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21 avril 2017 ~ 0 Commentaire

olé quoi! (bbx)

prof

Un observatoire LGBTI pour l’école espagnole ? Mais olé quoi!

Il s’en passe des choses éminemment intéressantes chez nos voisins, côté péninsule ibérique, un pays qui a légalisé le mariage gay en 2005, qui a fait des violences conjugales une question de société majeure avec une loi en 2004, un pays où les crimes machistes font la une des journaux, papier, web et télé…

Ce n’est pas idéal là-bas mais l’envergure de la mobilisation pour les droits des femmes contre les violences et les droits des LGBTI nous laisse songeuses à un moment où ces questions sont quelque peu inexistantes dans les débats actuels, pourtant cruciaux.Alerte-inspiration pour notre hexagone exigu : trois professionnelles de l’éducation ont lancé un projet d’observatoire LGBTI virtuel en milieu éducatif.

Carmen Ruiz Repullo, Marian Moreno Llaneza et Kika Fumero sont les trois enseignantes passionnées à l’initiative du projet. Elles sont parties d’un constat affligeant. Un tiers des élèves de primaire est victime de harcèlement, entre 70 et 80% des élèves LGB entendent à l’école comment leur orientation est une insulte, 80% des élèves LGB cachent leur orientation sexuelle. Par ailleurs, selon l’Institut National des statistiques espagnol, entre 2011 et 2015, 2562 filles mineures ont porté plainte et bénéficient de mesures de protection, sans parler de la violence domestique, des viols collectifs, des bus qui exhibent la transphobie (ceux de l’association ultra-catholique Hazte Oír en l’occurrence).

Elles sont convaincues que tout ou presque se joue dans l’éducation. Si un monde meilleur est possible, c’est bien là que ça doit commencer, dans le lieu où les nouvelles géné- rations se rencontrent et se forment, un lieu qu’elles souhaitent plus sûr, plus sain, sans pré- jugés et sans violence qui entravent le développement des futur.e.s citoyen.ne.s. D’où un observatoire co-éducatif, qui envisage l’école comme le lieu premier du vivre ensemble, où filles et garçons ont les mêmes conditions et les mêmes opportunités.

Via un financement participatif, elles veulent créer une plateforme en ligne à échelle nationale en direction des élèves, des professeurs et des familles pour valoriser et promouvoir l’égalité et le respect de la diversité à l’école. L’observatoire proposera entre autres choses un service d’information d’urgence, un réseau social d’échanges, une bibliothèque d’outils pour tous les âges, une plateforme de formation et des jeux pour apprendre.

Les sociologues Johanna Dagorne et Arnaud Alessandrin rappellent que la lutte contre les discriminations, l’homophobie en particulier, n’est apparue que très récemment en France dans les agendas politiques et la recherche universitaire (« Etre une fille, un gay, une lesbienne ou un.e trans au collège et au lycée. Academic Leadership, AcademicLeadership.org, 2016, Le sujet dans la cité, 2 (6), pp.140-149.).

Le Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire créé en 2004 regroupe neuf organisations et syndicats représentatifs des élèves, parents et personnels de l’Éducation nationale pour lutter contre les discriminations LGBTphobes en milieu scolaire.

Dans son blog, le collectif reprenait le rapport intitulé « Renforcer et généraliser aujourd’hui la formation à l’égalité filles-garçons des enseignant.e.s pour construire la société égalitaire de demain » du Haut Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes de février dernier, qui constate en particulier que « la formation à l’égalité ne bénéficie qu’à une minorité des 900 000 personnels enseignants et non-enseignants qui travaillent dans les écoles, les collèges et les lycées ».

Le collectif conclue : « Et encore, parmi la minorité qui a reçu une formation sur l’égalité filles-garçons, combien de ces personnels ont eu droit à un éclairage sur les LGBTphobies ? De cela, le HCE ne dit rien »…

/ 20 avr 2017

http://www.barbieturix.com/

Lire aussi:

Le Collectif éducation contre les LGBTphobies

Commentaire: Vocabulaire: Les enfants espagnols vont au « colegio » (école et collège chez nous) tandis que les lycéen(en)s vont à « l’instituto » , le « college » aux USA…

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17 avril 2017 ~ 0 Commentaire

le genre (tv5)

Touche pas parodie

Le genre, toute une encyclopédie pour un mot si détesté

Dans un ouvrage de plus de 700 pages, des chercheur-es ont planché sur le genre à travers plusieurs angles. La première « encyclopédie critique du genre » en France questionne le corps, la sexualité, les rapports sociaux. Entretien avec la chercheure Juliette Rennes qui a coordonné le projet. 

Consommation, handicap, virginité, danse, espace urbain, Internet, autant de sujets abordés dans cette encyclopédie par le prisme du genre.

Mais au fait, c’est quoi la notion de genre exactement ?

« Le genre c’est d’abord une question de recherche que l’on pose au monde social. (…) Il s’agit d’observer le monde social, par exemple, un univers professionnel en posant la question du rapport entre les sexes, comment le féminin et le masculin organisent l’espace, …. » explique, sur le plateau de TV5MONDE, Juliette Rennes, enseignante-chercheure à l’Ecole de Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS – Paris). « Longtemps dans les sciences sociales, la question du genre ne s’est pas posée.«   Le genre, c’est d’abord un système qui organise le monde social à travers des catégories de féminin et de masculin

« Le genre » est au centre de cet ouvrage unique sur le fond et dans la forme car les auteurs ont tenu à respecter aussi des règles de l’écriture inclusive qui permet de faire apparaître le féminin et le masculin dans le texte (intellecutel.le ; auteurs-actrices ; mot épicènes non genrés comme « une personne »).

Il y a bien sûr la définition du dictionnaire.  »L’origine du terme en français ‘le genre’ est gram- matical, le genre féminin/masculin, explique Juliette Renne. Mais le genre, c’est d’abord un système qui organise le monde social à travers des catégories de féminin et de masculin, non pas seulement les personnes mais aussi les objets, l’espace, …. »

Cette encyclopédie s’intéresse plus particulièrement à trois thèmes :  le corps, la sexualité, les rapports sociaux de sexe. Ces thèmes incluent par exemple le sport où le genre a souvent été en question ces dernières années.

« Le sport est organisé par cette différence entre les sexes et quand des personnes ne sont pas tout à fait classables dans cette bi-catégorisation femme/homme, elles rencontrent des problèmes », souligne Juliette Rennes. Ce fut le cas en 2014 de l’athlète indienne Dutee Chand qui secrète de la testostérone naturellement. Cette hormone qui peut accroître la masse musculaire est réputée améliorer les performances sportives. Dutee Chand a refusé de participer à une compétition après avoir dû se soumettre à un test hormonal sensé prévenir le dopage.

La bicatégorisation de la société en deux sexes est aussi un impératif social

« Cette affaire nous dit que la bi-catégorisation de la société en deux sexes est aussi un impé- ratif social comme lorsque par exemple un enfant doit être déclaré à l’état civil garçon ou fille. On invoque la nature mais elle n’est pas si rigide. Selon que l’on prend des critères génétiques, hormonaux, anatomiques, il y a des personnes qui naissent avec des identités moins stricte- ment binaires que d’autres. » souligne encore Juliette Rennes. Les chercheur-es préfèrent dans ce cas parler de « personnes inter-sexe« .

Une alimentation genrée ?

La question du genre se retrouve aussi là où on n’y fait peut-être toujours attention, comme l’alimentation. « Dans notre société les garçons et les filles n’ont pas la même alimentation, confirme la chercheure. Il y a des normes d’alimentation assez genrées.«  Plus de gras ou d’aliments pourvoyeurs en protéine par exemple pour les hommes.

Les auteur-es de cet ouvrage ont aussi voulu mettre en avant les inégalités soulevées par l’étude des genres.

« La mondialisation a des effets sur les inégalités entre les sexes et entre femmes. Les femmes des pays riches profitent de la venue de femmes de pays pauvres à qui elles font faire le ménage, la garde d’enfants. Cela permet aux femmes occidentales d’accéder plus facilement à des métiers valorisés. »

La théorie du genre

Quid des détracteurs de la « théorie du genre » ? « Il ya beaucoup de confusion autour de la « théorie » du genre, employée de manière péjorative par ses adversaires qui veulent la restrein- dre à une « théorie », à des éléments spéculatifs détachées d’études empiriques. Il y a beaucoup de craintes autour des effets de ces travaux qui montrent que ce que l’on voudrait considérer comme naturel est le fait de l’éducation, de l’environnement… » Cela fait bien longtemps qu’outre Atlantique, dans les pays anglo-saxons, ou en Allemagne et d’autres pays européens, ces peurs et rancoeurs semblent déjà d’un autre âge…

TV5MONDE Léa Baron 17.04.2017
Editions La Découverte, Paris, 2017, 35 €

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15 avril 2017 ~ 0 Commentaire

homophobie (npa)

drapeau_gay_breton

Révolte et rage face à la barbarie homophobe en Tchétchénie

Les informations qui parviennent de Tchétchénie, timidement relayées par quelques journaux, sont effroyables.

Ramzan Kadyrov, le fidèle serviteur de Poutine dans la république « autonome » de Tché- tchénie, se veut plus royaliste que le roi du Kremlin. Alors que ce dernier assimile les homo- sexuels à des pédophiles, demande à ses flics de rester passifs face aux agissements des groupes fascistes et fait en revanche matraquer les tentatives de manifestations contre l’homophobie, Kadyrov les fait arrêter, enfermer et torturer, parfois jusqu’à la mort.

Bien que selon lui, l’homosexualité n’existe pas en Tchétchénie, des dizaines d’hommes homosexuels ou supposés l’être, sont persécutés, raflés – avec une rapidité rendue possible par les nouveaux réseaux de communication, facile à espionner – et enfermés dans ce qui ressemble à un camp. Il y a de quoi être écœuré quand le porte-parole de Kadyrov ose dire des homosexuels que « s’il y avait de telles personnes en Tchétchénie, les forces de l’ordre n’auraient aucun problème avec elles puisque leurs proches les auraient déjà envoyées dans des endroits d’où personne ne revient » !

Je tiens à exprimer ma colère et ma révolte contre cette barbarie homophobe.

L’heure est à la solidarité internationaliste, à l’unité de tous les exploités et opprimés contre les préjugés qui nous divisent, et contre les humiliations subies par des millions d’entre nous dans le monde entier. Car si c’est à grands coups de Coran que la Tchétchénie a été « remoralisée » par Kadyrov après avoir été labourée par les bombes russes, Trump et ses semblables rêvent aussi d’un ordre moral archaïque, basé sur la Bible, pendant que d’autres – y compris en France – se contentent de discours pseudo-savants sur la famille et un prétendu « ordre naturel ».

L’horreur des persécutions là-bas, c’est l’expression extrême d’une oppression qui frappe également ici – insultes, coups et discriminations persistantes – et qui sont renforcées par les attitudes conciliatrices vis-à-vis de la « Manif pour tous » et de la racaille réactionnaire.

La lutte contre l’homophobie et l’oppression des personnes homosexuelles, bisexuelles, transgenres et intersexes, c’est l’affaire de toutes et tous.

C’est l’affaire des jeunes, des travailleuses et des travailleurs, quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

Le NPA appelle à participer au rassemblement organisé à l’initiative de l’association Act Up, le 21 avril à Paris, à 18 heures.

Déclaration de Philippe Poutou. Montreuil, le 15 avril 2017

https://npa2009.org/

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22 mars 2017 ~ 0 Commentaire

féminisme finistère (ouest france)

clit

Clito’Rik, le sexe au féminin, on en parle!

Du 7 au 15 avril à Trégunc, Douarnenez, Quimper, Châteaulin et Brest, le collectif Gast organise la deuxième édition du festival Clito’Rik Sexualités & plaisirs. L’objectif : ne pas choquer mais interpeller sur la question du sexe et notamment du plaisir au féminin.

Pourquoi avoir créé le festival « Clito’Rik » ?

« Tout le monde sait dessiner un sexe masculin, mais combien savent faire le sexe féminin ? », demande Cécile. Face au tabou et à l’ignorance, le collectif quimpérois Gast a décidé de créer ce festival. L’objectif numéro 1 : apprendre à se libérer et se faire plaisir. La première édition s’est tenue sur un week-end, en 2015. Cette année, il se déroulera sur dix jours. « On a eu un succès débordant alors, cette année, on a décidé d’être débordées », s’exclame Morgane Bramoullé. Les sujets seront plus larges : la sexualité des personnes âgées, des handicapés, des transgenres… Le festival est ouvert à tous.

Des animations très osées

Le festival se déroule sur dix sites. Il débutera par un concert, vendredi 7 avril, à Trégunc. Le samedi, de nombreuses animations se tiendront comme une course de sex-toys, un atelier « auto-gynéco », des discussions intimes autour de la place des hommes dans le féminisme…

Lundi, direction Douarnenez avec la performeuse et modèle Misungui Bordelle. Mardi, rendez- vous à Quimper pour une journée sexualité et handicap. Mercredi et jeudi, à Châteaulin, la question du consentement sera abordée, avec un atelier d’initiation à l’autodéfense, pour apprendre à riposter physiquement mais aussi verbalement. Viendra ensuite la question des personnes âgées avec des discussions et un concert des Mamies guitare au Run ar Puns. Le festival se terminera le vendredi 14 et le samedi 15 à Brest avec un concert au Vauban, des ateliers sur l’orgasme féminin, des expositions…

Une volonté de choquer ?

« On ne veut pas faire polémique mais on a envie de faire parler, admet Camille. C’est une clef féministe pour se réapproprier les pouvoirs. » Autre sujet qui interpelle : le spectacle Traumboy, l’histoire d’un homme qui a choisi le métier de prostitué (samedi 15, à Brest). « Encore une fois, on ne prend pas parti mais arrêtons de faire l’autruche », s’exclame Cécile.

En tout cas, le pari prend. À la suite de la première édition, l’association a reçu de nombreux retours positifs. Cette année, des gens viennent de toute la France et des ateliers sont déjà complets. « Oui, certaines personnes peuvent être un peu gênées. C’est pour ça que tout se fait sans obligation et dans la bienveillance. »

Féministe, un mot qui peut faire peur

Le collectif se décrit comme mixte, bilingue français-breton, ouvert à toutes les sexualités et… féministe. « Un mot qui peut faire peur, admet Cécile. Mais il existe de nombreuses branches. On ne s’oppose pas aux hommes. On veut juste une vraie égalité homme-femmes. Pendant le festival, on travaille avec une quinzaine d’associations. Ça va du planning familial à des collectifs plus radicaux. »

Le programme complet est à retrouver sur gast.bzh/clitorik et les inscriptions sont à faire sur strolladgast@gmail.com.

Tarifs : prix libre et jusqu’à 12 €.

21/03/2017

http://www.ouest-france.fr/

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03 mars 2017 ~ 0 Commentaire

le genre existe (alternative libertaire)

 Batman

Les cathos réacs le prouvent

Depuis les manifestations contre l’ouverture du mariage aux couples d’homosexuel.les, un mouvement de fierté masculine se développe parmi les catholiques. Être réactionnaires ne leur suffit pas, il faut en plus qu’ils travaillent leur virilité.

Depuis quelques années, des mouvements destinés aux hommes à la recherche de leur masculinité de croyants et de leur place virile dans le catholicisme se sont développés à partir des rencontres faites autour de la Manif pour tous. Il s’agit de camps, de retraites, de forma- tions entre hommes.

L’idée de base est qu’« être un homme, ça s’apprend et se construit » [1]. Oncroirait du Simone de Beauvoir.

De plus, les différences entre garçons et filles sont construites puisque « si l’on veut démontrer que les garçons et les filles ont des différences, il faut avoir des propositions d’éducation différenciées… ». Les féministes utilisent plutôt l’idée qu’il faut une éducation égale pour ne plus avoir de différences mais la base est la même : l’éducation construit la différence. Pour être honnête, cette mouvance accorde une importance plus grande à une base prétendument naturelle de la personnalité que les féministes radicales. Elle est essentialiste.

Les bases de cette éducation différenciées sont évidemment inégalitaires :

« La fille n’a pas l’acquisition du genre à faire. Alors que le garçon doit faire un travail initia- tique. » Les femmes, qui portent naturellement des serre-têtes et sont tout aussi naturellement enclines à fabriquer des enfants et assurer la catéchèse, n’ont donc pas besoin de se retrou- ver entre femmes pour construire leur féminité. On sait ce qui peut se passer dans des groupes de paroles féminins non mixtes, les réacs ont tout intérêt à éviter qu’ils existent.

Les rencontres entre hommes ont pour objectif de « leur faire prendre conscience des désirs profonds de leur cœur d’homme, spécifiquement masculins, qui sont l’aventure à vivre, le combat à mener et la belle à conquérir ».

Pérennité des clichés les plus éculés

Il s’agit donc d’assurer la pérennité de clichés les plus éculés et de stéréotypes les plus réactionnaires : hommes et femmes sont égaux mais tout à fait différents ; les hommes ont une force et une agressivité qui les tournent vers l’extérieur et la conquête, ils doivent juste la canaliser vers la grandeur (ce qui sous-entend que les femmes sont tournées vers l’intérieur et probablement la petitesse) ; ce sont les pères qui font les filles et les garçons puisque « c’est le regard du père qui conforte la fille ou le garçon dans sa féminité ou sa masculinité ». Les initiateurs et les participants regrettent le manque de rites initiatiques dans nos sociétés.

L’Église serait devenue un peu molle et maternelle, et surtout, peut-être, « l’islam se développe sur ce manque de virilité ». On sait que l’excitation entre supporters après les matchs a tendance à faire monter les violences conjugales. Qu’en est-il de réactionnaires qui rentrent à la maison après avoir passé quelques jours en non mixité à se booster la virilité ?

Christine (AL Orne-Sarthe) 28 février 2017

[1] Les citations sont extraites de l’article « Des catholiques veulent rendre à l’Église sa virilité », Le Monde, 28 décembre 2016.

http://alternativelibertaire.org/

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22 février 2017 ~ 0 Commentaire

dossier système de santé 5 (npa)

act

Santé : Du côté des associations

Entretien. Quelle peut être la place des patients et de leurs associations dans le système de santé et dans les luttes pour le défendre ? Nous avons demandé son avis à notre camarade Jacques Giron, médecin hospitalier, à partir de sa pratique avec les militantEs d’Act Up à Toulouse.

Comment as-tu été amené à rencontrer les militantEs d’Act Up à Toulouse ?

Nous nous sommes retrouvéEs dans les combats que nous avons menés ensemble au sein du comité de défense de l’hôpital public, et dans des actions avec la CGT santé et SUD pour la défense de l’IVG. Cela a nourri des discussions.

Comment définissent-ils le rôle de leur association ?

Une association comme Act Up a pour mot d’ordre « information = pouvoirs ». Elle défend la notion d’usagerEs experts de sa pathologie. En effet, l’histoire de la lutte contre le sida a montré la réappropriation du savoir par les malades afin de pouvoir agir tant sur ceux qui ont le pouvoir de voter les lois pour permettre l’accès aux soins et aux droits, que sur le monde médical et sur celui de la recherche pour obtenir par exemple l’accès ­précoces aux molécules.

Comment cela s’est-il traduit à Toulouse ?

Act Up a investi la défense de l’hôpital La Grave et rejoint le comité de défense de l’hôpital public, parce que cet hôpital accueillait le centre de dépistage, les consultations VIH et les PASS1. Du point de vue du patient, il était hors de question de laisser transférer ces services en dehors du centre ville, où ils auraient été beaucoup plus difficiles d’accès. Pour eux, la notion de service public et d’égalité d’accès sur le territoire de proximité des soins est essentielle.

Le comité de défense de l’hôpital public est important parce que c’est un lieu d’expertise, d’échange, qui permet d’acquérir du savoir sur le fonctionnement de l’hôpital, sur le décryptage des lois sur la santé, sur le fonctionnement de la sécurité sociale et de son financement. Pour Act Up, la lutte pour la défense du système de santé en général et de l’hôpital public en particulier doit se mener avec tous les acteurs : usagerEs et personnels soignants et non soignants. Ils refusent aussi de se limiter à la seule défense des services en charge du VIH (le suivi des personnes séropositives se fait à 90 % au sein de l’hôpital) sans tenir compte de la défense de l’hôpital. C’est la globalité de l’hôpital et de la Sécurité sociale qui doit être protégée.

Quels sont leurs modes d’action ?

Les militantEs d’Act Up visent à la fois par leurs actions les centres de décisions politiques nationaux et régionaux, ainsi que les institutions telles que l’Agence régionale de santé (ARS). Ils agissent également sur le terrain auprès des directeurs d’hôpitaux ou des médecins chefs de service. Leur interpellation se fait soit par des réunions avec les personnes concernées, par des communiqués de presse, mais aussi par des occupations, le tout relayé par les médias.

Propos recueillis par un correspondant

L’anticapitaliste Hebdo – 15 Février 2017

http://www.anti-k.org/

 

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17 février 2017 ~ 0 Commentaire

macron (libération)

lgbt

Emmanuel Macron, les humiliés ne sont pas sont pas ceux que vous désignez

En déclarant que le gouvernement avait «humilié la France de la Manif pour tous», le candidat d’En marche nie les violences homophobes subies par les personnes LGBT et réécrit l’histoire.

Sacrifiant à la traditionnelle séquence «confidences littéraires», Emmanuel Macron a confié à l’Obs, entre deux hommages à Kant et à Ricoeur: «Une des erreurs fondamentales de ce quinquennat a été d’ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes. C’est ce qui s’est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là.»

Ainsi, le gouvernement Hollande, dont il fit partie dès 2014, aurait «humilié» la France de la «Manif pour tous».

Humiliée, cette Manif pour tous, qui fut reçue à l’Elysée dès janvier 2013 ? Humiliée, cette Manif pour tous que François Hollande caressa dans le sens du poil en invoquant la «liberté de conscience» des maires de France, portant ainsi la première estafilade à cette loi: un argument d’ailleurs repris récemment par l’actuelle maire de Bollène pour refuser de marier deux femmes?

Humiliée, cette Manif pour tous qui distilla pendant des mois, à coup de pancartes, une puissante rhétorique antihomosexuelle et antiféministe, reprise avec entrain par nombre de politiques, et dont Christine Boutin est loin d’être la seule représentante ? Humiliée, cette France-là, dont les vociférations permirent, un peu plus tard, l’enterrement en catimini de la loi famille, de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les lesbiennes ou encore des ABCD de l’égalité, simple programme pédagogique visant à lutter contre les stéréotypes dès les bancs de l’école ?

Humilié, ce mouvement populiste chrétien qui s’inscrit dans la droite ligne des manifes-tations anti-pacs et anti-IVG des années 90, où l’on vit, par exemple le 31 janvier 1999, environ 100 000 personnes à Paris défiler sous les cris de «les pédés au bûcher»? Humilié, ce mou- vement anti-égalité des droits qui n’a jamais cessé d’exister ni de se déverser dans les médias? Faut-il par ailleurs rappeler à Emmanuel Macron qui, la semaine passée, badinait en démentant une rumeur sur sa relation homosexuelle cachée avec le directeur de Radio France, Mathieu Gallet, que les gays, les lesbiennes, les bisexuel(le)s et les trans ont particulièrement souffert pendant la période couvrant ces débats ?

A cette époque, face à la libération de la parole homophobe (le rapport 2013 de SOS homophobie évoquait une hausse de 78% des actes par rapport à 2012), les personnes LGBT ont été abandonnées par les pouvoirs publics (hormis le fameux discours de la garde des Sceaux Christiane Taubira dans l’hémicycle). Dans la rue, on niait leur légitimité à avoir les mêmes droits que les autres ; à l’Assemblée et au Sénat, on raillait leurs désirs de reconnais- sance d’une vie de famille digne et libre ; sur les réseaux sociaux et à la télé, on vomissait leurs identités, leurs sexualités et leurs amours.

Ce rejet, dans une France que s’est redécouverte sujette à une haine de la différence, n’a pas totalement disparu. Bien au contraire. Les discriminations à l’école, au travail, dans l’accès aux soins ou dans l’exercice de la parentalité, les violences subies en ligne ou dans la bouche des responsables politiques censurant des campagnes anti-VIH, résonnent avec des blessures qui ne se sont jamais complètement refermées depuis octobre 2012 pour bon nombre de LGBT.

En vérité, en dissertant dans l’Obs sur l’humiliation supposée de la Manif pour tous, Emmanuel Macron rejoint Mélenchon, puisque le candidat de la France insoumise a livré dernièrement une interview assez éclairante sur le sujet à l’hebdomadaire conservateur Famille chrétienne, sur l’air de «Je fais le pari positif du malentendu». Ces deux candidats, qui se définissent comme «hors système», semblent avoir une vision assez œcuménique de leur électorat, au point de tenter de séduire un mouvement réactionnaire traditionnellement associé à la droite.

Ceci étant, que dit la gauche, au sens large, sur ces questions ? Que répond-elle aux arguments des opposants à cette loi dont elle fut pourtant l’instigatrice ? Pas grand-chose. Rappelons que le PS et une grande partie de ses intellectuels ont depuis toujours construit leur réflexion sur une ligne conservatrice – en s’inspirant, par exemple, de Marcel Gauchet ou de Sylviane Agacinski. Et qu’ensuite, comme le souligne le juriste Daniel Borrillo dans un récent ouvrage (1), «tous les arguments mobilisés par la Manif pour tous en 2013 avaient été élaborés par les experts du gouvernement socialiste en 1999».

Avant de poursuivre : «Le gouvernement – à l’exception de Christiane Taubira, membre du Parti radical de gauche – non seulement n’offre aucun discours pédagogique sur la non-discri- mination et l’égalité, mais il se montre particulièrement attentif aux revendications de la Manif pour tous.» Une Manif pour tous qui est en premier lieu anti-mariage pour tous, mais aussi anti-GPA, anti-IVG et anti-PMA.

Si la question du mariage pour tous semble acquise au sein de la gauche, l’absence de réflexion sur ces sujets est devenue encore plus visible lors des débats à la primaire du PS et de ses alliés, où les seuls arguments sur la GPA des candidats Benoît Hamon et Manuel Valls pouvaient se résumer à un slogan de la Manif pour tous : «Non à l’asservissement de la femme ! Non à la GPA».

Que Manuel Valls y fut favorable en 2011 et défavorable en 2014 – il est vrai à la veille d’une Manif pour tous et dans un entretien à la Croix – n’est certainement pas un hasard. Avec un espace laissé vacant par une gauche pas très libérale sur ces questions et la puissance d’une «révolution conservatrice» (2), en marche depuis au moins les années pacs, il devient aisé d’en arriver à ce que vient de faire Emmanuel Macron : réécrire l’histoire.

(1) Les Défis de la République, sous la direction de Bruno Perreau et Joan W. Scott. Presses de Sciences Po. 24 euros. 

(2) L’expression s’inspire de D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française, de Didier Eribon. Ed. Léo Scheer, 2007.

Johanna Luyssen et Florian Bardou  16 février 2017

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18 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

act up (ouest france)

lgbt

La Manif pour tous perd son procès en diffamation contre Act Up

Nouvel épisode d’un combat judiciaire sur les mots entre des opposants et partisans du maria- ge homosexuel, la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère, a perdu jeudi le procès en diffamation qu’elle a fait à l’ex-présidente d’Act Up Laure Pora.

Lors d’une action le 4 août 2013, des militants d’Act Up avaient notamment placardé des affichettes portant le logo de la Manif pour tous barré de la mention « homophobes » sur la façade de la fondation Jérôme-Lejeune (qui soutient la recherche sur la trisomie et la lutte contre l’avortement), dont la présidente de l’association anti-mariage gay Ludovine de la Rochère était salariée.

« C’est ces gens-là qui soutiennent l’homophobie, soutiennent les violences et nous on fait jamais que le dire », avait notamment déclaré Laure Pora le lendemain sur iTELE. Ludovine de la Rochère et la Fondation Jérôme-Lejeune avaient alors porté plainte pour diffamation. Le tribunal correctionnel de Paris a jugé que le terme « homophobes », « sans autre spécification, demeure très imprécis et le soutien à l’homophobie ou aux violences est une imputation vague et générale ».

Propos cinglants mais peu précis

« Si cinglants soient-ils », ces propos « ne sont pas suffisamment précis » pour faire l’objet « d’un débat contradictoire sur la preuve de leur vérité et relèvent de l’expression d’une opinion subjective », et « ne sont donc pas diffamatoires », selon les juges. Il en va de même pour d’autre propos également poursuivis pas les plaignants.

La mention « homophobes » sur les affichettes placardées ce 4 août 2014 avait fait l’objet d’un autre procès, avec une autre issue, qui n’est pas encore définitive : Laure Pora a été condam- née le 2 novembre dernier par la cour d’appel de Paris pour injure (à une amende de 800 €) à l’encontre de la Manif pour tous, mais a formé un pourvoi en cassation. (…) 12/01/2017

http://www.ouest-france.fr/

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13 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

rennes genre (npa 35)

rennes

Facebook

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04 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

antonin le mée (tedxrennes)

Puisant dans son expérience auprès d’associations LGBTI (Lesbiennes Gays Bisexuelles Transgenres Intersexes) ainsi que dans sa propre vie, Antonin Le Mée explique comment la société occidentale est structurée par des cases binaires liées au sexe et au genre.

Que ce soit dans les comportements attendus ou les systèmes administratifs, partout on classe en deux catégories étanches : mâle / femelle, homme / femme, monsieur / madame…

Pourtant, la réalité des personnes est bien plus riche que cette binarité. Il existe une diversité incroyable de corps, d’identités, de comportements.

Que se passe-t-il alors pour les gens qui ne rentrent pas dans les normes binaires ? Avoir une apparence androgyne, être intersexe ou transgenre sont par exemple encore trop souvent synonymes de difficultés inacceptables dans la société, allant de la remarque déplacée à la mutilation génitale. Alors pourquoi séparer, trier, étiqueter à tout prix ? Et si nous apprenions à compter au delà de 2 ?

Né à Saint Brieuc, c’est en grandissant entre trois cultures (française, bretonne et indo- chinoise) qu’Antonin a compris très jeune que la diversité était une richesse, mais qu’il était parfois bien difficile de faire respecter son individualité.

Heureusement, l’exemple de sa famille aux nombreux engagements sociaux et militants lui a montré que nous pouvions tou·te·s agir pour un monde plus juste et plus raisonné. Courant 2009, il a franchis la porte du Centre Gay Lesbien Bi et Trans de Rennes (CGLBT), y devient bénévole et, touche-à-tout, y prend des responsabilités au fil des années. En 2015, il quitte la présidence pour faciliter son engagement auprès de la Fédération LGBT Nationale dont il est actuellement porte-parole. Des actions de terrain en Bretagne au travail avec les élu·e·s, Antonin est confronté à des publics très variés dans des domaines tels que la lutte contre les discriminations, la promotion de la santé, l’accompagnement individuel ou l’éducation populaire.

Ajoutée le 4 août 2016

Source: nos camarades belges de la JAC
(Jeunes Anricapitalistes)

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