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03 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Sortir des pesticides: Paul François, l’insoumis à Monsanto (Bastamag)

Sortir des pesticides: Paul François, l’insoumis à Monsanto (Bastamag) dans Ecologie & climat pest

Céréalier en Charente, Paul François a baigné dans l’agriculture intensive. Victime d’un accident lors de la manipulation d’un herbicide, l’agriculteur attaque son fabricant, Monsanto. Et gagne le procès en première instance. L’homme qui fait vaciller le géant de l’agrochimie n’est pourtant pas encore sorti des pesticides. Critiqué par ses pairs pour ne pas s’être converti au bio, soucieux de maintenir son rendement, il expérimente aujourd’hui des alternatives au tout chimique. Portrait d’un agriculteur au parler-franc.

Rien ne prédestinait Paul François à devenir un contestataire de l’agriculture intensive avec son lot de produits chimiques. C’est à Bernac, en Charente, que ce céréalier âgé aujourd’hui de 49 ans, a repris l’exploitation gérée par son père. « Un peu par défaut, confie t-il, avant que ça ne devienne une passion ». Durant des années, il mise sur « le tout chimique ». Il utilise massivement des engrais de synthèse, irrigue à tout-va pour le maïs. « Cela collait bien aux valeurs de l’entrepreneur et du travailleur, j’avançais ». Très vite, sa ferme s’agrandit. Ils sont aujourd’hui quatre, deux associés et deux salariés, à vivre sur un peu plus de 400 hectares, essentiellement en blé et maïs. Une grosse exploitation.

Lui-même n’imaginait pas qu’un jour, il troquerait une partie des produits de synthèse contre des purins de plantes. « Quand j’étais dans mon agriculture intensive, le purin d’ortie me faisait sourire. Puis quand on comprend les conséquences des molécules chimiques, on se dit que c’est peut-être avec ça que l’on a envie de travailler ». Il est fier désormais de pouvoir croquer le grain de blé qui sort de chez lui, d’en donner à ses poules et de manger leurs œufs. Sans danger. « Je me sens mieux dans ma peau de paysan, même si je sais que j’ai encore énormément d’efforts à faire pour ne plus avoir d’impacts sur l’environnement ».

Une prise de conscience progressive… Avant d’en arriver là, Paul François et son associé ont commencé à réduire l’usage des produits phytosanitaires dès les années 90. La moitié de la surface est alors consacrée à des monocultures de maïs irriguées. « On cherchait à réduire nos coûts, c’était une démarche purement économique », précise t-il. Ils rencontrent d’autres agriculteurs ayant eux aussi réduit l’usage des produits chimiques mais pour d’autres raisons, notamment environnementales. « On a pris conscience petit à petit qu’il existait d’autres techniques ».

Au même moment, ils constatent des problèmes de texture du sol. « Il n’y avait plus de vie dans le sol, les rendements stagnaient. Plein de choses nous inquiétaient. » Les rotations entre le blé et le colza semblent trop courtes. Ils décident donc de modifier leurs « façons d’exploiter » et commencent à rapporter de la matière organique dans les sols, du fumier en particulier. « Pour l’anecdote, il a fallu dix ans pour revoir du vivant dans le sol, comme les vers de terre. Cela avait quasiment disparu. »

… avant « l’accident » Et puis il y a eu ce qu’il nomme « l’accident ». Suite à une mauvaise « manip », il inhale du monochlorobenzène, un composant du Lasso, cet herbicide fabriqué et commercialisé par le géant Monsanto. Nous sommes en 2004. Amnésie, insuffisance respiratoire, problèmes d’élocution, nausées, évanouissements… De cette intoxication « aigüe », il souligne « ses neuf mois d’absence de l’exploitation et ses 5 mois d’hospitalisation ». En 2005, Paul François demande la reconnaissance en maladie professionnelle. Cinq ans de procédure seront nécessaires avant qu’il ne l’obtienne. « A un moment donné, j’avais pris conscience qu’il y avait peut-être un danger pour l’environnement, mais bizarrement j’avais sous-estimé que je mettais moi-même et mes proches en danger. Un déni ? »

Déterminé, Paul François lance une procédure en responsabilité civile contre Monsanto. Et remporte une première bataille. « Monsanto est responsable du préjudice de Paul François suite à l’inhalation du produit Lasso », expose ainsi le jugement rendu le 13 février 2012 par le tribunal de grand instance de Lyon. Selon Me Lafforgue, Monsanto aurait manqué à son « obligation d’information » en ne détaillant pas la composition du produit sur l’étiquette, et en n’avertissant pas des risques liés à l’inhalation, ni de l’obligation de porter un masque. Sans surprise, la firme a fait appel. Et Paul prépare la suite. « Ils sont en train de vouloir retourner la situation, ce serait moi qui aurait tenu des propos diffamatoires ». Mais il tient bon. Certes, la médiatisation n’est pas toujours facile « malgré les apparences ». « Mais le point positif , ajoute t-il, c’est qu’elle aura permis à des agriculteurs de se dire « peut-être que je suis moi aussi victime… » ».

Double peine Isolés, des agriculteurs se sont progressivement rapprochés de Paul François. Qui répète à l’envi qu’il ne serait pas là où il en est s’il avait été seul. Ensemble, ils créent l’association Phyto-Victimes en mars 2011 pour briser l’omerta sur le sujet. « La FNSEA ne veut pas dire que la chimie peut nous empoisonner et nous tuer, souligne Paul François. Le monde agricole et ses représentants syndicaux n’ont pas voulu s’investir sur ce dossier-là » lâche t-il, avant que le téléphone ne sonne à nouveau. C’est une nouvelle demande d’interview, suite à la parution d’une étude de l’Inserm reconnaissant les effets des pesticides sur la santé. « Plus que jamais nous avons une légitimité », résume t-il.

Paul François a toutefois une crainte, celle de la double peine. « Certains d’entre nous vont être malades, certains vont en crever, et ils pourront aussi être accusés. Demain, on ne pourra plus dire que l’on ne savait pas. » A ses yeux, il faut prendre ses responsabilités dès maintenant. Mais il n’est pas passé au bio pour autant. « La première raison c’est que l’agriculture biologique est beaucoup plus difficile et technique que l’agriculture que j’ai pratiquée ». Du fait de ses séquelles, il sait qu’il devra peut-être s’arrêter de travailler du jour au lendemain, et il ne veut pas laisser son associé et ses salariés « dans la panade ». Néanmoins, il estime qu’ « il faut faire tout ce qui est possible pour développer le bio, à commencer par la formation des jeunes ».

Enlever les produits dangereux « En attendant de faire mieux, de faire bio, il faut pouvoir produire et que chaque consommateur, y compris celui qui vit avec les minimas sociaux, puisse se nourrir sans se mettre en danger ». Lui et son associé ont donc fait le choix d’aller vers une autre agriculture, « de façon progressive » insiste t-il. Il est impératif pour lui de maintenir son rendement « tout en faisant un blé qui soit le plus sain possible, avec des méthodes ayant le moins d’incidence sur la santé ». Avec leur coopérative, ils ont commencé par ne plus employer toutes les molécules classées « risques cancérigènes, cancérigènes avérés ou mutagènes ». Et il se réjouit que ses rendements et sa marge économique soient largement aussi bons que certains de ses collègues qui continuent à utiliser de l’isoproturon, un herbicide.

Il ne se fait toutefois pas d’illusion quant au résultat du plan Ecophyto, lancé en 2008, visant à réduire de 50 % les pesticides en dix ans. Alors que les volumes consommés ont augmenté entre 2009 et 2011, il interroge : « Même si on atteint 20 % de bio en 2020, que fait-on des 80 % qui, dans l’Eure ou la Beauce, continuent à produire n’importe comment ? Les nappes se rejoignent toutes à un moment donné et l’air ne connait pas de frontières. » Paul François propose que l’on commence par retirer du marché tous les produits dangereux, cancérigènes et mutagènes notamment, d’ici 2018. « Et qu’on arrête de dire que la production serait mise en danger ! »

Faire primer l’agronomie sur la chimie Son lien au sol a aussi changé. Il ne s’interdit pas l’utilisation de molécules de synthèse, mais la chimie n’arrive qu’en dernier recours. « On s’est rapprochés notamment de nos collègues éleveurs et on fait des échanges de bons procédés : je leur fournis la paille et eux me fournissent du fumier. » De quoi lui faire économiser 30 tonnes d’engrais de synthèse en 2012. Les temps de rotations entre les cultures ont été réduits et les cultures qui permettent d’enrichir naturellement le sol en nitrates, telles que l’avoine ou le trèfle, ont été développées. Une approche agronomique qui lui aurait fait diviser par deux l’utilisation de pesticides.

Sa recherche d’alternatives l’a conduit à expérimenter des semences adaptées à son terroir. « On avait oublié de nous dire que les semences fournies devaient être biberonnées aux fongicides ». Depuis le printemps 2013, Paul François a également décidé d’expéri-menter des purins de plantes, de fougères notamment, sur une partie de son exploitation. Avec l’aide d’un membre de l’association pour la promotion de ces préparations naturelles (Aspro-PNPP), il observe les résultats sur plusieurs hectares de maïs, de colza, de blé dur et de betteraves. Sur le colza traité à l’extrait d’ail, il constate qu’il n’y a pas eu d’attaques de charançons, des insectes ravageurs.

Produire autrement Considère t-il qu’il encourt un risque avec ces extraits végétaux ? « Pas davantage qu’avec les produits chimiques aujourd’hui pulvérisés et sur lesquels on n’a pas de recul », assène t-il. « Avant que le purin d’ortie ne provoque un cancer, il y a encore du chemin à faire ». Aujourd’hui, Paul François veut poursuivre ce protocole d’essais avec des préparations naturelles à plus grande échelle. « On essaie car on a besoin de solutions. »

S’il explore des pistes de sortie du tout chimique, il est conscient qu’il ne pourra pas compter sur l’aide de la chambre d’agriculture du département pour le faire. « Ils sont indécrottables », regrette t-il. Son exploitation peut apparaître paradoxale. Certains lui reprochent d’aller trop vite, d’autres trop lentement. « Mais je reste droit dans mes bottes. Il y a des choses que le monde agricole doit entendre ». Pas bio, pas vraiment de gauche, il n’avait pas le profil pour attaquer les lobbys de l’agrochimie. Lui estime n’avoir plus rien à perdre. « Mon pronostic vital a déjà été engagé trois fois ». Et sa liberté de parole, il y tient dur comme fer. Par Sophie Chapelle (3 septembre 2013)

http://www.bastamag.net/article3222.html

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03 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

En Bretagne et ailleurs, ils luttent contre l’accaparement des terres (BD)

En Bretagne et ailleurs, ils luttent contre l'accaparement des terres (BD) dans Altermondialisme atencoba

Pour lutter contre l’accaparement des terres suite aux projets menés par les grandes entreprises, un collectif, « Paysan sans terre » est en train de se mettre en place, en Bretagne et plus largement en France.

Le but ? Rassembler agriculteurs et tout autres sympathisants et faire valoir le droit à la terre. Lors du festival de Mamm Douar, consacré aux résistances écologiques qui se déroulait à Saint Nolff (56) le 29 juin dernier, nous avons rencontré Ignacio del Valle Medina, activiste mexicain qui, de la même manière, lutte contre l’accaparement des terres dans son pays, et notamment contre un projet d’aéroport.

Le collectif « Paysans sans Terre » est en pleine phase de constitution. Dans un appel , les initiateurs expliquent que le collectif « a pour objectif de rassembler et soutenir les porteurs de projets (en agriculture paysanne respectueuse de l’environnement) en recherche de terre face aux lobbies (agro-alimentaires, syndicat majoritaire, banques et autres) et au bétonnage abusif des terres nourricières. » « Il devient de plus en plus difficile pour ces jeunes en projet dit « atypique » d’acquérir un outil de travail et de développer un projet de vie. En se regroupant en collectif, l’idée est d’échanger et de se soutenir et enfin de travailler sur nos projets respectifs avec des structures associatives travaillant sur le soutien aux installations alternatives (GAB, réseaux agriculture durable, CIVAMs, Terre de Lien, confédération Paysanne, RTF, réseaux locaux d’économie sociale et solidaire, etc) », détaillent-ils. Plus d’infos seront disponibles dans les prochaines semaines sur un blog dédié.

Interview d’Ignacio Del Valle Medina, activiste mexicain, rencontré à Saint-Nolff (56) lors du festival Mamm Douar le 29 juin dernier. Il évoque ici la lutte contre l’accaparemment des terres, et son combat contre un projet d’aéroport, qu’il compare à celui mené en France à Notre-Dame-Des-Landes.

Ignacio del valle medina, peux-tu te présenter ? Je viens de San Salvador Atenco (une région du centre sud du Mexique ndlr) et je fais partie d’une organisation qui y défend les peuples sans terre.

Quel problème rencontrez-vous avec votre droit à la terre dans ton pays ? Le problème en particulier à Atenco, c’est qu’on nous impose des projets qui ne répondent pas aux besoins réels de notre pays. Le système de gouvernement caduc, corrompu, insensible aux réels besoins du peuple, impose les lois de l’économie des entreprises. Le gouvernement ne consulte pas les parties concernées, mais concède les permis. La construction de n’importe quel projet d’autoroute sous l’impulsion d’initiatives privées est lancé. Dans le cas spécifique d’Atenco, un projet d’aéroport est en train de voir le jour sur des terres habitées par des communautés ancestrales, une racine historique. Le gouver-nement fait des concessions à des multinationales qui ne portent aucun intérêt pour les populations locales et pour la réalité. C’est le résultats du libre échange où la richesse nationale se voit vendue, sa faune et sa flore sont bradées. Quant aux métaux, à l’eau, tout ce qui peut générer du gain pour les capitalistes, ceux-ci s’en emparent. L’instabilité sociale est très forte. Par exemple, lors des derniers huit mois du gouver-nement actuel, nous comptons quasiment 10 000 disparus sous le prétexte de la lutte contre les narco-trafficants. La protestation sociale dans notre pays est criminalisée. Prenons l’exemple d’Atenco, d’où nous venons. Pour défendre notre terre, ils nous incarcèrent, nous assas-sinent. Ils violent nos femmes… Nous devons dénoncer cela, nous ne pardonnerons pas et nous ne l’oublierons pas. Ce n’est pas une forme de vengeance, mais une lutte pour la justice qui ne se reproduira ni dans notre pays, ni ailleurs. Face à ces représailles à la protestation sociale, Atenco considère que si il y a une raison légitime à défendre, c’est bien la terre.

Que faites-vous pour lutter ? C’est un consentement mutuel du peuple. Cet affront surgit comme une réponse naturelle des peuples qui se disent : pourquoi devrais-je quitter cette terre qui est la mienne ? Pourquoi devrais-je quitter cette terre alors que jamais, ils ne nous ont avisés. De quel droit arrivent-ils en disant : pars, cette terre n’est pas la tienne ? Ils n’ont pas pris en connaissance l’histoire, la culture, nos traditions, nos coutumes, notre mode de vie. Notre manière de nous organiser est efficace parce que nous nous connaissons bien entre communautés. Quitter nos terres nous touche chacun beaucoup, car cela signifie pour nous, quitter notre univers, Et nous défendre est un droit légitime. Dénoncer est également un droit légitime Ce projet d’aéroport sera construit avec une ville futuriste. Nous ont-ils avisés pour mener à bien ce projet ? Jamais, alors que nous sommes les premiers concernés puisque c’est de notre terre qu’il s’agit. Ils nous imposent leurs actions à travers des moyens de communication élaborés.

Je suis ici pour dire que la solidarité internationle, le travail des ONG, fonctionnent, donnent un poids aux luttes des peuples. A Atenco, nous savons reconnaître cette aide internationale. Ici aussi, on s’oppose à un aéroport, Notre-Dame des Landes. Cette lutte, elle est la nôtre. Nous nous y identifions depuis le Mexique, la lutte continue, Atenco ne se vend pas, la terre nous l’aimons et nous la défendons. Par Estelle Caudal le 29/08/2013 à 16h53

http://www.bretagne-durable.info/ecomag/initiative/en-bretagne-et-ailleurs-ils-luttent-contre-laccaparement-terres

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30 août 2013 ~ 0 Commentaire

Colombie, la colère gronde chez les paysans (CI)

Colombie, la colère gronde chez les paysans (CI) dans International web_colp_lo_00161_big_ce

Le mouvement de contestation des paysans colombiens se poursuit depuis le 19 août dans huit régions du pays. Ils dénoncent l’importation de produits agricoles plus compétitifs et l’indifférence du gouvernement face à leur précarité.

Il s’agit d’un événement historique dans un pays où les grèves nationales sont plutôt rares : des milliers de paysans, dans huit régions stratégiques du pays, bloquent les routes depuis le 19 août pour protester contre le gouvernement. Leurs demandes s’articulent  principalement autour de trois points : réduire le coût élevé des intrants agricoles, réviser les traités de libre-échange signés pendant ces dernières années et lutter contre la contrebande de produits agricoles. Les trois revendications visent à améliorer la compétitivité des paysans colombiens face à l’arrivée de manière légale ou illégale de produits agricoles étrangers moins chers.  Sur le site en ligne spécialisé en politique nationale La Silla Vacía, le journaliste Andrés Bermúdez souligne que la grève s’est concentrée surtout dans trois régions du pays : Boyacá (Centre),  Nariño (Sud-Ouest) et Cundinamarca (la région de Bogotá) avant de relever : « L’insistance du président Santos pour diminuer l’importance de la grève – probablement pour en réduire l’impact face aux médias – a fini par renforcer le sentiment chez les paysans que Santos et son équipe n’ont pas de contact réel avec la campagne. »

« L’abandon de la campagne c’est un vieux problème » Interviewé par La Silla Vacía, Jorge Londoño, un sénateur du Parti vert, com- mente : « L’abandon de la campagne c’est un vieux problème, mais il n’y a pas eu de vrais actions pour trouver une solution. Le gouvernement devrait se focaliser sur les moyens d’éliminer la contrebande d’aliments, d’aider les paysans à être mieux organisés et d’impulser des expor- tations. »   Le deuxième quotidien du pays, El Espectador, titre pour sa part : « La grève nationale est en train de s’élargir ? »  En effet, des syndicats d’ouvriers, d’éducateurs et de travailleurs de la santé ont manifesté dans les villes du pays le 28 août en solidarité avec les paysans, mais aussi pour faire part de leurs propres revendications. Le journal rappelle que lundi 26 août, il y avait quelque 48 routes bloquées dans huit régions du pays.

L’indigence et la misère ont augmenté Le quotidien le plus lu du pays, El Tiempo, constate que « les négociations entre le gouvernement et les paysans n’ont pas encore abouti. Les blocages des routes continueront. » La commission nationale de négociateurs mise en place à Tunja, dans la province de Boyacá, n’a pas réussi à trouver un accord, après neuf heures de négociations le 27 et le 28 août. Les paysans ont trouvé « insuffisantes » les propositions du gouvernement. Le journal rappelle que le président était allé lui-même à Tunja, le 26 août, pour participer aux négociations. Dans un article du journaliste Daniel Samper Pizano, frère de l’ancien président colombien Ernesto Samper Pizano (1994-1998), qui a connu un grand succès sur les réseaux sociaux (plus de 90 000 partages sur Facebook), Samper déclare : « Je ne suis pas étonné par le fait que les paysans soient sortis dans les rues pour protester. Ce qui m’étonne c’est qu’ils ne l’aient pas fait avant. Fedesarrollo [un centre de recherches économiques et sociales] signale que pendant les dernières années la pauvreté a reculé dans le pays, sauf dans la campagne, où l’indigence et la misère ont augmenté. Si vous étiez paysan, vous seriez sûrement aussi en train de protester sur la route ». Courrier international  Camilo Moreno 29 août 2013

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2013/08/29/la-colere-gronde-chez-les-paysans

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28 août 2013 ~ 0 Commentaire

Abeilles : Syngenta et Bayer contre-attaquent (S&A)

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Deux groupes d’agrochimie annoncent vouloir saisir la cour européenne de justice européenne suite à l’interdiction de certains de leurs produits.

Syngenta a annoncé mardi 27 août son intention de saisir la Cour européenne de justice, basée à Luxembourg. Le même jour, Bayer a indiqué que sa division agrochimie, Bayer CropScience, avait déjà déposé plainte à la « mi-août ». L’affaire, objet de ce litige, remonte à fin mai der- nier. Sensibilisée par la mort des abeilles, la Commission européenne avait confirmé à l’époque sa décision de restreindre pendant deux ans à compter du 1er décembre prochain l’utilisation de trois produits chimiques (la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame) utilisés dans des pesticides fabriqués par les groupes Bayer et Syngenta et considérés comme responsables de l’hécatombe.

Utilisation restreinte mais pas interdite Leur utilisation sera proscrite pour le traitement des semences, l’application au sol (en gra- nulés) et le traitement foliaire des végétaux, y compris les céréales (à l’exception des céréales d’hiver), qui attirent les abeilles. Bruxelles avait ensuite décidé en juillet d’interdire pour deux ans l’usage à l’air libre du Fipronil, un insecticide considéré comme mortel pour les abeilles, fabriqué par le groupe allemand BASF. Les deux pesticides de Bayer à base de clothianidine et d’imidaclopride sont sur le marché depuis plusieurs années et ont reçu une autorisation de commercialisation, a fait valoir mardi Bayer. Pour Bayer, cette plainte déposée devant la Cour de Justice de l’UE doit lui permettre d’y voir plus clair sans la réglementation européenne. « Nous avons besoin de conditions générales fiables pour décider de futurs investissements », a souligné le porte-parole de Bayer CropScience.

« Nous aurions préféré ne pas intenter une action en justice mais nous n’avons pas le choix étant donné que nous sommes persuadés que la Commission a établi à tort un lien entre le thiaméthoxame et le déclin de la santé des abeilles », a pour sa part expliqué mardi le directeur opérationnel du groupe suisse Syngenta, John Atkin, cité dans un communiqué.

Une décision soutenue par 15 pays Selon un porte-parole de Bayer CropScience, si les deux substances incriminées par Bruxelles sont réellement interdites, cela représente une perte de chiffre d’affaires de 80 millions d’euros. Pour Syngenta, les ventes annuelles du Thiame- thoxam dans l’UE s’élèvent à 35 M d’euros. A Bruxelles, la Commission européenne est restée sereine mardi, après l’annonce des actions en justice intentées par les deux groupes.  »La Commission européenne a pris acte de ces annonces », a indiqué une source européenne, en ajoutant que cela ne changerait rien à la décision de l’exécutif européen. « La Commission a pris sa décision sur la base de faits scientifiques et de conclusions de l’EFSA » (Autorité européenne de sécurité des aliments), a-t-on ajouté de même source. La décision de la Commission européenne avait été soutenue par quinze pays, dont la France et l’Allemagne, lors d’un vote fin avril. Huit États-membres, dont le Royaume-Uni, l’Italie et la Hongrie, ont voté contre et quatre, dont l’Irlande, présidente en exercice à l’époque de l’UE, se sont abstenus.

De nombreuses menaces sur les abeilles « Le mois passé, j’ai promis, face aux nombreux risques relevés dans l’avis scientifique de l’Autorité européenne de sécurité des aliments, de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour garantir la protection de notre population d’abeilles », avait expliqué Tonio Borg, commissaire en charge de la Santé et des Consommateurs, dans un communiqué.  »Cette promesse est tenue par l’adoption de la mesure d’aujourd’hui, qui marque un nouveau jalon important vers la garantie d’un avenir plus sain pour nos abeilles », avait-il ajouté.

Outre les pesticides, les abeilles sont confrontées à de nombreux dangers, menaçant leur survie. C’est d’ailleurs l’argument principal des  industriels de l’agrochimie qui rejettent la faute du déclin de ces populations d’insectes sur d’autres facteurs. Ces derniers pointent du doigt le changement climatiques, les espèces invasives (telles que le frelon asiatique) ou encore les parasites tels que la mite varroa, porteur d’une maladie destructrice pour les colonies d’abeilles.  Créé le 27-08-2013 à 17h27 – Mis à jour à 17h47 Par 

http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/nature-environnement/20130827.OBS4499/abeilles-syngenta-et-bayer-contre-attaquent.html

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19 août 2013 ~ 0 Commentaire

L’été des porcheries (SO)

L’été des porcheries (SO) dans Ecologie & climat cochon

Le gouvernement veut assouplir les règles sur les élevages porcins. L’association Eau et Rivières de Bretagne réagit.

L’association Eau et Rivières de Bretagne est en pointe dans la lutte contre la pollution de l’eau et des sols provoquée par la concentration des élevages industriels de porcs. Elle est notamment l’un des acteurs essentiels dans le dossier des algues vertes qui envahissent le littoral breton. Son délégué général, Gilles Huet, est vent debout après la confirmation cette semaine, par le ministère de l’Agriculture, de la préparation d’un arrêté pour assouplir les règles relatives à l’installation ou à l’extension des élevages porcins.

À partir de 2014, les élevages qui abritent entre 450 et 2 000 têtes pourraient être soumis à un simple enregistrement. Alors qu’aujourd’hui ils doivent obtenir une autorisation avec enquête publique préalable.

« Sud Ouest ». Avez-vous été consulté à propos de ce projet d’arrêté ?

Gilles Huet. Absolument pas. Ni les organisations de protection de l’environnement, ni les associations d’élus locaux. Or la suppression de l’enquête publique pour les élevages de moins de 2 000 têtes priverait les conseils municipaux d’un examen des dossiers qui concernent leurs territoires. Alors que l’on ramasse des milliers de mètres cubes d’algues vertes sur les plages bretonnes, alors que l’on met en œuvre des programmes très coûteux de protection des captages d’eau, cette mesure serait incompréhensible pour les citoyens comme pour les élus. Elle ne s’expliquerait que par la pression du lobby de l’élevage industriel sur le ministre de l’Agriculture. Celui-ci n’est même pas compétent sur le sujet, puisque ces élevages sont des installations classées qui relèvent du ministère de l’Écologie ! Où est Philippe Martin, le ministre de l’Écologie, dans ce dossier ?

Quelles seraient les conséquences d’un tel assouplissement ?

Malgré le régime d’autorisation existant, 60 % de la production porcine est concentrée dans l’Ouest et la réglementation n’est manifestement pas appliquée avec rigueur par les préfets. Alors demain ? L’absence d’étude d’impact pour l’implantation d’un élevage, l’absence d’enquête publique avec un commissaire enquêteur indépendant nommé par le tribunal administratif, tout ceci ne ferait qu’accroître les difficultés. Dans la procédure, le préfet serait le seul interlocuteur du lobby agricole, on imagine la suite ! Par ailleurs, la rigueur du contrôle des élevages déjà installés repose sur le fait qu’ils sont des installations classées.

Quelle analyse faites-vous de ce dossier sous l’angle politique ? Lors de la discussion du projet de loi de modernisation de l’agriculture, en 2010, un amendement du député Marc Le Fur (UMP) portait exactement la même mesure, le relèvement du seuil de l’auto-risation à 2 000 têtes. Il avait été vivement combattu par les parlementaires socialistes et par le président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, qui est aujourd’hui ministre de la Défense. Je ne comprends pas cette volte-face. D’autant qu’à l’ouverture des états généraux de la modernisation du droit de l’environnement, Delphine Batho, qui était encore ministre de l’Écologie, nous avait expliqué que modernisation ne rimerait pas avec régression. Aujourd’hui, cette annonce témoigne de l’insigne faiblesse du ministère de l’Écologie dans l’équilibre gouvernemental. Mais le combat n’est pas terminé. Il faut espérer que la sagesse l’emporte. Publié le 17/08/2013 à 06h00 Par Jean-Denis Renard

http://www.sudouest.fr/2013/08/17/l-ete-des-porcheries-1143275-1054.php

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19 août 2013 ~ 0 Commentaire

Très peu de cours d’eau échappent aux pesticides (LF)

Très peu de cours d'eau échappent aux pesticides (LF) dans Ecologie & climat 1374540612-A6M

Le pourcentage n’est pas très glorieux: il ne reste que 7 % de cours d’eau en France vierges de toute trace de pesticide.

Pas de quoi pavoiser. Tels sont les dernières données (2011) publiées par le CGDD (Commissariat général au développement durable). «La présence de pesticides dans les cours d’eau est généralisée, cette contamination est principalement due à des herbicides en France métropolitaine, à des insecticides en outre-mer», souligne le CGDD (ministère de l’Écologie). Sur 550 pesticides recherchés, 377 ont été décelés au moins une fois et, dans 19 % des cas, la présence de 20 pesticides a été constatée.

Dans la majorité des rivières, les quantités prélevées sont faibles. Elles se situent en deçà de 0,5 µg/lx (microgramme par litre). Reste que sur les 176 secteurs hydrographiques surveillés en métropole (découpage géographique par bassins versants des rivières), plus de 60 présentent une concentration moyenne annuelle supérieure à 0,5 µg et, surtout, 17 points de mesure affichent une moyenne annuelle supérieure à 5 µg/l. «Une eau brute dont la concentration totale en pesticides dépasse 5 µg/l ne peut pas servir à produire de l’eau potable», même après traitement, rappelle le CGDD. Ces contaminations élevées se trouvent dans les grandes zones agricoles (Bassin parisien, Adour-Garonne et le long du Rhône). Dans les DOM-TOM, cela concerne surtout les régions maraîchères (Martinique et Guadeloupe).

Un traitement de l’eau hors de prix Les pesticides les plus quantifiés sont non seulement les mêmes d’une année sur l’autre mais, sur- tout, trois d’entre eux sont toujours très présents, voire augmentent, alors même qu’ils sont interdits depuis plusieurs années: l’usage de l’atrazine et du métolachlore est proscrit depuis 2003, celui du diuron depuis 2008. Trois substances pourtant que l’on continue de déceler dans l’eau. Le diuron a même connu une forte augmentation entre 2009 et 2011. «Dans les filières de potabilisation, les pesticides sont dé- gradés et éliminés par l’usage combiné d’une oxydation par du gaz ozone, qui déstructure la molécule, et surtout la filtration sur du charbon actif, qui présente la capacité de fixer la plus grande partie de ces contaminants, explique Jean-Marie Mouchel (1), hydrologue, de l’uni- versité Pierre-et-Marie-Curie, mais ces traitements d’affinage son coûteux», poursuit le scientifique, qui insiste: «Ainsi, la réduction des masses de pesticides déversées sur les territoires est un enjeu majeur.»

De son côté, Michel Lesage, député des Côtes-d’Armor, suggère dans un rapport qu’il vient de remettre au premier ministre de repenser complètement la politique de l’eau en France. «Ce n’est que par une mobilisation des territoires et de tous les acteurs que l’on pourra agir», estime l’élu. «Il faut impérativement partir de la base pour dégager des programmes d’action», assure-t-il. De quoi bousculer les systèmes existants autour des grandes agences de l’eau et des six comités de bassins qui découpent la France. Des sujets au cœur de la prochaine conférence environnementale, en septembre prochain. Par Marielle Court   Mis à jour le 29/07/2013 à 12:46

(1) Tout savoir sur l’eau du robinet, CNRS Éditions, sous la direction d’Agathe Euzen et Yves Levi

http://www.lefigaro.fr/environnement/2013/07/28/01029-20130728ARTFIG00129-tres-peu-de-cours-d-eau-echappent-aux-pesticides.php

 

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13 août 2013 ~ 0 Commentaire

« Les grands médias occultent que Monsanto a poussé 284.000 paysans indiens au suicide » (Cadtm)

« Les grands médias occultent que Monsanto a poussé 284.000 paysans indiens au suicide » (Cadtm) dans Altermondialisme 80374047_p

 explique la scientifique Vandana Shiva à Botucatu (Brésil)

C’est pour près de 3000 personnes que la célèbre scientifique indienne Vandana Shiva a réalisé un exposé d’une heure et a répondu aux questions, ouvrant la IIIème journée internationale d’agro-écologie à Botucatu, Brésil, l’après-midi du 31 juillet 2013. Vandana Shiva a commencé par raconter sa vie d’étudiante en biologie et en physique quantique à l’université, aliénée par rapport aux réalités du monde, jusqu’au choc que signifia pour elle le tragique accident survenu dans l’usine états-unienne de pesticides Union Carbide, installée à Bhopal qui causa la mort de 35 000  indiens, il y a trente ans. A partir de là, elle s’est convertie à la cause du peuple et n’a cessé d’enquêter sur les activités des entreprises transnationales dans l’agriculture. Elle est aujourd’hui considérée comme une des principales scientifiques et chercheuses en matière des atteintes à la santé et de la destruction de la biodiversité que les OGM et les produits agro-toxiques des entreprises transnationales causent dans le monde entier.

Elle est repartie des conséquences de la “révolution verte” des années 60, que le gouvernement des États-Unis imposa à son aire d’influence comme moyen de vendre plus de produits agro-chimiques et plus de marchandises agricoles, subjuguant la paysan- nerie de tous ces pays. Résultat : 65% de toute la biodiversité et des ressources en eau douce mondiale ont été polluées par les agro-toxiques. Des études montrent que 40% de l’effet de serre qui affecte le climat planétaire est causé par l’usage excessif et non nécessaire de fertilisants agricoles chimiques. Dans de nombreuses régions d’Europe, à la suite de la mortalité et de la disparition des abeilles, la productivité agricole a déjà chuté de 30%. Vandana Shiva a rappelé que si nous nous calculions les préjudices et les coûts nécessaires pour rétablir la biodiversité, ré- équilibrer l’environnement et remédier aux dégâts climatiques, le montant en dollars dépasserait le chiffre d’affaires de la vente de biens par les entreprises.

En ce qui concerne l’action des entreprises transnationales qui opèrent dans l’agriculture, Monsanto, Bungue, Syngenta, Cargill, Vandana ex- plique qu’elles contrôlent la production et le commerce mondial de la soja, du maïs, du colza et du blé, martelant via la publicité que l’hu- manité dépend des aliments produits par l’agro-business. En réalité l’humanité se nourrit de centaines d’autres végétaux et sources de pro- téines qu’elles écartent et n’ont pas encore pu contrôler.

Pour la chercheuse “ces entreprises qui promeuvent les OGM n’ont rien inventé et n’ont rien développé. La seule chose qu’elles ont faite fut d’opérer des mutations génétiques qui existent dans la nature pour rentabiliser la vente de leurs produits agro-toxiques.” Elle a expliqué que Monsanto a réussi à prendre le contrôle de la production du coton en Inde avec l’appui de gouvernements soumis, néo- libéraux et qu’aujourd’hui 90% de la production dépend des semences et des poisons. Ce qui a entraîné une destruction du mode paysan de production du coton et l’endettement généralisé des producteurs. La conjonction de l’usage de produits toxiques qui ont mené à la dépression et à la honte de la dette, ont poussé depuis 1995,  284.000 paysans indiens au suicide. Un véritable génocide occulté par les grands médias du monde entier et dont le coupable principal est l’entreprise privée Monsanto. Malgré tout ces sacrifices en vies humaines, Monsanto reçoit dans son pays 200 millions de dollars annuels, perçoit des royalties pour l’usage de semences génétiquement modifiées de coton.

La critique du modèle de l’agro-business en général Le modèle de l’agro-business n’est qu’une forme de s’approprier les bénéfices des biens agricoles mais il ne résout pas les problèmes du peuple. La preuve : en augmentant beaucoup la production, nous pourrions alimenter 12 milliards de personnes alors qu’aujourd’hui nous avons un milliard de personnes qui souffrent de la faim quotidiennement, 500 millions d’en- tre elles étant des paysans qui ont vu leur système de production d’aliments détruit par l’agro-business.

Les produits agricoles sont de simples marchandises, plus des aliments. 70 % des aliments dans le monde restent produits par les paysans. Nous devons comprendre que les aliments sont la synthèse de l’énergie nécessaire aux êtres humains pour survivre à partir du milieu où ils vivent, recueillant cette énergie de la fertilité et de l’environnement. Plus grande la biodiversité naturelle, plus grand le nombre de sour- ces nutritives et plus saine pour les humains l’alimentation produite dans cette région. L’agro-business a détruit la biodiversité et les sources d’énergie véritables. Les entreprises utilisent le fétiche de la publicité des techniques modernes de la bio-technologie utilisées pour augmenter la productivité des plantes. Mais ce n’est qu’un hameçon : quand on fait des recherches sur ces bio-technologies on se heurte au secret. Dans le fond elles ne sont que des mécanismes pour augmenter la rentabilité des grandes plantations ; l’agriculture industrielle est la standardisation de la connaissance, la négation de la connaissance de l’art de cultiver la terre. La vraie connaissance est développée par les agriculteurs eux-mêmes et par les chercheurs dans chaque région, dans chaque biome, pour chaque plante.

Le modèle de l’agro-business veut transformer les personnes en « consommateurs » de leurs produits. Nous devons com- battre l’usage et le réductionnisme du terme “consommateurs”, pour utiliser l’expression « êtres humains » ou personnes qui ont besoin de vie saine. Le consommateur est une réduction subalterne de l’être humain. Les entreprises de l’agro-business disent qu’elles incarnent le déve- loppement et le progrès, qu’elles contrôlent 58% de toute la production agricole mondiale, mais en fait elles ne donnent du travail qu’à 3% des personnes vivant dans le monde rural. C’est donc un système anti-social. La scientifique indienne a révélé qu’elle fait partie d’un groupe de 300 autres chercheurs internationaux qui se sont consacrés à étudier l’agriculture pendant trois années intensives et ont démontré que ni la révolution verte des États-Unis, ni l’usage intensif des semences transgéniques et des produits agro-chimiques ne peuvent résoudre les pro- blèmes de l’agriculture et de l’alimentation mondiales. Seule peut le faire la récupération des pratiques agro-écologiques em harmonie avec la biodiversité, partout sur la planète. Elle a conclu sa critique du modèle de l’agro-business en montrant comment son projet génère la des- truction, la peur, parce qu’ il est basé sur la concentration et l’exclusion. C’est pour cela que les entreprises procèdent à l’intimidation ou à la cooptation des scientifiques qui s’opposent à elles.

La solution : l’agro-écologie Le modèle agro-écologique est le seul qui permette de développer des techniques accroissant la productivité et la production sans destruction de la biodiversité. L’agro-écologie est la seule forme de créer de l’emploi et des formes de vie saines pour que la population puisse vivre en milieu rural sans être contrainte de se marginaliser dans les villes. Surtout, les méthodes agro-écologiques sont les seules qui permettent la production d’aliments sains, sans poisons.

6 recommandations aux jeunes étudiants en agro-écologie et aux producteurs agricoles.

1. La base de l’agro-écologie est la préservation et la mise en valeur des sources nutritives existantes dans le sol – en cela elle s’est référée à une autre scientique présente à cette rencontre et qu’elle a écoutée attentivement – la professeure Ana Maria Primavesi. Nous devons appliquer des techniques qui garantissent la santé du sol et de cette santé recueillir les fruits en termes d’énergie saine.

2. Stimuler et promouvoir le contrôle des semences par les agriculteurs. Les semences sont la garantie de la vie. Nous ne pouvons permettre que des entreprises privées, transnationales, les transforment en marchandises. Les semences sont un patrimoine de l’humanité.

3. Nous devons lier l’agro-écologie à la production d’aliments sains qui garantissent la santé et peuvent ainsi conquérir les coeurs et les esprits des habitants des villes comme des zones rurales, de plus en plus empoisonnés par les marchandises traitées par les agro-toxiques (multi- plication de cancers depuis quarante ans). Si nous lions les aliments à la santé des personnes, nous gagnerons des millions des habitants des villes à notre cause.

4. Nous devons transformer les territoires sous contrôle des paysans en véritables sanctuaires de semences, d’arbres sains, de cultures de la biodiversité, d’élevage d’abeilles, de diversité agricole.

5. Nous devons défendre l’idée, qui fait partie de la démocratie, de la liberté des personnes de choisir les aliments. Les produits de référence ne peuvent pas se réduire à ceux que les entreprises décident de mettre dans les rayons.

6. Nous devons lutter pour que les gouvernements cessent d’utiliser des fonds publics qui appartiennent à l’ensemble des citoyens, pour les transférer en subventions aux grands propriétaires et entrepreneurs de l’agro-industrie. C’est ce qui se passe dans le monde entier et aussi en Inde. Le modèle de l’agro-business ne survivrait pas sans ces subventions et sans les avantages fiscaux offerts par les gouvernements qui les garantissent.

Sur les difficultés de la transition à l’agro-écologie… En Inde, rappelle Vandana Shiva, on a vécu des problèmes majeurs à l’époque du colonialisme anglais. Gandhi a enseigné que la force est de toujours “lutter pour la vérité”. Le capital trompe, ment, pour pouvoir accumuler des richesses. Et la vérité est avec la nature, avec les personnes. S’il existe une volonté politique de réaliser des changements, s’il y a une vo- lonté de produire des aliments sains, il deviendra possible de les cultiver. Vandana Shiva a conclu en appelant tous les citoyens présents à s’engager dans la journée mondiale de lutte pour les aliments sains et contre les entreprises transnationales que la Via Campesina, des mou- vements de femmes et des centaines d’organisations réaliseront dans la semaine du 16 octobre 2013 : ce sera l’occasion d’unifier nos voix sur le plan mondial.

Traduction du portugais : Thierry Deronne Voir en ligne : http://mouvementsansterre.wordpress…   10 août par Pericles De Oliveira

http://cadtm.org/Les-grands-medias-occultent-que

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10 août 2013 ~ 0 Commentaire

Comment un steak hâché à 250 000 euros va résoudre la faim dans le monde…

Comment un steak hâché à 250 000 euros va résoudre la faim dans le monde...  dans Altermondialisme mac-do

…et la pollution de la planète!

La presse s’intéresse plus à l’info qui va faire vendre le journal qu’au contenu de cette info. Voilà encore une campagne de désinformation bien orchestrée déjà depuis longtemps puisque déjà en janvier dernier, le Guardian titrait un de ses articles par ces mots : Viande de laboratoire : l’avenir de l’alimentation. « Avec des milliards de bouches à nourrir, nous ne pouvons continuer à produire la nourriture de manière tradi- tionnelle. Les scientifiques nous apportent des solutions novatrices pour les générations futures. Des burger in-vitro pour tous ? » voir l’article du Guardian de janvier 2013.

Au passage on notera que l’article signé vient d’un journaliste de L’Observer mais peu importe puisque l’Observer a été racheté par le Guar- dian. C’est ce qu’on appelle la presse plurielle… n préparation à l’évènement, le Guardian consacre pas moins de 3 articles début août :
Un scientifique va manger un steak hâché de laboratoire.  Pourtant la vidéo ci-dessus semble plutôt contredire et nuancer cette assertion : regardez la moue et écoutez les commentaires de la journaliste qui sert de cobaye… Le premier steak hâché de laboratoire obtient une bonne note de mise en bouche.

Enfin nous apprenons que le milliardaire Sergey Brin, co-fondateur de Google a investi 250 000 euros dans cette technologie en défense du bien-être animal. Il faut savoir aussi que ce personnage est à l’origine de plusieurs projets qui relèvent de la science-fiction, comme l’exploitation de minerais dans l’espace, de l’organisation de voyages à 100 millions de dollars pour des villégiatures pour riches sur la lune, en tant qu’investisseur dans la compagnie Space Adventures. Quant à Google, la compagnie a investi de l’argent dans des projets de voitures « intelligentes » entièrement automatiques et divers projets d’énergie « écologique ». C’est Sergey Brin de Google qui a financé le premier steak hâché synthétique de boeuf.

Quant à la presse en France, de façon pathétique, elle ne fait grosso modo que relayer l’information parue dans la presse anglo-saxonne : Premier burger crée in-vitro pour le Nouvel Observateur. « Frankenburger », le 1er steak in vitro pour Le Figaro. Dégustation réussie à Londres pour le premier burger créé in vitro pour Libération. Les infos qui en ont été données au divers journaux télévisés, que ce soit la une, la deux ou Arte sont du même genre sinon pire.

Pourtant les raisons avancées pour justifier de telles dépenses de recherches ne tiennent pas la route. Sans même parler des qualités gustatives ou nutritionnelles qui sont certainement aussi contestables que les « produits » vendus en supermarchés, restons-en aux divers argumentaires. Je note toutefois que la viande serait désormais interdite aux personnes allergiques au gluten puisqu’il y a de la cha- pelure…

Tout d’abord l’argumentaire selon lequel ce steak hâché d’un nouveau genre inaugurerait une la fin de la cruauté envers les animaux. Voir l’article du Guardian : C’est vrai que lorsqu’on sait comment les grands groupes traitent les animaux dans les « fermes » industrielles, tel le cochon aux États-Unis.  On sait aussi comment cette politique d’industrialisation des élevages ne date pas d’hier en France non plus et qu’elle s’est faite avec l’accord et l’appui officiel des autorités gouvernementales ou para-gouvernementales.

Regardez et écoutez ce chercheur de l’INRA, René Pero s’extasier dès 1966 sur l’avenir de notre agriculture, sur les progrès en matière d’éle- vage industriel concernant les volailles (automatisation de la chaîne de production, la sélection des races) et du porc (adaptation des régimes alimentaires) et du boeuf. Ses propos sont illustrés par des images d’un poulailler industriel, d’une porcherie futuriste et d’un élevage moderne de bovins. René PERO prédit même que le régime des « vedettes » sera bientôt calqué sur celui des porcs charcutiers et que l’on pourra don- ner au poulet « le goût que l’on voudra » ! En réalité c’est tout un système logique qui a été mis en place dès cette époque, soutenu par tous les gouvernements, de droite comme de gauche.

On disait que la France avait des fermes (pardon aujourd’hui il faut dire des exploitations) trop petites, qu’il fallait remembrer, agrandir, arracher les haies, entraves à une production rationnelle et entraves à la compétitivité. Alors même que la France que je sache était autonome du point de vue alimentaire, que les campagnes étaient encore peuplées. Mais le but était de tout organiser en filières industrielles. Les petits paysans n’avaient qu’à partir à la ville se faire embaucher dans les usines.
C’est ainsi que les campagnes françaises finirent par se spécialiser : le maïs dans le sud-ouest avec irrigation indispensable et pesti- cides à la clé pour pallier à l’abandon de la rotation des cultures et le manque de diversité, le cochon et le poulet industriel à la Bretagne avec les conséquences que l’on sait.
Et comme si cela ne suffisait pas on nous prépare des méga-usines à vaches et des méga-usines à poules. La boucle est bou- clée:  pour que ce type d’élevage hors-sol survive, il faut produire beaucoup de céréales donc beaucoup d’eau, beaucoup de pesticides, beau- coup d’engrais chimiques, beaucoup d’investissement matériel et une solitude suicidaire pour les agriculteurs qui restent dans des campagnes exangues. Ceux qui poussent pour des solutions technologiques sont les mêmes qui nous promettaient monts et merveilles par la technologie dans le passé.

Il nous semblerait donc plus raisonnable de revenir à une agriculture paysanne de proximité, gourmande en emplois certes mais qui s’en plaindrait quand les jeunes agriculteurs trouvent de plus en plus de mal à s’installer ? L’industrialisation de notre agri- culture a non seulement chassé les paysans de leurs terres mais n’a contribué en rien à nourrir le reste de la planète. Au contraire, nos pro- ductions bon marché et de qualité médiocre ont contribué à appauvrir les paysans des pays du Sud. Mais n’est-ce pas ce que voulaient les multinationales, vendre des poulets congelés de merde à la découpe et ainsi détruire les élevages du Sud, vendre des céréales OGM et mettre en esclavage néo-colonialiste les pays dits « en voie de développement ?

Il faut cesser de s’en remettre à la recherche et à la science comme si celles-ci étaient neutres Il faut lutter pour que la recher- che soit enfin au service du bien commun et contrôlée par les paysans et les consommateurs. Actuellement la recherche agricole indépen- dante est constamment entravée par des règlementations tatillonnes non pas destinées à nous protéger de dangers sanitaires, comme les entraves au purin d’ortie, comme l’entrave à la libre circulation des semences (voir le scandale de l’amende infligée en Ariège).

En réalité les animaux étaient bien mieux traités dans le système précédent pour une simple et bonne raison que l’agri- culteur connaissait ses bêtes et les chérissaient, qu’au lieu d’être nourries aux OGM importées ou au maïs, elles broutaient ou picoraient paisi- blement dans les prairies. Cette agriculture-là elle existe encore dans certains pays, ceux qui ont fait le choix de la préserver comme la Suisse mais pour combien de temps ?

Une autre argumentation fallacieuse serait que les pays dits « émergents » tels que la Chine et l’Inde vont être amenés à con- sommer de plus en plus de viande et vouloir de plus en plus de produits laitiers et qu’il faudra bien répondre à la demande et nourrir toutes ces bouches. Personne ne semble remettre en cause le bien fondé de notre mode de vie et alimentation modernes et la nécessité de les leur faire adopter. Est-ce que nous souhaitons partager avec nos amis chinois nos problèmes de diabète, d’obésité, de maladies cardio-vasculaires. Je suppose que oui, on pourrait ensuite leur fourguer, nos anti-hypertenseurs, nos médicaments en tout genre, nos recettes miracle pour maigrir, nos salles de gym avec en prime nos névroses liées à notre mode de vie.

Pour moi la réponse pour l’Occident serait plutôt de réduire de façon drastique notre consommation de viande et de produits laitiers, notre consommation de sucre et de commencer par interdire la publicité pour tous ces produits qui ruinent notre santé. Savez-vous que des études très sérieuses montrent que les anglais se portaient beaucoup mieux pendant la dernière guerre qu’aujourdhui ? Les anglais s’étaient remis à faire pousser leurs propres légumes, élever leurs volailles, le sucre étant rationné ils avaient moins de caries et comme ils devaient beaucoup marcher ou aller à bicyclette à cause du rationnement de l’essence, ils étaient en meilleure forme physique ! (voir)

Mais peut-être que la viande synthétique va sauver le climat de la planète ? Je ne le pense pas non plus. Dr Post et consorts se basent continuellement sur l’élevage « moderne », c’est-à-dire des troupeaux de vaches enfermées la majeure partie de l’année nourries non pas à l’herbe mais au soja ou autres céréales. Alors évidemment il peut affirmer que les vaches ne sont pas efficaces et qu’il leur faut beaucoup de protéines végétales pour produire peu de protéines animales. Mais les vaches qui sont dans les prairies de nos montagnes et qui boivent l’eau des ruisseaux n’ont rien à voir avec ce système dit « inefficace ». C’est bien-là une argumentation biaisée pour nous faire avaler, c’est le cas de le dire, ce nouvel avatar du « progrès » tel que Barjavel nous l’avait décrit dans Ravage (voir notre article sur la viande reconstituée, aujourd’hui plus que jamais d’actualité).

La morale de cette histoire pitoyable : s’indigner et lutter toujours plus fort tous ensemble et avec tous les peuples du monde. La période actuelle est à la fois pleine de dangers mais peut-être aussi prometteuses de la volonté des peuples de donner le coup de buttoir nécessaire au renversement de ce système gaspilleur, inefficace et suicidaire pour l’humanité et la planète qui l’abrite.

MD P.-S. Vendredi 9 août 2013 http://npa2009.org/node/38472

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09 août 2013 ~ 0 Commentaire

Les producteurs cassent leurs oeufs pour faire remonter les cours (francetv)

Les producteurs cassent leurs oeufs pour faire remonter les cours (francetv) dans Carhaix Kreiz Breiz planche-30

Hier soir, à Carhaix (29), des producteurs ont cassé 100 000 oeufs devant l’hôtel des impôts. Ils veulent renouveler l’opération quotidiennement pour tenter de faire remonter les cours.

Un immense gâchis. C’est ce que l’on éprouve en regardant ces images d’oeufs cassés. Mais les producteurs sont exsangues. Il y a surproduction d’oeufs en Europe. La grande distribution achète les 100 oeufs, 4,50 euros environ. Il y a encore quelques semaines, c’était 7 euros… Avec un tel niveau de cours, les producteurs d’oeufs ne rentrent pas dans leurs frais. Ils ont dû se moderniser et investir pour se mettre en conformité avec la réglementation européenne. Et dans le même temps, ils subissent la concurrence d’autres producteurs européens qui ne respectent pas ces mêmes normes. Résultat : les producteurs bretons vont détruire quotidiennement 5% des oeufs pondus pour tenter de faire remonter les cours !

  • Par Antonin Billet Publié le 08/08/2013 | 12:22

http://bretagne.france3.fr/2013/08/08/les-producteurs-cassent-leurs-oeufs-pour-faire-remonter-les-cours-299661.html

Commentaire: C’est la logique du capitalisme, il faut faire disparaître ces oeufs, raison pour laquelle ils ne peuvent pas les donner aux restaux du coeur. Et encore on a de la chance, quand il y a vraiment trop de chômeurs, pour les faire disparaître, le capitalisme organise une guerre mondiale.

« Les producteurs d’œufs bretons sont les plus fragiles du secteur » (JDD)

INTERVIEW – Vendredi soir, des producteurs d’œufs bretons ont à nouveau déversé 100.000 oeufs devant des bâtiments publics. Christian Marinov, directeur du Comité national pour la promotion de l’œuf, explique au JDD.fr les raisons de cette « crise de l’oeuf ».

Vendredi, pour le quatrième soir consécutif, des producteurs d’œufs ont déversé des dizaines de milliers d’oeufs devant des bâtiments publics de Bretagne. Ils protestent contre la baisse du cours de l’œuf, dont le prix de revient moyen au kilo (95 centimes d’euros) est supérieur de 20 centimes au prix payé. Christian Marinov, directeur du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO*) explique au JDD.fr les raisons de ce mécontentement.

Qu’est-ce qui a causé cette crise de l’œuf? C’est la conséquence de l’application de la directive européenne sur le bien-être des poules, en vigueur depuis le 1er janvier 2013. Il a fallu rénover les élevages, reconstruire certains bâtiments et surtout, changer les cages. Elles sont maintenant beaucoup plus grandes et deviennent un espace de vie pour les poules. Cette adaptation a coûté un milliard d’euros à la filière avicole, répartis entre 2010 et 2012.

Comment la mise aux normes a-t-elle fait chuter le cours de l’œuf? Pendant que les élevages se mettaient aux normes – cela prend six à huit mois – ils étaient vides, ce qui a entraîné une baisse de la production de l’ordre de 20%. Sur le marché,  les prix atteignaient le double de la moyenne. Puis les producteurs ont recommencé à mettre des poules dans leurs élevages entre le milieu et la fin de l’année 2012. La production est alors remontée, et l’offre est légèrement supérieure à la demande, de l’ordre de 5%

«Il y a une surproduction française d’oeufs.»

Tous les producteurs sont-ils concernés? On a principalement deux types de producteurs. 95% de la production est contractualisée, avec des prix fixes. Dans ce cas, les éleveurs sont déconnectés du marché. Pour les 5% restants, il s’agit d’œufs calibrés, produits notamment dans le nord-Finistère et des Côtes d’Armor, par une quarantaine de producteurs qui vendent leurs œufs à des grossistes ou des marchés. Ce sont les plus fragiles du secteur, car ils vendent selon les prix du marché. Lorsque le marché est à la baisse, cela pose problème. C’est ce qui se produit en ce moment.

Quelles sont les solutions possibles? Que peut faire l’Etat? Depuis le mois d’avril, nous imaginons des mesures possibles, et nous sensibilisons les pouvoirs publics, le tout dans le respect de la concurrence. Les professionnels prennent des mesures : l’abattage anticipé des poules, qui a commencé dès juin, la prolongation des vides sanitaires, et une pause dans les investissements. On considère qu’il faut intensifier ces mesures, pour réduire cette surproduction de 5% et faire augmenter cours de l’œuf. Dans le même temps, il faut que l’Etat veille au respect des normes, en France et au niveau européen. On nous dit aujourd’hui que la Pologne, l’Italie et l’Espagne, qui étaient en retard dans l’application de la directive bien-être, devraient se mettre aux normes d’ici mi-octobre.

S’agit-il d’un problème national? Pour l’instant, en France, nous subissons peu la concurrence des autres pays européens. Le commerce extérieur est équilibré, contrairement à l’an passé où l’on avait besoin d’œufs. Il y a une surproduction française. Nos prix sont trop bas pour que notre marché soit intéressant pour les pays étrangers, qui doivent faire face aux mêmes spécificités que nous. A l’échelle régionale, la Bretagne représente 45% de la production française. La situation est préoccupante pour la région, mais le bouleversement est moins structurel que pour la filière porcine ou pour la production volaillère. C’est une inquiétude de plus, qui explique les réactions de désarroi de ces derniers jours.

*Organisation interprofessionnelle, le CNPO a pour mission de développer la consommation d’œufs et de faciliter l’adaptation qualitative et quantitative de la production au marché.


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08 août 2013 ~ 0 Commentaire

Ces OGM méconnus que la France produit par millions (Terraeco)

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Décryptage – Des plantes génétiquement modifiées sont produites en France en grande quantité depuis plusieurs années, mais n’ont pas à respecter la législation sur les OGM. Explications.Certains OGM se cachent-ils sous une fausse identité ? Oui, d’après neuf associations qui ont adressé en début de semaine une lettre ouverte à Stéphane Le Foll. Entrainées par la Confédération paysanne, l’Union des apiculteurs de France et les Amis de la Terre, elles pointent du doigt le développement de variétés tolérantes aux herbicides (VTH), qu’elles considèrent être des « OGM cachés ». Le ministre de l’Agriculture leur a répondu que ces variétés ont subit des « mutations de gènes sans qu’il y ait de gènes rapportés » et ne sont donc pas des OGM. Terra eco décrypte cette querelle de langage lourde de conséquence.

  • Comment sont produits ces « vrais-faux » OGM ?

Par la mutagenèse, qui est une technique permettant les mutations génétiques. C’est à l’origine un phénomène naturel : « Dès les formes primitives de l’agriculture, les plantes différentes (ou mutantes) ont été recherchées. Les premiers agriculteurs ont sélectionné, à l’intérieur de la diversité des espèces, les individus qui avaient des caractères particuliers », indique sur son site le Cetiom, le Centre technique interprofessionnel des oléagineux. « C’est le cas des carottes, rappelle Olivier Le Gall, directeur général délégué aux affaires scientifiques de l’Inra, l’Institut national de recherche agronomique. Jusqu’à la Renaissance, les carottes étaient blanches comme des panais. Mais des mutants spontanés, orange, ont été trouvés dans un champ. Les agriculteurs néerlandais l’ont sélectionné en l’honneur de leur prince d’Orange, et c’est désormais la seule couleur qu’on connaisse à la carotte ». C’est ainsi à la suite de la mutation naturelle d’un tournesol sauvage, devenu résistant à un herbicide répandu sur le soja, que l’entreprise BASF a développé une VTH « naturelle » sous l’appellation Clearfield, et qui est cultivée en France.

Mais les mutations pointées du doigt ne sont pas naturelles mais bien provoquées. Il s’agit, dans le cas qui nous occupe, d’introduire intentionnellement un « trait » de tolérance à un herbicide donné dans le génome d’une plante. Actuellement en France, le tournesol (autre que Clearfield) et le colza sont les seules VTH commercialisées. On les a obtenues grâce à des agents mutagènes, soit chimiques, soit physiques (rayons X, gamma, à neutrons rapides). Ces agents sont dirigés de manière à induire une cassure précise dans le gène ciblé. « C’est la réparation erronée de l’ADN qui provoque la mutation », explique Yves Dessaux, directeur de recherche à l’Institut des sciences du végétal (CNRS) et co-auteur d’une expertise collective Inra-CNRS publiée en 2011 sur les effets agronomiques, environnementaux et socio-économiques des variétés végétales tolérantes aux herbicides [1]. Il explique que cette technique « ne crée pas de nouveaux mécanismes de mutation mais ne fait qu’accélérer des mutations qui se seraient produites naturellement, notamment à cause des UV des rayons solaires ».

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  • Pourquoi en parle-t-on maintenant ?

Ce n’est pas la première fois que les ONG signataires de la lettre alertent sur ces variétés artificiellement mutées. Elles protestent depuis 2010, quand les premiers tournesols rendus tolérants aux herbicides (TH) ont été semés. En dépit de quelques opérations de fauchage volontaire, ces tournesols représentent aujourd’hui environ 10% de la production hexagonale. D’ici quelques semaines, c’est le colza que les agriculteurs français vont semer. Pour la première fois, un certain nombre d’entre eux vont épandre des graines d’une variété rendue tolérante aux herbicides. D’où cette lettre.

  • S’agit-il d’OGM ?

Non, dit clairement la FNSEA (communiqué presse). Car par « OGM », le principal syndicat d’agriculteurs entend uniquement les organismes obtenus à partir de la technique de la transgenèse, soit l’introduction d’un ADN provenant d’une autre espèce. C’était aussi le sens des propos de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, quand il a déclaré, le 30 juillet dernier : « Il faut être précis : ce ne sont pas des OGM mais de la mutagenèse ». Toutefois la directive européenne 2001/18/CE en a une autre lecture. Elle considère bien la mutagenèse comme une technique de modification génétique, donc comme un OGM, qu’elle définit en ces termes : « un organisme, à l’exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle ». « Dire comme le font les ONG qu’il s’agit d’OGM ’cachés’ n’est donc pas pertinent puisque oui, ce sont bien des OGM, ce dont la directive ne se cache pas », explique Yves Dessaux. Cependant, la réglementation européenne place les organismes obtenus par mutagenèse hors de son champ d’application. Les plantes issues de cette technique sont donc exemptées des obligations que doivent satisfaire celles obtenues par transgenèse en matière d’évaluation, d’autorisation de mise sur le marché, de traçabilité et d’étiquetage.

Pourquoi ? Corinne Lepage, eurodéputée européenne, a son explication : « Les fabricants d’OGM ont réussi à mettre tout le focus sur la transgenèse, de manière à obtenir de la réglementation qu’elle passe complètement à côté de la mutagenèse. En gros, ils se sont laissés un champ d’action, une porte de sortie ». Yves Dessaux avance une autre raison : « la technique de la mutagenèse est utilisée depuis les années 30, bien avant l’adoption de la directive en 2001. Aujourd’hui, plus de 2200 lignées végétales et 175 espèces – dont les trois-quarts sont destinées à l’alimentation -, sont issues de mutagenèse induite. L’orge qui entre dans la composition du muesli ou de la bière, est issu d’une lignée obtenue par mutagenèse, donc est OGM ! Si on faisait rentrer ces lignées dans le champ d’application de la directive sur les OGM, il faudrait revoir entièrement toute notre alimentation. » Olivier Le Gall, de l’Inra, est d’accord : « il n’y a pas lieu d’appliquer les mêmes restrictions qu’aux transgènes ».

  • Est-ce grave de ne pas les traiter comme des OGM en bonne et due forme ?

Oui, estime Guy Kastler, de la Confédération paysanne. « Les mutations dirigées peuvent provoquer des effets non intentionnels et entrainer des recombinaisons génétiques non prévues. Et rien de cela n’est étudié ! », déplore-t-il. Il pointe également les risques de contamination des parcelles voisines de celles où des VTH sont cultivées, notamment pour le colza, qui se disperse à des kilomètres à la ronde. « Et comme ce sont des variétés brevetées, il se pourrait bien qu’un agriculteur qui se retrouve contre sa volonté voire à son insu avec du tournesol ou du colza TH sur sa parcelle, doive payer des redevances aux fabricants ! », gronde-t-il. Pire, estime Yves Dessaux, « Ces VTH, pulvérisées de désherbant, contiendront forcément des résidus d’herbicides, malgré la réglementation mise en place qui vise à diminuer au maximum l’accumulation dans la plante. Mais dans quelle proportion ? Et avec quels effets sur la santé ? » La question reste ouverte. On connait bien en revanche les effets sur l’environnement : apparition de résistances aux herbicides des adventices, d’où le besoin d’épandre de nouvelles molécules en supplément, et donc d’augmenter les quantités de produits phytosanitaires ; pollution des eaux, des sols ; disparition dans les parcelles d’espèces diversifiées que les abeilles venaient butiner.

  • Que peut faire le ministère de l’Agriculture ?

A quelques semaines des semis de colza, et alors que les agriculteurs ont déjà acheté leurs graines, pas grand chose. Et même si ces variétés de tournesol et de colza TH ne sont pas inscrites au catalogue français des variétés, elles sont répertoriées dans le catalogue européen. Donc « le ministre est un peu coincé. Sauf à démontrer un risque immédiat et majeur pour la santé, il ne peut pas interdire ces VTH, puisque l’Europe les autorise. Même si ce n’est pas dans l’esprit de l’agroécologie qu’il souhaite développer », estime Yves Dessaux. Passer en force provoquerait l’ire des agriculteurs, qui voient dans cette technique un moyen de faciliter leur travail : l’herbicide peut être pulvérisé une fois que les semis ont levé, et sans risque de diminuer les rendements, puisque seuls les adventices réagissent au produit… du moins avant d’y résister.

[1] M. Beckert, Y. Dessaux, C. Charlier, H. Darmency, C. Richard, I. Savini, A. Tibi (éditeurs), 2011. Les variétés végétales tolérantes aux herbicides. Effets agronomiques, environnementaux, socio-économiques. Expertise scientifique collective, CNRS-INRA (France)

http://www.terraeco.net/Ces-OGM-meconnus-que-la-France,50776.html

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