Archive | Justice & libertés

07 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

mantes la jolie (les inrocks)

casimir
Rien ne peut les arrêter!
.
“La vidéo de Mantes-la-Jolie a été un électrochoc”
.

Reportage à la manif des lycéens à Paris

A l’appel de l’Union nationale des lycéens (UNL), une manifestation lycéenne a eu lieu entre Stalingrad et République vendredi 7 décembre, à Paris. Au lendemain de la diffusion des images des lycéens de Mantes-la-Jolie agenouillés et mains sur la tête, l’indignation était partagée par les manifestants.

Les images de leur interpellation ne cessent de susciter l’indignation depuis leur diffusion sur les réseaux sociaux 

Jeudi 6 décembre, devant un lycée de Mantes-La-Jolie (Yvelines), 153 lycéens se sont retrou-vés à genoux, mains sur la tête ou derrière le dos, le tout sous la surveillance de policiers armés de matraques et de boucliers. Ces adolescents avaient été interpellés à la suite de violences commises en marge de blocages de deux établissements environnants – ce jour-là, c’est en tout 700 lycéens dans toute la France qui ont été concernés par des interpellations.

Aussi, lors de la manifestation à l’initiative de l’Union nationale des lycéens (UNL) ce vendredi 7 décembre – l’appel à se mobiliser contre la réforme du bac ou encore de l’accès à l’université, dans le sillage du mouvement des gilets jaunes, avait été lancé dès lundi 3 décembre – nombre de lycéens évoquent cette vidéo et les violences policières.

“Tout le monde déteste la police”, crient en choeur plusieurs d’entre eux, réunis sur la place de la Rotonde, à Stalingrad (Paris 19è), lieu de départ de la manif, prévue pour aller jusqu’à République. Alors que 200 lycées sont perturbés depuis le matin, plusieurs centaines d’adoles-cents ont fait le déplacement. Aux cris de “Macron démission”, “Macron t’es foutu, les lycéens sont dans la rue” ou encore “Macron tu fais la guerre, et ta police aussi, mais on reste déter pour bloquer le pays”, le cortège s’est mis en branle dans le calme vers 11h30.

“Nous n’avons pas à nous taire”

Parmi les manifestants, Camille, 16 ans, lycéenne à Paris en 1ère S. La jeune fille a plusieurs griefs à faire savoir : “Parcoursup, la hausse des frais de scolarité pour les étudiants étran-gers… On s’était déjà mobilisés l’année dernière, mais on n’est jamais entendus. Mais nous n’avons pas à nous taire.

Concernant la réforme du lycée, qui prévoit dès la rentrée 2019 la suppression des séries de la voie générale, remplacées par des enseignements de spécialités, elle est également plus que sceptique. “Il n’y aura pas les mêmes spécialités dans tous les établissements [voir cet article à ce propos], ce qui n’est pas juste. Et, par ailleurs, choisir sa spécialité dès la seconde, celle qui déterminera les études après le bac, c’est trop tôt.” Un avis partagé par un lycéen, en classe de seconde justement, qui nous interpelle alors que l’on discute avec son copain : “C’est trop difficile de faire le choix si jeune.”

On croise ensuite un jeune homme avec un mégaphone, qui nous indique avec malice “ne pas trop être au courant de la réforme”, et nous renvoie vers un ami à lui, bien mieux informé. C’est le cas : Ulysse, 17 ans, en terminale L au lycée Voltaire, à Paris, est prolixe.

“Je suis ici pour soutenir le mouvement lycéen, mais aussi pour soutenir les profs, dont 2000 postes vont être supprimés en 2019. Et puis, cette histoire de spécialités, cela va faire que l’on va avoir un bac par lycées, pas un bac national. On va vers une forme d’élitisme, à la fois tradi-tionnelle et insupportable : par exemple, les élèves méritants de banlieue seront défavorisés par rapport aux élèves méritants du coeur de Paris. [rapport à l’inégale répartition des spécialités dans les lycées ndlr].” Concernant les images de Mantes-la-Jolie, l’adolescent évoque “une escalade de violences qui fait très peur”.

“C’est une provocation à l’égard des élèves, du mépris à l’encontre des profs”

Il n’y a pas que les lycéens pour penser ainsi : dans le cortège, des étudiants – l’une d’elle, très critique par ailleurs de la réforme de l’université, assure avoir “pleuré toute la nuit” à leur visionnage, dénonçant une “dérive hyper-fascisante du gouvernement” – des profs ou encore des membres de syndicats et des responsables politiques dénoncent ce qu’ils ont vu sur cette vidéo.

Comme par exemple l’ex-Secrétaire national du Parti communiste Pierre Laurent, qui affirme être “totalement scandalisé par la réaction de Jean-Michel Blanquer” à propos de cette affaire [ce matin sur France inter, le Ministre de l’Education nationale a reconnu “des images choquantes” mais a également mis en avant le “climat de violence exceptionnelle” à l’oeuvre en ce moment, appelant à remettre cette vidéo dans son contexte, ndlr]. Le Sénateur de Paris est ainsi venu aujourd’hui “en soutien des revendications des lycéens, mais aussi, si possible, pour servir de protection pour eux, vu les interventions incroyables de la police des derniers jours”.

Adeline, professeure dans le collège Gustave Courbet de Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), accompagnée de plusieurs collègues, dit la même chose : “C’est notamment à cause de la crainte que la police se laisse aller à des excès s’il n’y avait pas d’adultes à la manif que nous sommes venus.” La vidéo de Mantes-La-Jolie a été pour elle “un electrochoc” : “C’est une provocation à l’égard des élèves, du mépris à l’encontre des profs : quand on entend dans la vidéo “Voilà une classe calme”, cela sous entend qu’il faudrait nécessairement des flics pour tenir une classe !”

Celle qui arbore une pancarte « Moins de répression, plus d’éducation » se sent d’autant plus sensibilisée à la question que c’est non loin de son collège, au lycée Utrillo, à Stains, qu’un ancien gendarme a récemment été nommé proviseur adjoint à la sécurité de l’établissement, ce qui a provoqué un tollé.

A l’évocation du mouvement des gilets jaunes, l’enseignante venue en soutien des lycéens se dit par ailleurs “solidaire de tous les gens se considérant malmenés par ce gouvernement”. Rue du Faubourg du Temple, un vieux monsieur applaudit au passage du cortège, tout en criant “bravo!”, tandis qu’un homme agite par sa fenêtre un gilet jaune… et est alors acclamé par les adolescents.

A l’arrivée à République, plusieurs d’entre eux se mettent à genoux, mains sur la tête, pour tristement rappeler ce qui s’est passé la veille à Mantes-la-Jolie. Le défenseur des droits a, quant à lui, annoncé l’ouverture d’une enquête.

Lire la suite

07 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

crs ss (essf bastamag)

A Mantes-la-Jolie, la vidéo de dizaines de lycéens à genoux, mains sur la tête, interpellés par la police

Les images montrent des rangées d’élèves sous la surveillance de policiers casqués, armés de matraques et de boucliers. Une personne commente : « Voilà une classe qui se tient sage ! »

Au total, 153 personnes ont été interpellées à Mantes-la-Jolie (Yvelines), jeudi 6 décembre, selon le procureur de la République de Versailles, Vincent Lesclous, après de nouveaux incidents à proximité du lycée Saint-Exupéry, où deux voitures ont été incendiées et où des affrontements ont éclaté avec la police.

Les interpellés, des étudiants pour la plupart, sont soupçonnés de « participation à un attrou-pement armé », a détaillé le commissaire de la ville Arnaud Verhille, assurant vouloir ainsi « interrompre un processus incontrôlé ». Dans les Yvelines, au total 189 jeunes, âgés de 12 à 20 ans, ont été placés en garde à vue, selon le procureur de Versailles.

Des images des interpellations, dont l’authenticité a été confirmée à l’Agence France-Presse et au Monde, ont été diffusées sur les réseaux sociaux. Elles montrent des rangées de dizaines d’élèves à genoux, les mains croisées derrière la tête, sous la surveillance de policiers casqués, armés de matraques et de boucliers. Certains sont alignés, le front contre un mur. Sur une des vidéos, une personne commente : « Voilà une classe qui se tient sage ! » Les images ont été tournées en face du lycée Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie. Cette  vidéo a créé la stupeur sur les réseaux sociaux. La fondation Abbé Pierre l’a relayé sur Twitter, écrivant « ce pays ne peut pas sombrer vers davantage de violences encore ».

Au total, 189 jeunes, âgées de 12 à 20 ans, ont été placés en garde à vue dans le départe-ment des Yvelines, dont 79 qui ont été libérés (cinq d’entre eux ont été mis en examen) car ils avaient moins de 16 ans. Parmi les 111 autres, 17 ont déjà été déférés.

Le Monde. Publié le 6 décembre

https://www.lemonde.fr/

npa jeunes

 Gilets jaunes, lycéenEs : c’est le pouvoir qui est violent !

Ces derniers jours, au moins 3 lycéenEs ont été grièvement blessés au visage par des tirs de flashball : à Grenoble, Garges-lès-Gonesse et Saint-Jean-de-Braye, près d’Orléans. Depuis lundi, les forces de police n’ont pas hésité à tirer sur des groupes d’élèves lors de manifes-tations ou de rassemblements de lycéenEs mobilisés contre la réforme du lycée, du bac et Parcoursup.

Ces violences font suite à celles employées lors des manifestations et rassemblements des Gilets jaunes, qui ont fait des dizaines de blesséEs, parfois gravement mutiléEs, victimes d’explosions ou de tirs tendus de grenades, tandis qu’une femme âgée est décédée à Marseille après avoir été blessée, chez elle, par une grenade lacrymogène, et qu’un jeune homme est entre la vie et la mort à Toulouse après un tir de flashall à la tête.

Le pouvoir, qui montre des signes de faiblesse en commençant à reculer face aux Gilets jaunes, est aux abois, et cherche par tous les moyens à éteindre la contestation. Pour ce faire, les consignes données aux forces de police et de gendarmerie sont explicites : les violences commises par ces dernières ne sont pas des incidents isolés, mais la conséquence d’une stratégie délibérée de tension et de répression.

Macron et son gouvernement portent l’entière responsabilité de ces intolérables violences, d’autant plus choquantes qu’elles s’accompagnent d’hommages appuyés aux forces de répression, et d’indignation démesurée face aux dégâts matériels consécutifs aux manifestations.

Le NPA apporte tout son soutien aux victimes, à leurs familles et à leurs proches, appelle à poursuivre et massifier la mobilisation, et à ce que les manifestantEs et leurs cortèges se dotent des moyens adéquats d’auto-protection (service d’ordre, etc.). La colère contre le pouvoir est légitime, et manifester est un droit : cette escalade de violences policières doit cesser !

NPA, Montreuil, le 6 décembre 2018.

http://www.europe-solidaire.org/

crr ss

« Lycéens d’avant, nous n’avons jamais connu la répression actuelle »

Plus de 130 ex-lycéens engagés dans les “mouv” en 1968, 1977, 1986, 1990, 1994, 2000, 2005 ou 2013 (des comités d’action lycéens à la mobilisation en défense de Leonarda, en passant par les lois Saunier-Seïté ou Devaquet, ou encore le CPE) se disent « inquiets » face à « l’étape franchie » aujourd’hui en matière de répression et de liberté de manifester des lycéens actuellement mobilisés.

Lycéens d’avant, nous n’avons jamais connu la répression actuelle

Nous avons manifesté lorsque nous étions lycéens. Nous avons organisé ou animé des mouvements lycéens, face à des gouvernements de droite ou de gauche.

Nous avons bloqué nos lycées, occupé les rues sous le Général De Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard D’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou François Hollande. Aucun d’entre nous n’a jamais été mis en garde à vue parce que nous avions peint des slogans hostiles aux pouvoirs en place ou lancé des œufs.

Jamais nous n’avons été placés en garde à vue pour « intrusion dans un établissement scolaire » parce que nous venions participer à une Assemblée Générale.

Nous n’avons pas été gazés à bout portant devant nos lycées, nous n’avons pas reçu de tirs de grenade de désencerclement en essayant de les bloquer, nous n’avons pas été réprimés aussi systématiquement.

Une étape a été franchie.

Aujourd’hui, à leur tour, certains de nos enfants, des enfants de nos amis et leurs copains et copines se mettent en mouvement. La répression que subissent les lycéens qui manifestent ces jours-ci est disproportionnée.

Nous sommes inquiets.

Signataires:

Christophe Aguiton (1971)
Pouria Amirshahi (1986)
Olivier Besancenot (1990)
Alexis Corbière (1986)
Julia Cyroulnik (2005)
Laura Cyroulnik (2003)
Laurence De Cock (1990)
Caroline De Haas (1998)
Julien Dray (1973)
Léa Filoche (1994)
Raquel Garrido (1995)
Stéphane Gatti (1967-1968)
Pierre Godard (1968)
Elsa Sabado (2005 et 2006)
Julien Salingue (1998)
Pauline Salingue (2005)

https://blogs.mediapart.fr/

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Ces manifestants blessés ou mutilés par la riposte policière (Le Monde)

Une répression massive, à coups de flashball, provoque des blessés graves chez les lycéens (Bastamag)

 

Lire la suite

04 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

gael quirante (npa)

geal.jpg 2

Communiqué:

150 postiers des Hauts-de-Seine sont en grève depuis 8 mois et font face au mépris de la direction de La Poste.

Gaël Quirante, délégué départemental SUD Poste 92, l’un des animateurs de cette longue lutte, sera à Run ar puns le Jeudi 13 Décembre à 20h00 à l’invitation du NPA.

Il exposera les motifs et le déroulement de cette grève ainsi que la répression que lui et ses camarades subissent.Des syndicalistes CGT et Solidaires ayant été réprimés pour leurs actions seront également présents.Ensuite un débat s’engagera avec les participants où il sera probablement question des Gilets jaunes.

Lire la suite

04 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

dominique vidal (npa)

vidal doom

Antisionisme-antisémitisme 

Enjeux d’un amalgame

Mon dernier livre, intitulé Antisionisme = Antisémitisme ?, est sous-titré Réponse à Emmanuel Macron1. Rien là d’un effet de style. J’ai en effet décidé de l’écrire le 16 juillet dernier, après avoir entendu le discours du président de la République à la commémoration du 75e anni-versaire de la rafle du Vel d’Hiv. Non seulement il avait invité, pour la première fois, le Premier ministre israélien à cette cérémonie, non seulement il lui avait donné du « cher Bibi », mais, à la fin de son (excellent) discours, il avait lâché : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. »

Jamais un président de la République, même pas Nicolas Sarkozy ni François Hollande, n’avait jusqu’ici repris à son compte cet étrange amalgame entre antisionisme et antisémitisme. Étran-ge, en effet, puisqu’il confond dans une même réprobation un délit, le racisme anti-Juifs, condamné par la loi comme toutes les autres formes de racisme et une opinion, qui conteste l’impossibilité de l’assimilation des Juifs et donc la nécessité d’un État où ils se retrouveraient tous et, au-delà, la politique de cet État.

Un antisémitisme en recul

L’antijudaïsme, puis l’antisémitisme traversent l’histoire de l’Europe, plus, d’ailleurs, que celle du monde arabe. Ils s’y sont traduits, des siècles durant, par des discriminations, des expul-sions et des massacres, ainsi lors des Croisades, mais aussi, au 19è siècle notamment, lors des « pogromes » de l’Empire tsariste. Ces persécutions ont atteint leur apogée avec le géno-cide nazi, qui visait certes d’autres cibles (Tsiganes, malades mentaux, Slaves…), mais dans lequel les Juifs formaient le seul groupe destiné à être tué jusqu’au dernier : il exterminera de fait la moitié des Juifs d’Europe, un tiers de la population juive mondiale.

En France, où le régime de Vichy et sa police ont collaboré activement à la déportation de 75 000 Juifs (sur 330 000, français et étrangers, une proportion qui souligne la solidarité dont ils ont bénéficié), l’antisémitisme n’a cessé de reculer depuis la guerre. Selon toutes les enquê-tes, il représente aujourd’hui une idéologie marginale, alors que l’islamophobie bénéficie d’un quasi consensus.

La meilleure preuve, c’est, premier élément, la réponse de nos compatriotes à la question « Les Juifs sont-ils des “Français comme les autres” ? ». En 1946, seul un tiers répond par l’affirmative. Soixante-dix ans plus tard, selon une enquête d’IPSOS2, la proportion atteint… 92 % ! Ajoutons que 93 % estiment que « Rien ne peut excuser un acte ou une parole antisémite ». Ces résultats sont d’autant plus significatifs qu’ils s’inscrivent dans un contexte de rejet accru des musulmans. Non seulement 36 % des sondés (+12 en un an) les estiment « mal intégrés », mais 83 % les en rendent responsables, ils seraient « repliés sur eux-mêmes » et refuseraient de « s’ouvrir sur la société », contre 17 % qui pointent la responsabilité de la société…

En revanche, second élément, les chercheurs observent la persistance de certains préjugés vis-à-vis des Juifs, bien qu’ils soient en recul : 52 % des Français pensent que « les Juifs sont plus attachés à Israël qu’à la France », 52 % que « les Juifs ont beaucoup de pouvoir », 51 % que « Les Juifs sont plus riches que la moyenne des Français » et 38 % que « Les Juifs sont un peu trop présents dans les médias ». Mais il existe aussi des préjugés et combien !, contre les Corses, les Bretons ou les Auvergnats : parlera-t-on pour autant de racisme anti-corse, anti-breton ou anti-auvergnat ?

Reste que la France a connu, troisième élément, une flambée de violences anti-juives au début des années 2 000. Chaque année, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) publie un rapport intitulé la Lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, qui suit notamment l’évolution des actes et menaces racistes. Cette catégorie de « menace » incluant aussi bien un courriel d’insulte qu’une lettre anonyme ou un graffiti sur la voie publi-que, nous préférons nous référer aux « actes ». En 2002, par rapport à 2001, le nombre de ces derniers est multiplié par quatre, et, en leur sein, le nombre d’actes antisémites par six. Toutefois, dès 2003, on observe un net reflux des violences antisémites (- 36 %) et des autres violences racistes (- 23 %).

Ce recul se poursuit, irrégulièrement, tout au long des années suivantes s’agissant des violences antijuives. En revanche, les violences racistes, et notamment islamophobes, se maintiennent à un niveau élevé, avec une véritable explosion en 2015, dans le contexte des attentats terroristes : elles triplent cette année-là. Mais elles connaîtront un recul de près de 60 % en 2016. L’année 2017 marque une nouvelle décrue : 121 faits antimusulmans (- 34,5 %), 311 faits antijuifs (- 7,2 %) et 518 autres faits racistes (- 14,8 %). Notons cependant une poussée des violences proprement dites : 72 contre des musulmans (67 en 2016) et 97 contre des Juifs (77 en 2016).

Une nécessaire vigilance de tous les instants

Certains intellectuels parlent, depuis une quinzaine d’années, d’« antisémitisme musulman ». Cette thèse a même fait l’objet d’un procès, l’historien Georges Bensoussan ayant attribué, à tort, au sociologue Smaïn Laacher, lors de l’émission « Répliques » d’Alain Finkielkraut, l’idée que « dans les familles arabes, […] l’antisémitisme [se] tète avec le lait de la mère ». Blanchi par la justice de l’accusation d’« incitation au racisme », le responsable du Mémorial de la Shoah n’en a pas moins fait l’objet d’une mise en garde du Conseil supérieur de l’audio-visuel (CSA), considérant que « certains propos tenus par M. Bensoussan […] étaient susceptibles d’encourager des comportements discriminatoires ». 

Au-delà des dérapages, ce débat a été alimenté par un sondage réalisé en 2014 par la Fondation pour l’innovation politique3, qui a suscité de vives réactions. Ainsi la sociologue et politologue Nonna Mayer a-t-elle appelé, dans le Monde, à « parler d’antisémitisme avec rigueur »4. À ses sévères critiques d’ordre méthodologique, la chercheuse ajoutait « une interrogation plus générale sur la pertinence du concept de “nouvel antisémitisme” » défini notamment par rapport aux « travaux de Pierre-André Taguieff ». Or ce dernier, souligne Nonna Mayer, « voit un antisémitisme masqué derrière la critique d’Israël et du sionisme, au nom de l’antiracisme et des droits de l’homme, et porté tant par l’islamisme radical que par les idéologies tiers-mondistes d’extrême gauche ».

Toutes ces données quantitatives ne sauraient dissimuler les réalités qualitatives : le vécu des catégories concernées. D’autant que, pour la première fois depuis 1945, des Juifs, en ce début de siècle, ont été assassinés en tant que tels : les quatre victimes juives de Mohammed Merah, les quatre martyrs de l’Hyper Casher, mais aussi Ilan Halimi, Lucie Attal-Halimi et Mireille Knoll. La complexité des autres motivations des tueurs, meurtres crapuleux, voire acte de folie, n’empêche pas qu’ils soient d’abord perçus comme antisémites.

C’est dire que la lutte contre le racisme et l’antisémitisme reste plus que jamais nécessaire. Et qu’il suppose une vigilance de tous les instants. Toute incitation à la haine raciale, toute propa-gande négationniste doivent être combattues et sanctionnées. De ce point de vue, la loi anti-raciste de 1881, celle de 1972, la loi Gayssot de 1990 et le Code pénal constituent un arsenal efficace.

Encore faut-il que celui-ci soit appliqué. Or, pendant des années, un Dieudonné ou un Soral ont pu jouer impunément avec l’antisémitisme et le négationnisme. Outre les provocations de ces hommes de gauche passés à l’extrême droite, il faut évoquer les dérapages que font ou tolèrent certains défenseurs auto-proclamés de la Palestine. Je veux le dire clairement : compte- =tenu des accusations dont ils font l’objet, les militants qui professent des idées anti-sionistes doivent être les plus vigilants. Toute « bavure » leur coûtera désormais très cher et, au-delà de leur personne, à la cause qu’ils entendent défendre…

Voilà pour le premier terme de la comparaison d’Emmanuel Macron.

La naissance du sionisme… et de l’antisionisme

Et pour le second ? Historiquement, la poussée de l’antisémitisme à la fin du XIXe siècle a aussi suscité la naissance du sionisme. Confronté aux pogromes de 1881-1882 en Russie, puis témoin à Paris de la dégradation du capitaine Dreyfus en 1895, Theodor Herzl en tire la conclusion que les Juifs sont inassimilables, même dans le pays qui, le premier, les a éman-cipés, et qu’ils doivent donc disposer d’un État à eux.

En 1896, il publie l’État des Juifs et, l’année suivante, réunit le Premier Congrès sioniste mondial : « Le sionisme, précise son programme, s’efforce d’obtenir pour le peuple juif en Palestine un foyer reconnu publiquement et garanti juridiquement. »5 Le fondateur du mouve-ment fait l’impasse sur l’existence, dans ce pays, d’un peuple arabe autochtone, qui représente alors les neuf dixièmes de sa population, et que le sionisme va progressivement priver de tous ses droits.

Vingt ans après le Congrès de Bâle, le Royaume-Uni, avec la Déclaration Balfour, fait sien le projet de Foyer national juif en Palestine, sur laquelle il obtient en 1922 le mandat. Pourtant, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale et malgré Londres, les héritiers de Herzl ne rencontrent guère d’écho parmi les Juifs : l’essentiel des mouvements politiques juifs s’oppose à leur ambition.

Pour les communistes juifs, la solution de la question juive réside dans la révolution socialiste. Lénine, dès 1903, dénonce le nationalisme juif : « Absolument inconsistante au point de vue scientifique, l’idée d’un peuple juif spécial est, par sa portée politique, réactionnaire. » Pour le leader bolchevique, « dans toute l’Europe, la chute de la féodalité et le développement de la liberté politique ont marché de pair avec l’émancipation politique des Juifs, qui abandonnent le “yiddish” pour adopter la langue du peuple parmi lequel ils vivent et, d’une manière générale, leur assimilation progresse à l’époque ».

C’est pourquoi Lénine, à l’époque, polémique aussi avec le Bund, l’Union générale des ouvriers juifs de Lituanie, Pologne et Russie, pourtant également hostile au projet d’État juif. Pour ce mouvement social-démocrate, la solution de la « question juive » suppose la réalisation d’une autonomie culturelle des Juifs dans les pays où ils vivent. Les bundistes estiment en effet que la culture doit agir comme ciment des Juifs, davantage que ne le ferait un État ou un terri-toire. Ils considèrent le sionisme « comme une réaction de la classe bourgeoise contre l’anti-sémitisme et la situation anormale du peuple juif. Le sionisme politique érigeant pour but la création d’un territoire pour le peuple juif ne peut prétendre résoudre la question juive, [...] ni satisfaire le peuple dans son ensemble ».

Quant aux religieux orthodoxes, leur opposition au sionisme est radicale. Imaginer un État juif avant l’arrivée du Messie est purement et simplement blasphématoire. Seul le mouvement religieux Mizrahi ne voit pas de contradiction entre sa foi et la vision de Herzl. Il faudra attendre 1949 pour qu’une partie plus substantielle des religieux accepte de passer un compromis avec le jeune État d’Israël, qu’on appelle le « statu quo » et qui définit les devoirs réciproques de l’État et de la religion. De pressions en concessions, le premier cèdera de plus en plus de terrain à la seconde. Si bien qu’aujourd’hui seule une minorité d’ultra-orthodoxes conteste encore l’existence de l’État d’Israël.

Il faut dire que, de leur côté, Herzl et ses successeurs ne manquaient pas de griefs contre les religieux : pour eux, la religion a fait du peuple juif une entité passive, attendant son salut et son émancipation de la venue du Messie, qui permettrait le retour du peuple juif dans sa patrie historique, mais dans le cadre d’un projet divin et pas dans celui d’un projet politique conçu par des hommes.

Le bouleversement du génocide nazi

Les faits sont têtus : l’immense majorité des Juifs quittant l’Europe centrale et orientale se rend en Europe occidentale et surtout aux États-Unis, environ 3,5 millions de 1881 à 1924. En revanche, au début de la Seconde Guerre mondiale, la Palestine mandataire ne compte que 460 000 Juifs, soit 2,9 % de la population juive mondiale.

Une bonne partie de l’immigration est venue à l’époque d’Allemagne. La montée du nazisme a provoqué une accélération de l’émigration juive vers la Palestine : celle-ci passe de 1932 à 1939 à 247 000 arrivants, soit 30 000 par an, quatre fois plus que depuis la fin de la Première Guerre mondiale ! Il s’agit déjà moins d’un « choix sioniste » que d’une fuite face aux persécu-tions.

Fuite facilitée par l’accord dit Haavara (transfert), conclu par l’Organisation sioniste mondiale avec le gouvernement nazi, le 25 août 1933 : contrairement aux autres qui partent sans un mark en poche, les Juifs allemands allant en Palestine peuvent récupérer là-bas une partie de leurs biens sous la forme de produits exportés par le Reich là-bas. Plusieurs dizaines de milliers de Juifs allemands sauveront ainsi leur vie. Cet accord coûtera en revanche la sienne à son négociateur sioniste, Haïm Arlosoroff, assassiné sur la plage de Tel Aviv le 16 juin 1933.

Qu’on n’imagine pas Hitler converti au sionisme. Durant ses premières années, le régime nazi n’a pas encore conçu la « solution finale de la question juive ». Il s’attache d’abord à exclure les Juifs de la société allemande et à les pousser à l’émigration. Dans un second temps, il pensera en termes de déportation massive : vers Madagascar d’abord, puis vers la Pologne et enfin vers la Sibérie. Le projet génocidaire proprement dit se radicalisera à partir de l’invasion de l’URSS, le 22 juin 1941.

Le génocide nazi bouleverse tout. Six millions de Juifs ont été exterminés et des centaines de milliers de survivants ne peuvent pas retourner chez eux. Or Washington leur refuse tout visa. Bon nombre émigrent alors vers la Palestine, puis vers Israël, d’où la guerre de 1947-1949 a chassé 800 000 Arabes. Comme durant l’entre-deux guerres, les juifs se rendant là-bas le font moins par « choix sioniste » que par obligation ou calcul, qu’il s’agisse des vagues de Juifs arabes ou de celle des Soviétiques…

Dans un cas comme dans l’autre, l’aliya procède des circonstances. S’agissant des Juifs arabes, les raisons de l’émigration varient d’un pays à l’autre. Certains ont été expulsés, comme en Égypte. D’autres ont été « importés » par les autorités israéliennes : ainsi au Maroc, au Yémen, en Éthiopie et, en majorité, en Irak.

D’Algérie, la plupart des Juifs se sont retrouvés en France, dont ils possédaient la citoyenneté. Rares sont, parmi tous ces immigrants des années 1940 à 1970, ceux qui rejoignent Israël par choix idéologique. Il en va de même des Juifs soviétiques, dont une forte proportion, d’ailleurs, ne l’était pas : la répression de leur culte juif rendait difficile l’identification des Juifs. La plupart de ces arrivants ont profité de l’accord passé par Mikhaïl Gorbatchev avec Itzhak Shamir pour pouvoir quitter l’URSS, sans savoir que le Premier ministre israélien avait fait en sorte qu’ils ne puissent pas poursuivre leur voyage vers l’Europe ou les États-Unis, comme un grand nombre l’espérait.

Soixante-dix ans et plusieurs vagues d’immigrations après sa création, Israël compte 6,5 millions de Juifs et, avec les territoires occupés, le même nombre de Palestiniens. C’est dire que la majorité des 16 millions de Juifs du monde vit encore ailleurs. De surcroît, en Occident, leur assimilation s’accompagne d’une majorité de mariages avec des non-Juifs. Et des centaines de milliers d’Israéliens ont quitté leur pays, où ils ne vivent plus, rien qu’à Berlin, ils seraient plus de 100 000. Même parmi les Juifs de notre pays qui, ces dernières années, ont effectué leur alya en réaction aux violences antisémites, une forte proportion repart vers la France.

Dégradation de l’image d’Israël

Faut-il considérer tous ces Juifs qui, de génération en génération, ont résisté aux sirènes du sionisme comme des antisémites ? Ou bien, tout simplement, comme des citoyens ayant préfé-ré poursuivre leur vie dans leur patrie de longue date ou d’adoption ? Historiquement, la petite phrase du président de la République est donc absurde.

Les Français ne s’y trompent d’ailleurs pas. Selon la dernière enquête de l’IFOP6, 57 % ont une « mauvaise image d’Israël » (68 % chez les moins de 35 ans), 69 % une « mauvaise image du sionisme » (74 % chez les moins de 35 ans) et 71 % pensent qu’« Israël porte une lourde responsabilité dans l’absence de négociation avec les Palestiniens » (68 % chez les moins de 35 ans).

Selon une enquête toujours de l’IFOP, mais plus récente, 67 % des sondés voulaient que « le président Macron évoque explicitement la perspective de sanctions lors de sa rencontre avec Benyamin Netanyahou ». Sont-ils pour autant antisémites ? Évidemment non. Sous le titre « Un antisionisme qui ne se transforme pas en antisémitisme », l’enquête IPSOS déjà citée montre que les sympathisants de la France Insoumise et du Parti Communiste sont à la fois les plus critiques vis-à-vis de la politique d’Israël et les plus empathiques envers les Juifs de France.

« Au niveau individuel, conclut l’enquête sur ce point, il n’y a pas de relation évidente entre l’antisémitisme et l’antisionisme » Et d’ajouter que l’un comme l’autre « sont des attitudes cohérentes entre elles, mais qui concernent le plus souvent des individus différents ». Con-clusion de Brice Teinturier, qui présente l’enquête sur le site Akadem7 : « On ne peut pas, rapidement et un peu caricaturalement, dire que l’un dissimulerait l’autre. »

Au-delà du contresens qu’elle implique, la petite phrase du Vel d’Hiv comporte surtout, politi-quement un grave danger pour la liberté de pensée et d’expression. La manœuvre des dirigeants israéliens et de leurs inconditionnels français est cousue de fil blanc : ils tentent de criminaliser toute critique de leur politique parce qu’ils se savent isolés. À preuve la reconnais-sance croissante de l’État de Palestine, entré successivement à l’Unesco (2011), puis à l’Assemblée générale des Nations unies (2012) et même à la Cour pénale internationale (2015).

Il y a quelques semaines, l’Assemblée générale de l’ONU a voté en faveur de l’autodétermina-tion du peuple palestinien par 176 voix pour, 7 contre (Canada, États-Unis, Israël, Îles Marshall, États fédérés de Micronésie, Nauru et Palaos) et 4 abstentions (Cameroun, Honduras, Togo, Tonga).

Et cet isolement ne risque pas de se réduire. La droite et l’extrême droite au pouvoir à Tel-Aviv sont en effet engagées dans un inquiétant processus de radicalisation. Profitant du soutien de l’administration Trump et de leur alliance avec l’Arabie saoudite contre l’Iran, elles veulent passer de la colonisation, qu’elles accélèrent, à l’annexion. Plusieurs lois ont été ou vont être votées par la Knesset en ce sens. À terme, Tel Aviv enterrera la solution dite des deux États au profit d’un seul État, où les Palestiniens annexés avec leurs terres ne jouiraient pas du droit de vote : un État d’apartheid.

La nouvelle loi fondamentale en cours d’adoption à la Knesset symbolise ce tournant. Celle de 1992 définissait Israël comme un « État juif et démocratique » : le projet voté en première lectu-re parle d’« État-nation du peuple juif ». Et il précise : « Le droit à exercer l’autodétermination nationale au sein de l’État d’Israël appartient au seul peuple juif. » De surcroît, il prive l’arabe de son statut de « langue de l’État » réservé à l’hébreu. Bref, il renie explicitement la Déclara-tion d’indépendance qui, le 14 mai 1948, promettait que le nouvel État « développera le pays au bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes d’Israël ; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe ; il garantira la pleine liberté de conscience, de culte, d’éducation et de culture ».

Il ne s’agit hélas pas seulement de la fuite en avant de dirigeants hors sol : selon les sondages, la moitié des sondés n’estiment « pas sage » de poursuivre la colonisation de la Cisjordanie, et 53 % s’opposent à son annexion8. Mais seuls 24 % estiment que les Palestiniens devraient,  en cas d’annexion, jouir du droit de vote, 30 % envisageant un statut de « résident ». Ce passage de la colonisation à l’annexion n’améliorera évidemment pas l’image d’Israël dans l’opinion mondiale.

Voilà pourquoi l’extrême droite israélienne et ses relais français voudraient interdire toute contestation. Premier objectif de l’opération : la condamnation de la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanction (BDS). Aucune loi ne l’interdisant, ses censeurs s’appuient sur une circulaire ministérielle, signée Michèle Alliot-Marie, que de rares parquets ont suivis. Et sur un arrêt de la Cour de Cassation, que la Cour européenne des droits de l’Homme peut néan-moins encore retoquer.

D’autant que la Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, ne cesse de répéter : « L’Union européenne se positionne ferme-ment pour la protection de la liberté d’expression et de la liberté d’association, en cohérence avec la Charte des droits fondamentaux, qui est applicable au territoire des États membres, y compris en ce qui concerne les actions BDS menées sur ce territoire. »9

Vers l’interdiction de l’antisionisme ?

D’où un second objectif, auquel le propos d’Emmanuel Macron risquerait d’ouvrir la voie : l’interdiction de l’antisionisme proprement dit. En novembre dernier, Francis Kalifat, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), demandait ainsi au Premier ministre que la « définition (de l’International Holocaust Remembrance Alliance – IHRA), qui prend en compte l’antisionisme comme forme nouvelle de l’antisémitisme, soit transposée dans l’arsenal législatif français »…

Élaborée par l’IHRA le 26 mai 2016 à Budapest, elle présente l’antisémitisme comme « une certaine perception des Juifs, qui peut s’exprimer comme de la haine à leur égard. Les mani-festations rhétoriques et physiques d’antisémitisme visent des individus juifs ou non juifs ou/et leurs biens, des institutions et des lieux de culte juifs ». À ce texte s’ajoute une sorte de « mode d’emploi » l’explicitant, ajoutant notamment : « Ces manifestations peuvent inclure le fait de cibler l’État d’Israël, conçu comme collectivité juive. » Mais l’annexe ajoute : « Toutefois, la critique d’Israël similaire à celle émise contre tout autre pays, ne peut être considérée comme antisémite. » 

Cette notion de similarité pose un problème évident : comment traiter également des États qui ne violent ni le droit international ni les droits humains et ceux qui, comme Israël, violent ouvertement les uns et les autres ? L’occupation et la colonisation des territoires palestiniens depuis un demi-siècle bafouent en effet les Conventions de Genève comme les résolutions de l’ONU… Reste que le Parlement européen a adopté ladite résolution le 1er juin 2017.

Si la proposition de loi visant à interdire l’antisionisme ne constituait pas une manœuvre aussi grave, on pourrait presque en rire. Imagine-t-on les communistes demander l’interdiction de l’anticommunisme, les gaullistes celle de l’antigaullisme, les néolibéraux celle de l’altermo-ndialisme ? La prétention des ultra-sionistes relève ici d’une pensée qu’il faut bien qualifier de totalitaire.

Si ce projet prenait corps, le Conseil constitutionnel le bloquerait sans doute en route. Sinon, ce serait la première fois, depuis la guerre d’Algérie, que la France réinstaurerait le délit d’opinion. Je suis malheureusement assez âgé pour me souvenir des pages de journaux parsemées de blanc, car caviardées par la censure…

Or l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 affirme : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. » Quant à la Constitution de la Ve République, son article premier assure que la France « respecte toutes les croyances ». Et, pour sa part, la Convention européenne des droits de l’homme stipule dans son article 9 : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé. »

Ce débat, on le voit, dépasse donc les questions liées au conflit israélo-palestinien. Il pourrait même menacer nos libertés. Sans doute est-ce la raison pour laquelle l’Exécutif semble reculer. Au dîner du CRIF, le 7 mars, Emmanuel Macron n’a pas repris son amalgame entre antisionisme et antisémitisme. De même son Premier ministre, Édouard Philippe, qui l’avait fait sien en octobre 2017, l’a abandonné, le 19 mars 2018, en présentant le plan annuel du gouvernement contre le racisme et l’antisémitisme.

Faut-il en conclure que la lutte paie ? Pour l’affirmer et supprimer le point d’interrogation, il faudra sans doute encore poursuivre cette bataille avec détermination et sang froid.

Nous publions, avec l’aimable accord de son auteur, la version écrite de l’intervention de l’historien Dominique Vidal lors de notre dernière université d’été.

Mardi 4 décembre 2018

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Israël est intouchable… dans les médias américains (A l’Encontre.ch)

Lire la suite

02 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

bure (odn)

bure

Cigéo / Bure : laboratoire du totalitarisme d’Etat

La France n’est peut-être pas encore une dictature, certes, mais elle en prend clairement le chemin et expérimente le totalitarisme d’État dans certaines zones, comme par exemple autour du site Cigeo d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure (Meuse).

Il faut déjà se rappeler que, profitant cyniquement des récentes campagnes d’attentats qui ont eu lieu en France, le pouvoir a intégré dans la loi « ordinaire » des mesures gravement liberticides relevant de l’État d’urgence.

S’il était déjà légitime de contester la pertinence de ces mesures en situation d’État d’urgence, que dire maintenant qu’elles sont devenues « normales » ? L’État français mène autour de Bure une ignoble chasse aux opposants (qui n’ont pourtant rien à voir avec des terroristes), usant de gardes à vue prolongés, de perquisitions sans passer par la décision d’un juge, de multiples mesures administratives aussi liberticides qu’injustifiées.

C’est dans ce contexte nauséabond qu’un homme droit a tiré sa révérence : Jean-Pierre Remmele, longtemps maire de Bonnet (près de Bure), un des rares maires du coin à ne pas s’être laissé acheter par l’argent sale déversé par l’Andra (Agence pour la gestion des déchets radioactifs).

La pirouette est facile, certes, mais difficilement contestable : le site du Bure est avant tout un laboratoire d’enfouissement de la démocratie. Cela se passe en 2018, en France.

Lire aussi

Pour imposer Cigéo, l’Etat nucléaire écrase l’opposition
Reporterre, 18 octobre 2018 : https://bit.ly/2KQ4LJG

Bure : un village paisible devenu une obsession sécuritaire
Libération, 14 novembre 2018 : https://bit.ly/2rhtugO

L’affectation douteuse de plusieurs millions d’euros issus de la « cagnotte » nucléaire Cigéo
Bastamag, 26 octobre 2018 : https://bit.ly/2Q5VDGK

Jean-Pierre Remmele était un homme digne et droit
Dossier de VilleSurTerre, 28 octobre 2018 : https://bit.ly/2Sm7gWr

.

Lire la suite

28 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

salah hamouri (afps)

salah-hamouri

Association France Palestine Solidarité 
du Pays de Morlaix
19, rue Waldeck Rousseau
29600-Morlaix
 .

Lire la suite

25 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

étudiant étrangers (jdd)

titre sejour

Etudiants étrangers

L’Unef appelle à un rassemblement le 1er décembre

« Ce lundi 19 novembre, Edouard Philippe a fait des annonces concernant l’accueil des étu-diant·e·s étranger·e·s et l’attractivité de la France, lors des rencontres universitaires de la francophonie. Loin de permettre aux étudiant.e.s étranger.e.s de vivre dans de bonnes condi-tions, les mesures annoncées vont augmenter les difficultés qu’il.elle.s rencontrent!

En augmentant très fortement les frais d’inscription jusqu’à 3.800 euros en master et doctorat, le gouvernement va renforcer la précarité qu’il.elle.s rencontrent. Nous, associations de défense des étudiant.e.s étranger.e.s et syndicat étudiant, nous écrivons donc cette tribune pour exiger l’abandon de cette mesure!

Il faudrait mériter d’étudier en France et ce mérite résiderait dans la capacité de payer des frais exorbitants!

Cette très forte augmentation des frais d’inscription des étudiant.e.s étranger.e.s issu.e.s de pays ne faisant pas partie de l’Union européenne consacre la volonté du gouvernement français de trier les jeunes qui auront accès à l’Enseignement supérieur en France.

Après avoir instauré une sélection via Parcoursup ayant laissé de nombreux.ses jeunes sur le carreau en début d’année, le gouvernement continue sur sa lancée en mettant en place une sélection sur l’argent des étudiant.e.s étranger.e.s.

Alors qu’il affirme vouloir ‘attirer’ plus d’étudiant.e.s étranger.e.s en France, l’augmentation des frais d’inscription va dans le sens inverse!

Cette mesure et le discours tenu par Edouard Philippe ce lundi montrent qu’il.elle.s ne cher-chent en réalité qu’un seul type d’étudiant.e.s : ceux.celles issu.e.s de famille aisées ayant les moyens de payer! Ainsi, il faudrait mériter d’étudier en France et ce mérite résiderait dans la capacité de payer des frais exorbitants! Nous refusons que nos universités ne soient ouvertes qu’aux ‘élites’ alors même qu’il est nécessaire d’élever le niveau de formation dans les années qui viennent.

A l’inverse, nous affirmons que l’ensemble des jeunes qui souhaitent faire leurs études en France doivent pouvoir le faire, qu’il.elle.s soient français.e.s ou étranger.e.s. Le passage des frais d’inscription en licence de 170 à 2.800 euros et en master et doctorat de 243 à 3.800 euros ne fait que fermer les portes de l’Enseignement supérieur français à de nombreux.ses jeunes étranger.e.s qui ne pourront pas payer aussi cher.

Un tel montant oblige également à une dépendance familiale forte quand dans le même temps le salariat des étudiant.e.s étranger.e.s est limité. Ne permettre qu’aux étudiant.e.s issu.e.s de familles aisées de venir en France accroîtra donc les inégalités qui existent déjà partout dans le monde aujourd’hui dans l’accès à l’éducation.

Pour le gouvernement, cette augmentation est une mesure d’équité car il serait ‘injuste’ qu’un.e étudiant.e étranger.e paye autant qu’un.e étudiant.e français.e. Pourtant, quelle que soit notre nationalité nous étudions dans les mêmes filières, les mêmes amphis, consommons les mêmes choses. La nationalité ne doit pas devenir un critère de discrimination entre nous alors qu’il est déjà très fort aujourd’hui.

C’est l’égalité des droits qui est nécessaire et qui permettra d’améliorer l’’attractivité’ de notre pays, si chère au gouvernement français!

En effet, les étudiant.e.s étranger.e.s rencontrent aujourd’hui un certain nombre de galères : administratives (parce que les démarches pour obtenir un titre de séjour et une inscription sont très complexes), sociales (car la nationalité française est nécessaire pour accéder aux bourses sur critères sociaux et aux aides d’urgence du Crous), pédagogiques:  les préfectures ont la main sur le dossier des étudiant.e.s étranger.e.s et apprécient, alors qu’elles n’ont aucune compétence pédagogique pour le faire, le caractère ‘réel et sérieux’ des études afin d’autoriser le renouvellement d’un titre de séjour).

Face à une précarité qui progresse pour tou.te.s les étudiant.e.s mais qui est encore plus forte pour les étudiant.e.s étranger.e.s, nous affirmons que c’est l’égalité des droits qui est néces-saire et qui permettra d’améliorer l’’attractivité’ de notre pays, si chère au gouvernement français!

Dans le même temps, le gouvernement a annoncé investir dans les bourses que peuvent toucher les étudiant.e.s étranger.e.s, compensant ainsi l’augmentation drastique des frais d’inscription. Cependant, les bourses accessibles aux étudiant.e.s étranger.e.s sont rares et ne concernent que très peu d’étudiant.e.s.

Il s’agit soit d’aides du pays d’origine, soit d’aides pour lesquelles la sélection se fait souvent au mérite. Sur les 320.000 étudiant.e.s étranger.e.s en France, un très grand nombre trouve seul.e des solutions de financement. Nous rappelons qu’aider les étudiant.e.s qu’une fois qu’il.elle.s ont réussi ne permet pas de lutter contre les inégalités sociales et laisse encore une fois les mêmes sur le côté : les jeunes issu.e.s d’un milieu précaire.

Face à cela nous vous enjoignons Monsieur le Premier ministre de revenir sur votre décision d’augmenter les frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s hors UE. A ce titre, nous avons soutenu la pétition lancée par Youcef Fellah, étudiant en Master 2 à l’Université Paris 8, militant à l’UNEF et à l’UEAF.

A l’opposé de l’augmentation des frais d’inscription que vous prévoyez, nous revendiquons des mesures ambitieuses pour améliorer les conditions d’accueil et d’étude de tou.te.s les étudiant.e.s étranger.e.s :

Pour faciliter l’arrivée en France

  • Rendre gratuite la procédure d’obtention du titre de séjour étudiant en supprimant le coût du timbre fiscal.
  • Supprimer, ou a minima assouplir, les exigences de justificatifs d’hébergement et financiers nécessaires à l’obtention d’un titre de séjour.
  • Rendre effective la mise en œuvre du titre pluriannuel de séjour dans l’ensemble des préfectures et le rendre accessible dès la première année en France.
  • Permettre une dérogation aux accords bilatéraux (notamment entre l’Algérie et la France) afin de permettre aux étudiant.e.s concerné.e.s d’accéder au titre de séjour pluriannuel et à l’APS comme l’ensemble des étudiant.e.s étranger.e.s mais également à l’autorisation préalable de travail.

Pour faciliter l’inscription à l’université et améliorer les conditions de vie des étudiant.e.s étranger.e.s en France

  • Augmenter le nombre de vœux et de places sur la platefome « Etudier en France » de Campus France et permettre l’accès à la procédure complémentaire de Parcoursup.
  • Supprimer le critère de nationalité dans l’accès à l’ensemble des bourses attribuées par les CROUS (bourse sur critères sociaux, aides d’urgence annuelles, etc..) et quand à l’accessibilité à un logement au sein des Crous.

Nous appelons au rassemblement le samedi 1er décembre, à 12 heures, Place du Panthéon à Paris ainsi que dans d’autres villes de France. »

Les signataires :

Lilâ Le Bas, Unef (Union Nationale des Etudiants ), Thierno Laye Fall,  FESSEF (Fédération des Etudiants et Stagiaires Sénégalais), Aghiles Ait Mammar, UEAF ( Union des Etudiants Algériens ), Minh Duc Nguyen, UEVF (Union des Etudiants Vietnamiens), Fouad Miloudi, ECAF (Etudiants et Cadre Algériens), Taylan Tuzlu, DIDF-Jeunes, Alvaro Luna Porras, COLCREA (Association d’étudiants et créateurs colombiens en France), Illiassou Assoumane, UESNF (Union des Etudiants et Stagiaires Nigériens), Kombila Yébé Mariole, FEGAF (Fédération des Etudiants Gabonais), Ibrahima Tanou Sow, AJGF (Association des Jeunes Guinéens), Boubacar Afel Yattara, ADEM (Association des Diplomés et Etudiants Maliens). Aly Traore, JBF (Jeunes Burkinabé de France), Rosalie Gueye, L’étudiant 221 Sunugal, Ali Fuladkar, FLAP (Réseau Franco-Libanais d’Académiques et Professionnels)
Hussein Ghali, ADEEF (association des étudiants égyptiens.)

TRIBUNE  Le syndicat étudiant Unef et 14 autres associations veulent mobiliser le 1er décembre contre la hausse des frais d’inscription à l’université pour les étudiants extra-européens. L’Unef entend mobiliser contre la hausse des frais d’inscription à l’université des étudiants extra-européens annoncée lundi (2.770 euros en licence, 3.770 euros en master et doctorat à la rentrée 2019). Avec quatorze associations d’étudiants étrangers, le syndicat étudiant cosigne une tribune pour « exiger l’abandon de cette mesure », soutient la pétition lancée sur change.org (plus de 150.000 signatures samedi matin) et appelle à des rassemble-ments le 1er décembre, place du Panthéon à Paris et dans d’autres villes. A ses yeux, les bourses promises pour compenser cette hausse ne suffiront pas à rétablir la balance pour les plus défavorisés.

25 novembre 2018

https://www.lejdd.fr/

Lire la suite

24 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

rennes lorient nous toutes (ouest-france fr3)

Harcelement

Rennes: 1000 manifestant(e)s

Contre les violences faites aux femmes

En slogans et en chansons, un bon millier de manifestants et manifestantes ont marché samedi matin dans Rennes contre les violences sexistes et sexuelles.

« Harcelées, humiliées, ça ne peut plus durer ! »

Derrière les banderoles et les slogans des premières lignes, un millier d’hommes et de femmes ont marché dans Rennes, au départ de la place de la République samedi matin. Un mouve-ment #Noustoutes, qui fait suite aux nombreux témoignages de #Metoo (moi aussi) :  « On a beaucoup parlé depuis un an, mais maintenant il faut des actes » , insistent Iris, Lenaig et Marie-Elise, trois étudiantes venues avec des amies et amis.

« Il faut maintenant agir »

« Les blagues sexistes c’est non, les inégalités salariales, le harcèlement de rue, les violences conjugales… Toutes les sphères de la société sont touchées et il faut maintenant que les hommes disent stop et que le gouvernement fasse des lois. »

Après une manifestation bon enfant, entre slogans féministes, chansons et pancartes, les manifestants ont rejoint la place de la République vers 12h30. Des actions de sensibilisations seront menées cet après-midi par le planning familial et des associations sur la place de la mairie.

Virginie ENÉE. 24/11/2018

https://www.ouest-france.fr

Lire aussi:

Lorient: contre les violences faites aux femmes, une manifestation pour la réouverture d’un centre d’accueil (FR3)

Lire la suite

22 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

chantiers de l’atlantique (lutte ouvrière)

code-du-travail

Chantiers de l’Atlantique

Une activité temporaire de 14 ans !

Un intérimaire du chantier naval de Saint-Nazaire vient d’obtenir la condamnation d’un important sous-traitant permanent du site, pour avoir dû cumuler 157 contrats de mission pour accroissement temporaire d’activité entre le 6 janvier 2003 et le 7 juillet… 2017 !

Ce travailleur a obtenu des indemnités et des dommages et intérêts au titre de la requalifica-tion de son contrat en CDI, pour son licenciement sans cause réelle et sérieuse, et pour le paiement de son préavis de licenciement.

Il a aussi obtenu des dommages et intérêts pour délit de marchandage, c’est-à-dire pour avoir été employé par cette entreprise durant toute cette période sans bénéficier des mêmes droits qu’un salarié permanent. Au total, c’est un peu plus de 30 000 euros que l’entreprise Maeser, spécialisée dans l’installation des cabines à bord des paquebots, va devoir lui verser pour l’avoir employé frauduleusement durant toutes ces années comme cariste, manutentionnaire, chef d’équipe et chef de chantier.

Cette condamnation, relayée par la presse, a été connue par les travailleurs du site.

Une condamnation rare mais qui illustre pourtant la réalité du type de contrats que doivent fréquemment cumuler bon nombre de travailleurs précaires du site pour réussir à travailler tous les jours. Des contrats illégaux et condamnables, mais que les patrons des chantiers et de la sous-traitance arrivent à imposer car ils ont la mainmise sur une bonne partie des emplois industriels de la région… et la rancune tenace.

Anticipant la casse officielle du Code du travail, le patronat des chantiers navals sape depuis des années tout ce qui se rapporte aux CDI, aux contrats permanents et aux accords de branche et d’entreprise, plus favorables que le minimum légal.

Résultat : aujourd’hui, alors que la production tourne à plein, aux 950 ouvriers en CDI des Chantiers de l’Atlantique s’ajoutent non seulement 460 intérimaires directs mais aussi près de 8 000 travailleurs dont la majorité sont employés avec toutes sortes de contrats précaires dont, pour une large part, des contrats de travailleurs détachés.

Correspondant LO 21 Novembre 2018
.

Lire la suite

21 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

glyphosate (fr3 reporterre)

Glyphosate 

22 faucheurs volontaires déposent plainte en Bretagne

Dans le cadre d’une opération intitulée « la caravane de la plainte itinérante », 22 faucheurs volontaires ont déposé plainte ce mardi 20 novembre à Quimper, Lorient et Saint-Brieuc contre les fabricants de pesticides. Ils ont constaté la présence de glyphosate dans leurs urines.

Sur des tee-shirts, ces faucheurs volontaires venus déposer plainte, ont affiché le taux de glysophate relevés en septembre 2017 dans leurs urines. Les doses relevées ont affiché des taux importants, variant de 0,19 à 3,5 nanogrammes/ml. Par exemple, la norme euro-péenne fixe à 0,1ng/ml la dose admissible dans l’eau de boisson.

La mauvaise surprise était d’autant plus grande que ces faucheurs volontaires sont dans la grande majorité des consommateurs « qui mangent à 80% bio » comme le précise Claude Bonnin, l’un des plaignants.La source de ce glyphosate dans les urines est sans doute multiple, que ce soit dans l’eau que l’on consomme, de l’air que l’on respire ou des aliments consommés, même bios.
.

Plainte pour mise en danger de la vie d’autrui

22 faucheurs volontaires ont donc décidé de porter plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteinte à l’environnement ». Ils s’estiment contaminés par un produit reconnu cancérigène probable.

Me Jérôme Bouquet-Elkaïm, chargé de déposer les plaintes, affirme qu’ils sont en mesure de démontrer d’une part, « qu’il n’y a jamais d’analyses de réalisées sur les produits finis et que d’autre part on a trouvé des traces d’arsenic » .

Après six plaintes déposées à Quimper et deux autres à Lorient, d’autres ont été déposées à Saint-Brieuc ce mardi après-midi contre les fabricants de pesticides, les organismes français et européens qui délivrent les autorisations et contre les laboratoires.
.

Les mêmes faucheurs volontaires que ceux poursuivis en justice

Ces dépôts de plainte interviennent suite aux procès de Guingamp et Lorient. Au total, 24 faucheurs volontaires ont été poursuivis pour barbouillages de bidons de glysophate dans des jardineries. Ils avaient alors pratiqué des analyses d’urine devant huissier.

Cette démarche intervient alors que la cour de justice de l’union européenne examine aujourd’hui même la conformité du règlement sur l’homologation des pesticides. Un règlement qui date de 2009 et qui pourrait donc être revu s’il s’avérait qu’il ne tient pas suffisamment compte du principe de précaution.

T.P. avec Claire Louet 20/11/2018
.
.

Lire aussi:

Lorient : quatre faucheurs volontaires d’OGM devant le tribunal (FR3)

Procès “anti-glyphosate” : le tribunal de Guingamp saisit la Cour de Justice de l’Union Européenne (FR3) 

Quimperlé : Action des « faucheurs volontaires d’OGM » contre les pesticides (FR3) 

Glomel : action des Faucheurs Volontaires chez Triskalia (FR3) 

Contaminés par le pesticide, « les pisseurs de glyphosate » portent plainte (Reporterre Saint Brieuc)

Pesticides : la consommation française cartographiée (Le Monde)

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin