Archive | Luttes paysannes et alimentation

13 février 2018 ~ 0 Commentaire

agriculture (midi blog)

paroles du sud,marc ayral,léon maillé

Une agriculture à l’agonie par Léon Maillé

« Barrages de routes et dégradations : les agriculteurs manifestent. Veaux, vaches, cochons, lait, rien ne se vend à prix correct.

Du coup, une agriculture, la productiviste, est à l’agonie. Finis les quotas,vive le libéralisme… Et le marché se noie sous les excédents.Les pontes du syndicat majoritaire (ndr : La FNSEA) font rêver à l’exportation ; mais une frontière ça peut se fermer, exemple celle de la Russie. Alors les prix à la production s’écroulent, mais pas dans les magasins.

La dure loi du business… Pendant ce temps, il ne se passe pas de jour sans que les médias nous présentent d’autres paysans, fiers d’une agriculture qui leur assure un revenu correct. Pas de la bidoche, mais du cochon de qualité, parfois élevé en plein air ; pas de vaches à l’auge et à l’ensilage, mais au pré ; pas de lait de vaches cloîtrées à l’étable, payé à 25 centimes le litre, mais du lait bio (la France doit en importer) payé au producteur à 50 centimes.

Les lobbies qui vivent sur le dos du paysan lui font toujours croire que sans labour profond, engrais et pesticides, on crèvera de faim en Europe.

Or 70% de ce qui est mangé dans le monde est produit par de petits paysans, dont 1,5 milliard, l’écrasante majorité, n’a pas de tracteur. Au cours de l’émission «Le 13h 15 » du 31 janvier sur France 2, on nous a présenté des paysans montrant au ministre Le Foll une tranche de «terre vivante », expliquant que si leur sol s’est régénéré, c’est grâce à des méthodes nouvelles d’agro-écologie.

Résultat : de très bons rendements (sans labour ni chimie). Époustouflant. Mais pour- quoi tous les paysans ne font-ils pas pareil ? Parce qu’on les manipule toujours ( y compris dans les écoles d’agriculture), prétextant que sans la chimie, ils n’y arriveront pas. Qu’ils regardent alors le film génial «Demain ».

Ils y constateront entre autres comment un jardin de 1000 m2, au bout de quatre ans d’appli- cation de la permaculture (une plante nourrit et protège l’autre), a produit 39 000 € de légu- mes! Pendant que des paysans, effectivement malheureux, crient leur désespoir, des espoirs sont tout à fait possibles en s’émancipant des lobbies et de l’agro-business »

Je reproduis ici la chronique de Léon Maillé -le sage du Larzac- (paru ce jour dans Centre Presse) à propos des récentes manifestations d’agriculteurs orchestrées par la FNSEA; Je ne doute pas, qu’en plus de cela, le passage sur le Lévézou d’un ancien président de la République, les agriculteurs aveyronnais auront trouvé la voie de la sagesse, la vrai : L’agriculture biologique!

Léon Maillé 10/02/2016

http://paroles.midiblogs.com/

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10 février 2018 ~ 0 Commentaire

agriculture (sortir du capitalisme)

tracteur

Histoire de l’agriculture capitaliste en France

L’agriculture capitaliste en France a été en bonne partie, historiquement, une agriculture « paysanne » familiale.

La majorité des agriculteurs français ont certes été des victimes du processus d’intégration de l’agriculture au capitalisme des années 1880 à nos jours, mais cela n’empêche pas leur rôle de base électorale et de défenseurs (en 1848, en 1871 et en 1914) de la bourgeoisie française, leur accompagnement parfois enthousiaste de l’intégration de l’agriculture française au capitalisme (au cours des années 1950-1960) et l’exploitation de leurs femmes et de leurs enfants.

Si une minorité d’agriculteurs s’est opposée à l’intégration toujours supérieure de l’agriculture française au capitalisme, de la révolte des vignerons de 1907 aux Paysans-travailleurs et leurs héritiers de la Confédération paysanne (avec même une critique du patriarcat agricole dans Les Paysans dans la lutte de classes de Bernard Lambert), elle n’est pas allée jusqu’au bout de la critique de l’agriculture capitaliste, c’est-à-dire de son caractère capitaliste même.

Pour toutes ces raisons, on ne peut en rester à une critique de l’agro-business industriel, chimique, transgénique, néolibéral et de ses ravages, et faire une histoire de l’agriculture française comme l’éternelle résistance des paysans au capitalisme et à sa modernisation destructrice.

Il fallait donc faire une histoire complète (économique, sociale, politique) de l’agriculture capitaliste en France depuis son émergence au 18ème siècle, sans idéalisation de l’agriculture « paysanne » familiale, et invitant ses fractions critiques à aller jusqu’au bout de leur critique « anti-capitaliste » : jusqu’à une remise en cause du capitalisme lui-même – avec William de la critique de la valeur, excellent connaisseur des questions agricoles et de leur histoire.

Avec une introduction de critique, d’une part, d’une histoire du « progrès » agricole et du « retard français », et, d’autre part, d’une histoire opposant une agriculture « paysanne » idéaliste et un agro-business considéré comme seul type d’agriculture capitaliste. Avec également un rappel de l’histoire de l’émergence de l’agriculture capitaliste en Angleterre aux 17ème-18ème siècles, avec une disparition précoce de la paysannerie anglaise qui contraste avec son maintien (relatif) en France jusqu’au 20ème siècle.

Avec enfin une présentation des caractéristiques spécifiques de l’agriculture capitaliste en France au 19ème siècle : maintien des structures agraires d’Ancien Régime (forte auto- subsistance, faible intégration au Marché national), persistance de la paysannerie et de l’agriculture familiale, paysannerie comme base sociale de l’ordre bourgeois [Introduction, 20 minutes].

Avec une démonstration du caractère non-capitaliste de l’agriculture d’Ancien Régime (paysanne ou rentière-féodale), une histoire de la tentative ratée (1763-1789) de transformer celle-ci comme en Angleterre (avec de grandes propriétés, un trypique propriétaire capitaliste – fermier capitaliste – ouvriers agricoles, une production quasi-exclusivement commerciale, un Marché agricole national, une abolition des droits d’usage), une histoire de l’intégration lente de l’agriculture française au capitaliste de 1789 jusqu’en 1880 (date de création du Ministère de l’agriculture), et enfin une histoire du rôle politique de la paysannerie durant cette période (d’abord classe révolutionnaire anti-féodale, puis base sociale de la bourgeoise française) [1ère partie, 50 minutes].

Avec une histoire de la lente modernisation de l’agriculture française des années 1880 aux années 1950, de la Grande Dépression de 1873-1896 (baisse des prix agricoles suite à une forte concurrence internationale entraînant un exode rural et une ruine des pro- priétaires rentiers, dynamique contrecarrée par un protectionnisme agricole) à la moderni- sation (régulation étatique des prix, tractorisation, chimisation, standardisation génétique des semences) de la 3ème République (crédit), du Front populaire, du régime de Vichy, de l’Occupation et de la 4ème République (1936-1958), malgré une permanence du « paysan » comme sujet mythique [2ème partie, 50 minutes].

Avec une histoire de la modernisation accélérée, violente et impitoyable de l’agriculture française des années 1960 aux années 1980, sous pression de l’État français, du Marché européen et du Marché mondial, avec une politique de concentration des terres (SAFER, indemnité viagère de départ, pas d’aides et de crédit pour des exploitations jugées non-rentables)..

Une industrialisation de l’élevage, une exportation massive de marchandises agricoles et une diminution de moitié de la population agricole (élimination des moins rentables), mais avec un maintien du patriarcat agricole (demi-part des femmes au sein des GAEC, écrasante majorité de chefs d’exploitation, statut inférieur des femmes d’exploitants, double ou triple journée des femmes d’agriculteurs) et de « l’État-providence » agricole (Politique agricole commune, ses aides et sa régulation des prix), avant le « tournant néolibéral » des années 1980 (hausse des taux d’intérêts, faillite de nombreuses fermes, crise de la PAC, quotas laitiers, gel des terres céréalières) [3ème partie, 40 minutes].

Avec une conclusion rapide des grandes évolutions de l’agriculture capitaliste en France de 1992 (PAC transformée, néolibéralisation, aide directe aux producteurs en fonction des surfaces ou du nombre de bêtes et du type de production, agriculture familiale sous perfusion, montée des inégalités et de l’agro-business, ) à nos jours, puisqu’une majorité des grands enjeux de l’agriculture contemporaine (OGM, agriculture biologique, mort des sols, mort des abeilles, offensive de l’agro-business, biocarburants, etc.) seront traités dans une autre émission [Conclusion, 20 minutes].

http://sortirducapitalisme.fr/

1ème partie

2ème partie

3ème partie

Conclusion

 

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05 février 2018 ~ 0 Commentaire

semences (grain)

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Le Collectif des Semences d’Amérique Latine présente le documentaire « Semences : bien commun ou propriété des entreprises ? »

Produit conjointement par huit organisations d’Amérique Latine et édité par Radio Mundo Real, le documentaire « Semences : bien commun ou propriété des entreprises ? » expose les expériences et les luttes des mouvements de défense des semences locales en Amérique Latine, actifs en Équateur, au Brésil, au Costa Rica, au Mexique, au Honduras, en Argentine, en Colombie et au Guatemala.
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Les grandes protagonistes du documentaire sont les semences locales des communautés paysannes et des peuples indigènes.
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Le documentaire traite de la défense de ces semences en tant que partie intégrante de la défense du territoire, de la vie et de l’autonomie des peuples : la relation entre les femmes indigènes et les semences locales, l’échange de semences dans les communautés, l’histoire de l’origine du maïs, la valeur sacrée des semences, les cérémonies maya sur leur importance, le commerce et les échanges, et les expériences locales de collecte et de gestion des semences.
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Sont également présentées les luttes contre les lois sur les semences, contre l’UPOV 91 et contre l’imposition de semences transgéniques, la dénonciation de la dévastation qu’elles impliquent, et la résistance aux fumigations et à l’expansion de l’agro-industrie.
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Le documentaire est disponible en espagnol avec sous-titres français, anglais et portugais. [1] Nous vous invitons à le regarder et à le partager pour continuer à défendre les semences en tant qu’héritage des peuples au service de l’humanité sur le chemin de la souveraineté alimentaire.
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Le Collectif des Semences d’Amérique Latine se compose de:
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ANAFAE, REDSAG, Red de Biodiversidad, Grupo Semillas, Acción Ecológica, Articulación Nacional de Agroecología, Acción por la Biodiversidad et GRAIN.
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 29 janvier 2018
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03 février 2018 ~ 0 Commentaire

quimper la conf’ (fr3)

lait

Quimper : la Confédération Paysanne relance sa plainte contre six laiteries

La Confédération Paysanne appelait cet après-midi à une action devant la cité judiciaire de Quimper. Objectif : relancer le dépôt de plainte pour extorsion contre six laiteries. Le procureur a reçu une délégation.

Alors que ne se terminent les états généraux de l’alimentation et avant l’écriture d’une nouvelle loi d’avenir pour l’agriculture promise par Emmanuel Macron, des agriculteurs de la Confédé- ration Paysanne ont été reçus par le Procureur de la République de Quimper. Ils voulaient vérifier le bon cheminement de leur plainte déposée en 2016 contre des laiteries coopératives Sodiaal, Triskalia, Even, Clal Saint-Ivy et les laiteries industrielles privées Sill et Lactalis.

Une polémique relancée par Cash investigation

Sous le titre « Produits laitiers : où va l’argent du beurre ? » les enquêteurs du magazine de France Télévisions se sont employés à démontrer que les plus-values générées par la trans- formation du lait ne retombent pas dans les poches des producteurs de lait.

Les coopératives collectrices revendent le lait à des filiales, souvent en cascade, pour le transformer en crème, beurre, Yaourt, lait en poudre, et autres produits plus élaborés. Mais les filiales qui perçoivent les plus fortes marges peuvent se situer par exemple au Luxembourg. Et alors adieu le partage des marges avec les éleveurs. Pire : ils ne sont même pas rémunérés à hauteur de leurs frais et charges.

Dans ce magazine du 16 janvier dernier, un ancien représentant de producteurs laitiers auprès de Lactalis qui demandait une meilleure redistribution témoigne de la réponse donnée par un patron de laiterie à sa revendication : « Le partage de la valeur ajoutée est une idée socialo-communiste ».

Soulagés d’avoir été entendus par le Procureur

Le Procureur de la république a confirmé à la délégation que l’enquête a été ouverte et qu’elle continue à travers la France. Les enquêteurs recueillent des informations auprès des agriculteurs. Leur but : vérifier comment se fabrique le prix du lait et de ses dérivés.

Perte de pouvoir de négociation

Ce que les producteurs de lait veulent démontrer c’est qu’ils ont perdu leur voix au chapitre dans l’élaboration du prix du lait depuis que les coopératives ont pris des statures internationales.

Partage des plus-values

Parmi les éleveurs qui voient de loin grossir la fortune de leurs coopératives, beaucoup sont endettés, au bord de la faillite et parfois acculés au suicide. Ils ne veulent pas devenir des esclaves modernes. Au contraire ils exigent de pouvoir retrouver une part importante de la valeur ajoutée faite par les laiteries coopératives ou industrielles.

Une meilleure représentativité

Pour redonner du pouvoir aux paysans et à leurs petites entreprises les militants espèrent que le président de la République les aidera à peser dans les restructurations nécessaires. À défaut ils envisagent une nouvelle organisation active sur le grand ouest.  Il est grand temps car l’année qui vient sera selon eux très dure parce que les prix ne remonteront pas tout seul dans un marché laitier excédentaire au plan européen comme au plan mondial. Ce qu’ils espèrent c’est de réinventer des règles de régulation différentes de celle des quotas laitiers aujourd’hui abandonnés par l’Europe.

Marc-André Mouchère  31/01/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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02 février 2018 ~ 0 Commentaire

métaux rares (libération)

voiture-oui-oui

Métaux rares : «Un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel»

Les métaux rares, qu’est-ce que c’est ?

L’Union européenne fournit une liste de 27 matières premières rares (phosphore, cobalt, hélium, etc.), dont de nombreux métaux. Ce sont des minerais présents en quantité infime dans la croûte terrestre. Ils sont naturellement mélangés à d’autres métaux plus abondants (fer, aluminium, etc.). Pour en obtenir quelques kilos, il faut extraire des tonnes de terre. Les scientifiques parlent de rareté géologique mais aussi industrielle. Certains métaux abondants peuvent devenir rares si la demande explose.

A quoi servent-ils ?

Grâce à leurs propriétés chimiques uniques, ce sont les vitamines de la transition énergétique et numérique, le pétrole du 21è siècle. Sans métaux rares, nos téléphones portables feraient la taille d’une brique, n’auraient ni écran tactile ni vibreur. Sans eux, impossible de propulser un TGV à 500 km/h. C’est hallucinant, ils nous ont envahis. Notre futur high-tech sera toujours plus tributaire de ces minerais dont la production ne cesse de croître.

Quel est le principal pays producteur de métaux rares ?

La Chine a le leadership sur la production d’une ribambelle d’entre eux. Elle contrôle notam- ment 95% de la production mondiale de terres rares. En 1992, Deng Xiaoping (numéro un de la Chine de 1978 à 1992) aurait dit de façon prémonitoire, «le Moyen-Orient a le pétrole, la Chine a les terres rares». Historiquement, les Etats-Unis étaient leader sur le marché. Mais avec la prise de conscience écologique des années 80, les Occidentaux ne veulent plus de mines chez eux. Extraire des métaux rares est trop sale et coûteux en énergie.

Les Chinois, dans une quête de croissance effrénée, récupèrent le job. Pendant des décennies, au prix d’un dumping social et environnemental sans précédent, l’Empire du milieu inonde l’Occident de métaux rares très peu chers. Cette situation arrange tout le monde, d’un côté les pays occidentaux développent leurs nouvelles technologies à faible coût, de l’autre les Chinois s’enrichissent.

Tout va bien dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce que la Chine prenne conscience des leviers économiques et géopolitiques qu’elle peut actionner avec ces ressources. Au tournant des années 2000, sa croissance et ses besoins en métaux rares explosent. Pour satisfaire sa demande intérieure et développer ses propres technologies, Pékin décide de fermer le robinet. Après avoir gavé l’Occident de métaux rares, le pays restreint ses exportations. C’est la fameuse politique des quotas qui chauffe les oreilles de l’Organisation mondiale du commerce.

La Chine en a profité pour développer sa propre transition énergétique…

Exactement, au détriment de la nôtre. Le mot innovation est devenu un mantra en Chine. Les technologies vertes et le numérique sont les nouveaux moteurs de la croissance chinoise, indispensable à la survie du Parti communiste. Pour assurer son avance industrielle, Pékin n’a pas hésité à s’approprier les technologies occidentales. En échange d’un accès direct et illimité aux métaux rares, de nombreux industriels ont migré vers l’Empire du milieu. Les Chinois ont accédé à leurs laboratoires de recherche. Sous couvert de co-innovation, ils ont sinisé les brevets européens et américains. Grâce à ce chantage aux métaux, la Chine est devenue le leader mondial de la transition énergétique. Le pays est sorti de l’âge de pierre auquel les Occidentaux voulaient le cantonner.

Trouve-t-on des métaux rares dans d’autres pays ?

Il y en a partout, du lithium en Bolivie et en Argentine, du cuivre au Chili, du cobalt en républi- que démocratique du Congo. L’Indonésie est également une grande puissance minière qui regorge d’étain. Tous ces pays veulent s’inspirer de l’exemple chinois et capter la valeur ajou- tée des métaux rares. Plus aucun Etat ne veut reproduire le schéma néocolonialiste selon lequel les pays en développement produisent les minerais bruts, le vendent une poignée de dollars aux Occidentaux ; et ces derniers le valorisent avec quelques brevets pour le revendre dix fois plus cher.

Au-delà des ambitions, c’est très dur à mettre en place car ça veut dire ouvrir des routes, installer des lignes électriques, faire venir des savoir-faire. En 2015, l’Indonésie a tenté un embargo sur l’exportation de minerais brut. Derrière, elle n’avait pas un tissu industriel suffisamment développé pour transformer la ressource. Elle a dû faire marche arrière deux ans plus tard. Seule certitude, les Occidentaux doivent accepter de partager le gâteau technologique auquel toutes les nations aspirent.

Quelles sont les conséquences écologiques de cette course aux métaux rares ?

Qui dit mine, dit dégâts environnementaux. C’est le revers de la croissance verte à tous crins. En Mongolie intérieure, la principale région minière chinoise, c’est un enfer de Dante. Aucune réglementation n’est appliquée. Les usines rejettent leurs effluents toxiques directement dans les sols. La population paye un lourd tribut avec un taux de cancer très élevé. Le problème c’est que le recyclage coûte plus cher que l’extraction. Piégés par une logique du moindre coût, les industriels préfèrent renvoyer leurs déchets en Chine et s’approvisionner directement en nouveaux minerais.

La transition énergétique ne fait donc que déplacer la pollution ?

Cette transition est un leurre. Un fabuleux marketing nourrit l’illusion que les énergies renou- velables sont vertes. Nous oublions sciemment qu’elles sont tributaires de l’extraction de métaux sales. Nous avons juste délocalisé la pollution et faisons semblant de faire du propre. Prenez l’exemple des voitures électriques. Le terme «zéro émission» est délirant. Sur l’ensem- ble de son cycle de vie, un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel.

Comment peut-on qualifier cette technologie de durable? La révolution numérique, essentielle au développement de nouvelles sources d’énergie, entretient aussi le mirage d’un monde moins physique. En réalité, derrière un courriel se cachent des milliers de kilomètres de câbles de cuivre. Nous oublions que la quantité de matière est finie. Les experts connaissent déjà le jour exact où on extraira le dernier minerai rentable. Les technologies pourront toujours évoluer et repousser la date butoir, mais à quel prix ? C’est une course de vitesse qui épuise la terre.

Au nom de la sobriété, du moindre impact de l’homme sur l’environnement, nous creusons toujours plus. Nous vivons en plein paradoxe. Les plus productivistes pensent déjà aux océans et aux astéroïdes où le potentiel minier serait gigantesque. Les grandes puissances sont en train de s’approprier des endroits que la communauté internationale s’était juré de laisser à l’abri des appétits industriels. En 2015, Barack Obama a ouvert la danse. Il a autorisé les citoyens américains à devenir propriétaires d’astéroïdes pour exploiter des gisements de métaux rares. C’est en rupture totale avec l’idée que l’espace est un bien commun de l’humanité.(…)

Dans son dernier ouvrage, «La Guerre des métaux rares», Guillaume Pitron dénonce «la face cachée de la transition énergétique et numérique». Pour le journaliste, éoliennes, panneaux solaires et voitures électriques se contentent de déplacer la pollution à l’autre bout du monde. Iridium, indium, platine, terres rares : ces métaux aux noms parfois méconnus sont essentiels pour les industries de pointe. Sans eux, pas de batteries électriques, d’éoliennes, de télépho- nes portables ou de fibre optique. Le journaliste Guillaume Pitron s’est intéressé aux consé- quences environnementales et géopolitiques de l’extraction de ces métaux rares. A l’occasion de la sortie de son livre la Guerre des métaux rares, il revient sur six ans d’enquête à travers une douzaine de pays.

Marine Ernoult  1 février 2018

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Commentaire: La fin pro mines est zappée, pour la lire suivez le lien!
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31 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

rennes triskalia (le télégramme)

pesticideis

Pesticides. La cour d’appel jugera en mars pour les ex-Triskalia

Les deux anciens salariés de Triskalia ont reçu, hier, devant la cour d’appel, le soutien du Collectif de l’ouest de soutien aux victimes des pesticides. Pascal Brigant et Claude Le Guyader, deux anciens salariés de l’usine de production d’aliments pour bétail Nutréa-Triskalia, à Plouisy (22), étaient, hier, devant la cour d’appel du tribunal des affaires sociales, à Rennes, pour demander la reconnaissance de leur intoxication aux pesticides comme maladie professionnelle par la MSA.
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Après de multiples renvois et la demande d’un avis au Comité régional de reconnaissances des maladies professionnelles (CRRMP) de Normandie, la cour d’appel rendra sa décision le 14 mars prochain.
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Maladie professionnelle pour l’un et pas pour l’autre ?

Les deux anciens chauffeurs travaillaient depuis 1986 dans l’usine Triskalia de Plouisy. Comme plusieurs autres salariés de la coopérative, ils estiment avoir été intoxiqués par des pesticides déversés en masse sur les céréales, en 2009 et 2010.

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Ils ont développé une hypersensibilité aux produits chimiques multiples, ce « syndrome d’into- lérance aux odeurs » se traduisant par des troubles digestifs, oculaires, neurologiques mais aussi psychiques comme un état dépressif.
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La cour d’appel, qui a déjà étudié le dossier à plusieurs reprises, avait demandé un nouvel avis auprès du CRRMP de Normandie, après l’avis défavorable prononcé à l’encontre des ex-salariés par le CRRMP de Bretagne.
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Les experts normands ont rendu des conclusions différentes des experts bretons, estimant que la pathologie de M. Le Guyader pouvait être reconnue comme maladie professionnelle. En revanche, ils estiment toujours que le lien de causalité entre les symptômes de M. Brigant et son exposition professionnelle ne démontrent pas « un lien direct et essentiel avec le travail ».
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Me Lafforgue, l’avocat des plaignants, s’indigne de « l’obstination de la MSA à empêcher cette reconnaissance ». Il redoute de nouvelles procédures de la part de l’organisme social qui repousseraient encore la décision de plusieurs années. Il a aussi précisé que l’Union européenne commence à s’inquiéter de l’exposition des populations bretonnes aux pesticides.
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  31 janvier 2018
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30 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

brest alter commerce (of)

leclerc

Si c’est pour couler Leclerc, d’accord!

Commerce. À Brest, un supermarché moins cher contre un peu de temps

Ils sont cinq à lancer, à Brest, l’idée d’un supermarché coopératif. Un magasin accessible en échange de trois heures de temps. « En voyant le film Food Coop dédié à un supermarché coopératif de Brooklyn, on a eu envie de faire pareil », explique Gwendal Quiguer, Brestois de 30 ans.

Le concept a déjà fait ses preuves. Le principe : les clients de ce supermarché différent devront y investir au moins trois heures de leur temps chaque semaine. Ainsi, grâce à une équipe avant tout bénévole, les prix affichés seront 20 % moins chers. Au côté de Gwendal Quiguer, ils sont quatre à réfléchir au projet brestois depuis novembre. « L’idée est de prop- oser tous types de produits, locaux le plus souvent possible, biologiques ou non », explique Cécilia Laurent, une de ses acolytes. Pour l’heure, aucune date de lancement n’a été fixée.

Plus qu’un supermarché

« Ce concept favorise l’emploi de proximité, rémunère davantage les producteurs et n’enrichit pas des actionnaires fantômes, s’enthousiasme Gwendal Quiguer. Ce n’est pas juste un supermarché, mais un projet. » Pour recueillir les idées et réfléchir à la marche à suivre, le collectif organise une réunion publique. « Il y a beaucoup de choses à mettre en place : trouver un local, instaurer une charte de fonctionnement, contacter des producteurs… mais on est confiants. Nous ne sommes pas des concurrents, nous venons compléter l’offre qui existe déjà », affirme le jeune homme.

« Les gens ont de plus en plus de conscience alimentaire, sans avoir forcément les moyens de manger comme ils l’entendent, ajoute Cécilia. On leur offre en partie la solution. » En France, vingt-cinq supermarchés coopératifs ont déjà fait leurs preuves.

Mercredi 31 janvier, à 20 h, au patronage laïque du Pilier-Rouge.

Contact : brestcoop@zaclys.net.

Tél. 06 44 00 79 66.

Facebook : Brestcoop.

29/01/2018

https://www.ouest-france.fr/

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30 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

landi centrale (ouest france)

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Centrale à gaz de Landivisiau. Les opposants regonflés par le cas NDDL

Les opposants à la centrale thermique se disent boostés par le retrait du projet de Notre-Dame des Landes. Ils invitent la population à signer la pétition mise en ligne pour l’abandon du projet.  La pétition adressée au chef de l’État pour demander l’abandon du projet se diffuse sur internet. Les opposants assurent qu’en cas de lancement du chantier, la mobilisation sera forte.

L’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes semble avoir donné un regain de tonus aux opposants au projet de centrale à cycle combiné gaz de Landivisiau.

Ce lundi matin, sur le parvis de l’hôtel de ville, les représentants de l’ensemble des associa- tions opposées à sa construction se sont réunis pour faire monter la pression sur les pouvoirs publics, à qui ils demandent, via une pétition adressée à Emmanuel Macron qui a recueilli plus de 2 500 signatures sur Change.org et près de 3 200 sur Cyberacteurs « d’abandonner ce projet inutile, dépassé, coûteux et polluant ».

Landivisiau doit dire non à la centrale, le collectif Gaspare, l’association Force 5, la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie) du Finistère, le syndicat des Simples, AE2D (Agir pour un environnement et un développement durables), les associations de Sizun, Locmélar, Saint-Sauveur et Commana disent non à la centrale, le Groupement des agriculteurs biolo- giques du Finistère et SeauS. Ils étaient tous réunis pour demander des réponses aux différents courriers qu’ils ont adressé aux élus.

« Le moment d’arrêter… »

Le sourire aux lèvres, les représentants des différents collectifs ont indiqué ne pas avoir été surpris par le rejet des différents recours qu’ils ont déposés devant les tribunaux. « Toutes les lois sur l’environnement sont favorables aux aménageurs… »

Le feuilleton judiciaire n’est pas achevé. Trois recours doivent encore être jugés, deux (concernant le gazoduc et l’ICPE) devant la Cour d’Appel de Nantes et un troisième (concernant l’arrêté de Delphine Batho autorisant la construction), au Conseil d’État.

Sur le terrain, les opposants veulent aussi maintenir la pression.

Ce lundi matin, Loïc Le Pollès, l’un des porte-voix de l’opposition à ce projet de centrale thermi- que, a fait valoir « l’obsolescence actuelle du Pacte électrique breton au moment où le filet de sécurité Lorient-Saint-Brieuc est opérationnel, où la population bretonne a augmenté sans black-out électrique et où l’Europe s’est déclarée favorable à l’interconnexion électrique de 600 kilomètres entre la France et l’Irlande… » Rappelant la parole de Nicolas Hulot affirmant que « c’est le moment de se décarboner », Loïc Le Pollès et ses homologues affirment : « C’est le moment d’arrêter le projet ! »

« Ils doivent s’attendre à une violente réaction »

D’après les recherches qu’ils ont menées, les opposants assurent que l’indemnisation due par l’État à Direct Énergie, en cas de non-construction de la centrale thermique, serait « tout au plus quelques milliers d’euros, car le consortium n’a encore rien engagé, sauf quelques études techniques… » Et si les travaux étaient prochainement lancés, comme l’assurent les porteurs du projet ? « Direct Énergie et l’État doivent s’attendre à une violente réaction des citoyens si les bulldozers prenaient possession du terrain… », assurent les opposants qui n’écartent par l’éventualité de faire de la zone du Vern, qui doit accueillir la centrale thermique, une « zone à défendre »..

« Incontournable » pour Le Drian

L’argument économique de la non-venue d’entreprises dans le Finistère à cause d’un éventuel black-out électrique ? Les opposants le balayent en citant « l’implantation de la société Synutra à Carhaix, le meilleur contre-exemple. » Ce n’est pas l’avis de Jean-Yves Le Drian, l’instigateur du Pacte électrique breton, qui a inscrit la construction de cette centrale comme une priorité pour l’indépendance énergétique de la Bretagne en 2010.

Lors de l’inauguration de la ligne de sécurité souterraine, à la mi janvier, le conseiller régional et ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a réaffirmé qu’il s’agissait là d’un projet « incontournable ». Les collectifs opposés à la centrale thermique se disent boostés par le retrait du projet de Notre-Dame-des-Landes. Ils demandent aux pouvoirs politiques d’apporter des réponses à leurs questions et inviteNT la population à signer la pétition en ligne pour l’abandon du projet…

29/01/2018

landi

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28 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

lait (via campesina)

map

Une crise du lait annoncée

Tous les indicateurs nous annoncent de nouveaux excédents de lait qui vont, une nouvelle fois, toucher les producteurs. Cette crise du lait va menacer l’existence de la plupart d’entre eux, mais aussi rendre difficile, voire impossible, la transmission aux jeunes générations. Tous les modèles de ferme seront impactés. Celles qui le seront le plus seront celles des jeunes installés et celles des grandes structures lourdement endettées.

Cette crise va engendrer de nouveaux drames familiaux incommensurables. Elle va aussi, à terme, mettre en danger nos territoires et notre dépendance alimentaire, alors que des solutions existent !

Tous les grands pays producteurs de lait de l’U.E. ont reconstitué leur cheptel et sont en augmentation importante.

L’augmentation cumulée de janvier à septembre 2017 est de +/- 0.4%. Si l’on compare septembre 2016 à septembre 2017 :

L’Allemagne a produit 81.000 tonnes en plus, la France 65 000, l’Irlande 63 000, la Pologne 44 000, le Danemark 38 000, le Royaume Uni 32 000, la Belgique 24 000, l’Espagne 22 000, l’Italie 19 000, l’Autriche 16 000, la Roumanie 9 000, la Hollande, la Bulgarie et la République Tchèque, toutes trois 7.000 tonnes en plus. Pour un total cumulé sur l’ensemble de l’UE de +/- 439.000 tonnes (source MMO du 28 novembre 2017).

La poursuite de cette courbe ne peut changer au plus tôt avant l’été 2018. Mesurons bien ces chiffres : fin 2016 – début 2017, nous avons connu dans l’UE la mesure de réduction volontaire à laquelle +- 48.000 producteurs ont participé. Ils ont diminué leur production de 834.000 tonnes. Les mois qui ont suivi, la production est repartie de plus belle…

De plus, tous les pays exportateurs mondiaux sont eux aussi en croissance. Aux USA, la production annoncée pour 2018 est de +/- 1,4%. En NZ, +/- 2,7% pour octobre, en Australie, + 6,7% de juillet à octobre. L’Amérique latine, qui réapparaît sur le marché mondial, est à + 2%.

L’UE traine comme un boulet ses stocks de poudre de lait, qui s’élèvent toujours à 350.000 tonnes. Le beurre a connu cet été un pic de prix qui a tiré le prix du lait vers le haut. Depuis octobre, c’est la dégringolade. Le beurre est passé de 677€/100kg en septembre à 496,74€/100kg début décembre et 471,10€/100kg fin décembre.

Il faut comprendre les producteurs. Déjà dans une conjoncture favorable, beaucoup n’ont d’autre choix que de produire plus pour boucher les trous des dettes accumulées ces deux dernières années. Bien entendu, d’autre facteurs expliquent l’augmentation de la production actuelle : la bonne qualité des fourrages récoltés cet été, rendant favorable un bon rendement par vache, de même que la nouvelle génération de génisses tirant les rendements vers le haut.

Au stade où nous en sommes, l’effondrement des prix est prévu pour le printemps prochain. Cependant, si nous agissons maintenant, il est possible de corriger le tir.

Comment ? En activant des instruments de crise pour réguler les surplus à venir. Or, ces instruments ont été proposés à la Commission mais n’ont pas été retenus. En effet, la réforme Omnibus votée en novembre ne les a pas prévus. L’UE remet en avant le paquet-lait, avec comme seul « fer de lance » l’organisation des producteurs (OP). Or, nous le savons tous, les OP n’ont aucun poids ni sur les volumes ni sur les prix.

La Commission ne tire aucune leçon des crises précédentes. La souffrance vécue dans les familles, les suicides chez les éleveurs, les jeunes qui se détournent du métier, faute de perspective de revenu et d’une vie digne, tout cela n’interpellent pas la Commission. Et que dire des stocks de poudre de lait ? Les paysans et paysannes du sud voient arriver de la poudre de lait exportée chez eux à des prix en dessous de leurs coûts de production. Ils sont contraints de grossir les bidonvilles, voire d’émigrer vers l’Europe qui ne veut pas d’eux. Non, rien ne semble interpeller la Commission.

L’orientation actuelle de la Commission va prioritairement dans le sens d’une expor- tation vers les pays extra-européens, d’un établissement de nouveaux accords de « libre » échange et du gain continuel de parts de marchés.

Pour y parvenir, il faut nécessairement des prix bas au départ, chez les producteurs. Cette orientation est intenable. Elle provoque une volatilité des prix impossible à gérer, tant pour les producteurs en place que pour la jeune génération qui voudrait s’engager dans le métier. Cette absence de vue sur le long terme nous conduit à la désertification des territoires herbagers. Il s’agit là d’un non-sens, car une multitude de petites et moyennes fermes herbagères jouent un rôle important au niveau du climat et donnent de l’emploi.

La Commission reste sourde aux multiples appels des producteurs et des citoyens, mais reste à l’écoute des industriels et de la grande distribution.

Oui, nous pouvons éviter cette nouvelle crise en donnant priorité à la mise en place d’outils de régulation, en rendant rentable une multitude de fermes à taille humaine, en permettant aux fermes de prioriser la fonction nourricière de la population européenne, en soutenant des fermes qui font pâturer leurs vaches sur tous les territoires. Pas de lait sans pâture !

Osons mettre en avant la Souveraineté Alimentaire ici dans l’UE et partout.

Oui. La Commission européenne doit avoir des indicateurs qui prennent les coûts de production en compte, main-d’œuvre comprise. Des indicateurs englobant les piliers du développement durable, les accords sur le climat, les modèles agricoles qui permettent une vie digne des paysans avec une rentabilité assurée sur le long terme. Ces modèles plus autonomes, plus économes existent déjà, avec des fermes plus résilientes.

Oui, la Commission doit prendre les commandes, le pilotage de la régulation nécessaire et non pas mettre sur l’autel le dieu du tout au marché.

Oui, la Commission doit envisager que le prix du lait soit calculé à partir de l’ensemble des valorisations du lait et non uniquement sur le beurre et sur la poudre, qui ne représentent que 25% des valorisations totales.

Il reste à souhaiter que l’impact de la contamination (par des salmonelles) des poudres de lait infantiles du géant Lactatis ne brise pas la confiance de nos importateurs qui sont majoritai- rement Chinois. En effet, cela provoquerait un net ralentissement de nos exports. Cette crise rappelle que miser prioritairement sur l’export est vulnérable. Elle nous prouve également que la grande industrie laitière n’est pas nécessairement un gage de sécurité en termes d’alimen- tation.

Il est urgent pour l’UE de tirer les leçons des crises précédentes et de suivre les recomman- dations du Comité européen des Régions en faveur de la régulation du marché. Puisse l’UE et toutes les instances politiques bien mesurer les enjeux qui se profilent à l’horizon.

Henri Lecloux Brussels, 26 janv. 2018  Mouvement Action Paysanne (MAP)

http://www.eurovia.org/fr

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26 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

le bar (ligneurs pointe de bretagne)

raz de sein

Ligneur dans le Raz de Sein

L’hiver, la bonne saison pour (la surpêche) du bar

Le 21 janvier 2018, le Télégramme de Brest publiait en Une « Mangeons du poisson de saison ». Pour consommer responsable, il faut consommer de saison. Cette logique issue de l’agriculture s’appliquerait donc aux produits de la mer, le bar et la tomate partagent bien des points communs, comme chacun sait. On trouve donc en page 3, un encart fourni par l’Organisation de Producteurs Pêcheurs de Bretagne indiquant aux lecteurs les poissons à consommer l’hiver : congre, sole, coquille, bar…

Saisonnalité des espèces recommandée par l’OP pêcheurs de Bretagne dans l’article du Télégramme

Et il faut acheter le bar principalement en hiver puisque c’est là qu’il est le plus abondant… Voilà le principe : la bonne saison, c’est celle de l’abondance, quand il peut être pêché par centaines de tonnes par des techniques de pêche intensives, quitte à surpêcher…. Mais à la bonne saison !

On apprend ainsi dans l’article que l’Armement lorientais APAK, 5 chalutiers de 17 à 22 mètres, revendique une pêche « responsable » et de saison, avec une démarche proche de celle des paysans responsables, vendant en circuit court…. Quand on sait que cet armement a été l’un des plus ardents défenseurs de la pêche du bar au chalut pélagique sur les frayères, cela revient à attribuer à la ferme des mille vaches le label du parfait Petit Producteur Respon- sable… La dernière phrase de l’article a particulièrement choqué nos adhérents, car s’il y a bien des pêcheurs qui disparaissent actuellement, ce sont plutôt les ligneurs, et non les navires de l’APAK qui ne ferait pas construire un 6ème navire s’il était en danger…

Nous voulons dénoncer ici la logique qui fait la promotion de la pêche intensive, surtout lorsque, dans le cas du bar, elle se fait au détriment de toute une flottille qui le pêche en faible quantité mais tout au long de l’année, à l’exception de sa période de frai.

Le bar, une espèce surexploitée par la pêche hivernale sur frayères

Le bar est une espèce qui subit depuis plus de vingt ans une surpêche massive en hiver par les chalutiers pélagiques, sur les zones de frayères où les poissons se rassemblent par milliers pour se reproduire. Ces navires pêchent en bœuf, c’est-à-dire qu’ils trainent avec leurs deux bateaux un chalut de très grande dimension et peuvent ainsi réaliser des coups de chalut de plusieurs tonnes de bar, écrasant et piquant le poisson, et débarquent ainsi d’énormes quan- tités de poisson, de faible qualité, qu’ils écoulent à bas prix pour les promotions de grandes surfaces.

L’association des Ligneurs de la Pointe de Bretagne se bat depuis des décennies pour que cesse cette surpêche hivernale et qu’on laisse une période de repos pour le bar lors de la reproduction. En vain… Le nombre de ligneurs de bar diminue chaque année, en silence et dans l’indifférence totale des représentants professionnels et de l’administration. En 2014, l’avis scientifique sur le stock de bar dans les eaux de la Manche et de la Mer du Nord tombe : le stock est gravement surexploité et son avenir est menacé, et avec lui, celui de nombreux ligneurs de bar…

Le métier de ligneur consiste à capturer le poisson avec des hameçons, essentielle- ment. Cela peut être avec une seule ligne à main, au bout de laquelle est accroché un leurre ou un appât, à la traîne ou à la palangre, une ligne composée de plusieurs dizaines d’hame- çons posée sur le fond. La particularité des métiers de l’hameçon, c’est de dépendre de l’appétit du poisson. Contrairement au chalut ou au filet, si le poisson n’est pas décidé à mordre, il ne peut le capturer.

Cette technique de pêche est l’une des plus respectueuses de la ressource et du milieu marin qui soit. Elle n’abîme pas les fonds, elle est économe en carburant, elle permet de rejeter vivants les poissons trop petits ou non commercialisables. Les poissons capturés sont le fruit de marées d’une journée au maximum. Ils sont capturés un par un, saignés afin d’éviter que le sang ne tâche la chair et n’altère son goût.

C’est aussi l’une des techniques les respectueuses des hommes… La flottille des ligneurs en France est forte de plus de 500 navires, quasiment exclusivement des petits bateaux de moins de 12 mètres, embarquant entre un et trois hommes à bord. En capturant peu mais en valorisant bien, les ligneurs peuvent vivre sans surexploiter la ressource. Les ligneurs de bar possèdent aussi la particularité d’être extrêmement dépendant à cette espèce. Toute interdiction ou même diminution du quota autorisé sonnerait immédiatement leur arrêt de mort. Les bars de ligne  sont d’excellente qualité, les yeux bombés et brillants, la chair bien ferme et la peau luisante. Cela permet de valoriser au mieux le bar, entre deux à trois fois le prix du bar de chalut en criée…

En 2015, le chalutage pélagique sur frayères est interdit par l’Union Européenne en Manche et en Mer du Nord et un moratoire hivernal en février et mars est instauré. Malgré cette décision (tardive), la situation du bar est loin d’être rétablie et le bar est désormais quasi- ment interdit de capture, à l’exception d’un quota annuel de 5 tonnes pour les ligneurs.

Paradoxalement, ni les instances représentatives des pêcheurs, ni l’administration ne semblent avoir tiré les leçons du scénario catastrophe vécu par tous les pêcheurs, sans exception, en Manche. Ainsi, la pêche du bar sur frayères est toujours autorisée dans le golfe de Gascogne, entre Audierne et les côtes du nord de l’Espagne. Il n’y a donc AUCUNE remise en question quant à la durabilité d’une telle technique de pêche sur une espèce aussi sensible que le bar.

Alors que les bars de part et d’autre de la pointe Bretagne ne forment très probablement qu’un seul et même stock, le fait de continuer à les pêcher intensivement en période hivernale menace dangereusement le stock, et l’ensemble des navires qui dépendent du bar pour vivre. Paradoxalement, cela menace aussi tous les autres métiers, chalutiers de fond et fileyeurs, qui en capturent de façon accessoire et qui risquent, comme en Manche, d’en être privé si la sous-population du golfe de Gascogne s’effondre comme en Manche.

Nous appelons donc l’Union Européenne et l’Etat français à reconsidérer cette situation et instaurer un moratoire intégral pour tous les métiers et toutes les zones en février et mars de chaque année. Nous appelons également les poissonniers, les grandes surfaces et les citoyens à adopter une attitude responsable et bannir le bar des étals entre février et mars.

Et enfin nous demandons aux citoyeux soucieux de l’avenir du bar et de la petite pêche de signer la pétition lancée il y a un an pour demander aux grandes surfaces d’arrêter de vendre du bar en février et mars :

Pétition des ligneurs de bar : cessez de vendre du bar lors de la reproduction

23 janvier 2018

http://pointe-de-bretagne.fr/

Lire aussi:

Gestion du bar en 2018 : les ligneurs toujours menacés de disparition

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