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16 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

10 ans! (alchi )

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ALCHI a 10 ans !

Très sincèrement, nous aurions aimé ne pas fêter cet anniversaire, mais l’inefficacité des institutions et des élus en a voulu autrement…

ALCHI est née officiellement le 13/08/2011 suite aux inondations de taudis loués par un certain M. M., artisan ayant pignon sur rue dans la région de Guingamp, quartier Sainte-Croix à Guingamp. S’en suit alors un périple rocambolesque, au sein du département des Côtes d’Armor, dans le monde des marchands de sommeil et autres loueurs de taudis.

Il y a dix ans ALCHI revendiquait haut et fort le logement décent pour tous.

ALCHI a gravé dans son ADN qu’il n’y aurait aucune négociation, aucun compromis ni aucun arrangement avec les loueurs de taudis et marchands de sommeil et que tout se réglerait devant les tribunaux. Cela est toujours d’actualité !

ALCHI, envers et et contre tout (et tous), c’est au bout de 10 ans :

  • 131 interventions sur le département ;
  • 52 affaires d’accompagnement aux tribunaux d’instance et administratif ;
  • 24 arrêtés préfectoraux (insalubrité et logement impropre à l’habitation) ;
  • 9 négociations directes avec les propriétaires.

Il est à noter que dans 90% des affaires une demande de FSL avait été effectuée, parfois en indiquant même que le logement était indécent : que font la CAF et la MSA !? Dans certains cas également nous sommes intervenus dans des logements conventionnés, bien évidemment non contrôlés, sans parler non plus des logements loués sans aucun scrupule par certaines agences immobilières

Au cours de ces dix années nous avons eu affaire à de nombreux interlocuteurs, nous souhaitons donc les remercier ici de manière officielle :

  • Noël Le Graët, maire de Guingamp de juin 1995 à mars 2008, qui a laissé s’installer dans sa ville la misère dont les logements insalubres en sont les plus belles illustrations ;
  • Annie Le Houérou, maire de Guingamp de mars 2008 à avril 2014, conseillère générale du canton auparavant (désormais sénatrice), qui n’a pas fait mieux que son mentor (cf. ci-dessus). Pire, elle n’a même voulu recevoir le représentant d’ALCHI à l’époque que dans un couloir, entre deux rendez-vous, sans aucune considération et de manière hautaine dont elle est coutumière. Son inaction a d’ailleurs été saluée par la remise du trophée d’insalubrité qu’elle doit conserver précieusement nous n’en doutons pas ;
  • Mention spéciale à la CAF et la MSA que nous considérons comme les grands argentiers des marchands de sommeil et loueurs de taudis, ne contrôlant aucun logement (notamment ceux concernant une demande de FSL, les plus à risque) lors de la mise en location : les propriétaires indélicats les remercient ;
  • L’ADIL et la Fondation Abbé Pierre qui, il y a environ 7 ans, ont organisé des journées de l’habitat indigne sans inviter ALCHI (sans doute sous pression de certains élus), alors que nous étions déjà largement dans la place, comme par exemple avec les caves de Saint-Brieuc (où les locataires ont été envoyés par ADALEA, une association financée en partie par nos impôts) ;
  • M. Martin, directeur régional de la Fondation Abbé Pierre, qui lors d’une visite courtoise a proposé de nous aider (subvention de 3000€ et permanence à Saint-Brieuc) en échange de complaisances avec les élus (qui seraient nos alliés), ce que vous imaginez bien nous avons refusé. Nous nous sommes d’ailleurs bien rendu compte que ces élus étaient loin d’être nos alliés, voire parfois de véritables obstacles ;
  • Un conseiller municipal de la communauté de communes de Guingamp, qui, accompagné de son fils, a cherché à nous mettre la pression par ses menaces non voilées : ça nous a motivé encore plus ;
  • Un gendarme de Guingamp qui est venu en toute illégalité menacer un locataire de représailles dans son appartement parce qu’il avait osé envoyer son propriétaire (un ami) devant le TI : SCI qui a depuis déposé les bilan après avoir perdu son procès ;
  • M. Kerlogot, alors conseiller départemental, qui nous avait eu un RDV le 05/12/2016 avec Mme Sylvie Guignard, dont nous attendons toujours les réponses à nos questions et propositions ;
  • M.Hamon, alors président de Guingamp Communauté, qui a été le premier élu à nous recevoir, mais que nous avons après retrouvé en tant que maire de Ploumagoar, et que nous avons dû envoyer au tribunal administratif pour qu’il respecte son obligation de faire afficher l’arrêté préfectoral d’un logement impropre à l’habitation (dans des caves) sur sa commune. Malheureusement depuis nous avons eu affaire à son successeur et ça ne semble pas partir dans la bonne direction non plus ;
  • M. Kerlogot encore, alors député de la circonscription, qui nous avait assuré qu’il soutiendrait un amendement pour ramener l’application du RSD au niveau de l’ARS (vu que les élus ne font rien) et que nous attendons toujours : sa victoire a été la mise en place d’un numéro vert qui renvoie vers l’ADIL… Sans parler des multiples rendez-vous où nous avons dû à chaque fois répéter la même chose et qui ont fini par nous lasser : bravo !
  • Guingamp Communauté à l’époque (2014), qui a mis en place un Comité de Lutte Contre l’Habitat Indigne qui pour nous n’a été qu’une façade pour éviter qu’il n’y ait trop de vagues à ce sujet lors des municipales de 2014. D’ailleurs, nous aimerions bien savoir ce qu’il est devenu et s’il a été transféré à GPA ;
  • M. Le Goff, maire de Guingamp actuel, digne héritier de ses mentors aussi, qui, même s’il nous avait paru convaincu lors de notre premier (et dernier rendez-vous) ne semble pas avoir le courage de ses ambitions ou avoir pris plutôt le parti de gentrifier la ville plutôt que de rendre les logements décents pour ceux qui la font vivre ;
  • La DT-ARS des Côtes d’Armor, qui, après le départ à la retraite de l’ancien technicien en charge de ces questions, est aux abonnées absentes et ne répond plus à nos sollicitations (pressions ?) ;
  • Tous les maires auxquels nous avons eu affaire, qui au mieux n’ont rien fait (ou à la marge) ou au pire nous ont insultés (« cassos », « parasite », « bon à rien »,…) et menacés ;
  • Au procureur de la République qui n’a pas voulu poursuivre les propriétaires dans les cas les plus graves, notamment quand des fausses déclarations à la CAF ont été établies ;
  • Les différents préfets qui se sont succédés et qui ne font pas respecter (contrôles) les arrêtés préfectoraux de logements insalubres ou impropres à l’habitation qu’ils prennent, ou qui se défilent dès que des propositions sont faites par le propriétaires sans en vérifier la pertinence ;
  • Guingamp-Paimpol Agglomération (GPA) qui, de source sûre, refuse la proposition de mettre en place un permis de louer sans doute pour des raisons électoralistes (ne pas froisser les propriétaires qui eux votent, et bien, à contrario des « cassos » qui ne votent pas ou mal) ;
  • GPA qui, de sources sûres, refuse de mettre en place un service d’hygiène pour contrôler les logements sous couvert de problèmes de financement alors que des solutions pour se financer et non appliquées chez nous existent : TLV/THLV, majoration de la taxe d’habitation pour les logements secondaires. Il suffit juste d’avoir une volonté politique, souvent en contradiction avec les contraintes électoralistes ;
  • La grande majorité des élus dont la seule ambition après avoir été élu est de marquer leur passage et préparer leur réélection si ce n’est passer un cran au dessus (département, région, Assemblée Nationale,…) ;
  • La très grande majorité des députés, sénateurs, conseillers départementaux et régionaux, pour leur inaction flagrante dans la lutte contre l’habitat indigne ;
  • La grande majorité des associations qui disent lutter contre l’habitat indigne mais demandent une cotisation avant de faire quoi que soit (subventions au nombre d’adhérents ?) : ce n’est pas le cas d’ALCHI (entièrement gratuite) et ça le restera ;
  • Enfin les rédacteurs en chef des journaux locaux qui, sous perfusion des subsides octroyés par les élus locaux, n’ont jamais lancé d’investigation poussée sur ce sujet pour aller chercher les responsabilités de tous dans ce fléau (politique, associatif, justice, représentants de l’état,…) et qui se cantonnent à relayer les articles qui font le buzz voire (on en a eu vent) à censurer des articles de leurs pigistes pour ne pas froisser les susceptibilités des élus.

Maintenant nous souhaitons remercier, sincèrement et profondément :

  • nos avocates (au TI et au TA) pour leur implication et le suivi méthodique des dossiers, ainsi que leur soutien ;
  • les locataires qui nous soutiennent même une fois leur procédure terminée ;
  • les donateurs, petits et grands, qui nous permettent d’aider les plus démunis : frais postaux, frais d’impression, matériel informatique, matériel de diagnostic, etc. ;
  • la CGT Guingamp avec qui les dossiers se regroupent parfois et qui nous soutient depuis quelques années maintenant ;
  • et bien évidemment nos quelques (sic) bénévoles !

Au vu de ces dix premières années il est évident que rien n’est réellement fait pour lutter contre le logement indigne (un numéro vert, sérieusement ?!), qu’il n’y a aucune volonté politique, que ce soit au niveau local comme au niveau national. Nous avons identifié un certain nombre de failles (et des propositions de solutions) et avons quand même réussi à faire bouger quelques lignes (par exemple avec la CAF/MSA) mais c’est loin d’être suffisant.

Bref, c’est un sujet qui n’intéresse pas grand monde (la société du spectacle est passée par là) mais ça touche plus de monde qu’on ne le pense. Un logement décent est un droit, et non une lubie ni un désir de privilégié, pour les locataires. Les propriétaires ont le devoir de louer un logement décent.

Il nous faut absolument traquer et combattre ceux qui louent des taudis pour se faire du fric sur le dos non seulement de ceux qui sont déjà dans la panade (c’est ça où tu dors à la rue) mais aussi des contribuables, parce que les FSL et APL sont de l’argent public : ce sont eux les parasites !

Nous aimerions sabrer le champagne mais nous n’avons pas les moyens et ce n’est pas dans nos habitudes, donc pour fêter ça nous avons gentiment préparé quelques assignations, notamment au TA, pour les mois à venir, maintenant qu’ALCHI peut le faire en son nom propre. S’il le faut nous irons chercher les responsabilités où elles sont. Et comme le montre le présent article, soyez assurés qu’aucune compromission ne sera tolérée.

Comme toujours, nous ne lâcherons rien ! À bon entendeur…

15 septembre 2021 par Alchi

Contact: 07 82 98 06 24

https://www.asso-alchi.org/

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17 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

résidences secondaires (bastamag)

maison

« La demande de résidences secondaires rend les logements inaccessibles pour l’immense majorité des habitants »

Pour limiter le nombre de résidences secondaires, qui exercent une pression croissante sur le prix de l’immobilier, un élu breton propose de mettre en place un statut de résident. Celui-ci existe déjà ailleurs en Europe. Entretien.

Basta ! : Nouvel élu à la région Bretagne, vous avez décidé de vous attaquer à la question des inégalités d’accès au logement, via la limitation des résidences secondaires. Pourquoi ?

Nil Caouissin [1] : Cela fait longtemps qu’il y a des résidences secondaires en Bretagne, mais aussi dans d’autres régions françaises et européennes, le phénomène n’est pas nouveau. Mais il a pris de l’ampleur ces dernières années, et cela s’est encore accentué avec la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus qui a déclenché des envies de campagne, sans que les gens ne décident pour autant de s’y installer.

Il s’agit plutôt de pied-à-terre où l’on vient de temps en temps ; en moyenne trois mois par an. Nous avons en région Bretagne 250 000 logements vides neuf mois sur douze (et 330 000 si l’on ajoute la Loire-Atlantique). Si tous ces logements étaient transformés en logement principal, on pourrait loger 500 000 personnes, soit une bonne partie des 800 000 nouveaux arrivants pressentis pour ces quinze prochaines années. Ce n’est pas anecdotique.

Quel est le « profil type » des résident secondaire ?

Ils sont plus âgés (61 % d’entre eux sont retraités) et plus riches que la moyenne des Français, avec des revenus 30 % plus élevés que ceux des propriétaires d’un seul logement. Au sein des ménages multipropriétaires (qui comportent aussi les propriétaires de logements locatifs), ce sont les résidents secondaires qui bénéficient des plus hauts revenus. Une large partie d’entre eux vit en région parisienne (32 %).

Cette croissance de la part de résidences secondaires – qui représentent jusqu’à 50 % des logements dans certaines communes du littoral – pose de vrais problèmes de « distorsion d’accès au logement », dites-vous. Pouvez-vous préciser ?

L’augmentation de la demande de résidences secondaires et les moyens que peuvent y mettre les acheteurs font réellement flamber les prix des logements qui deviennent inaccessibles aux classes moyennes et populaires, c’est-à-dire à l’immense majorité des habitants du pays.

Le cas le plus caricatural est celui de ces communes du golfe du Morbihan dont plus de 50 % des logements (voir plus de 70 % par endroits !) sont la propriété de résidents secondaires. Beaucoup de personnes travaillant sur les littoraux ne peuvent absolument pas s’y loger et il devient parfois difficile d’embaucher des salariés. Pour les saisons touristiques, mais pas seulement.

Le vieillissement de la population entraîne un besoin de services accru dans le secteur de la santé, parmi les auxiliaires de vie par exemple. Mais ces femmes sont souvent très mal payées et elles ne peuvent pas habiter près de leur lieu de travail. On est face à une situation très injuste : on fait venir des travailleurs sur un territoire où ils ne peuvent pas se loger décemment… alors que la moitié des maisons y sont vides ! Même des personnes avec des revenus moyens, voire plutôt favorisés, ne peuvent pas s’installer sur la côte. Il ne s’agit pas de dire que toutes les tensions sur le marché du logement dans les régions touristiques sont dues aux résidences secondaires, mais le fait est que partout où ces dernières sont concentrées, elles aggravent la situation.

Selon vous, la part croissante des résidences secondaires a aussi de graves conséquences écologiques. Lesquelles ?

La pression des résidences secondaires, nous l’avons dit, rend le marché de l’immobilier inabordable pour un grand nombre de foyers. Résultat : la seule solution pour permettre l’installation des jeunes, c’est la construction de logements neufs. On voit ainsi pousser sans cesse de nouveaux lotissements, qui ne sont pas là pour attirer de nouveaux habitants mais pour maintenir une population « à l’année ». En même temps, sans ces programmes de constructions nouvelles, l’éviction des classes moyennes et populaires serait encore plus forte. Mais on voit là que le taux élevé de résidences secondaires pousse indirectement à une surconsommation de foncier et de matériaux de construction.

Il faut également considérer l’enjeu de la sécurité alimentaire, puisque ce sont pour l’essentiel des terres agricoles qui sont consommées pour l’urbanisation. Autre problème : avec l’éloignement des actifs de la côte, on a un allongement des distances domicile-travail qui entraîne une consommation accrue de carburant. Cela plombe les budgets tout en participant au réchauffement climatique et à la pollution de l’air.

Vous évoquez un « ressentiment » provoqué par cette prise de contrôle inégalitaire de certains territoires. C’est-à-dire ?

Il y a toujours eu un peu de ressentiment vis-à-vis des résidents secondaires quand ils deviennent majoritaires. Mais quand il y a une explosion des prix avec des personnes qui ne peuvent plus se loger, cela crée réellement de la colère. Le risque, c’est d’avoir une opposition forte entre plusieurs catégories de la population. Typiquement entre anciens résidents et nouveaux arrivants. Avant que la société ne soit trop fragmentée, il faut une réponse politique forte.

L’enjeu n’est pas de chercher à « moraliser » les résidents secondaires, mais bien de trouver une réponse politique à un problème politique : ce sont les règles du jeu économique qui posent problème en permettant de tels niveaux d’inégalités entre personnes et entre territoires, et en laissant des actions individuelles en apparence anodines aboutir par l’effet de masse à des situations intenables. C’est en modifiant ces règles collectives que les problèmes seront résolus.

Pour réglementer l’accès au logement, politique que vous jugez indispensable, l’outil fiscal ne vous semble pas convaincant. Pourquoi ?

C’est un outil qui peut être intéressant, mais qu’il faut utiliser finement et pas tout seul. Je m’explique : les riches peuvent payer des taxes, et même des surtaxes, davantage que la moyenne de la population. Si la taxation est uniforme elle va retomber sur les moins fortunés qui risquent de vendre aux plus fortunés sans mettre fin pour autant au phénomène des résidences secondaires vides neuf mois sur douze. La surtaxe, si l’on y tient, devrait être modulée en fonction de deux critères : la richesse des propriétaires et la localisation de la résidence (certains territoires subissant une pression plus forte que d’autres).

On peut dire la même chose pour le taux maximum de résidences secondaires, adopté en Suisse par exemple ou dans le Tyrol autrichien. Cela peut permettre de limiter la construction de nouvelles résidences secondaires, mais cela ne suffit pas à enrayer le phénomène.

Vous défendez la création d’un statut de résident, qui réserverait l’achat de logement aux personnes vivant dans telle ou telle commune tout au long de l’année. Vous expliquez que l’on interviendrait ainsi « à la racine en bloquant l’essentiel du potentiel spoliateur du marché ». Pouvez-vous préciser ?

Le principe est simple : seuls les résidents permanents du territoire peuvent acheter ! La possibilité d’acheter un bien immobilier serait donc réservée aux habitants de tel ou tel territoire, ou, dans une version extrême, de la commune, ce qui impose de définir le temps de résidence nécessaire pour bénéficier du droit d’achat ; un an serait bien je pense. Une partie du stock de résidences secondaires passerait progressivement et sans doute assez rapidement vers la résidence principale, à un prix par ailleurs réduit pour les acheteurs [2].

Dans le détail, il faut préciser le dispositif et souligner les enjeux de certains ajustements. Pas question, par exemple, de faire un statut de résident régional car beaucoup de résidences secondaires sont aussi possédées par des Bretons. De plus, il existe des territoires où il y a peu d’acheteurs et où le statut de résident n’est donc pas nécessaire. Il pourrait même être contre-productif, avec un risque de voir plus de logements vacants et de paupériser les personnes qui comptent sur la vente de leur maison pour payer leur Ehpad par exemple (reste à voir quel est l’impact à moyen terme de la crise Covid sur les territoires où l’immobilier n’était pas tendu jusqu’à présent). C’est un principe qu’il faudrait appliquer finement, au plus près des territoires, mais qui pourrait-être très efficace.

Pourquoi serait-il si efficace pour résoudre les problèmes d’inégalités d’accès au logement ?

Parce que la baisse de la demande entraînerait mécaniquement une baisse des prix. En revanche, la baisse du taux de résidences secondaires serait plus lente que la baisse des prix puisque personne ne serait exproprié. Les résidences se libéreraient donc au fur et à mesure qu’elles seraient mises en vente. Autre avantage de cette mesure : un effet indirect sur le prix des locations. Pourquoi ? Parce que quand on achète un bien cher, on le loue cher pour le rembourser. On peut donc supposer que les loyers baisseront. Ensuite, les gens qui veulent acheter mais qui ne peuvent pas pourront à nouveau le faire et ils libéreront des locations. La baisse de la pression sur les logements locatifs pourrait également faire baisser les prix.

Des dizaines de milliers de personnes — voir des centaines de milliers en cas d’application massive — accéderaient à un logement bon marché (ou au moins plus accessible qu’aujourd’hui), se rapprocheraient de leur lieu de travail, agrandiraient la surface disponible pour leur famille, accéderaient à un jardin… sans construction supplémentaire, donc sans extraction de matériaux et sans consommation de foncier agricole. Des communes revivraient. Les déplacements domicile-travail seraient réduits sur les côtes et jusqu’à trente kilomètres dans l’intérieur des terres, d’où un bénéfice écologique et économique évident.

Est-ce que cela ne va pas freiner les nouvelles arrivées ?

Pas du tout. Il sera toujours possible de venir vivre en Bretagne pour quelqu’un venant de Paris, de Berlin ou de Ouagadougou. Simplement, il faudra attendre un certain temps (je suggère un an) avant d’acheter, ce qui pour un futur résident permanent n’est pas forcément une mauvaise affaire, car le temps ainsi passé en location permet de se faire une meilleure idée de la situation locale avant d’acheter. Je pense que cela crée plutôt de nouvelles opportunités pour les nouveaux arrivants qui veulent s’installer. Aujourd’hui, si vous n’avez pas de hauts revenus ou que vous n’avez pas vendu de bien avant de venir vivre en Bretagne, c’est très compliqué de s’installer.

Cela signerait par contre la fin de la possibilité d’acquérir une résidence secondaire. Est-ce qu’il n’y a pas là une restriction des libertés ?

On ne l’interdit pas directement mais, de fait, il devient impossible d’acquérir une résidence secondaire si on n’habite pas sur place. Il y a effectivement une restriction de la liberté de ceux qui peuvent acheter ce qu’ils veulent, où ils veulent, quand ils veulent. Mais pour la majorité des gens, qui n’ont pas les moyens d’être multipropriétaires, c’est au contraire un gain de liberté. C’est évidemment un débat de classe. Les personnes qui peuvent faire ce qu’elles veulent ne voient pas forcément le problème.

N’est-ce pas injuste pour les futurs vendeurs ?

Il est vrai que dans les endroits où le statut de résident s’appliquerait, les prix baisseraient certainement puisque la demande serait réduite. C’est d’ailleurs l’objectif. Certains vendeurs trouveraient cela injuste. S’ils comptent racheter dans le même périmètre, il n’y aura pas vraiment de problème car la perte de valeur du bien à la vente sera compensée par la baisse du prix du nouveau logement acheté. Si en revanche ils comptent racheter ailleurs, ou faire autre chose du produit de la vente, ils pourront effectivement éprouver un sentiment d’injustice. Mais ce problème est à mettre en balance avec l’injustice plus grande du statu quo, et avec les enjeux que nous avons évoqués : sécurité alimentaire, préservation d’espaces naturels, lutte contre le changement climatique.

Ce statut de résident existe-il déjà ailleurs en France ou en Europe ? Comment imaginez-vous qu’il pourrait être mis en place ?

Il fait débat en Corse. Et il a d’ores et déjà été mis en place dans la province autonome de Bolzano en Italie, ainsi que sur l’Archipel de Aland en Finlande (où il faut avoir résidé cinq ans avant de devenir propriétaire !). Il n’y a pas eu d’intervention de l’Union européenne (UE) pour bloquer le statut, cela n’a donc pas été jugé comme attentatoire aux principes fondamentaux de l’UE. Précisons qu’il ne s’agit pas de mettre en place ce statut partout mais seulement sur les territoires en tension.

Il est évident qu’aucune majorité politique au pouvoir dans les régions françaises (PS/LREM/LR) ne portera ce projet. Cela touche à des points idéologiques trop compliqués sur la propriété privée et le libre marché. La première chose à construire, c’est donc un mouvement populaire qui fasse pression sur les élus. Beaucoup de collectifs luttent déjà pour l’accès au logement. Il faudrait aussi nouer des alliances avec d’autres régions en France et en Europe ; car le problème des résidences secondaires ne touche pas que la Bretagne, loin s’en faut. D’autant que l’on peut le relier au problème des locations touristiques de courte durée type Airbnb. Un certain nombre de résidents secondaires louent leur logement de vacances pour des courtes durées de façon à le rentabiliser.

Après, il faudra nécessairement passer par l’Assemblée nationale pour changer les lois ou en instaurer de nouvelles car aucune commune ni région n’a le pouvoir d’instaurer ce statut. Ce qui est possible en revanche c’est de l’expérimenter. On peut en effet tester un dispositif sur un territoire pour un temps donné. Il reste toujours nécessaire de le demander à l’État mais les blocages seraient moindres que pour une loi nouvelle. C’est par là qu’il faut commencer je pense, pour affiner le projet avant de se lancer dans une grande bataille politique qui sera sans doute difficile.

Propos recueillis par Nolwenn Weiler 15 juillet 2021

https://www.bastamag.net/

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02 juin 2021 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

dal

Un toit, c’est plus que jamais un droit !

Après une prolongation concédée par le pouvoir pour cause de pandémie, la trêve hivernale s’est achevée ce lundi 31 mai. Les expulsions locatives vont donc pouvoir reprendre… La question du logement reste un véritable scandale qui met en relief les inégalités générées par un système incapable de répondre aux besoins fondamentaux de la population.

Des chiffres criminels

On pouvait s’en douter, et l’association Droit au logement (DAL) et la Fondation Abbé Pierre le confirment : la crise sanitaire a fragilisé la catégorie la plus précaire de la population, au niveau de l’emploi et des revenus, et donc aussi sur le terrain du logement.

Ainsi, 30 000 locataires sont aujourd’hui menacés d’expulsion, ce qui touche plus de 60 000 personnes. Deux fois plus qu’avant le début de la pandémie, parmi lesquelles beaucoup de prioritaires DALO en attente d’un relogement par le Préfet… Et 130 000 familles ont reçu un jugement d’expulsion leur ordonnant de quitter leur logement.

Pourtant, si on est sans logis, les chiffres sont sans appel : on meurt en moyenne à 40 ans, avec une espérance de vie de quinze ans… Quand on sait que la France est un pays riche qui compte actuellement 3,1 millions de logements vides, ne rien faire est tout simplement criminel !

Macron et sa politique expulsent

Au vu du contexte économique et sanitaire, les associations qui se battent au quotidien pour le droit au logement ont logiquement demandé la prolongation de la trêve hivernale jusqu’à la fin de l’année.

Mais la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, l’a dit tout net : il n’y aura pas d’« année blanche » en ce qui concerne les expulsions. Tout au plus, la macroniste de promettre « un relogement ou un hébergement à chaque personne concernée et dindemniser les propriétaires quand nous nexpulsons pas tout de suite »… Si on ne doute pas que les propriétaires seront indemnisés, on peut douter de la réalité de la politique de relogement du gouvernement.

Il faut dire qu’en la matière, la politique du pouvoir peut se résumer à une série de décisions significatives : baisse des APL, réduction des aides à la construction de logements sociaux, mesures encourageant la spéculation immobilière, développement des grands projets socialement inutiles et financièrement coûteux (JO 2024, ANRU…), agression et démantèlement des campements de sans-logis (en particulier ceux occupés par des migrantEs)…

Stoppons les expulsions, réquisition !

Dimanche dernier à Paris, entre 2 000 et 3 000 manifestantEs — personnes mal logées, migrantEs sans-abris, militantEs de la solidarité — ont pris la rue pour défendre le droit au logement contre la reprise des expulsions locatives. Dans la foulée, une occupation réunissant plusieurs centaines de personnes a eu lieu dans le 10e arrondissement, laissées sans solution après la « prise en charge » de centaines d’autres par la préfecture.

Avec elles et eux, nous pensons qu’il est urgent de défendre un toit pour touTEs, un besoin vital au même titre que pouvoir se nourrir, se soigner ou s’habiller. Cela passe d’abord la réquisition des logements et immeubles de bureaux inoccupés depuis deux ans grâce par la stricte application de la loi.

Il faut aussi construire 200 000 logements sociaux par an et augmenter le budget public consacré au logement. Stop aux ventes des logements HLM, pour la renationalisation des sociétés HLM !

Exigeons le blocage des loyers, pour aller vers des loyers ne devant pas dépasser 20 % du revenu ! Enfin, en ce qui concernent les décisions de constructions ou les attributions, c’est à la population de contrôler ses besoins et de décider, pas à ce pouvoir criminel !

Mardi 1er juin 2021

https://lanticapitaliste.org/

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19 avril 2021 ~ 0 Commentaire

saragosse (courrier inter)

cartons

À Saragosse, un syndicat créé pour les sans-abri

Inédite en Espagne, la structure disposant d’un statut juridique veut négocier l’accès à des bâtiments vides de la capitale aragonaise pour y loger des SDF. Comme l’observe le quotidien espagnol Público, classé à gauche, le phénomène d’exclusion s’est accentué avec la pandémie dans le pays.

À Saragosse, les SDF s’unissent autour d’un syndicat. Une trentaine de militants et simples citoyens ont créé un “Sindicato de Personas Sin Hogar” (“Syndicat des sans-abri”) dans la capitale de la région autonome d’Aragon, au nord de l’Espagne.

La structure, qui disposera d’un statut juridique – une première dans le pays –, doit “devenir un interlocuteur pour négocier l’accès aux bâtiments vides de la ville afin d’y loger des sans-abri”, révèle le quotidien de gauche Público.

Le syndicat souhaite épauler, entre autres, les banques alimentaires ou la Croix-Rouge, qui distribuent des repas aux SDF de la ville, leur fournissent des conseils juridiques et luttent pour qu’ils accèdent à un logement décent.

Avec plus de 680 000 habitants, Saragosse est la cinquième ville la plus peuplée d’Espagne. Mais sous l’effet de la pandémie, “parallèlement à l’accroissement de la pauvreté”, le nombre de SDF a explosé, passant d’“une centaine avant la pandémie” à 300 personnes désormais.

Le phénomène d’exclusion propre à toute l’Espagne

D’après l’un des créateurs du syndicat, il y a même “beaucoup plus de personnes qui vivent dans des logements indignes” dans la ville. Selon Público :

Une partie de ces sans-abri obtiennent de la nourriture grâce aux réseaux d’entraide dans les quartiers, auxquels viennent s’ajouter des initiatives comme celle du centre social.”

“Aux difficultés économiques générées par la crise sanitaire s’ajoutent certains problèmes spécifiques à l’Aragon”, développe le journal basé à Madrid. Chiffres officiels à l’appui, il explique par exemple que les expulsions de logement continuent “malgré les moratoires décrétés par le gouvernement espagnol”.

L’aggravation du phénomène d’exclusion n’est pas propre à l’Aragon et se retrouve dans plusieurs villes et régions autonomes espagnoles. Le syndicat saragossan s’inspire par exemple d’une expérience similaire menée à Barcelone – qui ne dispose toutefois pas de statut juridique. La plus grande ville de Catalogne est particulièrement touchée par la crise puisque le nombre de sans-abri y a augmenté de 22 % durant la pandémie.

19/04/2021

https://www.courrierinternational.com/

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17 avril 2021 ~ 0 Commentaire

berlin (pùblico)

dal

Des milliers de Berlinois protestent contre l’abrogation du plafonnement des loyers.

L’arrêt de la Cour constitutionnelle ouvre la possibilité aux propriétaires de réclamer des loyers de manière rétroactive.

Des milliers de manifestants (environ 10 000, selon le radiodiffuseur public Rbb) sont descendus dans les rues de Berlin jeudi pour protester contre la décision de la Cour constitutionnelle qui annule la loi du gouvernement régional qui a gelé les prix des loyers.

Les manifestants, regroupés en collectifs contre la spéculation immobilière, portaient des banderoles contre la « folie des loyers » payés dans la capitale allemande et la décision du tribunal, basé à Karlsruhe (ouest de l’Allemagne), en réponse à la plainte déposée par des députés conservateurs et libéraux du Bundestag (parlement fédéral).

La décision du TC annule l’initiative du tripartisme du Land de Berlin, dirigé par le maire social-démocrate Michael Müller, avec les Verts et la gauche « Die Linke » comme alliés. La loi est entrée en vigueur en février dernier et l’arrêt de jeudi ouvre la possibilité aux propriétaires, qu’il s’agisse de particuliers ou de grandes sociétés immobilières, de réclamer des loyers avec effet rétroactif.

La marche a traversé le quartier populeux de Neuköln, entourée d’un puissant dispositif policier. Un groupe d’environ 400 personnes s’est détaché de la manifestation, déjà pratiquement dissoute, et il y a eu des altercations avec la police, entre des jets d’objets contre les agents et quelques charges par les forces de sécurité.

Le TC allemand a abattu jeudi l’initiative de la tripartite de gauche qui gouverne la ville-état de Berlin pour stopper la hausse des loyers en fixant à partir de 2020 un plafond aux prix.

La haute cour a estimé qu’étant donné que l’autorité fédérale a déjà légiféré en 2015 sur l’endiguement de la hausse des loyers, un Land n’est pas compétent en la matière et met fin à une tentative d’arrêter la spirale des prix à Berlin qui méritait l’attention internationale.

L’initiative de Berlin s’est heurtée à l’opposition de 284 membres du Bundestag (chambre basse du Parlement allemand) appartenant aux partis conservateurs CDU et CSU, ainsi qu’au parti libéral FDP et à deux organismes civils berlinois, qui ont demandé à la Cour constitutionnelle de clarifier la règle.

La décision de la tripartite de Berlin visait à contrôler la hausse exorbitante des prix des loyers à Berlin, était unique dans le pays et son champ d’application était initialement limité à 2025.

Les partis d’opposition du Land de Berlin, conservateurs et libéraux, avaient déjà fait remarquer que la loi pouvait être illégale car ils la considéraient comme une ingérence dans la propriété privée et, comme l’a maintenant décrété la Cour constitutionnelle, pour avoir empiété sur les pouvoirs du gouvernement central en matière de loyers.

Cependant, la tripartite de Berlin s’est montrée confiante quant à la capacité de la loi à surmonter toute contestation devant les tribunaux.

Les loyers dans la capitale ont doublé au cours de la dernière décennie en raison de l’attrait croissant de Berlin, de la baisse des taux d’intérêt, de la bonne situation économique en Allemagne, du manque de flexibilité du secteur de la construction pour répondre à la demande et de la spéculation.

Berlin était traditionnellement une ville où les loyers étaient bas par rapport au reste du pays, mais depuis qu’elle a retrouvé son statut de capitale allemande, après la réunification du pays en 1990, les prix ont commencé à augmenter pour atteindre des niveaux similaires à ceux des autres grands centres urbains.

Ces dernières années, cette évolution est montée en flèche, tant pour les logements locatifs que pour les biens immobiliers : entre 2011 et 2016, on estime qu’ils ont augmenté de 40 % et la hausse a été de 20 % par an au cours des deux années précédant l’entrée en vigueur du plafonnement sur lequel s’est prononcée ce jeudi la Cour constitutionnelle.

berlín 16/04/2021

https://www.publico.es/

Lire aussi:

Berlin: la Constitution et les tribunaux ne protègent que le capital !

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18 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

logement (fr3)

chaufface

« On ne peut pas payer la facture, on arrête de se chauffer », le douloureux constat de la Fondation Abbé Pierre

Pour lutter efficacement contre la précarité énergétique, il faut la détecter et la mesurer. Des collectivités locales ont mis en place des services de diagnostic sur le terrain, qui permettent à la Fondation Abbé Pierre de publier un éclairage statistique sur la situation en Bretagne.

Chaque année la Fondation Abbé Pierre publie L’état du mal-logement en France. Pour 2020, l’agence Bretagne de la fondation s’est fixée un objectif de mise en lumière des priorités. Il est vrai que le mal-logement peut s’entendre de différentes façons. Pour les moins bien lotis, à la rue ou chez un tiers, il s’agit déjà d’accéder au logement.
Pour d’autres personnes mal logées, les questions majeures et qui peuvent se cumuler, sont celles de la surface du logement (habitat surpeuplé), de sa salubrité (habitat dégradé ou indigne) et de son isolation (passoires thermiques).
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Le défi de la rénovation des passoires thermiques

En France 3,8 millions de ménages modestes occupent un logement avec une étiquette énergétique F ou G. Ces passoires énergétiques représentent 17% des résidences principales. En période de réchauffement climatique, la rénovation de cet habitat est à la fois une priorité sociale et une urgence pour la planète.

Mais pour la Fondation Abbé Pierre, rien n’indique que les actions entreprises par le gouvernement soient à la hauteur du défi. D’où l’importance pour la Fondation d’accroître les actions de repérage, d’aider les ménages à comprendre et faire de bons choix et d’orienter les financements vers des opérations de rénovation ambitieuses et durables au profit des plus modestes, plutôt que de distribuer des chèques énergie.
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La Bretagne est particulièrement touchée par la précarité énergétique

Dans notre région le logement individuel prédomine (maison, pavillon, ferme) et une grande partie affiche de mauvaises performances thermiques. Le nombre de logements sociaux en Bretagne est aussi inférieur à la moyenne nationale (11,8% des résidences principales contre 17,1% au plan national).

Or, souligne la Fondation, ce sont les locataires du parc privé qui, plus pauvres et vivant dans des logements de moindre qualité que la moyenne, comptent parmi les principales victimes de la précarité énergétique.Selon une étude de l’INSEE Bretagne de 2015, un quart des ménages bretons souffriraient de vulnérabilité énergétique (soit 203 000 ménages). Cette notion englobe les dépenses d’énergie pour le logement mais également celles liées aux transports.
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Des outils pour comprendre la situation

Parce qu’il existe peu d’information « de terrain » sur la précarité énergétique en Bretagne, la Fondation Abbé Pierre s’est appuyée sur les premières données statistiques produites par les Services Locaux d’Intervention et de Maitrise des Énergies (SLIME) en Bretagne, grâce à un outil logiciel. Les SLIME, mis en place par des collectivités locales ont pour objectif de recenser et d’accompagner les ménages qui donnent des signes de précarité énergétique.

Un premier travail statistique à partir des données des SLIME

En Bretagne le premier SLIME est né en 2014, à Brest Métropole, avec le soutien de la Fonda-tion Abbé Pierre. Puis les Côtes-d’Armor ont emboîté le pas au Finistère. Depuis 2018 la Fonda-tion Abbé Pierre s’implique auprès du Conseil Départemental du Morbihan.

Il n’existe pour l’instant pas de SLIME en Ille-et-Vilaine ce qui n’empêche que comme ailleurs, des lieux d’information, des structures de détection des besoins et de mise en place d’aides existent, mais les personnes les plus isolées et les plus modestes ignorent souvent comment y accéder.
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Tout l’intérêt des Services Locaux d’Intervention et de Maitrise des Énergies (SLIME) tient donc à cette part active de détection et à une étude sur le terrain avec un relevé des données socio techniques qui permettent d’établir un panorama des situations et des besoins sur nos territoires.Les principaux donneurs d’alerte dans les signalements de situation sont les collectivités territoriales (41%) et les CCAS (12%) puis viennent les Espaces Info Énergie et les associations. Les Fournisseurs d’énergie et les professionnels de santé ont un rôle très limité (1%).En 2018 les premières données portent sur 1500 visites réalisées par les SLIME principalement dans le Morbihan et le Finistère.
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Les principaux motifs de signalements aux SLIME 
  • des factures importantes d’énergie (29 %)
  • des difficultés à payer (16 %)
  • des impayés (16 %).

Les aspects budgétaires sont donc majoritaires (deux tiers des visites), devant les questions liées au confort du logement.

Les ressources des foyers visités par les SLIME

Ce sont essentiellement des personnes modestes (72 % ont moins de 1 000 € par mois), mais les SLIME interviennent aussi auprès de ménages « englués » dans des situations d’endette-ment lié à l’énergie. « Au démarrage du SLIME de Brest Métropole, nous avions des ménages aux profils très sociaux. (…) Aujourd’hui, c’est Monsieur et Madame tout le monde, ça montre l’ampleur générale du sujet», indiquent ces salariés d’Éner’gence, l’agence Énergie-Climat du Pays de Brest.
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Les profils des foyers visités
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En 2018, les visites des SLIME ont concerné principalement des locataires (63 %), mais aussi une part non négligeable de propriétaires occupants (27 %) et quelques ménages en situation d’occupation précaire, notamment en hébergement chez des tiers (1 %).Parmi les propriétaires en difficulté, on trouve de nombreux ménages « captifs d’un héritage familial immobilier » ou d’une accession à la propriété compliquée, qui les plonge dans l’enfer de la précarité énergétique et du mal-logement. Un tiers des propriétaires visités par les SLIME utilisent des chauffages d’appoint, en complément des installations du logement.Ces propriétaires occupent principalement des logements construits avant 1949, de plus de 75 m² (48 %), aux faibles performances thermiques.
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Compositions familiales
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Toutes les catégories de ménages sont concernées par les visites des SLIME. Après les personnes seules (qui représentent 42 % des visites), les familles monoparentales (22 %) doivent faire l’objet d’une attention particulière : suivant les données du logiciel Solidiag (créé par le CLER et cofinancé par la Fondation Abbé Pierre), 70 % d’entre elles ont déclaré souffrir du froid et 68 % ont restreint leur consommation d’énergie.
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Le piège de l’accès à la propriété
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Prévenir les échecs de l’accession à la propriété est toujours une question d’actualité: des ménages modestes attirés par un foncier plus économique au premier abord, se retrouvent finalement confrontés à des opérations immobilières catastrophiques.Pour y remédier, le Département du Morbihan a mis en place des visites-accession pour permettre aux futurs accédants de prendre la mesure des travaux à réaliser et en intégrer les coûts au moment de l’achat (réalisation d’un diagnostic financier et d’un diagnostic technique du logement, estimation du coût des matériaux et frais annexes).
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La précarité énergétique touche aussi le parc HLM

27% des signalements recensés par les SLIME concernent des locataires du parc social, en raison de difficultés budgétaires et de dettes énergétiques importantes. Mais il faut remarquer que certains logements n’ont toujours pas de VMC et sont loin d’offrir des performances énergétiques satisfaisantes.

Dans de telles situations, les locataires vont parfois choisir de chauffer une partie du logement avec un poêle à pétrole. En Bretagne, 13% du parc HLM est considéré comme énergivore (classement E,F,G) avec des disparités : 6% pour Saint-Brieuc Armor Agglomération ou 19% pour Dinan AgglomérationPour la Fondation Abbé Pierre la priorité est à une rénovation ambitieuse du parc le plus ancien.
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13/10/2020
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11 février 2020 ~ 0 Commentaire

handicap (le huff’ post)

handicap

Avec son plan handicap, Macron veut-il faire oublier les accusations d’inhumanité?

Des responsables de l’opposition accusent la majorité de se racheter une bonne conscience et veulent des moyens plutôt que des « beaux discours.

« “Cons”, “Playmobil sans cœur”, “inhumain”… l’opposition, et même certains ténors du gouvernement, n’avaient pas de mots assez durs pour fustiger la semaine dernière les atermoiements de la majorité sur le congé pour les parents endeuillés. Déjà peu enclin à rassurer les Français sur ses mesures sociales depuis le début du quinquennat, Emmanuel Macron n’a désormais plus le droit à l’erreur.

Les prochaines échéances du chef de l’État pourraient lui permettre de reléguer au second plan cet événement qui restera sans doute comme l’un des plus gros couacs de son quinquen-nat. Et cela a commencé ce mardi 11 février depuis les salons de l’Élysée. Emmanuel Macron y présidait une “conférence nationale du handicap” scrutée par les associations, qui réclament des “avancées” pour “améliorer concrètement la vie quotidienne” des personnes concernées.

Lors de son discours mardi, Emmanuel Macron a souligné que la politique du gouvernement était basée sur “une philosophie nouvelle” qui considère les personnes handicapées “comme des citoyens à part entière”, qui “ont droit à une vie de dignité, une vie de liberté, une vie comme les autres au milieu des autres”. Il a notamment déclaré qu’il ne ne faudra plus aucun enfant handicapé sans solution de scolarisation à la rentrée de septembre, annonçant l’embauche de 11 500 accompagnants d’ici 2022.

Et si les attentes sont nombreuses, exactement 15 ans après l’adoption d’une loi majeure pour l’égalité des droits et des chances, cette conférence représentait une “des rares occasions” pour le président de la République de faire des annonces sur un sujet qui touche tous les partis, estime le président du collectif Handicaps (qui réunit 47 associations sur le handicap), Arnaud de Broca.

 Se racheter une bonne conscience?

″Ça peut lui permettre de mettre l’accent sur l’aile sociale de sa politique”, expliquait-il au HuffPost, tout en invitant les responsables politiques à voir le handicap comme un sujet fédérateur, mais également stratégique puisqu’il touche “plusieurs millions d’électeurs.”

“Une bonne occasion” d’agir après quinze années d’attentisme pour Arnaud de Broca. Un calcul électoral cynique, juste après le refus d’une mesure aussi consensuelle que le congé pour la perte d’un enfant, pour certains responsables de l’opposition. C’est le cas notamment du député Les Républicains Aurélien Pradié. Investi sur cette question, celui qui a vu en 2018 une de ses propositions de loi sur l’inclusion scolaire des enfants handicapés retoquée par l’Assemblée nationale, estime même que le sujet du handicap “n’intéresse pas” la majorité.

L’élu du Lot et secrétaire général des Républicains craignait de voir le discours du chef de l’État se résumer en “une mise en scène autour des 15 ans de la loi Chirac.” ”À un moment où on leur reproche un manque d’humanité, c’est une occasion pour eux de se racheter une bonne conscience”, s’agaçait-il dimanche 9 février au JDD.

Même son de cloche du côté des députés communistes. Contacté par Le HuffPost, l’élu de Seine-Maritime Sébastien Jumel se montre aussi dubitatif que son collègue de droite. “Je pense que la crise d’humanité de la majorité est établie. On n’a pas attendu qu’Emmanuel Macron rappelle ses députés à l’ordre pour s’en rencontre compte”, tonne-t-il d’emblée, estimant que la majorité va “tenter de faire oublier le poids de ses turpitudes” avec le dossier du handicap.

“L’humanité c’est autre chose que des discours”

Mais pour être concret, il faudra sortir le carnet de chèques. De l’avis de Sébastien Jumel, comme pour beaucoup de spécialistes du sujet, le nerf de la guerre pour l’inclusion des personnes atteintes d’un handicap reste l’argent. “L’humanité, c’est forcément autre chose que des beaux discours”, tranche le député communiste au HuffPost.

C’est effectivement là, la principale crainte des associations: des grandes intentions sans enveloppe financière. “On aura sans doute un beau discours. Mais les vraies questions sont ‘quels moyens?’, ‘quelle temporalité?’”, prédixait Arnaud de Broca, pour qui les domaines de la compensation du handicap, de la scolarisation des enfants, de l’accessibilité devraient être autant de priorités. “Rien n’a changé en 15 ans”, regrettait-il, en glissant: “on ne fait pas de politique sans moyens.”

Et ce n’est sans doute pas le député Sébastien Jumel qui avancera le contraire. “Dans les orientations du discours du président de la République, il n’y aura sans doute rien à redire”, prévoyait-il, finissant de conférer au handicap un caractère consensuel. Cependant, l’élu ne se faisait guère d’illusion sur la suite: “je crains qu’il n’y ait pas la traduction financière d’une grande réforme sur le handicap.”

En attendant ces annonces, la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées Sophie Cluzel ne veut pas entendre parler d’opportunisme ni de calendrier avantageux. “Cette confé-rence a été annoncée au moins depuis le 3 décembre. La date est crantée depuis un moment, on n’est pas sur quelque chose de calé à la dernière minute”, a expliqué au HuffPost l’entourage de la responsable.

Quelques heures avant les annonces du président de la République, les membres de la majorité -et même certains ministres- ont déjà investi les réseaux sociaux pour montrer leur implication sur le thème du handicap.

Et ce à travers des vidéos en langue des signes, grâce auxquelles ils veulent se montrer “tous concernés, tous mobilisés.” Reste à savoir si ces pastilles vidéo, dont est friande la majorité, seront cette fois-ci suivies de la mobilisation nationale que les associations appellent de leurs vœux, ou si le sujet du handicap restera cantonné au terrain de la communication.

10/02/2020 Anthony Berthelier

https://www.huffingtonpost.fr/

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10 février 2020 ~ 0 Commentaire

people before profit (socialist worker)

rbb

Les élections irlandaises marquent un important rejet de l’establishment

La tendance à long terme vers le changement a entraîné un bouleversement électoral à droite lors des élections générales irlandaises. Les principaux partis de l’establishment ont pris un sérieux coup avec seulement 39 sièges sur 160 dimanche à 21 heures.

Sinn Fein semble prêt à remporter 36 sièges, car il a profité de la colère. C’est remarquable étant donné qu’il ne comptait que 42 candidats. Les socialistes gardaient leur siège au moment de la rédaction du présent article.

Les partis patronaux du Fine Gael et du Fianna Fail, qui ont alternativement dirigé l’État irlandais, sont en difficulté.

Les énormes votes personnels amassés par des personnalités du Sinn Fein, dont la chef du parti Mary Lou McDonald, ont illustré le niveau de son soutien. S’il avait présenté plus de candidats, Sinn Fein aurait fait une percée encore plus importante, car au moins une demi-douzaine de candidats ont reçu beaucoup plus de voix qu’il n’en fallait pour être élus selon le système de représentation proportionnelle.

Le Taoiseach irlandais sortant (Premier ministre) Leo Varadkar de Fine Gael, et le leader de Fianna Fail, ont tous deux reçu moins de voix dans leurs circonscriptions que Sinn Fein. Varadkar a été le premier taoiseach sortant à ne pas être en tête du scrutin dans sa circonscription.

C’est la colère pour la santé et le logement qui a dominé. Après avoir été le parti naturel de gouvernement pendant la majeure partie de l’histoire de l’État irlandais, Fianna Fail a été décimé en 2011 pour avoir mis en œuvre l’austérité de l’Union européenne. Fine Gael a passé les neuf dernières années à présider à l’aggravation de la crise du logement.

En 2007, avant le krach économique, Fianna Fail et Fine Gael ont remporté 69% des voix. Maintenant, ils sont tombés à environ 44%. Dans le sondage de sortie des urnes, Sinn Fein est arrivé en tête, sauf dans les plus de 65 ans. Dans le groupe d’âge entre 18 et 34 ans, Fianna Fail et Fine Gael n’ont obtenu que 15% chacun. Solidarity-People Before Profit obtient 7% dans cette tranche d’âge.

Les socialistes tiennent bon.

Brid Smith a été réélu à Dublin South Central avec 9 547 voix. Richard Boyd Barrett a également remporté un siège pour People Before Profit, alors il était en tête du scrutin pour les premières préférences à Dun Laoghaire.

Paul Murphy de Rise a également eu un siège. Gino Kenny et Conor Reddy de People Before Profit et Mick Barry de Solidarity attendaient au moment de la rédaction du présent article.

Le Labour, parti travailliste a reculé, puni pour les précédents accords de coalition. Le Parti Vert a été pardonné pour son rôle dans les gouvernements précédents avec entre neuf et 14 sièges. La crise environnementale était peut moins un problème que prévu. Surtout, un gang de droite avec un mélange d’anti-avortement et de fanatisme anti-immigrés s’est généralement  ramassé.

Établishment

Le Sinn Fein veut rejoindre l’establishment mais est sous la pression de ses partisans de la classe ouvrière pour ne pas le faire. Un certain nombre d’autres options sont possibles. Une coalition de gauche dirigée par le Sinn Fein. Une grande coalition de droite aussi est possible. Une autre élection prochainement est probablement l’issue la plus probable.

Ce qui est clair, c’est qu’après les mouvements qui ont apporté l’égalité du mariage et le droit à l’avortement, l’Irlande évolue plus rapidement que l’establishment ne peut le faire. Dans un communiqué, People Before Profit a déclaré: «Nous assistons à un tremblement de terre politique. L’avenir de la droite est sombre.

«La colère contre les urnes est importante, mais pour y parvenir, nous avons besoin de mobilisation. Nous avons besoin d’un grand mouvement de protestation sur le logement, la santé et l’âge de la retraite. Commençons par un vrai combat pour faire passer l’âge de la retraite à 65 ans.

L’avenir est favorable à la gauche. Nous nous en tiendrons à notre promesse – pas un pouce à Fianna Fail et Fine Gael. Le «pouvoir du peuple» pour résister à toute attaque contre les travailleurs.

Simon Basketter Sun 9 Feb 2020

https://socialistworker.co.uk/

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18 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

gilets noirs (les-inrocks npa basta)

gilets noirs

Qu’est-ce que le mouvement des “Gilets noirs” ?

“Ni rue ni prison, papiers et liberté.”

Mardi 16 juillet, non loin du Tribunal de Grande instance (TGI) de Paris, une banderole affichant ce message a été installée. Au-dessus, inscrits au marqueur sur du papier cellophane, ces deux mots : “Gilets noirs.”  Quelques membres de ce mouvement de “sans-papiers, sans-voix, sans-visages” – créé en Île-de-France en novembre 2018 pour demander la “régularisation de tous les sans-papiers” dans le pays mais aussi des logements et des conditions de vie dignes – ont fait le déplacement ce matin.

Ils attendent des nouvelles : plusieurs de leurs “camarades” passent actuellement devant le juge des libertés et de la détention, pour contester leur placement en centre de rétention administrative.

Le contexte : vendredi 12 juillet, plusieurs centaines de Gilets noirs investissent le Panthéon, dans le Ve arrondissement de Paris. Cette action s’inscrit alors dans une campagne nommée “Gilets noirs cherchent Premier ministre”, dont le but est “d’instaurer un rapport de force avec l’Etat”, comme nous le raconte une membre de La Chapelle debout, collectif avec lequel l’action a été menée, tout comme l’association Droits devant !

“Celui-ci est composé d’habitants d’une cinquantaine de foyers d’Ile-de-France, mais aussi de locataires de la rue. En tout, 17 nationalités sont représentées.” Il s’agit donc à la fois de sans-papiers mais aussi de demandeurs d’asile et de personnes sans-abris – les situations pouvant se combiner -, même si la Chapelle debout réfute “toutes les différences que l’Etat veut créer pour diviser les gens ».

“Ni rue ni prison, papiers et liberté.” Mardi 16 juillet, non loin du Tribunal de Grande instance (TGI) de Paris, une banderole affichant ce message a été installée. Au-dessus, inscrits au marqueur sur du papier cellophane, ces deux mots : “Gilets noirs.”

Quelques membres de ce mouvement de “sans-papiers, sans-voix, sans-visages” – créé en Île-de-France en novembre 2018 pour demander la “régularisation de tous les sans-papiers” dans le pays mais aussi des logements et des conditions de vie dignes – ont fait le déplacement ce matin. Ils attendent des nouvelles : plusieurs de leurs “camarades” passent actuellement devant le juge des libertés et de la détention, pour contester leur placement en centre de rétention administrative.

« Des Gilets jaunes qui ont été noircis par la colère”

Au Panthéon, les Gilets noirs demandent un rendez-vous avec le Premier ministre, en sus de leurs revendications. Selon les journalistes sur place, la situation est calme. Ils seront finalement évacués, et 37 d’entre eux interpellés par les forces de l’ordre pour des vérifications d’identité  – un membre de la Chapelle debout, lui, emploie le terme de “rafle”, évoquant plusieurs charges policières “très violentes”, une quarantaine de blessés, des insultes racistes et une “volonté de faire peur et casser le mouvement”.

Comme le souligne France info, plusieurs journalistes sur place ont en effet constaté des tirs de gaz lacrymos, des charges policières et des évacuations de blessés (voir par exemple ce long papier de Basta!, qui publie aussi plusieurs vidéos).

Une vingtaine de Gilets noirs ont au final été placés en rétention administrative. Lundi 15 juillet, La Chapelle debout expliquait dans un communiqué que “huit Gilets noirs [avaient] été libérés grâce à la mobilisation politique” mais aussi grâce au “soutien financier” de tous et toutes, une cagnotte ayant été créée pour payer des avocats. Lesquels ont, selon le collectif, constaté des irrégularités dans les procédures, d’où la libération de leurs clients. Mardi 16 juillet, ce sont sept autres personnes qui passaient devant le TGI.

L’action au Panthéon n’était pas la première organisée par le mouvement, dont le nom a été trouvé, selon la Chapelle debout, par un Gilet noir qui a eu cette formule lors de la marche “contre le racisme d’Etat et les violences policières”, en mars, à Paris : “On est des Gilets jaunes qui ont été noircis par la colère.”

En janvier, un rassemblement avait eu lieu devant la Préfecture de police de Paris. En mai, rebelote avec l’occupation du terminal 2F de Roissy. Selon un membre de la Chapelle debout, le but était de “dénoncer la participation d’Air France” aux expulsions – “Nous on dit déportation” – de personnes immigrées hors de l’Etat français. Enfin, en juin, plusieurs centaines de « gilets noirs » avaient investi les locaux du groupe de restauration collective Elior, à la Défense, de façon à “dénoncer l’exploitation de sans-papiers et leurs conditions de travail” dans cette entreprise, qui, selon eux, capitaliserait sur le “business” de l’emploi de personnes sans-papiers de façon à les “faire travailler gratuitement”.

“Les Gilets noirs, c’est un mouvement social” 

“On va organiser la riposte, ajoute ce membre du collectif, qui se félicite du soutien de plusieurs personnes et associations, par exemple Assa Traoré et le comité Vérité et justice pour Adama (c’est moins le cas de Marine Le Pen, qui a parlé d’occupation « inadmissible », ou encore d’Edouard Philippe, qui a mis en avant « le respect des monuments publics »). Les Gilets noirs, c’est un mouvement social, pas un mouvement de sans-papiers. C’est un mouvement qui appartient à tous ceux qui combattent le racisme, qui sont d’accord qu’aucun être humain n’est illégal, et qui veulent une vie digne pour tout le monde.” Et d’ajouter : “C’est un mouvement d’impatience : on en a marre d’attendre pour une vie digne, marre d’attendre pour sortir de l’isolement.”

L’idée de collectif est en effet très forte au sein des Gilets noirs, comme nous le raconte Camara, qui vit dans un foyer et milite aux côtés du mouvement depuis novembre 2018 : “Il est important de s’organiser et de se mobiliser collectivement. Ce qu’on vit, c’est de l’esclavage moderne. La police veut nous faire peur, mais on n’a plus peur.

On va aller jusqu’au bout :

Tout ce qui arrive, c’est notre destin.” Même discours du côté de Samba, dont le petit-frère, interpellé au Panthéon, était présenté au TGI ce mardi : “On va se battre, ensemble, jusqu’au bout de nos ongles. On n’arrêtera pas.” Quelques heures plus tard, un membre de la Chapelle debout nous envoie ce sms : “Tout le monde est libre, on est partis ensemble.” Il précise que la préfecture a fait appel sur « quelques dossiers ».

Depuis novembre, les “Gilets noirs”, ce mouvement “des sans-papiers, des sans-voix, des sans-visages”, multiplient les actions pour demander la régularisation de “tous et toutes” mais aussi des logements et des conditions de vie dignes.

17/07/19 Amélie Quentel
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01 avril 2019 ~ 0 Commentaire

dal (regards)

Hier, s’est terminée la trêve hivernale des expulsions locatives. Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l’association Droit Au Logement, est l’invité de la Midinale.

 Sur la fin de la trêve hivernale

« C’est le printemps des expulsions et des coupures d’énergie. »
« 125.000 personnes ont été expulsées en 2017, sûrement plus en 2018. »
« Les gens sont expulsés puis laissés dans la rue. »
« Les structures d’hébergement sont saturées parce qu’il y a de plus en plus de sans-abris et que le gouvernement mène une politique anti-sociale. »

 Sur la sociologie des expulsés 

« Ce que tous les expulsés ont en commun, c’est qu’ils ont des petits revenus. »
« En 1973, le taux d’effort, c’est-à-dire la part que les gens consacraient au logement, tournait autour de 10-12%. Aujourd’hui, on est en moyenne à 27%. Dans les zones urbaines et pour les moins riches des ménages, on est entre 40 et 50%. »
« On travaille la moitié du mois pour payer son logement. »
« On met à la rue des personnes vulnérables et fragiles, des personnes âgées, des femmes seules avec enfants, des handicapés… sans état d’âme ! »
« Notre société est de plus en plus dure et viole le droit au logement de manière constante. »

 Sur la proposition du ministre du logement Denormandie de péréniser les 6.000 hébergements d’urgence ouverts pour l’hiver 

« Tant mieux pour les 6.000 mais c’est une goutte d’eau dans l’océan de la crise du logement. »
« On a recensé 140.000 sans-abris mais en réalité, il y a en a beaucoup plus – autour de 200.000 voire 250.000. »
« Les moyens en matière d’hébergement qui sont mis en œuvre par le gouvernement ne suffisent pas. »
« Aujourd’hui 1er avril, c’est le début de la fermeture de dizaines de milliers de logements d’hébergement d’urgence qui avait été ouverts pour l’hiver. »
« L’Etat viole la loi impunément en matière d’hébergement. »

 Sur les solutions alternatives aux expulsions 

« La moitié des jugements d’expulsions sont rendus dans les logements sociaux, là où précisément sont logés des ménages aux revenus modestes et qui ne peuvent plus payer à la fin du mois parce que les APL ont baissé et que les loyers, même en HLM, ont augmenté. »
« Les gros propriétaires doivent mettre en place des solutions de relogement ou maintenir les locataires dans les lieux. »
« Il y a 3 millions de logements vacants, soit 1 million de plus d’il y a 15 ans. »
« Ce serait une bonne idée que l’Etat réquisitionne des immeubles vides appartenant à des grands propriétaires ou des institutions, à ceux qui, aujourd’hui, gagnent de l’argent en dormant. »
« La vacance est plutôt forte dans les villes moyennes et les petites villes. »

 Sur ce que fait le DAL contre les expulsions 

« Contre les expulsions, on va faire des piquets. »
« Il faut des mobilisations dans les quartiers, dans les immeubles. »
« Il y a des maires communistes qui prennent des arrêtés anti-expulsions depuis des années. »
« On encourage les maires des grandes et des petites communes à prendre des arrêtés anti-expulsions et anti-coupure d’énergie. »
« 250.000 familles ont été privées d’énergie en 2017. »

 Sur le droit au logement en tant que droit 

« Le droit au logement, c’est un demi-droit. »
« Tant que le droit au logement ne sera pas dans la Constitution, le droit de propriété sera toujours plus fort. »
« Sans logement, on ne peut plus vivre dans notre société. »
« Âge moyen de décès dans la rue : 48 ans. C’est une condamnation à mort avec torture. »
« Il faut encadrer les loyers à la baisse, taxer la spéculation immobilière et foncière. »

 Sur le logement et les gilets jaunes 

« Je pense que la problématique du logement va monter chez les gilets jaunes. »
« Une partie des gilets jaunes est propriétaire de son logement et ne rencontre pas forcément pas les mêmes difficultés que les gens dans les zones urbaines importantes. »
« Les habitants des grandes villes ne sont pas encore très mobilisés. »
« Si le gouvernement veut redonner du pouvoir d’achat, il faut agir sur le prix du logement. »
« Nous souhaitons l’unité avec les associations de locataires et avec les gilets jaunes. »

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