Archive | Luttes ouvrières

06 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Saint-Herblain, ils vont former leurs successeurs polonais… avant d’être licenciés (LT+OF)

Saint-Herblain, ils vont former leurs successeurs polonais... avant d'être licenciés (LT+OF) dans Hollandie zoom-287624-jeu-plan-social-jeu-de-cartes-prefere-des-grands-patrons

A Saint-Herblain (44), les salariés du groupe américain Newell Rubbermaid (stylos Waterman, Reynolds, Parker…) se disent « choqués » par une mesure qui va obliger plusieurs d’entre eux, comme plusieurs de leurs collègues de Valence (Drôme), à former leurs successeurs polonais… avant d’être licenciés.empty dans Luttes ouvrières

« C’est choquant pour tout le monde. Licencier des gens et leur demander de former les salariés étrangers, c’est vraiment n’avoir aucun scrupule », a déclaré, à la sortie de l’usine, Jacqueline Morisson, déléguée CGT. Derrière elle, plusieurs dizaines de salariés étaient en débrayage ce jeudi matin, devant leur usine de Saint-Herblain (44), afin de demander de meilleures conditions de départ pour le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui va toucher une centaine de personnes du groupe Newell Rubbermaid en France.

« Ils sont exploités au même titre que nous » Les personnes qui devront former leurs successeurs polonais avant d’être licenciées sont près d’une dizaine dans la Drôme et 13 à Saint-Herblain, toutes au sein du service clients. « Le personnel n’a rien contre les salariés étrangers, ils sont exploités au même titre que nous, mais le côté humain n’a pas été pris en compte du tout. La direction a juste dit : « Si les salariés acceptent, on leur octroie une prime de 1.000 €’ », a indiqué Jacqueline Morisson. « Ça fait quatre plans de licenciement depuis 2007, c’est bien pour nourrir les actionnaires, ils pompent sur le site le plus possible jusqu’à l’épuisement. Ils feraient bien mieux de mettre de l’argent pour innover, pour développer les ventes ».


Des salariés angoissés Plusieurs salariés du service clients concernés par cette mesure de formation n’ont pas souhaité répondre à la presse, angoissés par les difficultés à venir pour retrouver un emploi. « Il y a deux ans, quand le groupe a fermé l’usine Parker à New Heaven (Royaume-Uni), ce sont des Français qui sont allés là-bas pour être formés et revenir avec les machines, et l’usine est fermée là-bas », a rappelé sur place Thierry Cormerais, délégué central CFDT. Et d’ajouter : « C’est pas une logique française, mais c’est un groupe américain et, eux, ils fonctionnent comme ça ». * Il est spécialisé dans le matériel de bureau et d’écriture. Il possède de très nombreuses marques, dont Parker, Reynolds, Waterman, mais aussi des marques d’outillage ou de matériel de puériculture comme Graco. AFP 5 septembre 2013 à 14h26

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/nantes/saint-herblain-ils-vont-former-leurs-successeurs-polonais-avant-d-etre-licencies-05-09-2013-2223679.php

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Waterman.-Des-salaries-polonais-formes-par-leurs-collegues-nantais_40815-2225884_actu.Htm

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30 août 2013 ~ 0 Commentaire

Le lock-out de Dublin en 1913 (CQFD)

Le lock-out de Dublin en 1913 (CQFD) dans Europe nli-exhibition2

Août 1913, Dublin. Toutes les discussions politiques tournent autour de la question de l’indépendance, de la défense de la culture et de la religion catholique.

Mais, soudain, et seulement pour quelques mois, la question sociale supplante avec violence la question nationale, redistribuant les cartes politiques sur des bases jamais vues dans le pays et qu’on ne reverra plus.

 Tout commence avec l’arrivée à Dublin de James « Big Jim » Larkin. « God sent Larkin in 1913, a labor man with a union tongue / He raised the workers and gave them courage ; he was their hero, the worker’s son » [1], chanteront les Irlandais en sa mémoire. Il crée un syndicat de masse pour les ouvriers, l’Irish Transport and General Workers Union (ITGWU). Face à lui, William Murphy, le très catholique et indépendantiste dirigeant du patronat dublinois, réagit radicalement : renvoi des ouvriers arborant le badge de l’ITGWU et obligation pour tous les travailleurs de signer un document par lequel ils s’engagent à ne jamais adhérer au syndicat. La grève éclate, d’abord dans les tramways dirigés par Murphy, puis sur les docks et gagne, par solidarité, rapidement les filatures… toute la ville. Jusqu’à la fin de l’année, Dublin est complètement paralysée.

Tous les grévistes ne partagent pas les idéaux révolutionnaires de Larkin!  C’est la défense des ouvriers licenciés et le refus de se soumettre au diktat de Murphy qui animent les premières revendications. Un meeting était interdit ? Les grévistes occupaient la rue et l’organisaient quand même, défiant le pouvoir, le patronat et les charges policières qui laissent derrières elles de nombreuses victimes. C’est toute la société irlandaise qui se retrouve coupée en deux selon une ligne de fracture toute nouvelle : d’un côté pour les ouvriers en grève, de l’autre pour l’ordre et William Murphy. Indépendantistes ou unionistes, catholiques ou anglicans, irlandais ou anglo-irlandais, se retrouvent dans les deux camps, entre ceux prêts à mourir pour leur cause et ceux prêts à les affamer.

D’ailleurs, le pain devient très vite le nerf de la guerre. Des comités d’aide aux grévistes, souvent animés par les femmes issues des mouvements nationalistes et féministes, comme l’actrice Maud Gonne ou Constance, « la Comtesse Rouge »,  Markievicz, organisent des soupes populaires « rouges » ou de « charité ». Des chargements de nourriture sont envoyés par les syndicats anglais. Et c’est là que l’Église catholique réveille son vieux démon : cette charité internationaliste ressemble trop à un complot pour convertir ses ouailles aux diaboliques athéisme et pire, protestantisme. Avec le projet des syndicalistes d’envoyer en Angleterre les enfants affamés de Dublin pour les sauver, la coupe est pleine ! Walsh, l’évêque de Dublin, dira : « Elles ne méritent plus le nom de mères catholiques si elles oublient leur devoir au point d’envoyer leurs enfants dans un pays étranger… » L’Église reçoit le soutien de quelques grands noms de la cause nationaliste comme Arthur Griffith, fondateur du Sinn Féin.

De l’autre côté, les artistes de l’avant-garde irlando-anglaise s’engagent généralement derrière les ouvriers, par convictions (Bernard Shaw), par intérêt et solidarité (W. B. Yeats dont le théâtre dublinois souffre de la grève), par mysticisme irlandais (George Russell qui pensait naïve- ment que dans un pays libre, le patronat aurait soutenu les ouvriers). Le dramaturge A. E. présentera avec ironie ses excuses pour les prêtres irlandais préférant des enfants affamés à Dublin plutôt que des enfants bien nourris en Angleterre. Il est vrai que ces artistes partageaient avec les grévistes le même ennemi : l’Église et son conservatisme.

Finalement, c’est l’hiver 1913-1914 et ses rigueurs qui auront raison du mouvement. Vaincus par la faim, le découragement et la violence de la campagne anti-gréviste menée par les catholiques, les travailleurs retournent à leurs postes tandis que Larkin part pour les U.S.A. La relève sera assurée par son camarade James Connolly qui allie dans un même mouvement socialisme révolutionnaire et nationa- lisme irlandais, autour de l’Irish Citizen Army (ICA), créée et armée à l’origine pour défendre les grévistes de 1913. Aux côtés des nationalistes conservateurs, Connolly dirigera l’insurrection de Pâques 1916 à l’issue sanglante. La question sociale continuellement remise à plus tard, l’église catholique, sa censure, son sexisme et son conservatisme vont régner d’une main de fer bien au-delà de l’indépendance du pays conquise en 1921. Mais peut être qu’à l’occasion du centenaire du Lock-out de 1913… ?

Notes

[1Ballad of Jim Larkin, chanson de Donagh MacDonagh, chantée par Christy Moore en 1969 puis par les Dubliners. Dans cet extrait, c’est Dieu qui envoie Jim Larkin aux travailleurs. paru dans CQFD n°112 (Juin 2013),   mis en ligne le 02/08/2013

http://cqfd-journal.org/La-grande-greve-dublinoise-de-1913

 

 

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30 août 2013 ~ 0 Commentaire

USA: une croissance low cost (CI)

Largest fast food strike ever today: 58 cities will be affected

Outre-Atlantique, la reprise dure depuis quatre ans et pourrait bientôt s’accélérer. Mais les travailleurs ne s’y retrouvent pas : si le chômage a nettement baissé, la qualité des nouveaux emplois laisse à désirer.

La timide reprise du marché du travail américain a encore ralenti en juillet – et les emplois créés se situent en grande partie dans les secteurs à bas salaires. Plus de la moitié concernent en effet la restauration et le commerce de détail, où les salaires horaires sont largement au-dessous de 20 dollars. “Ces emplois figurent dans les statistiques, mais on prête peu attention à leur nature”, déclare Arne Kalleberg, professeur de sociologie à l’université de Caroline du Nord et auteur de Good Jobs, Bad Jobs [Bons emplois, mauvais emplois]. “Ce sont souvent des emplois peu rémunérés, dans le commerce de détail ou les services à la personne, et beaucoup sont à temps partiel.” Néanmoins, le taux de chômage a chuté à 7,4 %, son plus bas niveau depuis décembre 2008.

La diminution du nombre de chômeurs reflète dans une certaine mesure un rythme d’embauche qui, bien que lent, est resté stable depuis un an et plus que suffisant pour absorber la hausse de la population. Mais elle est aussi due au fait que le marché du travail demeure trop peu dynamique pour attirer les travailleurs qui sont sortis des rangs de la population active [par découragement] : 6,6 millions d’Américains disent vouloir travailler mais ne sont pas comptés comme chômeurs parce qu’ils ne sont pas activement en recherche d’emploi. La part des actifs dans la population est à son plus bas niveau depuis trente ans [depuis octobre 2008, le taux d’activité a chuté de 66 % à 63,4 %].

“Dans une économie avec une croissance inférieure à 2 %, nous n’avons pas un grand besoin d’embauche parce que notre productivité croît plus vite”, explique Alexander Cutler, PDG d’Eaton Corp., fabricant de matériel électrique et hydraulique. Le nombre total de salariés de l’entreprise, compte tenu de ses acquisitions, est approximativement le même qu’il y a un an.

Les entreprises qui embauchent appartiennent plutôt aux secteurs qui ne peuvent pas facilement augmenter les ventes sans embaucher. En général, ces secteurs versent des salaires plus bas qu’ailleurs. Depuis un an, le commerce de détail, la restauration, l’hôtellerie et les agences de travail temporaire ont alimenté plus de 40 % de la croissance de l’emploi. Beaucoup de ces contrats sont à temps partiel. Le nombre d’Américains ne travaillant pas à temps plein, qui a connu un pic pendant la récession, ne s’est pas beaucoup amélioré et a eu tendance à augmenter pendant une grande partie de cette année [8 millions d’Américains travaillent contre leur gré à temps partiel]. Le président Barack Obama a insisté sur la nécessité de créer de bons emplois, notamment lors d’une récente visite dans des locaux d’Amazon, à Chattanooga (Tennessee), où il a appelé de ses vœux “une meilleure donne pour les classes moyennes”.

Le salaire horaire moyen a augmenté de moins de 2 % La veille, le géant du commerce en ligne annonçait 5 000 nouveaux emplois à temps plein dans ses centres de distribution à travers le pays. Beaucoup de ces emplois ne sont rémunérés que 11 dollars l’heure, voire moins, même si l’entreprise a souligné que les salariés pourraient bénéficier de l’assurance-maladie et d’autres avantages. “Pour nous, ce sont de très bons emplois”, a déclaré la porte-parole d’Amazon. La multiplication des emplois sous-payés induit une croissance anémique du niveau de vie. Le salaire horaire moyen a augmenté de moins de 2 % depuis l’année dernière, perpétuant la faible croissance des salaires dans la reprise. Selon une mesure plus générale publiée par le ministère du Commerce, le revenu corrigé de l’inflation a en fait légèrement baissé en juin.

Certains signes montrent que les Américains sont de plus en plus frustrés par la situation de l’emploi et des salaires. Ces derniers jours, plusieurs centaines d’employés du secteur de la restauration rapide ont fait grève dans tout le pays pour protester contre les salaires de misère. Morris Cornley faisait partie des grévistes. Ce grand-père de 57 ans qui vit au Kansas a perdu son emploi de chauffeur de camion en 2011. Il y a environ un an, il a décroché un boulot de livreur pour la chaîne de sandwichs Jimmy John’s, où travaille également sa petite-fille de 21 ans. Bien qu’il apprécie son travail, il dit avoir du mal à joindre les deux bouts avec sa paie de 7,35 dollars l’heure. “Personne ne peut s’en sortir avec ça”, déclare-t-il. Ancien soldat, il touche également une petite pension militaire d’invalidité. “Ce n’est pas que je ne cherche pas un autre travail. C’est simplement qu’il n’y en a pas d’autre pour moi aujourd’hui.” The Wall Street Journal Ben Casselman 29 août 2013

http://www.courrierinternational.com/article/2013/08/30/une-croissance-low-cost

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24 août 2013 ~ 0 Commentaire

Carhaix, Marine Harvest, un appel au gouvernement (LT)

Carhaix, Marine Harvest, un appel au gouvernement (LT) dans Carhaix Kreiz Breiz caraix

Marine Harvest réalise des bénéfices record, deux mois après avoir annoncé la fermeture de son usine de Poullaouen : la pilule est amère pour les salariés et les élus. Selon le président de Poher communauté, le gouvernement doit intervenir et s’opposer à cette fermeture.

Le 4 juin, Marine Harvest, numéro un mondial du saumon fumé, annonçait la fermeture en 2014 de ses usines de Poullaouen et de Château-giron, près de Rennes, entraînant la suppression de plus de 400 emplois. En Centre-Bretagne, c’est un coup de massue : le site poullaouenais, qui emploie 287 salariés, parmi lesquels une centaine de travailleurs intérimaires, est l’un des principaux employeurs de la région. Le 22 juin, 2.000 personnes descendent dans les rues de Carhaix, en soutien aux salariés. C’est dans ce contexte que Marine Harvest a annoncé, mer- credi, avoir multiplié son bénéfice opérationnel par quatre au deuxième trimestre, en précisant que sa trésorerie abondante lui permettrait, à la fois, d’augmenter ses dividendes et de financer des acquisitions.

« Écoeurant pour la CGT » Le géant norvégien, dont le chiffre d’affaires frisait les deux milliards d’euros en 2012, a en effet dégagé, entre avril et juin, un bénéfice opérationnel de 111 millions d’euros. Un résultat qui s’explique par une flambée des prix et une stagnation de la pro- duction mondiale. L’annonce n’est pas passée inaperçue, dans le Poher, où elle provoque écoeurement et colère. Vendredi, dans nos colonnes, Jérôme Joffroy, élu du personnel, parlait d’« indécente ». Michel Crespin, délégué CGT de Marine Harvest Kritsen, n’est pas plus tendre avec le numéro un mondial du saumon fumé. Dans un communiqué, il juge « écoeurant de voir le groupe annoncer fièrement ses résultats et de re- mercier les actionnaires, tout en bottant les fesses des salariés sur ses sites de Poullaouen et de Châteaugiron ». « Avec une telle somme d’ar- gent, le groupe a les moyens de maintenir ses sites en activité, car l’emploi est prioritaire. Ou alors, il a aussi les moyens de financer le plan de sauvegarde de l’emploi, en donnant aux salariés des conditions de départ qui soient particulièrement fortes », ajoute le délégué CGT. Un avis que partage Jérôme Joffroy, pour qui Marine Harvest ne pourra pas se cacher derrière des difficultés financières lors des futures négociations.

« Arnaud Montebourg doit intervenir »  L’annonce de Marine Harvest provoque également la colère de Christian Troadec. « Le groupe multiplie ses bénéfices par quatre, sa trésorerie est abondante et va lui permettre d’augmenter ses dividendes et de financer des acquisitions. Durant le même temps, l’usine de Poullaouen va fermer ses portes dans moins de huit mois, laissant sur le carreau près de 287 salariés ou les contraignant à se déplacer jusqu’à Landivisiau*, fragilisant ainsi encore un peu plus l’économie du Centre-Bretagne ! C’est tout simplement scandaleux ». Pour le maire de Carhaix et président de Poher communauté, le gouvernement, et tout particulièrement Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, doit s’opposer à la fermeture de l’usine de Poullaouen. « Il en va de la responsabilité de l’État et de sa crédibilité dans sa bataille pour l’emploi, estime Christian Troadec. Il est inconcevable que, d’un côté, une multinationale annonce d’excellents résultats financiers, avec des perspectives de croissance exceptionnelles pour la fin de l’année dans le secteur du saumon fumé, et que, de l’autre, on lui laisse établir un plan social et fermer, non seulement le site de Poullaouen, mais aussi celui de Châteaugiron. Il faut dire stop ! Seul le gouvernement est en mesure, aujourd’hui, de dire non et de contraindre l’industriel à revenir sur sa décision. Il s’agirait, sinon, ni plus ni moins, d’une capitulation ».

Mobilisation à venir « Au nom de la dignité des salariés et du maintien de l’économie dans notre région, nous ne laisserons pas faire, prévient le maire de Carhaix. De son côté, la CGT attend la réponse de Guillaume Garot. Cet été, le syndicat avait demandé au Ministre, délégué à l’agroalimentaire, de convoquer, dès le début septembre, une réunion avec la direction, les élus locaux, les représentants du personnel et les pouvoirs publics. « Nous attendons la réponse. À partir du mois de septembre, des mobilisations auront lieu en ce sens », annonce Michel Crespin. *24 août 2013  Une soixantaine de reclassements pourraient être proposés à Landivisiau, siège de Marine Harvest Kritsen. Nathalie Com

http://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/carhaix/marine-harvest-un-appel-au-gouvernement-24-08-2013-2211380.php

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14 août 2013 ~ 0 Commentaire

quimper, un débrayage de solidarité à l’hypermarché Carrefour (OF)

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Une partie du personnel de l’hypermarché Carrefour de Quimper (Finistère) a cessé le travail ce matin.

Les responsables syndicaux dénoncent le licenciement d’un cadre du magasin.

« Un collègue avant d’être un cadre » Ils étaient plusieurs dizaines, ce matin, dans la galerie du centre commercial puis rassemblés sur le parking à l’appel de la CGT et la CFDT. Les deux organisations réagissent au licenciement d’un chef de rayon, non syndiqué, intervenu le 19 juillet. « Avant d’être un cadre, c’était un collègue apprécié et respecté. On lui a reproché un soi-disant manque de professionnalisme alors qu’il était salarié à Quimper depuis 1987. On se demande si cette mesure radicale n’annonce pas un nouveau durcissement du management », déclarent les représentants du personnel. Économie mardi 13 août 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Quimper-Un-debrayage-de-solidarite-a-l-hypermarche-Carrefour_40820-2219789——29232-aud_actu.Htm

 

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11 août 2013 ~ 0 Commentaire

Chine, l’état du mouvement syndical et des luttes ouvrières (1)

Chine, l’état du mouvement syndical et des luttes ouvrières (1) dans International

Membres du comité de rédaction du site China Labour Net, Au Loong-Yu et Bai Ruixue sont engagés de longue date dans la solidarité avec les luttes ouvrières en Chine continentale comme à Hongkong.

Membre fondateur du Globalization Monitor, Au Loong-Yu a aussi été l’un des porte-parole de l’Alliance du peuple lors des manifestations contre la réunion du Fonds monétaire international dans l’ancienne colonie britannique, en 2006.

La firme taïwanaise Foxconn emploie 1, 5 million de salariés en Chine continentale, produisant des composants élec- troniques pour des marques comme Apple. Elle a annoncé qu’elle autoriserait l’élection de représentants syndicaux en juillet 2013. Pensez-vous que la démocratisation des sections syndicales d’entreprise est possible dans le contexte d’un Etat policier ?

Selon des médias occidentaux, il s’agirait de la première tentative de syndicalisation à Foxconn. Cela n’est pas exact. En 2007, la Fédération des syndicats de Chine (connue sous son sigle anglais d’ACFTU) avait publiquement annoncé qu’elle avait constitué une section syndicale d’entreprise dans une usine de Foxconn où une lutte s’était récemment produite. Le quotidien Southern Metropolitan Daily a interviewé des travailleurs de cette entreprise. Ils lui ont dit ne pas savoir ce qu’était un syndicat, ou qu’ils ne prendraient contact avec la section syndicale qu’en dernier ressort. Donc, au moins à Shenzhen, il y a déjà un syndicat à Foxconn, mais personne ne sait s’il a fait quoi que ce soit pour les ouvrières et les ouvriers.

Deux travailleurs de Foxconn Zhengzhou se sont suicidés en se jetant dans le vide voici moins de quinze jours, après que la direction a imposé sans préavis le « mode silencieux » à ses salariés. Les employés se sont plaints qu’il leur était interdit de parler au travail, soit plus de 10 heures par jour. Cela en a conduit plus d’un au désespoir. Foxconn est connu pour imposer à sa main-d’œuvre une discipline militaire. Dans la seule année 2010, quatorze travailleurs se sont donné la mort. On se demande ce que la Fédération des syndicats a jamais fait pour empêcher Foxconn de traiter ses salariés comme des esclaves. Si une section syndicale d’entreprise avait une effectivité, comment la direction pourrait-elle leur imposer le « mode silencieux » sans même les consulter ?

Pas de syndicats libres sans liberté politique Nous ne partageons pas l’idée selon laquelle une démocratisation générale des syndicats dans l’entreprise est possible en l’absence de libertés civiles dans le pays. L’expérience de la réélection de la section syndicale de Honda Foshan le montre. Les travailleurs de Honda Foshan ont mené une lutte héroïque et victorieuse en 2010, obligeant la direction et la section locale de la Fédération des syndicats non seulement à consentir une augmentation de salaire, mais aussi à assurer une réélection syndicale dans l’usine. En 2012, une ONG a enquêté sur cette réélection. Malgré la rhétorique des dirigeants du Parti communiste et de l’ACFTU, dans le Guangdong, sur le respect du droit des travailleurs à une élection démocratique, il s’avère qu’il ne s’agissait que d’une élection partielle, une partie seulement de la direction syndicale y étant soumise. Le précédent président, contre lequel les grévistes étaient très remontés, a gardé son siège.

Une élection complète a finalement eu lieu en 2011, sous l’auspice du syndicat local. Cependant, en accord avec les procédures établies par l’ACFTU, la direction sortante a monopolisé le processus de nomination des candidatures à la nouvelle direction. Ainsi, les em- ployés de niveau « encadrement », directorial, ont été autorisés à se présenter comme candidats devant le congrès syndical. De plus, ils ont bénéficié d’un ratio délégués/membres bien plus favorable que les travailleurs du rang.

En conséquence, des membres de l’encadrement ont été élus à la direction du syndicat, alors que les militants qui avaient mené la lutte de 2010 se voyaient éjectés. Les élections dans les secteurs et les comités à la base se sont produites après la reconstitution complète de la direction syndicale centrale de l’usine. Cette procédure a été délibérément organisée pour être très compliquée, très lente, de façon à pouvoir être plus aisément manipulée d’en haut. Et puis, récemment, le 18 mars dernier, les travailleurs d’Honda Foshan sont à nouveau entrés en grève, n’étant pas satisfaits du programme d’ajustement salarial proposé par la direction et le syndicat de l’entreprise. A leurs yeux, ce programme n’était à l’avantage que des niveaux les plus élevés du salariat et il désavantageait les salariés du bas de l’échelle. A la suite de la grève, des hausses de salaire plus élevées ont été offertes aux deux échelons les plus bas.

Les syndicats officiels contestés Cette grève semble bien indiquer que la capacité du syndicat de défendre les intérêts des travailleurs n’est pas très significative. Elle montre le peu de communication entre la section syndicale et les travailleurs du rang, le fait que ces derniers ont dû une nouvelle fois la contourner et engager eux-mêmes une grève pour défendre leurs droits. A la vérité, les ouvriers expliquaient que la position du syndicat était la même que celle de la direction de l’entreprise. Deux semaines plus tard, c’était au tour de travailleurs d’une autre boite, l’usine électronique Ohms à Shenzhen, de demander que son poste soit retiré au président élu du syndicat, Zhao Shaobo. Zhao avait été élu à ce poste l’an dernier à la suite d’une grève exigeant précisément que les travailleurs aient le droit de pouvoir élire leurs propres représentants. Cependant, certains salariés accusent maintenant Zhao et le syndicat de n’avoir pas protégé leurs intérêts, notamment en ce qui concerne la défense du contrat de travail de 22 employés qu’Ohms a décidé de ne pas reconduire au début de cette année. Selon les tra- vailleurs, Zhao a même essayé de les convaincre d’accepter les propositions de la direction de l’entreprise. « Nous ne voulons pas que le président de notre syndicat penche du côté de la direction. Nous voulons élire quelqu’un qui parle pour nous », a dit l’un des ouvriers.

Qu’en est-il des syndicats dans le secteur public ? Il y a beaucoup moins d’informations concernant les syndicats dans les entreprises d’Etat, les SOE ou State Owned Enterprises, « entreprises possédées par l’Etat ». Les médias de masse couvrent plus volontiers les grèves et les réélections syndicales dans le secteur privé, et plus spécialement encore dans les entreprises étrangères, car ils peuvent toujours pointer du doigt les investisseurs étrangers en les accusant de ne pas respecter les lois. Quand la même chose se passe dans le secteur public, étatique, des représentants officiels de l’Etat sont nécessairement et directement impliqués. Du coup, le risque est grand que la presse soit censurée, à moins que les protestations ne deviennent plus larges et ne durent plus longtemps.

De façon générale, dans le secteur privé, la règle est probablement que les syndicats soient réduits à des coquilles vides sous le contrôle des employeurs, le parti-Etat ayant peu d’espace pour intervenir. En revanche, dans le secteur étatique, et même si les entreprises d’Etat ont aujourd’hui une direction plus indépendante que par le passé, l’héritage du rôle du parti et de son intervention sur les lieux de tra- vail n’a pas totalement cédé la place au pouvoir de la direction de l’usine. Bien entendu, les rapports de forces peuvent varier considérable- ment d’une région à l’autre ou suivant les industries. Cela implique probablement que dans le secteur étatique, si les travailleurs veulent un syndicat contrôlé sur leur lieu de travail par les salariés du rang, ils risquent de devoir s’affronter non seulement à la direction de l’entreprise, mais aussi à l’appareil d’un parti hostile et présent au sein même de l’usine.

Un autre fait montre que les syndicats officiels en font bien peu pour protéger les travailleurs de ce secteur. Selon le code du travail, les entreprises d’Etat ne peuvent faire appel à de la main-d’œuvre intérimaire que pour compléter la main d’œuvre régulière, et ce, uniquement dans le cas où cette dernière ne peut pas remplir telle ou telle tâche spécifique. Pourtant, aujourd’hui, elles y recourent massi- vement et l’ACFTU n’a pas rejeté cette pratique devenue courante.

En un mot, rien ne porte à croire que la Fédération des syndicats de Chine va cesser d’agir comme un instrument du parti au pouvoir et de son orientation capitaliste. Même si, à l’occasion, l’ACFTU faisait quelque chose d’utile aux travailleurs, ce ne serait qu’un agenda secondaire. En 2010, sous la pression du lobby patronal de la province de Guangdong et des investisseurs de Hongkong, une clause qui aurait pu conduire à l’élection de représentants des travailleurs pour des « consultations collectives » a été retirée du projet de « règlements sur la gestion démocratique des entreprises » de cette province. La clause originelle n’avait pourtant rien de révolutionnaire,  l’ACFTU aurait contrôlé la nomination des candidats et le mot « négociation » n’apparaissait pas, étant considéré trop « antagonique » ; néanmoins, les révi- sions successives ont vidé la version finale de ce projet de loi de tout sens pour les travailleurs.

Huang Qiaoyan, un professeur de droit à l’université Sun Yat-Sen du Guangzhou, a décrit en ces termes la version révisée de 2011 : elle « reflète le souhait des personnes qui ont rédigé le projet de continuer à contrôler, via les divers niveaux du syndicat, la revendication croissante des travailleurs pour des consultations collectives sur les salaires. Elles ne veulent pas voir une situation où se développeraient des actions spontanées des travailleurs et où les syndicats ne pourraient pas intervenir, qu’ils ne pourraient pas organiser et contrôler. »

Malgré tout cela, le mouvement ouvrier international tend à travailler toujours plus étroitement avec la Fédération des syndicats de Chine, renforçant ainsi sa légitimité. Une crédibilité qui a été une nouvelle fois accordée à l’ACFTU en juin 2011, quand elle a été élue à l’organe dirigeant de l’Organisation internationale du Travail (OIT) par le groupe « salariés ». Vendredi 9 août 2013

Publié dans : Revue Tout est à nous ! 45 (juillet 2013)

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11 août 2013 ~ 0 Commentaire

Chine, l’état du mouvement syndical et des luttes ouvrières (2)

Chine, l’état du mouvement syndical et des luttes ouvrières (2) dans International af18c608-6c35-11df-8a3e-4878cbeca058

Comment évaluez-vous le niveau actuel de mobilisation ouvrière en Chine ?

Pendant plus de dix ans, les luttes ouvrières en Chine sont pour l’essentiel restées économiques. Les résistances aux privatisations dans le secteur d’Etat auraient potentiellement pu ouvrir la voie à des luttes plus politiques, mais cela ne s’est pas concrétisé du fait des rapports de forces : d’un côté, les travailleurs de ce secteur étaient démoralisés et avaient subi des défaites, de l’autre ils auraient dû faire face à une répression sévère.

Une nouvelle génération sans le poids des défaites Néanmoins, les luttes économiques dans les deux secteurs (étatique et privé) peuvent conduire à des changements positifs, même si limités. C’est doublement important. Du fait des gains immédiats obtenus par des victoires, comme l’arrêt de privatisations, l’obtention de meilleures conditions de travail ou la réduction des atteintes à l’environnement. Du fait aussi,  ce qui est encore plus important, que de telles victoires peuvent inspirer d’autres actions à l’avenir ; qu’elles peuvent contribuer à renforcer leur potentiel de succès, comme on l’a vu avec la lutte des travailleurs de l’acier de Tonghua et de l’automobile chez Honda. La forme prise par ces résistances reflète aussi le caractère de plus en plus hardi de la présente génération. A cet égard, et bien qu’encore à une petite échelle, la tentative des travailleurs de Pepsi de coordonner leurs actions via Internet dans plusieurs provinces mérite particulièrement d’être relevée. Dans le passé, une telle coordination avait certes pu être envisagée, mais la peur des conséquences aurait eu un effet dissuasif.

Le fait que les jeunes travailleurs de Honda ont déclaré qu’ils agissaient dans l’intérêt de la classe ouvrière chinoise tout entière montre qu’il y a des signes indiquant que cette nouvelle génération, libérée de la terrible défaite de 1989, a la capacité potentielle de regarder au-delà des enjeux immédiats et de s’identifier à des préoccupations plus vastes que celles limitées à leur propre entreprise. Notons aussi que la répression est aujourd’hui moins effective que les années passées. Non seulement parce que les manifestants deviennent plus har- dis, mais aussi et au-delà, parce que c’est le début d’un changement plus fondamental des perceptions tant du côté du peuple que de la classe dominante. La peur recule, alors que la bureaucratie sent que sa légitimité s’érode graduellement. Après plus de vingt ans de privatisations par et pour la bureaucratie dominante, cette dernière s’est tellement enrichie que la colère s’accumule non seulement chez les travailleurs, mais aussi dans la bourgeoisie privée et les classes moyennes supérieures.

Les « netizens » (citoyens du Net) jouent ici un grand rôle. Depuis des années, ils réclament la publication des chiffres des dépenses des sangong xiaofei, ce qui veut littéralement dire les dépenses des représentants du gouvernement durant leurs voyages à l’étranger, telles qu’achats de voitures, réceptions officielles et banquets. Quand le montant en a finalement été publié, les netizens l’ont jugé déraison- nablement élevé et ont dénoncé le fait qu’il augmentait perpétuellement, le chiffre officiel était de 10 milliards de yuans (soit 1, 63 milliard de dollars) l’an dernier. Les netizens ont alors exigé la publication des montants correspondant aux différents ministères, ce que le gouvernement s’est récemment résigné à faire. Ils ont aussi recouru à des moteurs de recherche pour enquêter sur des hauts fonctionnaires corrompus et ont rendu publiques leurs découvertes.

Ce mode de militantisme a un impact qui va au-delà des réseaux branchés sur Internet. Il influence la perception de plus en plus négative que la population a du parti dirigeant. En conséquence, même s’il est difficile pour les luttes économiques du salariat d’acquérir une dimension politique vu le caractère répressif du régime, la décadence continuelle de ce dernier érode sa légitimité. A moyen terme, cela peut politiser la société, que ce soit à l’occasion d’un grand scandale, d’une lutte de fractions au sein du parti dirigeant, de l’apparition d’une crise économique ou d’une combinaison de tels facteurs.

Est-ce que l’accroissement continu du salaire minimum, l’expansion des logements publics, etc., auxquels on a assisté ces dernières années, indiquent que le parti-Etat possède à la fois la volonté politique et les moyens institutionnels de mettre en œuvre sa politique d’amélioration de la vie du peuple ?

Cette dernière décennie, le salaire minimum s’est effectivement accru de façon continue, mais il faut aussi tenir compte de l’inflation crois- sante – le chiffre officiel est relativement bas, mais on ne peut pas s’y fier. Pour les salariés que nous avons interviewés, la vie reste difficile avec les loyers et le prix des aliments en hausse ; une hausse qui n’est jamais pleinement reflétée dans les statistiques officielles.

Un capitalisme bureaucratique prédateur Ces dernières années, le PCC a promu une réforme du droit du travail et, à s’en tenir aux ap- parences, a mis en place un Etat-providence. Cette question, cependant, doit être évaluée dans son contexte politique. La bureaucratie s’est transformée en une classe capitaliste bureaucratique. Elle a pu le faire avec aisance parce qu’elle se place au-dessus de toute loi, excepté son droit divin à la dictature d’un parti unique. En conséquence, son objectif est de devenir riche à travers sa tâche : l’administration de la société. C’est pourquoi un grand nombre de logements publics a été distribué non pas à des pauvres, mais à des fonctionnaires gouvernementaux et à leurs protégés. C’est aussi pourquoi, si la bureaucratie fait à l’occasion appliquer la loi qui donne droit au peuple à des bénéfices économiques, cela vient toujours après son objectif premier : piller le pays.

Et quand les gens se lèvent pour exiger leurs droits légitimes, le parti-Etat répond par la répression. Même quand elles peuvent paraître bonnes en elles-mêmes, tant que les réformes sociales et économiques continueront à être interprétées et mises en œuvre par les seuls dirigeants du parti, elles tourneront nécessairement, tôt au tard, au vinaigre. Ainsi, les bénéfices économiques ne sont pas seuls à être désespérément nécessités, il en va de même du pouvoir politique au peuple, mais il s’agit de quelque chose que le parti-Etat ne concèdera jamais s’il n’y a pas une très forte pression d’en bas.

N’oublions pas que le gouffre grandissant entre riches et pauvres, comme entre le parti et le peuple, est avant tout le résultat de l’existence de ce parti-Etat et de son capitalisme bureaucratique. En conséquence, l’Etat n’est pas la solution aux contradictions profondes de la Chine : il est plutôt un problème en lui-même,  sa corruption rampante s’impose de façon croissante comme un fardeau insupportable pour la société et provoquera un jour ou l’autre une implosion.

La presse a récemment affirmé que des entreprises chinoises et étrangères quittent la Chine en plus grand nombre pour le Bangladesh et le Vietnam, à cause d’un déficit de main-d’œuvre et de la montée des coûts salariaux. Qu’est-ce que cela va changer pour le pouvoir de négociation des travailleurs ?

Du fait de l’appréciation de la devise chinoise, du déficit de main-d’œuvre et de la hausse des salaires nominaux, le nombre de firmes quittant la Chine a été en augmentation depuis un certain temps déjà ; et cela devrait continuer dans les années à venir. En règle générale, cela devrait jouer en faveur des salariés, mais pour l’heure ce n’est pas aussi significatif que l’on pourrait le croire.

Dans un pays où prévaut la loi de la jungle, les capitalistes, avec l’aide du talon de fer de l’Etat, peuvent toujours trouver le moyen de contourner le déficit de main-d’œuvre et la hausse des coûts salariaux. Ils peuvent par exemple faire appel à des internes des écoles professionnelles, la plupart d’entre eux n’étant même pas adultes : leurs stages en entreprise sont arrangés par les institutions locales d’ensei-gnement public et par les municipalités des provinces ou villes exportatrices. Il y a bien d’autres exemples de collusion entre capitalistes et gouvernements locaux. C’est ainsi que Honda Foshan, comme bien d’autres entreprises, surmonte le déficit de main-d’œuvre.

Un autre moyen est de mettre des enfants au travail. Cette pratique s’était un peu réduite ces dernières années, mais nous suspectons qu’elle regagne le terrain perdu. Nous connaissons des cas à Chaozhou, dans la province de Guangdong, où à nouveau des entreprises de l’ha- billement recourent illégalement à une main-d’œuvre infantile à coût réduit.

Cependant, les bas salaires n’ont jamais été le seul avantage dont bénéficie la Chine. De fait, il y a dix ans, les salaires chinois n’é- taient pas les plus bas en Asie. Les travailleurs chinois sont très productifs par rapport à d’autres pays au niveau de développement écono- mique comparable. Cette main-d’œuvre est en effet très disciplinée et relativement éduquée, ce qui est le résultat combiné d’un Etat très ré- pressif, mais né d’une révolution. Cela continue à contribuer à faire de la Chine l’atelier du monde. Il y a encore d’autres facteurs à prendre en compte, mais nous ne pouvons pas les aborder ici. Ce qui importe, par rapport à la question posée, c’est que même si la période d’abon- dance de la main-d’œuvre est maintenant derrière nous, le statut de la Chine comme atelier du monde ne va pas pour autant disparaître rapidement. Vendredi 9 août 2013Publié dans : Revue Tout est à nous ! 45 (juillet 2013)

Par Au Loong-Yu et Bai Ruixue, Propos recueillis par Pierre Rousset

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02 août 2013 ~ 0 Commentaire

PSA – Rennes, La Janais : Comment la direction cherche à pousser dehors 1.400 travailleurs (LO)

PSA - Rennes, La Janais : Comment la direction cherche à pousser dehors 1.400 travailleurs (LO) dans Luttes ouvrières 79603861_o

Le plan de licenciements en cours concerne 1 400 salariés sur environ 5 500.

Il est en deux phases, l’une dite de « départ volontaire » jusqu’au 31 décembre prochain, l’autre appelée de « départ contraint » à l’issue de laquelle des lettres de licenciement seront envoyées début avril 2014. Tout le monde est convaincu que PSA n’arrivera pas à son objectif de 1400 départs « volontaires » avant la fin de l’année. Même le dispositif « senior », le plus favorable, ne concerne que 250 à 300 anciens.

La direction donc fait le forcing pour que les travailleurs partent d’eux-mêmes ce qui lui éviterait d’avoir à licencier. Elle a fait venir des entreprises à l’usine sous le patronage du Medef local. Mais beaucoup d’entre elles n’ont que des offres en CDD pour une durée de six mois, ce qui correspond, comme par hasard, au minimum requis pour quitter PSA. On peut penser que certaines de ces entreprises, qui n’embauchent pas en ce moment ou qui connaissent des périodes de chômage partiel, ont un arrangement avec PSA pour siphonner en dou- ceur les départs volontaires.

Les « publicités » qui expliquent que l’on serait mieux dans d’autres usines du groupe ou d’autres entreprises pullulent. Récemment, l’un de ces tracts de la direction proposait un voyage en car avec les familles, pour visiter l’usine de Poissy. Des conseillers vien- nent jusque sur les aires de repos nous expliquer les avantages qu’il y aurait à partir. Pour mettre un peu plus la pression, la direction va donner à chacun le décompte des points issu des critères du PSE, qui servira de base pour sélectionner les licenciables de janvier 2014. Toutes ces manoeuvres de la direction provoquent beaucoup d’indignation dans l’usine. Si on y ajoute le plan de compétitivité, il y a de bonnes raisons pour qu’après les vacances la colère des travailleurs de La Janais s’exprime. Correspondant LO

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2348&id=28

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12 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Accords : la compétitivité à 100 % contre les salariés

Accords : la compétitivité à 100 % contre les salariés dans Hollandie choc1

S’en prendre au code du travail et aux conventions collectives est un « classique » du patronat depuis plusieurs années.

Jusqu’à présent, un accord d’entreprise ne pouvait pas, sauf dispositions particulières, être moins favorable aux salariés qu’un accord de branche. Le patronat savait contourner ces principes, mais ce verrou est tout de même en train de sauter. L’accord national interpro- fessionnel, l’ANI, signé par le Medef, la CFDT, CGC et CFTC, et transcrit dans la loi votée en mai 2013 par une majorité de députés PS et UMP ouvre la voie au démantèlement tant rêvé par le patronat. On est maintenant dans la phase des « travaux pratiques ».

Le laboratoire de l’industrie automobile Le patronat de l’automobile n’avait pas attendu le vote formel de l’ANI pour appliquer cette politique. Il a seulement les coudées encore plus franches pour persévérer, avec le soutien affiché du gouvernement. L’objectif est partout le même : amplifier la flexibilité et réduire les coûts de production en combinant blocage ou baisse des salaires avec une augmentation du temps de travail. Les promesses d’emplois sont pour plus tard et n’engagent en fait que ceux qui les croiraient…
Les ouvriers de Continental à Clairoix en ont supporté les conséquences fin 2007, la direction imposant le passage aux quarante heures, payées trente-sept et demie, soi-disant pour sauver les emplois. Résultat : l’usine a fermé début 2010. La di- rection de General Motors a procédé de même à Strasbourg avec le même type de référendum chantage et aujourd’hui une usine en vente…
Les deux constructeurs PSA et Renault sont à la manœuvre. L’accord Renault signé le 13 mars 2013 par des syndicats complaisants entérine la suppression de 8 560 emplois d’ici à 2016, l’augmentation de la durée du travail tant en rythme quotidien qu’en suppression de jours de congés, et la baisse du pouvoir d’achat. PSA a attendu la fin de la grève de l’usine d’Aulnay pour lancer des discussions. Pour la direction, la référence est l’accord signé dans son usine de Sevelnord en juin 2012 : gel des salaires pendant trois ans, obligation aux salariés de travailler vingt minutes de plus par jour selon les aléas de la production, en étant prévenus seulement deux heures à l’avance. Un an après, suppression de 340 nouveaux postes d’ici à 2014.

Le chantage à l’accord Un rouleau compresseur patronal est incontestablement en marche. Il manie le chantage à l’emploi, entreprise par entreprise, plaçant salariés et équipes syndicales, même combatives, sur la défensive. Alors que les promesses de garantie d’emploi annoncées en contrepartie des droits attaqués ne sont, dans la plupart des cas, pas tenues, elles créent des illusions parmi les salariés. Les référendums-chantages organisés par le patronat le montrent.
L’accord signé notamment par SUD et la CGT dans l’usine Bosch de Rodez en Aveyron a entériné une baisse des effectifs au moyen de départs d’âge et d’une modération salariale, cela en échange d’une promesse de maintenir l’activité. Enfermés dans une action circonscrite à cette seule usine, salariés et militants syndicaux étaient largement condamnés à ne pouvoir que limiter les dégâts.
Les résistances qui pointent dans quelques usines n’en sont que plus significatives. Ainsi, dans l’usine SOVAB qui fabrique à Batilly (54) les véhicules utilitaires Renault, des débrayages mobilisant plusieurs centaines de salariés se sont opposés à l’application des dispositions de la direction. « Refusons de travailler plus pour pas un rond de plus » titrait le tract unitaire CGT, CFTC, SUD et FO appelant à l’action. L’enjeu dépasse les résistances locales nécessaires. Alors que la politique patronale vise à déployer son chantage entreprise par entreprise, les réponses doivent être à la hauteur de ces défis. Pour sortir par le haut du piège patronal, l’urgence est à la convergence des luttes fournissant un rapport des forces plus favorable aux salariés.

Jean-Claude Vessilier Vendredi 12 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 203 (11/07/13)

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08 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Gad, des actions mardi sur le Tour de France (LT)

Gad, des actions mardi sur le Tour de France (LT) dans Luttes ouvrières y-en-a-marre-300x182

Les salariés des abattoirs Gad prévoient de s’inviter sur l’étape du Tour de France qui passera le 9 juillet, à Saint-Malo (35).

Les salariés prévoient de se manifester sur le Tour de France, qui arrivera à Saint-Malo mardi. « Nous souhaitons pouvoir faire une intervention dans le village, afin d’avoir la plus forte médiatisation possible, explique le délégué FO Olivier Le Bras. Si on n’obtient pas l’autorisation, nous bloquerons le Tour en nous positionnant, par groupes de dix ou quinze, à plusieurs endroits du parcours ». 8 juillet 2013 à 07h46 -

Tous nos articles sur Gad sacrifié

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/gad-sas-des-actions-demain-a-lesneven-mardi-sur-le-tour-de-france-04-07-2013-2160656.php

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