Archive | Luttes ouvrières

15 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Grande distribution : « Les salariéEs ne sont pas tant mobiliséEs par des discours patronaux qu’immobiliséEs par leurs conditions de travail »

Grande distribution : « Les salariéEs ne sont pas tant mobiliséEs par des discours patronaux qu’immobiliséEs par leurs conditions de travail » dans Féminisme les-damnees-de-la-caisse

Entretien. Marlène Benquet, sociologue, publie un livre sur la grande distribution.

À travers une longue enquête de près de trois ans dans une des principales entreprises, l’auteure montre comment ce secteur a connu de profonds bouleversements au cours des dernières décennies. Du siège de la direction aux caissières des supermarchés, en passant par la principale organisation syndicale, ce regard d’ensemble permet de mieux comprendre le fonctionnement d’une telle entreprise.

Le groupe de grande distribution que tu as étudié, a profondément été transformé par l’apparition d’acteurs financiers. Comment vois-tu ce processus et ses conséquences ?
Depuis une vingtaine d’années en France, on voit se développer une financiarisation importante de l’actionnariat des entreprises. Des entreprises qui étaient jusqu’ici détenues par des actionnaires industriels ou familiaux passent entre les mains d’acteurs financiers, principalement des fonds d’inves-tissement. Les montants investis par les fonds en France ont été multipliés par sept entre 1999 et 2009. La spécificité des fonds, c’est qu’ils achètent les entreprises à crédit, avec deux types de capitaux : des emprunts bancaires remboursés chaque mois et des capitaux prêtés par des investisseurs institutionnels qu’il leur faut rendre au bout de quelques années en vendant l’entreprise. Leur objectif est donc d’abord de revendre l’entreprise rapidement en réalisant la plus-value la plus importante. De plus, ils ne peuvent supporter la moindre baisse de rentabilité de l’entreprise, qui les met en situation de ne plus pouvoir rembourser leurs emprunts. Les entreprises sont ainsi mises sous tension, et doivent générer le plus de cash possible dans un temps très court.

La grande distribution est l’un des plus gros employeur en France, pourtant la conflictualité semble assez faible dans ce secteur. Pourquoi ?
La grande distribution emploie environ 600 000 personnes en France. Carrefour est le premier employeur privé français, comme Walmart aux USA. Avec 2, 8 % de syndiqués, le secteur est l’un des plus faiblement syndicalisé. Il emploie très majoritairement des femmes, d’âge intermédiaire donc souvent en charge de jeunes enfants, avec des horaires de travail très flexibles, autant d’éléments qui rendent difficiles l’organisation d’actions collectives.  Cela dit, les choses changent. Depuis le milieu des années 2000, on a vu apparaître les premières journées interenseignes de grèves collectives, une journée d’action a été organisée le 8 avril 2011 au sein du groupe Carrefour, en juillet 2011 au sein du groupe Auchan et en avril 2013 chez Casino. Les organisations syn- dicales qui privilégiaient la négociation et la coopération avec le patronat, optent de plus en plus pour des stratégies contestataires et sont suivies par les salariéEs.

Tu décris une certaine « adhésion » des salariéEs à leur travail. Sur quoi cela repose-t-il ?
Je ne pense pas qu’il soit souhaitable de parler d’ « adhésion » des salariéEs aux objectifs de l’entreprise. Ils ne sont pas tant mobilisés par des discours patronaux qu’immobilisés par leurs conditions de travail. Le présupposé du consentement à la domination est très présent dans le champ des sciences sociales ainsi que dans l’extrême gauche, notamment via la notion d’aliénation. Il me semble plus utile de décrire les dispositifs pratiques mis en place dans les entreprises pour empêcher la contestation. Ce que le patronat cherche à obtenir, ce n’est pas tant l’adhésion des salariéEs que leur travail effectif.

Propos recueillis par Pierre Baton
Marlène Benquet Encaisser ! Enquête en immersion dans la grande distribution, La Découverte, 20 euros.

Vendredi 14 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)


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14 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Commémoration de la résistance prolétarienne de Turquie des 15 et 16 juin 1970 (Al’e)

Commémoration de la résistance prolétarienne de Turquie des 15 et 16 juin 1970 (Al'e) dans Europe brief03

Photo: Coup d’état militaire

Dans la seconde moitié des années 1960, une montée des luttes ouvrières s’est affirmée en Turquie.

Sur le plan syndical, cela s’est traduit par la création du «Conseil de solidarité entre les syndicats» en 1967 qui a été à l’origine de la création du DISK: Con- fédération des syndicats ouvriers révolutionnaires. Les militants qui sont à l’origine de cette nouvelle expression du mouvement de classe viennent de l’in- dustrie du verre, de la métallurgie, des pneumatiques et de la presse. L’émergence de syndicats marque une rupture avec une structure syndicale offi- cialiste: le TÜRK-IS, lié aux structures du pouvoir.

Les mesures d’intimidation, les interdictions, la répression n’ont pas pu arrêter une vague de grèves dans les verreries, dans le textile de Kula. Les ouvriers du pétrole de la compagnie nationale vont mener une grève de trois mois. En 1968, les mineurs des mines de charbon de Zonguldak (mer Noire) ont réussi à imposer une convention collective. L’usine de pneumatiques Derby a été occupée. Les mineurs de lignite de la région de Corum ont fait 43 jours de grève. Comme ils n’étaient payés, ils ont organisé eux-mêmes la vente de charbon qu’ils ont extrait lors de la reprise de leur travail. Il a fallu la force militaire pour les faire plier. Les groupes nationalistes d’extrême droite se réorganisèrent dans le Parti du mouvement nationaliste (MHP) du colonel Türkes. Ce sont les célèbres «Loups gris» qui étaient leur bras paramilitaire. Face à cette montée ouvrière, le gouvernement Demirel prit des me- sures pour limiter les droits syndicaux et frapper le DISK qui regroupait 500 000 membres en 1970. Face à ces mesures, une grève fut lancée les 15 et 16 juin 1970. Ce fut un véritable soulèvement contre le pouvoir des patrons et de leur Etat. Le 15 juin, des dizaines de milliers de travailleurs descendent dans la rue. Le 16, le double occupe la rue, malgré la fermeture des routes, le blocage des ponts et l’arrêt des bateaux reliant les rives du Bosphore. Les ouvriers s’attaquent à la fonderie Haymak qui appartenait à un des frères du premier ministre. Des travailleurs sont tués. Des centaines sont blessés. La mobilisation prévue pour le 17 juin doit atteindre un nouveau seuil. La direction du DISK est débordée et son président, Kemal Türkler, lance un appel à la radio comme quoi les travailleurs ne doivent pas s’affronter à «l’honorable armée turque». Ce coup de frein va donner le feu vert à la réaction qui passe à l’offensive. Les militaires vont renverser le gouvernement Demirel et surtout s’attaquer aux travailleurs et travailleuses. C’est un coup d’Etat contre la classe ouvrière, à la différence des coups d’Etat précédents. S’installe alors un état d’urgence prolongé. Ce moment clé de l’histoire doit être rappelé et doit être le thème d’une éducation politique, de la construction d’une mémoire politique et d’un débat de stratégie.  Journée organisée par Bir-Kar de Lausanne

Dimanche 16 juin dès 13h30 Refuge du Laviau à Saint-Sulpice, rue du Centre 47  Journée organisée par Bir-Kar, Lausanne

Le Mouvement pour le socialisme, le site alencontre.org s’associent à cette commémoration.

http://alencontre.org/events/commemoration-de-la-resistance-proletarienne-de-turquie-des-15-et-16-juin-1970-lausanne-16-juin-saint-sulpice

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14 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Rosporden. Débrayage chez Boutet-Nicolas (OF)

Rosporden. Débrayage chez Boutet-Nicolas (OF) dans Concarneau, Fouesnant, Rosporden 130109103520043_7_000_apx_470_

La dernière réunion du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) à Boutet-Nicolas a lieu ce vendredi matin à Rosporden. Avec un dernier débrayage des salariés, postés à l’entrée de la Rocade nord, dès  8 h 30. Excédé par le déroulement du PSE, le personnel avait déjà débrayé jeudi matin, bloquant l’accès du site de la Rocade Nord, une partie de la journée.

« Rien n’a évolué »

« Rien n’a évolué au fil des réunions, déplorait hier Fabien le Corre, délégué CFDT du comité d’entreprise. Notre revendication principale, au sujet du reclassement interne, est le maintien du salaire, actuellement de deux ans seulement. On estime que le PSE est nettement inférieur à celui qui avait été négocié, lors de la fermeture en 2008, du site de Carhaix. À ce jour, la direction n’a rien accepté, hormis s’agissant de la mutuelle. »

« On va dénoncer le PSE » Après cette dernière réunion, le dossier du PSE sera déposé au tribunal de grande instance. « On va dénoncer à nouveau le PSE, trop faible, et insister sur l’absence de raison économique », annonce d’ores et déjà Fabien Le Corre. Samedi, à 10 h 30, à l’ancienne salle de la mairie, une assemblée générale réunira le personnel et les avocats. Faits de société vendredi 14 juin 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Rosporden.-Debrayage-chez-Boutet-Nicolas_40771-2202479-pere-redac–29232-abd_filDMA.Htm

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13 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Agroalimentaire en Bretagne : Doux, GAD, Marine Harvest, les licenciements continuent (LO)

Agroalimentaire en Bretagne : Doux, GAD, Marine Harvest, les licenciements continuent (LO) dans Luttes ouvrières bonnets-rouges

En Bretagne, les salariés des entreprises agroalimentaires sont touchés les uns après les autres par les licenciements.

À peine un an après le volailler Doux et ses 1 400 suppressions d’emplois, l’abattage de porcs est frappé à son tour. D’ici au 20 août, 850 emplois sont menacés aux abattoirs de porcs GAD de Lampaul-Guimiliau, dans le Finistère. Il s’agirait de s’adapter à la baisse de la production des élevages bretons selon la Cecab, le groupe agroalimentaire dont GAD est une filiale. Ce groupe, qui provient de concentrations dans le secteur des coopératives agricoles, assorties d’alliances avec des industriels privés comme GAD et Bigard, réalise un chiffre d’affaires de deux milliards et compte 7 000 salariés. Pour 2010, son résultat se montait à près de 20 millions d’euros. Mais que les groupes industriels de l’agroalimentaire soient juridiquement privés ou coopératifs, en accord avec la grande distribution, et avec l’appui des financiers, ils entendent bien que les salariés soient les premiers sacrifiés dans les affrontements qu’ils se livrent. Jusqu’à Christiane Lambert, la vice-présidente de la FNSEA, le syndicat agricole qui explique en se voulant porte-parole des éleveurs : « En ne fermant pas des outils désuets, on fait supporter aux producteurs un moindre prix du cochon. »

Et à côté, c’est le saumon dont on explique qu’il est aussi en crise. Le 4 juin, l’entreprise norvégienne Marine Harvest, leader mondial du marché, a annoncé lors d’un comité central d’entreprise une importante restructuration de son activité en Bretagne d’ici au premier semestre 2014. Le groupe, qui produit 300 000 tonnes de saumon frais par an et emploie plus de 6 000 salariés dans le monde, réalise environ deux milliards d’euros de chiffre d’affaires et fait 80 millions de bénéfices. Il n’en entend pas moins supprimer près de 450 emplois en fermant le site de Poullaouen près de Carhaix, qui compte 187 CDI et une centaine d’intérimaires, ainsi que celui de Châteaugiron en Ille-et-Vilaine, qui compte 125 CDI et une cinquantaine d’intérimaires. Selon son directeur Europe, Maiko Van der Meer, le contexte serait défavorable aux deux sites bretons d’emballage de saumon. Pourtant, le groupe se porte si bien qu’il vient de racheter le Polonais Morpol, numéro un mondial du saumon fumé. Alors pourquoi les salariés devraient-ils le croire et se résigner ? « On nous jette dehors comme des chiens », s’indignait une salariée dès l’annonce de la nouvelle et, vendredi 7 juin, c’est ce qu’ont exprimé les salariés de Poullaouen en débrayant pendant que les commerçants de Carhaix baissaient leurs rideaux par solidarité. Mardi 11 juin, 500 salariés des abattoirs GAD ont manifesté et envahi le siège de l’entreprise, tandis qu’une centaine de salariés de Doux se rendaient au siège, à Châteaulin, pour avoir des explications. La politique des patrons ne doit pas passer !

Correspondant LO http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2341&id=32

Commentaire: Unité , coordination, centralisation des luttes! Interdiction des licenciements!

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13 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Technicolor Rennes : débrayages sur les salaires (LO)

Technicolor Rennes : débrayages sur les salaires (LO) dans Luttes ouvrières technicolere

À Technicolor Rennes, la politique salariale de la direction ne passe plus.

Depuis une semaine, plusieurs débrayages ont eu lieu, rassemblant à chaque fois près d’une centaine de salariés sur les 500 que compte le centre. Cette année encore, la direction propose une enveloppe si maigre qu’elle signifie, pour les deux tiers du personnel, un blocage des salaires. Cela avait déjà été le cas l’an dernier. La direction avait alors expliqué qu’elle préférait, vu la maigreur de l’enveloppe, réserver les augmentations à quelques-uns de façon à pouvoir quand même distribuer des augmentations significatives. Les autres ayant un zéro pointé. Elle remet donc ça cette année, qualifiant sa politique de « discriminante ». Cette politique, cherchant grossièrement à opposer quelques dizaines de salariés recevant « généreusement » quelques pour cent d’aug-mentation à la majorité des autres, a eu pour principal effet d’énerver tout le monde. D’autant plus que dans le même temps, des membres de la direction du groupe s’octroient des 30 %, 70 %, voire plus d’augmentation, avec des enveloppes de plusieurs millions d’euros. On parle de plusieurs dizaines de millions d’euros pour les 200 principaux cadres du groupe. Quant au PDG, sa rémunération serait en hausse de près d’un million d’euros, passant au total à près de trois millions d’euros. Technicolor continue d’être une bonne affaire pour les banques qui, cette année, toucheront 250 millions d’euros de remboursement anticipé de la dette. Et, logiquement, le PDG et ses comparses touchent leur part de butin. Mais cela se fait au prix d’une politique de démantèlement du groupe et de casse de l’emploi. Technicolor (ex-Thomson) n’a cessé de voir fondre ses effectifs depuis des années, passant en dix ans de 60 000 à 15 000 employés dans le monde, dont un millier en France. L’an dernier, c’était la fermeture de l’usine d’Angers (350 emplois) et la suppression de plus de 150 emplois à Rennes. Cette année, c’est la partition en deux filiales du centre de Rennes, avec peut-être la vente de l’une d’entre elles d’ici à la fin de l’année. Alors ceux qui relèvent la tête en décidant de s’opposer à la politique de la direction en lui disant « ça suffit » ont mille fois raison de le faire. Ils ouvrent la voie à tous les autres.

Correspondant LO http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2341&id=28

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11 juin 2013 ~ 0 Commentaire

ArcelorMittal : toujours le capital contre le travail

 

ArcelorMittal : toujours le capital contre le travail dans Luttes ouvrières full_metal_racket_arselor_mittal_fake_sblesniper_600-214x300

Comme toutes les entreprises du CAC 40, ArcelorMittal se porte très bien. Le premier trimestre a généré un chiffre d’affaires de 1, 6 milliard de dollars et, que les actionnaires se rassurent, les prévisions sont à la hausse !
Mittal, 6e fortune mondiale, participe pleinement à l’économie capitaliste qui permet le transfert des richesses depuis notre classe à celle de la bourgeoisie. En France, les hauts-fourneaux de Florange ont été coupés en alimentation gaz et ne pourront plus redémarrer. Dans le même temps, les discussions ont débuté pour le sort des 629 salariés des hauts-fourneaux. Mittal a profité de sa soi-disant convocation par les députés pour transformer cette invitation en tribune et dénoncer le coût du travail, notamment le prix de l’énergie !À Liège, le gouvernement wallon fait le même coup qu’en France récemment et laisse croire à un possible repreneur intéressé. ArcelorMittal est même allé jusqu’à demander une étude pour raser les hauts-fourneaux et ainsi empêcher toute reprise. Et comme en France, le gouvernement belge s’aplatira devant Mittal. Au Luxembourg, même stratégie, réduction des capacités de production et attaques des acquis sociaux. En Algérie, le gouvernement avait privatisé le complexe sidérurgique d’El-Hadjar, à Annaba, au profit de Mittal. En 2012, après que Mittal a saigné l’outil de travail sans investir, ce gouvernement a subventionné le groupe privé à hauteur de 140 millions d’euros pour sauver le site, en vain. En février 2013, il a renationalisé le site en versant 200 millions de dollars à Mittal, engraissant un trust capitaliste avec de l’argent public.

*
Mêmes attaques, mêmes intérêts
La stratégie de la multinationale est claire : réduire l’offre d’acier en tant que leader mondial, afin de faire monter les prix de vente. Dans un rayon de 200 km, entre Liège, Florange et Luxembourg, plus de 7 000 travailleurs subissent les mêmes attaques de la même direction. Face à ces attaques de la classe possédante, une stratégie de lutte allant au-delà des sites et des frontières est indispensable. Le combat des salariés d’ArcelorMittal doit également rejoindre celui des autres entreprises en lutte. Pour cette convergence des luttes, ce seront les travailleurs eux-mêmes qui créeront les liens nécessaires à l’union des luttes en cours. Les directions syndicales nationales n’ont jamais défendu cette stratégie, préférant défendre leurs intérêts dans les institutions, se sentir considérés comme « partenaire social » par le Medef. La grève générale reste un objectif à construire comme première étape d’un renversement du rapport de forces. Pour Florange et les autres, continuons à porter nos revendications : expropriation des moyens de production, sans rachat ni indemnité, mise sous contrôle des travailleurs, convergence des luttes et internationalisme.
Cédric (NPA Lorraine Nord )Dimanche 9 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 198 (06/06/13)

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11 juin 2013 ~ 0 Commentaire

IBM : « serial-destructeur » d’emplois depuis vingt ans

IBM :

Le mercredi 24 avril 2013, l’annonce en Comité central d’entreprise d’un plan social de 1 400 suppressions d’emplois à IBM France n’est pas vraiment une surprise.
IBM France, c’est vingt ans de destruction d’emplois. En 1992, il y avait 24 000 emplois IBM propres et 8 500 pour les sociétés rachetées et « digérées ». À ce jour, il en reste 8 800, soit en vingt ans seulement 27 % maintenus ! Sur les 73 % supprimés, 69 % sont définitivement détruits et 4 % maintenus dans d’autres sociétés. Il n’y a pas eu de plan social à IBM France. Depuis 2005, les suppressions d’emploi sont continues… mais le plus souvent hors de la légalité. Ainsi, fin 2009, la Direction départementale du travail et de l’emploi a bloqué les ruptures conventionnelles massivement pratiquées par IBM France. En 2012, c’est l’avalanche de vrais/faux licenciements pour faute grave, au préjudice des Assedic. Les pressions à la démission, le harcèlement pour pousser au départ après burn-out sont le lot quotidien des salariéEs d’IBM France, victimes de la « gestion » des « ressources humaines » par le stress. Et à ce jour, plusieurs suicides font l’objet d’enquêtes CHSCT.
Ni une nouveauté ni une surprise
Les 700 emplois à supprimer chaque année en 2013 et 2014 figurent en clair dans le plan Gestion prévisionnelle de l’emploi et des carrières. PSE ou non, c’est la seule inconnue qui reste… Tout est clairement sous-entendu dans la « Roadmap 2015 » d’IBM. Un objectif : passer, en 5 années, le bénéfice par action de 11 $ US à 20 $ US. Une stratégie : se concentrer sur les pays émergents, en y concentrant les forces de travail (salaires faibles, mais fortes compétences), et en se spécialisant sur les secteurs à retour sur investissement massif et rapide. Il y a 20 ans, IBM était une entreprise intégrée, couvrant tous les domaines de l’informatique : composants électroniques, machines, logiciels, services. Elle a abandonné des secteurs rentables pour se concentrer sur les seuls services, et se transforme maintenant en « machine à cash ». Ce plan de destruction massive n’est absolument pas justifié, vu les bénéfices réalisés ces dernières années. Il faut donc se préparer à lutter contre la destruction de l’emploi et de l’outil de travail, même si certainEs salariéEs y voient une opportunité pour quitter IBM.
Christian Agon Dimanche 9 juin 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 198 (06/06/13)

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07 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Grève générale en Bolivie

Grève générale en Bolivie dans Altermondialisme image011-300x225 Les mineurs boliviens ont des traditions

Jeudi 23 mai, la Bolivie en était à son 19e jour de grève générale.

Le mouvement a commencé à l’initiative des syndicats de mineurs, soutenus par la COB (Centrale ouvrière bolivienne, confédération syndicale qui réunit deux millions de travailleurs). Leur principale exigence est que le montant des retraites soit porté à 100 % du dernier salaire, au lieu de 70 % actuellement. L’espérance de vie du mineur bolivien est particulièrement faible. Les militaires et les responsables de la police perçoivent déjà une pension de retraite à 100 %. Le 22 mai, les députés ont quant à eux augmenté leur salaire de 20 %.

Les mineurs ont entraîné avec eux d’autres secteurs du salariat, les plus nombreux, organisés et combatifs :

enseignants, personnels de santé et ouvriers de l’industrie. Les manifestations, blocages de routes, occupations, affrontements avec la police sont quotidiens. Plus de 500 grévistes ont été emprisonnés et on a relevé chez eux le premier mort. Les mineurs répliquent à la violence policière avec l’outil de travail qui est aussi leur arme historique : le bâton de dynamite. Non seulement le gouvernement d’Evo Morales refuse toujours d’accéder aux reven- dications – ce qui impliquerait de sa part d’augmenter les cotisations patronales , mais il s’est livré à une attaque vicieuse contre les grévistes. Le 16 mai, Morales déclarait ainsi que « certains dirigeants de la COB frappent aux portes de l’état-major [des armées] en vue de fomenter un coup d’Etat ; ils ré- clament maintenant à cor et à cris que la police se mutine pour qu’il y ait un coup d’Etat ; ce n’est plus une revendication, c’est une action politique ; c’est pourquoi j’appelle tous les camarades à défendre d’abord la démocratie et à défendre ce processus de changement. » Et d’appeler ses partisans, en par- ticulier les organisations paysannes qui le soutiennent encore, à descendre à leur tour dans la rue, contre la COB et les travailleurs en lutte.

barricada-300x259 dans International

Il y aura un avant et un après cette grève. Dès à présent, deux grands enseignements peuvent en être tirés.

Le premier est que la classe ouvrière bolivienne est de retour. Les grandes mobilisations populaires et les mouvements semi-insurrectionnels du début des années 2000, dont le débouché institutionnel fut l’élection de Morales à la présidence, étaient fondamentalement le fait des paysans (dont les cocaleros, producteurs de feuilles de coca) et de secteurs urbains marginalisés. Le mouvement ouvrier, avec toujours à son avant-garde les mineurs, reprend au- jourd’hui le fil d’une geste révolutionnaire qui est incomparable dans l’histoire des luttes du continent. Le second est que le projet de ce « capitalisme andin » , plus ou moins indépendant de l’impérialisme et plus ou moins démarqué du néolibéralisme, théorisé par le vice-président Garcia Linera, rencontre désor- mais ses limites. Plus généralement, si l’on considère aussi la crise du régime chaviste consécutive à la mort de son fondateur, ou le discrédit croissant qui frappe le régime Kirchner en Argentine, la question est posée de savoir si l’on n’est pas en train d’assister au début de la fin du « progressisme » latino-américain. Si c’était le cas, les responsabilités du mouvement ouvrier n’en seraient que plus écrasantes. Sa capacité ou non à offrir une alternative, en re- groupant autour de lui tous les secteurs exploités et opprimés, sera décisive. De ce point de vue, il convient de suivre de près – et naturellement de sou- tenir – le processus que la COB vient d’engager vers la formation d’un Parti des travailleurs. 

Par Jean-Philippe Divès Mardi 4 juin 2013 Publié dans : Revue Tout est à nous ! 44 (juin 2013)

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25 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Amnistie des syndicalistes!

Amnistie des syndicalistes! dans Justice & libertés roanne

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23 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Après le scandale de l’amiante, le combat des salariés du cadmium (Bastamag)

Après le scandale de l’amiante, le combat des salariés du cadmium (Bastamag) dans Luttes ouvrières cadmium

Les intoxications au cadmium sont reconnues comme des maladies professionnelles depuis 1973.

Ce métal est utilisé dans la fabrication des batteries, des piles ou des accumulateurs. L’inhalation de fumées d’oxydes de cadmium peuvent avoir des conséquences très lourdes : maladies des bronches et des poumons, maladies des reins, ostéoporose… Il est aussi classé comme cancérogène certain. Cela ne semble pas avoir inquiété la direction de l’usine SAFT [1], le « champion français des batteries », à Nersac (Charentes). Les premières mesures de prévention n’y ont été mises en œuvre qu’à partir de 2003 ! L’entreprise y fabrique des batteries au nickel cadmium depuis 1974, avant de produire des batteries Lithium-ion pour véhicules électriques. Et semblait ignorer les effets toxiques d’un composant clef de son activité ! C’est ce que met en évidence une enquête fouillée publiée par Mediapart le 22 mai [2], décrivant un nouveau scandale sanitaire en puissance. Durant 29 années, les salariés ont utilisé sans précaution ce produit, alors que  l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’alarmait des dangers inhérents à son accumulation dans l’organisme dès 1973. Cette même année, les pathologies liées à l’exposition au cadmium font leur entrée dans le tableau des maladies professionnelles de la sécurité sociale.

Filiale « non stratégique » ou une cession opportune ?

En 2006, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l’usine de Nersac s’aperçoit que les seuils d’exposition sont différents de l’usine de Bordeaux (10µg/L de sang à Nersac contre 5 à Bordeaux). Le suivi médical des salariés de Nersac est assuré par un « spécialiste » du cadmium, le Professeur Alfred Bernard (Université de Louvain), qui recommande [3] un taux maximum d’exposition de 5µg mais n’utilise étrangement jusqu’en 2011 que le seuil de 10µg, décrit Mediapart. Le changement de seuil rendra 82 salariés (sur les 340 de l’usine) inaptes à assumer un poste exposé. Et un cas de cancer broncho-pulmonaire a déjà été reconnu comme maladie professionnelle. Tout ceci n’est évidemment sans aucun rapport avec le fait que SAFT a décidé de se séparer de cette usine jugée aujourd’hui « non stratégique ». La société française d’investissement Fin’Active a été « sélectionnée comme acquéreur préférentiel » en janvier 2013, pour une somme inférieure à la valeur du site de production. Une reprise que contestent les syndicats : un référé visant « l’interdiction de cette cession au motif qu’elle peut compromettre la santé et la sécurité des salariés », est examiné par le tribunal de Bobigny. « Quand on a su que les patrons voulaient brader 329 salariés pour un euro après 35 ans d’ancienneté, de trois-huit et de pollution, on est devenus fous. (…) Notre espérance de vie, elle ne s’allonge pas contrairement à ce que dit François Hollande. Et la retraite, on n’est pas sûrs de l’atteindre », s’indigne le secrétaire du comité d’entreprise Gérard Quélard (CGT). Si l’absence de mesures de sécurité depuis 30 ans se confirme, la « faute inexcusable de l’employeur » pourrait être reconnue à l’encontre de SAFT et de son ancien partenaire, l’états-unien Johnson Controls, copropriétaire de l’usine jusqu’en janvier.

Par Mathieu Lapprand (23 mai 2013) Notes

[1] Société des accumulateurs fixes et de traction.

[2] A lire ici (accès payant)

[3] D’après un article qu’il publie en 1992.

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