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16 août 2019 ~ 0 Commentaire

algérie lgbt (le monde diplomatique)

lgbt

Sexe, jeunes et politique en Algérie

Homosexualité, ou la « mort sociale »

A première vue, comme le dit Latifa, une lesbienne rencontrée à Oran, « la vie des homosexuel(le)s est beaucoup plus simple et joyeuse en Algérie. »

En effet, dans cette société où chacun vit cloisonné entre personnes du même sexe depuis le plus jeune âge, les possibilités de rencontres et de plaisirs homosexuels sont beaucoup plus nombreux.

A 15 ans ou 25 ans, un garçon peut faire venir son amoureux à la maison, s’enfermer avec lui dans sa chambre, et même lui proposer de passer la nuit, sans que ses parents n’y voient malice. Pareil pour les filles. A 30 ans, 40 ans, deux hommes ou deux femmes peuvent partir en week-end, louer une chambre double à l’hôtel, personne ne dira rien.

Zoheir Djazeiri est un activiste important parmi les homosexuels algériens. Militant à l’asso-ciation Abu Nawas (1), son action est strictement clandestine, et Zoheir Djazeiri (Zoheir L’Algérien) est un pseudonyme.

« Tout cela est vrai, admet-il, mais attention, le pendant négatif est très lourd ! Nous vivons dans une société machiste. Etre homosexuel, pour un mec, c’est se dégrader au niveau inférieur de la femme. »

Sans parler de la loi, qui réprime très durement ces pratiques à la fois « contre nature » et interdites par la religion d’Etat, l’islam (article 2 de la Constitution) (2). « Se faire arrêter pour homosexualité signifie la mort sociale, poursuit Zoheir. Tu es obligé de tout quitter : ta ville, ta famille, ton travail, tout ! » Détail important : En Algérie, aucun avocat n’est prêt à défendre publiquement les homosexuels. « Sa carrière serait ruinée. »

Malgré cela, non seulement il est possible d’avoir une vie homosexuelle, avec ses lieux de rendez-vous, ses bars et ses cabarets à Alger, Oran et Bejaia, mais beaucoup d’hétérosexuels algériens ont des pratiques homosexuelles : à l’école, lors du service militaire, à la cité U, etc.

« La femme étant un produit rare, on se rabat sur les hommes. », rigole Mourad, 25 ans, rencontré à Alger, qui ne sait pas « si [il] préfère les hommes ou les femmes ». Un universitaire français travaillant sur l’homosexualité masculine à Alger raconte : « Les copains homos que j’ai rencontrés il y a huit ans sont tous en train de se marier. Avec le mariage, ils cessent plus ou moins leur vie homosexuelle. »

Tout engagement social ou politique représente un immense danger. L’association Abu Nawas, qui revendique via le Net 1 500 adhérents, est considérée par l’Etat comme une organisation faisant l’apologie d’un crime.

« Nous sommes un noyau d’une vingtaine de militants, tous passibles de 10 ans de prison », explique Zoheir L’Algérien. Lors des mouvements contre un 4e mandat du président Abdelaziz Bouteflika (finalement réélu sur un fauteuil roulant le 17 avril 2014), Zoheir a dû s’enfuir pendant deux mois à l’étranger.

Une chaine de télévision avait diffusé un reportage intitulé « Le complot », montrant sa photo entourée d’un cercle. A-t-il eu peur de se faire agresser, voire tuer ? « Non, ce n’est pas ça. Mais comme ma mère et les gens du quartier regardent ces chaines, j’avais trop peur qu’elle apprenne la vérité. »

Pierre Daum  Pierre Daum

https://www.monde-diplomatique.fr

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05 août 2019 ~ 0 Commentaire

préjugés (anti-k)

lgbt

Quelle est la source des préjugés anti-LGBTIQ de la droite nationaliste?

Pourquoi l’extrême droite attaque-t-elle les personnes LGBTIQ?

L’une des principales raisons est sa profonde hostilité envers les femmes, sa misogynie, qui est liée à sa relation contradictoire avec le néolibéralisme. La combinaison de la misogynie et du populisme économique aide l’extrême droite à séduire les hétérosexuels en colère. La désindus-trialisation et les salaires stagnants dans de nombreuses économies, plus récemment après la profonde récession qui a éclaté en 2008, ont miné le sentiment de masculinité de beaucoup d’hommes. Beaucoup d’hommes hétérosexuels cisgenres attribuent cela aux femmes et aux personnes LGBTIQ.

Des historiens comme George Mosse, ont montré à quel point le nationalisme agressif est lié à une conception étroite de la masculinité.

Ce concept naturalise la famille patriarcale, considère les femmes comme des productrices d’enfants et les compagnes des hommes, et considère les personnes LGBTIQ comme un facteur d’affaiblissement de la fibre morale de la nation.

C’est l’une des raisons pour lesquelles les nazis en Allemagne étaient farouchement hostiles à l’homosexualité, du moins parmi les Allemands: ils pensaient que cela affaiblissait la « race aryenne ». L’extrême droite autour du monde a encore aujourd’hui un concept similaire de masculinité. Dans les pays catholiques en particulier, elle a repris l’attaque du pape contre «l’idéologie du genre» et sa défense des rôles traditionnels masculins et féminins.

Cette extrême droite misogyne et sexuellement réactionnaire est en augmentation dans de nombreux pays où les mouvements LGBTIQ ont remporté des victoires.

Ces mouvements LGBTIQ ont émergé et se sont renforcés, en particulier après 1968, année où ils avaient des directions de gauche radicale qui se considéraient comme faisant partie d’une gauche plus large.

Leurs visions et tactiques militantes ont permis de remporter les premières victoires dans les années 1970 et 1980 contre la discrimination et la violence. Plus tard, à mesure que les mouve-ments LGBTIQ grandissaient et que la gauche radicale s’affaiblissait, les groupes LGBTI traditionnels sont devenus plus modérés.

Ils mettent moins l’accent sur la solidarité contre le sexisme, le racisme et l’oppression de classe et se concentrent plus étroitement sur des questions telles que l’égalité dans le mariage. Mais cela n’a pas suffi pour que l’extrême droite les aime. Dans la plupart des pays, l’extrême droite s’oppose toujours au même mariage, souvent avec acharnement.

Les groupes LGBTI traditionnels ont tissé des liens avec le centre-gauche social-libéral et même le centre-droit néolibéral.

Certaines des positions d’extrême droite les plus anti-LGBTIQ doivent être comprises, du moins en partie, comme des réactions au soutien officiel aux droits des personnes LGBTI, qui prédo-minent actuellement dans le centre politique de l’Europe occidentale et dans certains autres pays impérialistes.

Ce n’est pas pareil partout. Les attaques de Trump contre les personnes LGBTIQ ne sont pas particulièrement inspirées par l’hostilité envers l’Europe, bien qu’il soit souvent anti-européen, et les attaques anti-LGBTIQ au Brésil ne reflètent pas non plus particulièrement un discours anti-européen. Mais de nombreux régimes néolibéraux et autoritaires africains et arabes prétendent, malgré de nombreux témoignages historiques, défendre «leurs propres» cultures contre l’influence des LGBTIQ européens.

En Europe occidentale, les réformes telles que la décriminalisation, les lois anti-discrimination et l’égalité des mariages sont des réformes enracinées dans la politique nationale. Certaines réfor-mes de l’Europe de l’Est ont également une dynamique nationale.

L’Allemagne de l’Est, par exemple, a décriminalisé l’homosexualité un an avant l’Allemagne de l’Ouest. Mais les réformes les plus récentes de l’Europe de l’Est résultent principalement des politiques de l’Union européenne. Les Européens LGBTI de l’Est ont ainsi bénéficié d’avantages juridiques. Mais de nombreux Européens de l’Est considèrent désormais que les protections accordées aux personnes LGBTI sont imposées de l’extérieur.

Parallèlement à la promotion des droits des personnes LGBTI par l’UE, celle-ci est l’instrument du néolibéralisme en Europe de l’Est. Cela s’est traduit par une présence croissante des capitaux d’Europe occidentale, des réductions des protections sociales et une augmentation des inégalités.

Les politiques néolibérales ont été justifiées par une idéologie libérale de liberté, incluant les droits des LGBTI. Cela a contribué à faire des personnes LGBTI des cibles du ressentiment anti-européen et du nationalisme renaissant. Dans une réponse réflexe à l’instrumentalisation des droits des personnes LGBTI par le néolibéralisme, l’hétéro-nationalisme a contribué à instrumen-taliser les attitudes anti-LGBTI.

Dans des pays comme la Pologne et la Hongrie, la droite au pouvoir joue sur le ressentiment contre l’idéologie néolibérale, tout en conservant de nombreuses caractéristiques essentielles de l’économie néolibérale.

Dans ce climat, la violence contre les manifestations de fierté gaie et lesbienne d’Europe de l’Est est en partie l’œuvre de groupes néo-fascistes qui croient que l’UE est « dirigée par des » tapettes » . Golden Dawn, du parti fasciste grec, a une dynamique similaire, considérant que les droits des personnes LGBTI font partie du même agenda de l’UE qui a appauvri le peuple grec… (Extrait voir lien)

Peter Drucker

Source link

https://www.anti-k.org/

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29 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

puerto rico (global-voices rs21)

puerto

Après deux semaines de manifestations, les Portoricains font démissionner le gouverneur

Porto Rico en fête, mais face à un futur incertain

Le gouverneur de Porto Rico, Ricardo Rosselló, a démissionné après deux semaines de manifestations massives et de troubles civils intergénérationnels. En l’absence d’un secrétaire d’État, la secrétaire de la justice Wanda Vázquez deviendra gouverneur. La démission de R. Rosselló entrera en vigueur le 2 août à 17h.

Ce mouvement national auto-organisé et en pleine croissance a éclaté à la suite d’une affaire de corruption complexe ainsi que de la fuite d’une conversation sur Telegram contenant à la fois un langage sexiste, misogyne, homophobe et humiliant, et une discussion sur la politique publique entre membres et non membres du cabinet de R. Rosselló.

Cette fuite a été précédée par des arrestations de membres éminents du gouvernement de R. Rosselló, dont l’ancienne secrétaire à l’éducation, Julia Keleher, accusée notamment de blanchiment d’argent et de fraude électronique.

Les quatorze jours consécutifs de manifestations ont inclus des manifestations quotidiennes au palais du gouverneur. Les manifestations se sont rapidement propagées à de nombreuses autres municipalités de Porto Rico. La plus grande a eu lieu le 22 juillet et aurait attiré jusqu’à 600 000 personnes rien que dans la capitale San Juan.

Fait amusant de cette marche à Porto Rico. Elle n’était programmée par aucune organisation. Tout s’est passé spontanément dans les réseaux sociaux des Portoricains qui voulaient protester contre Rosselló, exigeant sa démission.

Mais l’activité ne s’est pas limitée à Porto Rico. Plusieurs manifestations ont eu lieu dans d’autres pays où réside une importante communauté portoricaine, notamment en Espagne, en Argentine, en Slovénie, en France, aux Pays-Bas et aux États-Unis.

Les manifestations comprenaient également des interventions artistiques et culturelles. La journaliste Victoria Leandra a créé une discussion sur Twitter qui met en lumière certaines façons créatives que les Portoricains ont utilisées pour protester .

La police a été accusée d’avoir recours à une force abusive, violant ainsi les réformes de la police ordonnées par les tribunaux fédéraux. Il faut souligner que les manifestations à Porto Rico ont été exceptionnellement pacifiques, comme l’a signalé l’anthropologue culturelle et essayiste Rima Brusi sur Twitter :

500 000 manifestants et seulement cinq arrestations à la toute fin ? Je dirais que les manifestants n’étaient pas seulement pacifiques, ils étaient remarquablement disciplinés, créatifs et retenus.

Les manifestants sont revenus le jour suivant pour nettoyer les endroits où ils avaient manifesté :Ce qu’on ne vous montrera pas dans les médias parce qu’ils veulent que vous pensiez au pire :
1- Des personnes qui nettoient les dégâts de la nuit précédente
2- un peuple uni qui se serre les coudes

Mais quelques jours avant l’annonce de la démission de R. Rosselló, la chroniqueuse Xiomara Torres Rivera, rédactrice pour le projet de journalisme Todos, a rappelé aux lecteurs que le véritable travail commencerait une fois que le gouverneur aurait quitté ses fonctions:

Aujourd’hui, nous sommes au centre de l’attention parce que nous avons osé parler, transformer nos aversions en mobilité. Exiger la démission n’est que le début. Nous avons beaucoup de chemin à parcourir pour prendre d’autres décisions sans regarder en arrière. Oser exiger le pays que nous méritons.

Un audit citoyen, une annulation de la dette, une éducation prenant en compte l’égalité des sexes, un système de santé et un système de retraite décents et un gouvernement avec des personnes qui accordent la priorité aux besoins de la population.

Global Voices continuera de couvrir ce sujet.

29 Juillet 2019

https://fr.globalvoices.org/

Lire aussi:

Popular uprising and the fight for independence in Puerto Rico (RS21)

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25 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

puerto rico (huffington-post essf)

Manifestation géante à Porto Rico pour exiger le départ d’un gouverneur accusé de corruption, après le traumatisme de l’ouragan Maria… (Essf)

International Declaration of Solidarity with the People of Puerto Rico (Essf)

 

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23 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

puerto rico (rp)

Porto Rico, cette colonie étatsunienne en ébullition sociale depuis dix jours (Révolution Permanente)

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23 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

puerto rico (huffington-post rp)

Porto Rico, cette colonie étatsunienne en ébullition sociale depuis dix jours (Révolution Permanente)

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21 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

puerto rico (cadtm àl’encontre psl)

4502

À Puerto Rico : la population dans la rue contre le sexisme, l’homophobie, l’austérité et la corruption

Un scandale politique a éclaté récemment à Puerto Rico qui a poussé la population à descendre dans la rue pour des manifestations rassemblant plusieurs milliers de personnes autour d’un mot d’ordre : « Ricky Renuncia ! », Ricardo, démissionne ! – Ricardo Rossello est l’actuel gouverneur de l’île.

Le 11 juillet, une source anonyme a publié les messages personnels du compte Telegram (application de messagerie cryptée équivalente à Whatsapp) du gouverneur, lié à Donald Trump. 2 jours plus tard, le Centre de Journalisme d’Investigation de Puerto Rico les publiait en ligne, révélant des messages d’une teneur profondément misogyne et homophobe, tenus par le gouverneur Rossello et de nombreux hommes politiques proches de lui.

Deux d’entre eux ont démissionné immédiatement après la publication, dont le Secrétaire d’État Luis Rivera Marín. Mais cela n’a pas suffit à calmer la colère de la population, qui avait commencé à se rassembler dans la rue dès que le scandale a éclaté.

Les manifestations ont atteint un pic, mercredi 17 juillet, avec près de 100 000 personnes dans les rues de San Juan, la capitale, lorsque le consortium de journalistes a révélé un « réseau de corruption de plusieurs millions de dollars », mettant en cause plusieurs sociétés publiques.

Depuis 2016, Puerto Rico est sous le contrôle d’un conseil de supervision financière (Financial oversight board) instauré par la loi PROMESA (Puerto Rico Oversight, Management and Economic Stability Act), elle-même adoptée durant l’administration Obama.

Le but de ce conseil de représentants non-élus est de mettre en place un plan de rembourse-ment des créanciers de l’île (principalement de grands fonds d’investissement étasuniens) en appliquant un plan d’austérité radical, incluant des fermetures d’écoles, des coupes énormes dans les pensions et surtout pas le moindre investissement dans l’économie locale, les infrastructures ou les politiques sociales.

C’est dans ce contexte, illustrant parfaitement la Doctrine du Choc de Naomi Klein, que l’île fut frappée, 2 fois consécutivement, par des ouragans qui ont causé d’énormes ravages sur l’île, tués plus de 3 000 personnes et détruits le réseau électrique. Il aura fallu 11 mois pour restaurer le courant sur toute l’île, ce qui a passablement augmenté le nombre de décès résultant à la fois de l’ouragan, du manque d’entretien du réseau électrique et des choix catastrophiques qui ont été fait dans la gestion de cette crise. Les révélations du consortium de journalistes confirment largement ce dernier point.

Pour la restauration du réseau électrique, détenu par l’entreprise publique PREPA (Puerto Rican Electric Power Authority), celle-ci a d’abord passé un contrat avec une entreprise qui n’avait aucune expérience dans la région mais qui avait des liens étroits avec le secrétaire du ministère de l’Intérieur Ryan Zinke.

Le contrat a fini par être annulé et un nouveau contrat fut signé avec une entreprise liée au géant des énergies fossiles Mammoth Energy Services, alors que la situation de l’île et son exposition face aux ouragans ont largement démontré qu’il était nécessaire pour elle de s’appuyer sur une production locale d’énergie renouvelable.

Ricardo Rossello ne résistera certainement pas à cette vague de mécontentement. Ses adversaires politiques préparent déjà un recours pour tenter de mettre en place une mesure d’empêchement (impeachment). Mais cela ne retirera pas le mal fait, et ne changera pas le programme du conseil de supervision financière qui poursuivra dans sa voie austéritaire, en faveur des créanciers de l’île qui dégagent des profits pharamineux. La saison des ouragans débute maintenant…

Rappelons que le CADTM international s’était rendu à Puerto Rico en décembre 2018 et qu’un programme d’activités très réussi avait été organisé par son partenaire local, le front citoyen pour l’audit de la dette.

20 juillet  Pierre Gottiniaux

http://www.cadtm.org/

Lire aussi:

Reportage photos du Guardian

La dette néocoloniale de Puerto Rico

La plus grande mobilisation de l’histoire (A l’Encontre)

Solidarité avec les travailleurs de Porto Rico ! (PSL)

 

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29 juin 2019 ~ 0 Commentaire

stonewall (dossier-npa rebel regards)

lgbt

1969-2019  : 50 ans d’émeutes, 50 ans de révoltes, 50 ans de luttes LGBTI

Les marches des fiertés, qui se déroulent depuis le 17 mai, se font dans un contexte particulier, puisqu’il s’agit des 50 ans de l’anniversaire de Stonewall. Alors que les LGBTI sont, partout dans le monde, oppriméEs, cet anniversaire se fait en demi-teinte, à coup de grand renfort marketing : Stonewall est partout, à croire que les LGBTI seraient intégrables au capitalisme…

En France, les marches se déroulent dans un contexte où le gouvernement Macron continue d’user du rouleau compresseur. Après les universités et les cheminotEs l’année dernière, cette année tout y passe : éducation, services publics, assurance chômage… le tout accompagné d’une répression aggravée des militantEs syndicaux, Gilets jaunes, politiques.

Évidemment, les personnes LGBTI sont des travailleuses et des travailleurs, le plus souvent parmi les travailleurEs les plus précaires, en particulier les personnes trans qui subissent une grande précarité, que ce soit dans l’accès aux soins ou dans l’accès à l’emploi. Parmi les personnes LGBTI, il y a aussi de nombreux et nombreuses migrantEs, qui demandent l’asile en France, et que les lois anti-migrantEs fragilisent toujours plus.

Le gouvernement Macron, en reculant encore et toujours sur la PMA, et en l’intégrant à la loi bioéthique, fait en réalité le jeu des réactionnaires et de l’extrême droite. Pour dégager ce pouvoir, contre l’extrême droite et les réactionnaires : il faut reprendre la rue.

stonewall (dossier-npa rebel regards) dans Altermondialisme

Stonewall : 50 ans… et après ?

Dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, il y a 50 ans exactement, débute ce que l’histoire a retenu comme « les émeutes de Stonewall » : 5 nuits d’affrontements contre la police.

 dans Féminisme
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Droits des trans, où en est-on ?

Au moment où nous écrivons ces lignes, nous apprenons que l’Ordre des médecins attaque une professionnelle exerçant auprès de personnes trans

 dans LGBT
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C’est la promesse de Macron depuis le coup d’envoi de sa campagne présidentielle : l’ouverture de la PMA aux couples lesbiens et aux femmes célibataires. La PMA pour touTEs, c’est toujours pour demain…
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 dans NPA
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L’exemple du Botswana : dépénaliser n’est pas protéger les LGBTI

Le 11 juin 2019, la Haute Cour du Botswana, pays d’Afrique australe anciennement colonisé par l’Angleterre, a voté la dépénalisation des relations homosexuelles. Depuis 1965, la loi sanction-nait les relations lesbiennes et gays par des peines de prison pouvant aller jusqu’à 7 ans.

Dossier coordonné par Mimosa Effe

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Stonewall: 50 Years On (Rebel)

La Marche des fiertés est-elle encore un événement politique ? (Regards)

Orgullo Crítico 2019. ¡Por un movimiento LGTBI revolucionario y anticapitalista! (SE)

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29 juin 2019 ~ 0 Commentaire

pride (ga gr huff’)

lgbt

Pourquoi la N-VA n’a rien à faire à la Pride

Lors de la Belgian Pride de 2019, la police a nassé, matraqué et gazé des militant·e·s queer critiques sur la forme actuelle que prend la manifestation : la Pride est devenue une vitrine pour les grandes entreprises et les partis politiques. Cette répression a servi à garantir la présence du parti conservateur d’extrême-droite qu’est la N-VA, en contradiction totale avec les valeurs de la Pride et du cinquantenaire des émeutes de Stonewall, commémorées cette année(1).

L’intersectionnalité dévoyée

En tout premier lieu, la charte de la Belgian Pride(2) est un document politique qui exige que les organisations participant au cortège respectent les lignes politiques définies dans la charte. Le thème de cette année était l’intersectionnalité, ce qui pose réellement question quant à la présence de la plupart des partis politiques du cortège.

Pour rappel, l’intersectionnalité, c’est le paradigme qui permet d’analyser les oppressions sans les isoler mais en les combinant. Cette combinaison n’est pas une simple addition mais un mélange qui donne naissance à de nouvelles oppressions spécifiques bien plus dures. Il est vain de lutter contre les oppressions que subissent les personnes LGBTQI+ si on ne s’attaque pas aux autres systèmes qui l’alimentent : sexisme, racisme, validisme, exploitation capitaliste et LGBTQIphobie forment un cocktail mortel pour de très nombreuses personnes LGBTQI+ à travers le monde.

Par exemple, lutter pour les droits des personnes transgenres à exister implique très concrè-tement de lutter contre leur discrimination dans le monde du travail (être trans signifie avoir 37,5% de risques en plus d’être au chômage en Belgique)(3) en mettant en place des politiques de recrutement qui diminuent l’arbitraire du patronat, ce qui implique des mesures allant à l’encontre d’une logique capitaliste où le patronat choisit qui peut ou ne peut pas travailler.

De la même manière, on ne peut pas protéger les personnes transgenres dans leur ensemble sans s’occuper des problèmes de racisme et de sexisme quand on sait que les femmes noires transgenres ont une mortalité beaucoup plus élevée à cause de la combinaison de ces oppressions, combinaison qu’on appelle la transmisogynoir(4).

En ayant choisi l’intersectionnalité comme thème, il devrait être évident pour l’organisation de la Pride qu’un parti comme la N-VA (et le reste du gouvernement Michel) qui a démantelé les droits au travail et à la sécurité sociale, qui a stigmatisé les personnes musulmanes et fait passer des lois racistes, qui a appauvri la population et qui précarise les personnes en situation de handicap et les femmes n’a absolument RIEN À VOIR de près ou de loin avec l’intersectionnalité.

C’est hélas un phénomène de plus en plus fréquent dans certaines luttes : le mouvement institutionnel reprend les termes les plus à la mode chez les militant·e·s pour les vider de leur substance en se contentant de les répéter dans les discours pour avoir une caution progressiste, sans remettre en cause leurs modes d’action. L’intersectionnalité demande un travail politique constant et concret, ce n’est pas un symbole qu’on arbore fièrement le jour de la Pride pour mieux le piétiner mais un concept qui donne un sens réel à la solidarité que nous pouvons ressentir entre personnes queer.

La N-VA est un parti 

  • Qui participe à des coalitions européennes avec des partis LGBTQI+phobes et fascistes(8).
  • Dont les ministres vont à des anniversaires de collaborateurs nazis(9) tout en justifiant leurs crimes(10).
  • Qui continue à entretenir des liens (discrets mais toujours présents) avec l’organisation violente et néofasciste Schild & Vrienden, notamment en conservant des membres sur ses listes(11). Son président, Dries Van Langenhove, déclarait d’ailleurs que les transidentités étaient contre-nature lors du coming-out de la journaliste Bo Van Spilbeeck(12).
  • Qualifié encore en 2011 d’homophobe par d’ancien·ne·s militant·e·s de la N-VA(13).
  • Dont l’une des personnalités les plus fortes n’est autre que Theo Francken qui déclarait déjà en 2007 que les personnes LGBTQI+ n’avaient plus aucun droit à gagner(14). Il qualifiait la lingerie masculine de “ongein” (qu’on pourrait traduire par “saloperie”), stigmatisant les hommes à l’expression de genre sortant de la norme(15).
  • Qui voulait forcer les employé·e·s communa·ux/les à ne pas dévoiler leur homosexualité au nom d’une soi-disant neutralité(16).
  • Qui a publié un plan d’action contre les discriminations aux LGBTQI+ (porté par Zuhal Demir de la N-VA) complètement instrumentalisé à des fins islamophobes, taisant l’homophobie spécifique des autres religions, des hommes ou des élect·eurs/rices de droite(17).
  • Qui a activement cherché à collaborer avec le parti néofasciste Vlaams Belang pour la formation d’un gouvernement tout en relativisant son racisme(18).
  • Dont le président Bart de Wever déclarait en 2011 que “les années 60 ont planté la hache dans le bois sain de la société traditionnelle.”(19)

Il est temps que les organisations en charge de la Pride réalisent que la N-VA est un parti réactionnaire, discrètement mais structurellement LGBTQI+phobe et idéologiquement opposé aux événements historiques des années 60 qui ont pavé la route de notre libération, ce qui témoigne en réalité d’une vision structurellement opposée à l’idée de progrès, à l’instar du philosophe de référence de la N-VA, Edmund Burke(20).

Ce parti a beau être soutenu par des personnes LGBTQI+, la Pride doit savoir protéger sa ligne politique et expliquer le piège que représente la N-VA, tout comme les syndicats expliquent à leurs affilié·e·s le danger des partis de droite et d’extrême-droite qui représente objectivement un danger contre leurs droits et leurs conditions d’existence.

Seule la Rainbowhouse Brussels reconnaît explicitement le problème que pose la N-VA(26).

Pour une Pride intersectionnelle !

De même que l’extrême-droite n’a pas sa place le 1er mai, les réactionnaires ne l’ont pas plus à la marche des fiertés. L’auteur de cet article soutiendra toute initiative visant à expulser la N-VA de notre Pride et à rendre la Pride réellement intersectionnelle, c’est-à-dire une Pride antiraciste, antisexiste, antifasciste et anticapitaliste.

Il en appelle aux lect·eurs/rices à faire de même en publiant dans leurs organisations des communiqués dénonçant la N-VA et à se mobiliser collectivement pour se réapproprier la Pride. Pas de fachos dans nos fiertés, pas de fierté pour les fachos ! (Résumé)

Goto Teddy Van Kern 29/06/2019

https://www.gaucheanticapitaliste.org/

Lire aussi:

Pride 2019: pour une société sans discriminations! (GR)

Du Pacs aux débats sur la PMA, des militants de la première heure racontent les combats LGBT (Le Huff’)

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28 juin 2019 ~ 0 Commentaire

stonewall (ucl npa guardian gr)

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Stonewall : 50 ans… et après

Dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, il y a 50 ans exactement, débute ce que l’histoire a retenu comme « les émeutes de Stonewall » : 5 nuits d’affrontements contre la police. Aujourd’hui, 50 ans après, et alors que de nombreuses entreprises capitalistes (comme Google ou Netflix) ou gouvernements, voire la police new-yorkaise veulent nous faire croire qu’ils célèbrent les 50 ans de Stonewall, il est nécessaire de revenir sur ce pan de notre histoire et de nous le réapproprier.

Stonewall n’a pas été un phénomène isolé 

L’histoire de Stonewall est aujourd’hui largement connue : une descente de flics a lieu dans le Stonewall Inn, un bar gay tenu par la mafia dans Greenwich Village à New York. C’est la descente de trop, qui provoque une émeute, c’est-à-dire des affrontements entre les personnes trans, les drag queens, les gays, contre la police new yorkaise.

Cet événement est vu aujourd’hui comme fondateur du mouvement de libération gay et lesbien, dont le temps fort s’est fait dans les années 1970 pour réclamer la décriminalisation de l’homo-sexualité. Il faut savoir qu’aux Etats-Unis en 1969, il était par exemple illégal de se travestir. En France il faut le rappeler, l’homosexualité est dépénalisée à partir de 1981. Et il faudra attendre 1990 pour que l’homosexualité ne soit plus considérée comme une maladie psychiatrique.

Plus qu’un mouvement de libération sexuelle

C’est dans ce contexte de criminalisation que vivent les personnes LGBT mais, malgré tout,se développent en marge des identités gay et lesbienne à partir de la fin de la SecondeGuerre mondiale, pendant les « Trente glorieuses », en particulier aux États-Unis et dans de nombreux pays d’Europe marqués par la politique d’État-providence. Stonewall est le symbole du début de ce mouvement, et pourtant il est loin d’avoir été un phénomène isolé : aux États-Unis, entre 1959 et 1969, on compte pas moins d’une vingtaine d’émeutes dans plusieurs villes comme Los Angeles, New York et San Francisco, à l’image de celle de la « Compton’s Cafetaria »en 1966.

Ce qui fera qu’on attache en réalité une aussi grande importance à Stonewall, c’est bien parce que cette émeute marque un tournant, avecla compréhension qu’il faut s’organiser et se battre pour ne plus subir, sortir du secret afin de pouvoir vivre dignement.

À la suite de Stonewall, ce sont deux organisations qui seront ainsi créées : le Gay Liberation Front (GLF) et la Gay Activist Alliance. Le GLF, qui perdurera pendant trois ans à New York, remet en cause le système dans sa globalité, nourri par les différentes luttes de libérations et par les mouvements antiguerres, comme le sera d’ailleurs, à ses début, le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) en France.

Il y a à la naissance du mouvement LGBTI une forte remise en cause globale du capitalisme, parce qu’il y a une compréhension que nos identités remettent profondément en cause ce système, en mettant à mal la question de la reproduction de la force de travail, en démontrant que les normes genrées sont une supercherie.

Un an plus tard, des manifestations sont organisées à Los Angeles et à New York pour commémorer Stonewall où on peut entendre : « Gay Pride » (fierté gay), « Gay Power », « Gay is Good ». Ce seront les premières gay pride, marche des fiertés. Il faudra attendre l’année 1971 pour la première pride française.

Nos identités sont-elles solubles dans le capitalisme ?

Si aujourd’hui les marches des fiertés en France sont largement célébrées à coup de marketing de grosses entreprises, comme c’est le cas aux États-Unis, il a fallu d’abord traverser la répression, les années SIDA, les batailles parfois sans fin pour l’égalité des droits. Aujourd’hui, le capitalisme semble avoir en partie intégré les identités gay et lesbienne : depuis les années 2000, on peut voir une représentation des plus en plus importante dans la culture.

C’est ce que le capitalisme sait faire parfaitement : s’approprier nos luttes et nos symboles. Pourtant, nous n’oublions pas que les personnes LGBTI sont toujours criminalisées partout dans le monde, que l’égalité des droits est loin d’être acquise, que nous vivons toujours l’oppression dans notre vie quotidienne, que nous sommes agresséEs, harceléEs, violéEs, assassinéEs.

Si Stonewall nous a appris quelque chose, c’est que c’est par la lutte que nous pouvons faire reculer les réactionnaires, mais que c’est aussi par l’organisation collective que nous pouvons nous battre et arracher des droits. Aujourd’hui, plus que jamais, nous ne devons pas seulement commémorer Stonewall, mais reprendre la rue dans un contexte de montée de l’extrême droite et des réactionnaires.

Mimosa Effe  Vendredi 28 juin 2019

https://npa2009.org/

npa

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