Archive | Luttes paysannes et alimentation

18 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Artificialisation des sols: les députés ont adopté des mesures à l’effet incertain (reporterre)

Artificialisation des sols: les députés ont adopté des mesures à l’effet incertain (reporterre) dans Ecologie & climat stop-au-beton-dans-la-crau

Deux mesures fiscales favorisant l’artificialisation des sols en France ont été discutées par l’Assemblée nationale jeudi dernier.

L’une voit son application repoussée d’un an. L’autre est adoptée, mais son effet est discutée. Pour les écologistes, le dossier est devenue « emblématique ». L’artificialisation des sols s’accélère en France. 79.000 hectares de terres agricoles et naturelles sont consommés par la ville chaque année. C’est l’équivalent d’un département tous les sept ans. (…)

Premier dispositif qui pourrait poser problème: l’augmentation de la taxe foncière sur les terrains constructibles. Le député UMP de Haute-Savoie Lionel Tardy a fait le calcul pour un terrain de 1.000 m2 : le propriétaire devrait payer 5.000 euros de taxe foncière en 2014 puis 10.000 euros par an à partir de 2015, contre seulement 300 euros aujourd’hui. « C’est une fiscalité confiscatoire », dénon- ce-t-il. Surtout, cette taxe toucherait non seulement des parcelles au cœur des villes, comme prévu, mais aussi de nombreux agriculteurs : ils seraient contraints de vendre des terrains certes classés comme constructibles, mais en réalité d’usage agricole.

« Préserver l’agriculture » Ce n’est pourtant pas le but du gouvernement. La ministre du logement Cécile Duflot a réexpliqué son objectif devant le Sénat le jeudi 7 novembre : « Elle vise à éviter la spé- culation foncière et la rétention de terrains constructibles, qui sont vacants et gardés par leur pro- priétaire en attente de l’augmentation du prix du foncier. » En clair, il s’agit de d’inciter les propriétaires à vendre, afin de libérer des terrains pour la construction de logements. Cette mesure doit donc aider le gouvernement et en particulier la ministre du logement à atteindre l’objectif fixé par le Président de la République : la construction de 500.000 logements neufs par an.

La mesure s’applique dans les agglomérations de plus de 50.000 habitants définies par décret, des zones dites « tendues » où la demande de logements est supérieure à l’offre. Mais c’est aussi justement dans ces zones que la préservation des terres agricoles périurbaines reste crucial : ce sont elles qui per- mettent aux urbains de manger local. Toujours devant le Sénat, la ministre du logement l’a donc ré- affirmé : « l’objectif du gouvernement est de préserver l’agriculture, y compris de proximité, y compris l’agriculture périurbaine. »

Effet pervers Cet effet pervers de l’augmentation de la taxe foncière a donc été abondamment signalé au gouvernement. Par exemple par le sénateur UMP de Haute-Savoie Jean-Claude Carle, auquel Cécile Duflot répondait dans son intervention devant le Sénat. Mais aussi par le député Lionel Tardy dans une question à Stéphane Le Foll. Ou encore par le député PS du Pas-de-Calais Jean-Jacques Cottel, dans une question écrite au ministère de l’Economie et des finances. La FNSEA (Fédération nationale des syn- dicats d’exploitants agricoles) s’est également emparée du sujet depuis plusieurs mois. La Coordination Rurale elle a lancé un appel aux parlementaires.

L’exécutif a fini par reconnaître le problème. La mesure était déjà présente dans l’article 82 de la loi de finances pour 2013, elle a été réintroduite par un amendement dans l’article 59 du projet de loi de finance pour 2014. Il a été adopté jeudi à l’Assemblée nationale et reporte cette mesure d’un an. Pour le député UMP de Haute-Savoie Lionel Tardy, cela correspond à un abandon : « Dire que la mesure est juste repoussée permet de ne pas vexer Mme. Duflot. » A l’inverse, le député (EELV) du Doubs Éric Alauzet croit plutôt que ce délai va permettre d’améliorer la mesure . « Cela nous laisse le temps de distinguer les terrains agricoles des parcelles libres, les « dents creuses » qui peuvent être urbanisées. » Le cabinet de Cécile Duflot confirme : « Les délais étaient trop serrés pour les maires. Ils vont pouvoir prendre le temps de cibler les terrains concernés. »

« Les propriétaires auront tout intérêt à vendre » La deuxième mesure dont nous vous parlions également il y a dix jours sur Reporterre a elle aussi été votée jeudi 14 novembre. Il s’agit de l’article 18 du projet de loi de finance pour 2014, portant sur les plus-values immobilières. Aujourd’hui, pour ven- dre un terrain non-bâti mais constructible, le propriétaire a intérêt à attendre : plus il est propriétaire depuis longtemps, plus l’abattement fiscal sur sa plus-value est important. Au bout de 30 ans, il est même exonéré. C’est une incitation à garder un terrain longtemps.

(…)

Lire aussi : EDITO – Artificialisation des terres : il ne faut pas lâcher !

Marie Astier (Reporterre) lundi 18 novembre 2013

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16 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Agroalimentaire: fameux, le « modèle breton » ?

Agroalimentaire: fameux, le « modèle breton » ? dans Luttes paysannes et alimentation download-7

Les plans de licenciements se succèdent dans l’agroalimentaire breton où différentes filières sont touchées. Une véritable crise.

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L’agriculture, la pêche et les industries de transformation sont depuis longtemps des pourvoyeurs d’emplois. Les entreprises Gad, Doux, Marine Harvest, Boutet-Nicolas ou Tilly-Sabco, qui étaient hier inconnus du grand public, font aujourd’hui la une de la presse nationale.

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Crises multiples La Bretagne est la première région agricole française : elle réalise 12 % du chiffre d’affaire de la production agricole nationale sur 5 % du territoire. Les principales activités sont les productions d’élevage qui contribuent pour 70 % à la valeur de la production agricole bretonne. La région compte 69 887 actifs employés dans 34 450 fermes. En 1970, les fermes bretonnes étaient au nombre de 150 921…

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Les industries agroalimentaires bretonnes réalisent environ 18 milliards d’euros de chiffre d’affaire par an, dont 4 milliards à l’exportation, et emploient 60 000 salariés. Environ 1/3 des emplois industriels en Bretagne. Le modèle agricole et agroalimentaire breton actuel est issu de la révolution agricole des années 50 et 60 qui a organisé le passage d’une agriculture familiale de proximité à l’agro-industrie hyper-productiviste que nous connaissons aujourd’hui. Ce « modèle breton » traverse aujourd’hui de multiples crises : économique, sociale et environnementale.

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L’environnement pollué La crise environnementale est bien connue. Les productions animales intensives et hors sol associées à l’utilisation massive d’engrais chimiques génèrent des excédents de nitrates et de phosphates qui ruissellent, s’infiltrent et polluent toutes les ressources en eau et sont à l’origine des marées vertes sur les côtes.

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La FNSEA, les industriels de l’agroalimentaire, l’UMP, mais également le PS, minimisent largement le phénomène et mettent en place des « plans algues vertes » bien dérisoires. Le contri- buable, lui, paie l’addition : en 2012, le ramassage de 70 000 m3 d’algues vertes a coûté 500 000 euros. D’autres polluants plus dangereux comme les pesticides répandus sur les cultures et les anti- biotiques utilisés dans les élevages nous menacent, sans parler de l’ammoniaque ou des gaz à effet de serre. Ce modèle économique très gourmand en énergie suppose aussi des importations massives de soja transgénique depuis l’Amérique latine et contribue à la destruction des sols et des paysages.

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Les travailleurs licenciés La crise économique et sociale s’annonçait, aujourd’hui elle explose. Ainsi, les deux poids lourds de la filière avicole, Doux et Tilly-Sabco, invoquent la fin des restitutions européennes. Ces aides concernaient les exportations de poulets congelés. De 480 euros la tonne en 2007, elles ont chuté à 108, 50 euros la tonne en 2012.

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Les entreprises, qui savaient depuis longtemps que la communauté européenne allaient les supprimer, n’ont pris aucune mesure sérieuse pour diversifier leur production et ce sont maintenant les travailleurs qui doivent servir de variable d’ajustement. Ainsi, dans la filière porcine, les entreprises bretonnes sont jugées moins performantes que les abattoirs allemands qui emploient des travailleurs d’Europe de l’Est payés à coups de trique…

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Pour répondre à cette situation d’urgence, le NPA demande la suspension de tous les licenciements, et une loi cadre les interdisant. Nous exigeons l’ouverture des livres de comptes afin que les travailleurs prennent connaissance par eux-mêmes des résultats de leur entreprise. Si celle-ci est bénéficiaire, l’État doit interdire immédiatement les licenciements. Si l’entreprise connaît de réelles difficultés, il faut imposer la réquisition sans indemnité ni rachat.

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L’agriculture et l’agroalimentaire doivent se reconvertir: nous refusons cette société inhu- maine où les hommes et la nature sont sacrifiés pour satisfaire la rapacité de quelques-uns. Le capi- talisme agro-industriel détruit l’emploi paysan, l’environnement et mène la vie très dure aux salariés des usines. L’agriculture doit cesser cette course au gigantisme, baisser drastiquement sa consom- mation d’énergie et de produits chimiques, et s’orienter vers des fermes de taille raisonnable produisant une nourriture de qualité en diversifiant et en relocalisant les ateliers de transformation. Le capitalisme en est bien incapable.

Michel Kernaléguen Vendredi 15 novembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 217 (14/11/2013)

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14 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Semences, la lutte contre la contrefaçon va t-elle nier les droits des agriculteurs ? (la conf’)

Semences, la lutte contre la contrefaçon va t-elle nier les droits des agriculteurs ? (la conf') dans Luttes paysannes et alimentation santos_yubero5

Photo: Extrémadure 1936

Le 20 novembre, les sénateurs discuteront et voteront en séance publique une propo-sition de loi « tendant à renforcer la lutte contre la contrefaçon », un sommet dans la recherche de profit absolu.

Il n’est plus ici question de vendre et d’acheter. Il s’agit, pour les firmes, de s’approprier le savoir acquis au quotidien par les paysans d’aujourd’hui et d’hier.

En 10 000 ans d’agriculture, on ne s’était jamais posé la question. Les paysans ont semé et choisit, saison après saison, les graines qu’ils allaient replanter. De la même manière, les éleveurs ont sélectionné leurs reproducteurs. C’est leur métier. C’est ce qui fait aujourd’hui de l’agriculture un domaine riche de savoirs, ce qui nous a permis de conserver la diversité du vivant.

C’est un patrimoine universel qui n’a pas de prix. On le croyait en tout cas, jusqu’à ce que cer- tains décident de se désigner comme propriétaires de ce patrimoine. C’est donc au nom de la « propriété intellectuelle » que quelques industriels feront payer, de façon systématique, les paysans qui ne fai- saient alors que leur métier.

Cette proposition de loi, et l’arsenal juridique déjà existant, piègent de fait les paysans. Ressemer des semences, donc les reproduire, sera une contrefaçon. Le paysan pourra alors voir sa récolte simplement saisie par les services de l’État. Pour éviter tout problème, il devrait donc, chaque année racheter ses semences ou payer des royalties.

Le fonctionnement sera le même en élevage pour les mâles reproducteurs. Et il n’y a pas d’échappatoire ! Tout paysan qui ne pourra présenter les factures de ses semences, de ses animaux ou de ses préparations naturelles sera considéré, a priori, comme étant dans l’illégalité. L’industrie se retrouve donc seule à avoir le droit de poursuivre le travail engagé par les paysans depuis des millénaires !

Cette loi, en criminalisant le métier même de paysan, nie leur savoir, et bafoue leur liberté. Elle porte aussi l’appauvrissement irrémédiable de la biodiversité. C’est cette responsabilité que nos élus portent en ce moment. Et il est de notre devoir de le leur rappeler.

Le collectif « Semons la biodiversité » et l’Association Terre et Humanisme

http://www.semonslabiodiversite.com/

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=2061&PHPSESSID=vgqq5vvbc31vtunvm63cgr9uo1

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14 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Trois Académies nationales, cautions institutionnelles pour tous les OGM (la conf’)

Trois Académies nationales, cautions institutionnelles pour tous les OGM (la conf') dans Luttes paysannes et alimentation diafoirus

Les Académies des sciences, de l’Agriculture et des Technologies, hauts lieux supposés de la réflexion scientifique, organisent, mardi 19 novembre, un colloque intitulé « Les plantes génétiquement modifiées ».

Ce n’est pas la Confédération paysanne qui dira qu’il ne faut pas étudier le sujet ! Reste cependant à savoir de quelle manière, et c’est là que le bât blesse. En effet, la liste des intervenants démontre qu’il ne s’agit que d’une grossière opération de communication au service des semenciers, industriels et autres lobbyistes.

A l’heure où il n’y a plus de moratoire sur le MON810, où le TC1507 de Pioneer pourrait être autorisé en Europe, et où les plantes mutées, ces OGM « cachés », s’installent discrètement dans les champs, cette opération de désinformation institutionnalisée est proprement scandaleuse.

La Confédération paysanne ne laissera pas diffuser ces messages trompeurs à la société. Les plantes génétiquement modifiées, qu’elles le soient par transgénèse ou par mutagénèse, sont porteuses des mêmes dérives : utilisation accrue de pesticides, contamination des champs voisins, extension du domaine des brevets sur les semences. Ces gènes brevetés porteurs de la « tolérance aux herbicides » sont au final un outil parfait pour que nos semences de ferme deviennent des contrefaçons. C’est exactement ce que prévoit la proposition de loi qui sera en discussion au Sénat à partir du 20 novembre, et c’est exactement ce que souhaite l’industrie semencière.

Nous serons mobilisés pour réclamer l’interdiction immédiate des plantes mutées et transgéniques au Geves dans le Maine-et-Loire, le 28 novembre. Nous nous battons contre les OGM et nous continuerons, quel que soit l’emballage sous lequel on les dissimule.

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=2063&PHPSESSID=vgqq5vvbc31vtunvm63cgr9uo1

 

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14 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Agriculture et alimentation, des noms au féminin (essf)

Agriculture et alimentation, des noms au féminin (essf) dans Féminisme mission-gp-de-femmes

Quand on parle de l’agriculture et de l’alimentation, on fait rarement référence au rôle clé que les femmes ont eu et tiennent encore dans la production, la distribution et la consommation des aliments. Comme tous les autres travaux de soins, la nourriture a été reléguée à l’arrière plan. Mais l’agriculture et l’alimentation sont des noms féminins et il est indispensable de rendre visible et de donner une valeur à ce que nous mangeons et à comment nous le faisons, en soulignant que cela concerne tout le monde.

La culture des aliments, tout particulièrement les potagers à petite échelle, a tradi- tionnellement été un travail féminin. Dans les pays du Sud, encore aujourd’hui, entre 60 et 80% de la production de nourriture relève du travail des femmes. En dépit de cela, ce sont les femmes et les petites filles qui, selon les chiffres de la FAO, ont le plus faim : 60% de la faim chronique les frappe de plein fouet. Pourquoi ? Parce que les femmes travaillent la terre, la cultivent et récoltent les aliments mais elles n’ont pas accès à sa propriété, au crédit agricole, etc. Et en conséquence, elles ne recoivent pas le fruit de ce qu’elles produisent.

Mais il n’est pas nécessaire d’aller jusque dans les pays du Sud pour constater que le modèle agricole et alimentaire actuel a un impact négatif sur les femmes : combien de paysannes, chez nous, ont travaillé toute leur vie dans les champs alors que ce travail n’a jamais été pris en compte, qu’elles n’ont jamais cotisé pour la sécurité sociale. Nous vivons dans un système patriarcal qui rend invisible et qui ne valorise pas le travail des femmes. L’agriculture et l’alimentation en sont un exemple clair.

Le modèle agroalimentaire actuel est irrationnel, non seulement parce qu’il se base sur des aliments « kilométriques », alors que nous pourrions en consommer de proximité, mais aussi parce qu’il détruit l’agriculture locale au lieu de défendre un monde rural vivant. Il favorise une poignée de variétés agricoles alors qu’on pourrait utiliser une énorme quantité d’anciennes semences. Il est « accro » aux pesticides et aux transgéniques, avec tout ce que cela implique pour notre santé et celle de la planète, au lieu d’investir dans l’agriculture écologique. En outre, il condamne à la faim et à l’anonymat celles qui jouent un rôle central dans la production alimentaire : les femmes.

Alors qu’émergent aujourd’hui des alternatives à l’agriculture industrielle et intensive qui a échouée, les femmes y jouent également un rôle central. Cette agriculture nouvelle et au féminin, nous la retrouvons dans de nombreux lieux à la campagne où des femmes paysannes, souvent jeunes, prennent en charge des fermes et optent pour une agriculture et une alimentation qui place au centre les personnes et la terre. Ce sont des groupes et des coopératives de consommation dans lesquels les femmes ont un poids décisif. Des expériences d’exploitation intelligente et de recyclage de la nourri- ture, des « cantines mobiles » et des cuisines populaires dirigées par des femmes. Des potagers urbains, qui occupent des terrains vagues et abandonnés, avec une présence féminine importante.

Ce sont des alternatives qui revendiquent la souveraineté alimentaire, notre capacité de décider (nous, paysans et consommateurs) sur ce qui est cultivé et ce que l’on consomme. Une alter-native qui doit nécessairement être féministe et faire le choix de l’égalité des droits, en revendiquant l’accès aux moyens de production alimentaire (terre, eau et semences) à égalité de conditions, tant pour les hommes que pour les femmes.

En récupérant l’intérêt pour ce que nous mangeons, de la provenance et de la manière dont on produit, nous redonnons à nouveau valeur à une chose aussi essentielle que l’agriculture et l’ali- mentation. L’achat de nourriture et la cuisine à la maison sont toujours, dans une bonne mesure, l’œu- vre des femmes. Un travail qui n’est souvent pas reconnu ni valorisé mais qui est indispensable car il soutient le travail productive qui valorise le capital. Souligner son importance, faire en sorte qu’il compte et établir clairement qu’il est de la responsabilité de tous et de toutes est le premier pas pour commencer à changer les choses et à faire en sorte que nos vies soient plus justes, saines et, en définitive, vivables.

VIVAS Esther 12 novembre 2013

* Article initialement publié en catalan sur le site « Etselquemenges.cat », 12/11/2013.

* Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30321

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13 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Non à la criminalisation de ceux qui luttent pour l’accès à la terre et aux ressources (la conf’)

Non à la criminalisation de ceux qui luttent pour l'accès à la terre et aux ressources (la conf') dans Europe cartel-juicios-turquilla

Le 11 novembre, plus de cinquante militants du Sindicato Andaluz de Trabajadores, mouvement de travailleurs et ouvriers agricoles, sont appelés à comparaître devant le Tribunal supérieur de justice d’Andalousie (tribunal de grande instance) à Grenade.

Accusés d’usurpation, de dommages et de désobéissance grave, ils risquent 88 années de prison et 275 000 € d’amende.

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Leur crime ? Avoir occupé en 2012 une exploitation agricole, propriété de l’Etat espagnol, largement sous utilisée par l’armée pour y garder quelques ânes et chevaux. Dans cette région où règne un chô- mage de masse, tous les partis avaient pourtant demandé que cette exploitation soit cédée à la ville d’Osuna, afin de donner un usage social à la terre. La Coordination paysanne Via Campesina, et toutes ses organisations membres, apportent leur soutien aux camarades interpelés.

C’est l’accès aux ressources, à une vie décente pour tous qui est en jeu. La terre, l’eau, les semences, sont des moyens de production et de survie. Ils ne doivent pas être confisqués à des fins spéculatives, ni par les Etats, ni par les compagnies privées.

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=2050&PHPSESSID=1pekvf19a05agrajdlsbhd7vf5

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13 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Hausse de la TVA sur les activités équestres: les plus fragiles mis en danger (la conf’)

Hausse de la TVA sur les activités équestres: les plus fragiles mis en danger (la conf') dans Luttes paysannes et alimentation sport_de_filles_affiche_

Le 22 octobre, l’Assemblée Nationale a choisi d’augmenter le taux de TVA de 7 à 20 % pour les centres équestres.

Cette augmentation de 13 %, pour se mettre en conformité avec la règlementation européenne, affectera particulièrement les activités de bon nombre de petites structures en milieu rural, porteuses d’emploi et de vie des territoires.
Elevages équins, pensions, centre équestre, débardage et travaux dans les champs (vigne et maraîchage), sont souvent combinés dans ces élevages. Loin des idées reçues, cette diversité des activités démontre que la plupart ne pratiquent pas une activité élitiste. La présence de ces métiers et de leur savoir-faire est un atout important pour l’entretien et la valorisation de l’environnement ainsi que pour toutes les activités d’accueil en milieu rural (promenades, activités sportives…). Cette augmentation de la TVA met à mal leur revenu et pourrait conduire à la cessation d’activité pour les plus fragiles d’entre eux. 13.11.2013

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=2052&PHPSESSID=1pekvf19a05agrajdlsbhd7vf5

Commentaire: Inutile de sortir les armes, c’est l’affiche d’un film

 

 

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13 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Sommet climatique : les paysans refusent de devenir des marchands de carbone (essf)

Les paysans et les paysannes produisent de la nourriture, et non pas du carbone.

Et pourtant, si certains des gouvernements et des lobbies qui vont négocier à la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique les 21 et 22 novembre à Varsovie parviennent à leurs fins, la terre agricole pourrait sous peu être considérée comme un puits de carbone dont les entreprises polluantes pourront acheter des parts pour compenser leurs émissions nocives.

« Nous sommes absolument contre la politique du marché du carbone pour faire face à la crise climatique, » déclare Josie Riffaud de La Via Campesina. « Transformer les champs de nos pay- sans en puits de carbone, dont les droits peuvent être vendus sur le marché du carbone, nous éloignera encore de ce qui pour nous est la véritable solution, c’est-à-dire la souveraineté alimentaire. Le carbone de nos fermes n’est pas à vendre ! »

La bourse du carbone a été absolument incapable de s’attaquer aux causes réelles de la crise climatique. Mais cela n’a jamais vraiment été son but. Au lieu de réduire les émissions de carbone à la source, elle a créé un marché lucratif pour les pollueurs et les spéculateurs qui peuvent ainsi acheter et vendre des crédits de carbone tout en continuant à polluer.

Et maintenant la pression monte pour faire des terres agricoles un puits de carbone ma- jeur, qui serait soi-disant un autre moyen de contrebalancer les émissions industrielles. Les gouver- nements américain et australien, la Banque mondiale et le secteur des grandes entreprises utilisent cet argument depuis longtemps et réclament la création de nouveaux marchés du carbone qui leur per- mettent d’acheter des compensations carbone basées sur la terre des pays en développement.

L’agrobusiness est bien placée pour en profiter et le gouvernements de certains pays en développement espèrent pouvoir en tirer des revenus en cédant leurs forêts, leurs pâturages et leurs terres agricoles aux pollueurs du Nord.

La Conférence-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) organisée en novembre à Varsovie risque de nous enfoncer encore davantage dans la pagaille du marché du carbone. Marcin Korolec, le ministre de l’Environnement polonais et l’organisateur principal de cet événement, a annoncé avec fierté que pour la première fois des représentants du monde des affaires prendraient part officiellement aux négociations. Il suffit de jeter un œil à la liste des partenaires officiels de la conférence pour voir qu’ils font partie des industries les plus polluantes du monde.

L’agriculture est l’un des principaux responsables du changement climatique, mais Henk Hobbelink de GRAIN précise : «  C’est le système alimentaire industriel qui est la cause première de la crise climatique car il promeut l’utilisation lourde des intrants chimiques, l’érosion du sol et la défo- restation qui sont indissociables de l’agriculture de plantation en monoculture. Il renforce également la tendance toujours croissante à fournir des marchés d’exportation lointains. Plutôt que d’encourager cette aberration avec les marchés du carbone, les dirigeants de ce monde devraient soutenir la solution de l’agriculture paysanne et de l’agroécologie. » Les recherches de GRAIN ont montré qu’en appliquant de manière conséquente des pratiques agroécologiques paysannes qui visent à restaurer la matière organique du sol, on pourrait capter entre 24 et 30 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre actuelles.

Une semaine après le retour des négociateurs de Varsovie, qui n’auront probablement pas réussi à se mettre d’accord sur des actions efficaces pour lutter contre la crise climatique, la Banque mondiale et les gouvernements hollandais et sud-africain tiendront une conférence internationale à Johannesburg pour promouvoir une « agriculture intelligente face au climat » et former une nouvelle alliance pour la mettre en place.

Mais quand on regarde les propositions présentées, on voit bien que rien ne va changer : de nouvelles semences transgéniques développées par les entreprises de biotechnologie, plus d’engrais et de pesticides chimiques provenant des géants de l’agrochimie et plus de plantations industrielles « bio-intensives ». « L’agriculture intelligente face au climat est devenue le nouveau slogan pour les grandes institutions de la recherche agronomique et les grandes entreprises pour se placer eux-mêmes en position favorable et se présenter comme la solution aux crises alimentaire et climatique, » déclare Pat Mooney de l’ETC Group. « Pour les petits producteurs du monde, cela n’a rien à voir avec l’intelligence. C’est juste une autre manière de les forcer à accepter dans leurs champs les technologies contrôlées par les grandes entreprises et de les priver de leurs terres. »

Dans le même temps, ces mêmes entreprises sont en train de développer d’autres techno-logies à haut risque, notamment la biologie synthétique, les nanotechnologies et la géo-ingénierie. Les conséquences de ces nouvelles technologies spectaculaires sont mal connues, mais elles ont plus de chances de dévaster notre planète déjà si fragile que de résoudre les crises climatique et environnementale.

Le rôle principal de l’agriculture est de nourrir les populations et de fournir des moyens de subsistance aux petits producteurs du monde entier et ce rôle doit être défendu, explique Elizabeth Mpofu, de Vía Campesina. « Les droits relatifs à nos fermes, nos terres, nos semences et nos ressources naturelles doivent rester entre nos mains, afin que nous puissions produire la nourriture et protéger notre terre-mère comme le font les paysans depuis des siècles. Nous ne permettrons pas que les marchés du carbone transforment notre dur labeur en puits de carbone pour que les pollueurs continuent à faire des affaires comme si de rien n’était. ».

Via Campesina, GRAIN, ETC Group7 novembre 2013

Communiqué de presse de la Vía Campesina | GRAIN | Groupe ETC jeudi 7 novembre 2013

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30315

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13 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Pays de Brest, un grignotage inquiétant des terres agricoles (of)

Pays de Brest, un grignotage inquiétant des terres agricoles (of) dans Brest et région stop-au-beton-dans-la-crau

Dans le Pays de Brest, chaque année, la surface agricole disparaît à un rythme effréné, de l’équivalent de « 1 400 terrains de football par an ».

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L’association Préver appelle à un meilleur partage de l’espace entre ville, littoral et milieu rural. «De- puis 1950, la surface agricole utile du Pays de Brest a diminué de plus de 60 000 hectares, soit 1 000 hectares par an. C’est 36 % de l’espace du Pays qui a changé de destination, au rythme de l’équivalent de 1 400 terrains de football par an » ! Ce mardi, en mairie de Brest, ce constat alarmant a été dressé par l’association Préver (Pour la valorisation de l’espace rural) à l’occasion du lancement de son exposition, « L’occupation de l’espace dans le Pays de Brest d’hier à demain ». Un travail réalisé en lien avec l’Adeupa, la très sérieuse agence d’urbanisme du pays de Brest. « Le Pays de Brest est de plus en plus peuplé et les activités augmentent. C’est un atout. Mais attention. L’espace reste le même. Et il y a de plus en plus de concurrence pour l’occuper », met en garde l’association. Cette exposition itinérante est visible jusqu’au 5 décembre, dans le salon Colbert, aux horaires d’ouvertures de la mairie de Brest. Brest – 12 Novembre

http://www.ouest-france.fr/pays-de-brest-un-grignotage-inquietant-des-terres-agricoles-1705878

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12 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Chez Henri, Breton heureux au milieu de ses 120 cochons bio (rue 89)

Chez Henri, Breton heureux au milieu de ses 120 cochons bio (rue 89) dans Luttes paysannes et alimentation goutal-mercredi-300x223

Ancien du Larzac et de Plogoff, l’éleveur dénonce depuis longtemps une agriculture productiviste dans l’impasse. Mais comprend la colère des Bonnets rouges.

D’abord, il y a une odeur. Celle du porc en saucisses, en pâtés, en boudins, en chorizos. Un bouquet sec et dense. Rien à voir avec le fumet suspect du rayon charcuterie. Ici, tu sens qu’il y avait une bête avant. Que ça couinait, grognait, vivait. Que ce n’est pas de la barbaque pleine d’abcès. Ensuite, il y a Henri. La cinquantaine tassée, vingt ans de bio, des souvenirs du Larzac et une dent contre le « toujours plus, toujours plus grand » de l’agriculture bretonne. Henri qui sort de son « laboratoire » où pendouillent saucissons et jambons. Henri qui câline ses porcelets. Henri, très fier que ses cochons aient des queues.

« Ils croient qu’ils doivent nourrir la planète » Depuis que la« crise bretonne » agite la péninsule, cet éleveur de Plouhinec (Finistère) dépiaute méticuleusement Le Télégramme. Il peste contre les bonnets rouges. Pourrit les grands groupes de l’agroalimentaire. Moque les « licenciés qui défilent avec les licencieurs ». Se reprend, moins virulent, plus amer : « C’est triste tout de même, il y a des familles entières de chez Gad qui vont se retrouver sur la paille. » Et repart, intarissable : « Cela fait trente ans que l’on sait que l’agriculture productiviste va dans le mur. Le mur recule, parce qu’il y a des subventions, mais on y va quand même. Les paysans bretons se sont mis dans la tête qu’ils ont pour mission de nourrir la planète. »

Henri a forgé son âme écolo en se battant contre la centrale de Plogoff. C’est un José Bové local, membre de la Confédération paysanne. Pas de moustache, pas de pipe, mais les mêmes ad- versaires : les « ultras-libéraux » de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Les Merret et autres qui tonnent contre l’écotaxe et coiffent des bonnets rouges. Son fils, Alexandre, vient de reprendre la ferme familiale. Catherine, sa femme, donne toujours un coup de fourche si besoin. Au milieu des panneaux « sans OGM », les trois comparses engraissent 120 bêtes par an. Là où un petit élevage « classique » sort 4 000 têtes à l’année.

Un minuscule réseau s’est mis en place. Le « naisseur » à Quimper, qui fournit les porcelets « sains ». Et le petit abattoir à huit kilomètres, « parce que c’est bien que l’argent reste sur le terri- ntoire ». Des « unités anecdotiques », comme on les surnomme à la chambre d’agriculture. Loin de l’agroalimentaire de masse, fer de lance de l’économie armoricaine.

La porcherie ? On croirait le salon de l’agriculture, les gosses et le président de la République en moins. Pas de caillebotis où trébuchent les bêtes. Pas de queues et de dents coupées pour éviter que les porcs se bouffent le derrière et les mamelles. Ici, c’est du « cochon heureux » qui gueule, qui pue, qui tire sur son jambon pour sortir de la paille. « C’est important la paille. Dans les élevages intensifs, il n’y a que le lisier. De la pisse fondue dans l’excrément. Ça tombe dans des bacs. Alors qu’avec la paille, la pisse et l’excrément sont asséchés, ça fermente, ça chauffe – jusqu’à 80 degrés – et ça fait un fumier du feu de dieu. Et puis, si vous étiez un cochon vous préfèreriez quoi ? Dormir sur du béton ou sur de la paille ? »

Du très haut de gamme, la « potion magique » Tout est comme ça dans la tête d’Henri. Les « rapaces » de la FNSEA et leur agriculture intensive qui se casse la gueule contre les petits paysans qui luttent pour sauver la péninsule. Quand la Bretagne sombre dans l’agroalimentaire bas de gamme, tourné vers l’exportation, sa ferme fait du circuit court, de la vente directe, du très haut de gamme. Exactement la potion magique que les économistes recommandent aux Bretons pour sortir de l’ornière. Henri résume : « Si tu fais la course aux bas coûts, tu trouveras toujours quelqu’un pour courir plus bas que toi. » Et son fils de souligner que les touristes allemands se pressent pour acheter son cochon : « Ils ont traversé un paysage dévasté par les Lidl et les Dia et tombent enfin sur de la charcuterie qui a du goût. Ce doit être cela, la force de la France. »

« Par temps clair, on voit New York » Une fois lancé, le fiston vagabonde sur les bienfaits du bio. On rêvasse au bout de la péninsule, si près de la pointe du Raz. Près de la mer, de rares touristes aèrent leurs impers qui sentent encore le plastique. Dans les terres, une usine de mise en boîte de sardines, lustrée par la pluie. En dehors de cela, l’heure n’est pas à la joie. Un retraité de la marine marchande préfère ironiser : « Par temps clair, on voit New York. »

Le reste de l’année, c’est plutôt l’écho des plans sociaux, les jeunes qui se tirent, les retraités parisiens qui s’installent pour mourir. Les Bretons, alors que la région s’en sort plutôt bien par rapport à d’autres, ont le sentiment d’être délaissés. Commentaire de Catherine : « On dit que les deux plus grands employeurs ici, c’est le Carrefour et le laboratoire d’analyse médical… »

Solidaire, en marinière Armor Lux Voilà pourquoi, malgré sa colère contre les grands exploitants, Henri n’est « pas foncièrement contre les manifestations ». Il reconnaît que le malaise est réel. Déboule de ses lèvres la métaphore à la mode. « L’écotaxe, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. »

Et de citer :

  • la paperasserie (son fils a dû dépenser 1 700 euros en frais de dossier et stages divers) ;
  • les agriculteurs étranglés, snobés par Paris ;
  • les actionnaires qui se détournent « quand le profit n’est plus à deux chiffres ».

Il tire un bout de marinière Armor Lux de dessous son pull. Manière d’afficher sa solidarité. L’écotaxe ? Pas une si mauvaise idée. On est partisan de la relocalisation ou on ne l’est pas. Mais il aurait fallu dé- velopper le ferroviaire et le canal de Nantes à Brest, avant de taxer les routes. « Ne pas mettre la charrue avant les bœufs. » Incise de Catherine : « Enfin, le canal, on l’a remonté en vélo la dernière fois, il n’est pas prêt de laisser passer des péniches… » Bref, il ne se joindra pas à Christian Troadec pour manifester le 30 novembre, mais se mêlera peut-être à une manifestation pour le maintien de l’emploi.

En cette fin de semaine, il regarde défiler les promesses, les sous et les réunions de mise en œuvre du « pacte d’avenir pour la Bretagne ». Ce qui le met en rogne c’est l’évocation de la sacro-sainte « modernisation ». « C’est déjà ultra-modernisé l’agriculture bretonne. Je ne vois pas ce que tu pourrais faire en plus. »

Il connaît des éleveurs qui ne mangent même plus leur propre volaille. Qui préfèrent se garder une dizaine de volatiles, élevés au grain et en plein air, pour ne pas devoir ingurgiter des « pe- tites bestioles blanches qu’on fait grandir en un mois et demi ». Le Carrefour, c’est uniquement pour les croquettes de son chien. Le reste, il l’achète à d’autres producteurs. Avec 200 clients réguliers et en- viron 3 000 euros de revenus par mois (trois bêtes abattues par semaine), la famille vit correctement. Enorgueillie de fournir un restaurant et deux écoles et de maîtriser presque toute la chaîne, de l’élevage à la transformation.

« … soit on se retrouve avec les algues vertes » Alexandre, 25 ans a repris les rênes la semaine passée. Le jeune homme est confiant (« les gens devront toujours manger et ils veulent de la qualité »). Mais il pense que ce sera difficile pour ses camarades, croisés lors des études agricoles. Son père et sa mère opinent du chef : Henri : « C’est un moment crucial pour la Bretagne. Soit on s’engage dans le bio, soit l’écologie passe à la trappe et on se retrouve avec des algues vertes sur les côtes et une flotte qu’on ne peut même plus boire. » Catherine : « Ce qui est sûr c’est qu’on va être sinistrés comme la Lorraine avec la métallurgie. »

A la radio, la voix de Stéphane Le Foll, qui s’est déplacé à Rennes au chevet de la Bretagne. Entre les millions par-ci, les avances par-là, le ministre de l’Agriculture parle d’industrie, mais aussi un peu d’écologie. Pas assez pour rassurer Henri.

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