Archive | Luttes paysannes et alimentation

15 avril 2016 ~ 0 Commentaire

journée des luttes paysannes (la conf’)

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Mobilisés à Bure contre l’accaparement des terres agricoles

Le 17 avril 1996, 19 paysans et paysannes brésiliens étaient assassinés en raison de leur combat pour l’accès à la terre.

20 ans plus tard, en cette journée devenue celle des luttes paysannes, c’est encore la mobilisation pour l’accès à la terre qui est au cœur de nos luttes. En France, 75 000 hectares de terres agricoles disparaissent tous les ans.

Aéroports, complexes de loisirs, autoroutes… tout est prétexte à faire disparaître les terres agricoles. A Bure, dans la Meuse, l’Andra (Agence nationale de gestion des déchets radioactifs) a déjà accaparé 2000 hectares de forêts et 1000 hectares de terres agricoles avec la complicité de la Safer* pour installer une poubelle nucléaire dont personne ne veut et qui n’a même pas obtenu de Déclaration d’Utilité Publique (DUP) ! En ce 17 avril, paysans et citoyens se retrouveront sur le site pour « Coller des patates à l’Andra » avec une plantation collective et des discussions sur les luttes foncières (plus d’infos).

La Confédération paysanne est mobilisée auprès de tous ceux qui luttent pour que la terre reste aux paysans, pour que l’emploi, l’alimentation et l’environnement soient enfin au cœur des politiques publiques.

http://www.confederationpaysanne.fr/

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13 avril 2016 ~ 0 Commentaire

hollande sur france 2 (le télégramme + ouest france)

Décommandé, l’éleveur crie au scandale
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L’éleveur breton Nicolas Leborgne a été déprogrammé de la nouvelle émission politique de France 2 qui accueille le président Hollande jeudi.
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Comme la déléguée syndicale du groupe Doux, Nadine Hourmant, Nicolas Leborgne, éleveur de porc à Pluduno (22), explique qu’il faisait partie des six personnes issues de la société civile qui devaient rencontrer le chef de l’État ce jeudi, lors de l’émission « Dialogues Citoyens » sur France 2.
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« On va mourir en silence » « J’ai été convoqué, il y a quinze jours, par France 2. Et puis la semaine dernière, j’ai été écarté, officiellement pour des raisons de « temps de parole » qui les obligeait à passer de six à quatre intervenants pour avoir le temps de traiter chaque sujet. Je l’ai très mal pris: comme j’ai eu l’occasion de le dire, on va mourir en silence, et bien voilà, on y est.
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On ne parlera pas d’agriculture ni d’agro-alimentaire dans cette émission, alors qu’on est en pleine panade, en pleine crise. Peut-être que cette émission, devant plusieurs millions de Français, devant le Président, aurait permis de crever les abcès, peut-être qu’il faut faire tomber certaines têtes dans le monde agricole, qu’il faut se remettre en cause… Mais ce silence ! », a réagi, ce mardi, Nicolas Leborgne.
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L’éleveur au franc-parler Le franc-parler de cet éleveur avait marqué les esprits lors des manifestations agricoles de l’été 2015 : la vidéo du Télégramme où il interpelle en public le président de la FNSEA, Xavier Beulin, cumule près de 38.000 vues sur notre site. Ce qui n’a- vait sans doute pas échappé aux sélectionneurs du « panel » de France 2. « Est-ce que c’est l’Élysée qui a mis la pression à France 2, car c’est du direct en plus ? Je ne sais pas, mais éviter le sujet de l’agriculture est indécent, que ce soit la chaîne publique ou que ce soit le Président. » 12 avril 2016 / Gwen Catheline
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evidemment

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12 avril 2016 ~ 0 Commentaire

civam 29

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http://www.civam29.org/site/

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29 mars 2016 ~ 0 Commentaire

le blé français (l’humanité)

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Victime de sa faible teneur en protéines

A force de pousser aux rendements dans des rotations de cultures bien trop courtes, le blé français peine  à dépasser voire à atteindre  un taux de protéine de 11,5%. Du coup, les pays importateurs préfèrent se tourner vers des blés panifiables d’autres origines. C’est notamment le cas de  l’Egypte , premier importateur  mondial de blé .

Avec un prix de vente qui tombe autour de 140€ la tonne rendu aux ports d’embarque- ment  et la perspective d’un solde de report à 6 millions de tonnes  quand arrivera la récolte de 2016,  le blé français n’a plus de vent en poupe. Les agri-manageurs   qui passent parfois plus de temps à spéculer devant leur ordinateur sur le marché à terme qu’à  labourer, semer, traiter et récolter n’ont plus trop le moral  surtout quand, sous couvert  d’optimisation fiscale,  ils ont trop investi voilà deux ou trois ans dans du gros matériel dont ils n’avaient pas forcément besoin.

Se pose alors une question que l’on n’aime guère se poser quand, de surcroît, on est  bien doté  en Droits à paiement unique (DPU) cette somme  annuelle versée aux exploitants par le budget européen depuis quelques années. Cette aide est d’ailleurs  plus importante pour les terres les plus fertiles que pour celles qui le sont moins depuis la réforme de la Politi- que agricole commune (PAC) de 1992 qui mettait fin aux prix garantis afin de livrer l’agriculture  européenne aux vents mauvais de la mondialisation libérale sous la coupe de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Depuis ont alterné les bonnes et les moins bonnes années pour les céréaliers fran- çais. Quand l’offre mondiale  peine à suivre la demande solvable,  le blé leur est bien payé. Dans le cas contraire, comme en ce moment après trois récoltes mondiales abondantes, les prix ne couvrent plus les coûts de production. Pour  une récolte de plus de 40 millions de tonnes de blé tendre en 2015, la France avait une capacité d’exportation de 22 millions de tonnes pour la campagne en cours.

Mais plus de la moitié des volumes exportables doit être vendu hors de l’Union  européenne. Dans les années de récoltes abondantes, la concurrence est rude entre pays exportateurs. Alors, dans cette bataille mondiale pour vendre son blé aux pays qui demeurent des importateurs nets, la France a deux gros handicaps. Ses principaux clients sont sur le continent africain avec 9,5 millions de tonnes exportées depuis la récolte de 2015, dont 7,3 millions de tonnes au Maghreb, l’Algérie étant le principal client en blé français. C’est le premier handicap de la France.

Second handicap, même au Maghreb comme sur le reste du continent africain, le blé fran- çais se vend de plus en plus difficilement, victime de sa faible teneur en protéines par  rapports aux blés canadien, américain, argentin, ukrainien et russe pour ne citer que les principaux pays exportateurs. Un pays  comme l’Egypte exige un minimum de 11,5% de protéines dans le blé qu’il importe. Une coopérative de Haute Normandie  a fait savoir cette année que le taux moyen de protéine des blés collectés depuis la récolte de 2015 était de 10,91% contre 11,30%  l’année précédente.

Pour l’essentiel, cette baisse du taux de protéines dans les blés cultivés en France  et le résultat de la course aux rendements sur fonds de pratiques agronomiques discutables. C’est à la fois le résultat d’une paresse intellectuelle et physique d’un trop grand nombre de céréaliers.

Il suffit de voyager en train et d’observer la nature pour s’en rendre compte. De Beauce en Picardie et de Champagne en Bourgogne, sans oublier le Lauragais ou la champa- gne berrichonne, les rotations de cultures sont courtes. Le blé revient souvent tous les trois ans entre une culture de tournesol et d’orge. Les labours sont quasi systématiques dans beaucoup de régions et les inter-cultures de végétaux  pouvant servir d’engrais verts sont bien trop rares dans des zones céréalières dépourvues d’élevage, donc d’apports de matières organiques puisqu’il n’y a plus de fumier.

Du coup, même en forçant sur les engrais azotés, le taux de protéines reste bas par man- que d’une quantité suffisante de matière organique dans les sols. Des pionniers ont pourtant montré depuis un quart de siècle qu’il est possible d’enrichir les terres céréalières en matière organique dans les zones désertées par l’élevage. Semer et faire pousser une culture de plusieurs végétaux  en y incluant des plantes légumineuses mélangées à des graminées après une récolte d’un colza en juillet  pour broyer cette végétation  au moment de semer du blé fin octobre permet d’apporter de la matière organique à la terre.

Certains  céréaliers convertis à l’agriculture biologique osent aussi mélanger du blé de la féverole et du lupin, deux légumineuses  qui transforment l’azote de l’air en fertilisant  et permettent d’obtenir du blé avec 13% de protéines. Il suffit ensuite verser la récolte dans une trieuse à grain pour faire passer le blé à travers une  grille trop fine pour les graines protéa- gineuses.

Au lieu de labourer au moment des semis, se contenter de griffer le sol devant le semoir  favorise la  microbienne  et  la prolifération des vers de terre qui aèrent la terre arable en creusant des galeries. Cela  facilite la pénétration de l’eau dans la terre arable en limitant le ruissellement  tandis que ces mêmes vers de terre  transforment  gratuitement  les débris de végétaux  en matière organique dont se nourrit le blé. En fin de compte, moins de spéculation sur le marché  à terme  et plus d’agronomie  sur les terres de la ferme serait de nature à améliorer le revenu des céréaliers.

Mais avec le réchauffement  les climatique des prochaines années, il faut déjà agir  pour surmonter des problèmes comme les coups de chaleur de la fin du printemps  qui seront plus fréquent dans les prochaines décennies. Pour cela, l’agroforesterie  est une technique d’avenir. Dès à présent  il faudrait que les plaines céréalières de la Beauce, de la Picardie de la Champagne et d’ailleurs  se couvrent de rangées d’arbres espacées d’une trentaine de mètre  avec une densité moyenne d’une cinquantaine de troncs à l’hectare.

Des essais suivis par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) depuis près de trente ans ont validé cette méthode qui ne diminue pratiquement pas les rendements céréaliers mais qui , en plus du captage de carbone, recèle le quintuple avantage de protéger le blé de l’échaudage par grande chaleur, d’enrichir les sols en matière organique  grâce à la tombée annuelle des feuilles, de remonter des nutriment de la roche mère jusqu’à la couche superficielle des sols, de purifier l’eau qui migre vers les nappes phréatiques en consommant les reliquats d’azote que les céréales n’ont pas absorbés, d’offrir aux générations suivantes l’exploitation d’un bois d’œuvre planté 50 ans plus tôt.

Vu comme cela, ça vaut vraiment le coup de passer moins d’heures devant son ordinateur pour surveiller le prix mondial du blé et de s’occuper davantage de sa terre nourricière pour l’aider à   répondre aux besoins des générations futures.

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28 mars 2016 ~ 0 Commentaire

libérez andres bodalo!

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Le Syndicat Andalous des Travailleurs (SAT) réaffirme son intention de manifester le 29 mars malgré l’interdiction du gouvernement.

Le SAT a réaffirmé samedi son intention de manifester à Jaen le 29 Mars, au moment où le Conseiller Municipal  de Jaen en commun ( « Podemos » Andalousie, Note du Blog) Andrés Bódalo devrait entrer en prison pour 3 ans et demi.

Et cela malgré l’interdiction de la « Préfecture ». Cette interdiction  a été dictée sous le prétexte (fallacieux) de ne pas avoir demandé l’autorisation de la manif 10 jours avant. Comme l’a confirmé samedi à Europa Press le responsable provincial du SAT, Francisco Moreno,  « Cette manif a été convoquée, dès que la date d’entrée en prison de Bodalo a été connue ».

Le rassemblment est prévue mardi prochain 29 mars, à 15 heures, coïncidant avec la date limite fixée par la Cour de Jaén pour l’emprisonnement volontaire de Bódalo considéré coupa- ble d’avoir agressé le maire adjoint de Jodar (Jaen) lors d’une manifestation de travailleurs agricoles en 2012, au cours de laquelle les journaliers réclamaient des allocations chômage. 26/03/2016

http://www.anticapitalistes.net

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18 mars 2016 ~ 0 Commentaire

taxe nutella (basta)

Nutella

Gouvernement et députés reculent devant l’OMC

Vous souvenez-vous de la « taxe Nutella » ? Elle visait à décourager l’importation et la consom- mation d’huile de palme, en raison de ses effets sur la santé et du terrible impact de sa produc- tion dans les pays du Sud (voir notre enquête).

Des motifs qui ont conduit le Sénat à réintroduire une taxe supplémentaire sur l’huile de palme, en première lecture du projet de loi sur la biodiversité. Cette taxe devait être pro- gressive : de 300 euros la tonne en 2017, elle atteindra 900 euros en 2020. Coup de théâtre ce 17 mars à l’Assemblée nationale : la taxe supplémentaire a finalement été réduite à 90 eu- ros la tonne, avec l’accord du gouvernement. Une décision qui intervient alors que l’Indonésie venait d’annoncer vouloir porter l’affaire devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

(…)Comme nous l’écrivions en clôture de la COP21, même sur une planète morte, le commerce international devra se poursuivre sans entraves. Maxime Combes 18 mars 2016http://www.bastamag.net/Taxe-Nutella-gouvernement-et-deputes-reculent

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13 mars 2016 ~ 0 Commentaire

pesticides (eaux et rivières)

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L’échec accablant de la « ferme France« 

C’est un échec si patent et prévisible qu’il en devient presque risible. Depuis 2008 et les enga- gements du « Grenelle de l’environnement », non seulement les gouvernements successifs n’ont pas réussi à faire baisser l’usage des pesticides en France, mais ils ont aussi échoué, avec une égale constance, à tirer la leçon de leurs échecs.
L’inflexion de cette courbe-là semble, elle aussi, impossible. Les dernières statistiques, publiées mardi 8 mars par le ministère de l’agriculture, sont accablantes. Elles témoignent d’une nouvelle hausse de l’usage des phytosanitaires – les pesticides – sur le territoire natio- nal : l’année 2014 apparaît comme la plus noire jamais enregistrée, avec une hausse de 9,4 % par rapport à l’année précédente, ayant elle-même connu une augmentation de 9 % par rapport à la précédente…

Le plan Ecophyto, mis en place en 2009, prévoyait une baisse de moitié du recours aux produits phytosanitaires en dix ans. Or, non seulement l’usage de ces substances n’a pas bais- sé de moitié, ni baissé du tout, mais il ne s’est même pas stabilisé : il a continué à grimper. La procrastination étant la norme politique en vigueur dans la gestion des questions environ- nementales, il a été décidé fin 2015 qu’un plan Ecophyto-II suivrait le premier, réaffirmant fièrement les mêmes ambitions, mais à l’horizon… 2025.

Dix ans d’inefficacité Le tout, sans rien changer ou presque à une recette qui démontre, depuis près d’une décennie, son inefficacité : aucune contrainte, mais des mesures de péda- gogie qui misent sur la bonne volonté des acteurs de l’agrochimie et de l’agriculture. C’est ignorer volontairement les causes profondes de l’inflation chimique de la « ferme France ».

Elles tiennent en partie au poids des habitudes bien enracinées de traiter ses parcelles de façon préventive, alors que l’esprit de l’agro-écologie voudrait que l’exploitant descende de son tracteur et redevienne attentif aux besoins du sol. Elles résultent aussi, bien sûr, du talent commercial des démarcheurs de l’industrie agrochimique, qui savent promettre – à tort – des rendements toujours accrus. Elles répondent enfin aux pressions des coopératives, qui exigent de leurs adhérents un certain nombre de traitements et leur fournissent les produits adéquats.

La donne est en train de changer Mais c’est en réalité le système tout entier qui pose pro- blème. Ainsi, moins de tourteaux de soja OGM importés d’Amérique du Sud pour nourrir le bétail conduirait l’agriculture française à produire plus de luzerne, de pois, de féveroles, autre- ment dit apporterait plus de diversité dans les champs, alors qu’aujourd’hui les ravageurs se régalent des monocultures à perte de vue. Voilà pourquoi la pédagogie ne suffit pas et pourquoi les gouvernements successifs reculent.

Or, la donne est en train de changer, car la société s’immisce de plus en plus dans le dialo- gue entre l’Etat et les représentants du secteur agricole. La demande pour des types de pro- duction plus respectueux de l’environnement et de la santé n’a jamais été aussi forte. D’autant que les dégâts environnementaux et sanitaires des pollutions diffuses, en particulier issues de l’agriculture intensive, sont désormais bien documentés.

Enfin, l’expérience des fermes pilotes Dephy, vrai succès du plan Ecophyto, montre qu’il est possible de s’y prendre autrement. C’est même la leçon paradoxale de l’affaire : s’il est possible de produire avec moins de chimie sans perdre ses revenus, pourquoi ne pas s’y mettre tout de suite ? LE MONDE | 09.03.2016

Lire aussi :

Des pesticides en doses toujours plus massives dans les campagnes

http://www.lemonde.fr/idees/pesticides-un-echec-accablant

http://www.eau-et-rivieres.asso.fr

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05 mars 2016 ~ 0 Commentaire

lamballe: cooperl (fr3)

Faute de reprise des négociations la grève sera reconduite lundi

Ce vendredi matin à Montfort-sur-Meu plus d’une centaine de grèvistes du site d’abattage de porcs de la Cooperl Arc Atlantique ont défilé dans les rues. A la mairie ils ont alerté les respon- sables politiques et exigé un médiateur pour reprendre les négociations de salaire avec la direction.

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Depuis le jeudi 25 février, des salariés des abattoirs de la Cooperl Arc Atlantique de Lamballe, dans les Côtes-d’Armor (Siège), et de Monfort-sur-Meu, en Ille-et-Vilaine, se sont mis en grève à la demande de l’intersyndicale (Cfdt, FO, CGT). Le Site de Saint Maixent (Deux-Sèvres) les a rejoints ce jeudi 3 mars. Ce sont donc environ 2 000 ouvriers des chaines d’abattage et de découpe et des frigos qui sont les premiers concernés.
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En cause : les Négaciations Annuelles Obligatoires C’est la veille négociations annuelles obligatoires des salaires que tout a commencé. La direction a fait part aux syndicats de l’entreprise de son intention de geler les salaires et de revoir les bases de calcul de leur 13ème mois et de leur ancienneté. Selon Noël Carré (CGT Lamballe) la plupart des salariés des ateliers de production plafonnent à 1500€ par mois une fois atteinte une ancienneté de 10 ans. Autrement dit: les trois quarts des sala- riés, ceux qui gagnent autour de 9.85€ de l’heure. Alors quand on leur a exposé le nouveau calcul de l’ancienneté les syndicats ont protesté. Mais pour la direction le contexte économique ne permet rien d’autre : fin des négociations.
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Face à ce mur, l’intersyndicale a publié une vidéo de toutes ses doléances qui fait le buzz. « En moyenne le recalcul du 13ème mois et de l’ancienneté ferait perdre 500€ par an aux salariés » (Noël Carré, CGT).
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*Il n’y a que les primes de transport et de panier sur lesquelles l’employeur ne paie pas charge. Jusque là les primes chargées entraient dans le calcul du 13ème mois mais cette année la Direction veut changer cette règle qui est meilleure que la Convention Collective ». L’intersyndicale estime que la Cooperl veut faire des économies sur le dos d’ouvriers dont les salaires sont gelés depuis 2013 qui ont déjà du mal à boucler les fins de mois, alors que de son coté la Cooperl n’a jamais cessé de faire des bénéfices. D’autant que les rythmes de pro- duction se sont accélérés depuis les accords de 2013 et que les TMS sont toujours plus fré- quentes.
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Sur le site Internet de la Cfdt, un communiqué de l’intersyndicale énumère tous les griefs des salariés : Contrairement à ce que dit la direction, les salariés ne vont pas bien. L’absen- téisme des ouvriers de Lamballe en transformation est de 174 heures d’absence par ouvrier en 2015. En comparaison, l’absentéisme moyen des cadres est de 16 heures.
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À Monfort-sur-Meu (35) les salariés votent la reconduction de la grève pour lundi

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Ce vendredi matin les salariés de Montfort-sur-Meu (35) défilaient dans les rues jusqu’à la mairie pour y rencontrer leurs élus. Les salariés de Monfort-sur-Meu exigent un médiateur

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À Claudia ROUAUX Conseillère régionale PS et Conseillère communautaire de Montfort- sur- Meu, ils ont demandé qu’il n’y ait plus d’aide publique aux abattoirs sans contrepartie. Olivier Louchard (Cfdt) explique que les salariés protestent contre le silence de la direction qui refuse tout dialogue.

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L’intersyndicale demandé leur appui aux élus et co-signé un courrier à la préfecture du siège de l’entreprise (22) pour obtenir un médiateur et contraindre l’employeur à revenir négo- cier. Dans un courrier au Préfet de Saint-Brieuc la direction de la Cooperl décline l’invitation. L’été dernier dans un interview donné à Ouest France, Emmanuel Commault dénonçait les distorsions de concurrence en Europe et résumait avec ces mots le fond de sa pensée: « on ne veut pas devenir un nouveau GAD ».

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Aux salariés de l’entreprise il affirme que son seul combat c’est de sauver les emplois. Contacté ce midi, le président de la Cooperl, Patrice DRILLET, refusait de communiquer.Au téléphone en début d’après midi, Olivier Louchard (Cfdt Montfort) soulignait que les salariés de Monfort-sur Meu ont déjà voté la reconduction de la grève pour lundi et que les autres sites vont sans doute en faire autant. Ce que confirme ce soir Marie-Jeanne Meunier (Cfdt Lam- balle). La Cooperl est la première entreprise de la filère porcine en France, elle emploie plus de 5 000 salariés. Jusqu’en 2014 elle a toujours été bénéficiaire, il faudra attendre le mois de juin pour connaitre le résultat 2015.
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Marc-André Mouchère 05/03/2016
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Lire aussi:
Analyse du NPA:

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03 mars 2016 ~ 0 Commentaire

élevage (npa)

npa agricol

Accalmie avant une nouvelle tempête ?

On assiste à la répétition du scénario de septembre 2015 : alors que l’échec prévisible des démarches du ministre de l’Agriculture auprès de la Commission européenne avait relancé les mobilisations, la FNSEA a ressorti les gros tracteurs pour les encadrer.

Les « négociateurs responsables », Xavier Beulin en tête, ont rencontré le Premier ministre pour présenter des demandes où la question des prix passait à la trappe, bien après les « règles et les normes » environnementales qui donnent des boutons aux productivistes. Et si le président du syndicat majoritaire n’a pas lancé l’appel au retour au calme que souhaitait le gouvernement, il a appelé « solennellement tout (ses) collègues à faire preuve de mesure ». Et de fait, le nombre et l’ampleur des manifestations a diminué.

Le 17 février, Manuel Valls répondait donc aux revendications par une nouvelle baisse des cotisations sociales qui limitera encore les ressources de la Mutualité sociale agricole et augmentera les transferts depuis le régime général. « Il y a des avancées aujourd’hui, je les salue », s’est exclamé Xavier Beulin. Au moins un qui est content, car cette annonce ne fait pas l’unanimité dans le syndicalisme agricole.

« Toute l’organisation de la production est à revoir »

Comme le souligne le communiqué du Modef, «En décidant de baisser de 7 points les cotisa- tions sociales à tous les agriculteurs, le gouvernement fait un cadeau aux grosses exploitations qui ne sont pas touchées par la crise. Cette mesure généraliste va dans le sens d’une politique de moins-disant social qui accompagne et ne remet pas en cause la course aux bas prix. Cette mesure vient conforter la politique du taux de profits maximum menée par l’agroalimentaire et la grande distribution ». L’année blanche, c’est-à-dire le report d’un an du paiement des cotisations, ne fait que reculer l’échéance.

Même son de cloche du côté de la Confédération Paysanne: certes la trésorerie de certains éleveurs s’en trouvera soulagée, mais «Au lieu de faire le choix de baisses de cotisa- tions en direction des éleveurs victimes de la crise, il offre une ristourne à tous les paysans, y compris ceux qui n’en ont pas besoin ». Et le remède pourrait s’avérer à terme pire que le mal : le syndicat considère que « es cotisations sociales, trop souvent appelées « charges », sont un élément essentiel de la solidarité nationale et contribuent au quotidien des paysans (maladie, retraite, etc.). Cette mesure ne doit pas être l’occasion d’enfoncer un coin dans ce principe essentiel de notre société. Par ailleurs, il est temps d’admettre que la crise est structurelle et que c’est toute l’organisation de la production qui est à revoir».

Même réaction critique de la Coordination Rurale qui souhaite un retour à des mécanis- mes de régularisation à l’échelle européenne. En revanche, elle reste crispée sur l’exigence d’une TVA sociale.

Rien n’est réglé Dans son jeu de rôles avec le gouvernement actuel comme avec le précé- dent, la FNSEA se pose comme représentante du monde agricole dans sa totalité, la vieille fiction de l’unité paysanne qui pourtant se fissure. Dans les faits, comme le soulignent les trois autres syndicats, elle applaudit à une mesure certes de portée générale mais dont les plus gros tireront un maximum de bénéfices. Ce n’est pas nouveau, mais c’est devenu ostensible depuis l’élection en décembre 2010 de Xavier Beulin, gros agriculteur mais surtout dirigeant d’un groupe agro-industriel (Avril) à la tête du syndicat.

Mais aucun des problèmes de fond n’est réglé. La politique agricole commune est en crise, et il n’y a rien à attendre des institutions de l’Europe capitaliste : les incendiaires ne vont pas se transformer en pompiers. Il reste que cette situation de concurrence exacerbée entre les producteurs des différents pays apporte de l’eau au moulin des souverainistes. Il ne peut en aller autrement en l’absence de mobilisations à l’échelle européenne capables d’imposer des prix rémunérateurs dans le cadre de quotas de production.

Gérard Florenson Lundi 29 février 2016, Hebdo L’Anticapitaliste – 325 (25/02/2016)

https://npa2009.org/elevage-accalmie-avant-une-nouvelle-tempete

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03 mars 2016 ~ 0 Commentaire

crise agricole (libération)

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Traduire la FNSEA en justice ?

Alors que des paysans se suicident par centaines, que plus personne ne peut ignorer que le modèle productiviste est à bout de souffle, comment un syndicat agricole, la FNSEA, peut-il encore recommander aux agriculteurs d’agrandir leurs exploitations ?

En octobre 2015, l’évêque de Vannes dans la très catholique Bretagne, célébrait une messe à Sainte-Anne-d’Auray devant 600 croix blanches témoignant de suicides par centaines de paysans en France. Quelques mois plus tard, le Salon de l’agriculture accueille le président de la République sous les huées de paysans médusés, à cran et à bout, ulcérés de voir déam- buler leur ministre avec le président de la FNSEA, Xavier Beulin, censé aplanir leur colère.

Tout a été dit sur cet industriel proche de Sarkozy représentant d’une profession acculée au pire à cause de ses recommandations, d’autant que sa propre position d’acteur écono- mique, à travers sa société Avril, le place directement en porte-à-faux avec des agriculteurs, dès lors qu’il s’agit de transformer une matière première alimentaire en produits (biodiésel) à haute valeur ajoutée.

Cette situation ubuesque a le mérite de souligner comment des «industriels» et des «distributeurs» considèrent par exemple le lait comme une vulgaire matière première, sans valeur en soi, destinée à des opérations de «craquage» visant à extraire des produits plus rentables (caséine, phosphate de calcium, immunoglobulines) revendus à d’autres secteurs industriels (pharmaceutique, cosmétique, polymères, etc.).

Que Xavier Beulin cesse de se draper derrière le paravent des «paysans» alors qu’il défend des intérêts industriels. En définitive, la politique suicidaire qu’il défend fait le jeu des acteurs de la chimie industrielle (intrants et semenciers) et des distributeurs. Et les paysans dépossédés depuis des décennies de leur savoir-faire, inféodés aux recommandations «techniques» d’une agriculture intensive longtemps portée au pinacle par l’Inra.

Désormais qu’une partie de la profession paysanne est menacée de mort violente, la question va se poser des responsabilités. Comme chez Orange où il a fallu des dizaines de suicides pour qu’on change de stratégie. Qui peut prétendre qu’au nom de la compétitivité de la France et d’une libéralisation fossoyeuse des hommes et des terroirs, les recommandations de la FNSEA faites aux «paysans» d’agrandir leurs exploitations, de se confronter aux marchés avec des outils «plus compétitifs», d’accroître leurs investissements n’aient pas été un pousse-au-crime ?

Pire, une faute impardonnable. Alors que, de toutes parts, sonnaient les alarmes sur ce modèle productiviste à bout-de-souffle. Qui blanchira le président de la République et son ministre qu’on a connu plus clairvoyants d’avoir autorisé la ferme des 1000 vaches dans la Somme alors que la France croule sous les tonnes de lait dont elle ne sait que faire ? La question va être de savoir s’il peut se constituer des entités juridiques pour conduire devant les tribunaux ceux qui ont conduit l’élevage dans de telles impasses.

Et qu’on n’accuse pas les Chinois ou les Européens bloqués devant un marché russe interdit lorsqu’on savait que les Chinois achèteraient du lait meilleur marché dès que ces quotas européens auraient été levés et que les Russes trouveraient la parade en Nouvelle-Zélande ! Tout cela avait été dit et écrit.

Pour une fois, la grande distribution a bon dos. Au nom de quoi achèterait-elle de la viande de médiocre qualité à des agriculteurs poussés à produire plus alors que l’on savait sciemment qu’ils ne tiendraient pas sur un marché mondial plus compétitif ? Elle a raison de pousser la logique du marché jusqu’à préférer justement la logique d’un marché dérégulé. Quel patriotisme ridicule pousse un président et son ministre à faire préférer des viandes prétendument françaises, engraissées avec des produits venus du Brésil dont certains enfreignent les interdictions sur les OGM ?

De deux choses l’une. Soit le président et son ministre sont cyniques jusqu’à accepter que des centaines de paysans dont le métier est de nous nourrir dignement puissent mourir de désespoir au bout d’une corde dans leur ferme. Soit leur double jeu qui est de défendre une profession par les mots tout en menant une politique qui les accule à la mort est proprement criminel.

En tant que citoyens, soucieux de qualité, d’éthique et non simples consommateurs obnubilés par la matraque des bas prix de la grande distribution, nous exigeons des politiques des engagements clairs et nets sur la finalité de notre modèle agricole. Nous sommes en droit de leur demander de cesser de suivre un syndicat prétendument majoritaire qui ne l’est plus, contesté par ses propres membres qui ont été jusqu’à démonter le stand de leur ministère au Salon de l’agriculture et dont le cynisme est de faire croire que la solution à la crise est justement ce qui les accule à la mort.

Qui peut penser que quelques centaines de millions d’euros, que des remises de charge suffiront à éteindre le feu qui embrase les campagnes de l’Ouest et dont le préfet s’alarme du coût financier de ces interminables jacqueries ?

Les Français doivent avoir honte de traiter ainsi leurs paysans. Que n’entend-on pas ceux qui luttent pour une agriculture réellement paysanne, de qualité, peu encline à s’exposer aux marchés extérieurs ? De plus en plus d’agriculteurs voulant croire en leur avenir se ris- quent, souvent avec succès, dans des voies dissidentes, alternatives, moins anonymes, – à l’instar de filières plus courtes ou locales – capables en plus de valoriser économiquement leur travail, de promouvoir un savoir-faire unique et à eux, trouvant dans l’opinion de leurs concitoyens des marques de reconnaissance et de solidarité.

Que ne voit-on pas les agriculteurs défendant des filières intégrées – à l’instar de Jeune Montagne dans l’Aveyron qui avait, dans les années 1960, à l’initiative d’André Valadier su prôner la singularité d’un terroir contre les sirènes de la croissance et ses impasses – la cogestion avec des coopératives réellement pluralistes se débattre face à des industriels dont les besoins et les désirs ne sont pas ceux d’une alimentation saine, durable, respectueuse de l’environnement ?

Le temps est venu de penser au volet judiciaire face à l’hécatombe paysanne. De lever la honte qui nous fait assister en spectateurs impuissants au désespoir de nos concitoyens qui méritent notre aide et non le mépris d’une institution qui les menace de mort. Les veuves de paysans suicidés ne pourraient-elles pas se rassembler comme les veuves de la Place de Mai à Buenos Aires qui ont traîné les politiques devant les tribunaux ?

Gilles Fumey Géographe, chercheur à l’ISCC-CNRS

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