Archive | Luttes paysannes et alimentation

27 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

des paysans en grève de la faim (basta)

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Pour soutenir une agriculture de proximité

Ils ont entamé une grève de la faim depuis le 15 octobre. Cinq paysans du syn- dicat Confédération paysanne protestent contre l’exclusion des petits paysans par la Politique agricole commune (PAC) et la Loi d’avenir agricole.

« L’État et la FNSEA persistent dans leur politique d’élimination des petites fermes », déplorent-ils. En cause, un changement des conditions pour accéder aux aides de la PAC. Un éleveur devra détenir au moins 10 vaches (contre 3 auparavant), 25 chèvres ou 50 moutons, et un apiculteur exploiter au moins 72 ruches. Tous devront augmenter leur taux de productivité.

Pour se faire entendre, ils sillonnent la France en camping car [1]. D’autres paysans les accueillent pour témoigner des conséquences de ces nouvelles mesures. Dans l’Aude, Jean-Louis Biard, avec trois vaches, dégage un revenu d’environ 800€ par mois. Il explique qu’il va perdre l’équivalent de plus de deux mois de salaire sur l’année.

Dans ce seul département, ils seraient une centaine dans ce cas. Après un passage par la Chambre d’agriculture de l’Aude, le président Philippe Vergnes, également secrétaire général du syndicat agricole FDSEA souligne auprès de Basta ! que «le maintien d’un seuil à trois vaches permet de soutenir les petits élevages.» Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll assume pour sa part le relèvement des planchers «dans un souci de cibler les soutiens publics sur les exploitations dont l’activité agricole constitue la principale ressource et afin de limiter les coûts administratifs».

Procès de l’industrialisation de l’agriculture Pour la Confédération paysanne, ces orientations mettent à mal l’agriculture et l’élevage de proximité au profit d’une «industrialisation agricole subventionnée». Et de s’indigner: «C’est ainsi que des usines de 1000 vaches ou 250 000 poules sont présentées comme des modèles de compétitivité agricole». Stéphane Le Foll s’inscrit en faux et rappelle qu’il s’est battu pour d’autres mesures, comme la dégressivité des aides en fonction de la taille des exploitations. «Ce choix a été fait car je suis convaincu que l’avenir de l’agriculture française réside dans la valeur ajoutée, la qualité et la création d’emplois et non dans la course aux hectares», insiste le ministre.

La caravane poursuivra sa route jusqu’à Amiens le 28 octobre. Une quinzaine de cyclistes partis de Notre-Dame-des-Landes le 19 octobre ont également prévu de les rejoindre [2]. Ce jour-là, au tribunal correctionnel d’Amiens, neuf militants de la Confédération paysanne seront jugés suite à une action de démontage de la ferme-usine des «milles vaches». Le syndicat a choisi d’organiser, simultanément à l’audience des prévenus, un procès de l’industrialisation de l’agriculture [3]. « C’est l’agriculture paysanne qui fait vivre les marchés, les abattoirs et les ateliers collectifs de transformation, qui maintient une économie en zone rurale ainsi qu’un tissu social et des services publics, assurent les membres de la caravane. Pas les usines agricoles ! » Par Sophie Chapelle 24 octobre 2014

Une pétition est en ligne pour soutenir la caravane des grévistes de la faim.

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21 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

brest « il a plu sur le grand paysage » mardi 4 novembre

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Le Cinéma Multiplexe Liberté de Brest propose une séance débat autour du film « Il a plu sur le Grand Paysage en partenariat avec AE2D, les fermiers du net et la maison du cidre de Bretagne.

La projection aura lieu à 20h00 et sera suivie d’une discussion en salle avec les producteurs et le responsable de l’association AE2D sur les conditions actuelles de production et la situation des agriculteurs français.

Nous vous donnons rendez-vous mardi 4 novembre 2014, à partir de 19h15, afin de rencontrer directement des producteurs laitiers issus de l’agriculture traditionnelle et biologique, autour d’une dégustation de produits directement issus de leurs fermes :
- Fromages et légumes : Les fermiers du net – Brest
- Cidre bio de Bretagne : Maison du cidre de Bretagne – Argol
La projection aura lieu à 20h00 et sera suivie d’une discussion en salle avec les producteurs et le responsable de l’association AE2D sur les conditions actuelles de production et la situation des agriculteurs français.
Intervenants :
- Alain Jacob : producteur de fromages bio à Saint-Cadou (Sizun)
- Olivier Glinec : producteur laitier à Saint-Urbain
- Yvon Cras : producteur laitier bio à Plougar

http://www.ae2d.infini.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=17572&Itemid=1

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20 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

usine des 1000 vaches

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18 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

votre paquet de pâtes coûtera 15 à 20 centimes de plus (europe1)

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Les amateurs de pasta sont prévenus: les fabricants estiment ne pas pouvoir faire autrement que d’augmenter leurs tarifs.

La météo capricieuse de cet été n’a pas embêté que les vacanciers. Elle a aussi perturbé les cultures de blé, dont la qualité a été détériorée par la pluie, et particu- lièrement le blé dur, qui est utilisé pour fabriquer les pâtes, alors que le blé tendre est utilisé pour faire de la farine et du pain.

Résultat, des récoltes en baisse et des prix en hausse. Les prochains mois s’annoncent donc compliqués dans le petit monde des spaghettis et autres pennes à en croire le syndicat des industries des pâtes alimentaires et de la semoule SIFPAF. Avec, à la clef, une hausse imminente des prix de « 15 à 20 centimes », dixit le directeur générale de Panzani interrogé par Europe1. Seules les marques distributeurs premier prix devraient conserver leurs tarifs, mais elles ont un truc : elles vont se fournir auprès de nouveaux producteurs, avec le risque d’une qualité revue à la baisse.

Le prix du blé dur joue aux montagnes russes. En affirmant lundi que les tarifs du blé dur ont augmenté de « 50% en douze semaines », le syndicat du secteur a noirci le tableau en choisissant les chiffres les plus éloquents mais le constat est là: les prix sont bien en train de bondir. Ce que confirme France Agrimer: alors que la tonne de blé dur de haute qualité se vendait à 245 euros fin septembre 2013 ce prix est passé à 353 euros fin septembre 2014. Soit une hausse de 44% en un an. Sur trois ans, la hausse est bien moindre, moins de 4%, mais le gra- phique suivant montre bien que le marché du blé dur est d’une volatilité extrême et constitue un véritable casse-tête pour les fabricants de pâtes.

Une influence directe sur le prix final. Quand le prix du blé dur augmente, celui des pâtes aussi, et pour cause: des pâtes, ce ne sont que de l’eau et du blé dur. Cette matière première influe donc énormément sur le prix final. Pour le syndicat du secteur, elle représente 75% du prix de revient. Pour l’Observatoire des prix et des marges, ce ratio tourne plutôt autour de 40% mais ce chiffre date d’une pério- de où le blé dur coûtait bien moins cher. Et ce calcul a été contesté par la pro- fession, qui souligne que les prix relevés étaient erronés et mélangeaient pâtes classique et pâtes aux œufs. Xavier Riescher, le directeur général de Panzani France, coupe la poire en deux: « les années où le prix du blé est très bas, ce qui était le cas en 2008, il représente 40% du coût de fabrication. Mais avec la hausse des cours, on va s’approcher des 70% ».

« La hausse des prix est incontournable ». Habituellement, les marques tentent de garder des prix stables et absorbent les variations de leurs coûts d’approvision- nement. Sauf que le secteur des fabricants de pâtes ne se porte pas bien. « Le numéro un en Espagne est dans le rouge depuis deux ans, le numéro un en Alle- magne perd de l’argent depuis trois ans. C’est partout comme cela en Europe », souligne le DG de Panzani France. Sans oublier Alpina Savoie, troisième produc- teur français, qui a été placé en redressement judiciaire en 2008, un destin que viennent aussi de connaitre deux marques italiennes.

Dans ce contexte, « la hausse des prix est incontournable. Vous ne pouvez pas avoir votre matière première dont le prix augmente de 50% et ne pas le réper- cuter », prévient Xavier Riescher. Et quand on lui demande s’il faut s’attendre à cinq centimes de plus par parquet, ce dernier répond « plutôt 15 ou 20 centimes « , et ce dès les prochains. La grande distribution risque de ne pas être d’accord, mais a-t-elle le choix? Leurs fournisseurs ayant déjà réduit leur marge au minimum, ils refusent d’aller plus loin.

Des pâtes, des pâtes, oui mais de Turquie. Pour les marques distributeurs d’entrée de gamme, estampillées d’un plus chez Leclerc ou d’un pouce chez Auchan, la situation est en revanche différente: sur ces produits, le prix prime sur la qualité. Les supermarchés ont donc deux possibilités: soit ne plus proposer ces produits tant que les prix restent si élevés, comme ce fut le cas dans certains commerces en 2008, soit chercher ailleurs des prix encore plus bas.

Et c’est là qu’intervient la Turquie, puissance montante dans le monde des pâtes. « Les Turcs étaient complètement absent du marché mais, depuis deux ans, ils se sont mis à exporter partout des pâtes en premier prix, un produit de mau- vaise qualité. Ils sont devenus exportateur net d’un million de tonne l’an dernier », précise le patron de Panzani. A titre de comparaison, ce dernier écoule 300.000 tonnes par an en France. Et les mauvaises langues d’accuser la Turquie de mélanger blé dur et blé tendre pour casser les prix, avec au final des pâtes moins bonnes et collantes.

Les fabricants de pâtes appellent l’Europe à l’aide. Pour sortir de ce contexte difficile, les fabricants de pâtes ne peuvent pas maitriser la météo. Le secteur réclame donc un « plan d’urgence » et a commencé à faire du lobbying pour que les agriculteurs se remettent à cultiver du blé dur, qu’ils ont délaissé il y a deux ans lorsque la Commission européenne a cessé de le subventionner. Panzani, comme ses concurrents, tente donc de convaincre le gouvernement de monter au cré- neau. Et Xavier Riescher promet d’être modéré: « on ne demande pas plus d’aides aux agriculteurs qu’il y a deux ans ».

Publié à 21h18, le 17 octobre 2014, Modifié à 21h50, le 17 octobre 2014 Par Gabriel Vedrenne

http://www.europe1.fr/consommation/amateurs-de-pates-votre-paquet-coutera-15-a-20-centimes-de-plus-2263619

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16 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

la face cachée de l’industrie laitière: un coût de 7,1 milliards d’euros pour la société (basta)

Le lait, c’est le champion des produits agro-alimentaires français.

En bouteilles, en crèmes ou en fromages, il auréole les terroirs. En plus il rapporte et s’exporte. En consommer est vivement conseillé en matière de santé. Cette blanche réalité comporte pourtant des coûts cachés, ignorés des marchés, liés à un modèle de plus en plus intensif. Pollutions de l’eau, réchauffement climatique, précarité de l’emploi… L’économie du lait coûte cher à la société et à l’environ- nement. Une étude inédite tente d’en calculer les impacts et de lancer le débat. Car, en bio ou en AOC, produire du lait bien moins cher est tout à fait possible. Enquête et animation vidéo à l’appui.

En France, les produits laitiers sont partout. Ils façonnent les territoires, du bocage normand aux alpages de Savoie, en passant par les causses du Massif Central et les estives des Pyrénées. Ils s’imposent dans les rayons des grandes surfaces: lait, yaourts, fromages, crème fraîche s’offrent en grande variété au caddie du consommateur. C’est que les Français en raffolent. Ils sont les cham- pions européens de la consommation de beurre (près de 8 kg par habitant et par an) et les vice-champions de la dégustation de fromages (près de 24 kg/hab/an) ! Et les euros coulent à flot : les produits laitiers ont généré 25,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2012. Soit 1 % du PIB français ! En plus, ils s’exportent massivement, presque aussi bien que le vin. 216 000 emplois en dépendent, les trois quarts dans l’élevage et un quart dans les industries de transformation. La France est le 8ème producteur mondial de lait. Cocorico ?

En plus de la richesse qu’ils créent, les produits laitiers sont parés de toutes les vertus. Leurs bienfaits nutritionnels ne cessent d’être vantés par le marketing… et les politiques publiques. « Pour les enfants, les adolescents et les personnes âgées, c’est quatre produits laitiers qu’il est recommandé de consommer », suggère ainsi la politique nationale en matière de nutrition. Le lait français et ses dérivés fromagers ou crémeux constituent aussi, en compagnie du vin, le fer de lance des appellations d’origine contrôlée (AOC), qui garantissent une production locale et de qualité – 50 AOC laitiers sont reconnues. Nos produits laitiers sont donc auréolés de bien des qualités, qu’il semble difficile de critiquer.

Un coût ignoré par le monde économique: 7,1 milliards d’euros Et pourtant. Si la filière laitière française crée de la valeur, elle comporte aussi des coûts. De l’étable au supermarché, en passant par les entreprises de transformation, les conséquences négatives de l’économie laitière sont estimées à 7,1 milliards d’eu- ros par an. Pour 1 euro de chiffre d’affaires, ce sont donc 28 centimes «d’impact négatif sur la société et l’environnement» qui sont générés. C’est loin d’être négligeable. Ce coût environnemental et social est évalué par un rapport très détaillé et sourcé réalisé par le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne (Basic) [1]. Celui-ci « vise à fournir une vision d’ensemble de la filière lait française et un premier ordre de grandeur de l’ampleur de ses impacts sociaux, sanitaires et environnementaux », des éléments « qui sont systématiquement ignorés par le monde économique ». Pollutions de l’air et de l’eau, contribution au changement climatique, précarité de l’emploi, déchets générés… Tout est passé au crible de la calculette, du mode d’alimentation des bovins à l’exportation de lait en poudre en passant par les emballages des produits. (…)

3,8 millions de vaches laitières, ça pollue beaucoup! 3,8 millions de vaches : cela pollue forcément l’eau. Les troupeaux laitiers sont présumés responsables de 10% de la pollution des cours d’eau et des nappes phréatiques. Leur dépollution par des stations d’épuration ou le nettoyage des plages envahies par les algues vertes représentent un surcoût, dont l’élevage laitier doit donc assumer sa part : 922 millions par an selon les calculs du Basic. Le mode d’alimentation de nos bovins joue également un rôle significatif. La part du maïs dans la ration d’une génisse progresse au détriment de l’herbe. Le maïs, c’est gourmand en eau, en engrais chimiques et en pesticides. Les systèmes d’irrigation pour arroser en plein été sont en partie subventionnés par les Agences de l’eau, donc par les habitants reliés au réseau d’eau potable. Encore un surcoût pour le contribuable : plus de 50 millions d’euros. Enfin, l’importation croissante de soja venu du Brésil, une culture qui contribue à la déforestation, alourdit l’addition.(…)

Lait bio et fromages AOC: des alternatives bien moins coûteuses Deux autres modes de production laitière, l’agriculture biologique et la production labellisée AOC (Appellation d’origine contrôlée), sont comparés au modèle laitier conven- tionnel. Et la différence est patente ! Les coûts cachés du lait bio descendent à 18 centimes pour 1 euro de chiffre d’affaires, et tombent à 10 centimes pour une fabrication de fromage au lait cru AOC et biologique. Trois fois moins préjudi- ciables qu’un fromage industriel vendu en grande surface ! « Les élevages laitiers en agriculture biologique sont caractérisés par une moindre intensification, une plus grande autonomie, des niveaux de gaz à effets de serre et d’excédents azotés plus faibles, une meilleure efficacité énergétique, ainsi qu’une meilleure qualité du sol, de l’eau et de la biodiversité », illustre le Basic. Produire de manière plus soutenable est donc possible ! (…)

Pollution de l’eau, gaz à effet de serre, déchets… La transformation du lait en produits pour le consommateur comporte aussi ses effets néfastes. Une usine moderne de transformation du lait rejette au moins un litre d’eau pour produire… un litre de lait ! Aux coûts de retraitement des eaux usées s’ajoutent les émissions de CO2 générées par le transport routier. Car les produits laitiers rejoignent massivement les grandes surfaces où 98% y sont achetés. La vente directe apparaît bien négligeable. Devenues incontournables, les grandes chaines de supermarchés françaises misent sur la compétition par les prix au détriment des revenus des éleveurs.

Une bouteille de lait sur deux non recyclée Les habitudes de consommation laissent aussi derrière elles une lourde empreinte. La moitié des emballages de lait et de yaourts produits chaque année, soit 97 000 tonnes, ne sont pas recyclés. Acheminés en déchetterie ou brûlés dans les incinérateurs, ces emballages coû- tent à l’environnement 77,2 millions d’euros. « Au final, si les impacts estimés sont majoritairement générés par l’amont agricole, ce sont tout autant les habi- tudes de consommation qui sont à la source des impacts sur l’ensemble de la filière, analyse le rapport du Basic. Les agriculteurs sont les premiers à en subir les conséquences en termes de précarité, d’endettement, d’impact sanitaire. »

« Ces données montrent un besoin de se réapproprier les biens de consom- mation courants et la possibilité de peser dans une filière économique en tant que consom’acteur », commente Tanguy Martin de l’association Ingénieurs sans frontières. Car la filière laitière est à la croisée des chemins. La fin des quotas laitiers au 1er avril 2015 est redoutée par bon nombre d’éleveurs. La dérégulation du prix du lait pourrait encore favoriser les logiques productivistes, avec des élevages encore plus concentrés. « La répartition de la production sur le territoire est indispensable, tout comme les freins à l’agrandissement à outrance. Sans cela, nous ne verrons plus que quelques fermes-usines réparties sur un morceau de territoire », alerte la Confédération paysanne ; à l’exemple du « projet des 1000 vaches » en Picardie. Une méga ferme controversée qui « ne correspond pas au modèle d’exploitation promu par le ministre dans la loi d’avenir pour l’agriculture », souligne le cabinet de Stéphane Le Foll. Qu’en sera-t-il demain alors que la Chine s’intéresse aussi au lait français ?

Intégrer les coûts sociétaux dans le prix du lait? L’entreprise chinoise Synutra, deuxième groupe dans le secteur de la nutrition infantile du pays, a posé début janvier la première pierre de sa future usine de fabrication de poudre de lait à Carhaix (Finistère). Une nouvelle qui réjouit les 700 éleveurs bretons adhérents de la coopérative Sodiaal qui devront fournir 280 millions de litres de lait par an, destinés au marché chinois. Mais seront-ils prêts à en payer les coûts cachés ? (…)

Les collecteurs laitiers annoncent d’ores et déjà des baisses du prix du lait de plusieurs dizaines d’euros d’ici janvier 2015. Ce qui pourrait conduire à terme à la disparition des exploitations laitières de taille moyenne. Le choix politique de soutenir ou non des modes de production plus soutenables ne se posera alors plus. Sur le terrain, des organisations de la société civile ont décidé de provoquer le débat. Des ateliers d’éducation au développement sont proposés par Ingénieurs sans frontières pour s’approprier les données du rapport et s’interroger sur la souveraineté alimentaire au Nord. Des paysans d’Afrique de l’Ouest, touchés par les exportations de poudre de lait en provenance d’Europe du Nord [3], travaillent également à la reconquête de leurs marchés et d’un revenu digne. Espérons qu’en France le débat s’ouvrira. Sophie Chapelle et Ivan du Roy

par Ivan du Roy, Sophie Chapelle 16 octobre 2014

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15 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

les océans se vident de poissons, inexorablement (reporterre)

les océans se vident de poissons, inexorablement (reporterre) dans Ecologie & climat shark-and-anchovies-o

La nouvelle est passé inaperçue dans le brouhaha de l’actualité, mais mardi 14 octobre, le Conseil européen de la pêche s’est réuni. Il a adopté des mesures de réduction des prises de cabillauds et de saumons. Mais beaucoup moins que ce qui serait nécessaire pour permettre le maintien durable des stocks de poisson: «Un scandale», résume Greenpeace.

Pour aller plus loin, nous avons rencontré Didier Gascuel, un scientifique spécialisé dans l’halieutique, qui a participé à une importante étude publiée durant l’été.

Herring-Shoal-Credit-Kils dans Luttes paysannes et alimentation

 Votre étude montre que les stocks de poissons peinent à remonter. Est-ce que ça signifie que la politique des quotas a échoué ?

Didier Gascuel - Non, on ne peut pas parler d’échec. Jusqu’à la fin des années 1990, les quotas ont été peu restrictifs. Du coup, les poissons se raréfiaient dans les eaux européennes. Pendant plus de trente ans, la surexploitation a destructuré en profondeur les écosystèmes marins. Et depuis 1970, les captures ont été divisées par deux !

Face à cette crise, des mesures plus énergiques ont été prises, avec notam- ment des quotas plus restrictifs, et plus proches des avis scientifiques. Ces mesures se sont avérées relativement efficaces. En douze ans, la pression de pêche a été divisée par deux. Certains stocks, comme la plie de mer du Nord ou le merlu, se sont reconstitués. C’est un résultat inespéré. Mais attention ; la politique des quotas n’a pas tout résolu, loin de là.

C’est-à-dire? Les résultats espérés ne sont pas tous au rendez-vous. Globa- lement, les ressources n’augmentent pas comme prévu. Et la biodiversité ne s’améliore pas, ou peu. Surtout, les jeunes poissons sont de moins en moins nombreux. C’est assez inquiétant, et c’est la grande surprise de cette étude.

Qu’est-ce que cela signfie? S’il y a moins de jeunes poissons, cela peut signifier qu’il y a moins de naissances, mais aussi que les larves issues de la reproduction ne survivent pas, faute d’un écosystème suffisamment riche et stable. Et la sur- pêche n’est pas l’unique coupable. Les habitats côtiers ont été très dégradés, or ce sont des zones de reproduction importante. De plus, le réchauffement clima- tique modifie la composition du plancton dont se nourrissent les larves. Bref, il est fort possible que les stocks ne remontent pas.

La catastrophe est donc devant nous? Il est difficile de le savoir. On a proba- blement évité la catastrophe, grâce en partie aux quotas. Les océans ne se sont pas complètement vidés. Mais il faut se méfier du discours triomphaliste, de l’U- nion européenne notamment. Non, la crise n’est pas derrière nous. Les grands poissons prédateurs sont toujours en danger, or ce sont eux qui assurent la sta- bilité des écosystèmes. Et la surpêche a été tellement importante qu’il faudra sans doute des années avant que le milieu marin ne se reconstitue.

Alors que faut-il faire? Continuer la politique des quotas, sans aucun doute. Mais ça ne suffit pas. Il faudrait aussi développer des zones protégées, où la pêche est complètement interdite, dans les zones de reproduction par exemple. Nous réflé- chissons aussi à mettre en avant les techniques et les modes de pêche plus ver- tueux. Prendre en compte les différences entre flottilles. Une flottille, c’est un grou- pe de bateaux de pêche de la même catégorie, qui pêche dans la même zone, comme les chalutiers bretons. Et certaines sont plus vertueuses que d’autres.

On pourrait instaurer un système de bonus-malus, ou moduler les quotas. Mais les pêcheurs sont très réticents, et la régulation n’est pas à la mode en ce moment à Bruxelles. Propos recueillis par Lorène Lavocat


Références de l’étude : Gascuel D., Coll M., Fox C., Guénette S., Guitton J., Kenny A., Knittweis L., Nielsen R.J., Piet G., Raid T., Travers-Trollet M., Shephard S., Fishing impact and environmental status in European seas : a diagnosis from stock assessments and ecosystem indicators. Fish and Fisheries 

Didier Gascuel est directeur du pôle halieutique d’Agrocampus Ouest.

Le conseil européen de la pêche vient d’adopter une réduction des volumes de pêche. Mais à un niveau bien moindre que ce qu’exige le maintien des popula- tions. Durant l’été, une étude scientifique sur l’impact de la pêche sur les res- sources marines a dressé un constat alarmant: les stocks de poissons ne par- viennent pas à se reconstituer. Les océans se vident, inexorablement. Rencontre avec Didier Gascuel, un des auteurs de l’étude. Cet entretien a été réalisé par une journaliste professionnelle et a entrainé des frais. Merci de soutenir Reporterre :

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14 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

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13 octobre 2014 ~ 1 Commentaire

pourquoi les amap disent non à la ruche qui dit oui

pourquoi les amap disent non à la ruche qui dit oui dans Altermondialisme abeille-ruche-orleans

Benjamin GUILBAULT, apiculteur à 90% en vente directe, distribuant dans 10 lieux d’AMAP en Loire atlantique a dit «NON» aux sollicitations d’une «ruche qui dit oui» (1) près de chez lui! Pourquoi?

Tout d’abord par tromperie pour le consommateur, qui pense acheter un produit en vente directe, alors qu’il s’agit de manière très subtile d’une vente par 2 inter-médiaires: le propriétaire de la ruche qui prend 10% TTC sur le CA réalisé et 10% TTC pour une start-up parisienne qui grossit à vue d’œil (40 salariés, dont les créateurs sont tous diplômés de hautes écoles de commerce).

Ensuite par éthique, car rémunérer en dividendes  les actionnaires de cette en- treprise commerciale de plus de 500 ruches qui sont ni plus ni moins que Xavier Niel (Président de Free), Marc Simoncini (co-fondateur du site de rencontres meetic.fr), Christophe Duhamel (co-fondateur du site marmitton.org). Les grandes enseignes de la distribution l’ont compris avec les «drive» les consommateurs cliquent sur internet pour commander leur alimentation industrielle. Ils répondent à une réelle demande: de plus pousser le caddie, ne plus perdre de temps à faire ses courses. Le paiement en ligne est sous traité par une filiale installée au Luxembourg pour quelques avantages fiscaux qu’il est facile de deviner !

Quels prix pratiqués par les producteurs qui se lancent dans cette aventure ?
- soit le même prix qu’en contrat AMAP, et faire payer le consommateur 20% plus cher, le prix à payer pour choisir ce qu’il veut quand il veut !
- soit s’aligner sur le prix du marché en vendant moins cher ses produits de 10 à 20%, c’est ce que certains producteurs en AMAP ont malheureusement  commen- cé à subir comme pression, c’est toujours la même histoire !

Petit rappel : les grandes et moyennes surfaces prennent une marge brute de 27% en moyenne sur un produit alimentaire (intégrant la gestion des stocks et du personnel salarié, inexistant ici)

Origines des produits: on parle proximité des produits qui viennent parfois de très loin par l’intermédiaire de transformateurs ou d’artisans (et non des paysans). La gamme des produits n’est pas qu’alimentaire (crème solaire).

Alternative possible: créer de nouvelles AMAP, alors que l’offre des paysans producteurs bio continue de croitre, la demande stagne, profitant à des inter- médiaires qui se sucrent sur leur dos. Faire circuler cette information auprès des amapiens qui pourraient être séduits sans être totalement informé par ce nouveau type de «drive» préfigurant  le nouveau i-commerce du 21ème siècle, sans changer les mêmes pratiques capitalistiques du marché.

(1) La ruche qui dit oui = Vente par internet, sans engagement, les consom-mateurs viennent chercher leurs victuailles chez un particulier (responsable de la ruche) très souvent sans croiser le producteur, qui n’est pas obligatoirement paysan ni bio, mais souvent transformateur ou artisan.

http://www.amapbiodevant.fr/blog/actualites/reseau/attention-une-amap-na-rien-a-voir-avec-les-principes-de-ruches/

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12 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

quatre questions à laurent pinatel de la confédération paysanne

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10 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

ce 11 octobre, trois bonnes raisons d’occuper la rue (npa)

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Des manifestations auront lieu partout en Europe pour s’opposer aux traités commerciaux négociés entre une cinquantaine d’États et à l’exploitation des gaz de schistes.

En France s’y ajoutera une manifestation contre le nucléaire. À Paris, les manifestations convergeront : un premier pas vers des luttes d’ensemble plus larges.

Tafta, Ceta, Tisa, armes de destruction massive  Connu aussi sous le terme de « grand marché transatlantique », ces sigles désignent des accords de libre-échange et d’investissement négociés dans le plus grand secret entre une cinquantaine de pays (États-Unis, Europe, Canada…).

Ces traités concernent les normes juridiques, culturelles, financières, environ- nementales, sanitaires… Avec ces traités, les multinationales pourront poursuivre les États devant des tribunaux privés d’arbitrage, hors de tout contrôle démo- cratique, si elles s’estiment lésées par les législations nationales.

Ainsi, ce sera l’arrivée dans nos assiettes de la viande aux hormones, des poulets chlorés, du bétail cloné et des OGM, autorisés aux États-Unis mais inter- dits en Europe. Un manque à gagner insupportable pour les lobbys industriels…

Les services publics sont aussi visés : « l’accord concernera les monopoles publics, les entreprises publiques et les entreprises à droits spécifiques ou exclusifs ». Par exemple, il sera impossible de promouvoir les circuits courts dans la fourniture des collectivités locales.

L’enseignement et la santé seront de grands marchés à étendre au privé comme les assurances et les mutuelles. Et que deviendront les réglementations plus ou moins restrictives selon les pays européens sur l’extraction de gaz de schiste, autorisée aux États-Unis ?

Sans compter que la mise en place de réglementations européennes spéci- fiques pour encadrer la finance sera encore plus difficile, alors que, jour après jour, des scandales illustrent les turpitudes des banques. Enfin, en matière cultu- relle, que restera t-il de la fameuse « exception culturelle », vantée par le gouver- nement français et qui permet de subventionner en partie la création artistique ?

Ni ici ni ailleurs : non aux gaz de schiste ! Depuis l’interdiction de l’exploitation des gaz de schiste en juillet 2011, les lobbyistes n’ont de cesse de convaincre les politiques de faire marche arrière. 27 % du territoire français est toujours concer- né par plus de 120 permis, demandés ou accordés, de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures, dont les gaz et pétroles de schiste.

Les conséquences environnementales et sanitaires désastreuses de la fracturation hydraulique, seule technique d’exploitation, sont aujourd’hui bien connues. Le Tafta porte en lui cette menace.

Refuser le nucléaire !  En plein débat de la loi sur la transition énergétique, la France organise, au Bourget, le 1er salon international de la filière nucléaire. La proximité des deux événements devrait ouvrir les yeux de ceux qui attendent encore, de bonne foi ou pas, de ce gouvernement à la botte des grands groupes, des avancées en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Le lobby nucléaire a obtenu le prolongement des réacteurs et la poursuite de l’EPR. Même avec la fermeture de Fessenheim, le gouvernement ne pourra pas tenir le faible engagement de réduire la part de l’énergie nucléaire. L’indispensable transition énergétique ne peut être laissée aux mains des capitalistes qui n’ont que de fausses solutions à proposer, comme le nucléaire et la voiture électrique !

Outre les dangers (Tchernobyl, Fukushima), le nucléaire n’est pas sans CO2 : extraction et transport des matières premières, construction de la centrale, gestion des déchets produits et démantèlement en fin de vie. Cela sans oublier leur «protection» policière et militaire (comme au Mali).

Ce samedi 11 octobre, le NPA sera donc dans la rue pour porter des propo- sitions écosocialistes, seules alternatives écologiques et sociales réalistes pour faire face au réchauffement climatique.

Commission nationale écologie
Samedi 11 octobre,  journée européenne d’action contre le Tafta
Des actions partout en France et à travers l’Europe.

À Paris :
- A 14 h 30 place Stalingrad : « Non au Tafta ! Gaz de schiste, ni ici ni ailleurs ! ».
- À 14 h place de la République, « Non au salon pro-nucléaire ! ».
- Convergence des deux manifestations à 16 h place de la République.

Quimper: 11 Place terre au Duc

Brest: 14H30, Place de la Liberté

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