Archive | Luttes paysannes et alimentation

22 avril 2018 ~ 0 Commentaire

brest traon bihan

vern

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19 avril 2018 ~ 0 Commentaire

laïta (cgt)

Manara-marre

Soutien aux salariés de LAITA Crehen

Mouvement de grève à LAITA :

«  La mouche dans le lait  » : depuis hier soir, dimanche 15 avril 20H, le service de la fromagerie de l’usine Laïta de Créhen est en grève. La totalité des salarié-e-s de ce service essentiel à l’activité de la laiterie ont cessé le travail.

De puis plusieurs mois, le feu couvait sous la cendre, suite aux négociations menées sur les classifications et les fiches de poste.

Les employé-e-s ne s’y retrouvaient pas et considéraient qu’ils n’étaient pas reconnus dans leurs compétences et leurs qualifications. Le lait a débordé suite à ce bouillonnement de mécontentement et les salarié-e-s réclament aujourd’hui leur part du fromage. D’autres services ont demandé à rencontrer la CGT, syndicat que les salarié-e-s sont venus solliciter dans la mesure où notre organisation n’a pas ratifié l’accord relatif à ces nouvelles classi- fications qui conditionnement le classement sur la grille des salaires et par conséquent impactent directement la fiche de paye.

CONFLIT LAITA

Ce matin 17 avril, un deuxième service était dans le mouvement comme annoncé hier. Il s’agit du laboratoire d’analyses et d’expertise de la laiterie. Composé de 30 salarié-e-s, c’est l’une des premières fois que ce secteur se met en grève. Ces salarié-e-s, avec une proportion importante de femmes, sont diplômé-e-s et jeunes entré-e-s dans l’entreprise.

Malgré le fort niveau exigé (BAC + 2 minimum) pour être recruté, ils sont classé-e-s en collège 1 (ouvriers et employé-e-s). La plus jeune recrutée a obtenu son CDI en début d’année. Mis à part 4 salarié-e-s comptant plus de 10 ans d’ ancienneté, le service est composé majoritai-rement de jeunes salarié-e-s dont c’est la première action revendicative.

Ils font leur baptême du feu de l’action revendicative en « attaquant » d’entrée sur un mouvement de grève.

Ce matin à 11H, une délégation des grévistes du service fromagerie en grève depuis dimanche soir a été reçue pendant 10 minutes à la demande de la direction qui souhaitait bien comprendre les raisons de la colère. Elle ne veut pour l’instant rien enten- dre objectant toujours les mêmes arguments : la négociation sur les classifications a eu lieu. L’affaire est close. A 15H une autre délégation composée cette fois des salarié-e-s du labo était reçue. Nous ne disposons pas des résultats de cette réunion.

Concernant les demandes des salarié-e-s, elles consistent en des augmentations de salaire (200 euros pour la production et 100 euros pour le labo). A cette heure, la direction connaît ces demandes. Les autres secteurs de l’entreprise ne sont pas dans le mouvement. Cependant, dans la mesure où ces deux services sont centraux dans le fonction- nement de l’entreprise, le blocage va se faire sentir dans les heures à venir puisque 40 tonnes de crème sont en attente de traitement. Les conditions d’hygiène étant strictes, ceci peut constituer une perte sèche pour la laiterie.

Les grévistes sont déterminé-e-s. Ils sont en piquet devant l’entrée principale de l’usine. Les drapeaux CGT flottent sur le rond-point de l’entreprise dés 06H du matin. Entre parties de palets bretons et jeux de cartes, les grévistes échangent beaucoup sur leur travail, leur non reconnaissance. Cela faisait déjà longtemps que la CGT Laïta alertait en vain la direction sur les risques d’embrasement dans ces services mécontents de l’issue des négociations sur les classifications.

Ce matin, notre camarade Jean-Marc Joly de la fédération de l’agro-alimentaire, est passé saluer les salarié-e-s. Les témoignages de soutien sont les bienvenus. Merci de leur apporter les vôtres. Affaire à suivre …..

Nous continuerons à vous donner des informations et vous invitons à apporter tout votre soutien à cette action et aux salarié-e-s en grève. Vous pouvez envoyer vos messages à l’adresse suivante : cgtlaita22@laposte.net

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16 avril 2018 ~ 0 Commentaire

fongicides (libération)

pesticiides

Alerte scientifique sur les fongicides

Après les effets nocifs des insecticides et herbicides utilisés dans l’agriculture, des chercheurs dénoncent dans «Libération» des produits, les «SDHI», qui empêchent le développement des champignons en bloquant leur respiration. Passant dans la chaîne alimentaire, ils pourraient affecter gravement la santé des humains.

Dans la série des dangers des pesticides pour l’environnement et la santé humaine, vous aimez l’épisode sur les herbicides (comme le glyphosate, la substance active du Roundup de Monsanto et ses génériques) et celui sur les insecticides (tels les néonicotinoïdes ou le fipronil «tueurs d’abeilles»), tous deux loin d’être achevés ?

Vous allez adorer celui sur les fongicides, qui démarre tout juste. Dans une tribune que nous publions ce lundi en exclusivité, un collectif de chercheurs, cancérologues, médecins et toxicologues du CNRS, de l’Inserm et de l’Inra s’alarment de l’utilisation massive, depuis quelques années, d’une classe de pesticides qui portent eux aussi un nom à coucher dehors : les SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase).

Autorisés en Europe à partir de la fin des années 2000 et fabriqués entre autres par les grands industriels (Monsanto, Bayer, Basf, Syngenta, Du Pont, Mitsui et Chemtura Agro- Solution), ces fongicides visent à éliminer les champignons et moisissures en agriculture ou sur les pelouses. Ils sont désormais utilisés à grande échelle sur nombre de cultures (70 % des surfaces traitées de blé tendre et 80 % en orge d’hiver en 2014), y compris sur les fruits (tomates, raisins, agrumes, fraises).

Résultat, ils finissent dans la terre, puis dans les eaux, et dans les chaînes alimen- taires animales et humaines.

Or, leur mode d’action inquiète les scientifiques signataires de la tribune. Pour schématiser, les SDHI bloquent la respiration des cellules des champignons (en inhibant l’activité de l’enzyme SDH, la succinate déshydrogénase) mais «ils bloquent aussi très efficacement tant la SDH des nématodes ou des vers de terre que la SDH humaine», explique Pierre Rustin, directeur de recherches au CNRS – Inserm, cosignataire du texte.

Le généticien, qui travaille depuis quarante ans sur les maladies mitochondriales (liées à un trouble des mitochondries, structures responsables de la production énergétique des cellules), raconte être tombé sur le sujet «par un hasard total» en novembre dernier. «Je faisais une revue de ces maladies, et, en recherchant s’il y avait des causes autres que génétiques, je suis tombé sur ces inhibiteurs de la SDH. Ils bloquent bien la SDH humaine, nous l’avons testé en laboratoire. Or, nous savons qu’il est extrêmement dangereux de bloquer cette enzyme.»

Des anomalies de fonctionnement de la SDH «peuvent entraîner la mort des cellules en causant de graves encéphalopathies, ou au contraire une prolifération incontrôlée des cellules et se trouver à l’origine de cancers», écrivent les chercheurs. Sans compter d’autres maladies, comme celle de Parkinson ou la perturbation de la mobilité des spermatozoïdes… Or, déplore Rustin, la toxicité sur le long terme de ces molécules fongicides SDHI pour l’homme n’a pas encore été sérieusement étudiée.

Les scientifiques appellent donc dans Libération à «suspendre» l’utilisation des SDHI «tant qu’une véritable estimation des dangers et des risques n’aura pas été réalisée par des organismes publics indépendants des industriels distribuant ces composés et des agences ayant précédemment donné les autorisations de la mise sur le marché».

En France, c’est l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’envi- ronnement et du travail (Anses) qui délivre ces autorisations. Contactée par Rustin en novembre, elle n’a pas eu l’air plus affolée que cela, rapporte celui-ci, qui dit avoir a été simplement invité à éplucher une myriade de documents ayant conduit à approuver les substances actives des SDHI au niveau européen (les produits qui en contiennent sont eux évalués, autorisés ou interdits dans chaque pays).

«Pour l’instant, l’évaluation scientifique des risques liés à l’usage de ces produits, qui prend en compte le mécanisme d’action, conclut à une absence de risque inacceptable. Et nous n’avons pas à ce stade d’éléments pour les interdire ou les suspendre sur la base d’hypothèses tirées de leur mécanisme d’action.

Mais nous prenons toujours très au sérieux les alertes qui nous sont adressées par des chercheurs et peuvent nous conduire bien entendu à réévaluer des produits», assure Gérard Lasfargues, directeur général en charge des affaires scientifiques à l’Anses. Il poursuit : «Nous avons demandé à M. Rustin de nous envoyer ses données, mais nous n’avons pas reçu d’éléments nouveaux qui permettraient d’alimenter une réévaluation des risques. Néanmoins, notre comité d’experts en charge de l’évaluation des pesticides sera très intéressé de l’auditionner sur le sujet. Et nous l’avons invité à venir consulter à l’agence les dossiers d’évaluation de ces fongicides pour en discuter de façon très ouverte.» L’Anses et l’Inra remarquent depuis plusieurs années que les champignons et moisissures développent des résistances aux SDHI, de sorte que «l’efficacité de cette famille de fongicides est sévèrement affectée». Potentiellement dangereux et en plus inefficaces…

Coralie Schaub 15 avril

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15 avril 2018 ~ 0 Commentaire

pesticides (ouest france + le parisien)

pest

Ouest France 15 Avril

http://victimepesticide-ouest.ecosolidaire.fr/

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Morbihan : les victimes des pesticides présentent l’amère addition (LP)

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14 avril 2018 ~ 0 Commentaire

biodiversité (avsf)

vache decouvreherbe-

Érosion de la biodiversité agricole :  Ça veut dire quoi ?

1/ Il y avait en France 73 variétés traditionnelles de melon commercialisées en 1900. Aujourd’hui, combien en reste-t-il ?

Des 73 variétés traditionnelles et anciennes de melons qu’on trouvait dans certains catalogues commerciaux de grands semenciers français au début du XXe siècle, une seule est encore proposée aujourd’hui : le melon charentais.

Les variétés dites « anciennes » sont issues d’une longue pratique de culture et reproduction d’individus aux caractères les plus intéressants, obtenus au cours des siècles. Ces variétés ont été transmises de génération en génération et sont encore conservées aujourd’hui par les jardiniers et semenciers soucieux de préserver cette diversité. Les variétés dites aujourd’hui « traditionnelles » sont issues d’une sélection variétale classique réalisée par des semenciers voire même par les paysans à la ferme : un travail de longue haleine qui permet de conserver certaines caractéristiques de variétés anciennes, en cultivant et en laissant se reproduire les meilleurs individus issus de croisements successifs sur au moins 8 à 10 ans de culture et reproduction, en éliminant à chaque fois tous les descendants non conformes aux attentes. Obtenues par « hybridation », ces variétés classiques sont dites « fixées » : elles sont stables au fil des générations, ce qui signifie, que les graines peuvent être ressemées d’une année sur l’autre par les paysans.

A l’opposé, les variétés dites « hydrides » commercialisées aujourd’hui par les grands semenciers sont le plus souvent des hybrides F1 : ils correspondent à la première génération issue d’un croisement entre 2 populations de variétés présentant une caractéristique pure (par exemple, une croissance rapide, un gros épi, etc.). Si ces hybrides F1, largement utilisées en agriculture intensive, donnent lieu à des plantes plus précoces, vigoureuses et homogènes, elles présentent l’inconvénient majeur de ne pas pouvoir être ressemées d’une année sur l’autre au risque de perdre toutes leurs qualités. Largement utilisées en monoculture intensive, elles s’accompagnent de l’usage de nombreux intrants chimiques néfastes pour la santé et l’environnement. Mais elles représentent surtout un marché très rentable pour les entreprises semencières …. et une perte d’autonomie pour les paysans. Et contribuent finalement à l’érosion de la biodiversité génétique et l’abandon des variétés traditionnelles par le secteur semencier.

A noter qu’il existe également une liste annexe au Catalogue officiel des espèces et variétés, qui répertorie de nombreuses variétés traditionnelles anciennes, vendues exclusivement aux jardiniers amateurs particuliers par de petits semenciers spécialisés. Les paysans ne peuvent donc que difficilement se procurer ces semences traditionnelles et les cultiver, puisque la commercialisation et le commerce ou l’échange à titre onéreux ou gratuit de semences issues de variétés non inscrites au catalogue sont théoriquement interdits, sauf à des amateurs.

2/ La Holstein Frisonne est une race bovine laitière d’Europe. Quelle part de la production mondiale de lait fournit-elle à elle seule ?

La Holstein frisonne est la race bovine la plus répandue dans le monde : elle est présente dans 128 pays et fournit 66% de la production mondiale de lait. Elle a remplacé des races bovines traditionnelles, qui ont pourtant développé des capacités d’adaptation exceptionnelles aux conditions locales et qui permettaient la durabilité des systèmes d’élevage familial.

3/ Aujourd’hui, 3/4 de l’alimentation mondiale est assurée par

Notre alimentation aux quatre coins de la planète s’uniformise, nous mangeons toujours la même chose. Les récoltes mondialement commercialisées sont aujourd’hui restreintes aux maïs, riz, blé, haricots, pommes de terre, patates douces, bananes et plantains, sorgho, manioc, millet, tournesol et colza. La situation n’est pas meilleure pour les races d’animaux d’élevage. Au cours des dernières années, au moins une race domestique a disparu chaque mois (et ses caractéristiques génétiques avec elle), et 30% des races bovines, caprines, porcines, équines et avicoles du monde risquent actuellement l’extinction.

4/ Entre 2000 et 2014, combien de races d’animaux de ferme ont disparu ?

100!
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On observe une érosion des races locales au profit des races importées pour leur productivité en viande, en lait pour les vaches ou œuf pour les poules. A titre d’exemple, les poules de souches hybrides, spécialisées dans la ponte ou à croissance hyper rapide, sont privilégiées et imposées aux paysans. 4/5 de ces poules hybrides sont produites par 3 entreprises multina- tionales qui détiennent le monopole génétique. Pourtant, ces animaux exigeants en terme de nutrition sont vulnérables à la plupart des maladies, donc trop onéreuses pour les éleveurs, alors que les races locales sont bien mieux adaptées.
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5/ En 1900, il y avait en France plus de 30 variétés traditionnelles de tomates commercialisées. Aujourd’hui, combien en reste-t-il ?

7!

Si certains catalogues commerciaux de grands semenciers français recensaient 30 variétés traditionnelles de tomates en 1900 (issues d’une sélection variétale classique stabilisée ou sélection massale contrôlée), ces mêmes catalogues n’en répertorient aujourd’hui que 7 ! Le reste des variétés de ces catalogues étant constitué de variétés hybrides, essentiellement de 1ère génération, dites « F1 », donc difficiles à ressemer. Si de petits semenciers sont autorisés à vendre de nombreuses variétés traditionnelles anciennes de tomates aux jardiniers amateurs particuliers, les paysans restent contraints de cultiver les semences hybrides « privatisées » inscrites au Catalogue officiel des espèces et variétés.

Ces semences hybrides F1 de tomates sont certes très productives, de surcroit avec l’usage recommandé d’intrants chimiques, mais n’atteignent pas les qualités nutritives et gustatives et d’adaptation aux conditions locales des variétés traditionnelles, utiles aux paysans. Par ailleurs, la privatisation de ces semences non reproductibles entraîne donc une dépendance des pay- sans aux multinationales de l’agrobusiness, qui abandonnent peu à peu les variétés tradi- tionnelles. L’érosion de la biodiversité agricole a donc des effets néfastes sur l’environne- ment, la diversité de nos repas et l’autonomie paysanne.

A noter qu’il existe également une liste annexe au Catalogue officiel des espèces et variétés, qui répertorie de nombreuses variétés traditionnelles anciennes, vendues exclusivement aux jardiniers amateurs particuliers par de petits semenciers spécialisés. Les paysans ne peuvent donc que difficilement se procurer ces semences traditionnelles et les cultiver, puisque la commercialisation et le commerce ou l’échange à titre onéreux ou gratuit de semences issues de variétés non inscrites au catalogue sont théoriquement interdits, sauf à des amateurs.

https://cultivons-la-biodiversite.org/

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12 avril 2018 ~ 0 Commentaire

doux (fr3)

 doux renards

Doux condamné à payer 82 millions d’euros. Mais qui va réellement payer?

Le tribunal administratif a rendu ce mercredi son jugement dans l’affaire des « restitutions à l’exportation ». Le volailler Doux est condamné à payer près de 82 millions de remboursements et d’amendes. Reste à savoir qui va payer, le groupe breton étant en liquidation judiciaire depuis le 4 avril.

La décision du tribunal administratif de Rennes était attendue. Elle est tombée ce mercredi 11 avril. Le groupe volailler est condamné à rembourser l’essentiel des restitutions européennes qu’il a perçues entre 2010 et 2012 accompagnées de pénalités financières. Une facture totale qui se monte à 82 millions d’euros.

Des subventions européennes perçues indûment

Au cœur du litige : les « restitutions à l’exportation », des subventions versées par l’Union européenne pour aider les producteurs de volailles à vendre leurs poulets congelés hors d’Europe. En 2010, Doux touchait ainsi 400 euros par tonne de poulets congelés exportés.

Mais au cours de contrôles menés en 2012 et 2013, la Commission européenne s’aperçoit que les poulets Doux ont une teneur en eau supérieure aux normes européennes, ce qui interdit, selon elle, l’accès aux subventions européennes.

De lourdes pénalités financières

S’en est suivi une longue bataille judiciaire, passant par la Cour de justice de l’Union euro- péenne, pour finir au tribunal administratif de Rennes. L’entreprise finistérienne est ainsi condamné à rembourser les subventions majorées (30,7 millions d’euros), ainsi qu’à de lour- des sanctions financières (51 millions d’euros), soit un montant total de 82 millions d’euros. Dans son jugement, le tribunal estime que le volailler a fait « peser un risque sur les finances européennes … ce qui justifie les sanctions allant de 50 à 200 % du montant des aides, y compris pour celles des demandes d’aides qui n’ont pas été versées.

Qui va payer ?

Reste que cette décision pose la question de savoir qui va payer ? Le groupe Doux a été placé en liquidation judiciaire le 4 avril dernier. L’entreprise « n’existe » donc plus réellement et ses dettes considérées comme « liquidées ». Nous avons posé la question au groupe Terrena, dernier « propriétaire » de Doux. La réponse, considérée comme « complexe », ne nous est toujours pas parvenue à cette heure.

Thierry Peigné 11/04/2018

Commentaire: Le contribuable voyons! L’argent piqué aux pauvres! Doux, l’une des 100 fortunes ne peut par définition assumer ses responsabilités, car il a parfaitement le droit de mettre aurant d’eau (et autres) dans ses poulets! L’état paiera, comme on dit chez les riches.

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12 avril 2018 ~ 0 Commentaire

eau menacée (paris match)

eaux et riv

Pesticides, déchets toxiques, médicaments… : notre eau est menacée

Entre agriculture intensive et déchets toxiques, nos rivières, nos sols et nos sous-sols sont en péril.  Aujourd’hui, dans l’eau que nous consommons, médicaments et plastiques deviennent un sujet d’inquiétude.

Entre agriculture intensive et déchets toxiques, nos rivières, nos sols et nos sous-sols sont en péril.

La plus grande nappe phréatique d’Europe est une immensité fragile. Elle mesure 3 200 km2 et s’enfonce jusqu’à 70 mètres dans le sol d’Alsace. A proximité, des produits dangereux sont stockés dans des mines. Les associations craignent des fuites.

Elle occupe le sous-sol alsacien, une partie de l’Allemagne et se glisse un peu sous la Suisse. C’est la réserve principale en eau de cette région très peuplée, à l’activité économique impor-tante. Elle fournit les trois quarts des besoins en eau potable, la moitié de l’eau nécessaire aux industries et assure les neuf dixièmes de l’irrigation des terres agricoles. Si une pollution souterraine surgissait, les conséquences seraient désastreuses.

Justement le danger guette, aussi bien à la surface que dans les sous-sols. Cette nappe d’eau potable, véritable trésor, ne court pas le risque d’être asséchée, contrairement à d’autres, car sa perméabilité et sa faible profondeur lui permettent d’être réapprovisionnée par les fleuves, les rivières et la pluie. Parfois, elle affleure à la surface de la terre, comme dans la région du Petit Ried, au nord de Strasbourg, ou bien elle plonge à 240 mètres vers la fosse du Geiswasser, près de Neuf-Brisach.

Des qualités qui se retournent contre elle : dans la plaine du Rhin, certaines usines déversent leurs eaux dans les fleuves et les rivières, qui, même traitées, conservent des traces de toxiques. Mais un des dangers principaux, comme pour la plupart des autres nappes phréatiques, vient de l’agriculture intensive. Ici, au bord du Rhin, les exploitations agricoles sont légion. Malgré des lois strictes et le contrôle de Bruxelles, les pesticides imbibent la terre fertile et sont entraînés par les précipitations vers les cours d’eau ou les sous-sols. Or, la faible profondeur de la nappe alsacienne la rend particulièrement vulnérable : les sols peu stables ont tendance à s’affaisser. Tous ces facteurs polluants ont-ils des répercussions sur l’eau du robinet ?

Une bombe à retardement

C’est une véritable bombe à retardement qui menace dans le sous-sol alsacien. A 550 mètres de profondeur, bien au-dessous de la réserve d’eau, les hommes ont creusé des centaines de kilomètres de galeries pour le stockage des déchets toxiques. A Wittelsheim, dans le Haut- Rhin, la mine Joseph-Else occupe une place de choix dans l’épopée des mineurs de fond qui récupéraient la potasse.

Quand les puits ferment, l’idée germe d’un centre de stockage de déchets ultimes de classes 1 et 0. Ce sont les années 1980, ni les élus locaux ni la population ne s’y opposent vraiment. Certains voient même la possibilité de relancer économiquement la région. En 1997, un arrêté préfectoral autorise les sociétés EMC (Entreprise minière et chimique), MDPA (Mines de potasse d’Alsace) et Trédi (traitement et élimination des déchets dangereux) à concrétiser le projet StocaMine. Deux ans plus tard, les premiers produits, enfermés dans des fûts métalli- ques ou des « big bags », sont descendus dans les 100 kilomètres de galeries souterraines. A l’intérieur : du mercure, de l’amiante, du cyanure et de l’arsenic.

En trois ans, 40 000 tonnes de déchets toxiques sont enfouis. Le projet StocaMine s’inspire des méthodes allemandes : de l’autre côté du Rhin, les mines de sel renferment les déchets industriels dangereux depuis plus d’une quarantaine d’années. Le sel a la particularité d’être imperméable et de se condenser sous la pression ; il comble les anciennes cavités creusées par l’homme et se transforme en confinement naturel.

Pourtant, les associations écologistes tirent immédiatement la sonnette d’alarme. Commence alors une longue bataille juridique, impliquant des élus et des représentants de la population. Le dossier devient un des plus sensibles pour les gouvernements successifs, car des études poussées suggèrent qu’avec le temps la mine va peu à peu se remplir de saumure, composée d’eau saturée de chlorure de sodium et de chlorure de potassium, les sels présents naturellement dans les roches. Sous la pression, au lieu de sécuriser le confinement des déchets, la saumure risque d’être expulsée en remontant par les puits.

Certains experts craignent qu’elle atteigne les stocks de produits dangereux en traversant les barrages de béton. C’est donc chargée de matières hautement toxiques qu’elle atteindra la nappe phréatique et polluera à jamais l’eau potable. La société StocaMine affirme, elle, que la saumure ne va pas remonter vers la nappe phréatique mais descendra, et que l’étanchéité des protections des déchets est presque inviolable. Enfin, elle considère qu’il faudra deux cent quarante années pour que la saumure atteigne les stockages et plus de trois cents pour envahir la nappe phréatique.

Les habitants réclament le déstockage des matières toxiques

Ces chiffres paraissent rassurants si on se projette dans un futur proche, ils sont affolants pour l’avenir de la planète. Les chimistes pointent les réactions entre les différents produits. C’est d’ailleurs ce qui s’est certainement passé en 2002. Un incendie se déclare dans le bloc 15 où sont entreposés des engrais et du soufre. Si les flammes sont rapidement maîtrisées, il faut trois mois pour évacuer les fumées toxiques. En septembre 2003, conséquence directe de l’incendie, le site est fermé, une vaste opération de déstockage de mercure et de confinement des autres déchets est lancée. Les dégâts générés par l’incendie se répercutent sur l’ensem- ble des activités, l’extraction de la potasse qui continuait dans les autres puits doit cesser. Le 1er janvier 2009, l’Etat décide de dissoudre MDPA, ce qui entraîne une liquidation à l’amiable. Précision utile : en 2004, StocaMine était devenue la filiale à 100 % de MDPA dont les actions sont détenues par l’Etat.

Le dossier StocaMine enflamme les esprits. Les habitants réclament le déstockage des produits. Politiques et dirigeants évoquent, eux, le coût exorbitant des travaux, la dangerosité encourue par les personnes sur le chantier, sans parler des problèmes techniques insurmon-tables. En mars 2017, l’Etat décide que plus de 40 000 tonnes de déchets ultimes ménagers resteront confinés, car « ils ne sont pas solubles et ne présentent pas un risque de contami- nation de la nappe phréatique ». Seuls les déchets contenant du mercure et du zyrame – du moins ceux qui restent accessibles – seront déstockés. Des bouchons en béton et des drains vont être installés pour protéger la nappe phréatique. Il n’empêche que les chimistes s’inquiè- tent de voir un jour la région privée d’eau potable pour cause de contamination toxique.

Les consommateurs payent la dépollution 

L’agriculture intensive est un des facteurs principaux (63 %) de la pollution des eaux. En 2014, l’UFC-Que choisir alerte une fois de plus sur l’eau du robinet : pour 1,48 million de consom- mateurs, elle est polluée et impropre à la consommation. Il s’agit de zones rurales où les petites collectivités sont dans l’impossibilité de payer le coût exorbitant de la dépollution contre les pesticides et les nitrates utilisés par les agriculteurs.

En 2016, à Etais-la-Sauvin, dans l’Yonne, l’agence régionale de santé a interdit la consommation de l’eau après avoir relevé la présence de pesticides.

Depuis, les habitants sont obligés d’utiliser de l’eau minérale : 25 000 litres sont distribués chaque mois par la municipalité pour leurs besoins quotidiens. Les jours les pires, c’est un liquide marron, boueux qui coule des robinets. Seule solution, prévue en mai : raccorder le réseau à la commune voisine. Parmi les départements les plus menacés : le Loiret, la Seine-et-Marne, l’Aube, la Marne, le Pas-de-Calais et la Somme, mais également les Pyrénées, le Massif central et les Alpes.

31 % des nappes phréatiques et la moitié des rivières sont saturées de pesticides

D’après Olivier Andrault, chargé de mission alimentation et agriculture de l’UFC-Que choisir, « l’eau du robinet est bonne non pas parce que les nappes sont en meilleur état mais parce qu’on investit beaucoup plus dans la dépollution ».

L’étude effectuée en 2014 montre ainsi que 280 000 personnes de plus qu’en 2012 avaient accès à une eau potable. Mais, en janvier 2017, l’association réitère son étude qui révèle une légère régression : 95,6 % de la population bénéficie d’une eau de qualité, au lieu de 98 % en 2014. Même si ces résultats sont considérés comme excellents, sur l’ensemble du territoire 2,8 millions de consommateurs ont encore accès à une eau polluée en grande partie par les pesticides, mais également par le plomb et les bactéries contenus dans des installa- tions vétustes. Une carte interactive de la qualité de l’eau dans les 36 682 communes françaises est consultable en ligne.

L’UFC-Que choisir regrette le manque d’investissement dans la recherche de solutions dura- bles pour éliminer les pesticides de l’agriculture intensive. Les accords du Grenelle Environ- nement passés en 2007 pour diminuer l’usage des produits toxiques semblent enterrés, et ce sont les consommateurs qui règlent 80 % des frais de dépollution et non pas les pollueurs. Profitant des Etats généraux de l’alimentation fin 2017, l’association de consommateurs a lancé une nouvelle campagne, « -S eau S », affirmant que 31 % des nappes phréatiques et la moitié des rivières sont saturées de pesticides.

Au ministère de l’Ecologie, Stocamine est un souci

Au ministère de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot n’a pas pu répondre pour cause d’emploi du temps surchargé. C’est donc un membre de son cabinet qui s’exprime : le dossier « figure en bonne place sur nos bureaux ». Il souligne : « Le traitement d’un sujet aussi ancien est un travail de longue haleine. » Nous rappelons que dès septembre 2002, date à laquelle un incendie de déchets ultimes s’est déclaré dans la mine, les gouvernements étaient informés des risques. De nombreuses études ont été menées. « On n’a pas refait les exper- tises scientifiques, qui avaient déjà été réalisées par des organismes spécialisés, nous précise le cabinet. On n’a pas vraiment eu le temps non plus […].

Confiner ou extraire : Nicolas Hulot va devoir trancher

Une réunion a eu lieu le 23 mars avec le préfet, les services spécialisés de l’administration centrale du ministère et toutes les parties prenantes, en particulier les élus. «Elle a démontré l’utilité d’un dialogue approfondi avec les élus locaux. Elle s’est déroulée dans un esprit constructif. Plusieurs questions nouvelles et demandes d’expertises complémentaires ont été soulevées. Elles portaient par exemple sur le contenu effectif des déchets stockés, les modalités de confinement ou encore sur le calendrier des opérations.

L’Etat s’est engagé à apporter des réponses précises en 2018 pour éclairer les décisions qui seront prises. Par ailleurs, il semble que le constat que les déchets de la zone incendiée ne pourraient pas être remontés sans engendrer de risques inacceptables a été globalement partagé par les participants », précise notre interlocuteur avant d’ajouter : « Un peu plus de 95 % des déchets au mercure, les plus toxiques pour la nappe phréatique, ont été sortis, ce qui dépasse légèrement l’objectif initial de 93 %. »

Le souci du ministère : rassurer la population

Nicolas Hulot va devoir trancher. « Deux options sont possibles : le confinement des déchets au fond de la mine ou leur extraction. Le confinement vise à éliminer les risques d’écrasement et de dégradation future des déchets stockés. L’extraction paraît donc plus prudente, mais elle prendra du temps. Et les désordres causés dans la mine par l’incendie font craindre des effondrements qui ne permettraient pas de confiner tous les déchets et pourraient mettre en danger les ouvriers. » Un casse-tête.

Le souci du ministère : rassurer la population. Dès qu’il s’agit de l’eau, l’inquiétude monte : « Depuis des années le gouvernement est mobilisé sur cette affaire et cherche à trouver des solutions […]. Enfouir les déchets industriels dans des mines de sel est une pratique courante, notamment en Allemagne. » Le membre du cabinet insiste : « C’est une des nombreuses missions du ministère que d’assurer la prévention des risques technologiques, entre autres la protection des nappes phréatiques. »

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Du plastique et des médicaments dans notre eau ?

Johnny Gasperi, chercheur en sciences et techniques de l’environnement, répond

Paris Match. Depuis quand étudiez-vous la qualité des eaux ?

Johnny Gasperi. Depuis dix ans. Je suis enseignant chercheur au Laboratoire eau, environnement et systèmes urbains (Leesu) de l’université de Créteil. Je travaille sur les polluants organiques et, depuis quatre ans, je m’intéresse aux microplastiques dans les eaux usées.

Pourquoi cet intérêt pour les plastiques ?

Un intervenant nous a présenté des résultats sur le plastique dans la mer. Avec mon équipe, on s’est mis au défi de faire de même dans le milieu continental et urbain. Il n’existait aucune donnée, aucune étude sur la question. Ni en France ni à l’international. Aujourd’hui, il y a seulement une petite dizaine de labos qui travaillent sur les plastiques, la plupart en milieu marin.

Des médicaments polluent nos rivières

Des résidus médicamenteux se trouvent-ils dans l’eau du robinet ? Le sujet reste sensible et aucune étude poussée n’a encore été réalisée en France, bien que, dès 2007, le professeur de santé publique à l’université Paris-Sud Yves Levi ait étudié le problème. Des traces d’hor- mones et d’antibiotiques avaient été retrouvées dans la Seine, comme d’ailleurs dans la Tamise ou le Potomac, aux Etats-Unis. C’est dans ce dernier pays que les premières constatations ont eu lieu, en 1976. Au cours des années, des molécules ont perturbé le système endocrinien des poissons, induisant des modifications des organes sexuels et des troubles de la reproduction.

Pilules contraceptives, anticancéreux, anti-inflammatoires… près de 4 000 molécules recensées

Les stations d’épuration n’ont pas été conçues pour éliminer ces résidus chimiques qui pro- viennent des pilules contraceptives, des anticancéreux, anti-inflammatoires, antidépresseurs ou des antibiotiques, soit près de 4 000 molécules recensées. Celles-ci, après avoir été ingé- rées par les hommes et les animaux, sont véhiculées dans les selles et les urines, atteignent les stations d’épuration, puis sont rejetées dans les rivières.

Or en France, environ 40 % de l’eau potable provient des eaux de surface (rivières et lacs). Ce n’est qu’en 2016 qu’a lieu à Paris la première Conférence internationale sur les risques liés aux résidus de médicaments dans l’environnement. La ministre de l’époque, Ségolène Royal, lance le plan micropolluants 2016-2021. Dans « Le Figaro » du 13 septembre 2016, Yves Levi reste sceptique : « Dans les pays qui ont un système d’épuration, les concentrations de résidus médicamenteux dans les eaux potables sont extrêmement faibles et les risques pour les humains aussi. Mais avec un gros volet d’incertitude… » Les scientifiques l’avouent, aucune étude officielle n’a encore été lancée !

11/04/2018 Popeline Chollet et Isabelle Léouffre

http://www.parismatch.com

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12 avril 2018 ~ 0 Commentaire

pesticides (ouest france)

Claude Bourguignon sur les sols

Pesticides en France. Un rapport accablant, mais peu d’ambition

Des conclusions accablantes quant à l’impact des pesticides sur la santé humaine et sur l’environnement en France, c’est ce qui ressort du rapport que vient de publier une mission conjointe de sénateurs et de députés. Les propositions d’action sont en revanche bien timides. Elles sont pourtant censées inspirer le futur plan gouvernement de réduction des phytosanitaires.

Les pesticides et leur impact sur la santé en France. Ce travail a été mené dans la foulée des états généraux de l’alimentation. Il doit éclairer plusieurs textes importants à venir : la loi qui sera issue des états généraux, le plan gouvernemental de réduction des produits phyto- sanitaires, le plan bio et enfin le plan d’investissement des 5 milliards dédiés à l’agriculture.

Le document qui résulte de la mission, publié le 5 avril dernier, a été nourri de 47 auditions de personnes qualifiées, de déplacements et de l’analyse des nombreux rapports et documents existant déjà sur le sujet.

Des présidents issus de départements agricoles et viticoles

La mission était coprésidée par le député La République En marche Didier Martin, qui est également neuroradiologue, ainsi que par le sénateur Les Républicains Gérard Menuel, qui est lui, agriculteur et ancien responsable local de la FNSEA.

À noter que les deux parlementaires sont élus de départements où la viticulture est majeure. Didier Martin est élu de la Côte-d’Or, où se trouvent la plupart des meilleurs crus de Bourgo- gne, tandis que Gérard Menuel est élu de l’Aube, département producteur de champagne et de céréales. Vignes et céréales sont deux productions parmi les plus consommatrices de produits phytosanitaires. La première moitié de ce document de 220 pages est consacrée à l’état de lieux de l’impact des traitements agricoles sur la santé humaine et l’environnement. Le moins que l’on puisse dire est qu’il est inquiétant.

Comme le rappelle un rapport de l’Inserm publié en 2013, « des associations positives ont été constatées entre l’exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies, comme la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et des cancers hématopoïétiques (lymphome non hodgkinien, myélomes multiples). En outre, un facteur de risque existe pour le dévelop-pement de l’enfant s’il est exposé lors des périodes prénatale, périnatale et lors de la petite enfance. »

Pesticides et cancers : un lien à 80 % de certitude

Selon le professeur Roger Barouki, directeur de l’unité de recherche « toxicologie pharma- cologie et signalisation cellulaire » de l’INSERM « il y a 80 % de certitude qu’il existe un lien de causalité entre certains cancers et l’exposition aux produits phytopharmaceutiques pour les professionnels ». Deux exemples parmi d’autres : lien entre maladie de Parkinson et traitements des vignes ; lien entre cancer de la prostate et chlordécone (traitement des bananes) aux Antilles.

Le rapport met cependant en évidence d’une part le manque de travaux fins sur les molécules potentiellement dangereuses et d’autre part la difficulté à établir la toxicité, isolée ou combinée, de certaines molécules du fait de l’effet cocktail résultant de l’exposition fréquente à plusieurs d’entre elles simultanément. Le problème est d’autant plus complexe que nombre de molécules sont soupçonnées d’avoir un effet sans seuil de déclenchement, donc même avec une exposition très faible.

Il y a « suspicion d’effets sur le développement des neurones et des structures cérébrales chez l’humain conduisant à altérer des fonctions telles que l’apprentissage et la mémoire de l’adulte. Les effets pourraient être majorés chez l’enfant ou le fœtus ainsi que pour d’autres populations à risque (femme enceinte, personne âgée, personne malade…) ».

Les femmes enceintes exposées

L’exposition aux pesticides concerne une population qui va bien au-delà des personnes travail- lant dans l’agriculture, à la fois du fait de la dissémination des polluants dans l’environ-nement et par leur présence dans les produits alimentaires. Ainsi, selon Alban Robin, chef de bureau qualité des eaux à la Direction générale de la Santé, « 3 % à 7 % de la population peut être alimentée au robinet par une eau non conforme. Le glyphosate n’y apparaît pas de manière prépondérante, il ne figure qu’en 20e position ». De nombreuses autres molécules sont présentes, souvent au moins aussi dangereuses.

Du côté de la Direction générale de l’Alimentation, « 60 000 échantillons de denrées animales et 1 000 échantillons de denrées végétales sont prélevés et analysées chaque année.

La non-conformité est constatée dans moins de 10 % des produits, ce qui peut résulter d’un dépassement des LMR (limites maximales de résidus), soit de résidus d’une substance inter- dite. » Selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), « les contrôles aléatoires, au nombre d’environ 3 200 en 2016, ont montré un taux de non-conformité de 2,1 %. Les contrôles ciblés de l’ordre de 1 300 en 2016 ont, quant à eux, fait apparaître un taux de non-conformité de 4,2 %. Ces contrôles concernent aussi bien des denrées produites en France que dans l’Union européenne ou provenant d’États tiers. »

Les femmes enceintes ne sont pas épargnées, comme l’a montré le programme ELFE : « S’agissant des femmes enceintes, les résultats des mesures d’imprégnation aux pesticides ont montré que les herbicides (atrazine et glyphosate) avaient été quantifiés chez moins de 1 % des femmes enceintes, qu’une mère sur 10 présentait un niveau quantifiable pour au moins un biomarqueur de chlorophénol et que toutes avaient été exposées aux pyréthrinoïdes (insecticides). »

Jusqu’à 70 % de produit dispersé

L’une des causes de la dissémination des polluants vient du fait que les produits ne touchent pas tous leur cible. Selon l’Institut national de recherche agronomique (INRA) la déperdition des produits lors de leur application par pulvérisation sur les feuillages « est de l’ordre de 10 à 70 % vers le sol et de 30 à 50 % vers l’air. Ces pertes sont liées aux engins de dispersion. Toutefois, les fumigations du sol renvoient aussi 20 à 30 % des produits dans l’air.  »

On ne sera donc pas surpris de lire, comme l’ont indiqué de précédents travaux, cités dans le rapport, que l’air est pollué par les pesticides, même à Paris.

« Les études examinées par le rapport Pesticides précédemment évoqué ont montré la pré- sence de pesticides, y compris des molécules interdites depuis plusieurs années, dans l’atmos- phère aussi bien en milieu rural qu’urbain (avec cependant des niveaux enregistrés plus impor- tants en milieu rural). De son côté, une étude d’AirParif a relevé des traces de plus de 80 pesticides dans l’air parisien. » Assez troublant, « des traces de produits interdits depuis plusieurs années (comme le lindane prohibé en 1998) sont encore régulièrement présentes dans l’atmosphère de toutes les régions de France. »

Hécatombe chez les insectes

Outre leur impact sur la santé humaine, les produits phytosanitaires infligent de lourds dégâts à l’environnement. À commencer par les insectes. Le rapport cite une étude allemande qui a récemment défrayé la chronique. « Une étude de la Krefeld Entomological Society parue le 18 octobre 2017 dans la revue PlosOne montre qu’en vingt-sept ans plus de 75 % de la biomasse des insectes volants a disparu au sein d’espaces pourtant protégés en Allemagne. » Cependant, le même constat est dressé de ce côté du Rhin. « Des travaux menés en France par V. Bretagnolle, notamment sur la Zone Atelier du CNRS Plaine et Val de Sèvre, démontrent le même déclin des insectes terrestres (80 %) en exploitant des données recueillies depuis vingt-cinq ans. Ils font supposer que cette évolution touche toute l’Europe. »

L’agriculture intensive au premier chef

Pour les auteurs, la cause réside bien dans « les pratiques de l’agriculture intensive » : des- truction directe des insectes par les insecticides, réduction drastique des fleurs sauvages, intensification agricole globale (surexploitation et pollutions des sols, simplification des pay- sages, disparition des prairies, de l’élevage, des haies, des mares, des murets…). Ceci bien avant les autres causes comme l’augmentation des peuplements humains, le changement climatique ou le changement d’usage des terres.

La raréfaction des insectes bouleverse toute la chaîne alimentaire. En particulier la population d’oiseaux communs, «en déclin général». Ceux-ci sont aussi affectés par «la disparition des stocks de graines d’adventices dont ils se nourrissent», car «l’agriculture intensive tend à dé- truire toute la faune sauvage non productive dans les fossés ou les prairies, ou parce que les oiseaux s’intoxiquent directement avec les semences enrobées ou les insectes contaminés».

30 % des oiseaux des champs disparus

Une publication conjointe du MNHN et du CNRS le 20 mars dernier révèle « une accélération de ce déclin sur les sites de deux réseaux de suivi : ce sont désormais 30 % des oiseaux des champs qui ont disparu en 15 ans ». En ce qui concerne les oiseaux considérés comme étant en voie de disparition, « les 15 espèces inscrites sur la Liste rouge UICN-MNHN des oiseaux nicheurs métropolitains auront décliné de 75 %. »

Un problème particulier se pose sur les insectes et les vertébrés qui pollinisent les plantes et permettent leur reproduction et le cas échéant, leur fructification : « 16,5 % des espèces de pollinisateurs vertébrés (oiseaux et chauves-souris) sont menacées d’extinc- tion à l’échelle mondiale et jusqu’à 30 % sur les îles, cependant qu’en Europe par exemple, 37 % des populations d’abeilles, sauvages et domestiques, et 31 % des papillons sont déjà en déclin et 9 % menacées de disparaître ».

Les néonicotinoïdes sont considérés comme « un vrai cas d’école ». En effet, « plus les travaux avancent, plus la démonstration de leur nocivité sur les insectes pollinisateurs, dont l’abeille domestique, est alarmante ». L’inquiétude s’étend à deux nouveaux insecticides (Closer et Transform) à base de sulfoxaflor qui, « sans être classés parmi les néonicotinoïdes, présenteraient les mêmes effets pour les abeilles ».

La pollinisation menacée

Le rapport rappelle que « 80 % des cultures à travers le monde sont dépendantes de l’activité des insectes pour la pollinisation, au premier rang desquels les abeilles domestiques et sau- vages. » La sécurité alimentaire peut même en être affectée, tandis que sur un strict plan économique, les pertes induites sur les cultures mondiales sont évaluées « entre 235 et 577  milliards de dollars par an ». Le haut de la fourchette représente trois fois l’équivalent de l’industrie agroalimentaire française.

Si insectes et oiseaux sont les victimes les plus médiatisées, les pesticides touchent également « les invertébrés terrestres et aquatiques, les poissons, les amphibiens, les reptiles ou encore les oiseaux insectivores, les rongeurs et les chauves-souris ».

95 % de la vie du sol encore inconnue

Moins visible, mais au moins aussi grave, « l’impact sur la faune du sol, comme les vers de terre et les collemboles, le microbiome tellurique, voire aquatique, lesquels peuvent à leur tour avoir des conséquences pour la santé des sols et des systèmes aquatiques, la structure des sols, leur perméabilité et le cycle des éléments nutritifs plus généralement ».

Les produits agricoles arrivent dans les sols comme des éléphants dans un jeu de quilles : « Un sol est l’association de matière issue de la dégradation des roches, de matière organique morte remaniée par les organismes du sol et de la biomasse que représentent ces organismes, qu’il s’agisse de vers, d’insectes, d’acariens, de champignons ou de bactéries, sans parler des plantes et animaux qui y vivent.

À ce jour, plus de 95 % des espèces vivant dans le sol n’ont pas encore été décrites. Mais c’est cette biodiversité qui assure la plupart des processus élémentaires donnant au sol ses pré- cieuses fonctions. Les sols sont issus de processus longs. Lorsqu’ils sont dégradés, leur restauration, quand elle est encore possible, demande toujours beaucoup d’efforts et de temps. Or, la communauté scientifique observe une montée des menaces sur la biodiversité des sols. »

40 % des sols cultivés déjà dégradés

L’agriculture a sa propre responsabilité, en sus de celle de l’urbanisme, de l’industrie ou de la circulation routière : « la déforestation, le surpâturage et l’agriculture mécanisée ont très largement accéléré l’érosion des sols. Les monocultures et une discontinuité trop importante des couverts végétaux appauvrissent la biodiversité d’une parcelle. Des labours trop profonds, une irrigation excessive, des apports réguliers de nitrate… la détruisent directement. »

Quant aux pesticides, « ils participent à ce processus en diminuant la biodiversité végétale mais aussi en s’attaquant directement aux organismes du sol ». Selon la Fondation pour la recherche sur la biodiversité « Nous sommes en train de faire mourir nos sols ». On estimerait en effet que déjà 15 % de l’ensemble des sols et 40 % des sols cultivés seraient dégradés.

Drôle de nouvelle carte des cours d’eau

Le rapport aborde également les restrictions d’usage et de mise en œuvre des pesticides en France et remet clairement en cause une récente révision des règles visant à réduire la contamination des cours d’eau. « On peut s’interroger cependant sur les répercussions de ces nouvelles dispositions. Elles reviennent en effet sur un arrêté qui imposait depuis 2006 des zones de non-traitement (ZNT) en bordure des points d’eau sur lesquelles il était interdit d’épandre des pesticides.

Pris pour faire face à la contamination généralisée des cours d’eau français, il s’appliquait jusqu’à présent à l’ensemble des éléments du réseau hydrographique de la carte de l’IGN. Les nouvelles dispositions se réfèrent désormais à une carte réduite qui a permis à certaines préfectures d’exclure une part significative des cours d’eau des zones non traitées. » Le rapport regrette également que « les textes ne prévoient pas de restrictions d’épandage à proximité des habitations et ne le différencient pas selon les types de produits utilisés ».

Des propositions d’action jugées trop faibles

Le rapport propose, en deuxième partie, diverses orientations à l’agriculture française ainsi qu’une meilleure surveillance de l’impact de pesticides. À cet effet, la mission souhaite « ren- forcer les dispositifs de surveillance écotoxicologique afin de disposer de données plus complètes et suivies des différents milieux ainsi que des espèces à surveiller en priorité ».

Elle souhaite également « mettre en place un dispositif national de surveillance des pesticides dans l’air et fixer un seuil de détection des produits phytopharmaceutiques ». ATMO France, qui fédère les associations de surveillance de la qualité de l’air, avait déjà annoncé fin novembre une campagne de mesure des pesticides dans l’air en 2018.

Conclusions ambiguës sur le glyphosate

Si la mission insiste sur « la nécessité de réduire drastiquement l’usage des pesticides pour tendre aussi rapidement que possible vers leur abandon », elle temporise aussitôt : « le pro- cessus prendra du temps ». Ainsi, sur l’exemple emblématique du glyphosate, herbicide contro- versé, les rapporteurs jugent « nécessaire d’accélérer les travaux de recherche et de déve- loppement pour trouver des alternatives crédibles », estimant implicitement qu’il n’y en a pas.

Le rapport suggère « d’interdire, dans l’immédiat, l’utilisation du glyphosate dans sa fonction dessiccative au niveau national », soit l’usage sur les plantes pour les déshydrater et faciliter leur récolte. Mais, à en croire les producteurs de blé, cette utilisation n’a presque jamais cours sur les céréales de l’Hexagone et une telle interdiction serait donc sans effet.

« L’usage dessiccant est déjà interdit, c’est vraiment de la poudre aux yeux ! », a réagi Carmen Etcheverry, chargée agriculture pour l’ONG FNE (France Nature Environnement), qui a également dénoncé un « retropédalage » sur le glyphosate. « On a l’impression qu’ils ont acté les effets inacceptables (des phytosanitaires), ils reconnaissent une dangerosité mais ça se gâte dans les moyens mis en œuvre, qui ne sont pas à la hauteur voire induisent des reculs », a déclaré François Veillerette, directeur de Générations Futures.

La FNSEA satisfaite

À l’inverse, Eric Thirouin, secrétaire général adjoint à la FNSEA, s’est réjoui de la teneur de ce rapport qui tend à « trouver des solutions plutôt que des interdictions ». La FNSEA a récem- ment annoncé un « contrat de solutions » qui vise à mobiliser toutes les énergies pour atteindre les objectifs du plan gouvernemental Ecophyto II adopté en 2015 sous François Hollande. Celui-ci vise à réduire l’usage des pesticides de moitié d’ici 2025, actant ainsi le retard de 7 ans pris sur les objectifs du plan Ecophyto I lancé sous Nicolas Sarkozy en 2008.

La députée socialiste et ancienne ministre de l’Écologie Delphine Batho a annoncé jeudi sa démission de la vice-présidence de la mission « parce que le projet de rapport ne prône pas la sortie du glyphosate ni même son interdiction dans trois ans », contrairement à ce que promettait l’exécutif il y a quelques mois à peine.

André THOMAS  10/04/2018

https://www.ouest-france.fr/

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11 avril 2018 ~ 0 Commentaire

pont de buis nddl (ouest france)

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Notre-Dame-des-Landes. À Pont-de-Buis, les manifestants de la poudrerie lèvent le camp

Pendant un peu plus d’une heure des manifestants se sont regroupés devant le site de NobelSport, à Pont-de-Buis (Finistère). Ils s’opposent aux expulsions de Notre-Dame-des-Landes. Le regroupement a pris fin vers 15 h 30.

Environ 70 manifestants opposés aux expulsions en cours à Notre-Dame-des-Landes se sont réunis à proximité de la poudrerie NobelSport de Pont-de-Buis, vers 14 h, ce mardi. Une centaine de gendarmes étaient présents sur le site qui fournit la police et l’armée. NobelSport est un site classé Seveso.

 Pas d’accrochage

Le but pour les manifestants : « Mobiliser ici les forces de l’ordre ici pour qu’elles ne soient pas à Notre-Dame-des-Landes », expliquent l’un des manifestants. L’opposition s’est déroulée dans le calme et n’a pas compté d’accrochage. Les opposants aux expulsions ont ensuite levé le camp, vers 15 h 30, sous l’étroite surveillance des gendarmes.

10/04/2018 à 16h06

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07 avril 2018 ~ 0 Commentaire

bas léon (kan an dour)

mikael m

Fontaines célèbres du Léon

Et si l’eau redevenait un atout pour notre territoire !

Jusqu’au milieu du siècle dernier, le Bas-Léon vénérait son eau (fontaines sacrées), s’alimentait dans ses multiples puits à l’eau propre et abondante. Les habitants utilisaient l’eau des ruisseaux pour leurs besoins domestiques (lavoirs, baignades, etc…) Les prairies humides étaient utilisées pour le pâturage. Depuis, tout ceci s’est perdu ; l’eau, les cours d’eau, les talus et les zones humides ont été négligés voire massacrés.

Conséquence de ces dégâts, de nombreux problèmes sont apparus depuis 50 ans : marées vertes, zones de baignade et zones conchylicoles fermées, puits pollués abandonnés, zones humides comblés et biodiversité en net retrait, pesticides, bactéries et nitrate dans les eaux obligeant à des traitements de plus en plus poussés,…

Les associations n’ont cessé d’être des lanceurs d’alerte sur la dégradation de la qualité de l’eau, devant la situation très dégradée du territoire des politiques publiques et un sursaut citoyen s’est lentement mis en place.

Depuis une quinzaine d’années le territoire se mobilise pour tenter de remonter la pente. Le Schéma d’Aménagement et de Gestion des eaux (SAGE) du Bas-Léon a fait un état des lieux montrant les nombreux problèmes existants encore sur notre territoire. Si actuellement les taux de nitrate dans l’eau baisse régulièrement, ils sont encore beaucoup trop élevés. Les dernières études et analyses montrent que de nombreuses autres pollutions sont encore bien présentes sur notre territoire : marées vertes, pesticides, bactéries, norovirus, continuité écologique dégradée,…

Le coût économique de ces pollutions est très important : traitement et interconnexions des eaux potables et usées, mise aux normes des élevages, ramassage d’algues vertes, baignades et parcs à huîtres fermés, image de marque dégradée pour le tourisme et les produits du terroir,…

Comme des collectivités et certains agriculteurs, les associations locales mènent des actions concrètes pour remédier aux problèmes environnementaux du territoire. L’eau était autrefois un atout majeur pour notre territoire, elle doit le redevenir.

Et si l’eau redevenait un atout pour notre territoire?

(Plume Citoyenne)

Note: Les associations Kan an Dour de Lannilis, Abers Nature de Plabennec et Eau et Rivières de Bretagne ont organisé une réunion Vendredi et nous l’avons su après! Désolés!

Association Kan an Dour

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