Archive | Justice & libertés

06 avril 2020 ~ 0 Commentaire

peine de mort (el diario)

 bourreau mort
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Lorsque Zaragosse a vaincu la peine de mort
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La bourgeoisie locale florissante et les mouvements ouvriers à forte composante libertaire ont uni leurs forces à plusieurs reprises pour empêcher l’exécution de prisonniers condamnés à la potence à la fin du 19è siècle à Zaragosse. Les échafauds que l’armée installait à proximité de l’actuel marché central ont été détruits à plusieurs reprises à la veille des exécutions.
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La bourgeoisie et les mouvements libertaires et ouvriers ont tissé à plusieurs reprises d’étranges alliances à Zaragosse à la fin du 19è siècle, démontrant avec succès leur rejet de la peine de mort. Sans les révoltes et le sabotage , plusieurs personnes reconnues coupables pour des délits de droit commun seraient mortes sur les échafauds que l’armée dressait à proximité de l’actuel marché central.
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Cette place, située à proximité de la rue Predicadores, où se trouvait la prison de Zaragosse pendant des décennies, porte le nom de Juan de Lanuza en mémoire du juge du même nom, décapité le 20 décembre 1591 par ordre de Felipe II après un conflit entre la noblesse locale et la couronne quelques semaines avant la prise de la ville par les troupes castillanes, qui n’ont rencontré aucune résistance.La milice aragonaise, de seulement 2 000 hommes, s’était dispersée en vérifiant que l’armée du roi les sextuplait en nombre, après quoi Lanuza se réfugia à Épila pendant un peu plus d’un mois avant de rentrer à Saragosse. Il fut été arrêté le jour même de son arrivée pour être décapité le lendemain.
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« Le commerce a fermé ses portes
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« Trois cents ans plus tard, le peuple de Zaragosse empêchait l’exécution des prisonniers, à un moment où l’opposition à la peine de mort est devenue un point de confluence entre la bourgeoisie locale et les mouvements ouvriers, deux groupes qui maintenaient des divergences évidentes et des confrontations difficiles dans ce qu’on appelait à l’époque « la question sociale ».
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Cette alliance a fonctionné à l’automne de 1892. Le 21 septembre, quatre personnes reconnues coupables du meurtre du chapelier Conesa, ont été fixées sur la date de leur exécution. Le directeur de l’atelier et l’épouse du propriétaire, qui entretenaient une relation , avaient embauché pour le tuer un tueur à gages et une quatrième personne. Cependant, le procès et les condamnations avaient laissé à la population le sentiment que quelqu’un avait disparu du banc des accusés et était protégé en raison de sa position sociale.
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La femme et l’un des complices avaient été graciés quelques mois plus tôt, alors que l’amant et le tueur à gages présumé étaient toujours dans le «  couloir de la mort  » lorsque, la veille de l’exécution, une manifestation pour demander sa grâce a  traversé Zaragosse. »
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Alors que la manifestation passait, les commerce a fermé leurs portes », raconte Víctor Lucea dans un ouvrage sur « Prisonniers, bourreaux et foules », dans lequel il décrit une marche en présence de conseillers, de députés et de représentants de l’université, de la chambre de commerce et de la chambre agraire et de différentes associations de commerçants et d’agriculteurs, avec les syndicats amenant la présence de « travailleurs et de femmes du peuple en grand nombre ».
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La légitimation des « classes populaires »
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Le gouverneur civil (préfet) a promis, après avoir rencontré une délégation de manifestants, de communiquer la demande de grâce au gouvernement, mais il ne l’a pas fait. « Le lendemain matin, le public s’est pressé devant la prison en attente du pardon, alors quand le drapeau noir qui confirmait l’exécution est apparu, une colère profonde s’est répandue dans la foule ».Le lendemain matin, les magasins sont restés fermés et la Cour a jugé impossible « d’embaucher un menuiser et cela quelque soit le salaire  » pour construire la potence, dans un mouvement de pression qui a fini par produire des résultats le même jour: non il n’y aurait pas d’exécution.
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« Il semble clair que, qu’il y avait un désir général pour l’amnistie, les protestations populaires dans l’affaire Conesa sont plutôt une exception à la règle », explique Lucea, qui note qu’à la fin de ce siècle il y avait un tel climat de mobilisation à Zaragosse grâce au mouvement ouvrier, que cela  favorisait la protestation, en plus d’un sentiment général penchant pour l’innocence des coupables.
« Ce qui s’est passé dans la rue avec l’affaire Conesa a confirmé les classes populaires dans leur légitimité à demander publiquement justice, comme on peut le déduire de certains commentaires ultérieurs », ajoute-t-il.
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Le bourreau de Barcelone remplace celui de Zaragosse
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Les mobilisations populaires n’obtiendront pas le même résultat en d’autres occasions, comme ce fut le cas l’année suivante avec l’exécution du soldat Juan Chinchaurreta, reconnu coupable d’avoir tué, avec deux autres soldats (graciés), un travailleur de la canne à sucre pour lui voler les cinquante pesetas qu’il apportait à sa famille à Anzánigo, ou en 1900, avec l’exécution des frères Mariano et Lorenzo Ara, reconnus coupables de la mort d’un marchand sur la Plaza del Justicia.
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Ni les émeutes tout au long de la journée, ni le fait que l’échafaud avait été détruit lors d’un sabotage la veille du jour fixé pour les exécutions n’ont pu les empêcher. Les frères Ara ont été les derniers exécutés en public à Zaragosse.Ils furent tués par Nicómedes Méndez, le bourreau de l’Audiencia de Barcelone, qui avait remplacé José González Irigoyen qui après une carrière affreuse de deux cents exécutions (c’est l’homme qui a versé le plus de sang en Espagne), le tribunal de Saragosse avait ordonné son retrait après la mort de Chinchaurreta.
Eduardo Bayona 04/05/2020
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Commentaire:
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Et si les bourgeois abolitionnistes n’avaient tout simplement pas envie « d’énerver » les anarchistes très puissants? Zaragosse et l’Aragon sont la région où le communisme libertaire est allé le plus loin en 1936, avant d’être « remis au pas » par les bourgeois du Front Populaire ».
On peut aussi réfléchir sur la « justice » que l’on nous sert comme « apolitique », « universelle » et qui s’avère être soumise, comme le reste, aux rapports de force de la lutte des classes!
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03 avril 2020 ~ 0 Commentaire

racisme (ucl)

Bandeau-UCL-merle

Confinement, entre mépris de classe et racisme d’Etat

Depuis le début du confinement, un véritable mépris de classe s’affiche partout. Dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans les déclarations des hommes politiques, les responsables semblent tout désignés : es habitant·es des quartiers populaires.

C’est dans ces quartiers que les contrôles sont plus intenses : 10% des verbalisations et des mises en garde à vue concernent la Seine-Saint-Denis pour la première journée de confinement.

Les zones de contrôle sont « ciblées » d’après la police, nombreux sont les signalements des racistes et de multiples agressions policières envers des personnes racisées lors des contrôles ont d’ores et déjà été signalées.

La validité ou non du motif de déplacement laissé à l’appréciation de la police tend à favoriser les inégalités de traitement du non confinement entre les quartiers favorisés ou populaires.

Si les médias semblent faire preuve d’une certaine bienveillance vis-à-vis des personnes appartenant à la classe moyenne et à la bourgeoisie, il n’en est rien concernant les personnes vivant dans la précarité.

Comme toujours, et de manière encore plus visible dans la période, ce sont les personnes racisé·es et habitant.es des quartiers populaires sur lesquels s’abattent le plus la répression. Si les contrôles, amendes et violences policières étaient déjà la norme avant l’apparition de la pandémie, désormais, le coronavirus donne une justification de plus à ces pratiques, poussant le vice jusqu’à placer en garde à vue des personnes sur simple suspicion de défiance et augmentant encore plus les risques sanitaires pour les personnes enfermées.

Le romantisme du confinement, un privilège de classe

Si le confinement se vit sans trop de difficulté pour les plus aisé·es, ayant pu quitter leurs appartements pour des résidences secondaires (transportant potentiellement le virus à des endroits où il n’était pas encore), c’est une tout autre affaire pour celles et ceux qui vivaient déjà dans la précarité.

En effet, comment ne pas s’émouvoir de la vie enfermée pour des familles vivant à plusieurs dans des logements insalubres et/ou de petites tailles, sans balcon ni jardin, quand d’autres nous expliquent la « chance » que peut représenter une telle période pour faire le point sur leur vie ?

Ainsi, il n’est pas étonnant de croiser des personnes dans les rues. L’État, par ses injonctions contradictoires, ne fait que renforcer cet état de fait. D’un côté, on impose le confinement et de l’autre, le gouvernement multiplie les appels à ne pas stopper l’activité économique et encourage à maintenir la production dans des secteurs non essentiels en période de crise.

Dans les quartiers populaires, parmi les populations issues de l’immigration et de la colonisation, nombreuses et nombreux sont les travailleurs précaires, smicard·es, qui continuent de travailler et de mettre leur santé et celle de leurs familles en danger, sacrifié·es sur l’autel du capitalisme (sans oublier ceux ou celles qui ont été mis au chômage et qui vont perdre une partie de leur revenu dégradant encore plus les conditions d’existences).

Les boucs émissaires changent, mais la logique reste la même.

Si nous avons pu observer une explosion du racisme anti-asiatique dans les premiers temps de la crise, c’est aujourd’hui toutes les personnes considérées comme extérieures au consensus national et républicain qui sont touchées par ces logiques.

L’État inscrit sa gestion de l’épidémie dans les quartiers « de reconquête républicaine » dans une logique postcoloniale. En effet, l’actualité nous renvoie à des épisodes de l’histoire coloniale où les populations « indigènes » étaient considérées comme « indisciplinées » et pour qui le confinement était plus sévère.

Aussi, médias et personnalités politiques, de la LREM à l’extrême-droite construisent et diffusent un discours qui vise à culpabiliser et à désigner comme responsables une partie de la popula-tion, racisée et appartenant aux classes populaires, décrite comme « indisciplinée » et « inconsciente ».

Pour eux, il s’agit d’opposer les populations racisées – suspectées de répandre le virus – aux « vrais français·es » susceptibles d’être contaminé·es, malades ou en deuil. Cette rhétorique est d’autant plus abjecte qu’elle cherche à déshumaniser une partie de la population en niant la réalité de leur vécu durant cette crise, et au passage la réalité des difficultés sanitaires encore plus criantes des hôpitaux de certaines villes pauvres, comme en Seine-Saint-Denis.

Des violences policières toujours plus fortes

La multiplication des pratiques coercitives, des discours guerriers et de retour à l’ordre (voir les déclarations du préfet Lallement) sont un prétexte à davantage de répressions et ouvrent la voie à l’arbitraire et aux violences policières sur des personnes lors des contrôles d’attestation dans nos quartiers.

Cette violence raciste sert à masquer les manquements du pouvoir, tant du point de vue de l’échec des politiques urbaines et antisociales passées, que sa gestion catastrophique de la crise sanitaire. C’est aussi dans un contexte de tensions anciennes et d’une certaine défiance des populations envers un pouvoir et une police qui les méprisent, les excluent et les brutalisent depuis des années, que les violences policières s’exacerbent.

Cette situation ne fait que mettre encore plus en lumière les faillites successives de l’État et des communes avant cela.

Alors que nous connaissons une crise sanitaire inédite et violente, l’UCL dénonce la double peine subie par les populations des quartiers populaires : aux risques encourus pour leur santé, s’ajoute les violences de classe, sexiste et raciste, accompagné d’un discours idéologique méprisant et disciplinaire.

Aucune situation, même exceptionnelle, ne justifiera la répression et la désignation d’une catégorie de la population, en raison de sa classe ou de ses origines, comme responsables. Face à cela, ne nous trompons pas d’ennemis, seule l’auto-organisation et la solidarité entre précaires nous permettront de nous en sortir, que ce soit face à la répression ou à l’isolement.

Union communiste libertaire 2 avril 2020

https://www.unioncommunistelibertaire.org/

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31 mars 2020 ~ 0 Commentaire

usa (npa à-l’encontre)

fbi

La tempête se déchaine aux États-Unis

Comme une furieuse tempête, la pandémie de coronavirus a atteint et commencé à ravager les États-Unis, qui comptent maintenant le plus grand nombre de cas recensés dans le monde.

Le coronavirus s’est propagé à tous les États de l’Union avec de grandes épidémies dans les villes de New York, Detroit, Chicago, La Nouvelle-Orléans, la Bay Area en Californie, Los Angeles, Atlanta et Miami.

Partout dans le pays, il y a une pénurie de lits d’hôpitaux, d’unités de soins intensifs, de blouses, de masques, de respirateurs et de ventilateurs pour les soins. Les personnels de santé les plus exposés – médecins, infirmières, tous les autres personnels hospitaliers et les paramédicaux qui conduisent les ambulances – ont souffert de maladies et de décès et travaillent dans la peur.

La peur au travail

Le gouvernement fédéral et ceux des États ont demandé à plus de 158 millions de travailleurEs (sur un total de 200 millions) de rester chez eux. Les cadres et les technicienEs, les professeurEs et autres enseignantEs continuent d’être rémunérés et de travailler à domicile.

Mais de nombreux salariés aux métiers essentiels doivent aller travailler dans la santé, les soins aux personnes âgées et aux enfants, les pharmacies, les épiceries, les entrepôts et les transports, les aéroports, la police et les pompiers, les systèmes énergétiques, la collecte des ordures, les services téléphoniques et Internet, et certaines autres activités essentielles de fabrication et de construction.

Tous ceux et toutes celles qui continuent de travailler sont plus susceptibles d’être exposés à la maladie

Des millions de travailleurEs ont été licenciés et ont déposé une demande de chômage, le plus grand nombre dans l’histoire des États-Unis. Les allocations versées par les États et l’Etat fédéral en aideront beaucoup, mais d’autres n’ont aucun revenu. De nombreux et nombreuses travailleurEs domestiques sans papiers, par exemple, sont déjà à court de ressources.

En réponse à la crise sanitaire et à la récession, le Congrès a voté et Trump a signé un plan de secours de 2000 milliards de dollars qui prévoit des milliards pour les hôpitaux, les petites entreprises et les sociétés, ainsi que des mesures limitées pour les travailleurEs.

Une mesure prévoit de verser jusqu’à 1 200 dollars aux adultes (gagnant moins de 75 000 dollars par an) et  500 dollars supplémentaires par enfant. La loi étend également l’assurance chômage avec un montant supplémentaire de 600 dollars par semaine pendant quatre mois.

Grèves, protestations et entraide

Pour exiger que leurs employeurs ferment leurs entreprises ou bien les sécurisent, les travailleurEs se sont mobilisés dans les entrepôts d’Amazon, dans une usine de transformation de poulet, dans des magasins et des fast-foods.

Des travailleurEs de l’automobile se sont mis en grève sauvage, obligeant leurs entreprises à fermer les usines. Les travailleurEs de l’assainissement de Pittsburgh ont quitté le travail pour protester.

Les travailleurEs de la construction de New York ont ​​forcé l’arrêt de la construction non essentielle. Et les enseignantEs de la ville ont fait pression sur le syndicat et la ville pour fermer les écoles. Des infirmières ont manifesté contre le manque d’équipement de protection individuelle. Des centaines de groupes locaux d’aide mutuelle se sont formés à travers le pays pour aider les personnes âgées et les handicapés.

Les socialistes démocrates d’Amérique (DSA) s’étaient profondément impliqués dans la campagne de Bernie Sanders à la primaire du Parti démocrate, mais maintenant Joe Biden est loin devant, et la pandémie a rendu ce travail difficile.

Le primaire continue théoriquement, mais bénéficie de peu d’attention. Bernie Sanders s’est battu noblement au Sénat pour améliorer le programme de secours tandis que Biden a pratique-ment disparu. Donald Trump domine l’actualité, utilisant chaque conférence de presse sur le coronavirus pour faire également campagne pour sa réélection.

DSA a organisé quelques actions de protestation sur les lieux de travail et, avec les syndicats, s’est engagée dans l’entraide, critiquant la logique de profit dans le système de santé.

Nous exigeons Medicare (l’assurance-maladie) pour touTEs, mais demandons également des nationalisations, des hôpitaux aux compagnies aériennes.

Nous plaidons pour le socialisme. Mais bien que ces idées soient toutes importantes, elles risquent de ne pas être entendues lorsque le chômage et le loyer, la maladie et la mort retiennent toute l’attention des Américains. Il est urgent d’élaborer une stratégie.

Mardi 31 mars 2020 Dan La Botz

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29 mars 2020 ~ 0 Commentaire

double peine (acat solidarités)

droits

Covid-19 : Pas de double peine pour les plus vulnérables

Les mesures législatives et réglementaires sont entrées en vigueur pour les premières d’entre elles depuis une semaine afin de lutter contre la propagation de l’épidémie du Covid-19.
Pourtant, aucune mesure particulière à la hauteur du danger que représente ce virus et sa propagation n’est prise pour protéger les personnes sans abri ou logées en hébergement collectif, les plus vulnérables, pourtant soumises aux mêmes règles de confinement que le reste de la population et dans l’impossibilité matérielle de les respecter.

De multiples autorités se sont pourtant prononcées sur l’urgence de loger et de prévoir des mesures adaptées en faveur des mal-logés ou sans abri.

Ainsi et notamment, le Conseil scientifique a pu souligner dans son avis du 23 mars « la nécessité des mesures d’accompagnement spécifiques pour les personnes en situation de précarité ou sans domicile ainsi que pour les personnes susceptibles de faire l’objet de discrimination comme les « gens du voyage ».

De même, le Défenseur des droits, a justement interpellé le gouvernement sur l’inadéquation des mesures actuellement prises par le gouvernent vis-à-vis de certaines populations et le respect de leurs droits fondamentaux en précisant que « les personnes enfermées, isolées, celles qui vivent à la rue, qui ont besoin d’aide sociale pour une partie de leurs besoins fondamentaux, seront les premières à subir une double peine si rien n’est fait pour les accompagner » (Tribune du 21 mars 2020).

De nombreuses associations ont également alerté sur le risque sanitaire extrême des populations sans abri ou logées dans des hébergements collectifs.

Aussi et face à l’absence de prise en considération des personnes les plus précaires à la rue, en habitat de fortune, ou confinés dans des conditions dangereuses (gymnases, dortoirs) particulièrement vulnérables face à une telle pandémie, les associations:

Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), Droit au logement (DAL), Droits d’urgence, Elu/es contre les violences faites aux femmes (ECVF), Fédération CGT Santé Action sociale, KALI, Gisti, Ligue des droit de l’Homme (LDH) et Utopia 56

ont décidé de saisir le Conseil d’Etat, afin que soit ordonnées en urgence les mesures indispen-sables à la protection des personnes les plus vulnérables et, parmi elles, la réquisition, sur le fondement des textes nouvellement adoptés, des appartements en location meublée touristique et chambres d’hôtels vacants, et tout autre habitation permettant une installation immédiate, lorsque le contingent d’hébergement individuel géré par les prestataires de l’Etat est insuffisant.

L’audience devant le Conseil d’Etat se tiendra le lundi 30 mars à 14h30.

 27 mars  2020

https://www.acatfrance.fr/

Lire aussi:

Et la population la plus précarisée ? (Solidarités)

Les oublié·e·s du confinement (Solidarités)

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27 mars 2020 ~ 0 Commentaire

macron (npa)

macronflics

La marche autoritaire de Macron et de son gouvernement

Le gouvernement a organisé par décrets depuis le 14 mars le confinement généralisé.

Tout en essayant de protéger l’économie, « les premiers de cordée » chers à Macron, plutôt que les salarié·es, lesquels ont compris depuis longtemps que rien ne « ruissellerait » jamais pour eux de l’abondance donnée aux premiers!

En refusant de stopper toutes les productions non indispensables, donc inutiles en ce moment de pandémie, il met les travailleurs en danger.

Et il se moque bien d’envoyer sans aucune protection, même si déjà certain·es y ont laissé leur vie, tous les salariés et salariées dont le travail permet d’assurer les besoins vitaux de tous.

L’application de ces décrets se fait à coups de militarisation de l’espace public et de sanctions surdimensionnées. Alors pourquoi avoir en plus fait adopter à la va-vite une loi créant un état d’urgence sanitaire (EUS) ?

« Leur guerre, nos morts »

Macron ne remet en cause  évidemment strictement rien des responsabilités totales de son monde. Ni la barbarie de l’économie capitaliste, ni la casse systématique de tout ce qui nous permet de vivre ensemble, de faire société : nos services publics, les services de santé, de soins, l’éducation nationale, la recherche publique… la prise en compte de qualité des plus fragiles.

Pire, lui et ses pairs ont bien l’intention que tout recommence comme avant dès que cette épidémie sera terminée. Tout : leurs profits exorbitants, notre exploitation insupportable.

C’est pour cela que le soutien à l’économie, 300 milliards d’euros rien qu’en France, est déjà acté. C’est pour cela qu’il lui faut aussi déclarer l’assignation à résidence pour 66 millions de personnes et pour une durée indéterminée.

Le confinement généralisé, et qui va visiblement être long, est le résultat du manque de tout : la perte de 200 000 lits d’hôpital en 5 ans, l’absence de tests pour toute la population, le manque de gel, de masques, le manque de personnels déjà énorme avant la crise.

Mais notre isolement, ce confinement rendu inévitable pour mater l’épidémie par « ces connards qui nous gouvernent » (Frédéric Lordon) va aussi être utilisé par ceux-là pour nous préparer à accepter notre surexploitation à venir, puisque bien sûr « il faudra bien relever l’ économie ».

L’assignation à résidence généralisée

Concrètement, les dispositions générées par l’état d’urgence adopté en novembre 2015 pour ce qui concerne l’assignation à résidence ­ ­- et qui pour certaines personnes n’ont pas cessé de s’appliquer depuis, il faut s’en souvenir -, sont généralisées aujourd’hui à toute la population.

Une seule règle : plus personne ne bouge de chez soi. Même tous ceux et celles enfermés dans les CRA ou les prisons, et même, comble de l’absurde et de l’inhumanité de ce gouvernement, ceux et celles qui vivent encore et toujours à la rue.

Pour tous les autres, l’obligation de remplir une attestation de dérogation autorisée se double de sanctions disproportionnées. Sans laissez-passer convenable, c’est d’abord 135 euros l’amende, si récidive, 1 500 euros, ensuite cela peut aller à 10 000 euros et 4 mois de prison fermes.

Le directeur général de la sécurité civile a fait savoir que les 100 000 policiers et militaires déployés sur le territoire avaient déjà bien travaillé : 1 million 800 000 contrôles et 91 824 amendes pour non-respect des restrictions.

Il ne parle pas du nombre de GAV, ni des infractions annexes qui ne vont pas manquer de se multiplier : rébellion, soupçons d’intention de prendre la fuite… et qui se termineront elles aussi par des sanctions.

Évidemment, la peur généralisée favorise l’adhésion à « l’union sacrée » que réclame tous les deux jours le président de la République ou ses ministres. Elle vise, bien entretenue notamment par « le journalisme de préfecture » (Acrimed), à obtenir notre consentement au confinement et incite à la recherche des « déviants »…

Ceux et celles qui n’ont rien compris, ou qui le font exprès. Parce que comme l’affirme Jordan Bardella « les banlieues profitent de la situation pour organiser des pillages et des guet-apens contre les forces de l’ordre ».

Ou Marine le Pen « la désinvolture de ces territoires est totale par rapport aux lois de la République et à la solidarité nationale ». Ce qui permet à un Éric Ciotti, droit dans ses bottes, de réclamer « le couvre-feu et le déploiement de l’armée dans ces quartiers ».

Et demain l’état de siège ? Du coup, les délations sont nombreuses (la police demande même l’arrêt des appels au 17 pour dénoncer des rassemblements de plus de trois personnes en bas des tours !).

Se consolide alors la figure bien utile au gouvernement du « bouc émissaire » livré aux racistes ordinaires, le coupable habituel, l’habitant des quartiers populaires. Pourtant c’est souvent lui et « ses sœurs et frères », les tirailleurs d’aujourd’hui, qui accomplissent les tâches sans lesquelles nous serions tous et toutes bien incapables de survivre.

L’EUS, un grand pas de plus vers le droit d’exception généralisé.

Ce gouvernement qui a préféré acheter suffisamment de grenades de type LBD 40 et de gaz lacrymogènes pour les 4 prochaines années et qui est incapable de donner, même plusieurs semaines après le début de l’épidémie en France, des masques de protection aux personnels soignants a cependant les moyens de gérer, quitte à militariser toutes nos vies, le confinement de toute la population.

Malgré cela, il a jugé nécessaire de faire adopter 3 lois en urgence le 23 mars 2020. L’une dite loi de finances rectificative, l’autre dite d’urgence ordinaire, l’autre est une loi d’urgence organique. Il est trop tôt pour faire une analyse approfondie de ce trio de lois. Cependant des tendances se dessinent.

Dans les conséquences connues à ce jour : pour deux mois dans un premier temps la fermeture des marchés couverts, la réduction à une heure par jour de sortie et dans un rayon d’un kilomètre, la possibilité de se rendre dans les centres de soins seulement sur convocation ou en cas d’extrême urgence.

Quant à l’état d’urgence sanitaire, une vraie création sécuritaire, il donne les pleins pouvoirs à l’exécutif. À toute la chaîne de l’exécutif  : du Premier ministre aux préfets. Par décret ministériel ou arrêté préfectoral, la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre, la liberté de se réunir, et cela « jusqu’à nouvel ordre » peuvent être supprimées.

Il ne resterait que la liberté d’expression, et encore. Par ailleurs, l’exécutif peut réquisitionner tous les biens et services qui lui semblent utiles au vu de son analyse de la situation, l’indemnisation des réquisitions sera financée par le ministère de la Défense comme en temps de guerre. Même les logements pour les sans-abri ?

Ce qui est le plus dangereux c’est que ces dispositions prises aujourd’hui pour deux mois devraient être inscrites dans le Code de santé publique le 1er avril 2021. La volonté gouvernementale, c’est qu’elles deviennent pérennes et pourront être utilisées à n’importe quel moment dès que le pouvoir en aura besoin.

Leur peur des contre-pouvoirs, de nos mobilisations qui vont finir par devenir victorieuses les rend inventifs. L’Élysée cherche aujourd’hui à mettre en place « une stratégie numérique des personnes » qui permettrait de suivre les personnes, une sorte de géolocalisation permanente des individus.

Macron a décidément décidé de nous faire essayer la dictature !

Pour défendre et /ou reconstruire leurs prérogatives et leurs profits, ils ont aujourd’hui besoin d’avancer vite à coups d’autoritarisme, à coups de violences sociales, policières, militaires. D’où ce nouvel outil de répression.

Car Macron et ses sbires n’obtiendront jamais notre consentement, notre résignation devant la casse quasi totale annoncée de tous nos conquis sociaux, congés, repos hebdomadaires, temps de travail, âge des retraites, salaires décents… ou devant l’abandon des plus fragiles d’entre nous.

Nous sommes là et nous continuerons d’être là !

Roseline Vachetta Jeudi 26 mars 2020

https://npa2009.org/

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27 mars 2020 ~ 0 Commentaire

riches (reporterre)

partage des richesses

Le gouvernement attaque le Code du travail, mais refuse que les riches fassent un effort

Mercredi 25 mars, le gouvernement a adopté en Conseil des ministres pas moins de 25 ordonnances, dont trois bousculent le droit du travail. Celles-ci réforment en profondeur les droits des chômeurs, le temps de travail, les relations entre salariés et employeurs.

Jusqu’à 60 heures de travail par semaine dans certains secteurs. Objectif : permettre aux entreprises qui sont en surchauffe actuellement de pouvoir faire travailler davantage leurs salariés. À l’heure actuelle, un salarié ne doit pas accomplir plus de 44 heures par semaine en moyenne (sur douze semaines consécutives) .

Désormais et jusqu’au 31 décembre prochain, ce plafond pourra être rehaussé pour les salariés à 48 heures. Au cours d’une même semaine, il sera même possible d’employer de la main-d’œuvre pendant 60 heures au maximum. En cas de refus, le salarié pourra être licencié.

Cela sera uniquement possible dans certains secteurs, dont l’activité est considérée par le gouvernement comme « essentielle à la nation ou à la continuité de la vie économique ». C’est le cas par exemple « des transports, la logistique, l’agroalimentaire, l’agriculture, l’énergie, les télécommunications », précise au Parisien l’entourage de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. La liste des secteurs concernés sera déterminée par un décret attendu dans les prochains jours.

Travail le dimanche. Dans ces secteurs, les entreprises pourront faire travailler leurs équipes le dimanche si l’activité le nécessite, et ce, jusqu’au 31 décembre 2020. Mais seuls les salariés volontaires seront mobilisables.

Congés payés : dates imposées. L’employeur pourra imposer ou différer des dates de congés de ses salariés pour une période n’excédant par six jours. En revanche, les RTT et jours de repos affectés sur le compte épargne-temps du salarié pourront être dictés ou modifiées directement par la direction, sans accord collectif.

Les revenus de plus de 250.000 euros par an protégés des efforts supplémentaires

Mais si le gouvernement attaque le Code du travail sans frémir et sans discussion (les ordonnances n’ont pas besoin de l’aval du Parlement), il refuse de demander tout effort aux plus riches.

Il a rejeté, ainsi que la majorité La République en marche (LREM) et Les Républicains (LR), une proposition d’augmenter la contribution des contribuables les plus aisés à l’effort commun.

Cela s’est déroulé le 20 mars, au Sénat. Le groupe des sénateurs de gauche (« communiste républicain citoyen et écologiste ») a proposé un relèvement de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, instaurée en 1991. Il était proposé que le taux de cette contribution soit porté à 5 % au lieu de 3 % pour les revenus dépassant 250.000 € par an.

Proposition sèchement refusée, ce qui a suscité la colère du sénateur (PC) Fabien Gay : « On a mis une heure de débat pour mettre à bas les acquis sociaux et le Code du travail (…). Et là, on vous propose — pas un amendement révolutionnaire, pas une spoliation — de passer de 3 à 5 %, et on nous dit, “c’est pas le moment, on verra plus tard”. Mais quand ? »

Un amendement visant à rétablir l’ISF (Impôt de solidarité sur la fortune) a aussi été rejeté sans discussion.

26 mars 2020  Hervé Kempf (Reporterre)

https://reporterre.net/

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25 mars 2020 ~ 0 Commentaire

crise (gauche anticapitaliste)

retoir macron

Après la crise, un retour à la normale ?

La crise sanitaire et socio-économique actuelle est un désastre humain. Vu les conditions imposées à une grande partie de la population, le désir premier de retour à la « normale », de retour à une situation pré-crise, est tout à fait compréhensible.

Est-il néanmoins enviable ? Car si le virus est avant tout destructeur, il est aussi un formidable révélateur, voire un amplificateur. Il met à nu ou exacerbe la violence des rapports sociaux de notre société capitaliste néolibérale.

Hausse des inégalités, destruction de nos acquis sociaux, dislocation lente et programmée des services publics, renforcement du racisme dans toutes ses formes et ravage du patriarcat, destruction de la nature, Etat fort et dérives de ses milices policières, mise à mort des personnes sans-papiers, des personnes sans-abris et des réfugié.e.s…

Tout ça, c’était la « normale » d’avant crise. Il n’est donc pas surprenant qu’un retour à celle-ci ne soit plus, pour beaucoup, envisageable. La fin de l’épidémie, c’est oui. Mais en revenir au statu quo, c’est non. Fleurissent par conséquent des appels à ce que cette crise constitue un tournant. Une occasion de changer les choses, de bâtir ensemble un monde plus humain, plus écologique, enfin.

Mais voilà. Nous ne sommes pas les seul.e.s à y voir une opportunité. À l’autre bout de la pyramide sociale également, ils l’ont bien saisi. En plus de bénéficier d’une longue expérience en la matière, ils jouissent d’un avantage considérable : ils sont déjà au pouvoir.

Et ils ne perdent pas de temps. Car les possédants, eux, passent déjà à l’action. Profiter des situations de crise pour redessiner le monde, c’est un peu leur truc. La différence est qu’ils le font pour fortifier leurs intérêts, aux dépends des nôtres. On appelle ça la stratégie du choc.

La stratégie du choc

La stratégie du choc, c’est un concept qui a fait grand bruit lors de la publication du livre du même nom par Naomi Klein. En fait, cette stratégie est assez simple. Elle consiste à utiliser des désastres (coup d’état, guerre, attentats, catastrophe naturelle) pour faire passer des réformes néolibérales et pro-capitales.

Il s’agit de profiter de la désorientation psychologique et physique des populations consécutive au choc, de leur capacité limitée, ou leur incapacité totale, à réagir et à résister.

La crise financière et économique de 2008 en a été un bon exemple. Elle s’est accompagnée de mesures antisociales fortes : sauts d’index, gel des salaires, flexibilisation du travail, renforce-ment des contrôles et dégressivité accrue des allocations de chômage, coupes budgétaires massives dans de nombreux services publics …

Mais cette dimension n’est pas la seule à être à l’œuvre. La stratégie du choc est aussi profondément autoritaire.

Ces deux logiques progressent d’ailleurs ensemble. L’imposition de politiques socio-économiques néolibérales rencontre de la résistance sociale, qui doit être matée par la force brute.

Les conséquences de ces politiques – comme la hausse des inégalités, de la pauvreté, la déqualification sociale – génèrent à leur tour des réponses qui, ici encore, font face à la matraque, l’enfermement sociogéographique ou carcéral, la mutilation et la mort.

Il ne s’agit donc pas d’une retraite généralisée de l’Etat, mais bien d’une reconfiguration continue de celui-ci, au service du capital tant dans sa dimension bienfaitrice pour les possédants que dans sa dimension punitive pour le reste.

C’est ainsi que nos droits démocratiques acquis des luttes passées sont suspendus, au prétexte d’une situation exceptionnelle qui, elle-même, en appellerait à des mesures exceptionnelles. Seulement, de telles mesures n’ont rapidement plus rien de provisoire et les reculs opérés en matière de libertés individuelles et collective se révèlent non seulement permanents mais aussi extensifs.

C’est de cette manière que des dispositifs répressifs concoctés à la suite des attentats terro-ristes sont, plus tard, appliqués à des représentants syndicaux ou des activistes écologistes. De la même manière, des mesures économiques d’urgence en faveur du capital, comme la baisse des impôts sur les profits et des cotisations patronales, ou l’introduction de mesures de flexibilisation du marché du travail, prennent un caractère structurel et durable.

Ne nous y trompons pas. Les nationalisations et les interventions massives de l’Etat dans l’économie ne témoignent pas d’un retour en force de la social-démocratie keynésienne. À nouveau, le cas récent de la crise financière et économique de 2008 le montre.

S’il faut reprendre la main en temps de crise pour assurer la perpétuation de l’ordre capitaliste néolibéral à plus longue échéance, qu’il en soit ainsi. Parions d’ailleurs que les nationalisations d’aujourd’hui donneront lieu à des re-privatisations demain, entrecoupées d’une gestion étatique au service du capital.

De même pour la suspension des règles budgétaires européennes par la Commission. Le ministre allemand de l’économie a déjà été clair à ce sujet : une fois la crise passée, retour à l’austérité.

Quoi qu’il en soit, et comme l’a parfaitement qualifié Daniel Tanuro (1), le plan de lutte actuel est une réponse capitaliste néolibérale, patriarcale et autoritaire à l’épidémie. À cela devons-nous également ajouter sa dimension profondément raciste, depuis l’association médiatique du coronavirus à des images de femmes voilées portant des masques jusqu’aux pratiques policières particulièrement agressives pour le respect du confinement dans les quartiers populaires.

Si guerre il y a, pour reprendre les termes de Macron, c’est celle des possédants contre le reste. C’est la guerre des classes, se déployant comme toujours sous toutes ses dimensions racistes et sexistes.

Cette crise sanitaire ne fera pas qu’en dévoiler encore plus les conséquences. Elle fera passer la guerre au stade supérieur, lui fournissant le contexte de son propre renforcement, de son extension et de son approfondissement. C’est la stratégie du choc, à laquelle il faut collectivement résister.

Le monde nouveau que l’on désire ne viendra pas de lui-même. Il ne viendra pas des instances inféodées au capitalisme, ni des individus qui le servent. Espérer quelque chose des milieux patronaux, alors qu’ils ont mis tant de vies en danger, plus personne ne devrait y croire.

Mais attendre quelque chose de similaire des politiciens des grands partis traditionnels, est tout aussi dangereux. Un tel monde ne se fera pas non plus en collaborant avec eux, en répondant aux appels à l’union nationale.

Il n’y a pas d’union ou de solidarité dans l’oppression et l’exploitation. Soyons clair : le monde d’aujourd’hui s’est fait par eux et contre nous. Nous le payons de nos vies.

Contre nous encore, construisent-ils le monde de demain, leur monde de demain. Puisque nous refusons le retour à la normale, ça aussi, nous le refusons.

Et nous affirmons avec force que le monde de demain se fera par nous et contre eux. C’est la seule voie possible. « There is no alternative » (2).

Charles Hampton  25/03/2020

https://www.gaucheanticapitaliste.org/

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25 mars 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

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Contre le coronavirus et le capitalisme, organisons la solidarité!

Le Parlement a adopté, dans la nuit de samedi à dimanche, le projet de loi d’urgence sanitaire. Cette loi indigente quant aux mesures élémentaires de santé publique n’est en réalité qu’un prétexte pour continuer le démantèlement du code du travail et exposer des milliers de travailleurEs à un danger mortel pour garantir les profits.

Un crime sanitaire prémédité

Le gouvernement voudrait nous faire croire que nous serions entrés en guerre contre un            « ennemi invisible ». Mais les causes qui ont permis la propagation du CoVid-19 sont, elles, bien identifiables. Le gouvernement Macron, tout comme ses prédécesseurs depuis des décennies, a multiplié les politiques d’austérité, faisant des services publics des variables d’ajustement économique, en sacrifiant moyens matériels et humains sur l’autel des réductions budgétaires.

Les raisons du confinement sont donc davantage à chercher dans la vacuité du système de santé public, devenu incapable d’absorber le nombre croissant de malades, de les soigner dignement. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, assume dans cette logique que le tri des patientEs est une option qu’il ne faut pas exclure.

Une crise sanitaire sur fond de guerre de classe

Contrairement aux déclarations hypocrites d’Emmanuel Macron sur l’éloge de l’État providence, la remise en cause du libéralisme ou encore les nationalisations préconisées par le Medef, la crise du coronavirus a considérablement intensifié la guerre de classe contre les milieux populaires.

Édouard Philippe a d’ailleurs précisé qu’il était hors de question d’interdire les licenciements, et la loi d’urgence sanitaire va laisser les mains libres au patronat pour organiser à sa guise le temps de travail. L’article 7 autorise le gouvernement à légiférer par ordonnances pendant trois mois « en matière de droit du travail, de droit de la sécurité sociale et de droit de la fonction publique ».

Les activités économiques et industrielles non essentielles sont maintenues et les intérimaires sont aujourd’hui en première ligne. L’avidité des capitalistes vaut plus que la vie d’un travailleur de Renault-Cléon, assassiné par les patrons de l’automobile. Il faut exiger l’arrêt immédiat des productions non essentielles avec maintien intégral du salaire !

Outre l’instauration des contrôles policiers, de la fermeture des frontières, l’État instrumentalise la crise sanitaire pour renforcer sa politique sécuritaire et autoritaire dans les lieux de privations de liberté comme les prisons, les hôpitaux psychiatriques, les centres de rétention administrative où les personnes sont contraintes de prolonger leur détention.

Des mesures liberticides qui tombent à pic au regard des fortes mobilisations de ces dernières années et qui pourraient servir de laboratoire pour les séquences à venir et être pérennisées.

Résistance et organisation

L’urgence du moment, c’est aussi de continuer à faire de la politique, car plus grave que le coronavirus, il y a le capitalisme. Le 12 mars, Macron affirmait qu’il fallait « dépenser sans compter » pour sortir de la crise. Nous refusons de payer cette crise ! C’est aux grandes entreprises, aux plus riches de financer les mesures d’urgences sanitaires et sociales en prenant sur les profits :

• Production de masse de masques, des tests, de respirateurs…

• Arrêt de toutes les productions non indispensables, droit de retrait sans condition, sans perte d’emploi et de salaire ;

• Augmentation immédiate des budgets hospitaliers ;

• Réquisition des entreprises de la santé et des cliniques privées.

À nous de prendre nos affaires en main, d’organiser un confinement solidaire basé sur l’entraide. À nous de réinventer et de développer de nouveaux modes d’actions, de communication et de solidarités, de penser l’auto-organisation qui serait la base d’une société socialiste.

Mardi 24 mars 2020

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Vote de la loi d’urgence sanitaire : des attaques contre le droit du travail au nom de l’urgence sanitaire (NPA)

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22 mars 2020 ~ 0 Commentaire

migrant-e-s (ujfp acat)

refugees

Exilé.e.s, migrant.e.s et demandeurs / euses d’asile

Sont nos frères et soeurs !

Face à l’épidémie de coronavirus qui sévit en France, Emmanuel Macron compte la freiner en faisant notamment appel à l’hôpital public.

Il compte aussi sur des mesures de confinement et de fermetures des frontières européennes.

Compte-t-il aussi la freiner en laissant les migrants entassés, dans des conditions déplorables, dans les Centres de rétention administrative (CRA) ? En laissant dormir dans la rue ou, quand ils ne sont pas détruits, dans des camps de fortunes, des mineurs étrangers isolés, des sans papiers, des femmes enceintes et/ou des enfant en bas âge ?

Compte-t-il aussi la freiner en poursuivant les expulsions hors des frontières, comme cela se fait notamment en Grèce, à coup de fusil et en repoussant les bateaux à la mer, sans aucun souci de la santé des personnes victimes de ces agissements ?

Compte-t-il la freiner en laissant des familles immigrées vivre dans des logements insalubres et trop petits ou en expulsant des travailleurs immigrés de leurs foyers ?

Compte-t-il la freiner en laissant nombre de travailleurs sans papiers continuer à travailler sous peine, s’ils se protègent en restant chez eux, de ne plus être payés ou, s’ils vont travailler, de se faire arrêter par la police et enfermer en CRA ?

Compte-t-il la freiner en continuant la chasse aux migrants, aux maraudeurs solidaires et à tous ceux qui aident les sans papiers ?

En fait, de toutes ces personnes, il n’est pas question dans les discours, alors que ce sont les plus précaires, celles qu’il faudrait protéger en priorité car les plus vulnérables. Tout se passe comme si elles n’existaient pas. Les migrants sont devenus invisibles.

Mais les virus ne connaissent pas les frontières, ni les origines des gens, ils frappent tout le monde, sans discriminations.

Alors que la journée internationale contre le racisme devait voir plusieurs manifestations en France le samedi 21 mars, l’UJFP tient à réaffirmer qu’elle continue à travailler contre le racisme et les discriminations sous toutes leurs formes. Nous demandons à tous d’être plus vigilants que jamais et de soutenir les migrants.

jeudi 19 mars 2020 par Coordination nationale de l’UJFP

https://www.ujfp.org/

Lire aussi:

Salubrité publique en période d’épidémie : une urgence humaine et sanitaire (Acat)

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15 mars 2020 ~ 0 Commentaire

virus et climat (daniel tanuro)

climato sc

Ecosocialisme : du virus au climat, un même message

Bon, soyons positifs. Depuis le Sommet de la Terre, les émissions de CO2 n’ont fait qu’augmenter, en dépit de toutes les COP, des protocoles, des accords, des « mécanismes de marché », etc.

Aujourd’hui, « grâce » au Coronavirus, la preuve est faite qu’il est possible d’initier une vraie diminution radicale, de l’ordre de 7% en base annuelle. A une condition : produire moins et transporter moins.

Evidemment, Coronavirus ne fait preuve d’aucune discernement, d’aucun plan : il réduit les émissions à l’aveugle, ce qui entraîne une exacerbation des inégalités et de la précarité sociales, en particulier dans les pays les plus pauvres et au détriment des populations les plus pauvres.

A terme, cela peut entraîner des pénuries de biens de première nécessité. Par conséquent, seul.e.s des réactionnaires et/ou des cyniques peuvent se réjouir de l’impact climatique de l’épidémie.

Reste que cette affaire permet dans une certaine mesure de libérer les imaginaires.

Exemples :

- Pourquoi la réduction à l’aveugle des productions et des transports ne pourrait-elle pas céder la place à une réduction consentie et planifiée, en commençant par les productions inutiles et nuisibles ?

- Pourquoi les travailleurs.euses affecté.e.s par la suppression de ces productions inutiles ou nuisibles (les armes par exemple) ne pourraient-ils se voir garantir le maintien de leur revenu et une reconversion collective dans des emplois socialement et écologiquement utiles et valorisants ?

- Pourquoi la mondialisation dictée par la maximisation du profit sur les « chaînes de valeur » des multinationales ne pourrait-elle pas céder la place à une coopération décoloniale basée sur la justice sociale et climatique ?

- Pourquoi l’agrobusiness destructeur de la biodiversité et de la santé, qui favorise la propaga-tion des virus, ne pourrait-il céder la place à une agroécologie prenant soin à la fois de la santé des humains et de celle des écosystèmes, tout en donnant un sens au travail ?

Il est évident que ces alternatives – et d’autres, allant dans la même direction – ne peuvent se concrétiser qu’à travers un changement politique radical.

En effet, que ce soit face au Coronavirus ou face au changement climatique, la réponse des gouvernements est en gros la même :

Ils nient de facto les lois de la nature (la propagation du virus dans un cas, l’effet de l’accumu-lation de CO2 dans l’autre), courent derrière les faits pour ne pas gêner la course au profit, puis tirent de leurs propres incuries le prétexte à des mesures de régression sociale accompagnées de tours de vis autoritaires.

On voit très bien aujourd’hui, grâce à ce fichu Coronavirus, que le changement politique radical doit comporter deux volets :

- D’une part, un volet de mesures anticapitalistes.

Elles sont indispensables pour rompre avec la dictature que la loi du profit exerce sur la société. Je n’entre pas ici dans les détails. Disons simplement ceci : face à l’épidémie de Coronavirus, le problème clé est clairement la subordination de la politique de santé aux intérêts capitalistes, ainsi que la totale liberté avec laquelle des capitalistes peuvent profiter de l’épidémie (en spéculant, ou en accaparant des stocks de matériels et de produits, par ex.). La socialisation de l’industrie pharmaceutique est un axe majeur d’une autre politique. De même, face au changement climatique, un axe majeur, incontournable, est la socialisation du secteur de l’énergie. Et, dans les deux cas, ces socialisations doivent s’accompagner de celle de la finance, qui tire les ficelles.

- D’autre part, un volet de mesures de démocratie radicale.

On ne combat pas une épidémie sans participation de la population, et la majorité de la population ne participera pas à une politique néolibérale-autoritaire qui aggrave les inégalités.

Et c’est la même chose, en beaucoup plus fort, face au changement climatique : les énormes changements de structures et de comportements qui sont nécessaires pour limiter la catastrophe ne sont pas réalisables sans participation de la population, et la majorité de la population ne participera pas à une politique néolibérale-autoritaire qui aggrave les inégalités.

Par contre, elle peut participer – et même avec enthousiasme! – à des politiques restrictives qu’elle contrôle, dont elle a compris la nécessité impérieuse… si (et seulement si) ces politiques améliorent radicalement ses conditions d’existence et le sens de son existence collective.

Ce deuxième point est capital (sans jeu de mots !), surtout quand on le prend – comme il faut le prendre – dans sa dimension Nord-Sud – c’est-à-dire dans sa dimension décoloniale – et dans sa dimension de genre – c’est-à-dire du point de vue de l’émancipation des femmes et des LGBTQ.

En effet, le discours écolo est le plus souvent construit autour de l’affirmation que les change-ments drastiques qui sont nécessaires requièrent un pouvoir fort. Il y a là une très dangereuse convergence objective potentielle avec la droite et l’extrême-droite (convergence qui se manifeste aussi dans la gauche « populiste »).

Or, c’est le contraire qui est vrai. En vérité, il en est face au changement climatique exactement comme face à l’épidémie : les changements drastiques qui sont nécessaires ne sont envisagea-bles QUE moyennant des avancées démocratiques radicales.

Donc aussi, évidemment, des avancées antiracistes, anti-sexistes, anti-homophobes, etc. La démocratie la plus large est indispensable pour permettre l’assimilation du défi, l’appréhension de ses causes profondes, la discussion des mesures à prendre et leur exécution collective.

Vu ainsi, finalement, le Coronavirus pourrait avoir des retombées idéologiques positives, écosocialistes, écoféministes et décoloniales. Dommage qu’il faille les payer au prix fort de l’épidémie…

Daniel Tanuro 12 mars 2020

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