Archive | Luttes paysannes et alimentation

20 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

vidéo (eaux et rivières)

50 ans de combat pour l’eau, de la source à la mer

Découvrez le teaser du film « 50 ans de combat pour l’eau, de la source à la mer », réalisé par Jean-Yves Dagnet. Première projection lors du Dour Fest, à Quimperlé, dimanche 27 octobre.

« 50 ans de combat pour l’eau, de la source à la mer », réalisé par Jean-Yves Dagnet retrace l’histoire de l’association, les leviers actionnés pour mieux protéger l’eau et l’environnement et les défis qui se posent à l’association. Voici un avant-goût du film d’une quinzaine de minutes. Il sera diffusé, pour la première fois, dimanche 27 octobre, à l’occasion de Dour fest, à Quimperlé.

dour

18 octobre 2019

https://www.eau-et-rivieres.org/

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20 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

bolivie (courrier inter)

bolivia

Evo Morales, le président qui défend la Terre mère et l’agriculture intensive

Candidat ce dimanche 20 octobre à sa réélection pour un quatrième mandat, le président bolivien a été très critiqué pour son ambiguïté sur l’environnement, après les gigantesques incendies de forêt dans son pays.

S’il prétend protéger la Terre mère, rappelle cet article du New York Times, il a aussi mis en œuvre un développement inégalé de cultures intensives et de l’exploitation minière.

Les incendies massifs qui ravagent l’Amazonie bolivienne [finalement éteints par les pluies du début d’octobre] nuisent doublement à Evo Morales. Ils montrent qu’il n’est pas le leader qui défend la Terre mère, comme il aime à se présenter devant le reste du monde, et risquent de contrecarrer ses aspirations présidentielles aux élections du 20 octobre prochain.

Evo Morales a d’abord beaucoup tardé à prendre les choses en main pour lutter contre la propagation des flammes, et a ensuite répondu aux critiques des militants écologistes et de ses concitoyens en les qualifiant de “risibles”.

Mais la pression de l’opinion publique et l’inquiétude de la communauté internationale l’ont poussé à s’intéresser davantage à la situation et à accepter l’aide étrangère.

Ces incendies gigantesques ont mis au centre de la campagne électorale un sujet qui en avait été absent jusqu’à présent : le modèle de développement agricole appliqué en Bolivie.

Il était urgent d’ouvrir un débat sur ce dernier, qui détruit les forêts et bouleverse donc l’équilibre écologique : en Bolivie, l’agriculture ne produit pas forcément de la nourriture directement néces-saire – le soja est la production principale – et profite d’abord à une poignée d’agro-industriels plutôt qu’aux petits paysans.

Un accroc irrémédiable

Pour l’instant, Morales arrive en tête dans les sondages avec environ 35 % [38,8 % selon une enquête du début d’octobre] des intentions de vote. S’il atteint le seuil des 40 % et présente plus de dix points d’avance sur son principal adversaire (l’ancien président Carlos Mesa), il remporte-ra les élections au premier tour. Mais les dommages politiques causés par les incendies pourraient déjà être irrémédiables. Et si l’opposition parvient à imposer un second tour, les chances de (Payant)

18/10/2019

https://www.courrierinternational.com/

Commentaire:

Il y a aussi le 4è mandat de Morales rejeté par un vote

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18 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

pirates (france-bleu sea-shepherd)

Deux chalutiers géants repérés au large de Cherbourg : les associations et pêcheurs manchois inquiets (France Bleu)

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18 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

paysans boulangers (bastamag)

pain bio

Paysans-boulangers : l’autonomie plutôt que la soumission à l’agro-industrie

Grâce à l’activité boulangère en plus des cultures, de nombreux petits paysans s’installent et comblent notre appétit pour un pain plus naturel. Rencontres avec ces paysans qui privilégient l’autonomie, et dont le développement fait grincer les dents des lobbies agro-industriels.

Ces dernières années, les paysans boulangers ont fait leur place sur les marchés. Le pain prend désormais ses aises aux côtés des autres produits transformés par les confrères : jus de fruit, fromages, bières, volailles, etc.

D’après Antoine Deransart, ce n’est que le début : « Je n’ai encore jamais vu l’un d’entre eux, une fois installé, ne pas arriver à vendre le pain qu’il produisait. Il y a toujours une forte demande dans la plupart des régions. On peut facilement imaginer un paysan boulanger dans chaque canton. Faites le calcul : le potentiel d’emplois est considérable. ».

« Partir de la matière première »

Romain Ménaboeuf, 35 ans, s’est récemment installé comme paysan boulanger en Saône-et-Loire, après une première vie professionnelle de dix ans en tant qu’ouvrier boulanger. « J’ai tellement travaillé de farines modifiées, des trucs bizarres ! J’avais envie de partir de la matière première, de contrôler l’ensemble de la chaîne. »

Comme la plupart de ses collègues paysans, Romain cultive une variété locale de blé qu’il améliore lui-même d’année en année en conservant les plus beaux grains, et qu’il enrichit « avec les variétés des copains ».

La culture du blé ? « C’est pas compliqué. J’ai demandé un peu aux vieux, dans le coin… » Après les moissons et leurs inévitables problèmes mécaniques, il faut trier le grain, gérer « la chauffe » du grain stocké, causée par la fermentation, assurer sa conservation pendant plus d’un an par tous les temps, moudre le grain, enfiler la casquette de fournier, puis celle de boulanger, puis celle de vendeur…

« L’hiver, quand il n’y a que le pain à faire et que les marchés de Noël sont passés, je coupe et réserve le bois qui alimentera le four. C’est mon sport d’hiver ! » Romain enfourne trois fois par semaine, et vend sans problème ses 150 kg de pain hebdomadaires sur les marchés alentours.

« Il y a beaucoup de travail, mais j’ai eu un rythme soutenu pendant des années, je suis habitué. Maintenant, je travaille pour moi. Je ne gagne pas forcément plus, mais je ne travaille plus de nuit et les week-ends.

Surtout, il y a une certaine fierté à faire de la qualité quand on me demandait avant la quantité. De savoir que je fais du pain bon pour la santé, et que j’arrive à le vendre à un prix accessible à tous. » Un des aspects de la liberté retrouvée ? « Pouvoir travailler avec du levain », explique Romain.

La farine au secours du troupeau

Daniel Coutarel, dans le Tarn s’est installé en 1982, bien avant que les formations de paysan boulanger n’existent, avec 300 brebis allaitantes et 700 agneaux. Il a dû changer de modèle économique sous peine de cessation d’activité.

La contrainte économique s’est doublée d’un « déclic » dans sa façon d’envisager l’agriculture : il est sorti du modèle productiviste intégré, c’est-à-dire dépendant des grandes entreprises de l’agro-alimentaire, et a décidé de valoriser les céréales le mieux possible, en les transformant lui-même en farine, et en vendant celle-ci en direct aux boulangers et particuliers. « L’élevage, c’est 80% de mon temps, mais la majorité de mes revenus est liée à la farine », explique l’agriculteur.

Pour autant, l’idée de se spécialiser dans le « tout farine » n’a jamais traversé l’esprit de Daniel, qui voit les choses dans l’autre sens : « C’est grâce à la farine que je peux maintenir une activité d’élevage. » Ainsi, au-delà de l’aspect économique, son activité de paysan meunier s’intègre comme un élément parmi d’autres dans le système de polyculture-élevage qu’il a peu à peu mis en place – il possède aussi un petit troupeau de vaches Aubrac.

La paille du blé Barbu de Lacaune fournit litière et complément alimentaire aux animaux – « Elle est riche en silice » – et les animaux fournissent en retour l’engrais pour les cultures. Quant aux nombreux chats présents près des silos à grain, ils assurent la conservation des céréales…

C’est donc au nom d’une certaine idée de l’agriculture que Daniel a diversifié sa production et transforme, naturellement, son blé en farine. Une agriculture qui tire le meilleur parti du vivant sans l’épuiser, indépendante des cours mondiaux et de l’agro-industrie, dans laquelle le paysan n’est pas dépossédé des fruits de son travail, et qui fournit des aliments de qualité.

Une agriculture incompatible avec l’industrialisation et la standardisation des produits. Une agriculture qui laisse toute responsabilité et liberté au paysan : une agriculture autonome.

Les lobbies de la minoterie et de la boulangerie

Malgré le gisement d’emplois que promet le métier de « paysan producteur-transformateur de céréales », on s’étonnera que des formations « du grain au pain », telles que celle du CFPPA de Montmorot, se comptent seulement sur les doigts d’une main.

On s’en étonnera d’autant plus que le discours dans l’air du temps flatte les « petits paysans bio » et que la valorisation des productions par la transformation et la vente en circuits courts permet le maintien de petites structures, des fermes à taille humaine plus facilement transmissibles, plus portées sur l’agroécologie, plus « résilientes »…

« Sauf qu’en face, on a le lobby de la minoterie et de la boulangerie, c’est pas rien ! »

s’agace Daniel. Les barons du secteur commencent en effet à voir d’un mauvais œil le dévelop-pement de ces paysans autonomes, qui court-circuitent leurs affaires. Lobbies aux côtés des-quels se tient la puissance publique, qui fronce les sourcils du seul fait qu’il y a du change-ment dans l’économie bien huilée du blé, une filière dont le contrôle et la taxation ne datent pas d’hier.

Ainsi, Daniel et ses collègues paysans-meuniers voient se multiplier les contrôles de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sur leurs exploitations.

Or, la direction des fraudes les considère comme des minotiers, les soumettant donc à des taxes « farine », mais aussi à tout un cahier des charges lié à la traçabilité, à des installations respec-tant des normes d’hygiène et de sécurité taillées pour les professionnels du métier. La réglemen-tation est telle qu’aucun paysan n’aurait les moyens financiers de la respecter. « Une petite meunerie moud en trois jours plus de blé que moi en un an. C’est absurde de vouloir nous assimiler à des meuniers ! On est des paysans ! »

Un métier à faire reconnaître

Les paysans boulangers, eux aussi, revendiquent leur différence par rapport aux boulangers traditionnels. « Le même problème s’est posé avec les bouchers-charcutiers, quand les paysans ont commencé à vendre leur viande en direct », rappelle Antoine Deransart.

Soumis à des règles fiscales différentes, les paysans feraient de la concurrence déloyale, tireraient la profession vers le bas… « Les paysans font valoir leur droit de transformer leur production, c’est tout ! », soutient le formateur.

Pour l’heure, ce droit n’est pas clairement reconnu par les administrations, ce qui conduit parfois à des décisions graves de conséquences : dans le Lot, récemment, un candidat paysan boulan-ger s’est vu refuser les aides à l’installation agricole au motif que ses revenus dépendaient trop de la vente de pain… Les paysans boulangers sont-ils plus boulangers que paysans, ou plus paysans que boulangers ?

La réponse à cette question qui frise l’absurde engage l’avenir de nombreuses petites structures agricoles. Pour donner du grain à moudre aux pouvoirs publics, Antoine Deransart change de point de vue, et se met à la place… du pain :

« D’un côté, on travaille avec des farines non stabilisées de blés anciens qu’on a produit, et de l’autre, on investit dans la présentation des pains et on étoffe la gamme de sandwiches. Les consommateurs ne s’y trompent pas. » (Résumé)

Fabien Ginisty (L’Âge de faire) 18 octobre 2019

https://www.bastamag.net/

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16 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

saumon (pùblico)

pisciculture

La mer s’épuise pour que vous puissiez manger du poisson d’élevage

On a beaucoup parlé de l’industrie de la viande et de son impact sur l’environnement ces derniers temps. Des affiches lors des manifestations laissent présager que c’est l’un des principaux responsables du changement climatique, mais personne ne parle de poisson.

La consommation de poisson ne nuirait elle pas à l’environnement?

L’industrie aquacole s’est présentée comme la meilleure alternative à ce que l’on appelle la «pêche extractive», mais l’aquaculture n’est qu’une ombre furtive qui cache de grands secrets: de grandes quantités d’aliments sont utilisées pour nourrir les poissons élevés dans des exploitations piscicoles.

Fabriqué à partir de poisson obtenu directement de la mer.

Comme l’explique José Miguel Cerdá-Reverter, spécialiste de la nutrition en aquaculture, l’homme a choisi d’élever les poissons qui se trouvent au plus haut niveau de la chaîne alimentaire, à savoir les poissons carnivores Ils doivent être nourris avec des protéines provenant d’autres poissons.

Comme dans tout défi digne de ce nom, il y a des défenseurs et des détracteurs. Certains soutiennent avec véhémence ces pratiques, affirmant que l’aquaculture peut potentiellement offrir des protéines saines, abordables et qui laissent peu d’empreinte carbone, ce qui soulagera les océans de la pression énorme à laquelle ils sont soumis par la pêche extractive. De l’humour noir.

Parmi les détracteurs, on trouve la communauté scientifique, qui s’est inquiétée de l’impact des pêches dites de réduction, c’est-à-dire la pêche de petits poissons pélagiques pour produire de la farine de poisson et de l’huile de poisson (FMFO) qui servent à l’alimentation. poisson d’élevage.

Le dernier rapport de la Changing Markets Foundation fournit des données qui nous permettent de comprendre les dimensions de cette industrie: près d’un cinquième des poissons sauvages capturés chaque année sont destinés à la fabrication de farines et d’huiles de poisson qui serviront d’aliment pour l’aquaculture et l’agriculture.

Si nous pensions qu’il s’agissait d’un problème localisé, c’est raté. Une vieille et triste histoire se répète encore: celle de l’inégalité. La croissance de l’aquaculture à l’échelle mondiale augmente la demande d’aliments pour poissons et, par conséquent, la demande de matières premières à transformer, ce qui signifie qu’il faut davantage de poissons sauvages.

Cette situation atteint des niveaux inquiétants dans certains pays, principalement avec des revenus faibles et des taux élevés de pauvreté et de faim. Après une enquête exhaustive, Changing Markets a réussi à rassembler des cas aussi frappants que ceux de l’Inde, du Vietnam et de la Gambie.

Des études monographiques ont été réalisées durant les mois de mai et juin. Les trois pays rassemblent des problèmes communs, dérivés de l’industrie FMFO: les stocks de poisson dans ces pays sont visiblement réduits en raison de l’utilisation de pratiques irrégulières qui endommagent l’écosystème.

Les pêcheurs artisanaux en Inde ont vidé leurs côtes, tandis que les pêcheurs vietnamiens ont décidé de franchir les frontières et de commencer à pêcher dans des eaux étrangères ou interdites. Malgré tout, le manque de stocks de poisson n’est pas le seul problème que cette industrie déclenche.

La Gambie constate à quel point son industrie de l’écotourisme est endommagée par les taux de pollution élevés tant dans l’air que dans l’eau par les usines. Dans son précédent rapport, Changing Markets avait évoqué le cas des adorables manchots Humboltd, une espèce locale du Pérou gravement touchée par la diminution de la biomasse d’anchois péruvienne dont il se nourrissent. L’anchois péruvien représente 30 à 35% de la production mondiale d’aliments pour poissons.

Aujourd’hui, comme chaque 16 octobre depuis 1979, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) promeut  la Journée mondiale de l’alimentation.

À l’instar du Programme 2030, il vise à réduire la faim dans le monde. Paradoxalement, alors qu’en 2018, 821,6 millions de personnes étaient affamées dans le monde, des milliards de poissons sauvages sont utilisés pour nourrir les poissons d’élevage.

Cette industrie a comme point commun: le manque de transparence et l’incapacité à communiquer aux chercheurs l’évolution des marchés et aux citoyens la source de la nourriture de leurs produits aquacoles.

Nous avons entre nos mains la solution. Cessons de soutenir une industrie qui raccourcit la vie sur notre planète. N’aidons pas à maintenir des pratiques qui compromettent le tissu social et économique de ces pays. En tant que consommateurs, nous avons le dernier mot.

Shalini Arias Hurtado

https://blogs.publico.es/

Commentaire:

Là ou il est écrit « l’homme » il faut comprendre, le capitalisme!

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16 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

équateur (the guardian)

3500

Equateur: la victoire douce-amère des manifestants autochtones 

Huit personnes ont été tuées au cours des 12 jours de manifestations qui ont pris fin après la conclusion d’un accord avec le président de l’Équateur visant à rétablir les subventions au carburant.

Quelques heures à peine après la signature d’un accord mettant fin à la plus grande agitation politique de l’Équateur, des milliers d’autochtones, accompagnés d’étudiants volontaires et de résidents locaux, sont descendus dans les rues de Quito pour nettoyer la ville. Les équipes ont traversé le parc El Arbolito, encore jonché de pneus enflammés et de dalles de pavage qui avaient servi de barricades.

Au cours de 12 jours de manifestations souvent violentes, le parc a été l’un des points de ralliement de milliers d’équatoriens autochtones qui ont convergé vers Quito depuis les Andes et l’Amazone.

Les manifestations ont pris fin dimanche soir lorsque le président de l’Équateur, Lenín Moreno, a accepté de rétablir les subventions sur les carburants et de révoquer un programme d’austérité controversé soutenu par le FMI. Cet accord a mis fin à près de deux semaines de bouleverse-ments au cours desquelles violences, pillages et vandalisme ont eu lieu, ainsi qu’une lourde intervention policière qui a fait huit morts, plus de 1 300 blessés et près de 1 200 personnes arrêtées, selon le bureau du défenseur des droits humains du pays.

L’image des peuples andins et amazoniens – pour la plupart vêtus de leurs vêtements traditionnels – célébrant l’accord était un puissant exemple de la force du mouvement indigène en Équateur – et rappelait qu’il a contribué à renverser à maintes reprises les présidents du pays.

Mais la mort de huit manifestants, dont le dirigeant indigène Inocencio Tucumbi, a rendu le triomphe doux-amer pour beaucoup. «Je crois que la paix a triomphé», a déclaré Patricia Gualinga, de la communauté amazonienne Kichwa de Sarayaku. «Mais je me sens un nœud dans la gorge avec la mort de frères autochtones. Il y a beaucoup de douleur à guérir et le gouvernement devrait en être conscient », a-t-elle déclaré.

Il y a quelques jours à peine, le centre-ville de Quito ressemblait à une zone de guerre: des gaz lacrymogènes dans les airs, des combats acharnés entre la police anti-émeute et les manifes-tants se déroulaient au milieu de barrages routiers en flammes tandis que des explosions résonnaient dans la ville.

Certains manifestants étaient encapuchonnés et armés de bâtons et de lance-pierres, d’autres étaient des femmes autochtones vêtues de jupes, tous indignées par la décision de Moreno de mettre fin aux subventions au carburant.

Cette décision a entraîné une hausse d’un tiers du prix de l’essence et de plus du double du prix du diesel, ce qui a entraîné une hausse des coûts de la nourriture et des transports dans l’économie dollarisée du pays.

« Le mouvement autochtone est un acteur puissant en Équateur depuis les années 1990″, a déclaré Mario Melo, avocat au centre des droits de l’homme de l’université catholique de Quito.
Les manifestations indigènes ont joué un rôle central dans le renversement de plusieurs présidents équatoriens, notamment Abdalá Bucaram en 1997, Jamil Mahuad en 2000 et Lucio Gutiérrez en 2005.

«C’est le seul mouvement capable de paralyser le pays – et le courage de faire face à ces mesures économiques», a-t-il déclaré, qui a touché les plus pauvres.  Jaime Vargas, dirigeant de la confédération indigène de l’Équateur Conaie,  dissocie ses partisans des hommes masqués qui ont attaqué deux chaînes de télévision et le principal journal El Comercio, ainsi que des journalistes couvrant les manifestations. Les incendiaires ont également visé le bâtiment du ministère de la justice.

« C’est extrêmement curieux de constater que c’est le seul bâtiment de l’état totalement détruit par le feu », a déclaré le ministre José Valencia, contenant des archives concernant des accusations de corruption à l’encontre de l’ex-président Rafael Correa.

Moreno a accusé « des forces obscures » dirigées par son prédécesseur, l’ancien président Rafael Correa, et le chef du Venezuela, Nicolas Maduro, ainsi que « des trafiquants de drogue et des gangs de citoyens étrangers violents ». La ministre de l’Intérieur, María Paula Romo, a annoncé mardi l’arrestation de 57 étrangers. pendant les troubles.

Correa, qui a gouverné l’Équateur entre 2007 et 2017 et vit maintenant à Bruxelles, a nié être à l’origine des troubles, bien qu’il ait appelé Moreno à se retirer et envisagé la possibilité de se porter candidat lors de nouvelles élections.

Mais le mouvement indigène a peu d’affection pour Correa qui, au cours de sa décennie au pouvoir, a interdit les manifestations, emprisonné les dirigeants indigènes et réprimé les manifestations contre le forage pétrolier et l’exploitation minière sur le territoire ancestral des autochtones.

Santiago Basabe, politologue à l’Institut latino-américain de sciences sociales à Quito, a déclaré que le mouvement indigène avait considérablement renforcé son capital politique. Mais il a noté qu’il avait été « absolument intransigeant », ne laissant aucune alternative au gouvernement pour restructurer des dettes énormes, principalement envers la Chine.

Les nationalités autochtones de l’Équateur ne représentent qu’un dixième de la population de l’Équateur (16 millions d’habitants), mais elles ont montré qu’elles constituaient une force politique trop puissante pour être ignorée. Mais leur triomphe, a déclaré Gualinga, «a été payé avec des vies autochtones. Comme dans toute notre histoire.  »

Mer 16 oct 2019 Dan Collyns in Quito

https://www.theguardian.com/

Lire aussi:

Was this indigenous leader killed because he fought to save Ecuador’s land? (The Guardian)

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16 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

fracking argentine (the guardian)

Comment la fracturation a des conséquences néfastes sur les autochtones Mapuches d’Argentine

Un feu d’huile a brûlé pendant plus de trois semaines près d’un lac d’eau douce à Vaca Muerta, en Argentine, l’un des plus grands gisements de pétrole et de gaz de schiste au monde, qui abrite le peuple autochtone Mapuche.

En collaboration avec Forensic Architecture, cette vidéo examine l’affirmation de la communauté mapuche locale selon laquelle l’industrie pétrolière et gazière a causé des dommages irréversi-bles à leur patrie ancestrale et à leur mode de vie traditionnel.

Les Mapuches autochtones paient le prix fort pour le rêve de fracturation de l’Argentine.

 

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15 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

bretagne radieuse (fr3)

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Bretagne radieuse : enquête sur les traces invisibles de l’uranium en Bretagne

Beaucoup d’entre nous ne le savent pas mais entre 1955 et 1984, 42 mines d’uranium ont été exploitées en Bretagne. 26 d’entre elles se trouvent, concentrées, dans le département du Morbihan. Le réalisateur Larbi Benchiha est allé sur les traces de l’extraction d’uranium.

250 mines d’uranium ont été exploitées en France de 1945 à 2001, l’activité a produit 252 millions de tonnes de matériaux et de déchets résiduels radioactifs, qui menacent l’écosystème.
En Bretagne, pendant trois décennies, cette extraction d’uranium, a produit des déchets insuffisamment riches pour être traités en usine, mais néanmoins, nocifs pour la santé.

Dès les débuts, des comités de protestation anti uranium se sont constitués. Petit à petit, une conscience environnementale s’est développée mobilisant, des élus, des agriculteurs ainsi que de simples citoyens soucieux de leur qualité de vie.

Armés de compteur Geiger, des associations traquent les chemins pris par des eaux impactées, des terrains souillés, des champs infectés, des jardins de particuliers contaminés par des niveaux de radioactivités trop importants, dangereux pour l’homme. Tous ces espaces sont ouvert au public, et peuvent être des parcours de promenade pour une famille ou terrains de jeux pour enfants.

L’ampleur de la contestation a contraint l’ancêtre d’AREVA (la COGEMA) à renoncer aux mines bretonnes en 1990. Pour la première, et unique fois, une alliance s’est faite entre les écologistes et la FNSEA. Mais, trente-cinq ans d’exploitation de l’uranium en Bretagne ont laissé des traces. Autour de certains sites, l’environnement porte encore les stigmates du passé et la santé publique est toujours menacé.

Pourtant, la mobilisation des populations ne s’est pas arrêtée à la fermeture des mines. Des collectifs animés par de nouvelles générations, ont repris le flambeau des anciens et dénoncent les fermetures bâclées des mines, la non sécurisation des sites, l’absence de signalisation, la dissémination des résidus …Et le manque traçabilité pose de nombreuses questions !

En outre, les associations interpellent l’Etat, de sommer AREVA à décontaminer les zones à risques. Parallèlement, ces derniers mois, en Bretagne, des demandes pour l’exploration des sous-sols à la recherche de minerais précieux, dont l’uranium, ont été déposées en toute discrétion.

Plusieurs permis de recherches ont déjà été accordés à la société Variscan Mines : Merléac (22), Beaulieu(44). D’autres sont en cours d’instruction : Loc Envel (22), Silfiac (56), Dompierre du Chemin(35).

En 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, s’est dit favorable à de nouvelles exploitations minières sur le territoire français… La dispersion des stériles et des sédiments contaminés, engendrés par 30 années d’extraction d’uranium, présente toujours un risque pour la santé publique et l’environnement.

Larbi Benchiha poursuit par son film « Bretagne radieuse » sa démarche de documentaliste sur les aspects sanitaires et environnementaux du nucléaire dont l’uranium fait partie. Après avoir filmé dans le désert du Sahara, et à Moruroa, ce troisième volet s’intéresse à la genèse de l’histoire du nucléaire en France. « Ils ont d’abord fait des mines, en Bretagne et partout en France. L’uranium des mines est la matière première des bombes nucléaires ».

Bretagne radieuse un film inédit pour France 3 Bretagne
Production : JPL Films, France Télévisions
Diffusion : lundi 21 octobre 2019 à 23h20

Benoit Thibaut Publié  15/10/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr

Lire aussi:

Mines d’uranium du Morbihan: 11 sites à réhabiliter mais aucune obligation pour Areva 

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12 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

méditerranée (à l’encontre)

Global warming causing the spread of deserts

Arrêtons le désert! (fermé)

La Méditerranée se réchauffe 20% plus vite que le reste du globe

Une synthèse de plusieurs centaines d’études alerte sur les conséquences catastrophiques du réchauffement pour les 500 millions d’habitants de cette région du monde, en particulier pour l’approvisionnement en eau douce.

Il existe deux façons de rendre concrets les effets du changement climatique dans le bassin méditerranéen.

Soit en évoquant ce qui va advenir d’ici à la fin du siècle 

Venise baignant sous les flots, Pantelleria (7800 habitants, 83 km2 entre la Tunisie et la Sicile) et d’autres îles en Italie et en Grèce englouties avant même que le niveau de la Grande Bleue ne soit monté d’un mètre vers 2100.

Soit en rapportant ce qui s’y passe déjà.

« En Tunisie aujourd’hui, avec les intrusions d’eau de mer, il n’y a plus aucune nappe souter-raine d’eau douce qui ne soit pas salée », assure ainsi Semia Cherif, professeure à l’université El Manar de Tunis, qui est l’une des coordinatrices du premier rapport global sur « Les risques liés aux changements climatiques dans la région Méditerranée », rendu public jeudi 10 octobre, à Barcelone (Espagne).

Ce document souligne que, sur les vingt villes du monde qui vont le plus subir l’élévation du niveau des océans d’ici à 2050, plus de la moitié se trouvent autour de la Méditerranée. Car cette mer devient plus chaude de 0,4 °C par décennie depuis 1985 et s’élève de plus en plus vite, de 3 millimètres par an en moyenne depuis vingt ans.

Avec les pays qui la bordent, cette partie du monde se classe parmi les « hot spots » – les points les plus touchés de la planète – des évolutions climatiques en cours. Elle s’est réchauffée de 1,5 °C depuis l’ère préindustrielle, 20 % plus rapidement que la moyenne mondiale. D’ici à 2040, la région devrait connaître une température plus élevée de 2,2 °C par rapport à la fin du 19è siècle, et même de 3,8 °C d’ici à 2100 par endroits si de sérieuses mesures d’atténuation ne sont pas engagées.

« C’est assez effrayant »

« Les mois des étés les plus frais demain seront plus chauds que les plus caniculaires d’aujour-d’hui », note Wolfgang Cramer, professeur d’écologie globale (directeur de recherche CNRS, Aix-Marseille université) et coordinateur du rapport. Avant de glisser sobrement : « C’est assez effrayant. »

Des sécheresses extrêmes et des inondations dues à des pluies intenses (sauf en été), des populations rendues plus vulnérables, des déserts qui avancent au sud de l’Europe et sur les rives qui lui font face sont à prévoir.

Erosion des sols, disparition de terres agricoles et de biodiversité, dégradation des forêts, recrudescence d’incendies, arrivée d’espèces invasives, multiplication des pathogènes et des pollutions… figurent également parmi les conséquences du réchauffement énumérées dans la synthèse du rapport, rédigée à partir des contributions de plus de 80 scientifiques de vingt pays et de plusieurs centaines d’études.

Lancé en juillet 2015, ce travail répond à une demande des responsables politiques réunis au sein de l’Union pour la Méditerranée (UPM), une organisation officiellement créée en 2008 qui compte quarante-trois Etats, dont les vingt-huit membres de l’Union européenne (UE), les pays riverains et la Mauritanie. Les ministres souhaitaient savoir à quoi s’en tenir sur l’avenir de la région.

Vertige

« En tant que diplomate généraliste, je suis frappé d’apprendre que la Méditerranée est la deuxième région du monde la plus impactée après l’Arctique, résume l’Egyptien Nasser Kamel, secrétaire général de l’UPM. Je comprends bien que l’état de l’Arctique est important pour la planète, mais nous, nous sommes 500 millions autour de ce petit lac… »

Le « lac » en question compte précisément 517 millions de personnes. La population y a presque doublé depuis 1970 ; celle d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient a été multipliée par 3,5.

Comment donner à boire à tout le monde ?

La question à elle seule donne le vertige : la baisse de la disponibilité en eau douce devrait être comprise entre 2 % et 15 % pour une hausse de 2 °C, soit l’une des plus fortes du monde. Dans vingt ans, plus de 250 millions de personnes devraient être « pauvres en eau », c’est-à-dire qu’elles disposeront de moins de 1 000 mètres cubes par an, contre 180 millions en 2013. La Grèce et la Turquie pourraient passer sous ce seuil d’ici à 2030.

« Au rythme où son eau s’évapore actuellement, le barrage Kasseb, un réservoir de 437 hectares en Tunisie, sera vide en 2085 », annonce Semia Cherif. A la tribune, la scientifique redouble de pédagogie pour alerter l’auditoire de diplomates et de ministres venus assister au quatrième Forum régional de l’UPM.

« Impossible de dresser la liste des impacts, il y en a trop ! Il serait plus juste de parler d’effet domino avec des conséquences en cascade qui s’amplifient les unes les autres, prévient-elle. Ainsi nous mangeons du pain, du couscous, des pâtes. Or, à chaque degré de réchauffement, la production de blé va baisser de 7,5 %. Avec 5 °C de plus, comme le prévoit le pire des scénarios du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, les récoltes chuteront de 37,5 %. »

Prolifération de méduses

Les contributeurs du rapport se sont aussi penchés sur le sort des écosystèmes. En Méditerra-née, le changement climatique n’est bien sûr pas le seul responsable du mauvais état des stocks de poissons, dont 90 % sont surexploités. Le poids moyen de ces poissons devrait d’ailleurs continuer à baisser fortement, selon les chercheurs. Ces derniers observent depuis quelques années des proliférations de méduses qui perturbent les écosystèmes.

Comme ailleurs, les coraux et les coquillages pâtissent de l’acidification de l’eau de mer. Dans les milieux marins et terrestres, plus de 700 espèces animales et végétales non indigènes ont été identifiées.

Beaucoup sont arrivées par le canal de Suez, comme le redoutable poisson-lion par exemple. Selon les scénarios les plus pessimistes, « plus de 20 % des poissons et invertébrés exploités actuellement dans l’est de la Méditerranée vont disparaître de la région entre 2040 et 2059 », indiquent les auteurs. Or, le bassin méditerranéen est aussi un « hot spot » de biodiversité.

Ce rapport, un travail préliminaire, devrait s’étoffer en 2020 d’études et de chiffres supplémen-taires. Pourquoi l’avoir diffusé dans sa forme inachevée ? « Parce que nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre, répond Grammenos Mastrojeni, secrétaire général adjoint de l’UPM. Un an, ça compte. Le constat est si alarmant que j’y vois tout de même un élément positif : cela peut amener le Nord et le Sud à lancer ensemble des dynamiques d’action. »

Article publié dans le quotidien Le Monde daté du 11 octobre 2019

Alencontre 11 octobre  2019 Martine Valo

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11 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

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