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25 août 2014 ~ 0 Commentaire

usa: pour les noirs, s’est érodé l’ensemble des forces de légitimation du système (al’e)

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Aux Etats-Unis, le cas de Michael Brown, un adolescent noir, non armé et tué de six balles par un policier blanc, n’est pas isolé.

Des scandales similaires ont eu lieu au cours des vingt dernières années. Les po- liciers américains tuent en moyenne 400 personnes par an (très souvent en situ- ation de légitime défense), bien plus que les polices européennes. Le droit au port d’armes y est plus étendu et rend le métier de policier plus dangereux. En outre, les «règles d’engagement» (usage du pistolet) sont bien moins strictes qu’en Europe.

La mort de Michael Brown, le 9 août 2014, a déclenché un mouvement de pro- testation qui dure depuis presque deux semaines à Ferguson (Missouri), avec plus de 160 arrestations, un couvre-feu, et l’intervention de la garde nationale. La vio- lence de la répression des manifestations à Ferguson est à replacer dans un con- texte institutionnel.

Il y a plus de 18 000 services de police aux Etats-Unis, répartis entre la ville, le comté, l’Etat et le gouvernement fédéral. Chacun a sa hiérarchie, son budget, ses moyens humains. Ce sont les policiers de chaque ville qui gèrent les émeutes, sans qu’ils y soient formés. Composées de personnels souvent issus de l’armée et préoccupées par les armes que peuvent posséder les criminels, les polices amé- ricaines dépensent des sommes considérables dans du matériel militaire (lance-grenades, mitrailleuses, véhicules blindés, etc.) qu’ils utilisent quand la situation les dépasse

Les manifestations ne sont pas considérées comme un mode légitime d’ex- pression politique aux Etats-Unis, et leur répression les réduits à l’émeute, sans que le message politique soit entendu.

En 1932, une manifestation de vétérans a été réprimée par une charge de cavalerie, baïonnette au canon, menée par le général MacArthur, faisant quatre morts et plus de mille blessés. Lors du mouvement des droits civiques dans les années 1960, les jeunes Blancs qui avaient rejoint les manifestations au côté des Noirs ont été sidérés par la violence de la répression policière. La répression du mouvement Occupy (lutte contre les inégalités sociales et économiques), en 2011, a été brutale, le symbole étant le gazage d’étudiants assis à l’université de UC- Davis (Californie).

Selon la police, le «crime» de Michael Brown est d’avoir traversé la rue en de- hors du passage piéton. Les polices américaines en sont venues à s’intéresser à des infractions aussi vénielles parce qu’elles ont une approche statistique de leur métier. Grâce à des logiciels de cartographie, les policiers identifient des zones criminogènes et allouent les moyens humains, avec pour mission d’arrêter autant de «suspects potentiels» que possible.

Tous les individus commettant des infractions, même mineures, sont arrêtés «préventivement», avant qu’ils ne commettent un crime plus grave, comme le pré- disent les statistiques. Pressés par la logique des indicateurs de performance, les policiers contrôlent et fouillent massivement les jeunes hommes des minorités raciales.

Cette stratégie, bien que controversée, est soutenue par l’ensemble de la classe politique. Conjuguée à l’incarcération de masse, elle est efficace pour lutter contre le crime. Même Bill de Blasio, le nouveau maire de New York, qui a fait campagne contre cette stratégie policière, est dans l’ambiguïté. Il a rappelé William Bratton, le légendaire chef de la police de Rudy Giuliani, ancien maire de New York (1994-2001), avec pour mission de préserver l’efficacité de la police tout en essayant d’en amender les effets les plus iniques sur la vie des jeunes Noirs.

Depuis 1993, la criminalité s’est effondrée dans les villes américaines, alors que la population carcérale a été multipliée par cinq en vingt ans. Aujourd’hui, plus de 2,2 millions de personnes sont en prison, dont 45% sont noires. L’incarcération de masse a des effets terribles dans les quartiers noirs, où les enfants grandissent sans père ni tissu communautaire, où les ex-détenus sont exclus du marché du travail, et où la moitié des adolescents noirs sans diplôme ira en prison au cours de sa vie adulte.

La prison est devenue une expérience structurante de la vie de générations entières d’hommes noirs américains. A la vue de ces changements, pourquoi n’y a-t-il pas davantage de manifestations et d’émeutes raciales massives contre ce régime policier pénal? Alors que les scandales de Noirs sans armes qui se font tuer sont récurrents, la dernière émeute remonte à 1992 à Los Angeles.

Il y a trois raisons: la ségrégation résidentielle limite les contacts «à risque» en- tre Noirs et Blancs; la décentralisation des budgets et des compétences munici- pales permet la cooptation des élites noires dans le système de pouvoir local; et la constitution d’une classe moyenne noire légitime l’ordre racial. Ces forces ont limi- té le mécontentement envers l’emprise de la police et de la prison sur la vie des Noirs. Mais au cours des années 2000, ces forces se sont affaiblies.

Ferguson est une banlieue résidentielle historiquement blanche, devenue noire durant les années 1980. Mais le pouvoir local est resté aux mains des Blancs. La police est à 90% blanche. Les emplois publics et les subventions muni- cipales n’ont pas profité à la majorité noire. De plus, les Noirs, à Ferguson et ail- leurs, ont connu, durant les années 2000, une illusion de prospérité financée par des prêts hypothécaires à risque (subprimes), après des décennies de discrimi- nations sur le marché du crédit. Le salaire médian des familles noires a stagné durant cette période, et les écarts de patrimoine entre Blancs et Noirs se sont accrus. Les coûts de l’éducation, de la santé et du logement ont augmenté, devenant hors de portée des familles avec deux revenus moyens.

Enfin, la revalorisation foncière des villes américaines depuis 1990 et le dépla- cement de la pauvreté vers les banlieues ont déstabilisé le tissu historique des organisations locales de soutien aux pauvres. Pour les Noirs américains, c’est l’ensemble des forces de légitimation du système social qui s’est érodé durant les années 2000.

Si la ségrégation entre quartiers noirs et quartiers blancs a légèrement dimi- nué, une re-ségrégation massive d’institutions comme l’école et la prison est inter- venue. Les études montrent qu’au contact avec la société blanche, comprenant l’ampleur des inégalités, la classe moyenne noire a perdu ses illusions quant à une marche progressive vers l’intégration raciale. Les seuls Noirs qui croient à l’inté- gration sont ceux qui n’ont aucun contact avec les Blancs.

On peut faire l’hypothèse que les événements de Ferguson révèlent l’émer- gence d’un nouveau type d’émeute raciale. Les historiens distinguent celles qui sont liées à la formation du ghetto noir et à la lutte pour l’espace urbain durant les années 1910-1950 de celles des années 1960-1970, davantage centrées sur la pauvreté, la violence policière et le pillage des magasins du ghetto n’appartenant pas aux Noirs (à des juifs dans les années 1960, à des Coréens en 1992).

A Ferguson, les pillages semblent secondaires. Les émeutes sont la mise en cause politique radicale, inédite depuis le mouvement des droits civiques, de la légitimité de la violence publique et de l’état pénal qui s’exercent contre les Noirs américains.

(Publié dans le cahier «Débats» du quotidien Le Monde, dimanche 24, lundi 25 août 2014)

François Bonnet est sociologue CNRS; Clement Thery, sociologue, Columbia University Publié par Alencontre1 le 24 – août – 2014

http://alencontre.org/ameriques/americnord/usa/etats-unis-pour-les-noirs-americains-sest-erode-lensemble-des-forces-de-legitimation-du-systeme-social.html

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23 août 2014 ~ 0 Commentaire

Sacco et vanzetti: 23 août 1927 (la riposte)

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Dans l’Amérique des années 20, les noirs et les travailleurs immigrés ne gagnaient qu’un peu plus de la moitié de ce que pouvait gagner un Américain «de souche». Les capitalistes finançaient l’incitation à la haine raciale. En 1924, le Ku Klux Klan comptait quatre à cinq millions d’adhérents. Il propageait la haine contre les étran- gers, contre le syndicalisme et le communisme. Des noirs et des militants ouvriers étaient régulièrement battus, mutilés et assassinés.

La cible principale de cette intimidation était la main d’œuvre d’immigration récente qui travaillait dans les mines, le textile et la construction. Venus aux Etats- Unis dans l’espoir d’échapper à la guerre, à l’oppression et à la pauvreté, ils se sont retrouvés dans des conditions de travail et de vie à peine supérieures à l’es- clavage. Le «péonage» était répandu dans pratiquement tous les Etats. Cela signi- fiait que les travailleurs n’avaient pas le droit de démissionner, quelles que soient leurs conditions de travail et leurs salaires. Parmi les immigrés de l’an 1908, il y avait deux ouvriers italiens dont les noms allaient bientôt résonner aux quatre coins du monde. Bartolomeo Vanzetti avait alors vingt ans. Nicola Sacco en avait dix-sept.

Vanzetti venait de la province de Cunéo, en Italie du nord. Il s’intéressait aux théories sociales révolutionnaires. Après son débarquement aux Etats-Unis, il tra- vailla pendant deux ans comme plongeur dans un restaurant new-yorkais. Il était périodiquement embauché dans les fermes du Connecticut. Il a travaillé aux car- rières de Meriden et sur les chemins de fer de Springfield, avant de s’installer finalement à Plymouth, dans le Massachusetts. Vanzetti étudiait La Divine Comé- die de Dante et  La Vie de Jésus de Renan. Il lisait Marx, Darwin, Tolstoï, Hugo et Zola. En 1917, il s’installa au Mexique jusqu’à la fin de la guerre. De retour à Ply- mouth, il dirigea une grève dans une entreprise de corderie. Licencié, fiché sur une «liste noire», il peina à retrouver du travail et survécu en vendant du poisson à la criée.

Sacco était originaire de la province italienne de Foggia. Il s’installa aux alen- tours de Boston. Successivement porteur d’eau, ouvrier dans une fonderie à Hopedale et chez la Milford Shoe Company (de 1909 à 1917), il partit au Mexique jusqu’à la fin de la guerre, lui aussi. A son retour, il fut embauché dans l’usine de Michael J. Kelly, un manufacturier de chaussures. Kelly le considérait comme un travailler modèle. Mais Sacco était aussi un révolutionnaire actif. Il participait aux piquets de grève et aux manifestations. Il se qualifiait de socialiste, puis d’anar- chiste. Pour aider financièrement les grévistes, il lui arrivait de jouer la comédie dans les rues des quartiers italiens, avec sa femme Rosina.

Sacco et Vanzetti militaient aussi contre les arrestations et déportations de syndicalistes, de communistes et d’anarchistes. En février 1920, le typographe anarchiste italien Andrea Salsedo fut arrêté à New York. Vanzetti s’y rendit pour se renseigner à son sujet. Mais peu de temps après, le 3 mai, Salsedo tomba du 14e étage du bâtiment du Département de la Justice. Avait-il été jeté dans le vide par la police, ou avait-t-il sauté, poussé à bout par huit semaines de détention et d’interrogatoires? Aussitôt, Sacco et Vanzetti organisèrent une réunion de protes- tation. Elle devait se tenir à Brockton, le 9 mai. Mais le 5 mai, les deux militants furent arrêtés par la police, qui trouva sur eux les tracts annonçant la réunion.

Initialement arrêtés pour activité séditieuse, ils furent bientôt accusés d’un bra- quage chez Slater et Morill, le 15 avril 1920, à South Braintree, au cours duquel deux employés avaient été tués. Vanzetti fut également inculpé pour un autre bra- quage, à Bridgewater. Lors du procès concernant le braquage de Bridgewater, le juge Webster Thayer, connu pour sa haine des «rouges» et ses préjugés contre les «étrangers», s’adressa aux jurés en ces termes: «Cet homme, même s’il est possible qu’il n’ait pas commis le crime qui lui est imputé, est néanmoins mora- lement coupable, parce qu’il est l’ennemi de l’ordre établi.» Vanzetti fut condam- né à une peine de prison de 12 à 15 ans. Le procès des deux hommes pour le braquage et le double meurtre de Braintree eut lieu en mai 1921, à Dedham, dans le Massachusetts. Il était présidé par le même juge.

Enchaînés et enfermés dans une cage, les deux hommes se défendaient vaillam- ment. Mais pour la presse patronale, leur culpabilité ne faisait aucun doute. Ceux qui défendaient les militants étaient accusés de pêcher contre le patriotisme et le bon sens. Le périmètre du tribunal était gardé par des policiers armés de fusils et de mitrailleuses. Une campagne hystérique se déchaînait contre des «rouges», assimilés à des poseurs de bombes et des assassins. L’ambiance, dans le tribu- nal, ne pouvait que s’en ressentir. Les preuves et témoignages à décharge étaient noyés dans un flot de préjugés politiques et racistes. Dans ses instructions aux jurés, le juge Thayer jouait sur la corde patriotique: «Pensez à l’un de nos jeunes soldats donnant sa vie sur les champs de bataille de France. Je vous demande de nous rendre service, ici, dans le même esprit patriotique que celui dont nos jeunes ont fait preuve outre-mer».

Plusieurs témoins oculaires à charge, une prostituée à qui on avait promis un tra- vail régulier, un repris de justice témoignant sous un faux nom, étaient plus que douteux. Lawrence Letherman, un responsable du Département de la Justice de Boston, et Fred Weyand, un agent spécial du même département, avaient déposé des affidavits attestant d’un coup monté contre les deux militants. Ces deux té- moins, que l’on ne pouvait guère soupçonner de sympathies «rouges», affirmaient que les autorités fédérales étaient convaincues de l’innocence de Sacco et Van- zetti, mais voulaient les condamner et les exécuter en raison de leurs idées et activités politiques. Selon l’affidavit de Letherman, par exemple, «le Département de la Justice de Boston voulait trouver contre Sacco et Vanzetti des preuves suffisantes pour obtenir leur déportation, mais [n’y arrivait pas]. De l’avis des agents du Département, une condamnation de Sacco et Vanzetti pour meurtre serait une façon de s’en débarrasser. [Les agents qui connaissaient le dossier] étaient convaincus qu’ils n’avaient rien à voir avec le crime de Braintree.»

De nombreux témoins affirmaient avoir vu les deux hommes ailleurs qu’à Braintree, le jour du double meurtre. Parmi eux, un employé du consulat de Boston affirmait que Sacco s’y trouvait, ce jour-là, pour se procurer un passeport. Il se préparait à rendre visite à son père, en Italie. Pas moins de 31 témoins affirmaient qu’aucun des hommes impliqués dans le braquage n’était Vanzetti, et 13 autres affirmaient l’avoir vu en train de vendre des poissons, à Plymouth, au moment du crime. Bala- yant ces témoignages avec mépris, le juge Thayer déclara que la décision du tri- bunal ne devait pas tellement s’appuyer sur des témoignages, mais sur «la cons- cience [des accusés] d’avoir fait le mal.» Après le procès, des témoignages de personnes dans l’entourage de Thayer indiquaient que le juge lui-même recon- naissait l’innocence des deux hommes, mais considérait qu’il fallait les condamner pour protéger la société.

Pendant six longues années de procédures, de controverses et de protesta- tions, Sacco et Vanzetti croupirent en prison. Des manifestations et des pétitions s’organisaient dans le monde entier. En France, en Angleterre, en Italie, en Alle- magne, au Brésil, en Chine et en Inde, des centaines de milliers de travailleurs se mobilisaient contre l’injustice flagrante de ce qu’un journal de Saint Louis appela un «lynchage légal».

En 1925, un jeune criminel, Celestino Madeiros, condamné à mort pour meurtre et en attente d’une décision en appel, avoua être l’auteur du crime de Braintree. L’aveu était détaillé et circonstancié. La défense de Sacco et Vanzetti sollicita un nouveau jugement. Mais le juge Thayer rejeta le recours. La Cour Suprême jugea qu’il n’y avait pas d’erreurs dans les décisions de Thayer, qui, le 9 avril 1927, pro- nonça la sentence de mort devant les deux hommes. Dans un bref discours, Nico- la Sacco déclara:«Je sais que la sentence est une sentence de classe, une lutte entre la classe opprimée et la classe riche. Il y aura toujours une lutte entre elles. Nous fraternisons avec le peuple, nous lui donnons des livres, de la litté- rature. Vous persécutez le peuple, vous le tyrannisez, vous le tuez.»

Un dernier effort pour les sauver, un recours en grâce auprès du gouverneur Fuller, se solda par un échec, et ces deux martyrs de la cause ouvrière furent exé- cutés sur la chaise électrique dans la nuit du 22 au 23 août 1927. Le 21 août, Bar- tolomeo Vanzetti envoya une lettre au Comité de Défense qui les avait soutenus jusqu’au bout. En voici un extrait: «Amis et camarades, maintenant que la tragé- die de ce jugement touche à sa fin, n’ayez tous qu’un même cœur. Deux d’entre vous seulement meurent. Notre idéal vit. Vous, nos camarades, vivrez par mil- lions. Nous ne sommes pas vaincus. Faites un trésor de nos souffrances, de notre douleur, de nos fautes, de nos défaites, de notre passion pour les batailles futures et pour la grande émancipation. » Par Greg Oxley le 18 avril 2011

http://www.lariposte.org/2011/04/sacco-vanzetti/

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01 août 2014 ~ 0 Commentaire

Flashball: protégeons-nous (npa)

Flashball: protégeons-nous (npa) dans Justice & libertés

Désarmons la police !

Ils s’appellent Jiade, Pierre, Joan, Samir, Clément, Nordine, Joachim, Geoffrey ou Florent. Ils ont entre 14 et 35 ans, et font partie de la longue liste des victimes des violences policières ces dix dernières années.

Leur seul tort ? Avoir manifesté ou être passé à côté d’une manifestation ou simplement avoir été contrôlés dans la rue. Certains ont perdu un œil, tous ont été gravement blessés par un tir de flashball.

Alors est-ce que ce sera l’occasion de faire le procès du flashball ? Trois policiers viennent d’être renvoyés en correctionnelle au tribunal de Bobigny pour avoir blessé 6 personnes au flashball il y a 5 ans à Montreuil, crevant notamment l’œil de Jérôme Gatti.

Depuis sa généralisation il y a 10 ans, le flashball a blessé très gravement au moins 26 personnes (décompte de Mediapart), dont treize ont perdu un œil. Mos- tapha Ziani est mort à Marseille suite à un tir au thorax. Trois jeunes manifestants ont encore été touchés à l’œil lors de la manifestation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes en février dernier à Nantes. L’un d’eux a perdu définitivement son œil.

Tous ces cas s’inscrivent dans le registre des violences policières avec toutes leurs caractéristiques, tentatives de criminaliser les victimes, lenteur des procédures dès que des flics sont en cause et généralement impunité.

Un seul policier a été condamné, à du sursis seulement, et il est toujours en fonction. À Bondy en 2009, un policier tire sur un jeune à bout portant en plein cœur lors d’un contrôle d’identité. Le jeune est embarqué au commissariat pour rébellion. C’est là que les policiers constatent la plaie saignante au cœur. La plainte sera classée sans suite par le procureur de Bobigny pour «infraction insuffisamment caractérisée» ! En ce qui concerne les manifestations, la justice se retranche généralement sur le fait que le tireur n’est pas identifié… par la police.

L’arme de la peur Ces cas ne sont pas des dommages collatéraux. Les armes dites «  non létales »  ne sont pas des bulles de savon. Ce sont… des armes qui, par définition, sont faites pour blesser comme les armes létales sont faites pour tuer. Les différents types de flash-balls ont été utilisés près de 3 000 fois en 2012 selon un rapport du Défenseur des droits.

Les cas recensés par Mediapart ne concernent que les cas de blessures très graves qui ont donné lieu à des plaintes. Pour un œil crevé, combien de lésions aux membres, au dos ou au crâne ?

Les armes non létales ont été généralisées sous le prétexte qu’elles permet- traient de limiter l’usage d’armes à feu et donc le risque de tuer. Mais l’utilisation du flashball comme celle du taser n’ont en rien réduit le nombre de crimes poli- ciers ces dernières années, dont la majorité ne sont pas dus à l’utilisation d’armes à feu. Elles ont par contre permis de lever le tabou de l’utilisation des armes, ce qui rend l’avenir encore plus dangereux.

Car pour le pouvoir leur but est ailleurs. Ces armes sont un des outils (aux côtés des moyens de surveillance et des techniques de répression) pour déve- lopper le contrôle et la peur, peur de manifester et peur d’occuper la ville. C’est donc à deux titres que nous devons lutter pour désarmer la police.

Pour protéger notre intégrité physique, celle de nos amiEs, de nos voisinEs, de nos camarades. Mais aussi pour défendre notre capacité à défendre une autre ville, une autre vie.

Denis Godard  Hebdo L’Anticapitaliste – 252 (24/07/2014)

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01 août 2014 ~ 0 Commentaire

Réforme pénale: la «culture du contrôle» (npa)

daltons

Il aura fallu deux années de débats pour que le 17 juillet, la réforme pénale soit adoptée.

Après la logique du tout carcéral de l’ère sarkozienne, elle était attendue, espérée même, par une partie importante des syndicats de la magistrature, les salariéEs de la PJJ et des services pénitentiaires et de probation, mais également par des associations telles que l’OIP, les familles des détenuEs et bien sûr les détenuEs eux-mêmes…

C’était un projet soi­-disant ambitieux qui voulait révolutionner la politique pénale en matière de délits: vols, dégradations, outrages, délits routiers, violences «en dépassant l’hégémonie de la peine carcérale» par l’individualisation et l’amé- nagement des peines.

En effet, en France, les gouvernements de droite, mais ceux de gauche aussi, malgré leurs discours quand ils sont dans l’opposition, ont toujours privilégié l’enfermement pour répondre à la quasi-totalité des délits. Enfermer systématique- ment les auteurs de délits est une réponse facile et démagogique… Mais c’est une réponse destructrice des individus, pendant leur incarcération et après leur sortie de prison. Destructrice également pour la société car elle crée la récidive : plus de 60 % des condamnés à la prison pour des petits délits récidivent. Et les petits délits, c’est 70 % des peines d’enfermement : cela fait beaucoup de récidives !

Un toilettage minimum

Les peines planchers sont supprimées. Créées en 2007, elles avaient conduit à l’allongement de la durée des peines et à l’augmentation du taux de condamnation en cas de récidive. La loi supprime aussi le caractère automatique de la révoca- tion du sursis en cas de nouvelle infraction. Ces mesures visent à faire baisser la surpopulation dans les prisons: au 1er juillet, le nombre de détenus était de 68 648 pour 57 712 places, en augmentation de 0,5 % depuis un an.

Au fond, en supprimant une mesure qui nourrit la surpopulation carcérale, la loi tente de réduire l’une des plus criantes atteintes à la dignité et au respect des droits de l’homme. Elle assouplit un peu le droit à la suspension de peines pour les malades en incluant en partie les malades mentaux, et amplifie la reconnaissance et l’indemnisation des victimes. Toilettage minimum cependant car le scandale des tribunaux pour mineurs, qui privilégie le jugement d’enfants et d’ados comme des adultes plutôt que l’éducation et l’accompagnement, est bel et bien maintenu.

La contrainte pénale, mesure phare… et vide Cette mesure censée sortir la jus- tice française du tout carcéral reste très limitée dans la loi, cela pour différentes raisons. En effet, elle ne s’appliquera qu’en 2017 à l’ensemble des délits, ce qui signifie que les condamnés à de courtes peines d’incarcération vont continuer à remplir les prisons sans aucun intérêt ni pour eux ni pour la société.

De plus, cette mesure de probation devait être un outil en soi de réinsertion, d’aide soutenue à la «réparation» de l’auteur des faits, des victimes et du lien so- cial. Cela supposait de sortir complètement la mesure de la logique de l’emprison- nement, et de développer des moyens importants en termes d’accompagnement. Là, ce qui est renforcé, c’est le contrôle !

Un pas de plus, toujours dans la même direction «Culture du contrôle»… L’ex- pression est de Dominique Raimbourg, rapporteur du texte à l’Assemblée natio- nale: mieux que de longs discours, elle explique l’objectif réel de la réforme! Les nouveaux outils de ce contrôle se nomment géolocalisation des sortants de prison et autorisation de recours à des procédés d’écoutes téléphoniques.

Non seulement la loi maintient dans le droit la surveillance et la rétention de sûreté, véritables instruments d’une justice d’exception, mais elle étend la surveil- lance judiciaire à l’ensemble des sortants de prison. Condamnés un jour, condam- nés toujours !

Pour être complet, il faut rajouter que ce sont les instances locales de prévention de la délinquance, présidées par le maire et le représentant du préfet, «qui sont chargées d’organiser les modalités de suivi et de contrôle en milieu ouvert des condamnés sortants de prison». Fin de la vie privée des anciens détenus… et demain la société du contrôle pour tous !

Roseline Vachetta Hebdo L’Anticapitaliste – 253 (31/07/2014)

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30 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Code du travail: vers la démolition?

Quand j’appelle un client pour lui dire que la presta qu’il a commandé, va lui couter 4 fois plus que prévu. Mais que ça en vaut la peine.

Rien n’est trop beau pour les patrons:

Manuel Valls, non content d’avoir annoncé le report du compte pénibilité, a décla- ré, dans Les Échos du 1er juillet dernier, à l’intention des partenaires dits sociaux : «Je vais aussi leur demander d’engager des discussions sur les simplifications possibles du Code du travail, avec toujours la volonté de rendre le fonctionnement de l’économie plus souple, plus efficace.»

Les salariéEs qui, par leur travail, font tourner l’économie sont prévenus!

Recodifié sous Chirac, passé à l’acide sous Sarkozy et bientôt réduit en miettes sous Hollande? Ce qui est sûr, c’est que le travail de démolition du Code du travail, texte essentiel qui régit au quotidien les relations individuelles et collec- tives entre des millions de salariéEs et leurs employeurs, se poursuit sans coup férir depuis 2012, et ce au nom de l’allégement des contraintes qui pèseraient sur les entreprises, supposé doper l’emploi. Les derniers chiffres du chômage sont là pour rappeler tout le bien-fondé d’un tel choix.

Chaque mot y est pesé: entre un article qui permet et un qui oblige, on passe du conditionnel à l’impératif. Le diable est dans les détails: ainsi, une ordonnance récente met fin à l’obligation de procéder à un certain nombre d’affichages, dont celui relatif à l’organisation des élections professionnelles, l’entreprise pouvant dorénavant informer son personnel «par tout moyen permettant de conférer une date certaine».

Plus pernicieux, un grand nombre de documents ne seront plus transmis d’of- fice à l’Inspection du travail mais seulement remis à sa demande: terminée la logique d’opportunité qui pouvait donner lieu à un rappel à l’ordre, voir à un contrôle de la société.

La loi versus le contrat Finie aussi la refondation sociale, stratégie initiée par le Medef en 2000, là aussi sous un gouvernement dit de gauche et en réponse au passage aux 35 heures, par laquelle ce dernier voulait réduire au minimum l’inter- vention de l’État dans la sphère sociale.

Avec un pouvoir encore plus conciliant que sous la droite, il lui suffit désor- mais de donner de la voix pour être exaucé! Il faut lire Pierre Gattaz, réagissant aux derniers vœux présidentiels, pour réaliser le chemin parcouru: «Aujourd’hui, le terreau France est peuplé de ronces et de pierres. Les pierres, ce sont les im- pôts et les charges; les ronces, c’est la complexité de la réglementation».

Le vote du Pacte de responsabilité a levé les rocs, reste à débroussailler en pouvant compter, in fine, sur l’appui du pouvoir en place, car les syndicats réfor- mistes, CFDT en tête, échaudés par le fait de voir leurs maigres avancées payées au prix fort foulées du pied, ont juré qu’on ne les y reprendraient plus.

Ainsi, le ministère du Travail va demander au Parlement de sécuriser davan- tage le régime des 24 heures minimum pour le temps partiel, issu de la loi dite de sécurisation de l’emploi: concrètement, il sera quasi-impossible au salarié ayant accepté de déroger à la dite durée de réclamer, par la suite, que cette possibilité lui soit de nouveau offerte…

Malmener davantage la hiérarchie des normes pour laisser la place à l’accord, lui-même remis en cause une fois signé, voilà le marché de dupes du patronat!
«L’histoire sociale enseigne qu’il n’y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l’imposer» écrivait Bourdieu.

Après l’interview de Hollande le 14 juillet dernier, ce sont les seuils sociaux et le repos dominical qui sont dans leur ligne de mire. Il est temps que se constitue – à commencer entre les centrales qui ont boycotté tout ou partie de la conférence prétendument sociale, un front politico-social à même de les faire trébucher.

LD Hebdo L’Anticapitaliste – 252 (24/07/2014)

30 juillet 2014

Sous prétexte de « protéger les intérêts stratégiques des entreprises françaises », les députés socialistes ont déposé une proposition de loi qui renforce le secret des affaires ! Ce projet prévoit de lourdes amendes et même jusqu’à sept ans de prison contre ceux qui rendraient publiques des informations susceptibles de « nuire aux intérêts d’une entreprise ».

Ainsi le patronat pourrait plus facilement faire taire tous ceux, salariés, militants syndicaux, journalistes, qui tenteraient de rendre publics des projets de licenciements ou des nuisances pour la santé comme le Médiator ou les prothèses PIP. Les concurrents des entreprises disposent, eux, de moyens variés pour pénétrer ces prétendus « secrets ».

Le secret des affaires, il faudrait l’abolir, pas le renforcer !

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29 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Les magistrats dénoncent la pénalisation systématique du mouvement social (reporterre)

gauche

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La répression policière et judiciaire contre les mouvements sociaux est de plus en plus forte. Le Syndicat de la magistrature prend position: «Recourir à la pénalisation de ces luttes, c’est enfermer dans l’illégalité toute pensée contestataire et stigmatiser un mouve- ment social fait de lanceurs d’alerte, qui usent de la liberté de contester l’ordre établi.»

Faucheurs d’OGM, militants anti-pub, étudiants anti-CPE, «Contis» d’hier, syndicalistes de Roanne, militants de la confédération paysanne en lutte contre la ferme-usine des 1000 vaches, paysans et militants de la ZAD en résistance contre l’aéroport de Notre Dame des Landes d’aujourd’hui: triste continuité que celle de la répression du mouvement social!

Qu’ont en commun ces hommes et femmes? Ce sont tous des acteurs mobilisés au nom de l’intérêt général pour créer les conditions d’un débat public, des précurseurs dans le com- bat contre la destruction de l’environnement, la diffusion des OGM ou contre des choix politi- co-industriels dictés par la recherche illimitée du profit, au mépris des droits des travailleurs, paysans et habitants.

Arsenal sécuritaire et objectifs chiffrés Et surtout, aujourd’hui comme hier, leurs actions collectives, faites de colère spontanée et inspirées par la détresse pour certains, de dé- monstrations aussi pacifiques que symboliques pour d’autres, leur valent un traitement pénal hors norme, soumis à des objectifs chiffrés que devront valider des condamnations sévères.

Tandis que les moyens manquent à la justice et à la police pour lutter contre la délin- quance économique et financière, on déroule là une mobilisation policière sans précédent et, trop souvent, un traitement judiciaire en temps réel: garde-à-vue, fichage génétique, déferrement et comparution immédiate, cette justice expéditive génératrice d’emprisonnement.

L’arsenal sécuritaire, renforcé sous le précédent gouvernement et toujours en vigueur deux ans après l’alternance, s’est banalisé. Voilà que sont mobilisés pour contrer des luttes sociales: l’extension incontrôlée du fichage génétique qui, jadis réservé aux criminels «sex- uels» concerne aujourd’hui la moindre dégradation, la pénalisation aveugle du refus de prélè- vement ADN, le délit de participation à un attroupement armé, cette résurgence aggravée de la loi anti-casseurs, les procédures d’urgence désastreuses pour les droits de la défense mais si efficaces pour frapper par «exemplarité», sans recul…

Renoncer à donner une réponse politique Autant d’outils sécuritaires que le gouver- nement actuel, qui a déjà enterré le projet d’une loi d’amnistie sociale, est peu soucieux ou peu pressé d’abroger.

Recourir à la pénalisation, d’ailleurs trop souvent sélective, de ces luttes, c’est enfermer dans l’illégalité toute pensée contestataire et stigmatiser un mouvement social fait de lan- ceurs d’alerte, qui usent de la liberté de contester l’ordre établi. C’est renoncer à y donner une réponse politique.

Le Syndicat de la magistrature dénonce cette permanence de la pénalisation du mouvement social et la banalisation des outils sécuritaires qui en sont le moyen

.Source : Syndicat de la magistrature lundi 21 juillet 2014

Lire aussi : Contre les militants de Notre Dame des Landes, la justice devient folle

http://www.reporterre.net/spip.php?article6157

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19 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Le droit d’exprimer ses opi­nions paci­fi­quement (ldh)

 Le droit d’exprimer ses opi­nions paci­fi­quement (ldh) dans Justice & libertés ligue-des-droits_de_l-homme

Une res­pon­sa­bilité des pou­voirs publics

La décision du ministère de l’Intérieur d’interdire une mani­fes­tation en faveur des droits du peuple pales­tinien au motif «de ne pas importer le conflit israélo-​​palestinien en France», après avoir autorisé la pré­cé­dente, constitue une entrave mani­feste à une liberté consti­tu­tion­nelle, et un déni de la réalité.

Exiger la recon­nais­sance du droit du peuple pales­tinien à un Etat sou­verain aux fron­tières, aussi sûres et reconnues que celles de l’Etat d’Israël, ce n’est pas importer un conflit, c’est ins­crire la poli­tique fran­çaise dans les prin­cipes qu’elle prétend défendre.

Au moment où la liste des vic­times civiles, même si le rappel de la pro­hi­bition absolue de tels actes envers toutes les popu­la­tions civiles s’impose, s’allonge de manière effrayante, il ne sert à rien de tenter d’étouffer le sen­timent de révolte que pro­voque l’intervention mili­taire israé­lienne contre la popu­lation de Gaza, sauf à vouloir un peu plus accré­diter que le gou­ver­nement a fait le choix par­tisan d’un camp.

La LDH entend rap­peler avec force que le conflit israélo-​​palestinien ne peut conduire à assi- gner à rési­dence com­mu­nau­taire telle ou telle partie de la popu­lation. A ce titre, s’en prendre à des lieux de culte et aux croyants est inad­mis­sible et doit être sanctionné.

En même temps, à en croire les comptes rendus de presse, les faits en cause ont fait l’objet d’un trai­tement judi­ciaire partial, en ne rendant pas compte du rôle de la Ligue de défense juive dans leur dérou­lement. La LDH a déjà eu l’occasion de s’étonner du trai­tement de fa- veur dont béné­ficie cette orga­ni­sation qui n’a jamais caché qu’elle se com­porte, à l’encontre de la loi, en milice sup­plétive de cer­tains partis poli­tiques israé­liens membres du gou­ver­nement de M. Netanyahou.

C’est sur les pou­voirs publics que pèse, avant tout, la res­pon­sa­bilité de faire res­pecter le droit de chacun à exprimer ses opi­nions paci­fi­quement et dans le cadre des lois de la Répu­blique. La paix civile comme le libre débat démo­cra­tique ne peuvent être pré­servés que si les pou­voirs publics ont une attitude claire et impartiale.

Communiqué de la Ligue des droits de l’Homme, vendredi 18 juillet 2014

http://www.france-palestine.org/Le-droit-d-exprimer-ses-opinions

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18 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Contre les militants de nddl, la justice devient folle (reporterre)

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Depuis la manifestation du 22 février à Nantes, la police multiplie les arrestations, la justice condamnant les militants à des peines de prison ferme, à partir de dossiers pourtant peu étayés. Dans un palais de justice désormais en état de siège à chacun de ces rendez-vous judiciaires, quatre personnes sont à nouveau jugées, vendredi 18 juillet.

Les lendemains de la manifestation du 22 février à Nantes contre le projet d’aéroport n’en finissent pas de remplir les tribunaux, six mois après. A retardement, la police et la justice ont multiplié les arrestations et les comparutions. Le plus souvent en ayant recours à la comparution immédiate, procédure d’urgence pour le moins étonnante aussi longtemps après les faits.

Cette procédure expéditive offre l’avantage à la police d’enchaîner la garde à vue et le pas- sage devant un juge. Mais où est l’urgence, cinq ou six mois après ? La police a, depuis fin février, procédé à plus d’une trentaine d’arrestations a posteriori, sur des bases de photos d’origine indéterminée, de captures d’écran de vidéos visibles sur internet, d’images obte- nues de certains médias locaux après appel à délation, le tout croisés avec des fichiers de militants présents dans les manifestations.

L’objectif officiel premier était de confondre des membres de « black blocks originaires de notre pays mais aussi de pays étrangers », forcément hautement organisés, annoncés et dénoncés par Manuel Valls en février dernier, et qui « continuera à trouver une réponse particulièrement déterminée de la part de l’État ».

De ce point de vue, c’est carrément un échec, la police reconnaissant que ceux qu’elle a pu interpeller à retardement relèvent de la catégorie des «casseurs par opportunité», à sup- poser qu’ils aient vraiment cassé quelques chose. La police reconnaît piteusement que ces fameux black blocks, si tant est qu’ils aient existé ce 22 février, ne sont pas tombés dans ses filets.

L’inventaire des charges retenues lors des dizaines de procès qui se sont déjà tenus montre la faiblesse des preuves et un ciblage arbitraire de militants anti-aéroport. Leur faute, au regard de la police ? Etre des militants, ce qui, en démocratie, n’est pas un délit.

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Lire aussi : Le tribunal nantais assomme les manifestants anti-aéroport et laisse courir la police

Cet article a été rédigé par un journaliste professionnel et a entrainé des frais. Merci de soutenir Reporterre :

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07 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Sauvons leonard peltier, prisonnier politique amérindien (l’huma)

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Dernière chance de sortie pour le « Mandela américain »
A bientôt 70 ans, le symbole de la résistance indienne a déjà passé 38 ans derrière les bar- reaux, au terme d’un procès truqué jamais révisé. Son comité de soutien veut recruter un avocat de renom pour convaincre Obama de lui accorder, enfin, la grâce présidentielle. Ils ont deux semaines pour récolter 50 000 dollars.

Invités par le festival Mamm Douar de Saint-Nolff (Finistère), David Hill, directeur exé- cutif du Comité international de défense de Leonard Peltier (ILPDC), et Klee Benally, musi- cien, réalisateur et activiste, en ont profité pour donner, à Paris, deux conférences-concerts au « Quartier général » et à la galerie Art Roch afin de sensibiliser l’opinion française à la situation dramatique de Leonard Peltier. David Hill est l’un des ses plus fidèles amis.

Ils se sont rencontrés en 1972 au sein de l’American Indian Movement (AIM). Ce mouvement d’entraide et de protection des Amérindiens est issu de plusieurs groupes de défense des droits civiques, à une période d’émancipation des minorités et de lutte contre la ségrégation (Black Panthers, Brown Berets…). A l’époque, l’AIM est en plein essor et orga- nise des occupations spectaculaires, du quartier général du Bureau des affaires indiennes à celle de Wounded Knee, en passant par l’ancienne prison d’Alcatraz.

Toute sa vie, Leonard Peltier n’aura de cesse de lutter contre les inégalités, les injustices et le racisme encore latent envers les populations amérindiennes. David Hill égrenne des statistiques toutes plus affolantes les unes que les autres : 65 % de chômage, 35 % d’alcoolisme, une mortalité due à la tuberculose et autres maladies infectieuses pres- que 3 fois supérieure au reste de la population américaine, 7 fois plus de temps passé en prison que les autres groupes ethniques… « Je pourrais continuer comme ça pendant des heures. A travers le pays, notre peuple est toujours le plus pauvre parmi les pauvres. »

Un symbole de la résistance indienne contre l’oppression En juin 1975, alors que l’AIM lutte contre les milices d’un Conseil tribal corrompu, une fusillade éclate dans la réserve indienne de Pine Ridge (Dakota du Sud). Deux agents du FBI (Federal bureau office) et un adolescent sont tués. Leonard Peltier, l’un des leaders de l’AIM, est très vite accusé de l’assassinat des agents spéciaux. Il se réfugie au Canada où il est arrêté en février 1976. L’année suivante, il est condamné à deux peines consécutives de prison à perpétuité.

Son procès est considéré comme injuste voire truqué par de nombreux observa- teurs.  »Ils ont violé plus de 20 lois constitutionnelles dans le procès de Leonard Peltier », assure David Hill. Témoins manipulés, preuves fabriquées, documents dissimulés à la défense… Tout laisse croire que Leonard Peltier est victime d’un coup monté par le FBI dans sa guerre contre l’AIM (1). « Nous pensons que le gouvernement l’a piégé. Ils veulent main- tenir la peur pour que personne ne puisse s’exprimer. Aux Etats-Unis, on appelle ça le Coun- ter Intelligence Program », lance le président de l’ILDPC. Le « Cointelpro », un programme de contre-espionnage du FBI hérité de la guerre froide, accusé par l’AIM d’avoir orchestré plusieurs dizaines d’assassinats politiques.

Six fois nominé pour le prix Nobel de la Paix, Leonard Peltier reçoit tout au long de sa détention le soutien de personnalités comme Nelson Mandela, Desmond Tutu, du Dalaï Lama ou encore du sous-commandant Marcos, mais aussi d’institutions comme les Parle- ments européen, belge, italien, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’hom- me… Il sera même, depuis sa cellule, le candidat à l’élection présidentielle de 2004 pour le Parti pour la paix et la Liberté (PFP). Le documentaire « Incident at Oglala », produit par Robert Redford, raconte son histoire.

Leonard Peltier est aujourd’hui âgé de 69 ans, dont plus de 38 passés dans l’enfer des prisons de haute sécurité américaines. Ni les demandes de révision de son procès, toujours refusées, ni les recours en grâce auprès des présidents successifs – Clinton y était favorable mais a cédé sous la pression du FBI ; Bush a refusé -, ni les nombreuses pétitions et campagnes de soutien n’ont porté leurs fruits. Amnesty International (AI) considère qu’il ne pourra pas demander sa libération conditionnelle avant 2024. (…)

Enfermé à Coleman en Floride, l’homme souffre de nombreux problèmes de santé. Ses conditions de détention n’arrangent pas les choses : lors de son dernier transfert, il est brutalement passé à tabac par des codétenus. Malgré son état préoccupant et un compor-tement exemplaire – il peint, écrit des textes – il est placé à l’isolement. Plus grave encore, ses geôliers lui refusent l’accès, pourtant vital, à ses médicaments contre le diabète. (…)

Pour en savoir plus ou soutenir Leonard Peltier, rendez-vous sur le site de son comité de soutien : www.leonardpeltier.info Henri Le Roux Jeudi, 3 Juillet, 2014

(1) In the spirit of Crazy Horse. The story of Leonard Peltier and the FBI’s war on the American Indian Movement, Peter Matthiessen, Penguin Books, 1983

http://humanite.fr/sauvons-leonard-peltier-prisonnier-politique-amerindien-546570

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25 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Doux, eau dans les poulets: la procédure annulée (of)

poulets

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Le groupe Doux était cité à comparaître, ce lundi, par les douanes devant le tribunal correctionnel de Quimper.

Le volailler était soupçonné par l’administration de Bercy de fraude sur la teneur en eau injec- tée dans des poulets pour augmenter leur poids et donc son prix, à l’export. Le juge de Quimper n’a pas donné raison aux douanes.

Il a, tout bonnement, ce lundi, annulé la procédure à l’encontre du groupe basé à Châteaulin aux motifs que les Douanes ne disaient pas quelle infraction était visée et quelles personnes étaient citées à comparaître.

http://www.ouest-france.fr/doux-eau-dans-les-poulets-la-procedure-annulee-2645918

http://www.ouest-france.fr/perquisition-des-douanes-chez-doux-report-daudience-2127821

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