Archive | Logement

10 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

logement (fr3)

lannion zone tendu web

Pour le droit au logement !

De Vannes à Lannion, Concarneau ou encore Douarnenez, ce sont des centaines de personnes qui ont manifesté.

A Douarnenez en Finistère, le cortège a rassemblé plus de 600 manifestant.es, jeunes et moins jeunes pour l’accés au logement pour toutes et tous sans oublier les plus précaires et les réfugié.es.

Ouvert par la joyeuse et militante fanfare des « Invisibles », la banderole de tête proclamait «crise du logement. Zone tendue partout en Bretagne »
La mobilisation locale réussie fut aussi le fruit de l’unité dans le collectif « Agir pour le logement, il y a Urgence» des associations pour le droit au logement, des syndicats et partis dont l’UDB, EELV, le PCF, Ensemble, la FI et le NPA Douarnenez.

« Surtaxons les résidences secondaires » :

« Vue sur mer pour les précaires » ;

« Encadrement des
loyers » :

« Régulons les locations de courte durée »,

autant de mots d’ordre qui, avec la fanfare ont animé la manifestation. Aprés une longue déambulation, le cortège s’est rendue au pied de l’Hôtel de ville pour exiger des élu.es municipaux de droite , sourds jusqu’à présent à ces revendications, qu’ils agissent pour faire de Douarnenez « une zone tendue » permettant de décider d’une autre politique et d’agir immédiatement pour l’accés au logement digne et dans la durée pour celles et ceux sui vivent au pays.

La colère est grande face à l’inertie des pouvoirs publics mais surtout à la « prime » aux résidences secondaires et autres Airebnb qui asphixient l’accés au logement des plus jeunes et plus précaires. L’ampleur de la manifestation à Douarnenez mais aussi dans de nombreuses villes en Bretagne laisse à
penser que le combat unitaire va se poursuivre et que celui ci peut entrer largement en résonance avec toutes les mobilisations de la rentrée contre le désastre climatique,les mauvais coups du gouvernement Macron, contre la vie chère et pour l’augmentation des salaires et de tous les revenus.

Correspondant NPA Douarnenez

sardi,ierre

Logement: plusieurs manifestations pour

le classement de la Bretagne en zone tendue

Des manifestants à Douarnenez, dans le Finistère, protestent contre la difficulté d’accessibilité au logement en Bretagne, le 10 septembre 2022

Quatre collectifs bretons pour l’accès au logement ont manifesté samedi à Douarnenez, Concarneau (Finistère), Vannes (Morbihan) et Lannion (Côtes-d’Armor), pour réclamer le classement de la Bretagne en « zone tendue ».

Entre 350, selon la préfecture, et 500 personnes, selon les organisateurs, ont défilé dans Douarnenez. Ils étaient une centaine à Concarneau et environ 400 à Vannes, selon les préfectures du Finistère et du Morbihan.

Certains manifestants portaient des pancartes « Vue sur mer pour les précaires » ou encore « Que ferais-je sans toit? ».

« Nous voulons l’application du dispositif de zone tendue aux villes qui le réclament (…) afin de débloquer plusieurs leviers publics pour produire des logements à prix abordables », a expliqué à l’AFP Maxime Sorin, membre du collectif « Droit à la ville Douarnenez ».

Le classement en « zone tendue », accordé par décret, permet notamment aux municipalités d’imposer une fiscalité complémentaire sur les logements vacants et les résidences secondaires, une régulation des locations touristiques de courte durée et un encadrement des loyers.

« Aucune commune de Bretagne n’est placée en zone tendue, ça cristallise le mécontentement. Les élus et les citoyens sont démunis face à folie spéculative immobilière. (…) Les acheteurs locaux ne peuvent plus suivre », a réagi Gaël Roblin, membre du collectif costarmoricain « Tregor Argoat Goelo Zone Tendue ».

Pour expliquer le phénomène, ce conseiller municipal d’opposition à Guingamp (Côtes-d’Armor) cite la multiplication des résidences secondaires, « qui s’est accélérée pendant le Covid », les déménagements de résidents venus de Rennes, Nantes et de la région parisienne, « avec un pouvoir d’achat important », ainsi que le développement de la location courte durée.

« Les salariés du littoral sont donc repoussés très loin à l’intérieur des terres, avec des temps de trajet démesurés », a estimé M. Roblin.

10/09/2022

https://www.france24.com/fr

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05 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

douarnenez lannion vannes (le tél)

jeunes

Une action contre la crise du logement le 10 septembre à Douarnenez

La question de l’accès au logement occupe une place brûlante à Douarnenez.

Entre développement d’Airbnb, galère des saisonniers, projet d’extension de classement dit « zone tendue » à l’ensemble de la Bretagne et résidences secondaires et statut de résident breton, la question de l’accès au logement occupe une place grandissante dans les débats et l’actualité locale. Si bien que des actions autour de ce thème sont prévues le 10 septembre prochain, dans plusieurs villes de la région.

À l’appel d’un ensemble d’associations, de collectifs de solidarité et de partis politiques de Douarnenez, du Cap Sizun et du Haut Pays bigouden, un rassemblement est prévu à 10 h sur la place des Halles. Autour d’un mot d’ordre : « Pour le logement abordable pour toutes et tous, pour des politiques de l’habitat pour des villes accueillantes, pour des solutions écologiques et solidaires ».

« Contraindre les élus à agir »

Une action à l’initiative de Droit à la Ville Douarnenez, qui voit déjà des mouvements comme EELV Cap Sizun Douarnenez, PS Douarnenez, UDB, Douarnenez Terre Citoyenne ou La France Insoumise se mobiliser.

L’appel à d’autres collectifs ou associations est lancé à un peu moins d’un mois de l’échéance. « Il existe de moyens d’action et certains élus et parlementaires commencent à porter les revendications des habitants et des associations. Nous sommes à un moment charnière », écrivent les organisateurs.

« Pour que des mesures supplémentaires soient votées et appliquées localement, nous avons besoin d’un maximum de collectifs locaux pour porter ces revendications et contraindre les élus à agir », ajoutent-ils. De même, ils lancent un appel aux personnes qui voudraient faire des affiches pour appeler au rassemblement, jouer de la musique le jour du rassemblement, ou encore participer à un atelier banderole.

Un rassemblement est prévu samedi 10 septembre, 10H, Marché (Koc’hu) à Douarnenez

15 août 2022

https://www.letelegramme.fr/

Lire aussi:

Lannion. Logement : un collectif plaide pour la zone tendue

Une manifestation pour l’accès au logement à Vannes le 10 septembre 

Logement à Douarnenez : la manifestation du 10 septembre se prépare

 

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25 juillet 2022 ~ 0 Commentaire

logement (trégor)

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Logement en Tregor-Goelo, Argoat : Zone Tendue !

Il ne passe pas une semaine sans que la presse locale ne se fasse l’écho des difficultés d’accès au logement sur les côtes Trégoroises et dans l’intérieur des terres de l’Argoat.

Des zones qui semblaient protégées de la tension du marché de l’immobilier sont maintenant clairement au cœur d’une tourmente sociale excluant les plus modestes et les plus jeunes.

Les causes sont identifiées :

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•       L’engouement pour notre territoire qui attire des acheteurs aisés pour l’achat de résidences secondaires.
•       Une augmentation des ventes de résidences principales au profit d’acheteurs au pouvoir d’achat plus élevé.
•       Le développement de la location de courte durée type Air B n B.
•       Un parc de logement privé de mauvaise qualité qui fait de cette partie de la Bretagne une des plus denses en logements indignes.
•       L’absence de politique publique ambitieuse pour augmenter le parc de logement social.
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Si tout le monde s’accorde pour constater la crise et s’accorde à dire qu’elle exclue les plus pauvres de leurs communes et des services et qu’elle accentue la crise environnementale en augmentant le temps de trajet domicile-travail, bien peu d’actions nous semble être mise en œuvre pour inverser cette spirale.
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Saviez-vous qu’aucune commune de la Région Bretagne n’est classée en Zone Tendue ?
C’est dans les communes en zone tendue que s’applique la taxe sur les logements vacants (TLV). Cette taxe concerne les propriétaires de logements inoccupés dans des zones où la demande de logement est importante par rapport à l’offre.

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Dans les communes en zone tendue, une majoration de taxe d’habitation jusqu’à 60 % peut s’appliquer aux résidences secondaires. Il faut en plus qu’une délibération du conseil municipal ait décidé de l’appliquer localement.
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Dans les communes en zone tendue, on peut réguler la Location de Courte Durée (airbnb…) et aussi encadrer les loyers.
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Une décision du représentant de l’état ou du gouvernement peut faire entrer nos communes en Zone Tendue et permettrait ainsi de mettre un terme à cette rupture de l’égalité républicaine.

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Ensemble exigeons que nos élus locaux oeuvrent pour :
•       Le classement du Tregor-Goelo, Argoat en Zone Tendue !
•       La mise en place comme à St Malo de mesures compensatoires à la location de courte durée
•       La collecte de la THLV (Taxe d’Habitation sur les Logements Vacants) à l’échelle des intercommunalités comme la loi le permet déjà pour financer des services d’hygiène afin de délivrer des permis de louer pour lutter contre l’habitat indigne.

Vous connaissez tous et toutes quelqu’un qui peine à se loger !
Rejoignez le collectif « Tregor-Goelo-Argoat Zone Tendue » !
Venez manifester en famille ! Avec vos amis et voisins et collègues de travail !

Manif Lannion le samedi 10 septembre à 11h quai de l’aiguillon.

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29 novembre 2021 ~ 0 Commentaire

guingamp (alchi)

HABITAT-INDIGNE-2020-1080x675

Guingamp : l’association Alchi lutte depuis 10 ans contre l’habitat indigne

Depuis 10 ans, dans les Côtes-d’Armor, l’Association de lutte contre l’habitat indigne (Alchi) vient en aide au mal-logés et fait la chasse aux marchands de sommeil.

Jean-Luc Galonnier est le président-fondateur de l’Association de lutte contre l’habitat indigne (Alchi). Depuis dix ans, il lutte contre les logements insalubres dans les Côtes-d’Armor.

A la tête de l’Association de lutte contre l’habitat indigne (Alchi), depuis Guingamp, Jean-Luc Galonnier fait la chasse au logement insalubre depuis dix ans dans les Côtes-d’Armor. Il a déjà mené des dizaines de combats pour venir en aide à des locataires face à des propriétaires peu scrupuleux. L’homme est tenace et défend ce qui pour lui sonne comme une évidence : un logement décent est un droit. Pour tous.

Ils vivaient dans des caves, des cabanons, des abris de jardin. Dans des appartements humides à en sentir le moisi, sans ventilation ni chauffage. En dix ans, l’Association de lutte contre l’habitat indigne est intervenue auprès de 131 mal-logés, dans les Côtes-d’Armor. « Nous avons gagné 51 procès devant les tribunaux face à des propriétaires, sans jamais en perdre un seul. Suite à nos interventions, 24 arrêtés préfectoraux ont été pris pour des logements insalubres ou impropres à l’habitation », énumère Jean-Luc Galonnier.

Le Guingampais, artisan du bâtiment de métier, a fondé Alchi il y a dix ans. Il sortait tout juste d’un conflit avec son propriétaire, estimant qu’il logeait dans un taudis. Une mauvaise expérience qu’il a souhaité mettre au profit d’autres dans la même situation.

« La plupart d’entre eux sont sans défense, livrés à eux-mêmes » Jean-Luc Galonnier

L’association est aujourd’hui formée d’un noyau dur de cinq personnes, toutes bénévoles. Elle fonctionne sur leurs deniers propres et grâce à quelques dons qui ne vont pas chercher bien loin. « Nous avons eu zéro subvention en dix ans. Au début, nous en demandions, mais sans succès. Maintenant, nous savons que ce n’est même plus la peine de le faire… ». Les services d’Alchi sont gratuits.

Jean-Luc Galonnier et son équipe traquent l’insalubrité sans relâche. « C’est une fierté d’avoir aidé tous ces locataires et de le faire encore aujourd’hui », reprend le président. « La plupart d’entre eux sont sans défense, livrés à eux-mêmes. Et quand ils connaissent leurs droits, ils sont face à des procédures très complexes. » En 10 ans, Alchi a appris à naviguer dans les méandres de l’administration. Elle est aussi assistée d’un avocat.

Ces dix dernières années, la colère de Jean-Luc Galonnier a grandi. « Dix ans après notre fondation, nous constatons amers que nous devons encore rappeler cette évidence : un logement décent est un droit, et non une lubie ni un désir de privilégié, pour les locataires », martèle-t-il. « Les propriétaires ont le devoir de louer un logement décent. Il nous faut absolument traquer et combattre ceux qui louent des taudis pour se faire du fric, sur le dos, non seulement de ceux qui sont déjà dans la panade (c’est ça où tu dors à la rue) mais aussi des contribuables. »

« Que les maires fassent appliquer la loi » Jean-Luc Galonnier

Des contribuables ? « Dans 90 % des affaires une demande de fonds de solidarité pour le logement avait été effectuée, parfois en indiquant même que le logement était indécent. Cela veut dire que des propriétaires encaissent de l’argent public pour louer leurs taudis », dénonce Jean-Luc Galonnier.

A 62 ans, le président d’Alchi n’est pas prêt à se mettre en retrait de la chasse aux marchands de sommeil. « Nous voulons éradiquer le logement indigne, pour le bien public. On ne demande pas des châteaux, simplement des logements conformes à la loi. Nous savons bien que la grande majorité des propriétaires sont réglos, mais ce n’est par encore le cas de tous. »

Dans le viseur d’Alchi également, les politiques, les maires en premier lieu. « Tout cela n’est qu’une question de droit. Pour commencer, il faudrait que les maires fassent appliquer la loi », tonne Jean-Luc Galonnier. « Qu’ils fassent respecter le code de la construction et de l’habitat ainsi que le règlement sanitaire départemental. » Un autre combat mené par Alchi.

L’association organisait un rassemblement samedi matin 20 novembre, à Guingamp, pour dire publiquement l’importance de politiques publiques pour résorber le logement indigne et, plus généralement, les difficultés d’accès au logement. « Nous voulons aussi montrer notre exigence de voir la création d’un service d’hygiène vérifiant la qualité des logements mis à la location sur le territoire de Guingamp Paimpol Agglomération, via la mise en place d’un permis de louer. »

L’association Alchi fête cette année ses 10 ans. Elle poursuit son combat. Jean-Luc Galonnier assure : « Tant que les conditions ne seront pas réunies pour assurer un logement décent pour tous. Il n’y a plus de compromis possible ».

Fanch Le Pivert 26 Nov 21

https://www.ouest-france.fr

ALCHI:

  • mobile : 07 82 98 06 24
  • fixe : 02 96 44 14 62

 

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24 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

brest (cqfd)

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Brest : la gentrification se pare de vert

Suite aux élections municipales de 2020, l’alliance renégociée entre le Parti socialiste et Europe Écologie-Les Verts devait permettre d’accorder une place plus importante à l’environnement dans les politiques municipales et métropolitaines brestoises. Résultat : on assiste plutôt à un vague verdissement des projets urbains. Mais des collectifs défendent d’autres manières d’inventer la ville.

Ce jeudi 1er juillet, une trentaine de personnes sont réunies dans la salle du Patronage laïque Guérin, dans le quartier de Saint-Martin, au centre-ville de Brest. La poignée de riverains à l’initiative de la soirée vient d’apprendre qu’un nouveau projet immobilier devrait radicalement changer le visage d’un pan du quartier.

Bouygues Immobilier prévoit de bâtir une onéreuse « résidence senior » à la place de l’actuel Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). La majeure partie des 2 300 m2 de son jardin est amenée à disparaître. Pour les participants à la réunion, le projet est inquiétant à double titre : un espace vert doit être bétonné dans une ville déjà très minérale, tout en reléguant les anciens les plus modestes vers la périphérie. Ils demandent également que le jardin devienne un « bien commun ».

Le fringant directeur de l’agence Bouygues Immobilier qui porte le projet a fait le déplacement pour défendre son gagne-pain. S’il admet que sa boîte a « beaucoup de progrès à faire » en termes d’impacts environnementaux, il se dit prêt à concéder une parcelle de terrain pour un jardin partagé. Peine perdue : la réunion aboutit à la création d’un collectif, dernier né de la contestation des projets urbains dans la métropole brestoise.

Verdissement municipal

Une ancienne conseillère municipale, militante EELV (Europe Écologie-Les Verts), est également présente à la réunion. Elle se contente de pinailler au sujet des matériaux de construction.

Son parti a pourtant gagné en poids ces dernières années en portant un discours de rupture écologique avec les mandats précédents. Alliés de longue date au PS (Parti socialiste), les Verts ont en effet tenté de voler de leurs propres ailes lors des élections municipales du printemps 2020. Après une campagne plutôt rugueuse, ils arrivent finalement en troisième position au premier tour.

François Cuillandre, maire socialiste et président de la Métropole, conserve son siège. EELV retourne dans le giron de la majorité, non sans avoir obtenu quelques postes clés. L’implantation des écologistes se confirme lors des élections départementales suivantes, en juin dernier. Cette fois, un binôme EELV – Nouvelle Donne arrache le canton Brest-Centre au PS. Mais cette position nouvellement acquise par les Verts n’annonce pas pour autant de changements majeurs dans les politiques locales, notamment en matière d’urbanisme.

Densification, gentrification, artificialisation

Jouant le jeu libéral de la concurrence entre les territoires, les édiles brestois s’échinent depuis plusieurs mandats à transformer l’image, la morphologie et la sociologie d’une ville restée ouvrière.

Non sans obtenir quelques résultats : le prix du mètre carré augmente de 6 % par an [1], tandis qu’entre 2020 et 2021, les loyers ont bondi de près de 8 % [2]. Et les projets immobiliers pharaoniques se multiplient. Les élus les présentent comme nécessaires pour densifier le tissu urbain. Mais l’objectif est également de modifier la composition sociale des quartiers visés.

Un exemple parmi d’autres, le haut de la rue Jean-Jaurès, artère centrale et commerçante de la ville, aujourd’hui asséchée par les zones commerciales périphériques. Le sentiment de déclin ressenti par certains riverains constitue une opportunité pour raser plusieurs immeubles anciens.

Des logements neufs doivent, selon la municipalité, encourager le retour « de familles ». Alors que le secteur nourrit un sentiment d’insécurité dont la presse et la droite locale se régalent, sa restructuration doit donc permettre d’éloigner une population jugée indésirable [3].

Non loin de là, l’emblématique salle de sport Marcel-Cerdan doit laisser place à un nouvel ensemble immobilier. Annoncé comme un modèle de « mixité sociale » et « d’excellence » écologique, le projet est appuyé par un discours de lutte contre l’étalement urbain [4].

Pour autant, pas de quoi annoncer une politique volontariste visant à freiner le processus. Quartiers pavillonnaires et zones commerciales continuent de grignoter la campagne alentour, dans une région qui détient la troisième place en termes de taux d’artificialisation des sols [5]. C’est ainsi qu’au cours du mandat précédent, la ferme bio de Traon Bihan, implantée sur la commune de Brest, a été amputée d’une partie de ses terres au profit d’un quartier certifié développement durable.

Alors qu’un ersatz de ville envahit la campagne, les citadins pourront bientôt profiter du spectacle de l’agriculture du futur. Plusieurs projets de « fermes urbaines » sont en cours. Dans le cadre de la restructuration de la cité de Kerbernier, une barre démolie devra laisser place à une « serre bioclimatique et verticale [6] ». L’urbanisme brutal se veut désormais écofuturiste.

La majorité entend également développer les « mobilités douces », mais certainement pas pour rompre avec la civilisation de la bagnole. Il s’agit plutôt de façonner la ville aux goûts supposés des classes sup’.

C’est ainsi qu’une partie des rues autour de la turbulente place Guérin, bastion populaire et militant du quartier de Saint-Martin, ont été piétonnisées. Pour Yohann Nédélec, adjoint au centre-ville, le but est de « permettre aux familles de s’approprier l’espace et d’en faire un lieu plus convivial [7] ». Sous-titre : précaires et zonards sont priés d’aller voir ailleurs. Plutôt que de mettre en œuvre de véritables politiques en faveur de l’environnement, il s’agit donc de changer l’image de la ville dans un souci d’ » attractivité territoriale ».

Contester la ville telle qu’elle se fait

Heureusement, le collectif opposé à la résidence Bouygues est loin d’être isolé. Lutte pour une salle de quartier place Guérin ou contre la construction d’immeubles à proximité du Jardin botanique de Brest, les collectifs se multiplient ces dernières années pour contester l’aménagement tel qu’il se mène.

Lors de la réunion du 1er juillet, un « amoureux de la rade de Brest », qui lutte contre la privatisation d’une friche sur la commune voisine du Relecq-Kerhuon, est venu partager son expérience.

Le site, à deux pas du rivage, doit accueillir un ensemble d’immeubles et de commerces cossus. Ses opposants dénoncent un projet qui « revient à réserver à quelques privilégiés un bien commun qui appartient à ce jour à Brest Métropole Aménagement [8]. Il faut stopper le bétonnage du littoral. Préserver nos bords de mer et un cadre de vie agréable, accessible à tous, et non pas réservé à quelques privilégiés [9]. »

Un autre participant à la soirée a évoqué la mobilisation pour la sauvegarde de la vallée du Restic, menacée par un projet de contournement routier. Cette lutte historique débute fin 2008, avec le lancement d’une enquête publique portant sur un contournement routier de Brest par le nord-ouest.

Selon l’option retenue, 13 hectares de bois et de prairies et un ruisseau doivent être engloutis sous le bitume. Après une dizaine d’années de mobilisation du collectif de défense de la vallée, Brest Métropole doit faire machine arrière suite à une décision du Conseil d’État [10]. Il en aurait fallu plus : exit la « mobilité douce », la Métropole relance aujourd’hui le projet [11].

Loin du « renouveau sur le fond et dans les méthodes [12] » promis par EELV lors de sa campagne, les Verts semblent ici davantage adeptes d’une écologie anecdotique contribuant au verdissement de la gentrification en cours.

Mais les collectifs d’habitants veillent. Ce 1er juillet, la réunion au Patronage laïque Guérin s’achève sur un espoir : lutter ensemble pour un véritable droit à la ville, dans lequel la diversité du vivant aurait toute sa place. Comme le résume un graffiti aperçu dans le centre : « Moins de bourgeois, plus de bourgeons  ! »

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16 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

10 ans! (alchi )

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ALCHI a 10 ans !

Très sincèrement, nous aurions aimé ne pas fêter cet anniversaire, mais l’inefficacité des institutions et des élus en a voulu autrement…

ALCHI est née officiellement le 13/08/2011 suite aux inondations de taudis loués par un certain M. M., artisan ayant pignon sur rue dans la région de Guingamp, quartier Sainte-Croix à Guingamp. S’en suit alors un périple rocambolesque, au sein du département des Côtes d’Armor, dans le monde des marchands de sommeil et autres loueurs de taudis.

Il y a dix ans ALCHI revendiquait haut et fort le logement décent pour tous.

ALCHI a gravé dans son ADN qu’il n’y aurait aucune négociation, aucun compromis ni aucun arrangement avec les loueurs de taudis et marchands de sommeil et que tout se réglerait devant les tribunaux. Cela est toujours d’actualité !

ALCHI, envers et et contre tout (et tous), c’est au bout de 10 ans :

  • 131 interventions sur le département ;
  • 52 affaires d’accompagnement aux tribunaux d’instance et administratif ;
  • 24 arrêtés préfectoraux (insalubrité et logement impropre à l’habitation) ;
  • 9 négociations directes avec les propriétaires.

Il est à noter que dans 90% des affaires une demande de FSL avait été effectuée, parfois en indiquant même que le logement était indécent : que font la CAF et la MSA !? Dans certains cas également nous sommes intervenus dans des logements conventionnés, bien évidemment non contrôlés, sans parler non plus des logements loués sans aucun scrupule par certaines agences immobilières

Au cours de ces dix années nous avons eu affaire à de nombreux interlocuteurs, nous souhaitons donc les remercier ici de manière officielle :

  • Noël Le Graët, maire de Guingamp de juin 1995 à mars 2008, qui a laissé s’installer dans sa ville la misère dont les logements insalubres en sont les plus belles illustrations ;
  • Annie Le Houérou, maire de Guingamp de mars 2008 à avril 2014, conseillère générale du canton auparavant (désormais sénatrice), qui n’a pas fait mieux que son mentor (cf. ci-dessus). Pire, elle n’a même voulu recevoir le représentant d’ALCHI à l’époque que dans un couloir, entre deux rendez-vous, sans aucune considération et de manière hautaine dont elle est coutumière. Son inaction a d’ailleurs été saluée par la remise du trophée d’insalubrité qu’elle doit conserver précieusement nous n’en doutons pas ;
  • Mention spéciale à la CAF et la MSA que nous considérons comme les grands argentiers des marchands de sommeil et loueurs de taudis, ne contrôlant aucun logement (notamment ceux concernant une demande de FSL, les plus à risque) lors de la mise en location : les propriétaires indélicats les remercient ;
  • L’ADIL et la Fondation Abbé Pierre qui, il y a environ 7 ans, ont organisé des journées de l’habitat indigne sans inviter ALCHI (sans doute sous pression de certains élus), alors que nous étions déjà largement dans la place, comme par exemple avec les caves de Saint-Brieuc (où les locataires ont été envoyés par ADALEA, une association financée en partie par nos impôts) ;
  • M. Martin, directeur régional de la Fondation Abbé Pierre, qui lors d’une visite courtoise a proposé de nous aider (subvention de 3000€ et permanence à Saint-Brieuc) en échange de complaisances avec les élus (qui seraient nos alliés), ce que vous imaginez bien nous avons refusé. Nous nous sommes d’ailleurs bien rendu compte que ces élus étaient loin d’être nos alliés, voire parfois de véritables obstacles ;
  • Un conseiller municipal de la communauté de communes de Guingamp, qui, accompagné de son fils, a cherché à nous mettre la pression par ses menaces non voilées : ça nous a motivé encore plus ;
  • Un gendarme de Guingamp qui est venu en toute illégalité menacer un locataire de représailles dans son appartement parce qu’il avait osé envoyer son propriétaire (un ami) devant le TI : SCI qui a depuis déposé les bilan après avoir perdu son procès ;
  • M. Kerlogot, alors conseiller départemental, qui nous avait eu un RDV le 05/12/2016 avec Mme Sylvie Guignard, dont nous attendons toujours les réponses à nos questions et propositions ;
  • M.Hamon, alors président de Guingamp Communauté, qui a été le premier élu à nous recevoir, mais que nous avons après retrouvé en tant que maire de Ploumagoar, et que nous avons dû envoyer au tribunal administratif pour qu’il respecte son obligation de faire afficher l’arrêté préfectoral d’un logement impropre à l’habitation (dans des caves) sur sa commune. Malheureusement depuis nous avons eu affaire à son successeur et ça ne semble pas partir dans la bonne direction non plus ;
  • M. Kerlogot encore, alors député de la circonscription, qui nous avait assuré qu’il soutiendrait un amendement pour ramener l’application du RSD au niveau de l’ARS (vu que les élus ne font rien) et que nous attendons toujours : sa victoire a été la mise en place d’un numéro vert qui renvoie vers l’ADIL… Sans parler des multiples rendez-vous où nous avons dû à chaque fois répéter la même chose et qui ont fini par nous lasser : bravo !
  • Guingamp Communauté à l’époque (2014), qui a mis en place un Comité de Lutte Contre l’Habitat Indigne qui pour nous n’a été qu’une façade pour éviter qu’il n’y ait trop de vagues à ce sujet lors des municipales de 2014. D’ailleurs, nous aimerions bien savoir ce qu’il est devenu et s’il a été transféré à GPA ;
  • M. Le Goff, maire de Guingamp actuel, digne héritier de ses mentors aussi, qui, même s’il nous avait paru convaincu lors de notre premier (et dernier rendez-vous) ne semble pas avoir le courage de ses ambitions ou avoir pris plutôt le parti de gentrifier la ville plutôt que de rendre les logements décents pour ceux qui la font vivre ;
  • La DT-ARS des Côtes d’Armor, qui, après le départ à la retraite de l’ancien technicien en charge de ces questions, est aux abonnées absentes et ne répond plus à nos sollicitations (pressions ?) ;
  • Tous les maires auxquels nous avons eu affaire, qui au mieux n’ont rien fait (ou à la marge) ou au pire nous ont insultés (« cassos », « parasite », « bon à rien »,…) et menacés ;
  • Au procureur de la République qui n’a pas voulu poursuivre les propriétaires dans les cas les plus graves, notamment quand des fausses déclarations à la CAF ont été établies ;
  • Les différents préfets qui se sont succédés et qui ne font pas respecter (contrôles) les arrêtés préfectoraux de logements insalubres ou impropres à l’habitation qu’ils prennent, ou qui se défilent dès que des propositions sont faites par le propriétaires sans en vérifier la pertinence ;
  • Guingamp-Paimpol Agglomération (GPA) qui, de source sûre, refuse la proposition de mettre en place un permis de louer sans doute pour des raisons électoralistes (ne pas froisser les propriétaires qui eux votent, et bien, à contrario des « cassos » qui ne votent pas ou mal) ;
  • GPA qui, de sources sûres, refuse de mettre en place un service d’hygiène pour contrôler les logements sous couvert de problèmes de financement alors que des solutions pour se financer et non appliquées chez nous existent : TLV/THLV, majoration de la taxe d’habitation pour les logements secondaires. Il suffit juste d’avoir une volonté politique, souvent en contradiction avec les contraintes électoralistes ;
  • La grande majorité des élus dont la seule ambition après avoir été élu est de marquer leur passage et préparer leur réélection si ce n’est passer un cran au dessus (département, région, Assemblée Nationale,…) ;
  • La très grande majorité des députés, sénateurs, conseillers départementaux et régionaux, pour leur inaction flagrante dans la lutte contre l’habitat indigne ;
  • La grande majorité des associations qui disent lutter contre l’habitat indigne mais demandent une cotisation avant de faire quoi que soit (subventions au nombre d’adhérents ?) : ce n’est pas le cas d’ALCHI (entièrement gratuite) et ça le restera ;
  • Enfin les rédacteurs en chef des journaux locaux qui, sous perfusion des subsides octroyés par les élus locaux, n’ont jamais lancé d’investigation poussée sur ce sujet pour aller chercher les responsabilités de tous dans ce fléau (politique, associatif, justice, représentants de l’état,…) et qui se cantonnent à relayer les articles qui font le buzz voire (on en a eu vent) à censurer des articles de leurs pigistes pour ne pas froisser les susceptibilités des élus.

Maintenant nous souhaitons remercier, sincèrement et profondément :

  • nos avocates (au TI et au TA) pour leur implication et le suivi méthodique des dossiers, ainsi que leur soutien ;
  • les locataires qui nous soutiennent même une fois leur procédure terminée ;
  • les donateurs, petits et grands, qui nous permettent d’aider les plus démunis : frais postaux, frais d’impression, matériel informatique, matériel de diagnostic, etc. ;
  • la CGT Guingamp avec qui les dossiers se regroupent parfois et qui nous soutient depuis quelques années maintenant ;
  • et bien évidemment nos quelques (sic) bénévoles !

Au vu de ces dix premières années il est évident que rien n’est réellement fait pour lutter contre le logement indigne (un numéro vert, sérieusement ?!), qu’il n’y a aucune volonté politique, que ce soit au niveau local comme au niveau national. Nous avons identifié un certain nombre de failles (et des propositions de solutions) et avons quand même réussi à faire bouger quelques lignes (par exemple avec la CAF/MSA) mais c’est loin d’être suffisant.

Bref, c’est un sujet qui n’intéresse pas grand monde (la société du spectacle est passée par là) mais ça touche plus de monde qu’on ne le pense. Un logement décent est un droit, et non une lubie ni un désir de privilégié, pour les locataires. Les propriétaires ont le devoir de louer un logement décent.

Il nous faut absolument traquer et combattre ceux qui louent des taudis pour se faire du fric sur le dos non seulement de ceux qui sont déjà dans la panade (c’est ça où tu dors à la rue) mais aussi des contribuables, parce que les FSL et APL sont de l’argent public : ce sont eux les parasites !

Nous aimerions sabrer le champagne mais nous n’avons pas les moyens et ce n’est pas dans nos habitudes, donc pour fêter ça nous avons gentiment préparé quelques assignations, notamment au TA, pour les mois à venir, maintenant qu’ALCHI peut le faire en son nom propre. S’il le faut nous irons chercher les responsabilités où elles sont. Et comme le montre le présent article, soyez assurés qu’aucune compromission ne sera tolérée.

Comme toujours, nous ne lâcherons rien ! À bon entendeur…

15 septembre 2021 par Alchi

Contact: 07 82 98 06 24

https://www.asso-alchi.org/

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17 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

résidences secondaires (bastamag)

maison

« La demande de résidences secondaires rend les logements inaccessibles pour l’immense majorité des habitants »

Pour limiter le nombre de résidences secondaires, qui exercent une pression croissante sur le prix de l’immobilier, un élu breton propose de mettre en place un statut de résident. Celui-ci existe déjà ailleurs en Europe. Entretien.

Basta ! : Nouvel élu à la région Bretagne, vous avez décidé de vous attaquer à la question des inégalités d’accès au logement, via la limitation des résidences secondaires. Pourquoi ?

Nil Caouissin [1] : Cela fait longtemps qu’il y a des résidences secondaires en Bretagne, mais aussi dans d’autres régions françaises et européennes, le phénomène n’est pas nouveau. Mais il a pris de l’ampleur ces dernières années, et cela s’est encore accentué avec la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus qui a déclenché des envies de campagne, sans que les gens ne décident pour autant de s’y installer.

Il s’agit plutôt de pied-à-terre où l’on vient de temps en temps ; en moyenne trois mois par an. Nous avons en région Bretagne 250 000 logements vides neuf mois sur douze (et 330 000 si l’on ajoute la Loire-Atlantique). Si tous ces logements étaient transformés en logement principal, on pourrait loger 500 000 personnes, soit une bonne partie des 800 000 nouveaux arrivants pressentis pour ces quinze prochaines années. Ce n’est pas anecdotique.

Quel est le « profil type » des résident secondaire ?

Ils sont plus âgés (61 % d’entre eux sont retraités) et plus riches que la moyenne des Français, avec des revenus 30 % plus élevés que ceux des propriétaires d’un seul logement. Au sein des ménages multipropriétaires (qui comportent aussi les propriétaires de logements locatifs), ce sont les résidents secondaires qui bénéficient des plus hauts revenus. Une large partie d’entre eux vit en région parisienne (32 %).

Cette croissance de la part de résidences secondaires – qui représentent jusqu’à 50 % des logements dans certaines communes du littoral – pose de vrais problèmes de « distorsion d’accès au logement », dites-vous. Pouvez-vous préciser ?

L’augmentation de la demande de résidences secondaires et les moyens que peuvent y mettre les acheteurs font réellement flamber les prix des logements qui deviennent inaccessibles aux classes moyennes et populaires, c’est-à-dire à l’immense majorité des habitants du pays.

Le cas le plus caricatural est celui de ces communes du golfe du Morbihan dont plus de 50 % des logements (voir plus de 70 % par endroits !) sont la propriété de résidents secondaires. Beaucoup de personnes travaillant sur les littoraux ne peuvent absolument pas s’y loger et il devient parfois difficile d’embaucher des salariés. Pour les saisons touristiques, mais pas seulement.

Le vieillissement de la population entraîne un besoin de services accru dans le secteur de la santé, parmi les auxiliaires de vie par exemple. Mais ces femmes sont souvent très mal payées et elles ne peuvent pas habiter près de leur lieu de travail. On est face à une situation très injuste : on fait venir des travailleurs sur un territoire où ils ne peuvent pas se loger décemment… alors que la moitié des maisons y sont vides ! Même des personnes avec des revenus moyens, voire plutôt favorisés, ne peuvent pas s’installer sur la côte. Il ne s’agit pas de dire que toutes les tensions sur le marché du logement dans les régions touristiques sont dues aux résidences secondaires, mais le fait est que partout où ces dernières sont concentrées, elles aggravent la situation.

Selon vous, la part croissante des résidences secondaires a aussi de graves conséquences écologiques. Lesquelles ?

La pression des résidences secondaires, nous l’avons dit, rend le marché de l’immobilier inabordable pour un grand nombre de foyers. Résultat : la seule solution pour permettre l’installation des jeunes, c’est la construction de logements neufs. On voit ainsi pousser sans cesse de nouveaux lotissements, qui ne sont pas là pour attirer de nouveaux habitants mais pour maintenir une population « à l’année ». En même temps, sans ces programmes de constructions nouvelles, l’éviction des classes moyennes et populaires serait encore plus forte. Mais on voit là que le taux élevé de résidences secondaires pousse indirectement à une surconsommation de foncier et de matériaux de construction.

Il faut également considérer l’enjeu de la sécurité alimentaire, puisque ce sont pour l’essentiel des terres agricoles qui sont consommées pour l’urbanisation. Autre problème : avec l’éloignement des actifs de la côte, on a un allongement des distances domicile-travail qui entraîne une consommation accrue de carburant. Cela plombe les budgets tout en participant au réchauffement climatique et à la pollution de l’air.

Vous évoquez un « ressentiment » provoqué par cette prise de contrôle inégalitaire de certains territoires. C’est-à-dire ?

Il y a toujours eu un peu de ressentiment vis-à-vis des résidents secondaires quand ils deviennent majoritaires. Mais quand il y a une explosion des prix avec des personnes qui ne peuvent plus se loger, cela crée réellement de la colère. Le risque, c’est d’avoir une opposition forte entre plusieurs catégories de la population. Typiquement entre anciens résidents et nouveaux arrivants. Avant que la société ne soit trop fragmentée, il faut une réponse politique forte.

L’enjeu n’est pas de chercher à « moraliser » les résidents secondaires, mais bien de trouver une réponse politique à un problème politique : ce sont les règles du jeu économique qui posent problème en permettant de tels niveaux d’inégalités entre personnes et entre territoires, et en laissant des actions individuelles en apparence anodines aboutir par l’effet de masse à des situations intenables. C’est en modifiant ces règles collectives que les problèmes seront résolus.

Pour réglementer l’accès au logement, politique que vous jugez indispensable, l’outil fiscal ne vous semble pas convaincant. Pourquoi ?

C’est un outil qui peut être intéressant, mais qu’il faut utiliser finement et pas tout seul. Je m’explique : les riches peuvent payer des taxes, et même des surtaxes, davantage que la moyenne de la population. Si la taxation est uniforme elle va retomber sur les moins fortunés qui risquent de vendre aux plus fortunés sans mettre fin pour autant au phénomène des résidences secondaires vides neuf mois sur douze. La surtaxe, si l’on y tient, devrait être modulée en fonction de deux critères : la richesse des propriétaires et la localisation de la résidence (certains territoires subissant une pression plus forte que d’autres).

On peut dire la même chose pour le taux maximum de résidences secondaires, adopté en Suisse par exemple ou dans le Tyrol autrichien. Cela peut permettre de limiter la construction de nouvelles résidences secondaires, mais cela ne suffit pas à enrayer le phénomène.

Vous défendez la création d’un statut de résident, qui réserverait l’achat de logement aux personnes vivant dans telle ou telle commune tout au long de l’année. Vous expliquez que l’on interviendrait ainsi « à la racine en bloquant l’essentiel du potentiel spoliateur du marché ». Pouvez-vous préciser ?

Le principe est simple : seuls les résidents permanents du territoire peuvent acheter ! La possibilité d’acheter un bien immobilier serait donc réservée aux habitants de tel ou tel territoire, ou, dans une version extrême, de la commune, ce qui impose de définir le temps de résidence nécessaire pour bénéficier du droit d’achat ; un an serait bien je pense. Une partie du stock de résidences secondaires passerait progressivement et sans doute assez rapidement vers la résidence principale, à un prix par ailleurs réduit pour les acheteurs [2].

Dans le détail, il faut préciser le dispositif et souligner les enjeux de certains ajustements. Pas question, par exemple, de faire un statut de résident régional car beaucoup de résidences secondaires sont aussi possédées par des Bretons. De plus, il existe des territoires où il y a peu d’acheteurs et où le statut de résident n’est donc pas nécessaire. Il pourrait même être contre-productif, avec un risque de voir plus de logements vacants et de paupériser les personnes qui comptent sur la vente de leur maison pour payer leur Ehpad par exemple (reste à voir quel est l’impact à moyen terme de la crise Covid sur les territoires où l’immobilier n’était pas tendu jusqu’à présent). C’est un principe qu’il faudrait appliquer finement, au plus près des territoires, mais qui pourrait-être très efficace.

Pourquoi serait-il si efficace pour résoudre les problèmes d’inégalités d’accès au logement ?

Parce que la baisse de la demande entraînerait mécaniquement une baisse des prix. En revanche, la baisse du taux de résidences secondaires serait plus lente que la baisse des prix puisque personne ne serait exproprié. Les résidences se libéreraient donc au fur et à mesure qu’elles seraient mises en vente. Autre avantage de cette mesure : un effet indirect sur le prix des locations. Pourquoi ? Parce que quand on achète un bien cher, on le loue cher pour le rembourser. On peut donc supposer que les loyers baisseront. Ensuite, les gens qui veulent acheter mais qui ne peuvent pas pourront à nouveau le faire et ils libéreront des locations. La baisse de la pression sur les logements locatifs pourrait également faire baisser les prix.

Des dizaines de milliers de personnes — voir des centaines de milliers en cas d’application massive — accéderaient à un logement bon marché (ou au moins plus accessible qu’aujourd’hui), se rapprocheraient de leur lieu de travail, agrandiraient la surface disponible pour leur famille, accéderaient à un jardin… sans construction supplémentaire, donc sans extraction de matériaux et sans consommation de foncier agricole. Des communes revivraient. Les déplacements domicile-travail seraient réduits sur les côtes et jusqu’à trente kilomètres dans l’intérieur des terres, d’où un bénéfice écologique et économique évident.

Est-ce que cela ne va pas freiner les nouvelles arrivées ?

Pas du tout. Il sera toujours possible de venir vivre en Bretagne pour quelqu’un venant de Paris, de Berlin ou de Ouagadougou. Simplement, il faudra attendre un certain temps (je suggère un an) avant d’acheter, ce qui pour un futur résident permanent n’est pas forcément une mauvaise affaire, car le temps ainsi passé en location permet de se faire une meilleure idée de la situation locale avant d’acheter. Je pense que cela crée plutôt de nouvelles opportunités pour les nouveaux arrivants qui veulent s’installer. Aujourd’hui, si vous n’avez pas de hauts revenus ou que vous n’avez pas vendu de bien avant de venir vivre en Bretagne, c’est très compliqué de s’installer.

Cela signerait par contre la fin de la possibilité d’acquérir une résidence secondaire. Est-ce qu’il n’y a pas là une restriction des libertés ?

On ne l’interdit pas directement mais, de fait, il devient impossible d’acquérir une résidence secondaire si on n’habite pas sur place. Il y a effectivement une restriction de la liberté de ceux qui peuvent acheter ce qu’ils veulent, où ils veulent, quand ils veulent. Mais pour la majorité des gens, qui n’ont pas les moyens d’être multipropriétaires, c’est au contraire un gain de liberté. C’est évidemment un débat de classe. Les personnes qui peuvent faire ce qu’elles veulent ne voient pas forcément le problème.

N’est-ce pas injuste pour les futurs vendeurs ?

Il est vrai que dans les endroits où le statut de résident s’appliquerait, les prix baisseraient certainement puisque la demande serait réduite. C’est d’ailleurs l’objectif. Certains vendeurs trouveraient cela injuste. S’ils comptent racheter dans le même périmètre, il n’y aura pas vraiment de problème car la perte de valeur du bien à la vente sera compensée par la baisse du prix du nouveau logement acheté. Si en revanche ils comptent racheter ailleurs, ou faire autre chose du produit de la vente, ils pourront effectivement éprouver un sentiment d’injustice. Mais ce problème est à mettre en balance avec l’injustice plus grande du statu quo, et avec les enjeux que nous avons évoqués : sécurité alimentaire, préservation d’espaces naturels, lutte contre le changement climatique.

Ce statut de résident existe-il déjà ailleurs en France ou en Europe ? Comment imaginez-vous qu’il pourrait être mis en place ?

Il fait débat en Corse. Et il a d’ores et déjà été mis en place dans la province autonome de Bolzano en Italie, ainsi que sur l’Archipel de Aland en Finlande (où il faut avoir résidé cinq ans avant de devenir propriétaire !). Il n’y a pas eu d’intervention de l’Union européenne (UE) pour bloquer le statut, cela n’a donc pas été jugé comme attentatoire aux principes fondamentaux de l’UE. Précisons qu’il ne s’agit pas de mettre en place ce statut partout mais seulement sur les territoires en tension.

Il est évident qu’aucune majorité politique au pouvoir dans les régions françaises (PS/LREM/LR) ne portera ce projet. Cela touche à des points idéologiques trop compliqués sur la propriété privée et le libre marché. La première chose à construire, c’est donc un mouvement populaire qui fasse pression sur les élus. Beaucoup de collectifs luttent déjà pour l’accès au logement. Il faudrait aussi nouer des alliances avec d’autres régions en France et en Europe ; car le problème des résidences secondaires ne touche pas que la Bretagne, loin s’en faut. D’autant que l’on peut le relier au problème des locations touristiques de courte durée type Airbnb. Un certain nombre de résidents secondaires louent leur logement de vacances pour des courtes durées de façon à le rentabiliser.

Après, il faudra nécessairement passer par l’Assemblée nationale pour changer les lois ou en instaurer de nouvelles car aucune commune ni région n’a le pouvoir d’instaurer ce statut. Ce qui est possible en revanche c’est de l’expérimenter. On peut en effet tester un dispositif sur un territoire pour un temps donné. Il reste toujours nécessaire de le demander à l’État mais les blocages seraient moindres que pour une loi nouvelle. C’est par là qu’il faut commencer je pense, pour affiner le projet avant de se lancer dans une grande bataille politique qui sera sans doute difficile.

Propos recueillis par Nolwenn Weiler 15 juillet 2021

https://www.bastamag.net/

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02 juin 2021 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

dal

Un toit, c’est plus que jamais un droit !

Après une prolongation concédée par le pouvoir pour cause de pandémie, la trêve hivernale s’est achevée ce lundi 31 mai. Les expulsions locatives vont donc pouvoir reprendre… La question du logement reste un véritable scandale qui met en relief les inégalités générées par un système incapable de répondre aux besoins fondamentaux de la population.

Des chiffres criminels

On pouvait s’en douter, et l’association Droit au logement (DAL) et la Fondation Abbé Pierre le confirment : la crise sanitaire a fragilisé la catégorie la plus précaire de la population, au niveau de l’emploi et des revenus, et donc aussi sur le terrain du logement.

Ainsi, 30 000 locataires sont aujourd’hui menacés d’expulsion, ce qui touche plus de 60 000 personnes. Deux fois plus qu’avant le début de la pandémie, parmi lesquelles beaucoup de prioritaires DALO en attente d’un relogement par le Préfet… Et 130 000 familles ont reçu un jugement d’expulsion leur ordonnant de quitter leur logement.

Pourtant, si on est sans logis, les chiffres sont sans appel : on meurt en moyenne à 40 ans, avec une espérance de vie de quinze ans… Quand on sait que la France est un pays riche qui compte actuellement 3,1 millions de logements vides, ne rien faire est tout simplement criminel !

Macron et sa politique expulsent

Au vu du contexte économique et sanitaire, les associations qui se battent au quotidien pour le droit au logement ont logiquement demandé la prolongation de la trêve hivernale jusqu’à la fin de l’année.

Mais la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, l’a dit tout net : il n’y aura pas d’« année blanche » en ce qui concerne les expulsions. Tout au plus, la macroniste de promettre « un relogement ou un hébergement à chaque personne concernée et dindemniser les propriétaires quand nous nexpulsons pas tout de suite »… Si on ne doute pas que les propriétaires seront indemnisés, on peut douter de la réalité de la politique de relogement du gouvernement.

Il faut dire qu’en la matière, la politique du pouvoir peut se résumer à une série de décisions significatives : baisse des APL, réduction des aides à la construction de logements sociaux, mesures encourageant la spéculation immobilière, développement des grands projets socialement inutiles et financièrement coûteux (JO 2024, ANRU…), agression et démantèlement des campements de sans-logis (en particulier ceux occupés par des migrantEs)…

Stoppons les expulsions, réquisition !

Dimanche dernier à Paris, entre 2 000 et 3 000 manifestantEs — personnes mal logées, migrantEs sans-abris, militantEs de la solidarité — ont pris la rue pour défendre le droit au logement contre la reprise des expulsions locatives. Dans la foulée, une occupation réunissant plusieurs centaines de personnes a eu lieu dans le 10e arrondissement, laissées sans solution après la « prise en charge » de centaines d’autres par la préfecture.

Avec elles et eux, nous pensons qu’il est urgent de défendre un toit pour touTEs, un besoin vital au même titre que pouvoir se nourrir, se soigner ou s’habiller. Cela passe d’abord la réquisition des logements et immeubles de bureaux inoccupés depuis deux ans grâce par la stricte application de la loi.

Il faut aussi construire 200 000 logements sociaux par an et augmenter le budget public consacré au logement. Stop aux ventes des logements HLM, pour la renationalisation des sociétés HLM !

Exigeons le blocage des loyers, pour aller vers des loyers ne devant pas dépasser 20 % du revenu ! Enfin, en ce qui concernent les décisions de constructions ou les attributions, c’est à la population de contrôler ses besoins et de décider, pas à ce pouvoir criminel !

Mardi 1er juin 2021

https://lanticapitaliste.org/

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19 avril 2021 ~ 0 Commentaire

saragosse (courrier inter)

cartons

À Saragosse, un syndicat créé pour les sans-abri

Inédite en Espagne, la structure disposant d’un statut juridique veut négocier l’accès à des bâtiments vides de la capitale aragonaise pour y loger des SDF. Comme l’observe le quotidien espagnol Público, classé à gauche, le phénomène d’exclusion s’est accentué avec la pandémie dans le pays.

À Saragosse, les SDF s’unissent autour d’un syndicat. Une trentaine de militants et simples citoyens ont créé un “Sindicato de Personas Sin Hogar” (“Syndicat des sans-abri”) dans la capitale de la région autonome d’Aragon, au nord de l’Espagne.

La structure, qui disposera d’un statut juridique – une première dans le pays –, doit “devenir un interlocuteur pour négocier l’accès aux bâtiments vides de la ville afin d’y loger des sans-abri”, révèle le quotidien de gauche Público.

Le syndicat souhaite épauler, entre autres, les banques alimentaires ou la Croix-Rouge, qui distribuent des repas aux SDF de la ville, leur fournissent des conseils juridiques et luttent pour qu’ils accèdent à un logement décent.

Avec plus de 680 000 habitants, Saragosse est la cinquième ville la plus peuplée d’Espagne. Mais sous l’effet de la pandémie, “parallèlement à l’accroissement de la pauvreté”, le nombre de SDF a explosé, passant d’“une centaine avant la pandémie” à 300 personnes désormais.

Le phénomène d’exclusion propre à toute l’Espagne

D’après l’un des créateurs du syndicat, il y a même “beaucoup plus de personnes qui vivent dans des logements indignes” dans la ville. Selon Público :

Une partie de ces sans-abri obtiennent de la nourriture grâce aux réseaux d’entraide dans les quartiers, auxquels viennent s’ajouter des initiatives comme celle du centre social.”

“Aux difficultés économiques générées par la crise sanitaire s’ajoutent certains problèmes spécifiques à l’Aragon”, développe le journal basé à Madrid. Chiffres officiels à l’appui, il explique par exemple que les expulsions de logement continuent “malgré les moratoires décrétés par le gouvernement espagnol”.

L’aggravation du phénomène d’exclusion n’est pas propre à l’Aragon et se retrouve dans plusieurs villes et régions autonomes espagnoles. Le syndicat saragossan s’inspire par exemple d’une expérience similaire menée à Barcelone – qui ne dispose toutefois pas de statut juridique. La plus grande ville de Catalogne est particulièrement touchée par la crise puisque le nombre de sans-abri y a augmenté de 22 % durant la pandémie.

19/04/2021

https://www.courrierinternational.com/

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17 avril 2021 ~ 0 Commentaire

berlin (pùblico)

dal

Des milliers de Berlinois protestent contre l’abrogation du plafonnement des loyers.

L’arrêt de la Cour constitutionnelle ouvre la possibilité aux propriétaires de réclamer des loyers de manière rétroactive.

Des milliers de manifestants (environ 10 000, selon le radiodiffuseur public Rbb) sont descendus dans les rues de Berlin jeudi pour protester contre la décision de la Cour constitutionnelle qui annule la loi du gouvernement régional qui a gelé les prix des loyers.

Les manifestants, regroupés en collectifs contre la spéculation immobilière, portaient des banderoles contre la « folie des loyers » payés dans la capitale allemande et la décision du tribunal, basé à Karlsruhe (ouest de l’Allemagne), en réponse à la plainte déposée par des députés conservateurs et libéraux du Bundestag (parlement fédéral).

La décision du TC annule l’initiative du tripartisme du Land de Berlin, dirigé par le maire social-démocrate Michael Müller, avec les Verts et la gauche « Die Linke » comme alliés. La loi est entrée en vigueur en février dernier et l’arrêt de jeudi ouvre la possibilité aux propriétaires, qu’il s’agisse de particuliers ou de grandes sociétés immobilières, de réclamer des loyers avec effet rétroactif.

La marche a traversé le quartier populeux de Neuköln, entourée d’un puissant dispositif policier. Un groupe d’environ 400 personnes s’est détaché de la manifestation, déjà pratiquement dissoute, et il y a eu des altercations avec la police, entre des jets d’objets contre les agents et quelques charges par les forces de sécurité.

Le TC allemand a abattu jeudi l’initiative de la tripartite de gauche qui gouverne la ville-état de Berlin pour stopper la hausse des loyers en fixant à partir de 2020 un plafond aux prix.

La haute cour a estimé qu’étant donné que l’autorité fédérale a déjà légiféré en 2015 sur l’endiguement de la hausse des loyers, un Land n’est pas compétent en la matière et met fin à une tentative d’arrêter la spirale des prix à Berlin qui méritait l’attention internationale.

L’initiative de Berlin s’est heurtée à l’opposition de 284 membres du Bundestag (chambre basse du Parlement allemand) appartenant aux partis conservateurs CDU et CSU, ainsi qu’au parti libéral FDP et à deux organismes civils berlinois, qui ont demandé à la Cour constitutionnelle de clarifier la règle.

La décision de la tripartite de Berlin visait à contrôler la hausse exorbitante des prix des loyers à Berlin, était unique dans le pays et son champ d’application était initialement limité à 2025.

Les partis d’opposition du Land de Berlin, conservateurs et libéraux, avaient déjà fait remarquer que la loi pouvait être illégale car ils la considéraient comme une ingérence dans la propriété privée et, comme l’a maintenant décrété la Cour constitutionnelle, pour avoir empiété sur les pouvoirs du gouvernement central en matière de loyers.

Cependant, la tripartite de Berlin s’est montrée confiante quant à la capacité de la loi à surmonter toute contestation devant les tribunaux.

Les loyers dans la capitale ont doublé au cours de la dernière décennie en raison de l’attrait croissant de Berlin, de la baisse des taux d’intérêt, de la bonne situation économique en Allemagne, du manque de flexibilité du secteur de la construction pour répondre à la demande et de la spéculation.

Berlin était traditionnellement une ville où les loyers étaient bas par rapport au reste du pays, mais depuis qu’elle a retrouvé son statut de capitale allemande, après la réunification du pays en 1990, les prix ont commencé à augmenter pour atteindre des niveaux similaires à ceux des autres grands centres urbains.

Ces dernières années, cette évolution est montée en flèche, tant pour les logements locatifs que pour les biens immobiliers : entre 2011 et 2016, on estime qu’ils ont augmenté de 40 % et la hausse a été de 20 % par an au cours des deux années précédant l’entrée en vigueur du plafonnement sur lequel s’est prononcée ce jeudi la Cour constitutionnelle.

berlín 16/04/2021

https://www.publico.es/

Lire aussi:

Berlin: la Constitution et les tribunaux ne protègent que le capital !

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