Archive | Luttes paysannes et alimentation

15 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

apiculture (la conf’)

ruches

Aide apicole 

Le ministère de l’Agriculture à côté de la plaque

Après une forte mobilisation des apicultrices et apiculteurs sinistrés dès le début du printemps, après plusieurs manifestations organisées par la Confédération paysanne, l’UNAF et la FFAP, le Ministre de l’Agriculture avait enfin daigné se pencher sur le problème des mortalités hivernales apicoles massives et débloquer une enveloppe de 3 millions d’euros. Restait à définir les modalités de cette aide.

Celle annoncée est une aide à l’achat d’essaims, qui nécessite un investissement pour les apicultrices et apiculteurs pour le reste à payer. Une absurdité pour les plus touchés car leur trésorerie est au plus bas, voire négative. Les apicultrices et apiculteurs sinistrés n’ont pas attendu pour réagir : leur premier réflexe a souvent été de développer l’auto-renouvellement, coûteux en temps de travail mais plus économe.

Or, nous avions demandé que l’aide de crise soutienne l’auto-renouvellement des apicultrices et apiculteurs ayant eu des mortalités massives. Le Ministre de l’Agriculture a fait la sourde oreille, arguant du fait que les pièces justificatives pour l’auto-renouvellement ne pourraient être assez robustes.

Résultat : cette enveloppe de crise ne servira pas aux plus démunis.

Le comble c’est qu’elle risque de ne pas être entièrement consommée. Pire, les apicultrices et apiculteurs bretons, les plus mobilisés depuis la sortie de l’hivernage, n’auraient pas le droit de voir compléter leur dispositif régional par l’enveloppe nationale.

Doit-on comprendre qu’il n’y a pas de volonté politique à reconnaître la capacité des apicul-trices et apiculteurs à élever leurs propres reines, à développer leurs propres essaims, à faire leur propre sélection et donc à tenter de construire des systèmes résilients ? Les préfère-t-on dépendants des marchands d’essaims, de l’environnement agricole, des négociants ?

Alors que ces mortalités hivernales ont montré les limites des dispositifs de suivi et d’objec-tivation des causes de mortalité des abeilles, nous attendions également un geste fort pour que l’ensemble des causes soient recherchées. La prise en charge des analyses par l’État soutiendrait en effet les apicultrices et apiculteurs dans leur activité.

La construction de cette pseudo-aide d’urgence illustre le manque persistant de considération portée aux problématiques apicoles.

Même avec l’interdiction des néonicotinoïdes, la volonté politique est encore insuffisante pour trouver des solutions durables à la sous-production chronique de produits apicoles. Sans cela, il n’existe aucune garantie que ces pertes ne se reproduisent pas les hivers prochains.

15.10.2018

http://www.confederationpaysanne.fr/

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12 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

viande (bfm.tv)

manu le foll

Pour sauver la planète, il faut réduire de 90% la consommation de viande 

La production agroalimentaire, consommatrice d’eau et source de défores-tation, est un facteur majeur de réchauffement climatique.

La consommation globale de viande devra être réduite drastiquement si le monde veut agir contre le réchauffement climatique. C’est le constat d’une étude parue dans la revue Nature et consacrée à l’impact environnemental de ce que nous mangeons.

La production agro-alimentaire – consommatrice d’eau et source de déforestation – est un facteur majeur de réchauffement climatique. Pour préserver l’environnement, les pays déve-loppés en particulier devraient réduire de 90% leur consommation de viande, ont calculé les chercheurs.

Nourrir une population en pleine expansion

L’élevage en particulier a un fort impact sur la santé de la planète, les animaux générant de fortes émissions de méthane qui contribuent largement au réchauffement. Par ailleurs, produi-re de la viande est aussi synonyme de consommation d’eau: pour produire 500 grammes de bœuf, il faut près de 7.000 litres d’eau.

« Aucune solution à elle seule ne suffira à nous garder dans ‘les limites planétaires’, souligne Marco Springmann, de l’université d’Oxford. Mais si toutes les solutions étaient mises en œuvre ensemble, il pourrait être possible de nourrir de façon durable une population en pleine croissance ».

Alors que l’ONU vient de publier un bilan scientifique alarmant sur l’accélération du réchauffe-ment climatique, le scientifique ajoute que « sans action concertée, les impacts environnemen-taux de notre alimentation pourraient croître de 50 à 90% d’ici 2050 du fait de la croissance de la population et de régimes toujours plus riches en graisses, sucre et viande ».

Nécessaires réformes politique et industrielle

Par ailleurs, les scientifiques précisent que réduire de moitié le gaspillage alimentaire dû à de simples problèmes de gestion, permettrait d’endiguer les répercussions environnementales de 16%. Pour Marco Springmann, « il faut une approche globale, en terme de politiques et d’indus-trie, pour permettre ces changements des modes d’alimentation, pour les rendre plus sains, plus axés sur les végétaux et le plus attrayants possible pour le plus grand nombre ».

A.L. 12/10/2018

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12 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

grandes écoles (reporterre)

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Des étudiants des grandes écoles lancent un manifeste pour le climat

Dans la foulée de la publication du rapport du Giec, lundi 8 octobre, des élèves d’HEC Paris, d’AgroParisTech, de CentraleSupélec, de l’Ecole Polytechnique et de l’ENS (Ecole normale supérieure) Ulm ont publié un « manifeste étudiant pour un réveil écologique », signé à ce jour par plus de 8.000 personnes.

Nous, étudiants en 2018, faisons le constat suivant 

Malgré les multiples appels de la communauté scientifique, malgré les changements irréversibles d’ores et déjà observés à travers le monde, nos sociétés continuent leur trajectoire vers une catastrophe environnementale et humaine.

Face à ce constat, les étudiants se disent prêts « à questionner notre zone de confort pour que la société change profondément ». Notamment « en se tournant vers les employeurs que nous estimerons en accord avec nos revendications ».

Nous affirmons qu’il est possible de bien vivre sans sombrer ni dans l’ultra-consommation ni dans le dénuement total ; que l’économie doit être consciente de sa dépendance à son environnement pour être pérenne ; et que la réponse aux problèmes environnementaux est cruciale pour la réduction des inégalités et des risques de conflits.

La société que nous voulons n’est pas une société plus dure, plus triste, de privation subie ; c’est une société plus sereine, plus agréable, de ralentissement choisi (…) C’est pour toutes ces raisons que les entreprises doivent accepter de placer les logiques écologiques au cœur de leur organisation et de leurs activités.

Source : Manifeste étudiant pour un réveil écologique.

https://reporterre.net/

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12 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

brest-rennes-st brieuc-vannes-st nazaire-nantes-st malo (samedi 13 octobre)

brest

Samedi 13 octobre, Place de la Liberté, Brest

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Rennes. Nouvel appel pour marcher pour le climat, samedi (Ouest France)

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10 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

mamm douar (via campesina)

mamm

Ne touchez pas à Mère Nature!

110 organisations et mouvements civils demandent l’arrêt immédiat de la géo-ingénierie climatique.

Dans un Manifeste ayant reçu un grand appui et qui a été diffusé aujourd’hui, 23 organisations internationales, 6 récipiendaires du prix Nobel alternatif et 87 organisations nationales prove-nant de 5 continents ont appelé à un arrêt des tests et à la prise en compte des effets politi-ques de la géo-ingénierie climatique. Parmi les signataires figurent notamment des mouve-ments issus des peuples autochtones, des agriculteurs ainsi que des réseaux se consacrant à la justice climatique et à la protection de l’environnement.

Le Manifeste a été diffusé en même temps que la rencontre du Groupe d’experts inter-gouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en Corée du Sud, laquelle visait à débattre du nouveau rapport portant sur la manière de limiter le réchauffement climatique à 1.5 degrés Celsius.

Plusieurs prédisent que le rapport va promouvoir l’usage controversé et non-éprouvé de techniques de géo-ingénierie climatique.

La géo-ingénierie climatique fait référence à une série de solutions techniques et théoriques s’appliquant à grande échelle et visant à réduire les changements climatiques, ce qui pourrait avoir des effets dévastateurs sur l’environnement, les écosystèmes et les communautés du monde entier.

Les défenseurs de ces pratiques affirment que la géo-ingénierie atténuerait les symptômes du changement climatique en abaissant les températures de la Terre soit en bloquant une partie des rayons du soleil ou en réfléchissant la lumière du soleil dans l’espace, ou encore en capturant le dioxyde de carbone dans l’atmosphère pour le stocker indéfiniment sous terre ou dans les océans.

Le concept est largement promu par un petit groupe de gouvernements, de corporations et de scientifiques parmi les pays les plus puissants et les plus polluants. Lesquels ont mené la recherche dans le domaine de la géo-ingénierie ainsi que le lobbying afin de faire de la géo-ingénierie la réponse politique au changement climatique, menant plus récemment à des expériences à ciel ouvert pour tester ces technologies.

Les signataires du manifeste contestent les bénéfices proclamés issus de la géo-ingénierie et souhaitent mettre en évidence le grand risque posé par ces technologies, dont le fait que leur déploiement pourrait empirer les impacts des changements climatiques. (Résumé)

5 octobre 2018

https://viacampesina.org/

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09 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

bretagne climat (fr3)

De nouvelles marches pour le climat prévues samedi en Bretagne

Près d’une soixantaine de mobilisations citoyennes sont prévues samedi partout en France pour la défense du climat.

En Bretagne, au moins quatre rassemblements sont programmés. Le 8 septembre dernier, au moins 3 000 personnes ont défilé à Rennes.

Sous le slogan « Plus qu’une marche pour le climat », 55 évènements sont répertoriés, ce mardi, en France par les coordinateurs de ce mouvement. C’est plus que le 8 septembre, où « il y avait moins de quarante villes » mobilisées, indique Danièle Migneaux, qui fait partie des bénévoles chargés de coordonner les marches organisées par des volontaires.

A Vannes, Saint-Brieuc, Saint-Malo…

En Bretagne, des marches sont déjà prévues à partir de 14 heures le 13 octobre à Saint-Brieuc, Saint-Malo et Vannes. A Rennes, un autre rassemblement sera organisé le 10 novem-bre. Dans la capitale rennaise, un premier cortège avait mobilisé entre 3 000 et 4 000 person-nes, début septembre.

« L’objectif ‘d’Il est encore temps’ est de regrouper les forces, d’avoir un lobby citoyen« , explique Danièle Migneaux. Outre une page facebook dédiée, un site internet « ilestencoretemps.fr » présente les marches mais aussi des pétitions, des actions en cours ou des écogestes.

L’urgence

Lundi 8 octobre, des climatologues ont de nouveau tiré la sonnette d’alarme. Selon le dernier rapport des experts du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), il est salutaire de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C et non 2°. Le rapport préconise de prendre des mesures concrètes dans les deux années à venir au plus tard.

La prochaine COP sur le climat aura lieu en décembre 2018 en Pologne.

Hélène Pédech  09/10/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr

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08 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

pont-l’abbé (ouest france)

pesticides

Les produits chimiques, ennemis de Marie-Noël

L’hypersensibilité chimique multiple (syndrome MCS) : cette maladie décou-verte par l’allergologue américain Theron G. Randolph affecterait de plus en plus d’individus.

« Il y a deux ans, les travaux de peinture que j’ai effectués dans mon immeuble ont été déclen-cheurs de la maladie. » Née en 1961, la Pont-l’Abbiste Marie-Noël Autret souffre depuis du syndrome MCS.Découverte dans les années 1950, cette maladie se caractérise par une sensi-bilité exacerbée aux produits chimiques. Elle est consécutive à l’exposition répétée à des produits courants tels que pesticides, insecticides, produits d’entretien, adhésifs, matériaux de construction, produits d’hygiène ou cosmétiques… Les symptômes ? Troubles respiratoires, cutanés, vomissements, malaises… Physiquement mais aussi socialement, cette pathologie handicape fortement la vie quotidienne.

Des effets crescendo

Dans le cas de Marie-Noël, les symptômes sont apparus progressivement : « Lorsque j’étais auxiliaire de vie, il y a une trentaine d’années, j’utilisais beaucoup de produits ménagers et je subissais des intolérances », se souvient Marie-Noël Autret.En lavant des vitres avec un produit spécifique, elle sera prise d’un malaise et de vomissements.

Son médecin généraliste ne trouve pas d’explication.

Nouvelle alerte, quelques années plus tard, quand elle nettoie des escaliers à l’aide de cire. «Au bout de deux marches, je ne pouvais plus respirer. » Dès lors, les effets des produits chimiques monteront crescendo. Marie-Noël Autret sent que son état se dégrade. «J’en faisais part à mon médecin. Pourtant, mon état général et mes analyses de sang semblaient bons.» Poursuivre son métier de projectionniste cinématographique devient alors impossible. « C’est la dernière activité que j’ai pu exercer. Depuis 2010, je vis d’une allocation liée à un handicap en raison d’un problème à une jambe. »

À chaque instant, Marie-Noël doit éviter toute proximité avec des substances chimiques :

Contact direct, alimentaire ou respiration. Parfum de lessives, de produits d’hygiène, cosméti-ques, ménagers sauf bio, gaz d’échappement, aliments industriels…« Je suis désormais un détecteur de produits chimiques », ironise la Pont-l’Abbiste. Un peu comme, pour les ondes, les personnes souffrant d’électro-hypersensibilité. Le syndrome MCS pourrit la vie des personnes affectées : « Pas de travail possible, problèmes relationnels…

Cette maladie provoque une profonde solitude », insiste aussi Marie-Noël Autret, regrettant la non-reconnaissance de ce syndrome par les autorités françaises.« Il est pourtant reconnu aux États-Unis et au Canada. À Halifax existe d’ailleurs une clinique qui accueille les malades atteints de MCS. »

Aucun traitement médical n’existe.

Seule solution donc : l’évitement des produits chimiques. « Il faudrait des lieux de vie adaptés : cabinets médicaux et dentaires, magasins… » Obligée de vivre dans une caravane, à l’abri de toute proximité chimique, de mettre un masque pour entrer dans sa voiture… Marie-Noël Autret entend alerter et sensibiliser sur les risques chimiques : « Moi, j’ai 57 ans, mais des jeunes de 20 ans souffrent désormais de cette maladie environnementale émergente. Dans l’agriculture notamment. »

Ludovic LE SIGNOR 05/10/2018

https://www.ouest-france.fr/

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08 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

guéméné penfao (rescue)

porcs

Projet d’extension de porcherie à Guémené-Penfao

Des habitants concernés et inquiets par les conséquences pour la santé et l’environnement du projet d’extension de la porcherie de St Yves (Guémené Penfao) se mobilisent.

Depuis plusieurs mois, des usagers du SIAEP (Syndicat Intercommunal de distribution d’Eau Potable) de Guémené ont alerté les distributeurs d’eau, les élus et l’administration sur les problèmes de contamination des captages d’eau potable par certains pesticides.

Ce projet d’extension va aggraver une situation déjà critique, le GAEC de St Yves souhaitant passer de 4 500 à près de 7 000 AE (Animaux Équivalents) ce qui correspond à une produc-tion de 13 000 porcs par an.

Cette extension va se traduire par un accroissement des surfaces traitées chimiquement.

Les surfaces d’épandage du lisier se trouvent pour certaines à plus de 15 Km, générant une pollution accrue liée à l’épandage et au transport de ce lisier. Certaines de ces surfaces se trouvent dans la zone de captage même de Massérac, alors que les solutions ne sont pas trouvées pour rendre l’eau potable pour les 20 000 habitants concernés.

A l’heure où tout le monde s’accorde à dire que la qualité de l’environnement est une préoccupation majeure, et alors qu’il est maintenant avéré que la pollution chimique par les pesticides a des conséquences graves sur la santé de la population (cancers, malformations…) ce projet est une provocation !!!

porc

Les habitants concernés appellent à un rassemblement pour dire NON à ce projet :

SAMEDI 13 OCTOBRE

10H30,  Prairies du Don, Mail Jean Jaurès Guémené Penfao.

Rescue Bretagne

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08 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

un demi! (cnrs regards sciences-avenir npa)

demi degre

Température de 50°C, (122 Farenheit) 20 juin Phoenix, Arizona.

Climat : le demi-degré qui changerait tout

Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) vient de rendre public son Rapport spécial sur l’impact d’un réchauffement global de 1,5 °C. Quel est le sens de ce rapport ?

Joël Guiot1 : Lors de la 21e conférence de l’ONU pour lutter contre le changement climatique, la COP-21, qui s’est tenue à Paris fin 2015, les 195 pays membres de la Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques se sont engagés à prendre des mesures permettant de limiter le réchauffement climatique à 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Dans le même temps, commande a été passée au Giec de produire un rapport sur les gains d’un réchauffement limité à 1,5 °C par rapport à 2 °C et les possibilités de mise en place d’un tel scénario.

Jean-Charles Hourcade2 : L’origine de ce rapport tient à l’action des petits états insulaires lors des négociations de la COP-21. Particulièrement exposés aux conséquences du dérègle-ment climatique dans le cas d’un réchauffement à 2 °C, ils ont fait inscrire dans les termes de l’accord la nécessité d’étudier les implications d’une augmentation de la température à 1,5 °C.

Wolfgang Cramer3 : Ce nouveau rapport du Giec constitue la réponse des scientifiques à cet effort. C’est une étape très importante, traduisant la reconnaissance par les négociateurs de la COP de l’importance de fonder la lutte contre le réchauffement climatique sur les résultats de la science, d’une façon beaucoup plus « directe » qu’antérieurement.

1,5 °C, 2 °C, est-ce si déterminant ?

J. G. : Pour fixer les idées, rappelons que depuis 1880, la température moyenne de la Terre a augmenté d’environ 1 °C. Or, fonte des glaciers continentaux et des calottes polaires, hausse accélérée du niveau de la mer, augmentation de la fréquence des épisodes caniculaires, acidification des océans… les effets de ce réchauffement sont déjà très palpables. Cela n’a rien d’étonnant si l’on note que seuls cinq degrés séparent une ère glaciaire d’une ère inter-glaciaire. Ainsi, d’une part nous faisons désormais face à un bouleversement climatique majeur sans précédent par sa vitesse et son aspect planétaire, d’autre part une hausse des tempéra-tures de 1,5 ou 2 °C conduit à des futurs assez différents.

W. C. : Entre 1,5 et 2 °C d’augmentation des températures, on assiste à une hausse très significative de la probabilité d’un basculement irréversible de nombreux systèmes, comme la perte des récifs coralliens dans les océans tropicaux ou la banquise arctique. Par conséquent, une hausse de 2 °C constitue un horizon en termes de changements et d’impacts, mais aussi dans notre capacité à prévoir et donc à anticiper les bouleversements à venir. À l’inverse, une hausse de « seulement » 1,5 °C augmenterait notablement nos chances de nous maintenir en deçà d’une situation climatique hors de contrôle.

Concrètement, quelles différences entre une Terre à plus 1,5 ou plus 2 °C ?

J. G. : On peut citer de nombreux exemples. Ainsi, ce demi-degré se traduit par un facteur 2 sur le nombre d’espèces de vertébrés et de plantes qui risquent de disparaître ou de décliner fortement avec le réchauffement. De même, la surface terrestre affectée par la transformation des écosystèmes, soit 13 % à 2 °C, est divisée par deux à 1,5 °C.

Une limitation du réchauffement à 1,5 °C permettrait également de sauver 2 millions de kilo-mètres carrés de pergélisol sur 14, un gain majeur sachant que la fonte de ces sols gelés entraîne la libération de méthane, un gaz à effet de serre plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2), dans l’atmosphère. Autre exemple : plus 2 °C signifie un été sur 10 sans glace dans l’océan arctique, contre un sur 100 à plus 1,5 °C. Ou encore : entre 1,5 et 2 °C, on voit croître dramatiquement la probabilité d’une non-adaptation des écosystèmes coralliens à l’augmentation de l’acidification des océans.

W. C. : Sans sous-estimer les dégâts importants d’un réchauffement à 1,5 °C, ce demi-degré, qui joue sur la répartition des espèces et des maladies, sur les rendements agricoles ou la fréquence des pics de chaleur, a des conséquences très significatives sur l’homme et ses
activités. Un seul exemple : un réchauffement de 2 °C signifie 10 centimètres de plus de hausse du niveau de la mer par rapport à 1,5 °C, impactant 10 millions de personnes en plus dans les zones côtières et les grands deltas.

Un réchauffement de 2 °C signifie 10centimètres de plus de hausse du niveau de la mer par rapport à 1,5 °C, impactant 10 millions de personnes en plus dans les zones côtières et les grands deltas.

Ce constat est saisissant. Mais au regard de la trajectoire actuelle des émis-sions de CO2, est-il simplement possible de limiter le réchauffement sous la barre des 1,5 °C ?

W. C. : En effet, cela ne va pas de soi, alors qu’au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, on peut s’attendre à une élévation de la température moyenne jusqu’à 4,8 °C par rapport à la période 1986-2005 à l’horizon 2100. Ainsi, au-delà du constat, c’est tout l’intérêt de ce rapport spécial du Giec : pour la première fois, il affirme que, sur la base des connais-sances scientifiques, il est « géophysiquement » possible de limiter le réchauffement à 1,5 °C à l’horizon 2100.

J. G. : Pour y parvenir en maximisant les chances d’un dépassement temporaire n’excédant pas 0,2 °C, il est nécessaire de parvenir à un bilan carbone nul en 2030. Autrement dit, à cette date, les processus de captation du carbone dans l’atmosphère devront compenser les émissions. Ensuite, le bilan doit rester plus ou moins négatif. En revanche, plus on attend pour atteindre un bilan neutre, plus la hausse sera élevée.

Quels leviers faut-il actionner pour cet objectif ?

J. G. : Tout d’abord, il faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre, ce qui peut se faire de multiples façons : augmentation de la part du renouvelable dans le mix électrique, plus grande sobriété énergétique, réduction drastique des émissions industrielles, remise en cause de l’étalement urbain, révolution dans les transports ou encore baisse de la consommation de protéines d’origine animale…  Plus précisément, on estime qu’il faudrait réduire les émissions d’origine anthropique de 40 à 50 % par rapport à 2010 d’ici à 2030.

En parallèle, il faut accroître le captage du CO2 atmosphérique par la biomasse, par exemple en étendant les forêts, en augmentant la capacité de stockage du carbone par les sols ou en utilisant plus de biomasse dans le mix énergétique. En dernier recours, le Rapport étudie la possibilité d’utiliser des techniques de géo-ingénierie pour limiter l’apport de chaleur solaire ou enfouir le CO2 en couches géologiques, tout en signalant les risques et les incertitudes associées de ces procédés hautement technologiques.

Un tel objectif nécessite de transformer en profondeur nos modes de vie ?

J.-Ch. H. : À l’évidence, toute trajectoire visant à décarboner l’économie, que ce soit pour un objectif de 2 ou 1,5 °C, questionne nos modes de consommation, nos choix techniques et nos modes d’organisation de l’espace. Mais l’enjeu majeur est qu’on ne peut imaginer enclencher la transition qu’à la condition qu’elle ne se traduise pas par plus de chômage à court terme, ou bien par un ralentissement de sortie de la pauvreté dans les pays en développement. Ainsi, il est décisif de réunir les conditions pour que la transition soit aussi une opportunité de réduire des fragilités majeures de l’économie mondiale comme le sous-investissement en infrastructures, l’insécurité énergétique ou les inégalités.

Quelles sont les clés du changement ?

J.-Ch. H. : En pratique, deux évolutions sont à mener en parallèle.

La première : basculer massivement, dans tous les pays, la fiscalité vers le carbone, afin de bloquer la propagation des coûts de la transition à toute l’économie. Et que chacun détermine les meilleures utilisations des produits de cette taxe dans son contexte national. On ne peut imaginer enclencher la transition qu’à la condition qu’elle ne se traduise pas par plus de chômage à court terme, ou bien par un ralentissement de sortie de la pauvreté dans les pays en développement.

La seconde : réformer le système financier international pour rediriger massivement l’épargne mondiale vers des investissements bas carbone plutôt que, par exemple, sur l’immobilier ou le foncier. J’ajoute que dans le cas d’un objectif de 1,5 °C, on estime que le coût marginal du carbone, c’est-à-dire celui des techniques les plus chères à mettre en place pour atteindre un objectif donné, augmente d’un facteur trois à quatre par rapport à un objectif de 2 °C. Une autre façon de le voir est de dire que le 1,5 °C nécessiterait de lever une « taxe » de 180 à 240 dollars par tonne de carbone émise, et cela dans tous les pays du monde. Ce qui montre l’étendue de la tâche à accomplir.

Est-ce simplement envisageable en pratique ?

J.-Ch. H. : Depuis vingt-cinq ans, de très nombreux travaux ont été réalisés sur la fiscalité carbone. Ainsi, on peut affirmer que le cadre est posé. Mais de nombreux détails restent à étudier pour accélérer sa mise en place et son élargissement à tous les pays. Sur la finance, des liens ont été établis entre la baisse des risques d’investissement via des garanties publi-ques et l’émergence d’actifs bas carbone. Il est maintenant urgent de passer à des propositions dont les acteurs du système financier s’emparent.

Mais cela ne suffira pas. Prenons l’exemple de la rénovation urbaine, nécessaire pour lutter contre la surconsommation énergétique : Il ne suffit pas de la proclamer et de mettre des fonds sur la table. Il faut aussi s’assurer que les professionnels du bâtiment s’organisent pour que les compétences soient disponibles ou que l’on puisse convaincre les copropriétés et les particu-liers d’accélérer le mouvement. D’un mot, il faut agir à tous les niveaux simultanément et ce dans tous les domaines concernés.

W. C. : Le rapport est prudent dans son expression, ne proposant pas de modèle alternatif à suivre nécessairement. Pour autant, il est clair que le défi climatique nécessite un bouleverse-ment sociétal majeur au niveau mondial. En même temps, en montrant l’éventail des solutions à toutes les échelles, locale, nationale et internationale, le rapport montre qu’il n’y a pas de place pour le fatalisme.

J. G. : La bonne nouvelle est que la science permet d’affirmer qu’il existe des chemins pour maintenir le réchauffement sous la barre des 1,5 °C. Mais c’est ensuite une question politique de savoir si nous allons ou pas les emprunter.

Alors que le Giec vient de publier son Rapport spécial sur l’impact d’un réchauffement global de 1,5°C, trois spécialistes du CNRS qui ont participé à sa rédaction: l’écologue Wolfgang Cramer, le paléo-climatologue Joël Guiot et l’économiste Jean-Charles Hourcade, font le point sur les possibilités de contenir le dérèglement climatique en dessous de l’objectif actuel des 2°C.

08.10.2018 Mathieu Grousson

https://lejournal.cnrs.fr/

Lire aussi:

Alternatiba : pour le sursaut d’une mobilisation climatique (Regards)

Climat : « La question des inégalités est fondamentale ; elle est au cœur du rapport du Giec » (Reporterre)

Pourquoi et comment rester à 1,5°C: que dit le rapport du Giec (Sciences et Avenir)

Rapport du GIEC : notre planète, nos vies, la vie, valent plus que leurs profits! (NPA)

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06 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

eau alerte (fne)

haddock eau

Pesticides : l’alerte sur nos cours d’eau

En France, il est interdit d’épandre des pesticides dans certaines zones, dites « de non traitement », en bordure de cours d’eau.

Malheureusement, un arrêté ministériel passé en mai 2017 introduit un flou dans la définition de ces zones. Résultat, certains départements en ont profité pour exclure près de la moitié des aires qui étaient jusqu’alors protégées. Avec France Nature Environnement, demandez aux ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique et solidaire de garder nos cours d’eau #LoinDesPesticides : signez la pétition.

92 % des cours d’eau surveillés en 2013 contenaient des pesticides1.

Vous trouvez le constat alarmant ? La situation risque malheureusement de s’aggraver à cause d’un arrêté ministériel. En effet, depuis le 4 mai 2017, les préfets ont davantage de pouvoir pour définir les zones de non traitement (ZNT), bandes de 30 cm à 5 mètres en bordure d’un point d’eau sur lesquelles il est interdit d’épandre des pesticides. Contre toute logique, certains préfets en profitent pour être bien plus laxistes sur la protection de nos cours d’eau.

Auparavant, les préfets devaient a minima s’appuyer sur les données contenues dans les cartes au 1/25 000ème de l’IGN.

Avec le nouvel arrêté, plusieurs préfets ont choisi des cartes encore moins précises, élaborées souvent sous la pression de certains syndicats agricoles. Résultat : elles excluent de nombreu-ses zones et cours d’eau jusqu’alors protégés des pesticides. Par exemple, dans le Tarn et Garonne, 30 % des aires préalablement protégées ont purement et simplement été exclues2.

En Indre-et-Loire3, ce sont 43 % des zones de non traitement aux abords des cours d’eau qui ont désormais disparues. Dans le Gard 4, la comparaison des cartes est à elle seule éloquen-te. Malheureusement, France Nature Environnement pourrait multiplier les exemples de cette nature.

eau alerte (fne) dans Altermondialisme carto_znt2

Si la réduction de l’usage des pesticides est le meilleur moyen pour limiter la pollution de nos cours d’eau, l’interdiction d’épandage de pesticides à leurs abords s’avère une mesure de bon sens. Il s’agit d’un enjeu majeur de santé publique et de protection de l’environnement : ne laissons pas les pressions locales aggraver la situation.

Pour faire face, les associations du mouvement France Nature Environnement ont déposé des recours à l’encontre de plus d’une quarantaine d’arrêtés départementaux. Mais la source du problème réside dans la rédaction même de l’arrêté ministériel.

jeudi 20 septembre 2018

https://www.fne.asso.fr/

Avec le mouvement France Nature Environnement, demandez aux ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique et solidaire de le réécrire et ainsi de maintenir nos cours d’eau #LoinDesPesticides : signez notre pétition.

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