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07 août 2015 ~ 0 Commentaire

99% pour le climat: notre planète, pas votre business! (lcr.be)

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Six ans après l’échec des négociations de Copenhague contre les changements climatiques, les puissances économiques et politiques mondiales se réuniront les deux premières semaines du mois de décembre 2015 à Paris pour la COP21.

Les plus grandes multinationales comme Nestlé et VINCI y défendront leurs intérêts, en opposition totale avec l’impératif de justice climatique. La question climatique a échappé aux classes populaires. Il s’agit durant cette mobilisation de se la réapproprier en mettant la démocratie et la justice sociale au cœur de notre intervention, a contrario des fausses solutions et des nouveaux profits des  capitalistes.

Le capitalisme vert est une imposture!

Nous, les 99 %, devons être conscients que nous serons les premières victimes des consé- quences de l’impasse climatique: migrations forcées et massives, montée des eaux, déser- tification, infertilité des sols, pollution de l’air, etc. Ces menaces toucheront les classes populaires sur tous les continents et en premier lieu les populations des Sud.

A mille lieues des salons où se retrouvent les puissances capitalistes, les peuples s’organisent déjà pour défendre leurs droits et besoins. Ainsi, la Via Campesina lutte pour la souveraineté alimentaire et contre l’accaparement des terres. En Asie du Sud-Est, ce sont des femmes paysannes qui construisent collectivement des alternatives au mode de pro- duction capitaliste. A travers le monde, les luttes contre les grands projets inutiles mobilisent paysans et citadins. La zone à défendre de l’aéroport de NDDL ou les actions contre le TAV (TGV Lyon-Turin) en Italie sont des luttes exemplaires que nous soutenons.

Nous appelons nos délégations à s’engager via le réseau 99% stand for the Climate dans les mobilisations larges qui auront lieu partout dans le monde. Ce réseau nous permet- tra de mener à bien une campagne internationale (diffusion d’affiches, de tracts, utilisation des réseaux sociaux, etc.) à la hauteur des enjeux climatiques. Nous appelons toutes les organisations de la Quatrième Internationale à participer à la  mobilisation internationale de la jeunesse du 14 octobre et au week-end d’actions et de manifestations décentralisées qui aura lieu les 28 et 29 novembre.

Nous terminerons notre cycle de mobilisation par notre propre COP radicale et popu- laire: the Conference of Peoples. Du 11 au 13 décembre, cet espace permettra d’organiser les écosocialistes de manière autogérée. Nous contribuerons alors  à coordonner au som- met de la mobilisation la suite des luttes pour la Justice sociale et climatique. Enfin, seule une participation la plus massive possible à la grande manifestation internationale du 12 décembre permettra de mettre en avant notre alternative écosocialiste !

5 août 2015  Rencontres internationales des jeunes de la Quatrième Internationale

http://www.lcr-lagauche.org/99-stand-for-climate-our-planet-not-your-business/

Lire aussi sur le camp:

http://www.lcr-lagauche.org/eclatant-succes-des-32e-rencontres-internationales-des-jeunes-en-belgique/

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05 août 2015 ~ 0 Commentaire

répression de la gauche en turquie (lcr.be)

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Solidarité avec les militant.e.s kurdes et turcs.

Depuis le 05 juin 2015, et l’attentat qui a frappé les sympathisant.e.s du HDP assemblés à Diyarbakir, la gauche turque et le mouvement kurde subissent une série d’attaques meurtrières.

L’assassinat de 32 militant.e.s et sympathisant.e.s du  SGDF (Fédération des associa- tions de jeunes socialistes) a montré la détermination des forces les plus réactionnaires de la région a noyer le mouvement révolutionnaire turc et kurde dans le sang. Les jeunes de la quatrième internationale dénoncent le massacre de Suruç, la responsabilité de l’Etat turc, son instrumentalisation de l’Etat islamique.

Par la répression des manifestations, la rafle de centaines de militant.e.s, et les bombar- dements visant le PKK depuis le 24 juillet, Erdogan renoue avec les pires traditions dicta- toriales de l’Etat turc. De Gezi à Soma, de Kobané à Bursa, nous réaffirmons notre solidarité avec la lutte de classes populaires turques et kurdes et demandons :

  • La libération des prisonniers politiques
  • L’arrêt des bombardements visant le PKK
  • La levée de l’inscription du PKK à la liste des organisations terroristes
  • L’arrêt des rafles et des poursuites judiciaires contre les militant.e.s de gauche

Direnis devam ediyor (La  lutte continue)

5 août 2015 par Déclaration des Rencontres internationales des jeunes de la Quatrième Internationale

http://www.lcr-lagauche.org/repression-de-la-gauche-en-turquie-solidarite-avec-les-militant-e-s-kurdes-et-turcs/

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30 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

le cadtm est au festival esperanzah! (cadtm)

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La période estivale – synonyme de vacances, de soleil et de détente, est aussi l’occasion de participer à des événements culturels et de prendre le temps de s’intéresser aux sujets que l’on relègue au second plan le reste de l’année. Pour ce faire, l’équipe du CADTM est conviée à participer et animer le « Village des Possibles » au sein du Festival Esperanzah qui se déroulera à Floreffe du vendredi 31 juillet au 2 août.

Le « Village des Possibles », quésaco ??

C’est un espace où se réunissent de nombreuses ONG pour proposer leurs axes de réflexions et leurs alternatives afin de mettre en place une transition sociale et écologique.

Au sein du village, le CADTM disposera donc d’un stand et sera au plus proche de vous fidèles lecteurs, vous fidèles acteurs des alternatives à mettre en place dans notre société. Nous serons à votre disposition pour répondre à vos questions, vos réflexions ainsi que pour vous communiquer quelques-unes de nos publications les plus récentes et bien d’autres choses encore ! Ce sera aussi l’occasion pour l’équipe du CADTM, en plus du stand, de se rapprocher de vous et de tous les festivaliers par l’intermédiaire de deux animations que nous avons spécialement élaborées et adaptées à votre intention !

Les animations du CADTM La première animation sur le thème de l’Aide publique au Développement, intitulée «Une petite pièce pour le Sud sera pour nous l’opportunité d’entrer en contact avec les festivaliers et de les sensibiliser sur les mécanismes de l’APD, tout en les informant sur la réalité des transferts financiers Nord-Sud – Sud-Nord.

La seconde animation, intitulée « Pèse-ô-drome » sera sur le thème toujours plus d’ac- tualité de la dette publique grecque. Derrière l’étendue du dossier grec rendu particuliè- rement complexe par les bobards médiatiques récurrents, nous allons traiter de manière simple, ludique et interactive l’évolution de la dette publique grecque entre 2009-2010 (date d’entrée en vigueur des Memorandum of Understanding) et 2015. A travers notamment le rapport préliminaire de la Commission pour la vérité sur la dette grecque, nous vous invitons, vous et les festivaliers à choisir des mesures d’austérité pour voir quel(s) impact(s) cela a-t-il sur la dette publique grecque.

Le CADTM et son équipe sont impatients de pouvoir vous rencontrer lors de cette très belle initiative !

Lien : Village des Possibles

Floreffe / Namur – Belgique 29 juillet par CADTM Belgique

http://cadtm.org/Francais

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23 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

quand cazeneuve se fout royalement des dégâts du flashball (gdc)

flash

Est-il encore de gauche? 

Le défenseur des droits, Monsieur Toubon, qui ne fait après tout que son travail,  a demandé hier l’interdiction de cette arme dite «non létale» qu’est le flashball.  Non létale entre guille- mets, car un mort, à Marseille, en 2006,  est pourtant à déplorer.

Rien qu’entre 2004, date de son introduction en France par un certain Claude Guéant, qui en porte la lourde responsabilité, et 2013, on recensait déjà 26 personnes grièvement blessées, pour la plupart au visage. Certains y ont même perdu un œil.

Les dits « incidents » sont récurrents, comme en témoigne ce conséquent dossier de Mediapart sur le sujet. Dernièrement, ce qui a fait réagir le défenseur des droits, c’est le cas de ce jeune de 14 ans blessé par un tir de flashball au niveau des testicules par la police, dans la nuit du 13 au 14 juillet, à Argenteuil (Val-ad’Oise).

L’IGPN a d’ailleurs aussitôt été saisie par le parquet compétent, celui de Pontoise. Même cette dernière, usuellement qualifiée de police des polices, s’est déclarée défavorable à l’utilisation du flashball lors de la présentation de  son rapport d’activité pour l’année 2014, le jeudi 21 mai.

Pourtant, contre toute attente démocratique, et malgré des faits têtus, celui qui n’a jamais su prendre ses responsabilités dans le meurtre de Rémi Fraysse s’obstine à consi- dérer que le flashball est un mal nécessaire, alors que ce dernier, au tir particulièrement imprécis, à déjà causé tant de séquelles irréversibles, touché tant de victimes innocentes, qui n’avaient pour seul tort que de participer à une manifestation pourtant autorisée…

Monsieur Cazeneuve à juste consenti à répondre par le biais d’un obscur porte-parole du ministère de l’intérieur, Pierre-Henry Brandet, en un sabir assez significatif de ces gens là, qu’un moratoire sur l’utilisation du flashball serait contre-productif…

Voilà voilà…Et l’on voudrait que je sois confiant en l’esprit de responsabilité de nos dirigeants alors qu’ils ne voient aucun inconvénient à ce que nos enfants soient mutilés par leurs bons soins ? C’est quoi, ce monde dit civilisé qu’on nous sert ici? De gauche, vraiment ?

22 juillet 2015

http://gauchedecombat.net/2015/07/22/quand-cazeneuve-se-fout-royalement-des-degats-du-flashball-est-il-encore-de-gauche/

Lire aussi:

http://npa29.unblog.fr/2015/03/20/passe-darmes-matinale-a-lassemblee-entre-deputes-et-blesses-du-flashball-rue-89/

http://www.npa2009.org/actualite/flashball-protegeons-nous-desarmons-la-police

http://www.revolutionpermanente.fr/Moratoire-et-interdiction-du-Flash-ball-Mais-qu-en-pensent-les-socialistes

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12 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

apprentissage: de la précarité à l’esclavage (npa)

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Le gouvernement ne cesse de mettre en avant l’apprentissage comme solution miracle contre le chômage qui ne cesse d’augmenter, notamment dans la jeunesse.

Le chômage des jeunes atteint en effet des seuils records, avec un taux de près de 23 %. Le nombre d’apprentiEs avait largement diminué au cours des dernières années et le gouver- nement a donc décidé de fixer l’objectif de 500 000 jeunes en contrat d’apprentissage dans les années à venir.

Sois (très) jeune, trime et tais-toi ! L’apprentissage est obligatoirement lié à une formation professionnalisante, mais peut débuter dès l’âge de 15 ans. En première année, un apprenti de moins de 18 ans touchera 364 euros, de 18 à 20 ans 41 % du SMIC et à plus de 21 ans, 53 % du Smic.

Des salaires extrêmement bas pour un travail souvent équivalent à celui d’un sala- riéE. Les contrats d’apprentissage font le bonheur des entreprises et permettent d’éviter les embauches. Le gouvernement de François Hollande qui n’a de cesse de renforcer les avan- tages patronaux a d’ailleurs annoncé une nouvelle mesure : les TPE n’auront désormais plus à prendre en charge ni le salaire ni les cotisations sociales des apprentiEs… désormais rémunérés par l’État !

En plus de coûter peu d’argent, unE jeune en apprentissage est également corvé- able à merci. Ainsi, il peut être transféré d’une entreprise à une autre sans qu’on lui deman- de son avis et voir ainsi son lieu de travail changer du jour au lendemain. La réalité, c’est que quand on est apprenti, on doit se taire et être aux ordres du patron, car au bout du bout, c’est lui qui détermine la validation ou non de la formation.

Un danger pour les jeunes Plus qu’un outil de lutte contre le chômage, le renforcement de l’apprentissage a pour but essentiel d’alléger toujours plus les «charges» des entreprises et de renforcer la précarité de la jeunesse. Si les taux d’embauche au sortir des formations sont corrects, l’accès au CDI reste extrêmement minoritaire. En outre, après une formation en apprentissage, les jeunes ne peuvent en aucun cas se réorienter vers une autre forma- tion plus générale et sont contraints d’intégrer immédiatement le marché du travail, faute d’équivalence possible.

Face à la politique de ce gouvernement qui précarise les jeunes, accompagne les licenciements et multiplie les cadeaux aux entreprises, il faudra imposer la rémunération des apprentiEs à hauteur des conventions collectives de leur branche mais surtout la fin de tous les contrats précaires, notamment de l’apprentissage, et l’accès pour tous à un CDI.

Pour imposer ces mesures, radicalement à l’encontre de la politique de ce gouverne- ment, il faudra donc se confronter à sa politique, dans la rue, dans la grève et dans l’unité des jeunes et des travailleurEs.

Hermann Krebs Dimanche 12 Juillet 2015

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10 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

le frondeur gérard filoche réplique à hollande (les inrocks)

Filoche-Hollande

(Le candidat de Gérard Filoche…)

Sur sa présence à Athènes le jour du référendum

En conseil des ministres François Hollande a ironisé sur la présence de deux frondeurs à Athènes le 5 juillet. Contacté par “Les Inrocks”, l’un des deux intéressés, Gérard Filoche, lui répond.

L’humour légendaire de François Hollande se fait volontiers mordant lorsqu’il s’agit des irréductibles frondeurs du PS. D’après Le Canard enchaîné (08/07), en Conseil des ministres ce 1er juillet, le président de la République aurait ironisé à propos de deux d’entre eux : Pascal Cherki et Gérard Filoche. Au nom de leur courant interne au parti, la motion B (30 % au dernier congrès), ceux-ci avaient décidé de se rendre à Athènes le 5 juillet pour passer le week-end avec les partisans du “non” et leurs camarades de Syriza.

Le scud de François Hollande fuse : “Au moins, là-bas, ils vont trouver des gens pour manifester avec eux !”. Et un ministre d’enfoncer le clou, confiant au canard : “Les frondeurs ne sont pas capables de mettre plus de 3 000 personnes dans la rue en France. Donc, s’ils veulent manifester avec un peu de monde, il vaut mieux qu’ils aillent à Athènes”.

Une explosion sociale à la rentrée

Contacté par Les Inrocks, Gérard Filoche répond : “J’ai bien compris qu’il avait un grand sens de l’humour, mais il est parfois un peu déplacé. Depuis trois ans on me répète qu’il n’y a personne dans la rue, que ce soit contre la loi Ayrault sur les retraites, contre la loi Macron le 9 avril, etc. François Hollande ironise là-dessus, mais il va y avoir une explosion sociale, et nous ferons tout pour qu’il y en ait une. Je suis sûr que les jeunes vont se mettre en mouve- ment à la rentrée contre Valls qui introduit le fait qu’on peut faire un 3e CDD. C’est l’équi- valent du CPE. L’Unef, le MJS, le MJCF seront vent debout, et il verra s’il n’y a pas des mobilisations de masse.”

Par ailleurs, Gérard Filoche relativise le petit nombre de socialistes présents à Athènes le 5 juillet : “Je suis allé avec Pascal Cherki à Athènes parce que c’était très symbolique. On était mandatés par la motion B, qui représente 16 membres au Bureau national du PS, sur 58.” La motion B avait obtenu 30% des votes au congrès du PS fin mai.

Gérard Filoche s’était déjà rendu à Athènes le 25 janvier lors de la victoire de Syriza aux législatives. Il annonce à la rentrée un “grand meeting” de son courant, auquel Syriza et Podemos seront invités. 08/07/2015 | 18h34

http://www.lesinrocks.com/2015/07/08/actualite/le-frondeur-gerard-filoche-repond-a-hollande-sur-sa-presence-a-athenes-le-jour-du-referendum-11759612/

Voir aussi:

http://www.revolutionpermanente.com/La-gauche-de-la-gauche-demande-a-Hollande-de-soutenir-le-peuple-grec

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08 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

«génération radicale», le rapport qui voulait encadrer la jeunesse (ccr)

sine holland

En 4 mois et 68 pages, Malek Boutih, député PS de l’Essone, a réussi le pari, dans son rapport intitulé « Génération radicale », de la justification d’une nouvelle offensive bonapartiste contre la jeunesse, qu’il faudrait unir derrière le drapeau de la République.

Maillage d’islamophobie et d’infantilisation, son rapport se targue de l’objectif de « l’ana- lyse et de la prévention des phénomènes de radicalisation et du djihadisme en particulier », basé sur la publication de statistiques qui portent à 65% la proportion d’individus de moins de 25 ans au sein de la filière djihadiste. Rendu au Premier ministre le 2 juillet, et publié dans les médias, ce rapport a reçu l’approbation de Manuel Valls, ainsi que de nombreuses figures politiques de droite, quant aux personnalités de gauche, aucune ne s’est encore exprimée à son sujet.

Sexe, drogue et rock’n roll Les 20 premières pages produites par l’ancien directeur de SOS-Racisme sont dédiées à la description et l’analyse d’une jeunesse «frustrée, prête à basculer». M. Boutih nous fait une démonstration de tout son mépris pour ces jeunes, en nous dressant le portrait d’une «génération au bord de la rupture», qui, face à l’absence de perspectives futures, s’abandonne à l’alcool, aux substances psycho-actives, aux relations sexuelles non-protégées, à la conduite routière dangereuse… porteuse d’une souffrance psychique certaine et d’une volonté de réussite rapide et clinquante, en opposition totale à la «bien-pensance adulte» qui l’appelle à la modération.

Une jeunesse ayant grandi dans un monde anxiogène post-11septembre et au cœur du conflit israélo-palestinien et de la crise économique, dans une société aux valeurs et à l’ordre social trop peu contraignants, dans laquelle la notion de République serait diluée dans le libéralisme et la modernité. Un cadre trop peu autoritaire donc, pour le député qui déjà au lendemain des attentats du 8 janvier affirmait sa volonté de mise sous tutelle de certains quartiers, et préfère porter la responsabilité de manière globale au monde en crise, plutôt que de s’interroger sur la politique austéritaire et répressive de l’État, le chômage, la misère, le racisme et la ségrégation spatiale dont est victime toute une partie de la population.

Et sa réflexion le porte tout naturellement, et par un tour de force magistral, à conclure que cette absence de cadre suffisamment englobant et sécurisant ne favorise pas le sentiment d’appartenance à une communauté nationale, expliquant le succès des recruteurs djihadistes reposant «sur l’adhésion à un projet politique entrant en résonance avec leurs préoccupations internationales et leur rejet de la société démocratique occidentale, plus qu’à une doctrine religieuse fondamentaliste». Une explication politique donc d’après M.Boutih, qui n’hésite pourtant pas à déplorer la faiblesse intellectuelle et le défaut de jugement de la jeunesse face à la complexité géopolitique.

Une seule solution, l’unité républicaine? Quand on en vient au chapitre des solutions proposées par Monsieur SOS-Racisme, un mot revient sans cesse jusqu’à écœurement du lecteur : « République ». De l’école à internet, en passant par la vie de famille, la culture, les associations, la gestion du territoire, la lutte antiracisme… tout doit être républicain, y compris même l’immigration !

Non-content du rétablissement du service civique depuis début juin , c’est au tour de l’école de devenir le nouveau dispositif central d’encadrement de la jeunesse, dans le but «de lever une génération d’éclaireurs républicains» et de perpétuer «la culture d’unité de notre pays». Une diffusion plus large de l’idéologie dominante, via un programme renforcé d’instruction civique, et une surveillance plus longue des élèves, par la multiplication des projets extra-scolaires s’ajoutant aux heures de cours traditionnelles, voilà ce que l’ont peut notamment trouver parmi les suggestions du député, s’inscrivant dans la droite ligne du tournant bonapartiste déjà bien engagé par le gouvernement.

Autre proposition-phare: réguler la «loi du Far West» sur internet en créant un Commissariat à la souveraineté numérique, alliant pouvoirs publics et privés afin de doter la France et l’Europe d’une infrastructure numérique. Ceci afin d’assurer souveraineté et permanence de l’esprit républicain, y compris sur internet, à l’heure où les nouvelles technologies échappent encore partiellement au contrôle de l’Etat. Timing parfait quand la liberticide loi sur le renseignement a finalement été adoptée au parlement le mois dernier.

Enfin, dans le but affirmé de rétablir un état régalien, M. Boutih propose de créer les Groupements d’action républicaine (GAR) sous contrôle exclusif de l’État, mais recevant des soutiens du secteurs privés. Ces GAR auront tout le loisir d’intervenir sur l’ensemble des dimensions de la vie d’un territoire, notamment l’école, la police et le logement. Ceci afin de «rétablir l’autorité républicaine», notamment par «le rétablissement de la sécurité et le contrôle de la violence». Un dispositif de plus pour justifier du contexte répressif actuel et des violences policières.

Quand des interlocuteurs embarrassant s’en mêlent… Parmi la liste des personnes auditionnées pour la rédaction du rapport, figurent des noms inattendus… et bien embarrassant! Outre les préfets, ministres et autres représentants de l’unité des luttes anti-terroristes, on retrouve Frigide Barjot, porte-parole de la Manif pour Tous, Gaëtan Dussaussaye, directeur du Front National de la jeunesse, et Jean-Paul Ney, pseudo-journaliste à la langue fourchue.

On s’étonne déjà de la présence de Frigide Barjot, peu fréquentable de par ses positions anti-mariage pour tou-te-s, et qui n’est pas reconnue spécialiste des questions de radicalisation de la jeunesse. Pour ce qui est de celle de J-P. Ney, on peut carrément crier au scandale quand on sait les polémiques soulevées depuis plusieurs mois par l’écrivain raciste, bien connu des réseaux sociaux pour ses insultes et menaces envers la communauté musulmane. Pas de hasard en revanche, si M. Boutih cite Pierre Bellanger, directeur de Skyrock, une radio qui incarne à merveille les formes soft de l’encadrement de la jeunesse, pour appuyer sa proposition d’encadrement répressif d’internet, quand on sait qu’il s’agit tout simplement de son patron, en tant que directeur des relations institutionnelles pour Skyrock.

Ne cédons pas à l’illusion de l’unité nationale A travers des pages de stigmatisation de la religion et de la culture musulmane, entretenant le climat d’islamophobie d’état propre au gouvernement, M. Boutih cherche de nouveau à entretenir l’illusion de l’importance de l’union nationale derrière les valeurs républicaines, pour l’unité de la culture française, prônant le repli sur soi comme arme pour la souveraineté nationale. Il justifie ainsi l’extension des outils de contrôle de la jeunesse, s’abritant derrière la diabolisation de l’Islam, mais ayant dans son viseur une cible bien plus large, celle de la jeunesse qui voudrait s’opposer à la politique liberticide et répressive de l’Etat.

C’est en ce sens que la meilleure réponse à ces tentatives d’encadrement et de musèlement de la jeunesse, c’est que celle-ci se mobilise, comme elle l’a fait derrière Kat- chik et Léonarda, ou encore au moment du meurtre de Rémi Fraisse, pour son droit à l’émancipation, à sa liberté de se forger son propre esprit critique dans un monde où l’idéo- logie dominante est largement véhiculée par l’école et les médias, face à un gouvernement qui ne cesse de multiplier les offensives et outils cherchant à la faire rentrer dans le rang. Camilla Ernst Publié le 8 juillet 2015

http://www.revolutionpermanente.fr/Generation-radicale-le-rapport-qui-voulait-encadrer-la-jeunesse

Commentaire: CCR est un « courant » du Npa

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08 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

ces enfants qui émigrent seuls (cnrs)

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Ils seraient 7 600 mineurs étrangers isolés sur le territoire français, plusieurs dizaines de milliers en Europe.
Du fait de leur jeune âge, ces migrants arrivés seuls sur le Vieux Continent bénéficient de la protection des États, qui leur doivent éducation et soin. Certains se retrouvent pourtant en grande précarité.

C’est un imbroglio juridique qui a mis le phénomène des mineurs migrants dans la lumière dans les années 1990 : des adolescents étrangers maintenus en zone d’attente à Roissy se retrouvaient dans l’impossibilité de faire appel de cette décision comme n’importe quel migrant adulte, parce qu’ils avaient moins de 18 ans et qu’ils n’avaient ni parent ni tuteur à leurs côtés pour endosser la responsabilité de cette démarche…

Une situation illégale, comme il s’est ensuite avéré. En tant que signataire de la Con- vention internationale des droits de l’enfant, comme tous les autres pays européens, la France se doit en effet de protéger tous les mineurs en danger qui se trouvent sur son sol, qu’ils soient nationaux ou étrangers ; les mineurs migrants isolés en font partie. En France, ils relèvent comme les autres mineurs du Code civil et du Code de la protection de l’enfance ainsi que des services de l’aide sociale à l’enfance, qui doivent veiller à leur prise en charge (en foyer ou en famille d’accueil) et à leur scolarisation.

La suspicion plutôt que l’accueil La règle est simple… sur le papier seulement. Car l’augmentation du nombre de ces mineurs étrangers non accompagnés depuis dix ans a en partie changé le regard que l’administration portait sur eux. Un premier rapport rédigé en 2002 dans l’Hexagone évaluait à 2 000 le nombre de mineurs étrangers pris en charge par les services de l’aide sociale à l’enfance,  un chiffre parcellaire puisqu’à l’époque seuls 70 départements avaient accepté de répondre à l’enquête, la protection de l’enfance étant une compétence départementale.

Entre le 1er juin 2013 et le 31 décembre 2014, 7 600 mineurs étrangers isolés auraient été évalués en tant que tels selon la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse. « En dix ans, on est passé progressivement de la question de savoir comment les accueillir au mieux pour se focaliser sur la preuve de leur minorité, dans un esprit de suspicion à la fraude », décrit Daniel Senovilla Hernandez, juriste au laboratoire Migrinter1. Démontrer que le jeune n’est pas mineur, c’est en effet faire disparaître l’obligation d’assistance de l’État et le renvoyer dans les catégories de migrants « classiques » : sans papier ou demandeur d’asile, selon les cas.

« La présomption de minorité se fonde d’abord sur un entretien, conduit soit par l’admi- nistration soit par des associations ayant une délégation de service public, explique Daniel Senovilla Hernandez. Ses papiers d’identité, quand il en a, ne sont pas toujours pris en compte. L’apparence du jeune – est-ce qu’il est de grande taille, est-ce qu’il est pubère ? –, sa façon de s’exprimer, permettent de donner une première appréciation, qui n’a pas de valeur juridique définitive. » Si on l’évalue comme « non mineur », le jeune migrant peut saisir le juge pour enfants qui va demander une expertise documentaire ou médicale : un test osseux pratiqué dans la plupart des pays européens, et dont la fiabilité a été plusieurs fois remise en cause.

Ce test dit de Greulich et Pyle consiste à comparer les os de la main et du poignet gauches aux tables élaborées aux États-Unis dans les années 1930 sur une cohorte d’enfants blancs nord-américains. Un test dont la marge d’erreur a été estimée à dix-hui mois par l’Académie nationale de médecine, rappelle le chercheur, qui alerte : « Le risque est réel de priver de protection des enfants qui n’ont pas 18 ans. »

Des démarches sans fin Autre problème non négligeable : ces démarches à rallonge prennent du temps, jusqu’à plusieurs mois pendant lesquels le jeune n’est pas pris en charge et encore moins scolarisé. « Certains dorment dans des foyers ou des structures d’urgence, mais d’autres se retrouvent tout simplement à la rue et se débrouillent comme ils peuvent en attendant la décision définitive », indique Daniel Senovilla Hernandez. Une péripétie de plus dans le parcours semé d’embûches de ces enfants venus d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb, pour ce qui est de la France, de République démocratique du Congo, du Nigeria, d’Érythrée…, mais aussi d’Égypte ou encore du Bangladesh si l’on élargit à tous les pays d’Europe.

Si une partie de ces jeunes a émigré après une décision familiale, soit pour échapper à un conflit, soit pour des raisons économiques, la majorité a pris la route sans en informer ses parents : pour venir en aide à leur famille, parce qu’ils ne se voient aucun futur dans leur pays, ou encore pour échapper à un mariage forcé dans le cas de certaines jeunes filles… « Quel que soit le motif du départ, tous font preuve d’un courage et d’une détermination hors du commun, rappelle Nelly Robin, géographe au laboratoire Centre population et développe- ment (Ceped), en accueil à Migrinter. Ceux qui viennent d’Afrique de l’Ouest, par exemple, entreprennent un voyage qui dure de trois à quatre mois, dans le meilleur des cas, à plus d’un an. Ils montent vers le nord le long des routes nationales, traversent le Sahara en ayant recours à des passeurs, une traversée aussi terrible que celle de la Méditerranée, de leur propre aveu, reprennent la route jusqu’en Lybie ou au Maroc notamment, où ils s’embarquent à bord d’embarcations de fortune… »

Sur le chemin, les garçons survivent en faisant des travaux agricoles et arrivent parfois à envoyer un peu d’argent aux familles durant le voyage ; les jeunes filles sont pour partie « happées » par les réseaux de prostitution et arrivent en Europe par ce biais… L’une des raisons pour lesquelles on les retrouve si peu dans les structures d’accueil des mineurs migrants isolés.

La plupart ont entre 14 et 17 ans. « Les plus jeunes que j’ai pu rencontrer avaient 8 ans pour les garçons et étaient partis avec deux ou trois copains, 12 ans pour les filles », racon- te Nelly Robin. Ils suivent généralement les traces d’amis ou de voisins partis en Europe avant eux, et dont ils ont des nouvelles via le téléphone et les réseaux sociaux. « Ce sont aussi des jeunes du monde, qui ont les mêmes envies que tous les adolescents de la planète… La paire de baskets qu’ils voient sur les photos envoyées par les copains arrivés en Europe en fait partie », décrypte Francesco Vacchiano, psychologue clinicien et anthropologue à l’Institut de sciences sociales de l’université de Lisbonne, qui a exploré le sujet en Italie, en Espagne et au Portugal.

Des déménagements à répétition Une chose est sûre : les politiques migratoires des pays européens ont un impact direct sur l’âge de ces mineurs migrants. « En 2006, quand l’Espagne a commencé à reconduire à la frontière les Marocains de plus de 16 ans, une pratique qui sera finalement jugée illégale par la Cour constitutionnelle , on a aussitôt vu des enfants plus jeunes arriver », raconte Francesco Vacchiano. Même chose en Italie, où la signature avec l’Égypte d’un accord de renvoi des migrants adultes a provoqué une forte augmentation de la migration égyptienne adolescente. « Les enfants et les familles sont généralement bien informés », explique le chercheur.

En France, la manière d’accueillir les mineurs migrants et de traiter leurs demandes continue de faire débat. Les départements les plus sollicités, Île-de-France, Seine-Saint-Denis, se sont plaints de voir leurs structures d’accueil débordées et ont demandé une redistribution de cette «charge» à l’ensemble des départements métropolitains. Demande entendue en 2013.

Résultat : c’est désormais la Mayenne, la Vienne…, qui refusent aujourd’hui d’accueillir les jeunes migrants au motif qu’elles n’ont pas assez de places disponibles. Or ces démé- nagements à répétition ne sont pas sans conséquences pour les mineurs. « En dehors du fait qu’ils sont ballotés d’un endroit à un autre, ils doivent souvent recommencer toute la procédure de preuve de minorité quand ils arrivent dans un nouveau département », expli- que Daniel Senovilla Hernandez. Pas idéal pour retrouver un semblant d’existence et vivre, enfin, comme des enfants de leur âge.

Notes

  • 1. Migrations internationales, espaces et sociétés (CNRS/Univ. de Poitiers).

07.07.2015, par Laure Cailloce

https://lejournal.cnrs.fr/articles/ces-enfants-qui-emigrent-seuls

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07 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

référendum en grèce: les 18-24 ans ont dit non à 80% (le huff’)

Symbole d’une jeunesse européenne qui se cherche

Ils sont ceux qui ont le plus dit « non ». Les jeunes Grecs se sont levés en masse pour rejeter les propositions faites par les créanciers d’Athènes, à l’occasion du référendum organisé dimanche 6 juillet. Selon les estimations, plus de 8 jeunes sur 10 (85%) ont coché la case « oxi » sur leur bulletin de vote. C’est 20 points de plus que le score définitif et c’est 40 points de plus que les seniors.
*
Plus que n’importe quelle autre partie de la population grecque, ils ont donc affirmé qu’ils ne voulaient pas que soit prolongée l’austérité qui touche leur pays. La conséquence la plus flagrante pour eux est le chômage qui les touche en masse. Fin 2014, 52,4% des jeunes étaient sans emploi en Grèce, un score seulement dépassé par l’Espagne (53,2%). En janvier dernier, Myrto, 28 ans, expliquait au HuffPost qu’elle avait dû revenir vivre chez ses parents pour faire face à la perte de son emploi. (…)
*
Vu de France, et comparé aux votes des jeunes français, le résultat du référendum en Grèce n’est pas des plus étonnants. Mais en est-il de même ailleurs en Europe? Nous avons interrogé nos confrères des autres éditions européennes. Leurs réponses pourraient vous surprendre.

Dans l’Hexagone, les 18-24 ans ont l’habitude de montrer leur défiance vis-à-vis de la construction européenne. Dernière illustration, l’abstention au cours des élections européennes du printemps 2014. Alors que le taux de participation a atteint 42% pour toute la population, il n’a pas excédé 26% pour les 18-24 ans, selon une étude de l’Ifop. Ils étaient 47% des plus de 35 ans à s’être déplacés aux urnes. « Leur regard n’est pas plus noir, il est plus lucide. C’est pour cela qu’aux élections européennes, ils sont globalement 70% à ne pas aller voter. Ils se disent que leur vote ne changera pas grand chose, tellement on a confié de prérogatives à des institutions qu’ils jugent illégitimes. C’est la même chose en politique intérieure », note Laura Slimani.

Pour Jean-Paul Hagon, chercheur à l’Iris et auteur d’une note sur le désenchantement européen, l’euroscepticisme de la jeunesse a énormément progressé en 10 ans. « En France 61% des Français considéraient que l’Europe était source d’espoir en 2003 contre 31% dix ans plus tard. Les jeunes sont deux fois plus eurosceptiques que les plus de 65 ans », écrivait-il à quelques semaines du dernier scrutin européen.

Les jeunes espagnols moins eurosceptiques que leurs aînés Le sentiment est partagé de l’autre côté des Alpes. « Les jeunes gens en Italie font preuve d’un scepticisme grandis- sant vis à vis des institutions européennes, une défiance qui s’accroît aussi vis à vis de l’euro mais aussi des autres pays de l’Union », note l’Institut Toniolo. 58% des jeunes interro- gés au cours d’une grande enquête affirment que l’Union européenne est fondamentalement un échec et seulement 32% ont une bonne image de la monnaie unique.

En Espagne, c’est l’exact inverse qui se produit. « La crise a bien sûr causé un déclin de l’intérêt et de la confiance des jeunes envers les institutions européennes mais ils restent les plus optimistes et les plus convaincus par les avantages provoqués par l’Union européenne », note le sociologue José Pablo Ferrandis de l’institut de sondages Metroscopia. Réalisé le mois dernier, à l’occasion du 30ème anniversaire de l’adhésion de l’Espagne à l’UE, un sondage Metroscopia a montré que 73% des 18-30 estiment que l’adhésion de leur pays a été bénéfique. Les 35-54 ans étaient 70% et les plus de 55 ans, seulement 68%. Il n’en reste pas moins que si l’on demande globalement aux jeunes européens si « les choses vont dans la bonne direction », moins d’un tiers répond « oui ». (…)

Le HuffPost  |  Par Alexandre Boudet

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23 juin 2015 ~ 0 Commentaire

«salle de shoot»: besoin sanitaire, offensive réactionnaire (npa)

«salle de shoot»: besoin sanitaire, offensive réactionnaire (npa) dans Jeunes szlpmx-L

Une « salle de consommation à moindre risque » (SCMR), communément appelée « salle de shoot », surtout par les opposants, est un lieu destiné aux plus marginalisés des consommateurs de stupéfiants…

Elle a pour vocation de réduire les risques liés aux injections sans hygiène: VIH, hépatite C, de renouer avec les consommateurs un lien social souvent anéanti, et de diminuer les nuisances dans l’espace public.

Il existe plus de 90 salles de ce type dans le monde. La première créée en 1986 à Berne est l’un des piliers essentiels de la politique de la Suisse en matière de drogue, où il existe actuellement une quinzaine de salles. Ce dispositif fonctionne avec des résultats positifs en Espagne, en Allemagne, au Luxembourg, au Danemark, en Norvège, aux Pays-Bas, au Canada et en Australie.

En France, le dispositif fait débat et encore une fois, ce gouvernement cherche à ne pas brusquer la droite réactionnaire adepte du «pas de ça chez moi» et de la stigmatisation perpétuelle des plus faibles. La France essaie depuis 2013 d’ouvrir une SCMR à Paris, dans le quartier de la gare du Nord, haut lieu de la consommation et du trafic de drogues. Cette salle serait gérée par l’association Gaia, association qui fournit déjà aux toxicomanes du matériel stérile, avec des fonds publics. Dans ce quartier, jardin, toilettes publiques et cages d’escalier sont occupés par les toxicomanes, et la cohabitation avec les riverains est problématique.

Ouverture en 2016? Un premier projet, boulevard de la Chapelle, a soulevé l’ire des rive- rains dont la plainte a été jugée recevable par le Conseil d’État le 6 juillet 2013, pour non- conformité à la loi de 1970 sur les stupéfiants. Néanmoins, soutenu par la mairie PS du 10e arrondissement, le gouvernement a relancé le projet, et l’article 9 de la loi de modernisation du système de santé prévoit une expérimentation de 6 ans dans un local situé à l’intérieur de l’hôpital Lariboisière, avec deux infirmières rattachées. Cette salle coûterait 800 000 euros par an, sur un budget total de 388 millions d’euros consacrés à la prévention et à la lutte contre les addictions.

La loi doit passer au Sénat pour une adoption à l’automne et une ouverture de salle en 2016. Prudence quand même : au ministère de la Santé, on cherche des garanties… Les autorités annoncent dans le même temps une lutte accrue contre les dealers pour éviter l’effet d’attraction que pourrait générer la concentration de consommateurs.

La droite, UMP-Républicains en tête, est vent debout contre ce projet, et prédit l’arrivée de « paradis artificiels officiels », de « première marche vers la dépénalisation », de « zones de non-droit ». Elle s’obstine à défendre l’utilisation d’un bus spécialisé touchant pourtant un très petit nombre de toxicomanes, et prône sevrage et abstinence : des mots vains dans un monde où les drogués sont à ce stade des victimes…

Rappelons enfin que le chiffre d’affaire annuel de la drogue représente plus de 300 milliards d’euros dans le monde : le deuxième marché au monde après les armes, 2 mil- liards rien qu’en France. La drogue n’est pas née avec le capitalisme ni avec la mondia- lisation, mais le développement de son marché en est à l’évidence un avatar…

Catherine Segala

Mardi 23 Juin 2015, mise à jour Mardi 23 Juin 2015, 08:04

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