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21 mars 2020 ~ 0 Commentaire

virus et classe ouvrière (fr3)

livreurs

Foodtech : « On est en guerre ou on bouffe des burgers ? »

Les livreurs, travailleurs sacrifiés « pour des pizzas et des burgers » (Reporterre)

Rennes, des livreurs inquiets. Dans le Finistère, les conditions de livraison se durcissent

Poids-lourds autorisés à rouler dimanche pour l’approvisionnement, les chauffeurs routiers en colère !

“Je suis ambulancier, personne ne parle de nous.”

Entretien avec K, conducteur de métro à Paris : « Il y a vraiment un deux poids deux mesures »

Quand Amazon entasse les travailleurs dans ses entrepôts

Le personnel des services de soins et aides à domicile sans masque ! (Le Peuple Breton)

À la SNCF, tout baigne… dans les virus ! (NPA)

Epidémie: Caissières de supermarchés : les grandes sacrifiées (ESSF)

Pour se protéger, les postiers en guerre contre leur direction (ESSF)

Chine : Les mobilisations collectives redémarrent de plus belle avec la reprise du travail (ESSF)

Crise sanitaire au Pays basque Covid-19, Mercedes Benz : la vie avant les profits (ESSF)

 

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10 mars 2020 ~ 0 Commentaire

primaires (révolution permanente)

bernie

Primaires américaines

Entre fin du rêve américain et popularité croissante du socialisme

Les élections présidentielles de novembre 2020 aux Etats-Unis s’avèrent décisives à bien des égards. D’un point de vue global, elles définiront en grande partie, l’orientation que prendra le capitalisme mondial.

Soit, dans le cas d’un second mandat de Donald Trump, quatre années supplémentaires d’une politique endurcie de l’America First - guerres commerciales inclues – dans une situation déjà chargée de tensions géopolitiques et d’incertitudes économiques.

Ou, dans un second cas, s’il y a une possibilité pour la bourgeoisie néolibérale de restaurer, quand bien même partiellement, un leadership plus « hégémonique » et consensuel. A condition que l’establishment démocrate puisse imposer la candidature de Joe Biden contre Bernie Sanders et réussisse ainsi à unifier le parti derrière l’objectif de battre Trump.

Jusqu’à l’arrivée du coronavirus aux États-Unis, Trump avait de grandes chances d’être réélu. Les indicateurs économiques au vert continuaient de le favoriser, bien que des tendances à la récession s’annoncent. De plus, il est sorti renforcé de l’échec de la procédure d’impeachment dont il était l’objet. Un échec qui a montré l’appuie sans failles du parti républicain et du noyau dur de la base électorale de l’actuel président.

Au cas où il devrait affronter Sanders, il pourra mettre l’accent sur la dénonciation du « socia-lisme », comme il avait pu le faire dans son discours sur l’Etat de l’Union. S’il devait, en revan-che, affronter Joe Biden, il pourra concentrer sa campagne sur la dénonciation de l’establish-ment en utilisant l’affaire Ucrania dans laquelle est impliqué le fils de Biden.  Comme il avait pu le faire en 2016 avec le scandale des mails personnels de Hillary Clinton. Sans manquer bien sûr, de mettre en cause la lucidité mentale de « Sleepy Joe » qui s’est montré assez confus dans les différentes échéances et débats de la campagne.

L’establishment et la résurrection de Biden

L’impression de déjà-vu avec les dernières élections de 2016 est flagrante. Il y a quatre ans, la surprise était venue de la droite dure, incarnée par Trump, et le principal champ de bataille se trouvait au sein du parti républicain (Sanders a, certes affronté Hillary Clinton mais n’est jamais parvenu à mettre en danger son investiture du côté du parti démocrate).

Aujourd’hui, le centre de gravité de la crise politique bourgeoise s’est déplacé vers le parti démocrate, dans lequel s’observe une fracture entre l’aile de l’establishment et l’aile radicale « socialiste ». Cette division témoigne des tendances à la polarisation politique et à la crise de l’hégémonie de la classe dominante, que la crise capitaliste de 2008 avait mis en évidence.

C’est pourquoi, les primaires démocrates se retrouvent au centre de la trame électorale nord-américaine. En effet, ces primaires donnent, en grande partie, les coordonnées politiques déterminantes de la course à la Maison Blanche de novembre prochain.

Si ce fameux « super-mardi » n’a pas mis fin à la compétition, il a largement reconfiguré le paysage électoral. D’abord marquée par la fragmentation du camp modéré et l’ascension régulière du « socialiste démocrate » Bernie Sanders la dynamique de la primaire démocrate se trouve maintenant du côté de Joe Biden, favori dans les sondages pour l’investiture démocrate.

Biden, qui se positionnait jusqu’alors en queue de peloton, a déjoué tous les pronostics. Premièrement en Caroline du Sud (État où le poids de l’électorat afro-américain, qui vote traditionnellement pour le parti démocrate, est fort) puis lors du « super-mardi » où il a gagné 10 des 14 États en jeu. Les métaphores bibliques ont été nombreuses pour expliquer ce retournement inattendu. Cependant, la résurrection de Biden, à la différence de celle de Lazare, n’est pas un miracle. Mais bien le résultat d’une opération politique de l’appareil du parti démocrate.

L’artisan de ce tournant dans la stratégie électorale du parti n’est autre que Barack Obama. De manière discrète et efficace, l’ex-président a utilisé sa popularité (et la nostalgie que certains ont de ses deux mandats) pour discipliner les différentes bureaucraties politiques ainsi que les mouvements sociaux qui gravitent autour de l’aile centre du parti (dont font partie les leaders afro-américains) et unifier le front « anti-Sanders ».

Pour l’instant, l’ancien vice-président dépasse Sanders d’environ une cinquantaine de grands électeurs. Alors qu’en 2016, au même moment de la compétition, Hillary Clinton avait déjà le soutien de près de 200 grands électeurs de plus que Sanders.

De plus, les primaires de certains « swing state », comme le Michigan (qui furent décisives dans le triomphe de Trump), mettront à l’épreuve l’argument de « l’éligibilité » utilisé par Biden et l’establishment contre Sanders. Jusqu’à présent, les enquêtes montrent que le sénateur du Vermont pourrait gagner sur Trump le vote des secteurs de la vieille classe ouvrière industrielle.

De quoi l’establishment américain a-t-il peur ?

L’appareil démocrate et les secteurs concentrés de la bourgeoisie impérialiste, qui inclue les grands médias, feront tout leur possible pour empêcher Sanders d’accéder à la nomination. De la même manière Sanders fera tout son possible pour contenir sa base dans le parti démocrate.

Le candidat commence déjà à faire du pied à l’establishment en revendiquant, par exemple, l’héritage d’Obama et a déjà annoncé que, comme en 2016, il appellera à voter pour Biden si ce dernier parvient à la nomination. Ce pouvoir de cooptation historique du parti démocrate a fini par engloutir le parti des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), qui, d’une tentative de construction d’un parti de gauche « socialiste » s’est transformé en un collecteur de votes démocrate et joue le jeu du « moindre mal » et de maintenir l’unité contre Trump.

Le problème pour la classe dominante n’est pas Sanders (qui n’est simplement, comme le définissent avec objectivité les analystes politiques, qu’un social-démocrate qui ne propose même pas de fonder un « troisième parti ») mais bien ce qu’exprime sa campagne.

C’est à dire, le tournant à gauche d’une pluralité de secteurs qui incluent les jeunes de moins de 45 ans, les étudiants, les travailleurs précaires et peu qualifié, la communauté latino, les femmes et le mouvement LGBTI, qui adhèrent avec enthousiasme à l’idée d’un vague « socialiste » qui, bien qu’il prenne la forme d’une redistribution radicale des richesses, remet en cause le capitalisme, à la différence du progressisme libéral de centre-gauche.

Ce tournant à gauche est peut-être le phénomène politique le plus visible parmi les change-ments qui ont lieu ces dernières années. Selon un rapport du Bureau of Labor Statistics (BLS) la lutte des classes est à son niveau le plus haut depuis des décennies.

En effet, selon cette agence officielle, en 2019, 425 000 travailleurs ont participé à des grèves dont une grande majorité dans le secteur de l’éducation (grève des enseignants de Chicago, etc.) bien que la grève la plus longue fût celle de General Motors, qui a impliqué 46 000 travailleurs.

Malgré la politique anti-syndicale brutale du patronat et de la complicité des bureaucratie syndicales, les travailleurs de Walmart, McDonalds et d’autres chaînes de restauration rapide se sont organisés dans des syndicats informels. Ces organisations, comme United for Respect (connue comme « Alt labor ») ont été capables de paralyser certains établissements et d’arracher des concessions.

La popularité persistante du « socialisme » dans le cœur de l’impérialisme mondial, surtout chez des jeunes de 18 à 34 ans, se fonde sur une base matérielle concrète. Après une décennie de croissance économique soutenue et un taux de chômage de 3,5% (la plus basse depuis des décennies), selon une étude de Brookings Institution, 44% des travailleurs touchent des bas salaires qui leur permettent à peine de survivre, et doivent s’endetter pour financer l’accès à l’éducation de leurs enfants.

Près de 14 millions ne disposent d’aucune couverture de santé, et ceux qui ont accès à une quelconque assurance paye de plus en plus cher pour des services déficients. Face à la menace des premiers signes du coronavirus, le Washington Post, alertait sur le fait qu’un travailleur sur quatre ne dispose pas de congés payés, et doit donc choisir entre mourir de faim en restant chez lui et aller travailler malade, ce qui augmente de manière exponentielle le risque de contagion.

En résumé, les décennies de néo-libéralisme et la crise capitaliste de 2008 ont enterré le « rêve américain », qui depuis la fin de la seconde guerre mondiale a été le meilleur antidote de l’impérialisme américain pour contrer les idées socialistes. Cela explique que depuis plusieurs années, des enquêtes enregistrent une préférence majoritaire pour le « socialisme », en particulier dans les secteurs les plus jeunes de la population.

Aujourd’hui, la « révolution politique » de Sanders représente probablement la dernière tentative pour contenir cette jeunesse à l’intérieur du parti démocrate. Cependant, les conditions objectives et subjectives, ainsi que les tendances internationales, rendent de plus en plus concrète l’hypothèse d’une radicalisation et d’une recomposition de l’extrême centre. Si cela se confirmait, cette tendance pourrait bien changer radicalement la situation des États-Unis mais aussi celle des exploités du monde entier.

Claudia Cinatti mardi 10 mars

https://www.revolutionpermanente.fr/

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09 mars 2020 ~ 0 Commentaire

labour (inprecor)

corbyn

Pour préserver sa base ouvrière, le Labour doit-il glisser vers la droite ?

Un consensus se dégage au sein de la droite travailliste et de ses alliés dans les médias :

Les travaillistes doivent s’adresser à nouveau à leurs bastions « traditionnels » du centre du pays. Mais cela soulève un certain nombre de questions cruciales auxquelles il faut répondre avant que nous puissions donner un sens à l’argument selon lequel la classe ouvrière a abandonné le Parti travailliste :

Qu’est-ce que la classe ouvrière aujourd’hui, et où le Labour trouve-t-il ses racines naturelles ?

• Quels secteurs des électeurs de la classe ouvrière ont abandonné le Labour pour les Tories ?

• Quel rôle le nationalisme et le racisme ont-ils joué dans la victoire du référendum sur le retrait de l’Union européenne et dans le succès électoral des conservateurs en 2019 ?

• La classe ouvrière est-elle socialement conservatrice, ou y a-t-il certaines de ses composantes qui sont favorables aux vues conservatrices sur l’immigration et le nationalisme ?

• Et quelles conclusions les militants travaillistes devraient-ils tirer en ce qui concerne l’orientation politique du parti ?

C’est quoi aujourd’hui la classe ouvrière ?

Les arguments simplistes selon lesquels « la classe ouvrière a abandonné le Labour Party » impliquent nécessairement des définitions archaïques de la classe ouvrière – des stéréotypes qui envisagent une classe principalement impliquée dans le travail manuel, principalement blanche et principalement sous contrat à durée indéterminée.

Mais la classe ouvrière n’est plus comme ça depuis 40 ans. La réalité, comme l’explique Claire Ainsley, est très différente :

« Les emplois dans l’industrie lourde, qui ont constitué le socle de la classe ouvrière britannique pendant un siècle, ont fait place à une multitude d’emplois dans l’économie actuelle. Quatre emplois sur cinq sont aujourd’hui dans le secteur des services.

Beaucoup de ces emplois ne sont pas suffisamment rémunérés pour permettre aux gens d’avoir un niveau de vie décent et de faire face à l’augmentation des prix. Et les personnes employées pour les exercer sont également différentes.

« Cette nouvelle classe ouvrière est composée de personnes vivant avec des revenus faibles à moyens, employées dans le nettoyage, le commerce, les bars, assistants d’enseignement, cuisiniers, aides-soignants etc.

Elle est multi-ethnique et beaucoup plus diversifiée que la classe ouvrière traditionnelle. Cette nouvelle classe ouvrière représente près de la moitié de la population. Malgré les progrès sociaux et économiques importants réalisés au cours des 40 dernières années, il s’avère que nous ne sommes pas tous devenus des membres des classes moyennes.

En fait, comme les salaires et le niveau de vie sont toujours bloqués, il est tout à fait possible que cette nouvelle classe ouvrière deviendra encore plus nombreuse. » (6)

Comme on le sait, le déclin de l’industrie manufacturière a rendu les choses beaucoup plus difficiles pour les syndicats. Des défaites historiques comme la grève des mineurs des années 1980 se sont combinées aux énormes changements économiques, ce qui a miné le syndicalisme de masse.

Les traditions de solidarité de la classe ouvrière ont sans doute été affaiblies, mais les jeunes de la « nouvelle » classe ouvrière, concentrée surtout dans les grandes villes, sont beaucoup plus susceptibles d’avoir des attitudes sociales progressistes sur le multiculturalisme et sur les questions de genre et de sexualité – reflétant la diversité des âges, des sexes et des origines.

Ils sont probablement beaucoup plus susceptibles d’être sceptiques à l’égard du nationalisme et de son proche cousin le « patriotisme ». Et beaucoup plus susceptibles de s’opposer au militarisme et à la guerre.

« Des quartiers comme Hackney, Tower Hamlets et Islington [districts du Grand Londres], qui sont également des “bastions du labour”, ont des taux de pauvreté des enfants parmi les plus élevés du pays. Si des localités où 50 % des enfants vivent dans la pauvreté ne sont pas considérées comme délaissées, défavorisées, alors qui pourrait l’être ? » (8) La plupart des quartiers urbains défavorisés, où la « nouvelle » classe ouvrière est particulièrement nombreuse, n’ont pas abandonné le Labour lors des élections de 2019.

Quels secteurs de la classe ouvrière ont abandonné le Labour, et pourquoi ?

Il est évident que les électeurs qui sont passés du Labour aux Tories en décembre 2019 étaient principalement des personnes âgées, blanches pour la plupart, et concentrées dans les villes « délaissées » du Nord et des Midlands – et, bien sûr, beaucoup de ces endroits ont voté massivement pour le Brexit en 2016.

Comme les jeunes quittent souvent ces villes, ceux qui ont plus de 65 ans y sont plus nombreux que les 18-25 ans. Le Royaume-Uni ne compte que 5,5 millions de jeunes de 18 à 24 ans, et moins de la moitié d’entre eux ont voté. En revanche, il y a 11,8 millions de personnes de plus de 65 ans et 74 % d’entre elles ont voté. La victoire des conservateurs a été portée par les retraités.

Seulement 17 % des plus de 65 ans ont voté pour le Parti Travailliste, et ce dans la tranche d’âge la plus dépendante du Système national de santé (NHS), dont la défense était au centre de la campagne du Parti Travailliste.

De nombreux sondeurs citent des gens disant que l’hostilité envers Jeremy Corbyn était plus importante que le Brexit dans leur décision de voter conservateur. Mais le résultat est le suivant : une partie des travailleurs blancs âgés des villes « délaissées » ont été convaincus par le barrage réactionnaire contre Corbyn : son prétendument excessif souci des étrangers, son manque de « patriotisme », sa « sympathie pour les terroristes », son refus d’appuyer sur le bouton nucléaire etc. et tout cela ferait partie des prétendues préoccupations des étudiants et des Londoniens.

En fait, les divisions nord-sud ou manuel-col blanc dans la classe ouvrière ne se sont pas précisément alignées sur le vote conservateur. Les trois villes les plus ouvrières de Grande-Bretagne – Liverpool, Londres et Glasgow – ont voté massivement contre les conservateurs. À Glasgow, ce vote est allé principalement au Parti National Ecossais (SNP), en raison de l’incapacité néandertalienne des travaillistes d’évoluer sur la question nationale écossaise.

Les militants de gauche favorables à la sortie de l’Union européenne – les « lexiters » – affirment que le vote pour le Brexit a représenté la colère des gens contre « l’élite » qui les ignore alors qu’ils sont enlisés dans la pauvreté depuis des décennies, et leur désir de riposter à l’establish-ment (9). Tout cela est probablement vrai, mais cela n’explique pas pourquoi leur rébellion a pris la forme d’un vote pour le Brexit et pour le parti conservateur ni pourquoi ils ont été convaincus par la tonalité très réactionnaire de la campagne médiatique anti-Corbyn.

L’explication c’est que la tradition de solidarité de la classe ouvrière est en déclin dans de nombreuses zones « délaissées » depuis des décennies, que les 13 années de gouvernement du New Labour n’ont rien fait pour répondre aux préoccupations fondamentales, et que des puits profonds de racisme et de xénophobie existaient déjà dans la classe moyenne britannique et dans certaines parties de la classe ouvrière.

La campagne éclair réactionnaire du référendum de 2016 et des élections générales de 2019 ont pu se nourrir de tout cela. Ce potentiel-là était déjà apparent en 2009, lorsque UKIP a remporté 17 % des suffrages aux élections européennes (10). Ces faits évidents se heurtent à la résistance de nombreux militants du « lexit », qui n’imaginent pas qu’on puisse aligner dans la même phrase les termes « racisme » et « classe ouvrière ».

Au cours de la dernière décennie, de nombreux militants de gauche ont surestimé l’acceptation du multiculturalisme et ont prédit un irréversible déclin du racisme. En 2013, le journaliste indé-pendant Sunny Hundal écrivait dans le Guardian : « C’est officiel : 45 ans après le discours d’Enoch Powell sur les “rivières de sang”, les alarmistes ont perdu la guerre, tandis que ceux qui pensent que la Grande-Bretagne est plus forte grâce à son identité multiraciale et multiculturelle ont gagné.

Hundal avait noté des tendances bien précises, en particulier chez les jeunes, mais il avait surestimé à quel point cette acceptation du multiculturalisme était établie. Et notons que, même selon ces chiffres, 30 % des personnes interrogées – presque toutes blanches, je suppose – ne pensaient pas que le multiculturalisme était une évolution positive.

La droite et la presse de droite n’ont pas abandonné. En prenant appui sur la minorité raciste, ils ont riposté. Les 30 % de Britanniques interrogées par Ashcroft, qui n’appréciaient pas le multiculturalisme, correspondent à environ 40 % de blancs. Une bonne base pour amorcer la réaction nationaliste qui a remporté le référendum de 2016 pour le Brexit.

La classe ouvrière est-elle « socialement conservatrice » ?

En réponse aux résultats des élections, un large spectre à l’intérieur et à l’extérieur du Labour Party avance que le parti doit maintenant aller vers la droite pour prendre en compte les « préoccupations » de ses électeurs perdus. Cela signifie qu’il faut souligner le « patriotisme » des travaillistes et reconnaître que la base traditionnelle des travaillistes est en grande partie « socialement conservatrice ».

Dans la complexité du monde réel, il est tout à fait possible, par exemple, d’avoir des vues progressistes sur les rôles des hommes et des femmes, tout en étant réactionnaire sur les questions de multiculturalisme et d’immigration.

Lorsque les commentateurs plaident pour que le Labour se repositionne politiquement afin de reconquérir ses prétendus bastions traditionnels, ils veulent dire qu’il faut avancer sur les questions d’immigration et de multiculturalisme. Ils veulent dire qu’il faut suivre les Tories à droite. Au sein du parti travailliste, cela prend souvent la forme d’un plaidoyer en faveur du « patriotisme ».

L’ancien président français Charles de Gaulle aurait dit un jour que le patriotisme, c’est quand son propre pays passe en premier, alors que le nationalisme, c’est quand on déteste tous les autres (13). Même selon cette définition, le patriotisme et le nationalisme ne s’excluent pas mutuellement. Mais dans tous les cas, l’implication est que, si votre propre peuple passe en premier, alors au moins vous discriminez tous les autres. Nombreux sont ceux qui nient être racistes, mais pensent qu’il est injuste que les immigrants récents soient « devant eux » dans la file d’attente pour la chirurgie.

Mais comme le souligne Andy Stowe : « Les opinions hostiles aux migrants sont la marque du racisme dans toute l’Europe. Elles s’expriment désormais toujours en termes de pénurie de logements, de places dans les hôpitaux, etc. Céder à cette façon de penser est l’une des conséquences de l’incompréhension de la raison d’être des partis politiques. Oui, ils existent pour gagner des élections, mais ils existent aussi pour changer la façon dont les gens pensent les choses.

« Un Parti Travailliste qui ne s’attaque pas frontalement à ces idées racistes sera celui qui s’y laissera entraîner. Long-Bailey (14), ou tout futur leader, qui essaie de s’envelopper dans le drapeau du Royaume-Uni sera toujours en train de courir derrière les Tories quand il s’agit de nationalisme chauvin. C’est un jeu auquel les socialistes ne doivent pas jouer, non seulement parce qu’il ne peut pas être gagné, mais aussi parce qu’il est fondamentalement anti-ouvrier. » (15)

S’adapter ou se battre ?

Les élections de décembre 2019 ont montré que la classe ouvrière était divisée sur les questions clés du nationalisme, de l’immigration et de la xénophobie (actuellement réhabilitée comme étant le « patriotisme »). Les militants pour le socialisme doivent se baser sur les secteurs les plus avancés de la classe ouvrière et construire à partir de là. S’incliner devant la partie de la classe ouvrière qui a été séduite par la caricature de Corbyn et des socialistes comme étant une « élite libérale » ne nous mènera nulle part. Contre les notions réactionnaires de patriotisme, il faut mener un combat politique. Sinon, on finit par céder toujours plus de terrain.

La position du Labour sur le Brexit a été déformée car elle tentait de concilier des positions incompatibles. Il a essayé d’unir la classe ouvrière autour de positions incompatibles. En adoptant le « patriotisme progressiste », Rebecca Long-Bailey donne un mauvais signal indiquant qu’une attitude fondamentalement bureaucratique est toujours répandue dans les couches supérieures du corbynisme.

Des signes très inquiétants laissent penser qu’une grande partie de la gauche travailliste ne comprend pas vraiment ce que la droite du parti est en train de préparer. Cette droite du Labour veut une contre-révolution de haut en bas au sein du parti travailliste.

Elle veut chasser – bureaucratiquement ou par la démoralisation – des centaines de milliers de militants de gauche. L’offensive de droite ne peut être contrée que par la lutte, et non par la capitulation et les compromis. (Résumé voir lien)

Londres, le 4 janvier 2020 Phil Hearse*

* Phil Hearse écrit dans Mutiny et dans Socialist Resistance, le journal et website de la section britannique de la Quatrième Internationale.

http://www.inprecor.fr/

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08 mars 2020 ~ 0 Commentaire

coronavirus (npa)

inf

Coronavirus: « Nous sommes dans une situation où on n’a sûrement pas les reins pour réagir et répondre correctement aux besoins »

200 soignantEs sont frappés d’une mesure d’éviction dans l’Oise, des services sont fermés et, à Tenon-AP-HP, c’est l’éviction de 58 soignantEs. On passe en alerte de niveau 2 sans passer par le stade 1 suite à un déni certain de la part des autorités.

Nous venons d’entendre l’intervention du ministre de la Santé, au terme de plusieurs heures passées en conseils de défense et des ministres consacrés au coronavirus. Il s’est exprimé sur l’épidémie qui vient. Il n’a pas eu un mot pour l’hôpital public. Celui-ci n’est même pas cité, une seule fois

Stéphane Dauger - Effectivement, pas un mot. C’est très impressionnant. C’est dans le droit fil de ce qu’on vit actuellement.

Cette crise au coronavirus jette une lumière crue sur les alertes et les revendi-cations portées, depuis près d’un an, par le Collectif inter-urgences (CIU) et désormais le Collectif inter-hôpitaux (CIH). La catastrophe annoncée pourrait se produire.

On est bien d’accord. Après, il faut faire attention, parce que de toute façon, nous aurions été dans une situation compliquée même en ayant plus de moyens, il faut rester objectif. Si ça part très vite et très fort, ça aurait été de toute façon compliqué à gérer mais, effectivement, nous sommes dans une situation où on n’a sûrement pas les reins pour réagir et répondre correctement aux besoins. Ça c’est une évidence !

Tu es impliqué dans le CIH, qui multiplie les initiatives pour se faire entendre des autorités sanitaires tout en assurant la continuité des soins. Aujourd’hui, qu’en est-il ? Les hospitalièrEs se heurtent à un mur même si Macron a proposé de recevoir une délégation du CIH.

Je ne l’avais pas entendu, on me l’a rapporté. Effectivement, pour l’instant, nous n’avons aucune réponse à nos revendications. Pour les quatre qui ont été formulées en assemblée générale depuis octobre dernier, nous n’avons jamais eu de réponse digne de ce nom de nos interlocu-teurs qui, pour l’instant, ont été les ministres successifs de la Santé.

La dernière fois, quatre chefs de service démissionnaires ont rencontré le nouveau ministre de la Santé, Olivier Véran. Il n’y a eu aucune avancée significative. Il s’est retranché derrière le rapport de l’IGAS [Inspection générale des affaires sociales] qui devrait sortir fin mars.

Quelques mots sur la gouvernance et sur la possibilité, à la reprise d’une partie de la dette, de dégager peut-être plus d’argent que ce qui avait été avancé par la ministre précédente. Mais ce ne sont que des propositions sans aucune documentation, aucune qui soit à la hauteur des enjeux.

Sur la table, rien de concret sur le financement, les salaires, la réouverture des lits et la gouvernance. Aucune matière à engager des discussions. Nous sommes réalistes, tout ne peut pas être obtenu d’un seul coup mais par contre nous attendions un signal fort sur chacune de nos exigences, avec un calendrier officiel dévoilé publiquement. À ce jour, fin février 2020, rien du tout.

Le neurologue de la Pitié, celui qui a secoué Macron, l’a bien compris, en interpellant vigoureusement le Président.

Oui, nous en appelons au Président de la République. Il y a eu cette intervention de notre collè-gue de la Pitié qui a sans doute accéléré les choses. Nous restons vigilants. L’état d’esprit du CIH et des centaines de chefs de services démissionnaires reste le même, nous voulons des avancées tangibles sur nos quatre revendications, tout de suite. Et après, pourquoi pas, un calendrier de négociations avec toutes les organisations qui participent activement au mouvement.

Aujourd’hui, nous sommes à la veille du stade 3 de l’épidémie et il n’est même pas envisagé de mesures urgentes de renfort des moyens sanitaires ? L’attitude de ce gouvernement est inquiétante.

Je suis tout à fait d’accord. Pour le moment, sans annonce, de la part de la direction générale de l’AP-HP, de mesures particulières, les médecins démissionnaires de Saint-Louis-AP-HP ont écrit au directeur, pour décliner son invitation à une réunion institutionnelle. Celui-ci n’annonce aucune consigne particulière de mobilisation du personnel, pas de renfort, rien…

D’autant plus que par exemple, en Île-de-France, pendant les épidémies hivernales, tous les nourrissons n’ont pas pu être pris en charge et ont été hospitalisés loin de chez eux. Et nous ne sommes pas encore sortis de l’épidémie de grippe.

Je ne connais pas précisément toutes les données adultes mais il semble que le coronavirus ne touche pas gravement les enfants sains mais nous pouvons craindre, pour ceux qui sont fragiles, des pathologies respiratoires liées à ce virus.

Ce qui est sûr c’est que, pour ma région et peut-être partout ailleurs en France, la réflexion a semblé, au moins en pédiatrie, limitée à l’établissement, alors qu’elle devrait être globale sur la région.

Elle porte sur les capacités de tel ou tel hôpital à faire face à la vague sans concevoir le disposi-tif à l’échelle des territoires. Dans le même esprit que Mme Buzyn à propos des difficultés de la réanimation pédiatrique en Île-de-France lors de l’épidémie de bronchiolite, plutôt que de s’interroger sur les manques majeurs en amont et en aval, Véran a ciblé les services eux-mêmes.

Si demain des enfants, pas très malades, devaient arriver aux urgences, accompagnés de leurs parents inquiets, sans même avoir besoin d’être hospitalisés, cet afflux pourrait être à l’origine de la désorganisation des hôpitaux, bien au-delà des établissements de référence censés accueillir les formes les plus graves. Les services d’urgences manquent déjà de personnel et en l’absence de lits d’aval, il leur sera impossible de faire face.

Cette absence de réflexion régionale en Île-de-France, essentiellement sur une augmentation immédiate des moyens humains, m’inquiète particulièrement. Les autorités sanitaires doivent s’appuyer sur les professionnels qui connaissent les structures, les circuits, les compétences pour prendre leurs décisions. Nous le réclamons depuis des mois. Maintenant nous sommes au pied du mur.

Des autorités sanitaires qui sortent enfin du déni mais ne prennent pas réellement la mesure des choses.

Le combat continue. Nous, chefs de services démissionnaires, lançons un appel à élargir le mouvement à l’ensemble des responsables médicaux de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris. Tant que les revendications du CIH ne seront pas satisfaites, nous ne baissons pas les bras. Nous restons motivés !

Mercredi 4 mars 2020  DAUGER Stéphane

Stéphane Dauger, chef du service de réanimation de l’hôpital pédiatrique Robert-Debré à Paris, a accepté de répondre à nos questions. Le soir-même de cette interview, nous avons appris la décision prise par le gouvernement d’utiliser le 49.3 pour passer en force sa réforme des retraites. Ainsi donc, la prétendue mobilisation gouvernementale contre le coronavirus aura été un paravent à cette initiative brutale.

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03 mars 2020 ~ 0 Commentaire

précaires (bourrasque)

bourra

Source

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02 mars 2020 ~ 0 Commentaire

5 mars (npa)

etudiant

Enseignement supérieur et recherche

En grève le 5 mars… et après on continue !

La situation générale a changé avec l’annonce, ce samedi, de l’application du 49.3, mais la préparation depuis un mois de l’arrêt des facs et labos le 5 mars ne reste pas moins quelque chose d’important.

Notamment car, jusqu’à l’annonce du passage en force du gouvernement, la date du 5 mars, à l’initiative un secteur mobilisé depuis plus de 2 mois apparaissait comme palliant l’absence de rendez-vous de l’intersyndicale.

Cette date de mobilisation se pose dans un contexte particulier pour les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche. La mobilisation contre la réforme des retraites, couplée à celle, sectorielle, de lutte contre la loi de programmation de la recherche (LPPR) a permis de constituer un collectif de lutte important (« Facs et Labos en luttes ») et de mettre en avant nos revendications pour l’amélioration de nos conditions de travail.

Car face à un sous-investissement dans la recherche (moins de 1% du PIB), les personnels de l’ESR ont vu leurs conditions de travail se dégrader depuis des années (baisse du nombre de postes, augmentation des appels à projet et donc baisse des financements pérennes, recours aux contractuelEs, utilisation de classements bidons pour l’évaluation, etc.).

Et les lois qui arrivent (retraite et LPPR) vont aggraver la situation en apportant encore plus de précarité. La proposition de « chaire de professeur junior » n’est rien d’autre qu’une copie  des « tenure-track » en place aux USA, qui signifient six ans supplémentaires avant d’obtenir un poste titulaire. Sachant que, dans la situation actuelle, on obtient en France un poste titulaire vers 34-35 ans en moyenne ! 

Une mobilisation qui réunit une nouvelle génération de militantEs

Dans le mouvement actuel, des expériences intéressantes et utiles ont pu émerger. Depuis le début de la mobilisation, de nombreux groupes se sont créés autour de la précarité dans la recherche, que se soit en région parisienne ou ailleurs en France.

Ces collectifs regroupent des personnes de différentes disciplines (lettres, sciences humaines et sociales ou sciences « dures »), qui ne se retrouvent plus dans le syndicalisme traditionnel mais recherchent des cadres d’organisation.

Ces nouveaux cadres ont permis de rendre visible la précarisation croissante des métiers de l’ensei-gnement supérieur et de la recherche (ESR) (40% de précaires, en moyenne, dans les facs), qui se couple avec la diminution des postes permanents (-50% d’ouvertures de postes en 10 ans). Les précaires représentent une grande part des personnels mobilisés (la moitié de celles et ceux qui étaient présents à la première coordination nationale, début février), et font partie des groupes les plus actifs pour l’organisation de la grève.

Une préparation difficile

Depuis la première coordination des facs et labo en lutte, l’objectif militant que nous nous sommes fixés est de réussir une grande journée de grève dans notre secteur et à poser la question de la reconduction.

Le bilan, à quelques jours de l’échéance, est une semi-réussite : une grosse journée de mobilisation en perspective avec au moins deux facs dont la présidence à banalisé la journée (sous la pression des mobilisations locales), mais pas de facs suffisamment mobilisées pour l’instant pour partir en reconductible de manière significative.

Cet objectif volontairement ambitieux ne sera probablement pas atteint notamment de l’isolement de la mobilisation des personnels de l’ESR, tant du fait de la baisse de mobilisation globale contre la réforme des retraites que du manque de mobilisation des étudiantEs.

Dans ce contexte global, nous devons continuer à mobiliser les collègues pour défendre nos conditions de travail et une autre vision de la recherche. Et dans ce cadre, nous serons présents à toutes les mobilisations contre la réforme des retraites et le 49-3. 

Nous avons encore 5 jours pour mobiliser, bloquer les facs et les labos, manifester et ainsi les faire reculer. TouTEs dans la rue le 5 mars !

Valentin Pantin Lundi 2 mars 2020

https://npa2009.org/

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01 mars 2020 ~ 0 Commentaire

malbouffe (reporterre)

 malbouffe

Le gouvernement refuse d’interdire la pub pour la malbouffe ciblant les enfants

La Commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale va donner ce mercredi 26 février le coup d’envoi des débats sur la réforme de l’audiovisuel.

Pour l’ONG Foodwatch, « ce projet de loi est une opportunité d’enfin concrétiser la recomman-dation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de réglementer la publicité et le marketing qui ciblent les moins de 16 ans pour des produits trop sucrés, trop gras, trop salés, à la télévision mais aussi sur tous les autres supports électroniques ».

Las, « dans sa version actuelle, le projet de loi ne permet aucunement de protéger les enfants — et leur santé — du matraquage publicitaire pour des produits alimentaires et boissons pourtant trop sucrés, trop gras, trop salés, a indiqué l’ONG dans un communiqué. Le gouvernement s’est contenté d’y inscrire que les industriels pourraient adopter des « codes de bonne conduite » … sur base volontaire ! »

Un enfant sur six en France est en surpoids ou obèse. Le coût des maladies liées à l’obésité et au surpoids est comparable à celui de l’alcool et du tabac : la Direction générale du trésor estimait déjà en 2012 le coût social de la surcharge pondérale à 20 milliards d’euros par an.

L’ONG propose d’interdire la publicité qui cible volontairement les jeunes

L’ONG propose d’interdire publicité et marketing qui ciblent volontairement les jeunes pour des produits trop sucrés, trop gras, trop salés. Or l’article 54 du projet de loi « prévoit l’adoption de codes de bonnes conduite » de la part des acteurs de l’industrie agroalimentaire « qui seraient ainsi censés s’autoréguler », a dénoncé Foodwatch.

Plusieurs études ont montré que les engagements volontaires n’étaient pas efficaces. C’est aussi la conclusion du rapport de la Cour des comptes sur la prévention et la prise en charge de l’obésité de novembre 2019 : « La France devrait se doter d’une régulation normative de la publicité pour enfant ».

26 février 2020

https://reporterre.net/

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29 février 2020 ~ 0 Commentaire

nantes (ouest france)

 ZAD

Ce samedi midi, une centaine de personnes sont déjà rassemblées au miroir d’eau, devant le château des ducs de Bretagne à Nantes, à l’appel de différents collectifs du grand ouest où ils construisent actuellement un village des luttes où chacun est invité à venir s’informer. Ces différents collectifs dénoncent les grands et petits projets destructeurs, inutiles et imposés (en abrégé, GPPD2I).

Plusieurs départs de manifestations sont prévus en début d’après-midi, à 14 h 30, notamment de la carrière Misery dans le bas Chantenay.  Sur le village des luttes au miroir d’eau, dès midi, des groupes installent des stands, des tonnelles ou des banderoles.

L’idée est vraiment que les membres des différents collectifs se rencontrent et échangent, explique Arnaud de Terres communes. Les gens peuvent aussi venir s’informer sur les grands projets inutiles.

Les échanges sont nombreux entre les militants venus de toute la région. Alors qu’elle distribue son journal consacré à la Zac du Brochet à Vallet, cette militante Gilet jaune est interpellée par une militante du Carnet : Vous connaissez le Carnet ? J’y suis née ! répond-t-elle fièrement. Et la conversation s’engage.

Un peu plus loin, Mat, Gilet jaune de la région nantaise est en grande conversation avec David, opposé au port artificiel de Brétignolles-sur-Mer.

« Quand nous avons ouvert la Zad début octobre contre ce projet, on s’est aperçu qu’il y avait plein de projets comme celui-ci autour de nous, indique David. A Saint-Père en Retz avec le surfpark, à Vallet avec la Zac du Brochet. Cela m’a remotivé pour repartie en lutte, je ne bougeais plus depuis 30 ans et je suis à nouveau sur le pavé.

Vers 12 h 45, une cantine collective est en cours de montage par les collectifs dont l’association Alternatiba. Nous avons récupéré des stocks d’invendus de la plateforme Bio Coop à Rennes, explique Julie. Nous allons nettoyer ces légumes et les proposer aux gens.

Au miroir d’eau, Mat, Gilet jaune de la région nantaise rejoint David opposé au port artificiel de Bretignolle

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26 février 2020 ~ 0 Commentaire

gaza (ujfp)

gaza jeunes 1

Rencontre d’une délégation de six représentant-e-s de la société civile de Gaza, le mercredi 25 mars 2020

« Gaza sera-t-elle vivable en 2020 » s’interrogeait l’ONU en 2012, analysant elle-même que la réponse est non si le blocus israélien n’est pas levé. Avec la complicité de la communauté internationale, huit ans plus tard le blocus est toujours là.

Et le « deal du siècle » de Trump et Netanyahu continue la destruction de la Palestine 

Poursuite débridée de la colonisation et des annexions, destructions, bombardements sur Gaza, assassinats de résistants.

L’International Apartheid Week est destinée à faire entendre internationalement la situation d’Apartheid créée en Palestine par un réseau de lois et de faits sur le terrain. Le soutien à la Palestine est plus que jamais à l’ordre du jour pour la solidarité internationale et française, pour la paix dans le monde, pour la survie du droit international, pour un « vivre ensemble » dans l’égalité et la justice.

La délégation, invitée au Parlement européen le 24 mars, se compose de :

Taghreed Aburahma. Membre du comité des associations de femmes palestiniennes mobilisées pour la défense des droits des femmes et des enfants.

Zakaria Baker. Militant défenseur des droits des pêcheurs et coordinateur des comités de pêcheurs – affectés par le blocus.

Saadeddin Ziada. Ancien prisonnier politique. Responsable des comités de paysans de la bande de Gaza – victimes du blocus.

Ziad Alshattali. Animateur, photographe et danseur dans des associations qui s’occupent de l’enfance. Il a été grièvement blessé le 28 septembre 2018 lors des marches du retour par des balles explosives et a dû être amputé d’un pied. Il représente les victimes lors de ces marches.

Ahmed Jouda. Jeune universitaire militant dans les réseaux sociaux. Particulièrement actif sur la question du chômage des jeunes. Représente les collectifs de jeunes.

Almutasembella Eleiwa (Abu Amir). Coordinateur d’Unadikum dans la bande de Gaza. Organisateur des brigades internationales de protection des paysans et des pêcheurs. Coordinateur de l’action de l’UJFP « Un château d’eau pour Khuza’a » qui en est à sa quatrième phase : la création d’une pépinière de légumes.

Cette initiative s’inscrit également dans le temps de la mobilisation « Gaza-Palestine 2020 » de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI), qui se clôturera fin 2020 par un événement grand public.

Contre les plans d’apartheid de Trump et Netanyahu et la complicité des autres grandes puissances
, le peuple palestinien résiste !

Lorsque l’une des plus puissantes armées du monde piétine tout un peuple, la solidarité est un devoir.

Bienvenue à la délégation de Gaza !

Dans le cadre de la Semaine internationale contre l’apartheid israélien (IAW), à l’initiative de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix) et avec le soutien de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité), de l’AURDIP (Association des Universitaires pour le Respect de Droit International en Palestine), de BDS France (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), du CVPR PO (Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient) et d’un grand nombre de comités de solidarité avec la Palestine, d’associations citoyennes, de fédérations syndicales et de partis politiques.

gaza jeunes npa brest

Evènement facebook

https://www.ujfp.org/

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24 février 2020 ~ 0 Commentaire

soins psychiques (bastamag)

psy

Soins psychiques

L’État va-t-il exclure la majorité des enfants et adolescents ?

En Nouvelle Aquitaine, l’Agence régionale de santé veut obliger les centres psychologiques pour enfants et adolescents à changer de fonctionnement. Et à exclure du soin des milliers d’enfants, pour les renvoyer vers le secteur privé.

Le conflit est révélateur d’un tournant pris depuis plusieurs années par les instances du secteur public de la psychiatrie.

Fin 2019, en Nouvelle Aquitaine, l’Agence régionale de santé (ARS) a transmis un nouveau « cahier des charges » aux directions des centres médico-psycho-pédagogiques de la région [1].

Ces « CMPP » sont des centres d’accueil, de prise en charge et de suivi, en lien avec les parents et l’Éducation nationale, destinés aux enfants et jeunes jusqu’à 20 ans. Ils accueillent des enfants pour divers troubles : phobies scolaires, addictions, troubles affectifs, du comportement, pathologies psychiques lourdes (schizophrénie…), et pour des troubles dits du neuro-développement (autisme, dyslexie, hyperactivité…). Les enfants peuvent y êtres reçus pour quelques rendez-vous ou pour des prises en charges régulières, mais seulement en journée – ils ne sont pas hébergés sur place.

Les équipes des CMPP sont pluridisciplinaires, avec des médecins psychiatres, des psychologues, psychomotricien.nes, orthophonistes, assistant.es sociales, enseignant.es spécialisé.e.s…

Contrairement aux CMP (centres médico-psychologiques) infanto-juvéniles, les CMPP ne dépendent pas directement d’un secteur hospitalier psychiatrique. Ils sont en général gérés par des associations, mais tout de même financés par les agences régionales de santé, car considérés comme partie intégrante du service public de la santé. Plus de 200 000 enfants sont pris en charge chaque année dans un des 400 CMPP que compte le territoire français [2].

85% des enfants risquent de ne plus être pris en charge

Pour les troubles qui ne relèvent pas du neuro-développement, le cahier des charges parle de « cas légers ». Voilà qui hérisse aussi les professionnels. « Il y a là un déni du travail psychothérapique auprès de ces enfants qui ne présentent pas tous des troubles fonctionnels et cognitifs, mais peuvent être en très grande souffrance, a réagi le président de la fédération des CMPP, Patrick Bemamich dans un courrier.

C’est, en particulier, le cas de cette période particulièrement sensible de l’adolescence qui est complètement occultée dans ce cahier des charges. Sont pris en charge en CMPP, jusqu’à 20 ans et plus, des jeunes présentant des pathologies les plus diverses : des phobies scolaires aux addictions, en augmentation constante, en passant par des troubles des conduites alimentaires ou des pathologies lourdes, comme la schizophrénie par exemple, où l’action précoce est essentielle. »

Que propose ce cahier des charges pour les enfants qui présenteraient des troubles dits « plus légers » ?

De les renvoyer vers l’Éducation nationale… Plus précisément, tous les enfants qui n’auraient pas de notification de handicap – attribuée par les maisons départementales du handicap (MDPH) – seraient renvoyés vers les Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), des dispositifs où des enseignants spécialisés et des psychologues scolaires viennent en soutien aux élèves d’écoles maternelles et élémentaires, en classe ou en petites groupes. Ces réseaux sont normalement là pour aider les enfants avec des difficultés scolaires.

Aujourd’hui, d’après les chiffres donnés par le cahier des charges de l’ARS, seuls 14 % des 18 000 enfants et adolescents suivis chaque année par les CMPP de la région ont une notification de handicap. Qui aidera alors les 15 000 enfants et ados sans notification

Soigner les enfants devient déjà de plus en plus difficile depuis plusieurs années au sein des CMPP et CMP du territoire, faute de moyens suffisants. Entre 2011 et 2019, plus de 200 CMP pour enfants et adolescents ont fermé à travers la France [5]. Alors même que la demande de soin augmente.

Le conflit qui se joue en Nouvelle Aquitaine est symptomatique des lignes de fractures qui traversent la psychiatrie publique, pour adultes et enfants, aujourd’hui : des moyens en baisse, une orientation vers les neurosciences qui cherche parfois à être hégémonique, des instances dirigeantes qui veulent faire avant tout de l’évaluation face à une partie des soignants qui mettent en avant la parole et le lien comme étant le cœur de leur travail. (Résumé voir lien)

Rachel Knaebel  Rachel Knaebel 24 février 2020

https://www.bastamag.net/

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