Archive | Luttes paysannes et alimentation

16 février 2014 ~ 0 Commentaire

Une alternative contemporaine à l’agro-industrie (essf)

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Le poids démographique de la paysannerie – et plus généralement de la population rurale – a beaucoup décru.

Cependant la question alimentaire (donc agraire) garde dans le monde présent toute son importance sociale, économique et politique [30]. Aujourd’hui encore, on ne saurait alors faire de la paysannerie table rase… A en croire une certaine vision marxiste (ou urbaine), l’horizon du paysan se limitait aux frontières du village.

Aujourd’hui cependant, des mouvements paysans animent une organisation inter- nationale particulièrement active, La Via Campesina [31]. Une Internationale qui a pour particularité d’avoir des organisations membres au Nord et pas seulement au Sud : en France, il s’agit de la Confédération paysanne [32]. Une Internationale aussi qui est l’une des composantes les plus actives de l’altermondialisme, du mouvement pour une Justice globale.

Si tel est le cas, c’est que les mouvements paysans s’affirment comme une alternative globale à l’agro-industrie – alors que cette agro-industrie constitue l’un des piliers du capitalisme mondial et façonne la société tout entière, qu’elle impose ses diktats aux consommateurs comme aux producteurs. L’agro-industrie incarne un modèle de société capitaliste – et l’agriculture paysanne la possibilité d’un modèle alternatif. L’agroalimentaire est l’un des principaux domaines où l’offensive pour la marchandisation complète de la planète et des rapports sociaux est engagée, où l’arti-ficialisation du monde se poursuit, où la subordination ultime des individus au capital se joue à coup de nouvelles technologies comme les OGM.

Ce n’est en rien un secteur périphérique du capitalisme ni un front de lutte secondaire.

En ce domaine comme en d’autres (voir par exemple le nucléaire pour la production d’électricité), ce n’est pas seulement le fait que des capitalistes ou des financiers soient aux commandes qui fait problème. La technologie ou le modèle productif lui-même sont en cause : ils ne sont fonctionnels que par rapport à une logique de classe, en l’occurrence bourgeoise.

Le nucléaire n’est pas adaptable à une société socialiste démocratique. Le modèle industriel n’est pas approprié à l’agriculture : il engendre nécessairement des dommages socio-environnementaux insoutenables, il écrase la nature, artificialise à l’extrême le monde et porte une responsabilité majeure dans la destruction des milieux (semi)naturels (les écosystèmes), dans l’effondrement de la biodiversité [33].

A certaines conditions, les agricultures paysannes peuvent fonder un autre modèle de société que celui dont est porteuse l’agro-industrie capitaliste. Vue de gauche, elles redeviennent ainsi une composante active d’un projet de transformation sociale.

Une agriculture paysanne fixe la population dans les campagnes. Elle enraie l’exode rural porteur de chômage ; ou peut redonner vie au monde rural là où la désertification humaine pro- voquée par l’agro-industrie s’est déjà produite. Elle rend possible le maintien ou la réimplantation de services publics dans des régions frappées de déshérence sociale.

Elle peut permettre (tout est au conditionnel) une réduction radicale de l’usage des intrants chimiques et des pollutions, une alimentation de qualité, la réduction des transports en favorisant la relocalisation des productions tant dans l’espace national qu’international. Elle favorise le combat contre les émissions de gaz à effet de serre et le changement climatique. Elle porte de grands enjeux démocratiques, comme la libération des consommateurs et des producteurs de la dictature des semenciers et autres géants de l’agroalimentaire ; le droit d’accès aux biens communs (terre, eau, forêts…) ; le droit des peuples à la souveraineté alimentaire et la fin des rapports de dominations forgés par l’impérialisme au profit des transnationales ; la résistance à la marchandisation du monde.

La protection de la biodiversité ne se réduit pas à la création de réserves, tant s’en faut. Des îlots verts dans un océan d’aridité marchande sont condamnés à dépérir. Bien des milieux riches sont en fait « semi-naturels » : ils dépendent d’une activité humaine et disparaîtrons si celle-ci s’interrompt [34]. Une agriculture paysanne pensée à cette fin peut pérenniser ou reconstituer des bocages, mangroves, prairies, zones humides, pâturages de montagnes, forêts diversifiées, etc. Tout ce qui est dit ici vaut aussi pour les communautés de petits pêcheurs à l’heure où l’effondrement des populations de poissons est programmé, où les fonds marins sont dévastés [35]. Cela vaut de même pour la gestion des forêts que le modèle des plantations stérilise, uniformise et fragilise, alors qu’une gestion écologique « appropriée », « à la paysanne », peut lui assurer santé, diversité, durabilité et richesse biologique [36].

Le modèle industriel est certes « contemporain », mais il n’est pas pour autant « moderne » au sens où il répondrait aux besoins présents et à venir. Le modèle paysan n’est pas (nécessairement) passéiste, archaïque. La crise écologique a permis de conclure les controverses à cet égard. Loin d’être une classe condamnée, la paysannerie, véritable Phénix, s’affirme aujourd’hui comme une classe d’avenir – bien que très menacée.

Nous n’évoquons pas ici une possibilité virtuelle, impalpable, mais une réalité présente. Un mouvement international tel La Via Campesina porte un programme qui aborde cet ensemble de problématiques. Des organisations mènent de vastes mobilisations pour défendre conjointement les droits des sans-terre et paysans, les droits des femmes [37] et la justice climatique, comme la caravane de la fin 2011 initiée par la Bangladesh Krishok Federation (BKF) et sa contrepartie féminine, la Bangladesh Kishani Sabha (BKS) [38].

Rien n’est pour autant simple. Côté biodiversité, la cohabitation entre paysans et grands prédateurs (ours et loup en France, tigre en Inde…) fait parfois l’objet de violentes polémiques. Les conditions pour une agriculture organique peuvent être très dégradées après des décennies d’ex- ploitation par des méthodes agro-industrielles : perte de qualité et changement de composition des sols, pollutions multiples… Des savoir-faire se perdent alors que la recherche scientifique et technologique n’est pas orientée vers les besoins des agricultures paysannes… Il est encore difficile d’évaluer toutes les conséquences qu’aura la dispersion sauvage dans la nature des OGM ou le changement climatique…

Les paysanneries ont manifesté une capacité inattendue à résister ou à se reconstituer. En Russie déjà, à la veille de la Première Guerre mondiale, il était courant de penser que la commune rurale avait été mortellement frappée par le développement du capitalisme à la campagne, accéléré par les réformes Stolypine. Avec la révolution de 1917, elle est cependant massivement réap- parue [39]. Aujourd’hui encore, nombre de paysans luttent pour contrecarrer l’étau marchand et légal imposé par l’agro-industrie.

Aux Philippines, des villages passent silencieusement à l’agriculture organique et attendent d’être à même de commercialiser leur production (une fois les besoins d’auto- consommation satisfaits) pour publiciser leurs choix, afin d’être en position de mieux résister aux pressions des pouvoirs établis.

En France, des producteurs ont dû cacher à leurs banques leur volonté de passer à l’agriculture « paysanne », car sinon ils n’auraient pas obtenu de prêts. Actuellement, dans divers pays, des « maisons de semences » sont créées pour échapper à la dictature des semenciers, même s’il faut pour cela s’opposer à des lois visant à garantir le monopole des puissants [40]. Des différentiations internes, plus ou moins lentes, ne cessent cependant de se manifester au sein des couches paysannes, qu’elles soient dues aux aléas de la vie (endettement de certaines familles à la suite de maladies, de mauvaises récoltes…), à la concurrence pour les meilleures terres, aux agressions du marché national ou international… L’équilibre entre productions pour la vente et pour l’autoconsommation reste instable.

L’appauvrissement nourrit l’immigration.

Des formes coopératives appropriées peuvent permettre de dépasser la concurrence entre familles paysannes en offrant un cadre dans lequel les intérêts collectifs, le développement des services sociaux et les nécessités environnementales sont pris en compte. Mais tant que la société reste dominée par le capital, ce mouvement coopératif est menacé de sclérose, de désintégration ou de cooptation.

Pour garder dans la durée son dynamisme, la coopération paysanne doit pouvoir s’appuyer sur un Etat, une administration à même de réguler les rapports villes-campagnes en tenant compte de ses besoins (prix, biens industriels et technologies adaptés, crédits, éducation, culture…) et de la protéger de la compétition inégalitaire engagée par les transnationales, aujourd’hui sanctionnée dans les accords de libre-échange. Pierre Rousset

Nous reproduisons ici un chapitre écrit pour l’ouvrage collectif Pistes pour une agriculture écologique et sociale coordonné par Laurent Garrouste, Laurence Lyonnais et Roxanne Mitralias, publié en février 2014 aux éditions Syllepse.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31088

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16 février 2014 ~ 0 Commentaire

Deux victoires pour l’agriculture paysanne (al)

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Les paysans marquent des points 

Dans la Somme contre le projet industriel intitulé « ferme des Mille-Vaches » ; dans tout le pays, en empêchant la légalisation du racket sur les semences. Décidément, le changement de ton, lors du dernier congrès de la Confédération paysanne, s’avère payant.

Ça suffit de cirer les pompes des socialos ! Après ses discours plein de bonnes intentions sur l’agro-écologie, le ministre de l’Agriculture, Le Foll, a démontré, dans la pratique, qu’il soutenait l’agriculture industrielle. La Confédération paysanne, mise devant le fait accompli à chaque « négo- ciation », a décidé d’une stratégie plus offensive. Cela lui a permis de limiter la casse lors des négo- ciations sur l’application de la future Politique agricole commune. Mais surtout d’obtenir des victoires syndicales.

Les Mille-Vaches à la poubelle Le syndicat vient de gagner, dans la Somme, son combat contre la ferme des Mille-Vaches. Le projet de Michel Ramery – entrepreneur de BTP – était de construire une usine à vaches hors sol avec un gros projet de méthanisation. Après une forte mobilisation et plu- sieurs actions coup de poing, la Conf’ a eu la confirmation, le 23 janvier, de l’arrêt des travaux et de la démolition des bâtiments illégaux.

La ferme des Mille-Vaches est la preuve par A+B que l’agriculture industrielle et l’agriculture pay- sanne sont incompatibles, l’une étant prédatrice de l’autre. Ramery voulait vendre le lait en dessous du prix du marché (à 270 euros les 1.000 litres, alors que le cours est actuellement autour de 350 euros les 1.000 litres). Cela allait entraîner une baisse des cours et encore plus difficultés pour les petites fermes. Mais pour lui, l’avenir, c’est de vendre à ce prix, les autres n’ont qu’à suivre. Il était donc d’utilité publique, pour la survie de nombreux éleveurs, de stopper ce projet.

Les semences de ferme ne sont pas des sacs à main !

L’actuelle proposition de loi de lutte contre les contrefaçons comprenait un volet agricole. Il considérait comme contrefacteur tout paysan qui utilisait ses propres semences, au lieu de les acheter à un semencier ! Une forte mobilisation a été menée conte ce projet de rendre le racket obligatoire. Le 21 janvier, une centaine de paysannes et de paysans ont envahi les locaux du Groupement national interprofessionnel des semences (GNIS) pour dénoncer cette atteinte au métier même de paysan.

Finalement, le 5 février, les députés ont dû voter un amendement qui stipule que « l’utilisation de semences de ferme ne constitue pas une contrefaçon ». C’est un premier pas dans la reconnaissance du droit à réutiliser ses semences – ce que font les paysans depuis l’origine de l’agriculture, soit dit en passant. Cela signifie que la répression envisagée (intervention de la douane, saisie et destruction de récolte) est abandonnée. Il reste encore à se bagarrer pour que le droit de faire ses propres semences redevienne entier. La Confédération Paysanne a mis une fourche dans la porte, il faut maintenant faire levier pour remporter d’autres victoires.

L’expérience montre que c’est en étant offensif que l’on gagne et pas en sortant la boîte de cirage.

Georges Claas (AL Var) 13 février 2014 

http://alternativelibertaire.org/?Deux-victoires-pour-l-agriculture

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15 février 2014 ~ 0 Commentaire

A brest, une super amap pour sortir du supermaché

*
Une association propose aux Brestois d’acheter chaque semaine toute une gamme de produits (légumes, pains, laitages, herbes, jus…) locaux, bios et de saison.
En plus de leur offrir une alternative aux supermarchés et changer les habitudes alimentaires des membres, l’association veut diversifier ses activités pour aller plus loin dans la relocalisation de l’économie.

Dans un lavoir désaffecté de la rive droite de Brest se déroule chaque jeudi une scène atypique. Une vingtaine de personnes se succède pour remplir leur cabas de carottes, navets, poisson, œufs, lait, fromage… Pendant plus de 2 heures, ce bâtiment d’habitude inutilisé prend des airs de petit marché dans lequel on croise aussi bien des étudiants, des jeunes parents sortant du boulot que des retraités.

Tous sont adhérents de l’association « Court circuit en pays de Brest » qui distribue chaque semaine plus de 200 paniers bios, locaux et de saison dans 7 points différents de la ville. Comme dans les Amap (Association pour le maintien d’un agriculture paysanne) classiques, ces consomm’acteurs choisissent à l’avance la quantité hebdomadaire de légumes (entre 7 et 18 euros) qu’ils désirent. Ils ont également la possibilité de commander des œufs, du pain, des herbes aromatiques ou encore des yaourts qu’ils recevront chaque semaine pendant 6 mois au point de distribution de leur choix. Une fois leur contrat d’abonnement  rempli, ils n’ont plus qu’à se rendre chaque jeudi après-midi au lavoir afin de retirer leur commande. Pour enrichir le panier, de la viande, du poisson et d’autres denrées leur sont également proposés en commande ponctuelle.

A la genèse du projet, une volonté de rompre avec le mode de distribution classique. « J’en avais marre de consommer des produits transformés, chers et dégueulasses », explique Céline cofondatrice de l’association. Pour y remédier, elle a d’abord créé une Amap avec Guillaume, l’autre pilier du projet. « Mais on s’est rendus compte qu’on touchait les revenus élevés, des gens déjà convaincus et qu’on ne répondait pas  à la demande (une quarantaine de personnes sur liste d’attente). On voulait soutenir davantage les producteurs et offrir plus de souplesse et de choix », précise la jeune femme. Ils ont donc décidé de salarier 2 personnes (plus un service civique) afin de créer des emplois qui ont du sens et faire que tout le poids de la logistique ne soit pas assuré par les seuls bénévoles.

Objectif panier diversifié

Pour réussir leur pari, la variété de l’offre a été déterminante. « Nous voulions qu’il y ait un max de produits dans le panier » afin de proposer « une alternative aux supermarchés » et ainsi permettre de faire la plupart de ses courses en un seul lieu, précise Céline. La formule propose également plus de souplesse qu’une Amap. Les adhérents disposent d’une période d’essai d’un mois pour tester le service et adapter leur commande à leurs besoins réels. En outre, grâce au « panier d’échange », ils peuvent troquer leur surplus de navets ou de topinambours contre du persil ou des carottes. Et lorsque les membres ne sont pas en mesure de venir retirer leur commande hebdomadaire, celle-ci est proposée à des « intérimaires » qui se sont inscrits à l’avance pour acheter un panier à l’occasion.

« C’est très bien fait, du coup ce n’est pas contraignant, se réjouit Gaëlle, une trentenaire inscrite depuis quelques mois. Mais vu que nous n’avons que des produits de saison, on risque d’en avoir marre de manger des patates à la fin de l’hiver ! ». Mais la convivialité des rencontres lui fait vite oublier cet inconvénient. En effet, chaque semaine, deux adhérents aident les salariés de l’association à assurer la distribution. « Ça me plait de donner un coup de main, c’est participatif et ça permet de rencontrer les autres adhérents, poursuit-elle. On discute, on échange des points de vue et des recettes ».

100% made in Brest

Et ce réseau que Céline décrit comme une super Amap n’est pas une exclusivité brestoise. Les initiateurs du projet se sont en fait inspirés du travail réalisé par l’association Alter Conso à Lyon et l’ont adapté au contexte de leur ville. Un peu plus d’un an après le lancement, la greffe semble avoir prise. « Court circuit en pays de Brest » compte 250 adhérents consommateurs et une trentaine de producteurs. Céline précise que « tout vient du pays de Brest afin de mettre en avant la richesse du territoire ». En raccourcissant les circuits de distribution, l’association contribue à relocaliser l’économie et à lutter contre des situations aberrantes :

« Le poisson pêché à Brest va à Rungis pour les cours et revient ici. Ça nous insupporte que quelques intermédiaires s’en mettent pleins les poches et tirent les prix vers le bas, s’emporte cette entrepreneuse solidaire. Nous on demande aux producteurs ce dont ils ont besoin pour vivre alors que, jusque-là, ils fixaient leurs prix en fonction de ceux des supermarchés ou des Biocoop… On veut créer de l’emploi dans notre association et chez les agriculteurs et pour ça, ils doivent, atteindre le seuil de rentabilité. On veut que l’argent reste sur le territoire, que ça forme une boucle, que ça créé de l’emploi, du lien social et de la connexion entre producteurs et consommateurs ».

Ils ambitionnent également de nous reconnecter avec ce qu’on mange et de changer les comportements sans tomber dans la culpabilisation. « Notre idée est de dire qu’on peut aller au supermarché mais qu’on peut aussi faire mieux. Il ne faut pas que les gens qui consomment au supermarché se sentent blessés et froissés », précise Céline. Et ce moyen concret d’éducation populaire semble porter ses fruits : « Je n’achète plus aucun légume en supermarché et ça me permet de faire marcher l’économie locale. Ça me pousse à faire de la soupe et à manger des légumes alors que je ne l’aurais pas forcement fait sans ça. Au bout de 30 ans, j’arrive enfin à faire manger des légumes à mon mari », s’exclame Patricia, qui aide ce jour là à distribuer les paniers.

Toucher des non militants

Patricia et Gaëlle, deux nouvelles adhérentes, viennent pour la première fois aider à la distribution « On trouve dans nos adhérents des gens qui ne seraient jamais allés dans une Amap qui ne sont pas militants. ça rassure », se réjouit Céline. L’association contribue à contrer l’idée largement répandue selon laquelle manger sainement est un luxe en ces temps de disette économique. « Il est vrai que la plupart des produits coutent moins cher en supermarché mais ils sont de moins bonne qualité, moins nourrissants. Et si on décide de mieux manger, uniquement ce dont on a besoin et qu’on cuisine, on s’en sort mieux. Les supermarchés poussent à la consommation inutile », poursuit Céline. Un constat partagé par les adhérents interrogés qui n’ont pas vu leur dépenses alimentaires augmenter.

Pour le faire savoir et s’assurer que l’alimentation saine et locale ne soit pas l’apanage des riches, l’association a lancé un point de distribution dans un quartier populaire. En outre, ils proposent un tarif social aux adhérents. Ceux-ci paient leur cotisation à l’association (cotisation annuelle plus pourcentage du montant de la commande) en fonction de leurs revenus. Ils projettent également de lancer un système permettant aux personnes en difficulté financière de manger bio en leur proposant un panier à -50 %.

Face au l’engouement rencontré, l’association ne compte pas en rester là. Ils ont dans l’idée de mettre en place un atelier de transformation de légumes pour les consommateurs et les producteurs afin d’utiliser les surplus. Ils projettent également de lancer une maison des circuits courts avec une cantine bio locale, une épicerie ou un marché de producteurs. Ils entendent également relancer des filières locales dans le textile ou encore le bois de chauffage. Plutôt que de grossir à l’infini (ils se fixent une limite de 800 paniers par semaine), ils ont fait le pari de la diversification et espèrent que d’autres structures de ce type verront le jour un peu partout sur le territoire. Emmanuel Daniel 14/02/2014

Visiter le site internet : http://court-circuit-ess.infini.fr/

http://www.tourdefrancedesalternatives.fr/alternatives/court-circuit/#.Uv5iPgJ7e2o.twitter

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14 février 2014 ~ 0 Commentaire

Algues vertes, il faut aller plus loin, selon eau et rivières (of)

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Une délégation bretonne réclame le retrait de cinq bassins-versants du dispositif anti-nitrates. « Démarche inopportune », juge l’association.

Accompagné d’une délégation de représentants bretons, le député européen Alain Cadec (UMP) a rencontré, mercredi à Bruxelles, le directeur général de l’environnement à la Commission européenne.

Objectif : la sensibiliser aux progrès réalisés sur cinq des bassins versants (L’Aber Wrac’h dans le Finistère, le Guindy, l’Urne, le Gouessant et l’Arguenon dans les Côtes-d’Armor) en contentieux avec l’Union européenne pour leur teneur en nitrates, et plaider ainsi leur sortie de ce dispositif.

Délégué régional d’Eau et Rivières, Gilles Huet réagit : « La démarche de deux élus bretons à Bruxelles accompagnés de responsables agricoles, destinée à faire reculer la réglementation des épandages sur cinq bassins versants de Bretagne, est particulièrement inopportune.

Oui, la pollution en nitrates de ces bassins est descendue en dessous de 50 mg/l ces dernières années, même si en 2013, elle a à nouveau augmenté ! Cette amélioration est le fruit des évolutions des pratiques agricoles, des obligations réglementaires limitant les épandages d’azote sur ces bassins, et des aides publiques importantes accordées (60 millions d’euros). Le captage d’eau de Binic sur l’IC a été suspendu, obligeant les collectivités locales concernées à engager de coûteuses dépenses pour aller chercher l’eau du Gouet. »

Il ajoute : « Plusieurs de ces bassins versants, notamment le Gouessant, se jettent dans la baie de Saint-Brieuc victime des marées vertes, pour lesquelles un plan d’action de 25 millions d’euros est mis en oeuvre depuis 2012.

Réduire ces marées vertes implique d’abaisser la pollution en nitrates, pas seulement juste en dessous de 50 mg/l, mais bien au-delà entre 10 et 20 mg/l ! Personne ne pourrait donc comprendre qu’on continue à dépenser des sommes considérables d’argent public sur les bassins à algues vertes, et qu’en même temps on revienne en arrière sur la limitation des épandages. »Saint-Brieuc – 11h52

http://www.ouest-france.fr/algues-vertes-il-faut-aller-plus-loin-selon-eau-et-rivieres-1930914

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30 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

la bataille d’un agriculteur australien contre monsanto (basta)

Pour en savoir plus, cette vidéo expliquant le combat de Steve Marsh (sous-titres en français disponibles sous la barre de lecture).

Encore un procès qui inquiète les fabricants d’OGM.

 Le 10 février prochain, la Cour suprême d’Australie Occidentale examinera la plainte de Steve Marsh, un éleveur de moutons bio ayant perdu sa certification suite à la contamination de ses champs par du colza génétiquement modifié. L’enjeu, défendre son droit à cultiver sans OGM et obtenir réparation des préjudices économiques.

Le colza incriminé, breveté par la firme Monsanto, a été autorisé à la culture par le gouvernement local en 2010. Cette année-là, Michael Baxter, le voisin de Steve Marsh, décide d’en semer. Quelques mois plus tard, de forts vents dispersent des plants de colza coupés mis à sécher. Deux tiers de la surface cultivable de Steve Marsh sont contaminés, soit 325 hectares. Steve perd son label bio sur 70 % de son exploitation et ne peut pas se retourner contre Monsanto. « La firme se protège en faisant signer un contrat à tous les agriculteurs qui achètent ses semences généti- quement modifiées, explique Rachel Dujardin de Safe Food Foundation. En cas de contamination génétique, la multinationale semencière n’est pas responsable ».

L’impossible coexistence ?

L’affaire aurait pu s’arrêter là. Mais Steve Marsh a décidé de poursuivre son voisin en justice pour obtenir réparation. « Si Steve gagne, cela créera un précédent qui aidera les agriculteurs à travers le monde dans leur bataille pour rester exempts d’OGM », précise Rachel Dujardin. Le procès devrait inévitablement poser la question de la coexistence entre des cultures OGM et non-OGM. Dans le cas présent, les précautions prises par Michael Baxter n’ont pas suffi à empêcher la contamination. Ce dernier avait en effet laissé une zone tampon de 5 mètres entre ses parcelles cultivées en colza transgénique et les autres, comme le stipule la loi en vigueur dans l’Etat de l’Australie Occidentale, rapporte l’association Inf’Ogm.

Le seuil de contamination toléré pourrait lui aussi être débattu. Le label bio australien, délivré par la National Association of Sustainable Agriculture Australia (NASAA), ne tolère par exemple aucune présence d’OGM dans les cultures biologiques (0 %). L’Europe est plus souple en la matière. Le règlement Européen 834/2007, en charge de définir le label Biologique européen depuis janvier 2009, autorise un seuil de 0,9 % de présence fortuite d’OGM dans les produits biologiques. Quelle que soit l’issue du procès, Monsanto a d’ores et déjà apporté son soutien à l’agriculteur accusé de contamination et lui a proposé de payer ses frais de justice. Steve Marsh bénéficie pour sa part du soutien de la Safe Food Foundation qui coordonne la mobilisation. Par Sophie Chapelle 30 janvier

http://www.bastamag.net/Mobilisation-la-bataille-d-un

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24 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

La fin des 1000 vaches! (la conf’)

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C’est une victoire de la Conf’ et de ses partenaires.

Après des mois d’actions fortes, de manifestations, des gardes à vue, de nombreuses prises de position, la mobilisation a payé ! La ferme-usine des 1000 vaches ne verra pas le jour !

Jeudi dernier, une centaine de paysans de la Conf’ bloquaient une nouvelle fois le chantier des 1000 vaches. Dès le lendemain, le préfet de la Somme demandait l’arrêt des travaux et la destruction des bâtiments illégaux ! Une décision confirmée ce matin par la ministre de l’Amé- nagement du territoire, Cécile Duflot, qui recevait la Conf’ et Novissen. Depuis septembre, nous avons pris la responsabilité de tout mettre en œuvre pour stopper ce chantier. Face au sentiment d’impunité de son promoteur, Michel Ramery, nous n’avons rien lâché ! Et nous sommes fiers aujourd’hui d’avoir eu raison !

Nous avons mis à terre un symbole. La ferme-usine des 1000 vaches ne verra pas le jour ! Mais ce n’est pas pour autant que nous cesserons d’être vigilants. Nous savons de quels appuis dispose Michel Ramery pour inverser la vapeur… Mais surtout, c’est l’industrialisation de l’agriculture qui doit être stoppée. Le gouvernement a choisi d’user des moyens légaux pour arrêter le chantier. Il doit désormais utiliser les moyens législatifs à sa disposition pour empêcher que d’autres 1000 vaches ne sortent de terre.

La Loi d’avenir agricole, en cours d’examen, doit acter la fin de l’industrialisation de l’agriculture. Mardi, nous avons obtenu que le pouvoir de l’industrie semencière sur les paysans soit contenu. Aujourd’hui nous avons mis fin au projet de ferme-usine des 1000 vaches. La re- cherche du profit absolu aux dépends des paysans ne doit pas régir leur avenir. Ces victoires ne sont qu’au début, nous ne lâcherons rien, pour l’avenir des paysans, pour leur place essentielle dans la société !

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=2246 PHPSESSID=l3pgdgvg1pfc86lfamn5kc7o00

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22 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Semences, des paysans et des paysannes jeûnent pour inscrire l’exception agricole dans la loi contrefaçon (la conf’)

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Une centaine de paysan(ne)s de la Conf’ a pris possession tout à l’heure de l’immeuble du GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences), 44 rue du Louvre, à Paris.

Nous demandons qu’une exception agricole soit ajoutée au texte de la loi Contrefaçon qui sera votée le 4 Février. La reproduction par des paysans de leurs semences, de leurs animaux et de leurs préparations naturelles ne doit pas être considérée comme une contrefaçon. C’est le métier de paysan que ce texte remet en cause. Des paysans jeûnent à partir de ce soir pour obtenir une décision politique allant dans ce sens.

Avec cette loi, les paysans qui voudront produire leur propre semence seront sous la menace constante de poursuites en contrefaçon, saisie voire destruction de leurs récoltes. Pour y échapper, ils devront prouver qu’ils n’ont reproduit aucune variété protégée et que leur semence n’a été contaminée ni contient naturellement un gène breveté. Et il en sera de même pour les animaux ou encore pour les ferments, levures et autres micro-organismes porteurs de gènes brevetés.

L’objectif de ce texte est de permettre aux industriels semenciers de s’enrichir en étant les seuls à détenir le droit de vendre ce qui est indispensable aux paysans et à la nourriture des populations : les graines, les plants, les semences animales, les ferments et levures…

Tous ces éléments seront donc désormais dans les seules mains des industriels. Or, échanger, ressemer, sélectionner, ou élaborer ses ferments, levures et autres préparations na- turelles, c’est ce que font les paysans depuis des millénaires, c’est l’essence même de leur métier. C’est aussi la base de la biodiversité et le fondement de l’agro-écologie. Le droit des paysans sur les semences, c’est le droit à l’alimentation pour tous ! Nous ne nous laisserons pas faire !

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=2231

Le ministère de l’Agriculture s’engage à exclure les semences de ferme de la loi sur la contrefaçon (Basta)

« C’est une grande victoire pour les paysans, l’exception agricole sera inscrite dans la loi sur les contrefaçons », se réjouit Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne.

Une centaine de paysans avaient occupé hier, mardi 21 janvier, des locaux du Groupement national inter-professionnel des semences (Gnis). Parmi les occupants, une dizaine d’entre eux avaient décidé d’entamer un jeûne de deux semaines pour faire connaître leur revendication.

Motif de leur colère : l’adoption par les sénateurs le 20 novembre dernier d’un projet de loi élargissant aux plantes le délit de contrefaçon (lire notre article). Via cette réglementation, l’acte de ressemer une variété protégée par un droit de propriété intellectuelle est considéré comme criminel, au même titre que l’impression de fausses monnaies ou la vente de médicaments illicites à partir de molécules copiées.

La Confédération paysanne a finalement quitté les locaux du Gnis dans la nuit du 21 au 22 janvier, suite à l’engagement pris par le ministère de l’Agriculture de présenter « un amendement afin que les semences de ferme ne soient plus concernées par la loi contre les contrefaçons ».

Joint par Basta !, le ministère confirme : « Le sujet semences va en effet être retiré de la proposition de loi contrefaçons par amendement gouvernemental, de façon à pouvoir être discuté en Loi d’avenir agricole. Notre position est claire : nous souhaitons exclure les semences de ferme du champ de la contrefaçon ». La loi sur la contrefaçon sera débattue à l’Assemblée nationale le 4 février prochain. « Nous resterons vigilants et continuerons à interpeller les députés afin qu’elle soit effectivement confirmée dans le texte de la loi » prévient la Confédération paysanne. Par Sophie Chapelle 22 janvier 2014

http://www.bastamag.net/Victoire-paysanne-la-semence-de

Commentaire: Bon, les semences de ferme c’est OK, mais le reste?

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17 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

La france de nouveau épinglée à cause des nitrates (fr3)

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La France n’a toujours pas correctement transposé dans sa législation la loi européenne sur les nitrates et s’expose ainsi à de lourdes sanctions financières, a estimé jeudi l’avocat général de la Cour de justice de l’UE, Juliane Kokott.

« Cette directive (loi européenne) est très importante pour la qualité de l’eau dans l’Union européenne« , a souligné Mme Kokott dans ses conclusions. Or, a-t-elle déploré, malgré la mise en place de plusieurs plans d’actions, le nombre de communes françaises polluées ou sous la menace d’une pollution aux nitrates continue de progresser. Près de 19.000 communes françaises sont considérées comme des zones vulnérables aux nitrates. La Commission européenne a engagé des poursuite contre la France en 2012 pour non conformité à la directive de 1991 sur les nitrates, qui est contestée par plusieurs syndicats d’agriculteurs dont la FNSEA.

Une amende de plusieurs dizaines de millions d’euros

A plusieurs reprises la Commission européenne a demandé à la France de garantir  »la mise en oeuvre correcte et complète » de toutes les exigences de la directive dans les zones vulnérables polluées par les nitrates ou susceptibles de l’être. Mais la France fait la sourde oreille, a relevé Mme Kokott dans ses conclusions. Elle considère que la France n’a pas correctement transposé la directive nitrates. Elle a donc proposé de « condamner la République française aux dépens« . La Cour de justice de l’UE (CJUE) doit trancher dans les mois à venir. La France risque une amende de plusieurs dizaines de millions d’euros. Sylvaine Salliou (avec AFP)

Publié le 16/01/2014 | 14:40, mis à jour le 16/01/2014 | 14:40

http://bretagne.france3.fr/2014/01/16/la-france-de-nouveau-epinglee-cause-des-nitrates-396319.html

Commentaire:  Des dizaines de millions d’euros? Rien n’est trop beau pour la Fnsea!

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14 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

légumes clandestins: halte à la répression des petits maraîchers (basta)

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En mai dernier, des petits maraîchers ont reçu la visite d’un agent de la répression des fraudes, sur un marché en Ariège.

Leur délit : vendre des plants de tomates non inscrites au catalogue officiel, et ne pas disposer de la carte de l’interprofession nationale des semences et des plants. Alors qu’ils encourent une amende potentielle de 450 euros, un collectif d’organisations appelle à un rassemblement le 15 janvier devant le siège de la répression des fraudes à Toulouse. Basta ! relaie leur appel.

L’Etat prétend ne pas avoir de moyens pour contrôler Monsanto, Spanghero ou les autres multinationales du commerce international et de la « malbouffe ».  Mais il en trouve pour contrôler des petits maraîchers qui vendent sur les marchés de proximité quelques plants de tomates ou de poivrons de variétés traditionnelles issus de leur propre production.

Ces maraîchers seraient coupables :
• de vouloir rester agriculteurs et de ne pas avoir pris, pour quelques plants vendus chaque saison, la carte professionnelle des semenciers ;
• de mettre à disposition des jardiniers une grande diversité de plants de légumes qui ne trouvent pas leur place au catalogue officiel ;
Et… cerise sur le gâteau : la plupart des contrôleurs ne sont pas des agents de l’Etat mais des salariés de l’interprofession des semenciers.

Rappel des faits

Suite à un contrôle de petits maraîchers de l’Ariège par un agent de la répression des fraudes le 17 mai 2013, un rassemblement a eu lieu le 4 juin devant l’antenne régionale de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) pour dénoncer le caractère abusif de ce contrôle [1].
Une délégation a été reçue. Les responsables présents leur ont proposé de rencontrer des responsables au siège de la DGCCRF (ministère des finances). Une autre délégation a été reçue, le 2 juillet, par des responsables parisiens qui leur ont alors proposé d’écrire une lettre à la directrice générale de la DGCCRF. Cette lettre a été envoyée le 10 juillet en courrier recommandé. A ce jour et malgré un rappel envoyé le 3 septembre, il n’y a pas de réponse, pas même un accusé de réception !

Un collectif d’organisations a donc décidé d’appeler à un nouveau rassemblement qui aura lieu devant le siège de la répression des fraudes à Toulouse (5 esplanade Compans Caffarelli), le 15 janvier 2014 à partir de 11h.

Un courrier a été adressé le 8 janvier à cette antenne régionale justifiant ce deuxième appel à rassemblement. Par Rédaction 14 janvier 2014

Tracts et flyers sont téléchargeables ici et .

Plus d’infos : semonslabiodiversité.com

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12 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

pollué, labouré, oublié: le sol français est en train de disparaître (terraeco)

On croit souvent cette ressource illimitée. Mais près d’un quart des sols français sont menacés de disparition. Explication.

Sous les pavés et le bitume, la terre est bien mal en point. Dans de nombreux champs, c’est encore pire. Les sols de France sont en danger, et on commence à peine à s’en rendre compte. « On a longtemps considéré les sols comme un simple support de l’agriculture, et on pensait qu’on savait très bien les gérer. Les scientifiques ont commencé à réaliser dans les années 1990 que ce n’était pas le cas, mais il a fallu attendre 2012 pour qu’il y ait une prise de conscience internationale du phénomène » , alerte Dominique Arrouays, président de l’Association française pour l’étude des sols (Afes) et organisateur d’un colloque dans le cadre de la journée mondiale des sols, la semaine passée, le 5 décembre.

Difficile à concevoir, mais le sol qui nous entoure est bien une ressource très limitée. La couche de 30 cm de terre qui recouvre une bonne partie des terres non immergées (et non bétonnées) de la planète est le subtil résultat de la très lente dégradation des roches. On trouve plus d’organismes vivants dans une poignée de ce mélange richissime que d’êtres humains sur la surface de la planète. De ces terres dépend la quasi-totalité de notre alimentation bien sûr, mais aussi notre climat. En effet, les sols du monde contiennent sur à peine 30 cm de hauteur autant de CO2 que toute l’atmosphère terrestre (environ 800 milliards de tonnes).

Touche pas à mon sol

Et pourtant nous dégradons ce patrimoine à grande vitesse. Une partie des sols s’érode et finit sa course dans les rivières et les océans. La faute principalement à l’agriculture intensive qui laboure et laisse les sols nus et donc sans défense une bonne partie de l’année. Et qui a détruit les haies et prairies qui limitaient le ruissellement des eaux. La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que cette seule érosion frappe 24 milliards de tonnes de sols par an, soit 3,4 tonnes par être humain. Enorme. En France, la situation est inquiétante notamment en région parisienne mais aussi dans une partie de la Bretagne et de la Picardie (voir carte ci-dessous réalisée dans le cadre du projet GISSOL).

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« Dans ces régions, on peut voir l’érosion à l’œil nu avec les ravines, les rigoles ou les rivières qui sont marrons, pleines de boues », indique Dominique Arrouays. L’autre grand danger pour le sol, c’est le béton. D’après le ministère du Développement durable (aujourd’hui remplacé par le Service de l’observation et des statistiques), 600 km2 de terres sont artificialisées chaque année en France, soit l’équivalent d’un département tous les dix ans. « Le sol n’est alors plus exploitable à jamais. Et il ne joue plus son rôle de filtration des eaux de pluie », note le spécialiste.

On s’en rend compte souvent trop tard, lors d’événements violents, comme les inon- dations. Et la liste des mauvais traitements infligés aux sols ne s’arrête pas là : ils sont aussi tassés, pollués, contaminés, acidifiés et perdent en biodiversité.

« Le pic sol »

Le problème, c’est que l’on dégrade ces sols beaucoup plus vite que la nature n’en crée. A-t-on atteint le « pic sol », comme on a atteint le pic du pétrole ou le pic de certains métaux ? « A mon avis on l’a déjà dépassé oui. Il y a des régions en France où l’on perd entre 20 tonnes de sol par hectare et par an, alors qu’il s’en forme entre 100 kilos et une tonne par hectare et par an », s’alarme le président de l’Afes qui estime qu’au moins 20% des sols français sont en situation de déficit. Soit autant de territoires qui pourraient se retrouver sur le caillou à l’échelle de quelques dizaines d’années. A tel point que, selon l’expression du spécialiste des sols Claude Bourguignon « nous manquerons de blé avant de manquer de pétrole ». La course au sol est déjà lancée, notamment en Afrique où l’accaparement des terres se fait au détriment des populations locales

Peut-on faire machine arrière ? De nombreuses solutions sont connues. D’abord, reconquérir les milliers d’hectares de friches industrielles plutôt que de bétonner des sols « vivants ». Ensuite, changer les pratiques agricoles, en labourant moins, voire plus du tout, en cultivant des plantes « pièges à nitrates » entre deux cultures, en retrouvant les bienfaits de la prairie. Cela passe aussi par nos jardins où ne pousse trop souvent qu’une pelouse bien tondue et où les pesticides sont répandus sans façon. Chacun peut aussi contribuer à nourrir la terre de ses déchets organiques en adoptant des lombrics. Pas d’excuses, de nombreux citadins montrent que c’est possible même sans jardin, voire même au pied des immeubles.

http://www.terraeco.net/Pollue-laboure-oublie-le-sol,52318.html

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