Archive | Justice & libertés

05 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

usa, combien de bavures passées sous silence? (ci)

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Selon les statistiques officielles, 461 homicides ont été commis par la police américaine en 2013.
Un chiffre largement sous-évalué, souligne le chroniqueur Eugene Robinson, qui dénonce l’usage de la force létale par les policiers et le manque de transparence des forces de l’ordre.
La mort de l’adolescent noir Michael Brown à Ferguson s’inscrit dans une réalité tragique et inacceptable: les policiers aux Etats-Unis tuent des civils à un rythme préoccupant. Combien de victimes chaque année? Personne ne peut le dire précisément, car les départements de police préfèrent visiblement ne pas en parler.
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Selon le rapport annuel du FBI intitulé Uniform Crime Report, il y a eu, en 2013, 461 “homicides légitimes”, définis ainsi: “action d’un représentant de l’ordre dans l’exercice de ses fonctions ayant entraîné la mort d’un criminel”. Et ces 461 personnes, sauf trois, ont été tuées par balles.Les vrais chiffres sont probablement beaucoup plus élevés, car de nombreux services de police ne communiquent pas toujours leurs données au FBI. Des journalistes ont réussi à compiler des données plus complètes notamment grâce aux informations locales. Selon eux, ces chiffres seraient de l’ordre de 1 000 morts par an. Impossible de savoir combien de victimes, comme Michael Brown, ne portaient même pas d’arme.

Abus de pouvoir A titre de comparaison, l’année dernière au Royaume-Uni, la police n’a pas fait une seule victime. Pas une seule. En Allemagne, huit personnes ont été tuées par la police ces deux dernières années. Au Canada, pays qui a également un certain goût pour les armes à feu, on compte une dizaine de bavures policières par an.

Les progressistes comme les conservateurs devraient être scandalisés par ce recours trop fréquent de la police à la force létale. Il n’y a pas de plus grand pouvoir que nous puissions déléguer à l’Etat que ce permis de tuer. Or l’abus de ce pouvoir va à l’encontre de toute notion de gouvernement limité.

Je sais bien que la grande majorité des policiers américains n’ont pas pour habitude de tirer sur les civils dans l’exercice de leurs fonctions. La plupart des flics font leur travail de manière responsable et méritante, alors même que leur métier est stressant et dangereux : 27 d’entre eux ont été tués en 2013 selon le rapport du FBI. Il est si facile dans notre pays de se procurer une arme à feu que les policiers américains, contrairement à leurs homologues du Royaume-Uni, du Japon et d’autres pays où le port d’arme est strictement encadré, ne peuvent ignorer que le moindre suspect est susceptible de faire feu à tout moment.

Mais quoi qu’il en soit, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. La formation des policiers est peut-être en cause. Les procédures mises en place ne sont peut-être pas bonnes. Une certaine mentalité d’assiégés prévaut peut-être dans certains commissariats de police.

Nul ne peut nier que la police américaine a la gâchette facile. Et nous en avons vu les conséquences dramatiques avec la mort, le 21 novembre dernier, d’Akai Gurley, un homme de 28 ans non armé, sans comportement suspect, tué dans la cage d’escalier d’un logement social de Brooklyn, ou encore avec celle de Tamir Rice, 12 ans, tué alors qu’il s’amusait avec un pistolet factice dans un parc de Cleveland le 22 novembre.

Au-delà de la question raciale Ce qui m’amène à la question raciale. Le quoti- dien USA Today a épluché les statistiques du FBI sur les “homicides légitimes” de ces dernières années. Il en ressort que dans presque un cas sur quatre, il s’agis- sait d’un policier blanc qui avait tiré sur un Noir. Les efforts musclés de l’admi- nistration Obama pour inciter les municipalités avec des taux de bavures mons- trueusement élevés, comme la ville d’Albuquerque (Nouveau-Mexique), à mettre en place des réformes sont certes louables, mais elles ne résoudront rien tant que l’ampleur du problème n’aura pas été mise en lumière.

Le cas de Michael Brown va bien au-delà de la question raciale. La police a tué un adolescent non armé. Et, qu’il soit noir ou blanc, c’est très grave.

The Washington Post Eugene Robinson 4 Décembre 2014

http://www.courrierinternational.com/article/2014/12/04/combien-de-bavures-passees-sous-silence

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01 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

les egyptiens se soulèvent contre l’amnistie de moubarak

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28 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

un membre de la communauté du voyage et rescapé de l’holocauste dit avoir été brutalisé par la police française (amnesty)

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Égalité ?

Raymond Gûreme, un Français issu de la communauté du voyage a fait l’objet de discrimination toute sa vie:

« En France, on dirait qu’il vaut mieux ne pas montrer que nous sommes des gens du voyage parce qu’il y a beaucoup de racisme et de discrimination. Dans le passé, avant la guerre, c’était vraiment différent. Nous étions accueillis quand nous arrivions avec notre cirque ambulant. Les gens étaient contents parce que nous leur annoncions les nouvelles, comme ils n’avaient pas de télé et ne lisaient pas les journaux. Aujourd’hui par contre, les gens ont peur quand ils voient une caravane.

Raymond Gûreme, un Français de la communauté du voyage. « Les policiers français refusent parfois de respecter les normes relatives aux droits humains les plus élémentaires. Si les autorités françaises n’enquêtent pas de manière impartiale et rigoureuse sur les allégations de violences policières, elles envoient le message dangereux que la police est au-dessus des lois.”
Marco Perolini, d’Amnesty International, qui a rencontré Raymond Gurême.
Il y a exactement 74 ans jour pour jour, Raymond Gurême, un garçon de 15 ans issu de la communauté du voyage, a été arrêté avec ses parents et ses six frères et sœurs, puis emmené dans un camp de détention de Linas-Monthléry, en Fran- ce occupée. Il a ensuite connu plusieurs années de mauvais traitements aux mains des nazis parce qu’il appartenait à la communauté du voyage. Maintenant, sept décennies plus tard, il vit comme de nombreux voyageurs en marge de la société, et les discriminations continuent à faire partie de son quotidien. Il a récemment été frappé lors d’une descente de police.

Raymond Gurême et sa famille ont été arrêtés le 27 novembre 1940 après que les forces d’occupation allemandes eurent donné l’ordre d’envoyer tous les «nomades» de France dans des camps de détention. Ils ont immédiatement été transférés à Linas-Montlhéry, dans la banlieue sud de Paris. «Nous avions une vie misérable là-bas, c’était horrible. Dans les cabanes, il n’y avait que des lits en bois, il n’y avait pas d’électricité, pas de lampes, de couvertures ou de chauffage. La seule nourriture disponible était une soupe très diluée contenant quelques légumes», a-t-il récemment déclaré à une équipe d’Amnesty International qui lui a rendu visite.

Par miracle, Raymond Gurême a pu s’échapper de Linas-Monthléry en 1941, mais a ensuite de nouveau été arrêté puis déporté vers un camp de travaux forcés en Allemagne. Trois ans plus tard, un conducteur de train qui faisait partie de la résistance l’a aidé à s’échapper une nouvelle fois en le cachant à bord d’un train reliant Francfort à Paris. «Si ce conducteur ne m’avait pas aidé, j’aurais fini dans un four», a déclaré Raymond. De retour en France, Raymond Gurême a immé- diatement rejoint la résistance mais il a mis six ans à retrouver ses parents et ses frères et sœurs, qui étaient arrivés à s’échapper en Belgique.

« Le donjon de la mémoire collective »
Chacun des jours qu’il a été forcé à passer à Linas-Montlhéry est gravé si profondément dans les souvenirs de Ray- mond Gurême qu’en 1968 il a pris la courageuse décision d’acheter un morceau de terrain à côté de l’ancien emplacement du camp, et d’y installer sa caravane.

«J’ai regardé la colline où se trouvait le camp. C’était le lieu du crime perpétré contre notre liberté et notre humanité. J’ai ressenti le besoin de rester là, dans un genre de face à face silencieux avec le camp», a-t-il expliqué. Plus de 70 ans après ce calvaire, Raymond Gurême parle de sa vie avec la passion mais aussi l’amertume de quelqu’un qui n’a jamais fait l’expérience de ce que signifie véritablement le mot justice. Dans ses mémoires, il a écrit que les autorités françaises avaient mis l’emprisonnement des gens du voyage au donjon de la mémoire collective. Il a ajouté qu’il n’y avait pas eu de place pour son chagrin. Ni pour lui en tant que citoyen.

Dans ses souvenirs, rares sont les périodes de sa vie où il n’a pas été victime de violations et de discriminations dans son pays de naissance. Le dernier épi- sode en date a eu lieu en septembre, lorsqu’une quarantaine de policiers français sont entrés sur des terrains où vivent quelque 150 voyageurs. Raymond Gurême, qui a 89 ans, se reposait alors dans sa caravane. «J’étais dans ma caravane et j’ai entendu un bruit. Tout d’un coup, la porte s’est ouverte et un flic est entré. Je lui ai demandé s’il avait un mandat et il a dit « on n’est pas en Amérique » », a déclaré Raymond.

«Lorsque j’ai dit aux policiers de partir, l’un d’eux a commencé à me pousser et à me frapper à coups de matraque. Il m’a poussé hors de la caravane et m’a de nouveau frappé.» Les policiers n’ont presque pas posé de questions. Il a plus tard été dit à la communauté qu’ils étaient à la poursuite d’hommes armés. Les vio- lences ont immédiatement dégénéré, et des policiers ont aspergé de gaz lacry- mogène plusieurs hommes, femmes et enfants qui se trouvaient autour de la cara- vane de Raymond Gurême. L’épisode a été si violent que Viviane, la fille de Raymond, a affirmé que son père était à peine remis de son choc.

Les autorités françaises enquêtent actuellement sur ces événements, mais des doutes subsistent sur l’impartialité et la rigueur des investigations, car c’est une autre unité de police qui s’en charge. Si le parquet supervise, il n’en reste pas moins que c’est la police qui enquête sur la police. Et des recherches menées par Amnesty International montrent que ces enquêtes manquent souvent de rigueur et d’impartialité, et restent en grande partie sans effet.

Ce qu’a traversé Raymond Gurême est loin d’être unique. En France, la communauté du voyage représente 350 000 personnes. Beaucoup, comme lui, sont en butte à la discrimination et aux violations. Voir un homme de 89 ans, rescapé de l’holocauste, être brutalisé de la sorte de nos jours est révoltant.

« Les policiers français refusent parfois de respecter les normes relatives aux droits humains les plus élémentaires. Si les autorités françaises n’enquêtent pas de manière impartiale et rigoureuse sur les allégations de violences policières, elles envoient le message dangereux que la police est au-dessus des lois », a déclaré Marco Perolini, d’Amnesty International, qui a rencontré Raymond Gurême.

« Elles doivent plutôt faire le nécessaire pour que les policiers soient traduits en justice à chaque fois qu’ils recourent à une force disproportionnée. S’en dispenser démontrera seulement que la France n’est pas le pays de la liberté et de l’égalité qu’elle affirme être. » 27 novembre 2014

http://www.amnesty.org/fr/news/galit-traveller-and-holocaust-survivor-talks-violence-hands-french-police-2014-11-27

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15 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

« c’est tou-te-s ensemble qu’il faut lutter! » (ccr)

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Intervention au meeting du NPA 75

Les lycéen-ne-s et les violences policières

Nous reproduisons ci-dessous l’une des deux interventions des camarades lycéen-ne-s du NPA jeunes qui sont intervenu-e-s jeudi 13 novembre dans le cadre du meeting du parti à Paris.

Je me présente, Nathan, militant du NPA et lycéen. Je voudrais vous parler de ce qu’on subit et de notre façon de réagir.

Dans l’idéologie dominante, être jeune ça veut dire être apolitique, passif. Mais quand les jeunes se mobilisent, ça change. Soit ils habitent à Paris et alors on les fait passer pour des gens qui ne pensent qu’à sécher les cours; soit ils habitent en banlieue et alors ils sont considérés comme de violents casseurs qui ne pensent qu’à brûler les poubelles devant leur établissement. S’ils veulent nous décrédibiliser à ce point, c’est bien parce qu’ils ont peur que tout explose, vu ce qu’ils nous obligent à encaisser.

Et plus encore, ils nous humilient. Par exemple, à la mort de Christophe de Margerie, je précise: patron de Total, grand ami des dictateurs africains, etc  ils ont décrété que la France était en «deuil national», «en pleurs». En revanche, les manifestations en hommage à la mort de Rémi Fraisse sont interdites et sévèrement réprimées.

L’argent destiné à l’éducation est sacrifié en invoquant la crise, ce qui va détruire notre avenir à nous les jeunes, et notamment celui des étudiants en travail social qui sont actuellement mobilisés contre les stages non payés, c’est-à-dire contre du travail entièrement gratuit. D’un autre côté, cet argent est reversé aux patrons et aux flics, c’est tellement révoltant !

Mais face à cela, les jeunes ne se laissent pas faire. L’année dernière on était de la mobilisation pour Khatchik et Leonarda, contre l’expulsion de lycéens sans-papiers. On était la proue de ce mouvement-là. Il y a quelques mois, en réaction au score du FN aux européennes, c’était les jeunes qui étaient à la tête du mouvement. Et aujourd’hui encore, face à la répression policière, ce sont bien les lycéens et les étudiants qui luttent. Au final, c’est sûrement la meilleure réponse qu’on peut apporter face aux attaques du gouvernement et aux arguments du FN.

C’est pour ça qu’on soutient toutes ces manifs, qu’on soutient tous ces blocus, et surtout tous ces inculpés, qui le sont uniquement parce qu’ils ont exprimé leur colère. Mais on pense que aussi que casser un abri bus ou brûler une poubelle, ça ne suffira pas. Pour nous, c’est tout le système qu’il faut renverser. Et ça, on le fera avec tous les exploités, tous les opprimés de ce système ! C’est tous ensemble qu’on va gagner ! 13/11/14

http://www.ccr4.org/C-est-tou-te-s-ensemble-qu-il-faut-lutter-Les-lyceen-ne-s-et-les-violences-policieres

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14 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

les enfants de la zad sont les nôtres, souhaitons-leur de gagner (nl obs)

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Mort de Rémi Fraisse: la pression s’accentue sur Bernard Cazeneuve.

L’ennemi intérieur se construit-il discrètement comme une doctrine régalienne ?

Cette résurgence d’une « cinquième colonne » aux couleurs de la guerre froide devrait susciter de l’incrédulité. On ne distingue nul alter ego des États-Unis, aucun nouveau Staline en vue mon capitaine, et au plus près pas plus d’équivalent du PCF de Thorez qui rassemblait un suffrage sur quatre.

On ne distingue pas l’ennemi intérieur car il est insaisissable, sitôt repéré, il se déplace. Hier à Notre-Dame-des-Landes, aujourd’hui à Sivens, demain. L’ubiquité de l’adversaire est un effroi. L’important est-il d’agiter l’épouvantail du délitement social et de canaliser cette angoisse pour réaffirmer l’État autour de ses forces de l’ordre? Serait-ce la martingale gagnante du libéralisme-autoritaire ? Expérimente-t-on une nouvelle forme de gouvernementalité par la crise?

Une évidente dissymétrie des moyens La menace d’un nouveau 1929 émous- sée, on reviendrait au fantasme de « la fracture sociale » qui agita la scène élec-n torale des années 1990. Mais, cette fois-ci avec une mise en scène spectaculaire. Alors que les zadistes de Notre-Dame-des-Landes étaient bien plus nombreux et extrêmement décidés, au Testet on a sorti le grand jeu. Pour réduire 200 ou 300 zadistes et quelques éco-accrobranchés, on a mobilisé plus de 200 mobiles et CRS surarmés. On a balancé des centaines de grenades : l’ennemi intérieur existe. Ils l’ont vu, ils sont venus, et ils ne l’ont pas vaincu.

Pourtant, le responsable des gendarmes déclare avoir reçu « des consignes d’extrême fermeté » le samedi 25 octobre au matin. Elles furent mises en œuvre sans barguigner: en soirée, une quarantaine de grenades offensives, une arme de guerre centenaire inventée en 14-18, furent lancés sur une centaine de zadistes.

Avec cette curieuse façon de fêter le centenaire de la Grande Guerre, le diman- che 26 octobre vers 2 heures du matin, Rémi Fraisse, un botaniste défenseur de la renoncule qui passait par là pour la première fois, fut troué par l’une d’entre elles. La dissymétrie des moyens devenait trop évidente : parions qu’elle provoquera la défaite des bétonneurs.

La captation de l’argent public par quelques uns Dans un lexique de guerre civile, depuis des années, on anathème ces « khmers verts », se remémorant les khmers rouges de Pol Pot. Le responsable tarnais de la FNSEA est plus moderne, il désigne à la vindicte « les djihadistes verts » de la ZAD du Testet.

N’est-il pas ridicule de comparer la ville de Gaillac à l’héroïque Kobané ? De quoi s’agit-il ? De faire place nette à un investissement d’1,6 million d’euros pour une poignée d’entrepreneurs agricoles dont les terres prendraient de la valeur. Il faudrait faire vite avant que s’avère légèrement exorbitante cette captation de l’argent public du contribuable que l’on tond toujours plus.

Chapeau bas devant la captation de l’argent public. Ainsi donc, au-dessus de Gaillac (pour irriguer les vignes et pas seulement le maïs), il fallait faire vite avec ces zadistes qui bloquaient le chantier. Bientôt, il ne serait plus possible de tou- cher la quote-part des contribuables européens. Or, on le sait : on ne cède pas aux djihadistes !

Est-ce qu’il a suffi au lobby agricole productiviste d’invoquer l’ennemi intérieur pour que des consignes de fermeté arrivent enfin de Paris ? Ce lobby a-t-il agité aussi le spectre des élections cantonales de mars prochain devant le parti gou- vernemental qui contrôle encore le conseil général du département ? En tout cas, le président de cette assemblée départementale vient de réussir le petit exploit de rejoindre le sénat en septembre dernier…

L’espoir d’une nature préservée des bétonneurs Ces zadistes qu’ils veulent disperser à tout prix sont cependant l’espoir d’une nature préservée des déboi- seurs et des bétonneurs. S’ils n’ont pas encore de franc succès à leur actif, ils ont à tout le moins brisé l’instrumentalisation du débat public sur ces big projects de Notre-Dame-des-Landes au Testet.. Stoppé les machines au moins pour un temps.

 Et qui sait ? Ils pourraient bien gagner et faire des émules. Car cette alliance entre zadistes et paysans familiers, cette articulation fluide entre non-violence et violence a de l’efficience tant qu’elle assume la dissymétrie des moyens et des fins. D’où une campagne incessante des bétonneurs de la vie pour la rompre. Ainsi, avant la mort de Rémi Fraisse, il y eut, le 7 octobre dernier, sur YouTube, la vidéo de cette grenade balancée de sang froid, à visage découvert par un gendarme dans une caravane à Gazad et qui coûtera peut-être la main de son occupante – le dit-gendarme restant en mission au Testet d’après des zadistes comme pour souligner son impunité.

Il y eut encore, le 3 septembre, cette étudiante d’Albi qui rapportait à Reporterre s’être fait tabassée et un copain qui s’en plaignait se faire répondre : « Qu’elle crève et toi aussi, tu n’as qu’à crever ! »

Qui n’a pas rêvé d’une autre vie ?On ne saurait dire que les avertissements aux manifestants aient manqué de la part des forces policières avant d’exploser la colonne vertébrale de Rémi Fraisse. Et on ne saurait prétendre que les autorités parisiennes n’aient pas été prévenues de la systématisation de ces formes répressives. La rhétorique de l’ennemi intérieur déshumanise et fait oublier que les enfants de la ZAD sont les nôtres. Qui n’a pas rêvé d’une autre vie ? Souhaitons-leur de gagner contre les bétonneurs de la vie.

Publié le 13-11-2014 à 20h32 – Modifié le 14-11-2014 à 10h03
Édité par Sébastien Billard  Auteur parrainé par Hélène Decommer
Si le ministre de l’Intérieur se défend d’avoir caché la vérité sur la mort de Rémi Fraisse à Sivens, sa ligne de défense apparaît de plus en plus fragile. Le sociologue Jean-Marc Salmon s’inquiète de la stratégie déployée par les autorités face aux opposants au projet de barrage, érigés en « ennemis de l’intérieur ».Chercheur en sciences sociales

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14 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

toulouse: 1200 personnes en assemblée générale au mirail contre la répression

toulouse: 1200 personnes en assemblée générale au mirail contre la répression  dans Jeunes tl-etu-loups16.1301652292

Motion de l’assemblée générale du jeudi 13 novembre 2014 à l’université du Mirail (Toulouse) (avec 1200 personnes présentes)

Nous, assemblée générale des étudiant-e-s du Mirail, sommes réuni-e-s aujourd’hui jeudi 13 novembre contre l’austérité universitaire, contre le barrage de Sivens, contre les violences policières et la répression des manifestations, ainsi qu’en soutien aux inculpé-e-s et condamné-e-s des 1er et 8 novembre.

Nous appelons, à la suite de l’appel de l’AG de Clermont, et avec les personnels de l’université, à une journée de grève nationale de l’enseignement : étudiant-e-s, lycéen-nes, enseignant-e-s, personnels, le jeudi 20 novembre avec manifestations.

Nous appelons à construire une mobilisation la plus large possible pour s’opposer au tournant autoritaire actuel, à la militarisation de l’espace public, aux violences policières et à tous les grands projets qui ne sont utiles qu’aux capitalistes.

Il y a de l’argent pour les guerres et la répression, alors qu’il en faut pour les facs et les lycées, sinon c’est la sélection qui nous attend !

Nous appelons à participer à la manifestation du 15 novembre et à mobiliser pour la journée de mobilisation nationale du 22 novembre contre les violences policières et en soutien aux condamné-e-s et inculpé-e-s des 1er et 8 novembre qui doivent être amnistié-e-s et relaxé-e-s.

Les responsables de la mort de Rémi Fraisse doivent être punis, jusqu’au plus haut sommet de l’État : Cazeneuve, démission !

Plus jamais l’État ne doit remettre en cause le droit de circuler, et de s’exprimer et de manifester.

Le gouvernement militarise l’espace public, détruit les services publics et privatise les universités.

Du fric pour les facs, les lycées et la biodiversité, pas pour les flics ni pour l’armée ! Jeudi 13 Novembre 2014

http://npa2009.org/actualite/1200-personnes-en-assemblee-generale-au-mirail-contre-la-repression

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13 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

manifestations interdites: valls en mal d’autorité (lo)

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Jugées en comparution immédiate pour participation à une manifestation interdite le 8 novembre à Toulouse, contre les violences policières ayant entraîné la mort de Rémi Fraisse sur le site du barrage de Sivens, quatre personnes ont écopé de peines de prison, ferme ou avec sursis. D’autres attendent de passer en jugement.

C’est donc une double répression qui touche ces manifestants. Le jour même de la manifestation, ils ont été gazés par la police. Et dans la foulée la justice les a condamnés.

D’autres manifestations, contre la guerre qu’a menée l’armée israélienne à Gaza ont été interdites cet été en région parisienne. Un des organisateurs, militant du NPA, a ensuite été traîné devant un tribunal. Et quand le juge l’a relaxé le 22  octobre, le parquet général – c’est-à-dire l’exécutant du ministère de la Justice – a fait appel, en espérant qu’une autre juridiction le condamne.

Ces interdictions, frappant des manifestations de protestation contre des injustices, se sont multipliées ces derniers mois. Les autorités les justifient en évoquant les éventuels débordements violents des manifestants. Mais interdire une manifestation n’empêche pas d’éventuels casseurs d’y venir et provoque aussi des heurts avec des manifestants d’autant plus indignés que l’État prétend les empêcher de s’exprimer.

Manuel Valls n’est évidemment pas étranger à ces interdictions. Son passage au ministère de l’Intérieur puis à Matignon, son obsession à marquer sa différence avec les autres hiérarques socialistes sur le thème de l’ordre et à affirmer sa posture d’homme à poigne, le poussent à restreindre cette liberté élémentaire. Au point de vouloir se montrer plus à droite que la droite… Lucien Détroit

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2415&id=9

 

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13 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

contre l’arbitraire policier: les lycéens manifestent (lo)

contre l'arbitraire policier: les lycéens manifestent (lo)  dans Ecologie & climat

Suite à la mort du jeune militant écologiste Rémi Fraisse, plusieurs dizaines d’établissements parisiens ont été bloqués par des lycéens.

Sans réel appel d’organisation syndicale ou politique, la mobilisation s’est répandue rapidement, essentiellement dans les lycées qui en octobre 2013 avaient déjà manifesté contre l’expulsion de la jeune collégienne Léonarda et contre celle d’un autre lycéen, Khatchik. Jeudi 6 novembre, ils étaient plus d’un millier à manifester « contre les violences policières ». Le mouvement pour l’instant n’est pas allé au-delà. Mais cette envie d’une partie de la jeunesse d’exprimer son mécontentement à l’occasion de la mort du jeune manifestant pourrait bien rebondir sur un autre sujet.

Yero, élève en CAP de menuiserie dans un lycée du XVe arrondissement, d’origine mauritanienne, a été arrêté parce qu’il était sans papiers et est menacé d’expulsion. Alors que ce lycéen possède un acte de naissance prouvant qu’il a moins de 18 ans et qu’il est d’origine mauritanienne, la police persiste à le considérer majeur suite à des « tests osseux » dont la fiabilité est contestée. Et elle veut l’expulser vers le Sénégal, pays où il n’a jamais mis les pieds, car des tests d’empreintes digitales l’auraient identifié comme un Sénégalais de 19 ans. En réponse, une nouvelle manifestation lycéenne était prévue jeudi 13 novembre, cette fois encore « contre les violences policières » et pour s’opposer à l’expulsion de lycéens en général, et à celle de Yero en particulier.

Cette mobilisation d’une partie de la jeunesse est pour l’instant d’ampleur très limitée. Mais elle exprime de légitimes sentiments de solidarité et une protestation qui doit se développer. Pierre Royan

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2415&id=8

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11 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

mort de rémi fraisse: quelles sont les chances que justice soit faite? (basta)

mort de rémi fraisse: quelles sont les chances que justice soit faite? (basta)  dans Ecologie & climat

En France, il est toujours difficile de faire la lumière sur les affaires de violences policières, même quand celles-ci provoquent la mort.

Dans plus d’un homicide sur deux, la Justice n’a tout simplement pas été saisie ou les poursuites sont abandonnées sans conclusion claire. La mort d’un militant antinucléaire, à Creys-Malville, en 1977, s’était d’ailleurs conclue par un non-lieu. Les suites qui seront données au décès de Rémi Fraisse, le jeune militant écologiste tué dans le Tarn par l’explosion d’une grenade, feront-elles exception ?

Rémi Fraisse est la 8ème personne tuée par les forces de l’ordre dans le cadre d’une manifestation, depuis la fin de la guerre d’Algérie [1]. Les résultats de l’enquête sur les circonstances de sa mort devraient être connus avant le 15 novembre, si l’on en croit l’engagement pris par François Hollande : « D’ici huit jours », a-t-il déclaré le 6 novembre sur TF1.(…)

Mais ce qui s’est passé depuis la mort du militant écologiste augure mal des suites qui lui seront données. Le gendarme ayant lancé la grenade mortelle n’a pas été provisoirement suspendu le temps que l’enquête suive son cours. Le procureur d’Albi n’a pas cru bon d’ouvrir une information judiciaire. Le 28 octobre, la famille de Rémi Fraisse a donc été obligée, comme tant d’autres avant elles, de porter plainte contre X pour homicide volontaire « par une ou plusieurs personnes dépositaires de l’autorité publique ». Un juge d’instruction devra donc être saisi.

Non-lieu ou euro symbolique ? Ceux qui, comme nous, souhaitent que la lumière soit faite sur ce drame ne sont pas au bout de leur peine.(…)

Le 31 juillet 1977, 20 000 militants antinucléaires manifestent contre le projet de centrale nucléaire au sodium Superphénix, à Creys-Malville (Isère). Des affron- tements éclatent à proximité du site protégé par un déploiement impressionnant de policiers, gendarmes et militaires. Vital Michalon est touché aux poumons par l’éclat d’une grenade offensive tirée par des gendarmes mobiles et meurt asphy- xié. Les similitudes avec le drame du Testet ne s’arrêtent pas là. Un premier com- muniqué du procureur de la République impute alors la mort à un arrêt cardiaque et à un «engin de fabrication artisanale». (…)

Bavures : la culture du silence Seule la mort de Malik Oussékine, tué le 6 décembre 1986, débouchera sur la condamnation des responsables. (…) Suite à la « bavure », ce peloton très spécial sera dissous. Et deux policiers sont condamnés respectivement à 5 ans et 2 ans de prison avec sursis. En novembre 1987, c’est un retraité et militant communiste, Lucien Barbier, qui décède lors d’une manifestation à Amiens suite à un matraquage qui lui provoque une fracture du crâne. L’État sera condamné à payer… un franc symbolique.(…)

Ivan du Roy 10 novembre 2014

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11 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

mort de rémi fraisse: « un travail de tueur », dénonce sud-intérieur (le point)

mort de rémi fraisse:

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Le syndicat publie un communiqué au vitriol sur la mort du militant dans lequel il accuse le ministère de l’Intérieur et les méthodes de la hiérarchie policière.

« Lancer une grenade offensive sur des civils n’est pas un acte de policier ou de gendarme. C’est un travail de tueur. Ceux qui prétendent le contraire confondent l’administration et la mafia. » Telle est la conclusion du communiqué du syndicat SUD-Intérieur, qui représente une partie des fonctionnaires en poste Place Beauveau.

Déchargeant le gendarme mis en cause au début de l’enquête sur la mort du militant écologiste, l’organisation représentative attaque la hiérarchie, qui, elle, serait responsable du décès tragique du jeune homme. Pour le syndicat, il s’agit d’une mort « politique » qui trouve son origine dans le refus de débattre, en général et cette fois à propos de la légitimité du barrage de Sivens, de la part du gouvernement.

« Résultats minables » SUD-Intérieur attaque également la politique du ministère de l’Intérieur et les méthodes de la hiérarchie policière. Selon le syndicat, aujour- d’hui, les policiers du renseignement n’effectuent plus le travail de terrain qui per- mettrait de connaître en amont d’éventuelles actions radicales de groupuscules, et surtout de les empêcher.

Les décideurs institutionnels préfèrent, selon le syndicat, « la mise sous sur- veillance numérique systématique des populations – pour des raisons d’économies budgétaires – qui a fait que la police a dérivé vers des enquêtes aux heures de bureau avec Excel et des fadettes, plutôt qu’avec des sources humaines, avec des résultats minables. Parce que mettre tout le monde derrière un ordinateur permet de mieux contrôler ceux qui surveillent et coûte beaucoup moins cher. De vraies police et gendarmerie qui savent infiltrer des milieux dangereux demandent aussi que les millions d’euros de frais d’enquêtes soient réellement affectés aux enquê- tes plutôt que de finir dans la poche de quelques hiérarques négligeant le service public, comme l’affaire Guéant l’a révélé. »

Le ministre de l’Intérieur doit prendre la parole en milieu de semaine au sujet de l’enquête interne diligentée par ses services sur la mort de Rémi Fraisse.

Le Point – Publié le 10/11/2014 à 16:17 – Modifié le 10/11/2014 à 16:49

http://www.lepoint.fr/societe/mort-de-remi-fraisse-un-travail-de-tueur-denonce-sud-interieur-10-11-2014-1880094_23.php

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