurs acheteurs. Il faut aussi qu’ils soient mieux informés des prix auxquels ils peuvent prétendre.

Dans les pays qui ont franchi le pas, peut-on dire aujourd’hui que le rôle des OGM a joué un rôle positif ?

C’est un chiffon rouge, qui a beaucoup trop monopolisé l’attention. En réalité, les OGM ont été bénéfiques à certains agriculteurs, dans certaines conditions, com- me aux États-Unis. C’est un type de technologie adapté à leur agriculture indus- trielle. Mais dans beaucoup de cas, les OGM ne sont pas soutenables pour l’envi- ronnement, appauvrissent la biodiversité et, contrairement à ce qu’on pense sou- vent, augmentent à terme l’utilisation des pesticides. C’est aussi une technologie chère, pas adaptée pour les petits paysans qui dépendent du rachat de semences brevetées.

La malnutrition n’est pas qu’une affaire de pays du Sud. Aux États-Unis, l’écart se creuse entre la qualité du régime alimentaire des plus riches et des plus pauvres… Comment expliquer ce « quart-monde » des mal-nourris?

Dans les pays développés, ce sont les groupes sociaux les moins favorisés et les moins bien logés, ceux qui passent leur temps dans les transports, qui sont les moins bien alimentés. Ils sont les premières victimes de diabète, de maladies car- dio-vasculaires, de cancers. J’ai longtemps pensé que le facteur décisif était le prix des fruits et des légumes. Ce n’en est qu’un parmi d’autres. Les plus décisifs sont le groupe social auquel on appartient, ses normes et aussi le temps que l’on a pour cuisiner des aliments frais.

Êtes-vous toujours partisan de taxer plus fortement les produits trop gras et sucrés, à faible valeur nutritive ?

Oui, ce serait un très bon signal. Comme pour le tabac et l’alcool, les sodas et les aliments que les Anglo-Saxons appellent les HFSS (à forte teneur en gras, sucre et sel) doivent être taxés pour en décourager la consommation. Ils sont nocifs pour la santé! C’est ce que le Mexique a fait depuis novembre 2013, cela va dans le bon sens.

Après six ans de mandat, quel est votre plus gros regret ?

J’ai sous-estimé le verrouillage et l’inertie du système existant. Dans mon rapport final que j’ai remis en mars, j’ai identifié les sources de ces blocages. Il faut plai- der aujourd’hui pour une réappropriation par les citoyens du système alimentaire. Ils sont expropriés de ce système, ils n’ont guère les moyens de l’influencer. Les décisions prises le sont en faveur des lobbys, et non des populations. Le seul obs- tacle, au fond, n’est pas technique. Il est de nature politique. Le Point – Publié le 09/09/2014 à 11:08 – Modifié le 09/09/2014 à 11:54

* Soit Archer Daniels Midland (ADM), Bunge, Cargill et Louis Dreyfus – trois firmes américaines et une française -, surnommées les « ABCD companies ».

http://www.lepoint.fr/environnement/nous-pourrions-nourrir-deux-fois-la-population-mondiale-et-pourtant-09-09-2014-1861529_1927.php

Commentaire: Mais que fait la FNSEA, si le point peut dire çà?

 

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09 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Du tracteur à l’âne

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Conférence gesticulée samedi 13 septembre à Trezenvy, Plougasnou

Bonjour
Nous avons le plaisir de vous convier à une soirée conférence gesticulée, intitulée Du Tracteur à l’âne, de et avec Marc Pion. Cette conférence sera en deux parties, avec un entracte repas pour ceux qui le souhaitent.
Nous sommes vraiment heureux de vous faire partager ce moment qui est assez exceptionnel puisque cette conférence traite d’un thème cher à la ferme de Trézenvy, l’agriculture en traction animale.

 

A ce lien vous trouverez des détails sur cette conférence :

http://du-tracteur-a-l-ane.blogspot.fr/p/ma-conference.html

 

L’entrée est en prix libre, le repas est à 7 euros. Les bénévoles vous auront cuisiné un repas bio avec entre autre les légumes de la ferme (cultivés en traction animale!).

Le dimanche, nous vous donnons également rendez-vous pour un atelier intitulé « Comment passer d’une agriculture productiviste à une agriculture paysanne ? », animé par Marc Pion, avec les techniques de l’éducation
populaire, afin de trouver tous ensemble des solutions. Cet atelier aura lieu de 10h à 13h le 14 septembre.

http://nddl.morlaix.overblog.com/

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05 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Pollution aux nitrates (fr3)

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La cour de justice européenne condamne une nouvelle fois la France

Ce jeudi, la Cour de justice de l’Union européenne a condamné une troisième fois la France pour non respect de la directive « nitrates ». Dans une très grande partie, la France n’a pas correctement transposé la directive, si bien qu’il y a un risque de pollution des eaux par l’azote. Pas d’amende pour autant. Après ses précédents arrêts du 8 mars 2001 (non-conformité de la teneur en nitrates des eaux super- ficielles alimentaires de certains bassins bretons) et du 13 juin 2013 (désignation incomplète des zones « vulnérables » à la pollution des eaux par les nitrates), la Cour de justice Européenne condamne la France une troisième fois.

L’arrêt rendu ce jeudi, sanctionne cette fois l’insuffisance des mesures mises en œuvre :
- des périodes d’interdiction d’épandage trop courtes,
- une réglementation qui ne veille pas à ce que les agriculteurs et les autorités de contrôle soient en mesure de calculer correctement la quantité d’azote pouvant être épandue, afin de garantir l’équilibre de la fertilisation
- des apports excessifs d’effluents animaux sur les sols ou des apports non spécifiés.
- l’épandage de fertilisants sur les sols pris en masse par le gel ou enneigés

La France échappe cependant à une amende pécuniaire. Reste à la France à remédier aux manquements. Dans le cas contraire, la Commission pourrait introduire un nouveau recours, exposant alors la France à des astreintes financières.

La réaction de l’association Eau & Rivières Le dossier des nitrates et de la pollution aux algues vertes, est de longue date un cheval de bataille de l’association environnementale Eau & Rivières de Bretagne. Suite à la condamnation de la France ce jeudi, elle considère que « cette nouvelle condamnation n’est évidem- ment pas une surprise, tant les gouvernements successifs ont tellement tergi- versé et fui leurs responsabilités, pour ne pas déplaire à la FNSEA ».

Pour le vice-président d’Eau & Rivières de Bretagne, Dominique Avelange, « Il est urgent de changer de braquet si nous voulons éviter de payer des amendes astronomiques ! ».  L’association demande au gouvernement de mettre en œuvre rapidement trois mesures: taxer les engrais chimiques azotés, utiliser les aides de la politique agricole commune pour encourager les pratiques agricoles à basses fuites d’azote, renforcer et mieux contrôler la réglementation dans les zones vulnérables.(…)
Rappels sur la directive « nitrates » Afin d’améliorer la qualité de l’eau dans l’Union européenne, la directive « nitrates », a été instaurée en décembre 2001. Elle réglemente l’épandage d’engrais azotés dans l’agriculture, les effluents d’élevage notamment. Cette directive vise ainsi à empêcher les agriculteurs d’épandre plus d’azote que ce dont les plantes ont besoin à un moment donné. Si cette quantité est dépassée, l’azote risque de ne pas être consommé par les plantes et de contaminer l’environnement.

Il convient de souligner que ce n’est pas l’azote qui pose problème en tant que tel, celui-ci étant présent en grandes quantités dans l’air, mais certains com- posés azotés dont les plantes ont besoin pour leur croissance, comme notamment les nitrates. Ces derniers peuvent polluer les eaux lorsqu’ils ne sont pas absorbés par les plantes. Ils se dissolvent dans l’eau et peuvent ainsi atteindre par infiltration les eaux souterraines ou les eaux superficielles. Celles-ci peuvent aussi être pol- luées par des nitrates présents dans l’eau qui s’écoule en surface. Dans les eaux superficielles, les nitrates agissent comme un fertilisant et favorisent par consé- quent la croissance de certaines algues, lesquelles peuvent affecter la qualité et la biodiversité des eaux. De surcroît, certaines espèces d’algues, qui dégagent des substances toxiques, peuvent proliférer. Le littoral breton est depuis plus de 30 ans le théâtre de pollutions massives aux « algues vertes », provoquées principalement par l’excédent de nitrates dans les cours d’eau.

La Commission européenne considérait que la France n’avait pas garanti la mise en œuvre correcte et complète de toutes les exigences de la directive dans les zones vulnérables polluées par les nitrates ou susceptibles de l’être (ce qui repré- sente environ la moitié du territoire français). Elle avait donc introduit un deuxième recours en manquement contre la France devant la Cour de justice.

Par Thierry Peigné  le 04/09/201410:54

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/2014/09/03/pollution-aux-nitrates-la-cour-de-justice-europeenne-condamne-une-nouvelle-fois-la-france-543544.html

Commentaire: Tout ceci ne concerne ni les fongicides, ni les pesticides qui eux provoquent tout un tas maladies dont les agriculteurs sont les premiers à faire les frais.

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02 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Une agriculture écologique et créatrice d’emplois est possible (reporterre)

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*
Devant la disparition continuelle du travail agricole et rural, il est urgent de réagir. Il faut réduire les inégalités liées aux revenus en répartissant équitablement les aides entre les grosses exploitations et les plus modestes. Et rompre avec le système agro-industriel qui échoue à créer de l’emploi et à nourrir les hommes.

Mieux répartir les soutiens à l’agriculture Devant la disparition continuelle du travail agricole et rural et la précarisation de ce qu’il en reste, nous nous inquié- tons de la répartition des revenus, jusqu’à présent attachés au travail, et cher- chons des moyens de réduire les inégalités. Les politiques agricoles qui se succè- dent accompagnent cette dégradation de nos modes de vie.

Il y a urgence, et les propositions qui nous sont faites ne sont pas à la hau- teur. Aujourd’hui, en France et en moyenne, à peine une installation sur deux est «aidée». Nous revendiquons que toutes les exploitations, même les plus modestes et les plus sobres, bénéficient de la mutualisation des richesses pour la mise en place des outils de production de base, dans une limite maximum définie.

Dans notre pays, chaque génération s’endette pour acquérir la terre. Long- temps, la réalité de la gestion du sol a été autre, celle par exemple des Communs qui permettaient aux paysans de cultiver sans cette charge. Nous revendiquons une implication des citoyens et des collectivités dans une politique foncière don- nant les moyens de cultiver la terre sans l’acquérir.

Les aides agricoles créent des inégalités terribles par leur répartition liée aux animaux et à l’hectare. D’une façon ou d’une autre, tous les secteurs de l’économie bénéficient d’argent public. Cessons d’appeler «aide» ce soutien à l’agriculture; et exigeons déjà une répartition du soutien au revenu des paysans liée à l’actif agricole.

L’échec de l’industrialisation de l’agriculture L’industrialisation de l’agriculture échoue à nourrir les hommes et détruit l’emploi. De nombreux pays dans le monde pratiquent l’agro-écologie paysanne sur le modèle d’une agriculture familiale. Une agriculture avec des pratiques vivantes, sociales et écologiques ancrées dans les territoires…

C’est cette agro-écologie paysanne-là que nous voulons voir se généraliser pour notre agriculture, demain.

Actuellement, le modèle agricole qui se développe exige autant de terre hors de nos territoires qu’elle utilise de surface localement. Ce n’est pas durable pour notre planète et c’est insupportable pour les paysans d’ailleurs. Nous refusons cette évolution. Nous avons l’impérieuse nécessité de nous rassembler largement pour contribuer à construire un véritable mouvement en faveur de la souveraineté alimentaire, ici et là-bas.

Nos pratiques paysannes contribuent à notre bien-être et notre satisfaction professionnelle: ils sont visibles, ils sont aussi durables.

Ce qui y concourt n’est pas aujourd’hui l’objectif des politiques publiques. Nous demandons une véritable évaluation de l’agriculture qui prendrait en compte l’ensemble des coûts. Cette plus juste évaluation mettrait en évidence l’échec éco- nomique de la politique industrielle, montrerait qu’elle est déficitaire et décons- truirait le mythe de l’exportation.

L’agriculture est l’affaire de tous parce que l’alimentation est l’affaire de tous.
Nous nous inscrivons dans un mouvement de transformation nécessaire, qui touche tous les secteurs d’activité.

Rencontres nationales des agricultures mardi 2 septembre 2014

Nos organisations AFIP, Accueil Paysan, FADEAR, FNCIVAM, MRJC, Terre de Liens et MIRAMAP (membres du collectif INPACT) ainsi que Nature & Progrès, la Confédération Paysanne, les Amis de la Confédération Paysanne, le MODEF et Solidarité Paysans se sont retrouvées les 22, 23 et 24 août à Dardilly (69) lors des Rencontres Nationales des Agricultures sur le thème du travail agricole et rural.

Source : Manifeste des 2es Rencontres nationales des agricultures

Lire aussi : Chômage ? On peut créer 600 000 emplois dans l’agriculture !

http://www.reporterre.net/spip.php?article6229

Des réactions:

npa agricol

salut

S’affranchir des aides publiques est  la seule solution. Les politiques agricoles se succèdent et se ressemblent puisqu’elles sont issus du même systhème. Rompre avec le productivisme et produire de la qualité alimentaire est le défi a relever, et sans les aides. Avoir les bons outils et le savoir faire paysan, créer du lien avec le consommateur pour une alimentation saine avec du gout accessible à tous, une agriculture reconnue et respectée de tous dans sa fonction première de nourrir

voila le sens de ma vie de paysan anticapitaliste. Michel K

npa agricol
Salut à vous,
Entièrement d’accord avec Michel et quelques remarques:
- Le savoir-faire paysan se perd malheureusement actuellement avec le renouvellement des générations: il faudra donc former des jeunes motivés et leur favoriser l’accès à la terre, alors, le métier se revalorisera de lui-même.
- Un plan de réorientation des productions agricoles et agro-alimentaires, des formations de reconversion devront être mis en place.
- Il est relativement facile d’alimenter en bio un territoire restreint et déjà agricole, autre chose est d’approvisionner les mégapoles: il faudra donc reconquérir des espaces dédiés à des productions inutiles ou asphaltés ou bétonnés.
- Le lien avec le consommateur potentiel relève d’une information honnête et pédagogique pour une autre croissance (décroissance); d’où reprise en main, sous contrôle public, des moyens d’information.
Le problème posé remet en cause beaucoup de dogmes capitalistes et en ce sens, c’est un bon angle d’attaque pour en finir avec le système et la corruption généralisée. Jean M

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01 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Dette et agriculture industrielle (cadtm)

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Une union sacrée

 

La dette et l’agriculture industrielle sont fortement liées. Pour comprendre cette interconnexion, il est nécessaire de revenir sur le cercle vicieux de la dette. En analysant d’abord comment la conditionnalité des prêts des institutions financières internationales (IFI) a favorisé une agriculture extractive et a renforcé la dépen- dance des pays du Sud. Puis, en mettant en avant la corrélation entre l’émer- gence d’une agriculture industrielle et l’endettement privé des paysans du Sud comme du Nord.

Comment la dette influence les politiques agricoles ?

Du système colonial…Le système colonial a restructuré les agricultures des pays du Sud dans le but de fournir à ses métropoles les produits dont elles avaient besoin |1|. Durant cette période, l’Europe importait de ses colonies des matières premières (des épices, du sucre, du café, du coton, du caoutchouc, etc.) ainsi que des céréales afin de nourrir sa population urbaine croissante et ainsi encou- rager le processus d’industrialisation. Les pays du Sud ont été ainsi forcés d’éta- blir un système agricole tourné vers les exportations |2|.

Après la décolonisation, les Etats nouvellement indépendants ont essayé d’inter- venir dans l’économie et particulièrement dans l’agriculture pour mettre fin à la dépendance envers les importations étrangères. Mais très vite, l’Etat intervention- niste fut taxé d’inefficacité et les anciennes structures coloniales remplacées par le mécanisme de la dette, qui fut (et est encore) fondamental pour maintenir cette relation de dépendance.

…à celui de la dette Pendant les années 1960, les banques occidentales regor- geaient d’eurodollars (provenant principalement du Plan Marshall après la Secon- de Guerre Mondiale), prêts à être investis. A partir de 1973, le choc pétrolier a entraîné une augmentation des prix du brut de 70% assurant ainsi d’importants revenus aux pays exportateurs de pétrole. L’argent issu de la vente du pétrole a été déposé dans les banques occidentales qui ont accumulé encore plus de capi- tal grâce à ce que l’on appelle alors les pétrodollars. En raison du nombre élevé de liquidités disponibles, les taux d’intérêts ont considérablement baissé et les ban- ques occidentales ont encouragé les pays du Sud à emprunter. Ceci constitue la part dite privée de la dette extérieure des pays du Sud |3|.

De plus, la crise du pétrole a également déclenché une récession écono- mique en Europe, laissant les produits du Nord invendus. A ce stade, les pays du Nord ont commencé à prêter de l’argent au Sud dans l’optique de créer un mar- ché où leurs produits pourraient être écoulés, en prétextant toutefois favoriser le développement de ces pays. Pour l’essentiel, l’argent prêté fut dépensé dans les économies des pays créanciers: «Je te prête 10 millions à bas taux, à condition que tu achètes chez moi des marchandises pour 10 millions… » |4|. Ces crédits constitueront la partie bilatérale de la dette des pays en développement.

De 4-5 % dans les années 1970, les taux d’intérêts sont passés à 16-18% à la fin de la décennie, principalement en raison de la décision unilatérale des Etats- Unis d’augmenter leurs taux d’intérêts directeurs. Comme les prêts étaient à taux variables, les pays du Sud ont dû soudainement rembourser trois fois le montant des intérêts initiaux.

Dans le même temps, les pays en développement ont dû faire face à un autre événement déterminant : la baisse des prix des matières premières et des produits agricoles qu’ils exportaient. En effet, leur spécialisation dans les produits expor- tables a conduit à une abondance de ces derniers sur le marché mondial et en a fait ainsi chuter les prix. De plus, en raison d’une faible demande, les exportations vers le Nord ont diminué. Les pays du Sud ayant besoin de liquidités pour rem- bourser leurs dettes ont compensé ce manque d’exportations avec l’augmentation de la production, ce qui a fait chuter les prix davantage |5|. Tout au long des années 1980, le Sud s’est retrouvé dans le cercle vicieux de l’endettement et s’est avéré incapable de rembourser sa dette: la crise de la dette a commencé.

En réponse à la crise de la dette des pays du Sud, les Institutions Financières Internationales (IFI), en particulier le Fond Monétaire International (FMI), leur ont accordé de nouveaux prêts conditionnés, plus connus sous le nom de Program- mes d’Ajustements Structurels (PAS). Grandement à la mode à cette époque, ces derniers ont renforcé la mise en place d’une agriculture tournée vers l’export et ont accentué cette relation de dépendance commencée durant la période coloniale. Les élites corrompues des pays du Sud ont également joué un rôle fondamental dans le maintien des politiques néocoloniales. Les dirigeants opposés à ce sys- tème de dépendance ont été renversés par des coups d’États et des guerres, alimentés en armes par le Nord.

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25 août 2014 ~ 0 Commentaire

Nourrir l’humanité ou nourrir le capital, il faut choisir !

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Atelier anticapitaliste du NPA32 

Nourrir l’humanité ou nourrir le capital, il faut choisir !

Mardi 23 septembre ; Salle du Boulodrome. Auch.

L’agro-industrie ou agri-business est centrée sur l’agriculture (et la pêche) mais regroupe aussi en amont les industries des intrants (semences, engrais, biocides, énergie) et du matériel agricole, et en aval, les entreprises de stockage et de transformation (agroalimentaire bien sûr, mais aussi pétrolière avec les agrocar- burants et industrielle comme pour le textile et les isolants naturels). Se rajoutent évidemment les services associés comme le transport, le négoce et la spécu- lation !.
Ne font pas partie de cette industrie, le commerce, la grande distribution, la res- tauration, même si le lien entre grande distribution et agro-industrie est évident. En effet la grande distribution, n’est-elle pas l’industrialisation du petit commerce ?

Le poids de cette industrie est gigantesque. Et son périmètre ne fait que croî- tre puisqu’on se tourne de plus en plus vers l’agriculture pour résoudre les problè- mes énergétiques, comme on l’a vu avec les agro-carburants et avec la méthani- sation aujourd’hui.

En France 2013, le solde commercial du secteur agroalimentaire est de 8,5 mil- liards d’euros, juste derrière l’aéronautique. Le chiffre d’affaires, lui est de 160,5 milliards d’euros et donc la première industrie de France.

Dans le monde, le secteur agroalimentaire représente 20 billions de $ soit 30 % de l’économie. On pourrait même dire que que l’agro-industrie est liée de près à tous les maux de capitalisme: santé, environnement, conditions de travail, finance…

Voilà donc pourquoi le NPA doit s’intéresser à cette industrie et ce sera le sujet de notre atelier anticapitaliste de rentrée.

Nous vous convions à venir nombreux en discuter le 23 septembre à la salle du Boulodrome à Auch à 19h30. Ce sera aussi l’occasion de nous de démarrer la rentrée par un pot convivial.

http://www.npa32.fr/spip/spip.php?article883

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12 août 2014 ~ 0 Commentaire

Afrique: les paysans africains livrés aux agro-impérialistes (ael)

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Le Continent africain, qui possède à lui seul un quart des terres fertiles mondiales, concentre 41% des transactions foncières, sur un nombre total de 1 515 transactions à travers le monde, selon un récent rapport de l’ONG ActionAid International, datant de fin mai 2014.

«Depuis l’an 2000, plus de 1600 transactions de grande échelle ont été documen- tées, soit une superficie totale de 60 millions d’hectares», a avancé l’ONG qui a précisé qu’«aussi, il est probable que bon nombre d’acquisitions de moyenne ou grande envergure demeurent à ce jour ni documentées, ni quantifiées».

Ce rapport d’une vingtaine de pages, intitulé Hold up sur les terres : comment le monde ouvre la voie aux accaparements des terres par les entreprises, nous révè- le en effet l’ampleur de ce phénomène qui menace, non seulement la survie de millions de personnes dans le monde, mais également les écosystèmes, les forêts et les espèces animales en danger de disparition.(…)

Des Etats se sont aussi mis à acheter les terres fertiles pour satisfaire leurs besoins alimentaires et fabriquer les biocarburants. L’Arabie saoudite, le Qatar, l’Inde sont souvent cités dans les rapports de ces ONG qui ont identifié aussi les grandes puissances, comme les Etats-Unis, certains Etats membres de l’Union européenne (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Pays-Bas), et, depuis quel- ques années, la Chine qui veut avoir sa part en Afrique pour satisfaire sa demande locale.

En Afrique subsaharienne, région à forte instabilité politique et sécuritaire, l’accaparement du peu de terres fertiles s’est fait par les autorités qui ont privé des milliers de paysans de leur principale ressource de survie. La saisie des terres a été facilitée par l’absence des actes de possessions que ces paysans n’ont jamais pu établir, dans une région où les biens sont gérés par les chefs de tribus.

États en guerre, pays à vendre? En Afrique subsaharienne, 10% de ces terres arables sont inscrites aux registres officiels. Sous-couvert de relance de l’agri- culture pour éradiquer la famine qui ravage régulièrement des millions de per- sonnes dans cette zone aride, les gouvernements locaux ont cédé presque à un prix symbolique des centaines de milliers d’hectares aux fabricants de biocar- burants, ont dénoncé de nombreuses ONG, dont Grain qui fait constamment l’objet d’attaques de la part de certains pays acheteurs de ces terres. (…) Madagascar qui a vécu une crise politique en 2009, suite à une protestation contre la vente de 300 000 hectares de terres à la firme sud-coréenne Daewoo, reste une cible des prédateurs de terres fertiles.

Autrement dit, outre la guerre autour du contrôle des gisements pétroliers et miniers dans ces pays, une autre guerre se déroule loin des regards et de la curiosité des médias qui ne voient souvent en la révolte des pauvres en Afrique que les violences tribales autour de l’exploitation des points d’eau et des zones de pâturages. Pourtant, des dizaines de personnes, entre agriculteurs et éleveurs, subissent la répression de leurs gouvernements qui les chassent à coup de pou- dre et de bulldozers de leurs territoires qu’ils occupent depuis des lustres.(…)

Au lieu de mettre en place une politique agricole vivrière qui lui garantirait la sécurité alimentaire, le gouvernement de Maputo préfère céder ses terres à la destructrice industrie des biocarburants. Pendant ce temps, 40% des Mozam- bicains souffrent de malnutrition, selon les chiffres officiels des ONG onusiennes.

La République démocratique du Congo (RDC) n’a pas dérogé à la règle puis- que 50% de ses terres fertiles sont passées sous le contrôle des pays étrangers et des firmes internationales qui sont plus intéressés par l’exploitation du sous-sol que par l’agriculture, sans payer la moindre taxe ou redevance.

Et quand ils doivent payer, les sommes sont dérisoires et profitent plutôt aux membres du clan au pouvoir. C’est le cas aussi chez le voisin de la République congolaise qui a cédé 46% de ses terres fertiles aux mêmes prédateurs qui sont à l’affût de la moindre parcelle de terrain cultivable, que ce soit pour l’industrie agro- alimentaire ou pour nourrir la population du pays acheteur, comme dans le cas de l’Arabie saoudite et du Qatar, deux pays désertiques qui importent toute leur nourriture.

Ces deux pays ont acquis, au prix de la répression menée par le gouverne- ment d’Addis-Abeba contre les paysans et les éleveurs, des dizaines de milliers d’hectares pour satisfaire leur demande intérieure en fruits et légumes. Les dénonciations des massacres orchestrés par l’armée éthiopienne pour défricher le terrain aux «investisseurs» sont restées lettre morte.

Qui sont les acheteurs? «Les États-Unis sont à l’origine de la plupart des inves- tissements conclus (7,09 millions d’hectares), suivis par la Malaisie (3,35 m ha), les Émirats Arabes Unis (2,82 m ha), le Royaume Uni (2,96 m ha), l’Inde (1,99 m ha), Singapour (1,88 m ha), les Pays-Bas (1,68 m ha), l’Arabie saoudite (1,57 m ha), le Brésil (1,37 m ha), et la Chine (1,34 m ha)», (…)

Les paysans des pays africains essayent de s’organiser, aidés par les ONG qui tentent tant bien que mal d’alerter l’opinion publique internationale et les hautes instances onusiennes. Un combat qui, pour le moment, est compromis dans bien des cas où les dictatures locales répriment et emprisonnent tous ceux qui osent se mettre face à ce qui est appelé projet d’investissement, développement durable, relance économique, etc.

11 août 2014 par Lyès Menacer http://fr.allafrica.com

http://www.afriquesenlutte.org/communiques-luttes-et-debats/livres-etudes-debats/article/afrique-les-paysans-africains

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11 août 2014 ~ 0 Commentaire

Inde, bras de fer autour des ogm (ci)

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Malgré les avis des scientifiques, le gouvernement indien avait décidé, en juillet, d’élargir les OGM en plein champ à de nouvelles cultures, parmi lesquelles l’auber- gine, premier légume consommé dans le pays.
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Une décision qui divise, y compris au sein du mouvement national-hindouiste.
Le gouvernement indien vient de céder à la pression de la société civile. Et de reculer sur les essais en plein champ de plusieurs variétés d’OGM. En effet, le 15 juillet, le gouvernement indien avait donné son feu vert pour la mise en culture en plein champ, à des fins expérimentales, de 21 plantes, dont le coton, le riz, la moutarde et l’aubergine.
*
Une décision prise contre l’avis de plusieurs commissions scientifiques, et en dépit de toutes les promesses faites pendant la campagne par le Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien, formation national-hindouiste, au pou- voir depuis mai 2014), comme le rappelait quelques jours plus tard un éditorial de Jansatta, un grand quotidien en hindi: « Dans son programme électoral, le BJP s’était engagé à ce qu’aucune décision ne soit prise pour étendre les expéri- mentations sans évaluation scientifique préalable. Encore une fois, le ministère de l’Environnement s’est assis sur ces promesses et sur les recommandations des scientifiques. [...] Le ministre de l’Environnement, Prakash Javdekar, qui enthou- siasme les milieux industriels, ne s’inquiète pas [des dangers des OGM] et a déjà pris pas mal de mesures antiécologiques », s’insurgeait le journal. Et « le but est évidemment d’ouvrir la voie à une généralisation de cette pratique » et de satisfaire les grosses entreprises comme Monsanto.
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Les agriculteurs, et notamment les producteurs d’aubergines, premier légu- me consommé dans le pays – se sont mobilisés, et de nombreuses manifestations ont eu lieu pour protester contre cette mesure. Deux groupes en particulier, le Swadeshi Jagran Manch, un groupe de pression en faveur du nationalisme éco- nomique, et le Bharatiya Kisan Sangh, un syndicat paysan, se sont dressés con- tre cette décision. Ils sont parvenus, le 29 juillet, à la faire suspendre, au moins de façon provisoire.
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Le gouvernement ne devrait pas reculer Ces deux formations appartiennent toutes les deux au Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS, Association des volon- taires nationaux et maison mère du national-hindouisme), tout comme le  BJP, qui est la branche politique de ce mouvement. Et « c’est la première intervention réus- sie de ces groupes dans le domaine économique », note le Business Standard. C’est en effet la première  fois que des groupes appartenant au RSS s’opposent à une décision du BJP, issu également du RSS. La question des OGM est donc en train de provoquer la première division visible au sein de la mouvance national-hindouiste.
*
Pourtant, même si des précautions doivent être prises, ce mouvement met en danger le développement de variétés génétiquement modifiées locales, et c’est pourquoi le gouvernement ne devrait pas reculer, indique le même magazine dans un éditorial publié le 30 juillet et intitulé : « Contre la science ».
*
Pour l’heure, seul le coton Bt, mis au point par Monsanto et qui produit un insecticide pour lutter contre le ver de la capsule, est cultivé en Inde. Il est autorisé depuis 2002 et représente plus de 90 % des cultures de coton du pays. Mais des résistances sont apparues. Et l’utilisation massive de ce coton a ouvert la porte à d’autres insectes ravageurs. En août 2012, l’Etat du Maharashtra, dans l’ouest de l’Inde, a d’ailleurs interdit à Mahyco, le distributeur local de Monsanto, de vendre les graines de son coton OGM. Courrier international  Ingrid Therwath 9 août 201
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Commentaire: Attention, vocabulaire, il faut dire « ce sont les « Ogm » qui vont sauver les peuples affamés »! Parce que si on disait « c’est Monsanto le producteur d’ogm, qui va les sauver », cela ferait rire tout le monde. Et voilà les affamés d’indiens qui ne veulent pas être « sauvés de la faim par les ogm ». (Et si on les bombardait?)

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31 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

L’Europe impose à l’afrique un traité pire que le tafta (reporterre)

usa afrique

 

L’Union Européenne a signé avec seize pays d’Afrique de l’Ouest un accord dit de partenariat économique.

Pire que le Traité transatlantique avec les Etats-Unis, l’APE est un blanc-seing donné par la Commission européenne aux multinationales pour piller les ressou- rces et le marché africains. Un appel est lancé pour appeler les élus européens à ne pas ratifier cet accord.Nous avons pris à quelques-un-e-s (Jacques Berthelot, Jean Gadrey, Susan George et Majdouline Sbaï) l’initiative d’un appel dont l’am- bition est de bloquer l’adoption par le Parlement européen d’un projet très avancé, qui a exigé des années de négociations souterraines, à l’abri du regard et des exigences de la société civile: un APE, accord dit de partenariat économique avec seize pays de l’Afrique de l’Ouest, sous la pression de l’UE.

C’est pour nous un TAFTA (le grand marché transatlantique entre l’UE et les Etats-Unis) en pire. En pire en tout cas pour les peuples d’Afrique de l’Ouest. J’ai déjà consacré un billet à ce projet funeste et deux billets au projet TAFTA ou GMT, dont celui-ci.(…)

Nous espérons également que notre appel confortera la société civile africaine, mobilisée depuis quatorze ans contre ces projets d’APE, et qui va encore mener des mobilisations dans les pays concernés, dont il semble que les Parlements doivent se prononcer.(…)

TEXTE DE L’APPEL :

Le Parlement européen ne doit pas ratifier l’accord « de partenariat » entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest

Le 10 juillet 2014, à Accra, capitale du Ghana, les seize chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest ont signé un projet d’accord dit de partenariat économique entre l’Union européenne (UE) et les quinze Etats de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) plus la Mauritanie. Il s’agit en fait d’un accord de «libre-échange» visant à supprimer 75 % des droits de douane sur les importa- tions venant de l’UE et à limiter leur politique commerciale au-delà des exigences de l’OMC (1).

Cet accord, s’il est ratifié par le Parlement européen, sera un désastre pour les peuples d’Afrique de l’Ouest mais aussi pour ceux de l’Europe. Il résulte de pressions exercées par les firmes multinationales européennes, au service desquelles s’est mise la Commission européenne, parvenant à entrainer des chefs d’Etat africains qui sont restés insensibles devant les mises en garde répétées de leurs sociétés civiles, mobilisées depuis quatorze ans.

Les peuples européens n’ont rien à y gagner, au contraire. Cet accord va favo- riser leur agriculture la plus productiviste, pollueuse, destructrice d’emplois, ainsi que certains secteurs industriels non moins productivistes, exportateurs de biens de médiocre qualité, au détriment de politiques d’agriculture durable, de souveraineté alimentaire et de transition industrielle écologique.(…)

Mais surtout, pour tous les pays concernés, c’est l’ensemble de leur agriculture paysanne et vivrière, leur sécurité alimentaire et tous les projets actuels de transformation sur place et de développement de l’industrie régionale, qui seront frappés de plein fouet par une concurrence européenne déloyale, destructrice d’emplois, et par une dépendance accrue vis-à-vis des cours des marchés mondiaux.

C’est le pillage programmé de leurs ressources naturelles, du sol et du sous-sol. Le développement endogène de la région et les projets d’intégration régionale seront sacrifiés au bénéfice d’une économie tournée vers l’exportation et fortement carbonée, avec des peuples réduits à importer des produits subventionnés et de qualité douteuse venant concurrencer leurs propres productions.

L’une des conséquences prévisibles sera une migration massive de populations privées d’avenir dans leur pays, dans une situation où la population d’Afrique de l’Ouest devrait passer de 302 millions d’habitants en 2010 à 510 millions en 2030 – autant que dans l’UE aujourd’hui comme en 2030 ! – et 807 millions en 2050, et dans un contexte de réchauffement climatique particulièrement accentué dans cette région.

Nous, citoyens, citoyennes, organisations de la société civile en Europe et en Afrique, nous demandons aux élus européens et en particulier à ceux du Parlement européen :

- de refuser de ratifier cet accord humainement et économiquement scandaleux ;
- de ne pas sacrifier les peuples sur l’autel des profits d’une poignée de multinationales prédatrices ;
- d’exiger des études d’impact indépendantes ;
- de s’engager en faveur d’Accords de Coopération et de Solidarité (ACS) qui ne soient pas basés, comme le sont les APE, sur un «libre-échange» qui menace les libertés et l’émancipation humaines.

Jean Gadrey Mercredi 30 juillet 2014

Note:

(1) “Les principales raisons de ne pas ratifier l’APE UE-Afrique de l’Ouest“. Source : Alternatives Economiques

Lire aussi : La Commission européenne organise la propagande en faveur du traité de libre-échange avec les Etats-Unis

http://www.reporterre.net/spip.php?article6211

 

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