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09 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

birmanie: dictature et désastres environnementaux (npa 5)

All-is-stable-now-in-Burma1

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Une entreprise qui convoite l’exploitation des ressources pétrolières et gazières de par le monde a besoin de stabilité pour faire ses affaires : ni guerre ni troubles sociaux. Lors d’une interview en avril 2014, Christophe De Margerie déclarait : « Tout le monde veut de l’énergie propre, mais on ne veut pas souvent en payer le prix… ». Il parlait du coût financier bien sûr… mais également des questions géopolitiques. Les liens de Total en Birmanie en sont un bon exemple.

Ce pays est un des plus riches du monde en ressources naturelles diverses. Ses réserves en hydrocarbure sont faibles par rapport à celle de l’ensemble de la planète, mais elles arrivaient en première place, dans les revenus en devises du pays, pour entretenir l’armée et les politiciens corrompus. Total a donc été le partenaire principal et la première source de revenus de la junte militaire jusqu’en 2011.

Au prétexte des conflits ethniques et indépendantistes, non seulement Total confiait la sécurité de son personnel et de ses installations à l’armée, mais de 1995 à 1998, elle s’est appuyée sur les forces armées birmanes qui ont littéra- lement mis en esclavage une partie de la population locale pour la construction terrestre du gazoduc de Yadana jusqu’à la Thaïlande.

Mis en cause en France suite à une plainte de travailleurs birmans en 2002, le groupe pétrolier a finalement bénéficié d’un non-lieu en 2006 pour des raisons de procédure, alors que la justice avait reconnu la réalité du travail forcé. En octobre 2007, en pleine répression des mouvements pro-démocratiques en Birmanie par les militaires, de Margerie réitérait : « Ce pétrole, on est bien obligé d’aller le chercher là où il est. Ce serait plus simple s’il y en avait au Club Med ! »

Les affaires restent les affaires Aung San Suu Kyi, opposante célèbre, Prix Nobel de la Paix et désormais élue au parlement, a déclaré en 2012 n’avoir aucune intention de demander à Total de quitter son pays. Dans une Birmanie en pleine transition démocratique, si de nombreux prisonniers politiques ont été libérés, certains sont toujours en prison en raison de leurs activités politiques, leur origine ethnique ou leur religion, et d’autres continuent d’être arrêtés. Les autorités exproprient les paysans des terres convoitées pour des projets d’extraction et déplacent des villages.

Le groupe, qui se veut socialement responsable comme c’est à la mode dans les entreprises aujourd’hui, a créé un site Web spécialement dédié à ses activités en Birmanie afin de répondre à ses détracteurs. Il met en avant ses actions dans le domaine du développement socio-économique local… Total cherche à cacher le désastre environnemental et l’accaparement de terres que provoquent ses projets pétroliers et gaziers.

Ainsi, pour son implantation en terre Egi au Nigeria, Total, qui fait partie des nominés, va-t-elle cette année remporter le « Prix Pinocchio » décerné par l’association écologique les Amis de la Terre ? Christine Schneider

http://npa2009.org/arguments/totalement-capitaliste

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09 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

rémi fraisse : des milliers de lycéens reprennent la rue!(ccr)

fin dupnot

Une nouvelle étape de la mobilisation

Une fois de plus, en écho à la mobilisation de l’année dernière, les lycéen-ne-s se mettent en pointe de la contestation sociale en refusant de laisser impuni le crime d’Etat que constitue l’assassinat de Rémi Fraisse. Ils étaient plus de 3000 jeudi dans les rues parisiennes, et à nouveau quelques centaines vendredi.

«Lycéens en colère, Contre les violences policières!» «On peut désormais parler d’«affaire Rémi Fraisse»: c’est un ainsi que débutait l’article des Echos sur la journée de jeudi. «Désormais», l’affaire Rémi Fraisse ne peut rester plus longtemps le synonyme d’une entreprise de communication réussie pour le gouvernement et la caste politico-médiatique. Après de longues journées de vacances où il avait semblé possible de faire oublier ce crime d’Etat, voire de criminaliser les rassemblements qui s’étaient tenus dans toute la France, la mobilisation lycéenne de ces deux derniers jours a remis à l’ordre du jour la seule réponse possible face à la mort de Rémi Fraisse: une réponse militante, une réponse de rue, bien loin des cierges et des minutes de silence apolitiques.

Dès le début de semaine, les réseaux sociaux s’agitaient de la colère lycéenne. De commentaires facebook en boucles de textos, l’idée qu’on ne pouvait pas ne pas réagir à la mort d’un jeune, d’un camarade, s’est propagée de lycée en lycée. Organisation du blocage, écriture de slogans, confection de pancartes et de banderoles: jeudi, c’est au total 15 lycées qui ont été totalement bloqués, et 14 autres à demi-bloqués avec un filtrage à l’entrée, selon les sources policières.

Ils étaient ensuite plus de 3000 qui, au pas de charge, sont descendus de la place de la Nation jusqu’à Bastille, puis jusqu’à Place d’Italie, en un cortège très dynamique, animé de slogans de colère contre la police et ses « bavures », qui rappellent à de nombreux lycéen-ne-s leurs mauvaises expériences avec les flics. Cette dernière a d’ailleurs brillé par son absence, certainement suite à de nouvelles consignes: pas question d’un nouveau scandale… Vendredi à nouveau, les lycées au cœur du mouvement (Voltaire, Montaigne, Ravel, Hélène Boucher, Paul Valéry, Monet, Racine, Turgot, Brassens ou encore Suger dans le 93…) poursuivaient la mobilisation et reprenaient la rue.

Ces réseaux lycéens qui s’organisent, qui préparent la mobilisation plusieurs jours à l’avance, tout cela est un héritage de l’année dernière, lorsque les lycéens avaient déjà montré l’exemple en soutenant leurs camarades sans-papiers [1]. C’est ce qui permet aujourd’hui cette alliance puissante entre la spontanéité de la jeunesse lycéenne, qui pourrait bien être une étincelle, et la construction consciente d’équipes combatives sur chaque lycée, qui renoue avec la tradition du mouvement lycéen de l’hexagone. Cette dynamique est d’autant plus exemplaire que de manière scandaleuse, aucune des organisations de jeunesse plus traditionnelles n’a cherché à construire la nécessaire mobilisation. La Fidl ou l’UNL font la démonstration de leur soumission au gouvernement, de même que la direction de l’Unef, de loin la plus grosse organisation syndicale étudiante, qui a 15 jours de cet assassinat n’a toujours rien entrepris !

L’air du temps souffle dans les brêches des lycées-casernes Les organisations du mouvement étudiant comme du mouvement ouvrier restent en effet pour l’instant atones, presque décidée à subir le rapport de force défavorable qui a mené à la mort d’un camarade de lutte. Les lycéens relèvent la tête, et ils pourraient bien incarner un climat plus général.

C’est aujourd’hui pour Rémi Fraisse, pour sa mémoire, qu’ils manifestent, mais plus largement, contre la violence de cette société et de cet Etat. La côte de popularité du gouvernement en baisse depuis des mois, le mépris explicite des ministres envers les classes populaires, la rentrée catastrophique de Hollande et du gouvernement Valls 2, associée au refus des médiations réformistes de le combattre un tant soit peu, voilà ce qui fixe le terreau et le faciès de cette colère lycéenne.

La police, qui tend à devenir la dernière cartouche du gouvernement quand sa méthode de «dialogue social» s’effrite, vient incarner cette crise. Tous les lycéens font alors le lien entre la mort de Rémi et les violences policières vécues au quotidien, que ce soit dans les quartiers ou envers leurs camarades lycéens sans papiers. Sur le lycée Voltaire, c’est notamment cette dernière question qui a aussi fait le sens du blocus de jeudi, celui-ci devenant aussi le moyen de protester contre l’expulsion de Yero, lycéen mauritanien de 17 ans. Et à Saint-Denis, sur le lycée Paul Eluard, c’est bien évidemment les harcèlements policiers et contrôles au faciès quotidien qui ont construit le blocus.

Les lycéens montrent la voie! Les organisations du mouvement ouvrier et du mouvement étudiant doivent prendre en charge l’extension de la mobilisation à suivre! Les manifestations lycéennes de ces deux derniers jours ont poussé les organisations politiques et syndicales à proposer une réaction unitaire après la mort de Rémi. C’est ainsi que doit réagir le mouvement ouvrier, de façon à ne pas rendre possible que le gouvernement Hollande-Valls-Cazeneuve puisse s’en tirer à bon compte après le meurtre d’un jeune manifestant. Différentes initiatives en province vont en ce sens, avec des rassemblements militants à Lyon, à Caen, à Rouen… A Toulouse, à l’université du Mirail, une assemblée générale a rassemblé 700 étudiants, qui ont appelé à une journée nationale de mobilisation contre les violences policières jeudi prochain. Voilà la perspective qu’il faut suivre, pour que la lumière soit faite sur la mort de Rémi, pour que les coupables, policiers mais surtout leur donneur d’ordre Ministre de l’Intérieur, payent pour leurs actes, pour inverser le rapport de force contre la répression du mouvement social.

[1] Voir notre article : http://www.ccr4.org/Quand-les-lycee…

[2] Voir notre déclaration : http://www.ccr4.org/a-une-semaine-d…

http://www.ccr4.org/Remi-Fraisse-des-milliers-de-lyceens-reprennent-la-rue

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07 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

rennes, le préfet interdit la manifestation à haut risque de samedi (of)

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Une manifestation est prévue samedi à 15h dans le centre-ville de Rennes à l’appel de mouvements anarchistes et anticapitalistes. Le Préfet vient de décider de l’interdire.

A l’appel de mouvements anarchistes et anticapitalistes, une nouvelle manifestation est prévue samedi après-midi dans le centre-ville de Rennes avec un rassemblement à partir de 15h place Saint-Michel.

«Une manifestation qui s’annonce violente avec des personnes qui entendent venir casser» indique la Préfecture d’Ille-et-Vilaine se basant sur des appels à mani- fester. Cette dernière entend donc prendre les devants en mobilisant, ce samedi, un très important dispositif de maintien de l’ordre. «Les consignes sont très claires: empêcher tout trouble à l’ordre public et interpeller les personnes qui se livreraient à ces troubles».

Le Préfet, ce jeudi soir, a aussi décidé d’interdire la manifestation. L’arrêté sera publié dans les prochaines heures. Un cadre légal qui permettra aux forces de l’ordre, en cas de rassemblement, et après les trois sommations d’usage, de procéder à des interpellations. Un arrêté qui interdira également la détention d’armes et de tout projectile pouvant servir à commettre des dépradations ou à être lancé sur les forces de l’ordre.

La Préfecture appelle aussi, vu les risques, «chacun à prendre ses responsabilités». Notamment les parents des lycéens et étudiants qui sont invités, par les organisateurs, à grossir les rangs des manifestants.Rennes – 08h30 

http://www.ouest-france.fr/rennes-manifestation-tres-haut-risque-samedi-dans-le-centre-ville-2956363

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06 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

violence sociale, violence policière, ça suffit! (npa)

npa agricol

La politique du gouvernement Hollande-Valls suscite un désaveu toujours plus profond.

Pour empêcher que la colère ne se transforme en mobilisations, il met préven- tivement en œuvre la seule politique qui lui reste: la répression. Les prétendues bavures ne sont que la conséquence inévitable de l’utilisation de la force contre celles et ceux qui refusent les politiques patronales et gouvernementales. Rémi Fraisse, manifestant contre l’inutile, le nuisible barrage de Sivens, est la victime non d’une bavure mais d’une politique cohérente.

Cohérence répressive Depuis plusieurs mois le gouvernement multiplie les me- sures répressives. Violences policières systématiques contre les opposantEs à l’Ayraultport de Notre-Dame-des-Landes, interdiction des manifestations en soli- darité avec le peuple palestinien, répression à La Poste, à la SNCF, à l’Inspection du travail, etc. Violences répétées contre les sans-papiers, les Rroms, les deman- deurs d’asile. Criminalisation des militantEs de la Confédération paysanne contre l’usine des 1000 vaches. Et en prime, une loi qui au nom de la lutte contre le terrorisme vise à fliquer toute la population.

Cohérence antisociale Patronat et gouvernement calomnient les plus pauvres, attaquent les chômeurs, traitent de «privilégiéEs» les fonctionnaires et les sala- riéEs en CDI. Le patronat se sent légitimé et soutenu dans une même politique répressive. Le Pacte de compétitivité vient faire régner au cœur des entreprises une insécurité sociale dont le chômage fournit le socle permanent.

La répression des syndicalistes, de toutes celles et ceux qui refusent les diktats patronaux est devenu le vrai visage du dialogue social des amis de Valls. Les institutions représentatives du personnel, fragiles barrières légales qui donnent des moyens ou protègent les représentants des salariéEs sont dans la ligne de mire du MEDEF.

Fort de nos faiblesses C’est l’ensemble de cette politique qu’il faut combattre. Impossible de séparer riposte sociale et riposte antirépressive. Des années de reculs sociaux, de défaites, suscitent doutes et hésitations.  Le basculement définitif d’un gouvernement que beaucoup imaginaient de «gauche» dans le camp du patronat, des nantis, ajoute au sentiment d’absence d’alternative. L’attitude des directions syndicales, au mieux embourbées dans le dialogue social, au pire soutenant totalement la politique gouvernementale conforte ce sentiment.

Reprendre l’initiative Malgré ces difficultés, des résistances, des ripostes existent. Leur isolement autant que les politiques répressives n’ont pas permis de victoire significative. Mais elles constituent un point d’appui pour reprendre l’initiative.

La mobilisation qui se dessine, notamment dans la jeunesse, peut remettre en cause le scénario du gouvernement. Dans le même temps les forces politiques, associatives, syndicales, à l’initiative des manifestations du 12 avril dernier appel- lent à de nouvelles manifestations le 15 novembre pour affirmer notre rejet d’un budget symbole de la politique de reculs sociaux répondant aux exigences du MEDEF.

Ces mobilisations doivent redonner confiance et permettre de regagner du terrain, d’interdire au gouvernement de poursuivre une politique qui ajoute la violence d’Etat à la violence de l’austérité. Le 04/11/2014

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04 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

réformes: quand le medef jouit (sans entrave) npa

réformes: quand le medef jouit (sans entrave) npa dans Justice & libertés sapin-planche-sur-les-prud-hommes_4046701-M

Dimanche 19 octobre (tout un symbole quand on sait qu’on veut bientôt nous faire travailler ce jour-là), François Hollande a annoncé devant un parterre de patrons étrangers réunis à l’Élysée, à l’occasion du «Conseil stratégique de l’attractivité», sa volonté de réformer le délit d’entrave. Emmanuel Macron a, lui, annoncé vouloir « réformer la procédure prud’homale dans le cadre de son projet de loi visant à  libérer l’activité  ». Depuis quand la justice est-elle affaire d’économie ?

En clair, il s’agit de dépénaliser le délit d’entrave, supposé être source d’inqui- étude pour les patrons, pour y substituer un système d’amendes, supérieures au montant actuel (3 750 euros) et majorées en cas de récidive.

À l’avenir, passer outre une consultation obligatoire d’un Comité d’Entre- prise ou d’un CHSCT, violer l’exercice du droit syndical ou les missions d’un représentant du personnel ne sera qu’une question de coût : pourtant, seules de rares peines de prison, souvent assorties de sursis, sont prononcées chaque année pour délit d’entrave. La dernière en date est celle de deux dirigeants de Molex, condamnés à six mois de prison avec sursis pour avoir prémédité la fermeture de l’usine.

Le dépénaliser, à l’instar des dispositions en matière d’infractions au droit du travail contenues dans le projet de réforme de l’Inspection du travail, c’est avant tout supprimer un moyen dont l’invocation, par les instances représentatives du personnel et les syndicats, est souvent dissuasive. C’est aussi gommer toute référence à la délinquance patronale. À l’instar de l’enterrement de la proposition de loi d’amnistie sociale, les syndicalistes qui, par exemple, se mobilisent contre les licenciements, continueront, eux, à être inquiété par la justice. Politique de classe !

Lutte de classes dans les prétoires Le 15 octobre, le ministre de l’Économie a affiché sa volonté de réformer les Prud’hommes, suite à la remise des rapports Marshall et Lacabarats. Au motif louable de faire baisser les délais de justice excessifs, délais qui ont donné lieu à plusieurs condamnations de l’État pour déni de justice, il veut introduire la médiation et l’arbitrage pour augmenter le taux de conciliation. Or, de tels systèmes sont payants, ce qui en diminue d’autant l’accès par le salariéE.

Il veut également professionnaliser la juridiction en instaurant une formation obligatoire des conseillers par l’École nationale de la Magistrature, cela au détri- ment de celles dispensées par les instituts syndicaux. Ce dont les Prud’hommes manquent, c’est avant tout de moyens humains, avec des greffiers en nombre suffisant pour ne pas à avoir à attendre plusieurs mois entre le rendu du jugement et sa délivrance nécessaire à son exécution, ou bien de magistrats départiteurs pour que les affaires les plus complexes soient bien jugées dans le délai d’un mois prévu par le code du travail… et non un an après comme c’est par exemple le cas sur Paris!

Cette réforme ne peut être séparée de la remise en cause du mode d’élec- tion des conseillers prud’homaux qui vient d’être adoptée (seuls les sénateurs FdG, EÉLV et de rares socialistes ont voté contre…). Parmi les motifs invoqués pour justifier la fin de l’élection directe, celui de la baisse régulière de la partici- pation au scrutin (de 63 % en 1979 à 25 % en 2008) (note du blog: on ne peut pas dire que les patrons aiment voir les salariés aller voter!) . Avec cet argument, cela reviendrait à supprimer beaucoup des scrutins politiques… Et une fois ce type de scrutin abandonné, c’est l’échevinage, basé sur la représentativité syndicale, qui risque fort d’être introduit, alors que la lutte des classes s’exerce aussi dans les prétoires.

Le Medef et son gouvernement poursuivent leur offensive contre nos droits. Il est grand temps, dans l’unité syndicale et politique la plus large, de leur barrer la route par l’organisation de mobilisations déterminées, dont le 15 novembre peut constituer le commencement. LD Lundi 3 Novembre 2014

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04 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

rennes, besancenot accuse des policiers d’avoir infiltré les casseurs (of)

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Olivier Besancenot (Nouveau Parti Anticapitaliste) a accusé ce lundi sur BFMTV des policiers « d’infiltrer » les casseurs dans les manifestations après la mort de Rémi Fraisse.

Olivier Besancenot a brandi, sur BFM TV, une photo prise à Rennesoù figurent, selon lui, «des policiers encagoulés» parmi des casseurs.Brandissant une photo prise à Rennes où figurent, selon lui, «des policiers encagoulés» parmi des casseurs, l’ancien candidat trotskiste à l’Élysée a affirmé que, «d’un certain point de vue, le gouvernement, ça l’arrange qu’il y ait des images de violences urbaines, à les entretenir, en les organisant directement ou indirectement, parce que pendant ce temps on ne parle pas du vrai problème: la mort de Rémi Fraisse».

D’après le leader du Nouveau parti anticapitaliste, «ce qui s’est passé il y a une semaine est le résultat de deux mois de tensions dans lequel le gouvernement et l’exécutif ont leur part de responsabilité».

Il souhaite une commission d’enquête Besancenot souhaite «une commission d’enquête» sur les casseurs. «Il y a des policiers qui se déguisent en casseurs, ça veut dire que c’est un problème, qu’il faut en discuter publiquement», juge-t-il. Il estime aussi qu’ «on est en droit d’exiger un débat public sur l’utilisation de ces armes soi-disant non létales qui peuvent provoquer la mort», grenades offensives, pistolets taser, flash balls, a-t-il cité.

«Diffamatoire» selon la police De son côté, la police dément formellement ces accusations. «Dire que les policiers sont eux-mêmes des casseurs, c’est diffa- matoire, réagit Patrick Chaudet, le Directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) d’Ille-et-Vilaine, présent lors des trois manifestations rennaises. Il arrive que des fonctionnaires effectuent un travail de renseignement, en se mêlant à la foule, mais toujours à visage découvert, pas cagoulés.» France 03 Novembre

http://www.ouest-france.fr/rennes-besancenot-accuse-des-policiers-davoir-infiltre-les-casseurs-2950561

Lire aussi: http://cleanplanet.free.fr/index4337.html?q=node/54

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02 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

les chiens de la défunte république (médiapart)

fin dupnot

Il y a quelque chose de pourri au royaume de France.

Quelque chose d’odieux qui monte insidieusement. Quelque chose de malsain qui ressemble au fascisme sans en endosser le nom. L’autoritarisme d’une meute de mâles dominants. Arc-boutés sur leurs mensonges, phagocytés par leurs trahisons et leur coercition d’éternels «obligés».

Il y a quelque chose de pourri au royaume de France quand, pendant trois ans, un collectif de sauvegarde demande la discussion sur le sujet controversé d’un projet de barrage qui pue la magouille, sans jamais obtenir la moindre audience.

Quelque chose de pourri quand, au royaume de France, un conseil général flanqué de l’État décrète le lancement de travaux alors que des décisions de justice sont en instance. Pourri quand ces institutions continuent d’ignorer l’appel de citoyens éclairés dont les démonstrations seront confirmés, trois ans plus tard, après l’étude qu’une ministre aura enfin diligentée.

Quelque chose de pourri au royaume de France quand les ordres sont donnés à des escouades de gendarmes, CRS, sections d’intervention, de gazer, d’humilier, de tabasser des opposant.es en nombre systématiquement inférieur, ni équipé.es ni entraîné.es, si peu protégé.es, évitant l’asphyxie à la lacrymo en protégeant leur visage d’une écharpe, d’une cagoule.

Quelque chose de pourri quand des hommes qui mettent leur vie en danger en se privant des jours durant de nourriture, pour être enfin écoutés, sont moqués par le président du conseil général qui les tient à distance médiatique.

Quelque chose de pourri quand, alors que le mouvement d’opposition perdure et se renforce, le même président use d’argent public pour le diffamer massivement, à l’aide de communiqués et de publi-reportages qui évitent systématiquement les questions de fond.

Quelque chose de pourri quand, probablement renseigné sur l’ampleur du rassemblement national du 25 octobre, l’État-conseil général organise la discorde en laissant sur le site, d’abord du matériel de travaux, puis des gardes mobiles, alors qu’il en avait été convenu autrement.

Quelque chose d’ignoble, dès le lendemain de l’assassinat de Rémi, quand, au fil des dépêches matinales se profile le camouflage d’une «bavure» policière. Pourri quand on essaie de faire passer un mort pour un criminel, répandant le doute et la rumeur pour tenter de couvrir un dossier véreux, des agissements hors-la-loi, des violences avec usage d’armes non réglementaire répété sans fin.

Il y a quelque chose d’indécent au royaume de France quand le meurtre d’un étudiant vient réveiller les consciences, attiser la haine contre les opposants, attirer enfin massivement les médias.

Quelque chose de scandaleux quand le mouvement des opposants est accusé de tous les maux, alors qu’il manifeste sa colère et dénonce les violences poli- cières. Quelque chose du deux-poids deux-mesures quand les agriculteurs en colère saccagent Albi et que des protecteurs de la planète dénoncent l’arbitraire à Gaillac – deux villes tarnaises.

Il y a quelque chose de d’ignoble au royaume de France, quand un chef de l’État, un gouvernement tout entier tombent dans l’aphasie, omettent de transmettre condoléances et signes d’empathie aux parents d’une jeune homme tué à 21 ans.

Quelque chose de pourri au royaume de France quand un politique en déli- catesse avec la justice aboie à la vindicte et se trompe sciemment de coupables. Quand d’autres rejettent la faute sur une femme courageuse qui a, elle, visité le site du barrage de Sivens, discuté avec les opposants, constaté les dégâts et les outrages, dénoncé l’absurde: merci Madame!

Quelque chose de pourri au royaume de France quand le président Carcenac ironise, face caméra, grossier et indécent, sur le fait qu’il est bête de mourir pour ses convictions, vraiment.

Il y a quelque chose de pourri quand au lieu d’étudier les dossiers pour se faire une opinion, de fouiller le net pour y étudier des images, des reportages, d’aucuns prennent position sur un sujet qu’ils ignorent, pensant asséner leur leçon comme la seule qui vaille. Pourri quand, au lieu de s’exprimer sur le fond, ils réagissent sans réfléchir, évitant de considérer le sujet de l’utilisation de l’argent public, de la construction de grands projets inutiles, des conflits d’intérêt, du mirage de la transition énergétique dont on parle à tout va sans jamais l’instaurer. Quand, suivant le mode politique en vogue, ils grognent, ils dénigrent, ne sachant pas de quoi ils parlent.

Il y a quelque chose de pourri au royaume de France quand les chiens aboient en meute pour couvrir l’ordure d’un système parfaitement inacceptable.

Pour Rémi. 28 octobre 2014 |  Par Hélène Duffau

http://blogs.mediapart.fr/blog/helene-duffau/281014/les-chiens-de-la-defunte-republique

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29 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

en finir avec les grands projets inutiles, imposés et meurtriers (essf)

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Une cible dans le dos, Malik Oussékine, 1986)
Après la mort de Rémi Fraisse :

La mort de a montré l’indignité d’un gouvernement qui y a réagi par le mépris. Elle résulte surtout du soutien aveugle à un projet aberrant, et du choix de criminaliser les mobilisations plutôt que de favoriser les expériences citoyennes.

La violence policière qui s’exerce depuis plus de deux mois sur la zone humide du Testet a abouti à la mort de Rémi Fraisse. Les circonstances exactes de son décès ne sont pas encore connues, même s’il apparaît de plus en plus clairement qu’il a été touché par un projectile (probablement une grenade assourdissante) tirée par les gendarmes mobiles. Il est surtout certain que Rémi serait encore vivant si les promoteurs du barrage ne s’étaient pas entêtés à poursuivre des travaux, controversés et injustifiés, conduits sous une répression brutale des opposants au projet.

En décidant de salir la mémoire de Rémi, plutôt que de présenter ses condo- léances à la famille, et de dénoncer la violence des manifestants, le gouvernement fuit ses propres responsabilités. La manœuvre est classique, qui consiste à faire porter le débat sur la violence (supposée) des manifestants plutôt que sur les raisons qui ont poussé des milliers de personnes à se mobiliser contre un projet d’aménagement considéré comme inutile et imposé et qui est, désormais, meurtrier.

Entêtement meurtrier et répression des oppositions La mobilisation citoyenne contre le projet de barrage de Sivens n’a pas débuté le week-end dernier. Depuis des mois, des paysans, des riverains et des militants dénoncent un projet aber- rant, dont l’objectif est de soutenir l’agriculture productiviste et insoutenable plutôt que de protéger une zone humide, habitée par de nombreuses espèces pro- tégées.

Depuis des mois ces opposants alertent sur la brutalité des forces de l’or- dre. Si le gouvernement ne les avait pas délibérément ignorés, s’il avait accepté d’écouter les arguments des opposants plutôt que de leur répondre par la force, Rémi serait encore vivant.

Rien ne justifie ce refus du dialogue et cet entêtement meurtrier. Le gouver- nement doit donc répondre de ses choix et de leurs conséquences. On rappellera ici que le principe qui doit théoriquement guider tout opération dite de «maintien de l’ordre» est le suivant: l’intervention des autorités ne doit pas créer un trouble à l’ordre public plus important que celui auquel la dite intervention est censée répondre.

Quelle est donc la nature de ce trouble qui justifierait la répression brutale et aveugle? À Sivens, en prévision du rassemblement du week-end passé, les engins de chantier avaient été préalablement déplacés. La présence de gendarmes mobiles suréquipés ne visait donc pas à empêcher des actes de sabotage.

Ce que le gouvernement souhaite éviter à tout prix, à Sivens comme ailleurs à Notre-Dame-des-Landes par exemple, c’est donc bien l’expression même de l’opposition à ces grands projets inutiles, imposés et désormais meurtriers. Ce que Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, il parlait, à propos de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, d’un « kyste » et François Hollande ne veulent pas tolérer, ce sont ces occupations assorties de l’expérimentation de modes de vie alternatifs, autosuffisants, réellement durables.

François Hollande devant un choix Ce n’est qu’un renoncement de plus, tra- gique, pour un président qui se voulait «à l’écoute» et affirmait ne pas vouloir «diviser» la société. L’histoire retiendra désormais de la présidence de François Hollande qu’elle est la première depuis celle de Giscard d’Estaing au cours de laquelle un militant a trouvé la mort lors d’une manifestation écologiste. Pour notre génération, celle qui a grandi avec le mouvement altermondialiste, la mort de Rémi fait écho à celle de Carlo Giuliani à Gênes en 2001, tué par la brutale et meur- trière police italienne à qui Berlusconi avait donné carte blanche.

En 1986, les socialistes considéraient la mort de Malik Oussekine, le 6 dé- cembre 1986, comme une faute politique. Le jeune homme avait été tué par des policiers, partis «à la chasse aux casseurs» après une manifestation étudiante. Alain Devaquet, ministre délégué à l’Enseignement supérieur, avait été contraint à la démission. Jacques Chirac, alors premier ministre, décidait par la suite de retirer le projet de loi. Le «bataillon de voltigeurs», mis en place par Robert Pandraud et Charles Pasqua, était rapidement dissout, bien que ces derniers aient décidé de nier leur responsabilité, préférant salir Malik. De son côté, François Mitterrand avait transmis à la famille de Malik le «témoignage de la nation».

François Hollande est donc confronté à un choix: se ranger du côté de Ber- lusconi et Pasqua, en refusant de reconnaître la responsabilité de son gouver- nement ou, au contraire, reconnaître le désastre que leurs choix ont provoqué, et mettre en place une commission d’enquête indépendante sur les circonstances exactes du décès de Rémi. Au-delà, la seule sortie honorable serait de décréter un moratoire général sur l’ensemble des grands projets inutiles, et imposés.

Des pratiques et des expériences à défendre De fait, le barrage de Sivens n’est pas le seul projet d’aménagement pour lequel le gouvernement français fait le choix de la répression et de la criminalisation des mobilisations citoyennes contre le dialogue. Notre-Dame-des-Landes, la ligne ferroviaire Lyon-Turin, dont les travaux doivent débuter côté français en décembre, ou encore la centrale bio- masse à Gardannes, Europacity, l’usine des 1000 vaches, OL Land, etc. sont autant de grands projets d’aménagement contre les dangers desquels se mobi- lisent de nombreux groupes citoyens. Pour que le sang ne coule pas à nouveau, il est encore temps de stopper ces projets d’un autre temps et contraires à l’urgente transition écologique et sociale.

François Hollande, le gouvernement et le Parti socialiste semblent totalement incapables de lire l’opposition à ces projets comme une manifestation du «principe démocratie» qu’analysent le sociologue Albert Ogien et la philosophe Sandra Laugier. Hollande, Valls et le PS comprennent ces mobilisations comme autant de formes d’obscurantisme et de blocage rétrograde là où nous voyons des pratiques et des expériences à défendre, des pistes pour inventer une société réellement durable et respectueuse des écosystèmes.

Plutôt que d’envoyer la troupe, il serait possible d’imaginer des politiques réel- lement innovantes, à partir des pratiques et expérience dans lesquels s’engagent les acteurs mobilisés à Notre-Dame-des-Landes, à Sivens, etc.

En plein débat sur la transition écologique, on se prend à rêver que ces zones initialement vouées à être bétonnées soient reconnues comme des espaces d’ex- périmentations de modes de vie soutenables, accueillant ici un centre de ressour- ces et de recherche sur la permaculture et l’habitat léger; là un lieu de formation à l’agroécologie paysanne; ailleurs un laboratoire participatif de travail sur les énergies renouvelables.

Entre la répression policière et le soutien à des expériences concrètes de transition écologique, entre le déshonneur et l’expérimentation sociale, François Hollande et le gouvernement ont donc le choix.

Maxime Combes, Nicolas Haeringer, 28 octobre 2014

* « En finir avec les grands projets inutiles, imposés et meurtriers ». : http://www.regards.fr/web/en-finir-…

* Maxime Combes et Nicolas Haeringer sont membres d’Attac et du comité de rédaction de la revue Mouvements.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article33365

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27 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

les deux tiers des entreprises du cac 40 (basta)

total

Mises en cause dans des atteintes aux droits humains

Plus de la moitié des grandes entreprises allemandes, britanniques et françaises ont été mises en cause dans des atteintes présumées aux droits humains. C’est ce que constate une étude publiée le 21 octobre par une coalition européenne d’or- ganisations indépendantes, European Coalition for Corporate Justice, qui travaille sur les responsabilités sociales et environnementales des entreprises. Cette coa- lition, basée à Bruxelles, regroupe des grandes ONG comme Amnesty Internatio- nal, le CCFD ou Greenpeace.

L’étude s’appuie sur une revue de presse au long cours: des dizaines d’ar- ticles et rapports impliquant des grandes entreprises dans des atteintes aux droits humains ont été recensés pendant huit ans, de 2005 à 2013. Cette revue de presse s’est concentrée sur les trois premières économies européennes et leurs grandes multinationales cotées: celles du CAC 40 en France, du DAX 30 en Allemagne et du FTSE 100 à Londres. Les auteurs de l’étude précisent bien qu’il ne s’agit pas forcément de violations des droits humains juridiquement avérées mais d’un recueil d’allégations sérieuses, dont certaines «ont été vigoureusement niées par les sociétés concernées». Cette étude quantitative dresse cependant une première photographie de cet épineux sujet.

Les deux tiers des entreprises du CAC 40 concernées Les entreprises alle- mandes, comme Adidas, Bayer ou Siemens, sont les plus nombreuses à être citées: 77% des entreprises cotées à la Bourse de Francfort sont ainsi mises en cause dans des atteintes présumées aux droits humains (soit 23 compagnies sur 30). Les Françaises suivent, avec 65% des sociétés du CAC 40 (24 compagnies sur 37) ciblées par des accusations, puis les Britanniques avec 51% de leurs multinationales cotées (43 compagnies sur 84), telles la banque Barclays, British American Tobacco ou Mark &Spencer.

Au vu de ces résultats peu encourageants, les auteurs de l’étude rappellent «l’urgence» pour l’Union européenne et ses États membres «à veiller à ce que les entreprises s’acquittent effectivement de leur devoir» en matière de respon- sabilité sociétale et «à lever les obstacles à l’accès à la justice des victimes d’abus». «Une question qui a été largement ignorée jusqu’à présent», souligne le document.

Côté CAC 40, les entreprises françaises les plus souvent citées sont Total, Sanofi, ArcelorMittal et BNP Paribas. Total a par exemple été accusé en mars 2013 d’avoir détruit des fermes et des cultures en Ouganda, lors d’une opération de prospection pétrolière à proximité d’un village de pêcheurs au bord du lac Albert, à la frontière avec la République démocratique du Congo. Autre exemple : en novembre 2011, un article du quotidien britannique The Independant met en cause Sanofi, et d’autres compagnies pharmaceutiques occidentales, qui auraient financé des essais cliniques pratiqués sur des patients indiens, survivants de la catastrophe de Bhopal, au sein du Bhopal Memorial Hospital. Ces essais clini- ques n’auraient pas respecté les standards internationaux et auraient provoqué la mort de plusieurs dizaines de patients.

Enfin, dernière illustration, BNP Paribas et sa filiale états-unienne Bank of West, ont été pointées du doigt en juin 2012 pour avoir financé des industriels de l’armement produisant des armes à sous-munitions, ces missiles et bombes qui dispersent des explosifs ou des mines sur plusieurs centaines de mètres. Du fait de leur extrême dangerosité pour les populations civiles, ces armes sont interdites depuis 2010 par une convention internationale, ratifiée par la France…

Selon les principes directeurs de l’Onu de 2011, partagés par l’Union européenne, «les entreprises ont la responsabilité d’identifier, de prévenir et d’atténuer les effets négatifs éventuels de leurs activités», rappelle l’étude. Encore une obli- gation trop contraignante pour les entreprises? Par Ivan du Roy 23 octobre 2014

Pour accéder au rapport de l’European Coalition for Corporate Justice.

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13 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

nantes, des bars se mobilisent contre le surarmement policier (les inrocks)

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Un groupement de bars contre le surarmement de la police.

L’initiative ne pouvait naître qu’à Nantes, marquée par les manifestations récentes contre Notre-Dame-des-Landes qui ont vu une partie du centre-ville saccagé et trois manifestants perdre un œil.

Une fédération de bars contre le surarmement policier. Une idée a priori incongrue ailleurs qu’à Ferguson. Mais on est bien à Nantes, “capitale nationale voire européenne du flash-ball” grince le militant associatif Luc Douillard. Nantes où cinq personnes ont été mutilées par des armes de ce type, notamment lors de la manifestation du 22 février 2014 contre Notre-Dame-des-Landes. “Nous avons voulu montrer que la résistance face à cela est profondément enracinée dans la ‘vraie’ France des villages et des quartiers, dans les lieux de sociabilité”, pour- suit Luc Douillard. Mieux qu’un “Guide du routard” se met ainsi en place une cartographie des cafés de France “rebelles et amicaux” avec l’adresse, les spécificités du café. Tout cela destiné à être mis en ligne. Pourvu que les cafés concernés soient contre ces fameuses armes “non létales”.

“La Perle” est un des établissements pionniers de ce réseau pour l’instant informel. Un “troquet” tout en longueur, dans une ruelle du centre-ville de Nantes, à quelques encablures d’un Mac Do. Ici, la couleur est annoncée d’emblée. Jaune et rouge, avec un gros “Non” sous un avion. Partout des affiches et autocollants de l’ACIPA, la fameuse association en lutte contre l’aéroport. Son patron, Laurent Messager, assume son appartenance à la fédération de bars : “Le pouvoir se permet d’utiliser des moyens terribles, des armes. Je pense à mes deux enfants, ils auraient très bien pu être concernés car ils ont l’âge de Pierre et Quentin, qui se sont fait massacrer. Pour rien.”

Alors que des boutiques étaient saccagées, Quentin Torselli a été gravement blessé le 22 février par un tir de Lanceur de balle de défense (LBD). “J’ai eu 17 fractures autour de l’orbite”, explique-t-il calmement. Pierre Douillard, fils de Luc Douillard, a lui perdu l’usage de son œil droit. Blessé également par un LBD lors d’une manifestation contre l’autonomie des Universités à Nantes, en 2007. Il avait 16 ans. À l’époque, le flash-ball, développé sur instruction du futur ministre de l’Intérieur Claude Guéant, commençait à être détrôné par le LBD. Très critiqué pour son manque de précision, le flash-ball peut être mortel en cas de tir très rapproché. Doté d’un viseur perfectionné de type militaire, le LBD permet un tir beaucoup plus ciblé. C’est bien pour cela qu’il est reproché à la police d’avoir sciemment “visé la tête”.

“Le surarmement policier, un point aveugle de la République” “Manifester aujourd’hui, c’est se mettre en danger, le surarmement de la police est un point aveugle de la République”, exprime Luc Douillard. Reste que lorsque ces bars se revendiquent comme des endroits “où la police, la violence, le racisme, ne sont pas bienvenus”, ils peuvent prêter à controverse. Mais pour Pierre Douillard, ce qui est en jeu, “c’est la liberté d’expression. Je ne pense pas qu’un barman ira jusqu’à dire ‘je suis anti-police’”. De son côté, la préfecture de Loire-Atlantique se refuse à tout commentaire face à une initiative qu’elle qualifie de “marginale”, ajoutant néanmoins : “La population, celle qui ne génère pas de trouble à l’ordre public, ne dégrade pas des biens publics ou privés et n’agresse pas les forces de l’ordre, apprécie l’engagement au quotidien des policiers et des gendarmes pour lui porter assistance et assurer sa sécurité.”

Lors d’un entretien donné à Mediapart le 18 avril, Jean-Christophe Bertrand, directeur départemental de la sécurité publique, déclarait : “Ceux qui prennent le risque de s’en prendre aux forces de l’ordre s’exposent eux aussi à des dom- mages corporels”. Les circonstances de la mutilation de Quentin Torselli n’en demeurent pas moins discutables. Lorsqu’il est touché par un tir de LBD, le jeune homme n’est pas “au contact” avec les forces de l’ordre, comme on peut le voir sur une vidéo. “Une enquête judiciaire est en cours et la préfecture ne peut donc pas s’exprimer à ce sujet”, concluent les pouvoirs publics. Fait rare: de nombreux policiers ont été incités à porter plainte de leur côté suite à cette opération de maintien de l’ordre, comme le montre une note de service que nous nous sommes procurée.

Le risque avec ces bavures répétées est que se développe un discours anti-policier à Nantes. On n’entendra rien de tel dans la bouche de Patrick Malassis, qui organise un à deux concerts par week-end au “Canon à Pat”. Et qui a quand même décidé de s’impliquer dans ce nouveau réseau. Sans faire mystère de son soutien aux “Zadistes”, ces groupes squattant le coin de campagne ciblé par le projet de chantier, où s’est cristallisée la résistance à l’aéroport. Ancré “à gauche, la vraie gauche, plutôt contre les injustices”, Patrick Malassis est prêt à dégainer contre les partenariats publics privés (PPP) entre L’État et les “gros bétonneurs. Avec ces PPP, que la Cour des Comptes dénonce régulièrement, on préfère endetter le pays d’avantage afin d’avoir un équipement clinquant le plus rapidement possible.” Pour l’instant, en tout cas, l’équipement en question n’est plus d’actualité. Le renvoi devant le tribunal correctionnel de trois policiers qui avaient éborgné Joachim Gatti lors d’une manifestation à Montreuil- sous-Bois, si.

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