Archive | Luttes paysannes et alimentation

25 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Les plantes manipulées pour résister aux herbicides se multiplient discrètement (Reporterre)

Les plantes manipulées pour résister aux herbicides se multiplient discrètement (Reporterre) dans Ecologie & climat blanche-n

Les plantes VRTH (Variétés Rendues Tolérantes aux Herbicides), aussi nocives que les OGM mais moins encadrées juridiquement, sont au coeur des préoccupations des dix-huit organisations à l’origine de l’Appel de Poitiers. Elles seront reçues le jeudi 26 septembre par les ministères de l’agriculture et de l’écologie.

S’appuyant sur le rapport de l’expertise collective INRA-CNRS de 2011 diligentée par les ministères de l’agriculture et de l’écologie, les organisations signataires de « l’Appel de Poitiers » de juin 2012 ne cessent d’interpeller ces mêmes institutions et l’ANSES [Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation], sur les conséquences sanitaires, environnementales, socio-économiques, écolo-giques et agricoles de l’utilisation des semences de variétés rendues tolérantes aux herbicides (VRTH) issues de la mutagénèse provoquée ou de la sélection de mutations spontanées.

Ces plantes dont le génome a été modifié ou sélectionné pour les rendre tolérantes aux herbicides ont les mêmes consé-quences néfastes que les OGM issus de la transgénèse mais sont exclues de l’encadrement législatif et donc des obligations d’expertises, d’évaluation et d’étiquetage. Aucune mesure n’a été faite de l’impact de ce type de culture sur le milieu, les populations d’insectes pollinisateurs, la chaîne alimentaire humaine et animale.

Ces variétés sont couvertes par des brevets ou des droits de propriété industrielle ce qui de fait, généralise la main mise sur le « bien commun » originel de l’agriculture que sont les semences et tend à réduire le volume de la biodiversité cultivée. Ces semences créées pour être aspergées de désherbant sont en contradiction totale avec le discours politique actuel qui promeut une agriculture différente en développant l’agro-écologie.

Après les tournesols VRTH mutés, cultivés depuis 2009, et en très fort développement, la campagne 2013 voit l’arrivée des semis de colzas VRTH mutés qui par leurs caractéristiques biologiques vont poser des problèmes de pollutions génétiques et chimiques irréversibles d’une toute autre échelle.

Après la lettre ouverte au ministre de l’agriculture du mois de juillet, le courrier adressé au ministre de l’environnement du mois d’août, et l’inspection citoyenne dans une coopérative agricole en Lorraine le 2 septembre dernier, le collectif pour « L’Appel de Poitiers » a fini par obtenir un rendez vous conjoint avec les ministères concernés le 26 septembre à 14h au ministère de l’environnement, 246 Bd St Germain à Paris. Le point de vue des citoyens sur les problématiques des VRTH va, enfin, être entendu de façon collégiale par les différents acteurs du dossier.

Appel de Poitiers mercredi 25 septembre 2013

Source : Courriel à Reporterre du collectif pour L’appel de Poitiers

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21 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Elevage,1000 vaches: symbole d’un choix pour l’avenir (la Conf’)

Elevage,1000 vaches: symbole d’un choix pour l’avenir (la Conf') dans Ecologie & climat zeibhqa4xdt8fykt6r6gkufazvg

La semaine dernière, nous avons martelé, et écrit, « Non aux 1000 vaches ! ».

L’avenir de cette ferme-usine sera le symbole de ce que nos dirigeants veulent faire des paysans. La Confédération paysanne appelle donc à rejoindre en masse la mobilisation annoncée sur le site par Novissen le 28 septembre prochain. D’ici là, et encore après, nous ne lâcherons rien.

Michel Ramery, qui se fait passer pour un modeste self made man du Nord devant les caméras de télévision, n’hésite pas à user de tous les leviers à sa disposition pour sauver son projet. Fort de ses appuis politiques, il a porté plainte après l’action syndicale de jeudi, contre le porte-parole de la Confédération paysanne, et contre l’association d’opposants Novissen. Il n’a surtout eu aucune retenue pour aller menacer physiquement le président de Novissen dans une mise en scène digne d’un western. Voila l’homme auquel l’Etat donne carte blanche pour anéantir un territoire, l’emploi paysan et l’environnement.

Il n’était pas nécessaire d’en faire autant pour nous conforter dans notre volonté de stopper définitivement ce projet. Avec la Confédération paysanne du Nord-Pas-de-Calais, nous proposons à ce brave homme d’investir les 10 millions d’euros prévus pour sa ferme-usine dans des projets d’installation pour de futurs paysans.

Mais, à voir ses agissements, il semble bien que ce soit l’argent qui commande. Il va falloir des actes forts de l’Etat pour nous convaincre du contraire ! La Politique agricole commune qui se dessine peut asseoir le pouvoir des grands exploitants et des industriels pour qui l’agriculture est une marchandise comme une autre. Si François Hollande et Stéphane Le Foll ne mettent pas en place une convergence totale des aides, une majoration conséquente sur les premiers hectares et un couplage en direction des productions les plus en difficulté, nous en tirerons les conséquences. Ils auront choisit le pouvoir de l’argent, contre l’emploi paysan, l’avenir des territoires ruraux, le respect de l’alimentation des citoyens et de l’environnement.

Des fermes, pas des usines ! L’appel à signatures Envie de paysans, la campagne de la Conf’ pour changer les politiques agricoles : cliquez ici

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=1918&PHPSESSID=tcc2jtludhkj6ij53c2r4r4gq7

Lire aussi: http://www.bastamag.net/article3253.html

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17 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Ouzbékistan: des observateurs étrangers dans les champs de coton (CI)

Ouzbékistan: des observateurs étrangers dans les champs de coton (CI) dans Altermondialisme cotton_crimes_header_v2

Comme chaque automne, de nombreux Ouzbeks vont être contraints de participer à la récolte du coton.
Mais, cette année, le pouvoir va autoriser la présence d’observateurs étrangers dans les champs. Une première dans le pays. Pour la première fois, cette année, sous la pression de la communauté internationale et des marques de textile qui boycottent le coton ouzbek dont la récolte mobilise le travail des enfants, Tachkent [capitale du pays] a autorisé l’accès aux champs aux représentants de l’Organisation mondiale du travail, rapporte le site d’information sur l’Asie centrale Fergananews.

Comme tous les ans à cette saison, « marchands, banquiers, médecins, infirmiers, artisans, boulangers, fonctionnaires, professeurs, étudiants, écoliers”, les Ouzbeks sont tous mobilisés pour la campagne nationale de récolte du coton. L’Ouz- békistan est l’un des grands producteurs de cette fibre précieuse. Ceux qui refusent cet enrôlement encourent le licenciement ou l’exclusion de l’université. Cependant, il est possible de s’offrir les services d’un mardikor (journalier). Les 7 000 marchands du plus gros marché alimentaire de Tachkent devront débourser 550 dollars [415 euros] chacun « pour financer leur absence sur les champs de coton ».

Les travailleurs forcés ont interdiction de communiquer avec les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme et les étrangers. En cas d’interview « inévitable », il leur est suggéré d’affirmer qu’ils travaillent « bénévolement pour aider leur patrie à renforcer son économie ». Au total, deux millions et demi de personnes (sur une population totale de 30 millions) vont participer à la récolte pour réaliser le plan fixé à 3,5 millions de tonnes de coton, en soixante jours. Courrier international 17 Septembre 2013

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13 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Dépuçage à Saint Riwall

Dépuçage à Saint Riwall dans Carhaix Kreiz Breiz puce2

Samedi 14 septembre à Saint Rivoal (salle communale) à partir de 15 heures.

Séance illégale de dépuçage de brebis.

Programme

* 15-17 heures projection du film « Hiver nomade » et de deux courts métrages

* 19H  : dépuçage

* + tard : Fest-Noz avec YOD et d’autres artistes

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08 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Action des Faucheurs: alerte sur les plantes mutées, ces OGM trop discrets (Conf’)

http://assoatable.unblog.fr/files/2012/11/non_ogm.jpg

La Confédération paysanne apporte son soutien aux Faucheurs volontaires qui ont mené hier une opération d’inspection citoyenne dans les locaux de Lorca à Lemud en Moselle.

Cette coopérative vante les mérites et commercialise des variétés de colza muté tolérantes aux herbicides (VTH), sans informer les paysans de la véritable nature de ces semences. Il est temps d’admettre qu’OGM et plantes mutées ont les mêmes conséquences néfastes.

En effet, il s’agit de deux techniques qualifiées l’une et l’autre d’OGM par la législation européenne. Elles permettent toutes les deux la confiscation des semences par des brevets. Le fait que la mutagénèse ait été exclue des obligations d’autorisation, d’évaluation et d’étiquetage auxquelles sont soumis les OGM ne repose sur aucune réalité scientifique.

Les colzas mutés commercialisés par Lorca sont faits pour résister aux mêmes herbicides que les tournesols et les maïs mutés, ou que le blé, conduisant à l’accélération de l’apparition de « mauvaises herbes » tolérantes, et donc à utiliser toujours plus de produits. Ces herbicides toxiques pour l’homme et l’environnement se retrouvent dans les sols, l’eau potable et les aliments, avec les conséquences que cela peut avoir sur la santé, les pollinisateurs et l’environnement en général. Par ailleurs, les espèces proches (famille des choux et des ravenelles) risquent d’être contaminées et de devenir à leur tour des plantes brevetées.

Alors que Monsanto a annoncé qu’il ne commercialiserait plus de semences OGM en Europe (une fois le MON810 effectivement interdit), les semenciers en profitent pour disséminer discrètement ces nouvelles créations génétiques dans nos champs et nos assiettes. Nous ne pouvons croire que le ministre de l’Agriculture n’a pas connaissance des dangers de ces plantes mutées. Leur tolérance aux herbicides est contradictoire avec les objectifs de diminution des pesticides et de transition écologique auxquels il s’est engagé. Elles doivent être immédiatement interdites et retirées du marché. 03.09.2013

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=1879&PHPSESSID=1f5a433pqt1vv066nf246tkd26

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04 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Appel à la solidarité internationale avec la Grève Nationale Agraire et Populaire en Colombie

Appel à la solidarité internationale avec la Grève Nationale Agraire et Populaire en Colombie dans Altermondialisme bogota

Dans le cadre des principes qui guident notre mouvement au niveau mondial, de la solidarité de classe et de l’internationalisme, nous, organisations paysannes, indigènes, de pêcheurs, de femmes et de salariés agricoles qui composons La Via Campesina, nous exprimons notre soutien aux près de 200.000 paysans, paysannes, transporteurs et mineurs qui se mobilisent depuis 10 jours dans la Grève Nationale Agraire et Populaire organisée par les secteurs paysans et populaires en Colombie.

La Grève Nationale Agraire et Populaire qui a commencée le 19 août dernier a comme cadre le refus du président colombien Juan Manuel Santos d’entamer des négociations avec les mouvements sociaux afin de surmonter la grave crise qui affecte la campagne. Une crise qui est principalement due aux politiques néolibérales telles que l’approbation et l’application des Traités de Libre Echange (TLE).

Les principales conséquences de la signature de ces traités par l’Etat colombien sont mises en évidence par le haut niveau de concentration des terres, la dépossession des paysans et des paysannes de leurs terres, la violation systématique de leurs droits et l’aggravation de la violence exercée par les forces de l’ordre qui criminalisent la protestation sociale. C’est aussi le renforcement d’un modèle d’exploitation minière qui favorise les grandes multinationales et qui appauvrit encore plus la paysannerie. Et cela dans un pays si riche mais où 8 millions de personnes souffrent de la faim – selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO).

Dans ce sens, il est lamentable que malgré cette grande mobilisation de la Grève Nationale Agraire et Populaire, le président Santos affirme « que la grève nationale agraire n’existe pas » alors qu’il y a des millions de personnes dans les rues, au moins 4 morts, des personnes emprisonnées, des routes bloquées et un vaste déploiement policier. Nous considérons que cette attitude rend impossible le dialogue et affaibli l’exercice de la démocratie.

Dans ce contexte, en tant que Via Campesina nous exigeons :

  • que les gouvernements amis se manifestent afin que le gouvernement colombien accepte de s’asseoir à une table de négociations nationales avec les organisations qui ont appelé à la Grève Nationale Agraire et Populaire
  • du gouvernement colombien qu’il procède à la libération immédiate de notre camarade Hubert de Jésus Ballesteros Gomez, qui a été arrêté le 25 août dernier à Bogota sous de fausses accusations. Libération immédiate également pour les 250 personnes emprisonnées et jugées pour leur participation à la protestation
  • pas de criminalisation de celles et ceux qui protestent pour une vie digne dans les campagnes, c’est leur droit
  • la dérogation de la Loi 90.7 de contrôle technique de la production et de la commercialisation des semences qui favorise les multinationales et empêche les paysans d’utiliser leurs propres semences propres qu’ils gardaient traditionnellement
  • que les organisations internationales de défense des droits humains interviennent et exigent une solution réelle et rapide à la situation présente dans le pays
  • que la communauté nationale et internationale et les organisations de défense des droits humains exigent des garanties pour la protection des participants et des porte-parole de la Grève Nationale Agraire et Populaire.

Conscients de l’importance de concrétiser la paix et la démocratie en Colombien, nous affirmons qu’il est indispensable de transformer la structure économique et politique du pays, une revendication que le peuple et les organisations sociales colombienne exigent historiquement et que les gouvernements successifs n’ont pas écoutée. Il est temps de négocier à égalité de conditions et avec un agenda clair qui exprime la lutte et les rêves de tous les secteurs de la société.

Dans ce contexte, et avec la volonté d’articuler les expressions de solidarité avec la lutte paysanne en Colombie, nous lançons un appel international pour que les organisations de la Via Campesina au niveau mondial, ses alliés et organisations amies, se manifestent en faveur de la juste protestation de la population colombienne.

Globalisons la lutte, globalisons l’espérance !

Signataires :

La Via Campesina
CLOC- Via Campesina
Marche Mondiale des Femmes
Alliance pour la Souveraineté Alimentaire des Peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes
ATALC -Amis de la Terra Amérique Latine et des Caraïbes
Mouvement de Jeunesse Kuna
Conseils International des Traités Indiens

Source :
http://viacampesina.org/es/index.php/temas-principales-mainmenu-27/derechos-humanos-mainmenu-40/1864-llamado-de-solidaridad-internacional-con-el-paro-nacional-agrario-y-popular-en-colombia
Traduction française pour Avanti4.be

http://www.avanti4.be/actualite/article/appel-a-la-solidarite-internationale-avec-la

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04 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le Doc du dimanche Les Travers du porc (TV5)

Le Doc du dimanche Les Travers du porc (TV5) dans Brest et région index

Vous vous souvenez peut-être que France 5 était venue filmer l’ouverture du magasin de producteurs le 25 mai dernier, avec comme fil contucteur un reportage sur la filière porcine. Aussi, pour tous ceux qui veulent avancer un peu sur la découverte de la manière dont est produit ce qu’il mange, je vous invite à regarder la Télévision Dimanche 8 septembre à 20h35 sur France 5 ou le dimanche 15 septembre à 16h00.

On y verra des images de la manière de faire de Michel Kerangueven (producteur du porc blanc de l’ouest à Quimerc’h et pour Goasven entre entre) et d’autres exemples, qui nous permettrons surement de comprendre le pourquoi du comment. Goasven y sera également (Ils sont restés tard au fest Noz !)

Alors, merci de diffuser l’info bien largement, c’est le début de la pédagogie à l’agro-écologie !

Documentaire
Le Doc du dimanche propose de nouveau, à partir du 8 septembre à 20 h 35, d’ausculter la société française, de mesurer son pouls et, ainsi, de mieux comprendre comment elle se porte, de quelle manière elle réagit, de quelle façon elle évolue… Proximité, actualités et problématiques de société nourrissent cette soirée documentaire introduite par Valérie Durier. Cette semaine, Le Doc du dimanches’intéresse au marché de la viande de porc. Première viande consommée en France, le porc se vend à des prix très raisonnables sur les étals. Mais pour quelle raison ? Sait-on de quelle manière sont élevés les cochons ? Pourquoi traînent-ils derrière eux une si mauvaise réputation ? Pierre Toury a poussé les portes de deux élevages pour savoir comment la filière fonctionne, confrontant notamment les logiques fermières et industrielles en termes de qualité et de prix. Son constat donne à réfléchir et aidera certainement à mieux consommer…

Camille Flocon

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03 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Sortir des pesticides: Paul François, l’insoumis à Monsanto (Bastamag)

Sortir des pesticides: Paul François, l’insoumis à Monsanto (Bastamag) dans Ecologie & climat pest

Céréalier en Charente, Paul François a baigné dans l’agriculture intensive. Victime d’un accident lors de la manipulation d’un herbicide, l’agriculteur attaque son fabricant, Monsanto. Et gagne le procès en première instance. L’homme qui fait vaciller le géant de l’agrochimie n’est pourtant pas encore sorti des pesticides. Critiqué par ses pairs pour ne pas s’être converti au bio, soucieux de maintenir son rendement, il expérimente aujourd’hui des alternatives au tout chimique. Portrait d’un agriculteur au parler-franc.

Rien ne prédestinait Paul François à devenir un contestataire de l’agriculture intensive avec son lot de produits chimiques. C’est à Bernac, en Charente, que ce céréalier âgé aujourd’hui de 49 ans, a repris l’exploitation gérée par son père. « Un peu par défaut, confie t-il, avant que ça ne devienne une passion ». Durant des années, il mise sur « le tout chimique ». Il utilise massivement des engrais de synthèse, irrigue à tout-va pour le maïs. « Cela collait bien aux valeurs de l’entrepreneur et du travailleur, j’avançais ». Très vite, sa ferme s’agrandit. Ils sont aujourd’hui quatre, deux associés et deux salariés, à vivre sur un peu plus de 400 hectares, essentiellement en blé et maïs. Une grosse exploitation.

Lui-même n’imaginait pas qu’un jour, il troquerait une partie des produits de synthèse contre des purins de plantes. « Quand j’étais dans mon agriculture intensive, le purin d’ortie me faisait sourire. Puis quand on comprend les conséquences des molécules chimiques, on se dit que c’est peut-être avec ça que l’on a envie de travailler ». Il est fier désormais de pouvoir croquer le grain de blé qui sort de chez lui, d’en donner à ses poules et de manger leurs œufs. Sans danger. « Je me sens mieux dans ma peau de paysan, même si je sais que j’ai encore énormément d’efforts à faire pour ne plus avoir d’impacts sur l’environnement ».

Une prise de conscience progressive… Avant d’en arriver là, Paul François et son associé ont commencé à réduire l’usage des produits phytosanitaires dès les années 90. La moitié de la surface est alors consacrée à des monocultures de maïs irriguées. « On cherchait à réduire nos coûts, c’était une démarche purement économique », précise t-il. Ils rencontrent d’autres agriculteurs ayant eux aussi réduit l’usage des produits chimiques mais pour d’autres raisons, notamment environnementales. « On a pris conscience petit à petit qu’il existait d’autres techniques ».

Au même moment, ils constatent des problèmes de texture du sol. « Il n’y avait plus de vie dans le sol, les rendements stagnaient. Plein de choses nous inquiétaient. » Les rotations entre le blé et le colza semblent trop courtes. Ils décident donc de modifier leurs « façons d’exploiter » et commencent à rapporter de la matière organique dans les sols, du fumier en particulier. « Pour l’anecdote, il a fallu dix ans pour revoir du vivant dans le sol, comme les vers de terre. Cela avait quasiment disparu. »

… avant « l’accident » Et puis il y a eu ce qu’il nomme « l’accident ». Suite à une mauvaise « manip », il inhale du monochlorobenzène, un composant du Lasso, cet herbicide fabriqué et commercialisé par le géant Monsanto. Nous sommes en 2004. Amnésie, insuffisance respiratoire, problèmes d’élocution, nausées, évanouissements… De cette intoxication « aigüe », il souligne « ses neuf mois d’absence de l’exploitation et ses 5 mois d’hospitalisation ». En 2005, Paul François demande la reconnaissance en maladie professionnelle. Cinq ans de procédure seront nécessaires avant qu’il ne l’obtienne. « A un moment donné, j’avais pris conscience qu’il y avait peut-être un danger pour l’environnement, mais bizarrement j’avais sous-estimé que je mettais moi-même et mes proches en danger. Un déni ? »

Déterminé, Paul François lance une procédure en responsabilité civile contre Monsanto. Et remporte une première bataille. « Monsanto est responsable du préjudice de Paul François suite à l’inhalation du produit Lasso », expose ainsi le jugement rendu le 13 février 2012 par le tribunal de grand instance de Lyon. Selon Me Lafforgue, Monsanto aurait manqué à son « obligation d’information » en ne détaillant pas la composition du produit sur l’étiquette, et en n’avertissant pas des risques liés à l’inhalation, ni de l’obligation de porter un masque. Sans surprise, la firme a fait appel. Et Paul prépare la suite. « Ils sont en train de vouloir retourner la situation, ce serait moi qui aurait tenu des propos diffamatoires ». Mais il tient bon. Certes, la médiatisation n’est pas toujours facile « malgré les apparences ». « Mais le point positif , ajoute t-il, c’est qu’elle aura permis à des agriculteurs de se dire « peut-être que je suis moi aussi victime… » ».

Double peine Isolés, des agriculteurs se sont progressivement rapprochés de Paul François. Qui répète à l’envi qu’il ne serait pas là où il en est s’il avait été seul. Ensemble, ils créent l’association Phyto-Victimes en mars 2011 pour briser l’omerta sur le sujet. « La FNSEA ne veut pas dire que la chimie peut nous empoisonner et nous tuer, souligne Paul François. Le monde agricole et ses représentants syndicaux n’ont pas voulu s’investir sur ce dossier-là » lâche t-il, avant que le téléphone ne sonne à nouveau. C’est une nouvelle demande d’interview, suite à la parution d’une étude de l’Inserm reconnaissant les effets des pesticides sur la santé. « Plus que jamais nous avons une légitimité », résume t-il.

Paul François a toutefois une crainte, celle de la double peine. « Certains d’entre nous vont être malades, certains vont en crever, et ils pourront aussi être accusés. Demain, on ne pourra plus dire que l’on ne savait pas. » A ses yeux, il faut prendre ses responsabilités dès maintenant. Mais il n’est pas passé au bio pour autant. « La première raison c’est que l’agriculture biologique est beaucoup plus difficile et technique que l’agriculture que j’ai pratiquée ». Du fait de ses séquelles, il sait qu’il devra peut-être s’arrêter de travailler du jour au lendemain, et il ne veut pas laisser son associé et ses salariés « dans la panade ». Néanmoins, il estime qu’ « il faut faire tout ce qui est possible pour développer le bio, à commencer par la formation des jeunes ».

Enlever les produits dangereux « En attendant de faire mieux, de faire bio, il faut pouvoir produire et que chaque consommateur, y compris celui qui vit avec les minimas sociaux, puisse se nourrir sans se mettre en danger ». Lui et son associé ont donc fait le choix d’aller vers une autre agriculture, « de façon progressive » insiste t-il. Il est impératif pour lui de maintenir son rendement « tout en faisant un blé qui soit le plus sain possible, avec des méthodes ayant le moins d’incidence sur la santé ». Avec leur coopérative, ils ont commencé par ne plus employer toutes les molécules classées « risques cancérigènes, cancérigènes avérés ou mutagènes ». Et il se réjouit que ses rendements et sa marge économique soient largement aussi bons que certains de ses collègues qui continuent à utiliser de l’isoproturon, un herbicide.

Il ne se fait toutefois pas d’illusion quant au résultat du plan Ecophyto, lancé en 2008, visant à réduire de 50 % les pesticides en dix ans. Alors que les volumes consommés ont augmenté entre 2009 et 2011, il interroge : « Même si on atteint 20 % de bio en 2020, que fait-on des 80 % qui, dans l’Eure ou la Beauce, continuent à produire n’importe comment ? Les nappes se rejoignent toutes à un moment donné et l’air ne connait pas de frontières. » Paul François propose que l’on commence par retirer du marché tous les produits dangereux, cancérigènes et mutagènes notamment, d’ici 2018. « Et qu’on arrête de dire que la production serait mise en danger ! »

Faire primer l’agronomie sur la chimie Son lien au sol a aussi changé. Il ne s’interdit pas l’utilisation de molécules de synthèse, mais la chimie n’arrive qu’en dernier recours. « On s’est rapprochés notamment de nos collègues éleveurs et on fait des échanges de bons procédés : je leur fournis la paille et eux me fournissent du fumier. » De quoi lui faire économiser 30 tonnes d’engrais de synthèse en 2012. Les temps de rotations entre les cultures ont été réduits et les cultures qui permettent d’enrichir naturellement le sol en nitrates, telles que l’avoine ou le trèfle, ont été développées. Une approche agronomique qui lui aurait fait diviser par deux l’utilisation de pesticides.

Sa recherche d’alternatives l’a conduit à expérimenter des semences adaptées à son terroir. « On avait oublié de nous dire que les semences fournies devaient être biberonnées aux fongicides ». Depuis le printemps 2013, Paul François a également décidé d’expéri-menter des purins de plantes, de fougères notamment, sur une partie de son exploitation. Avec l’aide d’un membre de l’association pour la promotion de ces préparations naturelles (Aspro-PNPP), il observe les résultats sur plusieurs hectares de maïs, de colza, de blé dur et de betteraves. Sur le colza traité à l’extrait d’ail, il constate qu’il n’y a pas eu d’attaques de charançons, des insectes ravageurs.

Produire autrement Considère t-il qu’il encourt un risque avec ces extraits végétaux ? « Pas davantage qu’avec les produits chimiques aujourd’hui pulvérisés et sur lesquels on n’a pas de recul », assène t-il. « Avant que le purin d’ortie ne provoque un cancer, il y a encore du chemin à faire ». Aujourd’hui, Paul François veut poursuivre ce protocole d’essais avec des préparations naturelles à plus grande échelle. « On essaie car on a besoin de solutions. »

S’il explore des pistes de sortie du tout chimique, il est conscient qu’il ne pourra pas compter sur l’aide de la chambre d’agriculture du département pour le faire. « Ils sont indécrottables », regrette t-il. Son exploitation peut apparaître paradoxale. Certains lui reprochent d’aller trop vite, d’autres trop lentement. « Mais je reste droit dans mes bottes. Il y a des choses que le monde agricole doit entendre ». Pas bio, pas vraiment de gauche, il n’avait pas le profil pour attaquer les lobbys de l’agrochimie. Lui estime n’avoir plus rien à perdre. « Mon pronostic vital a déjà été engagé trois fois ». Et sa liberté de parole, il y tient dur comme fer. Par Sophie Chapelle (3 septembre 2013)

http://www.bastamag.net/article3222.html

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03 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

En Bretagne et ailleurs, ils luttent contre l’accaparement des terres (BD)

En Bretagne et ailleurs, ils luttent contre l'accaparement des terres (BD) dans Altermondialisme atencoba

Pour lutter contre l’accaparement des terres suite aux projets menés par les grandes entreprises, un collectif, « Paysan sans terre » est en train de se mettre en place, en Bretagne et plus largement en France.

Le but ? Rassembler agriculteurs et tout autres sympathisants et faire valoir le droit à la terre. Lors du festival de Mamm Douar, consacré aux résistances écologiques qui se déroulait à Saint Nolff (56) le 29 juin dernier, nous avons rencontré Ignacio del Valle Medina, activiste mexicain qui, de la même manière, lutte contre l’accaparement des terres dans son pays, et notamment contre un projet d’aéroport.

Le collectif « Paysans sans Terre » est en pleine phase de constitution. Dans un appel , les initiateurs expliquent que le collectif « a pour objectif de rassembler et soutenir les porteurs de projets (en agriculture paysanne respectueuse de l’environnement) en recherche de terre face aux lobbies (agro-alimentaires, syndicat majoritaire, banques et autres) et au bétonnage abusif des terres nourricières. » « Il devient de plus en plus difficile pour ces jeunes en projet dit « atypique » d’acquérir un outil de travail et de développer un projet de vie. En se regroupant en collectif, l’idée est d’échanger et de se soutenir et enfin de travailler sur nos projets respectifs avec des structures associatives travaillant sur le soutien aux installations alternatives (GAB, réseaux agriculture durable, CIVAMs, Terre de Lien, confédération Paysanne, RTF, réseaux locaux d’économie sociale et solidaire, etc) », détaillent-ils. Plus d’infos seront disponibles dans les prochaines semaines sur un blog dédié.

Interview d’Ignacio Del Valle Medina, activiste mexicain, rencontré à Saint-Nolff (56) lors du festival Mamm Douar le 29 juin dernier. Il évoque ici la lutte contre l’accaparemment des terres, et son combat contre un projet d’aéroport, qu’il compare à celui mené en France à Notre-Dame-Des-Landes.

Ignacio del valle medina, peux-tu te présenter ? Je viens de San Salvador Atenco (une région du centre sud du Mexique ndlr) et je fais partie d’une organisation qui y défend les peuples sans terre.

Quel problème rencontrez-vous avec votre droit à la terre dans ton pays ? Le problème en particulier à Atenco, c’est qu’on nous impose des projets qui ne répondent pas aux besoins réels de notre pays. Le système de gouvernement caduc, corrompu, insensible aux réels besoins du peuple, impose les lois de l’économie des entreprises. Le gouvernement ne consulte pas les parties concernées, mais concède les permis. La construction de n’importe quel projet d’autoroute sous l’impulsion d’initiatives privées est lancé. Dans le cas spécifique d’Atenco, un projet d’aéroport est en train de voir le jour sur des terres habitées par des communautés ancestrales, une racine historique. Le gouver-nement fait des concessions à des multinationales qui ne portent aucun intérêt pour les populations locales et pour la réalité. C’est le résultats du libre échange où la richesse nationale se voit vendue, sa faune et sa flore sont bradées. Quant aux métaux, à l’eau, tout ce qui peut générer du gain pour les capitalistes, ceux-ci s’en emparent. L’instabilité sociale est très forte. Par exemple, lors des derniers huit mois du gouver-nement actuel, nous comptons quasiment 10 000 disparus sous le prétexte de la lutte contre les narco-trafficants. La protestation sociale dans notre pays est criminalisée. Prenons l’exemple d’Atenco, d’où nous venons. Pour défendre notre terre, ils nous incarcèrent, nous assas-sinent. Ils violent nos femmes… Nous devons dénoncer cela, nous ne pardonnerons pas et nous ne l’oublierons pas. Ce n’est pas une forme de vengeance, mais une lutte pour la justice qui ne se reproduira ni dans notre pays, ni ailleurs. Face à ces représailles à la protestation sociale, Atenco considère que si il y a une raison légitime à défendre, c’est bien la terre.

Que faites-vous pour lutter ? C’est un consentement mutuel du peuple. Cet affront surgit comme une réponse naturelle des peuples qui se disent : pourquoi devrais-je quitter cette terre qui est la mienne ? Pourquoi devrais-je quitter cette terre alors que jamais, ils ne nous ont avisés. De quel droit arrivent-ils en disant : pars, cette terre n’est pas la tienne ? Ils n’ont pas pris en connaissance l’histoire, la culture, nos traditions, nos coutumes, notre mode de vie. Notre manière de nous organiser est efficace parce que nous nous connaissons bien entre communautés. Quitter nos terres nous touche chacun beaucoup, car cela signifie pour nous, quitter notre univers, Et nous défendre est un droit légitime. Dénoncer est également un droit légitime Ce projet d’aéroport sera construit avec une ville futuriste. Nous ont-ils avisés pour mener à bien ce projet ? Jamais, alors que nous sommes les premiers concernés puisque c’est de notre terre qu’il s’agit. Ils nous imposent leurs actions à travers des moyens de communication élaborés.

Je suis ici pour dire que la solidarité internationle, le travail des ONG, fonctionnent, donnent un poids aux luttes des peuples. A Atenco, nous savons reconnaître cette aide internationale. Ici aussi, on s’oppose à un aéroport, Notre-Dame des Landes. Cette lutte, elle est la nôtre. Nous nous y identifions depuis le Mexique, la lutte continue, Atenco ne se vend pas, la terre nous l’aimons et nous la défendons. Par Estelle Caudal le 29/08/2013 à 16h53

http://www.bretagne-durable.info/ecomag/initiative/en-bretagne-et-ailleurs-ils-luttent-contre-laccaparement-terres

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30 août 2013 ~ 0 Commentaire

Colombie, la colère gronde chez les paysans (CI)

Colombie, la colère gronde chez les paysans (CI) dans International web_colp_lo_00161_big_ce

Le mouvement de contestation des paysans colombiens se poursuit depuis le 19 août dans huit régions du pays. Ils dénoncent l’importation de produits agricoles plus compétitifs et l’indifférence du gouvernement face à leur précarité.

Il s’agit d’un événement historique dans un pays où les grèves nationales sont plutôt rares : des milliers de paysans, dans huit régions stratégiques du pays, bloquent les routes depuis le 19 août pour protester contre le gouvernement. Leurs demandes s’articulent  principalement autour de trois points : réduire le coût élevé des intrants agricoles, réviser les traités de libre-échange signés pendant ces dernières années et lutter contre la contrebande de produits agricoles. Les trois revendications visent à améliorer la compétitivité des paysans colombiens face à l’arrivée de manière légale ou illégale de produits agricoles étrangers moins chers.  Sur le site en ligne spécialisé en politique nationale La Silla Vacía, le journaliste Andrés Bermúdez souligne que la grève s’est concentrée surtout dans trois régions du pays : Boyacá (Centre),  Nariño (Sud-Ouest) et Cundinamarca (la région de Bogotá) avant de relever : « L’insistance du président Santos pour diminuer l’importance de la grève – probablement pour en réduire l’impact face aux médias – a fini par renforcer le sentiment chez les paysans que Santos et son équipe n’ont pas de contact réel avec la campagne. »

« L’abandon de la campagne c’est un vieux problème » Interviewé par La Silla Vacía, Jorge Londoño, un sénateur du Parti vert, com- mente : « L’abandon de la campagne c’est un vieux problème, mais il n’y a pas eu de vrais actions pour trouver une solution. Le gouvernement devrait se focaliser sur les moyens d’éliminer la contrebande d’aliments, d’aider les paysans à être mieux organisés et d’impulser des expor- tations. »   Le deuxième quotidien du pays, El Espectador, titre pour sa part : « La grève nationale est en train de s’élargir ? »  En effet, des syndicats d’ouvriers, d’éducateurs et de travailleurs de la santé ont manifesté dans les villes du pays le 28 août en solidarité avec les paysans, mais aussi pour faire part de leurs propres revendications. Le journal rappelle que lundi 26 août, il y avait quelque 48 routes bloquées dans huit régions du pays.

L’indigence et la misère ont augmenté Le quotidien le plus lu du pays, El Tiempo, constate que « les négociations entre le gouvernement et les paysans n’ont pas encore abouti. Les blocages des routes continueront. » La commission nationale de négociateurs mise en place à Tunja, dans la province de Boyacá, n’a pas réussi à trouver un accord, après neuf heures de négociations le 27 et le 28 août. Les paysans ont trouvé « insuffisantes » les propositions du gouvernement. Le journal rappelle que le président était allé lui-même à Tunja, le 26 août, pour participer aux négociations. Dans un article du journaliste Daniel Samper Pizano, frère de l’ancien président colombien Ernesto Samper Pizano (1994-1998), qui a connu un grand succès sur les réseaux sociaux (plus de 90 000 partages sur Facebook), Samper déclare : « Je ne suis pas étonné par le fait que les paysans soient sortis dans les rues pour protester. Ce qui m’étonne c’est qu’ils ne l’aient pas fait avant. Fedesarrollo [un centre de recherches économiques et sociales] signale que pendant les dernières années la pauvreté a reculé dans le pays, sauf dans la campagne, où l’indigence et la misère ont augmenté. Si vous étiez paysan, vous seriez sûrement aussi en train de protester sur la route ». Courrier international  Camilo Moreno 29 août 2013

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2013/08/29/la-colere-gronde-chez-les-paysans

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