Archive | Luttes paysannes et alimentation

23 mars 2017 ~ 0 Commentaire

les paysans malades des pesticides (france culture)

parap

Ils ont entre 45 et 55 ans, sont agriculteurs intensifs. Rien ne les prédestinait à devenir contestataires de l’agriculture chimique, sur laquelle ils avaient au contraire tout misé. Mais suite à des ennuis de santé liés aux produits phytosanitaires, ils vivent une évolution de leur pensée

Ils ont entre 45 et 55 ans, sont agriculteurs intensifs, sans aucune culture militante. Ils sont de droite, parfois très à droite. Rien ne les prédestinait à devenir contestataires de l’agriculture chimique, sur laquelle ils avaient au contraire tout misé. Mais suite à des ennuis de santé graves, liés aux produits phytosanitaires, ils vivent une évolution de leur pensée. Malades, culpabilisés par les institutions qui leur ont pourtant souvent caché les dangers de la chimie de synthèse, ils se perçoivent à la fois comme victimes et responsables, parfois même comme empoisonnés et empoisonneurs, révélant au travers des contradictions dans lesquelles ils sont pris, aussi bien les enjeux actuels du système capitaliste, qu’une culture singulière oscillant entre fierté et hantise du regard des autres.

Cela se passe à Dôle, dans le Jura, au sein d’une réunion de l’association « Phytovictimes » qui regroupe des paysans utilisateurs de pesticides. L’enjeu à travers leurs témoignages est de dessiner les contours du système tentaculaire pour lequel ils travaillent et de saisir si et comment il serait possible, à leur échelle, de sortir de la chimie pour se tourner vers le bio. « Pour ça j’ai besoin de lui, * dit Denis Camuset en parlant de son fils qui va reprendre l’exploitation, j’ai mené bien des combats, mais le passage en bio est certainement le plus dur ! Ce qui rend difficile le changement du système, c’est tout l’aspect psychologique, on a tellement été bercé dans une autre mentalité. Réduire les pesticides c’est reprendre une formation, c’est changer tout un système, c’est aussi la peur financière je crois, car on ne sait pas où on va. »

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21 mars 2017 ~ 0 Commentaire

rome 25 mars (via campesina)

poster-25march-2-FRsc

Le mouvement paysan à Rome ce 25 mars 

Appel à la mobilisation de la Coordination Européenne Via Campesina

Dans le cadre de l’assemblée générale de la Coordination Européenne Via Campesina (ECVC) à Rome du 22 au 25, qui coincidera avec le 60ème anniversaire du traité fondateur de l’Union Européenne, une importante délégation paysanne pan-européenne d’ECVC, rejointe par son membre et hôte ARI (Associazione Rurale Italiana), mènera une série d’action à Rome le 25 Mars pour se battre pour une politique agricole, alimentaire et de développement rural centrée sur les besoins du peuple et non assujettie aux politiques commerciales et aux intérêts des multinationales.

ECVC et ses alliés demandent une alimentation saine et de qualité, un travail décent, une politique agraire juste et durable au sein d’une Europe des Peuples et de la solidarité.

Dans ce but, à 9h30 le 25 mars, ECVC prévoit une action paysanne pour une autre Politique Agricole Commune (PAC) à la PIAZZA VITTORIO, en présence des paysans et paysannes de notre délégation et de mouvements populaires d’Italie.

Après ceci, nous rejoindrons la Grande Mobilisation pour « Notre Europe » de la Piazza Vittorio au Colisée.

Vous pourrez trouver ici les biographies de plusieurs membres de notre délégation.

Vous pouvez trouver ici nos publications clés sur la politique agricole européenne

Suivez nous sur la voie d’une nouvelle PAC via Facebook et Twitter

lundi 20 mars 2017

https://viacampesina.org/

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20 mars 2017 ~ 0 Commentaire

pouldreuzic (ae2d)

porcs

Conditions d’élevage dans une porcherie de Pouldreuzic : la réaction de la Coordination verte et bleue

Les associations de la Coordination Verte et Bleue font part de leurs remarques sur les réactions suscitées par la publication d’une vidéo sur les conditions d’élevage dans une porcherie de Pouldreuzic, par l’association L214, qui milite pour le bien-être animal.

La Coordination Verte et Bleue regroupe :

AE2D
Association pour la défense du pays Fouesnantais
Baie de Douarnenez Environnement
L’eau et la terre Quimper
Sauvegarde du Penthièvre
Sauvegarde du Trégor
Sous le vent les pieds sur terre Trebrivan

Nous sommes choqués d’entendre le Président des Jeunes Agriculteurs du Finistère qualifier cette action d’« écoterrorisme ». Pour les associations environnementales de la Coordination Verte et Bleue, un tel qualificatif relève de la diffamation, et de l’incitation à la violence. Nous sommes également choqués de la menace contenue dans l’avertissement « cela va mal finir » donné au Préfet par le Président de la chambre d’agriculture du Finistère.

Nous rappelons que les exactions commises par quelques agriculteurs encouragés par leurs responsables syndicaux restent la plupart du temps impunies, ainsi l’incendie de l’hôtel des impôts de Morlaix il y a trois ans, pour lequel nos associations sonnent tous les mois le « tocsin » à Morlaix, dénonçant l’immobilisme dont font preuve les pouvoirs publics pour établir les responsabilités.

Nous nous interrogeons quand nous entendons le groupement de l’éleveur se désolidariser publiquement de son coopérateur, se désolant qu’il n’ait pu assurer « l’entretien général de ses porcheries » du fait de sa « surcharge de travail ». Le rôle du groupement n’était-il pas d’accom- pagner ce jeune éleveur qu’il savait seul et surchargé ?

Un exploitant qui contribue à la prospérité du groupement est ainsi abandonné à son sort, quand il devrait être soutenu ? Le groupement coopératif agricole en cause est Triskalia, condamné en 2016 à indemniser ses salariés, intoxiqués par des pesticides. Nous posons la question de la responsabilité du groupement Triskalia sur les manquements de l’éleveur de Pouldreuzic en matière de contrôles et de suivi vétérinaire.

Enfin, certes les services de la Préfecture ont constaté des « non conformités sérieuses », à savoir l’absence de tenue de la pharmacie. Mais les animaux morts « font partie du quotidien », ainsi que le reconnaît la Présidente du Comité de développement. Les autres révélations de la vidéo de L214, les porcelets à la queue coupée, les truies contraintes dans les cages, sont la normalité des élevages hors sol, sans compter l’ammoniac omniprésent dans l’air que ne peut montrer une vidéo.

Les associations de la Coordination Verte et Bleue ne sont, bien sûr, pas opposées à l’élevage puisqu’elles soutiennent les petites exploitations familiales ; par contre elles partagent le constat que dans ce type d’élevage intensif, les conditions ne sont pas réunies, pour le meilleur bien-être animal.

Coordination Verte et Bleue
coordinationverteetbleue@gmail.com

Lundi 20 mars 2017

http://www.ae2d.infini.fr/

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20 mars 2017 ~ 0 Commentaire

rennes pesticides

rennes

Facebook

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19 mars 2017 ~ 0 Commentaire

syndicalisme (bastamag)

ouvriers

« Le syndicalisme est un des rares espaces où les ouvriers peuvent encore lutter contre leur domination »

Paradoxe : alors que la réforme du droit du travail sera discutée à l’Assemblée Nationale dans les prochaines semaines (2016 NDB), celle-ci ne compte aucun ouvrier parmi les élus « du peuple ». Avec les employés, ils constituent pourtant la moitié de la population active française. Le syndicalisme demeure l’un des rares espaces qui leur offre une expression et une action collective. Le sociologue Julian Mischi a suivi des militants CGT d’un atelier de la SNCF dans une localité rurale en Bourgogne. Son ouvrage Le bourg et l’atelier bat en brèche plusieurs idées reçues : celle d’un syndicalisme agonisant ou corporatiste, et celle d’un monde rural qui n’aurait d’autres choix que de se replier sur lui-même. Entretien.

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Rachel Knaebel 17 mars 2016

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19 mars 2017 ~ 0 Commentaire

pesticides (libération)

pesticides

Non, les pesticides ne sont pas nécessaires pour nourrir la planète

Un rapport rédigé par des experts de l’ONU alarme sur les conséquences de l’usage des pesticides. Ces chercheurs souhaitent l’élaboration d’un traité mondial contraignant et promeuvent «l’agroécologie».

C’est un marché qui pèse 50 milliards de dollars par an (47 milliards d’euros) que l’industrie ne veut surtout pas lâcher, au point de véhiculer un «mythe» : les pesticides sont essentiels à la sécurité alimentaire d’une population mondiale qui devrait passer de 7 milliards aujourd’hui à 9 milliards en 2050.

C’est totalement faux, démonte un rapport présenté le 8 mars au conseil des droits de l’homme des Nations unies qui accuse les multinationales (Syngenta, Monsanto, Bayer…) de nier les risques sanitaires et environnementaux liés à l’usage de ces produits toxiques. Pour vendre toujours plus de pesticides, ces grands groupes se battent contre toutes restrictions ou limitations d’usage via des campagnes de lobbying auprès des gouvernements nationaux et des «stratégies marketings agressives et contraires à l’éthique».

Pour les auteurs du rapport, Hilal Elver, rapporteuse spéciale pour le droit à l’alimentation, et Baskut Tuncak, rapporteur spécial sur les substances toxiques, «l’utilisation de plus en plus de pesticides n’a rien à voir avec la réduction de la faim [dans le monde]. Selon la FAO (Orga-nisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), nous pourrions nourrir 9 milliards de personnes aujourd’hui. La production augmente, mais le problème demeure la pauvreté, les inégalités et la distribution».

D’autant, souligne le rapport, que «les entreprises ne travaillent pas pour la réduction de la faim, elles travaillent pour une croissance de l’activité agricole à grande échelle». Une grande quantité de pesticides est ainsi utilisée pour des cultures comme l’huile de palme et le soja. Une pratique qui ne sert pas à nourrir directement les populations vulnérables et qui conduit à des déforestations.

200 000 décès par an

S’ajoute à ce mythe industriel le constat cinglant de conséquences «catastrophiques sur l’environnement, la santé humaine et la société». Les experts de l’ONU évaluent à 200 000 le nombre de décès provoqués par les pesticides chaque année. Hilal Elver et Baskut Tuncak expliquent qu’il existe «un lien entre une exposition régulière aux pesticides et la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, les troubles endocriniens, les troubles du développement et la stérilité. Les pesticides peuvent aussi avoir de nombreuses répercussions sur le plan neurologique, comme des pertes de mémoire, un manque de coordination ainsi qu’une acuité visuelle et des habiletés motrices réduites. L’asthme, les allergies et l’hypersensibilité en sont d’autres effets possibles».

Les auteurs s’inquiètent également des empoisonnements directement à l’ingestion de ces produits toxiques. Deux épisodes dramatiques parmi d’autres : en Inde en 2013, 23 enfants de 4 à 12 ans sont morts après avoir consommé un repas contaminé par un pesticide, le monocrotophos ; l’année suivante en Chine, l’histoire s’est répétée pour 39 enfants qui avaient ingéré de la nourriture contenant des résidus de tetrahydrophthalimide. D’autres drames similaires ont également eu lieu au Pérou ou au Bangladesh, rappellent les chercheurs qui affirment que dans certains pays en développement, le nombre de décès dus à ces empoisonnements directs est «supérieur à celui dus aux maladies infectieuses».

Des conséquences désastreuses sur l’environnement

Et sans surprise, l’environnement n’est pas épargné : «L’usage excessif et abusif de pesticides entraîne une contamination des sols et des ressources en eau dans l’espace environnant, ce qui entraîne une réduction de la biodiversité, la destruction de populations d’insectes bénéfi- ques qui sont les ennemis naturels des ravageurs et une baisse de la valeur nutritionnelle des aliments.» En Chine par exemple, 26 millions d’hectares de terres agricoles, soit trois fois la superficie du Portugal, sont contaminés par des pesticides, si bien qu’environ 20% des terres arables ne peuvent être cultivées.

Et c’est toute la biodiversité qui est concernée. Interdits à la vente en France à partir de septembre 2018, les néonicotinoïdes, insecticides les plus utilisés au monde, sont responsa- bles du «syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles dans le monde entier. Ainsi, le déclin de 50% des populations d’abeilles mellifères domestiques enregistré en vingt-cinq ans aussi bien aux Etats-Unis qu’au Royaume-Uni est imputé à l’utilisation massive de ces insecticides.» Ces abeilles jouent un rôle fondamental dans la pollinisation des cultures. Une situation d’au- tant plus préoccupante qu’un tiers de l’alimentation mondiale résulte de cette pollinisation. L’Union européenne a d’ailleurs restreint l’utilisation de trois molécules de néonicotinoïdes sur sept en 2013, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des pays du monde.

Des législations trop laxistes

Les premiers à subir les conséquences sanitaires et environnementales sont toujours les mêmes, déplore les auteurs: «99% [des décès] surviennent dans les pays en développement où les réglementations dans le domaine de la santé, de la sécurité et de l’environnement sont plus souples et appliquées moins rigoureusement.» Ils constatent également qu’environ 25% de ces Etats ne disposent pas de «législation efficace pour encadrer la distribution et l’utili- sation de ces produits, et 80% n’ont pas suffisamment de ressources pour appliquer les lois existantes». Souvent même, des pesticides dont l’utilisation est interdite dans certains pays, sont exportés vers les pays en développement.

D’après ce rapport, un traité mondial sur la réglementation des pesticides dangereux pourrait éviter ce genre de situation grotesque qui demeure «une grave lacune dans le cadre de la protection des droits de l’homme». L’élaboration d’un tel traité constitue d’ailleurs la première recommandation formulée par Hilal Elver et Baskut Tuncak qui suggèrent que celui-ci soit évidemment «contraignant».

«Promouvoir l’agroécologie»

Pour obtenir un tel accord, c’est une véritable prise de conscience de l’opinion publique que souhaitent les chercheurs face à une industrie chimique qui minimise les dangers. L’objectif serait donc de mieux informer les populations pour qu’elles puissent soutenir une législation plus stricte dans tous les pays. «La société civile devrait informer le grand public des effets néfastes des pesticides […] et organiser des programmes de formation sur l’agroécologie», écrivent-ils.

Justement, les auteurs interpellent la communauté internationale pour «promouvoir l’agroécologie» et à terme, renoncer à l’agriculture industrielle et l’usage de pesticides en accordant «la priorité aux solutions qui ne reposent pas sur l’utilisation de produits chimiques». Ils réclament également «des mesures incitatives telles que des subventions et la fourniture d’une assistance financière et technique» pour favoriser «les aliments issus de l’agriculture biologique». Il s’agit également de taper au portefeuille les multinationales en cessant de subventionner les pesticides et en mettant «en place des taxes, des droits d’importation et des redevances sur ces produits».

En clair, conclut le rapport, «il est nécessaire de remettre en cause les politiques agricoles, les systèmes commerciaux et l’influence exercée par les entreprises sur les politiques publiques si nous voulons renoncer aux systèmes alimentaires industriels qui reposent sur les pesticides».

Tom Rossi 10 mars 2017

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12 mars 2017 ~ 0 Commentaire

artisans (npa)

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Un boulanger doit pouvoir gagner sa croute!

Permettre aux artisans de vivre de leur travail

L’artisanat a bonne presse. À droite on vante l’esprit d’entreprise et d’innovation et on met en avant les créations d’emplois. Certains courants de gauche et écologistes encensent le travail artisanal, opposé à la production industrielle. Qu’en pensent les anticapitalistes ?

Il faut savoir de quoi on parle. 1,2 million d’entreprises artisanales, c’est considérable mais très hétérogène. Plus de 500 métiers sont recensés dans des secteurs d’activité très différents. Certains relèvent de l’artisanat d’art, d’autres concernent des services allant du taxi à la restauration, alors que la construction se taille la part du lion.

Les raisons de l’augmentation du nombre d’artisans sont tout aussi diverses : externalisation des tâches par de grosses entreprises mais aussi par des administrations, installation à leur compte de travailleurs licenciés, volonté de ne pas dépendre d’un patron…

Quand on parle d’entreprise artisanale, il ne faut pas penser « petit patron » : 62 % des artisans n’emploient aucun salarié, et cette proportion augmente au rythme du nombre d’auto-entrepreneurs. Nous devons effectivement prendre davantage en compte cette partie du monde du travail, comme nous le faisons aussi pour les agriculteurs.

Les chambres des métiers soulignent que l’artisanat est le premier employeur de France. Le patronat dénonce les lourdeurs, les contraintes et les charges qui font obstacle à davantage de créations d’emplois…

C’est le discours classique, les difficultés des petits patrons servent de prétexte aux exoné- rations de cotisations et aux cadeaux fiscaux dont bénéficient d’abord les gros. C’est aussi la remise en cause du code du travail jugé trop lourd, des seuils sociaux ouvrant droit à la représentation des salariés, de la « menace » des prud’hommes. Mais comme rappelé plus haut les deux tiers des artisans ne sont pas des patrons mais simplement des travailleurs indépendants qui vivent plus ou moins bien de leur travail. C’est à ceux-là que va notre sollicitude, ainsi qu’au million et demi de salariés, en majorité des ouvriers.

Les relations sociales au sein des petites entreprises sont loin d’être idylliques, le droit du travail est régulièrement bafoué, comme en témoignent les militants qui reçoivent les salariés dans les unions locales. Faute de syndicats, les prud’hommes sont souvent le seul recours. Certes il ne faut pas généraliser mais l’époque du compagnonnage est bien révolue. Pour nous, les droits des travailleurs ne doivent pas dépendre des effectifs de l’entreprise.

Les artisans dénoncent les difficultés d’exercice de leur métier, les contraintes administratives, les revenus insuffisants et les carences de leur protection sociale. Ont-ils raison ?

On aurait tort de voir là du poujadisme. Ainsi, le rapport 2015 de l’Insee montre une baisse des revenus individuels. Le travail n’est pas également réparti dans le temps, il y a des périodes de quasi-chômage et d’autres où on ne compte pas ses heures. Le pouvoir d’achat des particu- liers est en berne. Les collectivités locales, asphyxiées par l’austérité budgétaire et la diminu- tion de la dotation de fonctionnement, diffèrent ou abandonnent des travaux, mettant en péril la présence d’artisans. Les entreprises donneuses d’ordre jouent sur la concurrence.

Les artisans sont des indépendants et pour la majorité, le capital investi ouvre seule- ment la possibilité de travailler. Les « défaillances d’entreprises » touchent surtout les travailleurs individuels. D’autres tiennent le coup, avec une rémunération horaire inférieure au SMIC. Quant aux obligations administratives elles constituent un travail supplémentaire, parfois compliqué et qui repose souvent sur le conjoint.

Avec des cotisations pourtant élevées, le régime social des indépendants assure une mauvai- se couverture, mais curieusement ne fait pas plus partie que la MSA (la sécu agricole) des « régimes spéciaux » régulièrement mis en cause !

Quelles réponses peuvent apporter les anticapitalistes aux difficultés des artisans ?

Nous ne proposons pas d’exproprier le coiffeur, le plombier ou le bistro. Les expériences dans ce domaine n’ont guère été concluantes… L’avenir passe à notre avis par l’organisation coopé- rative, mais on ne peut forcer la main : nous respectons le choix du travailleur indépendant qui n’exploite personne.

Les artisans doivent vivre de leur travail sans se tuer à la tâche et rester présents sur tout le territoire. Il s’agit d’encourager leur activité, y compris par des aides à l’installa- tion, par exemple dans la transformation locale de produits agricoles, et de desserrer l’étau de l’endettement par des crédits à bon marché. Nous voulons rendre aux collectivités locales et aux établissements publics leur capacité d’investissement, supprimer la TVA qui alourdit la facture des particuliers et imposer un prix plancher aux ­entreprises qui sous-traitent.

Aucune pension de retraite ne doit être inférieure au SMIC.

Quant à l’aide aux démarches et déclarations administratives, elle doit être assurée gratuitement par les services publics.

https://poutou2017.org/

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11 mars 2017 ~ 0 Commentaire

lactalis (la conf’)

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L’ogre qui s’assoit sur les droits des paysans

La rupture unilatérale par Lactalis des contrats le liant avec cinq de ses producteurs de lait illustre l’urgence de constituer des organisations de producteurs indépendantes des laiteries pour défendre des éleveurs et des éleveuses fragilisés par la mauvaise mise en œuvre de la contractualisation en France.

Lactalis a toujours eu une politique d’approvisionnement basée sur une forte dépendance des producteurs, « engagés dans la politique d’entreprise » (tanks mis à disposition, groupements de producteurs « maison »…). La contractualisation mise en place en 2012 avec celle du Paquet Lait européen a accentué l’asservissement des producteurs et leur dépendance économique vis-à-vis de leur laiterie. Lactalis, connu pour sa politique dure envers ses propres salariés, en profite pour inclure des clauses abusives dans les contrats, dont celle portant sur l’interdiction d’atteinte à l’image de l’entreprise.

C’est sur cette base que Lactalis a signifié fin janvier à cinq producteurs qu’il mettait fin à leur collecte après que ceux-ci ont témoigné des pratiques de l’entreprise dans un reportage diffusé dans l’émission Envoyé Spécial (France 2, le 13 octobre 2016) qui enquêtait sur l’empire Lactalis et son PDG Emmanuel Besnier. « S’il vous appartient d’être en désaccord avec notre politique d’approvisionnement lait, celle-ci reste cependant de notre ressort et ne peut en toute hypothèse faire l’objet d’un tel dénigrement », peut-on lire sur un courrier  « explicatif » envoyé à l’un des éleveurs. Un préavis de douze mois est donné aux cinq producteurs concernés.

« Quel avenir pour la défense des producteurs dans ce contexte-là ? », s’interroge la Confédération paysanne (1), estimant qu’il « serait temps d’entendre enfin nos demandes pour des organisations de producteurs qui défendent et protègent réellement les paysans ». Suite à la diffusion du reportage d’Envoyé spécial Emmanuel Besnier a également dénoncé des « attaques injustifiées » et une atteinte à sa vie privée (images de son château dans la Mayenne), lançant depuis plusieurs procédure devant les tribunaux, dont deux au fond restant à traiter (2). Les cinq producteurs ont quant à eux trouvé une solution : ils seront collectés par la laiterie Saint-Denis L’Hôtel (LSDH) et leur lait sera commercialisé sous la marque «  C’est qui le patron ? ». Ils profitent au passage d’une meilleure rémunération de leur lait.
Mais l’épisode de leur rupture de contrat par Lactalis reste grave. Rappelons que le prix payé par la firme en 2016 a été excessivement bas, calé au centime près avec celui du géant « coopératif » Sodiaal (3), montrant par la même occasion l’inefficacité des actions menées à la fin de l’été 2016 contre l’usine de Laval, siège de Lactalis, dont la Fnsea a salué l’issue des négociations qui en résultait (4).

La Confédération paysanne a de son côté porté plainte en 2016 dans une dizaine de départements pour extorsion contre plusieurs laiteries, dont Lactalis. L’iniquité des contrats laitiers actuels ne fait aujourd’hui plus de doute : harcèlement moral, abus de dépendance économique, entrave à la liberté syndicale… Mais dans les campagnes, le mal est fait. La quasi-totalité des producteurs livrant à Lactalis n’ose plus s’exprimer. Sans revenus, sans perspectives d’avenir, de plus en plus isolés, on leur retire maintenant la liberté de parole et d’action.

L’enseignement à tirer de ces agissements de Lactalis est l’urgence de remettre des systèmes de régulation des marchés laitiers et des mécanisme de répartition des richesses à tous les niveaux, par l’implication renouvelée des pouvoirs publics. Le désengagement des pouvoirs publics est en effet la première cause des pratiques de telles entreprises multinationales .

Victor Pereira,
animateur national du pôle « laits »

vache decouvreherbe-
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Le leader mondial des produits laitiers
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Lactalis a construit sa fortune avec le lait des producteurs français. C’est le 19 octobre 1933 qu’André Besnier commence la fabrication de ses premiers fromages à Laval, avec un salarié. En 1968, le camembert Président est lancé, déjà sous la présidence de Michel Besnier, fils d’André. Besnier acquiert Lactel en 1984 puis le groupe Bridel en 1990 et Roquefort Société en 1991. La société Besnier devient le groupe Lactalis en 1999. En 2000, l’actuel PDG Emmanuel Besnier prend la succession de son père.
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Puis, c’est le boom à l’international : rachat en 2006 du groupe italien Galbani (2 milliards d’euros), création d’une coentreprise avec Nestlé pour les yaourts et desserts laitiers frais (marques La Laitière, Sveltesse, Flanby…), rachat du fabricant suisse Baer en 2008, acquisitions majeures en Espagne en 2010 (Forlasa, Puleva et Sanutri). En 2011, Lactalis devient le leader mondial des produits laitiers en prenant le contrôle du géant italien Parmalat. Puis les rachats d’entreprises se poursuivent aux quatre coins du globe (Tirumala Milk en Inde, AK Gida en Turquie, Brésil, Mexique, Europe de l’Est…) tout en consolidant sa place dans les AOC* normandes avec l’acquisition de Graindorge en juin 2016..

(1) Communiqué de presse du 30/1
(2) Une assignation en atteinte à la vie privée et une plainte en diffamation
(3) L’Eleveur Laitier, janvier 2017
(4) La Fnsea, la FNPL* et Jeunes Agriculteurs affirmaient lors de leur communiqué suite à leur action que « le combat légitime des producteurs de lait a fini par payer »

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http://www.confederationpaysanne.fr/

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10 mars 2017 ~ 0 Commentaire

cocos de paimpol (npa bear lannuon gwengamp)

coco

Coco de Paimpol, Réflexion sur un article paru dans Le Tregor

Réflexion du comité NPA Lannuon Gwengamp Bear, suite à l’article paru dans l’hebdo « Le Tregor » en date du 3 février 2017.

Alors que la quatrième séance de négociation entre la Fédération Départementale des Syndicats d’Exloitants Agricole (FDSEA), les producteurs de cocos paimpolais et les syndicats CGT, CFDT et CGC doit se tenir cette semaine sous l’égide de la DIrection Regionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (DIRECCTE), nous revenons sur un article paru dans l’hebdo de Lannion, Le Tregor.

Rappellons un peu la génèse de cette affaire:

Les producteurs de haricots « coco pampolais » ont créé une Appellation d’Origine Protégée (AOP) dont la commercialisation est structurée par une coopérative «  de vente » l’Union des Coopérative de Paimpol et de Tréguier (UCPT). Coopérative qui n’en a que le nom car elle est entièrement aux mains de l’agro business local, lui même tenu idéologiquement par la FDSEA.

Extraits du TREGOR :

Les Ministères du Travail et de l’Agriculture, poussés par les syndicats (CFDT, CGT, CFE-CGT) souhaitent que, désormais, les producteurs de coco de Paimpol tiennent un registre des horaires et payent les ramasseurs au SMIC. Ce à quoi les producteurs s’opposent. Si ces nouvelles conditions devaient s’appliquer, ils menacent de ne pas semer au printemps.

Un rapport dans les champs

Traditionnellement, cette récolte se fait à la « tâche », chaque ramasseur étant rémunéré à la pesée du produit sur la base de 130 kg pour 7 heures de travail et 0,45 euros net du kg. La rémunération au rendement permet une certaine souplesse d’horaires dans les champs et paye au plus juste les prestations de chacun, sans exclure personne, estiment les producteurs.

A gros plumeur, meilleur salaire, mais un plumeur peu expérimenté pourra aussi travailler en passant plus de temps dans le champ. Les syndicats dénoncent, de leur côté, « le niveau de rendement imposé pour être rémunéré au SMIC ». Un constat repris par la DIRECCTE qui s’appuie sur un rapport datant du 7 décembre 2016, rapport dont nos confrères de l’hebdomadaire Le Trégor se sont procurés une copie.

Aucun horaire de travail enregistré

Premier constat, jusqu’à maintenant, aucun relevé horaire n’était tenu, employeurs et salariés reconnaissant une liberté d’horaire en début comme en fin de travail, « aussi bien pour travailler plus de 10 heures par jour que pour ne travailler que des demi-journées ».

Pour autant, la majorité travaille de 8h à 17h, avec une pause repas dans le champ, en ame- nant leur siège, leur parasol et leur glacière avec nourriture et boisson. « Dans deux exploi- tations, quelques salariés ont travaillé 12 jours consécutifs », pointe le rapport. Surtout, des ramassages ont eu lieu le dimanche dans cinq exploitations, ce que la convention collective interdit.

Problème, la rémunération à la tâche ne dispense pas les employeurs de tenir un registre des horaires, rappelle l’inspectrice. Or, « aucun employeur n’a procédé à un enregistrement des horaires de travail alors que les salariés sont employés selon des horaires non-collectifs », conclut l’enquête ; et ce malgré un rappel de cette obligation adressée aux producteurs en début de saison.

Un salaire horaire inférieur au Smic

Un point en lien direct avec la question de la rémunération : «Les salariés saisonniers embau- chés sous CDD à temps plein ne perçoivent pas la rémunération correspondant au temps plein», constate l’inspectrice. En effet, les salariés sont rémunérés au poids (0,45 euros minimum le kilo en 2016), sur une base de 130 kg pour 7 heures de travail (le Smic étant donc atteint avec 127,48 kg ramassés).

Or, le rapport établit que sur la base de 424 salariés, le poids moyen journalier est de 114,80 kg par salarié. Soit un salaire horaire de 8,71 euros (alors que le Smic est de 9,67 euros). De surcroît avec des balances non vérifiées, sans délivrance de justificatif de pesée au salarié, et sans majoration de salaire le dimanche ou un jour férié malgré la convention collective…

L’enjeu de la négociation est de taille, car il impacte la rémunération de plus de 2 000 saison- niers. Ceux ci sont payés à la tâche plus précisément au poids de haricot coco ramassé. Cela varie de façon importante, puisque des plumeurs aguerris peuvent dans des conditions optima- les faire 200 kgs voir plus en une journée. Le tarif applicable en 2016 était de 0,45 cts d’euro du kg. Le taux est fixé par un avenant à la convention collective « polyculture élevage des Côtes d’Armor ». Jusqu’à cette année 2016, les employeurs appliquaient donc une dérogation au SMIC sur la base d’une réglementation d’un article du code rural.

Or pendant cette saison, la contestation de ce mode de rémunération est venue de plumeurs individuels et de la CGT locale* qui avait mené un travail en direction des saisonniers, notam- ment sur les conditions d’hébergement des travailleurs étrangers et des conditions de travail dans les champs. En effet, bien que se targuant de faire du social, les paysans locaux ne fournissent aucun dispositif permettant de se laver les mains, d’avoir accés à de l’eau potable en plein été, ni de toilette. Or une partie importante des saisonniers sont des femmes. L’hygiène et la sécurité sont des éléments indépassables dans l’horizon des agriculteurs bretons…..

Dans les champs de cocos le SMIC doit il être appliqué?

Oui disent la CGT, rejoint par la CFDT et la CGC qui participent aux négociations départe- mentales. Non dit la FDSEA. Paradoxe : la DIRECCTE affirme aussi que le Ministère du travail est pour le contrôle des horaires de travail et la rémunération au SMIC pour le salarié qui n’arrive pas à ramasser ses 17 kilogrammes à l’heure. D’un commun accord sur proposition de la DIRECCTE et de la CGT le cabinet du Ministre de l’agriculture a été sollicité.

La réponse est tombée fin janvier 2017, et ce malgré un important travail de lobbying de la FNSEA, les agriculteurs sont sommés de contrôler les horaires de travail de chaque saisonnier.

Il n’est pas inutile de préciser que la CGT avait déjà interpellé le Ministre de l’agriculture lors de sa visite à Guingamp le 15 septembre 2016. Et qu’elle menaçait de faire dire le droit en s’appu- yant sur une quarantaine de dossiers qu’elle entendait déposer devant le Conseil des prud’- hommes de Guingamp. Plus encore, la CGT entendait poser une QUESTION PRIORITAIRE DE CONSTITUTIONALITE sur l’application du Code Rural en matière de rémunération dérogatoire.

Et les positionnements politiques dans tout cela ?

La députée de Lannion Corinne ERHEL au PS, mais qui soutient Macron navigue pour les employeurs, et organise des visites avec le Préfet dans les champs en août 2016, en déclarant qu’il faut payer «  à peu près le SMIC », position pour le moins ambiguë de l’Etat!…. A droite silence radio mais rien d’étonnant…

Du côté du PCF : dérive droitière de Xavier Compain, du P« C»F.

Xavier Compain est membre du Conseil national du PCF chargé de l’agriculture . Il est Secré- taire régional du PCF Bretagne et a été tête de liste aux dernières élections régionales. Il y a d’abords les positions « ambigües » de Xavier COMPAIN, positions exprimées dans le journal le TREGOR pendant l’AG de la coopérative UCPT. Nous citons: « Si vous avez besoin de brûler des pneux et des palettes , on sera avec vous ». Commentaire du journal: « alors que l’inquiétude est de mise dans les rangs des producteurs, Xavier COMPAIN, adjoint à PLOUHA , s’est enflammé pour exprimer le soutien des élus: l’assemblée n’en demandait pas tant ».

Première question sur la position de cet élu du PCF, peu regardant sur l’écologie : brûler des pneus et des palettes est-il environnementalement correct ?

Seconde question : où pense t-il allumer son feu? Devant la DIRECCTE à Saint Brieuc ou devant le siège de l’UL CGT de Guingamp ?

Troisième question : cet élu du PCF est il contre le paiement d’un minimum de salaire horaire soit le SMIC ? Il franchirait une ligne jaune que jamais personne dans le Parti de Thorez, de Duclot et de Marchais n’avait osé transgresser.

Mais il a aussi des positions plus claires mais pour le pire. Il a donné, lors des dernières élections régionales, une interview au site d’extrême droite BREIZH INFO, dont voici la teneur: Breizh Info : « Bien des Bretons, surtout dans les campagnes, constatent que les pouvoirs publics sont plus enclins à accueillir les migrants que de résoudre les problèmes de la ruralité. N’y a-t-il pas de bons et de mauvais pauvres ? »

Xavier Compain : Je connais par cœur ce sentiment d’abandon et ces difficultés. Il faut un accueil juste et humain, pas des casernements ou des colonies. Cela dit, je ne suis pas pour l’importation massive d’immigrés. « France terre d’asile », ça ne veut pas dire des cargos entiers. Comme quoi la dérive droitière que nous évoquons n’est pas conjoncturelle mais bien structurelle !

Le NPA suivra avec attention le dossier du coco paimpolais en plaçant au coeur des enjeux la mobilisation pour que le travail des saisonniers sortent de la précarité, que leur soit reconnus des droits complets à une juste rémunération et à des conditions de travail dignes. Cela englobe évidemment les saisonniers « étrangers » qui apportent par leur travail l’essentiel de la plus value capitaliste.

Mais cela pose aussi la nécessité d’en finir avec l’agriculture capitaliste et à ouvrir la perspective d’une agriculture paysanne respectueuse de la terre et des hommes qui y travaillent.

Thierry Perennes ( 9 mars 2017)

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09 mars 2017 ~ 0 Commentaire

guerre du lait (le télégramme)

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