Archive | Logement

19 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

 Payez 0 euro d’impôt ? (2)

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LecteurEs de l’Anticapitaliste, vous n’êtes sans doute pas concernés…

Car si vous payez 0 euros d’impôt, c’est que vos revenus sont au plus bas. Et si vous en payez, vous pouvez faire baisser la somme en participant à la campagne financière du NPA, mais pas en investissant dans l’immobilier ! Mais malheureusement, vous êtes concernés, et pas seulement parce que cet impôt non perçu, ce sont des équipements publics en moins.

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Cela fait des années que des dispositifs de défiscalisation font construire là où c’est moins cher, plus rentable donc, mais où la demande de logements est la moins forte, voir ci-dessous. Au risque d’ailleurs pour le petit investisseur d’y perdre ses économies, puisque l’avantage fiscal est lié à la location du bien. Mais les promoteurs eux s’y retrouveront toujours.

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Les chiffres de la construction augmentent, mais le nombre de demandes insatisfaites aussi. Le dispositif Duflot n’a pas encore beaucoup de succès parce qu’il pose plus de conditions que les précédents systèmes. Ce que regrette par exemple le président de Bouygues Immobilier qui considère que « c’est pourtant le moteur de la production de logements en France ». C’est bien là le problème : continuer à soumettre la construction à la loi du marché. I.G.

http://npa2009.org/node/39611

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19 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Habitat social : «putain ce qu’il est blême mon HLM!» (3)

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Alors que le mal logement ne connaît pas la crise avec plus de 10 millions de mal-logés et qu’il manque plus d’un million de logements, l’offre de logement social reste constante…

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Il y a sur le territoire français 4, 6 millions de logements sociaux soit 18, 4 % du parc locatif en 2011 (1). Cette situation de pénurie de logement ne résulte pas d’une simple confrontation de l’offre et de la demande mais bien de choix politiques dans un secteur où les pouvoirs publics jouent un rôle déterminant, notamment au travers du logement social. Il s’agit pourtant d’un secteur en crise, et en proie aux appétits capitalistes.

Tour d’horizon du logement social.

Vous avez dit « social » ? Le désengagement de l’État en matière de logement s’est amorcé de manière significative vers le milieu des années 1970. Loin d’être une rupture et contrairement à l’affichage politique qui veut être donné, la loi de finances 2013 marque un nouveau recul de 400 millions d’euros pour le volet logement et ne permet pas de répondre à l’engagement d’Hollande pour la construction de 150 000 logements sociaux par an pendant toute la durée de son mandat.
1OO 000 logements sociaux devraient être produits d’ici la fin de l’année, mais selon un rapport de la Cour des comptes en 2011, seules 25 % de ces constructions ont été faites dans les zones de tensions, 75 % dans des zones « où n’existaient pas de besoins manifestes » (2).

Par ailleurs, pas de rupture non plus avec l’ANRU et les politiques de destruction de logements sociaux pour « aménager le territoire urbain », comprendre casser les poches de pauvreté et les repousser vers des périphéries toujours plus éloignées.

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Pas de rupture non plus, en ce qui concerne les mesures coercitives pour obliger les maires à respecter la proportion de logements sociaux imposée par la loi Solidarité et renou-vellement urbain (SRU). Ainsi le « tableau de déshonneur »(3) publié par la Fondation Abbé Pierre affiche les 3, 6 % de logements sociaux de Neuilly-sur-Seine (92), les 6, 5 % de Saint-Maur-des-Fossés (94) ou les 4, 9 % de Pornichet (44), et les maires de ces communes peuvent continuer à ne pas respecter la loi en payant des indemnités aléatoires et peu incitatives. Dernier élément, la hausse des loyers de 2000 à 2011 est proche de celle du secteur privé avec 30 % d’augmentation (4).

En contradiction avec le marché Le logement social est à la fois l’épouvantail effrayant des villes riches, et la cible des appétits capitalistes par le volume de richesse qu’il représente, environ 200 milliards d’euros. Les évolutions de ces 10 dernières années, les types de logements sociaux construits — destinés très majoritairement aux populations des classes moyennes (5) —, et l’augmentation des loyers, sont autant de signes visibles de l’évolution des modes de gestion du secteur social.

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L’ouverture aux capitaux privés avec le développement des Sociétés d’économie mixte (SEM) représente aujourd’hui 8 % du parc social. Ainsi, André Yché, président pourtant d’une grande entreprise sociale pour l’habitat (ESH), la SNI, déclarait en 2011 : « À terme, tous les groupes d’ESH devront devenir des opérateurs immobiliers globaux d’intérêt général qui obéissent à une logique d’entreprise ». Derrière ces propos se dessine la tendance lourde de l’évolution du parc social, celle d’une logique de rentabilité qui pénètre un secteur de moins en moins soutenu par l’État.
Max Bess

1. INSEE « Habiter en HLM, quels avantages, quelles différences ? ».
2- « Logement social : les priorités géographiques » février 2012.
3- Fondation Abbé Pierre « Loi SRU : palmarès 2011 des communes »
4- Cf. note 1.
5- 53 % des logements sociaux sont des PLUS plafonnés à 19 000 euros de ressource par an pour une personne seule contre 10 000 euros pour un PLAI (cf. note 3).

http://npa2009.org/node/39611

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19 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

L’ANRU « nouveau » est arrivé (4)

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À son arrivée, Duflot avait promis de faire un état des lieux de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) avant de décider ou non la poursuite des démolitions.

Avec la présentation de la nouvelle loi sur la politique de la ville, on ne peut que penser que cet état des lieux a été fait avec les pieds. On change le nom, mais pas le sigle, le « renouvellement urbain » remplaçant la « rénovation urbaine ».

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Le bilan officiel de l’Anru en 10 ans, c’est « 140 0000 logements démolis et autant de reconstruits, 325 000 réhabilités, plus de 90 000 ménages relogés ». Outre le mensonge sur le nombre de reconstructions, comment un bilan « de gauche » peut-il ignorer des drames comme ceux décrits à Montbéliard, ignorer que l’immense majorité des immeubles démolis étaient en bon état et souvent de meilleure qualité que ceux reconstruits ?

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Malgré les discours, on reste dans la même idéologie, prônant la « mixité sociale » pour lutter contre les quartiers qualifiés de ghettos. Cette doctrine consiste à faire croire que faire venir des habitants plus aisés dans un quartier populaire améliorera ledit quartier. Le bon sens voit tout de suite que le problème, c’est tout d’abord le chômage et que l’arrivée de nouveaux voisins ne changera rien pour ceux qui le subissent. Eh bien oui ça change quelque chose puisque leurs logements à petits loyers sont démolis et qu’on les envoie en général loin du centre ville et des transports, où se créera donc le nouveau « ghetto », mais moins visible.

La fuite en avant continue En région parisienne, l’objectif de l’Anru est bien visible : des logements laissés vides pour la spéculation, des prix exorbitants inabordables pour des revenus moyens qui doivent donc partir à la conquête de la proche banlieue et prendre la place des anciens habitants paupérisés par la crise. Ou même dans l’incapacité d’en partir parce que les discriminations racistes le leur interdisent.

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Cela a été maintes fois analysés par beaucoup d’experts moins révolutionnaires que nous, mais que cette fuite en avant inquiète, et d’autant plus que c’est le même genre d’idéologie qui a produit les « grands ensembles » des années 70. Les « ghettos » d’aujourd’hui…

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Deux innovations dans ce nouveau Programme national pour la rénovation urbaine sauce PS-Duflot. Moins de quartiers concernés… pour dépenser moins (et ça commence à se voir que l’argent du 1 % a été volé par l’Anru), des quartiers qui seront désignés… après les municipales !

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Et pour trouver de nouveaux financements, on prend la recette qui fait des dégâts graves depuis quelques années : le partenariat public-privé. L’Anru serait autorisée à créer, acquérir et céder des filiales ou des participations dans des sociétés. Le motif serait d’accélérer l’arrivée d’investisseurs privés. Comme si Nexity et compagnie ne régnaient pas déjà dans les quartiers ! Isabelle Guichard

http://npa2009.org/node/39611

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19 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Un exemple de rénovation: Saint-Denis (5)

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La hausse du coût des terrains, des loyers, le mécanisme de la hausse de la rente foncière qui sont à l’œuvre sur toute la région parisienne, affecte la proche banlieue, inexorablement.

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Saint-Denis (93) subit cette pression et il est intéressant de mettre en évidence les étapes de cette mutation à l’œuvre, visible jusque dans les paysages urbains.
Saint-Denis fait partie de l’ancienne ceinture rouge, du temps où le PCF était majo- ritaire dans la banlieue proche de Paris. Banlieue ouvrière, banlieue populaire. Aujourd’hui, la dernière ville de plus de cent mille habitants avec un maire PCF, est concernée par le projet d’intégration dans le Grand Paris. Elle appartient à la communauté d’agglomération « Plaine Commune » dont elle est la principale ville. Elle est constituée de trois ensembles très distincts : la Plaine Saint-Denis, le centre ville et la couronne des grandes cités autour du centre ville.
Au commencement, les sociétés La transformation de la ville a commencé par La Plaine-Saint-Denis à la fin des années 1980. Cet espace était le lieu de concentration des usines au sud de la ville. L’effondrement de ces industries a été la première étape de la mutation, . Cela a donné une zone de grandes friches industrielles, beaucoup de terrains libres proches de Paris qui ne demandaient qu’à être exploités par les promoteurs immobiliers.

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Le déclic est venu de la création du grand « Stade de France » à la Porte de Paris en 1998, qui a entraîné la couverture de l’autoroute A1 qui avait défiguré le quartier ouvrier de l’avenue Wilson, l’aménagement des moyens de transport, deux nouvelles gares du RER, permettant ainsi le déplacement d’une grande quantité de salariéEs. La Plaine est d’un seul coup devenu alors le premier chantier européen avec un investissement massif des fonds de pensions. Les grandes sociétés y ont installé leur siège : SFR, Randstad, Panasonic… où l’essentiel des salariéEs arrivent à Saint-Denis le matin et la quittent le soir.

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Le centre ville suit La deuxième étape est en cours aujourd’hui : la rénovation du centre ville. La percée dans cette ville populaire d’un quartier d’affaires rendait logique que cela se poursuive par le centre ville : un quartier ancien, avec des immeubles souvent insalubres, mais au potentiel immobilier réel. Aujourd’hui 37 % du parc privé est insalubre. Une première tranche a été faite dans les années 80 mais l’essentiel de cette rénovation a vraiment débuté au cours des années 2000, avec la piétonisation du centre ville.

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Des opérateurs immobiliers ont investi, sentant l’intérêt du lieu. La municipalité s’est engagée dans ce processus, par la création de ZAC, par la multiplication d’opérations ANRU, seules sources de financements pour des projets immobiliers de rénovation.

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Cette rénovation a pour conséquence l’arrivée de nouvelles populations dans la ville. Salariés des sièges sociaux des grands groupes installés à La Plaine, et couches moyennes désirant acheter mais ne pouvant plus le faire dans Paris… Des revendications nouvelles pour la ville sont apparues, portées par des associations soucieuses de propreté, de sécurité, d’environnement. C’est aussi le moment où se sont implantés de grands squats dans des immeubles vides promis à réno- vation, occupés par des populations de travailleurs immigrés et leurs familles, souvent avec des situations précaires sur le plan du séjour comme du travail. Depuis une décennie, la rénovation remet en cause ces squats, génère des expulsions massives et donc des mobilisation qui articulent les droits au séjour et au logement.

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Les cités font de la résistance Troisième étape, les cités sont très concentrées, en couronnes autour du centre ville, et essentiellement constituées de logements sociaux locatifs. Des modi- fications sont en cours mais ces cités sont de fait des lieux de résistance, par leur concentration, à la transformation de la ville. Il y a eu des tentatives de résidentialisation de certaines cités, avec grilles, petits jardins, sortie du parc social et hausse des loyers, voire accession à la propriété.

Filiale de la Caisse des dépôts, ICADE a tenté de le faire dans la cité Floréal, mais au bout du compte cet organisme s’est retiré et a vendu son patrimoine. Des opérations ANRU sont en cours (cité Saint-Rémy par France Habitation). Des ensembles d’immeubles sont en cours de démolition (4 000, Saint-Rémy…). Il reste que le marché immobilier a du mal à y prendre pied.

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Il faudrait des changements politiques profonds, une remise en cause du logement social, une privatisation massive des logements pour que la rente foncière se libère et que les capitalistes de l’immobilier investissent dans ces espaces. Sous la pression de la hausse du prix des terrains et des loyers, les mutations que connaît la ville génèrent des contradictions, des luttes de résistance, même si le tissu associatif lié au logement est très affaibli. Saint-Denis est encore pour longtemps une ville populaire ! JMB

http://npa2009.org/node/39611

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19 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

APL en moins pour les uns, allègement fiscal pour les autres (6)

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 La relavorisation des aides au logement suivant la hausse des loyers prévue à 0, 9 % au 1er janvier, devait être supprimée dans le budget 2014.

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Elle est finalement maintenue, mais les 6 millions de foyers modestes (81 % des bénéficiaires des aides au logement perçoivent moins d’un Smic) devront attendre jusqu’en octobre 2014. On voit donc qu’on peut « geler » l’APL mais pas les loyers, qui eux seront seulement « encadrés » et vont donc bien augmenter au 1er janvier.

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Ce décalage ferait économiser 56 millions d’euros. Duflot maintient qu’il faut « maîtriser la progression des aides au logement » qui, dit-elle, auraient augmenté de 170 millions d’euros sans revalorisation, du simple fait de la hausse du nombre de bénéficiaires.

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Une fois de plus piqué dans la poche des pauvres, cet argent sera bien employé : réforme de la taxation des plus-values immobilières et superbe allègement fiscal censé inciter les heureux possesseurs d’immeubles, commerces et autres bureaux à vendre rapidement. Un cadeau de 735 millions d’euros, puis de 75 millions par an, à partir de 2015. I.G.

http://npa2009.org/node/39611

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19 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Hébergement: l’urgence permanente (7)

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Fini la circulaire nationale « Grand froid », voici cette année le « Guide national de prévention et de gestion des impacts sanitaires et sociaux liés aux vagues de froid 2013-2014 ».

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Préparé par de nombreuses réunions de divers ministères avec entre autres le collectif des associations unies (33 organisations nationales de lutte contre l’exclusion), celui-ci n’y retrouve pas ses propositions. Pas de réponse sur la qualité et surtout la continuité de l’hébergement, alors que cela fait des années que sont mis en cause la lourdeur, le coût et l’inefficacité d’un accueil limité dans le temps.

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Selon le baromètre de la Fnars du mois de juillet 2013, les demandes d’hébergement enregistrées à l’été 2013 sont équivalentes à celles enregistrées au cours de l’hiver 2012-2013 et 76 % n’ont pas trouvé de réponse. Un « record ». Il note également l’augmentation du nombre de familles et de personnes étrangères. Le rapport annuel 2012 de l’Observatoire national du 115, publié le 14 octobre 2013, indique une progression de la demande de 30 % en un an, 64 % d’entre elles n’ayant pas donné lieu à un hébergement, majoritairement faute de places disponibles. I.G.

http://npa2009.org/node/39611

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06 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

« À part quelques avancées mineures, on n’est pas satisfait de la loi Duflot »

« À part quelques avancées mineures, on n’est pas satisfait de la loi Duflot » dans Logement marche_des_requisitions_20121027-167

Jean-Baptiste Eyraud est le porte-parole de Droit au logement (DAL), association fondée en 1990. Avec lui, nous revenons en particulier sur la lutte autour du campement de la place de la République à Paris et sur le bilan de la politique du gouvernement en matière de logement, un an et demi après son arrivée au pouvoir.

Ces derniers jours ont été chauds pour le DAL. Est-ce que tu peux dire rapidement ce qui s’est passé ? Nous avions installé un campement lundi 14 octobre, place de la République, à la suite d’une table ronde pour le droit au relogement de 300 familles qui n’avait rien donné. Nous avons décidé de passer la nuit Place de la République pour la 4e fois. Nous l’avions déjà fait sans que cela ne pose de problème. Le lendemain vers midi, les CRS ont débarqué. Il ne reste alors sur le campement qu’une vingtaine de personnes, les autres sont au travail. Sans sommation, les CRS coupent les bâches, qui tombent sur la tête des mal logéEs et militantEs assis par terre qui se tiennent par les coudes, et em- barquent ceux-ci sans ménagement. Un CRS déchire l’oreille d’un père de famille qui sortira de l’hôpital avec 12 points de suture.

Le ton est donné. Le soir même, et le lendemain soir, et le jeudi soir, rassemblement sur la base de notre déclaration de manifestation statique d’une semaine. À chaque fois les policiers nous encerclent pour nous empêcher de manifester, et on entend des CRS se dire : « on va se les faire ». Il y a beaucoup de mères de familles et des enfants.

Le samedi 19, nous participons à la journée européenne pour le droit au logement et contre la spéculation immobilière organisée dans 12 pays européens. Le rassemblement se tient, mais beaucoup de policiers sont présents. Nous décidons de partir et commençons à descendre dans le métro. Surprise, la police nous bloque et nous bouscule. Nous nous asseyons par terre, et là les CRS nous frappent. Comme les autres personnes, je reçois des coups. Un CRS me tire par les cheveux et me mets trois coups de rangers dans les côtes. Ils m’enlèvent aussi mes chaussures. Ils tordent les membres des mères de familles, les têtes… Il y a pas mal de blessés.

En fait, ils veulent nous faire mal pour nous forcer à nous lever. Habituellement ils te portent à 3 ou 4, en douceur. C’est un choix de la hiérarchie, des ordres ont été donnés faire mal et faire peur. Puis ils nous traînent par terre et nous emmènent dans la cage humaine qu’ils ont constituée, nous séquestrant pendant 4 heures dans des conditions dégradantes, puisqu’il faut uriner sous les yeux des policiers.

Le commissaire refuse qu’un médecin fasse des soins. Au bout du compte, le Ministère du loge- ment intervient, inquiet des brutalités en cours, et se dit prêt à négocier. Rendez-vous est pris pour le lundi suivant. La police s’en va à notre demande, et nous partons tous ensemble.

Qui étaient les familles rassemblées Place de la République ?  Ce sont des familles qui ont fait des demandes de logement social, qui, pour la plupart, sont des prioritaires de la loi Dalo. Dans l’attente d’un relogement par l’État, elles sont hébergées dans des conditions éprouvantes, dans des hôtels à droite à gauche, elles connaissent des situations de grande précarité. Ce sont les mêmes qui ont occupé les gymnases de la ville de Paris depuis le début de l’année. Elles sont très déterminées à lutter, comme on l’a fait rue de la Banque, et elles en ont marre.

Comment expliques-tu l’attitude du pouvoir ? Les faucons ont le vent en poupe. On a vu aussi la répression contre des luttes du logement à Toulouse, Poitiers, Lille, Montpellier, Rennes et Bordeaux ces derniers temps, on le voit aussi avec les familles sans-papiers. Il y a une position dure du gouver- nement contre les mouvements sociaux, pour faire taire les revendications, avec des contradictions en son sein comme on le voit entre le ministère du logement et celui de l’Intérieur.

Vous avez porté plainte auprès de l’IGPN ? On est obligé de passer par l’IGPN pour porter plainte contre la police. C’est une réforme de Sarkozy. On a déposé les images, les documents. Plusieurs per- sonnes ont porté plainte. Moi aussi. Pour violence et séquestration. Il y a des images qui montrent la brutalité policière. À une autre époque, dans les années 90, une affaire comme celle là aurait fini en correctionnelle. On va voir quelles suites seront données par l’IGPN.

Que penses-tu de l’ensemble de la politique du gouvernement en matière de logement?   Cette politique n’est pas bonne. À part quelques avancées mineures, on n’est pas satisfait de la loi Duflot. Le renforcement de la loi de réquisition a été rejeté par le Sénat, une meilleure protection des mal-logés, des habitants de taudis contre les marchands de sommeil et les bailleurs indélicats,  n’est pas passée non plus, pour l’instant.
Les fonds pour produire du logement social, le 1 % logement, ont été raflés pour d’autres missions. Cela assèche les sources de financement de la construction de logements sociaux. Ils ont gelé les allocations logements, les APL, ce qui va peser sur les locataires les plus modestes.  Nous som- mes très critiques vis-à-vis de ce gouvernement qui fait des cadeaux fiscaux aux riches, pour investir dans le locatif, qui soutient la rente locative, qui ne produit que de la spéculation et de la pauvreté. L’en- cadrement des loyers de madame Duflot risque d’être un encadrement des loyers à la hausse. Nous es- pérons qu’il va apporter cependant un peu de répit aux locataires modestes, mais ce n’est pas du tout certain.

Il y a eu depuis quelques semaines, des mobilisations contre les expulsions et les ruptures d’hébergement, à Poitiers, Toulouse, Clermont-Ferrand, Grenoble, Caen, etc. Ne faudrait-il pas tenter de fédérer ces luttes pour leur donner plus de visibilité ? Ce qui est en cause, c’est le droit à l’hébergement. Toute personne sans logis, quelque soit sa situation administrative selon la loi, y a droit, jusqu’à une orientation vers un hébergement stable ou un relogement.

Et l’hiver risque d’être dramatique. On est prêt à contribuer à une mobilisation large mais coor- donner n’est pas si facile. Si les salariés de l’urgence ne se mobilisent pas, ce sera insuffisant. La mobi- lisation des associations gestionnaires serait aussi nécessaire. A Clermont-Ferrand, le mouvement a pris car tout le monde s’y est mis. C’est une idée à fouiller et évidemment on serait partant. Mais il faut sortir de l’hébergement hôtelier et lancer un vaste plan de mobilisation des logements et locaux vacants (ré- quisition, mise à disposition, intermédiation locative…). Ça passe également par la réquisition des lo- gements vacants. Il y a un enjeu important à constituer un front pour défendre ce droit. Dans le cas contraire, les idées d’extrême droite vont se développer, la xénophobie et le racisme, la stigmatisation et la répression des populations les plus précarisées.

Quelles sont vos perspectives de mobilisations pour les semaines à venir ? On a devant nous une période de négociations. On est mobilisé jeudi 31 octobre pour l’arrivée de la trêve hivernale, une sorte d’halloween avec les enfants, place de la République. Ensuite je pense qu’il y aura des mobili- sations concernant l’application de la loi de réquisitions, l’amélioration de  la loi Duflot. Nous étions dans l’idée d’une grande loi pour les mal-logés, les sans logis, les locataires, soutenue et encouragée par une mobilisation sociale, et la plate forme logement des mouvements sociaux. Le Ministère du logement et le gouvernement n’en ont pas tenu compte et ont choisi d’écouter les gestionnaires, et au final, les bailleurs et les milieux de l’immobilier. Propos recueillis par JMB Samedi 2 novembre 2013

Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 215 (31/10/2013)

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22 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Loi Duflot : mauvaise allure

Loi Duflot : mauvaise allure dans Jeunes holande

Trouver facilement un logement, ne pas le payer plus que 20 % de ses revenus, proche d’un lieu de travail ou d’études, de bonne qualité pour ne pas payer trop de chauffage… le projet de loi ALUR défendu par Cécile Duflot ne permettra rien de cela.
Un dispositif d’encadrement des loyers a donc été adopté par l’Assemblée nationale, malgré diverses analyses indiquant qu’il allait surtout faire baisser 10 % des loyers les plus chers, et qu’il pouvait au contraire provoquer une augmentation des loyers les plus bas et donc pénaliser les plus pauvres.

Obtenir une baisse ou refuser une augmentation, pour des raisons qui restent encore très floues : sectorisation, nature des travaux effectués, définition de « caractéristiques exceptionnelles »,  relèvera du parcours du combattant. Le PCF s’est abstenu, un communiqué du PG voit lui dans cette loi « un pur produit du social-libéralisme » et appelait donc à manifester avec la Plateforme des mouvements sociaux.
Pour les locataires… ou pour les propriétaires ? L’Assemblée nationale a aussi adopté la garantie universelle des loyers (GUL), qui doit protéger les propriétaires bailleurs des impayés de loyers. Gérée par un établissement public, elle permettra la prise en charge des loyers impayés et un accompagnement social des locataires défaillants. Financé à parts égales entre le bailleur et le locataire, le ministère annonce   1, 5 % à 2 % du loyer annuel, mais les estimations des assureurs portent sur au moins le double. On fait donc payer par tous les locataires du privé un problème qui ne concerne que 2 % des loyers et qui ne répondra de toute façon pas à la plus grande « crainte » du propriétaire : voir son logement dévasté par le locataire indélicat…
De plus, les députés ont osé prendre un amendement sur les pénalités de retard de paiement des loyers, ce qui va accentuer le déséquilibre des relations entre les locataires et les propriétaires et une fois de plus pénaliser les foyers les plus précaires. En effet, beaucoup de pensions, indemnités ou encore revenus complémentaires sont la plupart du temps versés bien après le 30 du mois, ce qui justifie certains décalages de paiement du loyer.
Des mesures qui ne satisferont personne, compliquées à mettre en œuvre, dans l’oubli total des plus fragiles : sans-domiciles, mal-logés, migrants, précaires… et les jeunes (« jeune », un mot une seule fois écrit dans les 170 pages du projet…).

Rien sur les réquisitions toujours au point mort. Rien sur le relogement des 40 000 prioritaires Dalo toujours en attente. Rien sur l’abrogation de la loi Boutin et des autres lois qui conduisent à la marchandisation du logement social, à la hausse des loyers HLM. Rien concernant le 1 % logement et le Livret A qui permettent de financer la construction des HLM, actuellement détournés pour d’autres usages (30 milliards du Livret A ont ainsi été offerts aux banques le 1er août) alors qu’ils devraient financer annuellement 1 million de mises aux normes thermiques et les 150 000 logements sociaux promis. Bref, rien de concret sur le fond du problème, le manque de logements !

Isabelle Guichard
Sur npalogement.blogspot.fr, diverses analyses, ainsi que les revendications du Collectif des associations unies contre le mal-logement.

Samedi 21 septembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 209 (19/09/2013)

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20 août 2013 ~ 0 Commentaire

Logement: « les promesses se sont un peu envolées » (Jdd)

Vendredi matin, des membres du collectif Jeudi-Noir, des mal-logés, des journalistes et des élus étaient bouclés dans l'immeuble occupé de l'avenue Matignon

En cette rentrée politique, l’association Droit au Logement (DAL) s’est rendue à Matignon lundi matin pour déposer une demande de rendez-vous. « Nous avons eu un accord de principe », explique au JDD.fr son porte-parole Jean-Baptiste Eyraud, qui indique que la situation des mal-logés « se dégrade » en France.

Comment s’est passée cette rencontre?
Une délégation de mal-logés est allée déposer une demande de rendez-vous. Matignon n’y est pas opposé, mais aucune date n’a été fixée. Nous avons eu un accord de principe. Aujourd’hui, la situation du logement se dégrade. La loi Duflot (le projet de loi pour l’accès au loge- ment et un urbanisme rénové, Ndlr) n’ouvre aucune perspective pour les mal-logés et les sans-logis. Elle règle quelques problèmes par rapport aux syndics, sur le rapport avec les agences immobilières… Mais pour les locataires, surtout les plus modestes, elle ne change rien. Pour nous, il n’y a pas de perspectives d’amélioration de ce côté-là.

«La situation actuelle est dramatique» Que souhaitez-vous dire à Jean-Marc Ayrault?
La situation actuelle est dramatique. Cette année, la production de logement social sera considérablement limitée. On veut alerter le gouvernement sur cela et sur le fait qu’aucune mesure concrète n’ait été prise. Il y a eu des engagements sur la loi de réquisition, mais ils n’ont pas été tenus. Il y a eu des promesses, mais un an après, elles se sont un peu envolées. Nous sommes très déçus. On considère que les intérêts des mal-logés, et des locataires en général, ne sont pas défendus.

Qu’attendez-vous désormais du gouvernement?
Il faut que François Hollande respecte ses engagements, notamment celui de mettre en œuvre et de respecter la loi DALO (droit au logement opposable, Ndlr), mais aussi le droit à l’hébergement. Le seul point positif pour nous cette année est la circulaire qui demande aux préfets de suspendre les expulsions des prioritaires DALO. Mais encore, il faut être très vigilant. Les préfets ont tendance à passer outre. Il y a des lois, il faut les appliquer. C’est pour cette raison que nous avons campé pendant 100 heures sur la place de la République pour justement demander l’application des lois de la République.

Est-ce aussi une manière de tenter de remettre le logement sur le devant de la scène politique, alors que de nombreux autres sujets font la une de l’actualité?
Côté budgétaire, ce n’est pas brillant : 30 milliards d’euros ont été ponctionnés sur le Livret A pour les banques. Le logement apparaît com- me la seconde roue du carrosse. Une fois de plus, l’objectif de mettre en œuvre le droit au logement n’a pas l’air d’être à l’ordre du jour de ce gouvernement pour l’instant. Nous poussons donc pour faire remonter cette question, qui est un sujet très sensible. Elle touche un grand nombre de Français, car le logement est le plus gros budget des ménages.

Quelles sont les prochaines échéances pour le DAL?
Mercredi, nous avons un rendez-vous important avec la conseillère logement de François Hollande. D’autres initiatives sont prévues à la rentrée, notamment pendant l’examen de la loi Duflot au Parlement : une installation permanente à l’Assemblée nationale et une marche avec des syndicats et associations le 11 septembre. Anne-Charlotte Dusseaulx – leJDD.fr lundi 19 août 2013

 

 

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19 août 2013 ~ 0 Commentaire

Logement, des mal-logés interpellent Matignon (OF)

Logement, des mal-logés interpellent Matignon (OF) dans Logement 200803041200

Les militants de l’association Droit au Logement, réclament « l’application de la loi DALO, du droit à l’hébergement, de la loi de réquisition » ainsi que la baisse des loyers et la réalisation annuelle de 150 000 logements sociaux.

Installés depuis jeudi sous des bâches Place de la République à Paris, plusieurs dizaines de mal-logés et militants de l’association Droit au Logement (DAL) interpellaient dimanche le gouvernement, demandant « un plan d’urgence » pour procurer un toit aux familles à la rue. Une délégation compte se rendre lundi jusqu’à Matignon pour demander un rendez-vous au Premier ministre et « l’application de la loi DALO, du droit à l’hébergement, de la loi de réquisition » ainsi que « le respect des engagements pris », à savoir la baisse des loyers et, entre autres, la réalisation annuelle de 150 000 logements sociaux.

« Certains ne sont pas allés en vacances, et d’autres n’ont pas de logement ! » « Nous allons porter à Jean-Marc Ayrault un courrier et une photo des enfants » qui campent avec leurs mères depuis jeudi sur la place, où de grandes banderoles clament « 1 Toit 1 Droit » ou « Non aux expulsions », explique Micheline, militante du DAL. Le 12 août, le Premier ministre « se faisait prendre en photo » avec des enfants qui n’ont pas pu partir en vacances et étaient reçus pour une journée à Matignon. « Certains ne sont pas allés en vacances, et d’autres n’ont pas de logement ! », s’est indignée la militante.

« Il n’y a pas de volonté du gouvernement de prendre le problème à bras-le-corps » Parmi les familles installées sur des matelas et cartons, sous des bâches bleues tendues sur la place, une mère de famille de 30 ans se disait « à la rue » avec ses quatre enfants de 4 à 12 ans, comptant sur le DAL pour lui procurer un abri d’ici lundi. Elle n’a ni travail ni nouvelles de son mari depuis trois ans, dit-elle. Le campement de la place de la République sera levé lundi à 18 h 00, après 100 heures de présence. Une opération similaire avait été menée fin juillet pendant 48 heures, mais les revendications du DAL n’ont pas été entendues, déploraient les militants. Selon Micheline, « il n’y a pas de volonté du gouvernement de prendre le problème à bras-le-corps… ça ne bouge pas ». Faits de société lundi 19 août 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/societe_detail_-Logement.-Des-mal-loges-interpellent-Matignon_3636-2221087_actu.Htm

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