Archive | Luttes ouvrières

14 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

saint nazaire (npa)

isf

Saint Nazaire

Comme dans tout le pays, la révolte des Gillets Jaunes s’est renforcée sur la région de St Nazaire.

Occupation de ronds points au pont, à Donges, Pontchâteau … Les actions de blocages aux Chantiers, à la raffinerie ont associé GJ, syndicalistes….

Le 1er décembre un appel de l’UL CGT a été rejoint par le mouvement GJ. Nous avons été 600 sous la pluie incessante. Des débrayages aux Chantiers de l’Atlantique ont vu sortir y compris des salarié-es des boites sous-traitantes. Le 14, ils ont été rejoints par les lycéen-nes sur le quai, bloquant un chargement.

Les 9 actes du mouvement ont été conséquents et pacifiques, sauf le 5 janvier. Une 50 taine de femmes GJ ont fait leur manif festive le dimanche 11. Le 8 /12, GJ et manif Climat se sont rejoints.

Si différents groupes sont organisés autour de Saint-Nazaire (Donges, St Brévin, Pontchâteau..) avec des différents « idéologiques » forts, le mouvement est maintenant fortement auto-organisé grâce à la Maison du Peuple.

C’est un local ex assedic, ex sous préfecture qui est occupé depuis le 24 novembre (audience d’expulsion le 16/01). Son nom fait référence à la Maison Du Peuple qui regroupait syndicats, assoc et théatre, jusqu’à ce que le maire en face un centre commercial.

De là s’organisent la coordination des ronds points, les AG quotidiennes à 18h, les groupes de réflexion, de travail (thèmes revendicatifs, salaires, richesse, services publiques / hôpital, école, transition énergétique, égalité homme /femme, répression) et le goûter du dimanche à 16h. Et certains soir, des conférences gesticulées et théâtre. Les échanges avec toute la France vont se formaliser la semaine prochaine à Commercy.

Cette richesse autour de la Maison du Peuple est due aux militant-es de tout âge et de tout origine sociale et de pensée. Si les 3 élus du FN ont tentés de participer au début, les antifa les ont dénoncés. Ils ne sont pas rentrés à la MdP. Et dès le départ, dans un « appel de Saint-Nazaire » les revendications sociales de la MdP ont été clairement posées.

Quelques militant-es CGT, jeunes anars, antifa, NPA, ATTAC s’investissent et apprennent beaucoup avec tout-es les participant-es. Mais la convergence – qui est indispensable pour gagner – entre Gilets jaunes et mouvement syndical reste très très limitée pour l’instant. “Le pouvoir au peuple” est la devise de tous et toutes.

Lundi 14 janvier 2019

https://npa2009.org/

Nantes

Environ 3 500 personnes ont manifesté à Nantes ce samedi, soit un peu plus que la semaine dernière. Manifestation très calme, défilé un peu au hasard dans les petites rues de la ville, car l’approche de la préfecture était impossible.

Beaucoup de manifestantEs sont « équipés », y compris dans des milieux populaires et non militants. Un slogan très largement suivi est « Nantes, debout, soulève-toi ! », propulsé par les antirep et autonomes de Nantes Révoltée.

Les flics ont décidé le début des hostilités au bout de 2 h en organisant un » traquenard » devant la banque de France où ils ont arrosé de lacrymos. Un peu de casse à partir de ce moment là (vitrines de banques, feux de poubelle) . Bref les chosent ce sont tendues… les flics nous visaient au flash ball… Plusieurs dizaines d’interpellations a priori.

Quelques organisations présentes : Solidaires, NPA, FI, Ensemble, AL, GDS. Des orgas présentes mais non identifiées : PCF, LO, Nantes Révoltée (à la manœuvre sur la tête de manif).

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14 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

pologne (à l’encontre.ch)

kuron

La Ligue Communiste ancêtre du NPA diffusait « La lettre au POUP »

Pologne. Karol Modzelewski

«On a connu une liberté vécue activement, combativement et collectivement»

Vous avez été élevé dans une famille pro-régime soviétique. Votre père adoptif, Zygmunt Modzelewski (1900-1954), a été, à l’issue de la guerre, le ministre des Affaires étrangères de ce qui deviendra la République populaire de Pologne. Comment s’est opéré le renversement qui va faire de vous l’un des principaux opposants polonais?

J’ai commencé mon parcours politique en découvrant la vérité sur le stalinisme. Personne ne parlait politique avec moi à la maison. Mais j’étais curieux, et j’ai commencé à entendre des choses. Et puis, en 1956, alors que j’étais étudiant, il y a eu le 20è congrès. Ç’a été un choc immense. Les gens ne savaient pas. On n’osait rien dire. Et, à ce moment-là, on voulait encore croire au communisme.

La conclusion, pour moi et ceux de ma génération, comme Jacek Kuron [1934-2004], mon ami le plus proche, a été que les idéaux étaient bons, mais que le système était absolument intolérable. Il fallait donc le renverser. Comment? Moyennant une révolution. C’est ce qu’on appelle, dans la pensée communiste, le révisionnisme, terme très proche de la notion religieuse d’hérésie: on conteste la version ecclésiastique de la foi au nom de la foi elle-même, de sa pureté. Nous avons créé, avec une centaine de jeunes cadres, un groupe révisionniste à l’université de Varsovie, où j’ai reçu ma première formation politique consciente.

Quelles ont été les conséquences du 20è congrès en Pologne ?

La révolution dont nous rêvions a été démontée, à peine amorcée, par Wladyslaw Gomulka [le premier secrétaire du POUP,  Le Monde], qui a conduit une libéralisation très limitée, avec pour effet de transformer la dictature totalitaire stalinienne en dictature communiste autoritaire. C’est une distinction qui est utile quand on est à Sciences Po. Mais elle est très pratique aussi lorsqu’ on y est confronté. Dans la dictature autoritaire, tant que vous ne contestez pas le régime, vous pouvez vivre en paix. On n’exige de votre part aucune orthodoxie idéologique. Résultat: la majorité choisit de pas contester. Le conformisme règne.

Avez-vous eu la tentation du conformisme? Vous auriez pu vous consacrer paisiblement au Moyen Age…

J’étais trop en colère. Le pouvoir avait tué dans l’œuf une révolution à laquelle je m’identifiais. Je me sentais opposant, sur tout. Il est vrai que, lorsque je suis devenu doctorant et maître assis-tant à l’université de Varsovie, je me suis dit que je pouvais abandonner un peu l’activité politi-que, pour me consacrer à la recherche. Mais, en 1961, j’ai obtenu une bourse d’un an pour aller étudier à Venise. Et là j’ai vu la liberté, une liberté qu’on pouvait toucher du doigt.

Je me souviens d’une grève, à l’université. Le recteur est sorti de son bureau, s’est assis au milieu des étudiants grévistes, et il s’est mis à discuter, cherchant un compromis sans dire aux étudiants qu’ils se livraient à une contre-révolution, un attentat contre le régime, etc. Je me suis senti jaloux. Quand je suis revenu, j’éprouvais plus que jamais le désir d’arracher le bâillon qu’on nous avait collé sur la bouche.

J’ai repris contact avec mon ami Jacek Kuron, et nous avons commencé à conspirer ensemble. C’est alors, en 1964, que nous avons rédigé, tous les deux, la Lettre ouverte au parti. (Une lettre ouverte qui fut diffusée à l’époque par le courant «trostkyste» : JCR et LC) Elle contenait toutes les critiques possibles du régime et dessinait le programme d’une démocratie ouvrière pluraliste, libre. Nous avons fini par être arrêtés. J’ai été condamné à trois ans et demi de prison, Jacek à trois ans.

Quel a été le destin de ce texte ?

Il a été porté en Occident, notamment à Paris, où il a été publié, en polonais, par les Editions de l’Institut littéraire de Paris, c’est-à-dire dans le milieu de l’intelligentsia polonaise critique envers le régime, et en français par François Maspero. J’ai su que les Jeunesses Communistes Révo-lutionnaires  le colportaient. Puis, il a été lu, en polonais, sur l’antenne de Radio Free Europe, ce qui a permis de le faire connaître dans les pays de l’Est. Ce qui m’a fait particulièrement plaisir, c’est qu’il a été traduit en tchèque et ouvertement publié en Tchécoslovaquie en 1968, pendant le «printemps de Prague», avec un gros tirage.

Quelle ligne politique y défendiez-vous?

En gros, nous prenions nos distances aussi bien avec la dictature communiste qu’avec la démo-cratie parlementaire à l’occidentale, au profit d’une démocratie de conseils ouvriers, fondée sur un agencement entre les niveaux locaux et le niveau national, avec éventuellement, en parallèle, un Parlement élu. Mais les conseils étant l’expression de la classe ouvrière organisée, c’étaient eux, et non le Parlement, qui devaient être importants. Voilà notre programme.

Vous vous en êtes progressivement éloigné…

Après notre libération, en 1967, nous nous sommes éloignés de beaucoup de choses. Concrè-tement, d’abord, puisque, en 1968, Jacek Kuron et moi avons été arrêtés pour la deuxième fois, nous resterons encore trois ans et demi en prison. Mais, surtout, la mésaventure de nos amis tchécoslovaques nous a fait changer notre manière de penser la situation internationale. Nous croyions innocemment que, étant internationale par nature, la révolution, une fois commencée quelque part dans l’empire soviétique, allait atteindre la Russie elle-même.

L’écrasement du «printemps de Prague» par l’intervention soviétique nous a appris que c’était une utopie. Il fallait donc procéder d’une autre manière, chercher plutôt des changements partiels, peut-être tolérables pour Moscou, et essayer d’avancer ainsi. La révolution, mais auto-limitée par les exigences du réalisme.

En 1980, la grande grève débute au chantier naval de Gdansk, et ce qui de-viendra le syndicat Solidarité commence à s’organiser. Avez-vous hésité à rejoindre le mouvement?

Non. C’était irrésistible. Il a fallu suivre. La liberté avait conduit le peuple aux barricades. Je devais suivre le peuple. Et m’intégrer au mouvement du peuple de manière à y apporter la dose nécessaire de raison.

Vous êtes donc allé à Gdansk…

Oui, mais à cause d’un malentendu. On m’avait dit que les conseillers du comité de grève, où l’on commençait à réfléchir à la création d’un syndicat libre, voulaient m’avoir auprès d’eux. Or j’étais connu comme un type qui voulait renverser le régime, ce qui faisait de moi un allié dangereux. De fait, lorsque je suis arrivé au chantier naval, Bronislaw Geremek [1932-2008] et Tadeusz Mazowiecki [1927-2013] m’ont tout de suite expliqué que ce n’était pas une bonne idée. Je comprenais parfaitement.

Je suis rentré à Wroclaw, où il y avait aussi une grève. Je n’y suis pas allé: j’avais compris la leçon. Mais, une fois la grève terminée, on m’a appelé au comité de grève, devenu comité de fondation du syndicat, et on m’a envoyé à Gdansk avec un projet de statuts. Là, j’ai vu avec horreur que nos amis, à rebours de ce que je venais proposer, ne prévoyaient que deux échelons syndicaux: celui de l’usine et celui de la région, avec rien au-dessus.

Cela signifiait qu’on préférait créer plusieurs syndicats régionaux plutôt qu’un grand syndicat national. J’ai essayé d’expliquer que c’était suicidaire. C’est à cette occasion que j’ai vu Lech Walesa pour la première fois. Il n’a pas voulu me répondre. Il disait qu’il avait un énorme mal de tête. Il était visible que les gars de Gdansk avaient peur de créer une trop grande force qui, inévitablement, aurait dû affronter une autre grande force: le parti qui dirigeait le pays.

Peu de temps après, Solidarité, qui ne s’appelle pas encore ainsi, organise une réunion nationale des représentants des comités régionaux. On est en septembre 1980. Quelle tendance l’emporte?

Au début, les jeux semblaient faits en faveur de la ligne de Gdansk. J’étais présent comme président de la délégation de Wroclaw. Il a fallu combattre. La majorité des délégués présents étaient de mon côté: ils voulaient un syndicat national. Ils savaient que, sans unité, ils seraient écrasés l’un après l’autre par les autorités. J’ai pris la parole. J’ai défendu l’unité nationale. Ma motion a été approuvée par acclamation.

Quelle a été la position de Walesa?

Il a été pour: il s’est retourné au dernier moment. Son mal de tête s’était dissipé lorsqu’il avait compris qu’il allait devenir le chef de ce syndicat national. Sa plus grande conviction jusqu’à aujourd’hui est celle de sa grandeur. S’il n’a jamais craqué, s’il ne s’est jamais laissé soumettre par les autorités, c’était parce que ça aurait été contraire à sa grandeur. Cette grandeur n’était d’ailleurs pas une invention. Il était destiné au rôle qu’il a joué.

Les foules d’ouvriers polonais, en très grande partie venus des campagnes, se reconnaissaient dans cet ancien paysan qui n’incarnait pas tellement la culture prolétarienne, mais plutôt la cultu-re paysanne traditionnelle polonaise. C’était quelque chose d’ahurissant. Il savait s’adapter à la foule. C’est ce qu’il a fait pendant cette réunion nationale. J’ai plusieurs fois été furieux contre lui, mais je savais que personne n’aurait pu prendre sa place. C’était impossible.

Quand, en janvier 1982, après le coup d’Etat militaire et la proclamation de la loi martiale, il s’est retrouvé en isolement dans une villa sécurisée près de Varsovie, il a complètement rejeté, mal-gré des pressions de toute nature, ce qu’on appelait au ministère de l’intérieur le «plan renais-sance», c’est-à-dire la renaissance de Solidarité comme fantoche à la main du parti. C’était le moment-clé. Après ça, pour dire qu’il a été complice du régime, il faut énormément aimer le mensonge.

C’est lors de la même réunion nationale, en 1980, que vous imposez le nom «Solidarité».

Dans le train du retour, après mon premier passage à Gdansk, j’avais vu, sur le mur d’une énorme usine, une grosse pancarte rouge avec des lettres blanches, le genre de pancartes sur lesquelles, d’habitude, on lisait : «Le programme du parti, c’est le programme du peuple.» Là, il y avait: «Solidarité». Cela voulait dire que leur grève était la même que celle de Gdansk, et qu’ils ne la finiraient que quand ils triompheraient tous. Ce mot m’avait impressionné. En 1980, la nuit qui a précédé la réunion nationale, j’y ai soudain repensé, en écrivant la motion que j’allais présenter. C’est là que j’ai décidé de proposer ce nom pour notre mouvement.

Le début de l’état de siège, le 13 décembre 1981, et votre arrestation à tous marquent la fin de ce que vous appelez « la grande Solidarité »…

L’intimidation, à partir de l’instauration de la loi martiale, a été très forte. Il y avait des chars dans les rues, des patrouilles partout, des affiches qui menaçaient de la cour martiale en cas de grève.  J’ai été marqué par ce que m’a raconté un ouvrier, plus tard. Son usine, comme quel-ques  autres, s’était quand même mise en grève. Un char de l’armée est alors venu, a fait un trou dans le mur de l’usine, à travers lequel quelque 700 hommes armés de fusils automatiques sont entrés dans la grande halle de production.

L’officier en chef a crié: «Sortez! » Silence. «Vous ne sortez pas?» Silence. Il a donné l’ordre aux soldats de charger leurs armes. Les ouvriers ont vu les canons des fusils se dresser vers eux. Au bout d’un moment, un ouvrier s’est levé, puis un autre, et tout le monde a fini par se laisser conduire à la porte de l’usine. Certains ont été arrêtés. La plupart ont été renvoyés chez eux, avec l’ordre de se présenter gentiment au boulot le lendemain matin.

Tous ces gens, qui s’étaient comportés avec un courage inouï, ont changé d’un coup leur vision d’eux-mêmes. Ils avaient cédé devant la force armée. Et ça, ça vous brise la colonne vertébrale. On peut dire que, en tant que mouvement ouvrier de masse, Solidarité, qui a compté jusqu’à 9,2 millions d’adhérents, a été détruit à ce moment-là. Il ne restait plus qu’une résistance clandesti-ne, qui comptait plus d’intellectuels que d’ouvriers. Un autre visage est apparu alors, et un autre langage: un langage d’anticommunisme dur, qui était absent auparavant.

Jusque-là, le mouvement était resté proche de votre rêve initial…

Oui. Solidarité était un enfant illégitime du parti communiste et de l’église catholique. Ce qu’il revendiquait, c’était: «Tenez enfin vos promesses!»

En croyant à ces promesses ?

Non, sans y croire, mais en exigeant quand même, avec force, qu’on les mette à exécution. Ensuite, c’est devenu une conspiration anticommuniste de cadres.

Dans quelle mesure?

Parce que Solidarité, c’était une action de masse, et que c’est cela qui avait disparu. On pouvait aller voter, après 1989, pour les candidats du comité civique de Solidarité. Mais c’était tout.

Y avait-il d’autres choix économiques possibles?

Je ne sais pas. Mais les gens qui conduisaient la transformation ne le savaient pas davantage, tout en affirmant le contraire. Le passage du système communiste au capitalisme contemporain s’est fait d’une manière particulièrement dure. Tous les gens qui se sont considérés comme les perdants de cette grande mutation systémique se sont peu à peu convaincus que la démocratie n’est qu’une construction mensongère qui couvre une dictature des élites. Ce qui est, aujour-d’hui, la phraséologie de Droit et Justice (PiS).

Comment jugez-vous son action?

C’est un parti qui, d’une manière très cohérente, construit un Etat policier. Ils font tout ce qu’il faut pour détruire la démocratie, en s’en prenant, en particulier, aux tribunaux. Pour avoir un Etat policier, il faut que les juges soient des marionnettes. Ils ont d’ailleurs fait la même chose avec les médias.

Est-il encore possible de les empêcher d’atteindre leur but?

Je pense que, aux prochaines élections législatives, ils gagneront sans avoir besoin de falsifier les bulletins de vote. Ce qu’ils ont fait pour leur base sociale, la Pologne populaire, que des années de politique ultralibérale ont paupérisée, le leur permettra. Par exemple, les «500 en plus»: chaque famille reçoit, pour le deuxième enfant et chaque suivant, 500 zlotys, 120 euros environ, ce qui représente beaucoup en Pologne.

Comment le gouvernement traite-t-il la mémoire de Solidarité?

Il cherche à la détruire. Il fait tout ce qu’il peut pour calomnier Walesa et monte de toutes pièces des accusations de corruption contre d’autres figures du mouvement. On ne crée pas un Etat policier en maintenant vivace le souvenir du temps où un peuple entier s’est redressé et a affronté la dictature.

Comment vous traitent-ils, vous?

Je ne sais pas. Je m’en fiche. Est-ce que le pouvoir peut faire quelque chose contre moi ? Qu’ils essayent! (Résumé voir lien)

Karol Modzelewski, né en 1937, est historien, spécialiste du Moyen Age. Mais c’est comme figure centrale de la dissidence polonaise au régime communiste, des années 1960 à la création du syndicat Solidarité («Solidarnosc», en polonais), qu’il s’est fait connaître du monde entier. La parution en français de ses Mémoires, Nous avons fait galoper l’histoire (publiés en Pologne en  2013), offre l’occasion de revenir avec lui sur les étapes de ce long combat pour la liberté, dont le souvenir, dans une Pologne désormais aux mains de nationalistes du parti Droit et Justice [Prawo i Sprawiedliwosc, PiS, des Kaczynskyi, créé en 2001], se révèle plus vital que jamais.

(Entretien publié dans le quotidien Le Monde, en date du 4 janvier 2019)

Alencontre 14 janvier 2019 Florent Georgesco

http://alencontre.org/

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Jacek Kuron, rebelle polonais (Le Monde)

Le 20è congrès du Parti communiste de l’Union soviétique (Wikipédia)

Tchécoslovaquie. «Discours de Ludvik Vaculik au quatrième Congrès des Ecrivains tchécoslovaques» (A l’Encontre.ch)

Le rapport qui ébranla l’Union soviétique (Que Faire?)

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13 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

effort (le huffington post)

 

Lors de l’acte 9 des gilets jaunes à Paris, Le HuffPost a demandé

Aux manifestants ce qu’ils pensaient de l’allocution de la veille d’Emmanuel Macron.

 Encore une déclaration qui ne passe pas. Lors de l’acte IX des gilets jaunes, qui a rassemblé quelques milliers de personnes à Paris samedi 12 janvier, le HuffPost a demandé aux manifes-tants ce qu’ils pensaient de l’allocution d’Emmanuel Macron du vendredi 11 janvier.

Le président de la République s’est exprimé devant des maîtres-boulangers à l’occasion de la traditionnelle galette des rois de l’Elysée. Saluant les « métiers d’exigence » du secteur de la boulangerie, Emmanuel Macron a salué « le sens de l’effort et de l’engagement » de la profession notamment via la filière de l’apprentissage.

Voici ce qu’a dit le président: « Notre jeunesse a besoin qu’on lui enseigne un métier, un savoir et le sens de cet engagement qui fait qu’on n’a rien dans la vie si on n’a pas cet effort. Les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés au fait que beaucoup trop de nos concito-yens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté. Parfois on a trop souvent oublié qu’à côté des droits de chacun dans la République – et notre République n’a rien à envier à beaucoup d’autres – il y a des devoirs. Et s’il n’y a pas cet engagement et ce sens de l’effort, le fait que chaque citoyen apporte sa pierre à l’édifice par son engagement au travail, notre pays ne pourra jamais pleinement recouvrer sa force, sa cohésion, ce qui fait son histoire, son présent et son avenir. »

Une déclaration que certains gilets jaunes ont prise pour eux. Lors du mouvement de protes-tation, qui a eu lieu le lendemain de l’allocution du président, les manifestants ont confié au HuffPost les efforts qu’ils font déjà au quotidien.

« On baisse le chauffage, on ne va plus au restaurant, les gamins ne font plus de judo parce que ça coûte trop cher, a énuméré Cécile, une gilet jaune, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article. Je travaille à l’hôpital de nuit et ma paie n’a pas augmenté depuis 15 ans, c’est une honte. »

12/01/2019  Lucie Hennequin Pierre Tremblay

https://www.huffingtonpost.fr/

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10 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

inde (révolution permanente)

india dehli

200 millions de travailleurs

Inde : record historique de mobilisation pour une grève générale contre la précarité

L’Inde vient de battre son propre record, 200 millions de travailleurs étaient dans la rue Mardi 8 Janvier, soit 50 millions de plus que la journée du 2 septembre 2016. La grève a été lancé sous l’appel de 10 syndicats, notamment le « Centre of Indian Trade Unions » affilié au Parti Communiste Indien.

Depuis 2016, les revendications n’ont pas changé. Elles s’inscrivent dans la continuité de la lutte contre la précarité des travailleurs indiens.

Parmi lesquelles : la hausse du salaire minimum qui est actuellement de 150 roupies par jour – soit 2€ pour une semaine de 48h de travail, ce qui ne permet pas de vivre dans des conditions descentes et oblige les travailleurs à vivre dans des lieux insalubres, faute de moyens.

Ainsi qu’une augmentation de la sécurité sociale universelle, même si le gouvernement a mis en place une réforme du système de santé, le « Modicare » en septembre dernier, le problème subsiste.

La majorité de la population indienne n’a aucune couverture en cas de maladie, cela s’accom-pagne de frais médicaux extrêmement élevés, qui sont notamment dus à la privatisation quasi totale du système de santé, avec 93% d’hôpitaux privés qui emploient 85% des docteurs (selon l’ONG Oxfam).

Dans un pays où le salaire moyen est de 121 euros par mois, il est impossible pour la majorité des Indiens d’accéder aux soins, ce qui entraîne un taux de mortalité infantile 10 fois supérieur à la France et une espérance de vie de 15 ans inférieur.

Les revendications qui ressortent de la grève portent aussi sur la lutte contre le chômage, notamment chez les jeunes, où il est de 10%. Mais aussi contre les privatisations à tout va, notamment du système de banque indien en proie à des fusions et privatisations qui détruiront des centaines de milliers d’emplois et en précariseront encore bien d’autres. (…)

Cette grève s’inscrit également dans la lutte des classes.

Comme toute grève générale de grande ampleur, elle permet de modifier le rapport de forces. En bloquant l’économie, en faisant chuter le taux de profits des grands bourgeois, les prolétaires reprennent le pouvoir économique, social mais aussi politique. Le fait que la grève se tienne ce mercredi 9 Janvier montre aussi la volonté de faire plier le gouvernement a l’approche des élec-tions législatives pour qu’il cède sous le rapport de forces qui devient écrasant en faveur des travailleurs.

La Cours suprême indienne avait rendu des jugements contre les syndicats, voulant affaiblir la puissance de mobilisation du prolétariat. Cependant, nous avons pu nous apercevoir que cela était inutile. Tant que des travailleurs souffriront de leur condition, ils se révolteront contre leur oppresseurs.

S.A jeudi 10 janvier

http://www.revolutionpermanente.fr/

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10 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

femmes (lutte ouvrière)

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Les femmes manifestent

Dimanche 5 janvier, au lendemain de l’acte 8 du mouvement des gilets jaunes qui a rassemblé plus de 50 000 personnes, des manifestations de femmes gilets jaunes ont eu lieu un peu partout dans le pays.

Elles se sont rassemblées en lançant des « Macron t’es foutu, les bonnes femmes sont dans la rue » à Paris, portant des pancartes à Montceau-les-Mines où on pouvait lire : « Je suis une fille et je ne veux pas d’enfant dans ce monde-là. » À Toulouse, elles étaient derrière une banderole : « Précarisées, discriminées, révoltées, femmes en première ligne.»

Depuis le début du mouvement, de nombreuses travailleuses jusque-là invisibles se sont montrées parmi les plus militantes, prenant en main l’occupation des ronds-points et l’orga-nisation des manifestations. Des ménagères, des retraitées aux pensions dérisoires, des salariées occupant les postes les moins gratifiants, subissant les bas salaires et les temps partiels imposés et tous les harcèlements quotidiens de la hiérarchie, animent le mouvement.

Ces femmes sont souvent les mieux placées pour prendre la mesure au quotidien des hausses de prix, pour dénoncer les horaires de travail impossibles, pour faire face aux fins de mois difficiles. Comme le disait l’une d’elles : « On est sorti et ça sera difficile de nous faire rentrer.»

D’autres affirmaient leur conviction que la victoire viendrait des femmes : « On est déterminées et on lâchera pas.» Une autre plus ambitieuse, expliquait à un journaliste : «Les hommes font les révoltes, les femmes les révolutions.»

Les femmes ont ainsi donné une bonne réponse aux campagnes des médias et du gouverne-ment dénonçant les gilets jaunes comme un ramassis de hooligans, car elles ont aussi dénoncé ouvertement les violences policières. Ne se contentant pas de réclamer des bisous aux CRS mal à l’aise sous leur harnachement, elles leur ont aussi crié à deux doigts des moustaches : « CRS avant de gazer, accouchez.»

Gilles BOTI 09 Janvier 2019
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09 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

gilet jaune (révolution-permanente lo)

ehpad-web

« Ils tuent l’emploi et montrent les chômeurs du doigt »

« Si je me bats aujourd’hui » : le coup de gueule d’une gilet jaune aide soignante

Je me bats aujourd’hui parce qu’on a tous un même dénominateur commun, les grandes finances, les grands patrons, les actionnaires, le gouvernement… Pour moi, ils font partie de la même caste qui, pour récupérer quelques euros, sont prêts à tuer des millions d’emplois, à nous faire travailler toujours plus au sens où on effectue le travail de 2 voire 3 personnes pour un salaire de merde.

Ils tuent l’emploi et montrent les chômeurs du doigt.

Sauf qu’il y a 8 millions de personnes sans emploi (un tiers d’actifs) et il y a 2 millions d’offres d’emploi. En sachant qu’ils continuent de supprimer des postes : 120 000 postes de fonc-tionnaires vont être supprimés cette année et ce ne sera ni des postes de ministre, ni de député.

On échange les emplois contre des robots pour que cela coûte moins cher. Pas parce que c’est la crise. Mais pour toujours s’en mettre plus dans les poches. Et quand on décide d’ouvrir notre gueule, on risque d’être matraqués, flash-ballés, condamnés à la prison FERME avec des amendes surévaluées, tous ça pour nous maintenir dans le mutisme.

On placarde nos enfants dans des classes de plus de 30 pour qu’ils apprennent. On oublie nos vieux dans des EHPAD pour qu’ils soient juste présentables et sans geste d’amour ou de douceur par les soignants parce que c’est une faute professionnelle.

On laisse mourir des gens sur des brancards parce qu’on est débordés. On laisse des gens mourir dehors parce qu’il n’y a plus de place au 115. On mange de la merde qui provoquera à long terme des cancers parce que la nourriture saine coûte trop cher. On tue nos agriculteurs par des contrats avec des grandes entreprises qui transforment leurs produits en merdes et ne permettent pas de se sortir un salaire.

On ne reconnait même pas le burn-out comme maladie professionnelle parce que ce serait mettre leur nez dans le caca. On exploite des étrangers sur nos chantiers parce que ça nous coûte moins cher. On met la pression aux salariés pour qu’ils soient de plus en plus rentables, les traitants comme des sous merdes provoquant des arrêts maladies pour ensuite les traiter de fainéants ou fermer les yeux sur les suicides en cherchant une raison familiale à ce geste.

On fait passer des lois comme les 80km/h, plus de radars pour réduire le nombre de morts sur les routes alors que le taux de suicide est bien plus élevé mais eux ne rapportent rien. Au contraire ça nous coûterait.

Des « on », il y en a tellement. Mais pouvons-nous nous permettre de fermer les yeux ? Nous dire que la vie est comme ça et ceux qui refusent d’adhérer à ça, sont des fainéants, des extrémistes, des homophobes, des antisémites, des radicalisés.

Pourquoi ne dirait-on pas plutôt que nos plus belles parts d’être humain se sont réveillées : la solidarité et la réelle justice. Soyons de plus en plus nombreux avant qu’il ne soit trop tard

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ford (france inter)

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ford (france info)

philippe poutou

Blanquefort : « On est plutôt satisfaits de voir un gouvernement qui est en colère contre Ford », se félicite Philippe Poutou

Philippe Poutou, ancien candidat NPA à la présidentielle et délégué CGT de Ford à Blanquefort (Gironde) est revenu, lundi pour France Inter, sur la situation de l’usine dont le constructeur américain souhaite se séparer.

Les pouvoirs publics étaient restés jusqu’ici « passifs », selon Philippe Poutou, lundi 7 janvier sur France Inter, face à la menace de fermeture du site Ford située à Blanquefort en Gironde.  L’ancien candidat NPA à la présidentielle et délégué CGT de l’usine « est plutôt satisfait de voir un gouvernement qui semble déterminé et qui est en colère contre Ford ».

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a assuré, dimanche, que les discussions continuaient pour convaincre le groupe américain de ne pas fermer le site, mais aussi que l’État restait prêt à le racheter provisoirement pour le revendre au repreneur franco-belge Punch.

L’État a l’idée d’acheter cette usine de manière très momentanée, comme ça la responsabilité d’un éventuel échec de la reprise retomberait sur l’État et ça rassurerait Ford. Philippe Poutouà France Inter

Un rachat de l’usine Ford à Blanquefort par l’État « servirait à ça, finalement, donc ce n’est pas terrible moralement, parce que Ford devrait rester responsable de la suite de l’histoire, mais c’est comme ça. Nous, on en est là, on a un dispositif qui est en train d’être discuté, peaufiné » et « on continue d’y croire », a poursuivi Philippe Poutou.

Une réunion est d’ailleurs prévue, mercredi à Bercy, mais aucun représentant du groupe américain ne sera présent, selon Philippe Poutou. « Ford ne discute pas du tout, ni avec le repreneur ni avec l’État, ça se passe par avocats interposés cette histoire », a dénoncé le délégué syndical.

« Ford dit, comme l’ensemble des patrons quand ils ferment une usine, que c’est une chance pour nous de rebondir, qu’un plan de licenciements c’est bien parce que c’est beaucoup d’ar-gent. Mais nous on pense que tout ça c’est du pipeau. La seule façon de sauver notre avenir c’est de sauver notre emploi », a souligné l’ancien candidat à la présidentielle.

07/01/2019

https://www.francetvinfo.fr/

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06 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

travailleuses (le-monde-diplomatique lm rp essf)

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La puissance insoupçonnée

des travailleuses

La présence sur les ronds-points d’une forte proportion de femmes des classes populaires a frappé les observateurs. Ces travailleuses font tourner les rouages des services essentiels : santé, éducation. Au-delà du soulèvement de cet automne, elles représentent le pouvoir ignoré du mouvement social.

Elles portent un gilet jaune, filtrent la circulation sur les ronds-points, parlent de leur vie quotidienne, se battent.

Infirmières, auxiliaires de vie sociale, assistantes maternelles ont elles aussi endossé la parure fluorescente pour déchirer le voile qui d’ordinaire dérobe au regard extérieur les travailleuses des coulisses. Femmes et salariées, double journée de labeur et revenu modique, elles tiennent à bout de bras la charpente vermoulue de l’État social.

Et pour cause 

Les secteurs majoritairement féminins de l’éducation, des soins, du travail social ou du nettoyage forment la clé de voûte invisible des sociétés libérales en même temps que leur voiture-balai.

L’arrêt de ces services fondamentaux paralyserait un pays.

Qui, alors, s’occuperait des personnes dépendantes, des nourrissons, du nettoyage, des enfants ? Cadres briseurs de grève et forces de l’ordre lancées à l’assaut des barrages cette fois n’y pourraient rien : à l’école de gendarmerie, on n’apprend pas à laver les vieillards. Transférées au siècle dernier de l’univers familial, religieux ou charitable à celui du travail salarié, ces tâches ne sautent aux yeux que lorsqu’elles ne sont plus prises en charge.

À force d’infliger à ces travailleuses réputées endurantes des réductions de moyens alors que la demande croît, ça craque. Femmes de ménage dans les hôtels et dans les gares, employées des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), personnel hospitalier ont tour à tour mené depuis la fin de l’année 2017 des batailles âpres et souvent victorieuses.

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Pierre Rimbert Janvier 2019

Lire aussi:

Des centaines de femmes « gilets jaunes » manifestent dans plusieurs villes de France (Le Monde)

Des « cheminotes en colère » appellent à manifester avec les femmes Gilets Jaunes (Révolution Permanente)

Priscillia Ludovsky : « C’est important que les femmes aient aussi leur mot à dire » (RP)

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Handicap : colère noire en gilets jaunes (Faire Face)

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04 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

penn sardin (hplf)

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Joséphine Pencalet

L’une des premières femmes élues en France

Ouvrière bretonne, Joséphine Pencalet (1886-1972) est élue en mai 1925 conseillère municipale à Douarnenez, alors que les femmes ne sont à l’époque ni électrices ni éligibles.

Jeune veuve

Joséphine Pencalet naît le 18 août 1886 dans une famille nombreuse de marins pêcheurs, en Bretagne. Elle fait ses études à Quimperlé, dans un internat catholique. En 1908, à l’âge de vingt-deux ans, Joséphine épouse le conducteur de locomotive Léon Leray, avec qui elle s’installe en Île-de-France. Le couple a deux enfants avant la mort de Léon après la guerre. Jeune veuve, Joséphine retourne s’installer en Bretagne et prend un poste d’ouvrière à la conserverie de sardines à l’huile Chancerelle, à Douarnenez dans le Finistère.

La grande grève de Douarnenez

Fin 1924, la « grande grève » des ouvrières de Douarnenez éclate. Vingt ans plus tôt, les Penn Sardinn (surnom des ouvrières, « tête de sardine », du à la coiffe du pays, ainsi nommée le blog) ont déjà obtenu par la grève d’être payées à l’heure et non plus à la tâche. En 1924, les ouvrières militent pour leurs conditions de travail et une revalorisation de leur salaire. Elles sont mal payées, travaillent alors dix heures par jour, malgré la loi de 1919, sans majoration des heures supplémentaires ou du travail de nuit en théorie interdit aux femmes. Leurs revendications portent sur l’ensemble de ces points.

Dès novembre 1924, la grève est générale dans toutes les usines du port et les femmes, représentant la majorité des grévistes, manifestent en première ligne avec le mot d’ordre « Pemp real a vo ! » « Ce sera cinq réaux », soit 1,25 franc). La grève s’envenime avec l’appel à des briseurs de grève, la destitution du maire communiste, des violences et des scandales. Elle s’achève en janvier 1925, après 46 jours, par un accord validant une partie des revendi-cations des grévistes. Impliquée au sein du syndicat des Métaux de Douarnenez, Joséphine participe au mouvement de grève jusqu’au bout.

L’une des premières femmes élues

La même année, le Parti Communiste présente des candidates aux élections municipales, bien que les femmes ne puissent en droit ni voter ni être élues. En quatrième position sur la liste du maire communiste destitué Daniel Le Flanchec, Joséphine fait partie de ces candidates. En mai, elle est élue conseillère municipale dès le premier tour, ce qui fait d’elle l’une des premiè-res femmes élues en France. Élue dès le premier tour à Bobigny, Marthe Tesson devient maire-adjointe. D’autres seront élues au second tour.

Joséphine siège au conseil municipal de Douarnenez pendant quelques mois. En novembre 1925, le Conseil d’Etat invalide son élection au motif qu’une femme n’a pas le droit de vote, et ne peut donc siéger dans une assemblée qui vote. Le Parti Communiste ne réagit pas à cette décision et Joséphine retourne à sa vie d’ouvrière, amère et avec le sentiment d’avoir été utilisée. Malgré la brièveté de son mandat, Joséphine contribue à faire évoluer la vision du rôle des femmes en politique.

https://histoireparlesfemmes.com/

pen

Lire aussi:

« Joséphine Pencalet, une Penn sardin à la Mairie »

Page Wikipédia de Joséphine Pencalet

Une rue pour la première femme élue de France !

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