Archive | Luttes écolos en Bretagne

03 décembre 2020 ~ 0 Commentaire

erika (ecologistas)

erika

Pétrolier Erika (12 décembre 1999)

La forte tempête qui s’est produite au petit matin du 12 décembre 1999 a littéralement cassé l’ Erika en deux et plus de 20 000 tonnes de fioul ont été libérés à 400 kilomètres au large des côtes bretonnes.

Cette catastrophe écologique a changé la législation européenne sur la sécurité maritime, mais il reste à prouver que son application pratique permettra d’éviter d’autres catastrophes.
Après de nombreux voyages à travers le monde, l’Erika battait pavillon de Malte sur son chemin de Livourne (Italie) à Dunkerque (France).

Sous le commandement de Karun Mathur, l’homme d’orchestre – ainsi appelé par la presse française, car avec un équipage réduit il avait de nombreuses tâches à bord – a lancé le premier avertissement le 11 décembre à midi pour signaler une gîte sur tribord et des fissures dans les réservoirs.

Après plusieurs messages confus, la nuit est venueavec la forte houle et la cargaison mal répartie pour compenser le basculement ont fait des ravages sur le vieux navire qui, après avoir donné le SOS final à 6 heures du matin, a coulé quelques heures plus tard au large du golfe de Gascogne.

L’arrêt publié 7 ans plus tard par le tribunal correctionnel de Paris, a jugé qu’indépendamment des actions de l’équipage, l’accident était dû à une défaillance structurelle de la coque. Un problème qui aurait dû être détecté par l’entité qui a effectué la dernière inspection du navire : la société de certification RINA.

Le verdict a donc créé un précédent important en obligeant cette entité, ainsi que la compagnie pétrolière Total, le propriétaire et le gestionnaire du pétrolier, à verser 192 millions d’euros d’indemnisation.

Sur ce montant, 154 millions seraient pour l’État français et le reste pour les 101 parties civiles impliquées dans l’affaire. Toutefois, non seulement cela a été réalisé, mais la catastrophe a également mis en évidence la nécessité d’un cadre réglementaire plus efficace pour contrôler le transport maritime, ainsi que la reconnaissance pour la première fois dans ce domaine du délit de dommages environnementaux, une évolution juridique qui a été très bien accueillie par les organisations environnementales.

Suite au naufrage, une série de mesures connues sous le nom d’Erika I ont été mises en place.

Ce paquet, élaboré par la Direction générale des transports et de l’énergie de la Commission européenne, comprenait trois propositions réglementaires relatives aux critères de sécurité. Tout d’abord, il a été proposé d’améliorer les procédures d’inspection, notamment sur les pétroliers.

Dans le cas de l’Erika, une grande partie de la responsabilité, avec celle la compagnie pétrolière Total, est attribuée à la société italienne RINA, qui a effectué la dernière certification du navire sans signaler de déficiences, ce qui est considéré comme suspect compte tenu de l’usure normale d’un navire de 25 ans.

Deuxièmement, les conditions ont été renforcées pour les sociétés de classification – groupes de professionnels chargés de ces examens -, ce qui donne aux États membres de l’UE la compétence d’évaluer le respect des règles.

Enfin, l’entrée en vigueur de la double coque obligatoire pour les pétroliers a été accélérée. Cette mesure a déjà été établie par l’OMI (Organisation maritime internationale) en 1973, par le biais de la Convention européenne MARPOL, un accord international visant à prévenir la pollution par les navires de 25 ans et plus.

Étant donné le non-respect de la convention, il est paradoxal que cette troisième mesure ait été controversée sur un autre point, à savoir que la règle s’appliquerait aux navires battant pavillon de l’UE et aux navires faisant escale dans les ports communautaires, et n’empêcherait donc pas le transit de navires non communautaires dans les eaux de l’UE.

Ils ont toutefois été adoptés sans amendement dans cette troisième proposition. À la fin de la même année, le deuxième paquet de mesures – Erika II – a été proposé comme étant un peu plus pratique, car il complétait la législation précédente en mettant particulièrement l’accent sur la directive relative au contrôle du trafic maritime.

Cette intervention s’est faite par la mise en place du réseau SafeSeaNet, dans lequel les États membres partagent des informations sur leur flotte et les conditions de chaque navire. Ce système a été modernisé avec l’incorporation cette année d’un système d’identification et de suivi à longue distance – LRIT – qui transmet des informations sur le navire toutes les six heures. Ces deux opérations formalisent l’obligation de chaque navire de fournir des informations sur son état.

Cependant, ils ont été approuvés sans aucune modification de cette troisième proposition. À la fin de cette même année, le deuxième paquet de mesures – Erika II – a été proposé, ce qui était un peu plus pratique, car il complétait la législation précédente en mettant l’accent sur la directive relative au contrôle du trafic maritime.

Cette intervention s’est faite par la mise en place du réseau SafeSeaNet, dans lequel les États membres partagent des informations sur leur flotte et les conditions de chaque navire. Ce système a été modernisé avec l’incorporation cette année d’un système d’identification et de suivi à longue distance – LRIT – qui transmet des informations sur le navire toutes les six heures. Ces deux opérations formalisent l’obligation de chaque navire de fournir des informations sur son état.

Les deux autres propositions de règlement étaient : la création d’un fonds d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures -COPE-, renforçant ainsi la solvabilité des deux autres conventions existantes : la CLC (Convention internationale sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution, 1991) et le FIPOL (Fonds international d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures).

Ce nouveau fonds serait alimenté par les contributions des entreprises européennes qui reçoivent plus de 150 000 tonnes de pétrole brut par an. Deuxièmement, l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) a été créée pour fournir un soutien technique à la Commission européenne et aux États membres dans l’application des normes de sécurité et leur évaluation.

L’Erika III a été adopté en mars 2004 et prévoit sept propositions législatives basées sur : l’amélioration du contrôle des normes internationales par les navires battant pavillon européen, la révision de la législation sur le contrôle des ports par l’État afin d’améliorer l’efficacité des inspections, le renforcement de l’accueil des navires en difficulté et le soutien au développement du réseau SefeSeaNet, l’amélioration des règles relatives aux sociétés de classification, l’élaboration d’un cadre européen unique pour les enquêtes sur les accidents, la garantie d’une indemnisation équitable des personnes potentiellement touchées et l’introduction d’une directive sur la responsabilité civile des propriétaires de navires avec un régime d’assurance obligatoire.

https://www.ecologistasenaccion.org/

Lire aussi:

Erika (pétrolier)

 

 

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03 décembre 2020 ~ 0 Commentaire

lithium (arte)

Portugal : Lithium, un enjeu européen ARTE

On l’appelle « l’or blanc », le lithium est un métal de plus en plus utilisé, de plus en plus convoité. L’Europe importe 86% de sa consommation (de Chine, du Chili, d’Australie) alors que ses sous-sols en contiennent.
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La demande et les besoins explosent. 
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Selon la Commission européenne, l’Europe aura besoin de 18 fois plus de lithium d’ici à 2030, et presque 60 fois plus en 2050. Pour quel usage ? Essentiellement les batteries des voitures électriques et les batteries de stockage d’énergie. Pour Thierry Breton, le commissaire européen en charge notamment de la politique industrielle, « l’Europe se met en position pour être quasiment autosuffisante en lithium pour nos batteries en 2025. »
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C’est au Portugal que se trouveraient les plus importants gisements de lithium en Europe. Plusieurs entreprises ont prospecté et comptent bien exploiter les sous-sols de différentes zones du nord du pays.
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Mais les premières étapes de ce processus ont rencontré l’opposition des populations locales. Selon le maire de l’une des communes concernées, « la plus grande valeur que nous ayons aujourd’hui n’est pas le lithium, mais la biodiversité. »
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La région de Montalegre et Boticas est classée « patrimoine agricole mondial » par la FAO.  Le débat est complexe : pour devenir plus verte, l’Europe doit-elle exploiter ses ressources, en creusant une partie de son sous-sol ?
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•16 nov. 2020
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27 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

nucléaire (the guardian)

nukleaire

Les sites nucléaires britanniques coûtent aux contribuables des « sommes astronomiques », selon les députés

Une nouvelle usine (EDF) est en cours de construction, à Hinkley Point dans le Somerset, avec des années de retard et des milliards d’euros de dépassement de budget.

La commission des comptes publics attribue la faute à l’ignorance, l’incompétence et la faiblesse des contrôles

L’Autorité de démantèlement nucléaire (NDA) manque perpétuellement d’infos sur l’état et la localisation des déchets sur les 17 sites qu’elle est chargée de sécuriser, a constaté un comité de députés.

Cela résulte de décennies de mauvaise tenue des registres et d’un contrôle gouvernemental insuffisant, selon les députés. Combiné à une « triste saga » d’incompétence et d’échec, cela a conduit les contribuables à payer la note pour des « sommes astronomiques ».

La NDA reconnaît qu’elle n’a toujours pas une compréhension complète de l’état de ses sites, y compris les 10 stations Magnox fermées de Dungeness dans le Kent, à Hunterston dans l’Ayrshire, selon le rapport des députés.

La dernière estimation de la NDA est qu’il en coûtera 132 milliards de livres aux contribuables britanniques actuels et futurs pour démanteler les sites nucléaires civils, les travaux ne seront pas achevés avant 120 ans.

Depuis 2017, l’estimation supérieure de la NDA concernant le coût du programme de 12 à 15 ans visant uniquement à amener les sites au stade « d’entretien et de maintenance » du processus de déclassement a augmenté de 3,1 milliards de livres sterling pour atteindre 8,7 milliards de livres sterling. « Notre expérience passée suggère que ces coûts pourraient encore augmenter », a déclaré le rapport des députés.

Le manque de connaissance des sites a été un facteur important dans l’échec du contrat de 2014 que la NDA avait signé avec une entreprise du secteur privé pour le déclassement des sites Magnox. Le gouvernement a été forcé de reprendre le contrat en 2018 et l’appel d’offres bâclé a maintenant coûté 140 millions de livres aux contribuables, ont constaté les députés.

Sir Geoffrey Clifton-Brown, vice-président de la commission des comptes publics (PAC), a déclaré : « Bien que des progrès aient été réalisés depuis notre rapport [2018], il est incroyable que la NDA ne sache toujours pas où nous en sommes actuellement, en termes d’état et de sécurité des sites nucléaires désaffectés du Royaume-Uni. Sans cela, et après le fiasco de Magnox, il est difficile d’avoir confiance dans les plans ou estimations ».

« La NDA, avec une meilleure surveillance du gouvernement, doit clairement rompre avec l’incompétence et les échecs du passé et s’efforcer de maximiser l’utilisation des sommes astronomiques de l’argent des contribuables qu’elle a absorbées », a-t-il déclaré.

Meg Hillier, la présidente du CCP, a déclaré : « Le Royaume-Uni est passé de leader mondial de l’énergie nucléaire à cette triste saga d’un manque perpétuel de connaissances sur l’état actuel des sites nucléaires du Royaume-Uni ».

Les députés ont recommandé à la NDA d’accélérer ses travaux : « Il est peut-être possible de réduire le temps nécessaire au démantèlement complet des sites d’environ 85 ans à plus de 40-45 ans. Cela pourrait réduire considérablement le coût à long terme ».

Ils ont également déclaré que l’argent des contribuables pourrait être économisé en accélérant le programme de création d’une installation géologique (genre Bures blog) pour le stockage permanent des déchets hautement radioactifs actuellement détenus dans des installations provisoires. Le conseil du comté de Cumbria a rejeté les plans du gouvernement d’entreprendre des travaux préliminaires à ce sujet en 2013.

Une porte-parole a déclaré que la NDA se félicitait de l’examen du PAC et de sa reconnaissance des défis que représente le nettoyage des anciens sites nucléaires et qu’elle examinerait attentivement les recommandations.

« Nous n’acceptons pas les suggestions selon lesquelles nous pourrions ne pas comprendre la sécurité de nos sites », a-t-elle déclaré. « Notre travail est étroitement et indépendamment réglementé pour garantir que nous respectons les normes de sécurité les plus élevées. Notre objectif reste de veiller à ce que nous réalisions ces travaux d’importance stratégique nationale de manière sûre, efficace et efficiente ».

Le Royaume-Uni compte huit centrales nucléaires en activité, dont toutes, sauf une, doivent être mises à la retraite au cours de la prochaine décennie. Une seule nouvelle centrale est en cours de construction, à Hinkley Point dans le Somerset, et elle a des années de retard et des milliards d’euros de dépassement de budget.

Malgré les récentes spéculations sur la construction d’une nouvelle centrale à Sizewell dans le Suffolk, Boris Johnson ne l’a pas annoncé dans son plan de révolution industrielle verte la semaine dernière. La nouvelle stratégie nationale du gouvernement en matière d’infrastructures, publiée mercredi, dit : « Le gouvernement poursuit des projets nucléaires à grande échelle, sous réserve d’une optimisation des ressources pour les consommateurs et les contribuables ».

En 2015, le gouvernement a annulé un contrat de 9 milliards de livres sterling pour nettoyer le site de déchets nucléaires de Sellafield. La société avait été fortement critiquée pour les notes de frais de ses dirigeants, qui comprenaient une facture de 714 £ pour conduire un « chat dans un taxi ».

Damian Carrington Ven 27 Nov 2020

https://www.theguardian.com/

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24 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

saint cadou (lundi am)

Saint Cadou : La 5G s’avance masquée

Récit et vidéo d’une action contre la réintoxication du monde

Répondant à l’appel à une « seconde vague d’actions contre la réintoxification du monde » un collectif d’habitants finistérien en lutte contre l’installation d’une antenne 5G nous livre ce compte-rendu d’une étape de leur lutte ainsi qu’une vidéo.

Un récit de 2 jours dans les Monts d’Arrée (29) autour du 17 novembre .

Saint Cadou, 16 novembre à l’aube. Le jour se lève sur le Menez Du. Ici c’est la lande, la brume, la terre rocailleuse. Saint-Cadou est un village de 200 habitants sur la commune de Sizun, dans les Monts d’Arrée (Finistère). Dans ce bocage humide six fermes se partagent la colline. Elles pratiquent l’agriculture bio. Trois sont regroupées en Gaec. Depuis trois ans, les gens de la colline se battent contre l’installation d’une antenne-relais.

Lundi 16 novembre à l’aube, les bûcherons ont débarqué sans prévenir. Malgré le confinement, de nombreuses personnes sont arrivées rapidement sur les lieux pour s’opposer à l’arrachage des arbres. En dépit des menaces et des amendes, elles ont occupé le terrain sans rien lâcher ; en discutant avec les corps de métier, en opposant leur corps à l’escouade de gendarmerie dépêchée sur les lieux pour tenter de frayer un passage à la pelleteuse, et enfin en grimpant aux arbres qui devaient être abattus.

En fin de matinée, un arbre avait été coupé et les différentes entreprises (géomètres, bûcherons et terrassiers) ont rebroussé chemin. Les travaux ont été suspendu pour une durée indéterminée.

Mardi soir 17 novembre à 18h, le bourg de Saint Cadou s’est empli de rires, de lumières et de cris d’enfants : munis de lanternes, de flambeaux et de banderoles en tout genre, quatre-vingt personnes se sont retrouvées sur la place du village.

Heureux de partager cette victoire dans une époque où elles sont particulièrement précieuses.

Aujourd’hui, il est interdit de sortir sans attestation, des décrets à la chaîne contraignent à l’isolement, prétendent imposer leurs règles dans les corps et les habitudes les plus intimes.

Et pourtant des habitants se retrouvent et se serrent les coudes, des gens sortent de chez eux. Pour répondre à l’appel du 17 novembre contre la réintoxication du monde, pour ne pas subir chez soi l’arsenal de lois insensées que le gouvernement veut faire passer en force.

« Ici y a pas de drive, y a pas de night-shop, quand ça capte ça coupe : on est pas venu ici pour rien. Y a ceux qui sont nés là, y’ a ceux qui ont débarqué il y a trente ans, ou bien il y a cinq ans, mais les manières de vivre, elles se transmettent.

Ici on va chez ses voisins quand on a quelque chose à leur dire, c’est ça la politesse. Ici quand il commence à pleuvoir, on sait qu’on est parti pour des semaines, et qu’on sera entre nous. Les gens qu’il soient nos copains ou pas, on vit avec. Le voisin, on le reconnaît au bruit de moteur de sa voiture, de son tracteur. C’est nous le pays, c’est nous le paysage »

Même si la démocratie française a rarement autant ressemblé à une dictature, dans les coins de pays où des gens se connaissent, se font confiance, prennent le temps de penser ensemble , le gouvernement échoue à faire respecter ses ordres et insuffler sa peur.

3 novembre 2020

https://lundi.am/

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24 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

1% (the guardian)

npa agricol
1 % des exploitations agricoles exploitent 70 % des terres agricoles du monde

Des chercheurs avertissent que l’accaparement des terres agricoles s’accentue, les terres étant de plus en plus dominées par quelques grandes entreprises Le déclin des petites exploitations dans le monde entier entraîne une augmentation des monocultures destructrices.

Un pour cent des exploitations agricoles du monde exploitent 70 % des champs en culture, des prairies et des vergers, selon un rapport qui met en évidence l’impact sur les crises du climat et de la nature.

Depuis les années 1980, les chercheurs ont constaté que le contrôle des terres est devenu beaucoup plus concentré, à la fois directement par la propriété et indirectement par l’agriculture contractuelle, ce qui se traduit par des monocultures plus destructrices et moins de petites exploitations soigneusement entretenues.

En tenant compte pour la première fois de la valeur croissante de la propriété et de la croissance des populations sans terre, le rapport calcule que l’inégalité des terres est de 41 % supérieure à ce que l’on croyait auparavant.

Selon les auteurs, cette tendance est due aux produits financiers à court terme, qui façonnent de plus en plus l’environnement mondial et la santé humaine.

« Dans le passé, ces instruments ne concernaient que les marchés. Ils ne nous touchaient pas individuellement. Mais maintenant, ils touchent tous les aspects de notre vie car ils sont liés à la crise environnementale et à la pandémie », a déclaré Ward Anseeuw, spécialiste technique principal de l’International Land Coalition, qui a mené les recherches avec un groupe de partenaires dont Oxfam et le World Inequality Lab.

L’étude publiée ce mardi se fonde sur 17 nouveaux documents de recherche ainsi que sur l’analyse des données et de la littérature existantes.

Elle indique que les calculs précédents de l’inégalité des terres étaient basés exclusivement sur la propriété et la taille des exploitations individuelles. Sur cette base, l’inégalité foncière s’est réduite à partir des années 1980, puis s’est accentuée.

Cette tendance est plus prononcée avec la nouvelle méthodologie, qui tient compte de facteurs supplémentaires, tels que la propriété multiple, la qualité et la valeur des terres et le nombre de personnes sans terre.

Le nombre de personnes sans terre est plus faible en Chine et au Vietnam, et le plus élevé en Amérique latine, où les 50 % de personnes les plus pauvres ne possédaient que 1 % des terres.

L’Asie et l’Afrique ont les niveaux les plus élevés de petites exploitations, où l’apport humain tend à être plus élevé que les facteurs chimiques et mécaniques, et où les délais sont plus susceptibles de s’étendre sur plusieurs générations plutôt que sur des cycles d’investissement de dix ans.

Dans le monde, entre 80 et 90 % des exploitations agricoles sont des exploitations familiales ou des petites exploitations. Mais elles ne couvrent qu’une petite partie des terres et de la production commerciale et va en diminuant.

Au cours des quatre dernières décennies, c’est aux États-Unis et en Europe que le passage de la petite à la grande exploitation a été le plus marqué, la propriété étant entre moins de mains, les agriculteurs individuels travaillant sous des contrats stricts, des conglomérats commerciaux et pour des fonds d’investissement.

Selon M. Ward, ces arrangements financiers s’étendent maintenant au monde en développement, ce qui accélère le déclin de la qualité des sols, la surexploitation des ressources en eau et le rythme de la déforestation.

« La concentration de la propriété et du contrôle entraîne une plus grande poussée des monocultures et une agriculture plus intensive, car les fonds d’investissement ont tendance à travailler sur des cycles de dix ans pour générer des rendements », a-t-il déclaré.

Cela est également lié à des problèmes sociaux, notamment la pauvreté, les migrations, les conflits et la propagation des maladies comme le Covid-19.

Pour y remédier, le rapport recommande une réglementation et une surveillance accrues des systèmes opaques de propriété foncière, une modification des régimes fiscaux pour soutenir les petits exploitants et une meilleure gestion de l’environnement, ainsi qu’un soutien important aux droits fonciers des communautés rurales.

« Les petits exploitants agricoles, les agriculteurs familiaux, les populations indigènes et les petites communautés sont beaucoup plus prudents en ce qui concerne l’utilisation des terres. Ce n’est pas seulement une question de retour sur investissement, c’est aussi une question de culture, d’identité et de laisser quelque chose à la génération suivante. Ils sont beaucoup plus prudents et, à long terme, ils produisent plus par unité de surface et détruisent moins ».

Jonathan Watts Mar 24 Nov 2020

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23 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

pollution (the guardian)

poll

Les gouvernements européens ne protègent pas les citoyens contre la pollution atmosphérique

Les gouvernements européens ne protègent toujours pas leurs citoyens contre la pollution atmosphérique toxique, la plupart des Européens respirant encore de l’air vicié dans leurs villes.

Les polluants provenant de l’agriculture, du chauffage domestique et des véhicules dépassent les niveaux nécessaires pour garantir un air respirable dans le cadre des directives de l’Organisation mondiale de la santé, malgré la législation européenne, les engagements des gouvernements et des années de campagnes.

Seules l’Irlande, l’Islande, la Finlande et l’Estonie ont affiché des niveaux de particules fines – l’une des formes les plus dangereuses de pollution atmosphérique – inférieurs aux lignes directrices de l’OMS en 2018, selon des données publiées lundi par l’Agence européenne pour l’environnement.

L’exposition à cette pollution a causé environ 417 000 décès prématurés en Europe, y compris dans les pays tiers, en 2018.

Hans Bruyninckx, le directeur exécutif de l’AEE, l’organisme de surveillance de l’environnement en Europe, a déclaré : « [Nos] données prouvent qu’investir dans une meilleure qualité de l’air est un investissement pour une meilleure santé et une meilleure productivité pour tous les Européens.

Les politiques et les actions qui sont cohérentes avec l’ambition de l’Europe de parvenir à une pollution zéro conduisent à des vies plus longues et plus saines et à des sociétés plus résistantes ».

Il y a eu quelques améliorations, mais elles ne sont pas à la hauteur des actions nécessaires de la part des gouvernements. L’AEE a constaté qu’en 2018, 60 000 personnes de moins qu’en 2009 sont mortes prématurément à cause de la pollution par les particules fines.

Il se peut également que des améliorations sanitaires aient eu lieu cette année en raison des confinements du coronavirus, a noté l’AEE, mais des travaux supplémentaires sont nécessaires pour évaluer l’ensemble des impacts. Les données préliminaires ont montré qu’il y avait eu des réductions allant jusqu’à 60% de la pollution de l’air ce printemps, confirmant d’autres résultats.

Des études ont trouvé des liens entre la forte pollution atmosphérique et l’augmentation des dommages causés par le Covid-19, soulignant la nécessité de réduire la pollution de l’air.

Fiona Harvey  Lun 23 Nov 2020

https://www.theguardian.com/

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23 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

hybrides (transport-environnment)

voiture électrique

Les hybrides rechargeables au cœur d’un nouveau scandale d’émissions 

Des tests révèlent des taux de pollution supérieurs aux annonces officielles

Les ventes de véhicules hybrides rechargeables grimpent en flèche en Europe, mais des tests effectués sur les plus récents modèles confirment qu’ils polluent bien plus que ne l’affirment les constructeurs automobiles – même avec un démarrage à batterie pleine.

Lors de tests en conditions réelles, les émissions de CO2 de trois des modèles les plus populai-res en 2020 ont dépassé ce qui avait été annoncé, à l’instar des recherches sur d’anciens VEHR [1]. Transport et environnement (T&E), qui a commandé ces tests, estime que les gouverne-ments doivent mettre fin aux subventions à l’achat et aux généreuses exonérations d’impôts destinées aux hybrides rechargeables, qui alimentent un nouveau scandale lié aux émissions.

À l’occasion de tests effectués par Emissions Analytics, dans des conditions optimales et avec une batterie chargée à plein, la BMW X5, la Volvo XC60 et le Mitsubishi Outlander ont émis entre 28 et 89 % de CO2 de plus que ce qui avait été annoncé. Avec une batterie vide, ils ont émis trois à huit fois plus de CO2 que les valeurs officielles.

Et lors d’une conduite en mode recharge de batterie, qui pourrait devenir plus courante puisque les conducteurs l’utilisent avant de passer en mode électrique dans les zones à faibles émissions, les chiffres étaient alors trois à douze fois supérieurs.

D’après les estimations de T&E, une fois que la batterie est à plat, les trois véhicules hybrides rechargeables ne peuvent parcourir que 11 à 23 km en mode thermique avant de dépasser leurs niveaux officiels d’émissions de CO2 par km.

Tout le contraire du discours fallacieux des constructeurs automobiles, qui affirment que les VEHR actuellement sur le marché sont adaptés à de longs trajets. En réalité, ils doivent être chargés bien plus souvent que les voitures à batterie électrique, qui sont capables de rouler autour de 300 km avec une seule recharge.

Diane Strauss, Directrice France au sein de T&E, a déclaré :

« Les seuils d’émissions affichés par les véhicules hybrides sont trompeurs. Nos tests montrent que, même en conditions optimales, avec une batterie pleine, les voitures polluent plus qu’annoncé.

Or en France, les ventes de véhicules hybrides ont continué de progresser, jusqu’à dépasser les ventes de véhicules électriques cet automne. Le gouvernement français doit supprimer au plus vite les aides à l’achat des véhicules hybrides et les incitations fiscales pour les véhicules d’entreprises. »

En septembre 2020, le gouvernement a déjà déboursé 38 millions d’euros en aides à l’achat de véhicules hybrides rechargeables (hors prime à la conversion). Il dépense, par an, 7 millions supplémentaires pour inciter les utilisateurs de véhicules de société à choisir l’hybride rechargeable.

Tandis que les constructeurs automobiles reprochent à leurs clients d’utiliser excessivement le moteur thermique, force est de constater que les modèles de VEHR actuellement sur le marché présentent souvent des défaillances en matière de puissance électrique, d’autonomie et de vitesse de recharge.

Par exemple, deux des trois voitures testées, la BMW X5 et la Volvo XC60, ne disposent pas de l’option de chargement rapide. Et même le manuel de l’Outlander mentionne que le moteur thermique est susceptible de se mettre en marche si le système de VEHR est trop chaud ou trop froid, en cas d’accélération rapide, ou si la climatisation est en marche.

La vente de véhicules hybrides rechargeables permet aux constructeurs automobiles de se conformer plus facilement aux normes européennes en matière d’émissions de CO2 des voitures, parce que les VEHR reçoivent actuellement davantage de crédits. T&E estime que l’UE doit mettre fin à cette faille de la réglementation lorsqu’elle reverra les objectifs pour 2025 et 2030 l’année prochaine.

Diane Strauss conclut : « Le véhicule hybride rechargeable est une chimère. La majorité des VEHR est juste mal conçue. Ils ont des moteurs électriques faibles, des moteurs thermiques volumineux et polluants, et se chargent généralement lentement. Les constructeurs français doivent éviter de s’engouffrer dans ce prochain scandale d’émissions et se focaliser sur une réelle avancée pour le climat: la voiture électrique. »

Eoin BannonNovember 22, 2020

Notes :

[1] L’ICCT a analysé des bases de données jusqu’en 2019, et en a conclu que les émissions de CO2 en conditions réelles des hybrides rechargeables étaient généralement de deux à quatre fois plus élevées que les mesures communiquées lors de leur processus d’approbation.

Une analyse par T&E des études européennes sur les émissions de CO2 attribuables aux VEHR en conduite sur route par leurs propriétaires entre 2016 et 2018 a montré que les émissions sont équivalentes, en moyenne, à plus de deux fois et demie celles des valeurs des tests officiels.

https://www.transportenvironment.org/

Commentaire:

Il n’y aura pas d’électricité dans les bornes (que nous allons payer) sans énergie nucléaire. La production des batteries nécessitera de polluer et d’épuiser les réserves de certains métaux. Enfin, il n’y a pas de filière de déconstruction des voitures électriques. (Comme pour les éoliennes et le photo-voltaïque)

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19 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

paysans (pùblico.pt)

Omelia Contadina, a cinematic action by JR and Alice Rohrwacher together with the inhabitants of the Alfina plateau, in october 2019.

L’agriculture intensive a enterré les petits paysans

L’agriculture intensive a peut-être tué l’agriculture paysanne, mais les habitants du Plateau de l’Alfina se sont réunis pour dire : « Vous nous avez enterrés, mais vous ne saviez pas que nous étions des semences ».

Omelia Contadina est la nouvelle action cinématographique de l’artiste française JR et de la cinéaste italienne Alice Rohrwacher, avec des paysans italiens qui se sont réunis à la frontière entre l’Ombrie, le Latium et la Toscane pour organiser leurs propres funérailles.

« En regardant le paysage avec les rangées infinies de noisettes, nous avons commenté entre nous qu’il ressemblait à un cimetière. C’est alors que nous avons décidé : si ça ressemble à un cimetière, il faut faire des funérailles.

Ce n’est pas seulement un enterrement, mais aussi un hymne d’espoir dédié à tous ceux qui nous maintiennent en vie jour après jour, en produisant la nourriture que nous mangeons », a déclaré Alice Rohrwacher lors de la présentation du film de dix minutes à la Biennale de Venise, désormais disponible sur YouTube.

Fille d’apiculteur, la cinéaste s’est intéressée non seulement au changement du paysage qu’elle a utilisé comme décor pour le film primé Wonderland (2014), mais aussi à la perte de biodiver-sité causée par la monoculture des noisettes et aux subventions et pesticides nécessaires pour nourrir les dizaines de milliers d’hectares qui seront plantés en Italie d’ici 2023 – en grande partie pour produire le Nutella, la crème de noisettes et de cacao qui a aidé l’Italien Ferrero à devenir une multinationale.

L’homélie n’honore pas seulement les fermiers photographiés par JR et transformés en images géantes, comme l’enfant de 20 mètres de long que l’artiste a mis à l’abri par-dessus une clôture à la frontière entre le Mexique et les États-Unis d’Amérique.

Le film fait également l’éloge des traditions millénaires, de l’échange de semences, du sens de la communauté et de la protection du sol et de l’eau qui soutiennent l’agriculture traditionnelle. « Un jour, ils reviendront la chercher, lorsqu’ils se rendront compte du travail précieux et désintéressé qu’elle a fourni pendant des milliers d’années, sans rien attendre en retour. Mais ils ne le trouveront pas. Un printemps silencieux règnera ».

Renata Monteiro 18 novembre 2020,

https://www.publico.pt/

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18 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

serres bretagne (reporterre)

tomate

Les serres géantes, « usines à tomates », envahissent la Bretagne

Depuis une dizaine d’années, des serres high-tech, hautes d’entre cinq et sept mètres, s’étendent en Bretagne sur des hectares et des hectares. Riverains et associations dénoncent l’artificialisation des sols, la pollution des eaux et la destruction de la biodiversité.

Artichauts et choux-fleurs s’alignent sur des centaines de mètres. À chaque embranchement de route, des panneaux indiquent des lieux-dits aux noms typiques : Kerveyer, Bournazou, Kerleunoc, etc. Régulièrement, des serres posent leurs reliefs, rompant la platitude de l’horizon. Angles droits et façades de vitres blanches qui, dans la grisaille, se confondent presque avec le ciel.

La commune de Plouescat est connue pour deux choses. Ses plages, mêlant longues étendues de sable et dentelles de rochers sur lesquelles danse l’écume des vagues ; et dans l’arrière-pays, ses productions de légumes, qui ont de moins en moins les racines en terre et sont de plus en plus abrités par des cages high-tech.

Dans le Finistère, ces édifices de verre se multiplient depuis une dizaine d’années. Les serres nouvelle génération font entre cinq et sept mètres de haut et peuvent s’étendre sur plusieurs hectares. Au volant, Michel Thouvenot, président de l’Association environnement et patrimoine de Cléder, mène la visite touristique. Là, le producteur de plants maraîchers Tecnosem a posé des milliers de mètres carrés de hangars et de hautes vitres devant un ancien corps de ferme. Plus loin, dans la commune voisine de Cléder, juste à côté des ruines d’un château du 17e, s’élèvent les serres de tomates des frères Roué

« Je ne comprends pas qu’elles aient été autorisées à côté d’un bâtiment historique », dit Michel Thouvenot. Elles ont même eu le privilège de la visite du président de la République, venu saluer l’effort des producteurs lors du premier confinement.

Encore quelques kilomètres au-delà, à Saint-Pol-de-Léon, sept hectares sont maintenant couverts d’un gigantesque hangar. Il s’agit de la future plateforme logistique de la coopérative qui domine l’agriculture locale : la Sica (société d’intérêt collectif agricole) Saint-Pol-de-Léon, 878 producteurs, premier groupement de producteurs de légumes en France, 40 % de la production exportée.

Le tout mieux connu sous la marque Prince de Bretagne. Voisin, un manoir de granit typique a désormais les fenêtres qui donnent sur un paysage de tôles noires. Le propriétaire a commencé à planter une épaisse forêt pour cacher le bâtiment industriel. En revenant vers Plouescat, à Kerveyer, Michel Thouvenot nous fait slalomer entre cinq exploitations différentes qui multiplient les édifices aux parois transparentes, couvrant presque l’ensemble des terres agricoles du lieu-dit. En terme de conséquences sur l’imperméabilisation et l’artificialisation des terres, c’est comme si la campagne se couvrait d’entrepôts.

« Il n’y a plus de refuges pour la biodiversité »

« Cela envahit le paysage », constate le militant associatif, aussi apiculteur. « Cela a des conséquences sur les abeilles, sur l’eau qui ne s’écoule plus dans le sol, sur les terrains qui sont aplanis. Il n’y a plus de refuges pour la biodiversité. L’association a demandé à la mairie de Cléder de limiter l’extension des serres. Cela a été refusé. » Comment dire non à la principale activité économique du secteur, avec le tourisme ?

Il est régulièrement appelé par des riverains, qui lui rapportent la présence de déchets de cultures : les plants de tomates, une fois la production terminée, sont retirés des serres et entreposés en d’immense tas mélangeant tiges, fruits et attaches plastiques nombreuses sur les plantes qui font plusieurs mètres de haut.

« Ils ne trient pas. Cela devrait être incinéré, mais ce n’est pas toujours le cas. Des milliers de morceaux de plastique se répandent dans la nature, le liquide de la fermentation des tomates s’infiltre dans le sol. » Le tout provoque un ajout de nitrates dans une région déjà saturée.

Plus proche du bourg de Plouescat, la famille Le Duff projette un nouvel agrandissement de ses serres, qui atteindraient plus de sept hectares. Événement rare, il lui a été demandé de passer par la procédure d’enquête publique, qui permet notamment de recueillir les avis des habitants alentour.

Début 2020, à la vue de la procédure, Jean-Luc Guillerm a immédiatement réagi. Revenu sur ses terres familiales pour couler une paisible retraite, il a vite déchanté. À quelques centaines de mètres de chez lui, les serres Le Duff, éclairées la nuit en hiver pour y faire pousser des tomates, l’ont vite dérangé :

Je pouvais lire le journal à trois heures du matin ! »

La carte de la pollution lumineuse en Bretagne est éclairante : ces serres sont l’un des principaux points visibles la nuit. La démonstration des conséquences de cet éclairage nocturne sur la biodiversité et la santé humaine n’est plus à faire.

Les sols sont « asphyxiés », « stérilisés »

Dans la petite ville, le retraité s’est activé et a incité ses voisins à s’exprimer sur l’extension de la serre. Eaux de ruissellement qui s’écoulent sur les terrains attenants, risque que les eaux usées des serres chargées en nitrates se déchargent dans l’environnement et sur le littoral, fumées de la chaudière…

Les conséquences sur le paysage du miscanthus, une grande herbe de deux mètres de haut servant à alimenter la chaudière, sont aussi soulevés. Au abords de Plouescat, les plantations se sont effectivement multipliées. Vingt-cinq hectares y seraient consacrés, d’après les docu-ments de l’enquête publique, pour une production correspondant à seulement vingt jours de chauffage par an. Autant de terres ne servant plus aux cultures maraîchères

Pour limiter les problèmes liés à l’éclairage, l’exploitant a promis l’installation d’écrans d’occultation. Reporterre a tenté de le joindre aux coordonnées laissées dans son dossier d’étude d’impact : aucun numéro n’a abouti.

Dans ce document, il défend un projet certifié Haute valeur environnementale, avec des techniques permettant « de réaliser des économies d’énergie, d’eau et de surface », ainsi qu’un usage très limité des pesticides.

Son étude d’impact nous renseigne aussi sur les méthodes de culture hors sol des tomates mises en œuvre dans ces serres : les plants de tomates émergent de grands pains rectangulaires enrobés de plastique où un « substrat » neutre (de la laine de roche dans ce cas là) permet l’implantation des racines.

Les tomates sont alimentées grâce à une eau chargée en nutriments circulant en circuit fermé. C’est ce que l’on appelle la « fertirrigation ». Chaleur, taux de CO2 accélérant la photosynthèse, mise en surpression des serres pour éviter l’arrivée d’insectes indésirables, surveillance par ordinateur de l’ensemble des « paramètres de croissance des plants » : tout est mis en œuvre pour permettre un rendement maximal, à grand renfort de technologie. Une véritable petite usine à tomates, en somme.

« Je ne comprends pas qu’ils puissent, sur un terrain non constructible, édifier des serres de plusieurs mètres de haut », réagit M. Guillerm. Les serres sont considérées comme des structu-res temporaires, pouvant ensuite être retirées. Pourtant, même le dossier d’étude d’impact fourni par l’exploitant le précise.

Des dalles de béton sont coulées dans les allées des serres, et des plastiques recouvrent le sol dans les rangs, cela conduisant « à une asphyxie sur le long terme, préjudiciable pour la vie des organismes vivant dans le sol ». À terme, il pourrait devenir « stérile », « impropre à la mise en culture », même si les serres étaient retirées. Elles ne sont pas qu’une légère structure de verre posée sur un champ.

Toujours dans le Finistère, la presqu’île de Plougastel

est un autre territoire dont la vue satellite est parsemée de carrés allant du blanc au gris foncé, qui marquent l’emprise d’une autre coopérative : Savéol, reine des tomates et de la fraise. Certes, certaines serres sont là depuis les années 70. Mais un vent de modernisation et d’exten-sions a soufflé ici aussi. « Au début des années 2010, on a constaté une série d’extension de serres dans tout Plougastel », raconte David Derrien, qui a fondé l’association À quoi ça serre.

Parmi ses membres, Danièle Seach, propriétaire d’une bâtisse de granit typique, nous accueille dans un parc joliment tondu. « Quand j’ai acheté en 1991, c’était des vieilles serres. À la fin des années 90, ils ont commencé les remblais. Puis il y a eu les extensions dans les années 2010.

Maintenant, j’ouvre les fenêtres de mon premier étage, je ne vois que ces serres. [Avant], c’était des bois, un bocage. » Les terrains agricoles ont été nivelés, modelés, terrassés. Désormais, les hectares de verre verticaux se dressent au-dessus de sa tête. Ils empêchent l’eau de s’infiltrer, et les bassins censés la retenir sont selon Danièle Seach insuffisants.

« Ils ont détourné l’eau. » Elle montre pour preuve des photos de torrents de boue dévalant un chemin près de chez elle. Le tout va dans l’Elorn, le fleuve qui se jette dans la rade de Brest. « À la suite de ces déversements, on a demandé des prélèvements. Des nitrates, des phosphates et un résidu de fongicides ont été trouvés. Mais on nous a dit qu’on ne pouvait pas savoir d’où ça vient ! » regrette David Derrien, de l’association À quoi ça serre.

Contactés, les exploitants de ces serres, membres de la famille Gouennou, n’ont pas répondu. Les numéros de téléphone sonnent dans le vide… Sauf un. Mais dès que le mot « journaliste » est prononcé, la réponse est immédiate : « Ça ne nous intéresse pas ! » Ils font partie du groupement de producteurs Savéol, qui a refusé notre demande de reportage dans une de ces serres.

Alors que l’on a vu les serres encore pleines de beaux plants de tomates, on nous explique que c’est la fin de saison. L’association À quoi ça serre dénonce une opacité du fonctionnement des serristes, facilitée par leur place importante dans l’économie locale.

Pourvoyeuses d’activité et d’emplois, vitrines de la commune, elles semblent bénéficier d’un œil favorable des autorités, et obtenir les autorisations nécessaires sans trop de difficultés. « Ils ont même obtenu une ligne de bus dédiée pour faire venir les travailleurs aux serres », souligne David Derrien. Des travailleurs de plus en plus souvent étrangers, détachés, d’ailleurs.

Un camion toutes les deux minutes

Pour observer des travaux en cours, le militant nous emmène dans un autre hameau de Plougastel-Daoulas, à Breleis. Depuis plus de quatre ans, les riverains subissent de multiples allées et venues de camions devant leur porte.

Leur voisin, M. Le Bot, étend peu à peu les abris qui tiennent ses fraises au chaud. C’est l’autre grosse production sous serres de la presqu’île. Il ne la vend pas à Savéol mais à un important grossiste, Le Saint. Camions et bulldozers brassent la terre nue sur laquelle de nouvelles serres viendront s’ajouter.

« Des milliers de tonnes de terre sont amenées là, quand ils travaillent un camion passe toutes les deux minutes », témoigne Lénaik, une riveraine. « Dans les remblais on voit du plâtre, des morceaux de plastique, on se demande si la terre n’est pas polluée. »

« Je ne comprends pas comment on peut dénaturer comme cela des terrains aussi proches de la mer », complète son voisin. « Tous les gens du village vont se baigner en contre-bas de ces serres. »

La circulation les inquiète, surtout pour leurs enfants. « Mon fils a eu un traumatisme crânien, il est tombé à cause d’un tracteur qui roulait trop vite », témoigne Lénaik. Elle a tenté d’inciter les engins à ralentir, avec un panneau signalant la présence d’enfants. « La gendarmerie est venue me demander de le retirer ! » Elle est allée se renseigner à la mairie, et a demandé le permis de construire. Mais les extensions se font l’une après l’autre, dans des dossiers séparés. Les documents obtenus ne permettent pas d’avoir de vision d’ensemble. Les voisins s’inquiètent : jusqu’où ira-t-il ? (Résumé voir lien)

Plouescat et Plougastel (Finistère), reportage

13 novembre 2020 / Marie Astier (Reporterre)

https://reporterre.net/

Cleder:
Contact : Michel THOUVENOT, Vrenn vian, Tél : 02.98.69.31.09

E-Mail:     thouvenotm@wanadoo.fr

Plougastel: Facebook

 

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17 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

trop tard! (greenleft slate)

climat

Des scientifiques disent que pour « zéro émissions » d’ici 2050, c’est trop tard!

Un réchauffement global de 1,5°C est probable d’ici 2030 – voire avant.

Des climatologues estiment aujourd’hui que leurs prévisions concernant le rythme de l’augmentation de la température mondiale sont trop prudentes, et qu’une action plus forte et plus décisive est nécessaire pour réduire les dangereuses émissions de gaz à effet de serre.

Dans ce contexte, mettre l’accent sur des émissions nettes nulles d’ici 2050 aide simplement les partis conservateurs, qui ne s’éloignent pas de leurs amis des combustibles fossiles parce que la pression politique en faveur du changement n’est pas assez forte.

Le Climate Reality Check 2020 (CRC) de David Spratt, Ian Dunlop et Luke Taylor du National Centre for Climate Restoration affirment qu’une réponse d’urgence serait de faire du climat la priorité numéro un de la politique et de l’économie.

Ils fournissent des données accessibles montrant que le réchauffement s’accélère et qu’un réchauffement global de 1,5°C est probable d’ici 2030 – voire avant.

Selon eux, le réchauffement s’est accéléré au cours de la période 2010-19, et les 25 prochaines années devraient se réchauffer à un rythme de 0,25-0,35°C par décennie.

Un réchauffement plus rapide

Les estimations prudentes du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ont volé en éclats : la dernière génération de modèles climatiques suggère que 1,5 °C pourrait être atteint dans cinq à sept ans, soit une décennie plus tôt que les projections du GIEC.

Le CRC affirme que l’accélération du réchauffement est le résultat direct de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, ainsi que de la pollution atmosphérique et des cycles climatiques naturels. Ces facteurs entraînent une stratification des océans, avec une couche supérieure plus chaude qui contribue à accélérer le réchauffement.

Le CRC cite le professeur britannique Kevin Anderson, spécialiste de l’énergie et du change-ment climatique, qui a déclaré que le monde est actuellement sur la voie d’un réchauffement de 3 à 5 °C d’ici 2100.

Il a averti qu’un réchauffement de 4°C est « incompatible avec une communauté mondiale organisée ». Ce type d’augmentation de la température est « au-delà de l’adaptation », a-t-il dit, car elle « dévastera la majorité des écosystèmes et a une forte probabilité de ne pas être stable ».

Le Bureau australien de météorologie a également estimé que, compte tenu des engagements internationaux actuels en matière d’émissions de gaz à effet de serre, le monde se dirige vers une augmentation de 3,4ºC par rapport aux niveaux de la révolution préindustrielle d’ici 2100. Pour l’Australie, cela se traduit par une augmentation de 4,4ºC difficile à conceptualiser.

C’est inquiétant, déclare le CRC : « Ce n’est qu’en évitant l’ingérable qu’il est possible de stabiliser le système ».

« Les preuves provenant des seuls points de basculement suggèrent que nous sommes dans un état d’urgence planétaire : le risque et l’urgence de la situation sont tous deux aigus. … Si des cascades de basculement dommageables se produisent et qu’un point de basculement mondial ne peut être exclu, alors il s’agit d’une menace existentielle pour la civilisation ».

La Terre entre dans le sixième événement d’extinction massive de son histoire. Dans ce contexte, et alors que le mouvement reste très disparate, les militants radicaux pour le climat doivent être clairs sur la stratégie à adopter et sur ce qui n’est qu’un simple détour. (Voir lien)

Pip Hinman 10 novembre 2020

https://www.greenleft.org.au/

Lire aussi:

Climat: le monde aurait déjà dépassé le point de non-retour, selon une étude (Slate)

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