Archive | Luttes écolos en Bretagne

07 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

ogm pesticides (le télégramme)

ogm

Faucheurs volontaires. Une nouvelle audition hier

Elle revendique sa participation, le 4 novembre 2016 dans les Côtes-d’Armor, à une opération des Faucheurs volontaires. La Quimpéroise Marie Nicolas était, hier, entendue par la police dans le cadre de l’enquête ouverte après la visite de silos de soja OGM à Plouagat, ainsi que de plusieurs magasins de Saint-Brieuc, où des bidons de Roundup avaient été rendus impro- pres à la commercialisation. Elle a bénéficié du soutien de quelque 70 personnes réunies devant le commissariat, le temps de son audition.

Le souhait d’un procès

« Je n’ai rien à dire à un officier de police judiciaire. Je veux un procès », commentait la militante à sa sortie du commissariat. Sur la poitrine, « 0,19 » inscrit au feutre noir sur une étiquette blanche. « C’est le taux de glyphosate relevé dans mes urines. Il est faible parce qu’on boit de l’eau traitée par osmose inverse », explique-t-elle.

À ses côtés, plusieurs militants au taux bien plus élevé.

Le tee-shirt de Youn Le Guen affiche un taux de 2,53 ng/ml, malgré une consommation de produits bio depuis de longues années. « J’habite à la campagne », tente-t-il d’expliquer. Le constat conduit les Faucheurs volontaires à railler la position de Nicolas Hulot, qui s’est refusé à une interdiction immédiate de la molécule.

« C’est un quart de pas en avant, cinquante pas en arrière », estime Gilbert, le mari de Marie Nicolas. Le militant prône un retrait du glyphosate et surtout, un changement de prati- ques agricoles, tout en plaidant en faveur de la désobéissance civile.

Un point de vue que les Faucheurs volontaires entendent exprimer devant les tribunaux. Marie Nicolas se réjouit d’ailleurs de la position du parquet de Foix qui, en août, s’était associé à la défense de Faucheurs volontaires pour réclamer la saisine de la Cour européenne de justice sur la question du principe de précaution. « On a tout un travail de sensibilisation à mener », insiste la militante, prête à affronter ses juges.

Jean Le Borgne 07 novembre 2017

http://www.letelegramme.fr/

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07 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

pesticides (eaux et rivières)

pesticideis

Pesticides : 3 recours engagés

Le refus ministériel de compléter l’arrêté national pesticides sera examiné par le Conseil d’État, sur recours de plusieurs associations dont Eau et Rivières de Bretagne.

L’arrêté ministériel du 4 mai 2017 qui encadre l’utilisation des pesticides a fait reculer la protection de l’eau.

En outre et au moment même où de nombreuses études mettent au grand jour les impacts des pesticides sur la santé publique, il ne comporte quasiment aucune prescription pour protéger les riverains des parcelles traitées.

Pour ces raisons, les associations Générations Futures et Eau et Rivières de Bretagne avaient demandé aux ministres signataires de compléter cet arrêté sur plusieurs points, dont notamment :

  • Le retrait de la possibilité de déroger au délai de rentrée sur une parcelle traitée 
  • L’élargissement des zones non traités à proximité des cours d’eau à tous les pesticides , peu importe leur mode d’application ;
  • L’élargissement de délai de rentrée après traitement à tous les pesticides, peu importe leur mode d’application ;
  • L’ajout d’une disposition relative risque de précipitations après traitement ;
  • L’extension de la mesure bretonne d’interdiction d’application des pesticides à proximité des fossés à tout le territoire national.

Le silence des ministres aux demandes des associations dans un délai de 2 mois après réception du courrier équivaut à un refus.

Les associations Générations Futures, Eau et Rivières de Bretagne, Vigilance OGM et pestici- des 16, le collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest et le syndicat Sud Soli- daires estimant nécessaire une modification de ce texte cadre, ils ont déposé 3 recours devant le Conseil d’État.

Pour mener à bien ce combat nous allons avoir besoin de ressources financières complémen- taires. Il va nous falloir trouver au moins 10 000€, c’est pourquoi nous avons décidé de lancer un financement participatif pour inviter toutes celles et tous ceux qui le souhaitent à nous rejoindre dans ce combat !

http://www.eau-et-rivieres.org/

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06 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

bio rennes (gab frab)

ennemo bio

Appel à manifester, mercredi 8 novembre à Rennes. Pour la défense de l’agriculture bio en Bretagne

Où sont les objectifs de développement de la bio en Bretagne?

Alors que la demande des citoyens progresse chaque année en moyenne de 10% (+20% entre 2015 et 2016), quelles sont les ambitions des autorités régionales pour accompagner l’agriculture biologique?

Les agricultrices et agriculteurs bio de Bretagne appellent à manifester mercredi 8 novembre à Rennes.

Création d’emploi, protection de la ressource en eau, réduction et adaptation au changement climatique, réservoirs de biodiversité, santé publique : les services rendus par l’agriculture biologique à la société dans son ensemble sont nombreux et méritent d’être reconnus.

Aujourd’hui, le soutien aux agriculteurs biologiques est menacé : les financements initialement prévus pour soutenir les producteurs bio dans leur démarche jusqu’en 2020 ne seront pas suffisants. Les autorités régionales – Conseil Régional, DRAAF, Agence de l’Eau, Conseils Départementaux- doivent trouver des solutions pour ne pas casser la dynamique bio en Bretagne.

Nous demandons :

• Des objectifs ambitieux de développement de la bio au niveau régional. Le réseau GAB-FRAB défend un objectif 20% de surfaces en bio en 2022 (ambition FNAB)


• La reconnaissance des services environnementaux et sociétaux rendus par l’agriculture biologique, en trouvant rapidement des solutions pour financer les aides à la bio
• L’activation régionale rapide des 200 millions d’euros annoncés par le président Emmanuel Macron pour la rémunération des services environnementaux et des fonds transférés depuis le premier pilier.

Aujourd’hui, nous appelons l’ensemble de nos adhérents, ainsi que la société civile à se rassembler afin de porter ensemble ces messages :

Rendez-vous mercredi 8 novembre à 12 h à Rennes
(centre-ville – précision du lieu à venir)

Téléchargez notre communiqué de presse

http://www.agrobio-bretagne.org/

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05 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

fouesnant algues vertes (ouest france)

algues

Pic d’échouage d’algues vertes en baie de La Forêt

Depuis le début de la semaine les algues vertes s’empilent sur la plage de Kerleven à La Forêt-Fouesnant. L’usine de traitement des algues vertes de Kérambris tourne à plein régime mais est toujours en capacité d’accueil de nouveaux ramassages. Pourtant les algues s’empilent sur les plages.

Depuis la fin de l’été, les volumes d’échouage des algues vertes grimpent en flèche sur les plages de la baie de La Forêt.

Fin juillet, la collecte démarrée en avril atteignait 1 300 t. Ce 1er novembre, trois mois plus tard, le chiffre a été multiplié par quatre. 5 480t d’algues vertes ont été ramassées, avec un pic d’échouage la semaine dernière.

Une capacité de 4 000 tonnes

Le centre de traitement de Kérambris à Fouesnant, qui s’occupe de transformer les algues provenant de Concarneau, La Forêt-Fouesnant et Fouesnant, avait atteint sa capacité de traitement maximal qui est de 4 000 t.

« Cette année, il y a beaucoup d’algues vertes, et nous sommes obligés d’adapter leurs ramassages aux capacités d’accueil du centre de Kérambris, confirme Patrice Valadou, maire de La Forêt-Fouesnant. C’est une question de capacité d’absorption du centre de traitement. Actuellement, le service technique ne peut poursuivre le ramassage et nous sommes en retard. La dernière collecte date de la semaine dernière. »

Pourtant, même si au centre de traitement on reconnaît volontiers un pic d’activité la semaine dernière, on s’étonne de la décision forestoise.

« Nous avons beaucoup collecté la semaine dernière, reconnaît Aurélien Dumont, ingénieur Installations classées protection de l’environnement (ICPE), responsable du traitement des algues à Kérambris. De lundi à jeudi, nous avons ramassé plus de 2 350 tonnes. Mais cela ne nous empêche pas de recevoir de nouveaux arrivages. »

Temps de fermentation divisés par deux

Kérambris a dû mettre en route ses systèmes d’accélération de compostage. Les temps de fermentation ont été divisés par deux et sont passés à deux semaines. Les algues fermentées restent encore deux semaines supplémentaires en maturation. « Nous avons de la place dans l’usine, poursuit l’ingénieur. Aujourd’hui (ce jeudi), on pourrait rentrer 1 000 t. On a fait de la place pour recevoir d’éventuelles collectes. Nous avons d’ailleurs été surpris qu’il n’y ait pas eu de ramassage par les communes ce début de semaine. »

Pour rappel, en 2016, le tonnage total des algues ramassées était de 3 410 tonnes.

En 2015, le chiffre atteignait 6 191 tonnes. Le record étant détenu par l’année 2012 avec 12 000 tonnes d’algues vertes traitées à Kérambris. Les stocks sont importants en fond de baie. Les échouages pourraient continuer jusqu’à la fin de l’année si les vents soutenus de secteur sud à sud-est persistent.

3/11/2017 Philippe Guégan

https://www.ouest-france.fr/

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05 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

décroissance (lmd)

decroissance

Absurdité du productivisme et des gaspillages: pour une société de décroissance

Mot d’ordre des gouvernements de gauche comme de droite, objectif affiché de la plupart des mouvements altermondialistes, la croissance constitue-t-elle un piège ? Fondée sur l’accu- mulation des richesses, elle est destructrice de la nature et génératrice d’inégalités sociales. « Durable » ou « soutenable », elle demeure dévoreuse du bien-être.

C’est donc à la décroissance qu’il faut travailler : à une société fondée sur la qualité plutôt que sur la quantité, sur la coopération plutôt que la compétition, à une humanité libérée de l’économisme se donnant la justice sociale comme objectif. « Car ce sera une satisfaction parfaitement positive que de manger des aliments sains, d’avoir moins de bruit, d’être dans un environnement équilibré, de ne plus subir de contraintes de circulation, etc. » Jacques Ellul (1).

Le 14 février 2002, à Silver Spring, devant les responsables américains de la météo- rologie, M. George W. Bush déclarait : « Parce qu’elle est la clef du progrès environne- mental, parce qu’elle fournit les ressources permettant d’investir dans les technologies propres, la croissance est la solution, non le problème. (2) » Dans le fond, cette position est largement partagée par la gauche, y compris par de nombreux altermondialistes qui considèrent que la croissance est aussi la solution du problème social en créant des emplois et en favorisant une répartition plus équitable.

Ainsi, par exemple, Fabrice Nicolino, chroniqueur écologique de l’hebdomadaire parisien Politis, proche de la mouvance altermondialiste, a récemment quitté ce journal au terme d’un conflit interne provoqué par… la réforme des retraites. Le débat qui s’en est suivi est révélateur du malaise de la gauche (3). La raison du conflit, estime un lecteur, est sans doute d’« oser aller à l’encontre d’une sorte de pensée unique, commune à presque toute la classe politique française, qui affirme que notre bonheur doit impérativement passer par plus de croissance, plus de productivité, plus de pouvoir d’achat, et donc plus de consommation (4) ».

Après quelques décennies de gaspillage frénétique, il semble que nous soyons entrés dans la zone des tempêtes au propre et au figuré…

Le dérèglement climatique s’accompagne des guerres du pétrole, qui seront suivis de guerres de l’eau (5), mais aussi de possibles pandémies, de disparitions d’espèces végétales et anima- les essentielles du fait de catastrophes biogénétiques prévisibles. Dans ces conditions, la société de croissance n’est ni soutenable ni souhaitable. Il est donc urgent de penser une société de « décroissance » si possible sereine et conviviale.

La société de croissance peut être définie comme une société dominée par une économie de croissance, précisément, et qui tend à s’y laisser absorber. La croissance pour la croissance devient ainsi l’objectif primordial, sinon le seul, de la vie. Une telle société n’est pas soutenable parce qu’elle se heurte aux limites de la biosphère.

Si l’on prend comme indice du « poids » environnemental de notre mode de vie l’« empreinte » écologique de celui-ci en superficie terrestre nécessaire, on obtient des résultats insoutena- bles tant du point de vue de l’équité dans les droits de tirage sur la nature que du point de vue de la capacité de régénération de la biosphère. Un citoyen des Etats-Unis consomme en moyenne 9,6 hectares, un Canadien 7,2, un Européen moyen 4,5. On est donc très loin de l’égalité planétaire, et plus encore d’un mode de civilisation durable qui nécessiterait de se limiter à 1,4 hectare, en admettant que la population actuelle reste stable (6).

Pour concilier les deux impératifs contradictoires de la croissance et du respect de l’environ-nement, les experts pensent trouver la potion magique dans l’écoefficience, pièce centrale et à vrai dire seule base sérieuse du « développement durable ». Il s’agit de réduire progress- ivement l’impact écologique et l’intensité du prélèvement des ressources naturelles pour atteindre un niveau compatible avec la capacité reconnue de charge de la planète (7).

Que l’efficience écologique se soit accrue de manière notable est incontestable, mais dans le même temps la perpétuation de la croissance forcenée entraîne une dégradation globale. Les baisses d’impact et de pollution par unité de marchandise produite se trouvent systématique- ment anéanties par la multiplication du nombre d’unités vendues (phénomène auquel on a donné le nom d’« effet rebond »). La « nouvelle économie » est certes relativement immaté- rielle ou moins matérielle, mais elle remplace moins l’ancienne qu’elle ne la complète. Au final, tous les indices montrent que les prélèvements continuent de croître (8). Enfin, il faut la foi inébranlable des économistes orthodoxes pour penser que la science de l’avenir résoudra tous les problèmes et que la substituabilité illimitée de la nature par l’artifice est concevable.

Si l’on suit Ivan Illich, la disparition programmée de la société de croissance n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. « La bonne nouvelle est que ce n’est pas d’abord pour éviter les effets secondaires négatifs d’une chose qui serait bonne en soi qu’il nous faut renoncer à notre mode de vie ­ comme si nous avions à arbitrer entre le plaisir d’un mets exquis et les risques afférents. Non, c’est que le mets est intrinsèquement mauvais, et que nous serions bien plus heureux à nous détourner de lui. Vivre autrement pour vivre mieux (9). »

La société de croissance n’est pas souhaitable pour au moins trois raisons : elle engendre une montée des inégalités et des injustices, elle crée un bien-être largement illusoire ; elle ne suscite pas pour les « nantis » eux-mêmes une société conviviale, mais une anti-société malade de sa richesse.

L’élévation du niveau de vie dont pensent bénéficier la plupart des citoyens du Nord est de plus en plus une illusion.

Ils dépensent certes plus en termes d’achat de biens et services marchands, mais ils oublient d’en déduire l’élévation supérieure des coûts. Celle-ci prend des formes diverses, marchandes et non marchandes : dégradation de la qualité de vie non quantifiée mais subie (air, eau, environnement), dépenses de « compensation » et de réparation (médicaments, transports, loisirs) rendues nécessaires par la vie moderne, élévation des prix des denrées raréfiées (eau en bouteilles, énergie, espaces verts…).

Herman Daly a mis sur pied un indice synthétique, le Genuine Progress Indicator, indicateur de progrès authentique (IPA), qui corrige ainsi le produit intérieur brut (PIB) des pertes dues à la pollution et à la dégradation de l’environnement.

A partir des années 1970, pour les Etats-Unis, cet indicateur stagne et même régresse, tandis que celui du PIB ne cesse d’augmenter (10). Il est regrettable que personne en France ne se soit encore chargé de faire ces calculs. On a toutes les raisons de penser que le résultat serait comparable. Autant dire que, dans ces conditions, la croissance est un mythe, même à l’inté- rieur de l’imaginaire de l’économie de bien-être, sinon de la société de consommation ! Car ce qui croît d’un côté décroît plus fortement de l’autre. Tout cela ne suffit malheureusement pas pour nous amener à quitter le bolide qui nous mène droit dans le mur et à embarquer dans la direction opposée.

Entendons-nous bien. La décroissance est une nécessité 

Ce n’est pas au départ un idéal, ni l’unique objectif d’une société de l’après-développement et d’un autre monde possible. Mais faisons de nécessité vertu, et concevons, pour les sociétés du Nord, la décroissance comme un objectif dont on peut tirer des avantages (11). Le mot d’ordre de décroissance a surtout pour objet de marquer fortement l’abandon de l’objectif insensé de la croissance pour la croissance.

En particulier, la décroissance n’est pas la croissance négative, expression antinomique et absurde qui voudrait dire à la lettre : « avancer en reculant ». La difficulté où l’on se trouve de traduire « décroissance » en anglais est très révélatrice de cette domination mentale de l’économisme, et symétrique en quelque sorte de l’impossibilité de traduire croissance ou développement (mais aussi, naturellement, décroissance…) dans les langues africaines.

On sait que le simple ralentissement de la croissance plonge nos sociétés dans le désarroi en raison du chômage et de l’abandon des programmes sociaux, culturels et environnementaux, qui assurent un minimum de qualité de vie.

On peut imaginer quelle catastrophe serait un taux de croissance négatif ! De même qu’il n’y a rien de pire qu’une société du travail sans travail, il n’y a rien de pire qu’une société de crois- sance sans croissance. C’est ce qui condamne la gauche institutionnelle, faute d’oser la déco- lonisation de l’imaginaire, au social-libéralisme. La décroissance n’est donc envisageable que dans une « société de décroissance » dont il convient de préciser les contours.

Une politique de décroissance pourrait consister d’abord à réduire voire à supprimer le poids sur l’environnement des charges qui n’apportent aucune satisfaction.

La remise en question du volume considérable des déplacements d’hommes et de marchan- dises sur la planète, avec l’impact négatif correspondant, une « relocalisation » de l’économie ; celle non moins considérable de la publicité tapageuse et souvent néfaste ; celle enfin de l’obsolescence accélérée des produits et des appareils jetables sans autre justification que de faire tourner toujours plus vite la mégamachine infernale : autant de réserves importantes de décroissance dans la consommation matérielle.

Ainsi comprise, la décroissance ne signifie pas nécessairement une régression de bien-être. En 1848, pour Karl Marx, les temps étaient venus de la révolution sociale et le système était mûr pour le passage à la société communiste d’abondance. L’incroyable surpro- duction matérielle de cotonnades et de biens manufacturés lui semblait plus que suffisante, une fois aboli le monopole du capital, pour nourrir, loger et vêtir correctement la population (au moins occidentale).

Et pourtant, la « richesse » matérielle était infiniment moins grande qu’aujourd’hui. Il n’y avait ni voitures, ni avions, ni plastique, ni machines à laver, ni réfrigérateur, ni ordinateur, ni biotec- hnologies, pas plus que les pesticides, les engrais chimiques ou l’énergie atomique ! En dépit des bouleversements inouïs de l’industrialisation, les besoins restaient encore modestes et leur satisfaction possible. Le bonheur, quant à sa base matérielle, semblait à portée de la main.

Pour concevoir la société de décroissance sereine et y accéder, il faut littéralement sortir de l’économie. Cela signifie remettre en cause sa domination sur le reste de la vie, en théorie et en pratique, mais surtout dans nos têtes. Une réduction massive du temps de travail imposé pour assurer à tous un emploi satisfaisant est une condition préalable.

En 1981 déjà, Jacques Ellul, l’un des premiers penseurs d’une société de décroissan- ce, fixait comme objectif pour le travail pas plus de deux heures par jour (12).

On peut, s’inspirant de la charte « consommations et styles de vie » proposée au Forum des organisations non gouvernementales (ONG) de Rio lors de la conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement de 1992, synthétiser tout cela dans un programme en six « r » : réévaluer, restructurer, redistribuer, réduire, réutiliser, recycler. Ces six objectifs inter- dépendants enclenchent un cercle vertueux de décroissance sereine, conviviale et soute- nable. On pourrait même allonger la liste des « r » avec : rééduquer, reconvertir, redéfinir, remodeler, repenser, etc., et bien sûr relocaliser, mais tous ces « r » sont plus ou moins inclus dans les six premiers.

On voit tout de suite quelles sont les valeurs qu’il faut mettre en avant et qui devraient prendre le dessus par rapport aux valeurs dominantes actuelles.

L’altruisme devrait prendre le pas sur l’égoïsme, la coopération sur la compétition effrénée, le plaisir du loisir sur l’obsession du travail, l’importance de la vie sociale sur la consommation illimitée, le goût de la belle ouvrage sur l’efficience productiviste, le raisonnable sur le rationnel, etc. Le problème, c’est que les valeurs actuelles sont systémiques : elles sont suscitées et stimulées par le système et, en retour, elles contribuent à le renforcer. Certes, le choix d’une éthique personnelle différente, comme la simplicité volontaire, peut infléchir la tendance et saper les bases imaginaires du système, mais, sans une remise en cause radicale de celui-ci, le changement risque d’être limité.

Vaste et utopique programme, dira-t-on ? La transition est-elle possible sans révolution violente, ou, plus exactement, la révolution mentale nécessaire peut-elle se faire sans violence sociale ? La limitation drastique des atteintes à l’environnement, et donc de la production de valeurs d’échange incorporées dans des supports matériels physiques, n’implique pas nécessairement une limitation de la production de valeurs d’usage à travers des produits immatériels. Ceux-ci, au moins pour partie, peuvent conserver une forme marchande.

Toutefois, si le marché et le profit peuvent persister comme incitateurs, ils ne peuvent plus être les fondements du système.

On peut concevoir des mesures progressives constituant des étapes, mais il est impossible de dire si elles seront acceptées passivement par les « privilégiés » qui en seraient victimes, ni par les actuelles victimes du système, qui sont mentalement ou physiquement droguées par lui. Cependant, l’inquiétante canicule de 2003 en Europe du Sud-Ouest a fait beaucoup plus que tous nos arguments pour convaincre de la nécessité de s’orienter vers une société de décroissance. Ainsi, pour réaliser la nécessaire décolonisation de l’imaginaire, on peut à l’avenir très largement compter sur la pédagogie des catastrophes.

 Serge Latouche  2003

Professeur émérite d’économie à l’université d’Orsay, objecteur de croissance.
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05 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

bubry (ouest france)

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Bubry. Pour eux, la décontamination des mines reste insuffisante

En septembre, Areva a commencé la décontamination de plusieurs anciennes mines d’uranium du centre Bretagne dont celle de Ty Gallen à Bubry. Mais l’association Roz Glas conteste les modes de calculs qui déterminent ou non les travaux.

Areva vient tout juste de terminer les travaux de décontamination du site de l’ancienne mine d’uranium de Ty Gallen à Bubry. Patrick Boulé, le président de l’association de veille citoyenne Roz Glas, allume son scintillomètre DG5, un appareil qui fonctionne sur le même principe qu’un compteur Geiger pour détecter les rayons gamma.

« C’est là que les travaux de décontamination ont été effectués. Ils ont enlevé avec une pelleteuse les remblais radioactifs du chemin. » Un déblayage sur un mètre de profondeur pour un chemin de 3,50 m de large.Mais dès que l’on s’écarte de la bande décontaminée, le compteur s’affole.

Des stériles miniers

Impossible de totalement dépolluer les anciens sites miniers du centre Bretagne. Areva, qui a repris la gestion de ces anciennes mines en 2012, s’est pourtant lancé dans des chantiers de déblaiement des stériles miniers radioactifs. Ces stériles,  des roches contenant de plus faibles quantités d’uranium extraites pour accéder au minerai,  sont acheminés par camions soigneu- sement bâchés sur le site de stockage de Prat-Merrien à Persquen. Dix sites vont être ainsi dépollués entre Guern, Bubry, Inguiniel et Lignol. Une opération prévue pour durer jusqu’à la fin du mois de décembre.

Le taux zéro n’existe pas

Mais si l’association Roz Glas soutient la nécessité de stocker ces déchets en un même lieu, elle juge la dépollution insuffisante. « On conteste les modes de calculs utilisés par Areva qui a décidé de décontaminer les sites dont les relevés font état de taux de radioactivité supérieur à 0,6 millisievert (mSv, une autre mesure des taux de radioactivité) par an. On préférerait un seuil à 0,3 mSv/an comme le préconisait également l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), mais soit. Areva procède à des mesures à 1 mètre du sol : or, pour des endroits où il y a des enfants, les taux sont plus importants près du sol. »

Le taux zéro de radioactivité n’existe pas. « Mais on veut avoir accès aux relevés après décontamination pour se rapprocher du bruit de fond, souligne Patrick Boulé. Il n’y a pas de seuil minimal, il faut simplement se rapprocher du taux le plus bas possible et on peut mieux faire. » Vendredi soir, nous n’avons pas pu joindre les responsables d’Areva.

Marie Carof-Gadel 04/11/2017

https://www.ouest-france.fr/

Lire aussi :

A Persquen, des remblais radioactifs dans l’ancienne mine

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05 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

glyphosate (ouest france)

pesticide2

Les victimes réclament l’interdiction du glyphosate

Conférence de presse des victimes des pesticides pour l’interdiction immédiate du glyphosate. Des agriculteurs malades du glyphosate témoignent.

À quelques jours de la décision très attendue de l’Union européenne, une quarantaine de victimes des pesticides, issues de l’Ouest, appellent à l’interdiction immédiate du glyphosate.

Ils sont une bonne douzaine à témoigner, ce vendredi à Rennes. Paysans, riverains, salariés de coopératives ou employés d’espaces verts, tous ont été rattrapés par les effets à long terme des pesticides, fongicides, herbicides que l’on a si longtemps utilisés sans aucune protection particulière. Cancers divers, lymphomes, maladies de Parkinson, etc.

Et puis il y a aussi tous ces absents, déjà décédés, dont certains sont représentés par leurs veuves.

Comme Édith dont le mari, « épuisé, gravement malade, à bout de force, intoxiqué par les produits qu’il manipulait, s’est suicidé sur son lieu de travail ». Après avoir lutté, elle a réussi à faire reconnaître que c’était un accident du travail. Elle continue désormais le combat « contre l’employeur cette fois, pour faute grave ».

C’est la menace qu’ils brandissent tous « aux élus, responsables et scientifiques » pour réclamer l’interdiction pure et simple du glyphosate. « Immédiatement », pas dans 3 ou 10 ans. « On sait que le glyphosate est extrêmement dangereux, on ne peut plus l’ignorer. Aux décideurs d’entendre les victimes. »

Christophe VIOLETTE 03/11/2017

https://www.ouest-france.fr/

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04 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

irrintzina (penmarc’h)

irritzina

Irrintzina, le cri de la génération climat

Face au sentiment d’impuissance que provoque l’extrême gravité du dérèglement climatique, quelques militants de l’organisation basque Bizi ! font un pari fou : construire en quelques années une mobilisation sans précédent en vue de la COP21 et lancer un grand mouvement non-violent pour le climat : Alternatiba…

De Bayonne à Paris, sur des vélos multiplaces, coup de pédale après coup de pédale, en multipliant les villages des alternatives, de petites victoires en grandes mobilisations contre les multinationales des énergies fossiles et les banques qui les soutiennent, le film raconte les étapes de cette mobilisation (Bizi !).

Irrintzina, c’est un cri d’alarme sur l’effondrement de notre monde, mais c’est aussi un cri de joie poussé par des milliers de militants déterminés qui ont réalisé que si, ensemble, ils ne faisaient rien, personne ne le ferait à leur place.

Cinéma Eckmühl, Kérity

Le 10 novembre suivi d’un échange avec les membres de l’association Sur un Air de Terre.

Vendredi 10 novembre 2017 20 h 30
Mardi 14 novembre 2017 20 h 30

https://tri-p.bzh/fr/

Lire aussi:

« Irrintzina », le film qui raconte l’histoire d’Alternatiba (Reporterre)

« Irrintzina », le film qui fait du bien au mouvement écolo (Reporterre)

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02 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

artificialisation (ns)

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L’artificialisation des sols en France, un ravage méconnu

L’artificialisation résulte de l’urbanisation et de l’expansion des infrastructures. Gagnées sur des espaces naturels ou cultivés, ces surfaces artificielles regroupent l’habitat et les espaces verts associés, les zones industrielles et commerciales, les équipements sportifs ou de loisirs, ou encore les routes et parkings. Le processus d’artificialisation est le plus souvent irréver- sible. Paris s’étend à perte de vue. Le béton imperméabilise les sols, diminue l’infiltration de l’eau et augmente le ruissellement.

L’artificialisation, c’est un changement complet et souvent irréversible de l’usage des sols.

La France, très touchée par ce phénomène, fait face à deux enjeux existentiels : la perte de capacité agricole et la perte de biodiversité. La disparition des champs entraîne la diminution des capacités du pays à subvenir à ses besoins alimentaires. C’est une perte d’autonomie considérable et paradoxale car qui dit « augmentation de population » dit « augmentation des besoins alimentaires ».

Le deuxième enjeu, c’est la variété des espèces, le patrimoine génétique de la planète. L’Homme  ne prend pas assez en considération les services que lui rend la nature. La terre et les océans produisent sa nourriture, le sous-sol renferme la quasi totalité des ressources énergétiques et des minerais dont l’humanité dépend. Enfin, le système climatique et le cycle de l’eau, sensibles aux pollutions, sont essentiels à toute forme de vie.

Pour freiner l’artificialisation, il est urgent de modifier la vision  que l’Homme a de la terre, créditée trop souvent d’une simple  valeur foncière. Cela se traduit actuellement par des lois qui légalisent et systématisent l’étalement urbain.

Comment suivre l’artificialisation des sols ?

Il existe, en France, deux outils d’observation de l’occupation du sol permettant de mesurer l’évolution des surfaces artificialisées : l’outil européen Corine Land Cover (créé en 1990)  utilisé par le ministère de l’Écologie et Teruti-Lucas (créé en 1993) utilisé par le ministère de l’Agriculture. Ces deux systèmes ne mesurent pas l’usage des sols de la même manière. Corine Land Cover se sert d’images satellite sur l’ensemble du territoire alors que Teruti-Lucas, plus précis, procède par observations autour de points de repère quadrillant le territoire.

Selon Corine Land Cover, entre 1990 et 2006, la part des surfaces artificialisées sur le terri- toire métropolitain passe de 4,6 % à 5,1 %, ce qui correspond à une perte de 281 354 ha en 16 ans dont 122 949 ha sur la période 2000-2006. Les surfaces artificialisées sont plus éle- vées selon Teruti-Lucas. Elles représentent 7 % de la surface métropolitaine en 1993 et 9,4 % en 2008.

D’après le ministère de l’Environnement, les espaces agricoles et naturels perdent actuellement 236 hectares par jour, ce qui correspond à la superficie  d’un département français moyen (610 000 hectares) tous les sept ans. Résultat en deçà de la réalité, puisque le ministère de l’Environnement utilise Corine Land Cover, qui ne considère pas les zones industrielles et commerciales comme du tissu urbain.

À titre de comparaison, l’avancée moyenne des sols artificialisés sur la période 1992-2003 mesurée par l’enquête Teruti était déjà de 61 000 hectares par an, soit un département tous les dix ans. L’artificialisation s’accélère. La France a ainsi perdu 7 million d’hectares de terres agricoles en 50 ans et 900 000 hectares de prairies entre 1992 et 2003 (7 % de leur superficie).

Le béton, toujours plus vite et plus loin

En 2009, les terres agricoles représentaient encore 54 % du territoire et les forêts 24 %. Mais l’artificialisation était déjà passée de 4,8 % du territoire en 2000, à 9 % en 2010, presque le double. D’après le Commissariat général au développement durable (chargé d’interférer au- près des ministères pour promouvoir une meilleure intégration de l’environnement dans leurs propres politiques et projets), les espaces artificialisés ont augmenté d’environ 3% entre 2000 et 2006 en France, soit 820 km2. L’artificialisation s’est faite alors à 90 % aux dépens des terres agricoles.

La réalité est toutefois plus inquiétante que ne le laissent paraître les chiffres car l’artificialisation est très dispersée. L’espace urbain global est donc bien plus important, c’est le mitage.

Comme l’indiquent les chiffres précités, la course au béton s’est emballée dans la deuxième moitié de la décennie. Selon Agreste Primeur n°260, outil de statistique, évaluation et pros- pective agricole du ministère de l’Agriculture basé sur Teruti-Lucas, les surfaces agricoles ont diminué de 82 000 hectares par an entre 2006 et 2010, quand les sols artificialisés ont progressé de 79 000 hectares par an. La différence de 3 000 hectares tient à la progression des sols naturels.  Plus que le bâti, précise Agreste, ce sont surtout les sols revêtus ou stabilisés et les sols enherbés artificialisés qui grignotent les sols agricoles. Verdure ne rime pas avec nature.

Les sols boisés ne sont pas non plus épargnés. Ils couvraient 17 millions d’hectares en 2009, soit près de 31 % du territoire métropolitain (14,9 millions d’hectares de forêts et 2,1  millions d’hectares d’autres sols boisés). Selon l’étude, la forêt française ne perd pas de terrain mais n’en gagne plus : la surface des forêts (y compris les peupleraies) se stabilise, mais les formations boisées non forestières, bosquets et haies, se réduisent certes faiblement mais significativement.

Un constat alarmant que partage, en France, la Fédération nationale des SAFER (Sociétés d’Aménagement foncier et d’établissement rural). Dans un volet de son étude annuelle sur le marché foncier rural, elle constate une progression constante de l’artificialisa- tion des sols de l’hexagone. L’urbanisation est passée de 54 000 ha par an dans les années 80, à 61 000 ha dans les années 90 et a atteint 74 000 ha par an entre 2006 et 2008.

Des solutions concrètes

Une étude française, parue dans la revue Nature Climate Change et réalisée par l’économiste Stéphane Hallegatte et le spécialiste du climat Vincent Viguié, du Cired (Centre international de recherche sur l’environnement et le développement) a modélisé un urbanisme plus vert de la région parisienne. L’enjeu est de taille, comme l’explique M. Hallegatte cité par l’AFP , »en l’absence d’action spécifique, l’étalement urbain va se prolonger et on aura en 2030 encore plus de zones à basse densité de population qui dépendent de l’automobile ».

Mais la solution est relativement simple selon lui. Il suffirait « d’interdire toute nouvelle construction au-delà des limites de l’agglomération ». Pour éviter une pénurie de logement, tout en préservant l’environnement, les chercheurs proposent la mise en place simultanée de trois mesures :

  • Interdire les constructions au-delà des limites actuelles de l’agglomération parisienne pour créer une « ceinture verte »
  • Développer les transports en commun avec un tarif unique de 14 euros par mois (Nous c’est « Transports gratuits! »Note du blog!)
  • Interdire les constructions en zone inondable, des inondations plus fréquentes étant attendues avec le réchauffement.

Les solutions proposées devaient garantir quatre critères :

Permettre un accès au logement, réduire les gaz à effet de serre, réduire les risques naturels et lutter contre l’étalement urbain.

L’application simultanée des trois mesures est capitale car « chacune des politiques compense les problèmes créés par les deux autres », précise Vincent Viguié. L’étude suggère un besoin de cohérence globale des décisions en intégrant l’environnement dans les politiques tradition-nelles, de transport et de logement par exemple. Avec ces travaux, « on veut montrer que faire de l’environnement n’est pas forcément contradictoire avec l’accès au logement ou la qualité de vie », conclut l’économiste Stéphane Hallegatte.

Christofer Jauneau 2 juin 2017

http://www.natura-sciences.com/

Commentaire: « L’homme » a bon dos! Ce ne sont ni le peuple, ni ses « politiques élus » qui décident, c’est « le marché ». Et il a toujours raison (C’est Dominique Seux qui le dit tout les matins sur France Inter) et il ne faut donc pas le déranger: il crée des emplois, lui! Toute mesure limitant le « saint marché » est soit du « bolchevisme » soit venant de « khmers verts ».  Il faut et il suffit d’attendre sans bouger que notre bien-aimé maître « le marché » décide d’avoir envie, éventuellement, de sauver la planète. Sinon quoi?

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02 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

merdier (fabrice nicolino)

merdier (fabrice nicolino) dans Altermondialisme ob_b93b94_fabrice-nicolino

Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture

La tragique histoire de l’agriculture en France depuis la guerre de 14-18…

Une agriculture rattrapée d’abord par de grandes crises, dont celle du doryphore dans les années 30, qu’elle sut pourtant combattre et gagner par des traitements que nous qualifierions aujourd’hui d’écologiques.

Mais ce devait être la dernière fois. Après la guerre de 39-45, on ne laissera pas les agriculteurs développer de traitement naturel, on passera au DDT.

C’est que les pontes de ce qui deviendra l’INRA se sont entichés des manières industrielles développées par les américains, expérimentées sur les survivants des camps ! La France regarde donc avec fascination ce qui existe à Chicago depuis 1893 : ces abattoirs mécanisés où passent la moitié du bétail américain, ou ces champs immenses aux rendements magiques.

Très vite, des dynasties familiales se jettent dans la bataille de la «modernisation» de l’élevage et de l’agriculture française.

Telle la famille Dabatisse, à l’origine de l’impulsion des JAC (Jeunesses Agricoles Catholiques), proche de de Gaulle et farouche partisane de ce qu’elle nomme le progrès agricole : la méca- nisation, le remembrement et l’emploi massif du DDT dans les champs…

En 1961, Edgard Pisani, proche des mêmes, impose ce modèle unique, en déclarant par exemple le 20 février 1965 : «La Bretagne doit devenir un immense atelier de production de lait et de viande»…

L’INRA, dont la direction est entièrement composée d’amis des grandes dynasties agro-indus- trielles (déjà), fournit la justification scientifique : les pesticides ? Quoi de plus utile au peuple français… L’agriculture française ne sortira plus de ce modèle.

Les collusions entre les instituts scientifiques, l’administration de l’état et les intérêts privés y veilleront : les paysans seront sommés de déverser des tonnes de produits toxiques dans leurs champs. Il en va du rang de la nation dans l’agriculture mondiale.

La FNSEA viendra achever le verrouillage, entre les mains de multinationales interdisant toute sortie de ce modèle, avec la bénédiction de l’état français. Le désastre agricole national est assuré,  désormais les terres agricoles sont objet de spéculation et ses produits, à vrai dire si peu comestibles, n’intéressent que pour les bénéfices qu’ils permettent d’engranger. Du désastre on s’apprête à franchir une étape supplémentaire, celle de l’épouvante alimentaire, une bombe à retardement qui devrait exploser dans les prochaines générations…

Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture, Fabrice Nicolino, édition Babel, coll. Essai, octobre 2017, 98 pages, 6,50 euros.

http://www.joel-jegouzo.com/

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