Archive | Luttes ouvrières

26 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

chine (lutte ouvrière)

chine1.jpg2

L’État chinois et la bourgeoisie chinoise aujourd’hui

Aujourd’hui, alors que l’importance du marché s’est considérablement accrue, l’État a conservé une très forte participation dans l’économie, en contrôlant les plus grandes entreprises, notamment les 117 dites stratégiques de la SASAC, (l’agence chargée de la supervision des entreprises publiques), en contrôlant les banques et les marchés financiers, en pilotant la montée en puissance des nouveaux secteurs comme l’aéronautique.

De ce point de vue, il ne se distingue pas des États occidentaux. Comme eux, il défend les intérêts généraux de sa classe dominante. C’est ainsi l’État chinois qui a relancé l’économie chinoise et mondiale en 2008, en investissant dans les infrastructures et l’immobilier. C’est lui qui garantit aujourd’hui que la crise immobilière ne se transforme pas en déroute complète.

L’État chinois protège aussi la classe dominante des réactions des travailleurs, dont l’exploitation s’est bien aggravée en 30 ans, et des paysans, régulièrement spoliés de leurs terres que les autorités locales revendent aux promoteurs immobiliers.

Enfin, tout en se faisant l’intermédiaire des capitalistes occidentaux, l’État chinois protège de l’impérialisme les intérêts de sa classe dominante.

Ainsi, c’est l’État qui cherche des marchés à l’exportation, comme les « nouvelles routes de la soie », pour tenter de sortir l’économie chinoise de ses limites internes.

C’est l’État qui pilote les entreprises sur les Bourses occidentales afin que les plus grandes ou les plus précieuses ne lui échappent pas. Mais depuis que les capitalistes occidentaux ont choisi dans les années 1990 et 2000 d’investir en Chine, c’est aussi l’État chinois qui leur garantit leurs profits en leur permettant d’exploiter une classe ouvrière faite maintenant de centaines de millions de travailleurs qu’il faut tenir en respect.

Les capitalistes chinois profitent eux aussi de ces investissements occidentaux, en se plaçant comme sous-traitants ou fournisseurs, ou en acquérant des compétences et des technologies nouvelles.

La classe dominante chinoise doit donc tout à l’État. Elle en est consciente et, si elle l’oubliait, les dirigeants comme Xi Jinping se chargent de le lui rappeler régulièrement. C’est pourquoi les clans au pouvoir peuvent se permettre de mettre un Jack Ma ou une Whitney Duan sous séquestre, de sacrifier de temps en temps un Bo Xilai au nom de la lutte contre la corruption, ou d’imposer une politique particulière à telle ou telle entreprise, à tel ou tel secteur.

L’État chinois est un État bourgeois qui a réussi à développer une économie et une bourgeoisie chinoises dans un environnement impérialiste.

Une telle réussite ne se comprend que parce que l’État s’est mis au service de l’impérialisme, en lui offrant une partie de son marché et de ses travailleurs, et parce que l’État a lui-même dirigé l’économie à une époque où le capitalisme occidental était, et demeure, embourbé dans une crise sans fin et où les bas salaires chinois étaient une opportunité.

Les tensions permanentes mais grandissantes entre la Chine et les États-Unis sont là pour rappeler les limites de ce que tolère l’impérialisme dans l’émergence d’une puissance concurrente.

Quant au développement de la Chine, il reste tout relatif.

Il ne concerne que les zones côtières et les grandes villes, excluant les campagnes où des centaines de millions de personnes vivent toujours dans des conditions arriérées.

Il est aussi relatif si on adopte un point de vue global.

Le retour de la bourgeoisie des pays impérialistes en Chine pour exploiter une main-d’œuvre sous-payée, et qui a pris le relais des investissements de la diaspora chinoise au début des années 2000, s’est fait au détriment des économies occidentales.

Leurs capitaux se sont localisés là où c’était le plus profitable, accélérant le ralentissement des vieilles économies capitalistes.

Reste de ce processus l’émergence d’une classe ouvrière maintenant forte de plusieurs centaines de millions de membres, une classe ouvrière qui n’aura pas d’autre choix que de se battre pour ses propres intérêts et de renouer avec les idées révolutionnaires.

 23 juin 2022

https://mensuel.lutte-ouvriere.org/

Lire la suite

25 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

liffré (fr3)

gattaz

Nouvelle manifestation à Liffré contre l’installation de l’usine Bridor

L’usine de viennoiseries surgelées utilisera 180 000 mètres cubes d’eau pour sa production et créera 500 emplois dans la zone

Associations écologistes, habitants de la commune et élus ont manifesté ce matin devant la mairie de Liffré contre l’installation d’une usine de production de viennoiseries surgelées. Ils dénoncent un pillage des ressources en eau et l’artificialisation des sols

A Liffré, les manifestations contre l’usine Bridor se suivent et se ressemblent. Début juin déjà, les opposants s’étaient rassemblés durant tout un week-end. Aujourd’hui ils marchent à nouveau contre l’implantation de l’usine de 21 hectares dans la zone de Sévaille 2.

Nouvel élément dans le dossier, la validation du projet par le préfet le 1er juillet dernier.

« Un projet d’un autre âge après la sécheresse de cet été »

« Incompréhensible », « aberrant », « déconnecté du réel », « d’un autre temps », les qualificatifs ne manquent pas dans la bouche des opposants (associations, élus, habitants) pour qualifier ce projet d’usine de viennoiseries surgelées destinées à l’export.

180 000 mètres cubes d’eau par an devraient être nécessaires pour la production et 21 hectares de terres seront artificialisées pour construire l’usine. Des chiffres qui ne passent pas pour les manifestants.

Ca me paraît de plus en plus aberrant de consacrer autant d’eau à une usine et à un modèle de développement vieux et arriéré par rapport à l’actualité et au modèle qu’on nous demande de suivre. Simoné, agriculteur bio sur une commune voisine

« C’est un projet d’un autre âge. Aujourd’hui la priorité écologique c’est l’accès à l’eau et à la nourriture de proximité, pas exporter à l’autre bout du monde des brioches surgelées pour enrichir toujours les mêmes » s’insurge Solène dans le cortège.

L’emploi local comme argument d’implantation

En face, le maire de Liffré Guillaume Bégué, défend le projet d’implantation. « 500 emplois dans la zone seront à pouvoir » explique t-il. « C’est 10% d’emplois complémentaires aux 5 000 déjà existants. Or on sait que ceux qui ont le plus de mal à trouver un emploi, c’est à cause de la mobilité. Donc là on ramène de l’emploi auprès des habitants. »

Pour le maire, la zone de Sevaille 2 est celle sur laquelle l’impact de l’installation de l’usine sera le moins important. Guillaume Bégué reconnaît que l’entreprise sera grosse consommatrice d’eau mais qu’elle a déjà réduit sa consommation sur l’usine de Servon, passant de 50 000 mètres cubes à 30 000.

Le Duff, un groupe breton d’envergure internationale

Le groupe Le Duff, maison mère de Bridor, est un des leaders mondiaux de la boulangerie et de la restauration. Il emploie plus de 35.000 personnes, pour un chiffre d’affaires 2019 de 2,05 milliards d’euros. Il a annoncé en 2019 un investissement de 250 millions d’euros pour construire à Liffré cette usine de produits de boulangerie traditionnelle et de viennoiserie pâtisserie, promettant « 500 emplois non délocalisables« .

Il avait alors reçu le soutien du président de la région Bretagne et ancien maire de Liffré de 2008 à 2017 qui s’était réjouit que le groupe Le Duff ait choisi la Bretagne pour son projet, plutôt que les sites de Lyon ou Düsseldorf, alors envisagés.

L’usine de Liffré viendra donc compléter celles de Servon (Ille-et-Vilaine) et de Louverné (Mayenne). Les habitants et les associations écologistes ne s’avouent pas vaincues. Un recours contre le permis de construire est en cours et un autre contre l’autorisation environnementale sera initié en novembre.

 24/09/2022  Sarra Ben Chérifa  Victoire Panouillet

Lire la suite

14 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

jeunes ! (gr)

Sans titre 1

Jeunes, nous aussi luttons pour notre avenir !

La rentrée 2022 n’a pas été différente de toutes celles du précédent quinquennat, avec toujours un immense décalage entre les me­sures du gouvernement Macron et celles qui seraient néces-saires pour permettre aux jeunes de vivre correctement et d’envisa­ger un véritable avenir. Dans les lycées, c’est de nou­veau catastrophique avec des classes bondées, voire pas de profs du tout dans certaines matières. C’est carrément le sacrifice de notre éducation et de notre futur !

Jeune = Précaire ?!

Le salaire des apprentis qui est compris entre 27 et 73% du SMIC a été revalorisé de 2% en août, suivant ainsi la hausse du salaire minimum, mais face à une infla­tion de 6,1% c’est insuffisant !

Même chose pour les bourses ! Même si les étudiants sont plus « chanceux » que les appren­tis avec la revalorisation des bourses de 4%, même un élève de primaire verrait bien que le compte n’y est pas. Sans consi­dérer le fait que trois quarts des étudiants n’ont pas de bourse qu’ils ne verront donc ni les prix baisser, ni leurs salaires aug­menter pour ceux qui travaillent.

Côté lycées pro, les temps de stages seront augmentés de 50% en 2023, diminuant encore les heures d’enseignements géné­raux et creusant ainsi l’écart de connaissances avec les autres lycéens.

Rejoignons les luttes des travailleurs !

Nous subissons aussi l’infla­tion, le manque de personnel enseignants et les mauvaises conditions d’études et de travail. C’est le résultat de la politique de Macron qui veut toujours priva­tiser les services publics et faire que les salariés soient payés le moins possible. Refusons cette société qui ne marche que pour le profit, cette société capitaliste ! Luttons aux côtés des travail­leurs, pour des conditions d’étude et de vie décentes et une société qui répond aux besoins de toutes et tous ! Le 29 septembre, nous aussi faisons grève et descendons dans la rue pour défendre nos droits ! Nous avons publié des tracts pour mobiliser, contacte-nous si tu veux participer !

Face à Macron et aux capitalistes, il faut une grève massive !

Coût de la vie, retraites ou as­surance chômage menacées, dégradation des conditions de travail à vitesse grand V, les raisons de la colère sont là. Sans parler des provocations de Macron sur la fin de « l’abondance »… : une lutte massive des travailleurs est nécessaire !

Des grèves ont eu lieu cet été sur les salaires et à la rentrée dans plusieurs secteurs (énergie, Santé…). Elles indiquent la voie aux travailleurs des autres secteurs.

Avant l’été, la date du 29 septembre a été annoncée par les syndicats comme une journée interprofessionnelle de grève et d’action pour exiger l’augmen­tation générale des salaires.

Sur nos lieux de travail, avec nos orga­nisations syndicales, nous devons prépa­rer de manière très sérieuse cette grève pendant tout le mois de septembre. Un bon niveau de grève c’est le message aux patrons, à Macron mais aussi à celles et ceux qui ne seront pas entrés en grève que maintenant on ne se laissera pas faire. C’est le moment de passer à l’ac­tion ! Utilisons massivement le 29 sep­tembre pour être toutes et tous en grève !

Engager un bras de fer pour battre Macron et les capitalistes!

Partout les bas salaires posent pro­blème. C’est enrageant de ne pas pou­voir vivre dignement de son travail. Puis chaque secteur a ses propres pré­occupations et revendications. Nous avons toutes et tous les mêmes inté­rêts : stopper la politique de Macron et des capitalistes qui nous envoient dans le mur. Mais ils ne vont pas céder facilement. Comme en Grande-Bre­tagne, il faut avancer vers une lutte de masse, déterminée, avec un ensemble de revendications unifiant pour toute la classe ouvrière. Les directions syn­dicales devraient toutes frapper sur le même clou et proposer un plan d’action de lutte pour monter en puissance, dès maintenant, le 29 septembre et après.

Pour une grève visible et active

Nous sommes toutes et tous concerné.es. Se préparer pour cette grève, sur nos lieux de travail, syndiqués et non syndi­qués, est une priorité. Les syndicats, et en particulier les syndicalistes comba­tifs, ont un rôle important : proposer la grève et sa préparation collective. Des heures d’info, des assemblées générales partout sont le moyen de discuter des revendications les plus efficaces face à Borne, Lemaire et Macron, des moyens de faire connaître la grève et d’y impli­quer les collègues.

Pendant les jours de grève, nous de­vons nous retrouver devant nos lieux de travail, en piquet de grève, pour montrer à nos collègues, aux passants, aux usagers ou clients, qu’il s’agit d’une grève sérieuse, faire des départs grou­pés avant les manifestations, en somme instaurer un climat de lutte car le 29 septembre doit être un début.

• Pour l’augmentation du salaire à 1600€ net minimum
• Pour des salaires qui augmentent au moins autant que les prix !
•Pour des embauches massives de personnel partout où il y en a besoin, en particulier les services publics (Éducation, Santé, transports…)
•Prenons les 73 milliards de profits du CAC40 pour faire baisser les prix
•Les transports, la Santé, l’Énergie, la grande distribution… doivent être mis en monopole de service public et contrôlés par les travailleurs et les usagers !
•Pour une lutte de masse offensive contre la politique de Macron et les capitalistes !

 

 

14/09/2022

.

https://www.gaucherevolutionnaire.fr/

Lire la suite

13 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

nupes (jdd)

lutte de classe

Comment la Nupes travaille à une « marche contre la vie chère » mi-octobre

Une réunion s’est tenue lundi soir entre les partenaires de la Nupes, des syndicats et des associations pour discuter d’une « marche contre la vie chère » en octobre. Pour l’heure, aucun accord sur une organisation commune n’a été trouvé.

C’était début juillet. Lors d’une conférence, après les élections législatives, au siège du Parti ouvrier indépendant (POI) à Paris, Jean-Luc Mélenchon proposait à ses partenaires de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) de lancer « une grande initiative politique » pour la rentrée, par exemple « une grande marche contre la vie chère ».

Rebelote début septembre lors de la braderie de Lille où il disait rêver d’une « immense marche». « C’est le moyen de faire la démonstration de force », estimait-il alors. Les différentes forces de l’alliance de gauche se sont retrouvées une nouvelle fois ce lundi soir pour discuter de ce rendez-vous. Étaient également présents, des représentants des syndicats – la CGT, Solidaires, FSU – et de plusieurs associations comme Oxfam et Attac.

Pour l’heure, les Insoumis, à l’initiative de l’action à venir, n’ont reçu aucun engagement ferme de la part des syndicats, qui ont, eux, en ligne de mire leurs propres appels à la grève et manifestations des 22 et 29 septembre.

« Leur priorité c’est le mois de septembre qui sera intense. C’est normal qu’ils priorisent leurs actions », résume la secrétaire nationale adjointe d’Europe Écologie-Les Verts, Léa Balage, qui était présente aux discussions. À ses côtés lundi soir, il y avait aussi Aurélie Trouvé et Manuel Bompard (La France insoumise), Hélène Hardy (EELV), Pierre Jouvet (Parti socialiste), Christian Picquet et Pierre Lacaze (Parti communiste).

« Toutes les initiatives sont bienvenues »

Malgré tout, La France insoumise compte déjà de son côté « commencer l’organisation » de cette marche dans les prochains jours pour mobiliser au maximum, a rapporté Aurélie Trouvé à l’AFP. « Ce sera mi-octobre par respect et souci de complémentarité » avec les syndicats, « qui nous ont dit ne pas vouloir qu’elle ait lieu à une date trop proche du 29 septembre », a expliqué la députée qui mène les pourparlers en cours. Selon elle, les organisations politiques, syndicales et associatives présentes lundi soir se sont toutefois toutes mises d’accord sur le fait que « pour mettre en échec la politique du gouvernement, toutes les initiatives sont bienvenues ».

Marcher pour marcher, ça ne fait qu’augmenter le podomètre. La question est : comment cette marche crante un certain nombre de choses qui permettent d’obtenir des victoires

« On ne pouvait s’associer que si on ouvrait grand les portes et les fenêtres auprès des syndicats. Si ce n’est pas pour co-construire la marche ensemble, au moins en étant raccord avec elles », complète Léa Balage, qui juge la rencontre « très positive » car elle crée « un cadre, dans la durée, de construction, avec les syndicats ».

Chacun membre de la Nupes doit en parler dans ses instances internes ce mardi, avant de se retrouver mercredi pour poursuivre les discussions. « Marcher pour marcher, ça ne fait qu’augmenter le podomètre. La question est : comment cette marche crante un certain nombre de choses qui permettent d’obtenir des victoires », ajoute l’écologiste, en évoquant mots d’ordre et travail en lien avec « les actions législatives ».

« Pour ce qui nous concerne, notre crainte est que ça fasse apparaître une césure entre l’agenda politique et syndical, un éparpillement des initiatives. Ça ne veut pas dire que nous ne participerons pas, mais il faut travailler la question », a pour sa part expliqué au Monde le communiste Christian Picquet.

Avant la réunion de lundi, à la Fête de l’Humanité, Fabien Roussel avait pris ses distances avec cette marche, préférant se concentrer sur l’appel des syndicats pour les 22 et 29 septembre : « On n’est pas une agence de voyage qui organise des manifestations à gogo. [...] Je souhaite qu’on décide ensemble, on ne peut pas jouer cavalier seul avec une ambition. Si Jean-Luc Mélenchon veut organiser une marche seul, il le fera. »

Nouvelle réunion le 4 octobre

Quant aux syndicats, certains ont déjà acté qu’ils n’en seraient pas à l’initiative. « On ne ferme pas la porte à travailler avec des associations, des partis politiques », mais la « grosse priorité est la réussite du 29 », a affirmé Simon Duteil, co-délégué général de Solidaires : « On n’appellera pas, en tant qu’organisation nationale, à participer » à la marche de la mi-octobre.

Côté CGT, la secrétaire confédérale Céline Verzeletti apparaît davantage dans l’expectative : « En fonction de la mobilisation du 29, on verra comment on peut s’inscrire dans d’autres initiatives et peut-être dans celle-ci si elle est large et qu’elle est [...] construite par les organisations politiques mais aussi associatives. »

Avant d’ajouter : « Tout reste ouvert, je ne sais pas ce qu’on fera. » Une nouvelle réunion des syndicats avec la Nupes a été calée pour le 4 octobre, après les deux manifestations, « pour faire le point ». 

13 septembre 2022 Anne-Charlotte Dusseaulx

https://www.lejdd.fr

Lire la suite

08 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

grande bretagne (à l’encontre)

changeur

Grande-Bretagne. «Restez chauds cet hiver – semez le trouble!»

Liz Truss est maintenant à la tête du parti Tory et sur le point de devenir Première ministre [elle a été nommée officiellement par la reine Elizabeth le 6 septembre] – mais elle n’a pas de réponse aux crises qui affectent presque tous les aspects de la vie en Grande-Bretagne.

Deux tiers des banques alimentaires disent qu’elles vont manquer de nourriture cet hiver et qu’elles devront refuser des personnes. Plus de six millions de personnes sont inscrites sur les listes d’attente du NHS (National Health Service). En cas d’urgence médicale, comme une attaque cérébrale, une ambulance met en moyenne un peu moins d’une heure à arriver, alors que le délai cible est de 18 minutes.

Les compagnies des eaux ont déversé des eaux usées non traitées dans les cours d’eau plus de 370 000 fois en 2021. Seul un train sur trois reliant Londres à Manchester est programmé pour circuler. La sécheresse généralisée n’est qu’un exemple de la crise climatique.

Alors que les gens désespèrent de l’avenir, Liz Truss et Rishi Sunak ont passé l’été à démontrer que s’attaquer à ces problèmes n’est pas une priorité pour eux. En ce qui concerne le coût de la vie, les plans vantés de Liz Truss pour réduire l’impôt sur le revenu, les contributions des salarié·e·s et des employeurs à la National Insurance [pièce maîtresse de l’Etat social] et la TVA offrent très peu à ceux qui en ont le plus besoin. Les personnes faiblement rémunérées ne paient pas beaucoup d’impôts sur le revenu ou de cotisations sociales, et la nourriture est détaxée de la TVA.

Mais malgré toute la rhétorique de Liz Truss sur les forces du marché, il semble maintenant que son gouvernement sera contraint de faire une volte-face radicale pour éviter une explosion de colère sur le coût du carburant. Des informations filtrant du Parti conservateur divulguent des plans pour un gel des prix de l’énergie, sans toutefois donner de détails sur la manière dont cela pourrait fonctionner. Robert Peston [responsable politique d’ITV News] met déjà en garde contre ce que cela pourrait nous coûter dans les années à venir. Mais même si les mesures d’urgence parviennent à éviter la crise immédiate des prix de l’énergie, le nouveau gouvernement doit faire face à de nombreuses autres lignes de fractures sociales et économiques.

Le NHS (sécu) est à genoux, mais il n’y a aucun signe d’une quelconque politique de Liz Truss en matière de santé. Les loyers dépassent l’inflation alors que des millions de locataires ne bénéficient pas d’une sécurité de base, mais le logement n’a pas non plus été mentionné lors de la course à la direction du Parti conservateur. Quant au climat, Liz Truss veut augmenter les forages de gaz, et éventuellement commencer la fracturation hydraulique, alors que nous devrions remplacer les combustibles fossiles par des énergies renouvelables. Ajoutez à cela les services sociaux, l’éducation, l’Irlande du Nord, les transports, l’Ecosse, les retombées continues du Brexit, la quasi-certitude d’une nouvelle poussée de Covid plus tard cette année… Crise? Quelle crise?

Pour consolider son pouvoir, on peut s’attendre à ce que Liz Truss lance une série d’attaques contre les cibles préférées des Tories. Attendez-vous à plus de lois pour rendre la grève plus difficile. Attendez-vous à davantage d’attaques contre les migrant·e·s et au retour de l’ignoble projet d’expulsion des réfugiés vers le Rwanda. Attendez-vous à davantage de guerres culturelles et d’attaques contre les personnes transgenres, en particulier avec la transphobe Suella Braverman en lice pour le poste de ministre de l’Intérieur [1].

Liz Truss s’est présentée aux membres du Parti conservateur comme une dirigeante de droite dure, mais elle est une Thatcher de comptoir. Thatcher a construit un consensus derrière ses politiques néoconservatrices qui incluait les grandes entreprises, les électeurs conservateurs de la classe moyenne et même certains travailleurs. Actuellement, le Financial Times souligne que les conservateurs n’ont pas de réponse aux problèmes majeurs du capitalisme britannique, tels que les soins de santé et le logement. De nombreuses personnes de la dite classe moyenne sont touchées par la flambée des factures d’énergie. Plus de la moitié des électeurs conservateurs (par opposition aux membres) sont désormais favorables à la renationalisation des entreprises énergétiques.

Liz Truss est également dans une position beaucoup plus faible que Boris Johnson. Elle devient Première ministre sans l’attractivité de Johnson auprès des électeurs, sans la ruse ou la gloire d’avoir réussi le Brexit, et alors que le Labour jouit d’une avance à deux chiffres dans les sondages électoraux. Lors du vote initial des députés conservateurs, Liz Truss n’était la «première préférence» que d’un sur sept d’entre eux, et lors du vote final, elle était encore le «premier choix» de moins d’un sur trois. Elle n’a même pas obtenu la majorité des membres du parti Tory qui ont voté pour elle, un sur six n’ayant pas voté. Et elle est à la tête d’un parti parlementaire conservateur qui n’a pas de consensus sur la stratégie à adopter – les réductions d’impôts et le marché libre ne permettront pas de réaliser le programme de «nivellement par le haut» sur lequel les députés conservateurs du «mur rouge» comptent pour conserver leurs sièges [2].

Un grand avantage pour la nouvelle administration, bien sûr, est l’opposition inadéquate fournie par le Parti travailliste de Keir Starmer. La stratégie générale de Starmer a longtemps consisté à démontrer aux électeurs et électrices qu’il n’est pas Jeremy Corbyn. Aux pouvoirs en place, il veut démontrer qu’il est une personne sûre à qui l’on peut faire confiance pour gérer l’Etat britannique. Son incapacité à comprendre le désespoir de millions de personnes a fait perdre aux travaillistes 90 000 membres, soit plus d’un sixième de leurs effectifs, l’année dernière.

Même un centriste comme Andy Burnham [maire du Grand Manchester, ayant servi dans le gouvernement de Gordon Brown] a pris la parole lors d’un rassemblement «Enough is Enough» [mouvement social menant campagne pour l’augmentation des salaires, la réduction des factures d’énergie, contre la pauvreté alimentaire, pour des logements décents pour tous, pour la taxation des riches] et a critiqué l’interdiction faite par Keir Starmer aux membres du cabinet fantôme de participer aux piquets de grève.

En août, lorsqu’il a été question qu’Unite – le deuxième plus grand syndicat britannique – se désaffilie du Labour, les alliés de Keir Starmer ont répondu que «nos sondages monteraient probablement en flèche du jour au lendemain» [alors que le soutien populaire aux diverses grèves est très élevé]. Il ne s’agit pas seulement d’une politique de droite, mais d’une incompétence remarquable.

Heureusement, Liz Truss doit faire face à une opposition beaucoup plus significative de grèves comme celles du rail et de la poste, et de campagnes comme «Don’t Pay» et «Enough is Enough». Les grèves du syndicat RMT (National Union of Rail, Maritime and Transport Workers) et du CWU (Communication Workers Union) ont été solides.

Les dirigeants syndicaux interviewés dans les médias ont touché des millions de personnes. Un rapide coup d’œil au site web du syndicat Unite montre que les grèves ont permis d’obtenir des augmentations de salaire à deux chiffres dans une liste croissante de firmes locales du secteur privé. Cependant, lorsqu’il s’agit de grèves nationales, où le gouvernement tient les cordons de la bourse, la victoire ne sera pas facile. Liz Truss sera déterminée à affronter les syndicats plutôt que d’être vaincue dès les premiers mois de son mandat. Les travailleurs et travailleuses devront très probablement faire pression pour que les modalités actuelles de conduite des grèves, sur un ou deux jours, s’intensifient et pour que s’établisse une plus grande coordination entre les secteurs en lutte, afin de maximiser la pression sur le gouvernement.

Jusqu’à présent, «Don’t Pay»  a obtenu l’engagement de près de 160 000 personnes à annuler leurs prélèvements automatiques le 1er octobre si les prix de l’énergie ne baissent pas. Il s’agit d’un énorme succès – la campagne de base a permis d’inscrire à l’ordre du jour de l’opinion publique l’idée de ne pas payer, de faire comprendre aux Tories qu’ils s’affrontent à une grave révolte et de pousser les gens à agir.

«Enough is Enough», lancé par les directions de plusieurs petits syndicats, a organisé des rassemblements stimulants et a rapidement développé une énorme liste d’adresses de contact. Les tracts distribués lors de l’événement de Londres promettaient la création de sections locales, la solidarité sur les piquets de grève et de mettre à l’ordre du jour la désobéissance civile.

Le potentiel de militantisme est énorme, comme l’a montré la réunion massive le 30 août devant la cathédrale de Manchester, qui a rappelé les milliers de personnes qui s’étaient rassemblées il y a plusieurs années au même endroit pour écouter Jeremy Corbyn. Mais l’un des inconvénients du corbynisme est qu’il s’agissait souvent d’attendre que Corbyn prenne des mesures depuis en haut, plutôt que d’inspirer les gens à agir par eux-mêmes. Des sections locales du mouvement, une implication plus large et un accent mis sur l’activité des membres peuvent aider à transformer le potentiel d’«Enough is Enough» en une réalité.

Les prochaines actions d’envergure sont les manifestations régionales et locales d’«Enough is Enough» le 1er octobre, le jour où les factures d’énergie doivent augmenter, la manifestation We All Want To Just Stop Oil le même jour à Londres, manifestation qui lie les tensions sur le coût de la vie à l’urgence climatique. Le jour suivant se tiendra l’Assemblée du peuple (People’s Assembly) devant la conférence du parti Tory à Birmingham . Mais il y aura de nombreuses protestations dans les mois à venir. Préparez-vous à sortir dans la rue et à mettre Liz Truss sous pression à partir d’aujourd’hui.

6 septembre 2022 Par la rédaction de rs21

(Article publié sur le site rs21, le 5 septembre 2022; traduction rédaction A l’Encontre)

https://alencontre.org/

Lire la suite

08 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

poissy (npa lo)

poissy (npa lo) dans A gauche du PS image%2F1371566%2F20220907%2Fob_33c6f5_poissy-cgt-psa-edition-7-septembre-20

PSA/Stellantis Poissy : la brutalité bureaucratique

Depuis plus d’an, la direction fédérale de la métallurgie CGT et l’union départementale 78 ont enchaîné les attaques destinées à exclure le syndicat CGT « historique » de l’usine PSA (devenue Stellantis) à Poissy, ses militants, dont son secrétaire Farid Borsali, tout en démandatant Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central (DSC) du groupe, un des animateurs du syndicat et porte-parole national de Lutte ouvrière.

La CGT du groupe PSA est un syndicat historique par son ancienneté, existant depuis 60 ans, mais aussi et surtout par l’opiniâtreté des équipes militantes qui l’ont fait vivre dans un groupe, une entreprise connues pour leur anti-syndicalisme aussi primaire que violent.

Crise politique

La crise de succession après le départ de Bernard Thibaut et la perte du premier rang au plan des élections professionnelles ont profondément perturbé les rangs de la confédération. Les appareils cherchent des solutions en lien avec leurs sensibilités politiques, éclatées depuis l’affaissement de l’influence du PCF.

C’est ainsi que se sont fédérées autour de l’adhésion à la Fédération syndicale mondiale (FSM) nombre de structures parfois « radicales ». À l’opposé, l’équipe autour de Philippe Martinez tente d’imposer une candidature au poste de secrétaire général de la confédération en lien avec une orientation d’ouverture aux mouvements sociaux, aux partis politiques et des perspectives de recomposition syndicale.

Les dégâts collatéraux sont multiples : chaque structure règle ses comptes au nom du fédéralisme, principe largement dévoyé par les fédérations qui se livrent à des purges en leur sein. Ainsi le Syndicat du nettoiement, avec l’appui de la direction de la Fédération des services publics, a forcé au départ plusieurs centaines de militantEs du syndicat de la Ville de Paris, sur fond de violences sexistes.

Méthodes patronales

La CGT du groupe PSA et son DSC sont ainsi victimes d’une trop grande visibilité dans un groupe, une branche, où, avec les enjeux industriels et la casse sociale, la Fédération souhaite pouvoir prendre toute sa place, avec toute sa légitimité dans le dialogue social. Tout le panel des malfaisances patronales est utilisé. Intimidations, chantage, menaces, envoi d’huissiers, appel à la justice bourgeoise. Malgré le soutien de plus d’un millier de syndiquéEs du groupe au travers d’une pétition, de la majorité des structures syndicales votant en faveur de Jean-Pierre au poste de DSC, contre le représentant de la direction fédérale1.

.
Celle-ci joue l’usure et le découragement, tout en comptant bien sur l’aide de la direction de Stellantis trop contente de se débarrasser de militantEs combatifs et rétifs au dialogue social. Il s’agit aussi d’un avertissement aux autres équipes syndicales tentées, conformément au principe du fédéralisme, d’exercer une autonomie de pensée et d’action… inacceptable pour la direction de la Fédé.

.
La prochaine confrontation aura lieu le 20 octobre avec comme objectif, de la part de la Fédé, d’obtenir de la justice que les membres de l’ancienne organisation cessent de se revendiquer de la CGT, de parler en son nom, d’utiliser son logo et qu’ils soient condamnés à payer 1 000 euros d’amende chaque fois qu’ils le feront.

.
Le NPA apporte son soutien inconditionnel à Jean-Pierre et à toute l’équipe militante du syndicat « historique ». Nous appelons à signer et faire signer la pétition de soutien2, à initier des prises de position de structures en soutien. Nous serons présents au rassemblement du 20 octobre.

Robert Pelletier Publié le 7 septembre 2022 par NPA Auto Critique qui reproduit un article dans L’Anticapitaliste, l’hebdo du NPA

http://www.npa-auto-critique.org/

Lire aussi:

PSA – Poissy : non à l’exclusion du syndicat CGT historique par les bureaucrates de la Fédération des Métaux ! (LO)

Lire la suite

06 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

fest noz (cgt 22)

gwenngamp

Nos vies et notre santé valent bien un fest noz…

Depuis des décennies en Bretagne, les combats et les luttes du mouvement ouvrier et social trouvent une expression atypique dans les festou noz.

Jeter un coup d’œil dans notre rétroviseur permet de voir le chemin parcouru ensemble. C’est un peu l’exercice de ce petit mot.

Du Joint Français en 1972, à la grève du lait la même année, de Doux Pédernec à l’AOIP de Guingamp, de la grande fête de l’amnistie à Guingamp en 1981, aux immenses rassemblements à Plogoff, la musique bretonne a accompagné les révoltes et les protestations populaires.
Et le fest noz est entré dans l’imaginaire collectif comme un moment de partage de nos luttes, de nos espoirs.
Utopie vivante du mouvement ressemblant comme un frère à la manif, épaule contre épaule, « skoazh ouzh skoazh ».

Ce moment nous pouvons le revivre vendredi 9 septembre lors du fest noz organisé à Grâces par la coordination santé du pays de Guingamp pour récolter des fonds qui permettront d’organiser la résistance pour que vive l’hôpital public.

Et comme le dit avec humour le comité de défense de l’hôpital public: « pour naître, vivre et danser au pays »

L’union locale CGT partie prenante de l’événement vous invite vendredi soir à éteindre la télé du capital, à délaisser vos écrans et à venir en famille avec vos voisins, vos collègues de boulot.
Et de prendre le temps d’écouter nos camarades musiciens et chanteurs dont le talent dépasse un certain nombre d’insipides « stars » télévisuelles. Et évidemment de danser.

PLIJADUR A VO…

UL CGT GWENGAMP

***

Lire la suite

22 août 2022 ~ 0 Commentaire

transports (fr3)

Bus-bondé

Transports scolaires. « Ça va coincer à la rentrée ». Pourquoi la Bretagne est-elle confrontée à une pénurie de conducteurs de car

En Bretagne, ce sont plus de 100.000 élèves qui utilisent les transports scolaires pour se rendre au collège et au lycée.

La Bretagne est l’une des régions françaises les plus touchées par la pénurie de conducteurs de car. La Fédération nationale des transports de voyageurs a fait le calcul : il en manque 555 sur le territoire breton. Une situation qui aura forcément des incidences sur l’organisation des transports scolaires à la rentrée. Explications.

« A la rentrée, ça va coincer ». Le délégué régional de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) ne tourne pas autour du pot quand on l’interroge sur la pénurie de conducteurs de car. Alors, certes, le problème n’est pas nouveau et touche l’ensemble des régions françaises, mais il n’a jamais été aussi important en Bretagne. « Il manque 555 conducteurs, indique Olivier Gougeon. La tension est profonde et cela va forcément avoir des incidences sur le transport scolaire ».

Mieux rémunérer les conducteurs

Les parents d’élèves vont-ils devoir assurer eux-mêmes le trajet de leurs enfants jusqu’à l’école dans certains secteurs, comme ce fut le cas durant la dernière année scolaire ? La Région Bretagne, en charge des transports scolaires et interurbains depuis 2017, a bien tenté de pallier les difficultés en « offrant un service, certes dégradé, à un maximum d’élèves et de familles, dit-elle dans un communiqué, mais ce n’est pas acceptable que la continuité du service public de transport ait pu ainsi être rompue ».

Face à ces constats, la Région et la FNTV se sont assises autour de la même table pour « trouver des solutions durables » qui ont abouti, en juin, à la création d’une charte, visant à mieux rémunérer les conducteurs et à rendre « plus attractif » un métier délaissé depuis la crise sanitaire liée au Covid-19.

Le conducteur à contrat scolaire assure deux vacations par jour : l’une, tôt le matin et l’autre, en fin d’après-midi, pour un salaire moyen de 450 euros par mois. La charte entre la FNTV et la Région prévoit de « valoriser la période d’inactivité des conducteurs » dans la journée via une indemnité compensatrice pouvant aller jusqu’à 150 euros brut par mois. Le texte valide également la mise en place, par les entreprises de transports, d’un 13e mois dès l’embauche.

Du 2 en 1

Chez Océlorn, réseau de transports implanté dans le Finistère et les Côtes-d’Armor, il manque une bonne vingtaine de conducteurs. Avec 470 cars qui emmènent, chaque jour, 10.000 élèves au collège et au lycée, l’entreprise est parfois contrainte « de resserrer certains de ses services », en particulier dans le sud-Finistère où la pénurie de conducteurs est plus forte. « On fait du 2 en 1, en quelque sorte. On va dévier un véhicule de son trajet habituel pour qu’il aille chercher les élèves à différents points de regroupements, précise Alain Roué, le patron d’Océlorn. Et si on n’a pas la capacité d’assurer le transport, parce qu’un conducteur est absent et que l’on ne peut pas le remplacer, on annule le ramassage. On n’a pas le choix ».

Dans cette entreprise, le transport scolaire représente 75 % du chiffre d’affaires. Alain Roué, qui préside aussi la FNTV Bretagne, salue la volonté de la Région de revaloriser la profession. « On espère que d’autres collectivités, qui organisent du transport sur leur territoire, s’engageront dans cette démarche ».

Conditions de travail

La pénurie de conducteurs de car s’est amplifiée lentement mais sûrement ces vingt dernières années. La pyramide des âges est élevée dans la profession, les départs en retraite laissent de nombreux postes vacants. La crise sanitaire n’a rien arrangé non plus. Fermeture des établissements scolaires, chômage partiel, etc. Certains conducteurs ont décidé de changer de métier et trouvé des conditions de travail plus en phase avec leur vie personnelle.

« Avant la crise sanitaire, on pouvait avoir entre 30 et 50 candidats lors des sessions de recrutement avec Pôle Emploi. Aujourd’hui, on en a 6 voire 7, pas plus » observe Olivier Gougeon. Le délégué régional de la FNTV évoque des pistes de réflexion, comme le bi-emploi, pour inverser la courbe. « Le transport scolaire, c’est du temps partiel, dit-il. Cela peut venir en complément d’une autre activité ».

Le casse-tête de la rentrée

Reste que les candidats ne se bousculent pas au portillon et que la rentrée, elle, arrive à grands pas.  Avec 555 conducteurs de car en moins sur le territoire breton, l’organisation du transport scolaire va, une fois encore cette année, ressembler à un casse-tête. « Combien même nous avons un déficit de conducteurs, nous avons pris un certain nombre de mesures pour que cette rentrée se passe bien, remarque Michaël Quernez, vice-président de la Région Bretagne chargé des mobilités. On y verra plus clair fin août quand toutes les inscriptions des élèves seront bouclées ».

L’élu se veut rassurant et dit que « toutes les solutions sont étudiées ». Y compris le TER quand le car fait défaut. En Bretagne, plus de 100.000 collégiens et lycéens utilisent les transports scolaires. 2.500 cars sont sur les routes chaque jour et assurent le ramassage dans 1.000 communes.

22/08/2022 Carole Collinet-Appéré

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire la suite

18 août 2022 ~ 0 Commentaire

grèves (jdd lo)

greve e

Inflation : le Royaume-Uni face à des grèves massives de cheminots, postiers et dockers

L’ensemble des grévistes réclament une hausse des salaires pour faire face à l’inflation galopante au Royaume-Uni. Les cheminots, les postiers, les dockers se mobilisent.

De fortes perturbations sont attendues avec la circulation d’un train sur cinq.

L’augmentation des prix a atteint en juillet 10,1 % sur un an au Royaume-Uni . Comme dans de nombreux pays européens, les ménages anglais doivent se serrer la ceinture pour faire face à l’inflation galopante . Face à cette situation, les travailleurs de certains secteurs d’activité n’hésitent pas à montrer leur mécontentement pour réclamer de meilleurs salaires, plongeant le Royaume-Uni dans l’un de ses pires (sic! blog) mouvements de grèves depuis des décennies rapporte l’AFP. La situation ne devrait pas s’améliorer cette semaine puisqu’une nouvelle salve de mouvements sociaux démarre dans les prochains jours avec des mobilisations organisées ce jeudi et samedi.

Les lignes ferroviaires perturbées tout le week-end

À l’appel des syndicats britanniques RMT, TSSA et Unite, des dizaines de milliers d’employés des chemins de fer d’Angleterre sont invités à cesser le travail. Il pourrait s’agir de la grève la plus importante depuis trente ans dans le secteur, alors que les actions ont démarré au mois de juin .

Le gestionnaire public du réseau, Network Rail, a prévenu que seul un train sur cinq circulera en cette période de vacances scolaires. Les voyageurs sont invités à se déplacer « que si cela est absolument nécessaire », relate l’AFP. Il est prévu que l’ensemble du réseau de transport de Londres soit quasiment paralysé ce vendredi. Des perturbations sont également attendues durant tout le week-end.

Les dockers et les postiers à l’arrêt

Dimanche, ce sera au tour des dockers du port de Felixstowe, dans l’est de l’Angleterre, de commencer une grève de huit jours. La mobilisation des travailleurs du plus gros port pour le fret dans le pays menace de mettre à l’arrêt une grande partie du trafic de marchandises au Royaume-Uni.

Plus de 115 000 postiers prévoient également quatre jours de grève entre fin août et début septembre et environ 40 000 employés de l’opérateur de télécoms BT poursuivront leur première grève en 35 ans. Des actions seront aussi menées du côté des avocats pénalistes ou des éboueurs, ainsi que dans des entrepôts d’Amazon.

Une inflation prévue à 13 % à l’automne 

L’inflation ne cesse de grimper outre-Manche, au point que la Banque d’Angleterre prévoit une hausse à hauteur de plus de 13 % d’ici octobre. Il devient ainsi « vital » pour Sharon Graham, secrétaire générale du syndicat Unite, de « défendre la valeur de la rémunération des travailleurs » en demandant une hausse des salaires. Mais le syndicat patronal CBI a indiqué dans un communiqué que les « employeurs font leur possible pour aider leur personnel à traverser cette période », et qu’une « large majorité ne peut se permettre d’augmenter suffisamment les salaires pour suivre l’inflation ». 

Certaines entreprises ont néanmoins réussi à éviter une grève. C’est le cas d’une entreprise de ravitaillement en carburant à l’aéroport d’Heathrow. Des personnels au sol de British Airways, qui demandaient au minimum le rétablissement de salaires amputés de 10 % pendant la pandémie, ont aussi levé la grève après avoir accepté une hausse de 13 %.

De son côté, le gouvernement britannique et sa politique de gestion de crise. Les syndicats ne décolèrent pas depuis la récente modification d’une loi permettant aux employeurs de remplacer les grévistes par des intérimaires. Les mouvements sociaux devraient durer au-delà de l’été, et pourraient s’étendre aux fonctionnaires de l’enseignement ou encore de la santé.

18 août 2022 Marianne Lecach

https://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

Grande-Bretagne : une série de grèves au cœur de l’été (LO)

Lire la suite

23 juillet 2022 ~ 0 Commentaire

rachel keke (jdd)

saluauds

« Qui a déjà touché 800 euros par mois ? Personne » : Rachel Keke interpelle la majorité sur les salaires

La députée LFI Rachel Keke a poussé un coup de gueule lors de l’une de ses premières prises de parole à l’Assemblée. Cette ancienne femme de ménage a vivement critiqué le refus de la majorité d’augmenter le Smic, préférant prolonger la « prime Macron ».

 Rachel Keke a accusé les députés ayant voté en faveur de la « prime Macron » de « mépriser les métiers essentiels ».

Les passes d’armes entre la majorité et la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) s’enchaînent à l’Assemblée nationale . L’examen du projet de loi sur le pouvoir d’achat est particulièrement tendu. Si La France insoumise (LFI) souhaite fixer le Smic à 1 500 euros, le camp d’Emmanuel Macron préfère prolonger et tripler la « prime Macron » . Une stratégie qu’a dénoncée la députée insoumise du Val-de-Marne Rachel Keke . « Qui dans cet hémicycle a déjà touché 800 euros par mois ?  Personne ! », a lancé cette ancienne femme de ménage lors de l’une de ses premières prises de paroles dans l’hémicycle.

« Par mois, pas par jour »

Ce jeudi, Rachel Keke a donc prononcé un discours à l’Assemblée. Celle qui a été élue députée dans le Val-de-Marne lors des dernières élections législatives s’est directement adressée à ses collègues : « J’aimerais savoir dans cet hémicycle qui a déjà touché 800 euros ? Qui a déjà touché 900 euros ? 1 000 euros ? Personne ! » Certains dans l’hémicycle n’ont pas hésité à s’agacer et à répondre : « Moi, moi. » Mais la députée LFI n’en a pas cru un mot : « Par mois, pas par jour, je vous dis ! Qui a déjà touché 800 ou 900 euros par mois ? »

Rachel Keke est alors allée plus à l’offensive, accusant ses opposants de ne pas connaître « la souffrance des métiers essentiels » : « Quand on vous demande l’augmentation des salaires, vous parlez, vous n’avez rien à faire ici. Vous proposez des primes », a-t-elle lâché.

Rachel Keke a d’ailleurs cité en exemple « les salariés de Monoprix », qui ont « servi la France pendant le Covid », notamment lors des confinements où tous les supermarchés devaient continuer à vendre des produits de première nécessité.

Vous méprisez ceux qui servent la France

L’insoumise a encore accusé : « Vous méprisez les métiers essentiels. Vous méprisez ceux qui servent la France. » Et ce, alors que « quand vous arrivez dans les restaurants, vous mangez. Quand vous partez faire les magasins dans les Monoprix, vous êtes heureux »,  a scandé Rachel Keke.

La « prime Macron » votée

Mardi, au deuxième jour de l’examen du texte, le prolongement – et le triplement du plafond – de la « prime Macron » a été voté, en partie grâce à l’appui du Rassemblement national (RN) sur ce texte. Cette prime exceptionnelle défiscalisée et désocialisée avait été instaurée en 2019 lors de la crise des Gilets jaunes.

Chaque employeur pourra la verser jusqu’au 31 décembre 2023. Le vote a été acté après six heures de débats tendus, notamment avec la Nupes. La coalition de gauche, menée par le leader LFI Jean-Luc Mélenchon, juge que « les primes viennent se substituer aux salaires » et qu’elles dépendent « du bon vouloir du patron », plaidant pour une augmentation du Smic à hauteur de 1 500 euros.

  21 juillet 2022 Marianne Lecach

https://www.lejdd.fr/

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin