Archive | Luttes paysannes et alimentation

11 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

agriculture (libération)

glyphosate-

Glyphosate : les champs des possibles

Alors que les effets néfastes de l’herbicide sont de plus en plus établis et que les Etats membres de l’UE doivent trancher sur son avenir, des alternatives existent. Mais elles nécessitent un changement de paradigme.

«There is no alternative», clamait Margaret Thatcher pour défendre sa politique néolibérale. Trente ans plus tard, les pro-glyphosate jouent la même partition. «Il n’y a pas d’alternative», répètent-ils en boucle, alors que les experts des Etats membres de l’Union européenne doivent voter mercredi, après plusieurs reports, pour ou contre le renouvellement pour une période de «cinq à sept ans» de l’autorisation du pesticide le plus utilisé au monde (il entre dans la composition de plusieurs centaines de produits, dont l’herbicide Roundup de Monsanto).

Les industriels, réunis au sein du Groupe de travail européen sur le glyphosate (Glyphosate Task Force ou GTF, un consortium dont le but affiché est de «conjuguer leurs ressources et leurs efforts» afin d’obtenir ce renouvellement), continuent de prétendre que «le glyphosate ne pose pas de risque pour la santé humaine».

Alors qu’il a été classé «cancérogène probable» par l’Organisation mondiale de la santé. Mais l’argument tient de moins en moins. L’ONG Global 2000 a révélé en septembre qu’une grande partie du rapport de l’institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BFR), sur lequel se sont fondées les deux agences européennes d’évaluation des pesticides (l’Autorité euro- péenne de sécurité des aliments et l’Agence européenne des produits chimiques) pour déclarer le glyphosate non cancérogène était en fait un copié-collé d’une étude publiée par Monsanto en 2012.

«Outil indispensable»

Alors reste l’argument qu’il n’y a pas de plan B.«A cette date, il n’existe pas d’alternative satis- faisante au glyphosate», «un outil indispensable pour la ferme France», écrit le GTF sur son site web. L’herbicide, dont environ 8 000 tonnes sont vendues chaque année en France, serait «le moyen le plus efficace pour désherber. [Il] réduit les coûts de production et le temps requis pour préparer les sols avant l’implantation des cultures [et] garantit des rendements agricoles élevés», arguent les industriels.

Et de dégainer un sondage commandé à Ipsos et réalisé en mars auprès de «904  agriculteurs et une dizaine d’experts agricoles, industriels et institutionnels», selon le- quel deux tiers des agriculteurs français utilisent du glyphosate et «plus de 80 % des utilisateurs agricoles estiment que la molécule est importante pour leur exploitation».

Une molécule «surtout employée en grandes cultures, surtout de céréales (85 % des profes- sionnels) et en viticulture (84 %)». Son retrait aurait «des conséquences économiques lour- des». Il «engendrerait une hausse des coûts de production (jusqu’à 18 % pour les viticulteurs), une baisse des rendements (13 % en viticulture) et, in fine, une baisse de rentabilité». Avec, à la clé, un «recul des exportations à hauteur de près de 2 milliards d’euros pour les seules filières céréalières et viticoles».

Interdire le glyphosate serait même dangereux pour l’environnement !

Les industriels ne dénoncent pas ici le fait que le seul produit équivalent sur le marché, le glufosinate-ammonium, est tout aussi nocif. Leur argumentaire est tout autre : en permettant de se passer de labours, le glyphosate serait bon pour les sols et le climat. Pour le GTF, asperger les sols de ce produit permettrait de réduire les travaux mécaniques «au maximum, [donc] la consommation de carburant est diminuée de moitié. Les quantités de dioxyde de carbone émises par le retournement du sol et le passage des outils sont également divisées par deux. En outre, […] un sol travaillé mécaniquement subit une érosion six fois supérieure à un sol non travaillé».

Bref, le glyphosate serait «vital pour les exploitations pratiquant l’agriculture de con- servation [un ensemble de techniques dont l’un des piliers est la réduction, voire la suppres- sion du travail du sol, ndlr] et contribue au déploiement du projet 4 pour 1 000». Lancée par la France lors de la COP 21, cette «initiative» promeut l’abandon du labour pour séquestrer du carbone dans les sols.

La FNSEA ne dit pas autre chose. «Il n’y a pas, à ce jour, d’alternative possible pour les agriculteurs», martèle Christiane Lambert, la présidente du principal syndicat agricole français.

Ce dernier, dont les positions et éléments de langage sont proches de ceux des industriels, considère aussi qu’il serait incohérent d’interdire le glyphosate «alors que la France fait partie des pays moteurs dans le 4 pour 1 000, [cette initiative ayant] besoin de la molécule pour se passer du labour et stocker davantage de carbone dans les sols».

Bilan carbone

Alors, hors du glyphosate, point de salut ? Faudra-t-il vraiment choisir entre cette molécule et une autre, tout aussi nocive ? Choisir entre elle ou les labours ? Non, répondent de plus en plus d’agriculteurs et d’agronomes. Des solutions existent déjà, qui sortent de ces schémas binaires. Simplement, elles supposent de repenser le modèle agricole.

«Les tenants du statu quo instrumentalisent la pratique du « sans labour » pour justifier l’usage de glyphosate, lequel pour une grande partie des agriculteurs est uniquement un confort : on passe un coup de Roundup pour désherber avant de semer», estime l’agronome Jacques Caplat, auteur de Changeons d’agriculture (Actes Sud, 2014).

Pour lui, le «sans labour» ne devrait pas être un but en soi mais un moyen permettant de conserver la vie du sol.

Or, de ce point de vue, dit-il, le glyphosate «fait plus de dégâts que le labour, car il tue une partie des bactéries du sol alors que le labour chamboule les milieux de vie du sol : ce n’est pas bon, mais pas non plus dramatique». De plus, selon lui, les partisans du glyphosate «laissent toujours de côté le fait que cette molécule se retrouve partout dans l’environnement, jusque dans nos corps, alors que le labour n’a aucune incidence sur la qualité de l’air, de l’eau, sur la biodiversité ou sur notre santé».

Autre «oubli» des industriels décriant le bilan carbone des labours : pour produire des pesticides de synthèse, il faut… du pétrole. Par ailleurs, remarque Jacques Caplat, «de plus en plus d’agriculteurs bio tendent vers le « sans labour », même si l’idéal du « sans labour et sans chimie » n’est pas faisable partout : certains estiment qu’un labour superficiel reste parfois utile, par exemple quand les sols sont très humides au printemps».

Car il y a labour et labour.

Nul besoin de retourner la terre à 40 centimètres de profondeur. Un outil baptisé «herse étrille» permet par exemple d’arracher les mauvaises herbes, même au milieu des cultures déjà en place, à seulement 2 centimètres de profondeur. Une autre technique est le «semis direct sous couvert», qui consiste à implanter une culture directement dans un couvert végétal (qui étouffe les herbes indésirables, assouplit la terre et peut être détruit juste avant le semis par le gel ou par un rouleau écraseur, ce qui évite l’emploi d’herbicides).

Elle permet d’utiliser des tracteurs moins puissants, de réduire le nombre de passages dans les champs, ce qui diminue la consommation de fuel, et d’utiliser moins d’engrais, expliquent les agronomes Lydia et Claude Bourguignon dans leur Manifeste pour une agriculture durable (Actes Sud, 2017).

Et d’ajouter : «Cultiver devient alors complexe mais passionnant : complexe car il faut oublier tout ce que l’on enseigne dans les lycées agricoles, mais passionnant car il faut repenser et créer une autre approche de l’agriculture.» L’idée est d’observer la nature et de travailler avec elle plutôt que contre elle. Plutôt que de considérer le sol comme un support inerte inondable à l’envi d’engrais et de désherbants pétrochimiques, il faut utiliser sa «valeur agronomique», ses insectes, ses bactéries, ses vers de terre. Eviter la monoculture, favoriser les rotations.

«Repenser le modèle»

Ce qui demande technicité, connaissances, réflexion, patience et précision. L’arsenal des techniques qui permettent de se passer du glyphosate en particulier et des pesticides en général est détaillé dans une étude commandée par le groupe écologiste au Parlement euro- péen à l’ONG Pesticide Action Network (PAN) parue mi-octobre.

Tout commence par la prévention – il existe moult façons d’éviter la pousse des mau- vaises herbes. Pour éviter que celles qui germent quand même n’envahissent les cultures, il faut savoir observer, anticiper pour intervenir au bon moment. Ensuite seulement viennent les techniques mécaniques voire thermiques (usage des flammes, de vapeur, d’eau chaude…) ou même innovantes (radiations infrarouges, lasers, robots intelligents…) pour les éradiquer. Autre solution : utiliser la lutte biologique (insectes, nématodes, bactéries). Et en tout dernier recours arrivent les herbicides naturels (acide citrique, huile de girofle). Tout sauf un retour à l’agriculture de grand-papa.

«On nous accuse d’être passéistes, mais c’est tout l’inverse : se passer des pesticides demande des compétences très pointues, les céréaliers bio sont des paysans-chercheurs qui ont un côté Géo Trouvetou, alors qu’utiliser le glyphosate demande peu de travail et de savoir», explique l’agriculteur Xavier Mathias, auteur de Au cœur de la permaculture (Larousse, 2017).

«Il s’agit de sortir de la logique réductionniste, de l’idée que l’agriculture peut être mise en équations simples, segmentée, pensée en silos, pour repenser tout le modèle et passer à une logique systémique, avoir une approche d’ensemble qui optimise les relations entre les humains, l’agrosystème (plantes cultivées et animaux d’élevage) et l’écosystème, résume Jacques Caplat. Mais sortir de ce système formaté, du glyphosate et des pesticides en général suppose de former les agriculteurs, que cela peut parfois paniquer. Il faut les accompagner. Ce serait faisable en deux ans, avec un plan de transition ambitieux. Mais vu l’inertie du système agricole français, cela prendra hélas plutôt de trois à cinq ans…»

Célèbre pour avoir osé attaquer Monsanto en justice après avoir été intoxiqué en 2004 avec son herbicide Lasso, désormais interdit (1), le céréalier charentais Paul François déconseille aussi une interdiction brutale du glyphosate : «Cela pousserait à le substituer par d’autres molécules autant, voire plus dangereuses. Je n’en utilise plus, cela se passe très bien et j’en suis très heureux, mais je ne l’ai pas fait du jour au lendemain parce que je n’ai pas voulu le remplacer par d’autres produits, je l’ai anticipé. Décider aujourd’hui que, dans trois ans, il sera retiré une bonne fois pour toutes me paraît raisonnable.» Voilà qui rejoint la position du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, qui a proposé lundi de limiter à «trois ans» le renouvellement du glyphosate au niveau européen.

(1) Un paysan contre Monsanto, paru ce 25 octobre chez Fayard.

Coralie Schaub  24 octobre 2017

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11 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

ogm (côté quimper)

assez

La faucheuse Marie Nicolas convoquée au commissariat de Quimper Lundi 6

novembre 2017, 80 personnes sont venues soutenir celle qui avait participé  à une  action anti-OGM dans les Côtes d’Armor en novembre 2016..

Marie Nicolas n’en est pas à sa première convocation au commissariat de Quimper. Lundi 6 novembre 2017, elle était convoquée suite à sa participation à une action anti-OGM dans les Côtes-d’Armor en novembre 2016. Ce jour-là, 45 faucheurs volontaires (dont une vingtaine de Bretons) avaient mené diverses actions  pour «alerter la société sur l’importation massive de soja transgénique en Bretagne pour nourrir les animaux et l’utilisation massive de glyphosate», résume Marie Nicolas.

Les 45 faucheurs avaient bloqué les entrées et sorties de la coopérative Triskalia Nutréa de Plouagat, près de Guigamp.

Ils s’étaient ensuite rendus dans un magasin Triskalia et avaient peint les flacons de glypho- sate (round up) pour les rendre impropres à la vente. Enfin, ils avaient étiqueté de la char- cuterie dans des grandes surfaces locales avec la mention « nourris aux OGM et aux pestici- des ».

Environ 80 personnes sont venues soutenir Marie Nicolas, ce lundi. La militante quimpéroise ne craignait pas cette convocation. Au contraire:  Les faucheurs volontaires réalisent leurs actions à visage découvert. Notre but est d’alerter l’opinion publique. Les procès nous permettent de nous exprimer.

Du glyphosate dans les urines

Marie Nicolas et deux autres faucheurs volontaires arboraient un tee-shirt avec des chiffres énigmatiques. Explications d’Yves Le Devic: Des recherches de glyphosate ont été réalisées dans les urines de 50 militants. Toutes sans exception en contenaient. Moi, j’en ai 2,09 ng/ml alors que je suis végétarien depuis 42 ans, je bois de l’eau en bouteille. j’ai sans doute le malheur d’habiter à la campagne.

Pour information, la concentration maximale admissible pour un pesticide dans l’eau est de 0.1 ng/ml. Les faucheurs volontaires bretons se rendront le  21 décembre prochain à Lorient au procès de quatre militants qui ont dégradé les bidons contenant du glyphosate.

6 Nov 2017

https://actu.fr/

niococla

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07 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

ogm pesticides (le télégramme)

ogm

Faucheurs volontaires. Une nouvelle audition hier

Elle revendique sa participation, le 4 novembre 2016 dans les Côtes-d’Armor, à une opération des Faucheurs volontaires. La Quimpéroise Marie Nicolas était, hier, entendue par la police dans le cadre de l’enquête ouverte après la visite de silos de soja OGM à Plouagat, ainsi que de plusieurs magasins de Saint-Brieuc, où des bidons de Roundup avaient été rendus impro- pres à la commercialisation. Elle a bénéficié du soutien de quelque 70 personnes réunies devant le commissariat, le temps de son audition.

Le souhait d’un procès

« Je n’ai rien à dire à un officier de police judiciaire. Je veux un procès », commentait la militante à sa sortie du commissariat. Sur la poitrine, « 0,19 » inscrit au feutre noir sur une étiquette blanche. « C’est le taux de glyphosate relevé dans mes urines. Il est faible parce qu’on boit de l’eau traitée par osmose inverse », explique-t-elle.

À ses côtés, plusieurs militants au taux bien plus élevé.

Le tee-shirt de Youn Le Guen affiche un taux de 2,53 ng/ml, malgré une consommation de produits bio depuis de longues années. « J’habite à la campagne », tente-t-il d’expliquer. Le constat conduit les Faucheurs volontaires à railler la position de Nicolas Hulot, qui s’est refusé à une interdiction immédiate de la molécule.

« C’est un quart de pas en avant, cinquante pas en arrière », estime Gilbert, le mari de Marie Nicolas. Le militant prône un retrait du glyphosate et surtout, un changement de prati- ques agricoles, tout en plaidant en faveur de la désobéissance civile.

Un point de vue que les Faucheurs volontaires entendent exprimer devant les tribunaux. Marie Nicolas se réjouit d’ailleurs de la position du parquet de Foix qui, en août, s’était associé à la défense de Faucheurs volontaires pour réclamer la saisine de la Cour européenne de justice sur la question du principe de précaution. « On a tout un travail de sensibilisation à mener », insiste la militante, prête à affronter ses juges.

Jean Le Borgne 07 novembre 2017

http://www.letelegramme.fr/

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06 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

amann* (npa)

npa agricol

Amann*: du beurre, en breton

Spéculation sur le beurre… et l’argent du beurre

« Ce à quoi on assiste, c’est à un jeu de poker menteur ultra-spéculatif ». C’est ainsi que Laurent Pinatel, de la Confédération paysanne, explique la pénurie de beurre dans les grandes surfaces et les difficultés d’approvisionnement des artisans et petits industriels de la filière.

De leur côté, les producteurEs de lait affiliés à la FNSEA multiplient les interventions dans les grands super­marchés pour expliquer aux consommateurEs, qui s’inquiètent de voir les rayons vides, que tout cela est une question de prix, les éleveurEs n’en pouvant plus de travailler à perte alors qu’industriels et distributeurs refusent de payer le juste prix.

Les effets de la suppression des quotas laitiers

Les éleveurEs ont parfaitement raison lorsqu’ils récusent l’argument de l’augmentation du prix du lait. Certes le prix est reparti à la hausse, mais c’est après les fortes baisses enregistrées en 2015 et 2016, et le niveau actuel reste inférieur à celui de 2014. On se souvient que l’effon- drement, au-dessous des coûts de production, avait provoqué des manifestations auxquelles le ministre de l’Agriculture comme la Commission européenne avaient répondu en conseillant aux éleveurEs de limiter leur production, avec des aides à l’appui et des mesures de stockage de la poudre de lait.

Pour résumer, la Commission européenne a, avec l’accord des gouvernements nationaux, supprimé en 2015 les quotas laitiers, qui adaptaient l’offre à la demande, pour complaire aux industriels qui allaient profiter de la surproduction pour tirer à la baisse le prix de la matière première. Mais, face à la levée des fourches, elle a encouragé la maîtrise de la production, sous une forme bien moins organisée et sans aucun souci de la qualité et de la variété des produits mis sur le marché. Il ne s’agit pas de mythifier les quotas : ils n’ont pas empêché des milliers d’exploitations de disparaître, mais ils avaient au moins assuré une certaine stabilité des prix.

Des politiques collectives sont nécessaires

Il est exact que la production de matières grasses a baissé alors que la demande augmentait. Mais c’était couru d’avance. À titre individuel l’éleveurE, confronté en amont à une hausse des coûts de production sur laquelle il n’a pas la main et, en aval, aux prix trop bas imposés par les laiteries, elles mêmes pressurées par l’agro-industrie, fait des choix économiques à son échelle, pour préserver ses revenus : si la production de lait à plus forte teneur en matières grasses génère des dépenses supplémentaires non couvertes par le prix de vente, il ne fera pas ce choix.

L’adéquation de la production, en quantité et en qualité, aux besoins de la population suppose des politiques collectives, une planification débattue par les agriculteurEs, les salariéEs des filières et les consommateurEs.

Mais, comme le soulignent tous les syndicats agricoles, les aléas de la production ne suffisent pas à expliquer la flambée du prix du beurre et une pénurie dont beaucoup pensent qu’elle est organisée à la fois par du stockage et une priorité donnée aux marchés à l’exportation, plus rémunérateurs.

Les froncements de sourcil du ministre, ses propos rassurants et quelques mesurettes ne régleront rien.

L’alimentation est un besoin fondamental dont la satisfaction ne peut être garantie qu’en la sortant des griffes du capitalisme, en socialisant l’industrie et la grande distribution.

Vendredi 3 novembre 2017 Gérard Florenson

https://npa2009.org/

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06 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

bio rennes (gab frab)

ennemo bio

Appel à manifester, mercredi 8 novembre à Rennes. Pour la défense de l’agriculture bio en Bretagne

Où sont les objectifs de développement de la bio en Bretagne?

Alors que la demande des citoyens progresse chaque année en moyenne de 10% (+20% entre 2015 et 2016), quelles sont les ambitions des autorités régionales pour accompagner l’agriculture biologique?

Les agricultrices et agriculteurs bio de Bretagne appellent à manifester mercredi 8 novembre à Rennes.

Création d’emploi, protection de la ressource en eau, réduction et adaptation au changement climatique, réservoirs de biodiversité, santé publique : les services rendus par l’agriculture biologique à la société dans son ensemble sont nombreux et méritent d’être reconnus.

Aujourd’hui, le soutien aux agriculteurs biologiques est menacé : les financements initialement prévus pour soutenir les producteurs bio dans leur démarche jusqu’en 2020 ne seront pas suffisants. Les autorités régionales – Conseil Régional, DRAAF, Agence de l’Eau, Conseils Départementaux- doivent trouver des solutions pour ne pas casser la dynamique bio en Bretagne.

Nous demandons :

• Des objectifs ambitieux de développement de la bio au niveau régional. Le réseau GAB-FRAB défend un objectif 20% de surfaces en bio en 2022 (ambition FNAB)


• La reconnaissance des services environnementaux et sociétaux rendus par l’agriculture biologique, en trouvant rapidement des solutions pour financer les aides à la bio
• L’activation régionale rapide des 200 millions d’euros annoncés par le président Emmanuel Macron pour la rémunération des services environnementaux et des fonds transférés depuis le premier pilier.

Aujourd’hui, nous appelons l’ensemble de nos adhérents, ainsi que la société civile à se rassembler afin de porter ensemble ces messages :

Rendez-vous mercredi 8 novembre à 12 h à Rennes
(centre-ville – précision du lieu à venir)

Téléchargez notre communiqué de presse

http://www.agrobio-bretagne.org/

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05 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

synutra carhaix (le télégramme)

Manara-marre

De nouveaux témoignages accablants

Des représentants de la CGT ont écouté les témoignages des salariés de l’usine Synutra ce vendredi. Après une première réunion vendredi dernier, la CGT a accueilli une vingtaine de salariés supplémentaires de l’usine Synutra, ce vendredi, à la Maison des syndicats. La direc- tion a annoncé la veille aux salariés la tenue d’une sorte d’audit, le jour-même de la venue de l’inspection du travail.

Une vingtaine de salariés supplémentaires de l’usine de poudre de lait Synutra a répondu à l’appel de la CGT, ce vendredi, à la Maison des syndicats. De manière unanime, ces nouveaux témoignages font part du même malaise que celui signalé par la cinquantaine de salariés venus vendredi dernier, lors de la précédente réunion.

« Une ambiance différente »

« Il y a des changements de planning : on va nous faire travailler le samedi alors qu’on nous avait dit le contraire », commence une salariée. Plusieurs collègues confirment : « Ils font ce qu’ils veulent ! ». Stéphane Bayon, délégué départemental CGT rappelle : « Quand il y a des changements de plannings collectifs, ça doit passer par le comité d’entreprise, c’est la loi ».
« Il y a à Synutra une ambiance différente, explique un autre salarié. Quand les nouveaux ratent quelque chose, ce qui peut arriver, ils craignent tout de suite d’être virés. Du coup, on n’ose même plus leur dire quand ils ratent quelque chose ». « Tout est considéré comme une faute grave aux yeux de la direction », résument les salariés, à l’unisson.

Le projet « 3E »

La direction a organisé une réunion exceptionnelle, jeudi. « Ils nous ont présenté le projet qu’ils veulent mettre en place dans les mois qui viennent, nommé « 3E », pour « Écoute, Épanouis-sement et Ensemble », rapporte Gilles Bourguignon, délégué CGT à Synutra. C’est un organisme externe qui va intervenir mais, pour l’instant, la forme n’est pas encore décidée. Un questionnaire anonyme devrait être donné à tout le monde. »

Un projet qui a été accueilli mollement, ce vendredi. « Ça peut être bien, sauf si la direction est dedans et qu’elle choisit qui fera l’audit », craint une salariée. « Pourquoi on écouterait nos questions alors qu’on n’écoute déjà pas les délégués du personnel ? », objecte un deuxième.

Intervient alors Daniel Laporte, responsable de l’Union locale CGT, qui rappelle qu’un Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) doit se tenir justement, le jeudi 23 novembre, avec l’inspection du travail : « C’est quand même étonnant que ce questionnaire tombe le 23 novembre, jour du CHSCT ! Encore une fois, on essaye de court-circuiter le CHSCT et de noyer le poisson ! ».

« La trouille de faire grève »

Un salarié soumet l’idée de faire grève. « Le problème, c’est qu’on a trop de CDD et d’inté-rimaires qui ont la trouille de faire grève par peur de ne pas être pris », argumente alors un délégué du personnel. « Pourquoi on nous supprime ce droit pour des questions de chantage et de pression ? », s’insurge son interlocuteur, qui s’étonne que le syndicat n’ait pas de soutien du maire de Carhaix, Christian Troadec.

Les représentants CGT se disent néanmoins confiants sur le fait que « les choses avancent ». Ils se réuniront le 10 novembre et invitent tous les salariés à leur faire part de leurs témoignages avant cette date, en vue du CHSCT du 23 novembre.

05 novembre

http://www.letelegramme.fr/

Lire aussi:

Synutra. Des méthodes qui posent question

Synutra. Une cinquantaine de salariés témoignent 

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05 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

décroissance (lmd)

decroissance

Absurdité du productivisme et des gaspillages: pour une société de décroissance

Mot d’ordre des gouvernements de gauche comme de droite, objectif affiché de la plupart des mouvements altermondialistes, la croissance constitue-t-elle un piège ? Fondée sur l’accu- mulation des richesses, elle est destructrice de la nature et génératrice d’inégalités sociales. « Durable » ou « soutenable », elle demeure dévoreuse du bien-être.

C’est donc à la décroissance qu’il faut travailler : à une société fondée sur la qualité plutôt que sur la quantité, sur la coopération plutôt que la compétition, à une humanité libérée de l’économisme se donnant la justice sociale comme objectif. « Car ce sera une satisfaction parfaitement positive que de manger des aliments sains, d’avoir moins de bruit, d’être dans un environnement équilibré, de ne plus subir de contraintes de circulation, etc. » Jacques Ellul (1).

Le 14 février 2002, à Silver Spring, devant les responsables américains de la météo- rologie, M. George W. Bush déclarait : « Parce qu’elle est la clef du progrès environne- mental, parce qu’elle fournit les ressources permettant d’investir dans les technologies propres, la croissance est la solution, non le problème. (2) » Dans le fond, cette position est largement partagée par la gauche, y compris par de nombreux altermondialistes qui considèrent que la croissance est aussi la solution du problème social en créant des emplois et en favorisant une répartition plus équitable.

Ainsi, par exemple, Fabrice Nicolino, chroniqueur écologique de l’hebdomadaire parisien Politis, proche de la mouvance altermondialiste, a récemment quitté ce journal au terme d’un conflit interne provoqué par… la réforme des retraites. Le débat qui s’en est suivi est révélateur du malaise de la gauche (3). La raison du conflit, estime un lecteur, est sans doute d’« oser aller à l’encontre d’une sorte de pensée unique, commune à presque toute la classe politique française, qui affirme que notre bonheur doit impérativement passer par plus de croissance, plus de productivité, plus de pouvoir d’achat, et donc plus de consommation (4) ».

Après quelques décennies de gaspillage frénétique, il semble que nous soyons entrés dans la zone des tempêtes au propre et au figuré…

Le dérèglement climatique s’accompagne des guerres du pétrole, qui seront suivis de guerres de l’eau (5), mais aussi de possibles pandémies, de disparitions d’espèces végétales et anima- les essentielles du fait de catastrophes biogénétiques prévisibles. Dans ces conditions, la société de croissance n’est ni soutenable ni souhaitable. Il est donc urgent de penser une société de « décroissance » si possible sereine et conviviale.

La société de croissance peut être définie comme une société dominée par une économie de croissance, précisément, et qui tend à s’y laisser absorber. La croissance pour la croissance devient ainsi l’objectif primordial, sinon le seul, de la vie. Une telle société n’est pas soutenable parce qu’elle se heurte aux limites de la biosphère.

Si l’on prend comme indice du « poids » environnemental de notre mode de vie l’« empreinte » écologique de celui-ci en superficie terrestre nécessaire, on obtient des résultats insoutena- bles tant du point de vue de l’équité dans les droits de tirage sur la nature que du point de vue de la capacité de régénération de la biosphère. Un citoyen des Etats-Unis consomme en moyenne 9,6 hectares, un Canadien 7,2, un Européen moyen 4,5. On est donc très loin de l’égalité planétaire, et plus encore d’un mode de civilisation durable qui nécessiterait de se limiter à 1,4 hectare, en admettant que la population actuelle reste stable (6).

Pour concilier les deux impératifs contradictoires de la croissance et du respect de l’environ-nement, les experts pensent trouver la potion magique dans l’écoefficience, pièce centrale et à vrai dire seule base sérieuse du « développement durable ». Il s’agit de réduire progress- ivement l’impact écologique et l’intensité du prélèvement des ressources naturelles pour atteindre un niveau compatible avec la capacité reconnue de charge de la planète (7).

Que l’efficience écologique se soit accrue de manière notable est incontestable, mais dans le même temps la perpétuation de la croissance forcenée entraîne une dégradation globale. Les baisses d’impact et de pollution par unité de marchandise produite se trouvent systématique- ment anéanties par la multiplication du nombre d’unités vendues (phénomène auquel on a donné le nom d’« effet rebond »). La « nouvelle économie » est certes relativement immaté- rielle ou moins matérielle, mais elle remplace moins l’ancienne qu’elle ne la complète. Au final, tous les indices montrent que les prélèvements continuent de croître (8). Enfin, il faut la foi inébranlable des économistes orthodoxes pour penser que la science de l’avenir résoudra tous les problèmes et que la substituabilité illimitée de la nature par l’artifice est concevable.

Si l’on suit Ivan Illich, la disparition programmée de la société de croissance n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. « La bonne nouvelle est que ce n’est pas d’abord pour éviter les effets secondaires négatifs d’une chose qui serait bonne en soi qu’il nous faut renoncer à notre mode de vie ­ comme si nous avions à arbitrer entre le plaisir d’un mets exquis et les risques afférents. Non, c’est que le mets est intrinsèquement mauvais, et que nous serions bien plus heureux à nous détourner de lui. Vivre autrement pour vivre mieux (9). »

La société de croissance n’est pas souhaitable pour au moins trois raisons : elle engendre une montée des inégalités et des injustices, elle crée un bien-être largement illusoire ; elle ne suscite pas pour les « nantis » eux-mêmes une société conviviale, mais une anti-société malade de sa richesse.

L’élévation du niveau de vie dont pensent bénéficier la plupart des citoyens du Nord est de plus en plus une illusion.

Ils dépensent certes plus en termes d’achat de biens et services marchands, mais ils oublient d’en déduire l’élévation supérieure des coûts. Celle-ci prend des formes diverses, marchandes et non marchandes : dégradation de la qualité de vie non quantifiée mais subie (air, eau, environnement), dépenses de « compensation » et de réparation (médicaments, transports, loisirs) rendues nécessaires par la vie moderne, élévation des prix des denrées raréfiées (eau en bouteilles, énergie, espaces verts…).

Herman Daly a mis sur pied un indice synthétique, le Genuine Progress Indicator, indicateur de progrès authentique (IPA), qui corrige ainsi le produit intérieur brut (PIB) des pertes dues à la pollution et à la dégradation de l’environnement.

A partir des années 1970, pour les Etats-Unis, cet indicateur stagne et même régresse, tandis que celui du PIB ne cesse d’augmenter (10). Il est regrettable que personne en France ne se soit encore chargé de faire ces calculs. On a toutes les raisons de penser que le résultat serait comparable. Autant dire que, dans ces conditions, la croissance est un mythe, même à l’inté- rieur de l’imaginaire de l’économie de bien-être, sinon de la société de consommation ! Car ce qui croît d’un côté décroît plus fortement de l’autre. Tout cela ne suffit malheureusement pas pour nous amener à quitter le bolide qui nous mène droit dans le mur et à embarquer dans la direction opposée.

Entendons-nous bien. La décroissance est une nécessité 

Ce n’est pas au départ un idéal, ni l’unique objectif d’une société de l’après-développement et d’un autre monde possible. Mais faisons de nécessité vertu, et concevons, pour les sociétés du Nord, la décroissance comme un objectif dont on peut tirer des avantages (11). Le mot d’ordre de décroissance a surtout pour objet de marquer fortement l’abandon de l’objectif insensé de la croissance pour la croissance.

En particulier, la décroissance n’est pas la croissance négative, expression antinomique et absurde qui voudrait dire à la lettre : « avancer en reculant ». La difficulté où l’on se trouve de traduire « décroissance » en anglais est très révélatrice de cette domination mentale de l’économisme, et symétrique en quelque sorte de l’impossibilité de traduire croissance ou développement (mais aussi, naturellement, décroissance…) dans les langues africaines.

On sait que le simple ralentissement de la croissance plonge nos sociétés dans le désarroi en raison du chômage et de l’abandon des programmes sociaux, culturels et environnementaux, qui assurent un minimum de qualité de vie.

On peut imaginer quelle catastrophe serait un taux de croissance négatif ! De même qu’il n’y a rien de pire qu’une société du travail sans travail, il n’y a rien de pire qu’une société de crois- sance sans croissance. C’est ce qui condamne la gauche institutionnelle, faute d’oser la déco- lonisation de l’imaginaire, au social-libéralisme. La décroissance n’est donc envisageable que dans une « société de décroissance » dont il convient de préciser les contours.

Une politique de décroissance pourrait consister d’abord à réduire voire à supprimer le poids sur l’environnement des charges qui n’apportent aucune satisfaction.

La remise en question du volume considérable des déplacements d’hommes et de marchan- dises sur la planète, avec l’impact négatif correspondant, une « relocalisation » de l’économie ; celle non moins considérable de la publicité tapageuse et souvent néfaste ; celle enfin de l’obsolescence accélérée des produits et des appareils jetables sans autre justification que de faire tourner toujours plus vite la mégamachine infernale : autant de réserves importantes de décroissance dans la consommation matérielle.

Ainsi comprise, la décroissance ne signifie pas nécessairement une régression de bien-être. En 1848, pour Karl Marx, les temps étaient venus de la révolution sociale et le système était mûr pour le passage à la société communiste d’abondance. L’incroyable surpro- duction matérielle de cotonnades et de biens manufacturés lui semblait plus que suffisante, une fois aboli le monopole du capital, pour nourrir, loger et vêtir correctement la population (au moins occidentale).

Et pourtant, la « richesse » matérielle était infiniment moins grande qu’aujourd’hui. Il n’y avait ni voitures, ni avions, ni plastique, ni machines à laver, ni réfrigérateur, ni ordinateur, ni biotec- hnologies, pas plus que les pesticides, les engrais chimiques ou l’énergie atomique ! En dépit des bouleversements inouïs de l’industrialisation, les besoins restaient encore modestes et leur satisfaction possible. Le bonheur, quant à sa base matérielle, semblait à portée de la main.

Pour concevoir la société de décroissance sereine et y accéder, il faut littéralement sortir de l’économie. Cela signifie remettre en cause sa domination sur le reste de la vie, en théorie et en pratique, mais surtout dans nos têtes. Une réduction massive du temps de travail imposé pour assurer à tous un emploi satisfaisant est une condition préalable.

En 1981 déjà, Jacques Ellul, l’un des premiers penseurs d’une société de décroissan- ce, fixait comme objectif pour le travail pas plus de deux heures par jour (12).

On peut, s’inspirant de la charte « consommations et styles de vie » proposée au Forum des organisations non gouvernementales (ONG) de Rio lors de la conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement de 1992, synthétiser tout cela dans un programme en six « r » : réévaluer, restructurer, redistribuer, réduire, réutiliser, recycler. Ces six objectifs inter- dépendants enclenchent un cercle vertueux de décroissance sereine, conviviale et soute- nable. On pourrait même allonger la liste des « r » avec : rééduquer, reconvertir, redéfinir, remodeler, repenser, etc., et bien sûr relocaliser, mais tous ces « r » sont plus ou moins inclus dans les six premiers.

On voit tout de suite quelles sont les valeurs qu’il faut mettre en avant et qui devraient prendre le dessus par rapport aux valeurs dominantes actuelles.

L’altruisme devrait prendre le pas sur l’égoïsme, la coopération sur la compétition effrénée, le plaisir du loisir sur l’obsession du travail, l’importance de la vie sociale sur la consommation illimitée, le goût de la belle ouvrage sur l’efficience productiviste, le raisonnable sur le rationnel, etc. Le problème, c’est que les valeurs actuelles sont systémiques : elles sont suscitées et stimulées par le système et, en retour, elles contribuent à le renforcer. Certes, le choix d’une éthique personnelle différente, comme la simplicité volontaire, peut infléchir la tendance et saper les bases imaginaires du système, mais, sans une remise en cause radicale de celui-ci, le changement risque d’être limité.

Vaste et utopique programme, dira-t-on ? La transition est-elle possible sans révolution violente, ou, plus exactement, la révolution mentale nécessaire peut-elle se faire sans violence sociale ? La limitation drastique des atteintes à l’environnement, et donc de la production de valeurs d’échange incorporées dans des supports matériels physiques, n’implique pas nécessairement une limitation de la production de valeurs d’usage à travers des produits immatériels. Ceux-ci, au moins pour partie, peuvent conserver une forme marchande.

Toutefois, si le marché et le profit peuvent persister comme incitateurs, ils ne peuvent plus être les fondements du système.

On peut concevoir des mesures progressives constituant des étapes, mais il est impossible de dire si elles seront acceptées passivement par les « privilégiés » qui en seraient victimes, ni par les actuelles victimes du système, qui sont mentalement ou physiquement droguées par lui. Cependant, l’inquiétante canicule de 2003 en Europe du Sud-Ouest a fait beaucoup plus que tous nos arguments pour convaincre de la nécessité de s’orienter vers une société de décroissance. Ainsi, pour réaliser la nécessaire décolonisation de l’imaginaire, on peut à l’avenir très largement compter sur la pédagogie des catastrophes.

 Serge Latouche  2003

Professeur émérite d’économie à l’université d’Orsay, objecteur de croissance.
loreint

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04 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

insecticides (basta!)

fondation hulot

Alors qu’insectes et abeilles disparaissent, deux nouveaux insecticides sont mis sur le marché

Les mauvaises nouvelles s’enchainent pour les apiculteurs français. La récolte de miel de 2017 s’annonce aussi catastrophique que celle de 2016 [1], elle n’atteint pas 10 000 tonnes, soit trois fois moins que dans les années 1990. Malgré cela, la France vient d’autoriser la mise sur le marché de deux insecticides, le Closer et le Transform, qualifiés de… « dangereux pour les abeilles ». Une dangerosité spécifiée dans les « conditions d’emploi générales » de ces deux produits développés par la multinationale états-unienne Dow AgroSciences [2].

Entrée sur le marché de nouveaux néonicotinoïdes ?

Ces deux insecticides contiennent la même molécule active, le sulfoxaflor, autorisée depuis 2015 au niveau européen. Et ce, bien que l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ait pointé dans le dossier d’homologation transmis par Dow AgroSciences « des informations manquantes requises dans le cadre réglementaire ». Certains usages de ce produit comportent « un risque élevé pour les abeilles », ainsi qu’un « risque à long terme élevé pour les petits mammifères herbivores » [3].

Pour l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), le sulfoxaflor est un néonico- tinoïde : un insecticide agissant sur le système nerveux central des insectes, même s’il n’est pas classé comme tel par les industriels et les agences réglementaires en Europe [4]. Pour sa part, l’entreprise Dow AgroSciences en France soutient que le sulfoxaflor n’est pas un néonico- tinoïde. «Il est autorisé dans quarante-trois pays, est utilisé sur des millions d’hectares et au- cun impact négatif sur les abeilles ou les pollinisateurs n’a été signalé», affirme la multinatio- nale [5]. Pourtant, plusieurs publications scientifiques établissent que le sulfoxaflor appartient bien à la famille des néonicotinoïdes [6]. Une décision de justice américaine a par ailleurs an- nulé en septembre 2015 l’autorisation du sulfoxaflor à la demande d’apiculteurs et d’ONG [7].

Mobilisation face à l’effondrement des populations d’insectes

Alors que la loi biodiversité de 2016 prévoit l’interdiction des néonicotinoïdes d’ici à 2020, l’Agence nationale de sécurité sanitaire française (Anses) a décidé le 27 septembre 2017 d’autoriser la mise sur le marché du Closer et du Transform [8]. Cette autorisation « en cati- mini » a suscité la colère de plusieurs associations environnementales [9]. Le 20 octobre, les ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique se sont finalement fendus d’un commu- niqué commun demandant à l’Anses d’analyser « des données complémentaires relatives aux risques du Sulfoxaflor » et d’indiquer au gouvernement dans les trois mois si elles sont de nature à modifier les deux autorisations de mises sur le marché.

Plusieurs pétitions ont également été lancées.

Plus de 122 000 personnes ont déjà demandé au gouvernement de revenir sur l’autorisation de l’Anses, et près de 190 000 personnes interpellent Nicolas Hulot pour inclure le sulfoxaflor dans le décret d’application de la loi interdisant les néonicotinoïdes qui doit être prochainement publié. Dans son programme lors de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron s’était engagé à définir «un calendrier prévoyant l’élimination progressive des pesticides en commençant par ceux qui présentent un risque pour la biodiversité ou la santé, et le développement d’alternatives» [10].

Ces autorisations d’insecticides « tueurs d’abeilles » interpellent d’autant plus qu’une récente étude internationale pointe l’effondrement de 75 % des populations d’insectes en Europe, en moins de trois décennies [11].

Le facteur majeur permettant d’expliquer un effondrement aussi rapide, avancent les auteurs, serait l’intensification des pratiques agricoles. Le traitement par enrobage des semences, grâce aux fameux insecticides néonicotinoïdes, serait même le principal suspect. Qu’importe, Dow AgroSciences invite d’ores et déjà les agriculteurs à utiliser le Closer et le Transform, comme en témoigne son site internet.

Sophie Chapelle 3 novembre 2017

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02 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

artificialisation (ns)

stop-au-beton-dans-la-Crau

L’artificialisation des sols en France, un ravage méconnu

L’artificialisation résulte de l’urbanisation et de l’expansion des infrastructures. Gagnées sur des espaces naturels ou cultivés, ces surfaces artificielles regroupent l’habitat et les espaces verts associés, les zones industrielles et commerciales, les équipements sportifs ou de loisirs, ou encore les routes et parkings. Le processus d’artificialisation est le plus souvent irréver- sible. Paris s’étend à perte de vue. Le béton imperméabilise les sols, diminue l’infiltration de l’eau et augmente le ruissellement.

L’artificialisation, c’est un changement complet et souvent irréversible de l’usage des sols.

La France, très touchée par ce phénomène, fait face à deux enjeux existentiels : la perte de capacité agricole et la perte de biodiversité. La disparition des champs entraîne la diminution des capacités du pays à subvenir à ses besoins alimentaires. C’est une perte d’autonomie considérable et paradoxale car qui dit « augmentation de population » dit « augmentation des besoins alimentaires ».

Le deuxième enjeu, c’est la variété des espèces, le patrimoine génétique de la planète. L’Homme  ne prend pas assez en considération les services que lui rend la nature. La terre et les océans produisent sa nourriture, le sous-sol renferme la quasi totalité des ressources énergétiques et des minerais dont l’humanité dépend. Enfin, le système climatique et le cycle de l’eau, sensibles aux pollutions, sont essentiels à toute forme de vie.

Pour freiner l’artificialisation, il est urgent de modifier la vision  que l’Homme a de la terre, créditée trop souvent d’une simple  valeur foncière. Cela se traduit actuellement par des lois qui légalisent et systématisent l’étalement urbain.

Comment suivre l’artificialisation des sols ?

Il existe, en France, deux outils d’observation de l’occupation du sol permettant de mesurer l’évolution des surfaces artificialisées : l’outil européen Corine Land Cover (créé en 1990)  utilisé par le ministère de l’Écologie et Teruti-Lucas (créé en 1993) utilisé par le ministère de l’Agriculture. Ces deux systèmes ne mesurent pas l’usage des sols de la même manière. Corine Land Cover se sert d’images satellite sur l’ensemble du territoire alors que Teruti-Lucas, plus précis, procède par observations autour de points de repère quadrillant le territoire.

Selon Corine Land Cover, entre 1990 et 2006, la part des surfaces artificialisées sur le terri- toire métropolitain passe de 4,6 % à 5,1 %, ce qui correspond à une perte de 281 354 ha en 16 ans dont 122 949 ha sur la période 2000-2006. Les surfaces artificialisées sont plus éle- vées selon Teruti-Lucas. Elles représentent 7 % de la surface métropolitaine en 1993 et 9,4 % en 2008.

D’après le ministère de l’Environnement, les espaces agricoles et naturels perdent actuellement 236 hectares par jour, ce qui correspond à la superficie  d’un département français moyen (610 000 hectares) tous les sept ans. Résultat en deçà de la réalité, puisque le ministère de l’Environnement utilise Corine Land Cover, qui ne considère pas les zones industrielles et commerciales comme du tissu urbain.

À titre de comparaison, l’avancée moyenne des sols artificialisés sur la période 1992-2003 mesurée par l’enquête Teruti était déjà de 61 000 hectares par an, soit un département tous les dix ans. L’artificialisation s’accélère. La France a ainsi perdu 7 million d’hectares de terres agricoles en 50 ans et 900 000 hectares de prairies entre 1992 et 2003 (7 % de leur superficie).

Le béton, toujours plus vite et plus loin

En 2009, les terres agricoles représentaient encore 54 % du territoire et les forêts 24 %. Mais l’artificialisation était déjà passée de 4,8 % du territoire en 2000, à 9 % en 2010, presque le double. D’après le Commissariat général au développement durable (chargé d’interférer au- près des ministères pour promouvoir une meilleure intégration de l’environnement dans leurs propres politiques et projets), les espaces artificialisés ont augmenté d’environ 3% entre 2000 et 2006 en France, soit 820 km2. L’artificialisation s’est faite alors à 90 % aux dépens des terres agricoles.

La réalité est toutefois plus inquiétante que ne le laissent paraître les chiffres car l’artificialisation est très dispersée. L’espace urbain global est donc bien plus important, c’est le mitage.

Comme l’indiquent les chiffres précités, la course au béton s’est emballée dans la deuxième moitié de la décennie. Selon Agreste Primeur n°260, outil de statistique, évaluation et pros- pective agricole du ministère de l’Agriculture basé sur Teruti-Lucas, les surfaces agricoles ont diminué de 82 000 hectares par an entre 2006 et 2010, quand les sols artificialisés ont progressé de 79 000 hectares par an. La différence de 3 000 hectares tient à la progression des sols naturels.  Plus que le bâti, précise Agreste, ce sont surtout les sols revêtus ou stabilisés et les sols enherbés artificialisés qui grignotent les sols agricoles. Verdure ne rime pas avec nature.

Les sols boisés ne sont pas non plus épargnés. Ils couvraient 17 millions d’hectares en 2009, soit près de 31 % du territoire métropolitain (14,9 millions d’hectares de forêts et 2,1  millions d’hectares d’autres sols boisés). Selon l’étude, la forêt française ne perd pas de terrain mais n’en gagne plus : la surface des forêts (y compris les peupleraies) se stabilise, mais les formations boisées non forestières, bosquets et haies, se réduisent certes faiblement mais significativement.

Un constat alarmant que partage, en France, la Fédération nationale des SAFER (Sociétés d’Aménagement foncier et d’établissement rural). Dans un volet de son étude annuelle sur le marché foncier rural, elle constate une progression constante de l’artificialisa- tion des sols de l’hexagone. L’urbanisation est passée de 54 000 ha par an dans les années 80, à 61 000 ha dans les années 90 et a atteint 74 000 ha par an entre 2006 et 2008.

Des solutions concrètes

Une étude française, parue dans la revue Nature Climate Change et réalisée par l’économiste Stéphane Hallegatte et le spécialiste du climat Vincent Viguié, du Cired (Centre international de recherche sur l’environnement et le développement) a modélisé un urbanisme plus vert de la région parisienne. L’enjeu est de taille, comme l’explique M. Hallegatte cité par l’AFP , »en l’absence d’action spécifique, l’étalement urbain va se prolonger et on aura en 2030 encore plus de zones à basse densité de population qui dépendent de l’automobile ».

Mais la solution est relativement simple selon lui. Il suffirait « d’interdire toute nouvelle construction au-delà des limites de l’agglomération ». Pour éviter une pénurie de logement, tout en préservant l’environnement, les chercheurs proposent la mise en place simultanée de trois mesures :

  • Interdire les constructions au-delà des limites actuelles de l’agglomération parisienne pour créer une « ceinture verte »
  • Développer les transports en commun avec un tarif unique de 14 euros par mois (Nous c’est « Transports gratuits! »Note du blog!)
  • Interdire les constructions en zone inondable, des inondations plus fréquentes étant attendues avec le réchauffement.

Les solutions proposées devaient garantir quatre critères :

Permettre un accès au logement, réduire les gaz à effet de serre, réduire les risques naturels et lutter contre l’étalement urbain.

L’application simultanée des trois mesures est capitale car « chacune des politiques compense les problèmes créés par les deux autres », précise Vincent Viguié. L’étude suggère un besoin de cohérence globale des décisions en intégrant l’environnement dans les politiques tradition-nelles, de transport et de logement par exemple. Avec ces travaux, « on veut montrer que faire de l’environnement n’est pas forcément contradictoire avec l’accès au logement ou la qualité de vie », conclut l’économiste Stéphane Hallegatte.

Christofer Jauneau 2 juin 2017

http://www.natura-sciences.com/

Commentaire: « L’homme » a bon dos! Ce ne sont ni le peuple, ni ses « politiques élus » qui décident, c’est « le marché ». Et il a toujours raison (C’est Dominique Seux qui le dit tout les matins sur France Inter) et il ne faut donc pas le déranger: il crée des emplois, lui! Toute mesure limitant le « saint marché » est soit du « bolchevisme » soit venant de « khmers verts ».  Il faut et il suffit d’attendre sans bouger que notre bien-aimé maître « le marché » décide d’avoir envie, éventuellement, de sauver la planète. Sinon quoi?

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02 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

merdier (fabrice nicolino)

merdier (fabrice nicolino) dans Altermondialisme ob_b93b94_fabrice-nicolino

Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture

La tragique histoire de l’agriculture en France depuis la guerre de 14-18…

Une agriculture rattrapée d’abord par de grandes crises, dont celle du doryphore dans les années 30, qu’elle sut pourtant combattre et gagner par des traitements que nous qualifierions aujourd’hui d’écologiques.

Mais ce devait être la dernière fois. Après la guerre de 39-45, on ne laissera pas les agriculteurs développer de traitement naturel, on passera au DDT.

C’est que les pontes de ce qui deviendra l’INRA se sont entichés des manières industrielles développées par les américains, expérimentées sur les survivants des camps ! La France regarde donc avec fascination ce qui existe à Chicago depuis 1893 : ces abattoirs mécanisés où passent la moitié du bétail américain, ou ces champs immenses aux rendements magiques.

Très vite, des dynasties familiales se jettent dans la bataille de la «modernisation» de l’élevage et de l’agriculture française.

Telle la famille Dabatisse, à l’origine de l’impulsion des JAC (Jeunesses Agricoles Catholiques), proche de de Gaulle et farouche partisane de ce qu’elle nomme le progrès agricole : la méca- nisation, le remembrement et l’emploi massif du DDT dans les champs…

En 1961, Edgard Pisani, proche des mêmes, impose ce modèle unique, en déclarant par exemple le 20 février 1965 : «La Bretagne doit devenir un immense atelier de production de lait et de viande»…

L’INRA, dont la direction est entièrement composée d’amis des grandes dynasties agro-indus- trielles (déjà), fournit la justification scientifique : les pesticides ? Quoi de plus utile au peuple français… L’agriculture française ne sortira plus de ce modèle.

Les collusions entre les instituts scientifiques, l’administration de l’état et les intérêts privés y veilleront : les paysans seront sommés de déverser des tonnes de produits toxiques dans leurs champs. Il en va du rang de la nation dans l’agriculture mondiale.

La FNSEA viendra achever le verrouillage, entre les mains de multinationales interdisant toute sortie de ce modèle, avec la bénédiction de l’état français. Le désastre agricole national est assuré,  désormais les terres agricoles sont objet de spéculation et ses produits, à vrai dire si peu comestibles, n’intéressent que pour les bénéfices qu’ils permettent d’engranger. Du désastre on s’apprête à franchir une étape supplémentaire, celle de l’épouvante alimentaire, une bombe à retardement qui devrait exploser dans les prochaines générations…

Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture, Fabrice Nicolino, édition Babel, coll. Essai, octobre 2017, 98 pages, 6,50 euros.

http://www.joel-jegouzo.com/

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