Archive | Luttes paysannes et alimentation

24 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

porc (anti-k)

porcs

Le porc sur paille, l’autre modèle pour la Bretagne

Un nouveau mode d’élevage porcin a été mis en place, pour des raisons environnementales et économiques.

Réveillés de leur sieste par des visiteurs inhabituels, les cochons de Pascal Pérot, éleveur à Saint-Donan, dans les Côtes-d’Armor, n’ont sans doute pas conscience d’être des privilégiés. Dans cette ferme de 54 hectares, ils grandissent dans des bâtiments ouverts sur l’extérieur, sur de la paille. Cela permet de transformer leurs excréments en fumier. « Je ne voulais pas être montré du doigt comme pollueur et j’étais sensible à la notion de bien-être animal« , confie le maître des lieux, qui a repris la ferme en 2000.

En France, 95 % des porcs sont au contraire élevés sur caillebotis, un sol ajouré, en béton ou en plastique, qui permet l’évacuation rapide de leurs déjections, le lisier. Epandu sur les terres de culture pour les fertiliser, ce dernier nourrit depuis longtemps la critique du modèle d’élevage breton. La région concentre 57 % du cheptel français. Mais les cochons, parqués dans des bâtiments, sont invisibles. En revanche, cet élevage intensif est à l’origine de la pollution des eaux et des marées d’algues vertes, bien visibles, qui affectent le littoral. En cause, les nitrates dérivés de l’azote du lisier (des porcs, des bovins et des volailles), qui contaminent les cours d’eau et les nappes phréatiques.

Entre le conventionnel et le bio

Polluant, ce modèle met aussi régulièrement des éleveurs dans la rue, lorsque le prix du porc ne leur permet plus de vivre de leur travail. C’est ce qui a conduit l’association bretonne Cohérence à réfléchir à un modèle alternatif. Cofondée en 1997 par Jean-Claude Pierre (le créateur de l’association Eau et rivières de Bretagne, qu’il a quittée depuis) et des paysans du Réseau agriculture durable (aujourd’hui réseau Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural, Civam), elle regroupe défenseurs de l’environnement, agriculteurs, syndicats, entreprises et particuliers. Au début des années 2000, ce réseau développe un cahier des charges pour un élevage de porcs durable.
« Je ne voulais pas être montré du doigt comme pollueur et j’étais sensible à la notion de bien-être animal » Pascal Pérot

Ses piliers : des cochons élevés sur de la paille, bénéficiant d’une surface minimale de 1,5 mètre carré par tête, soit le double du minimum réglementaire pour les porcs de moins de 110 kilos. Le cahier des charges n’impose en revanche pas l’accès des porcs à l’extérieur, obliga- toire dans le cadre des labels « porcs fermiers » élevés en plein air Label rouge et pour l’éle- vage biologique, qui peut se faire en plein air ou avec des bâtiments prévoyant une aire d’exercice en extérieur. Leur alimentation doit être sans organismes génétiquement modifiés (OGM). Les traitements antibiotiques préventifs sont interdits.

Enfin, lors de l’épandage du fumier (composé de la paille et du lisier), les éleveurs doivent respecter un apport d’azote plafonné à 80 % du seuil réglementaire (140 unités d’azote par hectare, contre 170 sinon). Utile au bien-être des cochons, pour lesquels fouiller et jouer sont des activités naturelles, la paille présente l’avantage de résorber une partie de l’azote présent dans leurs déjections en les compostant. L’utilisation de cet engrais solide, plutôt que le lisier, limite de plus les risques de ruissellement.

Le cahier des charges intègre en outre une cinquantaine de critères sur lesquels les éleveurs s’engagent à progresser. L’utilisation d’une alimentation produite à la ferme est ainsi conseillée sans être impérative, ce qui est le cas en élevage biologique. L’objectif ? « Proposer une alternative durable, accessible au plus grand nombre« , justifie Jean-Bernard Fraboulet, chargé de mission porc durable chez Cohérence. La filière porcine française étant très industrialisée, les conversions d’exploitations conventionnelles vers le bio sont difficiles.

« Les ateliers sont trop gros, trop hors-sol, alors que le bio suppose une alimentation produite sur la ferme et un accès à l’extérieur que les bâtiments conventionnels ne permettent pas. Pour développer le bio, on mise plutôt sur de nouvelles installations », explique Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). En 2016, les élevages biologiques ne représentaient que 0,94 % des exploitations porcines, selon la plate-forme Agence Bio. Quant au label rouge, il concernait 3,3 % seulement de la production nationale en 2014, dont 83 % des élevages en bâtiment, selon l’Institut français du porc (Ifip).

Onze exploitations certifiées

Sur leur ferme de 48 hectares, près de Dinan, Pascal et Sylvie L’Hermitte cultivent colza, céré- ales et légumineuses pour nourrir les 1 100 porcs qu’ils produisent chaque année. Pour proté- ger leurs cultures, ils misent sur des techniques naturelles, tout en gardant la possibilité de les traiter si besoin. A terme, le couple vise les 1 500 porcs par an, pas plus. Cohérence, qui défend un élevage familial, limite d’ailleurs la production selon le nombre d’actifs par ferme. Les exploitations spécialisées dans l’engraissement comptaient en moyenne 875 places en 2010, selon l’Ifip, contre 500 places occupées chez les L’Hermitte. Les producteurs adhérents sont certifiés tous les deux ans, dans le cadre d’audits participatifs réalisés lors de journées portes ouvertes dans les fermes.

Aujourd’hui, onze exploitations sont certifiées, surtout dans les Côtes-d’Armor. Produire de cette façon génère du travail supplémentaire pour pailler les enclos et les nettoyer. Cela a aussi un coût. La chambre régionale d’agriculture de Bretagne a chiffré le surcoût de l’élevage sur paille à 0,16 euros par kilo de carcasse produit, soit environ 10 % en plus par rapport au porc sur caillebotis. « Cela s’explique par le coût de l’achat de paille, et parce que les porcs dépensent plus d’énergie et ont une croissance un peu moins rapide« , explique Brigitte Landrain, cheffe du service Elevage à la chambre régionale. Chez les éleveurs Cohé- rence, les porcs partent ainsi à l’abattoir quand ils ont entre 190 à 210 jours, contre 180 en conventionnel. Le gage selon eux d’un cochon en bonne santé et d’une viande de meilleure qualité.

Circuit court

Pour assurer la viabilité économique de ce modèle, l’association a cherché de nouveaux débouchés pour ses producteurs, dont une majorité propose sa viande en vente directe. Les boucheries-charcuteries locales sont particulièrement ciblées. En 2012, Cohérence dépose donc la marque « Porc authentique élevé sur paille », dédiée à la vente chez ces artisans. Ils sont quatre éleveurs aujourd’hui à travailler sous cette marque et à fournir une trentaine de boucheries (les autres éleveurs font de la vente directe). C’est aux éleveurs de se constituer une clientèle directe. « Je produis ce que je peux vendre. Alors que dans le modèle conven- tionnel, on est toujours incités à produire plus, sans garantie de débouchés. Résultat : les prix s’effondrent« , argumente l’éleveur Pascal Pérot.

« La viande se conserve bien, tient mieux à la cuisson et les consommateurs voient la différence sur le plan gustatif », assure Guillaume Corduan

La paie des producteurs de la filière porcs sur paille n’est, elle, pas soumise aux aléas du marché. Ils travaillent avec un prix fixe négocié chaque année avec les bouchers partenaires. Ces derniers aussi y trouvent leur compte. « La viande se conserve bien, tient mieux à la cuisson et les consommateurs voient la différence sur le plan gustatif, assure Guillaume Corduan, gérant de la boucherie-charcuterie-traiteur éponyme, à Hillion, au bord de la baie de Saint-Brieuc. Bien sûr, je paie le porc 2,70 euros le kilo et, pendant la crise en 2015, il devait bien avoir 70 à 80 centimes de différence avec une viande même labellisée, mais au moins l’éleveur peut vivre de son travail.

Dans la campagne française, les éleveurs porcins reprennent leur souffle. Depuis juin 2016, les cours du porc évoluent de nouveau au-delà de 1,40 euros le kilo, leur seuil de rentabilité. Fin 2015, ils étaient descendus sous la barre d’1,20 euros le kilo. C’est à la Chine que l’on doit ce sursaut. Le pays a augmenté ses importations depuis l’Europe (+ 110 % sur un an en 2016), alors que sa propre filière porcine connaît une restructuration. Le marché du porc est en effet globalisé et le prix payé aux éleveurs est fonction de l’offre et de la demande mondiales. Ainsi, c’est l’embargo russe, en 2014, qui a précipité la crise de 2015.

Mais leurs difficultés sont surtout structurelles. Les éleveurs français sont en concur- rence avec leurs voisins européens. Avec 2 millions de tonnes de carcasses de porcs char- cutiers produites en 2016, la France est le 3e producteur européen, derrière l’Allemagne (5,5 millions) et l’Espagne (4 millions). Or, la filière française a connu une crise de croissance et d’investissement après l’instauration, en 1998, de règles européennes destinées à réduire l’impact environnemental des élevages. Au même moment, les élevages et les abattoirs alle- mands se sont modernisés et concentrés, baissant leurs prix de production. Ils ont également recours aux travailleurs détachés, une main-d’oeuvre moins coûteuse venue des pays de l’Est, et profitaient jusqu’en 2014 d’une absence de salaire minimum.

Le coût de la main-d’oeuvre est aussi moindre en Espagne et les éleveurs plus protégés. Ils travaillent en majorité sous contrat avec des entreprises agroalimentaires qui leur assurent un prix fixe. En France, le prix payé aux éleveurs évolue au gré des semaines, en fonction de la cotation au Marché du porc breton.

Avec des bâtiments d’élevage vieux de vingt ans en moyenne et de petits abattoirs, comparés à leurs concurrents européens, la filière française est donc désavantagée avec un marché du porc peu segmenté. « Pendant longtemps sa stratégie exclusive a été d’offrir une production standard, au prix le plus bas, même si des tentatives de différenciation existent aujourd’hui« , explique Michel Rieu, économiste à l’Institut du porc (Ifip). Si quelques initiatives ont vu le jour, comme des contrats tripartites entre distributeurs, abatteurs-transformateurs et producteurs, l’amélioration de la situation des éleveurs français reste soumise aux évolutions de la demande internationale.

Dans sa boutique, le porc sur paille est aujourd’hui environ 15 % plus cher que celui qu’il propose lorsque son stock est écoulé. Pourtant, des consommateurs viennent ici spécifiquement pour cette viande produite localement, que Pascal Pérot livre lui-même. Après quatre ans à travailler ainsi, il dresse un constat positif. « Si j’étais resté dans le modèle stan- dard, avec la dernière crise, je disparaissais. Grâce au prix fixe, j’ai pu recommencer à faire des projets et la banque m’a fait confiance pour investir dans le camion frigorifique et la bétaillère nécessaires pour transporter mes porcs », détaille-t-il. Pascal et Sylvie L’Hermitte écoulent 40 % de leur production en boucherie, le reste étant proposé aux particuliers à la ferme et sous forme de colis, ou servi dans des cantines du secteur. A deux, ils s’en sortent avec un résultat avant impôt de l’ordre de 30 000 euros par an. En 2015, année de crise, ce résultat était en moyenne de 13 000 euros par actif dans les exploitations porcines françaises, une filière aux résultats très fluctuants.

A l’avenir, l’association aimerait développer la filière sur l’ensemble de la Bretagne. Si de nouveaux éleveurs sont intéressés, intégrer la filière reste un pas à franchir. « Tous ne sont pas prêts à tourner le dos au fonctionnement des groupements », constate Jean-Bernard Fraboulet. L’année dernière, 1 700 carcasses ont été vendues dans le cadre de la filière porc sur paille. Cette production reste donc très marginale au regard des quelque 13 millions de porcs (soit 1,1 million de tonnes équivalent carcasse) abattus en Bretagne. Mais pour les éleveurs, faire vivre une filière alternative locale est déjà une victoire. « Notre modèle n’est pas reproductible à tout le monde, estime Pascal L’Hermitte. Mais la production dans son ensemble doit évoluer et nous sommes des locomotives. »

Alternatives économiques – Marion Perrier –  20/07/2017

http://www.anti-k.org

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21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

pe (npa)

hulotalondres

Perturbateurs endocriniens: L’UE à l’écoute des industriels de la chimie

« Toute substance active utilisée dans les pesticides identifiée comme perturbateur endocrinien pour les personnes ou les animaux pourra être évaluée et retirée du marché. » Après des années de tergiversations, les membres du comité technique de l’Union européenne veulent nous faire croire à une victoire. Et pourtant…

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques capables d’agir sur le système hormonal et de provoquer des dysfonctionnements comme l’obésité ou l’infertilité, des malformations congénitales ou des retards de développement. Ils se nichent dans les pestici- des, mais aussi dans des produits de la vie quotidienne, comme les cosmétiques, les produits alimentaires, voire même les jouets.

Retour sur un échec pour la santé et l’environnement

Pour réussir à les identifier, des études les classent en trois catégories selon le risque : « sus- pecté », « présumé » ou « avéré ». Or le texte adopté mardi 4 juillet par l’UE n’a retenu dans sa définition que les produits pour lesquels le risque est « présumé » ou « avéré ». Exit donc les produits simplement « suspectés ».

En outre, pour certaines substances, comme les pesticides, seul un effet sur des insectes a été constaté et non sur d’autres animaux. Donc, sous la pression des puissants fabricants de pesticides (Bayer et BASF), l’Allemagne a introduit une clause excluant de la réglementation les perturbateurs endocriniens où le risque n’a été constaté que pour les insectes.

Le texte est contraire au principe de précaution

Pour les scientifiques et les ONG (dont la Fondation Hulot !), le texte est trop laxiste et contredit le principe de précaution. « Les critères votés aujourd’hui (…) requièrent un niveau tellement élevé de preuve (de la toxicité des substances chimiques) qu’ils ne protègeront ni les humains ni la nature », a ainsi déclaré Genon K. Jensen, représentant de EDC-Free Europe (coalition de plus de 70 organisations).

« Nous regrettons que la Commission n’ait pas écouté la grande inquiétude du Danemark, de la Suède et d’autres, soulignant que les critères proposés exigent, pour pouvoir identifier un perturbateur endocrinien, un niveau de preuve jamais exigé jusqu’à présent pour d’autres substances problématiques comme les cancérogènes, les mutagènes et les reprotoxiques » précise de son côté la ministre suédoise de l’Environnement.

L’UE accouche d’une souris, Hulot applaudit !

La France, qui avait jugé insuffisant le même texte en mai dernier, a finalement voté pour, abandonnant la Suède, le Danemark et six autres États, dans le combat mené depuis des années contre les critères proposés par l’UE. Revirement spectaculaire !

Le ministre Hulot prétend qu’il pourra toujours interdire unilatéralement certaines substances sur le territoire par des mesures « complémentaires ». Lesquelles ? Comment ? Mystère ! Si Hulot l’enfumeur est en marche arrière, le NPA ira de l’avant dans les luttes pour défendre nos vies et notre environnement.

Commission nationale écologie 21 juillet 2017

http://sante-secu-social.npa2009.org/

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21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

paysans (le monde)

En cinquante ans, l’endettement des agriculteurs français a été multiplié par trois et le nombre d’exploitations agricoles a été divisé par deux. En 2015, selon la Mutualité sociale agricole, un agriculteur français sur trois touchait moins de 350 euros par mois.

Commentaire: Un gigantesque plan social dans les campagnes, avec son cortège de suicides. Mais c’est pour la bonne cause: concentrer pour que les gros puissent gagner toujours plus! En Finistère, les personnes payant l’Impôt sur la fortune sont souvent producteurs de ??? Porcs! Gagné!

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21 juillet 2017 ~ 1 Commentaire

brest (libération)

projet

Une ferme bio grignotée par un écoquartier

Tout près du centre-ville, l’exploitation Traon Bihan pratique une agriculture parée de toutes les vertus, tout en étant économiquement viable. Problème : la ville a besoin d’une partie de ses terres pour y construire des logements…

Curieuse situation. Philippe Nicol et Valérie Lazennec, couple d’agriculteurs, exploitent à Brest ce qu’on peut qualifier de ferme modèle : une production en bio, diffusée en circuit court, avec un équilibre économique sain. Autre rareté, la ferme de Traon Bihan («la petite vallée» en breton) est sur le territoire de Brest, dans le quartier de Saint-Pierre, à 5 kilomètres du centre de la sous-préfecture finistérienne. Autrement dit, en ville. Mais à cause de cette géographie justement, la ferme va voir une partie de son terrain grignotée par… un écoquartier. La ZAC (zone d’aménagement concerté) Fontaine Margot va, en 2021, priver l’exploitation d’une «vingtaine d’hectares», selon Philippe Nicol. «Seize», selon Thierry Fayret, conseiller municipal brestois et vice-président de la métropole chargé de l’urbanisme.

Quelle que soit la superficie urbanisée à l’arrivée, l’élu reconnaît que l’affaire n’est pas évidente : «Nous avons parfaitement conscience du paradoxe que peut constituer le fait de priver une ferme urbaine de terres pour y installer un écoquartier.» Mais pour lui, ce cas de figure n’est pas non plus extraordinaire : «C’est ce qui arrive tout le temps dans les politiques publiques : il y a un conflit d’usage entre des enjeux environnementaux liés à l’urbanisation et les intérêts de particuliers.»

«Equilibre subtil»

A cela près que là, les «particuliers» sont, de fait, partie prenante de l’engagement environ-nemental de leurs élus. «Il y a une dizaine d’années, raconte Valérie Lazennec, l’épouse de Philippe Nicol, la ville avait engagé une grosse réflexion sur l’introduction de produits bio dans les menus des cantines. Actuellement, la collectivité de Brest est à 30 % de bio dans la restauration en maternelle et primaire. Nous nous inscrivons parfaitement dans cette dynamique.»

En plus de fournir aux écoles leurs desserts, la ferme de Traon Bihan, avec ses poules, ses la- pins ou ses chèvres accueille un millier d’écoliers chaque année pour des animations péda- gogiques. «Nous voulons montrer et partager notre métier, de la visite de l’exploitation et des champs jusqu’à la traite», défend Valérie Lazennec. Pour parfaire ce tableau idyllique de l’agri- culture urbaine et des circuits courts, vantés par l’époque, l’exploitation vend en direct la moitié de ses produits laitiers transformés. Pourquoi alors, venir perturber cet équilibre subtil entre ville et agriculture ?

Thierry Fayret explique que la métropole brestoise ne prend pas les terres de Traon Bihan de gaieté de cœur. «Pour ne pas perdre de population, nous avons la nécessité de créer de la surface supplémentaire d’habitation. Car depuis quarante ans, cela ne s’est pas fait sur Brest, affirme-t-il. Entre 2000 et 2010, nous avons pris conscience que l’on était en train de perdre des habitants faute d’offre de logements qui correspondent aux besoins actuels, avec le desserrement des ménages ou le vieillissement de la population.»

L’élu précise qu’en quarante ans, 2 000 habitations ont été créées dans le pays de Brest. «Les gens sont sortis de la ville pour aller vivre à 10 ou 20 kilomètres, avec les problèmes de trans- port que cela entraîne. Bouchons comme pollution. Il faut tenter d’y remédier.» D’où la ZAC. Thierry Fayret détaille les parcelles figurant dans l’opération de la Fontaine Margot. Les 60  hectares accueilleront 3 000 à 4 000 habitants dans 1 200 à 1 500 maisons et petits immeu- bles. Et, insiste-t-il au sujet du couple d’agriculteurs, «ni eux ni nous ne découvrons la situation».

L’agriculteur le reconnaît. «Ce projet d’urbanisation date de plus de quarante ans, et celui d’un écoquartier d’une bonne dizaine d’années. Quand mes parents se sont installés, il leur avait été dit qu’il y avait un fort risque qu’ils ne puissent pas finir leur carrière ici.» Ce qui n’était alors qu’une évocation s’est mué au fil des années en possibilité, avant de devenir, bientôt, réalité.

«Autonomie complète»

Philippe Nicol entend les arguments des élus. Cela ne l’empêche pas de se gratter la tête. «Pour pouvoir poursuivre notre activité dans des conditions correctes, il faut que l’on puisse garder entre 50 et 55 hectares de champs pour faire paître les vaches, avance l’éleveur. En dessous, ça sera très compliqué. Cela mettra très clairement à mal notre modèle d’autonomie, qui est le maître mot du bio. Nous ne voulons pas devoir acheter de la nourriture pour nos bêtes. La tonne de foin bio coûte 400 euros ; celle de concentré bio de soja, de féverole et de blé entre 700 et 1 000 euros. Ce n’est financièrement pas envisageable.»

En réponse, la métropole brestoise se fait fort de proposer des hectares de rempla- cement à la ferme de Traon Bihan. Problème : ces derniers ne sont pas bio, et la conver- sion des terres dure jusqu’à trois ans. Au total, ce sont cinq années qui sont nécessaires pour obtenir la certification. Autre souci pour Valérie Lazennec et Philippe Nicol : les parcelles de substitution proposées par la métropole sont situées loin de l’exploitation. Le vice-président chargé de l’urbanisme se veut pourtant rassurant. «Nous avons toujours soutenu le dévelop- pement de cette ferme, ses vertus de circuit court, son orientation bio, son travail avec les écoles.» Thierry Fayret l’assure: «Traon Bihan n’est pas en danger. L’exploitation ne va pas disparaître. On va s’en donner les moyens.»

L’enjeu est de taille. Car cette exploitation est aux antipodes de l’agriculture intensive et endettée dont on lit partout la chronique. De la verdure en veux-tu en voilà. Si l’on excepte les bruits de la circulation routière sur la rocade, portés par les vents, impossible de se rendre compte que nous sommes dans une zone urbaine. Les alentours sont brodés de champs, de talus, d’arbres…

A la retraite de ses parents, en 1997, Philippe Nicol, 46 ans aujourd’hui, a repris l’exploitation et l’a convertie en agriculture biologique. Aujourd’hui, son cheptel compte, selon les périodes de l’année, entre 40 et 45 vaches laitières, qui, en guise de repas quotidien, broutent les 67 hectares de prairies sises à 800 mètres maximum autour de la ferme, dont 28 jouxtent la maison. Valérie Lazennec et Philippe Nicol sont propriétaires de leurs bâtiments et de 7 hectares de champs. Ils louent les autres terres qu’ils exploitent. «Les bêtes sortent tous les jours, sauf quand il neige, c’est-à-dire tous les vingt-cinq ans ici, plaisante l’éleveur. En cultivant parallèlement 2 hectares de céréales et 2 hectares de betteraves, nous n’avons jamais acheté de nourriture pour nos vaches. Nous sommes en autonomie complète.» Certification bio assurée. Et fierté assumée.

«Tout sauf du fromage»

Sur le versant économique, la ferme de Traon Bihan vend chaque année à une coopérative 170 000 litres de lait bio, à un prix à faire saliver les producteurs «conventionnels» : 450 euros la tonne, contre 280 à 310 euros d’ordinaire. En 2010, Valérie Lazennec, animatrice socio-culturelle de profession, a décidé de rejoindre son mari sur l’exploitation. Après une formation et 200 000 euros d’investissements, camion frigorifique pour les livraisons inclus, la dynamique et bavarde Brestoise a créé in situ un atelier de transformation du lait issu de l’exploitation en yaourts, fromage blanc, riz au lait… «Tout sauf du fromage et du beurre», précise la désormais agricultrice de 47 ans. 35 000 litres de matière première sont ainsi transformés chaque année en produits laitiers.

«En raison des vacances scolaires, on ne peut livrer nos produits que pendant 36 semaines par an aux écoles, explique-t-elle. Donc, pendant les coupures, on a dû s’adapter. Mais on ne veut pas vendre en grande surface. C’est un choix éthique.» Pour le moment, la vie de la ferme de Traon Bihan continue comme avant. Pour longtemps ?

Philippe Brochen, envoyé spécial à Brest 20 juillet 2017

http://www.liberation.fr/

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21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

alimentation (libération)

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Sant Erwann etre ar pinvidig hag ar paour/ Saint Erwann entre le riche et le pauvre

Des états pas très généraux

Ouvert jeudi, le grand dialogue voulu par Macron sur l’alimentation fait la part belle aux intérêts économiques du secteur.

«Les Français aiment leur agriculture et leurs agriculteurs. Ils ont un attachement viscéral au terroir. Mais le bonheur n’est pas toujours dans le pré.» Surtout quand le prix d’achat de leurs productions ne permet pas aux intéressés d’en vivre. En ouvrant les états généraux de l’alimentation, jeudi, au ministère de l’Economie, le Premier ministre Edouard Philippe en a affiché le principal objectif : assurer une plus juste répartition de la valeur des produits alimentaires entre producteurs, industriels et distributeurs.

«Il faut permettre à chacun de vivre de son travail», a affirmé le locataire de Matignon. Ajoutant qu’il n’était «pas là pour désigner des coupables» «l’accompagnement de la transformation des modèles de production afin de répondre davantage aux attentes et aux besoins des consom-mateurs, ainsi que la promotion des choix de consommation privilégiant une alimentation saine, sûre et durable».

D’autres l’ont fait à sa place. Parmi les quelque 500 participants à cette journée, l’UFC-Que choisir n’a pas caché sa déception.

Elle s’est insurgée de voir le rendez-vous dominé par «les demandes traditionnelles des syndicats agricoles». «L’annonce des états généraux de l’alimentation faite par le candidat Emmanuel Macron laissait présager des réorientations décisives en faveur d’une alimentation plus saine et une agriculture plus durable.

Mais la déception a été à la hauteur des attentes», a estimé l’association dans un communiqué. Elle calcule que sur les 14 groupes de travail prévus entre fin août et novem- bre, neuf seront relatifs aux problèmes économiques des agriculteurs, quatre à l’alimentation et seulement un à l’environnement. «Rien de concret n’est dit ou presque sur les impacts négatifs des activités agricoles sur l’environnement et la santé, la qualité des aliments ou la loyauté des informations fournies au consommateur.»

L’association dénonce «l’impasse» sur la transparence des prix, les perturbateurs endocriniens ou la réglementation environnementale qui s’impose déjà aux activités agricoles.

«Compte tenu des enjeux, l’organisation participera aux débats» mais souhaite leur élargisse- ment. Emmanuel Macron, parti jeudi prêcher la bonne parole auprès des militaires de la base d’Istres (Bouches-du-Rhône), n’a pas clôturé la séance comme prévu initialement. Mais le processus s’achève en novembre, alors…

LIBERATION  20 juillet 2017

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21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

sécheresse (le télégramme)

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« S’il n’y a pas d’eau cet automne, la situation sera tendue »

L’orage de mardi et les petites pluies d’hier n’y changent pas grand-chose. Les agriculteurs pâtissent de la sécheresse et en particulier ceux qui sont installés en zone littorale. C’est le cas de Philippe Le Dressay, l’un des deux producteurs laitiers encore en exercice à Vannes.

La pluviométrie en berne depuis plus d’un an a amené le paysan à prendre une décision radicale : réduire son troupeau de vaches laitières. Il en avait 50, il n’en a plus que 46. « Je préfère bien nourrir mes bêtes et en avoir moins. C’est un choix ». Résultat, sa production de lait a baissé de 16.000 litres l’an dernier. Hier matin, ses vaches étaient au pré. Mais pas vraiment pour paître, car l’herbe est rase.

« Elle a arrêté de pousser depuis mi-mai. C’est un mois plus tôt qu’en temps normal. Là, je les ai sorties tout simplement pour qu’elles gambadent ». L’agriculteur fait état de situations très disparates selon la localisation des exploitations. Lui se trouve en bordure du golfe, à Kerbour- bon, dans le secteur de Larmor-Gwened. Un endroit où la terre est un peu sableuse, donc moins nourricière que dans l’intérieur des terres. « Le vent a un effet asséchant. Les sols retiennent moins l’eau. Ici, comme en presqu’île de Rhuys, on manque d’eau, alors qu’à dix kilomètres d’ici, à Meucon, mes collègues n’ont pas de problème ».

Prix du lait toujours en deçà des attentes

Ces temps-ci, Philippe Le Dressay est constamment connecté à des sites météo pour savoir de quoi sera fait son avenir. Mais il n’est pas plus alarmiste que cela. L’expérience lui a montré que les choses peuvent évoluer rapidement. « Il suffit qu’il tombe 100 mm d’eau en août et ça changera tout. La terre est chaude, donc l’herbe repoussera très vite. Mais je suis vigilant quand même. Il n’y a pas eu de pluie l’automne dernier. Si ça recommence cet automne, la situation va devenir très tendue ».

D’autant plus tendue que les stocks de fourrage sont limite. Président du comité territorial à la chambre d’agriculture, il a obtenu que les collectivités autorisent les agriculteurs à faucher sur des terrains en friche leur appartenant. « Ce n’est pas un fourrage d’excellente qualité, mais cela nous permet de garder le meilleur pour les vaches qui sont en lactation ». Actuellement, ses vaches consomment quotidiennement deux bottes de paille de 400 kg. Le double de la normale.

Cette sécheresse se produit alors que la crise touche les producteurs laitiers depuis près de trois ans. Le cours du lait était de 325 € les 1.000 litres au mois de juillet et doit passer à 330 € en août. « Nous, on veut que le prix minimum soit fixé à 340 € les 1.000 litres. Quand vous cumulez sécheresse et prix inférieur à la normale, vous tirez sur la trésorerie parce qu’il faut bien acheter du fourrage ».

20 juillet 2017Loïc Berthy

http://www.letelegramme.fr/

Commentaire: Ce n’est ni aux consommateurs ni aux producteurs de payer la facture du lait! Il faut s’attaquer aux marges scandaleuses des distributeurs qui font baisser les prix aux paysans et augmenter ceux des consommateurs!

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21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

guipry-messac (fr3)

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Le parc Avalonys, un projet qui fait polémique

C’est un projet de parc d’attraction sur le thème du roi Arthur, Avalonys, qui devrait voir le jour en 2020. Il suscite une dynamique, mais aussi des inquiétudes avec la perte de surfaces agricoles.

Le parc Avalonys, sur le thème du roi Arthur et des légendes celtes, sera axé sur l’innovations technologiques, avec des visites virtuelles et des applications pour smartphone, mais aussi manèges classiques. Ce qui n’est encore qu’un projet suscite une dynamique, mais aussi des inquiétudes.

Les uns avancent des chiffres positifs pour l’emploi, une cinquantaine, renforcés par 150 saisonniers, alors que d’autres y voient un grignotage des terres agricoles. Les 80 hectares concernés appartiennent à la société Butagaz. Ils sont  exploités par une dizaine d’agriculteurs qui pointent le manque de concertation. « Il faut que les porteurs de projets, les associations, pour ou contre, se mettent autour de la table » estime Thierry Beaujouan, le maire de Guipry-Messac.

Stéphane Grammont 20/07/2017

http://france3-regions.francetvinfo.fr/

Commentaire: Bétonnage: Au rythme actuel on perdrait 1 département de bonnes terres tous les 7 ans contre 1 tous les 10 ans avant 2000!

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19 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

30 ans (la conf’)

conf 30

Pour fêter ses 30 ans, la Confédération paysanne vous propose un numéro de Campagnes Solidaires spécial : La Conf’ a 30 ans, eux aussi !

Les paysannes et les paysans de la Conf’ forment une palette multicolore où tous les tons se marient allègrement. Vous pourrez le constater dans ce numéro spécial, publié à l’occasion des 30 ans de la Confédération paysanne, en lisant les parcours et portraits d’une trentaine de paysan·nes confédéré·es trentenaires.

Toutes les productions sont présentes, toutes les circonstances d’installation. Et toutes ces expériences se retrouvent dans le syndicat. Toutes cette diversité, c’est l’énergie de la Conf’. Elle s’harmonise et réalise le tour de force de porter tous ses combats en dehors du corporatisme et au-delà des dissensions qu’il peut y avoir entre les différentes productions. Bien sûr qu’il est parfois difficile de se comprendre, mais nous passons chaque fois le cap et en sortons grandis.

Pour que ces hommes et ces femmes continuent de vivre de leur métier, pour que d’autres envies se concrétisent, nous avons besoin de la Conf’ afin de porter ensemble les combats nécessaires contre toutes les aberrations idéologiques qui peuvent très vite nous broyer, quels que soient les choix réalisés, et de manière insidieuse consumer doucement mais sûrement toute la masse paysanne et laborieuse.

Les projets de chacun, de chacune, sont différents, les portraits témoignent d’une diversité créative  pour être « en accord avec soi », pour « relocaliser », pour « donner du sens à sa production »…

Toutes ces initiatives individuelles ou collectives localement nourrissent le projet de la Conf’, mais en aucun cas ne peuvent suffire aux nécessaires changements politiques pour enrayer la doctrine libérale qui pour l’instant voudrait régir nos vies. Pour universaliser ces initiatives, il faut porter notre projet politique au quotidien, oser le retravailler régulièrement pour l’adapter aux problématiques nouvelles.

La Conf’ avance toujours sur ses deux pieds, entre le développement d’une agriculture paysanne et la défense de ses travailleurs. Nous ne pouvons penser la lutte pour notre revenu, la lutte pour nos droits sociaux, sans envisager la nécessaire transition de systèmes agricoles à bout de souffle car inféodés à une pensée et à des politiques qui auraient du s’arrêter au XX siècle.

Enfin, chaque jour nous constatons que notre condition est semblable aux autres travailleuses et travailleurs : nous sommes méprisés, nous sommes déshumanisés, il nous faudra imaginer plus qu’une solidarité, mais bien une convergence des luttes pour résister.
Alors, oui la Confédération paysanne a plus que jamais de l’avenir. Ses fondations sont solides, il faut les renforcer, se les approprier, les faire évoluer et nous les faire nôtres.

Nous ne sommes pas seuls face à l’adversité et aux politiques iniques, nous sommes des milliers pour imaginer et porter la Conf’. Pourvu que ça dure, car y a du pain sur la planche !

Cécile Muret,18.07.2017
paysanne dans le Jura, 37 ans,
secrétaire nationale

http://www.confederationpaysanne.fr/

Télécharger le numéro spécial de Campagnes Solidaires

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11 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

agriculture (regards)

fleurs

Stéphane Travert, ministre éclairé de l’agriculture intensive

Le nouveau ministre de l’Agriculture a apporté sa contribution aux débuts difficiles mais révélateurs du gouvernement. Cet ami des pesticides l’est aussi du nucléaire, en accord avec son profil d’anti-écologiste primaire. Pour une entrée en matière, c’est parfait. Tout juste nommé ministre de l’Agriculture par Emmanuel Macron, Stéphane Travert a démarré sur les chapeaux de roue avec une interview remarquée chez Jean-Jacques Bourdin.

Interrogé sur les propositions contenues dans un rapport interministériel projetant de revenir sur l’interdiction de l’épandage aérien et l’utilisation de certains pesticides, les néonicotinoïdes suspectés d’être des « tueurs d’abeilles », le ministre a confirmé que ce retour en arrière était bel est bien envisagé : «On peut le prendre comme ça», a-t-il benoîtement concédé. Avec de tels propos, le tout nouveau ministre devrait, normalement, combler assez rapidement son déficit de notoriété.

Déjà désavoué

Si le rôle des néonicotinoïdes dans la surmortalité des ruches est parfois discuté, les préco- nisations de l’Anses pointent l’évidente responsabilité des pratiques agricoles et des produits phytosanitaires. Pour justifier son propos, Stéphane Travert a eu recours à une curieuse argumentation. Il a ainsi expliqué que la loi française concernant les néonicotinoïdes « n’est pas conforme avec le droit européen » au prétexte que la législation nationale allait au-delà des préconisations de Bruxelles. C’est un peu comme si on revenait sur les 35 heures au prétexte que la durée maximale du travail votée dans l’Union européenne est de 48 heures – bel exemple d’alignement sur le moins-disant.

Surtout, l’éventualité de telles mesures a généré le premier couac gouvernemental avec Nicolas Hulot. Dans une vidéo de sa fondation en 2015, dans une tribune en 2016, ce dernier disait « halte au massacre des abeilles ». Devant la polémique naissante, le premier ministre Édouard Philippe a désavoué Stéphane Travert en annonçant dans un communiqué que « le gouvernement a décidé de ne pas revenir sur les dispositions de la loi de 2016 ».

Côté déclaration d’amour aux écologistes, il faut pourtant reconnaître au ministre de l’Agri- culture une certaine constance. Interrogé peu avant le second tour par France Bleu, il répon- dait ainsi à la question « À quel moment vous vous êtes dit, je pars avec Emmanuel Macron? »  attention cela pique un peu : «Je ne me reconnaissais plus dans les positions très bobos et parisiennes de la gauche de la gauche, comme par exemple la sortie du nucléaire, la décroissance».

Irradiation

Le propos pourrait paraître outrancier mais il n’est pas inutile d’apporter une petite précision sur le député Stéphane Travert : élu en 2012 sous l’étiquette Parti Socialiste et réélu en 2017 avec le label LREM, notre pugnace ministre de l’Agriculture est l’émérite représentant de la troisième circonscription de la Manche. Un territoire incontestablement rural, mais qui recèle quelques pépites industrielles comme la centrale nucléaire de Flamanville. Outre ses deux premiers réacteurs en fonction depuis le milieu des années 80, c’est au chantier du troisième réacteur avec la technologie EPR (réacteur pressurisé européen) que Flamanville doit sa renommée.

Une renommée méritée, tant la construction de ce réacteur de nouvelle génération est emblé-matique de l’accident industriel et financier programmé. Le chantier lancé à la fin 2007 devait s’achever en 2012 pour un coût de 3,3 milliards d’euros. Quelques années plus tard, on sait désormais que le réacteur ne sera pas en service avant 2018 et que la facture sera supérieure à 10 milliards d’euros. Cerise sur le gâteau, la cuve du réacteur ne remplit pas les critères initialement requis en termes de résistance.

Qu’importe, Stéphane Travert irradie de bonheur dès lors qu’on agite les trois petites lettres magiques E, D et F. Reste une question sur les raisons de ses déclarations chez Jean-Jacques Bourdin : initiative intempestive et personnelle ou expression des lobbies financiers du secteur agro-industriel ?

http://www.regards.fr/

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10 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

plages (côté quimper)

cochons

On a cerné les coupables! Ouf, le productivisme est innocent!

Eaux de mer : 11 sites de baignade sur le Finistère classés en qualité insuffisante

L’Agence régionale de santé de Bretagne a rendu public les résultats sur la qualité des eaux de baignade. 11 sites finistériens sont sous surveillance. D’une façon générale, la qualité sanitaire des eaux de baignade bretonne est en amélioration constante, assure l’Agence régionale de la santé. Elle suit la tendance observée au niveau national.

L’ARS Bretagne assure chaque année la surveillance de près de 600 zones de baignade recensées sur le littoral et les plans d’eaux intérieurs de la région. Ce suivi répond à une préoccupation essentielle en matière de santé publique : il vise à s’assurer de la bonne qualité microbiologique des eaux et éviter l’exposition des baigneurs à une eau pouvant présenter des risques sanitaires.

En cas d’épisode de contamination, l’ARS Bretagne évalue le risque pour la santé de la population et détermine les mesures de gestion adéquates, en particulier l’opportunité d’interdire temporairement la baignade. La très bonne qualité des eaux de baignade bretonne se confirme en 2016, 98 % des baignades contrôlées respectant les exigences de qualité communautaires.

Le Finistère particulièrement concerné

A noter que, sur les trois dernières années, huit nouveaux sites de baignade ont été intégrés au programme du contrôle sanitaire. A l’issue de la saison 2016, seuls 12 sites de baignade, exclusivement sur des eaux de mer, demeurent classés en qualité insuffisante en Bretagne. Le Finistère est tout particulièrement concerné :

  1. Ris (Douarnenez)
  2. Barrachou et Croix (Guisseny)
  3. Château et Gwisselier (Landunvez)
  4. Moulin Blanc (le Relecq-Kerhuon/Brest)
  5. Kerdeniel et Treompan (Ploudalmézeau)
  6. Guillec (Plougoulm)
  7. Mazou (Porspoder)
  8. Theven (Santec)

29 Juin 2017

https://actu.fr/

Commentaire: 11 sur 12 dans le FNSEA-land, heu, le Finistère, sauf peut-être Brest Moulin Blanc

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