Archive | Luttes paysannes et alimentation

17 juin 2019 ~ 0 Commentaire

ferme usine (eaux et rivières)

vacharan

Pas de ferme usine dans les Monts d’Arrée !

C’est à Commana, en plein cœur des Monts d’Arrée, à 3 kms du lac du Drennec, qu’un agriculteur, malheureusement bien connu des militants associatifs locaux et de l’administration, projette d’agrandir son exploitation pour alimenter son méthaniseur. Il passerait de 140 vaches laitières à 400 bovins… en plus des 37.000 dindes qu’il possède déjà !

Ce projet est présenté sur le papier comme n’ayant pas d’impact négatif notable sur l’environnement. Or, avec près de 7km de talus supprimés, aucun plan de surveillance des déversements accidentels d’élevage, aucune précision sur la nature d’éventuels travaux de rétention, aucune donnée relative à l’impact des prélèvements d’eau sur la ressource… on est en droit d’en douter !

Pour alimenter ce méthaniseur par l’intégralité des déjections animales, vaches et génisses n’auraient plus accès à l’herbe et seraient enfermées en stabulation sur caillebotis ou aire paillée. Les (in)digestats seraient en partie épandus sur des ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique), en amont du Lac du Drennec, une ressource stratégique qui contribue à l’alimentation en eau potable de 350.000 habitants !

Les expériences pourtant bien connues de Munich ou Vittel montrent que protection de la ressource en eau et agriculture peuvent cohabiter et doivent servir de modèle pour préserver le château des finistériens.

Autoriser un projet de cette envergure au cœur d’un environnement sensible et vital pour l’ensemble du nord Finistère serait de nature à remettre en cause l’ensemble des travaux menées par les acteurs locaux. Eau & Rivières de Bretagne a d’ailleurs exprimé son opposition dans le cadre de la consultation publique qui s’est terminée ce vendredi 14 juin.

Lire la déposition d’Eau & Rivières de Bretagne

Signer la pétition contre ce projet aberrant !

https://www.eau-et-rivieres.org/

ennemo bio

Pendant ce temps-là, à quelques centaines de mètres de la mer…

Bastien Moysan, pêcheur-paysan de Daoulas, cultive ses terres en agriculture biologique depuis 15 ans. Suite à la récente vente de 30 ha de ces terres aux enchères, il risque de se voir confisquer son outil de travail…

Aujourd’hui, personne ne peut garantir que les terres lui reviendront, ni qu’elles resteront en bio ! Plusieurs agriculteurs conventionnels convoitent en effet ces terres jusque-là préservées… Située en rade de Brest, cette petite ferme constitue pourtant une bouffée d’oxygène pour la biodiversité et participe à la préservation de la vie aquatique. Vous voyez bien que c’est possible !

Signer la pétition pour soutenir la démarche de Bastien

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17 juin 2019 ~ 0 Commentaire

olivier besancenot (npa)

 

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15 juin 2019 ~ 0 Commentaire

halte aux marées vertes!

le tel

https://www.halteauxmareesvertes.org/

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12 juin 2019 ~ 0 Commentaire

déchets (le monde)

futur nukl

Le lent poison des déchets radioactifs « oubliés » qui contaminent les sols français

En France, 200 millions de mètres cubes de résidus à vie longue n’ont pas de filière de gestion. Seuls 1,6 million de mètres cube sont pris en charge par l’Andra.

Devant le stade municipal de la petite ville de Gueugnon (Saône-et-Loire), une esplanade goudronnée, entièrement vide, est ceinturée d’un grillage métallique haut de deux mètres. « Accès interdit », annonce en lettres rouges un panneau. Sur cet ancien terrain vague, la commune avait prévu d’aménager un parking pour les jours d’affluence. Car le Football Club de Gueugnon a eu son heure de gloire : champion de France de deuxième division en 1979, vainqueur de la coupe de la Ligue en 2000 face au PSG.

Là, sous le bitume, reposent plus de 20 000 tonnes de déchets radioactifs déversés par une ancienne usine de traitement de minerai d’uranium, exploitée, de 1955 au début des années 1980, par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), puis par la Cogema, devenue Areva et aujourd’hui Orano.

« A certains endroits, ça crache ! Les émanations de radon [un gaz cancérigène formé par la désintégration de l’uranium] sont énormes », affirme le physicien Roland Desbordes, porte-parole et ancien président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), qui a mené plusieurs campagnes de mesures.

Fermé au public depuis 2009, le terrain n’a longtemps été gardé que par de simples barrières. En octobre 2018 encore, lors d’un match, des dizaines de supporteurs y ont pénétré pour se  garer. Ce n’est que début 2019 qu’a été posé un grillage et que le site a été intégré à une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), englobant une ancienne sablière où ont été transvasées 220 000 tonnes de boues uranifères, recouvertes d’une butte de terre. Sans que nul ne s’en émeuve à l’époque. Au point qu’avait été aménagé, tout autour, un parcours de santé démonté depuis.

« Informations tronquées et tendancieuses »

Le cas de Gueugnon est loin d’être isolé. Entre 1947 et 2001, près de 250 gisements d’uranium ont été exploités dans l’Hexagone, pour la fabrication de l’arme atomique puis l’alimentation en combustible des réacteurs nucléaires.

Ils ont laissé comme héritage 51 millions de tonnes (environ 40 millions de mètres cubes) de résidus stockés dans les enclaves minières, mais aussi 170 millions de tonnes (plus de 100 millions de mètres cubes) de stériles : des roches extraites pour accéder au minerai, qui contiennent des métaux lourds radioactifs.

Ces stériles ont été entassés çà et là en « verses », lorsqu’ils n’ont pas été réutilisés, sans autre précaution, pour remblayer des chemins, aménager des terrains de sport, voire servir de soubassement à des habitations. (Payant)

Pierre Le Hir

https://www.lemonde.fr/

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12 juin 2019 ~ 0 Commentaire

élorn (eaux et rivières)

eaux et rivieres

Jean-Yves Kermarrec raconte cinquante ans de lutte sur l’Elorn

Jean-Yves Kermarrec est une des figures emblématiques d’Eau et Rivières de Bretagne. Il fut le premier salarié de l’association. Il est un ferveur défenseur du saumon et est toujours militant actif et président de l’AAPPMA de l’Elorn.

Lors de la cinquantième assemblée générale d’Eau et Rivières de Bretagne, Jean-Yves a retracé cinquante ans d’actions sur sa rivière fétiche. C’est sur l’Elorn qu’a commencé l’aventure de l’APPSB. « Une des aventures de l’APPSB (Asso pour la protection du saumon en Bretagne) car il y en a eu bien d’autres, menées par d’autres militants aux quatre coins de la Région, sur les rives du Scorff, du Trieux, du Léguer, du Ster goz, la liste est longue », explique l’infatigable militant en préambule de sa présentation.

50 ans d’actions sur l’Elorn :  pour quels résultats ?

Vaste programme, vaste question ! A l’heure du bilan, la question est d’importance car pour savoir où l’on va, il est important, essentiel même de  savoir d’où l’on vient, afin d’assurer un bon passage de relais, au moment où tant de lourdes menaces nous assaillent : le changement climatique, la chute de la biodiversité….

Vivre au bord d’une rivière depuis sa plus tendre enfance est un grand privilège. Surtout lorsque cette rivière est fréquentée par des poissons aussi emblématiques que la truite fario et plus encore le saumon Atlantique.

Ce grand poisson d’argent, ce grand migrateur qui après des milliers de kilomètres dans l’océan Atlantique revient dans sa rivière d’origine, dans son berceau, fidèle à ses racines. Un poisson mythique, indicateur de la qualité  de  l’environnement à une très vaste échelle :  de l’immensité de l’Atlantique Nord, au cœur de nos petites rivières d’Armorique. Un poisson célébré par de multiples civilisations : amérindiennes, celtiques, scandinaves.

Un poisson fil rouge de notre combat demi-centenaire qui continue à nous unir et à nous  fédérer autour de la défense de la qualité des eaux et des rivières et plus généralement de l’environnement.

En effet, dès les années 70, le miroir a commencé à se brouiller. Le ruisseau du Forestic, mon beau ruisseau, le ruisseau de mon enfance, brutalement est devenu un cloaque, asphyxié par les résidus d’une laiterie.  Un été, les truites périrent par centaines, jusqu’à la confluence de l’Elorn.

Dans le même temps, au nom du progrès, mot magique à l’époque, était lançée une opération de remembrement sur la commune de Plouedern, puis une route communale éventra la vallée du Forestic dans toute sa longueur.

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05 juin 2019 ~ 0 Commentaire

jeunes climat (cadtm presse-gauche)

le peril jeune

Les financeurs de Trump derrière l’extrême droite européenne qui cible la révolte des jeunes contre la catastrophe climatique !

Ironie de l’histoire : Les nostalgiques du Troisième Reich attaquent Greta Thunberg en la présentant comme membre de la jeunesse nazie !

Il est généralement accepté que les vainqueurs des élections européennes du 26 mai ont été l’extrême droite et les Verts. Et il est aussi généralement accepté qu’aux succès des Verts ont contribué grandement les mobilisations sans précédent d’une jeunesse s’inspirant de la combativité et des thèses radicales de la jeune suédoise Greta Thunberg.

En conséquence, il n’est pas surprenant que cette extrême droite choisisse d’attaquer ce qu’elle appelle “le mythe du changement climatique” et surtout, cible de plus en plus son attaque sur la personne de cette Greta Thunberg qui galvanise la jeunesse en Europe et au-delà !

A la tête de la campagne contre Greta, ponctuée de centaines de textes et de photomontages souvent très vulgaires, il y a trois des plus importants partis européens d’extrême droite : Le Rassemblement National français, le AFD allemand et l’UKIP britannique.

Et derrière ces partis d’extrême droite et de leur campagne abjecte, deux think-tanks climato-sceptiques conservateurs, le EIKE (Institut Européen pour le Climat et l’Énergie) et le CFACT-Europe (Comité pour un Lendemain Créatif), lesquels soutiennent de manière multiforme, et pas seulement avec des « arguments » et des conférences, la négation de la catastrophe climatique par l’extrême droite.

L’Institut EIKE, de la bouche de son vice-président, nie évidemment d’avoir le moindre rapport avec AFD, bien que ce vice-président du nom de Michael Limburg ait été récemment candidat de ce même … AFD !

Il faut dire que EIKE qui, ensemble avec AFD, a pu organiser des journées climato-sceptique même … à l’intérieur du Parlement allemand, est sorti de l’anonymat grâce à la conférence annuelle qu’il organise depuis des années avec un certain succès, puisqu’elle a pu influencer l’attitude de l’Union européenne au sujet du changement climatique.

Cependant, c’est exactement cette conférence annuelle de EIKE qui est coorganisée par deux organisations américaines : Le CFACT-US, lequel finance évidemment sa filiale européenne du même nom. Et surtout, l’Institut Heartland, lequel, selon The Economist, « est le think-tank mondialement le plus connu parmi ceux qui défendent le scepticisme au sujet du changement climatique dû à l’homme ».

C’est exactement à ce moment que les enquêtes et les révélations du Institute of Strategic Dialogue (ISD) britannique et de Greenpeace acquièrent une énorme importance politique car elles mettent en lumière les forces économiques qui sont derrière ceux qui nient la catastrophe climatique, mais aussi derrière le « phénomène » d’une extrême droite européenne (et mondiale) qui monte en flèche.

En effet, tant CFACT-US que l’Institut Heartland sont financés plus que généreusement par le très grand capital américain, par ExxonMobil, la famille Koch, deuxième plus riche famille nord-américaine qui domine – entre autres – dans le secteur du pétrole, la famille Mercer qui est aussi un des principaux financeurs du président Trump, ou même Microsoft et RJR Tobacco !

Il faut noter que Heartland a des antécédents en tant que serviteur des visées inavouables du grand capital, puisqu’il fut jadis l’agent principal de la propagande des géants du tabac qui niaient le rapport existant entre le tabagisme et le cancer. Ce n’est pas donc surprenant qu’à cette époque son principal financeur fut… Philip Morris… [1]

Mais, il ne faut pas croire que l’Institut Heartland est un simple “outil” indolore et incolore dépourvu de ses propres thèses et actions. De ce point de vue, le CV de son nouveau président Tim Huelskamp est très éloquent et didactique. Dirigeant du très conservateur Tea Party, Huelskamp s’est distingué comme député (qu’il a été jusqu’à 2017) de l’aile la plus réactionnaire des Républicains et a toujours entretenu des liens étroits avec l’extrême droite américaine.

Il est aussi à noter que de tous les députés américains, c’est lui qui, pendant très longtemps, a reçu les plus grandes sommes d’argent de la part des compagnies de combustibles fossiles, et qu’il les a « remercié » en votant toujours contre toute tentative de légiférer contre leurs intérêts…

Grâce à un document interne de Heartland, qui a fuité, on a pu apprendre – et en détail – non seulement l’étendue de son financement par le très grand capital (plusieurs millions de dollars), mais aussi l’ « investissement » de ces sommes dans un large éventail d’activités qui vont du paiement des « salaires » à des bloggeurs qui influencent l’opinion publique et des « scientifiques » qui parcourent le monde niant la catastrophe climatique, à l’écriture et la publication du matériel propagandiste qui cible les écoles et leurs élèves.

Par exemple, le groupe de « scientifiques » chargé de « contredire » les conclusions des travaux du Groupe d’Experts Intergouvernemental … coûte 300.000 dollars par an, tandis que la propa-gation de la thèse qui veut que « la question du changement climatique soit controversée et incertaine » … dans les écoles primaires leur coûte 100.000 dollars !

Nous voici donc devant la révélation d’une réalité qui jette quelque lumière sur quelques-uns des grands « mystères » de notre époque. Tout d’abord, l’extrême droite européenne ou tout au moins quelques-uns de ses poids lourds, entretiennent des liens étroits – s’ils ne sont pas dépendants – avec un centre/état-major politique et économique qui se trouve aux États-Unis, et plus précisément à la Maison Blanche et aux financeurs et autres soutiens du président Trump [2]  !

Ensuite, ce n’est pas aussi un hasard que cette « internationale brune » semble être arrivée à la conclusion que la question de la catastrophe climatique et plus précisément, le – plus en plus ample et radical – mouvement de jeunes qui luttent contre elle représentent la plus grande menace pour ses intérêts et pour la domination du système capitaliste dans les années à venir.

Et enfin, ce n’est pas également un hasard si cette « internationale brune » et plus précisément sa « section » européenne concentrent aujourd’hui en toute priorité leur attaques sur la personne de Greta Thunberg, l’incontestable égérie, théoricienne et en même temps coordinatrice des mobilisations de jeunes presque partout en Europe et au-delà.

Voici donc comment se présente actuellement le rapport de l’extrême droite avec le grand capital. Non pas de façon abstraite et dogmatique, mais concrètement, avec des financeurs et financés qui ont non seulement nom et adresse, mais aussi des intérêts tangibles et des « causes » à servir.

Cependant, tout ce beau monde ne fait que son boulot. Si la gauche faisait le sien, la situation serait bien différente …

3 juin  Yorgos Mitralias

http://www.cadtm.org/

Lire aussi:

Pour une justice climatique féministe (Presse Gauche)

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03 juin 2019 ~ 0 Commentaire

pêche (futura)

espece pro

Deux fois plus de bateaux pour 80 % de poisson en moins

Malgré un doublement de la flotte de pêche et des bateaux de plus en plus gros et puissants, les quantités de poisson ramenées se réduisent comme peau de chagrin. La preuve que les ressources ne suivent pas, et de loin, cette course effrénée à la productivité.

« Jusqu’en 2014, on débarquait, du 1er janvier au 30 mai, 500 à 600 tonnes de soles à Boulogne, contre 192 tonnes sur la même période cette année. Cette dégringolade a conduit à la mise à la casse de 7 bateaux fileyeurs fin 2017 », se lamente à l’AFP Stéphane Pinto, vice-président du Comité régional des pêches Hauts-de-France, qui n’est certainement pas le seul dans ce cas.

Une nouvelle étude de l’université de Tasmanie et du CSIRO parue le 28 mai dans la revue PNAS vient confirmer l’effondrement de la productivité de la pêche mondiale. Compilant les données locales, les registres nationaux et les rapports scientifiques, celle-ci indique que la flotte globale de bateaux de pêche est passée de 1,7 million en 1950 à 3,7 millions en 2015. En Asie, elle a même été multipliée par quatre. Dans le même temps, chacun de ces bateaux ramène à peine un cinquième des captures qu’il faisait auparavant pour le même travail (quantité de poisson par jour de pêche et par kWh de puissance, noté capture par unité d’effort ou CPUE).

De gigantesques navires-usines qui raflent le poisson

Un effondrement de productivité d’autant plus étonnant qu’en 65 ans, les bateaux ont considé-rablement évolué : en 1950, la pêche était majoritairement artisanale avec à peine 20 % des bateaux motorisés. Une proportion passée à 68 % en 2015. Même si la plupart de ces bateaux à moteur sont de petite taille, ils ne représentent que 27 % de la puissance globale, qui a grimpé de 25 à 145 GW.

Ce sont les gigantesques navires usines, ne constituant pourtant que 5 % de la flotte mondiale, qui ont un impact ravageur : « Leur puissance de destruction a considérablement augmenté », alerte Reg Watson, coauteur de l’étude. Couvrant de plus longues distances en moins de temps, ils peuvent passer plusieurs semaines en mer et rafler un maximum de poisson au nez et à la barbe des plus petits bateaux.

Or, pour une même capacité de pêche, ces derniers ont un moindre impact que les navires géants, car ils sont détenus par des pêcheurs locaux qui ont intérêt à préserver la ressource. Les chalutiers géants, eux, se soucient peu du manque de poisson à un endroit donné : il leur suffit d’aller toujours plus loin dans les eaux internationales ou même de s’aventurer dans les territoriales d’autres pays.

Une capacité de pêche qui augmente bien plus rapidement que le renouvellement des stocks

Pourtant, même cette pêche industrielle est confrontée à la raréfaction des captures. « Notre indice d’efficacité (CPUE) est un excellent indicateur des stocks et des mesures de gestion de la ressource mises en place dans chaque région du globe, souligne Yannick Rousseau, doctorant à l’université de Tasmanie et auteur principal de l’étude. Le déclin massif du CPUE en Afrique et en Asie du Sud-Est montre ainsi l’épuisement des stocks, la capacité de pêche augmentant à un rythme bien supérieur à celui du renouvellement de la ressource ».

Le saviez-vous ?

En 2016, 90,9 millions de tonnes de poisson ont été pêchés dans les mers du globe ; un quasi quadruplement par rapport à 1950 d’après la FAO. Une augmentation loin d’être soutenable : la proportion de stocks exploités à un niveau biologiquement non durable est passée de 10 % en 1974 à 33,1 % en 2015 ; la situation s’étant particulièrement aggravée de la fin des années 1970 jusque dans les années 1980, indique la FAO.

À l’inverse, on observe dans certaines régions comme l’Amérique du Nord ou l’Europe de l’Ouest, une stabilisation du CPUE grâce à une restriction des quotas de pêche et des mesures de conservation. Le Parlement européen a ainsi voté en avril dernier l’interdiction de la pêche électrique dans ses eaux territoriales d’ici 2021. La Chine, premier producteur mondial, a elle aussi mis en place un plan quinquennal instaurant une réduction progressive des captures, ce qui devrait entraîner une baisse de cinq millions de tonnes d’ici à 2020, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (la FAO).

Encore un million de bateaux de pêche supplémentaires d’ici 2050

Le pire reste pourtant à venir, s’inquiètent les chercheurs. En suivant l’évolution actuelle, plus d’un million de bateaux supplémentaires se disputeront les poissons de la planète en 2050 et leur puissance continue d’augmenter, indique Yannick Rousseau. Les premiers à en pâtir seront les petits pêcheurs d’Asie du Sud-Est dont le poisson constitue le moyen de subsistance. Outre l’épuisement des stocks, l’augmentation déraisonnée de la flotte de pêche mondiale n’est pas sans causer des problèmes de pollution et de réchauffement climatique.

Ce qu’il faut retenir
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En 65 ans, la flotte mondiale de bateaux de pêche a été multipliée par deux.
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Malgré une motorisation et un agrandissement de la taille des bateaux, ces derniers ramènent toujours moins de poisson pour une même quantité de travail.
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Les navires-usines ne représentent que 5 % de la flotte mais raflent les stocks de poissons qui n’arrivent pas à se renouveler.
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Céline Deluzarche 31/05/2019

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01 juin 2019 ~ 0 Commentaire

trémargat (france info)

tremargat

L’Alter Tour à Trémargat

« On ne vit pas comme des ‘bobos »

Bienvenue à Trémargat, le village breton où l’on a toujours été écologiste

Depuis plus de quarante ans, la commune située dans les Côtes-d’Armor se distingue par son vote à contre-courant de la moyenne nationale. Aux européennes, les habitants ont voté à 38,79% pour EELV.

On ne vient pas à Trémargat par hasard. La commune bretonne se trouve dans un coin reculé des Côtes-d’Armor. Les habitants appellent ce territoire isolé le Kreiz Breiz ( Centre Bretagne) ou l’Argoat, « le pays des bois » et des rochers, où la terre pauvre et le climat rude n’attirent que les plus téméraires.

Le 26 mai, lors des européennes, les habitants de « Trem » ont voté à 38,71% pour EELV, le Rassemblement national n’a obtenu que 3 des 98 voix exprimées et LREM est arrivée dernière, avec une seule voix. Des résultats à contre-courant de la tendance nationale, mais habituels dans ce patelin de 200 habitants.

« L’écologie, c’est la base de tout », explique dans un sourire Marie-Jo, Trémargatoise depuis trente ans. Affairée dans le petit enclos communal où poussent menthe verte et persil,  l’agricultrice aux cheveux flamboyants attend une livraison de bois. « J’ai toujours réfléchi à notre façon de consommer. J’habite dans un chalet autonome, je me chauffe avec des panneaux solaires. Je n’ai aucun appareil électrique, pas de portable ou internet, explique celle qui se définit volontiers comme collapsologue.

Pour moi, l’effondrement a déjà commencé. Les catastrophes dites ‘naturelles’ ne le sont pas, elles sont liées à la surexploitation de notre Terre. Marie-Jo, habitante de Trémargat

Le 26 mai, Marie-Jo a donc voté pour les écologistes d’EELV, « valeur sûre » à ses yeux, mais sans engouement particulier pour le parti non plus. « Ils sont au plus près de mes idées, mais est-ce qu’ils veulent vraiment remettre en question notre système basé sur le pétrole ?, interroge-t-elle. Je suis convaincue que les années à venir vont être difficiles, et les premiers touchés seront sans doute les pays du Sud. Je vote parce que c’est encore la seule solution pour changer les choses. »

Un modèle de décroissance depuis quarante ans

Marie-Jo est loin d’être une exception à Trémargat. Depuis les années 1970, la commune désertée après la Seconde Guerre mondiale, a été réinvestie par une majorité de paysans originaires de Rennes ou Paris. Tous étaient guidés par la même pensée : la décroissance. Maire depuis 2014, Yvette Clément fait partie des familles « pionnières » à avoir repris une des bergeries délaissées par les précédents propriétaires,  pour qui les rendements n’ont jamais été suffisants.

« La terre est très pauvre, pendant longtemps même les paysans bretons ne voulaient pas que leurs enfants reprennent leurs fermes. Ils sont partis travailler dans l’industrie », explique l’édile, assise dans le bureau de la petite mairie aux fenêtres vertes.

Ces années sont donc celles de l’arrivée des « bleo-hir » (cheveux longs). Des « néo-ruraux »  nourris des luttes du Larzac, du désenchantement des Trente Glorieuses et de la société de consommation. Yvette Clément et ses collègues paysans adhèrent à La Conf’, le syndicat pour une agriculture non productiviste. « On partait du principe qu’on avait une terre, qu’il fallait la mettre en valeur, la respecter et qu’elle devait nous permettre de vivre, mais pas pour faire de l’argent. »

Notre prise de conscience s’est faite de bonne heure. Nous savions que nous vivions dans un coin préservé et magnifique et nous voulions qu’il le reste.Yvette Clément, maire de Trémargat à franceinfo

L’installation ne se fait pas sans douleur. Les familles se battent pour préserver leur modèle, plusieurs fois menacé par des industriels, mais sauvé du remembrement – regroupement de plusieurs parcelles en une surface plus grande et plus rentable – par son relief impropre aux grandes exploitations. Aujourd’hui, sur 16 000 hectares de terre, 700 sont alloués à l’agriculture, le reste est une réserve environnementale. 

Nous ne sommes pas hors système pour autant, nous refusons juste le productivisme. Et ça marche, nous avons élevé nos enfants ici et nous y sommes bien. Cela montre que notre monde est possible.Yvette Clément, maire de Trémargat.

Petit à petit, ce mode de vie décroissant a attiré de nouveaux habitants et s’est élargi à la vie locale. Le maire est élu pour un seul mandat. Une seule liste se présente aux élections et le conseil municipal met en œuvre un projet émanant des idées des habitants.

Pour favoriser l’installation de nouveaux paysans, une société civile immobilière (SCI) a été constituée et loue des parcelles à ses éleveurs. Des associations dédiées aux migrants, à l’organisation de concerts, à la gestion de l’épicerie ont été créées. Elles sont gérées à tour de rôle par des habitants bénévoles.

A l’heure où les « néo-ruraux » partent à la retraite, le modèle se transmet en douceur. Leurs enfants et d’autres jeunes agriculteurs ont déjà pris la relève. Ils produisent du fromage de brebis ou se lancent dans le maraîchage bio. A Trémargat, l’écologie sonne comme une évidence, avant d’être le nom d’un parti.

« La lutte des classes est toujours d’actualité »

Cette conviction, Christophe Sourice la défend depuis des années. Cantonnier, il s’occupe à mi-temps des petits travaux du village, parfois sous le regard impassible d’un âne gris, immobile dans un champ voisin. « La commune est toujours dépeinte comme très écolo. Mais attention, c’est de l’écologie de gauche », lance le Breton de 57 ans, en combinaison jaune. A la prési-dentielle, la gauche est toujours arrivée en tête au premier tour : Jean-Luc Mélenchon (LFI) en 2017, Eva Joly (EELV) en 2012 et Ségolène Royal (PS) suivie de José Bové (indépendant) en 2007.

« Pour moi, la lutte des classes est toujours d’actualité et je trouve que les ‘Insoumis’ ont porté un projet social plus important que les Verts », développe celui qui précise toutefois ne pas « être fanatique de Jean-Luc Mélenchon, qu’il qualifie plutôt de  »boulet » pour le mouvement. Je me sens très proche politiquement de François Ruffin, je lis son journal Fakir. »

L’écologie est reprise par tous les partis. Mais on peut être écolo et voter pour le ‘localisme’ proposé par Marine Le Pen. Ici, on est dans l’écologie politique de gauche issue des années 1970. Christophe Sourice, employé de la mairie.

En effet, dans les années 1940, l’écologie a longtemps été un thème porté par la droite. « C’était réactionnaire, un retour à la terre, contre le progrès, poursuit Christophe d’une voix claire. Elle n’était pas forcément porteuse de valeurs humanistes, alors que, pour nous, les relations humaines comptent autant », poursuit-il en faisant référence aux figures écologistes des années 1970, à René Dumont ou à Dominique Voynet.

Pour l’historien et géographe de la Bretagne Jean-Jacques Monnier, ce vote à gauche et cette  marginalisation de l’extrême droite s’expliquent par des décennies de luttes. « Je l’appelle le 6è département. Une quarantaine de cantons qui ont toujours voté à gauche depuis l’entre-deux-guerres. Une zone où la Résistance a été forte, où on a toujours voté communiste, puis pour les différents partis de gauche, explique-t-il au téléphone. Et bien avant, on luttait aussi contre le clergé ou les propriétaires fonciers qui détenaient la terre. »

« A chaque élection, il y a un petit vote de droite »

Trémargat serait-il finalement le pays de cocagne tant rêvé ? Christophe nous arrête tout de suite. « On ne vit pas comme des ‘bobos’. Les paysans qui sont venus ici ne vivaient pas dans des tipis. Ils ont dû travailler dur pour vivre convenablement.

On n’est pas idéalistes, on veut juste montrer qu’il y a des alternatives. Il ne faut pas non plus croire à l’unanimité parfaite. Ici, c’est comme partout. » Les rares voix dissonnantes se perçoivent à travers les scrutins. Le 26 mai, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) a recueilli 5 voix, et quelques voix sont allées à l’UDI de Jean-Christophe Lagarde (1 vote) et à Jordan Bardella, du RN (2 votes).

Rencontré dans les hauteurs du village, Jacques* se décrit sans précision comme un  « habitant du coin » et vient souvent à Trémargat pour voir sa famille : »Si vous ne pensez pas comme eux, vous n’avez pas le droit d’exister, affirme le retraité en bottes marron. Ce n’est pas tout le monde est beau, tout le monde est content. Je les appelle les ayatollahs », rétorque-t-il d’un ton mystérieux.

« A chaque élection, il y a un petit vote de droite, deux familles natives d’ici qui se sentent dépossédées de ce qui a changé, illustre Gaëtan*, ancien maire du village, attablé dans la cuisine de sa maison en pierres. Il ne faut pas croire qu’il n’y a jamais de désaccords. Il y a des gens qui ne s’entendent pas, mais ce n’est pas assez important pour qu’on n’aille pas tous de l’avant », reprend-il d’une voix douce.

On a le sentiment qu’on vit sur le même territoire et qu’on se doit des choses. Quand on a peu, on a forcément besoin des autres. Gaëtan, habitant de Trémargat.

Selon l’historien Jean-Jacques Monnier, l’attitude protestataire ne s’est jamais traduite à Trémargat par un vote contestataire « pessimiste », qui serait propre au vote RN. « Même si Trémargat est une des communes les plus pauvres de France, les gens n’y viennent pas pour être riches, mais pour vivre autrement. »

Si la disparition des services publics les concerne autant que leurs voisins, « ils n’ont pas réagi par un repli sur eux-mêmes, mais par une vision collective et une administration locale qu’on ne voit pas ailleurs. » Aux européennes, les communes voisines Plounévez-Quintin ou Maël-Pestivien ont, elles, porté le RN en tête à plus de 20%.

La société civile plutôt que le vote

Malgré ce large consensus, quelques voix sont toutefois lasses de l’écologie « institutionnelle » portée par les partis. Assis dans une cabane en bois à l’entrée du village, Mathieu et Denis Pagès portent un regard plus singulier sur la situation. Tous les deux « gilets jaunes », ils rejettent le système politique français et n’ont pas davantage confiance dans l’européen.

« Je ne vote plus depuis 2005 car j’ai voté non [référendum sur le traité établissant une Constitu-tion européenne] et ensuite, on a quand même eu le traité de Lisbonne, explique-t-il, amer, en caressant son chien noir. « Moi, j’ai voté pour une petite liste qui n’enverrait aucun député, répond Mathieu, électeur du Parti Animaliste.

On ne croit plus au système politique. La représentation n’a aucune valeur quand on voit le niveau d’abstention.Mathieu Pagès, habitant de Trémargat.

Autrefois électeurs des écologistes ou de l’extrême gauche, ils ont tous les deux été déçus par les partis une fois élus, ils les jugent trop corruptibles et pas assez redevables à leurs élec-teurs. « On a pas mal écouté Etienne Chouard, on est pour plus de démocratie directe, l’instau-ration du référendum d’initiative citoyenne (RIC), étaye Denis, venu manifester à Paris, drapeau breton en main. On serait plutôt Frexit au niveau européen, mais on est contre l’institution [les partis], donc si on l’utilise pour changer les choses, ça serait un non-sens », reprend Mathieu après une gorgée de café.

« Je crois davantage en la société civile que dans le vote, affirme Denis, ancien bénévole à Calais (Pas-de-Calais). Les niveaux national et régional déconnent. Donc, il faut repartir à la base ». Il se murmure que Trémargat pourrait peut-être tester le RIC, une première en France. En attendant, le village fait des petits : une autre ville a pris rendez-vous pour s’inspirer de son fonctionnement. « Il y a bien un éveil des consciences, mais il ne passera pas par les urnes. »

* Les prénoms ont été modifiés

1er juin 2019 ELISE LAMBERT

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31 mai 2019 ~ 0 Commentaire

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Agriculture : le retour du bocage dans les champs bretons

Pendant des décennies, les agriculteurs ont supprimé les haies et les enclos pour ouvrir leurs champs aux engins agricoles. Mais, depuis dix ans, le bocage est de retour en Bretagne.

En 1969, l’agriculture se mécanise et les bocages bretons sont rasés pour laisser la place aux tracteurs. Mais, aujourd’hui, le talus fait son retour. Certains agriculteurs replantent des arbres en ligne autour de leurs champs dans le but d’améliorer leur productivité. « L’objectif est d’avoir des haies anti-érosives en cas de forte pluie« , explique l’agriculteur breton Noel Danilo. Le bocage permet de retenir l’eau de pluie et de protéger le bétail.

3 500 kilomètres de haies sont sorties de terre

Les bocages permettent aussi le retour de la biodiversité. Certains insectes viennent s’installer dans le bocage et ont des effets vertueux. Le bocage peut aussi être une solution face aux inondations. En Bretagne, les pluies d’hiver sont abondantes. Dans les terrains en pente, les talus et les haies agissent comme des barrières naturelles. Depuis 20 ans, 3 500 kilomètres de haies sont sortis de terre. Mais beaucoup d’agriculteurs refusent de planter des talus dans leurs champs.

29/05/2019

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28 mai 2019 ~ 0 Commentaire

verts (rp essf jdd lo)

verts-schtroumpf

Avec 13% aux Européennes, les Verts, première force « à gauche » ?

Si le discours attrape-tout qui rejette le clivage gauche-droite en faveur d’un discours pragmati-que a contribué à réaliser un score inattendu aux Européennes, la question reste ouverte sur la capacité des Verts à transformer l’essai en vue des municipales.

Si le score d’EELV est une surprise, cela exprime avant tout des coordonnées politiques favorables : entre l’écroulement du centre et la crise de LFI, des mobilisations récentes de la jeunesse pour le climat et un scrutin européen qui profite souvent aux Verts.

Avec un discours attrape-tout qui oscille entre l’anti-système et la défense d’un capitalisme vert, la ligne pragmatique, revendiquée a-partisane de Jadot, a bénéficié de coordonnées exception-nelles qui lui ont permis de sortir en tête. Toutefois, la question reste ouverte sur la capacité des Verts à transformer l’essai en vue des municipales.

Une mobilisation de la jeunesse en hausse

La liste menée par Yannick Jadot aux Européennes a remporté dimanche 13,47% des voix, soit le deuxième meilleur score d’Europe Ecologie-Les Verts derrière les 16,28% obtenus par Daniel Cohn-Bendit en 2009. Une surprise, devant des sondages qui estimait le parti autour de 8% d’intentions de votes.

Si l’abstention reste majoritaire dans la jeunesse, comme souvent aux Européennes, c’est aux Verts qu’a bénéficié la mobilisation du vote de la jeunesse, un phénomène qui a touché aussi l’Allemagne, où les Verts réalisent un score historique.

Comme l’indique le Parisien : « Le nombre de votants dans la tranche 18-34 a grimpé de 13 points par rapport à 2014 (27%), pour atteindre 40 %, une vraie mobilisation. » Toutefois, ce « vote jeune » est largement à nuancer. Il s’agit principalement d’une frange de la jeunesse issue des classes urbaines et des classes moyennes.

Daniel Boy, politologie au CEVIPOF, précise au Figaro : « Les jeunes qui votent écolo sont plutôt des jeunes de milieux aisés, étudiants et diplômés, alors que les jeunes des classes populaires vont avoir tendance à plus voter pour le Rassemblement national. »

Dans une certaine mesure, cette élection traduit aujourd’hui une victoire des “verts” sur la bataille électorale qui se joue autour du regain d’intérêt pour l’écologie que suscite le changement climatique, particulièrement dans une certaine frange de la jeunesse.

Des mobilisations récentes sur le climat

En effet, une frange de la jeunesse, des collégiens aux étudiants, se mobilisent face à l’urgence climatique. Après avoir réuni 1,8 million de personnes le 15 mars dernier, la dernière grève inter-nationale pour le climat à de nouveau entraîné de nombreux jeunes dans les rues partout à travers le monde.

Vendredi à Paris, beaucoup de pancartes dénonciatrices et des slogans comme : “Ecologie libérale, mensonge du capital”. Cette frange de la jeunesse qui s’est mobilisée dans la rue, même si nombre d’entre eux ne sont pas encore en âge de voter, appartient sociologiquement à l’électorat qui s’est mobilisé pour voter EELV, à savoir des jeunes « issus de familles majoritaire-ment aisées, éduquées et urbaines, [qui] ont souvent les mêmes idées politiques que leurs parents », relève le sociologue Maxime Gaborit dans les colonnes du Monde.

Parier sur l’effondrement du centre : le pari réussi de Jadot ?

Comme le remarque Hadrien Mathoux dans Marianne,  Jadot semble avoir engagé “son parti dans un virage au centre toute.” Avant d’être revenu sur ses propos, cet ancien proche de Cohn-Bendit, s’était dit prêt à envisager une coalition avec l’Alde, un parti libéral et le PPE, le camp conservateur.

Si l’ancien parti de François de Rugy pouvait historiquement être classé à gauche, Yannick Jadot a profité de cette campagne, pour s’en distinguer, revendiquant une écologie “ni de gauche, ni de droite », tout en multipliant les signaux vers un électorat “modéré, plutôt bourgeois et urbain, davantage mobilisé sur des enjeux sociétaux que par un discours social” relève Mathoux.

Ainsi, il vantera dans Le Figaro « l’économie de marché, la libre entreprise, l’innovation », ache-vant “de rendre publique la mue sociale-libérale du parti écologiste, qui n’a jamais prétendu affronter clairement le capitalisme” souligne Olivier Morin dans l’Humanité.

Ce discours attrape-tout a de surcroît bénéficié de l’écroulement des partis du centre, surtout de la gauche. Entre le score moribond du PS, qui parvient malgré tout à sauver les meubles, et la crise profonde de LFI, les Verts ont capitalisé sur cet électorat centriste.

Revenant sur cette victoire, le Parisien note : « Les Verts ont mobilisé une certaine gauche. Privé de candidat à la dernière présidentielle, en raison de l’union avec Benoît Hamon, le vote « vert » s’était éclaté. Mais dans une élection dont l’un des thèmes principaux a été l’écologie, EELV a réussi à devancer tous ses rivaux de gauche et rassembler très largement, siphonnant une bonne partie de l’électorat jeune de la France Insoumise mais aussi de l’alliance Parti Socialiste-Place publique. »

Plus encore, le succès des Verts repose en grande partie sur l’écroulement de la France Insoumise, qui perd une partie de son électorat urbain des classes moyennes supérieures au détriment d’ELLV.

Les municipales en ligne de mire : EELV rêve d’être le nouveau centre-gauche

Dans un paysage politique qui tend vers une polarisation entre le Rassemblement National et La République En Marche, EELV espère se positionner en vue des municipales de 2020, qui répondent à une logique autre que celle des Européennes, avec une dimension plus territoriale qui pourrait permettre au PS de se reconsolider.

Car en dépit de cette victoire surprise, cela sonne surtout le début des recompositions à gauche pour prendre l’ascendant en vue des municipales. Comme le note le Monde, les jeux d’alliances et rapports de forces commencent tout juste à se mettre en place :

« Malgré tous ces voeux de rencontres, les deux années écoulées depuis l’élection présiden-tielle ont laissé des traces, voire des blessures. Pourront-elles être dépassées ? Le temps presse : les élections municipales, qui se dérouleront en mars 2020, pourraient servir de laboratoire pour dessiner les contours de cette reconstruction. »

Entre la crise de LFI et l’éclatement de la gauche, EELV a su tirer son épingle du jeu et offrir une réserve de voix importante au centre-gauche en perte de vitesse importante, qu’il s’agisse de la France ou de l’Europe. Toutefois, ce résultat, qui a bénéficié de l’effet propre au scrutin européen, devra encore montrer sa capacité à capitaliser pour la suite.

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