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02 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

alexandria ocasio-cortez (regards)

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People before profit! Merci qui? L’ICE est le Frontex anti immigrés de D Trump…

Alexandria Ocasio-Cortez : du dégagisme à l’américaine

Victoire surprise à New York dans une primaire du Parti démocrate : une ancienne barmaid latino de 28 ans née dans le Bronx, l’a emporté cette semaine face à un baron du parti. Espoirs intersectionnels et révolution politique de l’autre côté de l’Atlantique.

She did it ! Elle l’a fait. Et pas qu’un peu.

Alexandria Ocasio-Cortez a donc remporté l’investiture démocrate dans le 14ème district de New York contre Joe Crowley, avec le score écrasant, saisissant de 57, 5 % des voix, contre 42,5 % à son adversaire, représentant, s’il en est, de l’establishment démocrate. Les médias américains parlent déjà de « séisme politique ». Et Donald Trump lui-même s’est ému, sur son compte Twitter, de voir disparaître un vieil adversaire de la scène politique new-yorkaise.

On avait analysé quels étaient les ressorts d’une campagne qui pouvait n’apparaître, il y a quelques semaines encore, que comme une forme de défi tout au plus sympathique, quand elle ne prêtait pas à des commentaires empreints de scepticisme et de cynisme de la part de tous les acteurs de l’establishment.

La jeune candidate se présentait certes comme une candidate démocrate mais issue de la classe des travailleurs ; ce qui, aux États-Unis, fait encore trembler les coeurs même les plus progressistes. Elle s’appuyait sur une démarche intersectionelle, refusant de séparer les ques-tions de race, de classe, de genre, de sexualité. Enfin, elle mettait en oeuvre une stratégie populiste et inclusive : constituer un nous politique, articuler des demandes populaires hétérogènes dans le sens de plus d’égalité et de justice sociale pour tous.

Une lutte intersectionnelle victorieuse

Tout semblait donc à vrai dire fou, irraisonné, excessif dans cette campagne de terrain qui, n’était le soutien de Bernie Sanders (Joe Crowley étant au contraire appuyé par les Clinton et l’establishment démocrate), ne s’appuyait, au départ, que sur la mobilisation des absten-tionnistes et des populations délaissées par le parti démocrate.

Comme toujours, pour l’establishment démocrate, il ne suffirait que de jouer sur la peur inspirée par le parti républicain et Donald Trump, pour rallier, par défaut, les voix des travail-leurs, des femmes ou des populations d’origine immigrée encore prêts à voter en dépit de tous les espoirs déçus.

Et pour le reste, on maintiendrait, autour du soutien moral des classes moyennes, un statu quo raisonnable et une forme de consensus au centre, tout en cédant en pratique, en dépit de proclamations anti-racistes, féministes, etc. toujours un peu plus de terrain à l’adversaire sur les questions de revenus, de santé, d’éducation ou d’immigration. Comme si les questions économiques et sociales n’affectaient pas, en premier lieu, les plus fragiles d’entre les travailleurs : les femmes, les noirs et les latinos !

Comme Alexandria Ocasio-Cortez l’a répété à plusieurs reprises durant la campagne, « il n’est pas de question économique et sociale qui n’ait de prolongement racial, comme il n’est pas de question raciale qui n’ait de prolongement économique et social ». On ne peut donc, sauf aveuglement volontaire, mettre une question au centre d’un agenda politique sans en reléguer une autre aux marges de l’action politique ce qui signifie, en fait, se refuser à traiter cette question dans ses prolongements et son ensemble.

Il faut donc, au contraire, démarginaliser les questions de race, de genre, de sexualité pour, également, reformuler de manière effective la question économique et sociale.

Et c’est ainsi, en effet, que la jeune candidate latino a pu se présenter, face à son adversaire, comme la championne de la question des travailleurs new-yorkais, mettant fin, par sa victoire écrasante, à ce « cycle de cynisme et d’incurie » engagé, depuis les années 90, par le néolibé-ralisme des Clinton, et qui voulait non plus transformer l’Amérique mais uniquement se mainte-nir au pouvoir. En remettant à l’agenda des questions comme celle d’un revenu minimum, d’une éducation publique gratuite, d’emplois fédéraux garantis, d’une sécurité sociale pour tous, Alexandria Ocasio-Cortez ne craignait pas même d’en appeler, suite à la crise de 2008 et l’occasion manquée par Obama de faire plier la finance et de relancer l’investissement public, à un nouveau New Deal pour tous.

Une nouvelle donne sociologique en politique

La jeune femme est en effet âgée de 28 ans et issue des classes populaires du Bronx et du Queens. Elle était encore barmaid et éducatrice il y a quelques mois. Cumulant les emplois depuis son adolescence, son père est décédé durant la crise de 2008, pour, avec sa mère d’origine portoricaine, faire subsister sa famille, elle avait pourtant déjà été l’une des organisa-trices de la campagne de Bernie Sanders pour l’investiture démocrate à la présidentielle américaine en 2016.

Mais nul n’imaginait qu’elle puisse défier et encore moins battre ! un représentant du parti démocrate en place depuis 20 ans, et appelé à succéder à Nancy Pelosi au rôle de leader démocrate à la Chambre des Représentants.

C’est dire, pour parler comme le New-York Times, que la base du Parti démocrate est en état d’insurrection politique et que désormais, elle risque bien de répudier un peu partout les candidats démocrates « modérés ».

La victoire de la jeune candidate new-yorkaise inaugure sans doute, en effet, une série de victoires de jeunes leaders démocrates radicaux. Il faut en effet également compter avec la victoire de Ben Jealous dans le Maryland, et celles, peut-être à venir, d’Ayanna Pressley dans le Massachusetts, de Cori Bush dans le Missouri, ou encore de Chardo Richardson en Floride.

Toutes et tous, sous la bannière de Bernie Sanders, entendent en effet conquérir le Parti Démocrate pour en faire l’outil de ce que le sénateur du Vermont appelle une « révolution politique ». Bien plus, sous la pression de ces victoires, un verrou institutionnel décisif vient de sauter : Tom Perez, qui dirige le DNC, le comité national du Parti Démocrate, s’est vu tenu de proposer une réduction du rôle des super-délégués dans la désignation des candidats (les dignitaires du Parti Démocrate avaient, par exemple, clairement pesé dans le sens d’une désignation d’Hillary Clinton en 2016).

Surtout, ces nouvelles candidatures entrent évidemment en résonance avec les mouvements d’activistes dont elles sont les plus souvent issues, et mettent à nu le cynisme du Parti Démo-crate. Un épisode portant sur la question de l’immigration, aura en effet marqué le débat Ocasio-Cortez/Crowley. Joe Crowley s’était, comme à son habitude, répandu en indignation morale contre les dispositions de l’administration Trump à l’égard des migrants, les qualifiant avec bruit de « fasciste ».

Mais de deux choses l’une : ou bien les dispositifs comme l’ICE (un agence de police frontalière dont le rôle aux États-Unis est l’équivalent, peu ou proue, de dispositifs comme FRONTEX pour l’Union européenne) sont des dispositifs d’état criminels (notamment lorsqu’ils séparent les enfants des parents). Et ils doivent par conséquent, comme l’a rappelé Ocasio-Cortez à son adversaire, être abolis. Ou bien il ne sert à rien de crier au fascisme (surtout lorsque l’on a supporté des administrations démocrates qui, comme celle d’Obama, ont, plus que toutes, encouragées ces dispositifs, et ont livré clé en main des instruments de répression à l’autoritarisme de l’administration Trump).

On ne perd que les combats que l’on ne mène pas

On disait, là encore, si l’on était cynique ou indifférent, que c’était peine perdue, que jamais les Américains ne se rallieraient à un combat en faveur des droits des migrants ; qu’il fallait donc protester pour la forme, s’en tenir à des positions morales bien faites pour se satisfaire de soi-même en conscience ; mais sans espoir et encore moins d’engagement à modifier politiquement, et effectivement, la donne.

Et pourtant. Et pourtant les Américains (qui savent bien qu’ils ne sont rien d’autre, au fond, qu’une nation de migrants) se sont mobilisés, aux premiers rangs desquels les femmes activis-tes qui ont, à nouveau hier, après la grande marche féministe de cet automne, envahi les institutions de la capitale américaine, sous les saluts, enthousiastes, de la sénatrice Elisabeth Warren.

On ne perd les combats que l’on ne mène pas. Et Bernie Sanders a raison, dans un tribune récente, de dire que le combat ne peut être que global. Global au sens où, si les Démocrates et les forces de gauche veulent véritablement, et partout, vaincre l’autoritarisme montant des forces de l’argent et de l’oligarchie qui, de Poutine à Trump et Erdogan, en passant par les monarchies du Golfe, dominent actuellement la scène politique nationale et internationale, on ne peut désormais plus séparer les droits des travailleurs, des femmes, des migrants et des minorités raciales.

Mais encore faut-il d’abord, là où des régimes autoritaires promeuvent la division et la haine, pour encourager le sens de l’inclusion et de la justice sociale, vaincre l’apathie que des élites cyniques et indifférentes ont contribué à installer dans les têtes et dans les coeurs des élec-teurs. On parle souvent d’une haine des élites qui animerait cette nouvelle gauche. C’est faux. C’est qu’au fond, la maxime de ces nouvelles figures de la gauche pourrait être celle que Gramsci s’était faite, en déclarant ne rien tant haïr que l’indifférence, la sécheresse et la paresse de coeur. Et c’est bien celles-ci que le courage, l’enthousiasme, une certaine inno-cence aussi de celle qui est sans doute appelée à devenir une grande figure de la politique américaine vient de vaincre de manière fracassante.

Gildas Le Dem  29 juin 2018

http://www.regards.fr/

Lire aussi:

Alexandria Ocasio-Cortez (Wikipedia)

New York victory shows we need to ‘organise to fight back’ says US socialist (SWP-GB)

How far can the left go in the Democratic Party?(ISO-USA)

Commentaire: Chacun utilise cette sympathique militante pour vendre sa propre salade. Si dans cet article elle défend les pauvres et « racisés » (comprenez: la classe ouvrière) dans d’autres médias, elle défendrait la soi-disant  « classe moyenne » américaine… Pour l’heure la droite voit en elle « une far left socialist » ce qui nous convient!

 

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01 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

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mai 1968

Entretien avec Alain Krivine

Parlons si tu veux bien de la fondation de la Ligue Communiste, en avril 1969. Tu étais membre et dirigeant des deux organisations, dissoutes par le pouvoir gaulliste après Mai 68, dont les militants ont pris la décision de lancer la Ligue:  la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), formée par des camarades exclus de l’Union des Etudiants Communistes (UEC) et du PCF, et le Parti Communiste Internationaliste (PCI) qui était alors la « Section Française de la Internationale »…

Pour des raisons de sécurité le congrès s’est tenu clandestinement, au mois d’avril en Alle-magne. Mais en fait j’ai suivi ça de loin parce que je faisais alors mon service militaire, à Verdun. C’est là d’ailleurs que j’ai appris que je devais me présenter à l’élection présidentielle, convoquée au mois de juin après le départ de de Gaulle, ce qui a mis dans la caserne une pagaille pas possible…

A la direction du PCI nous avions eu une discussion, avec la participation d’Ernest Mandel, sur le fait de savoir s’il fallait poursuivre ou non un entrisme dans le PCF. Le choix de créer une organisation indépendante, à partir des forces dont nous disposions et qui s’étaient regrou-pées autour du journal Rouge, lancé en septembre 1968, a été très largement partagé. A l’époque, le PCI ne devait pas avoir plus de 150 militants, tandis que la JCR, formée en 1965/66, en regroupait au départ deux ou trois centaines et est arrivée en Mai jusqu’à 900.

La JCR était une organisation essentiellement étudiante, avec quelques jeunes travailleurs, mais très peu. Elle était dirigée par des trotskystes, membres du PCI, mais la majorité de ses militants étaient au départ plutôt guévaristes, on parlait d’ailleurs d’une organisation « trotsko-guévariste ». Dans les manifestations la JCR reprenait le slogan, que Rudi Dutschke m’avait fait découvrir en Allemagne, « Hô Hô Hô Chi-Minh, Che Che Guevara » pas fantastique politi-quement, mais qui exprimait la radicalité des luttes anti-impérialistes. Un débat central du con-grès de fondation a été l’adhésion à la 4è Internationale, auquel s’est opposée une minorité qui est allée fonder ensuite l’Organisation Communiste Révolution !

L’objectif général était bien sûr d’avancer dans la construction du facteur subjectif, du parti qui avait manqué en Mai. Plus concrètement, nous nous donnions pour tâche de « gagner l’hégé-monie sur l’avant-garde large », cette couche de travailleurs et de jeunes de milliers, de dizai-nes de milliers qui s’était politisée et continuait à se politiser dans la foulée du mouvement de Mai. Notre force résidait dans notre capacité à être unitaires dans l’action, tout en étant très clairs, très radicaux dans notre propagande. Cette combinaison est quelque chose de très important, qui a profondément marqué la Ligue et reste ancré aujourd’hui à travers le NPA. On est à fond pour l’unité d’action contre Macron, mais on ne va pas se présenter à des élections avec des gens dont la stratégie est les élections pour gérer les institutions.

Quand Tsipras est venu nous voir à Paris après son élection à la tête de Syriza, qui à l’époque devait faire 3 % des voix, il nous a dit « Bonjour, je suis le Besancenot grec ». On a vu le résul-tat. Aujourd’hui on a Mélenchon qui parle sur le mode « Quand je serai président », ce qui est ridicule puisqu’il ne sera jamais président, et s’il le devenait il ferait des politiques d’austérité comme tous les autres.

Les conquêtes politiques et sociales ne sont jamais venues du parlement et des élections, elles ont toujours été la conséquence des mobilisations, de la grève générale. Notre désaccord essentiel avec Mélenchon ne porte pas sur telle ou telle de ses propositions, le problème n’est pas de savoir s’il est plus à gauche ou plus à droite que le PC, il est que les uns et les autres ont une politique et une stratégie institutionnelles. C’est la grande ligne de démarcation. Après, il y a un autre phénomène, que l’on commence à voir également en France et qui pose un autre type de problèmes, celui des secteurs qui du fait du rejet de la politique institutionnelle prétendent, à la suite des zapatistes, « faire la révolution sans prendre le pouvoir ».

Afin de « gagner l’hégémonie sur l’avant-garde large », la Ligue considérait nécessaire de répondre à ses préoccupations et pour cela de prendre des initiatives radicales, même minoritaires. Et de fait, jusqu’en 1977 les forces et l’influence de la LCR se sont développées significativement, dans la jeunesse scolarisée mais aussi dans des secteurs de la classe ouvrière. Par-delà toutes les différences, la situation très contradictoire que nous traversons aujour-d’hui pourrait présenter certaines analogies, par exemple, par rapport à « l’avant-garde » des « cortèges de tête ». Y a-t-il de ce point de vue des ensei-gnements à tirer de l’expérience des années soixante-dix ?

Au bureau politique j’avais voté pour la manifestation du 21 juin 1973, qui nous a valu la nou-velle dissolution. Je pense toujours que c’était une décision juste et d’ailleurs nous n’étions pas seuls à appeler, et la manifestation était tout sauf ridicule, elle a rassemblé plusieurs milliers de personnes.

Mais refaire maintenant ce genre de choses n’aurait pas de sens, parce que la situation est totalement différente. A l’époque l’avant-garde large était une réalité, dans la jeunesse scola-risée et aussi parmi les nouveaux ouvriers, moins encadrés par le PCF et qui avaient mené des luttes radicales dès 1966/67. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, où tout est beaucoup plus réduit et plus éclaté. Nuit Debout était très petit et la « marée » de Mélenchon n’a pas eu lieu.

Le prolétariat est plus nombreux qu’en 68, mais il est aussi plus divisé, atomisé, avec sur les épaules le poids des défaites, des reculs qui se sont accumulés depuis. On est passé de 300  000 à deux millions et demi d’étudiants et la moitié d’entre eux travaillent, ce qui fait que le problème de la jonction étudiants-travailleurs ne se pose plus du tout de la même façon, elle se fait de manière beaucoup plus naturelle. Mais en même temps, comme on vient de le voir dans le mouvement contre la sélection à l’université, les étudiants qui se mobilisent ne descendent pas dans la rue.

Le phénomène des cortèges de tête, avec ces milliers de personnes, jusqu’à 15 000 dans les dernières manifestations parisiennes, qui ne veulent pas défiler derrière les banderoles des syndicats ou des partis, fondamentalement parce qu’il n’ont plus confiance, est très important. Il faut trouver les voies, les moyens de s’adresser à ces gens, qui ne sont pas à confondre avec les quelques dizaines de « casseurs », black blocks ou autres, dont la violence minoritaire n’est pas comprise, donc divise et affaiblit.

C’était très différent en 68, il y avait une violence de masse qui répondait à la violence de la police. Rue Gay-Lussac les habitants, qui n’étaient pourtant pas des ouvriers, soutenaient largement les étudiants contre les flics, jetaient de l’eau depuis les fenêtres pour faire retomber les gaz lacrymogènes. Je me souviens d’un gars bien habillé disant d’un air rigolard « Tiens, c’est ma voiture qui brûle » quelques semaines plus tard, il a peut-être voté pour de Gaulle…

Quand on licencie des ouvriers c’est une forme de violence extrême et leur riposte, y compris violente, est légitime, dès lors bien sûr qu’eux-mêmes en prennent la décision. Mais nous nous sommes toujours opposés à la violence minoritaire, en 68 on avait même protégé une armurerie que certains manifestants voulaient dévaliser.

La situation actuelle, nationale et internationale, a assez peu à voir avec celle d’il y a cinquante ans. Par-delà toutes les différences, quels sont à ton sens les enseignements de Mai 68 qui restent actuels ?

D’abord, que pour faire une vraie révolution il faut parvenir à développer une auto-organisa-tion, un contrôle des travailleurs et travailleuses au sein des entreprises. Ensuite, qu’il y a toujours autant besoin d’une alternative anticapitaliste, internationaliste qui soit suffisamment forte et crédible. Ce sont les deux éléments qui ont manqué en 68, ce qui a fait que le mouvement s’est conclu par un échec, une reprise en main par les institutions.

Maintenant, on ne va pas se le cacher, on est face à une situation complexe où l’on doit tenter de résoudre des problèmes difficiles. Il y a tout un public, des gens qui votaient pour le PC et se retrouvent maintenant à voter FN, sans que ces gens aient rien de fasciste, raison pour laquelle dénoncer le fascisme ne sert à rien ou bien ne votent plus du tout parce qu’ils ne croient plus dans la politique. Quand Philippe Poutou est venu à Saint-Denis, pendant la campagne présidentielle de 2017, des tas de gens allaient le saluer, le féliciter, et lui disaient en même temps « Mais qu’est-ce que tu vas faire dans cette galère ? » Et puis il y a le racisme, qui pénètre les classes populaires et est un grand facteur de division.

Ce n’est évidemment pas une raison pour baisser les bras. On l’a encore vu pendant ce prin-temps, il y a toujours dans ce pays des luttes d’une certaine ampleur, et toujours aussi des travailleurs et des jeunes qui cherchent des réponses et sont prêts à écouter ce que nous pouvons leur dire. A un moment, la tendance va s’inverser et je suis convaincu que l’on verra alors renaître quelque chose qui ressemblera à l’esprit de Mai.

Jean-Philippe Divès Dimanche 1 juillet 2018

https://npa2009.org/i

Lire aussi:

Pierre Rousset: Comment Mai 68 a formé toute une génération de militants (NPA)

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01 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

crétinisme (anti-k)

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Quelqu’un a vu la voie parlementaire au socialisme?

30 juin 68: le prix du crétinisme parlementaire

Le deuxième tour confirme le raz de marée réactionnaire.
La politique a horreur du vide, en l’occurrence celui de la gauche parlementaire. Donnons la parole à Rosa Luxembourg, dans son article « Social-démocratie et parlementarisme » 1904.

« L’illusion selon laquelle le parlement est l’axe central de la vie sociale, la force motrice de l’histoire universelle, est une illusion que l’on peut non seulement expliquer historiquement, mais qui est nécessaire pour la bourgeoisie luttant pour le pouvoir, et encore plus pour celle qui le détient. 

Le fruit naturel d’une telle conception est le fameux « crétinisme parlementaire » qui, devant le bavardage satisfait de quelques centaines de députés dans une chambre législative bourgeoi-se, est aveugle aux forces gigantesques de l’histoire mondiale qui agissent hors d’elle, dans le flux de l’évolution sociale, et qui font fi des faiseurs de lois parlementaires.

 Or, c’est précisément ce jeu des forces élémentaires brutes de l’évolution sociale, auquel les classes bourgeoises participent elles-mêmes sans le savoir ni le vouloir, qui aboutit à réduire sans cesse, non seulement la signification imaginaire, mais toute signification du parlementarisme bourgeois… »

Le second tour est un raz de marée réactionnaire 

UDR et les Républicains-indépendants de Valéry Giscard d’Estaing (RI) 43,6% des voix, Centre démocratique de Lecanuet 10,3%, PCF  20%, FGDS 16,5% et PSU  3,9%. Les blancs ou nuls, estimés exceptionnellement élevés, ne sont pas comptés. La participation est de 78%, soit 22 millions de votants.

La droite obtient 354 sièges, dont 293 pour l’UDR et 61 pour les RI. Première fois dans l’histoi-re de la République qu’un parti conquiert la majorité absolue à l’Assemblée. L’opposition enre-gistre un recul sans précédent. Chambre réactionnaire à tout point de vue y compris ceci: il y a 1,6 % de femmes, soit 8 pour 479 hommes, alors qu’elles constituent 3,3 % des candidats.

C’est la déroute de la gauche parlementaire.

La FGDS de Mitterand perd 64 députés. Le Parti Communiste Français perd 39 députés, passant de 73 sièges à 34. Dans les circonscriptions les plus ouvrières, situées autour des grandes usines, il est clairement rejeté. Les travailleurs ont pu mesurer son rôle de soutien du régime bourgeois. Autour de Flins par exemple, le PCF perd un quart de ses voix entre mars 1967 et juin 1968.

On peut dire que cette gauche est handicapée par l’exclusion du vote d’une partie de la jeunesse, puisque la jeunesse doit encore attendre 21ans avant de voter, et que près de 300 000 jeunes qui avaient atteint l’âge de la majorité sont exclus par le refus de gouvernement d’actualiser les listes électorales. Mais cela n’explique pas tout. Si l’on s’en tient à la jeunesse, il est clair que pour des centaines de milliers de jeunes travailleurs et étudiants, ces élections sont « un piège à cons » armé par le régime et les politiciens réformistes. Donc elle s’abstient ou vote nul.

Et surtout, au delà de la jeunesse, des millions de travailleurs ont constaté l’hostilité de départ de cette gauche face au mouvement de la jeunesse, son inertie dans la grève, et son incapacité à offrir une alternative quand pendant deux jours pleins le régime s’est décomposé.

A quoi sert-elle, en dehors de nourrir grassement ses dirigeants ?

Comment lui faire confiance dans ces conditions pour gouverner ? Un autre facteur joue: l’affrontement électoral des différents partis de l’ordre finit par la victoire de celui qui est le mieux placé pour le défendre.C’est là qu’il est utile de relire la longue analyse de Chris Harmann dans son article  « Quand la France prit feu Mai 68 »  dont voici la conclusion:

« En mai, comme dix millions de personnes évoluaient ensemble, des individus de toutes sortes avec des idées assez conservatrices pouvaient concevoir une solution à leurs problèmes parti-culiers dans un effort collectif de masse. A la fin du mois de juin ils retrouvèrent de nouveau un monde dans lequel seule l’attitude individualiste pouvait apporter une amélioration personnelle. Les dernières étincelles de lutte étudiante et ouvrière semblaient désormais être source de chaos, de danger, et non plus être la clé pour réorganiser la société.

Cependant il n’y avait objectivement aucune raison pour que le mouvement se désagrège ainsi pendant la première semaine de juin.

S’il le fit c’est parce que les organisation politiques et syndicales les plus puissantes au sein de la classe ouvrière concentrèrent tous leurs efforts à un retour au travail dans les services publics clés. Ce faisant, elles amenèrent précisément le changement d’attitude qui permit aux gaullistes de gagner les élections et qui accréditait l’idée selon laquelle aucun changement révolutionnaire n’était possible. Ensuite, dire qu’il y avait un potentiel révolutionnaire au mois de mai ne signifie pas que le choix se résumait aux élections d’un côté et à la guerre civile de l’autre, comme le déclara de Gaulle le 29 mai. Il y avait une troisième option: l’extension et l’approfondissement du mouvement de manière à ce que le gouvernement soit empêché de recourir aux forces armées de l’État.

Cela aurait signifié encourager les formes d’organisations des grèves qui entraînaient tous les travailleurs, les plus « arriérés’ comme les plus avancés, à modeler eux-mêmes leur propre avenir, par des comités de grève, des assemblées générales régulières dans les usines occu-pées, des piquets de grève et des rotations d’occupations impliquant un maximum de gens, des délégations envoyées à d’autres usines et à d’autres sections de la société impliquées dans la lutte.

Ainsi tout le monde aurait eu la possibilité de participer directement à la lutte et de discuter des leçons politiques à en tirer.

Ceci aurait signifié aussi la généralisation des revendications de ceux qui luttaient de façon à ce qu’aucune section de travailleurs ne reprenne le travail avant que des décisions concernant des questions d’ordre vital qui préoccupaient les travailleurs d’autres sections ne soient prises:  sur la sécurité de l’emploi, des emplois garantis pour les jeunes travailleurs, le paiement intégral des journées de grève, des droits syndicaux complets dans des usines anti-syndicats comme Peugeot et Citroën, un contrôle démocratique sur les diffusions d’émissions radio et TV par les représentants élus des journalistes et des techniciens.

Bâti sur ces bases, le mouvement aurait empêché le gouvernement de rasseoir son pouvoir. Si le gouvernement cédait aux revendications du mouvement, il ne serait qu’un canard boiteux, et clairement, il deviendrait l’otage du mouvement de masse des travailleurs . S’il ne cédait pas, il resterait incapable de venir à bout de la paralysie du pays assez rapidement pour empêcher ses propres partisans de rechercher une alternative « responsable » qui, à son tour, serait vraisemblablement prise en otage par le mouvement de masse.

Dans les deux cas, le gouver-nement n’aurait jamais été en état de gagner les élections de la fin juin.

Le résultat des élections aurait été devancé par le mouvement dans les usines et dans les rues comme cela allait être le cas en Grande Bretagne cinq ans et demi plus tard, lorsque un mou-vement de moindre ampleur, la grève des mineurs de 1974, se prolongea jusqu’aux élections qui débouchèrent sur un vote contre le gouvernement en place.

Il n’y a, bien sûr, aucune garantie que, si le Parti communiste et la CGT avaient poussé pour cela, ils auraient gagné sur tous les points. Mais ce qui peut être dit avec certitude c’est qu’en refusant de mener campagne pour cela ils ont assuré la fin du mouvement de mai et la victoire électorale des gaullistes. Ils ont aussi fait en sorte que les syndicats français continuent à organiser une fraction moins importante de la classe ouvrière que dans tous les autres pays européens industrialisés malgré l’implication dans une grève la plus importante que les autres pays aient connue jusque là.

Cette troisième option n’aurait pas conduit immédiatement à une révolution socialiste.

Mais elle aurait amené une situation politique d’une extrême instabilité dans laquelle une classe ouvrière victorieuse aurait pu prendre conscience de ses propres intérêts et de sa propre capacité à diriger la société. Il est certain que c’est parce que le champ des possibles était si largement ouvert que les dirigeants communistes et de la CGT se hâtèrent d’accepter la voie électorale, la voie la moins dangereuse pour sortir de la crise, même si celle-ci profita à de Gaulle. »

Il faut attendre que la gauche du « crétinisme parlementaire » s’unisse autour du programme commun, puis la campagne autour des 101 propositions de Mitterrand pour qu’elle retrouve de la crédibilité.

De pacotille comme toujours: dès 1983, il devient clair à nouveau que socialistes comme communistes ne vont au gouvernement que comme commis rémunérés pour gérer les affaires de la bourgeoisie. Viendront ensuite les copies en farce de Mitterrand, Jospin puis Hollande, mieux placés que la droite traditionnelle pour imposer aux travailleurs les exigences du capital mondialisé. D’autres sont sur les rangs…

Jean-Marc B, 2018-06-30

https://www.anti-k.org/

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01 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

lacrymos (le monde diplo)

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Gaz lacrymogène, des larmes en or

Des tranchées de 1914 à Notre-Dame-des-Landes

Comme les manifestants français, ceux de Mai 68, mais aussi ceux qui se mobilisent pour la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes ou contre la sélection universitaire à Nan-terre, les protestataires du monde entier font une expérience commune : l’inhalation de gaz lacrymogène. En un siècle, cette arme présentée comme inoffensive s’est imposée comme l’outil universel du maintien de l’ordre.

Quels dommages cause-t-il à ses victimes ?

Quels problèmes pose-t-il en matière de santé publique ? Nul ne le sait, car personne ne s’en soucie. Dans aucun pays il n’existe d’obligation légale de recenser le nombre de ses victimes. Aucune obligation non plus de fournir des données sur ses livraisons, ses usages, les profits qu’il génère ou sa toxicité pour l’environnement. Depuis presque un siècle, on nous répète qu’il ne fait de mal à personne, que ce n’est rien de plus qu’un nuage de fumée qui pique les yeux. Quand des gens en meurent, l’organisation Physicians for Human Rights a par exemple comptabilisé trente-quatre morts liées à l’usage de gaz lacrymogène lors des manifestations à Bahreïn en 2011-2012  (1), les pouvoirs publics rétorquent qu’il s’agit simplement d’accidents.

Anna Feigenbaum

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29 juin 2018 ~ 0 Commentaire

dossier lgbt (npa)

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Oppression des LGBTI et capitalisme

dossier lgbt (npa) dans Antifascisme

Les droits LGBTI gagnent du terrain dans la plupart des pays occidentaux ainsi que dans quelques autres pays comme l’Argentine par exemple. Pour autant tous ne cèdent pas… 

PMA : on luttera tant qu’il le faudra

 dans Antiracisme

Il y a 5 ans, l’extension de la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de femmes et aux femmes seules était déjà une promesse du gouvernement Hollande : avec le « Mariage pour tous », elle était censée assurer une égalité entre personnes homos et hétéros dans la loi.

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LGBTI : arracher des droits, dégager ce gouvernement !

Dès l’élection d’Emmanuel Macron, nous pointions le fait que, sous couvert d’une campagne « gay-friendly », le gouvernement formé par Macron était peuplé d’homophobes, à commencer par Édouard Philippe et Gérald Darmanin.

Dossier réalisé par la commission LGBTI de la Région parisienne.

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29 juin 2018 ~ 0 Commentaire

carnaval des droits (francas)

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Le Carnaval des Droits Vivants

Les Francas du Finistère organisent le Carnaval des Droits Vivants. Ce moment festif sera l’occasion pour les enfants des centres de loisirs de Brest, ainsi qu’aux enfants venus avec leurs parents, de crier leurs droits haut et fort !

Ce sera aussi l’occasion de : 

Découvrir, ou redécouvrir, et faire vivre les droits de l’enfant

Rassembler une grande partie des centres de loisirs en vivant un temps commun

Utiliser un lieu nouveau de la ville

Rencontrer des enfants et des animateurs dès le début de l’été

A leur arrivée, les enfants pourront aller faire un tour dans un village d’associations et ainsi découvrir les activités menées sur leur ville, mais aussi s’informer sur leurs droits.

Ils défilerons tout autour du plateau des capucins au son des tambours à mass Guadeloupéens du groupe Twopikal Breizh.

En Guadeloupe, le carnaval est un moment d’une grande importance.  Il a été introduit par les colons au 17è siècle. Progressivement, les esclaves furent autorisés à y participer, ils pou-vaient ainsi se moquer de leur maître, sans conséquences. Une inversion des rôles, pour une lutte pour les droits.

Ce carnaval aura lieux le Vendredi 13 Juillet de 14h à 18h sur la place de la Fraternité, à Brest sur le plateau des Capucins. 

Le Festival des Droits Vivants ! 

Il réunira pour sa première éditions les Accueils de Loisirs des Centres sociaux Kaneveden-Arc en Ciel (Bellevue) et Horizons (Pontanezen) du Patronage Laïque du Bergot (Bellevue), des MPT de St Pierre et de Bellevue, ainsi que de l’AGHEB. Concernés et préoccupés par la condition enfan-tine, le bien-être et de l’épanouissement de chacun, dans une visée bienveillante et émanci-patrice, les Francas, depuis 70 ans, ont posé une attention générale à l’enfant, aux enfants, à l’enfance. Essaimer, diffuser et permettre aux enfants de s’approprier et de comprendre le sens de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant sont les objectifs que nous visons au travers de partenariats que nous menons avec le Festival des Droits Vivants.

La troisième édition du Festival

Cette année, 8 centres de loisirs participent : les centres sociaux de Kaneveden-Arc en Ciel (Bellevue), Horizons (Pontanezen) et les Amarres (Keredern), Les Maisons de Quartiers de Bellevue et Kerinou, les Patronages Laïques du Bergot et de Guerin et le Foyer Laïque de St Marc.

Après l’ouverture du Festival par le Carnaval des Droits Vivants, chacune de ces structures, avec les conseils d’un professionnel de la vidéo, réalisera un film court qui sera diffusé le 9 novembre 2018 au Quartz pendant le Festival Européen du Film Court de 19 heures à 21 heures. Chaque centre pourra présenter son film, mais il ne s’agit en aucun cas d’une compé-tition, l’objectif est de mettre en valeur le travail mené par les enfants.

https://kengo.bzh/

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29 juin 2018 ~ 0 Commentaire

parcoursup’ (jdd)

selection

Parcoursup : à mi-parcours, encore 170.000 jeunes sans affectation

La deuxième phase d’admission Parcoursup a démarré le 26 juin et 20% des candidats n’ont, pour l’instant, aucune place garantie à la rentrée prochaine.

Après une semaine d’interruption pour ne pas déconcentrer les futurs bacheliers durant leurs épreuves, la plateforme Parcoursup a rouvert mardi. Il reste encore plus de 170.000 candidats en attente d’une place en enseignement supérieur. Selon les chiffres publiés mardi matin par le ministère de l’Enseignement supérieur, 171.413 jeunes étaient encore en liste d’attente ou n’avaient pas reçu de proposition. Les trois quarts d’entre eux sont sur liste d’attente et devront attendre les désistements éventuels d’autres candidats. Au total, sur les 800.000 candidats, ils sont 640.000 à avoir reçu au moins une proposition d’admission.

De moins bons résultats que l’an dernier

Pour les autres, il faudra se connecter tous les jours sur la plateforme pour suivre les résultats. L’ancien dispositif, APB, ne délivrait des résultats que sur trois dates précises. L’an dernier, les statistiques étaient meilleures avec à la fin juin, 117.000 jeunes sans affectation soit 54.000 de moins que cette année.

Les critiques du dispositif Parcoursup déplorent ces mauvais chiffres malgré la communication du ministère de l’Education qui tente de rassurer les élèves et leurs familles. Pour Frédérique Vidal, les chiffres sont même mieux qu’espérés : « C’est bien au-delà des projections initiales du gouvernement » a-t-elle déclaré lors d’une audition au Sénat.

Les syndicats déplorent des disparités géographiques

Les syndicats d’enseignants sont loin d’être satisfaits. Dans un communiqué, une intersyn-dicale réunissant des professeurs du secondaire et du supérieur (CGT, FO, FSU, Sud Educ, UNEF) déplore « un important déséquilibre géographique des affectations ». Relevant un taux de réponses négatives ou en attente « de 56 ou 90% dans certains lycées de banlieue parisienne », ces syndicats critiquent une formalisation des « disparités de classe » et voient ici la « fin de l’égalité de tous et toutes dans l’accès à l’enseignement supérieur ».

Frédérique Vidal réfute toute augmentation des disparités territoriales suite à l’instauration de Parcours Sup. Dans une interview à France 2 mercredi, elle avançait que « l’an dernier, moins d’un lycéen sur cinq pouvait aller de l’académie de Créteil à Paris ou celle de Versailles à Paris, cette année, ils sont déjà plus de 30% à l’avoir fait. La mobilité est supérieure à celle de l’an dernier. C’est un faux procès. »

Pour les derniers sélectionnés, l’été sera long. Les dernières réponses doivent arriver au début du mois de septembre.

28 juin 2018

https://www.lejdd.fr/

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27 juin 2018 ~ 0 Commentaire

agressions (le huff’)

lgbt

Un personne LGBT sur deux a déjà subi au moins une agression dans sa vie

C’est à Paris que l’on recense le plus d’agressions homophobes, en premier lieu dans les établissements scolaires, les transports et la rue.

Plus d’une personne sur deux se définissant comme homosexuelle, bisexuelle ou transsexuelle, a été victime d’une agression à caractère homophobe au cours de sa vie, selon une étude de l’Ifop dévoilée ce mercredi 27 juin par France Info.

Au total, 53 % des LGBT (Lesbiennes, gays, bi, trans) ont fait l’objet d’agressions à caractère homophobe, précise cette enquête réalisée pour la Fondation Jean Jaurès et la Dilcrah (Délé-gation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT).

Parmi les faits répertoriés: insultes (28%), attouchements ou caresses à caractère sexuel 24%, menaces de révéler l’orientation sexuelle à des proches, collègues ou voisins (18%), ou viol (11%). Selon cette enquête, l’écart entre les hommes et les femmes est faible face aux agissements.

Constat étonnant: c’est dans l’agglomération parisienne, qui abrite pourtant le quartier du Marais où sont concentrés la majorité des bars et boîtes de nuit gays, que se produisent le plus ces agissements, à la différence des milieux ruraux, moins concernés par ces agressions.

Des sanctions plus sévères pour les insultes

Les faits se produisent le plus souvent dans l’établissement scolaire, puis les transports ou la rue, vient ensuite le lieu de travail, au sein de la famille ou sur les réseaux sociaux, précise l’étude. A la question de savoir si les sanctions judiciaires doivent être aussi sévères pour des propos tels que « sale gouine » ou « sale pédé » que des propos racistes (comme « sale noir », « sale arabe ») ou antisémite (sale juif »), 87 % des personnes LGBT s’y disent favorables.

Ces résultats, dévoilés à trois jours de la « Marche des Fiertés », seront présentés mercredi matin à Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes. L’étude a été réalisée par l’Ifop, avec un questionnaire en ligne du 23 mai au 6 juin 2018, auprès de 994 personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres, représentant un échantillon représentatif selon la méthode des quotas.

En mai, SOS Homophobie avait relevé que pour la deuxième année consécutive, le nombre d’actes homophobes avait augmenté en 2017.

27/06/2018

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27 juin 2018 ~ 0 Commentaire

persécution (politis)

camping

Médecins du monde : « La persécution des exilés est effarante »

La Journée mondiale des réfugiés est célébrée sous de bien étranges auspices.

Les violences que vous pointez sont d’abord celles éprouvées par les exilés dans leurs pays d’origine et sur la route de l’Europe.

Delphine Fanget : Les personnes que nous rencontrons arrivent avec des syndromes psychotraumatiques, causés par tout ce qu’elles ont dû affronter. Elles ont été persécutées, torturées, témoins de morts et de massacres, réduites à l’état d’esclaves sexuelles. Ces événe-ments ont lieu à la fois dans des pays comme la Syrie ou la Libye, en Méditerranée mais aussi parfois en Europe centrale. Nous constatons qu’en général, ce sont des pays qui s’effondrent économiquement, politiquement. Cela produit des effets de déstructuration sociale, éthique, familiale.

Et votre rapport montre que le calvaire continue en France…

Les situations sont différentes selon les villes : nous n’observons pas les mêmes schémas à Bordeaux, à Calais ou à Paris. Néanmoins, la première violence constatée est celle du non-accueil, lorsque les exilés se rendent compte qu’ils sont rejetés. Il est ensuite effarant de voir des choses qui sont de l’ordre du harcèlement et de la persécution policière, par exemple la destruction de matériel comme des tentes.

À Paris, Porte de la Chapelle, les personnes qui arrivent à notre point de distribution nous demandent simplement de pouvoir dormir à côté de nous. Car la nuit, elles sont sans cesse réveillées par des policiers qui leur demandent d’aller ailleurs. On a l’impression que c’est uniquement dans l’objectif d’empêcher tout campement de se reconstituer. C’est une politique d’invisibilisation et d’épuisement.

Ce qui provoque, selon vos propres termes, un « choc de désillusion » ?

C’est ça. Il y a une désillusion entre ce à quoi les exilés s’attendaient en arrivant ici et les vio-lences auxquelles ils sont confrontés. Nous parlons de rejet, de persécution policière mais aussi de violence administrative, institutionnelle. Perdus, ils ne comprennent pas les procé-dures d’intégration, où faut-il déposer les demandes d’asile, comment se faire expliquer les choses, pourquoi ils ne sont pas accueillis. Même ceux qui réussissent une procédure de demande d’asile vivent dans des conditions extrêmement dures, notamment économiquement parce qu’ils n’ont pas le droit de travailler.

Quelles sont les conséquences sur leur santé ?

Les exilés connaissent des souffrances psychiques, des troubles psychotraumatiques. Le pre-mier de leurs maux est l’extrême fatigue, l’épuisement total. Beaucoup de personnes nous de-mandent des somnifères parce qu’elles ne peuvent pas dormir. Ce que l’on appelle le syndrô-me de reviviscence, leur rappelle les événements qui ont été vécus, et des flashs reviennent dès qu’elles s’endorment. Il faut garder à l’esprit que leur principale préoccupation, c’est la survie. Ces violences peuvent aussi provoquer un repli sur soi ou mener à l’alcoolisme, ce qui est constaté chez des personnes qui n’en souffraient pas auparavant

Jusqu’où cela peut-il aller ?

Jusqu’au suicide. Les idées suicidaires, et parfois même les tentatives, sont récurrentes. Il y a peu de temps, dans notre salle de soins, une personne qui nous parlait de suicide a «explosé» et a été assez difficile à contenir. D’autres nous disent qu’elles sont tellement épuisées, en manque de ressources vitales et traumatisées par un tel déni d’existence qu’elles finissent par baisser les bras.

Est-ce que cette souffrance des exilés se répercute sur les « aidants » ?

Nos médecins parlent d’un « effet radioactif » des troubles psychotraumatiques. Nous ne sommes pas dans une société close, beaucoup de gens se mobilisent pour aider les exilés. Or, ce n’est pas rien d’écouter des gens en pleurs raconter les violences extrêmes, inhumaines, dont ils ont été victimes. On ne peut pas être insensible et il est même possible, par ricochet, d’être impacté. C’est difficile, pour les professionnels et encore plus pour les bénévoles. Certains ont, à leur tour, des problèmes de sommeil, nous disent souffrir de leur impuissance.

Votre rapport montre aussi que la situation empire. Pourquoi ?

D’abord parce que nous sommes face à une politique qui se durcit, avec un gouvernement qui a des pratiques de plus en plus intrusives. Nous dénonçons la mainmise du ministère de l’Inté-rieur sur tout ce qui concerne la santé des étrangers. Nous demandons l’indépendance, de plus en plus mise à mal, du ministère de la Santé sur ces questions. Cette politique qui vise à accueillir durement pour dissuader ne fonctionne pas. La loi Asile et immigration ne va pas régler les choses ; au contraire, on s’achemine vers une aggravation de la situation. Il faut aussi remédier au recul des services publics, y compris dans le domaine de la santé.

C’est l’une de vos préconisations. Quelles sont les autres ?

Il y a peu de professionnels qui sont théoriquement armés pour travailler avec des personnes qui subissent de tels traumatismes. Il faut que les pouvoirs publics favorisent les financements de formations, soutiennent les structures de prises en charge, les équipes mobiles « psychia-trie  et précarité ». Il faut aussi travailler avec l’interprétariat, peu visible mais sans lequel nous ne pourrions pas faire grand-chose. Pour les exilés, sont nécessaires de bonnes conditions matérielles d’accueil, mais aussi une procédure de demande d’asile facilement identifiable, qui ne met pas la suspicion au cœur du processus.

Ils ont déjà des difficultés à raconter leur histoire, et sont sommés de le faire devant un tribunal en donnant tout un tas de détails ! Nous devons tenir compte des spécificités psychotrauma-tiques dans les procédures de demande d’asile, qui mettent en difficulté les personnes. Sans faire une échelle de priorités, le respect de l’accueil des arrivants et des droits fondamentaux nous paraissent déterminants.

Dans leur dernier rapport, Médecins du monde et le centre Primo-Levi alertent sur la souffran-ce psychique des exilés qui arrivent en France. Le controversé projet de loi Asile et immigration vient d’entrer au Sénat, dix jours après que le gouvernement a refusé de tendre la main aux 629 rescapés de l’Aquarius, Dans le même temps, le centre de soins Primo-Levi et l’organisa-tion Médecins du monde publient un rapport relatif à la santé psychique des exilés, en lien avec les violences subies à la fois lors de leur migration et en France.

Le constat, émanant d’expériences de terrain de différents niveaux (assistants, psychologues, psychiatres, cliniciens, coordinateurs…), est accablant. Aux horreurs déjà subies dans les pays fuis et traversés (esclavage, viols, tortures) s’ajoutent des violences policières et institution-nelles. Delphine Fanget, chargée de plaidoyer de l’organisation Médecins du monde et membre du comité de rédaction du rapport, rend compte d’une « urgence de santé publique ».

(1) Extraits du rapport sur la souffrance psychique des exilés

Daryl Ramadier 20 juin 2018
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23 juin 2018 ~ 0 Commentaire

cp (émancipation + cnt)

humour

Comment les dispositifs pédagogiques préconisés au CP vont dans le sens de la sélection et des économies de moyens

Le guide concernant l’enseignement du français et des maths au CP a été publié. Il s’adresse aux contremaîtres que sont les inspecteurs de l’ensei-gnement à tous les niveaux pour orienter et sanctionner le travail des enseignants.

Il n’a pas valeur de loi mais il compile des orientations dont recteurs et inspecteurs vont se saisir pour les transformer en injonctions, en tablant sur l’ignorance des concernés. Il nous semble donc utile de nous interroger et de voir au travers de quelles idées et de quels dispo-sitifs définis dans ce guide du CP, l’école voulue par ce gouvernement se met en place afin de mieux combattre l’opération de destruction de la Fonction publique et de notre statut par le gouvernement.

Pour en finir avec la plupart des services qu’offre la Fonction publique !

Pour le néolibéralisme que le gouvernement incarne, la Fonction publique doit être réduite à sa plus simple expression. Les services qu’elle rend n’ont d’intérêt que s’ils sont marchandisables. Pour notre gouvernement, la Fonction publique ne représente qu’un coût alors qu’elle a été conçue pour assurer une qualité minimale de vie de la naissance à la mort à toute la société du plus pauvre au plus riche. Malheureusement, dans une société qui se veut capitaliste néolibé-rale, elle n’a de sens que si elle s’intègre à la fabrique du profit pour les riches. Elle doit donc se transformer en entreprise pour faire du profit pour le secteur privé et quand ce n’est pas possible, coûter le moins cher possible à l’État. Le projet Action Publique 2022 (AP22) du gouvernement Macron prévoit donc de la réduire à l’os.

Comment et où économiser les postes au CP et faire passer la pilule !

C’est sans attendre que le ministre Blanquer a anticipé les économies salariales exigées. Il a voulu faire un gros buzz avec la création des CP et CE1 à 12 dans les REP+ et REP. Mais il faut se rappeler que cela ne concerne que 14 % des écoles françaises et que cela permet au ministre d’attaquer 100 % de l’école primaire en supprimant les postes PDMQDC (Plus De Maîtres Que De Classes) et les PARE (Projet d’Aide à la Réussite des Élèves) mais aussi et surtout, alors que ce n’était qu’anecdotique dans le primaire jusqu’à présent, en amorçant dans toutes les académies l’embauche contractuelle des PE à la place des fonctionnaires remplaçants le plus souvent.

Ainsi la précarité a pour vocation de devenir la norme dans le primaire comme dans tout le système avec des contrats qui peuvent être très courts basés sur des remplacements de plus en plus limités.

Dans le guide concernant le CP, on découvre une autre manière d’économiser. Ainsi p. 101, il est stipulé qu’en CP, “Toute une conception de l’enseignement est engagée dans la reformu-lation théorique et pratique de l’espace scolaire. Il s’agit, en effet, de réexaminer, à partir de l’agencement de la salle de classe, le modèle de l’enseignement frontal. Il convient plutôt de dessiner des espaces flexibles et modulaires, en adéquation notamment avec les évolutions des environnements numériques”. Puis plus loin, le ministre démontre, expérimentations scien-tifiques à l’appui, que l’informatique est le meilleur traitement pour la difficulté scolaire, depuis le simple retard jusqu’au handicap. Il s’agit ici ni plus ni moins d’enterrer l’“esprit RASED” d’une manière détournée et de lui substituer l’informatique. Autrement dit, le numérique à la place de l’humain.. pour faire des économies d’enseignants.

La science pour justifier les choix quels qu’ils soient même s’il y a contradiction !

L’Éducation nationale a eu recours à la science, il y a peu, pour instaurer les rythmes scolaires. Il s’agissait de respecter les rythmes chronobiologiques de l’enfant. On sait maintenant qu’il s’est agi d’un prétexte pour amorcer la territorialisation de l’Éducation nationale. Ainsi, depuis 2013, les Projets Éducatifs Territoriaux (PET) scellent ce partenariat devenu incontournable, Éducation nationale/communes ou communautés de communes, qui a pour but de dénationa-liser et d’avancer le plus loin possible vers l’autonomie des établissements/écoles au plan des programmes enseignés, comme au plan de l’embauche des personnels.

Dans le guide pour le CP, le gouvernement récidive quand il justifie l’utilisation de l’informatique par l’expérimentation scientifique des logiciels de remédiation.

Le ministre préconise donc (propose mais n’impose pas, un euphémisme de la part du gouver-nement) de changer d’échelle et de passer de l’expérimental au plan national. Ce que le guide ne dit pas, c’est que ce recours à l’informatique, pour différencier les apprentissages, contredit totalement ce que le ministre préconise concernant la maternelle. À savoir de privilégier l’hu-main et l’affectif dans l’apprentissage (cf les Assises de la maternelle). Il est clair que les élèves ne sont pas plus autonomes au CP qu’à la maternelle et d’autant moins quand ils sont en difficulté !

Qu’importe ! Il s’agit de supprimer des postes !

Ainsi, d’un côté, en maternelle, on met l’humain et l’affectif en avant pour confier des petits groupes aux ATSEM (Agent territoriaux spécialisé des écoles maternelles) à qui l’on donne des missions pédagogiques. Il s’agit ici de ne pas créer (supprimer ?) les postes de professeurs nécessaires dont certaines missions seront confiées aux ATSEM. Une affaire de coût. Une ATSEM coûte moins cher qu’un prof. Et d’un autre côté, au CP par contre, on oublie ce qui est si important en maternelle, pour placer les élèves devant les ordinateurs, les nouvelles machines à remédier, pour ne pas recréer les postes RASED disparus sous Sarkozy, et justifier les non redoublements car ils ont un coût (traqué par la cour des comptes).

Un fichage dès la maternelle ! Fin du droit à l’oubli de l’enfant et de l’élève !

C’est dès la maternelle (les notes parlent de “traces” p. 106) qu’un dossier informatisé sur l’enfant va se construire. Or les difficultés de l’élève doivent être détectées le plus tôt possible, nous dit le guide. Partant, toute offre d’évaluation prête à l’emploi, numérisée, devient allé-chante. Elle rassure d’autant plus quand elle offre diagnostics et remédiations, numérisés eux aussi, avec en prime l’option “facilité de transmission à l’administration”.

Le problème réside dans le fait que au travers de cette évaluation la difficulté d’apprentissage de l’élève (même passagère) est enregistrable dans son livret scolaire unique numérisé. Le danger est sérieux car certains logiciels (Timé2 p 116) vont jusqu’à “[…] établir un âge lexical et […] évaluer le retard ou l’avance d’un enfant par rapport à son âge chronologique” (sic). Et l’école devient actrice, d’un fichage généralisé de toute la population qui se met en place au plan national et dont le LSUN (Livret Scolaire Unique Numérique) est le premier maillon.

L’État cite très souvent le livret scolaire et oublie volontairement de dire qu’il est numérisé.

Car une fois numérisé, celui-ci n’est plus propriété de l’élève et de ses parents comme il l’était il y a peu. Il devient la propriété de l’État qui octroie ou non un droit d’accès numérique aux parents.  Et l’enfant perd un droit fondamental qui était une réalité jusqu’à il y a peu : le droit à l’oubli de toutes ses difficultés scolaires y compris comportementales. Le droit de commencer une vie adulte sans lien avec les difficultés de l’enfance.

Sans les aides adéquates, l’apprentissage de la lecture en un an ne sera pas !

Depuis quelques années l’apprentissage de la lecture s’étale sur les trois ans du cycle 2. Or le guide est ambigu concernant cette durée d’apprentissage. Elle est d’abord remise en cause au début du guide. Plusieurs chercheurs sont cités dont José Morais : “En fin de CP, l’élève doit être lecteur et scripteur autonome. C’est le premier niveau de la littératie”. Mais, plus loin, p. 119 on lit : “il faut évidemment proposer des aides avant que l’enfant soit en échec et, par conséquent, ne pas attendre l’entrée en CE2”.

Revirement, on en déduit donc que l’apprentissage de la lecture est plutôt envisagé sur 2 ans minimum et plus si difficultés. L’ambiguïté du guide s’explique par le fait que la durée d’appren-tissage ne peut être raccourcie que si l’enseignant accepte de travailler deux fois plus qu’il ne le fait actuellement, ou si les aides à la difficulté sont au rendez-vous. Or que ce soit redouble-ment ou maîtres spécialisés du RASED, ou encore psychologues ou médecins scolaires ou assistantes sociales, soit ils sont supprimés ou distillés par les inspecteurs (redoublement, RASED) soit leur nombre a diminué drastiquement.

Le guide privilégie l’informatique, même s’il n’exclut pas la méthode “papier-crayon” (sic) du maître spécialisé. Or l’informatique repose sur les seules épaules du maître en face d’élèves qui, en CP, sont encore loin d’être autonomes. Le maître multi-cartes MacGyver n’a pas encore été inventé. Il nous semble plus que certain que, sans les aides précitées, avec l’informatique pour seule aide, l’apprentissage de la lecture continuera de s’étaler sur plus d’une année.

À l’attaque du statut et de la liberté pédagogique s’ajoute un cadrage par l’évaluation !

L’administration s’organise pour la grande mise en application des mesures préconisées par toutes les lois Hollande et désormais Macron. Et le contrôle de l’enseignant se met en place sous forme d’accompagnement par l’inspecteur et son équipe qui se reconstitue sur ces nou-velles bases. Cette nouvelle forme d’inspection a pour but d’imposer l’application des mesures gouvernementales et de suivre leur application au plus près du terrain.

En ce qui concerne le cadrage de l’enseignant au plan pédagogique, quand le guide du CP, p. 48 stipule “[…] mettre en place des modalités d’apprentissage de la lecture et de l’écriture efficaces. C’est à une telle mobilisation que renvoie l’exigence du 100 % de réussite au CP, [...] L’étude suivie d’une leçon type permettra de le montrer”, il est bien question d’imposer des méthodes appelées “modalités d’apprentissage”. Un rythme d’apprentissage est préconisé. Le texte, page 25, parle de tempo optimal et donne des vitesses moyennes d’acquisition dans un temps donné (deux mois). Sont même détaillés les attendus par période et sont préconisées des évaluations le plus tôt possible.

En conséquence, les effets de tout cela sur la grande majorité des enseignants seront :

1) Une pression accrue au travers de l’exigence de résultats ;

2) Plus de missions donc de responsabilités, donc de travail dû à la remédiation en classe, et aux évaluations de celle-ci ;

3) Plus de bazar et de fatigue autant pour les élèves que pour l’enseignant car les élèves ne sont pas autonomes ni en CP, ni en CE1.

Le rôle des CP à 12, taire ce qui se passe dans 86% des écoles qui n’en ont pas !

Dans les 7 800 classes de CP dédoublées des REP+ et REP (14 % des écoles), suivre le tempo préconisé sera peut-être possible. Par contre les autres classes de CP à 24, dans la grande majorité (86 % des écoles), vont devoir faire avec des conditions de travail qui empi-rent, comme dans toutes les autres classes du CP au CM2 : les effectifs continuent d’augmen-ter ; les classes à double niveaux deviennent la norme ; les inclusions et le nombre de niveaux réels augmentent même dans les classes dites à simple niveau ; et les problématiques compor-tementales vont croissant compte tenu de la précarité économique qui s’étend en France d’une part, déstabilisant les familles, et de l’appauvrissement de l’aide institutionnelle d’autre part.

Tout est fait pour que les CP à 12 (où les difficultés seront minimisées) focalisent l’attention, pendant que les dizaines de milliers d’autres classes, à commencer par les CP et les CE1 à 24 minimum, vont devoir subir le traitement de choc, numérisé, des difficultés scolaires à l’abri des regards. Les médias feront l’impasse sur la galère du reste des enseignants de CP et donc aussi des autres classes.

Pour une école qui instruise ! Contre une école de la sélection au service de l’économie !

Le chômage n’est pas lié à l’éducation. C’est un problème de partage du temps de travail ! Les nouvelles orientations et missions qui s’accumulent vont dans le sens non pas d’un meilleur enseignement mais d’un tri accru pour les élèves, et de difficultés exponentielles pour les enseignants.

Or le capitalisme néolibéral, que Macron veut imposer dans toute la société, repose sur deux béquilles :

L’entreprise et la compétition. Inculquer l’esprit d’entreprise, c’est exiger d’un élève qu’il gère ses “compétences” lui-même. Or à sept ans l’enfant se construit et acquiert son autonomie petit à petit. Quant à l’esprit de compétition, l’école a pour mission de l’inculquer au travers du tri exacerbé le plus tôt possible. Et le manque de moyens de remédiation est délibéré dans la mesure où l’équité de traitement de tous les élèves est en voie de suppression avec la compétition généralisée.

Ce manque sert désormais au grand tri qui se met en place qui doit servir à orienter tous les élèves, le plus tôt possible dans la direction qu’ils ne choisiront plus librement mais vers laquelle l’État acceptera qu’ils se dirigent. Nous le voyons déjà au niveau des sélections qui se mettent en place au niveau du lycée et qui se poursuivent à l’université. Mais c’est dès l’école primaire que le gouvernement veut mettre en place cette sélection. Car il s’agit d’optimiser les coûts de l’éducation et de transformer celle-ci en fabrique d’employés en fonction de la demande économique. Et soyons sûrs que les gagnants seront les mêmes qu’aujourd’hui.

vendredi 22 juin 2018 Marie Contaux

http://www.emancipation.fr/

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