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10 juin 2019 ~ 0 Commentaire

alabama (ouest france)

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L’éducation sexuelle rendue inexistante par la religion

En Alabama, il suffit de lever les yeux pour voir une église. Bientôt, les classes des écoles publiques pourraient arborer des crucifix et l’avortement être considéré comme un meurtre. C’est là qu’a grandi Margaux Hartline, à qui on a appris qu’il fallait rester vierge jusqu’au mariage. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu : elle est désormais une militante homosexuelle défendant le droit à l’avortement.

« Je ne devrais pas avoir à suivre les règles d’un système de croyances auquel je n’appartiens pas », explique Margaux Hartline, 25 ans, militante homosexuelle défendant le droit à l’avortement, en référence à l’influence de la religion sur bien des aspects de la société.

L’État américain le plus religieux

En mai, l’Alabama a adopté une loi interdisant l’avortement, même en cas de viol ou d’inceste, et l’assimilant à un homicide. Elle sera effective en novembre si elle n’est pas bloquée par la justice d’ici là.

Cet État du sud des États-Unis est aussi le plus religieux. Il est situé dans la « ceinture de la Bible », qui comprend un gros quart sud-est du pays. 82 % de ses 4,8 millions d’habitants disent croire en Dieu « avec une certitude absolue », selon une étude du Pew Research Center en 2016.

« Une question tellement intrusive »

Dans le lycée public où Margaux Hartline a étudié, il existait un programme recrutant les étudiantes des classes supérieures pour apprendre aux plus jeunes « les merveilles de l’abstinence » sexuelle. Au préalable, les professeurs devaient interroger les plus âgées pour s’assurer qu’elles étaient vierges. « C’était une question tellement intrusive », se remémore la jeune femme.

Selon Amanda Reyes, porte-parole de l’ONG Yellowhammer Fund, qui finance les avortements de femmes ayant de faibles revenus, il est enseigné dans les lycées d’Alabama que le sexe est « quelque chose qui ne peut arriver que dans le contexte d’un mariage hétérosexuel ». Est-il question des méthodes contraceptives comme l’usage du préservatif ? « Oh non », répond-elle en s’esclaffant. « Mon Dieu, non ! ».

Promotion de l’abstinence

Les deux militantes accusent les autorités de l’Alabama de négliger les femmes. Non seulement à cause du manque de services de santé, mais plus encore parce que l’abstinence est le seul moyen de contraception enseigné à l’école.

L’État n’exige pas que l’éducation sexuelle soit abordée en classe. Mais si c’est le cas, les ensei-gnants doivent suivre les « instructions » du Code de l’Alabama de 1975. Celles-ci promeuvent « l’abstinence, en particulier comme unique manière sûre d’empêcher la diffusion de maladies sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées », explique Michael Sibley, porte-parole du département de l’Éducation de l’Alabama.

Selon elle, il s’agit d’un « minimum obligatoire » et les écoles peuvent enseigner d’autres méthodes contraceptives si les autorités locales dont elles dépendent les y autorisent. Ce qui, selon Margaux Hartline et Amanda Reyes, est peu fréquent.

L’homosexualité ? « Une infraction pénale »

Le texte demande également aux professeurs d’enseigner que l’homosexualité est une « infraction pénale ». Un projet de loi qui n’a pas pu être voté lors de la dernière session législative proposait de supprimer ce paragraphe.

L’ONU considère l’éducation sexuelle et l’égalité des genres comme des droits humains. Mais pour les conservateurs religieux, une éducation sexuelle poussée serait en contradiction avec les valeurs que les adolescents apprennent chez eux.

Enseignement de la Bible

Les autorités ont également approuvé une loi permettant d’enseigner la Bible et l’histoire religieuse dans les écoles publiques, ainsi que d’exposer une iconographie religieuse dans les salles de classe. Le texte précise que les professeurs ne doivent pas promouvoir ou se montrer « hostile » à l’égard d’une religion.

La mesure attend le feu vert du gouverneur, Kay Ivey, qui a déjà signé la loi anti-avortement en mettant en avant des arguments religieux. « De nombreux États introduisent l’étude de la Bible », avait tweeté Donald Trump en janvier, après que quelques États aient adopté des lois similaires. « Génial ! », s’était-il réjoui.

L’Église et l’État « de plus en plus proches »

Mais qu’advient-il de la séparation de l’Église et de l’État ? « Les deux sont de plus en plus proches », dit Andre Ryland, responsable de la branche locale de l’American Humanist Association, qui lutte pour que les législations n’intègrent pas de croyances religieuses.

« Il y a des groupes religieux qui essaient d’introduire plus de religion dans le système public américain », assure-t-il, ajoutant que les Églises protestantes évangéliques sont les plus en pointe dans ce combat.

10 juin 2019

 https://www.letelegramme.fr/

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09 juin 2019 ~ 0 Commentaire

fiertés rennes (fr3)

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Rennes : 3 200 personnes défilent pour la Marche des Fiertés

Dans les rues de Rennes (Ille-et-Vilaine), le cortège n’est pas passé inaperçu ce samedi après-midi. 3 200 personnes (chiffres police) ont défilé pour la Marche des fiertés rennaise. Une manifestation qui intervient presqu’un demi-siècle après Stonewall. Le 28 juin 1969, une nouvelle descente de police a lieu au Stonewall Inn, un bar gay dans Greenwich Village, un quartier de New York, entraînant de violentes émeutes.

Cinquante ans plus tard, l’actualité relaie à nouveau des agressions homophobes, comme à Londres, où deux femmes lesbiennes ont été frappées il y a une semaine pour avoir refusé de s’embrasser en public. « C’est horrible ce qu’il s’est passé« , s’exclame Anastasia, une manifes-tante de 20 ans à la fin du cortège. « Certes, on peut se marier, mais il y a encore pleins d’homophobes. »

« Volonté politique« 

À l’avant, plusieurs pancartes s’entrechoquent derrière la banderole de tête : « Jésus aussi avait deux papas », « une maman peut en cacher une autre » ou encore « nos droits valents plus que vos mandats ». D’ailleurs, cette pride avait aussi une portée politique, à quatre mois de l’organisation à Lyon de la 6e conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

« Aujourd’hui, on a tous les outils pour arrêter l’épidémie, il manque juste la volonté politique« , pointe Eulalie Pichard, responsable Bretagne de l’association Aides. « Ce Fonds permet notamment de financer les associations, alors on veut vraiment mettre la pression sur Emmanuel Macron pour qu’il prenne en main ce sujet. »

Pride 2019 de Rennes

« C’est un rituel pour moi« , explique Jessica, 35 ans, et qui participe à des prides depuis 17 ans. « Ici, on peut s’autoriser à être soi-même dans les rues. » Sous l’immense drapeau arc-en-ciel du début du cortège, Antoine, 20 ans, poursuit : « Je manifeste pour la reconnaissance de nos droits et pour qu’on arrête de me demander tout le temps si je suis un homme ou une femme« .

L.B. 08/06/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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15 mai 2019 ~ 0 Commentaire

turquie (npa)

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Turquie : « Les femmes sont plus fortes ensemble »

Alors que de nombreuses mesures progressistes ont été adoptées grâce aux luttes féministes en Turquie, il est particulièrement difficile pour les femmes turques de voir que les pas en avant vers l’égalité femmes-hommes sont remis en question, un par un, par les cercles pro-gouvernementaux, par les médias et par le gouvernement lui-même.

440 féminicides en 2018

L’attaque de la police, à coups de gaz au poivre, contre la 17e édition du rassemblement nocturne d’Istanbul à l’occasion de la journée internationale pour les droits des femmes du 8 mars, a montré que le gouvernement entend adopter une attitude encore plus dure – si cela est possible – vis-à-vis des revendications des femmes et des questions d’égalité.

Cette année, la police turque a tout simplement déclaré illégal ce rassemblement pacifique, et bloqué tous les accès à l’avenue İstiklal, lieu de nombreuses manifestations et rassemblements de tout type depuis bien longtemps, soumis à un contrôle de plus en plus strict au cours des dernières années.

L’une des questions les plus importantes de l’agenda féministe en Turquie est la question des violences sexistes.

L’année dernière, ce sont pas moins de 440 femmes qui ont été tuées par des hommes, selon les chiffres de la plateforme « Nous stopperons les féminicides ». Plus de 60 % de ces meurtres ont été commis par des maris, des ex-maris, des frères ou des pères.

D’après un rapport présenté par Sezgin Tanrıkulu, député du parti d’opposition CHP, ce sont 15 034 femmes qui auraient été assassinées depuis l’accession au pouvoir d’Erdogan et de son parti AKP en 2002, année où 66 féminicides avaient été comptabilisés.

Mais au lieu de prendre des mesures pour lutter contre les violences sexistes, le gouvernement AKP préfère établir des commissions destinées à lutter contre le divorce, forcer les femmes à rester dans les foyers où elles sont victimes de torture quotidiennement, qualifier les féministes de briseuses de foyers et s’appuyer sur ses alliances avec les médias conservateurs pour attaquer les instruments légaux, nationaux et internationaux, les plus vitaux pour les femmes : loi nationale pour la prévention des violences, droit à la pension alimentaire pour les femmes, droits sexuels, convention d’Istanbul (1), CEDAW(2), etc.

Violences au foyer et au travail

Alors que la Turquie a été secouée par des affaires de maltraitance sur des enfants et de viols au cours des dernières années, le gouvernement a proposé un projet de loi dont l’objectif est de baisser l’âge légal pour les relations sexuelles dans le cadre d’un mariage.

Si ce projet devait être adopté, cela pourrait conduire au pardon de milliers d’hommes actuellement en prison pour des violences sexuelles et à leur libération, et les tribunaux pourraient retarder les peines ou différer les verdicts pour des hommes ayant illégalement épousé des filles trop jeunes.

On le voit, les raisons sont multiples pour que les femmes en Turquie soient en colère. En janvier dernier, une plateforme de 157 organisations féministes et LGBTIQ ont signé une déclaration pointant le fait qu’une telle amnistie serait un encouragement pour les auteurs de violences sexuelles et les mariages illégaux avec des enfants, et qu’elle découragerait définitivement les survivantes d’engager des ­poursuites judiciaires.

La place et la participation des femmes au travail est une autre question essentielle en Turquie, un pays dans lequel un ancien ministre des Finances de l’AKP avait déclaré que les taux de chômage « avaient l’air » élevés car les femmes aussi cherchaient des emplois…

Pas besoin, dans de telles circonstances, de faire de grandes démonstrations pour comprendre quelle est l’approche dominante quant aux questions d’égalité en Turquie. Avec moins de 35 % de femmes dans la force de travail, la Turquie se classe au 131e rang (sur 144) du Rapport mondial sur l’écart entre les sexes (édition 2017).

On peut le dire sans hésiter : en Turquie, le travail gratuit des femmes est invisible, et le travail salarié est plus précaire. En outre, les questions de discriminations au travail, de critères patriarcaux dans les embauches et d’inégalités de salaire sont loin d’être résolues.

Les femmes ne renoncent pas

Il convient en outre de souligner que l’espace dans lequel peuvent se développer les organi-sations travaillant sur les questions de genre est de plus en plus réduit, et de rappeler qu’à peu près toutes les organisations de femmes kurdes ont été déclarées illégales par le gouvernement après la proclamation de l’état d’urgence en 2015.

Cela ne signifie pas, bien sûr, que les femmes renoncent. Bien au contraire. En 2018, des organisations de femmes et des militantes indépendantes venues de toute la Turquie ont formé une nouvelle coalition, « Les femmes sont plus fortes ensemble », un front uni contre le patriarcat et les inégalités de genre. Parce que les femmes en Turquie en ont vraiment assez de l’antiféminisme, des fauteurs d’inégalités, et des attaques contre leurs corps, leurs identités, leurs droits et leurs vies.

Sanem Ozturk, traduit par J.S. Lundi 13 mai 2019

  • 1. Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, adoptée en 2011 à Istanbul.
  • 2. Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, adoptée en 1979 par l’Assemblée générale des Nations unies.

https://npa2009.org/

 

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13 mai 2019 ~ 0 Commentaire

sos homophobie (côté quimper)

Finistère : quatre rendez-vous contre l’homophobie

La Journée de lutte contre l’homophobie a lieu le 17 mai. L’antenne de SOS Homophobie Bretagne dans le Finistère se mobilise à Douarnenez, Quimper et Brest.

Dans le Finistère, SOS Homophobie Bretagne se mobilise pour la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. Elle a lieu chaque année, le 17 mai.

Quatre rendez-vous à Douarnenez, Quimper et Brest

Trois rendez-vous vont se dérouler autour de la projection du documentaire Coming out de Denis Parot.

Les projections suivies de débat ont lieu : 

  • jeudi 16 mai à 20 h 45 au cinéma Le Club de Douarnenez
  • vendredi 17 mai à 20 h 30 au cinéma Quai Dupleix de Quimper
  • vendredi 17 mai à 20 h au Liberté à Brest

Dimanche 19 mai, les membres de SOS Homophobie Bretagne participeront aussi à une lecture de textes contre l’homophobie à la librairie L’Ivraie à Douarnenez (19 rue Voltaire). L’événement, organisé par le planning familial, a lieu à 18 h.

Permanence mensuelle

A Quimper, l’association a ouvert une permanence depuis fin septembre 2018. Bruno Gonidou est en charge de l’antenne Finistère de SOS Homophobie.  Depuis l’ouverture de la permanen-ce, il y a un peu de passage. Nous y avons reçu quelques personnes confrontées à des situations d’homophobie. D’autres viennent se renseigner.

La polémique autour des propos de Nathalie Boy de La Tour, la présidente de la Ligue de football professionnel, n’a pas échappé à Bruno Gonidou. Pour rappel, la patronne du foot professionnel considérait que les insultes homophobes dans les stades faisaient partie du folklore. Elle a depuis rectifié le tir dans une interview au Parisien.

Mais le mal est fait pour Bruno Gonidou : « L’homophobie n’a pas sa place dans une enceinte sportive. Il faut aussi dire que l’homosexualité reste tabou dans le sport. »

Sensibiliser dans les collèges et les lycées

Dans le Finistère, les membres de SOS Homophobie Bretagne veulent intervenir dans les collèges et les lycées. « Il ne s’agit pas de faire la leçon mais de sensibiliser les jeunes ».

Bruno Gonidou n’exclut pas les centres de formation des clubs sportifs. Dans le foot, SOS Homophobie est notamment intervenu auprès des jeunes du Stade Malherbe de Caen.

13 Mai 2019

https://actu.fr/bretagne/

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quimper

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Lire aussi:

SOS Homophobie Finistère : une permanence mensuelle à Quimper

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26 avril 2019 ~ 0 Commentaire

lesbiennes (libération)

lgbt

«Derrière l’invisibilisation du terme « lesbienne », il y a un vrai enjeu de santé publique»

Lorsqu’on tape le mot «lesbienne» dans le moteur de recherche Google, n’apparaissent que des sites pornographiques. Le mot «gay», lui, renvoie d’abord vers une page Wikipédia et des adresses de bars gays. C’est le triste constat qu’a fait Numérama il y a quelques jours. Véroni-que Godet, coprésidente de SOS Homophobie, tente d’expliquer le tabou qui entoure ce mot.

Quelle est l’histoire de ce mot ?

Lesbos [une île grecque, ndlr] et Sappho représentent des symboles dans l’imaginaire des lesbiennes. Sappho était la première poétesse à évoquer des amours féminines, qu’on a par la suite appelées amours saphiques ou lesbiennes. Il y a une poésie dans ce terme, qu’on trouve dans des représentations féminines mais qui est totalement censurée chez les hommes.

J’ai tapé «littérature lesbienne» sur internet, je suis tombée sur un site qui la présentait comme de la «littérature homosexuelle». Il faut se souvenir que le premier titre des Fleurs du Mal de Baudelaire, c’était les Lesbiennes ! Baudelaire a été obligé de changer son titre. La frilosité et la censure à l’égard de ce terme existent depuis longtemps.

Sur Internet, lesbienne = porno. Comment expliquer que ce mot soit autant associé à une sexualité qui doit être regardée ?

Nous sommes dans une société patriarcale. La sexualité entre les femmes n’existe pas pour les hommes, puisque seul l’homme peut apporter le plaisir. Et donc la relation sexuelle n’est là que pour alimenter le fantasme masculin, même les couples de femmes doivent satisfaire l’homme. De toute manière, le sexisme s’établit à l’égard des femmes avant d’être lesbiennes. On est quand même dans une société masculine : le premier quartier gay à Paris par exemple, c’est le Marais, et il y a une domination masculine. Cette journée internationale de la visibilité des lesbiennes est justement l’occasion de rappeler que les lesbiennes ont les mêmes droits que l’ensemble de la population. Et surtout le droit d’être reconnues dans cette terminologie qui semble encore taboue pour certains.

Et les lesbiennes, s’approprient-elles ce mot ?

Je pense, oui, même si c’est un mot peu utilisé. D’ailleurs le mot «lesbophobie» n’est toujours pas entré dans le dictionnaire : on parle d’homosexuels, donc on réduit les lesbiennes à une sexualité qu’on ne leur reconnaît pas. Cette invisibilité du terme renvoie à l’invisibilité des êtres, sauf si on les perçoit dans une dimension purement sexuelle.

Malgré tout on parle «d’homophobie». Le fait que la discrimination soit reconnue permet de se défendre, de porter plainte, et de s’assurer que la loi nous autorise à être ce que l’on est. Mais c’est encore compliqué de faire aboutir des plaintes, même si les personnes victimes de LGBTphobie se visibilisent et portent plainte plus facilement qu’avant. La honte bascule du côté des agresseurs et non plus des victimes.

Comment visibiliser davantage le mot «lesbienne» ?

La visibilité des lesbiennes entraînera nécessairement la visibilité du terme. A partir du moment où il devient presque un nom commun, ça ne pose plus de problème à personne de l’utiliser. Je trouve ça dommage par exemple que des journalistes très connues qui sont lesbiennes ne fassent pas leur coming out parce qu’elles seraient des modèles pour les jeunes. Mais c’est une responsabilité individuelle, on ne peut pas demander aux gens de faire leur coming out. Ça montre bien la pression du milieu dans lequel elles exercent.

Avec SOS Homophobie, quand nous faisons des interventions en milieu scolaire, nous essayons aussi d’être les plus rigoureux possible dans l’emploi des termes auprès des élèves : on va systématiquement évoquer les gays et les lesbiennes, de façon à ce que les élèves entendent aussi ce terme et prennent conscience de l’existence des lesbiennes.

C’est important parce qu’aujourd’hui on s’aperçoit que les femmes qui ont des relations sexuelles avec des femmes ont 12% de probabilité en plus de contracter des infections sexuellement transmissibles. Il y a une absence de campagne de prévention menée pour les lesbiennes et les bi, et je pense qu’il y a une prise de conscience qui doit avoir lieu sur le sujet de la sexualité des lesbiennes.

Derrière l’invisibilisation du terme «lesbienne», il y a un vrai enjeu de santé publique. C’est pourquoi nous avons participé à la campagne «Tomber la culotte», pour éduquer à la sexualité des femmes avec des femmes.

En cette journée de la visibilité lesbienne, la co-présidente de SOS Homophobie Véronique Godet explique le tabou autour du mot «lesbienne».

Matilde Meslin 26 avril 2019

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24 avril 2019 ~ 0 Commentaire

lyra mckee (socialist democracy)

ireland

Le meurtre de Lyra McKee

Une douloureuse tragédie

Il n’est pas du tout difficile de comprendre l’explosion de chagrin consécutive au meurtre de Lyra McKee. Jeune femme militante du mouvement pour la défense des droits des homosexuels et journaliste extrêmement douée, ses amis sont dévastés par sa mort.

Il n’est pas beaucoup plus difficile de voir l’incapacité stratégique et politique des Républicains de Derry. Hors de leurs propres rangs, célébrer Pâques en encourageant de petites bandes de jeunes à jeter des cocktails molotov et à tirer sur la police n’est pas compris.

Cependant, il y a d’autres problèmes difficiles à comprendre. La police a-t-elle secoué la fourmilière  des républicains en vue de recueillir des renseignements? Étaient-ils justifiés de faire cela?

Et les défenseurs de l’Accord du Vendredi Saint sont sortis en masse.

Quel accord du vendredi saint?.

Parmi les républicains militaristes, la présence des forces britanniques justifie le recours à la force. Il n’est pas nécessaire de rechercher un soutien plus large. Simplement une série de questions tactiques sur la constitution d’une base de volontaires et d’une source de fournitures militaires: une émeute et des bombes à essence.

Un adolescent non entraîné brandissant un pistolet dans le noir peut faire des dégâts. C’est l’histoire du républicanisme en quelques mots. Le soutien de masse est contraint à ne devenir qu’un soutien passif au militarisme. Le militarisme mène à la tragédie et à l’atrocité, ce qui entraîne l’effondrement du soutien et de la victoire de l’État.

Étant donné le manque de politique des républicains, leur réaction habituelle à la tragédie consiste à atténuer toute activité politique et à aller se cacher, jusqu’à ce que la tempête soit passée.

Voilà pour les républicains. Qu’en est-il de la police?

Il devrait sembler extraordinairement imprudent d’organiser des raids policiers dans le quartier le plus républicain à la veille de Pâques – l’événement majeur du calendrier républicain. Il ne serait bien sûr pas question d’organiser de tels raids sur les loyalistes à la veille des marches du 12 juillet. Pourquoi ont-ils organisé ces raids?

Essentiellement parce qu’ils le peuvent. Les républicains ont une base solide à Derry. La police veut casser cette base et cet objectif est partagé par Sinn Fein. Les campagnes organisées à Pâques et pendant la période des feux de joie donnent toujours lieu à une action coordonnée entre la police et le conseil local pour réprimer les manifestations.

Bien sûr, le républicanisme de Derry s’effondrerait instantanément si Sinn Fein pouvait prouver que l’accord de paix tient ses promesses pour la jeunesse nationaliste. Or une étude montre à la fois que les jeunes travailleurs n’ont rien gagné en 21 ans d’accord de Paix et font face à une austérité sauvage croissante.

Ce ressentiment est attisé par la stratégie de conciliation de Sinn Fein, qui semble impliquer des concessions sans fin au loyalisme. Lors de la manifestation de Sinn Fein à Creggan /  Derry, la dirigeante unioniste Arlene Foster a suscité des applaudissements spontanés lorsqu’elle s’est présentée.

Pourtant, Arlene a torpillé le processus de paix, persuadé les Britanniques de revenir au pouvoir direct et, ce jour-là, a appelé à un solide vote protestant uni pour son parti lors des élections au conseil afin de tenir les catholiques en respect. Des images de médias sociaux récentes montrent Sinn Fein et le Parti Unioniste Démocrate en train de socialiser. Cela n’a pas été du goût des militants.

Outre le chagrin des amis et de la famille, les principales manifestations politiques sont organi-sées par la bureaucratie syndicale. Ces manifestations sont petites. Elles luttent contre la mise à mort du processus de paix, mais le processus de paix s’est déjà effondré en silence.

Pour aggraver les choses, les dirigeants syndicaux ont accepté l’austérité sauvage et les coupes sociales pour tenter de sauver l’assemblée locale. Les Britanniques ont abandonné la gestion locale mais ils ont gardé d’austérité. Les dirigeants syndicaux restent silencieux, pris au piège de leur accord avec le diable.

La tragédie de Lyra McKee est un drame déchirant. Un de ses meilleurs reportages, suite à des recherches minutieuses, a fourni la preuve accablante que les taux de suicide chez les jeunes avaient fortement augmenté à la suite de la signature de l’accord de paix. Les politiciens et les dirigeants syndicaux qui pleurent aujourd’hui des larmes de crocodile ont totalement ignoré cet article, tout comme ils n’offrent aucune solution aux jeunes confrontés à un avenir morose.

La société du nord de l’Irlande est en décomposition. Le désespoir grandit chez les jeunes. Ceux qui ont suffisamment d’argent et d’éducation fuient. Le reste vit une vie de désespoir tranquille. Le républicanisme traditionnel n’offre aucun moyen d’avancer, mais encore moins ceux qui essaient de maintenir ce système en décomposition.

20 avril 2019

Commentaire:

Catholiques: Une grande partie est « nationaliste », anti-présence britannique, mais une partie est « unioniste » pour rester anglais. Les nationalistes radicaux sont des « républicains » pour le départ des anglais y compris par la force. « Républicains » est pour les médias depuis longtemps l’équivalent de « terroriste » et pas de « partisans de la république ».

Protestants: Une partie est « unioniste », pour le « status quo » à deux états. Une autre partie est « loyaliste » des extrémistes qui avant la paix tuaient des civles catholiques. Les deux défendent leur suprématie sur les « papistes ».

L’Accord du vendredi saint: L’IRA se dissout et le Sinn Fein est « recyclé » dans la politique proche de la FI (France Insoumise). Pour les Républicains c’est SF-IRA qui ont tout cédé, les britanni-ques et unionistes rien. En échange de fonds européens ils ont eu la paix dans les quartiers. Par contre l’Irlande a changé sa constitution et reconnaît maintenant la souveraineté anglaise sur les 6 comtés. Une Irlande unie (dont ne veut surtout pas la bourgeoisie irlandaise!) nécessiterait donc un changement de la constitution. 

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07 avril 2019 ~ 0 Commentaire

transphobie (npa)

transph

Agression à Paris

Lutter contre la transphobie sous toutes ses formes

Le NPA condamne fermement l’agression transphobe qui s’est produite le dimanche 31 mars 2019 place de la République à Paris et apporte tout son soutien à la victime, Julia.

Une jeune femme trans sortant du métro a subi une agression sexuelle, accompagnée de coups, d’insultes et de crachats, en marge d’un rassemblement de soutien au peuple algérien.

Cet événement montre que, pour les personnes trans, le simple droit à l’existence est aujour-d’hui encore un véritable calvaire. Les agresseurs de République ont touché la poitrine de Julia et l’un d’eux a sorti son pénis et lui a demandé de « lui faire du bien ». Les agents de sécurité de la RATP qui ont physiquement secouru Julia ont eu une réaction malheureusement repré-sentative de celle des institutions répressives et judiciaires françaises. En effet, l’humiliation s’est poursuivie, puisqu’ils l’ont appelée « monsieur » et lui ont fait la leçon sur la façon de se vêtir.

Comme le sexisme, la transphobie est partout, et la transphobie tue.

Nous n’oublions pas qu’en août 2018 Vanesa Campos était assassinée au bois de Boulogne, parce que trans et prostituée. L’agression collective qui s’est produite à République, qui fait suite à bien d’autres agressions du même genre, aurait pu se passer n’importe où, dans n’importe quel autre lieu de sociabilité quasiment exclusivement masculine : cela montre la nécessité de s’organiser et de résister contre toutes les formes de transphobie, et de continuer le combat contre ce système global d’oppression des femmes, des personnes trans, lesbiennes, biEs, gays.

Évidemment, cette agression ne doit en aucun cas entacher le soutien à la lutte du peuple algérien pour la dignité, le changement et la chute du régime. Le NPA se solidarise des positions prises par les organisations algériennes condamnant l’agression de Julia. Nous savons que les fascistes, xénophobes et autres racistes en profitent pour déverser leur haine.

Mais les personnes qui subissent les LGBTphobies ne sont pas dupes de ceux qui prétendent les défendre seulement quand il y ont un intérêt pour diffuser leur propagande raciste. Julia l’a elle-même déclaré : « Les gens qui m’ont agressée sont des ignorants, mais cela rien à voir avec leur religion, leur origine. »

Le NPA continue de lutter contre toutes les formes de transphobie, et pour la dépathologisation des transidentités. Nous revendiquons également la liberté du changement de la mention de sexe à l’état civil, l’arrêt des mutilations des enfants intersexes, le droit à disposer de son corps et l’autodétermination de genre.

Montreuil, le 3 avril 2019.

https://npa2009.org/

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03 avril 2019 ~ 0 Commentaire

pride (bourasque)

Projection du film Pride à l’Espace Etudiant de la Fac de Lettres jeudi 04 avril 2019 à 18h

La RAD’ collectif anarchiste de la fac’ vous propose une projection-débat autour du film Pride.

Le film : Basé sur une histoire vraie, le film dépeint un groupe d’activistes gay et lesbien, à Londres, qui ont réuni des fonds pour aider les familles touchées par la grève des mineurs britanniques de 1984-1985, au début de ce qui allait devenir la campagne de Lesbians and Gays Support the Miners (LGSM).

Le Syndicat national des mineurs (NUM, « communiste » à l’anglaise, blog) était réticent à accepter le soutien du groupe en raison du souci du syndicat pour ses relations publiques d’être ouvertement associé à un groupe gay.

De telle sorte que les militants londoniens ont plutôt décidé d’apporter leurs dons directement à Onllwyn, un petit village minier de la Dulais Valley du Pays de Galles — résultant en une alliance entre les deux communautés. L’alliance était inédite, mais fut un succès.

https://bourrasque-info.org/

pride

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28 mars 2019 ~ 0 Commentaire

marielle franco (the guardian)

La compagne de Marielle, assassinée il y a un an, raconte son combat

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11 mars 2019 ~ 0 Commentaire

marielle franco (4è internationale fi)

Un an après son assassinat

Justice pour Marielle !

Ce 14 mars 2019, un an se sera écoulé depuis le brutal assassinat politique planifié de
Marielle Franco et de son chauffeur Anderson Gomes. Marielle, femme, noire, LGBT et conseillère municipale du PSOL, était arrivée au Conseil Municipal grâce au vote des favelas où elle vivait et qu’elle représentait.

C’est pour cela qu’on l’a assassinée, c’est d’un crime politique qu’il s’agit. Ils l’ont tuée parce qu’elle était la voix d’un peuple exploité, ségrégué et marginalisé. Elle était la représentante du Brésil cruellement inégal qui, depuis Rio Janeiro, s’étend à travers tout le pays.

Du Brésil où se pratique la guerre contre les pauvres.

Sur les plus de 60 000 homicides l’an dernier, plus de la moitié ont eu pour victimes des personnes noires et plus de la moitié des jeunes. Notre pays est le cinquième au monde pour le taux de féminicides et en 2018, 70% des femmes assassinées étaient noires.

Toutes les 17 minutes une femme est agressée au Brésil et rien que cette année (2010) 126 féminicides ont déjà été commis en 34 jours. La violence politique au Brésil est l’expression du changement du régime que nous vivons et d’une démocratie extrêmement fragile.

Il y a des indices qui indiquent très clairement que Marielle a été assassinée par les milices, ces organisations paramilitaires composées de policiers en activité et d’ex-policiers qui contrôlent une grande partie des quartiers de Rio Janeiro.

Ces organisations criminelles ont des tentacules jusqu’au sein de l’État. Elles
s’associent aux pouvoirs locaux, ont leurs élus et disposent d’un grand pouvoir économique.

Un des fils du président Bolsonaro a rendu hommage aux miliciens au Parlement et il avait
au sein de son cabinet des membres de la famille d’un de ces miliciens qui est en cavale.

Le corps de Marielle a été exécuté, mais elle nous a laissé un héritage vivant. Notre
camarade est devenue un symbole de résistance contre les inégalités et les oppressions
présentes dans la société brésilienne.

Sa mort a eu l’effet contraire de celui que recherchaient ses assassins. Ce sont aujourd’hui des milliers de femmes noires qui poursuivent sa lutte.

Et sa lutte ne se trouve pas seulement au Brésil, elle se diffuse parmi les multitudes de migrantes et de réfugiées qui recherchent de meilleures conditions de vie, parmi les femmes qui luttent contre la violence et le machisme, parmi les luttes antiracistes dans tous les pays, parmi les femmes indigènes et quilombolas qui luttent pour le bien-vivre.

Nous voulons la justice pour Marielle !

L’aboutissement de l’enquête sur son meurtre sera l’œuvre de la solidarité de celles et ceux qui rejettent les injustices et qui sont à la recherche d’une vie vivable. Le peuple brésilien a besoin de tous les soutiens possibles dans cette bataille contre l’autoritarisme, et ce 14 mars nous exigeons la mise en accusation de ceux qui ont commis le meurtre de Marielle et de ceux qui l’ont commandé.

Restons main dans la main ! Les vies noires, ça compte ! Marielle vit !

Comité International de la 4è Internationale

Amsterdam 6 mars 2018

Source

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