Archive | Luttes paysannes et alimentation

03 avril 2018 ~ 0 Commentaire

quimper abattoir (cnt)

Annonce-Tous-à-labatoir

http://www.cnt-f.org/

https://brest.mediaslibres.org/

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02 avril 2018 ~ 0 Commentaire

quotas laitiers (fr3)

lait

Il y a trois ans disparaissaient les quotas laitiers

Depuis trois ans, les éleveurs laitiers doivent composer sans les quotas. La suppression de cette mesure a provoqué une surproduction. L’Europe a produit 3% de lait en plus ces 10 derniers mois. Les éleveurs, comme Denis Jeannin, dans le pays de Fougères, continuent de tirer la sonnette d’alarme.

Les quotas laitiers ont disparu il y a 3 ans, jour pour jour.
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 Ils étaient apparus en 1984. A l’époque, le lait coulait à flot, la production européenne aug- mentait de 2% par an, en moyenne. La France croulait sous les stocks de beurre. En se dotant d’un outil de régulation de la production, l’Europe limitait les volumes de lait, et pouvait garantir un revenu aux éleveurs. Un système qui a fonctionné pendant 31 ans.
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La crise est revenue avec la fin des quotas

Depuis la fin des quotas, le 1er avril 2015, avec un changement de Politique agricole commu- ne, la production a recommencé à s’emballer, les prix ont chuté et la crise s’est installée. Aujourd’hui, produire 1 000 litres de lait coûte en moyenne 450 euros en Europe, quand les éleveurs français ne sont payés que 340 euros pour produire ce volume. Ce qui signifie, que selon les pays, 25 à 35% des coûts de production ne sont pas couverts.
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Les États généraux de l’alimentation, un avenir éloigné

Sur chaque litre de lait produit, les éleveurs perdent de l’argent. Ils sont donc inquiets même si les états généraux de l’alimentation promettent que les prix des denrées agricoles seront fixés en tenant compte des coûts de production à l’avenir. Cet avenir leur semble parfois bien lointain.
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Les années passent, les problèmes demeurent

Les éleveurs avaient manifesté contre les quotas, puis ils sont descendus dans la rue pour demander leur maintien. Les années passent, les problèmes demeurent. En 1984, les agri- culteurs avaient envoyé un télégramme à, François Mitterrand, ils demandaient le droit de vivre décemment de leur métier.

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K. Veillard  S. Breton 01/04/2018
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Commentaire:
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La FNSEA avait envoyé ses troupes contre les quotas qui « empêchaient de produire plus ».
Il fallait « libérer les énérgies » non? En absence de quotas, la production a augmenté mais automatiquement les prix ont baissé et des adhérents (les plus petits) de la FNSEA se sont retouvés ruinés. Et bien sûr l’Europe a « cédé » à la FNSEA et ses frères (c’est à dire que les représentant des pays « ont cédé » à une politique libérale « la seule possible » ) .

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02 avril 2018 ~ 0 Commentaire

poulets (commodafrica)

libre echange

Le poulet européen vendu à vil prix sur les marchés africains

Depuis la fin de l’année dernière, le poulet brule entre l’Union européenne et l’Afrique. L’Afrique du Sud et le Ghana se sont, en effet, ralliés pour contrer ce qui apparaît comme une offensive commerciale majeure de l’Europe pour vendre à vils prix de la viande de poulets dont parfois l’origine fait doute, souligne le consultant Paul Goodison de GDC-Partners. D’où leur appel conjoint à relever les protections douanières sur la volaille du Brésil, de l’UE et des Etats-Unis.

Les statistiques témoignent de la capacité des exportateurs européens de passer facilement d’un marché africain à un autre, au gré des restrictions à l’importation édictées par les pays africains.

Ainsi, suite à l’interdiction faite par Pretoria en décembre 2016 d’importer de la volaille de certains pays européens, ces exportations européennes vers l’Afrique du Sud ont effecti- vement chuté de 72% de janvier à novembre 2017 par rapport à la même période en 2016 (de 205 220 t à 62 984 t). Parallèlement, relève GDC-Partners, elles ont progressé de 73% vers le Ghana (de 57 353 t à 99 020 t), de 89% vers le Gabon (de 20 405 t à 38 566 t) et de 59% vers la RD Congo (de 27 275 t à 43 278 t). Au total, de la viande de volailles de l’UE serait vendue dans pas moins de 38 pays d’Afrique sub-saharienne.

Toutefois, cette viande ne serait pas toujours en provenance de l’UE, une partie venant notamment d’Ukraine.

En effet, des entreprises ukrainiennes auraient investi dans des sociétés aux Pays-Bas et exporteraient des volailles pour y être découpées et emballées, les commercialisant comme si originaires de l’UE. Ce qui soulève la question des règles d’origine, souligne Paul Goodison.

Ceci a des conséquences majeures sur les filières africaines.

Ainsi, les unités de transformation de volailles au Ghana auraient vu leur capacité de produc- tion réduite à 25% tandis que les industries d’embouche n’opèrent qu’à 42%. Actuellement, selon l’étude de GDC-Partners, 95% du marché ghanéen en viande de volailles serait appro- visionné par des importations. « Si les importations étaient réduites, l’industrie de la volaille au Ghana pourrait lancer une vaste opération d’embauches, créant plus de 200 000 emplois« , a souligné Victor Oppong Adjei, président de la Ghana National Poultry Association.

La progression est significative :

en 2003, 26,5% des exportations européennes de viande de volaille étaient à destination des marchés africains, une part de marché qui serait passée à 46,8% en 2016, les volumes, quant à eux, faisant un bond de 147%, de 273 420 t à 674 877 t.

http://www.commodafrica.com/

Commentaire: Y a bien une raison aux tournées des politiques en Afrique!

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01 avril 2018 ~ 0 Commentaire

doux (fr3)

'Uh...Gotta change that name.'

Doux : “décider de la reconfiguration d’une filière obsolète”

José Bové, François Dufour et René Louail, trois anciens porte-paroles de la Confédération paysanne s’expriment au lendemain des offres de reprise du volailler breton Doux. Dans une tribune, ils prônent « une conversion qualitative de l’entreprise vers la production agro- écologique des éleveurs ». Deux géants de l’agroalimentaire ont présenté une offre de reprise du groupe volailler breton Doux en difficultés financières : l’agro-industriel ukrainien MHP et le français LDC (poulets de Loué). Le volailler sarthois porte une offre d’un consortium qui promet la reprise de 920 salariés sur les 1 187 que compte l’entreprise.

Une entreprise gavée de subventions

Dans une tribune, trois anciens porte-paroles de la Confédération paysanne José Bové, député européen, François Dufour, conseiller régional de Normandie et René Louail, ex- conseiller régional de Bretagne tiennent à rappeler que « l’histoire de Doux est exemplaire de l’industrialisation agroalimentaire et de la Politique agricole commune qui a subventionné les exportations jusqu’en 2013.

L’entreprise encaissait 50 à 60 millions d’euros par an pour exporter des poulets bas de gamme, congelés, vers les pays du Golfe persique ». ​

Les trois syndicalistes précisent que le volailler breton s’est gavé durant des années de ces subventions tout en trichant, ce qui lui a valu une amende européenne : « Au fil du temps, Doux a capté plus d’un milliard d’euros de subventions. La fin des subventions a révélé le non-sens économique d’une filière basée sur l’exportation à plus de 80%. D’autant que la piètre qualité des volailles a barré tout espoir de satisfaire une clientèle hexagonale ou européenne. Les subventions étant à la tonne exportée, Doux trichait sur le poids en alourdissant les poulets congelés avec de l’eau. D’où l’amende européenne ».

Les signataires de cette tribune posent la question suivante : « Faut-il effacer  la dette de co- tisations sociales ? Faut-il passer l’éponge sur l’amende européenne et la faire payer au con- tribuable? Faut-il donner de l’argent public sans conditions sociales et environnementales ? Non ! »

S’orienter vers le bio

Pour eux, il faudrait plutôt « mobiliser cet argent pour soutenir une conversion qualitative de l’entreprise vers la production agroécologique des éleveurs, avec le maintien de tous, de tous les sites de productions et de tous les salariés. » Ils estiment que « la Bretagne a besoin de donner une autre image positive du développement de ses filières » et qu’ « il y a de la place pour une production bio par les 424 éleveurs sous contrat avec Doux et pour les 1239 employés dans les abattoirs et usines de transformation »

Ces derniers concluent en appelant à du « courage et une vision politique de l’avenir » passant par « une reconfiguration d’une filière obsolète. »

Thierry Peigné  30/03/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Doux, « une filière obsolète à reconvertir » (Ouest France)

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30 mars 2018 ~ 0 Commentaire

doux (la conf’)

poulet goutal

Doux : tirons les leçons pour sauver l’économie rurale

Pour la deuxième fois en 5 ans, le groupe Doux a annoncé qu’il déposerait la semaine prochaine une demande de placement en liquidation judiciaire. Le groupe ukrainien MHP a jusqu’à minuit aujourd’hui pour déposer son projet de reprise. Le groupe français LDC vient quant à lui de déposer une offre.

L’entêtement du groupe Doux à maintenir sa dépendance aux subventions à l’exportation, dont la disparition avait été annoncée dès 2005 et effective en 2013, se termine par un énorme gâchis. Les principales victimes sont les 1200 salarié-e-s du groupe et les paysannes et paysans qui ont travaillé avec lui. En Vendée, 75 paysannes et paysans travaillent avec Doux et sont sans solution pour l’instant.

L’abattoir vendéen de Chantonnay, qui ne fait pas partie du plan de reprise de l’industriel ukrainien qui s’intéresse davantage aux clients qu’aux usines du volailler, compte lui près de 300 salariés.

La priorité du Gouvernement, qui suit de près ce dossier, doit être de sauver les emplois directs et indirects, des salarié-e-s aux éleveuses et éleveurs. Ils ne doivent pas payer les pots cassés d’une filière construite artificiellement par et pour l’agro-business, sous perfusion des subventions à l’export.

Car ce gâchis humain concerne aussi des éleveuses et les éleveurs qui ont été exploités par Doux : rémunération ridicule, conditions de travail difficiles, perte d’indépen- dance face à des contrats d’intégration contraignants… Le Ministère de l’agriculture et de l’alimentation doit les accompagner vers des solutions leur permettant de maintenir leur activité et monter en gamme pour répondre à la demande de marchés plus rémunérateurs. La région Bretagne, qui est prête à mettre 15 millions d’euros sur la table, doit aussi agir en ce sens.

Les soutiens publics doivent aller directement aux éleveuses et éleveurs et non aux repreneurs d’un outil au modèle économique dépassé.

De plus, l’industriel ukrainien planifierait d’utiliser Doux comme « base » pour importer des poulets ukrainiens, sans droit de douane grâce à l’accord de libre-échange UE*/Ukraine, les faire découper en France et étiqueter « Origine France » ! Tout le contraire d’une alimentation saine, sûre et durable prônée lors des Etats généraux de l’alimentation et défendue par le Gouvernement au travers du projet de loi en discussion à l’Assemblée nationale en ce moment.

28.03.2018

http://www.confederationpaysanne.fr

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30 mars 2018 ~ 0 Commentaire

libre échange (la conf’)

conf d d d

7 Avril : Libérons les paysan.ne.s des accords de libre-échange !!

Le 17 avril 1996, 16 paysans sans terre brésiliens tombent sous les balles d’une milice privée. Leur crime : l’occupation d’une terre en friche d’un riche propriétaire. Depuis, la Via Campesina a fait du 17 avril la journée mondiale des luttes paysannes.

Les atteintes aux droits fondamentaux des paysans sont aujourd’hui amplifiées par les accords de libre-échange, comme le CETA ou le MERCOSUR au service des seules multinationales !
Ce sont les accords commerciaux qui sécurisent les grands investisseurs privés, avides de terres, de semences, d’eau, de ressources minières, de matières premières agricoles, qui déclenchent la course à des revenues plus bas en faisant fi des lois nationales.

L’accord négocié actuellement entre l’UE et le Mercosur est catastrophique pour les paysans. Cet accord va imposer des volumes d’importations, sans droits de douane : 100 000 tonnes de viande bovine, 90 000 tonnes de volaille… Un coup fatal pour nous, petits et moyens produc- teurs déjà dans une situation de crise. Cet accord généralise également le dumping social et environnemental : l’expansion de l’agro-industrie au détriment des communautés paysannes, avec ses impacts néfastes sur les droits des paysans, la déforestation ou les OGM.

Cet accord, comme le CETA et autres accords négociés par l’UE, fait courir un risque aux consommateurs en s’attaquant au principe de précaution et aux barrières non tarifaires, telles les normes de sécurité sanitaires des aliments.

Les paysannes et paysans du monde entier sont les premières victimes des politiques de « libre-échange », la variable d’ajustement et la monnaie d’échange des négociations en cours. La Confédération paysanne et La Via Campesina dénoncent aujourd’hui une course effrénée pour produire plus au moindre coût.

L’Europe est incapable de réformer profondément une politique agricole commune et d’assurer un revenu digne à toutes et tous, prétend résoudre ces défis par l’exportation. Il est grand temps de dénoncer cette supercherie!

Libérons les paysans du libre-échange !!

Eleveurs, éleveuses, paysannes, paysans, citoyennes, citoyens, tous ensemble à Bruxelles ce mardi 17/04 contre le Mercosur, le CETA et autres accords toxiques !!

http://www.confederationpaysanne.fr

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30 mars 2018 ~ 0 Commentaire

lait la conf’ (ouest france)

lait

lait conf 4

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27 mars 2018 ~ 0 Commentaire

douar didoull! (mines)

loc bande

loc 1

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25 mars 2018 ~ 0 Commentaire

10 ans d’échec (reporterre)

pesticides

Dix ans de lutte contre les pesticides… dix ans d’échec

En 2008 était lancé le plan national Écophyto, affichant l’ambition de réduire de 50 % l’usage des pesticides en… dix ans. À l’heure des comptes, et malgré les moyens mis en œuvre, l’échec est patent.

En 2008, dans la foulée verte du Grenelle de l’environnement, le gouvernement lançait en grande pompe le plan national Écophyto. Objectif : réduire l’usage des pesticides de 50 % en dix ans, « si possible ».

Dix ans plus tard, l’échec est patent. D’après le service régional du ministère de l’Agriculture pour l’Île-de-France (Driaff), entre 2008 et 2015, l’utilisation des produits phytos a augmenté de… 22 % ! De l’Union des industries de protection des plantes (UIPP) — qui regroupe les fabricants de pesticides — à la Confédération paysanne, tout le monde s’accorde à constater le fiasco. Et même si l’État ne le reconnait qu’à demi-mot, le plan — remanié et rebaptisé Écophyto 2 en 2016 — vivote au ralenti depuis deux ans.

Pourtant, tout a été fait pour que ça marche :

un objectif ambitieux, un budget conséquent (sur la période 2009–2014, le plan a bénéficié de 361 millions d’euros), une batterie de mesures allant de la formation des agriculteurs à la mise en place d’un réseau de fermes « modèles », des programmes de recherche.

Surtout, l’histoire avait bien commencé, se souvient François Veillerette, de l’ONG Générations futures. « Malgré les fortes pressions de l’agro-industrie, le ministre de l’époque, Michel Barnier, avait tenu bon. Il avait maintenu l’objectif de moins 50 % et poussé pour une approche systémique du problème. » Deux tendances s’affrontaient alors, comme le décrit le sociologue Alexis Aulagnier : « Les associations environnementales et la Confédération paysanne pous- sent pour une diminution de la quantité de pesticides utilisés, écrit-il dans un article. À l’inverse, les industriels et la FNSEA veulent se concentrer sur la diminution des impacts liés à leur usage. » Ce qui est sensiblement différent : alors que la première approche impulse une réforme en profondeur du modèle agricole, la seconde se contente d’un « raisonnement » et d’une « optimisation » des pratiques.

« Les pouvoirs publics ont sous-estimé le verrouillage d’un système agricole fortement dépendant des pesticides » 

Contre toute attente, c’est donc la première méthode qui l’a emporté… du moins provisoire- ment. Dès 2010, dans des cahiers d’acteurs, les entreprises agroalimentaires ont fait connaître leurs doutes sur la possibilité de tenir les objectifs. Des doutes confirmés par les premiers chiffres : la quantité de pesticides utilisée, mesurée par le nombre de doses unités (Nodu), enregistrait une augmentation moyenne annuelle de 5 %. Face à cette chronique d’un échec annoncé, le gouvernement a pris les devants et repousse l’objectif de moins 50 % de 2018 à 2025.

Sur le terrain, le Bulletin de santé du végétal (BSV), publié chaque semaine afin de prévenir les agriculteurs de la présence de maladies ou de ravageurs, a produit l’effet inverse de celui escompté : « Au lieu de réduire la consommation de produits phytos par un meilleur ciblage, ce bulletin a poussé nombre d’agriculteurs à traiter davantage les cultures en cas d’alerte », explique Laurence Guichard, agronome à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra).

L’autre mesure phare du plan, les fermes du réseau Dephy qui s’engagent volontairement à réduire leur consommation de pesticides, patine également. « L’idée que quelques centaines d’exploitations engagées dans de bonnes pratiques allaient montrer l’exemple et convaincre tous les agriculteurs de France de faire de même n’a pas fonctionné », estime Mme Guichard.

« Le BSV, les fermes, les projets de recherche constituaient des leviers d’action parmi d’autres, qui ont plus ou moins bien marchés, nuance Bertrand Omon, animateur au sein du réseau Dephy. Mais tout ceci s’est fait à la marge, sans que cela ne parvienne à impulser un mouvement dominant de changement. »

Alors, qu’est-ce qui a manqué pour passer la vitesse supérieure ?

« Les pouvoirs publics ont sous-estimé le verrouillage d’un système agricole fortement dépen- dant des pesticides », estime Laurence Guichard. Autrement dit, « personne n’a vraiment intérêt à remettre en cause les tendances lourdes auxquelles il est adapté », précise-t-elle dans un rapport dont elle est coautrice, publié en 2017.

Et depuis soixante ans, notre agriculture s’est très bien « adaptée » aux intrants.

« Les pesticides jouent un rôle central dans le système agro-industriel, précise la Confédé-ration paysanne dans un livret sur la sortie des produits chimiques. Ils peuvent “sauver” la récolte à court terme, ou assoir des économies d’échelle en permettant le contrôle sanitaire de grandes surfaces. » Mais le syndicat pointe aussi « une société en quête d’une alimentation moins chère », un libre-échange et une compétition économique qui poussent à la recherche de rentabilité maximale, et une Politique agricole commune (PAC) privilégiant la productivité.

Or si chacun a sa part de responsabilité dans la situation actuelle, les politiques mises en place ont ciblé presque exclusivement les agriculteurs, dans l’idée de les faire changer de pratiques. « Il n’y a eu aucune intégration des acteurs de l’aval, comme les industries agroalimentaires ou la grande distribution, relève Ingrid Aymes, de Greenpeace. Cela a empêché l’émergence d’une dynamique globale. »

« Seul le ministère de l’Écologie joue un rôle moteur sur la question des pesticides » 

D’autant plus que les tenants du système agro-industriel n’ont pas tardé à lancer la contre-offensive. « La FNSEA et consorts n’ont jamais été partants pour Écophyto, raconte François Veillerette. Et dès qu’ils ont pu reprendre la main, ils l’ont fait. » Recours juridique, dénonciation du plan, promotion de l’agriculture raisonnée… La communication s’est mise en branle, autour d’une argumentation bien rodée.

« Les pratiques des agriculteurs sont déjà raisonnées en France, ils n’ont recours aux produits phytos que lorsque les événements — climatiques, sanitaires — les y obligent, explique Eugé- nia Pommaret, directrice générale de l’UIPP (et salariée de la FNSEA au moment de la loi Grenelle). On peut sans doute aller plus loin dans la réduction des risques et des impacts, en travaillant sur la génétique, le biocontrôle, l’amélioration des pulvérisateurs et des équipements de protection. Mais un monde sans phytos, ce serait comme un monde sans médicaments, ce n’est pas souhaitable. » Pourtant, études et expériences s’accumulent pour prouver qu’il est possible de se passer de ces produits dangereux.

Même son de cloche du côté de la FNSEA, qui a lancé cette année son « contrat de solution » pour « une trajectoire de progrès pour la protection des plantes ». « Ce n’est pas en mettant des drones et changeant le modèle de pulvérisateurs que l’on va sortir des pesticides, dit François Veillerette. Au mieux, ces solutions techniques permettront une baisse de 20 %. Pour aller au-delà, jusqu’à l’objectif de 50 %, il faut changer de modèle. »

Annoncé pour fin mars, le plan gouvernemental d’actions sur les produits phyto- pharmaceutiques permettra-t-il de déverrouiller la machine ?

« Si on veut que ça marche, on ne peut plus se contenter de la bonne volonté, il faut des contraintes, des obligations de résultats », estime M. Veillerette. Donc une loi qui bannisse des substances dangereuses, qui interdise que les produits chimiques soient vendus par celles et ceux qui conseillent les agriculteurs sur leurs pratiques, qui fixent des bonus et des malus.

Mais la députée Delphine Batho se montre pessimiste quant à la volonté de l’État de mouiller la chemise sur ce dossier. « Le gouvernement ne veut pas changer de stratégie, il reste concentré sur l’affichage d’objectifs flous alors que le problème c’est de fixer des moyens, observe-t-elle. Il explore toutes les solutions pour ne pas avoir à en passer par une interdiction des substances dangereuses. »

D’après l’ex-ministre de l’Écologie, le blocage vient du ministère de l’Agriculture, « qui n’a pas encore évolué vers l’agroécologie », mais aussi du ministère de la Santé, « inca- pable de se pencher sur les questions de prévention et de prendre en compte la santé envi- ronnementale ». Résultat, « seul le ministère de l’Écologie joue un rôle moteur sur la question des pesticides, il est isolé et se heurte au lobbying considérables des firmes agro-industrielles ».

La sénatrice Nicole Bonnefoy, porteuse d’une proposition de loi sur l’indemnisation des victimes des pesticides, se veut plus optimiste : « Les parlementaires sont aujourd’hui plus ouverts, et le cercle des irréductibles pro-phytos se réduit, se réjouit-elle. Les politiques ont pris la mesure, les choses bougent, mais c’est un travail de longue haleine.

21 mars 2018 / Lorène Lavocat

https://reporterre.net/

 

 

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25 mars 2018 ~ 0 Commentaire

doux (npa)

npa 29 vertic

«Volailler Doux : Chronique d’une mort annoncée » 

Le groupe Doux (ou ce qu’il en reste) est mis en liquidation judiciaire. Il continuera son activité en Avril (selon FO) Seule maigre perspective connue !!!

En 2012 le groupe comptait 3400 salariéEs dont 1910 en Bretagne.

En Mars 2018 il n’en reste plus que 1180 dont 880 en Bretagne.

Depuis 2012 après redressement judiciaire et licenciements massifs, les ventes et achats à la découpe, se sont succédés pour en arriver aujourd’hui à une offre éventuelle de délocalisation du groupe Ukrainien MHP qui prévoit le transfert de l’essentiel de l’abattoir de Châteaulin (600 salariéEs dont 100 du siège central) vers l’Ukraine…. Sans compter la fermeture pure et simple de Chantonnay  en Vendée.

Les «négociations» vont bon train avec un absent de taille les salariéEs qui assistent muets à un dépeçage en règle et à un avenir plombé qui sent la fin. Depuis des années les décisions à l’exportation, puis les ventes et achats du groupe se sont faîtes dans le dos et au détriment des salariéEs malgré des promesses fumeuses et des engagements de la région et de l’état.

Rien n’a été fait pour remettre en cause les dégâts humains et écologiques du système agroalimentaire productiviste et capitaliste.

Rien n’a été fait pour développer en alternative une politique agricole et agroalimentaire qui offrirait un autre avenir aux salariéEs de la filière surexploitéEs et précariséEs.

En novembre 2013, le grand mouvement des salariéEs de l’agro en Finistère dit des « Bonnets Rouges» s’était déjà révolté contre les fermetures et licenciements massifs.

Les réponses ne furent pas à la hauteur des attentes et toutes les énergies institutionnelles se liguèrent pour étouffer le mouvement.

Au final aujourd’hui, s’il n’y a pas de riposte sociale d’envergure, ce sont les salariéEs qui en paieront les frais et ce très douloureusement.

NPA 29

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