Archive | Luttes paysannes et alimentation

14 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Trois Académies nationales, cautions institutionnelles pour tous les OGM (la conf’)

Trois Académies nationales, cautions institutionnelles pour tous les OGM (la conf') dans Luttes paysannes et alimentation diafoirus

Les Académies des sciences, de l’Agriculture et des Technologies, hauts lieux supposés de la réflexion scientifique, organisent, mardi 19 novembre, un colloque intitulé « Les plantes génétiquement modifiées ».

Ce n’est pas la Confédération paysanne qui dira qu’il ne faut pas étudier le sujet ! Reste cependant à savoir de quelle manière, et c’est là que le bât blesse. En effet, la liste des intervenants démontre qu’il ne s’agit que d’une grossière opération de communication au service des semenciers, industriels et autres lobbyistes.

A l’heure où il n’y a plus de moratoire sur le MON810, où le TC1507 de Pioneer pourrait être autorisé en Europe, et où les plantes mutées, ces OGM « cachés », s’installent discrètement dans les champs, cette opération de désinformation institutionnalisée est proprement scandaleuse.

La Confédération paysanne ne laissera pas diffuser ces messages trompeurs à la société. Les plantes génétiquement modifiées, qu’elles le soient par transgénèse ou par mutagénèse, sont porteuses des mêmes dérives : utilisation accrue de pesticides, contamination des champs voisins, extension du domaine des brevets sur les semences. Ces gènes brevetés porteurs de la « tolérance aux herbicides » sont au final un outil parfait pour que nos semences de ferme deviennent des contrefaçons. C’est exactement ce que prévoit la proposition de loi qui sera en discussion au Sénat à partir du 20 novembre, et c’est exactement ce que souhaite l’industrie semencière.

Nous serons mobilisés pour réclamer l’interdiction immédiate des plantes mutées et transgéniques au Geves dans le Maine-et-Loire, le 28 novembre. Nous nous battons contre les OGM et nous continuerons, quel que soit l’emballage sous lequel on les dissimule.

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=2063&PHPSESSID=vgqq5vvbc31vtunvm63cgr9uo1

 

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14 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Agriculture et alimentation, des noms au féminin (essf)

Agriculture et alimentation, des noms au féminin (essf) dans Féminisme mission-gp-de-femmes

Quand on parle de l’agriculture et de l’alimentation, on fait rarement référence au rôle clé que les femmes ont eu et tiennent encore dans la production, la distribution et la consommation des aliments. Comme tous les autres travaux de soins, la nourriture a été reléguée à l’arrière plan. Mais l’agriculture et l’alimentation sont des noms féminins et il est indispensable de rendre visible et de donner une valeur à ce que nous mangeons et à comment nous le faisons, en soulignant que cela concerne tout le monde.

La culture des aliments, tout particulièrement les potagers à petite échelle, a tradi- tionnellement été un travail féminin. Dans les pays du Sud, encore aujourd’hui, entre 60 et 80% de la production de nourriture relève du travail des femmes. En dépit de cela, ce sont les femmes et les petites filles qui, selon les chiffres de la FAO, ont le plus faim : 60% de la faim chronique les frappe de plein fouet. Pourquoi ? Parce que les femmes travaillent la terre, la cultivent et récoltent les aliments mais elles n’ont pas accès à sa propriété, au crédit agricole, etc. Et en conséquence, elles ne recoivent pas le fruit de ce qu’elles produisent.

Mais il n’est pas nécessaire d’aller jusque dans les pays du Sud pour constater que le modèle agricole et alimentaire actuel a un impact négatif sur les femmes : combien de paysannes, chez nous, ont travaillé toute leur vie dans les champs alors que ce travail n’a jamais été pris en compte, qu’elles n’ont jamais cotisé pour la sécurité sociale. Nous vivons dans un système patriarcal qui rend invisible et qui ne valorise pas le travail des femmes. L’agriculture et l’alimentation en sont un exemple clair.

Le modèle agroalimentaire actuel est irrationnel, non seulement parce qu’il se base sur des aliments « kilométriques », alors que nous pourrions en consommer de proximité, mais aussi parce qu’il détruit l’agriculture locale au lieu de défendre un monde rural vivant. Il favorise une poignée de variétés agricoles alors qu’on pourrait utiliser une énorme quantité d’anciennes semences. Il est « accro » aux pesticides et aux transgéniques, avec tout ce que cela implique pour notre santé et celle de la planète, au lieu d’investir dans l’agriculture écologique. En outre, il condamne à la faim et à l’anonymat celles qui jouent un rôle central dans la production alimentaire : les femmes.

Alors qu’émergent aujourd’hui des alternatives à l’agriculture industrielle et intensive qui a échouée, les femmes y jouent également un rôle central. Cette agriculture nouvelle et au féminin, nous la retrouvons dans de nombreux lieux à la campagne où des femmes paysannes, souvent jeunes, prennent en charge des fermes et optent pour une agriculture et une alimentation qui place au centre les personnes et la terre. Ce sont des groupes et des coopératives de consommation dans lesquels les femmes ont un poids décisif. Des expériences d’exploitation intelligente et de recyclage de la nourri- ture, des « cantines mobiles » et des cuisines populaires dirigées par des femmes. Des potagers urbains, qui occupent des terrains vagues et abandonnés, avec une présence féminine importante.

Ce sont des alternatives qui revendiquent la souveraineté alimentaire, notre capacité de décider (nous, paysans et consommateurs) sur ce qui est cultivé et ce que l’on consomme. Une alter-native qui doit nécessairement être féministe et faire le choix de l’égalité des droits, en revendiquant l’accès aux moyens de production alimentaire (terre, eau et semences) à égalité de conditions, tant pour les hommes que pour les femmes.

En récupérant l’intérêt pour ce que nous mangeons, de la provenance et de la manière dont on produit, nous redonnons à nouveau valeur à une chose aussi essentielle que l’agriculture et l’ali- mentation. L’achat de nourriture et la cuisine à la maison sont toujours, dans une bonne mesure, l’œu- vre des femmes. Un travail qui n’est souvent pas reconnu ni valorisé mais qui est indispensable car il soutient le travail productive qui valorise le capital. Souligner son importance, faire en sorte qu’il compte et établir clairement qu’il est de la responsabilité de tous et de toutes est le premier pas pour commencer à changer les choses et à faire en sorte que nos vies soient plus justes, saines et, en définitive, vivables.

VIVAS Esther 12 novembre 2013

* Article initialement publié en catalan sur le site « Etselquemenges.cat », 12/11/2013.

* Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30321

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13 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Non à la criminalisation de ceux qui luttent pour l’accès à la terre et aux ressources (la conf’)

Non à la criminalisation de ceux qui luttent pour l'accès à la terre et aux ressources (la conf') dans Europe cartel-juicios-turquilla

Le 11 novembre, plus de cinquante militants du Sindicato Andaluz de Trabajadores, mouvement de travailleurs et ouvriers agricoles, sont appelés à comparaître devant le Tribunal supérieur de justice d’Andalousie (tribunal de grande instance) à Grenade.

Accusés d’usurpation, de dommages et de désobéissance grave, ils risquent 88 années de prison et 275 000 € d’amende.

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Leur crime ? Avoir occupé en 2012 une exploitation agricole, propriété de l’Etat espagnol, largement sous utilisée par l’armée pour y garder quelques ânes et chevaux. Dans cette région où règne un chô- mage de masse, tous les partis avaient pourtant demandé que cette exploitation soit cédée à la ville d’Osuna, afin de donner un usage social à la terre. La Coordination paysanne Via Campesina, et toutes ses organisations membres, apportent leur soutien aux camarades interpelés.

C’est l’accès aux ressources, à une vie décente pour tous qui est en jeu. La terre, l’eau, les semences, sont des moyens de production et de survie. Ils ne doivent pas être confisqués à des fins spéculatives, ni par les Etats, ni par les compagnies privées.

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=2050&PHPSESSID=1pekvf19a05agrajdlsbhd7vf5

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13 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Hausse de la TVA sur les activités équestres: les plus fragiles mis en danger (la conf’)

Hausse de la TVA sur les activités équestres: les plus fragiles mis en danger (la conf') dans Luttes paysannes et alimentation sport_de_filles_affiche_

Le 22 octobre, l’Assemblée Nationale a choisi d’augmenter le taux de TVA de 7 à 20 % pour les centres équestres.

Cette augmentation de 13 %, pour se mettre en conformité avec la règlementation européenne, affectera particulièrement les activités de bon nombre de petites structures en milieu rural, porteuses d’emploi et de vie des territoires.
Elevages équins, pensions, centre équestre, débardage et travaux dans les champs (vigne et maraîchage), sont souvent combinés dans ces élevages. Loin des idées reçues, cette diversité des activités démontre que la plupart ne pratiquent pas une activité élitiste. La présence de ces métiers et de leur savoir-faire est un atout important pour l’entretien et la valorisation de l’environnement ainsi que pour toutes les activités d’accueil en milieu rural (promenades, activités sportives…). Cette augmentation de la TVA met à mal leur revenu et pourrait conduire à la cessation d’activité pour les plus fragiles d’entre eux. 13.11.2013

http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=2052&PHPSESSID=1pekvf19a05agrajdlsbhd7vf5

Commentaire: Inutile de sortir les armes, c’est l’affiche d’un film

 

 

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13 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Sommet climatique : les paysans refusent de devenir des marchands de carbone (essf)

Les paysans et les paysannes produisent de la nourriture, et non pas du carbone.

Et pourtant, si certains des gouvernements et des lobbies qui vont négocier à la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique les 21 et 22 novembre à Varsovie parviennent à leurs fins, la terre agricole pourrait sous peu être considérée comme un puits de carbone dont les entreprises polluantes pourront acheter des parts pour compenser leurs émissions nocives.

« Nous sommes absolument contre la politique du marché du carbone pour faire face à la crise climatique, » déclare Josie Riffaud de La Via Campesina. « Transformer les champs de nos pay- sans en puits de carbone, dont les droits peuvent être vendus sur le marché du carbone, nous éloignera encore de ce qui pour nous est la véritable solution, c’est-à-dire la souveraineté alimentaire. Le carbone de nos fermes n’est pas à vendre ! »

La bourse du carbone a été absolument incapable de s’attaquer aux causes réelles de la crise climatique. Mais cela n’a jamais vraiment été son but. Au lieu de réduire les émissions de carbone à la source, elle a créé un marché lucratif pour les pollueurs et les spéculateurs qui peuvent ainsi acheter et vendre des crédits de carbone tout en continuant à polluer.

Et maintenant la pression monte pour faire des terres agricoles un puits de carbone ma- jeur, qui serait soi-disant un autre moyen de contrebalancer les émissions industrielles. Les gouver- nements américain et australien, la Banque mondiale et le secteur des grandes entreprises utilisent cet argument depuis longtemps et réclament la création de nouveaux marchés du carbone qui leur per- mettent d’acheter des compensations carbone basées sur la terre des pays en développement.

L’agrobusiness est bien placée pour en profiter et le gouvernements de certains pays en développement espèrent pouvoir en tirer des revenus en cédant leurs forêts, leurs pâturages et leurs terres agricoles aux pollueurs du Nord.

La Conférence-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) organisée en novembre à Varsovie risque de nous enfoncer encore davantage dans la pagaille du marché du carbone. Marcin Korolec, le ministre de l’Environnement polonais et l’organisateur principal de cet événement, a annoncé avec fierté que pour la première fois des représentants du monde des affaires prendraient part officiellement aux négociations. Il suffit de jeter un œil à la liste des partenaires officiels de la conférence pour voir qu’ils font partie des industries les plus polluantes du monde.

L’agriculture est l’un des principaux responsables du changement climatique, mais Henk Hobbelink de GRAIN précise : «  C’est le système alimentaire industriel qui est la cause première de la crise climatique car il promeut l’utilisation lourde des intrants chimiques, l’érosion du sol et la défo- restation qui sont indissociables de l’agriculture de plantation en monoculture. Il renforce également la tendance toujours croissante à fournir des marchés d’exportation lointains. Plutôt que d’encourager cette aberration avec les marchés du carbone, les dirigeants de ce monde devraient soutenir la solution de l’agriculture paysanne et de l’agroécologie. » Les recherches de GRAIN ont montré qu’en appliquant de manière conséquente des pratiques agroécologiques paysannes qui visent à restaurer la matière organique du sol, on pourrait capter entre 24 et 30 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre actuelles.

Une semaine après le retour des négociateurs de Varsovie, qui n’auront probablement pas réussi à se mettre d’accord sur des actions efficaces pour lutter contre la crise climatique, la Banque mondiale et les gouvernements hollandais et sud-africain tiendront une conférence internationale à Johannesburg pour promouvoir une « agriculture intelligente face au climat » et former une nouvelle alliance pour la mettre en place.

Mais quand on regarde les propositions présentées, on voit bien que rien ne va changer : de nouvelles semences transgéniques développées par les entreprises de biotechnologie, plus d’engrais et de pesticides chimiques provenant des géants de l’agrochimie et plus de plantations industrielles « bio-intensives ». « L’agriculture intelligente face au climat est devenue le nouveau slogan pour les grandes institutions de la recherche agronomique et les grandes entreprises pour se placer eux-mêmes en position favorable et se présenter comme la solution aux crises alimentaire et climatique, » déclare Pat Mooney de l’ETC Group. « Pour les petits producteurs du monde, cela n’a rien à voir avec l’intelligence. C’est juste une autre manière de les forcer à accepter dans leurs champs les technologies contrôlées par les grandes entreprises et de les priver de leurs terres. »

Dans le même temps, ces mêmes entreprises sont en train de développer d’autres techno-logies à haut risque, notamment la biologie synthétique, les nanotechnologies et la géo-ingénierie. Les conséquences de ces nouvelles technologies spectaculaires sont mal connues, mais elles ont plus de chances de dévaster notre planète déjà si fragile que de résoudre les crises climatique et environnementale.

Le rôle principal de l’agriculture est de nourrir les populations et de fournir des moyens de subsistance aux petits producteurs du monde entier et ce rôle doit être défendu, explique Elizabeth Mpofu, de Vía Campesina. « Les droits relatifs à nos fermes, nos terres, nos semences et nos ressources naturelles doivent rester entre nos mains, afin que nous puissions produire la nourriture et protéger notre terre-mère comme le font les paysans depuis des siècles. Nous ne permettrons pas que les marchés du carbone transforment notre dur labeur en puits de carbone pour que les pollueurs continuent à faire des affaires comme si de rien n’était. ».

Via Campesina, GRAIN, ETC Group7 novembre 2013

Communiqué de presse de la Vía Campesina | GRAIN | Groupe ETC jeudi 7 novembre 2013

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30315

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13 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Pays de Brest, un grignotage inquiétant des terres agricoles (of)

Pays de Brest, un grignotage inquiétant des terres agricoles (of) dans Brest et région stop-au-beton-dans-la-crau

Dans le Pays de Brest, chaque année, la surface agricole disparaît à un rythme effréné, de l’équivalent de « 1 400 terrains de football par an ».

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L’association Préver appelle à un meilleur partage de l’espace entre ville, littoral et milieu rural. «De- puis 1950, la surface agricole utile du Pays de Brest a diminué de plus de 60 000 hectares, soit 1 000 hectares par an. C’est 36 % de l’espace du Pays qui a changé de destination, au rythme de l’équivalent de 1 400 terrains de football par an » ! Ce mardi, en mairie de Brest, ce constat alarmant a été dressé par l’association Préver (Pour la valorisation de l’espace rural) à l’occasion du lancement de son exposition, « L’occupation de l’espace dans le Pays de Brest d’hier à demain ». Un travail réalisé en lien avec l’Adeupa, la très sérieuse agence d’urbanisme du pays de Brest. « Le Pays de Brest est de plus en plus peuplé et les activités augmentent. C’est un atout. Mais attention. L’espace reste le même. Et il y a de plus en plus de concurrence pour l’occuper », met en garde l’association. Cette exposition itinérante est visible jusqu’au 5 décembre, dans le salon Colbert, aux horaires d’ouvertures de la mairie de Brest. Brest – 12 Novembre

http://www.ouest-france.fr/pays-de-brest-un-grignotage-inquietant-des-terres-agricoles-1705878

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12 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Chez Henri, Breton heureux au milieu de ses 120 cochons bio (rue 89)

Chez Henri, Breton heureux au milieu de ses 120 cochons bio (rue 89) dans Luttes paysannes et alimentation goutal-mercredi-300x223

Ancien du Larzac et de Plogoff, l’éleveur dénonce depuis longtemps une agriculture productiviste dans l’impasse. Mais comprend la colère des Bonnets rouges.

D’abord, il y a une odeur. Celle du porc en saucisses, en pâtés, en boudins, en chorizos. Un bouquet sec et dense. Rien à voir avec le fumet suspect du rayon charcuterie. Ici, tu sens qu’il y avait une bête avant. Que ça couinait, grognait, vivait. Que ce n’est pas de la barbaque pleine d’abcès. Ensuite, il y a Henri. La cinquantaine tassée, vingt ans de bio, des souvenirs du Larzac et une dent contre le « toujours plus, toujours plus grand » de l’agriculture bretonne. Henri qui sort de son « laboratoire » où pendouillent saucissons et jambons. Henri qui câline ses porcelets. Henri, très fier que ses cochons aient des queues.

« Ils croient qu’ils doivent nourrir la planète » Depuis que la« crise bretonne » agite la péninsule, cet éleveur de Plouhinec (Finistère) dépiaute méticuleusement Le Télégramme. Il peste contre les bonnets rouges. Pourrit les grands groupes de l’agroalimentaire. Moque les « licenciés qui défilent avec les licencieurs ». Se reprend, moins virulent, plus amer : « C’est triste tout de même, il y a des familles entières de chez Gad qui vont se retrouver sur la paille. » Et repart, intarissable : « Cela fait trente ans que l’on sait que l’agriculture productiviste va dans le mur. Le mur recule, parce qu’il y a des subventions, mais on y va quand même. Les paysans bretons se sont mis dans la tête qu’ils ont pour mission de nourrir la planète. »

Henri a forgé son âme écolo en se battant contre la centrale de Plogoff. C’est un José Bové local, membre de la Confédération paysanne. Pas de moustache, pas de pipe, mais les mêmes ad- versaires : les « ultras-libéraux » de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA). Les Merret et autres qui tonnent contre l’écotaxe et coiffent des bonnets rouges. Son fils, Alexandre, vient de reprendre la ferme familiale. Catherine, sa femme, donne toujours un coup de fourche si besoin. Au milieu des panneaux « sans OGM », les trois comparses engraissent 120 bêtes par an. Là où un petit élevage « classique » sort 4 000 têtes à l’année.

Un minuscule réseau s’est mis en place. Le « naisseur » à Quimper, qui fournit les porcelets « sains ». Et le petit abattoir à huit kilomètres, « parce que c’est bien que l’argent reste sur le terri- ntoire ». Des « unités anecdotiques », comme on les surnomme à la chambre d’agriculture. Loin de l’agroalimentaire de masse, fer de lance de l’économie armoricaine.

La porcherie ? On croirait le salon de l’agriculture, les gosses et le président de la République en moins. Pas de caillebotis où trébuchent les bêtes. Pas de queues et de dents coupées pour éviter que les porcs se bouffent le derrière et les mamelles. Ici, c’est du « cochon heureux » qui gueule, qui pue, qui tire sur son jambon pour sortir de la paille. « C’est important la paille. Dans les élevages intensifs, il n’y a que le lisier. De la pisse fondue dans l’excrément. Ça tombe dans des bacs. Alors qu’avec la paille, la pisse et l’excrément sont asséchés, ça fermente, ça chauffe – jusqu’à 80 degrés – et ça fait un fumier du feu de dieu. Et puis, si vous étiez un cochon vous préfèreriez quoi ? Dormir sur du béton ou sur de la paille ? »

Du très haut de gamme, la « potion magique » Tout est comme ça dans la tête d’Henri. Les « rapaces » de la FNSEA et leur agriculture intensive qui se casse la gueule contre les petits paysans qui luttent pour sauver la péninsule. Quand la Bretagne sombre dans l’agroalimentaire bas de gamme, tourné vers l’exportation, sa ferme fait du circuit court, de la vente directe, du très haut de gamme. Exactement la potion magique que les économistes recommandent aux Bretons pour sortir de l’ornière. Henri résume : « Si tu fais la course aux bas coûts, tu trouveras toujours quelqu’un pour courir plus bas que toi. » Et son fils de souligner que les touristes allemands se pressent pour acheter son cochon : « Ils ont traversé un paysage dévasté par les Lidl et les Dia et tombent enfin sur de la charcuterie qui a du goût. Ce doit être cela, la force de la France. »

« Par temps clair, on voit New York » Une fois lancé, le fiston vagabonde sur les bienfaits du bio. On rêvasse au bout de la péninsule, si près de la pointe du Raz. Près de la mer, de rares touristes aèrent leurs impers qui sentent encore le plastique. Dans les terres, une usine de mise en boîte de sardines, lustrée par la pluie. En dehors de cela, l’heure n’est pas à la joie. Un retraité de la marine marchande préfère ironiser : « Par temps clair, on voit New York. »

Le reste de l’année, c’est plutôt l’écho des plans sociaux, les jeunes qui se tirent, les retraités parisiens qui s’installent pour mourir. Les Bretons, alors que la région s’en sort plutôt bien par rapport à d’autres, ont le sentiment d’être délaissés. Commentaire de Catherine : « On dit que les deux plus grands employeurs ici, c’est le Carrefour et le laboratoire d’analyse médical… »

Solidaire, en marinière Armor Lux Voilà pourquoi, malgré sa colère contre les grands exploitants, Henri n’est « pas foncièrement contre les manifestations ». Il reconnaît que le malaise est réel. Déboule de ses lèvres la métaphore à la mode. « L’écotaxe, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. »

Et de citer :

  • la paperasserie (son fils a dû dépenser 1 700 euros en frais de dossier et stages divers) ;
  • les agriculteurs étranglés, snobés par Paris ;
  • les actionnaires qui se détournent « quand le profit n’est plus à deux chiffres ».

Il tire un bout de marinière Armor Lux de dessous son pull. Manière d’afficher sa solidarité. L’écotaxe ? Pas une si mauvaise idée. On est partisan de la relocalisation ou on ne l’est pas. Mais il aurait fallu dé- velopper le ferroviaire et le canal de Nantes à Brest, avant de taxer les routes. « Ne pas mettre la charrue avant les bœufs. » Incise de Catherine : « Enfin, le canal, on l’a remonté en vélo la dernière fois, il n’est pas prêt de laisser passer des péniches… » Bref, il ne se joindra pas à Christian Troadec pour manifester le 30 novembre, mais se mêlera peut-être à une manifestation pour le maintien de l’emploi.

En cette fin de semaine, il regarde défiler les promesses, les sous et les réunions de mise en œuvre du « pacte d’avenir pour la Bretagne ». Ce qui le met en rogne c’est l’évocation de la sacro-sainte « modernisation ». « C’est déjà ultra-modernisé l’agriculture bretonne. Je ne vois pas ce que tu pourrais faire en plus. »

Il connaît des éleveurs qui ne mangent même plus leur propre volaille. Qui préfèrent se garder une dizaine de volatiles, élevés au grain et en plein air, pour ne pas devoir ingurgiter des « pe- tites bestioles blanches qu’on fait grandir en un mois et demi ». Le Carrefour, c’est uniquement pour les croquettes de son chien. Le reste, il l’achète à d’autres producteurs. Avec 200 clients réguliers et en- viron 3 000 euros de revenus par mois (trois bêtes abattues par semaine), la famille vit correctement. Enorgueillie de fournir un restaurant et deux écoles et de maîtriser presque toute la chaîne, de l’élevage à la transformation.

« … soit on se retrouve avec les algues vertes » Alexandre, 25 ans a repris les rênes la semaine passée. Le jeune homme est confiant (« les gens devront toujours manger et ils veulent de la qualité »). Mais il pense que ce sera difficile pour ses camarades, croisés lors des études agricoles. Son père et sa mère opinent du chef : Henri : « C’est un moment crucial pour la Bretagne. Soit on s’engage dans le bio, soit l’écologie passe à la trappe et on se retrouve avec des algues vertes sur les côtes et une flotte qu’on ne peut même plus boire. » Catherine : « Ce qui est sûr c’est qu’on va être sinistrés comme la Lorraine avec la métallurgie. »

A la radio, la voix de Stéphane Le Foll, qui s’est déplacé à Rennes au chevet de la Bretagne. Entre les millions par-ci, les avances par-là, le ministre de l’Agriculture parle d’industrie, mais aussi un peu d’écologie. Pas assez pour rassurer Henri.

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08 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Cancers d’agriculteurs dans mon hôpital: un fantasme d’écolo ? (rue 89)

Cancers d’agriculteurs dans mon hôpital: un fantasme d’écolo ? (rue 89) dans Luttes paysannes et alimentation pestic

Rapidement après le début de mon internat d’hématologie, un constat s’est imposé, celui de la proportion particulière d’agriculteurs, cultivateurs – maraîchers, riziculteurs et viticulteurs – dans notre file de patients traités pour un cancer du sang ou du système lymphatique.

Ils sont censés représenter moins de 5% de la population active en France mais semblent, dans le service, tellement plus nombreux en proportion. Je pose la question autour de moi : comment expliquer ce décalage ?

La réponse aussi désinvolte que rapide « c’est à cause des pesticides » est consensuelle chez mes chefs. Pourtant un rapide tour sur Pubmed (la base de donnée du ministère de la Santé américain recensant de manière quasi exhaustive la littérature scientifique médicale) montre que le lien pesti-cides/hémopathies n’est pas fait avec un haut niveau de preuve, contrairement au lien entre tabac, exposition à l’amiante et cancers. On parle pour nous de « présomption forte ». Alors, fantasme « bobo- écolo-probio » ou manque de curiosité, de moyens des autorités sanitaires à faire des études ?

Le soufre des Sumériens Les pesticides ont vraisemblablement été utilisés dès que l’homme s’est arrêté de cueillir pour cultiver. Il semble que les Sumériens utilisaient du soufre pour se protéger des mites et, dans la Rome antique, l’arsenic était utilisé comme insecticide… Au fur et à mesure des ex- plorations et avancées scientifiques, s’est élargie la gamme et l’efficacité des agents phytosanitaires : nicotine, fongicides à base de cuivre au XIXe siècle (« bouillie bordelaise ») puis dérivés des organo-chlorés utilisés comme armes chimiques au cours des guerres du XXe siècle. Les travaux de laboratoire de la biologiste Rachel Carson dans les années 60 ont conduit à l’interdiction du DDT, le chef de file des organochlorés, après qu’aient été réalisées des études sur l’impact environnemental de la molécule.
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Effet cocktail C’est aussi à ce moment qu’ont été créées les agences de protection de l’environnement. Les néonicotinoïdes ont pu être identifiés comme responsables du déclin des abeilles et certains, inter- dits dans les années 90. C’est par l’écologie donc qu’est née la réglementation des produits phyto-sanitaires. Les industriels ont rapidement rebondis avec la mise sur le marché de molécules à réma- nence plus faible et moins liposolubles, les organophosphorés, les carbamates ou les pyrethrinoïdes de synthèse par exemple. L’autorisation d’utilisation est donnée sur la foi d’un dossier d’évaluation de la molécule active. Cette approche, qui ne tient compte ni des adjuvants (agents perméabilisant ou surfactant), ni de « l’effet cocktail » des associations (qui sont pourtant utilisées comme cela dans la vraie vie), limite beaucoup les connaissances des pesticides. Les agences internationales (OMS, travaux du Circ de Lyon) ont réévalués 60 molécules utilisées comme pesticides, classées selon leur risque cancérigène certain (une molécule), probable (deux), possibles (dix-huit) et inclassables (39).

Des protections pas assez efficaces Sur environ 1 million d’agriculteurs en France, au moins 500 000 sont soumis à une exposition aux pesticides. Chaque année, 60 000 tonnes de pesticides à usage agricole sont épandus. L’exposition est difficile à mesurer : porte d’entrée cutanée, digestive ou respiratoire, exposition à de très faibles doses sur de nombreuses années avec un usage normal… La médecine du travail du régime agricole tient un registre des intoxications aigües – accidentelles, de fortes doses ponctuelles – qui repose sur l’auto-déclaration des cas. Aucun registre n’existe pour les cas de cancers. Cependant, pour prévenir ces intoxications, des mesures de protection ont été mises en place – port de combinaisons, de gants, systèmes mécanisés d’application – qui sont en pratique lourdes d’utilisation et d’efficacité limitée sur l’exposition effective.

En 2017, la fin de l’étude Agrican Compte tenu du type d’exposition et de sa difficulté de mesure, un lien de causalité est difficile à mettre en évidence. La méthodologie retenue des études épidémio- logiques est soit un suivi de cohorte, où deux groupes (exposé contre non exposé) sont suivis dans le temps, et on compte les cancers dans chaque groupe, soit une étude rétrospective où l’on va étudier l’exposition passée chez les patients agriculteurs ayant développé ces maladies, et l’on compare avec des agriculteurs non exposés, des « témoins ». Toutes ces études ont leurs limites, et seul le suivi de cohorte constitue en épidémiologie une preuve de haut niveau de causalité entre une exposition et une pathologie.

Globalement, les agriculteurs sont moins à risque de cancer que la population générale, c’est une donnée ancienne, connue, expliquée en partie par un moindre tabagisme et une alimentation plus saine (moins d’exposition aux conservateurs, etc.). Cependant, en affinant par type de cancers, on trouve chez les agriculteurs plus de cancers de la peau (exposition au soleil), plus de cancers du sang (lymphomes, leucémies, myélodysplasies, myélome), plus de cancer de la prostate, plus de cancers de l’estomac et plus de cancers du cerveau.

Encore une fois, la preuve que ce sur-risque soit lié aux pesticides n’existe pas encore. Seules des études cas-témoins permettent de faire un lien d’imputabilité, avec un sur-risque estimé entre 1,35 et 1,5 pour les lymphomes (M. Merhi et P. Fabbro-Peray) ; un sur-risque à 2,5 pour les tumeurs cérébrales. L’étude Agrican (agriculture et cancer) est une étude prospective de grande ampleur (suivi de 180 000 personnes sur douze départements) qui sera close en 2017 ; elle permettra d’y voir plus clair, on l’espère.

Des perturbations du système hormonal Les mécanismes de perturbation du système hormonal sont assez simples : parmi les pesticides, des molécules ressemblent aux œstrogènes (hormone « fémi- nisante ») et peuvent se lier à leurs récepteurs dans l’organisme en développement, bouleversant l’équilibre endocrinien du fœtus, des enfants, avec des conséquences tout au long de la vie. L’alerte est donnée au début des années 2000, quand des études observationnelles montrent une augmentation en nombre des malformations génitales chez les garçons évoluant dans des lieux où l’utilisation de pesti- cide est importante (Sultan, Brésil). En 2011, une étude rétrospective estime à 4,4 le risque de malfor- mation génitale chez un enfant d’agriculteur (Sultan toujours, France).

On peux aussi expliquer par ces mécanismes de nombreuses stérilités masculines, des retards de croissance, des syndromes métaboliques (entraînant obésité et diabète), des altérations du développement psychomoteur (dont les syndromes d’hyperactivité, la question se pose aussi pour certains cas d’autisme). L’exposition à ces œstrogéno-mimétiques chez les petites filles augmente les risques de puberté et de sexualisation précoces. Dans certains territoires fortement exposés aux pesticides, des cas de grossesses à l’école primaire ont même été relevés (La Réunion, 2012). Certains auteurs vont même jusqu’à trouver une origine aux troubles de l’identité sexuelle dans ces expositions aux perturbateurs endocriniens.

Manger bio, c’est réservé aux riches Qu’en est-il de la population générale ? Quel rôle ont ces molécules auxquelles on est exposé toute la vie par notre nourriture dans l’explosion des cancers et des maladies métaboliques ? Avec ces quelques éléments qui constituent des « fortes présomptions », que peut-on faire ?

Déjà manger bio, mais c’est un comportement individuel, réservé aux riches, et on n’en fait pas une politique de santé publique. Les autorités ont consenti à reconnaître la maladie de Parkinson en maladie professionnelle chez les agriculteurs exposés aux pesticides, sur la foi de « forte présomption », c’est un pas.

Il faut aller plus loin : interdire l’utilisation de pesticides, en attendant d’avoir compté les morts si on a l’ambition de financer des études transnationales, ou sans attendre si l’on use du principe de précaution. Et aux agriculteurs de réapprendre l’agronomie, et nous produire des aliments sains.

Tribune 08/11/2013 à 11h44 Sylvain Lamure | Interne des hôpitaux

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08 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

PAC: aides couplées fruits et légumes (la conf’)

PAC: aides couplées fruits et légumes (la conf') dans Hollandie cassegrain-haricots

Manger des fruits et légumes, oui, mais en boîte !

Mercredi, la Confédération paysanne a boycotté la réunion au ministère de l’Agriculture sur les aides pour les fruits et légumes. Il en sera de même pour les suivantes. En effet, le 24 octobre 2013, le ministère a présenté ses orientations en termes de soutiens couplés : sur une enveloppe d’un milliard d’euros, moins d’une dizaine de millions d’euros seraient alloués au secteur des fruits et légumes… et seulement à ceux destinés à l’industrie !

Ce sont déjà les seules productions en fruits et légumes qui touchent des aides directes issues du découplage. Et on voudrait les aider encore plus en laissant de côté les fruits et légumes frais !

L’enveloppe et la destination qui en est prévue dénote donc un incompréhensible désin- térêt politique pour ces productions. La Confédération paysanne revendique depuis des années la mise en place d’une aide couplée pour les fruits et légumes, plafonnée à 5 ha en arboriculture et 3 ha en maraîchage, afin de toucher le maximum de producteurs dont le plus grand nombre travaille sur des petites surfaces.

Alors qu’on nous martèle qu’il faut consommer cinq fruits et légumes frais par jour, on ne soutient pas la capacité de ces fermes diversifiées à produire une alimentation en cohérence avec les politiques de santé. A contrario, parier sur le seul secteur des fruits transformés avec l’argent public, c’est subventionner l’industrialisation !

Les fermes diversifiées productrices de fruits et légumes satisfont nombres d’enjeux attendus par la société : maillage territorial, pratiques agronomiques souvent plus respectueuses de l’environnement, qualité des produits, diversité de l’offre… Ces fermes, c’est aussi 21% de la main- d’œuvre agricole et de nombreuses installations ! Le ministère est donc bien loin de favoriser l’emploi avec ce type de décisions.

La Confédération paysanne laisse les consommateurs, contribuables, et producteurs évaluer les priorités que le ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire affiche en choisissant de ne doter que les productions en fruits à destination de l’industrie.

L’absurdité de cet arbitrage est révélatrice d’une vision pour l’avenir de l’agriculture : fournir de la matière première bon marché pour les industries agro-alimentaires et pour l’export, au détriment des paysans et de leur capacité de produire une alimentation saine et suffisante pour les consommateurs.

La Confédération paysanne refuse de participer à cette mascarade.

07.11.2013 http://www.confederationpaysanne.fr/actu.php?id=2035&PHPSESSID=5l4815u1rs0077psv7kq7cva87

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08 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Filière avicole, Tilly-Sabco entraîne Nutréa dans sa chute (lt)

Filière avicole, Tilly-Sabco entraîne Nutréa dans sa chute (lt) dans Luttes ouvrières y-en-a-marre-300x182

Nouvelle réplique dans le séisme qui secoue la filière avicole : 60 emplois sont menacés au sein du groupe Nutréa. Le spécialiste de l’alimentation animale est le principal fournisseur de Tilly-Sabco.empty dans Luttes paysannes et alimentation

« On est au pied du mur. » Dominique Bricard, directeur général de Nutréa (*), n’y va pas par quatre chemins : « Chaque jour qui passe, les pertes d’exploitation s’aggravent. Ce ne serait pas responsable de ma part de continuer ». Fournisseur de Tilly-Sabco, Nutréa est touché de plein fouet par la chute du volailler breton. Alimentation mais aussi poussins, c’est 15 % de l’activité du groupe qui est concernée.

« 60 emplois – sur 430 – sont menacés », explique Daniel Riou, délégué CFDT. En première ligne, les sites de Cléden-Poher (29) et Carhaix. C’est là que sont respectivement basés le couvoir et les services de Nutréa Volaille. « 50 % de l’activité est consacrée à Tilly-Sabco », résume Christian Corveller, délégué CFDT des sites finistériens. « On a déjà connu deux semaines blanches en septembre au couvoir. Et l’on est passé de 900.000 poulets par semaine à 600.000. Ce sera 220.000 d’ici à la fin de l’année… À peine une journée de boulot », déplore Christian Corveller. Avec la date butoir du 4 janvier 2014 pour l’arrêt de la volaille d’export, c’est l’abattage du cheptel reproducteur qui est en jeu.   « La décision n’est pas encore prise », explique Dominique Bricard. « Ce serait irréversible pour la filière », plaide le délégué CFDT de Carhaix.

« Un pan de l’aviculture va disparaître »  Les usines de production d’alimentation de Plouagat (22) et Languidic (56) sont également concernées. Et aussi le transport, les abattoirs, les services admi- nistratifs, techniques… « Et les 150 éleveurs de poulets destinés à ce marché avec lesquels nous travaillons… », ajoute le DG de Nutréa. « C’est tout un pan de l’aviculture qui va disparaître… La filière ne peut supporter à elle seule la mise à zéro des restitutions, l’effondrement des prix à l’export et le ni- veau très élevés de l’euro. » « Nous attendons la mise en oeuvre immédiate de solutions émanant de l’Europe et de la France pour préserver et renforcer la volaille export française », ajoute Dominique Bricard. Même son de cloche à la CFDT. Le syndicat déplore que « les entreprises n’aient pas pris les mesures nécessaires à temps alors que la fin des restitutions est connue de longue date », mais con- damne « l’arrêt brutal de ces subventions ». « Il faut laisser le temps aux entreprises de se reconvertir », argue Daniel Riou.

CE extraordinaire mardi  En attendant, 60 postes sont bel et bien menacés à Nutréa. « Réduction d’horaire, chômage partiel… Notre entreprise peut résister un certain temps », plaide le délégué syn- dical qui ne voudrait pas que la trentaine d’intérimaires employés par le groupe ne jouent « les variables d’ajustement ». « On n’a aucune visibilité », rétorque Dominique Bricard. Les négociations débuteront mardi, avec la réunion d’un comité d’entreprise extraordinaire. « On attend les propositions… Mais la priorité, c’est l’emploi. On a su se faire entendre en 2010. S’il faut bloquer les camions et les routes, nous n’aurons pas de scrupules », prévient Daniel Riou.  7 novembre 2013 à 14h18 Claire Marion

(*) Spécialiste de l’alimentation animale, Nutréa emploie 430 salariés. Les deux actionnaires de Nutréa sont Triskalia (55 %) et Terrena (45 %).

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/economie/filiere-avicole-tilly-sabco-entraine-nutrea-dans-sa-chute-07-11-2013-2294269.php

 

 

 

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