Archive | Justice & libertés

03 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

soudan (courrier-international inprecor)

soudan

Au Soudan, les femmes peuvent enfin danser et porter des pantalons

Le gouvernement soudanais a abrogé une loi sur “l’ordre moral et public”, qui, selon une interprétation rigoriste de la loi islamique, rendait des actes jugés indécents pour les femmes passibles de châtiments. Une grande victoire pour les Soudanaises, sept mois après la chute du régime militaro-islamiste d’Omar Al-Bachir.

Il y a un an, alors qu’éclatait le mouvement de protestation contre le régime d’Omar Al-Bachir, les Soudanaises prenaient la tête des manifestations. Aujourd’hui, “ces femmes obtiennent leur première victoire”, titre Middle East Monitor.

“Tard dans la soirée de jeudi soir [28 novembre], la loi sur l’ordre public, qui était dirigée spécifi-quement contre les femmes, a été abolie”, rapporte le site soudanais Sudan Tribune. Elle “octroyait aux tout-puissants services de police le pouvoir d’arrêter les gens pour une longue liste d’infractions”, explique le Washington Post.

Des peines allant de coups de fouets à la lapidation

“Ils pouvaient arrêter les femmes qui dansaient, celles qui portaient des pantalons, celles qui faisaient du commerce dans la rue, ou qui fréquentaient des hommes qui n’appartenaient pas à leur famille. Les peines allaient des coups de fouets aux amendes et pouvaient même, dans de rares cas, être la lapidation ou l’exécution”, poursuit le quotidien américain.

Cette loi avait été adoptée lors de l’arrivée au pouvoir du régime militaro-islamiste d’Omar Al-Bachir, l’ancien président soudanais, renversé en avril 2019.

“Une nouvelle ère au Soudan”

Dans un tweet, le Premier ministre, Abdallah Hamdok, a assuré qu’il ne s’agissait pas là d’une “revanche, mais bien de rendre leur dignité aux Soudanais après des années de tyrannie”, rapporte Sudan Tribune. “Il a également ajouté que cela marquait ‘l’avènement d’une nouvelle ère’ au Soudan.”

“Cette loi a été utilisée pour exploiter, humilier et violer des droits fondamentaux. Elle a servi à asservir financièrement et psychologiquement [les femmes]. De nombreuses Soudanaises ont subi des préjudices intolérables. […] Je leur rends hommage”, a écrit le Premier ministre soudanais.

Des manifestations spontanées pour saluer l’abrogation

Aussitôt après l’annonce de cette abrogation, des manifestants sont descendus dans les rues de plusieurs quartiers de Khartoum, la capitale, pour célébrer une décision attendue depuis longtemps, rapportent les médias du pays. Ils dansaient et chantaient des slogans révolution-naires. D’autres lois sur la “moralité”, régissant notamment “la sexualité, la façon de s’habiller ou de se conduire dans le privé”, restent néanmoins en vigueur, rappelle le Washington Post.

En décembre 2018, des protestations contre des mesures d’austérité et l’augmentation du prix du pain avaient éclaté dans ce pays tenu d’une main de fer par Omar Al-Bachir et les militaires depuis 1989, et avaient conduit à la chute de l’autocrate. Une femme, Alaa Salah, tout de blanc vêtue, chantant au milieu d’une foule, était devenue l’icône de ce mouvement mené par les Soudanaises.

03/12/2019

https://www.courrierinternational.com/

Lire aussi:

La chute de l’autocrate Omar el-Béchir (Inprecor)

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01 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

guadeloupe (combat ouvrier)

GRS guad
Guadeloupe CHU : stop à la répression antisyndicale

Le 2 décembre à 8 h les syndicats CGTG et UGTG sont convoqués au tribunal de Grande instance de Pointe-à-Pitre pour le procès intenté par le directeur du CHU Cotellon qui leur réclame 8 000 € suite à la grève de juillet-août.

Non content d’avoir fait durer la grève du CHU plus de deux mois par son intransigeance, le directeur n’a pas jugé bon de retirer sa plainte contre les syndicats, comme cela se fait généralement à la fin d’une grève.

Le nouveau directeur a été présenté comme « un Guadeloupéen homme de dialogue ». En réalité, il a engagé un bras de fer avec les personnels qui combattent la dégradation de leurs conditions de travail.

La grève déclenchée aux urgences s’est étendue à tout l’hôpital face au manque de moyens et de personnel, à l’insalubrité, qui mettent en souffrance patients et agents.

Les grévistes tenaient un piquet à l’entrée avec des prises de parole. Ils filtraient l’entrée et organisaient un service minimum pour assurer la prise en charge des patients.

Pour affirmer son autorité face à cette grève organisée, la direction a porté plainte contre les syndicats pour « blocage de l’entrée » ce que même les huissiers n’ont pu confirmer.

La direction s’imagine pouvoir à coups de sanctions appliquer la politique du gouvernement Macron, qui ne fait que poursuivre ce qui a été commencé par Sarkozy, Hollande et les autres :

ugtg

Démanteler l’hôpital public au profit des requins du privé.

Face à de tels plans soyons nombreux à protester le 2 décembre au tribunal !

http://www.combat-ouvrier.net/

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30 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

liban (amnesty)

liban

Les forces militaires doivent cesser d’arrêter de manière arbitraire et de torturer les manifestants

Les forces armées libanaises doivent cesser d’infliger arrestations arbitraires, actes de torture et mauvais traitements aux manifestants pacifiques. Au cours des dernières semaines, l’armée et les forces de sécurité ont arrêté de très nombreux manifestants à travers tout le Liban.

Amnesty International a interrogé huit manifestants récemment arrêtés et placés en détention, ainsi qu’un avocat qui défend de nombreux manifestants. Des témoignages ont été recueillis et des vidéos et des rapports médicaux analysés. Les manifestants ont raconté avoir été soumis à une longue liste d’atteintes aux droits humains : ils ont notamment été arrêtés sans mandat, passés à tabac, insultés et humiliés, contraints de faire des « aveux » et ont eu les yeux bandés.

Certains ont été détenus dans des lieux secrets, privés de la possibilité de consulter leurs avo-cats ou de communiquer avec leurs familles, privés de soins médicaux et ont vu leurs télépho-nes fouillés. Deux d’entre eux ont déclaré avoir été soumis à des simulacres d’exécution.

« Depuis trois semaines, nous voyons les militaires frapper des manifestants pacifiques et les traîner dans les rues. En période de vives tensions politiques et sociales, les forces armées doivent faire preuve de retenue.

Ces actes violents sont un signe très inquiétant et doivent faire rapidement l’objet d’investiga-tions efficaces et approfondies menées par la justice civile, en vue de traduire en justice les responsables présumés dans le cadre de procès équitables. »

Au moins deux manifestants sont convoqués et inculpés devant un tribunal militaire. Amnesty International demande aux autorités de ne pas juger les civils devant des instances militaires et de veiller à ce que les auteurs d’actes de torture et d’autres mauvais traitements fassent dans les meilleurs délais l’objet d’enquêtes efficaces et approfondies, menées par le système judiciaire civil et non militaire, afin de garantir l’impartialité et le droit des victimes à un recours.

Des arrestations arbitraires brutales

Dans la nuit du 27 novembre, selon le Comité des avocats pour la défense des manifestants au Liban, des membres des services de renseignement de l’armée ont arrêté et détenu deux jeunes hommes, dans le district de Marjeyoun, dans le sud du pays, qui avaient tagué sur les murs des slogans en soutien aux manifestations. Ils ont été interrogés, puis relâchés le lendemain.

Dans sept autres cas recensés par Amnesty International, les forces militaires, notamment les services de renseignement, ont roué de coups les personnes interpellées. Celles-ci ont par la suite été libérées, au bout de quelques heures ou au maximum de six jours.

Le caractère systématique de ces atteintes aux droits humains viole dans les faits les lois liba-naises et les obligations qui incombent au Liban au titre du droit international, notamment la Loi n° 65 réprimant la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et le Code de procédure pénale qui définit le droit des détenus aux garanties d’une procédure régulière, notamment le droit d’entrer rapidement en contact avec un avocat et avec leur famille, et le droit de bénéficier de soins médicaux après l’arrestation.

En outre, la loi contre la torture précise que le procureur général doit saisir les tribunaux de droit commun de tout cas de torture dans les 48 heures.

« Les autorités libanaises doivent respecter les droits des citoyens à une procédure régulière et à un procès équitable au moment des arrestations, et notamment leur expliquer les charges motivant l’interpellation et leur assurer qu’ils pourront rapidement contacter leur avocat ou leur famille et seront protégés contre la torture et les autres formes de mauvais traitements.

Par ailleurs, les cas cités doivent faire l’objet d’investigations diligentées par un tribunal civil, conformément à la loi contre la torture en vigueur au Liban et à ses obligations internationales juridiquement contraignantes.

Aux termes de ces textes, les procureurs civils et militaires sont tenus de transférer sans délai tous les dossiers soumis au tribunal militaire à un tribunal civil, en vue de garantir le droit des citoyens à des procès équitables et à des recours », a déclaré Lynn Maalouf.

29 novembre 2019

https://www.amnesty.org/

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29 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

landi (côté brest)

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Landivisiau doit dire non à la centrale

150 à 200 personnes rassemblées devant le tribunal à Brest

Jeudi 28 novembre 2019, depuis midi, devant le tribunal de grande instance, rue de Denver à Brest, pour soutenir 21 militantes et militants, âgés de 19 à 76 ans, opposés à la construction de la centrale à gaz à Landivisiau, dans le Finistère, convoqués pour démontage de barrières et/ou entrave à la circulation.

Des membres du collectif Landivisiau doit dire non à la centrale, mais aussi d’autres associations et organisations :

Force 5, Gaspare, Commana doit dire non à la centrale, Sizun doit dire non à la centrale, Les Simples, La CLCV, la Fédération Bretagne Nature Environnement , AE2D, des Gilets Jaunes, Les citoyens pour le climat, Youth for climate, Extinction rebellion, UDB, EELV, Solidaires, S-eau-S… (et le soutien du NPA29).

Devant le tribunal, une douzaine de représentants des forces de l’ordre étaient en faction.

«Contre un projet dangereux»

Juliette, porte-parole du collectif Landivisiau doit dire non à la centrale, explique : « Ceux qui sont convoqués pour démontage de barrières le sont pour une manifestation qui s’était déroulée le 23 février, ceux qui doivent répondre du chef d’accusation d’entrave à la circulation pour un autre rassemblement qui s’était déroulé en mars : ils s’étaient simplement assis sur la route pour protester notamment contre la fermeture de chemins communaux et montrer que les travaux de la centrale nous entravent tous ».

Elle poursuit : «21 personnes ont été interpellées et convoquées au tribunal, mais cela aurait pu être d’autres militantes et militants, c’est assez aléatoire. En nous rassemblant devant le TGI aujourd’hui, nous voulons montrer qu’il n’ont pas agi pour en tirer un profit personnel mais plutôt qu’ils se sont mobilisés dans l’intérêt collectif, contre un projet dangereux pour la Bretagne et le monde.»

Les audiences des 21 militantes et militants ont débuté à 13h30 :  «Ceux qui le désirent vont y assister, car l’audience est ouverte au public. Les autres resteront devant le tribunal.» Combien de temps les audiences vont-elles durer ? «Cela peut être long…»

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Cantine et concerts à la salle de l’Avenir

Sur le cours Dajot, une cantine, avec notamment de la soupe, a été installée. Parce que la journée ne s’achèvera pas là. À partir de 19h, nous avons prévu de nous retrouver à la salle de l’Avenir, 22 rue Bugeaud, place Guérin. Sur place, cantine et concerts.

Infos pratiques :

www.nonalacentrale-landivisiau.fr

Facebook : LDDNLC.

28 Novembre 2109 Yann Guénégou

https://actu.fr/bretagne/

Lire aussi :

Opposants à la centrale de Landivisiau convoqués au Tribunal à Brest

Mobilisation contre la centrale à gaz de Landivisiau

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26 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

asiatiques (the guardian)

 tintin

Non au racisme contre les asiatiques!

« Vous entendez dire que les Chinois de France ont peur, c’est vrai »

Les personnes d’origine chinoise font depuis longtemps face aux préjugés et à la violence en France. Mais aujourd’hui, une nouvelle génération prend sa place dans la société.

Le 7 août 2016, Zhang Chaolin, un tailleur de 49 ans, a été sauvagement battu par un groupe de jeunes à Aubervilliers, une banlieue défavorisée de la banlieue nord de Paris, une des victimes d’une série d’agressions violentes contre les Chinois.

Comme les autres victimes, il a été pris pour cible en raison de la conviction répandue selon laquelle les membres de la communauté chinoise transportent une grande quantité de cash,  qu’ils sont dociles et peu susceptibles de se défendre; qu’ils hésitent à signaler des crimes parce qu’ils sont entrés dans le pays illégalement, qu’ils ne savent pas s’exprimer correctement en français, et que même s’ils le font, la police ne les prend pas au sérieux, ou simplement, que les Chinois « gardent çà pour eux».

En fin de compte, Zhang n’avait qu’un paquet de cigarettes et des bonbons sur lui. Il est décédé cinq jours plus tard des suites de ses blessures.

L’année suivante, le 26 mars, Liu Shaoyo, âgé de 56 ans, préparait le repas de ses enfants dans son appartement du 19e arrondissement de Paris lorsque la police est arrivée à son domicile à la suite d’un appel de voisins (la nature de la plainte reste incertaine).

La suite des événements est contestée: sa famille insiste fermement sur le fait qu’il avait simple-ment éviscéré du poisson et avait ouvert la porte en tenant toujours une paire de ciseaux de cuisine; la police affirme avoir agi en légitime défense. De toute façon, ils ont ouvert le feu, tuant Liu.

Au lendemain de la mort de chaque homme, d’énormes manifestations ont été organisées par les français d’origine chinoise, une communauté traditionnellement invisible et sous-représentée dans la vie publique.

J’ai été bouleversé par la vidéo d’une foule de plus de 15 000 personnes sur la place de la République en 2016, peu après la mort de Zhang, le 12 août, pour protester contre la poursuite des attaques contre l’ethnie chinoise à Paris. Une grande partie de ce que j’ai entendu dans les discours de ce jour-là, ainsi que dans les reportages des journaux et sur les médias sociaux, m’a semblé tragiquement familier: les cris d’un peuple qui se sent ignoré par l’État.

Nous travaillons dur, nous évitons les ennuis, personne ne se soucie de nous, nous devons nous battre tous seuls. Tels étaient les sentiments avec lesquels j’ai grandi dans ma famille d’origine chinoise de Malaisie – un sentiment de frustration et une douleur réprimée qui ont éclairé ma vision du monde.

Mais il y avait aussi quelque chose qui m’était totalement étranger dans ces manifestations: la dissidence ouverte, contester la hiérarchie et l’autorité. Les manifestants étaient extrêmement jeunes, extrêmement bruyants et, dans certains cas, disposés à recourir à des actions violentes – tout le contraire de comment les communautés chinoises d’outre-mer, les immigrés connus sous le nom de huaqiao – se sont toujours comportés.

En bref, les manifestations semblaient être nettement françaises.

J’avais été aussi surpris d’apprendre, comme la plupart des gens, que la France compte la plus grande population d’ethnie chinoise d’Europe. Dans un pays où les statistiques raciales s’accor-dent mal avec la notion d’égalité et de citoyenneté à la française, il est souvent difficile de trouver des chiffres précis, bien que la plupart des estimations suggèrent une population d’au moins 600 000 à 700 000 habitants, soit plus du double de celle du Royaume-Uni.

Il y a d’autres surprises. En France, où j’ai voyagé et vécu pendant plus de 15 ans, j’ai toujours pris l’habitude de qualifier quiconque d’apparence orientale ou asiatique de «chinois» une paresse frisant le racisme, en particulier depuis que la France abrite de grandes communautés vietnamiennes et cambodgiennes qui sont arrivées en grand nombre dans les années 1970 après les guerres dans les anciennes colonies françaises.

Mais comme je connaissais des membres des différentes communautés asiatiques, j’ai découvert que j’étais coupable d’avoir négligé un fait qui aurait dû être évident pour moi, à savoir que la grande majorité des Cambodgiens et des Vietnamiens en France sont de d’ascendance chinoise.

C’est-à-dire que comme moi, ils viennent de familles chinoises d’Asie du Sud-Est, familles qui avaient déjà émigré de leur pays d’origine avant de venir s’installer en Europe et pour qui le fait d’être un étranger fait partie intégrante de leur sens de l’identité. J’ai également appris les distinctions existant au sein de la communauté chinoise, principalement entre les Asiatiques du sud-est et les immigrants récents venus directement du continent.

(Voir la suite en lien)

Mardi 26 nov 2019 Tash Aw

https://www.theguardian.com/

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25 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

collectif prison (brest rennes)

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Rennes: Projection du documentaire « Enfermés mais vivants »

Documentaire de Clémence Davigo, en présence de la réalisatrice et des 2 protagonistes Annette Foëx et Louis Perego. Samedi 30 novembre à 18h. Au Bocal, 2 allée de Finlande (arrêt de bus Landrel, métro Le Blosne ou Triangle).

Autre projection du film :

* Jeudi 28 Novembre à 19h
En présence de la réalisatrice ainsi que Annette Foëx et Louis Perego, protagonistes du film
Salle du Port des Bas Sablons, à Saint-Malo Près de la capitainerie – 35400 Saint-Malo

https://blogs.mediapart.fr/

https://expansive.info/

 

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24 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

haïti (anred libération cadtm)

 haiti 2

Haïti, l’esclave rebelle est de retour

Haïti manque pratiquement dans les médias, sauf lorsqu’un séisme, un ouragan, un coup d’État ou quelque chose de ce genre se produit. Du point de vue historique, il ne faut pas oublier qu’Haïti est le seul endroit au monde où l’esclave s’est libéré et a construit une nation, battant sur le champ de bataille le colonialisme et l’esclavage.

Le sujet historique qui a réalisé cela était l’esclave. Dans le reste de l’Amérique latine, le processus d’indépendance était monopolisé par l’élite créole et ceux qui étaient asservis ou asservis étaient utilisés comme chair à canon, à de rares exceptions près.

Quand Haïti a écrit cette belle histoire, l’esclavage était à la mode partout. Les États-Unis sont devenus indépendants en 1776 et l’esclavage a duré jusqu’en 1865, c’est après la guerre de sécession qu’ils ils ont reconnu Haïti.

Deuxio est le thème linguistique. Nous parlons le créole et le français et le reste de l’Amérique latine parle espagnol. Le Brésil parle portugais.

Troisièmement, il y a l’idée coloniale de ce qu’est Haïti. Le peuple haïtien a été construit à partir de l’idée même parmi les gens de gauche, qu’Haïti est un peuple qui suscite la pitié, de la compassion. Beaucoup nous considèrent comme un homme pauvre et lavent leur conscience en nous donnant une pièce de monnaie. Ce n’est pas pensé en termes de solidarité mais en termes d’aide, ils nous regardent et pensent «pauvres petits Noirs».

Quatrièmement, ils présentent l’État haïtien comme un État en faillite, alors que pour moi c’est un État néocolonial au service des intérêts impérialistes et de l’oligarchie.

Il y a un dernier élément: Haïti est un morceau de l’Afrique ici, il y a eu et il y a une fausse représentation de la réalité d’Haïti. Hollywood a déformé la religion du peuple, le vaudou, comme s’il s’agissait de magie et de façon raciste, de la magie qui fait le mal, de la magie noire. La langue créole est considérée comme un patois et non comme une langue.

Notre pays est perdu dans cet océan de fausses représentations, de malversations, de stigmates et de stéréotypes. Nous devrions également être mieux intégré en Amérique latine. L’ignorance pèse sur Haïti.

Si vous demandez à quiconque qui sont les libérateurs de l’Amérique on va vous dire: Bolívar, San Martín, O’Higgins, Miranda… mais jamais Dessalins qui a proclamé la première indépendance  et mis fin à l’esclavage, une première en territoire américain. Ils ne parleront jamais d’Alexandre Petión, sauf au Venezuela, sachant que Bolívar put faire tout ce qu’il a fait grâce à l’aide fournie par Haïti, en armes, munitions, argent, imprimeries, vivres et volontaires.

Plus de 500 Haïtiens sont morts pour l’indépendance du Venezuela et de la Colombie. Quand on lit l’histoire de Napoléon, il y a la défaite de Waterloo, mais la première grande défaite de Napoléon a été le 18 novembre 1803, quand  l’expédition française en Haïti s’est rendue à la bataille de Vertières. Le Vietnam pour eux! Napoléon est connu comme un héros mais ce fut un grand criminel qui maintint l’esclavage en Guadeloupe et Martinique qui souhaitait le restaurer  en Haïti mais n’a pas pu!.

Comme vous pouvez le constater, il y a des éléments historiques, culturels et même linguistiques, qui nous éloignent. Et il y a  le fait que beaucoup d’entre nous continuent à croire en la modernité et à l’eurocentrisme, peu importe la difficulté dans laquelle nous vivons. La pensée décoloniale ne s’est pas encore imposée..

Depuis plus de deux mois, nous en sommes à la dixième semaine, le pays est bloqué, le peuple est dans la rue, des millions de personnes exigent le départ du président et on parle peu de notre pays par rapport à d’autres.

Tout d’abord, il faut commencer à la base, je crois qu’Haïti est un pays qui a écrit une belle histoire, mais qu’en 1806, avec l’assassinat de Dessalins, la contre-révolution a triomphé. Et de 1915 à 1934 ans, les États-Unis occupèrent Haïti et le transformèrent en une parfaite néo-colonie. Ce sont ces structures néocoloniales qui s’effondrent. C’est la base de l’énorme appauvrissement de la population car ils ont réduit des millions d’êtres humains à des conditions d’existence subhumaine.

En Haïti, c’est le chemin de l’esclave révolté qui reprend. Il y a des manifestations quotidiennes, dans ce qu’on appelle en créole « peilok » qui signifie pays bloqué. Ils bloquent par des barricades et toutes sortes de pneus.

L’histoire de l’année dernière se répète: lorsqu’en juillet, il y eut une flambée sociale due à l’augmentation de la consommation de carburant, l’insurrection populaire contraignit le président à revenir sur l’augmentation, à dissoudre le gouvernement et à demander la démission de son premier ministre.

Pareil le 16 octobre de l’année dernière, il y avait 3 millions de personnes dans la rue, le 18 mars, il y avait 2 millions à Port-au-Prince. Il y a des affrontements permanents, le gouverne-ment a organisé des forces pour commettre des massacres dans différents quartiers populaires, mais les gens continuent de résister avec ce qu’ils peuvent, des pierres, des coctails molotov, des bouteilles et des armes.

Ils ne peuvaient pas nous faire plier malgré la répression, malgré le soutien inconditionnel des  ambassadeurs des États-Unis, du Canada, de la France, de l’Espagne, de l’Union européenne, de l’OEA et du Brésil.

Les églises protestante, catholique et vaudou, ainsi que des intellectuels, le conseil des avocats, le conseil des médecins et les étudiants ont manifesté contre ces politiques. Il y a deux mois que les enfants ne peuvent pas aller à l’école, le pays est totalement bloqué, le commerce ne fonctionne plus, c’est incroyable, à l’aéroport presque personne n’arrive, ils doivent souvent annuler les vols, presque toujours à cause de l’insécurité.

On se réveille à Port-au-Prince, le ciel couvert par la fumée des pneus, il y a des fusillades tous les soirs dans différents quartiers, il y a plusieurs journalistes qui ont été tués cette année.  Il y a des massacres ce n’est pas moi qui le dis, il y a des enquêtes internationales, y compris de l’ONU, qui ont reconnu l’existence de massacres et de crimes contre l’humanité commis dans les quartiers.

Dans un quartier appelé La Salina, ils ont tué plus de 80 personnes, violé des femmes et des filles, démembré des personnes, jeté des corps dans une terre en friche, les ont filmés et téléchargés sur Whatsapp. Ce qui se passe est terrible, il y a des endroits où les gens ne peuvent pas circuler, des gangs armés tirent sur tout ce qui s’approche.

Haïti est un pays où il y a une insurrection populaire généralisée, même dans les zones rurales où il n’y avait jamais eu de manifestations auparavant. Il y a une prise de conscience, un saut qualitatif et quantitatif important dans la prise de conscience et la décision de se battre. Parce que nous savons que la seule chose qui peut arriver est de nous libérer.

Personne ne viendra nous aider, personne ne viendra donner quoi que ce soit, c’est clair et c’est ce qui se fera, espérons-le, si les frères latino-américains pouvaient comprendre et nous accompagner davantage.

« Haïti est le seul endroit au monde où l’esclave s’est levé et a construit une nation, détruisant les idées de la modernité, du colonialisme et de l’esclavage sur le champ de bataille. » C’est l’une des clés, qu’ Henry Boisrolin, coordinateur du Comité démocratique haïtien, utilise pour comprendre la réalité actuelle d’Haïti et la barrière de désinformation qui pèse sur le pays. Dans une Amérique troublée, un pays qui devrait être plus d’actualité qu’il ne l’est ».

23/11/2019

https://www.anred.org/

Lire aussi:

Haïti : l’écran humanitaire (Libération)

Le crime du choléra en Haïti (CADTM)

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24 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

iran irak liban (essf àl’e)

irak

Irak: ni Iran,ni USA

Defendre les manifestations en Iran, en Iraq et au Liban

Des protestations à l’échelle nationale ont lieu en Iran ces derniers jours déclenchées par l’augmentation de 50% du prix du carburant ; elles ont été largement réprimées par les forces de sécurité du régime islamique iranien, faisant au moins 200 morts, des centaines de blessés et plus d’un millier d’arrestations.

A l’utilisation écrasante de la force par les organismes de sécurité s’est ajouté un black out d’internet pour empêcher les nouvelles du soulèvement et de sa répression de parvenir au monde extérieur. Les manifestants ciblent le pouvoir islamique et la dictature cléricale, s’atta-quant aux institutions religieuses et aux séminaires, aux banques, aux commissariats de police et aux représentations du leadership clérical.

Les protestations en Iran font suite aux manifestations de masse qui ont eu lieu en Irak et au Liban au cours du mois dernier.

En Irak, plus de 300 personnes ont été tuées et au moins 15 000 blessées. Au Liban, les manifestants ont remporté des victoires en dépit de tentatives de répression violente, dont la dernière fut l’annulation de la session parlementaire pour la deuxième fois d’affilée, après que les manifestants aient bloqué toutes les routes menant au parlement.

Dans les trois pays, les manifestants exigent du travail, de meilleurs services publics, la fin de la corruption, du sectarisme et des interventions du régime islamique d’Iran dans la région. En Irak, beaucoup criaient : ’ ni sunnisme ni chiisme, mais la laïcité’.

En Iran, des slogans proclamaient ’ nous ne voulons pas d’un régime islamique’, et au Liban des manifestants exigeaient la déposition des hommes au pouvoir en criant « ’tous’, cela veut dire ’tous’, Nasrallah en fait partie », en référence au leader islamique. Les manifestations sont profondément laïques, et les jeunes et les femmes y tiennent un rôle dirigeant.

Nous en appelons à toutes et à tous pour faire preuve d’une solidarité et d’un soutien sans faille vis à vis des manifestations et pour défendre les droits et les libertés universels et l’exigence de laïcité.

Nous en appelons aussi au public pour se mobiliser autour de la condamnation des forces gouvernementales – y compris les milices islamiques- qui veulent étouffer les légitimes soulèvements populaires qui tentent de faire advenir un avenir meilleur.

vendredi 22 novembre 2019

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Iran : le régime écrase la contestation dans le sang et la terreur (ESSF)

En Irak, la répression n’entame pas la révolte (ESSF)

Iran. Le régime fait face à une nouvelle crise (A l’Encontre)

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19 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

préfets (les-inrocks npa rp)

prefet

« Les yeux n’ont pas une très grande valeur pour le gouvernement”

Didier Lallement est-il sorti de son obligation de neutralité en déclarant à une femme gilet jaune : “Nous ne sommes pas dans le même camp” ?

Sébastian Roché Je ne pense pas. Je pense qu’il exerce la fonction de préfet telle qu’elle a été conçue par Napoléon, sur les pouvoirs du Lieutenant Général de Police créé en 1667. A partir du coup d’Etat du 18 Brumaire, qui met en place le Consulat, la République devient un régime politique autoritaire, et l’outil de l’autorité du chef de l’Etat, c’est le préfet.

Napoléon en fait le chef du gouvernement localement. Cette fondation historique est reprise dans la Constitution de 1958 : “Dans les collectivités territoriales de la Républi-que, le représentant de l’Etat, représentant de chacun des membres du gouvernement, a la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois.”

Il représente l’Etat et le gouvernement, pas le peuple. Il n’est pas élu, mais nommé par le gouvernement central, et révocable instantanément par lui. Les préfets  ont aussi la particularité de se contrôler eux-mêmes.

Ce sont eux qui sont en charge de mettre en œuvre les politiques locales, et de contrô-ler le respect des lois. Ils sont dans une position unique. Non seulement le préfet n’a pas de comptes à rendre aux citoyens, mais il est celui qui juge de la légalité de son propre comportement.

Cela le place dans une position où, par conception, il n’a pas à se soucier des citoyens et des habitants. Cette forme administrative autoritaire a survécu dans l’organisation de l’Etat actuelle. Didier Lallement a exprimé d’une façon crue sa fonction. Il participe à l’exercice de la “domination politique”, selon le terme de Max Weber.

Cette prise de position fait écho à la posture de dramatisation des désordres endossée par le Premier ministre, le président et le ministre de l’Intérieur. Ce que fait Didier Lallement s’inscrit dans le choix d’une communication politique faite il y a un an, au début du mouvement des Gilets jaunes. (Extraits)

Le préfet n’est pas redevable devant ces derniers. L’appréciation de son action n’est en rien liée à ce qu’il fait ou dit aux citoyens. S’il plaît au ministre et au président, ce qu’il dit est bon. Il parle cru, mais c’est une représentation de l’administration face aux citoyens. En France, c’est une problématique assez classique.

Alors qu’un manifestant a perdu l’usage de son œil après avoir été blessé par une grenade le 16 novembre, et que le préfet de police de Paris a affirmé devant une militante gilet jaune qu’il n’était “pas dans le même camp” qu’elle, le chercheur au CNRS Sébastian Roché fait le point sur la phase de polarisation entre police et citoyens.  De nouveau, la rupture entre citoyens et forces de l’ordre est apparue au grand jour, un manifestant qui discutait a reçu une grenade dans l’œil – et en a perdu l’usage. L’IGPN a été saisie. Sébastian Roché, spécialiste des rapports entre la police et la population, est l’auteur du livre De la police en démocratie (éd. Grasset).

19/11/19 Mathieu Dejean

https://www.lesinrocks.com/

Lire aussi:

« L’utilisation d’armes chimiques montre que le maintien de l’ordre on est totalement dépassé et plus du tout dans du rationnel » (NPA)

« Pas dans le même camp » : Lallement s’en va-t-en guerre (Révolution Permanente)

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19 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

espagne que faire ? (à-l’encontre contretemps)

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Que faire?

La liste est facile et elle est dans la tête de tous:

Abroger la réforme du travail;

Abroger la loi Mordaza [ "Bâillon" Atteinte à la liberté de manifester]

Abroger l’article 315.3 du Code pénal, qui permet d’emprisonner les syndicalistes pour avoir exercé leur droit de grève;

Récupérer le pouvoir d’achat des retraites et assurer leur amélioration;

Modifier la loi Montoro [du nom de Cristobal Montoro] qui étouffe économiquement les municipalités, etc.

Le démantèlement de tous ces abus commis par Rajoy et ses politiques pourrait être la base d’une nouvelle impulsion sociale et démocratique. Parce qu’il ne s’agit pas de reculer, ce qui est totalement impossible, mais de prendre des mesures décisives et courageuses pour répondre aux véritables défis de la société:

La lutte contre les inégalités et la précarité;

La mise en place d’un revenu de base et universel

Des politiques féministes courageuses et efficaces;

Des mesures énergiques contre la spéculation immobilière;

Du courage pour affronter la crise climatique et

Une réponse démocratique à la situation en Catalogne.

Sans le démantèlement des politiques de Rajoy, pas de possibilité de politique sociale et démocratique.

Un pacte républicain

L’instabilité est le signe de ces temps, mais elle ne sera pas indéfinie et elle est aussi capable de fatiguer la population. Les bases constitutives du régime de 1978 ont été épuisées:

Le bipartisme [PP-PSOE], l’état des autonomies, la monarchie (l’institution la moins appréciée en Catalogne), la Constitution qui ne sert plus à répondre aux problèmes actuels, le pouvoir judiciaire qui prend des décisions que la politique est incapable de prendre, les inégalités sociales croissantes.

Dans ce contexte, nous devons regarder le futur et non le passé. Le soir des élections, Iglesias a proposé à Sánchez un gouvernement basé sur les articles sociaux de la Constitution. Ces arti-cles n’empêchent pas l’ensemble du réseau étatique de protéger les expulsions des logements [pour emprunts non payés], l’appauvrissement de la population, le démantèlement des services publics de base, la corruption honteuse, le racisme institutionnel et la règle du bâillon [Ley Mordaza].

Sur la base de cette même Constitution et de ses articles, la Cour constitutionnelle a récemment porté des attaques contre le système de santé et le droit au travail.

• S’accrocher à cette Constitution et au régime monarchique, c’est essayer de maintenir ce qui est déjà dépassé et, surtout, ce qui s’est révélé incapable de répondre aux besoins du peuple. Et, d’un autre côté, la menace de la droite est présente.

Pendant des années, la politique du PP s’est cachée derrière une prétendue défense de la Constitution tout en menant des attaques directes et planifiées contre les droits sociaux et démocratiques.

Mais maintenant, grâce à Vox, les droites pointent et indiquent l’étape du type de changements constitutionnels que les oppresseurs doivent mettre en œuvre pour perpétuer leur domination: des coupes dans les droits, qui s’appliqueront à tous, qu’ils soient immigrés ou non; la prison, la répression, le racisme, le machisme et une main très dure en Catalogne, l’interdiction des partis, non seulement les indépendantistes, mais aussi le PNV [Parti Nationaliste Basque]

Si on les laisse faire, tous ceux qui ne sont pas d’accord avec leur idée sur le pays, le drapeau ou le pouvoir des riches. On a déjà vu cela à l’Assemblée de Madrid, lorsque toute la droite a voté l’interdiction des partis indépendantistes.

• C’est pourquoi il est nécessaire, et certainement urgent, de commencer à débattre que pour sortir de l’instabilité actuelle, il faut surmonter le régime politique actuel.

Les tentatives de réforme constitutionnelle ont connu des jours meilleurs par le passé. En effet, même le gouvernement en cours de négociation pour se constituer ne semble pas l’envisager. Or, l’état des autonomies prend l’eau et toute discussion est battue en brèche pour ce qui a trait à de nouveaux accords de financement des autonomies. Les inégalités sociales se heurtent aux intérêts des plus riches et la crise catalane ne trouve aucune réponse dans le cadre constitutionnel actuel, issu du régime de 1978.

Il faut situer le débat sur la nécessité d’une solution républicaine, d’un pacte entre les forces de gauche, souveraines et indépendantistes, entre les acteurs sociaux, les syndicats et les mouvements sociaux, afin d’opérer un tournant démocratique et social.

Les résultats électoraux et la polarisation sociale et nationale l’exigent. Cela se fera soit à partir de positions de gauche et démocratiques, à alors c’est la droite qui le fera à partir de positions autoritaires, antidémocratiques et antisociales.(Extrait)

(Article publié sur le site Sin Permiso, en date du 17 novembre 2019; traduction rédaction A l’Encontre)

Miguel Salas est syndicaliste et membre du comité de rédaction de Sin Permiso.

http://alencontre.org/

Lire aussi:

Élections du 10 novembre dans l’État espagnol : le régime s’installe dans une crise permanente (Contretemps)

Etat espagnol. Après les élections, les inconnues persistent (A l’Encontre)

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