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31 mars 2017 ~ 0 Commentaire

poll tax (psl)

poll tax

Londres le 30 mars 1990

Comment Thatcher a-t-elle pu être renversée? Retour sur la lutte contre la Poll Tax.

La lutte contre la Poll Tax s’est soldée par une splendide victoire qui a humilié et vaincu Thatcher et l’a même balayée dans les poubelles de l’Histoire. Ironiquement, c’est par l’absence de direction, voir même le sabotage, de la part du Labour Party (Parti Travailliste)  et des directions syndicales, que cette lutte a été victorieuse.

La bataille de la Poll Tax fut préparée par toute la période précédente, pendant laquelle cha- que camp a testé ses forces dans la lutte, et plus particulièrement durant la campagne de Liverpool entre 1983 et 1987. Cette victoire n’aurait pas été possible sans les événements survenus à Liverpool, grande répétition du conflit autour de la Poll Tax. Le conseil municipal de Liverpool, a d’abord humilié et finalement défait Thatcher, la forçant à battre en retraite en 1984. L’héroïque combat de la ville de Liverpool s’est logé dans la conscience des couches les plus avancées de la classe ouvrière.

« La grande majorité [des Britanniques] sont opposés à la Poll Tax, mais les dirigeants du Labour ont fait comprendre que cette lutte serait limitée au parlement. Mais ce gouvernement n’écoute pas les discours parlementaires. C’est seulement en mobilisant une lutte de masse, comme à Liverpool, que le mouvement ouvrier pourra forcer « la dame de fer » à reculer. Les conseils écossais ont le même choix qu’à Liverpool : ou bien ils peuvent se déshonorer en implantant la Poll Tax, ou bien, comme à Liverpool, ils peuvent dire « non », refuser de la collecter et appeler à une grève générale d’un jour. Autrement, ils peuvent aussi bien démissionner. Il y a une situation explosive qui se développe dans les quartiers. Le gouvernement a commis une grosse erreur. «   [Militant, 12 février 1988]

La grosse erreur de Thatcher

Nous avons compris dès le début que Thatcher avait fait une erreur fondamentale. Elle avait abandonné sa « tactique de saucissonnage » : s’en prendre à une partie de la classe ouvrière tout en tentant d’amadouer les autres, comme le gouvernement conservateur avait agi contre les mineurs et, bien sûr, contre Liverpool. Cette fois-ci, elle avait décidé de s’attaquer à la grande majorité du peuple britannique en même temps.

Après la victoire des conservateurs aux législatives de 1987, Militant titrait le 7 juillet : « Poll Tax le pillage des conservateurs ». Une des conséquences des élections de 1987 fut de réduire la représentation des conservateurs Ecossais à Westminster au point que tous leurs parlemen-taires puissent entrer dans deux taxis (Actuellement il n’y en a plus Note du Blog) ! Thatcher avait planifié sa vengeance en introduisant la Poll Tax d’abord en Écosse.

A ce stade, Thatcher vantait la Poll Tax comme « le vaisseau amiral » de son gouvernement. Nous écrivions dans le Militant [29 juillet 1988] : « le Titanic était le « vaisseau amiral » de la marine marchande britannique et était considéré comme étant insubmersible avant qu’il ne rencontre un iceberg ! Aujourd’hui, les Tories vont entrer en collision avec un obstacle bien plus formidable : la classe ouvrière écossaise en colère et mobilisée, et juste après, leurs homologues Anglais et Gallois ! Avec une direction claire, le mouvement ouvrier peut couler le vaisseau amiral conservateur sans qu’il ne laisse ensuite de trace. Quand le vaisseau amiral coule, l’Amiral coule avec lui ou est viré. »

Ces mots furent véritablement prophétiques, et ce fut le cas 4 ans plus tard. Avec la Poll Tax, Thatcher a réussi à faire ce dont les Travaillistes et les directions syndicales avaient été incapables pendant les 9 années précédentes : unir et généraliser les luttes de la classe ouvrière contre le gouvernement. Auparavant, elle avait fait très attention à ne pas s’en prendre à l’ensemble de la classe ouvrière ou à ne pas mener l’offensive sur deux fronts en même temps. Mais la Poll Tax a affecté les jeunes comme les vieux, les travailleurs comme les chômeurs, les malades et les handicapés, les locataires et les propriétaires, aussi bien que les Noirs et les Asiatiques. Tous, sauf les riches et la classe moyenne supérieures, étaient frappés par la Poll Tax.

L’autre erreur fatale commise par Thatcher et ses ministres fut de considérer que la position de passivité adoptée par les dirigeants travaillistes était un fidèle reflet de la réaction de la base des travailleurs. A ce stade, nous en étions encore dans l’idée que le mouvement travailliste officiel pouvait être convaincu d’entrer en action contre la Poll Tax ; malgré la chasse aux sorcières vicieuse contre les dirigeants de Militant et les persécutions des membres de Militant à Liverpool depuis 1985. Nous n’avions pas non plus abandonné l’espoir que les luttes de la classe ouvrière transformeraient le Labour Party en une direction de gauche pour la lutte. Le Labour était, en réalité, déjà irrécupérable à ce stade. Le New Labour a par la suite tellement tourné à droite que des dirigeants de droite de l’époque se sont retrouvés « à la gauche » du parti tout simplement sans changer de position !

On ne peut pas payer, on ne payera pas

« L’émeute de Trafalgar Square » a été décisive dans la défaite de la Poll Tax. Aussi importante qu’ait pu être cette « émeute », elle était plutôt symptomatique du sentiment anti-Poll Tax qui existait. C’est le non-paiement massif, qui constitua la réelle raison derrière la retraite de Thatcher et ses successeurs. La lutte contre la Poll Tax a objectivement été déterminée par le caractère général de l’attaque de Thatcher, contre la vaste majorité de la classe ouvrière.

L’Ecosse prend la tête du mouvement

Tout le monde paraissait opposé à la Poll Tax. Beaucoup ont même d’abord repris la revendi- cation «on ne peut pas payer, on ne paiera pas», y compris une partie du mouvement «offi- ciel» les syndicats, les parlementaires travaillistes, etc. Mais une fois qu’il était question de passer des paroles aux actes, alors ces forces se sont détachées du mouvement une à une.

La décision d’appliquer la taxe un an plus tôt en Ecosse a été perçue par le peuple écossais comme une sanction «coloniale» pour avoir osé défier Thatcher.

Le secrétaire d’Etat conservateur en Ecosse, Malcolm Rifkind aurait dit : « Quoiqu’il arrive, nous avons la mitrailleuse Maxim et eux non». Rifkind a démenti avoir dit cela, mais le peuple Ecossais n’en a pas été convaincu, ce qui a renforcé sa détermination.  Le sentiment révolutionnaire était plus fort en Ecosse qu’il ne l’était en Angleterre.

Thatcher, cependant, a attaqué sans considérations.

Militant a résumé la situation dans un article central le 29 juillet 1988 : « Le mastodonte Thatcher est aux portes de Glasgow et d’Edinbourg. Elle a l’intention d’écraser le mouvement ouvrier Ecossais et de piétiner ensuite la classe ouvrière Anglaise et Galloise. ». En raison de l’impopularité de la mesure, il y avait cependant de grands espoirs de persuader le mouve- ment, les syndicats et le Labour Party de se ranger derrière la lutte. Un mois auparavant, un parlementaire à la conférence du Labour Party en Ecosse avait déclaré : « il y a une armée qui attend d’être dirigée sur la route du non-paiement ».

Le jour où cette conférence a été ouverte, un sondage montrait que 42% des Ecossais étaient en faveur d’une campagne illégale de non-paiement de la Poll Tax.

Parmi les électeurs du Labour, le chiffre grimpait à 57%. La conférence a voté à deux contre un une résolution contre l’illégalité. C’était en divergence totale avec le sentiment de la grande majorité des délégués. Cependant, les dirigeants syndicaux ont voté en faveur de la direction écossaise du parti. Des meetings de masse dans les quartiers écossais ont démontré que les travailleurs attendaient du Labour qu’il prenne les devants. La fronde n’était pas uniquement issue d’Ecosse, mais aussi d’autres endroits de Grande Bretagne.

Toute la Grande Bretagne entre en lutte

En 1989, un million d’Ecossais ne payaient pas la Poll Tax. Même la presse capitaliste comme « Scotland on Sunday » estimait que 800.000 Ecossais ne payeraient pas, sur 3,9 millions de personnes concernées. C’était une très bonne démonstration de masse de « la propagande par l’action » ! Mais pas un murmure sur cette campagne n’apparaissait dans la presse en dehors de l’Ecosse. La campagne, même avant d’avoir atteint le reste de la Grande Bretagne, avait démontré le pouvoir de l’action des masses. Le reste de la Grande Bretagne est venu en aide aux combattants de la Poll Tax en Ecosse, laissant les directions officielles des syndicats et du Labour suspendus dans le vide. 20.000 personnes sont descendues dans les rues de Glasgow contre la taxe injuste de Thatcher.

Cela fut suivi d’une manifestation de masse à Manchester, formellement organisé par le TUC, mais dans les faits reprise en main par les manifestants anti-Poll Tax. Le million de per- sonnes qui refusait de payer la Poll Tax en Ecosse préparait une campagne colossale en An- gleterre et au Pays de Galles. La première manifestation à Londres n’a réuni que 200 per- sonnes, et fut organisée à Waltham Forest, avec dans ses rangs un cortège de fans du Foot- ball Club de Leyton Orient. Dave Nellist déclarait en juillet 1989: «Des millions de personnes en Angleterre et au Pays de Galles ne seront pas capables de payer la Poll Tax et que des millions de plus ne le veulent pas… »

Mais la direction du Labour résistait encore à l’action concrète, concentrant tous ses « espoirs »  mais pas ceux de la classe ouvrière, dans les élections générales où ils comptaient évincer les Tories.

Une déferlante d’actions

Au début de l’année 1990, Militant titrait « détruisons la Poll Tax », avec un appel à la All-Britain Anti-Poll Tax Federation à « une manifestation de masse le 31 mars ». 35 millions de person-b nes allaient recevoir leurs notes pour payer la Poll Tax en Angleterre et au Pays de Galles le 1er avril. Les premiers mois de l’année ont vu une déferlante de manifestations de masse balayer les villes et villages auparavant endormis du Sud de l’Angleterre. Pratiquement tout le Sud était affecté d’une façon ou d’une autre par des manifestations contre la Poll Tax en février et en mars, Bristol, Norwich, Maidenhead, Weston-Super-Mare, Exeter, Gillingham et Birmingham connaissaient également des manifestations.

La manifestation du 31 mars et la démission de Thatcher

Cela plante le décor de la manifestation de masse du 31 mars 1990. La manifestation en Ecosse s’est déroulée pacifiquement, ce qui n’a pas été le cas à Londres. La responsabilité en incombe strictement au gouvernement et à la police. La manifestation est devenue le para- tonnerre de tous les éléments de la société mécontents et assoiffés de revanche contre Thatcher : Les SDF, les jeunes chômeurs, les opprimés et les indigents, les mineurs comme les imprimeurs, et tous ceux qui avaient senti Thatcher leur marcher sur les pieds.

Cependant, le défilé était complétement pacifique, comme un début de carnaval. Au moment où la tête du cortège est arrivée à Trafalgar Square, il y avait eu une seule arrestation. Le Square fut bientôt rempli au maximum et la queue du cortège n’avait pas encore quitté Kennington Park !

« L’émeute » de la manif du 31 mars était l’un des évènements les plus importants de l’Histoire du mouvement ouvrier au 20ème siècle.

En elle-même, elle n’en a pas fini avec la Poll Tax de Thatcher. L’honneur de cet accomplisse- ment appartient à l’armée de 18 millions de personnes qui ont refusé de payer et qui ont fusionné en une force imbattable. Mais ces manifestations puissantes du 31 mars étaient l’expression visible et spectaculaire, pour la classe dirigeante britannique et pour le monde, de l’échelle de l’opposition à la Poll Tax et de la haine bouillonnante contre Thatcher et son gouvernement. Cela a marqué le début de la fin pour Thatcher elle-même.

Un jeune de 19 ans qui manifestait pour la première fois refléte l’état d’esprit : «J’espère que dans 20 ans, je pourrais regarder derrière moi et être fier d’avoir été l’enfant d’une révolution mondiale et dire à mes enfants : « j’étais là, j’ai vu ce qu’il s’est passé, j’ai vu Thatcher tomber ! » Il aura encore fallu attendre pour que la première partie de sa prédiction se réalise mais Thatcher est effectivement tombée et ce n’était pas grâce au TUC ni à la direction officielle du Labour. Mais la manifestation du 31 mars seule n’aurait pas suffi à faire plier le gouvernement ni à faire reculer Thatcher.

Il a fallu pour cela une très longue campagne de non-paiement, où 18 millions de personnes ont refusé de payer.

Elle s’est accompagnée de grèves, des travailleurs du public de Glasgow notamment. Les tribunaux de la Poll Tax ont frappé pour la première fois en Angleterre sur l’Ile de Wight. La Cour a prononcé 1800 sentences pour non-paiement !  La « guérilla » sociale se déployait, et c’était pour durer. Menacée par la campagne du non-paiement, Thatcher a été forcée de quitter son poste et ses héritiers au gouvernement de John Major ont dû supprimer la Poll Tax.

Mais ce n’est pas sans que des méthodes brutales aient été utilisées avec l’emprisonnement des dirigeants du mouvement. Bien qu’officiellement morte, la Poll Tax n’était toutefois pas encore enterrée. En effet, 8 mois plus tard, des non-payeurs étaient encore poursuivis pour les arriérés. 117 personnes ont été emprisonnées avant novembre 1991 par 40 conseils, dont 26 contrôlés par le Labour. Au moins 10 retraités ont reçu des sentences d’un total cumulé de 366 jours et 10 femmes ont été emprisonnées.

La fin officielle de la Poll Tax avait en fait mené plus de personnes à refuser de payer. Sans cette lutte, elle existerait probablement encore. C’était le soulèvement de masse qui a conduit à cette défaite de Thatcher. Nous devons en tirer les leçons pour aujourd’hui, afin de nous préparer pour les batailles tumultueuses à venir.

27 juillet 2014

http://www.socialisme.be/

Commentaire: Article du PSL belge, membre du CIO comme le Militant (qui s’appelle actuellement Socialist Party).Article résumé, pour l’article entier suivre le lien. La branche écossaise de ce parti a donné notre parti frère le Scottish Socialist Party

Socialist Party Wikipedia

Comité pour une Internationale ouvrière

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24 mars 2017 ~ 0 Commentaire

rana plaza (tv5)

rana plaza

Les ouvrières du textile peuvent attendre : en France, la loi « Rana Plaza » édulcorée par le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel français a vidé de sa substance la loi dite du « Rana Plaza » obligeant les multinationales à établir un plan de vigilance chez leurs sous-traitants ou fournisseurs à l’étranger, en rejetant le principe des amendes pour les entreprises récalcitrantes.

La France se voulait porte-parole mondiale d’une mode responsable, où les petites mains, les ouvrières sans lesquelles elle ne saurait être, seraient protégées des prédateurs économi- ques. Elle ne sera finalement qu’un écho affaibli à un principe, une bonne intention. Rien donc qui ne pourrait empêcher une nouvelle catastrophe industrielle.

Saisi par 60 députés et 60 sénateurs LR (droite), deux jours après l’adoption définitive de la proposition de loi sur le « devoir de vigilance des sociétés mères« , le Conseil a validé jeudi 24 mars 2017 l’obligation d’ »établir un plan de vigilance, le mécanisme de mise en demeure, la possibilité pour le juge de soumettre la société concernée à une injonction et la possibilité d’en- gager sa responsabilité en cas de manquement à ses obligations« . Mais les juges suprêmes ont aussi jugé que « le législateur avait défini l’obligation qu’il instituait en des termes insuffisam- ment clairs et précis pour qu’une sanction puisse être infligée en cas de manquement ».

Droits humains, une expression trop vague, vraiment ?

L’objectif du texte est d’éviter des drames comme l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh en avril 2013, un immeuble abritant des ateliers de confection pour de grandes marques occi- dentales. Cet accident avait tué plus d’un millier d’ouvrières et blessé plus de 2000 autres.

Selon la plus haute juridiction française, qui fait valoir « la jurisprudence sur le principe de légalité des délits« , certains termes, tels que « mesures de vigilance raisonnable« , « droits humains » ou « libertés fondamentales« , sont trop généraux ou indéterminés, et le périmètre des sociétés, entreprises et activités entrant dans le champ de l’infraction est « très étendu« .

Le texte, porté par le socialiste Dominique Potier et adopté le 21 février 2017 par un vote unanime de la gauche, avait suscité la joie de nombreuses ONG et syndicats, mais aussi provoqué le courroux du puissant syndicat patronal français, le Medef, et de l’Afep (Association française des entreprises privées).

Il a été imaginé afin d’obliger les 150 plus grandes entreprises françaises – celles de plus de 5000 salariés – à élaborer un plan de vigilance pour « prévenir les atteintes graves envers les droits humains et les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes ainsi que l’environnement » chez leurs sous-traitants ou fournisseurs à l’étranger avec qui elles ont « une relation commerciale durable ».

Une décision en ‘demi-teinte’ au nom de la liberté d’entreprendre

La loi prévoyait à l’origine une amende allant jusqu’à 10 millions d’euros pour les sociétés ne respectant pas cette obligation et jusqu’à 30 millions si cette absence de plan était à l’origine d’une catastrophe. Cela avait amené les parlementaires opposés au texte à dénoncer une « loi punitive à l’égard des grandes entreprises françaises ».

Tout en jugeant nécessaire de renforcer la vigilance, l’Afep a regretté l’imposition « par la loi de contraintes fortes à caractère large et indéterminé pouvant engager leur responsabilité civile« , disant craindre des « conséquences négatives pour les entreprises françaises« , de « fortes incertitudes juridiques » et au final « une perte de compétitivité« .

Le Medef a été moins virulent : « cette décision nous rassure un peu sur les conséquences très néfastes que cela aurait pu avoir sur l’économie française dans sa globalité« , a commenté un porte-parole, en estimant que les amendes auraient « pénalisé les entreprises françaises » vis-à-vis de leurs concurrentes.

En termes d’efficacité, on sait très bien que s’il n’y a pas de contrainte, ça n’avance pas…
Caroline Dorémus-Mège, CCFD

Mais pour les ONG qui soutenaient ardemment le texte, cette décision en « demi-teinte » est une « déception« . Elle « vide en grande partie la loi de sa substance« ,  déplore Caroline Dorémus- Mège, directrice du plaidoyer au CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Dévelop- pement).  »Ce texte fait progresser la question de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Mais en termes d’efficacité, on sait très bien que s’il n’y a pas de contrainte, ça n’avance pas, ou du moins pas assez vite » souligne-t-elle.

Pour Sandra Cossart, de Sherpa, ONG qui défend et soutient les victimes de crimes écono-miques, le devoir de vigilance est toutefois « consacré ». « C’est une première étape« , abonde Sabine Gagnier, chargée de plaidoyer Entreprises et droits humains pour Amnesty interna-tional. « On espère que les entreprises vont être de bonne foi et vont appliquer ce devoir de vigilance« .

Le ministre de l’Économie et des Finances Michel Sapin se félicite du fait que la loi ne portait pas atteinte « à la liberté d’entreprendre« . Et souligne qu’ »il conviendra d’apporter les précisions législatives rendues nécessaires pour compléter le texte et lui redonner toute sa dimension« .

Et les employées de ces ateliers-usines du bout du monde qu’en pensent-elles ?

Ces femmes sous payées, sous alimentées, renvoyées dès qu’elles sont enceintes, comme le rappellent régulièrement des études, qui constituent 95% de la main d’oeuvre de ces forçats du textile, applaudiront-elles cette loi qui n’est finalement que symbolique ?

24 mars 2017 Sylvie Braibant

http://information.tv5monde.com/

Lire aussi:

Bangladesh : les travailleuses oubliées du Rana Plaza

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22 mars 2017 ~ 0 Commentaire

noyal-pontivy (fr3)

y-en-a-marre

Grève chez Linpac Packaging dans le cadre des négociations salariales

Les salariés de l’entreprise Linpac Packaging, qui fabrique du film plastique pour produits alimentaires à Noyal-Pontivy (Morbihan), sont en grève mardi dans le cadre des négociations salariales, a-t-on appris de source syndicale. « Les négociations salariales ont débuté en janvier et n’ont toujours pas abouti« , a expliqué Isabelle Guychard, la déléguée CFDT de cette entreprise qui emploie environ 400 personnes.

« Nous, on demande une augmentation de 3% des salaires des ouvriers et de 2% pour les agents de maîtrise, plus une prime exceptionnelle de 300 euros net. Mais la direction reste campée sur des primes d’intéressement, avec des objectifs de production et de performance d’entreprise inatteignables », a-t-elle expliqué.
Dans un communiqué, la direction de Linpac estime qu’ »après trois années de hausse de salaires bien au-delà de l’inflation », elle a proposé, dans le cadre des Négociations annuelles obligatoires (NAO), « un plan d’intéressement lié aux bénéfices ainsi qu’un Perco (Plan d’épar- gne pour la retraite collectif, NDLR) pour mieux préparer la retraite ».

Alors que la situation de l’entreprise est « saine », écrit la direction, « nous devons préserver notre compétitivité pour continuer à développer nos activités et sécuriser notre emploi ». La grève avait été votée lors d’une assemblée générale, la semaine dernière. « La direction a anticipé notre action et a arrêté les lignes de production », a expliqué la déléguée syndi- cale.  »On espère être rappelés à la table des négociations dans la journée et sortir de ce conflit », a dit Isabelle Guychard.

 LH avec AFP Publié le 21/03/2017

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21 mars 2017 ~ 0 Commentaire

oberthur vitré (lejournaldevitre + lo)

greve

Les salariés reconduisent la grève à l’entreprise Oberthur de Vitré

Les salariés grévistes de l’usine Oberthur Technologies de Vitré ont reconduit à 70 % le mouvement de grève, lundi 20 mars 2017.

Un vote à bulletin secret, sans appel. A 75 % (182 votants), les salariés grévistes ont voté la poursuite de la grève ce lundi après-midi à l’entreprise Oberthur Technologies de Vitré (Ille-et-Vilaine). Les organisations syndicales FO et CFDT font par ailleurs savoir qu’« elles se désengagent des problèmes liés au blocage et ne cautionnent en aucun cas ces agissements».21/03/2017 Julien Sureau

http://www.lejournaldevitre.fr/

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Oberthur Technologie : en grève ! (Lutte Ouvrière)

A Oberthur, les salariés vont-ils retourner au travail ?

 

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19 mars 2017 ~ 0 Commentaire

syndicalisme (bastamag)

ouvriers

« Le syndicalisme est un des rares espaces où les ouvriers peuvent encore lutter contre leur domination »

Paradoxe : alors que la réforme du droit du travail sera discutée à l’Assemblée Nationale dans les prochaines semaines (2016 NDB), celle-ci ne compte aucun ouvrier parmi les élus « du peuple ». Avec les employés, ils constituent pourtant la moitié de la population active française. Le syndicalisme demeure l’un des rares espaces qui leur offre une expression et une action collective. Le sociologue Julian Mischi a suivi des militants CGT d’un atelier de la SNCF dans une localité rurale en Bourgogne. Son ouvrage Le bourg et l’atelier bat en brèche plusieurs idées reçues : celle d’un syndicalisme agonisant ou corporatiste, et celle d’un monde rural qui n’aurait d’autres choix que de se replier sur lui-même. Entretien.

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Rachel Knaebel 17 mars 2016

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16 mars 2017 ~ 0 Commentaire

lidl ploumagoar (le télégramme)

CGT-Bretagne

Manifestation de soutien à un élu CGT chez Lidl
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Cet après-midi, une trentaine de personnes se sont retrouvées sur le parking du supermarché Lidl de Ploumagoar. Répondant à l’appel de la CGT, les manifestants ont tenu à apporter symboliquement leur soutien à un délégué du personnel CGT, mis à pied par sa direction pour six jours depuis le début de la semaine.
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« C’est la deuxième fois que notre collègue est ainsi victime de discrimination syndicale », a dénoncé Jocelyn Thémistat, élu CGT au CHSCT. « Nous avons contesté la première décision aux Prud’hommes et avons gagné. Lidl a décidé de faire appel. La décision est attendue le 5 avril », a souligné le représentant syndical entouré de sympathisants, de représentants de Solidaires, et de Cinderella Bernard, conseillère départementale PC et candidate aux législatives.
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Sollicité, Lidl a souligné, par le biais de son service communication, que la mise à pied du salarié, préparateur de commande, faisait suite « à des problèmes de comportement et n’avait rien à voir avec de la discrimination syndicale. Le dialogue social est dans l’ADN du groupe ». Huit salariés (dont quatre élus CGT selon la direction) ont conjointement débrayé à la base logistique régionale de Guingamp. D’après la CGT, le site compte environ 150 salariés.
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15 mars 2017
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http://www.letelegramme.fr/

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15 mars 2017 ~ 0 Commentaire

oberthur (lejournaldevitré + fr3)

y-en-a-marre

Des salariés de l’entreprise Oberthur en grève à Vitré

A l’appel des syndicats Force Ouvrière et CFDT, des salariés de l’entreprise Oberthur ont lancé un mouvement de grève sur le site de Vitré (Ille-et-Vilaine), mardi 17 mars 2017.

Mouvement de grève depuis mardi après-midi à l’entreprise Oberthur, à Vitré.
Une petite centaine de salariés de l’entreprise Oberthur Technologies à Vitré (Ille-et-Vilaine) ont répondu à l’appel à la grève de l’intersyndicale, mardi 14 mars 2017, à 15h30.

Le Drian annule sa visite

Des représentants des syndicats Force Ouvrière et CFDT seront reçus dans l’après-midi par la direction locale de l’usine. Des membres de la direction nationale seront également présents : ils attendaient en effet le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui a annulé sa visite à la dernière minute après une première étape chez Thales, à Etrelles.

Trois revendications

Les syndicats souhaitent obtenir une prime de 1200 € nets par personne, une augmentation générale pour l’ensemble des salariés ainsi qu’un budget revalorisé pour les négociations locales. « On nous réclame toujours plus d’efforts, indique Alban Colinet, de FO. Les richesses doivent être équitablement réparties. Les salariés veulent leur part du gâteau. »

« La pression est constante. Les arrêts de travail sont en augmentation. Les conditions de travail se dégradent », poursuit son collègue de la CFDT, Alain Esnault. L’entreprise Oberthur à Vitré compte 650 salariés. « 27 % sont précaires, en CDD ou en intérim », regrettent les syndicats. De 2015 à 2016, la production de cartes à puces est passée de six à douze millions.

Le dernier mouvement de grève, lancé à Oberthur au début des années deux-mille, avait duré trois semaines.

14/03/2017

http://www.lejournaldevitre.fr/

Lire aussi:

Les salariés d’Oberthur Technologies veulent leur part des bénéfices (FR3)

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15 mars 2017 ~ 0 Commentaire

bains-sur-oust (ouest france)

chine greve

Grève à Faurecia pour une hausse des salaires

À l’appel de la CFDT, suivi par la CGT, des employés de l’entreprise Faurecia ont cessé de travailler, ce mardi 14 mars, en début de matinée. Ils dénoncent une hausse générale trop faible des salaires.

À 5 h ce mardi 14 mars, des salariés de Faurecia ont commencé une grève, à Bains-sur-Oust (Ille-et-Vilaine), à l’appel de la CFDT, syndicat majoritaire, suivi par la CGT. L’entreprise tourne depuis au ralenti.

Ils dénoncent « l’échec des trois réunions sur la négociation salariale annuelle », selon Lionel Naël, délégué CFDT. Il ajoute : « Une augmentation générale de 0,7 % a été annoncée par la direction. Nous avions demandé 2 %. »

En attente d’une réponse du siège

Environ « 190 personnes » suivent le mouvement (sur 350), principalement les ouvriers, qui pourrait durer, si les grévistes n’obtiennent pas gain de cause.

L’usine de Bains-sur-Oust appartient à un groupe, « la direction locale n’a pas mandat à négocier plus », précise Lionel Naël. Son syndicat attend donc un geste du siège. « Des salariés de l’usine de Méru, dans l’Oise, sont également en grève. »

14/03/2017

http://www.ouest-france.fr/

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05 mars 2017 ~ 0 Commentaire

brest métallurgie (le télégramme)

cgt super h
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Une centaine de salariés de la CGT devant le siège de l’UIMM
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David Pico a pris la parole devant une centaine de salariés. Hier matin, une centaine de salariés de la métallurgie, venus d’entreprises comme Damen, SDMO, Nautis, Thales, Aode Electronics, mais aussi de Quimper ou Douarnenez, se sont rassemblés devant le siège de l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie).
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À 11 h, David Pico, de la direction fédérale CGT de la métallurgie, a pris la parole : « Une négociation visant à redéfinir l’ensemble des accords régissant les garanties collectives et individuelles des salariés de la métallurgie s’est ouverte en septembre 2016 et devra être terminée fin 2017.
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Cette négociation se place dans la lignée de la mise en application de la loi Travail que la CGT combat », a précisé David Pico. Cette négociation aura un impact sur les salaires, les primes, l’épargne salariale, le temps de travail, l’accès à la formation professionnelle, la protection sociale et les conditions de travail
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« Les employeurs ne veulent plus reconnaître les diplômes, l’expérience, la prime d’ancienneté et la rémunération au regard de la fonction tenue », selon la CGT, qui propose « les mêmes droits et garanties pour l’ensemble des salariés, un SMIC à 1.800 €, l’élaboration d’une grille de classifications unique, d’égalité professionnelle et salariale entre femmes et hommes et la réduction du temps de travail à 32 heures ».  04 mars 2017
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25 février 2017 ~ 0 Commentaire

karl docker (bastamag)

swp

« Être de gauche, c’est arrêter de mépriser les ouvriers »

Qu’est-ce qu’être de gauche selon vous ? Y a-t-il encore du sens à se dire de gauche ? Comment voit-on la gauche du futur ? Quelles sont ses valeurs, ses idées, ses projets, ses défis ? #imagineLaGauche, c’est la série lancée par Basta !, pour comprendre, reconstruire, rêver, renouveler, mettre en débat… Salariés, chômeurs, retraités, étudiants, paysans, militants associatifs, syndicalistes, artistes, chercheurs, jeunes et moins jeunes, témoignent. Aujourd’hui, Karl Montagne, docker à Saint-Nazaire.

Y a-t-il une gauche en France ? Je ne suis pas sûr, en tout cas pas du côté de ceux qui ont le pouvoir. Pour moi, seuls les syndicats sont de gauche, et encore, pas tous ! C’est quand même un gouvernement soi-disant « de gauche » qui nous a imposé la loi El-Khomri, qui remet en question tous les droits des travailleurs. Avec l’annualisation du temps de travail sur trois ans, on pourra se retrouver à bosser quasi jour et nuit la dernière année si on n’a pas fait assez d’heures avant. On n’aura plus de vie de famille, que le travail. Même les congés payés sont remis en cause. C’est de gauche, ça ?

Protéger les ouvriers, réellement

Les patrons auront le droit d’avoir recours au CDI juste quand ils en auront besoin. Ils pourront jeter les gens ensuite sans payer les primes de précarité auxquelles avaient droit les intéri-maires et les CDD. Les gens ne pourront plus rien faire. Avec un CDI, nous pouvons souscrire un emprunt, s’acheter un logement et être un peu tranquille. C’est ça que veulent les gens. Ce n’est pas grand chose en fait, mais même ça, ils l’enlèvent ! Une mesure de gauche urgente, ce serait d’abroger cette loi travail, entièrement, et protéger les ouvriers réellement.

Il faut arrêter de tout donner au patronat : le fric, tous les droits, aucun risque de finir en prison même s’ils ont des ouvriers qui meurent au boulot. Il faut voir comment ils se sont gavés encore cette année, tandis que nous n’avons rien du tout [en référence à l’augmentation record des dividendes, lire ici, ndlr]. Tout augmente, sauf les salaires. Les gens vont finir par ne plus vouloir travailler tellement ils sont mal payés. Valoriser les gens qui travaillent et arrêter les cadeaux aux grands patrons : voilà une autre mesure de gauche très urgente.

On va se retrouver avec l’extrême droite à cause de leur mépris

Être de gauche, c’est arrêter de mépriser les ouvriers, de les trouver sales et encombrants quand ils sortent dans la rue. Ce sont eux qui font la richesse de la France ! Certains politi- ques, comme Olivier Besancenot ou Philippe Poutoux, parlent de nous avec respect. Eux connaissent le travail. Les autres ne sont pas fatigués. Forcément, dormir à l’Assemblée Nationale ou au Sénat, c’est facile. On peut faire ça jusqu’à 80 ans sans problèmes. Quand on n’a jamais mis les pieds dans une usine, sauf cinq minutes pour se laver les mains, que sait- on ? Ceux qui sont au pouvoir ne savent pas ce que c’est de s’user le corps à cravacher toute une journée, par tous les temps.

Comment pourrais-je continuer à travailler jusqu’à 67 ans ? C’est impossible. Je vais mourir au travail. Je ne servirai plus à rien. Je ne serai même plus compétitif. Les gens sont en colère. Ils n’en peuvent plus d’être pris pour des imbéciles, pour des moins-que-rien. Un jour, on va se retrouver avec l’extrême droite, à cause de leur mépris. Et on accusera encore les Français de base, les ouvriers, en les traitant d’abrutis.

Karl Montagne, docker, Saint-Nazaire

Nolwenn Weiler 15 février 2017

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