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06 mars 2020 ~ 0 Commentaire

marielle (bastamag)

mariellefranco

Féminicide politique

Les étranges liens du clan Bolsonaro avec le meurtre de Marielle Franco

Son visage et son nom sont devenus symboles de lutte au Brésil. Sociologue et femme politique, issue d’une favela, noire et lesbienne, Marielle Franco a été assassinée il y a deux ans, le 14 mars 2018. Les enquêteurs recherchent encore les commanditaires du meurtre. L’une des pistes s’arrête à l’entrée de la résidence où habitent le président Jair Bolsonaro et ses fils.

Dimanche 16 février 2020. Stade du Maracaña, à Rio de Janeiro. L’équipe de Flamengo, championne en titre du Brésil et d’Amérique du Sud, dispute un match de football. Le Président Bolsonaro et quelques-uns de ses ministres sont présents. Le dirigeant d’extrême-droite est affublé du maillot de sa récente équipe de cœur. Cet événement qu’il voulait triomphal vire alors au couac de communication quand montent des tribunes populaires huées et sifflements d’une partie de la foule, scandant « Fora Bolsonaro » (« Dehors Bolsonaro »).

Une large banderole est déployée : elle représente le visage de Marielle Franco avec la question : « Combien d’autres devront mourir pour que cette terre se réveille ? ». Pour certains des supporters mais aussi bon nombre de Brésiliens, la connivence des Bolsonaro père et fils avec les assassins de la députée de Rio ne fait aucun doute. Comment le président de la plus grande démocratie d’Amérique du Sud en est arrivé là ?

Un meurtre planifié pendant des mois

Le 14 mars 2018, c’était un soir d’automne brésilien comme un autre pour la conseillère municipale du Parti socialisme et liberté (PSOL, gauche), âgée de 38 ans. Après une réunion sur le féminisme noir, Marielle Franco reprend le chemin de son domicile vers 21h30, accompagnée d’Anderson Gomes, son chauffeur.

Dans la pénombre, plus d’une dizaine de coups de feu claquent en direction du véhicule aux vitres teintées. La jeune femme reçoit quatre balles de 9 millimètres dans la tête, et décède, tout comme son chauffeur, sur le coup. L’opération est aussi organisée que chirurgicale. Rien n’est dérobé : c’est clairement une exécution qui porte le sceau de professionnels du crime. Selon l’enquête, elle a été planifiée en détails pendant près de trois mois.

Pourquoi assassiner Marielle Franco ?

Outre son activisme en faveur des femmes, de la cause LGBT, des noirs et des habitants des favelas, Marielle Franco s’en prenait aussi régulièrement à la police de la ville, dont la violence a peu d’équivalent dans le monde.

La police de Rio de Janeiro a tué plus de 1 810 personnes en 2019, soit cinq morts chaque jour ! « Marielle Franco incarnait les combats des lesbiennes et gays, des pauvres et des favelas », nous résume Renata Souza, députée PSOL de l’État de Rio de Janeiro et ancienne collègue de Marielle.

« Cette femme se situait dans le profil des personnes “potentiellement susceptibles d’être assassinées” au Brésil. Dans notre pays, sept homicides sur du dix touchent de jeunes noirs issus des favelas », continue celle qui est originaire du même quartier que la victime : le Complexo da Maré, conglomérat de favelas au nord de la ville de Rio de Janeiro.

C’est au bout d’un an que l’enquête – toujours en cours – pointe enfin la responsabilité des milices dans le meurtre de Marielle Franco. Ces groupes paramilitaires illégaux, composés de policiers ou d’anciens policiers, sont les héritiers des escadrons de la mort datant de la dictature militaire. Ils sévissent particulièrement à Rio de Janeiro et sont connus pour leurs exactions criminelles. La famille Bolsonaro entretient des liens très particuliers avec certaines d’entre elles, à tel point qu’elle est surnommée par certains Brésiliens la « familice »… (Pour la suite voir lien)

Guy Pichard 6 mars 2020

https://www.bastamag.net/

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27 février 2020 ~ 0 Commentaire

trans (npa)

transph

Tribune : Le débat sur la place des femmes trans n’a pas lieu d’être

Depuis un mois, les attaques contre les femmes trans sous couvert de féminisme se multiplient et trouvent en France un relais médiatique inédit. Nous savons depuis longtemps qu’il existe parmi les féministes une infime minorité hostile aux personnes trans et en particulier aux femmes trans. Leur nombre n’a pas progressé ces dernières années, mais elles ont su se regrouper derrière des idées communes.

Aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, des groupuscules féministes et des mouvements réactionnaires, d’extrême droite ou chrétiens intégristes, collaborent pour s’opposer aux droits des personnes trans.

Leur activité a décuplé à partir de 2016. Aux Etats-Unis, les projets de loi se multiplient dans les Etats conservateurs afin d’interdire aux enfants trans toute forme de transition, allant jusqu’à imposer aux professeurs de dénoncer aux parents les élèves qu’ils pensent transgenres (1).

Les enfants trans sont instrumentalisés contre les mères dans les affaires de divorce. Ces groupuscules font front commun avec Donald Trump contre les droits des personnes trans (et au-delà, des LGBTI).

Au Canada, la loi C-16 protégeant les personnes trans a été combattue par Meghan Murphy, fondatrice d’un blog anti-trans, et Jordan Peterson, polémiste conservateur masculiniste. Au Royaume-Uni, les attaques se sont cristallisées autour du projet de réforme du Gender Recognition Act, visant à simplifier le changement de sexe à l’état civil. C’est là-bas que le mouvement dit «gender critical» a rencontré le plus de succès, la panique transphobe a été alimentée par le tabloïd Daily Mail avant de s’étendre aux grands médias.

Les militant·e·s anti-trans français·es s’inspirent de ces exemples étrangers dans l’espoir de reproduire ici ce climat délétère tant aux luttes trans qu’aux luttes féministes. «L’idéologie transgenre» décriée par ces militant·e·s anti-trans serait promue par un groupe nébuleux mais influent, inventé de toutes pièces qu’ils nomment «transactivistes». Elle est semblable à la «théorie du genre» du «lobby LGBT» brandie comme épouvantail par l’extrême droite.

Lorsqu’on observe l’évolution de ces mouvements, les interrogations initiales déguisées en «inquiétudes légitimes» laissent rapidement la place à des accusations bien plus violentes, recyclage de clichés homophobes du passé : les femmes trans seraient des «malades mentaux», voire des pervers sexuels ; comme les lesbiennes, elles seraient des prédatrices ; les enfants et jeunes adultes seraient touchés par une contagion transgenre, rappelant l’idée de contagion homosexuelle. Sous couvert de féminisme, c’est une entreprise idéologique confusionniste et complotiste qui répand la division au sein des combats féministes réels.

Les militant·e·s anti-trans définissent les femmes comme des femelles, des êtres avant tout définis par leurs capacités reproductives. Pourtant l’oppression des femmes n’est pas une conséquence logique de la capacité à enfanter : ni les filles prépubères, ni les femmes ménopausées, ni les femmes stériles n’y échappent. La justification biologique de la différence entre hommes et femmes est une conséquence des modes d’exploitation spécifiques à la division sexuée de la société, pas l’inverse.

Les femmes trans sont depuis longtemps objets de fantasmes mais surtout de violences, de discriminations et d’exclusion, de viols et de meurtres parce qu’elles sont trans, mais aussi, parce qu’elles sont des femmes.

Jessyca Sarmiento était l’une d’entre elles, dont le féminicide ce 21 février à Paris indiffère une fois de plus. Les discours les représentant comme des menaces favorisent ces violences. Or ce militantisme transphobe nuit à toutes les femmes. Des femmes sont agressées car elles sont trans ou suspectées de l’être. Ce climat de suspicion envers les femmes trans, qu’il s’agirait de détecter, produit un contrôle renforcé des corps des femmes. Nous refusons qu’une femme ait à apporter des preuves de féminité.

Malgré toute l’attention médiatique qu’elles ont su attirer pendant un mois, les militant·e·s anti-trans se plaignent sans cesse d’être silencié·e·s. Des journalistes font trop souvent l’erreur de représenter comme une division significative, traversant les mouvements féministes, les polémiques créées par quelques individus.

C’est leur accorder une importance qu’ils n’ont pas. Il n’y a pas, comme on a pu le lire, un débat qui opposerait féministes «matérialistes et universalistes» d’un côté et «inclusives et intersectionnelles» de l’autre.

Nous, femmes, transgenres ou cisgenres, féministes, refusons l’importation de ces débats transphobes en France. Nous refusons cette opposition entre femmes, nous refusons cette division ne servant que le patriarcat et réaffirmons la solidarité féministe. Les luttes des femmes trans rejoignent les luttes féministes, telles la lutte contre le paternalisme médical, l’accès à la PMA et la conservation de gamètes.

Nous sommes toutes des femmes, toutes féministes.

Toutes, nous subissons l’oppression patriarcale, le sexisme, l’exploitation domestique, les violences sexuelles, médicales, conjugales, le harcèlement et les discriminations.

Toutes, nous réaffirmons l’importance de la sororité.

Toutes, nous combattrons ensemble, unies, déterminées.

Parmi les signataires : 

Les collectifs des colleuses féministes de Bordeaux, Lyon, Marseille, Rouen et Toulouse ; AIDES ; Acceptess-T ; Rebecca Amsellem, fondatrice des Glorieuses ; Agathe Ameslant, militante écologiste et féministe ; Manon Aubry, députée européenne France insoumise ; Clémentine Autain, députée France insoumise ; Women’s March Paris ; Assemblée féministe Toutes en Grève 31 ; Pénélope Bagieu, autrice de bande dessinée ; Ludivine Bantigny, historienne ; Esther Benbassa, Sénatrice écologiste de Paris ; Fatima Benomar, militante féministe ; Anaïs Bourdet, fondatrice de Paye Ta Shneck ; Silvia Casalino, cofondatrice d’EL*C (Conférence Européenne Lesbienne) ; Pauline Clochec, universitaire et militante lesbienne ; Rokhaya Diallo, Journaliste et réalisatrice ; Les Dévalideuses collectif handi-féministe ; Les effronté-es ; Karine Espineira, Legs, Paris 8 ; Gwen Fauchois, activiste lesbienne et blogueuse ; Elsa Faucillon, députée PCF ; Fédération LGBTI+, Fédération des Associations & Centres LGBTI+ ; Fédération trans et intersexes ; Collectifs Féministes Révolutionnaires de Paris et Nantes ; Manon Garcia, chercheuse en philosophie ; Rachel Garrat-Valcarcel, co-présidente de l’Association des Journalistes LGBTI ; Amandine Gay, réalisatrice ; Tiziri Kandi, syndicaliste CGT hôtellerie ; Aurore Koechlin, militante féministe et doctorante ; Julia Lanoë, Rebeka Warrior ; Sandra Laugier, professeure de philosophie à l’université Panthéon Sorbonne ; Cécile Lavergne, Maîtresse de conférences en philosophie à l’université ; Daisy Le Merrer, blogueuse ; Titiou Lecoq, autrice ; Ouest-Trans ; Constance Lefebvre, militante féministe ; Mirion Malle, autrice de bande dessinée ; Salomé Martini, syndicaliste et féministe ; Daria Marx, autrice et militante feministe ; Danièle Obono, députée France insoumise ; Outrans ; Ovidie, documentariste ; Mathilde Panot, députée France insoumise ; Wiki Trans ; Planning Familial du Calvados ; Planning Familial d’Ille-et-Vilaine ; Planning Familial du Rhône ; Christine Poupin, militante féministe et porte-parole du NPA ; Sandra Regol, Secrétaire nationale adjointe d’EELV ; Valérie Rey-Robert, militante et autrice féministe ; Jill Royer, responsable outils numériques de la France insoumise, militante trans et féministe ; Giovanna Rincon ; Joëlle Sambi Nzeba, coprésidente d’EL*C ; Eva Sas, Porte parole d’EELV ; SOS Homophobie ; Alyx Taounza-Jeminet ; Maud-Yeuse Thomas, Observatoire des transidentités.

Tribune parue dans Libération et signée par la Commission Nationale d’Intervention Féministe du NPA et notre porte-parole Christine Poupin

Jeudi 27 février 2020

https://npa2009.org/

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26 février 2020 ~ 0 Commentaire

lgbti (el diario)

npa lgbt
Electrochocs, exorcismes, psychothérapies

Les pratiques de «guérison» de l’homosexualité se sont répandues dans le monde

Selon un rapport de l’organisation ILGA, seuls neuf pays interdisent ces thérapies à l’échelle nationale, mais dix autres sont actuellement en train de discuter des lois pour le faire.

Des traitements visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre des personnes LGTBI continuent d’être utilisés dans différentes parties du monde. Des techniques «d’électrochoc» aux exorcismes, aux hospitalisations forcées en clinique ou aux consultations de psychothérapie.

Tous sont fondés « sur la pathologisation » de l’homosexualité et de la transsexualité. C’est l’une des conclusions de l’enquête « Mettre des limites à la tromperie », une étude juridique mondiale sur la réglementation juridique des « thérapies de conversion », publiée ce mercredi par l’Association internationale des lesbiennes, gais, bisexuels, trans et intersexes (ILGA).

L’étude explore la gamme des «formes, méthodes et pratiques» adoptées par ces techniques, appelées «thérapies de conversion» ou «réparatrices». Apparues au cours du 20è siècle, ces remèdes pseudoscientifiques « traitent » la diversité sexuelle « comme une déviation, une perversion ou une maladie qui pouvait être guérie ».

Cependant, même si elles sont contraires aux normes médicales actuelles, dans de nombreux pays, ces types de pratiques sont toujours appliquées, bien qu’inefficaces et cruelles et menant de nombreuses personnes à une vie misérable et autodestructrice aux conséquences extrêmes.

Parmi elles, des thérapies d’aversion, qui consistent à exposer la personne à un stimulus (images souvent érotiques de personnes du même sexe) tout en éprouvant une sensation douloureuse ou désagréable pour finir par rejeter le stimulus.

Il s’agit notamment d’électrochocs, utilisés en Espagne sous la dictature de Franco. Selon l’étude, il y a des « indications » qu’ils sont encore pratiqués aujourd’hui dans des pays comme la Chine, la Malaisie, l’Indonésie ou l’Iran. En 2017, un médecin libanais a publiquement reconnu qu’il « pratique toujours cette thérapie ».

Une enquête de 2013 aux États-Unis a mis en lumière d’autres types de thérapies aversives, notamment l’utilisation de glace ou de chaleur pour infliger de la douleur. L’étude cite également ce que l’on appelle le «reconditionnement masturbatoire», à savoir que des hommes homosexuels sont invités à se masturber après leur avoir fourni du matériel pornographique hétérosexuel – documenté il y a quelques années au Pérou – et des traitements d’hypnose, selon la BBC en 2017 ce serait toujours proposé dans des pays comme la Russie.

L’ILGA souligne également l’internement forcé dans des cliniques ou des camps de nombreuses femmes lesbiennes, dans le but de modifier leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, une pratique sur laquelle la Commission interaméricaine des droits de l’homme a attiré l’attention il y a quelques années.

L’étude cite une enquête de 2017 qui a révélé l’existence dans certains États américains de camps dans lesquels les parents ont envoyé leurs enfants LGTBI et rapporte le cas d’une femme qui a été hospitalisée et maltraitée dans l’un de ces centres en Somalie.

L’étude met l’accent sur le nombre de ces thérapies qui sont offertes par les groupes religieux. Se distinguent ceux qui sont basés sur des croyances spirituelles ou ésotériques « qui attribuent les causes de l’homosexualité aux fantômes ou aux démons » qui « sont expulsés » par des techniques telles que les exorcismes.

L’enquête a permis de connaître le cas d’un jeune trans qui y a été soumis au Pérou en 2016 et d’un pasteur mexicain qui a annoncé l’avoir fait avec une femme trans, en plus de son utilisation habituelles dans des «églises évangéliques au Brésil, en Bolivie, en France ou aux États-Unis»
Parallèlement à ces pratiques, celles circonscrites à un domaine purement psychologique ou psychiatrique occupent également une place de choix. La base de la thérapie comprend des notions «de ce qui devrait être considéré comme une sexualité normale» et l’utilisation de la psychothérapie pour « réparer les dommages ou les traumatismes auxquels les écarts par rapport à cette normalité sexuelle sont censés donner lieu ».
Les promoteurs de ces techniques ont dû adapter la façon dont elles sont proposées ces dernières années dans ce que ILGA appelle « un changement d’étiquette », en raison du rejet qu’ils ont déclenché dans une grande partie du monde.

Beaucoup « nient » qu’ils fournissent une « thérapie de conversion » et même « acceptent » que l’homosexualité n’est pas une maladie et tentent de se distancier de la pathologisation. Les termes qu’ils utilisent le plus souvent font référence à « l’offre de services que les gens ont le droit de recevoir » ou à « l’assistance » sur la manière de gérer ce qu’ils appellent « attraction indésirable pour les personnes du même sexe « . C’est également enveloppé d’expressions telles que «aide à la confusion» ou «sexualité saine».

En Espagne, les techniques utilisées à l’Évêché d’Alcalá (Madrid) sont connues. Comme nous avons révélé ici, il organise des cours clandestins qui sont présentés comme « accueil et accompagnement », mais qui ont pour objectif de modifier l’orientation sexuelle de leurs assistants.

La lente progression des interdictions

L’étude montre la faible réglementation qui existe au niveau mondial pour ce type de techniques. Seuls trois pays des Nations Unies (le Brésil, l’Équateur et Malte) les ont interdits au niveau national. Dans trois autres pays, il existe des lois au niveau régional: dans 19 États des États-Unis (et Porto Rico), dans plusieurs provinces du Canada et dans cinq communautés autonomes d’Espagne (Madrid, Murcie, Andalousie, Valence et Aragon). Six autres États, dont l’Argentine et l’Uruguay, ont des interdictions indirectes.

Dans près de 70 pays, l’homosexualité est toujours illégale.

La protection contre ces thérapies « inefficaces et cruelles », souligne la recherche, « est plus urgente que jamais » parce que « dans de nombreux pays, des pratiques horribles continuent d’être appliquées qui poussent des personnes d’orientations et d’identités diverses vers des vies misérables et autodestructrices » avec  » conséquences extrêmes.  »

Par conséquent, compte tenu de la lenteur de ces réglementations, l’ILGA considère que 2020 peut être «un tournant» car il y a dix autres pays dans lesquels ces projets de loi sont en discussion.

Le Mexique, l’Allemagne, la France, ou l’Espagne font partie de ce groupe. Comme l’ annoncé lundi le ministre de l’Égalité, il approuvera le projet de loi LGTBI étatique convenu dans l’accord gouvernemental entre le PSOE et United Podemos avant l’été. La règle inclut explicitement l’interdiction sur tout le territoire national des soi-disant «thérapies d’inversion».

Le rejet des associations médicales

La recherche montre comment le travail conjoint d’activistes, d’associations et de profession-nels « est crucial pour protéger les gens contre les pratiques pseudoscientifiques qui continuent d’avoir un effet destructeur sur leur vie. »

ILGA passe en revue les positions opposées à ce type de thérapies émises ces dernières années par plus de 60 associations de professionnels de la santé réparties dans plus de 20 pays. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), l’Association médicale mondiale et l’Association psychiatrique mondiale les ont rejetées.

En plus « d’aucune preuve scientifique solide », ces traitements  » sont nocifs » et reproduisent les préjugés et la discrimination envers les personnes LGBTI. L’Association Médicale Mondiale, pour sa part, considère « qu’ils représentent une menace sérieuse pour la santé » et une « violation des droits de l’homme » qui doit faire l’objet de sanctions: « Ce sont des pratiques injustifiables qui doivent être dénoncées ».

Marta Borraz 26/02/2020
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11 février 2020 ~ 0 Commentaire

marielle (insurgente)

mariellefranco

Brésil, la police tue l’un des suspects du meurtre de Marielle

Les Bolsonaros font la fête

La police brésilienne a tué Magalhaes da Nobrega, dans l’État de Bahia. Il fait partie des personnes soupçonnées d’être liées au meurtre de Marielle Franco, conseillère municipale de Rio du Socialism and Freedom Party (PSOL ). « Qui gagne avec la mort d’Adriano da Nobrega? », S’est interrogée l’architecte Monica Benicio, qui a dénoncé dans les organisations internationales le crime de sa compagne Marielle Franco.

« Je regrette qu’un personnage clé pour la clarification de divers crimes survenus à Rio ait été tué lors d’une opération de police, probablement il avait des informations fondamentales pour clarifier le système de corruption lié à la famille Bolsonaro », a déclaré l’ex-partenaire de Marielle

Magalhaes de Nobrega était liée à un fils du président Jair Bolsonaro, l’actuel sénateur Flavio Bolsonaro. Lorsqu’il était député de l’État de Rio de Janeiro, Flavio Bolsonaro a engagé la mère et la femme d’Adriano Magalhaes da Nóbrega pour travailler dans son bureau.

Comme si cela ne suffisait pas, Flavio Bolsonaro a lui-même décoré Adriano Magalhaes da Nobrega, alors qu’il avait été expulsé de la police de Rio de Janeiro après avoir été reconnu coupable de meurtre.

02/11/2020

https://insurgente.org/

Commentaire:

Marielle Franco, militante LGBT, était membre de notre parti frère, le Parti du Socialisme et de la Liberté (PSOL).

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10 février 2020 ~ 0 Commentaire

suisse lgbt (tv5 monde)

lgbt
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Les Suisses approuvent par référendum une loi anti-homophobie

Les Suisses ont largement approuvé dimanche par référendum une loi interdisant la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, combattue par des formations conservatrices.

Les résultats nationaux donnent le « oui » à 63%, avec des scores dépassant 70% dans des villes comme Genève ou Bâle. Seuls trois petits cantons germanophones du centre et de l’est ont accordé une courte majorité au « non ».

Mathias Reynard, le parlementaire socialiste à l’origine de cette réforme du code pénal helvétique, a salué sur la chaîne RTS-1 « un jour historique » et « un signal magnifique pour toutes les personnes concernées ».

La nouvelle loi anti-homophobie élargit une législation déjà existante en matière lutte contre les discriminations et appels à la haine raciale ou religieuse, en l’étendant à l’orientation sexuelle.

Cette réforme du code pénal, adoptée en 2018, s’est heurtée à l’opposition de milieux conservateurs et populistes, qui ont lancé ce référendum dans l’espoir de faire barrage à une forme de « censure » et d’atteinte à « la liberté d’expression, de conscience et de commerce ».

Les autres partis ont estimé que la protection contre la discrimination en raison de l’orientation sexuelle était insuffisante en Suisse, et appelé à voter « oui » à la réforme.

- Amendes et peines de prison -

Les partisans du texte se sont aussi appuyés sur le fait que la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle était déjà sanctionnée dans d’autres pays européens, et que le Conseil de l’Europe comme l’ONU avaient demandé à la Suisse de renforcer son arsenal contre l’homophobie.

Le nouveau dispositif « renforce la protection contre la discrimination sans violer la liberté d’expression », font valoir les partisans du texte dans leur argumentaire.

La nouvelle loi punit le dénigrement public et la discrimination de toute personne en raison de son orientation sexuelle, ou toute attitude visant à attiser la haine à son égard, par l’écrit, la parole, des images ou des gestes.

Elle ne réprime pas en revanche des propos tenus dans le cercle familial ou entre amis, par exemple à la table d’un café.

Les restaurants, hôtels, entreprises de transports, cinémas ou piscines ne pourront pas refuser l’accès de quelqu’un en raison de son orientation sexuelle. Le texte prévoit des amendes ou des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.

Au sein des milieux LGBT, certains craignent toutefois qu’une protection spéciale ne les stigmatise davantage.

« Je me bats pour l’acceptation et la normalisation de ma sexualité. Mais pour moi, la normalisation signifie aussi ne pas exiger de droits spéciaux », a fait valoir avant le vote Michael Frauchiger, co-président du comité « Droits spéciaux NON! ».

 Christophe DE ROQUEFEUIL 09.02.2020

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31 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

2019 8 (anred)

puerto

8. Porto Rico: une star est née

Quand on dit que « Porto Rico est une étoile de plus au drapeau américain », ce n’est qu’une métaphore pour nous.

Porto Rico a été annexé aux États-Unis et depuis des années,  des secteurs luttent pour l’indépendance. En période d’austérité dans un pays en proie à l’endettement extérieur, des allégations de corruption ont éclaboussé le gouvernement.

Un commentaire homophobe du gouverneur a ét » la goutte qui fait déborder le verre. Les manifestations avaient un protagoniste inattendu: Ricky Martin a été l’une des principales références dans les médias, et çà a aidé à faire connaître le problème. Avec d’autres artistes bien connus dans le monde (tels que René Perez, ancien Calle 13, ou Luis Fonsi), la manifestation a atteint une énorme diffusion et a probablement été un précédent pour que d’autres célébrités rejoignent par la suite d’autres manifestations dans le monde.

En plus de la chute d’un gouvernement et du soulèvement populaire pour des raisons économiques, la réaction de Ricky Martin contre les expressions homophobes du gouverneur et sa chute ont été un message direct au monde sur la reconnaissance des LGBT.

https://www.anred.org/

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27 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

lgbti (ctxt)

lgbt

« S’ils s’en prennent aux transsexuels, après ce seront les féministes »

Au-delà de l’émergence de partis d’extrême droite comme Vox, nous assistons à des positions, au sein du féminisme, qui s’opposent aux droits des transsexuels, pourquoi cela se produit-il?

Ni l’homophobie ni la transphobie ne sont modernes, elles sont très anciennes et il y a toujours eu une forme d’homophobie intellectuelle, qui tente de rationaliser le rejet ressenti par certaines personnes. Il est très curieux de voir comment ils construisent une sorte de revêtement intellec-tuel pour ne pas assumer ce rejet de front. Ce discours théorique est assez facile à démonter et à réfuter, mais il n’y a pas non plus de réel dialogue, car ce n’est pas un débat intellectuel,  c’est devenu une discussion de trolls dans laquelle il semble que c’est le plus grossier qui gagne. Celui qui crie le plus.

Il y a toujours eu dans de nombreux partis des gens qui disent qu’ils ne sont pas homophobes mais qui ont ce sentiment de rejet. Il y a maintenant une étrange confluence: celle du fondamen-talisme religieux, de l’extrême droite nationaliste avec des gens qui, théoriquement, sont progressistes ou féministes.

C’est un couple très rare mais il n’est pas inconnu non plus. Aux États-Unis, cela donne d’énor-mes résultats parce que ces féministes fournissent, d’une certaine manière, les vêtements intellectuels pour justifier les lois de discrimination légale: celles de l’objection de conscience religieuse – pour lesquelles on peut vous exclure des services publics parce qu’ils considèrent que vous n’êtes pas une exemple de vie selon leurs sentiments religieux; ou ceux qui servent à vous exclure des espaces communs – lits, vestiaires – en utilisant l’argument selon lequel étant vraiment « un homme », vous êtes un agresseur potentiel des femmes.

Ces arguments légitiment l’exclusion et la discrimination des lois, qui finissent par se produire grâce à cette très rare convergence de personnes, prétendument féministes, avec des personnes d’extrême droite les plus anti-féministes qui puissent exister.

Il est étrange qu’ils se concentrent sur l’attaque de 0,01 de la population alors que, à ma connaissance, la société patriarcale est là partout. Nous avons identifié le vrai problème, qui était la conceptualisation du patriarcat, la définition de la structure machiste de la société. Cela me semble une distraction, comme la question de la prostitution: diviser pour mieux régner. Divisez entre les bonnes et les mauvaises femmes ou celles qui ne se reconnaissent même pas comme des femmes. Il me semble que c’est une tentative de ségrégation et de création de controverses vénéneuses qui ne peuvent pas être accidentelles. Cela est dû à une stratégie bien pensée et défendue avec des moyens.

Concernant la reconnaissance du droit à l’identité que ces discours attaquent, pouvez-vous expliquer quelles implications cela a pour une personne trans-sexuelle de changer de nom et de sexe sur ses papiers?

J’ai passé plusieurs années de ma vie avec une pièce d’identité qui avait un nom et mon aspect  le niait totalement. Et je peux vous assurer que chaque fois que vous allez faire une démarchet, payer avec une carte ou faire n’importe quelle gestion, vous finissez par devoir donner des explications, éveiller des soupçons des doutes et attirer l’attention. On ne s’en rend pas vraiment compte, mais notre pays est très policier. Combien de fois par semaine devez-vous présenter votre pièce d’identité ? Combien de fois vous est-il demandé de justifier qui vous êtes? Vivre avec une documentation qui ne correspond pas à votre identité est un obstacle quotidien pour les personnes transgenres.

Comment changer l’identité d’une personne trans et quelles sont les exigences?

Aujourd’hui, pour changer d’identité, vous devez avoir un certificat psychiatrique qui indique que vous souffrez de dysphorie de genre et avez eu deux ans de traitement hormonal. Il s’agit d’une situation particulière, car il vous est demandé un diagnostic comportant deux échecs. Première-ment, çà n’a aucune base scientifique. Le diagnostic d’une maladie présumée a déjà été aban-donné, à la fois par les éditeurs du manuel DMS – diagnostic des troubles mentaux – et par l’Organisation Mondiale de la Santé. Deuxièmement, parce qu’un diagnostic est utilisé comme une échelle des droits civils. Depuis quand votre condition médicale ou clinique a à voir avec l’exercice de vos droits en tant que personne, en tant que femme dans ce cas?

Pour changer cette situation, il y a eu plusieurs tentatives de réforme. Lors de la dernière législature, trois propositions ont été présentées. Le PSOE, essayant de modifier la loi de 2007 pour la dépathologiser. C’est-à-dire que les certificats médicaux n’étaient plus nécessaires pour changer votre nom et votre sexe sur les papiers. Ensuite, il y avait deux projets de Podemos qui avaient un contenu similaire: une loi générale LGBTI contre la discrimination, qui réglementait  l’identité de genre, et une autre qui était plus spécifiquement une loi sur l’identité de genre.

Fondamentalement, ils avaient le même objet avec des conceptions différentes. Cependant, aucune n’était destinée à réussir  car, pour commencer, il y a plus de deux législatures qu’il n’y a pas de majorité claire pour ces lois qui nécessitent une majorité de loi organique et personne ne fait d’efforts pour y parvenir. .

Bien sûr, Podemos, lors de la dernière législature,  a été prise en photo avec des groupes mais n’a démontré aucun sérieux dans la gestion. Le PSOE a également essayé de paraître avec des militantes et, en outre, a présenté des amendements de dernière minute sur le non-binarisme [les personnes qui déclarent ne pas entrer dans les catégories hommes ou femmes] mais n’ont pas non plus fait  d’efforts pour leur propre projet de loi. En fin de compte, les partis veulent bien prendre une photo – jusqu’au PP qui nous disent que nous ne pouvons pas leur donner de leçons sur les droits de l’homme – mais qui font preuve d’une volonté plutôt nulle dans la mise en œuvre de ces principes.

Quels sont les points saillants de ces lois qui sont en discussion au Congrès?

Comme je l’ai dit, la dépathologisation en est une: le fait que je n’ai pas besoin d’aller chez un médecin pour justifier ma féminité car je sais déjà qui je suis. La seule chose qui pourrait avoir un sens, c’est de montrer que je n’ai pas de pathologie, que je ne suis pas schizophrène ou délirante.

La seconde serait que nous apportions enfin une solution aux problèmes des enfants qui ont été exclus de la loi de 2007. Les enfants ont aussi leur identité. Nous parlons également de mineurs en situation de besoin de protection et de tutelle. La question des étrangers est également importante. Nous sommes un pays dans laquelle de nombreuses personnes viennent qui ne peuvent avoir aucun changement dans leur pays et fuient pour sauver leur vie car elles sont persécutées comme trans. Nous devons les accueillir et aussi traiter leur identité. Autre chose nécessaire pour travailler: la non-discrimination. Nous parlons d’un groupe qui a un niveau de discrimination brutale au travail. Tout comme des interventions culturelles et éducatives sont nécessaires.

Dans quels autres pays existe-t-il des lois sur l’identité non pathologique?

Plusieurs ont déjà adopté des lois à cet égard, comme l’Argentine, la Suède, Malte ou l’Irlande. Et il y en a plusieurs qui sont en train de le faire, nous ne serions pas les premiers. À son époque, la loi de 2007 était nouvelle car elle supprimait les tribunaux médicaux et l’exigence de l’opération génitale pour pouvoir changer le sexe du registre, mais nous avons pris beaucoup de retard sur cette question – le diagnostic et l’hormonalisation sont toujours nécessaires.

Bien sûr, il y a encore de nombreux pays dans lesquels ces questions ne sont même pas discu-tables, et des endroits où nous sommes toujours criminalisées ou mises en prison voir même la peine de mort est appliquée. Nous ne vivons pas dans un monde précisément confortable pour les manifestations de la diversité sexuelle.

Suffit-il de pouvoir passer d’un sexe à l’autre? Que reste-t-il à faire, par exemple pour ceux qui disent ne rentrer dans aucune des deux cases?

De nos jours, une loi ne devrait plus se limiter à faciliter le changement de sexe, elle doit aller au-delà du fait qu’il y a des gens qui ne rentrent pas vraiment dans les deux catégories – homme-femme. Cela peut être pour des raisons biologiques: il y a le monde de l’intersexualité [une personne née avec une combinaison de caractéristiques biologiques mâles et femelles en même temps] nous découvrons des choses, pour commencer que c’est plus commun que nous ne le pensions.

D’un autre côté, il y a le problème des personnes qui, en raison de leur psychologie, ne rentrent dans aucune des deux catégories. En Allemagne, ils l’ont résolu en reconnaissant le non-binaris-me, mais seulement le biologique – non auto-perçu -, qui est aussi une forme d’étiquetage, car il pointe une personne qui a une constitution sexuelle ou génétique différente.

Ailleurs, des efforts sont faits pour élever la reconnaissance de ces identités non binaires. Quel est le sens de cette classification stricte, pourquoi c’est si douloureux ou dangereux qu’il y a des gens qui décident de ne pas jouer ce système de classification. Nous parlons de respecter le droit à la personnalité qui est inscrit dans la Constitution espagnole.

L’un des arguments utilisés pour attiser la panique morale est celui de «l’enfance menacée» par les lois sur l’identité de genre. On dit que les enfants seront opérés chirurgicalement.

Personne n’a demandé que des mineurs soient opérés, ce qui est en fait interdit par une loi organique, celle de la protection des enfants et des adolescents. Nous parlons de veiller à l’identité des mineurs et de retarder l’intervention hormonale jusqu’à ce que leur d’identité soit parfaitement claire. Bien sûr, personne n’a prévu de réaliser des opérations chirurgicales sur des mineurs, aucune loi ne le propose, c’est une panique infondée.

Cependant, nous avons constaté que des mineurs ont des problèmes de scolarité, d’intégration et même d’automutilation. Ils sont plus enclins au suicide et, malheureusement, nous en avons plusieurs exemples. Ceux qui sont autorisés à socialiser en fonction de leur sexe auto-perçu ont une socialisation parfaitement normale – s’ils ne sont pas attaqués ou victimes d’intimidations. Je me rappelle d’une jeune fille récemment décédée qui subi sept ans de thérapie de conversion pour arrêter d’être lesbienne. Ces sept années de thérapie de conversion ont entraîné sa mort.

Bref, ne pas les assister est un moyen de conduire de nombreux enfants au désastre. Ceux qui sont prêts pour leur morale à discriminer les mineurs, à encourager à les agresser dans les écoles, à quitter définitivement le système scolaire et à se retrouver dans une vie de marginalité comme cela s’est produit historiquement devraient y penser.

Un autre des arguments que nous entendons dans ces attaques est que les transsexuels peuvent être une menace pour les femmes dans les salles de bain ou les vestiaires.

Selon une statistique, les femmes transsexuelles dans les prisons pour hommes, sont jusqu’à 76% soumises à des abus sexuels. Je ne connais qu’un cas de transsexuelle qui a agressé en prison. Une femme psychotique a été emprisonnée pour avoir tué trois ou quatre personnes en Grande-Bretagne. On parle d’un cas. Où est la présomption d’innocence? Au contraire, il y a eu de nombreux cas de femmes qui ont agressé des transsexuelles dans les toilettes parce qu’elles estimaient qu’elles n’avaient pas à être là.

Quels sont les autres arguments utilisés pour ce discours qui vise à restreindre les droits?

Il y a plusieurs niveaux. L’un est la désinformation: par exemple la déclaration [du Parti Féministe] parlant d’opérations chirurgicales pour les mineurs, de lois qui légalisent la GPA ou qui attaquent l’identité féminine… Mais il s’avère que dans les projets de loi auxquels ils se réfèrent ou ceux qui ont été approuvés – et il semble qu’ils ne le savent pas – il n’y a rien de tel. D’autre part, il y a beaucoup de désinformation et des canulars qui proviennent de l’extrême droite, puis se reproduisent.

Ces discours contre les personnes transgenres et leurs droits – qu’ils soient issus de l’extrême droite ou du féminisme – peuvent accroître un climat social de haine et donc d’agressions?

Nous constatons une aggravation de jour en jour. Nous vérifions comment les incidents, insultes et agressions augmentent, les gens sont excités. De l’essence est jetée sur le feu de manière insensée par certains dirigeants et certains médias, ce qui fait que certaines femmes se sentent menacées, ou en colère et légitimées à attaquer les trans, ce que normalement ils n’auraient pas fait. Le ton social monte, nous sommes une couche très fragile et nous le remarquons. Bien sûr.

Il y a eu des incidents tels que l’expulsion de transsexuelles des espaces féministes, bien qu’il y ait également eu des cas de parfaite solidarité. Il y a des groupes qui se forment en tant que groupes haineux. Nous voyons des plates-formes qui libèrent des explosions, des blagues, qui sont vraiment terrifiantes, comme celles qu’elles dites à l’école féministe Rosario de Acuña à Gijón cette année. C’est un vrai discours de troll.

Et il y a des gens qui trouvent immédiatement une justification à la violence. C’est comme quand les chefs religieux vous désignent comme le pécheur, le méchant. En effet, ils n’ont pas dit de vous frapper ou de vous tuer, mais bien sûr, ils ont un impact sur la communauté qu’ils visent. Il y a un principe de responsabilité sociale dans le discours. Voici des gens qui disent: « Je fais juste un discours théorique. » Eh bien, les implications sociales de votre discours théorique sont appelées discrimination, elles sont appelées exclusion, elles sont appelées plus d’agressions. Vous devez assumer la responsabilité de ce que vous dites et de ses conséquences, vous ne pouvez pas rester coincé dans votre tour d’ivoire.

Y a-t-il un danger de division dans le mouvement LGTBI à cause de ce nouveau climat social?

Il y a toujours eu un danger de division dans le mouvement. C’est un mouvement qui a eu des tendances centrifuges. Mais je pense que nous sommes tous conscients que nous sommes confrontés à un mouvement de retour du pendule vers le conservatisme. Nous avons obtenu une série de droits et maintenant la réaction arrive.

Nous sommes conscients que nous jouons beaucoup dans ce match revanche car il y a une tentative de constituer une nouvelle légalité qui peut nous discriminer, ou recréer une pression sociale afin que nous ne puissions pas nous manifester ouvertement et publiquement. D’une manière ou d’une autre, nous devons être en première ligne, en particulier les femmes transsexuelles. Si ils/elles nous balayent, alors ils iront contre les féministes, l’avortement etc. et ils continueront jusqu’à ce que nous revenions à ce modèle social traditionnel que certains nostalgiques de Franco aiment tant.

Marina Echebarría Sáenz est docteur en droit, professeur à l’Université de Valladolid et militante du mouvement LGTBI. Elle a participé à la fois à l’élaboration de la loi sur le changement de sexe de 2007 et à l’élaboration de diverses lois régionales. Echevarría a été vice-présidente de la Fondation Triangle.

Nuria Alabao 26 décembre 2019

https://ctxt.es/

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19 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

russie lgbt (amnesty)

russie lgbt

Russie. Une militante féministe condamnée

A une amende pour «propagande gay» et visée par des poursuites pénales pour «pornographie»

En réaction à la condamnation le 11 décembre 2019 de la militante féministe et défenseure des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou intersexuées (LGBTI) Ioulia Tsvetkova à une lourde amende en vertu de la loi homophobe sur la « propagande gay », au motif qu’elle gère sur les réseaux sociaux des groupes axés sur les thèmes LGBTI, Natalia Zviagina, directrice d’Amnesty International Russie, a déclaré :

« Une nouvelle fois, une militante des droits humains paie le prix fort, dans tous les sens du terme, simplement pour avoir diffusé les idéaux de non-exclusion, de tolérance et d’autonomisation des femmes.

« Ioulia Tsvetkova est la dernière cible d’une campagne discriminatoire aux forts relents d’homophobie, menée depuis longtemps déjà. Elle subit une kyrielle d’atteintes : elle a été détenue de manière arbitraire, interrogée et intimidée à de multiples reprises. Ses initiatives théâtrales et créatives sont muselées par les responsables de l’application des lois et ses dessins sont désormais jugés à caractère pornographique.

Ioulia Tsvetkova est la dernière cible d’une campagne discriminatoire aux forts relents d’homophobie, menée depuis longtemps déjà. Elle subit une kyrielle d’atteintes : elle a été détenue de manière arbitraire, interrogée et intimidée à de multiples reprises.
Natalia Zviagina, directrice d’Amnesty International Russie

« Actuellement placée en résidence surveillée, elle fait l’objet de poursuites pénales pour «  pornographie  », une infraction passible d’une peine allant jusqu’à six ans de prison. Les autorités doivent abandonner toutes les charges retenues contre elle et annuler l’amende et l’assignation à résidence dont elle fait l’objet. Elle n’a rien fait d’autre que de se mobiliser en faveur des droits humains. »

Complément d’information

Ioulia Tsvetkova, originaire de Komsomolsk-sur-l’Amour, dans l’Extrême-Orient russe, a été déclarée coupable de « propagande en faveur de relations sexuelles non traditionnelles auprès des mineurs », une infraction administrative, et condamnée à une amende de 50 000 roubles (environ 710 euros) parce qu’elle gère deux communautés en ligne sur les thèmes LGBTI.

Ces deux communautés sont signalées « + de 18 ans », comme l’exige le droit russe, et l’amende qui lui a été infligée au titre de la loi russe contre la propagande homosexuelle n’a donc aucun fondement.

La militante fait toujours l’objet d’inculpations pénales pour « pornographie ». Elle a été placée en résidence surveillée le 23 novembre après avoir été inculpée de « production et diffusion de matériaux pornographiques », en raison de dessins de vagins qu’elle a publiés sur les réseaux sociaux.

En mars, Ioulia Tsvetkova a dû abandonner son travail au sein de la compagnie de théâtre ama-teur Merak, la police ayant ouvert une enquête pour « propagande homosexuelle » liée à sa pièce Bleu et rose, qui dénonce le harcèlement et la discrimination. La compagnie a été contrainte de cesser ses activités.

11 décembre 2019

https://www.amnesty.org/fr/

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30 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

genre (cnrs)

papas

Qui a peur du «genre» ?

Aux quatre coins du monde, de Donald Trump à Jair Bolsonaro, des intégristes religieux aux partisans proclamés du « bon sens », le « genre » est devenu un épouvantail permettant de fédérer des tendances politiques par ailleurs opposées. 
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Ces mouvements trouvent appui au plus haut sommet de l’État, obtenant le retrait de campa-gnes pédagogiques, de projets de loi, des restrictions gouvernementales à l’encontre de la recherche scientifique.

« Certes le nombre de publications scientifiques et de coopérations internationales et interdisci-plinaires a régulièrement augmenté ces dernières années, constate la sociologue Sylvie Cromer (1).  Et de plus en plus de disciplines tiennent compte du prisme de genre dans leurs études, comme la musicologie et les sciences de gestion dont nous avons pour la première fois accueilli une intervention au congrès », s’enthousiasme-t-elle. Mais on constate aussi que l’opposition aux études de genre s’est renforcée et organisée.

En France, des mouvements tels que La Manif’ pour tous et Sens Commun battent régulière-ment le pavé pour dénoncer une « idéologie du genre », dont témoigneraient l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe ou, plus récemment, l’extension de la procréation médicalement assistée aux femmes seules et aux couples de femmes.

Aux États-Unis, au Brésil ou encore en Hongrie, de tels « mouvements anti-genre » trouvent appui au plus haut sommet de l’État, obtenant le retrait de campagnes pédagogiques, de projets de loi, voire des restrictions gouvernementales à l’encontre de la recherche scientifique.

Vatican et débordements

Le sociologue David Paternotte (2) a notamment codirigé une grande enquête sur les Campa-gnes anti-genre en Europe, et s’intéresse désormais à leur essor dans le reste du monde. « À l’origine, ces idées et stratégies ont circulé à travers les réseaux catholiques dans les années  1990, que ce soit à travers les canaux officiels de l’Église, des laboratoires intellectuels comme certaines universités catholiques, ou encore des groupes tels que l’Opus Dei », explique le chercheur. Défendant une anthropologie fondée sur la différence et la complémentarité des sexes, l’Église fut ainsi la première à dénoncer une « idéologie du genre » remettant en cause sa vision essentialiste.

Ce discours a notamment été mobilisé contre certaines formes de liberté procréative, de transformation des modèles familiaux, d’égalité de considération entre des personnes de genre et d’orientation sexuelle variés, etc.

« Au fil des vingt-cinq dernières années, des forums et associations ont été créés pour promou-voir ces campagnes, les diffuser à travers le monde et organiser des rencontres – je pense au World Congress of Families ou à l’ONG CitizenGo par exemple », commente le sociologue. De façon surprenante, cette expansion a largement débordé hors de la sphère d’influence du catholicisme, en Angleterre, Bulgarie, Roumanie, dans les pays scandinaves ou aux États-Unis…

Les expressions « idéologie du genre » ou « théorie du genre » ont ainsi aggloméré des projets divergents, voire opposés – fédérant des hommes d’État comme Donald Trump, Vladimir Poutine, Jair Bolsonaro ou encore Victor Orbán… « La force de ces campagnes tient à la grande plasticité et à l’adaptabilité de ce qu’elles désignent comme le “genre”, précise David Paternotte. Ce discours peut facilement s’accommoder de nouveaux éléments, varier selon les contextes et s’inscrire dans des stratégies différentes. »

C’est ce qui lui a permis de voyager très facilement d’un pays à l’autre. « De manière générale, poursuit le sociologue, ces campagnes ont largement rassemblé dans les sphères du populisme et de l’extrême droite. Pour ces mouvements en effet, la liberté de remettre en question l’identité sexuelle peut être interprétée comme l’avatar d’un libéralisme sauvage, d’un progressisme deve-nu fou, ou encore d’une décadence de la culture occidentale – un discours à même de séduire des citoyens pauvres, déclassés, nostalgiques, conservateurs, souhaitant plus de stabilité… »

Sans filtre

« Ce type de stratégie idéologique fonctionne, surtout en période de crise et de paupérisation », complète l’historienne Florence Rochefort (3). À certains égards, cela reprend des codes de campagnes plus anciennes contre l’égalité entre les « races » – jadis essentialisées elles aussi, l’émancipation des femmes ou la dépénalisation de l’homosexualité. Des fake news sont large-ment diffusées, par exemple un dispositif pédagogique comme les ABCD de l’égalité y devient « une promotion de la masturbation dans les écoles » ; l’homosexualité est dépeinte comme une sorte de virus, dont l’épidémie porterait atteinte à la vitalité démographique du pays…

« C’est un levier politique, résume Florence Rocherfort. Les mouvements anti-genre jouent sur le registre de la peur et du spectaculaire pour encourager un réflexe d’opposition. » Au Brésil par exemple, la chercheuse en psychologie sociale Anna Uziel (4) a observé ce type de discours prendre son essor.

« Dans les années 1990, se souvient-elle, une loi a établi que la sexualité devait être évoquée à l’école, pour les enfants entre 7 et 11 ans. Ça été bien accepté, mais il y a aussi eu des réac-tions très hostiles. Par la suite, un dispositif pédagogique à destination des lycées, sous le gouvernement de Dilma Rousseff, a été abusivement dénoncé par des conservateurs comme un “kit gay”, supposé encourager l’homosexualité et abroger toute différence entre garçons et filles. »

Parallèlement, la reconnaissance progressive de situations de concubinage ou d’adoption pour des couples homosexuels, et la réforme consécutive du mariage en 2011, a encore suscité une forte opposition – dénonçant pêle-mêle des attaques contre la petite enfance, la famille, les valeurs traditionnelles…

Cette lame de fond ne semble pas tant due aux études de genre elles-mêmes qu’à une évolution plus globale de la société.

« Après l’élection de Jair Bolsonaro, qui défend une conception extrêmement conservatrice et machiste de la famille, ces mouvements n’ont plus eu de filtre et sont devenus particulièrement vindicatifs. L’École et l’Université subissent beaucoup de menaces ou d’attaques depuis », poursuit Anna Uziel. Les budgets attribués par le Conseil national de développement scientifique et technologique, finançant notamment les bourses de master et de doctorat, ont ainsi diminué de 22 % par rapport à l’année dernière et continuent de baisser chaque mois depuis cet été.

« De nouvelles coupures budgétaires ont été annoncées ou sont envisagées, poursuit la chercheuse, notamment pour les recherches en philosophie et en sociologie », et ce au profit de filières jugées « plus rentables », a déclaré Jair Bolsonaro en avril. Dans la foulée, le ministre de l’Éducation a estimé vouloir contrer l’influence supposée d’un « marxisme culturel ».

Pas d’effet boomerang

Le paradoxe est que, d’un côté, des ministres brésiliens plaident pour le retour du rose pour les filles et du bleu pour les garçons ; et d’un autre côté, des conquêtes politiques à rebours de cet essentialisme sont déjà profondément implantées dans les mœurs.

« Les mentalités ont changé, assure Anna Uziel. Les droits des personnes homosexuelles sont de mieux en mieux reconnus. Les générations qui n’ont pas connu “le placard” n’accepteront aucun retour à cette situation. Et la place des femmes, même si c’est un sujet toujours compliqué au Brésil, connaît aussi de réelles avancées.

Les femmes qui ont accédé à des responsabilités ne supporteront pas d’être à nouveau déclassées. » Cette lame de fond ne semble pas tant due aux études de genre elles-mêmes qu’à une évolution plus globale de la société. Pour cette raison notamment, Anna Uziel comme la plupart des universitaires ne croient pas à un « effet boomerang », soit l’idée que les mouve-ments anti-genre seraient nés en réaction à ce qu’ils perçoivent comme une traduction politique de ces travaux de recherche.

Il serait donc plus juste de dire que les politiques d’égalité sont nées parce que des systèmes d’oppression étaient devenus insupportables.

« D’une part, rétablit l’historienne Florence Rocherfort, les victimes ne sont pas responsables des attaques qu’elles subissent. D’autre part, la répression précède l’émancipation ». Histori-quement, les discriminations sont de fait bien antérieures à l’essor des études de genre. « Par exemple l’incapacité civile des femmes mariées inscrite dans le Code Civil de 1804 les soumet au mari pour toutes sortes de démarches concernant le droit d’exercer une profession, de toucher soi-même son salaire, de gérer ses biens. L’impossibilité d’ouvrir un compte en banque sans autorisation du mari perdure jusque dans les années 1960. »

Tandis que les lois interdisant la contraception et l’avortement des années 1920 ne cesseront de se renforcer dans les décennies suivantes, jusqu’à la loi Neuwirth autorisant la contraception en 1967 et la loi Veil autorisant l’Interruption volontaire de grossesse en 1975.

« Il serait donc plus juste de dire que les politiques d’égalité sont nées parce que des systèmes d’oppression étaient devenus insupportables. » L’idée d’un « effet boomerang » n’est en outre pas neutre sur un plan rhétorique : elle laisse supposer une radicalité toujours jugée excessive qui serait du côté des politiques d’émancipation, tandis que l’opposition aux droits des femmes ou des personnes homosexuelles se réduirait à un doux conservatisme, presque une légitime défense…

Dominants et dominés

« Ce renversement du stigmate est typique des campagnes d’opposition aux minorités », estime la sociologue Sara Garbagnoli (5). Qu’il s’agisse hier de l’antiracisme et du féminisme, « ou aujourd’hui des mouvements LGBTQI (6) – partisans d’une dénaturalisation de l’ordre sexuel, des normes qui le traversent et le définissent, les théories élaborées par les personnes oppri-mées dévoilent toujours des formes de domination : blanches, masculines, hétérosexuelles… Et cela ne peut que déranger celles et ceux qui bénéficiaient de l’ordre social en vigueur. ».

De larges pans de la population majoritaire sont dès lors à même de lancer de violentes campa-gnes de délégitimation, voire de se présenter comme un groupe devenu minoritaire et menacé. « On a vu ainsi apparaître des “hetero pride” ou des “family day”, comme en 2007 à Rome, donne en exemple Sara Garbagnoli. L’usage du mot « hétéro-pride » est en grande partie l’affaire de groupes néofascistes, en particulier de Forza Nuova. » L’idée fait des émules : fin août 2019 à Boston, aux États-Unis, une marche pour exprimer la « fierté hétérosexuelle » a également suscité l’indignation.

Des militants et militantes des campagnes « anti-genre » vont aussi dénoncer une « hétéro-phobie » ambiante, ou encore critiquer la supposée « violence de genre » consistant à nier la féminité ou la masculinité « naturelle » d’une personne. Aux États-Unis notamment, des mouve-ments masculinistes tendent ainsi à fustiger le féminisme comme une violence imposée aux penchants supposés « innés » des hommes. Et des « incels » (« célibataires involontaires ») mettent ainsi sur le compte de l’émancipation féminine et de la libéralisation sexuelle leur incapacité à nouer des relations amoureuses ou sexuelles.

« Il s’agit d’une stratégie de renversement victimaire, qui nie la nature asymétrique et donc non réversible des systèmes de domination, et qui fait passer les oppresseurs pour les opprimés et inversement. »

Cette stratégie explique en partie la globalisation des campagnes anti-genre, les formes de domination étant relativement similaires à travers le monde… « À cela s’ajoute la force du sens commun : quoi de plus “évident” que la différence des sexes ou leur caractère naturel ?

Les études de genre sont à juste titre vécues comme un bouleversement majeur, ébranlant notre façon de voir le monde », conclut la sociologue. Quel que soit le pays, elles se heurtent fatale-ment à du déni, de l’agacement et du rejet, a fortiori chez les personnes qui ne sont pas familia-risées avec les sciences humaines et sociales. Pour le sociologue Éric Fassin (7), l’anti-intellectualisme au cœur des campagnes anti-genre permet de mieux comprendre leur internationalisation : « l’invocation du « sens commun » contre la « théorie » résonne avec la rhétorique populiste ».

Nouvelle alliance ?

Cela tient au fait que, pour le sociologue Éric Fassin, le populisme aujourd’hui n’est pas dirigé contre le néolibéralisme, il en est une forme même. Au lieu de s’en prendre aux élites écono-miques, il s’attaque donc aux « bobos », accusés d’être loin de la réalité et du peuple en raison de leur élitisme culturel.

« Dans le monde néolibéral, le capital culturel (la Culture avec un « C » majuscule) a donc perdu de la valeur ; en revanche, le capital identitaire (la culture avec un « c » minuscule) devient un enjeu politique », analyse le sociologue.

Les populistes, poursuit-il, s’en prennent aux femmes et aux minorités sexuelles et raciales en valorisant le capital identitaire de la majorité – l’homme blanc hétérosexuel, d’autant plus précieux quand il est menacé de déclassement faute de capital économique.

« Je fais donc l’hypothèse que cette convergence entre néolibéralisme et populisme explique en partie les campagnes anti-genre. C’est ainsi qu’on peut comprendre le succès de Donald Trump ou de Jair Bolsonaro : ce sont de vrais défenseurs du néolibéralisme, en même temps que de farouches opposants à « l’idéologie du genre », aux minorités sexuelles et raciales, et plus largement à toute forme de libéralisme culturel. »

Cette convergence n’est pas forcément consciente, d’ailleurs beaucoup d’opposants à « l’idéologie du genre » assimilent celle-ci à une forme de libéralisme culturel. Elle permet toutefois d’expliquer un phénomène relativement nouveau et « que nous n’avions pas vu venir », concède Éric Fassin : soit l’articulation nouvelle entre les logiques économiques et identitaires.

« Nos cadres de pensée sont bousculés par les changements du monde, il faut donc nous renouveler, s’enthousiasme Éric Fassin. C’est tout l’intérêt de travailler sur des sujets d’actualité ! » 

28.11.2019 Fabien Trécourt

https://lejournal.cnrs.fr/

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15 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

pacs (le télégramme)

lgbt

20 ans du Pacs. La cote en Bretagne

Le Pacs (pacte civil de solidarité), qui fête ses 20 ans ce vendredi, semble séduire davantage les couples bretons que ceux du reste de l’Hexagone.

Plus de deux millions de pacsés.

En France, le Pacs s’est traduit par 2,1 millions d’unions depuis la publication de la loi au journal officiel, le 15 novembre 1999. Et c’est trois jours plus tard, le 18 novembre 1999, à Lille, que le premier Pacs a été conclu entre deux hommes âgés de 65 et 73 ans.

L’un des objectifs du Pacs était en effet de permettre des unions entre deux personnes, indépen-damment de leur sexe. Ce partenariat était également considéré comme une alternative ou un premier pas vers le mariage. Jusqu’en 2017, les Pacs devaient s’enregistrer auprès des tribunaux d’instance. C’est depuis lors en mairie que les futurs pacsés doivent effectuer leurs demandes.

Le Grand Ouest, 2e région.

La première année de mise en place du Pacs, celui-ci avait séduit 1 687 couples dans le Grand Ouest (23 071 sur l’ensemble de la France). À Paris, 70 % des pacsés étaient des homosexuels alors qu’en province, on comptait 65 % d’hétérosexuels. Au classement du nombre de pacsés, en cette première année, le Grand Ouest se hissait à la deuxième place, juste derrière la région parisienne.

En Bretagne, on se pacsait davantage en ville qu’à la campagne. Avec 335 Pacs, la première année, Rennes arrivait ainsi en tête des cités bretonnes, devant Brest (157), Quimper (91), Saint-Brieuc (79), Vannes (66), Lorient (61), Morlaix (57), Guingamp (34), Vitré et Redon (une petite dizaine), puis… Loudéac (5) qui fermait la marche.

Plus d’union hommes-femmes en Bretagne.

Entre 2007 et 2016, 89 590 couples se sont pacsés en Bretagne. Au cours de cette même pério-de, les Pacs entre une femme et un homme étaient très largement majoritaires (96,7 %) sur l’ensemble des quatre départements bretons, devant ceux entre deux hommes (1,7 %) et ceux entre deux femmes (1,6 %). En Bretagne, la meilleure année en termes de nombre de Pacs fut 2010, avec 11 296 contrats signés. Quant à la « pire année », ce fut 2011, avec 530 Pacs conclus dans la région.

La Bretagne, championne du Pacs. 

« La Bretagne, championne du Pacs », pouvait-on lire dans la presse commentant l’étude Insee de Bretagne, au mois de janvier 2018, une analyse réalisée notamment à partir des données de 2016. Cette année-là, 8 % des couples bretons s’étaient ainsi pacsés, alors que la moyenne nationale s’élevait à 7 %.

Dans ce classement des unions pacsées, la Bretagne devenait ainsi la première région de France, devant les Pays-de-la-Loire et l’Occitanie. Toujours en 2016, le mariage restait cependant la forme d’union la plus choisie par les Bretons (73 %), bien devant l’union libre (19 %) et donc le Pacs (8 %). À noter qu’en 2010, le nombre de Pacs bretons (11 296) avait détrôné celui des mariages (10 659) célébrés dans notre région.

Pourquoi le Pacs connaît-il un tel succès en Bretagne ?

« Il conviendrait de faire une étude statistique, sociologique et juridique poussée pour tenter de trouver la réponse à cette question qui m’échappe, répond Véronique Bourgninaud, maître de conférences, qui organise un colloque sur les 20 ans du Pacs, ce vendredi, à Nantes.

Il faudrait notamment mettre en perspective le nombre de dissolutions des Pacs ainsi contractés, par mariage entre partenaires, ce qui permettrait de démontrer (ou de démentir) que le Pacs est une période prénuptiale à l’instar des fiançailles autrefois ». Et malgré le fait que le mariage soit désormais ouvert aux couples de personnes de même sexe, le Pacs a, selon Véronique Bourgninaud « encore sa place dans notre société comme alternative au mariage ».

15 novembre 2019 Jacques Chanteau

https://www.letelegramme.fr/

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