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22 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

lgbt (ouest france + odi)

lgbt

Les inspecteurs du travail bientôt formés contre les discriminations LGBT

Un module sur la discrimination liée à l’orientation sexuelle sera intégré à la formation initiale des inspecteurs du travail. Selon la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, l’homophobie ordi-naire est encore tabou dans le monde de l’entreprise. Les inspecteurs du travail bénéficieront, au cours de leur formation initiale, d’un module spécifique sur les discriminations liées à l’orientation sexuelle, a annoncé jeudi Muriel Pénicaud.

« Dans la formation initiale des inspecteurs du travail, il y a déjà un module sur la discrimi-nation. Nous allons faire un module spécialisé sur la discrimination liée à l’orientation sexuelle », a annoncé la ministre du Travail, avant de signer la « charte d’engagement LGBT + » de L’Autre Cercle, une association LGBT tournée vers le monde du travail.

« Beaucoup de discriminations cachées »

Selon la ministre, « un certain nombre d’inspecteurs du travail ne savent pas très bien com-ment intervenir, n’osent pas forcément donc c’est important qu’ils connaissent bien le sujet pour qu’ils sachent comment intervenir ».

« C’est un sujet sur lequel, aujourd’hui, il y a beaucoup de discriminations et beaucoup de discriminations cachées », a-t-elle estimé. Elle a toutefois indiqué qu’elle ne disposait pas de données chiffrées et que l’inspection du travail ne recevait « pas énormément » de plaintes. « C’est encore un sujet tabou », a-t-elle expliqué.

L’homophobie ordinaire « très présente » au travail

Au-delà des « politiques RH discriminatoires », Muriel Pénicaud a pointé « l’homophobie ordi-naire, très présente » au sein des entreprises. Ce fléau « crée de la perte de confiance en soi, de la perte de lien social » et, à terme, « abîme aussi le collectif de travail », selon elle. Les auteurs de discriminations s’exposent, selon la gravité des faits, à des sanctions disciplinaires ou pénales. Ces dernières peuvent aller jusqu’à trois ans de prison et 45 000 € d’amende.

19/07/2018

https://www.ouest-france.fr/

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19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

répression lgbt (libération)

lgbt

Les condamnés pour homosexualité, une réalité exhumée

Une étude menée par deux sociologues révèle pour la première fois l’ampleur de la répression subie par les homosexuels en France : de l’après-guerre à 1982, près de 10 000 peines ont été prononcées, presque toutes à l’encontre d’hommes.

C’est une vue de l’esprit tenace. Parce que la France a dépénalisé les relations entre person-nes de même sexe dès 1791, elle serait depuis cette date à l’avant-garde mondiale en matière de tolérance de l’homosexualité. Pour preuve : seuls deux alinéas aux articles 330 et 331 du code pénal, respectivement inscrits en 1942 puis en 1960, permettaient de poursuivre en principe les actes homosexuels réalisés entre des personnes majeures et des mineurs de moins de 21 ans – contre 15 ans pour les relations hétéros – et de faire de l’homosexualité une circonstance aggravante. Loin des lois répressives longtemps en vigueur au Royaume-Uni, où 65 000 hommes ont été condamnés pour des actes homosexuels entre 1861 et 1967, et en Allemagne, où 50 000 gays et bisexuels ont fait de la prison après 1945 – sans compter les 42 000 homos condamnés à des travaux forcés ou déportés dans les camps sous le IIIe Reich.

«Ambiguïté»

Poursuivis pour d’autres motifs et notamment «outrage public à la pudeur» lorsqu’ils étaient coincés par la police dans les lieux de drague depuis la fin du 19è siècle, les homosexuels français auraient donc été assez peu inquiétés par la justice – s’ils ne faisaient pas de vagues – jusqu’à l’abrogation de ces délits spécifiques entre 1978 et 1982. «L’ambiguïté vient du fait qu’il n’y avait plus d’infraction ou de délit d’homosexualité en France depuis la Révolution, pointe Jérémie Gauthier, sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Il existait néanmoins dans la loi une discrimination entre hétéros et homos depuis Vichy sur l’âge de la majorité sexuelle qui, d’un côté, servait à condamner des homosexuels et, de l’autre, à officiellement « protéger » la jeunesse de la propagation du « vice ».»

Autre biais, cette fois identifié par l’historienne Florence Tamagne : en France, depuis que les universitaires se sont progressivement emparés de l’étude des homosexualités à partir des années 90, très peu d’entre eux, et encore moins les historiens, se sont intéressés à la répres-sion de l’homosexualité, qu’elle soit pénale, administrative ou policière. Conséquence : jusqu’à ce jour, aucun travail historique ou sociologique ne l’a quantifiée en France préalable à une politique de réparation comme il en existe aujourd’hui au Canada, en Allemagne ou en Nou-velle-Zélande. «Jusqu’ici, la littérature sur la répression pénale de l’homosexualité portait sur les textes de loi et les mouvements homosexuels pour leur abrogation (1), mais pas sur les chiffres capables d’évaluer son ampleur, résume Jérémie Gauthier. C’est là qu’on pense apporter quelque chose de nouveau.»

Avec son collègue de l’école du boulevard Raspail, le sociologue Régis Schlagdenhauffen, auteur du très renseigné Homosexuel·le·s en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale (2), ce jeune chercheur spécialiste de l’institution policière (3) s’est donc penché depuis le mois de janvier sur les archives de la justice pénale, en particulier le Compte général de l’adminis-tration de la justice civile et commerciale et de la justice criminelle. En épluchant ce registre, qui recense les condamnations et les peines prononcées dans les tribunaux français année par année, les deux chercheurs sont tombés sur une ligne «homosexualité», intercalée entre les délits pour «outrage public à la pudeur» et «proxénétisme». «Cette entrée est assez fascinante car il a toujours été dit que les statistiques prenant en compte l’orientation sexuelle n’existaient pas en France et qu’il n’y avait jamais eu aucune condamnation pour homosexualité», souligne Régis Schlagdenhauffen.

«Croisade morale»

Leur deuxième découverte porte sur le nombre de condamnations pour ce motif : entre 1945 et 1982, près de 10 000 peines, dont une grande majorité en métropole, ont été prononcées en France pour «homosexualité» (pour «outrage public à la pudeur sur personnes du même sexe» à compter de 1976), des données préliminaires qui ne prennent pas en compte les affaires entre deux jeunes de moins de 18 ans, réservées à la justice des mineurs. «Dans les années 60, il y a un pic de condamnations, qui déclinent après 1968, expliquent à Libération les deux sociologues, rencontrés dans leur étroit bureau de l’Institut de recherche interdis-ciplinaire sur les enjeux sociaux. C’était une période de croisade morale liée à la peur généralisée d’une contamination homosexuelle.»

Durant ces années de plomb, les peines sont par ailleurs «lourdes». Jusqu’en 1978, 93 % des condamnations pour «homosexualité» prononcées en métropole se soldent par des peines de prison. Plus de la moitié d’entre elles sont supérieures à trois mois ferme et un cinquième à plus d’un an d’emprisonnement. Sans compter les fortes amendes de plusieurs milliers de francs. «Mais on ne sait pas encore si ce sont des condamnations pour des chefs d’inculpation multiples», précise Régis Schlagdenhauffen. Les archives de Libération donnent néanmoins un aperçu de cette fermeté. Une chronique judiciaire bien connue à l’époque relate par exemple la condamnation, le 2 juillet 1978 par la 23e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, de deux hommes à de la prison pour «outrage public à la pudeur» après des galipettes dans les fourrés d’un bois parisien.

Dans la chronique «Flagrants délits», on lit ceci : «L’outrage public à la pudeur est en hausse : « Vous avez été surpris l’un sodomisant l’autre », lança le président. Comme à chaque fois dans ce genre d’affaires, c’était évidemment la pudeur de la police qui était outragée, les prévenus s’étant fait interpeller de nuit dans un bosquet du bois de Vincennes. Chacun se verra infliger trois mois de prison avec sursis et 2 000 francs d’amende (la semaine dernière avec le procu-reur Versini, cela valait tout simplement 1 000 francs d’amende, pourquoi cette hausse des cours ?)»

Ce n’est pas tout : malgré des informations lapidaires faute d’avoir accès aux PV de police, les archives de la justice criminelle ont permis aux deux chercheurs de dresser le profil des milliers de condamnés pour «homosexualité» de l’après-guerre. Il s’agit pour la quasi-totalité d’hom-mes, bien qu’une centaine de femmes aient fait l’objet de cette répression. «Les articles 330 et 331 du code pénal s’appliquaient autant aux femmes qu’aux hommes, même si, dans les faits, très peu de femmes ont été condamnées», souligne Régis Schlagdenhauffen. Par ailleurs, environ 70 % des condamnations concernent soit des célibataires de 20 à 30 ans, ouvriers ou salariés agricoles, soit des jeunes hommes issus des classes populaires.

«On émet l’hypothèse que les homos des classes supérieures avaient la capacité de passer entre les mailles du filet», avancent les deux chercheurs, ajoutant qu’un tiers des condamna-tions pour «homosexualité» touchent des hommes mariés ou veufs, 25 % avec des enfants. Enfin, un quart des jugements a été rendu en Ile-de-France, 8 % dans le Nord-Pas-de-Calais, Seine-Maritime et Rhône (entre 3 % à 5 % des condamnations), des «territoires ouvriers et populaires». Ce qui fait dire à Jérémie Gauthier que «des parquets ont pu être mobilisés à certains moments dans certains départements pour réprimer l’homosexualité».

«Jugement d’apaisement»

La machinerie de la répression s’enraye cependant à partir des années 70, sous l’effet de la libéralisation des mœurs comme de la mobilisation de militants homosexuels, des Groupes de libération homosexuelle au Comité d’urgence antirépression homosexuelle contre la répression pénale de l’homosexualité.

En octobre 1978, le procès de l’affaire du Manhattan, relayé par la presse, dont le Monde et Libération, s’achève par exemple par un «jugement d’apaisement» (des amendes) après la mobilisation d’intellectuels (Marguerite Duras, Michel Foucault, Patrice Chéreau ou Guy Hocquenghem) et d’élus (le sénateur radical de gauche Henri Caillavet) en faveur des onze prévenus inculpés pour «outrage public à la pudeur sur personne du même sexe» après une descente de police dans un bar du Ve arrondissement parisien, le Manhattan. «La répression de l’homosexualité va progressivement laisser la place à la répression de l’homophobie, les homos passant d’une catégorie à réprimer à une catégorie à protéger», analyse encore Jérémie Gauthier. A quand une loi de réhabilitation ?

Florian Bardou 17 juillet 2018

http://www.liberation.fr/

(1) Lire par exemple les Alinéas au placard : l’abrogation du délit d’homosexualité (1977-1982) d’Antoine Idier éd. Cartouche, 2013.

(2) Ed. Nouveau Monde, juin 2017.

(3) Auteur de Police : questions sensibles, codirigé avec Fabien Jobard, éd. PUF.

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16 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

féminisme (paris luttes + basta + npa)

cahiers du fem

Petite histoire du féminisme

Prémisses de féminismes :

Peut-être pourrait-on faire débuter les premières réflexions sur le féminin et le masculin par Sappho. Sappho était une poétesse grecque qui vivait sur l’île de Lesbos, -625 -580 BC. Ses poèmes amoureux connaissent depuis l’antiquité un grand succès. Avec un monde sans hom-me sur une île autonome, elle annonce déjà des revendications face à la place des femmes dans la Grèce archaïque. De là viennent les adjectifs lesbienne, saphique.

Dès le 15è siècle, après Christine de Pizan (1364-1430), poétesse et philosophe, quelques femmes et hommes écrivent pour « défendre » le sexe féminin et imaginer l’égalité des sexes. Christine de Pizan est considérée comme la première femme de lettres française ayant vécu de ses écrits. (J’aurais mis après les femmes pirates comme Mary Reid (vers 1690 – 1721) et Anne Bonny. Note du Blog)

De la Révolution française à la République.

Les femmes çà et là expriment une volonté collective où la prise de conscience de leurs problè-mes spécifiques va de pair avec leur désir d’appartenir, comme les hommes, à une nouvelle société politique. On voit apparaître les cahiers de doléances, des pétitions, des clubs politi-ques et la déclaration des droits de la femme d’Olympe de Gouges.

Olympe de Gouges (1748-1793), aristocrate française, est la première à poser dans la décla-ration des droits de la femme l’égalité des hommes et des femmes. (…) Elle est guillotinée en 1793 pour s’être opposée à la montée en puissance des Montagnards. Thérésa Cabarus (1773-1835), militante girondine, sera aussi connue pour ses pensées « féministes ». En l’église Notre-Dame de Bordeaux, transformée alors en temple de la raison, elle fait lire en 1793 ses essais sur l’éducation des femmes.

C’est à partir de 1830 que les femmes vont se constituer comme un groupe de sujets politiques avec l’émergence des mouvements utopistes (saint-simoniens et fouriéristes).

Elles dénoncent leur asservissement séculaire, réclamant un affranchissement et une éman-cipation. En 1848 pendant la brève révolution apparaît « La Voix des Femmes », premier quoti-dien féministe. Louise Michel (1830-1905), militante anarchiste et institutrice française est une figure primordiale de cette période. Outre son militantisme « socialiste » (elle arbore le drapeau noir et écrit dans « Le Cri du Peuple), elle est secrétaire de la « Société démocratique de moralisation », dont le but est d’aider les femmes à vivre par le travail. En 1870, elle est élue présidente du Comité de vigilance des Citoyennes du 18è arrondissement. Elle adhère au groupe « Le Droit des Femmes ».

Flora Tristan (1803-1844), aimait se désigner comme une « aristocrate déchue, femme socialiste et ouvrière féministe ».

Son ouvrage L’émancipation de la Femme ou le Testament de la Paria est publié de manière posthume. « L’affranchissement des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes. L’homme le plus opprimé peut opprimer un être qui est sa femme. Elle est le prolétaire du prolétaire même ».  Les révolutions de 1789, 1830, 1848 permettent l’expression de l’exigence féministe, mais y opposent le refus de ses conséquences réelles. A chaque fois on ferme les clubs de femmes, on discrédite leurs actions politiques, les inégalités sexistes sont affirmées.

L’histoire du féminisme ne s’arrête pas entre les périodes, on peut cependant noter des pics d’avancées féministes. Ainsi on parle communément de trois vagues féministes.

Première vague :

Le mouvement le plus connu de la première vague est celui des suffragettes, qui recherchent les mêmes droits civiques que les hommes sur le principe du suffrage universel. Néanmoins, il est simpliste de réduire la première vague féministe aux suffragettes : le féminisme de l’entre-deux-guerres est multiple. Le mouvement des suffragettes constitue déjà un féminisme violent, dont les militantes vont jusqu’à molester certains parlementaires.

En 1908 une répression s’organise contre elles. En 1913, Emily Davidson, militante féministe britannique, est brutalement tuée, ce qui fait changer l’opinion anglaise en faveur des féminis-tes. En 1918 les femmes anglaises obtiennent le droit de vote. Pour la première fois, les problématiques du féminisme investissent le débat public.

Mis à part les suffragettes tournons-nous vers deux personnalités marquantes du féminisme de cette époque.

Celle d’Emma Goldman (1869-1940), anarchiste d’origine russe émigrée au États-Unis, qui milite pour l’égalité des sexes, la libre disposition de son corps, le contrôle des naissances, l’homosexualité, l’antimilitarisme, les luttes ouvrières et syndicales, la défense des chômeurs, et ce sans hiérarchie entre les luttes. Elle considère le droit de vote comme réformiste et critique les suffragettes. Elle insiste déjà sur l’importance de la mère dans la reproduction des rôles sociaux de la société patriarcale.

La personnalité de Madeleine Pelletier (1874-1939) est particulièrement intéressante. Activiste anarchiste dès 1906, c’est une féministe radicale, première femme médecin diplômée en psy-chiatrie en France. Elle est proche du mouvement néo-malthusien (qui prône un contrôle radi-cal des naissances) et considère que « C’est à la femme seulement de décider si et quand elle veut être mère ». Elle milite en faveur de l’avortement et de la contraception. Elle est mise à l’écart du mouvement féministe car ses choix paraissent trop violents. Elle considère que l’hété-rosexualité est liée au système d’oppression des femmes et s’habille en homme. Elle pratiquera des avortements pendant toute sa vie.

La deuxième vague : la France des années 70

Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir (1908-1986), littératrice française, change les esprits dès sa parution en 1949 ; c’est une rupture, on dissocie alors la femme de la mère. Elle lance le « Manifeste des 343 » réclamant l’avortement libre et gratuit, elle cofonde le mouve- ment « Choisir » (Proche du PS avec Gisèle Halimi, blog), cofonde et préside la revue « Nouvel-les Questions Féministes ». Elle écrit dans « Le deuxième sexe » la célèbre phrase « On ne naît pas femme, on le devient ». C’est une figure connue du féminisme matérialiste.  Le deuxième sexe et la création du Planning Familial (association qui promeut le droit des femmes – avorte-ment et contraception – à ne pas confondre avec les centres de planning familial, institution étatique) en 1956 ne sont que la face visible d’une évolution sociale qui s’est faite en dehors du militantisme féministe, mais pas sans lui.

« Le privé est politique » est la citation la plus connue de cette « deuxième vague ». Son auteure, Ulrike Meinhof (1934-1976), est militante et terroriste allemande de la Fraction Armée Rouge. On connaît surtout cette seconde vague pour ses luttes pour la maîtrise du corps avec les actions du MLF (Mouvement de Libération des Femmes) (et le MLAC « Mouvement pour la Liberté de l’Avortement de de la Contraception »! Blog) mais c’est aussi la période qui voit la naissance des études universitaires féministes.

Le féminisme des années 70 est une continuité autant qu’une rupture.

La lutte des classes se transpose sur la lutte des sexes, les idées marxistes influencent les idées féministes. Juste après mai 1968, dans l’extrême-gauche maoiste, anar et trotskyste, des femmes s’organisent. Les partis et les syndicats sont traversés par la « question des femmes». (On voit alors apparaître des « groupes femmes » autonomes sur les lieux de travail et d’étude et des « réunions non-mixtes » à l’intérieur de certains partis et syndicats. Tous ces groupes auto-nomes, de partis de syndicats, forment de fait un « Mouvement Autonome des Femmes » infor-mel, que le MLF prétendait chapeauter. Blog )

A l’extérieur de ces groupes de femmes, apparaît une volonté de travailler « en direction des femmes », de manière à intégrer en le contrôlant l’essor du féminisme. A noter que depuis 1946  les femmes ont le droit de vote ce qui pousse les partis politiques à racoler les voix féministes.

On parle d’oppression et de patriarcat, termes qui découlent du vocabulaire marxiste qu’intègre dès lors le féminisme. Le patriarcat est le système social qui organise la domination des hommes sur les femmes.(Un peu résumé, voir le lien pour l’intégrale)

« Une petite histoire du féminisme » est un texte d’abord écrit pour mettre à niveau en théories féministes une assemblée de personnes souhaitant étudier l’art avec un point de vue féministe dans la lignée des « Gender Studies ».  Par ailleurs plusieurs personnes ont exprimé la néces-sité de faire connaître les courants et l’histoire du féminisme pour tous les néophytes. Qu’on ne s’y trompe pas, ça ne rend pas l’auteure spécialiste de la question, c’est un travail collectif de recherches et de discussions qui a permis d’élaborer ce texte. Ce n’est pas non plus un travail qui se veut exhaustif ou objectif, il comporte un point de vue même si l’on a cherché à s’en éloigner. Il ne faut pas oublier le contexte de la rédactrice, qui est blanche, française, bourgeoise, et avec des influences féministes matérialistes radicales.

14 juillet 2018

https://paris-luttes.info/

feminsite

Symbole du courant « lutte de classe »

Lire aussi:

Le torchon brûle (Wikipédia)

Mouvement de libération des femmes (Wikipédia)

Les Pétroleuses (« Tendance lutte de classe »)

Histoire du MLF : entretien avec Josette Trat (NPA)

« Si la liberté des femmes n’a cessé d’être contestée, c’est qu’elle entraîne toutes les autres » (Basta)

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30 juin 2018 ~ 0 Commentaire

gay pride de cuba

Sympa, cela ne remet pas en cause notre analyse de la confiscation du pouvoir par le parti unique

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29 juin 2018 ~ 0 Commentaire

dossier lgbt (npa)

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Oppression des LGBTI et capitalisme

dossier lgbt (npa) dans Antifascisme

Les droits LGBTI gagnent du terrain dans la plupart des pays occidentaux ainsi que dans quelques autres pays comme l’Argentine par exemple. Pour autant tous ne cèdent pas… 

PMA : on luttera tant qu’il le faudra

 dans Antiracisme

Il y a 5 ans, l’extension de la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de femmes et aux femmes seules était déjà une promesse du gouvernement Hollande : avec le « Mariage pour tous », elle était censée assurer une égalité entre personnes homos et hétéros dans la loi.

lgbt

LGBTI : arracher des droits, dégager ce gouvernement !

Dès l’élection d’Emmanuel Macron, nous pointions le fait que, sous couvert d’une campagne « gay-friendly », le gouvernement formé par Macron était peuplé d’homophobes, à commencer par Édouard Philippe et Gérald Darmanin.

Dossier réalisé par la commission LGBTI de la Région parisienne.

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27 juin 2018 ~ 0 Commentaire

agressions (le huff’)

lgbt

Un personne LGBT sur deux a déjà subi au moins une agression dans sa vie

C’est à Paris que l’on recense le plus d’agressions homophobes, en premier lieu dans les établissements scolaires, les transports et la rue.

Plus d’une personne sur deux se définissant comme homosexuelle, bisexuelle ou transsexuelle, a été victime d’une agression à caractère homophobe au cours de sa vie, selon une étude de l’Ifop dévoilée ce mercredi 27 juin par France Info.

Au total, 53 % des LGBT (Lesbiennes, gays, bi, trans) ont fait l’objet d’agressions à caractère homophobe, précise cette enquête réalisée pour la Fondation Jean Jaurès et la Dilcrah (Délé-gation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT).

Parmi les faits répertoriés: insultes (28%), attouchements ou caresses à caractère sexuel 24%, menaces de révéler l’orientation sexuelle à des proches, collègues ou voisins (18%), ou viol (11%). Selon cette enquête, l’écart entre les hommes et les femmes est faible face aux agissements.

Constat étonnant: c’est dans l’agglomération parisienne, qui abrite pourtant le quartier du Marais où sont concentrés la majorité des bars et boîtes de nuit gays, que se produisent le plus ces agissements, à la différence des milieux ruraux, moins concernés par ces agressions.

Des sanctions plus sévères pour les insultes

Les faits se produisent le plus souvent dans l’établissement scolaire, puis les transports ou la rue, vient ensuite le lieu de travail, au sein de la famille ou sur les réseaux sociaux, précise l’étude. A la question de savoir si les sanctions judiciaires doivent être aussi sévères pour des propos tels que « sale gouine » ou « sale pédé » que des propos racistes (comme « sale noir », « sale arabe ») ou antisémite (sale juif »), 87 % des personnes LGBT s’y disent favorables.

Ces résultats, dévoilés à trois jours de la « Marche des Fiertés », seront présentés mercredi matin à Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes. L’étude a été réalisée par l’Ifop, avec un questionnaire en ligne du 23 mai au 6 juin 2018, auprès de 994 personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres, représentant un échantillon représentatif selon la méthode des quotas.

En mai, SOS Homophobie avait relevé que pour la deuxième année consécutive, le nombre d’actes homophobes avait augmenté en 2017.

27/06/2018

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17 juin 2018 ~ 0 Commentaire

rennes fiertés (le télégramme)

drapeau_gay_breton
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Rennes. 4 000 personnes à la Marche des Fiertés
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Samedi, la 25e édition de la Gay Pride a réuni environ 4 000 personnes dans les rues du centre-ville de Rennes.

Initiée par le centre gay, lesbien, bi et trans (CLGBT), cette nouvelle Marche des fiertés était cette année organisée sur le thème : « Une famille pour toutes et tous ! ». « On veut mettre en avant la famille dans tous ses formats. Ce qui compte c’est l’amour inconditionnel que l’on se porte. Dans ce cadre nous réclamons toujours la PMA et nous espérons que les promesses faites vont enfin se concrétiser par des actes », explique la présidente du CLGBT de Rennes Selène Tonon.

Satisfaite de cette nouvelle mobilisation, la présidente a également salué le travail de commu-nication fait notamment par Kéolis, la société en charge des transports en commun, après son refus, dans un premier temps, de faire de la publicité pour la Marche des fiertés au nom de sa « neutralité ». Un « malentendu » effacé donc : « nous avons eu un visuel dans tous les bus, les stations de métro pendant toute la semaine ».

Parti de l’esplanade Charles De Gaulle, où un village associatif était implanté à cette occasion, le cortège festif et coloré a rejoint la place de la mairie avant de revenir à son point de départ au rythme de la musique de différents DJ.

16 juin 2018

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 https://www.letelegramme.fr/

Lire aussi:

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Oppression des LGBTI et capitalisme

dossier lgbt (npa) dans Antifascisme

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PMA : on luttera tant qu’il le faudra

 dans Antiracisme

Il y a 5 ans, l’extension de la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de femmes et aux femmes seules était déjà une promesse du gouvernement Hollande : avec le « Mariage pour tous », elle était censée assurer une égalité entre personnes homos et hétéros dans la loi.

lgbt

LGBTI : arracher des droits, dégager ce gouvernement !

Dès l’élection d’Emmanuel Macron, nous pointions le fait que, sous couvert d’une campagne « gay-friendly », le gouvernement formé par Macron était peuplé d’homophobes, à commencer par Édouard Philippe et Gérald Darmanin.

Dossier réalisé par la commission LGBTI de la Région parisienne.

lgbt

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12 juin 2018 ~ 0 Commentaire

transphobie (cnrs)

transphobie

Comment lutter contre la transphobie à l’école?

L’expérience transidentitaire, le sentiment de ne pas être du genre assigné à la naissance, peut apparaître à tous les âges, même à l’école. Le monde scolaire n’est pas encore prêt. C’est ce que nous explique le sociologue Arnaud Alessandrin, qui livre les premiers résultats d’une étude en cours sur la santé des mineurs LGBTI scolarisés.

Isolement, craintes ressenties au moment d’accéder aux espaces genrés dans l’enceinte de l’école (toilettes, vestiaires), absentéisme…

Les conséquences de la transphobie à l’école sont nombreuses et marquent profondément la vie des individus concernés. Bien que nous ayons spontanément tendance à associer les transidentités à l’âge adulte, les enquêtes étrangères comme celles d’Annie Pullen Sansfaçon 1 ont su mettre en avant l’existence et les spécificités des enfants « gender variants » ou « gender creativ », c’est-à-dire qui s’éloignent légèrement ou bien complètement, durablement ou bien momentanément, des normes de genre en vigueur. L’expérience transidentitaire, le sentiment de ne pas être du genre assigné à la naissance, peut donc apparaître à tous les âges2.

Depuis 2014, ces questions sont progressivement abordées en France.

Les témoignages, notamment sur Internet, se font de plus en plus nombreux. Toutefois, même si l’on compte quelques travaux associatifs, la recherche sur l’expérience des mineurs trans ou gender variant reste peu développée en France et se concentre surtout autour d’enquêtes et de recueil de données qualitatives3. Il faut attendre 2017, lorsqu’une équipe de recherche4 – à laquelle je participe – s’est penchée plus spécifiquement sur la santé scolaire des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuel.le.s, trans et intersexes), pour voir se dessiner des tendan-ces statistiques sur la question des mineurs trans.

Le collège, particulièrement anxiogène

Les chiffres de cette enquête sont sans appel. Sur 1 059 répondant.e.s au total, nous avons pu créer une strate de 217 jeunes personnes trans scolarisé.e.s. Ces résultats laissent premiè- rement apparaître des éléments relatifs à la solitude de ces jeunes : si  seulement» 46 % des gays et des lesbiennes rapportent ne pas être parvenu.e.s à parler de leur homosexualité durant leur scolarité, ce pourcentage monte à 76 % pour les jeunes s’étant autodéfinis comme trans ou non binaires.

Deuxièmement, les témoignages des jeunes donnent à voir un haut niveau d’appréhension face à l’école (qu’il s’agisse des pairs ou de l’institution) 

L’expérience scolaire est perçue comme « mauvaise » ou « très mauvaise » pour 72 % des jeunes trans. Et si l’on considère aussi les jeunes intersexes, cette mauvaise expérience sco- laire est présente chez 78 % d’entre eux. Enfin, le collège est pointé comme la temporalité la plus anxiogène pour ces jeunes. Le verbatim de l’enquête permet de distinguer différents fac- teurs explicatifs.

L’importance que revêtent les catégories genrées entre pairs au collège

Les transformations corporelles qui imposent des modifications physiques non désirées (règles, poils, mue…), une absence relative de « mots pour se dire » (ce qui semble moins vrai à la fin du collège et au lycée grâce l’accès à l’Internet et aux associations) ainsi qu’une non-prise en compte, ou une mauvaise prise en charge, des problématiques de ces élèves par l’institution. Notons pour finir le rôle non négligeable des programmes scolaires qui, en abor- dant les questions trans et intersexes, véhiculent aussi les représentations pathologisantes et prioritairement médicales de ces identités.

Accompagner et sensibiliser

Si la France est très en retard en ce domaine, d’autres pays comme le Canada proposent des guides et des solutions pratiques pour accueillir et accompagner les demandes de ces jeunes, sans les nier ni les psychiatriser5. Faciliter le changement de prénom sur les dossiers adminis-tratifs, accompagner les demandes médicales sans psychiatriser d’emblée les parcours, former les encadrant.e.s et sensibiliser les autres élèves : autant de petites mesures qui augmentent grandement la participation scolaire des jeunes trans.

Si ces bonnes pratiques sont en direction des établissements, d’autres institutions peuvent être interpellées.

La famille tout d’abord, qui joue un rôle prépondérant dans le bien-être des enfants trans. C’est ce que note par exemple Diane Ehrensaft dans une typologie6 qui différencie des famil- les qu’elle nomme « transphobic », « transformers » ou « transporting ». Dans le premier cas, la chercheuse souligne des figures familiales qui rejettent violemment l’idée d’une transition et d’une non-conformité de genre d’un.e enfant. Le second cas de figure regroupe des familles ou des membres « aidants » qui accompagnent pleinement la transformation de l’enfant. Le troisième groupe développe des stratégies de bricolage entre « aide » et « déni », notamment en déplaçant les prises de décision et les accompagnements à des aidants extérieurs.

Une autre thérapeutique, dite « acceptante »7, suggère que les identités de genre trans ne sont pas des pathologies (dans le cas des enfants comme dans celui des adultes, d’ailleurs).

Dans cette perspective, des propositions de suivis hormonaux sont notamment conseillées et de nettes améliorations sur le plan du bien-être psychologique ou de la participation scolaire se font alors sentir. C’est pourquoi il convient de convoquer pareillement les institutions de santé qui, aujourd’hui en France, sont encore très réticentes à accompagner les mineurs vers la prise de bloquants hormonaux afin de ne pas les confronter aux effets secondaires de la sexuation et de les protéger des discriminations.

Cette opposition des mondes scolaires et médicaux à une meilleure prise en compte des demandes transidentitaires montre à nouveau les difficultés qu’il y a à dessaisir la question trans des cadres de la maladie mentale.

07.06.2018 Arnaud Alessandrin
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Les points de vue, les opinions et les analyses publiés dans cette rubrique n’engagent que leur auteur. Ils ne sauraient constituer une quelconque position du CNRS.

transph

À lire : Sociologie des transidentités, Arnaud Alessandrin, Le Cavalier bleu, mars 2018, 144 p., 20 € « La transphobie en France : insuffisance du droit et expériences de discrimination », A. Alessandrin, Cahiers du Genre, 2016 , vol. 60 (1): 193-212.

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11 juin 2018 ~ 0 Commentaire

rennes lgbti (ifa )

lgbt

Mardi 12 juin 18h30 La militance LGBT aux Etats-Unis 

Conférence

La reconnaissance politique des revendications homosexuelles s’est traduite par une profes-sionnalisation du mouvement et non par une mobilisation plus forte de la base. L’institution-nalisation de la militance LGBT a donc coïncidé avec la disparition de la revendication sexuelle. Guillaume Marche démontre que la place plus ou moins importante de la sexualité dans les objectifs et les formes d’action joue un rôle déterminant dans l’implication des acteurs sociaux.

Guillaume Marche est Professeur de Civilisation américaine à l’Université Paris-Est  Créteil. Il est l’auteur de La militance LGBT aux États-Unis. Sexualité et subjectivité.

https://ifa-rennes.org/

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29 mai 2018 ~ 0 Commentaire

mélenchon en russie (essf)

urss

Militants de gauche, syndicalistes, partisans des droits humains et de la solidarité internationale, nous ne sommes naturellement pas représentés par E. Macron. Quelques semaines avant son voyage en Russie, J.L. Mélenchon s’est lui aussi rendu en Russie, avec par contre quelques prétentions à représenter, sinon « la gauche », du moins « le peuple », voire même « l’unité populaire ». Dans ce texte nous abordons les graves problèmes politiques posés par ce voyage et ce qu’il révèle en creux : l’urgence d’un véritable internationalisme.

Les vrais opposants de Poutine

La visite de J.L. Mélenchon en Russie n’a pas comporté de réception officielle par les dirigeants de l’État mais elle faisait suite à la réélection de Vladimir Poutine aux élections présidentielles du 18 mars dernier. Rappelons que dans ces « élections » sur mesure, toute candidature réellement oppositionnelle avait été écartée, en particulier celle du libéral « anti-corruption » Alexeï Navalny.

Seule la candidature de Ksenia Sobtchak, fille de l’oligarque qui fut le mentor de V. Poutine, passait pour franchement « oppositionnelle » ; elle avait surtout pour particularité d’être la première candidature féminine à ce poste et a officiellement obtenu 1,6% des suffrages exprimés. Pendant la campagne électorale, c’est-à-dire la campagne d’État pour Poutine, une « affaire » a été lancée par le FSB et médiatisée, celle du « Réseau » ou « communauté terroriste » censé avoir été défait dans la ville de Penza. Il s’agit d’un groupe de jeunes se définissant politiquement comme «antifas» (antifascistes), ce qui en Russie signifie combattant à la fois l’extrême-droite et la soi-disant gauche nationaliste à symboles staliniens et fascistes souvent mêlés.

Ils s’appellent Dmitry Pchelintsev, Andrey Chernov, Vasiliy Kuksov, Arman Sagynbaev, Ilya Shaburskiy, Viktor Filinkov, Yuliy Bolarchinov, Igor Shishkin, Egor Zorin. Ils ont moins de 25 ans et ont été torturés longuement, de façon à inventer un complot contre la sûreté de l’État, qui serait d’inspiration anarchiste.

Le complot est fictif, la question politique est réelle : des milliers de jeunes en Russie ne peuvent que détester l’État, qui, dans l’histoire, sous forme tsariste, «soviétique» et maintenant poutinienne, a toujours représenté répression et forfaiture. Ce qu’ils disent et ressentent rejoint le sentiment de millions qui n’ont pas voté aux présidentielles. Dans la tradition de l’Okhrana et du KGB, le pouvoir invente des complots de peur d’avoir affaire un jour non à un complot, mais à une protestation démocratique massive pour la liberté.

Électrodes, coups, suspension, gaz dans la bouche, menaces de « destruction de ton rectum » en prison, ces récits attestés et sordides ont aussi pour signification la propagation, dans les structures policières, de méthodes qui existaient déjà, mais plus localisées : dans certains camps pour droits communs, certaines casernes, et, massivement, dans la satrapie concédée à l’islamisto-poutinien collabo, et âme damnée de V. Poutine, Kadyrov, en Tchétchénie, connu pour la chasse aux homosexuels. On ne peut pas ne pas évoquer ici l’encadrement de l’armée décomposée de Bachar el Assad en Syrie par l’armée russe, la Syrie où la torture et le viol sont au fondement de la domination de l’État. L’emploi significatif de ces méthodes contre un groupe de jeunes en fait inoffensifs, dans une ville provinciale russe, est un développement qui, avant même le scrutin présidentiel, marque le franchissement d’un seuil. Elle produit aussi de fortes protestations et mobilisations démocratiques et juridiques en Russie.

Ces méthodes ont aussi marqué les suites de l’annexion de la Crimée, en 2014. C’est alors qu’étaient kidnappés vers la Russie le célèbre réalisateur de cinéma Oleg Sentsov et le militant anarchiste populaire dans la région, Alexandre Koltchenko, pour un complot nationaliste ukrainien fabriqué de toutes pièces. Le premier a été condamné à 20 ans de camp à régime sévère, le second à 10 ans. 64 arrestations arbitraires connues d’ukrainiens, dont près de 50 Tatars de Crimée, ont eu lieu depuis. Oleg Sentsov, depuis le 14 mai 2018, a engagé une grève de la faim. Un autre prisonnier politique ukrainien, Volodomyr Baloukh, est en grève de la faim depuis le 19 mars déjà. Tous deux sont en danger de mort, Sentsov, malade, est en colonie à régime sévère sur le cercle polaire.

La revendication lancée par Sentsov est : libération des 64 prisonniers politiques ukrainiens  détenus en Russie.

Voila les opposants en Russie : jeunesse combattant pour la liberté, antifas, anarchistes, ukrainiens et défenseurs de l’indépendance ukrainienne (comme il a existé en Grande-Bretagne des défenseurs de l’indépendance irlandaise, ou en France des défenseurs de l’indépendance algérienne), sans oublier la force importante des syndicats indépendants, à ne pas confondre avec les syndicats officiels qui s’intitulent « indépendants ».

J.L. Mélenchon et S. Oudaltsov

Revenons maintenant à J.L. Mélenchon. En compagnie de son spécialiste des « questions géopolitiques » et officier de réserve de l’armée française, Djorge Kuzmanovic, il dit s’être aussi rendu en Russie pour rencontrer « l’opposition ». Il a rencontré Serguéï Oudaltsov, dirigeant du « Front de Gauche » russe. Issu des courants « national-bolchevik », ce qu’il convient de traduire en français par « rouges-bruns », S. Oudaltsov a pris part aux manifestations de 2011 suivant la réélection de Poutine, aux côtés du libéral « anti-corruption » A. Navalny, et a été emprisonné. Pour les présidentielles de 2018 il a soutenu le candidat du KPRF, la principale organisation continuatrice de l’ancien PCUS et « opposition  » préférée de V. Poutine, qui lui a concédé cette fois-ci 11% des suffrages exprimés. Avec le KPRF, nous sommes dans un univers qui n’a rien à voir avec le mouvement ouvrier et donc rien à voir avec le quotidien de milliers de militants de culture communiste en France que les mots en commun ne doivent pas tromper. Rien de syndical, pas de grèves, pas de lutte contre les patrons et l’État, mais un réseau clientéliste, des potentats locaux, des liens policiers, des patrons de kolkhozes privatisés, la xénophobie, le machisme, l’antisémitisme, le racisme, l’homophobie.

Oudaltsov s’est réellement opposé à Poutine en 2011-2012, mais son évolution politique, en cohérence avec ses origines politiques, l’a conduit à soutenir vigoureusement sa politique étrangère en Ukraine et en Syrie. C’est là une pierre de touche. L’ »opposition » que veut Poutine et dont il a besoin dans certaines limites, est une « opposition » solidaire avec lui sur les intérêts fondamentaux de l’État, et particulièrement du cœur militaro-policier de l’État.

Alors, J.L. Mélenchon peut dire « Ils ne pourront pas dire que je suis pro-Poutine, je suis venu voir mon ami [qu’il n’avait en fait jamais vu] opposant au président russe. » Opposant de sa majesté, qui (tant mieux pour lui) peut s’exprimer pendant que les jeunes de Penza sont torturés, sur ces derniers, pas un mot. J.L. Mélenchon n’avait aucun intérêt politique à quémander une réception de Poutine, et réciproquement. Le pouvoir russe a le plus grand sens du protocole officieux. Il fait recevoir Marine Le Pen par le président de la Douma, il autorise J.L. Mélenchon (escorté de D. Kuzmanovic arborant une croix de Saint-George, vieille décoration tsariste bannie en 1917, rétablie en 1943 et symbolisant aujourd’hui l’occupation du Donbass) à défiler quelques centaines de mètres derrière lui-même (et derrière B. Netanyahou !) dans le cadre du « défilé patriotique ».

L’union sacrée, ou les quatre rendez-vous moscovites de J.L. Mélenchon

J.L. Mélenchon explique avoir fait plusieurs rencontres significatives lors de ce voyage. Comme on ne fera croire à personne que, même s’il fut convenu de ne pas faire de réception officielle, celui-ci n’a pas été coorganisé avec les « organes », elles donnent donc le contenu politique du séjour.

Premièrement, rencontre avec le « peuple russe ». Celle-ci a consisté dans la marche des Immortels, initiative venue d’en-bas mais dont l’État s’est rapidement emparé, en hommage aux morts de la guerre avec l’Allemagne hitlérienne. J.L. Mélenchon a déclaré que ce « patriotisme positif » pourrait inspirer des manifestations en France, ce qui fait penser à l’imposition de drapeaux tricolores aux manifestations «insoumises». (…)

Deuxièmement, ce fut la rencontre avec « l’opposition », c’est-à-dire avec S. Oudaltsov, dont nous avons déjà parlé.

Troisièmement, ce fut, juste après, une rencontre officielle avec une organisation politique française ayant une structure officielle parmi les Français de Moscou. France insoumise ? PCF ? Que nenni, il s’agit de LR, le parti de Laurent Wauquiez. Et il s’agit d’une section de LR très pro-Wauquiez, engagée dans une campagne anti-immigration combinée à une campagne « géopolitique » sur ce que l’on pourrait appeler, avec et sans ironie, la « ligne Kuzmanovic » : France éternelle, ayant une «politique arabe» non alignée sur Washington, puissante en Afrique, présente sur tous les océans. De même qu’Oudaltsov soutient la politique extérieure de Poutine, cette orientation «géopolitique» et diplomatique fournit la matière de l’union sacrée Mélenchon-LR … à Moscou.

Quatrièmement, la rencontre finale avec … le patronat, avec la Chambre de commerce franco-russe. C’est là que J.L. Mélenchon a délivré le discours final, résumé de l’orientation de son voyage : alliance franco-russe contre l’ « atlantisme », retour sur la non-vente des Mistral (négociée en 2008 par Sarkozy en contrepartie du soutien à l’occupation de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie puis annulée par Hollande en raison de la crise ukrainienne).

L’union sacrée avec LR et les patrons montre qu’il ne s’agit pas là d’une orientation «anti-impérialiste», mais du soutien à une ligne diplomatique que l’impérialisme français a toujours gardée comme option, qui passe un peu facilement pour «gaullienne» et qui est toujours en œuvre en Afrique sud-saharienne : celle de l’affirmation autonome de l’impérialisme français. (…)

Refonder l’internationalisme

Les adhérents de la France insoumise, nous les côtoyons tous les jours dans les luttes sociales et les manifestations. La plupart d’entre eux ne sont pas au courant et ne soutiennent pas, lorsqu’ils le sont, les faits exposés ici. Mais notre préoccupation n’est nullement l’édification de M.M. Mélenchon, Kuzmanovic et Kotarac. Notre préoccupation est la reconstitution, le plus rapidement possible, d’une représentation politique du monde du travail. Or, ceci est impossible sans une compréhension des réalités internationales. Plus : c’est impossible sans internationalisme réel.

Et l’internationalisme réel a aujourd’hui un ennemi mortel, le soi-disant « anti-impérialisme » campiste, responsable du plus grand déshonneur historique de la gauche : le refus de facto de toute mobilisation sérieuse en faveur du peuple syrien contre Bachar el Assad. Des questions similaires se posent avec les oppositionnels russes, avec l’Ukraine, ou encore avec le Venezuela. Comme si nous héritions du 20è siècle son partage du monde entre Staline et Washington, avec interdiction de défendre tout combat pour la liberté dans la zone de Staline, ceci ayant pris la forme du soi-disant « anti-impérialisme ». (…)

L’impérialisme russe est faible économiquement au niveau mondial, mais pas dans la région, et pour des raisons historiques qui tiennent principalement aux ravages causés partout par la peste stalinienne, il est fort politiquement et idéologiquement, et militairement. Son influence délétère est décelable sur tout le spectre politique contemporain. Il a besoin d’interventions militaires : ce furent la Tchétchénie, puis la Géorgie, puis l’Ukraine, et maintenant la Syrie où son intervention a une ampleur comparable à celle de l’impérialisme nord-américain en Irak en 2003, avec un recours aux bombardements des populations sans précédent depuis le Vietnam. Cette intervention, stratégiquement liée pour Poutine à la maîtrise de la Crimée et de la mer Noire, a été faite au compte de toutes les forces mondiales de conservation sociale, contre la révolution syrienne et les aspirations kurdes, et en même temps elle a conduit à accroître les rivalités entre impérialismes.

Aujourd’hui la « gauche » est aveugle. Quand Trump, Macron et May procèdent à des frappes réellement chirurgicales pour ne pas brusquer Poutine ni même Bachar tout en tentant de reprendre la main, elle s’imagine que « l’Occident bombarde la Syrie » depuis quelques semaines seulement. Quand Poutine bombarde massivement la Syrie, depuis des années, elle ne dit rien. La gauche « anti-impérialiste » et les « populistes » type Mélenchon sautent sur leurs chaises comme des cabris à propos des « sanctions » anti-russes, tout en se taisant sur les affrontements réels entre forces US et russes à Deir-es-Zor en Syrie (janvier 2018). Ignorance et hallucinations sévissent. Elles ont commencé avec l’Ukraine avec les fantasmes sur les « nazis ukrainiens » venant martyriser les « mineurs du Donbass », total délire étayé par un effroyable mixage de provocations, de crimes réels et de fakes, comme en Syrie.

Une rupture s’impose. On ne sortira pas de l’état de stupidité actuel sans coups de pieds. La tache internationaliste la plus urgente, c’est la solidarité avec les prisonniers politiques en Russie. (Résumé)

SOUTIEN À LA GRÈVE DE LA FAIM D’OLEG SENTSOV !

DÉFENSE DE LA JEUNESSE « ANAR » OU « ANTIFA » !

NI TRUMP, NI POUTINE (NI MACRON) : AUTO-ÉMANCIPATION

https://aplutsoc.wordpress.com/

http://www.europe-solidaire.org

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