Archive | Justice & libertés

22 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

virer macron! (front social)

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Source Médiapart

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22 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

curés séparatistes (pùblico)

curas republicanos

Répression franquiste

L’enfer des prêtres « rouges-séparatistes »: les 50 ans de la prison du Concordat à Zamora

Ce dimanche marque un demi-siècle de l’ouverture de la seule prison au monde pour les prêtres. Là les religieux qui s’opposaient au régime étaient emprisonnés. Beaucoup d’entre eux ont été torturés. L’Église n’a jamais reconnu leur souffrance.

« Ilunpe hontan bizi gara erdi hilak » (« Dans cette obscurité nous vivons à moitié morts »). Le bertsolari (Chanteur traditionnel Blog) et ancien prêtre basque Xabier Amuriza aurait préféré ne jamais avoir à écrire cette phrase, mais il fut un temps où son destin était directement entre les mains du diable. Les portes de l’enfer lui ont été officiellement ouvertes il y a 50 ans.  Ce dimanche on commémore l’ouverture de la prison de Concordat, seule prison au monde visant les curés  « rouges-séparatistes ».

« C’était un apartheid. C’était aussi le symbole du pacte entre l’Église et l’État franquiste », commente Juan Mari Zulaika, un autre Basque enfermé derrière ces murs. La prison de Zamora, c’était la vengeance du national catholicisme contre ses «brebis galeuses rouges ». Une vengeance menée par le régime de Franco et bénie par les institutions ecclésiastiques, fidèlement alignées  sur le régime.

«Paradoxalement, le régime de Franco, qui avait donné tant de pouvoir à l’Église, finissait ses jours en courant après ses prêtres. « Pas même les pays officiellement athées comme ceux du bloc communiste, par définition anticléricaux, en ont fait autant ». Les autorités ecclésiastiques espagnoles ont béni la création de la prison, fruit des accords signés dans le Concordat entre le Vatican et l’État franquiste.

Torturé

Le premier prêtre à y mettre les pieds était le biscayen Alberto Gabigakagogeaskoa,  condamné à six mois de prison et 10 mille pesetas amende pour avoir dénoncé dans un sermon que dans les prisons d’Herria Euskal « On torture fréquemment. » Puis vinrent d’autres prêtres basques et d’autres parties de l’État, également persécutés et punis pour  s’être oppo-sés au régime sous les formes les plus variées. Beaucoup ont été torturés. « La détention commençait dans les casernes, où la torture était endémique », dit Zulaika. C’était la route de l’enfer.

« Toute la nuit ils nous ont battu à coups de pied, de crosse de fusil, nous laissant marqués » décrit Felipe Izaguirre, qui avait été arrêté en même temps qu’un autre prêtre ouvrier ville à Eibar en Juin 1968, après les mobilisations déclenchées par la mort du militant de l’ETA Txabi Etxebarrieta dans une confrontation avec la Garde civile.

Un autre prisonnier de Zamora,  Martin Orbe Monasterio, d’abord détenu au poste de police Indautxu de Bilbao, où il a subi le catalogue varié des vexations que la police appliquait aux opposants à la dictature. « Il y a plusieurs types de tortures: les premiers coups forts sur n’importe quelle partie du corps,  peu importe leur force, mais entre coups et coups, le prisonnier retrouve des forces et ne collabore pas », peut-on lire dans son témoignage.

Évasion et émeute

Sur les 53 religieux qui y ont été enfermés, « 21 ont eu un procès sommaires et dix autres ont été jugés par les tribunaux d’ordre public », dit cet ancien prêtre, maintenant dans le mouve-ment militant mémoriel Goldatu. La punition continuera quotidiennement dans cette prison, où le froid extrême, la nourriture dégoûtante et le contrôle du fer sur les prisonniers faisaient partie de la vie quotidienne.

C’est pourquoi ils voulaient s’échapper.

En 1971, plusieurs prisonniers ont creusé un tunnel de 15 mètres avec des cuillères. Cependant, le plan a été découvert par les geôliers. Deux ans plus tard, les prisonniers se sont mutinés et ont demandé à être transférés dans une autre prison. « Voyant que tous les moyens légaux et les procédures orales et écrites sont inutiles, nous avons été obligés de brûler et détruire par nous-mêmes cette prison honteuse, détenus par l’Eglise et par le Etat pour de leurs intérêts et contre nos convictions les plus profondes « , déclarèrent-ils. une note. La protestation prit fin avec 75 jours d’emprisonnement dans des cellules de punition.

Ni justice, ni pardon

Le dernier prisonnier à quitter la prison fût Julen Kalzada, qui retrouva sa liberté en 1976. Actuellement, l’ancienne prison de Zamora est abandonnée. Elle a vécu son moment de gloire commerciale il y a quelques années, lorsque le cinéaste Daniel Monzón l’a choisie pour « Cellule 211″. Par contre, on ne sait rien des geôliers: pour les fonctionnaires du régime franquiste il y avait, comme pour tout le reste membres de la dictature, impunité absolue. Il n’y a pas non plus de nouvelles de l’Église, elle n’a jamais demandé pardon pour son rôle sinistre dans cette histoire.

« Curieusement, ce groupe de curés n’a pas encore eu la reconnaissance officielle de l’actuel gouvernement basque: ses décrets pour la paix et la coexistence taisent ce chapitre de la répression », déplore Zulaika, qui qualifie cette attitude d ‘ »incompréhensible ».

Les victimes qui ont fréquenté cette prison continuent de demander justice. Comme ils ne l’ont pas trouvée ici, ils ont dû le faire à des milliers de kilomètres. Les témoignages de 16 prêtres basques emprisonnés à Zamora font partie de la plainte déposée en Argentine contre les crimes de la dictature franquiste. 50 ans après l’ouverture de cette prison, ses victimes continuent à lutter contre l’oubli.

21/07/2018

http://www.publico.es/

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Les instituteurs asturiens portent plainte en Argentine pour les camarades disparus (Goldatu)

Justice pour notre camarade German Rodriguez LCR (Goldatu)

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21 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

affaire (l’obs)

L’affaire Benalla est explosive car elle contient 4 scandales

Si le Benallagate est si explosif, c’est qu’il combine quatre affaires : la violence gratuite, l’usurpation de fonctions, le retour des barbouzeries, et la tentative d’étouffer l’affaire.

Si le « Benallagate » a pris une telle ampleur, ce n’est ni parce que les médias s’ennuient l’été ni parce que l’opposition, jusque-là très faible, n’attendait qu’une occasion pour s’en prendre à Emmanuel Macron et son prétendu nouveau monde. C’est parce qu’il y a en réalité quatre affaires Benalla, emboîtées les unes dans les autres telles des poupées russes. En se combinant, elles forment un ensemble explosif.

Quatre affaires

La première affaire est la scène violente de la place de la Contrescarpe.

Un homme casqué agrippe par le cou et frappe un homme déjà maîtrisé par les forces de l’ordre. Les témoins de l’affaire se récrient en vain. En soi, cet épisode est un scandale, qui légitime les discours dénonçant la violence démesurée contre les manifestants.

La seconde affaire est l’usurpation de fonctions.

L’homme qui frappe n’est pas policier. Il n’est pas investi du droit d’exercer cette violence. Il porte un brassard de la police, et les forces de l’ordre le laissent faire. L’Etat de droit, fondement d’une démocratie, est donc remis en cause.

La troisième affaire est la découverte que cet homme, grisé par son propre pouvoir, est un collaborateur du président de la République.

Qu’il existe au « château » des nervis au statut flou (Alexandre Benalla, mais aussi son copain Vincent Crase…), chargés d’opaques sinon basses besognes. On se croirait revenu au sale temps des barbouzeries orchestrées par le SAC gaulliste. Cette découverte fissure l’image d’Emmanuel Macron, qui a toujours insisté sur l’exemplarité et l’intégrité nécessaire à sa fonc-tion. La communication présidentielle, jusque-là parfaitement lissée, a volé en éclat. Et l’on constate que le vieux monde, rance, est toujours bien là.

La quatrième affaire, peut-être la plus explosive, est la tentative manifeste d’étouffer le scandale.

Aux Etats-Unis, depuis le Watergate, un proverbe politique dit : « It’s never the crime, always the cover up. » Ce n’est jamais le crime lui-même qui cause le scandale, ce sont les manœuvres pour le dissimuler… Cela s’est vérifié à de nombreuses reprises, notamment à l’occasion de l’affaire Monica Lewinsky sous Clinton, ou lors des justifications de la guerre en Irak, sous Bush junior.

Dans le cas du Benallagate, il est clair que l’Elysée a cherché à cacher ce qui s’était passé le 1er-Mai. Le parquet (contrairement à ce qu’impose l’article 40 du Code de procédure pénale) n’a pas été saisi. La brute a été légèrement sanctionnée, en catimini. Censé avoir été déchargé de ses fonctions de sécurité, on la retrouve lundi sur les Champs Elysées, dans le bus des champions du monde de foot…

Une énorme prise de risque

A ce niveau, on est au-delà de la clémence, on frise soit l’amateurisme, soit la complicité. Le plus étonnant, c’est que pour couvrir son homme, l’Elysée a pris un énorme risque : la scène de la Contrescarpe était filmée par plusieurs téléphones, et la probabilité qu’on finisse par reconnaître le visage d’Alexandre Benalla était très forte.

Dès l’apparition de la vidéo sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron aurait dû congédier Alexandre Benalla ; il ne l’a pas fait, mal lui en a pris.

Dès la publication de l’article du « Monde » révélant l’affaire, il aurait dû réagir plus fortement encore, en s’exprimant, en limogeant Benalla, voire ses supérieurs hiérarchiques qui ont manifestement manqué de jugeote à son sujet. Il ne l’a pas fait, et l’affaire ne peut désormais que s’envenimer.

Pourquoi ce président, qui dès son arrivée n’avait pas hésité à virer le chef d’état-major des armées pour quelques mots critiques sur le budget de la Défense, a-t-il été incapable de se défaire d’un collaborateur instable traînant déjà plusieurs casseroles ?

Pourquoi l’Elysée avait-il besoin de cet homme, alors qu’il existe un service officiel pour cela, le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) ?

Quelle était la relation exacte entre le candidat-puis-président Macron et cet homme qui le suivait comme son ombre ? En ne traitant pas cette affaire comme elle aurait dû l’être, l’Elysée a ouvert la boîte des mille questions légitimes, mais forcément embarrassantes.

 Pascal Riché  20 juillet 2018

https://www.nouvelobs.com/

Commentaire: Depuis ces 4 affaires, sont apparus l’affaire du véhicule et du logement de fonction, une broutille et celle du « pass » pour entrer au Parlement…

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21 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

milice? (anti-k)

syndicalisme-autrement

Mafia et État ne sont jamais en rivalité

LA MILICE DE MACRON A propos de « l’affaire Benalla »

Avec la création de mercenaires au sein même du parti gouvernemental pour aller casser des opposants, la radicalisation de la police, et les cadeaux du président systématiquement dirigés vers le clan des plus riches, la nature Mafieuse de l’État Macroniste se révèle chaque jour de plus en plus visible.

Paris, le 1er mai dernier.

La traditionnelle manifestation se disperse, après avoir été sévèrement réprimée. Au milieu des CRS, deux hommes en civil brutalisent des manifestants. Une jeune femme est violemment attrapée par le cou, un homme est étouffé, et roué de coups au sol. L’agresseur le plus virulent porte un casque appartenant à la police nationale. Pourtant, il n’est pas policier, mais membre de la garde rapprochée d’Emmanuel Macron. Il intervient en tant que « volontaire », en dehors de tout cadre légal, pour casser du manifestant. Cet homme, c’est Alexandre Benalla, et il est au cœur d’une polémique depuis 24H. Il travaille directement à l’Élysée, parmi les plus proches du président. Pour le moment, le gouvernement reste muet, ou présente les faits comme un acte isolé, une erreur. En réalité, il s’agit d’un scandale d’État, avec de nombreuses ramifica-tions. Macron a couvert une milice secrète et para-légale. Quelques remarques.

1 IL N’Y A PAS UN, MAIS DEUX, VOIRE TROIS AGRESSEURS.

Sur les images du 1er mai, aux côtés d’Alexandre Benalla, son ami Vincent Crase, ancien gendarme, participe aussi aux exactions contre les opposants. Mais il y a aussi un troisième homme, lui aussi en civil, pas encore identifié, qui prend le relai de Benalla lorsqu’il exfiltre brutalement une jeune manifestante. Ces hommes semblent eux aussi se connaître, fonction-ner ensemble. Du reste, ils disposent de Talkiewalkies, et semblent porter des armes à la ceinture. Combien de « volontaires » proches de l’Élysée ont participé aux violences contre les opposants le 1er mai dernier ? La question reste ouverte. Seule certitude : l’État a autorisé, équipé et armé au moins trois membres du parti au pouvoir pour qu’ils aillent casser du mani-festant. Macron couvre donc des milices de choc, en dehors de tout cadre légal, dans la continuité des déclarations guerrières de son ministre Gérard Collomb.

2  UNE MILICE CONSTITUÉE QUI COMMANDAIT DES ARMES.

Les lanceurs d’alertes Wikileaks avaient piraté et diffusé les mails internes au parti En Marche pendant la campagne présidentielle. Dans ces archives, disponibles en ligne, on découvre un échange entre Alexandre Benalla et un magasin parisien de ventes d’armes de défense : LBDLS. L’objet ? Acheter un arsenal paramilitaire. Benalla commande notamment des armes de poing, Flash-Balls et Gomme-Cognes, des balles, des pistolets lacrymogènes, ou encore des boucliers de maintien de l’ordre. Le tout « au nom du Mouvement En Marche ». Par ailleurs, Alexandre Benalla et Vincent Crase ont fondé ensemble la « fédération française de la sécurité privée », ainsi qu’un site dédié à la sécurité, aujourd’hui effacé. Dans ces conditions, vu le degré d’organisation de ce groupe, le plus haut sommet de l’État ne pouvait évidemment pas ignorer les agissement des agresseurs. Il s’agit donc de mercenaires, de barbouzes, dont les violences étaient coutumières. D’ailleurs Alexandre Benalla est accusé d’avoir frappé un militant communiste en 2016, et arraché l’accréditation d’un journaliste en 2017.

3 UN RAPPORT AMBIGU AUX VIOLENCES POLICIÈRES.

Depuis mercredi, ce qui choque les médias et la classe politique, ce ne ne sont pas les innom-brables exactions commises contre les manifestants depuis des mois. Ces violences policières ont causé des centaines de blessures, et parfois des mutilations, et ont abondamment été fil-mées et documentées. Ce qui choque, c’est le caractère « non-règlementaire » des agres-sions commises par le milicien Benalla. Si les mêmes violences avaient été commises par les CRS ou la BAC, personne ou presque n’aurait réagi. Ce que les médias reprochent à Benalla et ses complices, c’est de ne pas avoir été officiellement policier. Ce qu’on leur reproche, c’est aussi de ne pas avoir été suffisamment discrets, de s’être laissés filmer. Combien d’actes similaires nous sont inconnus ?

4 LE 1ER MAI : UNE RÉPRESSION HORS NORMES.

Lors du défilé du 1er mai à Paris, plus de 300 manifestants ont été arrêtés. Des dizaines d’autres, blessés lors d’affrontements. Parmi les personnes arrêtées, plus d’une centaine ont été enfermées en garde à vue, souvent plus de 48, voire 72 heures en cellule, avant de passer directement devant un juge. Plusieurs manifestants étaient alors envoyés directement en prison.  D’autres sont encore poursuivis, mis en examen, et sous contrôle judiciaire, pour leur participation à la manifestation, en attendant leurs procès. Des sanctions massives, et extrê-mement lourdes, reposant souvent sur de simples présomptions. C’est donc au même moment, alors que la police arrêtait massivement, et la que justice enfermait à tour de bras, que Benalla et sa milice s’amusaient à faire la chasse au manifestants. En toute impunité.

5 ENSAUVAGEMENT RÉPRESSIF.

L’utilisation de milices en complément de la police n’est malheureusement pas nouvelle. Les attaques commises par des groupes d’extrême droite contre les étudiants mobilisés à Mont-pellier ou Dijon, ou les attaques de manifestants comme à Lyon ou Nantes font office de répression parallèle. Macron a délégué la « surveillance des campagnes » à des groupes de chasseurs, créant de facto des milices. En même temps, les fractions les plus à droite de la police se radicalisent. Le vote Front National y bat tous les records, et la création de groupes armés composés d’anciens policiers et d’anciens militaires prêts à commettre des attentats racistes, comme l’a montré l’arrestation du groupe baptisé « Action des Forces Opérationnel-les» prouvent cette radicalisation. Des réseaux d’influence poussant à l’armement accru et à l’impunité des forces de l’ordre sont au cœur du pouvoir. Et en retour, l’extrême droite organise des manifestations pour soutenir les policiers auteurs de violences, comme on l’a vu à Nantes, après la mort du jeune Aboubakar en juin, tué par le tir d’un CRS. La boucle est bouclée.

« On se trompe chaque fois que l’on veut expliquer quelque chose en oppo-sant la Mafia à l’État : ils ne sont jamais en rivalité », écrivait Guy Debord.

Avec la création de mercenaires au sein même du parti gouvernemental pour aller casser des opposants, la radicalisation de la police, et les cadeaux du président systématiquement dirigés vers le clan des plus riches, la nature Mafieuse de l’État Macroniste se révèle chaque jour de plus en plus visible.

Source: 19 Juillet 2018 – Nantes Révoltée

Mediapart  20 JUIL. 2018 PAR  BLOG : BLOG DE J-B

https://www.anti-k.org/

manif

Pourquoi l’affaire Alexandre Benalla est explosive pour Emmanuel Macron et le gouvernement (Anti-k)

Une opération de police pour organiser du désordre sur une place auparavant calme, y commettre des violences sans justification sur une femme qui passe et un jeune homme plutôt paisible.

Avec ou sans usurpation d’uniforme, c’est déjà un scandale, que ces faits soient commis par des petits copains à Macron, pour juste s’amuser en dit long sur ce régime.

La correspondante de Libération: « …On était juste à côté, donc on a décidé d’y aller, il y avait plusieurs groupes d’étudiants assis sur la place, en train de discuter et de boire des bières. Une dizaine de CRS immobiles étaient présents. Assez vite, une trentaine de CRS sont arrivés et ont bouclé la place. A ce moment-là, ça a rapidement dégénéré, la tension est montée, avec gaz lacrymo et coups de matraques, c’est parti dans tous les sens. Je précise que personne n’était masqué, c’étaient juste des jeunes en train de boire des bières et de parler tranquillement.

Premier réflexe, je me mets à filmer. Des CRS courent, une fille se fait attraper et tirer par le cou. Au même moment, un mec chauve en sweat-shirt attrape un gars avec plusieurs CRS, ils le traînent par terre et nous gazent pour éviter qu’on filme. Là, celui qui est identifié comme Alexandre Benalla arrive en courant, il attrape par le cou le gars qui est déjà à terre entouré de CRS. Il l’étrangle et lui met plusieurs coups de poing par derrière, c’est un tabassage en règle.

La victime a du mal à respirer, se touche le ventre. On crie tous plusieurs fois d’arrêter, c’est hyper violent. Je m’approche d’Alexandre Benalla, je filme son visage et je dis : «Regardez son visage, il est en train de le tabasser par terre».

Il me regarde et il se barre de peur d’être reconnu. Je l’avais déjà aperçu plusieurs fois durant la manifestation avec un brassard de police. J’ai rapidement publié la vidéo sur Twitter, sans savoir à quel corps de police il appartenait… » LR

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20 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

macronie (npa + regards + rp + fi + slate)

gorille

Affaire Benalla : il y a quelque chose de pourri dans la Macronie

Mercredi 18 juillet, le Monde révélait, images à l’appui, qu’Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Élysée en tant qu’adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron, s’était rendu coupable, le 1er mai, de violences contre des manifestantEs place de la Contrescarpe à Paris, coiffé d’un casque à visière et muni d’un brassard de police. Depuis ces premières informa-tions, les révélations s’accumulent, le pouvoir s’embourbe dans des explications fumeuses, des enquêtes sont ouvertes, et l’affaire Benalla est ainsi rapidement devenue une affaire d’État.

L’Élysée et l’Intérieur savaient

Toutes les informations réunies par la presse démontrent que l’Élysée et le ministère de l’Intérieur étaient au courant des agissements de Benalla, et ce dès l’immédiat après-1er mai. Le 2 mai, Gérard Collomb est ainsi informé des faits. Le ministère de l’Intérieur en informe à son tour la présidence et, le 3 mai, Patrick Strzoda, directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, écrit à Benalla pour lui reprocher son « comportement manifestement inapproprié » et pour lui notifier une mise à pied de 15 jours. Une sanction identique est prise contre Vincent Crase, gendarme réserviste comme Benalla dont il est un ami, et collaborateur occasionnel de l’Élysée, également présent place de la Contrescarpe.

La Macronie a-t-elle pensé que la sanction était appropriée ?

Si tel est le cas, le moins que l’on puisse dire est que le pouvoir est particulièrement compré-hensif à l’égard d’un individu qui s’est rendu non seulement coupable de violences, mais aussi, entre autres, d’usurpation de fonctions, soit des délits passibles de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende…

Une sanction qui n’aura pas eu, en outre, de conséquences pour Benalla, présent dans le bus des « Bleus » sur les Champs-Élysées lundi 16 juillet, après avoir été mobilisé lors de l’entrée au Panthéon de Simone Veil, le 1er juillet. Une bienveillance qui contraste avec l’extrême sévé-rité requise et mise en œuvre, contre les syndicalistes ou les militantEs solidaires des migrantEs…

Un scandale d’État

La grossièreté de la manœuvre est d’autant plus choquante qu’elle est révélatrice du sentiment d’impunité qui semble régner aux sommets de l’État.

On ne peut en effet qu’être stupéfaits face à de tels comportements

-Qu’il s’agisse de celui de Benalla, confiant au point de se déguiser en flic pour frapper des manifestantEs,

-Ou de l’Élysée qui a cru, du moins dans un premier temps, que la meilleure posture était de rester « droit dans ses bottes », et de faire le pari que « l’affaire » ne prendrait pas trop d’ampleur.

Une attitude qui, venant des petits génies de la com’ qui composent la team Macron, est une illustration frappante du fait que le pouvoir jupitérien se croit, non seulement tout permis, mais pense en outre que tout peut être contrôlé et étouffé si nécessaire.

Et au-delà de l’Élysée, c’est bel et bien à un scandale d’État que nous sommes confrontés.

En effet, les ramifications de cette affaire, au fur et à mesure que les jours passent, sont de plus en plus complexes et de plus en plus troublantes : des policiers qui ont accepté de proté-ger physiquement Benalla à ceux qui, comme on l’a appris ce matin, lui ont transmis illégale-ment des images de vidéosurveillance, en passant par les révélations sur le «Monsieur sécurité» de Macron, déjà coupable de violences contre des militantEs et des journalistes, et à la tête d’une obscure « Fédération française de la sécurité privée » aux airs de milice, créée en 2016 avec Vincent Crase, il semble que l’on ne soit pas au bout de nos surprises…

Une manifestation de l’air du temps

Notons au passage que la petite musique qui se fait entendre depuis quelques jours, selon laquelle Benalla aurait « déshonoré » la police, a de quoi faire rire jaune. Entre ceux qui tentent de distinguer la « bonne » police des « mauvais » barbouzes et ceux qui ne semblent pas être choqués par les violences perpétrées par l’adjoint au chef de cabinet de Macron mais seulement par le fait qu’elles ont été commises par un usurpateur et non par un « vrai » flic, c’est un étrange front qui se constitue.

Car si l’affaire Benalla est révélatrice du fonctionnement de la Macronie, elle est également une manifestation de l’air du temps 

Celui des violences policières commises en toute impunité, avec la bénédiction et les encoura-gements du pouvoir, au point qu’un conseiller élyséen y participe directement avec la bienveil-lance de sa hiérarchie !

Il n’y a rien d’accidentel dans cette « affaire », sinon qu’elle a été rendue publique.

La présence d’individus comme Benalla dans les plus hautes sphères de l’État et leur sentiment d’impunité,  malheureusement justifié, démontre, s’il en était encore besoin, qu’il y a quelque chose de pourri dans la Macronie. L’affaire Benalla, dont on ne connaît pas encore les futurs développements, pourrait nous en apprendre beaucoup sur les pratiques de ce pouvoir à l’air, faussement, décontracté, moderne et branché.

En réalité il s’inscrit dans une longue tradition, celle des clans qui privatisent l’État pour leurs intérêts et ceux de leurs amis, un processus particulièrement facilité par la nature antidémo-cratique des institutions de la 5è République. Le barbouze Benalla, dont tout indique qu’il est un très proche de Macron, va probablement être « exfiltré », ce que semble confirmer son licenciement annoncé ce matin. Mais ne nous y trompons pas : c’est toute la Macronie qui est en cause et, au-delà, des institutions et un système qui n’ont que trop duré.

Julien Salingue Vendredi 20 juillet

https://npa2009.org/

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L’affaire Benalla, fruit d’un mélange des fonctions pourtant prohibé (Slate)

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20 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

dirrecte (cgt + of)

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20 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

nicaragua (à l’encontre.ch)

nicaragua

Nicaragua. «Malgré les militaires: continuons! Mobilisation perma-nente et coordonnée du peuple, par l’unité dans l’action»

 • En dépit de l’attaque, en milieu de matinée du 13 juillet 2018, de l’Université nationale autonome du Nicaragua (UNAN) de Managua et des étudiant·e·s qui l’occupaient, par des milices paramilitaires, connues sous le nom de «paramilitaires du gouvernement», armées de fusils Dragounov [fusils spéciaux pour sniper, fabriqués au Venezuela] et des kalachnikovs; en dépit du fait que ces forces ont brûlé le centre de développement pour enfants Arlen Siu [du nom d’une martyre sandiniste, morte dans une embuscade, à 20 ans, en 1975] et une partie du pavillon 68 de l’UNAN, continuons à avancer!

 • En dépit du fait que les autorités universitaires ont autorisé que la loi 89 d’autonomie univer-sitaire soit violée et en dépit du fait que les étudiants, avant l’attaque, négociaient la sortie de l’édifice avec la Conférence épiscopale du Nicaragua et la Commission de vérification du dialo-gue national, Gerald Vásquez et Ezequiel Gutiérrez furent assassinés par la bande Ortega-Murillo. Cette attaque brutale de l’orteguisme et ses plans d’extermination avec des tirs visant la tête, ne nous abattent pas et nous continuons à avancer!

 • En dépit du fait qu’un grand nombre d’étudiants blessés ont été séquestrés dans les hôpi-taux et arrêtés par la Police nationale; que chaque jour les mères frappent les grilles de la sinistre prison «El Chipote» [Managua] dans la crainte de voir leurs fils et filles torturés; que plus de 200 personnes sont toujours disparues; que des jeunes soient arrêtés, des femmes soient frappées et séquestrées dans les rues avec l’aide et la complicité de la police de l’orteguisme, nous continuons à avancer!

• Vendredi 13 juillet, les paysans «auto-convoqués» qui se sont réunis autour du tranque [barrage]à l’entrée de Juigalpa [capitale du département de Chontales] ont négocié avec le Centro nicaraguese de los derechos humanos (CENIDH), l’Eglise catholique, la police et la société civile le dégagement de la route, convaincus que cette action permettrait une issue pacifique et favorable au dialogue national, les tranques du gouvernement n’ont, par contre, pas été levés et l’accord n’a pas été concrétisé.

nicaragua (à l'encontre.ch) dans Altermondialisme Nicasniper

Attaque de snipers près de Santo Tomás

• Samedi 14 juillet, l’offensive du gouvernement Ortega-Murillo, de ses policiers et paramilitai-res, s’est abattue, venant de trois directions, sur les paysans «auto-convoqués» qui s’étaient réunis autour du tranque de la jonction de Lóvago [à 150 km de Managua]. Ils avaient décidé de se retirer et étaient sur le chemin de retour vers leurs communautés lorsqu’ils sont tombés dans une embuscade sur la route Managua-El Rama, avant d’atteindre Santo Tomás.

• En dépit du fait que Medardo Mairena et Pedro Mena, dirigeants du Mouvement paysan en défense du Lac Nicaragua et de la souveraineté [face au projet de canal transocéanique aux mains d’un holding chinois], ont été illégalement arrêtés; que des dirigeants paysans ont dû fuir dans les montagnes et sont poursuivis par la police et des «civils armés»; que Gabriel Mairena, frère du dirigeant Medardo Mairena a été blessé par une balle dans la poitrine; qu’ils harcèlent et menacent les familles de centaines de prisonniers accusés de crimes jamais commis, nous continuons à avancer!

Le dimanche 15 juillet, la caravane «Toutes et tous nous sommes Masaya» [manifestation en réponse à la caravane gouvernementale improvisée par les forces de l’orteguisme qui mimait avec retard la répétition du «repli» de juin 1978 de Managua à Masaya, lors du processus révolutionnaire] démontrait que le peuple est capable d’affronter la répression en démontrant sa solidarité, au moment où les paramilitaires attaquaient Diria [municipalité du département de Granada], Niquinohomo [département de Masaya], Masaya, La Flores [à l’entrée de Masaya], où ils cherchaient à prendre Monimbo [quartier de Masaya symbole historique de la résistance aux pouvoirs dictatoriaux], le peuple héroïque n’a pas permis à Ortega d’entrer dans ce quar-tier, à l’occasion de son «repli d’opérette». Il dut se consoler en embrassant l’assassin Ramon Avellan [chef de la police dépêché à Masaya] qui fut nommé au rang de général dans le commissariat de police où il était reclus.

• Continuons à avancer afin que le peuple du Nicaragua continue dans la rue à exiger, à voix haute et forte: «Qu’il dégage! Et qu’il dégage maintenant!» Ces caravanes placées sous le mot d’ordre «Plus de répression», parcourant les rues de Managua, de Matagalpa, d’Ocotal, de Chinandega et de Somoto, traduisaient la décision populaire selon laquelle plus jamais le peuple nicaraguayen n’acceptera de vivre sous une dictature.

Communiqué de l’Articulación de movimientos sociales y OSC Nicaragua

Managua, 16 juillet 2018 (Traduction  Al’encontre  17  juillet)

http://alencontre.org/

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19 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

répression lgbt (libération)

lgbt

Les condamnés pour homosexualité, une réalité exhumée

Une étude menée par deux sociologues révèle pour la première fois l’ampleur de la répression subie par les homosexuels en France : de l’après-guerre à 1982, près de 10 000 peines ont été prononcées, presque toutes à l’encontre d’hommes.

C’est une vue de l’esprit tenace. Parce que la France a dépénalisé les relations entre person-nes de même sexe dès 1791, elle serait depuis cette date à l’avant-garde mondiale en matière de tolérance de l’homosexualité. Pour preuve : seuls deux alinéas aux articles 330 et 331 du code pénal, respectivement inscrits en 1942 puis en 1960, permettaient de poursuivre en principe les actes homosexuels réalisés entre des personnes majeures et des mineurs de moins de 21 ans – contre 15 ans pour les relations hétéros – et de faire de l’homosexualité une circonstance aggravante. Loin des lois répressives longtemps en vigueur au Royaume-Uni, où 65 000 hommes ont été condamnés pour des actes homosexuels entre 1861 et 1967, et en Allemagne, où 50 000 gays et bisexuels ont fait de la prison après 1945 – sans compter les 42 000 homos condamnés à des travaux forcés ou déportés dans les camps sous le IIIe Reich.

«Ambiguïté»

Poursuivis pour d’autres motifs et notamment «outrage public à la pudeur» lorsqu’ils étaient coincés par la police dans les lieux de drague depuis la fin du 19è siècle, les homosexuels français auraient donc été assez peu inquiétés par la justice – s’ils ne faisaient pas de vagues – jusqu’à l’abrogation de ces délits spécifiques entre 1978 et 1982. «L’ambiguïté vient du fait qu’il n’y avait plus d’infraction ou de délit d’homosexualité en France depuis la Révolution, pointe Jérémie Gauthier, sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Il existait néanmoins dans la loi une discrimination entre hétéros et homos depuis Vichy sur l’âge de la majorité sexuelle qui, d’un côté, servait à condamner des homosexuels et, de l’autre, à officiellement « protéger » la jeunesse de la propagation du « vice ».»

Autre biais, cette fois identifié par l’historienne Florence Tamagne : en France, depuis que les universitaires se sont progressivement emparés de l’étude des homosexualités à partir des années 90, très peu d’entre eux, et encore moins les historiens, se sont intéressés à la répres-sion de l’homosexualité, qu’elle soit pénale, administrative ou policière. Conséquence : jusqu’à ce jour, aucun travail historique ou sociologique ne l’a quantifiée en France préalable à une politique de réparation comme il en existe aujourd’hui au Canada, en Allemagne ou en Nou-velle-Zélande. «Jusqu’ici, la littérature sur la répression pénale de l’homosexualité portait sur les textes de loi et les mouvements homosexuels pour leur abrogation (1), mais pas sur les chiffres capables d’évaluer son ampleur, résume Jérémie Gauthier. C’est là qu’on pense apporter quelque chose de nouveau.»

Avec son collègue de l’école du boulevard Raspail, le sociologue Régis Schlagdenhauffen, auteur du très renseigné Homosexuel·le·s en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale (2), ce jeune chercheur spécialiste de l’institution policière (3) s’est donc penché depuis le mois de janvier sur les archives de la justice pénale, en particulier le Compte général de l’adminis-tration de la justice civile et commerciale et de la justice criminelle. En épluchant ce registre, qui recense les condamnations et les peines prononcées dans les tribunaux français année par année, les deux chercheurs sont tombés sur une ligne «homosexualité», intercalée entre les délits pour «outrage public à la pudeur» et «proxénétisme». «Cette entrée est assez fascinante car il a toujours été dit que les statistiques prenant en compte l’orientation sexuelle n’existaient pas en France et qu’il n’y avait jamais eu aucune condamnation pour homosexualité», souligne Régis Schlagdenhauffen.

«Croisade morale»

Leur deuxième découverte porte sur le nombre de condamnations pour ce motif : entre 1945 et 1982, près de 10 000 peines, dont une grande majorité en métropole, ont été prononcées en France pour «homosexualité» (pour «outrage public à la pudeur sur personnes du même sexe» à compter de 1976), des données préliminaires qui ne prennent pas en compte les affaires entre deux jeunes de moins de 18 ans, réservées à la justice des mineurs. «Dans les années 60, il y a un pic de condamnations, qui déclinent après 1968, expliquent à Libération les deux sociologues, rencontrés dans leur étroit bureau de l’Institut de recherche interdis-ciplinaire sur les enjeux sociaux. C’était une période de croisade morale liée à la peur généralisée d’une contamination homosexuelle.»

Durant ces années de plomb, les peines sont par ailleurs «lourdes». Jusqu’en 1978, 93 % des condamnations pour «homosexualité» prononcées en métropole se soldent par des peines de prison. Plus de la moitié d’entre elles sont supérieures à trois mois ferme et un cinquième à plus d’un an d’emprisonnement. Sans compter les fortes amendes de plusieurs milliers de francs. «Mais on ne sait pas encore si ce sont des condamnations pour des chefs d’inculpation multiples», précise Régis Schlagdenhauffen. Les archives de Libération donnent néanmoins un aperçu de cette fermeté. Une chronique judiciaire bien connue à l’époque relate par exemple la condamnation, le 2 juillet 1978 par la 23e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, de deux hommes à de la prison pour «outrage public à la pudeur» après des galipettes dans les fourrés d’un bois parisien.

Dans la chronique «Flagrants délits», on lit ceci : «L’outrage public à la pudeur est en hausse : « Vous avez été surpris l’un sodomisant l’autre », lança le président. Comme à chaque fois dans ce genre d’affaires, c’était évidemment la pudeur de la police qui était outragée, les prévenus s’étant fait interpeller de nuit dans un bosquet du bois de Vincennes. Chacun se verra infliger trois mois de prison avec sursis et 2 000 francs d’amende (la semaine dernière avec le procu-reur Versini, cela valait tout simplement 1 000 francs d’amende, pourquoi cette hausse des cours ?)»

Ce n’est pas tout : malgré des informations lapidaires faute d’avoir accès aux PV de police, les archives de la justice criminelle ont permis aux deux chercheurs de dresser le profil des milliers de condamnés pour «homosexualité» de l’après-guerre. Il s’agit pour la quasi-totalité d’hom-mes, bien qu’une centaine de femmes aient fait l’objet de cette répression. «Les articles 330 et 331 du code pénal s’appliquaient autant aux femmes qu’aux hommes, même si, dans les faits, très peu de femmes ont été condamnées», souligne Régis Schlagdenhauffen. Par ailleurs, environ 70 % des condamnations concernent soit des célibataires de 20 à 30 ans, ouvriers ou salariés agricoles, soit des jeunes hommes issus des classes populaires.

«On émet l’hypothèse que les homos des classes supérieures avaient la capacité de passer entre les mailles du filet», avancent les deux chercheurs, ajoutant qu’un tiers des condamna-tions pour «homosexualité» touchent des hommes mariés ou veufs, 25 % avec des enfants. Enfin, un quart des jugements a été rendu en Ile-de-France, 8 % dans le Nord-Pas-de-Calais, Seine-Maritime et Rhône (entre 3 % à 5 % des condamnations), des «territoires ouvriers et populaires». Ce qui fait dire à Jérémie Gauthier que «des parquets ont pu être mobilisés à certains moments dans certains départements pour réprimer l’homosexualité».

«Jugement d’apaisement»

La machinerie de la répression s’enraye cependant à partir des années 70, sous l’effet de la libéralisation des mœurs comme de la mobilisation de militants homosexuels, des Groupes de libération homosexuelle au Comité d’urgence antirépression homosexuelle contre la répression pénale de l’homosexualité.

En octobre 1978, le procès de l’affaire du Manhattan, relayé par la presse, dont le Monde et Libération, s’achève par exemple par un «jugement d’apaisement» (des amendes) après la mobilisation d’intellectuels (Marguerite Duras, Michel Foucault, Patrice Chéreau ou Guy Hocquenghem) et d’élus (le sénateur radical de gauche Henri Caillavet) en faveur des onze prévenus inculpés pour «outrage public à la pudeur sur personne du même sexe» après une descente de police dans un bar du Ve arrondissement parisien, le Manhattan. «La répression de l’homosexualité va progressivement laisser la place à la répression de l’homophobie, les homos passant d’une catégorie à réprimer à une catégorie à protéger», analyse encore Jérémie Gauthier. A quand une loi de réhabilitation ?

Florian Bardou 17 juillet 2018

http://www.liberation.fr/

(1) Lire par exemple les Alinéas au placard : l’abrogation du délit d’homosexualité (1977-1982) d’Antoine Idier éd. Cartouche, 2013.

(2) Ed. Nouveau Monde, juin 2017.

(3) Auteur de Police : questions sensibles, codirigé avec Fabien Jobard, éd. PUF.

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17 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

irlande sénat (ujfp +rfi + f24 + huff’+ irish times)

pal

Le sénat irlandais vote une loi interdisant les activités économiques en lien avec les colonies israéliennes

C’est une première dans le monde. Une proposition de loi présentée par la sénatrice Frances Black interdisant les activités en lien avec des colonies implantées sur un territoire occupé a été adoptée par le sénat irlandais (le Seanad) le 11 juillet 2018. Elle doit maintenant être examinée par la chambre basse du Parlement.

En quoi cette proposition de loi consiste-t-elle ?

La proposition de loi irlandaise a pour but d’interdire certaines activités économiques en relation avec des colonies illégales dans des territoires reconnus par la communauté internationale comme étant occupés.

Constituerait donc une infraction pénale :

– La vente et l’importation de produits issus des colonies

– L’implication dans la fourniture de services dans les colonies

_ L’extraction de ressources d’un territoire occupé sans le consentement des autorités 
compétentes

_ La tentative, l’assistance et la complicité dans la commission de ces actes sont répréhensibles de la même manière.


Qui est concerné ?

Les personnes résidentes en Irlande, entreprises de droit irlandais ou toute structure dont le centre de contrôle est basé en Irlande sont concernées.

Sur quelles bases juridiques repose-t-elle ?

En droit pénal international, le transfert par un Etat de sa population civile sur un territoire qu’il occupe militairement est un crime de guerre [1]. Cela constitue également une grave violation du droit international humanitaire [2].

La loi irlandaise considère aussi la colonisation comme un crime. Les activités économiques mentionnées dans le projet de loi participent au maintien d’une situation illégale (la colonisation et l’exploitation d’un territoire occupé), d’où la nécessité de leur interdiction.

Quelles peines prévoit-elle ? 


Des peines allant de l’amende (d’un maximum de 5 000€) à l’emprisonnement (d’une durée maximum de 5 ans).

A quels territoires occupés la loi s’appliquerait-elle ? 


En pratique, la loi pourrait s’appliquer au Territoire palestinien occupé (TPO), territoire reconnu occupé dans de multiples résolutions de l’ONU, dans l’avis du 9 juillet 2004 de la Cour interna-tionale de justice, par l’Union européenne et la France. L’importation et la vente des produits des colonies israéliennes serait donc interdite (et non celles des produits issus d’Israël).

Pourquoi est-ce important ? Le cas palestinien.

Les colonies israéliennes sur le Territoire palestinien occupé sont un exemple moderne et clair d’une violation de l’interdiction de transfert de populations civiles sur un territoire occupé.
 Israël occupe la Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, depuis 1967 et y a transféré, depuis, plus de 600 000 de ses citoyens. Un tel transfert a été facilité par la confiscation large de terres palestinien-nes, des terres particulièrement fertiles.

Cette colonisation a drastiquement réduit les terres disponibles pour l’agri-culture, le logement, l’accès à l’eau et à l’électricité pour la population palestinienne.

Elle a mené au déplacement forcé de Palestiniens et à de nombreuses violations des droits de l’Homme sur le terrain. La manière dont les colonies ont été construites a mené à la fragmen-tation du TPO en enclaves difficilement joignables entre elles à cause des différents obstacles à la circulation (checkpoints, routes déviées, mur…). Plus de la moitié de la Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, est réservée aux colonies de peuplement et à l’exploitation du territoire occupé pour le bénéfice d’Israël.

En ayant des liens économiques et en permettant à des entreprises françaises ou des rési-dents français d’avoir de tels liens avec les colonies israéliennes, la France est complice du crime de guerre imputé à l’Etat d’Israël.

Les mesures contenues dans la proposition de loi sont-elles compatibles avec le droit européen ?

Selon le Traité sur le Fonctionnement de l’UE, les règles en matière de commerce sont géné-ralement uniformes parmi tous les pays membres. Cependant, des exceptions existent, lors-qu’elles peuvent être justifiées sur la base de « moralité ou sécurité publiques » de « politiques publiques », et de la « protection de la santé et de la vie humaine » [3]. La compatibilité de la proposition de loi avec le droit européen a été confirmée par deux études juridiques [4].

De telles mesures n’entrent pas non plus en contradiction avec les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce.

mardi 17 juillet 2018  Alice Garcia

http://www.ujfp.org/

fblack1

Lire aussi:

Le Sénat irlandais pour le boycott des colonies israéliennes (NPA)

Q&A: Who is supporting the Bill banning goods from Israeli settlements? (Irish Times)

Irlande : le Sénat vote l’interdiction des importations en provenance des colonies israéliennes (France24)

Irlande: le Sénat vote contre les importations depuis les colonies israéliennes (RFI)

Les sénateurs irlandais votent l’interdiction d’importer des colonies israéliennes, BDS tout près d’une victoire historique (Le Huff’ Maghreb)

Le groupe français Acid Arab boycotte Israël sur son propre territoire (Libération)

Site de Frances Black

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11 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

koltchenko et sentsov (médiapart)

koltchenko-sentsov

Urgence pour Sentsov, Koltchenko et les autres prisonniers politiques de Poutine

Rassemblement le 13 juillet,19H Place Igor Stravinski (Paris, Beaubourg)

Le 13 juillet 2018, deux jours avant la finale de la Coupe du monde de football, ce sera le 61ème jour de grève de la faim du réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, ce sera également son anniversaire : 42 bougies qu’il soufflera en tant que prisonnier politique de Vladimir Poutine. Il a, à ce jour, perdu plus de 15 kg.

Poutine détient dans son goulag d’autres prisonniers politiques, dont nombre ont été soumis à la torture.

Parmi eux également Alexander Koltchenko, connu en Crimée pour ses engagements antifas-cistes, syndicaux, anarchistes, écologistes, et condamné par l’État russe lors du même procès que Sentsov. L’accusation de « terrorisme », qui a servi à couvrir ces ignobles décisions d’un tribunal qui exécute les ordres du pouvoir politique russe, n’a aucun fondement. Ils ont été torturés et condamnés parce qu’ils luttent contre l’oppression exercée par l’État russe, tant sur le territoire russe qu’en Crimée.

Sentsov ne combat pas pour sa propre libération.

Il a annoncé qu’il ferait grève de la faim tant que tous et toutes les prisonnier-e-s politiques ukrainien-ne-s détenu-e-s en Russie et en Crimée ne seraient pas libérés. Au delà c’est contre le tyran Poutine qu’il combat : »Nous sommes peut-être destinés à devenir des clous dans le cercueil du tyran. J’aimerais être un de ces clous. En tout cas, sachez que ce clou-là ne pliera pas. »

Pour la libération immédiate d’Oleg Sentsov, d’Alexandr Koltchenko et de tous les autres prisonniers politiques ukrainiens en Russie, et pour les libertés démocratiques dans tous les pays :

♦ Nous invitons 13 juillet 2018, à 19h, Place Igor Stravinski (Paris, à coté de Beaubourg), tous les hommes et toutes les femmes qui considèrent que le combat de Sentsov est juste, qui demandent la libération immédiate de Koltchenko et Sentsov, et au-delà la libération rapide de tous et toutes les prisonnier-e-s ukrainien-n-es poursuivi-e-s pour des raisons politiques en Crimée et en Russie, et tous ceux qui comprennent que, pour la démocratie dans tous les pays, Vladimir Poutine est dangereux

♦ Nous invitons les rédactions et journalistes commentant la coupe du monde à prendre leur responsabilité et à profiter du fort audimat pour faire connaître lors de cette dernière semaine de coupe du monde les cas de Koltchenko et de Sentsov, et d’exiger leur libération

♦ Nous appelons les diplomates, leaders et officiels (français notamment) à cesser de caution-ner les exactions de l’Etat russe et à refuser d’assister à la Coupe du monde. Ainsi Macron ne doit pas aller voir le match en Russie mardi 10 juillet et doit œuvrer pour une victoire : celle de sauver des vies, et notamment celle de Sentsov en exigeant sa libération immédiate

♦ Nous appelons à amplifier la solidarité internationale afin de dénoncer l’enlèvement et la détention de Koltchenko et Sentsov, et exiger leur libération immédiate

koltchenko-sentsov

Collectif Koltchenko :

Ligue des Droits de l’Homme, Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme, Groupe de résistance aux répressions en Russie, Ukraine Action, Russie-Libertés, CEDETIM – Initiatives Pour un Autre Monde – Assemblée Européenne des Citoyens, Action antifasciste Paris-Banlieue, Collectif Antifasciste Paris Banlieue, Mémorial 98, Union syndicale Solidaires, CNT-f, CNT-SO, Emancipation, FSU, FSU 03, CGT Correcteurs, SUD éducation, SUD-PTT, Alternative Libertaire, Ensemble !, L’Insurgé, NPA, Fédération Anarchiste, Critique sociale.

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