Archive | Logement

19 août 2018 ~ 0 Commentaire

pour mansour (of + le tél)

mansour

Quimperlé. Mobilisation pour Mansour, placé en rétention administrative

Mansour Rasouli, Iranien de 45 ans passé par Quimperlé, a été placé au centre de rétention administrative de Rennes le 7 août, après avoir tenté de rallier l’Angleterre. Une mobilisation et une pétition s’organisent autour de lui.

Tout commence en 2015 pour Mansour Rasouli lorsque cet Iranien, employé dans une entre-prise de ventes de pièces détachées automobiles, se plaint de devoir transporter à des digni-taires des sacs contenant de l’argent ou des cadeaux. « C’était une société écran. La corrup-tion est immense dans ce pays », explique Parvie Martin, Quimperloise d’origine iranienne.

Menacé de mort, l’homme fuit à l’aide d’un billet touristique et d’un faux passeport, laissant derrière lui son épouse et ses deux enfants. Il arrive alors en Italie, puis en France, le 28  septembre 2015. Direction la jungle de Calais. Mansour Rasouli y séjourne jusqu’en avril 2016, s’occupant de la cuisine pour les réfugiés, avant d’être orienté vers Cancale, puis La Guerche-de-Bretagne. Puis, cap sur Quimperlé, où il est hébergé par le Centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada), pendant 15 mois, jusqu’à fin juin.

« Un homme de grande valeur »

« Je l’ai rencontré en octobre 2017. Nous sommes devenus amis. C’est un homme de grande valeur », poursuit Parvie Martin. « Il apprenait la langue en se plongeant dans les livres à la médiathèque. Il a travaillé bénévolement. On lui a proposé un contrat de travail en CDD car il a de la qualité, mais faute de papiers, il n’a pas pu réaliser son rêve, celui de rester en France ». Les complications administratives s’enchaînent, et Mansour Rasouli doit quitter le logement qui lui était attribué à Quimperlé, fin juin. Il continue de travailler bénévolement contre le gîte et le couvert, mais la situation ne peut durer éternellement.

Intercepté sur un ferry

Le moral au plus bas, Mansour Rasouli, encouragé à venir en Angleterre par des amis, rallie Cancale au début du mois. Et, dans la nuit du 6 au 7 août, à Saint-Malo, il se cache dans un camion, qui doit embarquer sur un ferry. Aux alentours de 4 h, après seulement une demi-heure de planque, il est délogé par les forces de l’ordre. « Son absence totale d’espoir a été plus forte que son attachement pour la France, en tentant la traversée », soupire Parvie Martin, très affectée du sort de son ami.

En attente de jugement à Rennes

Mansour Rasouli a donc été placé au centre de rétention administrative de Rennes, mardi 7 août. Passé devant le juge des libertés le 9 puis le tribunal administratif le 10 août, le juge-ment n’a pas encore été notifié. Contacté depuis le centre de détention, Mansour Rasouli se dit « désespéré », et « souhaite plus que tout pouvoir rester en France et travailler ». Des cour-riers des gens qui l’ont côtoyé, la promesse d’embauche en cas de titre de travail et une lettre de sa famille adressée au gouvernement, dans laquelle son épouse indique que son retour en Iran « aurait des conséquences considérables (…), serait fatal et conduirait à un danger de mort pour lui et pour nous », ont été versés au dossier.

Par ailleurs, plusieurs associations des Pays de Saint-Malo et de Quimperlé se mobilisent avec une pétition. Plus de 100 signatures ont été transmises aux préfectures de région, du Finistère et d’Ille-et-Vilaine.

 Change.org.

14 août 2018  Jean Rioufol

 https://www.letelegramme.fr/

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18 août 2018 ~ 0 Commentaire

mineurs (le télégramme)

black spiderman

Mineurs étrangers isolés.

Treize jeunes sortis du dispositif de mise à l’abri d’urgence

Du 29 juillet au 17 août, treize jeunes étrangers ont été sortis du dispositif temporaire de mise à l’abri sur décision du parquet de Quimper. Leur minorité est mise en cause par une procé-dure longue et complexe dénoncée par les associations.Arrivés à Quimper entre novembre   2017 et janvier 2018, certains attendaient une décision des pouvoirs publics depuis main-tenant huit mois : à savoir, s’ils étaient bien mineurs et isolés afin d’être pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Ils étaient pendant ce temps mis à l’abri par le Conseil dépar-temental d’action sociale (CDAS) avec une cinquantaine de jeunes en attente, eux aussi, d’un verdict.

Logement en hôtel social.

Repas assurés par un restaurant administratif le midi et une chaîne de restauration rapide le soir et les week-ends. Pour les treize, le parquet a fini par trancher : ils ne les considèrent pas mineurs. Le CDAS leur signifie alors la fin de leur mise à l’abri temporaire. « Le département suit la décision du parquet », explique benoît Bothua, responsable de la mission départemen-tale Mineurs non accompagnés. Ils ont alors entre 48 h et une semaine pour quitter l’hôtel.

Une procédure complexe

Un jeune Guinéen raconte. Arrivé début novembre 2017 à Quimper, il est pris en charge par le CDAS pour une mise à l’abri temporaire à l’hôtel, le temps de déterminer sa minorité ou non. Au cours des trois premières semaines, il passe trois « évaluations sociales » conduites par des travailleurs sociaux du CDAS. Ceux-ci émettent alors un avis sur la minorité ou non du requérant. À l’issue de ces évaluations, le parquet diligente une enquête complémentaire : une expertise des papiers (extrait d’acte de naissance et parfois acte de décès des parents) du demandeur par la police aux frontières.

Par ailleurs, le procureur peut demander dans certains cas une expertise médico-légale, un test osseux.

« Les papiers sont systématiquement considérés comme irréguliers ou non conformes », dénonce une bénévole. C’est le cas pour l’extrait d’acte de naissance du Guinéen alors même qu’il a été légalisé par le consulat de Guinée. Le parquet conclut alors à sa non-minorité après huit mois d’attente. Fin juillet, il est expulsé de l’hôtel. Il peut néanmoins faire appel auprès du juge des enfants pour tenter de faire reconnaître sa minorité et se faire prendre en charge par l’ASE. Et il n’est pas rare que la décision du juge invalide celle du parquet. « L’ensemble des six enfants sortis du dispositif depuis novembre 2017 qui ont fini par voir le juge des enfants ont tous été jugés mineurs », souligne Annaïck Badiane, présidente du Temps partagé, association d’aides aux mineurs étrangers isolés.

Des délais à rallonge

Pris dans leur ensemble, les délais de traitement des demandes de ces mineurs sont extrê-mement longs. Benoît Bothua évoque une « moyenne de quatre à six mois » et des « cas exceptionnels de neuf mois » entre la date d’arrivée et la décision du parquet. « C’est trop long. Il faudrait pouvoir le faire dans le mois », ajoute-t-il. Et si la réponse du parquet est néga-tive, il faudra encore attendre, d’après une bénévole qui suit de près plusieurs dossiers, entre « trois mois et un an » pour voir le recours passé devant un juge des enfants.

Pendant cette période, les jeunes se retrouvent dans un « vide juridique ».

Considérés comme majeurs par le parquet, le département et l’ASE, ils restent néanmoins mineurs aux yeux d’autres institutions. Pas d’hébergement d’urgence au 115 qui n’acceptent que les personnes majeures. Pas de prise en charge médicale trop importante à l’hôpital faute de responsable légal. Et sortis du giron de l’État, il n’y a plus que les associations pour prendre ces jeunes en charge.

Les délais sont tels qu’il n’est pas rare qu’un jeune finisse par avoir 18 ans en attendant une décision.

Récemment, une personne déboutée par le juge des enfants à Quimper n’a pas pu faire appel à Rennes. Elle s’est donc pourvue en cassation et a gagné. Possibilité lui était donc offerte de faire réétudier son cas à Rennes. Problème : elle vient d’avoir 18 ans. Commencent alors de nouvelles démarches pour tenter d’obtenir un visa et de vivre ici, en France.

17 août 2018  Elven Sicard

 https://www.letelegramme.fr

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09 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

logement (20mn + le monde)

jeunes

Logement: Emmanuel Macron veut créer un bail à durée limitée pour les travailleurs précaires

DROIT AU LOGEMENT?

Le nouveau gouvernement souhaite créer un «bail mobilité» à durée limitée pour les travailleurs précaires… Emmanuel Macron souhaite remanier les baux locatifs en vigueur. L’Élysée planche sur une nouvelle loi « logement et mobilité », qui devrait être présentée à l’automne prochain, selon les informations de nos confrères du Monde.

Le projet prévoit notamment de créer un nouveau contrat de location destiné aux jeunes, limité dans le temps : de 3 mois à 12 mois maximum. Ce nouveau bail s’ajouterait aux deux autres baux déjà en vigueur : le « bail Méhaignerie » de trois ou six ans pour des locaux vides, et le bail d’un an pour les locations meublées.

Vers un appart-CDD ?

Ce « bail mobilité » était une promesse de campagne du candidat Macron. L’actuel président de la République espère accroître la mobilité et dynamiser le marché immobilier. Ce bail court serait réservé aux publics les plus précaires, comme les intérimaires et les personnes en CDD.

Selon L’Élysée, ce bail pourrait permettre aux salariés précaires de se loger plus facilement. De nombreux propriétaires et agences exigent en effet que la durée du contrat de travail couvre toute la durée du bail : un an minimum pour les meublés et trois ans pour les logements vides.

En pleine campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déploré que de plus en plus de biens immobiliers soient réservés à la location touristique, notamment via Airbnb. Le nouveau contrat de location pourrait décider les propriétaires qui préfèrent louer leur bien pour une durée ponctuelle.

Un « détricotage » des droits des locataires ?

Le futur bail de 3 mois à 1 an devrait être encadré et réservé aux zones dites « tendues ». Mais le projet suscite déjà l’inquiétude des acteurs du logement. « Est-ce un détricotage des protections du locataire, qui a droit à un bail longue durée et à son renouvellement sauf motif sérieux et légitime ? » s’interroge Florent Guéguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, dans les colonnes du Monde.

Certains attendent des « contreparties »

Florent Guéguen attend plutôt des « contreparties accordées aux locataires, comme la suppression de la caution ou de l’exigence (…) d’un contrat de travail à durée indéterminée, qui sont, eux, de vrais obstacles à l’accès au logement ». La nouvelle loi « logement et mobilité » sera présentée au Parlement d’ici l’automne.

precaires

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Logement et emploi : l’exclusion s’aggrave (2006)

La précarité continue d’augmenter.

C’est ce qui ressort du rapport annuel de la Mission régionale d’information sur l’exclusion (Mrie), présenté hier. L’édition 2005 relève deux critères forts de l’exclusion : le « mal logement » et le « mal emploi ». « Entre 2002 et 2004, en Rhône-Alpes, seuls 12 000 logements sociaux ont été construits, alors que l’on comptait près de 143 000 demandeurs », a souligné hier la directrice de la Mrie, Geneviève Decrop. Le rapport dénonce aussi le non-respect de l’obliga-tion, pour les communes de plus de 5 000 habitants, de mettre un terrain à disposition des gens du voyage. La précarisation de l’emploi est également pointée du doigt. « Certaines per-sonnes qui travaillent vivent en dessous du seuil de pauvreté », a indiqué Geneviève Decrop. Les jeunes diplômés d’études supérieures sont par ailleurs de plus en plus touchés par le chômage de longue durée. Ce rapport, qui ne propose pas de solution, vise avant tout à interpeller les responsables politiques.

C. M.  03/03/06

Logement : l’exécutif veut créer un nouveau bail locatif de trois mois à un an (Le Monde)

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27 juin 2018 ~ 0 Commentaire

persécution (politis)

camping

Médecins du monde : « La persécution des exilés est effarante »

La Journée mondiale des réfugiés est célébrée sous de bien étranges auspices.

Les violences que vous pointez sont d’abord celles éprouvées par les exilés dans leurs pays d’origine et sur la route de l’Europe.

Delphine Fanget : Les personnes que nous rencontrons arrivent avec des syndromes psychotraumatiques, causés par tout ce qu’elles ont dû affronter. Elles ont été persécutées, torturées, témoins de morts et de massacres, réduites à l’état d’esclaves sexuelles. Ces événe-ments ont lieu à la fois dans des pays comme la Syrie ou la Libye, en Méditerranée mais aussi parfois en Europe centrale. Nous constatons qu’en général, ce sont des pays qui s’effondrent économiquement, politiquement. Cela produit des effets de déstructuration sociale, éthique, familiale.

Et votre rapport montre que le calvaire continue en France…

Les situations sont différentes selon les villes : nous n’observons pas les mêmes schémas à Bordeaux, à Calais ou à Paris. Néanmoins, la première violence constatée est celle du non-accueil, lorsque les exilés se rendent compte qu’ils sont rejetés. Il est ensuite effarant de voir des choses qui sont de l’ordre du harcèlement et de la persécution policière, par exemple la destruction de matériel comme des tentes.

À Paris, Porte de la Chapelle, les personnes qui arrivent à notre point de distribution nous demandent simplement de pouvoir dormir à côté de nous. Car la nuit, elles sont sans cesse réveillées par des policiers qui leur demandent d’aller ailleurs. On a l’impression que c’est uniquement dans l’objectif d’empêcher tout campement de se reconstituer. C’est une politique d’invisibilisation et d’épuisement.

Ce qui provoque, selon vos propres termes, un « choc de désillusion » ?

C’est ça. Il y a une désillusion entre ce à quoi les exilés s’attendaient en arrivant ici et les vio-lences auxquelles ils sont confrontés. Nous parlons de rejet, de persécution policière mais aussi de violence administrative, institutionnelle. Perdus, ils ne comprennent pas les procé-dures d’intégration, où faut-il déposer les demandes d’asile, comment se faire expliquer les choses, pourquoi ils ne sont pas accueillis. Même ceux qui réussissent une procédure de demande d’asile vivent dans des conditions extrêmement dures, notamment économiquement parce qu’ils n’ont pas le droit de travailler.

Quelles sont les conséquences sur leur santé ?

Les exilés connaissent des souffrances psychiques, des troubles psychotraumatiques. Le pre-mier de leurs maux est l’extrême fatigue, l’épuisement total. Beaucoup de personnes nous de-mandent des somnifères parce qu’elles ne peuvent pas dormir. Ce que l’on appelle le syndrô-me de reviviscence, leur rappelle les événements qui ont été vécus, et des flashs reviennent dès qu’elles s’endorment. Il faut garder à l’esprit que leur principale préoccupation, c’est la survie. Ces violences peuvent aussi provoquer un repli sur soi ou mener à l’alcoolisme, ce qui est constaté chez des personnes qui n’en souffraient pas auparavant

Jusqu’où cela peut-il aller ?

Jusqu’au suicide. Les idées suicidaires, et parfois même les tentatives, sont récurrentes. Il y a peu de temps, dans notre salle de soins, une personne qui nous parlait de suicide a «explosé» et a été assez difficile à contenir. D’autres nous disent qu’elles sont tellement épuisées, en manque de ressources vitales et traumatisées par un tel déni d’existence qu’elles finissent par baisser les bras.

Est-ce que cette souffrance des exilés se répercute sur les « aidants » ?

Nos médecins parlent d’un « effet radioactif » des troubles psychotraumatiques. Nous ne sommes pas dans une société close, beaucoup de gens se mobilisent pour aider les exilés. Or, ce n’est pas rien d’écouter des gens en pleurs raconter les violences extrêmes, inhumaines, dont ils ont été victimes. On ne peut pas être insensible et il est même possible, par ricochet, d’être impacté. C’est difficile, pour les professionnels et encore plus pour les bénévoles. Certains ont, à leur tour, des problèmes de sommeil, nous disent souffrir de leur impuissance.

Votre rapport montre aussi que la situation empire. Pourquoi ?

D’abord parce que nous sommes face à une politique qui se durcit, avec un gouvernement qui a des pratiques de plus en plus intrusives. Nous dénonçons la mainmise du ministère de l’Inté-rieur sur tout ce qui concerne la santé des étrangers. Nous demandons l’indépendance, de plus en plus mise à mal, du ministère de la Santé sur ces questions. Cette politique qui vise à accueillir durement pour dissuader ne fonctionne pas. La loi Asile et immigration ne va pas régler les choses ; au contraire, on s’achemine vers une aggravation de la situation. Il faut aussi remédier au recul des services publics, y compris dans le domaine de la santé.

C’est l’une de vos préconisations. Quelles sont les autres ?

Il y a peu de professionnels qui sont théoriquement armés pour travailler avec des personnes qui subissent de tels traumatismes. Il faut que les pouvoirs publics favorisent les financements de formations, soutiennent les structures de prises en charge, les équipes mobiles « psychia-trie  et précarité ». Il faut aussi travailler avec l’interprétariat, peu visible mais sans lequel nous ne pourrions pas faire grand-chose. Pour les exilés, sont nécessaires de bonnes conditions matérielles d’accueil, mais aussi une procédure de demande d’asile facilement identifiable, qui ne met pas la suspicion au cœur du processus.

Ils ont déjà des difficultés à raconter leur histoire, et sont sommés de le faire devant un tribunal en donnant tout un tas de détails ! Nous devons tenir compte des spécificités psychotrauma-tiques dans les procédures de demande d’asile, qui mettent en difficulté les personnes. Sans faire une échelle de priorités, le respect de l’accueil des arrivants et des droits fondamentaux nous paraissent déterminants.

Dans leur dernier rapport, Médecins du monde et le centre Primo-Levi alertent sur la souffran-ce psychique des exilés qui arrivent en France. Le controversé projet de loi Asile et immigration vient d’entrer au Sénat, dix jours après que le gouvernement a refusé de tendre la main aux 629 rescapés de l’Aquarius, Dans le même temps, le centre de soins Primo-Levi et l’organisa-tion Médecins du monde publient un rapport relatif à la santé psychique des exilés, en lien avec les violences subies à la fois lors de leur migration et en France.

Le constat, émanant d’expériences de terrain de différents niveaux (assistants, psychologues, psychiatres, cliniciens, coordinateurs…), est accablant. Aux horreurs déjà subies dans les pays fuis et traversés (esclavage, viols, tortures) s’ajoutent des violences policières et institution-nelles. Delphine Fanget, chargée de plaidoyer de l’organisation Médecins du monde et membre du comité de rédaction du rapport, rend compte d’une « urgence de santé publique ».

(1) Extraits du rapport sur la souffrance psychique des exilés

Daryl Ramadier 20 juin 2018
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26 juin 2018 ~ 0 Commentaire

hlm (bastamag + lo)

hlm

Loi privatisant les HLM : pourquoi il sera bientôt encore plus galère de trouver un logement décent

Privatiser progressivement le logement social : tel est l’un des objectifs du projet de loi « Elan », en cours d’examen parlementaire.

Les conséquences de ce texte sont potentiellement désastreuses pour les locataires de HLM, en particulier les moins aisés. Après avoir fragilisé la situation de bailleurs sociaux, le gouver-nement propose sa solution miracle : vendre 1% du parc chaque année, soit 40 000 logements par an basculés sur le marché privé. Les exemples de privatisation du logement social en Angleterre et en Allemagne laissent pourtant présager le pire : baisse du nombre des loge-ments, dégradation des résidences, augmentation drastique des loyers, et explosion du mal-logement.

Nolwenn Weiler, Rachel Knaebel 26 juin 2018

Lire sur Bastamag

Lire aussi:

HLM : restreindre le droit d’accès au lieu de construire (Lutte ouvrière)

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06 juin 2018 ~ 0 Commentaire

loi elan (npa)

privileges-des-pauvres

Loi ELAN : le profit à tout prix

La loi ELAN est en cours de discussion à l’Assemblée nationale. Et le moins que l’on puisse dire est que les choses sont claires : pas de fioritures, pas de masques, ou si peu. Les capita-listes de l’immobilier qui sont aux commandes. Leur objectif : se dégager des contraintes qui limitent les profits.

Première offensive : contre la loi littoral, qui protège les côtes de l’urbanisation à outrance. Ce qui était non constructible entre deux bâtiments existants deviendrait une « dent creuse ». Une carie donc, un truc qu’il faut soigner. C’est sûr, le long d’une côte, un mur homogène de constructions c’est tellement mieux ! On en rêve…

Les protestations à ce sujet ont été nombreuses : associations écologistes, éluEs, usagerEs sont montés au créneau, et le gouvernement a dû faire marche arrière. À la marge toutefois, car la loi autorisera bien les constructions « à des fins exclusives d’amélioration de l’offre de logement et d’implantation de services publics ».

Deuxième offensive : contre les normes de construction jugées trop contraignantes, parti- culièrement celle qui imposait 100 % de logements neufs accessibles aux handicapéEs. Doré-navant seuls 10 % le seront, sous prétexte de surcoût inutile. Les autres logements pourront être « évolutifs », « adaptables ». Mais qui va décider de l’adaptation d’un logement (portes, couloirs, salle de bains, WC) et qui va payer? Le propriétaire? Le bailleur? Le locataire? Cette mesure renvoie les personnes handicapés au rez-de-chaussée des immeubles, à des loge-ments difficiles à louer, à l’exclusion qui en découle.

Troisième offensive, et pas des moindres : l’objectif fixé aux bailleurs sociaux de vendre chaque année au minimum 40 000 logements HLM, contre 7 000 aujourd’hui. Il s’agit clairement d’une attaque contre le logement social. Le gouvernement, après avoir tapé dans les caisses des bailleurs, veut les obliger à l’autofinancement. « Vous vendez vos logements, cela recons-titue la trésorerie, et vous pouvez reconstruire » : voilà le raisonnement primaire d’une politique libérale.

Conséquences à prévoir : une fragilisation des bailleurs qui seront contraints de vendre les logements les plus « rentables », une multiplication des copropriétés trop fragiles, la convoitise des marchands de sommeil ou des fonds de pensions, qui jusqu’à présent n’avaient pu mettre un pied dans ce secteur qui s’ouvre au marché.

Bien sûr, la question de la pénurie de logements pour les classes populaires n’est pas réglée. Mais où est le problème ? Le ruissellement va s’en occuper…

Jean-Marc Bourquin

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Logement : un projet de loi… édifiant (Lutte Ovrière)

 

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15 avril 2018 ~ 0 Commentaire

bretagne logement (fr3)

Bretagne : l’état du mal-logement

Huit mois après l’annonce par Emmanuel Macron du Plan « Logement d’Abord », la Fondation Abbé Pierre publie son rapport annuel sur l’état du mal-logement en France. En Bretagne plus de 8000 personnes sont sans abri.

En septembre dernier à Toulouse le président de la République avait annoncé le lancement de son programme pour le logement durant son quinquennat avec un objectif de 40 000 loge- ments sociaux supplémentaires par an dès 2018. Lors de sa campagne électorale Emmanuel Macron, dans son programme, avait pris un engagement ferme de donner un toit à chacun.

Le programme logement du gouvernement

Dans un pays qui compte 4 millions de mal-logés, rappelons que le programme est le suivant :

  • Cibler la construction de logements là où ils manquent le plus cruellement
  • Faciliter l’accès au logement aux étudiants et jeunes actifs
  • Prioriser l’accès aux HLM aux ménages modestes tant qu’ils sont en situation précaire
  • Préférer le « logement d’abord » aux solutions d’hébergement d’urgence pour les plus démunis tels que les sans-abri

Concernant l’hébergement d’urgence, Julien Denormandie, Secrétaire d’État auprès du minis- tre de la Cohésion des territoires a expliqué la philosophie de sa démarche politique en mars dernier à Montpellier :  » Nous sommes partis d’un constat partagé : l’hébergement d’urgence ne peut être la seule réponse à la crise du logement. Nous devons avoir une politique globale, qui accompagne celles et ceux qui en ont besoin dans la durée et qui amène rapidement les personnes sans domicile de l’hébergement d’urgence vers un logement durable, car comme l’a rappelé le Président de la République, le logement, c’est la place qu’on a dans la société. »

Une idée que la Fondation Abbé Pierre porte depuis des années et a même expérimenté en France avec le « Chez-soi d’abord » comme l’exposait France culture en janvier 2017. La Fondation mène des combats contre le mal logement des précaires et contre la fracture énergétique depuis des années.

La Fondation Abbé Pierre en action depuis plusieurs années

En Bretagne La Fondation Abbé Pierre lutte en particulier depuis 2012 contre l’habitat dégra- dé, mal isolé et mal équipé et donc énergivore. Elle accompagne les personnes les plus dému- nies dans leurs démarches en tentant d’impliquer les acteurs de proximité et les territoires. Le programme et les intentions du gouvernement pour les quatre années à venir semble aller dans son sens.

«  Notre région présente de nombreuses actions s’inscrivant dans la logique du « Logement d’abord » . Ces dernières doivent inspirer et seront à prolonger. De même, de nouveaux publics fragiles et mal logés (les migrants, les jeunes sans ressources) viennent interroger cette nou- velle politique d’accès direct au logement car pour ces catégories, les outils habituels ne répon- dent pas toujours. Pour les quatre ans à venir, la Fondation Abbé Pierre suivra et cherchera à favoriser le « Logement d’abord » dans la région dans le cadre de projets de territoires. » (Stéphane MARTIN Directeur régional Bretagne Fondation Abbé Pierre)

Quelques chiffres clés en Bretagne

  • 10,8% des ménages sous le seuil de pauvreté
  • 8 072 personnes sans abri
  • 9 059 appels au 115 de personnes différentes
  • 56 777 demandes de logement social
  • 23 470 attributions

Marc-André Mouchère 13/04/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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01 février 2018 ~ 0 Commentaire

logement (lutte ouvrière)

cartons

Logement : le retour du surpeuplement

Le rapport annuel de la fondation Abbé-Pierre, publié le 30 janvier, pointe le retour à des logements surpeuplés comme symptôme d’aggravation de la crise du logement.

Outre les familles qui s’entassent dans des squats illégaux, les premiers touchés sont les travailleurs immigrés qui vivent en foyer.

Ceux qui n’ont qu’un logement précaire sont également en première ligne : ce sont la moitié des 700 000 ménages qui vivent dans un garni, un hôtel, en meublé, en sous-location, ou dans l’une des 7 000 chambres de bonne de Paris dont la surface est inférieure à 9 m2.

Le surpeuplement dans les logements touche aussi près d’un million de personnes dans le parc locatif privé et 17 % des locataires, soit 790 000 ménages, dans les HLM. Enfin, près de 500 000 ménages propriétaires de leur logement, souvent sans avoir terminé de le payer, y vivent à l’étroit, mais leur salaire ou ce qu’ils touchent en étant en chômage ne leur permet pas de chercher autre chose, même quand leur famille s’agrandit.

Un tel constat est à rapprocher de la construction de logements, car tout récemment le gouver- nement a donné des chiffres de mises en chantier au cours de l’année 2017, en progression de 15,7 % par rapport à l’année précédente. Elles atteindraient 418 900, un chiffre dépassé seulement deux fois en quinze ans. Mais la majorité de ces logements neufs sont inaccessibles financièrement et, parmi eux, les logements sociaux ne représentent qu’un quart.

Leur nombre est même en diminution de 8 % en 2017 et leur loyer est de plus en plus cher.

Plus de 1,4 million de ménages avaient une demande de HLM en attente en 2013, en augmen- tation de 18 % par rapport à 2006 et de 37 % par rapport à 2001. Une partie des travailleurs sont ainsi repoussés vers les logements privés, aux loyers exorbitants. Or, dans une société capitaliste incapable de payer aux travailleurs de quoi se loger correctement, le logement social était ce que la bourgeoisie pouvait proposer de mieux, avec des « aides à la pierre » pour que l’État prenne en charge une partie du coût de la construction ou des aides personnalisées selon le locataire. Aujourd’hui, offrir aux couches populaires au moins ce palliatif pour se loger est considéré comme superflu.

Jean SANDAY 31 Janvier 2018

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10 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

apl (le monde)

macron changer

La baisse des APL réunit à nouveau des centaines de manifestants à Paris

Plusieurs centaines de personnes, dont l’actrice Josiane Balasko, ont manifesté contre le projet de réforme prévoyant une baisse des aides au logement, à l’appel du collectif « Vive l’APL » et de l’intersyndicale du logement.

Pas question de baisser les bras. Plusieurs centaines de personnes, dont l’actrice Josiane Balasko, ont manifesté samedi 9 décembre à Paris contre le projet de réforme prévoyant une baisse des aides au logement, accompagnée d’une réduction des loyers dans le parc social.

Les manifestants, entre 1 000 et 2 000 selon les organisateurs, 700 pour la police, se sont rassemblés place du Palais-Royal pour rallier l’Assemblée nationale, à l’appel du collectif « Vive l’APL » et de l’intersyndicale du logement.

« Il y a vraiment un front syndical et associatif contre cette mesure brutale à l’égard des ménages les plus modestes et à l’égard de l’habitat social qui les loge », a déclaré Jean- Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement (DAL), membre du collectif.

Présente à ses côtés, la comédienne Josiane Balasko a plaidé la nécessité de « se battre pour garder les APL telles qu’elles sont et ne pas encore appauvrir les gens ». Et de faire valoir : « Je viens du peuple, le mal-logement j’ai connu ça quand j’étais jeune »

Réduction de 75 % des capacités d’investissement

Selon l’intersyndicale du logement, qui regroupe une dizaine d’organisations de la CFTC à SUD, les baisses prévues par le gouvernement « induiraient une réduction de 75 % des capa- cités d’investissement des organismes avec des conséquences directes sur l’emploi, les con- ditions de travail des salariés du logement social », estimés à près de 90 000 employés.

Le budget 2018 prévoit de compenser une réduction des aides personnalisées au logement (APL) perçues par les locataires HLM par une baisse des loyers imposée aux organismes HLM, de 1,5 milliard d’euros par an. Face au mécontentement des bailleurs sociaux, le gouver- nement a proposé qu’elle se fasse progressivement en trois ans et non entièrement dès 2018, via un amendement introduit à l’Assemblée nationale début novembre.

Soucieux de boucler son budget, l’exécutif compte toutefois maintenir l’objectif de 1,5 milliard d’économies dès 2018, ce que doit permettre la hausse provisoire de la TVA sur les chantiers dans le logement social. Le débat budgétaire s’achèvera au Sénat mardi. En fin de procédure parlementaire, c’est l’Assemblée qui aura le dernier mot.

Le Monde.fr avec AFP | 09.12.2017

http://www.lemonde.fr/

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09 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

apl hlm (npa)

macron

APL, HLM : Macron fossoyeur du logement social

Le samedi 9 décembre aura lieu à Paris (14h30, place du Palais-Royal) une manifestation autour des thèmes « ensemble pour le logement social, pour un vrai service public du logement », à l’appel du collectif « vive l’APL ».

L’Union sociale de l’habitat (USH), parmi d’autres, dénonce la baisse des APL de 60 euros en moyenne pour les locataires de logements sociaux, que les bailleurs sociaux devraient compenser par des baisses de loyer. L’USH parle d’un coût de 1,8 milliard d’euros, ce qui entraînerait la non-construction de 55 000 logements, moins de réhabilitations et de mises aux normes, notamment d’accessibilité, une diminution des personnels, etc.

Un blocage des loyers rendu impossible

Il y avait eu un peu de nouveauté avec le blocage des loyers à Paris et à Lille. La mesure n’avait pas pour but de baisser les loyers, mais de signaler les abus, comme la hausse de 61,9 % à Paris depuis l’an 2000. Mais le 28 novembre, le tribunal administratif de Paris, après celui de Lille, a annulé la mesure, pour la plus grande joie des professionnels de l’immobilier.

Le motif invoqué est que la mesure ne s’applique pas partout en Île-de-France. Et la solution évidente, l’appliquer dans toutes les communes, n’est pas facile puisqu’il faudrait connaître les prix partout et ce n’est pas le cas… Valls, opposé à ce blocage prôné par Duflot, n’avait rien fait ou plutôt tout fait pour empêcher la mise en place des outils statistiques indispensables à l’extension de la mesure.

Pourtant, comme dans tous les domaines, le capitalisme montre son aveuglement destructeur. On laisse agir la « loi du marché », les joies de la spéculation, et même les salariéEs pas trop mal payés ne peuvent plus se loger à une distance acceptable de leur travail. Et la brillante idée du « tous propriétaires » ne fonctionne pas mieux : avec la baisse des taxes d’emprunt, les ventes s’envolent… et se bloquent.

Un système à changer

C’est bien sûr tout le système qu’il faut changer, pour en finir avec la spéculation. Il faut, et c’est possible, en venir à une autre conception du logement social. Parce qu’il est encore conçu comme un système d’assistance, alors qu’il faut l’adapter à la situation : c’est actuellement le seul moyen de se loger dans ce qu’on appelle les zones en tension, là où il y a un espoir d’emploi et pas de logements ; dans les petites villes de la région parisienne, 30 à 50 000 habitants, il y a au moins 3 000 demandes en attente pendant plusieurs années.

Dernière annonce en date, la lutte contre les passoires thermiques. Hulot parle d’un plan de rénovation d’un montant de 9,2 milliards d’euros. Pas inutile : le secteur résidentiel et tertiaire représente 45 % de la consommation d’énergie en France et 25 % du rejet des gaz à effet de serre. Mais sur ces 9,2 milliards d’euros, l’État ne débourserait que 6,2 milliards, les 3 autres milliards étant à la charge des bailleurs sociaux pour le parc HLM… déjà exsangues en raison de la baisse des APL… L’autre fiancement viendrait d’une augmentation de la taxe foncière pour les propriétaires qui ne font pas les travaux. Mais non seulement il faut que les bilans énergétiques soient faits honnêtement, mais en plus ce n’est pas l’État qui fixe les taxes foncières.

Bref, on va continuer à avoir froid dans des logements trop petits, trop chers, trop loin du boulot… quand on a un logement et un boulot ! Et, à propos de froid, l’hébergement d’urgence, on en parle quand ? Quand il y aura, une fois de plus, des morts ?

Mercredi 6 décembre 2017 Isabelle Guichard

https://npa2009.org/

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