Archive | Luttes paysannes et alimentation

04 mai 2015 ~ 0 Commentaire

L’exposition universelle «milan expo 2015» (essf)

L’exposition universelle «milan expo 2015» (essf) dans A gauche du PS
Quand les firmes transnationales s’occupent de la «faim dans le monde»

Du 1er mai au 31 octobre 2015 se [tient] dans la ville de Milan l’Exposition univer- selle nommée «Milan EXPO 2015». Une durée d’exposition de 184 jours, avec plus de 130 pays participants et plus de 20 millions de visiteurs attendus sur un site d’un million de mètres carrés.

Le titre officiel choisi par les organisateurs, entre autres par les grandes firmes transnationales qui sont les véritables sponsors de l’événement, est assez élo- quent: «Nourrir la Planète – Energie pour la Vie». Le but affiché est de «s’affron- ter au problème de la nourriture des hommes et de la Terre» afin de constituer un «moment de dialogue entre les principaux acteurs de la communauté interna- tionale sur les principaux enjeux de l’humanité».

Le pavillon suisse «Confederatio Helvetica» au coût officiel dépassant les 30 millions de francs, sera financé par des fonds privés à hauteur de 9 millions, entre autres ceux de grandes firmes transnationales comme Syngenta et Nestlé. Cette dernière tiendra aussi une «exposition scientifique» sur l’alimentation. Elle pré- tend «promouvoir une consommation intelligente des ressources et inciter les visiteurs à adopter un comportement responsable». Ces propos résument l’«ap- proche» adoptée vis-à-vis des problèmes de la faim et de la malnutrition durant l’exposition!

Il s’agit avant tout d’insister sur «la responsabilité» du consommateur. Celui- ci, étant «souverain», peut par le biais de ses choix et de ses comportements ali- mentaires résoudre le problème de la faim dans le monde. La réalité est mise cul par-dessus tête. Ce ne sont pas les conséquences d’un système de production fondé sur la propriété privée stratégique, le profit privé (avec le type gestion-exploitation de la terre qui en découle), les rapports sociaux d’appropriation, la précarisation extrême des revenus des petits paysans et de la population urbani- sée paupérisée qui sont à l’origine, avant tout, des famines et de la malnutrition. Sans mentionner les guerres. Ce sont les consommateurs qui gaspillent, qui ne sont pas attentifs à leurs achats, etc. qui portent la responsabilité de la situation présente.

EXPO Milan est donc tout simplement un pur camouflage, une vitrine pour le capitalisme actuel et une possibilité de tisser de nouveaux liens pour les détenteurs de capitaux. Le supplément spécial du Figaro, en date du 25 avril 2015, titrait: «L’alimentation au menu de l’Exposition universelle». Et avec témérité, sous la rubrique «gastronomie», il est titré: «Durant l’Expo, le trois étoiles de Modène luttera contre le gaspillage en cuisinant pour les démunis»!

D’autres «gaspillages» ont fait la «petite histoire» de l’expo: corruption, détournements de fonds publics et conditions de travail plus qu’insalubres sur son chantier. On estime que sur 20 000 collaborateurs et collaboratrices qui travail- leront pendant la période de l’Exposition, seulement 1500 recevront un salaire. Une autre forme de lutte contre les «gaspillages». Les organisateurs d’EXPO Milan utilisent ainsi une main-d’œuvre jeune et précaire sans la rémunérer, en suscitant l’illusion que cela lui ouvrira peut-être des portes.

Tout cela dans un pays où le taux chômage des jeunes (15-24 ans) atteint 42,6%, en mars 2015. Pourtant, la direction du Syndicat suisse du service public (SSP) propose à ses membres des «paquets-voyage» à des prix de faveur pour participer à Milan EXPO. Prépare-t-elle une action syndicale sur place? Rédaction A l’Encontre

 dans Altermondialisme

Expo 2015, nourrir la planète ou nourrir les transnationales?

Le 1er mai 2015 n’est pas seulement la journée des travailleurs et travailleuses. En effet, nous avons aussi la possibilité de contester le début officiel d’EXPO 2015 de Milan. A l’heure actuelle, l’EXPO a attiré l’attention des médias surtout à cause des nombreux et graves cas de corruption concernant les constructions. Mais à quel- ques semaines du début de l’événement, l’attention portera de plus en plus sur l’infâme nom officiel choisi pour cette occasion: «Nourrir la Planète, Energie pour la Vie».

Il est vrai que les besoins alimentaires sont bien connus par les 805 millions de personnes qui souffrent de la faim, selon les données de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) fin 2014. 709 millions de ces personnes vivent dans les pays dits en voie de développement, dont 13,5% de la population est mal nourrie. 525 millions vivent (ou survivent) en Asie. Il faut y ajouter les millions de nouveaux affamé par les guerres dans le Moyen-Orient.

C’est le non-accès (ou l’insuffisance) à alimentation qui provoque 45% des décès chez les enfants de moins de 5 ans. On compte 19 millions d’enfants en état de malnutrition aiguë, avec les conséquences qui en découlent et 1,3 million en meurent chaque année (Bruno Parmentier, Faim zéro, La Découverte, 2014). Alors que dans les pays occidentaux «on» meurt de boulimie, dans les pays de la «périphérie» 17% des enfants sont considérés en sous-poids, tandis que 30% d’entre eux souffrent d’un déficit de croissance à cause de la sous-alimentation.

Dans ces pays, tout particulièrement en Afrique, 66 millions d’enfants en âge scolaire se rendent à l’école sans avoir rien mangé. Mais selon les calculs du Pro- gramme alimentaire mondial (PAM), il suffirait de 3,2 milliards de dollars pour donner à manger à ces 66 millions d’enfants victimes de la faim. Toutefois, la question de la faim ne se réduit ni aux statistiques ni aux problèmes de sous- alimentation. Au contraire, il s’agit de la conséquence la plus tragique d’un sys- tème de redistribution et donc de production des ressources et des richesses produites que l’EXPO de Milan entend exalter.

L’édition 2015 de l’EXPO constitue une foire aux vanités et aux mensonges en commençant par son titre. Son organisation sera sous contrôle des transnatio- nales de la «mauvaise» et «injuste» bouffe. Celles-ci seront hébergées, aux dé- pens des contribuables, dans les pavillons de luxe milanais. La «Charte de Milan» , à savoir le protocole censé garantir le volet «humanitaire» d’EXPO, a été écrite par la Fondation Barilla, «structure culturelle» de la grande multinationale de l’alimentation, qui est aussi en charge de sa gestion durant toute l’exposition [1].

La rédaction de cette Charte, devant préciser le contenu d’un thème si «délicat» que celui de l’alimentation mondiale, n’a pas été confiée aux nombreuses ONG qui s’occupent, avec sérieux et compétences de cette question et ont un engagement remarquable dans la lutte contre la faim et la malnutrition. Au contraire, elle a été confiée à une industrie privée qui fait des profits en partant des besoins alimen- taires des gens.

Ce n’est pas un hasard si cette Charte ne dit rien sur les principales causes de la faim, de «l’appropriation du vivant», structure de la chaîne de production alimentaire et de la distribution, de la souveraineté alimentaire, de l’invasion et de la destruction par des transnationales des marchés nationaux et régionaux de l’agriculture, etc.

Les ONG, y compris les plus modérées, ont été écartées de cette opération. Elles ont alors créé un front unitaire s’appelant «l’EXPO des peuples» qui vise à faire entendre une autre voix [sur les questions de l’alimentation] que celle des transnationales au cours de l’Expo [2]. En revanche, dans les salons de l’EXPO, nous assisterons à un spectacle paradoxal: les transnationales de l’industrie agroalimentaire discuteront des problèmes de la faim dans le monde…

En réalité, l’EXPO 2015 constitue la plus grande foire de l’alimentation de l’histoire. Les transnationales du secteur de la restauration, comme McDonald’s, ont déjà annoncé l’ouverture des nombreux grands restaurants dans le but d’ac- croître leurs profits sur la «faim» des 10 millions de ses potentiels visiteurs.

Mais cela ne suffit certainement pas. Un accord passé en juillet 2013 entre l’EXPO SA et les trois principales confédérations syndicales italiennes [CISL, UIL et CGIL] permettra de recruter des centaines de jeunes (de 16-35 ans) stagiaires et bénévoles qui, sans aucune rémunération, s’occuperont de gérer les stands et d’assumer des fonctions d’hôtesse et de steward…

Ainsi, avec le consensus des syndicats, et en passant par-dessus des lois et contrats (y compris à l’article 36 de la Constitution), on spécule sur la situation dramatique du chômage des jeunes en créant l’illusion d’un «emploi utile» pour leur curriculum afin que les transnationales de l’EXPO continuent à faire des profits grâce au travail de ces «jeunes bénévoles» [3].(…) Par Fabrizio Burattini

* Fabrizio Burattini est membre du Comité directeur national de la CGIL et membre de l’organisation Sinistra Anticapitalista. Cet article a été publié sur le site anticapitalista.org

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34859

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02 mai 2015 ~ 0 Commentaire

tous à carhaix le 23!

modsanto

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02 mai 2015 ~ 0 Commentaire

autorisation irresponsable de 19 ogm (cbf)

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La santé des consommateurs menacée par la décision de la Commission européenne

C’est le constat que fait le CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indé- pendantes sur le génie Génétique). En effet, vendredi 24 mars la Commission européenne a autorisé l’importation et la commercialisation sur le territoire de l’UE de 19 nouveaux OGM. Cette décision est scientifiquement infondée et irrespon- sable car les OGM sont des plantes à pesticides qui tolèrent un ou plusieurs herbi- cides et/ou produisent leurs propres insecticides (seconde génération).

Les tests toxicologiques sur lesquels se fonde cette décision de la Commis- sion n’ont toujours pas été menés de façon scientifiquement satisfaisante :

1/ leur durée, trop courte, est de trois mois seulement alors que les rats vivent en moyenne deux ans – quand ils ont lieu, ce qui n’est généralement pas le cas pour la seconde génération

2/ les résultats des tests toxicologiques réalisés par les compagnies restent confidentiels et leur propriété;

3/ la toxicité des pesticides produits par OGM ou utilisés pour leur culture sont sous évalués: deux ans pour la molécule dite «active» et quelques jours sans bilan biologique pour les formulations, qui sont généralement beaucoup plus toxiques, et seules à être utilisées par les jardiniers ou les agriculteurs.

Dès lors, sur quelle base la Commission européenne fonde-t-elle une telle décision, pourtant susceptible d’avoir des effets importants sur la santé des hu- mains et des animaux? Aurait-elle cédé à des pressions exercées par les compa- gnies productrices des OGM? Sur les 19 OGM, 11 ont été fabriqués par Mon- santo, les autres étant produits par Dupont, Bayer et BASF.

En tout cas il est inadmissible que des objectifs économiques soutenus par les puissants lobbies de l’agrochimie conduisent à mettre en péril la santé des citoyens. Il est plus encore inacceptable que les instances européennes ne met- tent pas tout en œuvre pour prévenir les risques sanitaires. C’est pourquoi le CRIIGEN exige au nom de l’intérêt général la publication de toutes les données afférentes aux tests toxicologiques ayant conduit à la mise sur le marché de ces 19 OGM ainsi que des pesticides avec lesquels ils sont cultivés ou qu’ils produisent.

L’exigence de la transparence des données toxicologiques est la condition nécessaire à toute évaluation contradictoire, seule apte à permettre des autori- sations de mise sur le marché pertinentes en termes de santé publique. Le CRIIGEN demande également qu’en attendant, un moratoire soit imposé sur toutes les autorisations portant sur les OGM agricoles.

Contact Dr Joël Spiroux de Vendômois,
Président du CRIIGEN
criigen@criigen.info
Tél 06 10 81 00 36

Source: GRIIGEN Publié le 29 avril 2015 par CBSFVO

http://www.soutienfaucheursbretagne.fr/

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02 mai 2015 ~ 0 Commentaire

catastrophe humanitaire au népal (essf)

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Soutenir l’appel à la solidarité lancé par La Via Campesina

Le bilan du violent séisme qui a frappé le Népal ne cesse de s’alourdir. Comme toujours, à la catastrophe naturelle s’ajoutent les conséquences meurtrières des inégalités sociales. De nombreux témoignages publiés dans les médias en témoi- gnent [1].

De même, une bonne partie de l’aide se concentre sur les lieux de grande visibilité, au détriment des quartiers pauvres pourtant particulièrement dévastés, des villages reculés et, ne l’oublions pas, d’agglomérations indiennes proches de la frontière népalaise, elles aussi touchées.

Face à de telles catastrophes humanitaires, notre association, Europe soli- daire sans frontières (ESSF), a pour politique d’appuyer financièrement les mou- vements sociaux, les organisations militantes intervenant sur le terrain, à même de fournir directement les secours à celles et ceux qui en ont le plus besoin et d’aider à l’auto-organisation des victimes, de façon à ce qu’elles puissent défendre leurs droits en des temps de grande fragilité; de façon aussi, au-delà des urgences, de préparer la reconstruction au bénéfice des pauvres et non pas, par exemple, de l’industrie touristique.

Nous n’avons pas tissé les liens au Népal qui nous permettraient d’engager dans cette optique une campagne de solidarité suffisamment efficace. En revan- che, nous avons appris que l’internationale paysanne La Via Campesina allait le faire, en collaboration avec son organisation nationale, la Fédération des Paysans népalais (ANPFa) [2].

La Via campesina a fourni, dans son premier appel, les contacts au Népal qui per- mettent notamment de transmettre des messages de solidarité, mais pas encore les données bancaires pour l’envoi de dons financiers. Nous vous en informerons dès que ce sera le cas, ainsi plus généralement que des suites de cet appel.

Pierre Rousset

Notes:

[1] Voir notamment les articles regroupés sur notre site dans la rubrique http://www.europe-solidaire.org/spip.php?rubrique1495

[2] Voir son appel sur ESSF (article 34860), Appel à soutien : un tremblement de terre catastrophique au Népal cause d’immenses souffrances et de grandes destructions

http://viacampesina.org/fr/

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34860

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30 avril 2015 ~ 0 Commentaire

santé publique: le coût faramineux des perturbateurs endocriniens (basta)

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Obésité, infertilité, retard intellectuel, autisme, troubles de l’attention: la liste des pathologies liées aux perturbateurs endocriniens est (de plus en plus ) longue. Et ces maladies, ou troubles chroniques, coûtent très cher: au moins 157 milliards d’euros par an (soit 1,2 % du PIB), rien que pour l’Union européenne.

Publiée dans le «Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism», l’étude qui a débouché sur ces chiffres a été menée par 18 chercheurs européens et américains. Ils ont admis des marges d’incertitudes, et placent la fourchette haute de leur estimation à 270 milliards d’euros annuels, soit 2 % du PIB européen [1] !

Présents dans de nombreux pesticides et plastiques, dans certains cosmé- tiques et matériaux de conditionnement alimentaires, les perturbateurs endocri- niens sont «des imposteurs hormonaux, qui imitent si bien la structure chimique des hormones naturelles que le corps n’y voit que du feu et les confond», détail- lent Marine Jobert et François Veillerette, auteurs d’un récent ouvrage sur le sujet, Perturbateurs endocriniens, la menace invisible [2].

Une fois entrées dans les cellules du corps, ces substances synthétiques «troublent leur fonctionnement normal». Et ce n’est pas la dose qui fait l’effet… Même d’infimes quantités de ces produits peuvent avoir des conséquences graves sur la santé, notamment en cas d’exposition in utero, le fœtus étant en plein développement et donc très vulnérable.

Des poisons encore autorisés Pour les chercheurs qui ont mené cette étude sur le coût sanitaire des perturbateurs endocriniens, l’exposition prénatale aux organo-phosphorés a par exemple un impact redoutable sur le développement cérébral. 13 millions de retards mentaux pourraient leur être attribués chaque année!

«Pire encore, certains perturbateurs endocriniens peuvent provoquer des effets délétères qui ricochent d’une génération à la suivante, les effets sont dits « transgénérationnels » », insistent Marine Jobert et François Veillerette. Les au- teurs citent le cas du distilbène, cette hormone de synthèse utiliser pour «soigner» la ménopause, puis pour lutter contre les fausses couches. «Ce sont les jeunes femmes dont les mères ont absorbé le « médicament » pendant la première moitié de leur grossesse, qui développent aujourd’hui plus de cancers du vagin que la moyenne.»

Ces poisons seront-ils interdits un jour? Certains d’entre eux: bisphénol A et phtalates, ont fait l’objet de restrictions ou d’interdiction, mais la plupart des pertur- bateurs endocriniens que l’on connait sont encore autorisés. L’adoption d’un ca- dre règlementaire européen, qui pourrait conduire à l’interdiction de nombreux produits: pesticides, composés d’emballages alimentaires, composés de cosmétiques, ne cesse d’être repoussée.

Elle a pour le moment été renvoyée à 2016. Il faut dire que les intérêts écono- miques sont énormes! Les industriels veillent donc au grain. Les lobbies industriels «cherchent d’abord à empêcher toute nouvelle mesure; puis, lorsqu’une nouvelle réglementation apparaît inévitable, ils s’efforcent d’en limiter la portée, en d’en retarder l’adoption», explique le député écologiste Jean-Louis Roumégas, auteur d’un rapport d’information sur la stratégie européenne en matière de perturbateurs endocriniens [3].

Une menace au quotidien Ajoutons que, pour renoncer aux perturbateurs endo- criniens, il faudrait revoir une bonne partie de nos comportements quotidiens et des objets qui nous entourent. Prenons le bisphénol A. «S’il se retrouve dans les urines de 95% de la population, c’est bien parce qu’il rend de fiers services», estiment Marine Jobert et François Veillerette. Les auteurs dressent une liste verti- gineuse d’objets dans lesquels on retrouve ce composé miracle qui sert notam- ment à fabriquer le polycarbonate, un plastique très solide: ordinateurs, housses pour téléphones mobiles, récipients alimentaires pour le micro-ondes, vinyles, ap- pareils électroménagers, adhésifs et joints, amalgames dentaires, encres d’impri- merie, jouets, lentilles de contact, billets d’avion, reçus de parkings, pneus, verres de lunettes…

Éradiquer cette menace invisible prendra du temps. Et si on commençait rapidement ? Par Nolwenn Weiler 30 avril 2015

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16 avril 2015 ~ 0 Commentaire

grande distribution, grand gaspillage (la terre)

poubelles
En France, chaque année, la grande distribution jette 600 000 tonnes de denrées alimentaires périssables. La LME (loi de modernisation de l’économie) est pour beaucoup dans cette pratique.

La Terre : Quelle est la tendance actuelle concernant la grande distribution et les associations caritatives ?

Arnaud Faucon, secrétaire de l’INDECOSA CGT: Auparavant, les produits encore consommables étaient facilement redistribué vers les associations carita- tives. Or, aujourd’hui, cette règle devient de plus en plus facultative, en fonction du bon vouloir du gérant du supermarché ou de l’hypermarché. Il faut savoir que des enseignes comme Leclerc sont franchisées, affiliées à une maison mère. Vous avez désormais un chef d’entreprise qui gère son magasin, et qui agit comme bon lui semble. Alors beaucoup s’appuient sur les normes sanitaires et sécuritaires. Les fruits et légumes qui atteignent la limite de conservation sont imbibés de produits vaisselle plutôt que d’être redistribués. Mais, derrière cette sécurité sanitaire, se cachent des intérêts économiques.

De quels intérêts économiques parlez-vous ?

Tout le système français et européen est basé sur la concurrence. La solidarité, y compris par rapport à des produits carnés, n’entre pas dans ce créneau. Les produits qui arrivent en fin de course sont jetés, ce qui évite de les vendre à prix coûtant, et par conséquent, de maintenir le prix avec des marges conséquentes.

Le plus flagrant dans ce gaspillage opéré par les grandes surfaces, c’est les prix des fruits et légumes. On maintient une marge extrêmement élevée, aux alentours de 51%. Et d’un autre côté, les primeurs sont achetées une bouchée de pain aux producteurs. Peu importes les cataclysmes économiques liés par exem- ple aux aléas climatiques. Dans la même logique, l’Europe voulait réduire l’alloca- tion au programme d’aide alimentaire. Un sursis de deux ans a finalement été accordé, grâce à la montée au créneau des associations humanitaires. Aujour- d’hui, c’est clair: le social est systématiquement apparenté à de l’assistanat.

Vous pensez que si la grande distribution n’opérait pas ces marges si importantes sur les prix, le gaspillage serait en partie évité ?

Oui. Actuellement, nous assistons à une surproduction de pommes. Comment pouvez-vous justifier le fait que les enseignes achètent ces pommes à des prix extrêmement bas et que ces mêmes produits se retrouvent dans les grandes sur- faces à plus de deux euros le kilo? Nous vivons une véritable dictature des centra- les d’achat. On nous dit qu’il faut manger cinq fruits et légumes par jour. Bien. Mais quand vous êtes surendettée, que vous devez élever seule vos enfants, ce n’est pas votre achat prioritaire! Les grandes surfaces, elles, préfèrent bazarder des tonnes de produits plutôt que d’instaurer des prix qui permettraient à tous d’acheter. Résultats: 600 000 tonnes de denrées alimentaires dites périssables sont ainsi jetées tous les ans.

Cette tendance ne fait qu’augmenter…

Bien sûr. Les centrales d’achats telles que nous les connaissons aujourd’hui sont nées il y a une cinquantaine d’années en Bretagne, avec le groupe Leclerc. Et la première de leurs actions a été de casser tout le système de marché de gros qui existait alors. Désormais, à part Rungis, tous ces marchés ont disparu. Leurs avantages étaient pourtant indéniables: vous aviez des productions locales, régio- nales qui arrivaient et étaient ensuite dispatchées avec des prix raisonnables. Aujourd’hui, 85% des ventes se font par les grandes surfaces qui font la pluie et le beau temps. Une hégémonie tellement puissante que dans les centrales d’achat, les enseignes rechignent ou refusent de donner des informations à l’Observatoire des prix et des marges. Les prix des fruits et légumes de l’Observatoire ne concer- nent alors que ceux des marchés de gros et comme il n’en existe que très peu…

Vous parlez également de revenir à la saisonnalité des produits, à la qualité. Selon vous, cela permettrait également d’éviter le gaspillage. Pourquoi ?

L’exemple le plus démonstratif est celui de la banane. Un kilo de banane est beau- coup moins cher que celui de la pomme, alors qu’il faut aller les chercher à des milliers de kilomètres. Ce ne sont pas des bananes des Antilles, mais d’Afrique. Là, on est peu regardant sur les méthodes de production, les pesticides employés. Les produits voyagent dans des conditions extrêmement discutables. Les bananes sont conservées dans des frigos, elles ne sont pas mûres lorsqu’elles arrivent en France.

On peut constater la même chose avec les nectarines: le fruit est dur lorsque vous l’acheter et lorsqu’il arrive à maturation, il pourrit tout de suite. Ces produits sont achetés dans des quantités considérables. Et les prix sont tellement bas que les grandes surfaces peuvent bien perdre la moitié de la marchandise, de toute façon, elles auront gagné de l’argent. Cette logique accorde très peu de valeur au produit que l’on vend. La nourriture n’est autre qu’une valeur commerciale avec un système concurrentiel, comme si on passait d’un contrat téléphonique à un autre. Alors que si vous agissez sur la qualité, forcément, les produits ne seront plus jetés comme aujourd’hui.

Que proposez-vous ?

Il faut une loi qui encadre réellement les produits et qui permette de ne plus gas- piller. Surtout, elle devrait retrouver un aspect moral. Nous participons au groupe de travail initié par le député André Chassaigne (PCF). Un groupe parlementaire réuni des représentants de la production, des associations de consommateurs. Nous réfléchissons aux moyens à mettre en œuvre afin d’amenuiser cette omni- présence de la grande distribution et la pression qu’elle exerce sur l’ensemble de la filière, du producteur au consommateur.

Il faut inverser la tendance. Les enseignes suscitent les besoins du consom- mateur de manière artificielle. Les gens consomment des fraises en janvier car progressivement, on a fait entrer ce produit dans leur assiette. On conditionne la population. Il y a un aspect culturel indéniable. Il faudrait dès l’école avoir des discussions autour de cette problématique. Le laisser faire des pouvoirs publics sur cette question est extrêmement dangereux. Il engendre tous les gaspillages constatés aujourd’hui.

40% de la nourriture produite gaspillée

Selon un rapport pour l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Onuaa), 40% de la nourriture produite est gaspillée chaque année dans les pays développés. Des chiffres choquants lorsque l’on sait que 13% de la population mondiale ne mange pas à sa faim.

La quantité de nourriture produite mais non consommée dans le monde est trois fois plus importante que ce qu’il manque au milliard d’êtres humains qui ne mangent pas à leur faim. Ainsi, 40% de la nourriture produite dans les pays déve- loppés n’est jamais mangée par des humains. C’est ce que révèle dans son rap- port l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Dans les pays riches, le gaspillage est essentiellement dû au circuit de distribu- tion. Les distributeurs prennent peu de risque avec les dates de préemption, jettent ou refusent les produits qui ne sont pas visuellement parfaits, un poireau tout à fait consommable mais flétri devient un déchet et imposent aux producteurs d’énormes marges sur les prix.

Une politique qui a de lourdes conséquences, visible du tout public lors de crises agricoles. Par exemple, pendant la crise du lait d’octobre 2009, des pro- ducteurs français et allemands ont déversé des centaines de litres de lait dans le Rhin afin de protester contre les prix fixés par la grande distribution, qui ne per- mettent pas d’amortir leurs coûts de production.

D’énormes quantités de nourriture sont également perdues au cours des processus de transformation des aliments, lors de leur transport. Le gaspillage coûte 530 euros par an aux foyers anglais, 174 euros à ceux de Belgique. En Allemagne, deux millions de tonnes de denrées alimentaires par an sont jetées aux ordures. Pour Jean-Marc Willer, professeur à l’école nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg. «Le problème du gaspillage alimentaire est englobé dans celui des déchets fermentescibles. Et si l’on manque de données, c’est que la question des déchets fermentescibles se pose uniquement en aval, en non en amont. Les politiques publiques et les études réalisées ne cherchent par à savoir d’où proviennent ces déchets, mais plutôt ce qu’on en fait».

En d’autres termes, les pouvoirs publics ne veulent pas trop mettre leur nez dans un secteur orchestré par de puissants lobbyings. Ils préfèrent culpabiliser le consommateur en s’attardant sur le contenu de sa poubelle. Dans les pays les plus pauvres, une très grande quantité de nourriture est perdue avant même d’avoir pu être consommée. En fonction du type de culture, de 15 à 35% des produits ali- mentaires sont perdus directement dans le champ, 10 à 15% supplémentaires sont perdus au cours de leur transformation, du transport et du stockage. L’alimentation représente l’une des premières sources d’émission de gaz à effet de serre. De- puis la production jusqu’au traitement des déchets, le cycle de vie et la nourriture d’un Français représente en moyenne environ 20% du total de ses émissions quotidiennes. Par Nadège Dubessay

http://www.laterre.fr/article.php3?id_article=756

Commentaire: http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Terre_%28journal%29

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13 avril 2015 ~ 0 Commentaire

«insecticide mon amour», le film qui atomise les pesticides (obs)

Guillaume Bodin a 28 ans et deux films à son actif: le premier, « La Clef des terroirs » (2011), célébrait la biodynamie et celles et ceux qui la pratiquent.

Son deuxième film, «Insecticide mon amour», s’attaque au flan opposé de la montagne en dénonçant, témoignages et documents à l’appui, la dangerosité des pesticides, leur réduction en trompe-l’œil, celle-là même que nous promettent les politiques et l’usage préventif parfois dévastateur qui en est fait. Lui-même ouvrier viticole, pris de maux de tête et de saignements de nez réguliers, Guillaume Bodin a choisi de démissionner pour se lancer dans la réalisation et la production de ce film, aujourd’hui disponible à 1 euro en VOD.

Au-delà de la référence évidente, Guillaume Bodin explique le titre volontiers provocateur de son film par l’amour vache qu’il porte aux insecticides: «En faisant cette enquête, je me suis retrouvé à faire un documentaire sur un sujet qui ne m’emballait pas. Mais j’avais besoin, personnellement, de comprendre comment on en était arrivés à une telle situation. Les insecticides sont mes amours, non pas par conviction, mais par obligation.»

En 2013, à cause des pesticides pulvérisés abondamment dans les vignes, notamment à l’occasion des traitements préventifs contre la flavescence dorée, grave maladie de la vigne qui a fait parler d’elle après que le vigneron Emmanuel Giboulot a refusé de traiter préventivement ses vignes et a fini au tribunal, le jeune réalisateur a choisi de quitter son travail d’ouvrier viticole:

«Des vents assez forts ont soufflé durant les trois semaines de traitement. Dès que nous sortions, l’odeur des insecticides était présente constamment et comme je travaillais dans les vignes, j’étais exposé toute la journée à ces produits chimiques. Je suis peut-être hypersensible à ce type de produits, mais je saignais du nez presque tous les jours et j’avais mal à la tête du matin au soir.

Pourtant, la flavescence dorée n’était presque pas présente dans tout le sud du Mâconnais. Les traitements obligatoires avaient lieu préventivement, sans pren- dre en compte les risques sur la faune et la santé humaine… Je ne souhaitais pas revivre une année comme 2013. J’ai préféré quitter mon travail et enquêter sur la question.

Des résidus de pesticides sur le Mont-Blanc Un an de tournage et cinq mois de montage plus tard, Guillaume Bodin largue ce film de 52 minutes, où témoignages et documents souvent édifiants se succèdent. On y apprend, entre autres :

  • qu’en 1964, on s’inquiétait déjà des résidus de pesticides dans l’alimentation et de leur potentiel effet cancérogène ;
  • qu’on retrouve des résidus de pesticides jusque sur le Mont-Blanc et sur les pôles ;
  • que les nouvelles molécules (néonicotinoïdes en particulier) sont «5 000 à 10 000 fois plus toxiques», pour les abeilles par exemple, que le bon vieux DDT.
  • « Ça veut dire, explique un chercheur du CNRS d’Orléans, qu’on met des doses plus faibles à l’hectare, ce qui satisfait les hommes politiques, mais comme ces pesticides sont beaucoup plus toxiques qu’avant, c’est une fausse réduction»
  • que ces molécules sont si puissantes que quelques nanogrammes suffisent pour traiter une très grande surface, en volume, l’équivalent d’une pièce de 2 euros de produit permet de traiter l’équivalent de la tour Eiffel et ces nano- grammes par gramme suffisent à contaminer l’abeille qui passe par là…

Le film, évidemment militant par son angle ou par le choix des intervenants, le prix de la formule revenant à un associatif antipesticides qui parle d’une «lutte antiterroriste appliquée à la nature», n’en est pas moins solide et convaincant sur le fond, parfois glaçant. Et en tout cas, « Insecticide mon amour » vaut largement ses 1 euro.

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31 mars 2015 ~ 0 Commentaire

la fin des quotas laitiers (reporterre + lo + via campesina)

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Un maelström pour les petits paysans

Le 1er avril verra la fin des quotas laitiers. Une mesure technique de politique agricole, mais qui va bouleverser l’activité de milliers de paysans producteurs de lait. Elle pousse à l’agrandissement des exploitations et pourrait entraîner la disparition de nombre d’entre elles. Explications. Rennes, correspondance

Garantir les prix, éviter la surproduction, ce sont les raisons qui ont poussé en 1984 la Politique agricole commune (Pac) à mettre en place les quotas laitiers. Le but en était de réguler l’offre et la demande pour éviter une envolée, ou à l’inverse un effondrement, des prix du lait. Chaque exploitation se voyait attribuer un quota de production, par exemple 200 000 litres par an. Si elle produisait plus, elle subissait des pénalités financières. Il n’y avait donc pas d’intérêt à augmenter la production de lait.

En 2003, la fin des quotas fut annoncée à l’horizon du 1er avril 2015. Pour- quoi changer de système ? Parce qu’il était jugé trop coûteux et contraire à la concurrence pure et parfaite, puisqu’il garantissait les prix d’achat aux produc- teurs. Les agriculteurs ont alors eu douze années pour se préparer. Pour les accompagner, les quotas ont augmenté chaque année de 1%. Et l’on est mainte- nant arrivé au terme de ce ce processus: mercredi 1er avril, le lait entre sur le marché mondial, avec des prix déterminés par le jeu de l’offre et de la demande, et sujets aux bulles et crashs déjà connus sur les marchés des matières premières.

S’agrandir ou mourir On peut sentir la difficulté de ce que vont subir les produc- teurs de lait en parcourant l’Ille-et-Vilaine, un département voué au lait, où les deux tiers des fermes sont de taille moyenne: elles comptent une cinquantaine de vaches et produisent en moyenne 300 000 litres de lait par an.

Depuis dix ans, l’évolution est à l’accroissement des effectifs: entre 2000 et 2010, 30 % d’exploitations en moins, portant des troupeaux dont l’effectif a crû de 30 %. Cette tendance à la concentration et à la ferme intensive devrait se pour- suivre. Plusieurs scénarios sont envisagés pour 2025, tous s’accordent sur une hausse de la production, des troupeaux, et une baisse des exploitations.

La « ferme-usine » des 1 000 vaches est l’archétype de cette tendance. Une des agricultrices impliquées dans le projet résume le choix auquel semblent con- frontés les producteurs: «Je me suis intéressée à ce projet pour ne pas arrêter la production laitière.» «S’agrandir ou mourir», semble être le mot d’ordre. Mais pour produire plus, il faut de l’argent et une avance de trésorerie suffisamment importante pour encaisser les aléas des prix du lait.

Élisabeth Chambry est la directrice de l’association Solidarité paysans Bre- tagne, qui s’occupe des questions d’endettement et de suicide chez les agricul- teurs. «Produire plus signifie plus d’investissements, de charges, de travail. En- tre endettement et dégradation des conditions de travail, nous sommes très in- quiets. Les agriculteurs représentent la catégorie professionnelle la plus expo- sée au burn-out et au suicide.» On considère qu’entre 400 et 800 paysans se suicident chaque année en France.

Côté chiffres, rien n’a changé: toujours 50 vaches pour 285 000 litres de lait par an, mais «à l’époque, sur l’exploitation, il y avait mes parents, nous, les quatre enfants, et un salarié. Aujourd’hui, je suis tout seul. Le prix lui, n’a pas bougé. Aujourd’hui, on vend 300 € les mille litres, ça fait 2 000 francs. Mes parents vendaient leur lait à ce prix-là, ou même 2,5 francs.»

D’autant plus que le prix du lait baisse depuis deux ans. Au premier trimestre 2013, le lait de base se vendait 400 € les 1 000 litres, 363 € en 2014, et cette année 312 €. Qu’en sera-t-il sans les quotas ? Une des pistes sur la fixation des prix vient d’Euronext en côtant en bourse les produits laitiers.

 31 mars 2015 / Julie Lallouët-Geffroy

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Lire aussi:

http://viacampesina.org/

Et encore:

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/2015/04/01/fin-des-quotas-laitiers-du-petit-lait-pour-les-speculateurs_36741.html

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31 mars 2015 ~ 0 Commentaire

abeilles et pesticides: l’étude scientifique avait été mal interprétée (ci)

abeilles et pesticides: l’étude scientifique avait été mal interprétée (ci) dans Ecologie & climat CHAPPATTE-bees_0

Un nouveau scandale autour des pesticides?

Selon le New Scientist, les résultats d’une étude menée il y a deux ans n’ont pas été correctement exploités. Ils auraient dû mener à l’interdiction des néonico-tinoïdes, pas à leur maintien.

Les néonicotinoïdes déciment-ils les butineurs ? Le gouvernement britannique avait répondu non à cette question il y a deux ans, en se fondant sur une étude scientifique menée sur des bourdons (population semblable aux abeilles, mais plus facile à étudier). Mais, sciemment ou non, les données ont été mal interprétées, révèle aujourd’hui le New Scientist.

Selon l’hebdomadaire scientifique britannique, c’est “un nouveau scandale scientifique” qui pointe à l’horizon. Il concerne une étude citée il y a deux ans par le gouvernement britannique pour contrer l’interdiction temporaire de l’Union européenne sur trois pesticides accusés de nuire aux insectes butineurs en perturbant leur système nerveux.

“Erreur” d’interprétation L’étude, menée par Helen Thompon, de l’Agence de recherche pour l’alimentation et l’environnement (Fera), n’avait trouvé “aucune corrélation claire” entre la présence résiduelle de pesticides et la santé des abeil- les, et notamment le nombre de nouvelles reines. Vraiment?

Ce n’est pas la conclusion qu’en tire Dave Coulson, de l’université du Sussex, à Brighton, qui vient de réexaminer les données et de publier un article dans la revue PeerJ. Pour lui, l’étude révèle que les bourdons sauvages présents sur les terres agricoles souffrent effectivement de l’exposition aux néonicotinoïdes: leur système nerveux est perturbé, ils sont plus sensibles aux autres facteurs de stress et sont désorientés dans leur recherche de pollen.

Malversation ou erreur de bonne foi? Cela reste difficile à dire. “De telles erreurs d’interprétation arrivent dans les publications scientifiques. C’est rare, mais il y a eu des précédents”, commente dans le New Scientist James Cresswell, spécialiste des abeilles à l’université d’Exeter.

Un facteur parmi d’autres Selon un rapport de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) publié le 19 mars, près de 10 % des espèces d’abeilles sauvages sont en voie d’extinction en Europe. En France, le projet de loi relatif à la biodiversité adopté le 24 mars intègre un amendement parlementaire sur l’interdiction de quatre substances, dont les néonicotinoïdes.

Reste que les effets des pesticides ne sont pas si faciles à démontrer. La surmortalité des abeilles dépend de plusieurs facteurs, parmi lesquels les pertur- bations du climat, les virus, parasites et autres vecteurs d’épidémies, la disparition des ressources naturelles, et bien sûr, les pesticides, rappelle le magazine américain Wired. Publié le 30/03/2015 – 17:48

http://www.courrierinternational.com/article/environnement-abeilles-et-pesticides-letude-scientifique-avait-ete-mal-interpretee

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30 mars 2015 ~ 0 Commentaire

pesticide et santé: l’équation sans solution (arte)

Au milieu des années 1990, des milliers de bovins meurent dans les étables. Malformations des veaux, fausses couches des vaches et problèmes de stérilité déciment les troupeaux. Les agriculteurs eux-mêmes ne sont pas épargnés et rencontrent divers graves problèmes de santé. Un éleveur de porcs danois a comparé sur plusieurs années les taux de pesticide dans l’alimentation de ses animaux et ceux de malformation des porcelets. Des chercheurs français, eux, ont mené une étude méthodique sur le problème. Les très longues et laborieuses analyses entreprises finissent par aboutir : les bêtes malades présentent dans leur organisme un taux très élevé de glyphosate – le désherbant le plus vendu au monde. Or, l’immense majorité des rations servies aux bêtes dans le nord de l’Europe proviennent de céréales OGM importées d’Amérique, dont les graines contiennent de grandes quantités de cet herbicide, pour l’instant défendu bec et ongles par le puissant lobby agro-alimentaire européen.

mardi 31 mars à 21h50 (45 min)

Rediffusion mercredi 01.04 à 10h00
Rediffusion vendredi 10.04 à 10h00

http://www.arte.tv/guide/fr/050772-000/pesticide-et-sante-l-equation-sans-solution

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