Archive | Luttes écolos en Bretagne

25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

sdn lannion (le télégramme)

3 singes nucléaire

Le film « Retour à la normale » ou la vie après un accident nucléaire, présenté à Lannion

Le film « Retour à la normale » sera projeté le jeudi 30 janvier, au cinéma Les Baladins, à Lannion, à l’initiative de Sortir du Nucléaire-Trégor. Ce documentaire d’anticipation de Christina Firmino démonte « le mythe du nucléaire sans danger ».

Octobre 2021, un grave accident nucléaire se produit en France, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce scénario catastrophe sert de trame au film « Retour à la normale » qui sera projeté le jeudi 30 janvier, au cinéma Les Baladins, à Lannion.

Christina Firmino, la réalisatrice de ce documentaire d’anticipation, sous-titré « Le mythe du nucléaire sans danger », imagine les conditions de vie des habitants, sous la menace de la contamination par la radioactivité et les questionnements auxquels ils seraient confrontés. Deux spécialistes du risque nucléaire, Roland Desbordes et Yves Lenoir, invités ces dernières années par Sortir du nucléaire (SDN)-Trégor, apportent leur éclairage.

Une « épée de Damoclès au-dessus de notre tête »

« Personne ne peut dire qu’on est vraiment prêt à faire face à une telle catastrophe », estime Laurent Lintanf, porte-parole de l’association qui milite pour la sortie du nucléaire civil et militaire. « Il est inadmissible d’avoir cette épée de Damoclès au-dessus de notre tête ».

Deux événements survenus en fin d’année 2019 renforcent la conviction des militants de SDN-Trégor. Le 26 septembre, l’incendie de l’usine Lubrizol, à Rouen : « Et si un tel accident se produisait au complexe nucléaire de la Hague ? », s’inquiètent-ils.

Le 11 novembre, le tremblement de terre de magnitude 5,4, à une dizaine de kilomètres de la centrale nucléaire de Cruas en Ardèche : « Et si l’épicentre avait été juste au niveau de cette centrale qui n’est conçue que pour supporter une magnitude de 5,2 ? », s’interrogent-ils.

SDN-Trégor profite de cette projection pour revendiquer « la sobriété énergétique » et « le développement des énergies renouvelables ». « Changeons nos orientations et on peut s’en sortir. C’est vrai pour le nucléaire comme pour le climat », exhorte Laurent Lintanf.

sdn

Pratique

Projection du film « Retour à la normale », jeudi 30 janvier à 20 h 30, aux Baladins, à Lannion. Tarif : 6,70 €. Contact : tél. 06 86 22 58 88 ; courriel : sdn-tregor@laposte.net

https://www.letelegramme.fr/

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24 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

catastrophe (essf)

macron ecolo

Thèses sur la catastrophe écologique imminente et les moyens révolutionnaires de l’éviter

I. La crise écologique est déjà, et deviendra encore plus dans les mois et années à venir, la question sociale et politique la plus importante du 21e siècle.

L’avenir de la planète et donc de l’humanité va se décider dans les prochaines décennies. Les calculs de certains scientifiques au sujet de scénarios pour l’année 2100 ne sont pas très utiles, pour deux raisons : a) scientifique : considérant tous les effets rétroactifs impossibles à calculer, il est très hasardeux de faire des projections d’un siècle ; b) politique : à la fin du siècle nous tous, nos enfants et petits enfants seront partis, alors quel intérêt ?

II. La crise écologique comporte plusieurs aspects, aux conséquences dangereuses, mais la question climatique est sans doute la menace la plus dramatique. Comme nous explique le GIEC, si la température moyenne dépasse les 1,5° de plus par rapport à la période préindustrielle, un processus irréversible de changement climatique risque de s’enclencher.

Quelles en seraient les conséquences ? Juste quelques exemples : la multiplication des méga-incendies comme celui de l’Australie ; la disparition des rivières et la désertification des terres ; la fonte et dislocation des glaces polaires et l’élévation du niveau de la mer pouvant aller jusqu’à des dizaines de mètres : or, à deux mètres des vastes régions du Bangladesh, de l’Inde et de la Thaïlande, ainsi que les principales villes de la civilisation humaine – Hong Kong, Calcutta, Venise, Amsterdam, Shanghai, Londres, New York, Rio – seront disparues sous la mer. Jusqu’où la température pourra-t-elle monter ?

A partir de quelle température la vie humaine sur cette planète sera menacée ? Personne n’a de réponse à ces questions….

Ce sont des risques de catastrophe sans précédent dans l’histoire humaine. Il faudrait revenir au Pliocène, il y a quelques millions d’années, pour trouver une condition climatique analogue a celle qui pourra s’instaurer dans l’avenir du fait du changement climatique. La plupart des géologues estiment que nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique, l’Anthro-pocène, où les conditions de la planète ont été modifiées par l’action humaine. Quelle action ?

Le changement climatique a commencé avec la Révolution industrielle du 18e siècle, mais c’est après 1945, avec la globalisation néo-libérale, qu’il a effectué un saut qualitatif. En d’autres termes, c’est la civilisation industrielle capitaliste moderne qui est responsable de l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère et donc du réchauffement global.

III. La responsabilité du système capitaliste dans la catastrophe imminente est largement reconnue. Le Pape François, dans l’Encyclique Laudato Si, sans prononcer le mot « capitalisme », dénonçait un système de relations commerciales et de propriété structurellement pervers, exclusivement fondé sur « le principe de maximisation du profit », comme responsable à la fois de l’injustice sociale et de la destruction de notre Maison commune, la Nature.

Un mot d’ordre universellement scandé dans les manifestations écologiques partout dans le monde est : « Changeons le Système, pas le Climat ! ». L’attitude des principaux représentants de ce système, partisans du business as usual – milliardaires, banquiers, « experts », oligarques, politiciens – peut être résumée par la phrase attribuée à Louis XIV : « Après moi, le déluge ».

IV. Le caractère systémique du problème est cruellement illustré par les comportements des gouvernements, tous (avec des rarissimes exceptions) au service de l’accumulation du capital, des multinationales, de l’oligarchie fossile, de la marchandisation générale et du libre-échange. Certains – Donald Trump Jair Bolsonaro, Scott Morrison (Australie) – sont ouvertement écocides et climato-négationnistes.

Les autres, les « raisonnables », donnent le ton dans les réunions annuelles de la COP (Conférences des Parties ou Cirques Organisés Périodiquement ?) qui se caractérisent par une vague rhétorique « verte » et une totale inertie. La plus réussie a été la COP 21, à Paris, qui s’est soldé par de solennelles promesses de réductions d’émissions par tous les gouvernements participants – non tenues, sauf par quelques îles du Pacifique ; si elles avaient été tenues, calculent les scientifiques, la température pourrait néanmoins monter jusqu’à 3,3° supplémentaires…

V. Le « capitalisme vert », les « marchés de droits d’émissions », les « mécanismes de compensation » et autres manipulations de la prétendue « économie de marché soutenable » se sont révélées parfaitement inefficaces. Pendant qu’on « verdit » à tour-de-bras, les émissions montent en flèche et la catastrophe se rapproche à grands pas.

Il n’y a pas de solution à la crise écologique dans le cadre du capitalisme, un système entièrement dévoué au productivisme, au consumérisme, à la lutte féroce pour les « parts de marché », à l’accumulation du capital et à la maximisation des profits. Sa logique intrinsèquement perverse conduit inévitablement à la rupture des équilibres écologiques et à la destruction des ecosystèmes.

VII. Les seules alternatives effectives, capables d’éviter la catastrophe, sont des alternatives radicales. « Radical » veut dire s’attaquant aux racines du mal. Si la racine c’est le système capitaliste, il nous faut des alternatives anti-systémiques, c’est dire anti-capitalistes – comme l’écosocialisme, un socialisme écologique à la hauteur des défis du 21è siècle.

D’autres alternatives radicales comme l’écoféminisme, l’écologie sociale (Murray Bookchin), l’écologie politique d’André Gorz ou la décroissance anti-capitaliste ont beaucoup en commun avec l’écosocialisme : des rapports d’influence réciproque se sont développés ces dernières années.

VIII. Qu’est-ce que le socialisme ? Pour beaucoup de marxistes, c’est la transformation des rapports de production – par l’appropriation collective des moyens de production – pour permettre le libre développement des forces productives. L’écosocialisme se réclame de Marx, mais rompt de façon explicite avec ce modèle productiviste. Certes, l’appropriation collective est indispensable, mais il faudrait aussi transformer radicalement les forces productives elles-mêmes :

a) en changeant leurs sources d’énergie (renouvelables à la place de fossiles) ;

b) en réduisant la consommation globale d’énergie ;

c) en réduisant (« décroissance ») la production des biens et en supprimant les activités inutiles (publicité) et les nuisibles (pesticides, armes de guerre) ;

d) en mettant un terme à l’obsolescence programmée.

L’écosocialisme implique aussi la transformation des modèles de consommation, des formes de transport, de l’urbanisme, du « mode de vie ». Bref, c’est beaucoup plus qu’une modification des formes de propriété : il s’agit d’un changement civilisationnel, fondé sur des valeurs de solidarité, égaliberté, et respect pour la nature.

La civilisation écosocialiste rompt avec le productivisme et le consumérisme pour privilégier la réduction du temps de travail et, donc, l’extension du temps libre dédié à des activités sociales, politiques, ludiques, artistiques, érotiques, etc, etc. Marx désignait cet objectif par le terme « Règne de la liberté ».

IX. Pour accomplir la transition vers l’écosocialisme il faut une planification démocratique, orientée par deux critères : la satisfaction des véritables besoins et le respect des équilibres écologiques de la planète. C’est la population elle-même – une fois débarassée du matraquage publicitaire et de l’obsession consommatrice fabriquée par le marché capitaliste – qui décidera, démocratiquement, quels sont les véritables besoins. L’ecosocialisme est un pari sur la rationalité démocratique des classes populaires.

X. Pour accomplir le projet écosocialiste des réformes partielles ne suffisent pas. Une véritable révolution sociale serait nécessaire. Comment définir cette révolution ? On pourrait se référer à une note de Walter Benjamin, en marge de ses thèses Sur le concept d’histoire (1940) : « Marx a dit que les révolutions sont la locomotive de l’histoire mondiale.

Peut-être que les choses se présentent autrement. Il se peut que les révolutions soient l’acte par lequel l’humanité qui voyage dans le train tire les freins d’urgence ». Traduction en termes du 21e siècle : nous sommes tous des passagers d’un train suicide, qui s’appelle Civilisation Capitaliste Industrielle Moderne. Ce train se rapproche, à une vitesse croissante, d’un abîme catastrophique : le changement climatique. L’action révolutionnaire vise à l’arrêter – avant que ce ne soit trop tard.

XI. L’écosocialisme est à la fois un projet d’avenir et une stratégie pour le combat ici et maintenant. Il n’est pas question d’attendre que « les conditions soient mûres » : il faut susciter la convergence entre luttes sociales et luttes écologiques et se battre contre les initiatives les plus destructives des pouvoirs au service du capital.

C’est ce que Naomi Klein appelait Blockadia. C’est au sein de mobilisations de ce type que pourra émerger, dans les luttes, la conscience anti-capitaliste et l’intérêt pour l’ecosocialisme. Des propositions comme le Green New Deal font partie de ce combat, dans leurs formes radicales, qui exigent l’abandon effectif des énergies fossiles – mais non dans celles qui se limitent a recycler le « capitalisme vert ».

XII. Quel est le sujet de ce combat ? Le dogmatisme ouvrieriste/industrialiste du siècle passé n’est plus actuel. Les forces qui aujourd’hui se trouvent en première ligne de l’affrontement sont les jeunes, les femmes, les indigènes, les paysans. Les femmes sont très présentes dans le formidable soulèvement de la jeunesse lancé par l’appel de Greta Thunberg. – une des grandes sources d’espoir pour l’avenir.

Comme nous l’expliquent les écoféministes, cette participation massive des femmes aux mobilisations résulte du fait qu’elles sont les premières victimes des dégâts écologiques du système. Les syndicats commencent, ici ou là, à s’engager aussi. C’est important, car, en dernière analyse, on ne pourra pas battre le système sans la participation active des travailleurs des villes et des campagnes, qui constituent la majorité de la population.

La première condition c’est, dans chaque mouvement, associer les objectifs écologiques (fermeture de mines de charbon ou de puits de pétrole, ou de centrales thermiques, etc.) avec la garantie de l’emploi des travailleurs concernés.

XIII. Avons-nous des chances de gagner cette bataille avant qu’il ne soit trop tard ? Contrairement aux prétendus « collapsologues », qui proclament, à cor et à cri, que la catastrophe est inévitable et que toute résistance est inutile, nous croyons que l’avenir reste ouvert.

Il n’y a aucune garantie que cet avenir sera écosocialiste : c’est l’objet d’un pari au sens pascalien, dans lequel on engage toutes ses forces, dans un « travail pour l’incertain ». Mais, comme le disait, avec une grande et simple sagesse, Bertolt Brecht : « Celui qui lutte peut perdre. Celui qui ne lutte pas a déjà perdu. »

Michael Löwy jeudi 23 janvier 2020

https://www.europe-solidaire.org/

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21 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

davos (socialist worker)

swp

Les milliardaires se réunissent à Davos -

Les riches jubilent alors que la planète brûle. Seuls des mouvements de masse pour un changement radical sont le moyen de sauver la planète – sans dépendre des riches et des politiciens.

«Sans traiter cela comme une crise, nous ne pouvons pas le résoudre», a lancé cette semaine  Greta Thunberg, leader de la grève du scolaire, aux dirigeants mondiaux. Malheureusement pour elle – et pour nous – ils n’écouteront pas.

S’exprimant lors de la conférence de Davos, organisée par le Forum économique mondial (WEF), Thunberg a rejoint d’autres militants climatiques alors que les milliardaires et les politiciens se réunissent dans la station de ski suisse pour discuter du thème clé: «Les parties prenantes pour un monde cohérent et durable».

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, et l’ancien vice-président américain Al Gore devaient également prendre la parole sur la crise climatique. Devant Davos, Thunberg et d’autres leaders ont demandé aux gouvernements et aux entreprises de suspendre les investissements, l’extraction et les subventions pour les combustibles fossiles.

Mais pour les magnats des combustibles fossiles et les banques entassés dans les salles de conférence de Davos, rien de tel n’est prévu. La minuscule minorité qui remplit les salles de réunion du monde entier et qui approuve de nouveaux projets d’exploration de combustibles fossiles prévoit d’étendre ses opérations, et non de les réduire.

Davos ne remet pas en cause la règle par la poignée de super-riches, il les encourage. Il permet à l’écume au sommet de la société de festoyer, tout en faisant semblant de se soucier que la planète est en feu. Ce n’est pas seulement qu’ils représentent un système pourri. Les délégués de Davos n’ont ni le pouvoir ni la volonté de contester le système dans son ensemble.

La réponse n’est pas dans plus de conférences pour les riches et les puissants afin de consolider leur système capitaliste – c’est de construire une force assez puissante pour les affronter. Le combat pour nos vies – et notre monde – est en marche.

Cela signifiera la construction d’une société capable de s’attaquer aux causes des conditions météorologiques extrêmes, de l’élévation du niveau de la mer, de la montée des températures, des inondations et de l’extinction des espèces.

Tous ceux qui se soucient de l’avenir de la planète doivent se lancer dans la construction d’une force suffisamment puissante pour prendre le pouvoir et les ressources de ce monde. Les patrons de Davos font semblant de répondre à l’urgence climatique, mais ils n’ont pas les mêmes intérêts que nous.

Leur priorité est de s’accrocher à leur richesse et à leur pouvoir, quel qu’en soit le coût environnemental. La nôtre est de lutter pour un monde durable bâti pour les intérêts de la planète et des gens ordinaires.

https://socialistworker.co.uk/

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21 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

australie (àl’encontre reporterre)

GreenLeft

L’Australie montre que les inégalités aggravent les catastrophes

Ce n’est pas la première fois que l’Australie est dévastée par des incendies. Il y a plus de dix ans, en février 2009, les incendies en Australie ont tué 173 personnes, blessé des milliers d’autres et détruit 2000 maisons.

Le 7 février 2009, connu sous le nom de «Black Saturday», a constitué l’événement le plus meurtrier de l’histoire du pays. Les incendies ont démarré soudainement et se sont propagés à toute vitesse.

Les pompiers ont déclaré en novembre 2019 que la météo de cette saison était similaire à celle du «Black Saturday», avec des conditions de chaleur et de sécheresse extrêmes. Cette fois-ci c’est l’année la plus chaude et la plus sèche jamais enregistrée dans le pays en raison de la crise climatique, les incendies se sont propagés sur des distances plus grandes et ont brûlé encore plus longtemps qu’il y a dix ans.

Le bilan est moins lourd cette fois – les estimations tournent autour de 28 morts – mais les hectares de terre, les maisons et les vies animales perdues ont éclipsé les incendies précédents. Alors que 4 451 km2 et plus d’un million d’animaux ont été perdus en 2009, les incendies cette saison ont brûlé jusqu’à présent près de 80 000 km2 (de brousses, de zones boisées et de parcs nationaux), plus de 3 000 maisons et un milliard (voire des milliards!) d’animaux sauvages.

Ces chiffres sont catastrophiques. 80 000 km2, c’est près de 1% de la surface de l’Australie. Un million d’animaux morts est difficile à concevoir, et encore plus un milliard. Et le traumatisme pour les humains qui doivent vivre avec les conséquences de cette catastrophe durera des décennies.

«De nombreux survivants devront faire face, avec douleur, à la disparition de leurs proches, la perte de leurs biens, la perte de leurs moyens de subsistance, le manque d’abris, la destruction de l’environnement local, le soutien inadéquat de l’Etat, la perte d’espoir pour l’avenir ainsi que la peur». Selon Sharon Friel, professeure de politique de santé qui a publié Climate Change and the People’s Health (Oxford University Press, janvier 2019).

Un rapport de 2016 sur les victimes du «Black Saturday» a révélé que, cinq ans après les feux de brousse, plus d’un cinquième des résidents touchés connaissaient un taux double de problèmes de santé mentale – comme le syndrome de stress post-traumatique et la dépression – comparé au reste de la population. Selon ce rapport, celles et ceux qui vivaient seuls ou étaient le plus isolés étaient les plus touchés.

Pour les pauvres, le rétablissement sera plus difficile. En particulier pour les pauvres qui vivent dans les zones rurales, où l’accès aux ressources de santé mentale et physique est limité, même si l’Australie dispose d’un système de santé universel.

Les catastrophes climatiques s’aggravent dans le monde entier et sont intensifiées par les inégalités de richesse.

La préparation aux catastrophes est trop coûteuse pour les personnes vivant dans la pauvreté; l’évacuation n’est pas possible pour les pauvres qui n’ont pas accès aux transports ou qui ne peuvent pas arrêter de travailler, les locataires peuvent avoir des difficultés à trouver un autre logement après une catastrophe.

Comme le souligne Sharon Friel, «Les personnes aisées peuvent se permettre de vivre dans des bâtiments avec isolation, équipés de la climatisation et de purificateurs d’air», alors que les personnes à faibles revenus doivent respirer l’air, à l’intérieur ou non. La liste des conséquences pour les pauvres est longue.

Cette stratification sociale se manifeste notamment dans les questions de logement. Aux Etats-Unis, «si vous êtes pas propriétaire de l’endroit où vous vivez, vous avez une sorte de double désavantage», explique Junia Howell, sociologue à l’université de Pittsburgh.

Même si une victime de catastrophe a une assurance comme locataire – et la majorité des locataires n’en ont pas – , l’assurance ne couvrira probablement pas les pertes. En outre, comme les logements se font plus rares après une catastrophe et que des travailleurs temporaires s’installent pour aider à restaurer une zone, les loyers augmentent.

Les propriétaires pauvres ne sont pas épargnés. L’ouragan Katrina [fin août 2005] est un exemple classique de stratification sociale lors de restauration après une catastrophe; le gouvernement et les organisations à but non lucratif ont été plus lents à fournir une aide aux communautés noires et à faibles revenus après l’ouragan.

Plus d’une décennie après Katrina, les populations historiquement pauvres et noires du Lower Ninth Ward [quartier de La Nouvelle-Orléans] sont toujours en train de récupérer. Et tout cela se passe dans un pays riche.

En 2016, la Banque mondiale a constaté que les catastrophes naturelles font que 26 millions de personnes tombent dans la pauvreté chaque année.

Le président de la Banque mondiale a déclaré que ces catastrophes «menacent de réduire à néant des décennies de progrès dans la lutte contre la pauvreté». A mesure que les catastro-phes naturelles s’aggraveront en raison de la crise climatique, les écarts de richesse à l’échelle mondiale et au sein même des pays ne feront que s’accroître.

Non seulement les pauvres sont les plus touchés par les catastrophes naturelles, mais ils sont de plus en plus nombreux à devenir pauvres à cause de celles-ci.

Le 6 janvier 2020, le Premier ministre australien Scott Morrison a annoncé un fonds de restau-ration de 2 milliards de dollars pour les feux de brousse actuels, mais cela ne suffira pas à couvrir les dommages causés – les incendies du «Black Saturday» ont déjà coûté 4,4 milliards de dollars.

Le gouvernement refuse également de reconnaître qu’il existe un lien entre la gravité des incendies et le changement climatique. Cette donnée ne peut que diminuer sa capacité à mettre en œuvre une planification afin d’affronter des incendies encore plus graves. Et, cerise sur le gâteau, le gouvernement a également contribué à la désinformation sur les causes des incendies.

Au cours de la première semaine de janvier 2020, les théoriciens conspirationnistes de droite ont fait circuler plusieurs fausses informations, affirmant que les incendies étaient d’origine criminelle.

Certains de ces complotistes allaient même jusqu’à dire que les militants écologistes avaient allumé ces incendies pour pousser à l’action climatique, et d’autres que l’United Nation Association of Australia (UNAA) avait allumé ces incendies afin de libérer de l’espace pour un train à grande vitesse. (Il va sans dire que ces affirmations sont fausses.)

En réalité, ce sont les actions de la droite qui perpétuent souvent ces horribles incendies. Jair Bolsonaro, le président d’extrême droite du Brésil, a encouragé l’incendie dévastateur de la forêt amazonienne l’année dernière, en visant spécifiquement les populations indigènes.

Les populations indigènes souffrent généralement davantage des conséquences des feux de forêt.

Des études menées au Canada et aux Etats-Unis ont montré que les populations amérindien-nes sont généralement plus touchées par les incendies. En Australie, en plus du déni de droits dus à la colonisation et à la perte de leurs habitats à cause des incendies provoqués par la mauvaise gestion des terres, les Aborigènes voient également des parties importantes de leur culture détruites. Les incendies ont anéanti des sites sacrés et patrimoniaux.

Actuellement, il y a une grande concentration d’incendies en Nouvelle-Galles du Sud, qui compte également la plus forte population aborigène du pays.

«Le feu, un élément avec lequel les groupes indigènes de tout le continent vivaient autrefois en harmonie, met aujourd’hui en danger leurs sites culturels sacrés», écrit Yessenia Funes pour le site Earther.

En envisageant l’avenir, de nombreux Aborigènes ont demandé aux responsables australiens de tenir compte de leurs connaissances sur la gestion du feu et de mettre en œuvre des pratiques telles que les brûlages contrôlés annuels pour éviter des incendies désastreux. (Joe Morrison in The Guardian, «How First Australians’ancient knowledge can help us survive the Bushfires of the future», 11.1.2020).

Pour veiller à ce que les pauvres ne soient pas laissés pour compte dans la crise climatique, réduire les inégalités est le mot d’ordre.

A titre préventif, «l’accent mis sur la redistribution plutôt que sur la poursuite implacable de la croissance économique est une condition préalable… pour réduire la pauvreté et les inégalités», comme des résultats en matière de santé et de climat, déclare Sharon Friel.

En ce qui concerne plus particulièrement les secours en cas de catastrophe, Junia Howell indique que les décideurs politiques doivent examiner spécifiquement la manière dont l’aide peut être distribuée de manière plus équitable, avant et après une catastrophe.

La semaine dernière, l’Australian Council of Social Service (ACOSS) a demandé à Scott Morrison d’augmenter le montant des fonds destinés aux catastrophes, en précisant qu’ils sont insuffisants pour aider les familles pauvres à se remettre sur pied.

«Nous sommes très préoccupés par le fait que l’actuel Disaster Recovery Payment est grave-ment insuffisant, en particulier pour les personnes à faibles revenus», a écrit le directeur de l’ACOSS dans une lettre adressée au Premier ministre.

Malgré la présence de négationnistes climatiques dans le gouvernement de Scott Morrison, ce dernier a reconnu, finalement, que la crise climatique pourrait être liée à ces incendies. Mais Scott Morrison a également déclaré la semaine dernière que les politiques climatiques ont «comme conséquences de détruire des emplois et l’économie» et «ne changeront rien au fait qu’il y a des feux de brousse en Australie» (The Guardian, 10.1.2020).

Sans les politiques climatiques que la droite méprise tant, l’Australie pourrait bientôt ne plus être habitable. Les riches auront beaucoup plus de chances de survivre, car ils feront leurs bagages et prendront leur argent pour aller s’installer dans des endroits moins chauds et moins exposés aux catastrophes.

Les pauvres, qui n’ont pas les milliers de dollars nécessaires pour émigrer et s’établir dans un autre pays, risquent d’être des laissés-pour-compte.

Article publié par le site Truthout, en date du 18 janvier 2020; traduction rédaction A l’Encontre

Sharon Zhang est chargée des reportages sur le climat auprès de Truthout.

21  janvier 2020 Sharon Zhang

https://alencontre.org/

Lire aussi:

Les feux menacent la santé mentale des Australiens

 

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20 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

vendredi 24 lorient

amazonia

Appel à un grand rassemblement anti OGM pour sauvegarder l’Amazonie !

Afin de faire savoir au grand public l’impact de leur choix de nourriture et d’agriculture sur l’Amazonie, réunissons nous de manière spectaculaire ! Pour cela, toutes les organisations impliquées localement diffusent cet appel et seront présentes.

Réalisons une forêt de sapin de noël place Aristide Briand  et mimons un incendie pour signifier le ravage occasionné par les cultures de soja OGM. Les importations de ce soja à Lorient et dans 4 autres ports en France sont en augmentation.

Venez avec votre sapin le vendredi 24 Janvier à 17 h 30 Place Aristide Briand, à Lorient.

La population doit être informée de la provenance de son alimentation. En effet, la moitié des protéines que mangent les animaux en France vient du soja OGM pesticidé produit au Brésil.

Les grandes firmes agricoles choisissent de raser la forêt pour agrandir toujours plus leur territoire puis d’employer la technique du brûlis pour enlever tous les végétaux restants. D’innombrables incendies débutent ainsi .

L’incendie est dans nos assiettes « et nous regardons ailleurs » ! Nous avons à prendre acte de nos responsabilités quant aux peuples chassés et tués, puis aux populations aspergées de pesticides. Le bilan sanitaire est partout catastrophique.

Ici et ailleurs, reprenons en main nos décisions alimentaires loin des partis pris des dirigeants et financiers en tous genres qui veulent préserver l’ordre établi.

L’État, la région Bretagne et les collectivités coresponsables de l’écocide mettent sous silence leur vraie politique agricole : des méthaniseurs partout, des bassines d’eau, des extensions de fermes intensives, la recherche pro intensive et génétique de l’INRA , la dépollution aux frais des contribuables, les incohérences budgétaires sur la BIO, des importations OGM insensées brûlant de surcroît l’Amazonie.

Nous ne devons pas faire confiance à un système « démocratique » représentant uniquement les intérêts de certains et non celle de la population. Les institutions se déresponsabilisent de leurs erreurs ou fautes graves en accusant justement leur propre fonctionnement (inertie, lourdeurs administratives, l’Europe…).

A nous de reprendre la main pour actionner les leviers locaux en ne s’en remettant pas aux « professionnels » de la politique et ainsi refuser les absurdités agricoles et alimentaires.

Le collectif contre Bayer Monsanto

amazonia lorient

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20 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

colonialisme (basta)

clordecone

« L’abolition de l’esclavage n’a pas mis fin à l’écologie coloniale »

Basta ! : La commission d’enquête parlementaire sur le scandale du chlordé-cone, cet insecticide utilisé pendant des décennies aux Antilles, a remis fin novembre un rapport accablant pour l’État français et pour les industriels de la filière banane aux Antilles. Vous avez été auditionné par cette commission. Que révèle ce scandale ?

Malcom Ferdinand : [1] : Le chlordécone est le symptôme de « l’habiter colonial », une relation particulière à la Terre qui a enfermé les Antillais à l’intérieur d’un système de mono-culture d’exportation et transformé le monde en plantation.

Aujourd’hui, tous les Antillais sont contaminés par le chlordécone, même ceux qui ne travaillent pas sur les plantations de bananes. À travers ce que j’appelle la « chimie des maîtres » se rejoue une forme de domination. Car les contaminations massives causées par le chlordécone ne sont pas un accident, mais le symptôme de rapports humains bien particuliers, et des failles de l’État, comme le confirment les conclusions du rapport de la commission d’enquête.

Vous rappelez que dès 1974, en Martinique, les ouvriers de la banane se sont mis en grève pour exiger des augmentations de salaires et l’arrêt de l’épanda-ge du chlordécone…

La grève de février 1974 est l’une des plus grandes grèves de l’histoire de la Martinique. Elle a été violemment réprimée par le pouvoir colonial : deux ouvriers sont morts sans que personne n’ait été condamné. Les ouvriers avaient onze points de revendication.

Notamment l’augmentation des salaires, l’obtention d’équipements de protection pour l’épan-dage des produits toxiques et l’arrêt de l’utilisation du Képone [un des noms commerciaux du chlordécone]. Cette troisième revendication n’a pas été prise en compte. Ce scandale a mis en lumière le mépris des responsables de la filière agricole à l’égard des ouvriers agricoles antillais. Mais aussi celui des responsables politiques qui ont autorisé l’utilisation du chlordécone tout en sachant qu’il était très dangereux.

Dans votre livre Une écologie décoloniale, vous replacez la colonisation et l’esclavage au cœur de l’écologie. Pourquoi ?

En séparant histoire coloniale et histoire environnementale, on a pensé l’émancipation de l’esclavage sans toucher à notre rapport à la terre. L’abolition de l’esclavage a bien sûr constitué une très grande avancée, mais le système économique, le rapport à la terre qui impliquait l’asservissement d’êtres humains a continué sous d’autres formes. L’abolition de l’esclavage n’a pas mis fin à « l’écologie coloniale ».

Qu’est-ce que les esclaves marrons ont apporté à l’écologie ?

Ces esclaves mettaient en acte des résistances anti-esclavagistes mais aussi écologistes avant l’heure. Non seulement ils luttaient contre leur asservissement, mais ils protégeaient aussi la nature du mode d’exploitation coloniale.

Certaines communautés marronnes étaient tellement puissantes qu’elles empêchaient les colons de poursuivre leur déforestation et d’étendre leurs plantations. Le marronnage englobe des formes de lutte que l’on ne voit plus beaucoup : des luttes à la fois anti-coloniales, anti-esclavagistes, anti-racistes et sensibles à la question écologique.

Pourtant, alors que ces résistances ont été extrêmement nombreuses, elles sont quasiment absentes de la pensée écologique. Ainsi, lorsqu’on parle de Henry David Thoreau, l’un des précurseurs de l’écologie, connu pour ses positions anti-esclavagistes, on passe entièrement sous silence les rencontres avec les Nègres marrons qu’il relate pourtant dans son livre Walden ou la vie dans les bois.

Vous estimez ainsi injuste de pointer la responsabilité de l’ensemble de l’espèce humaine dans le dérèglement climatique ?

La géographe Kathryn Yusoff parle d’« anthropocène blanc ». L’anthropocène désigne cette ère géologique au cours de laquelle l’activité humaine a produit des perturbations dans les équilibres physico-chimique à l’échelle planétaire. Mais c’est aussi un récit qui occulte totale-ment les rapports de pouvoir et nie l’histoire coloniale. Ce sont des êtres humains qui ont détruit la terre et non pas l’Homme. Ce ne sont pas les Haïtiens, ni les gens qui habitent les bidonvilles de Nairobi ou de Soweto qui en sont responsables. (Extrait)

Entretien. Pendant des décennies, l’insecticide chlordécone a intoxiqué la quasi-totalité de la population antillaise. Pour Malcom Ferdinand, philosophe et ingénieur martiniquais, ce scandale sanitaire est le symptôme d’une relation à la Terre qui demeure enracinée dans l’esclavage et la colonisation. 

Propos recueillis par Samy Archimède

Samy Archimède 20 janvier 2020

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20 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

réfugiés climatiques (the guardian)

refugies

Les réfugiés climatiques ne peuvent pas être renvoyés

Une décision historique des Nations Unies relative aux droits de l’homme

Les experts disent que le jugement est un «point de basculement» qui ouvre la porte aux demandes de protection contre la crise climatique

Cette décision concernait le cas d’Ioane Teitiota, qui vivait sur l’atoll de Tarawa Sud à Kiribati, l’une des nations les plus vulnérables à l’élévation du niveau de la mer liée au climat.

Il est illégal pour les gouvernements de renvoyer des personnes dans des pays où leur vie pourrait être menacée par la crise climatique, constate une décision historique du Comité des droits de l’homme des Nations Unies.

Le jugement – qui est le premier du genre – présente un «point de basculement» juridique et un moment qui «ouvre la porte» à de futures demandes de protection pour des personnes dont la vie et le bien-être ont été menacés en raison du réchauffement climatique.

Des dizaines de millions de personnes devraient être déplacées par le réchauffement mondial au cours de la prochaine décennie.

L’arrêt concerne le cas d’Ioane Teitiota, un homme de la nation de Kiribati dans l’Océan Pacifique, considéré comme l’un des pays les plus menacés par l’élévation du niveau de la mer. Il a demandé à être protégé en Nouvelle-Zélande en 2013, affirmant que sa vie et celle de sa famille étaient en danger.

Le comité a admis les preuves de surpeuplement sur l’île de South Tarawa, où vivait Teitiota, affirmant que la population y était passée de 1 641 en 1947 à 50 000 en 2010 en raison de l’élévation du niveau de la mer, ce qui rendait d’autres îles inhabitables, ce qui avait conduit à la violence et à des tensions sociales.

Il a également parlé du manque d’eau douce et des difficultés de cultiver en raison de la salinité de la nappe phréatique, causant de graves problèmes de santé à sa famille. Il a déclaré qu’étant donné que Kiribati devrait être inhabitable dans 10 à 15 ans, sa vie était mise en danger en restant sur place.

Les experts affirment que la décision de la commission ouvre la voie à d’autres revendications fondées sur la menace pour la vie que représente la crise climatique. Le comité a jugé que «les effets du changement climatique peuvent exposer les individus à une violation de leurs droits… déclenchant ainsi les obligations de non-refoulement des États d’origine». (…)

Kate Lyons lun 20 janv 2020

https://www.theguardian.com/

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18 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

pesticides (politis)

pesticides

Pesticides : pourquoi et comment les ventes ont augmenté de 21% en 2018

Les gros agriculteurs et les fabricants de pesticides se sont ligués pour augmenter les ventes en faisant pression sur le gouvernement

En conjuguant leurs efforts, les caciques de la FNSEA et les dirigeants de l’UIPP (Union des industries pour la protection des plantes) ont réussi un joli coup de communication : en organisant, par pressions et crédits accordés par des chambres d’agriculture, une incroyable augmentation de 21 % des ventes de pesticides en France au cours de l’année 2018 par rapport à l’année précédente.

L’UIPP, sigle sous lequel se dissimule, de plus en plus mal, une association d’industriels qui regroupe depuis des années tous les fabricants et vendeurs de produits chimiques agricoles réputés « soigner » les plantes ( en n’usant jamais du mot « pesticide »), a plus que jamais mis le paquet pour caser sa marchandise.

Et « prouver » que toute autre perspective est impossible. Avec la complicité des gros agricul-teurs, ils souhaitaient prouver par l’absurde que les projets affichés du gouvernement (et de celui qui l’a précédé) de diminuer la consommation de ces produits étaient irréalistes.

Ce résultat soigneusement préparé n’est pas étonnant puisque Christiane Lambert, présidente de la FNSEA depuis 2017 et éleveuse de porcs dans la Cantal, a été créatrice et animatrice d’une association (FARRE) qui, de 1999 à 2005, s’est efforcée, en vain, de torpiller l’agriculture bio en lançant « l’agriculture raisonnée », une pratique qui n’est reconnue par aucun label.

Tout simplement parce qu’elle ne comporte aucune obligation pour les agriculteurs qui s’en réclament. D’ailleurs lorsque cette machine de guerre a été lancée contre le bio, cette association qui en faisait la promotion avait ses bureaux à la même adresse en banlieue que l’UIPP…

Ce groupement qui assure aujourd’hui que l’augmentation constatée est simplement conjoncturelle et notamment liée à une prise de précautions des agriculteurs ; lesquels auraient craint à la fois des interdictions à venir et l’augmentation d’une taxe, la RPD (redevance pour pollution diffuse), censée les dissuader de continuer à traiter leurs productions, avant, pendant et après les récoltes.

Connivences à peine déguisées

D’ailleurs cette redevance n’est pas nouvelle et n’a jamais freiné l’utilisation des pesticides, puisque les « plans écophyto » n’ont pratiquement jamais entrainé la moindre diminution des tonnages achetés et épandus, malgré la disparition, par interdiction, d’un certain nombre des substances les plus dangereuses.

Cette explication sur les agriculteurs qui auraient fait des stocks (alors que la plupart de ces produits se conservent mal) avait été préparée au cours des réunions entre des animateurs de l’UIPP et les représentants de la FNSEA.

Les mêmes lobbies qui ont réussi, en conjuguant leurs efforts, à convaincre le gouvernement et les parlementaires de la majorité que la réglementation sur les distances maximales entre les épandages et les habitations devaient rester les plus faibles possible. Opération réussie.

Ce qui n’empêche pas le gouvernement, les quatre ministères consacrés, d’expliquer en chœur, avec l’UIPP et la FNSEA, qu’en réalité, les produits que l’on affuble souvent désormais du nom plus rassurant de « substances de biocontrôle » sont de moins en moins vendues et utilisées.

Mais les chiffres le démentent. Ce qui explique le commentaire de François Veillerette, direc-teur de l’association Générations futures :

« Cette hausse considérable de la dépendance de notre agriculture marque l’échec total du plan Écophyto, qui restera un échec tant que l’Etat s’en remettra au bon vouloir de la profession agricole pour faire évoluer de manière volontaire ses pratiques. »

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18 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

climat (le monde)

npa clim

Climat : l’avertissement australien

Editorial du « Monde ». L’embrasement du Sud-Est australien est un signal d’alarme, qui annonce ce que pourraient être les conditions normales dans un monde futur qui se réchaufferait de 3 °C.

Vivre au quotidien un masque filtrant sur le nez, dans des villes ou des villages cernés par les flammes, dans la hantise de l’accident respiratoire et de la destruction de son habitat et de son environnement.

Le calvaire enduré par les Australiens préfigure notre avenir si nous ne parvenons pas à maîtriser le changement climatique. Depuis plus de quatre mois, le sud-est de l’île-continent vit dans une atmosphère de fin du monde, sous un ciel gris obscurci par la fumée des incendies. Déjà, 80 000 km2 de forêts – l’équivalent de l’Irlande – ont disparu, vingt-huit personnes sont mortes et deux mille habitations ont été détruites.

Choqués, des rescapés rencontrés par Le Monde restent hantés par le cri des koalas et des kangourous blessés à mort par les flammes. Car les pertes pour la biodiversité sont immen-ses : plus d’un milliard d’animaux morts, la forêt d’eucalyptus des montagnes Bleues largement détruite, tout comme celle, tropicale, de Gondwana, elle aussi inscrite au Patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

L’avertissement australien apparaît particulièrement dérangeant, non seulement parce que les incendies ont pris une ampleur cataclysmique telle que l’on n’entrevoit même pas leur terme, mais aussi parce que ce sont des pans entiers de l’un des plus beaux conservatoires de la nature de la planète qui partent en fumée.

Certes, la sécheresse et les incendies qu’elle favorise font partie du paysage de l’été austral. Mais l’ampleur exceptionnelle de la catastrophe conduit indubitablement à mettre en cause le dérèglement climatique, que les responsables politiques australiens, notamment l’actuel premier ministre conservateur, Scott Morrison, considèrent avec scepticisme. Résultat de leurs politiques complaisantes à l’égard des pollueurs et oublieuses des engagements environne-mentaux : l’Australie, premier producteur de charbon du monde, est l’un des plus gros émetteurs de CO2 par habitant de la planète.

« Tchernobyl climatique »

Or il n’est plus temps de douter : si le réchauffement climatique n’est pas l’unique cause des incendies en Australie, il en est l’un des puissants facteurs aggravants. Le cas de ce continent est particulièrement complexe, car il connaît de fortes variations de climat, essentiellement dues au courant côtier saisonnier chaud El Niño, qui explique en soi la survenue d’épisodes de sécheresse extrême. Mais il est avéré que les températures record, directement liées, elles, au changement climatique, favorisent les incendies et augmentent leur gravité.

Ces réserves spécifiques à l’Australie ne valent ni pour l’ouest des Etats-Unis ni pour le Cana-da, l’Amazonie, la Scandinavie ou la Méditerranée. Dans toutes ces zones, le poids du change-ment climatique planétaire lié aux émissions de gaz à effet de serre se révèle déjà plus lourd que celui de la « variabilité naturelle » du climat local.

L’embrasement du Sud-Est australien est en réalité un signal d’alarme pour toute la planète.

Il annonce « ce que pourraient être les conditions normales dans un monde futur qui se réchaufferait de 3 °C », avertit Richard Betts, le professeur de météorologie britannique qui vient de faire la synthèse de cinquante-sept études récentes portant sur l’impact du changement climatique sur les incendies.

Continuer de se voiler la face, ce serait perdre du temps pour mettre en œuvre les politiques aptes à éviter l’avènement du monde apocalyptique que préfigure le « Tchernobyl climatique » décrit par l’écrivain Richard Flanagan. Il faut transformer l’avertissement australien en mobilisation pour la planète.

Le Monde

https://www.lemonde.fr/

Commentaire:

Mobilisation, oui, mais pour changer de système!

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18 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

capitalisme (à l’encontre)

clim a

Ecologie Les limites du capitalisme

La crise d’un système climatique

Dans le temps d’une seule vie, depuis la Seconde Guerre mondiale, les sociétés industrialisées ont «chargé» suffisamment de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère – provenant principalement de la combustion de combustibles fossiles – pour provoquer l’effondrement d’un système climatique qui était relativement stable et favorable à la vie de la biodiversité pendant 800’000 ans [2]. Plus de la moitié de tous les GES émis depuis 1750 l’ont été depuis 1989 – c’est-à-dire lorsque nous avons su ce que nous faisions [3].

Pour vous donner quelques exemples de la dégradation du climat: le dégel des sols dans l’Arctique libère maintenant environ 600 millions de tonnes de C02 par année – une quantité qui dépasse les émissions de CO2 de 189 pays. C’est un effet de rétroaction biologique du réchauffement au pôle Nord, qui s’est maintenant réchauffé de 4°C (par rapport à la moyenne préindustrielle) [4]. Ce n’est pas un génie que nous pouvons remettre dans la bouteille.

Notre émission de gaz à effet de serre a provoqué le réchauffement des océans [5], l’acidifi-cation et l’eutrophisation. L’une des conséquences (franchement terrifiante) du réchauffement des océans est la réduction de la croissance du phytoplancton.

Le phytoplancton est à la base de la chaîne alimentaire marine, il produit la moitié de l’oxygène de l’atmosphère terrestre et il est le moteur de la «pompe biologique qui fixe 100 millions de tonnes de dioxyde de carbone atmosphérique par jour dans la matière organique, qui s’enfon-ce ensuite au fond des océans…» [6].

Des études indiquent que la biomasse de phytoplancton a diminué de plus de 40% depuis 1950 et continue de diminuer à un rythme croissant [7]. Les scientifiques ont averti en 2010 que si – en raison du réchauffement des eaux de surface – le phytoplancton dans la partie supérieure de l’océan cesse de pomper le carbone vers les profondeurs, les niveaux atmos-phériques de dioxyde de carbone finiront par augmenter de 200 ppm supplémentaires et le réchauffement climatique s’accélérera [8] . (Nous sommes maintenant à environ 411 ppm, après avoir dépassé 400 ppm en 2013.)

Entre-temps, la mort du phytoplancton, des varechs et des coraux a déjà affecté les espèces marines qui en dépendent pour leur nourriture ou leur habitat. Avec l’effondrement des stocks de poissons sauvages (dû à des causes multiples, en plus du réchauffement climatique), les humains perdent une source de protéines qui fournit actuellement un cinquième de notre consommation de protéines. Selon un océanographe, «dans le meilleur des cas», il faudrait     1 000 ans «pour que les dommages actuels soient réparés» [9].

Des écomarxistes comme John Bellamy Foster et Brett Clark ont attiré l’attention sur l’enquête de Marx sur le problème de la perte de fertilité des sols en Grande-Bretagne au 19è siècle, à la suite de la commercialisation de l’agriculture et des changements dans les pratiques agricoles [10]. Je me représente Marx dans la bibliothèque du British Museum, dévorant toutes sortes de sciences contemporaines, et souhaitant qu’il ait le temps de suivre tous les fils, les liens.

Je soupçonne que Marx aurait été très intéressé par les cycles de vie du phytoplancton, si leur existence lui avait été connue. Aurait-il pu imaginer que le capitalisme puisse survivre alors qu’il est largement connu qu’il détruit les conditions de vie sur notre planète? Et que nous pourrions arriver à un moment où, pour des millions de personnes, il est plus facile d’imaginer la fin du monde que d’imaginer la fin du capitalisme [11]?

Du catastrophique à l’impensable

Les scénarios futurs vont du catastrophique à l’impensable. Nous sommes maintenant sur la bonne voie pour un réchauffement de plus de +4°C d’ici à 2100 [12], ou de +3,5°C si tous les pays respectent effectivement leurs engagements de la COP de Paris [2015], et un +8°C n’est plus impossible (bien que nous ayons encore une fenêtre d’opportunité pour maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale à l’extrémité inférieure du spectre).

Dans un monde avec une hausse de +4°C, les modèles climatiques prédisent que la planète n’aura pas la capacité de charge [«capacité porteuse», «capacité limite», concept fort complexe, en particulier dans son application] nécessaire pour soutenir la population humaine actuelle [13].

Le professeur Hans Joachim Schellnhuber, un éminent climatologue et directeur de l’Institut de Potsdam, a déclaré plus tôt cette année que «sur la base de +4°C, les estimations de la capacité de charge de la planète sont inférieures à 1 milliard de personnes» [14]. Le profes-seur Kevin Anderson du Tyndall Center for Climate Change est parvenu à une conclusion similaire, estimant que «seulement environ 10 % de la population de la planète survivrait avec une élévation de 4°C» [15].

L’ONU prévoit qu’il y aura 200 millions de réfugié·e·s climatiques d’ici à 2050 [16]. Selon l’ampleur de l’augmentation de la température mondiale, il pourrait y avoir «un milliard de pauvres vulnérables ou plus déplacés de leurs foyers d’ici au milieu du siècle» [17]. Or, les gouvernements actuels ne sont pas en mesure de coopérer pour s’occuper de 6 millions de réfugiés syriens. Au lieu de cela, la plupart construisent des murs plus hauts, utilisent les gardes-côtes pour faire reculer les embarcations de migrant·e·s et construisent des centres de détention.

Et, bien sûr, on peut continuer… Je n’ai pas parlé des effets de l’agriculture à forte intensité de produits chimiques et de combustibles fossiles, de la consommation de bœuf, de la surpêche, des produits chimiques toxiques, des plastiques, de la pollution industrielle, etc.

Je n’ai pas mentionné la grande perte d’autres espèces: au cours de mon temps de vie, la moitié de toutes les vies non humaines sur la planète va disparaître à l’occasion de cette sixième période d’extinctions massives. Notre destin est lié à celui des autres espèces avec lesquelles nous partageons la planète.

Que le dépassement des limites de l’écosystème planétaire soit une limite au capitalisme – et à la croissance de la population et à la consommation humaine – comme aucune autre limite à laquelle nous ayons été confrontés auparavant, c’est ce que le mouvement mondial des «grévistes scolaires» essaie de nous dire. C’est ce que nous dit le mouvement Extinction Rebellion. (Extait voir lien)

Alencontre  14 janvier 2020 Laurie E. Adkin

https://alencontre.org/

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