Archive | Justice & libertés

17 juin 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Résistons au rouleau compresseur, touTEs ensemble !

Dimanche, aux environs de 6h du matin, notre camarade Gaël Quirante, membre de la direction du NPA et secrétaire départemental de Sud Poste 92, a été arrêté chez lui par la police et placé en garde à vue. Un exemple de la montée en puissance de la répression contre toute contestation sociale.

Pouvoir, police et patrons contre nos revendications

Si Gaël a été arrêté, ce n’est pas pour « dégradation de biens de La Poste », car c’est bien La Poste qui dégrade le service public, fermant 500 bureaux par an et ayant supprimé 100 000 emplois en dix ans ! C’est parce que depuis bientôt 15 mois, lui et ses 150 collègues du 92 ont engagé un véritable bras de fer avec la direction de La Poste pour stopper la suppression des tournées, l’augmentation de la charge de travail et les réorganisations qui feront voler en éclats le service public postal.

Les discriminations, voire la répression, contre les militantEs syndicaux sont quotidiennes de la part des patrons d’entreprises et des dirigeants-managers dans les services publics. De façon plus globale, il suffit de regarder comment le mouvement des Gilets jaunes a été traité depuis la mi-novembre pour comprendre que ce pouvoir, qui n’entend rien céder sur le fond, réprime très durement…

Pourtant forcément partiels, les chiffres officiels du ministère de l’Intérieur rendus publics il y a quelques semaines, parlent d’eux-mêmes : 8 700 gardéEs à vue, 13 460 tirs de LBD 40, 1 428 tirs de grenades lacrymogènes instantanées explosives, et 3 830 blesséEs (dont des dizaines de mutiléEs à vie) !

L’autoritarisme et la répression en marche

La cheffe de l’IGPN, la police des polices, « réfute totalement le terme de violences policières »… Pourtant, depuis plusieurs mois, le Défenseur des droits, le Parlement européen, le Conseil de l’Europe et l’ONU s’inquiètent des violences policières et des restrictions des libertés publiques. Des condamnations unanimes, également venues d’ONG et d’associations des défense des droits humains, de syndicats de magistrats, et même de syndicats de policiers…

Le pouvoir a choisi de nier l’existence des violences policières… faisant même porter la responsabilité des blessures et mutilations aux Gilets jaunes eux-mêmes ! Ces discours se sont traduits par en actes avec une répression tous azimuts, mais aussi par l’adoption de la loi dite « anticasseurs » en mars dernier (en réalité une loi anti-manifestations), la multiplication des commandes de nouvelles armes de guerre pour la police et la gendarmerie, les interdictions hebdomadaires de manifester, des arrestations de journalistes, etc.

Stopper la fuite en avant

Comme contre toutes les attaques programmées (suppression d’emplois publics, licenciements, retraites, droits des chômeurEs), la résistance doit s’organiser contre l’autoritarisme, les violences policières, et la justice aux ordres. Se battre contre les législations réactionnaires (telle la loi « anti-casseurs »), soutenir tous les répriméEs, toutes les victimes des violences, interdire les armes de guerre (LBD et grenades), défendre les libertés publiques, nécessitent de construire les convergences nécessaires.

Pour aider les résistances, il faut unir nos forces, les coordonner dans la durée, à commencer par celles des organisations (syndicales, politiques ou associatives), des courants et équipes militantes, de toute la gauche qui veut lutter contre Macron et le patronat. Se regrouper pour agir ensemble et débattre des perspectives pour reprendre la main, il n’y a pas d’autres voies pour stopper l’offensive antisociale et sécuritaire.

Lundi 17 juin 2019 Eddy Talbot

https://npa2009.org/

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17 juin 2019 ~ 0 Commentaire

libérez gael ! (npa)

gael

Gaël a passé la nuit en garde à vue.
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Toutes les motions, communiqués ou expressions publiques de soutien sont évidemment les bienvenus (organisations syndicales, politiques… voir nouvel exemple). Le succès du rassemblement de soutien de demain sera évidemment déterminant pour celles et ceux qui seront sur la région parisienne.
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Gaël et ses 150 collègues en grève depuis bientôt 15 mois ont engagé un bras de fer avec la direction de La Poste, qui dépense tant et plus en huissiers et vigiles pour anéantir cette grève plutôt que de signer un protocole de fin de conflit : 10 millions d’euros ont été dépensés par La Poste pour tenter d’écraser les grévistes… en vain !

Voilà pourquoi P. Wahl le PDG de La Poste et tous ses valets font appel à l’Etat et en l’occurrence à son bras armé la police pour arbitrer un conflit du travail.

Gaël n’a pas été le seul inquiété : les policiers se sont également présentés au domicile d’un deuxième gréviste, et à celui d’un journaliste indépendant, présent sur les lieux au Siège nationale de La Poste vendredi lors de l’évacuation des grévistes qui exigeaient des négociations!

Après plusieurs semaines de négociations, alors qu’un accord était à portée de main, La Poste a choisi mardi dernier d’imposer un ultimatum aux grévistes, en menaçant d’annuler toutes les avancées négociées jusqu’ici, et en voulant imposer la possibilité de sanctionner tous les grévistes et leurs représentants après la grève.

La colère qui nous anime ce soir n’a d’équivalent que notre détermination à faire libérer Gaël ET à gagner cette grève historique.

Gaël, dès demain, tes collègues, tes camarades, toutes et tous les soutiens, tes amiEs seront sur le pied de guerre.

Nous exigeons la libération immédiate de Gaël et l’abandon de toutes les poursuites !

12h30 lundi 17 juin, devant la Sûreté territoriale, 3 rue Riquet 19ème Paris.

(Gael a été libéré à 13H)

Lire aussi:

L’État doit libérer Gaël Quirante, et La Poste céder aux revendications des grévistes du 92 ! (NPA)

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16 juin 2019 ~ 0 Commentaire

gael (npa)

gael

Notre camarade Gaël Quirante interpellé ce matin.

Nous exigeons sa libération immédiat

Aujourd’hui, au petit matin, notre camarade Gaël Quirante, membre du comité exécutif du NPA, a été interpellé et placé en garde à vue. D’après les informations que nous avons, cette arrestation serait liée « à ses activités » d’animateur d’une grève de plus de 14 mois à la poste des Hauts-de-Seine.

Une fois de plus, la police réprime les grévistes pour le compte de la Poste. Une fois de plus, la police montre son vrai visage : un bras armé au service du capital.

Le NPA exige la libération immédiate de notre camarade. Si la direction de la Poste croit pouvoir éviter les négociations et faire plier les grévistes et leurs soutiens en employant la répression la plus brutale, elle se fourre complètement le doigt dans l’œil.

Un rassemblement de solidarité est organisé ce dimanche à 12h devant la Sureté territoriale, 3-5 rue Riquet, Paris 19 (métro Riquet).

Montreuil le dimanche 16 juin 2019 Communiqué du NPA.

https://npa2009.org/

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15 juin 2019 ~ 0 Commentaire

manif soudan (brest)

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14 juin 2019 ~ 0 Commentaire

grève des femmes (le-huff’ fi ci)

En Suisse, les femmes à nouveau en grève et dans la rue, 28 ans après

Le 14 juin 1991, un demi-million de femmes suisses se mobilisaient pour dénoncer les inégalités persistantes dont elles étaient victimes. Portées par la vague #MeToo, elles sont appelées à une nouvelle journée de mobilisation, ce vendredi 14 juin.

“À 28 ans d’écart, qu’est-ce qui distingue les militantes qui ont lutté pour le droit de vote de celles qui prennent le relais aujourd’hui ?”, s’interroge Le Temps, qui dresse le portrait des manifestantes de ce vendredi 14 juin. Les Suissesses se rassembleront pour lutter contre les inégalités salariales, dans un pays où les femmes gagnent environ 20 % de moins que les hommes. “Mot d’ordre : faire du bruit !”, soutient Le Courrier.

Le quotidien reprend : À 15 h 24, heure à laquelle les femmes cessent symboliquement d’être payées, elles brandiront casseroles et sifflets pour dénoncer les inégalités salariales.”

“Il y a une prise de conscience, une effervescence. Les femmes osent parler et se mobiliser”, estime Valérie Vuille, dont les propos sont recueillis par Le Temps. Comme “des milliers d’autres femmes et d’hommes en Suisse”, elle s’apprête à “cesser de travailler pour réclamer que l’égalité inscrite dans des lois devienne réalité”, commente le journal.

Le féminisme “sort des cercles de militantes, pour gagner le grand public”. Pour le quotidien, la particularité de ce 14 juin s’exprimera dans un “brassage intergénérationnel”.

Deux ans après #MeToo

Alors que l’idée d’une nouvelle grève féministe émane de militantes, syndicalistes, étudiantes ou retraitées, “cet événement s’inscrit dans une série de mobilisations internationales”, analyse le quotidien. Depuis quelques années, et particulièrement depuis le début du mouvement #MeToo de 2017, le féminisme international “trouve un nouvel élan avec les réseaux sociaux, caisse de résonance des témoignages de sexisme dans l’espace public”.

De façon plus large, “les collectifs [qui manifesteront vendredi 14 juin] demandent notamment la liberté de choix en matière de sexualité et d’identité de genre, la fin de la banalisation des violences sexistes et la gratuité de l’avortement et de la contraception”, détaille la Radio Télévision Suisse.

Juliette Labracherie  14/06/2019
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Lire aussi:
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12 juin 2019 ~ 0 Commentaire

munitions (bastamag)

 castaner

Allez, en marche!

Le ministère de l’Intérieur commande en masse

Des munitions pour fusils d’assaut et des grenades de désencerclement

Les nouvelles armes de maintien de l’ordre et de « gestion démocratique des foules » sont responsables de dizaines de mutilations à vie et de blessures graves. Qu’importe ! Le ministère de l’Intérieur vient d’entériner de nouvelles commandes massives : 10 000 grenades de désencerclement par an, qui s’ajoutent aux centaines de lanceurs de balles de défense (LBD) achetés en fin d’année dernière. Plus étonnant, la place Beauvau a acheté 25 millions de cartou-ches de fusils d’assaut pour les quatre prochaines années. « Allô, place Beauvau ? C’est pour une commande » : enquête sur ces étranges appels d’offres.

Le ministère de l’Intérieur ne cesse d’étoffer son stock d’armes, non létales comme létales. Il avait déjà passé commande, le 23 décembre dernier, de 1280 nouveaux « lanceurs mono-coup » type LBD, principalement pour la gendarmerie, et de 450 LBD semi-automatiques – des « lanceurs multi-coups » (LMC) [1] pour les policiers. La place Beauvau vient successivement d’acheter 40 000 nouvelles grenades à main de désencerclement (GMD) à effet assourdissant, et de lancer un appel d’offres visant à acquérir, sur les quatre prochaines années, 25 millions de… cartouches de fusil d’assaut pour une valeur estimée à 11 millions d’euros [2].

Ces armes de guerre ont longtemps été réservées aux seules unités d’élite de la police et de la gendarmerie. Dans la foulée des attentats de janvier et novembre 2015, Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur de l’époque, avait décidé d’équiper de fusils d’assaut les policiers des brigades anti-criminalités (Bac), les gendarmes des pelotons de surveillance et d’intervention (Psig) et autres « primo-intervenants ». L’objectif, avait-il alors expliqué, était de leur permettre de « répliquer aux tirs d’armes de type Kalachnikov que certains criminels n’hésitent désormais plus à utiliser contre vous ».

Cette banalisation des fusils d’assaut n’est pas sans poser problème. En juillet 2017, une note de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) faisait état de sa « réelle inquiétude»: 18 des 19 tirs de ces armes enregistrés sur les six premiers mois de l’année avaient été «acci-dentels » ou commis « par imprudence », un pourcentage qualifié d’« alarmant ».

« Une ou plusieurs erreurs, souvent cumulées dans les procédures de mise en sécurité, sont à l’origine des coups de feu », souligne la note, qui déplore « une méconnaissance bien plus étendue en matière de sécurité lors de la manipulation des armes », et un « défaut de maîtrise d’armes plus complexes et encombrantes » : sélecteur mis en position « rafale », chargeur non retiré, culasse bloquée à cause d’un mauvais geste, etc. Le constat était alors sans appel : « Les agents sont mal à l’aise avec ces armes. » [3]

Jean-Marc Manach 12 juin 2019

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10 juin 2019 ~ 0 Commentaire

crise bolivarienne (la brèche numérique)

venezula

Crise bolivarienne et dérives autoritaires

Au Venezuela, les déclarations guerrières et impérialistes de l’administration Trump n’ont fait que jeter de l‘huile sur le feu.

Alors que la crise économique s’approfondissait, depuis 2014, les secteurs « durs » de l’opposition, avec le soutien ouvert de la CIA ont déclenché une vague de violence destinée à renverser Maduro, avec à la tête de ces guarimbas (barricades et barrages) des dirigeants « durs » comme Leopoldo López ou Antonio Ledezma.

Une stratégie de la « Salida » (la sortie) et du coup de force ayant abouti à la mort de 43 personnes et plus de 800 blessés, et qui vient à nouveau rappeler la responsabilité de cette droite radicale vénézuélienne dans la tentative de coup d’État de 2002.

Une violence de rue qui a repris de plus belle en 2017 et alimenté un durcissement du pouvoir en place, de manifestations en contre-manifestations, de répression d’État en actions de groupes de choc d’extrême droite, de parades armées de divers « collectifs » motorisés chavistes en appels à l’intervention militaire immédiate des États-Unis par différents acteurs de choix de la droite mondiale ou Yankee (notamment autour du « groupe de Lima »).

Le dernier épisode en date de la crise est, en janvier 2019, l’auto-proclamation comme « Président légitime », puis les appels au coup d’État de Juan Guaidó, jeune dirigeant néolibéral du parti Volonté populaire, président de l’Assemblée nationale, activement soutenu par Trump, les pays latino-américains du Groupe de Lima et plusieurs diplomaties européennes.

Les sanctions économiques et le blocus décidés par Washington depuis 2017 enfoncent un peu plus le pays vers l’effondrement, l’asphyxie et la destruction de ses services publics : comme le soulignaient dans une étude récente deux économistes états-uniens, Mark Weisbrot et Jeffrey Sachs, cet embargo affecte surtout les conditions de vie déjà très difficiles des Vénézuéliens ordinaires :

«  les sanctions américaines sont délibérément conçues pour détruire l’économie du Venezuela », causant par là même des milliers de morts dans le système de santé du pays par manque de médicaments et de nourriture [21]. Soulignons, d’autre part, que ce sont désormais plus de trois millions de personnes qui ont fui le pays, dont plus de 800 000 vers la Colombie voisine, un exil avant tout économique où l’on trouve avant tout des Vénézuéliens issus des classes pauvres et moyennes.

La situation critique vénézuélienne combine des tentatives permanentes de déstabilisations impériales, une opposition qui s’est montrée incapable de comprendre l’émergence plébéienne du chavisme avec une fuite en avant autoritaire du gouvernement et une gestion bureaucratico-militaire calamiteuse.

Les problèmes de corruption, le bonapartisme et l’absence de diversification productive dans un contexte de décomposition économique presque totale, au moment où la pénurie de masse, l’inflation à quatre chiffres et la crise du système de santé explosent, font que les avancées sociales de l’ère Chávez sont désormais un souvenir lointain.

Depuis 2015, les trois quarts de la population vivent dans la pauvreté.

« On constate que la politique économique bolivarienne n’a rien à voir avec un changement révolutionnaire anticapitaliste, ni avec une métamorphose des relations sociales de production […]. Même si le gouvernement bolivarien a augmenté les dépenses sociales, a nationalisé des entreprises, a développé des politiques de transfert direct aux plus pauvres et a subsidié des services publics, l’orientation principale de sa politique économique n’a été rien de plus que la poursuite de l’appropriation parasitaire de la rente pétrolière » [22].

Le processus qui incarnait l’espoir du « Socialisme du 21è siècle » aux yeux de millions de latino-américain ou, du moins, la dignité de la souveraineté populaire face aux ingérences répétées de l’Oncle Sam est un échec. Et cette débâcle constitue effectivement un revers majeur pour les gauches et toute perspective post-néolibérale [23].

Comme le souligne le sociologue critique Edgardo Lander, sans nier l’ampleur de l’agression impérialiste, mettre sous le tapis la tendance régressive accélérée du chavisme et la décom-position du processus est le plus court chemin à un renoncement délibéré à toute pensée critique et émancipatrice en Amérique latine.

Surtout dans un moment où l’Assemblée constituante est utilisée comme un avatar de l’exécutif, destiné à neutraliser l’Assemblée nationale et toute dissidence populaire. Ce alors que, depuis février 2016, le président Maduro gouverne grâce à un État d’exception autoritaire, en violant expressément les conditions fixées dans la Constitution de 1999 [24].

La fin de cycle ou le reflux n’a pourtant pas toujours pris la tournure aussi radicale ou définitive que celles vécues au Brésil ou au Venezuela. Dans plusieurs pays, on assiste plutôt à une résilience progressiste, voire à une stabilisation social-libérale « modérée » comme en Uruguay.

Dans toute la région, à l’image de ce qui se passe au plan mondial, l’État autoritaire se renforce, et même se normalise et se constitutionnalise. Par ailleurs, il est évident que le retour des droites confirme le maintien de la grande influence politique de celles-ci : au-delà de la « parenthèse » progressiste, elles conservent une grande influence politico-médiatique et même, dans plusieurs pays, le pouvoir d’occuper la rue par des manifestations de masse, au nom de la lutte contre la corruption.

Cette reconquête est aussi celles des Églises conservatrices, évangélistes notamment, désormais capables de conquérir des gouvernements locaux ou de faire ou défaire des gouvernements nationaux, dont Bolsonaro est le cas extrême. Ces mouvements religieux deviennent même dans plusieurs territoires les seules et uniques « organisations de masses » insérées dans la société civile, et leurs courants les plus réactionnaires sont des adversaires acharnés de toute visée émancipatrice à moyen ou long terme [27].

Le « tournant à droite » est aussi celui du retour d’un néolibéralisme « de combat », décomplexé, mais aussi de son visage répressif : l’assassinat, en mars 2018, de la militante brésilienne afro-lesbo-féministe Marielle Franco a symbolisé cette violence qui frappe des milliers de militant.e.s.

Ceci alors que des pays comme le Mexique et la Colombie s’enfoncent toujours plus dans la barbarie et comptent tous les ans des milliers de morts parmi les leaders sociaux, syndicalistes ou les habitant.e.s des quartiers populaires.

La récente élection du candidat de centre-gauche Manuel Lopez Obrador au Mexique, à contre-courant de l’inflexion qui a lieu en Amérique du Sud, n’a pour l’instant pas freiné cette tendance.

Et si les annonces d’une « grande transformation » démocratique et sociale a pu soulever l’enthousiasme, les ambiguïtés de son programme pourront, semble-t-il, difficilement répondre à l’ensemble des défis qui affectent ce grand pays voisin des États-Unis. C’est en tout cas l’opinion du mouvement zapatiste et d’une partie de la gauche radicale mexicaine.

lundi 10 juin 2019 GAUDICHAUD Franck

https://www.preavis.org/breche-numerique/

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10 juin 2019 ~ 0 Commentaire

chine (solidaires essf)

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La Chine concentre le quart des salarié·es du monde.

Cette revue fait suite à une délégation à Hong Kong, en novembre 2017, de l’Union syndicale Solidaires et de la centrale syndicale et populaire brésilienne CSP-Conlutas.

Elle s’appuie sur les propos recueillis à Hong Kong, en les croisant avec des documents publics émanant de nos interlocuteurs/trices et/ou de chercheurEs ayant leur confiance.Alors que le droit de grève n’y est pas explicitement reconnu, et malgré la répression qui frappe les grévistes, le pays connaît d’innombrables mouvements sociaux.

Bien qu’il n’existe pas d’organisation syndicale indépendante du patronat et du pouvoir, la Chine connaît de nombreuses grèves. La seule organisation autorisée à parler au nom des salarié·es est la centrale officielle et aucune autre n’est autorisée.

Les tentatives de former des syndicats indépendants sont nombreuses et ont souvent mené à l’emprisonnement nombre de leurs initiateur·trices. À propos de cette agitation sociale permanente, le Financial Times a même évoqué l’émergence d’un nouveau mouvement des travailleur·euses.

C’est à ce vaste sujet qu’est consacré cet ouvrage.

Avec l’appui de repères factuels, d’une chronologie, et d’un état de la situation économique du pays, le lecteur·trice pourra y découvrir la réalité sociale du plus grand atelier du monde. La question du mouvement syndical est également abordée.

Après avoir traité la réalité de la centrale syndicale unique, l’ouvrage s’attache à décrire le rôle des associations de défense des droits des salarié·es et leurs tentatives de construction d’un syndicalisme indépendant. Enfin, il aborde les questions de la mise en place d’une législation sociale, des droits et des libertés publiques, ainsi que les questions de la défense de l’environnement.

D’autres aspects sont simplement évoqués car ils ne pouvaient faire l’objet d’études détaillés dans le présent ouvrage : la politique intérieure et internationale de l’État chinois, la question paysanne, la place des femmes, le monde étudiant, les ethnies minoritaires et les questions religieuses.

https://www.syllepse.net/

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Dossier Hong Kong

Le week-end noir de Pékin Tiananmen, les 4 et 5 juin 1989

Hongkong. Pékin veut asphyxier l’édition indépendante (Essf)

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21 mai 2019 ~ 0 Commentaire

glyphosate (france info)

Dans les foires agricoles, des hôtesses chargées de recruter des agriculteurs pro-glyphosate… sans dire qu’elles travaillaient pour Monsanto (France Info)

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20 mai 2019 ~ 0 Commentaire

soudan (à l’encontre)

soudan

En quoi le Soudan est différent?

Gilbert Achacar: Au Soudan, le régime de Bachir a en fait combiné les deux pôles contre-révolutionnaires. Il a gouverné par l’armée tout comme les dictatures en Egypte ou en Algérie, mais en étroite collaboration avec les fondamentalistes islamiques. Ces derniers faisaient également partie du régime. C’est pourquoi j’ai parlé de Bachir comme d’une combinaison de Morsi et de Sissi; je l’ai appelé «Morsisi».

Le fait que les fondamentalistes islamiques fassent partie du régime les a empêchés de jouer un rôle dans le soulèvement; le peuple se soulevait en fait contre eux. Ils n’étaient donc pas en mesure de détourner le soulèvement comme ils l’ont fait en Egypte, en Tunisie, en Libye, au Yémen et en Syrie. Cette différence est très importante. Elle a façonné la révolte elle-même qui a dû défier les pôles fusionnés de la contre-révolution.

Cela a contribué à faire de la manifestation soudanaise la plus progressiste de tous les soulèvements que nous ayons vus dans la région jusqu’ici.

C’est la plus avancée en termes d’organisation et de politique. La coalition des groupes qui la dirigent se nomme: Forces de la Déclaration de la Liberté et du Changement (FDLC). Elle comprend à l’origine des associations professionnelles et ouvrières clandestines, des partis politiques de gauche comme le Parti Communiste, des mouvements musulmans libéraux, des mouvements armés luttant contre l’oppression ethnique, ainsi que des groupes féministes.

Ces forces progressistes ont façonné la politique de la révolte.

En particulier, les femmes et les organisations féministes, qui ont joué un rôle de premier plan, ont fait pression pour que les revendications féministes soient incluses dans le programme des FDLC. Ce programme stipule maintenant, par exemple, que le nouveau conseil législatif doit être composé à 40% de femmes.

Mais nous ne devons pas sous-estimer les défis auxquels les FDLC s’affrontent. La coalition est placée sous la contrainte d’une lutte acharnée contre les militaires, qui veulent maintenir le pouvoir entre leurs mains et n’accorder que des fonctions subordonnées aux civils. Les FDLC exigent au contraire que le pouvoir souverain soit entièrement entre les mains d’une majorité civile et que les forces armées soient limitées au rôle de défense apolitique qu’elles devraient normalement jouer dans un Etat civil.

Ainsi, les révolutionnaires soudanais font face aux militaires, qui sont soutenus par toutes les forces régionales et internationales de la contre-révolution. Le Qatar, le royaume saoudien, les Emirats arabes unis, la Russie et les Etats-Unis soutiennent tous les militaires dans cette lutte acharnée. Ajoutez à cela les fondamentalistes islamiques qui soutiennent naturellement l’armée.

Dans cette situation, la principale force du mouvement a été sa capacité à conquérir la base des forces armées et certains officiers subalternes. Jusqu’à présent, cela a dissuadé les militaires de tenter de noyer la révolution dans le sang. Bachir voulait que l’armée écrase le soulèvement, mais ses généraux ont refusé, non pas parce qu’ils sont démocrates ou humanistes, bien sûr, mais parce qu’ils n’étaient pas convaincus que les troupes suivraient leurs ordres.

Le commandement militaire savait qu’une partie des soldats et des officiers subalternes sympa-thisaient avec le soulèvement au point de même utiliser leurs armes pour défendre les manifes-tants contre les attaques des voyous du régime et de la police politique. La sympathie des trou-pes pour le mouvement populaire a été déterminante pour amener les généraux à se débar-rasser de Bachir.

La chose la plus importante à présent est que le mouvement consolide son soutien parmi les officiers de base et les officiers subalternes des forces armées. Le succès ou l’échec de cet effort déterminera tout le sort de la révolution.

Pourquoi les forces progressistes soudanaises ont-elles réussi à faire une percée aussi importante par rapport au reste de la région?

GA: La composition politique des FDLC n’est pas très différente de celle des forces progressis-tes partout dans la région. Mais ailleurs, ces forces progressistes ont été discréditées en prenant parti pour l’un des deux pôles contre-révolutionnaires. Là où les fondamentalistes islamiques étaient dans l’opposition, ils ont réussi à prendre le train en marche et à détourner le mouvement grâce aux moyens de loin supérieurs dont ils disposaient en termes d’organisation, de fonds et de médias.

Prenons l’exemple de l’Egypte. C’est là que les Frères musulmans ont détourné la révolte populaire. Ils répandent des illusions sur l’armée en 2011. Au moment du renversement de Moubarak et par la suite, les Frères travaillaient main dans la main avec les militaires. Cela a grandement aidé les militaires à désamorcer le mouvement populaire.

Parce que les deux pôles contre-révolutionnaires ont été combinés au Soudan, un espace s’est ouvert pour que les forces progressistes puissent percer par leurs propres moyens.

Ce n’est pas entièrement le cas en Algérie. Alors que les forces fondamentalistes islamiques ne jouent aucun rôle visible dans le soulèvement, elles conservent un réseau puissant et peuvent donc jouer un rôle contre-révolutionnaire si l’occasion se présente. De plus, contrairement au Soudan, il n’y a pas de leadership reconnu du soulèvement en Algérie, ce qui rend le mouvement vulnérable aux manipulations politiques.

Aujourd’hui, Trump semble vouloir réaffirmer la puissance américaine en soutenant des alliés comme Israël et l’Arabie saoudite, ainsi qu’en déployant des navires et des bombardiers dans le golfe Persique contre l’Iran. Que fait Trump?

GA: Eh bien, comme pour tout ce qui concerne Trump, sa politique est très grossière (fruste). Ce terme «grossier» (brut) convient particulièrement bien dans ce cas-ci parce que toute sa stratégie, si on peut l’appeler ainsi, est déterminée par le pétrole brut.

Il retire donc ses troupes de Syrie parce qu’il n’est pas intéressé à soutenir les guérillas kurdes de gauche et parce que le pays a peu de pétrole. Mais il n’a pas appelé au retrait des troupes américaines d’Irak. En fait, lorsque Trump a visité la base américaine dans ce pays, il a exprimé sa détermination à y rester. L’alibi était le besoin supposé de surveiller l’Iran, mais ce n’est en réalité qu’un prétexte puisque les Etats-Unis ont déjà de nombreuses bases dans tout le Golfe ainsi qu’une technologie sophistiquée pour surveiller l’Iran.

Mais, d’une manière typiquement peu diplomatique, Trump avait admis la vraie raison pour laquelle il veut des troupes américaines en Irak: le pétrole. Il a en fait déclaré que le pétrole était le prix que les Etats-Unis auraient dû obtenir comme récompense pour leur invasion et leur occupation de ce pays. Il a dit carrément: «Nous aurions dû prendre le pétrole irakien.» Il est donc extrêmement «grossier» (brut) dans ce double sens.

C’est pourquoi il soutient le royaume saoudien et les autres Etats clients de Washington parmi les monarchies pétrolières du Golfe. Il les traite comme des chiens et ils sont d’accord. Même lorsque Trump les insulte ouvertement, ils n’ont pas osé protester. Ce ne sont que des vassaux des Etats-Unis qui dépendent de leur seigneur pour leur protection.

La même «approche» pétrolière est à l’origine du brusque changement de cap de Trump sur la Libye. Il a changé radicalement la politique américaine qui consistait à soutenir le gouvernement soutenu par l’ONU à Tripoli, en appuyant soudainement Haftar de manière ouverte ( Et Macron? blog). Pourquoi? Parce que Haftar contrôle maintenant les champs de pétrole en Libye.

C’est la logique de ce que fait Trump, un impérialisme très «brut», déterminé par des intérêts économiques avant tout, sans aucune prétention idéologique sur la démocratie ou les droits de l’homme. A cet égard, comme il le dit ouvertement, il envie les dirigeants autoritaires.

De même, sa position agressive contre l’Iran n’est pas seulement pour plaire à son ami d’extrême droite, Netanyahou d’Israël, ni n’obéit à aucune fin démocratique, bien sûr, pas plus que sa position agressive contre le Venezuela. L’accent mis par Trump sur ces deux pays ne peut être dissocié de leurs principales réserves de pétrole. Quoi que l’on pense des régimes des deux pays, il est crucial de contrer les menaces et les gesticulations de l’administration Trump – surtout dans le cas de l’Iran, où le risque de guerre est assez élevé.

AS: C’est clair comme de l’eau de roche. Mais que devrait faire la gauche internationale à l’égard du Soudan?

GA: Le besoin le plus urgent est la solidarité avec le soulèvement, qui est dangereusement isolé en ce moment. Il est confronté à un seul camp contre-révolutionnaire soutenu par toutes les puissances impériales et régionales. Dans une telle situation, la solidarité internationale est extrêmement importante.

Tout geste de solidarité significatif encouragera et donnera du courage au mouvement souda-nais. La clé aux Etats-Unis est de dénoncer le soutien de Trump à l’armée soudanaise, en compagnie des monarchies pétrolières. Il serait important de contraindre les démocrates, même si ce n’est que pour des raisons électorales, à mettre en question cette politique. C’est urgent, car cela pourrait grandement aider les FDLC à prendre l’avantage dans leur lutte acharnée contre l’armée pour la transition démocratique dans le pays.

L’expérience de l’Egypte et de la Tunisie leur a appris que plus les élections ont lieu tôt, plus il est probable que ceux qui ont le plus d’organisation, de ressources et de soutien international gagneront. Dans ces pays, c’étaient les fondamentalistes islamiques. Au Soudan, il s’agirait probablement de forces politiques issues de l’ancien régime, dont les Frères musulmans et les salafistes. Ils disposent de moyens matériels bien supérieurs à ceux des FDLC.

Il est donc très important que les forces politiques de gauche aux Etats-Unis se rallient pour soutenir le soulèvement soudanais et appuyer les exigences de ses dirigeants. Cela fait partie intégrante de la reconstruction d’une tradition de solidarité de la gauche internationaliste avec le mouvement mondial des exploité·e·s et des opprimé·e·s.

Entretien publié le 18 mai 2019 sur le site Jacobin; traduction A l’Encontre

Gilbert Achcar est professeur au SOAS (Université de Londres) et auteur de nombreux ouvrages dont Symptômes morbides: La rechute du soulèvement arabe, Actes Sud, 2017.

Ashley Smith collabore à de nombreuses publications de gauche aux Etats-Unis.

http://alencontre.org/moyenorient/

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