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14 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

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Notre avenir s’écrit dans l’océan

Alors que les Nations unies ont dédié la prochaine décennie aux sciences de l’océan pour le développement durable, quarante scientifiques sonnent aujourd’hui l’alarme pour que l’océan soit hissé au rang de priorité. Parmi eux, Françoise Gaill et Joachim Claudet nous expliquent dans cette tribune publiée avec Libération pourquoi notre futur en dépend.

Il couvre plus de 70 % de la surface de la planète dont il régule le climat. Il fournit à l’humanité nourriture, énergie et ressources minérales et vivantes… et reste un lieu unique d’activités, d’expériences et de loisirs. Et pourtant, l’océan reste trop souvent le grand absent des politiques mondiales.

Quatre ans après avoir obtenu à l’arrachée la prise en compte de l’océan dans l’Accord de Paris, la communauté scientifique se mobilise à nouveau pour le placer sur le devant de la scène. À l’issue d’une conférence organisée à l’Unesco par la plateforme Océan & Climat, quarante scientifiques de dix-huit pays, parmi lesquels des experts du Giec et le président de l’IPBES (l’alter ego du Giec pour la biodiversité), signent aujourd’hui un appel en ce sens dans la revue One Earth.

L’océan représente plus de 70 % de la surface de la Terre. Il régule le climat, fournit ressources et énergie à l’humanité mais reste le grand absent des politiques mondiales.
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Dix ans pour tout changer

Le timing ne doit rien au hasard : les Nations unies ont proclamé la prochaine décennie comme celle des sciences de l’océan pour le développement durable. But de l’opération, encourager la communauté scientifique, les décideurs, le secteur privé et la société civile à renverser la table pour que notre relation avec l’océan s’inscrive enfin dans un avenir durable.

L’affaire ne concerne pas seulement les habitants des littoraux, même s’ils représentent des centaines de millions de personne, mais bien l’humanité dans son ensemble.

Ne nous y trompons pas : l’affaire ne concerne pas seulement les habitants des littoraux, même s’ils représentent des centaines de millions de personne, mais bien l’humanité dans son ensemble. Tout d’abord car l’impact négatif des activités humaines sur l’océan s’accentue, via la surexploitation de ses ressources, l’accroissement des transports, la pollution ou encore des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère qui perturbent son équilibre chimique et biologique.

Ensuite parce qu’au travers d’une meilleure gestion de l’océan, l’un des dix-sept Objectifs du développement durable des Nations unies, il est possible de contribuer à d’autres de ces objectifs tels que la réduction de la pauvreté et des inégalités, la faim « zéro » et la régulation du climat.

Une stratégie et des priorités

Alors quelles sont les solutions ? Des chercheurs, des politiques, des représentants du secteur privé et de la société civile ont bâti de concert une stratégie articulée autour de grandes priorités. La première : associer davantage les sciences sociales, avec celles de la nature. Cette alliance est indispensable pour adapter les solutions aux contextes écologiques, économiques et socio-culturels locaux et régionaux, y compris aux cadres réglementaires et aux réalités politiques. Nos représentations des enjeux océaniques sont très différentes selon que l’on habite sur les côtes bretonnes, en Polynésie ou à Singapour.

Deuxième priorité : améliorer notre perception des océans en temps réel. Les décisions doivent en effet être basées sur des données robustes, provenant d’un système d’observation coordonné qui permette d’évaluer systématiquement l’état et les tendances de l’océan aux échelles locales, régionales et globale.

On ne part pas de rien : le système d’observation de l’océan mondial (GOOS) est en perpétuel développement et intègre de plus en plus de variables biologiques comme par exemples les concentrations en phytoplancton. Il nous parait tout aussi essentiel qu’un suivi socio-économique lui soit associé. Par exemple, y intégrer un suivi mondial des activités de pêche et du transport maritime.

Se former à la politique

Troisième axe : améliorer les relations entre science et politique. Dans ces périodes d’incertitude, le rôle de la science comme source d’information des politiques publiques doit être renforcé. L’équation est difficile, les chercheurs et les élus ne partagent ni les mêmes méthodes ni les mêmes objectifs et pour corser le tout, l’information scientifique entre frontalement en concurrence avec d’autres facteurs qui façonnent l’espace décisionnel.

Il est essentiel de donner aux scientifiques le goût de la pédagogie, de la communication, et les doter de compétences en diplomatie.

Les solutions de développement durable, dont les bénéfices vont être relativement longs à se faire ressentir, sont à évaluer par les décideurs au regard de solutions d’exploitation à plus court terme, aux bénéfices immédiats et aux conséquences néfastes plus lointaines. Il est donc essentiel de donner aux scientifiques le goût de la pédagogie, de la communication, et les doter de compétences en diplomatie. Mais il ne serait pas superflu d’introduire la valeur de la rationalité scientifique dans la formation des politiques.

Pour les convaincre, il faut aussi tendre vers des politiques où tous les aspects coexistent et dont les préoccupations liées à la biodiversité et au climat imprègnent les questions de pêche, d’aménagement du territoire, de transport maritime ou de tourisme. Pour cela, les modes de gouvernance doivent être plus participatifs et décentralisés, et impliquer à la fois les gouverne-ments, le secteur privé, la société civile, les peuples autochtones et les communautés locales. Le chantier est titanesque mais il ne sera pas vain : il ne s’agit pas de faire plaisir à tout le monde, mais de trouver des pratiques que chacun s’appropriera plus facilement.

Écrire un nouveau récit sur l’océan

Dernière grande action que nous évoquerons ici : mieux sensibiliser le grand public au rôle clef de l’océan et des menaces qu’il encoure. Dix ans mois pour mois après le Grenelle de la mer, il est temps d’écrire un nouveau récit sur l’océan, et de le ramener au centre de nos vies. Ce changement de perspective est indispensable pour élaborer de nouvelles normes sociales qui, à leur tour, seront le support des changements nécessaires.

La Déclaration de la Décennie constitue un premier pas vers la réalisation des objectifs nationaux et internationaux en matière de développement durable. Mais il faut alors que les États membres des Nations unies et les parties prenantes soutiennent ces efforts avec des engagements financiers importants. Nous n’avons plus le choix : la houle se lève et nous sommes tous sur le même bateau. ♦

14.11.2019 Joachim Claudet et Françoise Gaill

https://lejournal.cnrs.fr/


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14 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

eaux et rivières (fr3)

eaux et rivieres

“Eau et Rivières de Bretagne” porte plainte suite à la vente de pesticides aux particuliers par Amazon et eBay

L’association est vent debout contre les pesticides depuis de longue date. Son combat actuel se tourne vers deux géants du web : Amazon et eBay. Elle les accuse de vendre des produits contenant du glyphosate, alors que c’est interdit en France depuis le 1er janvier 2019.

La guerre des pesticides fait rage. Ce nouvel épisode intenté par Eau et Rivières de Bretagne accuse des acteurs que l’on ne soupçonnait pas : les géants du web. Parmi eux, Amazon et eBay sont pointés du doigt par l’association bretonne.

Elle leur reproche de proposer à la vente des pesticides contenant du glyphosate, alors que c’est interdit par la loi française. En effet, la loi Labbé (du nom du sénateur morbihannais Joël Labbé) ordonne que « la mise sur le marché, la délivrance, l’utilisation et la détention de produits phytopharmaceutiques pour un usage non professionnel sont interdites à compter du 1er janvier 2019.«  Dans ces produits, l’un d’entre-eux défraie la chronique de longue date : le glyphosate.

Interpeller les pouvoirs publics

Deux plaintes ont donc été déposées dans les Côtes-d’Armor visant les deux sites de vente en ligne. Malgré le fait que leurs sièges sociaux soient situés à l’étranger, la vente à destination du territoire français est répréhensible par la loi.

« Nous voulons interpeller les pouvoirs publics face à cet état de fait, que les autorités judiciaires se saisissent du dossier pour faire appliquer la loi« , explique Brieuc Le Roch, le juriste de l’asso-ciation. Les plaintes ont été déposées contre X, « pour que la situation puisse évoluer, accuser d’autres acteurs que ceux que nous attaquons. »

La plainte contre X est courante dans les affaires de pollution. En cas de condamnation, « nous aimerions que les peines prononcées soient proportionnelles au chiffre d’affaires de ces multinationales, » sourit Dominique Le Goux, chargée de mission « pesticides » dans l’association.
La peine maximale pour le délit de « vente illégale de produits sanitaires » est de 300.000 euros d’amende et 2 ans d’emprisonnement.

Après un premier signalement de l’association, Amazon avait retiré les produits incriminés de son site, avant de les remettre à la vente récemment.

Pas leur premier coup d’essai

Eau et Rivières de Bretagne a lancé plusieurs procédures contre ce genre d’infractions par le passé. Auparavant, seule la publicité de ces pesticides était prohibée. Ainsi, l’association avait porté plainte contre la société Shopix qui distribuait des prospectus de vente contenant un désherbant interdit à la vente.

Auparavant, c’est contre Monsanto que l’association avait lancé une action en justice. La procédure longue (entre 2002 et 2012) avait permis la condamnation du groupe pour sa publicité de produits interdits.

Très investie dans la lutte contre « cette délinquance environnementale« , Eau et Rivières de Bretagne se désole du manque d’actions concrète des autorités publiques. « On ne peut pas demander à une association de bénévoles de faire le travail de la police » insiste Brieuc Le Roch.  Malgré tout, l’association reste mobilisée. Actuellement, elle a déposé une quinzaine de plaintes dans des affaires de délits environnementaux.

La réponse d’Amazon

En fin d’après-midi, le site de vente en ligne nous a transmis sa réponse face aux argument avancés par Eau et Rivières de Bretagne. Amazon communique : « Nous demandons à tous les vendeurs de se conformer à nos politiques de vente et disposons d’équipes munies d’outils dédiés visant à s’assurer que des produits interdits n’aient pas leur place dans notre boutique. Nous prenons des mesures contre ceux qui enfreignent nos politiques, notamment en supprimant leurs privilèges de vente. » Le géant du e-commerce l’assure : « le produit en question a été supprimé » de son site.

Corentin Bélard 12/11/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Site Eaux & Rivières

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13 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

13 novembre 2002 (le prestige)

Le procès de la plus grave marée noire de l’histoire de l’Espagne s’est ouvert mardi 16 octobre 2012, à La Corogne (Galice). Quatre accusés,dont le commandant du pétrolier Prestige,  seront jugés pendant plusieurs mois, dix ans après le naufrage du navire.

Le navire s’était cassé en deux et avait coulé le 19 novembre 2002, au large de la Corogne, après avoir dérivé pendant six jours dans l’Atlantique, laissant s’échapper 50 000 tonnes de brut qui s’étaient répandues sur les côtes. Le Prestige, un pétrolier libérien battant pavillon des Bahamas, construit en 1976 et chargé de 77 000 tonnes de fioul, subissait une voie d’eau en pleine tempête, au large de la Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne.

Lors de l’arbitrage entre les assureurs et les Etats espagnols et français, ces derniers réclamaient respectivement 4.3 miliards d’€ et 67.5 million d’euros. Les Etats furent déboutés de leurs demandes.

Impunité des responsables politiques.

La décision d’éloigner de la côte le pétrolier accidenté fut prise contre l’avis des professionnels et des scientifiques, qui optaient clairement pour emmener le bateau vers un lieu abrité. Mais aucun responsable politique de la gestion de cette tragédie n’a payé pour ses terribles erreurs. Ils n’ont pas non plus demandé pardon. A la tête du Gouvernement qui a géré de manière telle-ment néfaste cette affaire figuraient Mariano Rajoy, Arias Cañete, José Mª Aznar, Francisco Álvarez-Cascos ? qui n’ont subi aucun coût politique pour leur incompétence. Et une commis-sion parlementaire ne fut même pas créée pour enquêter sur la gestion de la catastrophe.

La justice ne fonctionne pas

En octobre 2012 débute le jugement du Prestige et l’accusation pénale est dirigée contre le capitaine du bateau, le chef des machines, le premier officier et José Luis López Sors, directeur général de la Marine Marchande, bouc émissaire et seul membre du Gouvernement qui sera assis sur le banc des accusés. Mais ni les armateurs, ni les responsables de la cargaison, ni les politiciens qui prirent les mauvaises décisions n’ont payé ni ne paieront pour cela, vu qu’ils ne sont pas impliqués.

https://www.francetvinfo.fr

Lire aussi:

10 leçons non apprises de la catastrophe du Prestige (Ecologistas)

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13 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

triskalia

pesticides

Pesticides

Le Parlement européen maintien  sa pression sur la France et la coopérative agroalimentaire  bretonne Triskalia

Ce lundi 11 novembre 2019, les victimes des pesticides de la coopérative agroalimentaire bretonne Triskalia, soutenus par l’Union Régionale Solidaires de Bretagne et le collectif de soutien aux  victimes des pesticides de l’Ouest ont été une nouvelle fois auditionnés par la Commission des pétitions du Parlement européen.

Madame Dolores Montserrat, Présidente de la Commission des pétitions, suivie par l’ensemble de ses collègues députés ont décidé de maintenir ouverte la pétition déposée par les victimes des pesticides de Trikalia et leurs soutiens en 2016.

«Nous pensons qu’il faut poursuivre la procédure, jusqu’à ce que la situation soit clarifiée. Nous attendons des informations de la part des autorités françaises». A déclaré Madame Montserrat après avoir écouté les déclarations des représentants de la Direction Générale de la Santé et de la sécurité alimentaires et de la Directions Générale de l’emploi et des affaires sociales de la Commission européenne, ainsi que les pétitionnaires.

Cette audition couronnée de succès est une nouvelle étape extrêmement importante pour les victimes des pesticides de Triskalia «C’est une nouvelle grande victoire». La France va devoir, répondre clairement aux questions qui lui ont été posées par les instances européennes et proposer des mesures pour protéger les salariés. Et surtout les appliquer.

Si cette prise de position sans ambigüité du Parlement européen démontre une prise de conscience de la gravité des scandales sanitaires, sociaux et environnementaux que représente l’utilisation irresponsable des pesticides, elle légitimisme pleinement le combat exemplaires que mènent depuis près de dix ans les ex-salariés victimes des pesticides de Triskalia.

Leurs récentes victoires judiciaires devant les juridictions françaises, Tribunaux des Affaires de sécurité sociale, Conseils des Prud’hommes condamnant la coopérative Triskalia pour faute inexcusable de l’employeur et licenciement sans cause réelle et sérieuse démontrent également la justesse de leur combat.

COMMUNIQUE DE PRESSE Bruxelles le 11 novembre 2019

Contacts :

Laurent Guillou :  06 80 16 19 11

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13 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

séismes (criirad france-info)

panic

SÉISME ET NUCLÉAIRE

L’épicentre du séisme de magnitude 5,4 intervenu peu avant midi le 11 novembre 2019 en vallée du Rhône est situé à environ 13 kilomètres de la centrale nucléaire de Cruas et 28,5 kilomètres de celle du Tricastin.

Les autorités et les industriels du nucléaire se sont voulus très rassurants hier après-midi en indiquant qu’il n’y avait pas eu de conséquences notables sur la sûreté de ces deux sites nucléaires. Les autorités ont annoncé hier soir que les réacteurs de la centrale de Cruas étaient cependant mis à l’arrêt pour des examens plus approfondis dans la mesure où l’un des capteurs du site avait enregistré un niveau d’accélération supérieur au critère d’intervention.

Dès l’annonce du séisme, la CRIIRAD s’est mise en situation de vigilance renforcée. Elle peut confirmer que ses balises de surveillance en continu de la radioactivité atmosphérique en Vallée du Rhône (Valence, Montélimar, Saint-Marcel d’Ardèche, Avignon) n’ont mis en évidence aucune contamination ou élévation anormale du rayonnement ambiant.

Cependant les recherches qu’elle a effectuées ces dernières années ont conduit la CRIIRAD à s’interroger sur la protection réelle des installations contre le risque sismique.

1/ Tout d’abord parce que des « défauts de tenue au séisme » sont identifiés régulièrement sur les équipements de très nombreux réacteurs.

Les anomalies sont souvent découvertes de façon fortuite et datent souvent de plusieurs années, voire décennies, remontant parfois à la construction de l’installation. Elles n’avaient été identifiées ni par l’exploitant, ni par les contrôleurs ou leurs experts.

Sont en cause des défauts de conception, de réalisation, de surveillance, des défauts de prise en compte de configurations à risque. Des défauts d’ancrage de certains auxiliaires des groupes électrogènes d’ultime secours ont ainsi été détectés en 2017 sur 26 réacteurs nucléaires. Cet équipement vital n’aurait pas résisté à un fort séisme, entrainant la perte totale d’alimentation électrique.

La même année, étaient découverts des problèmes de corrosion susceptibles de conduire, en cas de séisme, à la rupture des tuyauteries et à l’inondation de la station de pompage, provo-quant pour 20 réacteurs la perte totale de la source d’eau froide.

Pas moins de 10 réacteurs [1] étaient concernés par les deux anomalies, ce qui impliquait la perte simultanée du système électrique et du système de refroidissement : le même scénario catastrophe qu’à Fukushima. Dans beaucoup de cas, les équipements n’auraient même pas résisté à un Séisme Maximal Historiquement Vraisemblable (SMHV), a fortiori à un Séisme Majoré de Sécurité (SMS).

2/ Le deuxième axe d’interrogation concerne justement la détermination des SMHV et SMS et l’insuffisance des marges de sécurité.

La détermination du risque sismique historique (sur 1 000 ans) procède d’estimations et de calculs (plus rarement de mesures). De plus, en remontant sur des milliers et des dizaines de milliers d’années, la paléosismologie a révélé l’existence de tremblements de terre d’intensité ou de magnitude très supérieures à celles révélées sur la séquence historique [2].

Au-delà de la magnitude des séismes, il s’avère également que les effets de site ne sont pas forcément bien pris en compte. La réglementation est supposée tenir compte de l’avancée des connaissances mais les processus sont très longs.

Le séisme survenu le 11 novembre 2019 vient réactiver ces interrogations. Sa magnitude (5,4) dépasse en effet largement celle du Séisme Majoré de Sécurité (5,2) retenu pour le dimension-nement des dispositifs de tenue au séisme des sites nucléaires du Tricastin et de Cruas.

La CRIIRAD demande donc une remise à plat complète du dispositif de protection contre les séismes, intégrant la publication des dossiers traitant de la résistance de chaque centrale et un état des lieux exhaustif de l’état des équipements directement ou indirectement concernés.

Elle demande également que les centrales de Cruas et du Tricastin soient mises à l’arrêt de manière préventive compte tenu de la manifestation d’un séisme de magnitude nettement supérieure au Séisme Majoré de Sécurité.

COMMUNIQUE DE LA CRIIRAD Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire ; Corinne Castanier, responsable règlementation-radioprotection et Jérémie Motte, ingénieur environnement à la CRIIRAD.

Notes:

[1] Centrales nucléaires de Nogent-sur-Seine, Belleville, Golfech et Cattenom
[2] A Cadarache, par exemple, le SMHV est de 5,3 ; le SMS a donc été fixé à 5,8 (majoration de sécurité de 0,5) mais les recherches ont révélé dans un passé plus lointain l’existence de séismes allant jusqu’à une magnitude 7.
[3] Site des balises : balises.criirad.org

http://www.criirad.org

Lire aussi:

« Les centrales nucléaires en France ne sont pas correctement conçues pour résister à des séismes » alerte un expert (France Info)

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13 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

viande (nueva tribuna)

lexploitation-avel-vor-va-passer-pres-de-15-000-porcs

Ce que nous coûte la viande

L’industrie de la viande actuelle est devenue une menace sérieuse pour la population du point de vue de la santé publique et l’une des causes les plus importantes de la crise climatique.

Dans notre pays (Espagne, blog), l’hypertrophie du secteur de la viande industrielle a entraîné une consommation excessive de viande. Ainsi, en Espagne, on mange six fois plus de viande que la recommandation maximale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mais en plus, nous mangeons dix fois plus  plus de viande rouge que recommandé et huit fois plus de viande transformée.

La conséquence de cet excès et de sa tendance à la hausse est dramatique du point de vue de son impact sur la santé de la population et met en péril la durabilité du système de santé publique.

60% des atteintes à la santé dues à un régime insensé peuvent être attribuées à une consommation excessive de viandes rouges et transformées

Un régime insensé est le facteur qui affecte le plus notre santé, c’est ce qui nous rend malade et ce qui nous tue le plus, plus que le tabagisme, l’alcoolisme, les drogues ou les maladies contagieuses. Dans la catégorie « risque alimentaire », le plus important est la viande. Plus précisément, 60% de toutes les pertes de santé dues à un régime insensé peuvent être attribuées à une consommation excessive de viandes rouges et transformées.

Nous savons qu’en Espagne, il y aurait 270 000 moins de personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, moins de diabète, 17 500 cas de cancer colorectal et 8 200 décès par ce cancer pourraient être évités chaque année. colorectal si la quantité maximale de viande recommandée était respectée.

Cet impact sur la santé a évidemment une conséquence directe sur les dépenses de santé publique. La facture pour le traitement des maladies résultant d’une consommation excessive de viande s’élève à 7,4 milliards d’euros, entre coûts directs et indirects. Cela implique une dépense par personne de 157 euros par an, ce qui correspond à 13% des dépenses publiques totales de santé par habitant.

Maintenant, vous devez vous demander pourquoi avons-nous tellement augmenté la consommation de viande? La réponse est claire: en moyenne, dans l’UE et dans notre pays, 55% de la production d’1 kg de viande est subventionnée. Nous pouvons donc dire que la viande est sans cesse une promotionnée.

L’Espagne investit environ 3,3 milliards d’euros par an pour subventionner la viande que nous consommons en excès

C’est un transfert incroyable d’énormes sommes d’argent de notre poche à cette industrie qui nous rend malades, au détriment d’autres secteurs, de cultures, plus liées à des régimes alimentaires sains et durables, mais aussi .

Nous investissons l’argent public pour créer des maladies. Le chiffre serait d’environ 3,3 milliards d’euros par an, en Espagne,  pour subventionner la viande que nous consommons en excès.

Les subventions sont injectées dans le cadre de la politique agricole commune (PAC), dont la majeure partie est destinée à réduire le coût des matières premières nécessaires à l’industrie de la viande et aux entreprises annexes ( production d’aliments pour animaux).

La PAC est la plus grande politique européenne, avec un budget de 5 milliards d’euros par an, dont on estime qu’entre 69% et 79% sont utilisés directement ou indirectement pour le bétail. Cela représente entre 18% et 20% du budget annuel total de l’UE.

L’industrie de la viande au cours des dernières décennies est devenue une grave menace pour la population, du point de vue de la santé publique et comme l’une des causes de la crise climatique. Nous avons besoin d’une politique urgente de prévention et de conversion de ce modèle de production non durable et nuisible

Si nous ajoutons ce que l’Etat dépense pour subventionner une consommation qui nous rend malade et ce qu’il dépense pour traiter ces maladies, le résultat n’est pas inférieur à 11 milliards d’euros par an.

Il est insensé que des mesures urgentes visant à réduire de manière drastique la consommation de viande ne soient pas en vigueur, tel un impôt qui pénalise cette consommation, l’élimination des viandes transformées et la réduction des viandes rouges dans les menus. Et l’élimination des subventions destinées à la production de viande non durable.

Sinon, nous allons continuer dans ce carrousel macabre où nous perdons tout et ne gagnent qu’une poignée de grandes entreprises.

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Javier Guzmán est Directeur de « Justice Alimentaire »
nuevatribuna.es 11/05/19

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https://www.nuevatribuna.es/

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12 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

centrales (le monde)

futur nukl

Combien de Français vivent près d’une centrale nucléaire ?

Après le séisme du lundi 11 novembre, EDF a interrompu les réacteurs de la centrale de Cruas, autour de laquelle habitent 140 000 personnes. Le périmètre de sécurité, qui avait été relevé à 20 km en 2016, fait toujours débat.

Le séisme de magnitude 5,4 ressenti dans la Drôme lundi 11 novembre a valu à EDF de suspendre les activités de la centrale nucléaire du Cruas, pour des raisons de sécurité. L’événement sismique, s’il est rare, est néanmoins susceptible de relancer le débat sur le périmètre de sécurité établi autour des centrales, et qui avait été relevé de 10 à 20 km en avril 2016 par Ségolène Royal.

Les plans particuliers d’intervention, ou PPI, prévoient que chaque civil qui vit dans ce périmètre doit avoir chez lui des comprimés d’iode. La prise d’iode ne protège pas des radiations, mais permet, en cas de contamination nucléaire faible ou modérée, d’atténuer le risque de développer un cancer de la thyroïde. En juin 2019, les 2,2 millions de riverains concernés par cette extension ont donc reçu ces pastilles d’iode, non sans raviver les craintes de ceux-ci, malgré les campagnes d’information lancées par les pouvoirs publics.

La question est revenue sur le devant de la scène cinq ans après la catastrophe de Fukushima. Récemment, nos voisins européens ont émis des critiques sur la vétusté des centrales du Bugey (Ain) ou de Fessenheim (Bas-Rhin).

Les associations européennes d’autorités de sûreté et de radioprotection (la Wenra et l’Herca), pour qui le périmètre de 10 km était insuffisant, remettent en cause la stratégie actuelle de protection des populations. Certaines recommandent un élargissement à 100 km. Le président de l’Autorité de sûreté du nucléaire français (ASN), Pierre-Franck Chevet, plaide lui aussi pour que le périmètre de distribution d’iode soit étendu à 100 km autour de chaque installation nucléaire civile.

7,4 millions de personnes vivent non loin de Fessenheim

Si le nombre de Français vivant à moins de 10 km d’une centrale nucléaire est plutôt limité, il grossit fortement à mesure que l’on élargit le périmètre : 630 000 personnes vivent en France à moins de 10 km d’une installation ; à 20 km, 2,4 millions de personnes sont concernées, soit quatre fois plus.

Et si on compte les habitants vivant à 100 km, cela englobe une partie considérable de la population française : 9,8 millions de personnes autour de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, proche de l’Ile-de-France. Fessenheim, la plus vieille centrale nucléaire française en activité (trente-huit ans), compte 7,4 millions de personnes dans ce même périmètre, dont un nombre important d’Allemands.

Gary Dagorn  18 mars 2016

https://www.lemonde.fr/

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12 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

océans (france info)

À Barcelone, les déchets représentent un tiers de la pêche

Jouet, sacs, résidus textiles, serviettes hygiéniques, piles… à Barcelone, on pêchera bientôt plus de déchets que de poissons.

C’est un fléau qui touche Barcelone : les déchets affluent dans la mer Méditerranée. Et beau-coup se retrouvent dans les filets des exploitations de pêche. Même si la ville est la zone la plus polluée, le Delta de l’Èbre, un parc naturel plus à l’écart de Barcelone, n’échappe pas aux déchets laissés par l’être humain. « Il y avait beaucoup plus de déchets marins à mesure qu’on s’approchait de Barcelone et on a atteint 38 % de déchets marin repêchés qu’on retrouvait dans les filets des pêcheurs« , explique Eve Galimany, chercheuse à l’Institut des Sciences de la mer de Barcelone.

Les pêcheurs, les victimes collatérales

La mer Méditerranée est l’une des plus polluées au monde. Pour nettoyer les fonds marins à de telles profondeurs, les chercheurs comptent sur les exploitations de pêche, comme une solution pour freiner sa dégradation. Eve Galimany précise qu’au-delà du problème environnemental, ces déchets sont également la source d’un problème économique pour les pêcheurs.

La chercheuse estime donc qu’ils méritent de recevoir une contre-partie. « Nous avons proposé qu’ils bénéficient d’une subvention, qu’on les récompense« , précise Elena Marco-Herrero, chercheuse à l’Institut espagnol d’océanographie.

12/11/2019

https://www.francetvinfo.fr

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11 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

rouen (ucl)

rouen 2

Lubrizol : Peur sur la ville

L’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen manifeste une gestion déficiente de la part de l’État, tant en amont qu’après la catastrophe. Mais les accidents industriels de cette ampleur ne sont pas une fatalité.

Suite à l’incendie de Lubrizol, qui fabrique des additifs pour carburants, un responsable de cette usine a affirmé aux médias que l’entreprise veut être « un bon voisin ». Et bien, c’est raté. Il ne fait pas bon vivre autour de Lubrizol et même au moins à 200 km à la ronde.

Dans la nuit du 26 septembre, vers 2 heures du matin, un incendie ravage cette usine classée « Seveso seuil haut ». Une marée noire aérienne submerge l’agglomération rouennaise et sera ressentie jusqu’en Belgique.

Quelle que soit l’origine de cet incendie, plusieurs constats et interrogations s’imposent. Déjà en 2013, une fuite de gaz mercaptan, un gaz toxique et malodorant, avait été senti jusqu’en Angle-terre et en région parisienne, donnant lieu à une amende de… 4 000€ ! Dans une métropole qui compte 25 sites classés Seveso et un département qui en accueille 75, l’inquiétude pour l’avenir est plus que légitime.

Une gestion par l’État déficiente

Une loi de 2018, au nom de la simplification administrative, a permis à Lubrizol d’étendre son stockage sans véritable contrôle. Les secours n’étaient manifestement pas préparés (nombre insuffisant, protections individuelles inexistantes ou inefficaces).

Et surtout, la population a été livrée à elle-même : seules deux sirènes se sont déclenchées pour une population d’environ 500 000 habitants, et ce six heures après le début du sinistre; certains maires n’ont même pas été avisés par la préfecture, celle-ci a refusé d’évacuer les gens du voyage installés à proximité de l’usine…

Et un seul discours en boucle : « il n’y a pas de toxicité aiguë ». La forte mobilisation de la population a permis de desserrer l’étau du non-dit. Ainsi, ce ne sont plus 4 500 tonnes de produits qui ont brûlé mais près de 10 000 tonnes, dont environ la moitié stockée dans une entreprise attenante, Normandie Logistique, non-classée Seveso ! La liste des produits stockés par Lubrizol a été enfin rendue publique mais, à ce jour, pas ceux de sa voisine.

Des analyses de dioxines ont relevé des taux quatre fois supérieurs à la norme, avec une présence massive de produits cancérigènes (benzène, amiante, dioxines, etc). Quant à l’environnement, que sols et cours d’eau soient pollués est évident, comme en témoigne l’interdiction de commercialiser ou consommer les produits issus de l’agriculture ou de son propre jardin dans 112 communes.

Mais si l’on prend un peu de recul, la sécurité au rabais mise en place par Lubrizol, et agréée par l’État, provient d’une logique de profits toujours plus exponentiels inhérente au système capitaliste.

Or, il serait tout-à-fait possible de mettre en place une économie qui nous protège de ce genre de risques. Par exemple, en réduisant la consommation des produits issus de la pétrochimie, notamment par la baisse des véhicules thermiques et le développement des transports alternatifs (vélo, transports en commun, fret ferroviaire)

Ou bien en réduisant la production et la consommation de produits phytosanitaires, en incitant à l’agriculture biologique, ou encore en programmant la fermeture des centrales nucléaires et en développant des énergies renouvelables.

UCL Rouen 11 novembre 2019

https://www.unioncommunistelibertaire.org/

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10 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

brennilis (le télégramme)

an ankou a

Brennilis. Retour à l’herbe pas avant 2038

Il faudra s’armer de patience pour aller pique-niquer sur le site de l’ancienne centrale nucléaire de Brennilis (29) qui ne pourra être totalement déconstruite avant 2038. Au terme de travaux titanesques commencés en 1993. Pour quel montant ? EDF ne le dit pas.

À Brennilis, le retour à l’herbe, tant souhaité par l’ancien conseiller général Jean-Yves Cozan, n’est pas pour demain. Ni même pour après-demain. Car les dernières prévisions font état d’un démantèlement complet à l’horizon… 2038. Soit cinquante-trois ans après l’arrêt de son exploi-tation. Le décret de démantèlement du réacteur et de l’enceinte de confinement est actuellement à l’instruction. Il devrait être pris avant deux ans. S’en suivront, au bas mot, dix-sept ans de travaux.

Un prototype très complexe

Pourquoi cette lenteur et cette complexité ? « Parce que nous avons affaire à un réacteur particulier, explique le directeur du site de déconstruction Jean Cucciniello. Il s’agit de la seule centrale à eau lourde du parc français. Un prototype unique au monde qui complexifie véritablement les opérations.

Sa construction a été une première. Et sa déconstruction aussi. » Huit autres réacteurs construits selon d’autres technologies (eau pressurisée, uranium naturel, graphite gaz…) sont visés par un démantèlement en France. Ces opérations ne devraient pas excéder une décennie.

Ces dernières années, pourtant, le site a beaucoup évolué. Ont été déconstruits plusieurs bâtiments, comme la salle des commandes, le bâtiment du combustible irradié ou encore le bassin d’accumulation. Les échangeurs de chaleur, eux aussi, ont été traités de 2012 à 2015, ainsi que la station de traitement des effluents radioactifs. Un chantier qui prend fin actuellement.

Des robots vont s’attaquer au cœur

Restent donc les structures les plus difficiles et les plus délicates à démolir : l’enceinte de confinement de 56 mètres de haut – dont 12 mètres enterrés – et le bloc réacteur où les barres de combustible ont été enlevées en 1985, mais où la radioactivité reste toujours très forte.

« On prépare actuellement ce chantier, poursuit Jean Cucciniello. Deux portes blindées vont être percées pour permettre à des robots d’intervenir et de broyer le béton et le métal. Une salle de commande sera installée à l’intérieur de l’enceinte d’où seront guidées, à distance, les machines. »

Actuellement, 70 personnes travaillent sur le site. Ces effectifs passeront à 150 quand les autori-tés auront donné leur feu vert pour la dernière phase. Reste à savoir où seront entreposés les matériaux radioactifs de cet ultime chantier dont l’achèvement est soumis aux capacités des sites de stockage de déchets nucléaires. Notamment celui de Bure, dans la Meuse, dont l’aménagement a donné lieu à de nombreux recours, et qui devra … (Payant)

10 novembre 2019
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Commentaire:
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Il y a des dizaines de centrales en fin de vie et la plus petite n’est toujours pas finie!

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