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22 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Des hommes en jupe: c’est quoi le problème? (les inrocks)

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Vendredi 16 mai, 27 lycées de l’académie de Nantes accueillaient une journée de lutte contre le sexisme baptisée “Ce que soulève la jupe”.

Une initiative qui a beaucoup fait parler d’elle. Pourquoi en 2014 les hommes ne pourraient-ils pas porter de jupe ? Quelle est la portée symbolique de ce vêtement dans notre société ? Analyse.

L’un porte une jupe en cuir noir, le second une jupe à froufrous marrons, le troisième un kilt. Ils posent bras dessus bras dessous, baskets aux pieds, chaussettes montantes et sacs sur le dos. La photo, qui circule sur Twitter, a été prise le vendredi 16 mai dans le cadre de “Ce que soulève la jupe”, une journée de lutte contre le sexisme organisée par le Conseil académique de la vie lycéenne (Calv) dans 27 lycées de l’académie de Nantes.

La première édition était passée complètement inaperçue. Le 12 avril 2013, seuls une dizaine de lycées de l’académie de Nantes avaient accepté de participer à l’événement “Ce que soulève la jupe”. L’objectif était d’inviter les étudiants qui le désiraient (“garçons et fille, élèves et adultes”), à porter une jupe ou un autocollant “je lutte contre le sexisme, et vous ?” Résultat : “Ce sont surtout des filles qui [étaient] venues en jupe, parfois même, de manière symbolique, sur des pantalons, et chez les garçons, il y [avait] peut-être deux ou trois kilts”, a confié le porte-parole du rectorat de l’académie de Nantes à l’AFP.

On n’avait pas fait de communiqué de presse donc ça avait été très peu re- layé” raconte Yohan Bihan, élu à la vie lycéenne au lycée Emmanuel-Mounier à Angers, et qui fait partie des élèves à l’origine de l’initiative. Cette année, les lycéens ont sorti un com- muniqué de presse, hébergé notamment sur le site de l’académie. C’est ce qui explique, en partie, l’ampleur médiatique prise par la manifestation. Mais pas que.

La mise en lumière de cette “Journée de la jupe” est aussi, et surtout, due aux réactions épidermiques de la Manif pour tous, des Nantais pour la Famille, des Sen- tinelles et du syndicat étudiant de droite UNI (Union nationale interuniversitaire). Des asso- ciations anti-mariage pour tous qui se sont servies de cette journée comme d’un nou- veau tremplin pour dénoncer la prétendue déliquescence de la société française et de ses valeurs. Et tant qu’à faire, autant relayer de fausses informations. Ainsi, on a pu lire ici et là (et surtout dans Le Figaro) que les lycéens étaient obligés de venir en jupe et/ou que l’académie de Nantes était à l’origine de l’initiative.

Pris à partie par la députée UMP Véronique Louwagie (Orne) lors des questions au gou- vernement la semaine dernière, le ministre de l’Education nationale Benoit Hamon a assuré: “Il n’y a pas de demande faite aux élèves et aux lycéens de cette académie de venir en jupe vendredi. C’est absolument faux. (…) Ce que vous dites aujourd’hui utilise des mensonges colportés par des organisations radicales dont je regrette que sur ces bancs vous colportiez ces mensonges car une simple vérification, Mme la députée, vous aurait permis de le vérifier”.  Dès l’année prochaine, le mouvement pourrait prendre une ampleur encore plus grande. Yohann et ses comparses sont actuellement en contact avec des lycées sur le territoire national, mais aussi à Seattle et à la Haye, en vue d’exporter leur projet. “Les femmes se sont battues pour pouvoir porter le pantalon. Pourquoi les hommes ne se battraient-ils pas pour pouvoir porter la jupe?

“Les hommes en jupe se heurtent au sexisme et à l’homophobie”

Pourquoi, en 2014, la jupe cristallise-t-elle autant de tensions ? Pourquoi n’est-elle réservée qu’aux femmes alors même que les gladiateurs romains portaient des jupettes et que les Indonésiens continuent encore aujourd’hui de se vêtir de longues jupes appelées sarongs (et on ne vous parle pas des kilts des Écossais)? Professeure en histoire contemporaine à l’université d’Angers, Christine Bard a publié en 2010 une Histoire politique du pantalon et Ce que soulève la jupe (ouvrage qui a inspiré le mouvement du même nom) dressant un paral- lèle entre la difficulté qu’ont eu les femmes à faire accepter leur port du pantalon, et les obstacles auxquels sont confrontés les hommes épris de jupe :

“Les hommes en jupe se heurtent au sexisme et à l’homophobie (indépendamment de leur orientation sexuelle réelle). On va trouver que la jupe les féminise, comme on a reproché au pantalon de masculiniser les femmes, de brouiller la frontière entre les genres et donc de déstabiliser la société ! La jupe a fabriqué le genre féminin, sur le plan collectif et individuel. Ce qui est sexiste à mon avis n’est pas sa place importante dans l’imaginaire érotique, c’est que la parure, d’une manière générale, soit un privilège féminin. Joli cadeau empoisonné.”

Sur un homme la jupe est souvent jugée ridicule, perçue comme un déguisement. “L’impres- sion donnée est celle d’un travestissement, or si certains hommes en jupe se travestissent, la plupart portent une jupe qui ne jette pas de doute sur leur genre masculin. Dans l’un ou l’autre cas, si l’on juge cela ridicule, c’est sans doute que l’on est mal à l’aise avec la fluidité du genre et que l’on s’accroche à des signes de virilité que l’on pense éternels, universels, pour se rassurer : la pilosité par exemple. Le ‘ridicule’, c’est une sanction morale, esthétique, faite au nom de la norme“, analyse Christine Bard.

“Tout ce qui est marqué du sceau du féminin est dévalorisé”

Pour Marlène Coulomb-Gully, professeure à l’université de Toulouse et auteure de Médias : la fabrique du genre, il y a une asymétrie criante entre les vêtements que la société attribue aux femmes et ceux qu’elle attribue aux hommes : “Dans les mouvements de libération, les femmes ont toujours emprunté des codes aux hommes pour évoluer. Mais l’inverse n’est jamais vrai : car tout ce qui est marqué du sceau du féminin est dévalorisé.” Et de souligner que ce n’est pas tant le vêtement en lui-même qui pose problème mais son impact sur nos corps :

“C’est ce qui est au cœur du mouvement des lycéens : quand on est une fille et qu’on porte une jupe, on s’assied et on n’écarte pas les jambes. Alors que les hom- mes ont les jambes grandes écartées. Je serais curieuse de voir comment se tien- draient les hommes qui portent des jupes. Ce qu’il y a derrière, c’est que le corps est discipliné en fonction du genre.”

Un phénomène que tente de pointer le désormais fameux Tumblr américain “Men taking up too much space on the train”, qui compile des photos d’hommes assis dans les transports en commun, les jambes souvent très écartées au point d’empiéter sur l’espace réservé à leurs voisin(e)s. L’objectif (abondamment critiqué dans les commentaires) : montrer que cette attitude est l’apanage des hommes, et qu’aucune raison biologique ne les oblige à se tenir de la sorte, tout comme aucune raison biologique ne force les femmes à se tenir les jambes serrées. (…) 22/05/2014 | 11h24

http://www.lesinrocks.com/2014/05/22/actualite/hommes-en-jupe-cest-quoi-le-probleme-11506168/

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22 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Un camp d’été pour les jeunes anticapitalistes du monde entier

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Du 3 au 9 août en France (Auvergne) 

Participez aux 31èmes Rencontres Internationales des Jeunes !

Avec près de 500 jeunes anticapitalistes et révolutionnaires venant de toute l’Europe !

Chômage, précarité, guerre, sexisme, homophobie, racisme : Ya Basta !

Énormément de jeunes veulent se battre pour un autre monde, pour un avenir qui en vaille la peine. Beaucoup d’entre eux-elles viendront aux Rencontres internationales des Jeunes, les 31èmes du nom, en France. Ce camp est une occasion unique, à ne pas rater, pour échanger nos expériences et nos idées avec des jeunes de toute l’Europe et d’ailleurs, et pour apprendre des luttes dans le monde entier.

Qu’est ce que c’est ? Elles sont organisées par les jeunes de la Quatrième Internationale, un regroupement international d’organisations révolutionnaires, présent dans plus de 40 pays. C’est une semaine de rencontres entre jeunes militant.e.s, sympathisant.e.s et curieux.ses de toute l’Europe avec des invité.e.s d’autres continents, pour participer à des débats, des meetings, des formations et faire la fête pendant une semaine.

C’est aussi une occasion de pratiquer nos idées : lutte contre les préjugés sexistes, racistes, homophobes…, partage des richesses (une monnaie interne permet de combattre les inégalités entre pays), autogestion (ce sont tous les participants qui prennent en charge collectivement le nettoyage, la nourriture, l’organisation, le bar, les ateliers…).

Tou.te.s celles et ceux qui veulent participer à construire le monde de demain sont bienvenu.e.s ! Il y a autant de militants aguerris que de jeunes dont le camp constitue la première expérience politique.

Quel est le programme ? Au menu : luttes de la jeunesse, lutte des classes, interna-tionalisme, féminisme, luttes LGBT, et libération sexuelle, antiracisme, écosocialisme, pour finir en beauté avec la stratégie révolutionnaire !

Comment ça marche  Généralement, chaque journée est dédiée à un thème : la journée commence par une formation théorique en plénière sur le sujet du jour, puis chacun-e se rend à l’atelier qui l’intéresse le plus parmi la liste proposée ; c’est l’occasion de se con- centrer sur un aspect de la question ou sur un cas pratique. L’idéal étant que les membres d’une section nationale se répartisse les groupes pour mutualiser ensuite l’ensemble des informations recueillies dans les ateliers. Et le soir, il y a des meetings avec des invité-e-s, avant de laisser la place au bar, aux chansons et à l’amitié sans frontière ! Parallèlement au programme, il existe des espaces thématiques qui proposent leurs propres activités, et permettent ainsi d’approfondir des débats liés aux questions d’oppression, sexuelle ou de genre par exemple.

Pour ne déranger personne et pour éviter tout problème, le camp se fait toujours dans un camping à l’écart des villes, que nous occupons intégralement. L’hébergement se fait donc sous tente, mais des logements « en dur » sont prévus, pour les jeunes parents par exemple. Un-e médecin est disponible sur place en permanence. La visite d’une ville proche ou d’un site intéressant est toujours proposée aux participant-e-s.

A quoi ça sert ? Le camp de jeunes est un moment unique dans l’année :

Unique à l’échelle individuelle, car c’est l’occasion d’essayer de mettre en pratique certaines idées pour lesquelles nous luttons toute l’année. C’est aussi un moment rare où l’on casse le sentiment d’isolement, en se trouvant avec des centaines de camarades qui partagent le même combat, la même vision d’une société non pas basée sur l’exploitation, mais sur la solidarité. Et naturellement, cela sert à se former sur une multitude d’aspects pratiques et théoriques que l’on n’aborde pas nécessairement au cours de l’année, et qui pourtant sont essentiels pour décrypter la société capitaliste et ses mécanismes d’oppression, et donc pour lutter contre…

Unique à l’échelle des délégations nationales, qui peuvent ainsi réunir militant-e-s et sympathisant-e-s des différentes sections du pays, pour apprendre à se connaître, pour échanger nos expériences, et pour décider d’actions en commun.

Unique à l’échelle internationale, car c’est l’occasion de rencontrer des camarades d’autres pays, individuellement ou de section à section, et de mieux comprendre ce qui se passe ailleurs, d’obtenir des informations sur les luttes qui se déroulent en Europe et dans d’autres pays.

Combien ça coûte ? Le prix définitif devrait tourner autour de 300 FS  (150 euros, 250 avec les transports). Mais le principe de base, c’est que l’argent ne doit jamais être un obstacle à la venue de camarades précaires. Si tu veux venir mais que tu n’as pas la somme deman- dée, on trouvera une solution collective. Il faut seulement nous prévenir suffisamment à l’avance. Précisons que le prix de la participation varie selon les pays dans une logique de solidarité internationale qui vise à permettre aux jeunes des pays plus pauvres, en Europe et au-delà, de pouvoir participer au camp.

S’inscrire ? Si tu souhaites  venir ou en savoir plus, envoie un e-mail  avec tes coordonnées et si tu as l’intention de prendre le transport collectif ou si tu veux venir par tes propres moyens, idem en cas de questions alimentaires (végétarien, religion, allergies). Plus tôt on s’inscrit, plus l’organisation du camp, des trajets, etc. est facilitée !

http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=12048

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16 mai 2014 ~ 0 Commentaire

France-info junior: comment tromper les enfants (odn)

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Au profit de l’industrie nucléaire

Le mercredi 14 mai 2014, l’émission « France-info Junior » (*) a donné à entendre ce qui peut probablement se faire de pire en matière d’information, ou plutôt de désinformation, avec pour circonstance aggravante la manipulation de jeunes enfants. Cette émission, qui a en effet pour principe de donner la parole à des enfants sur un sujet de société, traitait ce jour-là de la question extrêmement controversée des déchets nucléaires, et plus exactement du projet de l’enfouissement des déchets les plus radioactifs, à l’étude actuellement à Bure dans la Meuse.

Première faute majeure, qui bafoue d’emblée l’éthique journalistique : avoir choisi, pour répondre aux enfants, une représentante de l’Agence nationale des déchets radioactifs (Andra), l’organisme précisément chargé de promouvoir et mettre en oeuvre l’enfouissement des déchets nucléaires ! Il n’est donc pas étonnant que, au cours de l’émission, n’ait jamais été évoqué le moindre doute concernant le fait de produire des déchets radioactifs, ni même le principe de l’enfouissement de ces déchets. Et ce alors que la controverse bat son plein de longue date sur ces questions.

C’est d’ailleurs le journaliste lui-même, Gilles Halais, qui pose d’entrée les bases de la tromperie en décrétant sans l’ombre d’un bémol : « Principal atout de Bure pour ce projet baptisé Cigéo : son sous-sol, en argile. Car l’argile, ça ne bouge pas et c’est donc la matière idéale pour y enterrer, pour plusieurs dizaines de milliers d’années, les déchets atomiques les plus dangereux« .

Voici donc balayées en 5 secondes les objections majeures avancées par de nom- breuses personnes qui suivent de près ce dossier. On peut pourtant les lire dans les « cahiers d’acteurs » mis en ligne par la Commission nationale du débat public : http://www.debatpublic-cigeo.org/informer/cahier-acteurs.html . On citera par exemple le cahier de l’ingénieur Bertrand Thuillier (cf http://bit.ly/1svZWn1 ) ou celui de l’Observatoire du nucléaire (cf http://bit.ly/1gHPzHz ).

Le seul élément de « pluralisme » accordé par le journaliste au cours de son émission réside dans cette remarque sibylline : « Ce projet unique de tombeau nucléaire n’a pas que des amis. » Mais qui conteste ? Pourquoi ? Sur la base de quelles données ? En soulevant quelles incertitudes, quels risques ? Les enfants et les auditeurs n’en sauront strictement rien.

Un véritable boulevard était donc ouvert pour Annabelle Comte, communiquante de l’Andra, grassement rémunérée pour tromper les citoyens en général et les enfants en l’occurrence. Pour elle comme pour le journaliste, les jeunes (et moins jeunes !) n’ont pas à savoir que le principe de l’enfouissement est frontalement contesté, à tel point qu’il est souvent considéré comme un véritable crime. Avec « France-info Juniors », l’enfouissement des déchets nucléaires est donc une évidence et il représente même une « solution » (alors que c’est au mieux une option, et probablement la pire de toutes). Extraits :

- « On met les déchets radioactifs dans la Terre pour qu’ils soient à l’abri et que personne ne puisse être à leur contact »

- « La Terre va nous protéger de ces déchets »,

- « La seule solution qu’on ait trouvé pour les mettre à l’abris c’est de les mettre dans la Terre »

- « Pour les plus dangereux qui vont durer très longtemps, là c’est la Terre qui prend le relais

- « C’est la Terre qui va les mettre à l’abri à la place de l’Homme »

- « Plusieurs centaines de milliers d’années, ça nous parait beaucoup pour nous, mais la Terre existe depuis 4,5 milliards d’années et donc ça représente une seconde à l’échelle de l’âge de la Terre. »

On note une stratégie de répétition si parfaitement assumée qu’elle relève incontes-tablement du bourrage de crâne. De plus, c’est carrément la Terre qui est convoquée pour « justifier » l’enfouissement : elle « va nous protéger », elle « prend le relais », elle « met les déchets à l’abri ».

C’est bien sûr mensonger – la Terre n’a jamais décidé de « prendre » les déchets nuclé- aires ! – mais aussi terriblement insidieux : les enfants ne sauraient mettre en doute la perti- nence des « actes » de notre Terre. Cerise sur le gâteau, une situation dramatique, infligée par l’industrie nucléaire aux humains pour des millions d’années, est finalement réduite d’un coup de baguette magique à « une seconde ». Qui dit mieux ?

Que l’Agence nationale des déchets radioactifs use de méthodes aussi nauséabondes, on peut presque le comprendre : elle a été créée précisément pour cela. Mais qu’un jour- naliste, qui plus est sur le service public, collabore directement à cette entreprise de tromperie, de plus en manipulant des enfants, c’est insupportable. Ce n’est assurément pas sur « France- info Junior » que l’on entendra des jeunes s’étonner par exemple que l’Observatoire du nuclé- aire soit poursuivi en justice par Areva, pour avoir dénoncé les méthodes par lesquelles la France pille littéralement l’uranium du Niger. Et ce pour alimenter les centrales nucléaires d’EDF… tout en prétendant que ces importations permettent une bien curieuse « indépendance énergétique ».

 Stéphane Lhomme Observatoire du nucléaire Jeudi 15 mai 2014

(*) A l’heure où nous publions, le reportage de France-Info Junior n’est plus en ligne. Momentanément ?

http://www.franceinfo.fr/environnement/france-info-junior/il-faudra-120-ans-pour-stocker-tous-les-dechets-radioactifs-francais-1418329-2014-05-14

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

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13 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Avec l’éducation à la défense, la culture de guerre devient matière d’examen (rue 98)

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C’est peu dire que l’intervention militaire de la France au Mali n’a guère suscité jusqu’à présent l’unanimité: un peu partout dans la communauté internationale, des voix autorisées ou des autorités officielles, de nombreux médias également, font régulièrement part de leurs plus vives réserves sur une opération décidée sans guère de précautions par un chef d’état auquel la Constitution française accorde en la matière des droits exorbitants. Une réprobation qui va de soi, dira-t-on, au seul regard de la liberté d’expression.

Existe-t-il malgré cela une seule institution, une seule collectivité où toute critique, toute réserve sur les interventions extérieures de la France et plus généralement la politique militaire se voient formellement interdites, où l’opinion du chef de l’Etat et des autorités militaires soient seule considérée comme digne de foi ?

Cette institution, effectivement, c’est l’Education nationale dont les programmes d’éducation civique distillent une morale et des vérités officielles qui s’imposent jusque dans les examens, comme c’est le cas cette année encore dans le cadre du diplôme national du brevet (DNB) [PDF] passé il y a quelques jours par les collégiens du lycée français de Pondichéry (Inde), « éduqués à la défense » comme le sont tous les collégiens français.

Discours officiel et rien d’autre Au menu de l’épreuve d’éducation civique : la guerre au Mali ou, plus précisément, l’intervention française vue par son organisateur, le président de la République, dans son allocution télévisée du 11 janvier 2013. A partir de ce seul et unique document, les candidats doivent fournir des réponses dont les éléments sont à rechercher exclusivement dans le discours officiel et nulle part ailleurs. L’épreuve est ainsi doublement verrouillée : non seulement par l’impossibilité pour les élèves d’utiliser d’autres sources d’information ou leurs réflexions personnelles mais encore par l’obligation qui leur est imposée de faire tenir leurs réponses en quelques lignes délimitées par un cadre…

Ainsi, comme réponse attendue à la question : « Citez deux raisons pour lesquelles la France a accepté d’intervenir au Mali », la nature de l’épreuve fait que le candidat n’a pas d’autres solutions que de recopier la parole présidentielle : « Pour appuyer l’armée malienne face à l’agression terroriste […] permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale […] protéger nos ressortissants. »

Etouffer toute velléité critique Curieusement, dans le cadre d’une discipline scolaire – l’éducation civique – qui prétend former les futurs citoyens et développer le sens critique, cette épreuve du DNB aboutit en réalité à toute autre chose : il s’agit au contraire, à travers le moule d’un examen par lequel doivent passer tous les élèves de 14 ans, d’étouffer toute velléité critique, toute pensée autonome, d’imposer une vérité officielle, une morale d’état.

Un procédé particulièrement efficace si l’on en juge par l’indifférence et la méconnaissance crasse manifestées par une large partie de l’opinion publique face aux interventions militaires de la France en Afrique, motivées par des considérations beaucoup moins nobles – où les enjeux économiques et les magouilles politiques tiennent une large place – que celle, affichée, de lutte des démocraties contre le terrorisme islamiste.

Si l’éducation civique – dont la légitimité est d’ailleurs douteuse – et plus généralement l’école ont effectivement un rôle à jouer dans la formation des citoyens, on ne comprend pas qu’elle néglige avec une telle désinvolture ce qui fait le fondement des sociétés démocratiques : la diversité des points de vue, la confrontation des opinions, la recherche de l’information, toutes sortes d’éléments sans lesquels cet enseignement n’est plus qu’un bourrage de crâne.

Programmes d’éducation civique sous influence Cette épreuve infligée aux candidats du DNB n’est ni une nouveauté ni une surprise. Elle s’inscrit dans le cadre d’une élucubration propre aux programmes scolaires français – on n’en connaît pas l’équivalent chez nos voisins – qui, sous la dénomination d’éducation à la défense, affiche comme objectifs, non seulement de « répondre aux besoins de recrutement de l’armée » mais aussi, d’insuffler chez les élèves, sur un grand nombre de sujets, des habitudes de pensée qui interdisent de remettre en cause le rôle de l’armée dans le passé comme aujourd’hui. Ce conditionnement s’étend à toutes les disciplines scolaires (circulaire du 13 septembre 2007) et trouve sa traduction, comme on le voit, dans les examens.

Fruit d’un partenariat éprouvé et étouffant entre les deux ministères, l’éducation à la défense s’est trouvée promue au rang de matière scolaire à part entière par l’intermédiaire d’un lobby militaro-politique qui, en toute opacité, sans aucune concertation avec les parte-naires éducatifs, a finalement réussi depuis plus de trente ans à se faire une place jusque dans les directions les plus importantes de l’Education nationale, celles qui organisent le travail quotidien des enseignants, comme la Direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco) ou l’Inspection générale de l’éducation nationale (Igen).

Les protocoles Education – Défense (1982, 1989, 1995, 2007), relayées par des circulaires et leurs inévitables documents d’accompagnement, enserrent les enseignants dans un carcan de prescriptions impérieuses, à l’image de ces imbuvables « ressources pour le collège » [PDF] publiées dernièrement. Il faut pas moins de six pages à la Dgesco et à l’Igen pour dresser un tableau idyllique de la politique militaire de la France ramenée à quatre « fils directeurs » :

  • « Qu’est-ce que la défense nationale ? » ;
  • « Pourquoi la France, pays en paix, dispose-t-elle d’une défense ? » ;
  • « Comment se manifeste la présence de la défense nationale dans le monde ? Avec qui ? Au nom de quelles valeurs ? » ;
  • « Comment et pourquoi éduquer les jeunes à la défense ? »

Les enseignants comme les élèves n’ont pas à chercher les réponses : elles sont fournies par un argumentaire qui exclut toute discussion : « La défense française contribue à la sécurité internationale […] dans des missions humanitaires et de maintien de la paix sur des théâtres éloignés de son territoire. » Et pour faire bonne mesure, les supports d’étude sont également imposés : il s’agira exclusivement de l’opération Serval au Mali, d’une bande dessinée réalisée par le ministère de la défense sur la journée dite « de défense et de citoyenneté », d’un «rallye citoyen» dans le cadre d’ateliers et de rencontres avec les militaires et du Livre blanc 2013 sur la défense.

Le grand silence des profs Pour préparer les élèves à comprendre les enjeux du monde contemporain, l’école a donc fait le choix de l’endoctrinement, un choix qui remonte à plus de trente ans en arrière (1982) et qui, non seulement n’a jamais été remis en cause par les alter- nances politiques mais dont on peut s’attendre à ce qu’il soit conforté par le présent gouver-nement dans la ligne d’un inquiétant discours prononcé le 11 mars 2012 par le candidat Hollande dans le cadre de la campagne présidentielle :

« Le développement de l’esprit de défense passe aussi par l’école, l’école de la République. Toutes les actions qui découlaient des protocoles Défense-Education nationale qui avaient été mis en place au début des années 80 par la gauche seront revivifiées dans un nouveau protocole orienté vers la diffusion de l’esprit de défense auprès des jeunes et auprès des enseignants. »

Reste que pour en arriver aussi loin dans la confusion des genres, le mélange des rôles, le brouillage des consciences, les autorités qui ont mis en œuvre l’éducation à la défense ont pu compter jusque là sur le silence, qui vaut compromission, de l’immense majorité des ensei- gnants et de leurs organisations représentatives qui n’ont jamais rien trouvé à redire, ou pas grand-chose, à cette brutale intrusion de l’armée dans un domaine qui n’est pas le sien.

 

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13 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Le Smic est mauvais pour l’emploi (regards)

22 euros

L’attaque contre le Smic menée « à gauche » par Pascal Lamy ou par les économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et élie Cohen, reprise en fanfare par Pierre Gattaz, n’est pas un leurre, mais bien une offensive au long cours qui mérite qu’on la combatte vigoureusement.

Un vrai feu d’artifice: quatre livres de personnalités ou d’économistes socialistes ont pré- cédé, ou accompagné, la constitution du gouvernement de Manuel Valls et la présentation de sa politique visant à aller plus loin, plus vite et plus fort sur le chemin du « pacte de respon- sabilité ». La France au défi d’Hubert Védrine est paru fin février (Fayard). Éloge de l’anormalité de Matthieu Pigasse (Fayard), Quand la France s’éveillera de Pascal Lamy (Odile Jacob) en mars, et Changer de modèle des économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et Elie Cohen en avril (Odile Jacob). Chacun veut faire entendre sa petite musique personnelle, mais les différences comptent peu. Les uns et les autres participent de la même promotion du « social libéralisme » qui sous-tend la politique du gouvernement Hollande-Valls. Et ils s’appuient sur des idées reçues bien dans l’air du temps.

Offensive coordonnée En principe, qui se dit de gauche n’est pas contre le Smic. Pascal Lamy est même «partisan de l’instauration d’un salaire minimum dans chacun des pays euro- péens» (Quand la France s’éveillera, page 89). Et le trio Philipe Aghion, Gilbert Cette, Elie Co- hen pense que «l’existence d’un Smic est indispensable pour définir une norme et pour com- penser le faible pouvoir de négociation de nombreux salariés» (page 179). Mais, ils sont comme les soi-disant adversaires résolus de la peine de mort… «sauf pour les crimes d’enfants» ou «sauf pour les crimes en série» ou «sauf pour les crimes terroristes».

Début avril, dans le service après-vente de son livre P. Lamy s’est dit « favorable à des boulots pas forcément payés au Smic ». Il a récidivé début mai : « Avec 25% de chômage des jeunes, il n’y a plus de tabou ». Pour leur part, Aghion, Cette et Cohen, se prononcent, dans leur livre, pour un gel au moins partiel du Smic et pour une réforme « ambitieuse » de celui-ci qui « ne doit exclure a priori aucun aspect: révision de fond de la règle de revalorisation automatique, régionalisation, différenciation selon l’âge… ». (page 180).

Évidemment, une telle aubaine ne pouvait laisser indifférent le président du Medef. Pierre Gattaz s’est immédiatement engouffré dans une si belle brèche, réclamant un salaire « transitoire » inférieur au Smic pour « faciliter l’entrée des jeunes dans le marché du travail ». Au passage, celui qui a augmenté en 2013 sa rémunération de patron de Radiall (hors dividendes d’actionnaire principal) de 29% pour la porter à 420.000 euros, livre cette colossale tartuferie : « Il y a une exigence d’exemplarité. On ne peut pas demander des efforts aux salariés et ne pas se l’appliquer soi-même ».

La proposition a été repoussée par Manuel Valls d’une ferme main gauche, cependant que la droite décidait fermement de poursuivre le gel des salaire des fonctionnaires, des pensionnés, des bénéficiaires de prestations sociales et d’amplifier la baisse des charges et des impôts des entreprises. Le débat sur le Smic ne serait donc là que pour mieux faire accepter les autres attaques sociales, commente Daniel Schneidermann. C’est aller trop vite en besogne. Même si elle ne se traduit pas en actes immédiats, il faut prendre cette attaque contre le Smic au sérieux. C’est en tout cas ce que fait la CGT qui parle d’offensive coor- donnée. Il y a un mois déjà, souligne-t-elle, la Commission européenne avait ouvert le feu dans son Bilan approfondi sur la France 2014. Elle consacrait cinq pages de son rapport au Smic et incitait le gouvernement français à s’attaquer à celui-ci, au niveau général des salaires, ainsi qu’à leur système de négociation. (…)

Le Smic pénalise-t-il la compétitivité ? Non, répondent Pierre Concialdi et Michel Husson économistes à l’IRES qui passent en revue les « arguments » contre le Smic dans un document de travail publié en 2013. La proportion de salariés payés au Smic travaillant dans les secteurs exportateurs est faible: en 2011, cinq salariés payés au Smic sur six travaillent pour le marché intérieur. « Ce constat, ajoutent-ils, permet de rappeler que toutes les mesures visant à accroître la compétitivité par baisse du « coût du travail » ne peuvent être ciblées sur le secteur exposé à la concurrence internationale (notamment en raison des règles européennes) et constituent donc une forme de subvention aux entreprises du secteur abrité, qui ne peut être justifiée par l’argument de compétitivité ».

Le Smic est-il un frein à l’emploi des travailleurs non qualifiés et notamment des jeunes? Le taux de chômage est beaucoup plus élevé chez les jeunes de 15 à 25 ans que chez les plus de 30-35 ans (plus de 20%, contre 8%), chez les non diplômés que chez les diplômés (16% contre 6% à partir de bac +2) et singulièrement pour les jeunes, où le taux de chômage atteint 46% pour les non diplômés ou titulaires seulement d’un brevet ou d’un BEP. .

Faut-il incriminer le niveau « excessif » du Smic ? À partir de 1993 une politique d’exonérations de cotisations sociales employeurs est supposée diminuer le « coût relatif du travail » pour les bas salaires. Jusqu’en 2000, la part de l’emploi non qualifié augmente. Mais depuis, elle recule à nouveau, constatent Pierre Concialdi et Michel Husson. Le problème, selon eux, serait bien davantage lié au recul de la production manufacturière en France qu’au coût relatif du Smic.

Alors qu’il existe déjà plus d’un million d’emplois aidés, c’est-à-dire « en dessous du Smic » pour les salariés les plus « éloignés » de l’emploi, sans compter l’apprentissage et les stages, une baisse du Smic pour les jeunes ou pour les chômeurs non qualifiés ne permettrait pas de créer de l’emploi pour les moins formés et les moins diplômés. Comme l’explique l’éco- nomiste André Gauron qui tient un blog sur le site d’Alternatives Economiques, « le “plein em- ploi” des diplômés se réalise par un accès aux emplois qualifiés mais aussi pour une part aux emplois peu ou non qualifiés dont les peu ou non diplômés se trouvent de ce fait évincés. Les travaux de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) sur les contrats aidés et sur les contrats de professionnalisation confirment que même lorsque les contrats sont ciblés “jeunes peu ou pas diplômés”, les employeurs tendent plutôt à recruter des jeunes diplômés ». Ce n’est donc pas en ajoutant un nouveau salaire minimum que l’on changera le comportement des entreprises en matière de gestion de la main-d’œuvre. Penser notamment que les travailleurs non qualifiés acquis à bas prix se verraient accorder par leur employeur de coûteuses formations pour augmenter leurs compétences leurs productivité et leurs salaires une fois dans l’entreprise, relève au mieux d’une vue de l’esprit. De plus, explique encore André Gauron, il faut se méfier beaucoup des raisonnements qui prétendent pouvoir mesurer le salaire « légitime » des personnes non qualifiées à l’aune de la « faible productivité » de leur emploi. (…)

Le Smic est-il un mauvais moyen de lutter contre la pauvreté? Certes, le Smic étant un minimum horaire, il ne protège pas contre les situations de précarité sociale liées à des durées d’emploi courtes et/ou irrégulières, rappellent Pierre Concialdi et Michel Husson. Or à peine la moitié des salariés rémunérés au salaire minimum travaillent à plein temps. Prétendre que la baisse du Smic permettra de traiter ce problème relève de l’escroquerie intellectuelle. Il est par contre « difficile de soutenir qu’un salaire minimum élevé ne réduit pas la pauvreté », comme le montre par exemple une comparaison entre la situation française et la situation allemande où l’absence de Smic et la multiplication des minijobs (plus de 7 millions dont 5,5 millions de mini- jobers exclusifs) conduisent à un taux de pauvreté en forte croissance malgré le plus faible chômage, alors qu’il reste inférieur à la moyenne européenne en France.

Pour compenser la baisse du Smic, Aghion, Cette et Cohen préconisent de privilégier le RSA comme moyen de lutte contre la pauvreté. Mais comme ils ne veulent ni le déficit ni la hausse des impôts, la cohérence les conduit à préconiser une concentration de la protection sociale sur les plus bas revenus. « Autrement dit, note André Gauron, pour sortir de la crise, il faudrait créer plus de pauvreté et de précarité en même temps que pénaliser les classes moyennes en les privant de certaines prestations pour voler au secours de ceux qu’on a préalablement réduit à l’état de salarié-assisté ».

Le Smic français n’est-il pas trop élevé par rapport aux autres pays européens? Le Smic en France est effectivement l’un des plus élevés d’Europe en valeur nominale (9,53 euros brut par heure), en standard de pouvoir d’achat et en proportion du salaire médian (60%). Ces chiffres doivent cependant être relativisés. Parmi les pays qui ont un salaire minimum, la France fait en réalité partie d’un groupe de pays où celui-ci est à un niveau assez comparable, groupe qui comprend le Luxembourg, l’Irlande, les pays du Benelux et le Royaume-Uni.

Ensuite, parmi les pays qui n’ont pas de salaire minimum légal, tous ne sont pas dans la situation de l’Allemagne et de ses millions de minijobers. Les pays scandinaves (Suède, Dane- mark) n’ont pas de Smic. Mais tous les salariés, sauf les migrants, sont couverts par des conventions collectives de branche au-dessus de 70% du salaire médian supérieurs, c’est-à-dire au-dessus du Smic français. Un haut niveau du salaire minimum effectif est en fait une caractéristique du modèle suédois vanté ici par ces mêmes économistes qui trouvent le Smic trop élevé en France.

Surtout, l’offensive contre le niveau du salaire minimum n’est pas une spécificité française. Elle est menée y compris dans les pays où le Smic est plus bas en valeur et en proportion du salaire médian. En février 2012, le gouvernement grec a pris la décision dras- tique de réduire le salaire minimum national de 22%. Il a baissé en Irlande, il est gelé au Portugal et en Espagne. En réalité, l’attaque contre le Smic est une pièce importante des politiques « de dévaluation interne » visant à la baisse généralisée des coûts salariaux au nom du redressement de la compétitivité. La baisse du salaire minimum permet d’exercer une pression à la baisse sur toute la pyramide de salaires mis à part ceux du très haut de l’échelle.

Une politique européenne de salaire minimum Au lieu de vouloir faire participer la France à cette course sans fond et sans espoir, l’alternative consiste à rechercher la mise en place d’une politique européenne de salaire minimum. Ce n’est pas chose facile, y compris parce que les salariés des pays nordiques craignent que cela les pénalisent. Il ne s’agirait pas d’établir un salaire minimum unique. Mais, comme le préconise la Confédération européenne des syndi- cats, que dans tous les pays européens où il existe des salaires minima, le niveau de ceux-ci soit d’au moins 50% du salaire moyen national et de 60% du salaire médian national. Pour de nombreux pays européens, la mise en œuvre de cet objectif européen impliquerait des relè- vements substantiels de leurs salaires minima nationaux. Pour la France cela permettrait une utile consolidation. (…)

Par Bernard Marx| 12 mai 2014

http://www.regards.fr/web/idee-recue-numero-3-le-smic-est,7722

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11 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Journée nationale de lutte, de protestation et d’indignation (al’e)

Appel unitaire à l’initiative de l’ANEL (Assemblée Nationale des Etudiant·e·s Libres)

Nous, activistes de mouvements sociaux et de la jeunesse, issus de différentes traditions, régions du Brésil et organisations, adhérons à cette initiative du 15 mai (15M) comme moyen d’élargir les mobilisations de rue, à la veille de la Coupe du monde de football qui commencera le 12 juin.

Le Brésil se prépare à recevoir la Coupe du monde. Les dépenses exorbitantes éclairent et dénoncent la contradiction entre le Brésil de la Coupe du monde et le Brésil des Brésiliens. Une contradiction entre un Brésil qui doit obéir aux normes exigeantes et élitaires de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association), pour répondre aux intérêts des banquiers et des grandes firmes de la construction, et un Brésil où règnent des conditions précaires de santé, d’éducation, de transport et d’habitation.

Nous savons que les ressources financières investies pour la Coupe pourraient être bien mieux utilisées dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Déjà 9 travailleurs sont morts étant donné les conditions désastreuses de travail dans la construction des stades qui vont servir à ces méga-événements. Le gouvernement, pour garantir la Coupe des puissants et éviter les manifestations, ne cesse de renforcer sa politique de «sécurité» qui va de la Loi antiterroriste à des collaborations avec des institutions états-uniennes comme la CIA et le FBI: ce qui est une violation de notre souveraineté. Lutter ne constitue pas un crime et qui lutte n’est pas un terroriste.

Les grèves qui surgissent du nord au sud du pays démontrent que seules les mobilisations permettent de gagner. La victoire des travailleurs des transports à Porto Alegre, des éboueurs à Rio de Janeiro et de la région ABC de São Paulo, ainsi que des travailleurs intérimaires employés dans les grandes constructions liées à la Coupe est partie prenante de ce nouveau mouvement. Le mouvement pour obtenir des logements populaires, qui s’affronte à l’autoritarisme du pouvoir public et met en question les gains des mafias engagées dans la spéculation immobilière, en est une autre expression. Il est important que ces luttes trouvent un espace unitaire pour se renforcer.

Il est nécessaire de lutter et il est possible de gagner

Dans la jeunesse, la direction majoritaire de l’UNE (Union nationale des étudiants – liée au PT) se propose de défendre à tout prix la réalisation de ce méga-événement et de contenir la crise du gouvernement de Dilma Rousseff (Parti des Travailleurs). Or, une nouvelle génération de jeunes activistes est pourtant dans les manifestations de rue, et partie prenante des grèves des travailleurs, et lutte contre la bureaucratie syndicale de la CUT (Centrale Unitaire des Travailleurs) liée au gouvernement.

Il est dommageable que la réunion de secteurs du mouvement étudiant – à la tête desquels se trouvent Virginia Barros et Barbara Mello, respectivement présidentes de l’UNE et de l’UBES (Union Brésilienne des Etudiants du Secondaire) – prenne la décision de se joindre à la présidente Dilma Rousseff pour «étouffer» les manifestations. Au même titre, est honteuse, l’adhésion de l’UNE à la campagne de travail volontaire pour la FIFA.

Dans cette phase, la jeunesse au sein de multiples universités, écoles et quartiers organise des luttes victorieuses, appuie diverses grèves des enseignants et du personnel administratif de l’éducation. La victoire de ces luttes peut susciter une accentuation de la dynamique du mouvement social et renforcer la défense de ses revendications.

Après les journées de juin 2013, construire le 15M

La jeunesse – qui en juin 2013 se trouvait dans la rue et a battu en brèche la hausse des tarifs des transports publics, cette jeunesse qui déjà mettait en question les dépenses pour la Coupe du monde et établissait un lien entre celles-ci et les mobilisations sociales – lance aujourd’hui un appel à toute la jeunesse pour participer à la construction du 15M (journée du 15 mai).

Différents secteurs combatifs impulsent cette journée de mobilisation. Initialement, cette journée devait marquer le début d’une journée mondiale contre la Coupe du monde. Le mouvement du 15 mai est soutenu par diverses forces à l’échelle du Brésil: les comités populaires contre la Coupe, la rencontre syndicale de l’Unité d’action tenue sous le mot d’ordre «Durant la Coupe il va y avoir des luttes» et divers collectifs nationaux, régionaux ainsi que différents mouvements sociaux.

Ce 15 mai (15 M) est un jour afin d’unifier nos luttes avec celles des travailleurs et des mouvements sociaux, afin de lutter pour nos droits et de renvoyer la FIFA à la maison.

Construire un jour important de lutte avec des méthodes démocratiques et participatives

Un des héritages les plus importants des journées de juin 2013 fut le rejet des vieilles structures et la conception verticaliste du mouvement. Nous partageons cette conception et pensons que le 15M doit être construit dans chaque école, lieu de travail, quartier sur la base d’assemblées; chaque pas devant être discuté sous une forme démocratique et horizontale. Il est fondamental, de même, d’établir un lien entre les revendications locales et les luttes d’ensemble. Notre appel vise à la construction d’un événement national ayant une large visibilité et apte à impulser de nouvelles luttes.

Préparons-nous. C’est l’heure de la jeunesse

Nous allons décorer les rues avec notre combativité et notre audace. Nous voulons lutter pour nos droits. Dans ce but, nous défendons des mots d’ordre directs et concrets qui puissent nous unifier au-delà de notre diversité.

• Soutenez nos luttes. Appuyez les luttes étudiantes. Appuyez les luttes des travailleurs et travailleuses. Appuyez les occupations de terres agricoles et les occupations de terrains pour le logement.

• Non à la répression. Supprimons les lois anti-manifestations. Mise sur pied d’un audit portant sur les contrats passés par les entreprises à l’occasion de la Coupe et sur les dépenses pour la «sécurité» faites à cette occasion. Liquider l’accord avec les Etats-Unis et le FBI. Mettre fin aux enquêtes menées contre les militant·e·s ainsi qu’à la surveillance des mouvements sociaux par l’ABIN (Agência Brasileira de Inteligência) et les appareils de sécurité issus de la dictature militaire. Contre la militarisation des villes qui reçoivent la Coupe.

• FIFA GO HOME! Contre l’ingérence de la FIFA. Réexamen des contrats établis par les grandes entreprises comme Odebrecht et Camargo Correia. Transfert des dépenses de la Coupe en faveur de l’éducation, de la santé, des transports et du logement.

• Descendez dans la rue. Cela change le jeu.

(Traduction du brésilien par rédaction A l’Encontre, le 10 mai 2014)

http://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/bresil-15-mai-journee-nationale-de-lutte-de-protestation-et-dindignation.html

Lire aussi:

La Coupe du monde. L’Etat garant de l’accumulation du capital pour la FIFA et ses partenaires.

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28 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Jeunesse: les sales coups que l’on nous prépare

Le Marginal Magnifique poème On est tous sans le même bâteau galères Ben Hur Gatsby le Magnifique sur un yatch inégalités des chances

Hollande avait fait de la jeunesse la priorité de son quinquennat. On comprend mieux aujourd’hui ce qu’il entend par là…

Au lendemain du 12 avril, première manifestation progressiste contre ce gouvernement, il fuite dans les médias que le nouveau Premier ministre envisagerait de supprimer les APL (aides personnalisées au logement) pour les étudiantEs non boursiers.

Les APL sont une aide essentielle pour les étudiantEs qui sont souvent obligés de quitter le domicile familial pour étudier. Le logement représentant la plus grosse dépense d’un étu- diantE, et avoir 100 ou 200 euros d’aides permet tout simplement à la plupart des étudiantEs de pouvoir étudier. C’est aussi la seule aide dont un étudiant peut bénéficier sur la base de sa situation propre, contrairement aux bourses qui sont calculées par rapport à la situation de ses parents. Remettre en cause les APL, ce n’est pas un coup dur pour les classes moyennes, comme l’ont beaucoup dit les médias, c’est tout simplement empêcher des centaines de milliers de jeunes d’accéder aux études supérieures et à l’autonomie !

Sentant que cela ne passerait pas, le gouvernement a fini par annoncer qu’il ne toucherait pas aux APL des étudiantEs. Il faut dire que dès « l’annonce », toutes les organisations étu-n diantes, y compris celles réputées proches du Parti socialiste, avaient déclaré que si ce type de projet voyait le jour, ils n’hésiteraient pas à manifester et à mobiliser les étudiantEs.

Ballons d’essai Il ne s’agit pas là d’un couac de communication au sein du gouvernement mais bel et bien d’une tentative de faire passer un projet que les gouvernements précédents ont aussi voulu mettre en œuvre : la suppression des APL. Depuis le discours d’investiture de Valls, plusieurs ballons d’essai ont été envoyés par le gouvernement concernant la jeunesse, comme celui du Smic jeunes.

La semaine dernière, Pierre Gattaz avait déclaré qu’il était favorable à l’idée d’un Smic jeunes. C’est également l’idée que défendent les trois économistes libéraux qui ont déjeuné avec Hollande à l’Élysée cette même semaine. Sûrement une coïncidence… Une autre idée circule aussi dans les couloirs de Matignon : augmenter les frais d’inscription à l’entrée de l’université (actuellement à 400 euros).

Comme les deux exemples précédents, il s’agit d’attaques qui reviennent régu- lièrement, quel que soit le gouvernement, pour une politique qui revient à dire que les jeunes seraient un poids pour la société. Pourtant, ces trois mesures – APL, Smic jeunes et augmen-tation des frais de scolarité – sont celles qui sont le plus rejetées par les jeunes et leurs organisations, car elles représentent l’instauration d’une inégalité profonde entre eux et le reste de la société.

Elles ont d’ailleurs souvent été le motif de grands mouvements de la jeunesse. Les derniers modèles de Smic jeunes (CIP en 1994 et CPE en 2006) ont donné lieu à de grandes grèves de la jeunesse bousculant les gouvernements qui voulaient les appliquer. Le gouver-nement Valls a pour l’instant réfuté qu’il envisageait ces mesures. Il nous teste… Alors soyons à la hauteur !

Hebdo L’Anticapitaliste – 239 (24/04/2014) Mina Deneuf

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10 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Génocide au rwanda (acrimed)

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Propagande pour petits et grands sur France Info

La chronique commence pourtant sur une définition sans ambiguïté du terme de génocide : une destruction organisée d’une population. Mais le journaliste verse aussitôt dans une grille de lecture ethnique : le génocide serait par définition commis sur un groupe « par un autre groupe », « les Hutus » dans le cas du Rwanda, là où les définitions juridiques ne parlent nullement de « groupe » mais parfois d’« un État » et il est bien plus juste de parler d’« extré- mistes » que de simples« Hutus » pour désigner les génocidaires. Ce qui pourrait n’être que le fruit d’un effort exagéré de simplification va s’aggraver dans la suite de la chronique pour devenir une falsification.

Intox immodérée

Après une présentation plutôt juste des crimes commis depuis les années 60, le journaliste explique que la France était présente dans le pays depuis longtemps, pour participer « à une mission de maintien de la paix » (ce qui est faux, puisqu’il s’agissait d’aider en réalité l’armée rwandaise à combattre un ennemi et qu’il n’y avait aucun mandat de l’ONU), et que « le pré- sident Mitterrand connaissait bien le président rwandais qui était un Hutu modéré  ». M. Yzard, dans cette dernière phrase nie le fait qu’Habyarimana était un dictateur, que la torture se pratiquait sous son régime, que de nombreux massacres de Tutsis ont eu lieu avec la par- ticipation des autorités.

S’il est vrai qu’il a signé les accords de paix, la modération n’est certainement pas ce qui le qualifiait. Le journaliste évite ainsi le sujet principal : la France a soutenu dès le début un régime infréquentable qui préparait le génocide, en pleine connaissance de cause. Dans le même ordre d’idées, M. Yzard précise que la France a formé la gendarmerie et l’armée rwan- daise et qu’elle « a ensuite été accusée d’avoir formé les milices [...] qui ont fait ce génocide », occultant donc que les forces régulières rwandaises ont été le fer de lance du génocide, que la France ne serait donc pas moins complice en s’étant limitée à leur formation.

« Tout a dérapé »

« Pourquoi les Français ont aidé les Hutus et pas les Tutsis ? ». Confus, le journaliste affirme que les Français ne les ont pas aidés, mais que « c’est un peu l’histoire qui a fait que les cho- ses se sont trouvées comme ça » (?) Il poursuit, « tout aurait pu s’arranger en 93 », parlant des accords de paix prévoyant un gouvernement de coalition « tutsi et hutu », mais il y a eu l’as- sassinat du président rwandais « et là tout a dérapé très très gravement ». Passons sur cette nouvelle réduction de la politique à l’ethnisme, Yzard nie là encore la méticuleuse préparation du génocide et affirme aux « juniors » que c’est l’attentat qui est à la base du génocide.

Le journaliste affirme ensuite que la France « est intervenue pendant le génocide pour tenter de le faire cesser » alors que l’opération Turquoise a cherché, avant tout, à stopper l’avancée du FPR (désigné comme l’ennemi par les gradés français), et a organisé la fuite des géno- cidaires vers le Zaïre. C’est nettement au FPR qu’on doit l’arrêt du génocide.

Un jeune demande alors si « c’est un peu comme si on avait aidé les nazis pendant la deu- xième guerre mondiale ». Yves Yzard est ferme : « non », « la France a été prise dans ses contradictions », « c’est vrai qu’il y a des faits qui ne sont pas très clairs, notamment dans la destruction de l’avion » (?) « en 2008, Bernard Kouchner [...] a admis une faute politique de la France, mais sans aller jusqu’à présenter des excuses », « donc il n’y a pas du tout une com- paraison… comme si on avait aidé les nazis ». L’argumentation confuse et sans logique du journaliste ne prouve rien du tout et ne consiste qu’à nier ce qu’il a pourtant partiellement reconnu auparavant (via les formations) : la France a bel et bien aidé les génocidaires.

C’est la faute à l’ONU

Yves Yzard affirme ensuite, au sujet de l’opération Turquoise, que la France « est la seule à avoir fait quelque chose », puis évoque « une démission de l’ONU » : « on a voulu envoyer des casques bleus mais ils n’étaient pas armés ». Il manque d’informations ou ment délibérément sur l’intervention de l’ONU au Rwanda : la Minuar était présente dès 1993 au Rwanda, avec des armes. Il lui a d’ailleurs été refusé de saisir des stocks d’armes avant le génocide. Il n’a donc pas été question « d’envoyer des casques bleus », mais au contraire, une résolution a retiré l’essentiel des effectifs onusiens du Rwanda. La France, membre du Conseil de sécurité, a participé à cette décision de retrait. Par ailleurs, elle a tenté de s’opposer à l’embargo sur les armes, puis, rédigeant le mandat de l’opération Turquoise, en a exclu l’arrestation des respon- sables du génocide. Affirmer que la France, qui a pleinement participé à freiner l’ONU, est « la seule à avoir fait quelque chose » est une présentation particulièrement biaisée du déroulé des faits.

Enfin, abordant la question des génocidaires présents sur le sol français, le journaliste explique l’impunité par le simple cours de la justice qui doit prendre le temps de rassembler des preuves. Il oublie opportunément de parler de l’absence de poursuites à l’initiative du Parquet, qui dépend de l’exécutif. Il oublie aussi les refus des gouvernements successifs de déclassifier certains documents et les manipulations importantes, et aujourd’hui avérées, autour du dossier monté par le juge Bruguière sur l’attentat. Il ressort de cette chronique la curieuse impression que les jeunes, censés être éclairés par le journaliste, ont bien plus à lui apprendre, par le bon sens qui transparaît de leurs questions. Mathieu Lopes, le 9 avril 2014

Nous publions, en tribune [1] et avec son autorisation, un article paru sur le site de l’asso- ciation Survie le 7 avril, jour de la commémoration des 20 ans du génocide au Rwanda [2]. (Acrimed) Après l’annonce du verdict du procès de Pascal Simbikangwa, France Info a diffusé une chronique intitulée « France Info Juniors » où le chef adjoint du service Monde de la rédaction, Yves Izard, répondait aux questions de jeunes sur le génocide des Tutsis. Ce qui aurait pu être un bon exercice pédagogique s’est révélé être en fait un morceau de propa- gande douteuse pour dédouaner la France ou, au mieux, de confusion pure.

http://www.acrimed.org/article4310.html

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03 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Pascal lamy prône des petits boulots payés en dessous du Smic (le huff’)

motivation

Jobs payés moins que le Smic: la proposition de ce proche de Hollande

 Pressenti pour entrer au gouvernement, Pascal Lamy ne fait pas partie de l’équipe de « combat » du nouveau Premier ministre Manuel Valls. Mais cela n’empêche pas l’ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de donner son avis.

Interrogé sur le remaniement mercredi 2 avril lors de « Questions d’Info » LCP/France Info/Le Monde/AFP, ce proche de François Hollande en a profité pour prôner plus de « flexibilité » sur le marché du travail. Il a notamment évoqué des « petits boulots » payés en dessous du Smic, à l’instar des « mini-jobs » en Allemagne.

« Un petit boulot, c’est mieux que pas de boulot »

« Je sais que je ne suis pas en harmonie avec une bonne partie de mes camarades socialistes mais je pense qu’il faut, à ce niveau de chômage, aller davantage vers de la flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic », a-t-il déclaré . « Un petit boulot, c’est mieux que pas de boulot. Je ne réponds pas ça dans l’absolu, je n’aurais pas dit ça il y a 10 ans ou il y a 20 ans, mais à ce niveau de chômage… »

Pour Pascal Lamy, « il faut accepter de temps en temps de franchir les espaces symboliques de ce type pour rentrer dans la réalité et la transformer ». Au risque que cela rappelle le « Smic jeunes » de Edouard Balladur ou le « CPE » de Dominique de Villepin, tous deux abandonnés après des semaines de contestation sociale ? « Ce n’est parce qu’une réforme n’a pas marché ou parce qu’on a reculé devant la pression de l’opinion que c’est une mauvaise idée. Si on prenait tous les réformes qu’on a essayées à un moment, qui n’ont pas marché et si on ne les avait pas reprises, on serait encore au Moyen-Age », a-t-il lâché.

Michel Sapin s’y oppose, les internautes ironisent

Des propos qu’a voulu nuancer Michel Sapin, nouveau ministre des Finances et des comptes publics et auparavant en charge du Travail et de l’Emploi. Invité de France Inter jeudi matin, il s’est dit « pas favorable » à la généralisation de « mini-jobs » en France. « C’est ce qu’il s’est passé en Allemagne, avec les réformes que l’on connaît, et qui ont permis à l’Allemagne d’avoir un taux de chômage très faible », a-t-il reconnu, tout en rappelant que l’Allemagne était en train de revenir sur ce modèle avec l’adop- tion d’un salaire minimum dans le pays. « L’objectif n’est pas de créer des petits boulots, mais qu’il y ait plus de boulot [...]. Moi, je suis pour le plein-emploi, mais je suis aussi pour le bon emploi », a-t-il ajouté.

La perspective de voir ce genre de petits boulots en France a aussi beaucoup fait réagir sur Twitter. Du syndicaliste Gérard Filoche au site parodique Le Gorafi en passant par de simples anonymes, la majorité des internautes s’y montre clairement hostile. Certains n’hésitent pas à interpeller Pascal Lamy en lui proposant de prendre lui-même un job payé sous le Smic.

Le HuffPost avec AFP  |  Par Maxime Bourdier Publication: 03/04/2014 12h20

http://www.huffingtonpost.fr/2014/04/03/pascal-lamy-petits-boulots-smic_n_5081880.html?utm_hp_ref=france

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03 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Criminalisation des militants anti aéroport…

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Impunité pour les violences policières! Non à cette justice de classe !

Communiqué NPA 44

Le dernier acte de Valls en tant que Ministre de l’Interieur et premier en tant que chef du gouvernement sera celui de ces arrestations autour de la dernière manifestation contre l’aéroport de Notre Dame des Landes.

Des semaines après les faits supposés, le gouvernement socialiste et la justice montrent leur fermeté à l’égard des manifestants: jusqu’à un an ferme.

Et cette fermeté ne s’impose qu’aux humbles et aux révoltés, laissant en paix  les puissants qui licencient, polluent et ruinent des régions entières.

Le NPA dénonce cette justice arbitraire et cette criminalisation des opposants.

Le NPA exige que les droits des personnes arrêtées soient garantis et dénonce cette justice à deux vitesses qui absout et cautionne les violences policières et  qui vise, en réalité, par des peines  extrêmement lourdes à « casser » des jeunes militants.

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