Archive | Luttes paysannes et alimentation

27 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

procès de la pomme de terre, acquittement pour les activistes! (lcr.be)

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L’arrêt dans le procès de la pomme de terre a été rendu le 23 décembre.

Les 11 libérateurs de champ de Wetteren ont été acquittés de l’accusation de formation de bande. Cet acquittement est complètement justifié et une victoire pour les organisations, juristes et activistes qui s’étaient opposés au jugement initial.

Il est donc confirmé que des actions de désobéissance civile, même si elles occasionnent un dommage matériel, ne peuvent pas être tout simplement crimi- nalisées comme ça. Cette action était nécessaire pour dénoncer un abus écolo- gique et démocratique.

Dans ce sens, le projet de proposition de Groen qui rendrait impossible de poursuivre les meneurs d’action comme des organisations criminelles est un pas dans la bonne direction. Les meneurs d’action doivent toutefois payer un dédom- magement d’environ 18 000 euros à l’ILVO  et à la Hogeschool Gent. Les activistes proposent aux institutions d’utiliser cet argent pour une enquête sur l’agro- agriculture qui serait axée sur les besoins des paysan(ne)s et consommateurs, au lieu des multinationales.

Après cet épisode qui a duré 3,5 ans, il est temps  maintenant de regarder vers l’avenir. Nos agricultures et productions de nourriture se trouvent devant des défis colossaux. Les différentes protestations paysannes des dernières semaines, le flop du sommet sur le climat et les actions contre le gouvernement du déman- tèlement social indiquent qu’en tant que société nous devons changer d’urgence de direction, loin de l’agro-industrie polluante et de la loi du plus fort.

Le Field Liberation Movement a l’intention de contribuer en 2015 avec énergie à la lutte contre les OMG dans notre assiette ou dans nos champs, et pour des prix honnêtes pour les agriculteurs et les consommateurs, une enquête indépendante, des nouvelles formes de démocratie et des chaînes de production équitable. 27 décembre 2014

http://www.lcr-lagauche.org/le-proces-de-la-%C2%A8pomme-de-terre-acquittement-pour-les-activistes-de-la-pomme-de-terre/

 

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20 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

haïti: un modèle de développement anti-paysan (cetri)

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Depuis fin 2013, à l’Île-à-Vache, dans le sud-ouest du pays, les habitants se mobilisent contre le méga-projet « Destination touristique ».

Dans le Nord-Est, à la frontière avec la République dominicaine, ce sont les travailleuses et travailleurs de la zone franche de Caracol – certains organisés au sein du syndicat Batay ouvriye – et les associations paysannes dont les terres ont été accaparées, qui s’opposent à cette zone franche inaugurée le 22 octobre 2012, et implantée sur des terres agricoles fertiles.

Alors qu’ailleurs dans le pays, principalement dans les montagnes du Nord, les projets d’exploration miniers suscitent autant de réticences de la part des organisations sociales que de convoitise de la part de « l’élite » politique et économique haïtienne.

Quels liens existent-ils entre ces divers projets, d’un côté, et ces multiples résistances, de l’autre ? Les premiers dessinent les contours et la dynamique d’un mode de développement, mis en place par le gouvernement haïtien, et soutenu – voire téléguidé – par les institutions internationales et quelques grandes puissances mondiales – dont, au premier chef, les États-Unis.

Les mouvements sociaux haïtiens, en général, et les mouvements paysans, en particulier, s’opposent à de tels projets, en mettant en avant une autre vision de la société. Ainsi, aussi différents que soient ces méga-projets, ils participent d’une même logique, centrée sur des caractéristiques communes, convergeant vers un modèle de développement dont les paysans sont le rebut.

par Frédéric Thomas
(15 décembre 2014)
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haïti: un modèle de développement anti-paysan (cetri) dans Anticolonialisme carre-nav Haïti : un modèle de développement anti-paysan (PDF – 1.5 Mo)
carre-nav dans Antiimpérialisme Texte complet de l’étude : Haïti : un modèle de développement anti-paysan (PDF – 722.6 ko)

http://www.cetri.be/spip.php?article3732&lang=fr

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19 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

des éleveurs obtiennent en partie gain de cause contre le « puçage électronique » (fr3)

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Les éleveurs de brebis et chèvres mobilisés à l’appel de la Confédération Pay- sanne contre l’obligation de doter les animaux de puces électroniques ont obtenu gain de cause auprès du ministère, s’est félicité ce jeudi leur porte-parole Laurent Pinatel.

« On a réussi à faire admettre que les boucles plastiques soient reconnues comme éléments de traçabilité et le ministère de l’Agriculture a pris l’engagement écrit de l’arrêt des sanctions en cascade à partir du 1er janvier, à savoir la per- te des aides européennes et la perte de l’aide ovine-caprine, si l’on peut prou- ver que les animaux sont présents », a expliqué Laurent Pinatel, à l’AFP. Cette reconnaissance va permettre à partir de début 2015 aux éleveurs de maintenir 100% de leurs aides de la Politique agricole commune (PAC) liées au développement rural comme l’ICHN (Indemnités compensatoires de handicaps naturels) ou les MAE (Mesures agroenvironnementales) qui représentent une part importante des aides des éleveurs de montagne, confirme-t-on au ministère.

En revanche, les boucles plastiques ne pourront être reconnues comme moyen d’identification pour toucher les aides ovine ou caprine du premier pilier de la PAC, précisent encore les services de Stéphane Le Foll. Ce qui induira donc une perte des parties de ces aides pour les éleveurs qui n’utiliseront pas le puçage électronique. Le ministère s’étonne d’ailleurs de cette mobilisation de la Confé- dération paysanne, assurant que ces dispositions avaient été décidées dés le premier semestre 2014 même si les décrets, qui sont en cours de rédaction, n’ont pas encore été publiés. Par ailleurs, selon le syndicat minoritaire, la direction de l’Agriculture « s’est engagée à réexaminer les dossiers les plus lourds pour 2014″.

Des éleveurs déjà sanctionnés De son côté, la Confédération paysanne a précisé jeudi après-midi avoir bien « obtenu la fin de ces sanctions en cascade« , avec un bémol : « Il y aura toujours la perte de l’aide ovine/caprine (liée à l’obli- gation d’identification électronique, mesure européenne), mais les aides liées au chargement animal seront maintenues à partir du moment où on peut justifier de la traçabilité (bouclage classique) ».

La réglementation européenne, traduite en droit français dans un arrêté ministériel du 19 décembre 2005, imposait aux éleveurs d’ovins et caprins l’obli- gation d’identifier chaque animal né à partir du 1er janvier 2010 au moyen d’une puce électronique. A défaut, ils se voyaient privés des primes de la politique agri- cole commune (PAC),et dans la foulée, de l’ICHN.

Par ailleurs, le préfet de l’Ardèche « s’est engagé à ne plus prononcer d’inter- diction de mouvement ou de vente de fromage, dans la mesure où cela ne se fait pas ailleurs », a ajouté M. Pinatel. Rendez-vous est pris dans la « première quin- zaine de janvier » à la Direction générale de l’alimentation pour « faire de cet enga- gement une position nationale pour rompre définitivement le lien entre iden- tification électronique et sanctions sanitaires », a-t-il ditHier mercredi, quelques 500 à 600 éleveurs de brebis et chèvres s’étaient mobilisés à Privas, Vitré (Ille-et-Vilaine) et Cahors à l’appel national de la Confédération Paysanne contre « l’industrialisation de l’élevage », occupant des locaux de la Direction départementale du territoire en Ardèche et une usine fabriquant des puces électroniques en Bretagne. EC. avec AFP

Publié le 18/12/2014 | 12:33, mis à jour le 18/12/2014 | 17:15
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15 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

crise climatique: la justice, grande absente des résultats de lima (essf)

justice

Le monde est confronté à une urgence planétaire : le changement climatique est causé par un système qui place la recherche du profit au-dessus des besoins des personnes et des limites de la planète. Il dévaste la vie de millions de per- sonnes à travers la planète. Selon les scientifiques du climat, des basculements critiques pourraient se produire prochainement et la température moyenne globale pourrait s’accroître de 4 à 5°C avec des conséquences catastrophiques pour nous tous.

La Conférence de Lima aurait dû poser les jalons de la façon dont les gou- vernements allaient prendre des mesures urgentes pour lutter contre le change- ment climatique et pour soutenir les populations vulnérables de la planète à s’adapter aux inévitables conséquences.

Il s’agissait de réduire plus fortement les émissions d’ici à 2020 et de fixer des objectifs climatiques à long terme pour ne pas augmenter la température de plus de 1,5°C. Ne pas émettre plus que ne le permet le budget carbone et répartir ce dernier sur la base des principes de responsabilités communes mais diffé- renciées, des capacités respectives des pays et de la nécessité d’honorer la dette climatique.

Ce qu’il s’est passé à Lima s’inscrit dans une longue série de décisions qui, chaque année, affaiblissent les règles internationales sur le climat, mettant en difficulté les populations et la planète.

Les engagements de réduction d’émissions pour l’avant 2020 sont injustes et beaucoup trop faibles. Ils conduiraient à dépasser les 2°C de réchauffement climatique d’ici le milieu du siècle. Ces objectifs n’auront pas été revus à la hausse en 2014, pas plus qu’il n’y a d’engagement à les réexaminer et les revoir prochainement.

Lima nous prépare à un accord à Paris qui ignorera les besoins et les droits des populations impactées dans le monde, excluant tout engagement contraignant en matière de contribution financière, d’adaptation, de perte et dommages et de transfert de technologie.

La Conférence de Lima n’a pas su établir un pont entre les actions que les pays doivent prendre et les technologies et financements nécessaires qui pour- raient permettre aux populations du Sud de s’adapter, de construire leur résilience et de faire face à la perte et aux dommages occasionnés par les impacts du changement climatique.

Pas plus qu’elle n’a permis de mettre sur les rails les nécessaires actions de réduction d’émissions sans lesquelles l’ampleur de la transformation et de la transition juste dont nous avons besoin pour limiter la hausse de température inférieure à 1,5 degrés C ne sera pas atteinte.

Ce qui a été décidé à Lima ouvrent la possibilité à ce que chaque pays détermine ses propres engagements en matière de climat, sans que ces der- niers ne tiennent compte de ce que demandent la science, les populations et et les exigences de justice, et sans cadre réglementaire clair. Nous avons vu des diri- geants politiques, en particulier ceux des États-Unis, de l’Union européenne et de leurs alliés, agissant dans l’intérêt des grandes entreprises polluantes, déterminés à déréglementer davantage le régime de gouvernance international du changement climatique.

Ce faisant, ils sapent la convention sur le changement climatique des Nations Unies dans ses fondements, en affaiblissant les règles portant sur les pays développés et en ignorant leur obligation légale et morale de débloquer des financements suffisants et de transférer les technologies.

A Lima, l’expansion de l’utilisation des marchés carbone, qui ont pourtant échoué, a été largement encouragée. Y compris à travers l’utilisation de crédits carbone issus des forêts et des sols, source de dévastations supplémentaires pour les populations paysannes et forestières à travers le monde, empêchant les transformations dont nous avons besoin.

Le Sommet des peuples et la marche dans les rues de Lima ont exigé la dé- fense des droits de la nature et la garantie des droits des populations. Ils ont clairement mis en lumière ce que sont les solutions à la crise climatique et les alternatives.

Partout sur la planète, les populations mettent en œuvre ces solutions et luttent pour transformer le système. Nous luttons pour survivre et pour garantir et sécuriser nos territoires, habitations et moyens de subsistance face aux dérèglements climatiques.

Nous nous battons pour une transformation du système énergétique visant à abandonner l’usage des énergies fossiles au profit de systèmes énergétiques accessibles à tous, contrôlés par les populations, décentralisés, sûrs et basés sur les énergies renouvelables.

Nous défendons la souveraineté alimentaire et le développement des solutions agro-écologiques, tout en luttant pour s’adapter aux conséquences dévastatrices des dérèglements climatiques. Ainsi, les programmes de foresterie basés sur les populations fonctionnent dans leur intérêt, particulièrement ceux des populations indigènes, plutôt qu’en faveur des banquiers et des capitales financières dans le Nord.

Les populations accumulent de la force et du pouvoir, au niveau local, natio- nal et global. Nous allons continuer à mettre plus de monde dans les rues, à blo- quer des projets d’extraction de ressources naturelles, des ports, des sièges d’en- treprises, pour que notre force et notre pouvoir grandissent.

Nous allons reprendre le pouvoir que nous ont confisqué ceux qui n’agissent pas dans notre intérêt. Nous résisterons aux velléités d’imposer un « accord mon- dial sur le climat » qui ne fasse rien pour le climat et encore moins pour les populations. Ici à Lima, ils ont essayé de nous enterrer. Mais ce qu’ils ignorent, c’est que nous sommes des graines qui écloront des sillons de la résistance.

14 décembre 2014
Tard dans la nuit de samedi à dimanche, les 194 Etats de la planèté sont parvenus à un accord dans le cadre de la convention cadre de l’ONU sur le dérèglement climatique. Loin d’être satisfaisant, cet accord hypothèque tout accord historique à Paris fin 2015. Les mouvements et ONG pour la justice climatique, notamment Attac France et les Amis de la Terre, ont rendu public cette première analyse.

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05 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

le viticulteur qui avait refusé d’épandre des pesticides est relaxé (basta)

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« C’est une victoire de la mobilisation citoyenne ».

Ce sont les premiers mots de soulagement lancés par Emmanuel Giboulot à la sortie du palais de justice de Dijon ce 4 décembre. La Cour d’appel vient de prononcer sa relaxe au terme d’une bataille remontant à juin 2013. A l’époque, ce viticulteur bio refuse de se plier à un arrêté préfectoral l’obligeant à épandre un insecticide pour lutter contre une maladie de la vigne, la flavescence dorée (lire l’article de Basta ! ayant révélé l’affaire).

Aucun foyer de la maladie n’est à ce moment là identifié dans son dépar- tement, la Côte d’Or. Mais le vigneron encourt jusqu’à six mois de prison et 30 000 euros d’amende.

Condamné en première instance le 7 avril dernier à 1000 euros d’amende, dont la moitié avec sursis, Emmanuel Giboulot décide de faire appel. La Cour a finalement invalidé l’arrêté préfectoral obligeant à traiter les vignobles. « Il n’avait pas été approuvé par le ministre de l’Agriculture et surtout le caractère d’ur- gence n’était pas démontré. C’est ce que nous défendions », se réjouit Benoist Busson, l’avocat du viticulteur auprès du journal Le Monde. Cette affaire a relancé la mobilisation contre les pesticides et marque probablement un tournant pour la profession viticole.

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18 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

l’indispensable dialogue

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*
Veillée paysanne des Amis de la Confédération paysanne avec :
- Jakez Perros, éleveur ovin lait de St Cadou
- Jean-Claude Balbot, paysan administrateur de la FNCIVAM
- Lucien Gorvan et William Élie de la «caravane des petits paysans exclus de la PAC»
et un représentant de la Confédération paysanne
Cette réunion publique se déroule à la suite des rencontres FRCIVAM « assises de la vente directe » à Morlaix.
FILM ha KENDIVIZ e Sant Riwal (29)
PROJECTION-DÉBAT à Saint-RIVOAL (entre Brasparts et Sizun)
Mercredi 26 novembre 2014 à partir de 20 heures – salle polyvalente de Saint RIVOAL
La Politique Agricole Commune en Bretagne: des aides pour qui et pour produire quoi ? Construire collectivement l’alternative dans les Monts d’Arrée !/ Politikerezh Boutin al Labour-Douar e Breizh : sikourioù evit piv ha d’ober petra? Sevel doareoù all e Menezioù Arre !
La PAC en Bretagne, on partage le gâteau ou t’es CAP de t’en passer ?
Film « Les petits gars de la campagne »
Ar « PAC » e Breizh, Kendiviz gant produktourien bihan Menezioù Arre
Débat avec des petits producteurs des Monts d’Arrée
Kellenn/Documentaire Festival Alimenterre 2014
http://www.festival-alimenterre.org/film/petits-gars-campagne
Film dynamique, pédagogique et humain sur la Politique agricole commune qui donne la parole à ceux qui vivent la PAC au quotidien, en complétant les propos par des interventions de spécialistes et des images d’archives. Rire, émotion, ce film d’Arnaud Brugier ne laisse pas indifférent et donne lieu à de beaux débats sur l’avenir de notre agriculture européenne.
Organisation : Les Amis de la Confédération paysanne
avec le concours de ‘auPtitSeize’
Dans le cadre de la campagne « envie de paysans »
Contact William 06.21.38.27.94
http://lesamisdelaconf.org/

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11 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

de la lutte de classe et de ce que nous mangeons (esther vivas)

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Les riches et les pauvres mangent-ils la même chose?

Est-ce que nos revenus déterminent notre alimentation? Aujourd’hui, qui est en surpoids? Bien souvent, et dans certains cercles, l’appel en faveur d’une nourri- ture saine et bonne pour la santé est considéré avec dédain, comme une mode » «chic», «hippie» ou «flower power». La réalité est très différente de ce que ces commentaires à courte vue suggèrent. Défendre une alimentation écologique, paysanne et locale est très «révolutionnaire».

Si nous y regardons de plus près, nous voyons comment le modèle agricole actuel est déterminé par les intérêts du capital, des grandes entreprises (du secteur agro-industriel et de la grande distribution), qui cherchent à profiter de quelque chose d’aussi essentiel que l’alimentation. Le système capitaliste, dans sa course pour transformer les besoins en marchandises, les droits en privilèges, transforme aussi la cuisine, et en particulier les produits alimentaires de qualité, en un luxe. Tout comme il a rendu le logement accessible uniquement à ceux qui peuvent se le permettre. Le même sort attend nos systèmes de santé et d’éducation.

Non seulement la logique du capital a des répercussions sur l’alimentation, mais la main invisible du patriarcat pèse aussi lourdement sur les chaînes de ce système. Sinon, comment expliquer que celles qui produisent le plus de nourriture, les femmes, sont aussi les plus affamées? Il ne faut pas oublier que entre 60% et 80% de la production alimentaire dans le Sud, selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), est entre les mains des femmes, mais paradoxalement, ce sont elles qui souffrent le plus de la faim, 60% à l’échelle mondiale.

Les femmes travaillent la terre, mais elles n’ont souvent pas accès à la propriété foncière, aux moyens de production ni au crédit agricole. Ce n’est pas faire de l’idéologie, mais essayer de faire comprendre à tous ceux qui considèrent que l’idée de «bien manger» est, comme on dit en France, une idée de «bobos», des «bourgeois bohème», alors que c’est loin d’être la réalité.

Si nous répondons aux questions initiales, les données confirment cela. Les riches et les pauvres mangent-ils la même chose? Non. Est-ce que notre revenu détermine notre alimentation? En effet. Une étude de la Plate-forme espagnole des personnes expulsées de leur logement a révélé cela noir sur blanc: 45% des expulséEs ont des difficultés à acheter assez à manger.

Le revenu impose des limites sur ce que nous achetons: il diminue la con- sommation de bœuf et de poisson et, par rapport à la période pré-crise, la con- sommation de fruits et légumes frais. En revanche, il y a une augmentation d’a- chats de produits moins nutritifs, transformés industriellement et riches en ca- lories, tels que les sucreries emballées: biscuits, chocolats, pâtisseries et gâteaux. Notre classe sociale,  notre éducation et notre pouvoir d’achat détermine ce que nous mangeons.

Alors, qui est obèse aujourd’hui? En général, ceux qui ont moins mangent moins bien. Si l’on regarde la carte de la péninsule espagnole, c’est clair: les régions avec les taux les plus élevés de pauvreté, comme l’Andalousie, les Canaries, Castille-La Manche et l’Estrémadure ont le plus haut pourcentage de personnes en surpoids. Aux États-Unis, les taux de surpoids se retrouvent beau- coup plus dans les populations d’origine afro-américaine et sud-américaine. La crise ne fait que renforcer la différence entre l’alimentation pour les riches et l’alimentation des pauvres.

Questionner le modèle agricole dominant et défendre une alternative qui mise sur les besoins sociaux et le respect de la terre, c’est aller vers le cœur de la lutte de classe. Le Syndicat des travailleurs agricoles d’Andalousie qu’on peut diffici- lement qualifier de «petit-bourgeois», est très clair à ce sujet. Leur engagement est de défendre une campagne vivante, la terre appartenant aux paysans qui la travaillent, en faveur de l’agriculture biologique et d’un autre modèle de consom- mation. Ce combat défend les «moins que rien», les oppriméEs.

Se battre pour une alimentation qui est locale, saine et paysanne est la bataille la plus subversive qui soit.

* Article publié à Publico.es, 31/10/2014. Traduction de l’anglais en français par Léo

http://www.lcr-lagauche.org/de-la-lutte-de-classe-et-de-ce-que-nous-mangeons/

10 novembre 2014 par Esther Vivas

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27 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

1 000 vaches: des fermes, pas des usines!

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Ce mardi 28 octobre, neuf militantEs de la Confédération paysanne comparaîtront devant le tribunal correctionnel d’Amiens pour leurs actions sur le site de l’usine des 1 000 vaches.

Symbole de l’industrialisation de l’agriculture, ce projet hors normes s’inscrit dans la course effrénée à la productivité intensive, à des fins purement financières : au profit du seul promoteur, avec des subventions publiques, au mépris des populations et des paysans qui le refusent.

«Prenez [dixit la Confédération paysanne] 20 fermes de 50 vaches (la moy- enne en France), et leurs 42 paysans (2,1 par ferme en moyenne), et mettez-les dans un hangar de la taille de deux terrains de football. Et enlevez les paysans, mettez plutôt 18 ouvriers au salaire minimum. Vous voilà prêts à produire…du lisier!

En effet, tout l’intérêt n’est pas de produire du lait, mais d’alimenter un métha- niseur géant, sur-subventionné,  avec les déjections des vaches. D’ailleurs, il vous faudra aussi 3 000 ha de terres agricoles, pas pour installer des paysans, mais pour épandre le digestat du méthaniseur».

La Confédération paysanne et l’association Novissen (Nos villages se soucient de leur environnement) dénoncent ce projet qui met en péril la santé humaine et animale, la sécurité, l’environnement et l’emploi. Il y a les risques industriels du méthaniseur, le défilé de camions pour évacuer le digestat et transporter le lait, la pollution des sols et des rivières, les risques sanitaires, même si, cyniquement, les rejets du méthaniseur sont déclarés « acceptables en termes toxiques et cancérigènes », les risques sociaux et le chômage…

Faisons le procès de l’agriculture industrielle Emprisonnées à l’année dans des conditions de vie contraires à leurs besoins physiologiques naturels, avec un régime alimentaire modifié pour produire au maximum, les bêtes donneront un lait industriel, puis une viande de réforme, de piètre qualité. Les vaches et les gé- nisses seront enfermées 365 jours sur 365, gavées au maïs et soja transgéniques.

Elles ne verront jamais un pré ni un brin d’herbe, et seront traites à la chaîne trois fois par jour. Les millions de litres de lait produits seront collectés par l’entre- prise Senoble qui se vante dans ses pubs de fabriquer des produits de qualité avec des vaches paissant sous les pommiers en fleurs…

Enfin, ce lait sera bradé à 270 euros la tonne, alors que les éleveurs laitiers ont déjà du mal à s’en sortir à 350 euros. Ils ont de quoi être inquiets. La lutte de Novissen et des paysans est la lutte de citoyens obstinés pour le respect de la population dans le cadre d’une agriculture paysanne plus écologique, respec- tueuse des hommes et des femmes, de l’environnement et des animaux, véri- tablement créatrice d’emplois et de produits de qualité.

Nous serons bien présents à Amiens pour faire le procès de l’agriculture industrielle et soutenir les militantEs de la Confédération paysanne.

Commission nationale écologie

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27 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

des paysans en grève de la faim (basta)

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Pour soutenir une agriculture de proximité

Ils ont entamé une grève de la faim depuis le 15 octobre. Cinq paysans du syn- dicat Confédération paysanne protestent contre l’exclusion des petits paysans par la Politique agricole commune (PAC) et la Loi d’avenir agricole.

« L’État et la FNSEA persistent dans leur politique d’élimination des petites fermes », déplorent-ils. En cause, un changement des conditions pour accéder aux aides de la PAC. Un éleveur devra détenir au moins 10 vaches (contre 3 auparavant), 25 chèvres ou 50 moutons, et un apiculteur exploiter au moins 72 ruches. Tous devront augmenter leur taux de productivité.

Pour se faire entendre, ils sillonnent la France en camping car [1]. D’autres paysans les accueillent pour témoigner des conséquences de ces nouvelles mesures. Dans l’Aude, Jean-Louis Biard, avec trois vaches, dégage un revenu d’environ 800€ par mois. Il explique qu’il va perdre l’équivalent de plus de deux mois de salaire sur l’année.

Dans ce seul département, ils seraient une centaine dans ce cas. Après un passage par la Chambre d’agriculture de l’Aude, le président Philippe Vergnes, également secrétaire général du syndicat agricole FDSEA souligne auprès de Basta ! que «le maintien d’un seuil à trois vaches permet de soutenir les petits élevages.» Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll assume pour sa part le relèvement des planchers «dans un souci de cibler les soutiens publics sur les exploitations dont l’activité agricole constitue la principale ressource et afin de limiter les coûts administratifs».

Procès de l’industrialisation de l’agriculture Pour la Confédération paysanne, ces orientations mettent à mal l’agriculture et l’élevage de proximité au profit d’une «industrialisation agricole subventionnée». Et de s’indigner: «C’est ainsi que des usines de 1000 vaches ou 250 000 poules sont présentées comme des modèles de compétitivité agricole». Stéphane Le Foll s’inscrit en faux et rappelle qu’il s’est battu pour d’autres mesures, comme la dégressivité des aides en fonction de la taille des exploitations. «Ce choix a été fait car je suis convaincu que l’avenir de l’agriculture française réside dans la valeur ajoutée, la qualité et la création d’emplois et non dans la course aux hectares», insiste le ministre.

La caravane poursuivra sa route jusqu’à Amiens le 28 octobre. Une quinzaine de cyclistes partis de Notre-Dame-des-Landes le 19 octobre ont également prévu de les rejoindre [2]. Ce jour-là, au tribunal correctionnel d’Amiens, neuf militants de la Confédération paysanne seront jugés suite à une action de démontage de la ferme-usine des «milles vaches». Le syndicat a choisi d’organiser, simultanément à l’audience des prévenus, un procès de l’industrialisation de l’agriculture [3]. « C’est l’agriculture paysanne qui fait vivre les marchés, les abattoirs et les ateliers collectifs de transformation, qui maintient une économie en zone rurale ainsi qu’un tissu social et des services publics, assurent les membres de la caravane. Pas les usines agricoles ! » Par Sophie Chapelle 24 octobre 2014

Une pétition est en ligne pour soutenir la caravane des grévistes de la faim.

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21 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

brest « il a plu sur le grand paysage » mardi 4 novembre

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Le Cinéma Multiplexe Liberté de Brest propose une séance débat autour du film « Il a plu sur le Grand Paysage en partenariat avec AE2D, les fermiers du net et la maison du cidre de Bretagne.

La projection aura lieu à 20h00 et sera suivie d’une discussion en salle avec les producteurs et le responsable de l’association AE2D sur les conditions actuelles de production et la situation des agriculteurs français.

Nous vous donnons rendez-vous mardi 4 novembre 2014, à partir de 19h15, afin de rencontrer directement des producteurs laitiers issus de l’agriculture traditionnelle et biologique, autour d’une dégustation de produits directement issus de leurs fermes :
- Fromages et légumes : Les fermiers du net – Brest
- Cidre bio de Bretagne : Maison du cidre de Bretagne – Argol
La projection aura lieu à 20h00 et sera suivie d’une discussion en salle avec les producteurs et le responsable de l’association AE2D sur les conditions actuelles de production et la situation des agriculteurs français.
Intervenants :
- Alain Jacob : producteur de fromages bio à Saint-Cadou (Sizun)
- Olivier Glinec : producteur laitier à Saint-Urbain
- Yvon Cras : producteur laitier bio à Plougar

http://www.ae2d.infini.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=17572&Itemid=1

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