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21 mars 2018 ~ 0 Commentaire

blanquer (qdc)

Blanquer-dinosaure

Mais si, M. Blanquer, nous avons besoin de grève !

Dans sa course folle à la notoriété, et pour séduire l’électorat de l’ordre et de l’autorité – on se souvient de ses entretiens accordés à Valeurs actuelles, Causeur et au site SOS éducation – Jean-Michel Blanquer, au micro de RTL, vient une nouvelle fois distiller sa vision rétrograde de l’école… et de la société. Questionné sur la mobilisation des personnels le 22 mars prochain, le ministre a affirmé :

« On n’a pas besoin de grève » et d’ajouter « Ça ne rend service à personne. Certaines nous ont mis en difficulté ».

Rappelons donc que, si nous aussi nous sommes « en marche », ce ne sera jamais au pas cadencé, au son du pipeau de quelques démagogues autoritaires. Nous serons en marche dans les rues, dans notre diversité pour exprimer notre colère et notre détermination à ne pas accepter une société « en marché », qui ne propose aux générations futures que de piétiner les faibles, les dominés et leurs aînés.

Oui, nous avons besoin de grève pour témoigner en acte de notre refus de cette société cadenassée qui ne profite qu’aux puissants et qui écrase de son mépris ceux et celles qui n’oublient pas de penser aux autres…

Oui, nous avons besoin de grève et des Ag pour nous rencontrer, échanger, débattre, recréer et vivre la démocratie dans nos établissements, nos quartiers, nos villes…

Oui, nous avons besoin de la grève pour redonner sens à notre travail, à la notion de collectif quand la hiérarchie nous impose son rythme et son calendrier sans laisser aux personnels le temps de se poser, de discuter, de se confronter, d’inventer et de créer…

Oui, nous avons besoin de grève dans nos écoles, parce qu’il est de notre responsabilité, en tant qu’éducateurs et éducatrices, de nous engager pour une société plus juste. Les futur.e.s citoyens et citoyennes que nous devons accompagner dans leur éducation ont besoin que nos paroles sur l’égalité, la solidarité, la dignité, ne soient pas que des mots.

Nous voulons qu’ils et elles nous voient les faire vivre réellement, y compris au prix de quelques sacrifices… Nous ne voulons pas les « former » pour qu’ils prennent la place qu’on voudra bien leur accorder dans la société de demain mais les préparer à la transformer pour plus de justice et d’égalité.

Ce combat pour une éducation libératrice des classes dominées est avant tout une histoire collective. C’est le nôtre mais pas seulement : c’est la société tout entière qui doit porter l’analyse critique des projets d’éducation et des enjeux de société qu’ils contiennent. Cette histoire collective, faite de luttes et de grèves – de 36 à 95 en passant par 68 – qui, contraire- ment à vos propos ont rendu mille fois plus service aux dominé.e.s que toutes les rodomontades ministérielles.

Oui, nous avons besoin de grève et de rêve, pour nous et nos collègues, mais aussi pour toutes les générations qui n’en peuvent plus d’être méprisées et saignées.

Oui, nous avons besoin de grève et de rêve… et nous reconnaissons bien volontiers qu’en effet « Certaines vous ont mis en difficulté » et tel était bien leur objectif !

Si votre modèle, Monsieur le ministre est la fameuse Maria Montessori dont les adeptes rêvent toujours de « dépolitiser » la pédagogie, au nom de « la science » et du « bon sens », évacuant le collectif, le social… nous, nous continuons à nous inscrire dans une vision de l’éducation radicalement opposée et c’est aussi elle que nous défendrons en nous mettant tous et toutes en grève parce que c’est le meilleur service à rendre à l’avenir !

Grégory Chambat  20 mars 2018 Collectif Q2C

https://www.questionsdeclasses.org/

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21 mars 2018 ~ 0 Commentaire

saint rivoal (ouest france)

affiche_migrants_2018_v2

Le généreux banquet des jeunes migrants dans la petite commune de Saint-Rivoal

Samedi 17 mars, la salle polyvalente de Saint-Rivoal (Finistère), a accueilli un banquet pas ordinaire. L’association Kroaz’hent accueillait des cuisiniers hors normes : deux migrants mineurs, hébergés dans une famille du village. Ils ont préparé un poulet saka-saka et la soirée s’est terminée par un fest-noz. Une belle histoire de solidarité dans les monts d’Arrée.

Saint-Rivoal, Finistère, monts d’Arrée, 194 habitants.

Banquet à la salle polyvalente de la commune, préparé par de jeunes migrants : 150 convives. Un score, sans autre publicité que le bouche-à-oreille. Deux adolescents, l’un Guinéen, Ali, 17 ans, l’autre Malien, Mohammed, 16 ans et demi, sont arrivés il y a deux mois dans une famille du village, « sensibilisée aux problèmes des migrants, alors que nous vivions dans une maison un peu trop grande pour nous, explique Clarys Bourbon, cette femme de Saint-Rivoal, 45 ans et trois enfants. Les jeunes m’ont demandé quoi faire pour remercier les habitants, j’ai proposé ce repas », raconte-t-elle.

Dès leur arrivée en janvier dernier, le soutien s’est organisé : « On nous amène des légumes, des fruits, des affaires, raconte-t-elle. Aujourd’hui, ils vivent, mangent et dorment en sécurité. Et moi, je n’ai plus le droit de porter quoi que ce soit. Dès qu’ils me voient, ils se précipitent pour me l’enlever des mains ». La guerre, le manque d’argent et de perspectives, les ont poussés vers le rêve occidental. Ils ont traversé six pays pour arriver en Bretagne avant l’été 2017.

« On est bien à Saint-Rivoal »

Quand on leur demande le plus difficile dans leur voyage, il y a un grand blanc. Et, très vite, ils ajoutent qu’ils sont « bien à Saint-Rivoal ». Ce soir, ils ont préparé un poulet saka-saka, une sauce aux feuilles de mangrove, une autre à l’arachide et un riz gras. Le boulanger de Saint-Cadou a offert le pain, les Quatre saisons de Locmaria, les légumes.

Les deux ados ont invité leurs potes, rencontrés dans des centres à Brest ou Quimper. Dans une petite pièce où leur plat mijote, ils sont une dizaine à papoter, et même s’échanger des recettes. On ne cuit pas le riz gras de la même manière au Mali qu’en Guinée. « Ils nous font découvrir leur Afrique, explique leur bienfaitrice. Au début, ils ne nous regar- daient pas dans les yeux. Chez eux, c’est un signe de respect. » Ali le Guinéen veut devenir électricien dans le bâtiment, Mohammed le Malien soudeur. « Mais sans papiers, sans être majeur, on ne peut rien faire ». Ici, ils apprennent le français, les maths, vont jardiner chez les gens. Et ce soir, dans la salle polyvalente de Saint-Rivoal, ils ont appris à danser le fest-noz !

Philippe ATTARD 20/03/2018

https://www.ouest-france.fr/

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18 mars 2018 ~ 0 Commentaire

génération 68 (essf)

mai 1968

Existe-t-il une « génération 68 »? Quand les « figures de proue » masquent « ce qui faisait l’extension, la force et la profondeur d’un mouvement social qui a bouleversé des vies »

Etudiants, mais aussi lycéens, ouvriers, immigrés, banlieusards, paysans… La figure du « soixante-huitard » converti au néolibéralisme par opportunisme masque une réalité plurielle. Depuis des décennies, on se repasse le même film. Celui d’une génération d’étudiants qui évoluent dans un tout petit périmètre parisien, entre la Seine et le Luxembourg, la rue d’Ulm et le boulevard Saint-Michel.

On raconte l’histoire de ces jeunes gens qui ont décidé, un joli jour de mai, de transformer la cour de la Sorbonne en agora. On évoque en toile de fond les guerres d’Algérie et du Vietnam, la révolution cubaine et les projets de Mao, trame de leur engagement politique. On parle de ces rebelles d’un soir qui se sont convertis au néolibéralisme pour occuper des postes de pouvoir.

 Figures de proue

Ces trajectoires sont-elles vraiment emblématiques d’une « génération 68 » expression devenue un lieu commun ? « Un certain nombre de porte-parole autoproclamés ont construit cette idée de “génération 68” sur la base de leur devenir propre, qui n’était pas représentatif des destinées des soixante-huitards ordinaires. Leur vision a évacué la masse des lycéens, des ouvriers, des employés qui ont participé à l’événement », estime la sociologue Julie Pagis.

Un livre joue un rôle crucial dans la construction de ce mythe : Génération (Seuil)

Le best-seller d’Hervé Hamon et de Patrick Rotman, dont les deux tomes paraissent en 1987 et 1988, donne naissance à une série documentaire diffusée sur TF1 à la fin des années 1990. Il popularise le mythe d’une jeunesse révoltée, privilégiée, hédoniste et opportuniste. Au fil des commémorations, une poignée de « vedettes » ayant un accès direct aux médias ont contribué à façonner ce portrait à leur image.

Dans les années 2000, ce sont les mêmes figures de proue que fait revivre l’écrivain Olivier Rolin dans ­Tigre en papier (Seuil, 2002), roman amer sur les ruines de la révolution. Et quand, quarante ans après les événements, Virginie Linhart publie Le Jour où mon père s’est tu (Seuil), c’est toujours aux plus célèbres des intellectuels militants: Benny Lévy, Blandine Kriegel, Roland Castro… que la fille de l’ancien leadeur maoïste Robert Linhart fait référence dans son enquête sur les enfants de dirigeants révolutionnaires.

Très tôt, sous l’influence de ce Who’s Who de 1968, on a vu se dessiner un profil trompeur. Ainsi Serge July, ex-directeur de Libération, publie-t-il dès 1978 un article dans lequel il se définit comme « libéral et libertaire », une appellation que revendique aussi Daniel Cohn- Bendit. Les philosophes Blandine Kriegel, qui fut conseillère de Jacques Chirac, et André Glucksmann, qui a soutenu Nicolas Sarkozy, sont venus alimenter la figure du « renégat » dénoncée par Guy Hocquenghem dans sa Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary (Albin Michel, 1986). Et, de ces cas particuliers, les commentateurs ont tiré des généralités. « Pendant un long moment, le vide historiographique autour de ce sujet a été comblé par le recours au témoignage des anciens soixante-huitards ayant pignon sur rue. Lesquels ont construit des clichés qui se sont enkystés dans la mémoire dominante », explique le politiste Boris Gobille.

 Absences criantes

Il a fallu du temps pour que Mai 68 devienne un objet de recherche légitime. Le premier jalon est posé au mois de novembre 1988, avec le colloque « Exploration du Mai français ». Il remet en cause l’homogénéité induite par l’idée de génération : loin de se concentrer sur le Quartier latin et les enceintes universitaires, on y parle des usines et des entreprises.

En 1994, un séminaire à l’Institut du temps présent sur « les années 68 », auquel contribue l’historienne Michelle Zancarini-Fournel, lance le mouvement. Celle-ci observe déjà, dans la revue Espaces Temps, que « le panel [des personnes interviewées par Hamon et Rotman] est loin d’être représentatif, limité essentiellement à la génération la plus ancienne de ceux qui, étudiants ou enseignants, avaient plus ou moins 25 ans en 68 et déjà une solide expérience militante ». Et elle relève, dans ce portrait de groupe, « des absences criantes : celle de la banlieue, de Nanterre et de ses libertaires pourtant à l’origine conjoncturelle du mouvement ; absence aussi des catholiques, des immigrés, des paysans et des OS [ouvriers spécialisés] ».

Mais il faut attendre le milieu des années 2000 pour que le rythme s’accélère, avec l’enquête d’Ivan Bruneau sur la participation paysanne, les livres de Xavier Vigna sur les ouvriers (L’Insubordination ouvrière dans les années 68, Presses universitaires de Rennes, 2007), de Julie Pagis sur les anonymes (Mai 68, un pavé dans leur histoire, Presses de Science Po, 2015), etc.

L’année 2018 constitue l’apogée de cette évolution récente : plusieurs ouvrages d’historiens, de sociologues et de politologues restituent toute la palette des acteurs dans sa diversité. Citons notamment 1968. De grands soirs en petits matins, de Ludivine Bantigny (Seuil, 464 p., 25 euros), ou les ouvrages collectifs Changer le monde, changer sa vie. Enquête sur les militantes et militants des années 68 en France (Actes Sud, 864 p., 28 euros) ou Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu (L’Atelier, 480 p., 29,90 euros, à paraître le 22 mars).

 Une réalité plurielle

Ces travaux sont unanimes : la notion de génération homogénéise une réalité plurielle. « Elle laisse de côté les “inorganisés”, ceux qui n’appartenaient pas à une organisation d’extrême gauche, mais aussi l’ensemble des militants restés fidèles à leurs idéaux de jeunesse », souli- gne Boris Gobille. Lors des événements, certains étaient encore lycéens, d’autres travaillaient déjà. Les uns étaient impliqués dans des organisations d’extrême gauche, mais pas tous. « Il n’y a pas une, pas deux, mais des micro-unités de génération en 68 », résume Julie Pagis sur la foi des entretiens qu’elle a réalisés avec environ deux cents personnes.

Par ailleurs, le vécu de cette cohorte hétéroclite contredit le cliché : la plupart témoi- gnent en effet d’une fidélité à leurs idéaux. Dans le couple, la famille, le travail, ils ont tenté d’importer l’espoir de nouvelles pratiques. Autrement dit, « il est possible de distinguer une singularité générationnelle, précise l’historienne Ludivine Bantigny. Il s’agit d’une “génération” plus à gauche que celles qui se sont socialisées avant et après ». Ce socle constitue peut-être l’un des effets durables d’un événement parfois présenté comme une parenthèse enchantée. Michelle Zancarini-Fournel en est certaine : « En se focalisant sur quelques têtes, on a gommé ce qui faisait l’extension, la force et la profondeur d’un mouvement social qui a bouleversé des vies. »

Marion Rousset 16.03.2018

http://www.lemonde.fr/

http://www.europe-solidaire.org

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17 mars 2018 ~ 0 Commentaire

pour razmik!

ramzik

pour razmik! dans Altermondialisme

Refusons l’expulsion de Razmik et de sa famille

Attention!
Le Collectif du collège Max Jacob organise une manifestation rassemblant associations et syndicats samedi 24 mars, celle qui était prévue le 17 à 14H a été refusée par la préfecture pour quelques heures manquantes au délais de trois jours!
Le Collectif contre l’expulsion de Razmik a lancé cette pétition adressée au Préfet du Finistère

Nous demandons à la Préfecture du Finistère de surseoir à L’Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) qui frappe Razmik, élève au collège Max Jacob de Quimper, et sa famille.

Il fait preuve d’une grande exemplarité scolaire, d’assiduité et d’une parfaite intégration depuis son arrivée en France. Il manifeste une telle envie de réussir et atteint de si bons résultats qu’il mérite de finir ses études en France et d’obtenir ici, dans le Finistère, ses diplômes. Nous ajoutons qu’il a fait depuis son arrivée énormément de progrès dans la maîtrise de la langue française. Son départ en cours d’études serait injuste, préjudiciable à son avenir, et pour lui comme pour nous, un vrai traumatisme.

Pour toutes ces raisons nous demandons le retrait des OQTF et la régularisation de la situation de Razmik et de sa famille par l’obtention de titres de séjour.

06 81 95 92 83

Pétition

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17 mars 2018 ~ 0 Commentaire

nantes facs (ouest france)

selection

Sélection à l’entrée de l’Université de Nantes : « Sans nous »

Dans cette tribune adressée à Ouest-France , des personnels de l’université de Nantes annoncent qu’ils refuseront d’appliquer la réforme voulue par le gouvernement.

« Nous soussignés, membres du personnel de l’Université de Nantes, refusons l’instauration de barrières à l’entrée de nos filières de formation en Licence, induite par le tri et le classement des dossiers envoyés par les lycéens. Nous réaffirmons le principe de l’université comme service public ouvert à tous les bacheliers qui le souhaitent, dans les formations de leur choix, le baccalauréat constituant le premier grade universitaire.

Les dysfonctionnements d’APB (admission post-bac) sont attribuables à une pénurie de places et à l’accumulation de manques de moyens. Ils ne sauraient légitimer le filtrage systématique de toutes les demandes. Ce sont des postes (de BIATSS – agents   administratifs, techniques d’enseignants et d’enseignants-chercheurs) et des bâtiments qui manquent et qu’il faut créer. Cet effort est d’autant plus nécessaire qu’en raison du boom démographique des années 2000, le nombre de bacheliers continuera de s’accroître.

« Nous ne donnerons aucun avis défavorable »

Nous affirmons notre attachement quotidien à améliorer l’orientation et la réussite de nos étudiants. La solution ne réside pas dans un processus de sélection qui ne fera qu’aggraver les inégalités sociales face à l’enseignement secondaire et supérieur, en leur donnant une base légale et une légitimité nouvelle.

C’est pourquoi, par cette tribune, nous nous engageons à ne pas mettre en œuvre le tri des bacheliers que l’on cherche à nous faire appliquer.

Nous garantissons que nous ne donnerons aucun avis défavorable, aucune acceptation sous condition, et que nous refuserons de classer entre eux les dossiers. Aucune hiérarchie n’est légitime entre les demandes de celles et ceux qui ont droit de s’inscrire dans la filière de leur choix.

Nous appelons à l’adoption de motions reprenant les principes de cette lettre au niveau des services, des départements et des composantes de l’Université de Nantes. Nous demandons à nos collègues de l’enseignement secondaire d’agir dans le même sens et de développer toutes les initiatives capables d’enrayer ce processus délétère. »

Signataires :

Frédéric Yermia, Maître de Conférences, UFR Sciences et Techniques ; Sophie Orange, MdC, Sociologie ; Gilles Tronchet, MdC, Lettres et Langage ; Marie David, Enseignante-Formatrice, ESPE ; Jean Rivière, Maître de Conférences, Institut de Géographie et d’Aménagement, et 25 autres enseignants et salariés.

Pétition.  L’intégrale de la pétition et la liste des signataires sur change.org

L’université de Nantes , selon sa direction, compte « 2 500 enseignants fonctionnaires ou en CDI et 3 900 vacataires. » Pour 38 000 étudiants.

15/03/2018

https://www.ouest-france.fr/

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15 mars 2018 ~ 0 Commentaire

blanquer (qdc)

pipeau

Jean-Michel BLANQUER bien peinard !

Certains s’étonnent du peu de réactions aux annonces de pseudo-réformes par le ministre de l’Education nationale Jean Michel Blanquer. Ce n’est pas si étonnant que cela :

- Pas plus lui que tous ses prédécesseurs ne touche à l’architecture et la logique du système éducatif.

D’ailleurs ce sont les réformes ou mini-réformes incompatibles avec cette architecture en chaine industrielle tayloriste qui, elles, ont provoqué des levées de boucliers, depuis le tiers- temps pédagogiques, en passant par la réforme des cycles jusqu’aux dernières tentatives concernant le collège. C’est presque normal, chacun sait que vouloir mettre un peu d’essence dans un moteur diésel ou l’inverse, ça ne marche pas.

- Il se garde bien de mettre en débat la finalité de l’école, l’immense majorité du personnel de l’EN non plus, pas plus que l’immense majorité des familles. Voilà une énorme machine qui emprisonne toute la population enfantine d’un pays sans qu’on sache finalement pourquoi en dehors du fait que si elle n’existait pas on ne saurait pas quoi faire des enfants.

Pourtant ces finalités qui n’émanent pas d’une nation mais d’un État étaient bien clairement annoncées depuis Guizot ou Jules Ferry, ont été décortiquées par de nombreux analystes et leurs liaisons avec la société de marché parfaitement démontrées comme par exemple par Nico Hirt ou sur le site Q2C.

Oui, mais ! Mettre sur la table d’une nation, et pas seulement sur la table des experts et militants, les finalités de l’école, ce serait se les faire approprier par ceux directement concer- nés. On proclame bien que l’école doit être émancipatrice, enfin au moins quelques-uns, mais pas question d’émanciper ceux qui sont directement responsables du présent et du devenir de leurs enfants. On suppose une foire d’empoigne, on craint l’incompétence de la réflexion, bref on craint la démocratie.

Si l’État n’y tient évidemment pas, l’ensemble de la machine Education nationale n’y tient pas forcément plus. Dans cette machine dite éducative qui a été conçue pour les objectifs de l’État, chacun y occupe ou même y a conquis une position, des pouvoirs, même si ce n’est plus toujours un confort. Evidemment, je ne dis pas qu’aucun membre de l’EN n’essaie pas d’être humaniste dans le maillon où il est, mais ceux-ci ne peuvent que palier un peu à l’inhumanité d’un système. Imaginer que l’école soit simplement un lieu qui contribue (qui seulement contribue) à la construction des enfants en adultes autonomes, pas seulement en adultes s’intégrant dans une société existante et aux places à gagner, mais en adultes libres de faire entre eux la société qui leur conviendra, c’est remettre en cause non seulement l’ensem- ble du système mais aussi ce que chacun y fait, les positions qu’il y occupe.

Et puis la finalité de l’école et de sa nécessité ne serait-elle pas bêtement qu’il faut bien que les enfants apprennent ce que d’autres, experts eux, ont décidé qu’ils devaient apprendre, comment et quand ils devaient apprendre ? C’est apparemment rationnel, donc ça ne se discute qu’entre experts patentés ou désignés, le peuple n’a pas à troubler cela (déjà que quelques parents se permettent de ficher la pagaille, ne se contentent pas d’être complices dans les quelques instances où on les a laissés entrer !)

Finalement on ne peut reprocher à Blanquer ce qu’aucun des partis politiques qui pensent pour la population, même ceux qui se disent insoumis, n’a vraiment abordé, c’est à dire la question de la finalité de l’école avec toutes les conséquences que cela impliquerait dans la conception globale du système.

- Alors Blanquer fait simplement comme ses prédécesseurs et comme finalement l’ensemble du monde éducatif le lui demande : la machine éducative brinqueballe, est de moins en moins performante, n’a pas les résultats apparents escomptés dans des classements ? Qu’est-ce qu’on peut bricoler dans la même logique, dans la même machine, sans poser la question embarrassante de la finalité, pour que ce qui ne sont que des statistiques qui ne prouvent pas grand-chose deviennent plus satisfaisantes ? Et bien sûr pour mieux alimenter l’autre machine économique qui broie autant que la machine scolaire mais qu’on continue à croire tout aussi intangible (l’hétéronomie).

Et il sort du chapeau les neurosciences, enfin celles qui lui conviennent et celles compatibles avec ce que les enfants doivent faire dans le système.

Les OGM, produits de la science, sont parfaitement compatibles avec l’agriculture industrielle. Le système deviendra-t-il plus acceptable ? Peut-être plus performant, comme pour les OGM.  Ah ! Si tous les enfants apprennent à lire à 3 ans, si chacun des OS du système éducatif sait ce qu’il doit faire pour cela grâce aux neurosciences, pourquoi aller embêter le ministre ?

La cause de cette absence de réactions ? Mais c’est l’école elle-même dans laquelle chacun s’est construit (s’est formaté ?), pense que c’est grâce à elle qu’il est devenu ce qu’il est (position sociale) ou que c’est parce qu’il n’y a pas été bon élève qu’il n’a pas pu devenir ce qu’il aurait voulu. Dans ce sens l’école, telle elle est, atteint bien des objectifs.

Le nombre de bons élèves devenant chômeurs s’accroissant, les mal-être sociétaux s’accroissant, l’aspiration à l’épanouissement et à d’autres modes de vie s’accroissant, la fragilisation des situations privilégiées s’accroissant, on peut penser que l’opinion publique portera un autre regard sur ce qui dans toute les civilisations occidentales est leur matrice : l’école.

Au-delà de tous les beaux discours entre militants, c’est l’opinion publique qu’il faut aider à devenir simplement lucide. Encore faut-il pouvoir lui proposer et lui faire connaître d’autres perspectives, d’autres possibles, plutôt que d’autres bricolages dans la même chaine indus- trielle dite éducative qui ne peut même pas absorber d’autres pédagogies sans les vider de leur essence.

10 mars 2018  Bernard Collot

https://www.questionsdeclasses.org/

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15 mars 2018 ~ 0 Commentaire

mineurs étrangers (lutte ouvrière)

no one

Mineurs étrangers : une politique abjecte

Lundi 12 mars, Édouard Philippe et les représentants des départements n’ont pas trouvé d’accord sur la prise en charge des mineurs étrangers isolés par les services de l’Aide à l’enfance, qui dépendent des départements depuis les lois de décentralisation et sont saturés, faute de moyens.

Le nombre de jeunes mineurs étrangers confiés à ces services a augmenté de 85 % en 2017.

Et pourtant, ils ne sont pas automatiquement pris en charge. La loi impose aux arrivants un parcours du combattant pour prouver leur minorité : c’est parfois, dans les villes particulière- ment débordées, un pré-entretien d’une demi-heure, dénoncé comme une parodie par des organisations comme Médecins sans frontières.

Ensuite, selon le résultat, l’arrivant bénéficiera ou non d’une protection temporaire pour préparer un autre entretien, qui peut déboucher sur une mise à l’abri durable. Chaque étape peut déboucher sur une acceptation ou sur un rejet. En 2017, sur 6 600 jeunes, plus d’un sur deux a été débouté dès le premier entretien. Sur les 3 000 restants, seulement 1 170 ont été officiellement reconnus comme mineurs. Pour les autres, c’est la rue – ils y seraient 10 000 – et parfois la chance de croiser des bénévoles d’associations, qui les aident à contester le refus de reconnaître leur minorité.

En 2017, on estime à 25 000 les mineurs étrangers arrivés en France, dont un nombre croissant de moins de 15 ans, contre 4 000 en 2010.

Plus de 70 % d’entre eux viennent d’Afrique. La misère, les guerres les poussent à affronter les pires dangers, et leur nombre augmentera inévitablement. Le gouvernement de Macron, qui offre des milliards aux assujettis à l’ISF, refuse d’ajouter une centaine de millions par an aux crédits de l’Aide à l’enfance pour ceux qui devraient être automatiquement accueillis et protégés.

Sylvie MARÉCHAL 14 Mars 2018

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14 mars 2018 ~ 0 Commentaire

pour razmik (npa)

ramzik

Les profs et élèves du collège Max Jacob à Quimper se mobilisent contre l’expulsion de Razmik et sa famille.

Alors que l ‘expulsion du territoire ( selon la procédure Dublin) doit intervenir dés demain, rdv a été pris auprés du préfet ce mercredi après midi.
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Alors qu’une délégation devait être reçue et que nous étions plusieurs dizaines, dont de trés nombreux collégiens, devant la préfecture, celui-ci, avec une malhonnêteté sans nom, a refusé de recevoir la délégation en plantant les forces de police devant l’entrée. Une leçon d’instruc- tion civique, in vivo, sur l’inhumanité et la violence de l’état bourgeois et ses représentants. Profs et collégiens étaient très en colère et de nombreux cris et mots d’ordre contre le cynisme du préfet ont retenti.
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Manifestation Samedi 24 Mas à 14h du Collège Max Jacob à la préfecture
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Lire aussi:
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07 mars 2018 ~ 0 Commentaire

lycées facs

lic

En Janvier et Février, nous avons commencé le début d’une lutte sans merci.

Nous nous sommes retrouvés, sur les blocus de nos lycées, dans les assemblées générales de nos universités, et surtout dans la rue lors des manifestations. Nous avons vu que nous n’étions pas seul, et que notre lutte va s’inscrire dans la durée, car l’objectif reste le retrait des lois Vidal et Blanquier !

Ces lois, qui cherchent à individualiser toujours plus nos parcours pour mieux nous divisier, ne repondent pas au principal problème : le manque de places à la fac, et la réduction du budget pour notre éducation. Nous ne voulons pas être une génération sacrifiée, où aucune solidarité n’est possible.

Le 15 Mars, partout dans le pays, nous reprendrons les blocus, les grèves et les manifestations, toujours plus nombreuses et nombreux !

▶ Partage l’évènement autour de toi, invite tous tes contacts !
▶ Organise toi localement pour préparer la mobilisation du 15 et ses suites !
▶ N’hesite pas à envoyer en MP les rassemblements / assemblées générales ou autre évènement locaux !

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tract

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06 mars 2018 ~ 0 Commentaire

écoles rurales (huffington + rp)

sardines e

Casse de l’enseignement Blanquer annonce la suppression de 200 à 300 classes en milieu rural

Nouvelle expression des politiques austéritaires du gouvernement : la suppression de 200 à 300 classes en milieu rural dès la rentrée prochaine.

Décidément aucun secteur n’est épargné par Macron ; alors que la réforme ferroviaire, préfigurée par le rapport Spinetta va être passée par ordonnances, que le secondaire est visé par la réforme du baccalauréat et du lycée, que l’enseignement supérieur subit une attaque historique, instaurant, entre autre, la sélection à l’entrée de l’université, et l’apprentissage passant des mains des collectivités locales à celles du patronat ; le primaire est lui aussi dans la tourmente.

Le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a annoncé ce lundi la fermeture de 200 à 300 classes dans les écoles rurales. Des zones où classes et écoles ferment déjà chaque année, conduisant les enfants à devoir aller dans des écoles éloignées de chez eux, dans des classes de plus en plus nombreuses.

Cette mesure est pointée du doigt comme la conséquence du dédoublement des CP et CE1 en zone d’éducation prioritaire (REP et REP+) où les classes devraient être limitées à 12 élèves. Au lieu de dénoncer les coupes budgétaires opérées par Macron dans tous les secteurs, les médias mettent en opposition zones d’éducation prioritaire et zones rurales.

Si en soi la réduction des effectifs dans les classes de REP est salutaire, on ne peut que pointer l’hypocrisie de la mesure, purement symbolique : loin d’être accompagnée des budgets nécessaires comme le dénoncent syndicats et parents d’élèves. D’autant plus que si ces fermetures sont importantes en milieu rural, elles vont également s’étendre à tout l’hexagone. En région parisienne ce sont 420 classes qui sont menacées de disparaitre en septembre prochain. En tout le syndicat SNUipp-FSU estime qu’il manque de 2300 à 2400 postes d’enseignants pour la rentrée.

La contestation monte dans les écoles rurales

Depuis plusieurs semaines, dans de nombreux départements concernés par ces suppressions, la colère gronde, et les mobilisations se multiplient. Dans la Somme, département où 63 classes vont disparaitre, l’Allier, l’Ariège, l’Orne, le Finistère, les Vosges, et de nombreux départements, des écoles ont été occupées dès la rentrée des vacances de février par des parents d’élèves pour protester contre ces mesures. Le 22 mars, journée de mobilisation nationale de l’éducation, de la fonction publique et des cheminots, doit être l’occasion de faire converger la colère des enseignants du primaire à celle du reste de l’éducation et des autres secteurs.

Gherasim Bataille lundi 5 mars

http://www.revolutionpermanente.fr/

lutte-des-classes

Elèves de ZEP injustement favorisés!

Jusqu’à 300 fermetures de classes en zone rurale. Jean-Michel Blanquer a fini par répondre aux accusations. Mais ses explications n’ont pas convaincu.

Jusqu’à 300 fermetures de classe en zone rurale, selon Jean-Michel Blanquer. L’opposition crie à la trahison. Jusqu’à présent, il refusait d’avancer un chiffre, énonçant un principe général: « chaque département rural de France aura plus de professeurs par élève », résumait Jean- Michel Blanquer accusé depuis plusieurs semaines par l’opposition de prendre les campagnes en otage pour mener à bien le dédoublement des classes de CP dans les zones d’éducation prioritaire. Ce lundi, le ministre de l’Education a convenu que 200 à 300 classes fermerait en zone rural, confirmant les doutes des syndicats.(…)

Alexandre Boudet 05/03/2018

https://www.huffingtonpost.fr/

Commentaire: Tous les écoliers ont droit à l’éducation, quelque soit leur bronzage. La droite laisse entendre qu’on déshabille les « blancs » des campagnes au profit des « bronzés » des villes!

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