Plouégat-Guérand (Street Press)
Créée dans les Monts d’Arrée, en Bretagne, la troupe des Joyaux de l’Arrée propose un « drag rural et local » à un public de non-initiés, tranchant avec les codes esthétiques de l’émission « Drag Race ».
Créée dans les Monts d’Arrée, en Bretagne, la troupe des Joyaux de l’Arrée propose un « drag rural et local » à un public de non-initiés, tranchant avec les codes esthétiques de l’émission « Drag Race ».
Le Jour du souvenir trans a lieu chaque année le 20 novembre. Aussi connu sous le nom de TDoR (Trans Day of Remembrance), ce jour commémore les personnes trans tuées par la transphobie, assassinées, suicidées ou victimes de la précarité financière et médicale, et rappelle l’importance des luttes trans. Plus que jamais, dans un contexte de montée du fascisme, il est nécessaire de défendre les droits des personnes trans !
D’octobre 2024 à septembre 2025, ce sont 281 personnes trans qui ont été assassinées, d’après le rapport officiel Trans Murder Minotoring. Nous savons qu’il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg, ce suivi est rendu extrêmement compliqué par la précarité et l’isolement que subissent les personnes trans et qui les invisibilisent. Parmi les victimes, 88% d’entre elles sont racisées, 90% sont des femmes, 34% sont des travailleuses du sexe, 14% sont des activistes pour les droits des personnes trans. Dans un contexte social et politique de plus en plus dur et transphobe, les personnes trans risquent également huit fois plus que les personne cis de faire une tentative de suicide dans leur vie.
Entre précarité, racisme et transmysonigie, les voix des personnes trans et leurs combats sont silenciés. Il s’agit d’une conséquence directe des volontés politiques réactionnaires croissantes qui tentent de nier l’existence des personnes trans en leur retirant leurs droits et en les déshumanisant.
Les offensives transphobe se poursuivent partout. Depuis les Etats-Unis, les politiques fascistes de Trump ciblent systématiquement les personnes trans : exclusion des clubs de sport, refus de l’autodétermination, limites dans l’accès aux soins et aux traitements hormonaux, fin des campagnes de prévention au suicide dans la communauté LGBTI… la liste est encore longue.
Au Royaume-Uni, la Cour Suprême a tranché pour une vision binaire du genre, donnant raison aux associations conservatrices. En France, si la Haute Autorité de Santé a affirmé, dans ses recommandations, l’autodétermination des personnes trans et la nécessité de la dépsychiatrisation des parcours de soin, elle s’est courbée face aux pressions des lobbys conservateurs en refusant d’appliquer ces recommandations aux mineur·es trans. Il faut aussi rappeler que les subventions aux associations féministes et LGBTI telles que les Plannings familiaux sont coupées, les centres de ressources ferment les uns après les autres, restreignant les accès effectifs aux soins nécessaires des personnes trans.
Les milliardaires s’unissent pour financer ces campagnes haineuses et s’épanouissent dans le capitalisme autoritaire qui s’impose notamment en Occident. En France comme ailleurs, les gouvernements coupent dans les budgets et les services publics de la santé et de l’éducation. Cette tendance à l’austérité est propice au retour du conservatisme qui sont autant de moyens de marginaliser encore plus des personnes déjà précaires. A cela s’ajoute les paniques morales telles que celle autour des participations des personnes trans aux compétitions sportives officielles.
Ce contexte actuel rappelle qu’il est crucial de soutenir les luttes trans, de rappeler que les politiques bourgeoises et réactionnaires doivent être combattues par l’ensemble du mouvement social. Nos luttes trans soutiennent les associations, les organisations et les syndicats qui luttent avec et pour les droits des personnes trans ! Nos luttes trans sont antifascistes, anticapitalistes, antiracistes et féministes !
Nos pensées vont à toutes les personnes trans tuées par la transphobie. Chaque victime est une victime de trop !
Luttons pour un féminisme trans !
Union Communiste Libertaire 19 novembre 2025
Sous la présidence Trump, les droits des personnes trans reculent à grande vitesse. Comme le rapporte le magazine “Time”, de nombreuses familles américaines s’expatrient, redoutant un climat politique de plus en plus hostile.
“Dès son premier jour de retour à la Maison-Blanche, le président a signé un décret – actuellement suspendu mais toujours en cours d’examen par les tribunaux – reconnaissant seulement ‘deux genres, masculin et féminin’, et cherchant à interdire aux personnes trans de modifier leur mention de genre sur les documents fédéraux.”
En parallèle, le ministère de la Santé a décrédibilisé les soins dits “d’affirmation de genre”, soutenus pourtant par toutes les associations médicales américaines, tandis que la justice fédérale enquête sur les médecins les pratiquant auprès de mineurs. Les conséquences sont visibles : plus d’une vingtaine d’hôpitaux ont suspendu ces soins, et les États conservateurs multiplient les interdictions. Selon l’ACLU (l’Union américaine pour les libertés civiles), plus de 600 textes anti-LGBTQI + ont été déposés en 2025. En Arizona, la famille Trujillo a quitté Tucson pour protéger Daniel, 15 ans, leur fils trans. Comme elle, de nombreux foyers cherchent à s’expatrier vers des pays jugés plus sûrs. L’exil ne touche plus seulement les militants. Monica Helms, vétérane et créatrice du drapeau trans, s’est installée au Costa Rica avec son épouse : “Nous ne sommes pas aimées par cette administration et elle profère chaque jour des menaces à notre encontre.” Cette fuite inverse un mouvement historique : “Jusqu’à présent, le message était : ‘Venez aux États-Unis, c’est un pays sûr et accueillant’”, observe Steve Roth, de l’Organisation pour le refuge, l’asile et la migration (Oram). “Mais tout cela s’est complètement inversé.” L’Amérique, jadis terre d’asile, devient pour une partie de ses propres citoyens un territoire à quitter, coûte que coûte.
Après l’agression de quatre militants LFI en pleine rue à Brest samedi 30 août, le député Pierre-Yves Cadalen révèle que l’une des victimes est son compagnon. Dans une lettre ouverte, il dénonce une agression politique et homophobe.
Édouard Edy n’a pu remarcher que ce samedi 6 septembre. En arrêt de travail depuis une semaine, le jeune homme s’était vu prescrire cinq jours d’incapacité totale de travail (ITT) après la violente agression dont il a été victime la semaine dernière avec trois autres militants LFI.
« J’ai reçu plusieurs coups, au moins cinq à la tête, sous la pommette, sous l’œil, d’autres à la jambe, j’ai toujours des douleurs sur le côté gauche. »
Une plainte a été déposée pour violence aggravée.
Ce militant est aussi le compagnon du député du Finistère Pierre-Yves Cadalen (LFI). C’est ce qu’a révélé ce dernier ce vendredi 5 septembre dans une lettre ouverte, publiée sur ses réseaux sociaux une semaine après les faits.
« Édouard Edy, l’un des quatre militants agressés samedi dernier à Brest est mon compagnon« , commence le député LFI.
« Je l’écris aujourd’hui pour que ces minables sachent qu’il n’y a là aucun secret, que leur violence ne s’abat pas sur un mur de silence, qui bien trop souvent entoure et a massivement enserré les vies homosexuelles« , écrit le député qui dénonce aussi une agression « politique et homophobe » et qualifie les agresseurs de « misérables petits fascistes« .
Samedi 30 août, avec trois autres militants, Edouard Edy termine la collecte mensuelle organisée par la France insoumise près du supermarché Leclerc dans le centre-ville de Brest, une collecte de fourniture scolaire annoncée dans la presse.
« On commence à ramasser tous les dons que nous avons reçus, le barnum, une banderole, relate Edouard. Lorsqu’on regagne la voiture et qu’on ouvre le coffre, deux individus avec des capuches et des sortes de tours de cou surgissent. Tout a duré moins d’une minute. Ils tapent d’abord sur une personne accroupie près des affaires qui reçoit plusieurs coups de poing ».
Ils en assènent d’autres à une jeune femme puis à un troisième militant et finissent par se retourner vers Edouard Edy en lançant « Brest est natio » avant de le rouer de coups.
Ce n’est pas la première fois que ce militant LFI entend ce slogan. Au printemps 2023, il avait déjà été pris à partie par d’autres individus cagoulés scandant la même chose, se réfugiant dans une agence immobilière pour éviter les coups.
Depuis, il a essuyé plusieurs menaces de mort et insultes homophobes inscrites sur les murs de la faculté de Brest, où il étudie aux Beaux-Arts ainsi que sur le local du Parti communiste où il militait également. Des menaces parfois agrémentées de croix celtiques.
En juin dernier cette fois, il découvre des croix gammées taguées sur la porte du logement qu’il partage avec le député Pierre-Yves Cadalen.
À chaque fois, des plaintes sont déposées. L’étudiant estime que ce sont ses engagements dans les dernières luttes sociales mais également en faveur des droits des personnes LGBT qui ont fait de lui une cible :
« Lors de la réforme sur les retraites, je faisais partie de l’intersyndicale en tant que représentant de syndicat étudiant. J’ai pris la parole à plusieurs reprises lors de manifestation. J’avais souvent mon drapeau LGBT pour élargir les luttes. »
Le militant LFI en est certain, ces menaces et agressions à répétition sont l’œuvre d’un groupuscule d’extrême-droite. « Ils sont une quinzaine dans le pays de Brest, assure-t-il. Ils sont identifiés. Je ne comprends pas qu’ils n’aient toujours pas été convoqués par la police. »
Pas découragé, le militant assure que « tout cela renforce [sa] détermination à combattre l’extrême-droite et l’homophobie.
« Édouard Ely, l’un des quatre militants agressé samedi dernier à Brest, est mon compagnon. » C’est ainsi que Pierre-Yves Cadalen, député LFI de Brest, commence sa lettre ouverte, publiée sur ses réseaux vendredi 5 septembre. Il ajoute : « Les misérables petits fascistes qui s’en sont pris à eux se sont particulièrement acharnés sur sa personne. »
Le député, élu en 2024, fait référence à l’agression par deux hommes cagoulés dont ont été victimes quatre militants insoumis le 30 août dernier. Les faits se sont déroulés en plein centre-ville de Brest, lors d’une collecte de fournitures scolaires organisée par la section locale de LFI.
Au cours de leur attaque, ils auraient scandé « Brest est natio », rapporte Édouard Ely sur son compte Instagram.
En évoquant son homosexualité, le député LFI souhaite « que ces minables sachent qu’il n’y a là aucun secret, et que leur violence ne s’abat pas sur un mur de silence, qui bien trop souvent entoure et a massivement enserré les vies homosexuelles ».
Dans sa longue lettre, on apprend également que lui et son compagnon ont déjà été la cible d’actes haineux : agression, tags sur les murs de la faculté de lettres et de sciences humaines de Brest et sur le local du parlementaire.
Pierre-Yves Cadalen dénonce ainsi une agression « politique et homophobe », et indique dans la presse locale que ces éléments ont été versés à la plainte déposée par LFI.
Cette agression s’inscrit plus largement dans un contexte de multiplication des actes haineux commis pas des militants d’extrême droite en Bretagne.
Le crime, survenu en 2018, avait eu un très grand retentissement, au Brésil et au-delà, et jeté une lumière crue sur la puissance du crime organisé à Rio.
« La justice est parfois lente, aveugle (…) mais elle arrive », a lancé la juge Lucia Glioche en lisant les peines décidées pour ce double homicide par un jury populaire, à l’issue de deux jours d’audience. A cette annonce, parents et proches des victimes présents au tribunal se sont embrassés et ont fondu en larmes, notamment la sœur de Marielle Franco, Anielle Franco, ministre de l’égalité raciale dans le gouvernement du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.
« Nous poursuivrons la lutte (…) pour en finir avec ce qui a assassiné Marielle et Anderson, qui est cette violence politique », a réagi devant la presse Monica Benicio, qui fut la compagne de l’élue locale. « Parce qu’elle était une femme noire, issue d’une favela, ses assassins ont pensé que son corps était jetable », a-t-elle dit.
Ronnie Lessa avait avoué avoir tiré sur la voiture de Marielle Franco avec une mitraillette depuis un véhicule conduit par Elcio Queiroz, qui est également passé aux aveux. Le premier a été condamné à soixante-dix-huit ans et neuf mois et son complice à cinquante-neuf ans et huit mois. Tous deux jugés pour homicides et participant par visioconférence depuis leur prison, ces anciens membres de la police militaire de Rio avaient passé un accord de plaider-coupable durant l’instruction.
Leur peine effective sera réduite, du fait de cette collaboration avec la justice dont les clauses sont confidentielles, ont expliqué à l’Agence France-Presse des sources judiciaires. Selon le site d’information G1, Ronnie Lessa devra purger treize ans et son acolyte sept ans, qui s’ajouteront aux années de prison effectuées depuis 2019. Le parquet avait requis pour chacun la peine maximale, soit quatre-vingt-quatre ans de réclusion.
Le crime avait eu un très grand retentissement, au Brésil et au-delà, et avait jeté une lumière crue sur la puissance du crime organisé et des milices à Rio. Ces groupes parapoliciers sèment la terreur et accaparent des terrains pour se bâtir illégalement une fortune immobilière. Marielle Franco se dressait contre l’action des milices et militait contre la violence policière.
Ronnie Lessa a assuré mercredi avoir été « aveuglé » et « rendu fou » par la somme de plusieurs millions de dollars offerte pour commettre le crime. « Je veux saisir cette occasion et, avec une sincérité et un regret absolus, demander pardon aux familles d’Anderson et de Marielle et (…) à l’ensemble de la société pour les actes funestes qui nous ont conduits ici », a-t-il déclaré. Les procureurs ont mis en doute la sincérité de son repentir. « Ils ont décidé de tuer par appât du gain », a estimé jeudi le procureur Fabio Vieira, qui a taxé les assassins de « sociopathes » sans regret.
Selon le ministère public, le tireur et le chauffeur avaient nié les faits face aux enquêteurs avant d’être confondus par les preuves de leur implication et ont alors cherché une sortie en collaborant avec la justice.
« Ce n’est pas encore la fin car il reste les commanditaires », a cependant souligné Antonio Silva, père de Marielle Franco. Arrêtés en mars dernier après avoir été incriminés par Ronnie Lessa, le député Chiquinho Brazao et son frère Domingos Brazao, conseiller de la cour des comptes de Rio, ont été entendus la semaine dernière par la Cour suprême, tout comme l’ancien chef de la police civile de la ville Rivaldo Barbosa.
Les deux frères, liés aux milices selon le tueur, ont nié toute implication, de même que le policier, accusé d’avoir fait obstruction à l’enquête. L’instruction continue. « Qui a donné l’ordre [de l’assassinat] l’a donné pour une raison financière car il avait intérêt à faire taire la voix de Marielle », a affirmé jeudi le procureur Vieira.
Note: Marielle était membre de notre organisation soeur, le PSOL

La cinquième édition de la Marche des fiertés aura lieu samedi 22 juin à Brest. Pour l’occasion, un village autour des cultures LGBTQIA+ sera érigé place Wilson.
Point d’orgue du Queer Brest Fest, le premier festival dédié aux cultures LGBTQIA+ lancé à Brest, la Marche des fiertés se tiendra samedi 22 juin 2024. Le rendez-vous est fixé à 14 h, place Wilson.
Sans aucune surprise, le Sénat a adopté la proposition de loi Eustache-Brinio (LR) contre les mineurs trans, la plus restrictive d’Europe, par 180 voix contre 136 seulement.
Amendée en commission, la loi remplace une interdiction pure et simple des soins trans par un « encadrement » par des équipes spécialisées et un délai de deux ans pour l’accès aux retardateurs de puberté. Dans les faits, au vu de l’état du service public de la santé et des inégalités territoriales, cela amènera les mêmes résultats : l’impossibilité d’accès aux soins pour les mineurs trans alors qu’ils sauvent des vies en améliorant considérablement la santé mentale.
Les sanctions contre les médecins qui accompagnent les mineurs trans en dehors de ces équipes spécialisées peuvent aller jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende ; les mêmes sanctions que pour les auteurs de thérapies de conversion, que Jacqueline Eustache-Brinio soutient.
Le rapporteur Alain Milon (LR) et ses collègues ont expliqué qu’avec leur article 3 relatif à la pédopsychiatrie, il n’était pas question de psychiatriser de nouveau la transidentité. Mais toutes les interventions des sénateurs favorables à la loi ont répété qu’il fallait privilégier une approche par « la psychothérapie » afin que le jeune « se réconcilie avec son sexe », soit des thérapies de conversion.
Après avoir laissé planer le doute, le gouvernement par la voix du ministre de la Santé, Frédéric Valletoux, a finalement appelé à voter contre la loi. On ne peut que s’en réjouir, mais les longs moments d’hésitation nous rappellent qu’il n’y a rien à attendre de ce gouvernement.
Pour bloquer le passage de cette loi, il n’y aura pas d’autres choix qu’une mobilisation de masse et unitaire sur la durée, d’une Riposte Trans comme les week-ends des 4-5 et des 25-26 mai ; depuis les Pride jusqu’à l’Existransinter et après.
L’unité de tout le mouvement social, avec les associations trans, LGBTI et les collectifs féministes, les syndicats et les partis, doit se faire en défense des personnes trans et de leurs revendications.
C’est la seule façon de gagner de nouveaux droits, en premier lieu le changement d’état-civil sur simple demande, libre et gratuit ainsi que aussi l’arrêt des mutilations des mineurs intersexes, la PMA pour tous-tes, le remboursement des frais liés à la transition…
Le NPA l’Anticapitaliste et sa commission LGBTI porteront cette orientation ces prochaines semaines et ces prochains mois.
Samedi 1 juin 2024