Archive | LGBT

30 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

genre (cnrs)

papas

Qui a peur du «genre» ?

Aux quatre coins du monde, de Donald Trump à Jair Bolsonaro, des intégristes religieux aux partisans proclamés du « bon sens », le « genre » est devenu un épouvantail permettant de fédérer des tendances politiques par ailleurs opposées. 
.
Ces mouvements trouvent appui au plus haut sommet de l’État, obtenant le retrait de campa-gnes pédagogiques, de projets de loi, des restrictions gouvernementales à l’encontre de la recherche scientifique.

« Certes le nombre de publications scientifiques et de coopérations internationales et interdisci-plinaires a régulièrement augmenté ces dernières années, constate la sociologue Sylvie Cromer (1).  Et de plus en plus de disciplines tiennent compte du prisme de genre dans leurs études, comme la musicologie et les sciences de gestion dont nous avons pour la première fois accueilli une intervention au congrès », s’enthousiasme-t-elle. Mais on constate aussi que l’opposition aux études de genre s’est renforcée et organisée.

En France, des mouvements tels que La Manif’ pour tous et Sens Commun battent régulière-ment le pavé pour dénoncer une « idéologie du genre », dont témoigneraient l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe ou, plus récemment, l’extension de la procréation médicalement assistée aux femmes seules et aux couples de femmes.

Aux États-Unis, au Brésil ou encore en Hongrie, de tels « mouvements anti-genre » trouvent appui au plus haut sommet de l’État, obtenant le retrait de campagnes pédagogiques, de projets de loi, voire des restrictions gouvernementales à l’encontre de la recherche scientifique.

Vatican et débordements

Le sociologue David Paternotte (2) a notamment codirigé une grande enquête sur les Campa-gnes anti-genre en Europe, et s’intéresse désormais à leur essor dans le reste du monde. « À l’origine, ces idées et stratégies ont circulé à travers les réseaux catholiques dans les années  1990, que ce soit à travers les canaux officiels de l’Église, des laboratoires intellectuels comme certaines universités catholiques, ou encore des groupes tels que l’Opus Dei », explique le chercheur. Défendant une anthropologie fondée sur la différence et la complémentarité des sexes, l’Église fut ainsi la première à dénoncer une « idéologie du genre » remettant en cause sa vision essentialiste.

Ce discours a notamment été mobilisé contre certaines formes de liberté procréative, de transformation des modèles familiaux, d’égalité de considération entre des personnes de genre et d’orientation sexuelle variés, etc.

« Au fil des vingt-cinq dernières années, des forums et associations ont été créés pour promou-voir ces campagnes, les diffuser à travers le monde et organiser des rencontres – je pense au World Congress of Families ou à l’ONG CitizenGo par exemple », commente le sociologue. De façon surprenante, cette expansion a largement débordé hors de la sphère d’influence du catholicisme, en Angleterre, Bulgarie, Roumanie, dans les pays scandinaves ou aux États-Unis…

Les expressions « idéologie du genre » ou « théorie du genre » ont ainsi aggloméré des projets divergents, voire opposés – fédérant des hommes d’État comme Donald Trump, Vladimir Poutine, Jair Bolsonaro ou encore Victor Orbán… « La force de ces campagnes tient à la grande plasticité et à l’adaptabilité de ce qu’elles désignent comme le “genre”, précise David Paternotte. Ce discours peut facilement s’accommoder de nouveaux éléments, varier selon les contextes et s’inscrire dans des stratégies différentes. »

C’est ce qui lui a permis de voyager très facilement d’un pays à l’autre. « De manière générale, poursuit le sociologue, ces campagnes ont largement rassemblé dans les sphères du populisme et de l’extrême droite. Pour ces mouvements en effet, la liberté de remettre en question l’identité sexuelle peut être interprétée comme l’avatar d’un libéralisme sauvage, d’un progressisme deve-nu fou, ou encore d’une décadence de la culture occidentale – un discours à même de séduire des citoyens pauvres, déclassés, nostalgiques, conservateurs, souhaitant plus de stabilité… »

Sans filtre

« Ce type de stratégie idéologique fonctionne, surtout en période de crise et de paupérisation », complète l’historienne Florence Rochefort (3). À certains égards, cela reprend des codes de campagnes plus anciennes contre l’égalité entre les « races » – jadis essentialisées elles aussi, l’émancipation des femmes ou la dépénalisation de l’homosexualité. Des fake news sont large-ment diffusées, par exemple un dispositif pédagogique comme les ABCD de l’égalité y devient « une promotion de la masturbation dans les écoles » ; l’homosexualité est dépeinte comme une sorte de virus, dont l’épidémie porterait atteinte à la vitalité démographique du pays…

« C’est un levier politique, résume Florence Rocherfort. Les mouvements anti-genre jouent sur le registre de la peur et du spectaculaire pour encourager un réflexe d’opposition. » Au Brésil par exemple, la chercheuse en psychologie sociale Anna Uziel (4) a observé ce type de discours prendre son essor.

« Dans les années 1990, se souvient-elle, une loi a établi que la sexualité devait être évoquée à l’école, pour les enfants entre 7 et 11 ans. Ça été bien accepté, mais il y a aussi eu des réac-tions très hostiles. Par la suite, un dispositif pédagogique à destination des lycées, sous le gouvernement de Dilma Rousseff, a été abusivement dénoncé par des conservateurs comme un “kit gay”, supposé encourager l’homosexualité et abroger toute différence entre garçons et filles. »

Parallèlement, la reconnaissance progressive de situations de concubinage ou d’adoption pour des couples homosexuels, et la réforme consécutive du mariage en 2011, a encore suscité une forte opposition – dénonçant pêle-mêle des attaques contre la petite enfance, la famille, les valeurs traditionnelles…

Cette lame de fond ne semble pas tant due aux études de genre elles-mêmes qu’à une évolution plus globale de la société.

« Après l’élection de Jair Bolsonaro, qui défend une conception extrêmement conservatrice et machiste de la famille, ces mouvements n’ont plus eu de filtre et sont devenus particulièrement vindicatifs. L’École et l’Université subissent beaucoup de menaces ou d’attaques depuis », poursuit Anna Uziel. Les budgets attribués par le Conseil national de développement scientifique et technologique, finançant notamment les bourses de master et de doctorat, ont ainsi diminué de 22 % par rapport à l’année dernière et continuent de baisser chaque mois depuis cet été.

« De nouvelles coupures budgétaires ont été annoncées ou sont envisagées, poursuit la chercheuse, notamment pour les recherches en philosophie et en sociologie », et ce au profit de filières jugées « plus rentables », a déclaré Jair Bolsonaro en avril. Dans la foulée, le ministre de l’Éducation a estimé vouloir contrer l’influence supposée d’un « marxisme culturel ».

Pas d’effet boomerang

Le paradoxe est que, d’un côté, des ministres brésiliens plaident pour le retour du rose pour les filles et du bleu pour les garçons ; et d’un autre côté, des conquêtes politiques à rebours de cet essentialisme sont déjà profondément implantées dans les mœurs.

« Les mentalités ont changé, assure Anna Uziel. Les droits des personnes homosexuelles sont de mieux en mieux reconnus. Les générations qui n’ont pas connu “le placard” n’accepteront aucun retour à cette situation. Et la place des femmes, même si c’est un sujet toujours compliqué au Brésil, connaît aussi de réelles avancées.

Les femmes qui ont accédé à des responsabilités ne supporteront pas d’être à nouveau déclassées. » Cette lame de fond ne semble pas tant due aux études de genre elles-mêmes qu’à une évolution plus globale de la société. Pour cette raison notamment, Anna Uziel comme la plupart des universitaires ne croient pas à un « effet boomerang », soit l’idée que les mouve-ments anti-genre seraient nés en réaction à ce qu’ils perçoivent comme une traduction politique de ces travaux de recherche.

Il serait donc plus juste de dire que les politiques d’égalité sont nées parce que des systèmes d’oppression étaient devenus insupportables.

« D’une part, rétablit l’historienne Florence Rocherfort, les victimes ne sont pas responsables des attaques qu’elles subissent. D’autre part, la répression précède l’émancipation ». Histori-quement, les discriminations sont de fait bien antérieures à l’essor des études de genre. « Par exemple l’incapacité civile des femmes mariées inscrite dans le Code Civil de 1804 les soumet au mari pour toutes sortes de démarches concernant le droit d’exercer une profession, de toucher soi-même son salaire, de gérer ses biens. L’impossibilité d’ouvrir un compte en banque sans autorisation du mari perdure jusque dans les années 1960. »

Tandis que les lois interdisant la contraception et l’avortement des années 1920 ne cesseront de se renforcer dans les décennies suivantes, jusqu’à la loi Neuwirth autorisant la contraception en 1967 et la loi Veil autorisant l’Interruption volontaire de grossesse en 1975.

« Il serait donc plus juste de dire que les politiques d’égalité sont nées parce que des systèmes d’oppression étaient devenus insupportables. » L’idée d’un « effet boomerang » n’est en outre pas neutre sur un plan rhétorique : elle laisse supposer une radicalité toujours jugée excessive qui serait du côté des politiques d’émancipation, tandis que l’opposition aux droits des femmes ou des personnes homosexuelles se réduirait à un doux conservatisme, presque une légitime défense…

Dominants et dominés

« Ce renversement du stigmate est typique des campagnes d’opposition aux minorités », estime la sociologue Sara Garbagnoli (5). Qu’il s’agisse hier de l’antiracisme et du féminisme, « ou aujourd’hui des mouvements LGBTQI (6) – partisans d’une dénaturalisation de l’ordre sexuel, des normes qui le traversent et le définissent, les théories élaborées par les personnes oppri-mées dévoilent toujours des formes de domination : blanches, masculines, hétérosexuelles… Et cela ne peut que déranger celles et ceux qui bénéficiaient de l’ordre social en vigueur. ».

De larges pans de la population majoritaire sont dès lors à même de lancer de violentes campa-gnes de délégitimation, voire de se présenter comme un groupe devenu minoritaire et menacé. « On a vu ainsi apparaître des “hetero pride” ou des “family day”, comme en 2007 à Rome, donne en exemple Sara Garbagnoli. L’usage du mot « hétéro-pride » est en grande partie l’affaire de groupes néofascistes, en particulier de Forza Nuova. » L’idée fait des émules : fin août 2019 à Boston, aux États-Unis, une marche pour exprimer la « fierté hétérosexuelle » a également suscité l’indignation.

Des militants et militantes des campagnes « anti-genre » vont aussi dénoncer une « hétéro-phobie » ambiante, ou encore critiquer la supposée « violence de genre » consistant à nier la féminité ou la masculinité « naturelle » d’une personne. Aux États-Unis notamment, des mouve-ments masculinistes tendent ainsi à fustiger le féminisme comme une violence imposée aux penchants supposés « innés » des hommes. Et des « incels » (« célibataires involontaires ») mettent ainsi sur le compte de l’émancipation féminine et de la libéralisation sexuelle leur incapacité à nouer des relations amoureuses ou sexuelles.

« Il s’agit d’une stratégie de renversement victimaire, qui nie la nature asymétrique et donc non réversible des systèmes de domination, et qui fait passer les oppresseurs pour les opprimés et inversement. »

Cette stratégie explique en partie la globalisation des campagnes anti-genre, les formes de domination étant relativement similaires à travers le monde… « À cela s’ajoute la force du sens commun : quoi de plus “évident” que la différence des sexes ou leur caractère naturel ?

Les études de genre sont à juste titre vécues comme un bouleversement majeur, ébranlant notre façon de voir le monde », conclut la sociologue. Quel que soit le pays, elles se heurtent fatale-ment à du déni, de l’agacement et du rejet, a fortiori chez les personnes qui ne sont pas familia-risées avec les sciences humaines et sociales. Pour le sociologue Éric Fassin (7), l’anti-intellectualisme au cœur des campagnes anti-genre permet de mieux comprendre leur internationalisation : « l’invocation du « sens commun » contre la « théorie » résonne avec la rhétorique populiste ».

Nouvelle alliance ?

Cela tient au fait que, pour le sociologue Éric Fassin, le populisme aujourd’hui n’est pas dirigé contre le néolibéralisme, il en est une forme même. Au lieu de s’en prendre aux élites écono-miques, il s’attaque donc aux « bobos », accusés d’être loin de la réalité et du peuple en raison de leur élitisme culturel.

« Dans le monde néolibéral, le capital culturel (la Culture avec un « C » majuscule) a donc perdu de la valeur ; en revanche, le capital identitaire (la culture avec un « c » minuscule) devient un enjeu politique », analyse le sociologue.

Les populistes, poursuit-il, s’en prennent aux femmes et aux minorités sexuelles et raciales en valorisant le capital identitaire de la majorité – l’homme blanc hétérosexuel, d’autant plus précieux quand il est menacé de déclassement faute de capital économique.

« Je fais donc l’hypothèse que cette convergence entre néolibéralisme et populisme explique en partie les campagnes anti-genre. C’est ainsi qu’on peut comprendre le succès de Donald Trump ou de Jair Bolsonaro : ce sont de vrais défenseurs du néolibéralisme, en même temps que de farouches opposants à « l’idéologie du genre », aux minorités sexuelles et raciales, et plus largement à toute forme de libéralisme culturel. »

Cette convergence n’est pas forcément consciente, d’ailleurs beaucoup d’opposants à « l’idéologie du genre » assimilent celle-ci à une forme de libéralisme culturel. Elle permet toutefois d’expliquer un phénomène relativement nouveau et « que nous n’avions pas vu venir », concède Éric Fassin : soit l’articulation nouvelle entre les logiques économiques et identitaires.

« Nos cadres de pensée sont bousculés par les changements du monde, il faut donc nous renouveler, s’enthousiasme Éric Fassin. C’est tout l’intérêt de travailler sur des sujets d’actualité ! » 

28.11.2019 Fabien Trécourt

https://lejournal.cnrs.fr/

Lire la suite

15 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

pacs (le télégramme)

lgbt

20 ans du Pacs. La cote en Bretagne

Le Pacs (pacte civil de solidarité), qui fête ses 20 ans ce vendredi, semble séduire davantage les couples bretons que ceux du reste de l’Hexagone.

Plus de deux millions de pacsés.

En France, le Pacs s’est traduit par 2,1 millions d’unions depuis la publication de la loi au journal officiel, le 15 novembre 1999. Et c’est trois jours plus tard, le 18 novembre 1999, à Lille, que le premier Pacs a été conclu entre deux hommes âgés de 65 et 73 ans.

L’un des objectifs du Pacs était en effet de permettre des unions entre deux personnes, indépen-damment de leur sexe. Ce partenariat était également considéré comme une alternative ou un premier pas vers le mariage. Jusqu’en 2017, les Pacs devaient s’enregistrer auprès des tribunaux d’instance. C’est depuis lors en mairie que les futurs pacsés doivent effectuer leurs demandes.

Le Grand Ouest, 2e région.

La première année de mise en place du Pacs, celui-ci avait séduit 1 687 couples dans le Grand Ouest (23 071 sur l’ensemble de la France). À Paris, 70 % des pacsés étaient des homosexuels alors qu’en province, on comptait 65 % d’hétérosexuels. Au classement du nombre de pacsés, en cette première année, le Grand Ouest se hissait à la deuxième place, juste derrière la région parisienne.

En Bretagne, on se pacsait davantage en ville qu’à la campagne. Avec 335 Pacs, la première année, Rennes arrivait ainsi en tête des cités bretonnes, devant Brest (157), Quimper (91), Saint-Brieuc (79), Vannes (66), Lorient (61), Morlaix (57), Guingamp (34), Vitré et Redon (une petite dizaine), puis… Loudéac (5) qui fermait la marche.

Plus d’union hommes-femmes en Bretagne.

Entre 2007 et 2016, 89 590 couples se sont pacsés en Bretagne. Au cours de cette même pério-de, les Pacs entre une femme et un homme étaient très largement majoritaires (96,7 %) sur l’ensemble des quatre départements bretons, devant ceux entre deux hommes (1,7 %) et ceux entre deux femmes (1,6 %). En Bretagne, la meilleure année en termes de nombre de Pacs fut 2010, avec 11 296 contrats signés. Quant à la « pire année », ce fut 2011, avec 530 Pacs conclus dans la région.

La Bretagne, championne du Pacs. 

« La Bretagne, championne du Pacs », pouvait-on lire dans la presse commentant l’étude Insee de Bretagne, au mois de janvier 2018, une analyse réalisée notamment à partir des données de 2016. Cette année-là, 8 % des couples bretons s’étaient ainsi pacsés, alors que la moyenne nationale s’élevait à 7 %.

Dans ce classement des unions pacsées, la Bretagne devenait ainsi la première région de France, devant les Pays-de-la-Loire et l’Occitanie. Toujours en 2016, le mariage restait cependant la forme d’union la plus choisie par les Bretons (73 %), bien devant l’union libre (19 %) et donc le Pacs (8 %). À noter qu’en 2010, le nombre de Pacs bretons (11 296) avait détrôné celui des mariages (10 659) célébrés dans notre région.

Pourquoi le Pacs connaît-il un tel succès en Bretagne ?

« Il conviendrait de faire une étude statistique, sociologique et juridique poussée pour tenter de trouver la réponse à cette question qui m’échappe, répond Véronique Bourgninaud, maître de conférences, qui organise un colloque sur les 20 ans du Pacs, ce vendredi, à Nantes.

Il faudrait notamment mettre en perspective le nombre de dissolutions des Pacs ainsi contractés, par mariage entre partenaires, ce qui permettrait de démontrer (ou de démentir) que le Pacs est une période prénuptiale à l’instar des fiançailles autrefois ». Et malgré le fait que le mariage soit désormais ouvert aux couples de personnes de même sexe, le Pacs a, selon Véronique Bourgninaud « encore sa place dans notre société comme alternative au mariage ».

15 novembre 2019 Jacques Chanteau

https://www.letelegramme.fr/

Lire la suite

09 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

marielle franco (courrier international)

mariellefranco

Marielle Franco : la militante des droits de l’homme assassinée

Le 14 mars 2018, Marielle Franco, de son vrai nom Marielle Francisco da Silva, est tuée par balles en plein centre de Rio de Janeiro, la ville dans laquelle elle a grandi, au cœur des favelas, ces bidonvilles du Brésil.

Sa disparition suscite un émoi important dans le pays tant son parcours de militante des droits de l’homme, son combat pour le féminisme, contre le racisme et les discriminations contre les membres de la communauté LGBT force l’admiration.

Un parcours qui l’a portée au conseil municipal de Rio de Janeiro en 2017 sous la bannière du Parti Socialisme et Liberté (PSOL). L’enquête sur son assassinat fait apparaître le nom du président d’extrême droite élu en octobre 2018, Jair Bolsonaro.

Lire la suite

26 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

marielle franco (pùblico.pt)

mariellefranco

La procureure générale du Brésil accuse un politicien d’avoir commandité le meurtre de Marielle Franco

C’est la première fois qu’un responsable se prononce sur le commanditaire présumé du crime après un an et demi d’enquêtes. Le document a été signé par l’ancien procureur général brésilien avant de quitter ses fonctions en septembre.

Le bureau du procureur général de la République du Brésil a désigné Domingos Brazão, homme d’affaires et ancien député, comme commanditaire des homicides de la conseillère municipale de Rio et militante du PSOL Marielle Franco et de son chauffeur, rapporte vendredi le portail d’informations UOL.

Selon les documents du ministère public, les procureurs ont transmis le nom de Brazão à la Cour supérieure de justice (STJ), la deuxième cour hiérarchique du pays.

Selon un document cité par UOL, Brazão, qui était jusqu’à présent témoin, était « l’architecte » du crime commis sur la conseillère municipale et, « cherchant à rester impuni, prévoyait de répandre de fausses informations sur les responsables du meurtre ». .

Le document a été signé par la procureure générale brésilienne de l’époque, Raquel Dodge, avant de quitter ses fonctions en septembre. C’était la première fois qu’un fonctionnaire désignait le commanditaire présumé du crime après un an et demi d’enquêtes.

Selon Dodge, Brazão et quatre autres personnes ont demandé à des témoins de fournir de fausses informations afin d’ « entraver » et de « détourner » des enquêtes de la police de Rio de Janeiro qui pourraient identifier l’homme d’affaires et son adjoint « en tant que commanditaire du crime ».

Le 3 octobre, quatre nouveaux suspects dans l’assassinat de la conseillère et de son chauffeur ont été arrêtés par les autorités, dont la femme et le beau-frère du policier, accusé d’avoir tiré sur la militante.

En mars, un an après le meurtre, les anciens policiers Ronnie Lessa et Elcio Vieira de Queiroz ont été arrêtés et officiellement accusés d’être les auteurs du crime. Lessa, un officier de la police militaire à la retraite, a été accusé d’avoir tiré sur la conseillère et le chauffeur Viera de Queiroz. La femme de Lessa, Elaine Lessa, et son beau-frère, Bruno Figueredo, ainsi que Márcio Montalvo et Josinaldo Freitas, ont été arrêtés début octobre, soupçonnés de complicité dans la disparition de diverses armes utilisées par le groupe, dont celle utilisée pour assassiner la militante.

Le 18 septembre, lors de son dernier jour à la tête du ministère public, la procureure générale de l’époque de la République brésilienne avait signalé des irrégularités dans la conduite de l’affaire du meurtre de Marielle Franco et du conducteur Anderson Gomes.

Raquel Dodge, qui a terminé son mandat de deux ans à la tête du Service fédéral des poursuites pénales, a également annoncé à la presse brésilienne qu’elle accusait Domingos Brazão, ancien conseiller à la Cour des comptes de Rio de Janeiro, d’empêcher le développement de l’enquête. .

Marielle Franco, conseillère du Parti Socialiste et de la Liberté (PSOL) de Rio de Janeiro et défenseuse des droits humains, ainsi que son chauffeur Anderson Gomes, ont été assassinés dans la nuit du 14 mars 2018 alors qu’ils passaient en voiture dans le centre-ville de Rio de Janeiro. , après que la militante ait participé à une réunion politique avec des femmes noires.

26 octobre 2019

https://www.publico.pt/

Commentaire:

Nulle part n’est mentionné le fait qu’elle soit militante LGBT or c’est la raison de ce meurtre homophobe

 

Lire la suite

04 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

pma (regards)

Lire la suite

22 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

pma (france bleu npa)

pma

Extension de la PMA

L’Académie nationale de médecine émet des réserves

L’Académie nationale de médecine a rendu public ce samedi un rapport, dans lequel elle soulève « un certain nombre de réserves liées à de possibles conséquences médicales » relatives à l’extension de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) aux femmes seules ou en couple avec une autre femme.

Dans ce texte de sept pages, l’Académie nationale de médecine estime que « la conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure, qui n’est pas sans risques pour le développement psychologique et l’épanouissement de l’enfant. » « La figure du père reste fondatrice pour la personnalité de l’enfant », peut-on également lire. D’un autre côté, l’ANM « reconnait la légitimité du désir de maternité chez toutes les femmes quelle que soit sa situation ». 

Des études « à partir d’enfants privés de père » 

L’ANM souhaite donc que soient menées des « études en milieu pédopsychiatrique à partir d’enfants privés de père, parmi lesquels ceux issus de l’AMP (ndlr : Assistance Médicale à la Procréation) pour des femmes seules ou en couples ».

« Nos familles, elles existent déjà ! »

Anne-Sophie Duperray, la co-présidente de Mam’en solo, qui réagissait sur franceinfo ce dimanche, considère que Jean-François Mattéi fait fausse route : « Le conseil national de l’ordre des médecins et le conseil national des gynécologues de France y sont tout à fait favorable (NDLR : à l’extension de la PMA). Donc oui, je pense qu’il fait fausse route. »

Cette maman célibataire, qui a eu sa fille grâce à une procréation médicalement assistée au Danemark reprend: « Il dit «L’homme et la femme, le père et la mère, n’ont pas le même rôle, dans l’éducation de l’enfant.» Il me semble que cette conception sexuée relève d’un autre temps! D’ailleurs même dans les couples hétérosexuels, on ne dit plus ça aujourd’hui. Ce qui est clair, c’est qu’il y a besoin d’un autre. Mais c’est pas forcément un père, ça peut être une autre mère, un grand-parent, un instituteur… « 

Anne-Sophie Duperray conclut : « Quand on parle d’un principe de précaution, ça veut dire qu’on sait pas ce qui va se passer. Mais nos familles, elles existent déjà ! Et certains de ces enfants issus de « familles non traditionnelles » sont devenus des adultes aujourd’hui. Et eux le disent, qu’ils vont bien ! »

https://www.francebleu.fr/

Commentaire:

Privés de pères? Les « familles monoparentales » ce sont des femmes surtout et les pères refusent souvent de payer les pensions alimentaires. Ceux là sont « privés de père »!

autoc-pma

PMA : la parole aux réactionnaires

Après l’avoir, comme d’autres, incluse dans ses promesses de campagne, le gouvernement Macron a promis une loi bioéthique pour janvier 2019, dans laquelle serait intégrée la procréa-tion médicalement assisté (PMA), peu de temps après l’avis favorable du Conseil consultatif national d’éthique (CCNE), rendu en septembre 2018 (et attendu depuis plus de quatre ans).

Cette loi n’est pour l’instant pas sur la table. Elle doit être présentée d’ici à la fin de l’année pour commencer les débats parlementaires en janvier 2019. Autrement dit, il peut se passer encore bien des choses d’ici là…

Ménager les homophobes ?

Si le gouvernement semble plutôt décidé, pour l’instant, à faire adopter la loi, il semble aussi décidé à ce qu’elle se passe dans la douleur… pour les lesbiennes. On se souvient encore des mots de Macron sur les gens de la Manif pour tous, selon lui « humiliés » en 2013. Il s’agit ici pour le gouvernement surtout de caresser les homophobes dans le sens du poil, c’est dans ce sens qu’il faut comprendre les propos de la ministre de la Santé Agnès Buzyn déclarant, il y a peu, qu’il ne fallait surtout pas présenter la loi comme une victoire d’un camp sur un autre. C’est certain que de victoire, il n’y en aura guère, tant ces dernières années ont été marquées par un retour à l’ordre moral pour les femmes et les LGBTI.

D’ailleurs, les lesbiennes sont presque inexistantes dans le débat, invisibilisées comme dans l’ensemble de la société. Ainsi les opposants à la PMA sont invités en grande pompe dans tous les médias, c’est sur la Manif pour tous que l’on fait ses titres, comme l’a montré la « Une » de Libération le 9 octobre dernier. L’affaire n’est pas nouvelle, et on se souvient encore de la séquence du débat sur le mariage pour touTEs, où les médias avaient largement contribué à libérer la parole homophobe en invitant les tenants de la Manif pour tous.

Lesbiennes invisibilisées

Mais les lesbiennes ont aussi été invisibilisées dans le mouvement LGBTI, y compris ces dernières années, et nous nous sommes retrouvées bien seules dans le combat. Dans le débat médiatique, comme lors du débat parlementaire en 2013, il faudra inviter les médecins, les spécialistes, psychologues, anthropologues et autres, afin de prouver encore une fois que nous sommes bien adaptables à la République, au modèle hétéronormatif et patriarcal de la famille. Il faudra voir si les lesbiennes sont bien intégrables au système capitaliste et à son modèle de famille, et on pourra entendre encore les réactionnaires disserter sur le corps des femmes, sur leur qualité de mère, etc.

Non seulement les lesbiennes qui font le choix de construire des familles ne seront pas enten-dues, mais presque personne ne fera ouvertement remarquer que le problème n’est pas de savoir si deux mères peuvent construire une famille, mais bien que le modèle familial aujourd’hui n’est pas un cadre de bien-être, qu’il est principalement un cadre d’oppression et un cadre de violences : pour les femmes, pour les enfants, pour les personnes LGBTI.

Or il faut l’affirmer : nous devons en finir avec ce modèle de famille. Et à ce titre, nous n’aurons rien à attendre de l’État et du gouvernement, puisque nous l’avons vu, même lors d’un cas de stérilité, une lesbienne n’a toujours pas le droit à une PMA, comme l’a récemment tranché le Conseil d’État : exclure les lesbiennes ne serait pas discriminatoire. Là encore, nous ne pourrons compter que sur nos propres forces.

Mim Effe  Vendredi 19 octobre 2018

https://npa2009.org/

Lire aussi:

IVG, PMA : toujours pas d’avancées pour les droits des femmes

Rennes La course contre la PMA n’aura pas eu lieu !

Lire la suite

15 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

lgbti pologne (france inter)

pologne

La communauté LGBTI

Une cible à un mois des législatives en Pologne

Le pays est agité par un vaste débat sur les droits des personnes LGBTI, que beaucoup de formations politiques remettent en question. C’est dans ce contexte tendu que la ville de Szczecin accueillait samedi la deuxième Pride (marche des fiertés) de son histoire.

C’est l’un des thèmes les plus présents dans la campagne : les droits des personnes LGBTI. Mais pas nécessairement parce que les différents candidats se bousculent pour répondre à leur aspiration d’égalité : au contraire, les partis politiques qui font le plus de bruit sur le sujet sont les forces les plus à droite, influencées par l’Église catholique, comme par exemple les conservateurs du PiS, le parti Droit et Justice (au pouvoir depuis 2015).

À quatre semaines du scrutin, il domine très largement dans les sondages (à 48%, 22 points devant la principale coalition d’opposition) les libéraux de la Coalition civique (KO).

Ce samedi à Szczecin, ville portuaire toute proche de la frontière allemande, au nord-ouest du pays, plusieurs milliers de personnes (environ 5 000) ont pris part à ce qui était un petit évène-ment pour la communauté LGBTI locale : la deuxième Pride, la deuxième marche des fiertés de leur histoire.

Un conseiller municipal dit vouloir « libérer les rues des parasites »

La communauté LGBTI polonaise vit très mal cette année électorale. Avec les élections européennes de mai dernier et les législatives dans un mois, c’est depuis le début de l’année qu’elle se sent, plus encore qu’auparavant, stigmatisée.

Voici ce que disent, par exemple et de façon quasi-quotidienne dans cette campagne, les leaders du PiS, le parti conservateur dans cette campagne : « Les personnes LGBT sont dangereuses, elles violent les enfants, elles enseignent la sexualité à nos enfants dès le plus jeune âge, ce sont des monstres et des pervers ! » Des paroles graves qui se concluent souvent par : « Votez pour nous ! On vous protégera, vous et vos enfants, de ces monstres ! » 

Un discours de haine (qui n’est pas sanctionnée par la loi polonaise contrairement à d’autres pays européens) repris sur ces banderoles brandies par une poignée de personnes au passage de la marche cette année.

On peut y lire (de gauche à droite) : « Stop pédophilie », « Que veut enseigner le lobby LGBT aux enfants ? 4 ans : la masturbation ; 6 ans : consentir à des rapports sexuels ; 9 ans : les premières expériences sexuelles et l’orgasme » ou encore « Szczecin sans déviants ».

Il y a quelques jours, un conseiller municipal de Szczecin a officiellement appelé les habitants à se rassembler dans le centre-ville, avec des balais et des sprays désinfectants, pour « libérer les rues des parasites, de la saleté et de nos ennemis ». Si personne n’a répondu à cet appel haineux, il était frappant en revanche de constater combien cette menace occupait les esprits et les discussions au sein de la communauté LGBTI dans le défilé qui redoutait un face-à-face.

Tout s’est déroulé dans le calme, de façon presque surprenante eu égard au climat de la campagne électorale. Les forces de l’ordre étaient aussi très nombreuses, certains policiers cagoulés, d’autres armés de fusil, à cheval ou avec des chiens.

Lors de la première édition de la Pride de Szczecin en septembre 2018, la police était interve-nue. Une centaine de contre-manifestants violents avaient par exemple jeté des bouteilles en verre sur les participants.

« Arrêtez de faire de nous des cibles », clament les manifestants

Monika Pacyfka Tichy est l’organisatrice de cette marche des fiertés. Elle préside l’association Lambda qui défend les droits des personnes LGBTI à Szczecin. Elle raconte : « Ces discours de campagne se transforment en violences physiques quand on se fait frapper dans le tramway ou dans le bus, ou dans nos quartiers par nos voisins, avec lesquels tout se passait bien, des voisins que l’on connaît parfois depuis des années ! »

Plus connue uniquement sous le prénom de « Monika », elle est LE visage de la communauté LGBTI de cette ville polonaise. « Tout ce qui se passe, surtout depuis le mois de mars 2019, n’a pour moi qu’un objectif : mobiliser au maximum en Pologne derrière le parti conservateur au pouvoir qui vise un deuxième mandat consécutif.

On crée une menace totalement artificielle pour effrayer la population et leur permettre, d’une certaine façon, de nous ‘détruire’. Pour moi, c’est une propagande du même ordre que celle utilisée par Hitler dans les années 1930 en Allemagne avec les personnes juives. Les personnes LGBTI en Pologne sont vraiment dans une situation très difficile en ce moment. »

Elle s’inquiète vraiment de voir le nombre d’agressions physiques et verbales en hausse. Elle le constate au travers de toutes les histoires qu’on lui raconte, des victimes qui viennent la voir dans les locaux de l’association et qui nécessitent un soutien psychologique.

L’association Lambda n’a pas de chiffres à fournir pour l’année en cours. Pas plus que les auto-rités polonaises. Elles comptabilisent bien pourtant ce qu’on appelle juridiquement un « crime de haine » quand la victime est une cible en raison de son appartenance, réelle ou supposée, à un groupe social, le plus souvent défini par la race, la religion ou l’orientation sexuelle. Mais pas les personnes homosexuelles au regard de la loi en Pologne.

La très influente Église polonaise n’est pas en reste. Son numéro deux a dénoncé à plusieurs reprises ce qu’il appelle une « peste arc-en-ciel » en référence aux couleurs du drapeau LGBTI.

« Mon Christ ne m’a jamais dit d’insulter ou de blesser quelqu’un »

Dans la foule de ce samedi, il y a Lelita Petit. Il compte parmi les rares Drag Queen à se pro-duire régulièrement en Pologne. Il fait part de sa foi personnelle, de son éducation catholique : « Comment peuvent-ils utiliser les mots de la Bible comme une arme contre nous ? Mes parents, mon Église, mon Christ ne m’ont jamais dit d’insulter ou de blesser quelqu’un. »

« Je me sens parfois avec d’autres personnes LGBTI polonaises comme un ballon avec lequel joueraient les hommes politiques hétérosexuels aux commandes du pays. Ils s’amusent de nos difficultés, ignorent nos doutes, ils ne prennent pas au sérieux les questions dont nous débattons au sein de la communauté LGBTI, et ce comportement autorise et légitime la violence dont nous sommes victimes. »

Face à autant de discriminations, d’agressions, de paroles haineuses, cette Pride qui, cette année, tombe à quatre semaines des élections législatives, est sans doute selon Marek, un jeune manifestant, l’unique moment pour la communauté LGBTI polonaise de descendre dans la rue et de dénoncer publiquement le climat homophobe de cette campagne.

« Depuis que les choses ne font qu’empirer, les personnes LGBTI deviennent furieuses, ils veu-lent agir, manifester, bien sûr dire leur fierté avec cette Pride mais pas uniquement comme une fête mais aussi et surtout comme un moyen d’obtenir les mêmes droits et de se battre pour ça ! »

Marek explique que le nombre de Prides en Pologne augmente très vite et essaime à travers le pays : 32 cette année, contre 60 par exemple chez le voisin allemand où il vient de passer quelques mois grâce au programme Erasmus.

Il se dit d’ailleurs « extrêmement touché » par l’initiative de membres de la communauté LGBTI de Berlin, à deux heures seulement en voiture ou en train de Szczecin. Les organisateurs de deux soirées très connues dans la capitale allemande, Gegen et Golosa, ont réuni derrière leur char et sur fond de musique techno et house plusieurs centaines de Berlinois venues grossir les rangs et, selon les mots de l’appel lancé sur Facebook, « soutenir nos frères et nos sœurs de Pologne » estimant « que parce qu’il est facile d’être queer à Berlin, on en oublie souvent les luttes qui se déroulent ailleurs ».

Beaucoup de Polonais dans le cortège aspirent aux mêmes droits que leurs voisins européens et allemands. Aux mêmes droits que tous les citoyens polonais tout en avouant n’espérer aucun changement si le parti conservateur est réélu dans un mois. « Le minimum », sont-ils venus clamer, « serait de pouvoir vivre sereinement et cesser d’être instrumentalisés à des fins électoralistes. »

Mais la surenchère est bien là : à titre d’exemple, depuis le début de l’année en Pologne plus de trente collectivités locales, des villes ou des communautés de communes, essentiellement situées dans le sud-est du pays et dirigées par des conservateurs, se sont déclarés comme des « zones libres, sans idéologie LGBT ».

Ludovic Piedtenu  15 septembre  2019

https://www.franceinter.fr/

Lire la suite

02 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

féminicides (jdd ucl rp)

feminisme

100 féminicides depuis le début de l’année

Mais que signifie ce mot?

100 femmes auraient été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon depuis le début de l’année en France. Un fléau qualifié par les spécialistes de « féminicide ». Jusque-là réservé aux cercles universitaires et militants, le terme commence à intégrer le vocabulaire courant.

Depuis le 1er janvier 2019, 100 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, selon le décompte provisoire tenu par le collectif « Féminicides par compagnon ou ex ». La dernière aurait été tuée le 31 août à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), à quelques jours de l’ouverture du Grenelle contre les violences conjugales, voulue par la Secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

Plusieurs hommages ont été rendus à ces femmes la semaine passée. Mercredi, ce sont les actrices Eva Darlan, Aure Atika et Catherine Marchal qui ont énuméré sur le parvis de l’hôtel de ville de Paris les noms de ces victimes de féminicide.

« Féminicide »? Il ne s’agit pas simplement du meurtre d’une femme, mais du « meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme ». La nuance, de taille, a été introduite par la sociologue américaine Diana Russel dans son livre Feminicide The Politics of woman killing, publié en 1992.

Depuis, ce néologisme ou sa variante « fémicide » ont été repris par des organisations interna-tionales comme les Nations Unies ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Plusieurs pays, d’Amérique latine notamment, l’ont inscrit dans leur droit, comme l’Argentine ou le Mexique. En France, seul le Robert fait figurer ce mot dans le dictionnaire, depuis 2015. La définition retenue est similaire : « le meurtre d’une femme, d’une fille, en raison de son sexe ».

Violences conjugales, crimes d’honneur ou tuerie misogyne sont des féminicides

Le massacre d’étudiantes de l’Ecole polytechnique de Montréal, en 1989, par un tueur misogyne? C’est un féminicide. Les avortements sélectifs de fœtus féminins, en Chine notamment? Des féminicides, aussi. Pour affiner cette définition très large, l’OMS distingue quatre catégories :

  • Le féminicide intime, « commis par un époux ou par un petit ami » 
  • Le féminicide « lié à l’honneur », impliquant « une fille ou une femme qui est assassinée par un membre masculin ou féminin de sa famille parce qu’elle a ou est censée avoir commis une transgression sexuelle ou comportementale »
  • Le féminicide « lié à la dot », dans le sous-continent indien en particulier
  • Le féminicide non intime, « commis par une personne qui n’est pas en relation intime avec la victime ».

Autrement dit, les féminicides ne sont pas toujours revendiqués comme tels. Au contraire, le mécanisme est souvent inconscient. Mais tous ont un point commun : l’auteur du crime est imprégné de culture sexiste.

Un point commun : le sexisme

Pour les spécialistes de violences conjugales, les femmes mortes sous les coups de leur conjoint sont des féminicides. Pour Françoise Brié, porte-parole de Solidarité femmes (le numéro d’urgence 3919), « lorsque des femmes sont tuées dans le cadre de violences conjugales, elles le sont parce qu’elles sont des femmes, car ces violences s’inscrivent dans un système de domi-nation et d’inégalités à l’encontre des femmes. C’est pour cela que l’écrasante majorité des victimes de violences conjugales sont des femmes ».

Les auteurs ont souvent des idées extrêmement préconçues sur la femme et le couple

La femme, dans ces représentations sexistes, est un objet, que l’on peut donc posséder et détruire. C’est ce qui explique que ces meurtres ont souvent lieu au moment de la séparation, lorsque la compagne essaie de se libérer de l’emprise d’un homme violent. « Les auteurs ont souvent des idées extrêmement préconçues sur la femme et le couple », ajoute Françoise Brié. Ils sont aussi « favorisés par une société qui banalise la violence sexiste », complète Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole d’Osez le féminisme.

Sortir les violences conjugales de la sphère privée

Pour ces militantes, utiliser le mot « féminicide », c’est montrer que les inégalités, les discrimina-tions, les stéréotypes genrés, forment un continuum et nourrissent les violences contre les fem-mes. « Ce terme met en lumière que tous ces meurtres ont pour point commun la haine des femmes », estime Raphaëlle Rémy-Leleu. Et de citer la féministe Benoîte Groult : « Le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours. »

Il ne s’agit pas de problèmes de famille ou de couple, ni de ‘crime passionnel’, mais bien de sexisme

Pour Françoise Brié, il s’agit aussi de « sortir les violences conjugales de la sphère privée ». Plusieurs fois, elle répète : « Il ne s’agit pas de problèmes de famille ou de couple, ni de ‘crime passionnel’, mais bien de sexisme. » Mettre un mot sur ce fait social, c’est donc pouvoir mieux l’identifier, l’étudier, et en prendre conscience.

Le féminicide reconnu dans le Code pénal?

C’est pourquoi des collectifs militants comme Osez le féminisme réclament la reconnaissance du terme « féminicide » dans le droit français. « Cela impliquerait plus de reconnaissance, de moyens, et une meilleure prise en charge », argumente Raphaëlle Rémy-Leleu.

La loi Egalité et citoyenneté, en effet, a introduit comme circonstance aggravante le fait de s’en prendre à quelqu’un « en raison de son sexe, son orientation sexuelle ou identité de genre vraie ou supposée » en 2017. Et le meurtre comme « par le conjoint ou le concubin de la victime » est également une circonstance aggravante. « Mais le sexisme est, dans les faits, rarement reconnu », déplore Raphaëlle Rémy-Leleu.

1er septembre 2019 Aude Le Gentil

https://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

Grenelle des violences conjugales : nouvel enfumage gouvernemental (UCL)

Hypocrisie La mairie de Paris fait la chasse aux panneaux anti-féminicides (Révolution Permanente)

Lire la suite

28 août 2019 ~ 0 Commentaire

jeunes portugal 1 (pùblico.pt)

 igualdade

Cravate pour femme et collant pour homme

Il est parfaitement normal de voir des femmes avec une cravate ou une casquette et des hommes avec des collants, notamment parce que les rôles de genre ne sont que des constructions imposées à la société. Mais mes réponses à l’exercice de test d’anglais étaient fausses.

Je suis un homme et je porte des collants. Ma cousine est une femme et porte une casquette. Ma tante aime porter une cravate, mais mes réponses au test d’anglais étaient fausses après tout.

Il est intéressant de voir comment un test peut générer un débat structurel sur les préjugés dans notre société. Mon test comportait un exercice vestimentaire consistant à associer des accessoires à un sexe (homme ou femme) ou aux deux.

La liste contenait: sac à main, cravate, bonnet, collants, collier, écharpe et ceinture. Je vis en 2019 et j’ai mis le mot «both/ les deux» sur tous les accessoires. Le résultat a été mal noté sur les accessoires suivants: bonnet, cravate et collant. Après avoir tenté d’exprimer poliment mon point de vue, j’ai été menacé d’une faute disciplinaire, uniquement parce que l’enseignant n’était pas d’accord avec mon opinion sur la validité du test.

Il est parfaitement normal de voir des femmes en cravate et casquette ou des hommes en collants, notamment parce que les rôles de genre ne sont que des constructions imposées à la société. Nous voyons des joueuses de football porter des collants et mettre des cravates tous les jours. Après tout, l’industrie du chapeau vend toujours aux deux sexes, n’est-ce pas?

Une femme est enceinte, la famille s’interroge sur le sexe de l’enfant, pour acheter un bavoir rose ou un bleu. Une attente du développement de l’enfant est créée par le genre. Elle va jouer avec des poupées, il sera footballeur, mais s’il aime Hello Kitty?

Le problème n’est pas seulement familial, c’est aussi pour l’école. Dans une autre discipline, l’informatique, un de mes professeurs, avec des opinions politiques d’extrême droite, a déclaré que la place des femmes était dans la cuisine après qu’un élève ait posé une question sur le travail que nous voulons faire.

Est-il si difficile de comprendre que les femmes sont aussi ou plus capables que n’importe quel homme en informatique? Ce n’est pas le genre qui nous rend aptes à exercer n’importe quelle profession. La compétence n’a pas de sexe.

Quand j’étais plus jeune, j’ai constaté que ma mère gagnait moins que mon père pour remplir exactement la même fonction. Je n’ai jamais pu comprendre ce qui sous-tend une discrimination aussi grave.

Mais cela a eu le don de m’ouvrir les yeux. En plus de la discrimination sociale en ce qui concerne les vêtements, cette discrimination est une réalité sur le lieu de travail. Les femmes d’aujourd’hui, pour recevoir la même chose que les hommes, devraient travailler en moyenne trois mois de plus par an.

Nous devrions tous pouvoir nous habiller et nous exprimer à notre guise, et l’école doit cesser d’appliquer des règles inutiles, telles que demander aux élèves de penser qu’un objet (un vêtement) doit avoir un genre prédéfini.

Bien que cette affaire se soit produite à cause de la différence d’âge abyssale entre moi et l’enseignant, je pense qu’il y a beaucoup de chemin à parcourir et beaucoup de difficultés dans mon groupe d’âge.

Je rêve d’une société où les étudiants seront libres d’exprimer leur opinion, où chacun peut porter ce qu’il veut, être qui elle-il veut au fond de lui-elle-même. Une société juste basée sur l’égalité, la fraternité et la liberté. Libre de toute forme d’oppression, même de choix de vêtements. J’espère que ce rêve se réalisera bientôt. Après tout, je n’avais jamais pensé qu’en 2019 on débattrait du fait que ma tante portait une cravate.

Eduardo Couto 16 ans Élève de 11e année à Santa Maria da Feira et membre du Bloc de Gauche 8 février 2019

https://www.publico.pt/

Commentaire:

Le NPA est proche du Bloc de Gauche

Lire la suite

16 août 2019 ~ 0 Commentaire

algérie lgbt (le monde diplomatique)

lgbt

Sexe, jeunes et politique en Algérie

Homosexualité, ou la « mort sociale »

A première vue, comme le dit Latifa, une lesbienne rencontrée à Oran, « la vie des homosexuel(le)s est beaucoup plus simple et joyeuse en Algérie. »

En effet, dans cette société où chacun vit cloisonné entre personnes du même sexe depuis le plus jeune âge, les possibilités de rencontres et de plaisirs homosexuels sont beaucoup plus nombreux.

A 15 ans ou 25 ans, un garçon peut faire venir son amoureux à la maison, s’enfermer avec lui dans sa chambre, et même lui proposer de passer la nuit, sans que ses parents n’y voient malice. Pareil pour les filles. A 30 ans, 40 ans, deux hommes ou deux femmes peuvent partir en week-end, louer une chambre double à l’hôtel, personne ne dira rien.

Zoheir Djazeiri est un activiste important parmi les homosexuels algériens. Militant à l’asso-ciation Abu Nawas (1), son action est strictement clandestine, et Zoheir Djazeiri (Zoheir L’Algérien) est un pseudonyme.

« Tout cela est vrai, admet-il, mais attention, le pendant négatif est très lourd ! Nous vivons dans une société machiste. Etre homosexuel, pour un mec, c’est se dégrader au niveau inférieur de la femme. »

Sans parler de la loi, qui réprime très durement ces pratiques à la fois « contre nature » et interdites par la religion d’Etat, l’islam (article 2 de la Constitution) (2). « Se faire arrêter pour homosexualité signifie la mort sociale, poursuit Zoheir. Tu es obligé de tout quitter : ta ville, ta famille, ton travail, tout ! » Détail important : En Algérie, aucun avocat n’est prêt à défendre publiquement les homosexuels. « Sa carrière serait ruinée. »

Malgré cela, non seulement il est possible d’avoir une vie homosexuelle, avec ses lieux de rendez-vous, ses bars et ses cabarets à Alger, Oran et Bejaia, mais beaucoup d’hétérosexuels algériens ont des pratiques homosexuelles : à l’école, lors du service militaire, à la cité U, etc.

« La femme étant un produit rare, on se rabat sur les hommes. », rigole Mourad, 25 ans, rencontré à Alger, qui ne sait pas « si [il] préfère les hommes ou les femmes ». Un universitaire français travaillant sur l’homosexualité masculine à Alger raconte : « Les copains homos que j’ai rencontrés il y a huit ans sont tous en train de se marier. Avec le mariage, ils cessent plus ou moins leur vie homosexuelle. »

Tout engagement social ou politique représente un immense danger. L’association Abu Nawas, qui revendique via le Net 1 500 adhérents, est considérée par l’Etat comme une organisation faisant l’apologie d’un crime.

« Nous sommes un noyau d’une vingtaine de militants, tous passibles de 10 ans de prison », explique Zoheir L’Algérien. Lors des mouvements contre un 4e mandat du président Abdelaziz Bouteflika (finalement réélu sur un fauteuil roulant le 17 avril 2014), Zoheir a dû s’enfuir pendant deux mois à l’étranger.

Une chaine de télévision avait diffusé un reportage intitulé « Le complot », montrant sa photo entourée d’un cercle. A-t-il eu peur de se faire agresser, voire tuer ? « Non, ce n’est pas ça. Mais comme ma mère et les gens du quartier regardent ces chaines, j’avais trop peur qu’elle apprenne la vérité. »

Pierre Daum  Pierre Daum

https://www.monde-diplomatique.fr

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin