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03 avril 2017 ~ 0 Commentaire

enseignants (npa)

macramé

Les enseignantEs sont les premiers désignés comme responsables des succès ou des échecs 

Entretien. Professeure d’histoire-géographie en lycée à Paris, Laurence De Cock est docteure en Sciences de l’éducation. Membre fondatrice du collectif « Aggiornarmento, pour un renouvellement de l’enseignement de l’histoire et de la géographie du primaire à l’université », elle est aussi membre du bureau du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH). Elle a notamment co-dirigé « Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France » (Agone, 2008) et « Mémoires et histoire à l’école de la République » (Armand Colin, 2007), ainsi que « la Fabrique scolaire de l’histoire » (Agone, 2009). Ses recherches portent sur l’enseignement du fait colonial.

À cette période de l’année, la presse aime réaliser des classements d’établissements en fonction de leur « réussite ». Qu’en penses-tu ?

Ce n’est qu’un pas supplémentaire dans la mise en marché de l’éducation. Je n’en pense évidemment que du mal puisque cela met en concurrence les établissements, que les critères sont tellement opaques et que les enseignantEs sont les premiers désignés comme respon- sables des succès ou des échecs. Le classement masque les facteurs structurels des diffi-cultés et rabat sur des individus la responsabilité des dysfonctionnements du système éducatif. Enfin, il transforme les familles en consommatrices et nourrit ainsi à la fois le différentiel des dotations en fonction des établissements par les rectorats et le délitement du sens du service public.

Quel bilan tires-tu des réformes mise en œuvre sous Hollande (rythmes scolaires, éducation prioritaire, réforme du collège…) ?

Ces réformes ont révélé l’essoufflement du modèle décisionnaire en matière de politique publi- que. La plus grave erreur a été l’indifférence, voire le mépris, à l’égard des acteurs de terrain doublée d’une confiance aveugle dans le processus de « descente » de la décision et d’appli- cation par les cadres intermédiaires, technocrates dénués de toute empathie avec la cause éducative.

Il faut comprendre que l’application des décisions ministérielles est laissée aux échelons aca- démiques, lesquels ne répondent qu’à des logiques d’efficacité afin de pouvoir faire remonter que tout va bien. Toute parole dissidente est donc une offense à leurs compétences profes- sionnelles qu’ils ont intérêt à bloquer.

On a donc vu des situations ubuesques de formations accélérées à la réforme du collège par des incompétents, d’activités périscolaires relevant de la garde d’enfants (parfois externalisée au privé), de jeux de vases communicants sur les classements en éducation prioritaire pour pouvoir dire « c’est bon, tout est sous contrôle ».

L’autre grande erreur est d’avoir privilégié le calendrier politique de la précipitation, accentuant encore plus le fossé entre le terrain et l’administration. Les réformes ont été dénaturées en ne se préoccupant pas du tout des formes d’appropriation et en déniant toute capacité d’expertise (et donc de proposition) aux acteurs de terrain. Enfin, celles concernant le collège ne sont selon moi pas allées assez loin dans le postulat d’horizontalité puisqu’elles continuent d’attribuer au chef d’établissement le plus gros du pouvoir et créent de toute pièce des échelons intermédiaires d’autorité.

L’école semble être un point important dans la campagne présidentielle. Pourquoi la droite met-elle en avant le « récit national » comme point névralgique de ses réformes éducatives ?

La droite n’a pas grand-chose à dire sur l’école qui en réalité fonctionne exactement comme elle devrait à ses yeux. Elle maintient la très grande majorité des catégories populaires dans leur situation de dominés : que demander de plus ? Elle protège l’ordre social dominant, continue de nourrir l’obéissance à la hiérarchie et désapprouve de plus en plus la critique, surtout depuis les attentats qui ont accentué les injonctions à l’adhésion aux valeurs de la république et jeté encore plus de suspicion sur les quartiers populaires.

Par conséquent, la droite est allée puiser dans l’arsenal de poncifs qu’elle protège soigneu-sement depuis trente ans : les fondamentaux, l’orthographe et le récit national. Ce dernier repose en effet sur le paradigme de l’ordre et de l’enfermement. L’histoire y est vue comme le produit de gestes héroïques de grands hommes. C’est une histoire qui invisibilise les minorités, les dominéEs, leurs luttes, et les pages sombres du passé.

Le récit national permet également de mêler les problématiques scolaires et migra- toires. C’est en effet à l’aune des débats autour du racisme et de l’intégration des immigréEs qu’est né le débat sur le récit national il y a trente ans. Certains considèrent que l’appren- tissage du récit national fabrique du patriotisme et de l’assimilation (vous avez vu comment cette terminologie coloniale est revenue dans le vocabulaire de la droite ?).

À les entendre, ce serait presque un cadeau en direction des enfants issus de l’immigration. Ils en font donc un instrument de lutte contre le « communautarisme ». Cela relève de la pensée magique typique du nationalisme débridé : apprendre l’histoire grandiose de la France fabriquerait de l’amour… On est quelque part entre le courrier du cœur et la propagande…

Les questions pédagogiques ont eu un regain d’intérêt (Céline Alvarez…). Est-ce une donnée suffisante pour changer l’école ?

J’ai écrit déjà ailleurs qu’il n’y a rien de nouveau dans la pédagogie Alvarez qui n’est qu’un mélange de pédagogie Montessori (connue depuis un siècle) et de psychologie cognitive portée par les réseaux néolibéraux gravitant autour de l’Institut Montaigne. Son succès est le fruit d’une orchestration médiatique surfant à la fois sur la rentrée scolaire, sur les échecs de l’école et sur un revival new age de valeurs familialistes.

Donc évidemment que cela ne suffit pas. Les collègues de maternelle qui ont lu Alvarez ont été atterréEs des poncifs de ce livre. Les pédagogies alternatives en primaire et surtout en maternelle n’ont jamais été perdues, elles se sont fondues dans le reste et les enseignantEs bricolent en picorant dans Freinet, Montessori etc. avec leurs maigres moyens car les équipe- ments, surtout pour Montessori, sont très onéreux.

Changer l’école ne repose pas que sur les pratiques, là encore c’est une façon pernicieuse de dédouaner les dysfonctionnements structurels. Le changement de l’école passe entre autres par un aggiornamento de ses principes fondateurs : le mérite, le classement, l’adéquation au marché, le tri social, l’indifférence aux différences etc. ; par une revalorisation des conditions matérielles du métier avec des dotations plus importantes à ceux qui ont moins et non l’inverse ; par le renforcement d’un service public et l’arrêt du financement du privé ; par une réflexion sur les contenus d’enseignement ; par une solide formation des enseignants reposant conjointement sur les savoirs et sur une formation critique au travail.

Lors de la mobilisation contre la loi travail et les Nuits debout, as-tu eu le sentiment qu’émergeait un renouveau de la réflexion sur l’école ?

J’ai participé à quelques commissions de réflexion sur l’école et j’y ai trouvé à la fois une véritable énergie et un désir de bousculer les fondements d’une école diagnostiquée (à raison) comme malade. Toutefois, j’ai été très étonnée par l’absence de connaissances sur l’histoire de l’école et d’assister ainsi à un concert de critiques et de solutions qu’on pouvait déjà entendre il y a cinquante ans. C’est un grave échec de l’école aussi de ne pas avoir su installer dans l’histoire ses luttes, ses mouvements pédagogiques et ses controverses politiques. Du coup, j’ai entendu des jeunes plaider pour le « home schooling » ou les écoles hors contrat pour se soustraire à l’oppression délétère de l’État… Une fois encore, on s’accordait sur le diagnostic mais on pataugeait sur les solutions.

Ce « renouveau » peut-il être indépendant du « mouvement ouvrier traditionnel » (syndicats, associations pédagogiques, partis) ? Pourquoi les syndicats de l’édu- cation (en particulier la FSU) semblent-ils avoir pris leur distances avec les Nuits debout ou avec Touche pas à ma ZEP ?

Je ne crois pas que l’on puisse s’affranchir de toute cette armature, bien au contraire ! Il y a tout à réinventer en matière d’action syndicale, en particulier au regard de tous ces mouve- ments spontanés dont tu parles qui témoignent d’une méfiance vis-à-vis des appareils. Les syndicats s’en détachent parce qu’ils leur rendent la monnaie de leur pièce, ne supportant pas leur non-inféodation au cadre normatif.

Les vieilles machines syndicales montrent leur fatigue et leur incompréhension de mouvements qui les doublent à gauche, mais qui souffrent de leur côté d’un spontanéisme parfois politiquement peu efficace. Concernant les mouvements pédagogiques, il faudrait sectoriser davantage car ils sont nombreux et n’ont pas les mêmes stratégies et le même rapport au pouvoir.

Le GFEN a par exemple bien accompagné le mouvement Nuit debout et y a participé. On peut surtout regretter leur manque de visibilité et de soutien financier. Ils seraient pourtant bien utiles pour compenser une formation déficitaire ainsi que pour permettre une sociabilité enseignante et une reprise en main, par les enseignantEs eux-mêmes, de leur outil de travail.

Lundi 3 avril 2017, Propos recueillis par Raphaël Greggan

https://npa2009.org/

Commentaire: Mouvement Freynet (ICEM) et GFEN ont des mouvements de gauche.

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30 mars 2017 ~ 0 Commentaire

nous présidentes (anti-k + france info)

charge

Le collectif national pour les droits des femmes a 20 ans

Nous avons 20 ans, le plus bel âge. Notre Collectif National pour les Droits des Femmes a 20 ans. Jeunes mais déjà riches de combats, de luttes, de réflexions qui ont forgé notre expérience. Nous sommes nées dans les luttes.

Celle de juin 1995 contre la volonté du régime chiraquien post mitterrandien d’amnistier les commandos anti avortement.

Celle de la manifestation du 25 novembre 1995 où 40 000 personnes venues de toute la France ont manifesté pour les droits des femmes à l’appel de la Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et la Contraception.

Celle du formidable mouvement social de novembre décembre 1995 contre le plan Juppé sur la Sécurité sociale.

Nous travaillons sans cesse pour l’unité des luttes en faveur des droits des femmes.

Nous réunissons en notre sein des associations féministes, des syndicats et des partis de gauche et d’extrême gauche car les féministes sont partout. Nous sommes féministes lutte de classes car nous croyons que, comme le combat féministe, le combat contre le capitalisme est toujours d’actualité. Nous soutenons les combats des femmes contre la précarité, des ouvriè- res en lutte pour leur dignité, des femmes et hommes sans papiers pour leur régularisation.

Nous nous fixons comme objectif de faire passer dans les faits, dans la pratique, l’égalité formelle que les femmes ont conquise durant tout le vingtième siècle et le début du vingt et unième.

Car le problème est bien là :

Nous avons obtenu l’égalité des droits mais pas l’égalité dans la réalité. Nous intervenons dans tous les domaines pour faire avancer l’égalité. Nous avons été de toutes les manifestations en 2016 contre la loi travail comme en 2010 contre la réforme des retraites de Sarkozy. Nous avons avec d’autres structures mené une campagne pour l’égalité salariale entre les femmes et les hommes en 2011 et 2012.

En 2007 nous avons rédigé une « proposition de loi cadre contre les violences faites aux femmes » qui, après un long cheminement, a donné lieu au vote de la loi du 9 juillet 2010. La fameuse, celle qui a instauré l’ordonnance de protection.

Nous avons impulsé, en 2016 toujours, le collectif « Droits des femmes contre les extrêmes droites » pour lutter contre leur idéologie raciste, sexiste, nauséabonde et leur démagogie concernant les femmes.

Nous organisons les manifestations du 8 mars pour la Journée internationale de luttes pour les droits des femmes et celle du 25 novembre contre les violences faites aux femmes. Bref, notre combat ne s’arrête pas, jamais.

Nous présidentes

http://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Éducation sexuelle : le coup de colère du Pr Israël Nisand (Anti-k)

Quand des hommes catholiques suivent des stages pour réaffirmer leur « masculinité » (France Info)

L’insupportable message sexiste diffusé par France 2 (Slate)

Il y a vraiment de quoi avoir peur pour les droits des femmes (Slate)

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20 mars 2017 ~ 0 Commentaire

fillon (le huff’)

fillon-martyr

Ce moment où Fillon évoque les parents qui achètent « des vêtements plus chers que d’autres ». Récemment épinglé pour ses coûteux costumes, le candidat des Républicains répondait à de jeunes élèves dans l’émission « Au tableau ».

PRESIDENTIELLE 2017 – Quand la télévision rattrape l’actualité. Invité à répondre aux ques- tions de jeunes élèves dans le cadre de l’émission « Au tableau! » diffusée ce dimanche 19 mars sur C8, François Fillon a d’emblée dû défendre sa proposition de restaurer l’uniforme à l’école. Une question qui intriguait évidemment ses jeunes interlocuteurs mais percutée par la récente polémique autour de ses très coûteux costumes, offerts par l’avocat Robert Bourgi.

« Je veux que l’école soit le lieu où tout le monde se sent égal à l’autre. Il n’y a pas de différence à l’école. Il n’y a pas des enfants qui ont des parents qui ont plus d’argent que d’autres, qui peuvent s’acheter des vêtements plus chers que d’autres », a expliqué le vainqueur de la primaire de la droite.

« Vous aimeriez bien que tous les politiciens s’habillent comme vous? », lui a répondu un élève. « Ce n’est pas la même question », a réagi l’ancien premier ministre avant de conclure: « Ce serait bien plus simple si les enfants n’étaient pas sans arrêt en train de réclamer telle ou telle tenue, tel ou tel t-shirt de telle ou telle marque ».

Il n’en fallait pas davantage pour que l’explication ne déclenche un torrent de commentaires moqueurs sur les réseaux sociaux en référence aux vêtements très chers que le candidat s’est récemment fait offrir.

François Fillon n’a pas échappé non plus aux questions sur les difficultés que sa famille et lui ont rencontré dans la foulée du « PenelopeGate » au sujet des emplois présumés fictifs de son épouse et de ses enfants.

Alors qu’il venait d’adresser ses remerciements à son épouse et ses enfants, une élève lui a demandé « comment elle va Pénélope ». Ce dernier a répliqué que celle-ci était « solide », avant de confesser qu’il s’était trompé en accusant la presse d’avoir annoncé son suicide.

En fin d’émission, François Fillon a fait forte impression en montrant aux enfants un volant de Formule1. Ceux-ci lui avaient aussi préparé un cadeau. « On vous a offert des chaussettes parce qu’on sait que vous faîtes très attention à votre apparence physique ». Comme quoi, la vérité sort toujours de la bouche des enfants.

Geoffroy Clavel Chef du service politique du HuffPost 19/03/2017

http://www.huffingtonpost.fr/

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08 mars 2017 ~ 0 Commentaire

jeunesse 1 (npa)

jeunes

Les candidats du système contre la jeunesse 1

Les promesses, évidemment, n’engagent que ceux qui veulent bien y croire. Mais en la matière, le Parti socialiste au pouvoir aura brisé les espoirs d’une gestion « progressiste » du capitalisme en crise.

Il avait pourtant réussi, ces dernières années, à se doter d’un important électorat de jeunesse étudiante, en lien avec sa base sociale enseignante, grâce à son discours sur les questions éducatives.

Telle était d’ailleurs la première fonction de la promesse de créer 60 000 postes dans l’Edu- cation nationale, dans le cadre la « priorité à la jeunesse » proclamée par le candidat Hollande lors de sa campagne de 2012. Dans les faits, non seulement les 60 000 postes sont devenus 31 000, mais ils ont aussi changé de nature puisque 24 300 de ces créations ont concerné des postes d’enseignants stagiaires en formation.

En ce sens, l’Education nationale à la mode du PS aura été celle de la précarisation, sans parler de la réforme Peillon et de la détresse vécue dans les zones d’éducation prioritaire, comme en témoigne la mobilisation en cours. Dans les universités, le quinquennat socialiste n’a fait que poursuivre la contre-réforme entamée sous Sarkozy. Après avoir entériné les lois d’autonomie des universités (LRU 1 et 2), le gouvernement Hollande a surenchéri avec la loi Fioraso, qui encourage les fusions d’établissements et aggrave la précarisation des emplois, autrement dit la mise en concurrence accélérée entre universités et entre personnels, sous les auspices de l’austérité budgétaire.

Quant à la dernière grande promesses des socialistes, celle d’une allocation étu- diante pour tous et toutes, elle n’a pas connu le moindre début d’application, y compris sous le ministère du frondeur Benoit Hamon – ce qui n’empêche pas cette « gauche du PS » de la faire aujourd’hui réapparaître comme par magie.

Génération Khatchik, Leonarda, ZAD, loi Travail, Adama…

Mais si la « priorité » annoncée ne s’est pas mise en place dans les ministères, elle s’est affi- chée dans la rue. C’est en effet la jeunesse qui, la première, aura répondu aux trahisons et mensonges du gouvernement socialiste. Fin 2013, en solidarité avec Khatchik et Leonarda, contre les expulsions de sans-papiers. En 2014, sur les ZAD de Notre-Dame-de- Landes et du Testet, contre l’impunité des policiers assassins de Remi Fraisse. En 2015, en solidarité avec les migrants et contre l’état d’urgence. En 2016, contre la loi Travail et en solidarité avec la famille d’Adama Traoré.

La rose du PS en a perdu ses pétales. Ce parti qui pendant tant d’années avait réussi à encadrer la jeunesse, par SOS Racisme dans les quartiers populaires, par l’Unef dans les universités, s’est fait déborder sur la gauche par les jeunes en lutte contre l’exploitation capita- liste et le racisme d’Etat. « OnVautMieuxQueça » aura été pendant des mois le mot d’ordre d’une génération qui sait, qu’elle soit sur les bancs de l’enseignement ou déjà sur le marché du travail, que ses conditions de vie seront moins bonnes que celles de ses parents.

Avec un chômage à 25 % et la multiplication des contrats précaires, difficile de penser autrement. Dans un récent sondage IFOP, à la question «Globalement, quel est votre état d’esprit face à la société française actuelle ?», les 18-25 ans étaient 48 % à répondre «révol- té», contre 27 % « résigné ». La réalité de la précarité contribue fortement à ces chiffres. Aujourd’hui, 80 % des jeunes accèdent à l’emploi par un contrat précaire et après quatre ans de salariat, ils sont encore 30 % (plus de 45 % pour les non-diplômés ou titulaires d’un brevet) à être maintenus dans cette situation. C’est contre cette jeunesse qui refuse de marcher au pas de l’austérité et de la logique néolibérale que les principaux candidats de 2017 ont pensé leur programme.

Alternance et ubérisation

Le candidat des Républicains compte bien continuer à appliquer les recettes qui marchent… pour le patronat. Pour mettre fin au chômage de masse qui touche de plein fouet la jeunesse (25 % chez les 18-24 ans), François Fillon met en avant sa mesure phare : l’alternance pour tous. Selon lui, il faut en finir avec le culte du diplôme et former les jeunes aux réalités de l’entreprise pour donner aux patrons envie « d’investir » en eux.

La formation en alternance permettrait de mieux insérer sur le marché du travail une jeunesse devenue encore moins chère. Le candidat veut pour cela supprimer les charges patronales sur l’emploi des jeunes en alternance et promet d’autres avantages aux entreprises dont les effectifs comprendraient au moins 4 % de jeunes sous ce statut.

De son côté, Emmanuel Macron, qui revendique la loi Travail comme évidemment celle qui porte son nom, promet de poursuivre la casse du Code du travail, au profit de l’«ubérisa- tion» dont il est le plus farouche défenseur. Vous ne trouvez pas de patron pour vous exploi- ter? Exploitez-vous vous-même !

Avant même d’officialiser sa candidature, Macron exposait que « quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas long. » En fait, « 35 heures, ce n’est pas assez. On veut travailler plus, on veut apprendre son job. Et puis, il y a un principe de réalité. Un entrepreneur raisonne ainsi : ce jeune n’est pas qualifié, je veux bien l’embaucher mais il va apprendre son job en entrant dans mon entreprise, donc il faut qu’il effectue davantage d’heures. » Le candidat assume une position pro-patronale et ultralibérale décomplexée, en contradiction ouverte avec les intérêts des jeunes, futurs ou déjà exploités, qu’il prétend défendre.

https://npa2009.org/

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08 mars 2017 ~ 0 Commentaire

jeunesse 2 (npa)

le peril jeune

Les candidats du système contre la jeunesse 2

Génération bleu-blanc-rouge ?

Mais pour faire passer ces contre-réformes, qui ne feront que renforcer la précarité dramatique dans laquelle vit toute une partie de la jeunesse, les candidats de droite comme de gauche n’hésitent pas à ressortir des placards les plus vieilles recettes de l’encadrement des jeunes. Après l’état d’urgence, la répression des manifestations et les violences policières dans les quartiers populaires, voilà le retour du service militaire !

Cette mesure fait accord entre la candidate du Front national et… le Parti socialiste, qui l’a intégrée fin novembre à son programme pour la présidentielle, le « rétablissement de la conscription » devant permettre, selon le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, de créer « une véritable garde nationale ». Les anciens candidats à la primaire socialiste, Valls et Montebourg, se retrouvaient sur cette même ligne. Pour le second notamment, il faudrait « rétablir un service national, civil et militaire, égalitaire et universel, pour tous les jeunes hommes et jeunes femmes, obligatoire pour une durée de six mois ».

Certes, Benoit Hamon n’a pas intégré le service militaire dans son propre programme (pas plus que Fillon, qui signale cette évidence que l’armée française n’a plus les structures capables d’accueillir des appelés). Comme Macron, Hamon lui préfère un « service civique », facultatif et… non rémunéré, mais qui, selon le vainqueur de la primaire socialiste, pourrait déboucher sur une « validation des acquis », y compris par l’octroi d’un semestre universitaire – les bras en tombent. Mais rassurons-nous, si l’on peut dire, cela ne fait pas pour autant de Hamon un antimilitariste : pour lui, la priorité budgétaire en matière militaire est en effet… la construction d’un second porte-avions !

Il manque un nom pour que l’énumération soit complète : celui de Jean-Luc Mélenchon. Lui aussi, comme Cambadélis et l’actuelle direction du PS, souhaite le retour de la conscription, appelée «service civique», pour participer à «la garde nationale» ou «garde républicaine»…

Avec Philippe Poutou, approfondir le printemps

Lors d’une récente conférence de presse, une journaliste du Figaro demandait à Philippe Poutou, malgré les neuf mois écoulés depuis les faits, s’il se désolidarisait des « violences » dont la jeunesse aurait fait preuve pendant les manifestations contre la loi Travail. Mais de quelles violences parle-t-on ? Pas de celle qui plonge les jeunes dans la précarité et la misère, les empêchant parfois même d’avoir accès à un logement décent et les faisant renoncer à des soins de santé. Ni de celle qui réprime la contestation, militarise les quartiers populaires et cherche à museler la jeunesse…

Contre le chômage, la précarité et la misère vécus par la jeunesse, contre les diktats et le chantage patronaux, nous revendiquons la réquisition des logements vides, le partage du travail entre tous et toutes, l’interdiction des contrats précaires et un CDI pour tous.

Contre le salariat étudiant imposé et l’échec scolaire, nous nous battons pour l’autono- mie de la jeunesse, pour un pré-salaire d’autonomie financé par les cotisations patronales. Cette autonomie financière est aussi politique, car elle est la seule base sur laquelle les jeunes pourront décider de leurs choix de vie, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre…

En termes d’éducation, contre la privatisation des savoirs, nous revendiquons des universités accessibles à tous et toutes, jeunes ou travailleur-se-s, gratuites, sans cette sélec- tion qui nous pousse à la compétition avec nos voisin-e-s de classe. Pour cela, il faut en finir avec les coupes budgétaires, les fermetures de classes dans les lycées et de filières dans les facs, et refuser que des grandes entreprises du CAC 40 siègent dans les conseils d’administration.

Nos lieux d’études doivent être des lieux de débats et non d’imposition du discours gouvernemental, patronal, nationaliste et militaire.

Loin d’être utopique, notre programme puisera sa force dans la combativité des jeunes étu- diants et travailleurs qui s’en empareront. La candidature de Philippe Poutou, qui porte ces revendications et aspirations, nous servira pour approfondir le printemps et organiser la riposte, contre tous leurs projets de 2017, mais aussi pour fêter comme il se doit la révolution des jeunes travailleurs russes de 1917, qui étaient partis à l’assaut du ciel contre la société capitaliste et ses violences.

 Sarah Macna

Revue L’Anticapitaliste n°84 (février 2017)

https://npa2009.org/

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12 février 2017 ~ 0 Commentaire

iut (lannion)

lannion

La dépeçage de l’université publique se poursuit et l’IUT de Lannion est totalement concerné. Son conseil d’institut risque de voter jeudi une baisse de 5 % des cours donnés aux étudiants, à exécution immédiate. Trois des quatre départements ne respectent pourtant déjà pas les volumes imposés par les programmes nationaux !

C’est un aller sans retour, résultat d’énièmes coupes budgétaires imposées par Rennes 1, qui souffre elle-même des baisses de dotations de l’Etat.

Attaqué jusqu’à l’os, obligé de renier dans les dépenses d’investissement, de geler les embauches d’enseignants, d’employer des vacataires (les précaires du service public) et de surcharger ses titulaires, l’IUT de Lannion – au même titre que les autres établissements publics – s’en prend maintenant à la pédagogie et en cours d’année.

La loi LRU a rendu l’université dépendante du secteur privé. Or les partenariats avec les entreprises sont volatils, inégaux selon les filières et poussent aux conflits d’intérêts. Tout porte à croire que la prochaine étape sera la hausse des frais d’inscription. La politique libérale dégrade nos services publics, sous prétexte de « concurrence libre et non faussée ». L’hôpital de Lannion en fait aussi les frais, alors qu’une immense clinique a poussé près de Saint-Brieuc.

Or dans un société digne et juste, la santé comme le savoir ne se privatisent pas. Les étudiant.e.s se sont déjà réunis en assemblée générale mercredi. Aujourd’hui un mot d’ordre Mobilisation IUT !

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11 février 2017 ~ 0 Commentaire

fac mirail toulouse (anti-k)

etudiants

Les étudiants appellent à la journée de grèves et manifs des services publics le 7 mars

Voici l’appel voté hier par l’Assemblée Générale de la fac du Mirail à laquelle nous étions autour de 300.

Rendez-vous le 7 mars dans la rue !

De la maternelle à l’Université, mobilisons-nous pour un réel service public d’enseignement, contre la sélection et la fusion des universités !

Les étudiantEs et personnels de l’Université Toulouse – Le Mirail (UT2J) et leurs organisations syndicales (CGT, FO, FSU, SUD Éduc, Solidaires étudiantEs, Union des ÉtudiantEs de Toulouse et UNEF) appellent l’ensemble des établissements universitaires et d’enseignement primaire et secondaire à se mobiliser pour de meilleures conditions d’étude et de travail en exigeant :

– le retrait des projets de fusion et de grands établissements ;
– l’arrêt des politiques de sélection en L1 et en Master 1 ;
– des moyens pour l’éducation à la hauteur des besoins, pour une enseignement public de qualité et ouvert à touTEs par le biais d’un réinvestissement massif de l’État dans l’enseignement supérieur et le recherche et dans l’éducation.

Nous appelons dès maintenant à rejoindre partout la journée nationale de grèves et de manifestations qui aura lieu le mardi 7 mars 2017 dans les services publics.

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08 février 2017 ~ 0 Commentaire

quimper police (ouest france + street press)

violence

Quimper. « Samedi soir, la charge des CRS était démesurée »

Gilbert Nicolas a 83 ans. Samedi, ce pasteur manifestait contre une réunion d’extrême droite à Quimper (Finistère). Trois coups de matraque dans le dos, un au visage : deux dents cassées, une balafre. Témoignage.

Une balafre sur la lèvre. Quand il sourit, il manque deux dents. Gilbert Nicolas, 83 ans, porte les stigmates de la soirée de samedi. Il est 19 h 40 lorsqu’il participe, à Quimper, à une mani- festation extérieure contre le déroulement dans les halles d’une rencontre d’extrême-droite organisée par le site Breizh Info. « On était une centaine à crier le slogan : Bretagne ouverte et solidaire », raconte ce pasteur, militant de la première heure, membre de l’Union pacifiste de France et du Mouvement international de la réconciliation.

«  Une charge démesurée  »

Un cordon de CRS se déploie. « On était à vingt mètres. Je dois reconnaître que, dans notre groupe de manifestants d’extrême gauche, il y avait des gens incontrôlés qui portaient des foulards. » Le directeur de cabinet du préfet, Jean-Daniel Montet-Jourdran, leur demande de démasquer leur visage. Ils refusent : « Cela a été pris comme une provocation des antifas- cistes. Je pense que c’est ça qui a provoqué cette charge démesurée », dénonce Gilbert Nicolas.

« Je n’ai pas entendu les sommations. J’étais dans les trois premiers rangs et je ne suis pas parti tout de suite. Je sens trois coups qui me font très mal dans le dos. Je me penche et le même CRS me met un coup de matraque en pleine tête. » Bilan : deux dents supérieures de devant complètement cassées et une balafre à la lèvre. « D’autres copains ont été frappés à coup de matraque et un autre renversé violemment par un bouclier. »

Une vie d’engagement

Gilbert se réfugie dans l’entrée d’un restaurant. Sa femme, qui participe aussi à la manifesta- tion, est prévenue. Elle le rejoint et ils retrouvent les manifestants. « J’ai mal dormi la nuit suivante. Mais on ne va pas en parler jusqu’au réveillon ! », minimise cet homme dont toute la vie a tourné autour de l’engagement avec son épouse, biologiste. Contre les essais nucléaires, pour le démantèlement de Brennilis et contre Notre-Dame-des-Landes. Ils sont aussi pros migrants, faucheurs volontaires d’OGM et Brigades de paix internationales.

S’il reconnaît que ce matraquage est « malheureux », Jean-Daniel Montet-Jourdran, le direc- teur de cabinet du préfet Pascal Lelarge, justifie la charge des CRS : « Un événement de la sorte a dégénéré la veille à Nantes. La manifestation antifasciste n’avait pas été déclarée et j’ai demandé à ceux qui avaient le visage caché de se démasquer : ils ont refusé. Le but était que les deux groupes ne se rencontrent pas. Et il fallait vraiment être sourd pour ne pas entendre les sommations. »

«  C’est regrettable  »

Elles ont été données par le commissaire Laurent Hurst : « C’est regrettable pour ce monsieur. Mais on peut faire usage de la force pour disperser des manifestants qui le refusent. » Gilbert n’en démord pas : « Absolument rien ne justifiait l’intervention des CRS. On était là en dehors de toute organisation. Pour la promotion et la défense des droits humains, et nous opposer à toutes ces violations des droits de l’homme. Elles prennent une telle proportion au départ qu’on ne sait plus où ça finit. Les événements les plus abominables de l’histoire commencent par un peu de violence, puis un peu plus… Pour notre couple, c’est un combat quotidien. »

07/02/2017 Pierre FONTANIER

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