Archive | Justice & libertés

28 mai 2015 ~ 0 Commentaire

seront-ils condamnés pour avoir défendu les droits des roms ? (ujfp)

roms

C’était le 27 janvier 2015.

Ce jour-là, plus de 300 personnes s’étaient retrouvées à la rue après avoir été expulsées des bidonvilles où elles étaient installées depuis quelques semaines. Ce jour-là, passant outre les principes humanitaires élémentaires, il est 7 heures du matin quand, à la demande des municipalités de Noisiel et de Champs-sur-Marne (77), la police déloge de leurs installations de fortune quelques centaines de familles roms, installées dans les bois, faute de pouvoir accéder à un autre habitat.

Ce jour-là, en plein milieu de la trêve hivernale, malgré les sollicitations du collectif de soutien aux familles roms, aucun dispositif sérieux d’hébergement n’est mis en place pour accueillir les familles jetées à la rue, et les rares chambres d’hôtel disponibles avec le 115 de Seine-et-Marne sont occupées par la première dizaine de familles évacuées. Ce jour d’hiver, la température est proche de zéro, et vers 10 heures du matin, il reste près de 150 personnes dehors.

Des bébés, des enfants, des personnes malades et leurs familles sont à la recherche d’un refuge pour se mettre à l’abri. Avec les quelques personnes les accompagnant, des familles entrent dans la mairie annexe de Noisiel pour s’y mettre au chaud. Un espace est occupé pour que les enfants puissent se réchauf- fer, en attendant une solution pour trouver un hébergement. Quelques instants plus tard, peut-être saisie d’un moment de panique, la police municipale décide, pour refuser l’entrée à la centaine de personnes restée à l’extérieur, de bloquer les accès de la mairie annexe,

Indignés par cette situation, des militants des droits de l’homme décident d’ouvrir les portes pour permettre à tous d’entrer, alors qu’eux-mêmes sont déjà dans les lieux. Les personnes restées à l’extérieur s’engouffrent dans cet accès. Tentant de résister à la pression de la foule, les policiers municipaux comme les militants présents sont pris dans une bousculade sans gravité. Ils devront simple- ment se relever après une chute les ayant fait tomber à terre.

C’est à partir de cet évènement que la police arrêtera quelques heures plus tard 2 militants du collectif Romeurope qui seront gardés à vue.

Pour avoir osé permettre la mise à l’abri de personnes se retrouvant à la rue, ils sont aujourd’hui poursuivis devant le tribunal correctionnel pour violence envers la force publique.

Pour avoir agi pour la défense élémentaire des droits de l’homme, ils pourraient subir une peine de prison et/ou être condamné à une forte amende.

Peut-on imaginer, en France, renoncer à faire respecter les droits de l’homme ?

Alors que les faits reprochés s’appuient exclusivement sur les déclarations de policiers (qui affirment que les 2 militants leur ont volontairement portés des coups), comment peut-on imaginer qu’en France des militants puissent être condamnés individuellement pour une action collective de défense des droits de l’homme ?

Pour ne pas en arriver là, les parties prenantes et les autorités publiques seraient bien inspirées en se rendant à la raison, et en abandonnant leurs pour- suites. Ceci s’inscrirait dans le prolongement de la reconnaissance du bien-fondé de l’action militante, déjà reconnu, dans les faits, par la préfecture de Seine-et-Marne qui avait elle-même réquisitionné un gymnase pour héberger les personnes le soir de cet événement.

Pour défendre ces principes et marquer leur solidarité avec les 2 militants pour- suivis, les défenseurs des droits de l’homme seront présents à Meaux le jour de l’audience.

Rassemblement Jeudi 28 mai 2015
13h30 devant le tribunal de Meaux

Adresse :
44, avenue du président Salvador Allende (77109)

Départ collectif à partir de Noisiel à 12h30 devant la station du RER Noisiel

http://www.ujfp.org/spip.php?article4183

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19 mai 2015 ~ 0 Commentaire

zyed et bouna sont bel et bien «morts pour rien» (al)

zyed et bouna sont bel et bien «morts pour rien» (al) dans Antiracisme arton6365-cf8f4

Le jugement des policiers mis en cause dans l’affaire de la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré aurait pu être l’occasion de montrer que l’impunité policière peut, parfois, être battue en brèche. Eh bien même pas.

Le tribunal correctionnel de Rennes a tranché : les deux policiers mis en examen pour «non-assistance à personne en danger» bénéficient d’une relaxe définitive. «Ce dossier, ce sont des enfants qui courent parce qu’ils voient la police et la police qui court parce qu’elle voit des enfants courir. Et la réalité de ce pays dans certains quartiers, c’est que le fait que l’on court quand on voit la police devient une infraction pénale.» Ainsi parlait Me Emmanuel Tordjman, un des avocats des familles de Zyed Benna et Bouna Traoré le 19 mars, devant le tribunal correctionnel de Rennes [1].

Son confrère, Me Jean-Pierre Mignard, avait pour sa part rappelé le contexte politique de l’époque : la politique du chiffre, exigée par le ministère de l’Intérieur, sous la direction de Nicolas Sarkozy, puis de Dominique de Villepin, qui réclamait arrestation sur arrestation pour montrer que la police «agissait». C’est cette politique qui a fait accuser les policiers Sébastien Gaillemin et Stéphanie Klein de «non-assistance à personne en danger» lorsqu’ils ont vu les deux enfants de Clichy-sous-Bois pénétrer dans un transformateur EDF, le 27 octobre 2005.

Quel était alors l’état d’esprit du policier Sébastien Gaillemin, qui observait la scène? demandait Me Tordjman. «Il veut interpeller, il ne veut pas sauver. C’est cela qui caractérise l’abstention volontaire alors que le péril est imminent et réel. L’indifférence coupable des fonctionnaires de police, voilà le dossier!» Une relaxe, avait plaidé Me Mignard, serait un très mauvais signal donné à l’ensemble de l’institution policière.

«Les familles vous disent: prenez-nous donc en considération, nous que l’on ne considère pas. Regardez-nous, nous que l’on ne voit pas. Écoutez-nous, nous que l’on écoute jamais. Il n’y a de meilleure preuve d’intégration que celle de ces familles qui attendent depuis dix ans la justice. Vous devez à la fois condamner et réconcilier. Les Français doivent savoir que, d’où que l’on vienne, on a droit à la loi. » Le tribunal correctionnel a tranché. L’impunité policière peut continuer. 18 mai 2015

IL Y A DIX ANS

[1] Pascale Robert-Diard, « Zyed et Bouna : dix ans de colère à la barre », blog Chroniques judiciaires de Lemonde.fr

http://alternativelibertaire.org/?Zyed-et-Bouna-sont-bel-et-bien

Lire aussi:

http://www.courrierinternational.com/article/vu-du-royaume-uni-zyed-et-bouna-apres-la-relaxe-des-policiers-les-emeutes

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18 mai 2015 ~ 0 Commentaire

des bateaux de réfugiés rohingyas rejetés par la thaïlande, la malaisie et l’indonésie (global voices)

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Des milliers de bateaux de réfugiés Rohingyas en provenance du Myanmar ont cherché asile dans les pays voisins du Sud-Est Asiatique, mais ces pays les ont tous renvoyés chercher de l’aide ailleurs. Le gouvernement du Myanmar a refusé de reconnaître les Rohingyas comme un groupe ethnique et les considère comme des migrants illégaux. La plupart des Rohingyas sont musulmans et vivent à la frontière du Myanmar et du Bangladesh.

Pour échapper à la persécution du gouvernement dirigé par les militaires, de nombreux Rohingyas ont traversé les frontières pour se réfugier et travailler en Thaïlande, en Indonésie et en Malaisie. Certains ont été victimes de groupes de trafic humain. Avant la ‘crise des bateaux de migrants’ actuelle, on a découvert en Thaïlande une fosse commune soupçonnée d’appartenir à un ‘camp de la mort’ de migrants Rohingyas illégaux dans le pays.

Au début du mois, plus de 30 corps ont été extraits de cette fosse dans la jun- gle, et selon l’Agence pour les Réfugiés des Nations Unies la responsabilité en incombe à des trafiquants impitoyables. La semaine dernière, on a su que des bateaux qui transportaient des réfugiés Rohingyas ont été appréhendés par des garde-côtes thaïlandais, indonésiens et malaisiens. Mais au lieu de secourir les réfugiés, les autorités côtières ont renvoyé les bateaux en mer.

En Thaïlande, un hélicoptère a jeté des vivres à la mer près d’un bateau au lieu de les remettre directement aux réfugiés. Peu de temps après, le bateau qui trans- portait environ 300 Rohingyas a été forcé à faire demi-tour. Le Major Général Sansern Kaewkamnerd, porte-parole du gouvernement thaïlandais dirigé par les militaires, a dit que le bateau avait été renvoyé en mer après la réparation du moteur et la distribution d’eau et de nourriture aux réfugiés. Il a justifié la décision du gouvernement de repousser les réfugiés dans ces termes :

Selon la loi thaïlandaise, les migrants illégaux doivent être rapatriés ou ren- voyés dans un pays tiers. Ils ne peuvent pas s’installer en Thaïlande. Nous avons fait tout ce que nous pouvions en termes de principes humanitaires. Si nous devons être critiqués, j’aimerais bien que ceux qui nous critiquent s’interrogent sur ce qu’ils feraient si cela se passait dans leur pays.

Pour sa part, le gouvernement de Malaisie a nié ne pas avoir apporté d’aide humanitaire au Rohingyas malgré son peu de soutien constaté habituellement en matière de protection des réfugiés. M. Wan Junaidi Tuanku Jaafar, adjoint au Ministre de l’Intérieur, dit que les autorités ont traité humainement les Rohingyas bien qu’ils soient entrés illégalement en Malaisie. Il ajoute que les réfugiés et les migrants ne doivent pas entrer dans le pays : Nous devons être clairs, ils ne sont pas les bienvenus ici.

Selon Human Rights Watch, l’Indonésie voisine a admis avoir repoussé un bateau surpeuplé de réfugiés en début de mois et les avoir dirigés vers la Malaisie. Phil Robertson, directeur adjoint de Human Rights Watch pour l’Asie, a critiqué le Myanmar qui persécute les Rohingyas ostracisés et condamne les gouvernements de Thaïlande, d’Indonésie et de Malaisie qui refusent de porter secours aux réfugiés boat people :

La Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie empirent les choses par leurs politiques sans coeur qui consiste à repousser cette nouvelle vague de ‘boat people’ et qui met en danger la vie de milliers de personnes

L’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés exprime les mêmes préoccupa- tions. Volker Türk, Haut-Commissaire assistant pour la protection au Haut- Com- missariat des Nations Unies, explique que traverser les mers est un symptôme de désespoir car les gens sont acculés à n’avoir pas d’autre choix que celui de risquer leurs vies :

La principale priorité est de sauver des vies. Au lieu de se rejeter la respon-sabilité, il est primordial que les Etats se partagent la responsabilité de débarquer ces gens immédiatement. Charles Santiago, député malaysien, condamne l’ASEAN, dans une déclaration sur Facebook pour ne pas avoir réussi à s’enten- dre sur une action collective pour régler le problème :

L’ASEAN accuse déjà un énorme retard – les chefs d’Etat auraient déjà dû mettre à plat l’épineux problème de l’exode massif des Rohingyas, qui s’est aggra- vé en juin 2012 à la suite de l’explosion de violence provoquée par l’Etat, comme évoqué dans les conclusions du dernier sommet de l’ASEAN. Ils n’ont pas réussi à discuter de ce problème crucial, ce qui aurait impliqué de considérer les nom- breuses violations des droits humains des Birmans à l’encontre des Rohingyas.

Sur Facebook, un groupe pro-Rohingyas s’en prend au ‘préjugé racial’ des fonctionnaires malaisiens : Le préjugé racial joue un rôle dans la décision de de la Malaisie de ne pas accorder aux réfugiés Rohingyas marginalisés entrés dans le pays protection, nourriture, eau et lieux de culte. Certains secteurs de notre société préfèrent peut-être que les Rohingyas retournent au Bangladesh et au Myanmar pour affronter génocide et persécution.

Traduction publiée le 18 Mai 2015 9:26 GMT

http://fr.globalvoicesonline.org/2015/05/18/186154/

Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rohingya

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14 mai 2015 ~ 0 Commentaire

mexique, la police avait-elle ordre de tirer sur les manifestants? (ci + npa)

Une journaliste mexicaine a enquêté sur la mort de manifestants dans l’Etat du Michoacán.

Contrairement à la version officielle de l’enquête, son article conclut au massacre de ces civils par la police fédérale. Les faits remontent au début de l’année, le 6 janvier, à Apatzingán, une ville de l’Etat de Michoacán au centre du pays. Des heurts violents entre la police fédérale et des manifestants avaient causé la mort de civils. L’enquête menée par les autorités avait conclu à 9 décès en raison de “tirs croisés” entre la police et les manifestants, rapportait alors CNN México. Postés devant la mairie d’Apatzingán, ces membres et sympathisants des “forces rurales”, une sorte de police locale issue de milices d’autodéfense, protestaient contre la suppression de leur unité par le gouvernement et réclamaient des salai- res impayés. Ils campaient jour et nuit devant la mairie depuis la mi-décembre. Le 6 janvier, la dispersion des manifestants par la police avait provoqué une fusillade à deux reprises, dans la nuit et la matinée.

Une vidéo sur YouTube La journaliste mexicaine Laura Castellanos (auteur du livre Le Mexique en armes (éd. Lux, 2010) a mené l’enquête pour le magazine Proceso, le site Aristegui Noticias et la chaîne de télévision Univisión. Elle décom- pte, quant à elle, 16 morts et des dizaines de blessés. “Les gens ne vont pas à la police pour signaler la disparition d’un proche, ils ont peur”, explique-t-elle à notre magazine Courrier international. “Voilà pourquoi les autorités ne peuvent pas faire un décompte plus exact des victimes.”

Mais, surtout, Laura Castellanos, qui a entendu pendant deux mois des victimes, des témoins, des médecins hospitaliers, 39 personnes, tire une autre conclusion : celle d’un massacre commis par des policiers fédéraux. “Ils [les policiers] ont fait irruption et tiré sur une centaine de manifestants qui n’étaient armés que de bâtons”, écrit-elle. Elle étaye ses propos avec une vidéo et des photos inédites, et publie les bandes-son de ses interviews. “Cette vidéo était sur YouTube dans les jours qui ont suivi. Mais l’enquête officielle n’en a pas tenu compte”, assure-t-elle.

La vidéo de Laura Castellanos. (Attention, certaines images peuvent choquer !)

Site bloqué Le reportage de Laura Castellanos, une journaliste indépendante qui travaille pour les principaux journaux nationaux et s’est spécialisée dans les sujets sur la guérilla et les affrontements armés, a sans doute été considéré comme gênant : le 19 avril, jour de la mise en ligne de l’enquête sur Aristegui Noticias, ce site a été bloqué toute la journée. C’est grâce au concours de l’association Artí- culo 19 de défense de la liberté d’expression, dont le siège est à Londres, que l’article a finalement pu être mis en ligne.(…).

Elections en vue Le principal protagoniste de ces événements est Alfredo Cas- tillo, chargé de la Sécurité publique dans l’Etat de Michoacán et donc responsable des forces de police. Fort de ce pouvoir, il avait lui-même légalisé un de ces grou- pes de défense rurale dans la région: le G-250. (…)

Après la parution de son reportage, le ministère de la Justice (PGR) a diligenté une nouvelle enquête sur le massacre d’Apatzingán. “Ses conclusions pourraient bien être une farce”, opine Laura Castellanos. “Ce seront, comme souvent, les niveaux de commandement les plus bas qui seront sanctionnés. Mais le cas d’Alfredo Castillo a provoqué des remous au sein du gouvernement. Peut-être cessera-t-on en haut lieu de le soutenir.”

Publié le 13/05/2015 – 09:31

http://www.courrierinternational.com/article/mexique-la-police-avait-elle-ordre-de-tirer-sur-les-manifestants

http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Michoac%C3%A1n

http://npa2009.org/actualite/mexique-l-eurocaravana-43-dayotzinapa-paris

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10 mai 2015 ~ 0 Commentaire

il n’y a pas de ‘bavures’, mais un système de domination policière (les inrocks)

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Alors que les bavures policières à caractère raciste défrayent la chronique aux Etats-Unis, de récents faits-divers témoignent de dysfonctionnements simi- laires de la police en France. Pour tenter de les expliquer nous avons interrogé le chercheur Mathieu Rigouste, auteur de “La Domination policière”.

Amadou Koumé, 33 ans, père de deux enfants, est mort dans la nuit du 5 au 6 mars dans le commissariat du Xe arrondissement. Nous ne l’avons su que le 20 avril, et les circonstances de son décès demeurent troubles. Selon Le Parisien, qui cite une source judiciaire, “quand les policiers ont voulu le menotter, il s’est débattu. Ils ont dû procéder à une manœuvre d’étranglement pour lui passer les menottes. A l’arrivée au commissariat à 0 h 25, ils se sont rendu compte qu’il était amorphe. Le Samu a tenté de le ranimer, en vain”.

Le 25 avril, Pierre Cayet, un Guadeloupéen de 54 ans, s’effondrait devant le commissariat de Saint-Denis. Selon la thèse policière, il s’agirait d’un accident : l’individu aurait été “repoussé avec la paume de la main” par un policier, ce qui a provoqué sa chute. “Par malchance, il est tombé à la renverse et l’arrière de son crâne a heurté l’arrête du trottoir”, explique un fonctionnaire de police interrogé par Le Parisien. Mais cette version est mise à mal par la famille, selon laquelle Pierre Cayet aurait été gazé puis aurait reçu un violent coup au visage, alors que, greffé d’un rein, il ne représentait pas une menace.

Tandis que les violences policières à caractère raciste défrayent la chronique aux Etats-Unis, ces faits-divers bénéficient d’un silence éloquent en France. Pour décrypter ce phénomène, et en attendant que les enquêtes diligentées par l’IGPN et par les familles des victimes fassent la lumière sur ces étranges décès, nous avons interrogé le chercheur et militant anti-sécuritaire Mathieu Rigouste, auteur de La Domination policière (éd. La Fabrique, 2012).

Deux personnes sont mortes dans des circonstances troubles dans des commissariats récemment: Pierre Cayet et Amadou Koumé. Pourquoi de tels dysfonctionnements ont-ils lieu?

Mathieu Rigouste Parce que ce ne sont pas des dysfonctionnements. La police a été fondée pour maintenir l’ordre social, politique et économique par l’usage de la violence. Elle a en charge de contrôler, surveiller et réprimer tout ce qui menace le système des inégalités forgé par le capitalisme, le racisme, le sexisme et toutes les formes d’autorité et de hiérarchie. Et ce, depuis son origine. Il est donc tout à fait normal, du point de vue de ce système, que la police humilie, brutalise, harcèle, frappe, rafle, enferme, mutile et tue les classes dominées. Mais la police est aussi violente jusque dans ses regards et ses silences. L’Etat encadre ses pratiques, les contrôle, les administre, les régule. Prises dans leur ensemble, elles n’ont rien d’accidentel.

L’impérialisme français, pour se maintenir, tue entre 10 et 15 habitants des quartiers populaires par an. Tandis que la prison, qui enferme et fait disparaître les mêmes strates de la société, produit des dizaines de morts par an. Et pour cela, il faut rendre légitime parmi les dominés mais aussi auprès du reste de la population, la production quotidienne de ce carnage visant à soumettre les classes les plus populaires et parmi elles les plus opprimés, c’est-à-dire les pauvres en général et parmi eux, en particulier les non-blancs. Les médias dominants et la classe politique assurent en général cette fonction en tentant de rendre les opprimés responsables de l’oppression qu’elles et ils subissent.

Pour camoufler cette mécanique d’écrasement, il faut une solidarité très forte des institutions médiatiques, judiciaires, politiques, carcérales et policières. C’est pour cela qu’à chaque meurtre policier, tant que les proches et des militants n’ont pas réussi à s’auto-organiser pour faire une contre-enquête populaire et la rendre publique, les circonstances ont l’air “troubles”. Mais elles ne sont pas “troubles”, elles sont déguisées, masquées, mystifiées par les policiers eux-mêmes, puis par les médias, la classe politique et la Justice qui diffusent massivement ces versions objectivement mensongères et assurent la criminalisation des victimes en laissant à chaque fois entendre, que par son passé, son “origine”, son essence, la victime a mérité d’être martyrisée. L’enquête critique, populaire et matérialiste révèle en revanche qu’il n’y a pas de “bavures”, mais un système de domination policière qui distribue la férocité des classes dominantes pour maintenir et renforcer une société impérialiste.

La mort d’Amadou Koumé ne s’est ébruitée que plus d’un mois après qu’elle a eu lieu, et le frère de Pierre Cayet déplore qu’il y ait “trop peu de choses vraies dans ce que disent les policiers”. Pourquoi est-il si difficile d’établir les faits, et d’obtenir des informations suite à ces décès ?

Avec la restructuration néolibérale et sécuritaire du capitalisme, les polices, notamment les plus féroces, sont engagées dans un processus de militarisation et d’autonomisation. Pour autant, elles restent les instruments de coercition d’un système pyramidal géré au sommet par les classes dominantes économiquement, politiquement et socialement. Ces classes manœuvrent l’Etat et toutes ses institu- tions pour rester en place et continuer à accumuler du profit, du pouvoir et des privilèges. Elles ont absolument intérêt à maintenir la légitimité des institutions qui les protègent et notamment à faire croire que la police “protège le citoyen”, “la veuve et l’orphelin”, qu’“on a quand même besoin de la police”

C’est d’ailleurs la police qui est elle-même chargée de contrôler la police. Quand on connaît l’esprit de corps de cette institution et le mécanisme interne qui fait qu’on envoie à l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) des poli- ciers qui ont eu des pratiques assez gênantes pour qu’on cherche à les extraire des secteurs conventionnels sans les virer de l’institution, on ne peut faire sem- blant de croire qu’“il est difficile d’établir les faits”. Le travail de l’inspection de la police et de la Justice est précisément de cacher ou de transformer ces faits pour protéger la férocité policière, et aboutit en fait à valoriser les carrières des policiers les plus féroces.

Peut-on parler de “racisme institutionnel” en France, bien que nous ne disposions pas de statistiques ethniques ?

La statistique, comme son étymologie l’indique, désigne la comptabilité “d’Etat ». Il n’y a aucune chance pour que l’Etat, qui repose en partie sur la police, donne d’autres chiffres que ceux qui puissent servir à légitimer son action répressive. Dans certaines puissances impérialistes comme en Amérique du Nord, il existe des statistiques “indépendantes” qui pourraient montrer que la police tue indus- triellement les pauvres, notamment les non-blancs mais les médias et la classe politique s’en servent pour prouver que les pauvres et notamment les non-blancs seraient responsables de leur oppression parce que “naturellement portés vers la criminalité et la délinquance”.

Ces catégories d’illégalismes comme toutes les lois, sont elles-mêmes fabri- quées par les classes dominantes, ce qui bien entendu, permet aussi de masquer les “illégalismes”:financiers, judiciaires  et les ravages des politiques économi- ques, sociales, diplomatiques, policières ou militaires que produisent ces mêmes classes dominantes. Et donc la question serait plutôt : qui a intérêt à ce qu’on ne puisse pas parler du racisme institutionnel, structurel, systémique qui organise les sociétés impérialistes en général ?

Nous n’avons pas besoin de “statistiques ethniques” pour démontrer l’exis- tence de l’ordre raciste, la vie quotidienne le démontre tous les jours. Nous avons plutôt besoin de nous organiser entre dominés pour démontrer qu’il est possible de lutter. Il ne sert pas à grand chose de s’indigner de la violence d’Etat, tout ceci n’est pas nouveau.

La police a toujours déversé sa brutalité sur les pauvres et les ouvriers, les colonisés et les immigrés, les révolutionnaires et les révoltées. C’est sa fonction historique, son boulot. L’Etat-nation, le patriarcat, le capitalisme et le racisme se sont construits ensemble sur, par et pour l’esclavage, les traites et les plantations, la chasse aux sorcières (un sexocide), l’enfermement et la coercition des margi- naux, des misérables, des homosexuels, des “fous”, l’exploitation et la sur-exploi- tation, la conquête et la dépossession.

La société française comme toutes les sociétés impérialistes et comme désor- mais l’ensemble des sociétés intégrées dans la mondialisation néolibérale, est structurée par le racisme, le sexisme, l’autoritarisme et le capitalisme. Seuls ceux qui en tirent des privilèges ont intérêt à continuer de croire aux fictions démocra- tiques et aux mythologies républicaines fabriquées par les classes dominantes pour faire participer les dominé.e.s à leur asservissement.

Hollande avait promis de mettre en place des récépissés de contrôles d’identité, afin qu’ils laissent une trace. Puis Valls a abandonné le projet. Pourquoi ? Et cette mesure aurait-elle permis d’éviter les discriminations ?

Le projet a été abandonné parce que les grands syndicats policiers l’ont refusé et qu’ils ont une influence très forte sur la hiérarchie politique de la police. Celles et ceux qui portaient cette revendication pensaient que cela contraindrait les policiers à réduire les contrôles d’identité répétitifs et quotidiens qu’ils exercent sur les habitants des quartiers populaires.

Dans les quartiers populaires, certaines personnes se font contrôler 5 ou 6 fois par jour, parfois par les mêmes policiers. Ce sont des arrestations arbitraires, au faciès. S’en suivent presque toujours des humiliations publiques, souvent des bru- talisations, parfois des garde-à-vue et ce système alimente, par sa connexion avec l’institution judiciaire, l’appétit insatiable des nouvelles prisons semi-privatisées. C’est un véritable système d’écrasement, de quadrillage et de paralysie de la vie sociale et de toutes les formes d’autonomisation collective qui naissent dans les quartiers populaires.

Ce sont les luttes sociales qui changent les rapports de force et qui, seules, sont capables de forcer les dominants à reculer sur leur usage de la férocité com- me dans n’importe quel domaine. Dans ce cas-là, des luttes déterminées portant sur l’établissement de ces récépissés auraient peut-être forcé les autorités à con- tenir ces pratiques dans leur police. Mais sans la pression de ces luttes, il y a fort à parier que ces récépissés auraient été employés pour légitimer la répression et l’incarcération de masse, en justifiant la “criminalité” et le caractère “multi-récidi- viste” des personnes contrôlées. “Si on se fait délivrer 5 récépissés par jours, c’est qu’on doit avoir quelque chose à se reprocher…” auraient sûrement com- mencé à entonner procureurs, médias et syndicats policiers. Ce qui explique sûrement en partie pourquoi le clan Hollande pouvait soutenir cette propagande sans trop prendre de risque.

Le sentiment d’impunité de la police en France est-il justifié? La police détient une impunité de fait. Les meurtres et les illégalismes qu’elle produit sont dans leur immense majorité exemptés par la Justice. Il faut lutter longuement pour obtenir des procès. Et dans ces rares cas, des années plus tard, les policiers sont géné- ralement disculpés et dans les rares cas où ils finissent par être jugés, ils ne re- çoivent que des peines symboliques ou encore plus rarement, du sursis. Ils ne sont la plupart du temps même pas changé de commissariat et continuent à humi- lier les familles de leurs victimes. Et les très rares exceptions ne font que confir- mer la règle. La police assassine, la justice acquitte, les médias mystifient, l’Etat entretient ce système et les classes dominantes en profitent. Ce sont des faits observés et observables.

Mais dans le capitalisme sécuritaire, la police qui s’autonomise, se militarise et s’enféroce produit de plus en plus, par la voix de ses syndicats notamment, un discours dans lequel elle se victimise et tente de faire croire que la Justice serait laxiste et aux ordres d’un “angélisme de gauche” qui dominerait les médias et la classe politique. Or les gouvernements de gauche participent complètement, au gré des alternances et des surenchères sécuritaires, au développement et à l’intensification de la domination policière. La police n’est pas monolithique, elle est traversée par des conflits et des contradictions entre fractions de pouvoirs et de profits, mais elle revendique en quelque sorte de manière homogène à ne plus avoir à faire semblant d’être justiciable.

Sommes-nous loin de la situation états-unienne, où la corrélation entre violences policières et racisme est établie ?

La situation est similaire mais pas identique. Pour la majorité des habitants des ghettos américains et des cités françaises, le racisme de la police est une évi- dence qui n’a besoin d’être établie par aucune autorité, tandis qu’il est mystifié et masqué dans les grands médias et la classe politique. Là-bas comme ici et dans les puissances impérialistes en général, à mesure qu’elles intensifient la restruc- turation néolibérale et qu’elles développement des politiques d’austérité, qu’elles se coalisent dans de nouvelles guerres coloniales et qu’elles mettent en œuvre l’ex- pansion des métropoles techno-industrielles, la “rénovation urbaine”, les classes dominantes doivent renforcer le socio-apartheid à l’intérieur, industrialiser l’enfermement et le néo-esclavage carcéral.

Là-bas comme ici, les révoltes populaires, des contre-médias autonomes et la lutte sans répit semblent émerger comme les seules issues pour faire exister ces vérités à travers et au-delà des territoires ségrégués comme pour contenir le déferlement de la violence d’Etat. Mais là-bas comme ici et partout ailleurs, si nous voulons vivre réellement libres, égaux et dignes, il nous faudra sans doute réussir à nous auto-organiser et nous allier entre exploités, opprimés et aliénés, pour remplacer le système de toutes les dominations par des formes de vie basées sur l’entraide, le partage et la solidarité.

Propos recueillis par Mathieu Dejean 08/05/2015 | 13h27

http://www.lesinrocks.com/2015/05/08/actualite/il-ny-a-pas-de-bavures-mais-un-systeme-de-domination-policiere-11746165/

Lire aussi notre article “Violences policières à caractère raciste : sujet tabou et peines symboliques”

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06 mai 2015 ~ 0 Commentaire

france, halte à la course à la surveillance (amnesty)

anars

Les autorités françaises se verront accorder des pouvoirs très étendus afin de surveiller les citoyens, sur Internet et ailleurs, si l’Assemblée nationale approuve un nouveau projet de loi relatif au renseignement mardi 5 mai, a déclaré Amnesty International.

L’organisation a estimé qu’habiliter le Premier ministre à autoriser des mesures de surveillance sans l’aval d’un juge ne permettrait pas de respecter le principe d’équilibre des pouvoirs. Ce texte rapprocherait la France d’un État espion où rien n’est secret sauf la surveillance elle-même.

Gauri van Gulik, directrice adjointe du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International: «Ce texte rapprocherait la France d’un État espion où rien n’est secret sauf la surveillance elle-même. Même les journalistes, les juges, les politiciens et les personnes entrées à leur insu en contact avec des suspects sont susceptibles d’être soumis à une surveillance intrusive», a déclaré Gauri van Gulik, directrice adjointe du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

«Les autorités françaises pourraient bientôt poser des dispositifs d’écoute chez les gens, dans leur voiture ou sur leur ligne téléphonique sans l’accord d’un juge, même lorsqu’il n’existe aucune raison de soupçonner qu’ils aient fait quelque chose de mal.»

Si le gouvernement présente le projet de loi relatif au renseignement comme une mesure de lutte contre le terrorisme, celui-ci permettrait également au Premier ministre d’autoriser des mesures de surveillance intrusives ayant plusieurs autres finalités générales et mal définies, parmi lesquelles les «intérêts essentiels de la politique étrangère». On ne sait pas clairement ce que recouvrent ces termes vagues.

Ils pourraient par exemple viser des personnes organisant des manifes- tations non violentes. Sur ordre du Premier ministre, les autorités françaises pourraient pirater des ordinateurs ou appareils mobiles, suivre des personnes grâce à la géolocalisation et espionner les courriels, SMS et autres communi- cations d’une personne susceptible d’être en contact, volontairement ou non, avec un individu impliqué dans des activités suspectes.

Le projet de loi permettrait à des membres des forces de sécurité, entre autres, d’installer des dispositifs d’enregistrement à bord des voitures et dans les logements, d’utiliser des capteurs de proximité pour suivre les mouvements des personnes, et de placer des enregistreurs de frappe sur les ordinateurs afin de savoir en temps réel ce qui est écrit à l’aide du clavier. Tout cela sans l’aval de la justice. Les autorités françaises pourraient bientôt poser des dispositifs d’écoute chez les gens, dans leur voiture ou sur leur ligne téléphonique sans l’accord d’un juge, même lorsqu’il n’existe aucune raison de soupçonner qu’ils aient fait quelque chose de mal.

Dans le but de prévenir le terrorisme, le projet de loi obligerait par ailleurs les fournisseurs d’accès à Internet et les opérateurs téléphoniques à ajouter des «boîtes noires» à leurs infrastructures afin d’enregistrer les «métadonnées» c’est-à-dire à qui les internautes écrivent et quand.

Au lieu de solliciter l’autorisation d’un juge pour approuver des mesures de surveillance, le Premier ministre serait tenu de consulter la «Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement», un organe nouveau. Celle-ci est cependant uniquement habilitée à émettre des recommandations non contrai- gnantes, et n’a pas le pouvoir d’empêcher une surveillance illégitime.

Il est en outre très important de noter que le nouveau projet de loi permettrait au Premier ministre d’autoriser l’interception de communications électroniques «émises ou reçues à l’étranger». Cela est suffisamment flou pour ouvrir la voie à une surveillance de masse sans discrimination de l’utilisation d’Internet lorsque les serveurs, comme ceux de Google, sont situés dans un autre pays. Cela concer- nerait la surveillance des courriels, même si ceux-ci sont envoyés à des per- sonnes résidant dans le même pays, d’informations sensibles présentes sur les «nuages» informatiques, d’informations confidentielles en ligne, notamment les rendez-vous médicaux ou de données sur les recherches Internet.

La question des conditions qui seraient requises pour que cette surveillance soit mise en place sera précisée plus tard dans un décret public. Les techniques employées pour mener cette surveillance à bien seraient définies par un autre décret, secret celui-là. «Ce projet de loi est trop vague, sa portée trop vaste, et il laisse trop de questions sans réponse. L’Assemblée nationale doit veiller à ce que des mesures censées protéger les citoyens contre le terrorisme ne portent pas atteinte à leurs droits fondamentaux», a déclaré Gauri van Gulik.

Complément d’information Si les députés français se prononcent en faveur du projet de loi, celui-ci sera alors soumis à un autre vote au Sénat. Il est possible qu’une commission spéciale soit créée afin d’analyser ce texte avant qu’il ne soit promulgué. Le projet de loi a été débattu à l’Assemblée nationale entre les 13 et 16 avril, après avoir fait l’objet d’une discussion en commission le 1er avril.

Il dresse la liste de sept domaines d’intérêt public pour lesquels les services du renseignement peuvent effectuer une surveillance. Ceux-ci incluent la promotion d’«intérêts essentiels de la politique étrangère», et la prévention de «toute forme d’ingérence étrangère», des «violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique» ou de la «criminalité organisée».

Amnesty International a engagé une action en justice contre les gouvernements des États-Unis et du Royaume-Uni afin de contester leurs pratiques de surveil- lance de masse sans discrimination, qui présentent certaines similitudes avec celles que le gouvernement français souhaite adopter.

Le 10 mars, l’Union américaine pour les libertés publiques a saisi la justice contre les États-Unis au nom d’un vaste groupe d’organisations parmi lesquelles figure Amnesty International États-Unis. Le 10 avril, des groupes de défense des droits humains, dont Amnesty International, ont annoncé qu’ils intentaient une action auprès de la Cour européenne des droits de l’homme contre le gouvernement du Royaume-Uni. 4 mai 2015, 18:28

Pour en savoir plus, découvrez cinq faits inacceptables à propos de la surveillance de vos communications que la France veut mettre en place.

https://www.amnesty.org/fr/articles/news/2015/05/france-surveillance-state/

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06 mai 2015 ~ 0 Commentaire

face à la spirale de la répression d’état, défendre les droits démocratiques (essf)

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Cela fait donc trois ans que nous avons un gouvernement «socialiste»…

Et c’est ce gouvernement-là qui non seulement multiplie les interventions militaires en Afrique et au Proche-Orient, mais interdit les manifestations de solidarité avec la Palestine, soutient des méthodes de répression causant de graves blessures et jusqu’à la mort (Rémi Fraysse), fait condamner des manifestants à la prison pour le seul fait d’avoir manifesté-comme avec notre camarade Gaétan Dumay ou révoquer de la fonction publique, pour la première fois depuis 51 ans, un syn- dicaliste-notre camarade Yann Le Merrer à la Poste, pour avoir simplement rempli son mandat syndical.

Un nouveau pas est maintenant franchi avec le projet de loi relatif au ren- seignement. Au prétexte d’une lutte contre la menace djihadiste, ce texte dont les dispositions s’inspirent, quoi qu’en disent les responsables gouvernementaux, du Patriot Act états-unien, ouvre en effet la voie à une surveillance généralisée de la population par les services secrets. Avec le soutien bien senti de l’essentiel de la droite, c’est ce qui reste aujourd’hui et en réalité le véritable contenu, de l’union nationale du 9 janvier.

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme est une autorité administrative dont la fonction est d’«éclairer l’action du gouvernement et du Par- lement dans le domaine des droits de l’homme et des libertés fondamentales»; dans son avis du 16 avril, elle souligne que l’arsenal des mesures prévues ne cor- respond pas aux intentions affichées, d’autant que de nombreuses lois récentes ont déjà renforcé les moyens de lutte contre les menaces terroristes et que l’ab- sence de tout contrôle et contre-pouvoir effectifs menace les libertés publiques.

Effectivement, le champ des activités susceptibles d’être contrôlées est telle- ment large qu’il pourrait, comme l’a déclaré la secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, s’appliquer à l’organisation des manifestations, à des activités syndicales et aux actions de contestation du Grand marché transatlantique. Mais le gouvernement n’en a cure et poursuit imperturbablement dans la même voie, tandis qu’au PS c’est silence dans les rangs.

Démocratie bourgeoise et répression d’Etat Les différentes mesures prises par Hollande et Valls dans le domaine régalien: policier, militaire ou de la «justice» font système: on assiste globalement à une aggravation des dynamiques répres- sives et liberticides impulsées depuis l’Etat.

Les «socialistes» n’en sont certes pas à leur coup d’essai. Il y a près de cent ans, ce sont leurs congénères allemands qui avaient fait assassiner Rosa Luxem- burg. Ce sont eux qui avaient engagé la guerre d’Algérie et c’est sous Mitterrand, Garde des sceaux, que le couperet de la guillotine était tombé sur des dizaines de militants du FLN, dont le communiste Fernand Iveton. Ce sont eux aussi, sous Mitterrand président de la République, qui avaient fait sauter en 1985 le bateau de Greenpeace, «Rainbow Warrior», causant la mort d’un membre de l’équipage.

Parmi ceux qui s’opposent à l’Etat du point de vue des exploités et des opprimés, coexistent traditionnellement, par-delà un accord sur le caractère limité et contraint de la démocratie bourgeoise, deux types d’interprétation de cette forme de domination politique.

Pour l’une, un tel régime est pour la bourgeoisie le meilleur possible, car celle-ci ne peut se maintenir uniquement par la répression et a aussi besoin de formes de légitimation et de consentement; d’ailleurs, les mouvements dirigés contre des dictatures sont en général plus explosifs que ceux qui peuvent être canalisés dans des institutions «démocratiques».

De l’autre côté, on insiste davantage sur le fait que la bourgeoisie n’a jamais rien concédé d’elle-même, que les acquis démocratiques sont toujours des résul- tats de grandes luttes ouvrières et populaires, et que le pouvoir capitaliste tend en permanence à les remettre en cause.

Défendre les libertés démocratiques En réalité, à l’époque du néolibéralisme triomphant, les deux aspects se combinent comme jamais. La «démocratie» reste la bannière de prédilection des impérialismes occidentaux, mais elle se trouve en même temps de plus en plus vidée de contenu. Une des raisons en est la perte de capacité d’initiative des Etats nationaux en matière économique et sociale, que l’on peut constater notamment à travers le processus de l’Union européenne.

Dans tous les cas, défendre les droits démocratiques est pour le mouvement ouvrier, et pour les anticapitalistes qui en sont la pointe avancée, un combat indis-pensable. Tout recul sur ce plan risque d’affaiblir nos capacités de riposte. La seule façon de mener ce combat est de le faire sur le terrain démocratique lui- même, dans l’unité la plus large.

Un enjeu des réactions et mobilisations,qui ont surpris le gouvernement, contre la loi sur le renseignement est la constitution d’un large mouvement national en défense de l’ensemble des libertés publiques, politiques et syndicales.

Jean-Philippe Divès 1er mai 2015

* « Face à la spirale de la répression d’Etat ». Paru dans la Revue L’Anticapitaliste n°65 (mai 2015). http://www.npa2009.org/

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34894

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25 avril 2015 ~ 0 Commentaire

malaise au pays des droits de l’homme et des services spéciaux (acrimed)

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Finies les belles déclarations de nos gouvernants sur la liberté d’expression à la suite des attentats du début de l’année, oubliés les engagements selon lesquels il n’y aurait pas de «Patriot Act» à la française.

Le premier projet de loi d’envergure, Projet de loi relatif au renseignement, faisant suite à ces événements est le plus attentatoire aux libertés que notre pays ait connu depuis longtemps. La mise en discussion de ce projet au Parlement selon une procédure accélérée qui limite drastiquement le débat parlementaire et la possibilité d’une réaction de la société civile, de surcroît pendant une période de vacances scolaires, est déjà, s’agissant d’un texte de cette importance, un déni de démocratie [1].

On a connu ce président moins pressé pour légiférer, par exemple sur le secret des sources des journalistes, pourtant une de ses promesses de candidat. Un projet de loi est pourtant prêt depuis février 2013 mais celui-ci est sans cesse repoussé depuis. Un retard encore accru suite au projet de loi sur le renseigne- ment, discuté en ce moment à l’Assemblée nationale et visiblement prioritaire. «Esprit du 11 janvier» oblige… Mais peut-être le projet de loi sur le renseignement met-il fin à cette attente. Car il ne fait pas de doute que les pratiques des journalistes et la connaissance de leurs sources y sont incluses.

Malgré une communication trompeuse visant à présenter cette loi comme «anti-terroriste», et exigeant l’union nationale déjà invoquée lors de la manifestation du 11 janvier, de nombreuses oppositions se sont d’ores et déjà exprimées aussi bien dans les diverses sphères de la société civile que sur tout l’échiquier politique, sans oublier la CNIL, peu réputée pourtant pour son radicalisme, ni les multiples réactions internationales. Car il ne s’agit pas d’une loi anti-terroriste [2], même si la lutte contre le terrorisme fait partie des sept objectifs [3] dont elle prétend assurer la défense et la promotion, mais bien d’une loi sur le «renseignement», comme son nom l’indique.

Il s’agira tout de même, à l’invocation de l’un ou plusieurs de ces objectifs, de poser des micros chez les gens, dans leurs véhicules, de suivre leurs dépla- cements, d’enregistrer leurs communications téléphoniques et d’intercepter leurs messages électroniques, avec la collaboration forcée de ces nouveaux auxiliaires de police que seront les fournisseurs d’accès Internet, sans parler de ce fameux «algorithme» qui permettrait, soi-disant, de détecter les terroristes en puissance à partir de l’atypisme des métadonnées de leurs communications, atypisme qui ne peut évidemment être décelé qu’à partir d’une surveillance de toute la population connectée.

En même temps que le droit à la vie privée, c’est aussi la liberté d’expression qui est ici visée. Il est bien évident que ces procédés de surveillance, qui seront, par nature, inconnus des citoyens concernés et cela même en cas de plainte de ces derniers, fort improbable dans la mesure où personne ne sera, par définition, au courant de ces écoutes, vont entretenir une atmosphère de crainte autour de toute initiative pouvant être incluse dans les objectifs ci-dessus.

Qui ira désormais consulter, par curiosité ou pour un projet d’étude, un reportage, un site jihadiste, s’il encourt un fichage et éventuellement des pour- suites? Allons-nous devoir cogiter à chaque fois que l’on s’apprête à faire une requête «à risque» dans un moteur de recherche? Cette atteinte intolérable à la liberté d’expression d’un simple citoyen devient, pour les journalistes, au-delà de la seule (mais fondamentale) protection de leurs sources, une véritable entrave à leur activité professionnelle. Là encore, non seulement la promesse de protéger l’investigation journalistique n’est pas respectée, mais en plus de nouveaux obstacles viennent en réduire la possibilité !

Ce projet de loi est d’autant plus dangereux qu’aucun dispositif de contrôle sérieux n’est prévu. Le juge est exclu de tout le processus de décision concernant les atteintes à la vie privée. La commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) constituée pour l’occasion étant seulement consul-tative, les pouvoirs du gouvernement sont exorbitants et hors de tout contrôle, ou- vrant la voie à l’arbitraire et à de très probables abus. La collecte et l’usage des données ainsi que les autres méthodes de surveillance échapperont à la vigilance démocratique.

Pour nous, la liberté d’expression des journalistes est indissociable de celle des autres groupes sociaux, de celle des simples citoyens et citoyennes. Elles sont menacées toutes ensemble. C’est pourquoi Acrimed s’associe pleinement à tous ceux qui manifestent leur hostilité à ce projet de loi et invite ses adhérents et ses lecteurs à interpeller leur député avant le 5 mai, date du vote à l’assemblée nationale, dans ce sens.

Par Acrimed, le 24 avril 2015

http://www.acrimed.org/article4650.html

 

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22 avril 2015 ~ 0 Commentaire

le recel de chaises est-il un délit plus grave que la fraude fiscale? (basta)

casimir

L’enquête progresse!

Perquisition de locaux, multiples convocations au commissariat: la police déploie de grands moyens pour retrouver les chaises «réquisitionnées» par l’association Bizi dans les locaux d’HSBC.

Il y a deux mois, les militants du groupe altermondialiste basque Bizi se sont emparés de huit chaises à l’agence HSBC de Bayonne (lire ici et ). Une «réqui- sition citoyenne», pour protester contre le système d’évasion fiscale mis en place par une filiale de la banque HSBC, qui aurait «détourné en à peine cinq mois 180 milliards d’euros à l’échelle internationale». Les militants de Bizi ont promis de rendre les chaises quand HSBC aura remboursé les 2,5 milliards d’euros perdus par l’État français dans cette affaire.

Ils n’imaginaient pas le zèle de la police pour retrouver ces chaises, suite à la plainte déposée par la direction de l’établissement bancaire. Trois chaises ont finalement été récupérées par la police au local de Bizi depuis le 12 février, jour- née de l’action. Mais les cinq autres sièges fauchés ont été remis à des asso- ciations et personnalités engagées dans la lutte contre l’évasion fiscale.

Alors que la police compte bien entendre ces «receleurs», ces derniers mettent en place une chaine de solidarité. Le philosophe Patrick Viveret, magistrat honoraire à la Cour des comptes, a ainsi transmis le 8 avril un siège HSBC au sociologue Edgar Morin. D’autres personnalités, l’écrivaine et militante altermon-dialiste Susan George, le sociologue Alain Caillé et l’ancien résistant et écono- miste Claude Alphandéry, se sont aussi engagées à héberger le siège recherché par le parquet de Bayonne à tour de rôle.

«Si les mêmes moyens étaient utilisés dans ce domaine [la lutte contre l’évasion fiscale], des dizaines et des dizaines de dirigeants de banques et de multinationales seraient aujourd’hui en garde à vue, ou sous les verrous», s’insurge Txetx Etcheverry, de Bizi.

De l’amende à la prison ferme Parallèlement aux importants moyens déployés pour rechercher ces cinq chaises, la justice avance dans le cadre de l’enquête visant la filiale suisse du groupe bancaire. La maison-mère, HSBC Holdings, a été mise en examen le 8 avril à Paris pour «complicité de blanchiment de fraude fis- cale aggravée» et pour «complicité de démarchage illicite».

La holding s’est vue infliger une caution d’un milliard d’euros, à payer avant le 20 juin. Cette somme correspond à environ la moitié des fonds qui auraient fait l’objet de dissimulation au fisc français, selon l’évaluation des juges, soit au total 2,2 milliards d’euros – un chiffre que conteste la banque. Cette caution doit garantir le paiement d’une éventuelle amende lors d’un futur procès. Le groupe a annoncé son intention de faire appel de cette mise en examen et de la caution demandée.

Arlette Ricci, cliente de HSBC Private Bank, dont le nom est apparu dans les listings Falciani [1], a par ailleurs été condamnée le 13 avril à trois ans de prison, dont un an ferme, pour fraude fiscale portant «atteinte exceptionnelle au pacte républicain». L’héritière des parfums Nina Ricci s’est vue aussi ordonner par le tribunal la confiscation d’une maison à Paris et d’une propriété en Corse, esti- mées à 4 millions d’euros. Le fisc français lui réclame plus de 10 millions d’euros au titre des impôts sur les revenus et sur la fortune. Les avocats d’Arlette Ricci ont indiqué qu’ils attendaient d’avoir pris complète connaissance du jugement pour décider d’un éventuel appel.

L’association Bizi assure de son côté qu’elle poursuivra son action contre l’évasion fiscale, qui coûte chaque année 1000 milliards d’euros aux recettes publiques européennes [2]. « Alors même que l’argent manque cruellement pour financer la lutte contre le changement climatique ou les politiques sociales, rappelle Txetx Etcheverry, notre action vise à ouvrir le débat sur cette situation inacceptable. Nous en assumerons sereinement toutes les conséquences».

Par Sophie Chapelle 21 avril 2015

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http://www.bastamag.net/Recel-de-chaises-un-delit-plus-important-que-l-evasion-fiscale

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18 avril 2015 ~ 0 Commentaire

manifester en france, c’est risquer de finir en prison (libération)

tais toi
TRIBUNE

Le droit à manifester est un droit non négociable. Mais ce qui se dessine localement, c’est une société construite sur la criminalisation des luttes sociales et politiques.

Il plane dans ce pays une atmosphère bien étrange. Quoi que l’on puisse penser du douteux cortège de tête de la mobilisation fleuve ayant défilé dans les rues de Paris, le 11 janvier, après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes, ce sont bien quatre millions de personnes qui ont choisi de manifester pour dire leur rejet des attentats et leur attachement à un certain nombre de valeurs démocratiques.

Comme le notaient alors les correspondants de la presse internationale, c’est au travers de la «manif», sorte de paradigme hexagonal de l’expression collective, que les Français avaient décidé d’exprimer leur émoi. Hollande et son gouvernement, eux, jouaient la carte de l’émotion et de la responsabilité, n’hésitant pas à se présenter comme les hérauts de la liberté d’expression. Mais celle-ci, en France, avant comme après ce défilé historique, n’est pas un étalon universel, loin de là. Il existe des territoires et des villes où manifester peut conduire derrière les barreaux.

Que ce soit à Notre-Dame-des-Landes, à Sivens, à Nantes, à Lyon ou à Tou- louse, ce n’est pas tous les jours le 11 janvier. Manifester oui, mais pas pour sa- luer la mémoire du jeune militant écologiste tué par un tir de grenade de la gendar- merie, Rémi Fraisse, dans la nuit du 25 au 26 octobre. Manifester oui, mais pas contre la série de violences policières commises par la suite à l’occasion de plusieurs manifestations interdites en préfecture. Manifester oui, mais pas contre l’interdiction de manifester elle-même. Ces interdictions qui se sont répétées sur l’ensemble du territoire sont une atteinte grave et révoltante à un droit démocra- tique fondamental.

Nombreux sont celles et ceux qui, en novembre, n’ont pas accepté les diktats vigipiratesques et les arrêtés préfectoraux. Des dizaines ont alors été arrêtés, gar- dés à vue, déférés devant la justice et souvent condamnés. Qui à une peine de sursis et une amende, qui à une peine de prison ferme. C’est le cas de Gaëtan, étudiant toulousain en histoire de l’art au Mirail, militant politique et syndical, arrêté en marge de la manifestation interdite du 8 novembre. En première instance, il a écopé d’une peine de prison avec sursis et d’une amende. En appel, le juge a choisi d’aggraver la sentence, en le condamnant à six mois de prison, dont deux fermes.

Bien sûr la justice officielle sait toujours trouver des motifs pour transformer une résistance politique en un crime de droit commun, en inventant des chefs d’inculpation et en faisant témoigner ses propres policiers. La justice officielle, d’ailleurs, leur en sait gré puisqu’elle sait être reconnaissante avec eux, lorsqu’ils sont les auteurs de «bavures».

Clémente avec les meurtriers de Malik, de Zyed ou de Bouna (le verdict sera rendu en mai), jamais condamnés à de la prison ferme, elle est impitoyable avec celles et ceux qui revendiquent le droit élémentaire de dire leur opposition à la société telle qu’elle est organisée, ou aux politiques telles qu’elles sont menées. Ce qui se renforce et se dessine localement, à partir de manifestation, piquet de grève ou mobilisation, c’est une société construite sur la criminalisation des luttes sociales et politiques, dont on peut craindre, si l’on n’y prend garde, qu’elle ne devienne le lot commun dans tout le pays.

Aujourd’hui à Toulouse, sorte de ville-laboratoire, la moindre mobilisation revêtant une dimension un tant soit peu politique, féministe, antiraciste ou de solidarité internationale avec le peuple palestinien est encadrée, lorsqu’elle n’est pas interdite, comme si le moindre acte militant public portait en lui le germe du «terrorisme».

Dans son message de soutien à Gaëtan, Erri De Luca souligne combien «le droit à manifester est un droit non négociable». Il en sait quelque chose. «Pas de prison pour Gaëtan et tous les condamnés pour avoir manifesté», tel est le nom de la campagne actuellement menée pour dénoncer toutes ces atteintes, auxquelles on voudrait nous habituer, aux libertés démocratiques élémentaires. Nous nous associons ici à ce refus et témoignons de notre solidarité à son égard et à celui des autres condamnés après les manifestations contre les violences policières. Nous invitons chacune et chacun, en conscience, à mesurer la gravité de la situation actuelle.

Parmi les signataires :

Marc Abélès, anthropologue, directeur de recherches au EHESS et CNRS ; Gilbert Achcar, professeur, Université de Paris-8 et SOAS, Université de Londres ; Tariq Ali, écrivain et réalisateur ; Etienne Balibar, professeur émérite, Université de Paris-Ouest ; Ludivine Bantigny, historienne, maître de conférences, Université de Rouen ; Emmanuel Barot, philosophe, maître de conférence HDR, Université Jean Jaurès/Mirail de Toulouse ; Enzo Traverso, historien, Cornell University ; Michel Broué, mathématicien, Professeur, Université Paris-Diderot ; Sébastien Budgen, éditeur ; Judith Butler, philosophe, Université de Berkeley, Californie ; Vincent Charbonnier, ingénieur d’études, IFÉ- ENS de Lyon ; Anne Clerval, maître de conférences en géographie, Université Paris-Est Marne-la-Vallée ; Alexis Cukier, docteur en philosophie, ATER, Université de Poitiers ; Sonia Dayan-Herzbrun, sociologue, professeure émérite, Université Paris Diderot-Paris 7 ; Jean-Numa Ducange, historien, maître de conférences, Université de Rouen ; Cédric Durand, économiste, Université Paris 13 ; Franck Fischbach, philosophe, professeur à l’Université de Strasbourg ; Geneviève Fraisse, philosophe, directrice de recherche émérite, CNRS ; Bernard Friot, sociologue et économiste, Université de Paris-Ouest ; Franck Gaudichaud, maître de conférences en Civilisation hispano-américaine, Université Grenoble-Alpes ; Barbara Glowczewski, anthropologue, directrice de recherches au CNRS et Collège de France ; Fabien Granjon, sociologue, professeur, Université Paris 8 ; Razmig Keucheyan, sociologue, maître de conférences, Paris Sorbonne-Paris IV ; Stathis Kouvélakis, philosophe, King’s College, Londres ; Ken Loach, réalisateur ; Frédéric Lordon, économiste, CNRS ; Michael Lowy, philosophe, CNRS ; Olivier Neveux, historien d’art, professeur, Université Lyon 2 ; Ugo Palheta, maître de conférences en sciences de l’éducation, Université Lille-3 ; Willy Pelletier, sociologue, Université de Picardie ; Paul B. Preciado, philosophe, Université de New York ; Jacques Rancière, philosophe, professeur émérite, Université Paris 8 ; Kristin Ross, professeure de littérature comparée, New York University ; Valentin Schaepelynck, maître de conférences en sciences de l’éducation, Université Paris 8 ; Guillaume Sibertin-Blanc, philosophe, maître de conférences HDR, Université Jean Jaurès/Mirail, Toulouse ; Eduardo Viveiros de Castro, anthropologue, Museo Nacional, Rio de Janeiro ; Slavoj Žižek, philosophe, Université de Ljubljana, Slovénie.

http://www.liberation.fr/debats/2015/04/17/manifester-en-france-c-est-risquer-de-finir-en-prison_1246031

http://www.laizquierdadiario.com/Manifestarse-en-Francia-tambien-es-jugarse-la-carcel

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