Archive | Jeunes

01 février 2017 ~ 0 Commentaire

université saint denis (npa jeunes)

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30 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

criminalisation (rennes)

rennes

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10 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

manu à rennes!

vals

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04 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

antonin le mée (tedxrennes)

Puisant dans son expérience auprès d’associations LGBTI (Lesbiennes Gays Bisexuelles Transgenres Intersexes) ainsi que dans sa propre vie, Antonin Le Mée explique comment la société occidentale est structurée par des cases binaires liées au sexe et au genre.

Que ce soit dans les comportements attendus ou les systèmes administratifs, partout on classe en deux catégories étanches : mâle / femelle, homme / femme, monsieur / madame…

Pourtant, la réalité des personnes est bien plus riche que cette binarité. Il existe une diversité incroyable de corps, d’identités, de comportements.

Que se passe-t-il alors pour les gens qui ne rentrent pas dans les normes binaires ? Avoir une apparence androgyne, être intersexe ou transgenre sont par exemple encore trop souvent synonymes de difficultés inacceptables dans la société, allant de la remarque déplacée à la mutilation génitale. Alors pourquoi séparer, trier, étiqueter à tout prix ? Et si nous apprenions à compter au delà de 2 ?

Né à Saint Brieuc, c’est en grandissant entre trois cultures (française, bretonne et indo- chinoise) qu’Antonin a compris très jeune que la diversité était une richesse, mais qu’il était parfois bien difficile de faire respecter son individualité.

Heureusement, l’exemple de sa famille aux nombreux engagements sociaux et militants lui a montré que nous pouvions tou·te·s agir pour un monde plus juste et plus raisonné. Courant 2009, il a franchis la porte du Centre Gay Lesbien Bi et Trans de Rennes (CGLBT), y devient bénévole et, touche-à-tout, y prend des responsabilités au fil des années. En 2015, il quitte la présidence pour faciliter son engagement auprès de la Fédération LGBT Nationale dont il est actuellement porte-parole. Des actions de terrain en Bretagne au travail avec les élu·e·s, Antonin est confronté à des publics très variés dans des domaines tels que la lutte contre les discriminations, la promotion de la santé, l’accompagnement individuel ou l’éducation populaire.

Ajoutée le 4 août 2016

Source: nos camarades belges de la JAC
(Jeunes Anricapitalistes)

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29 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

jeunes camarades brésilien(ne)s

rua

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28 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

la guerre des zétoiles (humour)

reb

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27 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

niñ@s (pùblico.es + rp + al + le huff’)

Genres et Sexualités En Espagne, les écoles publiques de la région de Valence doivent désormais s’adapter aux élèves transgenres

Les écoles devront respecter les toilettes et les vestiaires choisis par ces enfants et adolescents, ainsi que les prénoms avec lesquels ils voudront être appelés.

Le Conseil de l’Éducation de la région de Valence en Espagne a décidé de faire un pas en avant pour que les élèves transgenres dans ses écoles soient mieux intégrés. Ces élèves pourront ainsi choisir le nom par lequel ils voudront être appelés, s’habiller et choisir quels toilettes et vestiaires ils voudront utiliser, conformément au genre auquel ils s’identifient.Cette mesure, inscrite au Journal Officiel de la Generalitat de Valence, est entrée en vigueur ce mardi 27 décembre. Elle concerne pour l’instant tous les établissements publics et a vocation à s’élargir à toutes les autres écoles qui le souhaitent. Lorsque la loi valencienne sur l’identité de Genre sera ratifiée, cette mesure concernera toutes les écoles financées par l’argent public, explique El Pais

Selon le communiqué officiel cité par El Mundo et nos confrères espagnols du HuffPost, cette mesure vise à « favoriser l’intégration éducative, à assurer l’égalité et la diversité en tant que valeurs capitales et indispensables, de sorte que toutes les personnes qui forment la communauté éducative respectent et fassent respecter les droits humains. »

Un coordinateur nommé dès que le cas se présentera

D’un point de vue administratif, le nom et le genre dans lesquels l’élève se reconnaît seront consignés et accompagnés d’une demande officielle de la famille ou du tuteur légal si l’élève est mineur. Cependant, les documents officiels du dossier de l’élève ne seront définitivement modifiés que lorsque que le changement de nom aura été enregistré auprès du registre civil

Un coordinateur au sein de l’école sera chargé de superviser et de veiller au respect de cette mesure. Il sera en lien avec l’équipe dirigeante et éducative ainsi que la famille de l’élève, en particulier pendant le processus de transition, s’il a lieu pendant la période scolaire.

Le communiqué officiel conclut: « Les centres éducatifs garantiront un climat de sécurité pour devenir des espaces sans harcèlement, agression ni discrimination pour quelque motif que ce soit. Tous les agents éducatifs réaliseront les changements nécessaires pour la prévention, la détection et l’éradication des attitudes et pratiques basées sur des préjugés sexistes ou des discriminations s’appuyant sur des préjugés négatifs sur l’identité de genre, les sexes biologiques non binaires ou l’orientation sexuelle. »

« Il s’agit d’un instrument légal qui reconnaît aux enfants transgenres les mêmes droits qu’aux autres. Le droit à l’intimité, à l’égalité, s’est félicitée Ana Navarro, la mère d’une mineure transgenre et porte-parole d’une fondation qui milite pour les droits de ces enfants et adolescents interrogée par El Pais. Maria [sa fille NDLR] sait qu’elle est une fille et qu’elle a le droit de vivre une enfance en bonne santé. On ne peut pas choisir son identité. J’ai vu des enfants de sept ans souffrir beaucoup et avoir peur d’aller à l’école à cause des railleries qu’ils pourraient subir », dénonce-t-elle encore.

La région de Valence n’est pas la première en Espagne à vouloir mieux intégrer les élèves transgenres. Le Pays Basque espagnol, la Navarre, l’Andalousie, la région de Madrid ou la Catalogne l’ont fait avant elle.

29/12/2016

http://www.huffingtonpost.fr/

Rien de tel qu’une femme pour faire le ménage! Pécresse part en croisade contre les études de genre.

Valérie Pécresse, Présidente de la région Île-de-France, a annoncé jeudi 15 décembre la suppression du financement des études sur le genre, les inégalités et les discriminations. Dans le cadre du DIM (Domaines d’Intérêt Majeur), 90 bourses de doctorats et posts-docs (repré- sentant 10 millions d’euros environ sur 10 ans) étaient distribuées pour certains domaines de recherches, comprenant les études sur le genre, mais surtout allouées aux « sciences dures ». Cela avait été mis en place en 2006 à l’initiative de Marc Lipinski (élu Les Vert).

« Rien de tel qu’une femme pour faire le ménage ! » avait dit Valérie Pécresse lors d’une journée organisée durant la campagne des régionales pour une « opération de nettoyage » d’un ancien emplacement d’un camp de roms qui avait été évacué. Cela laissait déjà présager certaines décisions politiques qu’elle pourrait prendre en tant que Présidente de région, et elle n’a pas manqué de le confirmer avec ses dernières déclarations.

Si cette coupe budgétaire semble être une aberration, on se souvient des propos qu’elle avait sortis à l’occasion d’une « manif pour tous », et qui nous laisse un arrière-goût amer :

« Je suis pour l’égalité homme-femme, c’est à la racine de mes convictions. L’égalité oui, mais pas l’indifférenciation des sexes [qui est] un projet politique, une idéologie. On ne subven- tionnera pas la théorie du genre ». Dire cela ce n’est rien comprendre au sujet (ou bien ne pas vouloir comprendre). Il ne s’agit pas d’une « théorie du genre » (comme s’il s’agissait d’un complot), mais d’étudier les processus et les conséquences de reproductions sociales qui aliènent les êtres humains, et qui déterminent leur comportement, leur place dans la société selon leur genre.

Être assigné à la naissance du genre féminin ou masculin détermine le type d’édu-cation que l’on va recevoir, que ce soit de la part de la famille, de la société, de l’État, ou des médias, etc., et détermine aussi le comportement que les individus auront envers nous. Supprimer ces subventions, c’est ignorer les discriminations, les oppressions, les violences subies par les femmes, mais aussi par les personnes LGBTI qui ne correspondraient pas aux normes sociétales imposées.

Une fois de plus, nous subissons les attaques réactionnaires de Pécresse, dans le sillage de Le Pen, Fillon et cie.

Ces recherches, qui se développent notamment grâce aux subventions régionales, sont un premier pas pour une meilleure compréhension des mécanismes de construction sociale et genrée et des moyens de s’en émanciper. Ce type de prises de décisions est synonyme de recul réactionnaire et cela risque d’aggraver les choses en invisibilisant encore plus (comme si cela ne l’était pas déjà assez) les conséquences liées au genre qui nous est attribué sur nos conditions de vie.

Apparemment, il n’est pas d’un « Intérêt Majeur » pour Valérie Pécresse de nous permettre d’avoir des rapports égalitaires, mais plus de participer à l’aggravation de ceux-ci.

23 décembre 2016 Solange Julien

http://www.revolutionpermanente.fr/

Source espagnole:

http://elasombrario.com/ninos-reivindican-su-visibilidad/

Lire aussi:

Livres jeunesse: Pour Noël, subvertissez les enfants! (Alternative Libertaire)

Los niños transexuales podrán elegir nombre, vestimenta y baño en los colegios valencianos (Pùblico)

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22 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

c’était mieux avant? (ensemble1)

sire

Le service militaire

Détesté dans les milieux jeunes, largement opposés à une armée, par ailleurs identifiée aux guerres coloniales. Lycéens et étudiants étaient surtout préoccupés d’échapper au service militaire et, en 1973, la remise en question partielle des sursis par la Loi Debré avait déclenché un immense mouvement de la jeunesse scolarisée.

La disparition du service militaire obligatoire à partir de 1996

La fin du service militaire en France et dans la grande majorité des pays européens, scellait la fin d’une époque où il était un passage obligé des jeunes gens vers la « vie d’homme ». Et la professionnalisation des armées concrétisait pour les familles, les fameux « dividendes de la paix » : cette restitution aux individus d’une année de leur vie, que beaucoup considéraient comme une année gâchée, signifiait l’éloignement que l’on croyait, de la guerre. Alors même que la constitution d’un corps militaire professionnel aurait dû engendrer débats, réflexions et… réponses à cette nouvelle donne, tout est passé à la trappe.

C’était mieux avant ? 

Faut-il pour autant revenir au bon temps du service militaire d’un an, obligatoire pour tous comme le préconise le Parti de Gauche5 allant jusqu’à en faire la condition pour accéder à la fonction publique ? C’est une position a priori très populaire : 80% des Français le souhaiterait si l’on en croît les sondages. Et la télé-réalité, avec l’émission « Garde à vous » s’en empare. En fait, le service militaire est aussi populaire aujourd’hui qu’il était impopulaire quand il existait.

Si on demandait : « Êtes-vous d’accord pour que vos fils/filles partent en Irak ou au Mali » obtiendrait-on le même succès ? Car le service militaire n’est pas fait pour apprendre à faire son lit au carré et à être poli à table. Il est fait pour répondre en cas de guerre. Outre le coût, la faisabilité (locaux, encadrement, équipement…) qui rendent la chose presque impra- ticable après 20 ans d’arrêt, peut-on ignorer toute la dose d’ennui et d’inutilité que portait ledit service dans la forme qu’il avait ?

Personne ne demande ce rétablissement dans les armées, sinon quelques généraux en retraite qui y trouvent là une posture originale. Et puis, quels droits pour ces appelés ? Seraient-ils contraints aux mêmes devoirs de réserve que les militaires d’active ? Et si non, comment penser une armée à deux vitesses ? Et pour quelles missions ? Pour quelle durée et pour quelle formation ? Quelle rémunération ? On le voit, et je n’ai fait qu’effleurer le problème, le nombre de questions posées est considérable.

http://www.anti-k.org/

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18 décembre 2016 ~ 1 Commentaire

théorie du complot? (rue 89)

eau

En cas de doute, il y a trois questions à se poser

Ruche89 : Comment se déroulent vos ateliers d’« autodéfense intellectuelle » ?

Sophie Mazet : Il y a d’abord une partie sur le langage, les mots, les arguments. On commen- ce par de la rhétorique à l’ancienne, Aristote, etc. En ce moment, on travaille sur Orwell et la novlangue : comment on arrive à faire dire aux mots le contraire de ce qu’ils ont l’air de vouloir dire. Puis on enchaîne sur le discours publicitaire : comment est-ce qu’il peut nous atteindre sans même qu’on s’en rende compte ? On travaille aussi sur les connotations qu’on peut donner aux mots.

Par exemple ?

Un exemple qu’on travaille beaucoup est celui du Rwanda. Les mots qui ont été utilisés pour désigner les Tutsi faisaient référence à des animaux comme des chiens et des cafards, et donc petit à petit, en utilisant ces mots, on allait vers le fait de ne plus considérer les Tutsi comme des humains – or il est bien plus facile d’aller tuer un cafard que d’aller tuer une personne.

Vous avez démarré ces cours après vous être rendu compte de la grande crédulité de certains de vos élèves… Les jeunes sont-ils plus crédules ?

Je ne suis pas sûre que ce soit spécifique aux jeunes. Vous n’avez pas de bol parce que vous êtes les premiers à vous informer principalement sur Internet donc peut-être que finalement il y a un effet trompeur.  L’un d’entre vous, parlait de l’information comme d’un marché. Eh bien, le sociologue Gérald Bronner est tout à fait d’accord avec vous. Il propose d’envisager le marché cognitif comme une démocratie où certains voteraient une fois et d’autres voteraient 1 000 fois. Et dans cette catégorie, il y a les complotistes, qui s’expriment beaucoup plus que ceux qui luttent contre les théories du complot. Donc la tâche n’est vraiment pas aisée pour les internautes.

Il y a aussi un processus de construction, non ? Parfois, dans des moments de doute, on cherche des arguments pour se rassurer.

C’est la pente qu’il faut, en théorie, essayer d’éviter dans la façon dont on s’informe. Qu’est-ce qui nous mène vers l’erreur ? C’est le biais de confirmation, c’est-à-dire chercher à confirmer ce que l’on pense déjà. C’est une pente naturelle de notre esprit, on est tous comme ça. On essaye toujours de se donner raison au lieu de se donner tort. Pour se prémunir contre ça, l’idée c’est d’essayer, même si c’est vraiment dur, de s’auto-donner tort à chaque fois qu’on cherche à construire un raisonnement.

Pensez-vous qu’Internet est en train de faire des jeunes des complotistes endurcis ?

Hélas, il y a des risques. Un certain nombre de jeunes sont seuls sur Internet et ne parlent pas d’actualité avec leur famille. Ça me paraît un peu problématique. C’est ce que le sociologue Daniel Bougnoux appelle la « clôture informationnelle » : on est enfermé à l’intérieur de la façon dont on s’informe. Toujours sur les même sites, les mêmes blogs et donc on va trouver des choses qui confortent nos idées.

Si l’on observe votre parcours, vous avez pris conscience de l’existence de théories du complot en enseignant dans un lycée ZEP.

Ça fait neuf ans que j’enseigne dans le même lycée en zone sensible mais je suis persuadée que si l’on lisait la plupart des études sociologiques, on trouverait la même chose dans tout type de lycée. Cela m’étonnerait fort que le niveau social y soit pour quelque chose. D’ailleurs, si l’on s’attarde sur les sensibilités aux croyances en fonction du niveau d’étude, une étude sociologique de Daniel Boy et Guy Michelat, qui date de 1986, dit que les plus crédules sont ceux qui ont fait des études supérieures non scientifiques. C’est une question de démarche. Ces personnes ont développé une certaine curiosité intellectuelle et sont habituées à s’intéresser à tout plein de sujets.

Comment vous y prenez-vous avec des gens qui, comme certains d’entre nous, croient à certaines théories ?

Il faut mettre vos théories à l’épreuve. Une méthode m’a été soufflée par l’équipe qui a réalisé la série de documentaires « Conspi Hunter » – d’excellentes petites vidéos qui démontent des théories du complot.

En cas de doute, il y a trois questions à se poser :

  • Quelles sont les sources ? Essayez d’en croiser plusieurs ;
  • Qu’est-ce que ça donnerait si on poussait la théorie jusqu’au bout ? Qu’est-ce que ça aurait impliqué, très concrètement ?
  • Est-ce qu’il n’y a pas une explication beaucoup plus simple ?

C’est comme l’histoire des messages subliminaux.

C’est-à-dire ?

Il y a deux origines principales aux messages subliminaux. Deux raisons pour lesquelles ça nous fait peur.

La première, c’est un directeur de cinéma dans les années 50 qui s’est dit : « Je vais essayer de faire vendre du pop-corn et du Coca à des gens qui regardent les films. » Des pays se sont mis à interdire les messages subliminaux, comme l’Australie ou la Grande-Bretagne. Des gens ont essayé de se faire du pognon en vendant des méthodes subliminales pour maigrir, pour arrêter de fumer… On a fini par découvrir que ce directeur de cinéma avait complètement bidonné l’expérience. Le problème, c’est que la panique était lancée.

La deuxième origine, c’est un exemple magnifique de complot, dont on a la preuve grâce à des documents déclassifiés. Pendant la guerre froide, la CIA a voulu tester l’influence du LSD sur des gens pour savoir si on pouvait vider complètement un esprit humain et essayer de le reprogrammer entièrement. Evidemment, ça n’a jamais fonctionné. Les gens à qui on a admi- nistré ces doses-là de LSD sont devenus fous, ils se sont suicidés, ça a ruiné complètement un certain nombre de vies… Mais personne n’a été « reprogrammé ».

Donc, sur la question des messages subliminaux, quand vous voyez des gens qui font des triangles dans les clips de Lady Gaga, ça crée une ambiance de mystère, mais rien n’entre dans notre cerveau. L’esprit humain ne marche pas comme ça.

Comment distinguer le lanceur d’alerte du complotiste ?

C’est décevant mais je n’ai pas du tout de méthode miracle. Si ce n’est, encore une fois, essayer d’avoir une certaine rigueur au niveau des sources.

Dans votre livre, vous dites qu’en France on est un pays où on est plus enclins qu’ailleurs à se méfier des autres et où la tendance au complotisme peut être particulièrement prononcée. Comment l’expliquez-vous ?

Sur ce sujet, ma source principale, c’est un bouquin vraiment intéressant, « La Société de défiance », de Pierre Cahuc et Yann Algan. Pourquoi on est comme ça ? Je ne sais pas. Si ça se trouve, c’est Descartes qui nous fait douter. Si ça se trouve, c’est aussi la Révolution française, on n’aime pas trop les institutions centralisées qui se présentent comme détentrices de vérités. On peut penser que l’une des causes est une certaine culture intellectuelle française.

Vous luttez en quelque sorte contre le manque d’esprit critique. Sur quels sujets est-il le plus criant ?

C’est compliqué. Je ne peux pas mettre les théories du complot sur le même plan que les peurs alimentaires. Un jour, j’ai entendu deux collègues qui disaient à la cantine qu’il fallait se méfier de McDo parce que la pastille blanche dans les hamburgers serait un anti-vomitif.

Et ce n’est pas vrai ?

Si vous achetez des hamburgers au supermarché, vous verrez exactement la même chose. C’est juste un effet de la décongélation. Mais c’est une rumeur intéressante à observer. Si on la pousse jusqu’au bout, ça voudrait dire qu’il y a un budget antivomitif chez McDo. Il faut acheter ces médicaments en grande quantité. Combien de personnes ça impliquerait ? Combien seraient tenues au secret ?

C’est comme la rumeur des steaks aux vers de terre. Vous la connaissez celle-là, non ? Eh bien si on regarde, en fait, les vers de terre sont plus chers que le bœuf ! Donc ça n’aurait aucun intérêt pour McDo. Idem pour l’antivomitif, ça a quand même un certain coût. Déjà qu’une boîte de Spasfon, c’est cher !

Derrière chaque rumeur ou chaque complot, il y a souvent une explication un peu plus simple. On appelle ça le rasoir d’Ockham, du nom du philosophe médiéval Guillaume d’Ockham. Le rasoir, ça veut dire qu’on rase tout ce qui dépasse, toutes les hypothèses inutiles. Je prends toujours le même exemple avec mes élèves : vous avez rendez-vous avec un garçon ou une fille ce samedi. Le rendez-vous s’est très bien passé, c’était parfait, tout le monde avait l’air très séduit. Il ne vous rappelle pas. Pourquoi ?

  • a. il a été enlevé par les extraterrestres ;
  • b. il a perdu son téléphone ;
  • c. il a oublié son téléphone chez sa grand-mère ;
  • d. il n’a pas envie de vous rappeler.

Et on répond quoi ?

On répond d. Le problème, c’est qu’on a plutôt envie de croire a, b, ou c, parce que ça nous rend triste que la personne n’ait pas très envie de nous rappeler. On préfère se raconter des petites histoires qui paraissent peu crédibles plutôt que de croire à l’explication plus simple. La plupart des théories du complot fonctionnent de cette manière. (Résumé)

Note:

Dans son lycée, Sophie Mazet anime un atelier d’autodéfense intellectuelle. Elle nous explique comment elle enseigne le scepticisme à ses élèves. Prof d’anglais dans un lycée de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Sophie Mazet est l’auteure d’un « Manuel d’autodéfense intellectuelle », fruit d’un atelier organisé dans son établissement. Les jeunes de la Ruche89 l’ont interrogée. C’est leur toute première interview.

Initialement publié le 4 mars 2016

 Ruche89. Publié le 17/12/2016
.
Commentaire: Cet article qui s’adresse aux enfants vaut aussi pour bien des adultes qui n’ont jamais mis les pieds en Syrie mais qui savent que Poutine a « libéré » Alep!

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15 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

jeunesse armelle pertus (npa)

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