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16 juin 2020 ~ 0 Commentaire

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Le débat sur les droits des transgenres divise le mouvement féministe

Des personnalités et des spécialistes du monde de la politique, de la pensée, de la littérature ou du militantisme féministe et des LGTBI sont les protagonistes d’une amère controverse qui a pour toile de fond la simple définition de ce qu’est « être une femme ».

Un récent tweet de l’ONU Femmes (retiré par la suite) parlait de « personnes en période de menstruation » pour faire référence à la nécessité de mettre fin aux stigmates et aux tabous concernant la règle a provoqué une réaction de colère des féministes dans différentes parties du monde, qui accusent l’institution d’effacer les femmes et d’avoir cédé aux préceptes de la théorie queer.

Peu après, J.K. Rowling, auteur de la saga Harry Potter, a publié une série de messages sur les réseaux sociaux et un manifeste dénonçant que « si le concept de sexe n’est pas réel, la réalité vécue par les femmes du monde entier est effacée.

Ses arguments ont été réfutés dans les réseaux eux-mêmes et dans des articles l’accusant d’être une féministe radicale transphobe (TERF). Jusqu’à sept des protagonistes de ses films ont exprimé leur rejet des paroles de l’auteur. L’acteur Daniel Radcliffe, qui joue le personnage populaire de Rowling au cinéma, a écrit que « les femmes transgenres sont des femmes ». Toute déclaration contraire efface leur identité et leur dignité ».

Le débat est également intense en Espagne. Mercredi dernier, un document interne du PSOE a commencé à circuler à travers les réseaux sociaux et les groupes Whatssap qui s’opposent à l’inclusion de « l’autodétermination sexuelle » dans les lois, déclarant que « si le sexe est nié, l’inégalité qui est mesurée et construite sur la base de ce fait biologique est niée ».

Dans une interview accordée à Cuarto Poder, Victoria Rosell, juge et aujourd’hui déléguée du gouvernement contre la violence sexiste, a déclaré que « l’inclusion des femmes et des enfants transsexuels n’efface pas les femmes ni ne les brouille » et que certains messages émis par certaines féministes sont proches des postulats défendus par des organisations d’extrême droite comme Hazte Oír.

Ce sont des mots grossiers de part et d’autre qu’une grande partie du public ne comprend pas, non seulement en raison de la prolifération des acronymes (TERF, CIS, etc.), mais aussi en raison de la profondeur et de l’importance de ce débat en termes sociaux, culturels, juridiques et de droits de l’homme.

Au cœur du débat se trouve la question de savoir si les personnes transsexuelles doivent ou non subir une forme quelconque de traitement hormonal ou chirurgical pour être officiellement considérées comme des femmes, ou s’il leur suffit d’exprimer qu’elles « se sentent comme une femme ». Cela s’appliquerait également aux personnes nées avec le sexe biologique d’une femme mais qui se sentent comme un homme.

Pourquoi un débat qui semblait clos depuis que le PSOE a présenté en 2007 une loi selon laquelle une personne transgenre n’a pas besoin de subir d’intervention chirurgicale pour régulariser son identité en fonction du sexe auquel elle s’identifie, suscite-t-il autant de controverses ?

Pour commencer, parce qu’il n’a jamais été dépassé par les lois. La législation exige que pour effectuer le changement d’enregistrement, la personne doit avoir été diagnostiquée comme ayant une dysphorie de genre par un psychiatre et avoir reçu un traitement hormonal pendant deux ans afin d’adapter ses caractéristiques physiques à celles du sexe ressenti.

Cela va à l’encontre des demandes de la communauté trans, mais aussi de celles d’organisa-tions telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et Amnesty International : qu’il soit mis fin à la médicalisation et à la protection de ce groupe. Tout comme l’homosexualité n’était plus considérée comme une « maladie mentale » par l’OMS il y a seulement 30 ans.

Un secteur du féminisme a toujours été préoccupé par la pleine égalité des personnes nées du sexe masculin biologique mais qui se sentent femmes, avec les femmes nées du sexe masculin biologique. Pourquoi ? De peur que cela ne brouille le concept même de ce que c’est que d’être une femme et que cela n’ait des conséquences importantes lors de l’adoption et de la mise en œuvre de lois et de politiques visant à lutter contre l’inégalité entre les sexes.

Cette crainte est clairement reflétée dans le document distribué par certains affiliés du PSOE : « S’il suffit qu’un homme exprime à un moment donné qu’il se sent femme, sans autre considé-ration : comment cela affecte-t-il la collecte de statistiques fondamentales pour connaître les problèmes (inégalité du travail et des salaires, féminisation de la pauvreté, violence masculine, etc. Comment cela affecte-t-il la loi sur la violence de genre ? Un homme agresseur pourrait-il indiquer qu’il se sent femme et donc ne pas pouvoir être jugé pour ce crime ?

Le débat est également ancré dans deux concepts qui, pour le féminisme radical (appelé ainsi parce qu’il va à la racine du problème), ont toujours été essentiels et différenciés, et qui sont aujourd’hui remis en question : le sexe et le genre.

Si le sexe est une condition biologique (être né avec des organes génitaux féminins ou masculins), le genre, tel que compris et diffusé par les féministes radicales au milieu des années 70, est une construction sociale qui attribue à chaque sexe un rôle, des stéréotypes qui ont servi de base à l’oppression historique des femmes. C’est pourquoi les féministes radicales se déclarent abolitionnistes des genres.

Les défenseurs des droits des transgenres, en revanche, ne comprennent pas l’identité de genre comme une oppression, mais comme la définition de leur propre être : cette identité de genre est le sexe ressenti, celui qui définit qui vous êtes, indépendamment du sexe biologique avec lequel vous êtes né.

Pourquoi maintenant ?

Le débat sur l’identité de genre n’est pas nouveau pour le féminisme, mais il s’est particuliè-rement aigri ces derniers mois en raison de l’approbation ou de la proposition de plusieurs lois dans différents pays qui ouvrent la porte à l’autodétermination de genre (c’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire que la volonté de la personne soit reconnue par son sens du genre).

En Espagne, plusieurs propositions et projets de loi qui sont tombés sous la précédente législa-ture et qui doivent maintenant être traités prévoient dans leurs articles cette autodétermination des sexes. Ce sont des lois qui sont sous l’aile du ministère de l’égalité, dirigé par Podemos. Un parti qui a une conception différente de celle du PSOE et un large secteur de féminisme radical autour, précisément, de l’identité de genre.

Des lois telles que la loi sur l’égalité des LGTBI et la loi dite « Trans » en sont deux exemples clairs. Mais il y en a aussi d’autres, comme la loi sur la liberté sexuelle, qui a été approuvée par le Conseil des ministres le 8 mars et qui a été paralysée par la pandémie de covid-19. Une règle qui, entre autres, devrait servir à mettre en œuvre la réforme tant attendue du code pénal dans le domaine des infractions sexuelles.

C’est précisément dans le feu de l’élaboration de cette dernière norme qu’a été créé un groupe de féministes radicales qui, sous le nom d’Alliance contre l’effacement des femmes (ACBM), a présenté il y a quelques jours une série d’allégations au projet de loi organique de garantie intégrale de la liberté sexuelle.

Parmi elles, elles avertissent que la proposition omet les femmes prostituées, ignore la lutte contre la pornographie et « favorise dans la législation la confusion intentionnelle entre le sexe et le genre ».

Selon l’alliance, cette confusion est déterminée par l’inclusion dans ses articles d’une « fiction juridique » telle que les termes « identité de genre » et « expression de genre » qui demandent à être retirés du texte parce qu’ils « sapent la protection active des femmes ».

Parmi les allégations, ils affirment que le texte issu du Conseil des ministres est contraire à la loi contre la violence sexiste et à la loi sur l’égalité. Pour cette alliance, la loi est un « pas en arrière » et se rapproche de « postulats similaires à ceux de l’extrême droite, lorsqu’ils nient cette forme de violence subie par les femmes parce qu’elles sont femmes ».

Pour sa part, Toño Abad, activiste LGTBI et directeur de l’Observatoire LGTB de Valence, a averti dans un fil de discussion sur Twitter que « quelqu’un devrait clarifier si, lorsque nous traitons une femme trans qui est victime de son partenaire masculin, elle a le droit d’être considérée comme une victime de violence de genre ; ou lorsqu’un réseau d’exploitation sexuelle des femmes est démantelé, les femmes trans ont le droit aux ressources de secours disponibles ».

Abbad souligne qu’il faut expliquer que ces femmes « sont aussi victimes du patriarcat le plus brutal, du machisme » et qu’ »il ne suffit pas de les nier et de dire qu’elles mettent en danger leur propre existence ».

Le débat est devenu compliqué. La simple mention par certaines féministes de la nécessité de protéger les droits acquis par les femmes ou les doutes sur le fait que les droits de la population trans pourraient rendre invisibles des années de lutte des femmes, aboutissent à la disqualifi-cation systématique de ces féministes sous le sigle « TERF » ou en les appelant directement « travestis ». TERF est un acronyme qui fait référence à Trans-Exclusionary Radical Feminist et est à l’ordre du jour sur les réseaux sociaux comme une insulte qui empêche tout débat possible.

Pendant ce temps, la défense des droits des transsexuels se termine généralement par l’accusation de ceux qui les utilisent comme un cheval de Troie du féminisme et de vouloir imposer la théorie queer, qui remet en cause la construction du sexe comme système binaire homme-femme.

La confrontation a atteint un tel point que la Fondation Pedro Zerolo a dû publier un communiqué rappelant que ses objectifs fondateurs sont « la défense du féminisme et la lutte permanente pour la dignité et les droits des personnes LGBT, deux mouvements d’émancipation personnelle qui doivent continuer à travailler à l’unisson ».

La Fondation appelle au « respect et au dialogue sincère » face à « l’augmentation alarmante d’idées et de politiques qui cherchent à remettre en question des conquêtes fondamentales et élémentaires de la société espagnole, telles que la lutte contre la violence à caractère sexiste, les politiques d’égalité effective entre les femmes et les hommes, les politiques d’action positive, d’identité et d’autonomie de la volonté des personnes par rapport à leur propre autodétermination ».

Le communiqué souligne la nécessité de ne pas promouvoir « des confrontations superficielles et inutiles, car l’ennemi est dans ceux qui nient ou remettent en question les avancées et le cheminement commun pris pour la défense des droits et des libertés de toutes les femmes et des personnes LGBT+.

Un message qui reflète fidèlement l’esprit qui a caractérisé la trajectoire de la politicienne féministe et défenseuse des droits des LGTBI et qui contraste notamment avec le débat viscéral auquel nous assistons ces jours-ci.

madrid 16/06/2020 Marisa kohan

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13 mai 2020 ~ 0 Commentaire

sexe et genre (pùblico)

travail-enfants

Différences entre sexe et genre

S’il y a quelque chose de négatif dans la lutte féministe, c’est, sans aucun doute, la confusion croissante entre les concepts vitaux pour comprendre le féminisme: le sexe et le genre.

Il est extrêmement important de comprendre ces deux éléments pour pouvoir bien conceptu-aliser, pouvoir argumenter correctement et ne pas nous permettre de nous faufiler dans des conceptions misogynes qui rendent les femmes invisibles. Le travail de confusion que le «féminisme» néolibéral fait à cet égard est en train d’être brisé.

Le patriarcat est particulièrement renforcé lorsque les fausses déclarations proviennent de courants féministes autoproclamés. Le féminisme sait se défendre clairement contre les discours fascistes ou ouvertement anti-féministes, mais quand des voix nient les concepts de base ou leur donnent une interprétation individualiste, la confusion est servie.

Et comme le dit Celia Amorós, « conceptualiser, c’est politiser ». Si nous ne conceptualisons pas correctement, nous politisons mal. Et dans cette mauvaise politisation, on sait déjà qui sont toujours celles qui paient.

SEXE.

Le sexe est une réalité biologique. Je commence de cette façon parce que les auteurs des théories Queer insistent sur le fait qu’il s’agit d’une construction, utilisant des personnes intersexes pour se charger des raisons. Mais non, les êtres humains naissent avec une vulve ou un pénis (sauf les personnes intersexes, qui présentent les caractéristiques sexuelles masculines et féminines dans une mesure ou une autre).

À quoi sert notre sexe au patriarcat? Il sert à tout et il l’utilise dès la naissance pour perpétuer le système des oppressions.

Comment? La première chose qu’une société patriarcale doit savoir sur un nouveau-né est son sexe. Garçon ou fille. En fait, avant votre naissance, vous avez déjà préparé une série d’éléments classés par sexe.

En Espagne, les bébés filles se feront percer les oreilles pour mettre un ornement qui les différenciera des garçons.

Vos vêtements seront différents et avec des couleurs et des motifs différents. De plus, dès leur naissance, elles recevront un nom typiquement féminin si elles naissent avec une vulve. Il convient de garder à l’esprit qu’en tant que bébé, la société ne fait pas bien la distinction entre une fille ou un garçon, de sorte que le patriarcat se sert du berceau pour que son propre environnement l’identifie correctement.

Une fois « correctement » identifiés, avec leurs couleurs correspondantes, leurs parures ou leur absence, leurs différents vêtements et accessoires, la société sera prête à leur transmettre tel ou tel contenu. Un bébé est-il traité de la même manière qu’un autres bébé? Non, voici un des nombreux exemples.

Autour du sexe, réalité biologique qui implique une anatomie spécifique, le genre se construit, une construction socioculturelle exclusive et répressive, et le principal outil du patriarcat pour opprimer les femmes.

GENRE.

Après nous avoir parlé différemment, nous avoir traités différemment, nous avoir appelés différents, nous habiller et nous coiffer différemment, il nous apparaît très clairement à quelle catégorie nous appartenons, que ce soit les privilégiés (hommes) ou les opprimées (femmes). Rappelons qu’à seulement six ans, les filles se considèrent déjà moins brillantes que les garçons. En d’autres termes, le travail du patriarcat est excellent.

Quelques informations supplémentaires sur ce que signifie naître avec une vulve dans le monde entier:

Au moins 200 millions de femmes et de filles âgées de 15 à 19 ans ont subi des mutilations génitales féminines dans les 30 pays disposant de données représentatives.

On estime aujourd’hui à 650 millions le nombre de femmes et de filles dans le monde qui sont mariées avant l’âge de 18 ans.

Les filles se font moquer plus souvent pour l’apparence de leur visage ou de leur corps que les garçons. La violence basée sur le genre dans le contexte scolaire est un obstacle majeur à la scolarisation universelle et au droit des filles à l’éducation

Environ 120 millions de filles de moins de 20 ans dans le monde (environ 1 sur 10) ont subi des rapports sexuels forcés ou d’autres actes sexuels forcés

C’est çà le genre. Il existe une catégorie sociale privilégiée, les hommes, qui sont créés avec le droit d’exercer des violences de toutes sortes contre les filles, les adolescentes et les femmes. Et ils le pensent parce que le système patriarcal l’enseigne, l’encourage et le perpétue.

Le genre institue des rôles classés en deux: ceux des filles et les femmes et ceux des garçons et des hommes, en les façonnant de différentes manières afin qu’ils s’intègrent dans l’un ou l’autre compartiment étanche. La violence reçue pour ne pas rentrer dans le compartiment qui vous est assigné, nous le savons toutes très bien, va jusqu’à la mort, bien sûr.

C’est pourquoi le féminisme cherche l’abolition du genre. Sans genre, sans rôles différents, sans ces messages qui nous sculptent comme deux types de personnes différents, personne n’aura besoin de s’insérer dans une boîte rigide. Les femmes ne différeront des hommes que par l’anatomie. Personne ne recevra une éducation différente pour être né avec un pénis, et personne ne sera traité avec violence pour être né avec une vulve.

Autre conséquence du genre dont nous, les femmes, souffrons, évidemment simplement parce qu’elles sont nées avec une anatomie féminine, ou comme l’écrivait Simone de Beauvoir, avec « le deuxième sexe »:

ANDROCENTRISME:

Que le monde prenne le modèle masculin comme standard nous affecte les femmes, qui sommes l’altérité. Notre corps et notre anatomie sont «l’autre».

Cela se manifeste à bien des égards, mais l’un des plus graves pour notre santé et notre vie est l’androcentrisme médical: la médecine prend le corps masculin comme modèle et cette vision nous exclut, en plus du biais macho qui est appliqué affecte directement nos vies simplement en étant né avec vulve, utérus, ovaires …

Pourquoi l’anatomie masculine est-elle prise comme modèle alors que nous, les femmes, sommes 52% de la population? Parce qu’il y a le genre: les hommes sont l’important, le standard, le générique – même en langage: UN. Les femmes sont l’accessoire, l’altérité, les DEUX.

Le classement des sexes dans notre société est évident. Le premier sexe peut nous opprimer  partout. Le premier sexe bénéficie de l’exploitation sexuelle et reproductive du deuxième sexe. C’est pourquoi il y a traite, prostitution, mère porteuse, violence masculine, violence sexuelle, etc. Parce qu’il y a des hommes et parce qu’il y a des femmes, au sens socioculturel du terme.

Barbijaputa 13 mai 2020

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06 mai 2020 ~ 0 Commentaire

richard friedman (pùblico slate)

 lgbt

Le psychanalyste qui a détruit le mythe selon lequel l’homosexualité était une maladie guérissable est mort

L’Américain Richard Friedman est décédé à l’âge de 79 ans.

En 1988, le mur de Berlin n’était pas encore tombé, Ayrton Senna était le premier champion du monde de Formule 1 et le mariage entre deux personnes du même sexe était une chose qui, dans la moitié du monde ou plus, ne se produirait jamais.

Mais, cette même année, un événement qui a changé le cours de l’histoire des sociétés occidentales: la publication de « Male Homosexuality: A Contemporary Psychanalytic Perspective », où le psychanalyste Richard Friedman a contesté la théorie jusqu’alors dominante selon laquelle l’homosexualité serait un comportement déviant, démontrant qu’il a son origine dans la biologie des êtres.

Et, toujours en 1988, «The Coming Out Day» a été créé aux États-Unis, à l’initiative d’un autre psychologue, Robert Eichberg, et de la militante lesbienne Jean O’Leary.

Le travail de Friedman a été essentiel pour un changement de paradigme social, mais surtout scientifique. Jusque-là, l’homosexualité était perçue, non seulement par la société ou la religion, mais aussi par la science comme une «anomalie», répertoriée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), à partir de 1977, comme une maladie mentale – elle ne sera retirée de la liste des pathologies établie par cet organisme que le 17 mai 1990.

Diplômé du Bard College, de la Rochester Medical School et du Columbia Psychanalytic Institute et professeur clinique à Weill Cornell, Richard Friedman était un «psychiatre psychodynamique doué, avec des patients soulignant comment il avait « changé leur vie » ou    « Je suis ce que je suis devenu à cause de lui « a écrit la famille dans un texte publié dans le New York Times le 3 avril.

Le même article, fait référence à sa pertinence » en ce qui concerne son travail de pionnier dans le domaine de l’orientation sexuelle, où il était un pont entre la science biologique de la psychiatrie », mais des notes plus personnelles sont également ajoutées celle d’une personnalité qui a toujours fui les projecteurs: « Il a été un amoureux de la littérature toute sa vie, passionné d’histoire, un pianiste doué.  »

La mort du psychanalyste, le 31 mars, a fini par passer presque inaperçue en raison du contexte exceptionnel dans lequel le monde vit – avec un accent particulier sur les États-Unis, où il y a déjà plus d’un million de cas identifiés de covid-19.

5 mai 2020

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Lire aussi:

L’Allemagne interdit les «thérapies de conversion» pour les mineur·es (Slate)

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26 avril 2020 ~ 0 Commentaire

26 avril (lgbt)

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06 mars 2020 ~ 0 Commentaire

marielle (bastamag)

mariellefranco

Féminicide politique

Les étranges liens du clan Bolsonaro avec le meurtre de Marielle Franco

Son visage et son nom sont devenus symboles de lutte au Brésil. Sociologue et femme politique, issue d’une favela, noire et lesbienne, Marielle Franco a été assassinée il y a deux ans, le 14 mars 2018. Les enquêteurs recherchent encore les commanditaires du meurtre. L’une des pistes s’arrête à l’entrée de la résidence où habitent le président Jair Bolsonaro et ses fils.

Dimanche 16 février 2020. Stade du Maracaña, à Rio de Janeiro. L’équipe de Flamengo, championne en titre du Brésil et d’Amérique du Sud, dispute un match de football. Le Président Bolsonaro et quelques-uns de ses ministres sont présents. Le dirigeant d’extrême-droite est affublé du maillot de sa récente équipe de cœur. Cet événement qu’il voulait triomphal vire alors au couac de communication quand montent des tribunes populaires huées et sifflements d’une partie de la foule, scandant « Fora Bolsonaro » (« Dehors Bolsonaro »).

Une large banderole est déployée : elle représente le visage de Marielle Franco avec la question : « Combien d’autres devront mourir pour que cette terre se réveille ? ». Pour certains des supporters mais aussi bon nombre de Brésiliens, la connivence des Bolsonaro père et fils avec les assassins de la députée de Rio ne fait aucun doute. Comment le président de la plus grande démocratie d’Amérique du Sud en est arrivé là ?

Un meurtre planifié pendant des mois

Le 14 mars 2018, c’était un soir d’automne brésilien comme un autre pour la conseillère municipale du Parti socialisme et liberté (PSOL, gauche), âgée de 38 ans. Après une réunion sur le féminisme noir, Marielle Franco reprend le chemin de son domicile vers 21h30, accompagnée d’Anderson Gomes, son chauffeur.

Dans la pénombre, plus d’une dizaine de coups de feu claquent en direction du véhicule aux vitres teintées. La jeune femme reçoit quatre balles de 9 millimètres dans la tête, et décède, tout comme son chauffeur, sur le coup. L’opération est aussi organisée que chirurgicale. Rien n’est dérobé : c’est clairement une exécution qui porte le sceau de professionnels du crime. Selon l’enquête, elle a été planifiée en détails pendant près de trois mois.

Pourquoi assassiner Marielle Franco ?

Outre son activisme en faveur des femmes, de la cause LGBT, des noirs et des habitants des favelas, Marielle Franco s’en prenait aussi régulièrement à la police de la ville, dont la violence a peu d’équivalent dans le monde.

La police de Rio de Janeiro a tué plus de 1 810 personnes en 2019, soit cinq morts chaque jour ! « Marielle Franco incarnait les combats des lesbiennes et gays, des pauvres et des favelas », nous résume Renata Souza, députée PSOL de l’État de Rio de Janeiro et ancienne collègue de Marielle.

« Cette femme se situait dans le profil des personnes “potentiellement susceptibles d’être assassinées” au Brésil. Dans notre pays, sept homicides sur du dix touchent de jeunes noirs issus des favelas », continue celle qui est originaire du même quartier que la victime : le Complexo da Maré, conglomérat de favelas au nord de la ville de Rio de Janeiro.

C’est au bout d’un an que l’enquête – toujours en cours – pointe enfin la responsabilité des milices dans le meurtre de Marielle Franco. Ces groupes paramilitaires illégaux, composés de policiers ou d’anciens policiers, sont les héritiers des escadrons de la mort datant de la dictature militaire. Ils sévissent particulièrement à Rio de Janeiro et sont connus pour leurs exactions criminelles. La famille Bolsonaro entretient des liens très particuliers avec certaines d’entre elles, à tel point qu’elle est surnommée par certains Brésiliens la « familice »… (Pour la suite voir lien)

Guy Pichard 6 mars 2020

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27 février 2020 ~ 0 Commentaire

trans (npa)

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Tribune : Le débat sur la place des femmes trans n’a pas lieu d’être

Depuis un mois, les attaques contre les femmes trans sous couvert de féminisme se multiplient et trouvent en France un relais médiatique inédit. Nous savons depuis longtemps qu’il existe parmi les féministes une infime minorité hostile aux personnes trans et en particulier aux femmes trans. Leur nombre n’a pas progressé ces dernières années, mais elles ont su se regrouper derrière des idées communes.

Aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, des groupuscules féministes et des mouvements réactionnaires, d’extrême droite ou chrétiens intégristes, collaborent pour s’opposer aux droits des personnes trans.

Leur activité a décuplé à partir de 2016. Aux Etats-Unis, les projets de loi se multiplient dans les Etats conservateurs afin d’interdire aux enfants trans toute forme de transition, allant jusqu’à imposer aux professeurs de dénoncer aux parents les élèves qu’ils pensent transgenres (1).

Les enfants trans sont instrumentalisés contre les mères dans les affaires de divorce. Ces groupuscules font front commun avec Donald Trump contre les droits des personnes trans (et au-delà, des LGBTI).

Au Canada, la loi C-16 protégeant les personnes trans a été combattue par Meghan Murphy, fondatrice d’un blog anti-trans, et Jordan Peterson, polémiste conservateur masculiniste. Au Royaume-Uni, les attaques se sont cristallisées autour du projet de réforme du Gender Recognition Act, visant à simplifier le changement de sexe à l’état civil. C’est là-bas que le mouvement dit «gender critical» a rencontré le plus de succès, la panique transphobe a été alimentée par le tabloïd Daily Mail avant de s’étendre aux grands médias.

Les militant·e·s anti-trans français·es s’inspirent de ces exemples étrangers dans l’espoir de reproduire ici ce climat délétère tant aux luttes trans qu’aux luttes féministes. «L’idéologie transgenre» décriée par ces militant·e·s anti-trans serait promue par un groupe nébuleux mais influent, inventé de toutes pièces qu’ils nomment «transactivistes». Elle est semblable à la «théorie du genre» du «lobby LGBT» brandie comme épouvantail par l’extrême droite.

Lorsqu’on observe l’évolution de ces mouvements, les interrogations initiales déguisées en «inquiétudes légitimes» laissent rapidement la place à des accusations bien plus violentes, recyclage de clichés homophobes du passé : les femmes trans seraient des «malades mentaux», voire des pervers sexuels ; comme les lesbiennes, elles seraient des prédatrices ; les enfants et jeunes adultes seraient touchés par une contagion transgenre, rappelant l’idée de contagion homosexuelle. Sous couvert de féminisme, c’est une entreprise idéologique confusionniste et complotiste qui répand la division au sein des combats féministes réels.

Les militant·e·s anti-trans définissent les femmes comme des femelles, des êtres avant tout définis par leurs capacités reproductives. Pourtant l’oppression des femmes n’est pas une conséquence logique de la capacité à enfanter : ni les filles prépubères, ni les femmes ménopausées, ni les femmes stériles n’y échappent. La justification biologique de la différence entre hommes et femmes est une conséquence des modes d’exploitation spécifiques à la division sexuée de la société, pas l’inverse.

Les femmes trans sont depuis longtemps objets de fantasmes mais surtout de violences, de discriminations et d’exclusion, de viols et de meurtres parce qu’elles sont trans, mais aussi, parce qu’elles sont des femmes.

Jessyca Sarmiento était l’une d’entre elles, dont le féminicide ce 21 février à Paris indiffère une fois de plus. Les discours les représentant comme des menaces favorisent ces violences. Or ce militantisme transphobe nuit à toutes les femmes. Des femmes sont agressées car elles sont trans ou suspectées de l’être. Ce climat de suspicion envers les femmes trans, qu’il s’agirait de détecter, produit un contrôle renforcé des corps des femmes. Nous refusons qu’une femme ait à apporter des preuves de féminité.

Malgré toute l’attention médiatique qu’elles ont su attirer pendant un mois, les militant·e·s anti-trans se plaignent sans cesse d’être silencié·e·s. Des journalistes font trop souvent l’erreur de représenter comme une division significative, traversant les mouvements féministes, les polémiques créées par quelques individus.

C’est leur accorder une importance qu’ils n’ont pas. Il n’y a pas, comme on a pu le lire, un débat qui opposerait féministes «matérialistes et universalistes» d’un côté et «inclusives et intersectionnelles» de l’autre.

Nous, femmes, transgenres ou cisgenres, féministes, refusons l’importation de ces débats transphobes en France. Nous refusons cette opposition entre femmes, nous refusons cette division ne servant que le patriarcat et réaffirmons la solidarité féministe. Les luttes des femmes trans rejoignent les luttes féministes, telles la lutte contre le paternalisme médical, l’accès à la PMA et la conservation de gamètes.

Nous sommes toutes des femmes, toutes féministes.

Toutes, nous subissons l’oppression patriarcale, le sexisme, l’exploitation domestique, les violences sexuelles, médicales, conjugales, le harcèlement et les discriminations.

Toutes, nous réaffirmons l’importance de la sororité.

Toutes, nous combattrons ensemble, unies, déterminées.

Parmi les signataires : 

Les collectifs des colleuses féministes de Bordeaux, Lyon, Marseille, Rouen et Toulouse ; AIDES ; Acceptess-T ; Rebecca Amsellem, fondatrice des Glorieuses ; Agathe Ameslant, militante écologiste et féministe ; Manon Aubry, députée européenne France insoumise ; Clémentine Autain, députée France insoumise ; Women’s March Paris ; Assemblée féministe Toutes en Grève 31 ; Pénélope Bagieu, autrice de bande dessinée ; Ludivine Bantigny, historienne ; Esther Benbassa, Sénatrice écologiste de Paris ; Fatima Benomar, militante féministe ; Anaïs Bourdet, fondatrice de Paye Ta Shneck ; Silvia Casalino, cofondatrice d’EL*C (Conférence Européenne Lesbienne) ; Pauline Clochec, universitaire et militante lesbienne ; Rokhaya Diallo, Journaliste et réalisatrice ; Les Dévalideuses collectif handi-féministe ; Les effronté-es ; Karine Espineira, Legs, Paris 8 ; Gwen Fauchois, activiste lesbienne et blogueuse ; Elsa Faucillon, députée PCF ; Fédération LGBTI+, Fédération des Associations & Centres LGBTI+ ; Fédération trans et intersexes ; Collectifs Féministes Révolutionnaires de Paris et Nantes ; Manon Garcia, chercheuse en philosophie ; Rachel Garrat-Valcarcel, co-présidente de l’Association des Journalistes LGBTI ; Amandine Gay, réalisatrice ; Tiziri Kandi, syndicaliste CGT hôtellerie ; Aurore Koechlin, militante féministe et doctorante ; Julia Lanoë, Rebeka Warrior ; Sandra Laugier, professeure de philosophie à l’université Panthéon Sorbonne ; Cécile Lavergne, Maîtresse de conférences en philosophie à l’université ; Daisy Le Merrer, blogueuse ; Titiou Lecoq, autrice ; Ouest-Trans ; Constance Lefebvre, militante féministe ; Mirion Malle, autrice de bande dessinée ; Salomé Martini, syndicaliste et féministe ; Daria Marx, autrice et militante feministe ; Danièle Obono, députée France insoumise ; Outrans ; Ovidie, documentariste ; Mathilde Panot, députée France insoumise ; Wiki Trans ; Planning Familial du Calvados ; Planning Familial d’Ille-et-Vilaine ; Planning Familial du Rhône ; Christine Poupin, militante féministe et porte-parole du NPA ; Sandra Regol, Secrétaire nationale adjointe d’EELV ; Valérie Rey-Robert, militante et autrice féministe ; Jill Royer, responsable outils numériques de la France insoumise, militante trans et féministe ; Giovanna Rincon ; Joëlle Sambi Nzeba, coprésidente d’EL*C ; Eva Sas, Porte parole d’EELV ; SOS Homophobie ; Alyx Taounza-Jeminet ; Maud-Yeuse Thomas, Observatoire des transidentités.

Tribune parue dans Libération et signée par la Commission Nationale d’Intervention Féministe du NPA et notre porte-parole Christine Poupin

Jeudi 27 février 2020

https://npa2009.org/

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26 février 2020 ~ 0 Commentaire

lgbti (el diario)

npa lgbt
Electrochocs, exorcismes, psychothérapies

Les pratiques de «guérison» de l’homosexualité se sont répandues dans le monde

Selon un rapport de l’organisation ILGA, seuls neuf pays interdisent ces thérapies à l’échelle nationale, mais dix autres sont actuellement en train de discuter des lois pour le faire.

Des traitements visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre des personnes LGTBI continuent d’être utilisés dans différentes parties du monde. Des techniques «d’électrochoc» aux exorcismes, aux hospitalisations forcées en clinique ou aux consultations de psychothérapie.

Tous sont fondés « sur la pathologisation » de l’homosexualité et de la transsexualité. C’est l’une des conclusions de l’enquête « Mettre des limites à la tromperie », une étude juridique mondiale sur la réglementation juridique des « thérapies de conversion », publiée ce mercredi par l’Association internationale des lesbiennes, gais, bisexuels, trans et intersexes (ILGA).

L’étude explore la gamme des «formes, méthodes et pratiques» adoptées par ces techniques, appelées «thérapies de conversion» ou «réparatrices». Apparues au cours du 20è siècle, ces remèdes pseudoscientifiques « traitent » la diversité sexuelle « comme une déviation, une perversion ou une maladie qui pouvait être guérie ».

Cependant, même si elles sont contraires aux normes médicales actuelles, dans de nombreux pays, ces types de pratiques sont toujours appliquées, bien qu’inefficaces et cruelles et menant de nombreuses personnes à une vie misérable et autodestructrice aux conséquences extrêmes.

Parmi elles, des thérapies d’aversion, qui consistent à exposer la personne à un stimulus (images souvent érotiques de personnes du même sexe) tout en éprouvant une sensation douloureuse ou désagréable pour finir par rejeter le stimulus.

Il s’agit notamment d’électrochocs, utilisés en Espagne sous la dictature de Franco. Selon l’étude, il y a des « indications » qu’ils sont encore pratiqués aujourd’hui dans des pays comme la Chine, la Malaisie, l’Indonésie ou l’Iran. En 2017, un médecin libanais a publiquement reconnu qu’il « pratique toujours cette thérapie ».

Une enquête de 2013 aux États-Unis a mis en lumière d’autres types de thérapies aversives, notamment l’utilisation de glace ou de chaleur pour infliger de la douleur. L’étude cite également ce que l’on appelle le «reconditionnement masturbatoire», à savoir que des hommes homosexuels sont invités à se masturber après leur avoir fourni du matériel pornographique hétérosexuel – documenté il y a quelques années au Pérou – et des traitements d’hypnose, selon la BBC en 2017 ce serait toujours proposé dans des pays comme la Russie.

L’ILGA souligne également l’internement forcé dans des cliniques ou des camps de nombreuses femmes lesbiennes, dans le but de modifier leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, une pratique sur laquelle la Commission interaméricaine des droits de l’homme a attiré l’attention il y a quelques années.

L’étude cite une enquête de 2017 qui a révélé l’existence dans certains États américains de camps dans lesquels les parents ont envoyé leurs enfants LGTBI et rapporte le cas d’une femme qui a été hospitalisée et maltraitée dans l’un de ces centres en Somalie.

L’étude met l’accent sur le nombre de ces thérapies qui sont offertes par les groupes religieux. Se distinguent ceux qui sont basés sur des croyances spirituelles ou ésotériques « qui attribuent les causes de l’homosexualité aux fantômes ou aux démons » qui « sont expulsés » par des techniques telles que les exorcismes.

L’enquête a permis de connaître le cas d’un jeune trans qui y a été soumis au Pérou en 2016 et d’un pasteur mexicain qui a annoncé l’avoir fait avec une femme trans, en plus de son utilisation habituelles dans des «églises évangéliques au Brésil, en Bolivie, en France ou aux États-Unis»
Parallèlement à ces pratiques, celles circonscrites à un domaine purement psychologique ou psychiatrique occupent également une place de choix. La base de la thérapie comprend des notions «de ce qui devrait être considéré comme une sexualité normale» et l’utilisation de la psychothérapie pour « réparer les dommages ou les traumatismes auxquels les écarts par rapport à cette normalité sexuelle sont censés donner lieu ».
Les promoteurs de ces techniques ont dû adapter la façon dont elles sont proposées ces dernières années dans ce que ILGA appelle « un changement d’étiquette », en raison du rejet qu’ils ont déclenché dans une grande partie du monde.

Beaucoup « nient » qu’ils fournissent une « thérapie de conversion » et même « acceptent » que l’homosexualité n’est pas une maladie et tentent de se distancier de la pathologisation. Les termes qu’ils utilisent le plus souvent font référence à « l’offre de services que les gens ont le droit de recevoir » ou à « l’assistance » sur la manière de gérer ce qu’ils appellent « attraction indésirable pour les personnes du même sexe « . C’est également enveloppé d’expressions telles que «aide à la confusion» ou «sexualité saine».

En Espagne, les techniques utilisées à l’Évêché d’Alcalá (Madrid) sont connues. Comme nous avons révélé ici, il organise des cours clandestins qui sont présentés comme « accueil et accompagnement », mais qui ont pour objectif de modifier l’orientation sexuelle de leurs assistants.

La lente progression des interdictions

L’étude montre la faible réglementation qui existe au niveau mondial pour ce type de techniques. Seuls trois pays des Nations Unies (le Brésil, l’Équateur et Malte) les ont interdits au niveau national. Dans trois autres pays, il existe des lois au niveau régional: dans 19 États des États-Unis (et Porto Rico), dans plusieurs provinces du Canada et dans cinq communautés autonomes d’Espagne (Madrid, Murcie, Andalousie, Valence et Aragon). Six autres États, dont l’Argentine et l’Uruguay, ont des interdictions indirectes.

Dans près de 70 pays, l’homosexualité est toujours illégale.

La protection contre ces thérapies « inefficaces et cruelles », souligne la recherche, « est plus urgente que jamais » parce que « dans de nombreux pays, des pratiques horribles continuent d’être appliquées qui poussent des personnes d’orientations et d’identités diverses vers des vies misérables et autodestructrices » avec  » conséquences extrêmes.  »

Par conséquent, compte tenu de la lenteur de ces réglementations, l’ILGA considère que 2020 peut être «un tournant» car il y a dix autres pays dans lesquels ces projets de loi sont en discussion.

Le Mexique, l’Allemagne, la France, ou l’Espagne font partie de ce groupe. Comme l’ annoncé lundi le ministre de l’Égalité, il approuvera le projet de loi LGTBI étatique convenu dans l’accord gouvernemental entre le PSOE et United Podemos avant l’été. La règle inclut explicitement l’interdiction sur tout le territoire national des soi-disant «thérapies d’inversion».

Le rejet des associations médicales

La recherche montre comment le travail conjoint d’activistes, d’associations et de profession-nels « est crucial pour protéger les gens contre les pratiques pseudoscientifiques qui continuent d’avoir un effet destructeur sur leur vie. »

ILGA passe en revue les positions opposées à ce type de thérapies émises ces dernières années par plus de 60 associations de professionnels de la santé réparties dans plus de 20 pays. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), l’Association médicale mondiale et l’Association psychiatrique mondiale les ont rejetées.

En plus « d’aucune preuve scientifique solide », ces traitements  » sont nocifs » et reproduisent les préjugés et la discrimination envers les personnes LGBTI. L’Association Médicale Mondiale, pour sa part, considère « qu’ils représentent une menace sérieuse pour la santé » et une « violation des droits de l’homme » qui doit faire l’objet de sanctions: « Ce sont des pratiques injustifiables qui doivent être dénoncées ».

Marta Borraz 26/02/2020
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11 février 2020 ~ 0 Commentaire

marielle (insurgente)

mariellefranco

Brésil, la police tue l’un des suspects du meurtre de Marielle

Les Bolsonaros font la fête

La police brésilienne a tué Magalhaes da Nobrega, dans l’État de Bahia. Il fait partie des personnes soupçonnées d’être liées au meurtre de Marielle Franco, conseillère municipale de Rio du Socialism and Freedom Party (PSOL ). « Qui gagne avec la mort d’Adriano da Nobrega? », S’est interrogée l’architecte Monica Benicio, qui a dénoncé dans les organisations internationales le crime de sa compagne Marielle Franco.

« Je regrette qu’un personnage clé pour la clarification de divers crimes survenus à Rio ait été tué lors d’une opération de police, probablement il avait des informations fondamentales pour clarifier le système de corruption lié à la famille Bolsonaro », a déclaré l’ex-partenaire de Marielle

Magalhaes de Nobrega était liée à un fils du président Jair Bolsonaro, l’actuel sénateur Flavio Bolsonaro. Lorsqu’il était député de l’État de Rio de Janeiro, Flavio Bolsonaro a engagé la mère et la femme d’Adriano Magalhaes da Nóbrega pour travailler dans son bureau.

Comme si cela ne suffisait pas, Flavio Bolsonaro a lui-même décoré Adriano Magalhaes da Nobrega, alors qu’il avait été expulsé de la police de Rio de Janeiro après avoir été reconnu coupable de meurtre.

02/11/2020

https://insurgente.org/

Commentaire:

Marielle Franco, militante LGBT, était membre de notre parti frère, le Parti du Socialisme et de la Liberté (PSOL).

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10 février 2020 ~ 0 Commentaire

suisse lgbt (tv5 monde)

lgbt
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Les Suisses approuvent par référendum une loi anti-homophobie

Les Suisses ont largement approuvé dimanche par référendum une loi interdisant la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, combattue par des formations conservatrices.

Les résultats nationaux donnent le « oui » à 63%, avec des scores dépassant 70% dans des villes comme Genève ou Bâle. Seuls trois petits cantons germanophones du centre et de l’est ont accordé une courte majorité au « non ».

Mathias Reynard, le parlementaire socialiste à l’origine de cette réforme du code pénal helvétique, a salué sur la chaîne RTS-1 « un jour historique » et « un signal magnifique pour toutes les personnes concernées ».

La nouvelle loi anti-homophobie élargit une législation déjà existante en matière lutte contre les discriminations et appels à la haine raciale ou religieuse, en l’étendant à l’orientation sexuelle.

Cette réforme du code pénal, adoptée en 2018, s’est heurtée à l’opposition de milieux conservateurs et populistes, qui ont lancé ce référendum dans l’espoir de faire barrage à une forme de « censure » et d’atteinte à « la liberté d’expression, de conscience et de commerce ».

Les autres partis ont estimé que la protection contre la discrimination en raison de l’orientation sexuelle était insuffisante en Suisse, et appelé à voter « oui » à la réforme.

- Amendes et peines de prison -

Les partisans du texte se sont aussi appuyés sur le fait que la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle était déjà sanctionnée dans d’autres pays européens, et que le Conseil de l’Europe comme l’ONU avaient demandé à la Suisse de renforcer son arsenal contre l’homophobie.

Le nouveau dispositif « renforce la protection contre la discrimination sans violer la liberté d’expression », font valoir les partisans du texte dans leur argumentaire.

La nouvelle loi punit le dénigrement public et la discrimination de toute personne en raison de son orientation sexuelle, ou toute attitude visant à attiser la haine à son égard, par l’écrit, la parole, des images ou des gestes.

Elle ne réprime pas en revanche des propos tenus dans le cercle familial ou entre amis, par exemple à la table d’un café.

Les restaurants, hôtels, entreprises de transports, cinémas ou piscines ne pourront pas refuser l’accès de quelqu’un en raison de son orientation sexuelle. Le texte prévoit des amendes ou des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.

Au sein des milieux LGBT, certains craignent toutefois qu’une protection spéciale ne les stigmatise davantage.

« Je me bats pour l’acceptation et la normalisation de ma sexualité. Mais pour moi, la normalisation signifie aussi ne pas exiger de droits spéciaux », a fait valoir avant le vote Michael Frauchiger, co-président du comité « Droits spéciaux NON! ».

 Christophe DE ROQUEFEUIL 09.02.2020

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31 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

2019 8 (anred)

puerto

8. Porto Rico: une star est née

Quand on dit que « Porto Rico est une étoile de plus au drapeau américain », ce n’est qu’une métaphore pour nous.

Porto Rico a été annexé aux États-Unis et depuis des années,  des secteurs luttent pour l’indépendance. En période d’austérité dans un pays en proie à l’endettement extérieur, des allégations de corruption ont éclaboussé le gouvernement.

Un commentaire homophobe du gouverneur a ét » la goutte qui fait déborder le verre. Les manifestations avaient un protagoniste inattendu: Ricky Martin a été l’une des principales références dans les médias, et çà a aidé à faire connaître le problème. Avec d’autres artistes bien connus dans le monde (tels que René Perez, ancien Calle 13, ou Luis Fonsi), la manifestation a atteint une énorme diffusion et a probablement été un précédent pour que d’autres célébrités rejoignent par la suite d’autres manifestations dans le monde.

En plus de la chute d’un gouvernement et du soulèvement populaire pour des raisons économiques, la réaction de Ricky Martin contre les expressions homophobes du gouverneur et sa chute ont été un message direct au monde sur la reconnaissance des LGBT.

https://www.anred.org/

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