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20 février 2019 ~ 0 Commentaire

pma (breizh femmes)

pma

La PMA

Une urgence pour qui ?

Un peu provocante, Alice Coffin déclare : « la PMA, n’existe pas ! » Cette militante lesbienne féministe – invitée par le Collectif Breton pour la PMA fin janvier à Rennes – doute qu’on n’ait jamais vraiment envisagé d’élargir l’accès à la procréation médicalement assistée en France.

Pour elle, s’il y a urgence à (enfin) légiférer sur l’accès à la PMA pour toutes, c’est-à-dire plus seulement les couples hétérosexuels infertiles mais bien toutes les femmes qu’elles soient célibataires ou en couples, lesbiennes ou non, il ne s’agit pas seulement de faire des bébés.

Un slogan disait il y a quelques années : « on veut la PMA, pas les gosses ! » Une façon de demander une visibilité que la société actuelle refuse.

Un peu lasse de lutter depuis des années pour cette reconnaissance, la journaliste, membre de plusieurs collectifs de défense des droits LGBT, finit par conclure : l’urgence est du côté des femmes, mais certainement pas du côté des gouvernements.

« J’avais trente-trois ans quand on a commencé à entendre : la PMA, on va la faire ! » – se souvient Alice Coffin, un peu amère, citant la porte-parole de François Hollande avant l’élection présidentielle de 2012. Et rien ne semble avoir avancé depuis. Responsable de la Conférence Européenne Lesbienne, Alice Coffin juge que « la situation de la France est extrêmement particulière en Europe » et que ces tergiversations permanentes « racontent beaucoup de choses du contexte culturel français ».

Il y a quelques mois encore, elle rencontrait en compagnie d’une vingtaine de représentants d’associations LBGT, le président de la République. Et c’est en claquant la porte qu’elle a quitté Emmanuel Macron, dénonçant une « lesbophobie d’état ». « On a eu affaire à quelqu’un qui considère que les populations dont il parle n’ont rien à voir avec lui – s’indigne Alice Coffin – il nous a répété plusieurs fois que « c’est une question de conscience » et qu’il souhaite « un débat apaisé » ; je ne suis pas très confiante pour la suite ».

« Où sont les voix des lesbiennes ? »

La suite, ce sera un nouveau débat parlementaire, reporté pour la énième fois, qui devrait avoir lieu à l’automne 2019. Et sans doute, en tout cas toutes les associations LGBT le redoutent, un nouveau déferlement de propos lesbophobes notamment dans les médias qui donnent la plupart du temps plus de visibilité aux anti-PMA qu’aux personnes réellement concernées.

« Les médias ont beaucoup fait le jeu de la Manif Pour Tous – regrette encore Alice Coffin – même ceux qui ne sont pas anti-PMA semblent avoir une vraie fascination pour le camp des anti à qui on donne plus facilement la parole qu’aux lesbiennes. C’est en train de changer un peu, mais on a fréquemment vu des émissions de télé où sur le plateau n’étaient invités que des hommes pour parler PMA et souvent même des évêques ! »

« Où sont les voix des lesbiennes ? » s’interroge Alice Coffin. Pourquoi ne jamais donner la parole à celles qui pourraient les représenter et jouissent d’une certaine popularité comme la joueuse de tennis Amélie Mauresmo ou la présentatrice du journal d’Arte, Marie Labory, toutes deux devenues mamans grâce à des PMA réalisées à l’étranger ?

« Le temps est un conditionneur de rapport de force »

« On est là pour défendre toutes les personnes qui veulent accéder à la PMA, bien entendu – argumente Alice Coffin – mais ça va bien au-delà de la parentalité. C’est une question de discrimination. L’urgence, c’est aussi de modifier la société française et notamment tous les blocages culturels qui conduisent à l’effacement des lesbiennes dans cette société. »

Pourquoi cette invisibilité orchestrée ? Pour Alice Coffin, quelques réponses semblent possibles: « le mot lesbienne lui-même est terriblement compliqué à prononcer dans les médias » estime-t-elle et la communauté souffre d’un manque de représentations. « Pourquoi les personnes célèbres ne font pas leur coming-out ? » se demande-t-elle.

Car le temps passe et l’urgence n’est pas la même pour tou-te-s. « Qui peut se permettre d’avoir le temps sur la PMA ? » demande encore Alice Coffin qui dénonce le temps qui passe comme « conditionneur de rapport de force ». « La PMA est une urgence pour nous – dit-elle – mais ça ne l’est pas du tout pour les politiques et ça ne l’a jamais été ; on l’a vu avec les renoncements successifs ! Le temps est pour eux ; pour nous, il n’a pas la même portée. Moi, je ne voulais pas avoir recours à une PMA à l’étranger, j’ai aujourd’hui quarante ans… pour moi, c’est terminé ! »

Au-delà des cas personnels de femmes en attente d’accès légal à la PMA en France, Alice Coffin pointe la « responsabilité immense » des politiques qui laissent pourrir une situation. « Les mois qui s’annoncent vont être très compliqués – déplore-t-elle – en retardant la loi, les politiques donnent un blanc-seing à des propos qui conduisent directement aux agressions.

Pour moi, la PMA n’existe pas en France parce que je ne suis pas sûre que depuis 2012 on n’ait jamais véritablement parlé de ça. Le seul discours public qui a émergé est un discours lesbophobe et transphobe qui a forgé un imaginaire collectif extrêmement toxique ! »

Son seul espoir ? Que davantage de personnes soient sensibilisées à l’homophobie galopante que connaît la France depuis quelques années et aux « traumas vécus par les personnes LGBT » lors des débats sur le mariage pour tous et que la population soit « un peu moins passive » aujourd’hui face à la virulence des anti-PMA.

Geneviève ROY  18 février 2019

http://www.breizhfemmes.fr/

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31 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

fougères sos homophobie (fr3)

drapeau_gay_breton

Fougères

Ouverture d’une permanence de SOS homophobie

Ce jeudi 31 janvier sera la date d’ouverture de la permanence de SOS homophie à Fougères, dans un contexte de hausse des violences homophobes. Après l’ouverture d’une permanence à Quimper au mois de septembre dernier, SOS homophobie Bretagne, qui dépend de l’organisation nationale, en ouvre une nouvelle à Fougères.

Rompre la solitude

On se sent souvent plus isolé face à des problèmes d’homophobie sur les territoires ruraux, et c’est important d’apporter un soutien partout. Bruno Gonidou, co-délégué de SOS homophobie, région Bretagne.

En ville ou à la campagne, les violences homophobes existent alors le but est de libérer la parole, conseiller, mais aussi écouter. « On est dans un contexte de hausse des violences LGBT et en parrallèle de plus en plus de personnes osent témoigner. Il faut pouvoir les reçevoir » souligne Bruno Gonidou.

L’initiative est partie d’une bénévole habitant Fougères, « on est une délégation qui s’étoffe au niveau des bénévoles, c’est l’occassion d’être plus présent sur la région« .  L’idée n’est pas seulement de parler des violences homophobes, mais aussi d’échanger sur l’homosexualité, ne plus se sentir seul, explique Buno Gonidou.

La permanence sera ouverte tous les derniers jeudis du mois de 19 h à 21 h, aux Ateliers, situés au 9 rue des Frères Deveria.

En dehors de ces horaires, le numéro 01 48 06 42 41 est disponible.

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M.Hamiot 30/01/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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01 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

genres (france info)

Wikipédia

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29 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

marielle (the guardian)

Notre camarade Marielle était élue du PSOL (Parti Socialiste et Liberté)

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23 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

violences (alternative libertaire)

feminsite

Contre les violences faites aux femmes par les hommes

La peur va changer de camp!

À l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, associations, syndicats, mouvements divers dont en particulier « Nous toutes » appellent à un grand rassemblement pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Après une certaine libération de la parole des femmes, c’est dans la rue que nous devons montrer notre détermination ! Les violences des hommes envers les femmes prennent plusieurs formes. Qu’elles soient physiques, sexuelles ou psychologiques, toutes sont à combattre !

LES AGRESSEURS ET LEURS STRATÉGIES

Marre d’être frappées ! En 2016, 3 femmes victimes sur 4 déclarent avoir été frappées de façon répétée. La même année, 123 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire intime. Marre d’être agressées sexuellement ! Chaque jour, 243 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol. Marre d’être insultées ! 3⁄4 des auteurs d’insultes à l’égard des femmes dans l’espace public sont des hommes. Les insultes renvoient souvent à des stéréotypes sexistes : « salope », « conne », « sale pute », « vieille ».

Les violences faites aux femmes sont partout : dans la rue, dans les transports, à l’école, au travail mais surtout dans la sphère privée. Celles faites par des hommes masqués dans une ruelle sombre sont minimes.

Dans 91 % des cas, les violences sont commises par des personnes connues de la victime (père, frère, ami, médecin, camarade, militant, collègue). Dans 45 % des cas, l’agresseur est le conjoint ou l’ex- conjoint. Le privé est politique, ne baissons jamais la garde. Les violences des hommes contre les femmes font partie du système patriarcal. Ne le laissons pas nous enfermer dans la peur et nous empêcher de nous révolter. Avec la déferlante de témoignages, la peur est en train de changer de camp.

LUTTES MULTIPLES : HOMOPHOBIE, RACISME, VALIDISME, CLASSISME

Le patriarcat atteint toutes les femmes, particulièrement les femmes racisées, faisant partie de la communauté LGBTI, porteuses de handicap, issues de milieu populaire qui subissent des oppressions simultanées affectant leur vie. Elles sont de ce fait plus susceptibles de subir des violences.

PRÉPARONS LA MOBILISATION, POUR UNE GRÈVE GÉNÉRALE DES FEMMES

Aucune solution judiciaire n’est adaptée. La justice non seulement ne fait pas son travail mais perpétue la culture du viol et donc les violences à l’encontre des femmes. Refus de prendre les plaintes des victimes dans les commissariats, discours culpabilisateurs, remise en question de la parole des femmes, relaxes des agresseurs. Ce sont encore aux femmes agressées de prouver leur non-consentement et non aux agresseurs d’apporter la preuve de l’assurance du consentement de l’agressée. Ni soutenues, ni écoutées, ni rassurées par la justice, peu de femmes victimes portent plainte.

Le samedi 24 novembre, notre colère et notre solidarité féminine vont se transformer en grand mouvement collectif ! Nous ne sommes pas seules ! Patrons, collègues, conjoints, la peur va changer de camp ! Comme en Espagne où 6 millions de femmes ont participé aux grèves et manifestations féministes du 8 mars dernier, créons un rapport de force pour que ça bouge.

Après le 24 novembre, rendez-vous le 8 mars 2019 pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes !

Nous, les femmes, exigeons l’égalité économique, sociale et politique avec les hommes ! Les travailleuses gagnent environ 23,7% de moins que les hommes. Elles sont davantage touchées par la précarité.Nous, les femmes, voulons être libres ! Libres de marcher n’importe où, à n’importe quel moment de la journée, dans n’importe quel état, dans n’importe quelle tenue. Libres de notre orientation sexuelle et affective. Libres de procréer ou non et avec qui on veut. Libres d’accéder à des contraceptions gratuites et à l’IVG et à des consultations gynécologiques sans maltraitances.

23 novembre 2018

http://alternativelibertaire.org

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23 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

pma (jdd)

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PMA: en pleine réunion avec Macron, des associations LGBT claquent la porte

Deux associations de lesbiennes ont quitté la réunion avec Emmanuel Macron avant son terme, jeudi, exprimant « leur colère et leur désespoir face aux renoncements des gouvernements successifs sur la PMA ». Emmanuel Macron a assuré aux associations LGBT une promulgation de la PMA en 2019, sans toutes les rassurer.

Emmanuel Macron a reçu jeudi matin les associations de défense des droits de personnes LGBT en présence de la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa. Objectif, évoquer les récentes agressions homophobes en France et l’extension de la PMA au couples de femmes. C’est précisément au moment d’évoquer ce sujet que la tension est montée entre le chef de l’Etat et deux associations de lesbiennes, qui ont quitté la réunion. La Conférence lesbienne européenne et Les Dégommeuses ont rapidement annoncé sur Twitter avoir « quitté la table de discussion ».

Les Dégommeuses ont réagi sur Twitter, déplorant que l’Elysée confirme le report du projet de loi sur la bioéthique, dans lequel figure l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes. « Qu’on commence donc à dire la vérité sur ce gouvernement qui n’est pas du tout LGBT friendly puisqu’il ne fait que continuer à piétiner les vies des lesbiennes : nos vies », a écrit l’association sur Twitter.

Une colère aussi reprise par Alice Coffin, porte-parole de la Conférence lesbienne européenne : « Les organisations lesbiennes ont quitté la réunion des associations LGBT avec Emmanuel Macron après des échanges très vifs. Aucune garantie, un nouveau report, impossible de continuer à discuter avec un Etat qui ne respecte pas ses engagements depuis 6 ans », a-t-elle tweeté.

Macron assure une promulgation pour 2019

Au cours de cette réunion, Emmanuel Macron a assuré que l’extension de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes serait promulguée en 2019, selon plusieurs parti-cipants interrogés par l’AFP. Le chef de l’Etat a par ailleurs confirmé aux associations la créa-tion prochaine d’une commission interparlementaire de sénateurs et de députés de tous bords politiques, en amont du dépôt du projet de loi en conseil des ministres.

« Il nous a dit plusieurs fois qu’il ne voulait pas passer à la hussarde. Il pense qu’il faut élargir le débat, qu’il y a encore des personnes à fédérer », a rapporté Alexandre Urwicz, président de l’Association des familles homoparentales. « Il a assuré qu’il n’y avait pas d’ambiguïté sur le sujet, ni d’interrogations métaphysiques », a-t-il ajouté, alors que plusieurs associations LGBT se sont inquiétées des reports successifs de l’examen du texte.

Initialement, le gouvernement avait annoncé qu’il présenterait le projet de loi sur la bioéthique avant la fin de l’année en vue d’un débat au Parlement au premier trimestre 2019. « Le président a réfuté tout report et expliqué qu’il n’avait jamais annoncé de calendrier », a indiqué Catherine Michaud, de l’association GayLib.

(avec AFP)   22 novembre 2018

https://www.lejdd.fr/

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10 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

écosse (france info)

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L’Ecosse va devenir « le premier pays au monde » à enseigner les droits des LGBT à l’école

La lutte contre l’homophobie et la transphobie, ainsi que l’histoire des droits des personnes LGBT+, ont été intégrées aux programmes scolaires.  Le ministre de l’Education écossais a annoncé une réforme des programmes.

« Il est vital que les programmes soient aussi divers que les jeunes gens dans nos écoles. »

Le ministre écossais de l’Education a annoncé que son pays allait « devenir le premier au monde à intégrer dans ses programmes une éducation inclusive LGBTI », indique The Guardian,  vendredi 9 novembre. La lutte contre l’homophobie et la transphobie, ainsi que l’histoire des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes seront désormais enseignées dans les écoles publiques.

Cette réforme des programmes fait suite à des recommandations émises par un groupe de travail pour les droits LGBT+, le Time for Inclusive Education (TIE). L’un des cofondateurs, Jordan Daly, s’est félicité de la fin de « l’héritage destructeur » de l’article 28. Cette loi, introduite en 1988, interdisait aux autorités locales britanniques de « promouvoir » l’homosexualité. Elle a été abrogée en Ecosse en 2001 et dans le reste du Royaume-Uni en 2003.

« C’est une victoire monumentale pour notre campagne et un moment historique pour notre pays, a réagi Jordan Daly. En cette période d’incertitude mondiale, cela envoie un message fort et clair aux jeunes LGBTI, selon lequel ils sont considérés ici en Ecosse. »

10/11/2018

https://www.francetvinfo.fr

Lire aussi:

« Il faut sensibiliser dès le plus jeune âge », explique Aline Cottineau SOS Homophobie (France Info)

 

 

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20 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

autodéfense féministe (‘n em zifenn)

bzg

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Difenn

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20 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

pma (npa)

fr}homob

PMA : la parole aux réactionnaires

Après l’avoir, comme d’autres, incluse dans ses promesses de campagne, le gouvernement Macron a promis une loi bioéthique pour janvier 2019, dans laquelle serait intégrée la procré-ation médicalement assisté (PMA), peu de temps après l’avis favorable du Conseil consultatif national d’éthique (CCNE), rendu en septembre 2018 (et attendu depuis plus de quatre ans).

Cette loi n’est pour l’instant pas sur la table. Elle doit être présentée d’ici à la fin de l’année pour commencer les débats parlementaires en janvier 2019. Autrement dit, il peut se passer encore bien des choses d’ici là…

Ménager les homophobes ?

Si le gouvernement semble plutôt décidé, pour l’instant, à faire adopter la loi, il semble aussi décidé à ce qu’elle se passe dans la douleur… pour les lesbiennes. On se souvient encore des mots de Macron sur les gens de la Manif pour tous, selon lui « humiliés » en 2013.

Il s’agit ici pour le gouvernement surtout de caresser les homophobes dans le sens du poil, c’est dans ce sens qu’il faut comprendre les propos de la ministre de la Santé Agnès Buzyn déclarant, il y a peu, qu’il ne fallait surtout pas présenter la loi comme une victoire d’un camp sur un autre. C’est certain que de victoire, il n’y en aura guère, tant ces dernières années ont été marquées par un retour à l’ordre moral pour les femmes et les LGBTI.

D’ailleurs, les lesbiennes sont presque inexistantes dans le débat, invisibilisées comme dans l’ensemble de la société.

Ainsi les opposants à la PMA sont invités en grande pompe dans tous les médias, c’est sur la Manif pour tous que l’on fait ses titres, comme l’a montré la « Une » de Libération le 9 octobre dernier. L’affaire n’est pas nouvelle, et on se souvient encore de la séquence du débat sur le mariage pour touTEs, où les médias avaient largement contribué à libérer la parole homophobe en invitant les tenants de la Manif pour tous.

Lesbiennes invisibilisées

Mais les lesbiennes ont aussi été invisibilisées dans le mouvement LGBTI, y compris ces dernières années, et nous nous sommes retrouvées bien seules dans le combat. Dans le débat médiatique, comme lors du débat parlementaire en 2013, il faudra inviter les médecins, les spécialistes, psychologues, anthropologues et autres, afin de prouver encore une fois que nous sommes bien adaptables à la République, au modèle hétéro-normatif et patriarcal de la famille.

Il faudra voir si les lesbiennes sont bien intégrables au système capitaliste et à son modèle de famille, et on pourra entendre encore les réactionnaires disserter sur le corps des femmes, sur leur qualité de mère, etc.

Non seulement les lesbiennes qui font le choix de construire des familles ne seront pas entendues, mais presque personne ne fera ouvertement remarquer que le problème n’est pas de savoir si deux mères peuvent construire une famille, mais bien que le modèle familial aujourd’hui n’est pas un cadre de bien-être, qu’il est principalement un cadre d’oppression et un cadre de violences : pour les femmes, pour les enfants, pour les personnes LGBTI.

Or il faut l’affirmer : nous devons en finir avec ce modèle de famille. Et à ce titre, nous n’aurons rien à attendre de l’État et du gouvernement, puisque nous l’avons vu, même lors d’un cas de stérilité, une lesbienne n’a toujours pas le droit à une PMA, comme l’a récemment tranché le Conseil d’État : exclure les lesbiennes ne serait pas discriminatoire. Là encore, nous ne pourrons compter que sur nos propres forces.

Mim Effe Vendredi 19 octobre 2018

https://npa2009.org/

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15 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

rennes effrontées (bzh femmes)

Comment et pourquoi devient-on féministes aujourd’hui quand on est une jeune femme de moins de trente ans ?

Marianne – Je n’avais pas du tout conscience de la portée collective et politique du féminisme. Mais en faisant des études dans le travail social, j’ai dû faire un dossier sur les dispositifs publics mis en place contre les violences faites aux femmes. Pendant mes recherches, j’ai été interpellée par la manière dont c’était toujours systémique, avec les mêmes procédés, la même manière de faire.

Puis c’est en militant politiquement que j’ai commencé à avoir des échanges et des formations sur le féminisme et que je me suis rendu compte que c’était un vrai sujet politique. Pourtant, ce n’est pas si consensuel qu’on le pense même dans les milieux militants ; c’est ça qui m’a donné envie de m’engager !

Elsa - Quand j’étais au collège j’ai eu une très mauvaise image du féminisme. J’avais une prof qui se revendiquait féministe qui nous avait interpellées en cours en nous demandant si nous voulions avoir des enfants plus tard. Les filles des deux premiers rangs, qui étaient toutes de bonnes élèves, avaient levé la main pour dire qu’elles voulaient des enfants et même en avoir trois, quatre, cinq ! Et moi, notamment, je voulais avoir trois ou quatre enfants !

Et la prof nous avait grondées, nous disant que ce n’était pas normal, qu’on étaient des jeunes femmes du 21ème siècle et qu’il fallait penser à nous d’abord pas à avoir des enfants. Rétros-pectivement, je me rends compte que son propos était contre productif parce qu’elle parlait à des enfants qui se disaient que c’est chouette d’avoir une famille mais j’avais gardé cette image très négative.

Et c’est au moment des débats autour de la loi pour le mariage pour tous, que j’ai commencé à me poser des questions sur la sexualité, le genre, etc. J’avais 18/19 ans à ce moment-là et je suis allée voir des ami-e-s militant-e-s et au fur et à mesure de mes échanges avec ces gens-là je me suis rendu compte que j’avais une approche un peu essentialiste des différences hommes femmes, j’ai commencé à déconstruire tout ça et à voir comment ça impactait ma vie, ma vie de couple, mes rapports aux institutions, mes rapports avec mes profs, le monde du travail, etc. et c’est comme ça que je suis devenue féministe !

Pourquoi militez-vous au sein des Effronté-es ?

Marianne - Il n’existe que deux antennes locales des Effronté-es en France : Rennes et Strasbourg. J’ai lancé la dynamique à Rennes il y a à peu près un an et demi et j’ai été vite rejointe par d’autres filles.

J’étais en accord évidemment avec le fond ; il me semblait intéressant de porter une vision politique du féminisme qui soit intersectionnelle c’est-à-dire qu’on considère qu’il y a plusieurs oppressions qui agissent en même temps et donc qu’il faut agir de front pour lutter contre toutes ces oppressions sans faire de hiérarchie dans les luttes que sont le racisme, l’homo-phobie, l’handiphobie sans oublier les oppressions économiques ; les politiques libérales d’austérité nuisent énormément aux droits des femmes.

Quand il y a eu les manifestations contre la loi travail on y a pris part parce que la plupart des précaires sont des femmes.

Il y avait plusieurs lieux de féminisme à Rennes, par exemple à Rennes 2 ou à Sciences Po avec l’association George Sand, ou dans des sections syndicales, etc. mais il n’y avait pas d’association de la gauche féministe ouverte à tout le monde qu’on travaille ou qu’on soit étudiant-e et on trouvait que ça manquait ! Après, c’est bien aussi qu’il y ait cette « offre diversifiée » pour que chacun-e trouve sa propre clef d’entrée dans le féminisme.

Sur des choses concrètes comme le rassemblement de défense de l’IVG le 28 septembre ou des événements en lien avec le 25 novembre ou le 8 mars, on est capables de s’organiser collectivement avec les autres comme le Planning Familial, Osez le Féminisme, les associations trans ou LGBT, les collectifs de défense des sans-papiers, etc. Il y a une complémentarité dans nos associations qui est intéressante. L’idée c’est vraiment de ne pas se laisser diviser par nos divergences, et en même temps de les assumer, de pouvoir les exprimer.

Elsa – Je suis arrivée à Rennes l’an dernier. J’étais déjà militante des Effronté-es à Stras-bourg d’où je viens. Donc, c’est tout naturellement que j’ai rejoint le groupe. Bien qu’on soit peu nombreux-ses ici on arrive à faire plein de choses ; pour nous l’inter-oganisation est à la fois une force et une solution. C’est une force politique dans le sens où on a des façons diffé-rentes de militer, des compétences différentes, et pour les grandes causes on rejoint les autres comme par exemple le collectif breton pour la PMA dont nous faisons partie. C’est une asso-ciation mixte ; les hommes y sont les bienvenus ; ils viennent principalement avec leurs questions et ça nous fait un travail de pédagogie…

Marianne – Le féminisme, c’est vraiment une question de société qui ne concerne pas que les femmes. L’émancipation féministe n’est pas due à des comportements individuels et l’éman-cipation des femmes ne peut pas passer que par une émancipation individuelle ; ça doit être une émancipation collective donc il faut déconstruire un système de société : le patriarcat ! Je pense qu’il y a deux choses importantes : à la fois conquérir des droits, conquérir notre éman-cipation, ce qui suppose d’être dans une attitude de lutte ; et en même temps pour nourrir cette dimension, il faut aussi construire une solidarité féministe qui va nous donner notre force pour agir ; c’est ce qu’on vit dans nos temps d’échanges, dans notre soutien aussi les unes aux autres.

Quelles sont les actions des Effronté-es ?

Marianne et Elsa – Nous proposons régulièrement des temps de formation et de débat un peu informels autour d’un sujet, ouverts aux adhérent-e-s mais aussi à celles et ceux que ça intéresse. L’an dernier une de nos membres avait fait un exposé sur les femmes en milieu carcéral, une autre sur le féminisme en Allemagne. Nous avions aussi reçu le collectif l’Utéruse.

Cette année, nous aimerions faire une soirée par mois ; quelques idées ont déjà été lancées notamment la prostitution, les femmes kurdes, les personnes intersexes… Pour le 25 novem-bre, journée pour l’élimination des violences faites aux femmes, nous envisageons de faire quelque chose sur les violences gynécologiques et obstétricales.

Et comme c’est parfois pesant de militer sur ces questions et de se rendre compte que notre condition n’est vraiment pas cool, nous aimerions parler de sujets plus positifs comme le matrimoine ou encore le plaisir féminin. Sans doute à l’occasion de la journée de l’orgasme [le 21 décembre - ndlr] ; ça donnerait une image plus attrayante du féminisme !

L’association les Effronté-es est née à Paris en 2012 d’une volonté d’ancrage à gauche. Ses fondatrices estimaient que les associations existantes et notamment Osez le Féminisme étaient trop proches du pouvoir et pas assez critiques de la politique de François Hollande. Pour Marianne et Elsa, membres de l’antenne des Effronté-es créée l’an dernier à Rennes, c’est bien ce positionnement à gauche toute qui a été déterminant au moment de choisir leur lieu de militance. Plus qu’une association féministe parmi tant d’autres, les Effronté-es veulent être présentes dans toutes les luttes sociales en particulier celles concernant les politiques libérales qui impactent principalement les femmes. Au moment d’entrer en action, elles rejoignent le monde associatif mais aussi les syndicats ou autres organisations politiques.

Propos recueillis par Geneviève ROY   6 octobre 2018

http://www.breizhfemmes.fr/

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