Archive | Justice & libertés

14 février 2019 ~ 0 Commentaire

16 mars

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12 février 2019 ~ 0 Commentaire

panique (npa)

benalla

Benalla-Mediapart

Panique et autoritarisme à l’Élysée

Lund 4 février, Mediapart a fait l’objet d’une tentative de perquisition quelques jours après avoir publié de nouvelles révélations sur l’affaire Macron-Benalla. Selon le Monde, c’est sur la base d’un courrier du directeur de cabinet du premier ministre, que le procureur de la République de Paris a ouvert une enquête. La dérive autoritaire de Macron se poursuit… 

Même Hollande, pendant les révélations sur Cahuzac, n’avait pas osé. Macron, lui, l’a fait. Suite à une lettre du directeur de cabinet d’Édouard Philippe, le procureur de la République de Paris, très proche de Macron, a ouvert une enquête pour « atteinte à l’intimité de la vie privée de l’ancien collaborateur du chef de l’État Alexandre Benalla et/ou de son acolyte, le gendarme Vincent Crase », selon les mots de Mediapart, alors que ni Benalla ni Crase n’ont eux-mêmes porté plainte ! Et une tentative de perquisition a eu lieu dans les locaux de Mediapart, le 4 février quelques jours après la publication d’enregistrements d’une conversation entre Benalla et Crase.

Liberté d’informer

Face à un début de scandale d’État impliquant le noyau dur du pouvoir, le parquet de Paris a voulu identifier les sources de Mediapart, attaquant ainsi un droit fondamental : celui de la protection des sources. Pas si étonnant quand on se rappelle que, la semaine précédente Macron, selon Le Point, a indiqué sa volonté d’une sorte de mise sous tutelle de la presse…afin de permettre sa « neutralité ». Sans doute une promesse qu’il l’a faite à ses amis grands patrons de presse. On en rirait presque si ce n’était si grave !

Cette perquisition montre, une nouvelle fois, les tentatives des gouvernants de mettre au pas la presse, de la museler. Rappelons-nous les mises sous écoute de journalistes, comme ce fut le cas par exemple de celui du Mondequi s’occupait de l’affaire Woerth-Bettencourt, ou encore les attaques sans précédent du pouvoir de l’époque, mais aussi d’une certaine caste  journalistique contre Mediapart au moment de l’affaire Cahuzac. La critique des médias est plus que nécessaire tant aujourd’hui l’information est malmenée, instrumentalisée, sacrifiée car soumise à des impératifs de rentabilité. Mais s’attaquer à la liberté d’informer et à la liberté de la presse est une attaque contre un droit démocratique élémentaire.

Dérive autoritaire

Cette tentative de perquisition montre, à la fois, la crise et le scandale politiques en cours mais aussi, une nouvelle fois, la dérive autoritaire du pouvoir actuel. Macron, affaibli par la mobilisation des Gilets jaunes, qui tient depuis plus de 12 semaines, est en panique.

Alors que le « grand blabla » semble avoir réveillé, dans les sondages, une partie de son électorat le plus fidèle, un scandale politique risquerait de tout anéantir ! Une dérive autoritaire du gouvernement qui ne s’arrête pas à sa volonté d’un retour à l’ORTF, mais se voit également dans la rue chaque semaine avec la volonté de « briser » le mouvement des Gilets jaunes avec un bilan toujours plus lourd ; 175 blesséEs à la tête ; 17 éborgnéEs et 5 mains arrachées, dont la dernière samedi dernier devant l’Assemblée nationale.

Sans oublier la loi « anti-casseurs » qui permettra d’interdire, sans passer par un juge, à des personnes de manifester…

Joséphine Simplon Mardi 12 février 2019

https://npa2009.org/

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07 février 2019 ~ 0 Commentaire

sanctions (basta)

president

Comment les sanctions contre les chômeurs

Risquent, demain, de s’étendre à l’ensemble des minimas sociaux

Depuis début janvier, les chômeurs sont soumis à des contrôles renforcés en France. Un rendez-vous manqué, une offre d’emploi dite « raisonnable » refusée, et c’est la radiation, plus ou moins longue, avec suspension des indemnités.

Cette politique punitive s’inspire clairement de celles qui sont menées en Grande-Bretagne et en Allemagne, où les sanctions se sont progressivement appliquées aux autres prestations sociales, allocations familiales ou aides au logement. Leurs conséquences sont sans appel : « Elles frappent d’abord les personnes les plus faibles », repoussées vers une encore plus grande pauvreté. En Allemagne, le tribunal constitutionnel est d’ailleurs en train de se pencher sur la légalité de ces sanctions.

Début janvier, le gouvernement français a durci par décret les contrôles et les sanctions à l’encontre des chômeurs. Cette politique ne tombe pas du ciel. Au Royaume-Uni, la possibilité de supprimer les allocations aux demandeurs d’emploi, qui manquent des rendez-vous ou sont jugés trop peu assidus dans leurs démarches, existe depuis plus de dix ans.

« En 2007, le gouvernement travailliste a adopté une loi prévoyant des sanctions contre les personnes handicapées et en longue maladie, considérant que beaucoup n’étaient pas vraiment en incapacité de travailler », rappelle Anita Bellows. Depuis cette date, l’activiste du collectif « Personnes handicapées contre les coupes » (Disabled People Against Cuts) suit les effets de ces sanctions sur les personnes concernées. Et elles sont de plus en plus nombreuses.

Rachel Knaebel 7 février 2019

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07 février 2019 ~ 0 Commentaire

loi anti manif (npa)

npa 29 vertic

Loi antimanifs :

Le glissement autoritaire du pouvoir se poursuit

Ce mardi, par 387 voix contre 92 et 74 abstentions, l’Assemblée s’est prononcée en faveur de la loi antimanifs, frauduleusement présentée comme une « loi anticasseurs » par un gouvernement qui confirme sa détermination à restreindre les droits et libertés démocratiques , alors qu’il est incapable de faire taire la contestation sociale malgré une politique violemment répressive.

Qualifiée de « loi de la peur » par l’avocat François Sureau et de « loi générale contre l’exercice d’une liberté publique » par le Syndicat des avocats de France, dénoncée par les associations de défense des droits démocratiques, critiquée jusque dans les rangs de la majorité LREM et par certains syndicats policiers comme l’Unsa Police, qui affirme qu’elle « bafoue de façon arbitraire la liberté fondamentale de manifester », cette loi antimanifs est une étape supplémentaire du glissement autoritaire de la Macronie, après la normalisation de l’état d’urgence et la carte blanche donnée aux forces de répression face au mouvement des Gilets jaunes.

Les flics gazent, tabassent, blessent, mutilent… mais c’est contre les manifestantEs, ces dangereux individus refusant de baisser les yeux et de rentrer sagement chez eux, qu’il faut sévir !

Interdictions de manifester, interpellations préventives, fichage des indésirables : il s’agit une fois de plus de normaliser des dispositifs supposément exceptionnels – et déjà liberticides – afin de pouvoir les appliquer à n’importe quel manifestantE – réel ou supposé… 

Répressions policière et judiciaire forment un tout qui constitue l’un des piliers essentiels de la Macronie bousculée par la contestation sociale.

La lutte contre le dangereux glissement autoritaire en cours, illustré hier encore par la tentative de perquisitions dans les locaux de Mediapart, est l’une des urgences de l’heure : un combat que le NPA entend continuer à mener et à étendre, au côté du mouvement des Gilets jaunes et de l’ensemble des forces qui refusent de céder face à la brutalité du pouvoir. 

Montreuil, le 5 février 2019

Lire aussi:

Loi anticasseurs : une loi antimanifestations (Lutte Ouvrière)

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06 février 2019 ~ 0 Commentaire

médiapart (brut)

Affaire Benalla : Edwy Plenel et Fabrice Arfi après la tentative de perquisition chez Mediapart

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02 février 2019 ~ 0 Commentaire

dossier soudan (essf)

soud

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31 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

juan branco (le télégramme)

run

Présidence Macron.

« Une dérive autoritaire » selon Juan Branco

Juan Branco, avocat normalien et ancien candidat de La France Insoumise aux législatives en Île-de-France, sera ce jeudi soir au Run ar Puñs, pour parler de ses deux derniers ouvrages.Il était le candidat de La France Insoumise en Seine-Saint-Denis, lors des élections législatives de 2017. Normalien, docteur en droit, Juan Branco sera au Run ar Puñs, ce jeudi soir, afin de présenter son livre au titre sans équivoque, « Contre Macron ». Il y livre une analyse sans concession de la présidence en cours, dans laquelle il perçoit une nette dérive autoritaire, illustrée par les affrontements entre autorités et gilets jaunes.
Dans votre livre « Contre Macron », vous parlez énormément de l’affaire Benalla. En quoi est-elle, selon vous, révélatrice de l’exercice du pouvoir par Emmanuel Macron ?
« Je pense qu’Alexandre Benalla n’est pas une anomalie du système Macron mais, au contraire, qu’il est celui qui a le mieux compris la dérive autoritaire à laquelle on assiste. Je considère qu’il a été recruté pour mettre en place une garde parallèle, constituée d’agents n’ayant pas à obéir à une hiérarchie policière et ayant à charge, entre autres missions, de provoquer des incidents dans des manifestations. Symboliquement, Benalla pense détenir une forme de toute-puissance alors qu’il est arrivé à son poste par effraction, tout comme Emmanuel Macron d’ailleurs, qui a lui-même employé le terme d’effraction pour qualifier la façon par laquelle il est arrivé au pouvoir ».

Très rapidement dans le livre, vous faites une analogie entre Macron et Mussolini. Ne pensez-vous pas que ces comparaisons pour le moins exces-sives contribuent à dissuader une grande partie des lecteurs de poursuivre l’ouvrage ?

« Au contraire, ce livre a été rédigé en grande partie en juillet 2017 et il a une valeur prédictive par rapport à ce qui se passe aujourd’hui. Soit on ouvre les yeux sur ce qui se passe, soit on les garde fermés. Il y a eu plus de 2 000 blessés depuis le début du mouvement des gilets jaunes, il y a une stratégie délibérée du pouvoir de court-circuiter le fonctionnement démocratique. Le fascisme, ce n’est pas uniquement le nazisme, la Shoah ou les chambres à gaz, qui en sont un avatar. Sous le régime mussolinien, c’était quelque chose de pervers, qui s’insérait au sein du quotidien ».

Vous critiquez les violences du côté des forces de l’ordre mais pas les appels au soulèvement de la part de certains leaders des gilets jaunes ?
« Je pense que s’il y a un sentiment révolutionnaire, il faut l’accompagner, tant que la parole ne prend pas à s’en prendre à quelqu’un en particulier physiquement. Un soulèvement peut être pacifique, on l’a vu lors des printemps arabes. Il y a un vrai désir d’être représenté aujourd’hui et sanctionner des paroles serait extrêmement dangereux. Nous avons créé des institutions pour éviter de s’en prendre les uns aux autres. C’est à Macron d’entendre et de comprendre d’où ça vient. Il devrait régler la situation institutionnellement, avec une dissolution de l’Assemblée par exemple, mais il n’a pas cette intelligence, il est trop narcissique pour cela. C’est en cela que je considère qu’il est trop autoritaire. En ne réagissant pas, il fait le lit du Front National ».

Jusqu’au sein du mouvement des gilets jaunes, où les Insoumis côtoient des membres du Front national voire de groupes bien plus radicaux…
« C’est vrai que des groupuscules d’ultra-droite émergent et c’est aussi la responsabilité d’une certaine gauche, qui a vu dans le mouvement des gilets jaunes quelque chose de sale, parce que ça venait du peuple sombre. C’est le résultat d’années passées à se préoccuper seulement des minorités. Il y a eu un temps de mépris par rapport aux populations, on a fini par oublier que le fondement de tout progrès, c’est l’égalité. À force d’avoir peur, on a laissé la place à l’extrême-droite et, oui, dans certains cortèges, on a senti, parfois, une ambiance malsaine qui ne représente pas ce que sont les gilets jaunes ».

Vous-même, vous avez récemment donné une interview à un site d’extrême droite, « L’incorrect ». N’avez-vous pas la sensation de la banaliser et d’ali-menter les rapprochements avec la gauche radicale, en faisant cela ?
« La banalisation de l’extrême droite est actée, on le voit dans le fonctionnement médiatique. J’y suis allé pour leur dire que leur pensée est malsaine selon moi, et je me fiche de la réaction d’écume qu’il y a eu derrière. Ma démarche n’était pas du tout la même que celle d’Alexis Corbière ou de Thomas Guénolé donnant une interview à Valeurs actuelles pour dire en quoi La France Insoumise est aussi un mouvement populiste ».

Vous étiez candidat pour La France Insoumise aux législatives 2017. Allez-vous vous engager dans la campagne des élections européennes ?
« Non et, au contraire, je pense qu’il faut une abstention massive. C’est la seule solution pour qu’on puisse forcer les décisionnaires à réinterroger le fonctionnement démocratique. Je me suis moi-même présenté afin de tester le système, ça n’avait aucun sens. J’ai perdu au premier tour, je n’ai pas éprouvé la moindre peine, j’étais juste désemparé de voir l’abstention dans certains quartiers de Seine-Saint-Denis. Aujourd’hui, ils n’attendent rien des politiques, uniquement de retisser du lien social ».

Pratique:

Juan Branco sera au Run ar Puñs, ce jeudi soir, à partir de 20 h, à l’invitation de l’assemblée citoyenne de Châteaulin. Il y présentera son livre, « Contre Macron » (éditions Divergences), ainsi que son essai « Crépuscule », disponible gratuitement sur Internet faute d’avoir trouvé un éditeur. Gratuit.
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31 janvier 2019  Dimitri L’Hours
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28 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

quimper justice (fr3 côté-quimper)

kemepr j

Quimper : avocats et magistrats

Manifestent contre le projet de réforme de la justice

Plusieurs dizaines de magistrats et d’avocats en robe ont manifesté lundi matin 28 janvier devant le tribunal de grande instance de Quimper. En boycottant l’audience solennelle de rentrée qui se tenait au même moment, ils entendaient protester contre le projet de réforme de la justice.

« Nous avons décidé de boycotter l’audience de rentrée avec une grande majorité de magistrats pour s’opposer à la réforme de la justice », a expliqué à l’AFP le bâtonnier de Quimper Nicolas Josselin.

Éloignement entre la justice et le justiciable

Les avocats regrettent « un éloignement entre la justice et le justiciable et donc une rupture du ciment social qu’est la justice ». Les mesures votées obligeront nombre de finistériens du sud à se déplacer à Brest ou Lorient, et inversement, pour défendre leurs droits, dénoncent notam-ment les manifestants. « La dématérialisation à outrance » n’est pas une solution, « alors qu’on sait que 20% de la population n’a pas accès à internet », a estimé Nicolas Josselin.

Une réforme adoptée très prochainement

Les manifestants ont organisé sur les marches du tribunal des consultations gratuites et un débat citoyen. Une poignée de Gilets jaunes était également présente en soutien au mouve-ment. L’audience de rentrée a été ponctuellement perturbée par des slogans tels que : « c’est pas les avocats, c’est pas les magistrats, c’est pas les greffiers, c’est Belloubet qu’il faut virer ».

L’Assemblée nationale a adopté mercredi en nouvelle lecture le projet de réforme de la justice, contesté par les professionnels de la justice. Plusieurs audiences de rentrée ont déjà été perturbées. Le Sénat examinera de nouveau le projet le 12 février, et l’Assemblée devrait l’adopter définitivement le lendemain.

T.P.  28/01/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Quimper : les avocats organisent un comité d’accueil pour l’audience de rentrée du tribunal (Côté Brest)

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25 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

quimper justice (côté quimper)

saf

Finistère. Réforme de la justice 

A Quimper, les avocats et des juges vont boycotter l’audience de rentrée

Les députés ont adopté le projet de réforme de la justice. A Quimper, avocats et plusieurs magistrats ne participeront pas à l’audience de rentrée, le 28 janvier 2019.

L’audience solennelle de rentrée du Tribunal de grande instance (TGI) de Quimper (Finistère), lundi 28 janvier 2019, s’annonce particulière.

Les raisons du boycott

En effet, à l’appel du barreau, les avocats ont décidé de la boycotter. Ils ont fait cette annonce jeudi 24 janvier dans un communiqué et précisent qu’ « une majorité de juges du siège » se joindront à cette action pour dénoncer le projet de réforme de la justice.  Or, le texte de loi a été adopté en 2e lecture, mercredi 23 janvier, à l’Assemblée nationale. Nicolas Josselin, le bâtonnier de Quimper, explique :

Une nouvelle fois, les députés n’ont pas entendu l’impérieuse nécessité de revoir le texte. Ils se refusent à ce que les questions relatives à l’évolution de ce service public, pilier de la démocratie, soient intégrées dans le grand débat national engagé par le Président Macron.

Pour rappel, plusieurs avocats de Quimper avaient manifesté à Paris le 15 janvier contre le projet de loi. Qui, selon eux, risque de complexifier l’accès à la justice.

Dans son communiqué, Nicolas Josselin poursuit :

Les mesures votées obligeront nombre de Finistériens du Sud à se déplacer à Brest ou à Lorient, et inversement, pour défendre leurs droits. (…) La numérisation ne sera pas une solution; plus de 20 % de la population n’y a pas accès.

Consultations gratuites et débat devant le palais de justice de Quimper

Cela fait maintenant plus d’un an que les avocats du barreau de Quimper sont mobilisés. Lundi 28 janvier, à partir de 9 h 30, ils envisagent la tenue de consultations gratuites et d’un débat citoyen sur les marches du palais de justice de Quimper.

Ces actions ont pour objectif de montrer « l’indispensable proximité que doit avoir la justice avec les citoyens », souligne Nicolas Josselin. C’est aussi une manière d’interpeller les élus, et représentants des institutions qui assistent à l’audience solennelle de rentrée du TGI.

24 Janvier 2019

https://actu.fr/bretagne/

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Quimper : pour dénoncer la réforme de la justice, les avocats assurent une permanence gratuite dans un camping-car !

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23 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

« casseurs »? (révolution permanente)

flics

Les « casseurs » en manif

Un mythe qui ne date pas d’hier

Depuis le début du mouvement flotte le mot de « casseurs ». On voit avec la radicalité qui ne faiblit pas que le mot, soufflé par le gouvernement et parfois repris par les Gilets Jaunes, n’a pas le même sens des deux côtés de la barricade. 

Le mouvement des Gilets Jaunes depuis ses débuts est marqué par une colère profonde et une radicalité massive qui s’exprime en retour. Dès l’acte II, les Gilets Jaunes ont résisté aux CRS, monté des barricades et manifesté malgré l’interdiction en cours .

A partir de là le gouvernement et les médias dominants ont mis en route la rhétorique des « casseurs ». BFM TV à l’offensive passait en boucle des images de la manifestation en expli-quant que des casseurs y étaient infiltrés. Mais ce moyen de délégitimer un mouvement n’est pas nouveau, en effet la notion de « bons » et de « mauvais » manifestants se retrouvent dans de nombreux moments de lutte de classe.

En 2016, pendant la loi travail par exemple, le gouvernement cherchait déjà à diviser le mouvement avec cette logique. Mais l’utilisation du mot « casseur » remonte en réalité à 1832.

Ludivine Bantigny explique dans un article pour L’autre Quotidien que le gouvernement a alors besoin de faire taire la contestation montante et, trouvant la figure du  » casseur », l’assimile à ce moment-là aux républicains qui luttent contre la monarchie. C’est là que le manifestant qui lutte pour des droits se retrouve transformé pour la première fois en « casseur » dont la seule volonté serait de casser, sans revendication aucune.

On voit qu’aujourd’hui, après l’acte X, le mouvement reste massif, signe que le discours gouver- nemental anti-casseur ne suffit pas pour diviser et faire taire la colère. Pour autant, on peut remarquer qu’une partie des Gilets Jaunes parle de « casseurs », qui évolueraient au sein du mouvement, et avec lesquels ils n’auraient rien à voir et même qui, pour certains, seraient la cause des violences des forces de répression. Pour eux, lorsqu’un policier tire sur un manifestant, c’est un « casseur » qu’il vise et rien de moins.

Pour le gouvernement, manifester alors que c’est interdit par la préfecture c’est être un casseur, refuser de laisser les CRS couper les manifestations, c’est être un casseur, refuser de se laisser gazer, frapper et violenter, c’est être un casseur.

Et une fois les manifestants blessés et mutilés, le gouvernement justifiera la violence des forces de répression par la présence de « casseurs ». Pour renforcer sa rhétorique de casseur , on ne peut pas exclure que la police elle-même infiltre de temps en temps les manifestations pour fabriquer les casseurs, au vu de la quantité de vidéos et témoignages de manifestants. Repren-dre le terme employé par le gouvernement et les médias à sa solde, c’est justifier les coups ou les gaz des forces de répression.

Les gilets jaunes font pourtant preuve d’une grande solidarité avec ceux que le gouvernement appelle « casseurs », on le voit bien avec Christophe Dettinger, le boxeur qui s’est défendu face aux attaques des policiers. Une cagnotte de soutien qui a compté plusieurs dizaine de milliers d’euros a été mise en place, des messages de soutien ont fleuri partout sur les réseaux sociaux, et le slogan « Liberez Dettinger, Benalla en prison » reste l’un des plus repris encore aujourd’hui.

A ce soutien et cette solidarité pour celui qui est l’un des leurs alors qu’il est l’incarnation du « casseur » pour le gouvernement, viennent s’ajouter de nombreuses scènes de résistance et d’affrontement aux policiers . Quand on voit la scène mémorable où les Gilets Jaunes défon-çaient la porte du ministère avec un engin de chantier, on se demande : où sont les casseurs ? Pour le gouvernement ils sont ici, mais pas pour les Gilets Jaunes.

Et ce qui s ’exprime à travers cela, c’est une radicalité de masse, celle d’un mouvement fort qui veut faire reculer le gouvernement. Ce qui n’a rien à voir avec une infiltration de casseurs. Ne reprenons pas les mots d’un gouvernement qui veut diviser le mouvement en inventant des casseurs qui viendraient s’amuser ou décrédibiliser le mouvement .

La violence qui s’exprime dans les rues les jours de manifestations c’est celle du ras-le-bol social, c’est une réponse à la violence de l’état qui envoie ses CRS réprimer les manifestants.

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