Archive | Luttes écolos en Bretagne

04 décembre 2022 ~ 0 Commentaire

erika (écologistas)

erika

Accident du pétrolier Erika ( 12 décembre 1999)

Pollution de l’Erika

Aux premières heures du 12 décembre 1999, l’Erika s’est littéralement brisé en deux, entraînant plus de 20 000 tonnes de fioul qui ont souillé 400 kilomètres de côtes bretonnes. Cette catastrophe écologique a été un signal d’alarme pour la législation européenne en matière de sécurité maritime, mais il reste à prouver que son application pratique permettra d’éviter d’autres désastres.

Avec 25 ans derrière lui et une grande partie du monde, l’Erika battait pavillon maltais sur son chemin de Livourne (Italie) à Dunkerque (France). Sous le commandement de Karun Mathur, l’homme-orchestre – appelé ainsi par la presse française parce qu’avec un équipage réduit, il accomplit de multiples tâches à bord – il lance la première alerte le 11 décembre à midi pour signaler une gîte à tribord et des fissures dans les réservoirs.

Après plusieurs messages confus, la nuit est tombée et la forte houle et la mauvaise répartition de la cargaison pour compenser l’inclinaison ont eu raison du vieux navire qui, après avoir lancé le dernier SOS à 6 heures du matin, a coulé quelques heures plus tard au large du golfe de Gascogne.

Le jugement publié 7 ans plus tard par le tribunal correctionnel de Paris a estimé que, indépendamment des actions de l’équipage, l’accident était dû à une défaillance structurelle de la coque.

Un problème qui aurait dû être détecté par l’entité qui a effectué la dernière inspection du navire : la société de certification RINA. Ainsi, le verdict a créé un précédent important en obligeant cette entité, ainsi que la compagnie pétrolière Total, l’armateur et le gestionnaire du pétrolier, à payer 192 millions d’euros de compensation. Sur ce montant, 154 millions devaient être versés à l’État français et le reste aux 101 parties civiles de l’affaire.

Mais ce n’est pas tout, la catastrophe a mis en évidence la nécessité d’un cadre réglementaire plus efficace pour contrôler le transport maritime, ainsi que la reconnaissance pour la première fois dans ce domaine du délit de dommage environnemental, une évolution juridique saluée par les organisations environnementales.

Suite à l’incident, une série de mesures connues sous le nom d’Erika I ont été mises en place. Ce paquet, préparé par la Direction générale des transports et de l’énergie de la Commission européenne, comprenait trois propositions réglementaires relatives aux critères de sécurité. Tout d’abord, il a été proposé d’améliorer les procédures d’inspection, notamment pour les pétroliers.

Dans le cas de l’Erika, une grande partie de la responsabilité, avec la compagnie pétrolière Total, est attribuée à la société italienne RINA, qui a effectué la dernière certification du navire sans notifier aucune anomalie, un fait considéré comme suspect au vu de l’usure normale d’un navire de 25 ans. Deuxièmement, les conditions applicables aux sociétés de classification – groupes de professionnels chargés de ces inspections – ont été renforcées, donnant aux États membres de l’UE la compétence d’évaluer le respect des règles.

Enfin, l’entrée en vigueur de l’exigence de double coque pour les pétroliers a été accélérée. Cette mesure avait déjà été établie par l’OMI (Organisation maritime internationale) en 1973, par le biais de la convention européenne MARPOL, un accord international visant à prévenir la pollution par les navires âgés de 25 ans ou plus. Compte tenu du non-respect de la convention, il est paradoxal que cette troisième mesure ait été controversée en raison d’un autre problème, à savoir que la règle s’appliquerait aux navires battant pavillon de l’UE et à ceux faisant escale dans des ports communautaires, et n’empêcherait donc pas le transit de navires non communautaires dans les eaux de l’UE.

Ils ont toutefois été adoptés sans modification dans cette troisième proposition. À la fin de la même année, le deuxième paquet de mesures -Erika II- a été proposé, qui était un peu plus pratique, puisqu’il complétait la législation précédente en mettant l’accent sur la directive relative au contrôle du trafic maritime. Cela s’est fait par la mise en œuvre du réseau SafeSeaNet, dans lequel les États membres partagent des informations sur leurs flottes et l’état des navires individuels.

Ce moyen a été modernisé avec l’incorporation cette année d’un système d’identification et de suivi à longue portée -LRIT- qui transmet des informations sur le navire toutes les six heures. Ces deux opérations formalisent l’obligation pour tous les navires de fournir des informations sur leur situation.

Les deux autres propositions de règlement étaient : la création d’un fonds d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures -COPE-, renforçant ainsi la solvabilité des deux autres conventions existantes : la CLC (Convention internationale sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution, 1991) et le FIPOL (Fonds international d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures).

Ce nouveau fonds serait financé par les contributions des entreprises européennes recevant annuellement plus de 10 millions d’euros.

https://www.ecologistasenaccion.org/

Lire aussi:

Erika (pétrolier)

Marée noire de l’Erika : il y a 20 ans, un désastre écologique sur 400 km de côtes

Note:

En 2002 c’est le « Prestige » qui salissait la Galice et la réponse fut le mouvement « Nunca Mais » (Plus jamais).

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03 décembre 2022 ~ 0 Commentaire

bhopal (écologistas)

bhopal

Cette célèbre et terrible photo a été prise par le photographe Raghu Rai le matin du 3 décembre 1984, après la nuit d’horreur à Bhopal.

Accident de Bhopal (1984)

Cette célèbre et terrible photo a été prise par le photographe Raghu Rai le matin du 3 décembre 1984, après la nuit d’horreur à Bhopal.

Le 3 décembre 1984, la catastrophe industrielle la plus effroyable de l’histoire s’est produite : en raison de l’absence de mesures de sécurité dans l’usine chimique Union Carbide de Bhopal, en Inde, près d’un demi-million de personnes ont été exposées à l’isocyanate de méthyle, un gaz horriblement toxique.

Le gouvernement a estimé le nombre de décès à 5 295, le nombre d’invalides permanents à 4 902 et le nombre de blessés graves à 42. Les personnes concernées affirment que le chiffre est de 22 917 décès, 508 432 cas d’invalidité permanente et 33 781 cas de blessures graves.

En 1969, Union Carbide a commencé à déverser des déchets chimiques, qui se sont répandus sous terre, contaminant les puits et les aquifères. En 1989, cinq ans après la catastrophe, la multinationale américaine a réalisé une étude sur les niveaux de toxicité dans le sol et les résultats étaient terrifiants, ils ont donc été dissimulés et n’ont jamais été révélés.

En 1989, Union Carbide et le gouvernement indien, qui représentait les victimes, ont conclu un accord à l’amiable dans lequel la société a versé 470 millions de dollars. Sur les 500 000 personnes qui ont reçu une indemnisation, 93 % ont reçu 327 euros.

Le 7 juin 1999, le tribunal indien chargé de juger la catastrophe a condamné huit cadres d’Union Carbide à deux ans de prison et 8 900 euros, une dérision de la tragédie causée par la gigantesque fuite de gaz mortelle.

De 1999 à 2013, de nombreuses études indépendantes ont été menées sur l’eau contaminée et les données étaient extrêmement graves : le mercure dépassait jusqu’à 6 millions de fois les limites de sécurité ; le trichloréthylène, un composé qui affecte le développement des fœtus, plus de 50 fois ; la présence d’isocyanate de méthyle dans le lait maternel des femmes…

En novembre 2014, le gouvernement indien a annoncé une révision de l’indemnisation des personnes touchées et un recomptage des victimes. Les autorités indiennes réclament 1,2 milliard de dollars supplémentaires à Dow Chemical, désormais propriétaire d’Union Carbide, tandis que les victimes demandent 8,1 milliards de dollars.

En ce triste anniversaire, Ecologistas en Acción est solidaire de la population de Bhopal et soutient la demande de responsabilité civile et pénale de l’entreprise chimique américaine Dow Chemical.

3 décembre

https://www.ecologistasenaccion.org/

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02 décembre 2022 ~ 0 Commentaire

pesticides (écologistas)

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Pesticides perturbateurs endocriniens détectés, non autorisés et candidats à la substitution dans les aliments espagnols

Ecologistas en Acción étoffe son rapport sur les pesticides perturbateurs endocriniens détectés dans les aliments, y compris les pesticides non autorisés par l’Europe et ceux qui sont candidats à la substitution par les autorités.

En 2020, les aliments espagnols contenaient des traces de 125 pesticides différents : 57 perturbateurs endocriniens, 64 non autorisés et 13 candidats à la substitution en raison de leur toxicité élevée. L’Espagne doit réduire sa dépendance aux pesticides si elle veut atteindre l’objectif européen de réduction de 50 % de l’utilisation et des risques liés aux pesticides chimiques d’ici 2030.

L’objectif du rapport d’Ecologistas en Acción intitulé « Direct sur vos hormones. Les résidus de pesticides dans les aliments espagnols » vise à rendre visible la mesure dans laquelle les aliments exposent les gens à des pesticides toxiques. Dans cette édition, l’étude est élargie pour rendre compte de la contamination par des pesticides non autorisés par l’Europe et par des candidats au remplacement en raison de leur forte toxicité, ainsi que par des pesticides affectant le système hormonal ou des perturbateurs endocriniens.

En 2020, selon les analyses du programme de surveillance des résidus de pesticides, compilées par l’Agence espagnole de la consommation, de la sécurité alimentaire et de la nutrition (AESAN), les denrées alimentaires espagnoles contenaient des traces quantifiables de 125 pesticides différents. Parmi ceux-ci, 57 (58 si l’on inclut le DDT) sont des perturbateurs endocriniens, 64 ne sont pas autorisés et 13 sont candidats à la substitution par les autorités.

Bien que la limite légale pour chaque pesticide n’ait été dépassée que dans 1,75% des denrées alimentaires testées, il est préoccupant de constater que 35% des échantillons contenaient un ou plusieurs pesticides dont la toxicité combinée est inconnue.

Comme chaque année, les fruits et légumes sont le groupe le plus contaminé, avec 117 pesticides contaminant 41% des échantillons. Les deux aliments contenant le plus de résidus étaient les oranges, avec 36 substances différentes, et les poivrons, avec 27.

Ecologistes en action dénonce le fait que l’Espagne, leader européen des ventes de pesticides, est aussi le pays qui fournit la plus mauvaise information publique sur la présence de pesticides dans les aliments, puisqu’elle n’analyse que 3,26 échantillons pour 100 000 habitants, contre une moyenne européenne de 17,25. En outre, le nombre d’échantillons testés pour les résidus de pesticides a été réduit ces dernières années.

Au vu de ces résultats, il est essentiel de réduire la dépendance aux pesticides dans l’agriculture et d’encourager le passage à l’agriculture agro-écologique ; de fournir des informations plus représentatives à la population, y compris les pesticides utilisés en plus grande quantité, comme le 1,3-dichloropropène ou le glyphosate, substance cancérigène interdite ; de contrôler les autorisations exceptionnelles pour les pesticides non autorisés ; et d’évaluer les substances candidates afin de les remplacer progressivement par leurs alternatives existantes.

C’est le seul moyen d’atteindre l’objectif européen de 2030, à savoir une réduction de 50 % de l’utilisation et des risques liés aux pesticides chimiques.

29/11/2022

https://www.ecologistasenaccion.org/

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01 décembre 2022 ~ 0 Commentaire

solidarité (grs)

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revsoc.grs@gmail.com

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01 décembre 2022 ~ 0 Commentaire

algues vertes ( fr3 )

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Algues vertes: la justice écarte la responsabilité de l’Etat dans le décès d’un joggeur

Le tribunal administratif de Rennes a rejeté en bloc les demandes d’indemnisation de la famille de Jean-René Auffray, un joggeur mort en septembre 2016 dans une vasière envahie d’algues vertes à l’embouchure du Gouessant (Côtes-d’Armor), conformément aux conclusions du rapporteur public.

« Les requêtes des consorts Auffray sont rejetées », écrit le tribunal dans une décision en date du 25 novembre et transmise ce mercredi 30 novembre à  nos confrères de l’AFP.

Durant l’audience du 27 octobre, le rapporteur public Dominique Rémy avait certes dénoncé la « carence de l’Etat » dans la prolifération des algues vertes en Bretagne mais estimé que le « lien de causalité » entre la présence des algues et le décès du joggeur « ne peut être établi, et il en va de même pour la responsabilité de l’Etat ». « M. Auffray est décédé d’une insuffisance respiratoire brutale qui aurait pu être due à une exposition aux algues vertes ou à un arrêt cardiaque », a-t-il déclaré.

Rappel des faits

Âgé de 50 ans et adepte du trail, Jean-René Auffray avait été retrouvé mort à Hillion le 8 septembre 2016, dans la vase de l’estuaire du Gouessant, qui se jette dans la baie de Saint-Brieuc et où il s’était vraisemblablement aventuré pour secourir son chien.

En apprenant le lieu du décès, fréquemment sujet aux marées vertes, des associations s’étaient immédiatement interrogées sur le lien avec les algues vertes qui, en se décomposant, émettent du sulfure d’hydrogène (H2S), un gaz potentiellement mortel à forte dose.

Deux semaines après les faits, le parquet de Saint-Brieuc avait ordonné l’exhumation du corps du joggeur pour pratiquer une autopsie et des analyses toxicologiques. Effectuées trop tardivement, celles-ci n’avaient cependant pas permis de déterminer clairement les causes de la mort, et l’enquête avait été classée sans suite en avril 2017.

La famille de la victime avait saisi la justice administrative en juillet 2019 pour demander réparation auprès de la commune d’Hillion, de l’agglomération de Saint-Brieuc et de l’Etat, réclamant près de 600.000 euros d’indemnisation des préjudices subis.

Maître François Lafforgue, avocat de la famille, avait quant à lui affirmé à l’audience que la présence d’hydrogène sulfuré  était « avérée sur le site » grâce à des « mesures faites par des associations » et que « le rapport d’autopsie ne fait état d’aucune autre cause possible du décès ».

30/11/2022 CJ

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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30 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

nucléaire (reporterre)

nukleyaire

Le nucléaire reprend espoir malgré ses déboires

Le World Nuclear Exhibition, salon international de l’énergie atomique, s’ouvre près de Paris. Il se déroulera dans une ambiance optimiste pour cette énergie, malgré les problèmes récurrents de sûreté subis par l’EPR.

Le World Nuclear Exhibition, le plus grand salon mondial dédié à la production d’énergie nucléaire, ouvre ses portes ce mardi 30 novembre au parc des expositions de Paris Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis). Près de 1 000 « hauts décisionnaires internationaux » — gouvernementaux, institutionnels, grands acheteurs — ainsi que « les grands acteurs internationaux de la filière » sont attendus à cet événement porté par le Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire (Gifen).

Cette 4e édition, intitulée « L’industrie du nucléaire, un acteur clé pour une société bas carbone et un avenir responsable », entend faire la promotion de l’atome dans la lutte contre le changement climatique. « Le nucléaire représente l’une des technologies clés du futur mix énergétique pour une transition durable vers une société zéro carbone », assure le communiqué de presse, qui annonce une journée spéciale consacrée aux petits réacteurs modulaires.

Ce salon se tient alors qu’en France, les décisions sur la relance du nucléaire se profilent avant un véritable débat. Le futur mix énergétique français est censé être neutre en carbone à partir de 2050, conformément aux engagements climatiques de la France. Premier à passer à l’offensive, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité haute tension RTE a dévoilé le 25 octobre six scénarios possibles pour la moitié du siècle.

Ils sont présentés comme plus faciles à mettre en œuvre et moins coûteux ceux prévoyant la construction de nouveaux réacteurs à partir de 2035 – mais RTE n’a pas exploré précisément le scénario « Sobriété », qui ne sera présenté qu’en début 2022. Deux jours plus tard, l’association négaWatt a détaillé son propre mix pour 2050, 100 % énergies renouvelables et misant sur la sobriété. Le 24 novembre, Greenpeace et l’institut Rousseau remettaient en cause dans un rapport commun les calculs économiques de RTE qui avantageaient les scénarios nucléaires, en soutenant que le coût du 100 % renouvelable et d’un scénario avec nucléaire « serait d’un ordre de grandeur similaire » en 2050-2060 — à condition de raisonner en coût courant économique (CCE) plutôt qu’en coûts complets annualisés comme RTE. Ce mardi 30 novembre, ce sera au tour de l’Ademe de dévoiler ses quatre scénarios « Transition(s) 2050 », « pour atteindre la neutralité carbone en 2050 », et de l’Agence internationale de l’énergie d’évaluer les politiques énergétiques de la France.

Reste à savoir si ce projet de relance est crédible

En parallèle, le nucléaire est devenu une question centrale de l’élection présidentielle. Deux sondages commandés ces dernières semaines par le groupe nucléaire français Orano puis par le quotidien Les Échos suggèrent qu’un nombre croissant de Français sont favorables à l’atome. Le 8 novembre, lors de leur débat sur LCI, les candidats Les Républicains ont tous annoncé leur volonté de lancer la construction de nouveaux réacteurs : six pour Valérie Pécresse, « six ou huit, peut-être dix » pour Michel Barnier et dix pour Xavier Bertrand. Côté extrême droite, Marine Le Pen a déjà exprimé son intention de construire trois nouveaux EPR et Éric Zemmour, dix. À gauche, les candidats Arnaud Montebourg, ancien socialiste, et Fabien Roussel, du Parti communiste, se sont également prononcé pour une relance du nucléaire. Seuls Yannick Jadot (Europe Écologie-Les Verts), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Anne Hidalgo (Parti socialiste), ont clairement exprimé leur opposition à la construction de nouvelles capacités.

Le débat a largement débordé l’Hexagone pour atteindre les plus hautes instances européennes. La Commission européenne doit proposer d’ici la fin de l’année sa « taxonomie verte », une liste des énergies considérées comme vertueuses pour le climat. Seules les filières incluses dans cette liste auront accès aux investissements verts. Pour la France, l’enjeu est vital. Elle a pris la tête d’une coalition d’États [1] qui défendent bec et ongles l’inscription du nucléaire dans cette taxonomie. Pour obtenir cette alliance et notamment amadouer la Pologne, la Hongrie et la Tchéquie, elle aurait même cosigné un texte plaidant pour l’intégration du gaz — un combustible fossile — dans la taxonomie.

Reste à savoir si ce projet de relance est crédible. Pour l’heure, un seul des EPR lancés par EDF dans le monde depuis 2005 est en fonctionnement : celui de la centrale de Taishan, qui en compte deux, en Chine. L’un de ses réacteurs a dû être mis à l’arrêt en juillet dernier à cause d’une accumulation de gaz rares radioactifs dans son circuit primaire. De nouvelles informations laissent penser que le défaut décelé à Taishan pourrait être générique, c’est-à-dire propre à tous les EPR. Si cela se confirmait, il faudrait d’abord revoir leur conception avant toute décision de construction.

Les chantiers actuels de ce réacteur restent d’ailleurs en difficulté. L’EPR de Flamanville n’a toujours pas démarré et accuse dix ans de retard et 8,7 milliards de surcoûts — il devait coûter 3,3 milliards et est désormais estimé à 19 milliards. L’EPR finlandais d’Olkiluoto a lui aussi plus d’une décennie de retard et ne devrait pas fournir d’électricité avant juin 2022.

Lors d’une conférence de presse le 8 novembre dernier, EDF s’est pourtant dit « prêt » en cas de lancement d’un programme de construction. Mais plusieurs éléments permettent d’en douter. Selon un document de travail daté d’octobre dévoilé par le média Contexte, le gouvernement ne tablerait pas sur une mise en service de nouveaux EPR avant 2040. Le coût du programme y est réévalué à la hausse, à 64 milliards d’euros au lieu de 52-56 milliards. Une version officielle du rapport qui doit être publiée prochainement devrait prendre des hypothèses plus optimistes, précise toutefois Contexte.

L’Allemagne a fait le choix des énergies renouvelables 

Le 18 novembre, la Cour des comptes jetait à son tour un pavé dans la mare en exprimant ses doutes sur notre « capacité à construire un nouveau parc de réacteurs [nucléaires] dans des délais et à des coûts raisonnables ». Parmi les points de vigilance évoqués, les lieux d’implantation de ces nouveaux réacteurs — le changement climatique restreignant le nombre de sites disponibles. Mais aussi la gestion des combustibles nucléaires usés et des déchets radioactifs, puisque lancer un nouveau parc nécessiterait de redimensionner l’usine de retraitement de La Hague, de prévoir de nouveaux sites d’entreposage et d’avoir la garantie que le centre d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo soit mis en service un jour. Sur ce dernier point, l’Autorité environnementale a souligné un manque d’information sur les coûts environnementaux et économiques de ces différentes installations dans un avis rendu le 23 novembre.

Pendant que la droite et l’extrême droite française spéculent sur la construction de réacteurs EPR dont EDF peine à grand-peine à en fabriquer un en état de marche, l’Allemagne a confirmé son choix de tout placer sur les énergies renouvelables pour atteindre la neutralité carbone : la plus grande puissance économique du continent prend donc une direction radicalement différente de celle qu’envisagent les partis de droite et d’extrême droite en France.

LE GOUVERNEMENT À FOND SUR LES EPR

M. Macron pourrait intervenir au World Nuclear Exhibition mercredi 1e décembre, pour préciser ses intentions : lors de son allocution télévisée mardi 9 novembre, il a annoncé le lancement de nouvelles centrales nucléaires, sans en préciser la nature, le nombre et les échéances de mise en service. Le lendemain matin, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, promettait sur France Info des « précisions à la fois d’ordre technique et de calendrier » dans les semaines suivantes. Le même jour, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, invité de France Inter, évoquait plusieurs hypothèses sur le nombre d’installations envisagé par le président de la République : « Est-ce que c’est six ? Est-ce que c’est huit ? Est-ce que c’est dix ? »

Ce projet est à l’étude depuis plusieurs années. En août 2018, le quotidien Les Échos dévoilait un rapport commandé par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et le ministre de la Transition écologique et solidaire de l’époque, Nicolas Hulot, qui préconisait la construction de six nouveaux EPR à partir de 2025 pour maintenir les compétences de la filière nucléaire française. Depuis, l’État et EDF avancent main dans la main et dans la plus grande discrétion dans la mise en œuvre de ce chantier.

En novembre 2020, Reporterre rendait public un rapport prévoyant le financement par l’État de la moitié des 47,2 milliards que devaient coûter ces nouveaux équipements nucléaires. Un mois plus tard, les sites convoités par l’électricien étaient dévoilés : Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Hauts-de-France), et Bugey (Ain) ou Tricastin (Drôme). En janvier 2021, on apprenait qu’EDF avait déjà commandé des pièces forgées en vue de la construction de ces nouveaux EPR.

https://reporterre.net/

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30 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

sobriété (cnrs)

Face à la crise énergétique, les citoyens français sont invités à réduire leur consommation en effectuant les « petits gestes du quotidien » comme baisser le chauffage ou éteindre la lumière dans une pièce vide. Est-ce suffisant pour réaliser de vraies réductions d’énergies ? La chercheuse Lise Desvallées plaide pour un questionnement global de nos consommations à l’échelle de la société. Pour elle, l’enjeu n’est pas uniquement d’éviter des coupures d’électricité cet hiver, mais bien de diviser par dix notre empreinte carbone pour limiter les bouleversements du changement climatique.

Lire aussi:

« La sobriété ne peut pas reposer seulement sur les individus »

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30 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

nucléaire (greenpeace)

nukehugger

Malgré la guerre en Ukraine, la France se fait livrer une importante cargaison d’uranium naturel et enrichi en provenance de Russie

Le 29 novembre 2022, le cargo Mikhail Dudin accoste à Dunkerque et décharge plusieurs dizaines de fûts d’uranium enrichi et dix containers d’uranium naturel en provenance de Russie. Des photos et vidéos sont téléchargeables ici

Malgré la récente décision du gouvernement d’ordonner à Orano et EDF l’arrêt de l’exportation d’uranium de retraitement vers la Russie [1] , le commerce nucléaire entre la France et la Russie continue à battre son plein.

Ce matin dans le port de Dunkerque, le cargo Mikhail Dudin a déchargé des dizaines de fûts d’uranium enrichi et dix containers d’uranium naturel [2] en provenance de Russie. La cargaison a été chargée à bord d’un train et de plusieurs camions dont les destinations pourraient être Pierrelatte en France et/ou Lingen, en Allemagne.

“La poursuite du commerce nucléaire avec la Russie, alors que la guerre en Ukraine fait rage, est scandaleuse. Si l’arrêt de l’exportation d’uranium de retraitement exigé par le gouvernement est un bon signal qui représente une première étape vers la fin de la collaboration avec Rosatom, industrie au service de Vladimir Poutine, cela ne représente que la partie émergée de l’iceberg. En atteste l’importante cargaison de dizaines de fûts d’uranium enrichi et de containers d’uranium naturel arrivée ce matin à Dunkerque”, s’indigne Pauline Boyer, chargée des campagnes Nucléaire et Transition énergétique à Greenpeace France.

“L’industrie nucléaire française est pieds et poings liés avec la Russie tout au long du parcours du combustible, de l’extraction de l’uranium jusqu’à la question des déchets. Alors que l’argument de l’indépendance énergétique est mis en avant par les tenants de l’industrie nucléaire, le maintien de ces activités en temps de guerre en Ukraine montre bien que le nucléaire ne permettra jamais notre indépendance énergétique. Nous demandons à Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, la rupture des contrats sur le commerce d’uranium avec la Russie”.

Greenpeace demande l’arrêt définitif de tout commerce nucléaire avec la Russie et la résiliation de tous les contrats en cours entre l’industrie nucléaire française et Rosatom ainsi que ses filiales, en commençant par les contrats concernant le commerce d’uranium entre Tenex, filiale de Rosatom, et respectivement EDF et Orano.

29 novembre 2022

https://www.greenpeace.fr/

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30 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

yves-marie le lay (plougasnou)

algues-vertes-2

L’association FORCE 5 vous invite à une conférence de Yves Marie Le Lay, Président de l’association Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre :

« Pourquoi toujours des marées vertes toxiques ? 
 Mercredi 7 décembre à 20h
 Salle des associations
 Impasse Pierre de Coubertin
 29630 Plougasnou
Yves Marie Le Lay dédicacera son dernier livre à cette occasion  :
« Les algues vertes, un scandale d’état »

 

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28 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

chine (courrier)

paysans
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Des agriculteurs détruisent leurs récoltes pour protester contre la politique “zéro Covid”

Face aux difficultés logistiques, des cultivateurs des provinces du Henan et du Shandong jettent leurs choux et leurs oignons ou proposent de les offrir à ceux qui viendraient les en débarrasser. Conséquence : le prix des légumes flambe et le risque de pénuries inquiète. 

Alors que les villes s’enflamment en Chine pour protester contre les confinements, les campagnes se trouvent aussi confrontées aux limites de la politique “zéro Covid” de Pékin. La dureté des contrôles sanitaires “ne laisse aux agriculteurs d’autre choix que de détruire les récoltes qu’ils ne peuvent plus vendre”, suscitant la crainte de pénuries alimentaires et “provoquant l’indignation sur les réseaux sociaux”, rapporte Bloomberg.

Après les problèmes de l’immobilier et les difficultés du fabricant d’iPhone Foxconn, une autre “crise imminente” menace la province du Henan, celle du “gaspillage de légumes”, appuie Sixth Tone. Les agriculteurs du “grenier de la Chine” se plaignent “que les fermetures systématiques et autres restrictions excessives aient perturbé l’approvisionnement et mis à rude épreuve le transport et la logistique”.

Choux et oignons à la benne

Dans cette province qui assure 10 % de la production nationale de légumes, “191 millions de kilos de choux et 3,5 millions de kilos d’oignons” ne pourront pas “atteindre les consommateurs”. Un tableau partagé en ligne présente l’état des stocks de “près de 500 agriculteurs [qui] déclarent rencontrer des difficultés à vendre leurs légumes”, rapporte le magazine anglophone de Shanghai. Certains proposent même de donner leur récolte à qui prendrait en charge les coûts de main-d’œuvre.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent des cultivateurs jeter leur production, ajoute Bloomberg. “Des champs de légumes sont détruits dans les principales régions productrices du Shandong et du Henan pour faire place aux semailles.”

Menaces sur le coût de l’alimentation

Alors qu’une vague de manifestations inédites touche les grandes villes du pays, cette nouvelle crise “menace de faire grimper le coût des denrées alimentaires, déjà élevé, et de compromettre les efforts déployés par Pékin pour préserver l’approvisionnement en nourriture”, note le média économique américain.

“Les pertes subies par les agriculteurs sont susceptibles d’affecter la chaîne d’approvi-sionnement”, confirme Sixth Tone. Sur le marché de gros de Xinfadi, à Pékin, “dont le Henan est l’un des principaux fournisseurs”, le prix des légumes a augmenté de 9 % depuis le début de novembre, “alors que le prix d’achat de certains légumes aux producteurs a chuté”.

Un agriculteur explique, sous le couvert de l’anonymat : “Si ça continue, je ne pourrai rien faire d’autre que regarder [mes légumes] pourrir.”

https://www.courrierinternational.com/

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