Archive | Logement

09 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

logement (20mn + le monde)

jeunes

Logement: Emmanuel Macron veut créer un bail à durée limitée pour les travailleurs précaires

DROIT AU LOGEMENT?

Le nouveau gouvernement souhaite créer un «bail mobilité» à durée limitée pour les travailleurs précaires… Emmanuel Macron souhaite remanier les baux locatifs en vigueur. L’Élysée planche sur une nouvelle loi « logement et mobilité », qui devrait être présentée à l’automne prochain, selon les informations de nos confrères du Monde.

Le projet prévoit notamment de créer un nouveau contrat de location destiné aux jeunes, limité dans le temps : de 3 mois à 12 mois maximum. Ce nouveau bail s’ajouterait aux deux autres baux déjà en vigueur : le « bail Méhaignerie » de trois ou six ans pour des locaux vides, et le bail d’un an pour les locations meublées.

Vers un appart-CDD ?

Ce « bail mobilité » était une promesse de campagne du candidat Macron. L’actuel président de la République espère accroître la mobilité et dynamiser le marché immobilier. Ce bail court serait réservé aux publics les plus précaires, comme les intérimaires et les personnes en CDD.

Selon L’Élysée, ce bail pourrait permettre aux salariés précaires de se loger plus facilement. De nombreux propriétaires et agences exigent en effet que la durée du contrat de travail couvre toute la durée du bail : un an minimum pour les meublés et trois ans pour les logements vides.

En pleine campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déploré que de plus en plus de biens immobiliers soient réservés à la location touristique, notamment via Airbnb. Le nouveau contrat de location pourrait décider les propriétaires qui préfèrent louer leur bien pour une durée ponctuelle.

Un « détricotage » des droits des locataires ?

Le futur bail de 3 mois à 1 an devrait être encadré et réservé aux zones dites « tendues ». Mais le projet suscite déjà l’inquiétude des acteurs du logement. « Est-ce un détricotage des protections du locataire, qui a droit à un bail longue durée et à son renouvellement sauf motif sérieux et légitime ? » s’interroge Florent Guéguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, dans les colonnes du Monde.

Certains attendent des « contreparties »

Florent Guéguen attend plutôt des « contreparties accordées aux locataires, comme la suppression de la caution ou de l’exigence (…) d’un contrat de travail à durée indéterminée, qui sont, eux, de vrais obstacles à l’accès au logement ». La nouvelle loi « logement et mobilité » sera présentée au Parlement d’ici l’automne.

precaires

Lire aussi:

Logement et emploi : l’exclusion s’aggrave (2006)

La précarité continue d’augmenter.

C’est ce qui ressort du rapport annuel de la Mission régionale d’information sur l’exclusion (Mrie), présenté hier. L’édition 2005 relève deux critères forts de l’exclusion : le « mal logement » et le « mal emploi ». « Entre 2002 et 2004, en Rhône-Alpes, seuls 12 000 logements sociaux ont été construits, alors que l’on comptait près de 143 000 demandeurs », a souligné hier la directrice de la Mrie, Geneviève Decrop. Le rapport dénonce aussi le non-respect de l’obliga-tion, pour les communes de plus de 5 000 habitants, de mettre un terrain à disposition des gens du voyage. La précarisation de l’emploi est également pointée du doigt. « Certaines per-sonnes qui travaillent vivent en dessous du seuil de pauvreté », a indiqué Geneviève Decrop. Les jeunes diplômés d’études supérieures sont par ailleurs de plus en plus touchés par le chômage de longue durée. Ce rapport, qui ne propose pas de solution, vise avant tout à interpeller les responsables politiques.

C. M.  03/03/06

Logement : l’exécutif veut créer un nouveau bail locatif de trois mois à un an (Le Monde)

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27 juin 2018 ~ 0 Commentaire

persécution (politis)

camping

Médecins du monde : « La persécution des exilés est effarante »

La Journée mondiale des réfugiés est célébrée sous de bien étranges auspices.

Les violences que vous pointez sont d’abord celles éprouvées par les exilés dans leurs pays d’origine et sur la route de l’Europe.

Delphine Fanget : Les personnes que nous rencontrons arrivent avec des syndromes psychotraumatiques, causés par tout ce qu’elles ont dû affronter. Elles ont été persécutées, torturées, témoins de morts et de massacres, réduites à l’état d’esclaves sexuelles. Ces événe-ments ont lieu à la fois dans des pays comme la Syrie ou la Libye, en Méditerranée mais aussi parfois en Europe centrale. Nous constatons qu’en général, ce sont des pays qui s’effondrent économiquement, politiquement. Cela produit des effets de déstructuration sociale, éthique, familiale.

Et votre rapport montre que le calvaire continue en France…

Les situations sont différentes selon les villes : nous n’observons pas les mêmes schémas à Bordeaux, à Calais ou à Paris. Néanmoins, la première violence constatée est celle du non-accueil, lorsque les exilés se rendent compte qu’ils sont rejetés. Il est ensuite effarant de voir des choses qui sont de l’ordre du harcèlement et de la persécution policière, par exemple la destruction de matériel comme des tentes.

À Paris, Porte de la Chapelle, les personnes qui arrivent à notre point de distribution nous demandent simplement de pouvoir dormir à côté de nous. Car la nuit, elles sont sans cesse réveillées par des policiers qui leur demandent d’aller ailleurs. On a l’impression que c’est uniquement dans l’objectif d’empêcher tout campement de se reconstituer. C’est une politique d’invisibilisation et d’épuisement.

Ce qui provoque, selon vos propres termes, un « choc de désillusion » ?

C’est ça. Il y a une désillusion entre ce à quoi les exilés s’attendaient en arrivant ici et les vio-lences auxquelles ils sont confrontés. Nous parlons de rejet, de persécution policière mais aussi de violence administrative, institutionnelle. Perdus, ils ne comprennent pas les procé-dures d’intégration, où faut-il déposer les demandes d’asile, comment se faire expliquer les choses, pourquoi ils ne sont pas accueillis. Même ceux qui réussissent une procédure de demande d’asile vivent dans des conditions extrêmement dures, notamment économiquement parce qu’ils n’ont pas le droit de travailler.

Quelles sont les conséquences sur leur santé ?

Les exilés connaissent des souffrances psychiques, des troubles psychotraumatiques. Le pre-mier de leurs maux est l’extrême fatigue, l’épuisement total. Beaucoup de personnes nous de-mandent des somnifères parce qu’elles ne peuvent pas dormir. Ce que l’on appelle le syndrô-me de reviviscence, leur rappelle les événements qui ont été vécus, et des flashs reviennent dès qu’elles s’endorment. Il faut garder à l’esprit que leur principale préoccupation, c’est la survie. Ces violences peuvent aussi provoquer un repli sur soi ou mener à l’alcoolisme, ce qui est constaté chez des personnes qui n’en souffraient pas auparavant

Jusqu’où cela peut-il aller ?

Jusqu’au suicide. Les idées suicidaires, et parfois même les tentatives, sont récurrentes. Il y a peu de temps, dans notre salle de soins, une personne qui nous parlait de suicide a «explosé» et a été assez difficile à contenir. D’autres nous disent qu’elles sont tellement épuisées, en manque de ressources vitales et traumatisées par un tel déni d’existence qu’elles finissent par baisser les bras.

Est-ce que cette souffrance des exilés se répercute sur les « aidants » ?

Nos médecins parlent d’un « effet radioactif » des troubles psychotraumatiques. Nous ne sommes pas dans une société close, beaucoup de gens se mobilisent pour aider les exilés. Or, ce n’est pas rien d’écouter des gens en pleurs raconter les violences extrêmes, inhumaines, dont ils ont été victimes. On ne peut pas être insensible et il est même possible, par ricochet, d’être impacté. C’est difficile, pour les professionnels et encore plus pour les bénévoles. Certains ont, à leur tour, des problèmes de sommeil, nous disent souffrir de leur impuissance.

Votre rapport montre aussi que la situation empire. Pourquoi ?

D’abord parce que nous sommes face à une politique qui se durcit, avec un gouvernement qui a des pratiques de plus en plus intrusives. Nous dénonçons la mainmise du ministère de l’Inté-rieur sur tout ce qui concerne la santé des étrangers. Nous demandons l’indépendance, de plus en plus mise à mal, du ministère de la Santé sur ces questions. Cette politique qui vise à accueillir durement pour dissuader ne fonctionne pas. La loi Asile et immigration ne va pas régler les choses ; au contraire, on s’achemine vers une aggravation de la situation. Il faut aussi remédier au recul des services publics, y compris dans le domaine de la santé.

C’est l’une de vos préconisations. Quelles sont les autres ?

Il y a peu de professionnels qui sont théoriquement armés pour travailler avec des personnes qui subissent de tels traumatismes. Il faut que les pouvoirs publics favorisent les financements de formations, soutiennent les structures de prises en charge, les équipes mobiles « psychia-trie  et précarité ». Il faut aussi travailler avec l’interprétariat, peu visible mais sans lequel nous ne pourrions pas faire grand-chose. Pour les exilés, sont nécessaires de bonnes conditions matérielles d’accueil, mais aussi une procédure de demande d’asile facilement identifiable, qui ne met pas la suspicion au cœur du processus.

Ils ont déjà des difficultés à raconter leur histoire, et sont sommés de le faire devant un tribunal en donnant tout un tas de détails ! Nous devons tenir compte des spécificités psychotrauma-tiques dans les procédures de demande d’asile, qui mettent en difficulté les personnes. Sans faire une échelle de priorités, le respect de l’accueil des arrivants et des droits fondamentaux nous paraissent déterminants.

Dans leur dernier rapport, Médecins du monde et le centre Primo-Levi alertent sur la souffran-ce psychique des exilés qui arrivent en France. Le controversé projet de loi Asile et immigration vient d’entrer au Sénat, dix jours après que le gouvernement a refusé de tendre la main aux 629 rescapés de l’Aquarius, Dans le même temps, le centre de soins Primo-Levi et l’organisa-tion Médecins du monde publient un rapport relatif à la santé psychique des exilés, en lien avec les violences subies à la fois lors de leur migration et en France.

Le constat, émanant d’expériences de terrain de différents niveaux (assistants, psychologues, psychiatres, cliniciens, coordinateurs…), est accablant. Aux horreurs déjà subies dans les pays fuis et traversés (esclavage, viols, tortures) s’ajoutent des violences policières et institution-nelles. Delphine Fanget, chargée de plaidoyer de l’organisation Médecins du monde et membre du comité de rédaction du rapport, rend compte d’une « urgence de santé publique ».

(1) Extraits du rapport sur la souffrance psychique des exilés

Daryl Ramadier 20 juin 2018
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Lire aussi 
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26 juin 2018 ~ 0 Commentaire

hlm (bastamag + lo)

hlm

Loi privatisant les HLM : pourquoi il sera bientôt encore plus galère de trouver un logement décent

Privatiser progressivement le logement social : tel est l’un des objectifs du projet de loi « Elan », en cours d’examen parlementaire.

Les conséquences de ce texte sont potentiellement désastreuses pour les locataires de HLM, en particulier les moins aisés. Après avoir fragilisé la situation de bailleurs sociaux, le gouver-nement propose sa solution miracle : vendre 1% du parc chaque année, soit 40 000 logements par an basculés sur le marché privé. Les exemples de privatisation du logement social en Angleterre et en Allemagne laissent pourtant présager le pire : baisse du nombre des loge-ments, dégradation des résidences, augmentation drastique des loyers, et explosion du mal-logement.

Nolwenn Weiler, Rachel Knaebel 26 juin 2018

Lire sur Bastamag

Lire aussi:

HLM : restreindre le droit d’accès au lieu de construire (Lutte ouvrière)

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06 juin 2018 ~ 0 Commentaire

loi elan (npa)

privileges-des-pauvres

Loi ELAN : le profit à tout prix

La loi ELAN est en cours de discussion à l’Assemblée nationale. Et le moins que l’on puisse dire est que les choses sont claires : pas de fioritures, pas de masques, ou si peu. Les capita-listes de l’immobilier qui sont aux commandes. Leur objectif : se dégager des contraintes qui limitent les profits.

Première offensive : contre la loi littoral, qui protège les côtes de l’urbanisation à outrance. Ce qui était non constructible entre deux bâtiments existants deviendrait une « dent creuse ». Une carie donc, un truc qu’il faut soigner. C’est sûr, le long d’une côte, un mur homogène de constructions c’est tellement mieux ! On en rêve…

Les protestations à ce sujet ont été nombreuses : associations écologistes, éluEs, usagerEs sont montés au créneau, et le gouvernement a dû faire marche arrière. À la marge toutefois, car la loi autorisera bien les constructions « à des fins exclusives d’amélioration de l’offre de logement et d’implantation de services publics ».

Deuxième offensive : contre les normes de construction jugées trop contraignantes, parti- culièrement celle qui imposait 100 % de logements neufs accessibles aux handicapéEs. Doré-navant seuls 10 % le seront, sous prétexte de surcoût inutile. Les autres logements pourront être « évolutifs », « adaptables ». Mais qui va décider de l’adaptation d’un logement (portes, couloirs, salle de bains, WC) et qui va payer? Le propriétaire? Le bailleur? Le locataire? Cette mesure renvoie les personnes handicapés au rez-de-chaussée des immeubles, à des loge-ments difficiles à louer, à l’exclusion qui en découle.

Troisième offensive, et pas des moindres : l’objectif fixé aux bailleurs sociaux de vendre chaque année au minimum 40 000 logements HLM, contre 7 000 aujourd’hui. Il s’agit clairement d’une attaque contre le logement social. Le gouvernement, après avoir tapé dans les caisses des bailleurs, veut les obliger à l’autofinancement. « Vous vendez vos logements, cela recons-titue la trésorerie, et vous pouvez reconstruire » : voilà le raisonnement primaire d’une politique libérale.

Conséquences à prévoir : une fragilisation des bailleurs qui seront contraints de vendre les logements les plus « rentables », une multiplication des copropriétés trop fragiles, la convoitise des marchands de sommeil ou des fonds de pensions, qui jusqu’à présent n’avaient pu mettre un pied dans ce secteur qui s’ouvre au marché.

Bien sûr, la question de la pénurie de logements pour les classes populaires n’est pas réglée. Mais où est le problème ? Le ruissellement va s’en occuper…

Jean-Marc Bourquin

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Logement : un projet de loi… édifiant (Lutte Ovrière)

 

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15 avril 2018 ~ 0 Commentaire

bretagne logement (fr3)

Bretagne : l’état du mal-logement

Huit mois après l’annonce par Emmanuel Macron du Plan « Logement d’Abord », la Fondation Abbé Pierre publie son rapport annuel sur l’état du mal-logement en France. En Bretagne plus de 8000 personnes sont sans abri.

En septembre dernier à Toulouse le président de la République avait annoncé le lancement de son programme pour le logement durant son quinquennat avec un objectif de 40 000 loge- ments sociaux supplémentaires par an dès 2018. Lors de sa campagne électorale Emmanuel Macron, dans son programme, avait pris un engagement ferme de donner un toit à chacun.

Le programme logement du gouvernement

Dans un pays qui compte 4 millions de mal-logés, rappelons que le programme est le suivant :

  • Cibler la construction de logements là où ils manquent le plus cruellement
  • Faciliter l’accès au logement aux étudiants et jeunes actifs
  • Prioriser l’accès aux HLM aux ménages modestes tant qu’ils sont en situation précaire
  • Préférer le « logement d’abord » aux solutions d’hébergement d’urgence pour les plus démunis tels que les sans-abri

Concernant l’hébergement d’urgence, Julien Denormandie, Secrétaire d’État auprès du minis- tre de la Cohésion des territoires a expliqué la philosophie de sa démarche politique en mars dernier à Montpellier :  » Nous sommes partis d’un constat partagé : l’hébergement d’urgence ne peut être la seule réponse à la crise du logement. Nous devons avoir une politique globale, qui accompagne celles et ceux qui en ont besoin dans la durée et qui amène rapidement les personnes sans domicile de l’hébergement d’urgence vers un logement durable, car comme l’a rappelé le Président de la République, le logement, c’est la place qu’on a dans la société. »

Une idée que la Fondation Abbé Pierre porte depuis des années et a même expérimenté en France avec le « Chez-soi d’abord » comme l’exposait France culture en janvier 2017. La Fondation mène des combats contre le mal logement des précaires et contre la fracture énergétique depuis des années.

La Fondation Abbé Pierre en action depuis plusieurs années

En Bretagne La Fondation Abbé Pierre lutte en particulier depuis 2012 contre l’habitat dégra- dé, mal isolé et mal équipé et donc énergivore. Elle accompagne les personnes les plus dému- nies dans leurs démarches en tentant d’impliquer les acteurs de proximité et les territoires. Le programme et les intentions du gouvernement pour les quatre années à venir semble aller dans son sens.

«  Notre région présente de nombreuses actions s’inscrivant dans la logique du « Logement d’abord » . Ces dernières doivent inspirer et seront à prolonger. De même, de nouveaux publics fragiles et mal logés (les migrants, les jeunes sans ressources) viennent interroger cette nou- velle politique d’accès direct au logement car pour ces catégories, les outils habituels ne répon- dent pas toujours. Pour les quatre ans à venir, la Fondation Abbé Pierre suivra et cherchera à favoriser le « Logement d’abord » dans la région dans le cadre de projets de territoires. » (Stéphane MARTIN Directeur régional Bretagne Fondation Abbé Pierre)

Quelques chiffres clés en Bretagne

  • 10,8% des ménages sous le seuil de pauvreté
  • 8 072 personnes sans abri
  • 9 059 appels au 115 de personnes différentes
  • 56 777 demandes de logement social
  • 23 470 attributions

Marc-André Mouchère 13/04/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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01 février 2018 ~ 0 Commentaire

logement (lutte ouvrière)

cartons

Logement : le retour du surpeuplement

Le rapport annuel de la fondation Abbé-Pierre, publié le 30 janvier, pointe le retour à des logements surpeuplés comme symptôme d’aggravation de la crise du logement.

Outre les familles qui s’entassent dans des squats illégaux, les premiers touchés sont les travailleurs immigrés qui vivent en foyer.

Ceux qui n’ont qu’un logement précaire sont également en première ligne : ce sont la moitié des 700 000 ménages qui vivent dans un garni, un hôtel, en meublé, en sous-location, ou dans l’une des 7 000 chambres de bonne de Paris dont la surface est inférieure à 9 m2.

Le surpeuplement dans les logements touche aussi près d’un million de personnes dans le parc locatif privé et 17 % des locataires, soit 790 000 ménages, dans les HLM. Enfin, près de 500 000 ménages propriétaires de leur logement, souvent sans avoir terminé de le payer, y vivent à l’étroit, mais leur salaire ou ce qu’ils touchent en étant en chômage ne leur permet pas de chercher autre chose, même quand leur famille s’agrandit.

Un tel constat est à rapprocher de la construction de logements, car tout récemment le gouver- nement a donné des chiffres de mises en chantier au cours de l’année 2017, en progression de 15,7 % par rapport à l’année précédente. Elles atteindraient 418 900, un chiffre dépassé seulement deux fois en quinze ans. Mais la majorité de ces logements neufs sont inaccessibles financièrement et, parmi eux, les logements sociaux ne représentent qu’un quart.

Leur nombre est même en diminution de 8 % en 2017 et leur loyer est de plus en plus cher.

Plus de 1,4 million de ménages avaient une demande de HLM en attente en 2013, en augmen- tation de 18 % par rapport à 2006 et de 37 % par rapport à 2001. Une partie des travailleurs sont ainsi repoussés vers les logements privés, aux loyers exorbitants. Or, dans une société capitaliste incapable de payer aux travailleurs de quoi se loger correctement, le logement social était ce que la bourgeoisie pouvait proposer de mieux, avec des « aides à la pierre » pour que l’État prenne en charge une partie du coût de la construction ou des aides personnalisées selon le locataire. Aujourd’hui, offrir aux couches populaires au moins ce palliatif pour se loger est considéré comme superflu.

Jean SANDAY 31 Janvier 2018

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10 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

apl (le monde)

macron changer

La baisse des APL réunit à nouveau des centaines de manifestants à Paris

Plusieurs centaines de personnes, dont l’actrice Josiane Balasko, ont manifesté contre le projet de réforme prévoyant une baisse des aides au logement, à l’appel du collectif « Vive l’APL » et de l’intersyndicale du logement.

Pas question de baisser les bras. Plusieurs centaines de personnes, dont l’actrice Josiane Balasko, ont manifesté samedi 9 décembre à Paris contre le projet de réforme prévoyant une baisse des aides au logement, accompagnée d’une réduction des loyers dans le parc social.

Les manifestants, entre 1 000 et 2 000 selon les organisateurs, 700 pour la police, se sont rassemblés place du Palais-Royal pour rallier l’Assemblée nationale, à l’appel du collectif « Vive l’APL » et de l’intersyndicale du logement.

« Il y a vraiment un front syndical et associatif contre cette mesure brutale à l’égard des ménages les plus modestes et à l’égard de l’habitat social qui les loge », a déclaré Jean- Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement (DAL), membre du collectif.

Présente à ses côtés, la comédienne Josiane Balasko a plaidé la nécessité de « se battre pour garder les APL telles qu’elles sont et ne pas encore appauvrir les gens ». Et de faire valoir : « Je viens du peuple, le mal-logement j’ai connu ça quand j’étais jeune »

Réduction de 75 % des capacités d’investissement

Selon l’intersyndicale du logement, qui regroupe une dizaine d’organisations de la CFTC à SUD, les baisses prévues par le gouvernement « induiraient une réduction de 75 % des capa- cités d’investissement des organismes avec des conséquences directes sur l’emploi, les con- ditions de travail des salariés du logement social », estimés à près de 90 000 employés.

Le budget 2018 prévoit de compenser une réduction des aides personnalisées au logement (APL) perçues par les locataires HLM par une baisse des loyers imposée aux organismes HLM, de 1,5 milliard d’euros par an. Face au mécontentement des bailleurs sociaux, le gouver- nement a proposé qu’elle se fasse progressivement en trois ans et non entièrement dès 2018, via un amendement introduit à l’Assemblée nationale début novembre.

Soucieux de boucler son budget, l’exécutif compte toutefois maintenir l’objectif de 1,5 milliard d’économies dès 2018, ce que doit permettre la hausse provisoire de la TVA sur les chantiers dans le logement social. Le débat budgétaire s’achèvera au Sénat mardi. En fin de procédure parlementaire, c’est l’Assemblée qui aura le dernier mot.

Le Monde.fr avec AFP | 09.12.2017

http://www.lemonde.fr/

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09 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

apl hlm (npa)

macron

APL, HLM : Macron fossoyeur du logement social

Le samedi 9 décembre aura lieu à Paris (14h30, place du Palais-Royal) une manifestation autour des thèmes « ensemble pour le logement social, pour un vrai service public du logement », à l’appel du collectif « vive l’APL ».

L’Union sociale de l’habitat (USH), parmi d’autres, dénonce la baisse des APL de 60 euros en moyenne pour les locataires de logements sociaux, que les bailleurs sociaux devraient compenser par des baisses de loyer. L’USH parle d’un coût de 1,8 milliard d’euros, ce qui entraînerait la non-construction de 55 000 logements, moins de réhabilitations et de mises aux normes, notamment d’accessibilité, une diminution des personnels, etc.

Un blocage des loyers rendu impossible

Il y avait eu un peu de nouveauté avec le blocage des loyers à Paris et à Lille. La mesure n’avait pas pour but de baisser les loyers, mais de signaler les abus, comme la hausse de 61,9 % à Paris depuis l’an 2000. Mais le 28 novembre, le tribunal administratif de Paris, après celui de Lille, a annulé la mesure, pour la plus grande joie des professionnels de l’immobilier.

Le motif invoqué est que la mesure ne s’applique pas partout en Île-de-France. Et la solution évidente, l’appliquer dans toutes les communes, n’est pas facile puisqu’il faudrait connaître les prix partout et ce n’est pas le cas… Valls, opposé à ce blocage prôné par Duflot, n’avait rien fait ou plutôt tout fait pour empêcher la mise en place des outils statistiques indispensables à l’extension de la mesure.

Pourtant, comme dans tous les domaines, le capitalisme montre son aveuglement destructeur. On laisse agir la « loi du marché », les joies de la spéculation, et même les salariéEs pas trop mal payés ne peuvent plus se loger à une distance acceptable de leur travail. Et la brillante idée du « tous propriétaires » ne fonctionne pas mieux : avec la baisse des taxes d’emprunt, les ventes s’envolent… et se bloquent.

Un système à changer

C’est bien sûr tout le système qu’il faut changer, pour en finir avec la spéculation. Il faut, et c’est possible, en venir à une autre conception du logement social. Parce qu’il est encore conçu comme un système d’assistance, alors qu’il faut l’adapter à la situation : c’est actuellement le seul moyen de se loger dans ce qu’on appelle les zones en tension, là où il y a un espoir d’emploi et pas de logements ; dans les petites villes de la région parisienne, 30 à 50 000 habitants, il y a au moins 3 000 demandes en attente pendant plusieurs années.

Dernière annonce en date, la lutte contre les passoires thermiques. Hulot parle d’un plan de rénovation d’un montant de 9,2 milliards d’euros. Pas inutile : le secteur résidentiel et tertiaire représente 45 % de la consommation d’énergie en France et 25 % du rejet des gaz à effet de serre. Mais sur ces 9,2 milliards d’euros, l’État ne débourserait que 6,2 milliards, les 3 autres milliards étant à la charge des bailleurs sociaux pour le parc HLM… déjà exsangues en raison de la baisse des APL… L’autre fiancement viendrait d’une augmentation de la taxe foncière pour les propriétaires qui ne font pas les travaux. Mais non seulement il faut que les bilans énergétiques soient faits honnêtement, mais en plus ce n’est pas l’État qui fixe les taxes foncières.

Bref, on va continuer à avoir froid dans des logements trop petits, trop chers, trop loin du boulot… quand on a un logement et un boulot ! Et, à propos de froid, l’hébergement d’urgence, on en parle quand ? Quand il y aura, une fois de plus, des morts ?

Mercredi 6 décembre 2017 Isabelle Guichard

https://npa2009.org/

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23 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

pauvres et pollution (reporterre)

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Les pauvres sont les premières victimes de la pollution

L’inégalité sociale sévit aussi dans l’exposition aux nuisances : bruit, pollution, déchets, produits chimiques… affectent bien plus souvent les pauvres.

C’est un territoire cinglé d’énormes balafres. Des balafres grisâtres, toussoteuses, infranchissables.

L’autoroute A1, en Seine-Saint-Denis, reçoit 200.000 voitures par jour. Installée au niveau du stade de France, une station d’analyse de l’air y relève les taux de pollution les plus élevés de France, en moyenne : 192 jours de dépassement des normes européennes en 2012, 73 en 2016.

Et puis, au milieu de ce brouillard toxique, il y a l’hôpital Delafontaine. Bordée par l’A1 et une autre voie rapide, sa maternité est, elle aussi, une des premières de France : 4.600 naissances chaque année, soit plus de 12 par jour. Des associations de riverains (Collectif Lamaze, Union des associations de riverains du Stade de France et Comité porte de Paris) réclament que cette portion d’autoroute soit enterrée, afin de mettre fin au bruit, à la pollution, et à la fracture entre quartiers qu’elle entraîne.

Pour eux, il s’agit d’une « discrimination territoriale ». Est-elle due au hasard ? Pas vraiment. La commune de Saint-Denis, ville polluée, est aussi une des communes où le taux de pauvreté est le plus important, autour de 30 % de sa population (contre 14 % environ à l’échelle nationale, d’après l’Insee).

Mais Saint-Denis n’est pas isolée. Parce que les loyers y sont plus abordables, que la voix des habitants compte moins face à l’État et aux grandes entreprises, de nombreux quartiers populaires sont en première ligne face aux désastres environnementaux. Voici quelques exemples marquants d’inégalités environnementales.

Le dioxyde d’azote

À Lille et Marseille, les populations socialement défavorisées sont bien plus touchées que les autres par la pollution au dioxyde d’azote, selon l’équipe de recherche Equit’Area. Consé- quence pour ces personnes : « On constate une augmentation de 15 à 30 % des nouveaux cas d’asthme chez l’enfant et des pathologies chroniques respiratoires et cardiovasculaires fréquentes chez les adultes âgés de 65 ans et plus », explique l’économiste Éloi Laurent dans l’essai collectif les Inégalités environnementales. À Paris, les quartiers huppés sont aussi con- cernés, mais… « les publics qui y résident sont bien moins affectés que les groupes sociaux qui habitent les quartiers défavorisés eux aussi exposés », poursuit Éloi Laurent, citant une étude réalisée en 2015.

Le bruit

« Près de la moitié des zones urbaines sensibles sont concernées par un “point noir bruit” et pour la région Île-de-France, ce taux approche 70 % », selon un rapport du Conseil économi- que, social et environnemental (Cese) paru en 2015. Un « point noir bruit » correspond à une exposition en façade supérieure aux valeurs réglementaires. À Saint-Denis, 36.000 habitants (un tiers de la population) seraient exposés à des niveaux de bruit « supérieurs à 68 dB en moyenne jour/nuit », selon les associations de riverains.

Les grosses chaleurs

La canicule de 2003 a entraîné une surmortalité de 15.000 personnes en France. Parmi celles- ci, les catégories socioprofessionnelles des personnes âgées et des ouvriers étaient surre- présentées, selon l’Institut national de veille sanitaire. De manière générale, les quartiers populaires sont davantage touchés par les grosses chaleurs, en raison de la hauteur des immeubles, du bétonnage et du peu de végétation, à quoi s’ajoutent souvent une mauvaise isolation et une mobilité réduite.

Le risque industriel

Il existe en France près de 700 sites industriels classés « Seveso ». « Les deux tiers de la population exposée demeurent dans les zones urbaines sensibles », selon le rapport du Cese. Ce phénomène est aussi constaté à la campagne : la Meuse, territoire fortement rural et agricole, a été choisie pour accueillir le projet d’enfouissement des déchets radioactifs, à Bure. Et rappelons que la France a testé ses premières bombes nucléaires dans ses colonies (le désert algérien dans les années 1960, puis la Polynésie).

Les maladies professionnelles

Les exemples foisonnent, de l’amiante aux pesticides. Les ouvriers de l’entreprise Triskalia, dans les Côtes-d’Armor, ont ainsi été contaminés par un pesticide, le Nuvan Total, entraînant des cancers et la mort d’une partie d’entre eux. Dans d’autres secteurs (industrie, plasturgie, nettoyage…), ce sont les perturbateurs endocriniens qui touchent les salariés.

Les conséquences des politiques « écologiques »

En parallèle, les catégories populaires bénéficient assez peu des politiques publiques visant à améliorer l’environnement. Prime à la rénovation énergétique, à l’achat d’une voiture ou d’un vélo électriques ? Comme ces actions demandent un investissement de départ important, les personnes aux revenus modestes n’ont souvent pas les moyens d’en profiter.

À l’inverse, les chantiers de rénovation urbaine ou d’écoquartiers, nouvelle forme de gentrifi- cation, ont pour effet de chasser au loin les populations paupérisées. « Les inégalités environ- nementales se creusent sous le coup d’un vigoureux processus d’externalisation des nuisances environnementales hors des milieux de vie des classes dominantes et d’une recherche con- jointe et de plus en plus aiguisée de bien-être environnemental », écrit la géographe Cyria Emelianoff. Autrement dit, « pour la plupart des candidats à une vie plus écologique, et en vertu de redoutables effets rebond, l’écologisation des environnements résidentiels n’est qu’une énième forme de ségrégation et de captation de la valeur », analyse-t-elle.

LES CHERCHEURS MANQUENT D’INDICATEURS FIABLES SUR LES INÉGALITÉS ENVIRONNEMENTALES

Depuis plus de dix ans, des chercheurs essaient de mettre au point des indicateurs des inéga- lités environnementales, tenant compte de nombreux facteurs (pesticides, pollution de l’eau, de l’air, etc.). « Pour l’instant, on sait jute qu’on ne sait rien. La génétique n’explique que 5 à 10 % des maladies chroniques, et le reste vient de l’environnement. On parle d’“exposome”, en oppo- sition au génome. Mais les situations sont tellement contrastées et complexes qu’on ne peut pas avoir de certitude,ni donner de tendance globale », explique à Reporterre Julien Caude- ville, chercheur à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris).

22 novembre 2017 / Baptiste Giraud et Nno Man (Reporterre)

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05 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

logement (anti-k)

macron changer

Les députés LREM votent une baisse de 9,8% du budget du logement

Le budget du Logement chute ainsi de 1,7 milliard d’euros. Il passe de 18,3 milliards d’euros en 2017 à 16,5 milliards en 2018.

Le vote de la partie logement du budget, du ministère de la Cohésion des territoires est intervenu la nuit dernière.

Après avoir rejeté tous les amendements, une majorité de députés « godillots » de La répu- blique en marche (LREM) a voté une baisse de 9,8%  du budget du logement pour 2018 et promet de faire pire encore pour 2019 et 2020 en s’attaquant toujours à l’aide personnalisée au logement dont bénéficient près de 6 millions de locataires en France.

Les députés de La République en marche (LREM) ont adopté dans la nuit du 2 au 3 novembre, la première partie du budget du ministère de la Cohésion des territoires, qui intègre désormais la politique du logement.

On sait en effet que le président Macron n’a pas voulu d’un ministère du Logement de plein droit. Jacques Mézard, 69 ans, ancien sénateur radical-socialiste du Cantal est le ministre en charge de la Cohésion des territoires et donc du Logement. Il s’est vu attribuer ce poste après avoir été un éphémère ministre de l’Agriculture durant quatre semaines dans le premier gou- vernement dirigé par Edouard Philippe entre le second tour de l’élection présidentielle en mai et l’élection des députés en juin.

Loin d’être seul dans ce cas, Jacques Mézard doit sa carrière tardive de ministre au seul fait d’avoir soutenu Emmanuel Macron dès que ce dernier est parti en campa- gne pour l’élection présidentielle.

Son avenir politique étant pour l’essentiel derrière lui, il peut désormais se consacrer au sale boulot que le président de la République attend de lui. Le budget du Logement chute ainsi de 1,7 milliard d’euros. Il passe de 18,3 milliards d’euros en 2017 à 16,5 milliards en 2018, soit une baisse de 9,8%.

Dans un premier temps, le gouvernement avait annoncé une baisse mensuelle de 5€ de l’Aide Personnalisée au Logement (APL) dont bénéficient plusieurs millions de locataires afin de pouvoir payer leur loyer.

Dans un second temps, le gouvernement a décidé de faire supporter cette charge par les bailleurs sociaux que sont les Offices HLM en les obligeant à baisser les loyers de 800 millions d’euros en 2018, de 1,2 milliard d’euros en 2019 et de 1,5 milliard d’euros en 2020. Ce qui ne manquera pas de leur poser des problèmes de trésorerie se traduisant parfois par un endette- ment accru en plus d’un manque de moyens pour l’entretien des bâtiments et pour construire de nouveaux logements.

« On va casser un modèle HLM que beaucoup nous envient », a dénoncé le député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu, fustigeant une « politique mûrement réflé- chie, cohérente, visant à affaiblir le secteur HLM et à renforcer le secteur privé. Partout où cette politique a été menée en Europe, elle a été une catastrophe », a-t-il  dénoncé.

Les effets pervers de la défiscalisation offerte aux bailleurs privés

Ne semblant pas très informé de ce que fut l’histoire du ministère du Logement depuis près de 40 ans, Jacques Mézard a fait état de la volonté du gouvernement de « réinterroger l’efficacité de notre politique en matière d’aides personnelles au logement et de soutien à la construction, « nous avons face à un investissement d’environ 40 à 41 milliards d’euros, quatre millions de nos concitoyens qui sont mal logés », a-t-il déclaré devant le députés.

Au regard de son ancienneté en politique, l’ancien sénateur du Cantal devrait se souvenir que le peu d’efficacité qu’il attribue à l’APL, provient du fait que les revalorisations successives sont absorbées à hauteur de 94% par des hausses de loyers initiées par les bailleurs privés.

Cette politique remonte à la présidence de Valéry Giscard d’Estaing avec Raymond Barre comme Premier ministre  et Pierre Méhaignerie au ministère du Logement, peu avant l’élection de François Mitterrand à l’Elysée.

La droite décida, à cette époque, de réduire considérablement l’aide à la pierre dont bénéficiaient les bailleurs sociaux pour pouvoir construire des logements à loyer modéré, les HLM étant justement  des « Habitations à Loyer Modéré ».

La droite au pouvoir voulut faire croire au pays que la difficulté à payer un loyer tous les mois n’allait plus concerner qu’une petite frange de locataires dont les effectifs seraient en diminu- tion constante. Du coup, l’aide à la personne serait moins coûteuse au budget de l’Etat que l’aide à la pierre offrant des loyers modérés à la masse des locataires en HLM. Mais la mondia- lisation libérale de l’économie avec les délocalisations d’emplois industriels quittant la France pour des pays à bas coûts de main d’œuvre en ont décidé autrement, de la sidérurgie à l’auto- mobile en passant par l’industrie du textile et celle de l’électroménager. Au fil des ans, la Fran- ce a compté de plus en plus de chômeurs et de travailleurs pauvres et précaires et cette tendance continue de s’amplifier de nos jours.

Périssol, Besson, De Robien, Duflot, Pinel, tous on servi les bailleurs privés

Privés de moyens du fait de la baisse de l’aide à la pierre mais aussi des impayés de loyers par des  locataires de plus en plus pauvres, les offices HLM ont moins construit, certains maires de droite ne voulant pas de HLM dans leur commune. Comme on manquait de logements, les  gouvernements successifs dirigés par la droite et les socialistes ont fait appel aux bailleurs privés en leur offrant jusqu’à douze années de défiscalisation sur l’achat d’un bien destiné à la location.

De Périssol en Besson pour arriver à Pinel en passant par De Robien, Scellier, Benoît Apparu et même le Cécile Duflot, on ne compte plus les ministres du logement, voire les députés, dont le nom évoque une aide à l’enrichissement des bailleurs privés.

Car le budget de l’Etat a payé deux fois: une fois à travers la défiscalisation offerte aux investisseurs, une seconde via le paiement de l’APL sans laquelle les locataires ne pourraient pas payer es loyers de ces logements plus élevés que ceux des HLM.

Quand Jacques Mézard fait mine de s’interroger sur le manque d’efficacité de l’aide personnalisé au logement afin de la réduire, il omet de faire le bilan d’une politique qui depuis des décennies enrichit une catégorie de bailleurs privés et appauvrit les locataires. Comme ces projets immobiliers défiscalisés sont parfois construits dans des zones mal desservies, il arrive aussi que les logements restent vides.

Par ailleurs, la politique de métropolisation des activités économiques du pays accentuée par le récent regroupement des régions fait de sorte que l’offre est insuffisante pour répondre à la demande dans les zones de tension tandis le taux de vacance des logements ne cesse d’augmenter dans les villes moyennes et petites comme dans les cantons ruraux.

Le vote de la nuit dernière aggravera tous ces problèmes sans en résoudre un seul.

Gérard Le Puill  VENDREDI, 3 NOVEMBRE

http://www.anti-k.org/

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