Archive | Luttes ouvrières

14 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

orage! (le huffington post)

doigt

La grève à la RATP annonce un automne social orageux

La démonstration de force dans les transports parisiens ce vendredi préfigure une série de manifestations contre la réforme des retraites.

Dix lignes de métro fermées, très peu de RER, un bus sur trois en moyenne, embouteillages monstres et une sacrée galère pour de nombreux Franciliens: la mobilisation, inédite depuis 12 ans, des personnels de la RATP ce vendredi 13 septembre a fortement frappé les esprits, actant le départ d’un automne social particulièrement orageux.

Principal motif de colère des contestataires: la future réforme des retraites qui risque de faire converger de nombreuses professions dans la rue en prévoyant la suppression des régimes spéciaux. Après les personnels de la RATP, ce sont les avocats, les médecins, ou encore les hôtesses et les pilotes qui défileront lundi prochain. Les personnels d’EDF leur emboîteront le pas jeudi.

Toute la question est de savoir si ces professions, dont les régimes sont parfois très différents, se retrouveront lors des mobilisations nationales. Force ouvrière a programmé la sienne le 21 septembre quand la CGT a fixé rendez-vous à ses adhérents le 24 septembre. Ils seront rejoints par Solidaires et SUD-Rail, ce qui préfigure de nouvelles perturbations dans les transports.

Entre apaisement et volontarisme

Quel que soit le ton adopté, l’exécutif martèle qu’il entend prendre le temps pour consulter les Français sur cette réforme hautement sensible. D’autant que le climat social n’est guère plus tempéré chez d’autres catégories socioprofessionnelles. Malgré les récentes annonces d’Agnès Buzyn, les urgentistes ont prolongé la grève qu’ils mènent maintenant depuis six mois pour dénoncer un système hospitalier au bord de l’asphyxie. (…)

Geoffroy Clavel

https://www.huffingtonpost.fr/

Lire aussi:

La grève à la RATP ce 13 septembre en rappelle deux autres liées aux retraites (Le Huff’)

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14 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa gr)

npa 29 vertic

Ratp : une grève historique

Un point d’appui pour construire un mouvement contre la réforme des retraites

La grève à la RATP pour les retraites est une incontestable réussite : dix lignes de métros complètement fermées, presque 100% de grévistes selon l’Unsa dans les métros et RER. Le signal est fort pour le gouvernement… et pour celles et ceux qui veulent organiser la confrontation contre lui.

Il y aurait également 60% de grévistes dans les bus. C’est un niveau de grève jamais vu depuis 2007. Dans un secteur qui, depuis plusieurs années, a connu un recul de son niveau de mobilisation et d’organisation.

Il faut dire que l’attaque contre les retraites est simple à expliquer à la RATP

Elle conduirait à des baisses de pensions de 15 à 36% selon la CGT. Dans un secteur où les conditions de travail sont dures, les horaires tournants, réduire les retraites, c’est casser un petit avantage compensant la difficulté du travail.

D’autant que, comme pour tout le monde, les chiffres calculés le sont sur la base du point retrai-te tel qu’on le connait aujourd’hui. Le gouvernement voulant pouvoir le réduire à la baisse à sa guise, cela peut encore baisser.

La colère des agents est donc très importante. L’UNSA précise que cette grève de 24 heures est un avertissement et appelle même à la convergence avec les autres salariéEs des transports:    « routiers, cheminots, transports en province… ». Les syndicalistes et les grévistes parlent de grève illimitée, de refus de négocier les reculs.

La droite répond à cette grève par la volonté de renforcer le « service minimum », par la voix d’Aurore Bergé, porte-parole de Valérie Pécresse. En effet, actuellement, comme dans l’Édu-cation nationale, le « service minimum » oblige les agents à se déclarer grévistes à l’avance, mais ne permet pas d’empêcher la grève.

En cas de grève massive, la direction ne peut donc pas casser la grève. Le discours contre les grévistes en s’appuyant sur les embouteillages ne semble pas porter autant qu’autrefois, puisque de toute façon la circulation à Paris est congestionnée en permanence…

La réussite de cette grève montre que la force des travailleurs/ses, c’est la grève 

En bloquant la production, l’économie, on relève la tête, on exerce une énorme pression sur le gouvernement et le patronat, et qu’on se libère des chaines du travail quotidien. La mobilisation montre aussi que la lutte contre la réforme des retraites commence maintenant, même si le gouvernement cherche à disperser la mobilisation en annonçant le report d’une partie des mesures à 2020.

Pour gagner, le plus simple est encore de profiter de cette rentrée de mobilisation, notamment de la grève du 24 septembre, pour construire un immense mouvement de grève interprofes-sionnel pour arrêter le plan d’attaque contre les retraites, arrêter ce gouvernement. Cela montre enfin que, même dans les secteurs où les mobilisations ont été affaiblies ces dernières décen-nies, il existe des ressources pour relever la tête et construire des mobilisations réussies pour le monde du travail.

D’ailleurs, il est assez ironique de voire que cette journée de grève, conçue par certains appa-reils syndicaux pour se démarquer de la journée interprofessionnelle du 24 septembre, les salariéEs s’en sont saisis, avec des taux de grévistes énormes.

Ce qui montre que quand les travailleurs/ses sont prêts à se battre, ils peuvent balayer les obstacles, qu’ils viennent du gouvernement ou de la politique des directions syndicales.

La réussite du 13 doit servir de tremplin pour la suite. C’est la preuve que la combativité est présente. Maintenant, il reste à construire ce mouvement d’ensemble de tous les secteurs professionnels !

Antoine Larrache Vendredi 13 septembre 2019

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Grève massive à la RATP (GR)

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12 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

urgences (npa revolution)

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La grève des Urgences : un combat exemplaire

En mars dernier, la grève ne touchait que les hôpitaux de Paris. Fin août, elle avait gagné plus du tiers des Urgences du pays. Au cours de l’été, le nombre d’Urgences en grève illimitée a doublé. Le mouvement pourrait encore se développer en septembre. Dans les services mobili-sés, des infirmiers, des aide-soignants et des médecins réquisitionnés assurent la prise en charge des patients. Ils portent des banderoles et des brassards « en grève ».

Les revendications

Les soignants réclament davantage de moyens, dans l’immédiat, puis une profonde réorganisation du système de santé. La puissance inédite de leur mouvement est à la hauteur des politiques d’austérité qui ravagent l’hôpital public depuis de nombreuses années.

« Nous ne pouvons plus attendre, au risque de voir les morts se succéder dans les salles d’attente », déclare avec force François Braun, le président de l’association Samu-Urgences.

Les revendications, portées par le collectif Inter-Urgences et les syndicats CGT, SUD et FO, sont :

1) L’augmentation des salaires de 300 euros net mensuels ;

2) L’ouverture d’un nombre de lits d’hospitalisation répondant aux besoins réels ;

3) La création sans délai de 10 000 postes supplémentaires à l’échelle nationale.

Le gouvernement a cédé 70 millions d’euros, soit une prime de 100 euros par agent et environ 300 postes supplémentaires. Cela prouve que seule la lutte paye, mais on reste loin du compte. Hugo Huon, le président du collectif Inter-Urgences, demande : « Sur 80 milliards d’euros de budget de l’hôpital, vous trouvez que 70 millions (0,08 %), cela pèse lourd ? »

En finir avec l’austérité !

La période estivale n’a pas démobilisé, malgré la canicule et des conditions de travail toujours plus difficiles. Redoutant l’extension du mouvement, le gouvernement a commandé un rapport sur les Urgences au médecin et député macroniste Thomas Mesnier. Il est censé le rendre en novembre. Mais on en connait déjà le cadre général : c’est le nouveau plan d’austérité Ma Santé 2022.

La grève nationale des soignants répond à un quotidien fait de violences, d’augmentation de la charge de travail (à effectif décroissant) et, en général, de moyens très insuffisants. Année après année, les attaques contre l’hôpital public se sont enchaînées, de la réforme de soi-disant « simplification » (2003) aux grands « Plan hôpital » de 2007 et de 2012, ou encore à travers la loi HPST (« Hôpital, patients, santé, territoires », en 2009).

Quel est le bilan de toutes ces réformes brillantes et « modernes » ? D’une part, près d’un tiers de la population renonce à se soigner, faute d’argent. D’autre part, la prise en charge des patients se détériore – en même temps que les conditions de travail des personnels.

Le véritable « héroïsme »

« L’héroïsme est encore là, dans la société » : prononcés fin août par un Macron en quête d’une miraculeuse « réconciliation » avec le peuple, ces quelques mots ont leur part de vérité. Il y a bien quelque chose d’héroïque dans ces six mois de grève illimitée et coordonnée à l’échelle nationale – avec plus de 217 services hospitaliers impliqués.

« Ce n’est pas parce qu’on fait grève que vous attendez [aux Urgences] ; c’est parce que vous attendez que nous faisons grève », répètent ces « héros » dont le mouvement et la radicalité sont soutenus par plus de 90 % de la population.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, s’agace : des grèves de solidarité se multiplient « alors même que les situations ont été réglées localement ». Mais justement : les situations ne sont pas durablement « réglées », même localement, et les soignants le savent bien. Ils donnent à toute la classe ouvrière du pays une démonstration de force et de combativité dont le gouvernement redoute qu’elle inspire d’autres catégories de travailleurs. A juste titre.

La grève de 1988

La mobilisation actuelle rappelle le magnifique mouvement de grève des infirmières de 1988, qui était massivement soutenu dans la population. Les revendications portaient notamment sur les salaires et la reconnaissance au travail.

Parmi les mots d’ordre : « Ni bonnes, ni nonnes, ni connes ». 100 000 grévistes manifestèrent ce 29 septembre, à Paris. Le gouvernement « socialiste » de l’époque a dû céder sur une partie des revendications.

Ceci dit, il y a une différence importante entre 1988 et aujourd’hui. A la fin des années 80, le capitalisme français ne traversait pas une crise aussi profonde qu’actuellement. Face à un mouvement sectoriel d’ampleur, les gouvernements étaient disposés à céder. Aujourd’hui, la crise du capitalisme renforce la détermination de la classe dirigeante et de ses gouvernements.

En conséquence, on ne peut les faire reculer qu’en les menaçant d’un mouvement général de la classe ouvrière. Au lieu de multiplier les « journées d’action » ponctuelles et par secteurs, les directions confédérales doivent s’appuyer sur la combativité des urgentistes pour préparer un mouvement de grève reconductible embrassant un maximum de secteurs du public et du privé.

10 septembre 2019

https://www.marxiste.org/

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12 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

dossier retraites (lutte ouvrière)

retrauite

Non à la démolition des retraites !

Le gouvernement a décidé de faire traîner en longueur la réforme des retraites. Après 18 mois de « concertations » et une dernière séance de discussions avec les syndicats, il lancera cette semaine un pseudo-débat de plusieurs mois. C’est une façon comme une autre de noyer le poisson et d’endormir les travailleurs.

Cette réforme est une nouvelle attaque, et de taille ! Que l’on parle d’âge pivot à 64 ans, comme l’a préconisé Delevoye, ou que l’on préfère, comme Macron, allonger la durée de cotisation, tous les futurs retraités seront perdants. Ils perdront d’autant plus que le mode de calcul de cette retraite par points fera dépendre la pension des salaires touchés tout au long de la carrière, et non plus des meilleures années. Quant à la valeur du point, le gouvernement se réserve le droit de la modifier !

De réforme en réforme, c’est toujours la même folie. Pour toucher une retraite complète, il faudrait rester au travail après 62 ans alors que la moitié des plus de 55 ans sont licenciés, mis au chômage ou en invalidité. Il faudrait avoir cotisé 43 ans alors que la précarité et les périodes de chômage sont devenues le lot commun. Le gouvernement parle d’égalité ? Mais ce sera l’égalité dans les sacrifices et dans les retraites de misère !

La prudence du gouvernement montre qu’il redoute les réactions populaires et ne veut prendre aucun risque avant les municipales. Il sait que le mécontentement exprimé dans le mouvement des gilets jaunes couve toujours et il craint une nouvelle explosion de colère. C’est la preuve que nous ne nous ferons respecter qu’en nous mobilisant.

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11 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

sebastian romero (pstu)

 sebastina

Qui est Sebastián Romero?

L’image de Sebastian lançant un engin pyrotechnique (un feu d’artifice en vente libre) sert à faire de lui un démon et à diaboliser ainsi tous les manifestants. Ils en sont venus à dire n’importe quoi, encourageant les attaques sur les réseaux sociaux.

Nous voulons vous dire qui est vraiment Sebastián Romero, l’une des centaines de milliers de personnes qui se sont rendues au Parlement le 18 décembre 2017 pour défendre les retraites et  avaient été brutalement réprimées.

Sebastian travaille depuis douze ans chez General Motors. De 2012 à 2014, il a été délégué de ses collègues et a ensuite cessé de l’être grâce à une fraude convenue entre l’entreprise et le syndicat SMATA. Au début de 2017, il participa au combat héroïque des travailleurs de General Motors contre les 350 licenciements convenus entre le syndicat et les employeurs, grâce auxquelles beaucoup ont retrouvé leur emploi. La société GM vient de lui envoyer un avis de licenciement, profitant de la persécution qu’il subit.

Dans son quartier, le FONAVI de Rosario, Sebastián s’est organisé avec ses voisins pour protes-ter contre le manque d’entretien et de travaux qui mettent en danger la vie des habitants. Il y a quelques jours, finalement, ils ont enfin mis les escaliers pour lesquelles ils se sont battus, certainement dans le but de « rassurer »  un quartier qui est rassemblé pour défendre Sebastian.

Sebastian est un militant socialiste et révolutionnaire. cela fait six ans qu’il fait partie du PSTU, non seulement pour organiser la lutte à l’usine ou dans le quartier, mais aussi pour mettre fin à ce système capitaliste. Avec lui la grande majorité de la population à le droit à une vie de précarité, de besoins non satisfaits, de misère et de violence pour le profit de quelques-uns. Et pour construire une société socialiste, organisée en fonction des besoins de la majorité de la population, libre de toute exploitation et de toute oppression.

Et pour y parvenir, il est nécessaire de faire une révolution dirigée par la classe ouvrière.

C’est çà Sebastian. C’est ce que les médias ne voulaient pas dire.

http://www.pstu.com.ar/

Lire aussi:

Mi nombre es Sebastián Romero y soy un perseguido político del gobierno de Macri.

Commentaire:

Sébastian a refusé de se livrer craignant pour sa vie, il est « en cavale » quelque part. D’autre part le syndicalisme argentin n’est pas forcément « de classe », il est souvent « péroniste » (de droite). L’heure est à la création de syndicats indépendants!

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10 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

daniel ruiz (anred solidaires)

daniel ruiz

Daniel Ruiz entame une grève de la faim en l’absence de réponses à sa situation procédurale

Dans une déclaration, le Parti Socialiste Ouvrier Unifié (PSTU) a déclaré que Daniel Ruiz, prisonnier à la prison Marcos Paz depuis presque un an pour avoir participé aux manifestations contre la réforme des retraites en décembre 2017, avait lancé une Grève de la faim en l’absence de réponse de la Cour à sa demande de réunion urgente entre la Cour, la Défense et le Procureur pour discuter de votre situation.

«Cette situation d’incertitude, à 2 000 kilomètres de ma famille, sans date de procès, n’ayant pas de réponse, m’a décidé à faire une grève de la faim à partir du mardi 10/09 / 2019 jusqu’à ce que ma pétition soit acceptée », a annoncé Daniel Ruiz dans une lettre publiée par son parti.

Dans son communiqué, le PSTU, organisation politique à laquelle appartient Daniel Ruiz, annonce le début de la grève de la faim du travailleur:

«Cela fait presque un an que Daniel Ruiz est emprisonné à la prison de Marcos Paz pour avoir participé avec des milliers d’autres travailleurs contre la réforme des retraites. Un an de déten-tion provisoire sans aucune raison légale et sans même avoir une date de procès.

Tous les appels interjetés par la défense ont été rejetés. Face à cela, Daniel Ruiz a demandé une réunion urgente entre la Cour, la Défense et le Procureur pour discuter de sa situation ». Le PSTU a également déclaré: «Aujourd’hui, plus que jamais, entourons Daniel de solidarité. Tout le monde à la manif du 12 septembre! Liberté maintenant pour Daniel!

https://www.anred.org/

Lire aussi:

Soutien au syndicaliste argentin Daniel Ruiz (Solidaires)

Bruxelles:

Jeudi 12 Septembre 2019, 18h, Rassemblement devant l’ambassade d’Argentine, avenue Louise 225  Bruxelles.

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06 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

salaires (odi)

lobby

Comment justifier (ou non) les inégalités de salaires ?

Les inégalités de salaires sont largement acceptées. Mais jusqu’où ? À partir de quel niveau deviennent-elles injustes et nous choquent-elles ?

Les inégalités de salaires sont importantes en France. Les cadres supérieurs touchent en moyenne  2,5 fois plus que ce que perçoivent les employés. Ces moyennes masquent des inégalités bien plus grandes : les cadres dirigeants touchent dix ou vingt fois plus que les salariés de base, parfois beaucoup plus.

Le principe des inégalités de salaires est très largement accepté dans notre société. Ces écarts sont-ils justes ? Il n’existe aucune définition objective pour cela, il s’agit toujours d’une question de jugement de valeur. Et ce jugement repose en grande partie sur l’idée que l’on se fait du mérite et de la récompense de l’effort personnel.

Ce mérite n’est pas lié au « travail » proprement dit car personne ne peut prétendre qu’un maçon du bâtiment, qui s’use sur les chantiers, « travaille » moins qu’un cadre d’une grande entreprise. Pourtant, il est bien moins payé.

Le travail physique est mal récompensé – particulièrement en France – à l’inverse du travail intellectuel. Il ne peut s’agir non plus de compenser par un meilleur salaire les pertes de revenus dues aux années d’études puisque les mieux rémunérés vont rattraper ce manque à gagner en très peu de temps une fois insérés dans la vie professionnelle.

La concurrence internationale parfois évoquée pour justifier les hautes rémunérations joue un rôle très faible puisqu’un grand nombre de professions, celles justement aux salaires élevés, en sont totalement protégées (médecins, avocats, chirurgiens, etc.).

Les écarts de salaires résultent davantage d’un rapport de force sur le marché du travail.

L’offre et la demande s’y confrontent et la rareté de certains profils fait monter ou baisser le prix du travail, le salaire. Les mieux payés sont ceux sont les plus recherchés, souvent les plus diplô-més. Leur salaire récompense leur mérite scolaire. Sauf que ce dernier est en partie une illusion tant la réussite scolaire est liée au milieu social d’origine, dès les petites classes. Pour faire vite, les salariés les mieux payés le doivent souvent au fait d’être nés dans une famille favorisée.

Ce rapport de force sur le marché du travail fait l’objet de luttes.

Les syndicats mettent en avant le travail de ceux qu’ils représentent, souvent les moins qualifiés. Mais les professions les mieux payées sont beaucoup mieux organisées collectivement pour défendre leurs intérêts et légitimer leur position. En entretenant notamment les croyances en la valeur des diplômes et le mérite scolaire.

Une partie de leur argumentation consiste aussi à mettre en avant un nombre d’heures de travail très élevé alors qu’une heure de « travail » des plus qualifiés est beaucoup moins contraignante que celle de la plupart des non-qualifiés.

Bref, pour comprendre les inégalités de salaires et savoir si elles sont justes ou pas, il faut s’intéresser aux discours sur le mérite des uns et des autres. Prendre un peu de recul est tout à fait passionnant.

Pour cela, l’exemple des médecins est très parlant. La moindre remarque sur le niveau de vie très élevé de certains spécialistes se heurte très vite à une vague de réprobation – avec en tête l’argument du nombre d’années d’études nécessaires pour atteindre cette position – et qui ne vient pas seulement des intéressés : tout l’art de ceux qui se situent en haut de l’échelle est de se faire défendre par les catégories inférieures.

Dans le même ordre d’idée, vous ne lirez pas un portrait de dirigeant ou de cadre supérieur dans la presse sans que cet article souligne l’ampleur de sa tâche et ses horaires de travail.

6 septembre 2019

https://www.inegalites.fr/

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25 août 2019 ~ 0 Commentaire

inégalités (anti-k)

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Monique Pinçon-Charlot

« Le dérèglement climatique aggrave les inégalités »

​​​​​​Depuis quelques années, les inégalités sont un thème très « à la mode ». Comment l’expliquer ?

Parce que les inégalités sont devenues tellement abyssales qu’elles frappent. Dans tous les sens du terme. La révolte des gilets jaunes a beaucoup marqué les beaux quartiers. Les grands bourgeois ont été interloqués par le niveau de conscience de classe de cette révolte. Ils se sont rendu compte que c’étaient des gens de milieux populaires, très hétéroclites sur le plan idéologique, mais déterminés à faire valoir leurs droits de citoyens français.

Les dominants ont-ils peur de cette prise de conscience ?

Le 24 novembre, nous étions à l’acte 2 des gilets jaunes et c’était du jamais-vu : ils tremblaient avenue Montaigne, c’est clair ! Moins aujourd’hui, parce que les violences policières ont été tellement graves qu’elles ont eu des conséquences pour les manifestants.

Les dominants doivent avoir l’impression d’avoir gagné mais ils n’ont remporté cette bataille que par la violence. Ils ne l’ont pas gagnée aux niveaux idéologique et politique. Je pense que si les gilets jaunes arrivent à reprendre la main au mois de septembre, il est très important d’amplifier les alliances avec d’autres forces d’opposition. C’est ça la grande peur de la classe dominante.

Pourquoi mettre les inégalités au cœur de toutes les discussions ?

C’est une manière d’occuper le terrain et de manipuler les cerveaux. Les classes populaires ont l’impression qu’on se préoccupe de leur sort. Cela apaise les frustrations et les colères. Les responsables politiques se servent des inégalités pour mettre au second plan le sujet du changement climatique.

Pourtant, c’est ce dérèglement du climat qui aggrave les inégalités : les plus modestes accu-mulent tous les handicaps alors que les plus riches accumulent tous les avantages. Les moyens de production, les titres financiers, les médias, les ressources agricoles…

Aujourd’hui, tout est marchandisé. Donc les dominants possèdent littéralement toutes les richesses et les pouvoirs qui vont avec. Et il faut à tout prix qu’ils masquent cette réalité. Par la peur ou par un écran de fumée, c’est pareil. Ce sont des manipulations en cascade parce qu’évidemment ce n’est pas du tout leur problème.

Le changement climatique non plus, ce n’est pas le problème des puissants ?

Non, ils ne le freinent pas. Et pourtant, ce sont eux qui en sont à l’origine puisque le système capitaliste est fondé sur l’exploitation de l’être humain et le pillage gratuit des ressources naturelles. On doit se poser la question de pourquoi ?

Alors que des statistiques et travaux, notamment du Giec, alertent en permanence, il n’y a jamais de loi contraignante, avec des contrôles, des sanctions, etc. C’est toujours de l’enfumage. Donc le projet qu’il y a derrière, c’est bien la destruction de la partie la plus pauvre de l’humanité. Partout dans le monde, les plus pauvres seront les plus menacés par le changement climatique.

Cette classe dominante a-t-elle conscience de ce changement climatique et de ses conséquences à venir ?

Absolument. Les dominants sont en train de s’organiser. En Nouvelle-Zélande, en Patagonie, en Sibérie… Ils achètent des terres isolées où ils savent qu’ils pourront se construire des bunkers qui résisteront au dérèglement climatique. Et avec la robotisation et l’utilisation des neuro-sciences, ils n’ont plus besoin de ces 3 500 millions d’êtres humains les plus pauvres pour faire rebondir le système capitaliste. Ce sont des bouches qui ont faim, qui ont soif et qui sont inutiles.

Monique Pinçon-Charlot, sociologue à la retraite et coauteure du livre « le Président des ultra-riches », paru en janvier 2019, décortique les raisons de l’intérêt grandissant pour les inégalités.

Pauline De Deus L’Humanité, 22 août 2019
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19 août 2019 ~ 0 Commentaire

portugal grève (expresso)

camions

Droit à la résistance. Les syndicalistes non alignés critiquent le gouvernement
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Des dirigeants syndicaux soutiennent la grève des camionneurs et accusent le gouvernement de restreindre les libertés des travailleurs. Dans un texte publié samedi dans le journal Expresso, un groupe de dirigeants syndicaux non alignés dans les deux centrales (CGTP et UGT blog) ont appelé à soutenir les camionneurs et ont accusé le gouvernement de remettre en cause les droits fondamentaux des travailleurs.
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Selon les auteurs du manifeste, le pays assiste depuis le 12 août à la lutte des chauffeurs « contre le pouvoir de l’ANTRAM (patronat, qui a influencé les décisions du gouvernement ».

Malgré tout ce qui s’est passé, « Nous n’acceptons pas que le gouvernement restreigne la liberté des travailleurs lorsqu’ils aspirent à de meilleures conditions de travail, nous ne serons pas impassibles ni calmes face à la tentative de l’exécutif de restreindre le droit de grève. »

Il faut plus de soutien à ceux qui luttent quotidiennement pour leur subsistance et leur famille « , soutiennent les syndicalistes.

Droit de résistance

Le texte rappelle qu’il s’agit d’un « nouveau syndicat créé en 2018 sans expérience politique ni syndicale » et que les travailleurs « n’ont besoin que de meilleures conditions de travail pour atteindre les objectifs de l’Assemblée constituante, à savoir, tous les Portugais sont traités sur un pied d’égalité, que la loi s’applique également aux entités privées, que le droit de résistance soit protégé lorsque leurs propres droits sont attaqués, que le droit à l’inviolabilité de l’intégrité morale, physique et du domicile est garanti, et à la liberté et à la sécurité individuelles « .

Les syndicalistes soutiennent que « tous ces droits ont été sapés par le gouvernement » qui démontre « vouloir imposer avec force les bénéfices exorbitants des entités privées aux dépens de meilleures conditions de travail ».

Aucun travailleur « ne peut accepter un salaire qui ne garantit pas une existence décente et que le travail doit être effectué dans des conditions de dignité sociale, afin de faciliter l’épanouisse-ment personnel et de permettre la conciliation de l’activité professionnelle avec la vie familiale ».

Enfin, les auteurs ajoutent: « Nous voulons continuer à défendre la garantie de la liberté des travailleurs et nous lutterons contre ceux qui veulent restreindre le droit de grève et, par conséquent, le droit de lutter pour de meilleures conditions de travail, sociales et familiales ».

Parmi les signataires figurent António Mariano de SEAL (dockers), Aurora Lima de STOP (enseignants), Bruno Fialho de SNPVAC (aviation civile), Carlos Ordaz  (Groundforce Workers Committee), Egídio Fernandes de SIEAP ( énergie et eau), João Reis de STASA (secteur automobile), Manuel Afonso (du Syndicat des travailleurs des centres d’appel) ou João Pascoal (Mouvement Switch Bank).

17 août 1919

https://expresso.pt/

Lire aussi:

Um thatcherismo de fachada socialista (Pùblico.pt)

Uma greve justíssima (Escola )

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17 août 2019 ~ 0 Commentaire

terres rares (convergences révolutionnaires)

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Recyclage des terres rares

La « chimie verte » à l’épreuve de la rentabilité

27 septembre 2012 : l’usine Solvay de Saint-Fons en banlieue lyonnaise reçoit en grande pompe. Sous le barnum, élus locaux et dirigeants du groupe savourent le champagne en présence des nombreux journalistes sollicités pour l’occasion. Solvay inaugure son activité de recyclage des terres rares baptisée Coléop’terre, deux unités industrielles dans les usines de Saint-Fons et La Rochelle.

Janvier 2016 : barnum et petits fours sont loin. Les journalistes beaucoup moins sollicités. À peine quatre ans après leurs inaugurations, Solvay annonce beaucoup plus discrètement l’arrêt de ses unités de recyclage et la destruction de 51 emplois. Entre-temps la rentabilité aura repris ses droits sur l’écologie…

Solvay, groupe belge qui emploie 26 000 personnes dans le monde fournit déjà des terres rares, pour le marché des poudres luminophores et des pots catalytiques. À partir de 2008, le prix des terres rares s’envole, comme le terbium dont la valeur est multipliée par neuf en deux ans. L’hypothèse d’une bulle spéculative est dès cette époque la plus probable. Néanmoins le chimiste flaire une bonne affaire en développant un marché des terres rares recyclées en lien avec les fabricants d’ampoules basse consommation.

L’intérêt écologique d’une technique de recyclage est réel puisque, même si la filière de recy-clage des ampoules existait bel et bien, il était partiel : une fois le verre valorisé, les terres rares usagées, elles, finissaient leur vie… en décharge.

La caution « chimie verte » est une aubaine pour la communication du groupe. Les patrons chimistes sont des grands adeptes du greenwashing et dépensent des fortunes pour faire oublier leurs cheminées fumantes à coup d’images d’enfants courant dans l’herbe.

Cette noble cause va surtout permettre à l’industriel qui cette année-là distribue 271 millions d’euros de dividendes, d’obtenir de l’argent public du fonds européen life+, et du pôle régional de compétitivité Axelera. À ces aides directement liées au développement durable, il faut aussi ajouter les Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et Crédit d’impôt recherche (CIR), dont Solvay n’oublie pas de profiter largement.

L’image du groupe créateur d’emplois est pourtant à relativiser sérieusement. En cette même année, le seul site de Saint-Fons avait vu en dix ans ses effectifs divisés par deux avec la destruction de plus de 300 emplois. Au moment même où Solvay faisait sonner les trompettes pour l’inauguration de Coléop’terre, plus de 20 emplois étaient supprimés avec l’arrêt des derniers ateliers de la partie sud de l’usine, faisant de la zone une immense friche industrielle. Le démarrage de Coléop’terre n’aura en réalité que stabilisé temporairement les effectifs du site.

À Saint-Fons on peut affirmer que la première chose recyclée par cet atelier aura été des salariés dont le poste avait été récemment supprimé !

10 millions de com pour 15 millions d’investissement seulement

Les 15 millions d’euros d’investissement annoncés par Solvay pour la mise en place de cette nouvelle activité sont en réalité assez modestes pour un projet industriel. En comparaison, l’opération de communication pour les 150 ans du groupe avait coûté à elle seule 10 millions d’euros.

La recherche du moindre coût a été permanente. La nouvelle installation de Saint-Fons est montée dans un bâtiment des années 1970, partiellement désamianté pour l’occasion, qui abritait une unité de fabrication jusqu’en 2005.

Solvay n’a pas hésité à recycler aussi des appareils anciens, laissés désaffectés au gré des fermetures d’ateliers. Ce choix aura des conséquences pour la sécurité des opérateurs : un séchoir réemployé, et donc pas directement adapté au produit, nécessitait de nombreuses et dangereuses opérations de nettoyage.

C’est lors d’une de ces tâches qu’un jeune intérimaire aura la main droite arrachée en février 2013. Ce grave accident n’a pas empêché Solvay de faire redémarrer l’atelier seulement quinze jours après, sans autre intervention qu’un « rappel des consignes de sécurité ». Il a fallu attendre plus d’un an pour qu’une modification soit entreprise sur l’appareil en cause, pour supprimer la tâche de nettoyage.

Cet accident a mis aussi en lumière l’importante proportion d’intérimaires dans les premiers mois du démarrage et a contraint Solvay à embaucher, mais pas à hauteur du supplément d’effectifs habituellement nécessaire à un démarrage d’atelier, d’autant plus avec un procédé encore expérimental. D’où les conditions de travail difficiles pour les opérateurs lors des premiers mois de fonctionnement. Avec ce démarrage à l’économie le chimiste anticipait-il la fragilité de son activité de recyclage ?

La bulle se dégonfle… les postures écolos aussi

Depuis les prix des terres rares se sont effondrés avec des pertes de valeur pouvant aller jusqu’à 80 % pour certains minerais. Le marché des ampoules basse consommation, ou « fluo-compactes », à base de poudres luminophores est concurrencé par la technologie LED, moins gourmande en terres rares, et le discours de Solvay devient plus prosaïquement celui d’un capitaliste en mal de profit.

Philips et Osram, les fabricants d’ampoules, ont aussi sorti leurs calculettes et rechignent désormais à acheter un produit issu du recyclage dont le prix est désormais moins intéressant pour garantir leurs propres profits, alors même qu’ils développent de leur côté les lampes à LED.

Avant même l’annonce officielle de l’arrêt des ateliers, en janvier 2016, Solvay a mis en œuvre des procédures de reclassement pour les 51 postes supprimés. Le martelage d’arguments économiques se voulant imparables et l’assèchement récurrent de l’atelier en matière première ont créé un profond sentiment de résignation face à cette fermeture. Seul le syndicat CGT a revendiqué le maintien de l’activité.

Le Coléop’terre : espèce déjà disparue

Parmi les opérateurs, qui sont nombreux à avoir déjà vécu une, voire plusieurs fermetures d’ateliers, on regrette la disparition d’un outil qui était enfin devenu opérationnel. D’autres, marqués par les mauvaises conditions de travail ne cachent pas leur envie de tourner la page. Plus généralement c’est un nouveau coup dur pour l’emploi dans le secteur. Solvay, en bon groupe capitaliste, n’est intervenu dans cette filière de recyclage que pour profiter de sa rentabilité passagère et accroître ses profits.

Pourtant les techniques et savoir-faire développés à cette occasion ont un réel intérêt pour l’ensemble de la société. Même si l’usage des poudres luminophores à base de terres rares semble en déclin avec la disparition attendue des ampoules fluo-compactes, l’emploi des terres rares ne cesse de se développer dans différents secteurs, de la production de pots catalytiques à celle de l’énorme aimant d’une éolienne.

Le recyclage fait aujourd’hui l’objet de nombreuses expérimentations de par le monde, mais l’arrêt de l’activité Coléop’terre montre à quel point une véritable mise en œuvre à l’échelle industrielle reste soumise aux seuls impératifs de rentabilité du capital. En attendant que les travailleurs se placent aux commandes de la société, les terres rares usagées continueront à prendre le chemin de la décharge.

Des terres rares ni « terres » ni « rares »

Les terres rares sont un ensemble de 16 à 17 métaux (entre autres le cérium, le lanthane, le néodyme, parmi les plus utilisés), pratiquement toujours associés dans leurs gisements dans la nature et aux propriétés chimiques très voisines.

Depuis les années 1950, l’usage des terres rares n’a cesser de se développer au fil des inno-vations technologiques. Les applications sont très diverses : poudres luminophores, catalyse, batterie NiMH, poudre de polissage… Aujourd’hui c’est dans la fabrications d’aimants perma-nents que la demande de terres rares est la plus importante, grâce à leur efficacité dans les moteurs et générateurs électriques. Une seule éolienne en contient jusqu’à 600 kg !

Malgré une présence en abondance dans l’écorce terrestre, les principaux gisements de terres rares exploités se trouvent en Chine. Depuis l’arrêt de la production américaine en 2002, la Chine assure 90 % de la production mondiale. Cette hégémonie attise l’intérêt pour les procédés de recyclage.

29 juin 2016 Rafi HAMAL

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/

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