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22 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Transphobie ( RDF)

transphobie
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Contre la transphobie, « il faut que la mobilisation s’amplifie »

Au lendemain d’une journée de mobilisation regroupant des milliers de manifestant.es partout en France pour les droits des personnes trans, un rassemblement s’est organisé à Paris, lundi 6 mai, contre la transphobie à l’université. Les personnes concernées font face à une séquence d’offensives transphobes particulièrement marquée dans les médias et le monde politique.

Face à ce climat délétère, la lutte s’organise. Une date est déjà en construction pour le week-end du 25 et 26 mai, à la veille de l’examen au Sénat d’une loi contre les droits des mineurs trans.

Une quinzaine de fourgons de police encercle la place Jeanne d’Arc, dans le 13ème arrondissement de Paris. Entre 100 et 200 manifestant.es se tiennent là, à quelques pas du centre Charcot, annexe de l’université Paris-Panthéon Assas. Parmi la foule, deux amies, Anaëlle et Margot, issues de la même filière info-com, à l’université d’Assas. Il y a quelques jours, elles ont appris que la Cocarde, syndicat étudiant d’extrême droite, organisait une conférence avec Dora Moutot et Marguerite Stern, autrices du livre Transmania. Ce livre, « un ramassis de conneries » résume Anaëlle, fait l’objet entre autres d’une plainte de SOS Homophobie et Stop Homophobie pour injure et appel à la haine contre les personnes trans.

Il a pourtant fait l’objet d’une recension dans la presse et a été présenté sur des plateaux médiatiques, notamment celui de CNews : « Marguerite Stern, on lui a donné beaucoup trop de visibilité dans les médias, signe de la transphobie ambiante. Alors qu’on a trop peu entendu les paroles des personnes trans elles-mêmes », soupire Anaëlle. Alors elle est venue, comme la centaine d’autres personnes autour d’elle, pour protester contre ce climat transphobe. Et aussi « pour montrer qu’Assas n’est pas qu’une université de fachos », ajoute Margot dans un sourire.

« Pour rappel, la transphobie et l’homophobie sont des délits punis par la loi, l’existence des personnes trans n’est pas un point de vue et n’a pas à être débattue ! Nous ne pouvons accepter que ces deux militantes réactionnaires puissent propager leur idéologie à l’université d’Assas », écrit dans son communiqué sur le sujet Sud Éducation Paris, l’une des organisations ayant appelé au rassemblement du jour (avec Solidaires Etudiant-e-s Assas, Assas in Progress, Assas LGBT+ et l’Union des Féministes d’Assas).

La veille de ce rassemblement, dimanche 5 mai, un appel à la mobilisation pour les droits des personnes trans et contre les offensives transphobes a réuni plusieurs milliers de manifestant.es à Paris. Une cinquantaine de rassemblements ont connu un succès similaire partout ailleurs : dans de grandes villes comme Lyon, Marseille ou Montpellier où se sont réunies près de 500 personnes ; mais aussi dans de plus petites comme Chambéry ou Angers qui dénombraient une centaine de manifestant.es. La journée a même été reproduite en Belgique, avec des rassemblements à Bruxelles et à Liège.

L’extrême-droite à la manœuvre, relayée par la droite parlementaire

Au milieu de la place, une personne s’empare du micro et rappelle le manque de prise en compte des vécus des personnes trans dans le monde universitaire français. « Une personne trans sur six doit arrêter ses études à cause des discriminations. Ces discriminations produisent de la précarité sur le plan social, psychologique, économique. La transphobie détruit des vies ».

Soudain, un mouvement d’agitation dans la petite foule. Séparées des manifestant.es par un cordon policier, les autrices passent près de la place, pour se rendre à la conférence. Les huées pleuvent, les chants antifascistes et les slogans – « pas de transphobes à la fac ! » – aussi. Moutot et Stern « sont hyper dangereuses dans les discours qu’elles portent. On leur donne beaucoup trop de place dans les médias alors qu’elles vont à l’encontre des valeurs républicaines », insiste Beverly, brandissant une pancarte. « Tout cela reflète la situation critique de la France, la montée de l’extrême droite qui met en danger les droits de toutes les minorités ».

Un peu à l’écart de la foule, Camille* complète « Dora Moutot et Marguerite Stern sont assez proches de l’extrême droite et de jeunes cadres du RN. Pour le côté institutionnel, on a l’Observatoire de la petite sirène. Tous ces gens sont liés ». Surtout, cette sphère trouve des relais politiques dans la droite parlementaire. Nos consœurs chez Mediapart ou encore Les Jours ont enquêté sur le sujet et sur l’offensive contre les droits des mineurs trans menée par l’Observatoire de la petite sirène.

Preuve récente de cette influence : suite à un rapport sénatorial, une proposition de loi a été déposée le 11 avril par des sénateurs LR pour interdire « tout traitement médical et hormonal de transition de genre » aux mineurs. Cette proposition de loi débute, dans son exposé des motifs, par ces mots : « Mesdames, Messieurs, la mode sociétale du wokisme déferle sur la France, après avoir essaimé aux États‑Unis, en Angleterre et dans les pays nordiques depuis quinze ans. » Le ton est donné.

Des médias à l’hémicycle, « on refuse ce déballage de la parole transphobe »

« Il faut comprendre que cette proposition de loi fait du bruit sur rien », réagit Anaïs Perrin-Prevelle, co-présidente d’OUTrans. Après avoir collecté les données hospitalières disponibles, elle rappelle que les enfants trans qui ont eu une consultation avec des endocrinologues ne sont que « 1200, sur 10 ans. Parmi eux, seuls 10 à 15 % ont été mis sous bloqueurs de puberté. On parle donc de 100, 150 personnes sur 10 ans ; et on fait une proposition de loi ! Tout cela est idéologique : ça ne répond à aucun problème concret ».

Dans un avis rendu lundi, la Défenseure des droits, Claire Hédon, a estimé qu’en interdisant « l’accès à des soins pouvant être utiles au bien-être de mineurs », cette proposition de loi « méconnaît leurs droits au regard de la Convention internationale des droits de l’enfant ».

De fait, « il y a un vrai enjeu d’accès aux soins, central, pour les adultes trans. Alors pour les mineurs, je n’en parle même pas. Il y a 10 000 médecins généralistes en activité en Île-de-France. Parmi eux, seuls 30 acceptent d’engager des transitions pour les femmes trans », souligne Anaïs Perrin-Prevelle, après avoir centralisé les annuaires de toutes les associations franciliennes accompagnant des personnes concernées. « Trouver ces médecins est déjà d’une difficulté extrême. C’est quasiment impossible sans passer par les associations. Pour des mineurs, c’est encore plus un parcours du combattant. ». Au passage, il n’est question ici que de l’Île-de-France. Dans les autres régions, les médecins engagés et formés sur le sujet se font encore plus rares.

Face à ce relais politique des offensives transphobes, les organisations de défense des droits LGBTQIA+ comptent bien amplifier la lutte. « Des mobilisations, il y en aura d’autres, jusqu’à ce que l’on ait gain de cause. Notamment pour que cette proposition de loi ne soit ni débattue ni votée », insiste James Leperlier, président de l’Inter-LGBT, qui regroupe plusieurs associations et collectifs. Des médias à l’hémicycle, « on refuse ce déballage de la parole transphobe. On ne veut pas que nos droits et nos choix soient ainsi débattus sur la place publique ».

Au-delà de la lutte contre la transphobie : avancer vers « des droits supplémentaires »

L’examen en séance publique du projet de loi aura lieu le 28 mai. Pour s’y préparer, les associations de personnes trans planchent sur une date de mobilisation le week-end précédent, le 25-26 mai, annonce Anaïs Perrin-Prevelle. « Il faut que la mobilisation s’amplifie », défend pareillement la co-présidente d’OUTrans. « Nous avons beaucoup de combats sur lesquels il faut que l’on avance et que l’on gagne des droits supplémentaires ». Parmi les objectifs de lutte : simplifier le changement d’état civil (pour qu’il puisse se faire sur un mode déclaratoire comme cela se fait dans un grand nombre d’autres pays européens) ; améliorer l’accès aux traitements hormonaux, objets de pénuries récurrentes, ainsi qu’au suivi médical ; mettre fin aux discriminations persistantes à l’école…

« La parole autour de la transition de genre se libère. On avance doucement : l’Organisation mondiale pour la santé a enfin sorti en 2022 la transidentité de la liste des maladies mentales… Nous sommes dans une période de bascule. Mais comme toute période de bascule, cela amène une période d’offensive », explique-t-elle. Un phénomène de « backlash » (« retour de bâtons », en anglais) mené par les forces conservatrices après chaque grande séquence d’avancées des droits des minorités – comme cela a été analysé après la vague MeToo par exemple.

La veille de l’examen en séance publique, le 27 mai, les associations et collectifs de personnes trans ont obtenu une rencontre avec la ministre Aurore Bergé. D’abord pour évoquer le positionnement du gouvernement sur la proposition de loi. Mais aussi pour proposer des mesures à ajouter au plan national de lutte contre la haine et les discriminations anti-LGBT+, qui ne contient aucun chapitre sur les droits des personnes trans.

Les associations s’étaient d’ailleurs vues promettre la réunion d’un comité de suivi de ce plan en janvier : « mais ça a été reporté pour juin. On nous avait même proposé octobre », soupire James Leperlier. « On ne les sent pas très investis. Encore moins sur la transphobie : ils refusent de prendre cette question à bras-le-corps. C’est très compliqué d’avoir un dialogue avec eux. D’autant qu’Aurore Bergé a refusé de revenir sur son soutien publiquement apporté à Dora Moutot et Marguerite Stern », rappelle-t-il.

Le rassemblement contre ces deux autrices s’achève, justement, sur la place Jeanne d’Arc. Désormais, la police forme une nasse. L’ambiance est fébrile. Plusieurs personnes se sentent oppressées par l’important dispositif des forces de l’ordre. Lutter dans ce climat de tension, « c’est usant. Mais on n’a pas trop le choix », résume en conclusion Beverly, avant de s’échapper de la nasse.

7 mai 2024 Maïa Courtois

https://rapportsdeforce.fr/

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08 avril 2024 ~ 0 Commentaire

LGBT ( Socialisme.BE )

LGBT ( Socialisme.BE ) dans Europe tract01

Les personnes transgenres ont toujours existé!

La droite et l’extrême droite mènent une campagne haineuse contre les personnes qui s’opposent aux oppressions et aux personnes transgenres en particulier, présentées comme le produit d’un «wokisme» à la dérive. Cela n’a pourtant aucun sens, comme le confirme un bref regard sur l’évolution des normes de genre.

« Les normes de genre simplistes et rigides ne sont ni éternelles ni naturelles. Ce sont des concepts sociaux en évolution. De nombreuses personnes seraient aujourd’hui surprises d’apprendre que dans les sociétés anciennes, les personnes transgenres étaient tenues en haute estime. Il a fallu une campagne sanglante de la part de la classe dirigeante émergente pour déclarer que ce qui était considéré comme naturel était le contraire. Ce préjugé, imposé à la société par l’élite dirigeante, existe encore aujourd’hui. »

C’est ce qu’écrit Leslie Feinberg dans l’introduction de son ouvrage « Transgender Liberation, A movement whose time has come », un texte novateur qui a plus de 30 ans mais qui n’a rien perdu de sa pertinence. Aujourd’hui, le contact avec l’histoire et la tradition des personnes transgenres a été perdu. De nombreuses personnes n’ont aucune idée que les personnes trans ont toujours existé. Cela n’a rien d’étonnant : les personnes trans ont été littéralement rayées de l’histoire.

Dans notre société capitaliste, la pression sur la binarité de genre est très forte. Commandez quelque chose en ligne, obtenez votre permis de conduire, abonnez-vous à un magazine : vous devez indiquer si vous êtes «homme» ou «femme». Avec un peu de chance, vous trouverez quand même la mention «autre». Pourquoi donc est-ce si essentiel que ces organismes sachent quel est votre genre ? Répondre à ces questions nécessite de remonter aux origines de la société de classes.

L’émergence de la société de classes

Avant que l’être humain ne commence à cultiver la terre, il y a environ 12.000 ans, nous vivions tou.te.s dans des tribus nomades qui pratiquaient la cueillette et la chasse. Dans un tel groupe, le travail de chacun.e était nécessaire et il n’était pas possible de récolter ou de fabriquer plus que ce qui était directement nécessaire.

Si l’on ramène toute l’histoire de l’humanité à l’échelle d’une année, nous avons vécu 360 jours dans ce type de société matrilinéaire (système reposant sur le lignage de la mère) fondée sur la propriété commune. La tolérance et le respect de la diversité humaine, y compris la diversité des sexes et des genres, découlaient du fait que les gens travaillaient ensemble avec des outils et d’autres matériaux en propriété commune.

Cette tolérance a disparu lorsque les hommes sont devenus sédentaires, se sont engagés dans l’agriculture et qu’une société de classes est apparue. Voici un exemple de ce qui s’est passé.

Le peuple Hébreux (prédécesseurs des Juif.ve.s) étaient l’un de ces groupes nomades. À un moment donné, ce peuple a émigré dans la région du Croissant fertile et s’est retrouvé constamment en guerre dans cette région disputée, une terre nourricière favorable à l’agriculture et véritable carrefour commercial entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. La confluence des conflits, de l’agriculture et du commerce a permis à un petit groupe de personnes dans cette société de s’approprier les surplus produits, les armes et les richesses et donc de commencer à opprimer les autres.

Les lois que l’élite voulait imposer sont énoncées, entre autres, dans le Deutéronome (5e livre de la Torah, 2e livre de la Bible). L’un de leurs objectifs était d’établir très clairement la différence entre les hommes et les femmes et d’opprimer ces dernières. En effet, les hommes qui étaient devenus l’élite tenaient à savoir très précisément quels enfants étaient les leurs, afin de transmettre leur héritage dans la lignée familiale.

Certaines de ces lois se lisent comme suit : « Une femme ne portera point un habit d’homme, et un homme ne mettra point des vêtements de femme ; car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Eternel, ton Dieu. » et « Un homme qui a les testicules écrasés ou le sexe coupé ne doit pas être accepté dans l’assemblée du Seigneur. »

Le travestissement et les chirurgies d’affirmation du genre étaient donc des pratiques existantes, sans quoi l’élite n’aurait pas ressenti le besoin d’inscrire cette interdiction aussi clairement dans les lois. L’obligation pour les hommes d’avoir les cheveux courts et pour les femmes d’avoir les cheveux longs a également été instituée. L’oppression des personnes transgenres a donc la même origine que l’oppression des femmes. Tout au long de l’histoire de l’humanité, diverses élites dirigeantes (noblesse, bourgeoisie…) ont poursuivi cette oppression. Semer la division était (et est) nécessaire pour leur maintien au pouvoir.

Jeanne d’Arc

Bien que la répression ait été très dure, les personnes transgenres et la tradition du travestissement sont restées présentes dans les sociétés et dans les traditions des paysan.ne.s qui vivaient encore en partie sur une base communautaire. Il en allait de même dans la France médiévale. L’exemple le plus connu est sans doute Jeanne d’Arc, que l’on présente souvent aujourd’hui comme une jeune fille rêveuse qui a sauvé la France et fini sur le bûcher, soupçonnée de sorcellerie. La réalité est différente.

Jeanne d’Arc a joué un rôle important dans la guerre des 100 ans (guerre pour la couronne de France entre les royaumes d’Angleterre et de France entre 1337 et 1453). À la tête d’une armée de paysans, elle a réussi à libérer Orléans et a aidé l’héritier du trône de France à se rendre à Reims, où il a pu être couronné. Elle était vêtue d’une armure destinée aux hommes. Cette tenue est parfois expliquée par un souci d’utilité : il serait plus facile de partir à la guerre en tenue masculine. Les soulèvements paysans où les paysans s’habillaient en femmes et s’appelaient « sœur » entre eux contredisent cette idée (par exemple, les « Émeutes de Rebecca » au Pays de Galles en 1839-43).

En 1430, Jeanne d’Arc fut capturée par les Bourguignons, alliés de l’Angleterre. Livrée à l’Inquisition (alors tribunal de l’Église catholique), dans sa cellule, elle a refusé à plusieurs reprises de porter des vêtements féminins.

La France n’a rien fait pour sauver son héroïne, qui avait pourtant redonné l’accès à la couronne à « l’héritier légitime du trône ». Pourquoi donc ? Jeanne d’Arc était vénérée par les paysan.ne.s et les communautés rurales dont elle était issue. Les gens voulaient constamment la toucher. Elle constituait une menace pour l’élite dirigeante française. Le travestissement de Jeanne d’Arc était au cœur de ce culte.

C’est très précisément cela qui lui a valu le bûcher et non la « sorcellerie ». Cela fut toutefois insuffisant pour étouffer dans l’œuf la tradition paysanne. L’Église a admis que les paysan.ne.s la considéraient comme la plus grande des saintes après Marie. Après sa mort, son armure fut exposée et vénérée dans l’église de Saint-Denis.

Les personnes transgenres ont toujours existé

Jeanne d’Arc, les Rebecca (Pays de Galles), Mère-Folle et ses enfants (Dijon, Langres et Chalon-sur-Saône) Mère-Sotte et ses enfants (Paris, Compiègne), Mère d’Enfance (Bordeaux), Lords of Misrule (Angleterre, Écosse)… sont autant d’exemples qui montrent que les personnes transgenres ont toujours existé dans des sociétés de religions différentes, disposaient d’un certain prestige et ont mené des soulèvements et même des guerres. Les arguments ne manquent pas contre celles et ceux qui prétendent que les personnes transgenres sont l’invention d’une génération woke qui a perdu ses repères.

Cela permet également de comprendre pourquoi les colonisateurs des Amériques ont été si prompts à cibler les personnes bispirituelles des populations indigènes pour leur faire subir une répression extrême.

Comprendre l’origine de l’oppression des personnes transgenres permet de mieux la combattre. Cela implique de supprimer la société de classes et la propriété privée des moyens de production. La transactiviste Leslie Feinberg explique à ce titre : « Le fait qu’à l’échelle d’une année, plus de 360 jours de l’histoire de l’humanité appartiennent à la vie coopérative et communautaire me donne un espoir concret sur ce qui pourrait être réalisé avec les puissants outils et la technologie qui existent aujourd’hui, si nous planifions toute la production pour répondre aux besoins de tou.te.s, sans avoir à considérer la question de la rentabilité. »

31 mars 2024  Frede (Bruges)

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30 mars 2024 ~ 0 Commentaire

Marielle! Presente!

mariellefranco

Meurtre de Marielle Franco:

Après six ans d’investigation, les trois commanditaires présumés de l’assassinat en 2018 à Rio de Janeiro de Marielle Franco, ont enfin été arrêtés. Cette élue noire issue des favelas engagée dans la défense des plus vulnérables s’était notamment dressée contre les violences policières.

Tous les individus impliqués dans ce crime et dans l’obstruction à l’enquête doivent être traduits en justice et rendre des comptes à l’Etat brésilien qui doit garantir des réparations aux familles et des mesures pour qu’un tel acte ne se reproduise pas.

Dans la matinée du 24 mars 2024, les trois commanditaires présumés des meurtres de Marielle Franco et de son chauffeur, Anderson Gomes : Domingos Brazão, conseiller de la Cour des comptes de l’État de Rio de Janeiro, son frère Chiquinho Brazão, membre du Congrès fédéral, et Rivaldo Barbosa, chef de la police civile de Rio de Janeiro, en poste au moment des faits, ont été placés en détention provisoire, six ans après le début l’enquête.

Un grand pas en avant

Nous avons suivi cette affaire depuis le début et nous réjouissons de ces interpellations, un grand pas en avant vers l’élucidation de ce crime. Cependant, cela ne signifie pas que justice est pleinement rendue.

Force est de constater que les investigations ont jusqu’à présent identifié trois anciens agents de la sécurité publique (deux membres de la police militaire et un pompier) comme étant les auteurs du crime et trois autres représentants de l’État comme étant les commanditaires.

Lire aussi : Marielle Franco, assassinée pour avoir porté la voix des plus vulnérables

D’après les informations recueillies par les autorités, ces meurtres pourraient être liés aux intérêts des groupes paramilitaires en plein essor, tels que les milices, à Rio. En ce sens, il importe de rappeler que l’émergence et l’expansion des groupes paramilitaires sont la conséquence, entre autres facteurs, de l’omission, de la tolérance et de l’assentiment des autorités de l’État, ainsi que de l’impunité et de l’incapacité des autorités étatiques à répondre avec force aux déviations au sein de leurs structures.

La responsabilité de l’État dans ce phénomène d’essor des groupes paramilitaires a fait l’objet de décisions emblématiques de la Cour interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) qui, constatant l’existence de divers cas impliquant des liens entre groupes paramilitaires et agents de la sécurité publique, a établi les obligations internationales élémentaires suivantes incombant à l’État :

➡️ l’obligation de prévenir les violations des droits ;

➡️ l’obligation d’enquêter avec diligence ;

➡️ l’obligation d’amener les responsables présumés de violations à rendre des comptes ;

➡️ l’obligation d’accorder des réparations aux victimes.

Les autorités brésiliennes n’ont rempli aucune de ces obligations dans l’affaire concernant les meurtres de Marielle et son chauffeur Anderson Gomes.

Tentatives d’obstruction

Le Brésil demeure l’un des pays les plus dangereux pour les défenseur·e·s des droits humains. Selon le rapport de Global Witness, entre 2018 et 2022, le pays est passé de la 4e à la 2e place dans le classement des pays où le nombre de défenseur·e·s des droits humains et de l’environnement tués est le plus élevé. Entre 2019 et 2022, trois défenseur·e·s ont été assassinés en moyenne chaque mois dans le pays.

Ce crime grave a été minutieusement planifié. Plusieurs rouages ont été impliqués dans ce processus. Après les meurtres, nous avons constaté d’innombrables impasses et tentatives de faire obstruction à l’enquête au cours des six dernières années, dont beaucoup étaient le fait de représentants de l’État. Tous les responsables doivent répondre de leurs actes.

Par ailleurs, il est du devoir de l’État brésilien d’assurer des réparations et de prendre des mesures garantissant la non-répétition, afin d’éviter que de tels actes ne se reproduisent.

Le 14 mars 2024, nous avons publié le document Lettres sur la table, qui systématise les six principales erreurs imputables aux autorités brésiliennes, par action ou par omission, dans l’élucidation du crime, et énonce six recommandations urgentes visant à mettre en place des mesures de non-répétition:

➡️ adopter des mécanismes externes efficaces pour l’obligation de rendre des comptes de la police,

➡️ prévenir et combattre la corruption,

➡️ participer à des mécanismes d’experts internationaux indépendants,

➡️ reformuler et réellement mettre en œuvre des programmes de protection des défenseur·e·s des droits humains, y compris les responsables de la communication et les écologistes.

Au Brésil, l’impunité met en danger la vie de toutes les personnes engagées dans la défense des droits humains.

Alors qu’Élcio de Queiroz et Ronnie Lessa ont été arrêtés en 2019, ce n’est qu’aujourd’hui, à la fin du premier trimestre 2024, que les enquêtes coordonnées entre les institutions fédérales, le bureau du procureur général de Rio de Janeiro, la police fédérale et la police judiciaire fédérale, ont pu orienter la société vers une conclusion quant aux « architectes » de ces

Les autorités brésiliennes doivent veiller à ce que tous les responsables présumés ayant planifié et perpétré ce crime, ainsi que tous ceux qui opèrent des déviations ou font obstruction lors des investigations, soient traduits en justice dans le cadre de procès équitables conformes aux normes internationales.

27.03.2024 

https://www.amnesty.fr/

Note: Marielle faisait partie de notre organisation soeur au Brésil, le PSOL, et en était élue pour Rio. Elle était aussi militants LGBT.

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29 mars 2024 ~ 0 Commentaire

fiertés Brest 2024

les detraqueers-

Marche des Fiertés de Brest 2024

Aidez-nous à financer la marche des Fiertés 2024 à Brest !

La Marche des Fiertés de Brest revient le 22 juin 2024  pour sa cinquième édition !

Portée par un intercollectif composé des associations Aides, Archives des Vécus Queer, Brest La Trans, David et Jonathan, Détraqueers, Glory All, les Pétrolettes, ainsi que des individu·es non affiliées à des associations, la Marche des Fiertés et son organisation reposent essentiellement sur de l’autofinancement.

Pourquoi désigner une association comptable ? 

L’association Les Détraqueers est comptable de l’événement, aidée en cela par des membres d’autres associations. Nous désignons une association comptable afin d’établir un suivi rigoureux du budget et des dépenses en centralisant ces dernières.

La Marche des Fiertés de Brest est-elle subventionnée ? 

A l’heure actuelle, la Marche des Fiertés ne bénéficie pas de subventions privées ou publiques. Néanmoins, la ville de Brest met à notre disposition une grande partie du matériel nécessaire (barnums, tables, chaises, installation électrique, sono), qui représenteraient un coût d’environ 15 000€ si nous devions les louer. Les frais restants reposent sur de l’autofinancement : nous organisons un crowdfunding et un ou des événements de levée de fonds.

https://www.helloasso.com/

pride

Ancienne affiche

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22 novembre 2023 ~ 0 Commentaire

lesbiennes (italie)

lesbiennes (italie) dans Europe

L’extrême droite au pouvoir en Italie s’en prend aux enfants de mères lesbiennes

Un an après l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni en Italie, des enfants de couples lesbiens risquent de se retrouver orphelins, à la suite d’attaques légales du gouvernement. Reportage à Padoue, où une série d’audiences vient d’avoir lieu à ce sujet.

Caterina, Eva, Ettore, Leonardo, Federico, Emanuele, Cesare, Alessandra, Davide, Adele, Elia, Noah, Bianca, Gabriele… L’air grave, face aux caméras, tenant des drapeaux rose et arc-en-ciel, des personnes font résonner ces noms devant le tribunal de Padoue. Ce sont les prénoms de 37 enfants, tous nés après 2017, que des membres de l’association italienne de familles homoparentales Famiglie Arcobaleno (en français, « familles arc-en-ciel ») énoncent, un à un. Ces enfants ont chacun deux parents. Deux mères. Mais, bientôt, ils pourraient n’avoir plus qu’un parent légal.

Au tribunal de Padoue se sont tenues le 14 novembre 2023 les cinq premières audiences d’une série de procès civils qui remettent en cause les actes de naissance sur lesquels figurent deux mères. Depuis 2017, année où la ville est passée à gauche, Padoue enregistre sur l’acte d’état civil les mères non biologiques d’enfants nés de couples de femmes. La procédure est motivée par « le principe qu’il faut assurer la plus grande protection possible aux nouveau-nés qui ont, comme tous les autres, deux parents, même si, dans ce cas, il s’agit de deux mères », souligne la mairie dans un communiqué le jour de l’ouverture des audiences.

« En tant que maire, j’ai le devoir de protéger la dignité des personnes avant tout, de protéger tout un chacun des situations qui les exposent à des discriminations et à des risques inacceptables. Cela s’applique d’autant plus lorsqu’il s’agit de petites filles et de petits garçons », précise le maire de Padoue Sergio Giordani (de centre gauche). Puisque rien ne l’interdit dans la loi, le maire, en tant qu’officier de l’état civil, a décidé en 2017 d’inscrire à celui-ci les mères non biologiques d’enfants nés au sein de couples lesbiens. Cela, tout en informant le bureau du procureur (comme le prévoit la démarche), et ce « sans jamais recevoir de contre-arguments », insiste la mairie. Jusqu’au printemps dernier.

« C’est l’amour qui crée une famille »

Le 23 mars 2023, la procureure de Padoue, Valeria Sanzari, annonce la remise en question de ces actes de naissance qui comprennent deux mères. « Le ministère public peut demander au tribunal d’apprécier la nullité de l’acte [de naissance] lorsque l’homme est indiqué comme mère et la femme comme père. Autrement dit, lorsque deux parents du même sexe sont indiqués », a rapporté le quotidien local Il Gazzettino en juin dernier, au moment de l’envoi des notifications aux familles. La série d’audiences au tribunal de Padoue est la conséquence directe de cette décision du parquet de remettre en cause les actes de naissance.

Le timing n’est pas anodin : c’est avec l’arrivée du gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni, à l’automne 2022, que les attaques contre les familles homoparentales ont fait surface en Italie. Début 2023, seulement quelques mois après l’élection de Giorgia Meloni, le ministère de l’Intérieur a émis une circulaire, demandant aux maires de cesser l’enregistrement des parents non biologiques des couples homosexuels sur les actes de naissance de leurs enfants. L’annonce du parquet de Padoue en découle.

Georgia Meloni (du parti Frères d’Italie) n’a jamais caché son hostilité envers les personnes LGBTQI+. Déjà en 2019, lors d’une manifestation unitaire de la droite organisée par Matteo Salvini (d’un autre parti d’extrême droite, la Ligue), elle avait fustigé ceux qui voulaient « retirer les mentions père et mère des documents » comme des « ennemis de l’identité de genre et de la famille ».

« Nous sommes un sujet qui divise, alors il est facile de nous utiliser comme prétexte », avance Iryna Shaparava, référente de l’association Famiglie Arcobaleno à Padoue, vêtue d’un sweatshirt rose aux couleurs de son association. Dans son dos, le slogan de l’organisation résume ses revendications : « C’est l’amour qui crée une famille. »

La militante est aussi mère. Son parcours pour créer une famille avec sa compagne a été semé d’obstacles. « J’ai procédé à l’adoption, par une procédure qui me permet d’adopter l’enfant de ma conjointe. Cela a pris presque trois ans, nous avons eu 12 séances avec des assistantes sociales », retrace-t-elle. C’était un « calvaire », dit-elle, tant la procédure a été laborieuse. Les deux femmes ont dû prouver maintes fois leur capacité à être parents, montrer qu’elles étaient de bonnes mères, prouver chaque aspect de leur vie familiale déjà installée. « Nous nous sommes senties humiliées », résume Iryna. Sans l’enregistrement de la deuxième mère sur l’acte de naissance par une municipalité volontaire comme Padoue, ce parcours du combattant de l’adoption est l’unique recours possible pour ces mères.

Ce qui se joue au tribunal de Padoue est politique. C’est l’avenir des familles homoparentales dans le pays qui est en jeu. « Plus que d’effacer une mère d’un acte de naissance, le parquet veut effacer un droit fondamental », dénonce l’avocat de quinze des familles, Michele Giarratano, à la presse. Des affaires du même type avaient eu lieu à Milan, rappelle le conseil, mais le parquet n’avait remis en cause que les actes les plus récents. Ici, la circulaire a été appliquée de manière rétroactive, englobant tous les actes émis depuis 2017. « Certains enfants ont jusqu’à six ans et demi. Il y a donc un élément supplémentaire à prendre en compte, qui touche à l’intérêt de l’enfant : conserver une identité sociale et maintenir une situation familiale qui a structuré leur vie », souligne l’avocat.

Des mères risquent de perdre leurs droits parentaux

Sur la petite place en face du palais de justice, des membres de Famiglie Arcobaleno arborent le même pull fuchsia qu’Iryna, parfois caché sous un manteau pour braver le froid automnal. Les poignets entourés d’un même fil rose, les mères et les membres de l’association répètent : « Nous sommes toutes ces familles ». Les personnes brandissent des morceaux de papier blanc sur lesquels sont imprimés les noms des enfants. Un moyen de montrer que toutes et tous sont concernés par ces procès.

« Le soutien de l’association a été essentiel pour nous », raconte Manuela, jetant un coup d’œil reconnaissant aux personnes autour d’elle. Avec sa compagne Roberta, elles sont venues ce matin de Vérone. Manuela est la mère dite « sociale » de leurs trois enfants, Emma, sept ans, et Ettore et Eva, des jumeaux de trois ans. Elle a adopté leur première fille, mais les deux suivants sont nés à Padoue et ont été enregistrés à l’état civil avec leurs deux mères. À l’issue du procès, elle pourrait perdre ses droits parentaux envers ses jumeaux.

« Je ne pourrai plus les accompagner à l’école, ou les emmener à l’hôpital en cas d’urgence. Et si ma compagne meurt, mes enfants seront considérés comme orphelins, explique la mère derrière ses épaisses lunettes noires. On n’a pas encore expliqué à nos enfants ce qu’il se passe. Pour eux, la famille est un point de repère stable. Leur expliquer que quelqu’un veut détruire cette forteresse, c’est trop difficile pour des enfants si jeunes. Alors, on attend avant de leur dire qu’il y a quelqu’un de mauvais qui veut leur retirer une maman. »

Les audiences se tiennent toutes les semaines, les mardis, jusqu’à Noël. Les militantes et militants aux sweats rose fuchsia de Famiglie Arcobaleno, pour beaucoup des parents LGBTQI+ aussi, promettent d’être là jusqu’au bout. Les premiers jugements seront rendus d’ici quelques semaines.

Mais la Cour constitutionnelle italienne pourrait être appelée à s’exprimer rapidement sur la question à la demande de la nouvelle procureure. Car le ministère public a changé de position depuis le printemps 2023. « Le ministère public a expliqué qu’il avait contesté les actes de naissance pour montrer qu’il y avait un vide juridique et a donc demandé au tribunal de transmettre les documents à la Cour constitutionnelle pour soulever une question de constitutionnalité, explique le quotidien national Il Post. La transmission des actes à la Cour n’est pas automatique : le tribunal décidera de la suite à donner à l’issue des 33 audiences, dont la dernière est fixée au 22 décembre. »

Pour les familles homoparentales, c’est une bonne nouvelle, apprise à l’issue de la première audience. Leur situation, comme le sous-entendait le ministère de l’Intérieur dans sa circulaire, n’est peut-être pas illégale. Si elle arrive, la clarification de la Cour constitutionnelle permettrait d’éclairer la situation pour les parents de tout le pays. « On peut transformer ce qui est né comme une attaque politique aux familles arc-en-ciel en une occasion de combler les vides juridiques pour éviter que ces discriminations ne se reproduisent dans le futur », se félicite, sur le réseau social TikTok, la députée de gauche Rachele Scarpa.

La mairie de Padoue continue, pendant ce temps, d’enregistrer les parents de même sexe sur les actes de naissance de leurs enfants, puisqu’il ne leur a pas été formellement interdit de le faire. Cela fait gagner quelques précieux mois après la naissance de leur enfant aux familles, avant une éventuelle remise en cause du second parent. Mais pour combler ces failles juridiques qui rendent ces familles si précaires, les parents LGBTQI+ d’Italie demandent d’urgence une loi pour les protéger.

Emma Bougerol 22 novembre 2023

https://basta.media/

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17 novembre 2023 ~ 0 Commentaire

contre les violences (villejean rennes)

contre les violences (villejean rennes) dans A gauche du PS

Une semaine de mobilisations pour préparer un 25 novembre déterminé, joyeux et revendicatif !

Dans moins de deux semaines, c’est la journée internationale de luttes contre les violences sexistes et sexuelles. D’ici là, nous vous donnons rendez-vous à plusieurs événements pour préparer la lutte, commémorer et vous informer sur les violences sexistes et sexuelles.

Samedi 18 novembre, Villejean – 9h30-17h30 : atelier d’auto-défense antiraciste et féministe

L’association d’éducation populaire déCONSTRUIRE propose un atelier d’auto-défense à destination des personnes susceptibles de vivre des discriminations liées à l’origine réelle ou supposée ET du sexisme ou de la transphobie. L’atelier propose des outils et techniques pour se défendre verbalement, psychologiquement, physiquement et émotionnellement dans différentes situations.
Atelier gratuit et sur inscription à autodefense.aref@gmail.com

 dans Altermondialisme

Samedi 18 novembre, place de la mairie – 12h-18h : journée de sensibilisation contre les violences sexistes et sexuelles

On se retrouve toute l’après-midi en centre-ville avec une multitude d’organisations, collectifs et associations féministes sur des stands d’informations avec de quoi prendre un goûter, faire des pancartes et discuter.
À partir de 16h, il y aura des prises de parole, de la musique et une action commémorative des victimes de féminicides de cette année 2023.

Dimanche 19 novembre, centre Alain Savary 14h-18h : atelier banderole et pancartes

Pour préparer un cortège enragé et pailleté qui détonne pour ce 25 novembre :
Viens fabriquer la banderole de tête et tes plus belles pancartes, mais aussi des pochoirs et collages !
N’hésite pas à ramener du matériel, comme du carton et du papier, et des idées de slogans !
On se retrouve là-bas, pour un 25 novembre coloré, déter et revendicatif !

Lundi 20 novembre, place de la mairie, 19h : TDoR

Pour la journée du souvenir trans (Trans Day of Remembrance, TDoR), nous appelons à rejoindre le rassemblement commémoratif organisé par Ouest Trans. Comme chaque année, retrouvons-nous pour toustes nos adelphes trans, assassiné·es et suicidé·es. Rappelons que si encore aujourd’hui la transphobie tue, nous nous tenons ensemble, fièr·es et solidaires et nous lutterons toujours plus haut et fort pour nos existences et des vies dignes, libres et sans violence pour toustes.

Samedi 25 novembre Charles de Gaulle – 15h : Grande manifestation contre les violences sexistes et sexuellesC’est l’heure de la riposte ! Déferlons dans les rues pour chanter, crier, lutter ensemble. Sortons de l’isolement et de l’impuissance. Notre force, c’est le nombre !

 dans Féminisme

Évidemment, cette liste est non-exhaustive. De nombreuses actions sont organisées par de multiples collectifs et associations, car notre lutte est à notre image. Elle est diverse, elle regorge d’initiatives, elle est créative, elle est puissante. Autour du 25 novembre et tous les jours de l’année, si les violences sont partout, nous aussi.

https://expansive.info/

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19 août 2023 ~ 0 Commentaire

queer (courrier inter)

.dance

La Coupe du monde féminine pourrait être “l’événement sportif le plus queer de tous les temps”

Jamais une compétition sportive n’a accueilli autant de joueuses et de membres d’équipes ouvertement LGBTQI. Un décompte symbolique et encourageant, à quelques heures de la finale de la Coupe du monde féminine de football.

La Coupe du monde féminine de football, qui captive des millions de téléspectateurs depuis près d’un mois, s’apprête à siffler le coup d’envoi du match final qui opposera l’Espagne à l’Angleterre, ce dimanche 20 août à midi.

“La compétition aura été captivante et très suivie”, salue The Washington Post, avant de glisser : “Et très, très gay.” Pour cause, parmi les footballeuses et membres des 32 équipes nationales sélectionnées, plus d’une centaine de personnes sont ouvertement LGBTQI. Un décompte symbolique, pour ce qui “pourrait être l’événement sportif le plus ouvertement queer de tous les temps”, souligne le magazine queer Autostraddle.

Question de représentation

La compétition internationale a permis de réunir l’égérie américaine Megan Rapinoe, la légende brésilienne Marta Vieira da Silva et l’attaquante australienne Sam Kerr, “des joueuses très en vue qui assument fièrement leur homosexualité”. L’état des lieux tranche avec la précédente Coupe du monde masculine, qui s’est déroulée au Qatar, fin 2022, où “aucun joueur notoirement gay” n’a été dénombré, rappelle le titre américain.

Au-delà d’une question de chiffres, il s’agit là d’une question de représentation. Voir des sportives queers au cœur d’un engouement médiatique positif est une nouveauté applaudie par Divina Blanca-Jackson, une fan de l’équipe australienne, citée par le journal :

“Si j’avais connu cela étant plus jeune, cela m’aurait grandement facilité les choses. Parce que j’aurais eu la preuve, sur mon écran de télé, que les personnes queers peuvent […] avoir des amis et une famille qui les aiment, et mener une brillante carrière.”

“À certains égards, jouer au foot et revendiquer son appartenance à la communauté LGBTQI sont deux choses naturellement complémentaires”, observe le quotidien de la capitale américaine. Dans les deux cas et depuis des décennies, il s’agit de remettre en question les normes de genre et les attentes envers les femmes.

“Certaines femmes queers se sont justement tournées vers ce sport car il leur permet de s’affranchir des normes traditionnelles de féminité”, explique Jen Peden, présidente des Flying Bats, le club de football féminin LGBTQI de Sydney.

En France, il a fallu attendre les années 1970 pour que la Fédération française de football reconnaisse l’existence du football féminin.

Courrier international

https://www.courrierinternational.com/

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07 juillet 2023 ~ 0 Commentaire

pays de redon (npa)

Crédit Photo NPA CorrespondantEs

Ce samedi 1er juillet se tenait la première marche des fiertés rurales du pays de Redon, dans le sud de l’Ille-et-Vilaine. 

À Redon, une première marche des fiertés rurales déterminée

Avec la Pride de Fougères qui s’est tenue pour la première fois cette année une semaine plus tôt, la marche de Redon est l’une des deux premières Pride organisée en milieu rural en Bretagne.

Pour des fiertés visibles en milieu rural

À l’initiative de la marche, le collectif Fierté rurale en pays de Redon né début 2023 avait pour objectif de visibiliser la communauté LGBTI en milieu rural et d’y créer des liens et des lieux de rencontres qui y sont moins nombreux qu’en milieu urbain. Au final, la marche a réuni près d’un millier de personnes dans les rues de Redon, ainsi qu’une dizaine d’associations du département mais aussi de Nantes et de Quimper, sur son village associatif installé en centre ville.

Fiertés rurales, contre les réacs, les frontières et les violences policières

Au départ de la marche, plusieurs discours revendicatifs dénonçant l’isolement des personnes LGBTI en milieu rural, l’offensive réactionnaire antitrans et LGBTI-phobe ou encore les violences policières et la mort de Nahel ont été chaudement applaudis par les manifestantEs.

Le cortège s’est ensuite élancé sous une fine pluie (bretonne), derrière une batucada très déter’ qui ouvrait la marche en musique, suivie par un large cortège revendicatif réunissant entre autres des militantEs associatifs et politiques, dont plusieurs camarades du NPA.

Comme dans de nombreuses autres prides cette année, les slogans contre les frontières, contre la loi Darmanin et contre les violences policières se sont mêlés aux slogans pour la défense des droits LGBTI, et contexte oblige, une immense banderole « Justice pour Nahel » préparée en dernière minute mais très bienvenue était particulièrement bien visible dans le cortège.

Cette première marche des fiertés rurales à Redon aura en tout cas réussi à créer du lien là où il en manquait et dans un contexte de montée de l’extrême droite et de l’offensive réactionnaire, l’initiative était plus que nécessaire.

https://lanticapitaliste.org/

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30 juin 2023 ~ 0 Commentaire

genre (fr3)

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Extrême droite. Des groupes radicaux agissent pour empêcher une artiste de présenter son spectacle aux enfants. 

Une artiste qui défend l’égalité entre les garçons et les filles subit la tyrannie de groupes de droite radicale. Loin d’actions visibles comme la lutte contre l’accueil d’étranger à Callac en Bretagne, leurs actions se font discrètes mais systématiques. Chronique d’une violence invisible.

Elle s’appelle Marion Rouxin et son spectacle pour enfants déchaîne les foudres de groupes d’extrême droite comme Civitas, la Cocarde étudiante, Profession-Gendarme, Breizh-Info ou Parents en colère. Partout où elle joue, ces factions mobilisent leurs troupes pour tenter d’empêcher le spectacle, allant parfois jusqu’au sabotage.

Jouer aux Légo, c’est pour les filles ou les garçons ?

“Faire ses emplettes, faire du vélo, jouer aux Légo, c’est pour les filles ou les garçons ? Aimer le rose, le bleu, c’est pour les filles ou les garçons ?” Des voix d’enfants ouvrent le spectacle musical de Marion Rouxin. L’artiste joue son spectacle « Fille ou Garçon ? » dans des petites salles partout en France depuis octobre 2022.

“Il n’y a qu’à Marseille ou dernièrement à Saint-Brieuc où nous avons pu jouer tranquillement. J’espère que leur colère se calme”, souffle l’artiste. Des groupes radicaux refusent que le spectacle conçu par cette experte de la scène pour enfants soit joué devant leurs têtes blondes.

L’histoire, chantée à deux voix par Marion et Eric Doria, pose la question de la différence entre garçons et filles. Les interdits, les tabous, la possibilité d’assumer des choix aussi simples que d’avoir des cheveux longs pour un garçon ou de jouer au ballon pour une fille.

Accusée de « perturber le développement des enfants »

Le conte donne, chanson après chanson, la parole à des enfants vivant dans le monde d’aujourd’hui. Certains ont des parents de même sexe, des petites filles jouent au foot et des petits garçons peuvent avoir les larmes aux yeux. Ce discours de tolérance est interprété comme pouvant « perturber le développement de jeunes enfants” par cette communauté radicale.

Un homme a arraché le compteur électrique de la salle pour mettre fin au spectacle.

Marion Rouxin, chanteuse du spectacle « Fille ou Garçon ? »

Depuis près de sept mois, sur quasi toutes les représentations, des petits groupes s’activent pour tenter d’interdire le spectacle. “Le pire a été à Nantes. Un homme a arraché le compteur électrique de la salle pour mettre fin au spectacle. Plus d’électricité, plus rien. Les familles avec enfants se sont retrouvées dans le noir”, se remémore la chanteuse. Un sabotage condamné par la mairie de Nantes qui a mis en lumière “l’implication de l’organisation catholique traditionaliste Civitas”.

Le président de Civitas a reconnu auprès de l’AFP que des “actions de tractages et d’affichages dans les semaines qui ont précédé” le spectacle avaient été menées par son collectif mais refusait de reconnaître sa responsabilité dans ce débordement. Dans un communiqué repris par le groupe Riposte catholique, Civitas mettait en avant “la propagande immorale et contre nature de l’idéologie du genre”.

Courriers aux élus et aux enseignants

Pour empêcher les représentations, ces partisans de l’extrême droite ou de valeurs chrétiennes traditionalistes écrivent aux élus et aux enseignants. Dans des courriers que nous avons pu consulter, le discours mêle théorie du complot face aux politiques en faveur de la “transsexualité” et accusation de « wokisme » ou « de gaspillage d’argent public ».

Certains imaginent que le spectacle est conté par des drag-queens. Une propagande nourrie par des sites d’extrême droite comme Breizh-Info qui affirme que la pîèce musicale présente des théories “déconstructrices pour la famille naturelle et traditionnelle”. À chaque fois, les articles ou tweet appellent à la “mobilisation” pour “les parents qui aiment leurs enfants”.

La méthode Callac

Comme à Nantes en Loire-Atlantique, à Janzé en Ille-et-Vilaine, Gouesnou dans le Finistère ou Sotteville-lès-Rouen en Normandie, Marion Rouxin a subi des pressions du même type que celles contre l’accueil des étrangers dans la commune de Callac : harcèlement numérique, désinformation, propagande. Même contre une artiste qui joue dans des petites salles, il semble que le mouvement d’opposition de la droite ultra-radicale se coordonne.

Quelle société veulent-ils ? Marion Rouxin, chanteuse du spectacle Fille ou Garçon ?

“J’ai longtemps hésité avant d’en parler, pour ne pas les mettre en lumière”, explique Marion Rouxin fatiguée de subir cette pression. “Mais quelle société veulent-ils ?” s’alarme l’artiste dont le but est d’offrir un spectacle qui casse les stéréotypes pour offrir aux enfants l’occasion d’oser s’exprimer.

“J’ai tellement d’enfants qui viennent avec leur classe et qui reviennent avec leurs parents”, s’enthousiasme la chanteuse. “Des petites filles sont contentes d’entendre qu’elles peuvent être aussi fortes que des garçons et des garçons m’avouent qu’ils aimeraient avoir les cheveux longs”.

Malgré les agissements ciblés de groupes militants “il y a très peu d’annulations, la tournée est bien fournie”, se rassure l’artiste. Les messages de soutien de communes, d’écoles, de parents d’élèves ayant pu découvrir le spectacle participent à la faire tenir debout.

Marion Rouxin ne faiblit pas et ne regrette rien. “Au contraire, cela me rend presque plus féministe”, conclut la musicienne.

30/06/2023 Benoit Thibaut

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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25 juin 2023 ~ 0 Commentaire

lgbti (npa)

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