Archive | Luttes paysannes et alimentation

21 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

trislalia (ouest france)

tris

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18 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

agriculture (npa)

npa agricol

Agriculture : Démagogie sans changement de cap

Avant même la fin de l’opération d’enfumage constituée par les « états généraux de l’alimen- tation », le président de la République a prononcé le 11 octobre un long discours sur le carreau de Rungis pour exposer sa conception d’une nouvelle politique agricole.

Le plus surprenant est sans doute l’accueil plutôt favorable, venant d’organisations aussi différentes que la Confédération paysanne et la Coordination rurale, à cette déclaration de bonnes intentions, même si le satisfecit est tempéré de ­scepticisme quant à la mise en œuvre effective des mesures préconisées.

Ainsi le secrétaire général de la Conf’, interrogé par Reporterre le 12 octobre, expli- que : « Une loi pour que les producteurs soient mieux rémunérés est une de nos demandes fortes. Nous portons depuis longtemps le fait qu’il faut une prise en main politique de l’agri- culture et un changement de modèle. Dans son discours, Emmanuel Macron a donc utilisé des mots qui résonnent fortement à nos oreilles. »

Aucune réponse concrète

Aucun dirigeant politique ne revendique un système qui empêche les agriculteurs de vivre de leur travail et le discours présidentiel n’a rien de révolutionnaire, pas plus que les propos convenus sur la qualité et les bonnes pratiques.

Mais quelle est la réponse réelle à l’exigence de prix rémunérateurs, c’est-à-dire couvrant les coûts de production et assurant un salaire décent aux agriculteurs, exigence qui était au centre des manifestations des éleveurs de porcs et des producteurs de lait ?

Confrontés à la baisse des prix qui conduisaient beaucoup d’entre eux à la faillite, les producteurs avaient ciblé à juste titre la responsabilité des industriels transformateurs et de la grande distribution. Le ministre de l’Agriculture avait répondu par un saupoudrage d’aides, et la FNSEA avait sifflé la fin de la partie. Quant à la contractualisation, les principaux acteurs de la filière porcine avaient refusé la mise en place d’un prix plancher et le ministre s’était incliné.

Un modèle désastreux

Car s’il y a lieu d’être sceptique sur la prise en compte des prix de revient dans les futurs contrats comme dans les conséquences de la « restructuration des filières », toutes les déclarations de bonnes intentions sont contradictoires avec la volonté, jamais remise en cause, d’assurer la compétitivité de « la ferme France », notamment à l’exportation, ce « pétrole vert » plus bénéficiaire que les ventes d’Airbus.

Pour assurer le succès de cette « vocation exportatrice » il faut baisser les prix, continuer sur la voie de la concentration des exploitations agricoles et des entreprises agro- alimentaires, pressurer les paysanEs comme les salariéEs, accentuer un productivisme destructeur

. Au mieux ce modèle désastreux peut s’accommoder d’un secteur bio, respectueux de la santé et de l’environnement, assurant une alimentation saine et savoureuse sur des marchés de niche. Pas de quoi s’enthousiasmer pour Emmanuel Macron, dont la politique concrète n’ira pas au-delà.

Gérard Florenson Mercredi 18 octobre 2017

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18 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

ceta (cdle)

vache

CETA et élevage ou comment régresser de 20 ans en un jour !

Après des années de tractations menées dans d’obscurs bureaux, presque cachés, Europe a décidé de se suicider, en adoptant un traité de commerce signé avec le Canada. En plein jour.

Entre autres absurdités, ce traité autorise l’importation en Europe de 60 000 tonnes de viande bovine canadienne sans taxation.

De nombreux éleveurs français de bovins, lait et viande, sont parmi les seuls au monde à défendre un système essentiellement herbager, assurant une production de qualité. Ces éle- veurs connaissent de grandes difficultés depuis plusieurs années. Les systèmes canadien et américain sont totalement différents, prisonniers d’une course au gigantisme, dont les consé- quences pour la santé humaine ne sont pas minces.

On dénombre 4 millions de « maladies alimentaires » par an au Canada, pays de 36 millions d’habitants. Ce n’est qu’un aspect du problème. Les aliments sont d’une tristesse à mourir, leurs caractères organoleptiques ont été passés à la trappe, et l’art de la table a depuis longtemps abandonné ce pays. Outre Atlantique, deux types de substances sont utilisés en élevage industriel :

  • Les stimulateurs de croissance : les hormones et les bêta-agonistes.
  • Les substances ayant un double usage, thérapeutique, et de promotion de la croissance : les antibiotiques.

Les réglementations européenne et canadienne en la matière diffèrent totalement : les anabolisants et les antibiotiques utilisés comme facteurs de croissance sont interdits dans l’UE alors qu’ils sont autorisés au Canada. Les négociateurs ont bien crié sous tous les toits que les règlements européens, garants d’un minimum de contrôles seraient totalement respectés. C’est presque vrai, mais c’est faux.

Car si effectivement le Canada dispose de quelques mois pour monter une filière bovine « sans hormones », le CETA n’a pas exigé du Canada qu’il interdise l’usage des facteurs de croissance contenant des antibiotiques. Les négociateurs se cachent derrière une demande « d’absence de résidus d’antibiotiques, dans la viande commercialisée », conforme à la légis- lation Européenne, ce qui n’a pas de sens, quand on connait les mécanismes de diffusion de la résistance bactérienne dans ces filières.

C’est tout bonnement ahurissant !

L’UE a interdit l’utilisation des antibiotiques en tant que promoteurs de croissance dès 1996. Des politiques publiques de lutte contre le phénomène d’antibiorésistance en médecine vétérinaire ont été mises en place dans plusieurs Etats de l’UE, en particulier en France, où des résultats positifs ont déjà été constatés (baisse de 20 % de l’utilisation des antibiotiques en élevage en quatre ans).

Le futur réglement-cadre sur les médicaments vétérinaires instaurera sans doute encore de nouvelles restrictions. Comme par exemple l’interdiction de l’usage préventif des antibiotiques, ou la définition d’une liste d’antibiotiques critiques.

Les antibiotiques utilisés au Canada comme promoteurs de croissance sont incorporés dans l’alimentation de manière systématique.

Ils permettent en particulier de raccourcir les délais d’engraissement des bovins. Ce mode d’utilisation accroît substantiellement le risque d’antibiorésistance qui constitue un enjeu majeur du 21ème siècle, et une priorité dans le cadre de l’approche globale « One Health » « Une seule santé »

Les élevages canadiens sont immenses, les feedlots, avec des problèmes de contamination bactérienne qui sont à leur échelle.

La majorité des élevages font plus de 10 000 bovins. Ce type d’élevage est stricto sensu répu- gnant. Le bien être animal n’existe pas, puisque le bovin, immobile, est obligé de passer sa vie à respirer ses propres excréments en les piétinant à longueur de temps. Alors qu’en Europe existe une volonté, certes fragile, de limiter la taille des exploitations, celle ci risque d’être balayée par l’entrée de cette viande produite à bas coût, mais malsaine.

En médecine humaine, les problèmes d’antibiorésistance sont bien plus graves aux Etats-Unis et au Canada qu’en Europe.

On se demande même si ces pays n’ont pas tout bonnement « baissé les bras » dans ce domaine, ayant laissé leurs hôpitaux être envahis progressivement par des germes hautement résistants. Ce qui n’est pas le cas en France, où des politiques complexes de contrôle ont été mises en place, et ont montré largement leur pertinence.

Et il a été démontré depuis longtemps que l’usage des antibiotiques en élevage est un des facteurs importants de la résistance globale des germes aux antibiotiques.

Ces élevages insensés fabriquent littéralement des germes ultra résistants, comme des E coli, dont certains types sont des pathogènes effroyables. Les bouchers canadiens sont bien sûr obligés de décontaminer leurs carcasses, en nébulisant de l’acide lactique ou de l’ acide peroxyacétique, dont on ne parle pas bien sûr, alors que les négociateurs fanfaronnent sur l’interdiction de l’importation de poulets chlorés.

J’aimerais bien connaître l’efficacité réelle de ces décontaminations, mais je n’ai aucun appétit pour la viande assaisonnée à ces « décontaminants », dont  l’impact sur la santé humaine est à l’étude : nous sommes une fois de plus en pleine expérimentation. Je doute totalement de la « stérilisation » de cette viande, qui serait la seule solution efficace pour consommer sans risque ces bovins élevés dans ces authentiques cloaques que sont les élevages canadiens -ou américains-.

Le CETA nous fait donc régresser de 20 ans d’un coup.

Plus grave, il donne un coup de couteau dans le dos de nos éleveurs. Plus grave encore, il massacre « l’âme européenne ». Pour notre humanité, quel est l’intérêt de faire traverser l’Atlantique à cette viande froide, à grand coût de frigories, de carburant, donc de pétrole ?

Guy Grandjean 20 septembre 2017

https://alaingrandjean.fr/

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16 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

cocos de paimpol (le trégor)

coco

Le coco de Paimpol en péril. L’avenir du coco de Paimpol suscite l’inquiétude de plusieurs élus.

Lors du dernier conseil de l’Agglo de Lannion, c’est au détour d’une demande de subventions a priori anodine que le débat s’est animé à propos du coco de Paimpol. 1 000 euros demandés par le syndicat du coco pour un concours gastronomique. Zoé Le Loeuff, de Ploulec’h, a voté contre en interpellant l’assemblée :

Je préférerais que cette somme soit mise au service des conditions d’hébergement indignes que nous proposons aux étrangers qui viennent ramasser les cocos. Peut-on accepter de telles conditions de vie sur notre territoire ? Le maire de Trébeurden, Alain Faivre, a enchaîné sur la même ligne : Ces 1 000 euros seraient mieux pour leur hébergement.

« On a rejeté la main-d’oeuvre locale »

« Tout a été fait pour que la main-d’oeuvre locale ne puisse plus travailler, a alors répondu Hervé Delisle, le maire de Langoat. Aujourd’hui, avec la rémunération au taux horaire, on a rejeté la main-d’oeuvre locale qui trouvait sa place dans nos parcelles. Il y avait des jeunes, des retraités qui y trouvaient un complément de salaire. Or, aujourd’hui, on est obligé de les refuser car ils ne font pas la quantité nécessaire. Ce qui se passe est encore plus mauvais pour notre territoire. C’est ingérable. Au-delà, c’est même le coco qui est en péril. Cette année, il y a eu 250 hectares de moins de cultivés. S’il n’y a pas une nouvelle législation, elle pourrait disparaître. »

Le vice-président Arnaud Pariscoat (La Roche-Derrien) l’a soutenu :  Dans ce dossier, l’État n’a pas joué son rôle. C’est grâce aux élus et à un privé que nous avons trouvé une solution pour ces ramasseurs cette année.

13 Oct 2017

https://actu.fr/

Commentaire: Toujours le même problème: pourquoi devoir payer des salariés alors les autres pays pratiquent l’esclavage?

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13 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

alimentation (basta)

npa agricol

L’alimentation selon Macron : une dose de communication, un soupçon d’ambition et des incohérences en quantité

Emmanuel Macron a fixé un cap pour sa politique agricole à commencer par une loi garantis- sant un revenu pour les paysans. Plusieurs mesures sont aussi proposées allant dans le sens d’une amélioration de la qualité des produits. Or, le discours présidentiel du 11 octobre est en contradiction totale avec les récents actes posés par le gouvernement : suppression des aides au maintien de l’agriculture biologique, recul sur l’interdiction du glyphosate, accord de libre-échange qui menace les filières locales…

Comment savoir ce que nous mangerons demain ?

L’équation n’est pas simple. D’un côté, faire en sorte que les paysans arrivent à vivre de leur métier, alors que c’est loin d’être le cas : un agriculteur sur trois perçoit un revenu inférieur à 350 euros par mois. De l’autre, garantir à tous les citoyens l’accès à des aliments « sains », sans qu’ils ne soient découragés par les prix affichés. C’est l’ambition des États généraux de l’alimentation lancés le 20 juillet dernier par le Premier ministre et qui s’achèvent fin novem- bre [1]. Au menu de ce premier chantier : la création et la répartition de la valeur au sein de la filière agroalimentaire.

Lait : des grandes fortunes et des éleveurs au RSA

Prenez l’exemple du lait : les produits laitiers ont généré 25,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2012, soit 1 % du PIB français ! Pourtant, cette richesse créée est bien mal répar- tie entre les acteurs de la filière, de l’éleveur au supermarché en passant par les usines de transformation. Les grandes entreprises du secteur: Lactalis, Danone, Sodiaal, Bongrain, fromagerie Bel, tirent parfaitement leur épingle du jeu et participent à l’accumulation de fortunes considérables. Celle d’Emmanuel Besnier, propriétaire de Lactalis, est estimée par le magazine Forbes à plus de 11 milliards de dollars, ce qui en fait la 8ème fortune française. Celle d’Antoine Fiévet et des propriétaires de la fromagerie Bel dépasse les 2,7 milliards d’euros, selon Challenges, ce qui en fait la 34ème fortune française.

De l’autre côté, les éleveurs touchent des rémunérations parmi les plus basses du secteur agricole : 26 000 euros par an avant impôt [2]. Parmi eux, il n’est pas rare de trouver des éleveurs devant vivre du RSA malgré des troupeaux d’une centaine de vaches. Comment remédier à ces inégalités ? A l’issue d’une kyrielle d’ateliers réunissant différents acteurs: producteurs, industries agroalimentaires, distributeurs, élus, ONG, associations caritatives, banques… Emmanuel Macron a présenté le 11 octobre les mesures retenues à mi-parcours des États généraux. Un discours salué par le patron des magasins Leclerc comme par les différents syndicats agricoles, voire certaines ONG. Comme le président a-t-il réussi ce grand écart ? Encore une fois en entretenant le flou sans craindre de contredire dans les discours la réalité des politiques menées.

Mettre fin au low cost qui ruine les agriculteurs ?

Le prix du litre de lait acheté au paysan en 2016 correspond à celui de 1986… Pas étonnant, dans ces conditions, que nombre d’éleveurs soient en grandes difficultés alors que les revenus générés sont de plus en plus monopolisés par quelques-uns (notre article). L’année dernière, pour enrayer la crise, un accord est signé entre les producteurs laitiers et l’un de leurs  princi- paux collecteurs, Lactalis (Lactel, Président, Bridel, Salakis…). Le lait sera cette année-là acheté en moyenne 0,27 euros par litre, alors même qu’il faut au moins 0,35 euros pour couvrir les coûts de production et rémunérer le travail.

Si les revenus des producteurs de lait n’ont pas augmenté depuis trente ans, le consommateur, lui, paie le litre de lait plus cher. Le demi-écrémé est ainsi vendu 75 centimes d’euros en grande et moyenne surface en 2015, quand il est acheté environ 30 centimes aux éleveurs. La marge financière dégagée depuis bénéficie exclusivement à l’indus- trie qui transforme le lait, comme le montrent les données de l’Observatoire de la formation des prix et des marges alimentaires. (…)

Le gouvernement va t-il favoriser les aliments bio dans les cantines ?

Il y aura «50 % de produits bio ou locaux d’ici 2022 en restauration collective», promet Macron. Belle ambition, car on part de loin. Aujourd’hui, selon plusieurs études, la part du bio constitu- erait moins de 5% des assiettes des écoliers, même si ce chiffre varie énormément en fonction des collectivités, et que certaines communes atteignent 100% de produits bio.

L’annonce de Macron est cependant contradictoire avec la politique menée par son ministre de l’Agriculture… Le 20 septembre, Stéphane Travert a indiqué que l’État ne financerait plus une partie des aides à l’agriculture biologique, celles qui permettent à un producteur qui se lance en bio de consolider son modèle économique. Le retard du versement des aides biologiques vient fragiliser davantage les paysans dont les rendements ont temporairement diminué avec la fin du recours aux engrais chimiques et aux pesticides.

Cette annonce ne convainc pas non plus la Fédération nationale de l’agriculture biologique. « Ce n’est pas 50% de bio ou local en restauration collective qu’il faut mais 50% de bio et local. La différence est énorme », souligne Stéphanie Pageot. Par ailleurs, il n’existe à ce jour aucune obligation pour les collectivités d’introduire du bio dans la restauration collec- tive. Le 23 novembre 2016, l’Assemblée nationale avait bien adopté un amendement visant à instaurer 40% de produits de saison, de qualité, et issus de circuits courts dont 20% de pro- duits bio dans les cantines. Mais cet amendement a été retoqué par le Conseil constitutionnel en janvier 2017 à la suite d’un recours des parlementaires Les Républicains…(…) (Résumé)

Sophie Chapelle 13 octobre 2017

https://www.bastamag.net/

Lire aussi:

Crise du lait : si les prix ne sont pas régulés, l’équivalent de 45 000 emplois risquent de disparaître

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12 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

bio (europe 1)

ennemo bio

Aides non versées ou supprimées : la filière agricole bio à la peine

De nombreux agriculteurs bio attendent toujours des aides promises par l’Etat en 2015 ainsi que les aides de 2016 et de 2017. 20% de celles-ci n’auraient toujours pas été versées. 

Emmanuel Macron l’a dit mercredi à Rungis lors des Etats généraux de l’alimentation : il veut inciter les secteurs agricoles à s’organiser en filières et à aller davantage vers les circuits courts, l’agroécologie ou encore le bio. Mais pas sûr que le secteur bio puisse suivre la caden- ce. Du moins si la situation ne s’améliore pas. Car aujourd’hui, de nombreux agriculteurs bio attendent toujours des aides promises par l’Etat en 2015 ainsi que les aides de 2016 et de 2017.

20 % des aides non versées.

Selon les calculs de la Confédération paysanne, 20 % des aides liées au bio n’ont toujours pas été versées. En cause : une sorte de bug informatique, avec des logiciels incapables de gérer des situations complexes. Cela s’explique aussi car les conversions au bio sont supérieures aux prévisions et cela coûte plus cher que prévu à l’Etat.

« Ils nous mènent en bateau ».

Julien Bon, producteur de soja et de luzerne bio dans l’Yonne compte parmi les agriculteurs impactés par ces retards. Depuis qu’il a converti son exploitation, il y a deux ans, il n’a pas reçu l’aide de 300.000 euros à laquelle il a en principe droit. « Depuis le début, ils nous mènent en bateau et nous font des attestations en nous disant qu’ils vont nous régler dans les deux mois, ça doit être la cinquième attestation que l’on reçoit donc les banques ne nous suivent plus, on est dans un labyrinthe et on ne sait plus quoi faire « , déplore l’agriculteur.

L’Etat promet une régularisation d’ici mars.

Le gouvernement s’est engagé à régulariser la situation. Les aides de 2015 doivent être versées le mois prochain et, en mars 2018, tous les retards doivent avoir été épongés. Pour tenir ce calendrier très serré, des personnels vont être recrutés : l’équivalent de 300 postes l’an prochain.

Moins d’aides pour le bio.

Mais à ce problème s’ajoute un autre. Le fait que le gouvernement prévoit de serrer la vis sur une partie des aides. A partir de l’an prochain, il va fermer le robinet des aides au maintien versées au-delà des cinq premières années du passage au bio. Ce sont les Régions qui vont désormais devoir dire si elles piochent dans leur propre budget pour maintenir ces aides localement. Ce qui rend ce financement très aléatoire.

« Il y a un besoin d’accompagner cette structuration ».

La décision a du mal à passer. Et surtout, elle arrive au plus mauvais moment, selon les ac- teurs du secteur. Car la demande en produits bio s’envole et c’est justement maintenant qu’il faut accompagner la filière.  »C’est dommage car l’offre en France n’est pas suffisamment struc- turée en bio », souligne Claude Gruffat, président des magasins Biocoop. « Il y a un besoin d’accompagner cette structuration pendant au moins 5-8 ans pour que la France, premier pays agricole d’Europe mais le troisième en bio, devienne le premier pays en bio ».

Le risque de décourager les vocations.

Il s’agit de ne pas casser une dynamique. Car la part des exploitations bio par rapport au nom- bre total d’exploitations a été multipliée par seize en vingt ans. Or le risque, avec la fin des aides au maintien, est donc de décourager des vocations assurent les acteurs du bio. Ceux qui hésitaient à franchir le pas pourraient reporter leurs décisions. Les acteurs du bio espèrent quand même une ouverture. Emmanuel Macron a confirmé mercredi une promesse de campagne : 200 millions d’euros par an seront versés pour rémunérer les services rendus par les agriculteurs sur le plan environnemental.

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11 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

artificialisation (les échos)

stop-au-beton-dans-la-Crau

L’artificialisation des terres repart à la hausse

L’urbanisation des espaces ruraux s’effectue principalement au profit de terres souvent riches et humides qui privent les agriculteurs de surfaces à bon rendement. L’an dernier, 60.000 hectares de terres agricoles ont été urbanisés. Depuis 2015, les surfaces transformées en logements, commerces ou structures de loisirs ne cessent d’augmenter. Nicolas Hulot évoque la création d’une redevance.

« J’étudie une nouvelle source de financement qui aurait un intérêt double : lutter contre l’artificialisation des sols et contribuer notamment à financer la préservation de la biodiversité. C’est une réflexion que j’ai proposée au Premier ministre, qui m’a invité à y travailler. »

Cette petite phrase prononcée par Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et soli- daire, dans une interview à « La Gazette des Communes » a suffi à relancer un sujet sensible : le grignotage des espaces agricoles et naturels. La nouvelle « source de financement » dont parle le ministre sera-t-elle une taxe sur le flux ou sur le stock de terrains imperméabilisés ? Une redevance sur la surface des parkings qui fleurissent à la périphérie des villes ? Une texe sur les projets maisons individuelles en diffus ? Une chose semble certaine, l’argent doit être fléché vers la nouvelle Agence française pour la biodiversité, dont le budget est insuffisant.

Un département disparu tous les cinq à six ans

Sur le terrain, les experts constatent l’impasse dans laquelle se trouve l’Etat, qui ne parvient pas à convaincre les élus de cesser de délivrer des permis de construire de zones commer-ciales ou de développement économique sur du terrain agricole. Directeur des études à la Fédération nationale des Safer (FNSafer), Robert Lévêque a publié au printemps une étude qui met en exergue cette progression de l’artificialisation des terres.

« En 2014, le total était de 50.000 hectares, puis nous sommes passés à 60.000 hectares en 2015. Le chiffre sera du même ordre en 2016 », indique le spécialiste. Résultat : la surface agricole d’un département disparaît tous les cinq à six ans ! Cette urbanisation des espaces ruraux s’effectue principalement au profit de terres souvent riches et humides qui privent les agriculteurs de surfaces à bon rendement. « Le malheur est que les collectivités et l’Etat ont toujours donné la priorité à la construction de logements et de zones d’activité aux dépens des espaces naturels », note Robert Lévêque.

Une pétition européenne

Une pétition européenne intitulée « Appel du sol » est en cours, portée par 400 organisations formées d’instituts de recherche, d’ONG, etc…. En France, y adhère notamment France nature environnement. L’objectif est d’obtenir de la Commission européenne la création d’une directive-cadre sur les sols, comme il en existe déjà pour l’air et l’eau.

En France, depuis la loi Alur, les communes ont la possibilité d’appliquer le coefficient biotope,  qui détermine, sur une parcelle constructible, la surface réservée à la biodiversité. L’Observa- toire de la biodiversité végétale en ville a mené une première étude auprès de 95 communes de plus de 10.000 habitants. 4 sur 5 ont déjà conduit des opérations en matière de végétali- sation, de création de jardins sur toiture, de parkings végétalisés. Des initiatives prises pour préserver le foncier mais qui restent très insuffisantes.

Un rapport commandé par le ministre de l’Agriculture

Stéphane Travert, le nouveau ministre de l’Agriculture, vient de commander auprès du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) un rapport sur l’artificialisation des terres agricoles. Il s’agit pour le ministre « d’évaluer la performance des mesures existantes et de préconiser des voies d’amélioration ».

Stanislas du Guerny 10/10/2017

https://www.lesechos.fr/

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Commentaire: Difficile d’évoquer une solution quand la religion officielle est « libéralisme économique: moins d’état (de lois) et laisser faire le marché qui a toujours raison »!

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05 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

bio (npa)

bio diversite

Agriculture : Macron, Hulot, la mort programmée du bio

Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, vient de supprimer les aides au maintien de l’agri- culture bio dès 2018, avec l’accord tacite de Hulot. Le ministre veut recentrer les budgets sur les premières années et confier au marché le maintien de l’agriculture bio !

Alors que l’UFC-Que choisir vient de dénoncer les marges abusives des distributeurs sur les aliments bio, Travert demande aux consommateurs de payer encore plus. Il obéit aux injonc- tions du Conseil agricole français (CAF)(1) qui demandait la suppression des aides au bio mais pas à l’agriculture chimique.

Désengagement de l’État

Pour compenser, Travert propose la création d’un fumeux fonds privé qui accompagnerait la filière bio et qui serait financé, par exemple, par les distributeurs qui rogneraient volontairement leurs marges !

Il fait fi des aspirations à consommer local et à tisser des liens avec les producteurs.

De façon pernicieuse, il laisse le soin aux régions de prendre le relais tout en sachant qu’elles n’en auront pas les moyens légaux ni financiers si l’État ne finance pas au moins à hauteur de 25 %. Cette décision annonce une baisse des surfaces en bio, à l’instar de ce qui s’est passé en Grande-Bretagne (– 29 % depuis 2010).

Rappelons les finalités des aides au bio :

– Indiquer que l’État soutient l’agriculture biologique et que le bio c’est pour tout le monde ;

– Compenser la baisse de rendement et les investissements nécessaires ;

– Rémunérer les services rendus : l’agriculture chimique pollue et coûte extrêmement cher à la société (traitement des pollutions, santé publique, dégradation de l’environnement, perte de biodiversité, réchauffement climatique…) tandis que l’agriculture biologique participe, elle, à la restauration de l’environnement ;

– Favoriser la santé publique, en protégeant la population affectée par les pesticides, dont les premiers exposés que sont les salariéEs agricoles et les agriculteurs.

Asservissement à l’agro-industrie

Retirer les aides sans le moindre préavis va conforter les agriculteurs dans leur sentiment qu’ils ne peuvent faire confiance à l’État. Tous ceux qui se sont convertis il y a moins de dix ans vont être touchés. Mais, surtout, le gouvernement Macron confirme son asservissement aux lobbies de la chimie et de l’agro-industrie.

D’un côté Macron fanfaronne sur le rôle de la France dans la lutte contre le réchauffement climatique, et de l’autre il supprime un des leviers les plus efficaces à court terme, la suppres- sion des engrais azotés, première source des gaz à effet de serre en agriculture.

Le NPA soutient l’agriculture biologique :

Toutes les aides publiques doivent aller vers ce secteur, les intrants chimiques doivent être interdits et d’abord les pesticides perturbateurs endocriniens et néonicotinoïdes.

Jeudi 5 octobre 2017 Commission nationale écologie

https://npa2009.org/

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02 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

méthane (le monde)

cows fart

Les émissions de méthane de l’élevage plus importantes que prévu

Une étude montre que les émissions de gaz à effet de serre vont au-delà des prévisions.

Les émissions de méthane issues de l’élevage, en partie responsables du réchauffement climatique, sont plus importantes que prévu, le nombre et la taille du bétail augmentant en Asie, en Amérique latine et en Afrique, selon une étude parue vendredi 29 septembre.

Ces émissions de CH4, gaz à effet de serre moins persistant mais beaucoup plus réchauffant que le CO2, étaient en 2011 supérieures de 11 % aux estimations du rapport du GIEC de 2006, explique l’étude publiée dans la revue en ligne Carbon Balance and Management.

Ces émissions sont liées aux phénomènes de fermentation lors du processus de digestion du bétail, mais aussi aux modes de stockage et traitement des déjections. « Dans de nombreuses régions du monde, la quantité de bétail évolue, et l’élevage produit des bêtes plus grosses, ingérant un plus gros volume de nourriture », souligne l’auteure principale, Julie Wolf, chercheuse au ministère américain de l’agriculture (USDA).

« Cela, couplé avec des changements dans la gestion du bétail, peut conduire à des émissions accrues. » Les chercheurs ont en effet mis au point un nouveau mode d’évaluation des émissions par tête de bétail.

Le méthane flambe

La tendance sur les dernières décennies varie cependant selon les pays. « Les émissions de méthane issues du bétail ont crû le plus fortement dans les régions qui se développent rapide- ment, en Asie, en Amérique latine, en Afrique », relève un co-auteur de l’étude, Ghassem Asrar, directeur du Joint Global Change Research Institute, basé dans le Maryland (Etats-Unis). « En revanche, ces émissions ont augmenté moins fortement aux Etats-Unis, au Canada, et elles ont légèrement baissé en Europe occidentale », précise-t-il.

Les émissions globales de méthane dans l’atmosphère ont flambé depuis dix ans, résultat notamment de l’exploitation des énergies fossiles et plus probablement encore des activités agricoles, relevait une autre étude publiée fin 2016.

Selon le GIEC, qui assure la synthèse régulière des connaissances mondiales sur le réchauf- fement, ce gaz inodore et incolore comptait pour 16 % des émissions de gaz à effet de serre en 2015 (le CO2, issu essentiellement de la combustion du pétrole, du gaz et du charbon, en représentant les trois quarts).

« Notre alimentation incluant de plus en plus de viande et de produits laitiers, son coût clima- tique tend à croître », souligne Dave Reay, professeur à l’université d’Edimbourg, réagissant à l’étude. « Réduire la production de méthane issu des vaches, ce n’est peut-être pas aussi spectaculaire que des éoliennes ou des panneaux solaires, mais c’est au moins aussi vital », ajoute-t-il.

Le Monde.fr avec AFP | 29.09.2017

http://www.lemonde.fr/

Commentaire: Sans rire le dégel du Permafrost en Sibérie va provoquer une hausse du méthane, sans compter le réveil de maladies…

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30 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

josé bové (libération)

jose-bove-

Glyphosate : pour José Bové, la grogne des céréaliers est «scandaleuse»

Les agriculteurs manifestaient le 22 septembre contre l’interdiction en France du glyphosate, un herbicide controversé. Pour José Bové, la grogne des céréaliers qui veulent continuer à utiliser ce produit est scandaleuse.

Pourquoi diable des céréaliculteurs pèsent-ils actuellement de tout leur poids sur le ministre de l’Agriculture et sur le Premier ministre pour obtenir la prolongation de l’utilisation du glyphosate contenu dans le Roundup ? La réponse est simple : certains s’en servent pour griller leurs cultures dix jours avant la récolte, pour que les grains aient le même degré d’humidité et accélérer le travail des moissonneuses-batteuses !

En Allemagne et en Angleterre, près de 10% des surfaces agricoles sont ainsi aspergées juste avant la récolte.

Aux Etats-Unis c’est la quasi-totalité du territoire agricole qui est aspergé sous des tonnes de Roundup pour récolter des plantes mortes.

Il est de notoriété publique que cette pratique est également répandue en France, en particu- lier lors des années humides. L’épandage de Roundup sur les cultures avant récolte est pourtant interdit en France depuis les années 2000 ! La grogne des céréaliers qui veulent continuer à utiliser ce poison est scandaleuse. Ils se savent dans l’illégalité mais n’hésitent pas à descendre dans la rue pour faire valoir leur «droit à violer la loi».

A ce régime-là, il n’est pas surprenant de retrouver des résidus de Roundup dans les corn- flakes des enfants et dans les tartines de leurs parents, comme l’a montré le récent travail de l’ONG Générations Futures.

Plus inquiétant encore : à l’origine, le brevet sur le glyphosate a été déposé en 1964 par Stauffer Chemical, non pas parce qu’il tuait toutes les plantes mais pour ses effets de chélateur des minéraux. Cette molécule a en effet la propriété de perturber la fixation de certains minéraux indispensables à notre organisme comme le calcium, le zinc, le manganèse, le cuivre, le magnésium. Pas étonnant que beaucoup se précipitent sur les cachets en vente libre qui leur amènent les vitamines et les minéraux que leur alimentation quotidienne ne leur apporte plus.

Dans un documentaire qu’Arte diffusera le 17 octobre, Marie-Monique Robin interviewe de nombreuses personnes sur les dégâts induits par cette utilisation massive et souvent illégale du glyphosate. Je conseille au Premier ministre de réserver sa soirée pour regarder la télé ce jour-là et nous dire le lendemain s’il est toujours pour une interdiction progressive du glyphosate… afin que nous puissions être empoisonnés pendant quelques années de plus.

José Bové, Eurodéputé  26 septembre 2017
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Le Roundup face à ses juges

À la lumière du procès symbolique de Monsanto tenu en 2016, Marie-Monique Robin expose l’ampleur du scandale sanitaire lié au Roundup, herbicide le plus vendu au monde. Un réquisitoire accablant, paroles de victimes et d’experts à l’appui.

C’est l’histoire d’une colère citoyenne, jusque-là quasi inaudible, et d’une lutte contre un écocide, ou crime contre l’environnement, commis en toute impunité par la firme championne des OGM. En octobre 2016, à La Haye, victimes et experts témoignent – une première – devant le Tribunal international Monsanto, au fil d’un édifiant procès symbolique contre le Roundup, l’herbicide le plus vendu au monde, et sa très toxique molécule active, le glyphosate. Cette année-là, quelque 800 000 tonnes de ce « tue-tout » (son surnom en espagnol) ou de ses génériques ont été déversées sur la planète.

Si la multinationale a refusé de comparaître, les victimes ont raconté à la barre les conséquences de son épandage : malformations des enfants, cancers, maladies respiratoires ou rénales et destructions environnementales. Éclairé par des scientifiques, cet accablant réquisitoire révèle l’ampleur de ce scandale sanitaire, qu’illustrent des reportages bouleversants sur la tragédie en cours, de la France à l’Argentine en passant par les États-Unis et le Sri Lanka – premier pays à interdire le glyphosate. « Ce pulvérisateur nous a apporté la mort, alors qu’on voulait simplement gagner notre vie », lâche, amer, un riziculteur sri-lankais contaminé.

Lanceuse d’alerte

Presque dix ans après son enquête « Le monde selon Monsanto », Marie-Monique Robin démontre, faisceau de preuves à l’appui, l’extrême nocivité du Roundup, à l’heure où l’Union européenne doit décider de prolonger ou non l’autorisation du glyphosate sur le marché. Déclaré en mars 2015 « cancérigène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), et reconnu comme tel par des études scientifiques secrètes commanditées par Monsanto, l’herbicide, omniprésent dans l’eau, l’air, la terre et les aliments, est aussi un perturbateur endocrinien, un antibiotique et un chélateur de métaux – il séquestre les minéraux.

Face au silence coupable des agences de santé et à l’inertie des gouvernements, le film, à travers ce procès, montre également la mobilisation à l’œuvre de la société civile mondiale pour faire reconnaître l’écocide. L’enjeu ? La poursuite au pénal des multinationales dont les activités menacent la sûreté de la planète et la santé des hommes.

https://www.arte.tv/fr/

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