Archive | Luttes paysannes et alimentation

25 février 2018 ~ 0 Commentaire

poutou poupin (npa)

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Philippe Poutou au salon de l’agriculture

Philippe Poutou au Salon de l’agriculture demain dimanche 26 février à partir de 11h. 

Aujourd’hui, la situation du monde agricole est sinistrée, en particulier pour celles et ceux qui travaillent sur de petites exploitations. Bien loin de la réalité de l’agrobusiness et de ses juteux profits… Des hommes et des femmes s’épuisent dans un travail utile et n’en tirent même pas le Smic, leur protection sociale est insuffisante et leur retraite dérisoire… Quel jeune voudrait s’installer dans de telles conditions ?

Nous proposons un revenu garanti pour chaque actif agricole, indépendamment des aléas de la production et des marchés.

L’importance de l’agriculture dans l’alimentation, la santé publique, la protection de l’environ- nement et l’aménagement du territoire justifie cette rémunération. Les normes sanitaires et environnementales ne doivent plus être vécues comme des contraintes mais comme des nécessités générant certes du travail, mais du travail payé.

Contre le surendettement, nous proposons la réduction et même l’effacement des dettes quand les banquiers se sont bien gavés.

Cela passe par un plafonnement et un redéploiement des aides publiques, ainsi que des subventions qui ne doivent plus aller aux mégaprojets mais aux initiatives de terrain favorisant la transition écologique.

Il faut desserrer l’étau du capital sur l’activité agricole.

Nous n’y parviendrons vraiment qu’en socialisant les groupes de l’agroalimentaire et de la grande distribution ainsi que les banques, mais on peut résister en imposant des prix plancher à la production, en interdisant vraiment les OGM et le brevetage du vivant, en rendant leurs places aux semences paysannes, en bloquant les projets agrocapitalistes telle la ferme des mille vaches.

C’est pour engager un dialogue autour de ces propositions que Philippe Poutou, candidat du NPA à l’élection présidentielle, accompagné de Christine Poupin, porte-parole du parti, seront présents au Salon de l’agriculture demain dimanche 26 février à partir de 11h. Ils visiteront un certain nombre de stands, dont celui de la Confédération paysanne. Une autre agriculture est possible.

Montreuil le samedi 25 février 2017.

https://npa2009.org/

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25 février 2018 ~ 0 Commentaire

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25 février 2018 ~ 0 Commentaire

chambre d’agriculture (fr3)

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Agriculture : 11 millions d’euros en moins pour la Bretagne

La chambre régionale d’agriculture de Bretagne dénonce la suppression de l’enveloppe de 5,5 millions d’euros allouée dans un programme de modernisation des exploitations prévu jusqu’en 2020. « Un très mauvais signal » à quelques jours du Salon de l’Agriculture. La chambre régio- nale d’agriculture de Bretagne dénonce le « désengagement de l’État » qui supprime une en- veloppe de 5,5 millions d’euros, dans un programme de modernisation des exploitations prévu jusqu’en 2020.

« Pour la Bretagne en 2018, ce sont 11 millions d’euros de moins pour accompagner la modernisation des entreprises agricoles et leur adaptation aux enjeux de demain« , écrit jeudi la chambre dans un communiqué. En effet, les fonds alloués à ces projets sont doublés à même niveau par des fonds européens (le fonds européen agricole pour le développement rural, Feader).

« C’est inadmissible. Quand on a fixé des règles, on ne les modifie pas en cours de route. C’est du respect, de la confiance« , déclare Jacques Jaouen, président de la chambre régionale.
« Il faut savoir que pour un euro d’aide au financement de ces projets, ce sont entre six et sept euros qui sont investis au total sur le territoire« , dans les entreprises locales de bâtiment ou chez les fournisseurs d’équipement, a affirmé le président de la chambre régionale.

« Abandon des territoires »​

La décision de l’État casse la logique du projet de modernisation car « les nouvelles aides annoncées par le gouvernement ne vont pas aller directement à l’agriculteur. Ça va plutôt servir à de l’ingénierie financière, des garanties de prêts, par exemple« , affirme M. Jaouen. Dans le cadre de ce plan conçu avec l’État, le Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations  agricoles (PCAEA), environ 5 000 exploitations, sur 35 000 en Bretagne (14 %), ont bénéficié de ces aides pour un montant de 120 millions d’euros depuis le début du programme en 2014.

Le plan, qui s’adresse à toutes les filières, « était un vrai succès, malgré les difficultés actuelles » de la profession, affirme André Sergent, en charge du suivi de ce dossier et président de la chambre d’agriculture du Finistère. Les chambres d’agriculture de Bretagne, première région  agricole française, « alertent le gouvernement sur les graves conséquences économiques de ces décisions, et dénoncent son abandon des territoires en abandonnant ses engagements pour l’agriculture« .

BG  23/02/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

 

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25 février 2018 ~ 0 Commentaire

algues vertes (ae2d)

algues

AE2D Agir pour un Environnement et un Développement Durables

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22 février 2018 ~ 0 Commentaire

pesticides 1973 (ina.fr)

pesticides

Pesticides dans les fruits et légumes… en 1973, on savait déjà!

Ce 20 février 2018, l’ONG Générations futures sort un rapport alarmant sur la présence de pesticides dans près des trois quarts des fruits et 41 des légumes non bio. En 1973, on savait déjà et un chercheur alertait l’opinion publique !

« Ils tuent les insectes, ils éliminent les moisissures, ils détruisent les mauvaises herbes, ce sont bien les trois qualités des pesticides. Ils sont également toxiques, dangereux à l’emploi et polluants pour la terre, l’eau et l’air. Mais pour les agriculteurs ce ne sont pas des raisons suffisantes pour rejeter le DDT et ses congénères« 

Ce débat n’est malheureusement pas nouveau. Depuis des années, on sait… En 1973, le gouvernement durcissait la législation sur l’utilisation des fongicides et pesticides, en diminuant le pourcentage des résidus tolérés dans les fruits et légumes, produits en France ou importés.

Le reportage commence par l’interview d’un agriculteur en train de traiter son champ de poireaux attaqués par les vers. On le voit asperger sa récolte sans aucune protection (ni combinaison, ni masque, ou gants).

Le journaliste lui demande : « Ça ne vous inquiète pas d’être toujours obligé d’utiliser des produits chimiques ? [rire gêné de l'intéressé] « Si, un peu, mais c’est obligatoire pour nous si on veut vendre…. Ils disent qu’il faut attendre 15 jours avant de les vendre ou 3 semaines« . Le journaliste perplexe : « Après, lorsque vous le vendez, ça ne risque plus rien, théoriquement ? L’agriculteur, avec un geste d’impuissance : « Ben, c’est ce qu’ils disent« …

En off le journaliste se demande s’il n’y a pas des excès sur l’emploi de ces produits : « Entre les résidus de pesticides dans les fruits et légumes, ceux que l’on retrouve dans la viande et les insecticides ménagers, ne finit-t-on pas par en absorber des quantités excessives ? »

La nocivité des pesticides dans l’alimentation déjà connue

« Je pense que du côté du consommateur, il y a un abus. Et nous pouvons le dire avec certitude car nous avons procédé à un certain nombre d’analyses […] dans un certain nombre de cas, nous avons trouvé des dépassements considérables« .

Pendant ce temps, dans le laboratoire coopératif,  le professeur Custot donne sa réponse à cette question. Il  vient de réaliser une analyse comparative sur les fongicides (contre les moisissures). Les résultats sont sans appel : « sur 100 salades, seules 38 étaient acceptables au regard des réglementations allemande et suisse (car il n’en existait pas en France)…. et 62 étaient hors tolérance« .

Il continue : « Les consommateurs absorbent de plus en plus de résidus […] une étude a montré que le lait maternel contenait une dose non négligeable de pesticides…«  

En conclusion, le journaliste pose deux questions essentielles : « Peut-on se passer de pesticides ? Mais surtout, il faudrait savoir si les services rendus par les pesticides l’emportent toujours sur les inconvénients qu’ils entraînent« …Des questions toujours d’actualité plus de 45 ans après !

2018 : Générations futures sort un rapport accablant

Pour établir son rapport, l’association s’est basée sur les données fournies par la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF) sur une période allant de 2012 à 2016. Elle étudié 19 fruits et 33 légumes pour lesquels les échantillons étaient représentatifs.

Pour les fruits, le raisin, les clémentines sont les plus contaminés, les cerises, mangues et papayes dépassant même les seuils maximaux. Du côté des légumes, le céleri-branche est celui présentant les traces les plus importantes de pesticides (84,6 %), devant les herbes fraîches (74,5 %) et les endives (72,7 %).

De son côté, le gouvernement a annoncé un plan d’action pour réduire les produits phyto-pharmaceutiques dans l’agriculture. Quant aux producteurs maraîchers et arboriculteurs ils souhaitent lancer un label « zéro résidu de pesticides », différent du bio qui certifiera que chaque produit ne pourra pas dépasser plus de 0,01 mg de pesticide au kilo. Générations futures souligne que cette solution n’empêchera pas l’utilisation de pesticides, ni la pollution environnementale.

https://www.ina.fr/

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21 février 2018 ~ 0 Commentaire

aides (eau et rivières)

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Aides agro-environnementales : entre discours de l’Etat et réalité financière… 

Transition agro-écologique dans la loi d’avenir agricole de 2014, plans Ecophyto I et II, transi- tion énergétique du Plan Climat 2017 suite aux accords de Paris, et plus récemment projet de loi pour une alimentation « favorable pour la santé et respectueuse de l’environnement »… L’Etat semble se préoccuper du respect de l’environnement.

Mais en Bretagne comme ailleurs, le compte n’y est pas !

Lors de la commission régionale agro-environnementales annuelle, l’ensemble des acteurs du monde agricole a pu exprimer son désarroi face au manque de financement des aides agro- environnementales. Les systèmes herbagers et l’agriculture biologique, dont l’intérêt environ-nemental n’est plus à démontrer, se voient contraints, faute de financements suffisants de l’Etat !

Face au succès des aides agro-environnementales de ces dernières années, lié aux conversions en agriculture biologique et à l’évolution des systèmes agricoles, les demandes d’aides ont explosé. Pendant ce temps, le gouvernement a décidé de supprimer son aide au « Maintien à l’agriculture biologique ». Et il n’a pas prévu de ré-abonder le budget initial, con- trairement aux autres financeurs que sont le Conseil Régional ou l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne.

Malgré son discours sur le climat, l’agro-écologie, l’agriculture biologique, l’alimen- tation, malgré la demande sociétale croissante en produits bio ou de qualité et en terme de respect de l’environnement, malgré l’engagement massif des agriculteurs dans ces contrats pluriannuels agro-environnementaux, l’Etat n’assume pas !

Quels moyens se donne-t-il pour atteindre les objectifs de son projet de loi suite aux Etats généraux de l’alimentation, comme par exemple les 50% de produits de qualité, dont 20% issus de l’agriculture biologique, en restauration collective ?

Il manquerait 40 millions d’euros pour poursuivre le soutien à ces systèmes respectueux de l’environnement… Rien face aux 5 milliards d’euros annoncés par le Président Macron dans le plan d’investissement pour l’agriculture ! Combien de temps devra-t-on encore attendre pour placer l’environnement au cœur du développement agricole et pour que les actes rejoignent le discours ?

19/02/2018

http://www.eau-et-rivieres.org/

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20 février 2018 ~ 0 Commentaire

douar didoull (dibar)

Mort à 100% - Post scriptum

Apéro-projection-discussion

Proposé par le collectif Douar Didoull, le vendredi 23 février 2018, à partir de 19h00  au Dibar (entre Plougonver et Gurunuhel), en présence des réalisateurs.

Regards sur le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, les deux films proposés « Mort à 100% » de Jean et Agnès Guérin (55min, 1980) et « Morts à 100%, post-scriptum » de Modeste Richard et Tomjo (45 min, 2017), ces deux films donnent la parole aux mineurs.

Le premier documentaire tire le bilan d’une vie de travail et d’exploitation, pour ceux qui, dans le bassin et ailleurs, ont cru au mythe du mineur héroïque dans le travail et dans la lutte. Ce mythe auquel ont largement contribué les partis politiques et les syndicats s’est effondré sans heurts dans la mort du bassin du Nord-Pas-de-Calais. Les mineurs se demandent comment ils ont pu contribuer à leur propre exploitation et à leur propre mort par silicose.

Le second montre comment en 2012, l’UNESCO élève le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais au rang de « Patrimoine Mondial » saluant  « l’oeuvre conjuguée de l’homme et de la nature ». La mémoire conjugée des 40 000 morts de la silicose s’en trouve recouverte de représentations aseptisées confinant à la nostalgie. La mythologie minière connait alors une seconde vie : elle ne sert plus l’exploitation du travail des mineurs, mais leur image, mise au profit du renouveau du bassin houiller.

Rendez-vous dès 19h pour un apéro (ne pas hésiter à faire partager vos talents culinaires en apportant mets dînatoires sucrés ou salés), suivi de la projection à 20H30 et d’une discussion en présence des organisateurs. Entrée à prix libre.

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douardidoull@riseup.net

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18 février 2018 ~ 0 Commentaire

algues vertes (le télégramme)

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Algues vertes. Condamné, l’État réplique… un peu vite

Appel ou pas ? Condamné jeudi par le tribunal administratif de Rennes pour ses carences face à la prolifération des algues vertes en baie de Saint-Brieuc, l’État a répliqué le lendemain : dans un communiqué commun, les préfectures de Bretagne et des Côtes-d’Armor indiquaient qu’elles feraient appel, estimant que l’État avait « assumé toutes ses responsabilités sur ce dossier ».

Mais était-ce le bon communiqué ? Visiblement non : dans une version corrigée trans- mise samedi, les deux préfectures disent « prendre acte » du jugement et que « la décision d’interjeter appel est actuellement à l’étude ». Le texte, moins tranchant, indique encore que l’État « tient à souligner les efforts entrepris sur ce dossier ». Un autre ton.

17 février 2018

http://www.letelegramme.fr/

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Algues vertes. « L’Etat et les élus ont encore failli » ( Le Télégramme)

Deux associations environnementales, Halte aux marées vertes et Sauvegarde du Trégor, réagissent à la condamnation de l’Etat à payer 550.000€ à Saint-Brieuc Agglomération dans le dossier des algues vertes.

« Le tribunal administratif de Rennes a lourdement sanctionné l’État pour ses carences dans la prévention et la lutte contre la prolifération des algues vertes dans la baie de Saint-Brieuc. Et, à l’occasion, il donne raison aux associations Halte aux marées vertes et Sauvegarde du Trégor qui dénoncent depuis des années les fausses mesures qui sont prises pour limiter drastiquement les excédents d’azote dans les rivières à l’origine des marées vertes. C’est bien pour cela qu’elles ont refusé les plans algues vertes tels qu’ils ont été élaborés en 2010 et ceux proposés en 2018″, écrivent-elles dans un communiqué.

A leurs yeux, « les services de l’Etat en Bretagne et tous les élus ont encore failli dans leur politique de reconquête de la qualité de l’eau, répétant les fautes des décennies passées.

Comme quoi, il ne suffit pas de sauter comme un cabri en décrétant l’éradication des marées vertes pour en finir avec elles. Les services de l’Etat et les élus auraient été mieux inspirés de respecter la loi, ce qu’ils n’ont pas fait, ce pour quoi ils sont condamnés, et de cesser de dilapider des millions d’euros en pure perte dans des plans de lutte voués à l’échec.

Les solutions existent. Elles sont appliquées dans les zones de protection de captage d’eau minérale. Il est temps donc d’en finir avec les pratiques intensives et les élevages hors sols sur les 7% de la surface agricole de la Bretagne qui produisent ces excédents d’azote à l’origine des marées vertes. »

16 février 2018

http://www.letelegramme.fr/

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17 février 2018 ~ 0 Commentaire

solidarité paysans 1 (bretagne agricole)

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Agriculteurs en difficulté, cri d’alarme en Bretagne

Les représentants des associations: Solidarité Paysans de Bretagne, Cedapa, Confédération paysanne Bretagne, Chrétiens dans le monde rural, Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne et Terres de liens Bretagne ont dénoncé les pratiques de certains acteurs économiques vis-à-vis des agriculteurs en difficulté le 21 février 2017 à Rennes

À l’occasion d’une conférence de presse le 21 février 2017 à Rennes, six associations (1) bretonnes ont dénoncé les pratiques des différents partenaires économiques (banque, assurance, coopérative, MSA, centre de gestion, autres fournisseurs…) dans la gestion des dossiers des agriculteurs en difficulté.

Taux d’intérêt exorbitants sur les impayés, plan d’apurement des dettes qui asphyxie l’agri- culteur, frais bancaires délirants, ruptures de contrats d’assurance, de livraisons d’aliment, de carburant, arrêt des travaux de comptabilité, pression morale… La liste est longue et incom- plète. Depuis des mois, les associations d’aide aux agriculteurs en difficulté constatent des pratiques « légales » mais qu’elles jugent moralement particulièrement abusives. Avec sur le terrain des situations de plus en plus dégradées sur le plan humain.

La double peine

« Pour les agriculteurs, c’est la double peine ! » s’indigne Michel Mouillé, agriculteur bénévole à Solidarité Paysans. Les associations ont constaté un manque flagrant d’une déontologie partagée en matière de traitement des dossiers. Elles reprochent aussi un décalage entre la communication faite par certains partenaires sur leur action vis-à-vis de la crise et la réalité avec pourtant « de nombreux opérateurs “coopératifs” qui, pour certains, se réclament parfois de l’économie sociale et solidaire ».

Trop c’est trop ! À l’initiative de Solidarité Paysans, elles ont décidé de dénoncer ces pratiques. Elles veulent rencontrer les acteurs économiques pour essayer de mettre en place une charte de bonnes pratiques sociales en matière d’accompagnement des agriculteurs en difficulté. Un travail à mettre en place dans les départements et qu’elles souhaiteraient voir déboucher au niveau national. « Dénoncer ces pratiques est une chose, se donner les moyens pour qu’elles cessent en est une autre. C’est un devoir moral », affirment-elles.

Isabelle Lejas 21.02.17

(1) Solidarité Paysans Bretagne, Cedapa, Confédération paysanne Bretagne, Chrétiens dans le monde rural, Mouvement rural de jeunesse chrétienne( MRJC), Terres de liens Bretagne.

http://www.lafranceagricole.fr/

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17 février 2018 ~ 0 Commentaire

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Installation des jeunes agriculteurs: des prêts bancaires trop facilement accordés

Depuis un an, des associations d’aide aux agriculteurs en difficulté s’inquiètent de voir de jeunes exploitants contracter des emprunts bancaires exhorbitants. Elles reprochent aux banques de leur ouvrir leurs portes trop largement avec l’assentiment de l’ensemble de la profession.

« Un prêt à 400.000 euros et une vie au RSA« , résume un producteur laitier de Mayenne.Comme une grande majorité de jeunes ruraux, l’éleveur a rencontré peu d’obstacles à l’obtention d’un crédit à l’installation, basé sur des prévisions déconnectées de la réalité avec l’assentiment des acteurs de la filière. « Quand on est jeune, on ne sait pas tout, on est content de s’installer et donc on signe« , explique Marc (prénom modifié) qui avait 26 ans lorsqu’il a contracté son emprunt bancaire. Sous le poids des dettes, le jeune père de famille a fait une tentative de suicide deux ans après son installation: « j’avais l’impression que pour m’en sortir c’était ma seule solution« .

Mal conseillé au départ

Une assistante sociale l’a mis en contact avec Solidarité Paysans qui l’accompagne dans ses démarches auprès des créanciers. L’association suit 53 familles en difficulté en Mayenne, dont 23 nouvelles en 2017. En Bretagne, pour la seule année 2016, 370 dossiers ont été traités parmi lesquels, ceux de 180 nouvelles familles.

Si l’agriculteur reconnaît sa part de responsabilité – « je me suis installé trop vite, j’ai acheté trop de vaches » -, il regrette de ne pas avoir été bien aiguillé: « J’ai eu les aides, j’ai mis un prix potentiel, on ne m’a rien demandé, du moment que la banque disait oui ». « Si c’était à refaire, je ne m’installerais pas. Maintenant, je subis », soupire l’éleveur qui possède 55 vaches laitières.

En 2011, lors de son installation près de Laval, il obtient 12.000 euros en dotation jeune agriculteur (DJA). Cette aide en trésorerie destinée au démarrage de l’activité varie de 8.000 à 30.000 EUR, selon la zone. Marc a également bénéficié d’un prêt bonifié de 2,5%.

99,9% des dossiers sont approuvés par la profession

« Une des particularité du monde paysan, c’est que les dossiers d’installation sont instruits par la profession. Les études d’installation ne reflètent pas forcément
la réalité économique du moment. Elles n’ont pour vocation que de permettre l’installation et donc d’autoriser la banque à débloquer des fonds
« , explique Patrick Bougeard, président du réseau national Solidarité Paysans. 99,9% des dossiers sont approuvés par la Commission départementale d’orientation agricole (CDOA) où sont représentés syndicats, banques et administration publique, explique l’un des membres de la commission qui opère en Bretagne.

Banque: « On a une part de refus assez faible »

Alors que le secteur agricole est en proie à des difficultés, le nouveau venu trouvera également les portes grandes ouvertes du côté des banques: « Aujourd’hui, tout jeune agriculteur porteur d’un projet est financé, on a une part de refus assez faible« , confirme Laurence Corman, responsable du marché de l’agriculture au Crédit Agricole en Bretagne. Elle assure que la banque effectue sa propre étude en se basant sur une moyenne des prix agricoles des deux dernières années.

Il y a un an, en février 2017, six associations bretonnes d’aide aux agriculteurs en difficulté dénonçaient déjà à Rennes (35) les pratiques des différents partenaires économiques (banque, assurance, coopérative, MSA, centre de gestion, autres fournisseurs…) dans la gestion des dossiers des agriculteurs en difficulté.

Incapacité de remboursement

Laurent B., producteur bovin breton, n’a « jamais réussi à tirer un revenu de sa production ». La dotation jeune agriculteur lui permet de « sortir de l’eau » mais l’agriculteur de 23 ans ne parvient pas à rembourser son emprunt de 160.000 euros. « Je connaissais les risques mais on a envie de tenter sa chance quand même« , admet-il.

Du côté de Solidarité Paysans, on regrette que « la profession en règle générale ne fa(sse) pas son boulot. Ils devraient être beaucoup plus prudents dans la manière dont ils accompagnent les paysans ». « On finit par s’auto-convaincre que la situation dans laquelle on s’installe ne posera pas de problème mais on se met un voile noir sur la réalité« , assure Patrick Bougeard, le président de l’association.

Les crises dans les filières porcine, volaille mais surtout laitière de 2008 et 2015, s’ajoutant à la fin des quotas, ont laissé sur le carreau de nombreux jeunes installés.

Mythe du paysan solidaire

« Avec des prévisions à 320 euros les 1.000 litres alors que le prix tombe à 270, vous vous ramassez la crise de plein fouet« , estime M. Bougeard. « La banque récupère ses garanties. Pour ces gens-là, le paysan est d’abord un client, il faut aussi démystifier le mythe du (monde) paysan solidaire où tout le monde tire dans le même sens« .
Néanmoins, « si vous comparez le monde professionnel avec le monde de l’agriculture, en termes de dépôts de bilan, cela reste très faible« , tempère Roger Andrieu, président
du Crédit Agricole en Bretagne. « Ce qui ne veut pas dire que la situation n’est pas compliquée à vivre pour les personnes ayant des difficultés de trésorerie« , dit-il.

1 exploitant sur 3 gagne moins de 350€/mois

Le taux de maintien des nouveaux agriculteurs après cinq années s’élève à plus de 86%, selon la Mutualité sociale agricole (MSA). Mais près de 30 % des exploitants agricoles avaient en 2016 un revenu inférieur à 350 EUR par mois et 20% étaient en déficit. « La difficulté par rapport à l’endettement, c’est que les tailles des exploitations sont de plus en plus grandes. Passer de 500.000 litres de lait à 1 million ne se fait pas d’un coup de baguette magique, il peut y avoir un temps long, sans compter le facteur sanitaire, météorologique« , analyse M. Andrieu du Crédit Agricole.

« On est en train de changer d’approche, avec plus de proximité. Des agents se rendent auprès des agriculteurs pour faire un bilan dès six mois. On l’a moins fait par le passé parce que cela cognait moins dur. Avec la volatilité des prix, le marché est devenu international« , explique Laurence Corman, responsable du marché de l’agriculture.

Un appel à la prudence peu entendu dans les écoles

Sur le terrain, les bénévoles de Solidarité Paysans tentent une nouvelle approche auprès des jeunes en intervenant dans les lycées agricoles. Mais « le discours qu’on tient n’est pas audible car cela pourrait remettre en cause leur installation« , regrettent-ils.

HP  16/02/2018
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