Archive | Luttes ouvrières

15 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

cancers (bastamag + reporterre)

programme mac

Environ 400 milliards: le faramineux coût des cancers professionnels en Europe !

Une étude, publiée ce 14 novembre, estime le coût des cancers professionnels en Europe. « La facture est très lourde : entre 270 et 610 milliards d’euros chaque année, ce qui repré- sente de 1,8 % à 4,1 % du produit intérieur brut de l’Union européenne », pointe l’Institut syndical européen qui a commandité l’étude auprès de deux cabinets spécialisés en évaluation des risques chimiques, Risk & Policy Analysts et FoBIG.

Chaque année, environ 190 000 cancers déclarés en Europe sont liés au travail.

L’étude a pris en compte 25 agents cancérogènes et situation de travail auxquels sont exposés les travailleurs européens, à la source de ces cancers : les vapeurs diesel, les poussières de bois (cancer du larynx), diverses molécules pétrochimiques comme les huiles minérales utili- sées dans l’industrie automobile ou la fabrication d’emballages alimentaires, l’arsenic ou les dioxines longtemps présents dans les pesticides, le travail posté de nuit, qui favorise le cancer du sein chez les femmes, ou encore l’exposition aux fumées de tabac.

Les coût directs sont liés au traitement médical du cancer

Hospitalisation, chimiothérapie, soins palliatifs… et aux sommes directement dépensées par le malade et ses proches. Les coûts indirects prennent en compte la perte de productivité liée aux arrêts longues maladies, la nécessité pour l’employeur de remplacer l’employé absent, ou les pertes de cotisations sociales dues à une mort prématurée.

Le traitement médical d’un cancer du poumon; le plus répandu, coûte ainsi en moyenne 13 200 euros par an, un cancer de l’intestin 7 600 euros. Ces traitements peuvent durer plusieurs années, en fonction des chances de rémission de la maladie ou, au contraire, de la probabilité de décès du malade (une victime de cancer sur deux meurt avant cinq ans, une fois le cancer diagnostiqué). Résultat : entre 250 et 570 milliards d’euros auxquels l’étude ajoute le « coût » humain, plus difficile à quantifier financièrement : la réduction de la qualité de vie des personnes touchées, la souffrance et l’anxiété liées à la maladie…

Autant de cancers évitables

Les deux cabinets spécialisés ont également calculé la population de travailleurs exposés à l’un ou plusieurs de ces agents cancérogènes, dont une part est susceptible de déclarer un cancer dans les années à venir.

Ainsi, entre 15 et 28 millions de travailleurs européens ont été exposés aux vapeurs diesel de 1966 à 2005 (entre 1,5 et 3,7 millions en France).

L’étude estime que 6,7 % d’entre-eux déclareront un cancer du poumon ou de la vessie (les types de cancers liés aux vapeurs diesel) dans les années à venir, ce qui représente, rien qu’en France, entre 100 000 et 250 000 personnes. Autant de cancers évitables si les travailleurs exposés étaient mieux protégés.

« Avec plus de 100 000 morts par an, les cancers professionnels sont la première cause de mortalité au travail dans l’UE.

Cette étude démontre que le coût sociétal des cancers liés au travail est faramineux. Ce sont les travailleurs et leur famille qui en assument la part la plus importante. Cette situation consti- tue une injustice inacceptable, tant sur le plan social qu’économique et l’UE se doit d’agir pour mettre fin à ces cancers évitables », dénonce l’Institut syndical européen.

Ivan du Roy 15 novembre 2017

https://www.bastamag.net/

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13 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

travail forcé (bastamag)

beyonce

On peut aussi être esclave au pays!

Travail forcé et esclavage moderne sont de retour en Europe

Ils sont 600 000 « esclaves modernes » rien qu’en Europe. Un phénomène « alarmant » au point que le Royaume-Uni a adopté un Modern Slavery Act et que des formations au droit du travail sont dispensées aux réfugiés et migrants en Allemagne.

Car maintenus dans la précarité par leur statut fragile, les travailleurs migrants, en particulier les sans-papiers et demandeurs d’asile, sont les plus exposés à cette exploitation.

En France, la justice peine à lutter contre ce travail forcé qui se répand dans l’agriculture, la construction, l’industrie ou la restauration.

« Vous connaissez ce mot, « droits » ? », demande Birgitta Wodke. Elle écrit le mot sur le tableau, pendant un cours d’allemand à destination des réfugiés dans un quartier du sud de Berlin. «  »Rechte » (droits, ndlr). « Arbeitsrecht » (droit du travail)… »

Face à elle, une dizaine d’étudiants écrivent consciencieusement sur leur cahier.

Ils ont entre vingt et cinquante ans, viennent de Syrie, du Pakistan, d’Égypte, d’Iran, du Ghana, d’Afghanistan, et parlent déjà bien allemand. Birgitta Wodke n’est pas professeure de langue. Elle intervient ici pour une courte formation au droit du travail allemand. L’objectif : protéger ces nouveaux arrivants contre les abus et exploitations en tous genre.

Rachel Knaebel 13 novembre 2017

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06 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

intérim (npa)

 interim

PSA : Intérimaires en lutte

Depuis plusieurs années, flexibilité exige, les usines automobiles carburent à l’intérim. Chez Renault la proportion d’intérimaires dépasse 80 % sur les chaînes de montage des usines comme Sandouville ou Flins. Même politique chez PSA : le nombre total d’intérimaires y atteint 8 000, principalement en poste sur les chaînes de montage.

Dans l’usine PSA de La Janais, près de Rennes, on compte environ 1 000 intérimaires pour une usine de 2 200 salariés.

Disparités de salaires et de statuts pour le même travail sur une chaîne de montage, salaires et primes non versés, turn-over très important parmi les intérimaires, premiers sortis des usines lors des baisses de production : la situation est de plus en plus insupportable.

La preuve par la lutte !

Des débrayages ont eu lieu sur le site de Sochaux ce mois d’octobre. Et dans l’usine PSA de Rennes La Janais, le 19 octobre, a eu lieu un débrayage de 85 grévistes, dont au moins 60-70 intérimaires, défilant dans les ateliers, et revendiquant des augmentations de salaires et de la prime de panier, le montage étant à l’arrêt. Le mouvement s’est poursuivi le lendemain.

La direction de l’usine s’est vite inquiétée de cette mobilisation.

Dès le 19 octobre, une délégation de grévistes composée de sept intérimaires à raison de deux par boîtes d’intérim, et d’un délégué CGT, a rencontré deux représentants de la direction de PSA, ainsi qu’un représentant de chacune des trois principales boîtes d’intérim, Manpower, Synergie et Adecco, chacune d’entre elles employant environ 350 intérimaires sur l’usine.

Aucun résultat. Et après une nouvelle réunion avec Manpower, rien sinon la confirmation d’un paiement de 56 euros par jour chômé, avec deux jours de carence contre quatre jusqu’à présent dans les autres boîtes d’intérim. Bien loin des revendications !

La grève n’a pas été ensuite reconduite, chacun préservant ses forces pour une bagarre qui ne fait que commencer. Après ces premiers débrayages, rien n’est réglé, mais leur succès a contribué à nous donner le moral, rappelant que la force des travailleurEs réside dans sa riposte collective.

Dimanche 5 novembre 2017, correspondant

https://npa2009.org/

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05 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

synutra carhaix (le télégramme)

Manara-marre

De nouveaux témoignages accablants

Des représentants de la CGT ont écouté les témoignages des salariés de l’usine Synutra ce vendredi. Après une première réunion vendredi dernier, la CGT a accueilli une vingtaine de salariés supplémentaires de l’usine Synutra, ce vendredi, à la Maison des syndicats. La direc- tion a annoncé la veille aux salariés la tenue d’une sorte d’audit, le jour-même de la venue de l’inspection du travail.

Une vingtaine de salariés supplémentaires de l’usine de poudre de lait Synutra a répondu à l’appel de la CGT, ce vendredi, à la Maison des syndicats. De manière unanime, ces nouveaux témoignages font part du même malaise que celui signalé par la cinquantaine de salariés venus vendredi dernier, lors de la précédente réunion.

« Une ambiance différente »

« Il y a des changements de planning : on va nous faire travailler le samedi alors qu’on nous avait dit le contraire », commence une salariée. Plusieurs collègues confirment : « Ils font ce qu’ils veulent ! ». Stéphane Bayon, délégué départemental CGT rappelle : « Quand il y a des changements de plannings collectifs, ça doit passer par le comité d’entreprise, c’est la loi ».
« Il y a à Synutra une ambiance différente, explique un autre salarié. Quand les nouveaux ratent quelque chose, ce qui peut arriver, ils craignent tout de suite d’être virés. Du coup, on n’ose même plus leur dire quand ils ratent quelque chose ». « Tout est considéré comme une faute grave aux yeux de la direction », résument les salariés, à l’unisson.

Le projet « 3E »

La direction a organisé une réunion exceptionnelle, jeudi. « Ils nous ont présenté le projet qu’ils veulent mettre en place dans les mois qui viennent, nommé « 3E », pour « Écoute, Épanouis-sement et Ensemble », rapporte Gilles Bourguignon, délégué CGT à Synutra. C’est un organisme externe qui va intervenir mais, pour l’instant, la forme n’est pas encore décidée. Un questionnaire anonyme devrait être donné à tout le monde. »

Un projet qui a été accueilli mollement, ce vendredi. « Ça peut être bien, sauf si la direction est dedans et qu’elle choisit qui fera l’audit », craint une salariée. « Pourquoi on écouterait nos questions alors qu’on n’écoute déjà pas les délégués du personnel ? », objecte un deuxième.

Intervient alors Daniel Laporte, responsable de l’Union locale CGT, qui rappelle qu’un Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) doit se tenir justement, le jeudi 23 novembre, avec l’inspection du travail : « C’est quand même étonnant que ce questionnaire tombe le 23 novembre, jour du CHSCT ! Encore une fois, on essaye de court-circuiter le CHSCT et de noyer le poisson ! ».

« La trouille de faire grève »

Un salarié soumet l’idée de faire grève. « Le problème, c’est qu’on a trop de CDD et d’inté-rimaires qui ont la trouille de faire grève par peur de ne pas être pris », argumente alors un délégué du personnel. « Pourquoi on nous supprime ce droit pour des questions de chantage et de pression ? », s’insurge son interlocuteur, qui s’étonne que le syndicat n’ait pas de soutien du maire de Carhaix, Christian Troadec.

Les représentants CGT se disent néanmoins confiants sur le fait que « les choses avancent ». Ils se réuniront le 10 novembre et invitent tous les salariés à leur faire part de leurs témoignages avant cette date, en vue du CHSCT du 23 novembre.

05 novembre

http://www.letelegramme.fr/

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Synutra. Des méthodes qui posent question

Synutra. Une cinquantaine de salariés témoignent 

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03 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

synutra carhaix (cgt 22)

synutra carhaix (cgt 22) dans Carhaix Kreiz Breiz 7uoa5cv6v7e

kar

CGT Guingamp: 02.96.44.11.00

CGT Rostrenen: 02.96.29.17.41

 

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31 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

intérimaires (politis + lo+ rp)

Manara-marre
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Industrie automobile : le ras-le-bol des intérimaires

Sur fond de chômage partiel, l’usine Renault Flins, dans les Yvelines, fait face à une fronde inédite des salariés en intérim, révélatrice d’une situation devenue insoutenable, entre heures non payées et pressions des agences de travail temporaire.

C’est l’abus de trop pour les intérimaires de l’usine Renault de Flins-sur-Seine, dans les Yvelines.

Le manque de pièces cause un arrêt de production, si bien que le chômage partiel attend les salariés pour la semaine du 30 octobre au 5 novembre. Pour une grande partie des intéri- maires, qui représentent moins de la moitié des employés de l’usine, cela implique de ne recevoir aucune rémunération.

Cet arrêt de production s’ajoute à la pile de problèmes récurrents auxquels font face chaque jour les intérimaires.

« Cela fait des années qu’on n’a pas eu d’intérimaires qui débrayent. Maintenant, on remarque que les gens en ont ras-le-bol et ça commence vraiment à bouger », constate Laëtitia Gomez, secrétaire à l’information de la CGT Intérim. Ils étaient 14 intérimaires à débrayer à l’usine PSA Sochaux les 13, 14 et 20 octobre et 80 les 19 et 20 octobre à PSA Rennes. Une grève, ou du moins des débrayages, se préparent à l’usine des Yvelines à compter du 30 octobre. « La grogne monte et je pense que cela ne va pas s’arrêter là », constate la syndicaliste.

Les problèmes rapportés concernent majoritairement des primes non versées et un traitement inégalitaire entre salariés à statut et intérimaires.

Déjà en 2015, 1 800 intérimaires de l’usine Renault de Flins faisaient grève pour protester contre les irrégularités des fiches de paie. Deux ans plus tard, Philippe Gommard, représentant de la CGT Renault Flins, confirme que ce problème est encore routinier et qu’il atteint son apothéose avec l’arrêt de production.

Les CDI et une partie des contrats temporaires seront payés grâce à la cinquième semaine et au système de capital temps collectif (appelé « pot commun » par Laëtitia Gomez) instauré par l’entreprise. Parmi les 2 030 intérimaires de l’usine, ceux qui ont encore de ce capital seront payés au moins partiellement.

Mais les autres verront leur contrat suspendu pour la semaine, sans rémunération. À quoi la direction a répondu « c’est la vie ! », rapporte Laëtitia Gomez. Si le contrat signé entre l’entreprise et le travailleur stipule qu’aucune rémunération n’est prévue en cas de chômage partiel, aucun recours n’est possible. « Si ce n’est pas stipulé sur le contrat, effectivement, il faut qu’ils fassent la demande à leur agence d’intérim », complète Laëtitia Gomez.

Abus des agences

Ce n’est pas seulement aux entreprises comme PSA ou Renault que les intérimaires repro- chent de ne pas respecter leurs droits. Ils se plaignent aussi des manquements des agences d’intérim. Un intérimaire rattaché à Adecco, Ahmed [1] raconte que l’agence a mis trois semai- nes à lui envoyer l’attestation d’employeur nécessaire pour obtenir le remboursement de ses deux semaines de congé maladie. Un document qui doit pourtant être envoyé spontanément par l’agence au travailleur. De même pour Aïda, qui suite à un accident du travail, a vu son arrêt maladie contesté par Adecco. L’agence l’a mise à pied pour faute grave et elle n’a toujours pas pu reprendre le travail.

C’est aux intérimaires lésés de demander recours à leur agence s’ils veulent un jour être payés. « Tant qu’elles n’ont pas un intérimaire qui connaît ses droits et qui les revendique ou un syndicat comme la CGT qui leur tape dessus, ils ne vont pas chercher », explique Laë- titia Gomez. Cela fait depuis février 2017 qu’Ahmed a demandé le remboursement de ses heures supplémentaires impayées, en vain. Et ce n’est pas faute d’avoir appelé Adecco, qui continue de ne pas donner suite à ses appels ou de le « faire tourner en rond » entre les différents services, comme il l’explique avec dépit.

Tout comme Mohammed Berrouigat, ancien intérimaire pour Renault Flins et lui aussi rattaché à Adecco. Il a dû faire appel à l’Inspection du travail pour rectifier des dates de contrats erro- nées. À ce jour, ses heures supplémentaires et ses jours fériés demeurent impayés. Il hésite à engager un avocat pour attaquer l’agence, notamment parce que son agence lui a refusé un « CDI intérim ».

Ce contrat garantit une rémunération mensuelle fixée d’un commun accord entre l’agence et le travailleur, même quand l’agence n’arrive pas à trouver assez de missions pour que l’intéri- maire touche ce salaire minimum. « Si l’agence d’intérim ne vous trouve du travail que sur deux semaines dans le mois et que ça ne couvre pas ce salaire, vous touchez une garantie men- suelle minimum de rémunération. Mais parfois, elle force les intérimaires à poser des congés, sans solde ou des congés payés », détaille Laëtitia Gomez qui ne compte plus les litiges engendrés par ce type de contrat.

Des recours risqués pour les travailleurs

« Le problème est qu’ils n’osent pas se plaindre, de peur d’être blacklistés dans leur agence ou qu’on leur repropose plus d’emploi, alors des fois ils ferment les yeux », regrette Laëtitia Go- mez.

Il est risqué pour un travailleur intérimaire de dénoncer des manquements ou des abus, mais aussi de débrayer comme l’ont fait les employés du groupe PSA.

« Suite au débrayage à Rennes des 80 intérimaires, [les agences] mettent fin aux missions des intérimaires, donc on est en train de rencontrer les directions de Manpower, Adecco et Syner- gie ». Sur les 14 travailleurs qui ont débrayé à PSA Sochaux, quatre n’ont pas vu leur contrat renouvelé, alors qu’ils avaient été formés pour terminer la saison au sein de l’usine. Comme le résume la syndicaliste, c’est de cette manière que leur est enlevé leur droit à la grève.

« C’est quand ils n’ont plus rien à perdre, en se disant qu’ils vont trouver un emploi dans une autre agence, qu’ils parlent », déplore-t-elle. Mohammed Berrouigat fait partie de ces déses- pérés. Avoir eu recours à l’Inspection du travail est ce qui a selon lui mis fin à son contrat. « Ma mission s’est terminée au bout de 11 mois, alors qu’elle devrait durer 18 mois normalement », dit-il avec ressentiment. Cela fait deux mois qu’il ne travaille plus. Il s’est inscrit auprès de Manpower pour reprendre son ancien travail, comme convenu avec son responsable à l’usine.

La peur règne dans le monde de l’intérim.

Ceux qui, comme Mohammed Berrouigat, osent parler ne le font pas sans crainte de repré- sailles. « Ils m’ont fait comprendre que je ne travaillerais plus pour eux », s’emporte Mohammed Berrouigat. Afin de justifier son anonymat, Ahmed explique qu’il ne veut pas risquer de perdre des contrats. « Les intérimaires ne parlent pas, car ils ont peur de se faire virer. Les chefs d’atelier disent qu’ils peuvent partir s’ils n’aiment pas travailler », rapporte-t-il. Le roulement d’intérimaires est tel que chacun est remplaçable. Même chose avec les agences, que les intérimaires et leurs représentants syndicaux accusent de profiter de la précarité et de la popularité de leur statut.

Selon les données publiées en octobre 2017 du Baromètre de l’organisation Prism’emploi Professionnels du recrutement et de l’intérim, la création du nombre d’emplois intérimaires aurait augmenté de 12 % en 2017.

[1] Le prénom a été modifié.

Marine Caleb 27 octobre 2017

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28 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

accidents du travail (fo)

soignants-charge-travail

Le chiffre de la semaine: La France, troisième pays européen où les conditions de travail se sont le plus dégradées

La France figure parmi les trois pays de l’Europe des 15 où les conditions de travail se sont le plus dégradées entre 1995 et 2015.

Elle occupe même la troisième place, la Grèce, sans surprise, la première, et l’Espagne la seconde.

Ces résultats sont issus d’une étude européenne sur les conditions de travail, l’EWCS (European Working Conditions Survey), le Centre d’études de l’emploi et du travail, publiée le 26 septembre et concernant les quinze pays constituant l’Union européenne en 1995.

« Dégradation lente mais persistante »

Cette étude, réalisée tous les ans par le Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET), fait apparaître dans le cas particulier de la France, une dégradation lente mais persistante des conditions de travail, engendrant ainsi une vulnérabilité face aux risques liés au travail supérieure à la médiane européenne, la « vulnérabilité » étant le degré d’exposition des travailleurs à des risques cumulés sur le lieu de travail, ayant des effets néfastes pour le bien-être et la santé.

Elle est calculée grâce à un indicateur intégrant des données sur notamment l’environnement et l’organisation du travail.

Sans surprise, les auteurs de cette étude, intitulée « Mesurer la vulnérabilité à la dégradation des conditions de travail dans les pays européens », constate qu’en règle générale pour les 15 pays européens concernés les plus vulnérables sont les plus jeunes (moins de 25 ans) et les plus âgés (plus de 55 ans), les travailleurs indépendants et ceux pourvus de contrats de travail à durée déterminée, ainsi que les travailleurs non ou faiblement qualifiés, travaillant dans le secteur privé au sein de petites entreprises. Il ne vaut mieux pas cumuler.

samedi 28 octobre 2017 Michel Pourcelot

http://www.force-ouvriere.fr/

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28 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

abattoirs (fo)

macron-illettrés-gad

Dans les abattoirs, 50 000 forçats de la viande

La filière viande est particulièrement touchée par les accidents du travail.

La journaliste Olivia Mokiejewski a publié en mai dernier Le Peuple des abattoirs, une enquête de trois ans sur les conditions de travail dans les abattoirs. Elle met un coup de projecteur sidérant sur ces travailleurs de l’ombre, transformés en machines à produire de la viande.

Chaque jour, 50 000 ouvriers tuent et découpent 3 millions d’animaux dans l’un des 917 abattoirs de France et les transforment en steaks ou en côtelettes.

Loin des vidéos choc de l’association L214 sur la maltraitance animale, Olivia Mokiejewski a donné la parole aux salariés. Pour mieux appréhender leur métier, elle a aussi travaillé avec eux à la chaîne durant dix jours.

Premier constat, ouvrier d’abattoir, c’est un métier qu’on ne choisit pas.

On y entre pour un petit boulot et on y reste parfois des années. La filière a du mal à recruter et à fidéliser, le sous-effectif est fréquent. Le plus violent, c’est en début de chaîne, à la saignée, des salariés refusent d’y aller, raconte Pascal Le Cadre, délégué FO à l’abattoir Bernard Jean Floc’h de Locminé (Morbihan) et témoin dans le livre.

Pas d’entretien d’embauche ni de formation préalable, on apprend sur le tas.

La principale compétence professionnelle demandée, supporter la brutalité des conditions de travail, poursuit la journaliste.

Autre spécificité du secteur, des cadences folles.

Chaque jour, on fait un marathon à la vitesse d’un sprinter, poursuit le délégué FO. Son métier, désosser les têtes de porc et récupérer groins, joues, oreilles. Il voit défiler 800 cochons à l’heure, avec moins de 3 secondes entre chaque bête. Selon l’INRS, institut de santé et de sécurité au travail, il faudrait au moins 10 secondes de pause pour éviter les troubles musculo-squelettiques (TMS) provoqués par les gestes répétitifs. Les douleurs se concentrent dans les épaules, les poignets, les cervicales, les lombaires…

Pour tenir, les addictions sont fréquentes

Nos dirigeants ne sont pas formés à la prévention, ils ont dû embaucher des animateurs sécurité qu’on ne voit pas et qui ont un fil à la patte, poursuit Pascal Le Cadre. Ils ont aussi investi avec le CICE et installé des robots, mais sans étude de postes. Depuis dix ans, le secteur s’est restructuré face à la concurrence allemande et espagnole. Quatre acteurs monopolisent 70 % de la production bovine, idem pour les porcs, explique Olivia Mokiejewski. La grande distribution représente 80 % de la commercialisation.

Les conditions de travail sont particulièrement dangereuses.

Dans ce milieu, on ne montre pas ses souffrances mais les addictions sont fréquentes : drogue, alcool, antidépresseurs… Certains craignent la mise en inaptitude et le licenciement. , Pascal Le Cadre espère que la prévention va s’améliorer sous la pression des consomma- teurs. Une marque de restauration rapide veut nous commander 3 000 tonnes, mais exige de consulter des données sociales comme le nombre d’accidents ou de formations, explique-t-il.

Des accidents de travail en surnombre
La filière viande est l’une des plus touchées par les accidents du travail. Écrasements, coupu- res, amputations, glissades, coups de cornes… Selon l’INRS, l’abattage et la découpe présen- tent les risques les plus élevés, avec 150 accidents avec arrêt pour 1 000 salariés en 2008, contre 38 en moyenne. C’est aussi l’un des secteurs les plus touchés par les maladies profes- sionnelles et les TMS. Mais obtenir des chiffres significatifs est quasiment impossible, les don- nées sont difficilement accessibles et seraient largement sous-estimées, explique Olivia Mokiejewski.
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mardi 24 octobre 2017 Clarisse Josselin
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26 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

psa rennes (lutte ouvrière + révolution permanente)

peugeot 68

Les intérimaires débrayent

Le 19 et le 20 octobre, plusieurs dizaines d’intérimaires du Montage ont débrayé pour protester contre les paies minables, réclamer une augmentation du salaire et son versement effectif tous les mois. Depuis l’an dernier, de très nombreux ouvriers intérimaires travaillent dans l’usine pour assurer la production de la nouvelle 5008 et plus d’un millier sont nécessaires pour tenir l’équipe de nuit.

Leurs salaires sont les plus bas de l’usine.

En plus, la flexibilité des horaires de travail, instaurée avec les plans de compétitivité succes- sifs, fait que les pannes dans les ateliers ou le manque de pièces venant des fournisseurs se transforment en heures ou en jours non travaillés. Cette situation, qui dure depuis des mois, rogne directement les salaires des intérimaires chaque mois. Il faut y ajouter les multiples erreurs sur les fiches de paie, toujours en défaveur des ouvriers. Ceux d’entre eux qui avaient déjà fait des missions d’intérim dans l’usine en 2004 témoignent que leurs salaires de l’époque étaient plus élevés que ceux d’aujourd’hui !

Dans ce contexte de mécontentement et à la réception de la dernière paye de septembre ne dépassant pas les 1 280 euros pour la plupart

Certains ont décidé de se faire entendre. Une pétition réclamant des hausses de salaire a commencé à circuler parmi les intérimaires. Seule la CGT a soutenu l’initiative. Les autres syndicats ont, au contraire, tout fait pour désamorcer la colère.

La pétition, que les intérimaires faisaient circuler eux-mêmes en rencontrant un vrai succès, a inquiété la direction. Celle-ci a commencé à faire pression sur eux, par l’intermédiaire des chefs. En même temps, la veille du débrayage, elle annonçait que l’avance de 56 euros brut qui jusque-là était versée aux intérimaires à partir de la 21e heure non travaillée du mois, le serait désormais à compter de la 7e. Par l’intermédiaire du syndicat SIA, elle annonçait aussi qu’elle augmenterait les salaires des intérimaires par un changement de coefficient au bout de six mois d’ancienneté chez PSA.

Habituellement, un tel changement de coefficient n’arrive pour les embauchés qu’au bout de sept à huit ans. Signe que la direction voulait tout faire pour désamorcer le débrayage.

Mais rien n’y a fait et le 19 octobre, 70 intérimaires et une dizaine de CDI de différents secteurs du montage ont fait grève et se sont rassemblés, bloquant la production.

Les grévistes qui défilaient dans l’atelier en scandant « Sans nous, pas de bagnole » et « Sans sous, pas de bagnole » ont pu constater que les quelques chefs et techniciens mis en poste pour les remplacer n’arrivaient pas à faire tourner l’atelier. Une délégation de grévistes a été reçue par la direction, qui a refusé de satisfaire aux revendications. Les grévistes, réunis en assemblée générale à l’issue de la rencontre, ont donc décidé d’appeler à un nouveau débrayage, le lendemain, à la même heure, avec l’objectif de convaincre d’autres ouvriers.

Entre temps, les agences d’intérim avaient appelé tous les intérimaires, et certains chefs de l’usine menaçaient directement certains d’entre eux.

Néanmoins, le vendredi, 50 intérimaires ont encore débrayé et se sont rassemblés en assem- blée générale dans l’atelier avec la CGT. Les grévistes décidèrent de s’adresser aux ouvriers des autres équipes pour essayer d’étendre le mouvement. Avant le changement d’équipe, une vingtaine d’entre eux sont donc allés vers l’entrée principale pour discuter et convaincre ceux de l’après-midi.

Finalement, à la pause de 17 h 30, 25 intérimaires d’un secteur du Montage décidè- rent de ne pas reprendre le travail. Ce débrayage spontané suffit à bloquer la production au Montage et paniqua la direction qui ne s’y attendait pas. Au travers de ces débrayages, les intérimaires grévistes prennent conscience que PSA tire toutes les ficelles, et de la nécessité de s’adresser à tous les travailleurs présents dans l’usine.

C’est de bon augure pour la suite car ces débrayages inédits de travailleurs intérimaires pour- raient bien faire des émules, y compris parmi les travailleurs en contrats CDI ou bien ceux des multiples sous-traitants qui travaillent maintenant côte à côte dans la même usine. PSA divise les travailleurs entre de multiples contrats différents, mais les problèmes de paies et de condi- tions de travail existent pour tous, quels que soient l’employeur ou la couleur du bleu de travail.

Correspondant LO 25 Octobre 2017
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26 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

sncf nantes (lutte ouvrière)

Manara-marre

En lutte pour les salaires et les embauches

Depuis des années, la SNCF emploie des cheminots avec des contrats précaires : emplois jeunes, CDD, intérim, CDD senior etc. La gare de Nantes ne fait pas exception. Là aussi, les emplois précaires se sont multipliés tout le long de l’année, aux guichets, à l’accueil, au service qui s’occupe des personnes handicapées et même dernièrement au contrôle.

Les salariés en CDD ont des contrats qui vont d’une seule journée à plusieurs mois, suivant les besoins en personnel de la SNCF.

Dernièrement, certains ont alerté leurs délégués du personnel quand ils se sont aperçus qu’ils gagnaient moins que le smic. Il est donc facile de comprendre pourquoi la SNCF exploite au maximum ce créneau d’emplois précaires.

Pourtant, régulièrement en gare, l’embauche en CDI ou au statut cheminot de ces travailleurs en CDD a été obtenue suite à des grèves locales ou nationales.

En 2014, huit d’entre eux étaient embauchés à la fin de la grève contre la réforme ferroviaire. En 2015, en même temps que le maintien des agents de départ après plusieurs journées de grève, un CDD était régularisé en CDI. En 2016, la SNCF a été obligée de recruter huit travail- leurs qui avaient des contrats précaires, dont certains étaient illégaux vis-à-vis du Code du travail.

Dans le même temps, depuis quelques mois, la gare de Nantes est en pleins travaux dans le cadre d’un projet énorme qui devrait coûter plusieurs centaines de millions d’euros. Les travaux vont durer plus de deux ans et déjà les conditions de travail des cheminots de la gare en sont très dégradées.

Il y a quelques semaines, un énorme bouchon a bloqué la circulation de centaines de voya- geurs dans le grand souterrain qui dessert toutes les voies. Cela a entraîné des traversées de voie par des voyageurs qui auraient pu provoquer des accidents.

Après une première journée de grève début juillet, la direction a bien senti que le mécontentement monte à l’Escale, le service en gare qui renseigne et aide les voyageurs à prendre leur train. Elle a donc décidé d’attribuer jusqu’à la fin de l’année une prime pour travaux. Cette prime est en pourcentage du salaire, et elle est donc plus importante pour un cadre que pour un jeune cheminot avec un salaire au niveau du smic. Sachant que cette prime sera d’à peine un euro par jour, le mécontentement est encore monté d’un cran, certains ont même déchiré le papier à ce sujet devant le nez du chef qui venait de leur remettre !

De son côté, la direction n’hésite pas, elle, à s’organiser des séjours à Amsterdam et ailleurs, tous frais payés par la SNCF. Souvent le midi, le restaurant est aussi offert aux dirigeants qui participent à des réunions de travail. Alors chacun voit bien que les moyens existent pour embaucher et augmenter les salaires !

C’est pourquoi depuis le début du mouvement contre la loi travail de Macron, ce service est bien plus mobilisé que d’habitude. Les journées de grève du mois de sep- tembre ont été bien suivies. L’idée est alors venue qu’une nouvelle journée de grève était nécessaire pour réclamer la régularisation des collègues en contrats précaires et un minimum de 5 euros par jour de travail en plus sur le salaire et pour tous, ce qui correspondrait à une augmentation de 100 euros par mois.

Vendredi 20 octobre, une nouvelle journée de grève a donc eu lieu et elle a été encore mieux suivie que les précédentes. Cette fois une assemblée générale de grévistes a eu lieu. La direction a même dû descendre du Mans sur Nantes pour essayer de remplacer les grévistes.

Devant la réussite de cette journée et malgré le fait que la direction ne veut rien lâcher pour le moment, le moral est monté d’un cran. La solidarité et la cohésion qu’apporte la grève renforcent les cheminots de la gare, déterminés à ne pas s’arrêter là.

Correspondant LO 25 Octobre 2017

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