Archive | Luttes ouvrières

08 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

psa rennes (lutte ouvrière)

 comme-des-lions

PSA Rennes : la méthode Tavares à l’œuvre

À l’usine PSA de La Janais près de Rennes, le « nouveau » Montage est régulièrement à l’arrêt à cause de pannes à répétition.

Elles permettent de souffler un peu, mais elles permettent aussi à la direction de justifier des heures et des journées de travail supplémentaires, sous prétexte de rattraper la production.

Les responsables de l’usine voudraient bien limiter les arrêts pour cause de panne, mais ils manquent d’ouvriers de maintenance pour y remédier. Alors, ils ont eu l’idée de supprimer les services techniques généraux, pour disposer d’une quinzaine d’ouvriers professionnels qui s’occupent jusqu’à présent de l’entretien des bâtiments. L’objectif est de les muter à la produc-tion ! Cela veut dire que leur vie devrait être complètement chamboulée, car ils passeraient d’un travail en normale aux horaires décalés, au travail de nuit ou en VSD.

Comme ce ne sont plus de jeunes ouvriers, ils redoutent non seulement les horaires qu’on pourrait leur proposer mais aussi d’avoir à supporter le stress lié à des dépannages de machi-nes qu’ils ne connaissent pas. Pour dire leur désaccord, ils ont écrit une lettre collective à la direction, par laquelle ils expriment leur écœurement et leur dégoût vis-à-vis de ce qu’on ose vouloir leur imposer.

À l’occasion d’une réunion du CSE de l’entreprise, tous les syndicats ont voté contre ce projet mais ce vote est seulement consultatif. Fin octobre, la direction avait mis en scène ses préten-tions à assurer le respect de la santé et sécurité au travail. En programmant la mutation qu’elle veut imposer à ces ouvriers, elle montre le mépris qu’elle a pour la vie des travailleurs.

Correspondant LO 07 Novembre 2018
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07 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

lannion (médiapart)

laanion

Rencontre à Lannion : Mobilisations citoyennes, quand le public enquête

Pour ses 10 ans, Mediapart vous invite à venir débattre autour de ses valeurs et ses engagements.
Le 8 novembre à Lannion, en partenariat avec l’IUT de Lannion, le Master en journalisme de Science Po Rennes et le Carré magique, venez assister à une rencontre sur le thème «Mobilisations citoyennes, quand le public enquête».

Au croisement du journalisme et de la société civile, les mobilisations citoyennes sont des terrains d’enquête centraux de la couverture éditoriale de Mediapart depuis ses débuts. Depuis une décennie, le journal collabore avec des associations, des lanceurs d’alertes et d’autres médias qui peuvent être tour à tour sources, enquêteurs ou passeurs de connaissances. Au service du droit de savoir, ces interactions permettent une information en résonance avec la société civile. Le choix de la Bretagne pour aborder ce sujet nous semblait évident : terre de luttes, la région, son actualité et son histoire, offrent de nombreux exemples de mobilisations citoyennes environnementales, politiques ou encore sociales.Ainsi, nous vous donnons rendez-vous à 20h, le jeudi 8 novembre 2018 au Carré Magique pour une soirée spéciale, en présence d’Edwy Plenel, de journalistes de la rédaction de Mediapart et de nombreux autres intervenants.

Programme de la soirée :

20h - Introduction d’Edwy Plenel

20h15 – L’étincelle
Qui et pourquoi on déclenche une lutte sociale, une mobilisation environnementale ou politique, sur le territoire breton en particulier ? Quel rôle y jouent les lanceurs d’alerte ? Pourquoi un mouvement décolle quand d’autres restent dans l’ombre ?

Avec :

  • Yvon Rochard, journaliste, auteur du livre « L’affaire Amoco »
  • Janig Salomon, membre du collectif Douar Di Doull
  • Nadine Hourmant, F.O Doux

21h - L’archipel militant. 
Comment un mouvement se structure et s’organise, de Plogoff aux Bonnets rouges, en passant par les mobilisations pour l’accueil des migrants ou contre l’extraction de sable sur les côtes bretonnes ? Quels sont les éléments reproduits d’un mouvement à l’autre, les stratégies d’agit-prop, les offensives juridiques ou judiciaires, y a t’il une méthodologie militante et la spécificité régionale joue t’elle un rôle dans les échecs ou les succès ?

Avec :

  • Alain Bidal, président du collectif Le Peuple des dunes
  • Laurent Guillou, de la coopérative bretonne Nutréa-Triskalia, et Serge Le Quéau, syndicaliste.
  • Stéphanie Stoll, membre du collectif Les gens heureux.
  • Jeanne Toutous, chercheuse en sciences politiques

21h45 - Les passeurs.
Quel est le rôle des journalistes locaux, dessinateurs, élus… et comment créer des caisses de résonances régionales, nationales ou internationales ainsi que des relais politiques ?

Avec :

  • Delphine Le Lay, scénariste de bande dessinée (« L’affaire Plogoff »)
  • Ines Leraud, journaliste et documentariste
  • Rachida El Azzouzi, journaliste à Mediapart

Mais aussi :

Dans le hall du Carré magique le 8 novembre, à l’occasion des 10 ans de Mediapart, sera également présentée une exposition réalisée par les étudiants de DUT journalisme de Lannion retraçant par des vidéos et des archives l’affaire Amoco, le combat contre l’extraction de sable ainsi que la lutte pour conserver la maternité à Guingamp.

Claire Denis

https://blogs.mediapart.fr/

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01 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

saint nazaire (lutte ouvrière)

peynard

Chantiers de l’Atlantique : débrayage pour les salaires

Jeudi 25 octobre, plus de 500 salariés des Chantiers de l’Atlantique (ex-STX) à Saint-Nazaire se sont réunis face à la direction pour revendiquer des augmentations de salaire et des embauches. Plusieurs centaines de travailleurs en 2×8 ou en 3×8 ont aussi débrayé en fin de poste, de soir ou de nuit.

En effet, la direction avait annoncé jeudi 18 octobre son intention d’instaurer une prime de présentéisme, une mesure à destination des seuls ouvriers de l’entreprise, conçue pour les « mobiliser » face à une situation industrielle particulièrement tendue dans les prochains mois.

Les premiers résultats ne se sont pas fait attendre :

la rogne, l’écœurement et la contestation contre l’insuffisance criante des embauches et le bas niveau des salaires, déjà palpables parmi les ouvriers, se sont étendus dans tous les secteurs et parmi toutes les catégories, jusqu’aux cadres et ingénieurs.

Dans les principaux ateliers de tôlerie, des assemblées générales des équipes en 2×8 et en 3×8 ont réuni la quasi-totalité des ouvriers de ces secteurs, à l’appel de la CGT, pour discuter point par point les fondements et conditions du versement de cette prime.

En effet, pour la toucher, et à condition que les objectifs généraux de coûts et de délais fixés par la direction soient atteints, il faudrait encore qu’individuellement, sur une période de sept mois, les ouvriers n’aient aucune absence pour maladie, accident du travail, congés spéciaux pour événements familiaux, congés pris sur le compte épargne-temps ou jours de grève !

Moyennant l’ensemble de ces conditions, l’ouvrier pourrait toucher une prime de 700 euros brut, que la non-tenue des délais et des coûts annulerait. Chaque jour d’absence amputerait cette prime de 20 %, soit 140 euros et après cinq jours d’absence il n’y aurait donc plus de prime ! Les intérimaires ne pourraient en bénéficier qu’à condition que leur fin de contrat ne tombe pas avant l’échéance du 31 mai 2019. Enfin cette mesure pourrait être renouvelée dans les mêmes conditions pour une nouvelle période de sept mois, jusqu’à décembre 2019…

Les réactions à cette annonce qui suinte le mépris patronal n’ont pas tardé :

aucune de ces conditions n’est justifiable et encore moins acceptable. La forte charge de travail nécessite depuis des années une embauche massive, à commencer par celle des intérimaires, alors que la direction n’embauche qu’au compte-gouttes. Les taux horaires proches du smic font fuir une partie des candidats à l’embauche. Les salaires de tous s’érodent année après année. Les conditions et les cadences de travail fatiguent, usent et blessent à tour de bras et il faudrait encore renoncer à s’arrêter en accident du travail ou en maladie et se priver de congés !

Face au mécontentement général, l’ensemble des syndicats (CGT, CGC, CFDT et FO) a dénoncé ce cadeau empoisonné et appelé à débrayer pour revendiquer des augmentations de salaire.

Cet appel unanime des syndicats, rarissime et sans doute aussi motivé par la proximité des élections professionnelles, a encouragé les plus hésitants. Cette semaine d’agitation et ce débrayage interviennent juste avant l’ouverture des négociations annuelles sur les salaires et l’emploi. Si cela a touché principalement les salariés directs et intérimaires de la maison-mère Chantiers de l’Atlantique, cela a aussi suscité bien des discussions parmi les 5 000 à 6 000 travailleurs sous-traitants du site, qui connaissent les mêmes conditions de travail, quand elles ne sont pas pires.

Correspondant LO 31 Octobre 2018
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01 novembre 2018 ~ 1 Commentaire

psa (lutte ouvrière)

CGT-Bretagne

PSA Rennes : jour férié travaillé, c’est non !

Le mardi 30 octobre, à l’occasion de la venue de leur patron dans l’établissement PSA de Rennes, les salariés de Faurecia, sous-traitant intégré dans l’usine, ont débrayé à 30 % à l’appel de la CGT. Ils voulaient exprimer leur mécontentement d’avoir à venir travailler le 1er novembre.

À Rennes comme dans les autres usines de PSA, les conditions de travail se sont beaucoup dégradées sous la houlette de Tavares, le PDG qui affirme qu’à PSA nous sommes des « psychopathes de la performance » ! La précarité des contrats de travail devient la règle, avec une majorité d’intérimaires ; les horaires de travail laissent peu de place à la vie privée, avec des samedis travaillés à répétition… Tout cela dans une « usine du futur » faite de bric et de broc, où les pannes de machines se succèdent. Les salaires sont bloqués depuis plusieurs années.

Alors le mécontentement est palpable dans tous les secteurs et il explique pour partie que, lors des dernières élections professionnelles, le SIA, syndicat propatronal, et ses amis ont été mis en minorité, du jamais vu depuis des décennies.

En organisant une journée de travail le 1er novembre, la direction a réussi à fâcher beaucoup de travailleurs. Bien sûr, ce jour de travail sera mieux payé et, vu les salaires pratiqués, ce ne sera pas un luxe. Mais tout le monde n’est pas prêt à se plier aux exigences de la direction.

La CGT a donc déposé un préavis de grève pour ce jeudi férié afin de permettre à tous ceux qui ont autre chose à faire de ne pas venir s’épuiser au travail ce jour-là.

Correspondant LO 31 Octobre 2018
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25 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

marilyne poulain cgt (regards)

Marilyne Poulain : « Se battre pour les travailleurs migrants, c’est se battre pour tous les travailleurs »

 Sur le travail de la CGT vis-à-vis des travailleurs migrants 

« Notre responsabilité, c’est de rassembler tous les salariés. »
« On est très présent auprès des travailleurs migrants. »
« Une dizaine de millier de travailleurs étrangers ont rejoint la CGT depuis 10 ans. »
« On fait face à une situation d’inégalité de droits, totalement anticonstitutionnelle d’ailleurs. »
« Un grand nombre de travailleurs immigrés sont en situation d’absence de droits parce que sans titre de séjour. »

 Sur l’immigration et le dumping social 

« Ce n’est pas l’immigration qui crée le dumping social mais l’absence de droits. »
« La traite des êtres humains, ce n’est pas uniquement en Libye, c’est aussi sur le territoire français – et c’est une situation créée par les politiques migratoires actuelles. »
« L’Etat de droit, c’est protéger l’ensemble des travailleurs sur le territoire. »

 Sur la peur du travailleur étranger 

« Dans toute période de crise économique et de tension, il y a des replis identitaires : certains agitent l’opposition entre travailleurs français et étrangers. »
« Les droits des travailleurs immigrés, ce sont les nôtres. Nos intérêts sont communs sur le marché du travail. »
« En tant que syndicat, nous revendiquons l’unité du salariat. »
« C’est en luttant ensemble pour l’égalité des droits qu’on peut aller vers une société meilleure et égalitaire. »
« C’est une vraie question : est-ce qu’on n’aide plus les travailleurs sans-papiers ou est-ce qu’on se bat ensemble dans les entreprises pour que nos droits soient égaux ? »

 Sur le rapport des partis politiques avec les travailleurs étrangers 

« Certains partis viennent soutenir les grèves de travailleurs sans-papiers. »
« Dans partis politiques sont présents mais on peut voir certaines ambiguïtés dans des discours qui sont tenus. »
« Nous revendiquons la régularisation des travailleurs sans-papiers. »
« La régularisation est un pansement pour préparer une politique défaillante en terme d’immigration. »

 Sur les objectifs de la CGT par rapport aux travailleurs étrangers 

« Se battre pour les travailleurs migrants, c’est se battre pour l’intérêt de tous les travailleurs de ce pays. »
« Toute la précarisation mise en œuvre par le gouvernement, c’est ça qui fait monter le sentiment de mal-être et le repli identitaire dans la population. »
« Il faut remobiliser la gauche pour combattre notre véritable ennemi : le système capitaliste. »

Quels droits pour les travailleurs étrangers ? Qui se bat encore pour les travailleurs sans-papiers ? Pour en parler, Marilyne Poulain, co-animatrice du collectif immigration de la CGT, était l’invitée de la Midinale.

http://www.regards.fr/

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17 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

salarié(e)s breton(ne)s (ouest france)

breizxit

Les salariés bretons non cadres sont moins payés

La Bretagne est la région où les salaires des non cadres ont le moins progressé au premier semestre 2018 par rapport au premier semestre 2017.

C’est le résultat du nouveau baromètre publié par Randstad, le groupe de travail intérimaire. Une progression des salaires de 3 % au premier semestre 2018 en Auvergne-Rhône-Alpes. C’est la plus élevée parmi les régions françaises. Mais à l’autre bout, c’est donc en Bretagne que les rémunérations des non cadres ont le moins progressé au premier semestre, juste 0,5 %. Pour obtenir ce baromètre, Randstad a comparé l’ensemble des fiches de paie qu’elle délivre. Pour l’ensemble de la région Bretagne, il y en a eu un peu plus de 90 000 pour établir cette comparaison d’un semestre à l’autre. Une base de données étoffée.

Les salaires les plus faibles

Pour les salariés qui n’appartiennent pas aux professions intermédiaires (agents de maîtrise, techniciens, commerciaux), c’est en Bretagne que les salaires sont les plus faibles.

Le baromètre de Randstad a ainsi calculé une rémunération brute mensuelle de 1 570 €, contre une moyenne nationale de 1 607 €. Un résultat un peu faussé parce que les chiffres de Randstad ne concernent par définition que des salariés intérimaires qui ne bénéficient pas d’ancienneté. Pour éviter l’écueil, l’étude s’appuie sur les salaires d’embauche. Et puis, rappelle l’entreprise, « l’égalité de traitement impose qu’un salarié intérimaire soit rémunéré au même niveau qu’un salarié titulaire. Cela garantit une bonne représentativité des salaires. »

Un petit mieux pour le bâtiment

D’un secteur d’activité à l’autre, les salaires n’augmentent pas tous à la même vitesse. En Bretagne, c’est dans le bâtiment et les travaux publics que la progression a été le plus visible, 1,3 %. Le baromètre Randstad a calculé pour ce secteur une rémunération brute de 1 690 €.

Dans l’industrie bretonne, les salaires des non cadres n’ont gagné qu’un petit 0,4 %. « Cette hausse modérée maintient le salaire du secteur très en deçà de la moyenne nationale », note encore l’étude. Ce qui donne un salaire moyen breton de 1 559 € contre 1 612 € au niveau national.

Quant aux services (commerces, restauration), « c’est le secteur, en Bretagne comme dans le reste du pays, le moins rémunérateur », souligne le baromètre Randstad. Petite consolation : c’est cependant là que les salaires ont quand même progressé un peu plus qu’ailleurs (1,4 %).

Moins qu’en Pays de la Loire ou en Normandie

Puisqu’elle est à la traîne des augmentations de salaires pour les non cadres, la Bretagne est donc derrière toutes les autres régions. Et par rapport aux régions voisines ? Dans les Pays de la Loire, cette catégorie de salaires a quand même augmenté de 1,8 % pendant la même période, et de 1,5 % en Normandie. Contre seulement ces 0,5 % en Bretagne.

Didier GOURIN 17/10/2018

https://www.ouest-france.fr/

Commentaire: Traverser la rue pour trouver des bas salaires! Merci Manu!

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16 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (regards)

philippe poutou

Philippe Poutou : « Ford se comporte comme des sagouins »

Regards. Comment avez-vous réagi à l’annonce de Ford de vouloir fermer purement et simplement l’usine ?

Philippe Poutou. On a appris ça hier matin et ça ne nous surprend pas. Ça fait des années que Ford veut fermer l’usine. Il y a dix ans, il y avait eu une grosse mobilisation, on avait réussi à avoir un repreneur, bidon, mais qui avait permis de continuer l’aventure.

Ford était revenu pour racheter son usine un an après parce que le repreneur s’était planté de suite. Depuis le retour de Ford, on sentait qu’ils étaient revenus juste sous la pression et qu’ils reprofiteraient d’une période avantageuse pour partir. Malheureusement, on n’a pas pu empê-cher ça. Donc en février dernier, Ford a annoncé son désengagement, dans le sens où ils nous disaient : « On n’a plus rien pour vous. Vous êtes une belle usine, vous bossez bien, c’est productif, etc. » Aucun argument économique en notre défaveur. C’est juste qu’ils redistribuaient la production à l’échelle mondiale, sur d’autres gros sites. Nous, étant un petit site, on était handicapé.

En juin, ils lancent le PSE de fermeture d’usine totale et définitive avec licenciement de tout le personnel. Ils décident de fermer avant d’avoir discuté ou fait la recherche du repreneur. Dès le départ on savait que Ford voulait liquider le site. Ils veulent s’en débarrasser, nous effacer complètement.

Il y a pourtant une proposition de reprise, amenée par le gouvernement…

Oui, la nouveauté c’est qu’en face d’un plan officiel de reprise, ils osent dire « non, on veut fermer l’usine ». C’est pour ça que le gouvernement a mis dans les pattes de Ford un repreneur qui s’appelle Punch – qui est un proche de Macron. Mais Ford ne s’est pas laissé séduire et n’accepte pas la reprise. Leur détermination est quand même assez dingue.

Une reprise, pour que ça marche, il faut être deux. Il faut que celui qui lâche l’entreprise laisse un peu de production pour assurer la transition. Une reprise, c’est pas juste une usine avec des ouvriers et celui qui s’en va donne les clés. Ça fonctionne quand le repreneur a de l’acti-vité dès le départ, sinon, une activité industrielle ça met deux ans à se mettre en place et pendant ce temps on se retrouverait sans travail.

Or, Ford ne veut pas laisser d’activité, parce que ça voudrait dire que, quelque part, ils sont encore liés à l’usine pendant un ou deux ans. Et certainement que, financièrement, ce sont des contraintes. Sauf que c’est du devoir, de la responsabilité de Ford que l’usine fonctionne après son départ.

C’est surprenant de voir une multinationale tout faire pour qu’il n’y ait pas de reprise. Et une fois qu’elle décide de fermer, c’est beaucoup plus compliqué. On l’a vu avec Goodyear. Des reprises, il n’y en a pas. On s’aperçoit que Ford se comporte comme des sagouins. Ils ont pris une décision, ils ne s’en expliquent pas et ils ne changent pas d’avis. Ça fait un peu caprice.

Le tout malgré les bénéfices de Ford…

Ford est en meilleure posture qu’après la crise de 2008. Tout est au vert. Il y a largement les moyens pour que Ford reste et apporte de l’activité, mais on n’est pas assez fort pour le leur imposer. Par contre, on peut peut-être avoir assez de forces pour imposer à Ford de lâcher son usine à un repreneur. C’est l’enjeu du moment. Le PSE court jusqu’au 18 décembre. L’usine est prévue d’être fermée en août. On veut perturber le calendrier de Ford. L’objectif, c’est que ça ne se passe pas comme prévu.

Et la surprise c’est qu’on a le gouvernement, Juppé et Rousset avec nous pour soutenir les salariés et les syndicats. C’est un peu inédit. Pour nous, c’est toujours de bons appuis, ça légitimise notre lutte, ça donne raison à des ouvriers qui se battent contre une fermeture d’usine. Il faut dire qu’ils ont mis beaucoup d’argents dans l’histoire. De plus, la disparition d’une usine comme Ford aurait des conséquences très graves pour la région bordelaise. L’Etat a aussi cette pression-là.

Justement, le ministre de l’Économie et le maire de Bordeaux ont exprimé leur mécontentement vis-à-vis de l’attitude de Ford. Qu’en pensez-vous ?

Visiblement, le gouvernement a eu l’illusion qu’en discutant entre « grands », ils arriveraient à convaincre Ford. En février, il fallait les convaincre de rester, ils ont échoué. Depuis juin, il fallait convaincre Ford d’accepter un repreneur… Le tout malgré les aides de l’Etat ! [Les collectivités se disent prêtes à investir, encore, 12,5 millions d’euros, NDLR]

Du coup, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, Alain Juppé ou encore Alain Rousset [président de la région Nouvelle-Aquitaine, NDLR], sont en colère. Hier, ils ont redit « on s’est fait mener en bateau ». Ça montre que si Ford dit « non », le politique, il est comme un con. Mais on le dit depuis des années ! On a attaqué Ford en justice il y a trois ans pour leur politique qui allait vers la liquidation du site. On avait gagné là-dessus et les politiques réalisent maintenant que Ford les « mène en bateau » ? Il y a une volonté de se laisser endormir.

Après l’annonce de Ford de ne pas accepter de repreneur pour son site de Blanquefort, l’usine semble condamnée à fermer. La lutte, elle, continue de plus belle. À Blanquefort, en Gironde, l’usine Ford va fermer. C’est du moins ce que la multinationale a annoncé hier, lundi 15 octobre. Ford fait des bénéfices, y compris en Europe. Mais le groupe refuse que l’usine soit reprise par un autre industriel. Qu’importent les 850 emplois. Qu’importent les 2 000-3 000 emplois induits dans la région. Pour faire le point sur la situation, Regards a rencontré l’ouvrier et syndicaliste Philippe Poutou.

http://www.regards.fr

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15 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

les illettrés gad (grand bleu)

Sortie du film LES ILLETTRÉES à Carhaix
SÉANCE LE 17Octobre à 20h30 en présence du réalisateur Philippe Guilloux

Ce documentaire revient sur le parcours des ex-salarié.es de l’usine GAD à Lampaul-Guimiliau, son titre se réfèrant à la déclaration d’Emmanuel Macron qui avait fait polémique en 2014.

Lampaul-Guimiliau, octobre 2013 

Après 8 mois de lutte, les abattoirs GAD ferment. 889 employés sont licenciés. 5 ans plus tard, quelques uns acceptent de nous raconter « l’après » : les petits boulots, les formations, les réussites, les échecs, la confiance en soi. Aux détours de ce parcours malheureusement classique du demandeur d’emploi, ces femmes et ces hommes nous dévoilent les blessures engendrées par la perte de ce travail souvent dévalorisé et dont ils étaient pourtant si fiers.

illlet

Un film de Philippe Guilloux
Production et distribution : Carrément à l’Ouest

Cinéma Le Grand Bleu

Rue Jean Monnet, 29270 Carhaix-Plouguer
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Et aussi:
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Brest (Les Studios)
Le 18 octobre à 20h
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Etel (La Rivière)
Le 19 octobre à 20h30
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Redon (le Ciné Manivel)
Le 22 octobre à 20h30
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Morlaix (La Salamandre)
Le 23/10 en attente de confirmation
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Gourin (Le Ciné Jeanne d’Arc)
Le 24/10 à 20h30
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Plougastel (L’Image)
Le 25 octobre à 20h30
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Callac (L’Argoat)
Le 28 octobre à 17h30
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Guingamp (Les Korrigans)
Le 8 novembre à 20h30
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Châteaulin (L’Agora)
Le 12 novembre à 17h
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Huelgoat (L’Arthus Ciné)
Le 25 novembre à 17h

Facebook

Lire aussi:

Macron et les « illettrées » de Gad : hypocrite, le politiquement correct ? Plutôt humaniste (L’Obs)

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11 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

lidl ploumagoar (actu bzh)

lidl j

Base Lidl de Ploumagoar : débrayage pour soutenir un collègue menacé de licenciement

Une partie des salariés de la base Lidl de Ploumagoar, près de Guingamp (Côtes-d’Armor) a débrayé ce jeudi matin 11 octobre. En soutien à un collègue menacé de licenciement.

Le débrayage de ce jeudi matin 11 octobre, a rassemblé une trentaine de salariés de la base Lidl de Ploumagoar, près de Guingamp. Une trentaine de salariés de la base Lidl, de Plou-magoar, près de Guingamp (Côtes-d’Armor) a débrayé ce jeudi matin 11 octobre. En soutien à un collègue menacé de licenciement.

« Mardi, il a été convoqué par la direction, il risque une sanction qui peut aller jusqu’au licenciement. Il est préparateur de commandes depuis trois ans en CDI, on lui reproche une insubordination au travail », indique Erwan Feutren, délégué syndical CGT à la base Lidl.

D’autres revendications

Selon le syndicat, une pétition de soutien au salarié a circulé dans les couloirs de l’entreprise. Elle a recueilli 68 signatures sur les 150 employés du site Le mouvement de protestation a permis à la CGT d’appuyer d’autres revendications.

Elle demande ainsi « la prise en compte urgente des risques psycho-sociaux », de la part de de la direction ; « une prise en compte de la pénibilité du travail des préparateurs et des mesu-res pour améliorer les conditions de travail » ; ou encore « le respect des temps de repos et de la vie sociale des salariés ». Toujours selon la CGT, mardi 9 octobre, une délégation syndicale a rencontré la sous-préfète de Guingamp « pour l’alerter sur la situation dans l’entreprise ».

11 Oct 2018

https://actu.fr/bretagne/

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11 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (le média)

Manif 12 avril 2014 Paris

Philippe Poutou: « Au NPA, on est clairement pour la liberté de circulation 

Le gouvernement a refusé d’accueillir l’Aquarius. Il accostera donc à Malte, le 30 septembre dernier, et 18 personnes seront accueillies en France. Que vous inspire cet épisode 

Philippe Poutou : C’est toute la saloperie d’un gouvernement français, à l’image de ce qui se passe à l’échelle de l’Union européenne. C’est l’hypocrisie, avec ce discours : « On ne peut pas accueillir tout le monde. » Macron joue un double jeu : d’un côté, la « préoccupation » du sort des migrants, de l’autre, un discours ferme. En réalité, personne ne s’en occupe. L’Aqua-rius, ça fait plusieurs fois que le même problème se pose. Il y a un jeu de dingues qui flatte aujourd’hui les pires discours, notamment celui de Salvini chef du gouvernement italien.

Emmanuel Macron essaie pourtant de se présenter comme l’alternative à Matteo Salvini.

Voilà, c’est l’hypocrisie : il joue sur les deux postures. Mais au bout du compte, le résultat est à peu près la même politique que Salvini : entraver la circulation, le fait qu’un bateau comme l’Aquarius ne puisse pas accoster, et la loi asile-immigration de Collomb, qui complique les demandes d’asile, avec les réductions de délai et l’augmentation du temps de passage en centre de rétention.

La criminalisation du migrant, et « en même temps » des postures humanistes. La réalité, c’est une criminalisation des migrants et de ceux qui les aident, comme Cédric Herrou… Il y a même des militants attaqués par des groupes identitaires en justice. C’est fou. Au NPA, on est claire-ment pour la liberté de circulation. Le problème, ce n’est pas : est-ce qu’on peut accueillir ou pas. On n’a même pas le droit de se le poser comme ça : parce qu’on est dans un pays riche, on va décider de qui peut venir ou pas ? Il faut qu’il y ait une solidarité entre les peuples.

C’est sûr que ça pose le problème des moyens qu’on donne pour accueillir : que fait-on des richesses, est-ce qu’on les laisse s’accumuler entre les mains d’Arnault ou de la famille Betten-court ? Ou est-ce qu’on discute de la manière dont ces moyens-là doivent être mis au service de la question des migrants, des services publics, de la santé, de l’éducation ?

Il y a un vrai problème politique de fond, et c’est plutôt inquiétant de voir les politiques de droite ou d’extrême-droite s’imposer. Même à gauche, parfois, il y a des sorties pour le moins ambi-gûes : Mélenchon, ou son conseiller, même s’il s’en est démarqué [Djordje Kuzmanovic, porte parole de la France insoumise]. Sahra Wagenknecht, en Allemagne, va loin. Où va-t-on, si une gauche commence à dire qu’on ne peut pas accueillir tout le monde ? Quand on voit ce que la Libye, la Turquie, la Jordanie accueillent, en nombre et en proportion de la population… On nous pose problème avec ne serait-ce qu’un bateau, l’Aquarius ?

Lors du dernier cycle de mobilisations: loi Travail, Parcoursup, universités, de nombreuses personnes ont pris la rue. Pourtant, le gouvernement a pour stratégie de faire passer en force un grand nombre de réformes libérales. Comment coaguler ces mouvements de résistance ?

On n’a pas encore trouvé. En réalité, l’idée de la convergence et du « tous ensemble » a plus de vingt ans, puisque ça commençait à se formuler avec les mouvements de 1995. Les slogans étaient « tous ensemble », public, privé : c’était le début des politiques agressives sur la divisi-on public-privé et les retraites. C’est une idée qui venait souvent des équipes militantes de base.

Ce « tous ensemble », c’est une unité politique ou une unité d’action ?

La question a été posée syndicalement. Mais aujourd’hui, par exemple, sur la question de l’emploi, on pense que c’est une bagarre politique. On n’est plus dans une bagarre syndicale : ça laisserait entendre qu’on est dans un rapport de forces avec son propre patron, ou le patro-nat en général.

Là, on est en conflit avec les États qui mènent des politiques qui favorisent le patronat : on se retrouve donc confrontés à un problème politique. En fait, la lutte contre le chômage, c’est la lutte contre les licenciements, donc c’est l’interdiction des licenciements, une loi ou l’absence de loi, un rapport de forces… et l’arrêt des suppressions d’emploi dans les services publics. On est dans une question beaucoup plus large, au-delà de la question syndicale.

L’idée d’une union politique de la gauche ?

C’est l’idée qu’une population se mobilise avec ses composantes organisées : syndicales, associatives et politiques. Ce serait le plus sain : des gens sont à la fois syndiqués et politi-ques, mais beaucoup de gens sont dans le mouvement syndical, d’autres sont dans le mouve-ment associatif, d’autres sont dans le mouvement politique.

On aurait l’occasion de se joindre, et des gens aspirent à ça. Il y a une conscience que la population est attaquée dans son ensemble. La question qui est posée, c’est pourquoi il y a une incapacité d’en haut à favoriser ça ? On l’a vu avec la Fête à Macron, on l’a vu avec la Marée populaire, manifestation unitaire « pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité », organisée le 26 mai 2018… La Marée Populaire, c’est le seul moment où tout le monde était là.

Vous plaidez donc en faveur d’appels conjoints, syndicaux et politiques, à l’instar de la Marée populaire ?

Oui. C’est possible : à un moment donné, on peut très bien se dire qu’il y a un combat à mener ensemble, sans se dire : « C’est pas ton terrain, c’est pas ta prérogative. » Aujourd’hui quand les retraites sont attaquées, tout le monde est attaqué. Nous, dans la lutte Ford, c’est ce qu’on essaie de faire. En échantillon, évidemment, en petit bout. […] Et les divisions, les réticences, les petits jeux à la con des uns ou des autres, ça empêche peut-être la construction d’un vrai tous ensemble, ou en tout cas ça le ralentit. Aujourd’hui, on le paie cher.

Pour les élections européennes, il y aura sans doute au moins cinq listes de gauche. Une division déplorable ou des positions irréconciliables ?

C’est déplorable, d’une certaine manière. Mais les élections, c’est plus compliqué qu’un mouve-ment social. Il y a des listes, des premiers, des derniers. Le PC a fait sa liste, même si elle n’est pas officielle, même s’ils disent qu’elle peut bouger.

La France insoumise (LFI) a fait sa liste. On connaît déjà les têtes de liste, le débat est faussé. Puisque les grosses machines ont déjà leur liste, comment donner confiance, comment regrou-per en sachant que les places sont déjà partagées ?

La discussion n’aura pas lieu, puisque les listes sont faites : beaucoup de gens se demandent à quoi bon faire des réunions ou se lancer dans un processus unitaire, alors qu’il y a déjà des phrases assassines entre les uns et les autres.

Entre le PC et LFI, on voit bien l’ambiance. Mais à la limite, c’est presque secondaire. Ce qui est fondamental, c’est au moins la capacité d’agir unitairement sur des combats sociaux. Qu’aujourd’hui, on n’ait pas de mouvements d’ensemble : ça, c’est déplorable. On prend du retard, encore une fois. Il y a un appel unitaire, syndical, pour le 9 octobre. Il y a des réunions à Paris, sur la suite de la Marée populaire.

Mais la CGT ne vient presque pas, on repart sur les vieux problèmes. Pourquoi n’en est-on pas capable ? Ça aurait de la gueule si, le 9 octobre, on faisait la suite de la marée populaire. Ce qui se joue, c’est la bataille contre les nouvelles réformes de Macron : la défense des retraites, la défense de l’assurance chômage et de la formation professionnelle. On pourrait se retrouver, sans trop de difficultés, pour mener une bataille ensemble.

Pour les européennes, vous partiriez avec Lutte ouvrière ?

Il y a des discussions, mais LO ne veut même pas. Je pense qu’on n’y arrivera pas, Ils veulent être seuls et considèrent qu’il y a des divergences avec le NPA. Si LO et le NPA s’entendent pas, c’est dire à quel point ça va être difficile de faire quelque chose de plus large.

Entre le PC et LFI, c’est la guerre. C’est incroyable. Mélenchon ne va pas à la Fête de l’Huma, il en a le droit. Mais à quoi on joue ? Quel signal est donné ? Nous, on y était, et les militants du PC sont écœurés. Ils ne sont pas amoureux de Mélenchon, mais ils se rendent bien compte que par ce geste-là, on met encore en avant des histoires, des bisbilles, et on n’en sort pas.

Chacun fait son petit calcul, celui qui y va, celui qui n’y va pas. Pourquoi ne pas y aller, tout en critiquant ? On est allés à la Fête de l’Huma, mais on ne dit pas que Pierre Laurent a une super politique. Mais on y était, on discute, on confronte. Essayons de voir ce qu’on peut faire ensemble. Les militants sont inquiets, se disent qu’on ne va jamais y arriver.

Ça contribue à la résignation : il nous manque cette dynamique unitaire. Il faudrait retrouver 1936 : les syndicats étaient divisés mais la force du mouvement social avait imposé l’unité jusqu’à la victoire du Front Populaire, et lui avait imposé une politique plus sociale que ce qui était prévu dans les programmes.

Chez Ford, la lutte continue. Si ça se termine mal, allez-vous « traverser la rue » pour trouver un emploi ?

On a déjà essayé, symboliquement, le jour de la grève de la semaine dernière [le mardi 18 septembre]. On en a conclu que si on veut du boulot, il vaut mieux sauver celui qu’on a, et que ça devient très aléatoire d’aller en chercher un ailleurs. Même la CGT, on ne la sent pas offensive sur la question des fermetures.

Comment la gauche politique peut-elle jouer un rôle là-dedans ? Ce n’est pas simple. Il y a tous ceux qui ont justifié les aides, qui ont été embarqués dans des politiques pas si claires que ça sur les questions de lutte contre les licenciements.

C’est de là que viennent les difficultés : ça remet en cause les politiques du passé. Mais ça devrait être possible, quand même. Ce serait bien qu’on arrive rapidement à s’organiser ensemble. A la réunion des Ford Blanquefort, Génération.s est venu, ce sont des anciens du PS, mais on ne se fait pas la gueule. Comment on fait, ensemble ? Comment on se file des coups de main, sur la question des manifs à organiser ? LFI était là aussi, on discute. C’est bien. Ce serait peut-être un mouvement social qui permettrait une vraie unité : c’est la lutte sociale qui oblige un peu tout le monde à venir et nous épargne quelques disputes inutiles.

Les réunions unitaires, chez Ford, c’est un exemple de ce qui devrait être fait dans le mouvement social en général ?

Oui : on avait la gauche politique, les syndicats… Il manquait évidemment FO, parce que ça bloque, mais on avait la FSU, Solidaires, l’UNEF, la CGT, évidemment, et toute la gauche politique. Mais aussi Attac, Emmaüs, AC [Agir ensemble contre le chômage].

Là, plus personne n’est gêné. C’est là où ça montre qu’une lutte sociale peut imposer [l’unité]. On est un échantillon de ça. Mais comment, de ces échantillons là, on arrive à se comporter de la même manière nationalement ? Et pourquoi c’est si difficile que ça, centralement, à Paris, de construire ça ? Et d’affirmer qu’on a tout intérêt à arrêter les méfiances réciproques.

Même nous, chez Ford, on est très peu à participer aux manifs maintenant. Alors qu’en 2003, on avait la moitié de l’usine qui allait manifester pour les retraites. C’est incroyable la différen-ce, en quinze ans. Les dégâts sont énormes. Et ce sont pas juste ceux de la crise, de la rési-gnation. C’est aussi la connerie parmi nous, l’incapacité à construire l’unité. Ça démoralise, ça discrédite l’idée qu’on peut réagir ensemble. Il y a même des militants CGT qui ne viennent plus à toutes les manifs. Voilà ce qu’on a gagné.

Le Média est allé à la rencontre de l’ouvrier anticapitaliste, délégué CGT, militant du NPA et ancien candidat à la présidentielle. Au sommaire de ce second volet d’un entretien en deux parties : accueil des migrants, enjeux électoraux et perspectives unitaires du mouvement social.

Téo Cazenaves | 10 Oct 2018

https://lemediapresse.fr/politique/

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