Archive | Logement

18 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

logement (fr3)

chaufface

« On ne peut pas payer la facture, on arrête de se chauffer », le douloureux constat de la Fondation Abbé Pierre

Pour lutter efficacement contre la précarité énergétique, il faut la détecter et la mesurer. Des collectivités locales ont mis en place des services de diagnostic sur le terrain, qui permettent à la Fondation Abbé Pierre de publier un éclairage statistique sur la situation en Bretagne.

Chaque année la Fondation Abbé Pierre publie L’état du mal-logement en France. Pour 2020, l’agence Bretagne de la fondation s’est fixée un objectif de mise en lumière des priorités. Il est vrai que le mal-logement peut s’entendre de différentes façons. Pour les moins bien lotis, à la rue ou chez un tiers, il s’agit déjà d’accéder au logement.
Pour d’autres personnes mal logées, les questions majeures et qui peuvent se cumuler, sont celles de la surface du logement (habitat surpeuplé), de sa salubrité (habitat dégradé ou indigne) et de son isolation (passoires thermiques).
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Le défi de la rénovation des passoires thermiques

En France 3,8 millions de ménages modestes occupent un logement avec une étiquette énergétique F ou G. Ces passoires énergétiques représentent 17% des résidences principales. En période de réchauffement climatique, la rénovation de cet habitat est à la fois une priorité sociale et une urgence pour la planète.

Mais pour la Fondation Abbé Pierre, rien n’indique que les actions entreprises par le gouvernement soient à la hauteur du défi. D’où l’importance pour la Fondation d’accroître les actions de repérage, d’aider les ménages à comprendre et faire de bons choix et d’orienter les financements vers des opérations de rénovation ambitieuses et durables au profit des plus modestes, plutôt que de distribuer des chèques énergie.
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La Bretagne est particulièrement touchée par la précarité énergétique

Dans notre région le logement individuel prédomine (maison, pavillon, ferme) et une grande partie affiche de mauvaises performances thermiques. Le nombre de logements sociaux en Bretagne est aussi inférieur à la moyenne nationale (11,8% des résidences principales contre 17,1% au plan national).

Or, souligne la Fondation, ce sont les locataires du parc privé qui, plus pauvres et vivant dans des logements de moindre qualité que la moyenne, comptent parmi les principales victimes de la précarité énergétique.Selon une étude de l’INSEE Bretagne de 2015, un quart des ménages bretons souffriraient de vulnérabilité énergétique (soit 203 000 ménages). Cette notion englobe les dépenses d’énergie pour le logement mais également celles liées aux transports.
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Des outils pour comprendre la situation

Parce qu’il existe peu d’information « de terrain » sur la précarité énergétique en Bretagne, la Fondation Abbé Pierre s’est appuyée sur les premières données statistiques produites par les Services Locaux d’Intervention et de Maitrise des Énergies (SLIME) en Bretagne, grâce à un outil logiciel. Les SLIME, mis en place par des collectivités locales ont pour objectif de recenser et d’accompagner les ménages qui donnent des signes de précarité énergétique.

Un premier travail statistique à partir des données des SLIME

En Bretagne le premier SLIME est né en 2014, à Brest Métropole, avec le soutien de la Fonda-tion Abbé Pierre. Puis les Côtes-d’Armor ont emboîté le pas au Finistère. Depuis 2018 la Fonda-tion Abbé Pierre s’implique auprès du Conseil Départemental du Morbihan.

Il n’existe pour l’instant pas de SLIME en Ille-et-Vilaine ce qui n’empêche que comme ailleurs, des lieux d’information, des structures de détection des besoins et de mise en place d’aides existent, mais les personnes les plus isolées et les plus modestes ignorent souvent comment y accéder.
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Tout l’intérêt des Services Locaux d’Intervention et de Maitrise des Énergies (SLIME) tient donc à cette part active de détection et à une étude sur le terrain avec un relevé des données socio techniques qui permettent d’établir un panorama des situations et des besoins sur nos territoires.Les principaux donneurs d’alerte dans les signalements de situation sont les collectivités territoriales (41%) et les CCAS (12%) puis viennent les Espaces Info Énergie et les associations. Les Fournisseurs d’énergie et les professionnels de santé ont un rôle très limité (1%).En 2018 les premières données portent sur 1500 visites réalisées par les SLIME principalement dans le Morbihan et le Finistère.
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Les principaux motifs de signalements aux SLIME 
  • des factures importantes d’énergie (29 %)
  • des difficultés à payer (16 %)
  • des impayés (16 %).

Les aspects budgétaires sont donc majoritaires (deux tiers des visites), devant les questions liées au confort du logement.

Les ressources des foyers visités par les SLIME

Ce sont essentiellement des personnes modestes (72 % ont moins de 1 000 € par mois), mais les SLIME interviennent aussi auprès de ménages « englués » dans des situations d’endette-ment lié à l’énergie. « Au démarrage du SLIME de Brest Métropole, nous avions des ménages aux profils très sociaux. (…) Aujourd’hui, c’est Monsieur et Madame tout le monde, ça montre l’ampleur générale du sujet», indiquent ces salariés d’Éner’gence, l’agence Énergie-Climat du Pays de Brest.
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Les profils des foyers visités
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En 2018, les visites des SLIME ont concerné principalement des locataires (63 %), mais aussi une part non négligeable de propriétaires occupants (27 %) et quelques ménages en situation d’occupation précaire, notamment en hébergement chez des tiers (1 %).Parmi les propriétaires en difficulté, on trouve de nombreux ménages « captifs d’un héritage familial immobilier » ou d’une accession à la propriété compliquée, qui les plonge dans l’enfer de la précarité énergétique et du mal-logement. Un tiers des propriétaires visités par les SLIME utilisent des chauffages d’appoint, en complément des installations du logement.Ces propriétaires occupent principalement des logements construits avant 1949, de plus de 75 m² (48 %), aux faibles performances thermiques.
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Compositions familiales
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Toutes les catégories de ménages sont concernées par les visites des SLIME. Après les personnes seules (qui représentent 42 % des visites), les familles monoparentales (22 %) doivent faire l’objet d’une attention particulière : suivant les données du logiciel Solidiag (créé par le CLER et cofinancé par la Fondation Abbé Pierre), 70 % d’entre elles ont déclaré souffrir du froid et 68 % ont restreint leur consommation d’énergie.
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Le piège de l’accès à la propriété
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Prévenir les échecs de l’accession à la propriété est toujours une question d’actualité: des ménages modestes attirés par un foncier plus économique au premier abord, se retrouvent finalement confrontés à des opérations immobilières catastrophiques.Pour y remédier, le Département du Morbihan a mis en place des visites-accession pour permettre aux futurs accédants de prendre la mesure des travaux à réaliser et en intégrer les coûts au moment de l’achat (réalisation d’un diagnostic financier et d’un diagnostic technique du logement, estimation du coût des matériaux et frais annexes).
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La précarité énergétique touche aussi le parc HLM

27% des signalements recensés par les SLIME concernent des locataires du parc social, en raison de difficultés budgétaires et de dettes énergétiques importantes. Mais il faut remarquer que certains logements n’ont toujours pas de VMC et sont loin d’offrir des performances énergétiques satisfaisantes.

Dans de telles situations, les locataires vont parfois choisir de chauffer une partie du logement avec un poêle à pétrole. En Bretagne, 13% du parc HLM est considéré comme énergivore (classement E,F,G) avec des disparités : 6% pour Saint-Brieuc Armor Agglomération ou 19% pour Dinan AgglomérationPour la Fondation Abbé Pierre la priorité est à une rénovation ambitieuse du parc le plus ancien.
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13/10/2020
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11 février 2020 ~ 0 Commentaire

handicap (le huff’ post)

handicap

Avec son plan handicap, Macron veut-il faire oublier les accusations d’inhumanité?

Des responsables de l’opposition accusent la majorité de se racheter une bonne conscience et veulent des moyens plutôt que des « beaux discours.

« “Cons”, “Playmobil sans cœur”, “inhumain”… l’opposition, et même certains ténors du gouvernement, n’avaient pas de mots assez durs pour fustiger la semaine dernière les atermoiements de la majorité sur le congé pour les parents endeuillés. Déjà peu enclin à rassurer les Français sur ses mesures sociales depuis le début du quinquennat, Emmanuel Macron n’a désormais plus le droit à l’erreur.

Les prochaines échéances du chef de l’État pourraient lui permettre de reléguer au second plan cet événement qui restera sans doute comme l’un des plus gros couacs de son quinquen-nat. Et cela a commencé ce mardi 11 février depuis les salons de l’Élysée. Emmanuel Macron y présidait une “conférence nationale du handicap” scrutée par les associations, qui réclament des “avancées” pour “améliorer concrètement la vie quotidienne” des personnes concernées.

Lors de son discours mardi, Emmanuel Macron a souligné que la politique du gouvernement était basée sur “une philosophie nouvelle” qui considère les personnes handicapées “comme des citoyens à part entière”, qui “ont droit à une vie de dignité, une vie de liberté, une vie comme les autres au milieu des autres”. Il a notamment déclaré qu’il ne ne faudra plus aucun enfant handicapé sans solution de scolarisation à la rentrée de septembre, annonçant l’embauche de 11 500 accompagnants d’ici 2022.

Et si les attentes sont nombreuses, exactement 15 ans après l’adoption d’une loi majeure pour l’égalité des droits et des chances, cette conférence représentait une “des rares occasions” pour le président de la République de faire des annonces sur un sujet qui touche tous les partis, estime le président du collectif Handicaps (qui réunit 47 associations sur le handicap), Arnaud de Broca.

 Se racheter une bonne conscience?

″Ça peut lui permettre de mettre l’accent sur l’aile sociale de sa politique”, expliquait-il au HuffPost, tout en invitant les responsables politiques à voir le handicap comme un sujet fédérateur, mais également stratégique puisqu’il touche “plusieurs millions d’électeurs.”

“Une bonne occasion” d’agir après quinze années d’attentisme pour Arnaud de Broca. Un calcul électoral cynique, juste après le refus d’une mesure aussi consensuelle que le congé pour la perte d’un enfant, pour certains responsables de l’opposition. C’est le cas notamment du député Les Républicains Aurélien Pradié. Investi sur cette question, celui qui a vu en 2018 une de ses propositions de loi sur l’inclusion scolaire des enfants handicapés retoquée par l’Assemblée nationale, estime même que le sujet du handicap “n’intéresse pas” la majorité.

L’élu du Lot et secrétaire général des Républicains craignait de voir le discours du chef de l’État se résumer en “une mise en scène autour des 15 ans de la loi Chirac.” ”À un moment où on leur reproche un manque d’humanité, c’est une occasion pour eux de se racheter une bonne conscience”, s’agaçait-il dimanche 9 février au JDD.

Même son de cloche du côté des députés communistes. Contacté par Le HuffPost, l’élu de Seine-Maritime Sébastien Jumel se montre aussi dubitatif que son collègue de droite. “Je pense que la crise d’humanité de la majorité est établie. On n’a pas attendu qu’Emmanuel Macron rappelle ses députés à l’ordre pour s’en rencontre compte”, tonne-t-il d’emblée, estimant que la majorité va “tenter de faire oublier le poids de ses turpitudes” avec le dossier du handicap.

“L’humanité c’est autre chose que des discours”

Mais pour être concret, il faudra sortir le carnet de chèques. De l’avis de Sébastien Jumel, comme pour beaucoup de spécialistes du sujet, le nerf de la guerre pour l’inclusion des personnes atteintes d’un handicap reste l’argent. “L’humanité, c’est forcément autre chose que des beaux discours”, tranche le député communiste au HuffPost.

C’est effectivement là, la principale crainte des associations: des grandes intentions sans enveloppe financière. “On aura sans doute un beau discours. Mais les vraies questions sont ‘quels moyens?’, ‘quelle temporalité?’”, prédixait Arnaud de Broca, pour qui les domaines de la compensation du handicap, de la scolarisation des enfants, de l’accessibilité devraient être autant de priorités. “Rien n’a changé en 15 ans”, regrettait-il, en glissant: “on ne fait pas de politique sans moyens.”

Et ce n’est sans doute pas le député Sébastien Jumel qui avancera le contraire. “Dans les orientations du discours du président de la République, il n’y aura sans doute rien à redire”, prévoyait-il, finissant de conférer au handicap un caractère consensuel. Cependant, l’élu ne se faisait guère d’illusion sur la suite: “je crains qu’il n’y ait pas la traduction financière d’une grande réforme sur le handicap.”

En attendant ces annonces, la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées Sophie Cluzel ne veut pas entendre parler d’opportunisme ni de calendrier avantageux. “Cette confé-rence a été annoncée au moins depuis le 3 décembre. La date est crantée depuis un moment, on n’est pas sur quelque chose de calé à la dernière minute”, a expliqué au HuffPost l’entourage de la responsable.

Quelques heures avant les annonces du président de la République, les membres de la majorité -et même certains ministres- ont déjà investi les réseaux sociaux pour montrer leur implication sur le thème du handicap.

Et ce à travers des vidéos en langue des signes, grâce auxquelles ils veulent se montrer “tous concernés, tous mobilisés.” Reste à savoir si ces pastilles vidéo, dont est friande la majorité, seront cette fois-ci suivies de la mobilisation nationale que les associations appellent de leurs vœux, ou si le sujet du handicap restera cantonné au terrain de la communication.

10/02/2020 Anthony Berthelier

https://www.huffingtonpost.fr/

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10 février 2020 ~ 0 Commentaire

people before profit (socialist worker)

rbb

Les élections irlandaises marquent un important rejet de l’establishment

La tendance à long terme vers le changement a entraîné un bouleversement électoral à droite lors des élections générales irlandaises. Les principaux partis de l’establishment ont pris un sérieux coup avec seulement 39 sièges sur 160 dimanche à 21 heures.

Sinn Fein semble prêt à remporter 36 sièges, car il a profité de la colère. C’est remarquable étant donné qu’il ne comptait que 42 candidats. Les socialistes gardaient leur siège au moment de la rédaction du présent article.

Les partis patronaux du Fine Gael et du Fianna Fail, qui ont alternativement dirigé l’État irlandais, sont en difficulté.

Les énormes votes personnels amassés par des personnalités du Sinn Fein, dont la chef du parti Mary Lou McDonald, ont illustré le niveau de son soutien. S’il avait présenté plus de candidats, Sinn Fein aurait fait une percée encore plus importante, car au moins une demi-douzaine de candidats ont reçu beaucoup plus de voix qu’il n’en fallait pour être élus selon le système de représentation proportionnelle.

Le Taoiseach irlandais sortant (Premier ministre) Leo Varadkar de Fine Gael, et le leader de Fianna Fail, ont tous deux reçu moins de voix dans leurs circonscriptions que Sinn Fein. Varadkar a été le premier taoiseach sortant à ne pas être en tête du scrutin dans sa circonscription.

C’est la colère pour la santé et le logement qui a dominé. Après avoir été le parti naturel de gouvernement pendant la majeure partie de l’histoire de l’État irlandais, Fianna Fail a été décimé en 2011 pour avoir mis en œuvre l’austérité de l’Union européenne. Fine Gael a passé les neuf dernières années à présider à l’aggravation de la crise du logement.

En 2007, avant le krach économique, Fianna Fail et Fine Gael ont remporté 69% des voix. Maintenant, ils sont tombés à environ 44%. Dans le sondage de sortie des urnes, Sinn Fein est arrivé en tête, sauf dans les plus de 65 ans. Dans le groupe d’âge entre 18 et 34 ans, Fianna Fail et Fine Gael n’ont obtenu que 15% chacun. Solidarity-People Before Profit obtient 7% dans cette tranche d’âge.

Les socialistes tiennent bon.

Brid Smith a été réélu à Dublin South Central avec 9 547 voix. Richard Boyd Barrett a également remporté un siège pour People Before Profit, alors il était en tête du scrutin pour les premières préférences à Dun Laoghaire.

Paul Murphy de Rise a également eu un siège. Gino Kenny et Conor Reddy de People Before Profit et Mick Barry de Solidarity attendaient au moment de la rédaction du présent article.

Le Labour, parti travailliste a reculé, puni pour les précédents accords de coalition. Le Parti Vert a été pardonné pour son rôle dans les gouvernements précédents avec entre neuf et 14 sièges. La crise environnementale était peut moins un problème que prévu. Surtout, un gang de droite avec un mélange d’anti-avortement et de fanatisme anti-immigrés s’est généralement  ramassé.

Établishment

Le Sinn Fein veut rejoindre l’establishment mais est sous la pression de ses partisans de la classe ouvrière pour ne pas le faire. Un certain nombre d’autres options sont possibles. Une coalition de gauche dirigée par le Sinn Fein. Une grande coalition de droite aussi est possible. Une autre élection prochainement est probablement l’issue la plus probable.

Ce qui est clair, c’est qu’après les mouvements qui ont apporté l’égalité du mariage et le droit à l’avortement, l’Irlande évolue plus rapidement que l’establishment ne peut le faire. Dans un communiqué, People Before Profit a déclaré: «Nous assistons à un tremblement de terre politique. L’avenir de la droite est sombre.

«La colère contre les urnes est importante, mais pour y parvenir, nous avons besoin de mobilisation. Nous avons besoin d’un grand mouvement de protestation sur le logement, la santé et l’âge de la retraite. Commençons par un vrai combat pour faire passer l’âge de la retraite à 65 ans.

L’avenir est favorable à la gauche. Nous nous en tiendrons à notre promesse – pas un pouce à Fianna Fail et Fine Gael. Le «pouvoir du peuple» pour résister à toute attaque contre les travailleurs.

Simon Basketter Sun 9 Feb 2020

https://socialistworker.co.uk/

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18 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

gilets noirs (les-inrocks npa basta)

gilets noirs

Qu’est-ce que le mouvement des “Gilets noirs” ?

“Ni rue ni prison, papiers et liberté.”

Mardi 16 juillet, non loin du Tribunal de Grande instance (TGI) de Paris, une banderole affichant ce message a été installée. Au-dessus, inscrits au marqueur sur du papier cellophane, ces deux mots : “Gilets noirs.”  Quelques membres de ce mouvement de “sans-papiers, sans-voix, sans-visages” – créé en Île-de-France en novembre 2018 pour demander la “régularisation de tous les sans-papiers” dans le pays mais aussi des logements et des conditions de vie dignes – ont fait le déplacement ce matin.

Ils attendent des nouvelles : plusieurs de leurs “camarades” passent actuellement devant le juge des libertés et de la détention, pour contester leur placement en centre de rétention administrative.

Le contexte : vendredi 12 juillet, plusieurs centaines de Gilets noirs investissent le Panthéon, dans le Ve arrondissement de Paris. Cette action s’inscrit alors dans une campagne nommée “Gilets noirs cherchent Premier ministre”, dont le but est “d’instaurer un rapport de force avec l’Etat”, comme nous le raconte une membre de La Chapelle debout, collectif avec lequel l’action a été menée, tout comme l’association Droits devant !

“Celui-ci est composé d’habitants d’une cinquantaine de foyers d’Ile-de-France, mais aussi de locataires de la rue. En tout, 17 nationalités sont représentées.” Il s’agit donc à la fois de sans-papiers mais aussi de demandeurs d’asile et de personnes sans-abris – les situations pouvant se combiner -, même si la Chapelle debout réfute “toutes les différences que l’Etat veut créer pour diviser les gens ».

“Ni rue ni prison, papiers et liberté.” Mardi 16 juillet, non loin du Tribunal de Grande instance (TGI) de Paris, une banderole affichant ce message a été installée. Au-dessus, inscrits au marqueur sur du papier cellophane, ces deux mots : “Gilets noirs.”

Quelques membres de ce mouvement de “sans-papiers, sans-voix, sans-visages” – créé en Île-de-France en novembre 2018 pour demander la “régularisation de tous les sans-papiers” dans le pays mais aussi des logements et des conditions de vie dignes – ont fait le déplacement ce matin. Ils attendent des nouvelles : plusieurs de leurs “camarades” passent actuellement devant le juge des libertés et de la détention, pour contester leur placement en centre de rétention administrative.

« Des Gilets jaunes qui ont été noircis par la colère”

Au Panthéon, les Gilets noirs demandent un rendez-vous avec le Premier ministre, en sus de leurs revendications. Selon les journalistes sur place, la situation est calme. Ils seront finalement évacués, et 37 d’entre eux interpellés par les forces de l’ordre pour des vérifications d’identité  – un membre de la Chapelle debout, lui, emploie le terme de “rafle”, évoquant plusieurs charges policières “très violentes”, une quarantaine de blessés, des insultes racistes et une “volonté de faire peur et casser le mouvement”.

Comme le souligne France info, plusieurs journalistes sur place ont en effet constaté des tirs de gaz lacrymos, des charges policières et des évacuations de blessés (voir par exemple ce long papier de Basta!, qui publie aussi plusieurs vidéos).

Une vingtaine de Gilets noirs ont au final été placés en rétention administrative. Lundi 15 juillet, La Chapelle debout expliquait dans un communiqué que “huit Gilets noirs [avaient] été libérés grâce à la mobilisation politique” mais aussi grâce au “soutien financier” de tous et toutes, une cagnotte ayant été créée pour payer des avocats. Lesquels ont, selon le collectif, constaté des irrégularités dans les procédures, d’où la libération de leurs clients. Mardi 16 juillet, ce sont sept autres personnes qui passaient devant le TGI.

L’action au Panthéon n’était pas la première organisée par le mouvement, dont le nom a été trouvé, selon la Chapelle debout, par un Gilet noir qui a eu cette formule lors de la marche “contre le racisme d’Etat et les violences policières”, en mars, à Paris : “On est des Gilets jaunes qui ont été noircis par la colère.”

En janvier, un rassemblement avait eu lieu devant la Préfecture de police de Paris. En mai, rebelote avec l’occupation du terminal 2F de Roissy. Selon un membre de la Chapelle debout, le but était de “dénoncer la participation d’Air France” aux expulsions – “Nous on dit déportation” – de personnes immigrées hors de l’Etat français. Enfin, en juin, plusieurs centaines de « gilets noirs » avaient investi les locaux du groupe de restauration collective Elior, à la Défense, de façon à “dénoncer l’exploitation de sans-papiers et leurs conditions de travail” dans cette entreprise, qui, selon eux, capitaliserait sur le “business” de l’emploi de personnes sans-papiers de façon à les “faire travailler gratuitement”.

“Les Gilets noirs, c’est un mouvement social” 

“On va organiser la riposte, ajoute ce membre du collectif, qui se félicite du soutien de plusieurs personnes et associations, par exemple Assa Traoré et le comité Vérité et justice pour Adama (c’est moins le cas de Marine Le Pen, qui a parlé d’occupation « inadmissible », ou encore d’Edouard Philippe, qui a mis en avant « le respect des monuments publics »). Les Gilets noirs, c’est un mouvement social, pas un mouvement de sans-papiers. C’est un mouvement qui appartient à tous ceux qui combattent le racisme, qui sont d’accord qu’aucun être humain n’est illégal, et qui veulent une vie digne pour tout le monde.” Et d’ajouter : “C’est un mouvement d’impatience : on en a marre d’attendre pour une vie digne, marre d’attendre pour sortir de l’isolement.”

L’idée de collectif est en effet très forte au sein des Gilets noirs, comme nous le raconte Camara, qui vit dans un foyer et milite aux côtés du mouvement depuis novembre 2018 : “Il est important de s’organiser et de se mobiliser collectivement. Ce qu’on vit, c’est de l’esclavage moderne. La police veut nous faire peur, mais on n’a plus peur.

On va aller jusqu’au bout :

Tout ce qui arrive, c’est notre destin.” Même discours du côté de Samba, dont le petit-frère, interpellé au Panthéon, était présenté au TGI ce mardi : “On va se battre, ensemble, jusqu’au bout de nos ongles. On n’arrêtera pas.” Quelques heures plus tard, un membre de la Chapelle debout nous envoie ce sms : “Tout le monde est libre, on est partis ensemble.” Il précise que la préfecture a fait appel sur « quelques dossiers ».

Depuis novembre, les “Gilets noirs”, ce mouvement “des sans-papiers, des sans-voix, des sans-visages”, multiplient les actions pour demander la régularisation de “tous et toutes” mais aussi des logements et des conditions de vie dignes.

17/07/19 Amélie Quentel
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01 avril 2019 ~ 0 Commentaire

dal (regards)

Hier, s’est terminée la trêve hivernale des expulsions locatives. Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l’association Droit Au Logement, est l’invité de la Midinale.

 Sur la fin de la trêve hivernale

« C’est le printemps des expulsions et des coupures d’énergie. »
« 125.000 personnes ont été expulsées en 2017, sûrement plus en 2018. »
« Les gens sont expulsés puis laissés dans la rue. »
« Les structures d’hébergement sont saturées parce qu’il y a de plus en plus de sans-abris et que le gouvernement mène une politique anti-sociale. »

 Sur la sociologie des expulsés 

« Ce que tous les expulsés ont en commun, c’est qu’ils ont des petits revenus. »
« En 1973, le taux d’effort, c’est-à-dire la part que les gens consacraient au logement, tournait autour de 10-12%. Aujourd’hui, on est en moyenne à 27%. Dans les zones urbaines et pour les moins riches des ménages, on est entre 40 et 50%. »
« On travaille la moitié du mois pour payer son logement. »
« On met à la rue des personnes vulnérables et fragiles, des personnes âgées, des femmes seules avec enfants, des handicapés… sans état d’âme ! »
« Notre société est de plus en plus dure et viole le droit au logement de manière constante. »

 Sur la proposition du ministre du logement Denormandie de péréniser les 6.000 hébergements d’urgence ouverts pour l’hiver 

« Tant mieux pour les 6.000 mais c’est une goutte d’eau dans l’océan de la crise du logement. »
« On a recensé 140.000 sans-abris mais en réalité, il y a en a beaucoup plus – autour de 200.000 voire 250.000. »
« Les moyens en matière d’hébergement qui sont mis en œuvre par le gouvernement ne suffisent pas. »
« Aujourd’hui 1er avril, c’est le début de la fermeture de dizaines de milliers de logements d’hébergement d’urgence qui avait été ouverts pour l’hiver. »
« L’Etat viole la loi impunément en matière d’hébergement. »

 Sur les solutions alternatives aux expulsions 

« La moitié des jugements d’expulsions sont rendus dans les logements sociaux, là où précisément sont logés des ménages aux revenus modestes et qui ne peuvent plus payer à la fin du mois parce que les APL ont baissé et que les loyers, même en HLM, ont augmenté. »
« Les gros propriétaires doivent mettre en place des solutions de relogement ou maintenir les locataires dans les lieux. »
« Il y a 3 millions de logements vacants, soit 1 million de plus d’il y a 15 ans. »
« Ce serait une bonne idée que l’Etat réquisitionne des immeubles vides appartenant à des grands propriétaires ou des institutions, à ceux qui, aujourd’hui, gagnent de l’argent en dormant. »
« La vacance est plutôt forte dans les villes moyennes et les petites villes. »

 Sur ce que fait le DAL contre les expulsions 

« Contre les expulsions, on va faire des piquets. »
« Il faut des mobilisations dans les quartiers, dans les immeubles. »
« Il y a des maires communistes qui prennent des arrêtés anti-expulsions depuis des années. »
« On encourage les maires des grandes et des petites communes à prendre des arrêtés anti-expulsions et anti-coupure d’énergie. »
« 250.000 familles ont été privées d’énergie en 2017. »

 Sur le droit au logement en tant que droit 

« Le droit au logement, c’est un demi-droit. »
« Tant que le droit au logement ne sera pas dans la Constitution, le droit de propriété sera toujours plus fort. »
« Sans logement, on ne peut plus vivre dans notre société. »
« Âge moyen de décès dans la rue : 48 ans. C’est une condamnation à mort avec torture. »
« Il faut encadrer les loyers à la baisse, taxer la spéculation immobilière et foncière. »

 Sur le logement et les gilets jaunes 

« Je pense que la problématique du logement va monter chez les gilets jaunes. »
« Une partie des gilets jaunes est propriétaire de son logement et ne rencontre pas forcément pas les mêmes difficultés que les gens dans les zones urbaines importantes. »
« Les habitants des grandes villes ne sont pas encore très mobilisés. »
« Si le gouvernement veut redonner du pouvoir d’achat, il faut agir sur le prix du logement. »
« Nous souhaitons l’unité avec les associations de locataires et avec les gilets jaunes. »

http://www.regards.fr/

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31 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

douarnenez (le local)

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Vendredi 11 Janvier à partir de 18h à l’auditorium (place de l’enfer),

Soirée de soutien a la Plaine par le collectif DZ 2050 avec une projection du film documentaire « La fête est finie » :

« Marseille est en passe de devenir une ville comme les autres. Sous les assauts répétés des politiques d’aménagement, elle se lisse, s’embourgeoise, s’uniformise. Cette transformation se fait au prix d’une exclusion des classes populaires, repoussées toujours plus au Nord.

Son élection en 2013 au titre de « Capitale européenne de la culture » a permis une accélération spectaculaire de cette mutation. Là où brutalité et pelleteuses avaient pu cristalliser inquiétude, résistances et analyses, les festivités nous ont plongés dans un état de stupeur. »

Puis viendra le temps des concerts au café des Halles à partir de 21h avec Juke le Tennor, Jerôme Soulas, Guillaume Gwern, Wonderbraz, El maout. Les bénéfices de la soirée seront reversés à la lutte qui s’organise à Marseille autour de la Plaine.

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https://bourrasque-info.org/

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19 août 2018 ~ 0 Commentaire

pour mansour (of + le tél)

mansour

Quimperlé. Mobilisation pour Mansour, placé en rétention administrative

Mansour Rasouli, Iranien de 45 ans passé par Quimperlé, a été placé au centre de rétention administrative de Rennes le 7 août, après avoir tenté de rallier l’Angleterre. Une mobilisation et une pétition s’organisent autour de lui.

Tout commence en 2015 pour Mansour Rasouli lorsque cet Iranien, employé dans une entre-prise de ventes de pièces détachées automobiles, se plaint de devoir transporter à des digni-taires des sacs contenant de l’argent ou des cadeaux. « C’était une société écran. La corrup-tion est immense dans ce pays », explique Parvie Martin, Quimperloise d’origine iranienne.

Menacé de mort, l’homme fuit à l’aide d’un billet touristique et d’un faux passeport, laissant derrière lui son épouse et ses deux enfants. Il arrive alors en Italie, puis en France, le 28  septembre 2015. Direction la jungle de Calais. Mansour Rasouli y séjourne jusqu’en avril 2016, s’occupant de la cuisine pour les réfugiés, avant d’être orienté vers Cancale, puis La Guerche-de-Bretagne. Puis, cap sur Quimperlé, où il est hébergé par le Centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada), pendant 15 mois, jusqu’à fin juin.

« Un homme de grande valeur »

« Je l’ai rencontré en octobre 2017. Nous sommes devenus amis. C’est un homme de grande valeur », poursuit Parvie Martin. « Il apprenait la langue en se plongeant dans les livres à la médiathèque. Il a travaillé bénévolement. On lui a proposé un contrat de travail en CDD car il a de la qualité, mais faute de papiers, il n’a pas pu réaliser son rêve, celui de rester en France ». Les complications administratives s’enchaînent, et Mansour Rasouli doit quitter le logement qui lui était attribué à Quimperlé, fin juin. Il continue de travailler bénévolement contre le gîte et le couvert, mais la situation ne peut durer éternellement.

Intercepté sur un ferry

Le moral au plus bas, Mansour Rasouli, encouragé à venir en Angleterre par des amis, rallie Cancale au début du mois. Et, dans la nuit du 6 au 7 août, à Saint-Malo, il se cache dans un camion, qui doit embarquer sur un ferry. Aux alentours de 4 h, après seulement une demi-heure de planque, il est délogé par les forces de l’ordre. « Son absence totale d’espoir a été plus forte que son attachement pour la France, en tentant la traversée », soupire Parvie Martin, très affectée du sort de son ami.

En attente de jugement à Rennes

Mansour Rasouli a donc été placé au centre de rétention administrative de Rennes, mardi 7 août. Passé devant le juge des libertés le 9 puis le tribunal administratif le 10 août, le juge-ment n’a pas encore été notifié. Contacté depuis le centre de détention, Mansour Rasouli se dit « désespéré », et « souhaite plus que tout pouvoir rester en France et travailler ». Des cour-riers des gens qui l’ont côtoyé, la promesse d’embauche en cas de titre de travail et une lettre de sa famille adressée au gouvernement, dans laquelle son épouse indique que son retour en Iran « aurait des conséquences considérables (…), serait fatal et conduirait à un danger de mort pour lui et pour nous », ont été versés au dossier.

Par ailleurs, plusieurs associations des Pays de Saint-Malo et de Quimperlé se mobilisent avec une pétition. Plus de 100 signatures ont été transmises aux préfectures de région, du Finistère et d’Ille-et-Vilaine.

 Change.org.

14 août 2018  Jean Rioufol

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18 août 2018 ~ 0 Commentaire

mineurs (le télégramme)

black spiderman

Mineurs étrangers isolés.

Treize jeunes sortis du dispositif de mise à l’abri d’urgence

Du 29 juillet au 17 août, treize jeunes étrangers ont été sortis du dispositif temporaire de mise à l’abri sur décision du parquet de Quimper. Leur minorité est mise en cause par une procé-dure longue et complexe dénoncée par les associations.Arrivés à Quimper entre novembre   2017 et janvier 2018, certains attendaient une décision des pouvoirs publics depuis main-tenant huit mois : à savoir, s’ils étaient bien mineurs et isolés afin d’être pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Ils étaient pendant ce temps mis à l’abri par le Conseil dépar-temental d’action sociale (CDAS) avec une cinquantaine de jeunes en attente, eux aussi, d’un verdict.

Logement en hôtel social.

Repas assurés par un restaurant administratif le midi et une chaîne de restauration rapide le soir et les week-ends. Pour les treize, le parquet a fini par trancher : ils ne les considèrent pas mineurs. Le CDAS leur signifie alors la fin de leur mise à l’abri temporaire. « Le département suit la décision du parquet », explique benoît Bothua, responsable de la mission départemen-tale Mineurs non accompagnés. Ils ont alors entre 48 h et une semaine pour quitter l’hôtel.

Une procédure complexe

Un jeune Guinéen raconte. Arrivé début novembre 2017 à Quimper, il est pris en charge par le CDAS pour une mise à l’abri temporaire à l’hôtel, le temps de déterminer sa minorité ou non. Au cours des trois premières semaines, il passe trois « évaluations sociales » conduites par des travailleurs sociaux du CDAS. Ceux-ci émettent alors un avis sur la minorité ou non du requérant. À l’issue de ces évaluations, le parquet diligente une enquête complémentaire : une expertise des papiers (extrait d’acte de naissance et parfois acte de décès des parents) du demandeur par la police aux frontières.

Par ailleurs, le procureur peut demander dans certains cas une expertise médico-légale, un test osseux.

« Les papiers sont systématiquement considérés comme irréguliers ou non conformes », dénonce une bénévole. C’est le cas pour l’extrait d’acte de naissance du Guinéen alors même qu’il a été légalisé par le consulat de Guinée. Le parquet conclut alors à sa non-minorité après huit mois d’attente. Fin juillet, il est expulsé de l’hôtel. Il peut néanmoins faire appel auprès du juge des enfants pour tenter de faire reconnaître sa minorité et se faire prendre en charge par l’ASE. Et il n’est pas rare que la décision du juge invalide celle du parquet. « L’ensemble des six enfants sortis du dispositif depuis novembre 2017 qui ont fini par voir le juge des enfants ont tous été jugés mineurs », souligne Annaïck Badiane, présidente du Temps partagé, association d’aides aux mineurs étrangers isolés.

Des délais à rallonge

Pris dans leur ensemble, les délais de traitement des demandes de ces mineurs sont extrê-mement longs. Benoît Bothua évoque une « moyenne de quatre à six mois » et des « cas exceptionnels de neuf mois » entre la date d’arrivée et la décision du parquet. « C’est trop long. Il faudrait pouvoir le faire dans le mois », ajoute-t-il. Et si la réponse du parquet est néga-tive, il faudra encore attendre, d’après une bénévole qui suit de près plusieurs dossiers, entre « trois mois et un an » pour voir le recours passé devant un juge des enfants.

Pendant cette période, les jeunes se retrouvent dans un « vide juridique ».

Considérés comme majeurs par le parquet, le département et l’ASE, ils restent néanmoins mineurs aux yeux d’autres institutions. Pas d’hébergement d’urgence au 115 qui n’acceptent que les personnes majeures. Pas de prise en charge médicale trop importante à l’hôpital faute de responsable légal. Et sortis du giron de l’État, il n’y a plus que les associations pour prendre ces jeunes en charge.

Les délais sont tels qu’il n’est pas rare qu’un jeune finisse par avoir 18 ans en attendant une décision.

Récemment, une personne déboutée par le juge des enfants à Quimper n’a pas pu faire appel à Rennes. Elle s’est donc pourvue en cassation et a gagné. Possibilité lui était donc offerte de faire réétudier son cas à Rennes. Problème : elle vient d’avoir 18 ans. Commencent alors de nouvelles démarches pour tenter d’obtenir un visa et de vivre ici, en France.

17 août 2018  Elven Sicard

 https://www.letelegramme.fr

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09 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

logement (20mn + le monde)

jeunes

Logement: Emmanuel Macron veut créer un bail à durée limitée pour les travailleurs précaires

DROIT AU LOGEMENT?

Le nouveau gouvernement souhaite créer un «bail mobilité» à durée limitée pour les travailleurs précaires… Emmanuel Macron souhaite remanier les baux locatifs en vigueur. L’Élysée planche sur une nouvelle loi « logement et mobilité », qui devrait être présentée à l’automne prochain, selon les informations de nos confrères du Monde.

Le projet prévoit notamment de créer un nouveau contrat de location destiné aux jeunes, limité dans le temps : de 3 mois à 12 mois maximum. Ce nouveau bail s’ajouterait aux deux autres baux déjà en vigueur : le « bail Méhaignerie » de trois ou six ans pour des locaux vides, et le bail d’un an pour les locations meublées.

Vers un appart-CDD ?

Ce « bail mobilité » était une promesse de campagne du candidat Macron. L’actuel président de la République espère accroître la mobilité et dynamiser le marché immobilier. Ce bail court serait réservé aux publics les plus précaires, comme les intérimaires et les personnes en CDD.

Selon L’Élysée, ce bail pourrait permettre aux salariés précaires de se loger plus facilement. De nombreux propriétaires et agences exigent en effet que la durée du contrat de travail couvre toute la durée du bail : un an minimum pour les meublés et trois ans pour les logements vides.

En pleine campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déploré que de plus en plus de biens immobiliers soient réservés à la location touristique, notamment via Airbnb. Le nouveau contrat de location pourrait décider les propriétaires qui préfèrent louer leur bien pour une durée ponctuelle.

Un « détricotage » des droits des locataires ?

Le futur bail de 3 mois à 1 an devrait être encadré et réservé aux zones dites « tendues ». Mais le projet suscite déjà l’inquiétude des acteurs du logement. « Est-ce un détricotage des protections du locataire, qui a droit à un bail longue durée et à son renouvellement sauf motif sérieux et légitime ? » s’interroge Florent Guéguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, dans les colonnes du Monde.

Certains attendent des « contreparties »

Florent Guéguen attend plutôt des « contreparties accordées aux locataires, comme la suppression de la caution ou de l’exigence (…) d’un contrat de travail à durée indéterminée, qui sont, eux, de vrais obstacles à l’accès au logement ». La nouvelle loi « logement et mobilité » sera présentée au Parlement d’ici l’automne.

precaires

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Logement et emploi : l’exclusion s’aggrave (2006)

La précarité continue d’augmenter.

C’est ce qui ressort du rapport annuel de la Mission régionale d’information sur l’exclusion (Mrie), présenté hier. L’édition 2005 relève deux critères forts de l’exclusion : le « mal logement » et le « mal emploi ». « Entre 2002 et 2004, en Rhône-Alpes, seuls 12 000 logements sociaux ont été construits, alors que l’on comptait près de 143 000 demandeurs », a souligné hier la directrice de la Mrie, Geneviève Decrop. Le rapport dénonce aussi le non-respect de l’obliga-tion, pour les communes de plus de 5 000 habitants, de mettre un terrain à disposition des gens du voyage. La précarisation de l’emploi est également pointée du doigt. « Certaines per-sonnes qui travaillent vivent en dessous du seuil de pauvreté », a indiqué Geneviève Decrop. Les jeunes diplômés d’études supérieures sont par ailleurs de plus en plus touchés par le chômage de longue durée. Ce rapport, qui ne propose pas de solution, vise avant tout à interpeller les responsables politiques.

C. M.  03/03/06

Logement : l’exécutif veut créer un nouveau bail locatif de trois mois à un an (Le Monde)

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27 juin 2018 ~ 0 Commentaire

persécution (politis)

camping

Médecins du monde : « La persécution des exilés est effarante »

La Journée mondiale des réfugiés est célébrée sous de bien étranges auspices.

Les violences que vous pointez sont d’abord celles éprouvées par les exilés dans leurs pays d’origine et sur la route de l’Europe.

Delphine Fanget : Les personnes que nous rencontrons arrivent avec des syndromes psychotraumatiques, causés par tout ce qu’elles ont dû affronter. Elles ont été persécutées, torturées, témoins de morts et de massacres, réduites à l’état d’esclaves sexuelles. Ces événe-ments ont lieu à la fois dans des pays comme la Syrie ou la Libye, en Méditerranée mais aussi parfois en Europe centrale. Nous constatons qu’en général, ce sont des pays qui s’effondrent économiquement, politiquement. Cela produit des effets de déstructuration sociale, éthique, familiale.

Et votre rapport montre que le calvaire continue en France…

Les situations sont différentes selon les villes : nous n’observons pas les mêmes schémas à Bordeaux, à Calais ou à Paris. Néanmoins, la première violence constatée est celle du non-accueil, lorsque les exilés se rendent compte qu’ils sont rejetés. Il est ensuite effarant de voir des choses qui sont de l’ordre du harcèlement et de la persécution policière, par exemple la destruction de matériel comme des tentes.

À Paris, Porte de la Chapelle, les personnes qui arrivent à notre point de distribution nous demandent simplement de pouvoir dormir à côté de nous. Car la nuit, elles sont sans cesse réveillées par des policiers qui leur demandent d’aller ailleurs. On a l’impression que c’est uniquement dans l’objectif d’empêcher tout campement de se reconstituer. C’est une politique d’invisibilisation et d’épuisement.

Ce qui provoque, selon vos propres termes, un « choc de désillusion » ?

C’est ça. Il y a une désillusion entre ce à quoi les exilés s’attendaient en arrivant ici et les vio-lences auxquelles ils sont confrontés. Nous parlons de rejet, de persécution policière mais aussi de violence administrative, institutionnelle. Perdus, ils ne comprennent pas les procé-dures d’intégration, où faut-il déposer les demandes d’asile, comment se faire expliquer les choses, pourquoi ils ne sont pas accueillis. Même ceux qui réussissent une procédure de demande d’asile vivent dans des conditions extrêmement dures, notamment économiquement parce qu’ils n’ont pas le droit de travailler.

Quelles sont les conséquences sur leur santé ?

Les exilés connaissent des souffrances psychiques, des troubles psychotraumatiques. Le pre-mier de leurs maux est l’extrême fatigue, l’épuisement total. Beaucoup de personnes nous de-mandent des somnifères parce qu’elles ne peuvent pas dormir. Ce que l’on appelle le syndrô-me de reviviscence, leur rappelle les événements qui ont été vécus, et des flashs reviennent dès qu’elles s’endorment. Il faut garder à l’esprit que leur principale préoccupation, c’est la survie. Ces violences peuvent aussi provoquer un repli sur soi ou mener à l’alcoolisme, ce qui est constaté chez des personnes qui n’en souffraient pas auparavant

Jusqu’où cela peut-il aller ?

Jusqu’au suicide. Les idées suicidaires, et parfois même les tentatives, sont récurrentes. Il y a peu de temps, dans notre salle de soins, une personne qui nous parlait de suicide a «explosé» et a été assez difficile à contenir. D’autres nous disent qu’elles sont tellement épuisées, en manque de ressources vitales et traumatisées par un tel déni d’existence qu’elles finissent par baisser les bras.

Est-ce que cette souffrance des exilés se répercute sur les « aidants » ?

Nos médecins parlent d’un « effet radioactif » des troubles psychotraumatiques. Nous ne sommes pas dans une société close, beaucoup de gens se mobilisent pour aider les exilés. Or, ce n’est pas rien d’écouter des gens en pleurs raconter les violences extrêmes, inhumaines, dont ils ont été victimes. On ne peut pas être insensible et il est même possible, par ricochet, d’être impacté. C’est difficile, pour les professionnels et encore plus pour les bénévoles. Certains ont, à leur tour, des problèmes de sommeil, nous disent souffrir de leur impuissance.

Votre rapport montre aussi que la situation empire. Pourquoi ?

D’abord parce que nous sommes face à une politique qui se durcit, avec un gouvernement qui a des pratiques de plus en plus intrusives. Nous dénonçons la mainmise du ministère de l’Inté-rieur sur tout ce qui concerne la santé des étrangers. Nous demandons l’indépendance, de plus en plus mise à mal, du ministère de la Santé sur ces questions. Cette politique qui vise à accueillir durement pour dissuader ne fonctionne pas. La loi Asile et immigration ne va pas régler les choses ; au contraire, on s’achemine vers une aggravation de la situation. Il faut aussi remédier au recul des services publics, y compris dans le domaine de la santé.

C’est l’une de vos préconisations. Quelles sont les autres ?

Il y a peu de professionnels qui sont théoriquement armés pour travailler avec des personnes qui subissent de tels traumatismes. Il faut que les pouvoirs publics favorisent les financements de formations, soutiennent les structures de prises en charge, les équipes mobiles « psychia-trie  et précarité ». Il faut aussi travailler avec l’interprétariat, peu visible mais sans lequel nous ne pourrions pas faire grand-chose. Pour les exilés, sont nécessaires de bonnes conditions matérielles d’accueil, mais aussi une procédure de demande d’asile facilement identifiable, qui ne met pas la suspicion au cœur du processus.

Ils ont déjà des difficultés à raconter leur histoire, et sont sommés de le faire devant un tribunal en donnant tout un tas de détails ! Nous devons tenir compte des spécificités psychotrauma-tiques dans les procédures de demande d’asile, qui mettent en difficulté les personnes. Sans faire une échelle de priorités, le respect de l’accueil des arrivants et des droits fondamentaux nous paraissent déterminants.

Dans leur dernier rapport, Médecins du monde et le centre Primo-Levi alertent sur la souffran-ce psychique des exilés qui arrivent en France. Le controversé projet de loi Asile et immigration vient d’entrer au Sénat, dix jours après que le gouvernement a refusé de tendre la main aux 629 rescapés de l’Aquarius, Dans le même temps, le centre de soins Primo-Levi et l’organisa-tion Médecins du monde publient un rapport relatif à la santé psychique des exilés, en lien avec les violences subies à la fois lors de leur migration et en France.

Le constat, émanant d’expériences de terrain de différents niveaux (assistants, psychologues, psychiatres, cliniciens, coordinateurs…), est accablant. Aux horreurs déjà subies dans les pays fuis et traversés (esclavage, viols, tortures) s’ajoutent des violences policières et institution-nelles. Delphine Fanget, chargée de plaidoyer de l’organisation Médecins du monde et membre du comité de rédaction du rapport, rend compte d’une « urgence de santé publique ».

(1) Extraits du rapport sur la souffrance psychique des exilés

Daryl Ramadier 20 juin 2018
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