Archive | Luttes écolos en Bretagne

10 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

omerta (reporterre)

algues

Briser l’omerta : des journalistes bretons s’unissent face aux pressions de l’agro-industrie

En Bretagne, des journalistes se sont réunis en collectif contre la « loi du silence » imposée par l’agroalimentaire. Procès-bâillons, intimidations… Ils dénoncent l’omerta qui règne autour du secteur agroindustriel et la difficulté d’exercer leur métier.

Quinze journalistes viennent de créer le collectif Kelaouiñ — Kelaouiñ signifie « informer » en breton — qui lutte pour la liberté d’informer sur l’industrie agroalimentaire en Bretagne. Menaces, pressions, poursuites judiciaires, auto-censure… Ils dénoncent l’omerta qui règne autour du secteur agroindustriel et la difficulté d’exercer leur métier.

Dans les témoignages des journalistes, pas de pneus crevés. Mais des pressions souvent insidieuses, qu’ils ne veulent plus taire. « Un coup de fil de l’agroalimentaire à une rédaction, ça n’arrive jamais. C’est beaucoup plus pernicieux… » souligne Pierre-Yves Bulteau, journaliste et membre du collectif. Pour Hélène, pigiste dans la région, « ces pressions, sans être hyper spectaculaires, finissent par influencer le travail des journalistes ».

Elle a choisi de témoigner anonymement de ce qu’elle a vécu après la publication d’une enquête sur une pratique agricole controversée : « J’ai reçu un SMS d’une chambre d’agriculture me disant qu’elle voulait porter plainte. Puis un courriel d’un laboratoire de recherche public qui disait que j’avais écrit des fake news. Ils m’ont demandé d’écrire un correctif et m’ont signifié que si je refusais, ils entameraient des poursuites pour diffamation. »

Une réaction disproportionnée, estime-t-elle. « Quand quelqu’un n’est pas content d’un papier, on s’explique. Si nécessaire, il y a un droit de réponse. Mais une menace de procès, c’est assez violent. » Pour la journaliste pigiste, « la technique de dissuasion des procès-bâillons fonctionne très bien. C’est de l’intimidation. »

La journaliste Inès Léraud a également fait l’objet de menaces de poursuites à la suite de ses enquêtes bretonnes. Fin 2019, Christian Buson, président du GES — un bureau d’études environnementales mis en cause dans l’enquête que la journaliste a réalisé pour la Revue dessinée Algues vertes, l’histoire interdite (éditions La Revue dessinée — Delcourt, 2019) — lui a intenté un procès en diffamation.

L’ouvrage ne fait pourtant que citer ses propos lors d’une conférence filmée par France 3. En janvier 2020, Christian Buson a finalement renoncé à sa plainte quelques jours avant l’audience. Dans sa bande dessinée, Inès Léraud évoque aussi les menaces du chargé de communication de la préfecture des Côtes-d’Armor. Aujourd’hui, la journaliste explique à Reporterre :

« C’était fou qu’un représentant de l’État laisse aussi clairement entendre que le sujet était gênant et cherche à m’intimider, je n’avais jamais vu ça. »

« Si tu écris sur l’agroalimentaire, tu sais que tu seras relu très attentivement avant la publication par la direction »

À la suite d’une enquête parue dans le média Basta sur le groupe Chéritel, grossiste en fruits et légumes, pris en flagrant délit de « franciser » des tomates venues d’ailleurs, Inès Léraud a fait l’objet d’une poursuite pour diffamation.

Son procès aura lieu les 20 et 21 janvier prochain devant le tribunal de grande instance de Paris. « Le cas d’Inès Léraud n’est que la partie immergée de l’iceberg » souligne Erwan, membre du collectif et journaliste précaire qui a travaillé au journal Le Télégramme. Il préfère ne pas donner son vrai nom « de peur de ne plus retrouver de travail au sein des journaux locaux qui m’embauchent ». Pour lui, « la presse bretonne doit composer avec l’agroalimentaire tout comme les collectivités locales, le milieu associatif et chaque citoyen individuellement. On doit faire attention à ce qu’on dit par peur de subir des pressions… C’est systémique ».

Parfois, estime t-il, les pressions viennent de l’intérieur même des rédactions. « C’est un secret de polichinelle : si tu écris sur l’agroalimentaire, tu sais que tu seras relu très attentivement avant la publication par la direction. Dans l’article, si on donne la parole à des opposants, il faut abso-lument laisser de la place, voire plus de place, au syndicat FNSEA, la chambre d’agriculture ou les représentants de l’agro-industrie. À l’inverse, vous lirez rarement la parole des opposants dans un article qui parle d’un nouveau projet agroalimentaire », dénonce Erwan.

Pour exemple, il se souvient des journaux du Télégramme parus le 5 septembre 2018. « La veille, des pseudos manifestations de salariés avaient été organisées devant les sites de Triskalia à l’appel de la direction, pour dénoncer le « Triskalia bashing » dont la coopérative faisait l’objet d’après eux. »

Triskalia était notamment poursuivie pour l’intoxication de salariés ayant travaillé dans des entrepôts de pesticides. « Le lendemain de ces manifestations, toutes les antennes locales du Télégramme concernées avaient chacune écrit un compte-rendu avec le témoignage des dirigeants, et une pleine page dans toutes les éditions donnait aussi la parole à Triskalia » énumère Erwan. Pour lui, « ce jour-là, Le Télégramme a été le journal de Triskalia ».

Les pressions commencent parfois très tôt. C’est ce qu’ont constaté deux étudiantes en journalisme de l’IUT de Lannion, lors d’une immersion à l’hebdomadaire Le Poher, en Centre-Bretagne en 2017.

« Contrairement aux articles des autres étudiants, leur enquête sur l’ouverture d’une nouvelle usine de lait en poudre à Carhaix-Plouguer (29) n’a pas été publiée, raconte le journaliste Pierre-Yves Bulteau qui enseignait à l’IUT à l’époque.

L’enquête révélait, contrat à l’appui, que contrairement à la promesse d’emplois pérennes pour dix ans, les investisseurs chinois de Synutra se réservaient le droit de quitter Carhaix en fonction de la rentabilité financière du projet. » Ce qui a fini par arriver deux ans plus tard.

Mais au moment de l’inauguration, on préfère la version optimiste « de la bouffée économique » offerte à ce territoire régulièrement frappé par la crise du lait. « Un responsable éditorial a alors refusé la publication de l’enquête sous prétexte qu’elle manquait de contradictoire alors que les étudiantes avaient proposé à la direction de l’usine de s’exprimer, en vain. Il avait surtout anticipé que la sortie de l’enquête sur « son » territoire aurait pu fermer les sources aux journalistes du Poher. »

L’enquête a finalement été publiée sur la plateforme en ligne Alimentation générale. « Il n’y a pas eu de poursuites lors de sa publication. Ça montre bien que ce n’est pas le fond qui était en question mais bien le rapport aux sources, notamment institutionnelles. Pas évident quand on travaille sur un petit territoire où l’on rencontre ceux sur qui l’on écrit à la boulangerie », conclut Pierre-Yves Bulteau.

De telles histoires sont courantes en Bretagne, d’où la création du collectif Kelaouiñ : « On ne monte pas ce collectif pour se plaindre, prévient Pierre-Yves Bulteau. On en parle parce que ces pressions vont de pair avec le droit de savoir des citoyens sur ce qui se passe autour de chez eux. » (Extrait voir lien)

9 juillet 2020 / Klervi Le Cozic (Reporterre)

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Algues vertes en Bretagne : 4 points pour comprendre le problème

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10 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

langoélan (collectif)

poulle

Le Collectif contre les poulaillers des 120 000 poulets invite à un pique-nique militant.

Un an après l’enquête publique, nous voulons nous réunir pour réaffirmer notre opposition au projet de ferme-usine de l’EARL de Kermaria, qui prévoit de construire deux bâtiments de 2 200 m2 chacun pour produire plus d’un demi-million de poulets par an.

Partout en Bretagne, les projets de poulaillers géants se multiplient. Ils sont soutenus par le Plan Volaille de la Région Bretagne qui offre une aide publique de 50 000 euros par poulailler industriel.

Face à cela, un fort mouvement citoyen s’est levé. Nous dénonçons les impacts sociaux, sanitaires et environnementaux de ce plan, qui conduit à concentrer l’élevage des poulets en un petit nombre de très grosses structures, avec pour conséquences la perte d’emplois paysans, des émissions d’ammoniac massives, l’importation de soja d’Amérique du Sud et la destruction de la forêt Amazonienne, la pollution de l’eau, etc…

Notre mobilisation se fera l’écho de la manifestation qui aura lieu le même jour à Saint-Michel-en-Grève (22) contre les algues vertes. En effet, comme l’a si bien montré la bande-dessinée de Inès Léraud « Algues vertes, l’histoire interdite », les algues vertes sont une conséquence directe de l’agriculture industrielle.

Il est donc tout à fait hypocrite de la part des décideurs de prétendre lutter contre ce fléau tout en autorisant et soutenant la multiplication des fermes-usines !

Soyons nombreux le dimanche 19 juillet à Langoélan
pour crier « Non aux fermes-usines, Oui à l’agriculture paysanne ! »

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07 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

artificialisation (eaux et rivières)

stop-au-beton-dans-la-Crau

Artificialisation des sols : stop aux nouvelles routes

Neuf associations se saisissent d’un dispositif citoyen

A l’heure du dérèglement climatique, la création de nouvelles rocades et routes apparaît de plus en plus dépassée. Elle ne devrait plus être une priorité pour nos départements.

Il serait grandement préférable d’investir dans les outils efficaces en faveur de la transition. Avec huit associations, nous lançons une pétitition en Ille-et-Vilaine.Vitré Tuvalu, association membre et huit autres structures, dont Eau & Rivières de Bretagne, ont lancé une pétition via le « droit d’interpellation » du département d’Ille-et-Vilaine.

Ce droit d’interpellation est un dispositif original de démocratie participative qui s’apparente à un droit de pétition. Il permet aux habitant.e.s d’un département d’interpeller leurs élu.e.s sur un sujet qui les préoccupe et qui relève de la compétence de leur conseil départemental.

Stop à l’artificialisation des sols

La création de nouvelles infrastructures routières est extrêmement coûteuse ainsi en 2019, cet investissement a représenté un coût de 36,5 millions d’euros pour le département. Pourtant, la création de ces routes a des effets directs sur l’environnement (bétonisation des terres, destruction de zones humides, disparition d’espèces, etc..) et des effets indirects sur la santé (dégradation de la qualité de l’air et émissions supplémentaires de CO2).

Nous considérons aussi que continuer à développer le réseau routier est en contradiction avec l’engagement de la France pour le climat. En effet, la décarbonation des véhicules – motorisation électrique – est illusoire à court terme : elle ne résoudra pas les problèmes d’engorgements des réseaux routiers et elle occulte le problème d’épuisement de nos ressources naturelles.

artificialisation_sols_bretagne_OEB.png

Pour que le « monde d’après » commence en Ille-et-Vilaine

Nous, citoyen-ne-s d’Ille-et-Vilaine, nous ne pouvons plus et nous ne devons plus accepter que nos élus dépensent autant d’argent public pour créer de nouvelles infrastructures routières qui dégradent notre eau, notre air, le vivant, le climat et notre santé à tous, et qui sont en contradic-tion avec les enjeux de demain et « le monde d’après ». La crise sociale et économique redes-sine les priorités et rend dérisoire ce genre d’investissement alors que des besoins urgents se déclarent pour la population et la planète.

Aussi, nous demandons au département d’Ille-et-Vilaine de décider l’abandon de tout program-me de nouvelles infrastructures routières (sauf raison impérieuse de sécurité pour les zones accidentogènes).

Ceci doit conduire à l’abandon des grands projets de contournements routiers comme ceux connus de Vitré, Châteaubourg et Fougères notamment. Nous encourageons aussi le départe-ment à rebasculer ces millions d’euros non investis dans de nouvelles routes vers la politique sociale, la préservation des biens communs (eau, biodiversité, air), et vers les mobilités actives de courte distance du quotidien (marche, réseau vélo …) ainsi que les nouvelles mobilités (covoiturage, autopartage).

Cette pétition est publiée sur le portail Interpellation.

Nous appelons les bretillien-ne-s à la signer. Si 2 000 bretillien-ne-s y souscrivent, le Départe-ment devra en débattre. Notre objectif est le suivant : le Département doit ré-évaluer complète-ment ses priorités sur sa politique d’infrastructures et de mobilités

07 juillet 2020

Lien direct vers la pétition

Signataires

  • Vitré-Tuvalu (Vitré)
  • Eau & Rivières de Bretagne
  • Alternatiba (Rennes)
  • PassPasud2 (St Didier)
  • Ne Perdez pas le Nord (Châteaubourg)
  • La Passiflore (Fougères)
  • Confédération Bretagne Nature Environnement (COBEN)
  • Les ColocaTerre (Montauban de Bretagne)

https://www.eau-et-rivieres.org/

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07 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

pêche (courrier inter)

dessin-surpeche
Les navires-usines chinois épuisent les eaux africaines

Ce qui suit pourrait réussir à rendre écolo même quelqu’un comme Donald Trump, s’il n’avait pas autre chose en tête. La flotte de pêche hauturière chinoise, la plus grande du monde, est beaucoup plus importante que ce que nous pensions.

Elle est même plus grande que ce que les Chinois eux-mêmes croyaient, quatre fois plus nombreuse que ce que Pékin affirme souhaiter. Cette flotte compte au moins 12 490 navires et on estime à près de 17 000 les bateaux ayant la capacité de pêcher en dehors des eaux territoriales chinoises.

On savait que la Chine était une superpuissance mondiale en matière de pêche, mais ces nouvelles données recueillies par des chercheurs pour le compte de l’Overseas Development Institute [l’ODI, un groupe de réflexion sur le développement] de Londres montrent que la flotte chinoise est bien supérieure aux 3 432 navires estimés en 2014.

Pratiquement tous les chalutiers du Ghana sont chinois

Il s’agit en grande partie de chalutiers (qui emploient une méthode de pêche parmi les plus destructrices), travaillant en majorité dans l’océan Pacifique nord-ouest. L’activité pratiquée de la manière la plus intensive est la pêche à la turlutte des calamars dans le sud-est du Pacifique et le sud-ouest de l’Atlantique. Et l’aspect le plus dérangeant de cette pêche hauturière est que ses intérêts sont contraires à ceux des habitants de pays en développement. La flotte chinoise a une incidence vraiment consternante sur l’Afrique.

C’est au Ghana que l’on recense le plus grand nombre de navires chinois en dehors de la Chine, avec 137 bateaux selon l’ODI. Pratiquement tous les chalutiers du Ghana sont chinois, et les agents des chalutiers – les personnes qui tirent profit de la vente des licences de pêche – sont des parlementaires.

Pourtant, au Ghana, plus de 2 millions de personnes dépendent directement ou indirectement de la pêche en mer pour leurs revenus ou leur emploi. Selon le rapport de l’ODI, les revenus des petits pêcheurs ont chuté de 40 % depuis le début du [...]

Charles Clover  06/07/2020
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07 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

unité alliances (contretemps)

égalité

Unité, alliances et alternatives : quelles perspectives pour les mouvements sociaux ?

Contretemps : Au sein de cette coalition, plusieurs organisations ont particulièrement œuvré à des rapprochements et à un travail commun qui sont antérieurs à la crise du Covid-19. Pouvez-vous nous expliquer quelle a été la genèse de tels rapprochements et en quoi cela constitue une expérience relativement inédite ?

Julien Rivoire et Aurélie Trouvé : Le croisement des questions écologiques et sociales était en germe bien avant 2020 et s’est traduit notamment au moment de la COP21 en 2015 avec la formation d’une coalition syndicalo-associative en vue de préparer les mobilisations parallèles à la COP, même si à ce moment-là on avait du mal à incarner clairement une perspective écologique et sociale.

Depuis la fin des années 2000, Attac s’inscrivait par ailleurs dans les mouvements pour la justice climatique qui existent dans différents pays, et du travail collectif avait été abattu sur l’articulation des questions écologiques et sociales.

Après 2015, cela s’est traduit par un travail commun entre syndicats et association autour d’une plate-forme et d’un rapport Un million d’emplois pour le climat en France, à l’image de ce qui existait déjà dans les pays anglo-saxons. Mais même si à l’époque, il y a eu des volontés, les mobilisations sociales et les mobilisations environnementales restaient chacune dans leurs couloirs.

Il y a eu ensuite des accélérations avec l’approfondissement de la crise climatique et la massification du mouvement pour le climat qui interpellent fortement les syndicats, et puis le mouvement des Gilets Jaunes, qui touche à la fois les syndicats et les mouvements environnementaux ; Greenpeace par exemple multiplie des prises de positions en faveur des questions sociales, et assume le fait qu’il n’y aura pas d’avancée sur la question climatique sans prise en compte des enjeux sociaux.

Donc avant tout, c’est l’impact des mouvements d’ampleur dans la société qui percutent les organisations. Il y a aussi des effets liés à des directions d’organisation, des équipes militantes, voire des personnes, des configurations internes qui ont permis cette accélération, d’où parfois une difficulté à inclure dans cette volonté l’entièreté des organisations respectives, même si des dynamiques locales existaient déjà également. C’est ainsi que 8 organisations ont commencé à se rencontrer fin 2019, marquant une volonté de travail en commun au moment de Davos.

La crise du Covid-19 a ensuite bouleversé l’agenda et a conduit l’alliance initiale de 8 organisa-tions (quatre syndicats, FSU, CGT, Solidaires, et Confédération Paysanne, et quatre associa-tions Attac, Greenpeace, Oxfam, et Les Amis de la Terre) à s’élargir pour publier une tribune le 27 mars et lancer un appel « à toutes les forces progressistes et humanistes […] pour recons-truire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral ».

A la suite de cette prise de position, une pétition pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme a été initiée, et atteint aujourd’hui près de 200 000 signatures. C’est dans la foulée, que le collectif Plus jamais ça ! a publié le 26 mai dernier un plan de sortie de crise, 34 mesures pour engager une bifurcation écologique et sociale.

Comment passe-t-on maintenant de cette volonté de responsables d’organisations à une prise en charge par l’ensemble des militant-e-s, et au-delà par la population ? C’est l’enjeu pour la dynamique Plus jamais ça ! dans les prochains mois, de savoir amplifier les initiatives locales en germe, puisque nous recensons une trentaine de collectifs locaux actuellement.

Ce n’est cependant pas la seule ni la première initiative en ce sens. Dans le mouvement associatif et syndical, déjà des tentatives de convergences sont apparues, avec d’autres orientations. Comment cela a-t-il été perçu ?

En effet, il y a eu avant Plus Jamais ça !, par exemple, ce qu’on appelle le pacte Hulot-Berger, ou pacte du pouvoir de vivre, initié par la CFDT et la Fondation Nicolas Hulot (FNH), rassemblant le pôle réformiste du syndicalisme et toute une série d’associations qui ne se limitent aux environnementalistes.

Si les associations environnementales avec lesquelles on travaille ont fait le choix de Plus jamais ça !, c’est que le mouvement des Gilets Jaunes a arbitré en interne des débats qu’elles avaient sur le rapport au changement systémique. Ça les a percutés et a consolidé l’idée qu’on n’y arrivera pas dans le cadre du système et avec des solutions marchandes.

Très concrètement, la taxe carbone et les solutions de marché sont apparues comme un risque de nourrir un sentiment populaire anti-écologiste, parce que ce sont les plus pauvres qui payent, et donc qu’il faut construire d’autres solutions.

Il y a aussi eu des évolutions dans la CGT, notamment lors du dernier congrès fédéral, préexis-tant à Plus jamais ça !, avec des débats sur les enjeux environnementaux et la création, pour la première fois dans l’histoire de ce syndicat, d’une commission écologie.

Le pacte Berge-Hulot, d’une certaine façon, a aussi été un déclic supplémentaire, parce qu’il nous a poussés à faire des propositions à nos partenaires sur le changement de système. Et un dernier élément important, notamment dans Attac, c’est la façon dont les choses se passent dans d’autres pays, à la fois du côté des coalitions écologico-sociales, notamment autour de la création des emplois verts, et à propos des débats sur le Green New Deal aux États-Unis.

Ces avancées ne sont-elles pas aussi une réponse à la crise que les organisations – notamment syndicales – connaissent, et qui appelle un besoin de se réinventer face à un épuisement de l’action syndicale telle qu’elle a longtemps existé ?

En effet, et cette ouverture, on ne la ressent pas seulement dans le cadre de Plus jamais ça ! Elle a aussi été présente dans les mobilisations sur les retraites, avec une ouverture sur les mouvements sociaux, des actions communes, des recherches d’alliances nouvelles, ce qui avait été déjà symboliquement marqué en 2016 lorsque Philippe Martinez était venu à Nuit Debout.

Ce qui a rendu visible, au moins médiatiquement, ce cadre d’alliances, c’est la publication d’un plan d’urgence de 34 mesures. Ce n’est pas la première fois qu’existe un catalogue de revendications.

Un des points de départ de ce plan de sortie de crise, c’est la volonté de ne pas se cantonner au commentaire ni être fixé sur l’agenda du gouvernement. Il fallait donc qu’on arrive à dire quelles mesures on veut porter sur des dimensions sanitaires, sociales, écologiques et de financement. Il fallait donc développer une démarche politique à partir de nos analyses et nos revendications, avec des organisations qui n’ont pas nécessairement l’habitude de cette démarche.

Cela permet d’incarner plus concrètement des éléments de rupture avec le système, même s’ils sont incomplets : rupture avec les logiques libérales de financement par le marché ; rupture avec le productivisme sur quelques éléments…

On a essayé d’aller au-delà des mots d’ordre et des slogans, avec un élément important clari-fiant les lignes politiques, c’est le rapport aux modes de financement des politiques publiques. Parce que la fiscalité est un des enjeux majeurs, qui trace des lignes de démarcation, ce qui explique que parmi les discussions qu’on ait eues, celle sur la taxe sur les transactions financières a été un peu difficile, alors qu’on aurait pu attendre des débats plus compliqués sur d’autres questions.

L’évidence pour tout le monde qu’il fallait faire ce travail programmatique est aussi liée à l’incurie de la gauche politique et à son incapacité à avoir un discours fort du fait de sa fragmentation, chacun restant dans son entre soi. Il y avait donc la volonté dans les mouvements sociaux de ne pas attendre ad vitam aeternam que ça avance. Donc on prend nos responsabilités pour montrer la possibilité d’un chemin différent, même si ces 34 mesures ne font pas forcément rêver, ça permet de montrer qu’il y a une alternative entre l’extrême-droite et le néolibéralisme de Macron.

Greenpeace ou les Amis de la Terre reconnaissent cette contradiction entre le capitalisme et la défense des écosystèmes, ce qui n’est pas le cas d’autres organisations environnementales, et on arrive à se retrouver parce qu’on est d’accord sur l’analyse de ces contradictions avec d’un côté le vivant et le travail, et de l’autre le capital. On part donc d’un même logiciel.

Et pourtant, les problématiques écologistes sont aussi très institutionnalisées, comme on le voit avec la Convention Citoyenne pour le Climat ou avec l’Affaire du siècle avec les usages du droit ; il y a des organisations qui ne sont pas déconnectées des pratiques institutionnelles…

En effet, c’est quelque chose qui avait été pointé notamment par la Ligue des Droits de l’Homme, la nécessité de retravailler sur les questions institutionnelles, sur la notion de droits, sur l’architecture du droit international… Mais cette faiblesse collective est liée à la nature des organisations les plus investies dans Plus jamais ça !, qui traitent peu de ces enjeux.

On voit aussi que de nombreuses organisations ne sont pas forcément à l’aise avec la revendication de référendum d’initiative citoyenne portée par les Gilets Jaunes, avec peut-être deux raisons : l’une est liée à l’histoire de la gauche anticapitaliste traditionnelle, qui pense les questions de droits et les problèmes institutionnels comme secondaires par rapport à la contradiction capital-travail ; et la seconde liée à la séparation entre le politique et le social.

À l’international, des mouvements évangélistes ou de l’islam politique, opposées aux nôtres par leurs valeurs et objectifs, montrent que des stratégies de conquêtes adossées à des pratiques sociales d’entraide, de prise en charge des besoins de la population face aux défaillances des États peuvent être gagnantes. Cela devrait nous interpeller si nous ne voulons pas que les mouvements de la gauche sociale et politique ne décrochent encore davantage au sein des classes populaires, d’autant que l’État néolibéral se traduit par la destruction des systèmes de protection sociale. (Extrait voir lien)

A l’occasion de la crise de la covid-19 s’est affirmé un rapprochement entre organisations syndicales et associatives, qui s’est traduit par la publication d’une tribune, d’une pétition puis d’un plan d’urgence intitulé  « Plus jamais ça ! 34 mesures pour un plan de sortie de crise » signé par ActionAid, Alternatiba, les Amis de la Terre, Action non violente COP21, Attac, la CGT, la Confédération Paysanne, la Convergences nationale pour les services publics, la Fondation Copernic, Droit Au Logement, la Fédération Syndicale Unitaire, Greenpeace, Notre Affaire à tous, Oxfam France, Reclaim Finance, l’Union syndicale Solidaires, l’UNF, l’UNL, Youth for Climate, 350.org. Animateur·rices d’Attac France, Julien Rivoire et Aurélie Trouvé représentent leur association au sein de cette coalition. Ils reviennent pour Contretemps sur cette dynamique unitaire « Plus jamais ça ! », ses enjeux, ses limites et ses liens avec le champ politique. Il et elle parlent ici en leur nom propre.

Aurélie Trouvé et Julien Rivoire7 juillet 2020

https://www.contretemps.eu/

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07 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

programme (la conf’)

conf

Remaniement : notre programme d’actions pour le nouveau Ministre

Si le temps « est à l’action », comme l’a affirmé le nouveau Premier Ministre, la Confédération paysanne propose au nouveau Ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Julien Denormandie, un plan en trois volets inter-dépendants : protéger, installer et socialiser pour inscrire les 2 années à venir dans la rupture des précédentes et tirer les enseignements de la crise sanitaire.

Le travail paysan doit être protégé du libre-échange, de la concurrence déloyale intra et extra européenne des importations et des prédateurs de la valeur des filières alimentaires.

Protéger passe donc par un durcissement de la loi Egalim, une régulation des volumes au niveau européen et une PAC* articulée sur l’actif agricole et non plus sur l’hectare. Une demande d’ailleurs reprise par la Convention citoyenne pour le climat.

Ces outils de protection économique sont un préalable incontournable pour relocaliser notre système alimentaire et pour accompagner les paysan.ne.s dans la transition sociale et écologique indispensable.

Installer relève d’une urgence sociale démographique et d’une urgence écologique, car seule une agriculture dense en emplois pourra durablement répondre aux défis actuels. Il faut donc que le nouveau ministre porte en urgence une loi foncière ambitieuse assumant les enjeux de l’installation, de la transmission et donnant les moyens de lutter contre les contournements actuels et l’artificialisation des terres.

Socialiser, enfin, car agriculture et alimentation ne doivent plus être dissociées. Elles incarnent un choix de société crucial pour la vie des territoires et la santé des populations. La sécurité sociale de l’alimentation et la PAC sont deux grands leviers sur lesquels bâtir une démocratie alimentaire capable d’en finir avec la course aux prix bas et la précarité alimentaire.

Nous attendons de Julien Denormandie des actes forts et structurants pour notre métier et nous saurons être à la fois exigeants et constructifs pour donner notamment corps à la souveraineté alimentaire.

http://www.confederationpaysanne.fr/

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02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

demeter (eaux et rivières)

agrib

Agribashing  Non à une antenne Demeter en Bretagne

Un observatoire de l’agribashing en Ille-et-Vilaine est lancé par la préfète de Bretagne. Nous dénonçons cette mascarade et appelons tous nos adhérents à s’auto-dénoncer à la cellule Demeter.

Ce jeudi 2 juillet, la préfète d’Ille-et-Vilaine et de Bretagne annonce la mise en place d’un            « observatoire départemental de l’agribashing ». La Fédération Bretagne Nature Environnement, dont faire partie Eau et Rivières de Bretagne, dénonce la collusion et le manque d’objectivité à l’origine d’un tel projet. Il s’inscrit dans la droite ligne de la cellule Demeter, dont la dissolution a été demandée par 27 associations en février dernier.

Le monde associatif exclu de l’Observatoire

Cet « observatoire de l’agribashing » doit réunir la chambre départementale d’agriculture, les syndicats agricoles représentatifs (FDSEA, Jeunes agriculteurs, Confédération paysanne, Coordination rurale), les représentants du secteur agroalimentaire (ABEA, UGPVB) ainsi que les services de l’État (DDTM, DDCSPP, police et gendarmerie).

Le monde associatif est, bien malgré lui, prié de ne pas rejoindre la table des discussions et que l’expertise de nos associations sur la question agricole ne pourra certainement pas y être entendue.

Nous remettons donc en cause l’impartialité et l’objectivité des débats et des solutions pouvant être discutées et apportées par cet « observatoire ».

Collusion à grande échelle

L’annonce de la mise en place de cet « observatoire » a lieu au sein même de l’exploitation agricole du président de la chambre départementale d’agriculture d’Ille-et-Vilaine. Cela illustre parfaitement les liens douteux entre les représentants politiques départementaux et ces instances de promotion et diffusion d’un modèle agricole intensif et dévastateur.

Cette annonce fait suite à la nomination de Thierry Merret en tant que personnalité qualifiée au Conseil économique, social et environnemental (Ceser) par la préfète elle-même. Un autre geste éloquent en faveur du système agricole conventionnel et de ses fervents défenseurs.

Nous dénonçons fermement le manque de transparence et la complicité coupable de la préfecture d’Ille-et-Vilaine qui appuie avec force la mise en place d’un tel projet, lequel ne peut objectivement être considéré comme une priorité départementale.

« Agribashing » : la menace fantôme

La mise en place de ce projet est en lien direct avec son expression nationale, la cellule Demeter, projet gouvernemental déjà dénoncé par nos associations. Un objectif concret de cet « observatoire » est la constitution d’une base de données permettant une remontée d’informations vers la cellule.

Les actions portées par nos associations s’inscrivent dans le respect du droit pour la défense de l’intérêt général. La criminalisation d’actions associatives, assimilées à un agribashing, est en contradiction formelle avec le principe de liberté d’opinion.

Que dire des intimidations faites auprès de nos militants associatifs ? Des dégradations faites au niveau des locaux de nos associations ? Du droit environnemental bafoué d’un revers de la main, sous prétexte que nous ne sommes « que » des lanceurs d’alertes, parfois traités d’écolo-terroristes… Madame la Préfète pourrait créer un « observatoire de l’écolo-bashing » ?

Coupons l’herbe sous le pied de cet observatoire !

Pour couper l’herbe sous le pied de cette cellule et de l’observatoire, Eau et Rivières de Bretagne appelle tous ses adhérents et sympatisants à s’auto-dénoncer.

Comment ? En signant la pétition en ligne et en approuvant ce texte :

« J’exprime, jusqu’ici en toute liberté, des critiques vis à vis du système agro-industriel breton, en raison d’impacts que je juge négatifs sur l’environnement et la santé. L’opacité sur les cibles et les fonctions de l’observatoire me laissent penser que je pourrais être visé, à mon insu, et donc surveillé par des organisations corporatistes ou à but lucratif. Soucieux de la bonne utilisation des deniers publics, particulièrement mobilisés en ces temps de crise, je tiens à alléger la charge des opérateurs de l’observatoire en m’auto-dénonçant comme porteur résolu de critiques sur le système agro-industriel et ceux qui le font perdurer. »

02 juillet 2020

https://www.eau-et-rivieres.org/

Signez ici la pétition.

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02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

grippe porcine (france24)

cochons

Le virus G4, cette grippe porcine qui suscite la crainte d’une nouvelle pandémie

À peine découvert et déjà redouté : un nouveau virus de type H1N1 identifié dans les élevages porcins en Chine présente des caractéristiques qui font planer le risque d’une nouvelle pandémie, d’après une étude chinoise parue lundi 29 juin. Explications avec deux experts.

Une pandémie après l’autre, voire les deux en même temps ? Une publication dans la revue scientifique américaine Pnas (Proceedings of the National Academy of Sciences), lundi 29 juin, a réveillé la crainte de ce scénario catastrophe et poussé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à appeler la communauté scientifique à « ne pas baisser sa garde ».

Dans l’article en question, des chercheurs chinois ont révélé avoir découvert un nouveau virus chez le cochon capable de se transmettre à l’homme et qui nécessiterait une « action urgente » pour le contrôler, car il présente les caractéristiques d’une menace « pandémique ».

Tout n’est pas bon dans le cochon

Ce nouveau venu sur la scène virologique, baptisé G4, est le lointain fils du virus H1N1 qui a causé la pandémie de grippe A en 2009. Il a été découvert à l’occasion d’une vaste campagne de tests sur la population porcine dans dix provinces chinoises, menée entre 2011 et 2018.

La surveillance des porcs est devenue un enjeu majeur de santé publique en Chine, premier producteur et consommateur au monde de cette viande. Car tout n’est pas bon dans le cochon.

Cet animal est, en effet, « permissif aussi bien pour les virus de la grippe aviaire [chez l'oiseau], pour ceux de la grippe porcine et ceux des grippes humaines », souligne Manuel Rosa-Calatrava, directeur de recherche à l’Inserm et codirecteur du Laboratoire de virologie et pathologie humaine VirPath, contacté par France 24.

Le porc agit ensuite comme une sorte de grande marmite d’où, par le jeu des mutations et des échanges de gènes entre virus grippaux présents en même temps, émergent de nouveaux agents pathogènes. C’est ce qu’on appelle le réassortiment génétique.

C’est ce qui s’est passé en 2013 dans le sud de la Chine, où a été observé pour la première fois le virus G4. Cette souche s’est ensuite répandue pour devenir à partir de 2016 « la forme dominante du virus dans la population porcine observée », notent les auteurs de l’article dans Pnas.

Ce descendant du virus H1N1 de 2009 est le résultat du croisement entre « trois souches virales qui présentent la particularité d’avoir des protéines de surface [c'est-à-dire qui permettent de s'accrocher à l'hôte infecté, NDLR] auxquelles l’homme n’a pas encore été exposées », souligne Colin Butter, chercheur en biologie animale à l’université britannique de Lincoln, contacté par France 24.

L’être humain n’a, de ce fait, pas encore pu développer de défense naturelle à ce nouvel agent pathogène. Les vaccins contre le virus H1N1 de 2009 ou contre la grippe saisonnière se sont, en outre, montrés inefficaces, ont constaté les scientifiques chinois à l’origine de la découverte.

Un « cocktail détonnant »

C’est le premier élément du « cocktail détonnant » que représente l’agent pathogène G4, d’après Manuel Rosa-Calatrava. En effet, « comme la population humaine est, a priori, complètement naïve face à ce nouveau virus [c'est-à-dire qu'elle n'a pas développé d'anticorps, NDLR], la propagation à l’échelle planétaire pourrait en être facilitée », souligne le chercheur du laboratoire VirPath.

Mais tout cela resterait anecdotique s’il n’y avait pas de transmission à l’homme. Malheureuse-ment, plus de 10 % des travailleurs dans les élevages porcins contrôlés ont été testés positifs à la présence de la maladie. « Cela signifie que le virus est déjà largement répandu au sein de la population en contact avec les animaux porteurs », note Colin Butter.

Reste la grande inconnue de la transmission entre les humains. « Pour l’instant, les scientifiques ne semblent pas avoir constaté de cas en dehors de personnes ayant été à proximité d’élevage porcins », résume l’expert britannique. Mais, les chercheurs chinois ont obtenu des résultats potentiellement inquiétants… chez les furets.

Les animaux se contaminent bel et bien entre eux, à la fois par contact direct et par voie respiratoire. Un résultat important : « Le furet constitue un modèle de référence pour évaluer la transmissibilité entre les humains car il présente, notamment, des récepteurs cellulaires aux virus influenza humains », résume Manuel Rosa-Calatrava.

Par ailleurs, les analyses menées sur ces animaux ont montré que « les dommages causés aux poumons étaient plus sévères que ceux du virus H1N1 de 2009, avec des œdèmes, des hémorragies et des broncho-pneumonies plus graves », écrivent les auteurs de l’étude chinoise.

Redoubler de vigilance

Mais ce qui est vrai pour le furet ne l’est pas forcément pour l’humain, même si c’est un bon indicateur. « Il y a toute une série de mécanismes biologiques qui font qu’on ne peut pas simplement transposer les résultats de l’un à l’autre », affirme Colin Butter.

Plus important à ses yeux est le fait qu’en « six ans de circulation en Chine, il n’y a pas encore eu de cas avéré de transmission entre les humains ». En outre, « les auteurs ne font pas état de cas cliniques graves chez l’homme », relève ce chercheur.

Ces éléments amènent Colin Butter à considérer le risque pandémique avec prudence. « Je ne pense pas qu’il y ait une menace urgente, et, en l’état actuel de nos connaissances au sujet de ce virus, je n’imagine pas une pandémie de virus G4 en plus de celle de Covid-19 cette année », conclut-il. Il n’en demeure pas moins important, pour lui, de redoubler de vigilance pour suivre l’évolution de la situation.

On en est, en effet, « à une ou plusieurs mutations près pour une transmissibilité entre les humains », rappelle Manuel Rosa-Calatrava ». Et le problème est qu’il est impossible de prédire quand et si elles auront lieu.

Le chercheur français reconnaît que le scénario d’une pandémie du virus G4 à court terme n’est pas le plus probable, mais elle n’est pas à exclure complètement à ses yeux, considérant qu’en un siècle, le monde a déjà été confronté à quatre pandémies de virus influenza (grippe espagnole en 1918-19, grippe asiatique en 1957-58, grippe de Hong Kong en 1968-69 et grippe aviaire en 2009-2010). Ce serait alors, à sa connaissance, la première fois que le monde aurait à faire face à deux pandémies simultanément.

01/07/2020 Sébastian SEIBT

https://www.france24.com/fr/

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01 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

belle île (les lucioles)

belle ile

Lettre ouverte des organisations morbihannaises actrices d’un futur vivable pour tous

Nous apprenons la mise en service pour l’été 2020, d’une ligne régulière d’hélicoptère entre Lorient et Belle-Île ( lien vers l’article du télégramme ), nous sommes révoltés.

À quoi peuvent bien servir nos efforts si un très petit nombre de personnes les rendent vains ?

La CCI, via cette convention, nous rappelle malheureusement de façon assez crue, le mépris des générations futures, quelques privilégiés croient qu’il est encore permis d’émettre beaucoup de Gaz à Effet de Serre pour leur confort de vie. Ce projet nous montre également qu’une génération encore au pouvoir dans les entreprises, les fameux #okboomers, n’est plus à même de penser les changements nécessaires du monde futur, qui sera nécessairement plus lent, plus local, sobre et résilient.

Nous demandons donc l’annulation immédiate de ce projet car :

Il est en contradiction avec les stratégies et schémas nationaux (SNBC), régionaux (SRADDET) et territoriaux (PCAET)

Il est dangereux et révoltant pour l’avenir de notre jeunesse

Il est méprisant pour les acteurs des transitions en Morbihan.

Nous ne pouvons rester silencieux face à des comportements irresponsables et injustes qui contribueront à accélérer les catastrophes écologiques en cours et à venir.

Montrer votre opposition à ce projet insensé et d’un autre âge … en signant cette pétition

Premiers signataires :

Les Lucioles – Ria d’Etel en Transition, Etel / Réseau Cohérence, Lorient / Cap des Possibles, Auray / Dolmen des Possibles, Carnac / Energ’ile autonome, Belle-Ile /

https://www.mesopinions.com/

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28 juin 2020 ~ 0 Commentaire

isabelle attard (ballast)

anarchiste

Isabelle Attard

« L’écologie doit s’inscrire au sein du mouvement révolutionnaire »

Vous avez été députée cinq ans. Votre constat est sans appel : on ne peut rien faire bouger au sein des institutions. À vos yeux, l’opposition parlementaire est-elle candide, tristement lucide ou vraiment complice ?

Effectivement. Et je peux même dire que je n’étais pas vraiment prévue au programme puisque la circonscription dans laquelle je me suis présentée ne m’était pas du tout favorable. Je débu-tais en politique et très peu de personnes croyaient en une victoire possible. Je ne la dois finalement qu’à la grande division qui régnait alors à droite comme à gauche.

Lorsque je suis entrée à l’Assemblée nationale, je ne faisais pas partie du sérail, j’ai donc découvert son fonctionnement, ainsi que les combinaisons politiques, en me jetant directement dans le grand bain. Comme n’importe quelle personne qui croit encore à ce système, j’étais pétrie de grands principes républicains et d’idéaux démocratiques.

J’ai assez vite déchanté. Lorsque je n’ai pas voté le budget en 2013, je me suis de facto retrouvée dans la position d’une opposante à la majorité présidentielle. Or si j’étais franchement en désaccord avec la politique du gouvernement, je n’avais rien à voir avec l’UMP ou le FN. J’ai bien essayé, avec d’autres collègues, déçus comme moi, de proposer en 2015 la création d’un groupe « rouge-rose-vert » qui aurait alors permis d’apporter une autre voix, mais nous n’avons reçu que très peu d’écho.

Comment l’expliquez-vous ?

Ça ne correspondait pas à la stratégie des écuries présidentielles de l’époque. Et je ne suis toujours pas convaincue que ça corresponde à celle des partis en place aujourd’hui. L’Assemblée nationale est un grand théâtre dans lequel la pièce est déjà écrite à l’avance. Chacun y tient le rôle qui lui a été attribué. Si vous déviez un tant soit peu de la ligne, vous vous faites aussitôt « excommunier ».

Alors, pour répondre à votre question, je pense qu’on peut dire que l’opposition parlementaire joue son rôle : elle s’oppose. Parfois de manière grandiose mais, la plupart du temps, en usant surtout de démagogie car elle sait très bien qu’il lui est impossible de proposer autre chose que des coups d’éclats médiatiques et symboliques. Comment lui en vouloir ? Tout est prévu pour que ça se passe comme ça, et uniquement comme ça.

Depuis, vous tenez au mot « anarchisme ». Qu’a‑t-il à vos yeux de plus fécond que « socialisme » ou « communisme » ?

C’est assez simple et, il me semble, très cohérent avec ce que je viens de vous dire. Il faut néanmoins revenir à l’histoire de ces différents courants politiques pour comprendre pourquoi je me suis tournée vers l’anarchisme et pourquoi, aujourd’hui, je revendique fièrement ce mot. Tancrède Ramonet l’explique très bien dans son documentaire Ni Dieu ni maître, qui fait partie des ressources qui m’ont accompagnées lors de ce processus de déconstruction-reconstruction politique.

Historiquement, le mouvement socialiste s’est divisé en trois grands courants : réformiste, marxiste et anarchiste. Vous aurez bien compris que je ne croyais dorénavant plus au premier, qui a abandonné depuis longtemps l’idée de révolutionner la société et de mettre fin au capitalisme… Quant au deuxième, s’il est possible de partager de nombreuses analyses, voire un objectif commun, je ne me retrouve pas du tout dans la vision autoritaire qui en découle.

Mikhaïl Bakounine disait que « la liberté sans le socialisme, c’est le privilège et l’injustice, et le socialisme sans la liberté, c’est l’esclavage et la brutalité ». Je pense également que si le terme « libertaire » n’est pas étroitement associé à ceux de « socialisme » ou de « communisme », alors la société qu’on souhaite construire ne m’intéresse pas. Elle ne m’intéresse d’ailleurs pas du tout, si elle n’est pas aussi féministe et écologiste. Et justement, l’anarchisme a ceci d’incomparable avec les autres courants qui se positionnent à gauche : il s’oppose farouchement à toutes formes de dominations, quelles qu’elles soient.

En théorie, en tout cas…

Dans la pratique, il n’est évidemment pas exempt de tous reproches. Derrière des idées, il ne faut jamais oublier qu’il y a des femmes et des hommes qui les défendent. L’aspect psycho-logique est très présent en politique — et tout le monde n’est pas au même stade de déconstruction ou de reconstruction.

Tout le monde n’a pas le même vécu, la même interprétation, les mêmes névroses. Mais il suffit de visionner des documentaires ou de lire des livres sur l’anarchie, écrits par des anarchistes, pour se rendre compte de la grande richesse de cette philosophie. D’ailleurs, si les idées anarchistes n’étaient pas aussi révolutionnaires, on les enseignerait très certainement en classe de terminale. Or on préfère les dénigrer en confondant le terme « anarchie » avec celui de « chaos ». Ça permet ainsi de masquer le véritable chaos, celui qui provient du capitalisme et du libéralisme.

C’est d’ailleurs pour cette raison que vous préférez le mot « anarchiste » à celui de « libertaire ».

J’ai même mis un point d’honneur à l’utiliser dans le titre de mon livre. Il me semble qu’il est temps de le réhabiliter et de l’assumer comme le font de nombreuses autres personnes aujourd’hui. Et puis, il a l’énorme avantage d’être des plus clairs. La clarté, à une époque où le confusionnisme règne, c’est primordial !

Il n’y a rien à attendre des États-nations qui protègent avant tout les intérêts capitalistes. Par contre, je peux comprendre qu’on puisse préférer un Barack Obama à un Donald Trump. Mais si, dans la forme, ça n’a évidemment rien à voir, sur le fond, les différences se situent seulement à la marge. Nous en avons eu l’exemple flagrant dernièrement lorsque Joe Biden a suggéré à la police de viser les jambes plutôt que le cœur pour réduire les tirs mortels.

Il n’y a donc jamais de remise en cause globale du système. Il est totalement illusoire de penser qu’il est possible de changer les choses de l’intérieur, notamment en appliquant la « stratégie des petits pas ». Ça ne mène généralement à rien. Par contre, le concept de « gradualisme révolutionnaire » d’Errico Malatesta me parle beaucoup plus. S’il rejette l’idée d’un Grand Soir révolutionnaire, il n’envisage pas, pour autant, de renforcer l’autorité de l’État. Au contraire, l’idée est d’avancer vers l’anarchie en réalisant un travail de sape qui permettra, au terme d’un processus graduel, de s’émanciper de cette autorité. La renforcer est donc un non-sens. Ce qui n’empêche cependant pas de lutter pour ses droits.

Vous avez dit dans une conférence que, écologiquement, nous avons déjà franchi un « point de non retour » : cela signifie-t-il que l’horizon de l’émancipation est de sauver les meubles ?

Il est assez difficile de nier que nous sommes effectivement arrivés à ce point en ce qui concerne le climat et la biodiversité. D’ailleurs, avec le confinement, nous avons pu constater in situ l’impact du capitalisme sur ceux-ci. Il va être très difficile pour les climato-sceptiques d’argumenter après ça — même si je les en crois tout à fait capables…

Toutes les études scientifiques vont dans le même sens : nous assistons à une augmentation des températures moyennes océaniques et atmosphériques et à une chute extrêmement brutale de la biodiversité. Ne pas comprendre qu’il s’agit là de phénomènes irréversibles s’appelle tout simplement du déni.

Les conséquences, à plus ou moins long terme, auront un impact sur l’ensemble de nos sociétés, tant d’un point de vue écologique que social ou démocratique. Ça a d’ailleurs déjà commencé. Alors je dois avouer que j’ai un peu de mal avec les mouvements qui prétendent qu’« il est encore temps » et qui laissent à penser que nous allons pouvoir sauver la maison des flammes en ne s’attaquant pas au pyromane : le capitalisme.

Je sais très bien qu’en disant ceci, je passe pour une personne radicale — mais je considère qu’être radicale est la condition sine qua non à toutes les luttes d’aujourd’hui. D’ailleurs, le mot « radical » me tient tout autant à cœur que celui d’« anarchie ». On en a fait un mot qui fait peur pour dissuader les gens de le devenir : pourtant, ça ne signifie pas autre chose que s’attaquer à la racine du problème !

Toutefois, je ne suis pas dupe. J’entends bien cette petite musique lancinante qui cherche à nous convaincre que le problème provient de l’humain, de son incapacité à comprendre l’urgence dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Cette analyse est dangereuse car elle suggère que la solution se trouve dans la mise en place d’un pouvoir coercitif, voire d’une dictature.

Or, qu’elle soit verte, rouge ou bleue, une dictature reste une dictature. Je ne pense pas non plus que la solution viendra de la technologie, qui ne fait que déplacer le problème et qui permet seulement aux multinationales de paraître un peu plus vertes. L’horizon de l’émancipation n’est donc absolument pas de sauver les meubles, et encore moins de ces manières-là. La solution, nous l’avons entre les mains, c’est ce que l’anarchie a prouvé à maintes reprises au cours de notre histoire récente : « Don’t mourn, organize! » (« Ne vous lamentez pas, organisez vous ! » [ndlr])

L’écologie, telle qu’on la connaît sous ses formes électorales depuis les années 1970, a‑t-elle entièrement échoué ?

Si on résume l’écologie politique, et même la politique plus généralement, à l’idée de conquérir le pouvoir par les élections ou par la participation au gouvernement, alors oui, je pense qu’elle a échoué dans son objectif de transformation sociale et sociétale.

Elle a peut-être contribué à une meilleure prise en compte de certains sujets ces dernières années mais elle ne s’est pas donnée les moyens de changer radicalement les choses en se bornant à cette stratégie purement électoraliste. La bonne nouvelle, c’est que l’écologie ne se réduit pas uniquement à ça.

Il me paraît évident que les mouvements anti-nucléaires, la lutte pour préserver les terres sur le plateau du Larzac, ou encore la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, ont permis d’apporter des propositions beaucoup plus concrètes, de rendre l’utopie palpable.

De mon point de vue, l’écologie doit désormais s’inscrire au sein du mouvement révolutionnaire. Et c’est en lisant le livre de Floréal Romero et Vincent Gerber, Murray Bookchin, pour une écologie sociale et radicale, que je l’ai enfin compris. Le mouvement écologiste a longtemps ignoré le travail de Murray Bookchin qui a été un précurseur dans les années 1960.

Aujourd’hui, il est à la mode : tant mieux ! Pour autant, il s’agit de rester vigilant sur la réappropriation qui peut en être faite. Je me réfère souvent à un article de l’un de vos auteurs, Elias Boisjean, qui rappelle qu’« on ne saurait […] enrôler Bookchin sans saisir la cohésion d’ensemble de sa doctrine » et qu’« intégrer un conseil municipal, voire diriger une ville, n’est d’aucun secours si cela ne participe pas d’une transformation globale sans compromis avec cet ordre social. Donc de la fin du règne capitaliste au profit d’une société communiste libertaire ».

Dans son dernier ouvrage, Trop tard pour être pessimistes !, l’écosocialiste Daniel Tanuro objecte aux tenants des solutions locales ou communales qu’il faut, face aux « défis terribles » auxquels nous sommes confrontés, travailler à un « plan de transition » écologique coordonné, lequel passe obligatoirement par la prise du pouvoir politique, c’est-à-dire de l’État. Cette objection ne vous convainc donc pas ?

Je n’ai pas encore pu lire ce livre [paru le 10 juin 2020, ndlr] : je me garderai donc bien d’en parler. Surtout que, d’après la quatrième de couverture, il semblerait que nous partagions plus ou moins le même constat sur la collapsologie, le capitalisme vert ou le Green New Deal.

Par contre, si l’idée est de conquérir le pouvoir et, comme vous dites, par extension l’État, je ne vois rien de révolutionnaire là-dedans. Nous pourrions alors réellement dire que cela signifie que l’horizon de l’émancipation consiste à sauver les meubles.

Il m’est impossible de concevoir l’émancipation si ça ne permet pas aux individus de prendre part, de manière directe, au fonctionnement démocratique. C’est un principe de base. C’est pour cette raison que je suis anarchiste.

En tous cas, je suis d’accord avec le titre du livre de Daniel Tanuro : oui, il est trop tard pour être pessimistes. Et, là encore, je vais faire référence à Malatesta lorsqu’il pense que la révolution est un acte de volonté et que son action a deux objectifs bien clairs : la destruction violente des obstacles à la liberté, et la diffusion graduelle de la pratique de la liberté, privée de toutes coercitions. Le seul moyen de faire face aux « défis terribles » qui s’annoncent me semble d’y répondre justement de manière audacieuse, et l’anarchie s’y prête merveilleusement bien.(Extrait)

Le temps d’un mandat, Isabelle Attard, archéozoologue de formation, a défendu à l’Assemblée nationale les couleurs d’Europe Écologie – les Verts. Sous les ors du palais Bourbon, elle est l’une des rares députés à s’opposer, en 2015, à la prolongation de l’état d’urgence et, la même année, à celle des frappes aériennes sur le sol syrien. Deux ans après la fin de sa députation, elle publie le livre Comment je suis devenue anarchiste : un ralliement explicite à la tradition libertaire, doublé d’un constat sans appel quant à la possibilité de changer le système de l’intérieur. Certaine que la lutte écologique, féministe et anticapitaliste ne passera plus par la prise du pouvoir central, elle aspire à la création, ici et maintenant, d’espaces parallèles autonomes. Nous en discutons ensemble.
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