Archive | Luttes ouvrières

20 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

lidl bretagne (cgt)

dirrecte (cgt) dans Services publics 59d4f8a3bbddbd2a6a74b262

lidkl

Facebook

Lire la suite

20 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

gael quirante (ballast)

gael quirante (ballast) dans A gauche du PS qui3

Montrer que la lutte paie

Gaël Quirante est devenu, ces dernières années, l’un des visages de la lutte syndicale en France. Vêtu de sa tenue de postier, nous retrouvons le secrétaire départemental de SUD Poste 92, également membre de la direction du NPA, dans une salle autogérée du centre de la capitale. Par un courrier en date du 20 mars 2018, Muriel Pénicaud, actuelle ministre du Travail, autorisait La Poste à le licencier, contre l’avis, par quatre fois répété, de l’inspection du travail. En cause : un mouvement de grève auquel il participa il y a huit ans ayant abouti à la retenue, durant un peu plus de deux heures, de cadres de l’entreprise. Quirante sort d’une brève sieste dans son véhicule, tout entier qu’il est mobilisé par des actions au sein de diffé-rents bureaux de poste de la région ; il nous quittera pour rejoindre une assemblée générale étudiante. « On doit s’opposer à la répression antisyndicale, repousser les restructurations qui suppriment des emplois, contrer la logique de casse du service public et de marchandisation du travail de facteur et de factrice. On fait le choix de tenir, de montrer que l’été ne nous fait pas peur et qu’on sera capables de faire la jonction avec toutes les colères accumulées », nous annonce-t-il.

Dès l’enfance, j’ai baigné entre la Fête de l’Huma, Pif le chien et le milieu de l’immigration espagnole. Mes premières réunions se font dans le salon familial, à Paris, avec les cellules du parti maoïste espagnol de mon père. Les militants ouvriers exilés en France dans les usines Renault, Citroën et ailleurs, y parlent de la place centrale de la classe ouvrière. En 1994, j’expérimente au sein de la jeunesse communiste la nécessité de me battre contre le contrat d’insertion professionnelle. Un an plus tard, j’entre à la fac et je me mobilise au sein de l’Union des étudiants communistes puis contre le plan Juppé.

Dans cette organisation, je vois une sacrée contradiction entre mon vécu à la baraque et la réalité du PCF. Je notais la difficulté qu’ils avaient à défendre le droit de vote des immigrés à toutes les élections, par exemple. Il y avait aussi le fait de mettre au second plan la nécessité de la grève générale ou encore leur slogan contre le « surarmement » comme s’il y avait un seuil légitime d’armement ! Il y a distorsion. Ça débouche sur une rupture personnelle avec le parti et sur une rencontre avec le milieu militant d’extrême gauche révolutionnaire, trotskyste en particulier : la Jeunesse communiste révolutionnaire d’Olivier Besancenot, qui était sur la fac de Nanterre. En résumé : la famille, la baraque et les luttes ont forgé mon identité politique.

Je suis rentré à La Poste parce qu’il fallait bien travailler ! Les militants de la gauche révolu-tionnaire qui deviennent professeurs, j’ai essayé deux ans comme prof d’histoire-géo vacataire, ça me questionne… Je ne voulais pas préparer des concours. C’était accepter cette logique de coupure avec la réalité pour viser un emploi. Assez naturellement, je tente la SNCF puis je fais de l’intérim pour subvenir à mes besoins. Une boîte d’intérim me propose de bosser à La Poste, où j’obtiens un CDD. Avec huit gars au bureau de Courbevoie, on nous promet un CDI ; deux jours avant la fin du CDD, on nous notifie notre licenciement. C’est le début d’une bagarre collective avec l’aide des syndicats pour obtenir, après des débrayages et des grèves, notre titularisation.

Déjà, se mettent en place les premières stratégies patronales : les huit sont ventilés pour empêcher qu’ils restent soudés. De facteur à Courbevoie, je suis devenu collecteur des entre-prises en service d’après-midi à Levallois. Je tiens à dire que les encadrants avaient déjà un vrai mépris de classe. Lors de mon premier entretien, une cadre m’a infantilisé en me parlant comme à un demeuré : « Vous savez, le travail de facteur est extrêmement compliqué : vous avez dans une enveloppe une adresse et il faut que l’adresse dessus corresponde à l’adresse de la boîte aux lettres. » Véridique !

Postier, c’est un boulot certes mal payé mais dans lequel on peut assez librement tisser des liens forts avec les collègues. Ce travail est donc devenu un vrai choix, avec l’ambition de défendre nos conditions de travail. Puis ça s’enchaîne vite : je termine ma période d’essai deux jours avant un appel à la grève sur les retraites en 2003. Un mois de grève, alors que je ne suis pas encore syndiqué ! À ce moment, nos liens sont forts et mettent en adéquation ma conception de la vie et ce que je fais : tu désertes le monde des idées pour taper dans le concret sur un licenciement, sur un contrat… Cette expérience a décuplé la force que je mettais en mes convictions. Alors qu’étudiant on décrypte l’exploitation, dans une entreprise on se bat directement contre l’exploitation en faisant confiance aux collègues. On est poussés matériellement dans ce qu’on vit et le dilemme de l’action se pose tous les jours.

À La Poste, en moyenne, la refonte de l’organisation a lieu tous les deux ans. Dans le 92, on a imposé tous les sept ans. C’est un manque à gagner pour l’entreprise en termes de restructu-ration et de suppression d’emplois, ce qu’elle appelle « formes d’organisations innovantes ». Aujourd’hui, la majorité des collègues travaille le matin et l’après-midi, avec une pause déjeu-ner non comprise dans le temps de travail, de 45 minutes à 4 heures. Le facteur, qui ne déli-vrait avant que le courrier et les recommandés, on lui fait maintenant distribuer les colis et le courrier non adressé.

La charge de travail augmente sans cesse. Tu es un mulet, pour un salaire qui ne bouge pas et un très gros mépris social. Physiquement, les inaptitudes au boulot explosent. De l’autre côté, notre cher PDG, Philippe Wahl, qui était tout fier d’appeler à voter Hollande, déclare avoir une baraque rue Madame, gagner 700 000 euros et dit avoir un ou deux millions placés. Tranquille, peinard. Il hésite entre un ou deux millions. Il ne se rend même pas compte de l’incongruité de cette déclaration : nous, on hésite au mieux entre cinq et dix balles dans notre poche. Des patrons de « gauche »…

Notre boîte est à cette image avec un DRH de Casino, le directeur national courrier, ancien DRH de PSA… C’est une boîte de main-d’œuvre avec en rétorsion le licenciement et les brimades au moindre signe de résistance. Il y a une volonté de remise au pas de l’entreprise pour qu’elle devienne une entreprise de main-d’œuvre où le fait même de prendre la parole est prohibé. En 2009, il y a eu toute une série de grèves dans plusieurs établissements : Reuil-Malmaison, Colombes… Dans mon service, notre grève a débouché sur une grève départe-mentale. Ça a permis de montrer que même dans un secteur atomisé comme le nôtre, et avec des salaires très faibles, on peut gagner. Une grève reconductible de 30 jours de salariés payés juste au-dessus du SMIC, c’est dur !

Mon expérience dans le 92, c’est la rencontre de différents militants qui partagent une compré-hension du monde, qui est clairement marxiste révolutionnaire, et une pratique de confronta-tion par l’action collective directe, qui met en avant l’auto-organisation des grèves au-delà même des structures syndicales. On insiste sur la nécessité du contrôle de la grève par les grévistes : de ne pas laisser ça aux structures syndicales, même si on est conscients qu’en dehors de ces périodes de mobilisations et de vapeur, il est nécessaire de renforcer les syndicats qui sont, finalement, comme des assemblées générales permanentes.

Cette manière de faire permet de créer d’autres rapports sociaux, d’autres rapports humains déjà perceptibles dans nos grèves. Nos collègues sont transformés par la lutte car ils touchent du bout des doigts ces nouveaux rapports possibles, en commençant à se parler. Discuter et s’organiser avec les collègues et au sein de la famille, tenir plusieurs jours, expérimenter direc-tement et concrètement la police, la justice, les patrons, ça vaut tous les cours magistraux. Ça vaut plus que plein de formations, plus que plein de lectures et d’articles, c’est une compréhen-sion directe du monde.

Il y a une critique du syndicalisme par une certaine gauche radicale, issue du milieu ensei-gnant, qui le caricature à travers la figure de l’homme blanc de 50 ans fan de mojitos. Les quartiers populaires ? Ils sont là ! Et organisés dans nos entreprises: Peugeot, Renault, l’intérim, McDo, dans nos syndicats, dans les AG, au point fixe des postiers à la manifestation du 22 mai [2018]. Oui, les directions syndicales ont du mal à leur parler mais dans les grèves d’Aulnay, de La Poste et d’ailleurs, ils sont là et se bagarrent par-delà les origines et les reli-gions. Pour réunir ton camp, qui est fait de Noirs, d’Asiatiques, d’Espagnols, de fonctionnaires, d’intérimaires, d’hommes, de femmes, d’hétérosexuels et d’homosexuels, si tu n’as pas un discours sur toutes ces questions, tu ne peux pas l’unifier. Pour mieux nous exploiter, la boîte veut créer des séparations ; nous, on ne le veut pas !

Mais, clairement, le discours pour combattre toutes ces oppressions est surdéterminé par celui de la solidarité de classe. Parfois, ça nous arrive de mener la bataille contre des chefs d’établissements qui sont noirs ou arabes : la question, c’est donc de ne jamais perdre de vue l’exploitation. C’est vrai qu’il y a un manque de prise en compte de toutes ces questions, c’est vrai que la gauche traditionnelle politique, syndicale et associative relègue ces oppressions au second plan, mais la force sociale globale, ça reste encore une fois la solidarité de classe.

Ça me rappelle l’époque du débat sur le mariage pour tous. Nous, on défendait la liberté de chacun de choisir de se marier ou non. Mais ça avait généré par mal de discussions et je trouve ça vachement offensif et fécond. Je prends un autre exemple : la grève d’Onet. Leur lutte permet de redonner confiance à notre camp social car on peut gagner même dans les secteurs les plus opprimés et précarisés, avec une prise en charge par les organisations du mouvement ouvrier. Pareil pour la lutte des chibanis à la SNCF.

Mais pourquoi on ne parle jamais des grèves où il y a de tout et qui font péter tous les carcans, comme la nôtre ou celle d’Aulnay ? Mettre en avant une bagarre de classe, c’est indissociable du combat contre les oppressions pour unifier notre camp social. Une grève ne dure que si elle est aussi l’occasion de nouveaux rapports sociaux entre les hommes et les femmes, les Blancs, les Noirs et les Arabes, les fonctionnaires et les intérimaires. Les gens tiennent car la grève est librement consentie et voulue puisque tout autour de toi te dit d’arrêter : ton patron, ta compa-gne ou ton compagnon, ta famille, la police, la justice… Si tu tiens, c’est que tu vois que tu n’as jamais expérimenté de tels rapports humains. Quand tu es un militant révolutionnaire, tu fais ça même si tu sais que ça veut dire 1 300 euros après 15 ans de boîte et avec un fort risque d’être lourdé, car c’est là où tu es utile.

Cette lutte, l’expérience de l’entreprise et l’expérience de mes collègues, est ma plus grande expérience militante. On dit souvent qu’il n’y a pas de solidarité : sur la question de mon licen-ciement, on voit que c’est l’inverse. Et là, c’est la première fois qu’ils licencient un représentant syndical du syndicat majoritaire représentatif, et contre l’avis de l’inspection du travail et des propres services de madame Pénicaud [ministre du Travail du gouvernement Philippe-Macron, ndlr] ! À cette occasion, on la voit la solidarité de classe.

L’inspection du travail a refusé mon licenciement en 2011 et en 2017. En août 2017, les servi-ces de madame Pénicaud refusent à nouveau de me licencier car l’inspection du travail consi-dère que les faits ne sont pas assez graves pour justifier un licenciement : des vigiles partout et aucune négociation après 60 jours de grève. Mais, surtout, l’inspection met au jour une discrimination syndicale d’une demande de licenciement liée au mandat syndical, ce qui est interdit par le Code du travail. L’inspection a demandé pourquoi, sur les trois inquiétés au pénal, je serais le seul à être licencié ? Les deux collègues envoient un courrier pour confirmer ce fait. Il y a des enquêtes de l’inspection du travail qui montrent que, pendant 15 ans, La Poste a fait pression sur des agents précaires (intérimaires ou en CDD) pour obtenir des faux témoignages me mettant en défaut. C’est de la discrimination syndicale. Et tous ces éléments pour ma défense sont le fruit de la solidarité de mes camarades, qui aident à trouver des infos, qui envoient des courriers de soutien, etc.

Autre exemple : un collègue malgache est en CDD, logé par La Poste. La direction conditionne son passage au CDI à un faux témoignage contre moi sur un vol de paquets. Il refuse alors que toute sa vie est suspendue à ça. Vendredi, le chef ne tremble pas et décide de ne pas le renouveler. Lundi, il nous raconte tout ça et on débraye direct pour qu’il soit réintégré avec un contrat. On a obtenu la victoire. Autre exemple : une cheffe d’équipe nous note « excellents » mais son supérieur ne valide pas ; elle ne veut pas céder sur la notation qu’elle considère juste ; on débraye, on gagne. Des cas comme ça, il y en a plein.

Je suis donc lourdé, en référé au tribunal où je gagne et, maintenant, convoqué au commis-sariat de Neuilly. Comme si entre Balkany et Sarkozy, il n’y avait pas de plus gros bonnets à s’occuper que Gaël Quirante. Ils vont inventer quoi, là ? Depuis le 26 mars [2018], on demande juste une médiation à la préfecture en présence de l’inspection du travail et des deux parties en conflit, La Poste et les grévistes, pour pouvoir prouver que La Poste ne prend pas en considération les multiples propositions écrites depuis le 27 mars.

Là, on a 150 grévistes avec des paies à 0 euro et aucune contre-proposition de La Poste. La seule modalité de négociation pour elle est de parier sur l’épuisement et le pourrissement du conflit. On est venus avec le maire de Gennevilliers, Patrice Leclerc, devant la préfecture : aucune réponse. Tu vas dans le centre de Villeneuve qui va fermer, tu as six membres de la BAC à 2 centimètres de toi qui t’intiment l’ordre d’« arrêter ton one man show ». Pareil lors du blocage du bureau de poste par des étudiants et des cheminots solidaires : 100 CRS casqués débarquent. Forcément, on fait entrer nos soutiens dans le bureau et on demande les condi-tions de traitement de ce rassemblement. Pas de réponse. On se met en chaîne devant la police à l’intérieur du bureau, au milieu des lettres ; là, la préfecture est rapide.

La police est patronale et la justice est bourgeoise : on l’expérimente directement. En plusieurs années de militantisme, j’ai jamais vu de bavures sur un patron. Ils doivent avoir un grigri. Alors que des délinquants, chez les patrons et les bourges, il y en a ! La garde à vue de Sarko, c’est « Je peux me barrer au milieu ». Au bureau de poste de La Défense, le 26 avril, le motif de l’intervention policière était qu’on n’avait pas déposé de parcours alors qu’on est sur un de nos lieux de travail en grève. Mais les policiers, quand ils manifestent cagoulés et armés sur les Champs-Élysées, il y a un parcours déposé en préfecture ? Chez les grévistes, et même chez certains flics, ça interroge.

Quand ces grèves se terminent, le retour à la normale peut revenir très vite donc il faut faire vivre les acquis avec des AG régulières. Il y a des syndicalistes qui sont gênés par leur militan-tisme politique. Ils s’en cachent et disent qu’ils ont deux casquettes : la syndicale et la politique. Moi, je suis un militant communiste révolutionnaire qui doit travailler pour manger mais qui met son syndicalisme en adéquation avec sa conception du monde. C’est malhonnête de cacher ses opinions. Dans le syndicat, il y a des communistes, des anarchistes, d’autres qui n’ont pas d’opinions. Le combat de classe unit malgré les différences. Les collègues se foutent du « isme » mais s’intéressent à ton action dans la boîte. Moi, j’ai pas de casquette mais différents outils : le syndicat, le parti et surtout l’auto-organisation par les travailleurs eux-mêmes.

Est-ce normal que, dans les entreprises, il n’y ait pas la possibilité d’une expression politique ? Les patrons font de la politique et c’est toujours positionné du côté du gourdin. Ce qu’il faut, c’est être transparent à la fois sur ses engagements et où se prennent les décisions : les décisions de la grève se prennent dans les AG de grévistes, l’exécution de ces décisions dans les comités de grève composés de syndiqués et de non syndiqués. C’est ce rapport entre organisation et mouvement de notre camp et de la classe qui se pose aussi bien dans les syndicats que les partis.

Le problème actuel n’est pas tant l’indépendance des syndicats avec les partis, ils se mettent d’accord sur l’essentiel, que les stratégies des directions syndicales, qui ont une conséquence sur mon frigo et mon porte-monnaie. L’indépendance des militants ouvriers face aux centrales syndicales est toute aussi importante. Souvent, je suis assez étonné de voir une détermination plus forte de travailleurs du rang, qui ne sont pas des militants syndicaux, au regard de l’attitu-de et des stratégies de dirigeants syndicaux… Tout ça, c’est une façon d’occulter d’où vient le pouvoir et comment décider.

Les décisions doivent venir de la libre association de tous lors des AG dans nos quartiers, dans nos lieux de travail et dans nos universités. La lutte contre loi Travail n’a pas été une défaite puisque tous les réseaux se réactivent deux ans après, directement. On a une avant-garde militante d’une dizaine de milliers de personnes qui n’hésitent plus à se confronter direc-tement à l’appareil d’État tout en tissant des liens et des expériences communes. Ces forces n’ont pas encore coagulé. Le Front social est une des expressions de cela. On est dans une période de lutte prolongée, comme en 1968, qui a été l’aboutissement des luttes de 1962 à 1967, avec un rapport de force bien plus défavorable, des organisations syndicales et politiques bien plus faibles.

Mais il y a accumulation d’expériences. L’État et la bourgeoisie l’entendent et essaient de mettre le feu là où ces liens se tissent et se renforcent. Au lieu de donner des consignes de vote, le Front Social avait proposé de se réunir le lendemain de l’élection de Macron. Ça a été un succès mais elle n’a été relayée par aucune direction syndicale et politique nationale, NPA compris, qui en a parlé la veille au soir alors que ça ne divisait pas… Pourquoi on a attendu septembre 2017 pour une première manif ?

Le Front Social a voulu déborder les centrales syndicales, mais en rassemblant. On ne peut pas tourner le dos à la CGT et ses cortèges toujours aussi conséquents à chaque manif. Pareil pour Solidaires. En ce moment, il y a plusieurs grèves dans les filiales d’EDF et GDF. Pourquoi les directions syndicales ne font pas converger cette lutte avec les cheminots ? Face à ça, les directions laissent se développer des actions propres en parlant d’instaurer un climat pour mieux s’exonérer d’amplifier la grève par une générale intersectorielle. Il y a des annonces de privatisation de la RATP : des passerelles avec les cheminots de la SNCF pourraient se faire avec un axe transport. Mais, non, rien d’offensif !

« Tout ce qui sert le bien public doit être géré par notre classe » me semble un bon mot d’ordre. Sur la question de la grève générale, on doit avant tout discuter des directions qui empêchent toute possibilité de convergence. À Paris, il y avait une manif de l’Éducation dans un coin et une des cheminots dans un autre. Le 22 mai [2018], la fonction publique a appelé à une manif en dehors du calendrier des cheminots, le 23-24… Historiquement, les cheminots se sont presque toujours mis en grève reconductible. Face à une attaque inédite par l’ampleur des saccages qu’elle entraînerait, on répond par une grève perlée ! Heureusement qu’il y a une AG inter-gares qui tente d’en sortir en débordant les centrales. L’AG inter-gares permet de reprendre la direction de la grève pour sortir du speech de chaque secrétaire afin de discuter toutes et tous des problèmes de la grève, de la stratégie, de comment la faire grandir.… L’AG reconductible est essentielle pour que chacun prenne confiance, commence à parler puis à se mobiliser.

Une AG a un intérêt quand ce que tu portes peut modifier la décision de l’intersyndicale, peut dépasser un problème que tu poses. L’appel à la grève n’est pas une forme d’émancipation si on ne donne pas les outils permettant aux travailleurs et aux travailleuses de s’en saisir autre-ment, ils et elles vont régler les problèmes chez eux. Et pour les centrales syndicales, le fait qu’elles n’appellent pas à la grève générale, ça n’aide pas à stimuler le syndicalisme de base… Arrive ensuite la question de la « résignation ». Mais de qui parle-t-on lorsqu’on pose ce sujet ?

Parce qu’il y a quand même un vrai problème dans la stratégie des directions syndicales, politiques et associatives, qui est de ne pas rendre visible la détermination et les luttes exis-tantes ! Pour ne prendre qu’un exemple : là, les cheminots sont dans une situation compliquée après trois mois de bagarre. Au même moment, depuis un mois, une grève extrêmement impor-tante, partie du bas, s’est enclenchée dans les filiales GRDF : il y a 180 sites bloqués pour lutter contre les suppressions d’emplois et pour des augmentations de salaire. Aucune orga-nisation syndicale ou associative n’en parle. Il y a quelques articles dans la presse mainstream, c’est ce qui a permis que ça soit enfin pris en compte. Quand on parle de stratégie perdante, c’est ça. Est-ce que ça serait totalement illogique que la CGT GRDF se coordonne avec la CGT cheminots pour justement imposer un rapport de force ? C’est une stratégie mortifère… Évidemment, on n’est pas dans une situation où il y a des millions de travailleurs en grève, par contre, il y a aujourd’hui des poches importantes.

Il est clair qu’on n’a pas un boulevard pour l’ensemble des mobilisations, mais la détermination existe. De même pour les cheminots. S’ils veulent gagner, soit ils se donnent les moyens de montrer au gouvernement qu’ils peuvent tenir l’été, soit ils reprennent le travail : et là, c’est un choix qui doit être clair de l’intersyndicale CGT-SUD. Y’a pas d’autre possibilité, il faut le dire. Il faut comprendre qu’une victoire ou pas des cheminots aura une influence importante sur la vision des autres secteurs quant à la possibilité de se bagarrer.

Le problème, c’est que si tu ne coordonnes pas, si t’additionnes pas, si tu ne fais pas conver-ger les luttes existantes pour mettre en difficulté le gouvernement, eh bien, tu renforces évidemment le sentiment de résignation et d’isolement ! C’est la même logique lorsqu’on ne rend pas visible les victoires qui existent. C’est le cas du CHU du Rouvray, où ils ont contraint la direction à embaucher plus dans le centre hospitalier ; de même pour les Catacombes de Paris, qui ont obtenu des embauches supplémentaires et une multiplication par trois de leurs primes. Pareil chez les éducateurs, pareil dans une crèche à Tours. Tout ça, ce n’est pas la grève générale mais si ça a été possible, c’est parce qu’il y avait une dynamique d’ensemble impulsée par des secteurs plus gros et plus forts qui ont permis de donner confiance sur la nécessité et la possibilité de gagner dans des secteurs de moindre ampleur. On doit à la fois populariser ce qui gagne et montrer que la lutte paie.

Cyrille Choupas 19 juillet 2018

https://www.revue-ballast.fr/

Texte inédit pour le site de Ballast

Caisse de grève des postiers du 92


Lire la suite

19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

langueux (fr3)

Langueux : François Ruffin apporte son soutien au boucher licencié de Carrefour

Les salariés de Carrefour à Langueux ont à nouveau débrayé ce 18 juillet, pour protester contre le licenciement de l’un des leurs. Ce dernier avait déposé un emballage de gode-michet sur la voiture de son directeur. Le député François Ruffin est venu apporter son soutien.

François Ruffin, député de la Somme proche de la France Insoumise se trouve au Carrefour de Langueux, pour soutenir le salarié licencié après avoir déposé l’emballage d’un godemichet sur la voiture du responsable de son magasin. Une cinquantaine d’autres salariés sont présents pour ce débrayage. Avec François Ruffin et autour d’une table ils simulent un procès, François Ruffin jouant le juge, entouré de témoins, une manière de dénoncer ce licenciement qu’ils considèrent comme excessif.

Une réintégration

Jimmy, âgé de 27 ans travaillait depuis huit ans au Carrefour de Langueux comme boucher, sans n’avoir jamais eu de problèmes ou de sanctions de la part de sa hiérarchie. Il demande aujourd’hui sa réintégration au sein de l’entreprise même s’il reconnaît que l’ambiance sera « fraîche » au début.

Une commission d’enquête officieuse et décentralisée sur l’affaire du godemichet

François Ruffin avait annoncé sa venue sur Twitter, indiquant qu’il se rendait à Langueux pour une commission d’enquête officieuse et décentralisée sur cette affaire.  Sur place, il critique la disproportion entre le salaire d’une caissière et celui des actionnaires principaux de Carrefour.

Emilie Colin Publié l18/07/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr

Lire la suite

17 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

prolétaires 2.0 (libération)

marx.jpg 2

Sarah Abdelnour : «Marx est toujours d’actualité pour comprendre les prolétaires 2.0»

Selon la sociologue Sarah Abdelnour, l’essor des travailleurs indépendants et des plateformes numériques a surtout permis de contourner le code du travail, avec l’aval de l’état. Prolétaires ubérisés de tous les pays…

Qui sont les «prolétaires 2.0» dont vous parlez ?

Ils sont nombreux dans le monde des indépendants, où de nouvelles formes de vulnérabilité économique sont apparues. Avec la promotion de la création d’entreprise, de plus en plus de travailleurs sont sortis des régulations collectives. Les formes «d’échange de travail», qui se développent sur les plateformes numériques sont devenues un véritable terreau de contourne-ment du droit du travail. Ces plateformes ont entraîné un phénomène d’externalisation des travailleurs, qui sont à leur compte, de manière plus ou moins fictive. Ces nouveaux modes de travail permettent de plus de contourner des règles des professions réglementées : vous pouvez faire appel à des amateurs (au sens de non-professionnels) pour faire des travaux chez vous ou vous faire à dîner. Et puis, il y a les nombreuses plateformes de microtravail, comme Amazon Mechanical Turk, sur lesquelles le travail n’est pas déclaré : il s’agit alors de travail dissimulé, non encadré, non rémunéré.

Marx permet-il de comprendre la situation des travailleurs «ubérisés» ?

Si la pensée de Marx est toujours d’actualité pour analyser la situation des prolétaires 2.0, c’est que tout cela ressemble d’une certaine façon à ce qui se passait au 19è siècle, avant que le droit du travail ne commence à se structurer : il y a en quelque sorte une réactualisation de ce moment que les historiens appelaient la «proto-industrialisation», quand, avant la concentra-tion industrielle, le travail était très fragmenté, avec des tâcherons qui amenaient du travail de confection à des couturières travaillant à domicile par exemple et passait sous le radar des lois sociales en train de se mettre en place.

A partir du 19è siècle et des premières lois sociales, les prolétaires en bas de la chaîne sont progressivement rentrés dans l’ordre salarial. Et, au fur et à mesure que le salariat est devenu une condition plutôt désirable, l’état et les entreprises ont abandonné le bas de l’échelle, l’ont sorti du salariat, alors que les patrons, eux, sont devenus salariés. Maintenant, de hauts fonc-tionnaires offrent l’opportunité à des dirigeants d’entreprise salariés de recourir à du faux travail indépendant.

Selon vous, l’état serait «complice de la précarisation». Pourquoi ?

Ce que fait l’etat en termes de régulation, ou plutôt de dérégulation, du travail consiste précisément à autoriser toutes ces formes d’emplois dérogatoires. C’est bien l’état qui crée la possibilité d’embaucher en CDD, qui a mis en place les contrats aidés, les stages, le statut d’auto-entrepreneur… Pourquoi ? Parce qu’on a quand même de larges pans de la machine étatique, les gouvernements et l’administration, qui se sont convertis au discours patronal selon lequel le travail est trop cher et pour qui la croissance économique viendra en dérégulant et en fragilisant l’emploi.

Ce que démentent nombre d’économistes, et ce qui néglige les enjeux de progrès et de développement social. Et au-delà de cette croyance, on peut observer les logiques d’intérêts à l’œuvre : les personnes qui ont le pouvoir de légiférer adoptent un point de vue socialement situé du côté du patronat.

C’est ce qu’observait déjà Marx 

On a les intérêts qui correspondent à la place qu’on occupe dans la société. Les objectifs d’harmonie sociale et de solidarité ne sont plus du tout au cœur des discours politiques. Depuis notamment le mandat de Nicolas Sarkozy et la création du régime d’auto-entrepreneur, il y a cette vision selon laquelle les travailleurs pauvres ou les chômeurs n’ont qu’à monter leur petit business s’ils veulent survivre, faire de tout un objet de revenu, marchandiser leur temps et ce qu’ils possèdent, et, surtout, ils ne devraient rien demander à l’Etat ou à l’entreprise pour mieux vivre. C’est, à mon sens, très dangereux en termes de solidarité et d’intégration sociale.

Employés, ouvriers, soit plus de la moitié des actifs aujourd’hui et tout particulièrement femmes et immigré(e)s : voilà les personnes les plus vulnérables en 2018. Une très large partie de la population française. Pour Sarah Abdelnour, maîtresse de conférences en sociologie à l’uni-versité Paris-Dauphine, les «nouveaux prolétaires» sont «globalement les mêmes que les anciens». L’auteure reprend la définition de Karl Marx: «toutes les personnes qui ont besoin de vendre leur force de travail pour survivre, donc d’abord celles qui n’ont pas de patrimoine» et explique comment ce terme de prolétaire«renvoie plus largement à un ensemble de positions sociales caractérisées par une faiblesse des rémunérations, de l’insécurité économique, une faible reconnaissance sociale et un éloignement par rapport aux lieux de pouvoir».

Sarah Abdelnour publie une réédition augmentée de son ouvrage les Nouveaux Prolétaires (Textuel), initialement paru en 2012, où elle défend la pertinence d’une grille d’analyse marxiste pour penser la question de la domination au travail. A l’heure du développement des inégalités et des politiques de dérégulation du travail, cette chercheuse met aussi en avant l’apparition de «nouvelles figures de prolétaires» depuis quelques années : les travailleurs «ubérisés».

Amélie Quentel 16 juillet 2018

.
SARAH ABDELNOUR LES NOUVEAUX PROLÉTAIRES Ed. Textuel, 2018, 160 pp., 15,90 €

Lire la suite

17 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

jimmy (ouest france + fr3 + cgt )

CGT-Bretagne

Saint-Brieuc. Le député François Ruffin à la rescousse du boucher licencié par Carrefour

François Ruffin, le député France insoumise de la Somme, viendra mercredi à Carrefour Langueux, en soutien à Jimmy, le boucher licencié par Carrefour pour un emballage de sex-toy.

François Ruffin, le député France insoumise de la Somme, viendra mercredi à Carrefour Langueux, en soutien à Jimmy, le boucher licencié pour faute lourde après avoir, lors de la grève nationale du 31 mars, déposé un emballage vide de godemiché sur une voiture de fonction de la direction du magasin.

À partir de 16 h, sur le parking du magasin, une petite mise en scène sera organisée, pour protester contre ce licenciement. Il y aura des prises de parole. Les personnes qui soutiennent le jeune boucher, syndiqué à la CGT, estiment qu’il s’agit d’un licenciement abusif.

Des militants se mobiliseront, à l’entrée du magasin, dès 9 h. Ce sera la quatrième journée de mobilisation dans ce magasin.

16/07/2018

https://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

Le licencié reçoit le soutien de Ruffin (FR3)

jimmy

Pétition

Lire la suite

13 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

daucy lanester (cgt + le tél + of)

CGT-Bretagne

DEPUIS HIER ET TOUTE LA NUIT LES GREVISTES ONT BLOQUE LA CONSERVERIE! LES CAMIONS DOIVENT REBROUSSER CHEMIN…
LA DERNIÈRE GREVE DATE DE 2001, MAIS Là…LA COUPE EST PLEINE!
LA SITUATION EST TRÈS TENDUE DEPUIS LE MOIS D’AVRIL APRES L’ÉCHEC DES NÉGOCIATIONS ANNUELLES SALARIALES…
« LES NOUVEAUX EMBAUCHES GAGNENT PLUS QUE LES ANCIENS, IL Y A DES INÉGALITÉS DANS L’ATTRIBUTION DES PRIMES »…EXPLIQUE FRANçOISE LESSART… »ON NOUS PROPOSE JUSTE DES MIETTES »….

super cgt

Le Faouët. Les salariés de la conserverie morbihannaise en grève

Après 17 ans jour pour jour, les salariés font de nouveau valoir leur revendication.

17 ans jour pour jour après la première grève du jeudi 12 juillet 2001, des employés de la conserverie morbihannaise, ceux de l’entreprise D’Aucy, au Faouët, relancent le débat sur l’augmentation des salaires, la revalorisation des primes. Une quarantaine d’entre eux (39 selon la direction) ont débrayé jeudi 12 juillet, au petit matin, devant l’usine, pour faire part de leur mécontentement.

« Nous le faisons malgré les NAO (Négociations annuelles obligatoires) menées mi-avril, qui ont abouti à une augmentation de salaire de 1,25 %, avec une perte de quatre mois, ce qui représente une augmentation réelle de 0,937 %, alors que, dans le même temps, le Smic, lui, a augmenté de 1,24 % : cherchez l’erreur. Nous demandons aussi une prise en charge de la mutuelle. Et plus de justice dans l’attribution des primes », explique Françoise Lassalle, déléguée syndicale.

« Ce matin, le directeur n’a pas semblé nous prendre au sérieux lorsque nous lui avons présenté nos revendications, mais lorsque les banderoles et les barrages se sont mis en place, les choses sont devenues sérieuses. Nous attendons avec impatience la suite, d’autant que la fusion Triskalia-D’Aucy et le rachat de Saint-Mamet apportent en plus son lot d’inquiétudes. Qui va manger qui et à quelle sauce ? ».

« Les fusions et rachats de D’aucy sont un plus »

De son côté, la direction rappelle « qu’à la suite de la négociation annuelle des salaires les 11 et 13 avril derniers, qui s’est soldée par un PV de désaccord non signé par la déléguée syndi-cale, la direction a reçu les représentants syndicaux le 9 juillet pour poursuivre le dialogue et répondre point par point à leurs demandes. À ce stade, la direction de l’usine espère une reprise rapide du dialogue, sur la base des propositions faites dans le cadre de négociations annuelles obligatoires ». Elle poursuit : « Le coût de la mutuelle ayant augmenté, la société a décidé de prendre la différence à sa charge afin de ne pas impacter les salariés. Les fusions et rachats de D’aucy sont un plus pour la société et le personnel n’a pas lieu de s’en inquiéter ».

La Conserverie morbihannaise est une usine de conserverie de légumes emploie 240 personnes. Elle représente 65 000 tonnes annuelles de légumes transformés, apportées par plus de 200 producteurs du territoire breton.

Nouveau rassemblement vendredi matin

Les salariés ont prévu de se retrouver à nouveau ce vendredi 13 juillet, à 4 h du matin, au même endroit.

https://www.letelegramme.fr/

Lire aussi:

Le Faouët. Les salariés bloquent la Conserverie Morbihannaise (OF)

Lire la suite

12 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

usb fiat (pùblico.es + ci)

base

L’USB de Fiat appelle à une grève face au recrutement de Cristiano Ronaldo

Le Real Madrid vend Cristiano à la Juventus pour 112 millions d’euros

« Est-il normal qu’une personne gagne des millions alors que des milliers de familles de travailleurs ne parviennent pas à joindre les deux bouts? », Demande le syndicat de la marque automobile, dont les propriétaires sont les mêmes que la Juventus.

La signature du Portugais Cristiano Ronaldo a mis sur le pied la guerre des travailleurs de Fiat, principal sponsor de la Juventus de Turin. Les 112 millions d’euros que le club va payer ne plaisent pas à des ouvriers de l’usine automobile qui ont appelé à une grève à l’usine de Melfi « à partir de 22 heures le dimanche 15 juillet jusqu’à 6 heures du matin. Mardi 17 juillet « .

En outre, plusieurs travailleurs récemment licenciés ont été postés aux portes de l’usine de Pomigliano d’Arco avec des pancartes portant la mention «Pour Cristiano 400 millions, et pour les travailleurs, un coup de pied… ».

L’Union des travailleurs de Fiat a publié une déclaration dénonçant la situation précaire de ceux qui ont été embauchés par la famille Agnelli, principal actionnaire de Fiat et de la Juventus.

« Il est inacceptable que les travailleurs de Fiat fassent d’énormes sacrifices financiers, alors que l’entreprise dépense des millions d’euros pour un joueur de football.

Ils disent aux familles de se serrer la ceinture parce que la situation n’est pas bonne et ensuite ils investissent une fortune dans un joueur. C’est juste? Est-il normal qu’une personne gagne des millions alors que des milliers de familles qui travaillent ne parviennent pas à joindre les deux bouts? » dénonce le syndicat dans une déclaration. « Les travailleurs de Fiat ont fait la grande fortune à trois générations et en retour ont seulement reçu une vie de misère »

Le syndicat demande également qu’ils investissent davantage dans la production de voitures et moins dans le football: « La société devrait investir dans des modèles de voiture qui garantissent l’avenir de milliers de personnes, au lieu d’en enrichir un seul, qu’elle privilégie les intérêts de ses employés, mais ils préfèrent le monde du football.  »

07/11/2018

http://www.publico.es/deportes/

173459526-c352cf53-620f-423c-a636-97cd694bc8c4

“C’est nous qui te payons” : des ouvriers de Fiat en grève contre le transfert de Ronaldo

La Juventus de Turin a déboursé plus de 100 millions d’euros pour acheter Cristiano Ronaldo. La nouvelle passe mal dans les usines Fiat, qui appartiennent à la même famille propriétaire du club, et où la situation économique est très tendue.

“L’arrivée de Cristiano Ronaldo à la Juventus n’a pas fait que des heureux”, observe le site du groupe audiovisuel Mediaset. “Et non, ce n’est pas des supporters des équipes rivales dont il s’agit”, mais des ouvriers des usines Fiat Chrysler Automobiles (FCA), dont le premier action-naire est la famille Agnelli, également propriétaire du club turinois. Le 11 juillet, la Juventus a annoncé l’achat du joueur du Real Madrid pour 100 millions d’euros. L’attaquant touchera pour sa part 31 millions d’euros net par saison.

Dès le lendemain, à l’usine de Melfi, dans le sud du pays, le syndicat USB a annoncé une grève du dimanche 15 juillet à 22h au mardi 17 à 6h. Dans son communiqué, il déclare : Il est inacceptable qu’une même entreprise continue à demander des sacrifices énormes au niveau économique aux travailleurs de FCA et CNHI [Case and New Holland industrial], tout en décidant de dépenser des centaines de millions d’euros pour l’achat d’un joueur de football. […] Est-il normal qu’une seule personne gagne des millions tandis que des millions de familles n’arrivent même pas jusqu’à la moitié du mois ?”

“C’est nous qui te payons”

Même colère sur le site de Pomigliano (près de Naples), où cinq ouvriers ont été licenciés en 2014 pour avoir mis en scène le suicide et les funérailles d’un pantin à l’effigie du patron de FCA, Sergio Marchionne. Une action qui faisait suite au suicide d’une employée, alors que les 300 travailleurs du site de Nola étaient au chômage technique, indique NapoliToday.

Le 11 juillet, des affiches du syndicat S.I. Cobas [Sindacato Intercategoriale Cobas] sont apparues sur le site de Pomigliano. “C’est nous qui te payons”, y lit-on sur une photo du joueur portugais. “Pour Ronaldo, 400 millions d’euros. Pour les ouvriers, rien que des coups de pied dans les couilles.”

“Les conditions de travail, déjà précaires, se sont justement aggravées la semaine dernière, peu de temps avant l’annonce de l’accord entre la Juventus et le Real Madrid”, ajoute le site d’information Fanpage : l’usine de Melfi va cesser la production du modèle Punto et instaurer une rotation, qui engendrera une réduction moyenne de salaire de 28 %. “À Pomigliano, la situation n’est pas meilleure : 4 600 employés devraient être mis au chômage technique car aucun modèle n’est actuellement en production.”

Carole Lyon 12/07/2018

Lire aussi:

USB (Wikipédia)

CGIL (Wikipédia)

COBAS (Wikipédia)

Le Parisien

Commentaire: USB et COBAS sont des syndicats minoritaires comme notre « Solidaires » face à la CGIL la CGT italienne.

Lire la suite

12 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

carrefour saint brieuc (lutte ouvrière)

Manara-marre

Carrefour Saint-Brieuc: non au licenciement de Jimmy !

La direction de Carrefour de Langueux, dans les Côtes-d’Armor, a décidé de licencier pour faute lourde un jeune salarié de 27 ans pour avoir déposé un emballage de sextoy sur la voiture du directeur lors d’une grève en mars dernier.

Depuis l’annonce de son licenciement le 18 juin, une mobilisation s’est organisée autour des militants CGT pour exiger sa réintégration. Le 23 juin, certains de ses collègues ont bravé les pressions de la maîtrise et ont débrayé. Une pétition a recueilli plusieurs milliers de signatures de clients écœurés par les méthodes de Carrefour. Mercredi 4 juillet, un rassemblement de plusieurs dizaines de militants de diverses organisations à l’entrée de la grande surface a réaf-firmé le soutien à Jimmy. À la demande de la CGT Carrefour, notre camarade Nathalie Arthaud a envoyé un communiqué au nom de Lutte Ouvrière où nous affirmons notre entier soutien à Jimmy.

Si la direction de Carrefour voulait faire un exemple en licenciant un travailleur combatif, pour décourager tous ceux qui luttent contre son plan de suppression d’emplois, c’est raté. Une nouvelle action est prévue mercredi 11 juillet à l’entrée du magasin de Langueux. La solidarité et la mobilisation de tous les travailleurs est le meilleur gage pour que les mauvais coups des patrons, de Carrefour et d’ailleurs, ne passent pas.

Correspondant LO 11 Juillet 2018

Lire la suite

11 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

plouguernevel hôpital (ouest france)

ploug

Plouguernével. Sept emplois vont être supprimés à l’hôpital

Vendredi, une centaine d’employés de l’Association hospitalière de Bretagne (AHB) ont mani-festé pour dire « non » à la suppression de sept emplois à la blanchisserie. « Nous ne pouvons pas accepter que les salariés paient les frais d’une mauvaise gestion », estiment les respon-sables de la CGT qui ont rassemblé vendredi, en fin de matinée, près de 100 manifestants devant les grilles du centre hospitalier de Plouguernével.

La réduction des effectifs à la blanchisserie a été actée par le conseil d’administration de l’AHB le vendredi 29 juin. « Ce service passerait de 12,5 emplois à temps plein (ETP) à 5,25 ETP, soit la suppression de sept postes. L’entretien du linge serait sous-traité », annonce le syndicat.

Du matériel vétuste

« Depuis de nombreuses années déjà, les instances du personnel de l’établissement ont alerté la direction de l’hôpital sur la dégradation des conditions de travail, notamment la vétusté du matériel de la blanchisserie qui met en cause la sécurité du personnel », rappellent les repré-sentants de la CGT. Le syndicat entend dénoncer « un laxisme de la part des directions suc-cessives qui, malgré les demandes répétées des instances représentatives du personnel, n’ont pas réalisé les investissements nécessaires au fur et à mesure des années. »

La CGT demande à la direction « de reprendre le dossier, afin de maintenir les emplois sur Plouguernével, tout en réalisant les investissements nécessaires au bon fonctionnement de la blanchisserie, un service à part entière pour les patients et résidents ».

La direction assure un reclassement

Xavier Chevassu, le directeur général de l’AHB, a rappelé que l’équipement était vieillissant et qu’il devenait urgent de trouver « une solution pérenne ». Le conseil d’administration a travaillé sur trois hypothèses : investir, externaliser l’activité ou opter pour une solution mixte. C’est cette dernière qui a été privilégiée. « Ce n’est pas la moins coûteuse, c’est 100 000 € de plus », pré-cise-t-il. Elle aboutit au maintien de cinq emplois au sein de la blanchisserie, les sept autres sa-lariés bénéficieront d’un reclassement sur le site : cinq dans les services logistiques, deux au service transport. «Enfin, investir dans du neuf (trois millions d’euros) ne paraissait pas justifié, car les hospitalisations complètes sont en baisse depuis plusieurs années», ajoute le directeur.

10/07/2018

https://www.ouest-france.fr/

Lire la suite

10 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

ford blanquefort (npa)

33

Dans l’usine de Philippe Poutou

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin