Archive | Justice & libertés

15 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

cahuzac (lutte ouvrière)

cahuzac

Les yeux dans les yeux et la main dans le sac

L’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac a été condamné jeudi 8 décembre pour fraude et blanchiment de fraude fiscale à trois ans de prison ferme et cinq ans d’inégibilité. Son ex-con- jointe a écopé, elle, d’une peine de deux ans de prison ferme. Cahuzac, qui a aussitôt fait appel, ne dormira cependant pas en prison, en tout cas pas tout de suite.

Le scandale Cahuzac a éclaté après les révélations de Mediapart, fin 2012, sur l’existence de comptes en Suisse et à Singapour détenus par celui qui, en tant que ministre, s’était fait le pourfendeur de la fraude fiscale.

Cahuzac nia farouchement et déclara devant les députés, « les yeux dans les yeux », qu’il n’avait aucun compte à l’étranger. L’équipe ministérielle de Hollande, le ministre de l’Économie Moscovici en tête, fit bloc autour de lui. Cependant, Cahuzac, obligé de reconnaître les faits, se retrouva mis en examen et convaincu de fraude, blanchiment et mensonges réitérés.

Depuis le début des années 1990, Cahuzac avait profité des possibilités offertes par la banque UBS en Suisse pour protéger ses avoirs, issus des activités de sa clinique de chirurgie esthéti- que, mais aussi de celles liées à l’industrie pharmaceutique. En effet, après avoir travaillé au cabinet du ministre de la Santé Evin de 1988 à 1991, il avait créé Cahuzac conseil, une société de lobbying pour les laboratoires pharmaceutiques. En plus de ses deux comptes chez UBS, Cahuzac était aussi à la tête de sociétés écrans à Panama et aux Seychelles, et de plusieurs millions d’euros au total.

Si la peine prononcée contre Cahuzac a été jugée sévère, c’est certainement en comparaison de la mansuétude, sinon de l’impunité dont bénéficient habituellement les riches fraudeurs du fisc. Pourtant, cette délinquance en col blanc coûte des dizaines de milliards d’euros à l’État, une somme équivalant au déficit public. Quant à la banque suisse qui hébergeait le compte de Cahuzac, elle a été condamnée à payer une amende de 1,875 million d’euros. C’est une somme bien faible au regard de ses profits, plus d’un milliard d’euros en 2015.

Selon les spécialistes, l’optimisation fiscale est en plein développement et plus de 600 milliards d’euros seraient dissimulés dans des paradis fiscaux par des particuliers et des entreprises françaises. Si Cahuzac s’est fait prendre la main dans le sac, ce n’est pas pour autant la fin de l’évasion fiscale. Pour cela, il faudrait rendre publics et transparents tous les comptes des banques et des entreprises. Et cela, aucun gouvernement au service de la bourgeoisie ne le fera. Gaëlle Regent 14 Décembre 2016

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15 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

affaire lagarde (lutte ouvrière)

lagarde

Un panier de crabes

Christine Lagarde, actuelle directrice du Fonds monétaire international (FMI) et ancienne ministre de l’Économie de Nicolas Sarkozy, a comparu devant la Cour de justice de la République pour négligences lors de l’affaire opposant Bernard Tapie à l’État depuis maintenant vingt-quatre ans.

En 1992, l’affairiste Bernard Tapie était la coqueluche de la gauche et était entré pour la seconde fois comme ministre de la Ville dans le gouvernement Bérégovoy. Il avait alors revendu pour l’équivalent de 300 millions d’euros au Crédit lyonnais, alors banque publique, la société Adidas qu’il venait d’acheter, comme tant d’autres, pour une bouchée de pain. Deux mois plus tard, la banque la revendait pour l’équivalent de 700 millions d’euros et Bernard Tapie, en bon escroc détroussé par plus voleur que lui, criait au scandale et réclamait des indemnités.

Ce fut le début d’une série de rebondissements judiciaires qui auraient dû aboutir en 2008 à un procès en bonne et due forme. C’est là qu’intervint Christine Lagarde. En tant que ministre des Finances, elle accepta un arbitrage accordant à Bernard Tapie 403 millions d’euros d’indemnité, une somme jugée bien plus élevée que celle à laquelle aurait abouti un procès. Entre-temps Bernard Tapie avait appelé à voter Sarkozy, et celui-ci était désormais au pouvoir.

Le terme de négligence semble bien léger, vu la somme dont Lagarde a fait cadeau à Bernard Tapie. L’arbitrage a d’ailleurs été annulé en décembre 2015 pour fraude, et six personnalités ont été mises en examen pour escroquerie en bande organisée, dont l’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, ainsi que Bernard Tapie, son avocat et l’un des juges qui avaient rendu l’arbitrage. Mais Christine Lagarde, elle, prétend qu’elle ne savait rien, voire qu’elle avait été abusée. Elle s’appuie notamment sur le fait que les négociations avaient commencé à la demande de l’Élysée avant qu’elle soit ministre, et que Bernard Tapie entretenait des relations personnelles avec Sarkozy, ainsi qu’avec le secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant et le prédécesseur de Christine Lagarde au ministère, Jean-Louis Borloo.

L’affaire montre en tout cas comment se règlent les affaires entre capitalistes et dirigeants politiques. Si un affairiste de petite envergure comme Tapie n’a qu’à pousser la porte de l’Élysée pour obtenir des centaines de millions d’argent public, qu’en est-il des dirigeants des grands trusts ? Daniel MESCLA 14 Décembre 2016

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Commentaire: Moins un euros dans la grande distribution et t’es viré, 400 millions et c’est de la « négligence ». Plus c’est gros, plus çà passe!

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11 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

amiens le 11 janvier

11j

Facebook

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10 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

noël! (npa)

Valls-49.3-délirius

Cadeau de Noël du gouvernement à la police : la présomption de légitime défense

Le gouvernement a donc cédé à la pression des policiers : la loi sur la présomption de légitime défense sera examinée en conseil des ministres le 21 décembre pour un vote au Parlement au premier trimestre 2017. Ajoutée au décret autorisant l’armement des policiers municipaux, des agents de sécurité de la SNCF et de la RATP, cette loi renforcera la toute-puissance de la police.

De quoi la légitime défense est-elle le nom…

La légitime défense est l’autorisation de riposter à une agression de manière proportionnelle. Elle impose aux policiers de n’utiliser leur arme qu’en cas d’absolue nécessité. Ce droit a déjà été élargi : aujourd’hui les policiers peuvent faire usage de leur arme, sans menace directe, mais s’ils sont dans le cadre d’un « périple meurtrier », c’est-à-dire s’ils ont affaire à des terroristes qui ont déjà tué, sont toujours armés et sont susceptibles de tuer à nouveau.

Mais ils veulent plus…

Ce qui était au cœur de leurs revendications, c’est une extension de leur permis de tirer, notamment par l’alignement des règles de la légitime défense de la police sur celles, plus larges, des gendarmes. La Cour de cassation a cependant appelé la gendarmerie à la plus extrême prudence, réaffirmant que les tirs ne devaient être utilisés qu’en cas d’absolue nécessité.

Ce qui fonde encore aujourd’hui la différence sur les règles d’usage des armes entre la gendarmerie et la police, c’est que les premiers font partie de l’armée.

En tant que militaires, ils peuvent être confrontés à d’autres militaires, alors que les seconds travaillent sur la tranquillité publique auprès des citoyenEs qui, en principe, ne sont pas leurs ennemis… Mais aujourd’hui, avec la militarisation de la société et la création d’un « ennemi de l’intérieur » que les différents gouvernements se sont employés à construire, les uns et les autres ont de fait, comme par exemple à Sivens, le permis de tuer sur le territoire. Il n’y a pas non plus de vide juridique en ce qui concerne les policiers qui font usage de leur arme : en cinq ans, il y a eu 50 procédures liées à l’utilisation de la légitime défense… et aucune condamnation de policiers prononcée !

Toute puissance policière

C’est justement ces procédures judiciaires, qui servent à vérifier qu’il n’y a pas eu abus du permis de tirer, que les policiers ne veulent plus. Ainsi, s’ils obtiennent gain de cause, ils n’auront plus de compte à rendre à la justice.

Cette présomption de légitime défense a déjà été en vigueur à des moments sombres de l’histoire en France, d’abord sous Vichy dans l’objectif clairement affiché d’éliminer les résis- tantEs, puis durant la guerre d’Algérie… Nous devons donc être particulièrement vigilants en ce moment sur l’extension des droits donnés à la police.

Plusieurs organisations syndicales, dont le Syndicat de la magistrature, proposent d’homo- généiser les deux régimes de légitime défense en calquant celui des gendarmes sur celui des policiers et de s’en tenir à la définition qui limite la légitime défense aux situations de péril immédiat. C’est bien sûr la proposition la moins dangereuse pour touTEs… tant que les policiers seront armés !

Militarisation de la société

Cette loi sera votée après le décret du 29 novembre qui autorise l’usage de pistolet semi- automatique 9 mm pour les policiers municipaux, les agents des services internes de la SNCF et de la RATP. Avec une quantité d’armes en circulation plus grande, les dangers liés à leur utilisation abusive, aux bavures, augmentent bien évidemment.

Faut-il rappeler que l’armement des policiers n’est pas la règle partout ?

Ainsi en Grande-Bretagne, le maintien de l’ordre est assuré par des policiers non armés. Seuls 5 % des officiers de police possèdent une arme, officiers chargés d’apporter une aide à leurs collègues non armés confrontés à de grandes difficultés. Leur service est très encadré : entraî- nement régulier, formation spéciale, suivi psychologique, interdictions de porter son arme hors service ou de la rapporter chez soi.

Là-bas les armes n’ont été utilisées que 8 fois depuis 2009.

82 % des membres de la fédération de la police se prononcent contre le port d’armes, cons- cients que le surarmement policier entraîne inévitablement le surarmement des délinquants et les risques de bavures.

En France, par la loi sur la présomption de légitime défense, l’une des dernières de son quinquennat, Hollande et son gouvernement donnent aux prochains maîtres de l’Élysée et de Matignon de nouveaux outils pour continuer la construction de l’État policier contre les jeunes, les habitantEs des quartiers populaires, les militantEs…

Plus que jamais, il faut revendiquer le désarmement de la police !

Vendredi 9 décembre 2016  Roseline Vachetta

https://npa2016.org/

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05 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

le clown d’alep

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HALTE AU FEU…..
Hier à ALEP sous les bombes un clown et mort. Il ne fera plus rire les enfants.
Cette information symbolise la vie de la population en ce moment à ALEP, ils ont tué un clown !.

Le clown d’Alep n’est plus. Il a été tué par un missile, lors d’un bombardement dans les quartiers Est d’Alep, mardi 29 novembre. Le lendemain de son décès, annoncé par l’agence de presse américaine AP, l’association « Children of Syria » (Enfants de Syrie) a publié sur sa page Facebook un communiqué laconique et émouvant, en hommage à ce personnage devenu une soupape essentielle dans un quotidien infernal.

« Anas al-Basha, 24 ans, était un travailleur social d’Alep. Il dirigeait le centre « Space for hope » (Un espace pour l’espoir), qui figurait parmi les initiatives locales d’envergure pour les enfants et proposait de nombreux services à la société civile dans les régions de Syrie frappées de plein fouet par la guerre. C’était un clown… avec lui, les enfants souriaient et blaguaient. Anas a été tué mardi 29 novembre, lors d’une attaque aérienne russe sur le quartier de Mashhad, dans la partie assiégée d’Alep-Est. »

Lire aussi:

Le clown d’Alep qui réconfortait les enfants traumatisés est mort (Huffington Post)

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28 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

famille traoré (npa)

black

Honte à l’Etat qui réprime ceux qui réclament justice

Youssouf et Bagui Traoré, les deux frères d’Adama Traoré tué le 19 juillet dernier par les gendarmes, viennent d’être mis sous mandat de dépôt, accusés de violence contre les forces de l’ordre, (neuf policiers ont porté plainte contre eux) lors du rassemblement du 17 novembre dernier qui s’est tenu devant la Mairie de Beaumont sur Oise.

La famille d’Adama Traoré, des habitants du quartier et des soutiens, étaient venus pour assister au conseil municipal afin de dénoncer les agissements de Madame la Maire. En effet celle-ci comptait réclamer le vote pour l’approbation de la prise en charge de ses frais de justice dans le procès prévu contre Assa Traoré, qu’elle accuse de diffamation.

Mais Assa Traoré ne disait que la vérité : « Que Madame la Maire, Madame Nathalie Groux, avait choisi son camp, en se mettant du côté des gendarmes, c’est-à-dire du côté des violences policières ».

Lors de ce rassemblement, à la suite duquel le conseil municipal fut annulé, ce sont les forces de l’ordre qui ont gazé les manifestants pacifiques, n’hésitant pas à lancer leurs jets de lacrymo sur un enfant dans sa poussette. Et on enferme à présent les deux frères d’Adama Traoré.

On cherche à museler toute parole de contestation. Toute parole qui réclame justice. On réprime avec acharnement ceux qui veulent la vérité, ceux qui contestent les mensonges, ceux qui ont perdu injustement un être cher. On s’en prend aux deux frères d’Adama Traoré, pour que cesse de s’exprimer la colère.

Liberté immédiate pour Youssouf et Bagui Traoré ! Et que la mise en examen soit enfin prononcée contre ceux qui ont tué Adama Traoré.

Montreuil, le 26 novembre 2016

https://npa2009.org/

Lire aussi:

« Dans une affaire comme celle d’Adama, il faut vouloir s’affronter à l’appareil d’état ». Entretien avec Lassana Traoré ( Quartiers Libres)

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25 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

contre les violences (npa)

police fn

Désarmer la police!

Des policiers cagoulés et munis de leur brassard, parfois porteurs de leur arme de poing, parfois à bord de leur véhicule de service, qui multiplient les manifestations non déclarées dans la plus totale impunité… Qui vont jusqu’à se rendre à l’Elysée, gentiment bloqués devant la porte par un cordon de gendarmerie… Qui se trouvent à cette occasion dirigés par un non policier, ancien adjoint de sécurité s’avérant être membre du FN… Voilà qui en dit long, tant sur la police et l’Etat que sur la déliquescence du gouvernement Hollande-Valls.

Bien sûr, c’est la crise pour tout le monde. Les policiers subissent eux aussi les bas salaires, les dotations en baisse (mais le gouvernement vient de débloquer 250 millions d’euros), les pressions de la hiérarchie. D’autant qu’avec les attentats terroristes d’une part, le renouveau du mouvement social d’autre part, les journées s’allongent et le stress grandit. Et que la délinquance, parfois barbare, produit de la décomposition de la société, est une réalité. Bien sûr, tous les flics ne sont pas des salauds. La CGT Police s’était notamment élevée contre les consignes gouvernementales de répression violente des manifestations contre la loi Travail.

La police est une arme essentielle de l’appareil d’Etat, au service d’un système global qui protège les exploiteurs, les bourgeois, les spéculateurs. Cela ne veut pas dire qu’elle ne puisse pas être traversée de contradictions, et des policiers être sensibles aux revendications populaires. Plusieurs pays ont connu, ces dernières années, des mobilisations et même des grèves policières, dans le cadre desquelles des aspirations relativement progressistes côtoyaient des positions très à droite – toujours présentes dans ce type d’institution –. Mais tel n’est pas le cas des actuelles manifestations policières en France.

Un mouvement ultra-réactionnaire

Un mouvement, quel qu’il soit, se définit d’abord par ses objectifs, ses revendications. Celles des policiers-manifestants sont sans ambiguïté d’extrême droite ; au diapason d’ailleurs des enquêtes du Cevipof, qui font état d’une explosion du vote de cette profession en faveur du Front national. Contre un supposé « laxisme des juges », ils réclament la fin des sursis ou le rétablissement des peines plancher. L’institution judiciaire est pourtant de plus en plus répressive : au 1er octobre 2016, il y avait en France 68 514 personnes incarcérées, contre moins de 50 000 au début des années 2000. Leur autre exigence est de bénéficier d’une extension de la notion de légitime défense – comme s’il n’y avait pas assez de violences et bavures policières, parfois mortelles comme on vient encore de le voir à Echirolles.

Curieusement, les policiers qui se succèdent dans les médias affirment d’un côté avoir le soutien d’une nette majorité de Français, de l’autre être mal aimés et aspirer à plus de « reconnaissance ». La vérité est que les flics sont détestés comme jamais par de larges secteurs de la population. Pour que cela change, il faudrait qu’ils cessent de se comporter dans les quartiers comme une force d’occupation, bannissent de leurs pratiques les contrôles au faciès et autres comportements racistes, n’aillent plus réprimer les travailleurs contraints de faire grève pour défendre leurs droits, arrêtent de tabasser les lycéens et d’énucléer les manifestants… Vaste programme.

Mais ce n’est pas tout, car le seul pare-feu possible au développement des violences serait en fait… le désarmement de la police.

Il y a chez les principales forces politiques une telle unanimité répressive que l’idée pourrait sembler folle. Elle n’a pourtant rien de spécialement « révolutionnaire » et est même appliquée dans des pays qui pourtant connaissent eux aussi la violence économique et sociale du capitalisme, et ont tout comme nous leurs gangsters et leurs dealers. C’est le cas du Royaume-Uni où ni les flics de terrain, ni ceux qui enquêtent sur un délit ou un crime ne sont armés. Le policier y est de ce fait plus respecté et user contre lui d’une arme y constitue une sorte d’interdit social. Une autre conséquence étant que la société britannique est beaucoup moins sujette que la nôtre aux violences et bavures policières.

A l’exact opposé du « permis de tuer » que réclament aujourd’hui ceux qui manifestent, ou du développement de l’armement des polices municipales, le désarmement protégerait les policiers… tout en nous protégeant de la police.

Lundi 21 novembre 2016  Jean-Philippe Divès

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Vers l’autoritarisme ? Crise de la démocratie libérale et politique d’émancipation ( Ugo Palheta)

Procès du Flash-Ball: « La seule arme de ces manifestants semblait être la parole » (L’Express)

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24 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

oui pourquoi?

 

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21 novembre 2016 ~ 1 Commentaire

brest prison (collectif prison + npa)

prison

Prisons : la fuite en avant (NPA)

L’annonce par le ministre de la Justice d’un plan de dix ans pour de nouvelles prisons est l’occasion d’établir un tableau de l’enfermement carcéral en France et également de faire le point sur les voies d’un renouveau de la conflictualité dans ce champ de la lutte des classes.

Les principaux médias n’ont fait que relayer la communication gouvernementale le 30 septembre 2016, jour de la visite de Jean-Jacques Urvoas à la maison d’arrêt de Fresnes. A l’issue de sa visite, le ministre de la Justice a promis la construction de plus de 10 000 cellules dans les dix ans à venir, afin, selon lui, « d’en finir avec la surpopulation carcérale » et d’assurer l’encellulement individuel, déjà inscrit dans une loi… de 1875 !

Pourtant, une vingtaine d’organisations qui suivent en permanence la situation dans les prisons avaient diffusé un dossier de presse dont est extraite une large part des informations sur lesquelles est fondé cet article. Pour sa part, Laurence Blisson, du Syndicat de la magistrature, n’a eu droit qu’à une poignée de secondes du 20 heures de France 2 pour dire que « plus on construit de prisons et plus on les remplit » au détriment des aménagements de peines et de l’accompagnement des personnes détenues.

L’augmentation du parc pénitentiaire : une fuite en avant inopérante

En 26 ans, près de 22 000 places de prison ont été mises en service : leur nombre est ainsi passé de 37 000 en 1990 à 59 000 en 2016, au grand profit des géants du BTP Bouygues, Eiffage et autre SPIE. Avec près de 70 000 personnes détenues au 1er juillet dernier, la France atteint des taux de détention inégalés.

Sur la même période, le nombre de détenus dépasse constamment le nombre de places disponibles. Le taux d’occupation des établissements pénitentiaires est ainsi toujours resté supérieur à 100 %, moyenne qui masque une réalité contrastée (voir tableau 1).

Les maisons d’arrêt (où séjournent les personnes en attente de jugement, ainsi que des personnes condamnées définitivement et dont le reliquat de peine est inférieur à deux ans) concentrent la surpopulation carcérale, les cellules de 9m2 partagées à trois ou quatre, avec des matelas posés au sol, et des conditions sanitaires scandaleuses. Au 1er août 2016, il y avait en maison d’arrêt un effectif total de 46 700 personnes détenues pour 33 600 places.

L’accroissement considérable du parc pénitentiaire n’a eu aucun effet sur la surpopulation. Plusieurs facteurs ont contribué à remplir les maisons d’arrêt :

la suppression, par Sarkozy, de l’amnistie présidentielle qui libérait d’un coup 6 000 personnes ;

de nouveaux délits passibles d’emprisonnement, entraînant une augmentation des incarcérations : racolage passif, occupation d’un hall d’immeuble, maintien irrégulier sur le territoire ou défaut de permis, etc. ;

l’inflation de la comparution immédiate, qui conduit à un taux plus important de peines fermes (environ 70 %), plus longues que celles prononcées pour la même infraction par la juridiction ordinaire ;

la détention provisoire, qui affecte 20 000 personnes présumées innocentes – plus d’un quart des détenu-e-s.

Les juges sont les premiers responsables directs de l’enfer des maisons d’arrêt : accros à la détention provisoire – dont ils devraient n’user qu’en dernier recours –, rétifs aux aménagements de peine, ils condamnent lourdement. La détention provisoire a augmenté de 11,5 % en un an.

L’OIP (Observatoire international des prisons) a pourtant démontré que l’aménagement des peines des 20 000 personnes condamnées à moins d’un an de prison permettrait au parc pénitentiaire actuel de respecter l’encellulement individuel.

Une évolution sans corrélation  avec celle de la délinquance

L’augmentation de la criminalité sensée justifier l’aveuglement répressif du pouvoir et des juges se nourrit de « la médiatisation des faits divers et la succession d’attentats [qui] donnent l’impression d’une société de plus en plus violente. Pourtant, la part des personnes incarcérées pour homicide n’a cessé de diminuer depuis 1980, représentant moins de 10 % des détenus : les vols arrivent en tête des motifs d’incarcération, suivis par le trafic de drogue et les violences volontaires, puis les viols et agressions sexuelles, en diminution depuis 10 ans » (tribune de 62 universitaires publiée dans Le Monde le 22 septembre 2016).

La population incarcérée est en majorité composée de jeunes prolétaires peu ou pas qualifiés et souvent en grande précarité, ce qui a amené le sociologue Loïc Wacquant à parler de « prisons de la misère ». Le tableau 2 illustre parfaitement son propos : « A la régulation des classes populaires par ce que Pierre Bourdieu appelle « la main gauche de l’Etat », symbolisée par l’éducation, la santé, l’assistance et logement social, se substitue la régulation par sa « main droite », police, justice et prison, de plus en plus active et intrusive dans les zones inférieures de l’espace social. »

Par ailleurs, le taux de suicide parmi la population carcérale est dix fois supérieur à celui de la population générale.

Une résistance permanente

La résistance au système carcéral n’a plus l’intensité des années 1970 à 1975, au temps des révoltes de Toul et Nancy, mais cette résistance n’a pas cessé, malgré une répression sans commune mesure avec celle qui sévit à l’extérieur.

De 2008 à 2010, l’administration a recensé une moyenne de 760 « événements collectifs  » en détention, avec une hausse notable (26 en 2009) des interventions des ERIS (GIGN pénitentiaire). Le plus souvent, la protestation prend la forme d’un refus de remontée de promenade ou d’un rassemblement dans les ateliers.

Le trimestriel L’Envolée a recensé huit établissements où, depuis 2012, des plateformes revendicatives ont été portées par des mouvements collectifs de prisonniers. : « Les prisonnier-e-s y dénoncent la surpopulation, les fouilles à corps, la multiplication des régimes différenciés, le prix des cantines et les salaires imposés par les entreprises privées cogestionnaires, le mitard et les peines de prison supplémentaires. Mais aussi le manque d’activités et de parloirs, le mépris des familles, des règlements intérieurs qui changent d’une prison à l’autre, les aménagements de peine inexistants. Ils exigent la fermeture définitive des quartiers d’isolement, des quartiers disciplinaires et la suppression des régimes fermés, véritables quartiers d’isolement, où l’administration pénitentiaire place les prisonnier-e-s pour une durée indéterminée. Ils demandent le rapprochement familial, ou à défaut des bons de transport pour les familles éloignées, le téléphone gratuit pour les indigents, l’abolition des expertises psychiatriques et que le code du travail s’applique en détention. Et surtout, qu’on leur donne toutes les remises de peine auxquelles ils ont droit. »

Parmi ces revendications, le rapprochement familial est l’une des plus sensibles mais, pour l’administration pénitentiaire, la sécurité l’emporte sur toute autre considération. Elle pratique des transferts de désencombrement (sic) en cas de sur-occupation, des transferts pour raisons disciplinaires après un « événement collectif » (255 pour la seule région de Lyon en 2011), ainsi que le « baluchonnage » en déplaçant en permanence les « guerriers », réfractaires au système carcéral. Ces transferts ont lieu le plus souvent sans préavis et sans tenir compte des situations personnelles. Les transferts sur demande se heurtent, eux, à des refus ou à la lenteur bureaucratique.

Les prises d’otages de Châteaudun et d’Alençon avaient pour cause des refus de transfert ; le blocage de l’autoroute du Nord et les destructions à la gare de Moirans et à la prison de Vivonne, des refus de permissions de sortie.

Des organisations démocratiques opiniâtres

Une vingtaine d’organisations actives sur l’enfermement ont signé un communiqué

(cf. www.oip.org) contre la construction de nouvelles prisons. Au côté des plus connues – la Ligue des droits de l’Homme, l’OIP ou les Syndicats de la magistrature et des avocats de France –, on note la présence d’avocats pénalistes (ADAP), d’A3D( Avocats pour la défense des détenus), de juges d’application des peines (ANJAP), de psys (ASPNP), de Ban public (qui recense les suicides en détention) et du Genepi (association née en 1976, qui pratique la « circulation des savoirs » en détention et se veut « militante, politisée et radicale »).

Cette galaxie constitue un bouclier de la société civile face au rouleau compresseur de l’Etat, lequel a, plusieurs fois, été condamné par le Conseil d’Etat ou la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) à la suite de recours introduits notamment par l’OIP et qui ont permis d’obtenir, par exemple, l’interdiction des fouilles à nu systématiques ou l’assistance d’un avocat devant la commission de discipline.

Des anti-carcéraux abolitionnistes

Composés d’ex-prisonniers ou de proches, le groupe autour du journal L’Envolée milite « pour en finir avec toutes les prisons » et se tient malheureusement, pour cette raison, à distance de la nébuleuse « réformiste ». Il diffuse des lettres de prisonnier-e-s, des récits de procès et coordonne une dizaine d’émissions de radio locales, très écoutées, qui font le lien entre l’intérieur et l’extérieur.

Pour L’Envolée, la prison est le ciment nécessaire à l’Etat qui permet au capitalisme de se maintenir. Prisons et Justice servent principalement à enfermer la misère. L’enfermement carcéral produit une peur nécessaire au maintien de cette société. Ces militants considèrent qu’il n’y aura jamais de mouvement efficace contre l’enfermement sans les enfermés eux-mêmes et que s’attaquer à l’une des modalités de l’enfermement, c’est s’en prendre à l’enfermement lui-même. C’est pourquoi ils appellent de leurs vœux la constitution d’une plateforme revendicative élaborée par les prisonnier-e-s et commune à tous les lieux de détention.

Bibliographie

- Dedans-Dehors, bimensuel de l’OIP.

- Le Passe-Murailles, bimensuel du Genepi.

- Prisonniers en révolte, Anne Guérin, Agone, 2014.

- La révolte de la prison de Nancy, dir. Philippe Artières, Le Point du jour, 2013.

- Les conditions de détention en France et Le Guide du prisonnier, OIP/La Découverte, 2012.

- Pour en finir avec la prison, Alain Brossat, La Fabrique, 2001.

- DVD Sur les toits, film de Nicolas Drolc, 2014.

- http ://multinationales.org/La-privatisation-rampante-des-prisons-francaises

Alex Thérier Mardi 29 novembre 2016

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18 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

dossier état d’urgence (npa)

flics matrak

Répression : Sans limites 

Droit dans leurs bottes, le maître de Matignon et son valet Cazeneuve multiplient les décla-rations haineuses d’appel à la répression contre le mouvement social. Après la destruction du bidonville de Calais et des campements de migrantEs parisiens, ce sont les occupants de la ZAD de Notre-Dame des-Landes qui sont à leur tour menacés d’expulsion « avant l’hiver »…

Mais au-delà de ces exemples fortement médiatisés, ce sont des centaines de syndicalistes, de manifestantEs et d’acteurs du mouvement social sur lesquels depuis un an s’abat la répression d’État.

Des chiffres impressionnants

D’après un recensement non exhaustif, établi par nos soins à partir de sources syndicales, de sites militants, d’articles parus dans la presse régionale, 725 personnes ont été ou sont actuellement poursuivies devant les tribunaux, licenciées ou sanctionnées pour fait de grève depuis un an. 390 audiences devant les tribunaux, conseils de discipline et autres instances disciplinaires se sont tenues ou vont se tenir…

En ce qui concerne le nombre de personnes incarcérées au titre du mouvement social, nous ne pouvons que nous référer aux sources officielles : rappelons seulement que la chancellerie l’avait chiffré à 253 au début de l’été.

Depuis 5 mois, trois personnes inculpés dans le cadre de la manifestation de riposte au rassemblement policier du 18 mai place de la République sont en détention préventive. Les chefs d’inculpation n’ont à ce jour pas été requalifiés, l’enquête continue, et ces camarades risquent toujours d’être déférés devant la cour d’assises…

Flics et juges plus que jamais mobilisés !

D’aucuns auraient pu penser qu’après la séquence de lutte de haute intensité contre la loi travail du printemps et du début de l’été, le gouvernement décide d’une accalmie dans sa politique répressive. Au contraire, on assiste à un acharnement policier et judiciaire sans précédent, et de nouvelles inculpations pleuvent chaque semaine.

C’est ainsi que 6 nouvelles personnes ont été mises en garde à vue, déférées au parquet, puis inculpées le 8 novembre… cinq mois après l’occupation pacifique du siège national du Medef par des militantEs syndicalistes, intermittents et précaires. Qu’importe que le dossier soit vide et les accusations de « violences, dégradations et vols » totalement fantaisis_ tes ! Il s’agit là de faire payer au prix fort les éléments parmi les plus déterminés de l’opposition à la loi travail.

Ne pas se résigner, ne pas les laisser faire !

Favorisé par la prolongation d’un état d’urgence devenu permanent, nous vivons depuis un an dans un État policier. L’élection présidentielle de 2017, le contexte international nauséabond, la stigmatisation raciste des réfugiéEs, ouvrent la voie à une surenchère sécuritaire sans précé- dent. Mais tout reste possible, comme en témoigne le grand mouvement social contre la loi travail et les grèves qui continuent, les manifestations, et les structures de mobilisation qui se créent…

La question de la répression du mouvement social est centrale et le rassemblement d’Amiens en soutien aux inculpés de Goodyear mi-octobre a été un premier pas dans la constitution d’un « front du refus » contre la répression. Notre responsabilité est grande pour que celui-ci se renforce.

Vendredi 18 novembre 2016 Alain Pojolat

http://npa2009.org/

Un an d’état d’urgence permanent : libertés étouffées, mouvement social réprimé (tract)

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