Archive | Luttes écolos en Bretagne

24 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

plougonver (ouest france)

mine-uranium

Plougonver. Festival des luttes : « Festif, informatif et résistant »

Au Dibar de Plougonver, pendant trois jours les festivaliers ont dansé, milité et débattu. La pluie et la boue n’ont pas entamé la détermination des visiteurs d’empêcher le projet minier.

« Glao [pluie] glao glao ! » entend-on s’exclamer en breton. « Dans la vie il faut savoir se mouiller ! », reprend un autre festivalier avec philosophie. D’averse en crachin, c’est effecti- vement sous des cieux peu cléments que le deuxième Festival des luttes s’est déroulé, du vendredi 21 au dimanche 23 juillet, au Dibar.

Occuper le terrain et informer

Mais la météo n’a pas entamé la volonté des visiteurs d’empêcher le projet minier porté loca- lement par l’entreprise Variscan mines. Cette filiale française d’un groupe australien a obtenu en 2015, de l’État, un permis exclusif de recherches minières (Perm), dit « de Loc-Envel ».

Environ 1 300 personnes sont passées sur le site, pour la plupart habitant le coin, mais venues parfois de plus loin : des membres des collectifs contre les autres projets miniers en cours en Bretagne, Creuse ou Guyane ont également répondu à l’appel, ainsi que des habitants luttant contre les grands projets jugés inutiles et imposés, comme le tunnel de Tende (dans le Sud-Est, à la frontière italienne). « Nous sommes là pour informer, et l’information est bien passée ; en ce sens, le festival a joué son rôle », rapporte Goulven Le Gac, du collectif Douar Didoull, organisateur de l’événement.

« Nous voulons aussi montrer que nous sommes toujours mobilisés sur le terrain. Le Festival des luttes existe car le permis de recherches minières existe. Nous n’oublions pas que c’est Emmanuel Macron qui l’a signé. Tant qu’il ne sera pas annulé ou abrogé, nous serons sur le terrain, et même si le gouvernement veut faire durer les choses, nous ne sommes pas prêts à lâcher. »

Convergence des luttes

La mobilisation ne faiblit donc pas, et la participation de nombreux bénévoles, dont des jeunes, en témoigne. À côté de Douar Didoull, des militants locaux ont tenu des stands d’information : le Front Social, Attac 22… pour d’autres combats d’actualité comme la réforme du Code du travail ou les traités de libre-échange entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

Mais si l’aspect militant primait, à travers des conférences, projections et débats, la fête a également été fédératrice.En soirée et le dimanche, fest-noz et concerts ont trouvé leur public, enfants comme adultes. « Festif, informatif, et résistant : voilà ce que le Festival des luttes veut être. »

24/07/2017

http://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

Un festival contre les projets miniers, ici et ailleurs (OF)

En Bretagne, un festival contre les projets miniers (Politis)

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21 juillet 2017 ~ 1 Commentaire

brest (libération)

projet

Une ferme bio grignotée par un écoquartier

Tout près du centre-ville, l’exploitation Traon Bihan pratique une agriculture parée de toutes les vertus, tout en étant économiquement viable. Problème : la ville a besoin d’une partie de ses terres pour y construire des logements…

Curieuse situation. Philippe Nicol et Valérie Lazennec, couple d’agriculteurs, exploitent à Brest ce qu’on peut qualifier de ferme modèle : une production en bio, diffusée en circuit court, avec un équilibre économique sain. Autre rareté, la ferme de Traon Bihan («la petite vallée» en breton) est sur le territoire de Brest, dans le quartier de Saint-Pierre, à 5 kilomètres du centre de la sous-préfecture finistérienne. Autrement dit, en ville. Mais à cause de cette géographie justement, la ferme va voir une partie de son terrain grignotée par… un écoquartier. La ZAC (zone d’aménagement concerté) Fontaine Margot va, en 2021, priver l’exploitation d’une «vingtaine d’hectares», selon Philippe Nicol. «Seize», selon Thierry Fayret, conseiller municipal brestois et vice-président de la métropole chargé de l’urbanisme.

Quelle que soit la superficie urbanisée à l’arrivée, l’élu reconnaît que l’affaire n’est pas évidente : «Nous avons parfaitement conscience du paradoxe que peut constituer le fait de priver une ferme urbaine de terres pour y installer un écoquartier.» Mais pour lui, ce cas de figure n’est pas non plus extraordinaire : «C’est ce qui arrive tout le temps dans les politiques publiques : il y a un conflit d’usage entre des enjeux environnementaux liés à l’urbanisation et les intérêts de particuliers.»

«Equilibre subtil»

A cela près que là, les «particuliers» sont, de fait, partie prenante de l’engagement environ-nemental de leurs élus. «Il y a une dizaine d’années, raconte Valérie Lazennec, l’épouse de Philippe Nicol, la ville avait engagé une grosse réflexion sur l’introduction de produits bio dans les menus des cantines. Actuellement, la collectivité de Brest est à 30 % de bio dans la restauration en maternelle et primaire. Nous nous inscrivons parfaitement dans cette dynamique.»

En plus de fournir aux écoles leurs desserts, la ferme de Traon Bihan, avec ses poules, ses la- pins ou ses chèvres accueille un millier d’écoliers chaque année pour des animations péda- gogiques. «Nous voulons montrer et partager notre métier, de la visite de l’exploitation et des champs jusqu’à la traite», défend Valérie Lazennec. Pour parfaire ce tableau idyllique de l’agri- culture urbaine et des circuits courts, vantés par l’époque, l’exploitation vend en direct la moitié de ses produits laitiers transformés. Pourquoi alors, venir perturber cet équilibre subtil entre ville et agriculture ?

Thierry Fayret explique que la métropole brestoise ne prend pas les terres de Traon Bihan de gaieté de cœur. «Pour ne pas perdre de population, nous avons la nécessité de créer de la surface supplémentaire d’habitation. Car depuis quarante ans, cela ne s’est pas fait sur Brest, affirme-t-il. Entre 2000 et 2010, nous avons pris conscience que l’on était en train de perdre des habitants faute d’offre de logements qui correspondent aux besoins actuels, avec le desserrement des ménages ou le vieillissement de la population.»

L’élu précise qu’en quarante ans, 2 000 habitations ont été créées dans le pays de Brest. «Les gens sont sortis de la ville pour aller vivre à 10 ou 20 kilomètres, avec les problèmes de trans- port que cela entraîne. Bouchons comme pollution. Il faut tenter d’y remédier.» D’où la ZAC. Thierry Fayret détaille les parcelles figurant dans l’opération de la Fontaine Margot. Les 60  hectares accueilleront 3 000 à 4 000 habitants dans 1 200 à 1 500 maisons et petits immeu- bles. Et, insiste-t-il au sujet du couple d’agriculteurs, «ni eux ni nous ne découvrons la situation».

L’agriculteur le reconnaît. «Ce projet d’urbanisation date de plus de quarante ans, et celui d’un écoquartier d’une bonne dizaine d’années. Quand mes parents se sont installés, il leur avait été dit qu’il y avait un fort risque qu’ils ne puissent pas finir leur carrière ici.» Ce qui n’était alors qu’une évocation s’est mué au fil des années en possibilité, avant de devenir, bientôt, réalité.

«Autonomie complète»

Philippe Nicol entend les arguments des élus. Cela ne l’empêche pas de se gratter la tête. «Pour pouvoir poursuivre notre activité dans des conditions correctes, il faut que l’on puisse garder entre 50 et 55 hectares de champs pour faire paître les vaches, avance l’éleveur. En dessous, ça sera très compliqué. Cela mettra très clairement à mal notre modèle d’autonomie, qui est le maître mot du bio. Nous ne voulons pas devoir acheter de la nourriture pour nos bêtes. La tonne de foin bio coûte 400 euros ; celle de concentré bio de soja, de féverole et de blé entre 700 et 1 000 euros. Ce n’est financièrement pas envisageable.»

En réponse, la métropole brestoise se fait fort de proposer des hectares de rempla- cement à la ferme de Traon Bihan. Problème : ces derniers ne sont pas bio, et la conver- sion des terres dure jusqu’à trois ans. Au total, ce sont cinq années qui sont nécessaires pour obtenir la certification. Autre souci pour Valérie Lazennec et Philippe Nicol : les parcelles de substitution proposées par la métropole sont situées loin de l’exploitation. Le vice-président chargé de l’urbanisme se veut pourtant rassurant. «Nous avons toujours soutenu le dévelop- pement de cette ferme, ses vertus de circuit court, son orientation bio, son travail avec les écoles.» Thierry Fayret l’assure: «Traon Bihan n’est pas en danger. L’exploitation ne va pas disparaître. On va s’en donner les moyens.»

L’enjeu est de taille. Car cette exploitation est aux antipodes de l’agriculture intensive et endettée dont on lit partout la chronique. De la verdure en veux-tu en voilà. Si l’on excepte les bruits de la circulation routière sur la rocade, portés par les vents, impossible de se rendre compte que nous sommes dans une zone urbaine. Les alentours sont brodés de champs, de talus, d’arbres…

A la retraite de ses parents, en 1997, Philippe Nicol, 46 ans aujourd’hui, a repris l’exploitation et l’a convertie en agriculture biologique. Aujourd’hui, son cheptel compte, selon les périodes de l’année, entre 40 et 45 vaches laitières, qui, en guise de repas quotidien, broutent les 67 hectares de prairies sises à 800 mètres maximum autour de la ferme, dont 28 jouxtent la maison. Valérie Lazennec et Philippe Nicol sont propriétaires de leurs bâtiments et de 7 hectares de champs. Ils louent les autres terres qu’ils exploitent. «Les bêtes sortent tous les jours, sauf quand il neige, c’est-à-dire tous les vingt-cinq ans ici, plaisante l’éleveur. En cultivant parallèlement 2 hectares de céréales et 2 hectares de betteraves, nous n’avons jamais acheté de nourriture pour nos vaches. Nous sommes en autonomie complète.» Certification bio assurée. Et fierté assumée.

«Tout sauf du fromage»

Sur le versant économique, la ferme de Traon Bihan vend chaque année à une coopérative 170 000 litres de lait bio, à un prix à faire saliver les producteurs «conventionnels» : 450 euros la tonne, contre 280 à 310 euros d’ordinaire. En 2010, Valérie Lazennec, animatrice socio-culturelle de profession, a décidé de rejoindre son mari sur l’exploitation. Après une formation et 200 000 euros d’investissements, camion frigorifique pour les livraisons inclus, la dynamique et bavarde Brestoise a créé in situ un atelier de transformation du lait issu de l’exploitation en yaourts, fromage blanc, riz au lait… «Tout sauf du fromage et du beurre», précise la désormais agricultrice de 47 ans. 35 000 litres de matière première sont ainsi transformés chaque année en produits laitiers.

«En raison des vacances scolaires, on ne peut livrer nos produits que pendant 36 semaines par an aux écoles, explique-t-elle. Donc, pendant les coupures, on a dû s’adapter. Mais on ne veut pas vendre en grande surface. C’est un choix éthique.» Pour le moment, la vie de la ferme de Traon Bihan continue comme avant. Pour longtemps ?

Philippe Brochen, envoyé spécial à Brest 20 juillet 2017

http://www.liberation.fr/

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21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

guipry-messac (fr3)

stop-au-beton-dans-la-Crau

Le parc Avalonys, un projet qui fait polémique

C’est un projet de parc d’attraction sur le thème du roi Arthur, Avalonys, qui devrait voir le jour en 2020. Il suscite une dynamique, mais aussi des inquiétudes avec la perte de surfaces agricoles.

Le parc Avalonys, sur le thème du roi Arthur et des légendes celtes, sera axé sur l’innovations technologiques, avec des visites virtuelles et des applications pour smartphone, mais aussi manèges classiques. Ce qui n’est encore qu’un projet suscite une dynamique, mais aussi des inquiétudes.

Les uns avancent des chiffres positifs pour l’emploi, une cinquantaine, renforcés par 150 saisonniers, alors que d’autres y voient un grignotage des terres agricoles. Les 80 hectares concernés appartiennent à la société Butagaz. Ils sont  exploités par une dizaine d’agriculteurs qui pointent le manque de concertation. « Il faut que les porteurs de projets, les associations, pour ou contre, se mettent autour de la table » estime Thierry Beaujouan, le maire de Guipry-Messac.

Stéphane Grammont 20/07/2017

http://france3-regions.francetvinfo.fr/

Commentaire: Bétonnage: Au rythme actuel on perdrait 1 département de bonnes terres tous les 7 ans contre 1 tous les 10 ans avant 2000!

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20 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

métaux (les échos)

tintin

Métaux : les besoins colossaux de la transition énergétique

Les technologies requises pour limiter le réchauffement du climat feront grimper la demande de ressources naturelles. C’est, selon la Banque mondiale, un risque majeur pour l’environnement.

Un avenir bas carbone ne se construira pas sans minerais ni métaux. Loin s’en faut. Pour contenir le réchauffement planétaire sous les 2 °C, comme ambitionné par plus de 170 pays signataires de l’Accord de Paris fin 2015, il faudra en fait en extraire d’énormes quantités, avance la Banque mondiale dans un rapport sur le rôle primordial que jouera le secteur dans une telle économie « verte ».

Le constat paraît sans appel. « Le rapport montre clairement que la composition des techno-logies supposées alimenter le passage à une énergie propre - éolien, solaire, hydrogène et systèmes électriques - nécessite en fait significativement PLUS [sic] de ressources que les ­systèmes d’alimentation en énergie traditionnels », écrivent les auteurs qui se sont penchés sur trois grandes technologies renouvelables : l’éolien, le solaire et les batteries de stockage d’énergie.

Les besoins futurs ne seront absolument pas les mêmes selon que le réchauffement de la ­planète est limité à 2 °C, ou qu’il atteigne 4 °C voire 6 °C, les trois scénarios envisagés par l’organisation. Sans surprise, le premier scénario se révèle le plus « ressourçovore ». La demande de métaux pourrait doubler avec le boom des technologies éoliennes et solaires, dit la Banque mondiale. Mais c’est dans les accumulateurs électriques que l’exemple est le plus frappant : leur développement pourrait entraîner un bond de 1.000 % de la demande de lithium, si le monde prend les mesures requises pour contenir l’élévation de la tempé­rature ­nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

Choix politiques

La Banque mondiale a listé les ­ressources clefs de la transition énergétique, à l’instar du cuivre, de l’argent, de l’aluminium (bauxite), du nickel, du zinc et, probablement, du platine. Des marchés qui devraient donc bénéficier d’un virage vert. Elle cite aussi les terres rares, neodymium et indium.

Evidemment, beaucoup dépendra du nombre de turbines, de panneaux solaires ou encore de véhicules fabriqués - et donc des choix politiques des gouvernements. Le type de technologies déployées dans chacun de ces segments sera également déterminant. « Les technologies renouvelables qui émergeront comme les plus adaptées et les plus avantageuses seront essentielles pour définir le marché des matières premières sur les cinquante prochaines années », estiment les auteurs.

En se fiant aux tendances actuelles, le Chili, le Pérou et, potentiel­lement, la Bolivie auront un rôle majeur à jouer en fournissant du cuivre et du lithium ; le Brésil avec la bauxite et le fer ; l’Inde pour le fer, l’acier, le titane ; l’Afrique australe et la Guinée seront « incontournables » pour répondre aux besoins grandissants en platine, manganèse, bauxite et chrome ; et la Chine pour à peu près tous les produits. La Banque mondiale cite en outre la Nouvelle-Calé- donie et ses « réserves massives de nickel », matière première utilisée aujourd’hui dans les batteries pour voitures électriques.

Jusqu’à présent, peu d’analyses du genre ont été faites sur les implications matérielles d’un adieu aux systèmes fondés sur les combustibles fossiles. Avec ce rapport, la Banque mondiale met en garde sur l’impact que peut avoir une économie bas carbone sur l’environnement.

Compléter et non pas concurrencer

« Si elle n’est pas correctement gérée, cette croissance de la demande de minerais et métaux pourrait aller à l’encontre des efforts et des politiques des pays riches en ressources pour atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés en matière de changement climatique », préviennent les auteurs. Une attention particulière devra également être ­portée pour que l’eau utilisée par les communautés locales et les écosystèmes ne soit pas trop ­fortement touchée.

Le directeur du pôle mondial d’expertise en énergie et industries extractives du Groupe de la Banque mondiale, Riccardo Puliti, plaide pour l’ouverture d’un « dialogue entre les groupes d’intérêt sur le climat, l’énergie verte et les industries extractives ». Pour cela, les pays ­doivent intégrer que « le développement d’une ressource naturelle vient compléter et non pas concurrencer un avenir plus vert et plus durable ».

Muryel Jacque, Les Echos 20/07

https://www.lesechos.fr/

Commentaire: Un exemple de contradiction où nous mène le capitalisme de croissance illimitée sur une planète limitée: pour moins polluer il faut plus polluer. Pour économiser, il faut gaspiller! Sans parler de l’épuisement de nouvelles ressources (les terres rares) dont on ne mesure pas encore l’utilité et qui vont être consommées pour fournir 4 portables et deux bagnoles électriques aux habitants des pays riches!

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18 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

nddl (npa)

npa

Notre-Dame-des-Landes : sous le soleil d’un autre monde possible

Ces 8 et 9 juillet 2017, près de 20 000 personnes venues de toute la France se sont rassem- blées à Notre-Dame-des-Landes. Cette dix-septième édition du rassemblement estival a vu converger toutes les luttes pour un autre monde.

Loin de la pression de l’année 2016, quand le Premier ministre Valls promettait une expulsion à l’automne… Le contexte politique s’est modifié. Le PS et la droite traditionnelle ont été évincés du pouvoir, laissant la place à un gouvernement qui n’entend pas payer les errements des précédents. Un optimisme dubitatif s’est installé : la nomination de « médiateurs » par le gouvernement laisse espérer la nouvelle étude du projet d’aéroport que les opposantEs réclament depuis tant d’années.

Comme un parfum de victoire

C’est pourquoi cette édition s’interrogeait déjà sur l’avenir : que faire de la Zad après l’abandon possible du projet d’aéroport? «Travailler avec les jeunes à construire de nouveaux modèles pour une agriculture différente», répond Sylvain Fresneau, agriculteur militant. C’est que, depuis 2009, la rencontre improbable de jeunes révoltéEs et de paysanEs militants s’est faite. Les projets d’installation agricole et l’expérimentation d’un mode de vie différent, aussi à l’abri que possible du monde capitaliste, ne sont pas qu’une utopie. Des solidarités concrètes sont à l’œuvre.

Des solidarités qui ravivent la mémoire locale. Car en Loire–Atlantique, l’alliance des militantEs ouvriers et des paysans est un héritage historique : de 1968 au mouvement des paysans-travailleurs ou à la lutte contre la centrale nucléaire du Pellerin, cette alliance a été porteuses de victoires ancrées dans les mémoires. Des victoires qui ont permis les solidarités avec celles de Plogoff ou du Larzac, des victoires réciproques en somme. À NDDL, la conver- gence des luttes traverse le temps. C’est sur ce terroir qu’a mûri la lutte contre le projet d’aéroport à NDDL, comme un bon vin aux arôme riches et complexes. Jusqu’à faire converger toutes les luttes actuelles.

Une cité politique

D’année en année, les débats à NDDL se font plus politiques. Non seulement parce que les demandes d’intervention sont si nombreuses qu’il faut bien que les organisateurs les regrou- pent dans des thèmes plus généraux, mais surtout parce que la solidarité est contagieuse. Des projets miniers à Europacity, les luttes locales se répondent. De la répression à la solidarité avec les migrantEs et au racisme policier, les luttes globales se discutent. NDDL est devenue une véritable cité politique.

C’est pourquoi le NPA s’est efforcé d’associer autant que possible les syndicalistes aux débats de cette année. Presque absents les années précédentes, ceux de Solidaires et de la CGT (sur les transports, l’emploi, l’écologie ou l’exploitation des marins) ont répondu présents. Il y a quelques années, nombre d’habitantEs de la Zad, d’inspiration « autonome », ne voulaient même pas entendre parler des syndicats ouvriers, assimilés à l’institution étatique. Depuis, les solidarités de la lutte contre la loi travail ont porté leurs fruits.

Le débat sur la loi travail et les ordonnances Macron, avec notre camarade Simon, a rassem- blé près de 450 personnes sous le grand chapiteau. Celui sur les transports gratuits associait notre camarade Patrick Le Moal et un cheminot de Sud-Rail ; un syndicaliste du groupe Vinci (constructeur possible de l’aéroport) et un postier de Solidaires ont débattu du lien entre luttes écologiques, luttes sociales et capitalisme avec notre porte-parole Christine Poupin…

Si la lutte de Notre-Dame-des-Landes n’a pas encore gagné l’abandon du projet d’aéroport, elle a déjà gagné, par les convergences qu’elle a permises, la certitude que l’unité des luttes est possible.

Bertrand Achel et Sandra Cormier Jeudi 13 juillet 2017

https://npa2009.org/ 

http://www.anti-k.org/

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16 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

biodiversité (libération)

udb

Gilles Bœuf : «La biodiversité, ce n’est pas une affaire d’écolos farfelus»

Pour le biologiste Gilles Bœuf, la préservation des écosystèmes doit être le souci de tous.

Ex-président du Muséum national d’histoire naturelle, le biologiste Gilles Bœuf enseigne à l’université Pierre-et-Marie-Curie à Paris et préside le conseil scientifique de l’Agence française pour la biodiversité (AFB).

Qu’est-ce qu’une crise d’extinction de masse ?

C’est la disparition d’au moins les trois quarts des espèces marines et continentales sur un temps court, soit entre un demi-million d’années et quelques millions. Depuis 700 millions d’années, environ soixante grandes crises se sont produites, dont cinq massives. La plus violente a été la troisième, il y a 251 millions d’années : 96 % des espèces ont disparu, c’est la fin par exemple des trilobites dans l’océan. Et la cinquième, c’est celle qui a fait disparaître les dinosaures, il y a 65,5 millions d’années.

Nous vivons donc la sixième, à un rythme ahurissant ?

Dans un article paru dans Nature en 2011, des écologues se sont demandé si nous ne vivons pas la sixième grande crise d’extinction. L’étude parue lundi dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) confirme que nous sommes sur cette voie. Les activités humaines sont en train de mimer une crise massive. Ce ne sont pas encore les espèces qui disparaissent en tant que telles, mais leurs populations qui s’effondrent.

Le terme «extinction» veut dire que le dernier spécimen a disparu. Or par exemple pour la faune marine, on ne connaît que vingt espèces vraiment disparues en quatre siècles, sur plus de 20 millions. L’extinction n’est donc pas le bon critère. Le bon critère, c’est de montrer que si on continue comme ça, on va tout faire disparaître : on fait disparaître les populations d’ani- maux, un prélude à l’extinction des espèces. Cette étude, comme celle du WWF en octobre  2016, montre que plus de 50 % des populations de vertébrés ont disparu en quarante ans. Ce qui est effroyable, incroyable, c’est cela: quarante ans, ce n’est rien dans l’histoire de la Terre ! En 2011, l’article de Nature calculait que nous ferions tout disparaître en deux cents ans.

Une chose frappe : les espèces communes s’effondrent…

Si on détruit les écosystèmes, les espèces communes s’en vont aussi, autant que les espèces rares. Ces dernières ne disparaissent pas toujours en premier. Le pigeon migrateur américain était extrêmement abondant aux Etats-Unis à la fin du 19è siècle, il a aujourd’hui disparu. Il y a deux choses dans l’article de PNAS : le nombre d’individus s’effondre, et les zones de répar- tition sont de plus en plus réduites. C’est le cas du guépard, qui était africain et asiatique. Il n’y en a plus en Inde et le seul qui reste en Asie est le guépard d’Iran : avec moins de 80 individus, il est en train de disparaître. Il y a extinction de populations de guépards, pas encore de l’espèce guépard tout entière. En France, c’est dramatique pour le hérisson ou les grenouilles…

Il s’agit d’une énième alerte…

Oui. On s’apitoie quelques heures, quelques jours. Et puis on ne fait rien. On nous parle sans cesse de résilience, on nous dit qu’il faut que les écosystèmes agressés comme les humains agressés soient capables de revenir à un état d’équilibre. Mais on ne peut pas être résilient si on a disparu ! Il faut donc tout faire pour que le vivant ne disparaisse pas. Surtout, il faut qu’on s’adapte à tous ces changements. Aucune espèce vivante n’a pu s’adapter sans changer. Or, on ne change pas ! Il faut vraiment qu’on réagisse.

Que devrions-nous faire ?

D’abord, arrêter de détruire les écosystèmes. Avant de construire un bâtiment, une voie ferrée, une autoroute, il faut s’interroger sur sa nécessité. L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, par exemple, on n’en a pas besoin. Si une construction est indispensable, il faut réduire au maxi- mum ses impacts sur l’environnement. On artificialise l’équivalent d’un département français tous les sept ans, souvent des bonnes terres agricoles, il n’est pas possible de continuer comme ça. La seconde chose, c’est arrêter de polluer, notamment avec l’agriculture intensive.

On peut très bien se passer de pesticides. Des oiseaux en Arctique qui n’ont jamais vu d’hu- mains en sont bourrés. Troisième chose : arrêter de surexploiter, de surpêcher, de surchasser. Il y avait 2 000 rhinocéros en Zambie il y a vingt ans. Aujourd’hui, zéro. Il faut aussi cesser de disséminer des espèces invasives partout, comme l’ambroisie qui vient d’Amérique du Sud et provoque des crises d’asthme. Enfin, il faut lutter contre le changement climatique, qui s’ajoute à tout cela et a des effets délétères sur les écosystèmes et le vivant. Parler de la crise clima- tique, c’est bien, mais il ne faut pas oublier celle de la biodiversité : c’est aussi inquiétant, sinon plus.

L’étude de lundi parle aussi de la surpopulation humaine…

Bien sûr, c’est le dada de Paul Ehrlich [l’un des auteurs, ndlr]. Il a écrit en 1968 un livre, la bombe P, qui l’avait mis au ban de toutes les religions. Cela évolue, le pape François l’a reçu. Mais le sujet reste tabou. Le seul pays ayant légiféré est la Chine.

Des espoirs ?

Il y a des zones où on a pris la situation à bras-le-corps. S’il n’y avait pas eu les ONG, les lémuriens auraient déjà disparu à Madagascar. Mais cela reste très fragile. J’espère que le grand public prendra en considération le fait que la biodiversité, ce n’est pas une affaire d’écolos farfelus qui veulent sauver un papillon à points bleus, c’est l’affaire de tous. Il faut comprendre que si cette biodiversité s’en va, l’économie mondiale ne tournera pas du tout de la même façon. On ne mange que du vivant et on ne coopère qu’avec du vivant. Si la biodiver- sité s’en va, on s’en va nous aussi, puisqu’on en fait partie. Il faut y aller tous ensemble, ce n’est pas qu’un truc d’écolos. Je ne crois pas trop au politique, le temps politique n’est pas du tout celui de la nature.

Surtout qu’il y a l’influence des lobbys…

Ils sont totalement irresponsables, dans le court-termisme. Ces gens freinent alors qu’ils savent qu’ils ont déjà perdu. Demain, les pesticides seront interdits, c’est évident. Il faut dès aujour- d’hui chercher des alternatives. Or les lobbys sont là pour permettre à quelques-uns de conti- nuer à se remplir les poches. Et certains croient que la technologie va nous sauver, disent «il n’y a plus d’abeilles, ce n’est pas grave on fera des drones». C’est à pleurer de bêtise ! Le drame, c’est qu’on ne pense qu’à quelques-uns, à quelques très riches. Plus on sera là-de- dans, plus on créera des Boko Haram et des Daech. Car le reste du monde ne se laissera pas faire. Il faut penser un développement harmonieux de l’humanité tout entière, une conscience humanitaire planétaire, comme dit Edgar Morin. Nous n’y sommes pas du tout.

Coralie Schaub 11 juillet 2017

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15 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

huelgoat linky (le télégramme)

stop linky
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Collectif Stop Linky. Permanence sur le marché
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Les membres du collectif Stop Linky se relaient pour assurer une permanence sur le marché.

Depuis quelques semaines, les membres du collectif Stop Linky Kreiz Breizh, qui s’est créé il y a un an pour s’opposer à l’installation de compteurs communicants dans le Kreiz Breizh, tiennent un stand sur le marché du jeudi, place de l’Église. Pendant tout l’été, ils assureront ainsi une permanence pour répondre aux questions des passants et renseigner ceux qui n’acceptent pas l’installation de ces compteurs communicants chez eux en leur fournissant de la documentation. Une pétition est également mise à disposition contre la mise en place des compteurs d’électricité Linky, prévue pour février 2018 dans la commune.

11 juillet 2017
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Contact:
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Collectif Stop Linky Kreiz Breizh
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Breizhstoplinkykb@riseup.net,
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Cal, route de Berrien, 29690 Huelgoat.
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13 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

uranium bzh (reporterre)

uranium bzh (reporterre) dans Altermondialisme carte_01_criirad_-_mines_d_uranium_en_bretagne_et_tonnage_extrait

La Criirad a cartographié les mines d’uranium bretonnes et référencé le tonnage de leur production.

Les déchets radioactifs des mines d’uranium empoisonnent la Bretagne

Jusqu’en 1984, une filiale d’Areva a exploité l’uranium de quarante-deux mines bretonnes. Les sites sont toujours parsemés de matières radioactives qui inquiètent les habitants.

C’est un endroit bucolique, qu’on dirait sorti d’un conte de fées, dans une Bretagne boisée et méconnue, loin de la mer. Dans la campagne morbihannaise, à Bubry, la frondaison filtre la belle lumière de mai. Une ferme sans âge s’y repose, à quelques encablures d’une ancienne mine d’uranium, Ty Gallen. « Cette bâtisse est invendable », assure Patrick Boulé, président de Roz Glas, une association qui milite pour la décontamination des sites miniers d’uranium et de leurs abords.

De 1963 à 1981, de l’uranium a débordé de la mine. « L’eau de pluie qui ruisselait dans les galeries chargées en particules radioactives a été évacuée par l’exploitant et s’est écoulée dans une prairie. La matière radioactive a aussi contaminé le jardin de la maison » où un couple de retraités faisait pousser ses pommes de terre. « Le mari passait ses journées à jardiner dans la parcelle polluée. » Il est mort des suites d’un cancer du rein. « Avec une telle contamination radioactive, on peut s’interroger sur la raison du décès de ce monsieur, assène Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), qui a réalisé des mesures sur les lieux. Mais il est très difficile de faire reconnaître le lien entre les radiations et le décès. »

La toxicité des faibles doses est mal connue 

Le niveau des radiations émises par la boue et la terre contaminées représente, par endroits, quarante fois la radioactivité naturelle de cette région granitique. C’est peu : une mammo- graphie ou un scanner irradie davantage. Mais il faut tenir compte de la durée d’exposition à ces faibles doses. Leur nocivité fait débat. La Criirad brandit « plusieurs études épidémiolo-giques internationales ». Leur constat : « Les faibles doses de radiations reçues sur une longue période augmentent les risques de cancer. »

Alain Rannou, de l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN), relativise. L’expert du service de la Protection de l’homme évoque des « régions du monde, comme le Kerala en Inde, qui présentent une radioactivité naturelle élevée sans qu’il n’y ait aujourd’hui la preuve scientifiquement établie d’un impact sur la santé des populations ». Une chose est sûre : la toxicité des faibles doses est mal connue. Et nous ne sommes pas tous égaux devant les effets des rayonnements, d’après l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

S’en protéger ou non ? C’est un pari sur l’avenir, puisque l’uranium 238 restera radioactif pendant des milliards d’années. « Autant dire éternellement », lâche Bruno Chareyron.

Inquiètes, les associations se battent depuis 2009 pour que les matières incriminées à Bubry soient stockées sur un site fermé. Depuis, l’IRSN a dépêché ses experts sur place. Dans certaines zones, ils ont mesuré plus de radioactivité que la Criirad. Ils recommandent d’enga- ger une étude supplémentaire. Le but : évaluer le risque lié à une exposition prolongée aux rayonnements et envisager le stockage. Areva, qui possède le titre minier, doit s’en charger.  « Il n’y a pas de risque sanitaire avéré et donc pas d’urgence à traiter, ce qui nous laisse le temps de mener les études à bien », indique le géant du nucléaire à Reporterrepar courriel.

En attendant, n’importe qui peut accéder à la prairie et au jardin où, d’après Bruno Chareyron, gisent de véritables « déchets radioactifs ». Une situation « très grave », selon l’ingénieur en physique nucléaire : « L’administration n’a pas mis en place des normes à temps pour empê- cher cela. Elle a laissé l’exploitant gérer sa mine de manière scandaleuse, et des eaux radio- actives non traitées contaminer l’extérieur du site minier. Un citoyen qui marche à cet endroit est exposé aux radiations et au radon, un gaz radioactif émanant du radium. Certains éléments sont très radiotoxiques si on les ingère, comme le plomb 210 et le polonium 210. »

« Une radioactivité 2.000 fois supérieure à la normale dans un chemin de Guérande » 

Ian Bentley, un Britannique dont la maison se situe à 300 mètres de l’ancienne mine, ne savait rien de cette pollution. « Ça fait un peu peur », dit-il. Dans la région, l’inquiétude grandit. Au point que les agences immobilières auraient du mal à vendre les biens voisins des mines, selon Roz Glas. Ici, l’uranium fait partie du paysage. La majorité des quarante-deux sites uranifères bretons se situe dans le pays du Roi Morvan, dont la communauté de communes en regroupe 21.

Tout a commencé en 1952 avec le plan quinquennal de développement de l’énergie atomique voté par le Parlement. En France, ce fut la ruée vers l’uranium. Ce minerai, qui sert de combustible aux centrales nucléaires et permet de fabriquer les bombes atomiques, a dynamisé les Trente Glorieuses. En 1980, la Cogema, future Areva NC [1], est devenue le premier producteur de la planète. Au total, la France a sorti de son sol 76.000 tonnes d’ura- nium. Les 42 gisements bretons en ont produit 1.112 tonnes à partir de 277.946 tonnes de minerai d’une teneur moyenne de 4 kg d’uranium par tonne.

À l’époque, les exploitants étaient peu soucieux des stériles miniers, alors considérés comme inoffensifs [2]« Contrairement à ce que suggère le terme, il s’agit de roches dont le niveau de radioactivité est très supérieur à la moyenne et qui nécessitent l’application de mesures de radioprotection », souligne la Criirad.

Officiellement, deux millions de tonnes de stériles sur les 180 millions produites en France ont été réutilisées dans le domaine public. Officieusement, 600.000 autres tonnes auraient disparu dans la nature. Dans les allées, les jardins, sous les routes, les porcheries, les circuits de moto-cross, dans les talus, au fond des mares, dans les parkings, les bases de loisirs… Ces stériles, utilisés comme remblais, sont partout. « Les compagnies minières comme la Cogema, future Areva, laissaient les gens se servir gratuitement pour leurs travaux. Des stériles ont même été vendus. Très souvent, à cause d’un tri grossier, il y avait du minerai mélangé aux stériles, raconte Bruno Chareyron. Fin 2016, nous avons mesuré une radioactivité 2.000 fois supérieure à la normale au contact des stériles dans un chemin de Guérande. »

« J’ai été mis devant le fait accompli » 

Dans le pays du Roi Morvan, le président de Roz Glas roule vers Persquen. « On a du remblai radioactif sur cette route. Là aussi, dans l’allée de cette maison. » Pas une minute ne passe sans que Patrick Boulé ne relève un site où l’on trouve ces stériles miniers. Quinze communes sont concernées. « À Guern, il y en a sous deux cours de ferme. À Meslan, c’est un terrain qu’utilise l’association de boulistes pour ses parties de pétanque. Ailleurs, un particulier a bâti son poulailler sur des stériles, où le niveau des radiations représente vingt-cinq fois le bruit de fond naturel. Areva a proposé de décontaminer, mais le propriétaire refuse qu’on touche à son terrain, situé sur un ancien site minier. Les gens, bien souvent, minorent la situation. Ils ont grandi avec l’exploitation minière. Et puis, parfois, ils ont du mal à en parler. Il faut assumer, ils craignent que leurs enfants aient un cancer plus tard. Ce sont les néoruraux qui sont remon- tés. Nous aimerions bien suivre tous les dossiers, mais nous ne sommes pas assez nombreux. »

Areva, responsable de 39 sites miniers bretons, s’est engagée à traiter les lieux les plus radioactifs. En effet, en 2009, l’enquête de l’émission Pièces à conviction, intitulée « Uranium : le scandale de la France contaminée », obligeait l’État, censé surveiller la fermeture des mines, à réagir. Une circulaire ministérielle a alors été publiée, prévoyant qu’Areva devait recenser les lieux de réutilisation des stériles et fournir ces informations aux mairies. De 2009 à 2011, la firme a organisé le survol en hélicoptère du territoire pour détecter les stériles, via un spectro- mètre gamma. Ensuite, des contrôles au sol ont été réalisés pour vérifier les conséquences des anomalies relevées. Pour les lieux les plus radioactifs, Areva doit regrouper les stériles sur d’anciens sites d’extraction.

Sur la commune de Persquen.

Dans le Morbihan, c’est l’ancienne mine de Persquen qui a été choisie comme point de regrou- pement des stériles. Michel Le Gallo, le maire, a voulu s’opposer au projet, rapporte le jour- nal le Télégramme. En vain. « J’ai été mis devant le fait accompli, regrette l’élu. Je suis tombé des nues. » Le maire a appris que la quantité de matières radioactives à stocker passait de 5.000 à 10.000 m3 lors d’une réunion publique le 8 juin 2016. Philippe Noguès, alors député de la circonscription (il a été battu en juin 2017), s’est ému de ce manque de transparence, en contradiction avec les consignes de la circulaire. Les élus du conseil régional de Bretagne, eux aussi, aimeraient qu’Areva respecte ses « engagements » en décontaminant les sites et en informant le public.

La multinationale réplique qu’elle attend le feu vert de la préfecture pour commencer l’assainis- sement. Contactés, les services de l’État n’ont pas répondu à nos questions. Areva assure qu’elle informe les habitants via des « réunions publiques », des « commissions de suivi de sites », des « livrets en mairie », des « pancartes ». « Leurs pancartes, c’est souvent du tourisme industriel, observe Patrick Boulé. Quelques-unes viennent juste d’être installées autour des sites, six ans après nos demandes. »

Des méthodes de recensement jugées « pas fiables » 

À Persquen, à proximité de l’ancienne mine, une habitante discute avec le président de Roz Glas. Elle est préoccupée par ce projet de regrouper les stériles miniers qui devrait être mis en œuvre cette année, à quelques centaines de mètres de sa maison. En ce jour de printemps, le lieu est couvert d’une forêt de genêts. 160.000 m3 de stériles dorment déjà sous ces arbres.

Sous les genêts de Persquen, 160.000 m3 de stériles.

Les roches qu’Areva doit ajouter à ce site sont issues de 19 zones réparties sur sept commu- nes. Le président de Roz Glas craint « qu’un paquet d’autres matières radioactives »ne constelle encore la région après l’opération. D’ailleurs, pour le Collectif mines d’uranium, qui regroupe 15 associations et la Criirad, cette crainte vaut pour les abords des 250 anciennes mines d’uranium françaises. En cause : des méthodes de recensement jugées « pas fiables » par Bruno Chareyron. Ce que conteste l’IRSN, qui a recommandé ces méthodes à Areva.

Des sites présentant des risques sanitaires passeraient entre les mailles du filet, estime la Criirad. « On l’a constaté à plusieurs reprises, par exemple dans la Loire, où une scierie a été construite sur plusieurs milliers de m3 de matières radioactives, illustre Bruno Charey- ron. S’agissant de matières qui seront radioactives de manière éternelle, il vaut mieux les stocker le plus loin possible des personnes. »

L’association se heurte là aux principes de réalité que leur opposent l’exploitant et l’État. « Ils considèrent les sites pollués en fonction de leur usage actuel et non futur. »Quand l’IRSN  dit : « Vu la configuration des lieux et les consignes laissées en mairie, personne n’ira habiter ici et aucun enfant n’ira tous les jours se rouler dans cette terre marquée par la radioacti- vité. » La Criirad répond : « OK, mais dans dix ans ? Mille ans ? »

Les associations dénoncent aussi « des assainissements bâclés », comme sur la presqu’île guérandaise, et une « réglementation qui ne protège pas suffisamment la population ». Elles demandent à être reçues par Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire.  « Ce n’est pas normal que les citoyens et les associations doivent se substituer à l’État. »

notes:

[1] Une filiale d’Areva.

[2] Dans l’activité minière, les stériles sont les roches et les terres extraites pour accéder au gisement.

12 juillet 2017 / Jérôme Le Boursicot

https://reporterre.net

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10 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

île longue (fab)

sous mar

Visite d’Emmanuel Macron à l’Ile Longue le 4 juillet : entêtement dans la doctrine nucléaire ?

Chef des Armées Emmanuel Macron, Président de la République et initiateur de LRM « La république en marche » affirme sa volonté d’un monde nouveau. Et pourtant sa venue le mardi 4 juillet 2017 sur la base de l’Ile Longue, comme l’ont fait des prédécesseurs à l’Elysée Messieurs Chirac et Sarkozy (et Hollande? NdB), réaffirme l’entêtement aveugle, répété, dangereux et inutile dans la dissuasion nucléaire française. Cet entêtement ne fait qu’exa- cerber les tensions et accroître notre vulnérabilité avec les multiples installations nucléaires qui sont des cibles potentielles pour tout « terroriste » ne supportant plus l’arrogance de l’État français et ses pratiques coloniales voire mafieuses.

Et pourtant cette venue ne nous fait pas oublier :

  • Le coût de cette dissuasion nucléaire et l’augmentation de son budget qui passera de 3,5 milliards annuels à 6 milliards d’ici 2020
  • Le stockage dans la presqu’île de Crozon de 380 bombes nucléaires en vue de leur embarquement dans l’un de nos SNLE (Sous-marin Nucléaire Lanceur d’Engins)
  • Les liens entre l’énergie nucléaire civile et militaire
  • La ratification du Traité de Non Prolifération Nucléaire et sa violation par la France qui continue à développer son arsenal nucléaire. Lors de la conférence qui se tenait à New York jusqu’au 7 juillet pour négocier un Traité d’interdiction des armes nucléaires, la France propose un « droit de retrait » dans le cas de circonstances exceptionnelles et indique par là qu’elle poursuivra sa politique de dissuasion nucléaire.

La Fédération Anti-Nucléaire de Bretagne en ce qui concerne le nucléaire militaire demande :

  • L’arrêt immédiat de l’exploitation de l’énergie nucléaire dans le Domaine de la Défense tant pour l’armement que pour la propulsion
  • L’arrêt des programmes de recherche et de développement de technologie nucléaire militaire.

La Fédération Anti-nucléaire Bretagne a été constituée le 27 octobre 2012 à Pontivy. Elle a pour but de structurer et d’amplifier l’action régionale du mouvement antinucléaire breton, et d’agir pour l’arrêt immédiat du nucléaire. Contact: 06 72 50 89 14

4 juillet 2017

http://fan-bretagne.org/

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10 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

plages (côté quimper)

cochons

On a cerné les coupables! Ouf, le productivisme est innocent!

Eaux de mer : 11 sites de baignade sur le Finistère classés en qualité insuffisante

L’Agence régionale de santé de Bretagne a rendu public les résultats sur la qualité des eaux de baignade. 11 sites finistériens sont sous surveillance. D’une façon générale, la qualité sanitaire des eaux de baignade bretonne est en amélioration constante, assure l’Agence régionale de la santé. Elle suit la tendance observée au niveau national.

L’ARS Bretagne assure chaque année la surveillance de près de 600 zones de baignade recensées sur le littoral et les plans d’eaux intérieurs de la région. Ce suivi répond à une préoccupation essentielle en matière de santé publique : il vise à s’assurer de la bonne qualité microbiologique des eaux et éviter l’exposition des baigneurs à une eau pouvant présenter des risques sanitaires.

En cas d’épisode de contamination, l’ARS Bretagne évalue le risque pour la santé de la population et détermine les mesures de gestion adéquates, en particulier l’opportunité d’interdire temporairement la baignade. La très bonne qualité des eaux de baignade bretonne se confirme en 2016, 98 % des baignades contrôlées respectant les exigences de qualité communautaires.

Le Finistère particulièrement concerné

A noter que, sur les trois dernières années, huit nouveaux sites de baignade ont été intégrés au programme du contrôle sanitaire. A l’issue de la saison 2016, seuls 12 sites de baignade, exclusivement sur des eaux de mer, demeurent classés en qualité insuffisante en Bretagne. Le Finistère est tout particulièrement concerné :

  1. Ris (Douarnenez)
  2. Barrachou et Croix (Guisseny)
  3. Château et Gwisselier (Landunvez)
  4. Moulin Blanc (le Relecq-Kerhuon/Brest)
  5. Kerdeniel et Treompan (Ploudalmézeau)
  6. Guillec (Plougoulm)
  7. Mazou (Porspoder)
  8. Theven (Santec)

29 Juin 2017

https://actu.fr/

Commentaire: 11 sur 12 dans le FNSEA-land, heu, le Finistère, sauf peut-être Brest Moulin Blanc

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