Archive | Luttes paysannes et alimentation

17 avril 2019 ~ 0 Commentaire

poissons (eitb)

Pêche minotière

Les poissons accumulent médicaments et filtres solaires, ce qui génère des effets secondaires

Une chercheuse du département de chimie analytique parvient à détecter et à quantifier les antidépresseurs, les antibiotiques et les filtres ultraviolets accumulés chez les poissons dans plusieurs estuaires de Biscaye.

Haizea Ziarrusta du département de chimie analytique de l’UPV / EHU, a détecté  que certains médicaments et écrans solaires contaminent l’eau et s’accumulent dans les poissons. Il a également analysé les effets secondaires de ces polluants sur leur métabolisme.

Dans un travail de recherche, publié aujourd’hui par l’université basque, Ziarrusta a voulu analyser « en profondeur la manière dont les médicaments et les produits de soins personnels s’accumulent, se distribuent, se métabolisent et s’éliminent les sécrétions biologiques « .

Ziarrusta a détecté que l’antidépresseur amitriptyline, l’antibiotique ciprofloxacine et le filtre ultraviolet, l’oxybenzone, peuvent s’accumuler dans les poissons et que ces polluants « produisent des effets indésirables sur le plasma, le cerveau et le foie, du fait de leur interférence dans leur métabolisme, et peut même les affecter au niveau de l’organisme « .

Pour tirer ces conclusions, l’équipe de recherche a confirmé l’existence de ces polluants dans divers estuaires et poissons de Biscaye, puis a examiné « leurs effets sur les poissons, en analysant les modifications de leur métabolisme », explique Ziarrusta.

Ainsi, ils ont mené des expériences d’exposition sur les daurades dans la station marine de Plentzia, où ils ont évalué la bioaccumulation de l’amitriptyline, de la ciprofloxacine et de l’oxybenzone et leur répartition dans les tissus de ces animaux.

« En outre, nous avons étudié la bio-transformation de ces polluants et caractérisé leurs produits de dégradation, enfin, nous avons étudié les changements que ces polluants provoquent au niveau moléculaire, en analysant le métabolisme du poisson », ajoute-t-il. Ils ont procédé à l’analyse des polluants séparément.

En ce sens, le chercheur affirme qu’il reste encore beaucoup à fair

« La concentration de ce type de polluant est inquiétante, car la consommation augmente et dans les stations d’épuration, nous ne pouvons pas les éliminer, elles atteignent les poissons et modifient leur métabolisme.

Le problème pourrait atteindre toute la population. À mesure que nous polluons la mer, à mesure que les polluants augmentent, la situation s’aggrave, et il est nécessaire de savoir s’il existe un risque. Les polluants que les poissons accumulent atteignent les humains.  »

EITB.EUS 17/04/2019

https://www.eitb.eus/

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17 avril 2019 ~ 0 Commentaire

heure du choix (pùblico)

 heure du choix

La crise climatique: un conflit de stratégies contradictoires

L’enjeu est de savoir qui supportera le poids du changement climatique et comment cet ajustement sera opéré: par le contrôle, la répression et la ségrégation ou selon des critères de justice climatique.

Le changement climatique est enfin au centre des débats politiques.

Le discours de la jeune membre du Congrès américain Alexandria Ocasio-Cortez et de son Green New Deal a non seulement été au centre de ses préoccupations, mais elle mobilise également des milliers de groupes de citoyens à travers le monde et se présente comme la principale préoccupation des citoyens à l’échelle mondiale, comme le montre une récente étude Pew Research menée dans 26 pays et chez plus de 27 000 personnes.

L’appel urgent à l’action du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son rapport sur le 1,5 ° C n’est pas sans lien avec ces faits. Et, bien qu’ils ne l’expriment pas publiquement, les élites manifestent également leur préoccupation face à la crise climatique lors de leurs réunions privées, comme le montre le dernier rapport du Forum de Davos de janvier 2019 pour la troisième année consécutive.

La déstabilisation du climat est l’une des manifestations les plus claires des énormes inégalités présentes dans le monde aujourd’hui et un cas manifeste d’injustice environnementale. Le phénomène et la gestion qui en est faite montre clairement les mécanismes d’inégalité qui opèrent aujourd’hui dans notre société, que ce soit en termes de fossé territorial, de classe, ethnique, de genre ou d’âge.

Le fossé territorial ressort d’un simple rapport Oxfam:

50% des émissions de CO2 en 2015 ont été produites par 10% de la population mondiale, soit environ 700 millions d’habitants de pays riches et d’élites de pays émergents, alors que 50% de la population mondiale, soit environ 3,5 milliards de personnes, ont généré environ 10% des émissions totales.

Par ailleurs, certaines des dernières catastrophes survenues aux États-Unis – où les catastro-phes se déroulent dans le contexte d’un pays riche et avec une capacité d’analyse – ont illustré la manière dont se manifestent ces écarts de classe, d’ethnie, de sexe et d’âge, que ce soit la vague de la chaleur à Chicago en 1995 ou en Europe de 2003, la gestion désastreuse de Katrina à la Nouvelle-Orléans en 2005 ou l’ouragan Sandy qui a dévasté New York en 2012. S’il n’y a pas de changements sociaux importants, il est prévisible que l’impact climatique et sans réponses des élites, de leurs effets inégaux soient étendus.

Ses caractéristiques configurent de plus en plus le changement climatique en termes de conflit entre certains – les puissants – qui accordent la priorité à leur propre sécurité et sous-estiment le bien-être des autres, et les autres – la majorité – qui lutte pour influencer les élites autant que possible, en rassemblant leurs forces pour prendre soin les uns des autres en commun.

Dans ce conflit, des stratégies très différentes se manifestent d’un côté et de l’autre.

Négationnisme, marchandisation et titrisation

Les stratégies déployées par les élites autour du réchauffement climatique sont structurées autour de trois pôles.

Négationnisme Les positions négationnistes sont une constante qui accompagne la crise climatique depuis que celle-ci a commencé à être identifiée, pendant un demi-siècle et qui ont prospéré à l’aide de puissantes entreprises pétrolières et automobiles. Ils ont contesté sur la scène publique l’existence même du changement climatique, ou que, s’il existait, il n’était pas associé aux combustibles fossiles. Cela a son explication  (pas une justification): une économie à faibles émissions de carbone réduirait le marché des carburants fossiles et l’industrie automobile à un dixième du marché actuel, ce qui entraînerait leur mort.

Mercantilisation. L’objectif de la société est de poursuivre ses activités comme d’habitude le plus longtemps possible, avec des « solutions » dominées par un optimisme technologique illimité, soit par des incitations de marché, telles que les marchés de carbone, favorisant des solutions individuelles. Elles constituent une infime partie des mesures structurelles nécessaires et ouvrent de nouveaux créneaux pour tirer profit de la crise.

L’agriculture – par le biais de « l’agriculture raisonnée », l’eau – avec les privatisations, l’énergie – avec les carburants non conventionnels et les agrocarburants – sont à l’honneur, de même que la géo-ingénierie. Mais d’autres secteurs cherchent également à tirer profit de la déstabilisation du climat.

La Géo-ingénierie est un des secteurs favoris comme fausse solution au changement climatique. Cette technologie, compte réduire la concentration des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère sur une grande échelle peut entraîner des risques importants au point que l’ONU – grâce la Convention sur la diversité biologique, mise en place en 2010  contient un moratoire sur la géo-ingénierie du climat. Un autre secteur en vogue est la construction de méga-infrastructures et de murs côtiers, où des milliards de dollars d’investissement dans les villes qui veulent s’adapter aux risques posés.

Les entreprises néerlandaises exportent leur savoir-faire dans les mégapoles d’Asie du Sud comme Jakarta, Manille, Ho Chi Minh ou Bangkok. Bien qu’en principe, ces installations pourraient être positives, « l’adaptation » entraîne une reconstruction de l’espace urbain et l’expulsion de la ville centrale de dizaines de milliers de personnes pauvres (125.000 ménages  à Manille), avec l’argument de les mettre en sécurité loin des zones à risque. Vidage d’un côté mais des gratte-ciel et appartements de luxe de l’autre. Pendant ce temps, les familles qui gagnent leur vie dans les centres villes seront relogés à plusieurs heures, trop loin pour poursuivre leurs activités.

Avec l’augmentation des événements extrêmes, tels que les grands incendies ou les inonda-tions, augmenteront aussi les dégâts et les destruction des maisons. Le secteur de l’assurance évalue déjà ces dépenses, compte tenu que les pertes pour ces événements sont à la hausse depuis 1985. Aux USA, alors que les ménages aisés peuvent espérer récupérer les coûts de la catastrophe par leur assurance, les foyers et les communautés pauvres ont une assurance partielle qui ne couvre pas les dommages, et risquent donc passer les prochaines décennies sans surmonter les effets de la catastrophe et de la pauvreté. La plus forte incidence des phénomènes météorologiques fera augmenter le prix des assurances, ce qui en fera des produits prohibitifs pour les couches modestes.

Un autre secteur classique autour des catastrophes est la sécurité.

Avec la sécurité des entreprises traditionnelles est en train d’émerger une nouvelle génération d’entreprises qui couvrent ce large spectre: surveillance et contrôle des frontières, construction et gestion de prisons privées, prévention du terrorisme, logistique, formation à la sécurité. Depuis 2008, l’industrie de la sécurité se développe de près de 8% par an. Le seul marché de la sécurité des frontières en Europe en 2015 représentait environ 15 milliards d’euros et devrait presque doubler (jusqu’à 29 en 2022).

Titrisation. Les classes dominantes sont préoccupées par la crise climatique. Ils craignent que le chaos économique éclate et que leurs investissements soient menacés. Ils redoutent l’anarchie et le chaos social, ils aiment faire allusion à d’éventuelles révoltes populaires contre leurs entreprises. Cette idéolologie a commencé à émerger il y a une dizaine d’années, quand on a commencé à publier des rapports d’institutions internationales et d’agences de sécurité à encadrement américain et britannique, elles voyaient le réchauffement de la planète, principa-lement comme une  « question de sécurité » et un « multiplicateur de menace », qui mène inexorablement à un monde instable. Ces tensions pointent comme « coupables » les pauvres en général et ceux du Sud en particulier, pour détourner l’attention des responsabilités réelles du monde riche.

Le changement climatique étant vécu comme une menace, la réponse des élites est militarisée: place aux armées et aux agences de sécurité, aux mesures musclées, à l’utilisation de la force aux frontières ou au coeur des pays riches, pour montrer que « tout est sous contrôle », pour apaiser l’élite qui craint une perte de contrôle.

Activisme de la société civile 

Nous assistons à une véritable explosion des groupes concernés sur le changement climatique. Ils sont fatigués d’attendre des réponses et mettent en place une véritable résistance contre l’inaction. Cet activisme climatique est composé de divers groupes: écoliers et jeunes en grève et mères en raison du climat, activistes en rébellion et ceux qui le considèrent comme l’enjeu du siècle. Certains de ces groupes font des vendredis pour l’avenir; Extintion Rebelion; L’Affaire du Siecle en France; et dans l’État espagnol, Youth for Climate et Against the Deluge.

Dans leur diversité, ces groupes partagent certaines caractéristiques communes, telles que le sentiment d’urgence de leur action en faveur de la vie; l’utilisation de la rhétorique de la rébellion contre l’inaction; l’identification du système capitaliste lui-même en tant qu’origine du problème; le lien qu’ils établissent entre le changement climatique et les questions d’équité et de justice et l’absence d’acteurs politiques organisés à leur tête.

Parallèlement au nouveau mouvement pour la justice climatique, des réseaux de quartiers et des organisations communautaires émergent, mettant en œuvre leurs propres capacités et leur autonomie pour faire face aux défis du réchauffement climatique et aux injustices historiques, telles que la pauvreté ou l’exclusion. Le résultat est un activisme climatique beaucoup plus transversal lié à l’idée de justice.

Un combat qu’on ne peut pas perdre

Comme nous assure le journaliste Mattia Salvia, un nouveau chapitre de la lutte de classe entre les puissants et tous les autres, ou du capital contre la vie, se déroule autour du changement climatique. Le capitalisme – et les puissants – sont entrés en « mode de survie » et se préparent à une catastrophe environnementale grâce à de nouveaux modèles de gestion avec des hommes forts au pouvoir.

Il existe déjà un axe d’extrême droite composé de Trump aux États-Unis, de Bolsonaro au Brésil, de Duterte aux Philippines, de Morrison en Australie, des populistes polonais et de l’extrême droite hongroise, allemande et italienne. Face à ces tendances, il y a un risque réel que les puissants fassent payer les pauvres la crise climatique et même que des guerres éclatent entre eux.

Les élites se mettent déjà en sécurité, que ce soit sur cette planète – à l’instar de deux entrepreneurs de la Silicon Valley qui ont acheté de grandes étendues de terres en Nouvelle-Zélande , s’enfermant dans des bunkers protégés par des forces de sécurité ou envisagent de migrer vers d’autres planètes.

Aussi exagérés que puissent être ces propos, il est utile de rappeler la thèse de Kevin MacKay, qui a étudié les facteurs d’effondrement des civilisations et qui affirme que la cause la plus importante de ces effondrement est l’existence d’une oligarchie qui se protége au lieu d’adopter les décisions nécessaires au bien commun. Le problème, dit MacKay, est que les élites béné- ficient du système et abandonnent toute solution pertinente. Ce professeur ajoute que toutes les sociétés soumises aux intérêts d’une élite oligarchique se sont effondrées. Donc, tant que nous resterons les otages d’une oligarchie, nous serons en retard pour éviter les effets écologiques (et sociaux) de la crise climatique.

Il s’agit maintenant de savoir qui devra supporter le poids du changement climatique

Et comment l’ajustement sera fait, que ce soit par le contrôle, la répression et la ségrégation, ou par des critères de justice climatique Si un modèle de sécurité et d’entreprise se présente, nous pouvons facilement glisser dans des scénarios de fascisme (écolo) ou dans un monde de ghettos.

Dans ce combat nous jouons tout. La rébellion populaire contre le changement climatique offre de l’espoir dans la bonne direction: il est nécessaire que les citoyens prennent les rênes de cette question vitale afin de construire des réponses justes qui ne laissent personne de côté. Pour cela, il est essentiel de coordonner la lutte pour le climat avec d’autres luttes, autour de la crise environnementale dans son ensemble et celles liées à la justice sociale et aux féminismes, car il s’agit de la même lutte.

16 de Abril de 2019 Nuria del Viso

Nuria del Viso est titulaire d’une maîtrise en anthropologie et d’un diplôme en journalisme de l’Université Complutense de Madrid. Chercheuse de la zone d’écosystème de Fuhem. Elle est membre du comité de rédaction de la revue Papeles de relationes écologicas mondiales.

http://back.ctxt.es/es/

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16 avril 2019 ~ 0 Commentaire

landivisiau (nalac)

lllan

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16 avril 2019 ~ 0 Commentaire

plastique (reporterre cnrs)

Le plastique est une menace pour la santé

Les déchets plastiques polluent, on le sait. Mais c’est dès sa phase de production, au moment de l’extraction du pétrole, que le plastique est une source de pollution. Un rapport récemment publié parle même de « crise sanitaire globale ignorée, bien que sous nos yeux ». Reporterre vous en résume les principales conclusions.

Si l’on sait désormais que les océans sont saturés de plastique, réalise-t-on que nos corps y sont eux aussi constamment exposés par de multiples voies ? Un dense rapport paru en anglais et peu remarqué en France, nous le rappelle à coup de données, études et chiffres glaçants. Intitulé Plastique et santé, les coûts cachés d’une planète plastique, il a été publié par le Center for international environmental law (Ciel) en février 2019.

« Le plastique est une crise sanitaire globale ignorée bien que sous nos yeux », nous avertit-on dès les premières pages.

« Une étude a trouvé des microplastiques dans les selles de sujets habitant dans des régions du monde variées et aux régimes alimentaires totalement différents », dit David Azoulay, directeur du programme santé et environnement du Ciel. « On voit aussi des bébés naître déjà contaminés par certaines substances associées au plastique. »

Et cela ne risque pas de s’arrêter. Car, autre information mise en avant dès l’introduction du rapport, la production mondiale de plastique a explosé depuis 1950, de 2 millions de tonnes en 1950 à 380 millions de tonnes en 2015. Les deux tiers du plastique déjà produit ont été relâchés dans l’environnement… et y restent.

Le rapport entend aussi changer le regard sur le plastique, longtemps vu comme un matériau inerte : « De plus en plus, la recherche démontre que les mêmes caractéristiques qui en font un matériau […] léger et aux liaisons moléculaires incroyablement durables en font aussi une menace omniprésente, et persistante pour la santé humaine et les écosystèmes. »

16 avril 2019  Marie Astier (Reporterre)

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15 avril 2019 ~ 0 Commentaire

enseignement agricole (libération)

vaches

Pour que l’agriculture change vraiment, il faut renforcer l’enseignement agricole public

Les mots sur la transition agro-écologique ne suffisent pas, cette année encore près de 62 000 tonnes de pesticides ont été pulvérisées dans les campagnes françaises… Une révolution des pratiques agricoles doit commencer dès la période d’apprentissage.

Le Salon de l’agriculture 2019 a fermé ses portes il y a quelques semaines. Une fois de plus pour celui ou celle qui aura traversé les allées du Parc des expositions, l’impression est que le bio et le «vert» sont partout. A tel point que l’on se demande s’il existe encore une «agriculture conventionnelle».

Le ministre de l’Agriculture, en clôture de ce 56e Salon de l’agriculture, confirme d’ailleurs ce sentiment en affirmant que la «transition agro-écologique de l’agriculture est en route et qu’elle est irréversible»… et ceci pour la simple raison que la société l’exige.

Mais les faits sont têtus et les chiffres implacables.

La simple communication ou l’autopersuasion, si tant est qu’elle soit sincère, ne suffiront pas à transformer la réalité. Cette année encore ce sont près de 62 000 tonnes de pesticides qui auront été pulvérisées dans les campagnes françaises (dont 8 000 tonnes de glyphosate) avec une utilisation à la hausse en 2017 qui fait s’éloigner un peu plus encore l’objectif d’une baisse de 25% de leur utilisation en 2020.

Pour l’agriculture biologique, si les chiffres martelés montrent une réelle progression, ils concernent avant tout le marché (7 milliards d’euros, soit plus 1 milliard par rapport à 2017). Car même si on constate une progression des surfaces en bio, celles-ci ne représentent à ce jour que 1,7 million d’hectares, soit à peine 6,5% de la surface agricole utile (SAU), et avec des variations très importantes en fonction des régions et des cultures.

Avec une progression de seulement 15% des surfaces par an, là encore l’objectif, pourtant très mesuré, du gouvernement de 15% de la SAU en bio en 2022 semble d’ores et déjà compromis. Et ce ne sont certainement pas les difficultés que rencontrent les producteurs bio pour obtenir les aides financières publiques, qui contribueront à donner l’impulsion nécessaire.

Le manque d’urgence pour réduire les pollutions de l’eau, de l’air, de la faune et des populations (aux pesticides et aux nitrates), la dégradation des terres arables (érosion physique, chimique et biologique), la perte de biodiversité qui s’accélère de façon alarmante, les causes du changement climatique, etc., montrent un renoncement politique à la prise en compte des défis auxquels il nous revient pourtant de répondre collectivement et urgemment.

De renoncement en renoncement, un changement radical des pratiques agricoles est doréna-vant un impératif mais une partie de la profession semble encore vouloir se voiler la face, les lobbies des firmes agricoles et alimentaires n’ayant quant à eux aucunement l’intention de renoncer.

Ces évolutions indispensables des modes de production agricole nécessitent une prise de conscience collective, une réelle volonté politique d’accompagnement et d’investissements dans tous les domaines supports de cette transition nécessaire, notamment ceux de la recherche, de la formation et du développement.

Concernant le domaine clé de la formation, lors du Salon de l’agriculture, le gouvernement a lancé une grande campagne de promotion de l’enseignement agricole. Pourtant, derrière cette façade se cache une autre réalité, celle du désinvestissement des pouvoirs publics sur l’éducation et la formation, un désinvestissement qui ne joue pas en faveur des conditions d’apprentissage confortées dans les établissements publics agricoles et par suite du développement durable que notre société appelle pourtant de ses vœux – marches pour le climat à l’appui !

Promouvoir une agriculture qui permette demain notre souveraineté alimentaire tout en garantissant la préservation de l’environnement comme de la santé des populations, passe assurément par le maintien et le développement d’un enseignement agricole public présent sur l’ensemble du territoire, mandaté pour porter cette révolution agro-écologique nécessaire, avec des exploitations et des ateliers technologiques dotés en conséquence.

Nous sommes plus que jamais «à la croisée des chemins» et la représentation nationale doit prendre toute la mesure des décisions budgétaires triennales qui s’annoncent en regard d’éta-blissements agricoles «à taille humaine», performants, mais déjà fragilisés dans le cadre du budget 2019…

Les enjeux sociétaux sont majeurs et abaisser l’outil public d’enseignement et de formation agricole initiale, comme continue, serait une faute historique, sachant que nous ne pourrons pas nous contenter d’un simple ravalement de façade. Ce sont les fondations qu’il est nécessaire de conforter pour assurer cet avenir, et cela ne peut passer que par un renforcement volontariste et assumé comme tel de l’enseignement agricole public.

Lire le texte dans son intégralité.

https://www.liberation.fr/

https://tendanceclaire.org/

 

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15 avril 2019 ~ 0 Commentaire

déluge? (révolution permanente)

swp

Capitalisme et destruction de la planète

Comme l’a écrit Marx, le capitalisme ne se développe « qu’en ruinant dans le même temps les sources vives de toute richesse : la terre et le travailleur » (Le Capital, livre 1, Éd. Sociales, p. 565-567).

Loin de constituer un « point aveugle » du marxisme, la critique des ravages produits par le capitalisme sur la Terre étaient déjà identifiés par Marx. Sa théorie fournit, plus que jamais, les clés de compréhension pour lutter contre un système de destruction voué au profit.

« À Londres, par exemple, on n’a trouvé rien de mieux à faire de l’engrais provenant de quatre millions et demi d’hommes que de s’en servir pour empester, à frais énormes, la Tamise », remarque-t-il dans le Capital. De même dans ses Manuscrits de 1844 dénonce-t-il la dégradation de la « nature », humaine dans ce cas, réduite à la bestialité du fait de l’asservissement à un travail aliénant.

« Cette aliénation apparaît d’autre part en produisant, d’un côté, le raffinement des besoins et des moyens de les satisfaire, de l’autre le retour à une sauvagerie bestiale, la simplicité complète, grossière et abstraite du besoin. »

Barbarie du travail, barbarie de la destruction écologique, tout deux produits du capitalisme.

Certes, d’autres sociétés ont pu, avant le capitalisme, procéder à une modification/destruction de leur environnement. Mais le capitalisme est bien le premier mode de production qui fasse de l’humanité un agent direct de transformation du système Terre dans son ensemble.

Il ne s’agit plus ici de peser les « bons » et les « mauvais » côtés du développement de la civilisation et du progrès technique, mais d’affirmer que le soi-disant « progrès » de l’humanité est une course à la barbarie.

Il existe une classe qui préférera mener l’humanité à son gouffre, et l’y a déjà conduite plusieurs fois, plutôt que de céder le pas à une forme rationnelle d’organisation de la société. Cette classe, c’est la bourgeoisie. Et elle constitue aujourd’hui le principal obstacle à la survie de l’humanité. Partant du principe qu’on ne peut renverser une force qu’en lui opposant une force égale, il s’agit d’affirmer que la seule classe susceptible de renverser la bourgeoisie c’est sa négation même : la classe ouvrière.

Lutte des classes et lutte pour la sauvegarde de l’humanité

Dans l’un de ses textes les plus prophétiques, Walter Benjamin, philosophe marxiste, cherchait à déconstruire une vision pétrifiée de la lutte des classes. Il ne s’agit en effet nullement de l’affron-tement idéalisé de deux camps qui se feraient éternellement face, à la façon d’une armée de soldats de plombs.

Ce qui importe, c’est que la destruction de l’humanité en cours ne pourra être empêchée qu’à condition d’en finir avec les racines du mal. C’est à la condition de renverser le capitalisme qu’une « civilisation trois fois millénaire » ne sera pas menée à l’extinction.

En réalité, écrit Benjamin « la représentation de la lutte des classes peut induire en erreur. Il ne s’agit pas d’une épreuve de force qui trancherait la question : qui est vainqueur, qui succombe ? Ce n’est pas un combat dont l’issue déciderait du bien-être du vainqueur et du vaincu. Penser ainsi, c’est masquer les faits sous un voile romantique.

Car, que la bourgeoisie gagne ou succombe dans cette lutte, elle demeure condamnée au déclin par ses contradictions internes qui lui seront fatales au cours de l’évolution. La question est seulement de savoir si elle s’effondre d’elle-même ou grâce au prolétariat. La réponse à cette question décidera de la survie ou de la fin d’une évolution culturelle trois fois millénaire. » (Walter Benjamin, Avertisseur d’incendie, dans Sens Unique, Payot, Paris, 2013)

La révolution n’est plus une question abstraite.

Son antithèse – la barbarie – non plus. Elle a lieu désormais de façon quotidienne. Des réfugiés climatiques sont parqués dans des camps. Des guerres pour les ressources naturelles se multi-plient. La gestion militaire des conflits écologiques est en passe de devenir la norme pour une partie de l’humanité.

L’organisation de la pénurie à échelle mondiale extermine des populations.

La destruction écologique signifie une destruction des fondements de la civilisation, de tout le produit de l’évolution humaine – y compris de son patrimoine culturel. Cette urgence, c’est celle de la reconstruction d’une force politique capable d’unifier tous les opprimés en revendiquant l’hégémonie de la classe ouvrière, en tant que seule classe susceptible de renverser la bourgeoisie.(…)

De l’actualité de la révolution réside la possibilité du sauvetage de l’humanité. L’alternative posée en son temps par la révolutionnaire Rosa Luxembourg, « Socialisme ou Barbarie », reste plus que jamais d’actualité.

Nous ne voulons ni du déluge ni de la barbarie.

Nous voulons que la jeunesse, les classes populaires, les travailleuses et travailleurs, les femmes et toutes les minorités opprimées redeviennent maîtres de leur propre destin. Nous voulons le socialisme. C’est pour cela que nous nous engageons, pour cela que nous nous organisons. (Extrait)

https://www.revolutionpermanente.fr

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15 avril 2019 ~ 0 Commentaire

lait (reporterre)

L’exportation du lait européen en Afrique est nuisible, alerte un collectif d’ONG

En 2015, l’Union européenne a supprimé les quotas laitiers : résultat, de nombreux paysans poussés à la faillite et une surproduction laitière. Pour tenter d’y faire face, l’Europe pousse à l’exportation de lait vers l’Afrique. Où ce lait déséquilibre les économies agricoles locales. Une campagne est lancée pour arrêter ce gâchis. En voici la vidéo explicative

15 avril 2019

https://reporterre.net/

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15 avril 2019 ~ 0 Commentaire

cours d’eau (politis)

eau e

Les cours d’eau européens gravement pollués par des produits agricoles interdits

Une étude anglaise a détecté dans 29 fleuves et rivières d’Europe 103 pesticides, dont 24 sont prohibés dans l’Union européenne. La responsable : l’agriculture intensive.

Au mois de juin, la revue anglaise Science of the Total Environnement publiera une étude sur les pollutions chimiques d’origine agricole des fleuves, des rivières et des canaux européens. La recherche a été menée par les scientifiques du laboratoire de Greenpeace, hébergé par l’univer-sité anglaise d’Exeter, qui a vérifié ce travail avant publication. Elle pointe la responsabilité de l’agriculture intensive.

Les chercheurs ont mené leurs investigations en prélevant de nombreux échantillons dans 29 cours d’eau répartis dans dix pays européens (Autriche, Belgique, Allemagne, Danemark, France, Italie, Pays-Bas, Pologne, Espagne et Royaume-Uni). Leurs recherches portaient sur l’identification par chromatographie de 275 pesticides et 101 produits vétérinaires. Ils ont mis en évidence la présence effective de 103 de ces pesticides.

Non seulement ont-ils trouvé des résidus de pesticides dans tous les échantillons, mais sur les 103 qu’ils ont identifiés, 24 sont des produits interdits à la vente et à l’utilisation depuis des années dans les pays appartenant à l’Union européenne. La moitié sont des herbicides, l’autre moitié essentiellement des fongicides et des insecticides.

Antibiotiques

En ce qui concerne les substances vétérinaires, ils en ont identifié 21 dans la plupart des cours d’eau et des canaux, essentiellement des antibiotiques. La plupart d’entre eux ne sont pas entièrement détruits par les systèmes digestifs des animaux auxquels ils sont administrés, parfois à haute dose, ce qui leur permet d’être dispersés dans la nature par leurs excréments.

Ils contaminent les fumiers qui sont épandus comme engrais dans les champs et gagnent ensuite les nappes superficielles et les rivières par ruissellement. La majeure partie de ces produits peuvent parvenir, sans être remarqués ni filtrés par les stations d’épuration, dans le circuit des eaux potables.

Cet envahissement de plus en plus important, auquel n’échappe pratiquement aucun cours d’eau, représente des risques pour la biodiversité et la santé humaine, particulièrement dans les petites rivières où les produits agrochimiques et les résidus médicamenteux sont beaucoup moins dilués que dans les fleuves.

Le problème, ajoute le rapport, ne peut être résolu qu’en éliminant ou en réduisant l’usage de ces substances et donc en optimisant les cultures et les élevages. L’étude met en évidence un besoin urgent pour les agriculteurs et les responsables des politiques agricoles de mettre en œuvre une politique menant à des pratiques de culture et d’élevage durables.

 Claude-Marie Vadrot 15 avril 2019

https://www.politis.fr/

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14 avril 2019 ~ 0 Commentaire

jeunes (ouest france)

ecolo

« On ne veut pas de suicide collectif » 

Lyon ou Montpellier, des milliers de jeunes dans la rue

De nouvelles marches pour le climat ont eu lieu en France ce vendredi. Des milliers de jeunes ont répondu à l’appel à Lyon, à Montpellier, à Bordeaux et à Paris pour interpeller le gouverne-ment. « Stop à l’inaction des élus », « No nature no future », pouvait-on lire sur les pancartes.

À Lyon, à Montpellier et jusque sous les fenêtres de l’Assemblée nationale, quelques milliers de jeunes ont de nouveau manifesté ce vendredi pour réclamer plus d’action contre le réchauffement climatique.

Sur le côté du Palais Bourbon, devant la brasserie éponyme très fréquentée des élus, ils ont déployé un puissant sound-system, et comptaient maintenir le volume de la musique techno à fond jusqu’en fin de journée.

« Absence d’éducation écolo au collège »

En début d’après-midi, une centaine de jeunes avaient répondu à l’appel, « entendu même par les sourdes oreilles des élus », espéraient les organisateurs, le collectif Youth for climate Paris. « If only I could, I’d make this world a better place… », disait l’un des titres diffusés, faisant danser l’assistance. Carmen, 13 ans, sensibilisée à la question climat par ses parents, dénonçait « l’inaction du gouvernement et l’absence d’éducation écolo au collège ».

« Heureusement qu’il y a ces jeunes »

À Montpellier, 1 500 à 2 500 (selon la préfecture et les organisateurs) lycéens, collégiens, étudiants ont défilé avec énergie dans le centre historique, derrière une banderole proclamant « État d’Urgence Climatique ». « Stop à l’inaction des élus », « No nature no future », pouvait-on lire sur les pancartes. « Au niveau français et international, les décideurs nous emmènent droit dans le mur. Nous, on ne veut pas de ce suicide collectif », disait Éléonore, une lycéenne de 17 ans.

« Heureusement qu’il y a ces jeunes », soulignait Mireille Solignac, 74 ans, arrêtée sur un trottoir pour les applaudir. « Ils vont peut-être parvenir à réveiller les adultes face à la catastrophe que ma génération et celle de leurs parents n’ont pas vu venir ou su arrêter ».

« Écologie ou profits, les jeunes ont choisi »

Dans la capitale des Gaules, 1 500 jeunes, selon la police comme les organisateurs, se sont réunis derrière la banderole « Écologie ou profits, les jeunes ont choisi ». « Ce n’est pas en nombre qu’on fera le poids, mais en étant déterminés », selon Clément, étudiant membre de Youth for Climate. « L’idée, c’est de pointer l’incompatibilité du système économique, en place au profit d’une minorité ».

« C’est maintenant qu’il faut bosser »

À Bordeaux, une centaine de lycéens a fait un sit-in devant la mairie, avant de se coucher sur le pavé en scandant des slogans. À leur tête, Virgile, lycéen de 17 ans : « on n’a que cette planète et elle est plus menacée que les gouvernements ne veulent bien le dire ».

Candice, 16 ans, cœur vert sur la joue : « les politiques nous font des promesses pour 2050, et ça, ça ne marche pas. C’est maintenant qu’il faut bosser parce que la bascule c’est dans les dix prochaines années. » Le 15 mars, une foule était descendue dans les rues partout en France, répondant à un appel mondial à la grève de l’école pour demander plus d’action contre le réchauffement. Youth for Climate tient ce week-end ses premières assises nationales, pour décider de la suite du mouvement.

12/04/2019

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06 avril 2019 ~ 0 Commentaire

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climat

Le CO2 au plus haut depuis 3 millions d’années

La dernière fois que le CO2 a été aussi présent dans l’atmosphère terrestre, c’était il y a 3 millions d’années. Les océans étaient à l’époque 15 à 20 mètres plus élevés.

La concentration dans l’atmosphère du CO2, principal responsable du réchauffement climatique, est au plus haut depuis 3 millions d’années, rendant inéluctable la hausse dramatique de la température de la planète et du niveau des océans en quelques siècles, mettent en garde des chercheurs.

Les scientifiques estimaient jusqu’alors que le niveau actuel de dioxyde de carbone, un peu supérieur à 400 parties par million (ppm), n’était pas plus important que celui d’il y a 800 000 ans, lors d’une période marquée par des cycles de réchauffement et de refroidissement de la Terre qui se poursuivraient aujourd’hui sans le réchauffement lié aux activités humaines.

Mais des carottes de glace et de sédiments marins prélevés à l’endroit le plus froid de la planète révèlent désormais que la barre des 400 ppm a en fait été dépassée pour la dernière fois il y a 3 millions d’années, pendant le Pliocène. Les températures étaient alors 3 à 4 °C plus élevées, des arbres poussaient en Antarctique et le niveau des océans était 15 mètres plus haut.

« La fin du Pliocène est relativement proche de nous en terme de niveaux de CO2 », explique Matteo Willeit, chercheur au PIK et principal auteur d’une étude publiée cette semaine. « Nos modèles suggèrent qu’au Pliocène il n’y avait ni cycle glaciaire ni grosses calottes glaciaires dans l’hémisphère nord. Le CO2 était trop élevé et le climat trop chaud pour le permettre ».

L’accord de Paris sur le climat de 2015 vise à limiter le réchauffement de la planète à +2 °C, voire +1,5 °C, par rapport à l’ère préindustrielle. Mais en 2017, les émissions de gaz à effet de serre ont dépassé tous les records dans l’histoire humaine, et les engagements des États signataires de l’Accord de Paris conduiraient le monde vers +3 °C.

Océans 15 à 20 mètres plus élevés

Pour des chercheurs réunis cette semaine à Londres, il y a des leçons à tirer du Pliocène. « Les températures mondiales étaient 3 à 4 °C plus élevées qu’aujourd’hui et le niveau de la mer 15 à 20 mètres plus haut », commente Martin Siegert, professeur de géoscience à l’Imperial College de Londres.

Aujourd’hui, avec 1 °C de plus qu’à l’époque préindustrielle, la Terre subit déjà les impacts du dérèglement climatique, des inondations aux sécheresses.

Pour Siegert, avoir dépassé 400 ppm de CO2 n’implique pas une hausse du niveau des mers de l’ampleur de celle du Pliocène de façon imminente, mais à moins que l’Homme n’arrive à retirer le CO2 de l’atmosphère à grande échelle, des impacts majeurs sont inévitables, tôt ou tard. En se basant sur les concentrations de CO2, les glaciologues prédisent une augmentation du niveau des océans entre 50 cm et un mètre d’ici la fin de ce siècle, indique le chercheur.

« Il serait difficile que cela soit plus, parce que la fonte prend du temps. Mais ça ne s’arrête pas à 2100, ça continue ». En octobre, les scientifiques du Giec tiraient la sonnette d’alarme : pour rester sous les 1,5 °C, il faudrait réduire les émissions de CO2 de près de 50 % d’ici 2030.

Mais malgré les promesses, ces émissions liées aux énergies fossiles et à l’agriculture augmentent inexorablement. « À 400 ppm, nous restons sur la trajectoire d’un climat similaire au Pliocène », prévient Tina van De Flierdt, professeur de géochimie isotopique à l’Imperial College. La calotte glaciaire du Groenland, qui contient assez d’eau pour faire augmenter le niveau des mers de 7 mètres, avait alors disparu. Et celle de l’ouest de l’Antarctique, « qui contient environ 5 mètres, avait probablement disparu ».

« Expérience folle »

Les chercheurs estiment que l’atmosphère a précédemment déjà connu des niveaux de CO2 bien supérieurs à 400 ppm, mais le gaz avait mis des millions d’années à s’accumuler. De leur côté, les émissions liées à l’activité humaine ont fait grimper les niveaux de CO2 de plus de 40 % en un siècle et demi. Avec une concentration à 412 ppm, et en progression, certains experts estiment qu’un réchauffement de la planète de 3 à 4 °C est probablement inéluctable.La dernière fois que le CO2 était aussi présent dans l’atmosphère, il avait ensuite été capturé par les arbres, les plantes, les animaux, puis enterrés avec eux à leur mort. « Et ce que nous faisons depuis 150 ans, c’est de le déterrer et de le renvoyer dans l’atmosphère », souligne Siegert. « C’est une expérience folle ».

06 avril 2019

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