Archive | Luttes ouvrières

16 mai 2019 ~ 0 Commentaire

congrès cgt (lo npa al rp )

cgt

Congrès CGT : proposer ou lutter ?

Ouvert lundi 13 mai, le 52e congrès de la CGT devait se tenir toute la semaine, réunissant près d’un millier de délégués.

La presse a beaucoup glosé sur l’affaiblissement de la CGT, qui aurait perdu 40 000 adhérents en trois ans et serait passée derrière la CFDT lors des élections professionnelles.

Mais, alors que le capitalisme en crise généralise la misère et la précarité, les militants ouvriers ne peuvent baser leur perspective sur des succès électoraux et des calculs d’appareil. Ils doivent viser à renverser le rapport de force avec le patronat et le gouvernement. Et, malgré son recul, la CGT reste, et de très loin, le principal syndicat en termes d’influence et de nombre de militants capables de jouer un rôle décisif lors de luttes ouvrières.

C’est pourtant cette nécessité que Philippe Martinez, son secrétaire général, a esquivée, mêlant tout au long de son discours des références aussi bien à la lutte qu’à la négociation. « La contestation ne peut se conjuguer qu’avec propositions », a-t-il répété dans son discours d’ouverture du congrès.

Le vocabulaire a un sens.

Alors, à qui sont destinées ces propositions ? Pas aux travailleurs, car on parle alors de revendications, mais évidemment à ceux qui ont le pouvoir : aux patrons et aux gouvernants. Mais la bourgeoisie se moque bien des propositions et autres plans industriels des syndicalistes.

Dans le même registre, dans une interview au Monde précédant l’ouverture du congrès, Martinez affirmait : « Aujourd’hui, comme hier, le rôle d’un syndicat est de négocier à tous les niveaux où cela est possible. Et quand la négociation bloque, il faut créer un rapport de force, dans les entreprises ou dans la rue. Cela a toujours été comme ça.

Ce qui change aujourd’hui, c’est que le gouvernement considère que la négociation interprofessionnelle ne sert plus à rien, et renvoie tout dans les entreprises. Il n’y a aucune raison de changer de ligne. “On ne lâche rien !” sera mon mot d’ordre à ce congrès. »

On le voit, même en en étant privé au niveau national, Martinez veut encore maintenir la fiction de la négociation comme moyen de défense des travailleurs.

Mais la parenthèse d’après-guerre est largement révolue, où le patronat pouvait concéder aux syndicats le fameux grain à moudre, les profits issus de la production étant alors en expansion. Le marasme de l’économie a rendu les profits de la classe capitaliste incompatibles avec l’amé-lioration ou même le simple maintien du niveau de vie des travailleurs. La devise des capitalistes est maintenant : On ne lâche rien et on reprend tout ce qu’on peut.

Face à cette guerre sociale, menée avec la complicité des gouvernements de droite et de gauche depuis quarante ans, la lutte n’est pas une option. Il faut au contraire être persuadé que seule une mobilisation déterminée de l’ensemble du monde du travail peut changer le rapport de force et offrir une issue.

Martinez a pu objecter lors de son discours : « On peut crier haut et fort “grève générale”, mais posons-nous d’abord et surtout la question de l’absence, dans les actions professionnelles ou interprofessionnelles, d’une partie importante de nos syndiqués. »

Évidemment, un tel mouvement ne peut se déclencher sur un claquement de doigts. Les défaites successives pèsent lourd dans la conscience des travailleurs, comme pèsent aussi les trahisons des directions politiques et syndicales du mouvement ouvrier.

Mais le rôle des militants est d’affirmer la nécessité de la lutte de classe et de s’y préparer. Car la brutalité des attaques des capitalistes ne laissera pas d’autre choix et provoquera tôt ou tard la radicalisation des masses populaires. Le mouvement des gilets jaunes en donne un avant-goût.

La classe ouvrière devra se placer à la tête de ces révoltes, leur donner le contenu d’une contestation de la domination du capital sur la société. C’était la perspective des militants qui ont fondé et animé la CGT avant 1914. Elle est d’autant plus valable aujourd’hui.

Christian BERNAC 15 Mai 2019
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Lire aussi:

52e congrès de la CGT : un bilan et une orientation largement contestés (NPA)

Benjamin Amar, le prof du 9-4 qui monte à la CGT (JDD)

Revers pour Philippe Martinez, au troisième jour du congrès de la CGT (Le Monde)

En direct du congrès CGT : l’ombre des gilets jaunes plane sur les débats (AL)

En direct du congrès CGT : Philippe Martinez ne veut froisser personne( AL)

Un Congrès de la CGT qui s’ouvre en pleine crise des Gilets Jaune (RP)

Intervention de Marie (SFA) au 52e congrès de la CGT (TC)

Commentaire du lien ci-dessus:

On comprend que la présence de Berger (CFDT) à la tête de la CES à laquelle la CGT est affiliée ainsi qu’à la CSI dérange. Mais de là aller à la FSM que Le Monde qualifie « d’internationale communiste » sans guillemets? Elle regroupe certains « syndicats officiels » , des nostalgiques des pays « socialistes » et des syndicats du « tiers monde ».

CES

CSI

FSM

Syndicalisme international : Un panorama pour y voir clair (AL)

 

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13 mai 2019 ~ 0 Commentaire

cgt (anti-k)

cgt fsm

À la CGT, comme un air révolutionnaire

Le syndicat, doublé par la CFDT en termes de résultats aux dernières élections professionnelles, est tiraillé entre la ligne dure et la réformiste, au moment où s’ouvre son 52e congrès, à Dijon lundi.

«La CGT a été dans l’incapacité d’opposer un rapport de forces à la déferlante de lois et mesures antitravail, de la loi El Khomri aux ordonnances Macron.» 

Désormais deuxième centrale syndicale de France, après s’être fait doubler par la CFDT, elle «accuse une baisse sensible du nombre de […] syndiqués». Cerise sur le gâteau, elle est «étrangère au mouvement social le plus marquant de ces dix dernières années», celui des gilets jaunes.

Alors que s’ouvrira, ce lundi à Dijon, le 52e Congrès de la CGT, le bilan est sévère.

D’autant qu’il est dressé de l’intérieur, par sa Fédération nationale des industries chimiques, en amont de ce rendez-vous syndical au cours duquel le secrétaire général de la centrale doit être élu. En apparence, avec un seul volontaire déclaré, Philippe Martinez, candidat à sa succession, ces cinq jours s’annoncent sans suspense.

Pourtant, la centrale aux 653 194 adhérents déclarés (en 2017) pourrait connaître des turbu-lences. Pas moins de 1 000 délégués, issus des différentes fédérations, des unions départemen-tales ou locales, vont se réunir pour faire le bilan des trois dernières années et définir une nouvelle feuille de route. Or dans les rangs, ils sont plusieurs à pointer la stratégie de la direction et à réclamer un durcissement de la ligne, durcissement qu’ils comptent bien faire inscrire dans le texte qui sera voté.

Dialogue social ou lutte de classes ?

La querelle n’est pas nouvelle. Mais en décembre, elle est montée d’un cran. Dénonçant la «tentation d’un virage réformiste» de la CGT qui «prône le dialogue social comme une fin en soi», une vingtaine de syndicats cégétistes ont pris la plume pour rédiger un document de résolutions «alternatif» en vue du congrès.

Une initiative à contre-courant des traditions maison.

Objectif des signataires, dont la branche Info com : «Sauver la CGT en perte de repères» en réaffirmant son caractère «révolutionnaire», et son attachement à «la lutte des classes» et à la dénonciation du capitalisme. Quatre mois plus tard, en avril, un second coup a été porté par d’autres militants, issus de la fédération des industries chimiques et de celle du commerce et des services. En plein mouvement des gilets jaunes, ils ont lancé un large appel en faveur d’un «Front populaire et citoyen» avec un objectif clair : la convergence. Mais «rien à voir avec le congrès», assure un des initiateurs.

Reste que toutes ces critiques trouvent un écho chez les syndicalistes de la base croisés dans les cortèges.

Certains jugeant que la centrale «perd trop de temps à négocier» avec le patronat ou lors de «concertations» avec le gouvernement. D’autres plaident pour un «syndicalisme plus offensif» passant par la «grève générale». «A la CGT, il y en a qui me trouvent trop dur, il y en a qui me trouvent trop mou», reconnaissait, en avril, Philippe Martinez.

Pragmatique, le secrétaire général explique aussi que la grève générale «ne se décrète pas» et mise plutôt sur une «généralisation des grèves». Tout en cherchant à remettre au goût du jour le discours d’une ancienne figure de la CGT, Henri Krasucki, en promouvant un syndicalisme du quotidien, celui «de la feuille de paie et du carreau cassé». Pas sûr que cela suffise.

Syndicalisme solo ou rassemblé ?

Les atermoiements de la centrale, fin 2018, en disent long sur les tensions à ce sujet. Le  6  décembre, en sortant d’une intersyndicale, avec notamment la CFDT, la CGT signe une déclaration commune, dans laquelle les centrales s’engagent à participer au dialogue social avec le gouvernement, et ce de manière collective, «chaque fois que cela sera possible». 

En plein mouvement des gilets jaunes, le texte dénonce aussi «toutes formes de violence dans l’expression des revendications». Quelques minutes plus tard, changement total de ton. Une autre missive, rédigée par la seule CGT, pointe, cette fois, la «répression inadmissible». 

Dans la foulée, la centrale annonce qu’elle ne participera pas au grand débat lancé par Macron. Entre les deux textes, nul doute que les branches les plus contestataires de la centrale ont mis la pression. Les mêmes qui dénoncent régulièrement tout rapprochement avec la CFDT et veulent rompre avec le concept du «syndicalisme rassemblé» visant à favoriser l’unité d’action syndicale.

«Martinez, il ne met plus les pieds chez nous, sinon il ne peut plus rentrer à Montreuil», où se trouve le siège de la CGT, assure, un brin amusé, un responsable de la CFDT. «Qu’il y ait des gens de tous horizons chez nos militants, c’est normal, c’est comme dans le reste de la société», répond un responsable de fédération, agacé par le mythe d’une CGT divisée ou noyautée par l’extrême gauche.

La CGT au-delà des frontières : CES ou FSM ?

Dans la même veine, la question des alliances internationales de la CGT «devrait faire de l’animation» lors du congrès, prédit un responsable confédéral.

D’un côté, certains pensent que la centrale doit rester dans la Confédération européenne des syndicats (CES) à laquelle elle a adhéré, comme la plupart des syndicats français, dans les années 90. C’est le cas de Bernard Thibaud, ex-numéro 1 de la centrale, qui s’est récemment inquiété que la CGT «décide de faire cavalier seul en Europe en quittant la CES». 

En face, d’autres envisagent sérieusement ce scénario. Comme le secrétaire général de la CGT du Val-de-Marne qui décrivait, en 2017, la CES comme une organisation «engluée dans l’accompagnement du capitalisme mondialisé, dans le lobbying, dans le syndicalisme professionnel et institutionnel, dans la compromission et l’impuissance». 

En parallèle, se pose aussi la question d’une nouvelle adhésion à la bien plus contestataire et historiquement proche du PCF: la Fédération syndicale mondiale (FSM) que la CGT avait quitté au moment de rejoindre la CES. Un pas qu’ont déjà franchi des fédérations comme celle du commerce et des services ou encore celles de l’agroalimentaire et des industries chimiques.

«On a été confronté à des reculs sur le plan social ces derniers temps, ça entraîne plus de repli que d’ouverture de la part de certains militants», regrette un responsable de la CGT. Un autre se veut confiant et espère des «débats sereins», soulignant combien «tout le monde a conscience que, face à ce gouvernement, la CGT doit sortir de ce 52Congrès en ordre de bataille». 

Amandine Cailhol Libération, 10 mai 2019

https://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Syndicalisme international: Un panorama pour y voir clair (Alternative Libertaire)

CGT: l’opposition à Philippe Martinez présente une alternative (Le Monde)

Fédération Syndicale Mondiale (Wikipedia)

Congrès de la CGT : pourquoi les débats s’annoncent vifs sur les questions internationales (Bastamag)

En congrès, la CGT face à ses difficultés structurelles (Anti-K)

En direct du congrès CGT : Philippe Martinez ne veut froisser personne (AL)

52ème Congrès CGT : Martinez sur la défensive (NPA)

CGT. Des syndicats « révolutionnaires » critiquent la ligne de Philippe Martinez (OF)

Congrès CGT : proposer ou lutter ? (LO)

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14 avril 2019 ~ 0 Commentaire

« classes moyennes » (courrier international)

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Inégalités. L’OCDE s’inquiète pour les classes moyennes

La classe moyenne est sous pression dans les pays développés, où elle est confrontée à la stagnation des revenus, à la précarité et à la hausse du coût de la vie, alerte l’OCDE. Une situation qui crée de l’instabilité politique et affecte la croissance.

“Aujourd’hui, la classe moyenne ressemble de plus en plus à un bateau qui naviguerait en eau trouble”, s’est inquiété le secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développe-ment économiques (OCDE), Ángel Gurría, lors de la présentation le 10 avril à New York d’un rapport intitulé “Sous pression : les classes moyennes en perte de vitesse”. “Les gens sont en colère. Ils estiment ne pas recevoir ce qui leur revient”, a-t-il insisté.

“L’idée que la classe moyenne est sous pression n’est pas complètement nouvelle, relève le Wall Street Journal, et elle est devenue de plus en plus saillante depuis la crise financière. Mais le rapport de l’OCDE vient apporter des preuves. (..) Payant

11/04/2019

https://www.courrierinternational.com/

Commentaire:

La bourgeoisie est la seule classe ayant conscience d’elle-même et qui défend collectivement ses intérêts (Voir les Pinçont-Charlot). Les salariés, les chômeurs, les précaires, les retraités n’ont plus conscience d’appartenir à une une classe sociale, une classe exploitée qui est la seule force de la société capable de remettre en question de fond en comble le système capital­iste. La classe ouvrière, pourtant est en pleine extension sur la planète! L’exode rural « prolétarise » des millions de paysans. Les salariés (sans rôle répressifs), les précaires, les petits boulots, les chômeurs, retraités, sont 70 ou 80% de la population! Il faut dissimuler ce fait et diviser les « col blancs » (des bureaux) et les « col bleus »(des usines). Ces derniers ne seraient plus que 40% . Or les ouvriers aussi font des études et Bac +2, +3 voire plus, font partie de la classe ouvrière, bien qu’on leur fasse croire qu’ils font partie des « classes moyennes »!

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12 avril 2019 ~ 1 Commentaire

scandale (npa)

isf

Le scandale de la hausse du prix de l’électricité

Le gouvernement s’apprête à augmenter le prix du tarif réglementé d’EDF de 6 % en juin prochain. Il avait renoncé à l’augmenter en février dernier, sous la pression du mouvement des Gilets jaunes.

Alors que les prix de l’électricité avaient stagné entre 1986 et 2007 (+ 2,6 %), ils ont explosé depuis 2007 (+ 50 % !), date de l’ouverture à la concurrence complète du marché de l’électricité.

La hausse du prix de l’électricité est due en grande partie à la hausse des taxes, qui pèsent plus du tiers du prix total.

Ces taxes (taxes locales, contribution tarifaire d’acheminement, contribution au service public d’électricité, TVA) ont augmenté de 40 % entre 2012 et 2016, contre une hausse du coût de production de 2 % ! Comble du comble : le taux maximal de TVA (20 %) s’applique à la consommation d’électricité, qui inclut les autres taxes.

Une taxe sur les taxes donc ! Cette surtaxation de l’électricité est d’autant plus scandaleuse qu’elle touche un bien de première nécessité qui frappe plus fortement les plus pauvres (en proportion de leur revenu).

Scandale à tous les échelons

Le scandale redouble quand la commission de régulation de l’énergie (derrière laquelle s’abrite le gouvernement) recommande la hausse du tarif réglementé « pour éviter la faillite des fournisseurs alternatifs ».

Autrement dit, EDF doit augmenter son prix pour permettre à ses concurrents de réaliser un profit suffisant ! Au nom donc de la « concurrence », l’Union européenne a créé de façon totalement artificielle un « marché » pour permettre à des capitalistes d’empocher des profits sur le dos des consommateurEs.

En effet, des fournisseurs d’électricité qui ne produisent rien s’alimentent en électricité auprès d’EDF pour revendre plus cher aux usagerEs. Et EDF est prié de vendre le plus cher possible aux consommateurEs et le moins cher possible à ses concurrents pour leur permettre de maximiser leurs marges et lui piquer des parts de marché !

Il faut mettre fin à ce scandale 

Toutes les taxes sur l’électricité doivent être supprimées. Il faut supprimer le marché d’électricité et revenir au monopole d’EDF (qui doit retrouver son statut d’établissement public) sur la distribution de l’électricité, ce qui devra passer, entre autres, par la rupture avec l’Union européenne qui organise, avec ses directives, la casse de tous nos services publics.

Gaston Lefranc  Vendredi 12 avril

https://npa2009.org/

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11 avril 2019 ~ 0 Commentaire

psa rennes (lutte ouvrière)

peugeot 68

PSA La Janais : la coupe déborde

Mardi 2 avril, à l’usine PSA de Rennes-La Janais, la direction a annoncé 20 minutes supplé-mentaires tous les matins pendant deux semaines à l’atelier Montage. Cela pour rattraper les pannes du week-end précédent.

Il faudrait donc commencer à 5 heures au lieu de 5 h 20 alors que tout le monde est déjà épuisé par un rythme de travail intense, le sous-effectif permanent, les très nombreux samedis supplémentaires qui reviennent deux fois par mois et les jours fériés travaillés.

Le lendemain de l’annonce de ces minutes supplémentaires, une vingtaine d’ouvriers d’un secteur de l’atelier ont décidé de protester. Pendant 40 minutes après la première pause, ils n’ont pas repris le travail. Tout l’atelier a été bloqué, provoquant un vent de panique à la direction. Plus une voiture ne sortait des lignes.

Pendant le débrayage, les discussions allaient bon train pour dénoncer les suppressions de postes, les conditions de travail qui se dégradent de mois en mois et les salaires qui restent bloqués depuis des années alors que le PDG Tavares s’augmente de 3 000 euros par jour !

C’est le deuxième débrayage de secteur en un mois dans cette usine réputée pour son « climat social apaisé ». À force d’en exiger toujours plus, la direction provoque des réactions collectives. L’envie de ne plus se laisser faire se propage dans l’usine.

Correspondant LO 10 Avril 2019
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08 avril 2019 ~ 0 Commentaire

syndicalisme de lutte (rapports de force)

solidaryty

« Le syndicalisme de lutte, tel que nous l’avons connu, a de quoi être en crise »

La concurrence acharnée entre les organisations syndicales autour des élections au CSE (Comité social et économique)n’est-elle pas due, au-delà d’une baisse des moyens alloués par les CSE, à une fracture en deux blocs dans le syndicalisme français ?

Eric Beynel : C’est plus compliqué que cela. Nous sommes directement dans les conséquen-ces de la loi sur la représentativité syndicale de 2008. Il est de plus en plus difficile de s’implan-ter dans des entreprises où il n’y a pas de syndicats.

Dans plus de la moitié des entreprises, il y a des procès-verbaux de carence pour les élec-tions. Dans celles où il y a des syndicats, la réduction des droits permettant d’aller au contact des salariés, conduit à une forme d’autonomisation des syndicats du fait d’un manque de contact, sur fond de concurrence féroce dans une sorte de campagne permanente pour garder les maigres droits qui restent.

Cela rend difficile l’articulation du travail syndical à l’intérieur de l’entreprise avec celui à l’extérieur sur le champ interprofessionnel. C’est une vraie difficulté pour le syndicalisme, quelle que soit la ligne défendue. Cela joue aussi sur le temps pour discuter de ces lignes : nous avons moins le temps de réfléchir à la transformation sociale et aux moyens pour la porter.

Il y a une division entre les organisations au niveau central, mais à l’intérieur des entreprises, en regardant les accords signés ou les lignes portées par les équipes syndicales, on ne retrou-ve pas toujours cette ligne de fracture. Quand il y a des batailles sur des sujets centraux, nous retrouvons un arc de force très large.

Ce fut le cas à la SNCF, même si la bataille n’a pas été gagnée. Elle a réuni, du début à la fin, les structures que l’on dit toujours dans la contestation (CGT et Sud), et celles que l’on dit toujours dans la négociation (CFDT et UNSA). Cela se retrouve dans toutes les entreprises lorsqu’il y a des batailles importantes qui touchent le cœur du mouvement ouvrier. À la base, l’unité se fait de manière large la plupart du temps.

Cécile Gondard-Lalanne : Évidemment à l’échelle confédérale il y a des fractures, notam-ment avec la CFDT qui concentre dans le pôle dit réformiste, toutes les critiques pouvant être émises par le pôle dit contestataire. Mais la réalité est plus compliquée que cela.

Depuis 2016, nous travaillons régulièrement avec Force Ouvrière qui est contestataire sur ses sujets identitaires, la protection sociale et la fonction publique, mais qui pour le reste a tout accompagné. Nous avons peu en commun avec certaines équipes de FO dans les entreprises, et paradoxalement on bosse avec eux sur l’interprofessionnel depuis 3 ans.

Il y a des jeux en fonction de l’actualité qui font que le syndicalisme ne peut pas se résumer à deux blocs, même s’il a une fracture entre certains qui ne contestent pas le système dans lequel on vit, et d’autres qui le contestent. Mais il n’y a pas d’espace où nous pouvons confron-ter de façon sereine pour avancer et proposer des choses aux salariés, alors que nous savons que l’unité est importante pour eux. Au-delà, il est difficile d’amener auprès des salariés une envie de progrès social, pour sortir de ce pseudo donnant-donnant porté par Laurent Berger.

Difficultés à stopper les reculs sociaux depuis 30 ans, défaites dans des entreprises historiques comme la SNCF, assiste-t-on à une crise du syndicalisme ?

Eric Beynel : Cela fait quarante ans maintenant qu’on recule, pas trente. Parti d’une constru-ction initiale dans le public s’appuyant sur des structures professionnelles, Solidaires est maintenant présent à parts égales dans la plupart des secteurs d’activités du public et du privé. De plus, nous avons réussi à construire une structuration départementale et locale.

C’est le principal vecteur de l’activité interprofessionnelle aujourd’hui, que ce soit dans les mobilisations, la formation ou la structuration. Je pense que c’est la voie par laquelle nous pouvons rénover, reconstruire, et réinventer une forme de syndicalisme qui prenne le chemin inverse de celui qu’a pris le mouvement ouvrier au début du siècle dernier en désertifiant les Bourses du travail au profit des branches.

Ce sont des débats que l’on retrouve dans le mouvement social avec les occupations des ronds-points ou des places publiques. Pas seulement en France, mais aussi en Espagne, en Égypte ou aux États-Unis avec la « Révolution des places ». C’est l’idée de s’unir et de faire des choses au niveau local pour ensuite les étendre. Cela demande de pouvoir être dans les entreprises et les secteurs, mais aussi d’en sortir, ce qui est difficile. Mais c’est peut-être l’espace dans lequel on peut construire.

Cécile Gondard-Lalanne : Nous sommes dans une période où les défaites sur 40 années pèsent, même s’il n’y a pas eu de défaites sur tout. Socialement, les évolutions sur les droits des femmes ou les droits LGBT sont importantes parce qu’elles viennent rompre avec des systèmes de domination en place.

Mais le syndicalisme de lutte, tel que nous l’avons connu, a de quoi être en crise. Pour les luttes, il faut du collectif, or les organisations du travail aujourd’hui cassent ce collectif : la digitalisation, la numérisation, le fait de travailler de chez soi, d’avoir des horaires éclatés, que les gens ne se rencontrent plus.

Il n’y a plus d’espace où les syndicalistes peuvent rencontrer tous les salariés. Il est normal que le mouvement ouvrier ait un temps de retard, par rapport à ceux qui pensent les nouvelles organisations du travail. Ils ont des armées de gens intelligents qui pensent et déclinent ces réorganisations, sans s’embarrasser de processus démocratiques.

Nous, à l’opposé, nous essayons de construire ensemble, quitte à prendre du temps pour cela. En plus, nous le faisons sur du temps militant qui se réduit et sur des espaces pour se rencon-trer qui sont moindres. Nous sommes encore dans un moment d’analyse du temps dans lequel nous nous trouvons, tout en cherchant des solutions. Pour l’instant, personne ne les a trouvées.

Par contre localement, depuis 2016, nous avons une vitalité dans les équipes syndicales qui ont investi l’interprofessionnel sur des sujets aussi divers que le droit des femmes, les gilets jaunes, ou la défense de l’hôpital, voire du bureau de poste. Ce sont des espaces de rencon-tre avec d’autres équipes militantes, même si pour l’instant cela ne suffit pas à renverser le rapport de force. Le mouvement des gilets jaunes participe et poursuit cette évolution.

Au-delà des fanfaronnades sur la première place de la CFDT, Laurent Berger a dit que le syndicalisme pouvait mourir. Le pensez-vous ?

Cécile Gondard-Lalanne : Ce serait totalement à côté de la plaque de penser que nous ne sommes pas précaires. Pour moi, la question est de pouvoir se dire que si notre outil n’est plus efficient à un moment donné, il faut en créer d’autres. Ce n’est pas un problème, le mouvement ouvrier a toujours réussi à le faire.

Si le syndicalisme tel que nous le connaissons aujourd’hui mourait, cela ne veut pas dire que les outils collectifs disparaîtraient pour autant. Il y en aurait d’autres. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux il y a de vraies actions et de vrais rapports de force qui existent. Cela ne veut pas dire que le syndicalisme ne reste pas un outil pour les salariés.

Ce qui me paraît essentiel, c’est la question du contre-pouvoir. Les lieux et les outils des contre-pouvoirs, comme notre syndicalisme, sont toujours attaqués lorsqu’il y a un rouleau compresseur avec une pensée unique. Ce qui se joue dans cette période, c’est comment ils continuent à exister en tant qu’outils collectifs, quels que soient les noms qu’ils se donnent.

Enfin, l’écologie est à mon avis un des points d’ancrage du syndicalisme de demain. Nous devons avoir une réflexion générale sur les ruptures que ces questions provoquent avec ce que nous avons pu connaître : qu’est-ce qui est nécessaire et utile socialement ? C’est un des axes majeurs, avec celui des inégalités, d’un renouveau syndical. Il lie le local à l’aspect collec-tif pour une transformation de la société, alors que le système économique actuel crée de plus en plus d’inégalités, et qu’elles sont de plus en plus insupportables.

Eric Beynel : Le capitalisme est conscient que, comme le reste du monde, il est en danger et en possible voie d’extinction. Sa réponse, c’est de se transformer en totalitarisme pour conti-nuer malgré tout à essorer les humains et la planète jusqu’au bout. Mais l’argent ne servira pas à acheter une autre planète. Au niveau mondial, les forums sociaux n’existent plus et ce ne sont pas les confédérations syndicales européennes ou internationales qui vont porter des ambitions importantes.

Par contre, au niveau local, des choses commencent à naître qui permettent une perspective. Il y a une lutte victorieuse que l’on a tendance à oublier : c’est Notre-Dame-des-Landes ! C’est une victoire avec un arc de force peu commun qui a réussi à travailler ensemble : syndicats ouvriers, organisations paysannes, mouvements autonomes. Ceux qui y vivent continuent à porter des projets. La Confédération Paysanne a d’ailleurs remporté la chambre d’agriculture des Pays de la Loire quelques mois après.

Le mouvement social ne tire pas assez les conséquences de ces espaces-là, comme il s’est peu servi des articulations créées en 2016 entre le mouvement syndical, et des formes plus « citoyennistes » dans les nuits debout. Le verre n’est pas si vide que cela. Il y a des ferments de choses intéressantes, notamment la création de formes horizontales d’organisations, chose que nous portons dans Solidaires. C’est aussi le cas avec les gilets jaunes, comme à Commercy. C’est porteur de perspectives pour l’avenir.

Sur l’écologie, le syndicalisme a-t-il la bonne boîte à outils pour aborder ces questions ?

Eric Beynel : Nous ne pouvons pas continuer à dire que nous sommes  pour une  transfor-mation sociale sans prendre en compte cette dimension, même si cela provoque des débats compliqués. Lorsque nous avons décidé de porter la revendication de l’abandon du nucléaire, nous avons eu des débats complexes, mais nous avons pu avancer avec notre structure présente dans le secteur de l’énergie.

Mais bien évidemment, l’accident nucléaire de Fukushima a plus fait pour l’évolution dans les syndicats de l’énergie que les résolutions de Solidaires. Les salariés qui travaillent dans les centrales nucléaires voient la perte de connaissance de l’outil, les accidents qui se multi-plient et la dégradation de l’outil de travail. Ils ne sont pas inconscients et évoluent d’eux-mêmes. Ce débat s’élargit, il n’est plus inexistant comme avant, même s’il n’est pas encore mûr à la CGT.

Le même problème se pose dans la chimie où nous sommes implantés dans des groupes qui produisent des pesticides. Nos camarades réfléchissent à des reconversions, à d’autres productions, autour de la question : pouvons-nous encore avoir une transition écologique, ou aura-t-on une rupture ? Ce qui fait le lien entre les inégalités et les questions écologiques, c’est le travail.

Le syndicalisme est à une place où il permet la confrontation des idées et des propositions pour travailler sur ces deux axes forts. C’est la même chose avec les gilets jaunes et la taxe carbone, les organisations syndicales doivent percuter qu’elles sont à la jonction des problè-mes écologiques et d’injustices économiques. Si nous ne les prenons pas en charge, nous  aurons du mal à éviter le totalitarisme, parce que le capitalisme continuera à essorer le monde et ceux qui y habitent. (Résumé)

Interview : Eric Beynel et Cécile Gondard-Lalanne, les deux porte-paroles de l’Union syndicale Solidaires, ont répondu sans langue de bois à nos questions, au lendemain de la dernière journée de grève et de manifestations interprofessionnelles du 19 mars. L’occasion de brosser un état des lieux des mobilisations et d’évoquer quelques-unes des difficultés rencontrées par le syndicalisme aujourd’hui.

https://rapportsdeforce.fr/

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06 avril 2019 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (france bleu)

poutou

C’est pour l’immunité ouvrière?

Philippe Poutou, NPA : « On a le droit de dire merde à tout ce qui se passe »

Est-ce le rôle de l’Etat de sauver le monde industriel, et des entreprises comme Steva ou Deshors ?

Oui, c’est son rôle. Il peut, il devrait, mais il ne fait pas. Il est impuissant, via une impuissance qu’il s’est lui-même construite. A force, depuis des années, de donner des lois favorables aux multinationales, l’Etat ne peut plus rien faire. C’est une question de choix politique. Nous on l’a vu avec Ford (à Blanqueford). L’Etat est sans solution, c’est un rapport de force. Il faut qu’on se batte, il ne faut pas qu’on reste les uns isolés par rapport aux autres, il faut qu’on arrive à mener une bataille politique pour le maintien dans emplois. Que ce soit dans le privé ou dans le public.

Vous prônez la nationalisation temporaire de certains sites industriels ?

Oui, car on voit que le privé n’est pas capable de maintenir des sites, de continuer des pro-ductions et de maintenir des emplois. Donc ça pose la question effectivement de l’intervention de l’Etat. Et au-delà, est-ce que l’Etat ne peut pas avoir une politique industrielle ? Est-ce qu’il ne peut pas socialiser certains secteurs de production, puisqu’on voit bien aujourd’hui qu’il y a des choses utiles à la population. Donc, l’Etat peut prendre en main tout ça et décider de produire dans de bonnes conditions, avec le souci de préserver des emplois.

C’est la fin du Grand débat national, Emmanuel Macron va en présenter les conclusions, vous en attendez quoi ?

Nous, on n’en attend rien, mais il y a plein de gens qui n’en attendent rien. Surtout qu’on voit bien qu’en même temps qu’il joue un faux suspens sur les résultats du Grand débat, il entre-tient la politique qu’on connaît depuis des années. Sur les retraites, ce qu’on entend, c’est ahurissant, où l’on continue à attaquer, à repousser l’âge de la retraite. Sur la santé, c’est la continuation du démantèlement du service de santé, et la fin fermeture programmée de certains hôpitaux et maternités. Donc on voit bien que le débat, dans la rue lui, n’est pas fini.

Qu’allez-vous dire aux corréziens que vous allez rencontrer ce soir ?

Nous, c’est l’appel à la révolte. Il y en a ras-le-bol, on a le droit de se mettre en colère, on a le droit de dire merde à tout ce qui passe. il faut qu’on se défende, c’est notre vie, c’est notre avenir, il y a urgence. On ne peut compter que sur nous-mêmes, c’est à nous de prendre nos affaires en main. C’est de tout cela qu’on doit parler. Et on n’a pas fini de discuter.

Le Nouveau Parti Anticapitaliste ne présente pas de liste aux élections européennes, mais il entend bien participer au débat public, comme ce soir avec un meeting à Tulle (19h), animé par le porte-parole du NPA, Philippe Poutou, qui était l’invité de Germain Treille à 8h15 sur France Bleu Limousin. Pour dénon-cer la politique actuelle du gouvernement, et confirmer qu’il n’attend rien du Grand débat national.

 vendredi 5 avril 2019 Alain Ginestet Germain Treille France Bleu
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03 avril 2019 ~ 0 Commentaire

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03 avril 2019 ~ 0 Commentaire

pride (bourasque)

Projection du film Pride à l’Espace Etudiant de la Fac de Lettres jeudi 04 avril 2019 à 18h

La RAD’ collectif anarchiste de la fac’ vous propose une projection-débat autour du film Pride.

Le film : Basé sur une histoire vraie, le film dépeint un groupe d’activistes gay et lesbien, à Londres, qui ont réuni des fonds pour aider les familles touchées par la grève des mineurs britanniques de 1984-1985, au début de ce qui allait devenir la campagne de Lesbians and Gays Support the Miners (LGSM).

Le Syndicat national des mineurs (NUM, « communiste » à l’anglaise, blog) était réticent à accepter le soutien du groupe en raison du souci du syndicat pour ses relations publiques d’être ouvertement associé à un groupe gay.

De telle sorte que les militants londoniens ont plutôt décidé d’apporter leurs dons directement à Onllwyn, un petit village minier de la Dulais Valley du Pays de Galles — résultant en une alliance entre les deux communautés. L’alliance était inédite, mais fut un succès.

https://bourrasque-info.org/

pride

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02 avril 2019 ~ 0 Commentaire

sbfm (le télégramme)

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La CGT commémore les dix ans de la lutte pour la SBFM

Il y a dix ans, les salariés de la Fonderie de Bretagne se battaient pour sauver leur usine et leurs emplois. Un long combat victorieux que la CGT a voulu rappeler, à travers une exposition de photos au sein de l’usine.

« Je faisais partie des 250 virés. Quand j’ai appris ça, ce jour-là, j’ai tout laissé dans l’atelier et je suis sorti », se souvient Maël Le Goff. À ses côtés, Franck Henriot, Pascal Nattier et Pierre Le Ménahès, « Pierrot » pour les intimes.

Ces vieux briscards de la lutte sociale se rappellent ensemble les mois mouvementés, d’octo-bre 2008 à juin 2009, quand la Fonderie de Bretagne, encore appelée SBFM à l’époque, avait failli fermer avant d’être rachetée par Renault. Un premier plan social prévoit de licencier 250 salariés.

« La direction a commis une erreur. Ils ont listé les postes qui allaient partir », se souviennent les quatre syndicalistes. Sont visés les services administratifs et la maintenance, « un premier wagon », avant tous les autres. « C’était un cocktail molotov antisocial », glisse Pierre Le Ménahès, toujours adepte de la phrase choc.

Après un long combat au cours duquel les 680 salariés prennent en main leur fonderie, qui continuera à tourner malgré le conflit, un accord est trouvé en juin 2009. Renault reprend l’usine et offre au passage une victoire retentissante pour les métallurgistes, qui réussissent à trouver un repreneur sans plan social. « C’était tout le monde ou personne, c’était osé, on nous disait qu’on était tarés », racontent les syndicalistes, un petit sourire fier accroché aux lèvres.

Une expo pour ne pas oublier

Alors, pour ne pas perdre le souvenir de ce combat, dix ans après, ils montent une exposition de photos, qui seront accrochées dans l’usine. « Une par jour jusqu’aux prochaines élections syndicales », annonce Maël Le Goff.

Une occasion pour les gars de la CGT de rappeler ce qui a été fait il y a dix ans, alors qu’aujourd’hui, il ne reste que 380 salariés en CDI et que la fonderie est en perte de vitesse.

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Le samedi 20 avril, au centre socioculturel d’Hennebont

Les photos seront exposées et le film des frères Youri et Olivier Levallois, qui raconte cette aventure sociale, sera diffusé en soirée. Pour ne jamais oublier. « Il faut que les jeunes qui y bossent aujourd’hui sachent pourquoi il y a encore une fonderie », conclut Maël Le Goff

15 février 2019

https://www.letelegramme.fr/

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