Archive | Justice & libertés

20 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

députés bretons (eaux et rivières)

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19 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

loi bichet (npa)

tonnerre de brest 1

Réforme de la loi Bichet : un enjeu démocratique pour la presse en France

Il n’y avait pas de quotidiens nationaux dans les kiosques jeudi 13 septembre. En cause : la « réforme » programmée de la loi Bichet de 1947 sur la distribution de la presse en France qui devrait se faire sur la base du rapport Schwartz, remis fin juillet à la  ministre de la Culture Françoise Nyssen et à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie. 

Marc Schwartz est un haut fonctionnaire, ancien directeur de cabinet de Françoise Nyssen au ministère de la Culture.

Il est celui qui a conclu un accord entre Google et la presse française avec le succès que l’on connait. Avec un rapport supposé faire des propositions pour moderniser la diffusion, on s’achemine vers un plan de libéralisation du secteur de la distribution, fragilisant un peu plus encore la presse en France, de nombreux titres se retrouvant sous la menace de ne plus pouvoir faire face aux coûts de distribution.

Liberté, solidarité, égalité

La loi Bichet (loi issue du programme du Conseil de la résistance) était fondée sur trois grands principes : la liberté (quiconque peut en France créer un journal), la solidarité (le système coopératif permet de mutualiser les coûts de distribution), l’égalité de traitement (la presse est diffusée de façon équitable sur l’ensemble du territoire).

Avec la réforme annoncée, il n’y aurait plus d’obligation pour les titres de passer par une coopérative existante (il en existe deux aujourd’hui : Presstalis et les Messageries lyonnaises de presse), mais d’organiser de nouvelles messageries afin de réaliser des groupages. Cela ressemble à l’ancien système pensez-vous ? Eh bien pas vraiment, dans la mesure où les règles qui avaient cours jusque-là seraient changées, puisque ce serait les éditeurs qui fixeraient seuls leurs barèmes et non plus la coopérative où un éditeur, quel que soit son poids économique, vaut, démocratiquement, une voix.

Là où la loi Bichet était protectrice pour les titres les moins riches, ils se retrouveraient alors à la merci des plus gros : clap de fin du système de mutualisation.

On peut légitimement penser que les titres ne seraient plus traités de façon égalitaire mais que chacun verrait son existence sur le territoire tributaire de ce qu’il serait prêt à débourser. Une pierre de plus dans le traitement inégalitaire des territoires : certains journaux ne pourraient plus exister dans de petites zones rurales où le coût de transport est plus important.

Si le système de distribution est déjà bien imparfait, les mouvements en cours ne feront que l’aggraver, faisant du journal un objet pour les zones urbaines denses et s’adressant à une population au pouvoir d’achat conséquent.

Vers l’uberisation ? 

Pourtant, la presse papier, même si beaucoup l’enterrent déjà, reste un outil indispensable dans la diffusion de l’information palpable et des idées (ce sont plus d’un million d’exemplaires qui sont distribués chaque jour pour les titres les plus importants (le Monde, Aujourd’hui en France, la Croix, le Figaro, Libération, l’Humanité) ; demain un titre comme l’Anticapitaliste sera peut-être juste relayé au centre des plus grandes villes, pour les kiosques qui survivent encore à ce jour.

Et bien entendu ces nouvelles organisations entraineront dans leur sillon la remise à plat des statuts des salariéEs opérant dans la filière…

Tout cela semble laisser entrevoir une « uberisation » de la presse française et pose une question de fond démocratique sur la liberté d’information, la presse devenant une marchan-dise comme une autre. Sera-t-elle demain distribuée par Chronopost ou livrée par Amazon ?

Les ouvriers du Livre ont donc fait grève jeudi 13 septembre à l’appel du SGLCE-CGT 1, et se sont rendus à près de 300 devant le Conseil d’État (avec le SNJ-CGT 2 et le SIPC-CGT 3), où une délégation à été reçue. Le gouvernement, qui n’entend rien négocier ni sur ce sujet ni sur les autres, devra malgré tout entendre la colère de la profession qui est plus que jamais mobilisée contre un projet de régression d’ampleur.

Correspondant

1 – Syndicat général du livre et de la communication écrite, regroupant le pré-presse, la maintenance, l’expédition, la distribution et les entreprises de Labeur.

2 – Syndicat national des journalistes.

3 – Syndicat des imprimeries de presse et de la communication.

Mercredi 19 septembre 2018

https://npa2009.org/

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17 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

ahed tamimi (france 24)

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17 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

protectionnisme (libération)

protect

La gauche peut-elle être protectionniste ?

Un pan de la gauche n’hésite plus à plaider pour cette doctrine économique. Une forme d’opposition au libre-échange qui fait sens, mais aussi une décision qui remet en cause, selon certains, des fondamentaux.

Des «salutations internationalistes», adressées comme un reproche. Fin août, un tweet de Jean-Luc Mélenchon, critiquant «ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salaires et les acquis sociaux», a fait tiquer Olivier Besancenot.

Mise au point de ce dernier : «Ce ne sont pas les immigrés qui font pression sur les salaires, mais le profit que les capitalistes extirpent du travail des salariés, français ou immigrés, en France comme dans le monde entier. Salutations internationalistes». Simple «trollage gauchis-te», pour un militant insoumis débarqué dans la joute, l’échange est pourtant révélateur d’un débat qui agite la gauche: peut-elle, doit-elle être protectionniste ?

Doctrine économique visant à protéger l’économie nationale de la concurrence étrangère par le biais de barrières douanières, le protectionnisme – sans qu’il ne soit encore théorisé comme tel – a longtemps été la norme en France. Alors que le Royaume-Uni renonce à la protection douanière et délègue la régulation de ses échanges aux forces divines du marché dès le début du 19è siècle, la France reste adepte du mercantilisme: ouvrir les vannes pour l’exportation, les fermer pour l’importation.

Le discours de l’adversaire

Le débat sur les droits de douane émerge finalement avec l’essor du libéralisme, dans la deuxième partie du 19è siècle. En 1892, il se concentre autour de la loi Méline (du nom du député des Républicains progressistes Jules Méline, futur président du Conseil), qui renforce la protection douanière sur les importations agricoles.

Dès lors, la gauche est gênée.

D’un côté, le libre-échangisme est associé aux industriels, de l’autre, le protectionnisme «c’est le discours de l’adversaire, la droite tradi», rappelle l’historien Alain Garrigou. «La gauche est gênée aux entournures, d’autant qu’elle se réclame de valeurs universalistes.» Marx a indiqué la consigne en 1848, dans son Manifeste du parti communiste : «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous.» Le protectionnisme, à l’inverse, ne propose aucune modification des rapports de production et d’exploitation. Le peuple «est conçu comme un tout cohérent et non comme une entité traversée de conflits», explique le sociologue Dominique Baillet. Plus de tensions à l’intérieur de la nation donc, seulement une menace venant de l’extérieur. Plus d’ouvriers et de patrons, seulement des Français et des étrangers.

«On parle surtout de la concurrence étrangère et on néglige les autres causes du mal, même celles sur lesquelles on pourrait agir; c’est que la question la plus facile à résoudre semble la question douanière. Et aussi c’est que, pour résoudre les autres problèmes, une meilleure distribution de l’impôt, une meilleure répartition de la propriété foncière, il faudrait demander des sacrifices à ceux qui possèdent, et qu’on aime mieux, en se bornant à des tarifs de doua-ne, en demander à ceux qui ne possèdent pas», explique ainsi Jean Jaurès lors des débats sur la loi Méline.

Et de poursuivre, sans choisir

«Le socialisme […] exclut, à la fois, et la protection qui ne peut guère profiter aujourd’hui qu’à la minorité des grands possédants, et le libre-échange, qui est la forme internationale de l’anarchie économique.» «On n’arrive pas vraiment à comprendre sa position sur le sujet. Au sein même de la gauche, il y a des nuances, des désaccords sur le sujet», explique Alain Garrigou.

Pour ajouter à la gêne, le protectionnisme est très vite associé au nationalis-me et à la xénophobie.

Bien avant la crise des années 30 qui, alliant repli économique et identitaire, mènera cette association à son paroxysme. L’historien David Todd rappelle ainsi qu’en 1846, le principal lobby protectionniste fait imprimer des affiches sur lesquelles on peut lire : «N’est-il pas vrai que c’est en travaillant qu’on gagne de quoi vivre, et que faire travailler l’Anglais pour habiller le Français, c’est donner le pain du Français à l’Anglais?»   

Impasse

Un discours toujours actuel, pour une partie de la droite, allant de Laurent Wauquiez à Marine Le Pen, qui revendique un droit de préemption sur l’alliage protectionnisme-souverainisme-patriotisme. Mais l’impasse de plus en plus évidente dans laquelle mène le système actuel – urgence écologique, inégalités croissantes, délocalisations – a changé la donne.

Première étape du chantier intellectuel

Faire le constat de l’association entre protectionnisme et nationalisme; et la déconstruire. François Ruffin, journaliste-essayiste et désormais député de la France insoumise, écrit ainsi dans Leur Grande Trouille, journal intime de mes pulsions protectionnistes : «Année après année, à force de répétition, une idée semble s’être imposée: s’opposer à la libre circulation des produits équivaut à s’opposer au métissage et à l’amitié entre les peuples.»

«Le problème du débat politique, c’est la polarité, juge Alain Garrigou. On écoute plus ceux qui veulent parler simplement que ceux qui veulent entrer dans des subtilités. Mais si on est protectionniste, on n’est pas forcément nationaliste. On peut de façon pragmatique se dire qu’on ne peut pas s’interdire des leviers politiques au nom de loi divine du marché à laquelle seuls quelques illuminés croient encore».

Et on pourrait même le faire en étant internationaliste. «Nous avons tellement intériorisé le cadre de la concurrence internationale que nous n’osons plus imaginer de véritables mécanismes coopératifs, au niveau commercial, mais aussi dans la sphère non marchande», assure ainsi l’essayiste de gauche Aurélien Bernier.

«Protectionnisme solidaire»

Ce travail de clarification permet aujourd’hui à Jean-Luc Mélenchon de plaider pour un «protectionnisme solidaire». «C’est un sujet qui, paraît-il, est délicat pour nous. Il ne l’est nullement», a-t-il ainsi averti à Marseille début septembre. «C’est indispensable pour avoir une réponse cohérente vis-à-vis de l’impératif environnemental, explique Manuel Bompard, directeur des campagnes de la France insoumise. Il faut conditionner l’entrée de produits à des condi-tions sociales et écologiques, c’est une harmonisation par le haut.»

Pour un pan de la gauche, il est donc désormais clair que le socle de la souveraineté populaire ne peut être – en tout cas pour l’instant – que la nation. «N’en déplaise à l’internationalisme abstrait, la souveraineté suppose la circonscription d’un territoire», écrit ainsi le chercheur Frédéric Lordon. Certains, à l’image du chef de file des insoumis, n’hésitent donc plus à opposer souverainistes et «mondialistes», bien que le mot soit associé aux Le Pen.

Mais le sujet est encore délicat, notamment car il implique celui des flux humains. Quand Jean-Luc Mélenchon n’hésite plus à dénoncer le libre-échange comme un moyen de faire baisser les salaires par le biais de l’immigration, Benoît Hamon critique la «tentation d’attribuer la précarité du travail aux migrants». Début septembre, en déplacement dans la vallée de la Roya, il a «tiré la sonnette d’alarme» face au risque de l’émergence d’une «gauche nationaliste». «Le nationa-lisme de gauche, je vous le dis, ça n’existe pas, ça finit en nationalisme tout court.»

«Un train en cache souvent un autre»

Interrogé par Libération, Olivier Besancenot abonde: «On nous dit qu’il ne s’agit que des flux commerciaux; et finalement, on en arrive à la question de l’immigration. J’entends qu’il faille un terrain national plus concret pour nos projets d’émancipation mais je dis attention, un train en cache souvent un autre. La question c’est: comment on se protège? Est-ce que les frontières sont la réponse?

Aujourd’hui, on supprime des emplois dans des secteurs non délocalisables comme la fonction publique. Ceux qui exploitent le font ici et ailleurs. J’ai plus de points communs avec un retraité grec ou un chômeur espagnol qu’avec un quelconque capitaliste français. L’illusion, c’est de penser que protectionnisme et libre-échange sont des alternatives alors que ce sont deux facettes d’un même système.» Le porte-parole du NPA appelle donc à «une discussion publi-que de la gauche radicale sur le sujet, plutôt qu’un changement de position qui s’opère à bas bruit».

«Le gros problème du débat public, c’est qu’on considère qu’il y a une contradiction entre la mondialisation et la souveraineté nationale, juge le sociologue Jean-François Bayart. La gauche est piégée par le néolibéralisme.» Selon le chercheur, un système, qu’il nomme le national-libéralisme, domine l’histoire depuis la fin du 18èsiècle. Il reposerait sur trois logiques: l’intégration du système international via le commerce, la technologie ou encore la religion, l’universalisation de l’Etat-nation et le particularisme identitaire.

«On dit que l’Etat perd ses prérogatives mais l’Etat-nation est un enfant de la mondialisation.

Il ne s’agit pas d’un recul, mais d’une délégation au privé», explique-t-il. De la même façon «l’identitarisme» n’est pas selon lui une résistance à l’immigration mais son produit. Incarnation de ce cocktail national-libéral selon lui, Macron : «Néolibéral par excellence, il va en même temps faire ses dévotions à Jeanne d’Arc.» «Mélenchon est intéressant, car on le voit se débattre dans cette contradiction. Si elle n’arrive pas à penser cette triangulation, la gauche n’aura aucune réponse à apporter. C’est la condition du renouvellement de la pensée de la gauche.»

Charlotte Belaich 14 septembre 2018

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16 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

venezuela (global voices)

venezuela (global voices) dans Altermondialisme Wonder-Woman-1-800x450

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Au Venezuela, les femmes font les frais de la crise

“Et voici Patricia, ma sœur, la vraie Wonder Woman.

Mère célibataire de deux enfants, à la tête d’une entreprise malgré une cheville cassée pen-dant neuf mois. Malgré les manifestations et le chaos, le décès de notre père et son incapacité à travailler [à cause de sa blessure], elle est plus géniale que n’importe qui de ma connais-sance. J’ai un respect fou pour elle. Comparé à elle, je suis un dégonflé.” Illustration et légende de l’artiste et dessinateur vénézuélien Leonardo Gonzalez, reproduit avec autorisation.

L’un des visages de la crise économique du Venezuela passe souvent inaper-çu : l’impact de cette crise sur les femmes et les jeunes filles.

Les femmes dirigent quarante-quatre pour cent des foyers du pays, et ce sont généralement elles qui attendent dans les queues interminables au supermarché, qui endurent le système de santé défaillant quand leurs proches tombent malades, et qui pleurent les décès de leurs enfants aux mains de la police, tout en survivant aux statistiques sinistres qui les affligent.

Bien que le gouvernement vénézuélien, qui s’est souvent auto-proclamé “féministe”, ait mis en place des politiques aspirant à réduire la pauvreté féminine, bien d’autres aspects de l’autonomie des femmes ont été négligés. Des programmes de transfert de revenus comme Madres del Barrio (“Mères des quartiers”) en 2006, et Hijas e Hijos de Venezuela (Filles et fils du Venezuela) en 2011, ont créé un filet de sécurité crucial pour les familles en situation d’extrême pauvreté. Combinés, ils ont attribué entre 130 et 300 euros par famille, selon le nombre d’enfants.

D’une autre côté, la Constitution bolivarienne du Venezuela a rendu l’avortement illégal

prolongeant un statut hérité d’un régime politique que les Bolivariens ont pourtant renversé. Ni Chávez ni Maduro, présidents successifs pendant vingt ans, n’ont fait d’efforts pour modifier cet état des lieux. L’avortement ne reste autorisé qu’en cas de danger pour la vie de la mère. Aglaia Berlutti, féministe de premier plan sur Internet et contributrice à Global Voices, souligne les contradictions de la rhétorique chaviste sur l’égalité des sexes :

Au Venezuela le terme “féminisme” a été usé et abusé et surtout, déformé par le pouvoir.

[…] Pendant qu’il parle de représentation politique, le président Nicolás Maduro utilise des termes sexistes pour insulter les minorités […] Pendant qu’il insiste que le nombre de femmes dans l’exécutif est supérieur à celui de n’importe quel autre pays du continent, [les femmes continuent] d’endurer des situations dans lesquelles leur identité continue d’être écrasée par une interprétation historique qui les dévalue. Non seulement les problèmes existants n’ont pas été abordés, mais ils ont aussi été dangereusement aggravés par la violente crise économique.

Selon trois organisations locales de suivi des droits, le Venezuela fait maintenant partie des quinze pays où le taux de féminicides est le plus élevé.

De nombreux cas d’abus sexuels perpétrés par les autorités ont été signalés pendant les manifestations de 2017. En 2016, d’après l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC, qui publie chaque année des statistiques sur les homicides dans le monde), les meurtres au Venezuela ont atteint un taux de 56 pour 100 000 personnes, le plus important en Amérique du Sud. L’Observatoire de la violence du Venezuela (OVV) est arrivé à un taux de 89 pour 100 000 personnes en 2017 avec une méthodologie différente : le pays serait dans ce cas le plus meurtrier au monde.

Également selon l’OCC, 40 % des crimes survenus dans le grand Caracas en juillet 2018 ont été commis par des policiers.

Avec l’intensification de la criminalité et de la violence policière ces dernières années, de nombreuses femmes pleurent la disparition de leurs enfants. Dans un entretien avec La vida de nos [“Notre vie à nous”, NdT], un projet numérique rassemblant les comptes-rendus person-nels de la crise, Elibeth Pulido se souvient du meurtre de deux de ses enfants, dont l’un par un policier : Une demi-heure plus tard ils m’ont appelée pour me dire de venir chercher les enfants. J’ai eu l’impression que mon cœur allait éclater quand je les ai vus et qu’ils m’ont vue. Les regards que nous avons échangés étaient incroyables. Nous ne nous étions jamais regar-dés ainsi ! Ils étaient pieds nus et torses nus [… Et puis] ils m’ont donné la pire nouvelle de ma vie. C’était arrivé à nouveau : ils m’avaient pris un autre enfant.

En outre, la combinaison de l’absence d’éducation sexuelle à l’école et d’un accès insuffisant aux contraceptifs, causé par la pénurie de médicaments [en] dans tout le pays, se traduit par un nombre élevé de grossesses imprévues. La chercheuse et fondatrice du Women Studies Center [“Centre des études sur les femmes”, NdT] de la Central University of Venezuela, expli-que : Des mères préadolescentes, il y en a. Un petit nombre, mais il y en a. […] C’est un cercle vicieux. La plupart de ces jeunes filles n’utilisent pas de moyen contraceptif, elles ont des avor-tements [risqués]. Elles meurent huit mois plus tard à l’hopital d’une infection, et celles qui survivent rentrent chez elles dans des bidonvilles pour prendre soin d’un enfant sans soutien parental.

Enfin, les femmes qui quittent le pays traversent elles aussi des épreuves

Le nombre de Vénézuéliennes victimes de trafiquants en Amérique du Sud et en Europe a quadruplé entre 2014 et 2018. Dans la Colombie voisine, un pays qui a accueilli plus d’un million de Vénézuéliens en 2017, les femmes sont sujettes aux préjugés et aux abus. Pendant que beaucoup accusent les Vénézuéliens de “voler” les emplois locaux et de s’adonner au crime, les femmes sont souvent considérées comme des prostituées. Pour mettre à mal ces idées fausses, la chaîne YouTube féministe “Las igualadas” [“Les égales”, NdT] a réalisé un épisode spécial sur les Vénézuéliens dans la ville frontière de Cúcuta, en Colombie.

Laura Vidal traduction Gwenaëlle Lefeuvre
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Commentaire: Nul doute que le « bolivarisme » a pris un coup de vieux! Pas de changement dans la répartition des richesses, corruption généralisée, quelques allocations et à la fin l’austérité et la répression. Encore une douloureuse expérence « de gauche » !

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

russie retraites (courrier international + amnesty)

russe

Camarades russes

Russie. Dans les petites villes où l’on meurt jeune, la réforme des retraites est dramatique

Avec la réforme du système des retraites, Moscou a ouvert un chantier très impopulaire. Reportage dans une petite ville du sud de l’Oural.

Verkhni Oufaleï est une ville mono-industrielle [ 28 000 habitants, dans la région de Tchelia-binsk, au sud de l’Oural], où le dernier site de production de nickel s’est arrêté en 2015. Ici, comme dans beaucoup de petites villes, la réforme des retraites passe mal. Impossible pour les ouvriers de plus de 50 ans de trouver du travail. C’est déjà une gageure de survivre jusqu’à la retraite.

“Chez nous, ceux qui atteignent 65 ans sont rares. Les gens meurent un ou deux ans après la retraite, explique le député communiste Khalil Mingaliev. Selon moi, il faudrait au contraire abaisser l’âge du départ à la retraite.” Khalil Mingaliev récolte des signatures pour la lettre ouverte du Parti Communiste contre la réforme des retraites et pour la démission du gouvernement.

Les jeunes fuient la ville

Les gens le soutiennent. Outre le site de production de nickel, la ville comptait plusieurs dizaines d’usines, mais elles sont toutes soit fermées, soit moribondes. À l’usine Uralelement, par exemple, les ouvriers attendent les commandes : s’il y a du travail, ils y vont, le reste du temps ils restent à la maison.

“Chez nous, les gens ne peuvent compter que sur la retraite et n’ont pas d’autres revenus. Les jeunes fuient la ville. On vient me voir pour me demander quand aura lieu la manifestation. Des inconnus m’abordent en disant : ‘Nous sommes prêts à signer la lettre et à participer au  réfé-rendum.’ La tension ne cesse de monter, et le maire a peur que la manifestation dérape. Il nous demande si nous saurons les ‘contenir’.”

Les communistes de Verkhni Oufaleï projetaient de se joindre à la manifestation nationale organisée par le PC le 27 juillet, mais la municipalité ne leur a pas délivré d’autorisation. Dans les petites villes, les choses ne se passent pas exactement comme dans les grandes. Khalil Mingaliev affirme que personne ne soutient cette réforme. Il est persuadé que le maire lui-même est contre, mais qu’il ne peut pas le dire. (Le reste est payant)

Vitali Leïbine  13/09/2018
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11 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Un pouvoir pro-riches et raciste qui enferme toujours plus

Les chiffres viennent de tomber, la France emprisonne de plus en plus.

Depuis 2007, chaque année, la population carcérale augmente de plus de 1 000 personnes pour atteindre aujourd’hui plus de 70 000 personnes. A ces chiffres d’ores et déjà effrayants, symptômes d’un État qui n’hésite pas à enfermer les premières victimes de ses politiques racistes contre les milieux les plus populaires (les pauvres et les personnes racisées sont surreprésentées au sein de la population carcérale), il faut ajouter l’inhumanité des conditions d’incarcérations en France.

Le taux d’occupations des prisons s’établit en moyenne à 148 %, avec des pics à plus de 200 % !

Inévitable conséquence d’une telle situation, on se suicide 6 fois plus en prison que dans le reste du pays et le nombre absolu de morts ne fait que croître pour atteindre 113 morts en 2016. Enfin, faut-il rappeler qu’en prison, des entreprises sont autorisées à faire travailler les gens pour des salaires largement en dessous du salaire minimum légal ?

Le NPA défend une politique à l’opposé du tout-répressif et de tout-carcéral.

La prison n’est qu’un outil qui fragilise les populations les plus exploitées. Elle ne fait pas partie de la solution mais bien du problème.

Montreuil, le 9 septembre 2018

https://npa2009.org/

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11 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

ferrand (france info)

pointe raz ferrand

« Un mauvais signal pour la moralisation de la vie politique » : l’asso-ciation Anticor dénonce la candidature de Richard Ferrand à la tête de l’Assemblée

Franceinfo : Comment réagissez-vous à la candidature de Richard Ferrand à la présidence de l’Assemblée nationale ? 

Jean-Christophe Picard : C’est un peu surréaliste. Le président de l’Assemblée nationale a un devoir d’exemplarité, un peu plus que les autres représentants de l’Etat. La République devrait promouvoir les personnes les plus exemplaires, plutôt que celles qui ont profité de leur fonction non pas pour servir l’intérêt général, mais pour s’enrichir elles-mêmes ou leurs pro-ches. Cela nous semble élémentaire. C’est donc un très mauvais signal envoyé à la moralisa-tion de la vie politique, qui n’est pas achevée et doit continuer

Son implication dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne peut-elle être un frein à sa candidature ? 

Les faits, c’est quand même que sa femme s’est enrichie d’un demi-million d’euros sans rien faire, simplement parce que lui était directeur général des Mutuelles de Bretagne. S’il contestait les faits, on pourrait attendre le jugement. Mais Richard Ferrand ne conteste pas que sa compagne se soit enrichie grâce à ses fonctions. Ce n’est d’ailleurs pas contestable car tout un tas d’éléments l’attestent. Lui, ce qu’il dit, c’est que c’est légal et moral. On n’est évidemment pas tout à fait d’accord avec cette analyse. A partir du moment où il utilisait ses fonctions pour enrichir sa compagne, cela pose quand même problème de le nommer président de l’Assemblée nationale, qui est le quatrième personnage de l’Etat.

Pourquoi sa candidature envoie-t-elle, selon vous, un mauvais signal ? 

On a oublié que la politique était aussi une affaire de symboles. Elire quelqu’un comme Richard Ferrand à ce poste-là, c’est un symbole, qui n’est pas forcément positif. Ce n’est pas anecdoti-que. On envoie un message qui dit : “Ce n’est pas grave si vous avez fauté, on va vous pardonner. Jean-Christophe Picard, président d’Anticorà franceinfo. Nous, au contraire, on pense que c’est grave, d’autant plus qu’à l’époque des faits, il était élu et a utilisé ses fonctions pour enrichir indûment sa compagne. Ça ne fait pas très nouveau monde. Et d’ailleurs c’est une déception. On pensait que mécaniquement, avec le changement de visages viendrait le changement de pratique. Mais ce n’est pas du tout automatique et on a vu ressortir des pratiques obsolètes.

Est-ce un phénomène typiquement français ? 

Dans d’autres pays, notamment en Scandinavie, il n’y aurait pas de débat sur l’avenir de M. Ferrand. En France, on débat du recyclage des élus indélicats. On a une tolérance quand même assez étonnante. On a toujours l’impression qu’ils ne sont qu’une vingtaine de person-nes à pouvoir exercer ces fonctions. Mais il y a d’autres talents, et à de telles fonctions, il ne devrait même pas y avoir le débat de nommer quelqu’un avec ce passif.

Cette élection peut-elle être bloquée par les députés ? 

Contrairement à l’élection de Richard Ferrand à la tête du groupe LREM, qui s’est déroulée à main levée, dans le cas de la présidence de l’Assemblée nationale, le suffrage devrait se  dérouler à bulletin secret. Les députés LREM auraient effectivement intérêt à être un peu courageux dans cette affaire.

Alors que Richard Ferrand est pressenti pour prendre la présidence de l’Assemblée nationale, l’association Anticor, qui lutte contre la corruption dans la vie publique, rappelle le devoir d’exemplarité du quatrième personnage de l’Etat. Il brigue le poste depuis longtemps. Alors que la nomination de François de Rugy au ministère de la Transition écologique laisse vide le perchoir de l’Assemblée, le chef de file des députés LREM, Richard Ferrand, a déjà déposé sa candidature, assure Le Figaro. Mais ses détracteurs lui reprochent son implication dans l’affai-re des Mutuelles de Bretagne, pour laquelle il a été visé par une information judiciaire menée par le parquet national financier (PNF) pour « prise illégale d’intérêts » à la suite d’une plainte de l’association Anticor. Son président, Jean-Christophe Picard, estime en effet que cette candida-ture « n’est pas le meilleur choix », alors que l’enquête vient tout juste d’être dépaysée à Lille.

Mahaut Landaz 05/09/2018

https://mobile.francetvinfo.fr

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11 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

unrwa (orient 21 + afps)

unrwa

Pourquoi les États-Unis cessent-ils de financer l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens ?

Les États-Unis, qui étaient les plus grands contributeurs au budget de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East, Unrwa), ont annoncé vendredi 31 août 2018 qu’ils cessaient tout financement de cette organisation.

Qui sont les réfugiés palestiniens ?

En novembre 1947, les Nations unies ont voté le partage de la Palestine alors sous mandat britannique en deux États, Israël et Palestine. Israël a proclamé son indépendance le 14  mai  1948, la Palestine attend toujours sa reconnaissance internationale. Dès 1947, les forces qui allaient devenir israéliennes ont entamé l’expulsion de la majorité des Palestiniens de leurs terres.

À l’issue de la guerre menée par les armées des États arabes contre ce partage, Israël a agrandi le territoire qui lui était alloué, sans jamais fixer les frontières de son État. Depuis sa guerre-éclair de juin 1967, Israël occupe illégalement désormais la Cisjordanie, la bande de Gaza, et a annexé tout aussi illégalement toute la ville de Jérusalem dont la partie orientale, palestinienne, largement au-delà des limites historiques de la ville.

Pendant et après la guerre de 1948, les forces du futur État d’Israël puis son armée ont poursuivi l’expulsion des Palestiniens au moins jusqu’au cessez-le feu de janvier 1949. Quelque 800 000 d’entre eux ont ainsi été chassés de leurs terres entre 1947 et 1949, soit vers la Cisjordanie et la bande de Gaza, soit vers les États voisins : Jordanie, Liban et Syrie. Ils sont devenus des réfugiés. Par la résolution 194 (III) du 11 décembre 1948, l’Assemblée géné-rale des Nations unies a affirmé le droit des Palestiniens réfugiés et de leurs enfants au retour sur leurs terres et à une compensation pour les dommages causés. Afin d’être admis à l’ONU, l’État d’Israël avait dû accepter cette résolution. Mais il refuse depuis de la mettre en œuvre.

Qu’est-ce que l’Unrwa ?

L’Unrwa, ou Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine, a été établi en décembre 1949 par l’Assemblée générale de l’ONU. Il succède à l’Aide des Nations unies aux réfugiés de Palestine (Anurp), créée en 1948. L’agence a pour objectif de répondre aux besoins économiques et sociaux des réfugiés palestiniens et garantit de fait leur statut.

Il fournit ainsi une aide à plus de 3 millions de Palestiniens sur les 5 millions enregistrés comme réfugiés, à travers des programmes d’aide sociale, un réseau d’écoles (plus de 520  000  enfants étudient dans les écoles de l’Unrwa, dont l’éducation représente 54 % du budget) et des centres de santé, à la fois en Palestine occupée et dans trois pays où vivent ces réfugiés : Liban, Jordanie et Syrie. La majorité des réfugiés vivent dans 58 camps reconnus par l’agence onusienne, dont 19 en Cisjordanie, et ils constituent plus des deux tiers de la population vivant aujourd’hui dans la bande de Gaza assiégée par Israël. L’Unrwa emploie plus de 20 000 salariés, en majorité palestiniens.

Pourquoi Donald Trump a-t-il pris cette décision ?

Il y a trois raisons majeures.

— D’abord, l’administration américaine a pris fait et cause pour la politique du gouvernement israélien, le plus à l’extrême droite de son histoire, vis-à-vis de l’avenir de la Palestine, en particulier son refus de voir émerger un État palestinien viable dans les frontières qui existaient en 1967.

Ainsi Donald Trump a-t-il annoncé qu’il pourrait envisager d’autres options que la solution à deux États prévue par le droit international. Il refuse toute condamnation de la colonisation israélienne du territoire palestinien, de même que des assassinats ciblés des manifestants palestiniens par l’armée israélienne (singulièrement dans la bande de Gaza), et toute enquête indépendante internationale. En décembre 2017, en violation du droit international, il a recon-nu l’annexion de Jérusalem par Israël qui a transformé toute la ville en sa capitale, et y a trans-féré le 14 mai son ambassade tandis que plusieurs dizaines de manifestants pacifiques palestiniens étaient tués le jour même dans la bande de Gaza.

— Ensuite, Donald Trump entend faire pression sur la partie palestinienne en asphyxiant les réfugiés, afin qu’elle accepte un plan dit « de paix », toujours pas énoncé en tant que tel dans ses détails, qui l’obligerait à renoncer à son droit à l’autodétermination. Ce plan prévoit notam-ment l’annexion de la majorité des colonies israéliennes pourtant toutes illégales, et le renoncement des Palestiniens à faire de Jérusalem-Est leur capitale.

— Enfin, il entend satisfaire à la demande du gouvernement israélien de liquider les droits des réfugiés, en particulier leur droit au retour. Cela suppose pour l’administration américaine de mettre fin à leur statut.

Les dirigeants israéliens ont salué la décision américaine.

Quelles sont les conséquences de ce retrait ?

Le directeur de l’Unrwa, Pierre Krähenbühl, a rappelé que l’agence est vitale jusqu’à ce que soit trouvée une solution définitive au conflit israélo-palestinien.

Avant même la décision américaine, l’agence onusienne, qui dépend des versements volontai-res des États, subissait déjà un grave déficit. « Fin septembre, l’Unrwa n’aura plus un sou, y compris pour les écoles et les centres médicaux », a annoncé le porte-parole de l’Unrwa, Chris Gunness. La situation est particulièrement grave dans la bande de Gaza assiégée où la majorité de la population dépend de l’aide internationale.

Le 30 août, la Jordanie a annoncé l’organisation d’une conférence le 27 septembre à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, pour obtenir un soutien financier péren-ne de l’Unrwa d’ici la fin de l’année pour combler son déficit. En France, Jean-Yves le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, n’a annoncé une augmentation que de 2 millions d’euros de la contribution française, laquelle passe ainsi à 10 millions annuels.

Isabelle Avran 10 septembre 2018
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04 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

affaires (regards + rp)

rapetout macron

Un an en Macronie : trois mises en examen, six enquêtes en cours et deux affaires classées sans suite

On vous aurait bien fait un Top 10 des macronistes confrontés à la justice, mais ils sont déjà treize.

S’il fallait ne retenir qu’une seule promesse du candidat Macron, la « moralisation » décrocherait assurément la palme. Au final, la « grande » loi portée par François Bayrou n’aura été qu’une réponse à l’affaire Fillon. Un fait divers, une loi. Par la suite, la « morale » macronienne n’aura été qu’une suite d’affaires. À se croire dans l’Ancien Monde. Un peu plus d’un an à peine après l’élection d’Emmanuel Macron, prenons le temps de revenir sur les déboires de la Macronie.

Trois mises en examen

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Alexandre Benalla et Vincent Crase

Faut-il encore présenter le feuilleton de l’été ? Alors qu’Emmanuel Macron profitait de sa piscine à 34.000 euros à Brégançon, une vidéo montrant son homme de main élyséen molestant des manifestants le 1er-Mai venait assombrir le ciel estival macroniste.

Alexandre Benalla n’est pas seulement un barbouze. Il intervient comme bon lui semble, en marge des manifestations, brassard « police » autour du bras. La loi, c’est lui. Le jeune homme de 26 ans dispose aussi d’une voiture (avec chauffeur) équipée de gyrophares, d’un badge lui permettant de se rendre dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale et et de porter des armes à feu. À ce propos, ces armes étaient conservées dans un coffre-fort au domicile de Benalla. Depuis que la justice s’est saisie de l’affaire, le coffre-fort a disparu.

Pour la première fois du quinquennat, Emmanuel Macron est pris de court. Sa communication s’avère catastrophique. Lui et ses sbires accusent les journalistes de ne pas chercher la « vérité ». Même les plus conservateurs des syndicats de police s’offusqueront de voir Benalla invité du JT de TF1. Eux n’ont pas droit à autant de considération.

L’Assemblée et le Sénat tenteront de jouer leur rôle de contre-pouvoir face à un super-Président. Le Palais-Bourbon, aux mains de LREM, abdiquera rapidement, se félicitant d’avoir fait la lumière sur cette affaire, alors que le ministre de l’Intérieur, le préfet de police ou encore Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République, ont menti sous serment.

Un scandale d’Etat que les marcheurs qualifieront de « tempête dans un verre d’eau ». L’Elysée aurait mis à pied Benalla 15 jours, après le 1er mai, avant de le licencier une fois l’affaire rendue public. Un « fait-divers » qui poussera Macron à réorganiser l’Elysée.

Alexandre Benalla a été mis en examen le 22 juillet pour violences volontaires, immixtion dans l’exercice d’une fonction publique, port public et sans droit d’insignes réglementés, recel de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection et recel de violation du secret professionnel. Vincent Crase, un gendarme réserviste salarié du parti LREM, a lui aussi été mis en examen pour les mêmes faits.

De plus, Mediapart révèle que Ismaël Emelien, conseiller spécial d’Emmanuel Macron, devrait se voir lui aussi inquiété dans cette affaire. Il est accusé d’avoir détenu le CD montrant les images volées de la vidéosurveillance des violences du 1er mai. « Tout va bien », pourrait commenter le Président.

M’Jid El Guerrab

Le 31 août 2017, M’Jid El Guerrab, alors député LREM, frappe violemment à coups de casque Boris Faure, un cadre du PS. Deux coups qui causeront un traumatisme crânien au socialiste. Pour sa défense, il accuse Boris Faure d’« insultes racistes ». Depuis, M’Jid El Guerrab a exclu du groupe LREM à l’Assemblée nationale. Il a aussi été mis en examen pour violences volontaires avec arme. L’instruction est toujours en cours.

Six enquêtes en cours

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Laura Flessel

Le 4 septembre, quelques heures avant le remaniement post-Hulot, la ministre des Sports Laura Flessel annonce sa démission pour des « raisons personnelles ». Il n’aura pas fallu 24 heures pour que Mediapart révèle ces « raisons » : « Le fisc a récemment saisi la Commission des infractions fiscales (CIF) de Bercy, en vue d’une possible plainte pénale pour fraude, après avoir découvert des manquements déclaratifs de la ministre concernant une société de droit à l’image », peut-on lire. Plusieurs dizaines de milliers d’euros d’impôt seraient en jeu.

Françoise Nyssen

Avant d’être nommée ministre de la Culture, Françoise Nyssen dirigeait la maison d’édition Actes Sud. C’est à la tête de cette dernière qu’elle s’est permis quelques écarts avec les règles élémentaires d’urbanisme. En 1997, lors de l’agrandissement des locaux parisiens – un immeuble classé – , Françoise Nyssen avait fait réaliser les travaux « sans autorisation », ni « déclaration au fisc  », écrit Le Canard enchaîné. Le journal satirique révèle également d’autres « irrégularités » dans des travaux au siège d’Actes Sud, dans le centre classé d’Arles, effectués en 2011. Une « négligence », tente d’expliquer la ministre. Le parquet de Paris a ouvert jeudi 23 août une enquête préliminaire.

Alexis Kohler

Outre son rôle dans l’affaire Benalla – Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée, avait eu connaissance des agissements violents dès le mois de mai et n’a rien fait savoir à la justice, à l’instar de l’Intérieur et de l’Elysée – ce proche d’Emmanuel Macron est embourbé dans une affaire de conflit d’intérêts.

Alexis Kohler a été directeur financier d’août 2016 à mai 2017 de l’armateur italo-suisse MSC, fondé par des membres de sa famille. Or, depuis 2010, il a aussi représenté l’Agence des participations de l’Etat auprès des Chantiers de l’Atlantique/STX France, dont MSC est client. Il siégeait également au conseil de surveillance du Grand Port maritime du Havre.

Selon Mediapart, avec cette double (triple !) casquette, Alexis Kohler a ainsi pu conclure en 2011 des contrats entre MSC et le port du Havre. Le beurre, l’argent du beurre et la crémière.

Anticor a porté plainte pour « prise illégale d’intérêt », « corruption passive » et « trafic d’influence ». Début juin 2018, le parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête à l’encontre du secrétaire général de l’Elysée.

Muriel Pénicaud

22 mai 2018, la ministre du Travail est entendue comme témoin assisté par le pôle financier du Tribunal de Paris. La justice enquête sur le rôle de Business France – société qui eut pour directrice générale Muriel Pénicaud – dans l’organisation d’une soirée à Las Vegas en janvier 2016 pour le candidat Macron. Une information judiciaire a été ouverte pour des soupçons de favoritisme en juillet 2017, mois au cours duquel Muriel Pénicaud a déclaré qu’elle n’avait « rien à se reprocher ».

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Richard Ferrand

Au printemps 2017, Richard Ferrand fut, l’espace d’un mois, ministre de la Cohésion des territoires. En juin 2017, le parquet de Brest a ouvert une enquête préliminaire sur son passé à la tête des Mutuelles de Bretagne de 1998 à 2012. Le ministre fut remercié et devint président du groupe LREM à l’Assemblée. En 2011, Richard Ferrand a favorisé la société immobilière de sa compagne Sandrine Doucen pour l’obtention d’un marché lors de la location d’un local commercial par les Mutuelles de Bretagne. Après avoir été classée sans suite en octobre 2017, l’affaire est relancée en janvier 2018 avec l’ouverture par le PNF d’une information judiciaire pour prise illégale d’intérêts.

François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard

Mai 2017. Emmanuel Macron commence tout juste son mandat. Trois membres du MoDem font partie du gouvernement, à des postes majeurs : François Bayrou à la Justice, Marielle de Sarnez aux Affaires européennes et Sylvie Goulard aux Armées. François Bayrou aura tout juste le temps de porter sa « grande » réforme de « moralisation ». En juillet 2017, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire pour abus de confiance, recel d’abus de confiance et escroqueries concernant des soupçons d’emplois fictifs d’assistants au Parlement européen. Les trois démissionneront dès juin 2017.

Deux affaires classées sans suite

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Gérald Darmanin

Fin 2017, le ministre des Comptes publics est accusé de viol et d’abus de faiblesse par deux femmes. En février et mai 2018, les affaires sont classées sans suite.

Le 31 août dernier, Gérald Darmanin a obtenu un non-lieu définitif pour une de ces affaires, au motif que « le défaut de consentement ne suffit pas à caractériser le viol. Encore faut-il que le mis en cause ait eu conscience d’imposer un acte sexuel par violence, menace, contrainte ou surprise », a expliqué le juge. La plaignante a fait appel.

L’avocat du ministre a, quant à lui, annoncé l’intention de ce dernier de porter plainte pour « dénonciation calomnieuse ».

Nicolas Hulot

En 2008, une plainte pour viol a été déposée à l’encontre de Nicolas Hulot. Plainte classée sans suite la même année, mais dévoilée en 2018 par le journal Ebdo.

Agnès Buzyn

La ministre de la Santé a frôlé le conflit d’intérêts, ce dont son secteur d’activité n’a pas besoin pour être au centre de moultes théories du complot. À peine nommée, elle s’est vu privée de la tutelle sur l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), car celui-ci est dirigé par son mari, Yves Lévy, depuis juin 2014. Visiblement peu perturbé par la perspective d’un conflit d’intérêts, ce dernier laissait planer le doute, encore en juin dernier, qu’il pourrait briguer un nouveau mandat à la tête de l’institut. Il aura fallu attendre juillet 2018 et l’indignation de la communauté scientifique pour qu’Yves Lévy abandonne l’idée.

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